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Enquête

Des pavés tombés du ciel, hantise des automobilistes au Maroc

Sur les autoroutes du royaume, des jeunes désœuvrés jettent des pierres du haut des ponts pour dépouiller les conducteurs, semant parfois la mort.

Par                                            Ghalia Kadiri (Rabat, Casablanca, envoyée spéciale)




LE MONDE
              datetime="2018-09-16T18:30:30+02:00"

        Le 16.09.2018 à 18h30






    
L’autoroute vers Rabat, au Maroc.
Crédits : CC 2.0


Chaque fois qu’elle ferme les yeux, Leila Kettani se rejoue la scène. Du sang, partout. Les éclats de verre, les cris étouffés par ce bruit assourdissant, semblable à une explosion, qui résonne dans sa tête en boucle. « J’ai d’abord cru qu’une bombe avait éclaté à l’intérieur de la voiture. » A 45 ans, cette élégante architecte, mère de cinq enfants, a vu sa vie basculer sur l’autoroute reliant Rabat à Casablanca dans la nuit du 6 au 7 août 2016. « On nous avait dit que c’était dangereux de prendre la route de nuit. Mais on se dit que ça n’arrive qu’aux autres. »
Cette chaude nuit d’été, Leila Kettani se fait conduire par un chauffeur. Elle s’assoupit et sa fille de 18 ans contemple le paysage qui défile, éclairé par la lune et les étoiles. Un voyage tranquille jusqu’à ce qu’un pavé de 50 centimètres perce le pare-brise et s’écrase sur elle. Le conducteur manque de perdre le contrôle. Le véhicule dérape. La route rectiligne Rabat-Casabalanca, ce soir-là pour la famille Kettani, est un virage. « Je sentais que j’allais mourir », lâche l’architecte d’une voix blanche.

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Assise dans le salon de sa maison de Casablanca deux ans après le drame, la femme à la silhouette frêle, au visage doux et altier, soulève sa chemise pour laisser entrevoir la longue cicatrice tracée sur son ventre. Avec une perforation du foie, une fracture du bassin et une fracture ouverte du bras qui ont nécessité un an de convalescence, le plus dur reste le choc psychologique. « Je vois encore l’image de mon bras coupé en deux, seule la peau le retenait », dit-elle.
Shootés au « karkoubi »
Malgré la souffrance, Leila est consciente de sa chance. « Dieu sait ce qu’ils nous auraient fait si on s’était arrêtés », soupire sa fille, Mhani Kettani. « Ils », ce se sont de petits truands shootés au « karkoubi », un cocktail de médicaments qui procure un sentiment de toute-puissance et coupe la faim. Ces miséreux oubliés de la carte postale du Maroc se droguent aux molécules et jettent des pavés des ponts, dans l’espoir de dépouiller ensuite les automobilistes contraints à l’arrêt. « L’Etat ne fait rien pour notre quartier, alors les jeunes font n’importe quoi. Même nous, on n’arrive plus à les contrôler », dit Mohamed, un habitant désabusé de l’un de ces douar aux allures de bidonvilles bordant la route.

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Ces grappes de gamins désœuvrés sont devenues la hantise des automobilistes. Parfois, leurs pavés tuent. Comme cet élu local mort en juin sur l’autoroute urbaine de Casablanca. « On ne se sent plus en sécurité le soir, s’emporte Mounir, un chauffeur de poids lourd habitué des voyages nocturnes. Et encore, la presse ne parle que des victimes connues. Mais combien d’agressions surviennent réellement chaque année ? » 
A cette question, le ministère de l’équipement et du transport refuse d’apporter une réponse claire. Interrogés par Le Monde Afrique dans leurs locaux à Rabat, les responsables se contentent de résumer ce fléau à des « actes isolés », sans donner de chiffres. De son côté, Autoroutes du Maroc (ADM) dénonce une « surmédiatisation ». « Il faut relativiser le problème des jets de pierres : 300 000 véhicules circulent chaque jour sur les autoroutes marocaines. Ces agressions, aussi graves soient-elles, ne concernent que très peu de cas », insiste son directeur, Anouar Benazzouz.
20 % des jeunes sont au chômage
Depuis 2003, le réseau d’autoroutes s’est développé de manière fulgurante, passant de 500 à 1 800 km. Ces routes traversant villages et champs ont largement participé à l’essor économique du Maroc et accéléré le développement des régions et des villes. Elles ont aussi bouleversé le paysage et la vie des habitants, dont les enfants, privés d’avenir, jettent des pavés. « Ils n’ont pas de passé, pas d’avenir et rien à perdre », glisse un employé d’une station essence plantée sur le bord de l’autoroute, témoin de plusieurs agressions de ce type : « Le crime n’est pas une finalité, juste un moyen de s’en sortir. »
Avachi sur une chaise en plastique au milieu d’une ruelle étriquée du douar El-Mansouria, coincé entre l’océan Atlantique et l’autoroute reliant Rabat à Casablanca, Nasser fume tranquillement un joint. Il est midi, l’homme de 19 ans vient tout juste de se lever et déjà il est plongé dans un état de léthargie. « Etudier ?, ricane-t-il. Pour être au chômage après ? » L’idée lui paraît insensée. Quelque 20 % des jeunes sont au chômage, 42,8 % en milieu urbain. Et la moitié de ceux qui travaillent, s’ils ne se tournent pas vers l’informel, occupent des postes à bas salaires. « Alors pourquoi j’irais perdre mon temps à l’école ? »

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Dans les périphéries du royaume, le sentiment d’être tenu à l’écart du développement dans un pays en pleine croissance a créé une grande frustration chez les jeunes. « Ici, on est coincés dans notre trou, avec pour seuls transports les carcasses d’autobus », murmure Nasser, avouant à demi-mot qu’il lui arrive de « voler de temps en temps des gens de la ville ». 
Un paysan, qui fait passer son troupeau de brebis sur le pont érigé au-dessus de la route, est persuadé que le service militaire « en sauvera quelques-uns ». « Les jeunes ne veulent plus bosser, on ne sait plus quoi faire d’eux », se lamente le vieux monsieur. Annoncé le 20 août, le retour du service militaire obligatoire est interprété par ces habitants des quartiers défavorisés comme un dernier recours pour discipliner cette génération nourrie de colère.
Grillages et vidéosurveillance
Leila Kettani ne leur en veut pas. « J’en veux au système. » Ses agresseurs ont été retrouvés dans un douar près du lieu du crime. Deux garçons âgés de 20 et 21 ans, sans emploi et dépendants au karkoubi. Verdict : vingt ans de prison ferme. Au Maroc, la justice est peu clémente à l’égard des sujets déviants qui menacent la sécurité et l’image du royaume. En septembre 2016, deux Marocains avaient été condamnés à la peine de mort pour avoir causé un accident mortel sur l’autoroute de Marrakech.

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Par dépit, la famille Kettani a porté plainte contre Autoroutes du Maroc, sans suite. « On ne peut pas nous mettre sur le dos un crime commis sur l’autoroute. Je n’ai pas de police, je ne suis pas un Etat dans l’Etat », rétorque Anouar Benazzouz, le directeur. En juillet, les autorités ont lancé un programme, cofinancé par ADM, pour « équiper les ouvrages de franchissement de grillages et de vidéosurveillance d’ici à trois ans », se félicite Manal Mezouri, du ministère de l’équipement, à Rabat. « Mais nous ne pouvons pas non plus cloisonner la population et créer des ghettos autour de l’autoroute », tempère Anouar Benazzouz.
Dans le douar de Nasser, l’idée des grillages agace certains. « Et qu’est-ce qu’ils vont faire après ? Enlever tous les pavés qui bordent les routes ?, se moque le jeune homme. Ils ne pourront pas nous mettre dans des cages, ils savent que ça peut péter. »


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-2"> ¤ Plus d’une cinquantaine de personnes ont été tuées aux Philippines par le supertyphon et au moins 200 blessés ont été signalés à Hongkong.
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Le typhon Mangkhut sème le chaos à Hongkong et arrive en Chine continentale

Plus d’une cinquantaine de personnes ont été tuées aux Philippines par le supertyphon et au moins 200 blessés ont été signalés à Hongkong.



LE MONDE
 |    16.09.2018 à 17h44
 • Mis à jour le
16.09.2018 à 18h32
   





                        



   


Le supertyphon Mangkhut s’est engouffré, dimanche 16 septembre, en Chine continentale après avoir semé le chaos à Hongkong, où il a fait plus de 200 blessés, et frappé le nord des Philippines où au moins 59 personnes ont péri.
Mangkhut a atteint la ville de Jiangmen, dans la province chinoise de Guangdong (sud-est) dont les autorités ont annoncé avoir évacué 2,37 millions de personnes et ordonné à des dizaines de milliers de bateaux de pêche de regagner les ports avant son arrivée. Cette tempête, considérée comme la plus forte survenue dans le monde depuis le début de l’année, a ravagé des zones agricoles du nord de l’île de Luçon, la plus grande de l’archipel philippin, y provoquant inondations et glissements de terrain.

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Une vingtaine de mineurs ensevelis
Dans le nord des Philippines, les moyens de communication et l’électricité ont été coupés dans la majeure partie de la zone située sur sa trajectoire, où vivent environ cinq millions d’habitants : autant de difficultés pour évaluer le bilan humain et matériel.
La police a annoncé dimanche soir que le nombre des morts était passé à 59, avec la découverte de nouvelles victimes de glissements de terrain. Les autorités ont assuré qu’elles poursuivraient leurs efforts lundi matin pour tenter d’extraire, bien qu’ils soient probablement morts, une vingtaine de mineurs dont le dortoir a été enseveli par un glissement de terrain près de Baguio, une ville du nord des Philippines.
A Baggao, dans le nord de Luçon, la tempête a emporté des maisons, arraché des toits et des lignes électriques. Certaines routes sont totalement inondées. Les fermes de l’île, qui fournissent une part importante de la production philippine de riz et de maïs, ont été recouvertes par les eaux, à un mois des récoltes. Plus de 105 000 personnes ont fui leur domicile. A Taïwan, une femme a été emportée par la mer.

   


Plus de 200 blessés à Hongkong
Le typhon a quelque peu perdu en intensité en traversant les Philippines. Après avoir survolé la mer de Chine méridionale, l’œil du cyclone a touché terre vers 17 heures (heure locale) à une cinquantaine de kilomètres à l’ouest de Macao, selon l’Observatoire de Hongkong.
Les autorités de Macao, qui avaient été fortement critiquées pour leur manque de préparation au moment de l’arrivée du typhon Hato en août 2017, ont décidé la fermeture des 42 casinos, pour la première fois de leur histoire.
A Hongkong, où l’Observatoire météorologique avait émis le niveau d’alerte maximal, le typhon, avec des rafales de vent de plus de 230 km/h, a fait au moins 213 blessés, d’après le gouvernement local. Mangkhut a semé le chaos dans cette ville, pulvérisant des vitres, déracinant des arbres et faisant osciller les tours d’habitation. D’ordinaire bondées, les rues de Hongkong étaient totalement désertes et d’impressionnantes vagues ont déferlé dans la baie, pourtant protégée, de Victoria Harbour.
A Tai O, un village de pêcheurs de l’ouest de Hongkong, dont beaucoup d’habitants vivent dans des maisons sur pilotis, certains luttaient désespérément contre la montée des eaux. Plusieurs quartiers bordant le littoral, comme celui de Tseung Kwan O (est), ont été inondés par un phénomène de submersion marine. Des centaines de personnes ont été évacuées vers des refuges. D’autres ont passé leur dimanche terrées dans leurs appartements à attendre que cela passe.
Les Philippines sont chaque année frappées par une vingtaine de typhons qui font généralement des centaines de morts et contribuent à ce que des millions de leurs habitants restent dans une situation de grande précarité.

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-3"> ¤ Selon la presse américaine, Donald Trump annoncera dans les prochains jours une nouvelle salve de taxes douanières sur 200 milliards de dollars d’importations chinoises.
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La Chine prépare sa riposte à de nouvelles sanctions américaines

Selon la presse américaine, Donald Trump annoncera dans les prochains jours une nouvelle salve de taxes douanières sur 200 milliards de dollars d’importations chinoises.



LE MONDE
 |    16.09.2018 à 15h48
    |

            Frédéric Lemaître (Hongkong, envoyé spécial)








                        



                                


                            

Guerre commerciale, troisième acte. Après avoir taxé les importations d’acier et d’aluminium en mars, puis imposé cet été des taxes de 25 % sur 50 milliards de dollars de produits chinois importés, Donald Trump s’apprête à imposer à hauteur de 10 % « dans un premier temps » pas moins de 200 milliards de dollars d’importations chinoises, affirment ce week-end le Washington Post et le Wall Street Journal. Après avoir soufflé le chaud, en proposant mercredi 12 septembre à la Chine de discuter de nouveau, Washington souffle donc à nouveau le froid.
Anticipant le nouveau train de mesures, Geng Shuang, porte-parole du ministère chinois des affaires étrangères, a déclaré, vendredi, que « les mesures tarifaires américaines seront seulement contre-productives ». Il s’est notamment appuyé sur plusieurs appels émanant de groupements d’entreprises américaines ainsi que sur de nouvelles mises en garde de Christine Lagarde, directrice générale du Fonds monétaire international (FMI). La Chine, qui jusqu’ici a toujours répondu en adoptant en représailles des mesures similaires à celles prises par les Américains, tente cette fois une approche plus subtile.
Les Américains lui reprochent-ils de ne pas ouvrir son marché, notamment aux établissements financiers ? Pékin invite en catastrophe dimanche le gratin de Wall Street à lui faire des propositions concrètes. Pour des raisons de calendrier, et sans doute aussi pour ne pas être récupérés par les autorités chinoises, la plupart des dirigeants des grandes banques américaines se sont fait représenter par un adjoint.

Double provocation à l’égard de Washington
D’un autre côté, la Chine veut montrer qu’elle n’entend pas céder aux injonctions américaines. Selon le South China Morning Post, le quotidien de Hongkong, la Chine va réunir à la fin septembre à Pékin les dirigeants des entreprises publiques chinoises, ces conglomérats aux finances opaques accusés par...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-4"> ¤ Depuis cinq ans, pour célébrer l’Aïd Al-Adha, l’île de Maafaru, met le feu à une tour surmontée d’un drapeau américain pour représenter l’attaque du World Trade Center. Les photos qui ont circulé cette année sur les réseaux sociaux ont créé un tollé.
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Aux Maldives, une reconstitution du 11-Septembre, très controversée

Depuis cinq ans, pour célébrer l’Aïd Al-Adha, l’île de Maafaru, met le feu à une tour surmontée d’un drapeau américain pour représenter l’attaque du World Trade Center. Les photos qui ont circulé cette année sur les réseaux sociaux ont créé un tollé.



LE MONDE
 |    16.09.2018 à 14h00
    |

                            Antoine Flandrin








                        



                                


                            
Chaque année, l’Aïd-el-Adha, la fête musulmane du sacrifice, est célébrée sur une centaine d’îles des Maldives. Dans cet archipel du sud-ouest du cône indien, les habitants allument traditionnellement un feu de joie sur la plage dès qu’ils aperçoivent le croissant de lune. Dans un esprit d’émulation entre les différentes îles, les ­brasiers sont devenus, au fil des années, de plus en plus grands. Jusqu’à ce que les habitants de l’île de Maafaru instaurent, il y a cinq ans, une cérémonie reproduisant, à échelle réduite, les attentats du 11 septembre 2001.
Le 24 août, le dernier jour de l’Aïd-el-Adha, des photos et des vidéos de la ­reconstitution de l’attaque du World Trade Center réalisée cette année ont été postées sur les réseaux ­sociaux : on y voit des hommes déguisés en terroristes, ­armés de faux fusils, regarder un avion en plastique, lancé sur une tyrolienne, percuter, puis mettre le feu à une tour de 6 mètres de haut surmontée d’un drapeau des Etats-Unis. Ces images ont aussitôt créé un tollé sur Twitter.

Pour justifier leur geste, les organisateurs de cette reconstitution des attentats du 11-Septembre ont déclaré au Maldives Independant que « ce qui s’est passé à Maafaru n’était pas une célébration des attaques terroristes qui ont tué des milliers de personnes à New York ». « C’est un événement éducatif, ont-ils ajouté. Nous montrons Oussama Ben Laden et d’autres terroristes. Nous montrons également les conséquences avec des médecins traitant les blessés et tout le reste. »
Après la reprise de ces images par les sites d’information locaux comme le Maldives Independant et Voice of Free Press, le ­ministre de la défense maldivien a réagi, sans pour autant condamner cette célébration. « Nous devons réfléchir, même si ce que nous faisons l’est pour le divertissement, si cela conduit au terrorisme ou si cela tolère les actes de terrorisme. Nous devons également nous demander si ce que...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-5"> ¤ Le supertyphon, considéré comme la plus puissante tempête de l’année, a tué une cinquantaine de personnes aux Philippines avant de frapper Hongkong.
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Typhon Mangkhut : à Hongkong, des gratte-ciel oscillent et des toits s’envolent

Le supertyphon, considéré comme la plus puissante tempête de l’année, a tué une cinquantaine de personnes aux Philippines avant de frapper Hongkong.



LE MONDE
 |    16.09.2018 à 13h24
 • Mis à jour le
16.09.2018 à 14h32
    |

            Florence de Changy (Hongkong, correspondance)








                        



   


Après avoir causé la mort d’une cinquantaine de personnes dans le nord des Philippines, le supertyphon Mangkhut, considéré comme la plus puissante tempête de l’année, s’est abattu sur Hongkong où le plus haut niveau d’alerte (le signal T10) a été déclaré dimanche matin 16 septembre. Cet énorme ouragan, dont la superficie – environ 900 kilomètres de diamètre – est comparable à celle de la France, s’était affaibli en passant au-dessus des Philippines et a repris de la vigueur en mer de Chine du Sud.
A midi (heure locale), l’Observatoire météorologique de l’ancienne colonie britannique, devenue « région administrative spéciale de Chine » depuis 1997, indiquait avoir déjà enregistré des rafales de 256 km/h et des vents soutenus de 190 km/h, des vitesses dépassant les précédents records. L’ensemble du territoire était pris dans un ciel blanchâtre, avec des rugissements de vent régulièrement interrompus par des bruits de casse et d’effondrements de panneaux d’affichage, des poubelles décelées et du mobilier volant non identifié…

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Une immense grue tourne comme une girouette
Les quartiers normalement animés le dimanche étaient déserts. Par précaution et par habitude, les fenêtres des milliers de gratte-ciel de Hongkong avaient été croisées de grandes barres de ruban adhésif. Cela n’a pas empêché un immeuble de bureaux récent de perdre la plupart de ses fenêtres dans le quartier de Hung Hom, le vent se chargeant ensuite de le dépouiller. Des vidéos partagées sur les réseaux sociaux montrent, outre certaines façades éventrées, de lourdes branches d’arbres volant comme des brins de paille, une immense grue tournant comme une girouette, un haut mur s’effondrant et quelques toits qui s’envolent. A l’œil nu, certains immeubles ont l’air d’osciller.
Dans quelques villages des nouveaux territoires – partie continentale du territoire de Hongkong –, plusieurs zones ont été entièrement inondées, les voitures flottant comme des bouteilles à la mer se heurtant aux murs des maisons. Plusieurs échafaudages se sont décomposés et partiellement effondrés dans les quartiers très populaires de Causeway Bay et de Kowloon.
Dans les différents ports de Hongkong, la situation était également chaotique. Dans le port d’Aberdeen, au sud de l’île, plusieurs jonques – de gros bateaux de plaisance – se sont décrochées de leurs anneaux, certaines ont coulé. « Il y a tellement de bateaux amarrés que très rapidement les plus mal préparés ont lâché et ont emporté leurs voisins avec eux. Certains sont allés s’écraser de l’autre côté de la baie », indique le courtier maritime Anthony Rendall, qui est resté à bord de son bateau à voile dont une partie du pont a été arrachée.
Dans le port chinois voisin de Shenzhen, des dizaines de conteneurs sont tombés à l’eau. La marée basse prévue en fin de journée devrait atténuer la montée des eaux dans le port et sur toutes les parties inondables du territoire.

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« Se préparer au pire »
Le trafic, quasiment inexistant, a été interrompu à plusieurs endroits névralgiques, certains ponts et tunnels ayant été bloqués par des débris. A l’aéroport de Hongkong, la plupart des vols ont été annulés et la compagnie aérienne Cathay Pacific a prévu l’annulation de plus de 400 vols sur les trois prochains jours.
L’œil du typhon est passé au plus près de Hongkong en début d’après-midi mais, selon les prévisions météo, la tempête devrait continuer à se faire sentir tout au long de la journée et une partie de la nuit de dimanche à lundi.
Hongkong est familier des typhons même si les supertyphons ou les alertes de niveau 10 restent exceptionnels. Depuis vendredi, les Hongkongais et les résidents de la côte du sud de la Chine ont été priés de « se préparer au pire » par les autorités. Tous les départements du gouvernement hongkongais ont activé leur plus haut niveau de plans d’urgence pour parer aux conséquences éventuelles. Les habitants de deux îles basses avaient été évacués samedi à titre préventif et plus de six cents personnes mal logées ont été accueillies dans des abris.
A Macao, à une heure de ferry sur l’autre rive du delta de la rivière des perles, où le supertyphon Hato avait fait douze morts en août 2017, le gouvernement a fait fermer tous les casinos samedi soir. En milieu de journée dimanche, les hôpitaux de Hongkong précisaient avoir traité 34 blessés. Même si certains experts parlent déjà de dizaines de milliards de dollars de dégâts, il est toutefois bien trop tôt pour évaluer l’ampleur des destructions.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-6"> ¤ Les anciens chefs du Shin Bet, la sécurité intérieure d’Israël, se sont engagés dans des camps diamétralement opposés.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-7"> ¤ Le président estime que la révision à la hausse du bilan humain de l’ouragan qui a frappé Porto Rico en 2017 ne peut être qu’un « complot » ourdi pour lui nuire.
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Article sélectionné dans La Matinale du 15/09/2018
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Président Trump, an II : l’infaillible (selon lui... et Fox News)

Le président estime que la révision à la hausse du bilan humain de l’ouragan qui a frappé Porto Rico en 2017 ne peut être qu’un « complot » ourdi pour lui nuire.



LE MONDE
 |    16.09.2018 à 06h38
 • Mis à jour le
16.09.2018 à 12h32
    |

            Gilles Paris (Washington, correspondant)








                        



                                


                            

La présidence Trump n’a pas de marche arrière. Même quand elle s’égare. Jeudi matin 13 septembre, alors que les Etats-Unis se préparent à l’arrivée de l’ouragan le plus menaçant de l’année – Florence – sur les côtes des Carolines, le locataire de la Maison Blanche décide de s’aventurer dans l’incertain.
Deux semaines plus tôt, une étude universitaire a révisé dramatiquement à la hausse le nombre de victimes du passage de l’ouragan Maria, en septembre 2017, sur le territoire associé de Porto Rico. Elle recense 2 975 morts, directes ou indirectes, au lieu des 64 qui tenaient alors de bilan. Une estimation tirée de la surmortalité constatée après la catastrophe qui a longtemps paralysé une île particulièrement défavorisée.
Une étude de Harvard, publiée en mai, avait abouti à des chiffres supérieurs. Le bilan d’août n’a pas été contesté, mais Donald Trump, soudain, en révèle la nature : il s’agit d’un complot ourdi « par les démocrates » avec pour objectif de « me faire apparaître sous le plus mauvais jour possible ».
La machine à distordre que le président a installé à la Maison Blanche se met en branle. Aucun responsable politique ne s’aventure à soutenir ce prurit révisionniste, mais Donald Trump peut compter sur ses relais au sein de la chaîne Fox News. Tour à tour, Ed Rollins, Lou Dobbs et Geraldo Rivera, des commentateurs conservateurs, étayent d’une manière ou d’une autre les récriminations du président. Leurs paroles sont partagées par ce dernier tard dans la soirée de vendredi, sur son compte Twitter. Un soubassement qui lui permet ensuite de répéter que « 3 000 PERSONNES TUEES », c’est « HORS DE QUESTION ! »

125 mensonges en 120 minutes
Depuis son entrée en politique, Donald Trump a souvent fait la preuve de son incapacité à détacher de sa personne l’exercice de l’Etat. Réviser à la hausse le bilan humain de Maria, c’est remettre en cause le « 10/10 » enfantin que le président s’était...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-8"> ¤ La défense anti-aérienne syrienne a riposté et abattu plusieurs missiles, selon l’agence Sana.
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L’aéroport international de Damas visé par des missiles israéliens, selon un média d’Etat syrien

La défense anti-aérienne syrienne a riposté et abattu plusieurs missiles, selon l’agence Sana.



LE MONDE
 |    15.09.2018 à 22h59
   





                        



   


L’agence de presse officielle syrienne Sana rapporte que des missiles israéliens ont ciblé samedi 15 septembre l’aéroport international de Damas, déclenchant une réponse de la défense anti-aérienne syrienne. « Notre défense anti-aérienne a répondu à une attaque israélienne au missile sur l’aéroport international de Damas et a abattu un certain nombre de missiles hostiles », selon une source militaire.
L’agence n’a pas fait état dans l’immédiat de victimes ou de dégâts, mais a diffusé une vidéo du système anti-aérien en train d’être déclenché. La vidéo montre une petite explosion lumineuse dans la nuit au-dessus de la ville.
Un correspondant de l’Agence France-Presse (AFP) a entendu samedi soir une très forte explosion, suivie par d’autres plus petites. Interrogée par l’AFP au sujet des allégations syriennes, une porte-parole de l’armée israélienne a affirmé ne pas commenter « ce genre d’information ».
200 frappes israéliennes en Syrie ces 18 derniers mois
Début septembre, dans une rare confirmation israélienne des opérations militaires en Syrie, un responsable avait affirmé que l’armée israélienne avait mené quelque 200 frappes dans ce pays ces 18 derniers mois, en visant principalement des cibles iraniennes.
Selon ce responsable israélien qui a requis l’anonymat, environ 800 missiles et bombes ont été lancés lors des frappes.
L’Iran, bête noire d’Israël, est un allié de poids du régime de Bachar Al-Assad dans sa guerre contre les rebelles et les djihadistes. L’Etat hébreu martèle qu’il ne lui permettra pas de se servir de la Syrie comme tête de pont contre lui.
Le 4 septembre, des avions militaires israéliens avaient tiré des missiles contre des « positions militaires iraniennes » dans l’ouest de la Syrie, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH) qui avait fait état de trois militaires syriens tués.
Déclenché en 2011 par la répression de manifestations prodémocratie par le régime, le conflit en Syrie s’est complexifié au fil des ans avec l’implication de pays étrangers et de groupes djihadistes, sur un territoire de plus en plus morcelé.
Il a fait plus de 360 000 morts et des millions de déplacés et réfugiés.

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Article sélectionné dans La Matinale du 15/09/2018
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A Munich, les conservateurs de la CSU veulent se démarquer de l’extrême droite

A un mois des élections régionales, les responsables de l’Union chrétienne-sociale ont choisi de lisser leur discours lors de leur congrès.



LE MONDE
 |    15.09.2018 à 20h48
 • Mis à jour le
16.09.2018 à 11h30
    |

            Thomas Wieder (Munich, envoyé spécial)








                        



   


Franz Josef Strauss est mort il y a trente ans. Mais celui que l’on surnommait le « taureau de Bavière », charismatique président de la très conservatrice l’Union chrétienne-sociale (CSU), sur laquelle il régna sans partage de 1961 à 1988, reste une référence indépassable dans ce Land du sud de l’Allemagne. Samedi 15 septembre, il était donc naturel que son lointain héritier, Markus Söder, ministre-président de Bavière, lui rende un hommage appuyé lors du congrès de la CSU organisé à Munich un mois avant les élections régionales du 14 octobre.
Dans son discours, M. Söder ne s’est pourtant pas contenté de saluer l’homme qui a fait entrer « l’Etat libre de Bavière » dans la « modernité », en la faisant passer de « l’âge rural » à « l’âge industriel », avant que ses successeurs n’en fassent « le Land le plus fort et le meilleur d’Allemagne », celui qui « produit les meilleures voitures du monde », celui qui a réussi l’alliance de « l’ordinateur portable et de la culotte de peau », bref, une région si « pleine de succès » que « tout le monde veut y venir ».
A la tribune, M. Söder est en effet allé plus loin. Comme il l’a rappelé, Franz Josef Strauss est aussi celui qui, dans les années 1980, avait déclaré qu’« il n’y a pas de place pour un parti démocratique à la droite de la CSU ». A l’époque, la phrase était dirigée contre les Republikaner, une petite formation qui tentait de tailler des croupières à la CSU sur sa droite, en s’adressant à ses électeurs déçus.

   


Or, trente ans plus tard, l’histoire se répète : avec le parti Alternative pour l’Allemagne (AfD), la CSU a un nouveau concurrent sur son flanc droit. Mais un concurrent autrement plus sérieux que les Republikaner, qui n’ont jamais dépassé les 2 % des voix, alors que l’AfD, elle, est créditée de 11 % à 15 % aux prochaines élections bavaroises, un an après avoir recueilli 12,4 % des suffrages aux législatives de septembre 2017.

        Lire le compte-rendu du tchat :
         

          Allemagne : « Indiscutablement, des tabous sur l’extrême droite sont brisés »



Changement de stratégie
Que faire pour endiguer la montée de l’AfD ? A un mois du scrutin, Markus Söder s’est donc souvenu du « dogme » de Franz Josef Strauss. Si « aucun parti démocratique » ne peut exister « à la droite de la CSU », c’est donc que l’AfD est, par nature, un parti antidémocratique.
C’est ce qu’il a martelé à Munich, en se référant pour cela aux récents événements de Chemnitz (Saxe), théâtre de violentes manifestations d’extrême droite depuis la mort d’un Allemand de 35 ans, poignardé en pleine rue, dans la nuit du 25 au 26 août, après une altercation avec des demandeurs d’asile.
Or à Chemnitz, a expliqué M. Söder, l’AfD « a manifesté côte à côte avec le [parti néonazi] NPD, [le mouvement islamophobe] Pegida et les hooligans ». Ce faisant, ce parti a montré sa « vraie nature », qui n’est pas de lutter pour la sécurité du pays mais d’œuvrer pour sa « déstabilisation ». Pour M. Söder, cela ne fait aucun doute : « Aujourd’hui, Franz Josef Strauss combattrait l’AfD. » Un message aux électeurs conservateurs qui pourraient être troublés par certaines affiches de l’AfD où apparaît le visage du « taureau de Bavière », accompagné de ce slogan : « Franz Josef Strauss voterait AfD. »

   


Quelle sera l’efficacité d’un tel discours ? Trop tôt pour le dire. En revanche, il est clair que cette offensive anti-AfD lancée par la CSU à un mois du scrutin résulte d’une prise de conscience : celle de l’échec de la stratégie suivie jusque-là par le parti conservateur bavarois et qui consistait, au contraire, à parler le moins possible de l’AfD tout en collant le plus possible à son discours, dans l’espoir que cela permettrait d’en limiter la montée.
Cette stratégie, décidée au lendemain des législatives de septembre 2017, a été sanctionnée dans les sondages : depuis le début de l’année, l’AfD a légèrement progressé, alors que la CSU, elle, a chuté de plus de cinq points. Une baisse qui s’explique en partie par le rejet suscité par sa course « à droite toute » auprès d’un électorat modéré qui, aujourd’hui, se dit prêt à voter pour d’autres, et notamment pour les Verts, crédités de 15 % à 17 % des voix dans les dernières enquêtes d’opinion, et qui pourraient s’imposer comme la deuxième force politique au Parlement régional.

        Lire la tribune :
         

          En Allemagne, « un niveau de coopération inédit entre les groupes d’extrême droite »



« Ordre » et « humanité »
C’est donc avec ce discours débarrassé des accents populistes de ces derniers mois que la CSU aborde cette fin de campagne. A Munich, M. Söder a ainsi soigneusement évité de dénoncer le « tourisme de l’asile », expression qu’il avait empruntée à l’AfD il y a quelque temps, préférant rendre hommage à « celles et ceux qui aident les réfugiés ». A la même tribune, deux heures avant lui, Horst Seehofer, le président du parti, nommé en mars ministre fédéral de l’intérieur, avait lui aussi choisi le même registre.

   


Vantant sa politique de fermeté, notamment sur les reconduites à la frontière de demandeurs d’asile sans autorisation de séjour, M. Seehofer s’en est tenu à un discours consensuel, expliquant que la politique migratoire devait être fondée sur « l’ordre » et « l’humanité », et que seule une « immigration contrôlée » pouvait permettre une « intégration réussie ».
On en aurait presque oublié que, dix jours plus tôt, le même M. Seehofer avait déclaré, dans une interview à la Rheinische Post, que « la question migratoire est la mère de tous les problèmes politiques du pays ».

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                A Chemnitz, des manifestations parallèles révèlent les deux visages de l’Allemagne



Accusé de complaisance à l’égard de l’extrême droite, notamment pour avoir déclaré que « s’il n’avait pas été ministre, il serait descendu dans la rue à Chemnitz », le ministre de l’intérieur a donc lui aussi tenu à lisser son discours : « Nous sommes libéraux et conservateurs. Nous avons toujours clairement mis une barrière entre nous et l’extrême droite. Nous n’avons aucune tolérance pour l’antisémitisme, la radicalité d’extrême droite, la haine des étrangers et la haine tout court », a-t-il insisté.
Un recentrage plutôt apprécié
Parmi les militants et les sympathisants du parti présents à Munich, samedi, ce recentrage semble avoir été plutôt apprécié. « Si la CSU veut rester un “parti populaire”, elle doit parler à tout le monde, et ne peut pas se contenter de parler à longueur de journée de l’immigration et de l’islam », commentait Ulrike, venue avec son mari de la région d’Ingolstadt, à une grosse heure de route de Munich. Un sentiment largement partagé par des militants lassés des passes d’armes incessantes entre M. Seehofer et la chancelière, Angela Merkel, qui ont marqué l’actualité des derniers mois.

   


C’est le cas d’Erich Winkler, adhérent de la CSU depuis 1982 et maire adjoint de Nersingen, une ville de 10 000 habitants située au bord du Danube, non loin du Bade-Wurtemberg. « Il y a eu des expressions malheureuses. Les gens se sont parfois demandé où était la CSU. Avec les discours d’aujourd’hui, on a une ligne claire. J’espère que cela va nous aider », expliquait cet élu local, convaincu qu’une campagne fondée sur la « réconciliation » et non sur la « provocation » est le meilleur moyen de « parler aux électeurs encore indécis », près d’un sur deux selon les enquêtes d’opinion.
Son pronostic ? « Dans les 40 % des voix. » Moins que la majorité absolue espérée il y a encore quelques mois et que la CSU n’a perdu qu’une fois en soixante ans au Parlement régional (entre 2008 et 2013). Mais mieux que les 35 % à 36 % des voix dont la créditent les derniers sondages.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-10"> ¤ Selon sa compagne, il va être transféré de Moscou à Berlin pour suivre un traitement.
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Piotr Verzilov, le membre des Pussy Riot qui aurait été empoisonné, a repris conscience

Selon sa compagne, il va être transféré de Moscou à Berlin pour suivre un traitement.



LE MONDE
 |    15.09.2018 à 20h09
   





                        



   


Piotr Verzilov, le membre des Pussy Riot hospitalisé à Moscou depuis mardi dans un état grave, a repris connaissance et va être transféré à Berlin pour y être soigné, a affirmé samedi 15 septembre sa compagne Veronika Nikoulchina, selon laquelle il a été « empoisonné ».
« Petya (Piotr) a repris conscience » mais souffre toujours d’hallucinations et de délires, a précisé la jeune femme, également membre de ce groupe punk contestataire, au site internet d’information Meduza.
Piotr Verzilov, 30 ans, qui a également la nationalité canadienne, a été hospitalisé mardi après une audition judiciaire puis placé deux jours plus tard en soins intensifs dans un hôpital réputé du centre de Moscou, l’Institut Sklifossovsky. Son état avait été qualifié vendredi de « grave » par cet établissement.
Aucune explication officielle
Selon Veronika Nikoulchina, mardi soir, Piotr Verzilov « a commencé à se sentir mal. Il a perdu la vue, sa vue s’est obscurcie ». Sa compagne avait affirmé dès vendredi à Meduza qu’il avait été empoisonné. « C’est vraiment un empoisonnement, avec quelque chose comme de l’atropine. Seulement, il est question ici d’un gros dosage », avait-elle dit.
Aucune explication sur la dégradation de son état de santé n’a en revanche été donnée de source officielle. Au Canada, le premier ministre Justin Trudeau s’est dit « préoccupé » par les informations le concernant.
Veronika Nikoulchina et Piotr Verzilov sont deux des quatre membres des Pussy Riot qui s’étaient introduits sur le terrain pendant la finale de la Coupe du monde de football, portant des uniformes de la police. Ils avaient été condamnés pour cela à 15 jours de détention.
Piotr Verzilov est aussi le fondateur du site internet MediaZona, qui informe sur les procès des défenseurs des droits de l’homme.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-11"> ¤ Le navire se dirige vers la Méditerranée centrale, où il sera le seul acteur humanitaire pour venir en aide aux migrants qui tentent de rejoindre l’Europe.
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L’« Aquarius » a quitté Marseille, les soutes pleines « pour pouvoir faire face à l’imprévu »

Le navire se dirige vers la Méditerranée centrale, où il sera le seul acteur humanitaire pour venir en aide aux migrants qui tentent de rejoindre l’Europe.



LE MONDE
 |    15.09.2018 à 19h16
 • Mis à jour le
16.09.2018 à 11h39
    |

            Julia Pascual








                        



   


L’Aquarius a enfin quitté le port de Marseille, samedi 15 septembre peu après 19 heures, mettant le cap sur la Méditerranée centrale. Lorsqu’il sera arrivé dans sa zone de patrouille, d’ici à plusieurs jours, le navire sera le seul acteur humanitaire présent au large de la Libye. Depuis février 2016, il a déjà secouru plus de 29 000 personnes en mer.
Frédéric Penard, le directeur des opérations pour SOS Méditerranée – l’ONG qui affrète le bateau aux côtés de Médecins sans frontières (MSF) –, se dit à la fois résolu et anxieux, alors que les Etats européens n’ont toujours pas trouvé d’accord pour permettre le débarquement des personnes sauvées en mer.

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                « Le Monde » remonte à bord du navire humanitaire « Aquarius »



Dans quel état d’esprit abordez-vous cette nouvelle mission de sauvetage en mer ?
Frédéric Penard : Notre état d’esprit est d’abord celui de la résolution. Il n’y a aucun bateau d’ONG en Méditerranée centrale ces jours-ci et nous avons le devoir d’être présents pour assister les personnes qui probablement, au moment où l’on parle, sont en train de tenter la traversée à bord d’embarcations qui ne sont pas faites pour ça.
Nous abordons aussi cette nouvelle mission avec un sentiment d’anxiété. La situation est bloquée, l’Europe n’a toujours pas trouvé les moyens de s’organiser pour respecter les conventions maritimes et faire en sorte que les gens soient débarqués dans un port sûr.
Et pour nous, la question du lieu de débarquement des personnes secourues en mer va se poser à nouveau. On se prépare à des difficultés et à des périodes de « stand-by » en mer. Les soutes sont pleines pour pouvoir faire face à l’imprévu. Les équipes partent sans savoir vraiment si elles auront le droit de faire leur travail de marin et simplement sauver des gens sans que personne n’y trouve à redire.
Quelles sont les informations dont vous disposez sur la situation actuelle au large de la Libye ?
Le contexte libyen de ces dernières semaines et l’absence d’acteur civil et indépendant en mer font qu’on a beaucoup de mal à obtenir des informations sur les traversées. C’est une des premières fois qu’on est à ce point dans le brouillard. On a du mal à se rendre compte du nombre de départs, de naufrages.
Et c’est aussi le rôle de l’Aquarius, celui d’être un bateau témoin. On ne veut pas que cette tragédie soit oubliée simplement parce que personne n’est là pour la raconter.

   



        Lire aussi la tribune :
         

          « L’“Aquarius” est le symbole du naufrage de l’Europe politique »



Vous serez désormais le seul navire humanitaire en Méditerranée centrale. Vous avez été jusqu’à dix à une époque. Est-ce que cela marque la fin de quelque chose ?
Je ne pense pas que ce soit la fin de quelque chose. J’aimerais que cette absurdité soit, au contraire, le début d’un réveil des Etats européens.
Les ONG sont ici dans une forme de compensation des défaillances des Etats qui ne prennent pas au sérieux ce qui se passe à leur frontière sud, dans cette Méditerranée commune. Certes, le nombre de départs en Méditerranée centrale a énormément baissé depuis quelques mois et d’ailleurs nous ne souhaitons pas que les gens prennent la mer, compte tenu du risque qu’ils y encourent. Mais nous savons que des milliers de gens sont encore coincés en Libye et il est probable qu’ils continuent d’avoir besoin de quitter le pays.
Monter sur un bout de plastique, faire des dizaines de milles marins, risquer de couler à tout moment, personne ne le fait de gaîté de cœur, c’est vital. Et tant qu’il y aura des gens qui se mettront en danger, il faut qu’il y ait des secours pour leur prêter assistance.
L’Autriche a récemment suggéré de « trier » les migrants en mer, c’est-à-dire à bord des bateaux. Que vous inspire ce genre de propositions ?
Les gens méconnaissent le droit maritime. Il est clair, précis, ratifié par tous les Etats de l’Union européenne. Le capitaine d’un navire doit porter assistance à tout être humain sans autre considération. Dans la tête d’un capitaine, il n’y a pas de migrant et de non-migrant, de demandeur d’asile légitime ou non légitime. Il y a des gens en détresse qu’il faut secourir.
Politiser les navires est inacceptable, car cela freinerait notre devoir de sauvetage. Décider si les gens relèvent ou pas de l’asile doit être fait par des gens compétents, dans un port sûr, où la réalité des histoires et des besoins de protection pourra être étudiée sérieusement et prise en compte. L’Aquarius, c’est 77 mètres de long et aucun espace de confidentialité, donc même d’un point de vue logistique, ce serait impossible. De toute façon, le droit l’interdit.

   



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                Migrants : l’« Aquarius », un défi pour l’Europe






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-12"> ¤ Environ 150 personnes ont pris part, samedi, à une opération de nettoyage organisée dans le cadre du World CleanUp Day.
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« Sous les déchets, la plage » : des Français au secours des rivages de Hongkong

Environ 150 personnes ont pris part, samedi, à une opération de nettoyage organisée dans le cadre du World CleanUp Day.



LE MONDE
 |    15.09.2018 à 17h23
 • Mis à jour le
16.09.2018 à 12h08
    |

            Frédéric Lemaître (Hongkong, envoyé spécial)








                        



   


A Hongkong, la présence de soixante-huitards ne saute pas vraiment aux yeux. Pourtant, l’association qui a réussi à mobiliser, samedi 15 septembre, environ 150 personnes malgré des températures supérieures à 30 degrés porte un nom qui évoque davantage la Sorbonne que les marchés financiers qui font la fortune de la ville : « Sous les déchets, la plage ».
Créée par quatre Français à la fin de 2016, cette association a tenu à participer au World CleanUp Day – une opération mondiale et citoyenne de nettoyage de la planète – même si, en raison des menaces que fait peser le supertyphon Mangkhut, les organisateurs ont réduit leurs ambitions.
Un petit coin de paradis
« Nous devions nettoyer deux plages, mais la seconde nécessitait de marcher quarante minutes. Or, en cas d’alerte, nous n’avons qu’une heure pour nous mettre à l’abri. Nous n’avons pas voulu prendre le moindre risque », explique une des fondatrices de l’association, Julie Metta, ingénieure en économies d’énergie devenue, à 26 ans, l’une des spécialistes reconnues de l’économie circulaire en Asie.
En deux heures, les 150 volontaires, souvent venus en familles ou entre amis, ont rempli 70 sacs de déchets, soit environ 800 kg, et rendu sa dignité à l’une des plages de Shek-O, un petit coin de paradis, notamment pour les surfeurs, situé au sud-est de l’île, à une vingtaine de kilomètres des gratte-ciel et de la célèbre baie. Autant de déchets que le typhon aurait sans doute rejetés dans la mer quelques heures plus tard.
« C’est notre quatrième action. Le succès de la première, en mars, avait été spectaculaire. Nous étions 800 et avions ramassé huit tonnes de déchets sur vingt-quatre plages différentes. Mais, maintenant, nous insistons davantage sur l’aspect pédagogique, en triant les déchets, en les recyclant et en en relevant les marques pour en connaître l’origine. Nous cherchons également à mobiliser les Hongkongais », explique Yves Bernard, un autre bénévole.
Les sept millions de Hongkongais se sentent, en effet, peu concernés par le sujet. Moins de 5 % des déchets ménagers sont d’ailleurs recyclés. La saleté des plages ? « C’est ce que nous envoient les Chinois », répondent-ils souvent.
Ce n’est que partiellement vrai. Trahies par leurs étiquettes, les centaines de bouteilles plastique ramassées samedi le prouvent : une bonne partie vient de Hongkong.
Difficile de sensibiliser les Hongkongais
Si le consulat de France et le lycée français ont soutenu l’association dès le départ, des entreprises comme HSBC, BNP Paribas ou Carrefour sont désormais parties prenantes et en profitent pour mobiliser leurs équipes. Sur les 150 salariés de Carrefour Hongkong, trente se sont inscrits ; essentiellement des Français. « On a du mal à sensibiliser les Hongkongais, surtout un samedi matin », reconnaît Elodie Lebon, responsable du packaging, un poste évidemment stratégique pour le développement durable.
« Nous avons décidé de ne plus vendre de pailles en plastique. Un produit qui figure pourtant au top des ventes. Surtout, nous venons de réunir cent de nos fournisseurs chinois de jouets pour limiter au maximum l’usage du plastique dans les emballages. Nous les avons sensibilisés en leur projetant le film Plastic Océan », détaille cette jeune femme en enfilant ses gants de protection. « Hongkong nous donne beaucoup. Nous voulons aussi montrer que nous lui en sommes reconnaissants et que nous essayons de lui rendre ce que l’on peut », explique Guillaume Loeuille, un des responsables de la salle des marchés de HSBC, venu en famille et avec près de la moitié de son équipe.
Même si les Hongkongais étaient moins d’une trentaine, Julie Metta se veut optimiste : « Politiquement, il n’y a pas de mouvement écologique à Hongkong. Mais la société commence à bouger. Les déchets de certains marchés alimentaires sont récupérés et transformés en savon. Un designer ne travaille qu’à partir de produits recyclés. Il transforme par exemple des bouts de moquette en sacs à dos. Et si, à Hongkong, manger bio coûte très cher, on commence à voir des agriculteurs élever des poulets et mêmes des porcs bio. »
Comme en 2017, l’association lancera une nouvelle opération « Plage propre » avant les fêtes de fin d’année, avec cette fois comme slogan : « Le père Noël n’est pas une ordure. »




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-13"> ¤ L’Eglise catholique n’en finit plus d’être secouée, partout dans le monde, par de nouveaux scandales de pédophilie couverts par la hiérarchie.
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Aux Pays-Bas, l’Eglise catholique entachée par des révélations d’agressions sexuelles

L’Eglise catholique n’en finit plus d’être secouée, partout dans le monde, par de nouveaux scandales de pédophilie couverts par la hiérarchie.



LE MONDE
 |    15.09.2018 à 17h06
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16.09.2018 à 11h45
   





                        



   


« Aux Pays-Bas aussi, les cardinaux et les évêques ont couvert des agressions sexuelles. » Plus de la moitié des évêques et cardinaux néerlandais actifs entre 1945 et 2010 ont eu connaissance d’agressions sexuelles commises au sein de l’Eglise catholique néerlandaise, a révélé, samedi 15 septembre, le quotidien de référence NRC. L’Eglise catholique n’en finit plus d’être secouée, partout dans le monde, par de nouveaux scandales de pédophilie couverts par la hiérarchie, au nom de la protection de l’institution. 
« Vingt des trente-neuf cardinaux, évêques et évêques auxiliaires néerlandais ont été impliqués dans des affaires d’abus dans l’Eglise catholique entre 1945 et 2010 », affirme le NRC. « Quatre d’entre eux ont abusé d’enfants et seize autres ont permis le transfert de prêtres pédophiles susceptibles de faire de nouvelles victimes dans d’autres paroisses », poursuit le journal.

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Contactée par l’AFP, l’Eglise catholique néerlandaise a pu « confirmer une partie » de ces révélations, l’autre étant basée sur des informations anonymes relayées par la cellule d’accueil des victimes mise en place par l’Eglise.
« Les noms de plusieurs évêques correspondent à ce que dit un rapport commandité par l’Eglise en 2010 », a déclaré une porte-parole de l’Eglise catholique néerlandaise, Daphne Van Roosendaal. Les évêques cités sont, cependant, morts pour la plupart et les cas sont tous prescrits, a-t-elle ajouté. Aucun des évêques mis en cause par l’enquête du journal n’est encore actif. Ceux encore en vie n’ont pas souhaité réagir, a précisé le journal.

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-14"> ¤ Ce vote ouvre la voie à la formation d’un gouvernement, plus de quatre mois après les élections législatives.
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En Irak, le Parlement élit son nouveau président et amorce une sortie de crise

Ce vote ouvre la voie à la formation d’un gouvernement, plus de quatre mois après les élections législatives.



LE MONDE
 |    15.09.2018 à 15h08
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15.09.2018 à 15h11
   





                        



   


Le Parlement irakien a élu à sa présidence, samedi 15 septembre, le candidat soutenu par la liste pro-Iran. Alors que le pays est paralysé depuis les élections législatives de mai, ce vote va concrétiser les alliances qui se sont formées au sein de l’Assemblée et ouvrir la voie à la formation d’un gouvernement
L’Irak a un système proportionnel, qui vise à éviter tout retour à la dictature. Les listes élues lors des législatives du 12 mai doivent se regrouper en coalitions. Le bloc qui comptera le plus de députés pourra désigner un premier ministre et présider à la formation du futur gouvernement.
Le bloc pro-Iran, emmené par l’Alliance de la Conquête d’Hadi Al-Ameri – une coalition d’anciens combattants antidjihadistes proches de l’Iran – a semblé prendre l’ascendant avec l’élection de son candidat. Ses alliés pourraient être connus lors de l’élection plus tard samedi des deux adjoints de Mohammed Al-Halboussi.
Dans un système qui réserve traditionnellement le poste de président du Parlement à un sunnite – et de ses adjoints à un chiite et à un Kurde –, de président de la République à un Kurde et de premier ministre, qui exerce véritablement le pouvoir exécutif, à un chiite, les tractations sont toutes liées. Et les coalitions de listes, qui toutes tentent de regrouper chiites, sunnites et Kurdes pour former le plus grand groupe, doivent se mettre d’accord pour élire des candidats à ces trois postes.

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-15"> ¤ Devant une foule de 100 000 personnes, François a rendu hommage, samedi, à un prêtre italien assassiné il y a vingt-cinq ans par la mafia sicilienne.
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« Qui est mafieux ne vit pas en chrétien », proclame le pape à Palerme

Devant une foule de 100 000 personnes, François a rendu hommage, samedi, à un prêtre italien assassiné il y a vingt-cinq ans par la mafia sicilienne.



LE MONDE
 |    15.09.2018 à 15h01
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15.09.2018 à 15h15
   





                        



   


« On ne peut pas croire en Dieu et être mafieux. Qui est mafieux ne vit pas en chrétien, car il blasphème avec sa vie le nom de Dieu-amour », a déclaré le pape, samedi 15 septembre, dans une homélie en plein air à Palerme en Italie. Devant une foule de 100 000 personnes, le souverain pontife a rendu hommage à un prêtre assassiné il y a vingt-cinq ans par la mafia sicilienne pour avoir cherché à arracher à son emprise des jeunes d’un quartier défavorisé.
« Aujourd’hui, nous avons besoin d’hommes et de femmes d’amour, non d’hommes et de femmes d’honneur, de service et non d’abus », a-t-il plaidé depuis le chef-lieu de la Sicile, rappelant son appel aux mafieux : « Changez ! Arrêtez de penser à vous-mêmes et à votre argent, convertissez-vous ! » En 1993, le pape Jean Paul II avait lui aussi demandé aux mafieux de Cosa Nostra de « se convertir ». Les parrains siciliens avaient répondu deux mois plus tard par des attentats contre deux églises romaines.
Le pape François a aussi intimé aux Siciliens d’agir, sans tout attendre de la société, sans fuir leurs propres responsabilités. « Aujourd’hui, choisissons-nous aussi une belle vie ! », a-t-il dit.

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Excommunication de mafieux
La messe était consacrée samedi au prêtre des pauvres Giuseppe Puglisi, surnommé le « premier martyr de Cosa Nostra », qui fut tué sur ordre de cette mafia sicilienne d’une balle dans la nuque le 15 septembre 1993, jour de ses 56 ans. « Je vous attendais », aurait-il dit, avec un sourire, avant de mourir sur le seuil du modeste immeuble où il était né.
Le prêtre « ne vivait pas pour se montrer, ne vivait pas d’appels antimafia, au contraire il se contentait de ne rien faire de mal, mais de semer le bien, tant de bien », s’est exclamé le pape samedi à Palerme. « Don Pino savait ce qu’il risquait, mais il savait surtout que le vrai danger dans la vie est de ne pas prendre de risques et de vivoter », a-t-il estimé. En 2012, Benoît XVI l’a reconnu « martyr » et en mai 2013, Don Pino avait été béatifié à Palerme.
Depuis son élection, François s’est attaqué frontalement aux mafieux, souvent pratiquants et bienfaiteurs des paroisses. Dans la catholique Naples, le fief de la Camorra, il avait condamné en 2015 les organisations qui « exploitent et corrompent les jeunes, les pauvres et les défavorisés ». « Comme un animal mort pue, la corruption pue, la société corrompue pue et un chrétien qui fait entrer en lui la corruption pue », avait-il lancé dans la banlieue misérable de Scampia, gangrenée par la Camorra.
En Calabre, dix mois plus tôt, il avait appelé les catholiques à « combattre » l’ultra-puissante ’Ndrangheta. « Ceux qui dans leur vie ont choisi cette voie du mal, comme les mafieux, ne sont pas en communion avec Dieu, ils sont excommuniés », avait-il déclaré.
L’excommunication est la peine la plus sévère envisagée par l’Eglise catholique à l’encontre de ses membres. Des évêques locaux ont déjà excommunié des mafieux, mais le Vatican envisage de se doter d’un document juridique d’une valeur universelle pour excommunier les mafieux, quel que soit leur pays d’appartenance.

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-16"> ¤ Tribune. Après l’incendie du musée de Rio, le 2 septembre, une question se pose : quel avenir pour la recherche dans les musées ?
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Le Musée national de Rio n’est pas un modèle dépassé

Tribune. Après l’incendie du musée de Rio, le 2 septembre, une question se pose : quel avenir pour la recherche dans les musées ?



LE MONDE
 |    15.09.2018 à 14h00
   





                        



                                


                            
Par Frédéric Keck
C’est avec sidération que nous avons regardé les images du Musée national de Rio en flammes, puis celles des murs calcinés du palais où avait disparu la quasi-totalité de la plus grande collection d’histoire naturelle de l’Amérique du Sud. Eduardo Viveiros de Vastro, anthropologue mondialement connu dont la carrière s’est entièrement déroulée dans le Musée ­national, a décrit ces ruines comme un « Ground Zero » dans lequel se réfléchissent les autres désastres qui affectent la nation brésilienne.
La destruction du lieu, même si elle est due à un incendie accidentel, a en effet une signification politique et écologique : c’est une partie de la mémoire de la diversité du Brésil qui s’est volatilisée, avec ses langues ­documentées dans la bibliothèque, ses objets fabriqués par les populations autochtones, ses spécimens d’espèces animales et végétales aujourd’hui disparues. Au-delà de l’émotion causée par cette perte inestimable, que penser des images de cette catastrophe ?
Commençons par détourner légèrement la focale. En se déplaçant du quartier pauvre et désaffecté de Sao Cristovao qui entoure le ­Musée national de Rio vers la zone portuaire en cours de rénovation, on découvre un ­musée entièrement nouveau, le Musée de ­demain. Dilma Rousseff a inauguré en 2015 ce bâtiment ambitieux et coûteux, alors qu’aucun président du Brésil ne s’est rendu au Musée national depuis 1960. Les visiteurs se pressent pour y voir des expositions numériques sur l’avenir de la planète, mais aucune collection n’y est conservée. Par contraste, faudra-t-il ­appeler le Musée national, que le gouvernement brésilien a promis de reconstruire, le « musée du passé » ?

Des chercheurs parmi les meilleurs
Le bâtiment qui abritait le Musée national était en effet le palais dans lequel vivait l’empereur du Brésil au XIXe siècle. Passionné d’histoire naturelle, correspondant de Darwin et de Pasteur, il se faisait...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-17"> ¤ Dans cette province, première à avoir embrassé la lutte armée, puissances extérieures et acteurs locaux se préparent à la confrontation.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-18"> ¤ Après la démission de la ministre de la santé, accusée d’avoir plagié son mémoire de master, le président du gouvernement espagnol a dû prouver qu’il avait rédigé sa thèse universitaire lui-même.
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En Espagne, Pedro Sanchez en difficulté

Après la démission de la ministre de la santé, accusée d’avoir plagié son mémoire de master, le président du gouvernement espagnol a dû prouver qu’il avait rédigé sa thèse universitaire lui-même.



LE MONDE
 |    15.09.2018 à 11h01
 • Mis à jour le
16.09.2018 à 17h04
    |

            Sandrine Morel (Madrid, correspondance)








                        



                                


                            

Depuis deux jours, plusieurs médias de droite, relayés par le parti libéral Ciudadanos et le Parti populaire (PP, droite), l’accusaient d’avoir plagié sa thèse universitaire, voire de ne pas l’avoir rédigée en personne. Le chef du gouvernement espagnol, Pedro Sanchez, a finalement décidé de couper court à la polémique en rendant accessible, en ligne, l’intégralité de la publication controversée, vendredi 14 septembre.
La conclusion est sans appel. Au pire, la thèse de M. Sanchez, portant sur « l’innovation de la diplomatie économique espagnole » et présenté devant un jury de l’université privée Camilo José Cela en 2012, peut être qualifiée de « médiocre » ou de « faible », comme l’ont estimé plusieurs universitaires interrogés par la presse espagnole. Mais, après analyse par des logiciels spécialisés, elle ne peut être considérée comme le fruit d’un « plagiat », comme l’avait pourtant assuré le quotidien de la droite monarchique ABC le 13 septembre. Aucun élément n’a non plus accrédité l’idée que le texte ait pu être écrit par un autre économiste, comme l’avait affirmé la veille le site d’information Okdiario.
« Toute cette affaire revient à une tentative de faire du bruit et d’abattre le gouvernement », a tranché la porte-parole de l’exécutif espagnol, Isabel Celaa, vendredi, en conseil des ministres. Visiblement en colère, la ministre de l’éducation a estimé que le PP et Ciudadanos doivent « demander pardon » à M. Sanchez, tout en assurant, sur un ton vindicatif, que « le gouvernement va très bien » et est « plein d’énergie ».
Succession de déboires
Cependant, la polémique sur sa thèse n’est que le dernier épisode d’une série de crises et de déboires qui n’ont cessé de mettre à l’épreuve la solidité et la crédibilité du gouvernement socialiste tout au long de la semaine.
Le 11 septembre, la ministre de la santé, Carmen Monton, a dû démissionner après deux...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-19"> ¤ A quai depuis le 27 août à Marseille, le navire humanitaire prépare une nouvelle opération de sauvetage en mer.
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L’« Aquarius » se prépare à reprendre le large

A quai depuis le 27 août à Marseille, le navire humanitaire prépare une nouvelle opération de sauvetage en mer.



LE MONDE
 |    15.09.2018 à 10h59
    |

            Julia Pascual








                        



   


Niché dans une darse, non loin des imposants ferries qui relient la Corse, surplombé par la grande tour de la compagnie CMA-CGM, l’Aquarius mouille discrètement dans le port autonome de Marseille. A quai depuis le 27 août, le bateau affrété par les ONG SOS Méditerranée et Médecins sans frontières (MSF) s’apprête à repartir en mer pour une nouvelle opération de recherche et de sauvetage de migrants au large de la Libye. Il sera alors le seul navire humanitaire à patrouiller en Méditerranée centrale.

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D’ordinaire, l’escale entre deux missions n’excède pas quelques jours, le temps de procéder au changement d’équipe, au ravitaillement et aux opérations de maintenance. Plusieurs semaines se sont écoulées cette fois, en raison notamment d’un changement de pavillon.
Des navires entravés dans leurs actions
Depuis que l’Italie et Malte ont refusé, en juin, d’ouvrir leurs ports aux migrants secourus en mer, les navires des ONG ont été entravés dans leurs actions. Certains sont toujours bloqués dans le port de Malte. Outre le fait qu’il ait dû renoncer à son traditionnel port d’attache en Sicile, l’Aquarius s’est vu pour sa part retirer son pavillon par Gibraltar. Il arbore désormais les couleurs du Panama et Aquarius 2 a été inscrit à la peinture blanche sur sa coque orange.
« Le changement de pavillon est l’une des raisons pour lesquelles nous avons passé plus de temps à quai, dit Nick Romaniuk, le responsable des recherches et des opérations de secours de l’Aquarius. Une partie de l’équipage a notamment dû suivre des modules de formation à la sécurité en mer. »

   


L’escale à Marseille a également été affectée par des soucis techniques. « Comme tous les chantiers, il comporte des aléas », explique Edouard Courcelle, responsable de la logistique à bord pour MSF. Dans une coursive du bateau, une liste de tâches est tenue à jour pour l’équipe de SOS Méditerranée, qui gère tout ce qui a trait aux opérations de secours en mer. Nick Romaniuk explique :
« On fait beaucoup de maintenance. Nous reconditionnons par exemple les gilets de sauvetage, de façon à pouvoir les sortir des sacs cinq par cinq rapidement lors d’une opération. Tout notre équipement est nettoyé, testé, rangé. Cette fois, nous avons notamment dû changer un semi-rigide de sauvetage et réadapter son berceau sur le pont. »
Au son du groupe de rock Creedence Clearwater Revival, les équipes des deux ONG se sont rassemblées pour former une chaîne humaine sur le bateau. Le ravitaillement en nourriture est arrivé et il faut monter à bord des packs de bouteilles d’eau et des cartons de viande, des kilos de sucre, des sacs de carottes et autres cageots de pommes. De quoi nourrir l’équipage de marins et les deux équipes d’humanitaires, soit une quarantaine de personnes. « Au départ, on prévoyait des quantités pour trois semaines de rotation mais maintenant, à cause de l’incertitude des débarquements, on monte jusqu’à quatre semaines », rapporte Nick Romaniuk.
Neuf massages cardiaques simultanément
Les jours qui précèdent le départ en mer sont aussi mis à profit pour des entraînements à la manipulation des brancards ou aux premiers soins. « Les nouveaux comme les anciens voient les procédures de sauvetage et les plans d’urgence pour que cela devienne un automatisme », dit Nick Romaniuk.

   


Dans la langue véhiculaire à bord — l’anglais —, Carlos Jaramillo, le médecin de MSF, présente ce matin-là les premiers gestes de secours. On apprend comment vérifier qu’une personne est en vie et qu’un massage cardiaque doit se faire au rythme de 120 compressions par minute, soit celui d’un tube des Bee Gees : « Ah, ah, ah, ha, stayin’ alive, stayin’ alive… », illustre Carlos Jaramillo sur un mannequin.
Chacun doit pouvoir simuler une réanimation, car l’équipe de MSF ne compte que quatre personnes ayant des compétences médicales. Lors d’un sauvetage en janvier, les membres des deux ONG se sont retrouvés à réaliser neuf massages cardiaques simultanément. Sept personnes ont pu ainsi être réanimées.
« Début septembre, plus de cent personnes se sont noyées au large de la Libye »
Le lendemain, Catherine Flanigan, infirmière à MSF, PowerPoint à l’appui, rappelle la procédure à observer lorsqu’un nombre important de personnes secourues se trouve dans un état critique. « Il peut s’agir d’arrêts cardiaques, de brûlures, d’hypothermie, de déshydratation, liste-t-elle. C’est toujours un peu le chaos, mais on essaye de se préparer. » Les rôles sont répartis, chaque espace du bateau assigné à une fonction, à l’image d’un petit hôpital de campagne.
A la veille du départ, les équipes commencent à s’impatienter. Cela fait plusieurs semaines qu’elles vivent à bord, au rythme d’un équipage en mer, sans avoir quitté encore le port de Marseille. « Evidemment, on ressent de la frustration, reconnaît Nick Romaniuk. Nous sommes là pour sauver des vies en mer et on a encore vu que début septembre, plus de cent personnes se sont noyées au large de la Libye. » Le départ est prévu pour ce week-end.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-20"> ¤ Des milliers de protestataires ont investi les rues de la dernière enclave de la rébellion, dans le nord de la Syrie, soumise aux bombardements depuis sept ans.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-20"> ¤                     
                                                

Syrie : manifestations de masse à Idlib avant l’offensive du régime Assad

Des milliers de protestataires ont investi les rues de la dernière enclave de la rébellion, dans le nord de la Syrie, soumise aux bombardements depuis sept ans.



LE MONDE
 |    15.09.2018 à 10h48
 • Mis à jour le
15.09.2018 à 12h05
    |

            Benjamin Barthe (Beyrouth, correspondant) et 
Madjid Zerrouky








                        



   


Des dizaines de milliers de partisans de la révolution syrienne ont manifesté, vendredi 14 septembre, dans les villes et les villages de la province d’Idlib, l’ultime fief de la rébellion, menacée par une offensive généralisée du régime Assad et de son allié russe.
Les protestataires ont afflué en masse dans les rues à la sortie de la prière, scandé des slogans hostiles au pouvoir syrien et agité l’étendard vert, blanc et noir de la révolte, dans des scènes réminiscentes des premiers mois du soulèvement, avant qu’il ne vire à la guerre civile. L’ampleur de la mobilisation a surpris dans cette région, qui en plus d’être soumise depuis sept ans aux bombardements de l’aviation syrienne, vit sous la coupe de groupes armés souvent radicaux, en particulier Tahrir Al-Sham (HTS), dirigé par l’ex-branche d’Al-Qaida en Syrie.
« Nous ne négocierons jamais, nous ne nous réconcilierons jamais avec ce criminel de Bachar Al-Assad », martèle Rania Kisar, une militante syro-américaine, dans une vidéo diffusée sur Facebook, tournée à Maarat Al-Nouman, une ville du sud de la province. « Ecoutez la voix du peuple, ajoute la jeune femme, filmée sur un pont, surplombant une route noire de manifestants. Nous voulons tous que Bachar parte. Peu importe le nombre d’entre nous qu’il tue. Nous ne nous rendrons jamais. »
« Il n’y a pas d’alternative à la chute du régime, approuve Mustafa Al-Abdallah, le directeur d’une petite agence de communication, joint par WhatsApp. Nous sommes venus redire notre foi dans la révolution. Staffan de Mistura peut raconter ce qu’il veut, nous ne bougerons pas d’ici », ajoute-t-il en référence à la récente proposition de l’envoyé spécial de l’ONU d’assurer l’évacuation hors d’Idlib des civils qui le veulent.

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Un appel à l’Occident et à la Turquie
Mais davantage qu’au dictateur syrien, qui est en passe de remporter la guerre, cette démonstration de force s’adressait aux capitales occidentales et à la Turquie voisine, les seules forces susceptibles de dissuader Moscou de passer à l’attaque. « Il est très important de rappeler au monde qu’Idlib ne se réduit pas à Tahrir Al-Cham, explique Ahmed Mohamed, un journaliste. Il y a des civils ici, trois millions de civils, qui sont à bout de forces. »
Dans les rassemblements, beaucoup de participants brandissaient le drapeau turc, en plus de celui de la révolution, en signe de soutien aux efforts déployés par Ankara pour trouver une issue à la crise. Après avoir rencontré ses homologues russe, Vladimir Poutine, et iranien, Hassan Rohani, à Téhéran vendredi 7 septembre, le président turc, Recep Tayyip Erdogan, doit revoir le chef du Kremlin ce lundi.

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La Turquie redoute qu’en cas d’offensive, des milliers de Syriens n’affluent sur son territoire, où vivent déjà 3,5 millions de réfugiés, chassés par les combats. « Idlib est au bord d’une nouvelle crise. Nous travaillons d’arrache-pied avec la Russie, l’Iran et nos alliés à la paix et à la stabilité dans la région, pour qu’une tragédie humanitaire soit évitée », a déclaré mercredi soir le ministre turc de la défense.
« C’était une manifestation contre le régime, mais c’était aussi un avertissement envoyé à HTS », Ahmed Mohamed, journaliste
Alors que la semaine passée, les djihadistes avaient dispersé plusieurs manifestations de ce genre, mais de plus petite taille, cette fois-ci ils ne sont pas intervenus, même dans la ville d’Idlib, qui est leur fief. Selon une directive interne de l’appareil de sécurité de HTS, à laquelle Le Monde a eu accès, l’organisation a jugé préférable de faire profil bas, pour des raisons d’image et parce que les slogans du jour ne la visaient pas, ce qu’elle redoutait. Ses hommes ont reçu la consigne de ne pas tirer en l’air, même s’ils ont infiltré les rassemblements, pour s’assurer que le drapeau noir du mouvement ne soit pas brûlé.
La très forte participation a sûrement aussi dissuadé les extrémistes de jouer les gros bras, ce dont les révolutionnaires se félicitent. « C’était une manifestation contre le régime, mais c’était aussi un avertissement envoyé à HTS, dit Ahmed Mohamed. La prochaine manifestation, elle sera peut-être contre eux. »

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          Idlib : les enjeux d’une bataille décisive






                            


                        

                        

