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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤ Pour l’historienne Emmanuelle Loyer, ces endroits sont les instruments d’une « passion continuée » des Français pour la littérature, au même titre que les prix et les rentrées littéraires.
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Les maisons d’écrivains, lieux de culte national

Pour l’historienne Emmanuelle Loyer, ces endroits sont les instruments d’une « passion continuée » des Français pour la littérature, au même titre que les prix et les rentrées littéraires.



LE MONDE
 |    14.09.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
14.09.2018 à 14h38
    |

                            Emmanuelle Loyer (Historienne)








                        



                                


                            
Résonances : chaque semaine, une chercheuse ou un chercheur réagit à un fait d’actualité ou simplement à l’air du temps.
Le grand chambardement du retour au travail et au chemin de l’école s’accompagne en France d’un curieux prolongement, qu’on ­appelle la rentrée littéraire. Soudain, en septembre, s’abattent sur nous des centaines de livres, fictions et essais, tous merveilleux ; on ne parle plus que de cela à la radio, à la télévision, dans les journaux – spirale expansionniste qui trouvera son acmé en novembre, avec la distribution des prix.
Et cet immuable phénomène a vu le jour il y a plus d’un siècle, avec la création du Goncourt en 1903. La France est un drôle de pays ! Le Français croit à ses grands écrivains, qu’il en eut et qu’il en aura. On le lui a appris : l’école, les classiques, le bon goût. Comment parler des livres qu’on n’a pas lus ? (Les Editions de Minuit, 2007). Cet ouvrage de Pierre Bayard eut un succès suspect.
Où, ailleurs qu’en France, le gouvernement se croirait-il obligé de communiquer sur l’amour de la littérature et la passion de lire ? Il est vrai que le politique français s’est souvent construit sur le deuil de la littérature : de Gaulle, Pompidou, Mitterrand ont manié une plume qui leur ressemblait ; après un épisode de décrue ­littéraire, Emmanuel Macron a renoué récemment avec ce mythe national en rendant ses dévotions à la littérature, matrice d’une compréhension roma­nesque d’un destin personnel et collectif (entretien à La NRF, n° 630, mai 2018).
Etonnement des étrangers
Faut-il se réjouir de ce rituel qui étonne tant les étrangers ? Atteste-t-il de ce lien magique avec les lettres que nourrirait notre beau pays ? Repoussons, pour ­l’instant, la triste rentrée et retournons un instant vers les défuntes vacances, les cieux pommelés, les petites routes de l’Hexagone et les maisons d’écrivains – plus d’une centaine en France aujourd’hui – que l’on découvre, sises dans...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤ Selon l’économiste Jézabel Couppey-Soubeyran, dans une tribune au « Monde », nous ne sommes pas plus capables qu’il y a dix ans de parer une faillite bancaire. Sous la pression des lobbies, les réformes ne sont pas allées jusqu’au bout de leur logique.
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Dix ans après Lehman Brothers: « N’abandonnons pas la (dé)régulation du secteur financier au lobby bancaire »

Selon l’économiste Jézabel Couppey-Soubeyran, dans une tribune au « Monde », nous ne sommes pas plus capables qu’il y a dix ans de parer une faillite bancaire. Sous la pression des lobbies, les réformes ne sont pas allées jusqu’au bout de leur logique.



LE MONDE
 |    14.09.2018 à 14h00
    |

Jézabel Couppey-Soubeyran (Economiste au Centre d’économie de la Sorbonne)







                        



                                


                            
Tribune. Les crises ont le mérite de faire accepter la nécessité du changement, et ouvrent ainsi une fenêtre d’opportunité pour conduire des réformes. Après celle de 2007-2008, ces réformes ont visé à rendre les banques plus solides, à responsabiliser les créanciers, à renforcer les pouvoirs des autorités de surveillance, à réorganiser les marchés – en particulier, ceux de produits dérivés. On pouvait alors espérer une transformation du système financier, purgé de ses excès.
Sans sous-estimer les avancées qui ont eu lieu, le constat qui s’impose est plutôt que le système n’a pas véritablement changé et que nous ne sommes guère mieux parés qu’il y a dix ans au cas où une crise éclaterait. Peut-être même le sommes-nous moins.

Car, si d’un côté, des mesures ont été prises pour renforcer, un peu, la capacité des banques à essuyer des pertes, de l’autre, les marges de manœuvre des Etats et des banques centrales pour y faire face se sont amoindries, les conséquences de la crise ayant dégradé les finances publiques et les bilans des banques centrales étant gonflés de toutes les liquidités émises pour soutenir les banques et les marchés de titres.
Discours autoréalisateur
Est-ce à dire qu’il n’est pas possible de réguler la finance, que le système est devenu trop complexe, que les nouvelles réglementations mises en place ne servent à rien, voire pire, qu’en bridant inutilement le secteur bancaire et financier elles paralysent l’investissement et freinent la croissance ?
les banques les mieux capitalisées sont celles qui ont le moins rationné le crédit pendant la crise
Non, ce discours-là est celui, pernicieux, du lobby bancaire, celui, malheureusement, que nos gouvernants entendent. Pernicieux car, pour peu qu’il parvienne à se diffuser, ce discours est autoréalisateur, c’est-à-dire qu’il organise l’inanité de la régulation qu’il a ensuite beau jeu de déplorer. Et il a de fait entravé ou réduit la portée des réformes.
Pourquoi...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤ Dans une tribune au « Monde », Francis Marion, médecin généraliste, estime que l’augmentation des arrêts prescrits témoigne d’une moindre attention portée par les entreprises aux effets du travail et de son organisation sur la santé des salariés.
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« La fréquence des arrêts de travail dans une entreprise est un marqueur du climat social interne »

Dans une tribune au « Monde », Francis Marion, médecin généraliste, estime que l’augmentation des arrêts prescrits témoigne d’une moindre attention portée par les entreprises aux effets du travail et de son organisation sur la santé des salariés.



LE MONDE
 |    14.09.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
14.09.2018 à 14h26
    |

Francis Marion (Médecin généraliste à Grenoble)







                        



                                


                            
Tribune. La suggestion de la ministre des solidarités et de la santé, Agnès Buzyn, de faire payer une partie des arrêts de travail par les employeurs semble avoir fait long feu « afin de ne pas brouiller l’image d’un gouvernement pro-business », selon sa collègue du ministère du travail, Muriel Pénicaud. Au-delà des économies recherchées, c’était pourtant lancer un questionnement fort pertinent : les salariés et les médecins sont-ils les seuls responsables de l’inflation des arrêts de travail ?
L’exercice ordinaire de la médecine générale oblige plus souvent les médecins à essayer de convaincre leurs patients d’accepter un arrêt de travail que de résister aux demandes abusives
La prescription d’un arrêt de travail est un acte médical au même titre qu’une ordonnance médicamenteuse ou thérapeutique. Il s’agit d’un moyen mis à disposition des praticiens visant à soigner, soulager et prévenir.
Soigner, lorsque le repos physique ou psychologique est nécessaire pour cicatriser ou récupérer. Soulager, quand c’est le seul paramètre accessible pour diminuer temporairement la charge somatique ou mentale et permettre de tenir. Prévenir, parce qu’il est intelligent d’anticiper l’accident attendu, l’aggravation prévisible ou l’épuisement annoncé.
L’exercice ordinaire de la médecine générale oblige plus souvent les médecins à essayer de convaincre leurs patients d’accepter un arrêt de travail que de résister aux demandes abusives. Si les arrêts de complaisance ou les faux malades existent sans doute, leur petit nombre ne saurait masquer la réalité massive d’un non-recours, ou d’un recours trop tardif, à l’arrêt pour les pathologies, les troubles et les souffrances liés au travail lui-même.
L’intolérance sociale pour « ceux qui craquent » ne cesse de s’accentuer dans la société contemporaine. La culpabilité pour soi-même, pour la fonction professionnelle qu’on occupe ou vis-à-vis des collègues de travail, a souvent pour conséquence...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤ Christophe Robert, délégué général de la Fondation Abbé Pierre et Eric Constantin, directeur de la Fondation Abbé Pierre Ile-de-France, dans une tribune au « Monde », appellent Julien Denormandie, secrétaire d’Etat à la cohésion des territoires, à sanctionner plus efficacement les marchands de sommeil.
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« Pour une offensive en matière de lutte contre l’habitat indigne »

Christophe Robert, délégué général de la Fondation Abbé Pierre et Eric Constantin, directeur de la Fondation Abbé Pierre Ile-de-France, dans une tribune au « Monde », appellent Julien Denormandie, secrétaire d’Etat à la cohésion des territoires, à sanctionner plus efficacement les marchands de sommeil.



LE MONDE
 |    14.09.2018 à 13h58
 • Mis à jour le
14.09.2018 à 15h39
    |

Eric Constantin (Directeur de la Fondation Abbé Pierre Ile-de-France)







                        



                                


                            

Tribune. Le drame de l’incendie de l’immeuble d’Aubervilliers, le 19 août, est venu nous rappeler, s’il le fallait encore, que le mal-logement fait courir de graves risques, parfois mortels, pour la sécurité et la santé des occupants.
Depuis cet événement, vous avez, Monsieur le secrétaire d’Etat, rappelé la priorité qui est la vôtre et celle du gouvernement de lutter contre les marchands de sommeils, notamment à travers le renforcement de l’usage de la confiscation des biens immobiliers utilisés par ces derniers, renforcement prévu dans le projet de loi ELAN (évolution du logement, de l’aménagement et du numérique).
Même si la confiscation est déjà prévue dans les textes mais assez peu prononcée, il est évidemment nécessaire de sanctionner plus efficacement ces professionnels de la gestion lucrative de taudis qui organisent trop souvent leur insolvabilité quand ils sont condamnés, ou qui se cachent derrière des montages complexes pour éviter la confiscation.
Taper plus fortement aux portefeuilles
Au-delà du maillon scandaleux des marchands de sommeil, c’est bien toute la chaîne de traitement du parc indigne qui est aujourd’hui à considérer. Si le confort sanitaire des logements s’est largement amélioré ces vingt dernières années, les mauvaises conditions d’habitation persistent avec l’existence d’un « sous-marché » dégradé que le manque de logements sociaux accessibles aux ménages à faibles revenus, l’explosion des loyers dans le parc privé décent ou l’augmentation des expulsions locatives alimentent en permanence.
A côté des formes traditionnelles de l’habitat privé ancien dégradé dans les centres urbains et de l’habitat isolé vétuste des zones rurales, des phénomènes plus récents ont émergé et se sont amplifiés : la dégradation impressionnante de très nombreuses copropriétés issues de l’urbanisation des « trente glorieuses » ; la division pavillonnaire, illustration récente de la pénurie de logement...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤ Les efforts de médiation, plombés par la rivalité entre Rome et Paris, peinent à arracher le pays à un conflit aux effets délétères sur l’ensemble de la région sahélo-saharienne.
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Analyse

En Libye, les espoirs de paix minés par les rentiers du chaos et les guéguerres diplomatiques

Les efforts de médiation, plombés par la rivalité entre Rome et Paris, peinent à arracher le pays à un conflit aux effets délétères sur l’ensemble de la région sahélo-saharienne.

Frédéric Bobin (Tunis, correspondant)
    



LE MONDE
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        Le 14.09.2018 à 11h49

     •
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        Mis à jour le 14.09.2018 à 14h58






                        

Crédits : MAHMUD TURKIA / AFP


                    

Analyse. Triste rentrée libyenne. En quelques jours, les portes qui s’étaient entrouvertes, fragiles espoirs de désamorcer cet abcès géopolitique sur les marches méridionales de l’Europe, se sont brutalement refermées. Quelle fatalité enchaîne donc les Libyens à cette crise qui n’en finit plus, sept ans après le renversement de l’implacable régime de Mouammar Kadhafi ?
Il y a encore quelques mois, on pouvait recenser quelques acquis, éventuels marchepied vers une solution. La capitale, Tripoli, avait retrouvé une stabilité apparente. L’organisation Etat islamique (EI) peinait à renaître des décombres de son ancien sanctuaire de Syrte, écrasé à la fin de 2016. Les acteurs de la crise libyenne s’étaient retrouvés à la fin de mai à Paris, fait exceptionnel. Ils s’étaient entendus sur l’objectif de la tenue d’élections législatives et présidentielle avant la fin de l’année.

Dans cette perspective, Ghassan Salamé, le chef de la Mission des Nations unies pour la Libye, avait lancé une « conférence nationale », nourrie de consultations sans précédent au tréfonds des municipalités. Chacun savait que la rémission était encore lointaine, que ces menus gains diplomatiques étaient précaires, que l’adversité ne manquerait pas de resurgir. Mais au moins une voie s’esquissait.
Revers sécuritaire et juridique
Or le scénario vient d’essuyer une salve de cruelles déconvenues en l’espace d’à peine deux semaines. Dans la capitale, les combats entre milices – pourtant formellement loyales au gouvernement d’« accord national » de Faïez Al-Sarraj – ont repris à la fin d’août. Lundi 10 septembre, l’EI a lancé au cœur de Tripoli une attaque contre le siège de la compagnie nationale pétrolière, la NOC ; assaut qui confirme son réveil militaire sur le théâtre libyen. Au même moment, le Parlement siégeant à Tobrouk étalait son incapacité à organiser l’adoption d’une nouvelle Constitution, préalable souhaité sinon nécessaire à la...



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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤ Editorial. Macron parachève le « devoir de vérité » que la République a eu tant de mal à assumer.
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Torture en Algérie : la responsabilité de l’Etat dans la mort de Maurice Audin, une salutaire vérité

Editorial. Macron parachève le « devoir de vérité » que la République a eu tant de mal à assumer.



LE MONDE
 |    14.09.2018 à 11h00
 • Mis à jour le
14.09.2018 à 12h43
   





                        



   


Editorial du « Monde ». Pour les hommes comme pour les Etats, la vérité fait mal. Plus encore quand, honteuse et douloureuse, elle a été trop longtemps occultée ou refoulée. Pour les Etats comme pour les hommes, le travail de mémoire et la vérité qui en résulte sont pourtant les remèdes nécessaires aux traumatismes du passé.
Il convient donc de saluer la déclaration faite par le président de la République, jeudi 13 septembre, à propos de Maurice Audin, ce jeune professeur de mathématiques à l’université d’Alger, militant communiste et anticolonialiste, arrêté le 11 juin 1957 par des militaires français et disparu sans que les circonstances de sa mort aient jamais été officiellement établies de façon crédible et sans que son corps ait été retrouvé.

        Lire aussi :
         

                Torture en Algérie : le geste historique d’Emmanuel Macron



Soigneusement pesés, les mots d’Emmanuel Macron sont forts : il reconnaît que Maurice Audin « a été torturé puis exécuté ou torturé à mort par des militaires qui l’avaient arrêté ». Et il ajoute :
« Sa disparition a été rendue possible par un système dont les gouvernements successifs ont permis le développement, le système appelé arrestation-détention à l’époque, qui autorise les forces de l’ordre à arrêter, détenir et interroger tout “suspect” dans l’objectif d’une lutte plus efficace contre l’adversaire. Ce système s’est institué sur un fondement légal : les pouvoirs spéciaux », votés par le Parlement en 1956. « Ce système a été le terreau malheureux d’actes parfois terribles, dont la torture, que l’affaire Audin a mis en lumière. » 
Cette reconnaissance n’effacera pas la part d’irréparable que comporte la « tragédie algérienne » – le mot est de Raymond Aron, dès 1957. Mais elle parachève le « devoir de vérité » que la République française a eu tant de mal à assumer. Ainsi, il avait fallu attendre 1999 pour que l’Assemblée nationale reconnaisse que les combats qui firent, de 1954 à 1962, plusieurs centaines de milliers de morts en Algérie furent bien une « guerre » et non de simples opérations de maintien de l’ordre contre des rebelles. Il avait fallu attendre 2007 pour qu’un président français, Nicolas Sarkozy, déplore, à Alger, la « profonde injustice » de la colonisation. En 2012, enfin, François Hollande condamnait, devant les députés algériens, « le système de la colonisation » et « la violence, les injustices, les massacres » – ainsi que la « torture » – qu’il avait engendrés.

        Lire aussi :
         

                Mort de Maurice Audin : « Cette déclaration laissera une trace ineffaçable », selon Benjamin Stora



Un pas déterminant
Conformément aux réalités dénoncées, dès l’époque de la guerre d’Algérie, par des journaux comme France observateur, L’Express ou Le Monde, et en s’appuyant sur les travaux menés par les historiens depuis des décennies, Emmanuel Macron a franchi un pas déterminant. Il a eu raison. Comme il a eu raison de saluer « l’honneur de tous les Français qui, civils ou militaires, ont désapprouvé la torture, ne s’y sont pas livrés ou s’y sont soustraits ». Comme, enfin, il a eu raison d’ouvrir « à la libre consultation tous les fonds d’archives de l’Etat qui concernent ce sujet » afin que les historiens puissent approfondir leur travail salutaire.
Récusons par avance les accusations de coupable « repentance » qui pourraient être adressées au président de la République par tous ceux qui préfèrent le déni à la vérité sur les pages sombres de l’histoire nationale. Concernant la guerre d’Algérie, les reconnaître et les assumer lucidement est la seule façon de réconcilier les mémoires des deux côtés de la Méditerranée et d’inviter les Algériens eux-mêmes à s’engager dans une démarche similaire.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤ Dans cette chronique, la sociologue Dominique Méda démontre combien il est impératif de continuer à mettre un maximum de « pognon » à destination des chômeurs et des allocataires du RSA, toujours dans le viseur du gouvernement.
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Mais « qui est ce “on” qui semblerait ne pas préférer systématiquement le travail » ?

Dans cette chronique, la sociologue Dominique Méda démontre combien il est impératif de continuer à mettre un maximum de « pognon » à destination des chômeurs et des allocataires du RSA, toujours dans le viseur du gouvernement.



LE MONDE
 |    14.09.2018 à 11h00
    |

Dominique Méda (Professeure de sociologie et directrice de l’Institut de recherche interdisciplinaire en sciences sociales (Irisso) de l’université...







                        



                                


                            
Entreprises. « Il faut faire en sorte qu’à tout moment le travail paie et que l’on fasse toujours le choix du travail », a déclaré le premier ministre le 26 août. Qui est donc ce « on » qui semblerait ne pas préférer systématiquement le travail ? Les cadres à hauts revenus, qui devraient reprendre au plus vite un emploi, a suggéré le député LRM Aurélien Taché.

Mais ce sont surtout les chômeurs et allocataires du RSA qui sont dans le viseur d’un gouvernement qui continue à croire fermement que nos concitoyens devraient être « incités » à retrouver un emploi, comme si le chômage était volontaire et résultait principalement d’une inappétence vis-à-vis du travail ou d’un savant calcul aboutissant à la décision rationnelle de ne pas travailler.

On croyait pourtant (on, c’est-à-dire nous, les chercheurs) que l’on en avait fini avec ce genre de raisonnement, notamment depuis l’échec du RSA. Souvenons-nous : celui-ci était censé rompre radicalement avec son prédécesseur, le RMI – critiqué (depuis longtemps) pour sa prétendue capacité à « désinciter » les allocataires à reprendre un emploi. Des expérimentations avaient été lancées à grands frais en 2007 pour évaluer les vertus incitatives du nouveau dispositif, qui s’inscrivait pleinement (déjà !) dans le paradigme de la revalorisation du travail et du « travailler plus pour gagner plus ».
Temps perdu
Alors même que l’évaluation était entachée de sérieux biais et que toutes les conditions de validité n’étaient pas réunies, le principal résultat avait pourtant été la quasi-inexistence d’un impact du « traitement » (c’est-à-dire de l’application du dispositif expérimenté) sur le taux d’entrée en emploi.
en 2016, le RSA-activité, « fort » d’un taux de non-recours de 70 %, était supprimé et remplacé par la prime d’activité
Lors des débats parlementaires, ce résultat avait été largement enjolivé pour emporter l’adhésion des parlementaires. Mais en 2016,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤ Depuis l’élection de Jeremy Corbyn, militant pro-palestinien,  à la tête du Parti travailliste, en 2015, ce dernier fait l’objet  de vives critiques. Justifiées, pour l’historien David Feldman.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤                     
                                                   
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« Le Labour a un réel problème d’antisémitisme »

Depuis l’élection de Jeremy Corbyn, militant pro-palestinien,  à la tête du Parti travailliste, en 2015, ce dernier fait l’objet  de vives critiques. Justifiées, pour l’historien David Feldman.



LE MONDE
 |    14.09.2018 à 09h00
 • Mis à jour le
14.09.2018 à 09h56
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            Philippe Bernard (Londres, correspondant)








                        



                                


                            
David Feldman est historien, di­recteur de l’Institut pour l’étude de l’antisémitisme à Birkbeck University London. Il revient aux racines des dérapages antisémites qui émaillent le discours du Parti travailliste.
Le Labour est confronté à des ­accusations d’antisémitisme depuis trois ans, ­autrement dit depuis l’élection à sa tête de Jeremy Corbyn, militant propalestinien de longue date. S’agit-il de manœuvres pour le renverser ou d’un problème réel grave pour la gauche ­britannique ?
Je poserais la question différemment : le ­Labour a un réel problème d’antisémitisme. Les déclarations antisémites de certains membres sont largement documentées et le parti a eu du mal à reconnaître cette réalité et à la traiter. En même temps, il est exact que ­Jeremy Corbyn a des opposants à l’intérieur du Labour et des ennemis à l’extérieur. A ­l’évidence, ces problèmes d’antisémitisme donnent aux uns et aux autres des arguments pour l’attaquer. Mais le fait que ces ­dérapages sont utilisés ­contre lui ne signifie pas qu’ils n’existent pas.
Diriez-vous que Jeremy Corbyn a laissé l’antisémitisme proliférer au Labour ?
M. Corbyn est face à un dilemme politique car certains propos antisémites sont tenus par des gens qui sont ses amis ou ses supporteurs. L’exemple le plus clair est le discours de Peter Willsman, ce proche du leader qui a déclaré lors d’une réunion de la direction du Labour [comme en atteste un enregistrement rendu public le 30 juillet] que les accusations d’antisémitisme étaient le fait de « fanatiques de Trump » au sein de la communauté juive.
Corbyn avait soutenu son élection à la direction du parti, et il n’a pas dit un mot en entendant cela. Plus généralement, la question ­israélo-palestinienne suscite de vifs débats dans lesquels l’opposition à Israël s’exprime parfois de manière antisémite. Cela crée un autre dilemme pour M. Corbyn, qui est lui-même très proche de la cause palestinienne.





                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤ Aux Etats-Unis, le « caffe latte » est devenu un véritable marqueur sociologique et idéologique des classes supérieures de quartiers urbains.
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Les « latte liberals », ces progressistes américains qui boivent du café crème

Aux Etats-Unis, le « caffe latte » est devenu un véritable marqueur sociologique et idéologique des classes supérieures de quartiers urbains.



LE MONDE
 |    14.09.2018 à 06h44
    |

                            Anne Dujin








                        



                                


                            

S’il avait pu observer ce phénomène, nul doute que le sémiologue ­Roland Barthes lui aurait consacré quelques pages de ses Mythologies (Seuil, 1957). La consommation de caffe latte par les Américains serait devenue, plus qu’une habitude, un véritable marqueur sociologique et idéologique.
C’est du moins ce que présuppose l’expression de « latte ­liberal », désignant littéralement les « progressistes buveurs de cafés crème », qui connaît depuis plus de vingt ans une fortune certaine dans le débat public américain. Intérêt relancé cet été par la publication d’un article par deux chercheurs de l’université de Pennsylvanie intitulé « La vraie raison pour laquelle les progressistes boivent des cafés crème ».
Péjorative, comme l’est généralement l’emploi du terme de « bobo » en France, la qualification de latte liberal vise les classes supérieures de quartiers urbains, qui, selon les conservateurs qui usent volontiers de l’expression, concilient l’idéologie progressiste avec un mode de vie distinctif, incluant la fréquentation assidue des coffee shops.
Dans l’imaginaire collectif américain, le latte liberal gagne très bien sa vie, se déplace à vélo, fait ses courses dans les épiceries bio. Le plus souvent blanc, il n’en est pas moins très sensible au sort des minorités, qu’elles soient ethniques ou de genre. Il s’inquiète du sort des plus pauvres, tout en ignorant tout de leurs conditions d’existence. Et sa boisson favorite, un expresso complété de mousse de lait à 5 dollars (4,28 euros), suffit à l’inscrire dans un autre monde que celui de l’« Américain moyen », qui boit son café filtre dans un mug, la fameuse « cup of Joe ».
Ségrégation territoriale
L’association du café crème aux classes supé­rieures votant à gauche date des années 1990. Loin d’être anecdotique, elle a suscité un intérêt médiatique et académique réel. Empruntant l’expression au journaliste américain Alan...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤ C’est parce que la Chine refuse désormais d’accueillir les déchets plastique des autres pays que gouvernements et entreprises occidentales prennent enfin des mesures drastiques, explique la consultante Elisabeth Laville dans une tribune au « Monde ».
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Sus au plastique ! Les dessous d’une « décision vertueuse »…

C’est parce que la Chine refuse désormais d’accueillir les déchets plastique des autres pays que gouvernements et entreprises occidentales prennent enfin des mesures drastiques, explique la consultante Elisabeth Laville dans une tribune au « Monde ».



LE MONDE
 |    14.09.2018 à 06h41
 • Mis à jour le
14.09.2018 à 09h43
    |

Elisabeth Laville (Fondatrice du cabinet de conseil en développement durable Utopies et porte-parole de B Corp en France)







                        



                                


                            
Tribune. Sortir la fourchette en plastique de son emballage flexible, arracher la pochette transparente de son sandwich, verser le soda de la bouteille plastique dans un gobelet… Cette scène classique de déjeuner sur l’herbe, on l’a désormais compris, n’a rien d’un cadeau pour la planète ! Le monde semble engagé dans une « plastic detox » qui pourrait changer nos habitudes.
L’entrée en vigueur en 2020 de la loi interdisant les objets plastique à usage unique n’est pas passée inaperçue. Les élus du Conseil de Paris ont voté l’interdiction progressive, à compter de septembre, des pailles en plastique dans les équipements municipaux. Les entreprises multiplient les annonces, comme Michel-Edouard Leclerc, déjà en pointe dans la suppression des sacs plastique à la caisse il y a vingt ans.

Bien après le pionnier Biocoop, ce sont désormais des entreprises comme Carrefour, Starbucks ou Coca-Cola qui se sont lancées récemment dans des plans d’action radicaux autour d’objectifs « 100 % économie circulaire », ayant intérêt à passer le plus rapidement possible de « pollueurs » à « vertueux », dans ce jeu d’image et de business.
Des pionniers comme Taïwan, la Corse, San Francisco ont déjà pris des mesures. En France, des dispositions contre les produits plastique à usage unique avaient déjà été étudiées en 2012 à l’occasion du Grenelle de l’environnement, mais elles n’avaient finalement pas été retenues, à l’époque. Alors, pourquoi maintenant ?
Fin des importations des déchets plastique en Chine
Toutes ces initiatives sont en réalité issues d’une décision politique unilatérale : celle de la Chine qui, début 2018, a décidé de stopper les importations de nos déchets plastique « post-consommation ». La donne en a été radicalement changée en Occident.
Depuis 1992, près des trois quarts des déchets plastique des pays industrialisés finissaient dans l’empire du Milieu. L’Europe y exportait jusqu’à...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤ Dans sa chronique, Michel Guerrin, rédacteur en chef au « Monde », observe que Netflix divise les deux festivals et provoque une bataille sévère dans la famille cinéma.
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Venise qui rit, Cannes qui pleure

Dans sa chronique, Michel Guerrin, rédacteur en chef au « Monde », observe que Netflix divise les deux festivals et provoque une bataille sévère dans la famille cinéma.



LE MONDE
 |    14.09.2018 à 06h39
 • Mis à jour le
14.09.2018 à 09h51
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            Michel Guerrin (rédacteur en chef au « Monde »)








                        



                                


                            
Chronique. Nous avons joint Alberto Barbera à Venise. Il est le directeur artistique de La Mostra, le festival de cinéma, dont il vient de boucler la 75e édition. A sa voix, on le sent sur un nuage. Son bonheur est à la hauteur d’une cuvée jugée historique. Il y a les films, et il y a la présence de cinéastes à la fois arty et excitants : les frères Coen, Alfonso Cuaron, Damien Chazelle, Jacques Audiard, Laszlo Nemes, et d’autres. Orson Welles aussi, avec un film inachevé.
Venise fanfaronne, alors que le Festival de Cannes, en mai, manquait de noms fameux. Le problème est que c’est lié. Le lien s’appelle Netflix, qui divise les deux festivals et provoque une bataille sévère dans la famille cinéma.
Un film cristallise cette déchirure. Qu’il ait obtenu le Lion d’or à Venise y est pour beaucoup. Il s’agit de Roma, d’Alfonso Cuaron, et c’est un film Netflix, donc destiné en priorité aux 130 millions d’abonnés de la plate-forme de streaming ; visible à la maison et pas en salle. Or ce film devait aller à Cannes. Netflix a dit non, n’acceptant pas de se plier à une règle française : un film en compétition sur la Croisette doit sortir en salle. Puis attendre trente-six mois avant d’être diffusé en streaming. Impensable pour le modèle du groupe américain, qui se fiche des grands écrans. Alors les trente-six mois…

Ce Lion d’or est une première. Pour certains, une provocation visant à fragiliser la salle de cinéma. Comment un festival, temple de l’art, qui projette sur écrans XXL, peut-il accepter des films qui, ensuite, seront vus sur un ordinateur ou une télévision, qui plus est Roma, tourné en format panoramique noir et blanc ?
« La victime sera le public »
Alberto Barbera a aggravé son cas en accueillant six films Netflix à Venise cette année. Quand on lui demande s’il n’a pas vendu son âme au diable, il emboîte ses réponses : « Ma mission est de choisir les meilleurs films, pas...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤ Si le principe d’une loterie est bien vu dans les communes, son produit ne compensera en rien les financements de l’Etat, des mécènes et entreprises.
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Un loto pour booster les Journées européennes du patrimoine

Si le principe d’une loterie est bien vu dans les communes, son produit ne compensera en rien les financements de l’Etat, des mécènes et entreprises.



LE MONDE
 |    14.09.2018 à 01h54
 • Mis à jour le
14.09.2018 à 09h10
   





                        



   


Les Journées européennes du patrimoine vont pour la première fois être accompagnées par le tirage d’un loto dont les bénéfices doivent aider à financer sa mise en valeur. Mais un projet de loi diminuant le contrôle de l’Etat sur les chantiers inquiète ses défenseurs.
Comme chaque année, une multitude d’initiatives sont prévues, samedi 15 et dimanche 16 septembre, pour permettre au grand public d’explorer des univers inconnus. Parmi elles, des visites des studios de Radio France ou du ministère de l’économie et des finances à Bercy (en présence des ministres). A l’hôtel de Montmorin, qui abrite le ministère des outre-mer, jeunes et moins jeunes pourront expérimenter des escape games dans un des rares bunkers parisiens de la seconde guerre mondiale.
La mission confiée par le président Emmanuel Macron à l’animateur Stéphane Bern participe aussi à médiatiser ces Journées.
Un loto et un jeu de grattage ont, par ailleurs, été lancés pour contribuer à restaurer dix-huit monuments « emblématiques » en péril, sur quelque 270 sélectionnés. Les premiers chèques seront remis samedi aux communes concernées.
Selon Stéphane Pallez, PDG de la Française des jeux (FDJ), sur les 12 millions de tickets du jeu à gratter « Mission patrimoine », vendus 15 euros pièce depuis le 3 septembre, « 2,5 millions ont déjà été vendus, soit plus de 20 %, ce qui est le signe que ce jeu rencontre un grand succès ».
Loi ELAN en jeu
La ministre de la culture, Françoise Nyssen, a donné jeudi le coup d’envoi des Journées en se rendant au Mobilier national, dans le 13e arrondissement de Paris, dont les réserves seront ouvertes pour la première fois au public. Elle a répondu aux critiques sur les engagements de l’Etat : « 326 millions d’euros par an pour la restauration du patrimoine ne sont pas une goutte d’eau. » L’intérêt des Français pour leur patrimoine « semble avoir été entendu en haut lieu », s’était, de son côté, félicité Stéphane Bern, mercredi, interrogé par l’AFP.
Il y a quelques jours, l’animateur proche du couple Macron avait pourtant menacé de quitter sa mission à la fin de l’année s’il n’était qu’un « cache-misère ». En jeu, la future loi évolution du logement et de l’aménagement du numérique (ELAN), qui risque d’affaiblir le contrôle de l’Etat en limitant le rôle des Architectes des bâtiments de France (ABF), chargés de donner leur avis aux maires dans les aménagements ou destructions de sites.
M. Bern « garde donc espoir (…) que certains points qu’il a souhaité soulever [comme l’article de la loi ELAN sur l’avis conforme des ABF] et qui peuvent poser problème, soient revus tant qu’il en est encore temps », a-t-il déclaré.
Architectes qui se paupérisent
L’ancien ministre de la culture Jack Lang, à l’origine des Journées du patrimoine, s’inquiète aussi d’un projet qui « retire du pouvoir » aux architectes, alors qu’ils « se paupérisent ». « On a parfois l’impression, confie-t-il à l’AFP, que les banques et les sociétés privées deviennent les urbanistes : on leur livre les entrées des villes, les mobiliers urbains », ajoute-t-il, regrettant que « l’on ne soit pas suffisamment protecteur à l’égard du patrimoine du XXe siècle ».
L’ancien ministre proche de François Mitterrand fait aussi confiance à Emmanuel Macron, « qui peut proposer une ambition nationale pour la préservation de l’histoire d’hier et du patrimoine de demain ».
Pour Alexandre Gady, président de Sites et monuments, les Journées du patrimoine sont, cependant, une nouvelle illustration du « en même temps » d’Emmanuel Macron. Le projet ELAN « empêchera le ministère de la culture de s’opposer à la dénaturation et à la démolition d’édifices patrimoniaux en péril. Le loto occulte ainsi médiatiquement l’essentiel », accuse-t-il. M. Gady y voit une offensive des lobbys économiques pour « relancer le BTP ». « On pourrait se priver de quartiers entiers » dans les villes, affirme-t-il à l’AFP.
Si le loto est plutôt bien vu dans les communes, il ne compensera en rien les financements des mécènes, de l’Etat et des entreprises. Mais les films de deux minutes diffusés chaque soir après le journal télévisé de France 2 ont connu un fort impact et sont un format facile à reproduire sur les réseaux sociaux. Vanessa Colas, chargée de mission pour le Fort-Cigogne de Fouesnant (Finistère), souligne ainsi l’effet immédiat du spot diffusé le 3 septembre sur le site breton : « Depuis lors, les dons et promesses de dons affluent. »
Dans les bureaux de tabac de Bretagne, une carte affiche quatorze sites nécessitant une restauration dans la région : la mission Bern « permet de mobiliser des personnes qui n’étaient pas au courant », souligne-t-elle.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤ La sociologue s’est replongée dans l’intimité des Français, dix-sept ans après une première enquête. Son nouvel ouvrage est paru jeudi 13 septembre.
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Janine Mossuz-Lavau : « Le processus de libération sexuelle se poursuit »

La sociologue s’est replongée dans l’intimité des Français, dix-sept ans après une première enquête. Son nouvel ouvrage est paru jeudi 13 septembre.



LE MONDE
 |    13.09.2018 à 18h49
 • Mis à jour le
14.09.2018 à 11h15
    |

            Pascale Krémer ("M", le magazine)








                        



                                


                            

A dix-sept ans d’intervalle, Janine Mossuz-Lavau a écouté des dizaines de Français parler d’amour et de sexe. Directrice de recherche émérite au CNRS et au Centre de recherches politiques de Sciences Po (Cevipof), elle a mené en 2000, puis en 2017, la même enquête qualitative auprès de 65 personnes des deux sexes, de 19 à 85 ans et de tous milieux sociaux, sillonnant la France durant une année entière pour des entretiens au long cours.
Jeudi 13 septembre, la politologue et sociologue a publié La Vie sexuelle en France (éditions de La Martinière, 288 p., 20,90 euros). Même titre, même éditeur que précédemment, mais une impression nouvelle tirée de cette plongée dans l’intimité des Français. Celle d’une « grande libération », résume-t-elle.
Qu’avez-vous vu évoluer depuis la publication de votre première enquête sur la sexualité des Français ?
Ce qui m’a frappée, en me replongeant dans la vie des gens, c’est que tout était plus ouvert, plus facile. D’abord, pour recruter les personnes qui acceptent de témoigner. En 2000, j’avais dû m’adresser à une association (Bi’cause) pour trouver des bisexuels. En 2017, il m’a suffi de dire autour de moi « Je cherche des bisexuels » pour que fusent les « Ah, moi, j’en connais, je suis sûr qu’ils seront d’accord… » Durant les entretiens, on m’a parlé très naturellement des différentes pratiques sexuelles. De fellation, de cunnilingus, de sodomie… Il y a dix-sept ans, je devais poser les questions et parfois mettre des mots.
Vous affirmez dans votre livre que le mouvement #metoo, qui a démarré à l’automne 2017, à la fin de votre enquête, ne vous a pas surprise…
Ma méthode consiste à faire raconter aux personnes interrogées leur histoire de vie amoureuse et sexuelle, en remontant à l’enfance. Quand et comment mon interlocuteur a-t-il découvert la sexualité ? Là, directement, certains m’ont dit : « Je suis tombée dans le bain tout de suite...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤ Deux journalistes de l’agence de presse ont été condamnés le 3 septembre à sept ans de prison pour avoir enquêté sur un massacre de Rohingyas. Par solidarité, « Le Monde » publie leur travail.
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Birmanie : l’article qui a conduit deux journalistes de Reuters en prison

Deux journalistes de l’agence de presse ont été condamnés le 3 septembre à sept ans de prison pour avoir enquêté sur un massacre de Rohingyas. Par solidarité, « Le Monde » publie leur travail.



LE MONDE
 |    13.09.2018 à 17h44
 • Mis à jour le
14.09.2018 à 11h29
   





                        



   


Document. Les dix captifs rohingyas, attachés les mains dans le dos et reliés les uns aux autres par une cordelette, regardent leurs voisins bouddhistes creuser une sépulture. Nous sommes le 2 septembre au matin. Quelques instants plus tard, les dix seront morts, deux tombés sous les coups de machette de villageois bouddhistes, les autres sous les balles de soldats.
Un vieil homme d’Inn Din nous a remis trois photographies prises entre l’arrestation des dix hommes par des soldats, dans la soirée du 1er septembre, et leur exécution, le 2 septembre, peu après 10 heures du matin.
« Une tombe pour dix hommes, résume Soe Chay, un ancien soldat retiré dans le village qui dit avoir été l’un de ceux qui ont creusé la fosse. Quand ils ont été enterrés, certains poussaient encore des cris. » Cette tuerie est l’un des épisodes de la violente crise qui secoue depuis des mois l’Etat d’Arakan, dans le nord de la Birmanie. Depuis la fin du mois d’août, près de 690 000 Rohingya ont fui leurs villages et franchi la frontière du Bangladesh.
Un possible génocide pour les Nations unies
Les Rohingya, communauté musulmane, accusent l’armée birmane d’incendies volontaires, viols et meurtres. Les Nations unies ont évoqué un possible génocide. Le pouvoir birman parle pour sa part d’opérations légitimes de sécurisation consécutives à des attaques menées contre des postes de police par les insurgés de l’Armée du salut des Rohingya de l’Arakan (ARSA).
L’agence Reuters a reconstitué le déroulement des journées ayant précédé la mort de ces dix hommes dans la localité d’Inn Din, un village de pêcheurs de 7 000 habitants environ, à une cinquantaine de kilomètres au nord de la capitale régionale, Sittwe, recueillant notamment le récit de villageois bouddhistes qui ont admis avoir participé à la tuerie. Le témoignage de membres des forces de sécurité implique aussi pour la première fois des soldats et des policiers paramilitaires.
Les événements ont débuté le 25 août, quand des rebelles rohingyas ont attaqué une trentaine de postes de police et une base militaire de l’Etat d’Arakan. L’attaque la plus proche s’est produite à quatre kilomètres à peine au nord d’Inn Din.
Craignant pour leur sécurité, plusieurs centaines de bouddhistes d’Inn Din ont cherché refuge dans un monastère. Un habitant, San Thein, a expliqué que les villageois bouddhistes craignaient d’être attaqués par leurs voisins musulmans. Le 27 août, quelque 80 soldats de la 33e Division d’infanterie légère de l’armée birmane prennent position dans le village et s’engagent à les protéger. Cinq villageois de confession bouddhiste racontent que l’officier commandant le détachement a annoncé aux habitants qu’ils pourraient se porter volontaires pour participer à des opérations de sécurité.
Des soldats et des policiers portaient des vêtements civils afin de ne pas être reconnus
Dans les jours qui ont suivi, selon les récits d’une dizaine d’habitants bouddhistes, des soldats, des policiers et des villageois organisés en groupes de sécurité, armés de machettes, de bâtons et, pour certains, d’armes à feu, ont incendié la plupart des maisons des Rohingya musulmans.
L’ordre d’aller « nettoyer »
Un des policiers dit avoir reçu l’ordre oral de la part de son commandant pour « aller nettoyer » les zones d’habitation des Rohingya. Il dit avoir compris qu’il fallait détruire ces maisons. Un autre policier raconte que des raids ont également été menés dans les environs pour empêcher les Rohingya de revenir. Des soldats et des policiers portaient des vêtements civils afin de ne pas être reconnus. Un assistant médical de l’infirmerie d’Inn Din, Aung Myat Tun, 20 ans, a raconté qu’il a pris part à plusieurs de ces raids. « Les maisons des musulmans étaient faciles à brûler, avec leurs toits de chaume, raconte-t-il. Les anciens du village enroulaient des robes de moine au bout de bâtons, les arrosaient d’essence et faisaient ainsi des torches. Nous n’avions pas le droit d’emmener de téléphone. La police nous a dit qu’elle tuerait ceux qui prendraient des photos. » Un témoin affirme avoir entendu la voix d’un enfant dans une des maisons qui a brûlé.
Soe Chay, le soldat retraité qui a creusé les fosses des dix Rohingya, dit qu’il a participé à une autre tuerie. Les militaires ont découvert trois hommes et une femme rohingya derrière une meule de foin. L’un d’eux avait un téléphone qui pouvait être utilisé pour prendre des photos incriminantes. Les soldats ont dit à Soe Chay de faire ce qu’il voulait de lui. « J’ai commencé à le frapper avec une machette et un soldat a tiré sur lui quand il est tombé à terre. » 
Le 1er septembre, plusieurs centaines de Rohingya d’Inn Din tentent de se mettre à l’abri sous des bâches sur une plage voisine de leur village
Lorsque les Rohingya ont fui Inn Din, leurs anciens voisins se sont emparés de leurs poulets et de leurs chèvres. Les biens de plus grande valeur, comme les bovins ou les motos, ont été collectés par le commandant du 8e Bataillon de police de sécurité et revendus, selon un policier et l’administrateur du village.
Joint par téléphone, ce commandant, Thant Zin Oo, s’est refusé à tout commentaire. Un porte-parole de la police, le colonel Myo Thu Soe, a annoncé pour sa part qu’une enquête serait menée sur ces allégations de pillage.
Les familles ont identifié les victimes
Le 1er septembre, plusieurs centaines de Rohingya d’Inn Din tentent de se mettre à l’abri sous des bâches sur une plage voisine de leur village. Parmi eux, disent des témoins, se trouvent les dix qui seront capturés dans la soirée et tués le lendemain. Aujourd’hui réfugiées au Bangladesh, les familles ont identifié les dix victimes d’après des photos qui leur ont été montrées. Cinq d’entre eux, Dil Mohammed, 35 ans, Nur Mohammed, 29 ans, Shoket Ullah, 35 ans, Habizu, 40 ans, et Shaker Ahmed, 45 ans, sont des pêcheurs ou des vendeurs de poissons. Deux autres, Abul Ashim, 25 ans, et Abdul Majid, 45 ans, tiennent des magasins ; deux, Abulu, 17 ans, et Rashid Ahmed, 18 ans, sont étudiants, et le dernier, Abdul Malik, 30 ans, est un prédicateur musulman.
Ce 1er septembre, l’imam, Abdul Malik, retourne au village pour récupérer des vivres et des bambous afin de consolider son abri. Lorsqu’il regagne la plage, sept soldats au moins et des villageois armés le suivent. Arrivés sur la plage, les militaires réunissent les Rohingya – ils sont environ 300 – et choisissent les dix hommes. « Je ne pouvais pas très bien entendre mais ils ont pointé mon mari et lui ont demandé de venir, raconte Rehana Khatun, 22 ans, la femme de Nur Mohammed. Les militaires ont dit qu’ils voulaient des hommes pour une réunion. Ils ont dit au reste d’entre nous de rester sur la plage. »
Une première photographie prise ce soir-là montre les dix hommes agenouillés sur un des chemins du village. Le lendemain, ils sont conduits près d’un cimetière bouddhiste où ils sont de nouveau photographiés. Des membres des forces de sécurité les interrogent sur la disparition d’un fermier bouddhiste du village du nom de Maung Ni.
Abdul Malik, l’imam, est décapité par le premier fils ; le second lève sa machette et l’abat sur le cou d’un autre captif. Les huit autres sont tués.
Des témoins disent que Maung Ni a disparu le 25 août à l’aube, alors qu’il était avec son troupeau. Plusieurs témoins disent qu’il aurait été tué mais n’avoir jamais eu confirmation d’un lien entre cette disparition et les dix captifs.
Trois témoins racontent la suite : les dix hommes sont conduits par des soldats jusqu’à l’endroit où ils vont mourir. D’après Soe Chay, le militaire à la retraite qui a aidé à creuser la fosse, le commandant de l’escouade propose aux fils de Maung Ni, le fermier disparu, de leur porter les premiers coups.
Abdul Malik, l’imam, est décapité par le premier fils ; le second lève sa machette et l’abat sur le cou d’un autre captif. Les huit autres sont tués. Puis deux ou trois balles sont tirées dans le corps de chacun. Les cadavres des dix hommes sont alors jetés au fond de la fosse. C’est la troisième photo.
« Je ne demande rien que la justice pour sa mort »
En octobre, des habitants d’Inn Din ont montré aux deux reporters de Reuters le lieu supposé de l’exécution. Les reporters ont vu un chemin fraîchement tracé, de la terre retournée semée d’ossements, de bouts de tissus et de cordes. Des photos ont été montrées par Reuters à trois médecins légistes internationaux qui affirment qu’il s’agit d’ossements humains. « Mon mari est mort, dit Rehana Khatun. Il est parti pour toujours. Je ne demande rien que la justice pour sa mort. »
L’homme qui a remis les photos aux journalistes de Reuters explique son geste : « Je veux être transparent dans cette affaire. Je ne veux pas qu’elle se reproduise à l’avenir. »
[Cette enquête de Reuters a donc conduit à l’arrestation et à la condamnation des deux journalistes de l’agence, Wa Lone et Kyaw Soe Oo. Le 10 janvier, l’armée birmane a pourtant confirmé une partie des informations de l’enquête, reconnaissant que des soldats avaient assassiné dix « terroristes » musulmans capturés au début du mois de septembre à Inn Din. « Des villageois et des membres de forces de sécurité ont avoué avoir commis des meurtres », précise ce communiqué militaire, rare aveu d’exactions commises dans l’Etat de Rakhine. « Nous ne nions pas ces allégations de violations des droits de l’homme. Et nous ne les rejetons pas en bloc », a également déclaré le porte-parole du gouvernement birman, Zaw Htay. Quant au cadre général des opérations militaires en Arakan, Zaw Htay appelle la communauté internationale à « comprendre qui a commis les premières attaques terroristes ». « Si une attaque de ce genre se produisait dans des pays européens, aux Etats-Unis, à Londres, New York, Washington, que diraient les médias ? »]

« Le Monde » témoigne sa solidarité
Le texte que nous publions ci-dessus est un article diffusé par l’agence britannique de presse Reuters en février. Son contenu est exceptionnel : il est le fruit d’une enquête révélant comment dix villageois rohingya ont été sommairement exécutés en septembre 2017 par des soldats birmans aidés de paysans bouddhistes locaux. Au moment où se déchaînait la violence de l’armée contre la minorité musulmane de Birmanie, forçant 700 000 d’entre eux à se réfugier au Bangladesh. Mais cette dépêche, qui regroupe l’enquête signée Wa Lone et Kyaw Soe Oo et les suites relatées par Reuters après leur arrestation, a aussi valeur de témoignage et d’acte de solidarité : les deux journalistes ont été arrêtés en décembre 2017 (donc avant la publication de leur travail par l’agence) pour, précisément, avoir enquêté sur ce crime.
Le 3 septembre, les deux reporters birmans attachés au bureau de Reuters de Rangoun ont été condamnés chacun à une peine de sept années de réclusion pour « violations de secrets d’Etat ». Dix jours plus tard, Aung San Suu Kyi, la dirigeante birmane, a justifié leur condamnation, estimant qu’ils avaient « enfreint la loi » en enquêtant sur ce massacre. Leur « faute » est précisément d’avoir tenté de reconstituer l’exécution sommaire des villageois, dont un imam, en se faisant remettre les photos ensuite largement diffusées de ces dix hommes agenouillés, en train de regarder leurs exécuteurs creuser leurs tombes… D’autres clichés montraient les cadavres des suppliciés, leurs corps portant des traces de balles et de machettes.
La condamnation des deux journalistes a provoqué une indignation internationale, notamment de Paris et de Londres, ainsi que celle de l’ONU. Tout démontre en effet que le procès des deux jeunes journalistes, âgés de 32 ans et de 28 ans, est un « montage », fruit d’une véritable vengeance d’Etat contre deux reporters s’approchant trop près de la vérité.
Le cauchemar de Wa Lone et de Kyaw Soe Oo commence le 12 décembre 2017 : ce jour-là, alors qu’ils enquêtent déjà depuis des semaines sur le massacre des villageois d’Inn Din, dans le nord de l’Etat de l’Arakan, où vivent les Rohingya, ils reçoivent un surprenant coup de fil : un sous-officier du 8e bataillon de la police les convie à le rencontrer dans un bar à bières de Rangoun. Il leur promet des informations exclusives. Les trois hommes discutent de la situation en Arakan puis le policier leur remet de mystérieux documents roulés dans un journal. Mais à peine les deux reporters ont-ils quitté le bar qu’ils sont entourés de policiers en civil. « Vous possédez des documents secrets ! », hurle l’un d’eux. Les deux reporters sont menottés et emmenés dans la tristement célèbre prison d’Insein.
Les audiences du procès vont rapidement montrer à quel point sont fragiles les charges qui pèsent contre eux. A la barre des témoins, des policiers donnent des versions fantaisistes ou vagues des conditions de l’arrestation des deux journalistes. Surtout, un capitaine de la police révèle qu’un de ses subordonnés a été chargé par un haut gradé de « piéger » les deux reporters. Le sous-officier chargé de tendre le piège s’appelait Naing Lin, le même qui avait donné rendez-vous aux deux journalistes dans le bar à bières…
La décision du juge, qui a préféré ignorer ces informations accablantes, démontre à quel point le verdict n’est pas celui d’une simple décision de justice. En publiant cette dépêche, Le Monde témoigne sa solidarité à l’égard de confrères victimes de la dérive autoritaire d’une Birmanie où la liberté de la presse est en danger.





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤ L’avocat fiscaliste Jérôme Turot explique dans une tribune au « Monde » que la réforme du prélèvement à la source va nuire à la capacité des contribuables de décider eux-mêmes de l’utilisation d’une partie de leurs impôts.
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« Le prélèvement à la source risque de sonner le glas de la fiscalité incitative »

L’avocat fiscaliste Jérôme Turot explique dans une tribune au « Monde » que la réforme du prélèvement à la source va nuire à la capacité des contribuables de décider eux-mêmes de l’utilisation d’une partie de leurs impôts.



LE MONDE
 |    13.09.2018 à 17h16
 • Mis à jour le
13.09.2018 à 22h04
    |

Jérôme Turot (Avocat fiscaliste, membre du Cercle des fiscalistes)







                        



                                


                            

Tribune. En France, l’impôt est intelligent. Notre système fiscal français tant décrié — souvent à tort — a une immense qualité : nous avons en matière d’impôt sur le revenu une tradition de fiscalité incitative, offrant de nombreuses possibilités de réductions fiscales et de crédits d’impôt.
Ce système de déductions fiscales favorise une fiscalité intelligente et démocratique.
Intelligente, puisqu’elle incite les citoyens à se montrer socialement utiles (crédits d’impôt en faveur de la famille), écologiquement responsables (crédits d’impôt pour la transition énergétique), investisseurs intrépides (logement social, outre-mer, jeunes entreprises), et philanthropes (associations et fondations).
C’est surtout une fiscalité démocratique, puisqu’elle permet au contribuable de décider lui-même de l’utilisation d’une partie de son impôt. Ainsi, le contribuable qui estime que l’Etat n’aide pas suffisamment la recherche contre le cancer ou la défense de la langue occitane peut le faire à sa place, en y affectant une partie de son impôt par un don à une fondation ou à une association : on permet aux contribuables de décider directement des dépenses publiques à la place de l’Etat.
La capacité pour les contribuables de dédier leur impôt à un but utile, altruiste ou tout simplement familial, sera-t-elle préservée ? Dans l’immédiat, les crédits d’impôt sont sauvegardés, puisqu’on nous annonce que les contribuables obtiendront, le 15 janvier 2019, le versement anticipé de 60 % du montant des crédits d’impôt auxquels ils ont eu droit en 2018.
Une mesure de circonstance
Mais le versement de cet acompte n’est pas inscrit dans notre droit fiscal, ce n’est qu’une mesure de circonstance ; il est douteux qu’elle soit reconduite en 2020 et au-delà, car cet acompte sera extrêmement coûteux en trésorerie pour l’Etat, et posera de difficiles problèmes de gestion.
Tout d’abord, on voit mal comment l’administration pourrait verser...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤ Le psychanalyste et essayiste décrypte les différentes perceptions qu’ont les Indiens de l’homosexualité, en fonction des époques et des communautés.
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Sudhir Kakar  : « L’Inde ancienne était en général silencieuse sur le sujet de l’homo­érotisme »

Le psychanalyste et essayiste décrypte les différentes perceptions qu’ont les Indiens de l’homosexualité, en fonction des époques et des communautés.



LE MONDE
 |    13.09.2018 à 15h59
    |

            Julien Bouissou (New Delhi, correspondance)








                        



                                


                            
Sudhir Kakar est un psychanalyste et essayiste indien, auteur de plusieurs ouvrages dont Eros et Imagination en Inde (Des Femmes, 1990), Fou et Divin (Seuil, 2010), ou encore L’Ascète du désir (Seuil, 2001).
Dans quel contexte la dépénalisation de l’homosexualité a-t-elle été prononcée, le 6 septembre, par la Cour suprême indienne ?
En Inde, hormis quelques membres de l’élite anglophone des grandes villes, les hommes qui ont des relations avec des hommes – et ils sont nombreux – ne s’identifient pas comme homosexuels. Ils ne compromettent donc pas leur identité masculine, qui consiste à se marier et à avoir des enfants.
­Ashok Row Kavi, un militant transgenre de la cause gay, ­raconte que, quand il était jeune et que sa famille le poussait à se marier, il avait explosé de colère en leur disant qu’il aimait « baiser les hommes ». « Je m’en fiche de savoir si tu baises avec des crocodiles ou des éléphants, lui avait répondu sa tante, mais pourquoi ne peux-tu pas te marier ? »

Par ailleurs, les lesbiennes n’existent tout simplement pas – du moins en apparence. Encore une fois, les Indiens n’ignorent pas leur existence, mais pensent que cette sexualité est liée à la frustration sexuelle des célibataires, des veuves ou des femmes qui n’ont pas de rapports sexuels avec leurs maris. Par exemple, dans le film Fire, sorti en 1998 sur les écrans indiens, les deux femmes qui entretiennent une liaison amoureuse sont malheureuses en ménage. Le propos du film a néanmoins créé une énorme polémique et des militants hindous ont mis le feu à des salles de cinéma.
Comment l’homosexualité était-elle perçue dans le passé de l’Inde ?
L’Inde ancienne est en général silencieuse sur le sujet de l’homo­érotisme. La définition moderne de l’homosexualité repose sur l’idée d’une préférence pour un partenaire de même sexe alors que ; dans l’Inde ancienne,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-17"> ¤ La loi sur la « société de confiance », promulguée le 10 août, offre aux sociétés de vraies possibilités de soulager la lourdeur et la fréquence des procédures, souligne l’avocat Arnaud Cabanes dans une tribune au « Monde ».
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Il faut « rétablir la confiance entre les usagers et les entreprises et leurs services publics »

La loi sur la « société de confiance », promulguée le 10 août, offre aux sociétés de vraies possibilités de soulager la lourdeur et la fréquence des procédures, souligne l’avocat Arnaud Cabanes dans une tribune au « Monde ».



LE MONDE
 |    13.09.2018 à 15h15
    |

Arnaud Cabanes (Avocat à la cour, spécialiste en droit public, associé chez Baker McKenzie)







                        



                                


                            

Tribune. La loi pour « un Etat au service d’une société de confiance », adoptée le 31 juillet à l’Assemblée nationale, a été promulguée le 10 août. Le titre de cette loi intrigue forcément car, même si l’on oublie parfois que l’Etat de droit est au service des citoyens, venir souligner que l’Etat est au service d’une société de confiance n’est pas anodin. Qu’est-ce qu’une « société de confiance » ?
On est tenté de répondre que c’est sans doute le contraire d’une « société de défiance ». Et de fait, le gouvernement et le Parlement cherchent bien à lutter contre la défiance d’une partie des usagers envers les administrations publiques. L’objectif poursuivi consiste, une nouvelle fois, à rapprocher les usagers de leurs services publics en rétablissant un lien de confiance parfois rompu, parfois seulement distendu.
Les usagers des services publics sont aussi bien les particuliers que les entreprises. Rétablir la confiance des particuliers vise à renforcer le bon fonctionnement de nos institutions ; rétablir la confiance des entreprises vise à renforcer notre économie en gommant des obstacles bureaucratiques souvent décriés.
Servi et aidé plutôt qu’empêché
Dans les deux cas, la confiance désigne une disposition d’esprit, une assurance motivée par la certitude que l’on a d’être servi et aidé plutôt qu’empêché : elle suppose la tranquillité. Autant dire qu’elle ne se décrète pas et qu’elle ne se mesure que dans le secret des comportements.
C’est précisément pour cela que la loi du 10 août retient l’attention. Parmi de multiples dispositions, une innovation est suffisamment notable pour qu’elle donne, peut-être, le signal d’un début de changement de paradigme administratif.

Toute personne pourra désormais demander à faire l’objet d’un contrôle par l’administration dès lors que celui-ci est prévu par un acte législatif ou réglementaire. Si la personne ayant sollicité le contrôle est de bonne...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-18"> ¤ Pour sortir durablement de la rue, il est nécessaire de placer les personnes au cœur de l’accompagnement affirment, dans une tribune au « Monde », les acteurs du dispositif « Convergence », Emmaüs Défi, avec Emmaüs France et la Fédération des acteurs de la solidarité Ile-de-France.
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Lutte contre la grande pauvreté : « Un accompagnement renforcé et adapté porte ses fruits »

Pour sortir durablement de la rue, il est nécessaire de placer les personnes au cœur de l’accompagnement affirment, dans une tribune au « Monde », les acteurs du dispositif « Convergence », Emmaüs Défi, avec Emmaüs France et la Fédération des acteurs de la solidarité Ile-de-France.



LE MONDE
 |    13.09.2018 à 15h00
 • Mis à jour le
13.09.2018 à 15h48
    |

Collectif







                        



                                


                            
Tribune. Patrick vit à la rue depuis cinq ans, Rachid depuis trois ans, Marie vient de perdre son logement. Tous ont envie de travailler. Mais comment peut-on trouver la force de travailler tous les matins quand on est cassé par la rue, qu’on ne dort plus vraiment à cause de l’insécurité qui règne ?
En adaptant à l’extrême le travail à la personne, le dispositif « Premières Heures », lancé en 2009 par Emmaüs Défi, permet à des sans-abri de reprendre un travail et d’intégrer une structure d’insertion. On parle ici des premières heures de travail, après des mois ou des années passées à la rue.

Mais Patrick fait face à de grosses difficultés de santé, notamment psychiques. Marie fait une demande de logement avec l’assistante sociale du centre d’hébergement où elle vient d’avoir une place. Elle a un suivi justice et a aussi engagé une démarche de reconnaissance pour son handicap physique. Rachid, ancien comptable, n’a pas travaillé depuis dix-huit mois et a une addiction à l’alcool. Qui aujourd’hui est prêt à faire le pari que, dans trois ans, ils auront un emploi et un logement pérennes ?
Freins à l’insertion
Tout le monde peut travailler mais, pour cela, innover est indispensable. Indépendamment de l’aptitude aux postes de travail qui leur sont confiés, les personnes qui ont connu la rue présentent en moyenne six à sept freins à l’insertion et sont accompagnées par plusieurs référents sociaux suivant chacun une problématique spécifique.
En 2015, une première évaluation d’impact social de l’expérimentation lancée en 2012 fait la preuve de résultats encourageants
Pour sortir durablement de la rue, il est nécessaire de placer les personnes au cœur de l’accompagnement. C’est l’objectif de l’expérimentation « Convergence » lancée par Emmaüs Défi en 2012 avec le soutien de l’Etat, de la Ville de Paris et de fondations privées. Elle s’appuie sur des moyens renforcés mobilisant un important réseau partenarial d’acteurs territoriaux...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤ Qu’elles soient privées ou publiques, les dettes ne cessent de s’accumuler, faisant peser de nouveaux risques sur le système financier mondial.
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Dix ans après Lehman Brothers : la dette grandit, le risque aussi

Qu’elles soient privées ou publiques, les dettes ne cessent de s’accumuler, faisant peser de nouveaux risques sur le système financier mondial.



LE MONDE
 |    13.09.2018 à 14h59
 • Mis à jour le
13.09.2018 à 15h02
    |

            Marianne Boyer et 
                                Maxime Mainguet








                        



   





                            


                        

                        


<article-nb="2018/09/14/19-20">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤ Le recours à l’article 7 permet de suspendre les droits de vote d’un Etat membre en cas de violation des droits de l’homme. Mais il doit se faire avec précaution, tant il pourrait avoir des effets inverses à ceux attendus, explique le juriste Nicolas Delmas dans une tribune au « Monde ».
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Article 7 du traité de l’Union européenne : « Voici le tour de la Hongrie ! »

Le recours à l’article 7 permet de suspendre les droits de vote d’un Etat membre en cas de violation des droits de l’homme. Mais il doit se faire avec précaution, tant il pourrait avoir des effets inverses à ceux attendus, explique le juriste Nicolas Delmas dans une tribune au « Monde ».



LE MONDE
 |    13.09.2018 à 14h15
 • Mis à jour le
13.09.2018 à 15h15
    |

Nicolas Delmas (Juriste spécialisé en affaires européennes)







                        



                                


                            

Tribune. Et de deux ! Après la procédure initiée contre la Pologne par la Commission européenne en décembre 2017, voici le tour de la Hongrie. En effet, le Parlement européen a approuvé à plus de deux tiers – la majorité requise – le rapport de l’eurodéputée néerlandaise Judith Sargentini pour engager une procédure contre ce pays.
Qui eût cru que le mécanisme de respect des droits de l’homme par les Etats membres prévu à l’article 7 connaîtrait un tel sort ? Longtemps décrit comme une « arme nucléaire », c’est-à-dire servant davantage à faire peur qu’à être réellement utilisé, le voilà désormais brandi avec la régularité d’un métronome.

Pour rappel, cet article permet in fine de suspendre les droits de vote d’un Etat membre en cas de violation des droits de l’homme. En effet, si l’Union européenne, à l’origine économique, s’est longtemps désintéressée de la question des droits de l’homme, elle attache aujourd’hui beaucoup d’importance à cette problématique. Leur respect ainsi que le caractère démocratique d’un Etat sont d’ailleurs des conditions pour rejoindre l’Union européenne.
Décision bienvenue
Cette décision apparaît, certes, bienvenue, tant la Hongrie méprisait les règles et cumulait les violations à l’Etat de droit. Jusque-là, la Commission européenne et le Parlement européen avaient louvoyé, attitude éminemment partiale, alors que la première s’était résolue à engager une procédure contre la Pologne.
Comment expliquer ce décalage ? Rien de plus simple. Le Fidesz, le parti de Viktor Orban appartient au Parti populaire européen (PPE), pas le PiS. Or, le PPE et ses alliés sont majoritaires au Parlement européen et à la Commission européenne. La perspective d’élections européennes difficiles pour le PPE n’incitait pas forcément à un renversement. Néanmoins, ces derniers apparaissaient de plus en plus dans une position intenable, à vouloir ménager un parti se tournant de plus en plus...




                        

                        

