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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-1"> ¤ Le romancier algérien est la bête noire du pouvoir autant que des religieux. Il s’en amuse plus qu’il ne s’en inquiète, et écrit de plus belle. En témoigne « Le Train d’Erlingen ».
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Boualem Sansal, le sourire dissident

Le romancier algérien est la bête noire du pouvoir autant que des religieux. Il s’en amuse plus qu’il ne s’en inquiète, et écrit de plus belle. En témoigne « Le Train d’Erlingen ».



LE MONDE
 |    16.09.2018 à 09h00
    |

            Nicolas Weill








                        



                                


                            

Quand on converse avec l’écrivain algérien Boualem Sansal, à la fois lauréat du prestigieux Prix de la paix des libraires ­allemands (2011) et, selon son expression, « tête de Turc » de la presse officielle dans son pays, on comprend un peu mieux ce que signifie l’esprit de dissidence. Son art ­certain de la provocation tranquille crée un tollé à chacune de ses interventions. Sa récente dénonciation, dans une émission d’Arte (« 28 minutes », le 3 septembre), des conditions imposées par le ­gouvernement algérien aux migrants, traqués et expédiés sans ménagement en direction des dangereuses frontières du Mali ou du Niger, lui a valu un : « Boualem Sansal compare l’expulsion des migrants à la rafle du Vel’ d’Hiv » de certains journaux algériens scandalisés. « Les petits camarades qui [le] guettent jour et nuit » ne le manquent jamais ; « Ma réputation d’antialgérien, antiarabe, antiislam en sort grandie », conclut-il, amusé de l’incident.
Il se refuse à l’exil
Modeste sans affectation, il paraît toujours s’étonner des réactions, positives ou négatives, qu’il suscite. « Les intellectuels, universitaires, prof de lettres, journalistes qui restent encore en Algériene m’aiment pas beaucoup ; car dans cette couche-là, produite par le système, le nationalisme demeure dans la ligne. Je suis un peu leur souffre-douleur. » Et cette hostilité n’a pas l’air de l’émouvoir. Il se refuse, lui, à l’exil, se satisfaisant de son ­petit îlot préservé de Boumerdès, à une cinquantaine de kilomètres d’Alger, ville-campus vouée aux universitaires et aux étudiants, une société qu’il qualifie de « plutôt bobo ». Hors de ce lieu d’origine, son écriture n’aurait plus aucun sens, juge-t-il.
Lorsqu’il s’aventure hors de ce territoire, les choses risquent souvent de mal tourner. Ainsi, en 2012, de sa visite au Festival international des écrivains, à Jérusalem, à l’issue de laquelle il s’est payé le luxe de déclarer qu’« il...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-2"> ¤ Spécialisé dans les reportages graphiques de concerts, le collectif Croque & Roll Live ! assiste pour « Le Monde » à la Fête de « L’Humanité » à La Courneuve.
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-3"> ¤ Cette semaine, dans la série « Je ne serais pas arrivé là si… », l’auteur de « La Délicatesse » évoque la grave opération du cœur qu’il a subie à l’âge de 16 ans.
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-4"> ¤ Un documentaire revient sur la nuit de décembre 1976 pendant laquelle l’actrice s’est confiée à la journaliste allemande Alice Schwarzer.
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La nuit révélatrice de Romy Schneider

Un documentaire revient sur la nuit de décembre 1976 pendant laquelle l’actrice s’est confiée à la journaliste allemande Alice Schwarzer.



LE MONDE
 |    16.09.2018 à 06h34
    |

            Renaud Machart








                        


Arte, dimanche 16 - 22 h 40, documentaire

   


A Cologne, le 12 décembre 1976, la nuit est froide et neigeuse. Mais il fait chaud dans la « cabane » sous les toits, au-dessus de l’appartement d’Alice Schwarzer, journaliste féministe allemande bien connue. Il y a des coussins, des cigarettes et du vin. Et Romy Schneider qui, alors qu’elle a refusé tout entretien depuis des années à la presse allemande, se confie.
L’actrice est au faîte de sa carrière. Elle tourne avec Claude Sautet (entre autres films César et Rosalie, 1972, que diffuse Arte en première partie de soirée), avec Francis Girod, Pierre Granier-Deferre, Claude Chabrol, Michel Deville, etc.
Mais aussi Luchino Visconti qui, dans Ludwig, le crépuscule des dieux (1972), lui confie ce rôle de Sissi qu’elle haïssait depuis les films d’Ernst Marischka qui l’avaient rendue, encore adolescente, riche et célèbre. Mais c’est une autre Sissi que lui inspire le cinéaste, qui décèle chez la comédienne un « spleen germanique ».
Confession intime
Au cours de cette nuit, Romy Schneider veut laisser s’exprimer ce spleen, cette douleur. Elle connaît Alice Schwarzer, elle lui répète qu’elle lui fait confiance, qu’elle veut tout dire ; mais elle la supplie aussi de ne pas la trahir. Alice va enregistrer ; mais elle arrête le magnétophone quand Romy le lui demande.
Quarante-deux ans plus tard, Alice Schwarzer a décidé de rendre publiques ces bandes, qu’elle avait laissées dans un tiroir. Une partie de la matière de ces conversations a été confiée à Patrick Jeudy qui, avec Charly Buffet, en a fait la sève d’un exceptionnel documentaire. Alice Schwarzer témoigne avec beaucoup de tact ; elle remplit même les « blancs » de ces enregistrements, quand le magnétophone est stoppé tandis que la confession devient trop intime. Romy Schneider parle essentiellement le français, qu’elle considère comme « la langue des confidences ».
Alice Schwarzer lui répond le plus souvent en français qu’elle connaît pour l’avoir étudié puis avoir été correspondante politique à Paris. Cette langue tierce affirme encore plus le caractère d’étrangeté de cette rencontre où Romy Schneider va évoquer notamment les deux épines qu’elle garda chevillées en sa chair.
« Un chaud-froid permanent »
D’une part, sa mère, l’actrice Magda Schneider, très hitlérienne, et son père qui ne le fut pas moins ; d’autre part, le deuxième époux de sa mère, qui poursuit l’adolescente de ses assiduités sexuelles. Romy Schneider raconte mais ne veut pas « blesser sa mère », qui lui survivra pendant quatorze années.
Des images d’archives montrent Romy Schneider aussi intense que fragile : « Elle pouvait être dominante et soumise, faible et forte, un chaud-froid permanent », dit Alice Schwarzer. On la croit en train de tourner une scène, et c’est en fait un entretien « à cœur ouvert » avec la presse française – la presse allemande était « trop dégueulasse », dit Romy à son amie.
On la voit aussi dans cette fameuse scène du viol dans Le Vieux Fusil (1975), de Robert Enrico, où les témoins ont dit « qu’elle ne s’appartenait plus ». Face à Alice, elle supplie encore une fois de la regarder, elle, et non « son cliché, sa projection ».
Alice est fatiguée mais Romy veut encore et encore continuer. Elles se couchent. Au petit matin, l’actrice a quitté sa chambre. Et le documentaire, pudique et bouleversant, se termine par une vue de la Cologne d’aujourd’hui, froide comme l’absence de cette sublime comédienne qui devait mourir, usée et meurtrie, cinq ans plus tard, à 43 ans seulement.
« Conversation avec Romy Schneider », documentaire de Patrick Jeudy (France, 2018, 53 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-5"> ¤ Porte-voix de la chanson algérienne à l’étranger depuis les années 1970, le chanteur est mort à 71 ans des suites d’une longue maladie.
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Le chanteur algérien Djamel Allam est mort à Paris

Porte-voix de la chanson algérienne à l’étranger depuis les années 1970, le chanteur est mort à 71 ans des suites d’une longue maladie.



LE MONDE
 |    16.09.2018 à 01h58
 • Mis à jour le
16.09.2018 à 11h53
   





                        


Djamel Allam, un des principaux chanteurs kabyles, avec Idir et Lounis Ait Menguellet, est mort samedi 15 septembre à Paris, à l’âge de 71 ans, des suites d’une longue maladie, a annoncé le ministre algérien de la culture. 
« Je viens de recevoir une triste nouvelle (…) le grand artiste algérien, l’un des maîtres de la chanson kabyle Djamel Allam est décédé après une longue maladie dans un hôpital parisien », a écrit M. Azzedine Mihoubi sur son compte Twitter. Le chanteur était hospitalisé depuis des mois en France pour soigner une grave maladie, selon les médias algériens.

Un grand artiste s'en va. https://t.co/hXQHXDREA6— azzedinemihoub3 (@azzedine mihoubi)


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Porte-voix de la chanson algérienne à l’étranger, Djamel Allam a suivi ses premiers cours de musique au Conservatoire de Bejaia (à 250 km à l’est d’Alger) au lendemain de l’indépendance du pays en 1962, avant d’entamer sa carrière en Algérie et à l’étranger. En 1967, alors qu’il était machiniste au Théâtre du Gymnase à Paris, l’artiste a rencontré de grands noms de la chanson française comme Brassens, Georges Moustaki, Léo Ferré et Bernard Lavilliers.
En 1973, il sort son premier album Mara-d youghal (quand il reviendra), un de ses célèbres tubes avec lequel il a obtenu un grand succès, puis Les Rêves du vent en 1978, Si Slimane en 1981 et Salimo quatre ans plus tard.
En 2001, il sort Gouraya, du nom d’une montagne près de Béjaïa, sa ville natale en petite Kabylie, à l’est d’Alger, produit par Safy Boutella qui fut en 1989 le coproducteur avec Martin Meissonnier du disque Katche, qui révéla Khaled. Il s’est produit sur de nombreuses scènes en Europe et en Amérique, et reste, pour les mélomanes, celui qui a donné, avec d’autres artistes, une large audience à la chanson kabyle moderne à l’étranger.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤ Le président de la République, Emmanuel Macron, s’est rendu samedi dans l’ancienne demeure de la cantatrice, dans les Yvelines.
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Article sélectionné dans La Matinale du 15/09/2018
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La villa Viardot reçoit le premier chèque du Loto du patrimoine

Le président de la République, Emmanuel Macron, s’est rendu samedi dans l’ancienne demeure de la cantatrice, dans les Yvelines.



LE MONDE
 |    15.09.2018 à 17h44
 • Mis à jour le
16.09.2018 à 13h43
    |

            Olivier Zilbertin








                        



   


Ne plus croire les panneaux. Depuis le bord de Seine, à Bougival (Yvelines), c’est encore la direction de la datcha et du musée Tourgueniev qu’ils indiquent. Mais pour combien de temps ? En cette Journée du patrimoine, c’est en tout cas la villa Viardot – en léger contrebas du chalet de bois du romancier – qui tient la vedette. Car, samedi 15 septembre, c’est l’heure des premières remises de chèque pour la mission Bern et le Loto du patrimoine.
La villa, habitée autrefois par la grande cantatrice Pauline Viardot et son mari Louis, critique et amateur d’art, a tiré le bon numéro : sa rénovation est l’un des dix-huit projets prioritaires sur les deux cent soixante-dix retenus par la mission.
Fermée depuis longtemps à double tour, la demeure menaçait de tomber en ruine. Plus personne n’y vivait, ni ne la visitait. Du temps de la famille Viardot et de Tourgueniev, les salons ont pourtant vu passer tout ce que l’Europe comptait alors d’artistes et d’intellectuels. Flaubert, Zola, Daudet, Mérimée ou Sand…
Un centre européen de musique
Samedi, pour la venue du président de la République, Emmanuel Macron, et les cérémonies liées à la remise de chèque, la maison de maître s’est refait une petite beauté. Les clôtures qui en interdisaient l’accès ont ainsi été levées. Les ronces et les branches qui en avaient pris possession ont été coupées. Les volets et les fenêtres ont été ouverts. La lumière et la musique ont pu de nouveau y pénétrer. Mais il en faudra bien plus pour redonner entièrement vie à la folie.

   


Coût estimé de la rénovation : plus de trois millions d’euros. Samedi, la Française des jeux a fait un chèque de 500 000 euros. Du coup, la Fondation du patrimoine qui a piloté la mission Bern et la ville de Bougival ont lancé un appel national aux dons. Objectif de la collecte : 500 000 euros supplémentaires. De quoi commencer les travaux, programmés pour le premier semestre 2019.
La villa devrait ainsi pouvoir rouvrir ses portes au début de 2020. Avec la maison de Bizet voisine, rachetée en début d’année par le département des Yvelines, et le futur espace Carmen, la villa Viardot formera l’ossature du centre européen de musique. Ses salons rénovés pourront accueillir comme autrefois rencontres musicales et littéraires.

        Lire aussi :
         

                « Le patrimoine renvoie les Français à une certaine image de grandeur et de prestige »



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                    data-slide-title=""
            data-slide-description="La maison d’Aimé Césaire à Redoute (Fort-de-France), ici le 5 avril. Cette habitation est classée aux monuments historiques depuis décembre 2014."
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            data-slide-description="La « mosquée » située dans la maison de Pierre Loti, à Rochefort (Charente-Maritime). Ce musée municipal est la maison d’enfance de l’écrivain Julien Viaud, plus connu sous son nom de Pierre Loti. Celui-ci a passé une grande partie de sa vie à transformer sa maison natale en un lieu théâtral, où il se mettait en scène lors de fêtes mémorables."
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            data-slide-description="Le domaine de Maison rouge, à La Réunion, abrite depuis quelques années le Musée des arts décoratifs de l’océan Indien."
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            data-slide-description="Le couvent Saint-François à Pino (Haute-Corse). Sa chapelle renferme une fresque, un chemin de croix, une chaire et des stalles du XVIIe siècle."
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            data-slide-description="L’hôtel de Polignac à Condom, dans le Gers. Edifié entre 1773 et 1777, il est classé monument historique depuis 1990."
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            data-slide-description="L’île Cigogne et son fort sur l’archipel des Glénan, dans le Morbihan. Ce dernier est utilisé par les stagiaires du centre nautique de la région."
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            data-slide-description="Le château de Bussy-Rabutin à Bussy-le-Grand, en Côte-d’Or. Le plus célèbre propriétaire des lieux fut le comte Roger de Bussy-Rabutin (1618-1693), général des armées royales du roi Louis XIV, courtisan de la cour de France, philosophe et écrivain épistolaire, pamphlétaire, satirique et libertin, par ailleurs membre de l’Académie française."
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            data-slide-description="L’aqueduc romain du Gier est l’un des aqueducs antiques de Lyon, qui desservait la ville antique de Lugdunum. Il se situe à Chaponost, près de Lyon."
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            data-slide-description="L’habitation Bisdary à Gourbeyre, en Guadeloupe. Bâtie au XVIIIe siècle par les jésuites, elle devient une usine sucrière au début du XIXe siècle."
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            data-slide-description="Le château de Carneville dans la Manche, coté jardin. Précédé d’une vaste cour d’honneur de 26 mètres de long, il couvre 900 m2, auxquels il faut ajouter 2 000 m2 de dépendances et un parc de 7 ha."
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            data-slide-description="La rotonde ferroviaire de Montabon, dans la Sarthe. Le dépôt est fermé depuis 1954 et l’association Rotonde ferroviaire de la vallée du Loir (RFVL2) se charge de le préserver."
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            data-slide-description="L'hôtel-Dieu de Château-Thierry, dans l’Aisne. Aujourd’hui visitable, ce musée retrace au travers de ses dix-huit salles toute l’histoire hospitalière du site depuis sa fondation par la reine de France Jeanne de Navarre, épouse de Philippe IV le Bel."
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            data-slide-description="Les murs d’un bâtiment de l’ancienne sucrerie de Soulou, près de M’Tsangamouji, sur le territoire français de Mayotte. Le cyclone de 1898 a détruit en partie l’exploitation et l’usine."
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            data-slide-description="A l’intérieur du Théâtre des Bleus de Bar, à Bar-le-Duc dans la Meuse. Inauguré en 1902 sous le nom de « Nouveau Théâtre », il a accueilli plusieurs troupes importantes, notamment les célèbres tournées Frédéric Achard et Chataignié, qui faisaient les beaux jours des théâtres parisiens."
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            data-slide-description="La villa Viardot, ancienne demeure de l’écrivain russe Ivan Tourgueniev à Bougival, près de Paris."
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            data-slide-description="L’église catholique romaine du XIIe siècle de Notre-Dame de La Celle-Guenand, en Indre-et-Loire."
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            data-slide-description="Le pont d’Ondres à Thorame-Haute, dans le sud-est de la France. Bâti dans la deuxième moitié du XVIIe siècle, il est constitué de deux arches très inégales de 17 et 9 mètres, pour une longueur totale de 41 mètres."
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            data-slide-description="La Maison du receveur des douanes à Saint-Laurent-du-Maroni, en Guyane. L’ensemble de la maison est dans un état de dégradation avancée, l’étage de la maison ayant été partiellement incendié."
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La maison d’Aimé Césaire à Redoute (Fort-de-France), ici le 5 avril. Cette habitation est classée aux monuments historiques depuis décembre 2014.

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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤ Dans « Brexit romance », l’auteure pour ados tisse des quiproquos autour d’une start-up spécialisée dans les mariages blancs, après le divorce entre la Grande-Bretagne et l’UE.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤                     
                                                

Clémentine Beauvais, l’écrivaine qui fait du Brexit une comédie romantique

Dans « Brexit romance », l’auteure pour ados tisse des quiproquos autour d’une start-up spécialisée dans les mariages blancs, après le divorce entre la Grande-Bretagne et l’UE.



LE MONDE
 |    15.09.2018 à 16h26
    |

            Pauline Croquet








                        



   


Alors que les amis de Clémentine Beauvais ont plutôt accueilli le Brexit comme une tragédie, la romancière, elle, a eu l’idée d’en faire le sujet d’une comédie romantique pour adolescents. Brexit romance, publié le 22 août chez Sarbacane, raconte comment Justine Dodgson, une étudiante anglaise francophile et un peu soupe au lait, décide de monter une entreprise facilitant les mariages blancs entre Français et Britanniques, pour s’opposer au divorce entre son pays et l’Union européenne. Cette start-up clandestine va embarquer dans son aventure d’amour pragmatique les héros du roman : Marguerite Fiorel, soliste française de 17 ans et Pierre Kamenev, son jeune professeur de chant, communiste et un peu vieille France.
« L’idée m’est venue de blagues faites avec mes amis, souvent des couples binationaux. On se disait que le nombre de mariages allait bizarrement augmenter avec le vote, plaisante l’écrivaine française de 29 ans. J’ai pris cette plaisanterie et je l’ai poussée à son comble. J’aime les idées de romans qui viennent d’un réel outré, qui proposent un petit peu plus que le vrai, le plausible. Comme dans l’opéra, que j’adore, et où tout est fait pour que ce soit plus grand que nature. » En résultent 456 pages de roman choral bien orchestré et empreint de théâtre, de comédie populaire britannique mais aussi de réflexions politiques et sociales. « Le Brexit est un sujet touchy en Grande-Bretagne. Mes amis britanniques ne lisent pas le français ; ceux à qui j’ai parlé du livre ont eu une réaction qui oscille entre le petit rire poli et l’air intrigué », explique-t-elle dans un sourire.
Faire sérieusement de l’humour
Clémentine Beauvais a déjà livré plusieurs romans adolescents salués tels que Les Petites Reines (Sarbacane, 2015), une histoire aujourd’hui adaptée au théâtre de harcèlement scolaire qui finit en road-trip cycliste revanchard. Ou encore Songe à la douceur (Sarbacane, 2016), une relecture moderne et en vers libres d’Eugène Onéguine. Ses précédentes œuvres sont souvent bercées d’une certaine violence sociale, tranchant avec le caractère solaire et malicieux de leur auteure. Mais la romancière a fini par s’atteler à des histoires plus optimistes et amusantes :
« Avec “La Pouilleuse” et “Comme des images”, je pensais qu’il fallait écrire des romans sérieux pour être prise au sérieux. “Les Petites Reines” était mon premier roman humoristique. Jamais je ne m’étais vue comme auteure de romans “feel good”. Désormais, je le revendique totalement. »
Pourtant, sous ses atours farfelus, Brexit romance est sans doute l’un de ses ouvrages les plus personnels et délicats. D’abord parce que cette Parisienne de naissance se considère « franglaise ». La romancière vit depuis douze ans en Angleterre, où elle est enseignante chercheuse en sciences de l’éducation à l’université d’York, et s’apprête à demander la nationalité britannique. « Une décision qui n’a pas été précipitée par le Brexit, précise la jeune femme. Au contraire, je me suis vraiment demandé si, après ce vote, je voulais vraiment devenir citoyenne d’un pays qui avait pris cette décision. Mais je veux cette nationalité notamment pour pouvoir voter. »
Pour ce qui est de la délicatesse, le lecteur la retrouvera dans la façon de faire dialoguer la vision libérale britannique avec le républicanisme français, comme dans le travail des rebondissements de l’intrigue. « Mes précédents livres étaient plus à fleur de peau, ils étaient très proches de mon ressenti vis-à-vis de la haute société parisienne », explique Clémentine Beauvais, évoquant son année d’hypokhâgne et sa « colère face au broyage psychologique et à l’esprit de compétition délirant cultivé entre les étudiants ». A l’instar de La Pouilleuse (Sarbacane, 2012), inspiré de l’affaire du gang des barbares, mais dans un lycée de l’élite parisienne.
Partie de croquet avec europhobes
Dans Brexit romance, l’écrivaine française exprime à voix haute ses remarques personnelles depuis son installation outre-Manche. Par exemple, son premier choc culturel, « la bienveillance des Britanniques, leur suspension du jugement ». Ou à l’inverse, « le manque de spontanéité britannique qui semble le pendant du côté impulsif français ».
Des traits de caractère qui infusent des dialogues savoureux et des situations cocasses ou enflammées autour du féminisme, de la laïcité, du racisme, des privilèges. « Je trouvais rafraîchissant de montrer une autre culture, en révélant les points aveugles de la tienne », défend-elle.
Un peu comme si, au fil des actes du roman, le docteur Clémentine se disputait avec Mrs Beauvais. Il y a, par exemple, cette scène où Marguerite, naïve héroïne fascinée par l’aristocratie anglaise, se retrouve coincée dans une partie de croquet lors d’un pique-nique organisé par des membres du UKIP – le parti europhobe. Ou celle confrontant Pierre, lors d’une soirée vin-tricot-club de lecture, aux lacunes de ses connaissances en féminisme et antiracisme. « C’est une scène un peu osée parce que le débat est important, mais la situation comique ; j’y suis un peu moqueuse », confesse Clémentine Beauvais.
« Vous savez, il y a ces personnes qui sont des raisonneurs, souvent de gauche, hyperconnectés et qui sont toujours en avance sur le dernier combat, la polémique en date. Elles ont fondamentalement raison, mais arrivent à vous faire sentir bête ou à court d’arguments parce que vous n’aviez pas entendu parler de ce combat. »
Moqueur, oui. Tendre, certainement. Avec une écriture maîtrisée, allant et venant entre la rhétorique des réseaux sociaux et un langage châtié. La romancière a aussi pris le risque d’écrire un livre éphémère, périssable pour mieux parler de son temps. Et, à une époque où tout va vite, à l’heure des start-up, de Tinder et de WhatsApp, elle réussit à livrer une déclaration aigre-douce sur la jeunesse européenne, l’engagement politique… et même l’amour.
Brexit romance, de Clémentine Beauvais, éd. Sarbacane, 456 pages, 17 euros.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-8"> ¤ Le Loto du patrimoine a engrangé 30 % de mises en plus par rapport à un tirage classique du loto. Emmanuel Macron a salué « les excellents résultats » de la mission menée par Stéphane Bern pour la défense du patrimoine.
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Loto du patrimoine : 14 millions d’euros de mises

Le Loto du patrimoine a engrangé 30 % de mises en plus par rapport à un tirage classique du loto. Emmanuel Macron a salué « les excellents résultats » de la mission menée par Stéphane Bern pour la défense du patrimoine.



LE MONDE
 |    15.09.2018 à 15h30
 • Mis à jour le
15.09.2018 à 15h41
   





                        


Quatorze millions d’euros. C’est le montant des mises engrangées par le Loto du patrimoine, soit 30 % de plus par rapport à un tirage classique du loto, a annoncé, samedi 15 septembre, La Française des jeux (FDJ).
« 2,5 millions de Français ont joué au Super Loto Mission Patrimoine, qui vise à financer la rénovation de monuments dans toute la France, s’est félicitée la PDG de la FDJ, Stéphane Pallez. Uniquement grâce à ce tirage, (…) c’est plus de 3,5 millions d’euros qui vont financer le patrimoine français en péril. »
Outre le loto, l’opération, pilotée par l’animateur Stéphane Bern, comprend un jeu de grattage, dont plus de 2,5 millions de tickets ont été vendus. Les futures recettes, estimées entre 15 à 20 millions selon la FDJ, viendront abonder un fonds spécial dédié à des monuments « emblématiques » en péril, sur quelque 270 sélectionnés.
Emmanuel Macron a salué samedi « les excellents résultats » de la mission menée par Stéphane Bern pour la défense du patrimoine, qui démontrent selon lui « l’engouement » des Français à « redonner vie » aux lieux historiques. Le chef de l’Etat a ponctué les Journées du patrimoine en visitant, avec son épouse Brigitte, la villa Viardot à Bougival (Yvelines), l’un des « lieux emblématiques » de la mission Bern en Ile-de-France.
Stéphane Bern, qui a récemment menacé de quitter sa mission s’il n’était qu’un « cache-misère », s’est félicité qu’Emmanuel Macron lui ait « publiquement manifesté son soutien ». « Il me semble avoir été entendu. Je vais continuer à parler et à me battre pour le patrimoine car c’est le combat de ma vie », a-t-il ajouté. « Je crois avoir porté cette mission avec beaucoup d’énergie » mais « je vais prendre un peu de recul » maintenant qu’elle est sur les rails, a-t-il annoncé.

        Lire aussi l’interview :
         

          « Le patrimoine renvoie les Français à une certaine image de grandeur et de prestige »



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            data-slide-description="La maison d’Aimé Césaire à Redoute (Fort-de-France), ici le 5 avril. Cette habitation est classée aux monuments historiques depuis décembre 2014."
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            data-slide-description="La « mosquée » située dans la maison de Pierre Loti, à Rochefort (Charente-Maritime). Ce musée municipal est la maison d’enfance de l’écrivain Julien Viaud, plus connu sous son nom de Pierre Loti. Celui-ci a passé une grande partie de sa vie à transformer sa maison natale en un lieu théâtral, où il se mettait en scène lors de fêtes mémorables."
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            data-slide-description="Le domaine de Maison rouge, à La Réunion, abrite depuis quelques années le Musée des arts décoratifs de l’océan Indien."
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            data-slide-description="Le couvent Saint-François à Pino (Haute-Corse). Sa chapelle renferme une fresque, un chemin de croix, une chaire et des stalles du XVIIe siècle."
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            data-slide-description="L’hôtel de Polignac à Condom, dans le Gers. Edifié entre 1773 et 1777, il est classé monument historique depuis 1990."
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            data-slide-description="L’île Cigogne et son fort sur l’archipel des Glénan, dans le Morbihan. Ce dernier est utilisé par les stagiaires du centre nautique de la région."
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            data-slide-description="Le château de Bussy-Rabutin à Bussy-le-Grand, en Côte-d’Or. Le plus célèbre propriétaire des lieux fut le comte Roger de Bussy-Rabutin (1618-1693), général des armées royales du roi Louis XIV, courtisan de la cour de France, philosophe et écrivain épistolaire, pamphlétaire, satirique et libertin, par ailleurs membre de l’Académie française."
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            data-slide-description="L’aqueduc romain du Gier est l’un des aqueducs antiques de Lyon, qui desservait la ville antique de Lugdunum. Il se situe à Chaponost, près de Lyon."
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            data-slide-description="L’habitation Bisdary à Gourbeyre, en Guadeloupe. Bâtie au XVIIIe siècle par les jésuites, elle devient une usine sucrière au début du XIXe siècle."
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            data-slide-description="Le château de Carneville dans la Manche, coté jardin. Précédé d’une vaste cour d’honneur de 26 mètres de long, il couvre 900 m2, auxquels il faut ajouter 2 000 m2 de dépendances et un parc de 7 ha."
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            data-slide-description="La rotonde ferroviaire de Montabon, dans la Sarthe. Le dépôt est fermé depuis 1954 et l’association Rotonde ferroviaire de la vallée du Loir (RFVL2) se charge de le préserver."
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            data-slide-description="L'hôtel-Dieu de Château-Thierry, dans l’Aisne. Aujourd’hui visitable, ce musée retrace au travers de ses dix-huit salles toute l’histoire hospitalière du site depuis sa fondation par la reine de France Jeanne de Navarre, épouse de Philippe IV le Bel."
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            data-slide-description="Les murs d’un bâtiment de l’ancienne sucrerie de Soulou, près de M’Tsangamouji, sur le territoire français de Mayotte. Le cyclone de 1898 a détruit en partie l’exploitation et l’usine."
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            data-slide-description="A l’intérieur du Théâtre des Bleus de Bar, à Bar-le-Duc dans la Meuse. Inauguré en 1902 sous le nom de « Nouveau Théâtre », il a accueilli plusieurs troupes importantes, notamment les célèbres tournées Frédéric Achard et Chataignié, qui faisaient les beaux jours des théâtres parisiens."
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            data-slide-description="La villa Viardot, ancienne demeure de l’écrivain russe Ivan Tourgueniev à Bougival, près de Paris."
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            data-slide-description="L’église catholique romaine du XIIe siècle de Notre-Dame de La Celle-Guenand, en Indre-et-Loire."
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            data-slide-description="Le pont d’Ondres à Thorame-Haute, dans le sud-est de la France. Bâti dans la deuxième moitié du XVIIe siècle, il est constitué de deux arches très inégales de 17 et 9 mètres, pour une longueur totale de 41 mètres."
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            data-slide-description="La Maison du receveur des douanes à Saint-Laurent-du-Maroni, en Guyane. L’ensemble de la maison est dans un état de dégradation avancée, l’étage de la maison ayant été partiellement incendié."
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La maison d’Aimé Césaire à Redoute (Fort-de-France), ici le 5 avril. Cette habitation est classée aux monuments historiques depuis décembre 2014.

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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-9"> ¤ Ce week-end se tiennent les Journées européennes du patrimoine. Le chercheur Thibaut Le Hégarat rappelle qu’il s’agit d’une « invention occidentale ».
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« Le patrimoine renvoie les Français à une certaine image de grandeur et de prestige »

Ce week-end se tiennent les Journées européennes du patrimoine. Le chercheur Thibaut Le Hégarat rappelle qu’il s’agit d’une « invention occidentale ».



LE MONDE
 |    15.09.2018 à 15h21
 • Mis à jour le
15.09.2018 à 16h18
   





                        



   


C’est devenu un incontournable de la rentrée. Comme chaque année depuis 1984, se tiendront samedi 15 et dimanche 16 septembre les Journées européennes du patrimoine. Un événement qui coïncide cette année avec le lancement par Stéphane Bern du « Loto du patrimoine », dont le tirage a lieu vendredi, et qui doit permettre une levée de fonds populaire pour financer la réfection d’édifices menacés.
Des célébrations populaires particulièrement prégnantes en France, où « la vision du patrimoine renvoie les Français à une certaine image vernaculaire de grandeur et de prestige » selon Thibaut Le Hégarat. Chercheur associé au Centre d’histoire culturelle des sociétés contemporaines, il rappelle que « la notion de patrimoine est une invention occidentale ».

        Notre interview de Stéphane Bern :
         

          « J’ai le rôle de poil à gratter »



Que désigne-t-on aujourd’hui sous le terme de patrimoine ? 
Au niveau sociétal, le patrimoine a d’abord été défini par des objets, des bâtis, des artefacts, qui témoignaient de mouvements historiques ou de valeurs, souvent en lien avec la religion ou la culture. Mais il n’y avait pas initialement le même souci de conservation. On n’hésitait pas à détruire des constructions jugées trop vieilles, pour reconstruire aux goûts de l’époque.
Pendant les guerres mondiales en Europe, beaucoup de monuments historiques ont été endommagés, ce qui a provoqué de vives réactions dans la population et obligé les autorités à lancer des campagnes de sauvegarde. Cet intérêt du grand public pour le patrimoine va conduire à un élargissement progressif de sa définition.
Depuis les années 1950, le patrimoine est devenu une des formes de notre rapport au passé. En tant que société, c’est désigner des personnes, des lieux et choses qui incarnent l’histoire, et sont jugés dignes d’être conservés, célébrés, et transmis aux générations suivantes comme repères. De vieux immeubles ou de vieilles fermes sont ainsi entrés dans la définition du patrimoine.

        En novembre 2017,
         

          l’Etat promettait 362 millions pour le patrimoine



Toutes les cultures partagent-elles cette vision du patrimoine ? 
La notion de patrimoine est une invention occidentale. Mais ce concept purement européen s’est exporté et est aujourd’hui universellement partagé. Tous les pays candidatent auprès de l’Unesco pour obtenir une reconnaissance de leur patrimoine national et une protection internationale. Cela n’avait aucun sens il y a cent ans.
Au Japon par exemple, conserver les temples trop vieux était une aberration. La tradition voulait qu’on les démolisse et qu’on les reconstruise à l’identique, flambant neufs. Il n’y avait pas de fétichisme des vieilles pierres. La preuve de ce changement culturel, ce sont les touristes asiatiques qui viennent de plus en plus nombreux visiter le patrimoine occidental, bien qu’ils viennent d’aires culturelles complètement différentes. Il y a une adhésion progressive, comme prise de conscience que cela constitue une richesse.
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            data-slide-description="Une procession sur l’île sacrée d’Okinoshima lors du festival Miare. L’île a été ajoutée le 9 juillet à la liste du patrimoine mondial de l’humanité. Les sites archéologiques qui ont été préservés sont pratiquement intacts et offrent une représentation chronologique de la manière dont les rituels pratiqués sur l’île ont évolué du IVe au IXe siècle."
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            data-slide-description="Des primates gelada en 2011 dans le parc national du Simien en Ethiopie, qui a été retiré de la liste du patrimoine en péril. Inscrit sur la liste du patrimoine mondial en 1978, le site avait été ajouté à la liste du patrimoine en péril en 1996 en raison notamment de l’impact lié à la construction d’une route traversant le parc, du surpâturage, d’empiètements agricoles aux abords du site et du déclin des populations de bouquetins d’Abyssinie, de primates gelada et d’autres grands mammifères."
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            data-slide-description="Taputapuatea, sur l’île de Raiatea, se trouve au cœur du « triangle polynésien ». Dans ce paysage culturel et marin se trouve le marae Taputapuatea, un espace politique, cérémoniel et funéraire. Il se caractérise notamment par une cour pavée et une grande pierre dressée en son centre. Répandus en Polynésie, les marae étaient des points d’intersection entre le monde des vivants et celui des ancêtres. Taputapuatea apporte un témoignage exceptionnel de 1 000 ans de civilisation maohi."
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            data-slide-description="Le quartier « Neustadt » à Strasbourg, le 8 septembre 2016. La Grande Ile de Strasbourg est inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l’humanité depuis 1988 ; la zone a été étendue au quartier d’influence allemande « Neustadt »."
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                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Vue d’ensemble de la ville d’Hébron en Cisjordanie, le 7 juillet. Al-Khalil, le site de la vieille ville d’Hébron, a été inscrit simultanément sur la liste du patrimoine mondial et sur celle du patrimoine en péril, laquelle compte désormais 54 sites."
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            data-slide-description="Des moutons à Kujataa, un paysage agricole subarctique situé dans la région sud du Groenland. Ce site est témoin des histoires culturelles paléo-esquimaudes – celles des peuples de chasseurs-cueilleurs venus d’Islande à partir du Xe siècle –, et des migrations de fermiers nordiques, de chasseurs inuits et des communautés inuits qui se sont développées à partir de la fin du XVIIIe siècle. Ce paysage témoigne de la plus ancienne introduction de l’agriculture dans l’Arctique et de l’installation d’un établissement nordique hors d’Europe."
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            data-slide-description="Le garage Fiat, de style art déco, à Asmara, en 1999. La capitale de l’Erythrée s’est développée à partir des années 1890 comme un avant-poste militaire pour la puissance coloniale italienne. A partir de 1935, la ville connut un programme de construction de grande échelle appliquant le style rationaliste italien de l’époque aux édifices gouvernementaux, aux bâtiments résidentiels et commerciaux, aux églises, mosquées, synagogues, cinémas, hôtels, etc."
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            data-slide-description="Temple d’Aphrodite à Aphrodisias en Turquie. La cité d’Aphrodisias a été construite au IIe siècle avant notre ère, à la faveur de l’expansion de la culture hellénistique dans le sud-est de l’Anatolie."
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                    data-slide-title=""
            data-slide-description="La cathédrale de l’Assomption sur l’île-village de Sviajsk, fondée par Ivan le Terrible en 1551. C’est de cet avant-poste qu’il lança la conquête de Kazan. Le monastère de l’Assomption illustre par sa situation et sa composition architecturale, le programme politique et missionnaire développé par le tsar Ivan IV pour étendre l’Etat de Moscou."
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            data-slide-description="Vue d’ensemble de la ville historique de Yazd en République islamique d’Iran.  C’est un témoignage vivant de l’utilisation des ressources limitées pour assurer la survie dans le désert. L’eau est amenée en ville par un système de qanats – ouvrage destiné à la captation d’une nappe d’eau souterraine. Les édifices sont construits en terre. La ville a échappé aux tendances à la modernisation qui ont détruit de nombreuses villes traditionnelles en terre."
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Une procession sur l’île sacrée d’Okinoshima lors du festival Miare. L’île a été ajoutée le 9 juillet à la liste du patrimoine mondial de l’humanité. Les sites archéologiques qui ont été préservés sont pratiquement intacts et offrent une représentation chronologique de la manière dont les rituels pratiqués sur l’île ont évolué du IVe au IXe siècle.

IMAKI Hidekazu / UNESCO
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La France se distingue-t-elle dans son rapport au patrimoine ? 
Les Français sont très préoccupés par eux-mêmes. Leur vision du patrimoine leur renvoie une certaine image vernaculaire de grandeur et de prestige. C’est l’image du pays des châteaux et des clochers qu’on continue savamment d’entretenir à grand renfort d’émissions populaires. Le passé a un pouvoir réconfortant, par rapport à l’angoisse provoquée par l’inconnu de l’avenir. Il y a donc un lien fort entre les Français et leur patrimoine.

        La liste des 18 monuments
         

          qui bénéficieront des recettes du « Loto du patrimoine »



Pourtant, on entend de plus en plus parler d’un patrimoine qui tomberait en désuétude. La mission confiée par le gouvernement à Stéphane Bern va en ce sens. Ce lien entre les Français et leur patrimoine est-il en train de se distendre ? 
Je ne crois pas. Les visites restent très populaires. Les Journées du patrimoine, créées en 1984 sous un autre nom, sont un succès, avec des chiffres de fréquentation stables depuis dix ans, autour de 12 millions de visites.
Concernant l’état du patrimoine, la France est loin d’être dans une situation catastrophique, malgré des désengagements financiers progressifs, notamment au niveau des régions. Le gros du travail a été fait, et il y a une dramatisation entretenue par les médias.
Car depuis la Révolution française, la polémique est indissociable du patrimoine, souvent relayée par les médias. C’est quand on dit un bâtiment menacé que se lèvent les boucliers, même si esthétiquement la valeur n’est pas toujours reconnue unanimement. Il fait partie de l’identité du territoire.
C’est d’ailleurs toujours sous le registre de l’émotion qu’on parle du patrimoine. On le voit dans tous les programmes télévisés actuels : leurs auteurs recherchent l’émotion des téléspectateurs pour mieux les toucher, comme s’il fallait forcément émouvoir, indigner ou apitoyer les citoyens pour les intéresser au patrimoine.

        Sur la mission patrimoine :
         

          Stéphane Bern refuse d’être un « cache-misère »






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-10"> ¤ Ce film en deux parties diffusé par Arte propose un tour du monde des systèmes éducatifs les plus prometteurs. Passionnant.
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« Demain, l’école » : une histoire de classes

Ce film en deux parties diffusé par Arte propose un tour du monde des systèmes éducatifs les plus prometteurs. Passionnant.



LE MONDE
 |    15.09.2018 à 15h00
 • Mis à jour le
15.09.2018 à 15h30
    |

            Mustapha Kessous








                        



   


Arte, samedi 15 septembre à 22 h 20, documentaire
Il est 7 h 30 et les élèves de cette école de Singapour sont déjà tous assis sur le parquet brillant du gymnase. Dans quelques secondes, ils vont se lever pour chanter l’hymne national. Puis ils retrouveront leur classe et leur tablette numérique pour continuer à écrire ou à résoudre des équations mathématiques. En 2015, cette cité-Etat a pris la première place du classement PISA (Programme international pour le suivi des acquis) pour les élèves de 15 ans, réalisé par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Comment cet ancien pays pauvre – aussi peuplé que New York – a-t-il pu devenir, cinquante ans après son indépendance, la référence internationale en termes d’enseignement scolaire ?
Sa réussite ne doit rien au hasard. D’une part, l’Etat consacre 20 % de son budget à l’éducation en misant, notamment, sur une formation exigeante des professeurs. D’autre part, cette micronation n’a pas hésité à s’inspirer de méthodes d’apprentissage qui ont fait leur preuve ailleurs dans le monde. Elle a même fini par développer la sienne – la technique de Singapour – très efficace pour s’initier aux mathématiques.
Jusqu’à épuisement
Mais comme dans tout succès, il y a une part d’ombre… Les enfants sont stimulés jusqu’à épuisement : après l’école, qui se termine à 18 heures, les plus favorisés doivent suivre des cours du soir en plus des devoirs à faire à la maison. Certaines familles aisées n’hésitent pas à envoyer leurs petits prendre des leçons de soutien scolaire dès la maternelle. Cette course à l’excellence a poussé au suicide des adolescents stressés à l’idée d’avoir de mauvaises notes.
À l’autre bout du monde, en Finlande, l’école Saunalahti a une tout autre approche. Son leitmotiv : l’épanouissement des élèves doit être au cœur de l’enseignement scolaire. Tout a été pensé pour leur bien-être, jusqu’à la conception même de l’établissement, dont les matériaux utilisés (tels que le verre) ont un impact positif sur la concentration des pensionnaires, comme le raconte son architecte. Les professeurs donnent peu de devoirs, histoire de ne pas empiéter sur le sommeil des enfants ; quatre à six heures de cours par jour, dont un intitulé « Nous » pendant lequel les élèves parlent d’eux et de leurs camarades.
Et la France ?
Demain, l’école. Les Innovations dans le monde est la première partie d’un documentaire passionnant qui propose un tour de la planète des systèmes éducatifs les plus prometteurs. Ce film se demande si les nouvelles technologies peuvent aider les enfants à devenir de meilleurs élèves ou, au contraire, si elles ne vont pas leur nuire. Ou encore si les établissements doivent fournir des tablettes ou développer des ateliers plus manuels. De grands pédagogues sont interrogés et donnent des pistes de réflexion afin de permettre à la jeune génération de trouver sa place dans un monde qui fera de plus en plus appel à l’intelligence artificielle.
Et qu’en est-il de la France ? Notre pays se classe à la 27e place de l’enquête PISA et reste connu pour son système éducatif profondément inégalitaire. Mais le documentaire pointe des écoles, en banlieue parisienne ou en province, qui ont fait le choix d’utiliser des méthodes étonnantes pour justement casser cette spirale inégalitaire.
La seconde partie de ce film sera diffusée le samedi 22 septembre (à 22 h 15) et se concentre sur les approches scientifiques qui cherchent à révolutionner l’école.
Demain, l’école. Les Innovations dans le monde (première partie), Du bon usage du cerveau (seconde partie), documentaire de Frédéric Castaignède (France, 2018, 2 x 52 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-11"> ¤ Tribune. Après l’incendie du musée de Rio, le 2 septembre, une question se pose : quel avenir pour la recherche dans les musées ?
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Le Musée national de Rio n’est pas un modèle dépassé

Tribune. Après l’incendie du musée de Rio, le 2 septembre, une question se pose : quel avenir pour la recherche dans les musées ?



LE MONDE
 |    15.09.2018 à 14h00
   





                        



                                


                            
Par Frédéric Keck
C’est avec sidération que nous avons regardé les images du Musée national de Rio en flammes, puis celles des murs calcinés du palais où avait disparu la quasi-totalité de la plus grande collection d’histoire naturelle de l’Amérique du Sud. Eduardo Viveiros de Vastro, anthropologue mondialement connu dont la carrière s’est entièrement déroulée dans le Musée ­national, a décrit ces ruines comme un « Ground Zero » dans lequel se réfléchissent les autres désastres qui affectent la nation brésilienne.
La destruction du lieu, même si elle est due à un incendie accidentel, a en effet une signification politique et écologique : c’est une partie de la mémoire de la diversité du Brésil qui s’est volatilisée, avec ses langues ­documentées dans la bibliothèque, ses objets fabriqués par les populations autochtones, ses spécimens d’espèces animales et végétales aujourd’hui disparues. Au-delà de l’émotion causée par cette perte inestimable, que penser des images de cette catastrophe ?
Commençons par détourner légèrement la focale. En se déplaçant du quartier pauvre et désaffecté de Sao Cristovao qui entoure le ­Musée national de Rio vers la zone portuaire en cours de rénovation, on découvre un ­musée entièrement nouveau, le Musée de ­demain. Dilma Rousseff a inauguré en 2015 ce bâtiment ambitieux et coûteux, alors qu’aucun président du Brésil ne s’est rendu au Musée national depuis 1960. Les visiteurs se pressent pour y voir des expositions numériques sur l’avenir de la planète, mais aucune collection n’y est conservée. Par contraste, faudra-t-il ­appeler le Musée national, que le gouvernement brésilien a promis de reconstruire, le « musée du passé » ?

Des chercheurs parmi les meilleurs
Le bâtiment qui abritait le Musée national était en effet le palais dans lequel vivait l’empereur du Brésil au XIXe siècle. Passionné d’histoire naturelle, correspondant de Darwin et de Pasteur, il se faisait...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-12"> ¤ De 15 à 20 millions d’euros vont être collectés grâce au jeu. Ils devraient permettre de subventionner la restauration de 270 sites français en péril.
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-13"> ¤ L’écrivain américain Richard Powers fait des rois des végétaux les vrais héros de « L’Arbre-monde », son nouveau roman.
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Richard Powers : « Les arbres sont des créatures sociales et sociables »

L’écrivain américain Richard Powers fait des rois des végétaux les vrais héros de « L’Arbre-monde », son nouveau roman.



LE MONDE
 |    15.09.2018 à 09h00
    |

                            Florence Noiville








                        



                                


                            
L’Arbre-monde (The Overstory), de Richard Powers, traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Serge Chauvin, Cherche Midi, 550 p., 22 €.

Découvert en 1985 avec Trois fermiers s’en vont au bal (Cherche Midi, 2004), Richard Powers est l’un des écrivains les plus puissants de la scène littéraire américaine. Après des études de physique, il se lance en littérature, explorant les relations entre sciences (physique, génétique), technologies et art (la musique, en particulier). Il reçoit en 2006 le National Book Award pour La Chambre aux échos (Cherche Midi, 2008). Dans son douzième roman, ­L’Arbre-monde, ses héros mesurent près de 100 mètres de hauteur et sont vieux de plusieurs siècles : ce sont les arbres autour desquels s’enroulent les destins de neuf personnes convergeant vers la Californie, où un séquoia géant est menacé de destruction. Un éco-roman dont l’auteur explique qu’il a profondément changé sa propre manière d’être au monde et ses liens avec les autres vivants, les « non-humains ».
Ecrire ce roman a littéralement changé votre vie, dites-vous. Désormais, vous vivez au milieu des arbres dans les Smoky Mountains des Appalaches. Pourquoi ce choix ?
J’ai été stupéfait de découvrir, pendant les six ans que j’ai passés à lire et à faire des recherches pour ce roman, que 95 % à 98 % des forêts américaines – des forêts dont on pensait jadis qu’elles dureraient toujours – avaient été abattus. Toutes les forêts de feuillus originelles ont notamment disparu. J’avais lu aussi que l’un des rares endroits où l’on peut, encore aujourd’hui, trouver des vestiges de la forêt primaire se trouve dans l’arrière-pays reculé des Great Smoky Mountains. Il y a trois ans et demi, alors que j’étais encore complètement immergé dans l’écriture du livre, j’ai fait le voyage, je suis allé dans le Tennessee pour voir ces dernières poches de forêt primaire. Moi qui arpente les forêts...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-14"> ¤ En France, les éditeurs s’efforcent de limiter l’impact écologique de la consommation de papier. Mais ils peuvent mieux faire.
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Ces forêts dont on fait des livres

En France, les éditeurs s’efforcent de limiter l’impact écologique de la consommation de papier. Mais ils peuvent mieux faire.



LE MONDE
 |    15.09.2018 à 08h45
    |

                            Macha Séry








                        



                                


                            

Le paradoxe eût été que L’Arbre-monde contribuât à la déforestation par le papier utilisé pour la fabrication du livre. Vérification faite, il n’en est rien. A la fin de l’édition française du roman de Richard Powers, figure le label FSC (pour Forest Stewardship Council), lequel certifie que les fibres de cellulose proviennent de forêts gérées durablement, à savoir que la quantité de bois coupé n’y dépasse pas le volume de biomasse poussé la même année. Son éditeur, Le Cherche-Midi, est dans une démarche éco-responsable, comme l’ensemble du groupe Editis auquel il appartient, et dont 99 % de la production est désormais labellisée FSC. « Nous contrôlons l’intégralité de la filière, de l’arbre jusqu’à la page imprimée, explique Richard Dolando, directeur des achats des matières premières chez Editis. Nous avons 44 marques éditoriales et plusieurs typologies de papier (blancheur, grammage…). Avec certains fournisseurs, le problème est de trouver des approvisionnements certifiés, ce qui entraîne un léger surcoût. »
Dans un cycle vertueux
Avec 422 millions d’exemplaires imprimés chaque année, l’édition française consomme 185 000 tonnes de papier par an, soit 6 % du marché, selon une enquête du Syndicat national de l’édition (SNE) de décembre 2017. Pourtant, si le secteur est dans un cycle vertueux depuis vingt ans, des problèmes n’en subsistent pas moins. D’abord un déficit de transparence vis-à-vis du lecteur. Directeur de la communication et du développement durable du groupe Hachette Livre, Ronald Bluden admet que la commission « environnement », dont il est le vice-président au SNE, peine à mobiliser ses adhérents sur le sujet. Moins d’une dizaine d’éditeurs, sur les 650 adhérents, se déplacent aux séances. La même enquête indique que 93 % du papier acheté en 2016 serait certifié (FSC, PEFC – Pan European Forest Certification) ou recyclé, contre 73 % en 2012. Mais ces chiffres semblent surévalués. Le SNE reconnaît qu’il faudrait...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-15"> ¤ De l’épopée de Gilgamesh aux récits autobiographiques d’Henry David Thoreau, force est de constater que la littérature est née dans les forêts.
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Le cœur de la littérature bat au plus profond des bois

De l’épopée de Gilgamesh aux récits autobiographiques d’Henry David Thoreau, force est de constater que la littérature est née dans les forêts.



LE MONDE
 |    15.09.2018 à 08h30
 • Mis à jour le
16.09.2018 à 06h32
    |

                            Macha Séry








                        



                                


                            


A mesure que les forêts disparaissent, grandit le besoin nostalgique d’en humer l’humus dans les pages. Et les succès en librairie célébrant racines et frondaisons se multiplient, à l’instar de La Vie secrète des arbres (Les Arènes, 2017), dont les deux versions (texte et illustrée) cumulent à ce jour 700 000 exemplaires vendus en France.
Pour Robert Harrison, professeur à l’université Stanford (Californie), la raison en est simple : les bois sont tapissés « de souvenirs enfouis, de peurs et de rêves ancestraux, de traditions populaires, de mythes et de symboles plus récents [qui] partent en fumée dans les incendies de déforestation dont on entend tellement parler aujourd’hui ».
Dans Forêts. Promenade dans notre imaginaire (Champs, 2018), version réactualisée de son essai consacré à la littérature occidentale, il poursuit : « Ces feux nous émeuvent pour des raisons qui échappent partiellement à notre entendement ; ils nous font réagir à un autre niveau, celui de notre mémoire culturelle. »
Un univers à l’écart
L’Occident a, en effet, défriché son espace au cœur des forêts, auxquelles se sont opposées ses institutions dominantes – la religion, le droit, la famille, la cité. « Dans la forêt, on perdait toute humanité, on ne pouvait être qu’en deçà ou au-delà de toute humanité. (…) La bestialité, la chute, l’errance, la perdition – telles sont les images que la mythologie chrétienne associera de plus en plus aux forêts », assure l’universitaire.
Domaine des fées et des persécutés à la fois profane et sacré, celles-ci forment un univers à l’écart. Elles ont donné refuge aux amants et inspiration aux écrivains, qu’elles dépaysent, enchantent ou terrifient. De l’épopée de Gilgamesh à la poésie d’Andrea Zanzotto, de Roland furieux aux contes de Grimm, des chants de Virgile aux récits autobiographiques du philosophe et naturaliste Henry David Thoreau, force...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-16"> ¤ Pour la première fois à l’affiche du Festival d’automne, la jeune danseuse s’élance sur les traces du musicien John Cage et du chorégraphe Merce Cunningham dans sa pièce « Dance Concert », pour trois danseuses. A voir du 3 au 6 octobre au Centre Pompidou.
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Ola Maciejewska, l’art et la matière

Pour la première fois à l’affiche du Festival d’automne, la jeune danseuse s’élance sur les traces du musicien John Cage et du chorégraphe Merce Cunningham dans sa pièce « Dance Concert », pour trois danseuses. A voir du 3 au 6 octobre au Centre Pompidou.



LE MONDE
 |    15.09.2018 à 08h00
    |

                            Rosita Boisseau








                        


Dans son nouveau spectacle, la chorégraphe Ola Maciejewska, 34 ans, utilise un appareil étrange, équipé de deux antennes, le thérémine, l’un des premiers instruments de musique électronique, créé à la fin des années 1910, que Cage utilisa. Sa particularité : réagir magnétiquement aux mouvements de ceux qui bougent autour de lui en produisant des sons entre le violon et la scie musicale. 
« Ce qui m’intéresse, c’est la façon dont cet instrument qui crée une sorte de champ électrostatique devient une métaphore de l’espace, du champ sensible et empathique qui entoure chacun, explique la chorégraphe, qui a collaboré pour l’occasion avec Dorit Chrysler, fondatrice de la Theremin ­Society de New York. Danser autour, c’est comme pénétrer dans une zone réglée par un système d’alarme. »
Tissu virevoltant
Dance Concert est la quatrième pièce d’Ola Maciejewska depuis 2011. Celle qui a commencé ses apprentissages en Pologne par la danse classique, la gymnastique et le folklore à l’âge de 7 ans, avant de choisir plus tard la voie du contemporain à l’université d’Utrecht, aime se frotter à tous les styles.
Elle se déclare aussi très marquée par les arts visuels, l’architecture, le sport… « Mon background est changeant et ouvert, souligne-t-elle. J’ai toujours eu envie de tout découvrir et je m’ennuyais très vite : c’est pour cela sans doute que l’histoire de la danse a nourri mon vocabulaire. Elle est un de mes outils pour encore élargir ma curiosité. Sans compter que ma nostalgie pour le passé a aussi motivé cette fascination permanente. »
En 2015, Bombyx Mori, trio présenté à la Ménagerie de verre, à Paris, la révélait dans une épatante relecture du travail de tissu virevoltant de Loïe Fuller (1869-1928), déjà présente dans sa pièce consacrée à la figure de l’Art nouveau intitulée Loïe Fuller : Research (2011). « Toutes mes pièces ont un point commun : j’y travaille toujours à partir ou avec un objet, poursuit Ola Maciejewska. C’est pour cela que j’ai eu envie de faire une recherche sur Loïe Fuller et ses robes. Elle est l’une des rares chorégraphes à avoir travaillé avec des matières. Je compte d’ailleurs bien remettre ce rapport aux objets au cœur de la danse. »
Autour du thérémine, Ola Maciejewska invite une ronde de fantômes : John Cage et Merce Cunningham, mais encore l’Allemande Mary Wigman (1886-1973), le Japonais Kazuo Ohno (1906-2010). Un bouquet d’univers contrastés réincarnés dans un même élan.
Article réalisé dans le cadre d’un partenariat avec le Festival d’automne à Paris.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-17"> ¤ L’avant-dernier film du cinéaste, tourné loin d’Hollywood et de Marlene Dietrich, ressort en salle.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-17"> ¤                     
                                                

Reprise : « Anatahan », le rêve japonais de Sternberg

L’avant-dernier film du cinéaste, tourné loin d’Hollywood et de Marlene Dietrich, ressort en salle.



LE MONDE
 |    15.09.2018 à 07h00
   





                        


Par Jeanne Esperabet

   


Le cinéma de Josef von Sternberg aura surtout raconté l’histoire d’un visage, celui de sa muse et plus chère collaboratrice, Marlene Dietrich. L’actrice aura traversé son cinéma comme certaines vies le sont parfois par une seule grande histoire d’amour qui les contient toutes. A l’extrémité de sa filmographie, brille pourtant Anatahan (1953), avant-dernier film du cinéaste, qui est une échappée loin des terres hollywoodiennes et de Dietrich en même temps qu’une sorte d’épure récapitulative de son propre cinéma.
Cette épure, Sternberg la trouvera au Japon. Son désir de tourner un film nippon remonte aux années 1930, mais le cinéaste attendra une vingtaine d’années avant de pouvoir concrétiser ce projet. Il cherche un sujet, il en trouvera un dans un article de quatre lignes paru dans le New York Times relatant l’histoire vraie, survenue pendant la seconde guerre mondiale, d’une femme et d’un groupe de pêcheurs et de soldats naufragés pendant sept ans sur l’île d’Anatahan, dans l’océan Pacifique. Les médias locaux finirent par découvrir qu’une poignée d’hommes qui vécurent sur l’île seraient morts dans des conditions mystérieuses.
Un espace mental
Des hommes, une femme, une île : il n’en faut pas plus à Sternberg pour que la fiction naisse et s’enfièvre. Pas plus aussi pour, finalement, se sentir chez lui. Il ne souhaite pas réaliser un film hollywoodien au Japon mais une œuvre nourrie par l’art japonais dont il est un fervent admirateur. Il s’entoure d’une équipe technique exclusivement locale, les acteurs sont, pour la plupart, de simples amateurs croisés au hasard, et son unique actrice, Akemi Negishi, est une danseuse de revue de 18 ans. Son immersion et sa connaissance de cette culture n’empêcheront pas la critique japonaise de l’époque de lui reprocher de porter un regard exotique et colonial.
La faute peut-être à un malentendu : le cinéma de Sternberg ne s’est jamais préoccupé d’enregistrer une réalité tangible, concrète, documentaire, mais rend compte d’un espace mental, une vision enfouie en lui et qu’il n’y aurait plus qu’à éclairer. Le dépaysement n’est ici qu’un prétexte à se reterritorialiser ailleurs, à prouver que la puissance d’un style ne dépend pas d’un pays et d’une industrie. La critique a pu être heurtée par le choix de Sternberg de ne pas traduire les dialogues de son film pour préférer nous guider en voix off à travers l’intrigue. Loin d’être une marque de démiurgie, ce ressort permet au récit de s’apparenter à un mythe immémorial que le cinéaste-conteur transmettrait.
La terre du déni
Un détail exprime cette supériorité, chez lui, de l’artifice sur le document : Sternberg s’est rendu au Japon pour tourner Anatahan mais le film a été entièrement réalisé en studio. La nature luxuriante, construite de toutes pièces, qui enveloppe les naufragés ne prétend pas être autre chose qu’un fantasme de nature, de même que Keiko, seule présence féminine, est présentée comme « la dernière femme sur Terre » ou « la Reine des abeilles ». Une pure apparition, typique du cinéaste : féminine, souveraine et fatale pour les hommes qui se risquent à l’approcher. D’un pays à l’autre, le paradigme de Sternberg n’a pas lieu de changer : les hommes sont les pantins de leur propre désir, le sexe dirige le monde.
Seule concession faite au document, Anatahan est percé en son milieu par des images documentaires montrant la défaite japonaise et le retour des soldats au sein de leurs familles. Cette douloureuse réalité, les naufragés se refusent à y croire. Anatahan est la terre du déni, un écosystème à l’image du cinéma de Sternberg : le temps se suspend, le désir brûle, et l’on en sort à la manière hébétée dont on s’extirpe d’un songe.

Film américain de Josef von Sternberg (1953). Avec Akemi Negishi, Tadashi Suganuma, Kisaburo Sawamura, Shoji Nakayama (1 h 34).



                            


                        

                        


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Article sélectionné dans La Matinale du 14/09/2018
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Historiques, intimes, instructifs : nos replays du week-end

Chaque samedi, le service Radio-TV du « Monde » propose aux lecteurs de « La Matinale » une sélection d’émissions et de podcasts à voir en différé.



LE MONDE
 |    15.09.2018 à 06h42
 • Mis à jour le
15.09.2018 à 07h03
   





                        


Sur vos petits écrans ce week-end, ne manquez pas le numéro de rentrée de « Cash Investigation » sur l’industrie du plastique, un excellent portrait de l’ovni politique Jacques Doriot, ainsi qu’un documentaire sur les innovations dans l’éducation. Côté podcast, branchez-vous sur « Brise-Glace », l’émission sonore du journal suisse Le Temps. 
Le plastique, c’est toxique

Le plastique, c’est increvable. C’est sa principale qualité, mais pas son moindre défaut, on en produit dix tonnes chaque seconde dans le monde et l’addiction que nous avons développée à son endroit, depuis sa généralisation dans les années 1950, a des conséquences désastreuses tant pour l’environnement que pour notre santé.
Pour traiter ce sujet très en vogue, le numéro de rentrée de « Cash Investigation » – intitulé « Plastique, la grande intox » et diffusé sur France 2 – ne se limite pourtant pas à ce constat simpliste. Au-delà des images chocs d’une nature défigurée partout dans le monde par les déchets de plastique, le reportage de Sandrine Rigaud s’attache surtout à démontrer avec quel génie les industriels ont opté pour une culpabilisation du consommateur, plutôt que pour une remise en question de leurs modèles économiques ultra-productivistes et hautement lucratifs. Patricia Jolly
« Cash investigation - Plastique : la grande intox », de Sandrine Rigaud (France, 2018, 134 min). Disponible sur France.tv et sur YouTube.
Jacques Doriot, du PC au fascisme

   


Sous l’Occupation, il aura été, selon le politologue Jean-Yves Camus, de ceux qui s’engagèrent le plus loin dans la collaboration active. Pour preuve éclatante, après avoir créé en 1941 la Légion des volontaires français contre le bolchevisme (LVF), Jacques Doriot endosse l’uniforme allemand et prête serment à Hitler.
Ainsi, en une poignée d’années, le fougueux député communiste qui se déclarait, en 1924, le « soldat de l’Armée rouge » à l’Assemblée nationale, bascula d’un bord à l’autre de l’échiquier politique. Comment, en un mot, est-il passé « du poing serré à la main levée », selon l’expression du réalisateur Joseph Beauregard ? A travers ce questionnement qui structure ce portrait, le documentariste tente, archives rares, analyses d’historiens et dessins de François Duprat à l’appui, de résoudre l’« énigme » Doriot. Christine Rousseau
« Jacques Doriot, le petit Führer français », de Joseph Beauregard (France, 2018, 60 min). Disponible sur France.tv jusqu’au 19 septembre.
Classes à part

   


Demain, l’école. Les innovations dans le monde est la première partie d’un documentaire passionnant qui propose un tour de la planète des systèmes éducatifs les plus prometteurs. En visitant les établissements scolaires des pays comme Singapour, les Etats-Unis ou la France, ce film se demande si les nouvelles technologies peuvent aider les enfants à devenir de meilleurs élèves ou, au contraire, si elles ne vont pas leur nuire. Ou encore si les professeurs doivent fournir des tablettes ou développer des ateliers plus manuels.
C’est le cas pour l’école Saunalahti, en Finlande, qui a mis l’épanouissement des élèves au cœur de l’enseignement scolaire. Tout a été pensé pour leur bien-être, jusqu’à la conception même de l’établissement, dont les matériaux utilisés (tels que le verre) ont un impact positif sur la concentration des pensionnaires, comme le raconte son architecte. Les instituteurs donnent peu de devoirs, histoire de ne pas empiéter sur le sommeil des enfants ; quatre à six heures de cours par jour, dont un intitulé « Nous », pendant lequel les élèves parlent d’eux et de leurs camarades.
De grands pédagogues sont interrogés tout au long de ce documentaire et donnent des pistes de réflexion, afin de permettre à la jeune génération de trouver sa place dans un monde qui fera de plus en plus appel à l’intelligence artificielle. Mustapha Kessous
« Demain, l’école. Les innovations dans le monde » de Frédéric Castaignède (France, 2018, 52 min). Disponible sur Arte.tv jusqu’au 13 novembre.
Sexe et contradictions

   


C’est en regardant la série d’animation pour adultes BoJack Horseman, sur Netflix, que Louisa, 30 ans, a mis le doigt sur ce qu’elle sentait bouillonner en elle depuis longtemps sans rien y comprendre. Un personnage de la série y expliquait ne jamais ressentir d’attraction sexuelle pour quiconque et être, en un mot, « asexuel ». Une révélation pour Louisa. « C’est comme si je l’avais toujours su mais qu’on ne m’avait jamais dit que ça existait. »
Elle consulte alors le Web, s’aperçoit que le phénomène s’avère finalement assez répandu et, vivant très bien son non-désir sexuel, décide de faire son « coming out ». Ce qu’elle ressent comme « une nécessité » pour faire voler en éclats les idées reçues sur la sexualité.
Ce récit, réel, au cours duquel Louisa partage sa découverte du concept d’asexualité, fait partie des sept histoires de vie que compte à ce jour « Brise-Glace », le podcast qu’a lancé au printemps le journal suisse Le Temps. A raison de deux récits d’une trentaine de minutes par mois, dont un qui a généralement trait à la sexualité. Il en va ainsi du témoignage de Charles, qui, il y a quelques mois, s’est donné un an pour expérimenter des relations sexuelles tarifées avec des hommes à Genève.
On suit avec tout autant d’intérêt l’incursion que propose ce podcast dans la vie d’Hubert, un sportif en exosquelette qui tente d’apprivoiser son corps brisé, ou dans celle de Gabriela, accompagnatrice de suicide assisté. Martine Delahaye
« Brise-Glace », podcast animé par Célia Héron et Virginie Nussbaum. Disponible sur le site du Temps, sur SoundCloud et YouTube.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-19"> ¤ Chaque semaine, « L’Epoque » paie son coup. Un lundi soir, dans un bar du 11e, à Paris, le comédien est venu parler de sa passion dévorante, le cinéma.
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Un apéro avec Vincent Lacoste : « C’est une vie bizarre d’être acteur »


                      Chaque semaine, « L’Epoque » paie son coup. Un lundi soir, dans un bar du 11e, à Paris, le comédien est venu parler de sa passion dévorante, le cinéma.



LE MONDE
 |    15.09.2018 à 06h41
    |

            Laurent Carpentier








                              

                        

« Mauvais jour ça, le lundi. C’est bon pour la déprime, pas pour boire un coup. » Il renvoie sa casquette sur ses oreilles et ponctue sa phrase de ce petit hin hin hin nasal qui caractérise son rire enfantin : Vincent Lacoste est à un âge qui hésite encore entre l’adolescent et l’adulte. Son repaire, Aux Deux Amis, rue Oberkampf, dans le 11e arrondissement de Paris, est fermé ; le Black Mad Crawler, un peu plus loin sur le boulevard Richard-Lenoir, aussi. « Pas grave, on va aller au Banco, un rade de la rue des Trois-Bornes », annonce-t-il. On échoue en fond de salle. « Tchin tchin ! »
C’est désormais son quartier. Depuis ses 18 ans, quand il a quitté Guy-Môquet et le 17e arrondissement de Paris où il a grandi, il a fait d’Oberkampf sa tanière. Il en connaît les nuits, qu’il arpente avec ses amis, Antoine de Bary, Félix Moati, Félix de ­Givry… tous gens du cinéma, tendance jeune garde. « De toute façon, dans le 11e il n’y a que ça, des acteurs. » Le jeune homme en convient : il ne tient pas en place, et lorsqu’il est chez lui, c’est pour avaler des films dans une cinéphilie gloutonne et polymorphe. « Quand je ne mate pas de films, je déprime, constate-t-il, placide. Cette année, j’ai tellement enchaîné les tournages et les promos que je n’ai même pas pu voir le Spike Lee ou le dernier David Robert Mitchell ! »
« Je me vois comme un mec normal. Je ne peux pas dire que je me trouve terrible. Mais bon, je m’aime bien »
Après Plaire, aimer et courir vite, de Christophe Honoré, sorti au printemps, Vincent Lacoste est à l’affiche de Première année, de Thomas Lilti (le 12 septembre), puis on le verra dans Amanda, de Mikhaël Hers, en octobre, et Deux fils, de Félix Moati, prévu pour le début de l’an prochain. A seulement 25 ans, il alignera ainsi vingt-trois films. Et déjà trois nominations aux Césars, pour Les Beaux Gosses...




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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-20"> ¤ Pour Alexandre Gady, le président de Sites & Monuments, le Loto constitue un progrès puisqu’il mobilise tous les Français et rend au patrimoine le caractère populaire qu’il doit absolument conserver sous peine de disparaître.
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« Loto du patrimoine : les jeux de l’amour et du hasard »

Pour Alexandre Gady, le président de Sites & Monuments, le Loto constitue un progrès puisqu’il mobilise tous les Français et rend au patrimoine le caractère populaire qu’il doit absolument conserver sous peine de disparaître.



LE MONDE
 |    15.09.2018 à 06h30
    |

                            Alexandre Gady (professeur à la Sorbonne, président de Sites & Monuments)








                        



                                


                            

Tribune. Après un an de gestation, le Loto du patrimoine entre dans la réalité ce week-end. Comme toute innovation, il a suscité des réticences, des jugements un peu hautains même, voire des moqueries : le Loto n’est-il pas l’impôt du pauvre ? Ne fait-il pas du hasard une politique ? Sans compter qu’il ne rapporte presque rien dans un océan de besoins urgents… Tout cela est vrai. Mais ces critiques cachent l’essentiel : grâce à la mission confiée par l’Elysée à Stéphane Bern, on n’a jamais autant parlé du patrimoine et de ses malheurs, pourtant récurrents mais d’ordinaire déplorés par les seuls spécialistes.
Ainsi, grâce à l’enthousiasme de l’animateur médiatique, le patrimoine est redevenu une cause populaire, que le Loto concrétise sous la forme bonhomme d’une participation volontaire. Par la mobilisation de tous les acteurs de terrain, sollicités pour réaliser des dossiers d’aide urgente, il a enfin permis de dresser une cartographie sanitaire de l’état du patrimoine français, qui n’est guère rassurant.
Si l’on se souvient qu’il s’agit d’une idée ancienne, réclamée de longue date par les associations de défense du patrimoine et déjà portée politiquement par le maire de Versailles, François de Mazières ; et si l’on considère sans arrogance que c’est un système qui existe avec succès chez nos voisins européens (en Allemagne depuis 1991, en Grande-Bretagne depuis 1994 ou en Italie depuis 1997), on se demande pourquoi cette initiative suscite tant de criailleries en France. Pour être juste, il faut ici prendre une vue plus large, et voir comment le Loto éclaire le paysage actuel du patrimoine français.
Triple crise, politique, budgétaire et philosophique
Fondamentalement, il révèle une triple crise – politique, budgétaire et philosophique –, dont témoigne, hélas, l’état actuel du ministère de la culture, à bout de souffle. Héritier du prestigieux service des Monuments historiques né en 1830, celui-ci ne semble plus capable...




                        

                        

