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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-1"> ¤ Le danseur de flamenco présente, sous le chapiteau des Romanès, un spectacle marqué par son esprit gitan.
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Le cabaret familial d’Israel Galvan

Le danseur de flamenco présente, sous le chapiteau des Romanès, un spectacle marqué par son esprit gitan.



LE MONDE
 |    14.09.2018 à 18h24
    |

                            Rosita Boisseau








                        



                                


                            

La star flamenca Israel ­Galvan s’est trouvé une ­seconde famille, celle d’Alexandre et Délia Romanès, leurs trois filles, leur neveu et tous leurs chats. Il partage le plateau avec eux dans Gatomaquia o ­Israel Galvan bailando para cuatro gatos et a quitté l’hôtel où il logeait avec son guitariste, le ­Caracafé, pour s’installer dans leur campement, à deux pas de la Porte Maillot à Paris.
Après avoir fait l’ouverture, le 8 septembre, de la Biennale de ­Séville, Galvan, gitan par sa mère, se replie sous la toile rouge des ­Romanès et ses quatre cent cinquante personnes. Il ne cède rien de son impérieuse nécessité à danser, mais sa présence se fait ­légère, sans artifice, presque recueillie et modeste dans cette ­soirée plus proche de la fête que d’une représentation spectaculaire. D’un solo créé en 2007, qu’il balade dans le monde entier, il a pressé le jus d’un cabaret familial. Chacun y fait son numéro – chant, hula hoop, trapèze… –, les chats traversent selon leur bon vouloir le plateau, tandis qu’il brique tranquillement ses obsessions entre deux tours de piste et cinq paires de chaussures dont une de socques en bois japonais : Galvan est aussi un clown qui aime s’amuser et se jouer de lui-même.
La proximité qu’entraîne le petit chapiteau des Romanès permet un plaisir sans égal, celui d’offrir Galvan en gros plan. Ausculter comment ce corps-instrument, boule de nerfs sur pattes, transpercé par la danse pour devenir un vivant combat graphique, sidère toujours.
En baskets ou en talons rouges
Se focaliser sur son zapateado, crépitant, ruisselant, dentelle rythmique sans pareil, finit par filer des crampes. Percevoir comment régulièrement il tire le tapis rouge de sous ses pieds pour échapper à son image et aux clichés du flamenco se révèle passionnant. Quant à certains détails marquants de son style, comme sa façon de laisser des mouvements s’évanouir d’eux-mêmes comme autant de ricochets dans l’espace, on en profite jusqu’à...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-2"> ¤ A l’occasion des Journées européennes du patrimoine, les 15 et 16 septembre, la Cité internationale universitaire, boulevard Jourdan, à Paris, propose visites et animations. Les installations du festival « Jardins du monde en mouvement » y seront visibles jusqu’au 4 novembre.
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A la Cité internationale universitaire, le patrimoine est aussi végétal

A l’occasion des Journées européennes du patrimoine, les 15 et 16 septembre, la Cité internationale universitaire, boulevard Jourdan, à Paris, propose visites et animations. Les installations du festival « Jardins du monde en mouvement » y seront visibles jusqu’au 4 novembre.



LE MONDE
 |    14.09.2018 à 18h24
    |

            Lucien Jedwab








                        



                                


                            
La Cité internationale universitaire de Paris, dans le sud du 14e arrondissement, surtout connue pour son étonnant patrimoine architectural, est aussi un vaste parc arboré ouvert au public. Elle fait actuellement l’objet d’une importante campagne de réhabilitation de ses bâtiments et d’aménagement de ses espaces collectifs, à commencer par ses jardins. Jusqu’au 4 novembre, les installations du festival « Jardins du monde en mouvement » animent différents espaces que les visiteurs sont incités à explorer.

Imaginée après les terribles hécatombes de la première guerre mondiale, la Cité internationale est née de la volonté des pouvoirs publics de l’époque et de mécènes privés. Le but revendiqué, en sus de pouvoir décemment loger à Paris des étudiants, était de créer une « école des relations humaines pour la paix ». L’emplacement retenu : la zone des anciennes fortifications de 1845, la fameuse « zone », dans sa partie située au sud de la capitale, à proximité du parc Montsouris.

La construction et l’entretien – ainsi que la gestion – des différents pavillons relèvent des pays ou des institutions qui les ont financés, avec le concours essentiel du mécénat, et cela dès les origines. Ainsi, le premier pavillon à sortir de terre, en 1926, sera celui de la Fondation Deutsch de la Meurthe. La Maison internationale, quant à elle, qui accueille les étudiants et les visiteurs, avec ses restaurants et son théâtre, et dont l’architecture est inspirée du château de Fontainebleau, a été largement financée par John D. Rockefeller Jr.

Les aléas de la géopolitique – comme la guerre froide ou les séquelles de la colonisation – ont amputé la représentation d’une partie du monde. Ainsi, par exemple, n’y a-t-il pas de pavillons des anciens « pays de l’Est » ou de l’actuelle Russie (ex-Union soviétique). Dans un but affiché de respect de la laïcité, il n’y a aucun lieu de culte dans l’enceinte de la Cité (n’était, voisine,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-3"> ¤ Après le succès de leurs clips, le duo français publie un premier album intitulé « Dancehall ».
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Electro : The Blaze au-delà des images

Après le succès de leurs clips, le duo français publie un premier album intitulé « Dancehall ».



LE MONDE
 |    14.09.2018 à 18h15
 • Mis à jour le
14.09.2018 à 18h41
    |

                            Stéphane Davet








                        



                                


                            

Mi-juillet, à Paris, c’est en salle de montage, et non en local de répétition, que l’on retrouvait Guillaume et Jonathan Alric. Ce duo électro de cousins, baptisé The Blaze, refusait gentiment de montrer le moindre bout de ce qu’allait devenir son nouveau clip, Queens. Une façon de confirmer la part essentielle jouée par les images pour une unité créatrice dont les vidéos successives – Virile, Territory, Heaven –, d’un réalisme sublimé au rythme d’une mélancolie hypnotique, ont fasciné au-delà de nos frontières.

Après un printemps et un été à sillonner quelques-uns des plus prestigieux festivals mondiaux et avant une tournée automnale nord-américaine, les Français publient un premier album, Dancehall, devant relever le défi de titres à aimer aussi sans accompagnement visuel. L’imbrication de la musique et des images n’en reste pas moins au cœur de l’histoire du groupe. Entre Montpellier et Dijon, Guillaume Alric, 35 ans, avait consacré dix ans aux rythmes robotiques et au dub avant de retrouver Jonathan, de six ans son cadet. Elève d’une école de cinéma à Bruxelles, ce Franco-Péruvien né en Côte d’Ivoire a d’abord proposé à son cousin musicien de réaliser pour lui une vidéo, en guise de projet de fin d’études. Cette première expérience a muté en processus de création récurrent sous le nom de The Blaze. Sans que les rôles de chacun soient déterminés par leur savoir-faire d’origine.
« On partage tout créativement, que ce soit la musique ou les images », insiste Guillaume Alric, ancien élève d’école de photo, marqué par Josef Koudelka ou Sebastiao Salgado. « Un morceau peut indifféremment débuter par une idée musicale ou visuelle dont chacun de nous peut être à l’origine », confirme Jonathan Alric, grandi dans la passion du hip-hop, autant que de l’électro et de la musique classique.
« Images dures » et « poésie »
Queens, disent-ils, est ainsi né de leur envie...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-4"> ¤ Intégrale de ses films à La Cinémathèque française, reprises en salle, adaptations théâtrales : la lanterne magique du génie de Farö illumine l’automne.
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Ingmar Bergman, la saga de l’intime

Intégrale de ses films à La Cinémathèque française, reprises en salle, adaptations théâtrales : la lanterne magique du génie de Farö illumine l’automne.



LE MONDE
 |    14.09.2018 à 17h25
 • Mis à jour le
14.09.2018 à 17h30
    |

            Jacques Mandelbaum








                        



                                


                            

Il aurait eu 100 ans le 14 juillet 1918. Il est ce que la Suède a légué de plus exaltant au monde en matière artistique. Il incarne un art (le cinéma) et une notion (l’auteur) portés à leur plus haut degré de liberté et de rayonnement durant le XXe siècle. Il est un créateur prodigue, une personnalité torturée, un serial séducteur, un surgeon tardif du romantisme. Ce génie, cette statue, ce mythe, ce croquemitaine, tout le monde l’a reconnu : Ingmar Bergman, mort en son île de Farö le 30 juillet 2007. La cinquantaine de films qu’il a réalisés entre 1946 et 2003, parmi lesquels un nombre de chefs-d’œuvre inaccoutumé, sont la part visible d’un ­iceberg artistique qui comprend le théâtre, la télévision, la radio, l’écriture, autant de domaines qu’on aurait tort de juger anecdotiques en regard de sa création cinématographique.

Les cinéphiles connaissent la vulgate par cœur, jusque dans sa part de légende, soigneusement entretenue par l’auteur dans sa délectable autobiographie, Laterna magica (Folio-Gallimard, 1987). Rien que de très logique : quand on s’appelle Bergman, réalité et imaginaire font partie d’un grand tout qui saisit l’homme. L’éducation rigoriste d’un père pasteur luthérien, l’amour fou pour la mère, la macération comme valeur familiale, et sur ces rails le mal-être névrotique du futur artiste-homme tant bien que mal transcendé par la création. De ce côté, passion dévorante du théâtre et du cinéma, répartie avec la régularité du métronome en saisons créatives, sous l’influence fondatrice de deux grands maîtres nationaux (Victor Sjöström et August Strindberg) et du mouvement néoréaliste italien qui bouscule sévèrement le monde du cinéma à l’aube de sa carrière.
Psychanalyse à ciel ouvert
Ce que Bergman va en son nom propre ­inventer, c’est la puissance exploratoire du cinéma telle qu’elle puise dans la psyché de l’artiste les formes à la fois évanescentes et ratiocinantes d’un monde miraculeusement cristallisé...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-5"> ¤ Il a fallu attendre les années 1990, et plus encore sa mort, pour que ses compatriotes prennent définitivement conscience de l’importance historique du réalisateur.
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Ingmar Bergman en Suède : une personnalité controversée et un cinéaste méconnu

Il a fallu attendre les années 1990, et plus encore sa mort, pour que ses compatriotes prennent définitivement conscience de l’importance historique du réalisateur.



LE MONDE
 |    14.09.2018 à 17h24
 • Mis à jour le
14.09.2018 à 17h28
    |

            Anne-Françoise Hivert (Malmö (Suède), correspondante régionale)








                        



                                


                            

Dans les années 1970, ­Maaret Koskinen, spécialiste d’Ingmar Bergman, étudiait au Canada. A l’époque, se souvient-elle, l’œuvre du cinéaste « faisait naturellement partie des cours proposés aux étudiants en ­cinéma » outre-Atlantique. Mais en Suède, rien de tel. Il a fallu attendre la fin des années 1990, et même plus tard parfois, pour que les grandes universités commencent à l’inscrire au programme. Maaret Koskinen, pour sa part, a signé la première thèse de doctorat lui étant consacrée, en 1993.

Si Bergman a depuis longtemps un statut de monstre sacré du ­cinéma à l’étranger, ses concitoyens continuent d’éprouver des sentiments ambivalents à son égard. Pour une majorité de Suédois, qui trouvent son art « difficilement abordable », constate la professeure de cinéma, il a « aussi peu d’importance aujourd’hui qu’avant ». Pour les initiés, c’est différent : « Beaucoup commencent à réaliser l’importance qu’on lui accorde à l’étranger. » Les célébrations du centenaire de sa naissance, en 2018, ont eu le mérite de le montrer une fois de plus.
La prise de conscience a eu lieu après sa mort, le 30 juillet 2007, quand « des journaux comme le New York Times ou Le Monde en ont fait leur “une” », observe Jan Holmberg, président de la Fondation Bergman, à Stockholm. Parce que, dit-il, « personne n’est prophète en son pays et encore moins dans un tout petit pays comme la Suède », la réputation de Bergman y était jugée « surestimée », basée sur un malentendu.
Manque d’engagement politique
A l’étranger, Bergman est considéré comme un cinéaste suédois qui « dépeint la société scandinave ». Les Suédois, au contraire, « estiment que ses films n’ont rien à voir avec eux et l’identité suédoise », explique Jan Holmberg. En pleine expansion, le royaume souhaite projeter à l’extérieur l’image d’une société florissante, œuvrant à l’épanouissement...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤ La réalisatrice Jane Magnusson s’est intéressée à l’année 1957 dans la carrière du cinéaste.
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« Bergman, une année dans une vie » : une montagne trop haute pour les documentaristes

La réalisatrice Jane Magnusson s’est intéressée à l’année 1957 dans la carrière du cinéaste.



LE MONDE
 |    14.09.2018 à 17h23
 • Mis à jour le
14.09.2018 à 17h27
    |

            Jacques Mandelbaum








                        



                                


                            

L’avis du « Monde » – pourquoi pas
Jane Magnusson, réalisatrice suédoise, s’attaque, pour le centenaire, au monstre local, l’incernable Ingmar Bergman. La montagne est haute et la tâche est rude. Du moins le film tente-t-il quelque chose d’original, en faisant de l’année 1957 la pierre de touche non seulement de sa création mais, si l’on peut dire, plus largement de la « bergmanitude ». Non sans quelques arguments, quand bien même d’autres dates auraient été envisageables.

1957 est en effet l’année de la consécration internationale avec la sortie du Septième Sceau et des Fraises sauvages. De l’invention avec ces mêmes films du cinéma comme exposition du monde intérieur. De l’accès enfin à une indépendance placée sous le signe de la boulimie et de l’ulcère récidivant. Outre les deux films cités, Bergman monte en effet dans cette même année quatre pièces de théâtre, dont un Peer Gynt de cinq heures, réalise un téléfilm et une émission de radio. Il en est par ailleurs à son troisième mariage et à son sixième enfant, vit avec son épouse Gun Grüt, mène une relation extraconjugale avec Bibi Andersson et rencontre celle qui deviendra bientôt sa quatrième femme, la pianiste Käbi Laretei.
C’est donc sous les auspices d’une profusion un peu suspecte que le film place l’artiste, s’autorisant de ­fréquentes embardées en amont et en aval de l’année canonique pour confirmer le diagnostic.
Ecorner le mythe
Profusion, sans doute, du génie totémique et de l’inventeur polymorphe, mais aussi bien profusion névrotique que le film va dévoiler par le détail, témoignages circonstanciés à l’appui, histoire tout de même d’écorner le mythe. Mensonges de son autobiographie où il se déclare victime d’un sadisme paternel dont son frère aîné aurait seul fait les frais. Mensonge par atténuation de son soutien au nazisme qui dure plus longtemps qu’on ne le croyait. Avec cela, l’ordinaire : amant insatiable, père irresponsable, artiste...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤ Les compagnies tg STAN et De Roovers font l’ouverture théâtrale du Festival d’automne, à Paris, avec « Infidèles », d’après un scénario écrit par le cinéaste.
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Les passions bergmaniennes prises dans les jeux de rôles de deux collectifs belges

Les compagnies tg STAN et De Roovers font l’ouverture théâtrale du Festival d’automne, à Paris, avec « Infidèles », d’après un scénario écrit par le cinéaste.



LE MONDE
 |    14.09.2018 à 17h19
    |

                            Fabienne Darge








                        



                                


                            

Sont-ils des acteurs ? Des personnes ? Des personnages ? La frontière n’est pas claire, sur l’avant-scène du Théâtre de la Bastille, à Paris, où deux femmes et deux hommes se tiennent devant vous et vous regardent, pendant un bon quart d’heure, avant que la représentation au sens strict ne commence.
Cette frontière poreuse entre le théâtre et la vie, le collectif belge tg STAN l’explore inlassablement depuis trente ans, au fil de multiples variations toujours réjouissantes. En cette rentrée, voilà « les Stan », comme les appelle leur public fidèle, de retour à Paris, où ils font l’ouverture théâtrale du Festival d’automne, en compagnie d’une autre bande anversoise répondant au nom de De Roovers.
La vie comme théâtre
Et les voilà avec Ingmar Bergman, qui est un de leurs auteurs de prédilection : après Infidèles, ils présenteront, toujours au Théâtre de la Bastille, Atelier et Après la répétition. Leur rencontre avec Bergman relève de l’évidence, tant le cinéaste, également metteur en scène de théâtre et auteur, n’a cessé d’affronter son existence, sa propre folie, comme matière même de son œuvre, à l’image de son aîné Strindberg : la vie comme théâtre, avec toutes ses démesures, le théâtre pour ­arriver à vivre.

Le spectacle, que jouent et signent Ruth Becquart, Robbie Cleiren, Jolente De Keersmaeker et Frank Vercruyssen (pas de metteur en scène attitré dans ce théâtre-là), s’inspire d’un scénario écrit par Bergman et dont Liv Ullmann, actrice et compagne du maître, a tiré un film, en 2000. Le cinéaste s’y montre quasiment sans masque, reclus sur son île, et remontant le fil de ses souvenirs, après avoir retrouvé, dans le tiroir de son bureau, une photo de femme.
C’est une histoire banale, à laquelle l’artiste suédois a donné, comme dans ses films, une vérité humaine inouïe
Cette femme, Marianne (ainsi s’appelait le personnage de Liv Ullmann dans Scènes de la vie conjugale), est au cœur...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-8"> ¤ Un tiers des films présentés (sur 342) avaient un premier rôle féminin et un tiers étaient réalisés par des femmes.
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Toronto, festival de l’ère post-Weinstein

Un tiers des films présentés (sur 342) avaient un premier rôle féminin et un tiers étaient réalisés par des femmes.



LE MONDE
 |    14.09.2018 à 17h15
    |

                            Thomas Sotinel (Toronto (Canada), envoyé spécial)








                        



                                


                            

Le 5 octobre 2017, trois semaines après la fin de l’édition du Toronto International Film Festival (TIFF), le New York Times publiait sa première enquête sur les agressions sexuelles dont était accusé Harvey Weinstein. Moins d’un an plus tard, la manifestation canadienne – le plus grand festival de cinéma des Amériques – s’est donné les moyens d’assimiler les leçons du séisme.
Dès l’annonce du programme, cette volonté était clairement affichée. Un tiers de films (sur 342) réalisés par des femmes, un tiers de films dont le premier rôle est féminin, une nouvelle direction paritaire (un tandem formé du directeur artistique Cameron Bailey et de la productrice Joana Vicente succède à Piers Handling, qui s’est retiré après vingt-cinq ans à la tête de la manifestation), une majorité de femmes parmi les programmateurs : les chiffres et l’organigramme donnaient à Toronto une longueur d’avance sur les autres grands festivals, particulièrement Venise.

Restait à savoir si l’argument avancé encore et encore (récemment par le directeur de la Mostra) pour justifier la faible présence féminine dans les sélections – on ne choisit pas les films en fonction du genre du réalisateur, mais de la qualité des films, il se trouve que les meilleurs sont l’œuvre d’hommes – allait saper les efforts de l’équipe canadienne. Alors que le TIFF touche à sa fin (le 16 septembre), il s’en dégage une sensation de changement profond, qui tient aussi bien au travail des femmes cinéastes qu’aux nouveaux espaces que se sont ménagés les actrices. En témoignaient, par exemple, les premières mondiales de High Life, de Claire Denis et de ­Widows, de Steve McQueen.

Attendu à Cannes, puis à Venise, le film de science-fiction de l’auteure de Beau Travail a fasciné et déconcerté. A la fois expérience nouvelle (c’est la première fois que Claire Denis fait travailler ses acteurs en anglais, qu’elle s’éloigne du monde contemporain) et...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-9"> ¤ A écouter cette semaine : l’art du toucher romantique avec Bertrand Chamayou, un disque évocateur des histoires du jazz, le « modfather » en mode ballade…
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Sélection albums : Camille Saint-Saëns, Jacques Vidal Quintet, Paul Weller…

A écouter cette semaine : l’art du toucher romantique avec Bertrand Chamayou, un disque évocateur des histoires du jazz, le « modfather » en mode ballade…



LE MONDE
 |    14.09.2018 à 17h13
 • Mis à jour le
14.09.2018 à 17h20
   





                        


Camille Saint-Saëns Concertos pour piano n° 2 op. 22 et n° 5 op. 103 « L’Egyptien ». Etudes op. 111 n° 4 et n° 1. Etudes op. 52 n° 6 et n° 2. Mazurka op. 66 n° 3. Allegro appassionato. Valse nonchalante op. 110 Bertrand Chamayou (piano), Orchestre national de France, Emmanuel Krivine (direction)

   


Dès la longue introduction aux allures de toccata de Bach qui débute le Concerto n° 2, on comprend que le piano de Bertrand Chamayou ne nous laissera aucun répit. Plénitude charnelle du toucher, palette tour à tour brillante, charmeuse ou virtuose, expression naturelle et engagée, le musicien consacre avec vitalité et inspiration le romantisme d’un compositeur trop longtemps taxé d’académisme. Même constat dans « l’Egyptien », défendu avec une sorte de fausse naïveté et beaucoup de naturel jusque dans des sortilèges narratifs qui impressionnent. La direction d’Emmanuel Krivine à la tête d’un Orchestre national de France en état de grâce est idéale de souplesse, d’équilibre et de poésie. Conçues comme une succession de bis possibles, les huit pièces pour piano qui complètent l’album sont autant de joyaux, dont l’étonnante modernité pour certaines (accents debussystes des Cloches de Las Palmas) n’obère pas l’élégante inspiration des plus traditionnelles valses et mazurkas. Marie-Aude Roux
1 CD Erato/Warner Classics.
Barbara Hannigan et Reinbert de Leeuw Vienna. Fin de siècle Sélection de lieder par Barbara Hannigan (soprano) et Reinbert de Leeuw (piano)

   


Les compositeurs réunis dans ce programme ont bien respiré le même air viennois d’une « fin de siècle » qui s’est prolongée jusqu’à la veille de la Première Guerre mondiale. Leur mise en perspective dans le genre du lied est encore plus édifiante qu’à l’accoutumée, car Barbara Hannigan aborde chaque monologue poétique comme une prise de rôle à l’opéra. L’identification la plus forte s’effectue au bénéfice d’Alban Berg (dont la chanteuse a incarné sur scène une Lulu d’exception), mais la restitution des autres formes de lyrisme (ample avec Arnold Schoenberg, trouble avec Anton Webern, fiévreux avec Alexander von Zemlinsky) repose aussi sur un vécu authentique (approfondi avec Hugo Wolf, immédiat avec Alma Mahler). Et sur le piano de Reinbert de Leeuw, véritable Pygmalion de la soprano canadienne tant il l’a dirigée, comme chef d’orchestre, depuis leur première rencontre dans les années 1990 aux Pays-Bas. Pierre Gervasoni
1 CD Alpha Classics/Outhere Music.
Jacques Vidal Quintet Hymn

   


Les précédents albums du contrebassiste et compositeur Jacques Vidal ont été consacrés à des œuvres et à l’univers de Charles Mingus (1922-1979), lui aussi contrebassiste et compositeur (Fables of Mingus, en 2011, Cuernavaca, en 2014). Dans Hymn, entièrement écrit et arrangé par Jacques Vidal, l’esprit de Mingus est toujours là, au travers de thèmes lyriques (notamment Walk in New York, Miles, Alice), par cette manière de faire sonner une petite formation – Pierrick Pédron, saxophone alto, Daniel Zimmermann, trombone, Richard Turegano, piano, et Philippe Soirat, batterie – comme un big band (To Dance, Spirit, Funky Blues) par l’assise rythmico-mélodique du jeu de Vidal. Il y a ici comme une évocation des histoires du jazz, passées par le gospel, le blues, un swing débordant de bout en bout, une fluidité d’ensemble qui ne peuvent que susciter l’enthousiasme. Sylvain Siclier
1 CD Soupir Editions/Socadisc.
Michael Nau & The Mighty Thread Michael Nau & The Mighty Thread

   


Country, folk et pop s’entremêlent de manière fine dans ce nouvel album du chanteur et guitariste Michael Nau, un peu dans la manière du précédent, Some Twist, publié au printemps 2017, mais en plus orchestré, soigné, délicat. Dans la voix de l’Américain Michael Nau, natif du Maryland, on peut entendre des inflexions d’une tendresse caressante. Dans ses compositions, ses arrangements, il y a un mélange de soleil et de brume mélancolique. Avec lui, une formation très exacte, celle qui donne son titre au disque Michael Nau & The Mighty Thread, au sein de laquelle le claviériste Will Brown, le vibraphoniste Dan Davine et Brett Lanier à la guitare pedal steel (les notes sont étirées par l’emploi d’un pédalier) apportent un son qui crée une atmosphère un rien rêveuse, une sorte de flottement musical. S. Si.
1 CD Full Time Hobby/PIAS.
Paul Weller True Meanings

   


Même gamin en colère, s’escrimant à combattre l’establishment au sein de The Jam (1977-1982), Paul Weller savait glisser une mélodie touchante (English Rose, Ghosts…) entre deux brûlots. Cultivé ensuite plus régulièrement avec son duo néo-soul, The Style Council (1983-1989), puis en solo, à partir de 1992, cet art de la ballade domine l’album True Meanings que s’offre le « modfather » pour son 60e anniversaire. Est-ce l’âge ? La quête existentielle de « vrai sens » suggérée par le titre ? Le songwriter britannique n’avait jamais abordé aussi élégamment son anxiété. Sa voix de fumeur cockney, volontiers pugnace, s’adoucit ici jusqu’à la vulnérabilité, au rythme d’un apaisement acoustique se faisant l’écho de vieilles passions pour Terry Callier (The Soul Searchers, accompagné avec classe par le clavier vintage de Rod Argent, des Zombies), Nick Drake (Mayfly, Gravity), Burt Bacharach (What Would He Say ?), George Harrison (Books)… Même si, à l’instar du bouleversant Aspects, c’est surtout à Weller – et aux subtils arrangements de cordes d’Hannah Peel – qu’on doit ce chef-d’œuvre tardif. Stéphane Davet
1 CD Parlophone/Warner Music.
Interpol Marauder

   


A l’instar des Strokes et des White Stripes, le groupe new-yorkais Interpol a grandement contribué à redonner du sang neuf au rock. Leur premier album, Turn on the Bright Lights (2002), fit date en réactualisant l’esthétique post-punk ténébreuse de Joy Division et l’urgence des Chameleons. Alors que bien des suiveurs ont tenté le renouvellement et échoué (Bloc Party, The Rakes, The Rapture…), le trio, emmené par le chanteur et guitariste Paul Banks, réussit à perdurer, fidèle à ses fondations. Si les deux précédents albums, honnêtes mais sans audaces, ont émoussé notre intérêt, la contribution sur ce sixième album du producteur Dave Fridmann (MGMT, Tame Impala) retient l’attention. En dépit parfois d’une impression de déjà entendu, Mountain Child, If You Really Love Nothing et Flight of Fancy renouent avec le panache des débuts. Grâce notamment à un Paul Banks en forme, qui peaufine son phrasé vocal épileptique. Franck Colombani
1 CD Beggars/Matador.
Nes Ahlam

   


A la chanson, le violoncelle sied à merveille. Cette connivence rayonne donc dans l’album au charme immédiat, proposé par un trio d’artistes basé à Valence, en Espagne. La voix de la chanteuse Nesrine Belmokh fait danser les mots en arabe (écrits par sa mère Leïla Guinoun), en anglais et en français. S’émancipant ici de l’univers de la musique classique dans lequel elle évolue aussi (elle a joué dans l’orchestre de l’Opéra Reina Sofia de Valence, dirigé par Lorin Maazel et le West-Eastern Divan Orchestra, de Daniel Barenboim), elle est accompagnée ici par deux violoncelles, le sien et celui, toujours pertinent, de Matthieu Saglio, qui surligne également à la voix ses mélodies. Les couleurs du percussionniste David Gadea enluminent rythmiquement le voyage. Une belle traversée de sentiments et d’humeurs, une déambulation entre légèreté et mélancolie. Patrick Labesse
1 CD ACT/PIAS.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-10"> ¤ « Apocalypse » narre les aventures d’humains réfugiés dans un abri antiatomique sur une planète dévastée.
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« American Horror Story », saison 8 : une fin du monde en épisode inaugural

« Apocalypse » narre les aventures d’humains réfugiés dans un abri antiatomique sur une planète dévastée.



LE MONDE
 |    14.09.2018 à 15h56
 • Mis à jour le
14.09.2018 à 16h34
    |

            Renaud Machart








                        


Canal+ Séries, à la demande, série
L’époque anticipée par la huitième saison d’American Horror Story n’est pas lointaine puisqu’un certain Donald est évoqué. Mais quand elle advient, tout a changé : les bombes atomiques pleuvent et rasent les pays développés. Les présentateurs de journaux télévisés font leurs adieux à leur famille à l’antenne, les suicides se multiplient.
Seuls vont survivre ceux dont le profil génétique a été sélectionné ou qui peuvent payer leur séjour en abri antiatomique facturé 100 millions de dollars. On les transporte en voiture blindée ou en jet privé vers des lieux où, décontaminés, ils vont pouvoir attendre des jours meilleurs en se nourrissant de cubes gélifiés, mais servis et consommés en grand apparat.
Parmi eux, une starlette d’Instagram (Billie Lourd), son coiffeur décoloré (Evan Peters), la grand-mère de ce dernier (Joan Collins, qui fait une arrivée remarquée dans la série) et quelques autres privilégiés réfugiés dans un bunker décoré dans un style gothique art déco. Ce sont les « mauves » ; les autres sont les « gris », asservis aux basses tâches.
Satanisme et cannibalisme
Deux femmes font la loi : Wilhemina Venable (Sarah Paulson) et Miriam Mead (Kathy Bates). Elles ont des mines à ne pas s’en laisser conter et à sévir par une gifle ou un coup de revolver (ce que font respectivement la première et la seconde). Une instance supérieure les commande, dont le représentant, un jeune Dracula séduisant (Cody Fern), se présente à la fin du premier épisode – le seul que nous ayons visionné.
Cette atmosphère claustrophobe annonce du satanisme, du cannibalisme – Venable est d’ailleurs le patronyme du personnage qui se fait dévorer par des mendiants affamés à la fin de Soudain l’été dernier (1959), de Joseph L. Mankiewicz. On pense aussi à Salo (1975), de Pier Paolo Pasolini, le sexe en moins, car toute copulation est strictement interdite au Bunker.
Les codes habituels de la série de Ryan Murphy et Brad Falchuk sont d’autant plus reconnaissables qu’Apocalypse fait revenir des personnages et des situations entrevues dans d’autres saisons. Parmi les nombreux acteurs récurrents, Sarah Paulson et Evan Peters, acteurs fétiches de Murphy, continuent d’étonner.
American Horror Story  : Apocalypse, saison 8 de la série créée par Ryan Murphy et Brad Falchuk (13 × 52 minutes).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-11"> ¤ Deux nouveaux festivals consacrés aux seul(e)s-en-scène, Debout Paris et le Festival Désobéissant, lancent leur première édition en septembre dans la capitale.
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-12"> ¤ Faute d’avoir obtenu l’aide de mécènes ou du Loto du patrimoine, les habitants de Quilen, un petit village du Pas-de-Calais, se mobilisent pour sauver la bâtisse.
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Patrimoine : des villageois font appel au financement participatif pour sauver leur église

Faute d’avoir obtenu l’aide de mécènes ou du Loto du patrimoine, les habitants de Quilen, un petit village du Pas-de-Calais, se mobilisent pour sauver la bâtisse.



LE MONDE
 |    14.09.2018 à 14h37
 • Mis à jour le
14.09.2018 à 17h46
    |

            Pierre Bouvier








                        



   


Ils sont réunis dans la salle du conseil municipal : Eliane Zwertvaegher, son mari, qui se fait discret, Patrick Fouilland, un médecin parisien à la retraite, et, enfin, Pascal Caron. Lui, c’est le maire de Quilen, petit village du Pas-de-Calais, dans les Hauts-de-France. Plus tard, Olivier Van Den Bossche, le premier adjoint, passera dire bonjour. Ils sont en tout une vingtaine d’habitants, sur les 70 âmes que compte le village, à s’être mobilisés pour sauver leur église, Saint-Pierre. Face aux millions d’euros du Loto du patrimoine, dont le tirage a lieu vendredi 14 septembre, cette poignée d’irréductibles défenseurs du patrimoine communal semble quelque peu démunie.

        Lire :
         

          Des Journées du patrimoine portées par le loto



Pour trouver leur église, il faut quitter la route qui mène à Montreuil et, plus loin, au Touquet avant de plonger dans une petite vallée. La rue principale qui traverse Quilen, village sans entreprise ni artisan, se parcourt en quelques dizaines de secondes. L’église Saint-Pierre n’est ni la plus belle ni la plus connue du département, qui compte quelques dizaines d’édifices remarquables recensés par l’office du tourisme. C’est un petit bâtiment de briques rouges, coiffé d’un toit d’ardoise et d’un clocher passablement amoché.
De l’église originelle édifiée au XVe siècle, couverte d’un toit en chaume, il ne reste rien, à part une cloche en bronze qui porte la date de 1443. L’église actuelle a été reconstruite en 1847, après un incendie. A l’intérieur, les fonts baptismaux datent du XVIIe ou du XVIIIe siècle, personne ne sait vraiment, mais ils sont inscrits au titre des monuments historiques depuis 1973.
L’une des originalités de l’édifice se situe à droite en entrant : le monument aux morts de la Grande Guerre se trouve à l’intérieur de l’église. Une plaque de marbre qui porte les noms de Paul Sta, Alfred Maillard, Albert Maillard, Alphonse Ladelnet, Emile Pade, Fernand Henry, Sulpice Thomas, François Mailly, Georges Henry ; les soldats originaires du village tués entre 1914 et 1918.

Les 70 habitants de Quilen, dans le Pas-de-Calais, se mobilisent pour sauver leur église. #patrimoine https://t.co/FCXcjeeP60— pibzedog (@Pierre Bouvier)


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Réparations de fortune
L’église « menace ruine », comme on dit pudiquement. Le passage des tempêtes a laissé des cicatrices sur la toiture, qui ne demande qu’à perdre quelques ardoises supplémentaires. A l’intérieur, les fissures causées par les infiltrations ressemblent à des crevasses. Pour monter dans le clocher, il est conseillé de se changer, tant on y ramasse les fientes de pigeon. « On y célèbre pourtant des offices les 22 de chaque mois, et en septembre une messe avec la participation des jeunes ayant fait leur profession de foi suivie de baptême y sera donnée », ajoute Eliane Zwertvaegher.
Les habitants de Quilen n’ont pas l’entregent des grandes institutions comme le Louvre
Mais jusqu’à présent, ce sont les réparations de fortune qui permettent à l’édifice de ne pas se dégrader davantage. Les habitants de Quilen n’ont pas l’entregent des grandes institutions comme le Louvre, capable de mobiliser mécènes et particuliers grâce à l’opération « Tous mécènes ». Leur église ne fait pas non plus partie des monuments retenus pour bénéficier des retombées du Loto du patrimoine porté par l’animateur Stéphane Bern. Elle n’est bien sûr pas au programme des Journées du patrimoine dans le Nord et le Pas-de-Calais. Enfin, il est tout aussi inutile de se tourner vers le diocèse, qui considère que l’église appartient à la commune.
Face à ces obstacles, les villageois ont décidé d’explorer d’autres voies. « L’impulsion du maire, qui s’est épuisé à chercher une solution pour l’église, est essentielle », lance Patrick Fouilland, le médecin à la retraite. « Lors d’une réunion municipale, j’ai dressé l’état des lieux », confirme le maire, Pascal Caron. « Certains ont dit qu’il fallait s’intéresser au financement participatif, et c’est parti de là », poursuit-il. Tout le monde s’est accordé sur le fait qu’il était impossible de continuer à vivre à côté d’une ruine. « On veut toucher les personnes pour qui le village a pu signifier quelque chose, qu’ils y aient séjourné ou que leurs parents y soient », ajoute le maire : « Comme ailleurs, la base de notre village, c’est l’église. »
Plus de 150 000 euros de travaux
Le village a déjà dépensé 8 000 euros pour des travaux de première urgence, sur le clocher. Un maigre pansement, l’enveloppe nécessaire pour la première tranche des travaux de réfection étant estimée à 78 000 euros. La commune a sollicité l’aide du département, qui a promis 8 235 euros, et de la région, qui lui versera 16 391 euros au titre de la dotation d’équipement des territoires ruraux. Il reste donc 54 000 euros à trouver pour boucler cette première phase de travaux. Une deuxième tranche – évaluée à plus de 62 000 euros – concernera la nef et le chœur, et enfin la sacristie, pour près de 13 000 euros. La facture totale pour la réfection du bâtiment s’élève à plus de 150 000 euros, quand le budget annuel de la commune avoisine 70 000 euros.

   


Après avoir vu une série de reportages sur le château de la Mothe-Chandeniers racheté collectivement, à la fin de 2017, grâce à la mobilisation de la plate-forme de crowdfunding spécialisée dans le patrimoine culturel, Dartagnans, Eliane Zwertvaegher a lancé une association, le 27 juin. Une vingtaine d’habitants du village l’ont rejointe depuis. Ils s’appuient sur la start-up Charlemagne, qui veut « dépoussiérer l’approche de la conservation du patrimoine », résume Romain Delaume, le PDG de Dartagnans.

        Lire (en édition abonnés) :
         

          « Au château de la Mothe-Chandeniers, un nouveau modèle économique pour les monuments menacés »



« Nous acceptons tous les projets, mais c’est aux porteurs de projet de communiquer, de fédérer autour d’eux et d’offrir des contreparties aux donateurs, poursuit Romain Delaume. Selon nos études, 70 % des coactionnaires n’avaient jamais fait de don auparavant. » La page consacrée à l’église de Quilen montre que 24 donateurs ont déjà mis à la main au porte-monnaie pour sauver Saint-Pierre de la ruine.
L’association d’Eliane Zwertvaegher a essayé de sensibiliser les villages alentour pour élargir le spectre des donateurs, mais elle a d’abord été accueillie avec une certaine incrédulité. « Le financement participatif n’est pas une pratique courante, ici », constate-t-elle. Les premiers articles consacrés à son initiative dans la presse locale et les premiers montants collectés commencent cependant à susciter l’intérêt dans les environs.
Microdon et déduction fiscale
« Au-delà des particuliers, c’est les entreprises alentour que nous essayons de toucher », reprend le maire. « Il faut leur faire comprendre que si elles veulent bénéficier d’abattements fiscaux, il faut participer à la collecte avant sa date butoir » fixée au 6 octobre. Les dons sont en partie défiscalisable aux termes des articles 200 et 238 bis du code général des impôts. Les particuliers peuvent déduire 66 % du montant de leur don dans la limite de 20 % de leurs revenus imposables ; les entreprises peuvent quant à elles bénéficier d’une réduction d’impôt sur les sociétés de 60 % du montant de leur versement, dans la limite de 0,5 % du chiffre d’affaires hors taxe.
En fonction de ce qui aura été collecté par ce financement participatif, la municipalité contractera un emprunt pour financer le reste, estimant pouvoir rembourser 2 500 euros par an, sur vingt ans. « En France, il y a 36 000 communes, rappelle Pascal Caron, elles sont essentiellement rurales. Une commune de 70 habitants n’a pas les moyens ni les mêmes contraintes que la ville voisine de 15 000 habitants. »
Comme à Quilen, des habitants se mobilisent dans toute la France pour sauver leur patrimoine. L’association Adopte un château recense ainsi plus de 600 châteaux en péril. A lire la presse quotidienne régionale, des milliers de monuments et d’églises – l’église de Saint-Pé-Saint-Simon, dans le Lot-et-Garonne, celle de Saint-Lambert de Montigny-sur-Meuse, ou encore celle d’Asnan, dans la Nièvre – attendent toujours leurs généreux donateurs.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-13"> ¤ Refus de subventions et de visas d’exploitations, l’industrie cinématographique est à la peine malgré l’éclosion d’une génération de cinéastes talentueux. Plusieurs longs-métrages connaissent un succès international.
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En Algérie, le mauvais film de la censure politique


                      Refus de subventions et de visas d’exploitations, l’industrie cinématographique est à la peine malgré l’éclosion d’une génération de cinéastes talentueux. Plusieurs longs-métrages connaissent un succès international.



LE MONDE
 |    14.09.2018 à 14h35
 • Mis à jour le
14.09.2018 à 16h28
    |

            Charlotte Bozonnet








   


Ce devait être une simple formalité. Un visionnage administratif. Après tout, le réalisateur algérien Bachir Derrais avait obtenu d’importants fonds publics pour tourner son film : un biopic sur la vie de Larbi Ben M’Hidi, héros du mouvement de libération nationale, tué en 1957 par les paras français. C’était compter sans le contrôle tatillon et anachronique des autorités algériennes.
Le 30 août, le Centre national d’études et de recherches sur le mouvement national et la révolution du 1er novembre 1954, un organisme dépendant du ministère des anciens combattants, le mettait en demeure : « Il est strictement interdit de projeter le film ou de l’exploiter sous une quelconque forme, jusqu’à la levée des réserves et à l’accord final sur son contenu. » Le film de Bachir Derrais est jugé non conforme au scénario initial. « C’est faux. Il y a forcément des ajustements au cours d’un tournage, mais ça ne va pas plus loin », se défend le cinéaste.
« On a fait beaucoup de films sur la révolution, mais souvent selon une vision presque officielle de l’Histoire. J’ai voulu dépoussiérer cela. » Bachir Derrais, cinéaste
Selon lui, les problèmes sont ailleurs : les autorités auraient trouvé l’œuvre « trop politique », ne présentant pas assez de « scènes de guerre ». Elles lui reprocheraient d’avoir trop mis l’accent sur les conflits internes au FLN de l’époque. « On a fait beaucoup de films sur la révolution, mais souvent selon une vision presque officielle de l’Histoire. J’ai voulu dépoussiérer cela », souligne Bachir Derrais qui a intenté plusieurs recours.

        Lire aussi :
         

                Cinéma : Farouk Beloufa, l’image manquante de l’Algérie



Quelques jours plus tard, la censure visait une institution du cinéma indépendant en Algérie : les Rencontres cinématographiques de Béjaïa (RCB). Lancé en 2003, au sortir de la guerre civile, ce festival, qui se tient en septembre, est un espace d’expression unique pour les jeunes réalisateurs algériens. Vendredi 7 septembre, il annonçait suspendre ses activités en raison de la censure du film de clôture. Traitant de la contestation sociale, Fragments de rêves, de Bahia Bencheikh El Fegoun, n’a pas reçu le « visa culturel », sésame délivré par le ministère de la culture selon de mystérieux critères.

   


Les deux affaires mettent en lumière l’extrême difficulté rencontrée par le monde du cinéma en Algérie. Cette contrainte n’est pas nouvelle, rappelle le réalisateur chevronné Malek Bensmaïl, qui a souvent fait face à la censure, notamment pour le documentaire Contre-pouvoirs, récit de la campagne présidentielle de 2014 depuis les locaux du quotidien El Watan. Ces pressions se sont parfois exercées jusqu’en France, comme en 1999 avec Boudiaf, un espoir assassiné, un temps déprogrammé. Il estime toutefois que « la situation va en s’aggravant » : « On est dans un pays où l’image fait très peur au pouvoir. »
Les films historiques sont particulièrement visés, comme si le pouvoir vieillissant n’avait plus que ce passé de lutte contre le colonisateur français pour défendre sa légitimité. Depuis une loi adoptée en 2011, les productions traitant de la guerre de libération sont soumises « à l’approbation préalable du gouvernement ». Mais c’est tout le septième art qui est en souffrance. Dans un pays qui reste la seule nation arabe à avoir obtenu une Palme d’or à Cannes (en 1975, avec Chronique des années de braise, de Mohammed Lakhdar-Hamina), l’industrie cinématographique est au point mort ; et on n’y compte plus qu’une quarantaine de cinémas, contre environ quatre cents dans les années 1970. Aux violences de la décennie noire (1991-2002), qui ont vidé les salles obscures, se sont ajoutées la censure et l’absence de politique volontariste.
« Ils nous ignorent, ils s’arrogent un contrôle sur la culture, la maîtrise de la conscience collective d’une société. Ce qu’ils font est violent. » Sofia Djama, réalisatrice des « Bienheureux »
Sofia Djama est la réalisatrice du film Les Bienheureux, sorti en France en 2017. Pour le financer, elle s’est notamment adressée au Fdatic, le Fonds algérien de développement de l’art, de la technique et de l’industrie cinématographique. « En Algérie, c’est très opaque. On ne sait pas qui préside la commission, qui en sont les membres, quel budget est alloué et à quels films, raconte-t-elle. Nous n’avons jamais eu de réponse à notre demande. »
Les Bienheureux est une délicate plongée dans la société algérienne et ses blessures au sortir de la guerre civile. Primé en 2017 à la Mostra de Venise, il a connu un succès international. En Algérie, il n’a été projeté qu’à l’Institut culturel français d’Alger, aucun festival ne l’a sélectionné. Une demande de visa d’exploitation a été déposée il y a plus d’un mois, pour l’instant restée sans réponse. « Je pense que le film déplaît à cause de la scène du tapis, qui vise à interroger le rapport des gens à la religion – la jeune héroïne joue avec le tapis de prières d’un de ses amis. C’est la bigoterie ambiante. On refuse de brusquer la mentalité d’une partie de la société, on l’infantilise. C’est irrespectueux pour le public algérien », explique Sofia Djama, qui ne cache pas sa colère devant le « mépris » des autorités pour ses jeunes talents : « Ils nous ignorent, ils s’arrogent un contrôle sur la culture, la maîtrise de la conscience collective d’une société. Ce qu’ils font est violent. »

   


La colère habite aussi Yanis Koussim, qui s’est lancé en 2012 dans la réalisation de son premier long-métrage. Pour Alger by Night, chronique d’une capitale tourmentée, il avait bien obtenu en 2013 le soutien du Fdatic « à l’unanimité ». Mais, en mars, les autorités ont cessé de lui verser les subventions. Montrée au ministère, l’ébauche du film aurait été jugée « osée », « mauvaise pour le public algérien ». Pour poursuivre, Yanis aurait besoin d’un mystérieux « certificat de conformité du scénario et du film ». Sauf que rien ne lui a été notifié. Le cinéaste a écrit au ministère, publié six lettres ouvertes. En vain. « On m’a rapporté des menaces, par exemple que je ne trouverai plus jamais de financement. Mais, franchement, je n’ai rien à perdre. »
Il a lancé une opération de financement participatif, mais des pressions ont été exercées pour que le site Internet ferme sa cagnotte. Son avocate a réussi à contrer la manœuvre. « Tant que ça fonctionnera comme ça, je ne demanderai plus d’argent à l’Algérie ! Je rêvais depuis si longtemps de ce projet, j’y ai tellement travaillé… Mais les gens qui sont censés te porter, ce sont eux qui te cassent. » Une censure d’autant plus absurde qu’elle paraît vaine. « Demain, je distribue dix clés USB avec mon film dans Alger et rapidement tous les Algériens l’auront vu en streaming. »

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                Les jeunes cinéastes algériens en plein bouillonnement



Ces cas ne sont pas isolés. L’Algérie voit éclore depuis plusieurs années une jeune génération de cinéastes, hommes et femmes, talentueux, formés, courageux et qui connaissent un succès grandissant à l’étranger. A l’image de Karim Moussaoui, le réalisateur d’En attendant les hirondelles, sorti en France en 2017, et du magnifique moyen-métrage Les Jours d’avant (2013), qui relate, à travers deux adolescents d’une cité d’Alger, la descente aux enfers des années 1990. Mais aussi Hassen Ferhani, auteur du documentaire Dans ma tête un rond-point, tourné dans les abattoirs d’Alger et récompensé par de nombreux festivals. Ils offrent un cinéma intime, capable de saisir la poésie et la dureté de la société algérienne, son histoire et ses espoirs. Des œuvres plébiscitées à l’extérieur, mais contraintes à l’intérieur. Pas plus que le reste de l’Algérie, le septième art n’échappe à l’enfermement et à l’étouffement que le pouvoir politique impose au pays.



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LE MONDE
 |
                  14.09.2018 à 14h34


Chaque été, une foule hallucinée converge dans le désert du Nevada pour une semaine d’excentricités. Fondé sur des principes anticommerciaux et écologiques, le Burning Man est devenu un rituel de rentrée pour les millionnaires de la Silicon Valley.

Par                             Stéphanie Chayet





                     
La semaine avait mal commencé, par l’une de ces tempêtes de poussière qui peuvent durer dix minutes ou, en l’occurrence, toute une journée. La visibilité quasi nulle avait exigé la fermeture des portes, immobilisant huit heures durant l’interminable caravane de voitures, de camions et de camping-cars qui se pressait devant l’entrée, toutes fentes calfeutrées.
À l’intérieur du périmètre, les bourrasques soulevaient de furieux tourbillons de particules fines comme du talc, secouant les villages en construction, piquant les yeux, s’infiltrant dans les tentes, les sacs de couchage, les provisions. Et puis le vent a fini par tomber, révélant le décor étincelant d’un lac asséché depuis dix mille ans, encerclé de montagnes aux reflets argentés. Quelques cyclistes en monokini, en tutu ou en haut-de-forme sont sortis de leurs campements.
« Dégustation de whisky et cornichons pour fêter le retour du soleil ! », a craché le mégaphone d’un homme aux cils blanchis par la poussière. De toutes parts, des véhicules mutants en forme de requin, de téléphone à cadran, de méduse, de soucoupe volante, d’île tropicale ou de galion se sont élancés, à la vitesse maximale autorisée de 8 kilomètres-heure, en direction de la playa, comme on appelle ici l’immense piste aux étoiles de ce cirque imaginé par de grands enfants dans un désert inhospitalier.
Tentes, yourtes, caravanes, tipis
Bienvenue à Black Rock City. « Welcome home », disent les hôtes, qui vous serrent dans leurs bras à l’entrée, avant de vous demander de vous rouler par terre, un ­baptême de la poussière réservé aux newbies, les non-initiés. Attention, vous n’êtes pas dans un festival : créé en 1986 par l’Américain Larry Harvey, mort en avril d’un AVC à l’âge de 70 ans, le Burning Man se définit comme une rencontre artistique, un mouvement culturel, une ville éphémère, le rassemblement annuel d’une communauté.
D’après la légende, c’est pour surmonter une déception amoureuse...





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Les maisons d’écrivains, lieux de culte national

Pour l’historienne Emmanuelle Loyer, ces endroits sont les instruments d’une « passion continuée » des Français pour la littérature, au même titre que les prix et les rentrées littéraires.



LE MONDE
 |    14.09.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
14.09.2018 à 14h38
    |

                            Emmanuelle Loyer (Historienne)








                        



                                


                            
Résonances : chaque semaine, une chercheuse ou un chercheur réagit à un fait d’actualité ou simplement à l’air du temps.
Le grand chambardement du retour au travail et au chemin de l’école s’accompagne en France d’un curieux prolongement, qu’on ­appelle la rentrée littéraire. Soudain, en septembre, s’abattent sur nous des centaines de livres, fictions et essais, tous merveilleux ; on ne parle plus que de cela à la radio, à la télévision, dans les journaux – spirale expansionniste qui trouvera son acmé en novembre, avec la distribution des prix.
Et cet immuable phénomène a vu le jour il y a plus d’un siècle, avec la création du Goncourt en 1903. La France est un drôle de pays ! Le Français croit à ses grands écrivains, qu’il en eut et qu’il en aura. On le lui a appris : l’école, les classiques, le bon goût. Comment parler des livres qu’on n’a pas lus ? (Les Editions de Minuit, 2007). Cet ouvrage de Pierre Bayard eut un succès suspect.
Où, ailleurs qu’en France, le gouvernement se croirait-il obligé de communiquer sur l’amour de la littérature et la passion de lire ? Il est vrai que le politique français s’est souvent construit sur le deuil de la littérature : de Gaulle, Pompidou, Mitterrand ont manié une plume qui leur ressemblait ; après un épisode de décrue ­littéraire, Emmanuel Macron a renoué récemment avec ce mythe national en rendant ses dévotions à la littérature, matrice d’une compréhension roma­nesque d’un destin personnel et collectif (entretien à La NRF, n° 630, mai 2018).
Etonnement des étrangers
Faut-il se réjouir de ce rituel qui étonne tant les étrangers ? Atteste-t-il de ce lien magique avec les lettres que nourrirait notre beau pays ? Repoussons, pour ­l’instant, la triste rentrée et retournons un instant vers les défuntes vacances, les cieux pommelés, les petites routes de l’Hexagone et les maisons d’écrivains – plus d’une centaine en France aujourd’hui – que l’on découvre, sises dans...




                        

                        


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Sur fond de polémique, Françoise Nyssen réaffirme son soutien au jeu vidéo

La publication d’un portrait de la ministre de la culture dans « Challenges » a suscité l’ire des professionnels du secteur, dont elle a la cotutelle.



LE MONDE
 |    14.09.2018 à 12h39
    |

            William Audureau








                        



   


« Amis créateurs, soupirons, mais restons zen. » Le président du Syndicat national du jeu vidéo (SNJV), Lévan Sardjevéladzé, cachait mal son malaise, jeudi 13 septembre, après la publication dans Challenges d’un portrait de l’actuelle ministre de la culture, Françoise Nyssen.
L’objet de son agacement ? Dans une colonne « Elle n’aime pas » apparaissent les jeux vidéo – domaine dont le ministère de la culture a la tutelle au même titre que le cinéma ou le livre.

Livraison de @Challenges, où on apprend que @FrancoiseNyssen, n'aime pas la délation, les carcans (qui aime ça d'ai… https://t.co/ResbNLykkX— Levanonline (@Lévan Sardjevéladzé)


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L’article a suscité de nombreuses réactions lasses de la part de professionnels, chercheurs et fans de jeux vidéo. « Imagine un ministre dire qu’il n’aime pas “le cinéma” ou “la littérature” ou “le théâtre” », « ministre de la culture, oui… mais de la culture des riches, s’il vous plaît », peut-on lire sur Twitter.
Contacté par Le Monde, l’entourage de Françoise Nyssen assure pourtant que la ministre « n’a jamais déclaré qu’elle n’aimait pas le jeu vidéo ». Le magazine s’est basé sur d’anciens témoignages ou articles « ne reflétant pas l’avis de Françoise Nyssen en 2018 », explique-t-on rue de Valois. Selon les informations du Monde, cet encadré publié par Challenges se fonde, en effet, sur un ancien échange ayant eu lieu en 2016 entre l’auteur de l’article et la future ministre, alors directrice de la maison d’édition Actes Sud, durant lequel elle avait déclaré préférer la littérature aux jeux vidéo.
Les jeux vidéo dans le Pass culture
Depuis sa nomination rue de Valois en 2017, Françoise Nyssen s’est manifestement montrée encline à changer d’avis. Tout en reconnaissant n’avoir jamais tenu une manette de sa vie, elle s’était rendue à la Paris Games Week à l’automne 2017 en mettant en avant son envie de découvrir le secteur.
Fin 2017, Françoise Nyssen avait ensuite affiché un visage résolument pro-jeu vidéo, en déclarant sur Dailymotion, dans une vidéo destinée aux collégiens, qu’elle s’engageait à soutenir le secteur français du jeu vidéo :
« C’est un art comme les autres, ça fait partie de la culture et nous y sommes très attachés. D’ailleurs (…) en France, c’est un secteur très actif, très créatif et beaucoup de gens sont dans le secteur du jeu vidéo. Il y a des inventeurs, des concepteurs, des ingénieurs qui travaillent dessus. Nous allons [les] soutenir, et nous sommes très attentifs ici au ministère de la culture de soutenir le jeu vidéo, qui est un vrai élément de notre culture en France. »
Ces dernières années, plusieurs productions françaises ont été plébiscitées à l’international pour leur créativité, comme Dead Cells, Furi, Dishonored, Enterre-moi mon amour, Soldats inconnus : mémoires de 14-18 ou encore A Normal Lost Phone, dont la plupart ont bénéficié de fonds publics.
Récemment, le ministère de la culture a aussi été à l’origine de l’inclusion des jeux vidéo dans le Pass culture, qui doit être lancé en 2019 après une phase d’expérimentation cet automne. Ce à quoi le président du SNJV, Lévan Sardjevéladzé, avait réagi très favorablement en déclarant : « C’est une très bonne chose que l’on reconnaisse le jeu vidéo comme un objet culturel. »

        Lire sur le sujet du Pass culture :
         

          Les zones d’ombre de l’application du Pass culture aux jeux vidéo






                            


                        

                        


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« Révolte dans la mode » : manifeste pour une industrie textile responsable

Le film de Laurent Lunetta et Ariel Wizman donne la parole à des créateurs qui dénoncent les travers de la surproduction de vêtements sans éthique ni démarche artistique.



LE MONDE
 |    14.09.2018 à 12h30
    |

            Mustapha Kessous








                        



   


Arte, vendredi 14 septembre à 22 h 30, documentaire
En 2013, à l’autre bout du monde, au Bangladesh, le Rana Plaza, une usine de confection de huit étages installée à Dacca, s’est effondrée, faisant plus de mille morts. Cette tragédie a mis à nu les pratiques révoltantes des grandes marques du prêt-à-porter qui, pour vendre à (très) bas prix leurs vêtements sans style, n’ont pas hésité à exploiter sans vergogne – le mot est faible – des ouvriers. Depuis ce drame, une partie du monde de la mode a décidé de changer ses habitudes pour ne plus (a)voir du « sang dans les fringues ».
Ceux qui se rebiffent dénoncent la « fast fashion », ces enseignes qui lancent de nouvelles collections toutes les trois semaines, mais aussi la surproduction faramineuse d’habits qui en résulte : 80 milliards de vêtements sont fabriqués chaque année. Et rien qu’en France, la consommation de textile s’élève à quelque 700 000 tonnes par an. « Si l’industrie de la mode décidait d’arrêter sa production, ça ne poserait pas de problème, ça ne changerait rien. On aurait toujours assez de vêtements pour habiller tous les habitants sur Terre, et même les animaux », explique avec ironie Davil Tran, un jeune designer. « Tout est absurde dans le système de la mode », souffle Li Edelkoort.
« Il n’y a plus de production culturelle » 
Cette célèbre prévisionniste des tendances a lancé, en 2015, un manifeste, « L’Antifashion », dans lequel elle décrit les travers de ce milieu comme le formatage des jeunes créateurs qu’on « stérilise par une logique du chiffre ». Alors, quand elle voit un bikini mis au prix de 4,95 euros, Li Edelkoort a « envie de vomir ». « Il est moins cher qu’un sandwich, c’est insupportable. Parce que ça donne cette idée qu’il n’y a plus de valeur », souligne-t-elle. « Aujourd’hui dans la mode, c’est le capital qui dicte la production. Il n’y a plus de production culturelle », regrette Pascale Gatzen, professeure à la Parsons School de New York.
Mais depuis quelques années, des stylistes veulent redonner du sens aux vêtements. C’est ce que montre Révolte dans la mode. Ce film donne longuement la parole à de jeunes créateurs, français et étrangers, qui veulent transformer leur industrie en la rendant plus « responsable ». Pour cela, certains n’hésitent plus à proposer des collections dont le tissu provient d’anciens habits recyclés. D’autres élaborent des vêtements avec du coton bio, entièrement traçable. D’autres encore rachètent de vieilles machines industrielles à tisser (parfois centenaires) pour retrouver une forme d’authenticité.
On peut voir aussi dans ce film des stylistes fabriquer à la main des tenues en utilisant des techniques de couture et de broderie ancestrales (c’est ce qu’on appelle « l’ultra slow-fashion »). L’Israélienne Danit Peleg a fait le choix de proposer, quant à elle, des vestes, des jupes et autres pantalons conçus par une imprimante 3D.
En effet, les nouvelles technologies sont aussi largement utilisées afin de donner un visage écologique à la mode et pour faire en sorte que le textile ne soit plus la deuxième industrie la plus polluante au monde après le pétrole. Ainsi, des chercheurs commencent à mettre au point des fibres alternatives (ce qu’on appelle la « fashion-tech »), comme de la soie artificielle aussi solide et souple que celle que fabrique naturellement une araignée.
Ce documentaire – un peu trop rythmé et dense – se regarde comme une longue chronique de mode et se veut un manifeste pour que l’industrie du textile retrouve une morale et une éthique.
Révolte dans la mode, de Laurent Lunetta et Ariel Wizman (France, 2018, 53 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-18"> ¤ Sibyle Veil, PDG du groupe, œuvre à un projet commun à toutes les radios françaises sur le numérique.
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« Radio France ne peut pas être absente de la vidéo »

Sibyle Veil, PDG du groupe, œuvre à un projet commun à toutes les radios françaises sur le numérique.



LE MONDE
 |    14.09.2018 à 11h45
 • Mis à jour le
14.09.2018 à 12h27
    |

            Alexandre Piquard et 
François Bougon








                        



                                


                            

Sibyle Veil a succédé à Mathieu Gallet à la présidence de Radio France, en avril. Elle prône la continuité mais aussi certains changements, dont une nouvelle organisation annoncée jeudi 13 septembre. Pour adapter Radio France au numérique, elle défend à la fois le son et l’acquisition d’un savoir-faire dans la vidéo. Pour la distribution, elle justifie la présence sur les réseaux sociaux mais recherche également une « indépendance » vis-à-vis des grandes plates-formes américaines : elle annonce un projet d’application bâti en collaboration avec toutes les radios françaises.
Votre première rentrée n’est-elle placée que sous le signe de la continuité ?
Notre groupe est leader grâce à nos audiences excellentes et au dynamisme de nos formations musicales. Cela nous permet d’envisager favorablement le nouveau cap de modernisation de l’entreprise. J’ai été nommée sur un programme de transformation de la radio et de ses métiers. J’ai ainsi annoncé jeudi aux représentants des salariés une nouvelle organisation qui, notamment, regroupe tous les services de production de Radio France au sein d’une seule direction du numérique et de la production du média global. Je lance ce chantier parce que j’ai la conviction que la radio est un média d’avenir : agile, en interaction avec le public et accessible en mobilité. Dans un monde où la commande vocale se généralise sur les appareils numériques, nous sommes les mieux placés.
Commentcette direction va-t-elle travailler ?
La modernisation engagée vise à permettre à toutes les chaînes de produire en tant que média global, à la fois du son, de la vidéo et du texte. L’objectif est de pouvoir décliner un seul programme sous différents formats, en l’adaptant à toutes les plates-formes et à tous les publics. C’est notre mission de service public. Les usages se transforment. Les podcasts, qui permettent de choisir le moment où l’on écoute son programme, ont constitué...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-19"> ¤ Sur le thème de « L’Art du partage », une sélection de projets réalisés en France par des créateurs néerlandais, britannique, grec, italien ou allemand, à visiter ce week-end.
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Journées du patrimoine : cinq architectures « franco-européennes »

Sur le thème de « L’Art du partage », une sélection de projets réalisés en France par des créateurs néerlandais, britannique, grec, italien ou allemand, à visiter ce week-end.



LE MONDE
 |    14.09.2018 à 11h01
    |

            Jean-Jacques Larrochelle








                        


A l’occasion des 35es Journées européennes du patrimoine (JEP), du 14 au 16 septembre, qui ont pour thème « L’Art du partage », nous avons sélectionné cinq édifices conçus par des architectes européens à travers la France. Ils sont ouverts au public ce week-end.
La Platine de la Cité du design, à Saint-Etienne

   


La Cité du design, qui intègre l’Ecole supérieure d’art et design de Saint-Etienne, est implantée au sein de l’ancienne manufacture d’armes de la ville qui éditait le fameux catalogue Manufrance. Le principal projet architectural contemporain est la Platine (environ 7 500 m2) livrée en octobre 2009 par les architectes allemands Finn Geipel et Giulia Andi. Il s’agit d’un simple parallélépipède rectangle de plain-pied, long de 193,2 m et large de 31,2 m, à la toiture légèrement bombée. Les architectes disent avoir voulu créer « un espace interclimatique enveloppé d’une peau novatrice et modulable qui s’appuie sur des technologies avancées ». Le bâtiment a obtenu le Prix spécial du jury de l’Equerre d’argent en 2009.

        Lire le reportage :
         

          Saint-Etienne, mine aux trésors



L’édifice, revêtu d’une « peau » aux reflets d’argent, constituée de panneaux triangulaires de 1,20 mètre de côté, opaques, transparents, photovoltaïques ou de photosynthèse, accueille trois salles de séminaires, un auditorium de 300 places, deux salles de 1 200 et 800 m2 réservées aux expositions temporaires, une médiathèque et une boutique. La Tour observatoire, tout proche, complète cet ensemble et s’élève à 32 mètres pour offrir un panorama circulaire sur la ville et ses environs.
Cité du design, 3, rue Javelin Pagon, Saint-Etienne (Loire). Visite libre et visite commentée samedi et dimanche de 10 heures à 18 heures.
La Fondation Jérôme Seydoux-Pathé à Paris

   


La Fondation Jérôme Seydoux-Pathé, reconnue d’utilité publique en 2006, œuvre à la conservation et à la mise à disposition du public du patrimoine historique de la société cinématographique Pathé. Tout près de la place d’Italie à Paris, derrière un porche frappé de hauts-reliefs d’Auguste Rodin sculptés en 1869, l’architecte italien Renzo Piano, né en 1937, Pritzker Prize 1998 et concepteur de nombreux musées (Beaubourg, la Cité internationale de Lyon, la Fondation Beyeler à Bâle ou le musée de la collection Menil à Houston, Texas), a coiffé les cinq étages de la fondation d’une coque réfléchissante composée de 5 000 volets protecteurs. L’ensemble, inauguré en septembre 2014, est à peine perceptible depuis la rue.

        Lire le compte-rendu :
         

          Un énorme tatou doté d'une carapace d'écailles métalliques



« Le bâtiment a été dessiné par la force des choses, conduit par la nécessité de s’accrocher là où c’était possible », indiquait Renzo Piano. D’une superficie d’environ 2 200 m2, il regroupe les bureaux de la Fondation, les archives, un centre de documentation et de recherche, une DVDthèque, un espace consacré aux expositions et une salle de projection. Cent cinquante appareils cinématographiques, conçus entre 1896 et le début des années 1980, sont exposés dans la galerie située au premier étage.
Fondation Jérôme Seydoux-Pathé, 73, avenue des Gobelins, Paris 13e. Accès gratuit exceptionnel au bâtiment avec visite libre de l’ensemble (samedi et dimanche de 9 heures à 19 heures) ; visite commentée de la galerie des appareils par Anne Gourdet-Mares, responsable des appareils et des ateliers pédagogiques à la Fondation (samedi et dimanche de 11 heures à 18 heures) ; projection de films muets en musique avec les élèves de la classe d’improvisation de Jean-François Zygel, en partenariat avec le Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris (samedi et dimanche de 10 h 30 à 18 h 30).
La Maison-atelier de Philolaos à Saint-Rémy-lès-Chevreuse

   


Né à Larissa, en Thessalie (Grèce), le sculpteur Philolaos Tloupas (1923-2010) s’installe en France en 1950. Il fréquente l’Académie de la Grande Chaumière et les cours de Marcel Gimond à l’Ecole des beaux-arts de Paris. En 1958, à Saint-Rémy-lès-Chevreuse (Yvelines), il construit son atelier, réalisé à partir de ses propres plans au dessin épuré, où il accorde une large place à la transparence. Il y conçoit sculptures monumentales et maquettes, tableaux reliefs, ainsi que des meubles et des objets en acier, fer, bois, marbre ou terre cuite… Au début des années 1960, Philolaos collabore avec de nombreux architectes (Gomis, Andrault et Parat, Badani) et des paysagistes de renom, dont Jacques Simon.
Pour les zones à urbaniser en priorité (ZUP) d’André Gomis, il crée des sculptures-fontaines à Bagneux (1959) puis le château d’eau de Valence (1971) conçu comme une « sculpture architecture », pour lequel il reçoit en 1981 le Prix du quartier de l’Horloge récompensant la meilleure œuvre d’art urbain des années 1970. Il réalise également de nombreuses commandes de sculptures en acier inoxydable à Lyon, Créteil, Evry, en Grèce et à Salonique.
Maison-atelier de Philolaos Tloupas, 66, route de Milon, Saint-Rémy-lès-Chevreuse (Yvelines). Tél. : 01-30-52-22-49 et renseignements sur www.opcnsaintremy.fr. Ouverture exceptionnelle. Visite commentée dimanche de 14 h 30 à 16 heures et de 16 h 30 à 18 heures (sur inscription).
La Bibliothèque Alexis de Tocqueville à Caen

   


Ouverte au public début 2017, la bibliothèque Alexis de Tocqueville est située à Caen (Calvados) en bordure du bassin Saint-Pierre. Le projet a été conçu par l’architecte néerlandais Rem Koolhaas, né en 1944, lauréat du Pritzker Prize en 2000 et Lion d’or dix ans plus tard de la Biennale d’architecture de Venise pour l’ensemble de son œuvre. Le design en forme de croix de la bibliothèque répond au contexte urbain, chacun des quatre plans saillants de la croix indiquant un point de repère dans la ville. La façade vitrée tend à relier visuellement l’intérieur au parc adjacent, au sentier pédestre et la place du front de mer où se croisent marcheurs, cyclistes et kayakistes.

        Lire le portrait :
         

          Rem Koolhaas, libre bâtisseur



Le programme de la bibliothèque comprend un kiosque de presse, un auditorium de 150 places, un espace d’exposition et un restaurant avec une terrasse extérieure au bord de l’eau. Les étages contiennent une grande variété d’espaces de travail et de lecture (pour adultes et pour enfants) capables d’accueillir 120 000 documents. L’extension numérique des collections physiques est l’une de ses nouvelles fonctionnalités. Les archives et les collections spéciales sont stockées dans le sous-sol et protégées de l’eau grâce à une membrane imperméable innovante, appliquée sur la face interne des murs en béton.
Bibliothèque Alexis de Tocqueville, 15, quai François Mitterrand, Caen (Calvados). Tél. : 02-31-30-47-00. Visite théâtralisée de l’édifice, samedi de 15 h 45 à 17 h 15 et de 20 heures à 21 h 30 ; dimanche de 16 h 15 à 17 h 45.
Le Tribunal de grande instance à Bordeaux

   


Le Tribunal de grande instance (TGI) de Bordeaux est un projet singulier, réalisé entre 1992 et 1998 par l’agence du Britannique Richard Rogers, né en 1933, et titulaire de nombreuses distinctions dont le Pritzker Prize en 2007. Le TGI est intégré dans l’« îlot judiciaire » qui comprend également l’Ecole nationale de la magistrature et le bâtiment historique néoclassique du Palais de justice devenu la cour d’appel. Le nouveau bâtiment a bénéficié du label « Patrimoine du XXe siècle », transformé en juillet 2016 en label « Architecture contemporaine remarquable ».
« Le projet présenté envisageait un bâtiment pouvant, grâce à une impression de transparence et d’ouverture, créer une perception positive du caractère accessible du système judiciaire français, expliquait Richard Rogers dans sa note d’intention. Le projet avait visiblement satisfait le maître d’ouvrage : « … en ce qui concerne la fonctionnalité et la qualité esthétique de l’ouvrage, je confirme que ce bâtiment est un grand succès, indiquait René Eladari, le responsable des équipements du ministère de la justice. C’est un ouvrage remarquable qui fait plaisir à voir : il s’acquitte de ses responsabilités envers la rue et ses passants qui le côtoient comme le décor de leur itinéraire quotidien. »
Tribunal de grande instance, 30, rue des Frères Bonie, Bordeaux (Gironde). Ouverture exceptionnelle. Visite commentée autour de l’architecture, expositions et reconstitutions d’audiences, samedi de 10 heures à 18 heures.

        Lire le récit  :
         

          Baley et Zimbacca, héritiers franciliens de Frank Lloyd Wright




        Lire aussi le reportage  :
         

          Balade palladienne en plein Jura






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-20"> ¤ La soprano et chef d’orchestre canadienne Barbara Hannigan est de retour à l’Opéra de Paris dans le rôle-titre de « Bérénice », un opéra inédit composé par Michael Jarrell. Elle participera samedi 6 octobre avec le metteur en scène Claus Guth à un débat du Monde Festival.
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                Barbara Hannigan : « Je vis dans la musique, le théâtre, le chant, depuis que j’ai 5 ans »


La soprano et chef d’orchestre canadienne Barbara Hannigan est de retour à l’Opéra de Paris dans le rôle-titre de « Bérénice », un opéra inédit composé par Michael Jarrell. Elle participera samedi 6 octobre avec le metteur en scène Claus Guth à un débat du Monde Festival.

LE MONDE
                 |                 14.09.2018 à 10h54
                 |

                            Emmanuel Davidenkoff

















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« Je suis d’une telle noirceur dans ces moments », s’est-elle excusée en demandant une deuxième rencontre. La première avait eu lieu quelques jours avant, au sortir d’une funeste répétition au cours de laquelle, décidément, rien ne voulait passer. Elle craignait avoir tenu des propos trop sombres. Les larmes, dit-elle, ont coulé pendant les deux jours suivants. Elle assume qu’on le sache : il lui arrive, à elle, Barbara Hannigan, la soprano canadienne aux 85 créations mondiales en vingt-cinq ans de carrière, capable sur son seul nom de remplir les opéras aussi sûrement qu’un Roberto Alagna ou une Anna Netrebko, mais sur un répertoire autrement moins évident – le contemporain –, il lui arrive de se sentir submergée par la pression consubstantielle à une création mondiale, au point d’en perdre la respiration, « comme si quelqu’un était assis sur [sa] poitrine ». Tutoyer les cimes ne prévient pas de plonger dans des abîmes de doute face à une toute nouvelle partition, par exemple celle de Bérénice, du compositeur Michael Jarrell, qu’elle crée ce 26 septembre à l’Opéra Garnier.

        Au Monde Festival :
         

          Chanter n’est pas jouer !



Ce moment de doute, aussi fugace qu’abyssal, elle l’a raconté presque séance tenante aux chanteurs qu’elle accompagne dans le cadre d’Equilibrium, programme de mentorat destiné aux jeunes professionnels dont elle est l’initiatrice. L’impossibilité de penser, de formuler, d’apprendre « ne serait-ce qu’une mesure de musique de plus ». « Je me suis dit que cela les aiderait de savoir que je traversais moi aussi ces phases, et qu’il était important de le faire à chaud, dans l’émotion du moment. » Elle a aussi appelé son mentor de toujours, le pianiste hollandais Reinbert de Leeuw, avec lequel elle vient de publier un enregistrement consacré au répertoire viennois du début du XXe siècle. « Il m’a dit : “Mais c’est bien ! – Reinbert, comment peux-tu me dire que c’est bien ? C’est douloureux ! – Je sais. Je connais et je déteste. Mais cela nous montre exactement les difficultés que nous devons résoudre. Tu vas surmonter ce moment et cela va consolider l’ensemble de l’édifice. Tu seras plus forte”. »
Finalement, elle dit qu’elle adore cette phase du processus de création, « surtout une fois qu’elle est passée ! »
Dire ses faiblesses, donc, et, humblement, méthodiquement, se concentrer sur le geste qui sauve musiciens comme danseurs et sportifs : l’inlassable répétition des exercices même quand, jour après jour, on a la sensation que rien ne bouge, ou si peu ; cette minutieuse domestication du corps, muscle par muscle, articulation par articulation, membrane par membrane, que son compagnon, le comédien et réalisateur Mathieu Amalric, avait filmée avec une infinie justesse dans C’est presque au bout du monde. Le labeur comme éthique et refuge. « D’aussi loin que je me souvienne, j’ai travaillé. Je revois encore l’emploi du temps qu’affichait sur le frigo familial ma mère, qui était très stricte, en Nouvelle-Ecosse. Pas un quart d’heure n’était laissé au hasard du lever au coucher, du piano au brossage des dents, de l’école aux repas… » Dans l’air, ses mains fines et musclées empilent des cases. Et si elle avoue quelques rébellions adolescentes, le souvenir en est ténu car, très vite, la passion lui a inculqué les vertus salvatrices de cette rigueur. « Je vis dans la musique, le théâtre, le chant, depuis que j’ai 5 ans. »

De fait, lors de la première rencontre, elle avait dit à quel point elle était impatiente « de dépasser le plus rapidement possible les obstacles qui se posent à [elle] comme musicienne pour [s]’interroger sur la dramaturgie, le sens du récit ». Insisté sur le sens de son travail : « Mon propos est que le public accède à une émotion, non qu’il se dise : “Quelle virtuosité ! Comme cette œuvre semble ardue !” » Raison pour laquelle, même si les deux facettes du métier sont intimement intriquées, elle se définit « comme une actrice qui chante » et non l’inverse, comme des générations de chanteurs d’opéra. « La principale différence avec le théâtre est qu’à l’opéra la scansion des répliques est tenue par la mesure et le tempo. Je ne peux pas interrompre un partenaire ou tarder à lui répondre, comme on peut décider de le faire au théâtre, pas plus qu’un metteur en scène ne peut le demander au chef ou aux chanteurs. »
Il faut préciser aux néophytes que Barbara Hannigan ne se simplifie pas l’existence scénique : il y a dans toutes ses interprétations une dimension de performance physique constitutive de sa signature. Au printemps, à l’Opéra de Paris, dans La Voix humaine de Poulenc, elle chantait dans des positions propres à couper le souffle aux adeptes les plus fidèles des salles de fitness (qui, en plus, ne sont pas censés pousser des vocalises simultanément). Sa Lulu (Alban Berg), mise en scène par Krzysztof Warlikowski, quand elle ne tombait ni ne courait, se hissait sur des pointes de danseuse classique. Et elle interprète Mysteries of the Macabre, de Gyorgy Ligeti, juchée sur des talons qui n’en finissent pas. « Je ne peux m’en prendre qu’à moi-même : souvent l’idée vient de moi ! Dans La Voix humaine, c’est même Warlikowski qui a proposé dans la version finale une interprétation moins physique que celle que nous avions répétée. Nous ne voulions pas livrer une performance trop spectaculaire, qui aurait détourné l’attention de la musique. Nous avons pris la même décision avec le metteur en scène Claus Guth pour Bérénice. »

Trouver le fil du récit, aller chercher l’émotion, elle y revient toujours, même si elle s’est choisi un répertoire dont elle ne conteste pas le caractère de prime abord ingrat. « Je comprends que le public trouve la musique plus anguleuse à partir de Schoenberg et du dodécaphonisme. Elle se déploie selon une logique qui va contre ce que l’oreille et le cerveau peuvent aisément traiter. Mais j’ai une connexion directe avec cette musique : sa structure, sa complexité même permettent à l’émotion de s’exprimer de manière différente, et elle déploie une puissance dramatique extraordinaire. »

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                Le pari fou de la soprano Barbara Hannigan



Depuis dix ans, Barbara Hannigan a ajouté une baguette à sa panoplie d’artiste totale en devenant chef d’orchestre, rôle qu’elle incarne aussi en actrice et chanteuse. « Le chant est à la fois ma singularité et ma force : ma responsabilité de chef consiste à essayer d’amener l’orchestre vers un son le plus chanté possible. » Pour cela : respirer avec lui. « Simon Rattle, avec qui j’ai souvent travaillé comme chanteuse, m’a dit un jour : “Tu es facile à suivre, car tu me montres exactement ce que tu souhaites à ta façon de respirer. Fais la même chose quand tu diriges : aie le sentiment que tu chantes avec les musiciens, même quand tu es muette”. »
Depuis, elle observe différemment ce qui se passe dans la fosse ou sur l’estrade du chef. « Je vois des chanteurs se crisper quand ils ont le sentiment que le chef ne s’est pas adressé à eux avec suffisamment de délicatesse. S’ils mesuraient tout ce à quoi un chef doit penser simultanément, ils comprendraient que bien souvent, ce dernier n’a tout simplement pas le milliardième d’énergie nécessaire pour choisir d’autres mots que ceux qu’il prononce. L’expérience de la direction m’a rendue moins susceptible ! » Et plus attentive aux méthodes de travail de ses chefs. « Certains ont une manière extraordinaire de nous faire travailler, comme Vladimir Jurowski, avec qui j’ai donné un Hamlet à Glyndebourne [festival d’opéra en Angleterre] ; j’ai un cahier de notes “spécial Jurowski” ! Ou comme Kirill Petrenko, avec qui j’ai chanté Die Soldaten : à l’entracte de chaque représentation, il me faisait venir dans sa loge pour peaufiner tel passage spécialement ardu. J’ai adoré cela : tant de chefs arrêtent de travailler après une ou deux représentations en se disant que “ça ira bien ainsi”. »
Perfectionnisme ? « Ah non ! Je déteste ce mot et ce qu’il représente. A un certain stade, le préfectiomisme… non… le perfisme… ah… voyez ! ce mot est tellement étranger à mon vocabulaire que je bute dessus… Il empêche de progresser. Il limite l’horizon au résultat final. Ce qui compte, c’est le chemin, et j’aime que ce chemin puisse changer en permanence. Et puis on a besoin de faire des erreurs. Je l’ai souvent vérifié. Parfois même avec des résultats inattendus. Pendant les répétitions d’une œuvre de George Benjamin, je me trompais systématiquement sur la même note. Benjamin a fini par se convaincre que mon erreur sonnait juste et a modifié la partition : ma fausse note est devenue la bonne note ! »
A toutes fins utiles, on redemande si la sortie du tunnel, après les deux jours de larmes, ne devait vraiment qu’au travail et à la résilience. Sourire. « Non. J’ai surtout travaillé. Bon, j’ai aussi dormi. Et cuisiné – ma passion. Et Mathieu [Amalric] a veillé à ce que je prenne soin de moi. » Hannigan hors scène comme sur scène : technique et sentiment.
« Le Monde » organise dans le cadre du Monde Festival une rencontre avec la chanteuse et chef d’orchestre Barbara Hannigan et le metteur en scène Claus Guth. L’événement se tiendra samedi 6 octobre 2018 de 17 heures à 18 heures au Palais Garnier (grand foyer).

Rendez-vous du 5 au 7 octobre au Monde Festival 2018 !
Aimer ! C’est le thème de la 5e édition du Monde Festival qui s’ouvre le 5 octobre à Paris avec le cinéaste japonais Hirokazu Kore-eda et son dernier film, Une affaire de famille, Palme d’or 2018 à Cannes. Deux autres films seront projetés en avant-première : Un amour impossible, de Catherine Corsini et, pour clôturer le festival, En liberté !, le nouvel opus de Pierre Salvadori.
Les 6 et 7 octobre, place aux débats : sur les nouvelles relations amoureuses (Le big data va-t-il tuer le hasard des rencontres ? Aux origines de #metoo ), les technologies (Intelligence artificielle et émotions : un amour de robot ? ) l’école (Donner l’envie d’apprendre, un jeu d’enfant ?) l’environnement (Pour l’amour de ma Terre, S’aimer comme des bêtes ), l’économie, les médias (Comment informer sous la présidence d’Emmanuel Macron ?), la politique (Y a-t-il une vie après la politique ? )...
Des rencontres exceptionnelles avec Barbara Hannigan, Juliette Armanet, la tribu Guédiguian, Chimamanda Ngozi Adichie, Mario Vargas Llosa, Charline Vanhoenacker, Pierre de Villiers, Océan, Pierre Hermé, Roberto Saviano, Kamel Daoud et bien d’autres...
Et samedi soir, rendez-vous à La Nuit de l’amour  aux théâtre des Bouffes du Nord, avec André Comte-Sponville, Barbara Cassin, Carolin Emcke...
Retrouvez la programmation du festival et achetez vos billets.
Retrouvez les moments forts et les vidéos des éditions précédentes.


A l’Opéra
Bérénice, de Michaël Jarrell, mis en scène par Claus Guth. Orchestre de l’Opéra national de Paris, dirigé par Philippe Jordan. Création mondiale. Opéra de Paris, Palais Garnier, jusqu’au 17 octobre.
Enregistrements
Crazy Girl Crazy (Alpha), 2017. Œuvres de Berg (Lulu Suite), Gershwin, Berio. Avec le Ludwig Orchestra dirigé par Barbara Hannigan. Enregistrement multirécompensé (Grammy Award, Juno Award, etc.). Accompagné par le DVD Music is Music, film de Mathieu Amalric.
Vienna. Fin de siècle (Alpha), avec le pianiste Reinbert de Leeuw, paru le 14 septembre 2018. Œuvres de Schoenberg, Webern, Berg, Zemlinsky, Alma Mahler et Hugo Wolf.
Vidéo
C’est presque au bout du monde, court-métrage de Mathieu Amalric, sur le site 3e Scène de l’Opéra de Paris.
Plus d’informations sur www.barbarahannigan.com


                                                Propos recueillis par                                                    Emmanuel Davidenkoff













