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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-1"> ¤ A un mois des élections régionales, les responsables de l’Union chrétienne-sociale ont choisi de lisser leur discours lors de leur congrès.
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A Munich, les conservateurs de la CSU veulent se démarquer de l’extrême droite

A un mois des élections régionales, les responsables de l’Union chrétienne-sociale ont choisi de lisser leur discours lors de leur congrès.



LE MONDE
 |    15.09.2018 à 20h48
 • Mis à jour le
16.09.2018 à 11h30
    |

            Thomas Wieder (Munich, envoyé spécial)








                        



   


Franz Josef Strauss est mort il y a trente ans. Mais celui que l’on surnommait le « taureau de Bavière », charismatique président de la très conservatrice l’Union chrétienne-sociale (CSU), sur laquelle il régna sans partage de 1961 à 1988, reste une référence indépassable dans ce Land du sud de l’Allemagne. Samedi 15 septembre, il était donc naturel que son lointain héritier, Markus Söder, ministre-président de Bavière, lui rende un hommage appuyé lors du congrès de la CSU organisé à Munich un mois avant les élections régionales du 14 octobre.
Dans son discours, M. Söder ne s’est pourtant pas contenté de saluer l’homme qui a fait entrer « l’Etat libre de Bavière » dans la « modernité », en la faisant passer de « l’âge rural » à « l’âge industriel », avant que ses successeurs n’en fassent « le Land le plus fort et le meilleur d’Allemagne », celui qui « produit les meilleures voitures du monde », celui qui a réussi l’alliance de « l’ordinateur portable et de la culotte de peau », bref, une région si « pleine de succès » que « tout le monde veut y venir ».
A la tribune, M. Söder est en effet allé plus loin. Comme il l’a rappelé, Franz Josef Strauss est aussi celui qui, dans les années 1980, avait déclaré qu’« il n’y a pas de place pour un parti démocratique à la droite de la CSU ». A l’époque, la phrase était dirigée contre les Republikaner, une petite formation qui tentait de tailler des croupières à la CSU sur sa droite, en s’adressant à ses électeurs déçus.

   


Or, trente ans plus tard, l’histoire se répète : avec le parti Alternative pour l’Allemagne (AfD), la CSU a un nouveau concurrent sur son flanc droit. Mais un concurrent autrement plus sérieux que les Republikaner, qui n’ont jamais dépassé les 2 % des voix, alors que l’AfD, elle, est créditée de 11 % à 15 % aux prochaines élections bavaroises, un an après avoir recueilli 12,4 % des suffrages aux législatives de septembre 2017.

        Lire le compte-rendu du tchat :
         

          Allemagne : « Indiscutablement, des tabous sur l’extrême droite sont brisés »



Changement de stratégie
Que faire pour endiguer la montée de l’AfD ? A un mois du scrutin, Markus Söder s’est donc souvenu du « dogme » de Franz Josef Strauss. Si « aucun parti démocratique » ne peut exister « à la droite de la CSU », c’est donc que l’AfD est, par nature, un parti antidémocratique.
C’est ce qu’il a martelé à Munich, en se référant pour cela aux récents événements de Chemnitz (Saxe), théâtre de violentes manifestations d’extrême droite depuis la mort d’un Allemand de 35 ans, poignardé en pleine rue, dans la nuit du 25 au 26 août, après une altercation avec des demandeurs d’asile.
Or à Chemnitz, a expliqué M. Söder, l’AfD « a manifesté côte à côte avec le [parti néonazi] NPD, [le mouvement islamophobe] Pegida et les hooligans ». Ce faisant, ce parti a montré sa « vraie nature », qui n’est pas de lutter pour la sécurité du pays mais d’œuvrer pour sa « déstabilisation ». Pour M. Söder, cela ne fait aucun doute : « Aujourd’hui, Franz Josef Strauss combattrait l’AfD. » Un message aux électeurs conservateurs qui pourraient être troublés par certaines affiches de l’AfD où apparaît le visage du « taureau de Bavière », accompagné de ce slogan : « Franz Josef Strauss voterait AfD. »

   


Quelle sera l’efficacité d’un tel discours ? Trop tôt pour le dire. En revanche, il est clair que cette offensive anti-AfD lancée par la CSU à un mois du scrutin résulte d’une prise de conscience : celle de l’échec de la stratégie suivie jusque-là par le parti conservateur bavarois et qui consistait, au contraire, à parler le moins possible de l’AfD tout en collant le plus possible à son discours, dans l’espoir que cela permettrait d’en limiter la montée.
Cette stratégie, décidée au lendemain des législatives de septembre 2017, a été sanctionnée dans les sondages : depuis le début de l’année, l’AfD a légèrement progressé, alors que la CSU, elle, a chuté de plus de cinq points. Une baisse qui s’explique en partie par le rejet suscité par sa course « à droite toute » auprès d’un électorat modéré qui, aujourd’hui, se dit prêt à voter pour d’autres, et notamment pour les Verts, crédités de 15 % à 17 % des voix dans les dernières enquêtes d’opinion, et qui pourraient s’imposer comme la deuxième force politique au Parlement régional.

        Lire la tribune :
         

          En Allemagne, « un niveau de coopération inédit entre les groupes d’extrême droite »



« Ordre » et « humanité »
C’est donc avec ce discours débarrassé des accents populistes de ces derniers mois que la CSU aborde cette fin de campagne. A Munich, M. Söder a ainsi soigneusement évité de dénoncer le « tourisme de l’asile », expression qu’il avait empruntée à l’AfD il y a quelque temps, préférant rendre hommage à « celles et ceux qui aident les réfugiés ». A la même tribune, deux heures avant lui, Horst Seehofer, le président du parti, nommé en mars ministre fédéral de l’intérieur, avait lui aussi choisi le même registre.

   


Vantant sa politique de fermeté, notamment sur les reconduites à la frontière de demandeurs d’asile sans autorisation de séjour, M. Seehofer s’en est tenu à un discours consensuel, expliquant que la politique migratoire devait être fondée sur « l’ordre » et « l’humanité », et que seule une « immigration contrôlée » pouvait permettre une « intégration réussie ».
On en aurait presque oublié que, dix jours plus tôt, le même M. Seehofer avait déclaré, dans une interview à la Rheinische Post, que « la question migratoire est la mère de tous les problèmes politiques du pays ».

        Lire aussi :
         

                A Chemnitz, des manifestations parallèles révèlent les deux visages de l’Allemagne



Accusé de complaisance à l’égard de l’extrême droite, notamment pour avoir déclaré que « s’il n’avait pas été ministre, il serait descendu dans la rue à Chemnitz », le ministre de l’intérieur a donc lui aussi tenu à lisser son discours : « Nous sommes libéraux et conservateurs. Nous avons toujours clairement mis une barrière entre nous et l’extrême droite. Nous n’avons aucune tolérance pour l’antisémitisme, la radicalité d’extrême droite, la haine des étrangers et la haine tout court », a-t-il insisté.
Un recentrage plutôt apprécié
Parmi les militants et les sympathisants du parti présents à Munich, samedi, ce recentrage semble avoir été plutôt apprécié. « Si la CSU veut rester un “parti populaire”, elle doit parler à tout le monde, et ne peut pas se contenter de parler à longueur de journée de l’immigration et de l’islam », commentait Ulrike, venue avec son mari de la région d’Ingolstadt, à une grosse heure de route de Munich. Un sentiment largement partagé par des militants lassés des passes d’armes incessantes entre M. Seehofer et la chancelière, Angela Merkel, qui ont marqué l’actualité des derniers mois.

   


C’est le cas d’Erich Winkler, adhérent de la CSU depuis 1982 et maire adjoint de Nersingen, une ville de 10 000 habitants située au bord du Danube, non loin du Bade-Wurtemberg. « Il y a eu des expressions malheureuses. Les gens se sont parfois demandé où était la CSU. Avec les discours d’aujourd’hui, on a une ligne claire. J’espère que cela va nous aider », expliquait cet élu local, convaincu qu’une campagne fondée sur la « réconciliation » et non sur la « provocation » est le meilleur moyen de « parler aux électeurs encore indécis », près d’un sur deux selon les enquêtes d’opinion.
Son pronostic ? « Dans les 40 % des voix. » Moins que la majorité absolue espérée il y a encore quelques mois et que la CSU n’a perdu qu’une fois en soixante ans au Parlement régional (entre 2008 et 2013). Mais mieux que les 35 % à 36 % des voix dont la créditent les derniers sondages.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-2"> ¤ Selon sa compagne, il va être transféré de Moscou à Berlin pour suivre un traitement.
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Piotr Verzilov, le membre des Pussy Riot qui aurait été empoisonné, a repris conscience

Selon sa compagne, il va être transféré de Moscou à Berlin pour suivre un traitement.



LE MONDE
 |    15.09.2018 à 20h09
   





                        



   


Piotr Verzilov, le membre des Pussy Riot hospitalisé à Moscou depuis mardi dans un état grave, a repris connaissance et va être transféré à Berlin pour y être soigné, a affirmé samedi 15 septembre sa compagne Veronika Nikoulchina, selon laquelle il a été « empoisonné ».
« Petya (Piotr) a repris conscience » mais souffre toujours d’hallucinations et de délires, a précisé la jeune femme, également membre de ce groupe punk contestataire, au site internet d’information Meduza.
Piotr Verzilov, 30 ans, qui a également la nationalité canadienne, a été hospitalisé mardi après une audition judiciaire puis placé deux jours plus tard en soins intensifs dans un hôpital réputé du centre de Moscou, l’Institut Sklifossovsky. Son état avait été qualifié vendredi de « grave » par cet établissement.
Aucune explication officielle
Selon Veronika Nikoulchina, mardi soir, Piotr Verzilov « a commencé à se sentir mal. Il a perdu la vue, sa vue s’est obscurcie ». Sa compagne avait affirmé dès vendredi à Meduza qu’il avait été empoisonné. « C’est vraiment un empoisonnement, avec quelque chose comme de l’atropine. Seulement, il est question ici d’un gros dosage », avait-elle dit.
Aucune explication sur la dégradation de son état de santé n’a en revanche été donnée de source officielle. Au Canada, le premier ministre Justin Trudeau s’est dit « préoccupé » par les informations le concernant.
Veronika Nikoulchina et Piotr Verzilov sont deux des quatre membres des Pussy Riot qui s’étaient introduits sur le terrain pendant la finale de la Coupe du monde de football, portant des uniformes de la police. Ils avaient été condamnés pour cela à 15 jours de détention.
Piotr Verzilov est aussi le fondateur du site internet MediaZona, qui informe sur les procès des défenseurs des droits de l’homme.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-3"> ¤ Le navire se dirige vers la Méditerranée centrale, où il sera le seul acteur humanitaire pour venir en aide aux migrants qui tentent de rejoindre l’Europe.
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L’« Aquarius » a quitté Marseille, les soutes pleines « pour pouvoir faire face à l’imprévu »

Le navire se dirige vers la Méditerranée centrale, où il sera le seul acteur humanitaire pour venir en aide aux migrants qui tentent de rejoindre l’Europe.



LE MONDE
 |    15.09.2018 à 19h16
 • Mis à jour le
16.09.2018 à 11h39
    |

            Julia Pascual








                        



   


L’Aquarius a enfin quitté le port de Marseille, samedi 15 septembre peu après 19 heures, mettant le cap sur la Méditerranée centrale. Lorsqu’il sera arrivé dans sa zone de patrouille, d’ici à plusieurs jours, le navire sera le seul acteur humanitaire présent au large de la Libye. Depuis février 2016, il a déjà secouru plus de 29 000 personnes en mer.
Frédéric Penard, le directeur des opérations pour SOS Méditerranée – l’ONG qui affrète le bateau aux côtés de Médecins sans frontières (MSF) –, se dit à la fois résolu et anxieux, alors que les Etats européens n’ont toujours pas trouvé d’accord pour permettre le débarquement des personnes sauvées en mer.

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                « Le Monde » remonte à bord du navire humanitaire « Aquarius »



Dans quel état d’esprit abordez-vous cette nouvelle mission de sauvetage en mer ?
Frédéric Penard : Notre état d’esprit est d’abord celui de la résolution. Il n’y a aucun bateau d’ONG en Méditerranée centrale ces jours-ci et nous avons le devoir d’être présents pour assister les personnes qui probablement, au moment où l’on parle, sont en train de tenter la traversée à bord d’embarcations qui ne sont pas faites pour ça.
Nous abordons aussi cette nouvelle mission avec un sentiment d’anxiété. La situation est bloquée, l’Europe n’a toujours pas trouvé les moyens de s’organiser pour respecter les conventions maritimes et faire en sorte que les gens soient débarqués dans un port sûr.
Et pour nous, la question du lieu de débarquement des personnes secourues en mer va se poser à nouveau. On se prépare à des difficultés et à des périodes de « stand-by » en mer. Les soutes sont pleines pour pouvoir faire face à l’imprévu. Les équipes partent sans savoir vraiment si elles auront le droit de faire leur travail de marin et simplement sauver des gens sans que personne n’y trouve à redire.
Quelles sont les informations dont vous disposez sur la situation actuelle au large de la Libye ?
Le contexte libyen de ces dernières semaines et l’absence d’acteur civil et indépendant en mer font qu’on a beaucoup de mal à obtenir des informations sur les traversées. C’est une des premières fois qu’on est à ce point dans le brouillard. On a du mal à se rendre compte du nombre de départs, de naufrages.
Et c’est aussi le rôle de l’Aquarius, celui d’être un bateau témoin. On ne veut pas que cette tragédie soit oubliée simplement parce que personne n’est là pour la raconter.

   



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          « L’“Aquarius” est le symbole du naufrage de l’Europe politique »



Vous serez désormais le seul navire humanitaire en Méditerranée centrale. Vous avez été jusqu’à dix à une époque. Est-ce que cela marque la fin de quelque chose ?
Je ne pense pas que ce soit la fin de quelque chose. J’aimerais que cette absurdité soit, au contraire, le début d’un réveil des Etats européens.
Les ONG sont ici dans une forme de compensation des défaillances des Etats qui ne prennent pas au sérieux ce qui se passe à leur frontière sud, dans cette Méditerranée commune. Certes, le nombre de départs en Méditerranée centrale a énormément baissé depuis quelques mois et d’ailleurs nous ne souhaitons pas que les gens prennent la mer, compte tenu du risque qu’ils y encourent. Mais nous savons que des milliers de gens sont encore coincés en Libye et il est probable qu’ils continuent d’avoir besoin de quitter le pays.
Monter sur un bout de plastique, faire des dizaines de milles marins, risquer de couler à tout moment, personne ne le fait de gaîté de cœur, c’est vital. Et tant qu’il y aura des gens qui se mettront en danger, il faut qu’il y ait des secours pour leur prêter assistance.
L’Autriche a récemment suggéré de « trier » les migrants en mer, c’est-à-dire à bord des bateaux. Que vous inspire ce genre de propositions ?
Les gens méconnaissent le droit maritime. Il est clair, précis, ratifié par tous les Etats de l’Union européenne. Le capitaine d’un navire doit porter assistance à tout être humain sans autre considération. Dans la tête d’un capitaine, il n’y a pas de migrant et de non-migrant, de demandeur d’asile légitime ou non légitime. Il y a des gens en détresse qu’il faut secourir.
Politiser les navires est inacceptable, car cela freinerait notre devoir de sauvetage. Décider si les gens relèvent ou pas de l’asile doit être fait par des gens compétents, dans un port sûr, où la réalité des histoires et des besoins de protection pourra être étudiée sérieusement et prise en compte. L’Aquarius, c’est 77 mètres de long et aucun espace de confidentialité, donc même d’un point de vue logistique, ce serait impossible. De toute façon, le droit l’interdit.

   



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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-4"> ¤ L’Eglise catholique n’en finit plus d’être secouée, partout dans le monde, par de nouveaux scandales de pédophilie couverts par la hiérarchie.
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Aux Pays-Bas, l’Eglise catholique entachée par des révélations d’agressions sexuelles

L’Eglise catholique n’en finit plus d’être secouée, partout dans le monde, par de nouveaux scandales de pédophilie couverts par la hiérarchie.



LE MONDE
 |    15.09.2018 à 17h06
 • Mis à jour le
16.09.2018 à 11h45
   





                        



   


« Aux Pays-Bas aussi, les cardinaux et les évêques ont couvert des agressions sexuelles. » Plus de la moitié des évêques et cardinaux néerlandais actifs entre 1945 et 2010 ont eu connaissance d’agressions sexuelles commises au sein de l’Eglise catholique néerlandaise, a révélé, samedi 15 septembre, le quotidien de référence NRC. L’Eglise catholique n’en finit plus d’être secouée, partout dans le monde, par de nouveaux scandales de pédophilie couverts par la hiérarchie, au nom de la protection de l’institution. 
« Vingt des trente-neuf cardinaux, évêques et évêques auxiliaires néerlandais ont été impliqués dans des affaires d’abus dans l’Eglise catholique entre 1945 et 2010 », affirme le NRC. « Quatre d’entre eux ont abusé d’enfants et seize autres ont permis le transfert de prêtres pédophiles susceptibles de faire de nouvelles victimes dans d’autres paroisses », poursuit le journal.

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Contactée par l’AFP, l’Eglise catholique néerlandaise a pu « confirmer une partie » de ces révélations, l’autre étant basée sur des informations anonymes relayées par la cellule d’accueil des victimes mise en place par l’Eglise.
« Les noms de plusieurs évêques correspondent à ce que dit un rapport commandité par l’Eglise en 2010 », a déclaré une porte-parole de l’Eglise catholique néerlandaise, Daphne Van Roosendaal. Les évêques cités sont, cependant, morts pour la plupart et les cas sont tous prescrits, a-t-elle ajouté. Aucun des évêques mis en cause par l’enquête du journal n’est encore actif. Ceux encore en vie n’ont pas souhaité réagir, a précisé le journal.

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-5"> ¤ Devant une foule de 100 000 personnes, François a rendu hommage, samedi, à un prêtre italien assassiné il y a vingt-cinq ans par la mafia sicilienne.
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« Qui est mafieux ne vit pas en chrétien », proclame le pape à Palerme

Devant une foule de 100 000 personnes, François a rendu hommage, samedi, à un prêtre italien assassiné il y a vingt-cinq ans par la mafia sicilienne.



LE MONDE
 |    15.09.2018 à 15h01
 • Mis à jour le
15.09.2018 à 15h15
   





                        



   


« On ne peut pas croire en Dieu et être mafieux. Qui est mafieux ne vit pas en chrétien, car il blasphème avec sa vie le nom de Dieu-amour », a déclaré le pape, samedi 15 septembre, dans une homélie en plein air à Palerme en Italie. Devant une foule de 100 000 personnes, le souverain pontife a rendu hommage à un prêtre assassiné il y a vingt-cinq ans par la mafia sicilienne pour avoir cherché à arracher à son emprise des jeunes d’un quartier défavorisé.
« Aujourd’hui, nous avons besoin d’hommes et de femmes d’amour, non d’hommes et de femmes d’honneur, de service et non d’abus », a-t-il plaidé depuis le chef-lieu de la Sicile, rappelant son appel aux mafieux : « Changez ! Arrêtez de penser à vous-mêmes et à votre argent, convertissez-vous ! » En 1993, le pape Jean Paul II avait lui aussi demandé aux mafieux de Cosa Nostra de « se convertir ». Les parrains siciliens avaient répondu deux mois plus tard par des attentats contre deux églises romaines.
Le pape François a aussi intimé aux Siciliens d’agir, sans tout attendre de la société, sans fuir leurs propres responsabilités. « Aujourd’hui, choisissons-nous aussi une belle vie ! », a-t-il dit.

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Excommunication de mafieux
La messe était consacrée samedi au prêtre des pauvres Giuseppe Puglisi, surnommé le « premier martyr de Cosa Nostra », qui fut tué sur ordre de cette mafia sicilienne d’une balle dans la nuque le 15 septembre 1993, jour de ses 56 ans. « Je vous attendais », aurait-il dit, avec un sourire, avant de mourir sur le seuil du modeste immeuble où il était né.
Le prêtre « ne vivait pas pour se montrer, ne vivait pas d’appels antimafia, au contraire il se contentait de ne rien faire de mal, mais de semer le bien, tant de bien », s’est exclamé le pape samedi à Palerme. « Don Pino savait ce qu’il risquait, mais il savait surtout que le vrai danger dans la vie est de ne pas prendre de risques et de vivoter », a-t-il estimé. En 2012, Benoît XVI l’a reconnu « martyr » et en mai 2013, Don Pino avait été béatifié à Palerme.
Depuis son élection, François s’est attaqué frontalement aux mafieux, souvent pratiquants et bienfaiteurs des paroisses. Dans la catholique Naples, le fief de la Camorra, il avait condamné en 2015 les organisations qui « exploitent et corrompent les jeunes, les pauvres et les défavorisés ». « Comme un animal mort pue, la corruption pue, la société corrompue pue et un chrétien qui fait entrer en lui la corruption pue », avait-il lancé dans la banlieue misérable de Scampia, gangrenée par la Camorra.
En Calabre, dix mois plus tôt, il avait appelé les catholiques à « combattre » l’ultra-puissante ’Ndrangheta. « Ceux qui dans leur vie ont choisi cette voie du mal, comme les mafieux, ne sont pas en communion avec Dieu, ils sont excommuniés », avait-il déclaré.
L’excommunication est la peine la plus sévère envisagée par l’Eglise catholique à l’encontre de ses membres. Des évêques locaux ont déjà excommunié des mafieux, mais le Vatican envisage de se doter d’un document juridique d’une valeur universelle pour excommunier les mafieux, quel que soit leur pays d’appartenance.

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-6"> ¤ Après la démission de la ministre de la santé, accusée d’avoir plagié son mémoire de master, le président du gouvernement espagnol a dû prouver qu’il avait rédigé sa thèse universitaire lui-même.
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En Espagne, Pedro Sanchez en difficulté

Après la démission de la ministre de la santé, accusée d’avoir plagié son mémoire de master, le président du gouvernement espagnol a dû prouver qu’il avait rédigé sa thèse universitaire lui-même.



LE MONDE
 |    15.09.2018 à 11h01
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16.09.2018 à 17h04
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            Sandrine Morel (Madrid, correspondance)








                        



                                


                            

Depuis deux jours, plusieurs médias de droite, relayés par le parti libéral Ciudadanos et le Parti populaire (PP, droite), l’accusaient d’avoir plagié sa thèse universitaire, voire de ne pas l’avoir rédigée en personne. Le chef du gouvernement espagnol, Pedro Sanchez, a finalement décidé de couper court à la polémique en rendant accessible, en ligne, l’intégralité de la publication controversée, vendredi 14 septembre.
La conclusion est sans appel. Au pire, la thèse de M. Sanchez, portant sur « l’innovation de la diplomatie économique espagnole » et présenté devant un jury de l’université privée Camilo José Cela en 2012, peut être qualifiée de « médiocre » ou de « faible », comme l’ont estimé plusieurs universitaires interrogés par la presse espagnole. Mais, après analyse par des logiciels spécialisés, elle ne peut être considérée comme le fruit d’un « plagiat », comme l’avait pourtant assuré le quotidien de la droite monarchique ABC le 13 septembre. Aucun élément n’a non plus accrédité l’idée que le texte ait pu être écrit par un autre économiste, comme l’avait affirmé la veille le site d’information Okdiario.
« Toute cette affaire revient à une tentative de faire du bruit et d’abattre le gouvernement », a tranché la porte-parole de l’exécutif espagnol, Isabel Celaa, vendredi, en conseil des ministres. Visiblement en colère, la ministre de l’éducation a estimé que le PP et Ciudadanos doivent « demander pardon » à M. Sanchez, tout en assurant, sur un ton vindicatif, que « le gouvernement va très bien » et est « plein d’énergie ».
Succession de déboires
Cependant, la polémique sur sa thèse n’est que le dernier épisode d’une série de crises et de déboires qui n’ont cessé de mettre à l’épreuve la solidité et la crédibilité du gouvernement socialiste tout au long de la semaine.
Le 11 septembre, la ministre de la santé, Carmen Monton, a dû démissionner après deux...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-7"> ¤ A quai depuis le 27 août à Marseille, le navire humanitaire prépare une nouvelle opération de sauvetage en mer.
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L’« Aquarius » se prépare à reprendre le large

A quai depuis le 27 août à Marseille, le navire humanitaire prépare une nouvelle opération de sauvetage en mer.



LE MONDE
 |    15.09.2018 à 10h59
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            Julia Pascual








                        



   


Niché dans une darse, non loin des imposants ferries qui relient la Corse, surplombé par la grande tour de la compagnie CMA-CGM, l’Aquarius mouille discrètement dans le port autonome de Marseille. A quai depuis le 27 août, le bateau affrété par les ONG SOS Méditerranée et Médecins sans frontières (MSF) s’apprête à repartir en mer pour une nouvelle opération de recherche et de sauvetage de migrants au large de la Libye. Il sera alors le seul navire humanitaire à patrouiller en Méditerranée centrale.

        Lire aussi :
         

                « Le Monde » remonte à bord du navire humanitaire « Aquarius »



D’ordinaire, l’escale entre deux missions n’excède pas quelques jours, le temps de procéder au changement d’équipe, au ravitaillement et aux opérations de maintenance. Plusieurs semaines se sont écoulées cette fois, en raison notamment d’un changement de pavillon.
Des navires entravés dans leurs actions
Depuis que l’Italie et Malte ont refusé, en juin, d’ouvrir leurs ports aux migrants secourus en mer, les navires des ONG ont été entravés dans leurs actions. Certains sont toujours bloqués dans le port de Malte. Outre le fait qu’il ait dû renoncer à son traditionnel port d’attache en Sicile, l’Aquarius s’est vu pour sa part retirer son pavillon par Gibraltar. Il arbore désormais les couleurs du Panama et Aquarius 2 a été inscrit à la peinture blanche sur sa coque orange.
« Le changement de pavillon est l’une des raisons pour lesquelles nous avons passé plus de temps à quai, dit Nick Romaniuk, le responsable des recherches et des opérations de secours de l’Aquarius. Une partie de l’équipage a notamment dû suivre des modules de formation à la sécurité en mer. »

   


L’escale à Marseille a également été affectée par des soucis techniques. « Comme tous les chantiers, il comporte des aléas », explique Edouard Courcelle, responsable de la logistique à bord pour MSF. Dans une coursive du bateau, une liste de tâches est tenue à jour pour l’équipe de SOS Méditerranée, qui gère tout ce qui a trait aux opérations de secours en mer. Nick Romaniuk explique :
« On fait beaucoup de maintenance. Nous reconditionnons par exemple les gilets de sauvetage, de façon à pouvoir les sortir des sacs cinq par cinq rapidement lors d’une opération. Tout notre équipement est nettoyé, testé, rangé. Cette fois, nous avons notamment dû changer un semi-rigide de sauvetage et réadapter son berceau sur le pont. »
Au son du groupe de rock Creedence Clearwater Revival, les équipes des deux ONG se sont rassemblées pour former une chaîne humaine sur le bateau. Le ravitaillement en nourriture est arrivé et il faut monter à bord des packs de bouteilles d’eau et des cartons de viande, des kilos de sucre, des sacs de carottes et autres cageots de pommes. De quoi nourrir l’équipage de marins et les deux équipes d’humanitaires, soit une quarantaine de personnes. « Au départ, on prévoyait des quantités pour trois semaines de rotation mais maintenant, à cause de l’incertitude des débarquements, on monte jusqu’à quatre semaines », rapporte Nick Romaniuk.
Neuf massages cardiaques simultanément
Les jours qui précèdent le départ en mer sont aussi mis à profit pour des entraînements à la manipulation des brancards ou aux premiers soins. « Les nouveaux comme les anciens voient les procédures de sauvetage et les plans d’urgence pour que cela devienne un automatisme », dit Nick Romaniuk.

   


Dans la langue véhiculaire à bord — l’anglais —, Carlos Jaramillo, le médecin de MSF, présente ce matin-là les premiers gestes de secours. On apprend comment vérifier qu’une personne est en vie et qu’un massage cardiaque doit se faire au rythme de 120 compressions par minute, soit celui d’un tube des Bee Gees : « Ah, ah, ah, ha, stayin’ alive, stayin’ alive… », illustre Carlos Jaramillo sur un mannequin.
Chacun doit pouvoir simuler une réanimation, car l’équipe de MSF ne compte que quatre personnes ayant des compétences médicales. Lors d’un sauvetage en janvier, les membres des deux ONG se sont retrouvés à réaliser neuf massages cardiaques simultanément. Sept personnes ont pu ainsi être réanimées.
« Début septembre, plus de cent personnes se sont noyées au large de la Libye »
Le lendemain, Catherine Flanigan, infirmière à MSF, PowerPoint à l’appui, rappelle la procédure à observer lorsqu’un nombre important de personnes secourues se trouve dans un état critique. « Il peut s’agir d’arrêts cardiaques, de brûlures, d’hypothermie, de déshydratation, liste-t-elle. C’est toujours un peu le chaos, mais on essaye de se préparer. » Les rôles sont répartis, chaque espace du bateau assigné à une fonction, à l’image d’un petit hôpital de campagne.
A la veille du départ, les équipes commencent à s’impatienter. Cela fait plusieurs semaines qu’elles vivent à bord, au rythme d’un équipage en mer, sans avoir quitté encore le port de Marseille. « Evidemment, on ressent de la frustration, reconnaît Nick Romaniuk. Nous sommes là pour sauver des vies en mer et on a encore vu que début septembre, plus de cent personnes se sont noyées au large de la Libye. » Le départ est prévu pour ce week-end.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-8"> ¤ A Tarente, dans les Pouilles, les salariés ont voté pour la reprise de leur très polluante aciérie par le groupe ArcelorMittal.
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En Italie, le dilemme des ouvriers d’ILVA entre défense de l’emploi et lutte contre la pollution

A Tarente, dans les Pouilles, les salariés ont voté pour la reprise de leur très polluante aciérie par le groupe ArcelorMittal.



LE MONDE
 |    15.09.2018 à 10h42
 • Mis à jour le
15.09.2018 à 16h06
    |

            Jérôme Gautheret (Tarente (Pouilles), envoyé spécial)








                        



                                


                            

Sur les murs extérieurs de l’église San Francesco de Geronimo, dans le centre de Tarente (Pouilles), ces quelques mots ont été écrits à la peinture noire : « O l’acciaio o la vita, devi scegliere » (« L’acier ou la vie, il faut choisir »). Depuis combien de temps l’inscription est-elle là ? Un jour, une semaine, un an ? Impossible de le savoir : aucun des passants interrogés n’est capable de le dire. Elle résume pourtant, de façon clinique, le terrible dilemme auquel est confrontée depuis des années cette ville de 200 000 habitants du sud de l’Italie, dont la principale ressource est précisément ce qui la fait mourir.

D’une certaine manière, c’est à cette question impossible que les 10 700 employés du site de l’ILVA de Tarente ont eu à répondre, dans un référendum interne qui s’est tenu du 10 au 13 septembre. Leur verdict a été presque unanime, et sans surprise. A 94 %, et avec près de 70 % de participation, les votants se sont prononcés en faveur du plan de reprise du site formulé par le géant sidérurgique ArcelorMittal, conclu par un accord avec le gouvernement italien, représenté par le vice-premier ministre Luigi Di Maio (Mouvement 5 Etoiles), le 6 septembre. Commencera dans les prochains jours une longue phase transitoire. Le site devrait rester sous tutelle publique jusqu’en 2023.
Cinq années de sursis au moins, 4 milliards d’euros d’investissements, l’emploi garanti pour plus de 10 000 personnes, 100 000 euros d’indemnités pour ceux qui souhaitent partir… Les salariés ne pouvaient pas rêver mieux.
Lourd tribut payé au maintien de l’usine
« En Italie, ces vingt dernières années, je ne vois pas d’exemple d’un plan aussi généreux », convient le responsable syndical Francesco Brigati (Fiom-CGIL), rencontré devant une des entrées du site industriel, interdit aux journalistes. D’où vient alors cette pesanteur qu’on sent dans l’air ? C’est qu’il est difficile d’avoir le cœur léger alors que nul ne peut ignorer...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-9"> ¤ La multiplication des contrats courts, la dérégulation du marché du travail et l’écrasement des salaires pénalisent particulièrement les jeunes.
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En Europe, le marché de l’emploi porte encore les stigmates de la crise de 2008

La multiplication des contrats courts, la dérégulation du marché du travail et l’écrasement des salaires pénalisent particulièrement les jeunes.



LE MONDE
 |    15.09.2018 à 10h24
 • Mis à jour le
15.09.2018 à 11h36
    |

            Elise Barthet








                        



                                


                            

Retour à la case départ. Fin juillet, le chômage dans la zone euro a retrouvé son niveau de novembre 2008. Avec un taux de 8,2 %, il touche encore 13,4 millions de personnes, selon Eurostat. Mais les chiffres baissent en continu depuis 2013. En un an, près de 1,4 million de personnes sont sorties des dispositifs d’accompagnement vers l’emploi. Même l’indicateur mesurant la part des actifs occupés au sein de la population en âge de travailler s’est redressé. Il approchait à l’été 65,5 %, un ratio comparable à celui de 2007.

Statistiquement, il n’y a pas de doute : en dépit du trou d’air du début de l’année, la zone euro se porte mieux qu’il y a cinq ans. A l’époque, au plus fort de la crise des dettes souveraines apparue dans le sillage des « subprimes », le taux de chômage y dépassait les 12 %. Il a fallu attendre 2015 et les premiers rachats de dettes par la Banque centrale européenne (BCE), pour que l’abîme commence à se refermer. Mais une telle saignée laisse des traces.
Elle a considérablement accentué le décrochage entre le nord et le sud du continent. Les pays germaniques, qui avaient flexibilisé leurs marchés du travail avant la crise, ont été relativement épargnés. L’Allemagne est le seul pays de la zone euro à avoir vu son chômage diminuer au cours des dix dernières années. De l’autre côté du spectre, le taux espagnol avoisine, lui, toujours, 15 %, bien qu’il ait chuté de près de 10 points depuis 2013. En Italie, où la secousse a été moins forte, il ne parvient pas à retomber sous la barre des 10 %. Le Portugal et l’Irlande s’en sont mieux sortis. Mais le rattrapage s’est fait au prix d’une violente concurrence fiscale entre Etats.
Fuite des cerveaux
« Brutales, récessives, déflationnistes, les mesures prises pour déréguler l’emploi dans les pays du Sud ont fait porter l’effort sur les populations les plus précaires », souligne Xavier Ragot, chercheur à l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE)....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-10"> ¤ Une étude montre le lien direct entre les coupes budgétaires décidées à la suite de la crise financière de 2008 et le soutien au UKIP, le parti antieuropéen.
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En Grande-Bretagne, l’austérité a créé un terrain fertile pour le Brexit

Une étude montre le lien direct entre les coupes budgétaires décidées à la suite de la crise financière de 2008 et le soutien au UKIP, le parti antieuropéen.



LE MONDE
 |    15.09.2018 à 10h22
 • Mis à jour le
15.09.2018 à 15h08
    |

            Eric Albert (Londres, correspondance)








                        



                                


                            

Vers 2 heures du matin le 24 juin 2016, l’annonce du résultat du vote à Sunderland a soudain fait comprendre que le Brexit était en train de l’emporter. La ville du nord-est de l’Angleterre avait choisi à 61 % de sortir de l’Union européenne, bien plus que ne le prévoyaient les sondages.

Le fait que le choc soit venu d’un des endroits les plus pauvres du Royaume-Uni n’était pas un hasard. Le vote en faveur du Brexit était directement lié aux difficultés économiques, même si d’autres facteurs entrent évidemment aussi en jeu. Les trois quarts des Britanniques sans aucun diplôme ont voté pour le Brexit ; 71 % de ceux qui ont un travail manuel routinier ont fait de même ; 58 % de ceux qui gagnent moins de 20 000 livres par an (22 000 euros) également.
De ce constat a été tirée une leçon, bien souvent considérée aujourd’hui comme une évidence : les laissés-pour-compte de la mondialisation ont profité du référendum pour se révolter. Ce n’est pourtant pas tout à fait exact, conclut une étude publiée en juin par Thiemo Fetzer, de l’université de Warwick. Selon lui, la cause du basculement n’est pas tant la mondialisation, ni même la crise financière, que l’austérité. « Lors des élections européennes de 2004 ou de 2009, UKIP [le parti antieuropéen] avait déjà réussi à rassembler 15 % des voix, rappelle-t-il. Mais le soutien, à l’époque, ne venait pas des régions les plus pauvres. Ce n’est qu’après 2010 – quand la politique d’austérité a été appliquée – que ce phénomène a commencé. »
Fascinantes corrélations
Son étude conclut que le soutien au Brexit aurait été 9,5 % plus bas sans le choc de l’austérité. Suffisamment pour faire basculer le résultat, remporté avec 3,8 % d’avance.
Pour démontrer la validité de sa théorie, M. Fetzer met en avant de fascinantes corrélations entre les coupes budgétaires et le soutien au UKIP. Il prend, par exemple, l’imposition de la « bedroom tax », un impôt concernant les habitants...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-11"> ¤ En visite officielle à Paris, le premier ministre arménien, élu en mai, s’est engagé dans une lutte implacable contre la corruption.
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Nikol Pachinian : « Il n’y a plus de passe-droits et de privilèges en Arménie »

En visite officielle à Paris, le premier ministre arménien, élu en mai, s’est engagé dans une lutte implacable contre la corruption.



LE MONDE
 |    15.09.2018 à 09h52
 • Mis à jour le
15.09.2018 à 14h28
    |

            Marc Semo et 
Gaïdz Minassian








                        



                                


                            

Leader de la « révolution de velours » qui a secoué l’Arménie en avril-mai 2018, le premier ministre Nikol Pachinian était à Paris, vendredi 14 septembre, pour y rencontrer Emmanuel Macron. Le président français se rendra quant à lui à Erevan le 10 octobre, pour une visite officielle durant laquelle il participera au Sommet de la francophonie qui se tiendra cette année dans la capitale arménienne.
Quatre mois après votre arrivée au pouvoir, qu’avez-vous déjà réussi à changer en Arménie ?
La presse, aujourd’hui, est plus libre que jamais. Pour la première fois dans l’histoire de notre IIIe République (depuis 1991), il n’y a plus de passe-droits ni de privilèges. Nous menons une lutte sans précédent contre la corruption et contre l’économie souterraine. Il n’y a plus de monopoles économiques. Le 23 septembre se tiendront dans la capitale Erevan des élections municipales qui seront les plus libres de son histoire. A la différence des autres révolutions – du moins de celles que je connais –, la nôtre n’a pas été suivie par une chute de l’économie. Au contraire, les indices sont plutôt dans le vert, les capitaux rentrent dans le pays, le prix de l’immobilier monte, les dépôts augmentent dans les banques. Nous avons réussi à mettre sur pied un nouveau système de gouvernance populaire démocratique directe.

Vous avez été élu par le Parlement sous la pression de la population, mais il reste dominé par les députés de l’ancien pouvoir de Serge Sarkissian. Est-ce tenable ?
Quand j’ai été élu premier ministre par le Parlement, je ne pouvais a priori compter que sur quatre voix, dont la mienne. Mais l’ancien régime a dû céder. Les Arméniens n’ont aucune confiance en ce Parlement, c’est un réel point noir de notre réalité politique. Mais il faut voir la situation dans sa dynamique. Vingt jours après mon élection, le Parlement a voté un programme de gouvernement spécifiant que des élections parlementaires...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-12"> ¤ « Macron et son gouvernement ignorent ce que font réellement les pays nordiques », assure dans son livre Alain Lefebvre, journaliste qui a longtemps vécu en Scandinavie.
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La vérité sur le « modèle scandinave » d’Emmanuel Macron

« Macron et son gouvernement ignorent ce que font réellement les pays nordiques », assure dans son livre Alain Lefebvre, journaliste qui a longtemps vécu en Scandinavie.



LE MONDE
 |    15.09.2018 à 07h30
 • Mis à jour le
15.09.2018 à 12h28
    |

            Marie Charrel








                        



                                


                            
Ah, la Scandinavie… Ses fjords, ses interminables hivers et, surtout, son modèle économique et social : depuis son élection, le président Emmanuel Macron cite régulièrement celui-ci comme une source d’inspiration. Flexisécurité danoise, réforme des retraites à la suédoise, transparence nordique des institutions publiques : la France gagnerait-elle à suivre ces exemples ? Comment ? Pour y répondre, Alain Lefebvre, journaliste et consultant spécialiste des questions sociales, s’est plongé dans la culture politique de ces pays qu’il connaît bien – il a travaillé pendant quinze ans en Suède et en Finlande, notamment pour les services diplomatiques français.
Dès l’introduction, il pose un constat assez cinglant pour le chef de l’Etat : « Macron et son gouvernement ignorent, volontairement ou non, ce que font réellement les pays nordiques, et proposent parfois des solutions depuis longtemps dépassées dans les pays qu’ils veulent imiter », assène-t-il.
Exemple : la fameuse flexisécurité danoise, censée à la fois faciliter les licenciements et mieux protéger les salariés en leur offrant un généreux filet de protection durant les périodes entre deux emplois. En visite à Copenhague le 29 août, Emmanuel Macron dressait encore l’éloge de ce système, plus performant, selon lui, pour réduire le chômage.

Instrument marketing
Seulement voilà : la flexisécurité, en fait née aux Pays-Bas, a surtout été utilisée comme « un instrument de pur marketing » par les Danois dès 1990, afin de séduire les investisseurs étrangers, explique l’auteur. Car en pratique les entreprises locales ne sont guère plus flexibles que leurs homologues françaises, poursuit-il, détails à l’appui, tandis que la sécurité a beaucoup baissé ces dernières années : « Le fameux modèle danois dont nous parlons en France n’existe même plus au Danemark ! » Le succès du pays tient en vérité à ses PME haut de gamme capables de s’adapter très vite à la demande...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-13"> ¤ Les politiques d’austérité lancées après la crise, l’impunité et la cupidité de la planète finance ont nourri le sentiment contre les élites.
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Article sélectionné dans La Matinale du 14/09/2018
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Dix ans après Lehman Brothers : le populisme en héritage

Les politiques d’austérité lancées après la crise, l’impunité et la cupidité de la planète finance ont nourri le sentiment contre les élites.



LE MONDE
 |    15.09.2018 à 06h35
 • Mis à jour le
15.09.2018 à 12h04
    |

            Marie Charrel








                        



                                


                            

Emmanuel Macron contre Viktor Orban. A huit mois de l’échéance, les élections européennes de mai 2019 se profilent déjà comme un duel entre le président français et l’homme fort de Hongrie. Soit l’affrontement de deux mondes : l’Europe libérale et progressiste face à celle souverainiste et antimigrants. « Ces élections seront un immense test pour le Vieux Continent », résume le politologue bulgare Ivan Krastev. Une décennie après la chute de la banque américaine Lehman Brothers et le début de la crise, ce scrutin marquera, peut-être, l’entrée massive des populistes au Parlement européen.
Victoire du oui au référendum sur le Brexit en juin 2016, élection de Donald Trump cinq mois plus tard, arrivée au pouvoir du duo Matteo Salvini-Luigi Di Maio en Italie – sans parler de celle du sulfureux milliardaire Andrej Babis en République tchèque, ni de la montée en puissance de l’extrême droite en France et en Allemagne… « Nous assistons à la plus forte vague de mouvements antisystème depuis la seconde guerre mondiale », résume le politologue William Galston, de la Brookings Institution, à Washington.
En moyenne, ces partis ont engrangé plus de 20 % des voix aux dernières élections parlementaires dans les différents pays européens, contre 5 % au début des années 2000. Même la Scandinavie, longtemps pensée comme à l’abri, n’est pas épargnée : en Suède, le parti anti-immigration a raflé 17,5 % des suffrages aux élections législatives du 9 septembre.

Sans surprise, ces mouvements prospèrent dans le sillage de la crise de 2008 et des politiques d’austérité qui ont suivi – les investissements publics en zone euro sont passés de 4,5 % du produit intérieur brut, en 2009, à 3,3 % aujourd’hui, les pensions grecques ont baissé à treize reprises, les aides touchées par une famille britannique moyenne ont reculé de 3 950 livres sterling (4 430 euros) annuelles, en 2010, à 3 460 livres sterling, en 2018… « La crise...




                        

                        


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Ingmar Bergman en Suède : une personnalité controversée et un cinéaste méconnu

Il a fallu attendre les années 1990, et plus encore sa mort, pour que ses compatriotes prennent définitivement conscience de l’importance historique du réalisateur.



LE MONDE
 |    14.09.2018 à 17h24
 • Mis à jour le
14.09.2018 à 17h28
    |

            Anne-Françoise Hivert (Malmö (Suède), correspondante régionale)








                        



                                


                            

Dans les années 1970, ­Maaret Koskinen, spécialiste d’Ingmar Bergman, étudiait au Canada. A l’époque, se souvient-elle, l’œuvre du cinéaste « faisait naturellement partie des cours proposés aux étudiants en ­cinéma » outre-Atlantique. Mais en Suède, rien de tel. Il a fallu attendre la fin des années 1990, et même plus tard parfois, pour que les grandes universités commencent à l’inscrire au programme. Maaret Koskinen, pour sa part, a signé la première thèse de doctorat lui étant consacrée, en 1993.

Si Bergman a depuis longtemps un statut de monstre sacré du ­cinéma à l’étranger, ses concitoyens continuent d’éprouver des sentiments ambivalents à son égard. Pour une majorité de Suédois, qui trouvent son art « difficilement abordable », constate la professeure de cinéma, il a « aussi peu d’importance aujourd’hui qu’avant ». Pour les initiés, c’est différent : « Beaucoup commencent à réaliser l’importance qu’on lui accorde à l’étranger. » Les célébrations du centenaire de sa naissance, en 2018, ont eu le mérite de le montrer une fois de plus.
La prise de conscience a eu lieu après sa mort, le 30 juillet 2007, quand « des journaux comme le New York Times ou Le Monde en ont fait leur “une” », observe Jan Holmberg, président de la Fondation Bergman, à Stockholm. Parce que, dit-il, « personne n’est prophète en son pays et encore moins dans un tout petit pays comme la Suède », la réputation de Bergman y était jugée « surestimée », basée sur un malentendu.
Manque d’engagement politique
A l’étranger, Bergman est considéré comme un cinéaste suédois qui « dépeint la société scandinave ». Les Suédois, au contraire, « estiment que ses films n’ont rien à voir avec eux et l’identité suédoise », explique Jan Holmberg. En pleine expansion, le royaume souhaite projeter à l’extérieur l’image d’une société florissante, œuvrant à l’épanouissement...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-15"> ¤ La Commission européenne propose de renoncer au changement d’heure biannuel, quitte à compliquer les échanges entre les pays membres, en les laissant libre de leur choix.
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Heure d’été ou heure d’hiver : Bruxelles veut laisser le champ libre aux Etats membres

La Commission européenne propose de renoncer au changement d’heure biannuel, quitte à compliquer les échanges entre les pays membres, en les laissant libre de leur choix.



LE MONDE
 |    14.09.2018 à 16h03
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)








                        



                                


                            

Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, avait surpris tout le monde, y compris à Bruxelles, en annonçant le 31 août la fin à venir du changement d’heure d’été (ou d’hiver). Alors qu’une consultation publique lancée sur le sujet un mois et demi plus tôt par la Commission, n’avait même pas fini d’être complètement analysée.
Vendredi 14 septembre, peine quinze jours plus tard, la commissaire aux transports, Violeta Bulc, a rendu public le projet de directive déclinant le projet de son président et amendant un texte de 2001. Selon son article 1, « les pays membres ne doivent plus appliquer de changements d’heures saisonniers ».
Depuis les années 1970, les Etats européens ont tous adopté des changements d’heure biannuels : à l’époque, les gouvernements étaient surtout motivés par les économies d’énergie que ces modifications étaient censées apporter. La directive de 2001 a unifié ces changements bi-annuels, afin que dans le marché intérieur, tous les pays passent à « l’heure d’été » ou à « l’heure d’hiver » au même moment.
Les horloges avancent donc d’une heure, à 2 heures du matin, le dernier dimanche de mars, et reculent d’une heure à 1 heure du matin, le dernier dimanche d’octobre. De sorte que la clarté se prolonge en soirée durant l’été et que la nuit « tombe » plus vite à l’automne.

Si la nouvelle directive est adoptée par les colégislateurs que sont le Parlement européen et le Conseil (les Etats membres) avant la fin de cette année – c’est l’objectif de la Commission –, les Etats membres devront notifier à la Commission, avant le 1er avril 2019, s’ils choisissent de fixer définitivement leurs horloges sur l’heure d’été, après avoir basculé une dernière fois le dernier dimanche de mars 2019. Ou si au contraire, ils préfèrent adopter l’heure d’hiver toute l’année, et donc, changer encore, mais pour la dernière fois, le dimanche 27 octobre 2019.
A noter que la Commission a...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-16"> ¤ A 94 ans, la rescapée d’Auschwitz refuse de se laisser intimider. Elle se bat pour l’interdiction des mouvements néonazis et s’inquiète de la progression de l’extrême-droite qui a obtenu 17,6 % des voix aux élections législatives du 9 septembre.
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Hédi Fried, fer de lance contre les néonazis suédois


                      A 94 ans, la rescapée d’Auschwitz refuse de se laisser intimider. Elle se bat pour l’interdiction des mouvements néonazis et s’inquiète de la progression de l’extrême-droite qui a obtenu 17,6 % des voix aux élections législatives du 9 septembre.



LE MONDE
 |    14.09.2018 à 14h20
 • Mis à jour le
14.09.2018 à 18h16
    |

            Anne-Françoise Hivert (Malmö (Suède), correspondante régionale)








   


Elle a 94 ans et elle est fatiguée. Pourtant, partout où les néonazis suédois défilent, la frêle nonagénaire se dresse sur leur passage. A Stockholm, quand le Mouvement de la résistance nordique (NMR) marche dans les rues de la capitale, le 25 août. A Ludvika, bastion des néonazis, dans la province de Dalécarlie, le 1er septembre. Figure de proue de la lutte contre l’extrême droite en Suède, toujours en première ligne, Hédi Fried refuse de se laisser intimider. Le combat est trop important. Elle le sait mieux que quiconque, elle qui survécut aux camps d’Auschwitz et de Bergen-Belsen.
« Je leur ai dit de rester fermes sur leurs positions, de ne pas lâcher ni faire de concessions, parce que c’est comme cela que les SD progressent. » Hédi Fried
Avant les élections du 9 septembre, la psychologue d’origine roumaine a invité les leaders politiques du pays chez elle, pour boire le café et manger de la smörgåstårta – un pain-surprise au poisson et à la mayonnaise. Ils ont tous défilé dans son appartement stockholmois. « Je leur ai dit de rester fermes sur leurs positions, de ne pas lâcher ni faire de concessions, parce que c’est comme cela que les SD [Sverigedemokraterna, Démocrates de Suède] progressent. »
Si le parti d’extrême droite n’est pas parvenu à devenir la deuxième force politique du royaume à l’issue du scrutin, il a rassemblé 17,6 % des voix (contre 12,9 % en 2014), plongeant la Suède dans une période d’instabilité politique. Hédi Fried avait mis en garde dès 2010, quand la formation nationaliste était entrée au Parlement, regrettant que ses militants soient vus comme « des cinglés » au lieu de reconnaître « le défi que ce parti pose pour la démocratie ».

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                Les néonazis suédois privés de liberté d’expression ?



Dans les tribunes qu’elle signe régulièrement dans la presse suédoise, elle mentionne souvent l’Allemagne des années 1930 : le « glissement des normes dans la société », la « déshumanisation » de certains groupes, la « minimisation » des mouvements extrêmes, l’absence de solides alternatives… Son expérience rend le propos difficile à ignorer, dans une nation qui n’a pas connu la guerre depuis deux cents ans.
D’Auschwitz à Bergen-Belsen
Hédi Fried est née en 1924, à Sighet, dans le nord-ouest de la Roumanie, de parents juifs. Elle avait 6 ans, quand un maître d’école la fait se tenir bras en croix, « sale juive » dans sa robe souillée, au milieu de la cour d’école. Elle a une quinzaine d’années, quand le garçon qui lui plaît lui crache à la figure. 20 ans, quand elle se retrouve parquée dans le ghetto juif de la ville, avec sa mère, son père et sa sœur.
Un mois plus tard, en mai 1944, tous montent dans un train, direction Auschwitz. A leur arrivée, les filles sont séparées de leurs parents, qu’elles ne reverront jamais. Elles y passent quelques mois, avant d’être envoyées à Hambourg, dans un camp de travail. Hédi Fried rend hommage aux prisonniers de guerre français, qui « partageaient avec nous le contenu des paquets envoyés par la Croix-Rouge et nous donnaient des nouvelles du front ».
En avril 1945, les deux sœurs sont transférées à Bergen-Belsen, où la jeune femme manque de succomber au typhus. A la Libération, des bus blancs de la Croix-Rouge les évacuent vers la Suède – un épisode important dans la mémoire collective suédoise, comme une tentative de rédemption pour une nation qui porte avec mauvaise conscience le souvenir de sa politique de neutralité pendant la guerre.

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Hédi Fried se marie avec Michael, lui aussi originaire de Sighet et survivant d’Auschwitz. Devenue psychologue, elle anime un centre pour les rescapés des camps à Stockholm. Mais son grand combat est celui de l’éducation. L’ignorance des jeunes concernant la Shoah la peine, comme si « on n’avait pas compris que ce qui s’est passé une fois peut se reproduire, encore plus facilement aujourd’hui, grâce à Internet ».
La militante se bat aussi pour l’interdiction des mouvements néonazis, régulièrement autorisés à manifester et qui ont même présenté des candidats aux dernières législatives. « Je comprends qu’on ait peur qu’ils disparaissent sous terre. Mais, aujourd’hui, ils grossissent en plein jour. Les criminaliser pourrait faire réfléchir ceux qui sont tentés de les rejoindre. » En attendant, la nonagénaire refuse de céder au pessimisme, parce que « perdre espoir est le pire qui puisse arriver. Cela mène à la passivité, et alors ils auront gagné ».



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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-17"> ¤ Selon les statistiques de l’Organisation internationale pour les migrations, le nombre d’arrivées en Europe par voie terrestre a été multiplié par sept, tandis que celles par la Méditerranée ont diminué de 42 %.
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De plus en plus de migrants privilégient la voie terrestre pour gagner l’Europe

Selon les statistiques de l’Organisation internationale pour les migrations, le nombre d’arrivées en Europe par voie terrestre a été multiplié par sept, tandis que celles par la Méditerranée ont diminué de 42 %.



LE MONDE
 |    14.09.2018 à 14h03
 • Mis à jour le
14.09.2018 à 15h49
   





                        



   


La voie maritime devenant plus difficile, les migrants sont de plus en plus nombreux à privilégier la voie terrestre pour venir en Europe.
Selon les statistiques de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) publiées vendredi 14 septembre, plus d’un cinquième des migrants irréguliers venant en Europe arrivent désormais par voie terrestre. Ainsi 17 966 personnes sont arrivées par cette voie entre janvier et la mi-septembre 2018, soit sept fois plus que les 2 464 à la même période l’année dernière.

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Cette augmentation des déplacements terrestres coïncide avec une baisse des arrivées par voie maritime, alors que la route depuis la Libye est rendue de plus en plus difficile par l’augmentation des patrouilles des gardes-côtes libyens.
Selon l’OIM, quelque 74 500 migrants sont arrivés en Europe en passant par la Méditerranée depuis le début de l’année, contre près de 129 000 l’an dernier à la même période.
50 % de Syriens, Irakiens et Afghans
Selon l’agence de l’Organisation des Nations unies, la route terrestre la plus fréquentée par les migrants irréguliers est celle allant de la Turquie vers la Grèce, où les autorités ont signalé un total de 12 166 arrivées par voie terrestre depuis le début de l’année, composées à plus de 50 % de Syriens, Irakiens et Afghans. En comparaison, la Grèce avait enregistré pendant toute l’année 2017 quelque 5 550 arrivées par voie terrestre.
Concernant les 6 000 autres migrants irréguliers arrivés en Europe depuis janvier par voie terrestre, « la plupart » sont arrivés « à Ceuta et Melilla », deux microterritoires espagnols enclavés dans le nord du Maroc, a déclaré à l’Agence France-Presse un porte-parole de l’OIM, Joël Millman.
Ces enclaves, les seules frontières terrestres de l’Union européenne avec l’Afrique, sont entourées de hautes clôtures qui sont régulièrement la cible d’« assauts » de migrants tentant d’entrer en Espagne.

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-18"> ¤ Dix-neuf ans après l’ouverture des premiers pourparlers, les négociations patinent. Les parties butent sur une série de points, notamment l’accès au marché européen du bœuf.
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Commerce  : le projet d’accord entre l’Union européenne et le Mercosur risque de nouveau l’enlisement

Dix-neuf ans après l’ouverture des premiers pourparlers, les négociations patinent. Les parties butent sur une série de points, notamment l’accès au marché européen du bœuf.



LE MONDE
 |    14.09.2018 à 13h15
 • Mis à jour le
14.09.2018 à 15h25
    |

            Marie de Vergès








                        



                                


                            

Fin janvier, Bruxelles n’y voyait plus qu’une question de « semaines ». Un accord commercial entre l’Union européenne (UE) et les pays du Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay, Uruguay) devait pouvoir être finalisé dans les plus brefs délais. Pourtant, alors qu’une énième session de négociations se tenait du lundi 10 au vendredi 14 septembre, à Montevideo, en Uruguay, la perspective d’un tel traité de libre-échange semble à nouveau s’éloigner, dix-neuf ans après l’ouverture des premiers pourparlers.
Gelé pendant des années, le projet d’accord avait été relancé tambour battant en 2016. Un sursaut étroitement lié à la volte-face protectionniste du président américain, Donald Trump. L’UE entendait capitaliser sur le vide laissé par les Etats-Unis, et s’ouvrir un meilleur accès à ces marchés à fort potentiel.
Mais la fenêtre de tir pour conclure risque de se refermer. En octobre, le Brésil doit élire un nouveau président, à l’issue d’une campagne brutale dominée par l’extrême droite. Puis les Vingt-Huit seront plongés, à leur tour, dans la préparation des élections européennes du printemps 2019, en pleine poussée des partis populistes.

« S’il y a des personnes avec des visions différentes, on pourrait se retrouver à devoir tout recommencer », a mis en garde le ministre des affaires étrangères brésilien Aloysio Nunes, début septembre, dans le Financial Times. Faute d’avancées immédiates, les discussions risquent de durer encore « cinq ou six ans », a-t-il estimé, appelant l’Europe à mettre davantage sur la table. L’UE a formulé une offre « claire et explicite », à laquelle le Mercosur se doit maintenant de répondre, lui a aussitôt répliqué le commissaire européen à l’agriculture, Phil Hogan.
« Il y a beaucoup à gagner »
Les parties butent sur une série de points, notamment l’accès au marché européen du bœuf. La proposition des Vingt-Huit, contrainte par les sensibilités des grands...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-19"> ¤ L’institut monétaire a relevé son principal taux directeur pour le porter à 24 %, avec pour objectif d’enrayer la chute de la monnaie nationale.
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La banque centrale turque soutient la livre en dépit d’Erdogan

L’institut monétaire a relevé son principal taux directeur pour le porter à 24 %, avec pour objectif d’enrayer la chute de la monnaie nationale.



LE MONDE
 |    14.09.2018 à 12h23
 • Mis à jour le
14.09.2018 à 12h24
    |

            Marie Jégo (Istanbul, correspondante)








                        



                                


                            

Conformément aux attentes des marchés et en dépit de l’opposition du président turc Recep Tayyip Erdogan, la banque centrale (Central Bank of the Republic of Turkey, CBRT) est revenue à l’orthodoxie monétaire, jeudi 13 septembre. Son principal taux directeur a été porté de 17,75 % à 24 %, soit une augmentation de 625 points de base, bien plus que ce que les analystes prévoyaient.
Espérée de longue date, cette annonce, une première depuis la réélection de M. Erdogan en tant que président aux pouvoirs illimités le 24 juin, a été accueillie positivement par les marchés. Il est urgent d’enrayer la dépréciation de la livre turque, en chute de 40 % depuis le début de l’année, laquelle alimente l’inflation (17,90 % en août) qui pèse sur les ménages. Cette normalisation de la politique monétaire survient alors que la croissance a ralenti à 5,2 % au deuxième trimestre.

En juillet, le refus de l’institut monétaire de relever son principal taux directeur, malgré l’inflation à deux chiffres, avait renforcé l’inquiétude des investisseurs quant à l’indépendance de l’institution face à un président qui se targuait de vouloir conduire seul la politique monétaire du pays.
« Regagner la confiance des marchés »
La hausse des taux intervenue jeudi « est une excellente décision », a commenté sur son compte Twitter Timothy Ash, stratégiste en chef chez Blue Bay Asset Management à Londres. « Les Turcs se sont donné l’opportunité de tenir la monnaie et de regagner la confiance des marchés. Ils peuvent sortir de cette crise sans l’aide du Fonds monétaire international et sans recourir au contrôle des changes. Le rééquilibrage sera brutal, mais grâce à ces mesures adéquates il y a désormais une voie de sortie. » Dans la foulée, la livre s’est appréciée de 5 % par rapport au dollar.
La journée avait pourtant mal commencé. Deux heures avant la réunion du comité de politique monétaire du CBRT, le président Erdogan s’était livré à son...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-20"> ¤ Les deux suspects interpellés en mars étaient en possession de matériel visant à pénétrer le réseau informatique du laboratoire de Spiez, en Suisse, associé à l’enquête sur l’empoisonnement de Sergueï Skripal.
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Affaire Skripal : deux autres espions russes ont été arrêtés aux Pays-Bas

Les deux suspects interpellés en mars étaient en possession de matériel visant à pénétrer le réseau informatique du laboratoire de Spiez, en Suisse, associé à l’enquête sur l’empoisonnement de Sergueï Skripal.



LE MONDE
 |    14.09.2018 à 12h03
 • Mis à jour le
14.09.2018 à 12h22
    |

            Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, Correspondant)








                        



   


Les quotidiens néerlandais NRC et suisse Tages-Anzeiger ont révélé, vendredi 14 septembre, que deux espions russes, sans doute membres des services de renseignement militaires (GRU), ont été arrêtés aux Pays-Bas, il y a plusieurs semaines. Ils devaient se rendre en Suisse et étaient en possession de matériel visant à pénétrer le réseau informatique du laboratoire de Spiez, près de Berne.
Celui-ci, mandaté régulièrement par l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC), procédait notamment aux analyses sur l’empoisonnement de l’ancien espion russe Sergueï Skripal et de sa fille Ioulia, le 4 mars, à Salisbury, en Angleterre. Il enquête également sur l’usage d’armes chimiques par le régime syrien.
Les deux hommes ont été arrêtés à la fin mars, comme l’a indiqué le premier ministre Mark Rutte, sans livrer de détails sur l’affaire ou l’identité des intéressés. L’opération avait été conduite par le renseignement militaire néerlandais (MIVD), en coopération avec des services européens. Le service helvétique de renseignement (NDB) a confirmé l’arrestation de deux espions. Elle a permis, indique-t-il, de prévenir « des actions illégales contre une infrastructure sensible » et résulte d’« une coopération active » avec des partenaires néerlandais et britanniques. Une enquête pénale a été ouverte dès mars par la justice suisse.
Tentative de piratage informatique
Le laboratoire de Spiez, inauguré en 2010, est rattaché à l’Office fédéral de protection de la population et est spécialisé dans l’étude des menaces nucléaires, bactériologiques et chimiques. L’OIAC lui avait confié la mission de vérifier des échantillons prélevés à Salisbury et de confirmer la possible utilisation de l’agent neurotoxique Novitchok. Deux Russes, Rouslan Bochirov et Alexandre Petrov, suspectés par Londres d’être les agents du renseignement militaire qui ont empoisonné les Skripal, ont nié, jeudi 13 septembre, être impliqués dans cette affaire. Ils ont affirmé, dans une interview à la chaîne de télévision RT – considérée comme un organe de propagande du Kremlin – qu’ils faisaient du tourisme dans la ville du Wiltshire.

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Un porte-parole du laboratoire de Spiez a indiqué pour sa part aux journalistes qu’une première tentative de piratage informatique avait été détectée « au début de l’année ». Elle n’aurait pas réussi et les responsables ont, dit-il, renforcé ensuite les systèmes de sécurité des installations. Il semble toutefois que la Russie détenait certains détails quand, le 14 avril, le ministre des affaires étrangères Sergueï Lavrov a évoqué un rapport « confidentiel » sur les analyses effectuées en Suisse.



                            


                        

                        

