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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-1"> ¤ Quelles conséquences ont eues la chute de Lehman Brothers et la crise financière de 2008 ? Nos journalistes Marie Charrel et Véronique Chocron vous ont répondu.
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Dix ans après la crise financière, « il ne faut pas compter sur le secteur pour être raisonnable »

Quelles conséquences ont eues la chute de Lehman Brothers et la crise financière de 2008 ? Nos journalistes Marie Charrel et Véronique Chocron vous ont répondu.



LE MONDE
 |    14.09.2018 à 17h34
 • Mis à jour le
14.09.2018 à 18h47
   





                        


Fabien Dele : A la suite de la crise de 2008, est-ce que de réelles actions ont été réalisées ou pensées pour mieux nous protéger lors d’une crise à venir ?
Véronique Chocron : Oui, de réelles actions ont été engagées, mais d’une part elles peuvent être considérées comme insuffisantes, d’autre part elles commencent déjà à être remises en question, notamment par l’administration Trump aux Etats-Unis.
Avant la crise, les banques prenaient beaucoup plus de risques. Elles étaient beaucoup moins solides (elles avaient deux fois moins de fonds propres en réserve en face des crédits distribués). Elles étaient surveillées avec beaucoup plus de laxisme.
Le G20 (les vingt principales puissances de la planète) a voulu rendre le système financier plus résilient. Les banques sont aujourd’hui mieux capitalisées, mieux surveillées (avec l’organisation de tests de résistance exigeants, des contrôles fréquents). En France, à titre d’exemple, elles ont quasiment arrêté les activités spéculatives menées pour « compte propre », sans lien avec les clients, et celles qui en font encore ont dû séparer cette activité du reste de la banque. Reste que la finance est toujours plus complexe, et par nature risquée.

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Calendes grecques : La crise des dettes souveraines en zone euro est-elle désormais une affaire réglée ?
Marie Charrel : C’est la grande question ! A première vue, tout est sous contrôle. Surtout depuis que la Banque centrale européenne, qui s’est dite en 2012 prête à faire « tout ce qu’il faut pour sauver l’euro », est à la manœuvre. Ses taux directeurs sont à zéro, elle rachète encore des dettes publiques sur les marchés. Elle réduit néanmoins peu à peu le rythme de ce programme, et elle remontera peu à peu ces taux dès la fin de l’année prochaine, maintenant que la croissance est de retour.
Si cette hausse est progressive, elle ne sera pas trop douloureuse pour les Etats. Mais un nouvel épisode de stress des marchés, par exemple lié à un épisode politique particulier, n’est pas exclu. II est possible que la machine spéculative s’emballe à nouveau : la Banque centrale européenne a des armes pour l’éteindre, elles ont jusqu’ici toujours suffi, mais est-ce que ce sera toujours le cas à l’avenir ? Probablement, sauf peut-être dans le cas d’un Etat souhaitant sortir ouvertement de la zone euro.

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Mosqito : L’une des causes de la crise de 2008 a été les « subprimes », touchées par l’effondrement de l’immobilier aux Etats-Unis. Certains à la BCE se sont alertés du marché de l’immobilier, dans les grosses villes européennes surtout. Mêmes causes, mêmes effets ?
Marie Charrel : Il faut distinguer les crises immobilières classiques (comme, en France, celle de la fin des années 1990, à la suite de l’éclatement de la bulle immobilière) de la crise des subprimes. Les crises classiques ont des conséquences problématiques pour les ménages voyant la valeur de leur bien baisser. Elles sont encore plus terribles lorsqu’ils se sont endettés à taux variables, et que le loyer de l’argent remonte : c’est ce que l’on a observé lorsque la bulle immobilière espagnole a explosé pendant la crise.
La spécificité de la crise des subprimes est que les emprunts immobiliers accordés à des ménages peu solvables avaient été « mélangés » avec des crédits sains, puis revendus sous forme de titres sur les marchés : c’est la fameuse titrisation. Cette technique n’est pas mauvaise par essence, mais dans le cadre des Etats-Unis, elle avait été utilisée avec excès. Trop de crédits avaient été accordés à des ménages peu solvables, si bien que lorsque les taux ont commencé à remonter, et que certains ménages n’ont plus été en mesure de rembourser, la valeur des produits titrisés contenant leurs crédits s’est effondrée… Et l’effet domino a commencé.
En France, le volume des crédits immobiliers est préoccupant. Mais l’essentiel des crédits aux ménages sont à taux fixes. Il n’y a pas de titrisation à outrance. Les risques sont donc plus limités.

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Rohff : Un événement pareil peut-il se reproduire ?
Véronique Chocron : Tous les experts sont d’accord pour dire que oui, il y aura d’autres crises extrêmes, mais impossible de savoir si elles seront de même intensité, ni quand elles surviendront. Ni quel sera le point de départ. Notre système financier est instable par nature, et lorsque le souvenir d’une crise s’estompe, les acteurs de la finance poussent à la dérégulation. Les superviseurs doivent veiller à ce que la vigilance ne baisse pas.
Titrisé : La menace d’une prochaine crise majeure est-elle toujours d’actualité au regard du « shadow banking » et de son interconnexion avec les banques ? 
Véronique Chocron : Oui, en effet, la « finance de l’ombre » (« shadow banking ») a beaucoup prospéré depuis la crise de 2008, en partie parce que ce secteur (hedge funds, fonds d’investissement, private equity…) a repris des actifs dont les banques ont dû se séparer pour respecter les nouveaux ratios de solvabilité imposés par les superviseurs bancaires.
Certains à la Banque centrale européenne pensent que la finance de l’ombre est un élément de fragilité du système qui pourrait faire partir une prochaine crise, d’autres sont plus sereins.

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Nicolas54 : On entend énormément parler d’une future crise engendrée par un excès de liquidités.
Marie Charrel : C’est en effet l’une des grandes craintes. Pour soutenir le système financier puis relancer l’économie, les banques centrales des économies avancées (en particulier la BCE et la Fed, la banque centrale américaine) ont baissé leurs taux pendant la crise, puis ont lancé des programmes de rachats massifs de dettes publiques et privées. C’est ce que l’on appelle les injections de liquidités. Les taux bas ont permis de relancer le crédit aux entreprises, mais ont aussi facilité des placements plus risqués, voire la formation de bulles. Alors oui, cela pourrait engendrer une nouvelle crise.
L’agneau de Wall Street : Observe-t-on les mêmes excès en termes de bonus chez les traders ?
Véronique Chocron : Oui, les gros bonus sont de retour, aux Etats-Unis notamment. Les grandes firmes de Wall Street ont rapidement renoué avec des variables considérables. Au printemps, les tradeurs de New York se sont vu attribuer des bonus quasiment aussi élevés (en moyenne) qu’avant la crise. Mais l’Union européenne a adopté une règle vertueuse : le bonus ne peut plus excéder le montant de la rémunération fixe du tradeur.

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Gege : Pensez-vous que le bitcoin puisse être considéré comme une future bulle spéculative ?
Marie Charrel : La difficulté, me semble-t-il, est que le bitcoin échappe aux cases. C’est à la fois une technologie, une forme de monnaie, un moyen de paiement et, aussi, un objet de spéculation. Le bitcoin et la blockchain, la technologie sur laquelle il repose, sont probablement une rupture technique, une innovation dont on ne mesure pas encore la portée. L’aspect spéculatif est nuisible, mais les monnaies numériques commencent à être régulées : de quoi, si elles sont bien conçues, éviter le scénario du pire.
KiKiTiTi : Une question me taraude toujours : si Lehman Brothers avait été sauvée à l’époque par les autorités financières américaines, la crise aurait-elle pu être évitée ?
Marie Charrel : Cette question taraude aussi MM. Bernanke et Paulson ! Personne ne peut dire ce qui se serait passé si Lehman Brothers avait été sauvée. A l’époque, les régulateurs américains, si l’on schématise beaucoup, désiraient montrer qu’ils n’étaient pas prêts à soutenir toutes les banques avec de l’argent public. Ils n’avaient pas mesuré la chaîne de domino financier terrible se tenant derrière Lehman Brothers.
Une chose est certaine : même si la crise avait été moins grave sans cet événement, d’autres déséquilibres majeurs étaient à l’œuvre dans le système économique et financier, comme l’excès de dette.
Pierre : Pourquoi personne ne fait rien pour changer le système économique actuel si on sait que des crises vont continuer à se produire ? Est-ce dans l’intérêt des banques qu’il y ait des crises (plus ou moins) régulièrement ?
Véronique Chocron : Non, ce n’est pas dans l’intérêt des banques, nombre d’entre elles ont d’ailleurs disparu avec la dernière crise, et toutes ont dû mettre en place une réglementation qui ne fait pas leurs affaires, notamment car elle a fortement raboté — en Europe — leur rentabilité. Mais une banque exerce une activité risquée par nature (prêter).
Avant la crise, rien, ou peu de choses, ne les a empêchées de prendre des risques démesurés et de spéculer. L’expérience montre donc qu’il ne faut pas compter sur le secteur pour être raisonnable. Il appartient aux superviseurs des banques et du système financier de ne pas relâcher leur attention.

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Cerclevicieux : Comment les banques centrales peuvent-elles faire pour baisser les liquidités (fin du QE et hausse des taux) sans pour autant provoquer la future crise ?
Marie Charrel : C’est toute la difficulté. D’autant que jamais, dans l’histoire, elles n’ont injecté autant de liquidités. Elles ont entamé leur retrait de façon très progressive et mesurée. Mais l’on constate déjà que la remontée des taux américains sème le trouble dans les pays émergents les plus fragiles (Argentine, Turquie, notamment). Leurs difficultés peuvent rester localisées. Ou s’étendre… Tout dépendra de l’habileté des banques centrales. Mais il est possible que la prochaine crise surgisse avant qu’elles aient suffisamment épongé les liquidités et remonté leur taux. Elles se retrouveraient alors très peu armées pour répondre à la récession.
Patrick : Quelles solutions pour nous autres « petites gens » pour sauver notre pécule de la future crise à venir ?
Véronique Chocron : Les dépôts bancaires en Europe sont couverts en cas de défaillance d’une banque, à hauteur de 100 000 euros par déposant et par établissement.
Sapiens : S’il ne fallait retenir qu’une leçon de cette crise, laquelle serait-elle selon vous ?
Marie Charrel : Difficile d’en retenir une seule. La plus tragique des leçons est probablement que l’impact récessif des politiques d’austérité menées durant la crise a été largement sous-estimé.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-2"> ¤ Dans la capitale du Michigan, l’expulsion de familles endettées fiscalement est devenue un outil de la gestion foncière de la ville. De nombreuses familles, noires pour l’essentiel, sont menacées.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-2"> ¤ 
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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-3"> ¤ Le moteur de recherche Qwant sera proposé par défaut aux utilisateurs français et allemands de Brave.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-3"> ¤                     
                                                

Qwant et Brave s’associent pour venir au secours d’un « Internet cassé »

Le moteur de recherche Qwant sera proposé par défaut aux utilisateurs français et allemands de Brave.



LE MONDE
 |    14.09.2018 à 15h10
 • Mis à jour le
14.09.2018 à 15h21
    |

            Vincent Fagot








                        



   


Les mots sont lâchés sans concession : « Il y a toute une part d’Internet qui est cassée. Le Web a été inventé pour donner plus de libertés aux hommes. Aujourd’hui, il les asservit. » Tristan Nitot, un vieux routier du numérique, a fait ses armes chez Netscape, il y a plus de vingt ans de cela. A deux mètres de lui se tient Brendan Eich, considéré comme à l’origine, au milieu des années 1990, du langage de programmation JavaScript.
Passés, chacun, par Netscape et par la Fondation Mozilla (un organisme de défense des valeurs originelles d’Internet), les deux hommes étaient réunis, à Paris, jeudi 13 septembre, par un projet commun : Brave, le navigateur Internet lancé par M. Eich vient de nouer un partenariat avec le moteur de recherche français Qwant, que M. Nitot a rejoint au mois de juin en tant que vice-président. L’objet de ce rapprochement : proposer par défaut le moteur de recherche Qwant aux utilisateurs français et allemands de Brave.
Pour Qwant, l’effet de levier escompté sur ses audiences est assez réduit. Brave est encore un Petit Poucet parmi les navigateurs, avec à peine 4 millions d’utilisateurs actifs par mois dans le monde (et pas principalement en Europe), contre 2 milliards pour Chrome et 500 millions pour Safari. Qwant lui-même touche 70 millions d’utilisateurs actifs par mois.
Protéger les données des utilisateurs
Mais, en termes d’affichage et de cohérence, l’association des deux entreprises fait sens. Toutes les deux dénoncent la manière dont le Net a évolué. « Quand Tim Berners-Lee a inventé le Web, il l’a conçu comme un outil à destination des chercheurs pour qu’ils puissent plus facilement partager leurs travaux. Mais il n’avait pas anticipé qu’Internet serait financé presque à 100 % par la publicité ni les conséquences terrifiantes pour les utilisateurs, avec cette collecte massive des données », explique Tristan Nitot.

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Pour aller contre ce mouvement de fond, les deux sociétés proposent à leurs utilisateurs des outils afin de protéger leurs données. Qwant promet ainsi de ne pas collecter d’informations personnelles, tandis que Brave bloque les cookies et autres traceurs, qui permettent d’espionner les internautes lors de leur navigation.
Les deux sociétés partagent également la conviction que le modèle économique est à revoir. Alors que les revenus de Facebook ou Google s’envolent, ceux qui les alimentent en contenus et nourrissent leurs audiences (médias, blogueurs, artistes…) sont de moins en moins rétribués, au risque de voir leurs professions disparaître. A eux seuls, les deux grands groupes de la Silicon Valley ont capté 63 % des revenus publicitaires en 2017.

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Une situation intenable
Une situation intenable pour Eric Léandri, le patron de Qwant, qui, s’adressant aux journalistes, jeudi, à Paris, interrogeait : « Qu’est-ce que Google News sans médias ? Google no news… Google comprend-il cela ? » « On va vers l’apocalypse, c’est un problème de société pour tous les pays », a abondé Brendan Eich.

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Les deux partenaires pensent pouvoir proposer d’autres solutions. Qwant refuse la publicité ciblée, qui nécessite le traçage des utilisateurs, mais propose une publicité contextuelle, qui est simplement en rapport avec la demande que vous êtes en train de formuler, à l’instant T, sur le moteur de recherche.
Quant à Brave, son positionnement est plus complexe – et contesté. Il donne deux options à ses utilisateurs : bloquer toutes les publicités pendant leur navigation ou accepter volontairement les publicités proposées par sa propre régie, qui, assure-t-il, propose une meilleure répartition des revenus publicitaires pour les éditeurs de contenus… Ce qui a suscité la colère de nombreux éditeurs américains en 2016. Chez Qwant, on préfère parler d’une « vision audacieuse » et, de l’avis de ses dirigeants, complémentaire à celle du moteur de recherche français.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-4"> ¤ Nos journalistes Marie Charrel et Véronique Chocron, spécialistes de l’économie, vous répondent à partir de 15 heures.
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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-5"> ¤ Comment une banque aussi importante peut-elle s’effondrer ? Pourquoi les autorités ne l’ont-elles pas sauvée ? Tous les éléments pour comprendre les implications de cet événement historique.
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Cinq questions (pas si) bêtes sur la chute de Lehman Brothers

Comment une banque aussi importante peut-elle s’effondrer ? Pourquoi les autorités ne l’ont-elles pas sauvée ? Tous les éléments pour comprendre les implications de cet événement historique.



LE MONDE
 |    14.09.2018 à 14h25
 • Mis à jour le
14.09.2018 à 16h52
    |

            Mathilde Damgé








                        


Le 15 septembre 2008, un des grands groupes bancaires états-uniens s’effondre à la surprise de tous les connaisseurs de Wall Street : Lehman Brothers Holdings Inc., 27 000 employés, se place sous la protection du chapitre 11 de la loi des Etats-Unis sur les faillites.
Comment une banque aussi importante peut-elle s’effondrer ?
Elle avait traversé la guerre civile américaine, deux guerres mondiales et le krach de 1929 ; la banque des frères Lehman s’écroule en un week-end, plus d’un siècle et demi après sa création. Un événement qui n’est pas survenu totalement par hasard : dans les années 1990, la banque profite pleinement de la libéralisation des marchés financiers et de la déréglementation amorcée aux Etats-Unis plus d’une décennie auparavant.
Elle prend alors des risques de plus en plus grands et se jette dans le commerce de produits financiers de plus en plus complexes. Problème : pour financer leur activité spéculative et garantir leurs profits, les banques doivent en permanence chercher des financements extérieurs. Avec une faible mise de départ, il était possible de risquer beaucoup.
C’est ce qu’on appelle l’effet de levier ; celui de Lehman Brothers était un des plus élevés : en 2007, avec 1 dollar de capital, la banque empruntait 30 dollars. Une technique qui permet d’amplifier les gains comme les pertes : si le pari est perdant, 1 million de dollars misés fait perdre 30 millions. Au troisième trimestre 2007, la cinquième banque d’affaires de Wall Street doit annoncer une dépréciation d’actifs de 5,6 milliards de dollars.

        Récit :
         

          Lehman Brothers, nouvelle victime des "subprimes"



Pourquoi les autorités ne l’ont-elles pas sauvée ?
« Quelques jours avant la banqueroute, j’ai compris que le secrétaire au Trésor [Henry Paulson] et le gouvernement américain estimaient n’avoir ni la capacité politique ni le soutien du Congrès pour sauver Lehman Brothers avec de l’argent public, se rappelle Jean-Claude Trichet, alors gouverneur de la Banque centrale européenne (BCE). Les semaines précédentes, les républicains du Congrès avaient en effet vigoureusement critiqué le sauvetage de Freddie Mac et de Fannie Mae », les organismes de garantie des crédits hypothécaires américains.
Reste que la stupéfaction après l’annonce, dimanche 14 septembre au soir, du lâchage de Lehman Brothers par les autorités fédérales américaines est totale. La ministre de l’économie française Christine Lagarde, devenue depuis directrice du Fonds monétaire international réagit en ces termes : « Oh la vache !… »

Le lendemain est un lundi noir sur les marchés : la déroute de la banque américaine fait plonger les places boursières. Celui qui deviendra l’année suivante président des Etats-Unis, Barack Obama, compare la crise à celle de 1929. Le jeudi, Nicolas Sarkozy s’emploie à rassurer les Français : « C’est un engagement solennel que je prends ce soir : quoi qu’il arrive, l’Etat garantira la sécurité et la continuité du système bancaire et financier français. » Le but : éviter une panique générale et une ruée des épargnants aux guichets pour retirer leurs économies.
La crise des « subprimes », c’est quoi en fait ?


Savez-vous ce qu’est un "subprime" ?

Oui
Non


Bravo ! Voulez-vous quand même vous rafraîchir la mémoire ?

Oui



Ce sont des emprunts à taux variables, gagés sur la valeur de biens immobiliers et mélangés avec des crédits de meilleure qualité dans des produits financiers revendus sur les marchés. C’est le principe de la titrisation. Cette technique permet aux banques d’empocher de généreuses commissions, à condition de trouver preneur pour se délester du risque. Or personne n’est prêt à prendre ce risque si le marché immobilier – une partie de la valeur réelle in fine de ces produits complexes – s’effondre…




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La bulle immobilière américaine, née de la déréglementation du crédit, éclate en 2006 : les taux d’intérêt (variables) grimpent, les emprunteurs sont alors étranglés par leur dette. Concédés par des sociétés de crédit peu regardantes à des ménages pas toujours solvables, et malgré une notation complaisante des agences officielles (Standard & Poors, Moody’s…), les « subprimes » commencent à révéler leur vrai visage, celui d’une gigantesque arnaque.
Les maisons ne valant plus rien, les créditeurs ne peuvent même plus se rembourser sur la revente des maisons. Sauf qu’entre-temps les « subprimes » ont été transformés (titrisés) en produits financiers complexes, eux-mêmes rachetés par les banques du monde entier ; le risque se retrouve ainsi disséminé sur l’ensemble de la planète.
Certains investisseurs comme Lehman paieront cette erreur au prix fort, mais des banques comme Goldman Sachs ont engrangé d’excellents résultats en 2007 en spéculant pour leur compte propre sur la baisse du marché des crédits immobiliers.

Quand la crise a-t-elle exactement commencé ?
Les premiers signes d’une crise apparaissent quand le marché immobilier outre-Atlantique commence à ralentir. Mais le début de la crise est situé historiquement en Europe : le 9 août 2007, BNP Paribas gèle trois fonds luxembourgeois liés aux « subprimes », un signal que les investisseurs de ces fonds ne pourront pas récupérer leur mise.

        Le déroulé de
         

          la crise des « subprimes » en France



Le 22 août, Lehman Brothers ferme sa filiale dédiée aux « subprimes », BNC Mortgage. S’ensuivent les difficultés de Northern Rock et son sauvetage par le gouvernement britannique, le rachat de l’établissement Bear Stearns, en grande difficulté, par sa rivale JPMorgan, des annonces successives de pertes de Lehman…
L’inquiétude, déjà grandissante, chez les investisseurs se transforme en panique au moment de la chute de Lehman. Premiers signes de défiance des marchés, les taux auxquels les banques se prêtent de l’argent entre elles explosent, une envolée du loyer de l’argent qui ne tarde pas à se répercuter sur les prêts que les banques accordent aux entreprises et à bloquer l’économie dite « réelle ».
Autre conséquence, le repli des investisseurs vers des valeurs considérées moins risquées : les matières premières, dont les cours s’embrasent. En 2008, l’indice FAO (Food and Agriculture Organization of the United Nations, qui mesure la variation mensuelle des cours internationaux d’un panier de denrées alimentaires) grimpe en un an de 50 %, et même de 87 % pour les céréales, provoquant une vague d’émeutes de la faim à Haïti, en Egypte, en Indonésie…

2007-2017 : au cœur de la crise qui a changé le monde
La plus grande crise financière du XXIe siècle – à ce stade – a commencé à l’été 2007. Un an avant la faillite de la banque américaine Lehman Brothers, le 15 septembre 2008, personne n’a voulu voir que la bulle économique largement créée par la spéculation immobilière était sur le point d’exploser. Dix ans après, l’Europe se remet à peine de cataclysme qui a plongé l’économie mondiale en récession et déclenché la crise des dettes européennes.
En 2007, les signes avant-coureurs de la faillite de Lehman Brothers



Chefs d’Etats, banquiers centraux, haut-fonctionnaires… Comment ils ont vécu la crise


Après Lehman Brothers, quelles leçons pour la finance ?




Comment la bulle des subprimes a déclenché la crise des dettes européennes




Quand la crise ébranle les certitudes économiques




Les germes de la prochaine crise





Qu’est-ce qui a changé depuis ?
La crise a révélé une culture du risque débridée au sein des banques et la légèreté coupable de certains régulateurs. Depuis, ces derniers ont tenté de redresser la barre ; les ventes de « subprimes » sont d’ailleurs de loin le premier motif de sanction pour les amendes délivrées depuis dix ans aux banques.
En Europe, des « coussins contracycliques » ont été mis en place pour anticiper une future crise. Concrètement, il s’agit, en période de croissance, d’augmenter le capital réglementaire des banques pour pouvoir le réduire en période de crise.
Mais il reste du ménage à faire, avec encore 600 milliards d’euros de créances douteuses à sortir des bilans bancaires, en particulier en Italie. « Il faut aussi mettre en place la garantie des dépôts bancaires à travers la zone euro, une promesse qui n’a jamais été finalisée », rappelle l’économiste Hélène Rey, membre du Haut Conseil de stabilité financière.
De l’autre côté de l’Atlantique, après une restructuration du secteur à coups de liquidation et de mariage express, l’heure est au retour des vieux démons ; le nouveau président Donald Trump a fait de la déréglementation une de ses priorités, laissant la porte ouverte aux lobbys et au désserrement de la loi Dodd-Frank, votée en 2010 et qui encadre le crédit.
Quant à la rémunération des acteurs de cet univers de spéculation, si l’Union européenne a imposé un plafond – depuis 2014, le montant du bonus ne doit plus excéder celui du fixe –, les tradeurs des grandes banques de New York ne sont pas limités par un tel dispositif. Cette année, ils ont touché un bonus moyen de 184 220 dollars, le niveau le plus élevé depuis le pic de 2006.

        Lire aussi :
         

                Dix ans après la chute de Lehman Brothers, le « loup de Wall Street » est-il de retour ?






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-6"> ¤ Selon l’économiste Jézabel Couppey-Soubeyran, dans une tribune au « Monde », nous ne sommes pas plus capables qu’il y a dix ans de parer une faillite bancaire. Sous la pression des lobbies, les réformes ne sont pas allées jusqu’au bout de leur logique.
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Dix ans après Lehman Brothers: « N’abandonnons pas la (dé)régulation du secteur financier au lobby bancaire »

Selon l’économiste Jézabel Couppey-Soubeyran, dans une tribune au « Monde », nous ne sommes pas plus capables qu’il y a dix ans de parer une faillite bancaire. Sous la pression des lobbies, les réformes ne sont pas allées jusqu’au bout de leur logique.



LE MONDE
 |    14.09.2018 à 14h00
    |

Jézabel Couppey-Soubeyran (Economiste au Centre d’économie de la Sorbonne)







                        



                                


                            
Tribune. Les crises ont le mérite de faire accepter la nécessité du changement, et ouvrent ainsi une fenêtre d’opportunité pour conduire des réformes. Après celle de 2007-2008, ces réformes ont visé à rendre les banques plus solides, à responsabiliser les créanciers, à renforcer les pouvoirs des autorités de surveillance, à réorganiser les marchés – en particulier, ceux de produits dérivés. On pouvait alors espérer une transformation du système financier, purgé de ses excès.
Sans sous-estimer les avancées qui ont eu lieu, le constat qui s’impose est plutôt que le système n’a pas véritablement changé et que nous ne sommes guère mieux parés qu’il y a dix ans au cas où une crise éclaterait. Peut-être même le sommes-nous moins.

Car, si d’un côté, des mesures ont été prises pour renforcer, un peu, la capacité des banques à essuyer des pertes, de l’autre, les marges de manœuvre des Etats et des banques centrales pour y faire face se sont amoindries, les conséquences de la crise ayant dégradé les finances publiques et les bilans des banques centrales étant gonflés de toutes les liquidités émises pour soutenir les banques et les marchés de titres.
Discours autoréalisateur
Est-ce à dire qu’il n’est pas possible de réguler la finance, que le système est devenu trop complexe, que les nouvelles réglementations mises en place ne servent à rien, voire pire, qu’en bridant inutilement le secteur bancaire et financier elles paralysent l’investissement et freinent la croissance ?
les banques les mieux capitalisées sont celles qui ont le moins rationné le crédit pendant la crise
Non, ce discours-là est celui, pernicieux, du lobby bancaire, celui, malheureusement, que nos gouvernants entendent. Pernicieux car, pour peu qu’il parvienne à se diffuser, ce discours est autoréalisateur, c’est-à-dire qu’il organise l’inanité de la régulation qu’il a ensuite beau jeu de déplorer. Et il a de fait entravé ou réduit la portée des réformes.
Pourquoi...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-7"> ¤ Dans une tribune au « Monde », Francis Marion, médecin généraliste, estime que l’augmentation des arrêts prescrits témoigne d’une moindre attention portée par les entreprises aux effets du travail et de son organisation sur la santé des salariés.
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« La fréquence des arrêts de travail dans une entreprise est un marqueur du climat social interne »

Dans une tribune au « Monde », Francis Marion, médecin généraliste, estime que l’augmentation des arrêts prescrits témoigne d’une moindre attention portée par les entreprises aux effets du travail et de son organisation sur la santé des salariés.



LE MONDE
 |    14.09.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
14.09.2018 à 14h26
    |

Francis Marion (Médecin généraliste à Grenoble)







                        



                                


                            
Tribune. La suggestion de la ministre des solidarités et de la santé, Agnès Buzyn, de faire payer une partie des arrêts de travail par les employeurs semble avoir fait long feu « afin de ne pas brouiller l’image d’un gouvernement pro-business », selon sa collègue du ministère du travail, Muriel Pénicaud. Au-delà des économies recherchées, c’était pourtant lancer un questionnement fort pertinent : les salariés et les médecins sont-ils les seuls responsables de l’inflation des arrêts de travail ?
L’exercice ordinaire de la médecine générale oblige plus souvent les médecins à essayer de convaincre leurs patients d’accepter un arrêt de travail que de résister aux demandes abusives
La prescription d’un arrêt de travail est un acte médical au même titre qu’une ordonnance médicamenteuse ou thérapeutique. Il s’agit d’un moyen mis à disposition des praticiens visant à soigner, soulager et prévenir.
Soigner, lorsque le repos physique ou psychologique est nécessaire pour cicatriser ou récupérer. Soulager, quand c’est le seul paramètre accessible pour diminuer temporairement la charge somatique ou mentale et permettre de tenir. Prévenir, parce qu’il est intelligent d’anticiper l’accident attendu, l’aggravation prévisible ou l’épuisement annoncé.
L’exercice ordinaire de la médecine générale oblige plus souvent les médecins à essayer de convaincre leurs patients d’accepter un arrêt de travail que de résister aux demandes abusives. Si les arrêts de complaisance ou les faux malades existent sans doute, leur petit nombre ne saurait masquer la réalité massive d’un non-recours, ou d’un recours trop tardif, à l’arrêt pour les pathologies, les troubles et les souffrances liés au travail lui-même.
L’intolérance sociale pour « ceux qui craquent » ne cesse de s’accentuer dans la société contemporaine. La culpabilité pour soi-même, pour la fonction professionnelle qu’on occupe ou vis-à-vis des collègues de travail, a souvent pour conséquence...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-8"> ¤ Christophe Robert, délégué général de la Fondation Abbé Pierre et Eric Constantin, directeur de la Fondation Abbé Pierre Ile-de-France, dans une tribune au « Monde », appellent Julien Denormandie, secrétaire d’Etat à la cohésion des territoires, à sanctionner plus efficacement les marchands de sommeil.
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« Pour une offensive en matière de lutte contre l’habitat indigne »

Christophe Robert, délégué général de la Fondation Abbé Pierre et Eric Constantin, directeur de la Fondation Abbé Pierre Ile-de-France, dans une tribune au « Monde », appellent Julien Denormandie, secrétaire d’Etat à la cohésion des territoires, à sanctionner plus efficacement les marchands de sommeil.



LE MONDE
 |    14.09.2018 à 13h58
 • Mis à jour le
14.09.2018 à 15h39
    |

Eric Constantin (Directeur de la Fondation Abbé Pierre Ile-de-France)







                        



                                


                            

Tribune. Le drame de l’incendie de l’immeuble d’Aubervilliers, le 19 août, est venu nous rappeler, s’il le fallait encore, que le mal-logement fait courir de graves risques, parfois mortels, pour la sécurité et la santé des occupants.
Depuis cet événement, vous avez, Monsieur le secrétaire d’Etat, rappelé la priorité qui est la vôtre et celle du gouvernement de lutter contre les marchands de sommeils, notamment à travers le renforcement de l’usage de la confiscation des biens immobiliers utilisés par ces derniers, renforcement prévu dans le projet de loi ELAN (évolution du logement, de l’aménagement et du numérique).
Même si la confiscation est déjà prévue dans les textes mais assez peu prononcée, il est évidemment nécessaire de sanctionner plus efficacement ces professionnels de la gestion lucrative de taudis qui organisent trop souvent leur insolvabilité quand ils sont condamnés, ou qui se cachent derrière des montages complexes pour éviter la confiscation.
Taper plus fortement aux portefeuilles
Au-delà du maillon scandaleux des marchands de sommeil, c’est bien toute la chaîne de traitement du parc indigne qui est aujourd’hui à considérer. Si le confort sanitaire des logements s’est largement amélioré ces vingt dernières années, les mauvaises conditions d’habitation persistent avec l’existence d’un « sous-marché » dégradé que le manque de logements sociaux accessibles aux ménages à faibles revenus, l’explosion des loyers dans le parc privé décent ou l’augmentation des expulsions locatives alimentent en permanence.
A côté des formes traditionnelles de l’habitat privé ancien dégradé dans les centres urbains et de l’habitat isolé vétuste des zones rurales, des phénomènes plus récents ont émergé et se sont amplifiés : la dégradation impressionnante de très nombreuses copropriétés issues de l’urbanisation des « trente glorieuses » ; la division pavillonnaire, illustration récente de la pénurie de logement...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-9"> ¤ Dix-neuf ans après l’ouverture des premiers pourparlers, les négociations patinent. Les parties butent sur une série de points, notamment l’accès au marché européen du bœuf.
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Commerce  : le projet d’accord entre l’Union européenne et le Mercosur risque de nouveau l’enlisement

Dix-neuf ans après l’ouverture des premiers pourparlers, les négociations patinent. Les parties butent sur une série de points, notamment l’accès au marché européen du bœuf.



LE MONDE
 |    14.09.2018 à 13h15
 • Mis à jour le
14.09.2018 à 15h25
    |

            Marie de Vergès








                        



                                


                            

Fin janvier, Bruxelles n’y voyait plus qu’une question de « semaines ». Un accord commercial entre l’Union européenne (UE) et les pays du Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay, Uruguay) devait pouvoir être finalisé dans les plus brefs délais. Pourtant, alors qu’une énième session de négociations se tenait du lundi 10 au vendredi 14 septembre, à Montevideo, en Uruguay, la perspective d’un tel traité de libre-échange semble à nouveau s’éloigner, dix-neuf ans après l’ouverture des premiers pourparlers.
Gelé pendant des années, le projet d’accord avait été relancé tambour battant en 2016. Un sursaut étroitement lié à la volte-face protectionniste du président américain, Donald Trump. L’UE entendait capitaliser sur le vide laissé par les Etats-Unis, et s’ouvrir un meilleur accès à ces marchés à fort potentiel.
Mais la fenêtre de tir pour conclure risque de se refermer. En octobre, le Brésil doit élire un nouveau président, à l’issue d’une campagne brutale dominée par l’extrême droite. Puis les Vingt-Huit seront plongés, à leur tour, dans la préparation des élections européennes du printemps 2019, en pleine poussée des partis populistes.

« S’il y a des personnes avec des visions différentes, on pourrait se retrouver à devoir tout recommencer », a mis en garde le ministre des affaires étrangères brésilien Aloysio Nunes, début septembre, dans le Financial Times. Faute d’avancées immédiates, les discussions risquent de durer encore « cinq ou six ans », a-t-il estimé, appelant l’Europe à mettre davantage sur la table. L’UE a formulé une offre « claire et explicite », à laquelle le Mercosur se doit maintenant de répondre, lui a aussitôt répliqué le commissaire européen à l’agriculture, Phil Hogan.
« Il y a beaucoup à gagner »
Les parties butent sur une série de points, notamment l’accès au marché européen du bœuf. La proposition des Vingt-Huit, contrainte par les sensibilités des grands...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-10"> ¤ Pékin a suspendu l’attribution de licences aux groupes financiers américains qui commencent à souffrir des tensions commerciales.
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La Chine ferme la porte aux entreprises américaines de la finance

Pékin a suspendu l’attribution de licences aux groupes financiers américains qui commencent à souffrir des tensions commerciales.



LE MONDE
 |    14.09.2018 à 12h47
    |

            Simon Leplâtre (Shanghaï, correspondance)








                        



                                


                            

C’est la première mesure concrète visant les firmes américaines en Chine. Pékin a suspendu l’attribution de licences pour les entreprises financières américaines. Certes, l’empire du Milieu – accusé de protectionnisme – avait fait de l’ouverture partielle de son secteur financier aux entreprises étrangères l’une de ses réformes phares de 2018. Mais c’était compter sans la guerre commerciale qui tend les relations entre les Etats-Unis et la Chine.
Mardi 11 septembre, lors d’une réunion avec des officiels de rang ministériel, les membres US-China Business Council (USCBC) ont été informés que les entreprises américaines de la finance devraient patienter pour obtenir leurs licences. Et ce tant que les relations sino-américaines ne s’améliorent pas, s’est vu expliquer Jacob Parker, le vice-président du USCBC, qui représente deux cents grandes entreprises américaines présentes en Chine, interviewé par Associated Press. Et celui-ci de préciser que c’est la première fois que le lobby a accès à des responsables aussi haut placés, signe que la Chine compte sur les patrons américains pour décourager l’administration de Donald Trump de mettre ses menaces à exécution.

Eviter une escalade
Après des taxes de 25 % appliquées mutuellement par la Chine et les Etats-Unis sur 50 milliards de dollars (43 milliards d’euros) de produits importés, le président américain menace, en effet, d’imposer des droits de douane supplémentaires sur 200 milliards de dollars de produits chinois dans les jours qui viennent, voire même sur l’ensemble des 500 milliards d’importations chinoises. Lundi, un porte-parole du ministère des affaires étrangères chinois, Geng Shuang, a assuré que la Chine « prendrait assurément des contre-mesures », si les droits de douane américains sur 200 milliards de dollars d’importations chinoises étaient appliqués.
Dans ce contexte tendu, Chinois et Américains se sont dit prêts, cette semaine, à reprendre langue pour éviter une...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-11"> ¤ L’institut monétaire a relevé son principal taux directeur pour le porter à 24 %, avec pour objectif d’enrayer la chute de la monnaie nationale.
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La banque centrale turque soutient la livre en dépit d’Erdogan

L’institut monétaire a relevé son principal taux directeur pour le porter à 24 %, avec pour objectif d’enrayer la chute de la monnaie nationale.



LE MONDE
 |    14.09.2018 à 12h23
 • Mis à jour le
14.09.2018 à 12h24
    |

            Marie Jégo (Istanbul, correspondante)








                        



                                


                            

Conformément aux attentes des marchés et en dépit de l’opposition du président turc Recep Tayyip Erdogan, la banque centrale (Central Bank of the Republic of Turkey, CBRT) est revenue à l’orthodoxie monétaire, jeudi 13 septembre. Son principal taux directeur a été porté de 17,75 % à 24 %, soit une augmentation de 625 points de base, bien plus que ce que les analystes prévoyaient.
Espérée de longue date, cette annonce, une première depuis la réélection de M. Erdogan en tant que président aux pouvoirs illimités le 24 juin, a été accueillie positivement par les marchés. Il est urgent d’enrayer la dépréciation de la livre turque, en chute de 40 % depuis le début de l’année, laquelle alimente l’inflation (17,90 % en août) qui pèse sur les ménages. Cette normalisation de la politique monétaire survient alors que la croissance a ralenti à 5,2 % au deuxième trimestre.

En juillet, le refus de l’institut monétaire de relever son principal taux directeur, malgré l’inflation à deux chiffres, avait renforcé l’inquiétude des investisseurs quant à l’indépendance de l’institution face à un président qui se targuait de vouloir conduire seul la politique monétaire du pays.
« Regagner la confiance des marchés »
La hausse des taux intervenue jeudi « est une excellente décision », a commenté sur son compte Twitter Timothy Ash, stratégiste en chef chez Blue Bay Asset Management à Londres. « Les Turcs se sont donné l’opportunité de tenir la monnaie et de regagner la confiance des marchés. Ils peuvent sortir de cette crise sans l’aide du Fonds monétaire international et sans recourir au contrôle des changes. Le rééquilibrage sera brutal, mais grâce à ces mesures adéquates il y a désormais une voie de sortie. » Dans la foulée, la livre s’est appréciée de 5 % par rapport au dollar.
La journée avait pourtant mal commencé. Deux heures avant la réunion du comité de politique monétaire du CBRT, le président Erdogan s’était livré à son...




                        

                        


<article-nb="2018/09/14/19-12">
<filnamedate="20180914"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180914"><AAMMJJHH="2018091419">
<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-12"> ¤ Entre 1998 et 2018, Google est passé de la simple start-up à un empire qui domine la recherche sur Internet, la vidéo en ligne ou l’e-mail. Explication des raisons qui ont permis l’expansion de l’entreprise fondée par Sergey Brin et Larry Page.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-12"> ¤ 
<article-nb="2018/09/14/19-13">
<filnamedate="20180914"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180914"><AAMMJJHH="2018091419">
<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-13"> ¤ La ministre de la culture souhaite que le paiement de la contribution à l’audiovisuel public ne soit plus conditionné par la possession d’un téléviseur.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-13"> ¤                     
                                                

Françoise Nyssen veut réformer la redevance télévisuelle

La ministre de la culture souhaite que le paiement de la contribution à l’audiovisuel public ne soit plus conditionné par la possession d’un téléviseur.



LE MONDE
 |    14.09.2018 à 12h09
 • Mis à jour le
14.09.2018 à 14h53
   





                        


La ministre de la culture, Françoise Nyssen, a annoncé vendredi 14 septembre vouloir réformer la contribution à l’audiovisuel public, la redevance qui finance France Télévisions et Radio France, pour qu’elle soit « déconnectée de la détention d’un téléviseur ».
« Je souhaite qu’un débat soit ouvert sur la contribution à l’audiovisuel public », pour la moderniser et l’adapter aux nouveaux usages numériques, a déclaré la ministre, lors du Festival de la fiction audiovisuelle de La Rochelle. C’est une question « de rendement et d’équité », et elle doit être abordée « sans tabou », a-t-elle souligné.
Selon la ministre, l’objectif est d’adopter cette réforme dans « le projet de loi de finances pour 2020 », qui sera présenté dans un an.
Les acteurs de l’audiovisuel public demandeurs
Elle vise à s’adapter aux changements d’usages des téléspectateurs, dont beaucoup se passent désormais de téléviseur mais consomment des programmes audiovisuels sur d’autres types d’écrans, ordinateurs, tablettes ou téléphones. Une nouvelle forme de consommation des programmes à laquelle s’adapte déjà le service public en développant des programmes à diffusion 100 % numérique.

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La réforme de la redevance avait été lancée pendant le mandat de François Hollande puis abandonnée. « Les usages ont changé, donc c’est un sujet qui va être rouvert et que nous allons étudier attentivement », avait déjà déclaré la ministre en octobre 2017.
Les acteurs de l’audiovisuel public sont eux-mêmes demandeurs d’une modernisation. L’ex-patron de Radio France, Mathieu Gallet, avait ainsi proposé qu’elle soit élargie à tous les foyers fiscaux, mais en réduisant légèrement son montant (139 euros actuellement).
Baisse des budgets
Les médias publics ont dû faire face à une baisse de leur budget. En 2018, les entreprises concernées (France Télévisions, Radio France, Arte, France Médias Monde, l’Institut national de l’audiovisuel – INA – et TV5 Monde) ont perçu 3,9 milliards d’euros, soit 36 millions de moins qu’en 2017 (– 0,9 %).
Si la baisse a été mesurée pour l’INA (– 0,5 million) et TV5 Monde (– 1 million), Radio France a vu sa dotation réduite de 16,3 millions d’euros, un montant conjuguant en fait une hausse des crédits de fonctionnement et une baisse de 25 millions d’euros de la subvention d’investissement.
Quant à France Télévisions, son budget a été réduit de 29,8 millions d’euros, soit environ 1 %. C’est, aux yeux du gouvernement, l’entreprise qui, compte tenu de sa taille, dispose de la plus grande marge de manœuvre en matière de synergies et d’amélioration de la gestion.

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Le revenu universel d’activité, une nouveauté qui interroge

La mesure proposée par Emmanuel Macron pour lutter contre la pauvreté pose de nombreuses questions et laisse sceptiques les acteurs associatifs



LE MONDE
 |    14.09.2018 à 11h57
 • Mis à jour le
14.09.2018 à 14h50
    |

            Raphaëlle Besse Desmoulières et 
Bertrand Bissuel








                        



                                


                            
Un nouvel acronyme va s’ajouter à la liste, déjà bien fournie, des prestations sociales : RUA, pour revenu universel d’activité. Il s’agit d’une des principales mesures du plan de lutte contre la pauvreté dévoilé, jeudi 13 septembre, par Emmanuel Macron. Cette annonce s’inscrit dans la volonté, exprimée par l’exécutif depuis plusieurs mois, de fusionner des allocations de solidarité.
Le but du chef de l’Etat est de « rénover notre système de minima sociaux » décrit comme un « maquis » dont « l’opacité » alimente « le discours lancinant sur les profiteurs » et exclut des personnes alors même qu’elles y ont droit. Le RUA doit donc regrouper « le plus grand nombre de prestations sociales, du RSA aux APL ». Il sera assorti de « droits et devoirs supplémentaires » : les allocataires bénéficieront d’un accompagnement renforcé grâce à la mise en place d’un « service public de l’insertion », dont l’Etat sera « responsable » ; parallèlement, ils seront tenus de s’engager dans un « parcours d’insertion » qui « empêche de refuser plus de deux offres raisonnables d’emploi ou d’activité ».

Ce dispositif n’a pas grand-chose à voir avec le revenu universel promis par Benoît Hamon durant la campagne présidentielle : le candidat socialiste proposait, lui, d’instaurer un revenu accordé à toute personne d’au moins 18 ans, gagnant moins de 1,9 smic par mois, et sans que celle-ci ait à entreprendre la moindre démarche. Du reste, M. Hamon a reproché, jeudi, à M. Macron de « singer » ses idées.
« Aucune intention cachée »
La refonte des minima sociaux sera inscrite dans un projet de loi, en 2020, après concertation « avec tous les acteurs concernés » (collectivités locales, associations…). Elle s’annonce compliquée à mettre en œuvre. Sur le plan « technique », c’est un « chantier colossal », souligne Julien Damon, professeur associé à...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-15"> ¤ L’Amérique technologique domine un monde de « plates-formes », qui bouleversent en profondeur tous les secteurs. La Chine est le seul vrai concurrent des Etats-Unis. L’Europe, elle, est la grande perdante de cette nouvelle donne, explique Philippe Escande, éditorialiste économique au « Monde ».
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« Il faudrait beaucoup de Dassault Systèmes pour faire exister l’Europe dans le numérique »

L’Amérique technologique domine un monde de « plates-formes », qui bouleversent en profondeur tous les secteurs. La Chine est le seul vrai concurrent des Etats-Unis. L’Europe, elle, est la grande perdante de cette nouvelle donne, explique Philippe Escande, éditorialiste économique au « Monde ».



LE MONDE
 |    14.09.2018 à 11h57
    |

            Philippe Escande








                        



                                


                            

Les crises économiques, comme tous les séismes, annoncent, d’un coup, la fin d’un monde et le commencement d’un autre. La crise de 1929 avait symbolisé le basculement dans l’ère fordiste des grandes usines et de la consommation de masse. Celle de 2008 nous a fait pénétrer dans l’âge numérique. La même année où les banques d’affaires américaines Bear Stearns, Lehman Brothers et Merrill Lynch sombraient, Apple inventait le smartphone et ses applications, qui allaient placer, dans toutes les poches, la richesse infinie de l’Internet. Non plus seulement pour s’informer ou se distraire, mais aussi pour se déplacer, acheter, trouver du travail, des amis, un logement. En 2009 était créé Uber et Airbnb, Facebook n’avait que quatre ans d’âge et les Chinois ne connaissaient pas encore WeChat, la messagerie au milliard d’abonnés.
Comme en 1929, la finance y a joué un double rôle. En rendant l’argent facile, elle a permis le développement de ce nouveau secteur à une échelle planétaire, mais elle a aussi masqué les tensions sociales et économiques, en distribuant ses crédits sans retenue. La poussière de cette crise dissipée, une société bien différente émerge. L’Amérique technologique en a profité pour asseoir sa domination sur un monde de « plates-formes », qui bouleversent en profondeur tous les secteurs. Google et Tesla bousculent l’industrie automobile, Amazon détruit le commerce traditionnel, Netflix le monde du cinéma.
L’Europe, la grande perdante
Initiateurs de la crise, les Américains doivent composer avec une opinion réfugiée dans le populisme et qui se méfie des géants de la Silicon Valley. La Chine, elle, est devenue, grâce au numérique, l’égal et le seul vrai concurrent des Etats-Unis. L’Europe est la grande perdante de cette nouvelle donne. Elle ne peut s’enorgueillir que d’une seule plate-forme Internet grand public, Spotify, l’application de musique en ligne suédoise. Deux exceptions émergent, l’allemand SAP et ses logiciels de gestion d’entreprise,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-16"> ¤ Sibyle Veil, PDG du groupe, œuvre à un projet commun à toutes les radios françaises sur le numérique.
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« Radio France ne peut pas être absente de la vidéo »

Sibyle Veil, PDG du groupe, œuvre à un projet commun à toutes les radios françaises sur le numérique.



LE MONDE
 |    14.09.2018 à 11h45
 • Mis à jour le
14.09.2018 à 12h27
    |

            Alexandre Piquard et 
François Bougon








                        



                                


                            

Sibyle Veil a succédé à Mathieu Gallet à la présidence de Radio France, en avril. Elle prône la continuité mais aussi certains changements, dont une nouvelle organisation annoncée jeudi 13 septembre. Pour adapter Radio France au numérique, elle défend à la fois le son et l’acquisition d’un savoir-faire dans la vidéo. Pour la distribution, elle justifie la présence sur les réseaux sociaux mais recherche également une « indépendance » vis-à-vis des grandes plates-formes américaines : elle annonce un projet d’application bâti en collaboration avec toutes les radios françaises.
Votre première rentrée n’est-elle placée que sous le signe de la continuité ?
Notre groupe est leader grâce à nos audiences excellentes et au dynamisme de nos formations musicales. Cela nous permet d’envisager favorablement le nouveau cap de modernisation de l’entreprise. J’ai été nommée sur un programme de transformation de la radio et de ses métiers. J’ai ainsi annoncé jeudi aux représentants des salariés une nouvelle organisation qui, notamment, regroupe tous les services de production de Radio France au sein d’une seule direction du numérique et de la production du média global. Je lance ce chantier parce que j’ai la conviction que la radio est un média d’avenir : agile, en interaction avec le public et accessible en mobilité. Dans un monde où la commande vocale se généralise sur les appareils numériques, nous sommes les mieux placés.
Commentcette direction va-t-elle travailler ?
La modernisation engagée vise à permettre à toutes les chaînes de produire en tant que média global, à la fois du son, de la vidéo et du texte. L’objectif est de pouvoir décliner un seul programme sous différents formats, en l’adaptant à toutes les plates-formes et à tous les publics. C’est notre mission de service public. Les usages se transforment. Les podcasts, qui permettent de choisir le moment où l’on écoute son programme, ont constitué...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-17"> ¤ Avec son dernier événement, « Nintendo Direct », le constructeur japonais a levé le voile sur des prochains jeux d’importance pour sa console phare, écoulée à près de 20 millions d’exemplaires.
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« Animal Crossing », « Final Fantasy », « Town »… Ce qu’il faut retenir des annonces de Nintendo pour la Switch

Avec son dernier événement, « Nintendo Direct », le constructeur japonais a levé le voile sur des prochains jeux d’importance pour sa console phare, écoulée à près de 20 millions d’exemplaires.



LE MONDE
 |    14.09.2018 à 11h11
 • Mis à jour le
14.09.2018 à 14h02
   





                        


S’il fallait une preuve de l’importance déclinante du Salon du jeu vidéo de l’E3, qui se déroule chaque mois de juin à Los Angeles, Nintendo en a donné une spectaculaire illustration lors de son dernier « Nintendo Direct », une vidéo mise en ligne dans la nuit du 13 au 14 septembre.
Durant trente-cinq minutes, le constructeur japonais a multiplié les annonces de nouveaux projets, et non des moindres. La firme de Kyoto a ainsi levé le voile sur Town, un jeu de rôle dont la sortie est prévue pour 2019 sur Switch (la console phare de Nintendo, qui flirte désormais avec les 20 millions de machines écoulées).
L’action de Town se déroulera dans un village victime d’un sortilège. Pour progresser, le joueur devra notamment utiliser les pouvoirs des différents villageois. Si le concept évoque sensiblement celui des Pokémon, ce n’est pas un hasard : il s’agit de la nouvelle série de son studio créateur, GameFreak. Un événement en soi, la société à l’origine de Pikachu n’ayant plus lancé de jeu de rôle original depuis 1996.

La seconde grande annonce a concerné le retour massif de la série Final Fantasy sur Switch. Pas moins de huit épisodes majeurs ou hors-série de la célèbre saga de jeux de rôle ont été cités, dont Final Fantasy XV Pocket Edition, World of Final Fantasy, Final Fantasy Crystal Chronicles, et surtout les classiques Final Fantasy VII, IX, X et XII.
Une annonce hautement symbolique : le développement de Final Fantasy VII, un des plus grands succès de la PlayStation, avait débuté sur Super Nintendo puis Nintendo 64 avant que son éditeur, Square, ne décide de changer de camp pour profiter du support CD de PlayStation, et de royalties moins élevées. La plupart de ces titres sont déjà disponibles sur les plates-formes concurrentes.

Parmi les multiples annonces pour Switch, Nintendo a également officialisé le retour de plusieurs de ses franchises les plus populaires, à commencer par la parodie de jeu d’horreur Luigi’s Mansion, pour son troisième opus, et surtout la simulation de vie communautaire Animal Crossing, dont les versions DS et 3DS ont dépassé les 11 millions de ventes.

Le catalogue de la Switch s’enrichira par ailleurs cet automne de deux jeux de gestion « typés P » : la simulation de gestion urbaine Cities : Skylines et surtout le jeu de stratégie historique Civilization VI. Une des grandes questions sera de savoir comment tourneront ces titres, particulièrement gourmands en ressources, sur une console à la puissance restreinte.

Côté services connectés pour la Switch, Nintendo a dévoilé ses plans pour son service de jeu en ligne en abonnement. Comme prévu, il permettra d’affronter ou collaborer avec d’autres joueurs, de sauvegarder ses parties sur des serveurs distants, ainsi que de redécouvrir à volonté le catalogue de la NES, sa console des années 1980, à raison de vingt jeux au lancement et de cinq nouveaux par mois. Cette annonce explique également les pressions reçues cet été par les sites de téléchargements de vieux jeux rétro pour qu’ils retirent de leurs serveurs les fichiers des anciens titres NES.

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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-18"> ¤ Dans cette chronique, la sociologue Dominique Méda démontre combien il est impératif de continuer à mettre un maximum de « pognon » à destination des chômeurs et des allocataires du RSA, toujours dans le viseur du gouvernement.
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Mais « qui est ce “on” qui semblerait ne pas préférer systématiquement le travail » ?

Dans cette chronique, la sociologue Dominique Méda démontre combien il est impératif de continuer à mettre un maximum de « pognon » à destination des chômeurs et des allocataires du RSA, toujours dans le viseur du gouvernement.



LE MONDE
 |    14.09.2018 à 11h00
    |

Dominique Méda (Professeure de sociologie et directrice de l’Institut de recherche interdisciplinaire en sciences sociales (Irisso) de l’université...







                        



                                


                            
Entreprises. « Il faut faire en sorte qu’à tout moment le travail paie et que l’on fasse toujours le choix du travail », a déclaré le premier ministre le 26 août. Qui est donc ce « on » qui semblerait ne pas préférer systématiquement le travail ? Les cadres à hauts revenus, qui devraient reprendre au plus vite un emploi, a suggéré le député LRM Aurélien Taché.

Mais ce sont surtout les chômeurs et allocataires du RSA qui sont dans le viseur d’un gouvernement qui continue à croire fermement que nos concitoyens devraient être « incités » à retrouver un emploi, comme si le chômage était volontaire et résultait principalement d’une inappétence vis-à-vis du travail ou d’un savant calcul aboutissant à la décision rationnelle de ne pas travailler.

On croyait pourtant (on, c’est-à-dire nous, les chercheurs) que l’on en avait fini avec ce genre de raisonnement, notamment depuis l’échec du RSA. Souvenons-nous : celui-ci était censé rompre radicalement avec son prédécesseur, le RMI – critiqué (depuis longtemps) pour sa prétendue capacité à « désinciter » les allocataires à reprendre un emploi. Des expérimentations avaient été lancées à grands frais en 2007 pour évaluer les vertus incitatives du nouveau dispositif, qui s’inscrivait pleinement (déjà !) dans le paradigme de la revalorisation du travail et du « travailler plus pour gagner plus ».
Temps perdu
Alors même que l’évaluation était entachée de sérieux biais et que toutes les conditions de validité n’étaient pas réunies, le principal résultat avait pourtant été la quasi-inexistence d’un impact du « traitement » (c’est-à-dire de l’application du dispositif expérimenté) sur le taux d’entrée en emploi.
en 2016, le RSA-activité, « fort » d’un taux de non-recours de 70 %, était supprimé et remplacé par la prime d’activité
Lors des débats parlementaires, ce résultat avait été largement enjolivé pour emporter l’adhésion des parlementaires. Mais en 2016,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-19"> ¤ La Commission entend renforcer le rôle de l’Autorité bancaire européenne.
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La Commission européenne veut doter la lutte contre le blanchiment de nouveaux moyens

La Commission entend renforcer le rôle de l’Autorité bancaire européenne.



LE MONDE
 |    14.09.2018 à 10h55
    |

            Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, Bureau européen)








                        



                                


                            

L’Union européenne (UE) a peut-être les règles « les plus sévères au monde » en matière de blanchiment, mais elle n’a manifestement pas les garanties qu’elles sont respectées, comme l’ont montré des affaires récentes, dont celle d’ING, aux Pays-Bas. La grande banque néerlandaise a négocié avec la justice des Pays-Bas, une transaction à hauteur de 775 millions d’euros. En Estonie, la filiale estonienne de la Dansk Bank, premier établissement danois, a, elle, été mise en cause pour le blanchiment de 30 milliards de dollars (26 milliards d’euros) d’argent russe de provenance douteuse.
L’UE, estime la Commission de Bruxelles, devrait donc se doter d’outils supplémentaires pour renforcer le contrôle sur les institutions financières, avec une attention particulière pour l’argent transféré vers des mouvements terroristes. « Il convient de combler les failles et de renforcer la supervision », admet Vera Jourova, commissaire à la justice. « Traquer l’argent sale est le meilleur moyen de mettre au jour des menaces terroristes », appuie son collègue Julian King, chargé de la sécurité, qui entend s’inspirer, indique-t-il, des méthodes américaines, manifestement plus efficaces que celles mises en œuvre dans l’Union. Car, s’il est en forte diminution, le financement du terrorisme reste une réelle préoccupation, affirme le commissaire britannique.
Renforcer la surveillance sur les contrôleurs nationaux

Certains pays membres – que Bruxelles refuse de désigner – n’ont pas mis en place les instruments de contrôle suffisants. Seront-ils, dès lors, plus sensibles à ces appels qu’aux précédents ? Bruxelles espère les convaincre qu’ils risquent non seulement de détériorer l’image du secteur financier européen, mais aussi de menacer la stabilité de certaines banques.
La Commission entend, en tout cas, renforcer le rôle de l’Autorité bancaire européenne (ABE), créée en 2010 pour améliorer la supervision du secteur financier....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-20"> ¤ Nommé voici neuf mois, Eric Schulz part sur fond de baisse des commandes.
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Airbus perd son tout nouveau directeur commercial

Nommé voici neuf mois, Eric Schulz part sur fond de baisse des commandes.



LE MONDE
 |    14.09.2018 à 10h51
    |

            Guy Dutheil








                        



                                


                            

La déjà longue liste des départs de dirigeants continue de s’allonger chez Airbus. Après ceux de l’ex-numéro deux, Fabrice Brégier, du directeur commercial John Leahy et celui à venir du directeur financier Harald Wilhelm, c’est le tout nouveau responsable commercial d’Airbus, Eric Schulz qui a décidé, jeudi 13 septembre, de quitter brutalement ses fonctions. Neuf mois seulement après avoir été débauché de Rolls-Royce pour succéder à John Leahy, l’historique patron des ventes d’Airbus.
Officiellement, M. Schulz a choisi de partir pour « des motifs personnels », a fait savoir l’avionneur européen dans un communiqué. En interne, et sous couvert d’anonymat, des cadres pointent du doigt les mauvais résultats enregistrés par le transfuge de chez Rolls-Royce. Le nombre des commandes n’est pas, loin de là, à la hauteur des espoirs d’Airbus. Depuis le début de l’année, l’avionneur européen est largement distancé par Boeing. Seulement 219 commandes pour Airbus contre 581 pour son rival américain. Avec cette mauvaise passe, Airbus pourrait, pour la première fois depuis de nombreuses années, ne pas atteindre son objectif d’un nombre de commandes équivalent à celui des livraisons. Pour expliquer ces méventes, Airbus peut difficilement en faire porter la responsabilité sur les seuls retards dus à ses fournisseurs. En effet, Boeing est lui aussi accablé par les mêmes maux sans pour autant que son carnet de commandes en soit affecté.
Véritable trou d’air
Le brutal départ d’Eric Schulz confirme que « les greffes de cadres dirigeants venus de l’extérieur ont beaucoup de mal à prendre chez Airbus », pointe un cadre dirigeant. Surtout, l’ex de chez Rolls-Royce a été recruté, il y a moins d’un an, alors qu’Airbus doit faire face à un véritable trou d’air. En effet, l’avionneur européen est sous le coup de plusieurs enquêtes anticorruption. En outre, Eric Schulz pourrait aussi avoir été victime « de sa forte personnalité » et de la guerre...




                        

                        

