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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-1"> ¤ Environ 150 personnes ont pris part à une opération de nettoyage organisée dans le cadre du « World CleanUp Day ».
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« Sous les déchets, la plage » : des Français au secours des rivages de Hongkong

Environ 150 personnes ont pris part à une opération de nettoyage organisée dans le cadre du « World CleanUp Day ».



LE MONDE
 |    15.09.2018 à 17h23
    |

            Frédéric Lemaître (Hongkong, envoyé spécial)








                        



   


A Hongkong, la présence de soixante-huitards ne saute pas vraiment aux yeux. Pourtant, l’association qui a réussi à mobiliser, samedi 15 septembre, environ 150 personnes malgré des températures supérieures à 30 degrés porte un nom qui évoque davantage la Sorbonne que les marchés financiers qui font la fortune de la ville : « Sous les déchets, la plage ». Créée par quatre Français à la fin de 2016, cette association a tenu à participer au World CleanUp Day – une opération mondiale et citoyenne de nettoyage de la planète – même si, en raison des menaces que fait peser le super-typhon Mangkhut, les organisateurs ont réduit leurs ambitions.
« Nous devions nettoyer deux plages mais la seconde nécessitait de marcher 40 minutes. Or en cas d’alerte, nous n’avons qu’une heure pour nous mettre à l’abri. Nous n’avons pas voulu prendre le moindre risque », explique une des fondatrices de l’association, Julie Metta, ingénieure en économies d’énergie devenue, à 26 ans, l’une des spécialistes reconnues de l’économie circulaire en Asie. En deux heures, les 150 volontaires, souvent venus en familles ou entre amis, ont rempli 70 sacs de déchets, soit environ 800 kg, et rendu sa dignité à l’une des plages de Shek-O, un petit coin de paradis, notamment pour les surfeurs, situé au sud-est de l’île, à une vingtaine de kilomètres des gratte-ciel et de la célèbre baie. Autant de déchets que le typhon aurait sans doute rejeté dans la mer quelques heures plus tard.
« C’est notre quatrième action. Le succès de la première, en mars, avait été spectaculaire. Nous étions 800 et avons ramassé huit tonnes de déchets sur 24 plages différentes. Mais maintenant, nous insistons davantage sur l’aspect pédagogique, en triant les déchets, en les recyclant et en en relevant les marques pour en connaître l’origine. Nous cherchons également à mobiliser les Hongkongais », explique Yves Bernard, un autre bénévole. Les sept millions de Hongkongais se sentent en effet peu concernés par le sujet. Moins de 5 % des déchets ménagers sont d’ailleurs recyclés. La saleté des plages ? « C’est ce que nous envoient les Chinois », répondent-ils souvent.
Difficile de sensibiliser les Hongkongais
Ce n’est que partiellement vrai. Trahies par leurs étiquettes, les centaines de bouteilles plastiques ramassées samedi le prouvent : une bonne partie vient de Hongkong. Si le consulat de France et le lycée français ont soutenu l’association dès le départ, des entreprises comme HSBC, BNP Paribas ou Carrefour sont désormais parties prenantes et en profitent pour mobiliser leurs équipes. Sur les 150 salariés de Carrefour Hongkong, 30 se sont inscrits. Essentiellement des Français. « On a du mal à sensibiliser les Hongkongais, surtout un samedi matin », reconnaît Elodie Lebon, responsable du packaging, un poste évidemment stratégique pour le développement durable.
« Nous avons décidé de ne plus vendre de pailles en plastique. Un produit qui figure pourtant au top des ventes. Surtout, nous venons de réunir cent de nos fournisseurs chinois de jouets pour limiter au maximum l’usage du plastique dans les emballages. Nous les avons sensibilisés en leur projetant le film Plastic Océan », détaille cette jeune femme en enfilant ses gants de protection. « Hongkong nous donne beaucoup. Nous voulons aussi montrer que nous lui en sommes reconnaissants et que nous essayons de lui rendre ce que l’on peut », explique Guillaume Loeuille, un des responsables de la salle des marchés de HSBC, venu en famille et avec près de la moitié de son équipe.
Même si les Hongkongais étaient moins d’une trentaine, Julie Metta se veut optimiste : « Politiquement, il n’y a pas de mouvement écologique à Hongkong. Mais la société commence à bouger. Les déchets de certains marchés alimentaires sont récupérés et transformés en savon. Un designer ne travaille qu’à partir de produits recyclés. Il transforme par exemple des bouts de moquette en sacs à dos. Et si, à Hongkong, manger bio coûte très cher, on commence à voir des agriculteurs élever des poulets et mêmes des porcs bio ». Comme en 2017, l’association lancera une nouvelle opération « Plage propre » avant les fêtes de fin d’année, avec cette fois comme slogan : « Le père Noël n’est pas une ordure ».




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-2"> ¤ L’Eglise catholique n’en finit plus d’être secouée, partout dans le monde, par de nouveaux scandales de pédophilie couverts par la hiérarchie.
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Aux Pays-Bas, l’Eglise catholique entachée par des révélations d’agressions sexuelles

L’Eglise catholique n’en finit plus d’être secouée, partout dans le monde, par de nouveaux scandales de pédophilie couverts par la hiérarchie.



LE MONDE
 |    15.09.2018 à 17h06
   





                        



   


« Aux Pays-Bas aussi les cardinaux et les évêques ont couvert des agressions sexuelles. » Plus de la moitié des évêques et cardinaux néerlandais actifs entre 1945 et 2010 ont eu connaissance d’agressions sexuelles commises au sein de l’Eglise catholique néerlandaise, a révélé, samedi 15 septembre, le quotidien de référence NRC. L’Eglise catholique n’en finit plus d’être secouée, partout dans le monde, par de nouveaux scandales de pédophilie couverts par la hiérarchie, au nom de la protection de l’institution. 
« Vingt des trente-neuf cardinaux, évêques et évêques auxiliaires néerlandais ont été impliqués dans des affaires d’abus dans l’Eglise catholique entre 1945 et 2010 », affirme le NRC. « Quatre d’entre eux ont abusé d’enfants et seize autres ont permis le transfert de prêtres pédophiles susceptibles de faire de nouvelles victimes dans d’autres paroisses », poursuit le journal.

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Contactée par l’AFP, l’Eglise catholique néerlandaise a pu « confirmer une partie » de ces révélations, l’autre étant basée sur des informations anonymes relayées par la cellule d’accueil des victimes mise en place par l’Eglise.
« Les noms de plusieurs évêques correspondent à ce que dit un rapport commandité par l’Eglise en 2010 », a déclaré une porte-parole de l’Eglise catholique néerlandaise, Daphne van Roosendaal. Les évêques cités sont cependant morts pour la plupart et les cas sont tous prescrits, a-t-elle ajouté. Aucun des évêques mis en cause par l’enquête du journal n’est encore actif. Ceux encore en vie n’ont pas souhaité réagir, a précisé le journal.

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-3"> ¤ Ce vote ouvre la voie à la formation d’un gouvernement, plus de quatre mois après les élections législatives.
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En Irak, le Parlement élit son nouveau président et amorce une sortie de crise

Ce vote ouvre la voie à la formation d’un gouvernement, plus de quatre mois après les élections législatives.



LE MONDE
 |    15.09.2018 à 15h08
 • Mis à jour le
15.09.2018 à 15h11
   





                        



   


Le Parlement irakien a élu à sa présidence, samedi 15 septembre, le candidat soutenu par la liste pro-Iran. Alors que le pays est paralysé depuis les élections législatives de mai, ce vote va concrétiser les alliances qui se sont formées au sein de l’Assemblée et ouvrir la voie à la formation d’un gouvernement
L’Irak a un système proportionnel, qui vise à éviter tout retour à la dictature. Les listes élues lors des législatives du 12 mai doivent se regrouper en coalitions. Le bloc qui comptera le plus de députés pourra désigner un premier ministre et présider à la formation du futur gouvernement.
Le bloc pro-Iran, emmené par l’Alliance de la Conquête d’Hadi Al-Ameri – une coalition d’anciens combattants antidjihadistes proches de l’Iran – a semblé prendre l’ascendant avec l’élection de son candidat. Ses alliés pourraient être connus lors de l’élection plus tard samedi des deux adjoints de Mohammed Al-Halboussi.
Dans un système qui réserve traditionnellement le poste de président du Parlement à un sunnite – et de ses adjoints à un chiite et à un Kurde –, de président de la République à un Kurde et de premier ministre, qui exerce véritablement le pouvoir exécutif, à un chiite, les tractations sont toutes liées. Et les coalitions de listes, qui toutes tentent de regrouper chiites, sunnites et Kurdes pour former le plus grand groupe, doivent se mettre d’accord pour élire des candidats à ces trois postes.

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-4"> ¤ Devant une foule de 100 000 personnes, François a rendu hommage, samedi, à un prêtre italien assassiné il y a vingt-cinq ans par la mafia sicilienne.
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« Qui est mafieux ne vit pas en chrétien », proclame le pape à Palerme

Devant une foule de 100 000 personnes, François a rendu hommage, samedi, à un prêtre italien assassiné il y a vingt-cinq ans par la mafia sicilienne.



LE MONDE
 |    15.09.2018 à 15h01
 • Mis à jour le
15.09.2018 à 15h15
   





                        



   


« On ne peut pas croire en Dieu et être mafieux. Qui est mafieux ne vit pas en chrétien, car il blasphème avec sa vie le nom de Dieu-amour », a déclaré le pape, samedi 15 septembre, dans une homélie en plein air à Palerme en Italie. Devant une foule de 100 000 personnes, le souverain pontife a rendu hommage à un prêtre assassiné il y a vingt-cinq ans par la mafia sicilienne pour avoir cherché à arracher à son emprise des jeunes d’un quartier défavorisé.
« Aujourd’hui, nous avons besoin d’hommes et de femmes d’amour, non d’hommes et de femmes d’honneur, de service et non d’abus », a-t-il plaidé depuis le chef-lieu de la Sicile, rappelant son appel aux mafieux : « Changez ! Arrêtez de penser à vous-mêmes et à votre argent, convertissez-vous ! » En 1993, le pape Jean Paul II avait lui aussi demandé aux mafieux de Cosa Nostra de « se convertir ». Les parrains siciliens avaient répondu deux mois plus tard par des attentats contre deux églises romaines.
Le pape François a aussi intimé aux Siciliens d’agir, sans tout attendre de la société, sans fuir leurs propres responsabilités. « Aujourd’hui, choisissons-nous aussi une belle vie ! », a-t-il dit.

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Excommunication de mafieux
La messe était consacrée samedi au prêtre des pauvres Giuseppe Puglisi, surnommé le « premier martyr de Cosa Nostra », qui fut tué sur ordre de cette mafia sicilienne d’une balle dans la nuque le 15 septembre 1993, jour de ses 56 ans. « Je vous attendais », aurait-il dit, avec un sourire, avant de mourir sur le seuil du modeste immeuble où il était né.
Le prêtre « ne vivait pas pour se montrer, ne vivait pas d’appels antimafia, au contraire il se contentait de ne rien faire de mal, mais de semer le bien, tant de bien », s’est exclamé le pape samedi à Palerme. « Don Pino savait ce qu’il risquait, mais il savait surtout que le vrai danger dans la vie est de ne pas prendre de risques et de vivoter », a-t-il estimé. En 2012, Benoît XVI l’a reconnu « martyr » et en mai 2013, Don Pino avait été béatifié à Palerme.
Depuis son élection, François s’est attaqué frontalement aux mafieux, souvent pratiquants et bienfaiteurs des paroisses. Dans la catholique Naples, le fief de la Camorra, il avait condamné en 2015 les organisations qui « exploitent et corrompent les jeunes, les pauvres et les défavorisés ». « Comme un animal mort pue, la corruption pue, la société corrompue pue et un chrétien qui fait entrer en lui la corruption pue », avait-il lancé dans la banlieue misérable de Scampia, gangrenée par la Camorra.
En Calabre, dix mois plus tôt, il avait appelé les catholiques à « combattre » l’ultra-puissante ’Ndrangheta. « Ceux qui dans leur vie ont choisi cette voie du mal, comme les mafieux, ne sont pas en communion avec Dieu, ils sont excommuniés », avait-il déclaré.
L’excommunication est la peine la plus sévère envisagée par l’Eglise catholique à l’encontre de ses membres. Des évêques locaux ont déjà excommunié des mafieux, mais le Vatican envisage de se doter d’un document juridique d’une valeur universelle pour excommunier les mafieux, quel que soit leur pays d’appartenance.

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-5"> ¤ Tribune. Après l’incendie du musée de Rio, le 2 septembre, une question se pose : quel avenir pour la recherche dans les musées ?
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Le Musée national de Rio n’est pas un modèle dépassé

Tribune. Après l’incendie du musée de Rio, le 2 septembre, une question se pose : quel avenir pour la recherche dans les musées ?



LE MONDE
 |    15.09.2018 à 14h00
   





                        



                                


                            
Par Frédéric Keck
C’est avec sidération que nous avons regardé les images du Musée national de Rio en flammes, puis celles des murs calcinés du palais où avait disparu la quasi-totalité de la plus grande collection d’histoire naturelle de l’Amérique du Sud. Eduardo Viveiros de Vastro, anthropologue mondialement connu dont la carrière s’est entièrement déroulée dans le Musée ­national, a décrit ces ruines comme un « Ground Zero » dans lequel se réfléchissent les autres désastres qui affectent la nation brésilienne.
La destruction du lieu, même si elle est due à un incendie accidentel, a en effet une signification politique et écologique : c’est une partie de la mémoire de la diversité du Brésil qui s’est volatilisée, avec ses langues ­documentées dans la bibliothèque, ses objets fabriqués par les populations autochtones, ses spécimens d’espèces animales et végétales aujourd’hui disparues. Au-delà de l’émotion causée par cette perte inestimable, que penser des images de cette catastrophe ?
Commençons par détourner légèrement la focale. En se déplaçant du quartier pauvre et désaffecté de Sao Cristovao qui entoure le ­Musée national de Rio vers la zone portuaire en cours de rénovation, on découvre un ­musée entièrement nouveau, le Musée de ­demain. Dilma Rousseff a inauguré en 2015 ce bâtiment ambitieux et coûteux, alors qu’aucun président du Brésil ne s’est rendu au Musée national depuis 1960. Les visiteurs se pressent pour y voir des expositions numériques sur l’avenir de la planète, mais aucune collection n’y est conservée. Par contraste, faudra-t-il ­appeler le Musée national, que le gouvernement brésilien a promis de reconstruire, le « musée du passé » ?

Des chercheurs parmi les meilleurs
Le bâtiment qui abritait le Musée national était en effet le palais dans lequel vivait l’empereur du Brésil au XIXe siècle. Passionné d’histoire naturelle, correspondant de Darwin et de Pasteur, il se faisait...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-6"> ¤ Autour de l’enclave d’Idlib, puissances extérieures et acteurs locaux se préparent à la confrontation.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-7"> ¤ Après la démission de la ministre de la santé, accusée d’avoir plagié son mémoire de master, le président du gouvernement espagnol a dû prouver qu’il avait rédigé sa thèse universitaire lui-même.
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En Espagne, Pedro Sanchez en difficulté

Après la démission de la ministre de la santé, accusée d’avoir plagié son mémoire de master, le président du gouvernement espagnol a dû prouver qu’il avait rédigé sa thèse universitaire lui-même.



LE MONDE
 |    15.09.2018 à 11h01
 • Mis à jour le
15.09.2018 à 14h25
    |

            Sandrine Morel (Madrid, correspondance)








                        



                                


                            

Depuis deux jours, plusieurs médias de droite, relayés par le parti libéral Ciudadanos et le Parti populaire (PP, droite), l’accusaient d’avoir plagié sa thèse universitaire, voire de ne pas l’avoir rédigée en personne. Le chef du gouvernement espagnol, Pedro Sanchez, a finalement décidé de couper court à la polémique en rendant accessible, en ligne, l’intégralité de la publication controversée, vendredi 14 septembre.
La conclusion est sans appel. Au pire, la thèse de M. Sanchez, portant sur « l’innovation de la diplomatie économique espagnole » et présenté devant un jury de l’université privée Camilo José Cela en 2012, peut être qualifiée de « médiocre » ou de « faible », comme l’ont estimé plusieurs universitaires interrogés par la presse espagnole. Mais, après analyse par des logiciels spécialisés, elle ne peut être considérée comme le fruit d’un « plagiat », comme l’avait pourtant assuré le quotidien de la droite monarchique ABC le 13 septembre. Aucun élément n’a non plus accrédité l’idée que le texte ait pu être écrit par un autre économiste, comme l’avait affirmé la veille le site d’information Okdiario.
« Toute cette affaire revient à une tentative de faire du bruit et d’abattre le gouvernement », a tranché la porte-parole de l’exécutif espagnol, Isabel Celaa, vendredi, en conseil des ministres. Visiblement en colère, la ministre de l’éducation a estimé que le PP et Ciudadanos doivent « demander pardon » à M. Sanchez, tout en assurant, sur un ton vindicatif, que « le gouvernement va très bien » et est « plein d’énergie ».
Succession de déboires
Cependant, la polémique sur sa thèse n’est que le dernier épisode d’une série de crises et de déboires qui n’ont cessé de mettre à l’épreuve la solidité et la crédibilité du gouvernement socialiste tout au long de la semaine.
Le 11 septembre, la ministre de la santé, Carmen Monton, a dû démissionner après deux...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-8"> ¤ A quai depuis le 27 août à Marseille, le navire humanitaire prépare une nouvelle opération de sauvetage en mer.
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L’« Aquarius » se prépare à reprendre le large

A quai depuis le 27 août à Marseille, le navire humanitaire prépare une nouvelle opération de sauvetage en mer.



LE MONDE
 |    15.09.2018 à 10h59
    |

            Julia Pascual








                        



   


Niché dans une darse, non loin des imposants ferries qui relient la Corse, surplombé par la grande tour de la compagnie CMA-CGM, l’Aquarius mouille discrètement dans le port autonome de Marseille. A quai depuis le 27 août, le bateau affrété par les ONG SOS Méditerranée et Médecins sans frontières (MSF) s’apprête à repartir en mer pour une nouvelle opération de recherche et de sauvetage de migrants au large de la Libye. Il sera alors le seul navire humanitaire à patrouiller en Méditerranée centrale.

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D’ordinaire, l’escale entre deux missions n’excède pas quelques jours, le temps de procéder au changement d’équipe, au ravitaillement et aux opérations de maintenance. Plusieurs semaines se sont écoulées cette fois, en raison notamment d’un changement de pavillon.
Des navires entravés dans leurs actions
Depuis que l’Italie et Malte ont refusé, en juin, d’ouvrir leurs ports aux migrants secourus en mer, les navires des ONG ont été entravés dans leurs actions. Certains sont toujours bloqués dans le port de Malte. Outre le fait qu’il ait dû renoncer à son traditionnel port d’attache en Sicile, l’Aquarius s’est vu pour sa part retirer son pavillon par Gibraltar. Il arbore désormais les couleurs du Panama et Aquarius 2 a été inscrit à la peinture blanche sur sa coque orange.
« Le changement de pavillon est l’une des raisons pour lesquelles nous avons passé plus de temps à quai, dit Nick Romaniuk, le responsable des recherches et des opérations de secours de l’Aquarius. Une partie de l’équipage a notamment dû suivre des modules de formation à la sécurité en mer. »

   


L’escale à Marseille a également été affectée par des soucis techniques. « Comme tous les chantiers, il comporte des aléas », explique Edouard Courcelle, responsable de la logistique à bord pour MSF. Dans une coursive du bateau, une liste de tâches est tenue à jour pour l’équipe de SOS Méditerranée, qui gère tout ce qui a trait aux opérations de secours en mer. Nick Romaniuk explique :
« On fait beaucoup de maintenance. Nous reconditionnons par exemple les gilets de sauvetage, de façon à pouvoir les sortir des sacs cinq par cinq rapidement lors d’une opération. Tout notre équipement est nettoyé, testé, rangé. Cette fois, nous avons notamment dû changer un semi-rigide de sauvetage et réadapter son berceau sur le pont. »
Au son du groupe de rock Creedence Clearwater Revival, les équipes des deux ONG se sont rassemblées pour former une chaîne humaine sur le bateau. Le ravitaillement en nourriture est arrivé et il faut monter à bord des packs de bouteilles d’eau et des cartons de viande, des kilos de sucre, des sacs de carottes et autres cageots de pommes. De quoi nourrir l’équipage de marins et les deux équipes d’humanitaires, soit une quarantaine de personnes. « Au départ, on prévoyait des quantités pour trois semaines de rotation mais maintenant, à cause de l’incertitude des débarquements, on monte jusqu’à quatre semaines », rapporte Nick Romaniuk.
Neuf massages cardiaques simultanément
Les jours qui précèdent le départ en mer sont aussi mis à profit pour des entraînements à la manipulation des brancards ou aux premiers soins. « Les nouveaux comme les anciens voient les procédures de sauvetage et les plans d’urgence pour que cela devienne un automatisme », dit Nick Romaniuk.

   


Dans la langue véhiculaire à bord — l’anglais —, Carlos Jaramillo, le médecin de MSF, présente ce matin-là les premiers gestes de secours. On apprend comment vérifier qu’une personne est en vie et qu’un massage cardiaque doit se faire au rythme de 120 compressions par minute, soit celui d’un tube des Bee Gees : « Ah, ah, ah, ha, stayin’ alive, stayin’ alive… », illustre Carlos Jaramillo sur un mannequin.
Chacun doit pouvoir simuler une réanimation, car l’équipe de MSF ne compte que quatre personnes ayant des compétences médicales. Lors d’un sauvetage en janvier, les membres des deux ONG se sont retrouvés à réaliser neuf massages cardiaques simultanément. Sept personnes ont pu ainsi être réanimées.
« Début septembre, plus de cent personnes se sont noyées au large de la Libye »
Le lendemain, Catherine Flanigan, infirmière à MSF, PowerPoint à l’appui, rappelle la procédure à observer lorsqu’un nombre important de personnes secourues se trouve dans un état critique. « Il peut s’agir d’arrêts cardiaques, de brûlures, d’hypothermie, de déshydratation, liste-t-elle. C’est toujours un peu le chaos, mais on essaye de se préparer. » Les rôles sont répartis, chaque espace du bateau assigné à une fonction, à l’image d’un petit hôpital de campagne.
A la veille du départ, les équipes commencent à s’impatienter. Cela fait plusieurs semaines qu’elles vivent à bord, au rythme d’un équipage en mer, sans avoir quitté encore le port de Marseille. « Evidemment, on ressent de la frustration, reconnaît Nick Romaniuk. Nous sommes là pour sauver des vies en mer et on a encore vu que début septembre, plus de cent personnes se sont noyées au large de la Libye. » Le départ est prévu pour ce week-end.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-9"> ¤ Des milliers de protestataires ont investi les rues de la dernière enclave de la rébellion, dans le nord de la Syrie, soumise aux bombardements depuis sept ans.
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Syrie : manifestations de masse à Idlib avant l’offensive du régime Assad

Des milliers de protestataires ont investi les rues de la dernière enclave de la rébellion, dans le nord de la Syrie, soumise aux bombardements depuis sept ans.



LE MONDE
 |    15.09.2018 à 10h48
 • Mis à jour le
15.09.2018 à 12h05
    |

            Benjamin Barthe (Beyrouth, correspondant) et 
Madjid Zerrouky








                        



   


Des dizaines de milliers de partisans de la révolution syrienne ont manifesté, vendredi 14 septembre, dans les villes et les villages de la province d’Idlib, l’ultime fief de la rébellion, menacée par une offensive généralisée du régime Assad et de son allié russe.
Les protestataires ont afflué en masse dans les rues à la sortie de la prière, scandé des slogans hostiles au pouvoir syrien et agité l’étendard vert, blanc et noir de la révolte, dans des scènes réminiscentes des premiers mois du soulèvement, avant qu’il ne vire à la guerre civile. L’ampleur de la mobilisation a surpris dans cette région, qui en plus d’être soumise depuis sept ans aux bombardements de l’aviation syrienne, vit sous la coupe de groupes armés souvent radicaux, en particulier Tahrir Al-Sham (HTS), dirigé par l’ex-branche d’Al-Qaida en Syrie.
« Nous ne négocierons jamais, nous ne nous réconcilierons jamais avec ce criminel de Bachar Al-Assad », martèle Rania Kisar, une militante syro-américaine, dans une vidéo diffusée sur Facebook, tournée à Maarat Al-Nouman, une ville du sud de la province. « Ecoutez la voix du peuple, ajoute la jeune femme, filmée sur un pont, surplombant une route noire de manifestants. Nous voulons tous que Bachar parte. Peu importe le nombre d’entre nous qu’il tue. Nous ne nous rendrons jamais. »
« Il n’y a pas d’alternative à la chute du régime, approuve Mustafa Al-Abdallah, le directeur d’une petite agence de communication, joint par WhatsApp. Nous sommes venus redire notre foi dans la révolution. Staffan de Mistura peut raconter ce qu’il veut, nous ne bougerons pas d’ici », ajoute-t-il en référence à la récente proposition de l’envoyé spécial de l’ONU d’assurer l’évacuation hors d’Idlib des civils qui le veulent.

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Un appel à l’Occident et à la Turquie
Mais davantage qu’au dictateur syrien, qui est en passe de remporter la guerre, cette démonstration de force s’adressait aux capitales occidentales et à la Turquie voisine, les seules forces susceptibles de dissuader Moscou de passer à l’attaque. « Il est très important de rappeler au monde qu’Idlib ne se réduit pas à Tahrir Al-Cham, explique Ahmed Mohamed, un journaliste. Il y a des civils ici, trois millions de civils, qui sont à bout de forces. »
Dans les rassemblements, beaucoup de participants brandissaient le drapeau turc, en plus de celui de la révolution, en signe de soutien aux efforts déployés par Ankara pour trouver une issue à la crise. Après avoir rencontré ses homologues russe, Vladimir Poutine, et iranien, Hassan Rohani, à Téhéran vendredi 7 septembre, le président turc, Recep Tayyip Erdogan, doit revoir le chef du Kremlin ce lundi.

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La Turquie redoute qu’en cas d’offensive, des milliers de Syriens n’affluent sur son territoire, où vivent déjà 3,5 millions de réfugiés, chassés par les combats. « Idlib est au bord d’une nouvelle crise. Nous travaillons d’arrache-pied avec la Russie, l’Iran et nos alliés à la paix et à la stabilité dans la région, pour qu’une tragédie humanitaire soit évitée », a déclaré mercredi soir le ministre turc de la défense.
« C’était une manifestation contre le régime, mais c’était aussi un avertissement envoyé à HTS », Ahmed Mohamed, journaliste
Alors que la semaine passée, les djihadistes avaient dispersé plusieurs manifestations de ce genre, mais de plus petite taille, cette fois-ci ils ne sont pas intervenus, même dans la ville d’Idlib, qui est leur fief. Selon une directive interne de l’appareil de sécurité de HTS, à laquelle Le Monde a eu accès, l’organisation a jugé préférable de faire profil bas, pour des raisons d’image et parce que les slogans du jour ne la visaient pas, ce qu’elle redoutait. Ses hommes ont reçu la consigne de ne pas tirer en l’air, même s’ils ont infiltré les rassemblements, pour s’assurer que le drapeau noir du mouvement ne soit pas brûlé.
La très forte participation a sûrement aussi dissuadé les extrémistes de jouer les gros bras, ce dont les révolutionnaires se félicitent. « C’était une manifestation contre le régime, mais c’était aussi un avertissement envoyé à HTS, dit Ahmed Mohamed. La prochaine manifestation, elle sera peut-être contre eux. »

        Voir l’infographie :
         

          Idlib : les enjeux d’une bataille décisive






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-10"> ¤ A Tarente, dans les Pouilles, les salariés ont voté pour la reprise de leur très polluante aciérie par le groupe ArcelorMittal.
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En Italie, le dilemme des ouvriers d’ILVA entre défense de l’emploi et lutte contre la pollution

A Tarente, dans les Pouilles, les salariés ont voté pour la reprise de leur très polluante aciérie par le groupe ArcelorMittal.



LE MONDE
 |    15.09.2018 à 10h42
 • Mis à jour le
15.09.2018 à 16h06
    |

            Jérôme Gautheret (Tarente (Pouilles), envoyé spécial)








                        



                                


                            

Sur les murs extérieurs de l’église San Francesco de Geronimo, dans le centre de Tarente (Pouilles), ces quelques mots ont été écrits à la peinture noire : « O l’acciaio o la vita, devi scegliere » (« L’acier ou la vie, il faut choisir »). Depuis combien de temps l’inscription est-elle là ? Un jour, une semaine, un an ? Impossible de le savoir : aucun des passants interrogés n’est capable de le dire. Elle résume pourtant, de façon clinique, le terrible dilemme auquel est confrontée depuis des années cette ville de 200 000 habitants du sud de l’Italie, dont la principale ressource est précisément ce qui la fait mourir.

D’une certaine manière, c’est à cette question impossible que les 10 700 employés du site de l’ILVA de Tarente ont eu à répondre, dans un référendum interne qui s’est tenu du 10 au 13 septembre. Leur verdict a été presque unanime, et sans surprise. A 94 %, et avec près de 70 % de participation, les votants se sont prononcés en faveur du plan de reprise du site formulé par le géant sidérurgique ArcelorMittal, conclu par un accord avec le gouvernement italien, représenté par le vice-premier ministre Luigi Di Maio (Mouvement 5 Etoiles), le 6 septembre. Commencera dans les prochains jours une longue phase transitoire. Le site devrait rester sous tutelle publique jusqu’en 2023.
Cinq années de sursis au moins, 4 milliards d’euros d’investissements, l’emploi garanti pour plus de 10 000 personnes, 100 000 euros d’indemnités pour ceux qui souhaitent partir… Les salariés ne pouvaient pas rêver mieux.
Lourd tribut payé au maintien de l’usine
« En Italie, ces vingt dernières années, je ne vois pas d’exemple d’un plan aussi généreux », convient le responsable syndical Francesco Brigati (Fiom-CGIL), rencontré devant une des entrées du site industriel, interdit aux journalistes. D’où vient alors cette pesanteur qu’on sent dans l’air ? C’est qu’il est difficile d’avoir le cœur léger alors que nul ne peut ignorer...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-11"> ¤ La multiplication des contrats courts, la dérégulation du marché du travail et l’écrasement des salaires pénalisent particulièrement les jeunes.
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En Europe, le marché de l’emploi porte encore les stigmates de la crise de 2008

La multiplication des contrats courts, la dérégulation du marché du travail et l’écrasement des salaires pénalisent particulièrement les jeunes.



LE MONDE
 |    15.09.2018 à 10h24
 • Mis à jour le
15.09.2018 à 11h36
    |

            Elise Barthet








                        



                                


                            

Retour à la case départ. Fin juillet, le chômage dans la zone euro a retrouvé son niveau de novembre 2008. Avec un taux de 8,2 %, il touche encore 13,4 millions de personnes, selon Eurostat. Mais les chiffres baissent en continu depuis 2013. En un an, près de 1,4 million de personnes sont sorties des dispositifs d’accompagnement vers l’emploi. Même l’indicateur mesurant la part des actifs occupés au sein de la population en âge de travailler s’est redressé. Il approchait à l’été 65,5 %, un ratio comparable à celui de 2007.

Statistiquement, il n’y a pas de doute : en dépit du trou d’air du début de l’année, la zone euro se porte mieux qu’il y a cinq ans. A l’époque, au plus fort de la crise des dettes souveraines apparue dans le sillage des « subprimes », le taux de chômage y dépassait les 12 %. Il a fallu attendre 2015 et les premiers rachats de dettes par la Banque centrale européenne (BCE), pour que l’abîme commence à se refermer. Mais une telle saignée laisse des traces.
Elle a considérablement accentué le décrochage entre le nord et le sud du continent. Les pays germaniques, qui avaient flexibilisé leurs marchés du travail avant la crise, ont été relativement épargnés. L’Allemagne est le seul pays de la zone euro à avoir vu son chômage diminuer au cours des dix dernières années. De l’autre côté du spectre, le taux espagnol avoisine, lui, toujours, 15 %, bien qu’il ait chuté de près de 10 points depuis 2013. En Italie, où la secousse a été moins forte, il ne parvient pas à retomber sous la barre des 10 %. Le Portugal et l’Irlande s’en sont mieux sortis. Mais le rattrapage s’est fait au prix d’une violente concurrence fiscale entre Etats.
Fuite des cerveaux
« Brutales, récessives, déflationnistes, les mesures prises pour déréguler l’emploi dans les pays du Sud ont fait porter l’effort sur les populations les plus précaires », souligne Xavier Ragot, chercheur à l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE)....




                        

                        


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En Grande-Bretagne, l’austérité a créé un terrain fertile pour le Brexit

Une étude montre le lien direct entre les coupes budgétaires décidées à la suite de la crise financière de 2008 et le soutien au UKIP, le parti antieuropéen.



LE MONDE
 |    15.09.2018 à 10h22
 • Mis à jour le
15.09.2018 à 15h08
    |

            Eric Albert (Londres, correspondance)








                        



                                


                            

Vers 2 heures du matin le 24 juin 2016, l’annonce du résultat du vote à Sunderland a soudain fait comprendre que le Brexit était en train de l’emporter. La ville du nord-est de l’Angleterre avait choisi à 61 % de sortir de l’Union européenne, bien plus que ne le prévoyaient les sondages.

Le fait que le choc soit venu d’un des endroits les plus pauvres du Royaume-Uni n’était pas un hasard. Le vote en faveur du Brexit était directement lié aux difficultés économiques, même si d’autres facteurs entrent évidemment aussi en jeu. Les trois quarts des Britanniques sans aucun diplôme ont voté pour le Brexit ; 71 % de ceux qui ont un travail manuel routinier ont fait de même ; 58 % de ceux qui gagnent moins de 20 000 livres par an (22 000 euros) également.
De ce constat a été tirée une leçon, bien souvent considérée aujourd’hui comme une évidence : les laissés-pour-compte de la mondialisation ont profité du référendum pour se révolter. Ce n’est pourtant pas tout à fait exact, conclut une étude publiée en juin par Thiemo Fetzer, de l’université de Warwick. Selon lui, la cause du basculement n’est pas tant la mondialisation, ni même la crise financière, que l’austérité. « Lors des élections européennes de 2004 ou de 2009, UKIP [le parti antieuropéen] avait déjà réussi à rassembler 15 % des voix, rappelle-t-il. Mais le soutien, à l’époque, ne venait pas des régions les plus pauvres. Ce n’est qu’après 2010 – quand la politique d’austérité a été appliquée – que ce phénomène a commencé. »
Fascinantes corrélations
Son étude conclut que le soutien au Brexit aurait été 9,5 % plus bas sans le choc de l’austérité. Suffisamment pour faire basculer le résultat, remporté avec 3,8 % d’avance.
Pour démontrer la validité de sa théorie, M. Fetzer met en avant de fascinantes corrélations entre les coupes budgétaires et le soutien au UKIP. Il prend, par exemple, l’imposition de la « bedroom tax », un impôt concernant les habitants...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-13"> ¤ Ankara s’inquiète des conséquences qu’aura l’écrasement de la dernière poche rebelle à Idlib.
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La Turquie accroît sa présence dans le nord de la Syrie avant l’offensive annoncée du régime Assad

Ankara s’inquiète des conséquences qu’aura l’écrasement de la dernière poche rebelle à Idlib.



LE MONDE
 |    15.09.2018 à 10h11
 • Mis à jour le
15.09.2018 à 11h00
    |

            Marie Jégo (Istanbul, correspondante)








                        



   


Alors que le président turc, Recep Tayyip Erdogan, se prépare à rencontrer son homologue russe, Vladimir Poutine, lundi 17 septembre à Sotchi, sur les bords de la mer Noire, la Turquie n’a de cesse d’accroître sa présence dans la région d’Idlib, dans le nord-ouest de la Syrie. Des renforts et du matériel y ont été acheminés en vue de résister à l’offensive annoncée du régime syrien, avide de reconquérir la dernière poche tenue par les rebelles. Les troupes turques massées depuis quelques jours dans les provinces frontalières turques du Hatay et de Gaziantep ont été inspectées vendredi par le chef d’état-major, le général Yasar Güler.
Par ailleurs, l’agence Reuters a indiqué que des armes avaient été fournies récemment aux rebelles syriens, notamment des lance-roquettes multiples GRAD, de fabrication russe. La Turquie a promis aux rebelles d’Idlib « un soutien militaire total en vue d’une bataille qui va durer », d’après un commandant de l’Armée syrienne libre cité par l’agence. Ankara s’inquiète du sort de ses protégés, les rebelles dits « modérés » implantés dans le sud de la province.
Zones de désescalade
Les renforts envoyés à Idlib sont destinés aussi à préserver les douze postes d’observation turcs établis à la faveur d’un accord passé, en mai 2017, avec l’Iran et la Russie dans le cadre du processus d’Astana. Ce dernier vise à soumettre la rébellion anti-Assad en la contenant dans des zones de « désescalade » qui sont ensuite bombardées et forcées à la reddition. Idlib est la dernière zone de désescalade, les trois autres ont été soumises par le régime syrien avec l’aide de Moscou et de Téhéran.

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                A Idlib, l’épilogue de l’insurrection syrienne



La Turquie, qui s’était jusqu’ici prêtée au jeu des zones de désescalade en favorisant la reddition des rebelles, n’entend pas lâcher Idlib. Elle s’inquiète des conséquences de son écrasement. Une offensive d’ampleur sur la province syrienne, limitrophe de la Turquie et où vivent plus de trois millions de personnes, provoquerait immanquablement un afflux massif de réfugiés. Les services turcs ont estimé récemment que 250 000 personnes pourraient se masser à la frontière si Idlib était attaquée, et ils recommandent leur maintien « dans des zones sécurisées sur le territoire syrien ». Voilà pourquoi la Turquie, qui héberge déjà plus de 3,5 millions de réfugiés syriens, veut à tout prix maintenir les territoires qu’elle contrôle au nord de la Syrie.
Si Idlib tombe aux mains du régime, qu’adviendra-t-il de la zone d’influence turque dans le nord de la Syrie ? Conquis avec l’aval de Moscou, les territoires occupés par l’armée turque en Syrie, soit une zone de 90 kilomètres de long entre les villes d’Azaz et de Djarabulus, gagnée en 2016, ainsi que l’enclave kurde d’Afrin, conquise en 2018, sont menacés de reconquête par le régime syrien. Or, selon les projets turcs, cette zone devrait, à terme, servir au retour d’une bonne partie des réfugiés syriens installés en Turquie, dont la présence est de moins en moins supportée par la population locale.
Aucun égard pour les civils
Des divergences sont apparues entre les trois pays maîtres du processus d’Astana lors du sommet qui s’est tenu le 7 septembre à Téhéran entre les présidents russe, Vladimir Poutine, iranien, Hassan Rohani, et turc, Recep Tayyip Erdogan. La Turquie s’est alors soudain rendu compte que ni la Russie ni l’Iran n’avaient de solution politique en vue pour la Syrie, si ce n’est le maintien au pouvoir de Bachar Al-Assad.

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A Téhéran, MM. Poutine et Rohani, les principaux soutiens militaires du régime syrien, se sont dits favorables à l’écrasement militaire de la dernière poche rebelle, sans égard aucun pour les civils « utilisés par les terroristes comme des boucliers humains ». M. Erdogan, qui tentait d’obtenir un cessez-le-feu, a été éconduit. « Aucun groupe rebelle n’est représenté ici, je ne vois pas comment nous pourrions négocier un cessez-le-feu sans leur présence », lui avait alors répliqué Vladimir Poutine.
L’absence d’accord avec la Turquie semble avoir repoussé, au moins à court terme, le lancement d’une offensive d’envergure à Idlib. Ces derniers jours, les bombardements de l’aviation russe sur la province ont diminué en intensité.
Attaques de drones
M. Erdogan a bon espoir de parvenir à un arrangement avec Moscou en vue d’une opération militaire limitée à des frappes sur les groupes djihadistes tel Hayat Tahrir Al-Cham, composé notamment de l’ex-branche d’Al-Qaida en Syrie, dont les autorités turques viennent tout juste de reconnaître le caractère « terroriste ».

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                Guerre de Syrie : 30 000 déplacés dans la seule province d’Idlib, selon l’ONU



Avant tout, la Russie veut faire cesser les attaques de drones lancées depuis Idlib contre sa base de Hmeimim dans la région voisine de Lattaquié. Un plan concocté à Ankara prévoit la sécurisation de cette base, dont les abords seraient renforcés en mines.
Soucieux de ménager l’allié turc, la pièce maîtresse du front antiaméricain qu’il veut créer au Proche-Orient, Vladimir Poutine se montre disposé au compromis tout en maintenant la pression sur son homologue turc afin qu’il contraigne les derniers rebelles à se soumettre à Bachar Al-Assad. Si la Turquie échoue à produire une opposition prête aux concessions, une escalade majeure sera alors inévitable à Idlib.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-14"> ¤ Paul Manafort plaide coupable d’association de malfaiteurs et d’« obstruction à la justice ».
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L’ancien directeur de campagne de Donald Trump décide de coopérer avec la justice

Paul Manafort plaide coupable d’association de malfaiteurs et d’« obstruction à la justice ».



LE MONDE
 |    15.09.2018 à 10h08
 • Mis à jour le
15.09.2018 à 14h07
    |

            Gilles Paris (Washington, correspondant)








                        



                                


                            

Le 22 août, après la condamnation de son ancien directeur de campagne, Paul Manafort, pour fraudes fiscale et bancaire, Donald Trump s’était lancé dans un véritable panégyrique sur Twitter. « Je me sens très mal pour [lui] et sa merveilleuse famille », avait-il écrit, célébrant un homme qui avait refusé de « céder » et de plaider coupable, et d’« inventer des histoires pour obtenir un accord ». Ce que venait précisément de faire son ancien avocat Michael Cohen à propos d’une infraction aux règles de financement des campagnes électorales. « Respect absolu pour un homme courageux ! », avait conclu le président des Etats-Unis, au mépris du principe de séparation des pouvoirs.

Moins de trois semaines plus tard, Paul Manafort, emprisonné depuis juin, a pourtant décidé de sauter le pas et de s’entendre avec l’équipe du procureur spécial Robert Mueller. Elle est chargée de l’enquête sur les interférences prêtées à la Russie par le renseignement américain pendant la présidentielle de 2016. C’est cette enquête qui a mis au jour des malversations de l’ancien directeur de campagne, remontant à ses activités antérieures de lobbyiste auprès de l’ancien président ukrainien prorusse, Viktor Ianoukovitch.
Passible d’une lourde peine d’emprisonnement, Paul Manafort a décidé de plaider coupable d’« association de malfaiteurs contre les Etats-Unis » et d’« obstruction à la justice ». Ce qui lui épargnera un second procès prévu ce mois, tout en espérant bénéficier de la mansuétude de la justice. En contrepartie, il a accepté qu’une bonne partie de ses biens soit confisquée, l’équivalent de plusieurs millions de dollars. Il a choisi surtout de coopérer avec le procureur spécial, ce qu’il s’était toujours refusé à faire jusqu’à présent.
« Aucun rapport » avec Donald Trump
La Maison Blanche et l’un des conseils de Donald Trump, Rudy Giuliani, ont réagi très rapidement pour assurer que ce nouveau développement...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-15"> ¤ 2018 est l’année des « minorités », sexuelles ou ethniques, notamment côté démocrate. Un changement qui suscite l’hostilité des candidats républicains.
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Aux Etats-Unis, l’avènement des minorités aux élections de mi-mandat attise les tensions

2018 est l’année des « minorités », sexuelles ou ethniques, notamment côté démocrate. Un changement qui suscite l’hostilité des candidats républicains.



LE MONDE
 |    15.09.2018 à 10h00
    |

            Stéphanie Le Bars (Washington, correspondance)








                        



   


Dans la vie politique américaine, la dernière « année des femmes » remonte à 1992, lorsqu’un nombre inédit de candidates avait accédé au Congrès. 2018 restera celle des « minorités », sexuelles ou ethniques, et des nouveaux venus. Pas moins de 14 femmes sont en lice pour des postes de gouverneur. Et parmi elles, plusieurs personnalités font figure de pionnières, relève Vox.
Ainsi, Stacey Abrams, en Géorgie, est sur les rangs pour devenir la première Afro-Américaine à occuper ce poste ; même opportunité pour Paulette Jordan, une Amérindienne de l’Idaho ; quant à Christine Hallquist, candidate dans le Vermont, elle caresse aussi l’espoir, ténu, de devenir la première personne transgenre élue à un tel poste. Seules six femmes, sur les 50 Etats, occupent aujourd’hui cette fonction. Toutes ces candidates ne seront pas élues, précise Vox, mais « le fait est que ces femmes offrent une vision de ce à quoi pourrait ressembler l’Amérique si un électorat diversifié était représenté par un personnel politique tout aussi divers ». 

        Lire :
         

          Etats-Unis : une démocrate pourrait devenir la première gouverneure transgenre



Qu’il s’agisse des femmes, des Afro-Américains, des Hispaniques ou des débutants en politique, tous ces profils atypiques en matière électorale se concentrent côté démocrate. A tel point que « les hommes blancs sont devenus minoritaires dans le vivier des candidats démocrates à la Chambre des représentants, explique Politico. Au cours des primaires, les démocrates ont désigné un nombre remarquable de 180 femmes, explosant le record précédent qui était de 120 ». Le magazine ajoute que « 133 personnes de couleur et 158 primo-candidats sont aussi sur les rangs ».
Outre que les lieux de pouvoir pourraient être transformés par l’arrivée de ces nouveaux venus, « ces profils diversifiés pourraient marquer le début d’une nouvelle ère pour la reconstruction du parti démocrate, souligne Politico. Quand un élu local se présente pour le Congrès, on connaît la formule. Mais quand une infirmière, une mère de famille ou un(e) ancien(ne) combattant(e) s’engage, la campagne est différente », y analyse aussi Martha McKenna, une consultante démocrate.
Rap, « monkey » et dangereuses « féministes »
Mais ce renouvellement ne va pas sans générer quelques tensions. Plusieurs candidats noirs en ont fait les frais. Antonio Delgado, candidat démocrate dans un district de l’Etat de New York, a été la cible du Comité électoral législatif du Parti républicain. Reprenant les paroles explicites d’un rap que le jeune avocat avait écrit en 2007, une publicité s’interroge sur la légitimité du candidat à solliciter un mandat d’élu. Son adversaire républicain, légèrement devancé dans les sondages, assure qu’il n’est pour rien dans cette publicité négative, mais lui demande toutefois d’expliciter « ses positions controversées », rapporte The Hill.

   


De même, en dépit d’une expression comprenant le terme « monkey » ( « singe ») dans un commentaire sur son adversaire noir, le candidat républicain au poste de gouverneur en Floride, Ron DeSantis, s’est défendu d’avoir employé un terme racialement connoté à l’encontre du démocrate Andrew Gillum. D’autres candidats républicains dépeignent leurs adversaires féminines comme de dangereuses « féministes », explique aussi le Washington Post, qui souligne que, côté républicain, la diversité stagne voire baisse parmi les candidats.
« Ces tensions sur la race, le genre et l’identité caractérisent la compétition électorale »
« Ces tensions sur la race, le genre et l’identité caractérisent la compétition électorale, reflet du schisme profond qui traverse le pays à l’ère Trump et des divergences démographiques croissantes entre les deux partis, analyse le quotidien. Les républicains s’efforcent de manière agressive de présenter les candidats démocrates comme des figures effrayantes et menaçantes, porteuses de valeurs qui leur sont étrangères. »
Mais cette ruée de candidat(e)s non conformes aux modèles traditionnels a aussi apporté son lot de profils improbables. Ainsi, cette cycliste devenue célèbre pour avoir fait un doigt d’honneur au passage du cortège de Donald Trump, en octobre, ce qui lui avait valu la perte de son emploi de sous-traitante pour le gouvernement. Elle s’est portée candidate à un mandat électif local dans le nord de la Virginie prévu en 2019, raconte le Huffington Post.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-16"> ¤ En visite officielle à Paris, le premier ministre arménien, élu en mai, s’est engagé dans une lutte implacable contre la corruption.
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Nikol Pachinian : « Il n’y a plus de passe-droits et de privilèges en Arménie »

En visite officielle à Paris, le premier ministre arménien, élu en mai, s’est engagé dans une lutte implacable contre la corruption.



LE MONDE
 |    15.09.2018 à 09h52
 • Mis à jour le
15.09.2018 à 14h28
    |

            Marc Semo et 
Gaïdz Minassian








                        



                                


                            

Leader de la « révolution de velours » qui a secoué l’Arménie en avril-mai 2018, le premier ministre Nikol Pachinian était à Paris, vendredi 14 septembre, pour y rencontrer Emmanuel Macron. Le président français se rendra quant à lui à Erevan le 10 octobre, pour une visite officielle durant laquelle il participera au Sommet de la francophonie qui se tiendra cette année dans la capitale arménienne.
Quatre mois après votre arrivée au pouvoir, qu’avez-vous déjà réussi à changer en Arménie ?
La presse, aujourd’hui, est plus libre que jamais. Pour la première fois dans l’histoire de notre IIIe République (depuis 1991), il n’y a plus de passe-droits ni de privilèges. Nous menons une lutte sans précédent contre la corruption et contre l’économie souterraine. Il n’y a plus de monopoles économiques. Le 23 septembre se tiendront dans la capitale Erevan des élections municipales qui seront les plus libres de son histoire. A la différence des autres révolutions – du moins de celles que je connais –, la nôtre n’a pas été suivie par une chute de l’économie. Au contraire, les indices sont plutôt dans le vert, les capitaux rentrent dans le pays, le prix de l’immobilier monte, les dépôts augmentent dans les banques. Nous avons réussi à mettre sur pied un nouveau système de gouvernance populaire démocratique directe.

Vous avez été élu par le Parlement sous la pression de la population, mais il reste dominé par les députés de l’ancien pouvoir de Serge Sarkissian. Est-ce tenable ?
Quand j’ai été élu premier ministre par le Parlement, je ne pouvais a priori compter que sur quatre voix, dont la mienne. Mais l’ancien régime a dû céder. Les Arméniens n’ont aucune confiance en ce Parlement, c’est un réel point noir de notre réalité politique. Mais il faut voir la situation dans sa dynamique. Vingt jours après mon élection, le Parlement a voté un programme de gouvernement spécifiant que des élections parlementaires...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-17"> ¤ « Macron et son gouvernement ignorent ce que font réellement les pays nordiques », assure dans son livre Alain Lefebvre, journaliste qui a longtemps vécu en Scandinavie.
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La vérité sur le « modèle scandinave » d’Emmanuel Macron

« Macron et son gouvernement ignorent ce que font réellement les pays nordiques », assure dans son livre Alain Lefebvre, journaliste qui a longtemps vécu en Scandinavie.



LE MONDE
 |    15.09.2018 à 07h30
 • Mis à jour le
15.09.2018 à 12h28
    |

            Marie Charrel








                        



                                


                            
Ah, la Scandinavie… Ses fjords, ses interminables hivers et, surtout, son modèle économique et social : depuis son élection, le président Emmanuel Macron cite régulièrement celui-ci comme une source d’inspiration. Flexisécurité danoise, réforme des retraites à la suédoise, transparence nordique des institutions publiques : la France gagnerait-elle à suivre ces exemples ? Comment ? Pour y répondre, Alain Lefebvre, journaliste et consultant spécialiste des questions sociales, s’est plongé dans la culture politique de ces pays qu’il connaît bien – il a travaillé pendant quinze ans en Suède et en Finlande, notamment pour les services diplomatiques français.
Dès l’introduction, il pose un constat assez cinglant pour le chef de l’Etat : « Macron et son gouvernement ignorent, volontairement ou non, ce que font réellement les pays nordiques, et proposent parfois des solutions depuis longtemps dépassées dans les pays qu’ils veulent imiter », assène-t-il.
Exemple : la fameuse flexisécurité danoise, censée à la fois faciliter les licenciements et mieux protéger les salariés en leur offrant un généreux filet de protection durant les périodes entre deux emplois. En visite à Copenhague le 29 août, Emmanuel Macron dressait encore l’éloge de ce système, plus performant, selon lui, pour réduire le chômage.

Instrument marketing
Seulement voilà : la flexisécurité, en fait née aux Pays-Bas, a surtout été utilisée comme « un instrument de pur marketing » par les Danois dès 1990, afin de séduire les investisseurs étrangers, explique l’auteur. Car en pratique les entreprises locales ne sont guère plus flexibles que leurs homologues françaises, poursuit-il, détails à l’appui, tandis que la sécurité a beaucoup baissé ces dernières années : « Le fameux modèle danois dont nous parlons en France n’existe même plus au Danemark ! » Le succès du pays tient en vérité à ses PME haut de gamme capables de s’adapter très vite à la demande...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-18"> ¤ Les deux anciens agents de la DGSE mis en examen mercredi auraient projeté d’éliminer Ferdinand Mbaou, un ancien militaire prêt à en découdre avec le régime de Denis Sassou-Nguesso.
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La justice française estime avoir déjoué une tentative d’assassinat d’un opposant congolais

Les deux anciens agents de la DGSE mis en examen mercredi auraient projeté d’éliminer Ferdinand Mbaou, un ancien militaire prêt à en découdre avec le régime de Denis Sassou-Nguesso.



LE MONDE
 |    15.09.2018 à 06h35
 • Mis à jour le
15.09.2018 à 16h19
    |

            Joan Tilouine et 
Jacques Follorou








                        



                                


                            
La justice estime avoir déjoué une opération visant à assassiner, sur le sol français, l’opposant congolais Ferdinand Mbaou. Deux anciens agents de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE), Daniel Forestier et Bruno Susini, ont été mis en examen, mercredi 12 septembre, au tribunal de grande instance de Lyon, pour « participation à une association de malfaiteurs » et « détention d’explosif ». Ils ont été placés sous contrôle judiciaire contre l’avis du parquet, qui avait requis un mandat de dépôt. Le ministère public a fait appel de cette décision. Un troisième homme, Alain Brunet, a été entendu sous le statut de témoin assisté. Une information judiciaire a été ouverte le même jour et confiée à la juridiction interrégionale spécialisée (JIRS).
Tout s’est passé très vite. Le vendredi 7 septembre, la Direction générale du renseignement intérieur (DGSI) transmet au parquet de Lyon le fruit de ce qu’elle décrit comme un « entretien » avec Daniel Forestier mettant en évidence le projet d’élimination de Ferdinand Mbaou. La rencontre aurait eu lieu au commissariat d’Annemasse (Haute-Savoie), les 31 août et 1er septembre.

L’ex-agent de la DGSE, qui affirme être un ancien militaire de carrière ayant servi quatorze ans au sein du service action, aurait, selon les dires de la DGSI, revendiqué être à la tête d’un groupe constitué pour tuer l’opposant congolais qui réside à Bessancourt, dans le Val-d’Oise. La motivation avancée porterait sur le fait que celui-ci « cherchait à renverser le président actuel » de la République du Congo, Denis Sassou-Nguesso. D’après les propos de M. Forestier, toujours rapportés par les agents de la DGSI, des repérages auraient été réalisés en mai et en juin de cette année en région parisienne. Il aurait néanmoins ajouté qu’il considérait que « le projet n’était pas réalisable ».
Aucune protection
Une enquête préliminaire est ouverte le jour même de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-19"> ¤ Les Etats-Unis, qui se prétendent médiateur incontournable du conflit, n’ont jamais adopté une position aussi partisane. Le président de l’Autorité palestinienne, emmuré politiquement et replié sur lui-même, refuse tout compromis.
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Affaibli et isolé, Mahmoud Abbas bloque tout accord sur Gaza qui le contournerait

Les Etats-Unis, qui se prétendent médiateur incontournable du conflit, n’ont jamais adopté une position aussi partisane. Le président de l’Autorité palestinienne, emmuré politiquement et replié sur lui-même, refuse tout compromis.



LE MONDE
 |    15.09.2018 à 06h35
 • Mis à jour le
15.09.2018 à 12h03
    |

            Piotr Smolar (Ramallah, envoyé spécial)








                        



                                


                            

L’espoir est épuisant quand il ne cesse d’être déçu. A tous leurs maux, les Gazaouis doivent ajouter cette souffrance : croire en vain que l’étau autour de leur territoire pourrait être enfin desserré. Ce fut le cas en octobre 2017 lorsque le Hamas, maître de Gaza depuis onze ans, et le Fatah, du président Mahmoud Abbas, avaient conclu un accord de réconciliation sous l’égide de l’Egypte. Echec. Puis vint la violence, la seule à faire réagir à l’étranger : près de 130 morts et 4 500 blessés par balles depuis la fin mars, lors des manifestations de la marche du retour, des lancers de cerfs-volants incendiaires vers Israël, des épisodes fiévreux de frappes israéliennes et de tirs de roquettes palestiniennes.
Un sentiment d’urgence partagé a entraîné, fin août, un frémissement diplomatique. Après d’intenses tractations, encore une fois initiées par Le Caire, un possible accord par étapes se dessinait entre le Hamas et Israël en vue d’une trêve à long terme. La récompense promise était une levée partielle de l’embargo, des projets économiques, de nouvelles infrastructures pour l’eau et l’électricité. Las. L’équation demeure irrésolvable, tant ses termes sont complexes. Cette fois, ni le Hamas ni Israël ne sont en cause, mais un homme de 83 ans à la santé défaillante, replié sur lui-même, au crépuscule de son parcours, comptant ses ennemis plutôt que ses succès dans son bunker de palais.
Mahmoud Abbas a senti qu’on voulait, politiquement, l’emmurer vivant. Traiter directement avec le mouvement islamiste armé, alors qu’il s’estime seul représentant légitime du peuple palestinien. Le « raïs » a donc tout fait pour empêcher les discussions d’aboutir, et les Egyptiens ont fini par plier : rien ne pourra se faire sans le retour de l’Autorité palestinienne (AP) à la tête de la bande de Gaza. « Il y a zéro volonté de concession, de compromis ou de dialogue du côté de l’AP », regrette un diplomate européen.
A Gaza, vendredi 14 septembre, la...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-20"> ¤ Les politiques d’austérité lancées après la crise, l’impunité et la cupidité de la planète finance ont nourri le sentiment contre les élites.
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Dix ans après Lehman Brothers : le populisme en héritage

Les politiques d’austérité lancées après la crise, l’impunité et la cupidité de la planète finance ont nourri le sentiment contre les élites.



LE MONDE
 |    15.09.2018 à 06h35
 • Mis à jour le
15.09.2018 à 12h04
    |

            Marie Charrel








                        



                                


                            

Emmanuel Macron contre Viktor Orban. A huit mois de l’échéance, les élections européennes de mai 2019 se profilent déjà comme un duel entre le président français et l’homme fort de Hongrie. Soit l’affrontement de deux mondes : l’Europe libérale et progressiste face à celle souverainiste et antimigrants. « Ces élections seront un immense test pour le Vieux Continent », résume le politologue bulgare Ivan Krastev. Une décennie après la chute de la banque américaine Lehman Brothers et le début de la crise, ce scrutin marquera, peut-être, l’entrée massive des populistes au Parlement européen.
Victoire du oui au référendum sur le Brexit en juin 2016, élection de Donald Trump cinq mois plus tard, arrivée au pouvoir du duo Matteo Salvini-Luigi Di Maio en Italie – sans parler de celle du sulfureux milliardaire Andrej Babis en République tchèque, ni de la montée en puissance de l’extrême droite en France et en Allemagne… « Nous assistons à la plus forte vague de mouvements antisystème depuis la seconde guerre mondiale », résume le politologue William Galston, de la Brookings Institution, à Washington.
En moyenne, ces partis ont engrangé plus de 20 % des voix aux dernières élections parlementaires dans les différents pays européens, contre 5 % au début des années 2000. Même la Scandinavie, longtemps pensée comme à l’abri, n’est pas épargnée : en Suède, le parti anti-immigration a raflé 17,5 % des suffrages aux élections législatives du 9 septembre.

Sans surprise, ces mouvements prospèrent dans le sillage de la crise de 2008 et des politiques d’austérité qui ont suivi – les investissements publics en zone euro sont passés de 4,5 % du produit intérieur brut, en 2009, à 3,3 % aujourd’hui, les pensions grecques ont baissé à treize reprises, les aides touchées par une famille britannique moyenne ont reculé de 3 950 livres sterling (4 430 euros) annuelles, en 2010, à 3 460 livres sterling, en 2018… « La crise...




                        

                        

