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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-1"> ¤ Les difficultés de fabrication de l’EPR français ont rappelé cruellement les écueils qui menacent la filière nucléaire tricolore : une vision de départ extrêmement ambitieuse et des difficultés d’exécution aux conséquences lourdes.
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Nucléaire : A Flamanville, les soudures de la discorde

Les difficultés de fabrication de l’EPR français ont rappelé cruellement les écueils qui menacent la filière nucléaire tricolore : une vision de départ extrêmement ambitieuse et des difficultés d’exécution aux conséquences lourdes.



LE MONDE
 |    16.09.2018 à 17h45
    |

                            Nabil Wakim








                        



                                


                            

Ce n’est pas le coup de bambou, mais de chalumeau, pour un chantier qui n’en avait vraiment pas besoin. Au début de l’année, des problèmes sur des soudures essentielles du réacteur de Flamanville vont conduire EDF à réévaluer les coûts et les délais du chantier. Alors que la direction du groupe espérait démarrer en tout début d’année 2019, il faudra attendre 2020 pour voir l’EPR être raccordé au réseau.
L’affaire des soudures illustre amèrement les difficultés de la filière nucléaire française, confrontée à sa perte de compétences et de savoir-faire.
EDF avait défini pour la construction de l’EPR cette nouvelle norme de qualité et n’a pas été en mesure de la faire respecter à ses propres sous-traitants
En février, EDF découvre des problèmes sur trente-huit soudures, sur les soixante-six du circuit secondaire. Ce circuit d’eau est celui qui sert à évacuer la vapeur vers la turbine. Il est formé de quatre boucles, associées à quatre générateurs de vapeur. Dans un premier temps, le groupe explique que ces tuyauteries sont conformes à la réglementation mais qu’elles auraient dû correspondre au standard « haute qualité », plus exigeant que la réglementation en vigueur.
Concrètement, EDF avait défini pour la construction de l’EPR cette nouvelle norme de qualité et n’a pas été en mesure de la faire respecter à ses propres sous-traitants. « Pourquoi avait-on besoin de se créer cette nouvelle norme ? », pestait peu de temps après un dirigeant d’EDF.

Mais les choses se sont compliquées quelques semaines plus tard. L’examen approfondi des soudures révèle qu’une grande partie d’entre elles ne respectent ni la norme voulue par EDF, ni même la réglementation exigée pour les équipements nucléaires sous pression. Résultat : le groupe doit reprendre cinquante-huit soudures, sachant qu’une seule soudure représente huit semaines de travail supplémentaire.
« Procédures pas suffisamment précises »
Dans la foulée, le réseau Sortir...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-2"> ¤ Accident de Fukushima, concurrence du gaz et des énergies renouvelables, parc mondial vieillissant, le moteur de cette industrie, qui voit sa part de production électrique dans le monde baisser, se trouve désormais à Pékin.
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Nucléaire : L’atome recule partout sauf en Chine

Accident de Fukushima, concurrence du gaz et des énergies renouvelables, parc mondial vieillissant, le moteur de cette industrie, qui voit sa part de production électrique dans le monde baisser, se trouve désormais à Pékin.



LE MONDE
 |    16.09.2018 à 17h45
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                            Nabil Wakim








                        



                                


                            
L’industrie nucléaire mondiale se relèvera-t-elle un jour de l’accident de Fukushima ? Depuis 2011, le secteur connaît une très faible croissance en Europe occidentale et aux Etats-Unis. Il reste relativement dynamique en Asie, particulièrement en Chine, et en Russie. Selon l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), « l’énergie nucléaire pourrait avoir du mal à conserver sa place actuelle dans le mix énergétique mondial » dans les prochaines années.
Un faible nombre de réacteurs en construction. En 2018, 50 réacteurs sont en construction dans le monde, dans 15 pays. Ce chiffre est le plus bas depuis dix ans, selon le World Nuclear Industry Status Report, qui note que 33 de ces réacteurs connaissent des retards importants. Quatre-vingts pour cent des nouveaux réacteurs sont construits en Asie ou en Europe centrale ou orientale. Depuis 2013, cinq projets ont été abandonnés en cours de construction.
Une production électrique d’origine nucléaire en déclin. En 2017, les réacteurs nucléaires ont fourni 10 % de la production d’électricité dans le monde. Cette part était de 17,5 % en 1996, ce alors même que la consommation électrique mondiale a considérablement augmenté. La production est légèrement repartie à la hausse ces deux dernières années grâce à la Chine, mais le parc mondial reste entravé par la mise à l’arrêt d’une grande part du parc nucléaire japonais. Depuis la catastrophe de Fukushima, seuls 9 réacteurs sur les 54 que compte l’archipel ont redémarré. En France, la part de production de l’électricité produite par le nucléaire s’élevait à 71 % en 2017, une année particulièrement basse à cause des arrêts obligatoires de plusieurs centrales.
Un marché tourné vers la Chine. Le moteur de l’industrie nucléaire se trouve désormais à Pékin. Sur les 50 réacteurs en construction dans le monde, 16 le sont en Chine. Et parmi les 4 nouveaux réacteurs dont la construction a débuté en 2017,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-3"> ¤ Le réacteur pressurisé européen devait être le fleuron de l’industrie nucléaire française. Pour l’électricien, c’est désormais sa survie et celle de toute une filière qui est en jeu, ce alors que le groupe est fortement endetté et que ses revenus s’amenuisent.
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L’EPR, le cauchemar d’EDF

Le réacteur pressurisé européen devait être le fleuron de l’industrie nucléaire française. Pour l’électricien, c’est désormais sa survie et celle de toute une filière qui est en jeu, ce alors que le groupe est fortement endetté et que ses revenus s’amenuisent.



LE MONDE
 |    16.09.2018 à 17h30
    |

                            Nabil Wakim








                        



                                


                            

« 74 milliards de dette… et avec le nucléaire, ce n’est pas fini ! » Sur le siège d’EDF, avenue de Wagram, à Paris, la gigantesque banderole de Greenpeace affiche la couleur : on y voir le PDG d’EDF, Jean-Bernard Lévy, faisant deux doigts d’honneur aux passants, sous la mention « Merci Jean-Bernard ». Cette action coup de poing de décembre 2016 marque une nouvelle étape dans l’argumentaire des opposants au nucléaire : il ne s’agit plus seulement de dénoncer les risques d’accident, mais aussi le risque financier qui pèserait sur EDF.
Les ONG ne sont plus seules sur ce terrain. En juin, celui qui était alors le ministre de tutelle d’EDF, Nicolas Hulot, a repris l’argument. « Une des raisons pour lesquelles EDF se retrouve en difficulté, c’est que notamment la filière nucléaire, pardon de le dire, nous amène dans une dérive. » Dans une allusion claire au coûteux chantier de Flamanville (Manche), il précise : « On voit bien qu’économiquement, il y a une espèce de règle d’or qui est en train de s’imposer dans cette filière, c’est qu’en réalité, on ne tient jamais nos promesses. » Le ministre reprend là une critique de plus en plus courante : non seulement le nucléaire est devenu trop coûteux, mais il serait en plus une erreur stratégique majeure pour EDF.
Un seul EPR raccordé au réseau dans le monde
Pourtant, le réacteur EPR est au cœur de la stratégie du groupe. Il est présenté comme la solution au problème du changement climatique et comme la promesse d’un leadership mondial dans une technologie à laquelle croit plus que jamais le premier opérateur nucléaire au monde, qui emploie plus de 150 000 personnes. L’EPR est-il en train de couler EDF ou est-il sa planche de salut ?
Pour l’instant, le chemin de croix continue. En juillet, le chantier de Flamanville a connu de nouvelles difficultés : après l’annonce de problèmes de soudures, la direction d’EDF a dû se résoudre à annoncer un énième retard du...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-4"> ¤ Selon la presse américaine, Donald Trump annoncera dans les prochains jours une nouvelle salve de taxes douanières sur 200 milliards de dollars d’importations chinoises.
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La Chine prépare sa riposte à de nouvelles sanctions américaines

Selon la presse américaine, Donald Trump annoncera dans les prochains jours une nouvelle salve de taxes douanières sur 200 milliards de dollars d’importations chinoises.



LE MONDE
 |    16.09.2018 à 15h48
    |

            Frédéric Lemaître (Hongkong, envoyé spécial)








                        



                                


                            

Guerre commerciale, troisième acte. Après avoir taxé les importations d’acier et d’aluminium en mars, puis imposé cet été des taxes de 25 % sur 50 milliards de dollars de produits chinois importés, Donald Trump s’apprête à imposer à hauteur de 10 % « dans un premier temps » pas moins de 200 milliards de dollars d’importations chinoises, affirment ce week-end le Washington Post et le Wall Street Journal. Après avoir soufflé le chaud, en proposant mercredi 12 septembre à la Chine de discuter de nouveau, Washington souffle donc à nouveau le froid.
Anticipant le nouveau train de mesures, Geng Shuang, porte-parole du ministère chinois des affaires étrangères, a déclaré, vendredi, que « les mesures tarifaires américaines seront seulement contre-productives ». Il s’est notamment appuyé sur plusieurs appels émanant de groupements d’entreprises américaines ainsi que sur de nouvelles mises en garde de Christine Lagarde, directrice générale du Fonds monétaire international (FMI). La Chine, qui jusqu’ici a toujours répondu en adoptant en représailles des mesures similaires à celles prises par les Américains, tente cette fois une approche plus subtile.
Les Américains lui reprochent-ils de ne pas ouvrir son marché, notamment aux établissements financiers ? Pékin invite en catastrophe dimanche le gratin de Wall Street à lui faire des propositions concrètes. Pour des raisons de calendrier, et sans doute aussi pour ne pas être récupérés par les autorités chinoises, la plupart des dirigeants des grandes banques américaines se sont fait représenter par un adjoint.

Double provocation à l’égard de Washington
D’un autre côté, la Chine veut montrer qu’elle n’entend pas céder aux injonctions américaines. Selon le South China Morning Post, le quotidien de Hongkong, la Chine va réunir à la fin septembre à Pékin les dirigeants des entreprises publiques chinoises, ces conglomérats aux finances opaques accusés par...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-5"> ¤ La récente instauration de la « flat tax » oblige les épargnants à se demander s’il est préférable d’investir via un compte-titres ou un contrat d’assurance-vie, explique, dans cette chronique, Nicolas Mongin, ingénieur patrimonial chez Lazard Frères Gestion.
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« L’instauration du prélèvement forfaitaire unique impose de réenvisager le mode de détention des actifs financiers »

La récente instauration de la « flat tax » oblige les épargnants à se demander s’il est préférable d’investir via un compte-titres ou un contrat d’assurance-vie, explique, dans cette chronique, Nicolas Mongin, ingénieur patrimonial chez Lazard Frères Gestion.



LE MONDE
 |    16.09.2018 à 06h45
    |

Nicolas Mongin (Ingénieur patrimonial chez Lazard Frères Gestion)







                        



   


Question à un expert
Faut-il privilégier l’assurance-vie ou le compte titres après l’instauration de la « flat tax » ?
Les actifs financiers pouvant indifféremment être gérés au sein d’un compte titres ou d’un contrat d’assurance-vie, la récente instauration de la « flat tax » (la loi de finances pour 2018 reforme la fiscalité applicable aux revenus de capitaux mobiliers en instaurant un prélèvement forfaitaire unique (PFU) incluant à la fois prélèvements sociaux et impôt sur le revenu) impose de réenvisager le mode de détention à privilégier.
Sur la durée, à performance annuelle équivalente, nos simulations montrent que la combinaison des mécanismes de la capitalisation en franchise d’impôt et des intérêts composés conduit la gestion en assurance-vie à surperformer celle en compte titres. Dans une approche strictement fiscale, il faut donc privilégier le recours à une enveloppe d’assurance-vie pour gérer des actifs financiers, et ce malgré les frais supplémentaires qu’occasionne cette formule.

        Lire aussi :
         

                Bourse : la « flat tax » redonne de l’intérêt au compte-titres



Ces conclusions doivent être néanmoins nuancées, puisqu’elles dépendent, notamment, de la nature des actifs sous-jacents (titres vifs ou parts de placements collectifs) et du taux de rotation du portefeuille. Par exemple, l’assurance-vie est dénuée d’intérêt en cas de portefeuille composé d’une seule sicav de capitalisation. Il convient également d’analyser la situation du souscripteur du point de vue juridique et fiscal applicable à la transmission des capitaux : la souscription d’un contrat d’assurance-vie conserve dans bien des cas un avantage indéniable par rapport à un compte titres.
Envoyez vos questions à argent@lemonde.fr et suivez-nous sur twitter@lemondeargent



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-6"> ¤ En mai, Emmanuel Macron avait fait part de sa volonté de supprimer cet impôt, envoyant selon lui un signal « négatif » pour l’attractivité de la France.
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Article sélectionné dans La Matinale du 15/09/2018
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L’« exit tax » sera remplacée par un « dispositif plus ciblé », annonce Bercy

En mai, Emmanuel Macron avait fait part de sa volonté de supprimer cet impôt, envoyant selon lui un signal « négatif » pour l’attractivité de la France.



LE MONDE
 |    15.09.2018 à 16h07
 • Mis à jour le
16.09.2018 à 11h49
   





                        



   


L’« exit tax », cet impôt destiné à freiner l’exil fiscal, dont le président de la République Emmanuel Macron avait annoncé en mai la suppression, sera remplacée par un « dispositif plus ciblé », recentré sur les cas d’optimisation fiscale, a annoncé Bercy, samedi 15 septembre. « L’exit tax telle qu’elle est aujourd’hui sera supprimée », a déclaré le ministère de l’économie et des finances, défendant ainsi la promesse faite par le chef de l’Etat. Les Echos, qui ont révélé l’affaire samedi, écrivent que « l’exécutif renonce à supprimer l’exit tax ».
Le nouveau dispositif antiabus ciblera les cessions de patrimoine intervenant jusqu’à deux ans après un départ de France, contre jusqu’à quinze ans à l’heure actuelle, a détaillé à l’AFP un porte-parole du ministère.
L’« exit tax » avait été instaurée en 2011 par Nicolas Sarkozy avec pour objectif de freiner l’exil fiscal, notamment d’entrepreneurs. Cet impôt porte sur les plus-values latentes de contribuables qui décident de transférer leur domicile à l’étranger, en cas de cession effective de leur patrimoine en France, dans un délai de quinze ans après leur départ.

        Lire aussi :
         

                Qu’est-ce que « l’exit tax », que Macron souhaite supprimer ?



« Casse-tête administratif »
Seules les personnes ayant passé au moins six ans en France, et détenant un patrimoine en actions et en obligations supérieur à 800 000 euros ou au moins 50 % du capital d’une entreprise, sont concernées par ce dispositif.
C’était cependant un « casse-tête administratif pour les contribuables », obligés de constituer des garanties auprès d’un comptable public et de faire des déclarations annuelles au fisc français pendant cette longue période après leur départ, a fait valoir le porte-parole de Bercy. Avec le nouveau dispositif, cette constitution de garanties « n’existera que pour les personnes qui partent dans un pays sans convention d’assistance fiscale de recouvrement avec la France », a-t-il ajouté.
Dans un entretien en mai au magazine américain Forbes, Emmanuel Macron avait fait part de sa volonté de supprimer cet impôt, qui envoyait selon lui un signal « négatif » pour l’attractivité de la France. Le rendement de cette taxe n’est « pas particulièrement intéressant pour les finances publiques », avait-il justifié.

        Lire aussi :
         

                Nouveau rebondissement dans la querelle de chiffres autour de l’exit tax






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-7"> ¤ Thomas Coutrot et Aurélie Trouvé, de l’association Attac, dénoncent dans une tribune au « Monde » le cynisme d’une classe dirigeante qui annonce elle-même l’inéluctabilité du prochain krach financier, dont elle est pourtant responsable.
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Dix ans après Lehman Brothers : « Nous n’avons plus le luxe d’attendre la prochaine crise »

Thomas Coutrot et Aurélie Trouvé, de l’association Attac, dénoncent dans une tribune au « Monde » le cynisme d’une classe dirigeante qui annonce elle-même l’inéluctabilité du prochain krach financier, dont elle est pourtant responsable.



LE MONDE
 |    15.09.2018 à 12h27
    |

                            Thomas Coutrot (Economiste, ancien porte-parole d’Attac) et 
                            Aurélie Trouvé (Economiste, porte-parole d’Attac France)








                        



                                


                            
Tribune. « Nous savons avec certitude qu’il y aura une nouvelle crise. Mais nous ignorons quand et pour quelle raison » (Danièle Nouy, responsable de la supervision du secteur bancaire à la Banque centrale européenne, 5 septembre 2018, Agence LETA). Cette crise pourrait bien être pire que la précédente. Sauf si d’ici là, ou juste après, se produit un sursaut civique et démocratique, une nouvelle vague d’Indignés dix fois plus puissante qui impose le contrôle citoyen de la finance.

A la différence de 2007, peu d’acteurs financiers ignorent la forte probabilité d’une crise majeure à venir. L’explosion des dettes publiques et privées depuis 2008 fait dire à Jean-Claude Trichet, l’ancien président de la Banque centrale européenne, que la situation est aussi dangereuse aujourd’hui qu’au moment de la chute de Lehman Brothers (4 septembre 2018, AFP). Bitcoin, pays émergents, immobilier chinois, banques italiennes, zone euro, Tesla, Wall Street… laquelle de ces bombes à retardement sera le détonateur ? Personne ne le sait, mais le risque est fort d’un effondrement majeur.

Personne n’ignore non plus qui a soufflé dans ces bulles depuis dix ans. Ce sont les ultra-riches, qui ont capté l’essentiel des gains de productivité, aussitôt réinvestis en bourse. Ce sont les gouvernements, qui se sont contentés de réformes à minima, ont enterré la taxation des transactions financières et ont laissé les banques financer la spéculation.
Ce sont les banquiers centraux, qui ont injecté des milliers de milliards de dollars, d’euros, de yen et de yuans, créant ainsi les conditions du krach suivant. Personne ne disconvient non plus du fait que les Etats, surendettés, seront alors bien démunis, et qu’il ne restera aux banques centrales, seules en lice, qu’à déverser de nouveaux torrents de liquidité en priant pour que ça marche.
Effondrement inévitable
Le plus extraordinaire est cette lucidité. Comment qualifier cette classe...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-8"> ¤ Depuis plusieurs mois, les cours du sucre sont au plancher, affaiblis par la forte production. Ils sont même descendus sous la barre des 11 cents la livre, au plus bas depuis trois ans.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-8"> ¤                     
                                                   
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Matières premières : betterave et canne laissent le sucre amorphe

Depuis plusieurs mois, les cours du sucre sont au plancher, affaiblis par la forte production. Ils sont même descendus sous la barre des 11 cents la livre, au plus bas depuis trois ans.



LE MONDE
 |    15.09.2018 à 11h24
    |

            Laurence Girard








                        



                                


                            

Chronique. Pour adoucir la cachaça, les Brésiliens ont un secret. Ils ajoutent une dose de sucre amorphe dans leur alcool national. Plus fin que son alter ego cristallisé, plus gros que le sucre glace, il a été importé sous les tropiques par les Portugais. Mais aujourd’hui, les planteurs de canne du Brésil trouvent l’état amorphe un peu amer. En tout cas, lorsqu’il s’applique au cours de leur précieuse matière première.
En effet, depuis plusieurs mois, sur la Bourse de Londres comme sur celle de New York, le prix du sucre, roux comme blanc, est reste collé au plancher, passant même sous la barre des 11 cents la livre, au plus bas depuis trois ans. Une véritable déconfiture pour les planteurs comme pour les industriels, plombés par les montagnes de poudre blanche.
La fin des quotas sucriers européens, il y a quasiment un an, en octobre 2017, a ouvert les vannes. Les champs de betteraves ont pris de l’embonpoint et dame nature a fait le reste. Résultat, l’Europe a engrangé une production record. Au même moment, la canne au Brésil comme en Inde et en Thaïlande a poussé dru. Ajoutant son flux de suc sucré aux stocks européens plantureux. Un trop-plein qui a fait plonger le cours du sucre et l’a laissé depuis sur le flanc.
Alors que les premières betteraves de la nouvelle récolte sont arrachées dans le nord de la France, chacun sort sa balance pour évaluer sa taille. Elle devrait être allégée cette année. La canicule a laissé des traces. La racine est plus chétive même si, paradoxalement, elle est plus gorgée de saccharose.
Hautement spéculative
Mais les regards se tournent surtout vers le Brésil, qui pèse, à lui seul, près de la moitié des 60 millions de tonnes qui s’échangent dans le monde. Or, dans les champs de la région de Sao Paulo, le toupet vert de la canne porte des traces de brûlure. La sécheresse sévit et la canne est en panne. « La récolte devrait baisser de 6 % à 7 % cette année pour atteindre 560 millions...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-9"> ¤ L’Agence fédérale des médicaments s’inquiète d’une « épidémie » de vapotage chez les jeunes Américains.
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Aux Etats-Unis, les fabricants de cigarettes électroniques dans le collimateur des autorités

L’Agence fédérale des médicaments s’inquiète d’une « épidémie » de vapotage chez les jeunes Américains.



LE MONDE
 |    15.09.2018 à 10h58
 • Mis à jour le
16.09.2018 à 06h33
    |

                            Jérôme Marin (San Francisco, correspondance)








                        



                                


                            

Les autorités sanitaires américaines parlent désormais d’une « épidémie ». Mercredi 12 septembre, la Food and Drug Administration (FDA) a tiré la sonnette d’alarme sur l’utilisation de la cigarette électronique par les adolescents. L’Agence fédérale américaine des médicaments a fixé un ultimatum aux principaux fabricants, leur donnant soixante jours pour détailler des mesures convaincantes visant à endiguer l’utilisation par les mineurs. Faute de quoi, leurs produits pourraient être interdits à la vente.

« Les cigarettes électroniques peuvent aider les fumeurs adultes, mais cela ne doit pas se faire au détriment des enfants. Nous ne pouvons pas accepter qu’une génération entière devienne dépendante à la nicotine », souligne Scott Gottlieb, le directeur de la FDA. En 2017, 2,1 millions de lycéens et collégiens étaient des consommateurs réguliers, selon les statistiques officielles. Depuis, le phénomène s’est « accéléré », explique M. Gottlieb. D’après le Washington Post, le nombre d’adolescents accros a grimpé de 75 % cette année.
La situation actuelle s’explique en grande partie par le succès de Juul Labs. En trois ans, cette jeune société établie à San Francisco (Californie) est même entrée dans le langage courant. Dans les collèges et lycées américains, on n’utilise pas une cigarette électronique, on « juule ». Et on l’affiche fièrement sur Instagram et sur Snapchat. Tout l’inverse des cigarettes, dont la consommation ne cesse de reculer – moins de 8 % des lycéens fument.
Un marketing décrié
Selon les estimations de l’institut Nielsen, la start-up capte 72 % du marché aux Etats-Unis, devançant nettement les marques lancées par les géants du tabac. Son chiffre d’affaires, évalué à 1,3 milliard de dollars (1,1 milliard d’euros) au cours des douze derniers mois, a bondi de 730 % sur un an. En juillet, la société a levé 650 millions de dollars, sur la base d’une valorisation de 15 milliards. Après...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-10"> ¤ A Tarente, dans les Pouilles, les salariés ont voté pour la reprise de leur très polluante aciérie par le groupe ArcelorMittal.
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En Italie, le dilemme des ouvriers d’ILVA entre défense de l’emploi et lutte contre la pollution

A Tarente, dans les Pouilles, les salariés ont voté pour la reprise de leur très polluante aciérie par le groupe ArcelorMittal.



LE MONDE
 |    15.09.2018 à 10h42
 • Mis à jour le
15.09.2018 à 16h06
    |

            Jérôme Gautheret (Tarente (Pouilles), envoyé spécial)








                        



                                


                            

Sur les murs extérieurs de l’église San Francesco de Geronimo, dans le centre de Tarente (Pouilles), ces quelques mots ont été écrits à la peinture noire : « O l’acciaio o la vita, devi scegliere » (« L’acier ou la vie, il faut choisir »). Depuis combien de temps l’inscription est-elle là ? Un jour, une semaine, un an ? Impossible de le savoir : aucun des passants interrogés n’est capable de le dire. Elle résume pourtant, de façon clinique, le terrible dilemme auquel est confrontée depuis des années cette ville de 200 000 habitants du sud de l’Italie, dont la principale ressource est précisément ce qui la fait mourir.

D’une certaine manière, c’est à cette question impossible que les 10 700 employés du site de l’ILVA de Tarente ont eu à répondre, dans un référendum interne qui s’est tenu du 10 au 13 septembre. Leur verdict a été presque unanime, et sans surprise. A 94 %, et avec près de 70 % de participation, les votants se sont prononcés en faveur du plan de reprise du site formulé par le géant sidérurgique ArcelorMittal, conclu par un accord avec le gouvernement italien, représenté par le vice-premier ministre Luigi Di Maio (Mouvement 5 Etoiles), le 6 septembre. Commencera dans les prochains jours une longue phase transitoire. Le site devrait rester sous tutelle publique jusqu’en 2023.
Cinq années de sursis au moins, 4 milliards d’euros d’investissements, l’emploi garanti pour plus de 10 000 personnes, 100 000 euros d’indemnités pour ceux qui souhaitent partir… Les salariés ne pouvaient pas rêver mieux.
Lourd tribut payé au maintien de l’usine
« En Italie, ces vingt dernières années, je ne vois pas d’exemple d’un plan aussi généreux », convient le responsable syndical Francesco Brigati (Fiom-CGIL), rencontré devant une des entrées du site industriel, interdit aux journalistes. D’où vient alors cette pesanteur qu’on sent dans l’air ? C’est qu’il est difficile d’avoir le cœur léger alors que nul ne peut ignorer...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-11"> ¤ Voté par l’Assemblée samedi, le texte sera examiné par le Sénat le 25. L’élaboration d’indicateurs de prix reste au cœur des débats.
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Loi Alimentation : à Rennes, des éleveurs mi-résignés, mi-dépités

Voté par l’Assemblée samedi, le texte sera examiné par le Sénat le 25. L’élaboration d’indicateurs de prix reste au cœur des débats.



LE MONDE
 |    15.09.2018 à 10h34
 • Mis à jour le
15.09.2018 à 12h40
    |

                            Nicolas Legendre (Rennes, correspondance)








                        



                                


                            

Lorsque mercredi 12 septembre, les députés commençaient l’examen, en deuxième lecture, du projet de loi dit « alimentation », la placide Marylou, vache laitière de race prim’Holstein, bénéficiait, à 360 kilomètres de l’Assemblée nationale, d’une séance de toilettage dans l’enceinte du Salon international des productions animales (Space), au Parc des expositions de Rennes. Ce salon est l’un des plus importants rendez-vous mondiaux destinés aux professionnels de l’élevage.
Le propriétaire de Marylou, tuyau d’arrosage en main, ne semblait pas placer beaucoup d’espoirs dans la loi, qui a été adoptée samedi 15 septembre au matin par les députés et doit maintenant revenir en nouvelle lecture au Sénat le 25 septembre. « J’y crois pas trop, à cette loi, confiait Emmanuel Baillivet, éleveur en Seine-Maritime. Si elle est appliquée, ce sera une bonne chose, mais je vois mal comment… » Et d’ajouter, mi-résigné, mi-dépité : « La seule loi qui gouverne, c’est la loi économique. La loi du plus fort… » M. Baillivet résumait ainsi l’état d’esprit de nombreux éleveurs présents au Space, vitrine des innovations agricoles et traditionnelle caisse de résonance des colères paysannes.
Le projet de loi en question doit concrétiser certaines promesses formulées par Emmanuel Macron lors de sa campagne présidentielle. Il s’agit, entre autres, de « permettre aux agriculteurs de vivre dignement de leur travail » et d’« accompagner la transformation des modèles de production ». Outre les évolutions liées aux problématiques environnementales, l’un des aspects majeurs du futur texte concerne la rémunération des producteurs. L’urgence, en la matière, est réelle.

« Un coup d’épée dans l’eau »
Selon les chiffres de la Mutualité sociale agricole, 30 % des agriculteurs disposaient, en 2016, d’un revenu inférieur à 350 euros mensuels. En 2017, d’après l’Institut de l’élevage, 38 % des exploitations bovines...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-12"> ¤ Editorial. Une décennie plus tard, les autorités pourraient se retrouver démunies face à un nouveau krach de ce type.
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Dix ans après Lehman Brothers : en attendant la prochaine crise

Editorial. Une décennie plus tard, les autorités pourraient se retrouver démunies face à un nouveau krach de ce type.



LE MONDE
 |    15.09.2018 à 10h26
 • Mis à jour le
15.09.2018 à 14h03
   





                        


Editorial du « Monde ». Et Lehman Brothers s’effondra. Ce 15 septembre 2008 ne fut pas le point de départ de la plus grande crise financière depuis 1929, ni son paroxysme sur le plan macroéconomique. Lorsque les autorités américaines laissèrent la banque d’affaires new-yorkaise faire faillite, tout vacilla, l’impensable devint réalité, la liquidité vint à manquer au point de menacer d’asphyxier le système financier dans son ensemble.
La crise en elle-même avait démarré un an plus tôt avec l’éclatement de la bulle des subprimes, ces crédits hypothécaires souscrits par des emprunteurs insolvables. La prise de risque s’était disséminée dans les bilans des institutions financières avec la complicité des régulateurs et des agences de notation.

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                Dix ans après Lehman Brothers : le populisme en héritage



Ils furent des millions, contribuables, accédants à la propriété, salariés, à payer la facture de l’irresponsabilité d’une poignée de financiers, banquiers centraux et gouvernants, qui, par leur avidité pour les uns, leur laxisme pour les autres, se sont révélés n’être que des apprentis sorciers.
Dix ans plus tard, la croissance est repartie. Malgré leur responsabilité dans la débâcle, les banques américaines n’ont jamais été aussi puissantes. Les Bourses vont de record sur record. Les riches n’ont jamais été aussi riches. La plupart des pays se rassurent en affichant des taux de chômage au plus bas. Les pyromanes d’hier font mine de courber l’échine face aux régulateurs en consentant à être un peu mieux encadrés, sans doute le prix à payer pour faire accepter leur repentance.
Une confiance brisée
L’essentiel n’est pas là. Après une décennie de stagnation des revenus et d’austérité budgétaire, ceux qui ont été les plus affectés par la crise se sont détournés des élites et se sont jetés dans les bras de ceux qui promettaient de bousculer enfin l’ordre établi. 2008 a semé le doute sur la suprématie des démocraties libérales, l’efficacité de l’ouverture des frontières et la volonté réelle de réduire les inégalités. Depuis, les frustrations nourrissent les revendications identitaires, l’illibéralisme gagne du terrain, la mondialisation recule. La confiance dans le système s’est brisée.
Le rafistolage tenté depuis, grâce à une régulation plus exigeante, permettra-t-il d’amortir le choc de la prochaine crise ? Rien n’est moins sûr. La dette, facteur déclenchant en 2008, est encore plus exorbitante qu’il y a dix ans. La finance de l’ombre, qui échappe à tout contrôle, a pris le pas sur les banques. Surtout, les remèdes administrés nous ont conduits en terra incognita. De façon inédite, les banques centrales ont injecté massivement des liquidités pour faire repartir l’économie. Résultat, un peu partout, les bulles spéculatives se forment. Personne ne sait comment revenir à la normale sans risquer une nouvelle déstabilisation.

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                « Lehman Brothers : dix ans après la faillite, dix leçons »



Plus inquiétant : les solutions qui ont fonctionné en 2008 risquent d’être inopérantes pour la prochaine crise. L’instrument monétaire n’a pas eu le temps d’être réamorcé. Les taux d’intérêt sont si bas que les banques centrales ne pourront plus utiliser l’assouplissement du crédit pour relancer l’économie. L’outil politique risque lui aussi de faire défaut. Il y a dix ans, la coordination internationale avait permis d’éviter les erreurs de 1929, à commencer par le recours au protectionnisme. Aujourd’hui, la guerre commerciale menace, le multilatéralisme se disloque. Faute d’avoir eu le courage de repenser le système, l’économie mondiale risque de se retrouver démunie lorsque le prochain Lehman s’effondrera.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-13"> ¤ La multiplication des contrats courts, la dérégulation du marché du travail et l’écrasement des salaires pénalisent particulièrement les jeunes.
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En Europe, le marché de l’emploi porte encore les stigmates de la crise de 2008

La multiplication des contrats courts, la dérégulation du marché du travail et l’écrasement des salaires pénalisent particulièrement les jeunes.



LE MONDE
 |    15.09.2018 à 10h24
 • Mis à jour le
15.09.2018 à 11h36
    |

            Elise Barthet








                        



                                


                            

Retour à la case départ. Fin juillet, le chômage dans la zone euro a retrouvé son niveau de novembre 2008. Avec un taux de 8,2 %, il touche encore 13,4 millions de personnes, selon Eurostat. Mais les chiffres baissent en continu depuis 2013. En un an, près de 1,4 million de personnes sont sorties des dispositifs d’accompagnement vers l’emploi. Même l’indicateur mesurant la part des actifs occupés au sein de la population en âge de travailler s’est redressé. Il approchait à l’été 65,5 %, un ratio comparable à celui de 2007.

Statistiquement, il n’y a pas de doute : en dépit du trou d’air du début de l’année, la zone euro se porte mieux qu’il y a cinq ans. A l’époque, au plus fort de la crise des dettes souveraines apparue dans le sillage des « subprimes », le taux de chômage y dépassait les 12 %. Il a fallu attendre 2015 et les premiers rachats de dettes par la Banque centrale européenne (BCE), pour que l’abîme commence à se refermer. Mais une telle saignée laisse des traces.
Elle a considérablement accentué le décrochage entre le nord et le sud du continent. Les pays germaniques, qui avaient flexibilisé leurs marchés du travail avant la crise, ont été relativement épargnés. L’Allemagne est le seul pays de la zone euro à avoir vu son chômage diminuer au cours des dix dernières années. De l’autre côté du spectre, le taux espagnol avoisine, lui, toujours, 15 %, bien qu’il ait chuté de près de 10 points depuis 2013. En Italie, où la secousse a été moins forte, il ne parvient pas à retomber sous la barre des 10 %. Le Portugal et l’Irlande s’en sont mieux sortis. Mais le rattrapage s’est fait au prix d’une violente concurrence fiscale entre Etats.
Fuite des cerveaux
« Brutales, récessives, déflationnistes, les mesures prises pour déréguler l’emploi dans les pays du Sud ont fait porter l’effort sur les populations les plus précaires », souligne Xavier Ragot, chercheur à l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE)....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-14"> ¤ Une étude montre le lien direct entre les coupes budgétaires décidées à la suite de la crise financière de 2008 et le soutien au UKIP, le parti antieuropéen.
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En Grande-Bretagne, l’austérité a créé un terrain fertile pour le Brexit

Une étude montre le lien direct entre les coupes budgétaires décidées à la suite de la crise financière de 2008 et le soutien au UKIP, le parti antieuropéen.



LE MONDE
 |    15.09.2018 à 10h22
 • Mis à jour le
15.09.2018 à 15h08
    |

            Eric Albert (Londres, correspondance)








                        



                                


                            

Vers 2 heures du matin le 24 juin 2016, l’annonce du résultat du vote à Sunderland a soudain fait comprendre que le Brexit était en train de l’emporter. La ville du nord-est de l’Angleterre avait choisi à 61 % de sortir de l’Union européenne, bien plus que ne le prévoyaient les sondages.

Le fait que le choc soit venu d’un des endroits les plus pauvres du Royaume-Uni n’était pas un hasard. Le vote en faveur du Brexit était directement lié aux difficultés économiques, même si d’autres facteurs entrent évidemment aussi en jeu. Les trois quarts des Britanniques sans aucun diplôme ont voté pour le Brexit ; 71 % de ceux qui ont un travail manuel routinier ont fait de même ; 58 % de ceux qui gagnent moins de 20 000 livres par an (22 000 euros) également.
De ce constat a été tirée une leçon, bien souvent considérée aujourd’hui comme une évidence : les laissés-pour-compte de la mondialisation ont profité du référendum pour se révolter. Ce n’est pourtant pas tout à fait exact, conclut une étude publiée en juin par Thiemo Fetzer, de l’université de Warwick. Selon lui, la cause du basculement n’est pas tant la mondialisation, ni même la crise financière, que l’austérité. « Lors des élections européennes de 2004 ou de 2009, UKIP [le parti antieuropéen] avait déjà réussi à rassembler 15 % des voix, rappelle-t-il. Mais le soutien, à l’époque, ne venait pas des régions les plus pauvres. Ce n’est qu’après 2010 – quand la politique d’austérité a été appliquée – que ce phénomène a commencé. »
Fascinantes corrélations
Son étude conclut que le soutien au Brexit aurait été 9,5 % plus bas sans le choc de l’austérité. Suffisamment pour faire basculer le résultat, remporté avec 3,8 % d’avance.
Pour démontrer la validité de sa théorie, M. Fetzer met en avant de fascinantes corrélations entre les coupes budgétaires et le soutien au UKIP. Il prend, par exemple, l’imposition de la « bedroom tax », un impôt concernant les habitants...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-15"> ¤ Les politiques d’austérité lancées après la crise, l’impunité et la cupidité de la planète finance ont nourri le sentiment contre les élites.
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Article sélectionné dans La Matinale du 14/09/2018
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Dix ans après Lehman Brothers : le populisme en héritage

Les politiques d’austérité lancées après la crise, l’impunité et la cupidité de la planète finance ont nourri le sentiment contre les élites.



LE MONDE
 |    15.09.2018 à 06h35
 • Mis à jour le
15.09.2018 à 12h04
    |

            Marie Charrel








                        



                                


                            

Emmanuel Macron contre Viktor Orban. A huit mois de l’échéance, les élections européennes de mai 2019 se profilent déjà comme un duel entre le président français et l’homme fort de Hongrie. Soit l’affrontement de deux mondes : l’Europe libérale et progressiste face à celle souverainiste et antimigrants. « Ces élections seront un immense test pour le Vieux Continent », résume le politologue bulgare Ivan Krastev. Une décennie après la chute de la banque américaine Lehman Brothers et le début de la crise, ce scrutin marquera, peut-être, l’entrée massive des populistes au Parlement européen.
Victoire du oui au référendum sur le Brexit en juin 2016, élection de Donald Trump cinq mois plus tard, arrivée au pouvoir du duo Matteo Salvini-Luigi Di Maio en Italie – sans parler de celle du sulfureux milliardaire Andrej Babis en République tchèque, ni de la montée en puissance de l’extrême droite en France et en Allemagne… « Nous assistons à la plus forte vague de mouvements antisystème depuis la seconde guerre mondiale », résume le politologue William Galston, de la Brookings Institution, à Washington.
En moyenne, ces partis ont engrangé plus de 20 % des voix aux dernières élections parlementaires dans les différents pays européens, contre 5 % au début des années 2000. Même la Scandinavie, longtemps pensée comme à l’abri, n’est pas épargnée : en Suède, le parti anti-immigration a raflé 17,5 % des suffrages aux élections législatives du 9 septembre.

Sans surprise, ces mouvements prospèrent dans le sillage de la crise de 2008 et des politiques d’austérité qui ont suivi – les investissements publics en zone euro sont passés de 4,5 % du produit intérieur brut, en 2009, à 3,3 % aujourd’hui, les pensions grecques ont baissé à treize reprises, les aides touchées par une famille britannique moyenne ont reculé de 3 950 livres sterling (4 430 euros) annuelles, en 2010, à 3 460 livres sterling, en 2018… « La crise...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-16"> ¤ La décennie écoulée a permis de mieux cerner les priorités des régulateurs, mais pas d’arbitrer entre l’exigence démocratique de juger les coupables de la crise et celle de sauver le système financier, explique l’économiste Thomas Philippon dans une tribune au « Monde ».
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Article sélectionné dans La Matinale du 14/09/2018
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« Lehman Brothers : dix ans après la faillite, dix leçons »

La décennie écoulée a permis de mieux cerner les priorités des régulateurs, mais pas d’arbitrer entre l’exigence démocratique de juger les coupables de la crise et celle de sauver le système financier, explique l’économiste Thomas Philippon dans une tribune au « Monde ».



LE MONDE
 |    15.09.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
15.09.2018 à 07h12
    |

                            Thomas Philippon (Professeur de finance à New York University)








                        



                                


                            

Tribune. La saga Lehman Brothers touche enfin à sa fin, dix ans après une faillite retentissante qui restera comme le point d’orgue de la crise financière de 2007-2009. Sur les 1 200 milliards de dollars (1 030 milliards d’euros) d’actifs financiers en litige juridique après la faillite de Lehman, il n’en reste que 4. Alors, que nous enseigne vraiment la faillite de la banque d’affaires ? Je propose de retenir dix leçons.
« L’endettement adossé à l’immobilier est fondamentalement dangereux parce qu’il concentre les risques macroéconomiques »
Commençons par le contexte de la grande crise. La première leçon est que (presque) toutes les crises financières graves sont des crises immobilières. Ce fut vrai au Japon comme en Scandinavie, aux Etats-Unis et en Espagne. L’endettement adossé à l’immobilier, commercial ou résidentiel, est fondamentalement dangereux parce qu’il concentre les risques macroéconomiques.
La deuxième leçon est que les acteurs financiers s’endettent trop quand l’économie va bon train ; les investisseurs sont optimistes et les prêteurs peu regardants. Le rôle principal du régulateur est de surveiller les taux d’endettement. C’est heureusement dans ce domaine qu’on a fait le plus de progrès, notamment en renforçant les exigences en fonds propres des banques.
Troisième leçon : Lehman n’était que la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. La crise aurait eu lieu avec ou sans la faillite. L’accumulation des créances immobilières douteuses et l’endettement extrême des ménages avaient créé un château de cartes qui ne pouvait que s’écrouler. Il ne sert à rien de repasser le film en boucle en se disant « si seulement… ». Il est bien plus utile de s’appliquer à diminuer les vulnérabilités fondamentales.
De mauvaises leçons…
Quatrième leçon : les risques se matérialisent rarement là où on les attend. Dans le cas de Lehman, on a beaucoup parlé des produits dérivés (swaps, CDS, etc.). En fait, ils ne sont responsables...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-17"> ¤ En 2008, Lucy O’Carroll travaillait dans une grande institution financière britannique. Dans une tribune au « Monde », elle décrit les ressorts psychologiques des excès qui ont mené à la chute.
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Crise financière de 2008 : « L’hubris s’est mué en némésis »

En 2008, Lucy O’Carroll travaillait dans une grande institution financière britannique. Dans une tribune au « Monde », elle décrit les ressorts psychologiques des excès qui ont mené à la chute.



LE MONDE
 |    15.09.2018 à 06h30
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Lucy O'Carroll (Economiste)







                        



                                


                            
Tribune. Il y a dix ans, la faillite de Lehman Brothers marquait l’apogée de la crise financière. A cette époque, j’étais économiste dans l’une des plus grandes institutions financières du Royaume-Uni. A ce poste, j’ai pu me familiariser avec les biais psychologiques à l’œuvre tant au sein même de cette institution que dans les entreprises qu’elle finançait.
Nombre de ces entreprises étaient relativement jeunes et dotées d’un fort esprit entrepreneurial. A mesure que la crise du crédit se propageait et aggravait leurs difficultés, les équipes de direction parvenaient toujours à trouver des arguments pour justifier leur optimisme. Ce comportement est logique, car ils se doivent de démontrer une certaine appétence pour le risque. Et certes, beaucoup de ces entreprises ont survécu grâce au succès de leurs produits et de leurs services, et à un endettement pas trop excessif. D’autres ont néanmoins fait faillite et leur optimisme a fini par se muer en hubris, c’est-à-dire une confiance en soi démesurée qui provoque la colère des dieux dans la tragédie grecque.
Mais la démesure des grandes institutions financières est allée bien au-delà de celle de nos clients les plus audacieux. Même si peu de personnes peuvent prétendre avoir anticipé la crise financière, nous étions nombreux à ressentir un certain malaise face aux excès qui ont marqué les mois qui ont précédé l’éclatement de la crise.
Dîners extravagants
L’outrance des soirées caritatives organisées par les entreprises en était un signe avant-coureur évident. Ces enchères destinées à de bonnes causes étaient organisées dans des lieux exubérants après des dîners extravagants, dont le financement aurait pu être utilisé à bien meilleur escient par les organisations caritatives concernées. Les cadres dirigeants et leurs épouses n’hésitaient pas à verser des sommes folles pour se payer des « expériences », des œuvres d’art et – ce qui est difficilement oubliable – la...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-18"> ¤ On reproche aux économistes de ne pas avoir anticipé la crise de 2008. Mais la capacité de prévision est au cœur des débats internes à la profession depuis bien longtemps, explique l’universitaire Béatrice Cherrier dans une tribune au « Monde ».
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« Les modèles économiques ne sont en rien des boules de cristal »

On reproche aux économistes de ne pas avoir anticipé la crise de 2008. Mais la capacité de prévision est au cœur des débats internes à la profession depuis bien longtemps, explique l’universitaire Béatrice Cherrier dans une tribune au « Monde ».



LE MONDE
 |    15.09.2018 à 06h30
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Béatrice Cherrier (Economiste)







                        



                                


                            
Tribune. Après la faillite de Lehman Brothers en septembre 2008, la reine d’Angleterre formula publiquement la question qui brûlait les lèvres de toute la société civile : « Economistes, pourquoi n’avez-vous pas su prévoir la crise ? » Les économistes ont fait amende honorable et ont enrichi leurs modèles, mais beaucoup répètent inlassablement que ces modèles ne sont en rien des boules de cristal. En juin, l’économiste du FMI Olivier Blanchard rappelait encore sur les réseaux sociaux que « la science économique ne sert pas avant tout à prévoir. Les économistes étudient la manière dont le système économique fonctionne, examinent les politiques ».
Pourtant, le développement de la macroéconomie comme champ scientifique est en réalité étroitement lié à l’essor d’une industrie de la prévision au début du XXe siècle. On cherchait en particulier à prévoir les rendements agricoles, les cycles de croissance, l’évolution des cours boursiers. Certains s’en remettaient à leur intuition, d’autres, appelés les « chartistes », représentaient graphiquement une série de variables pour tenter d’identifier les retournements de tendance. Mais les résultats n’étaient « pas meilleurs que ce qu’on obtiendrait en s’en remettant à la chance pure », pestait l’homme d’affaires américain Alfred Cowles (« Can Stock Market Forecasters Forecast ? », Econometrica 1/3, 1932). Il fonda donc un institut, la Cowles Commission for Research in Economics, dont la mission était de développer des modèles statistiques permettant d’extrapoler les données accumulées sur les comportements et les systèmes économiques, et reposant sur l’identification des « lois » mathématiques auxquelles obéiraient les économies, conçues comme des systèmes mécaniques.
La seconde guerre mondiale poussa les gouvernements à développer des statistiques publiques, comme le PIB, l’inflation, le chômage, et à croire qu’ils pouvaient contrôler et planifier,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-19"> ¤ Les vacanciers lésés peuvent invoquer le code du tourisme pour se retourner contre leur tour-opérateur, détaille dans sa chronique Rafaële Rivais, journaliste au « Monde ».
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Quand le voyage organisé a du plomb dans l’aile

Les vacanciers lésés peuvent invoquer le code du tourisme pour se retourner contre leur tour-opérateur, détaille dans sa chronique Rafaële Rivais, journaliste au « Monde ».



LE MONDE
 |    15.09.2018 à 05h30
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            Rafaële Rivais








                        



                                


                            

SOS conso. Les vacanciers qui ont acheté un « forfait touristique », c’est-à-dire un service combinant au moins une prestation de transport et une autre (hébergement, excursion, location de voiture…), auprès d’une agence de voyages française ou d’une agence de voyages étrangère, mais proposant un site francophone, peuvent, à leur retour, lui demander des comptes si l’une des prestations laissait à désirer. L’agence est en effet « responsable de plein droit de la bonne exécution des obligations résultant du contrat, que ce contrat ait été conclu à distance ou non, et que ces obligations soient à exécuter par elle-même ou par d’autres prestataires de services », selon l’article L 211-16 du code du tourisme.
La Cour de cassation vient de le rappeler à l’occasion d’un litige opposant deux vacanciers à l’agence Karavel, à propos de l’indemnisation du retard d’un vol : Karavel, qui leur avait vendu un circuit touristique en Argentine, refusait de la leur verser ; elle leur disait de s’adresser à l’organisateur, Amerigo, qui lui-même les renvoyait sur la compagnie aérienne, Latam. Le tribunal de proximité de Bordeaux ayant donné raison à Karavel, la Cour de cassation a censuré son jugement, le 27 juin : en cas d’inexécution d’une prestation par un tiers, l’agence de voyages est présumée responsable.
Cette présomption vaut aussi lorsque le vacancier est victime d’un accident dans le cadre d’une prestation prévue au contrat. C’est ainsi qu’une vacancière ayant acheté, auprès du Club Méditerranée, un forfait de sports d’hiver comprenant le transport, l’hôtel, la location de skis ainsi que les cours, et s’étant cassé la jambe pendant l’un de ces cours, a pu obtenir que le voyagiste soit jugé responsable de son préjudice et qu’il l’indemnise. Le Club Méditerranée a, en vain, tenté de faire valoir que la cliente s’était inscrite à un cours d’un niveau trop élevé : la Cour de cassation a rejeté son pourvoi, le 17 novembre 2011.
« L’attrait...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-20"> ¤ Le directeur de La Comédie de Saint-Etienne, Arnaud Meunier, détaille, dans une tribune au « Monde », les ressorts dramatiques de l’œuvre de l’Italien Stefano Massini, qu’il a mise en scène en 2013.
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« La pièce “Saga des Lehman Brothers” nous fait traverser près de deux cents ans de capitalisme »

Le directeur de La Comédie de Saint-Etienne, Arnaud Meunier, détaille, dans une tribune au « Monde », les ressorts dramatiques de l’œuvre de l’Italien Stefano Massini, qu’il a mise en scène en 2013.



LE MONDE
 |    15.09.2018 à 05h15
    |

Arnaud Meunier







                        



                                


                            

Tribune. « A toute chose malheur est bon. » De cette catastrophe planétaire, l’impensable faillite de la banque Lehman Brothers, dont nous célébrons le dixième anniversaire, a émergé un jeune auteur de théâtre italien alors inconnu – Stefano Massini – qui a eu la brillante idée de raconter, à travers une saga palpitante, l’histoire de la famille Lehman. En revenant à une histoire simple, Chapitres de la chute. Saga des Lehman Brothers nous fait traverser près de deux cents ans de capitalisme en humanisant avec force et humour ce qui est généralement très abstrait : l’économie et la finance.
La pièce débute en 1844, sur un quai de New York, où Henry Lehman, jeune juif bavarois de 22 ans, débarque avant d’aller ouvrir une boutique de tissus à Montgomery (Alabama). Il sera très vite rejoint par ses deux frères, Emanuel et Mayer. Ils sont pauvres, juifs, croyants et découvrent une société américaine marquée par l’exploitation du coton et l’esclavagisme. C’est l’incendie d’une grande plantation qui, ruinant les propriétaires, donnera l’idée au plus jeune des frères de vendre le matériel pour reconstruire la plantation en se faisant payer avec une partie de la récolte de coton brut à venir, pour la revendre ensuite. L’idée, incongrue aux yeux des deux aînés, s’est révélée révolutionnaire. Un métier était né : celui d’intermédiaire, de trader.
Délicieuse ironie
A partir de cette intuition géniale, la pièce décrit, avec un sens consommé du suspense et une délicieuse ironie, comment les trois frères cherchent à convaincre un à un les propriétaires de plantation de leur vendre leurs récoltes pour aller les revendre aux industriels du nord des Etats-Unis. Le jeune frère ira jusqu’à épouser la fille d’un propriétaire (sudiste), alors que son aîné épousera une jeune new-yorkaise (nordiste). C’est ainsi que les Lehman passeront le cap de la guerre de Sécession et parviendront à convaincre le gouverneur de...




                        

                        

