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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-1"> ¤ Le slovaque Maros Sefcovic est le premier à présenter sa candidature à l’investiture du Parti socialiste européen pour briguer le poste de président de la Commission.
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Présidence de la Commission : les sociaux-démocrates ont peu d’illusion pour succéder à Juncker

Le slovaque Maros Sefcovic est le premier à présenter sa candidature à l’investiture du Parti socialiste européen pour briguer le poste de président de la Commission.



LE MONDE
 |    17.09.2018 à 15h14
 • Mis à jour le
17.09.2018 à 18h23
    |

            Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, bureau européen) et 
Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)








                        



   


Les candidats à l’investiture du parti socialiste européen pour briguer le poste de président de la Commission ont jusqu’au 18 octobre pour déposer leur candidature. La désignation du « spitzencandidate » (tête de liste) devrait avoir lieu lors d’un congrès du Parti socialiste européen (PSE), à Lisbonne les 7 et 8 décembre prochains, un mois après la nomination de la tête de liste du Parti populaire européen (PPE), le rassemblement des droites de l’Union. L’Allemand Manfred Weber, pour l’instant seul candidat, semble bien placé pour gagner cette investiture.

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                Manfred Weber veut succéder à Jean-Claude Juncker à la présidence de la Commission



Le PSE est en petite forme, à l’image des partis socialistes nationaux, tous en recul, voire en voie de disparition dans la plupart des pays d’Europe (à l’exception de l’Espagne, du Portugal ou de la Suède, où les socialistes ont résisté lors des dernières législatives). En outre, le parti paneuropéen va perdre ses 20 élus du Labour britannique au Parlement de Strasbourg à la suite du Brexit qui doit être effectif dès le 29 mars 2019. C’est un autre coup dur en prévision des élections européennes, alors que le PSE n’est plus tout à fait assuré de rester la deuxième force politique à Bruxelles.
Est-ce la raison pour laquelle les candidats pour en assurer sa « tête de liste » ne se bousculent pas ? Durant l’été, une conversation entre quelques dirigeants européens – entre autres, Sergueï Stanichev, le président du Parti socialiste européen, Udo Bullmann, président du groupe socialiste au Parlement de Strasbourg ou encore le Français Olivier Faure – n’a pu qu’acter la difficulté à identifier une tête de liste.
Parmi les candidats évoqués  :
Le slovaque Maros Sefcovic a confirmé officiellement, lundi 17 septembre, qu’il briguait la présidence de la Commission européenne en remplacement de Jean-Claude Juncker, dont le mandat s’achève en novembre 2019, quelques mois après les élections européennes. Actuellement vice-président de la commission en charge de l’Union de l’énergie, ce diplomate de 52 ans est le premier de la famille sociale-démocrate, toujours deuxième force politique du Parlement européen, à se lancer dans la course à l’investiture pour être « tête de liste » de sa famille politique. Il a déclaré lundi matin vouloir « combattre la mentalité des fils barbelés », faisant référence à sa jeunesse derrière le rideau de fer.
D’autres candidats potentiels, mais pour l’instant écartés :
Le Belge Paul Magnette aurait pu obtenir un consensus. Ancien ministre-président de la Wallonie et figure de la résistance d’une certaine gauche à l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Canada, le CETA, il est aussi le maire de Charleroi et entend bien se faire réélire à ce poste le 14 octobre. Il n’entend toutefois pas réorienter sa carrière vers l’Europe en ce moment. Il ne peut cumuler les mandats et vise plutôt la succession d’Elio Di Rupo à la tête du PS francophone belge. Il a d’ailleurs décliné l’offre surprenante du PS français, qui proposait de lui confier la tête de sa liste.

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                Paul Magnette : « Pourquoi je ne serai pas le candidat du PS français aux européennes »



Federica Mogherini, l’actuelle haute représentante pour la diplomatie européenne, a annoncé qu’elle ne briguerait pas un deuxième mandat. La nouvelle configuration politique dans son pays, l’Italie, est, en effet, plus que défavorable à cette sociale-démocrate, par ailleurs en délicatesse, aujourd’hui, avec Matteo Renzi, le leader du Parti démocrate. Elle viserait une carrière dans une institution internationale.  Le premier vice-président de la Commission Juncker, Frans Timmermans, hésite à se profiler. Le Néerlandais aurait obtenu l’accord de Mark Rutte, le premier ministre libéral néerlandais, pour rester à Bruxelles. C’était, toutefois, avant que M. Rutte songe lui-même à une carrière européenne : beaucoup le décrivent désormais comme un candidat sérieux à la succession du polonais Donald Tusk, à la tête du Conseil européen. Et, dans cette hypothèse, il n’y aurait pas de place pour deux Néerlandais à une très haute fonction. Autre handicap pour M. Timmermans : sa formation, le Parti du travail (PVDA) subit le même sort que son homologue français et est, désormais, quasiment rayée de la carte. Enfin, son profil de gestionnaire, issu d’un pays partagé entre l’euroscepticisme et le rejet de tout projet fédéral, ne le favorise pas aux yeux des socialistes du Sud.
L’actuel commissaire à l’économie, le Français Pierre Moscovici, qui n’aurait pas écarté l’idée de se présenter lui aussi pour remplacer M. Juncker, peut revendiquer un bilan plutôt bon à son poste, où il s’est distingué dans la gestion de la crise grecque et a beaucoup travaillé pour limiter l’évasion fiscale dans l’Union (proposition d’une liste noire européenne des paradis fiscaux et d’une standardisation de l’impôt sur le revenu). Mais le manque de soutien, jusqu’à présent, des socialistes français, constitue son principal handicap.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-2"> ¤ La parti conservateur bavarois, en perte de vitesse, cible désormais l’AfD, à trois semaines des élections régionales.
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En Bavière, la CSU prend ses distances avec l’extrême droite

La parti conservateur bavarois, en perte de vitesse, cible désormais l’AfD, à trois semaines des élections régionales.



LE MONDE
 |    17.09.2018 à 11h05
 • Mis à jour le
17.09.2018 à 15h19
    |

            Thomas Wieder (Garmisch-Partenkirchen, Gröbenzell, Landsberg, Moosburg, Munich, envoyé spécial)








                        



                                


                            

Depuis qu’il s’est fracturé l’épaule en skiant dans le Tyrol autrichien, l’hiver dernier, Gerhard Huber ne sort sa voiture que pour faire les courses, deux fois par semaine. Jeudi 13 septembre, il a pourtant pris la route jusqu’à Moosburg, une petite ville située au nord-est de Munich, à cent kilomètres de chez lui. La raison de cet écart ? Le meeting qu’y tenait Markus Söder, le ministre-président de Bavière, tête de liste de l’Union chrétienne-sociale (CSU) aux élections régionales du 14 octobre.
Ingénieur à la retraite, Gerhard Huber s’est toujours intéressé « d’assez loin » à la politique. Pendant quarante ans, il ne s’est d’ailleurs jamais posé la question : à chaque élection, il votait pour la CSU, le parti conservateur bavarois, « comme pratiquement tout le monde ». Cette année, pour la première fois, il hésite. D’où sa présence au meeting de Markus Söder. « Parce que j’ai besoin d’avoir les idées claires, dit-il. Et que je n’ai jamais été aussi préoccupé par la situation politique de ce pays. »
« Les masques sont tombés »
A la sortie, il se dira « plutôt satisfait ». Face aux quelque 800 personnes venues l’écouter dans la « tente à bière » dressée le long de la petite tête foraine de Moosburg, Markus Söder a plutôt fait dans la sobriété – ce qui est plutôt inhabituel chez ce colosse de 1,94 mètre, que ses adversaires ont depuis longtemps rangé dans la catégorie des « populistes ». Puis le ton s’est fait plus solennel, le débit plus lent, quand il a évoqué le parti Alternative pour l’Allemagne (AfD) en rapport avec les événements de Chemnitz. Dans cette ville de Saxe, l’extrême droite a organisé plusieurs manifestations depuis la mort d’un homme de 35 ans poignardé en pleine rue, le 26 août, lors d’une altercation avec des demandeurs d’asile. « Avec Chemnitz, les masques sont tombés et l’AfD a montré son vrai visage. Il est maintenant clair que l’AfD est main dans la main avec le...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-3"> ¤ Le correspondant du « Monde » à Londres Eric Albert explique dans cette chronique que le scénario dominant chez les acteurs économiques pour le Brexit est celui d’un long délitement et pas un effondrement.
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« L’économie britannique ne dit pas que le Brexit est formidable, bien au contraire »

Le correspondant du « Monde » à Londres Eric Albert explique dans cette chronique que le scénario dominant chez les acteurs économiques pour le Brexit est celui d’un long délitement et pas un effondrement.



LE MONDE
 |    17.09.2018 à 11h00
 • Mis à jour le
17.09.2018 à 11h55
    |

            Eric Albert (Londres, correspondance)








                        



                                


                            
Marchés. Et si on regardait la réalité économique en face ? Derrière les cris d’alerte sur les risques catastrophiques du Brexit, ni les marchés financiers ni les entreprises ne paniquent. La livre sterling, meilleur indicateur des risques de la sortie de l’Union européenne, reste relativement stable depuis deux ans : autour de 1,30 pour un dollar et de 1,12 pour un euro, avec des hauts et des bas en fonction des dernières petites phrases des négociateurs britanniques et européens.
Du côté de l’économie, après un sérieux creux au début de l’année, la croissance a rebondi ces derniers mois. Entre mai et juillet, elle a été de 0,6 %, à son plus haut niveau depuis fin 2016. En juin, les salaires, longtemps à la traîne, ont commencé à progresser, en hausse de 2,9 % sur un an. Le chômage est à 4 % et a reculé d’un point depuis le référendum de juin 2016.
La croissance britannique, qui était la plus forte des pays du G7, est aujourd’hui l’une des plus faibles
En clair, les acteurs économiques et financiers ne croient pas au scénario catastrophe. Ils parient sur un accord entre Londres et Bruxelles dans les mois qui viennent. Un avocat d’affaires français basé à Londres de longue date le résume bien : les entreprises qui viennent le voir le questionnent en permanence sur le Brexit, sont ennuyées par cette incertitude majeure, mais continuent pour l’essentiel comme si de rien n’était.
Qu’on ne s’y trompe pas. L’économie ne dit pas que le Brexit est formidable, bien au contraire. La livre sterling a chuté de 15 % après le référendum et n’a jamais rebondi. Une telle dévaluation permanente dans un grand pays occidental est le signe d’un sérieux coup sur la tête. La croissance britannique, qui était la plus forte des pays du G7, est aujourd’hui l’une des plus faibles. Selon les calculs d’UBS, le Royaume-Uni a perdu 2,1 points de PIB par rapport à ce qui se serait passé si le référendum avait rejeté le Brexit.
Une dynamique économique...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-4"> ¤ Pachi Santiago et Olivier Blanckart, exposés au Festival Images – Biennale des arts visuels, se travestissent en icônes.
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Photographie : à Vevey, les autoportraits d’une époque

Pachi Santiago et Olivier Blanckart, exposés au Festival Images – Biennale des arts visuels, se travestissent en icônes.



LE MONDE
 |    17.09.2018 à 10h15
    |

            Michel Guerrin (Vevey (Suisse), envoyé spécial)








                        



                                


                            

Exposé dans un parc au centre de Vevey, en Suisse, l’Espagnol Pachi Santiago se prend pour Claudia Schiffer. Un peu plus loin, au bord du lac Léman, le Français Olivier Blanckart se transforme, photo après photo, en Sartre, ­Laurel, Hardy, Balzac, Cohn­-Bendit, Depardieu, David Lynch, Renaud, Mélenchon, Courbet – liste non exhaustive. Autant dire qu’on a envie de rencontrer ces deux artistes pour voir à quoi ils ressemblent en vrai. L’Espagnol a le trait fin, le cheveu blond mais un regard noir qui n’appartient qu’à lui. Olivier Blanckart ne ressemble qu’à Olivier Blanckart – petit, rondelet, blond dégarni. Son visage est de la pâte à modeler. Un visiteur le croise et lui lance, stupéfait : « C’est vous, l’artiste ? » C’est lui.

Blanckart épate par sa façon de se transformer, sans assistant, sans recourir à des images de ­synthèse, juste avec des postiches à 3 euros, un maquillage grossier, du scotch, un coup de crayon. L’appareil est souvent un Instamatic ou un téléphone. Ce qui compte, c’est qu’il a beaucoup regardé les images d’illustres avec les attributs de leurs apparences : une coiffure, un vêtement, un regard, un sourire, une mimique, un objet.
Peu importe de savoir si Cohn-Bendit est crédible. La chemise bleue ouverte sur un tee-shirt blanc avec veste grise, le sourire désarmant, c’est lui. Les cheveux sculptés d’un rockeur, le regard de chien battu, la chemise blanche fermée sans cravate, c’est le ­cinéaste David Lynch. Le regard ­vitreux, les joues qui tombent, les lèvres pincées, la coiffe blonde, la robe bleu Klein, c’est Angela ­Merkel. Le cou dans le col roulé et les lunettes trop grandes, c’est Marguerite Duras.
Parfois, Blanckart fait évoluer son corps pour s’approcher du modèle – il est monté à 83 kg pour Balzac
Blanckart fait de la pantomime. Il accentue les stéréotypes, il les caricature. Parfois, il fait évoluer son corps pour s’approcher du modèle – il est monté à 83 kg pour Balzac. Quand les personnages...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-5"> ¤ Le directeur du Festival Images, qui ne croit pas à l’exception culturelle, détaille la manière dont il a implanté l’art dans la ville de Vevey.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-5"> ¤                     
                                                   
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Stefano Stoll : « La culture ne doit pas être dans un monde parallèle »

Le directeur du Festival Images, qui ne croit pas à l’exception culturelle, détaille la manière dont il a implanté l’art dans la ville de Vevey.



LE MONDE
 |    17.09.2018 à 10h14
 • Mis à jour le
17.09.2018 à 11h41
    |

            Michel Guerrin (Vevey (Suisse), envoyé spécial)








                        



                                


                            

Stefano Stoll est le directeur du Festival Images, la biennale d’arts visuels de Vevey (Suisse), qui a la particularité d’installer une grande partie des œuvres et projets dans la rue, les parcs, sur des façades d’immeubles, dans la gare, les vitrines des magasins et même sur l’eau du lac Léman. Il explique sa démarche.

Etre dans la rue, est-ce pour aller à la rencontre du public ?
Au début, il y a douze ans, j’ai cherché à planter profondément les racines du festival dans la ville. Je voulais le public local. Je déteste l’entre-soi, j’aurais pu faire le malin et faire venir d’emblée une star de l’art conceptuel pour viser les convaincus. C’était l’échec assuré. Ici, le public vient pour vivre une expérience sensible, pas pour qu’on lui donne un cours d’art contemporain. Nous devons lui ­raconter des histoires. Je n’expose pas dans un cube blanc, mais dans la ville, et c’est plus compliqué.
Par exemple ?
Ce festival est tellement lié aux aléas de la ville… La moitié des projets sont abandonnés. Une décision politique, un accident de la route, un trou dans un mur, un changement de législation, une boutique qui ferme pour travaux, un ravalement de façade inopiné, un propriétaire de maison où j’ai prévu une exposition et dont l’épouse meurt dix jours avant le festival, une canalisation qui pète, une tempête sur le lac, tout cela bouleverse le festival. Ce n’est pas chaque semaine, c’est chaque heure qu’un imprévu surgit. Par exemple, on a eu un problème avec Nestlé, la première entreprise de la ville…
Quel problème ?
Nestlé nous avait promis un ­bâtiment en friche de 800 m2, ­situé derrière la gare, qui serait devenu le siège de l’équipe du festival et un lieu d’exposition pour jeunes artistes. Et puis Nestlé s’est retrouvé en conflit avec la ville de Vevey autour d’une parcelle qui lui appartient. Mécontent, Nestlé a décidé de ne plus nous donner ce...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-6"> ¤ Analyse. L’extrême droite, qui gouverne en coalition avec les conservateurs, rend inaudible le  discours proeuropéen du chancelier Sebastian Kurz, explique Blaise Gauquelin, correspondant du « Monde » à Vienne.
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L’aigle à deux têtes de la coalition autrichienne

Analyse. L’extrême droite, qui gouverne en coalition avec les conservateurs, rend inaudible le  discours proeuropéen du chancelier Sebastian Kurz, explique Blaise Gauquelin, correspondant du « Monde » à Vienne.



LE MONDE
 |    17.09.2018 à 08h15
 • Mis à jour le
17.09.2018 à 11h44
    |

            Blaise Gauquelin (Vienne, correspondant)








                        



                                


                            

Analyse. C’est au Forum européen d’Alpbach, fin août dans le Tyrol, que les Autrichiens ont finalement saisi la gravité de la situation. L’ancien secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a fait rire l’assemblée en affirmant que la photo de la ministre des affaires étrangères autrichienne, Karin Kneissl, gratifiant Vladimir Poutine d’une révérence au cours de sa fête de mariage était dans tous les journaux sud-coréens.

Sans doute ignore-t-on à Séoul la tradition viennoise voulant qu’après une valse les femmes s’inclinent devant leur partenaire. Sûrement était-ce aussi une occasion en or, pour les commentateurs, d’ironiser sur la présence du président russe aux noces de la ministre, célébrées le 18 août dans un folklore digne de La Mélodie du bonheur. L’Autriche, dont le tropisme prorusse n’est plus à démontrer, reste officiellement un pays neutre, membre de l’Union européenne (UE) depuis 1995 – elle en assure accessoirement la présidence tournante pour un semestre depuis le 1er juillet.
La plaisanterie n’est pas du goût du jeune conservateur Sebastian Kurz, qui, à 32 ans seulement, dirige le gouvernement grâce au soutien du sulfureux Parti de la liberté d’Autriche (FPÖ). Cette coalition si controversée, c’est son bébé. Il ne plaide en rien la naïveté. Il sait que Karin Kneissl, nommée par l’extrême droite, a commis une grave faute en conviant un chef d’Etat à cet événement intime sans l’en informer au préalable. Il n’ignore pas que le symbole, exploité jusqu’à plus soif par les organes de la propagande russe, qui avaient dépêché sur place une discrète caméra, risque d’avoir des effets catastrophiques sur ses six mois à la direction de l’UE, cruciaux pour son avenir politique. Depuis, il déploie des efforts désespérés pour inverser la tendance.
Sebastian Kurz multiplie les gestes de bonne volonté
S’il a finalement « lâché » le premier ministre hongrois Viktor Orban, dans un retournement...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-7"> ¤ Le navire humanitaire fait route vers la Méditerranée centrale, sans aucune visibilité sur les ports dans lesquels il pourra débarquer les personnes secourues.
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A bord de l’« Aquarius », des sauvetages bouleversés par la crise migratoire européenne

Le navire humanitaire fait route vers la Méditerranée centrale, sans aucune visibilité sur les ports dans lesquels il pourra débarquer les personnes secourues.



LE MONDE
 |    16.09.2018 à 21h52
 • Mis à jour le
17.09.2018 à 11h48
    |

            Julia Pascual (envoyée spéciale)








                        



   


L’Aquarius a progressé dimanche 16 septembre dans une mer de velours, après avoir quitté Marseille la veille et mis le cap sur la Méditerranée centrale. En début de soirée, le navire humanitaire des ONG SOS Méditerranée et Médecins sans frontières (MSF) a allumé un troisième moteur pour faire route à 10,8 nœuds. Plus tôt dans la journée, signe que les tentatives de traversée se poursuivent, une embarcation en détresse a été repérée au large des côtes libyennes, avec à son bord une centaine de personnes, d’après l’ONG Pilotes Volontaires, qui réalise une mission de surveillance aérienne.

        Lire aussi :
         

                L’« Aquarius » a quitté Marseille, les soutes pleines « pour pouvoir faire face à l’imprévu »



Deux jours supplémentaires de navigation devraient être nécessaires pour atteindre la zone de recherche et de sauvetage en Méditerranée centrale. Un long périple rendu obligatoire depuis que l’Italie a fermé ses ports aux ONG cet été, sous l’impulsion de son ministre de l’intérieur Matteo Salvini, et que l’Aquarius a renoncé à son traditionnel port d’attache en Sicile. Le bateau s’était également vu refuser pendant l’été une escale technique par Malte et s’est donc rapproché de Marseille.
Dans un contexte de crispation européenne, les opérations humanitaires ont été largement remises en question ces derniers mois. Plusieurs navires sont toujours bloqués à quai à Malte, tandis que l’ONG espagnole Proactiva a renoncé à patrouiller au large de la Libye. Actuellement, aucun navire d’ONG n’est donc présent dans cette zone. Pendant ce temps, même si les départs n’ont jamais été aussi bas depuis quatre ans, le taux de mortalité sur la route de la Méditerranée centrale est en forte hausse en 2018, d’après le Haut commissariat pour les réfugiés des Nations Unies.

   


« Un avant et un après Valence »
« Il y a définitivement un avant et un après Valence », souligne Laura Garel, porte-parole de SOS Méditerranée. Après les premiers refus italien et maltais, la ville espagnole avait accueilli en juin le navire humanitaire et 630 migrants à son bord. « Tout l’été, nous avons avancé au cas par cas, poursuit Laura Garel. Sans avoir aucune visibilité sur les ports dans lesquels nous pourrions débarquer les personnes secourues, comme si le cadre légal avait été mis de côté ».
L’Aquarius doit aussi composer avec la montée en puissance des gardes-côtes libyens. D’ordinaire, les opérations de secours aux embarcations en détresse étaient coordonnées par les autorités maritimes italiennes. « Depuis fin juin, l’organisation maritime internationale a reconnu officiellement la compétence de la Libye en matière de coordination des opérations de recherche et de sauvetage [dans les eaux internationales] au large du pays », souligne Laura Garel. Le 10 août, au cours de sa précédente mission, l’Aquarius a donc pris attache avec les autorités de Tripoli après avoir repéré deux embarcations en détresse. « Nous n’avons pas eu de retour dans un premier temps, narre Laura Garel. Finalement, les Libyens ont assumé la coordination des secours mais nous ont dit qu’ils ne pouvaient pas nous procurer un port sûr pour débarquer les personnes. Après cela, l’Italie et Malte ont refusé de nous accueillir. Au terme de quatre jours d’attente, nous avons finalement pu nous rendre à Malte ».
Dans cet environnement incertain, SOS Méditerranée et MSF tentent de réaffirmer leur cadre d’intervention : « Si nous avons des raisons de penser qu’une embarcation fait face à un danger imminent, nous porterons secours aux personnes sans délai, expliquaient les deux ONG dans un communiqué cet été. S’il nous est demandé de débarquer des gens en Libye ou de les transférer sur un bateau des gardes-côtes libyens, nous nous y opposerons fermement dans la mesure où la Libye, actuellement, ne peut pas être considérée comme un lieu sûr, selon les conventions maritimes internationales ».

   


L’organisation matérielle a été revue
Alors que les navires humanitaires ont été pris à partie par les gouvernements européens, accusés notamment de faire le jeu des réseaux de passeurs, SOS Méditerranée a également souhaité faire un effort de transparence. Un poste de chargé de la recherche et de la documentation a été créé à bord, dont le rôle est notamment d’alimenter un registre public et accessible en ligne, le « logbook » : « J’y recense à la fois nos opérations et ce dont on est témoin, explique Kiri Santer, qui occupe ce poste sur la passerelle du bateau. Si, par exemple, il y a eu des cas de non-assistance d’embarcations en détresse, je peux les documenter et les archiver ».
L’Aquarius a enfin revu son organisation matérielle : « Avant, nous savions que nous pouvions débarquer des personnes secourues au bout de deux ou trois jours mais, maintenant, on se prépare à des attentes longues en mer », explique Edouard Courcelle, chargé pour MSF de la logistique à bord.
Les stocks de nourriture ont notamment été revus à la hausse. Et les kits de survie adaptés. « Dix jours en mer avec des personnes rescapées, ça implique d’améliorer les conditions d’hygiène mais aussi de confort, poursuit Edouard Courcelle. On a par exemple ajouté des brosses à dent et du dentifrice à nos kits ». De la même façon, alors qu’une seule douche avait été prévue sur le pont du navire, pour les personnes brûlées par le mélange d’eau salée et d’essence, désormais des douches de confort ont été pensées pour tout le monde.
Un container réfrigéré a enfin été installé sur le pont avant du bateau, dans lequel pourront être conservés les corps sans vie. Jusque là, ceux-ci étaient installées dans des sacs mortuaires. « Pour refroidir les corps, on enroulait les sacs mortuaires dans des couvertures que l’on arrosait et l’évaporation évacuait suffisamment de calories pour préserver une température acceptable », détaille Edouard Courcelle. Depuis sa première opération en février 2016, l’Aquarius a régulièrement pris en charge des corps.

   



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Une enquête pour viol visant Tariq Ramadan ouverte en Suisse

L’islamologue suisse controversé est placé depuis février en détention en France pour d’autres accusations de viol.



LE MONDE
 |    16.09.2018 à 19h50
 • Mis à jour le
16.09.2018 à 21h33
   





                        



   


La Tribune de Genève révèle dimanche 16 septembre que le théologien musulman suisse Tariq Ramadan est visé par une enquête criminelle pour viol ouverte par le parquet de Genève. M. Ramadan est détenu en France depuis février pour d’autres accusations de viol.
Le parquet a décidé d’ouvrir une enquête criminelle formelle à la suite de la plainte d’une femme accusant Tariq Ramadan de l’avoir violée dans un hôtel de Genève en 2008, selon le porte-parole du parquet Henri Della Casa, cité par le quotidien suisse.
L’accusatrice a déposé sa plainte en avril. Tariq Ramadan n’a pas encore été interrogé par les procureurs suisses dans le cadre de cette affaire.
Inculpé en France
Selon l’avocat de l’accusatrice, Me Romain Jordan, les enquêteurs suisses vont se rendre en France pour entendre la version de M. Ramadan.
Ce théologien de 56 ans, figure populaire et controversée de l’islam francophone, a été inculpé en France le 2 février pour des accusations de viol qu’il conteste.

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                Ce que Tariq Ramadan a dit devant les juges



Le théologien n’a pas été en revanche inculpé ni interrogé à la suite d’accusations de viol formulées par une troisième plaignante, une Française musulmane. Cette femme l’a accusé de l’avoir violée neuf fois, en France, à Londres et à Bruxelles, de 2013 à 2014.
Mardi, M. Ramadan doit être de nouveau confronté à la deuxième plaignante, « Christelle », tandis que sa défense compte déposer une nouvelle demande de mise en liberté sous contrôle judiciaire.



                            


                        

                        


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Article sélectionné dans La Matinale du 15/09/2018
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A Munich, les conservateurs de la CSU veulent se démarquer de l’extrême droite

A un mois des élections régionales, les responsables de l’Union chrétienne-sociale ont choisi de lisser leur discours lors de leur congrès.



LE MONDE
 |    15.09.2018 à 20h48
 • Mis à jour le
16.09.2018 à 11h30
    |

            Thomas Wieder (Munich, envoyé spécial)








                        



   


Franz Josef Strauss est mort il y a trente ans. Mais celui que l’on surnommait le « taureau de Bavière », charismatique président de la très conservatrice l’Union chrétienne-sociale (CSU), sur laquelle il régna sans partage de 1961 à 1988, reste une référence indépassable dans ce Land du sud de l’Allemagne. Samedi 15 septembre, il était donc naturel que son lointain héritier, Markus Söder, ministre-président de Bavière, lui rende un hommage appuyé lors du congrès de la CSU organisé à Munich un mois avant les élections régionales du 14 octobre.
Dans son discours, M. Söder ne s’est pourtant pas contenté de saluer l’homme qui a fait entrer « l’Etat libre de Bavière » dans la « modernité », en la faisant passer de « l’âge rural » à « l’âge industriel », avant que ses successeurs n’en fassent « le Land le plus fort et le meilleur d’Allemagne », celui qui « produit les meilleures voitures du monde », celui qui a réussi l’alliance de « l’ordinateur portable et de la culotte de peau », bref, une région si « pleine de succès » que « tout le monde veut y venir ».
A la tribune, M. Söder est en effet allé plus loin. Comme il l’a rappelé, Franz Josef Strauss est aussi celui qui, dans les années 1980, avait déclaré qu’« il n’y a pas de place pour un parti démocratique à la droite de la CSU ». A l’époque, la phrase était dirigée contre les Republikaner, une petite formation qui tentait de tailler des croupières à la CSU sur sa droite, en s’adressant à ses électeurs déçus.

   


Or, trente ans plus tard, l’histoire se répète : avec le parti Alternative pour l’Allemagne (AfD), la CSU a un nouveau concurrent sur son flanc droit. Mais un concurrent autrement plus sérieux que les Republikaner, qui n’ont jamais dépassé les 2 % des voix, alors que l’AfD, elle, est créditée de 11 % à 15 % aux prochaines élections bavaroises, un an après avoir recueilli 12,4 % des suffrages aux législatives de septembre 2017.

        Lire le compte-rendu du tchat :
         

          Allemagne : « Indiscutablement, des tabous sur l’extrême droite sont brisés »



Changement de stratégie
Que faire pour endiguer la montée de l’AfD ? A un mois du scrutin, Markus Söder s’est donc souvenu du « dogme » de Franz Josef Strauss. Si « aucun parti démocratique » ne peut exister « à la droite de la CSU », c’est donc que l’AfD est, par nature, un parti antidémocratique.
C’est ce qu’il a martelé à Munich, en se référant pour cela aux récents événements de Chemnitz (Saxe), théâtre de violentes manifestations d’extrême droite depuis la mort d’un Allemand de 35 ans, poignardé en pleine rue, dans la nuit du 25 au 26 août, après une altercation avec des demandeurs d’asile.
Or à Chemnitz, a expliqué M. Söder, l’AfD « a manifesté côte à côte avec le [parti néonazi] NPD, [le mouvement islamophobe] Pegida et les hooligans ». Ce faisant, ce parti a montré sa « vraie nature », qui n’est pas de lutter pour la sécurité du pays mais d’œuvrer pour sa « déstabilisation ». Pour M. Söder, cela ne fait aucun doute : « Aujourd’hui, Franz Josef Strauss combattrait l’AfD. » Un message aux électeurs conservateurs qui pourraient être troublés par certaines affiches de l’AfD où apparaît le visage du « taureau de Bavière », accompagné de ce slogan : « Franz Josef Strauss voterait AfD. »

   


Quelle sera l’efficacité d’un tel discours ? Trop tôt pour le dire. En revanche, il est clair que cette offensive anti-AfD lancée par la CSU à un mois du scrutin résulte d’une prise de conscience : celle de l’échec de la stratégie suivie jusque-là par le parti conservateur bavarois et qui consistait, au contraire, à parler le moins possible de l’AfD tout en collant le plus possible à son discours, dans l’espoir que cela permettrait d’en limiter la montée.
Cette stratégie, décidée au lendemain des législatives de septembre 2017, a été sanctionnée dans les sondages : depuis le début de l’année, l’AfD a légèrement progressé, alors que la CSU, elle, a chuté de plus de cinq points. Une baisse qui s’explique en partie par le rejet suscité par sa course « à droite toute » auprès d’un électorat modéré qui, aujourd’hui, se dit prêt à voter pour d’autres, et notamment pour les Verts, crédités de 15 % à 17 % des voix dans les dernières enquêtes d’opinion, et qui pourraient s’imposer comme la deuxième force politique au Parlement régional.

        Lire la tribune :
         

          En Allemagne, « un niveau de coopération inédit entre les groupes d’extrême droite »



« Ordre » et « humanité »
C’est donc avec ce discours débarrassé des accents populistes de ces derniers mois que la CSU aborde cette fin de campagne. A Munich, M. Söder a ainsi soigneusement évité de dénoncer le « tourisme de l’asile », expression qu’il avait empruntée à l’AfD il y a quelque temps, préférant rendre hommage à « celles et ceux qui aident les réfugiés ». A la même tribune, deux heures avant lui, Horst Seehofer, le président du parti, nommé en mars ministre fédéral de l’intérieur, avait lui aussi choisi le même registre.

   


Vantant sa politique de fermeté, notamment sur les reconduites à la frontière de demandeurs d’asile sans autorisation de séjour, M. Seehofer s’en est tenu à un discours consensuel, expliquant que la politique migratoire devait être fondée sur « l’ordre » et « l’humanité », et que seule une « immigration contrôlée » pouvait permettre une « intégration réussie ».
On en aurait presque oublié que, dix jours plus tôt, le même M. Seehofer avait déclaré, dans une interview à la Rheinische Post, que « la question migratoire est la mère de tous les problèmes politiques du pays ».

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                A Chemnitz, des manifestations parallèles révèlent les deux visages de l’Allemagne



Accusé de complaisance à l’égard de l’extrême droite, notamment pour avoir déclaré que « s’il n’avait pas été ministre, il serait descendu dans la rue à Chemnitz », le ministre de l’intérieur a donc lui aussi tenu à lisser son discours : « Nous sommes libéraux et conservateurs. Nous avons toujours clairement mis une barrière entre nous et l’extrême droite. Nous n’avons aucune tolérance pour l’antisémitisme, la radicalité d’extrême droite, la haine des étrangers et la haine tout court », a-t-il insisté.
Un recentrage plutôt apprécié
Parmi les militants et les sympathisants du parti présents à Munich, samedi, ce recentrage semble avoir été plutôt apprécié. « Si la CSU veut rester un “parti populaire”, elle doit parler à tout le monde, et ne peut pas se contenter de parler à longueur de journée de l’immigration et de l’islam », commentait Ulrike, venue avec son mari de la région d’Ingolstadt, à une grosse heure de route de Munich. Un sentiment largement partagé par des militants lassés des passes d’armes incessantes entre M. Seehofer et la chancelière, Angela Merkel, qui ont marqué l’actualité des derniers mois.

   


C’est le cas d’Erich Winkler, adhérent de la CSU depuis 1982 et maire adjoint de Nersingen, une ville de 10 000 habitants située au bord du Danube, non loin du Bade-Wurtemberg. « Il y a eu des expressions malheureuses. Les gens se sont parfois demandé où était la CSU. Avec les discours d’aujourd’hui, on a une ligne claire. J’espère que cela va nous aider », expliquait cet élu local, convaincu qu’une campagne fondée sur la « réconciliation » et non sur la « provocation » est le meilleur moyen de « parler aux électeurs encore indécis », près d’un sur deux selon les enquêtes d’opinion.
Son pronostic ? « Dans les 40 % des voix. » Moins que la majorité absolue espérée il y a encore quelques mois et que la CSU n’a perdu qu’une fois en soixante ans au Parlement régional (entre 2008 et 2013). Mais mieux que les 35 % à 36 % des voix dont la créditent les derniers sondages.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-10"> ¤ Selon sa compagne, il va être transféré de Moscou à Berlin pour suivre un traitement.
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Piotr Verzilov, le membre des Pussy Riot qui aurait été empoisonné, a repris conscience

Selon sa compagne, il va être transféré de Moscou à Berlin pour suivre un traitement.



LE MONDE
 |    15.09.2018 à 20h09
   





                        



   


Piotr Verzilov, le membre des Pussy Riot hospitalisé à Moscou depuis mardi dans un état grave, a repris connaissance et va être transféré à Berlin pour y être soigné, a affirmé samedi 15 septembre sa compagne Veronika Nikoulchina, selon laquelle il a été « empoisonné ».
« Petya (Piotr) a repris conscience » mais souffre toujours d’hallucinations et de délires, a précisé la jeune femme, également membre de ce groupe punk contestataire, au site internet d’information Meduza.
Piotr Verzilov, 30 ans, qui a également la nationalité canadienne, a été hospitalisé mardi après une audition judiciaire puis placé deux jours plus tard en soins intensifs dans un hôpital réputé du centre de Moscou, l’Institut Sklifossovsky. Son état avait été qualifié vendredi de « grave » par cet établissement.
Aucune explication officielle
Selon Veronika Nikoulchina, mardi soir, Piotr Verzilov « a commencé à se sentir mal. Il a perdu la vue, sa vue s’est obscurcie ». Sa compagne avait affirmé dès vendredi à Meduza qu’il avait été empoisonné. « C’est vraiment un empoisonnement, avec quelque chose comme de l’atropine. Seulement, il est question ici d’un gros dosage », avait-elle dit.
Aucune explication sur la dégradation de son état de santé n’a en revanche été donnée de source officielle. Au Canada, le premier ministre Justin Trudeau s’est dit « préoccupé » par les informations le concernant.
Veronika Nikoulchina et Piotr Verzilov sont deux des quatre membres des Pussy Riot qui s’étaient introduits sur le terrain pendant la finale de la Coupe du monde de football, portant des uniformes de la police. Ils avaient été condamnés pour cela à 15 jours de détention.
Piotr Verzilov est aussi le fondateur du site internet MediaZona, qui informe sur les procès des défenseurs des droits de l’homme.



                            


                        

                        


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Article sélectionné dans La Matinale du 15/09/2018
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L’« Aquarius » a quitté Marseille, les soutes pleines « pour pouvoir faire face à l’imprévu »

Le navire se dirige vers la Méditerranée centrale, où il sera le seul acteur humanitaire pour venir en aide aux migrants qui tentent de rejoindre l’Europe.



LE MONDE
 |    15.09.2018 à 19h16
 • Mis à jour le
16.09.2018 à 11h39
    |

            Julia Pascual








                        



   


L’Aquarius a enfin quitté le port de Marseille, samedi 15 septembre peu après 19 heures, mettant le cap sur la Méditerranée centrale. Lorsqu’il sera arrivé dans sa zone de patrouille, d’ici à plusieurs jours, le navire sera le seul acteur humanitaire présent au large de la Libye. Depuis février 2016, il a déjà secouru plus de 29 000 personnes en mer.
Frédéric Penard, le directeur des opérations pour SOS Méditerranée – l’ONG qui affrète le bateau aux côtés de Médecins sans frontières (MSF) –, se dit à la fois résolu et anxieux, alors que les Etats européens n’ont toujours pas trouvé d’accord pour permettre le débarquement des personnes sauvées en mer.

        Lire aussi :
         

                « Le Monde » remonte à bord du navire humanitaire « Aquarius »



Dans quel état d’esprit abordez-vous cette nouvelle mission de sauvetage en mer ?
Frédéric Penard : Notre état d’esprit est d’abord celui de la résolution. Il n’y a aucun bateau d’ONG en Méditerranée centrale ces jours-ci et nous avons le devoir d’être présents pour assister les personnes qui probablement, au moment où l’on parle, sont en train de tenter la traversée à bord d’embarcations qui ne sont pas faites pour ça.
Nous abordons aussi cette nouvelle mission avec un sentiment d’anxiété. La situation est bloquée, l’Europe n’a toujours pas trouvé les moyens de s’organiser pour respecter les conventions maritimes et faire en sorte que les gens soient débarqués dans un port sûr.
Et pour nous, la question du lieu de débarquement des personnes secourues en mer va se poser à nouveau. On se prépare à des difficultés et à des périodes de « stand-by » en mer. Les soutes sont pleines pour pouvoir faire face à l’imprévu. Les équipes partent sans savoir vraiment si elles auront le droit de faire leur travail de marin et simplement sauver des gens sans que personne n’y trouve à redire.
Quelles sont les informations dont vous disposez sur la situation actuelle au large de la Libye ?
Le contexte libyen de ces dernières semaines et l’absence d’acteur civil et indépendant en mer font qu’on a beaucoup de mal à obtenir des informations sur les traversées. C’est une des premières fois qu’on est à ce point dans le brouillard. On a du mal à se rendre compte du nombre de départs, de naufrages.
Et c’est aussi le rôle de l’Aquarius, celui d’être un bateau témoin. On ne veut pas que cette tragédie soit oubliée simplement parce que personne n’est là pour la raconter.

   



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          « L’“Aquarius” est le symbole du naufrage de l’Europe politique »



Vous serez désormais le seul navire humanitaire en Méditerranée centrale. Vous avez été jusqu’à dix à une époque. Est-ce que cela marque la fin de quelque chose ?
Je ne pense pas que ce soit la fin de quelque chose. J’aimerais que cette absurdité soit, au contraire, le début d’un réveil des Etats européens.
Les ONG sont ici dans une forme de compensation des défaillances des Etats qui ne prennent pas au sérieux ce qui se passe à leur frontière sud, dans cette Méditerranée commune. Certes, le nombre de départs en Méditerranée centrale a énormément baissé depuis quelques mois et d’ailleurs nous ne souhaitons pas que les gens prennent la mer, compte tenu du risque qu’ils y encourent. Mais nous savons que des milliers de gens sont encore coincés en Libye et il est probable qu’ils continuent d’avoir besoin de quitter le pays.
Monter sur un bout de plastique, faire des dizaines de milles marins, risquer de couler à tout moment, personne ne le fait de gaîté de cœur, c’est vital. Et tant qu’il y aura des gens qui se mettront en danger, il faut qu’il y ait des secours pour leur prêter assistance.
L’Autriche a récemment suggéré de « trier » les migrants en mer, c’est-à-dire à bord des bateaux. Que vous inspire ce genre de propositions ?
Les gens méconnaissent le droit maritime. Il est clair, précis, ratifié par tous les Etats de l’Union européenne. Le capitaine d’un navire doit porter assistance à tout être humain sans autre considération. Dans la tête d’un capitaine, il n’y a pas de migrant et de non-migrant, de demandeur d’asile légitime ou non légitime. Il y a des gens en détresse qu’il faut secourir.
Politiser les navires est inacceptable, car cela freinerait notre devoir de sauvetage. Décider si les gens relèvent ou pas de l’asile doit être fait par des gens compétents, dans un port sûr, où la réalité des histoires et des besoins de protection pourra être étudiée sérieusement et prise en compte. L’Aquarius, c’est 77 mètres de long et aucun espace de confidentialité, donc même d’un point de vue logistique, ce serait impossible. De toute façon, le droit l’interdit.

   



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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-12"> ¤ L’Eglise catholique n’en finit plus d’être secouée, partout dans le monde, par de nouveaux scandales de pédophilie couverts par la hiérarchie.
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Aux Pays-Bas, l’Eglise catholique entachée par des révélations d’agressions sexuelles

L’Eglise catholique n’en finit plus d’être secouée, partout dans le monde, par de nouveaux scandales de pédophilie couverts par la hiérarchie.



LE MONDE
 |    15.09.2018 à 17h06
 • Mis à jour le
16.09.2018 à 11h45
   





                        



   


« Aux Pays-Bas aussi, les cardinaux et les évêques ont couvert des agressions sexuelles. » Plus de la moitié des évêques et cardinaux néerlandais actifs entre 1945 et 2010 ont eu connaissance d’agressions sexuelles commises au sein de l’Eglise catholique néerlandaise, a révélé, samedi 15 septembre, le quotidien de référence NRC. L’Eglise catholique n’en finit plus d’être secouée, partout dans le monde, par de nouveaux scandales de pédophilie couverts par la hiérarchie, au nom de la protection de l’institution. 
« Vingt des trente-neuf cardinaux, évêques et évêques auxiliaires néerlandais ont été impliqués dans des affaires d’abus dans l’Eglise catholique entre 1945 et 2010 », affirme le NRC. « Quatre d’entre eux ont abusé d’enfants et seize autres ont permis le transfert de prêtres pédophiles susceptibles de faire de nouvelles victimes dans d’autres paroisses », poursuit le journal.

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Contactée par l’AFP, l’Eglise catholique néerlandaise a pu « confirmer une partie » de ces révélations, l’autre étant basée sur des informations anonymes relayées par la cellule d’accueil des victimes mise en place par l’Eglise.
« Les noms de plusieurs évêques correspondent à ce que dit un rapport commandité par l’Eglise en 2010 », a déclaré une porte-parole de l’Eglise catholique néerlandaise, Daphne Van Roosendaal. Les évêques cités sont, cependant, morts pour la plupart et les cas sont tous prescrits, a-t-elle ajouté. Aucun des évêques mis en cause par l’enquête du journal n’est encore actif. Ceux encore en vie n’ont pas souhaité réagir, a précisé le journal.

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-13"> ¤ Devant une foule de 100 000 personnes, François a rendu hommage, samedi, à un prêtre italien assassiné il y a vingt-cinq ans par la mafia sicilienne.
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« Qui est mafieux ne vit pas en chrétien », proclame le pape à Palerme

Devant une foule de 100 000 personnes, François a rendu hommage, samedi, à un prêtre italien assassiné il y a vingt-cinq ans par la mafia sicilienne.



LE MONDE
 |    15.09.2018 à 15h01
 • Mis à jour le
15.09.2018 à 15h15
   





                        



   


« On ne peut pas croire en Dieu et être mafieux. Qui est mafieux ne vit pas en chrétien, car il blasphème avec sa vie le nom de Dieu-amour », a déclaré le pape, samedi 15 septembre, dans une homélie en plein air à Palerme en Italie. Devant une foule de 100 000 personnes, le souverain pontife a rendu hommage à un prêtre assassiné il y a vingt-cinq ans par la mafia sicilienne pour avoir cherché à arracher à son emprise des jeunes d’un quartier défavorisé.
« Aujourd’hui, nous avons besoin d’hommes et de femmes d’amour, non d’hommes et de femmes d’honneur, de service et non d’abus », a-t-il plaidé depuis le chef-lieu de la Sicile, rappelant son appel aux mafieux : « Changez ! Arrêtez de penser à vous-mêmes et à votre argent, convertissez-vous ! » En 1993, le pape Jean Paul II avait lui aussi demandé aux mafieux de Cosa Nostra de « se convertir ». Les parrains siciliens avaient répondu deux mois plus tard par des attentats contre deux églises romaines.
Le pape François a aussi intimé aux Siciliens d’agir, sans tout attendre de la société, sans fuir leurs propres responsabilités. « Aujourd’hui, choisissons-nous aussi une belle vie ! », a-t-il dit.

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Excommunication de mafieux
La messe était consacrée samedi au prêtre des pauvres Giuseppe Puglisi, surnommé le « premier martyr de Cosa Nostra », qui fut tué sur ordre de cette mafia sicilienne d’une balle dans la nuque le 15 septembre 1993, jour de ses 56 ans. « Je vous attendais », aurait-il dit, avec un sourire, avant de mourir sur le seuil du modeste immeuble où il était né.
Le prêtre « ne vivait pas pour se montrer, ne vivait pas d’appels antimafia, au contraire il se contentait de ne rien faire de mal, mais de semer le bien, tant de bien », s’est exclamé le pape samedi à Palerme. « Don Pino savait ce qu’il risquait, mais il savait surtout que le vrai danger dans la vie est de ne pas prendre de risques et de vivoter », a-t-il estimé. En 2012, Benoît XVI l’a reconnu « martyr » et en mai 2013, Don Pino avait été béatifié à Palerme.
Depuis son élection, François s’est attaqué frontalement aux mafieux, souvent pratiquants et bienfaiteurs des paroisses. Dans la catholique Naples, le fief de la Camorra, il avait condamné en 2015 les organisations qui « exploitent et corrompent les jeunes, les pauvres et les défavorisés ». « Comme un animal mort pue, la corruption pue, la société corrompue pue et un chrétien qui fait entrer en lui la corruption pue », avait-il lancé dans la banlieue misérable de Scampia, gangrenée par la Camorra.
En Calabre, dix mois plus tôt, il avait appelé les catholiques à « combattre » l’ultra-puissante ’Ndrangheta. « Ceux qui dans leur vie ont choisi cette voie du mal, comme les mafieux, ne sont pas en communion avec Dieu, ils sont excommuniés », avait-il déclaré.
L’excommunication est la peine la plus sévère envisagée par l’Eglise catholique à l’encontre de ses membres. Des évêques locaux ont déjà excommunié des mafieux, mais le Vatican envisage de se doter d’un document juridique d’une valeur universelle pour excommunier les mafieux, quel que soit leur pays d’appartenance.

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-14"> ¤ Après la démission de la ministre de la santé, accusée d’avoir plagié son mémoire de master, le président du gouvernement espagnol a dû prouver qu’il avait rédigé sa thèse universitaire lui-même.
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En Espagne, Pedro Sanchez en difficulté

Après la démission de la ministre de la santé, accusée d’avoir plagié son mémoire de master, le président du gouvernement espagnol a dû prouver qu’il avait rédigé sa thèse universitaire lui-même.



LE MONDE
 |    15.09.2018 à 11h01
 • Mis à jour le
16.09.2018 à 17h04
    |

            Sandrine Morel (Madrid, correspondance)








                        



                                


                            

Depuis deux jours, plusieurs médias de droite, relayés par le parti libéral Ciudadanos et le Parti populaire (PP, droite), l’accusaient d’avoir plagié sa thèse universitaire, voire de ne pas l’avoir rédigée en personne. Le chef du gouvernement espagnol, Pedro Sanchez, a finalement décidé de couper court à la polémique en rendant accessible, en ligne, l’intégralité de la publication controversée, vendredi 14 septembre.
La conclusion est sans appel. Au pire, la thèse de M. Sanchez, portant sur « l’innovation de la diplomatie économique espagnole » et présenté devant un jury de l’université privée Camilo José Cela en 2012, peut être qualifiée de « médiocre » ou de « faible », comme l’ont estimé plusieurs universitaires interrogés par la presse espagnole. Mais, après analyse par des logiciels spécialisés, elle ne peut être considérée comme le fruit d’un « plagiat », comme l’avait pourtant assuré le quotidien de la droite monarchique ABC le 13 septembre. Aucun élément n’a non plus accrédité l’idée que le texte ait pu être écrit par un autre économiste, comme l’avait affirmé la veille le site d’information Okdiario.
« Toute cette affaire revient à une tentative de faire du bruit et d’abattre le gouvernement », a tranché la porte-parole de l’exécutif espagnol, Isabel Celaa, vendredi, en conseil des ministres. Visiblement en colère, la ministre de l’éducation a estimé que le PP et Ciudadanos doivent « demander pardon » à M. Sanchez, tout en assurant, sur un ton vindicatif, que « le gouvernement va très bien » et est « plein d’énergie ».
Succession de déboires
Cependant, la polémique sur sa thèse n’est que le dernier épisode d’une série de crises et de déboires qui n’ont cessé de mettre à l’épreuve la solidité et la crédibilité du gouvernement socialiste tout au long de la semaine.
Le 11 septembre, la ministre de la santé, Carmen Monton, a dû démissionner après deux...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-15"> ¤ A quai depuis le 27 août à Marseille, le navire humanitaire prépare une nouvelle opération de sauvetage en mer.
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L’« Aquarius » se prépare à reprendre le large

A quai depuis le 27 août à Marseille, le navire humanitaire prépare une nouvelle opération de sauvetage en mer.



LE MONDE
 |    15.09.2018 à 10h59
    |

            Julia Pascual








                        



   


Niché dans une darse, non loin des imposants ferries qui relient la Corse, surplombé par la grande tour de la compagnie CMA-CGM, l’Aquarius mouille discrètement dans le port autonome de Marseille. A quai depuis le 27 août, le bateau affrété par les ONG SOS Méditerranée et Médecins sans frontières (MSF) s’apprête à repartir en mer pour une nouvelle opération de recherche et de sauvetage de migrants au large de la Libye. Il sera alors le seul navire humanitaire à patrouiller en Méditerranée centrale.

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D’ordinaire, l’escale entre deux missions n’excède pas quelques jours, le temps de procéder au changement d’équipe, au ravitaillement et aux opérations de maintenance. Plusieurs semaines se sont écoulées cette fois, en raison notamment d’un changement de pavillon.
Des navires entravés dans leurs actions
Depuis que l’Italie et Malte ont refusé, en juin, d’ouvrir leurs ports aux migrants secourus en mer, les navires des ONG ont été entravés dans leurs actions. Certains sont toujours bloqués dans le port de Malte. Outre le fait qu’il ait dû renoncer à son traditionnel port d’attache en Sicile, l’Aquarius s’est vu pour sa part retirer son pavillon par Gibraltar. Il arbore désormais les couleurs du Panama et Aquarius 2 a été inscrit à la peinture blanche sur sa coque orange.
« Le changement de pavillon est l’une des raisons pour lesquelles nous avons passé plus de temps à quai, dit Nick Romaniuk, le responsable des recherches et des opérations de secours de l’Aquarius. Une partie de l’équipage a notamment dû suivre des modules de formation à la sécurité en mer. »

   


L’escale à Marseille a également été affectée par des soucis techniques. « Comme tous les chantiers, il comporte des aléas », explique Edouard Courcelle, responsable de la logistique à bord pour MSF. Dans une coursive du bateau, une liste de tâches est tenue à jour pour l’équipe de SOS Méditerranée, qui gère tout ce qui a trait aux opérations de secours en mer. Nick Romaniuk explique :
« On fait beaucoup de maintenance. Nous reconditionnons par exemple les gilets de sauvetage, de façon à pouvoir les sortir des sacs cinq par cinq rapidement lors d’une opération. Tout notre équipement est nettoyé, testé, rangé. Cette fois, nous avons notamment dû changer un semi-rigide de sauvetage et réadapter son berceau sur le pont. »
Au son du groupe de rock Creedence Clearwater Revival, les équipes des deux ONG se sont rassemblées pour former une chaîne humaine sur le bateau. Le ravitaillement en nourriture est arrivé et il faut monter à bord des packs de bouteilles d’eau et des cartons de viande, des kilos de sucre, des sacs de carottes et autres cageots de pommes. De quoi nourrir l’équipage de marins et les deux équipes d’humanitaires, soit une quarantaine de personnes. « Au départ, on prévoyait des quantités pour trois semaines de rotation mais maintenant, à cause de l’incertitude des débarquements, on monte jusqu’à quatre semaines », rapporte Nick Romaniuk.
Neuf massages cardiaques simultanément
Les jours qui précèdent le départ en mer sont aussi mis à profit pour des entraînements à la manipulation des brancards ou aux premiers soins. « Les nouveaux comme les anciens voient les procédures de sauvetage et les plans d’urgence pour que cela devienne un automatisme », dit Nick Romaniuk.

   


Dans la langue véhiculaire à bord — l’anglais —, Carlos Jaramillo, le médecin de MSF, présente ce matin-là les premiers gestes de secours. On apprend comment vérifier qu’une personne est en vie et qu’un massage cardiaque doit se faire au rythme de 120 compressions par minute, soit celui d’un tube des Bee Gees : « Ah, ah, ah, ha, stayin’ alive, stayin’ alive… », illustre Carlos Jaramillo sur un mannequin.
Chacun doit pouvoir simuler une réanimation, car l’équipe de MSF ne compte que quatre personnes ayant des compétences médicales. Lors d’un sauvetage en janvier, les membres des deux ONG se sont retrouvés à réaliser neuf massages cardiaques simultanément. Sept personnes ont pu ainsi être réanimées.
« Début septembre, plus de cent personnes se sont noyées au large de la Libye »
Le lendemain, Catherine Flanigan, infirmière à MSF, PowerPoint à l’appui, rappelle la procédure à observer lorsqu’un nombre important de personnes secourues se trouve dans un état critique. « Il peut s’agir d’arrêts cardiaques, de brûlures, d’hypothermie, de déshydratation, liste-t-elle. C’est toujours un peu le chaos, mais on essaye de se préparer. » Les rôles sont répartis, chaque espace du bateau assigné à une fonction, à l’image d’un petit hôpital de campagne.
A la veille du départ, les équipes commencent à s’impatienter. Cela fait plusieurs semaines qu’elles vivent à bord, au rythme d’un équipage en mer, sans avoir quitté encore le port de Marseille. « Evidemment, on ressent de la frustration, reconnaît Nick Romaniuk. Nous sommes là pour sauver des vies en mer et on a encore vu que début septembre, plus de cent personnes se sont noyées au large de la Libye. » Le départ est prévu pour ce week-end.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-16"> ¤ A Tarente, dans les Pouilles, les salariés ont voté pour la reprise de leur très polluante aciérie par le groupe ArcelorMittal.
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En Italie, le dilemme des ouvriers d’ILVA entre défense de l’emploi et lutte contre la pollution

A Tarente, dans les Pouilles, les salariés ont voté pour la reprise de leur très polluante aciérie par le groupe ArcelorMittal.



LE MONDE
 |    15.09.2018 à 10h42
 • Mis à jour le
15.09.2018 à 16h06
    |

            Jérôme Gautheret (Tarente (Pouilles), envoyé spécial)








                        



                                


                            

Sur les murs extérieurs de l’église San Francesco de Geronimo, dans le centre de Tarente (Pouilles), ces quelques mots ont été écrits à la peinture noire : « O l’acciaio o la vita, devi scegliere » (« L’acier ou la vie, il faut choisir »). Depuis combien de temps l’inscription est-elle là ? Un jour, une semaine, un an ? Impossible de le savoir : aucun des passants interrogés n’est capable de le dire. Elle résume pourtant, de façon clinique, le terrible dilemme auquel est confrontée depuis des années cette ville de 200 000 habitants du sud de l’Italie, dont la principale ressource est précisément ce qui la fait mourir.

D’une certaine manière, c’est à cette question impossible que les 10 700 employés du site de l’ILVA de Tarente ont eu à répondre, dans un référendum interne qui s’est tenu du 10 au 13 septembre. Leur verdict a été presque unanime, et sans surprise. A 94 %, et avec près de 70 % de participation, les votants se sont prononcés en faveur du plan de reprise du site formulé par le géant sidérurgique ArcelorMittal, conclu par un accord avec le gouvernement italien, représenté par le vice-premier ministre Luigi Di Maio (Mouvement 5 Etoiles), le 6 septembre. Commencera dans les prochains jours une longue phase transitoire. Le site devrait rester sous tutelle publique jusqu’en 2023.
Cinq années de sursis au moins, 4 milliards d’euros d’investissements, l’emploi garanti pour plus de 10 000 personnes, 100 000 euros d’indemnités pour ceux qui souhaitent partir… Les salariés ne pouvaient pas rêver mieux.
Lourd tribut payé au maintien de l’usine
« En Italie, ces vingt dernières années, je ne vois pas d’exemple d’un plan aussi généreux », convient le responsable syndical Francesco Brigati (Fiom-CGIL), rencontré devant une des entrées du site industriel, interdit aux journalistes. D’où vient alors cette pesanteur qu’on sent dans l’air ? C’est qu’il est difficile d’avoir le cœur léger alors que nul ne peut ignorer...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-17"> ¤ La multiplication des contrats courts, la dérégulation du marché du travail et l’écrasement des salaires pénalisent particulièrement les jeunes.
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En Europe, le marché de l’emploi porte encore les stigmates de la crise de 2008

La multiplication des contrats courts, la dérégulation du marché du travail et l’écrasement des salaires pénalisent particulièrement les jeunes.



LE MONDE
 |    15.09.2018 à 10h24
 • Mis à jour le
15.09.2018 à 11h36
    |

            Elise Barthet








                        



                                


                            

Retour à la case départ. Fin juillet, le chômage dans la zone euro a retrouvé son niveau de novembre 2008. Avec un taux de 8,2 %, il touche encore 13,4 millions de personnes, selon Eurostat. Mais les chiffres baissent en continu depuis 2013. En un an, près de 1,4 million de personnes sont sorties des dispositifs d’accompagnement vers l’emploi. Même l’indicateur mesurant la part des actifs occupés au sein de la population en âge de travailler s’est redressé. Il approchait à l’été 65,5 %, un ratio comparable à celui de 2007.

Statistiquement, il n’y a pas de doute : en dépit du trou d’air du début de l’année, la zone euro se porte mieux qu’il y a cinq ans. A l’époque, au plus fort de la crise des dettes souveraines apparue dans le sillage des « subprimes », le taux de chômage y dépassait les 12 %. Il a fallu attendre 2015 et les premiers rachats de dettes par la Banque centrale européenne (BCE), pour que l’abîme commence à se refermer. Mais une telle saignée laisse des traces.
Elle a considérablement accentué le décrochage entre le nord et le sud du continent. Les pays germaniques, qui avaient flexibilisé leurs marchés du travail avant la crise, ont été relativement épargnés. L’Allemagne est le seul pays de la zone euro à avoir vu son chômage diminuer au cours des dix dernières années. De l’autre côté du spectre, le taux espagnol avoisine, lui, toujours, 15 %, bien qu’il ait chuté de près de 10 points depuis 2013. En Italie, où la secousse a été moins forte, il ne parvient pas à retomber sous la barre des 10 %. Le Portugal et l’Irlande s’en sont mieux sortis. Mais le rattrapage s’est fait au prix d’une violente concurrence fiscale entre Etats.
Fuite des cerveaux
« Brutales, récessives, déflationnistes, les mesures prises pour déréguler l’emploi dans les pays du Sud ont fait porter l’effort sur les populations les plus précaires », souligne Xavier Ragot, chercheur à l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE)....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-18"> ¤ Une étude montre le lien direct entre les coupes budgétaires décidées à la suite de la crise financière de 2008 et le soutien au UKIP, le parti antieuropéen.
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En Grande-Bretagne, l’austérité a créé un terrain fertile pour le Brexit

Une étude montre le lien direct entre les coupes budgétaires décidées à la suite de la crise financière de 2008 et le soutien au UKIP, le parti antieuropéen.



LE MONDE
 |    15.09.2018 à 10h22
 • Mis à jour le
15.09.2018 à 15h08
    |

            Eric Albert (Londres, correspondance)








                        



                                


                            

Vers 2 heures du matin le 24 juin 2016, l’annonce du résultat du vote à Sunderland a soudain fait comprendre que le Brexit était en train de l’emporter. La ville du nord-est de l’Angleterre avait choisi à 61 % de sortir de l’Union européenne, bien plus que ne le prévoyaient les sondages.

Le fait que le choc soit venu d’un des endroits les plus pauvres du Royaume-Uni n’était pas un hasard. Le vote en faveur du Brexit était directement lié aux difficultés économiques, même si d’autres facteurs entrent évidemment aussi en jeu. Les trois quarts des Britanniques sans aucun diplôme ont voté pour le Brexit ; 71 % de ceux qui ont un travail manuel routinier ont fait de même ; 58 % de ceux qui gagnent moins de 20 000 livres par an (22 000 euros) également.
De ce constat a été tirée une leçon, bien souvent considérée aujourd’hui comme une évidence : les laissés-pour-compte de la mondialisation ont profité du référendum pour se révolter. Ce n’est pourtant pas tout à fait exact, conclut une étude publiée en juin par Thiemo Fetzer, de l’université de Warwick. Selon lui, la cause du basculement n’est pas tant la mondialisation, ni même la crise financière, que l’austérité. « Lors des élections européennes de 2004 ou de 2009, UKIP [le parti antieuropéen] avait déjà réussi à rassembler 15 % des voix, rappelle-t-il. Mais le soutien, à l’époque, ne venait pas des régions les plus pauvres. Ce n’est qu’après 2010 – quand la politique d’austérité a été appliquée – que ce phénomène a commencé. »
Fascinantes corrélations
Son étude conclut que le soutien au Brexit aurait été 9,5 % plus bas sans le choc de l’austérité. Suffisamment pour faire basculer le résultat, remporté avec 3,8 % d’avance.
Pour démontrer la validité de sa théorie, M. Fetzer met en avant de fascinantes corrélations entre les coupes budgétaires et le soutien au UKIP. Il prend, par exemple, l’imposition de la « bedroom tax », un impôt concernant les habitants...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-19"> ¤ En visite officielle à Paris, le premier ministre arménien, élu en mai, s’est engagé dans une lutte implacable contre la corruption.
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Nikol Pachinian : « Il n’y a plus de passe-droits et de privilèges en Arménie »

En visite officielle à Paris, le premier ministre arménien, élu en mai, s’est engagé dans une lutte implacable contre la corruption.



LE MONDE
 |    15.09.2018 à 09h52
 • Mis à jour le
17.09.2018 à 09h19
    |

            Marc Semo et 
Gaïdz Minassian








                        



                                


                            

Leader de la « révolution de velours » qui a secoué l’Arménie en avril-mai 2018, le premier ministre Nikol Pachinian était à Paris, vendredi 14 septembre, pour y rencontrer Emmanuel Macron. Le président français se rendra quant à lui à Erevan le 10 octobre, pour une visite officielle durant laquelle il participera au Sommet de la francophonie qui se tiendra cette année dans la capitale arménienne.
Quatre mois après votre arrivée au pouvoir, qu’avez-vous déjà réussi à changer en Arménie ?
La presse, aujourd’hui, est plus libre que jamais. Pour la première fois dans l’histoire de notre IIIe République (depuis 1991), il n’y a plus de passe-droits ni de privilèges. Nous menons une lutte sans précédent contre la corruption et contre l’économie souterraine. Il n’y a plus de monopoles économiques. Le 23 septembre se tiendront dans la capitale Erevan des élections municipales qui seront les plus libres de son histoire. A la différence des autres révolutions – du moins de celles que je connais –, la nôtre n’a pas été suivie par une chute de l’économie. Au contraire, les indices sont plutôt dans le vert, les capitaux rentrent dans le pays, le prix de l’immobilier monte, les dépôts augmentent dans les banques. Nous avons réussi à mettre sur pied un nouveau système de gouvernance populaire démocratique directe.

Vous avez été élu par le Parlement sous la pression de la population, mais il reste dominé par les députés de l’ancien pouvoir de Serge Sarkissian. Est-ce tenable ?
Quand j’ai été élu premier ministre par le Parlement, je ne pouvais a priori compter que sur quatre voix, dont la mienne. Mais l’ancien régime a dû céder. Les Arméniens n’ont aucune confiance en ce Parlement, c’est un réel point noir de notre réalité politique. Mais il faut voir la situation dans sa dynamique. Vingt jours après mon élection, le Parlement a voté un programme de gouvernement spécifiant que des élections parlementaires...




                        

                        


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La vérité sur le « modèle scandinave » d’Emmanuel Macron

« Macron et son gouvernement ignorent ce que font réellement les pays nordiques », assure dans son livre Alain Lefebvre, journaliste qui a longtemps vécu en Scandinavie.



LE MONDE
 |    15.09.2018 à 07h30
 • Mis à jour le
17.09.2018 à 10h07
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            Marie Charrel








                        



                                


                            

Livre. Ah, la Scandinavie… Ses fjords, ses interminables hivers et, surtout, son modèle économique et social : depuis son élection, le président Emmanuel Macron cite régulièrement celui-ci comme une source d’inspiration. Flexisécurité danoise, réforme des retraites à la suédoise, transparence nordique des institutions publiques : la France gagnerait-elle à suivre ces exemples ? Comment ?
Pour y répondre, Alain Lefebvre, journaliste et consultant spécialiste des questions sociales, s’est plongé dans la culture politique de ces pays qu’il connaît bien – il a travaillé pendant quinze ans en Suède et en Finlande, notamment pour les services diplomatiques français.
Dès l’introduction, il pose un constat assez cinglant pour le chef de l’Etat : « Macron et son gouvernement ignorent, volontairement ou non, ce que font réellement les pays nordiques, et proposent parfois des solutions depuis longtemps dépassées dans les pays qu’ils veulent imiter », assène-t-il.

Exemple : la fameuse flexisécurité danoise, censée à la fois faciliter les licenciements et mieux protéger les salariés en leur offrant un généreux filet de protection durant les périodes entre deux emplois. En visite à Copenhague le 29 août, Emmanuel Macron dressait encore l’éloge de ce système, plus performant, selon lui, pour réduire le chômage.
Instrument marketing
Seulement voilà : la flexisécurité, en fait née aux Pays-Bas, a surtout été utilisée comme « un instrument de pur marketing » par les Danois dès 1990, afin de séduire les investisseurs étrangers, explique l’auteur.
Car en pratique les entreprises locales ne sont guère plus flexibles que leurs homologues françaises, poursuit-il, détails à l’appui, tandis que la sécurité a beaucoup baissé ces dernières années : « Le fameux modèle danois dont nous parlons en France n’existe même plus au Danemark ! » Le succès du pays tient en vérité à ses PME haut de gamme...




                        

                        

