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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-1"> ¤ En mai, Emmanuel Macron avait fait part de sa volonté de supprimer cet impôt, envoyant selon lui un signal « négatif » pour l’attractivité de la France.
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L’« exit tax » sera remplacée par un « dispositif plus ciblé », annonce Bercy

En mai, Emmanuel Macron avait fait part de sa volonté de supprimer cet impôt, envoyant selon lui un signal « négatif » pour l’attractivité de la France.



LE MONDE
 |    15.09.2018 à 16h07
 • Mis à jour le
15.09.2018 à 16h21
   





                        



   


L’« exit tax », cet impôt destiné à freiner l’exil fiscal dont Emmanuel Macron avait annoncé en mai la suppression, sera remplacée par un « dispositif plus ciblé », recentré sur les cas d’optimisation fiscale, a annoncé Bercy, samedi 15 septembre. « L’exit tax telle qu’elle est aujourd’hui sera supprimée », a déclaré le ministère de l’économie et des finances, défendant ainsi la promesse faite par le président. Les Echos, qui ont révélé l’affaire samedi, écrivent que « l’exécutif renonce à supprimer l’exit tax ».
Le nouveau « dispositif anti-abus » ciblera les cessions de patrimoine intervenant jusqu’à deux ans après un départ de France, contre jusqu’à quinze ans à l’heure actuelle, a détaillé à l’AFP un porte-parole du ministère.
L’« exit tax » avait été instaurée en 2011 par Nicolas Sarkozy avec pour objectif de freiner l’exil fiscal, notamment d’entrepreneurs. Cet impôt porte sur les plus-values latentes de contribuables qui décident de transférer leur domicile à l’étranger, en cas de cession effective de leur patrimoine en France, dans un délai de quinze ans après leur départ.

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                Qu’est-ce que « l’exit tax », que Macron souhaite supprimer ?



« Casse-tête administratif »
Seules les personnes ayant passé au moins six ans en France, et détenant un patrimoine en actions et obligations supérieur à 800 000 euros ou au moins 50 % du capital d’une entreprise, sont concernées par ce dispositif.
C’était cependant un « casse-tête administratif pour les contribuables », obligés de constituer des garanties auprès d’un comptable public et de faire des déclarations annuelles au fisc français pendant cette longue période après leur départ, a fait valoir le porte-parole de Bercy. Avec le nouveau dispositif, cette constitution de garanties « n’existera que pour les personnes qui partent dans un pays sans convention d’assistance fiscale de recouvrement avec la France », a-t-il ajouté.
Dans un entretien en mai au magazine américain Forbes, Emmanuel Macron avait fait part de sa volonté de supprimer cet impôt, qui envoyait selon lui un signal « négatif » pour l’attractivité de la France. Le rendement de cet impôt n’est « pas particulièrement intéressant pour les finances publiques », avait-il justifié.

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                Nouveau rebondissement dans la querelle de chiffres autour de l’exit tax






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-2"> ¤ Thomas Coutrot et Aurélie Trouvé, de l’association Attac, dénoncent dans une tribune au « Monde » le cynisme d’une classe dirigeante qui annonce elle-même l’inéluctabilité du prochain krach financier, dont elle est pourtant responsable.
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Dix ans après Lehman Brothers : « Nous n’avons plus le luxe d’attendre la prochaine crise »

Thomas Coutrot et Aurélie Trouvé, de l’association Attac, dénoncent dans une tribune au « Monde » le cynisme d’une classe dirigeante qui annonce elle-même l’inéluctabilité du prochain krach financier, dont elle est pourtant responsable.



LE MONDE
 |    15.09.2018 à 12h27
    |

                            Thomas Coutrot (Economiste, ancien porte-parole d’Attac) et 
                            Aurélie Trouvé (Economiste, porte-parole d’Attac France)








                        



                                


                            
Tribune. « Nous savons avec certitude qu’il y aura une nouvelle crise. Mais nous ignorons quand et pour quelle raison » (Danièle Nouy, responsable de la supervision du secteur bancaire à la Banque centrale européenne, 5 septembre 2018, Agence LETA). Cette crise pourrait bien être pire que la précédente. Sauf si d’ici là, ou juste après, se produit un sursaut civique et démocratique, une nouvelle vague d’Indignés dix fois plus puissante qui impose le contrôle citoyen de la finance.

A la différence de 2007, peu d’acteurs financiers ignorent la forte probabilité d’une crise majeure à venir. L’explosion des dettes publiques et privées depuis 2008 fait dire à Jean-Claude Trichet, l’ancien président de la Banque centrale européenne, que la situation est aussi dangereuse aujourd’hui qu’au moment de la chute de Lehman Brothers (4 septembre 2018, AFP). Bitcoin, pays émergents, immobilier chinois, banques italiennes, zone euro, Tesla, Wall Street… laquelle de ces bombes à retardement sera le détonateur ? Personne ne le sait, mais le risque est fort d’un effondrement majeur.

Personne n’ignore non plus qui a soufflé dans ces bulles depuis dix ans. Ce sont les ultra-riches, qui ont capté l’essentiel des gains de productivité, aussitôt réinvestis en bourse. Ce sont les gouvernements, qui se sont contentés de réformes à minima, ont enterré la taxation des transactions financières et ont laissé les banques financer la spéculation.
Ce sont les banquiers centraux, qui ont injecté des milliers de milliards de dollars, d’euros, de yen et de yuans, créant ainsi les conditions du krach suivant. Personne ne disconvient non plus du fait que les Etats, surendettés, seront alors bien démunis, et qu’il ne restera aux banques centrales, seules en lice, qu’à déverser de nouveaux torrents de liquidité en priant pour que ça marche.
Effondrement inévitable
Le plus extraordinaire est cette lucidité. Comment qualifier cette classe...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-3"> ¤ Depuis plusieurs mois, les cours du sucre sont au plancher, affaiblis par la forte production. Ils sont même descendus sous la barre des 11 cents la livre, au plus bas depuis trois ans.
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Matières premières : betterave et canne laissent le sucre amorphe

Depuis plusieurs mois, les cours du sucre sont au plancher, affaiblis par la forte production. Ils sont même descendus sous la barre des 11 cents la livre, au plus bas depuis trois ans.



LE MONDE
 |    15.09.2018 à 11h24
    |

            Laurence Girard








                        



                                


                            

Chronique. Pour adoucir la cachaça, les Brésiliens ont un secret. Ils ajoutent une dose de sucre amorphe dans leur alcool national. Plus fin que son alter ego cristallisé, plus gros que le sucre glace, il a été importé sous les tropiques par les Portugais. Mais aujourd’hui, les planteurs de canne du Brésil trouvent l’état amorphe un peu amer. En tout cas, lorsqu’il s’applique au cours de leur précieuse matière première.
En effet, depuis plusieurs mois, sur la Bourse de Londres comme sur celle de New York, le prix du sucre, roux comme blanc, est reste collé au plancher, passant même sous la barre des 11 cents la livre, au plus bas depuis trois ans. Une véritable déconfiture pour les planteurs comme pour les industriels, plombés par les montagnes de poudre blanche.
La fin des quotas sucriers européens, il y a quasiment un an, en octobre 2017, a ouvert les vannes. Les champs de betteraves ont pris de l’embonpoint et dame nature a fait le reste. Résultat, l’Europe a engrangé une production record. Au même moment, la canne au Brésil comme en Inde et en Thaïlande a poussé dru. Ajoutant son flux de suc sucré aux stocks européens plantureux. Un trop-plein qui a fait plonger le cours du sucre et l’a laissé depuis sur le flanc.
Alors que les premières betteraves de la nouvelle récolte sont arrachées dans le nord de la France, chacun sort sa balance pour évaluer sa taille. Elle devrait être allégée cette année. La canicule a laissé des traces. La racine est plus chétive même si, paradoxalement, elle est plus gorgée de saccharose.
Hautement spéculative
Mais les regards se tournent surtout vers le Brésil, qui pèse, à lui seul, près de la moitié des 60 millions de tonnes qui s’échangent dans le monde. Or, dans les champs de la région de Sao Paulo, le toupet vert de la canne porte des traces de brûlure. La sécheresse sévit et la canne est en panne. « La récolte devrait baisser de 6 % à 7 % cette année pour atteindre 560 millions...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-4"> ¤ L’Agence fédérale des médicaments s’inquiète d’une « épidémie » de vapotage chez les jeunes Américains.
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Aux Etats-Unis, les fabricants de cigarettes électroniques dans le collimateur des autorités

L’Agence fédérale des médicaments s’inquiète d’une « épidémie » de vapotage chez les jeunes Américains.



LE MONDE
 |    15.09.2018 à 10h58
    |

                            Jérôme Marin (San Francisco, correspondance)








                        



                                


                            

Les autorités sanitaires américaines parlent désormais d’une « épidémie ». Mercredi 12 septembre, la Food and Drug Administration (FDA) a tiré la sonnette d’alarme sur l’utilisation de la cigarette électronique par les adolescents. L’Agence fédérale américaine des médicaments a fixé un ultimatum aux principaux fabricants, leur donnant soixante jours pour détailler des mesures convaincantes visant à endiguer l’utilisation par les mineurs. Faute de quoi, leurs produits pourraient être interdits à la vente.

« Les cigarettes électroniques peuvent aider les fumeurs adultes, mais cela ne doit pas se faire au détriment des enfants. Nous ne pouvons pas accepter qu’une génération entière devienne dépendante à la nicotine », souligne Scott Gottlieb, le directeur de la FDA. En 2017, 2,1 millions de lycéens et collégiens étaient des consommateurs réguliers, selon les statistiques officielles. Depuis le phénomène s’est « accéléré », explique M. Gottlieb. D’après le Washington Post, le nombre d’adolescents accros a grimpé de 75 % cette année.
Cette popularité croissante s’explique en grande partie par le succès de Juul Labs. En trois ans, cette jeune société établie à San Francisco (Californie) est même entrée dans le langage courant. Dans les collèges et lycées américains, on n’utilise pas une cigarette électronique, on « juule ». Et on l’affiche fièrement sur Instagram et Snapchat. Tout l’inverse des cigarettes, dont la consommation ne cesse de reculer – moins de 8 % des lycéens fument.
Un marketing décrié
Selon les estimations de l’institut Nielsen, la start-up capte 72 % du marché aux Etats-Unis, devançant nettement les marques lancées par les géants du tabac. Son chiffre d’affaires, évalué à 1,3 milliard de dollars (1,1 milliard d’euros) au cours des douze derniers mois, a bondi de 730 % sur un an. En juillet, la société a levé 650 millions de dollars, sur la base d’une valorisation de 15 milliards. Après...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-5"> ¤ A Tarente, dans les Pouilles, les salariés ont voté pour la reprise de leur très polluante aciérie par le groupe ArcelorMittal.
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En Italie, le dilemme des ouvriers d’ILVA entre défense de l’emploi et lutte contre la pollution

A Tarente, dans les Pouilles, les salariés ont voté pour la reprise de leur très polluante aciérie par le groupe ArcelorMittal.



LE MONDE
 |    15.09.2018 à 10h42
 • Mis à jour le
15.09.2018 à 16h06
    |

            Jérôme Gautheret (Tarente (Pouilles), envoyé spécial)








                        



                                


                            

Sur les murs extérieurs de l’église San Francesco de Geronimo, dans le centre de Tarente (Pouilles), ces quelques mots ont été écrits à la peinture noire : « O l’acciaio o la vita, devi scegliere » (« L’acier ou la vie, il faut choisir »). Depuis combien de temps l’inscription est-elle là ? Un jour, une semaine, un an ? Impossible de le savoir : aucun des passants interrogés n’est capable de le dire. Elle résume pourtant, de façon clinique, le terrible dilemme auquel est confrontée depuis des années cette ville de 200 000 habitants du sud de l’Italie, dont la principale ressource est précisément ce qui la fait mourir.

D’une certaine manière, c’est à cette question impossible que les 10 700 employés du site de l’ILVA de Tarente ont eu à répondre, dans un référendum interne qui s’est tenu du 10 au 13 septembre. Leur verdict a été presque unanime, et sans surprise. A 94 %, et avec près de 70 % de participation, les votants se sont prononcés en faveur du plan de reprise du site formulé par le géant sidérurgique ArcelorMittal, conclu par un accord avec le gouvernement italien, représenté par le vice-premier ministre Luigi Di Maio (Mouvement 5 Etoiles), le 6 septembre. Commencera dans les prochains jours une longue phase transitoire. Le site devrait rester sous tutelle publique jusqu’en 2023.
Cinq années de sursis au moins, 4 milliards d’euros d’investissements, l’emploi garanti pour plus de 10 000 personnes, 100 000 euros d’indemnités pour ceux qui souhaitent partir… Les salariés ne pouvaient pas rêver mieux.
Lourd tribut payé au maintien de l’usine
« En Italie, ces vingt dernières années, je ne vois pas d’exemple d’un plan aussi généreux », convient le responsable syndical Francesco Brigati (Fiom-CGIL), rencontré devant une des entrées du site industriel, interdit aux journalistes. D’où vient alors cette pesanteur qu’on sent dans l’air ? C’est qu’il est difficile d’avoir le cœur léger alors que nul ne peut ignorer...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-6"> ¤ Voté par l’Assemblée samedi, le texte sera examiné par le Sénat le 25. L’élaboration d’indicateurs de prix reste au cœur des débats.
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Loi Alimentation : à Rennes, des éleveurs mi-résignés, mi-dépités

Voté par l’Assemblée samedi, le texte sera examiné par le Sénat le 25. L’élaboration d’indicateurs de prix reste au cœur des débats.



LE MONDE
 |    15.09.2018 à 10h34
 • Mis à jour le
15.09.2018 à 12h40
    |

                            Nicolas Legendre (Rennes, correspondance)








                        



                                


                            

Lorsque mercredi 12 septembre, les députés commençaient l’examen, en deuxième lecture, du projet de loi dit « alimentation », la placide Marylou, vache laitière de race prim’Holstein, bénéficiait, à 360 kilomètres de l’Assemblée nationale, d’une séance de toilettage dans l’enceinte du Salon international des productions animales (Space), au Parc des expositions de Rennes. Ce salon est l’un des plus importants rendez-vous mondiaux destinés aux professionnels de l’élevage.
Le propriétaire de Marylou, tuyau d’arrosage en main, ne semblait pas placer beaucoup d’espoirs dans la loi, qui a été adoptée samedi 15 septembre au matin par les députés et doit maintenant revenir en nouvelle lecture au Sénat le 25 septembre. « J’y crois pas trop, à cette loi, confiait Emmanuel Baillivet, éleveur en Seine-Maritime. Si elle est appliquée, ce sera une bonne chose, mais je vois mal comment… » Et d’ajouter, mi-résigné, mi-dépité : « La seule loi qui gouverne, c’est la loi économique. La loi du plus fort… » M. Baillivet résumait ainsi l’état d’esprit de nombreux éleveurs présents au Space, vitrine des innovations agricoles et traditionnelle caisse de résonance des colères paysannes.
Le projet de loi en question doit concrétiser certaines promesses formulées par Emmanuel Macron lors de sa campagne présidentielle. Il s’agit, entre autres, de « permettre aux agriculteurs de vivre dignement de leur travail » et d’« accompagner la transformation des modèles de production ». Outre les évolutions liées aux problématiques environnementales, l’un des aspects majeurs du futur texte concerne la rémunération des producteurs. L’urgence, en la matière, est réelle.

« Un coup d’épée dans l’eau »
Selon les chiffres de la Mutualité sociale agricole, 30 % des agriculteurs disposaient, en 2016, d’un revenu inférieur à 350 euros mensuels. En 2017, d’après l’Institut de l’élevage, 38 % des exploitations bovines...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-7"> ¤ Editorial. Une décennie plus tard, les autorités pourraient se retrouver démunies face à un nouveau krach de ce type.
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Dix ans après Lehman Brothers : en attendant la prochaine crise

Editorial. Une décennie plus tard, les autorités pourraient se retrouver démunies face à un nouveau krach de ce type.



LE MONDE
 |    15.09.2018 à 10h26
 • Mis à jour le
15.09.2018 à 14h03
   





                        


Editorial du « Monde ». Et Lehman Brothers s’effondra. Ce 15 septembre 2008 ne fut pas le point de départ de la plus grande crise financière depuis 1929, ni son paroxysme sur le plan macroéconomique. Lorsque les autorités américaines laissèrent la banque d’affaires new-yorkaise faire faillite, tout vacilla, l’impensable devint réalité, la liquidité vint à manquer au point de menacer d’asphyxier le système financier dans son ensemble.
La crise en elle-même avait démarré un an plus tôt avec l’éclatement de la bulle des subprimes, ces crédits hypothécaires souscrits par des emprunteurs insolvables. La prise de risque s’était disséminée dans les bilans des institutions financières avec la complicité des régulateurs et des agences de notation.

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                Dix ans après Lehman Brothers : le populisme en héritage



Ils furent des millions, contribuables, accédants à la propriété, salariés, à payer la facture de l’irresponsabilité d’une poignée de financiers, banquiers centraux et gouvernants, qui, par leur avidité pour les uns, leur laxisme pour les autres, se sont révélés n’être que des apprentis sorciers.
Dix ans plus tard, la croissance est repartie. Malgré leur responsabilité dans la débâcle, les banques américaines n’ont jamais été aussi puissantes. Les Bourses vont de record sur record. Les riches n’ont jamais été aussi riches. La plupart des pays se rassurent en affichant des taux de chômage au plus bas. Les pyromanes d’hier font mine de courber l’échine face aux régulateurs en consentant à être un peu mieux encadrés, sans doute le prix à payer pour faire accepter leur repentance.
Une confiance brisée
L’essentiel n’est pas là. Après une décennie de stagnation des revenus et d’austérité budgétaire, ceux qui ont été les plus affectés par la crise se sont détournés des élites et se sont jetés dans les bras de ceux qui promettaient de bousculer enfin l’ordre établi. 2008 a semé le doute sur la suprématie des démocraties libérales, l’efficacité de l’ouverture des frontières et la volonté réelle de réduire les inégalités. Depuis, les frustrations nourrissent les revendications identitaires, l’illibéralisme gagne du terrain, la mondialisation recule. La confiance dans le système s’est brisée.
Le rafistolage tenté depuis, grâce à une régulation plus exigeante, permettra-t-il d’amortir le choc de la prochaine crise ? Rien n’est moins sûr. La dette, facteur déclenchant en 2008, est encore plus exorbitante qu’il y a dix ans. La finance de l’ombre, qui échappe à tout contrôle, a pris le pas sur les banques. Surtout, les remèdes administrés nous ont conduits en terra incognita. De façon inédite, les banques centrales ont injecté massivement des liquidités pour faire repartir l’économie. Résultat, un peu partout, les bulles spéculatives se forment. Personne ne sait comment revenir à la normale sans risquer une nouvelle déstabilisation.

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                « Lehman Brothers : dix ans après la faillite, dix leçons »



Plus inquiétant : les solutions qui ont fonctionné en 2008 risquent d’être inopérantes pour la prochaine crise. L’instrument monétaire n’a pas eu le temps d’être réamorcé. Les taux d’intérêt sont si bas que les banques centrales ne pourront plus utiliser l’assouplissement du crédit pour relancer l’économie. L’outil politique risque lui aussi de faire défaut. Il y a dix ans, la coordination internationale avait permis d’éviter les erreurs de 1929, à commencer par le recours au protectionnisme. Aujourd’hui, la guerre commerciale menace, le multilatéralisme se disloque. Faute d’avoir eu le courage de repenser le système, l’économie mondiale risque de se retrouver démunie lorsque le prochain Lehman s’effondrera.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-8"> ¤ La multiplication des contrats courts, la dérégulation du marché du travail et l’écrasement des salaires pénalisent particulièrement les jeunes.
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En Europe, le marché de l’emploi porte encore les stigmates de la crise de 2008

La multiplication des contrats courts, la dérégulation du marché du travail et l’écrasement des salaires pénalisent particulièrement les jeunes.



LE MONDE
 |    15.09.2018 à 10h24
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15.09.2018 à 11h36
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            Elise Barthet








                        



                                


                            

Retour à la case départ. Fin juillet, le chômage dans la zone euro a retrouvé son niveau de novembre 2008. Avec un taux de 8,2 %, il touche encore 13,4 millions de personnes, selon Eurostat. Mais les chiffres baissent en continu depuis 2013. En un an, près de 1,4 million de personnes sont sorties des dispositifs d’accompagnement vers l’emploi. Même l’indicateur mesurant la part des actifs occupés au sein de la population en âge de travailler s’est redressé. Il approchait à l’été 65,5 %, un ratio comparable à celui de 2007.

Statistiquement, il n’y a pas de doute : en dépit du trou d’air du début de l’année, la zone euro se porte mieux qu’il y a cinq ans. A l’époque, au plus fort de la crise des dettes souveraines apparue dans le sillage des « subprimes », le taux de chômage y dépassait les 12 %. Il a fallu attendre 2015 et les premiers rachats de dettes par la Banque centrale européenne (BCE), pour que l’abîme commence à se refermer. Mais une telle saignée laisse des traces.
Elle a considérablement accentué le décrochage entre le nord et le sud du continent. Les pays germaniques, qui avaient flexibilisé leurs marchés du travail avant la crise, ont été relativement épargnés. L’Allemagne est le seul pays de la zone euro à avoir vu son chômage diminuer au cours des dix dernières années. De l’autre côté du spectre, le taux espagnol avoisine, lui, toujours, 15 %, bien qu’il ait chuté de près de 10 points depuis 2013. En Italie, où la secousse a été moins forte, il ne parvient pas à retomber sous la barre des 10 %. Le Portugal et l’Irlande s’en sont mieux sortis. Mais le rattrapage s’est fait au prix d’une violente concurrence fiscale entre Etats.
Fuite des cerveaux
« Brutales, récessives, déflationnistes, les mesures prises pour déréguler l’emploi dans les pays du Sud ont fait porter l’effort sur les populations les plus précaires », souligne Xavier Ragot, chercheur à l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE)....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-9"> ¤ Une étude montre le lien direct entre les coupes budgétaires décidées à la suite de la crise financière de 2008 et le soutien au UKIP, le parti antieuropéen.
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En Grande-Bretagne, l’austérité a créé un terrain fertile pour le Brexit

Une étude montre le lien direct entre les coupes budgétaires décidées à la suite de la crise financière de 2008 et le soutien au UKIP, le parti antieuropéen.



LE MONDE
 |    15.09.2018 à 10h22
 • Mis à jour le
15.09.2018 à 15h08
    |

            Eric Albert (Londres, correspondance)








                        



                                


                            

Vers 2 heures du matin le 24 juin 2016, l’annonce du résultat du vote à Sunderland a soudain fait comprendre que le Brexit était en train de l’emporter. La ville du nord-est de l’Angleterre avait choisi à 61 % de sortir de l’Union européenne, bien plus que ne le prévoyaient les sondages.

Le fait que le choc soit venu d’un des endroits les plus pauvres du Royaume-Uni n’était pas un hasard. Le vote en faveur du Brexit était directement lié aux difficultés économiques, même si d’autres facteurs entrent évidemment aussi en jeu. Les trois quarts des Britanniques sans aucun diplôme ont voté pour le Brexit ; 71 % de ceux qui ont un travail manuel routinier ont fait de même ; 58 % de ceux qui gagnent moins de 20 000 livres par an (22 000 euros) également.
De ce constat a été tirée une leçon, bien souvent considérée aujourd’hui comme une évidence : les laissés-pour-compte de la mondialisation ont profité du référendum pour se révolter. Ce n’est pourtant pas tout à fait exact, conclut une étude publiée en juin par Thiemo Fetzer, de l’université de Warwick. Selon lui, la cause du basculement n’est pas tant la mondialisation, ni même la crise financière, que l’austérité. « Lors des élections européennes de 2004 ou de 2009, UKIP [le parti antieuropéen] avait déjà réussi à rassembler 15 % des voix, rappelle-t-il. Mais le soutien, à l’époque, ne venait pas des régions les plus pauvres. Ce n’est qu’après 2010 – quand la politique d’austérité a été appliquée – que ce phénomène a commencé. »
Fascinantes corrélations
Son étude conclut que le soutien au Brexit aurait été 9,5 % plus bas sans le choc de l’austérité. Suffisamment pour faire basculer le résultat, remporté avec 3,8 % d’avance.
Pour démontrer la validité de sa théorie, M. Fetzer met en avant de fascinantes corrélations entre les coupes budgétaires et le soutien au UKIP. Il prend, par exemple, l’imposition de la « bedroom tax », un impôt concernant les habitants...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-10"> ¤ Les politiques d’austérité lancées après la crise, l’impunité et la cupidité de la planète finance ont nourri le sentiment contre les élites.
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Article sélectionné dans La Matinale du 14/09/2018
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Dix ans après Lehman Brothers : le populisme en héritage

Les politiques d’austérité lancées après la crise, l’impunité et la cupidité de la planète finance ont nourri le sentiment contre les élites.



LE MONDE
 |    15.09.2018 à 06h35
 • Mis à jour le
15.09.2018 à 12h04
    |

            Marie Charrel








                        



                                


                            

Emmanuel Macron contre Viktor Orban. A huit mois de l’échéance, les élections européennes de mai 2019 se profilent déjà comme un duel entre le président français et l’homme fort de Hongrie. Soit l’affrontement de deux mondes : l’Europe libérale et progressiste face à celle souverainiste et antimigrants. « Ces élections seront un immense test pour le Vieux Continent », résume le politologue bulgare Ivan Krastev. Une décennie après la chute de la banque américaine Lehman Brothers et le début de la crise, ce scrutin marquera, peut-être, l’entrée massive des populistes au Parlement européen.
Victoire du oui au référendum sur le Brexit en juin 2016, élection de Donald Trump cinq mois plus tard, arrivée au pouvoir du duo Matteo Salvini-Luigi Di Maio en Italie – sans parler de celle du sulfureux milliardaire Andrej Babis en République tchèque, ni de la montée en puissance de l’extrême droite en France et en Allemagne… « Nous assistons à la plus forte vague de mouvements antisystème depuis la seconde guerre mondiale », résume le politologue William Galston, de la Brookings Institution, à Washington.
En moyenne, ces partis ont engrangé plus de 20 % des voix aux dernières élections parlementaires dans les différents pays européens, contre 5 % au début des années 2000. Même la Scandinavie, longtemps pensée comme à l’abri, n’est pas épargnée : en Suède, le parti anti-immigration a raflé 17,5 % des suffrages aux élections législatives du 9 septembre.

Sans surprise, ces mouvements prospèrent dans le sillage de la crise de 2008 et des politiques d’austérité qui ont suivi – les investissements publics en zone euro sont passés de 4,5 % du produit intérieur brut, en 2009, à 3,3 % aujourd’hui, les pensions grecques ont baissé à treize reprises, les aides touchées par une famille britannique moyenne ont reculé de 3 950 livres sterling (4 430 euros) annuelles, en 2010, à 3 460 livres sterling, en 2018… « La crise...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-11"> ¤ La décennie écoulée a permis de mieux cerner les priorités des régulateurs, mais pas d’arbitrer entre l’exigence démocratique de juger les coupables de la crise et celle de sauver le système financier, explique l’économiste Thomas Philippon dans une tribune au « Monde ».
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Article sélectionné dans La Matinale du 14/09/2018
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« Lehman Brothers : dix ans après la faillite, dix leçons »

La décennie écoulée a permis de mieux cerner les priorités des régulateurs, mais pas d’arbitrer entre l’exigence démocratique de juger les coupables de la crise et celle de sauver le système financier, explique l’économiste Thomas Philippon dans une tribune au « Monde ».



LE MONDE
 |    15.09.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
15.09.2018 à 07h12
    |

                            Thomas Philippon (Professeur de finance à New York University)








                        



                                


                            

Tribune. La saga Lehman Brothers touche enfin à sa fin, dix ans après une faillite retentissante qui restera comme le point d’orgue de la crise financière de 2007-2009. Sur les 1 200 milliards de dollars (1 030 milliards d’euros) d’actifs financiers en litige juridique après la faillite de Lehman, il n’en reste que 4. Alors, que nous enseigne vraiment la faillite de la banque d’affaires ? Je propose de retenir dix leçons.
« L’endettement adossé à l’immobilier est fondamentalement dangereux parce qu’il concentre les risques macroéconomiques »
Commençons par le contexte de la grande crise. La première leçon est que (presque) toutes les crises financières graves sont des crises immobilières. Ce fut vrai au Japon comme en Scandinavie, aux Etats-Unis et en Espagne. L’endettement adossé à l’immobilier, commercial ou résidentiel, est fondamentalement dangereux parce qu’il concentre les risques macroéconomiques.
La deuxième leçon est que les acteurs financiers s’endettent trop quand l’économie va bon train ; les investisseurs sont optimistes et les prêteurs peu regardants. Le rôle principal du régulateur est de surveiller les taux d’endettement. C’est heureusement dans ce domaine qu’on a fait le plus de progrès, notamment en renforçant les exigences en fonds propres des banques.
Troisième leçon : Lehman n’était que la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. La crise aurait eu lieu avec ou sans la faillite. L’accumulation des créances immobilières douteuses et l’endettement extrême des ménages avaient créé un château de cartes qui ne pouvait que s’écrouler. Il ne sert à rien de repasser le film en boucle en se disant « si seulement… ». Il est bien plus utile de s’appliquer à diminuer les vulnérabilités fondamentales.
De mauvaises leçons…
Quatrième leçon : les risques se matérialisent rarement là où on les attend. Dans le cas de Lehman, on a beaucoup parlé des produits dérivés (swaps, CDS, etc.). En fait, ils ne sont responsables...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-12"> ¤ En 2008, Lucy O’Carroll travaillait dans une grande institution financière britannique. Dans une tribune au « Monde », elle décrit les ressorts psychologiques des excès qui ont mené à la chute.
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Crise financière de 2008 : « L’hubris s’est mué en némésis »

En 2008, Lucy O’Carroll travaillait dans une grande institution financière britannique. Dans une tribune au « Monde », elle décrit les ressorts psychologiques des excès qui ont mené à la chute.



LE MONDE
 |    15.09.2018 à 06h30
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Lucy O'Carroll (Economiste)







                        



                                


                            
Tribune. Il y a dix ans, la faillite de Lehman Brothers marquait l’apogée de la crise financière. A cette époque, j’étais économiste dans l’une des plus grandes institutions financières du Royaume-Uni. A ce poste, j’ai pu me familiariser avec les biais psychologiques à l’œuvre tant au sein même de cette institution que dans les entreprises qu’elle finançait.
Nombre de ces entreprises étaient relativement jeunes et dotées d’un fort esprit entrepreneurial. A mesure que la crise du crédit se propageait et aggravait leurs difficultés, les équipes de direction parvenaient toujours à trouver des arguments pour justifier leur optimisme. Ce comportement est logique, car ils se doivent de démontrer une certaine appétence pour le risque. Et certes, beaucoup de ces entreprises ont survécu grâce au succès de leurs produits et de leurs services, et à un endettement pas trop excessif. D’autres ont néanmoins fait faillite et leur optimisme a fini par se muer en hubris, c’est-à-dire une confiance en soi démesurée qui provoque la colère des dieux dans la tragédie grecque.
Mais la démesure des grandes institutions financières est allée bien au-delà de celle de nos clients les plus audacieux. Même si peu de personnes peuvent prétendre avoir anticipé la crise financière, nous étions nombreux à ressentir un certain malaise face aux excès qui ont marqué les mois qui ont précédé l’éclatement de la crise.
Dîners extravagants
L’outrance des soirées caritatives organisées par les entreprises en était un signe avant-coureur évident. Ces enchères destinées à de bonnes causes étaient organisées dans des lieux exubérants après des dîners extravagants, dont le financement aurait pu être utilisé à bien meilleur escient par les organisations caritatives concernées. Les cadres dirigeants et leurs épouses n’hésitaient pas à verser des sommes folles pour se payer des « expériences », des œuvres d’art et – ce qui est difficilement oubliable – la...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-13"> ¤ On reproche aux économistes de ne pas avoir anticipé la crise de 2008. Mais la capacité de prévision est au cœur des débats internes à la profession depuis bien longtemps, explique l’universitaire Béatrice Cherrier dans une tribune au « Monde ».
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« Les modèles économiques ne sont en rien des boules de cristal »

On reproche aux économistes de ne pas avoir anticipé la crise de 2008. Mais la capacité de prévision est au cœur des débats internes à la profession depuis bien longtemps, explique l’universitaire Béatrice Cherrier dans une tribune au « Monde ».



LE MONDE
 |    15.09.2018 à 06h30
    |

Béatrice Cherrier (Economiste)







                        



                                


                            
Tribune. Après la faillite de Lehman Brothers en septembre 2008, la reine d’Angleterre formula publiquement la question qui brûlait les lèvres de toute la société civile : « Economistes, pourquoi n’avez-vous pas su prévoir la crise ? » Les économistes ont fait amende honorable et ont enrichi leurs modèles, mais beaucoup répètent inlassablement que ces modèles ne sont en rien des boules de cristal. En juin, l’économiste du FMI Olivier Blanchard rappelait encore sur les réseaux sociaux que « la science économique ne sert pas avant tout à prévoir. Les économistes étudient la manière dont le système économique fonctionne, examinent les politiques ».
Pourtant, le développement de la macroéconomie comme champ scientifique est en réalité étroitement lié à l’essor d’une industrie de la prévision au début du XXe siècle. On cherchait en particulier à prévoir les rendements agricoles, les cycles de croissance, l’évolution des cours boursiers. Certains s’en remettaient à leur intuition, d’autres, appelés les « chartistes », représentaient graphiquement une série de variables pour tenter d’identifier les retournements de tendance. Mais les résultats n’étaient « pas meilleurs que ce qu’on obtiendrait en s’en remettant à la chance pure », pestait l’homme d’affaires américain Alfred Cowles (« Can Stock Market Forecasters Forecast ? », Econometrica 1/3, 1932). Il fonda donc un institut, la Cowles Commission for Research in Economics, dont la mission était de développer des modèles statistiques permettant d’extrapoler les données accumulées sur les comportements et les systèmes économiques, et reposant sur l’identification des « lois » mathématiques auxquelles obéiraient les économies, conçues comme des systèmes mécaniques.
La seconde guerre mondiale poussa les gouvernements à développer des statistiques publiques, comme le PIB, l’inflation, le chômage, et à croire qu’ils pouvaient contrôler et planifier,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-14"> ¤ Les vacanciers lésés peuvent invoquer le code du tourisme pour se retourner contre leur tour-opérateur, détaille dans sa chronique Rafaële Rivais, journaliste au « Monde ».
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Quand le voyage organisé a du plomb dans l’aile

Les vacanciers lésés peuvent invoquer le code du tourisme pour se retourner contre leur tour-opérateur, détaille dans sa chronique Rafaële Rivais, journaliste au « Monde ».



LE MONDE
 |    15.09.2018 à 05h30
    |

            Rafaële Rivais








                        



                                


                            

SOS conso. Les vacanciers qui ont acheté un « forfait touristique », c’est-à-dire un service combinant au moins une prestation de transport et une autre (hébergement, excursion, location de voiture…), auprès d’une agence de voyages française ou d’une agence de voyages étrangère, mais proposant un site francophone, peuvent, à leur retour, lui demander des comptes si l’une des prestations laissait à désirer. L’agence est en effet « responsable de plein droit de la bonne exécution des obligations résultant du contrat, que ce contrat ait été conclu à distance ou non, et que ces obligations soient à exécuter par elle-même ou par d’autres prestataires de services », selon l’article L 211-16 du code du tourisme.
La Cour de cassation vient de le rappeler à l’occasion d’un litige opposant deux vacanciers à l’agence Karavel, à propos de l’indemnisation du retard d’un vol : Karavel, qui leur avait vendu un circuit touristique en Argentine, refusait de la leur verser ; elle leur disait de s’adresser à l’organisateur, Amerigo, qui lui-même les renvoyait sur la compagnie aérienne, Latam. Le tribunal de proximité de Bordeaux ayant donné raison à Karavel, la Cour de cassation a censuré son jugement, le 27 juin : en cas d’inexécution d’une prestation par un tiers, l’agence de voyages est présumée responsable.
Cette présomption vaut aussi lorsque le vacancier est victime d’un accident dans le cadre d’une prestation prévue au contrat. C’est ainsi qu’une vacancière ayant acheté, auprès du Club Méditerranée, un forfait de sports d’hiver comprenant le transport, l’hôtel, la location de skis ainsi que les cours, et s’étant cassé la jambe pendant l’un de ces cours, a pu obtenir que le voyagiste soit jugé responsable de son préjudice et qu’il l’indemnise. Le Club Méditerranée a, en vain, tenté de faire valoir que la cliente s’était inscrite à un cours d’un niveau trop élevé : la Cour de cassation a rejeté son pourvoi, le 17 novembre 2011.
« L’attrait...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-15"> ¤ Le directeur de La Comédie de Saint-Etienne, Arnaud Meunier, détaille, dans une tribune au « Monde », les ressorts dramatiques de l’œuvre de l’Italien Stefano Massini, qu’il a mise en scène en 2013.
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« La pièce “Saga des Lehman Brothers” nous fait traverser près de deux cents ans de capitalisme »

Le directeur de La Comédie de Saint-Etienne, Arnaud Meunier, détaille, dans une tribune au « Monde », les ressorts dramatiques de l’œuvre de l’Italien Stefano Massini, qu’il a mise en scène en 2013.



LE MONDE
 |    15.09.2018 à 05h15
    |

Arnaud Meunier







                        



                                


                            

Tribune. « A toute chose malheur est bon. » De cette catastrophe planétaire, l’impensable faillite de la banque Lehman Brothers, dont nous célébrons le dixième anniversaire, a émergé un jeune auteur de théâtre italien alors inconnu – Stefano Massini – qui a eu la brillante idée de raconter, à travers une saga palpitante, l’histoire de la famille Lehman. En revenant à une histoire simple, Chapitres de la chute. Saga des Lehman Brothers nous fait traverser près de deux cents ans de capitalisme en humanisant avec force et humour ce qui est généralement très abstrait : l’économie et la finance.
La pièce débute en 1844, sur un quai de New York, où Henry Lehman, jeune juif bavarois de 22 ans, débarque avant d’aller ouvrir une boutique de tissus à Montgomery (Alabama). Il sera très vite rejoint par ses deux frères, Emanuel et Mayer. Ils sont pauvres, juifs, croyants et découvrent une société américaine marquée par l’exploitation du coton et l’esclavagisme. C’est l’incendie d’une grande plantation qui, ruinant les propriétaires, donnera l’idée au plus jeune des frères de vendre le matériel pour reconstruire la plantation en se faisant payer avec une partie de la récolte de coton brut à venir, pour la revendre ensuite. L’idée, incongrue aux yeux des deux aînés, s’est révélée révolutionnaire. Un métier était né : celui d’intermédiaire, de trader.
Délicieuse ironie
A partir de cette intuition géniale, la pièce décrit, avec un sens consommé du suspense et une délicieuse ironie, comment les trois frères cherchent à convaincre un à un les propriétaires de plantation de leur vendre leurs récoltes pour aller les revendre aux industriels du nord des Etats-Unis. Le jeune frère ira jusqu’à épouser la fille d’un propriétaire (sudiste), alors que son aîné épousera une jeune new-yorkaise (nordiste). C’est ainsi que les Lehman passeront le cap de la guerre de Sécession et parviendront à convaincre le gouverneur de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-16"> ¤ Quelles conséquences ont eues la chute de Lehman Brothers et la crise financière de 2008 ? Nos journalistes Marie Charrel et Véronique Chocron vous ont répondu.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-16"> ¤                     
                                                

Dix ans après la crise financière, « il ne faut pas compter sur le secteur pour être raisonnable »

Quelles conséquences ont eues la chute de Lehman Brothers et la crise financière de 2008 ? Nos journalistes Marie Charrel et Véronique Chocron vous ont répondu.



LE MONDE
 |    14.09.2018 à 17h34
 • Mis à jour le
14.09.2018 à 18h47
   





                        


Fabien Dele : A la suite de la crise de 2008, est-ce que de réelles actions ont été réalisées ou pensées pour mieux nous protéger lors d’une crise à venir ?
Véronique Chocron : Oui, de réelles actions ont été engagées, mais d’une part elles peuvent être considérées comme insuffisantes, d’autre part elles commencent déjà à être remises en question, notamment par l’administration Trump aux Etats-Unis.
Avant la crise, les banques prenaient beaucoup plus de risques. Elles étaient beaucoup moins solides (elles avaient deux fois moins de fonds propres en réserve en face des crédits distribués). Elles étaient surveillées avec beaucoup plus de laxisme.
Le G20 (les vingt principales puissances de la planète) a voulu rendre le système financier plus résilient. Les banques sont aujourd’hui mieux capitalisées, mieux surveillées (avec l’organisation de tests de résistance exigeants, des contrôles fréquents). En France, à titre d’exemple, elles ont quasiment arrêté les activités spéculatives menées pour « compte propre », sans lien avec les clients, et celles qui en font encore ont dû séparer cette activité du reste de la banque. Reste que la finance est toujours plus complexe, et par nature risquée.

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Calendes grecques : La crise des dettes souveraines en zone euro est-elle désormais une affaire réglée ?
Marie Charrel : C’est la grande question ! A première vue, tout est sous contrôle. Surtout depuis que la Banque centrale européenne, qui s’est dite en 2012 prête à faire « tout ce qu’il faut pour sauver l’euro », est à la manœuvre. Ses taux directeurs sont à zéro, elle rachète encore des dettes publiques sur les marchés. Elle réduit néanmoins peu à peu le rythme de ce programme, et elle remontera peu à peu ces taux dès la fin de l’année prochaine, maintenant que la croissance est de retour.
Si cette hausse est progressive, elle ne sera pas trop douloureuse pour les Etats. Mais un nouvel épisode de stress des marchés, par exemple lié à un épisode politique particulier, n’est pas exclu. II est possible que la machine spéculative s’emballe à nouveau : la Banque centrale européenne a des armes pour l’éteindre, elles ont jusqu’ici toujours suffi, mais est-ce que ce sera toujours le cas à l’avenir ? Probablement, sauf peut-être dans le cas d’un Etat souhaitant sortir ouvertement de la zone euro.

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Mosqito : L’une des causes de la crise de 2008 a été les « subprimes », touchées par l’effondrement de l’immobilier aux Etats-Unis. Certains à la BCE se sont alertés du marché de l’immobilier, dans les grosses villes européennes surtout. Mêmes causes, mêmes effets ?
Marie Charrel : Il faut distinguer les crises immobilières classiques (comme, en France, celle de la fin des années 1990, à la suite de l’éclatement de la bulle immobilière) de la crise des subprimes. Les crises classiques ont des conséquences problématiques pour les ménages voyant la valeur de leur bien baisser. Elles sont encore plus terribles lorsqu’ils se sont endettés à taux variables, et que le loyer de l’argent remonte : c’est ce que l’on a observé lorsque la bulle immobilière espagnole a explosé pendant la crise.
La spécificité de la crise des subprimes est que les emprunts immobiliers accordés à des ménages peu solvables avaient été « mélangés » avec des crédits sains, puis revendus sous forme de titres sur les marchés : c’est la fameuse titrisation. Cette technique n’est pas mauvaise par essence, mais dans le cadre des Etats-Unis, elle avait été utilisée avec excès. Trop de crédits avaient été accordés à des ménages peu solvables, si bien que lorsque les taux ont commencé à remonter, et que certains ménages n’ont plus été en mesure de rembourser, la valeur des produits titrisés contenant leurs crédits s’est effondrée… Et l’effet domino a commencé.
En France, le volume des crédits immobiliers est préoccupant. Mais l’essentiel des crédits aux ménages sont à taux fixes. Il n’y a pas de titrisation à outrance. Les risques sont donc plus limités.

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Rohff : Un événement pareil peut-il se reproduire ?
Véronique Chocron : Tous les experts sont d’accord pour dire que oui, il y aura d’autres crises extrêmes, mais impossible de savoir si elles seront de même intensité, ni quand elles surviendront. Ni quel sera le point de départ. Notre système financier est instable par nature, et lorsque le souvenir d’une crise s’estompe, les acteurs de la finance poussent à la dérégulation. Les superviseurs doivent veiller à ce que la vigilance ne baisse pas.
Titrisé : La menace d’une prochaine crise majeure est-elle toujours d’actualité au regard du « shadow banking » et de son interconnexion avec les banques ? 
Véronique Chocron : Oui, en effet, la « finance de l’ombre » (« shadow banking ») a beaucoup prospéré depuis la crise de 2008, en partie parce que ce secteur (hedge funds, fonds d’investissement, private equity…) a repris des actifs dont les banques ont dû se séparer pour respecter les nouveaux ratios de solvabilité imposés par les superviseurs bancaires.
Certains à la Banque centrale européenne pensent que la finance de l’ombre est un élément de fragilité du système qui pourrait faire partir une prochaine crise, d’autres sont plus sereins.

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Nicolas54 : On entend énormément parler d’une future crise engendrée par un excès de liquidités.
Marie Charrel : C’est en effet l’une des grandes craintes. Pour soutenir le système financier puis relancer l’économie, les banques centrales des économies avancées (en particulier la BCE et la Fed, la banque centrale américaine) ont baissé leurs taux pendant la crise, puis ont lancé des programmes de rachats massifs de dettes publiques et privées. C’est ce que l’on appelle les injections de liquidités. Les taux bas ont permis de relancer le crédit aux entreprises, mais ont aussi facilité des placements plus risqués, voire la formation de bulles. Alors oui, cela pourrait engendrer une nouvelle crise.
L’agneau de Wall Street : Observe-t-on les mêmes excès en termes de bonus chez les traders ?
Véronique Chocron : Oui, les gros bonus sont de retour, aux Etats-Unis notamment. Les grandes firmes de Wall Street ont rapidement renoué avec des variables considérables. Au printemps, les tradeurs de New York se sont vu attribuer des bonus quasiment aussi élevés (en moyenne) qu’avant la crise. Mais l’Union européenne a adopté une règle vertueuse : le bonus ne peut plus excéder le montant de la rémunération fixe du tradeur.

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Gege : Pensez-vous que le bitcoin puisse être considéré comme une future bulle spéculative ?
Marie Charrel : La difficulté, me semble-t-il, est que le bitcoin échappe aux cases. C’est à la fois une technologie, une forme de monnaie, un moyen de paiement et, aussi, un objet de spéculation. Le bitcoin et la blockchain, la technologie sur laquelle il repose, sont probablement une rupture technique, une innovation dont on ne mesure pas encore la portée. L’aspect spéculatif est nuisible, mais les monnaies numériques commencent à être régulées : de quoi, si elles sont bien conçues, éviter le scénario du pire.
KiKiTiTi : Une question me taraude toujours : si Lehman Brothers avait été sauvée à l’époque par les autorités financières américaines, la crise aurait-elle pu être évitée ?
Marie Charrel : Cette question taraude aussi MM. Bernanke et Paulson ! Personne ne peut dire ce qui se serait passé si Lehman Brothers avait été sauvée. A l’époque, les régulateurs américains, si l’on schématise beaucoup, désiraient montrer qu’ils n’étaient pas prêts à soutenir toutes les banques avec de l’argent public. Ils n’avaient pas mesuré la chaîne de domino financier terrible se tenant derrière Lehman Brothers.
Une chose est certaine : même si la crise avait été moins grave sans cet événement, d’autres déséquilibres majeurs étaient à l’œuvre dans le système économique et financier, comme l’excès de dette.
Pierre : Pourquoi personne ne fait rien pour changer le système économique actuel si on sait que des crises vont continuer à se produire ? Est-ce dans l’intérêt des banques qu’il y ait des crises (plus ou moins) régulièrement ?
Véronique Chocron : Non, ce n’est pas dans l’intérêt des banques, nombre d’entre elles ont d’ailleurs disparu avec la dernière crise, et toutes ont dû mettre en place une réglementation qui ne fait pas leurs affaires, notamment car elle a fortement raboté — en Europe — leur rentabilité. Mais une banque exerce une activité risquée par nature (prêter).
Avant la crise, rien, ou peu de choses, ne les a empêchées de prendre des risques démesurés et de spéculer. L’expérience montre donc qu’il ne faut pas compter sur le secteur pour être raisonnable. Il appartient aux superviseurs des banques et du système financier de ne pas relâcher leur attention.

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Cerclevicieux : Comment les banques centrales peuvent-elles faire pour baisser les liquidités (fin du QE et hausse des taux) sans pour autant provoquer la future crise ?
Marie Charrel : C’est toute la difficulté. D’autant que jamais, dans l’histoire, elles n’ont injecté autant de liquidités. Elles ont entamé leur retrait de façon très progressive et mesurée. Mais l’on constate déjà que la remontée des taux américains sème le trouble dans les pays émergents les plus fragiles (Argentine, Turquie, notamment). Leurs difficultés peuvent rester localisées. Ou s’étendre… Tout dépendra de l’habileté des banques centrales. Mais il est possible que la prochaine crise surgisse avant qu’elles aient suffisamment épongé les liquidités et remonté leur taux. Elles se retrouveraient alors très peu armées pour répondre à la récession.
Patrick : Quelles solutions pour nous autres « petites gens » pour sauver notre pécule de la future crise à venir ?
Véronique Chocron : Les dépôts bancaires en Europe sont couverts en cas de défaillance d’une banque, à hauteur de 100 000 euros par déposant et par établissement.
Sapiens : S’il ne fallait retenir qu’une leçon de cette crise, laquelle serait-elle selon vous ?
Marie Charrel : Difficile d’en retenir une seule. La plus tragique des leçons est probablement que l’impact récessif des politiques d’austérité menées durant la crise a été largement sous-estimé.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-17"> ¤ Dans la capitale du Michigan, l’expulsion de familles endettées fiscalement est devenue un outil de la gestion foncière de la ville. De nombreuses familles, noires pour l’essentiel, sont menacées.
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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-18"> ¤ Le moteur de recherche Qwant sera proposé par défaut aux utilisateurs français et allemands de Brave.
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Qwant et Brave s’associent pour venir au secours d’un « Internet cassé »

Le moteur de recherche Qwant sera proposé par défaut aux utilisateurs français et allemands de Brave.



LE MONDE
 |    14.09.2018 à 15h10
 • Mis à jour le
14.09.2018 à 15h21
    |

            Vincent Fagot








                        



   


Les mots sont lâchés sans concession : « Il y a toute une part d’Internet qui est cassée. Le Web a été inventé pour donner plus de libertés aux hommes. Aujourd’hui, il les asservit. » Tristan Nitot, un vieux routier du numérique, a fait ses armes chez Netscape, il y a plus de vingt ans de cela. A deux mètres de lui se tient Brendan Eich, considéré comme à l’origine, au milieu des années 1990, du langage de programmation JavaScript.
Passés, chacun, par Netscape et par la Fondation Mozilla (un organisme de défense des valeurs originelles d’Internet), les deux hommes étaient réunis, à Paris, jeudi 13 septembre, par un projet commun : Brave, le navigateur Internet lancé par M. Eich vient de nouer un partenariat avec le moteur de recherche français Qwant, que M. Nitot a rejoint au mois de juin en tant que vice-président. L’objet de ce rapprochement : proposer par défaut le moteur de recherche Qwant aux utilisateurs français et allemands de Brave.
Pour Qwant, l’effet de levier escompté sur ses audiences est assez réduit. Brave est encore un Petit Poucet parmi les navigateurs, avec à peine 4 millions d’utilisateurs actifs par mois dans le monde (et pas principalement en Europe), contre 2 milliards pour Chrome et 500 millions pour Safari. Qwant lui-même touche 70 millions d’utilisateurs actifs par mois.
Protéger les données des utilisateurs
Mais, en termes d’affichage et de cohérence, l’association des deux entreprises fait sens. Toutes les deux dénoncent la manière dont le Net a évolué. « Quand Tim Berners-Lee a inventé le Web, il l’a conçu comme un outil à destination des chercheurs pour qu’ils puissent plus facilement partager leurs travaux. Mais il n’avait pas anticipé qu’Internet serait financé presque à 100 % par la publicité ni les conséquences terrifiantes pour les utilisateurs, avec cette collecte massive des données », explique Tristan Nitot.

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Pour aller contre ce mouvement de fond, les deux sociétés proposent à leurs utilisateurs des outils afin de protéger leurs données. Qwant promet ainsi de ne pas collecter d’informations personnelles, tandis que Brave bloque les cookies et autres traceurs, qui permettent d’espionner les internautes lors de leur navigation.
Les deux sociétés partagent également la conviction que le modèle économique est à revoir. Alors que les revenus de Facebook ou Google s’envolent, ceux qui les alimentent en contenus et nourrissent leurs audiences (médias, blogueurs, artistes…) sont de moins en moins rétribués, au risque de voir leurs professions disparaître. A eux seuls, les deux grands groupes de la Silicon Valley ont capté 63 % des revenus publicitaires en 2017.

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Une situation intenable
Une situation intenable pour Eric Léandri, le patron de Qwant, qui, s’adressant aux journalistes, jeudi, à Paris, interrogeait : « Qu’est-ce que Google News sans médias ? Google no news… Google comprend-il cela ? » « On va vers l’apocalypse, c’est un problème de société pour tous les pays », a abondé Brendan Eich.

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Les deux partenaires pensent pouvoir proposer d’autres solutions. Qwant refuse la publicité ciblée, qui nécessite le traçage des utilisateurs, mais propose une publicité contextuelle, qui est simplement en rapport avec la demande que vous êtes en train de formuler, à l’instant T, sur le moteur de recherche.
Quant à Brave, son positionnement est plus complexe – et contesté. Il donne deux options à ses utilisateurs : bloquer toutes les publicités pendant leur navigation ou accepter volontairement les publicités proposées par sa propre régie, qui, assure-t-il, propose une meilleure répartition des revenus publicitaires pour les éditeurs de contenus… Ce qui a suscité la colère de nombreux éditeurs américains en 2016. Chez Qwant, on préfère parler d’une « vision audacieuse » et, de l’avis de ses dirigeants, complémentaire à celle du moteur de recherche français.



                            


                        

                        


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Cinq questions (pas si) bêtes sur la chute de Lehman Brothers

Comment une banque aussi importante peut-elle s’effondrer ? Pourquoi les autorités ne l’ont-elles pas sauvée ? Tous les éléments pour comprendre les implications de cet événement historique.



LE MONDE
 |    14.09.2018 à 14h25
 • Mis à jour le
14.09.2018 à 16h52
    |

            Mathilde Damgé








                        


Le 15 septembre 2008, un des grands groupes bancaires états-uniens s’effondre à la surprise de tous les connaisseurs de Wall Street : Lehman Brothers Holdings Inc., 27 000 employés, se place sous la protection du chapitre 11 de la loi des Etats-Unis sur les faillites.
Comment une banque aussi importante peut-elle s’effondrer ?
Elle avait traversé la guerre civile américaine, deux guerres mondiales et le krach de 1929 ; la banque des frères Lehman s’écroule en un week-end, plus d’un siècle et demi après sa création. Un événement qui n’est pas survenu totalement par hasard : dans les années 1990, la banque profite pleinement de la libéralisation des marchés financiers et de la déréglementation amorcée aux Etats-Unis plus d’une décennie auparavant.
Elle prend alors des risques de plus en plus grands et se jette dans le commerce de produits financiers de plus en plus complexes. Problème : pour financer leur activité spéculative et garantir leurs profits, les banques doivent en permanence chercher des financements extérieurs. Avec une faible mise de départ, il était possible de risquer beaucoup.
C’est ce qu’on appelle l’effet de levier ; celui de Lehman Brothers était un des plus élevés : en 2007, avec 1 dollar de capital, la banque empruntait 30 dollars. Une technique qui permet d’amplifier les gains comme les pertes : si le pari est perdant, 1 million de dollars misés fait perdre 30 millions. Au troisième trimestre 2007, la cinquième banque d’affaires de Wall Street doit annoncer une dépréciation d’actifs de 5,6 milliards de dollars.

        Récit :
         

          Lehman Brothers, nouvelle victime des "subprimes"



Pourquoi les autorités ne l’ont-elles pas sauvée ?
« Quelques jours avant la banqueroute, j’ai compris que le secrétaire au Trésor [Henry Paulson] et le gouvernement américain estimaient n’avoir ni la capacité politique ni le soutien du Congrès pour sauver Lehman Brothers avec de l’argent public, se rappelle Jean-Claude Trichet, alors gouverneur de la Banque centrale européenne (BCE). Les semaines précédentes, les républicains du Congrès avaient en effet vigoureusement critiqué le sauvetage de Freddie Mac et de Fannie Mae », les organismes de garantie des crédits hypothécaires américains.
Reste que la stupéfaction après l’annonce, dimanche 14 septembre au soir, du lâchage de Lehman Brothers par les autorités fédérales américaines est totale. La ministre de l’économie française Christine Lagarde, devenue depuis directrice du Fonds monétaire international réagit en ces termes : « Oh la vache !… »

Le lendemain est un lundi noir sur les marchés : la déroute de la banque américaine fait plonger les places boursières. Celui qui deviendra l’année suivante président des Etats-Unis, Barack Obama, compare la crise à celle de 1929. Le jeudi, Nicolas Sarkozy s’emploie à rassurer les Français : « C’est un engagement solennel que je prends ce soir : quoi qu’il arrive, l’Etat garantira la sécurité et la continuité du système bancaire et financier français. » Le but : éviter une panique générale et une ruée des épargnants aux guichets pour retirer leurs économies.
La crise des « subprimes », c’est quoi en fait ?


Savez-vous ce qu’est un "subprime" ?

Oui
Non


Bravo ! Voulez-vous quand même vous rafraîchir la mémoire ?

Oui



Ce sont des emprunts à taux variables, gagés sur la valeur de biens immobiliers et mélangés avec des crédits de meilleure qualité dans des produits financiers revendus sur les marchés. C’est le principe de la titrisation. Cette technique permet aux banques d’empocher de généreuses commissions, à condition de trouver preneur pour se délester du risque. Or personne n’est prêt à prendre ce risque si le marché immobilier – une partie de la valeur réelle in fine de ces produits complexes – s’effondre…




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La bulle immobilière américaine, née de la déréglementation du crédit, éclate en 2006 : les taux d’intérêt (variables) grimpent, les emprunteurs sont alors étranglés par leur dette. Concédés par des sociétés de crédit peu regardantes à des ménages pas toujours solvables, et malgré une notation complaisante des agences officielles (Standard & Poors, Moody’s…), les « subprimes » commencent à révéler leur vrai visage, celui d’une gigantesque arnaque.
Les maisons ne valant plus rien, les créditeurs ne peuvent même plus se rembourser sur la revente des maisons. Sauf qu’entre-temps les « subprimes » ont été transformés (titrisés) en produits financiers complexes, eux-mêmes rachetés par les banques du monde entier ; le risque se retrouve ainsi disséminé sur l’ensemble de la planète.
Certains investisseurs comme Lehman paieront cette erreur au prix fort, mais des banques comme Goldman Sachs ont engrangé d’excellents résultats en 2007 en spéculant pour leur compte propre sur la baisse du marché des crédits immobiliers.

Quand la crise a-t-elle exactement commencé ?
Les premiers signes d’une crise apparaissent quand le marché immobilier outre-Atlantique commence à ralentir. Mais le début de la crise est situé historiquement en Europe : le 9 août 2007, BNP Paribas gèle trois fonds luxembourgeois liés aux « subprimes », un signal que les investisseurs de ces fonds ne pourront pas récupérer leur mise.

        Le déroulé de
         

          la crise des « subprimes » en France



Le 22 août, Lehman Brothers ferme sa filiale dédiée aux « subprimes », BNC Mortgage. S’ensuivent les difficultés de Northern Rock et son sauvetage par le gouvernement britannique, le rachat de l’établissement Bear Stearns, en grande difficulté, par sa rivale JPMorgan, des annonces successives de pertes de Lehman…
L’inquiétude, déjà grandissante, chez les investisseurs se transforme en panique au moment de la chute de Lehman. Premiers signes de défiance des marchés, les taux auxquels les banques se prêtent de l’argent entre elles explosent, une envolée du loyer de l’argent qui ne tarde pas à se répercuter sur les prêts que les banques accordent aux entreprises et à bloquer l’économie dite « réelle ».
Autre conséquence, le repli des investisseurs vers des valeurs considérées moins risquées : les matières premières, dont les cours s’embrasent. En 2008, l’indice FAO (Food and Agriculture Organization of the United Nations, qui mesure la variation mensuelle des cours internationaux d’un panier de denrées alimentaires) grimpe en un an de 50 %, et même de 87 % pour les céréales, provoquant une vague d’émeutes de la faim à Haïti, en Egypte, en Indonésie…

2007-2017 : au cœur de la crise qui a changé le monde
La plus grande crise financière du XXIe siècle – à ce stade – a commencé à l’été 2007. Un an avant la faillite de la banque américaine Lehman Brothers, le 15 septembre 2008, personne n’a voulu voir que la bulle économique largement créée par la spéculation immobilière était sur le point d’exploser. Dix ans après, l’Europe se remet à peine de cataclysme qui a plongé l’économie mondiale en récession et déclenché la crise des dettes européennes.
En 2007, les signes avant-coureurs de la faillite de Lehman Brothers



Chefs d’Etats, banquiers centraux, haut-fonctionnaires… Comment ils ont vécu la crise


Après Lehman Brothers, quelles leçons pour la finance ?




Comment la bulle des subprimes a déclenché la crise des dettes européennes




Quand la crise ébranle les certitudes économiques




Les germes de la prochaine crise





Qu’est-ce qui a changé depuis ?
La crise a révélé une culture du risque débridée au sein des banques et la légèreté coupable de certains régulateurs. Depuis, ces derniers ont tenté de redresser la barre ; les ventes de « subprimes » sont d’ailleurs de loin le premier motif de sanction pour les amendes délivrées depuis dix ans aux banques.
En Europe, des « coussins contracycliques » ont été mis en place pour anticiper une future crise. Concrètement, il s’agit, en période de croissance, d’augmenter le capital réglementaire des banques pour pouvoir le réduire en période de crise.
Mais il reste du ménage à faire, avec encore 600 milliards d’euros de créances douteuses à sortir des bilans bancaires, en particulier en Italie. « Il faut aussi mettre en place la garantie des dépôts bancaires à travers la zone euro, une promesse qui n’a jamais été finalisée », rappelle l’économiste Hélène Rey, membre du Haut Conseil de stabilité financière.
De l’autre côté de l’Atlantique, après une restructuration du secteur à coups de liquidation et de mariage express, l’heure est au retour des vieux démons ; le nouveau président Donald Trump a fait de la déréglementation une de ses priorités, laissant la porte ouverte aux lobbys et au désserrement de la loi Dodd-Frank, votée en 2010 et qui encadre le crédit.
Quant à la rémunération des acteurs de cet univers de spéculation, si l’Union européenne a imposé un plafond – depuis 2014, le montant du bonus ne doit plus excéder celui du fixe –, les tradeurs des grandes banques de New York ne sont pas limités par un tel dispositif. Cette année, ils ont touché un bonus moyen de 184 220 dollars, le niveau le plus élevé depuis le pic de 2006.

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