<FILE-date="2018/09/16/19">

<article-nb="2018/09/16/19-1">
<filnamedate="20180916"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180916"><AAMMJJHH="2018091619">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-1"> ¤ Selon la géographe du genre Edith Maruéjouls, l’aménagement des cours d’école participe de la « ségrégation entre les garçons et les filles ».
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-1"> ¤                     
                                                

« Dans les cours de récréation, les filles sont invisibilisées »

Selon la géographe du genre Edith Maruéjouls, l’aménagement des cours d’école participe de la « ségrégation entre les garçons et les filles ».



LE MONDE
 |    16.09.2018 à 14h24
    |

            Cécile Bouanchaud








                        



   


A l’école maternelle Michel-de-Montaigne, à Trappes (Yvelines), la rentrée s’est faite avec une nouvelle cour de récréation « non genrée ». Depuis trois ans, la municipalité, qui a fait de l’égalité femmes-hommes l’une de ses priorités, réaménage ses cours de récréation pour inciter filles et garçons à interagir davantage.
Avec l’association Genre et ville et l’Arobe (Atelier recherche observatoire égalité), la docteure en géographie Edith Maruéjouls accompagne des collectivités pour promouvoir l’égalité, et constate que « les filles ne se sentent pas légitimes à occuper l’espace dans une cour de récréation ».

        Lire le reportage :
         

          A Trappes, une cour de récréation réaménagée pour favoriser la mixité filles-garçons



Le Monde : Quel constat dressez-vous sur la mixité à l’école et plus particulièrement sur l’aménagement des cours de récréation en France ?
Edith Maruéjouls : J’observe depuis dix ans les garçons et les filles jouer dans les cours de récréation. Si je devais résumer ce que j’observe, je dirais que la mixité est l’exception. L’organisation, très répandue, des cours avec un terrain de foot contribue grandement à cette ségrégation : les garçons occupent une place centrale, alors que les filles sont reléguées aux coins. Elles sont invisibilisées ; même si elles sont nombreuses, on ne les voit pas. Sur les dessins des enfants, les filles sont souvent représentées dans les toilettes, donc un endroit privé.
Quand on demande aux enfants de dessiner leur cour, le terrain de foot apparaît toujours au centre, même s’il ne l’est pas. Dans l’esprit des garçons comme des filles, le terrain de foot crée une échelle de valeurs de ce qui est important, à savoir les garçons, et de ce qui ne l’est pas, c’est-à-dire les filles. Cela montre à quel point le foot est le jeu dominant.
Quelles peuvent être les conséquences d’une telle organisation de l’espace ?
Les cours de récréation sont aménagées de façon à ce que les filles — et les enfants non « conformes », par exemple ceux en surpoids —, ne se sentent pas légitimes à occuper l’espace. Ce qui, dès l’enfance, remet en cause une égalité de droit, celle entre les femmes et les hommes.
Sous couvert de cela se noue la question des garçons qui ne jouent pas au foot, et que l’on va traiter de filles. Le sexisme est lié à l’homophobie. On se fait traiter d’homosexuel ou on se fait traiter de fille. C’est le même processus : celui qui fait la part belle à la domination et à l’hétéro-normativité, un processus d’infériorisation qui est lié au fait d’être perméable au monde des filles.
Comment permettre plus de mixité ?
La meilleure des façons est de ne pas prescrire d’usage, comme celui du foot. Prescrire un usage, c’est prescrire un public. Ça ne veut pas dire que l’on ne peut pas y jouer, mais on doit pouvoir rendre l’espace plus modulable pour que chacun se l’approprie. Un espace central peut faire peur, alors je travaille sur le fait de créer différents univers dans une cour.
Lorsqu’ils font classe, les instituteurs peuvent encourager d’autres façons de jouer dans la cour, comme la danse, le chant ou les jeux. Pour que les enfants jouent ensemble, il faut les inclure dans le processus de création du jeu. Même si la cour doit toutefois rester un espace de liberté.
Je travaille aussi sur la question des toilettes mixtes, car c’est dans ces lieux cloisonnés que se déroulent les humiliations. Il faudrait des blocs de sanitaires, ouverts sur l’extérieur, dans la cour, avec des portes qui s’ouvrent, et des lavabos dehors, sans miroir.
Y a-t-il une prise de conscience des pouvoirs publics ?
Des initiatives se créent partout en France. Elles sont souvent à l’origine des communes, qui financent les projets de réaménagement des écoles élémentaires. Mais des départements s’y mettent aussi, comme la Gironde, qui donne une impulsion dans les collèges, et tentent que des passerelles se fassent entre collège et primaire. De façon générale, je sens depuis un an une impulsion venant de tous les acteurs de la société sur cette question.
A l’échelle nationale, la charte pour la laïcité lancée en 2015 par Najat Vallaud-Belkacem a fait avancer les choses, notamment en obligeant les collectivités à traiter des questions de mixité. Mais les budgets alloués à l’échelle nationale pour la mixité filles-garçons restent encore insuffisants.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/09/16/19-2">
<filnamedate="20180916"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180916"><AAMMJJHH="2018091619">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-2"> ¤ Depuis trois ans, la municipalité, qui a fait de l’égalité femmes-hommes l’une de ses priorités, cherche à inciter les enfants à interagir.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-2"> ¤                     
                                                   
édition abonné


A Trappes, une cour de récréation réaménagée pour favoriser la mixité filles-garçons

Depuis trois ans, la municipalité, qui a fait de l’égalité femmes-hommes l’une de ses priorités, cherche à inciter les enfants à interagir.



LE MONDE
 |    16.09.2018 à 14h24
 • Mis à jour le
16.09.2018 à 17h00
    |

            Cécile Bouanchaud








                        



                                


                            

Dans la cour de récréation de l’école maternelle Michel-de-Montaigne, à Trappes (Yvelines), un enfant de 4 ans se rue vers sa maîtresse pour lui offrir « un gâteau ». « Délicieux », réagit l’institutrice tandis que le garçonnet lui tend une pierre surmontée d’un tas de feuilles. « Vous voyez, les garçons me préparent des gâteaux, et les filles se poursuivent dans la cour », commente l’enseignante, Gaëlle Bourré, qui remarque que « chez les plus jeunes, les rapports ne sont pas si genrés ».
Pour étayer ce constat, la ville de 30 000 habitants, sise au sud-ouest de Paris, mène depuis plusieurs années une réflexion sur l’égalité entre les sexes dès le plus jeune âge. « Nous estimons qu’il faut prendre le pli de la mixité dès l’enfance », fait savoir Thomas Urdy, adjoint au maire de Trappes chargé de l’urbanisme et de l’environnement. Dans cette ville où la moyenne d’âge est de 27 ans, « l’école constitue le cœur battant de la ville », insiste l’élu socialiste.

En trois ans, une douzaine d’établissements scolaires de la ville ont été partiellement réaménagés afin de favoriser la mixité filles-garcons. Mais l’école Michel-de-Montaigne est la première à avoir été entièrement repensée. « Sans modèle type, juste avec une volonté de sortir des stéréotypes », explique M. Urdy. La cour flambant neuve, qui a bénéficié d’un budget de 430 000 euros de la mairie, a été inaugurée à la rentrée.
Sortir du « rose princesse »
Lorsque sonne l’heure de la récréation, garçons et filles se ruent sur l’aire de jeu, composée d’un toboggan fuchsia, de jeux sur ressort et d’un tourniquet. Le tout installé sur un terrain synthétique mauve fluo, parsemé d’étoiles et de planètes jaunes. « Nous avons travaillé autour du thème de la science, qui n’est pas cloisonné à un âge particulier, et qui s’adresse aux garçons comme aux filles », explique M. Urdy, précisant avoir voulu...




                        

                        


<article-nb="2018/09/16/19-3">
<filnamedate="20180916"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180916"><AAMMJJHH="2018091619">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-3"> ¤ De la présentation du plan vélo par le gouvernement à la Journée sans voiture à Paris, la marche est de plus en plus plébiscitée dans les grandes villes.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-3"> ¤                     
                                                

Le regain discret de la marche comme mode de déplacement

De la présentation du plan vélo par le gouvernement à la Journée sans voiture à Paris, la marche est de plus en plus plébiscitée dans les grandes villes.



LE MONDE
 |    16.09.2018 à 10h58
 • Mis à jour le
16.09.2018 à 14h34
    |

                            Éric Béziat








                        



   


De la présentation du plan vélo par le gouvernement, vendredi 14 septembre, à la Journée sans voiture à Paris, dimanche 16 septembre, en passant par la journée du transport public, samedi 15 septembre – qui mettait cette année l’accent sur les risques de la sédentarité –, l’heure est à la promotion des mobilités douces et actives. Si la bicyclette est la star du moment, il est un moyen de se déplacer qui, sans faire de bruit, connaît une belle embellie, y compris pour se rendre de son domicile à son travail : la marche.
« C’est le mode de déplacement universel, rappelle Frédéric Héran, économiste de la mobilité à l’université de Lille. Il connaît un regain dans les zones denses de toutes les grandes villes du monde occidental. » En France, les recherches du Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement (Cerema) confirment cette affirmation.

        Lire aussi :
         

                Les citadins de plus en plus nombreux à arpenter les villes à pied



Tendance de fond dans les grandes villes
Dans les dix premières métropoles de France, les déplacements en marchant ont augmenté de 9 % entre les années 1990 et les années 2010, alors qu’elles avaient reculé de presque 30 % entre la fin des années 1970 et les années 1990. Ce constat vaut pour les très grandes villes françaises, mais la tendance est aussi observée par le Cerema dans des agglomérations plus modestes, par exemple à Metz, Clermont-Ferrand, Reims, Toulon, Valence ou Voiron.
Certes, le sursaut de la marche au cours de la dernière décennie ne lui a pas permis de rattraper son retard de quarante ans lié à l’essor de la mobilité motorisée, qu’elle soit individuelle ou collective. Prenons, par exemple, l’agglomération de Marseille. Selon une étude de 1976, la marche y représentait alors 52 % des déplacements. Vingt ans plus tard, en 1997, ce taux était tombé à 32 %, la dernière étude en date (2009) montrant une modeste remontée à 34 %.
L’automobile reste donc encore dominante, et certaines villes ont vu la part de la marche s’amenuiser encore ces derniers temps. C’est le cas à Valenciennes, Aix-en-Provence ou Dijon. Mais la tendance de fond est là et en région parisienne la marche est, avec 39 % des déplacements, le premier moyen utilisé pour se rendre d’un point à un autre. A Lyon, Lille ou Strasbourg, le mode piéton est, désormais, au coude-à-coude avec l’automobile.
Aussi vieille que les hominidés, la marche bénéficie depuis peu du soutien de la technologie numérique. L’engouement pour les applications podomètre en est le signe. Ces outils permettent de mesurer avec son smartphone ou sa montre connectée son activité de piéton – avec souvent l’objectif d’atteindre 10 000 pas par jour.

        Lire aussi :
         

                Lève-toi et marche !



Nocivité de la position assise prolongée
« Pour les seules applications podomètre, le marché est en forte croissance de 44 % entre le second semestre 2017 et la fin du premier semestre 2018, constate Christophe Bize, vice-président d’Ogury, une des sociétés de référence en matière d’analyse des données issues des applications numériques. Et l’intensité de l’usage augmente rapidement : 50 % des possesseurs de ces applications s’en servaient une fois par semaine l’an dernier. Six mois plus tard, au premier semestre 2018, ils étaient 63 %. »
Les préoccupations de santé sont, désormais, un critère important pour les choix de déplacement. Cible des médecins : la position assise prolongée, les trajets en automobile s’ajoutant aux heures de bureau devant l’ordinateur. « Le risque est élevé si vous restez assis plus de sept heures dans une journée et si vous ne vous êtes pas du tout levé au bout de deux heures, explique François Carré, cardiologue du sport au CHU de Rennes. Nous recommandons au moins trente minutes de marche par jour d’un très bon pas, sachant que dès quinze minutes, ce sera bénéfique et que ces trente minutes peuvent se faire en plusieurs fois. »
« Notre génome n’est pas adapté au fait d’être assis longtemps, poursuit le professeur Carré. La position assise génère un stress occidatif toxique qui favorise maladies cardio-vasculaires et cancers. Nous sommes en train de prendre conscience de sa dangerosité, un peu comme pour le tabac dans les années 1970. »



                            


                        

                        


<article-nb="2018/09/16/19-4">
<filnamedate="20180916"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180916"><AAMMJJHH="2018091619">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-4"> ¤ La valeur de la marchandise est évaluée à plus de 30 millions d’euros. Une enquête a été ouverte et confiée à la police de Rouen.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-4"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 15/09/2018
Découvrir l’application


                        

Drogue : 752 kg de cocaïne saisis dans le port du Havre

La valeur de la marchandise est évaluée à plus de 30 millions d’euros. Une enquête a été ouverte et confiée à la police de Rouen.



LE MONDE
 |    16.09.2018 à 00h10
 • Mis à jour le
16.09.2018 à 11h42
   





                        



   


Sept cent cinquante-deux kilos de cocaïne ont été saisis par les douaniers, vendredi matin 14 septembre, dans le port du Havre (Seine-Maritime), à l’occasion d’un contrôle régulier. Ils ont ciblé un conteneur venant d’Amérique du Sud « pour suspicion de transport de produits stupéfiants », a déclaré le ministère de l’action et des comptes publics dans un communiqué publié samedi 15 septembre.
« A l’ouverture du conteneur, les agents découvrent la présence de sacs de sport positionnés en lieu et place de cartons de marchandises licites. Les sacs contenaient au total 752 kg. La valeur totale de la marchandise est estimée à plus de 30 millions d’euros », selon le ministère, faisant état d’une quantité « exceptionnelle » de sacs saisis.

        Lire aussi :
         

                La production mondiale d’opium et de cocaïne a explosé, alerte l’ONU



La marchandise a été remise à la police judiciaire le soir même, sur ordre du parquet du Havre, selon la même source. La juridiction interrégionale spécialisée (JIRS) de Lille, compétente pour les affaires relevant de la criminalité organisée, s’est saisie du dossier. L’enquête a été confiée au service régional de police judiciaire (SRPJ) de Rouen.
Saisie exceptionnelle
« L’enquête ne fait que débuter, il n’y a pour le moment pas d’arrestation », a fait savoir à l’AFP une source proche de l’enquête. Cité dans le communiqué, le ministre de l’action et des comptes publics, Gérald Darmanin, a félicité « les douanières et douaniers du Havre pour cette saisie exceptionnelle, tant par les quantités que par la méthode utilisée ». « Elle est le fruit du développement constant des techniques de ciblage, ici menées par la cellule de lutte contre le trafic illicite par conteneurs et de l’efficacité opérationnelle de la brigade des douanes du port du Havre », a-t-il ajouté.
En 2017, 3,5 tonnes de cocaïne avaient été saisies dans le port du Havre pour un total de 17 tonnes sur l’année en France (contre 8,5 tonnes en 2016), un niveau record, selon les chiffres du rapport annuel du service d’information, de renseignement et d’analyse stratégique sur la criminalité organisée de la direction centrale de la police judiciaire.

        Lire aussi :
         

                Saisies record de cocaïne pour la douane française en 2017






                            


                        

                        


<article-nb="2018/09/16/19-5">
<filnamedate="20180916"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180916"><AAMMJJHH="2018091619">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-5"> ¤ Le navire se dirige vers la Méditerranée centrale, où il sera le seul acteur humanitaire pour venir en aide aux migrants qui tentent de rejoindre l’Europe.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-5"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 15/09/2018
Découvrir l’application


                        

L’« Aquarius » a quitté Marseille, les soutes pleines « pour pouvoir faire face à l’imprévu »

Le navire se dirige vers la Méditerranée centrale, où il sera le seul acteur humanitaire pour venir en aide aux migrants qui tentent de rejoindre l’Europe.



LE MONDE
 |    15.09.2018 à 19h16
 • Mis à jour le
16.09.2018 à 11h39
    |

            Julia Pascual








                        



   


L’Aquarius a enfin quitté le port de Marseille, samedi 15 septembre peu après 19 heures, mettant le cap sur la Méditerranée centrale. Lorsqu’il sera arrivé dans sa zone de patrouille, d’ici à plusieurs jours, le navire sera le seul acteur humanitaire présent au large de la Libye. Depuis février 2016, il a déjà secouru plus de 29 000 personnes en mer.
Frédéric Penard, le directeur des opérations pour SOS Méditerranée – l’ONG qui affrète le bateau aux côtés de Médecins sans frontières (MSF) –, se dit à la fois résolu et anxieux, alors que les Etats européens n’ont toujours pas trouvé d’accord pour permettre le débarquement des personnes sauvées en mer.

        Lire aussi :
         

                « Le Monde » remonte à bord du navire humanitaire « Aquarius »



Dans quel état d’esprit abordez-vous cette nouvelle mission de sauvetage en mer ?
Frédéric Penard : Notre état d’esprit est d’abord celui de la résolution. Il n’y a aucun bateau d’ONG en Méditerranée centrale ces jours-ci et nous avons le devoir d’être présents pour assister les personnes qui probablement, au moment où l’on parle, sont en train de tenter la traversée à bord d’embarcations qui ne sont pas faites pour ça.
Nous abordons aussi cette nouvelle mission avec un sentiment d’anxiété. La situation est bloquée, l’Europe n’a toujours pas trouvé les moyens de s’organiser pour respecter les conventions maritimes et faire en sorte que les gens soient débarqués dans un port sûr.
Et pour nous, la question du lieu de débarquement des personnes secourues en mer va se poser à nouveau. On se prépare à des difficultés et à des périodes de « stand-by » en mer. Les soutes sont pleines pour pouvoir faire face à l’imprévu. Les équipes partent sans savoir vraiment si elles auront le droit de faire leur travail de marin et simplement sauver des gens sans que personne n’y trouve à redire.
Quelles sont les informations dont vous disposez sur la situation actuelle au large de la Libye ?
Le contexte libyen de ces dernières semaines et l’absence d’acteur civil et indépendant en mer font qu’on a beaucoup de mal à obtenir des informations sur les traversées. C’est une des premières fois qu’on est à ce point dans le brouillard. On a du mal à se rendre compte du nombre de départs, de naufrages.
Et c’est aussi le rôle de l’Aquarius, celui d’être un bateau témoin. On ne veut pas que cette tragédie soit oubliée simplement parce que personne n’est là pour la raconter.

   



        Lire aussi la tribune :
         

          « L’“Aquarius” est le symbole du naufrage de l’Europe politique »



Vous serez désormais le seul navire humanitaire en Méditerranée centrale. Vous avez été jusqu’à dix à une époque. Est-ce que cela marque la fin de quelque chose ?
Je ne pense pas que ce soit la fin de quelque chose. J’aimerais que cette absurdité soit, au contraire, le début d’un réveil des Etats européens.
Les ONG sont ici dans une forme de compensation des défaillances des Etats qui ne prennent pas au sérieux ce qui se passe à leur frontière sud, dans cette Méditerranée commune. Certes, le nombre de départs en Méditerranée centrale a énormément baissé depuis quelques mois et d’ailleurs nous ne souhaitons pas que les gens prennent la mer, compte tenu du risque qu’ils y encourent. Mais nous savons que des milliers de gens sont encore coincés en Libye et il est probable qu’ils continuent d’avoir besoin de quitter le pays.
Monter sur un bout de plastique, faire des dizaines de milles marins, risquer de couler à tout moment, personne ne le fait de gaîté de cœur, c’est vital. Et tant qu’il y aura des gens qui se mettront en danger, il faut qu’il y ait des secours pour leur prêter assistance.
L’Autriche a récemment suggéré de « trier » les migrants en mer, c’est-à-dire à bord des bateaux. Que vous inspire ce genre de propositions ?
Les gens méconnaissent le droit maritime. Il est clair, précis, ratifié par tous les Etats de l’Union européenne. Le capitaine d’un navire doit porter assistance à tout être humain sans autre considération. Dans la tête d’un capitaine, il n’y a pas de migrant et de non-migrant, de demandeur d’asile légitime ou non légitime. Il y a des gens en détresse qu’il faut secourir.
Politiser les navires est inacceptable, car cela freinerait notre devoir de sauvetage. Décider si les gens relèvent ou pas de l’asile doit être fait par des gens compétents, dans un port sûr, où la réalité des histoires et des besoins de protection pourra être étudiée sérieusement et prise en compte. L’Aquarius, c’est 77 mètres de long et aucun espace de confidentialité, donc même d’un point de vue logistique, ce serait impossible. De toute façon, le droit l’interdit.

   



        Lire aussi :
         

                Migrants : l’« Aquarius », un défi pour l’Europe






                            


                        

                        


<article-nb="2018/09/16/19-6">
<filnamedate="20180916"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180916"><AAMMJJHH="2018091619">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-6"> ¤ En arrêt cardio-respiratoire, le joueur de l’US Mondeville n’a pu être ranimé par les pompiers.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-6"> ¤                     
                                                

Un joueur de football amateur de 26 ans est mort d’un arrêt cardiaque

En arrêt cardio-respiratoire, le joueur de l’US Mondeville n’a pu être ranimé par les pompiers.



LE MONDE
 |    15.09.2018 à 17h52
 • Mis à jour le
15.09.2018 à 17h54
   





                        


Le monde sportif est confronté à une nouvelle mort subite d’un pratiquant sur un terrain. Vendredi 14 septembre dans la soirée, un joueur de football amateur de 26 ans est mort d’un arrêt cardiaque lors d’une séance d’entraînement au stade Jean-Tocquer à Mondeville, près de Caen.
Lorsque les pompiers sont arrivés, le jeune homme, membre de l’US Mondeville (Régional 1, équivalent de la sixième division), était en arrêt cardio-respiratoire. Il n’a pu être ranimé et sa mort a été déclarée par le médecin du SMUR.
« Mamadou, nous te gardons dans nos cœurs, nous te gardons sur nos maillots, nous n’oublierons jamais le grand bonhomme que tu étais, ta gentillesse, ta générosité, ta combativité, ta joie de vivre », a écrit le club normand sur sa page Facebook.
On estime que la mort subite du sportif touche une quinzaine de professionnels par an en France, et 800 amateurs.

        Lire aussi :
         

                Le défibrillateur, auxiliaire de vie des marathoniens






                            


                        

                        


<article-nb="2018/09/16/19-7">
<filnamedate="20180916"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180916"><AAMMJJHH="2018091619">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-7"> ¤ Le président de la République, Emmanuel Macron, s’est rendu samedi dans l’ancienne demeure de la cantatrice, dans les Yvelines.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-7"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 15/09/2018
Découvrir l’application


                        

La villa Viardot reçoit le premier chèque du Loto du patrimoine

Le président de la République, Emmanuel Macron, s’est rendu samedi dans l’ancienne demeure de la cantatrice, dans les Yvelines.



LE MONDE
 |    15.09.2018 à 17h44
 • Mis à jour le
16.09.2018 à 13h43
    |

            Olivier Zilbertin








                        



   


Ne plus croire les panneaux. Depuis le bord de Seine, à Bougival (Yvelines), c’est encore la direction de la datcha et du musée Tourgueniev qu’ils indiquent. Mais pour combien de temps ? En cette Journée du patrimoine, c’est en tout cas la villa Viardot – en léger contrebas du chalet de bois du romancier – qui tient la vedette. Car, samedi 15 septembre, c’est l’heure des premières remises de chèque pour la mission Bern et le Loto du patrimoine.
La villa, habitée autrefois par la grande cantatrice Pauline Viardot et son mari Louis, critique et amateur d’art, a tiré le bon numéro : sa rénovation est l’un des dix-huit projets prioritaires sur les deux cent soixante-dix retenus par la mission.
Fermée depuis longtemps à double tour, la demeure menaçait de tomber en ruine. Plus personne n’y vivait, ni ne la visitait. Du temps de la famille Viardot et de Tourgueniev, les salons ont pourtant vu passer tout ce que l’Europe comptait alors d’artistes et d’intellectuels. Flaubert, Zola, Daudet, Mérimée ou Sand…
Un centre européen de musique
Samedi, pour la venue du président de la République, Emmanuel Macron, et les cérémonies liées à la remise de chèque, la maison de maître s’est refait une petite beauté. Les clôtures qui en interdisaient l’accès ont ainsi été levées. Les ronces et les branches qui en avaient pris possession ont été coupées. Les volets et les fenêtres ont été ouverts. La lumière et la musique ont pu de nouveau y pénétrer. Mais il en faudra bien plus pour redonner entièrement vie à la folie.

   


Coût estimé de la rénovation : plus de trois millions d’euros. Samedi, la Française des jeux a fait un chèque de 500 000 euros. Du coup, la Fondation du patrimoine qui a piloté la mission Bern et la ville de Bougival ont lancé un appel national aux dons. Objectif de la collecte : 500 000 euros supplémentaires. De quoi commencer les travaux, programmés pour le premier semestre 2019.
La villa devrait ainsi pouvoir rouvrir ses portes au début de 2020. Avec la maison de Bizet voisine, rachetée en début d’année par le département des Yvelines, et le futur espace Carmen, la villa Viardot formera l’ossature du centre européen de musique. Ses salons rénovés pourront accueillir comme autrefois rencontres musicales et littéraires.

        Lire aussi :
         

                « Le patrimoine renvoie les Français à une certaine image de grandeur et de prestige »



         data-ui="carousel"
         data-module="portfolio"
         data-wrapper=".gallery"
         data-interval="false"
         data-is-atom
         tabindex="10"
>


                    data-slide-title=""
            data-slide-description="La maison d’Aimé Césaire à Redoute (Fort-de-France), ici le 5 avril. Cette habitation est classée aux monuments historiques depuis décembre 2014."
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="La « mosquée » située dans la maison de Pierre Loti, à Rochefort (Charente-Maritime). Ce musée municipal est la maison d’enfance de l’écrivain Julien Viaud, plus connu sous son nom de Pierre Loti. Celui-ci a passé une grande partie de sa vie à transformer sa maison natale en un lieu théâtral, où il se mettait en scène lors de fêtes mémorables."
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Le domaine de Maison rouge, à La Réunion, abrite depuis quelques années le Musée des arts décoratifs de l’océan Indien."
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Le couvent Saint-François à Pino (Haute-Corse). Sa chapelle renferme une fresque, un chemin de croix, une chaire et des stalles du XVIIe siècle."
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="L’hôtel de Polignac à Condom, dans le Gers. Edifié entre 1773 et 1777, il est classé monument historique depuis 1990."
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="L’île Cigogne et son fort sur l’archipel des Glénan, dans le Morbihan. Ce dernier est utilisé par les stagiaires du centre nautique de la région."
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Le château de Bussy-Rabutin à Bussy-le-Grand, en Côte-d’Or. Le plus célèbre propriétaire des lieux fut le comte Roger de Bussy-Rabutin (1618-1693), général des armées royales du roi Louis XIV, courtisan de la cour de France, philosophe et écrivain épistolaire, pamphlétaire, satirique et libertin, par ailleurs membre de l’Académie française."
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="L’aqueduc romain du Gier est l’un des aqueducs antiques de Lyon, qui desservait la ville antique de Lugdunum. Il se situe à Chaponost, près de Lyon."
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="L’habitation Bisdary à Gourbeyre, en Guadeloupe. Bâtie au XVIIIe siècle par les jésuites, elle devient une usine sucrière au début du XIXe siècle."
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Le château de Carneville dans la Manche, coté jardin. Précédé d’une vaste cour d’honneur de 26 mètres de long, il couvre 900 m2, auxquels il faut ajouter 2 000 m2 de dépendances et un parc de 7 ha."
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="La rotonde ferroviaire de Montabon, dans la Sarthe. Le dépôt est fermé depuis 1954 et l’association Rotonde ferroviaire de la vallée du Loir (RFVL2) se charge de le préserver."
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="L'hôtel-Dieu de Château-Thierry, dans l’Aisne. Aujourd’hui visitable, ce musée retrace au travers de ses dix-huit salles toute l’histoire hospitalière du site depuis sa fondation par la reine de France Jeanne de Navarre, épouse de Philippe IV le Bel."
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Les murs d’un bâtiment de l’ancienne sucrerie de Soulou, près de M’Tsangamouji, sur le territoire français de Mayotte. Le cyclone de 1898 a détruit en partie l’exploitation et l’usine."
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="A l’intérieur du Théâtre des Bleus de Bar, à Bar-le-Duc dans la Meuse. Inauguré en 1902 sous le nom de « Nouveau Théâtre », il a accueilli plusieurs troupes importantes, notamment les célèbres tournées Frédéric Achard et Chataignié, qui faisaient les beaux jours des théâtres parisiens."
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="La villa Viardot, ancienne demeure de l’écrivain russe Ivan Tourgueniev à Bougival, près de Paris."
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="L’église catholique romaine du XIIe siècle de Notre-Dame de La Celle-Guenand, en Indre-et-Loire."
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Le pont d’Ondres à Thorame-Haute, dans le sud-est de la France. Bâti dans la deuxième moitié du XVIIe siècle, il est constitué de deux arches très inégales de 17 et 9 mètres, pour une longueur totale de 41 mètres."
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="La Maison du receveur des douanes à Saint-Laurent-du-Maroni, en Guyane. L’ensemble de la maison est dans un état de dégradation avancée, l’étage de la maison ayant été partiellement incendié."
            data-slide-item-lie=""

        


Précedent

1/18

Suivant







La maison d’Aimé Césaire à Redoute (Fort-de-France), ici le 5 avril. Cette habitation est classée aux monuments historiques depuis décembre 2014.

Ouiflash
› Accéder au portfolio



require(['lmd/ui/carousel', 'lmd/module/portfolio']);





                            


                        

                        


<article-nb="2018/09/16/19-8">
<filnamedate="20180916"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180916"><AAMMJJHH="2018091619">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-8"> ¤ Ce film en deux parties diffusé par Arte propose un tour du monde des systèmes éducatifs les plus prometteurs. Passionnant.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-8"> ¤                     
                                                

« Demain, l’école » : une histoire de classes

Ce film en deux parties diffusé par Arte propose un tour du monde des systèmes éducatifs les plus prometteurs. Passionnant.



LE MONDE
 |    15.09.2018 à 15h00
 • Mis à jour le
15.09.2018 à 15h30
    |

            Mustapha Kessous








                        



   


Arte, samedi 15 septembre à 22 h 20, documentaire
Il est 7 h 30 et les élèves de cette école de Singapour sont déjà tous assis sur le parquet brillant du gymnase. Dans quelques secondes, ils vont se lever pour chanter l’hymne national. Puis ils retrouveront leur classe et leur tablette numérique pour continuer à écrire ou à résoudre des équations mathématiques. En 2015, cette cité-Etat a pris la première place du classement PISA (Programme international pour le suivi des acquis) pour les élèves de 15 ans, réalisé par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Comment cet ancien pays pauvre – aussi peuplé que New York – a-t-il pu devenir, cinquante ans après son indépendance, la référence internationale en termes d’enseignement scolaire ?
Sa réussite ne doit rien au hasard. D’une part, l’Etat consacre 20 % de son budget à l’éducation en misant, notamment, sur une formation exigeante des professeurs. D’autre part, cette micronation n’a pas hésité à s’inspirer de méthodes d’apprentissage qui ont fait leur preuve ailleurs dans le monde. Elle a même fini par développer la sienne – la technique de Singapour – très efficace pour s’initier aux mathématiques.
Jusqu’à épuisement
Mais comme dans tout succès, il y a une part d’ombre… Les enfants sont stimulés jusqu’à épuisement : après l’école, qui se termine à 18 heures, les plus favorisés doivent suivre des cours du soir en plus des devoirs à faire à la maison. Certaines familles aisées n’hésitent pas à envoyer leurs petits prendre des leçons de soutien scolaire dès la maternelle. Cette course à l’excellence a poussé au suicide des adolescents stressés à l’idée d’avoir de mauvaises notes.
À l’autre bout du monde, en Finlande, l’école Saunalahti a une tout autre approche. Son leitmotiv : l’épanouissement des élèves doit être au cœur de l’enseignement scolaire. Tout a été pensé pour leur bien-être, jusqu’à la conception même de l’établissement, dont les matériaux utilisés (tels que le verre) ont un impact positif sur la concentration des pensionnaires, comme le raconte son architecte. Les professeurs donnent peu de devoirs, histoire de ne pas empiéter sur le sommeil des enfants ; quatre à six heures de cours par jour, dont un intitulé « Nous » pendant lequel les élèves parlent d’eux et de leurs camarades.
Et la France ?
Demain, l’école. Les Innovations dans le monde est la première partie d’un documentaire passionnant qui propose un tour de la planète des systèmes éducatifs les plus prometteurs. Ce film se demande si les nouvelles technologies peuvent aider les enfants à devenir de meilleurs élèves ou, au contraire, si elles ne vont pas leur nuire. Ou encore si les établissements doivent fournir des tablettes ou développer des ateliers plus manuels. De grands pédagogues sont interrogés et donnent des pistes de réflexion afin de permettre à la jeune génération de trouver sa place dans un monde qui fera de plus en plus appel à l’intelligence artificielle.
Et qu’en est-il de la France ? Notre pays se classe à la 27e place de l’enquête PISA et reste connu pour son système éducatif profondément inégalitaire. Mais le documentaire pointe des écoles, en banlieue parisienne ou en province, qui ont fait le choix d’utiliser des méthodes étonnantes pour justement casser cette spirale inégalitaire.
La seconde partie de ce film sera diffusée le samedi 22 septembre (à 22 h 15) et se concentre sur les approches scientifiques qui cherchent à révolutionner l’école.
Demain, l’école. Les Innovations dans le monde (première partie), Du bon usage du cerveau (seconde partie), documentaire de Frédéric Castaignède (France, 2018, 2 x 52 min).



                            


                        

                        


<article-nb="2018/09/16/19-9">
<filnamedate="20180916"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180916"><AAMMJJHH="2018091619">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-9"> ¤ A quai depuis le 27 août à Marseille, le navire humanitaire prépare une nouvelle opération de sauvetage en mer.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-9"> ¤                     
                                                

L’« Aquarius » se prépare à reprendre le large

A quai depuis le 27 août à Marseille, le navire humanitaire prépare une nouvelle opération de sauvetage en mer.



LE MONDE
 |    15.09.2018 à 10h59
    |

            Julia Pascual








                        



   


Niché dans une darse, non loin des imposants ferries qui relient la Corse, surplombé par la grande tour de la compagnie CMA-CGM, l’Aquarius mouille discrètement dans le port autonome de Marseille. A quai depuis le 27 août, le bateau affrété par les ONG SOS Méditerranée et Médecins sans frontières (MSF) s’apprête à repartir en mer pour une nouvelle opération de recherche et de sauvetage de migrants au large de la Libye. Il sera alors le seul navire humanitaire à patrouiller en Méditerranée centrale.

        Lire aussi :
         

                « Le Monde » remonte à bord du navire humanitaire « Aquarius »



D’ordinaire, l’escale entre deux missions n’excède pas quelques jours, le temps de procéder au changement d’équipe, au ravitaillement et aux opérations de maintenance. Plusieurs semaines se sont écoulées cette fois, en raison notamment d’un changement de pavillon.
Des navires entravés dans leurs actions
Depuis que l’Italie et Malte ont refusé, en juin, d’ouvrir leurs ports aux migrants secourus en mer, les navires des ONG ont été entravés dans leurs actions. Certains sont toujours bloqués dans le port de Malte. Outre le fait qu’il ait dû renoncer à son traditionnel port d’attache en Sicile, l’Aquarius s’est vu pour sa part retirer son pavillon par Gibraltar. Il arbore désormais les couleurs du Panama et Aquarius 2 a été inscrit à la peinture blanche sur sa coque orange.
« Le changement de pavillon est l’une des raisons pour lesquelles nous avons passé plus de temps à quai, dit Nick Romaniuk, le responsable des recherches et des opérations de secours de l’Aquarius. Une partie de l’équipage a notamment dû suivre des modules de formation à la sécurité en mer. »

   


L’escale à Marseille a également été affectée par des soucis techniques. « Comme tous les chantiers, il comporte des aléas », explique Edouard Courcelle, responsable de la logistique à bord pour MSF. Dans une coursive du bateau, une liste de tâches est tenue à jour pour l’équipe de SOS Méditerranée, qui gère tout ce qui a trait aux opérations de secours en mer. Nick Romaniuk explique :
« On fait beaucoup de maintenance. Nous reconditionnons par exemple les gilets de sauvetage, de façon à pouvoir les sortir des sacs cinq par cinq rapidement lors d’une opération. Tout notre équipement est nettoyé, testé, rangé. Cette fois, nous avons notamment dû changer un semi-rigide de sauvetage et réadapter son berceau sur le pont. »
Au son du groupe de rock Creedence Clearwater Revival, les équipes des deux ONG se sont rassemblées pour former une chaîne humaine sur le bateau. Le ravitaillement en nourriture est arrivé et il faut monter à bord des packs de bouteilles d’eau et des cartons de viande, des kilos de sucre, des sacs de carottes et autres cageots de pommes. De quoi nourrir l’équipage de marins et les deux équipes d’humanitaires, soit une quarantaine de personnes. « Au départ, on prévoyait des quantités pour trois semaines de rotation mais maintenant, à cause de l’incertitude des débarquements, on monte jusqu’à quatre semaines », rapporte Nick Romaniuk.
Neuf massages cardiaques simultanément
Les jours qui précèdent le départ en mer sont aussi mis à profit pour des entraînements à la manipulation des brancards ou aux premiers soins. « Les nouveaux comme les anciens voient les procédures de sauvetage et les plans d’urgence pour que cela devienne un automatisme », dit Nick Romaniuk.

   


Dans la langue véhiculaire à bord — l’anglais —, Carlos Jaramillo, le médecin de MSF, présente ce matin-là les premiers gestes de secours. On apprend comment vérifier qu’une personne est en vie et qu’un massage cardiaque doit se faire au rythme de 120 compressions par minute, soit celui d’un tube des Bee Gees : « Ah, ah, ah, ha, stayin’ alive, stayin’ alive… », illustre Carlos Jaramillo sur un mannequin.
Chacun doit pouvoir simuler une réanimation, car l’équipe de MSF ne compte que quatre personnes ayant des compétences médicales. Lors d’un sauvetage en janvier, les membres des deux ONG se sont retrouvés à réaliser neuf massages cardiaques simultanément. Sept personnes ont pu ainsi être réanimées.
« Début septembre, plus de cent personnes se sont noyées au large de la Libye »
Le lendemain, Catherine Flanigan, infirmière à MSF, PowerPoint à l’appui, rappelle la procédure à observer lorsqu’un nombre important de personnes secourues se trouve dans un état critique. « Il peut s’agir d’arrêts cardiaques, de brûlures, d’hypothermie, de déshydratation, liste-t-elle. C’est toujours un peu le chaos, mais on essaye de se préparer. » Les rôles sont répartis, chaque espace du bateau assigné à une fonction, à l’image d’un petit hôpital de campagne.
A la veille du départ, les équipes commencent à s’impatienter. Cela fait plusieurs semaines qu’elles vivent à bord, au rythme d’un équipage en mer, sans avoir quitté encore le port de Marseille. « Evidemment, on ressent de la frustration, reconnaît Nick Romaniuk. Nous sommes là pour sauver des vies en mer et on a encore vu que début septembre, plus de cent personnes se sont noyées au large de la Libye. » Le départ est prévu pour ce week-end.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/09/16/19-10">
<filnamedate="20180916"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180916"><AAMMJJHH="2018091619">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-10"> ¤ L’Agence fédérale des médicaments s’inquiète d’une « épidémie » de vapotage chez les jeunes Américains.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-10"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Aux Etats-Unis, les fabricants de cigarettes électroniques dans le collimateur des autorités

L’Agence fédérale des médicaments s’inquiète d’une « épidémie » de vapotage chez les jeunes Américains.



LE MONDE
 |    15.09.2018 à 10h58
 • Mis à jour le
16.09.2018 à 06h33
    |

                            Jérôme Marin (San Francisco, correspondance)








                        



                                


                            

Les autorités sanitaires américaines parlent désormais d’une « épidémie ». Mercredi 12 septembre, la Food and Drug Administration (FDA) a tiré la sonnette d’alarme sur l’utilisation de la cigarette électronique par les adolescents. L’Agence fédérale américaine des médicaments a fixé un ultimatum aux principaux fabricants, leur donnant soixante jours pour détailler des mesures convaincantes visant à endiguer l’utilisation par les mineurs. Faute de quoi, leurs produits pourraient être interdits à la vente.

« Les cigarettes électroniques peuvent aider les fumeurs adultes, mais cela ne doit pas se faire au détriment des enfants. Nous ne pouvons pas accepter qu’une génération entière devienne dépendante à la nicotine », souligne Scott Gottlieb, le directeur de la FDA. En 2017, 2,1 millions de lycéens et collégiens étaient des consommateurs réguliers, selon les statistiques officielles. Depuis, le phénomène s’est « accéléré », explique M. Gottlieb. D’après le Washington Post, le nombre d’adolescents accros a grimpé de 75 % cette année.
La situation actuelle s’explique en grande partie par le succès de Juul Labs. En trois ans, cette jeune société établie à San Francisco (Californie) est même entrée dans le langage courant. Dans les collèges et lycées américains, on n’utilise pas une cigarette électronique, on « juule ». Et on l’affiche fièrement sur Instagram et sur Snapchat. Tout l’inverse des cigarettes, dont la consommation ne cesse de reculer – moins de 8 % des lycéens fument.
Un marketing décrié
Selon les estimations de l’institut Nielsen, la start-up capte 72 % du marché aux Etats-Unis, devançant nettement les marques lancées par les géants du tabac. Son chiffre d’affaires, évalué à 1,3 milliard de dollars (1,1 milliard d’euros) au cours des douze derniers mois, a bondi de 730 % sur un an. En juillet, la société a levé 650 millions de dollars, sur la base d’une valorisation de 15 milliards. Après...




                        

                        


<article-nb="2018/09/16/19-11">
<filnamedate="20180916"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180916"><AAMMJJHH="2018091619">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-11"> ¤ Le procès de dix personnes impliquées dans le meurtre de la milliardaire monégasque Hélène Pastor et de son chauffeur débute lundi, devant la cour d’assises des Bouches-du-Rhône, à Aix-en-Provence.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-11"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Procès Hélène Pastor : le gendre, les voyous et l’argent de la belle-mère

Le procès de dix personnes impliquées dans le meurtre de la milliardaire monégasque Hélène Pastor et de son chauffeur débute lundi, devant la cour d’assises des Bouches-du-Rhône, à Aix-en-Provence.



LE MONDE
 |    15.09.2018 à 10h02
 • Mis à jour le
15.09.2018 à 10h06
    |

            Pascale Robert-Diard








                        



                                


                            
Parlons d’argent d’abord, pour situer l’affaire. Parce qu’il y en a vraiment beaucoup et qu’il sera au cœur du procès des dix personnes impliquées dans l’assassinat d’Hélène Pastor et de son chauffeur Mohamed Darwich, qui s’ouvre lundi 17 septembre devant la cour d’assises des Bouches-du-Rhône, à Aix-en-Provence. Un grand-père italien tailleur de pierres qui émigre à Monaco, un père entrepreneur du BTP qui devient au fil du temps propriétaire de près du quart des appartements de la principauté, ont fait d’Hélène Pastor, 67 ans, l’héritière d’une colossale fortune immobilière sur ce confetti de bord de mer élu ville la plus chère du monde, avec un prix moyen de 51 000 euros le mètre carré.
A ses deux enfants issus de deux mariages, Sylvia et Gildo, Hélène Pastor donne chaque mois, en plus des salaires qu’ils perçoivent des différentes sociétés familiales, 500 000 euros d’argent de poche (cinq cent mille, il n’y a pas d’erreur de zéro).
L’argent toujours, près de 120 000 euros à se partager, qu’un « Blanc » leur promettait, a suffi à convaincre deux voyous marseillais d’aller tirer avec un fusil à canon scié, le 6 mai 2014 à la sortie d’un hôpital à Nice, sur cette femme dont ils connaissaient tout juste le nom. Etaient prévus un « bonus » de 20 000 euros s’ils tuaient aussi le chauffeur, et un autre du même montant s’ils parvenaient à voler le sac de la victime. Atteint au foie et au cœur, Mohamed Darwich meurt quatre jours plus tard. Sur son lit d’hôpital, Hélène Pastor a juste le temps de déclarer avoir vu un homme de « couleur noire et habillé de sombre » tirer sur elle. « J’ai peur, je veux vous revoir car j’ai d’autres choses à dire », sont les derniers mots qu’elle a pu prononcer. Elle succombe à ses blessures le 21 mai sans savoir qu’à cette date, la police connaît déjà l’identité de celui qui a tiré sur elle.

Novices en assassinat – leur vrai domaine de compétence était jusque-là le trafic de stupéfiants...




                        

                        


<article-nb="2018/09/16/19-12">
<filnamedate="20180916"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180916"><AAMMJJHH="2018091619">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-12"> ¤ Deux des trois hommes jugés pour les violences et les coups mortels infligés à Clément Méric en 2013, à Paris, ont été condamnés vendredi à des peines de prison ferme.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-12"> ¤ 
<article-nb="2018/09/16/19-13">
<filnamedate="20180916"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180916"><AAMMJJHH="2018091619">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-13"> ¤ Le président du Samusocial de Paris dénonce l’absence de stratégie en direction des plus précaires.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-13"> ¤                     
                                                

Eric Pliez : « Le logement et les grands exclus sont les oubliés du plan pauvreté »

Le président du Samusocial de Paris dénonce l’absence de stratégie en direction des plus précaires.



LE MONDE
 |    15.09.2018 à 09h48
    |

            Isabelle Rey-Lefebvre








                        


Lors de la présentation de sa « stratégie pauvreté », jeudi 13 septembre, Emmanuel Macron a su, dans un discours fleuve prononcé devant des élus et des associatifs, trouver les mots pour émouvoir. « Je pense que nous pouvons, à hauteur d’une génération, éradiquer la grande pauvreté dans notre pays (…). Si ce n’est pas la France qui mène cette bataille, je suis sûr d’une chose, personne ne la mènera. Alors, nous allons le faire », a-t-il conclu. Mais passé le lyrisme du discours, les associations expriment des doutes, pointent des manques, s’inquiètent surtout des moyens financiers et n’oublient pas les coupes déjà à l’œuvre dans le secteur social en 2018, et celles promises pour 2019 : baisse des emplois aidés, des APL, ponction du secteur HLM, réduction des crédits d’hébergement d’urgence… Eric Pliez, le président du Samusocial de Paris et directeur général de l’association Aurore, reconnaît des avancées, mais critique l’absence de stratégie en faveur des grands précaires.

        Lire aussi :
         

                Un plan pauvreté pour rééquilibrer le quinquennat de Macron



Que pensez-vous du plan pauvreté du gouvernement ?
Il y a des avancées pour la petite enfance, dans l’accompagnement vers l’emploi, mais le logement et le soutien aux grands exclus, ceux qui sont à la rue aujourd’hui, sont oubliés. Ils ont d’abord besoin d’un logement stable et de soins. L’expérimentation « Un chez-soi d’abord » menée dans quatre villes, Paris, Lille, Marseille et Toulouse, auprès de 400 personnes, est très positive. Après un an, 80 % d’entre elles sont encore dans leur logement et plus de 85 % ont débuté un traitement médical pour soigner leurs addictions. Le programme peut et doit s’accélérer car, rien qu’à Paris, on estime que le nombre de ces grands précaires serait de l’ordre de 4 000 à 5 000.

        Lire aussi :
         

                Les quatre axes du « plan pauvreté » de Macron : petite enfance, emploi, aides sociales et logement



Le plan prévoit quand même 7 500 places d’hébergement pour les familles : n’est-ce pas suffisant ?
C’est positif, mais pas à la hauteur des besoins. Chaque jour, le Samusocial de Paris n’a pas de solution à offrir à 1 200 personnes qui le joignent – alors que beaucoup n’appellent même plus –, dont 300 enfants. Il est intolérable de laisser des enfants à la rue, or, le gouvernement a supprimé des crédits aux centres d’hébergement… Il faut, bien sûr, développer le logement très accessible, mais pas au détriment de l’hébergement d’urgence.
Le plan pauvreté prévoit aussi d’intensifier les maraudes pour repérer les familles et lutter contre la mendicité. Est-ce une bonne approche ?
Oui, il est fondamental d’aller vers les personnes exclues et de mieux coordonner les actions des collectivités et de l’Etat. Sur la mendicité, nous constatons que lorsque nous proposons un logement ou un hébergement aux familles, elles préfèrent scolariser leurs enfants qui ne mendient donc plus.

        Lire aussi :
         

                Plan pauvreté  : le Secours catholique épaule les démunis dans la « toile d’araignée » des aides sociales






                            


                        

                        


<article-nb="2018/09/16/19-14">
<filnamedate="20180916"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180916"><AAMMJJHH="2018091619">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-14"> ¤ Les deux anciens agents de la DGSE mis en examen mercredi auraient projeté d’éliminer Ferdinand Mbaou, un ancien militaire prêt à en découdre avec le régime de Denis Sassou-Nguesso.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-14"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 14/09/2018
Découvrir l’application


                           
édition abonné


La justice française estime avoir déjoué une tentative d’assassinat d’un opposant congolais

Les deux anciens agents de la DGSE mis en examen mercredi auraient projeté d’éliminer Ferdinand Mbaou, un ancien militaire prêt à en découdre avec le régime de Denis Sassou-Nguesso.



LE MONDE
 |    15.09.2018 à 06h35
 • Mis à jour le
15.09.2018 à 16h19
    |

            Joan Tilouine et 
Jacques Follorou








                        



                                


                            
La justice estime avoir déjoué une opération visant à assassiner, sur le sol français, l’opposant congolais Ferdinand Mbaou. Deux anciens agents de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE), Daniel Forestier et Bruno Susini, ont été mis en examen, mercredi 12 septembre, au tribunal de grande instance de Lyon, pour « participation à une association de malfaiteurs » et « détention d’explosif ». Ils ont été placés sous contrôle judiciaire contre l’avis du parquet, qui avait requis un mandat de dépôt. Le ministère public a fait appel de cette décision. Un troisième homme, Alain Brunet, a été entendu sous le statut de témoin assisté. Une information judiciaire a été ouverte le même jour et confiée à la juridiction interrégionale spécialisée (JIRS).
Tout s’est passé très vite. Le vendredi 7 septembre, la Direction générale du renseignement intérieur (DGSI) transmet au parquet de Lyon le fruit de ce qu’elle décrit comme un « entretien » avec Daniel Forestier mettant en évidence le projet d’élimination de Ferdinand Mbaou. La rencontre aurait eu lieu au commissariat d’Annemasse (Haute-Savoie), les 31 août et 1er septembre.

L’ex-agent de la DGSE, qui affirme être un ancien militaire de carrière ayant servi quatorze ans au sein du service action, aurait, selon les dires de la DGSI, revendiqué être à la tête d’un groupe constitué pour tuer l’opposant congolais qui réside à Bessancourt, dans le Val-d’Oise. La motivation avancée porterait sur le fait que celui-ci « cherchait à renverser le président actuel » de la République du Congo, Denis Sassou-Nguesso. D’après les propos de M. Forestier, toujours rapportés par les agents de la DGSI, des repérages auraient été réalisés en mai et en juin de cette année en région parisienne. Il aurait néanmoins ajouté qu’il considérait que « le projet n’était pas réalisable ».
Aucune protection
Une enquête préliminaire est ouverte le jour même de...




                        

                        


<article-nb="2018/09/16/19-15">
<filnamedate="20180916"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180916"><AAMMJJHH="2018091619">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-15"> ¤ Pour Alexandre Gady, le président de Sites & Monuments, le Loto constitue un progrès puisqu’il mobilise tous les Français et rend au patrimoine le caractère populaire qu’il doit absolument conserver sous peine de disparaître.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-15"> ¤                     
                                                   
édition abonné


« Loto du patrimoine : les jeux de l’amour et du hasard »

Pour Alexandre Gady, le président de Sites & Monuments, le Loto constitue un progrès puisqu’il mobilise tous les Français et rend au patrimoine le caractère populaire qu’il doit absolument conserver sous peine de disparaître.



LE MONDE
 |    15.09.2018 à 06h30
    |

                            Alexandre Gady (professeur à la Sorbonne, président de Sites & Monuments)








                        



                                


                            

Tribune. Après un an de gestation, le Loto du patrimoine entre dans la réalité ce week-end. Comme toute innovation, il a suscité des réticences, des jugements un peu hautains même, voire des moqueries : le Loto n’est-il pas l’impôt du pauvre ? Ne fait-il pas du hasard une politique ? Sans compter qu’il ne rapporte presque rien dans un océan de besoins urgents… Tout cela est vrai. Mais ces critiques cachent l’essentiel : grâce à la mission confiée par l’Elysée à Stéphane Bern, on n’a jamais autant parlé du patrimoine et de ses malheurs, pourtant récurrents mais d’ordinaire déplorés par les seuls spécialistes.
Ainsi, grâce à l’enthousiasme de l’animateur médiatique, le patrimoine est redevenu une cause populaire, que le Loto concrétise sous la forme bonhomme d’une participation volontaire. Par la mobilisation de tous les acteurs de terrain, sollicités pour réaliser des dossiers d’aide urgente, il a enfin permis de dresser une cartographie sanitaire de l’état du patrimoine français, qui n’est guère rassurant.
Si l’on se souvient qu’il s’agit d’une idée ancienne, réclamée de longue date par les associations de défense du patrimoine et déjà portée politiquement par le maire de Versailles, François de Mazières ; et si l’on considère sans arrogance que c’est un système qui existe avec succès chez nos voisins européens (en Allemagne depuis 1991, en Grande-Bretagne depuis 1994 ou en Italie depuis 1997), on se demande pourquoi cette initiative suscite tant de criailleries en France. Pour être juste, il faut ici prendre une vue plus large, et voir comment le Loto éclaire le paysage actuel du patrimoine français.
Triple crise, politique, budgétaire et philosophique
Fondamentalement, il révèle une triple crise – politique, budgétaire et philosophique –, dont témoigne, hélas, l’état actuel du ministère de la culture, à bout de souffle. Héritier du prestigieux service des Monuments historiques né en 1830, celui-ci ne semble plus capable...




                        

                        


<article-nb="2018/09/16/19-16">
<filnamedate="20180916"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180916"><AAMMJJHH="2018091619">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-16"> ¤ Le Sénat a repris ses auditions sur l’affaire Benalla le 12 septembre. Dans une tribune au « Monde », la garde des sceaux rappelle qu’au nom de la séparation des pouvoirs, une commission d’enquête parlementaire ne peut pas viser ce qui touche le Président ni concerner une enquête judiciaire en cours.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-16"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Nicole Belloubet : « Le Parlement ne peut pas empiéter sur le domaine judiciaire »

Le Sénat a repris ses auditions sur l’affaire Benalla le 12 septembre. Dans une tribune au « Monde », la garde des sceaux rappelle qu’au nom de la séparation des pouvoirs, une commission d’enquête parlementaire ne peut pas viser ce qui touche le Président ni concerner une enquête judiciaire en cours.



LE MONDE
 |    15.09.2018 à 06h30
    |

Nicole Belloubet (garde des sceaux, ministre de la justice)







                        



                                


                            
Tribune. La commission des lois du Sénat a été dotée des pouvoirs d’une commission d’enquête au mois de juillet. Les derniers développements de ses travaux ont suscité une polémique, bien excessive dans ses termes. Ma qualité de garde des sceaux, ministre de la justice, m’interdit naturellement de m’immiscer tant dans le fonctionnement d’une commission parlementaire que dans une enquête judiciaire en cours. C’est une évidence et une discipline à laquelle je m’astreins rigoureusement.
Pour autant, au-delà des postures, du sensationnalisme et des jeux politiques, cet épisode éruptif et confus me semble être l’occasion de revenir sur le fonctionnement de notre Etat de droit, ainsi que sur les principes fondamentaux qui en sont le soubassement et dont le respect n’est autre que la condition même de notre démocratie : la séparation des pouvoirs et la garantie des droits.
Est-il besoin de rappeler que dès 1789, l’article 16 de la Déclaration des droits de l’homme proclamait que toute société dans laquelle ces principes ne sont pas respectés n’a point de Constitution ? Il appartient à chacun d’y être attentif. Les responsables politiques plus que tous autres se doivent de les observer. En la matière, clarté et rigueur ne sont pas malvenues.
Au-delà d’un contexte singulier, dont il faut s’extraire si l’on souhaite, au milieu de l’agitation médiatique, mener un instant une réflexion rigoureuse, la question de l’articulation entre les pouvoirs de contrôle des assemblées parlementaires et le respect de l’autorité judiciaire mérite une grande attention. Tout ministre de la justice y est par nature sensible.
Limite constitutionnelle
Les pouvoirs d’une commission d’enquête sont régis par plusieurs textes de rang constitutionnel et législatif ou internes aux assemblées parlementaires. L’article 51-2 de la Constitution dispose depuis 2008, et ce fut une avancée notable, que « pour l’exercice des missions de contrôle et d’évaluation...




                        

                        


<article-nb="2018/09/16/19-17">
<filnamedate="20180916"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180916"><AAMMJJHH="2018091619">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-17"> ¤ Le bas niveau des taux d’intérêt permet aux étudiants de financer leurs études souvent à moins de 1 %, mais attention au différé de remboursement qui renchérit le coût.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-17"> ¤                     
                                                

Comment bien choisir son crédit étudiant

Le bas niveau des taux d’intérêt permet aux étudiants de financer leurs études souvent à moins de 1 %, mais attention au différé de remboursement qui renchérit le coût.



LE MONDE
 |    15.09.2018 à 06h00
 • Mis à jour le
15.09.2018 à 09h59
    |

                            Agnès Lambert








                        



   


Bonne nouvelle pour les étudiants : les banques proposent des crédits à des conditions très avantageuses dans un contexte de taux d’intérêt au plancher. Il est possible d’emprunter à 1 %, voire moins, dans de nombreux établissements.
Société générale affiche ainsi un taux annuel effectif global (TAEG) de 0,90 % jusqu’à 120 000 euros et neuf ans maximum. « Dans une optique d’égalité des chances, nous offrons les mêmes conditions de prêt à tous les étudiants, quel que soit leur cursus », précise Solène Le Her, chef produit prêts étudiants chez Société générale. La Banque postale propose elle aussi un taux unique (1 % jusqu’au 28 octobre) pour les emprunts jusqu’à 35 000 euros sur 9 ans. Quant à BNP Paribas, elle prête à 0,99 % pour un emprunt jusqu’à 75 000 euros sur 9 ans maximum jusqu’au 27 octobre. Au-delà, la banque affiche un taux de 1,49 %.

        Lire aussi :
         

                Cinq règles pour maîtriser ses frais bancaires



A l’inverse, LCL affiche des taux compris entre 0,80 % et 2,50 % en fonction de la voie choisie par l’étudiant. « Nous avons des partenariats avec trois cents écoles et universités, nous permettant de proposer les meilleurs taux à leurs étudiants. De plus, les enfants de nos clients bénéficient toujours du taux le plus bas en fonction de leur cursus », se justifie Alexandra Faray-Lévi, chef de produit crédits à la consommation chez LCL.
Caution obligatoire
Mieux vaut donc vérifier auprès de l’école, ou du bureau des élèves, s’il est possible de bénéficier de conditions spécifiques. « Nous avons des accords avec certaines associations d’anciens élèves de grandes écoles, qui peuvent se porter caution pour les nouveaux étudiants », indique Francis Delchier, responsable du marketing des particuliers de BNP Paribas. Car la caution est un passage obligé, l’étudiant ne disposant pas de revenus stables et/ou suffisants. Il s’agit généralement d’un parent, mais cela n’est pas obligatoire.
Reste à bien calibrer le montant du prêt et ses modalités. Celui-ci finance généralement les frais de scolarité, mais aussi, parfois, le paiement de la caution pour le logement de l’étudiant ou d’autres dépenses d’installation. Il est possible de demander un déblocage fractionné de la somme empruntée, en fonction de la durée des études. Cela permet par exemple de recevoir 3 000 euros chaque mois de septembre pendant trois ans afin de régler les frais de scolarité d’une école.

        Lire aussi :
         

                Ce que changera la fin de la Sécurité sociale étudiante



Autre spécificité des crédits étudiants, les banques proposent un différé de remboursement. Concrètement, il s’agit de ne commencer à rembourser le crédit qu’une fois les études terminées. Attention, cependant, cette option augmente légèrement le coût total du crédit. Elle est néanmoins choisie par une majorité d’étudiants, qui attendent ainsi de percevoir leur premier salaire pour commencer à rembourser leur crédit. « Le différé partiel porte sur cinq ans au maximum, pendant lesquels l’étudiant ne paie que les intérêts du crédit, et non le capital, soit seulement quelques dizaines d’euros par mois en fonction du montant du prêt », détaille Solène Le Her chez Société générale.

        Lire aussi :
         

                Des colocations géantes qui plaisent aux étudiants et aux investisseurs



En outre, si les crédits étudiants sont réservés au plus de 18 ans, il n’y a pas toujours de limite d’âge : « Il faut par ailleurs bénéficier du statut étudiant, quel que soit l’âge. Un cadre quarantenaire souhaitant financer les frais de scolarité de son executive MBA peut donc demander un crédit étudiant », explique Francis Delchier.
Prêts garantis
A noter, les étudiants ne disposant pas de caution parentale peuvent accéder au prêt étudiant garanti par l’Etat avec Bpifrance. Il est distribué par les Banques populaires, les Caisses d’épargne, le Crédit mutuel, le CIC et Société générale. Ce crédit est réservé aux moins de 28 ans préparant un diplôme de l’enseignement supérieur. Il peut financer jusqu’à 15 000 euros. Chaque banque fixe librement son taux et la durée du prêt, qui doit cependant être supérieure à deux ans. Mais attention, il est trop tard pour en profiter cette année.
« L’Etat alloue une enveloppe globale de prêts, qui est ensuite distribuée par les banques partenaires. Nous avons ouvert la commercialisation début juin, et la totalité de notre enveloppe a été distribuée en un mois », confirme Emilie Groux, chef de marché jeunes chez Société générale.
Enfin, certains étudiants n’ont pas besoin de prêt mais cherchent des solutions de financement pour les petites dépenses liées à la rentrée, comme l’achat de matériel informatique ou l’installation dans un nouveau logement. Les banques leur proposent des crédits à 0 % pour de petits montants, généralement 1 000 euros, soit une mensualité de 83,33 euros sur 12 mois. Une solution plus avantageuse qu’un découvert.

        Lire aussi :
         

                Quels coups de pouce pour se mettre à son compte ?



LCL propose ainsi un prêt à 0 % de 500 euros à 1 000 euros remboursable sur 2 à 12 mois. « Le client peut choisir de commencer à rembourser son prêt Avance études dès le premier mois après le déblocage des fonds, ou dans un délai de trois ou six mois », précise Alexandra Faray-Lévi. Même type d’offre chez BNP Paribas, pour 1 000 euros sur un an, et Société générale, pour 1 500 euros sur deux ans. Quant aux Banques populaires, elles proposent une « avance rentrée » composée d’un découvert autorisé sans agios de 1 000 euros maximum remboursable sur trois mois.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/09/16/19-18">
<filnamedate="20180916"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180916"><AAMMJJHH="2018091619">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-18"> ¤ Esteban Morillo a été condamné à onze ans de réclusion criminelle pour la mort, en 2013, du militant antifasciste Clément Méric, et Samuel Dufour à sept ans. Alexandre Eyraud a été acquitté.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-18"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 14/09/2018
Découvrir l’application


                           
édition abonné


Procès Méric : deux ex-skinheads lourdement condamnés et toujours des zones d’ombre

Esteban Morillo a été condamné à onze ans de réclusion criminelle pour la mort, en 2013, du militant antifasciste Clément Méric, et Samuel Dufour à sept ans. Alexandre Eyraud a été acquitté.



LE MONDE
 |    15.09.2018 à 05h08
 • Mis à jour le
15.09.2018 à 14h17
    |

            Yann Bouchez








                        



                                


                            

Que comprend-il à ce verdict ? Les lèvres tordues par l’émotion, Samuel Dufour pleure. De sa bouche ne sort aucun son, si ce n’est des sanglots. A ses poignets, des menottes. Le matin même, l’accusé était venu libre au tribunal. Il est presque 20 heures, vendredi 14 septembre, dans la salle d’audience de la cour d’assises de Paris, et il vient d’être reconnu coupable, comme Esteban Morillo, de coups mortels, avec arme et en réunion, contre Clément Méric.
Après neuf heures de délibérations, la présidente du tribunal, Xavière Simeoni, a énuméré les décisions du jury, sans explication. « Violences volontaires ayant entraîné la mort », « en réunion », « avec arme », les termes s’enchaînent vite, sur un ton monocorde. Avec cette conclusion, quasi identique à chaque fois : « Le jury a répondu oui pour les deux accusés Esteban Morillo et Samuel Dufour. »

Puis viennent les peines : « onze ans de réclusion criminelle » pour le premier, « sept ans d’emprisonnement » pour le second. Les deux ex-skinheads d’extrême droite impliqués dans la rixe mortelle du 5 juin 2013 ont aussi été condamnés pour des violences sur deux autres « antifas ». Alexandre Eyraud, le troisième accusé, qui n’a pas porté de coup, est acquitté.
Esteban Morillo et Samuel Dufour feront appel
Mais que saisit-il, Samuel Dufour, des raisons de ce verdict, annoncé en deux minutes à peine, sans que la présidente n’aborde les motivations du jury ? Au cours des huit journées d’audience, Mes Julien Fresnault et Antoine Vey, ses avocats, l’ont bousculé avec talent pour mieux le défendre. Ils ont souligné sa méconnaissance profonde des principes les plus élémentaires du monde judiciaire. A la barre, souvent, Samuel Dufour semblait perdu, maladroit, répétant régulièrement sa crainte de retourner en prison, où il a déjà passé un an en détention provisoire, entre juin 2013 et juin 2014.
Durant le procès comme lors de l’enquête,...




                        

                        


<article-nb="2018/09/16/19-19">
<filnamedate="20180916"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180916"><AAMMJJHH="2018091619">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-19"> ¤ Les condamnations sont inférieures aux réquisitions du parquet, qui avait demandé des peines de prison ferme pour les trois accusés.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-19"> ¤                     
                                                

Affaire Méric : deux accusés condamnés à 7 et à 11 ans de prison, le troisième acquitté

Les condamnations sont inférieures aux réquisitions du parquet, qui avait demandé des peines de prison ferme pour les trois accusés.



LE MONDE
 |    14.09.2018 à 20h03
 • Mis à jour le
14.09.2018 à 23h42
   





                        



   


Esteban Morillo et Samuel Dufour, deux des trois ex-skinheads jugés pour les violences et les coups mortels infligés à l’antifasciste Clément Méric en 2013, à Paris, ont été condamnés à des peines de prison ferme, vendredi 14 septembre. Le premier, à onze ans de réclusion criminelle ; le second, Samuel Dufour, à sept ans. Ils vont tous deux faire appel, selon leurs avocats respectifs. Le troisième accusé, Alexandre Eyraud, a été acquitté.
A l’énoncé du verdict, à l’issue de neuf heures de délibéré, les accusés sont d’abord restés figés. Esteban Morillo, stoïque ; Samuel Dufour, sidéré puis en larmes ; Alexandre Eyraud, soulagé. Les deux condamnés, âgés de 25 ans, ont quitté la salle menottes aux poignets. Des gendarmes avaient été déployés en nombre aux abords de la salle, où familles et amis des deux parties étaient venus en soutien.
Les parents de Clément Méric ont dit leur soulagement à l’issue du verdict. « La décision de la cour d’assises établit des responsabilités et fait un sort aux mensonges concernant le comportement de Clément. Il y a eu des agresseurs et des agressés, ils ne sont pas renvoyés dos à dos, comme cela a été le cas depuis cinq ans », a déclaré son père, Paul-Henri Méric.
Près de cinq cents militants et sympathisants antifascistes ont manifesté vendredi soir à Paris en mémoire de Clément Méric. « Clément ! Clément ! On n’oublie pas, on ne pardonne pas ! », « Siamo tutti antifascisti ! » (« nous sommes tous antifascistes », en italien), ont-ils notamment scandé, dans le calme, derrière une banderole à l’effigie de Clément Méric de la place de la République au quartier de Ménilmontant, dans l’est de la capitale.
Des groupuscules d’ultradroite dissous
Les condamnations sont inférieures aux réquisitions du parquet. La veille, l’avocat général avait requis des peines plus sévères : douze ans de prison à l’encontre d’Esteban Morillo, pour coups mortels en réunion avec arme (en l’occurrence un poing américain) ; sept ans à l’encontre de Samuel Dufour, pour complicité de coups mortels ; et quatre ans, dont deux avec sursis, à l’encontre d’Alexandre Eyraud, pour violences volontaires.
Le 5 juin 2013, à 18 h 43, Clément Méric, étudiant de 18 ans, s’écroule, mortellement blessé, lors d’une brève bagarre entre militants antifascistes et skinheads d’extrême droite, en marge d’une vente privée de vêtements. A la suite de ce drame, le gouvernement a dissous plusieurs groupuscules d’ultradroite, notamment Troisième voie, dont étaient proches les accusés.

        Lire aussi :
         

                Au procès Méric, les zones d’ombre demeurent






                            


                        

                        


<article-nb="2018/09/16/19-20">
<filnamedate="20180916"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180916"><AAMMJJHH="2018091619">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-20"> ¤ En 2010, lors d’une manifestation, plus de 600 personnes avaient été encerclées par la police pendant plusieurs heures sur la place Bellecour. Des associations et syndicats se battent depuis pour que des poursuites soient engagées à l’encontre du préfet et du directeur départemental de la sécurité publique de l’époque.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-20"> ¤                     
                                                   
édition abonné


A Lyon, la justice examine la légalité d’une opération d’encerclement

En 2010, lors d’une manifestation, plus de 600 personnes avaient été encerclées par la police pendant plusieurs heures sur la place Bellecour. Des associations et syndicats se battent depuis pour que des poursuites soient engagées à l’encontre du préfet et du directeur départemental de la sécurité publique de l’époque.



LE MONDE
 |    14.09.2018 à 18h40
 • Mis à jour le
14.09.2018 à 19h18
    |

                            Richard Schittly (Lyon, correspondant)








                        



                                


                            
La légalité a-t-elle été dépassée au nom de l’ordre républicain ? La question a été posée à huis clos, jeudi 13 septembre, dans la chambre de l’instruction de Lyon à propos d’une journée particulière sur l’emblématique place Bellecour. Rappel des faits : le 21 octobre 2010, des manifestants s’apprêtent à défiler pour protester contre l’allongement de la durée de cotisation pour les retraites. Les autorités décident d’encercler hermétiquement les lieux. Pendant plus de six heures, quelque 600 personnes sont totalement bloquées et s’ensuivent des dizaines de contrôles d’identité.
Choqués par ce traitement policier, dix-neuf associations et syndicats ont porté plainte dans la foulée de la manifestation. Les témoins ont eu l’impression de vivre « une garde à vue à ciel ouvert ». Après classement du parquet, ils ont porté plainte avec constitution de partie civile devant le doyen des juges d’instruction, qui a prononcé un non-lieu. Ils ont alors fait appel, demandant à la chambre de l’instruction d’engager des poursuites et de mettre en examen Jacques Gérault et Albert Doutre, à l’époque préfet et directeur départemental de la sécurité publique.
« Détention arbitraire »
« Cette opération est parfaitement illégale, sans aucune réquisition, sans fondement. Elle relève de la détention arbitraire, la police ne peut pas s’arroger tous les droits dans une société démocratique », estime l’avocat Bertrand Sayn. Il rappelle que le Défenseur des droits, dans un rapport de 2017, a eu l’occasion de dénoncer « le cadre légal très incertain, voire inexistant » des techniques de maintien de l’ordre consistant à retenir des groupes dans une nasse. Citant en exemple La Manif pour tous, le Défenseur des droits a déploré des durées prolongées de rétention collective « à l’encontre de manifestants pacifiques ».
« Cette opération était exceptionnelle mais elle répondait à une situation complexe de grand péril ; elle est parfaitement...




                        

                        

