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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-1"> ¤ Il a fallu attendre les années 1990, et plus encore sa mort, pour que ses compatriotes prennent définitivement conscience de l’importance historique du réalisateur.
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Ingmar Bergman en Suède : une personnalité controversée et un cinéaste méconnu

Il a fallu attendre les années 1990, et plus encore sa mort, pour que ses compatriotes prennent définitivement conscience de l’importance historique du réalisateur.



LE MONDE
 |    14.09.2018 à 17h24
 • Mis à jour le
14.09.2018 à 17h28
    |

            Anne-Françoise Hivert (Malmö (Suède), correspondante régionale)








                        



                                


                            

Dans les années 1970, ­Maaret Koskinen, spécialiste d’Ingmar Bergman, étudiait au Canada. A l’époque, se souvient-elle, l’œuvre du cinéaste « faisait naturellement partie des cours proposés aux étudiants en ­cinéma » outre-Atlantique. Mais en Suède, rien de tel. Il a fallu attendre la fin des années 1990, et même plus tard parfois, pour que les grandes universités commencent à l’inscrire au programme. Maaret Koskinen, pour sa part, a signé la première thèse de doctorat lui étant consacrée, en 1993.

Si Bergman a depuis longtemps un statut de monstre sacré du ­cinéma à l’étranger, ses concitoyens continuent d’éprouver des sentiments ambivalents à son égard. Pour une majorité de Suédois, qui trouvent son art « difficilement abordable », constate la professeure de cinéma, il a « aussi peu d’importance aujourd’hui qu’avant ». Pour les initiés, c’est différent : « Beaucoup commencent à réaliser l’importance qu’on lui accorde à l’étranger. » Les célébrations du centenaire de sa naissance, en 2018, ont eu le mérite de le montrer une fois de plus.
La prise de conscience a eu lieu après sa mort, le 30 juillet 2007, quand « des journaux comme le New York Times ou Le Monde en ont fait leur “une” », observe Jan Holmberg, président de la Fondation Bergman, à Stockholm. Parce que, dit-il, « personne n’est prophète en son pays et encore moins dans un tout petit pays comme la Suède », la réputation de Bergman y était jugée « surestimée », basée sur un malentendu.
Manque d’engagement politique
A l’étranger, Bergman est considéré comme un cinéaste suédois qui « dépeint la société scandinave ». Les Suédois, au contraire, « estiment que ses films n’ont rien à voir avec eux et l’identité suédoise », explique Jan Holmberg. En pleine expansion, le royaume souhaite projeter à l’extérieur l’image d’une société florissante, œuvrant à l’épanouissement...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-2"> ¤ La Commission européenne propose de renoncer au changement d’heure biannuel, quitte à compliquer les échanges entre les pays membres, en les laissant libre de leur choix.
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Heure d’été ou heure d’hiver : Bruxelles veut laisser le champ libre aux Etats membres

La Commission européenne propose de renoncer au changement d’heure biannuel, quitte à compliquer les échanges entre les pays membres, en les laissant libre de leur choix.



LE MONDE
 |    14.09.2018 à 16h03
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)








                        



                                


                            

Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, avait surpris tout le monde, y compris à Bruxelles, en annonçant le 31 août la fin à venir du changement d’heure d’été (ou d’hiver). Alors qu’une consultation publique lancée sur le sujet un mois et demi plus tôt par la Commission, n’avait même pas fini d’être complètement analysée.
Vendredi 14 septembre, peine quinze jours plus tard, la commissaire aux transports, Violeta Bulc, a rendu public le projet de directive déclinant le projet de son président et amendant un texte de 2001. Selon son article 1, « les pays membres ne doivent plus appliquer de changements d’heures saisonniers ».
Depuis les années 1970, les Etats européens ont tous adopté des changements d’heure biannuels : à l’époque, les gouvernements étaient surtout motivés par les économies d’énergie que ces modifications étaient censées apporter. La directive de 2001 a unifié ces changements bi-annuels, afin que dans le marché intérieur, tous les pays passent à « l’heure d’été » ou à « l’heure d’hiver » au même moment.
Les horloges avancent donc d’une heure, à 2 heures du matin, le dernier dimanche de mars, et reculent d’une heure à 1 heure du matin, le dernier dimanche d’octobre. De sorte que la clarté se prolonge en soirée durant l’été et que la nuit « tombe » plus vite à l’automne.

Si la nouvelle directive est adoptée par les colégislateurs que sont le Parlement européen et le Conseil (les Etats membres) avant la fin de cette année – c’est l’objectif de la Commission –, les Etats membres devront notifier à la Commission, avant le 1er avril 2019, s’ils choisissent de fixer définitivement leurs horloges sur l’heure d’été, après avoir basculé une dernière fois le dernier dimanche de mars 2019. Ou si au contraire, ils préfèrent adopter l’heure d’hiver toute l’année, et donc, changer encore, mais pour la dernière fois, le dimanche 27 octobre 2019.
A noter que la Commission a...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-3"> ¤ A 94 ans, la rescapée d’Auschwitz refuse de se laisser intimider. Elle se bat pour l’interdiction des mouvements néonazis et s’inquiète de la progression de l’extrême-droite qui a obtenu 17,6 % des voix aux élections législatives du 9 septembre.
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Hédi Fried, fer de lance contre les néonazis suédois


                      A 94 ans, la rescapée d’Auschwitz refuse de se laisser intimider. Elle se bat pour l’interdiction des mouvements néonazis et s’inquiète de la progression de l’extrême-droite qui a obtenu 17,6 % des voix aux élections législatives du 9 septembre.



LE MONDE
 |    14.09.2018 à 14h20
 • Mis à jour le
14.09.2018 à 18h16
    |

            Anne-Françoise Hivert (Malmö (Suède), correspondante régionale)








   


Elle a 94 ans et elle est fatiguée. Pourtant, partout où les néonazis suédois défilent, la frêle nonagénaire se dresse sur leur passage. A Stockholm, quand le Mouvement de la résistance nordique (NMR) marche dans les rues de la capitale, le 25 août. A Ludvika, bastion des néonazis, dans la province de Dalécarlie, le 1er septembre. Figure de proue de la lutte contre l’extrême droite en Suède, toujours en première ligne, Hédi Fried refuse de se laisser intimider. Le combat est trop important. Elle le sait mieux que quiconque, elle qui survécut aux camps d’Auschwitz et de Bergen-Belsen.
« Je leur ai dit de rester fermes sur leurs positions, de ne pas lâcher ni faire de concessions, parce que c’est comme cela que les SD progressent. » Hédi Fried
Avant les élections du 9 septembre, la psychologue d’origine roumaine a invité les leaders politiques du pays chez elle, pour boire le café et manger de la smörgåstårta – un pain-surprise au poisson et à la mayonnaise. Ils ont tous défilé dans son appartement stockholmois. « Je leur ai dit de rester fermes sur leurs positions, de ne pas lâcher ni faire de concessions, parce que c’est comme cela que les SD [Sverigedemokraterna, Démocrates de Suède] progressent. »
Si le parti d’extrême droite n’est pas parvenu à devenir la deuxième force politique du royaume à l’issue du scrutin, il a rassemblé 17,6 % des voix (contre 12,9 % en 2014), plongeant la Suède dans une période d’instabilité politique. Hédi Fried avait mis en garde dès 2010, quand la formation nationaliste était entrée au Parlement, regrettant que ses militants soient vus comme « des cinglés » au lieu de reconnaître « le défi que ce parti pose pour la démocratie ».

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                Les néonazis suédois privés de liberté d’expression ?



Dans les tribunes qu’elle signe régulièrement dans la presse suédoise, elle mentionne souvent l’Allemagne des années 1930 : le « glissement des normes dans la société », la « déshumanisation » de certains groupes, la « minimisation » des mouvements extrêmes, l’absence de solides alternatives… Son expérience rend le propos difficile à ignorer, dans une nation qui n’a pas connu la guerre depuis deux cents ans.
D’Auschwitz à Bergen-Belsen
Hédi Fried est née en 1924, à Sighet, dans le nord-ouest de la Roumanie, de parents juifs. Elle avait 6 ans, quand un maître d’école la fait se tenir bras en croix, « sale juive » dans sa robe souillée, au milieu de la cour d’école. Elle a une quinzaine d’années, quand le garçon qui lui plaît lui crache à la figure. 20 ans, quand elle se retrouve parquée dans le ghetto juif de la ville, avec sa mère, son père et sa sœur.
Un mois plus tard, en mai 1944, tous montent dans un train, direction Auschwitz. A leur arrivée, les filles sont séparées de leurs parents, qu’elles ne reverront jamais. Elles y passent quelques mois, avant d’être envoyées à Hambourg, dans un camp de travail. Hédi Fried rend hommage aux prisonniers de guerre français, qui « partageaient avec nous le contenu des paquets envoyés par la Croix-Rouge et nous donnaient des nouvelles du front ».
En avril 1945, les deux sœurs sont transférées à Bergen-Belsen, où la jeune femme manque de succomber au typhus. A la Libération, des bus blancs de la Croix-Rouge les évacuent vers la Suède – un épisode important dans la mémoire collective suédoise, comme une tentative de rédemption pour une nation qui porte avec mauvaise conscience le souvenir de sa politique de neutralité pendant la guerre.

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Hédi Fried se marie avec Michael, lui aussi originaire de Sighet et survivant d’Auschwitz. Devenue psychologue, elle anime un centre pour les rescapés des camps à Stockholm. Mais son grand combat est celui de l’éducation. L’ignorance des jeunes concernant la Shoah la peine, comme si « on n’avait pas compris que ce qui s’est passé une fois peut se reproduire, encore plus facilement aujourd’hui, grâce à Internet ».
La militante se bat aussi pour l’interdiction des mouvements néonazis, régulièrement autorisés à manifester et qui ont même présenté des candidats aux dernières législatives. « Je comprends qu’on ait peur qu’ils disparaissent sous terre. Mais, aujourd’hui, ils grossissent en plein jour. Les criminaliser pourrait faire réfléchir ceux qui sont tentés de les rejoindre. » En attendant, la nonagénaire refuse de céder au pessimisme, parce que « perdre espoir est le pire qui puisse arriver. Cela mène à la passivité, et alors ils auront gagné ».



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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-4"> ¤ Selon les statistiques de l’Organisation internationale pour les migrations, le nombre d’arrivées en Europe par voie terrestre a été multiplié par sept, tandis que celles par la Méditerranée ont diminué de 42 %.
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De plus en plus de migrants privilégient la voie terrestre pour gagner l’Europe

Selon les statistiques de l’Organisation internationale pour les migrations, le nombre d’arrivées en Europe par voie terrestre a été multiplié par sept, tandis que celles par la Méditerranée ont diminué de 42 %.



LE MONDE
 |    14.09.2018 à 14h03
 • Mis à jour le
14.09.2018 à 15h49
   





                        



   


La voie maritime devenant plus difficile, les migrants sont de plus en plus nombreux à privilégier la voie terrestre pour venir en Europe.
Selon les statistiques de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) publiées vendredi 14 septembre, plus d’un cinquième des migrants irréguliers venant en Europe arrivent désormais par voie terrestre. Ainsi 17 966 personnes sont arrivées par cette voie entre janvier et la mi-septembre 2018, soit sept fois plus que les 2 464 à la même période l’année dernière.

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                Immigration : faut-il s’attendre à une « ruée vers l’Europe » ? La réponse des démographes



Cette augmentation des déplacements terrestres coïncide avec une baisse des arrivées par voie maritime, alors que la route depuis la Libye est rendue de plus en plus difficile par l’augmentation des patrouilles des gardes-côtes libyens.
Selon l’OIM, quelque 74 500 migrants sont arrivés en Europe en passant par la Méditerranée depuis le début de l’année, contre près de 129 000 l’an dernier à la même période.
50 % de Syriens, Irakiens et Afghans
Selon l’agence de l’Organisation des Nations unies, la route terrestre la plus fréquentée par les migrants irréguliers est celle allant de la Turquie vers la Grèce, où les autorités ont signalé un total de 12 166 arrivées par voie terrestre depuis le début de l’année, composées à plus de 50 % de Syriens, Irakiens et Afghans. En comparaison, la Grèce avait enregistré pendant toute l’année 2017 quelque 5 550 arrivées par voie terrestre.
Concernant les 6 000 autres migrants irréguliers arrivés en Europe depuis janvier par voie terrestre, « la plupart » sont arrivés « à Ceuta et Melilla », deux microterritoires espagnols enclavés dans le nord du Maroc, a déclaré à l’Agence France-Presse un porte-parole de l’OIM, Joël Millman.
Ces enclaves, les seules frontières terrestres de l’Union européenne avec l’Afrique, sont entourées de hautes clôtures qui sont régulièrement la cible d’« assauts » de migrants tentant d’entrer en Espagne.

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-5"> ¤ Dix-neuf ans après l’ouverture des premiers pourparlers, les négociations patinent. Les parties butent sur une série de points, notamment l’accès au marché européen du bœuf.
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Commerce  : le projet d’accord entre l’Union européenne et le Mercosur risque de nouveau l’enlisement

Dix-neuf ans après l’ouverture des premiers pourparlers, les négociations patinent. Les parties butent sur une série de points, notamment l’accès au marché européen du bœuf.



LE MONDE
 |    14.09.2018 à 13h15
 • Mis à jour le
14.09.2018 à 15h25
    |

            Marie de Vergès








                        



                                


                            

Fin janvier, Bruxelles n’y voyait plus qu’une question de « semaines ». Un accord commercial entre l’Union européenne (UE) et les pays du Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay, Uruguay) devait pouvoir être finalisé dans les plus brefs délais. Pourtant, alors qu’une énième session de négociations se tenait du lundi 10 au vendredi 14 septembre, à Montevideo, en Uruguay, la perspective d’un tel traité de libre-échange semble à nouveau s’éloigner, dix-neuf ans après l’ouverture des premiers pourparlers.
Gelé pendant des années, le projet d’accord avait été relancé tambour battant en 2016. Un sursaut étroitement lié à la volte-face protectionniste du président américain, Donald Trump. L’UE entendait capitaliser sur le vide laissé par les Etats-Unis, et s’ouvrir un meilleur accès à ces marchés à fort potentiel.
Mais la fenêtre de tir pour conclure risque de se refermer. En octobre, le Brésil doit élire un nouveau président, à l’issue d’une campagne brutale dominée par l’extrême droite. Puis les Vingt-Huit seront plongés, à leur tour, dans la préparation des élections européennes du printemps 2019, en pleine poussée des partis populistes.

« S’il y a des personnes avec des visions différentes, on pourrait se retrouver à devoir tout recommencer », a mis en garde le ministre des affaires étrangères brésilien Aloysio Nunes, début septembre, dans le Financial Times. Faute d’avancées immédiates, les discussions risquent de durer encore « cinq ou six ans », a-t-il estimé, appelant l’Europe à mettre davantage sur la table. L’UE a formulé une offre « claire et explicite », à laquelle le Mercosur se doit maintenant de répondre, lui a aussitôt répliqué le commissaire européen à l’agriculture, Phil Hogan.
« Il y a beaucoup à gagner »
Les parties butent sur une série de points, notamment l’accès au marché européen du bœuf. La proposition des Vingt-Huit, contrainte par les sensibilités des grands...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-6"> ¤ L’institut monétaire a relevé son principal taux directeur pour le porter à 24 %, avec pour objectif d’enrayer la chute de la monnaie nationale.
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La banque centrale turque soutient la livre en dépit d’Erdogan

L’institut monétaire a relevé son principal taux directeur pour le porter à 24 %, avec pour objectif d’enrayer la chute de la monnaie nationale.



LE MONDE
 |    14.09.2018 à 12h23
 • Mis à jour le
14.09.2018 à 12h24
    |

            Marie Jégo (Istanbul, correspondante)








                        



                                


                            

Conformément aux attentes des marchés et en dépit de l’opposition du président turc Recep Tayyip Erdogan, la banque centrale (Central Bank of the Republic of Turkey, CBRT) est revenue à l’orthodoxie monétaire, jeudi 13 septembre. Son principal taux directeur a été porté de 17,75 % à 24 %, soit une augmentation de 625 points de base, bien plus que ce que les analystes prévoyaient.
Espérée de longue date, cette annonce, une première depuis la réélection de M. Erdogan en tant que président aux pouvoirs illimités le 24 juin, a été accueillie positivement par les marchés. Il est urgent d’enrayer la dépréciation de la livre turque, en chute de 40 % depuis le début de l’année, laquelle alimente l’inflation (17,90 % en août) qui pèse sur les ménages. Cette normalisation de la politique monétaire survient alors que la croissance a ralenti à 5,2 % au deuxième trimestre.

En juillet, le refus de l’institut monétaire de relever son principal taux directeur, malgré l’inflation à deux chiffres, avait renforcé l’inquiétude des investisseurs quant à l’indépendance de l’institution face à un président qui se targuait de vouloir conduire seul la politique monétaire du pays.
« Regagner la confiance des marchés »
La hausse des taux intervenue jeudi « est une excellente décision », a commenté sur son compte Twitter Timothy Ash, stratégiste en chef chez Blue Bay Asset Management à Londres. « Les Turcs se sont donné l’opportunité de tenir la monnaie et de regagner la confiance des marchés. Ils peuvent sortir de cette crise sans l’aide du Fonds monétaire international et sans recourir au contrôle des changes. Le rééquilibrage sera brutal, mais grâce à ces mesures adéquates il y a désormais une voie de sortie. » Dans la foulée, la livre s’est appréciée de 5 % par rapport au dollar.
La journée avait pourtant mal commencé. Deux heures avant la réunion du comité de politique monétaire du CBRT, le président Erdogan s’était livré à son...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-7"> ¤ Les deux suspects interpellés en mars étaient en possession de matériel visant à pénétrer le réseau informatique du laboratoire de Spiez, en Suisse, associé à l’enquête sur l’empoisonnement de Sergueï Skripal.
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Affaire Skripal : deux autres espions russes ont été arrêtés aux Pays-Bas

Les deux suspects interpellés en mars étaient en possession de matériel visant à pénétrer le réseau informatique du laboratoire de Spiez, en Suisse, associé à l’enquête sur l’empoisonnement de Sergueï Skripal.



LE MONDE
 |    14.09.2018 à 12h03
 • Mis à jour le
14.09.2018 à 12h22
    |

            Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, Correspondant)








                        



   


Les quotidiens néerlandais NRC et suisse Tages-Anzeiger ont révélé, vendredi 14 septembre, que deux espions russes, sans doute membres des services de renseignement militaires (GRU), ont été arrêtés aux Pays-Bas, il y a plusieurs semaines. Ils devaient se rendre en Suisse et étaient en possession de matériel visant à pénétrer le réseau informatique du laboratoire de Spiez, près de Berne.
Celui-ci, mandaté régulièrement par l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC), procédait notamment aux analyses sur l’empoisonnement de l’ancien espion russe Sergueï Skripal et de sa fille Ioulia, le 4 mars, à Salisbury, en Angleterre. Il enquête également sur l’usage d’armes chimiques par le régime syrien.
Les deux hommes ont été arrêtés à la fin mars, comme l’a indiqué le premier ministre Mark Rutte, sans livrer de détails sur l’affaire ou l’identité des intéressés. L’opération avait été conduite par le renseignement militaire néerlandais (MIVD), en coopération avec des services européens. Le service helvétique de renseignement (NDB) a confirmé l’arrestation de deux espions. Elle a permis, indique-t-il, de prévenir « des actions illégales contre une infrastructure sensible » et résulte d’« une coopération active » avec des partenaires néerlandais et britanniques. Une enquête pénale a été ouverte dès mars par la justice suisse.
Tentative de piratage informatique
Le laboratoire de Spiez, inauguré en 2010, est rattaché à l’Office fédéral de protection de la population et est spécialisé dans l’étude des menaces nucléaires, bactériologiques et chimiques. L’OIAC lui avait confié la mission de vérifier des échantillons prélevés à Salisbury et de confirmer la possible utilisation de l’agent neurotoxique Novitchok. Deux Russes, Rouslan Bochirov et Alexandre Petrov, suspectés par Londres d’être les agents du renseignement militaire qui ont empoisonné les Skripal, ont nié, jeudi 13 septembre, être impliqués dans cette affaire. Ils ont affirmé, dans une interview à la chaîne de télévision RT – considérée comme un organe de propagande du Kremlin – qu’ils faisaient du tourisme dans la ville du Wiltshire.

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                Affaire Skripal : les suspects russes nient tout, Londres dénonce des « mensonges »



Un porte-parole du laboratoire de Spiez a indiqué pour sa part aux journalistes qu’une première tentative de piratage informatique avait été détectée « au début de l’année ». Elle n’aurait pas réussi et les responsables ont, dit-il, renforcé ensuite les systèmes de sécurité des installations. Il semble toutefois que la Russie détenait certains détails quand, le 14 avril, le ministre des affaires étrangères Sergueï Lavrov a évoqué un rapport « confidentiel » sur les analyses effectuées en Suisse.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-8"> ¤ L’Amérique technologique domine un monde de « plates-formes », qui bouleversent en profondeur tous les secteurs. La Chine est le seul vrai concurrent des Etats-Unis. L’Europe, elle, est la grande perdante de cette nouvelle donne, explique Philippe Escande, éditorialiste économique au « Monde ».
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« Il faudrait beaucoup de Dassault Systèmes pour faire exister l’Europe dans le numérique »

L’Amérique technologique domine un monde de « plates-formes », qui bouleversent en profondeur tous les secteurs. La Chine est le seul vrai concurrent des Etats-Unis. L’Europe, elle, est la grande perdante de cette nouvelle donne, explique Philippe Escande, éditorialiste économique au « Monde ».



LE MONDE
 |    14.09.2018 à 11h57
    |

            Philippe Escande








                        



                                


                            

Les crises économiques, comme tous les séismes, annoncent, d’un coup, la fin d’un monde et le commencement d’un autre. La crise de 1929 avait symbolisé le basculement dans l’ère fordiste des grandes usines et de la consommation de masse. Celle de 2008 nous a fait pénétrer dans l’âge numérique. La même année où les banques d’affaires américaines Bear Stearns, Lehman Brothers et Merrill Lynch sombraient, Apple inventait le smartphone et ses applications, qui allaient placer, dans toutes les poches, la richesse infinie de l’Internet. Non plus seulement pour s’informer ou se distraire, mais aussi pour se déplacer, acheter, trouver du travail, des amis, un logement. En 2009 était créé Uber et Airbnb, Facebook n’avait que quatre ans d’âge et les Chinois ne connaissaient pas encore WeChat, la messagerie au milliard d’abonnés.
Comme en 1929, la finance y a joué un double rôle. En rendant l’argent facile, elle a permis le développement de ce nouveau secteur à une échelle planétaire, mais elle a aussi masqué les tensions sociales et économiques, en distribuant ses crédits sans retenue. La poussière de cette crise dissipée, une société bien différente émerge. L’Amérique technologique en a profité pour asseoir sa domination sur un monde de « plates-formes », qui bouleversent en profondeur tous les secteurs. Google et Tesla bousculent l’industrie automobile, Amazon détruit le commerce traditionnel, Netflix le monde du cinéma.
L’Europe, la grande perdante
Initiateurs de la crise, les Américains doivent composer avec une opinion réfugiée dans le populisme et qui se méfie des géants de la Silicon Valley. La Chine, elle, est devenue, grâce au numérique, l’égal et le seul vrai concurrent des Etats-Unis. L’Europe est la grande perdante de cette nouvelle donne. Elle ne peut s’enorgueillir que d’une seule plate-forme Internet grand public, Spotify, l’application de musique en ligne suédoise. Deux exceptions émergent, l’allemand SAP et ses logiciels de gestion d’entreprise,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-9"> ¤ Les efforts de médiation, plombés par la rivalité entre Rome et Paris, peinent à arracher le pays à un conflit aux effets délétères sur l’ensemble de la région sahélo-saharienne.
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Analyse

En Libye, les espoirs de paix minés par les rentiers du chaos et les guéguerres diplomatiques

Les efforts de médiation, plombés par la rivalité entre Rome et Paris, peinent à arracher le pays à un conflit aux effets délétères sur l’ensemble de la région sahélo-saharienne.

Frédéric Bobin (Tunis, correspondant)
    



LE MONDE
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        Le 14.09.2018 à 11h49

     •
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        Mis à jour le 14.09.2018 à 14h58






                        

Crédits : MAHMUD TURKIA / AFP


                    

Analyse. Triste rentrée libyenne. En quelques jours, les portes qui s’étaient entrouvertes, fragiles espoirs de désamorcer cet abcès géopolitique sur les marches méridionales de l’Europe, se sont brutalement refermées. Quelle fatalité enchaîne donc les Libyens à cette crise qui n’en finit plus, sept ans après le renversement de l’implacable régime de Mouammar Kadhafi ?
Il y a encore quelques mois, on pouvait recenser quelques acquis, éventuels marchepied vers une solution. La capitale, Tripoli, avait retrouvé une stabilité apparente. L’organisation Etat islamique (EI) peinait à renaître des décombres de son ancien sanctuaire de Syrte, écrasé à la fin de 2016. Les acteurs de la crise libyenne s’étaient retrouvés à la fin de mai à Paris, fait exceptionnel. Ils s’étaient entendus sur l’objectif de la tenue d’élections législatives et présidentielle avant la fin de l’année.

Dans cette perspective, Ghassan Salamé, le chef de la Mission des Nations unies pour la Libye, avait lancé une « conférence nationale », nourrie de consultations sans précédent au tréfonds des municipalités. Chacun savait que la rémission était encore lointaine, que ces menus gains diplomatiques étaient précaires, que l’adversité ne manquerait pas de resurgir. Mais au moins une voie s’esquissait.
Revers sécuritaire et juridique
Or le scénario vient d’essuyer une salve de cruelles déconvenues en l’espace d’à peine deux semaines. Dans la capitale, les combats entre milices – pourtant formellement loyales au gouvernement d’« accord national » de Faïez Al-Sarraj – ont repris à la fin d’août. Lundi 10 septembre, l’EI a lancé au cœur de Tripoli une attaque contre le siège de la compagnie nationale pétrolière, la NOC ; assaut qui confirme son réveil militaire sur le théâtre libyen. Au même moment, le Parlement siégeant à Tobrouk étalait son incapacité à organiser l’adoption d’une nouvelle Constitution, préalable souhaité sinon nécessaire à la...



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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-10"> ¤ La Commission entend renforcer le rôle de l’Autorité bancaire européenne.
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La Commission européenne veut doter la lutte contre le blanchiment de nouveaux moyens

La Commission entend renforcer le rôle de l’Autorité bancaire européenne.



LE MONDE
 |    14.09.2018 à 10h55
    |

            Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, Bureau européen)








                        



                                


                            

L’Union européenne (UE) a peut-être les règles « les plus sévères au monde » en matière de blanchiment, mais elle n’a manifestement pas les garanties qu’elles sont respectées, comme l’ont montré des affaires récentes, dont celle d’ING, aux Pays-Bas. La grande banque néerlandaise a négocié avec la justice des Pays-Bas, une transaction à hauteur de 775 millions d’euros. En Estonie, la filiale estonienne de la Dansk Bank, premier établissement danois, a, elle, été mise en cause pour le blanchiment de 30 milliards de dollars (26 milliards d’euros) d’argent russe de provenance douteuse.
L’UE, estime la Commission de Bruxelles, devrait donc se doter d’outils supplémentaires pour renforcer le contrôle sur les institutions financières, avec une attention particulière pour l’argent transféré vers des mouvements terroristes. « Il convient de combler les failles et de renforcer la supervision », admet Vera Jourova, commissaire à la justice. « Traquer l’argent sale est le meilleur moyen de mettre au jour des menaces terroristes », appuie son collègue Julian King, chargé de la sécurité, qui entend s’inspirer, indique-t-il, des méthodes américaines, manifestement plus efficaces que celles mises en œuvre dans l’Union. Car, s’il est en forte diminution, le financement du terrorisme reste une réelle préoccupation, affirme le commissaire britannique.
Renforcer la surveillance sur les contrôleurs nationaux

Certains pays membres – que Bruxelles refuse de désigner – n’ont pas mis en place les instruments de contrôle suffisants. Seront-ils, dès lors, plus sensibles à ces appels qu’aux précédents ? Bruxelles espère les convaincre qu’ils risquent non seulement de détériorer l’image du secteur financier européen, mais aussi de menacer la stabilité de certaines banques.
La Commission entend, en tout cas, renforcer le rôle de l’Autorité bancaire européenne (ABE), créée en 2010 pour améliorer la supervision du secteur financier....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-11"> ¤ A l’été 2016, nous avions embarqué sur l’« Aquarius », qui patrouille en Méditerranée pour sauver des migrants. Deux ans plus tard, le taux de mortalité en mer a explosé.
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« Le Monde » remonte à bord du navire humanitaire « Aquarius »

A l’été 2016, nous avions embarqué sur l’« Aquarius », qui patrouille en Méditerranée pour sauver des migrants. Deux ans plus tard, le taux de mortalité en mer a explosé.



LE MONDE
 |    14.09.2018 à 10h53
 • Mis à jour le
14.09.2018 à 16h56
    |

            Julia Pascual








                        



   


C’était il y a deux ans. L’Europe se déchirait déjà autour de la « crise migratoire », la photo du garçon syrien Aylan, échoué sur une plage de Turquie, avait depuis longtemps fait le tour du monde, et la mer Méditerranée arborait les traits d’un vaste cimetière.
A l’été 2016, Le Monde était monté à bord de l’Aquarius, navire humanitaire des ONG SOS Méditerranée et Médecins sans frontières (MSF), parti patrouiller au large de la Libye pour pallier le manque de moyens des secours déployés par les Etats européens.
Pendant plusieurs semaines, nous avions témoigné de ces hommes et de ces femmes rêvant d’Europe, de ces corps meurtris, engloutis, disparus. Deux ans se sont écoulés depuis ce reportage en immersion, et, alors que la Méditerranée est de plus en plus meurtrière pour ceux qui tentent la traversée, Le Monde a décidé de remonter à bord de l’Aquarius, avec un photographe, pour suivre une nouvelle campagne de sauvetage.

        Reportage :
         

          l’éprouvant périple de l’« Aquarius » en juin 2018



1 565 morts en 2018
Depuis le début de l’année, au moins 1 565 personnes ont perdu la vie en tentant de gagner les rives européennes, d’après l’Organisation internationale pour les migrations (IOM). Le taux de mortalité est en forte hausse sur la route de la Méditerranée centrale, qui relie principalement la Libye à l’Italie et Malte. L’an dernier, une personne mourait pour 42 qui parvenaient à traverser, d’après le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR). Désormais, un décès est enregistré pour 18 arrivées.
Ce risque accru dessine en creux un paradoxe, puisque les flux migratoires n’ont jamais été aussi faibles depuis quatre ans. Cette année, près de 74 000 personnes sont arrivées en Europe par la mer, principalement par l’Espagne, l’Italie et la Grèce. En 2017, elles étaient plus de 172 000, ce qui représentait déjà une baisse considérable par rapport aux quelque 363 000 arrivées enregistrées en 2016 et du million d’arrivées de 2015.
« La situation est tout à fait gérable », répète Vincent Cochetel, envoyé spécial pour le HCR en Méditerranée centrale. Mais depuis que l’Italie, sous l’impulsion de son ministre de l’intérieur Matteo Salvini, a refusé, en juin, d’accueillir l’Aquarius avec 630 migrants à son bord, ses ports sont fermés aux humanitaires et les Etats membres se déchirent sur l’accueil des migrants.

        Le décryptage des Décodeurs  :
         

          Un pays a-t-il le droit de fermer ses ports aux bateaux secourant les migrants ?



« Cas par cas »
« Désormais, chaque sauvetage en mer donne lieu à des négociations au cas par cas qui peuvent durer des semaines jusqu’à ce qu’une solution de débarquement soit trouvée », constate Céline Schmitt, porte-parole du HCR en France. L’été a été jalonné de ces crises. Fin août, c’est un navire des gardes-côtes italiens – le Diciotti – qui a été bloqué pendant cinq jours dans le port sicilien de Catane, avec 150 migrants à son bord.

   


Cette incertitude pourrait avoir des répercussions plus insidieuses. « Notre crainte, c’est que, compte tenu du manque de prévisibilité des débarquements, des bateaux commerciaux ne répondent pas aux appels de détresse, confie Vincent Cochetel. Nous avons des informations précises en provenance du MRCC Rome [centre de coordination de sauvetage maritime] selon lesquelles des bateaux éteignent leur système anticollision pour ne pas être sollicités pour des opérations de sauvetage. Les armateurs et les compagnies n’ont pas envie de s’embarrasser et optent pour la politique de l’autruche. »
Pendant ce temps, les navires humanitaires ont subi de multiples entraves. A l’heure actuelle, et depuis près de trois semaines déjà, aucun ne patrouille en Méditerranée centrale. Une situation inédite par sa durée. Les deux navires de l’ONG allemande Sea Watch sont bloqués à Malte, de même que celui de l’ONG allemande Lifeline. L’ONG espagnole Proactiva, dont les navires sont actuellement amarrés à Barcelone, a annoncé fin août qu’elle abandonnait la Libye et patrouillerait, désormais, entre l’Espagne et le Maroc.

        Le constat :
         

          En Méditerranée, les opérations de sauvetage des ONG de plus en plus compliquées



« Maltraitances »
« Les intenses campagnes de criminalisation des ONG en Méditerranée centrale et la mise en marche de politiques inhumaines ont provoqué non seulement la fermeture des ports d’Italie et de Malte, mais aussi la paralysie de nombreuses organisations humanitaires de sauvetage, ainsi que l’augmentation du flux migratoire vers le sud de l’Espagne », a justifié l’ONG dans un communiqué. « Le désengagement des ONG signifie qu’il y a moins de capacité de recherche et de sauvetage d’embarcations en situation de détresse », s’inquiète Vincent Cochetel. En 2017, près de 39 000 personnes avaient été sauvées grâce à ces opérations humanitaires.

        Notre analyse :
         

          « Le gros des opérations de secours est fait par des navires marchands ou militaires »



Les gardes-côtes libyens sont devenus les premiers acteurs au large des côtes libyennes. Depuis le début de l’année, ils ont intercepté plus de 13 000 réfugiés. « Mais ils ont des moyens limités, rappelle Céline Schmitt. Et de toute façon, ils n’offrent pas de port sûr de débarquement après un sauvetage en mer », en raison des « graves maltraitances » que risquent les migrants. Le pays, dont la capitale est en proie à des combats armés depuis plusieurs semaines, ne dispose pas de système d’asile et les migrants sont placés dans des centres de détention.
Pendant ce temps, malgré un engagement en ce sens, les Etats européens ne se sont toujours pas mis d’accord sur un mécanisme de répartition des migrants sauvés en mer.
C’est dans ce contexte particulièrement dégradé que l’Aquarius, actuellement à quai à Marseille, prépare une nouvelle campagne de recherche et de secours. Le Monde rembarque à son bord.

   





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-12"> ¤ Nommé voici neuf mois, Eric Schulz part sur fond de baisse des commandes.
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Airbus perd son tout nouveau directeur commercial

Nommé voici neuf mois, Eric Schulz part sur fond de baisse des commandes.



LE MONDE
 |    14.09.2018 à 10h51
    |

            Guy Dutheil








                        



                                


                            

La déjà longue liste des départs de dirigeants continue de s’allonger chez Airbus. Après ceux de l’ex-numéro deux, Fabrice Brégier, du directeur commercial John Leahy et celui à venir du directeur financier Harald Wilhelm, c’est le tout nouveau responsable commercial d’Airbus, Eric Schulz qui a décidé, jeudi 13 septembre, de quitter brutalement ses fonctions. Neuf mois seulement après avoir été débauché de Rolls-Royce pour succéder à John Leahy, l’historique patron des ventes d’Airbus.
Officiellement, M. Schulz a choisi de partir pour « des motifs personnels », a fait savoir l’avionneur européen dans un communiqué. En interne, et sous couvert d’anonymat, des cadres pointent du doigt les mauvais résultats enregistrés par le transfuge de chez Rolls-Royce. Le nombre des commandes n’est pas, loin de là, à la hauteur des espoirs d’Airbus. Depuis le début de l’année, l’avionneur européen est largement distancé par Boeing. Seulement 219 commandes pour Airbus contre 581 pour son rival américain. Avec cette mauvaise passe, Airbus pourrait, pour la première fois depuis de nombreuses années, ne pas atteindre son objectif d’un nombre de commandes équivalent à celui des livraisons. Pour expliquer ces méventes, Airbus peut difficilement en faire porter la responsabilité sur les seuls retards dus à ses fournisseurs. En effet, Boeing est lui aussi accablé par les mêmes maux sans pour autant que son carnet de commandes en soit affecté.
Véritable trou d’air
Le brutal départ d’Eric Schulz confirme que « les greffes de cadres dirigeants venus de l’extérieur ont beaucoup de mal à prendre chez Airbus », pointe un cadre dirigeant. Surtout, l’ex de chez Rolls-Royce a été recruté, il y a moins d’un an, alors qu’Airbus doit faire face à un véritable trou d’air. En effet, l’avionneur européen est sous le coup de plusieurs enquêtes anticorruption. En outre, Eric Schulz pourrait aussi avoir été victime « de sa forte personnalité » et de la guerre...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-13"> ¤ Une étude commanditée par l’institution montre qu’au moins 4,4 % de l’ensemble des religieux ont abusé d’enfants entre 1946 et 2014.
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Pédophilie : l’Eglise catholique allemande « honteuse » et « accablée »

Une étude commanditée par l’institution montre qu’au moins 4,4 % de l’ensemble des religieux ont abusé d’enfants entre 1946 et 2014.



LE MONDE
 |    14.09.2018 à 10h46
    |

            Thomas Wieder (Berlin, correspondant)








                        



                                


                            

Le rapport ne sera publié que le 25 septembre, lors de la conférence épiscopale de Fulda (Hesse). Mais les éléments qu’il contient et qu’ont révélés les hebdomadaires Der Spiegel et Die Zeit, mercredi 12 septembre, sont tellement accablants pour l’Eglise catholique allemande que celle-ci a dû réagir avec près de deux semaines d’avance sur le calendrier qu’elle s’était fixé. « Nous sommes conscients de l’ampleur des abus sexuels démontrés par l’étude. Nous sommes accablés et honteux », a affirmé l’évêque de Trèves (Rhénanie-Palatinat), Stephan Ackermann, dans un communiqué publié au nom de la Conférence des évêques allemands, déplorant le fait que le rapport ait fuité dans la presse avant sa présentation officielle, alors que les membres de l’assemblée épiscopale n’étaient « pas informés de l’ensemble de l’étude ».
Long de 350 pages, ce rapport est le résultat d’une enquête lancée en 2013 par la Conférence des évêques allemands et pilotée par une équipe de chercheurs des universités de Heidelberg, Mannheim et Giessen. Pendant quatre ans et demi, ces derniers ont cherché à répondre à deux questions principales : quelle a été l’ampleur des agressions sexuelles commises par des clercs contre des mineurs en Allemagne, entre 1946 et 2014 ? Quelle a été l’attitude de l’Eglise dans cette affaire, notamment vis-à-vis des auteurs de ces agressions quand celles-ci étaient connues ?
A la première question, le rapport répond par plusieurs chiffres. Sur soixante-huit ans, les auteurs ont pu établir que 1 670 membres de l’Eglise catholique allemande ont agressé sexuellement 3 677 mineurs, en majorité des garçons de moins de 13 ans, ce qui signifie qu’au moins 4,4 % de l’ensemble des religieux ont abusé d’enfants – les auteurs de l’enquête précisant qu’il s’agit d’une évaluation plancher, dans la mesure où des cas leur ont nécessairement échappé. Environ une victime sur six aurait été violée. Les trois quarts des victimes...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-14"> ¤ Un gigantesque défilé militaire et des simulacres de conflits terrestres et aériens ont été réalisés avec la coopération de la Chine, en présence de Vladimir Poutine.
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En Sibérie orientale, démonstration de force des armées russe et chinoise

Un gigantesque défilé militaire et des simulacres de conflits terrestres et aériens ont été réalisés avec la coopération de la Chine, en présence de Vladimir Poutine.



LE MONDE
 |    14.09.2018 à 10h39
 • Mis à jour le
14.09.2018 à 13h05
    |

            Isabelle Mandraud (Tsougol, Sibérie orientale, envoyée spéciale)








                        



                                


                            

A perte de vue, des milliers de blindés recouvrent la plaine. La colonne s’étire sur plus de 3 km. Au sud de la Sibérie orientale, dans la région de Transbaïkalie, la Russie a lancé sur son territoire, jeudi 13 septembre, des exercices militaires conjoints avec un partenaire de choix, la Chine, dans le cadre des plus grandes manœuvres militaires de son histoire baptisées « Vostok » (« Est ») 2018.
Quelque 3 200 soldats, 50 unités de combat, 3 avions et 15 hélicoptères de l’armée populaire chinoise ont traversé la frontière, distante de moins de 200 km, pour rejoindre au combat, en une seule journée, 25 000 hommes, 200 unités, 88 avions et 33 hélicoptères russes. C’est la guerre, ou du moins sa représentation. Une guerre contre un ennemi imaginaire que Vladimir Poutine, arrivé sur place en hélicoptère, a décrite sans « plans agressifs ».
Lorsque la colonne s’ébranle, sous les yeux du chef du Kremlin, des attachés militaires étrangers présents en nombre, et des dizaines de journalistes acheminés eux-mêmes par des Mi-26, des hélicoptères de transport de troupes, une fanfare éclate qui entonne bientôt l’air de Katioucha, une chanson soviétique devenue traditionnelle.
Le défilé commun, russe et chinois, auquel participent également des militaires de la Mongolie toute proche, prend alors des allures de revue sur la place Rouge en rase campagne, à plus de 4 700 km de Moscou. Mais par son ampleur, et la présence de l’armée de Pékin, l’exercice n’a pas d’équivalent.
Fracas assourdissant
Sur le polygone Tsougol, un terrain d’entraînement de 50 km sur 50, dans un décor de fortins camouflés et de murs d’enceinte érigés en plein champ, des tentes alignées au cordeau forment le QG chinois, au-dessus duquel flotte le drapeau national fiché en terre russe. Au pied des tribunes officielles, des affiches proclament en deux langues « l’amitié au service de la paix », comme autrefois l’amitié entre les peuples. Le décor de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-15"> ¤ Dans une lettre ouverte, une vingtaine d’employés de sa troupe affirment vouloir « faire cesser la loi du silence ».
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Le chorégraphe belge Jan Fabre accusé de harcèlement sexuel

Dans une lettre ouverte, une vingtaine d’employés de sa troupe affirment vouloir « faire cesser la loi du silence ».



LE MONDE
 |    14.09.2018 à 07h43
    |

            Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, correspondant)








                        



                                


                            

C’est un coup de tonnerre dans le monde culturel belge, et flamand en particulier : dans une longue lettre ouverte parue sur le site du magazine Rekto : Verso, une vingtaine d’artistes, employés ou ex-employés du chorégraphe, sculpteur, dessinateur et auteur Jan Fabre, dénoncent le comportement de celui-ci. Huit d’entre eux signent ce texte, douze témoignent anonymement. Il s’agit en majorité de danseuses qui reprochent à l’artiste un comportement « sexiste et inapproprié » à leur égard.
Selon les auteurs, Jan Fabre aurait eu l’habitude, après les répétitions, d’inciter les jeunes membres de sa troupe à accepter la réalisation de photos à son domicile, avant de leur faire des propositions à caractère sexuel. Participer à ces séances pouvait leur assurer un rôle, voire un premier rôle, plus tard, affirment des danseuses. Celles qui refusaient auraient ensuite été la cible de harcèlement moral, voire d’agressions.
« Beaucoup d’entre nous ont dû rechercher, après leur départ, une aide psychologique et ont décrit leur expérience comme traumatique », est-il écrit dans la lettre, cosignée par un syndicat du secteur culturel et l’Institut pour l’égalité des femmes et des hommes, une institution publique fédérale. Les signataires soulignent qu’ils refusent de se livrer à « un règlement de comptes personnel » et veulent surtout « faire cesser la loi du silence ». Les pratiques reprochées à Jan Fabre, aujourd’hui âgé de 59 ans, auraient commencé dans les années 1990. Ce n’est pas la première fois que le Flamand est l’objet d’une controverse. Sa carrière théâtrale a été marquée par son désir de mettre en scène la violence, la douleur, la sexualité et des sentiments extrêmes.
Une notoriété internationale
En septembre 2017, l’un de ses spectacles en ouverture de la saison de La Villette, à Paris, résumait assez bien son approche : sa mise en scène de Mount Olympus. To Glorify the Cult of Tragedy,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-16"> ¤ A North Finchley, circonscription comportant l’électorat juif le plus important du pays, les travaillistes sont durement affectés par un été de polémiques venimeuses
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Au nord de Londres, les militants du Labour effarés et meurtris par les accusations d’antisémitisme

A North Finchley, circonscription comportant l’électorat juif le plus important du pays, les travaillistes sont durement affectés par un été de polémiques venimeuses



LE MONDE
 |    14.09.2018 à 06h46
 • Mis à jour le
14.09.2018 à 14h54
    |

            Philippe Bernard (Londres, correspondant)








                        



                                


                            

Luisa Attfield n’a pas 20 ans mais vit déjà un douloureux dilemme. Perchée sur un tabouret haut du pub The Bohemia, au cœur de North Finchley (nord-ouest de Londres), cette étudiante en biologie raconte comment, elle, la jeune juive militante du Parti travailliste, s’est fait régulièrement claquer la porte au nez par des familles juives pendant la récente campagne des élections municipales.
« C’est comme si elles m’avaient demandé de choisir entre être juive et voter Labour. C’est un choix que je ne veux pas faire et que personne ne devrait avoir à faire », lâche-t-elle dans un souffle libérateur. Elle qui a adhéré voici deux ans « parce qu’elle aime ce que représente Jeremy Corbyn » pense que le leader travailliste devrait simplement « parler à des juifs normaux » pour comprendre ce qu’ils ressentent.
Ce mercredi soir, la réunion de la section Labour de Finchley et Golders Green, la circonscription comportant l’électorat juif le plus important du Royaume-Uni, n’a pas abordé le sujet qui pourrit la vie du parti depuis le début de l’été : les accusations de complaisance envers l’antisémitisme visant Jeremy Corbyn. « Un vrai soulagement, reconnaît Phil Cohen, 69 ans, dont quarante au Labour. On ne parlait plus que de ça depuis deux mois. Nous nous sommes remis à notre tâche normale : représenter les travailleurs. »
A quelques jours du congrès de Liverpool, du 23 au 26 septembre, la section a voté une motion favorable à un second référendum à propos du futur accord sur le Brexit. « Bas salaires, logement, école, et surtout Brexit… le pays ne manque pas de vrais problèmes et on a perdu du temps pour les traiter », constate le retraité. Irrésistiblement, il revient à l’antisémitisme, le sujet qui le taraude depuis qu’en mai il a perdu son siège de conseiller municipal de l’arrondissement de Barnet.
Autour des pintes de bière, les militants qui se retrouvent pour un pot d’après-réunion...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-17"> ¤ En coulisses, les négociations entre capitales ont débuté autour des postes clés qui vont se libérer ces prochains mois au sein de l’institution monétaire.
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BCE : les manœuvres autour de la succession de Mario Draghi ont commencé

En coulisses, les négociations entre capitales ont débuté autour des postes clés qui vont se libérer ces prochains mois au sein de l’institution monétaire.



LE MONDE
 |    14.09.2018 à 06h45
 • Mis à jour le
14.09.2018 à 12h54
    |

            Marie Charrel








                        



                                


                            

Sera-t-il français, allemand ou finlandais ? Et si, pour la première fois dans l’histoire de l’institution, une femme avait ses chances ? Depuis quelques semaines, les rumeurs bruissent à propos du successeur de Mario Draghi à la tête de la Banque centrale européenne (BCE). Les économistes qui la scrutent ont déjà lancé leurs pronostics, même si tous s’accordent à dire qu’il est trop tôt pour avoir des certitudes.
Car l’enjeu dépasse la seule présidence de la BCE, qui a tenu sa réunion jeudi 13 septembre. Le jeu de chaises musicales qui vient de débuter concerne en effet, aussi, les présidences de la Commission européenne, du Conseil européen et du Parlement européen, toutes trois à remplacer en 2019. D’ici là, chaque pays cherchera à avancer ses pions, au sein d’une partie où il faudra concilier les différentes sensibilités comme les équilibres « Nord-Sud ». Et dont le résultat sera largement déterminé par les élections européennes de mai 2019, susceptibles de redessiner le visage politique et économique de l’Europe.
Le grand mercato a commencé en juin, lorsque l’Espagnol Luis de Guindos a remplacé Vitor Constancio à la vice-présidence de la BCE. D’ici à 2020, quatre autres postes clés au sein de l’institut monétaire se libéreront. Après huit ans de présidence, Mario Draghi partira en octobre 2019, suivi par le Français Benoît Cœuré, aujourd’hui responsable des opérations de marché et membre du directoire. Le mandat du Belge Peter Praet, économiste en chef de la BCE, se terminera au printemps 2019. Et avant cela, la Française Danièle Nouy, présidente du gendarme bancaire logé au sein de l’institution, quittera son poste en décembre 2018.

Cette vague de départs marquera la fin de l’ère Draghi. Arrivé en 2011, l’Italien a piloté avec habileté l’institut de Francfort au cœur de la crise, et a considérablement bouleversé ses pratiques. Notamment en déclarant, en 2012, qu’il ferait « tout ce qu’il faut » pour...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-18"> ¤ Cécile Djunga, une jeune Belge d’origine congolaise et angolaise, présentatrice à la RTBF, fait face depuis ses débuts aux moqueries et aux insultes racistes. Au bout d’un an, elle a craqué et publié une vidéo sur Facebook pour dénoncer ces attaques.
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« Il faut lui dire qu’elle est trop noire » : le calvaire d’une présentatrice de la télévision belge

Cécile Djunga, une jeune Belge d’origine congolaise et angolaise, présentatrice à la RTBF, fait face depuis ses débuts aux moqueries et aux insultes racistes. Au bout d’un an, elle a craqué et publié une vidéo sur Facebook pour dénoncer ces attaques.



LE MONDE
 |    14.09.2018 à 03h42
 • Mis à jour le
14.09.2018 à 12h05
    |

            Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, Correspondant)








                        



                                


                            

LETTRE DE BRUXELLES
Elle est joviale, dynamique, plus que compétente pour le rôle que lui a confié la RTBF, chaîne publique francophone belge. Et donc, où est le problème ? « Simplement », aux yeux de certains téléspectateurs, dans le fait que Cécile Djunga, une jeune Belge d’origine congolaise et angolaise, a la peau noire. La peau dure aussi : la jeune présentatrice vedette (28 ans) de la météo a résisté depuis ses débuts aux moqueries, aux insultes et aux propos du style « Retourne dans ton pays ! », ou « Il n’y a qu’une Africaine pour se réjouir des fortes chaleurs ! » vomis sur les réseaux a-sociaux.
Avant même que la présentatrice ne soit lancée à l’antenne, ce que Jean-Paul Philippot, le patron de la RTBF, a appelé « le torrent de boue », se répandait. De bonnes âmes se demandant s’il était raisonnable que la recherche de la diversité dans les médias conduise à confier le bulletin météo à une « Djunga » plutôt qu’à une « Dubois » ou une « Peeters », les patronymes les plus fréquents en Wallonie et en Flandre. Les mécontents ignoraient que dans la région de Bruxelles-Capitale, « Diallo » est devenu le nom de famille le plus courant…
Racisme spontané
Le 5 septembre dernier, une goutte d’eau a, en tout cas, fait déborder le vase. Une téléspectatrice avait appelé la chaîne pour confier que cette demoiselle Djunga, décidément, « ne passe pas bien », qu’« il faut lui dire qu’elle est trop noire ». Un racisme basique, spontané, qui se croit sans doute innocent. Un journaliste de la chaîne privée RTL-TVi l’avait déjà expérimenté : Pierre Migisha, spécialiste du sport, fut l’un des premiers à faire un face caméra dans un JT belge. Ce soir-là, une dame téléphona à son rédacteur en chef pour lui confier son malaise : 
« J’ai un Noir à la télé. Je voulais juste vous le dire, je trouvais ça bizarre… » 
Cécile Djunga, partagée entre les larmes et la colère, a décidé de ne plus encaisser...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-19"> ¤ Le gouvernement espagnol avait pourtant annoncé le 4 septembre renoncer à livrer ces bombes déjà payées, une annulation qui mettait en danger un contrat plus important.
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Madrid livrera finalement 400 bombes à laser à Riyad, sur fond de crainte de crise diplomatique

Le gouvernement espagnol avait pourtant annoncé le 4 septembre renoncer à livrer ces bombes déjà payées, une annulation qui mettait en danger un contrat plus important.



LE MONDE
 |    13.09.2018 à 20h44
   





                        


L’Espagne va finalement livrer quatre cents bombes de précision à l’Arabie saoudite, après avoir remis en cause ce contrat controversé en raison de la guerre au Yémen, a annoncé jeudi le chef de la diplomatie espagnole. « Finalement, la décision est de livrer ces bombes pour honorer un contrat datant de 2015 (…) et dans lequel nous n’avons découvert aucune irrégularité justifiant de ne pas l’exécuter », a déclaré Josep Borrell sur la radio Onda Cero. « Il faut honorer ce contrat », a ajouté le ministre socialiste.
Sur fond de crainte de crise diplomatique entre Madrid et Riyad, alliés de longue date, la ministre de la défense, Margarito Robles, s’était montrée lundi prête à débloquer ce contrat portant sur quatre cents bombes à guidage laser pour un montant de 9,2 millions d’euros.
Commande de corvettes
Le gouvernement avait pourtant annoncé le 4 septembre renoncer à livrer ces bombes déjà payées, une annonce intervenue après des bombardements au Yémen, en août, de la coalition progouvernementale menée par l’Arabie saoudite, ayant tué des dizaines d’enfants.
Sur le plan commercial, cette annulation mettait en danger un contrat nettement plus important : la commande de cinq corvettes, pour 1,8 milliard d’euros, qui devaient être construites par l’entreprise publique espagnole de chantiers navals Navantia en Andalousie, bastion socialiste. Ces derniers jours, les salariés y ont manifesté leurs craintes pour l’emploi si la commande des corvettes n’était pas finalisée.
Interrogé sur les critiques des ONG, qui craignent que ces armes ne soient utilisées pour bombarder les civils, Josep Borrell a répondu que c’était un armement d’une « précision extraordinaire de moins d’un mètre » qui « ne produit pas de dommages collatéraux ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-20"> ¤ Notre correspondante à Bruxelles, Cécile Ducourtieux, a répondu à vos questions sur le vote-sanction européen contre la Hongrie de Viktor Orban.
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Le vote contre la Hongrie « risque de renforcer les convictions d’Orban et des anti-UE »

Notre correspondante à Bruxelles, Cécile Ducourtieux, a répondu à vos questions sur le vote-sanction européen contre la Hongrie de Viktor Orban.



LE MONDE
 |    13.09.2018 à 18h42
 • Mis à jour le
14.09.2018 à 07h12
   





                        



   


Correspondante du Monde à Bruxelles, Cécile Ducourtieux a répondu aux questions des internautes sur le vote, mercredi 12 septembre, des députés européens en faveur du lancement d’une procédure contre la Hongrie pour violation de l’Etat de droit.

        Lire aussi :
         

                Le Parlement européen sanctionne Viktor Orban



Florent : Quelles peuvent être les conséquences concrètes de la procédure pour la Hongrie ?
Cécile Ducourtieux : L’article 7 des traités de l’Union européenne (UE) est une procédure particulièrement complexe. Et politique. Après le vote du Parlement européen hier, qui initie la procédure, c’est désormais au Conseil européen (les Etats membres) de s’en saisir. Pour décider s’ils la poursuivent, au motif, qu’eux aussi s’inquiètent d’un « risque clair de violation grave de l’Etat de droit » en Hongrie, ou pas. Pour poursuivre la procédure et donc entrer dans un dialogue avec Budapest, les pays doivent se prononcer à une majorité des 4/5es du Conseil européen.
Mais pas grand monde ne croit, à Bruxelles, que les capitales vont franchir le pas. Elles craignent qu’en mettant Budapest sur le banc de touche, le gouvernement Orban se mette à bloquer toutes les discussions au Conseil : Brexit, budget de l’Union européenne… Donc les conséquences du vote de mercredi pour la Hongrie sont surtout symboliques : les eurodéputés, donc les représentants du peuple européen, à une large majorité, estiment que le premier ministre Orban dévie trop des principes de l’Etat de droit.
Didtou : Maintenant il faut un vote des 4/5es des pays membres au conseil européen. Ce qui représente 23 pays sur 28. Qui sera contre hormis la Hongrie ?
La Pologne devrait être contre également, puisqu’elle est sous le coup de la même procédure « article 7 ». C’est son chef de la diplomatie, Jacek Czaputowicz, qui l’a déclaré aujourd’hui. Il a dit qu’il serait à la fois contre la discussion sur les problèmes d’Etat de droit en Hongrie au Conseil et contre d’éventuelles sanctions – menée à son terme, la procédure « article 7 » peut conduire à une suspension des droits de vote du pays incriminé.
Impossible de dire, au-delà de la Pologne, qui, au Conseil, va prendre le parti de M. Orban. Mais les gouvernements sont très frileux pour dénoncer les agissements des uns et des autres quand ils se réunissent à Bruxelles. Ils craignent toujours ce qu’on appelle le « précédent » : qu’à montrer trop du doigt le voisin, un jour celui-ci lui rende la pareille. Or, d’autres gouvernements sont sur la sellette en ce moment, la Roumanie par exemple. Les Espagnols, aussi : ils sont tétanisés à l’idée qu’on leur reproche un jour au conseil leur gestion de la crise catalane.
Sacha : Sanctionner la Hongrie ne risquerait-il pas de renforcer les convictions d’Orban et des anti-UE ?
C’est évidemment un risque. M. Orban a livré un discours très brutal, sans concessions, mardi 11 septembre au Parlement de Strasbourg. On pensait qu’il tenterait de convaincre les élus, notamment les conservateurs, du même parti paneuropéen qu’eux, qu’il allait amender sa politique antimigrants, sa législation « Stop Soros » qui met des bâtons dans les roues des ONG d’aide aux réfugiés, mais il n’en a rien été.
Il a au contraire insisté sur la « volonté du peuple hongrois » qui primait sur les règles de l’Union. Il a discrédité le rapport de la députée néerlandaise Judith Sargentini (« un tissu de mensonges »), et s’est focalisé sur la question migratoire, alors que la Hongrie est aussi dans le viseur de l’Union pour la liberté de la presse, la réforme de sa Constitution, etc. Va-t-il accepter de revenir sur sa politique après le vote d’hier ? C’est peu vraisemblable. « Je ne vais pas envisager de compromis, [ces lois Stop Soros] étaient une décision des Hongrois », a-t-il déclaré lors de la conférence de presse, mardi à Strasbourg.
Fallait-il pour autant ne pas voter cet article 7 ? Une large majorité d’eurodéputés, dont plus de la moitié des effectifs du groupe PPE, ont estimé que non. Et de fait : jusqu’à présent, la tolérance des institutions européennes à l’égard de Viktor Orban ne l’a pas empêché de devenir, depuis son retour au pouvoir en 2010, un chantre de l’illibéralisme.

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                Sur le banc des accusés du Parlement européen, Viktor Orban dénonce un « chantage »



Samtana : Quelles sont les avancées du déclenchement de l’article 7 contre la Pologne aujourd’hui ?
L’article 7 a été « recommandé » par la Commission européenne en décembre 2017. Mais la première audition de la Pologne sur le fond n’a été programmée par la présidence bulgare du Conseil européen que fin juin 2018… La réunion n’a débouché sur aucune conclusion, hormis le fait qu’il était nécessaire de reparler du cas polonais dans le cadre d’un conseil des ministres des affaires européennes, cet automne. Par ailleurs, le gouvernement ultraconservateur du PiS en place à Varsovie a annoncé au printemps, le premier vice-président de la Commission, qu’il n’avait pas l’intention de reculer sur les grands principes de la réforme de la justice, dans le collimateur de la Commission.
Louis : y a t-il un risque que la Hongrie déclenche une sortie de l’UE, et que représente exactement la sanction ?
L’article 7 peut certes déboucher sur une suspension des droits de vote au Conseil de la Hongrie (ou de la Pologne). Mais c’est hautement improbable puisque cette décision, qui équivaut à une exclusion de fait de l’Union, doit être décidée à l’unanimité des pays membres (moins le pays visé). Par ailleurs, on n’est pas du tout dans le cas britannique. La Hongrie dépend beaucoup des fonds structurels européens – ils pèsent annuellement 4,4 % de son produit intérieur brut et la moitié de ses investissements publics. M. Orban le répète souvent : il ne veut pas quitter l’Union, il veut la changer.
Anonyme : Est-ce que cette décision ne risque pas de cliver l’Europe entre les pays du groupe de Visegrad et l’Italie et les pays « progressistes » à moins d’un an des élections européennes ?
Ce risque existe. Même si quand on analyse les votes d’hier au Parlement européen, on s’aperçoit que le clivage est-ouest était peu opérant. Les Polonais du PPE ont par exemple massivement voté pour le déclenchement de l’article 7. Ceux qui ont voté contre ou se sont abstenus sont plutôt à rechercher du côté des élus espagnols, italiens ou français du parti des droites européennes.

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                Viktor Orban essuie une défaite en Europe de l’Est



Titi Magyar : En quoi ce vote (et éventuellement celui du Conseil européen) pourrait venir impacter le prochain budget et, de fait, les fonds attribués à la Hongrie ?
Difficile à dire. Ce qui est sûr, c’est que des gouvernements comme le français ou l’allemand militent depuis des mois pour que dans le cadre du prochain budget européen pluriannuel, les fonds alloués aux pays soient conditionnés au respect de l’Etat de droit. La commission Juncker a même fait une proposition dans ce sens. Mais ni cette proposition ni le budget pluriannuel (2021-2027) n’ont commencé à être négociés à Bruxelles. En tout cas, pour Paris et Berlin qui savent bien que l’article 7 est une procédure très compliquée à mener à son terme, faire planer la menace d’une suspension future des fonds, est considéré comme le meilleur moyen de tenter de « contenir » les dérives de M. Orban. Ou du PiS en Pologne.
Gaspard : Le PPE vient clairement de sanctionner Orban, qui fait pourtant partie de ses rangs. Est-il possible que le parti choisisse de l’expulser après ce vote ?
Bonne question, celle que tous les élus du Parlement de Strasbourg se posent depuis hier, à commencer par ceux du PPE. Ils sont partagés : certains de leurs dirigeants – Joseph Daul, son président, Manfred Weber, le président du groupe PPE à Strasbourg – sont excédés par l’attitude de Viktor Orban, qui refuse désormais de reculer sur ses législations contraires aux valeurs de l’Union. Il est devenu un « boulet », vraiment trop populiste, trop en contradiction avec l’ADN du parti : pro-européen et chrétien-démocrate.
Le problème, c’est que la procédure d’exclusion prévue dans le règlement du PPE est fastidieuse (il faut qu’au moins sept partis issus de cinq pays différents la demandent). Certains espèrent que M. Orban va finir par partir de lui-même. Il y a aussi ceux qui refusent de tomber dans un piège que leur auraient tendu les socialistes européens. Mais Si M. Orban est désormais considéré comme une partie du PPE comme un « mouton noir », il a quand même en grande partie gagné la bataille des idées. Tout le monde, à droite, même au centre de l’échiquier européen, estime, comme lui, qu’il faut fermer les frontières de l’UE.



                            


                        

                        

