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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-1"> ¤ En 2010, lors d’une manifestation, plus de 600 personnes avaient été encerclées par la police pendant plusieurs heures place Bellecour. Des associations et syndicats se battent depuis pour que des poursuites soient engagées à l’encontre du préfet et du directeur départemental de la sécurité publique de l’époque.
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A Lyon, la justice examine la légalité d’une opération d’encerclement

En 2010, lors d’une manifestation, plus de 600 personnes avaient été encerclées par la police pendant plusieurs heures place Bellecour. Des associations et syndicats se battent depuis pour que des poursuites soient engagées à l’encontre du préfet et du directeur départemental de la sécurité publique de l’époque.



LE MONDE
 |    14.09.2018 à 18h40
    |

                            Richard Schittly (Lyon, correspondant)








                        



                                


                            
La légalité a-t-elle été dépassée au nom de l’ordre républicain ? La question a été posée, jeudi 13 septembre, à huis clos à la chambre de l’instruction de Lyon, à propos d’une journée particulière, sur l’emblématique place Bellecour. Rappel des faits : le 21 octobre 2010, des manifestants s’apprêtent à défiler pour protester contre l’allongement de la durée de cotisation des retraites. Les autorités décident d’encercler hermétiquement les lieux. Pendant plus de six heures, quelque 600 personnes sont totalement bloquées. S’ensuivent des dizaines de contrôles d’identité.
Choqués par ce traitement policier, dix-neuf associations et syndicats ont porté plainte dans la foulée de la manifestation. Les témoins ont eu l’impression de vivre « une garde à vue à ciel ouvert ». Après classement du parquet, ils ont porté plainte avec constitution de partie civile devant le doyen des juges d’instruction qui a prononcé un non-lieu. Ils ont alors fait appel, demandant à la chambre de l’instruction d’engager des poursuites, en mettant en examen Jacques Gérault et Albert Doutre, à l’époque préfet et directeur départemental de la sécurité publique.
« Détention arbitraire »
« Cette opération est parfaitement illégale, sans aucune réquisition, sans fondement, elle relève de la détention arbitraire, la police ne peut pas s’arroger tous les droits dans une société démocratique », estime l’avocat Bertrand Sayn. Il rappelle que le Défenseur des droits, dans un rapport de 2017, a eu l’occasion de dénoncer « le cadre légal très incertain, voire inexistant », des techniques de maintien de l’ordre consistant à retenir des groupes dans une nasse. Citant en exemple « La Manif pour tous », le Défenseur des droits a déploré des durées prolongées de rétention collective, « à l’encontre de manifestants pacifiques ».
« Cette opération était exceptionnelle mais elle répondait à une situation complexe de grand péril, elle est parfaitement légitime...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-2"> ¤ Le délégué général de La République en marche a demandé aux sénateurs qui auditionneront Alexandre Benalla de ne pas « s’arroger un pouvoir de destitution »
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-2"> ¤                     
                                                

Affaire Benalla  : Castaner met en garde la commission d’enquête sénatoriale

Le délégué général de La République en marche a demandé aux sénateurs qui auditionneront Alexandre Benalla de ne pas « s’arroger un pouvoir de destitution »



LE MONDE
 |    14.09.2018 à 18h04
   





                        


Au tour de Christophe Castaner de critiquer les sénateurs. Vendredi 14 septembre, le délégué général de La République en marche a lancé un avertissement à la commission d’enquête sénatoriale sur l’affaire Benalla. « Si certains pensent qu’ils peuvent s’arroger un pouvoir de destitution du président de la République, ils sont eux-mêmes des menaces pour la République », a déclaré le secrétaire d’Etat aux relations avec le Parlement lors d’une conférence de presse à Paris.
« Une commission d’enquête qui aurait des ambitions politiques » et penserait « qu’elle peut jouer de ses fonctions de contrôle du gouvernement pour faire tomber un président de la République commettrait une faute constitutionnelle », a-t-il insisté. M. Castaner s’est exprimé alors que l’opposition sénatoriale s’est insurgée ces derniers jours contre les critiques de l’exécutif, notamment de la ministre de la justice, Nicole Belloubet, et du porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, sur son travail.

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Interrogé sur le coup de fil très inhabituel d’Emmanuel Macron au président du Sénat, Gérard Larcher, qui a lui aussi provoqué la colère des sénateurs, M. Castaner, qui a lui-même été entendu par les sénateurs en juillet en tant que délégué général de LRM, a expliqué qu’il s’agissait de rappeler la séparation des pouvoirs, « l’essence même de la Ve République ».
Les auditions de la commission d’enquête au Sénat dans l’affaire touchant l’ex-conseiller de l’Elysée ont repris mercredi. Alexandre Benalla et l’ex-salarié de LRM Vincent Crase, filmés en train de frapper des manifestants le 1er mai à Paris, seront entendus mercredi 19 septembre au matin.

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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-3"> ¤ ATD Quart Monde, le Secours catholique ou le collectif Alerte déplorent l’insuffisance des mesures contre la pauvreté annoncées jeudi par le président de la République.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-3"> ¤                     
                                                

Plan pauvreté : des associations saluent des avancées, mais s’inquiètent des crédits et de la mise en œuvre

ATD Quart Monde, le Secours catholique ou le collectif Alerte déplorent l’insuffisance des mesures contre la pauvreté annoncées jeudi par le président de la République.



LE MONDE
 |    14.09.2018 à 16h02
    |

            Isabelle Rey-Lefebvre








                        


« Je pense que nous pouvons, à hauteur d’une génération, éradiquer la grande pauvreté dans notre pays, je ne l’aurais pas dit il y a quelques mois, mais je pense que nous ne pouvons le faire que si nous avons cette ambition extrême, extrême, de tous et toutes… si ce n’est pas la France qui mène cette bataille, qui le fera ? » Les derniers mots du discours fleuve d’Emmanuel Macron, jeudi 13 septembre détaillant sa stratégie de lutte contre la pauvreté, devant un parterre de 300 personnes réunies au Musée de l’homme, ont été salués par de vifs applaudissements et même par une brève ovation.

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« C’est vrai, pour la première fois un président de la République s’engage à éradiquer la grande pauvreté sur une génération, cela prend du temps, c’est normal, c’est très positif », s’enthousiasmait Claire Hédon, la présidente d’ATD Quart Monde. La veille, le chef de l’Etat avait passé plus de cinq heures dans la cité d’ATD Quart Monde à Noisy-le-grand (Seine-Saint-Denis) discutant avec les habitants.
Est-ce cette rencontre qui a conduit le président de la République à trouver de tels accents lyriques ? Ces paroles ont fait mouche. « C’est important qu’un président appelle à changer de regard, dise que les pauvres ont des solutions, d’affirmer qu’ils ne sont pas des profiteurs, des assistés », estimait François Soulage le président du collectif Alerte, à l’issue de la manifestation.
Niveau trop faible du RSA
Mais passée l’émotion, de nombreuses voix se font aujourd’hui plus critiques. Car les associations ont sorti leur calculette : « Sur les 8 milliards d’euros annoncés en quatre ans, plus de quatre sont consacrés à la revalorisation de la prime d’activité déjà actée et annoncée », remarque ainsi Claire Hédon. « Oui, on a été émus, mais pour ceux qui sont à la rue aujourd’hui, on fait quoi ? », s’interroge Samuel Coppens de la fondation de l’Armée du Salut. « Il y a des avancées, mais les mesures annoncées demeurent insuffisantes pour corriger les effets néfastes des choix politiques antérieurs », tacle enfin dans un communiqué le collectif Alerte.

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Jeudi, derrière le pupitre du président la république s’étalait en grosses lettres le slogan « Faire plus pour ceux qui ont moins », des participants ont ironisé sur Twitter « faire moins pour ceux qui ont plus ». « Ce plan comporte des mesures structurantes à long terme, mais fait l’impasse sur nombre de sujets », souligne la présidente du Secours catholique, Véronique Fayet, pointant le niveau trop faible du RSA, l’accès au logement trop difficile et la non-prise en compte de la précarité des étrangers.

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« Un service public de l’intégration, une prise en charge des jeunes majeurs jusqu’à 21 ans, chiche !, défie Stéphane Troussel le président PS du conseil général de Seine-Saint Denis mais avec quel moyen ? Je ne peux m’empêcher de rapprocher ces 8 milliards dont 4 sont d’ores et déjà gagés, aux milliards de cadeaux fiscaux », grince l’élu. L’Association des régions de France s’étonne, dans son communiqué, « de l’absence de concertation sur l’extension de la garantie jeune et les dispositifs d’insertion ». Droit au logement déplore « qu’il n’y ait rien de neuf sur le logement, pas un mot sur les APL ». Enfin, les Petits frères des pauvres regrettent que « cette stratégie ne comporte aucune mesure contre l’isolement alors que la perte d’autonomie et la pauvreté renforcent la solitude ».
Beaucoup de zones d’ombres subsistent sur les mesures annoncées, à commencer par celle d’un revenu universel d’activité. Que va-t-il couvrir ? A qui va-t-il s’adresser ? Qui seront les perdants et les gagnants ? La loi promise pour 2020 répondra à ces questions, une échéance qui semble bien lointaine.

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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-4"> ¤ Le dispositif anti-pauvreté annoncé jeudi par le président de la République, Emmanuel Macron, veut mieux protéger les jeunes.
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Plan pauvreté : « Plus aucune place d’hébergement pour moi » à l’âge de 18 ans

Le dispositif anti-pauvreté annoncé jeudi par le président de la République, Emmanuel Macron, veut mieux protéger les jeunes.



LE MONDE
 |    14.09.2018 à 15h10
    |

            Louise Couvelaire (Cholet (Maine-et-Loire), envoyée spéciale)








                        



                                


                            
Il n’a qu’une seule angoisse : tout perdre, du jour au lendemain. Quentin Graton a 21 ans, pas de formation, pas d’emploi, pas de revenus et pas de famille susceptible de le soutenir. Il avait 9 ans lorsqu’il a été placé en famille d’accueil, après avoir été battu par son beau-père et par son père, « un alcoolique qui cogne quand il est bourré », raconte-t-il, presque sans ciller.

Pour Quentin, « tout perdre », c’est perdre le droit à la garantie jeunes et aux 480 euros mensuels que ce dispositif d’accompagnement lui verse. Le programme, d’une durée d’un an, arrive bientôt à son terme, alors qu’il n’a pas trouvé de travail. Jugé « trop lent » par plusieurs employeurs successifs (entreprise de câblage automobile, supermarché…), le jeune homme encaisse mal. « On ne m’a jamais laissé le temps de m’habituer pour bien faire les choses, lâche-t-il, dépité. Je ne sais pas comment je vais me débrouiller. C’est avec cet argent que je pouvais me nourrir. » Et participer au loyer de la modeste chambre qu’il occupe dans un appartement à Cholet, dans le Maine-et-Loire, grâce à l’aide du centre d’hébergement et de réinsertion sociale de la cité La Gautrêche, de l’Association des cités du Secours catholique.
« Les moins protégés »
Quentin Graton est un NEET – l’acronyme vient de l’anglais Not in Employment, Education or Training, c’est-à-dire « sans emploi, ne suivant ni études ni formation ». « La grande majorité est en rupture familiale », souligne le sociologue Nicolas Duvoux. Il figure parmi les publics les plus fragiles, les 18-25 ans : plus de 25 % d’entre eux vivent aujourd’hui sous le seuil de pauvreté, selon l’Insee. « Ce sont les plus exposés aux crises et aux phénomènes de paupérisation et ce sont pourtant les moins protégés : ils sont dans l’angle mort des politiques publiques », explique Florent Gueguen, directeur général de la Fédération des acteurs de la solidarité.
C’est...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-5"> ¤ Dans une tribune au « Monde », Francis Marion, médecin généraliste, estime que l’augmentation des arrêts prescrits témoigne d’une moindre attention portée par les entreprises aux effets du travail et de son organisation sur la santé des salariés.
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« La fréquence des arrêts de travail dans une entreprise est un marqueur du climat social interne »

Dans une tribune au « Monde », Francis Marion, médecin généraliste, estime que l’augmentation des arrêts prescrits témoigne d’une moindre attention portée par les entreprises aux effets du travail et de son organisation sur la santé des salariés.



LE MONDE
 |    14.09.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
14.09.2018 à 14h26
    |

Francis Marion (Médecin généraliste à Grenoble)







                        



                                


                            
Tribune. La suggestion de la ministre des solidarités et de la santé, Agnès Buzyn, de faire payer une partie des arrêts de travail par les employeurs semble avoir fait long feu « afin de ne pas brouiller l’image d’un gouvernement pro-business », selon sa collègue du ministère du travail, Muriel Pénicaud. Au-delà des économies recherchées, c’était pourtant lancer un questionnement fort pertinent : les salariés et les médecins sont-ils les seuls responsables de l’inflation des arrêts de travail ?
L’exercice ordinaire de la médecine générale oblige plus souvent les médecins à essayer de convaincre leurs patients d’accepter un arrêt de travail que de résister aux demandes abusives
La prescription d’un arrêt de travail est un acte médical au même titre qu’une ordonnance médicamenteuse ou thérapeutique. Il s’agit d’un moyen mis à disposition des praticiens visant à soigner, soulager et prévenir.
Soigner, lorsque le repos physique ou psychologique est nécessaire pour cicatriser ou récupérer. Soulager, quand c’est le seul paramètre accessible pour diminuer temporairement la charge somatique ou mentale et permettre de tenir. Prévenir, parce qu’il est intelligent d’anticiper l’accident attendu, l’aggravation prévisible ou l’épuisement annoncé.
L’exercice ordinaire de la médecine générale oblige plus souvent les médecins à essayer de convaincre leurs patients d’accepter un arrêt de travail que de résister aux demandes abusives. Si les arrêts de complaisance ou les faux malades existent sans doute, leur petit nombre ne saurait masquer la réalité massive d’un non-recours, ou d’un recours trop tardif, à l’arrêt pour les pathologies, les troubles et les souffrances liés au travail lui-même.
L’intolérance sociale pour « ceux qui craquent » ne cesse de s’accentuer dans la société contemporaine. La culpabilité pour soi-même, pour la fonction professionnelle qu’on occupe ou vis-à-vis des collègues de travail, a souvent pour conséquence...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-6"> ¤ Christophe Robert, délégué général de la Fondation Abbé Pierre et Eric Constantin, directeur de la Fondation Abbé Pierre Ile-de-France, dans une tribune au « Monde », appellent Julien Denormandie, secrétaire d’Etat à la cohésion des territoires, à sanctionner plus efficacement les marchands de sommeil.
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« Pour une offensive en matière de lutte contre l’habitat indigne »

Christophe Robert, délégué général de la Fondation Abbé Pierre et Eric Constantin, directeur de la Fondation Abbé Pierre Ile-de-France, dans une tribune au « Monde », appellent Julien Denormandie, secrétaire d’Etat à la cohésion des territoires, à sanctionner plus efficacement les marchands de sommeil.



LE MONDE
 |    14.09.2018 à 13h58
 • Mis à jour le
14.09.2018 à 15h39
    |

Eric Constantin (Directeur de la Fondation Abbé Pierre Ile-de-France)







                        



                                


                            

Tribune. Le drame de l’incendie de l’immeuble d’Aubervilliers, le 19 août, est venu nous rappeler, s’il le fallait encore, que le mal-logement fait courir de graves risques, parfois mortels, pour la sécurité et la santé des occupants.
Depuis cet événement, vous avez, Monsieur le secrétaire d’Etat, rappelé la priorité qui est la vôtre et celle du gouvernement de lutter contre les marchands de sommeils, notamment à travers le renforcement de l’usage de la confiscation des biens immobiliers utilisés par ces derniers, renforcement prévu dans le projet de loi ELAN (évolution du logement, de l’aménagement et du numérique).
Même si la confiscation est déjà prévue dans les textes mais assez peu prononcée, il est évidemment nécessaire de sanctionner plus efficacement ces professionnels de la gestion lucrative de taudis qui organisent trop souvent leur insolvabilité quand ils sont condamnés, ou qui se cachent derrière des montages complexes pour éviter la confiscation.
Taper plus fortement aux portefeuilles
Au-delà du maillon scandaleux des marchands de sommeil, c’est bien toute la chaîne de traitement du parc indigne qui est aujourd’hui à considérer. Si le confort sanitaire des logements s’est largement amélioré ces vingt dernières années, les mauvaises conditions d’habitation persistent avec l’existence d’un « sous-marché » dégradé que le manque de logements sociaux accessibles aux ménages à faibles revenus, l’explosion des loyers dans le parc privé décent ou l’augmentation des expulsions locatives alimentent en permanence.
A côté des formes traditionnelles de l’habitat privé ancien dégradé dans les centres urbains et de l’habitat isolé vétuste des zones rurales, des phénomènes plus récents ont émergé et se sont amplifiés : la dégradation impressionnante de très nombreuses copropriétés issues de l’urbanisation des « trente glorieuses » ; la division pavillonnaire, illustration récente de la pénurie de logement...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-7"> ¤ Les poursuites pour agressions sexuelles sur mineur sont notamment facilitées.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-7"> ¤                     
                                                   
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Condamnations pour viol  : ce que va changer la loi Schiappa

Les poursuites pour agressions sexuelles sur mineur sont notamment facilitées.



LE MONDE
 |    14.09.2018 à 11h59
    |

            Jean-Baptiste Jacquin








                        



                                


                            
La loi Schiappa « renforçant la lutte contre les violences sexuelles et sexistes », va-t-elle permettre à la justice de mieux sanctionner les viols et les agressions sexuelles ? A entendre les protestations de nombre d’associations, ce serait « une loi pour rien ». Mais, à lire la circulaire adressée le 3 septembre par la garde de sceaux, Nicole Belloubet, aux magistrats, la justice va bel et bien disposer de quelques nouveaux outils pour resserrer les mailles du filet répressif contre les auteurs de ce type d’infractions.
Le recours aux qualifications pénales des viols et agressions sexuelles sur des mineurs de moins de 15 ans est désormais facilité. En particulier, « une différence d’âge importante entre l’auteur et la victime pourra, à elle seule, être retenue comme permettant d’établir la contrainte ou la surprise [les deux éléments, avec la violence et la menace, constitutifs de l’infraction pénale] », lit-on dans cette circulaire. Surtout, le code pénal précise désormais que « la contrainte morale ou la surprise sont caractérisées par l’abus de la vulnérabilité de la victime ne disposant pas du discernement nécessaire pour ces actes. »

Mme Belloubet insiste sur « le fait qu’un mineur de 15 ans puisse avoir l’apparence physique ou le comportement d’un mineur plus âgé ou d’un adulte ne doit pas conduire à considérer que ce mineur peut valablement consentir à un acte sexuel ». Regarder des vidéos pornographiques n’est pas un signe de discernement et peut au contraire révéler une vulnérabilité de l’enfant. Il n’est plus question d’interroger le consentement du mineur, mais son discernement.
Réclamée par les associations, la prescription des crimes sexuels sur mineurs est portée à trente ans, contre vingt ans auparavant, à compter de la majorité de la victime. Cela va permettre de mieux prendre en compte le phénomène de l’amnésie traumatique qui explique parfois les plaintes tardives, en...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-8"> ¤ La mesure proposée par Emmanuel Macron pour lutter contre la pauvreté pose de nombreuses questions et laisse sceptiques les acteurs associatifs
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-8"> ¤                     
                                                   
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Le revenu universel d’activité, une nouveauté qui interroge

La mesure proposée par Emmanuel Macron pour lutter contre la pauvreté pose de nombreuses questions et laisse sceptiques les acteurs associatifs



LE MONDE
 |    14.09.2018 à 11h57
 • Mis à jour le
14.09.2018 à 14h50
    |

            Raphaëlle Besse Desmoulières et 
Bertrand Bissuel








                        



                                


                            
Un nouvel acronyme va s’ajouter à la liste, déjà bien fournie, des prestations sociales : RUA, pour revenu universel d’activité. Il s’agit d’une des principales mesures du plan de lutte contre la pauvreté dévoilé, jeudi 13 septembre, par Emmanuel Macron. Cette annonce s’inscrit dans la volonté, exprimée par l’exécutif depuis plusieurs mois, de fusionner des allocations de solidarité.
Le but du chef de l’Etat est de « rénover notre système de minima sociaux » décrit comme un « maquis » dont « l’opacité » alimente « le discours lancinant sur les profiteurs » et exclut des personnes alors même qu’elles y ont droit. Le RUA doit donc regrouper « le plus grand nombre de prestations sociales, du RSA aux APL ». Il sera assorti de « droits et devoirs supplémentaires » : les allocataires bénéficieront d’un accompagnement renforcé grâce à la mise en place d’un « service public de l’insertion », dont l’Etat sera « responsable » ; parallèlement, ils seront tenus de s’engager dans un « parcours d’insertion » qui « empêche de refuser plus de deux offres raisonnables d’emploi ou d’activité ».

Ce dispositif n’a pas grand-chose à voir avec le revenu universel promis par Benoît Hamon durant la campagne présidentielle : le candidat socialiste proposait, lui, d’instaurer un revenu accordé à toute personne d’au moins 18 ans, gagnant moins de 1,9 smic par mois, et sans que celle-ci ait à entreprendre la moindre démarche. Du reste, M. Hamon a reproché, jeudi, à M. Macron de « singer » ses idées.
« Aucune intention cachée »
La refonte des minima sociaux sera inscrite dans un projet de loi, en 2020, après concertation « avec tous les acteurs concernés » (collectivités locales, associations…). Elle s’annonce compliquée à mettre en œuvre. Sur le plan « technique », c’est un « chantier colossal », souligne Julien Damon, professeur associé à...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-9"> ¤ Le fils d’Alain Orsoni, ex-leader nationaliste, a été blessé, jeudi, à Ajaccio. La justice craint une guerre de clans.
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Corse : tentative d’assassinat à l’encontre de Guy Orsoni

Le fils d’Alain Orsoni, ex-leader nationaliste, a été blessé, jeudi, à Ajaccio. La justice craint une guerre de clans.



LE MONDE
 |    14.09.2018 à 11h20
 • Mis à jour le
14.09.2018 à 18h49
    |

            Jacques Follorou








                        



   


Guy Orsoni, le fils de l’ex-dirigeant nationaliste corse Alain Orsoni, figure de l’histoire politique et clandestine insulaire, a été blessé par balles, jeudi 13 septembre, au cœur d’Ajaccio, lors d’une tentative d’assassinat. Selon sa mère, Frédérique Campana, par ailleurs avocate, jointe par Le Monde jeudi soir, il a été hospitalisé mais est hors de danger. Elle s’est refusée à commenter ces événements ou à esquisser des hypothèses sur l’origine de cette violence. L’affaire paraît néanmoins s’inscrire dans un contexte criminel mêlant contrôle de territoire et défense d’intérêts financiers. Le parquet d’Ajaccio s’est d’ailleurs rapidement dessaisi du dossier au profit de la juridiction interrégionale spécialisée (JIRS) de Marseille, compétente en matière de grande criminalité organisée.
Guy Orsoni a été visé, peu avant 10 heures, par deux hommes à moto, alors qu’il s’apprêtait à rentrer dans son 4 x 4 blindé Mercedes après avoir effectué des achats dans le quartier des Jardins de l’empereur sur les hauteurs d’Ajaccio. Il est parvenu à démarrer, et une course-poursuite s’est engagée dans les rues étroites de la ville, ce qui lui a permis d’échapper à ses agresseurs et de trouver refuge auprès de policiers non loin du tribunal. De nombreux impacts de balles d’arme automatique ont été relevés sur la voiture, dont l’une est parvenue à traverser une vitre et à le toucher au bras.
Possible riposte
Condamné, en 2015, pour association de malfaiteurs et mis en cause dans des affaires de trafic de stupéfiants, Guy Orsoni appartient, selon la justice, au milieu corse et aurait été la cible « d’un règlement de comptes » propre au grand banditisme, selon les termes du procureur d’Ajaccio, Eric Bouillard. La complexité des intrigues mafieuses locales interdit toute interprétation hâtive sur l’origine de cette tentative d’assassinat. Elle intervient trois semaines après l’assassinat, le 23 août, à 6 heures, d’un retraité de 67 ans, Jean Livrelli, au-dessus du village de Bastelica, en Corse-du-Sud, alors qu’il partait à la chasse.
Des questions se posaient dès jeudi soir, parmi les enquêteurs, sur l’existence d’un éventuel lien entre ces deux événements et d’une possible riposte. Il est apparu, en effet, aux yeux de la justice, que les deux tueurs de Bastelica se seraient vraisemblablement « mépris » car la victime aurait possédé le même véhicule que la cible supposée. Les gendarmes, depuis dessaisis au profit de la police judiciaire, ont entendu de nombreuses personnes dans ce dossier, dont Alain Lucchini, un ex-nationaliste reconverti dans les affaires qui vit non seulement à Bastelica mais avait aussi pour habitude d’emprunter chaque matin cette route avec le même type de voiture.
Il avait déjà fait l’objet d’une tentative d’assassinat, en décembre 2008, au volant de son 4 x 4 sur la rocade qui longe l’aéroport d’Ajaccio. Atteint aux jambes et à la hanche, il avait réussi à riposter avec son arme et à mettre en fuite ses tueurs. Interrogé, fin août, il a démenti être « en danger ». Les autorités ont relevé la présence, sur la commune de Bastelica, de onze véhicules quasiment identiques à celui de Jean Livrelli, le retraité tué par erreur.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-10"> ¤ Les rendez-vous à distance seront pris en charge par la « Sécu » à partir de samedi, selon les mêmes règles que les consultations en face à face.
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Les téléconsultations médicales désormais remboursées par l’Assurance-maladie

Les rendez-vous à distance seront pris en charge par la « Sécu » à partir de samedi, selon les mêmes règles que les consultations en face à face.



LE MONDE
 |    14.09.2018 à 11h05
 • Mis à jour le
14.09.2018 à 18h42
    |

            François Béguin








                        



                                


                            

C’est une évolution majeure du fonctionnement du système de santé en France. A partir de samedi 15 septembre, les consultations médicales à distance avec des généralistes ou des spécialistes seront remboursées par l’Assurance-maladie aux mêmes tarifs (70 % de prise en charge Sécu) et selon les mêmes règles que les consultations en face à face. Ces consultations devront avoir lieu par l’intermédiaire d’une liaison vidéo sécurisée et – théoriquement – respecter le parcours de soins coordonnés (le patient doit d’abord se tourner vers son médecin traitant).

Tous les Français pourront bénéficier de cette nouvelle règle actée en juin, à l’issue de cinq mois de négociations entre les syndicats de médecins libéraux et la Caisse nationale d’assurance-maladie (CNAM). Pour limiter une potentielle explosion du nombre d’actes – et donc des coûts –, Nicolas Revel, son directeur général, souhaitait initialement que cette médecine à distance soit mise en place par étapes et dans un premier temps réservée aux patients en affection longue durée (diabète, Alzheimer…), à ceux résidant dans les déserts médicaux, à ceux vivant en Ehpad ou atteints d’une maladie rare. 
« A la demande de l’Elysée, il a fini par ouvrir les portes plus largement, ce qui nous convient très bien », raconte le docteur Claude Bronner, président de l’Union généraliste à la Fédération des médecins de France, qui a participé aux discussions.
Si certains médecins voient dans ces nouvelles règles une façon de libérer du temps médical et d’éviter des passages aux urgences injustifiés, d’autres font part de leur scepticisme – voire de leur inquiétude – sur les effets indirects du dispositif. Tour d’horizon des questions pratiques posées par ce changement.
Quels équipements ?
Alors que la CNAM avait là aussi d’abord souhaité qu’il ne soit pas possible d’utiliser un smartphone, son directeur jugeant que cela aurait été « dénaturer ce qu’est une consultation médicale »,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-11"> ¤ Dans cette chronique, la sociologue Dominique Méda démontre combien il est impératif de continuer à mettre un maximum de « pognon » à destination des chômeurs et des allocataires du RSA, toujours dans le viseur du gouvernement.
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Mais « qui est ce “on” qui semblerait ne pas préférer systématiquement le travail » ?

Dans cette chronique, la sociologue Dominique Méda démontre combien il est impératif de continuer à mettre un maximum de « pognon » à destination des chômeurs et des allocataires du RSA, toujours dans le viseur du gouvernement.



LE MONDE
 |    14.09.2018 à 11h00
    |

Dominique Méda (Professeure de sociologie et directrice de l’Institut de recherche interdisciplinaire en sciences sociales (Irisso) de l’université...







                        



                                


                            
Entreprises. « Il faut faire en sorte qu’à tout moment le travail paie et que l’on fasse toujours le choix du travail », a déclaré le premier ministre le 26 août. Qui est donc ce « on » qui semblerait ne pas préférer systématiquement le travail ? Les cadres à hauts revenus, qui devraient reprendre au plus vite un emploi, a suggéré le député LRM Aurélien Taché.

Mais ce sont surtout les chômeurs et allocataires du RSA qui sont dans le viseur d’un gouvernement qui continue à croire fermement que nos concitoyens devraient être « incités » à retrouver un emploi, comme si le chômage était volontaire et résultait principalement d’une inappétence vis-à-vis du travail ou d’un savant calcul aboutissant à la décision rationnelle de ne pas travailler.

On croyait pourtant (on, c’est-à-dire nous, les chercheurs) que l’on en avait fini avec ce genre de raisonnement, notamment depuis l’échec du RSA. Souvenons-nous : celui-ci était censé rompre radicalement avec son prédécesseur, le RMI – critiqué (depuis longtemps) pour sa prétendue capacité à « désinciter » les allocataires à reprendre un emploi. Des expérimentations avaient été lancées à grands frais en 2007 pour évaluer les vertus incitatives du nouveau dispositif, qui s’inscrivait pleinement (déjà !) dans le paradigme de la revalorisation du travail et du « travailler plus pour gagner plus ».
Temps perdu
Alors même que l’évaluation était entachée de sérieux biais et que toutes les conditions de validité n’étaient pas réunies, le principal résultat avait pourtant été la quasi-inexistence d’un impact du « traitement » (c’est-à-dire de l’application du dispositif expérimenté) sur le taux d’entrée en emploi.
en 2016, le RSA-activité, « fort » d’un taux de non-recours de 70 %, était supprimé et remplacé par la prime d’activité
Lors des débats parlementaires, ce résultat avait été largement enjolivé pour emporter l’adhésion des parlementaires. Mais en 2016,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-12"> ¤ A l’été 2016, nous avions embarqué sur l’« Aquarius », qui patrouille en Méditerranée pour sauver des migrants. Deux ans plus tard, le taux de mortalité en mer a explosé.
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« Le Monde » remonte à bord du navire humanitaire « Aquarius »

A l’été 2016, nous avions embarqué sur l’« Aquarius », qui patrouille en Méditerranée pour sauver des migrants. Deux ans plus tard, le taux de mortalité en mer a explosé.



LE MONDE
 |    14.09.2018 à 10h53
 • Mis à jour le
14.09.2018 à 16h56
    |

            Julia Pascual








                        



   


C’était il y a deux ans. L’Europe se déchirait déjà autour de la « crise migratoire », la photo du garçon syrien Aylan, échoué sur une plage de Turquie, avait depuis longtemps fait le tour du monde, et la mer Méditerranée arborait les traits d’un vaste cimetière.
A l’été 2016, Le Monde était monté à bord de l’Aquarius, navire humanitaire des ONG SOS Méditerranée et Médecins sans frontières (MSF), parti patrouiller au large de la Libye pour pallier le manque de moyens des secours déployés par les Etats européens.
Pendant plusieurs semaines, nous avions témoigné de ces hommes et de ces femmes rêvant d’Europe, de ces corps meurtris, engloutis, disparus. Deux ans se sont écoulés depuis ce reportage en immersion, et, alors que la Méditerranée est de plus en plus meurtrière pour ceux qui tentent la traversée, Le Monde a décidé de remonter à bord de l’Aquarius, avec un photographe, pour suivre une nouvelle campagne de sauvetage.

        Reportage :
         

          l’éprouvant périple de l’« Aquarius » en juin 2018



1 565 morts en 2018
Depuis le début de l’année, au moins 1 565 personnes ont perdu la vie en tentant de gagner les rives européennes, d’après l’Organisation internationale pour les migrations (IOM). Le taux de mortalité est en forte hausse sur la route de la Méditerranée centrale, qui relie principalement la Libye à l’Italie et Malte. L’an dernier, une personne mourait pour 42 qui parvenaient à traverser, d’après le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR). Désormais, un décès est enregistré pour 18 arrivées.
Ce risque accru dessine en creux un paradoxe, puisque les flux migratoires n’ont jamais été aussi faibles depuis quatre ans. Cette année, près de 74 000 personnes sont arrivées en Europe par la mer, principalement par l’Espagne, l’Italie et la Grèce. En 2017, elles étaient plus de 172 000, ce qui représentait déjà une baisse considérable par rapport aux quelque 363 000 arrivées enregistrées en 2016 et du million d’arrivées de 2015.
« La situation est tout à fait gérable », répète Vincent Cochetel, envoyé spécial pour le HCR en Méditerranée centrale. Mais depuis que l’Italie, sous l’impulsion de son ministre de l’intérieur Matteo Salvini, a refusé, en juin, d’accueillir l’Aquarius avec 630 migrants à son bord, ses ports sont fermés aux humanitaires et les Etats membres se déchirent sur l’accueil des migrants.

        Le décryptage des Décodeurs  :
         

          Un pays a-t-il le droit de fermer ses ports aux bateaux secourant les migrants ?



« Cas par cas »
« Désormais, chaque sauvetage en mer donne lieu à des négociations au cas par cas qui peuvent durer des semaines jusqu’à ce qu’une solution de débarquement soit trouvée », constate Céline Schmitt, porte-parole du HCR en France. L’été a été jalonné de ces crises. Fin août, c’est un navire des gardes-côtes italiens – le Diciotti – qui a été bloqué pendant cinq jours dans le port sicilien de Catane, avec 150 migrants à son bord.

   


Cette incertitude pourrait avoir des répercussions plus insidieuses. « Notre crainte, c’est que, compte tenu du manque de prévisibilité des débarquements, des bateaux commerciaux ne répondent pas aux appels de détresse, confie Vincent Cochetel. Nous avons des informations précises en provenance du MRCC Rome [centre de coordination de sauvetage maritime] selon lesquelles des bateaux éteignent leur système anticollision pour ne pas être sollicités pour des opérations de sauvetage. Les armateurs et les compagnies n’ont pas envie de s’embarrasser et optent pour la politique de l’autruche. »
Pendant ce temps, les navires humanitaires ont subi de multiples entraves. A l’heure actuelle, et depuis près de trois semaines déjà, aucun ne patrouille en Méditerranée centrale. Une situation inédite par sa durée. Les deux navires de l’ONG allemande Sea Watch sont bloqués à Malte, de même que celui de l’ONG allemande Lifeline. L’ONG espagnole Proactiva, dont les navires sont actuellement amarrés à Barcelone, a annoncé fin août qu’elle abandonnait la Libye et patrouillerait, désormais, entre l’Espagne et le Maroc.

        Le constat :
         

          En Méditerranée, les opérations de sauvetage des ONG de plus en plus compliquées



« Maltraitances »
« Les intenses campagnes de criminalisation des ONG en Méditerranée centrale et la mise en marche de politiques inhumaines ont provoqué non seulement la fermeture des ports d’Italie et de Malte, mais aussi la paralysie de nombreuses organisations humanitaires de sauvetage, ainsi que l’augmentation du flux migratoire vers le sud de l’Espagne », a justifié l’ONG dans un communiqué. « Le désengagement des ONG signifie qu’il y a moins de capacité de recherche et de sauvetage d’embarcations en situation de détresse », s’inquiète Vincent Cochetel. En 2017, près de 39 000 personnes avaient été sauvées grâce à ces opérations humanitaires.

        Notre analyse :
         

          « Le gros des opérations de secours est fait par des navires marchands ou militaires »



Les gardes-côtes libyens sont devenus les premiers acteurs au large des côtes libyennes. Depuis le début de l’année, ils ont intercepté plus de 13 000 réfugiés. « Mais ils ont des moyens limités, rappelle Céline Schmitt. Et de toute façon, ils n’offrent pas de port sûr de débarquement après un sauvetage en mer », en raison des « graves maltraitances » que risquent les migrants. Le pays, dont la capitale est en proie à des combats armés depuis plusieurs semaines, ne dispose pas de système d’asile et les migrants sont placés dans des centres de détention.
Pendant ce temps, malgré un engagement en ce sens, les Etats européens ne se sont toujours pas mis d’accord sur un mécanisme de répartition des migrants sauvés en mer.
C’est dans ce contexte particulièrement dégradé que l’Aquarius, actuellement à quai à Marseille, prépare une nouvelle campagne de recherche et de secours. Le Monde rembarque à son bord.

   





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-13"> ¤ Les descentes de police et les fermetures d’églises se multiplient sous Xi Jinping, qui entend « siniser » les religions.
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Le pouvoir chinois multiplie les pressions sur les chrétiens

Les descentes de police et les fermetures d’églises se multiplient sous Xi Jinping, qui entend « siniser » les religions.



LE MONDE
 |    14.09.2018 à 10h50
    |

            Frédéric Lemaître (Hongkong, envoyé spécial)








                        



                                


                            

La sanction est tombée comme un couperet. Après le refus d’un pasteur d’installer des caméras de surveillance, à la demande de la police, à l’intérieur de son église, plusieurs dizaines de policiers font irruption dans le bâtiment, le vandalisent, et en expulsent les fidèles avant de le fermer. Jusqu’à cette intervention du dimanche 9 septembre, l’Eglise de Sion, au nord de Pékin, accueillait chaque semaine plus d’un millier de fidèles. Mais ce temple protestant, créé en 2007, n’était pas reconnu par les autorités. Son propriétaire avait par ailleurs refusé de renouveler son bail à la fin du mois d’août.
La répression dont elle fait l’objet est loin d’être une exception. Depuis quelques mois, les attaques des autorités contre les églises se multiplient. « C’est dans la province du Henan que la situation semble la pire », confie, à Hongkong, un militant qui veut rester anonyme pour pouvoir continuer à passer en Chine continentale aider les chrétiens.
Dans cette province où habitent de nombreux catholiques, des prêtres ont affirmé au printemps avoir été obligés par les autorités de fournir la liste des fidèles. Une circulaire interdit l’entrée des lieux de culte aux mineurs, une autre impose la présence du drapeau chinois en permanence dans les églises. L’association américaine China Aid affirme que dans trois villes de cette province, Zhengzhou, Nanyang et Yuzhou, des croix ont été détruites, et un grand nombre d’églises fermées. « Plusieurs dizaines », confirme notre interlocuteur à Hongkong. Bien plus au sud, à Canton, un pasteur et cinq fidèles ont été arrêtés, le 2 septembre, alors qu’ils lisaient la Bible.
« Le christianisme est préjudiciable »
Les destructions de croix ou les démolitions d’églises ne sont pas une nouveauté. Entre 12 000 et 17 000 croix auraient été arrachées dans la seule province du Zhejiang (au sud de Shanghaï) entre 2014 et 2015. Mais le phénomène semble s’accélérer. Un règlement entré en vigueur...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-14"> ¤ Le nombre de plaintes pour viol et agression sexuelle augmente, mais, depuis l’affaire d’Outreau, les exigences en matière de preuves sont plus fortes
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Article sélectionné dans La Matinale du 13/09/2018
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En dix ans, le nombre de personnes condamnées pour viol a chuté de 40 %

Le nombre de plaintes pour viol et agression sexuelle augmente, mais, depuis l’affaire d’Outreau, les exigences en matière de preuves sont plus fortes



LE MONDE
 |    14.09.2018 à 06h46
 • Mis à jour le
14.09.2018 à 10h42
    |

            Jean-Baptiste Jacquin








                        



                                


                            

Le constat a de quoi surprendre. Le nombre de condamnations pour viol par la justice française a chuté de quelque 40 % en dix ans, selon le service statistiques de la chancellerie. De 1 652 condamnations par les cours d’assises pour ce crime en 2007, dont 1 350 pour viol aggravé, on est tombé à 1 003 condamnations en 2016, dont 851 pour viol aggravé, selon des données publiées le 6 septembre, sans la moindre explication.
La libération de la parole sur ces infractions, alors que la police estime pourtant que seule une victime de viol sur dix porte plainte, serait-elle une vue de l’esprit ? Ou la justice serait-elle sourde aux appels des gardes des sceaux successifs à une répression plus sévère de ce fléau ?
Le contraste apparaît saisissant comparé avec l’évolution rigoureusement inverse du nombre de plaintes pour viol enregistrées par la police ou la gendarmerie : 14 130 personnes se sont déclarées victimes de tels faits en 2016, soit 40 % de plus en dix ans (un pourcentage calculé par nos soins à prendre avec précaution puisque la méthode de comptage du ministère de l’intérieur a changé au cours de la période).

Aucun des magistrats contactés, au siège comme au parquet, pour réagir à ces chiffres-chocs ne semblait avoir conscience d’une baisse nationale du nombre de sanctions pour ce crime, et encore moins de son ampleur. Cette tendance n’a rien d’un accident statistique, elle frappe par sa régularité sur la période. Le phénomène aurait une origine multifactorielle.
Tendance contre-intuitive
Il serait tentant d’y voir la marque de la « correctionnalisation » dont les parquets et les juges d’instruction usent depuis quelques années. En déqualifiant des faits de viols – un crime – en agression sexuelle – un délit –, les magistrats orientent la procédure vers les juges professionnels du tribunal correctionnel, réputés moins sensibles au doute que les jurés d’assises, lorsque le dossier ou la personnalité de la victime comporte...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-15"> ¤ Les contribuables ont jusqu’au samedi 15 septembre inclus pour gérer leurs options de prélèvement à la source. Par ailleurs, les foyers qui bénéficient de certains crédits d’impôts percevront un acompte en janvier 2019.
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Derniers ajustements avant le prélèvement à la source

Les contribuables ont jusqu’au samedi 15 septembre inclus pour gérer leurs options de prélèvement à la source. Par ailleurs, les foyers qui bénéficient de certains crédits d’impôts percevront un acompte en janvier 2019.



LE MONDE
 |    14.09.2018 à 06h00
    |

                            Nathalie Cheysson-Kaplan








                        



                                


                            

A moins d’un nouveau coup de théâtre, le prélèvement à la source devrait bel et bien voir (enfin) le jour au 1er janvier 2019. Le taux auquel le prélèvement sera effectué ainsi que le montant des acomptes qui seront prélevés directement par l’administration fiscale sur le compte bancaire des contribuables qui perçoivent des revenus « sans organisme collecteur » (revenus fonciers, revenus d’une activité non salariée) figure sur la dernière page de la déclaration de revenus reçue ces dernières semaines.

Les contribuables ont jusqu’au samedi 15 septembre inclus pour gérer leurs options de prélèvement à la source, afin que celles-ci soient prises en compte dès janvier 2019. Après cette date, il sera trop tard : le taux indiqué sur la déclaration de revenus sera transmis par l’administration fiscale aux organismes collecteurs, à compter du 18 septembre. Les contribuables devront attendre la mise en place du prélèvement à la source pour pouvoir modifier leurs options, lesquelles seront prises en compte au plus tard le troisième mois suivant leur demande.
Taux individualisés
S’ils n’ont pas déjà exercé cette option, les couples mariés et pacsés ont ainsi jusqu’à cette date pour demander l’application de taux individualisés en fonction des revenus de chacun. Chacun des conjoints peut faire la démarche dans son propre espace personnel sur www.impots.gouv.fr à l’aide de ses identifiants (pour chaque déclarant, ils sont indiqués sur l’avis d’imposition).

S’ils le souhaitent, les contribuables peuvent également demander à ce que le taux de leur foyer fiscal ne soit pas transmis à leur employeur. Cette option est personnelle : au sein d’un couple, si chacun des conjoints ou partenaires veut l’exercer, il doit en faire la demande à partir de son propre espace personnel. Le prélèvement sera alors effectué sur la base d’un taux neutre issu d’une grille de taux croissants avec le niveau de revenus.
Mais attention,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-16"> ¤ La ville a mis aux enchères des dizaines de milliers de maisons pour non-paiement des impôts fonciers. De nombreuses familles, noires pour l’essentiel, risquent de se retrouver à la rue.
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Article sélectionné dans La Matinale du 13/09/2018
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Dix ans après Lehman Brothers : le quatrième fléau de Detroit, les expulsions fiscales

La ville a mis aux enchères des dizaines de milliers de maisons pour non-paiement des impôts fonciers. De nombreuses familles, noires pour l’essentiel, risquent de se retrouver à la rue.



LE MONDE
 |    14.09.2018 à 04h42
 • Mis à jour le
14.09.2018 à 16h47
    |

            Arnaud Leparmentier (Detroit, envoyé spécial)








                        



                                


                            

Lorsqu’elle a déménagé de New York à Detroit, dans le Michigan, en 2009, Tate Osten était en terre de mission avec son conjoint, l’artiste Tim White-Sobieski. « C’était une ville fantôme. Nous pensions naïvement que nous pourrions changer Detroit par l’invasion artistique. Nous avions l’exemple de Chelsea et de Soho, à New York », confie cette consultante artistique née à Saint-Pétersbourg (Russie).
Le couple s’est lancé dans l’aventure. Il a ouvert une galerie dans une ancienne banque, baptisée « Kunsthalle », et racheté une belle demeure de 450 mètres carrés construite en 1912 par un architecte de renom, Hans Gehrke.
Presque une décennie plus tard, tout n’est pas complètement allé comme prévu. Après quelques expositions, la Kunsthalle a été revendue. « Nous n’étions pas soutenus par les aides locales », confie Tate Osten. Tim White-Sobieski est parti à Berlin chercher l’inspiration artistique. Et Mme Osten, 57 ans, a transformé sa maison en bed & breakfast, mais projette d’en faire une galerie. « Nous ne sommes pas venus pour l’immobilier », confie-t-elle.

Quadruple choc
Paradoxalement, sur ce plan, les affaires ont prospéré. La Kunsthalle a été revendue 250 000 dollars (214 000 euros). « En cinq ans, la valeur a décuplé », raconte Mme Osten. Quant à la maison, elle a été acquise, en septembre 2012, pour 15 900 dollars, lors d’une vente aux enchères, parce que le propriétaire avait un arriéré d’impôts locaux de 12 900 dollars. Il a fallu faire des travaux – 60 000 dollars –, mais la maison vaudrait aujourd’hui 350 000 dollars, selon l’agence Zillow. Le groupement immobilier met toutefois en garde sur la pertinence de son évaluation, tandis que la taxe foncière est calculée sur une valeur de 57 000 dollars. Il n’empêche, ceux qui ont pris le risque de faire le choix de Detroit s’en sortent.
Dix ans après la crise, la cité automobile renaît, après...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-17"> ¤ Ils collaient des stickers sur les vitrines de la Société générale de la rue du Temple à Paris lorsqu’ils ont été arrêtés.
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Huit militants d’Attac et d’EELV en garde à vue

Ils collaient des stickers sur les vitrines de la Société générale de la rue du Temple à Paris lorsqu’ils ont été arrêtés.



LE MONDE
 |    14.09.2018 à 02h46
 • Mis à jour le
14.09.2018 à 08h04
   





                        


Cinq militants d’Attac et trois d’EELV ont été interpellés, jeudi 13 septembre dans la soirée, alors qu’ils collaient des stickers sur les vitrines de la Société générale de la rue du Temple à Paris et placés en garde à vue, a-t-on appris auprès de l’organisation.
Dans un communiqué, l’Association pour la taxation des transactions financières et pour l’action citoyenne (Attac) a fait savoir que ces militants participaient à une action organisée « dans le cadre d’une mobilisation européenne #10YearsOn à l’occasion des dix ans de la chute de la banque d’affaire Lehman Brothers ».
En l’occurrence, les huit militants parisiens collaient des stickers sur les vitrines de la banque. « Ces stickers donnent le nombre de sociétés offshore, créées par les banques visées par cette action, la Société générale, HSBC, le Crédit agricole et BNP Paribas, et le montant de leurs investissements dans les énergies fossiles », a déclaré Wilfried Maurin, responsable des campagnes d’Attac France joint par l’AFP vendredi.
Demande de libération
Conduits au commissariat du 4e arrondissement dans un premier temps, les manifestants ont été placés en garde à vue dans différents commissariats parisiens faute de place, a précisé M. Maurin.
« Alors que les grandes banques visées organisent l’évasion fiscale et financent des projets climaticides, ce sont des militants associatifs dénonçant cette situation qui sont emmenés par la police. Mais qui sont les vrais délinquants ? », s’indigne l’organisation altermondialiste dans son communiqué en demandant la libération immédiate des huit militants.
Le 15 septembre, une nouvelle manifestation d’Attac est programmée dans plusieurs villes européennes « pour célébrer les dix ans de la chute de Lehman Brothers », la banque d’investissement multinationale, dont la faillite en 2008 est devenue, selon Attac, le symbole « des dérives du capitalisme ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-18"> ¤ L’avocat général a requis sept ans de prison et douze ans de réclusion criminelle contre les deux principaux accusés, jeudi. La cour d’assises de Paris rend son verdict vendredi.
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Au procès Méric, le jury face à deux questions cruciales

L’avocat général a requis sept ans de prison et douze ans de réclusion criminelle contre les deux principaux accusés, jeudi. La cour d’assises de Paris rend son verdict vendredi.



LE MONDE
 |    14.09.2018 à 02h18
 • Mis à jour le
14.09.2018 à 15h25
    |

            Yann Bouchez








                        



                                


                            

Leur tâche s’annonce ardue. Et elle risque de nécessiter du temps, car les questions en suspens ne manquent pas. A l’issue de délibérations à la durée incertaine, les trois magistrats professionnels et les six jurés qui composent le jury de la cour d’assises de Paris doivent rendre leur verdict, vendredi 14 septembre, sur le cas des trois skinheads d’extrême droite impliqués dans la rixe lors de laquelle Clément Méric est mort, le 5 juin 2013.
Faute d’images de vidéosurveillance incontestables devant l’église Saint-Louis-d’Antin, dans le 9e arrondissement de Paris, où le militant antifasciste de 18 ans est tombé, faute aussi d’expertises médicales concordantes, l’essentiel du dossier d’instruction reposait sur des témoignages nombreux mais souvent incomplets et contradictoires.
Les huit journées d’audience de ce procès n’ont pas permis de lever les inconnues concernant le déroulement exact de l’affrontement. « Les débats n’ont pas été faciles, non pas qu’ils n’aient pas été sereins, mais les faits remontent à cinq ans », a résumé Me Michel Tubiana, avocat de deux parties civiles.
Echanges de coups
Jeudi, Rémi Crosson du Cormier, l’avocat général, a requis douze ans de réclusion criminelle à l’encontre d’Esteban Morillo et sept ans de prison contre Samuel Dufour. Les jeunes hommes, 25 ans désormais, sont accusés de coups mortels en réunion et avec arme, circonstances aggravantes. Si le premier a reconnu avoir asséné deux coups de poing mortels, le second a toujours nié avoir frappé le jeune étudiant, tout en reconnaissant des échanges de coups avec un autre « antifa » qui l’a d’ailleurs dédouané de toute attaque sur Clément Méric.
Une peine de quatre ans de prison dont deux avec sursis a été demandée contre Alexandre Eyraud. Le troisième accusé, présent sur la rixe, réfute avoir donné le moindre coup – ce qu’ont confirmé les différents témoignages depuis le début du procès.
« Il...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-19"> ¤ Si le principe d’une loterie est bien vu dans les communes, son produit ne compensera en rien les financements de l’Etat, des mécènes et entreprises.
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Un loto pour booster les Journées européennes du patrimoine

Si le principe d’une loterie est bien vu dans les communes, son produit ne compensera en rien les financements de l’Etat, des mécènes et entreprises.



LE MONDE
 |    14.09.2018 à 01h54
 • Mis à jour le
14.09.2018 à 09h10
   





                        



   


Les Journées européennes du patrimoine vont pour la première fois être accompagnées par le tirage d’un loto dont les bénéfices doivent aider à financer sa mise en valeur. Mais un projet de loi diminuant le contrôle de l’Etat sur les chantiers inquiète ses défenseurs.
Comme chaque année, une multitude d’initiatives sont prévues, samedi 15 et dimanche 16 septembre, pour permettre au grand public d’explorer des univers inconnus. Parmi elles, des visites des studios de Radio France ou du ministère de l’économie et des finances à Bercy (en présence des ministres). A l’hôtel de Montmorin, qui abrite le ministère des outre-mer, jeunes et moins jeunes pourront expérimenter des escape games dans un des rares bunkers parisiens de la seconde guerre mondiale.
La mission confiée par le président Emmanuel Macron à l’animateur Stéphane Bern participe aussi à médiatiser ces Journées.
Un loto et un jeu de grattage ont, par ailleurs, été lancés pour contribuer à restaurer dix-huit monuments « emblématiques » en péril, sur quelque 270 sélectionnés. Les premiers chèques seront remis samedi aux communes concernées.
Selon Stéphane Pallez, PDG de la Française des jeux (FDJ), sur les 12 millions de tickets du jeu à gratter « Mission patrimoine », vendus 15 euros pièce depuis le 3 septembre, « 2,5 millions ont déjà été vendus, soit plus de 20 %, ce qui est le signe que ce jeu rencontre un grand succès ».
Loi ELAN en jeu
La ministre de la culture, Françoise Nyssen, a donné jeudi le coup d’envoi des Journées en se rendant au Mobilier national, dans le 13e arrondissement de Paris, dont les réserves seront ouvertes pour la première fois au public. Elle a répondu aux critiques sur les engagements de l’Etat : « 326 millions d’euros par an pour la restauration du patrimoine ne sont pas une goutte d’eau. » L’intérêt des Français pour leur patrimoine « semble avoir été entendu en haut lieu », s’était, de son côté, félicité Stéphane Bern, mercredi, interrogé par l’AFP.
Il y a quelques jours, l’animateur proche du couple Macron avait pourtant menacé de quitter sa mission à la fin de l’année s’il n’était qu’un « cache-misère ». En jeu, la future loi évolution du logement et de l’aménagement du numérique (ELAN), qui risque d’affaiblir le contrôle de l’Etat en limitant le rôle des Architectes des bâtiments de France (ABF), chargés de donner leur avis aux maires dans les aménagements ou destructions de sites.
M. Bern « garde donc espoir (…) que certains points qu’il a souhaité soulever [comme l’article de la loi ELAN sur l’avis conforme des ABF] et qui peuvent poser problème, soient revus tant qu’il en est encore temps », a-t-il déclaré.
Architectes qui se paupérisent
L’ancien ministre de la culture Jack Lang, à l’origine des Journées du patrimoine, s’inquiète aussi d’un projet qui « retire du pouvoir » aux architectes, alors qu’ils « se paupérisent ». « On a parfois l’impression, confie-t-il à l’AFP, que les banques et les sociétés privées deviennent les urbanistes : on leur livre les entrées des villes, les mobiliers urbains », ajoute-t-il, regrettant que « l’on ne soit pas suffisamment protecteur à l’égard du patrimoine du XXe siècle ».
L’ancien ministre proche de François Mitterrand fait aussi confiance à Emmanuel Macron, « qui peut proposer une ambition nationale pour la préservation de l’histoire d’hier et du patrimoine de demain ».
Pour Alexandre Gady, président de Sites et monuments, les Journées du patrimoine sont, cependant, une nouvelle illustration du « en même temps » d’Emmanuel Macron. Le projet ELAN « empêchera le ministère de la culture de s’opposer à la dénaturation et à la démolition d’édifices patrimoniaux en péril. Le loto occulte ainsi médiatiquement l’essentiel », accuse-t-il. M. Gady y voit une offensive des lobbys économiques pour « relancer le BTP ». « On pourrait se priver de quartiers entiers » dans les villes, affirme-t-il à l’AFP.
Si le loto est plutôt bien vu dans les communes, il ne compensera en rien les financements des mécènes, de l’Etat et des entreprises. Mais les films de deux minutes diffusés chaque soir après le journal télévisé de France 2 ont connu un fort impact et sont un format facile à reproduire sur les réseaux sociaux. Vanessa Colas, chargée de mission pour le Fort-Cigogne de Fouesnant (Finistère), souligne ainsi l’effet immédiat du spot diffusé le 3 septembre sur le site breton : « Depuis lors, les dons et promesses de dons affluent. »
Dans les bureaux de tabac de Bretagne, une carte affiche quatorze sites nécessitant une restauration dans la région : la mission Bern « permet de mobiliser des personnes qui n’étaient pas au courant », souligne-t-elle.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-20"> ¤ Le tribunal administratif de Toulouse a confirmé mardi que les habitants de Blagnac pouvaient fermer leur porte aux installateurs. Mais ce n’est pas nouveau.
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Non, la justice n’autorise pas les usagers à refuser les compteurs Linky

Le tribunal administratif de Toulouse a confirmé mardi que les habitants de Blagnac pouvaient fermer leur porte aux installateurs. Mais ce n’est pas nouveau.



LE MONDE
 |    13.09.2018 à 21h57
 • Mis à jour le
14.09.2018 à 08h02
    |

            Anne-Aël Durand








                        



Des centaines de communes ont pris des arrêtés contre la pose du compteur Linky, et le tribunal administratif de Toulouse a partiellement validé celui de la ville de Blagnac autorisant les usagers à « refuser ou accepter l’accès à leur logement ou propriété » et à « refuser ou accepter que les données collectées par le compteur soient transmises à des tiers partenaires ». Cela signifie-t-il pour autant qu’un particulier peut refuser d’avoir un compteur Linky ? Pas exactement.
Les compteurs n’appartiennent pas aux usagers
Qu’il soit situé dans une habitation, sur un palier d’immeuble ou à l’extérieur d’une maison, le compteur d’électricité n’est pas la propriété de l’usager. Il appartient aux collectivités locales, qui sont les autorités organisatrices de la distribution d’électricité et de gaz. Mais l’entretien a été délégué à Enedis (ex-ERDF) qui est le gestionnaire du réseau, dans le cadre d’une concession.
Pour se mettre en conformité avec une directive européenne de 2009, transposée dans le code de l’énergie en 2015, Enedis a entrepris de remplacer les 35 millions de compteurs français par des compteurs communicants Linky, dotés de nouvelles fonctionnalités, notamment le relevé à distance des consommations. La pose est gratuite et sera réalisée progressivement chez les particuliers jusqu’en 2021.
Certains usagers s’inquiètent des ondes émises par l’appareil, des données qui seront collectées, ou même de l’intérêt économique de l’opération, mais ils n’ont pas le droit de s’opposer au renouvellement d’un matériel qui ne leur appartient pas.
Les communes sont « incompétentes » sur ce sujet
Des centaines de communes de toutes tailles (685 selon un comptage des opposants au compteur Linky) ont voté des délibérations ou ont pris des arrêtés contre ces installations. Mais ces textes finissent le plus souvent par être suspendus ou annulés par la justice.
Ainsi, le tribunal administratif de Toulouse, estimant qu’un maire était « incompétent » pour prendre une telle décision, a suspendu l’article 2 de l’arrêté du maire de Blagnac, qui permettait aux Blagnacais de refuser la pose dudit compteur par lettre simple.
Dans les habitations, le droit de propriété continue à s’appliquer
Même si le cadre théorique est le même pour tous, la situation diffère selon l’endroit où est le compteur.
S’il est à l’intérieur de l’habitation, les installateurs de compteurs Linky ne peuvent pas le poser sans l’accord du propriétaire ou de l’occupant. L’arrêté du maire de Blagnac ne fait d’ailleurs que rappeler le principe du respect de la propriété privée. « Il est nécessaire de convenir d’un rendez-vous, afin que le technicien puisse avoir accès à l’installation. Si les gens ne donnent pas suite à nos demandes, il est clair que nous ne pouvons pas procéder à la mise en place du nouveau compteur », assurait le porte-parole d’Enedis, Bertrand Lassus, lors d’une audition à l’Assemblée nationale en 2017. Certains usagers se plaignent toutefois de l’insistance des installateurs, dont les appels et passages répétés sont parfois perçus comme du harcèlement.S’il est à l’extérieur, dans une partie commune ou dans la rue, Enedis peut toujours, à Blagnac comme ailleurs, installer un compteur Linky sans autorisation préalable. Certains opposants bloquent l’accès au compteur, par des grilles ou des cadenas. Mais cette pratique est illégale, puisque le compteur ne leur appartient pas, et dangereuse, car le gestionnaire du réseau est empêché d’intervenir s’il y a une panne ou un problème électrique. Il est également condamnable de s’en prendre physiquement aux installateurs.
Des risques flous en cas de refus
Le compteur Linky est obligatoire, mais, dans les faits, aucune sanction n’est prise à l’encontre de particuliers qui le refusent, ni amende ni intervention des forces de l’ordre dans l’immédiat.
A plus long terme, des questions juridiques peuvent se poser, selon Nicolas Mouchnino, chargé de mission énergie et environnement à l’UFC-Que choisir : « Dans le contrat de fourniture, Enedis est gestionnaire du compteur, il l’entretient et le change, mais si on refuse un compteur Linky, on ne respecte pas ce contrat. Il y a un risque juridique qu’Enedis coupe l’électricité aux consommateurs. La direction a assuré qu’elle ne le ferait pas, mais elle peut changer d’avis à tout moment. » En matière d’assurances, on ne sait pas non plus ce qu’il adviendra si un ancien compteur qui aurait dû être changé dysfonctionne et provoque des dégâts dans une habitation.
Une fois l’ensemble des poses terminé, les usagers qui auront refusé un compteur Linky devront sans doute payer la relève manuelle de leur consommation, qui est actuellement intégrée dans l’abonnement. Selon la Commission de régulation de l’énergie (CRE), jointe par Le Monde, « cela va entraîner des coûts plus importants, car, avant, la relève se faisait dans toute la ville ou le village, alors qu’ensuite, les techniciens se déplaceront dans des endroits disparates ». Mais aucune décision n’a encore été prise à ce sujet.



                            


                        

                        

