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<filname="SURF-env_sciences-1"> ¤ Mary Roach a fait le tour des laboratoires militaires. Une enquête pleine d’humour.
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La guerre et sa science improbable

Mary Roach a fait le tour des laboratoires militaires. Une enquête pleine d’humour.



LE MONDE
 |    13.09.2018 à 09h00
    |

            Pierre Barthélémy








                        



                                


                            
Le livre. Quand on évoque les scientifiques ­réquisitionnés pour faire la guerre, l’attention se porte en général sur la manière dont ils renouvellent l’armement – gaz de combat, missiles V2, bombes atomiques et autres joyeusetés. Dans son dernier livre, la journaliste américaine Mary Roach, qui a déjà publié plusieurs ouvrages de vulgarisation consacrés au corps humain, prend le contre-pied de cette approche et ­s’intéresse « à l’art de maintenir en vie » plutôt qu’à celui de tuer. Le tout dans un style humoristique, voire gouailleur et fourmillant d’anecdotes.
Pour écrire La Drôle de science des humains en guerre, Mary Roach a écumé les laboratoires et les hôpitaux militaires américains… et aussi les salles d’autopsie ; elle s’est promenée dans les lieux où l’on reconstitue les sites ­critiques de la guerre, comme ce « simulateur qui mouille », qui reproduit un sous-marin prenant l’eau ; elle a payé de sa personne, se soumettant ainsi, dans un endroit nommé « Le Cuiseur », à un test de résistance à l’effort et à la chaleur, un sac rempli de sable sur le dos et une sonde dans le rectum destinée à surveiller sa température ; elle est allée sur une base de Djibouti pour rencontrer le ­responsable d’une unité de recherche sur les maladies intestinales, qui recrute ses ­cobayes-troufions à l’aide d’écriteaux « Z’AVEZ LA DIARRHÉE ? » collés dans les toilettes.
Une nunuche chez les biscoteaux
Et elle a joué avec délices le rôle de la nunuche dans un monde gavé de biscoteaux et de ­testostérone. On la retrouve ainsi à dire, lorsqu’elle s’équipe pour se rendre sur un stand de tir, « Oh, je peux mettre mon baume pour les lèvres et mon magnétophone dans ces ­jolies petites poches de veste .» Pour s’entendre répondre : « Ça, c’est pour les munitions. »
En la suivant, on rencontre « la déesse du feu », qui teste les vêtements ignifugés en les soumettant au « feu » d’un engin...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-2"> ¤ La chronique de Catherine Malabou, à propos de « Pourquoi la torture ne marche pas », de Shane O’Mara.
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Mutations. Raison d’être de la torture

La chronique de Catherine Malabou, à propos de « Pourquoi la torture ne marche pas », de Shane O’Mara.



LE MONDE
 |    13.09.2018 à 07h45
 • Mis à jour le
13.09.2018 à 10h17
    |

                            Catherine Malabou (Philosophe)








                        



                                


                            
Pourquoi la torture ne marche pas. L’interrogatoire à la lumière des neurosciences (Why Torture Doesn’t Work. The Neuroscience of Interrogation), de Shane O’Mara, traduit de l’anglais (Irlande) par Margaret Rigaud, Editions Markus Haller, 362 p., 26 €.

En 2009, à la demande de Barack Obama, ont été publiés des « mémos de la torture » (« Torture Memos »). Ces documents secrets de la CIA, rédigés sous George W. Bush, relataient les diverses techniques d’interrogatoire pratiquées par l’armée américaine au nom de la « guerre contre le terrorisme ». Leur existence même prouvait, si cela était encore nécessaire, que les démocraties libérales n’avaient pas renoncé à la torture malgré la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, adoptée en 1984 par les Nations unies.
Le but principal et officiel de la torture est l’obtention d’informations que l’on croit stockées dans la mémoire du prisonnier afin, dans le cas de l’offensive américaine en Irak, de « déjouer des complots, capturer des terroristes, sauver des vies ». Mais le neuroscientifique irlandais Shane O’Mara, dans Pourquoi la torture ne marche pas, montre que la torture est impuissante à sonder la mémoire puisqu’elle la détruit au lieu de la produire. Traumatisé, sidéré, le cerveau ne peut accomplir ce qu’on lui demande.
« Pour qu’une souffrance physique relève de la torture, il faut qu’elle soit d’une intensité équivalente à la douleur qui accompagne un dysfonctionnement sérieux du corps, comme une défaillance organique ou physiologique, voire la mort », dit un des « Torture Memos », signés par le procureur Jay Bybee en 2002. Or les troubles neuropsy­chiatriques qui résultent de la torture constituent bien, de fait, une défaillance organique, mais celle-ci est contre-productive dans la mesure où le cerveau n’est plus capable d’assurer ses fonctions régulatrices...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-3"> ¤ Des croisillons tracés à l’ocre et conservés sur une roche polie suggèrent une activité symbolique diversifiée d’« Homo sapiens », bien avant son arrivée en Europe.
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Article sélectionné dans La Matinale du 12/09/2018
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Dans une grotte d’Afrique du Sud, un dessin vieux de 73 000 ans

Des croisillons tracés à l’ocre et conservés sur une roche polie suggèrent une activité symbolique diversifiée d’« Homo sapiens », bien avant son arrivée en Europe.



LE MONDE
 |    12.09.2018 à 19h00
 • Mis à jour le
13.09.2018 à 09h26
    |

            Hervé Morin








                        



   


La grotte de Blombos, à 300 km à l’est de la ville du Cap, en Afrique du Sud, est décidément un trésor pour les archéologues. Ils y ont déjà découvert des coquillages percés contenant de l’ocre qui pouvaient servir de parures, des outils et des armes en pierre taillée, parfois d’apparat, dans des niveaux allant de 75 000 à 100 000 ans.
Début 2002, quand Christopher Henshilwood et ses collègues avaient décrit des fragments d’ocre gravés vieux de 77 000 ans, la nouvelle avait fait l’effet d’une bombe : Homo sapiens était un « artiste » déjà dans son berceau africain, et n’avait pas attendu d’atteindre l’Europe pour exprimer une activité symbolique – certes bien moins élaborée que les peintures de la grotte Chauvet (datée de plus de 30 000 ans).
Plus de quinze ans plus tard, l’équipe de Christopher Henshilwood confirme que les occupants de Blombos étaient de grands amateurs d’une forme particulière : les croisillons observés sur des fragments d’ocre ont été retrouvés sur un petit morceau de silcrète, une roche siliceuse dure, qui a conservé depuis 73 000 ans la trace de marques probablement faites à l’aide d’un morceau d’ocre pointu. L’objet ne paie pas de mine, mais c’est bien le plus ancien dessin au crayon jamais découvert.

   


« Ce n’est pas la première représentation abstraite attribuable à la lignée humaine, puisqu’on a aussi observé des zigzags tracés sur un coquillage à Java, vieux de plus de 500 000 ans », note Francesco d’Errico (CNRS, université de Bordeaux), qui avait contribué à cette découverte annoncée en 2014.
Il participe aussi aux fouilles de Blombos et cosigne l’article décrivant le nouveau dessin sud-africain dans Nature daté du 13 septembre. « Retrouver à Blombos de nouveaux croisillons, sur un autre support et résultant d’une autre technique, suggère que, dans l’esprit des habitants de cette grotte, ces symboles signifiaient quelque chose », ajoute-t-il. Il fait le parallèle avec la croix chrétienne, qui elle aussi est un « signe incorporé dans divers supports matériels ».

   


Une énigme et un « miracle »
Signifiant culturel ou gribouillis impensé ? L’interprétation risque de faire débat. Mais si le sens de ces neuf lignes entrecroisées reste une énigme, leur conservation sur un petit fragment tient en soi du « miracle », insiste Francesco d’Errico.
Trouvé par hasard parmi des fragments de pierre taillée, il a intrigué les fouilleurs de Blombos, qui l’ont soumis à de nombreux examens, et effectué de multiples reconstitutions. « Il a d’abord fallu montrer que ce n’était pas le résultat d’un processus naturel », raconte le chercheur. La conclusion des investigations, et notamment de l’observation au microscope confocal, qui permet d’obtenir des images de la surface en trois dimensions ? Le fragment de silcrète provient probablement d’une meule utilisée pour broyer l’ocre, polie par l’usage, et réutilisée pour accueillir une figure finement dessinée.

   


Pour Jean-Jacques Hublin (Institut Max Planck d’anthropologie évolutionnaire de Leipzig), qui n’est pas associé à ces fouilles sud-africaines, la découverte est « très intéressante et très convaincante ». Pour les périodes très anciennes, note-t-il, « les “gravures géométriques” sur blocs de roche ou fragments osseux ont souvent prêté à discussion, car elles pouvaient, selon certains, résulter d’activités pratiques qui n’avaient rien de “symbolique”. »
Le zigzag de Trinil (Java) de 500 000 ans, attribué non pas à Homo sapiens mais à Homo erectus, a cependant été « très largement accepté comme non utilitaire, même s’il pouvait être le résultat d’un simple jeu », note Jean-Jacques Hublin.

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                Une si blanche préhistoire



« Représentations figuratives peintes »
Si l’ancêtre erectus le pouvait, il n’est donc guère surprenant que sapiens en ait aussi été capable. S’il n’en reste que peu de témoignages, c’est que la conservation de peintures d’ocre est très exceptionnelle.
Peut-on imaginer que nos ancêtres africains aient été plus figuratifs dans leur production picturale ? « Personnellement je pense que dès avant 50 000 ans et la phase principale de dispersion des Homo sapiens sur l’Eurasie et l’Australie, des représentations figuratives animales peintes sur roche étaient déjà produites en Afrique, avance Jean-Jacques Hublin. Sinon comment expliquer qu’on les retrouve ensuite depuis l’Europe occidentale jusqu’à Sulawesi [une île d’Indonésie située à l’est de Bornéo] ? Il a sans doute existé tout un art rupestre “pré-Chauvet”, mais il a malheureusement complètement disparu. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-4"> ¤ Un homme sur cinq et une femme sur six dans le monde auront, un jour, un cancer, selon l’OMS.
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Les cancers vont tuer près de dix millions de personnes dans le monde en 2018

Un homme sur cinq et une femme sur six dans le monde auront, un jour, un cancer, selon l’OMS.



LE MONDE
 |    12.09.2018 à 18h43
 • Mis à jour le
13.09.2018 à 06h34
    |

            Paul Benkimoun








                        



   


Un homme sur cinq et une femme sur six dans le monde développeront un cancer au cours de leur vie. Un homme sur huit et une femme sur onze en mourront, selon les estimations publiées par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), une agence travaillant pour l’Organisation mondiale de la santé (OMS), qui font l’objet d’un article paru mercredi 12 septembre dans CA: A Cancer Journal for Clinicians, édité par l’American Cancer Society.
Partant de Globocan, la base de données accessible au public, les chercheurs du CIRC et de l’American Cancer Society ont analysé les chiffres pour 35 types de cancers provenant de 185 pays. Les estimations avancées pour 2018 – ce que les spécialistes appellent la « charge mondiale du cancer » – sont de 18,1 millions de nouveaux cas découverts et 9,6 millions de décès dus à cette maladie.
Le CIRC évoque une « augmentation rapide » de cette charge, mais les comparaisons avec la précédente étude alimentée par les données de Globocan, réalisée en 2012, sont rendues très difficiles par un changement de méthodologie. Certains cancers voient leur incidence diminuer, tels le cancer du poumon chez les hommes en Europe du Nord et en Amérique du Nord, ou le cancer du col utérin partout sauf en Afrique subsaharienne. Toutefois, la plupart des pays connaissent une hausse en valeur absolue du nombre de cas diagnostiqués et à traiter.

   


Parmi les raisons avancées par le CIRC : l’accroissement et le vieillissement de la population à un rythme soutenu et des évolutions de la prévalence de certains cancers. Freddie Bray, responsable de la surveillance des cancers au CIRC, et les coauteurs de l’article, soulignent que « les différences de profils de cancer entre pays et entre régions signifient qu’une diversité géographique demeure, avec la persistance de facteurs de risque locaux dans des populations qui en sont à des phases très différentes de la transition sociale et économique. Cela est illustré par les différences saillantes dans les taux de cancers associés à une infection, entre autres ceux du col utérin, de l’estomac et du foie, observés dans des pays situés aux deux extrémités du spectre du développement humain ». 

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                Cancer : des mouches plus fortes ensemble



Les auteurs ont en effet cherché à établir des schémas de fréquence des cancers selon le niveau de développement humain par pays, évalué au moyen d’un indice combinant le PIB par habitant, l’espérance de vie à la naissance et le niveau d’éducation des enfants de 15 ans et plus. Les écarts entre les pays à indice de développement humain (IDH) élevé ou très élevé et ceux à IDH faible ou intermédiaire sont très marqués pour l’incidence de la plupart des cancers, les premiers ayant des fréquences deux à trois fois plus élevées que les seconds.
L’Asie compte pour la moitié des cancers
En revanche, les différences sont beaucoup moins nettes s’agissant de la mortalité. Une proximité qui s’expliquerait à la fois par la fréquence de cancers de mauvais pronostic dans les pays à IDH faible ou intermédiaire, et par des diagnostics plus tardifs et des traitements efficaces moins disponibles.
Le cancer apparaît comme la première cause de mortalité chez les moins de 70 ans en Amérique du Nord et dans une partie de l’Amérique du Sud, l’Europe de l’Ouest, l’Australie et la Nouvelle-Zélande, ainsi que le Japon, le Vietnam et la Thaïlande. Il n’arrive qu’en troisième ou quatrième position en Afrique subsaharienne, dans la majeure partie du Moyen-Orient et de l’Asie.

   


A l’échelle mondiale, le cancer le plus fréquent est celui du poumon, avec plus de 2 millions de cas estimés pour 2018, qui est également et de loin le plus meurtrier : plus d’1,7 million de morts (18 % du total des décès par cancer). Il est suivi par celui du sein, quasiment aussi fréquent, mais trois fois moins meurtrier. Le mauvais pronostic en général des cancers du poumon explique cette différence.
Si l’on considère l’ensemble des cancers pour les deux sexes, l’Asie devrait être en 2018 la région du monde comptant près de la moitié des cancers et plus de la moitié des décès par cancers – du fait que 60 % de la population mondiale y vit –, devant l’Europe (23,4 % des cas et 20,3 % des décès, pour 9,8 % de la population mondiale) et les Amériques (21 % des cas et 14,4 % de la mortalité pour 13,3 % de la population mondiale).
Variations moins marquées pour les femmes
En Asie comme en Afrique, la part des décès par cancer est plus importante que la part des nouveaux cas, ce que le CIRC explique par une différence dans la fréquence de certains types de cancers, ceux ayant un mauvais pronostic et un taux de mortalité plus élevés y étant souvent plus présents.
Chez les hommes, le cancer du poumon occupe le premier rang de fréquence en Europe orientale et en Asie centrale, en Chine et en Afrique du Nord. Il cède cette place au cancer de la prostate dans les Amériques, l’Europe de l’Ouest, l’Australie et la plus grande partie de l’Afrique subsaharienne, alors qu’il n’est que le deuxième cancer le plus fréquent à l’échelle de la planète (plus d’1,2 million de cas). Le cancer des lèvres et de la bouche prédomine dans le sous-continent indien, tandis que celui du foie est en tête en Egypte et quelques pays d’Afrique de l’Ouest, ainsi qu’en Mongolie.

   


Chez les femmes, les variations sont moins marquées. Le cancer du sein domine à peu près partout hormis en Afrique de l’Ouest et australe, en Bolivie et au Paraguay, où il est devancé par les cancers du col de l’utérus ; en Mongolie où les tumeurs malignes du foie arrivent en tête et dans les deux Corées, où le cancer du poumon paraît en tête au Nord et celui de la thyroïde au Sud.
« Les maladies non transmissibles sont à présent responsables de la majorité des décès dans le monde et l’on s’attend à ce que le cancer se hisse au rang de première cause de mortalité et de principal obstacle à l’accroissement de l’espérance de vie dans chaque pays du monde au cours du XXIe siècle », prédisent Freddie Bray et ses collègues.

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<filname="SURF-env_sciences-5"> ¤ La classification des champignons microscopiques est une science complexe... qui peut avoir des conséquences directes sur la santé humaine.
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Le doute du cueilleur de champignons

La classification des champignons microscopiques est une science complexe... qui peut avoir des conséquences directes sur la santé humaine.



LE MONDE
 |    12.09.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
13.09.2018 à 08h52
    |

                            Alice Lebreton (Chargée de recherche à l’Institut national de la recherche agronomique (INRA), Institut de biologie de l’Ecole normale supérieure)








                        



                                


                            
Carte blanche. Une belle pluie de fin d’été, un souffle d’air frais, et bientôt une flopée de champignons de toutes formes et couleurs parsèmeront nos sous-bois. Pour le cueilleur du dimanche, différencier un bolet comestible d’un vénéneux n’est pas toujours une mince affaire. Rien d’humiliant à cela. Même pour les spécialistes en mycologie, l’attribution des espèces est parfois un casse-tête : une étude récente vient ainsi de confirmer que des champignons microscopiques, jusqu’ici désignés par quatre noms distincts, ne forment en réalité qu’une seule espèce.
Dans un article publié mi-juillet dans la ­revue PLOS Pathogens, une équipe irlandaise a séquencé et comparé les génomes d’une trentaine de souches de levures – des champignons unicellulaires – soupçonnées d’être apparentées. Ces souches proviennent d’origines diverses : les unes, nommées Candida krusei, ont été prélevées sur des ­patients souffrant de candidoses, des infections ­fongiques opportunistes parfois graves ; les autres, appelées Pichia kudriavzevii (parfois aussi Issatchenkia orientalis ou Candida glycerinogenes), entrent sur tous les continents dans la composition de levains artisanaux destinés à la production d’aliments fermentés (cacao, kéfir, manioc, bière de maïs, vinaigre de blé, pains au levain, etc.).
Pour cette raison, la réglementation américaine considère P. kudriavzevii sans danger pour la santé humaine. Un usage probiotique de certaines de ces levures est envisagé ; plusieurs souches sont aussi exploitées ­industriellement, entre autres pour la production de bioéthanol.
Comparaison des génomes
Des études plus anciennes laissaient déjà penser que C. krusei pourrait être apparentée à P. kudriavzevii ; C. krusei n’appartiendrait alors pas au genre Candida, contrairement aux autres levures responsables de candidoses. Les nouveaux résultats obtenus vont ­au-delà de ces présomptions :...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-6"> ¤ Cet astrophysicien est à l’origine de la tribune signée par 200 personnalités dans « Le Monde » appelant les politiques à faire face au changement climatique.
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Aurélien Barrau, le scientifique qui défend l’écologie


                      Cet astrophysicien est à l’origine de la tribune signée par 200 personnalités dans « Le Monde » appelant les politiques à faire face au changement climatique.



LE MONDE
 |    12.09.2018 à 09h15
    |

                            Valentin Ehkirch








   


Professeur à l’université Grenoble-Alpes, astrophysicien au Laboratoire de physique subatomique et de cosmologie du CNRS, Aurélien Barrau est l’auteur de nombreux ouvrages.
Engagé
Réunir des personnalités aussi diverses que le cinéaste Pedro Almodóvar, le climatologue Jean Jouzel ou l’ actrice Kristen Stewart dans une tribune pour l’écologie, Aurélien Barrau n’aurait jamais cru y parvenir. Juste après la démission du ministre de la transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot, l’astrophysicien (qui a « toujours voté écologiste ») rédige un appel à un engagement radical du pouvoir politique face au changement climatique, « plus grand défi de l’histoire de l’humanité ». Nicolas Hulot lui-même lui aurait envoyé un message de soutien.

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                « Le plus grand défi de l’histoire de l’humanité » : l’appel de 200 personnalités pour sauver la planète



Atypique
Avec ses cheveux longs, ses poignets couverts de bracelets et ses santiags, Aurélien Barrau, 45 ans, a le look du scientifique iconoclaste. Professeur à l’université Grenoble-Alpes, astrophysicien au Laboratoire de physique subatomique et de cosmologie du CNRS et auteur de plusieurs ouvrages scientifiques, il est spécialisé dans l’étude des trous noirs.

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                A l’origine, un grand rebond plutôt qu’un grand boum ?



Connecté
Si Aurélien Barrau a réussi à réunir autant de stars pour sa tribune, c’est grâce à Juliette Binoche, qui lui a ouvert son carnet d’adresses. Il s’est lié d’amitié avec elle il y a un an sur le tournage du prochain film de science-fiction de Claire Denis (High Life, sortie prévue en 2019). Il y officiait en tant que conseiller scientifique supposé faire en sorte que trous noirs et voyages dans le temps, « choses abstraites », deviennent « sensibles » pour les acteurs du film, Juliette Binoche, donc, et Robert Pattinson.
Décloisonné
Egalement docteur en philosophie, poète, défenseur des animaux (il a écrit un livre sur le bien-être animal), Aurélien Barrau pense qu’il est « très important de ne pas effondrer le monde dans une seule discipline ». Il a déjà collaboré avec les artistes Michelangelo Pistoletto ou Olafur Eliasson…



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<filname="SURF-env_sciences-7"> ¤ Des personnes qui restent prostrées pendant des années après un coma présentent parfois quelques signes de conscience émotionnelle. La qualification de cet état divise les experts
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Faut-il parler de conscience minimale ?

Des personnes qui restent prostrées pendant des années après un coma présentent parfois quelques signes de conscience émotionnelle. La qualification de cet état divise les experts



LE MONDE
 |    12.09.2018 à 09h00
 • Mis à jour le
13.09.2018 à 08h55
    |

                            Marie-Laure Théodule








                        



                                


                            
Les défis de la science. Combien de temps maintenir en vie une personne qui ne revient pas à son état de conscience normal après un accident cardiaque ou cérébral ? Cette question hante tous ceux qui s’occupent de ces patients qui peuvent rester prostrés des années. Ils alternent des cycles de veille (yeux ouverts) et de sommeil, mais leur niveau de conscience pose question.
En France, l’histoire familiale, juridique (une dizaine de procédures judiciaires) et médicale autour de Vincent Lambert, ce jeune homme maintenu artificiellement en vie depuis dix ans à la suite d’un traumatisme crânien, illustre d’une manière particulièrement dramatique les enjeux liés à la détermination de ce niveau de conscience.
Dénomination qui fait débat
En pratique, les neuroscientifiques distinguent deux états mais leur dénomination fait actuellement débat. Le premier, l’état végétatif, a été défini dans les années 1970. Il désigne une personne qui se réveille de son coma, en ouvrant spontanément les yeux, sans donner aucun signe de conscience. Elle regarde dans le vide, bouge et respire uniquement par réflexe. Son ­réseau cérébral, qui relie le thalamus aux zones fronto-pariétales du cortex, ne fonctionne plus, en raison de lésions dans le cortex ou dans le réseau lui-même.
Pour Steven Laureys, qui étudie ces ­patients depuis des années dans le Coma Science Group à l’hôpital de Liège, « l’appellation “état végétatif”est péjorative, il vaut mieux parler d’“éveil non répondant à la commande” ». Un certain nombre de patients passent de cet état à celui de conscience minimale. Un stade dans lequel le réseau de la conscience fonctionne de temps en temps, même si c’est de manière très dégradée, comme si la personne avait de temps en temps des bouffées de conscience en réponse à des stimuli émotionnels donnés. De plus, elle présente une certaine sensibilité à la douleur.

Lionel Naccache, chercheur en neuro­sciences à l’Institut du...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-8"> ¤ L’agence spatiale a reçu ce prix pour sa couverture de la fin de la mission de la sonde Cassini autour de Saturne.
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<filname="SURF-env_sciences-9"> ¤ Ces assemblages en trois dimensions sont des atomes qui émettent de la lumière. Ils ont été obtenus afin de bâtir des simulateurs quantiques.
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Des atomes empilés à loisir

Ces assemblages en trois dimensions sont des atomes qui émettent de la lumière. Ils ont été obtenus afin de bâtir des simulateurs quantiques.



LE MONDE
 |    11.09.2018 à 17h16
   





                        



   


Ces petits points un peu flous qui illuminent les pages de la revue Nature du 6 septembre sont des atomes émettant de la lumière (leur vraie couleur est dans l’infrarouge). Le but n’est pas de réaliser des éclairages innovants mais de bâtir des simulateurs quantiques, c’est-à-dire des systèmes que l’on peut manipuler à loisir pour reproduire et mieux comprendre des comportements de la matière qui restent encore mystérieux.
Ruban de Möbius, hyperboloïde, fullerène, tour Eiffel… sont créés à l’aide de pièges optiques qui figent les particules près du zéro absolu. Ces dizaines d’atomes de rubidium (72 maximum) ne sont séparées que de quelques micromètres, dans un cube d’un dixième de millimètre de côté. Ces assemblages en trois dimensions ont été obtenus par une équipe de l’Institut d’optique et du CNRS à Palaiseau, qui en 2016 avait déjà démontré ce savoir-faire en deux dimensions. Preuve de la maturité du sujet, dans le même numéro de Nature, une seconde équipe, à l’université de Pennsylvanie, a également réalisé des structures tridimensionnelles mais par une autre méthode et sans pouvoir en contrôler la forme.

   





                            


                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-10"> ¤ Le mécanisme du mouvement de l’eau sur une plaque chauffante vient d’être élucidé par une équipe française, 250 ans après sa description.
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Le moteur caché des gouttes d’eau

Le mécanisme du mouvement de l’eau sur une plaque chauffante vient d’être élucidé par une équipe française, 250 ans après sa description.



LE MONDE
 |    11.09.2018 à 15h00
    |

            David Larousserie








                        



                                


                            

L’expérience est simple et spectaculaire. Quelques gouttes d’eau lâchées sur une plaque chauffante se mettent soudainement en boule et roulent à grande vitesse vers la périphérie, avant de s’évaporer. Cet effet, dit Leidenfrost, du nom du chercheur qui l’a étudié en 1756, est dû à la ­caléfaction, c’est-à-dire l’apparition d’une couche de vapeur sous le ­liquide formant un coussin d’air sur lequel glissent les gouttes.
Depuis deux cents ans, les chercheurs avaient, semble-t-il, fait le tour de la question – montrant par exemple qu’une structure rugueuse sur la surface peut guider les gouttes. Or une équipe française de ­l’ESPCI ParisTech, du CNRS et de l’Ecole polytechnique vient d’exposer dans Nature Physics du 10 septembre un fait surprenant, passé inaperçu jusqu’alors : ces gouttes sont autopropulsées ! Même posées sans inertie, immobiles, sur une surface parfaitement horizontale, elles avancent à près de dix centimètres par seconde, comme si elles avaient un petit moteur en elles. « C’est une grosse surprise. Un truc incroyable mis en évidence sur un système très ancien », s’enthousiasme David Quéré, le responsable de l’équipe à l’ESPCI ParisTech.
Un tourbillon et un flux d’air
Deux effets subtils se conjuguent pour expliquer le phénomène. D’abord, dans la goutte, le fluide n’est pas si tranquille que cela. Un tourbillon est créé par les différences de température entre sa base et son sommet (mais non dû au phénomène de convection), comme le montre le mouvement circulaire de petites particules introduites dans le liquide. De quoi faire tourner le ­liquide, comme une roue.
Mais avoir une roue qui tourne ne suffit pas à la faire avancer, car ­celle-ci est posée sur un coussin d’air sans frottement, ce qui interdit le mouvement. Les chercheurs ont alors découvert un second effet. La goutte en tournant modifie le flux d’air à la base, ce qui conduit à soulever l’arrière par rapport à l’avant et donc à créer une dissymétrie...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-11"> ¤ Une étude japonaise montre qu’une bonne organisation des secours sur le parcours de la course permet de sauver presque tous les cas de mort subite.
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Le défibrillateur, auxiliaire de vie des marathoniens

Une étude japonaise montre qu’une bonne organisation des secours sur le parcours de la course permet de sauver presque tous les cas de mort subite.



LE MONDE
 |    11.09.2018 à 11h00
 • Mis à jour le
11.09.2018 à 15h30
    |

            Sandrine Cabut








                        



                                


                            
Dix mille pas et plus. Marathoniens, semi-marathoniens, formez-vous aux gestes qui sauvent, et exigez des organisateurs de vos courses qu’ils soient au top côté assistance médicale. Les données de plusieurs études, dont la dernière, japonaise, a été ­publiée le 2 août dans le New England Journal of Medicine (NEJM), démontrent qu’une organisation bien pensée des secours permet d’assurer la réanimation (massage cardiaque puis défibrillation) dans un délai ultracourt et de sauver tous les coureurs – ou presque – victimes de mort subite, sans séquelle.
Evalué depuis douze ans, le dispositif mis en place au Japon obtient des résultats bluffants : sur 30 arrêts cardiaques au cours de 251 courses (10 à 42,2 km), les 28 survenus en présence d’un témoin ont tous été ­récupérés, sans conséquence neurologique. En moyenne, le massage cardiaque a été débuté en moins d’une minute, et le premier choc avec un défibrillateur automatique externe (DAE) en 2,2 minutes.
La mort subite du sportif touche une quinzaine de professionnels par an en France, et 800 amateurs. Dans les courses d’endurance, c’est un événement rare. Mais l’engouement croissant pour ces compétitions fait craindre une augmentation de ces accidents. Leur survenue sur un parcours de course à pied pose des problèmes spécifiques : dans une foule compacte, le repérage précis de la position de la victime est un défi pour les équipes de secours. Or, même si un massage cardiaque a pu être réalisé immédiatement par un coureur à proximité, la défibrillation doit être pratiquée dans l’idéal dans les cinq minutes, pour espérer survivre, sans séquelle neurologique.
Dispositif original
Le dispositif de secours décrit par les Japonais est très original. En plus des classiques médecins coordinateurs et postes médicaux avancés, il comporte des duos mobiles de paramédicaux munis de DAE circulant à vélo et à pied. Peuvent aussi intervenir des ­médecins volontaires participant à...




                        

                        


<article-nb="2018/09/13/19-12">
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<filname="SURF-env_sciences-12"> ¤ En 2015, le biologiste français spécialiste de l’ARN, notamment chez les végétaux, avait été sanctionné pour des manipulations d’images. Son laboratoire de Zurich le dédouane de manquements plus graves découverts il y a deux ans.
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Intégrité : l’« affaire Voinnet » rebondit

En 2015, le biologiste français spécialiste de l’ARN, notamment chez les végétaux, avait été sanctionné pour des manipulations d’images. Son laboratoire de Zurich le dédouane de manquements plus graves découverts il y a deux ans.



LE MONDE
 |    11.09.2018 à 10h21
 • Mis à jour le
11.09.2018 à 12h14
    |

            Hervé Morin et 
David Larousserie








                        



                                


                            

En matière de manquements aux bonnes pratiques scientifiques, une affaire peut en ­cacher une autre, y compris de plus grande gravité. C’est ce que révèle un communiqué de l’Ecole polytechnique fédérale de Zurich (ETHZ) du 6 septembre. Il indique que cette prestigieuse université a conjointement enquêté avec le CNRS sur cinq articles scientifiques, dont quatre cosignés par un de ses professeurs vedettes en biologie, détaché du CNRS à Zurich depuis 2010, Olivier Voinnet. L’enquête révèle de graves manipulations d’images. Dans le même temps, Olivier Voinnet est ­dédouané de ces fautes.
Il s’agit d’un rebondissement inattendu dans une affaire passablement embrouillée. En 2015, ce chercheur multiprimé, spécialiste de l’ARN, notamment chez les végétaux, avait été suspendu deux ans du CNRS et avait reçu un « avertissement » de l’ETHZ pour ses responsabilités dans des cas de manipulations d’images non conformes aux bonnes pratiques scientifiques. Le CNRS lui reprochait aussi d’avoir « porté atteinte à l’image » de l’organisme. Un de ses collègues d’un laboratoire strasbourgeois avait écopé d’un mois de suspension de salaire.
Rétractations
A ce jour, l’affaire a conduit, selon la base de données du site Retraction Watch, à huit rétractations d’articles, c’est-à-dire l’invalidation par les éditeurs des journaux scientifiques de ces publications, ainsi qu’à 24 corrections et quatre « signalements des éditeurs ». Au total, 28 articles sur la centaine cosignés par Olivier Voinnet depuis 1997 étaient concernés.
En 2015, les enquêteurs nommés par l’ETHZ – dont le rapport avait été rendu public contrairement aux ­détails des investigations du CNRS – avaient classé quatre articles dans la deuxième des trois catégories d’inconduites scientifiques, consistant à enjoliver des figures. Une poignée d’autres entraient dans la troisième catégorie, répertoriant des cas mineurs de retouches d’images non transparentes pour le lecteur.
Mais...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-13"> ¤ La constante gravitationnelle reste, depuis deux siècles, délicate à évaluer, comme le montrent deux récentes expériences indépendantes conduites dans le même laboratoire chinois.
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Le grand G trouble les physiciens

La constante gravitationnelle reste, depuis deux siècles, délicate à évaluer, comme le montrent deux récentes expériences indépendantes conduites dans le même laboratoire chinois.



LE MONDE
 |    11.09.2018 à 10h00
 • Mis à jour le
12.09.2018 à 19h23
    |

            David Larousserie








                        



                                


                            
Les physiciens aussi sont perplexes sur le point G. Pas sur ce qui désigne ce mystérieux lieu du plaisir féminin, mais sur une notion tout aussi plaisante et universelle : la gravitation. La lettre grand G désigne en effet la constante de proportionnalité qui permet de calculer l’une des forces les plus élémentaires, à savoir l’interaction entre deux masses en fonction de leur distance. Mais cette grandeur fondamentale, qui fait tourner les étoiles, les satellites ou tomber les pommes, est en fait la plus mal connue de toutes les constantes fondamentales de la physique, vitesse de la lumière, charge de l’électron, constante de Planck, de Boltzmann… Quand G est connu avec environ 4 chiffres significatifs, les autres le sont à 6, 8 voire 10 chiffres.
Pire, la poignée de mesures de G dans le monde donne des résultats très dispersés : l’écart entre les valeurs les plus éloignées est bien plus grand que la barre d’erreur des mesures. C’est dire si la communauté attendait avec impatience les résultats d’une équipe chinoise des universités Huazhong, à Wuhan, et Sun Yat-sen, à Zuhai, publiés dans ­Nature le 29 août. Ces chercheurs, qui en 2009 avaient déjà mesuré la fameuse constante, récidivent avec cette fois deux instruments indépendants, dans deux salles distinctes et avec deux techniques de mesure différentes.
Des écarts inexpliqués
Bonne nouvelle, leur précision est la meilleure jamais atteinte : 15 % de mieux. Mauvaise nouvelle, les deux mesures donnent des valeurs différentes (y compris en tenant compte des barres d’erreur). Et différentes de leur résultat précédent ! « Nous avons travaillé dix ans sur ces expériences entièrement nouvelles », insiste Chao Xue, membre de l’équipe à l’université Sun Yat-sen.
« Leurs résultats sont époustouflants ! Mais il aurait été mieux qu’ils donnent des explications à ces écarts », constate Clive Speake, de l’université de Birmingham, qui a lui-même mesuré G en 2013 au Bureau international...




                        

                        


<article-nb="2018/09/13/19-14">
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<filname="SURF-env_sciences-14"> ¤ Le médecin Jean-Fabien Zazzo dénonce, dans une tribune au « Monde », les effets dramatiques de ce fléau méconnu, qui touche particulièrement les personnes hospitalisées en cas de cancer.
<filname="PROF-env_sciences-14"> ¤                     
                                                   
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La quintuple peine de « la dénutrition dans nos sociétés d’abondance »

Le médecin Jean-Fabien Zazzo dénonce, dans une tribune au « Monde », les effets dramatiques de ce fléau méconnu, qui touche particulièrement les personnes hospitalisées en cas de cancer.



LE MONDE
 |    11.09.2018 à 09h00
 • Mis à jour le
11.09.2018 à 15h37
    |

Jean-Fabien Zazzo (Nutritionniste et anesthésiste-réanimateur, expert Nutrivigilance à l’Anses)







                        



                                


                            
Tribune. La dénutrition n’est pas l’apanage des pays les plus pauvres. Cet état pathologique est trop souvent méconnu dans nos sociétés d’abondance, parfois masqué par une obésité qui augmente elle aussi régulièrement. Elle précède, accompagne et aggrave les maladies lorsqu’elle n’est pas identifiée et traitée. Cinq facteurs y concourent.
En premier lieu, la précarité socio-économique représente la première cause de malnutrition. L’étude Abena (Alimentation et état nutritionnel des bénéficiaires de l’aide alimentaire), menée par Santé publique France, montre qu’entre 2004-2005 et 2011-2012 l’obésité a augmenté respectivement de 20 % pour les femmes et plus de 50 % chez les hommes, masquant de multiples carences nutritionnelles. L’aide alimentaire n’a pas diminué pendant cette période. Elle concerne 34 %de familles monoparentales ne disposant en moyenne que de 2,3 euros par personne et par jour ­(enfant ou adulte).
Second facteur, l’âge : en 2060, plus de 20 millions de personnes auront plus de 60 ans, 12 millions plus de 75 ans et 11 millions plus de 80 ans (Insee), dont plus de 50 % seront dénutris.
Décéder de carences nutritionnelles induites par un cancer bien traité et guéri, quelle malchance, quel gâchis humain et économique et quel échec de nos missions !
Troisième source de dénutrition, les pathologies chroniques (insuffisances respiratoire, rénale, cardiaque), les ­cancers, notamment digestifs, les ­hépatopathies chroniques, les polytraumatismes graves, les maladies ­neurodégénératives et syndromes ­démentiels, les séquelles d’accidents vasculaires cérébraux. La dénutrition est ici constante et multifactorielle, d’installation plus ou moins rapide, non recherchée et donc souvent ignorée. Elle est à l’origine d’une surmorbidité et d’une surmortalité. Parmi ces pathologies chroniques, l’obésité (20 % de la population) cache, notamment en cancérologie, une sarcopénie(dénutrition protéique se traduisant par une perte de la...




                        

                        


<article-nb="2018/09/13/19-15">
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<filname="SURF-env_sciences-15"> ¤ La société californienne 23andMe, qui a déjà vendu ses tests génomiques à plus de 5 millions de personnes, a annoncé avoir signé un accord avec la Big Pharma britannique GSK pour exploiter les données de ses clients.
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Le business juteux des données génomiques

La société californienne 23andMe, qui a déjà vendu ses tests génomiques à plus de 5 millions de personnes, a annoncé avoir signé un accord avec la Big Pharma britannique GSK pour exploiter les données de ses clients.



LE MONDE
 |    10.09.2018 à 17h55
 • Mis à jour le
11.09.2018 à 10h22
    |

                            Florence Rosier








                        



                                


                            
La nouvelle est passée presque inaperçue. Le 25 juillet, la société californienne 23andMe et la Big Pharma britannique GSK annonçaient avoir « signé un accord pour exploiter les données génétiques [des clients de 23andMe] afin de développer de nouveaux médicaments ». Montant du deal : 300 millions de dollars (près de 260 millions d’euros).
23andMe vend sur Internet des tests génomiques. Ces bases de données ont déjà alimenté nombre d’études, y compris celles menées par des universités de renom. Proche de Google, cette entreprise est connue pour les polémiques récurrentes qu’elle suscite d’ordre biomédical, sociétal, éthique et juridique. Ces tests sur Internet, sans prescription médicale, sont interdits en France. Mais le marché en ligne ne connaît pas de frontières…

23andMe indique avoir vendu ses tests à plus de 5 millions de personnes à travers le monde, qui veulent ­connaître tantôt les origines génétiques de leurs ancêtres, tantôt leurs risques propres de développer certaines maladies. La procédure est simple. Le client crache dans un petit tube qu’il expédie à la firme. Après extraction de l’ADN, une micropuce caractérise les séquences d’ADN de ce client, qui varient d’une personne à une autre. Variations qui sont corrélées à certains traits : prédisposition à des maladies, caractères morphologiques ou ethniques. Au bout de 6 à 8 semaines, le résultat est envoyé par mail.
Cette société peut-elle « revendre » en toute conscience les données génomiques et de santé acquises « sur le dos » de ses clients, qui ont déboursé 69 à 199 dollars (environ 60 à 170 euros) ? Sur le plan juridique, rien à redire. La société a verrouillé les choses : 23andMe demande à chacun de ses clients de cocher une case, sur Internet, s’il consent à ce que ses données, rendues anonymes, servent à ces recherches. « Plus de 80 % des clients de 23andMe ont donné leur accord », précise 23andMe.
Des données personnelles
Mais...




                        

                        


<article-nb="2018/09/13/19-16">
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<filname="SURF-env_sciences-16"> ¤ Les études qui comparent les millions de séquences d’ADN qui varient d’un individu à l’autre, révélant les variants associés à telle pathologie ou tel caractère sont en plein essor. Mais l’apport de ces catalogues reste discuté.
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Génomique à grande échelle, un bilan en demi-teinte

Les études qui comparent les millions de séquences d’ADN qui varient d’un individu à l’autre, révélant les variants associés à telle pathologie ou tel caractère sont en plein essor. Mais l’apport de ces catalogues reste discuté.



LE MONDE
 |    10.09.2018 à 17h55
 • Mis à jour le
11.09.2018 à 10h22
    |

                            Florence Rosier








                        



                                


                            
En 2006, un mode inédit de déchiffrage de notre ­génome est apparu. Il ­connaîtra un fulgurant essor. Ses enjeux : démêler l’embrouillamini des gènes en cause dans le développement de maladies communes (diabète de type 2, ­hypertension artérielle, obésité, maladies cardio-vasculaires, neurologiques, psychiatriques, auto-immunes…) ou de caractères complexes (niveau éducatif, « intelligence », taille et poids corporel, sensibilité à tel médicament, caractère lève-tôt ou oiseau de nuit…). « Presque toutes nos maladies, tous nos traits biologiques, physiques, cognitifs ou culturels ont été passés au crible de ces analyses », relève Xavier Jeunemaître, chef du service de génétique de l’hôpital européen Georges-Pompidou (AP-HP, Paris).
On les nomme « études d’association pangénomique », ou GWAS (« Genome Wide Association Study »). Elles opèrent en caractérisant, chez un grand nombre de personnes, les millions de séquences de notre ADN qui ­varient d’un individu à l’autre. Puis elles comparent la fréquence de ces « variants génomiques » (« polymorphismes ») dans deux groupes : des individus atteints d’une maladie donnée ou présentant un trait donné, et des individus indemnes. Comparaison qui révèle les variants associés à telle pathologie ou tel caractère.
Des cohortes énormes
La puissance de ces analyses tient à la taille des cohortes analysées (jusqu’à des centaines de milliers de personnes) mais également au nombre de variants génomiques pris en compte. « Sur une puce à ADN d’un centimètre carré, on peut caractériser 1 à 10 millions de variants », précise Xavier Jeunemaître.
Après plus d’une décennie, quel bilan dresser ? Le catalogue des GWAS recensait, le 14 août, « 3 510 études publiées et 68 187 associations trouvées entre un trait et un variant donné[portant sur une seule lettre de l’ADN, ou “SNV”] », résumePhilippe Froguel, de l’Imperial College, à Londres, et de l’Institut Pasteur, à Lille.

Mais...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-17"> ¤ Depuis 10 ans, la génomique de masse, recherche de variants génétiques susceptibles d’expliquer les différences entre individus, connaît un essor, sans toujours convaincre.
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<filname="SURF-env_sciences-18"> ¤ En France, une personne se donne la mort en moyenne chaque heure. Les initiatives fructueuses de prévention se multiplient, notamment en direction des jeunes.
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Suicide  : maintenir le lien pour éviter les récidives

En France, une personne se donne la mort en moyenne chaque heure. Les initiatives fructueuses de prévention se multiplient, notamment en direction des jeunes.



LE MONDE
 |    10.09.2018 à 15h18
 • Mis à jour le
11.09.2018 à 15h09
    |

            Pascale Santi








                        



                                


                            
C’était en février 2017, Aurélie (le prénom a été changé) avait des idées noires. La jeune femme – 24 ans aujourd’hui – sortait d’« une rupture amoureuse qu’[elle] avait du mal à gérer, un immense mal-être », explique-t-elle. Elle avait fait six tentatives de suicide. Son chemin a croisé celui de Guy Benamozig, qui lui a « redonné du ­soleil », dit-elle. Ce psychothérapeute a créé en 2015 l’association laVita, qui propose aux 15-25 ans des consultations gratuites en ­cabinets de psychologues. Depuis, elle travaille et va mieux.
Ce dispositif parisien s’adresse à des jeunes, parfois même dès l’âge de 13 ans, qui demandent un soutien psychologique. Un réseau d’orienteurs, infirmières, assistantes scolaires, services de ­prévention des universités parisiennes, etc., propose au jeune un suivi. Dès lors qu’il accepte cet ­accompagnement, il est contacté en moins de quarante-huit heures par l’un des 600 psychologues du réseau laVita. Cette structure permet un rendez-vous rapide, alors qu’il faut parfois attendre des mois pour avoir une consultation dans une institution.
Le problème du financement
Le dispositif fonctionne grâce aux financements de mutuelles, de fondations, de la CPAM de Paris, de la Mairie de Paris… Il a permis à laVita de recevoir 75 jeunes en 2017 et en a déjà vu 80 cette ­année. Mais, « en l’absence de ­financements pérennes, laVita ne peut pas faire face aux demandes de plus en plus nombreuses », explique Guy Benamozig, qui plaide pour le remboursement des psychothérapies. Une expérience d’une telle prise en charge est actuellement menée dans quatre départements. Une évaluation scientifique du dispositif commencera à l’automne.
La prévention du suicide est un enjeu crucial, c’était le leitmotiv de la journée mondiale sur le ­sujet, lundi 10 septembre. Il s’agit de la deuxième cause de décès chez les 15-29 ans, selon l’Organisation mondiale de la santé, qui a fixé un objectif de diminution de 10 %...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-19"> ¤ Deux études décrivent le cas d’une Ecossaise privée de la vue à la suite de plusieurs AVC, mais qui parvient à percevoir les objets en mouvement.
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<filname="SURF-env_sciences-20"> ¤ Une équipe française a mis en évidence, pour la première fois, la compétition entre primates femelles pour l’obtention des soins paternels.
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Article sélectionné dans La Matinale du 10/09/2018
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Jalouse comme une babouine

Une équipe française a mis en évidence, pour la première fois, la compétition entre primates femelles pour l’obtention des soins paternels.



LE MONDE
 |    09.09.2018 à 18h00
 • Mis à jour le
11.09.2018 à 07h00
    |

            Nathaniel Herzberg








                        



                                


                            

Zoologie. La primatologue Elise Huchard le dit le plus sérieusement du monde : « La vie est dure pour les femelles babouins. » Aux jeux de l’amour, ces dames ne choisissent rien et subissent tout. Dans cette ­société polygyne, composée d’une multitude de petits harems, les femelles attendent qu’un mâle veuille bien jeter sur elles son ­dévolu. Commence un long calvaire. Pour s’assurer de son exclusivité, le mâle cogne. Dans de précédents travaux, Elise Huchard et sa collègue Alice Baniel ont décrit cette « intimidation sexuelle ».
Mais la souffrance des babouines ne s’arrête pas là. Dans une étude réalisée sur les babouins chacmas de Namibie et publiée dans Proceedings B de la Royal Society, les mêmes chercheuses viennent de mettre en évidence les ressorts des violences pratiquées entre femelles. Accomplies à l’intérieur d’un même harem, elles visent pour de jeunes mères à harceler leurs rivales encore fécondes.
Il convient d’abord d’indiquer que chez les chacmas, une femelle en chaleur se repère aisément par le gonflement extrême et la rougeur de sa vulve. Pratique pour les rivales, comme pour les scientifiques qui souhaitent les étudier. Ces dernières ont suivi 55 babouines. Elles ont d’abord constaté que les femelles enceintes et allaitantes s’en prenaient en priorité aux guenons fertiles du même ­harem. Elles ont ensuite établi que les morsures, tapes et autres menaces étaient d’autant plus nombreuses que les victimes se trouvaient proches de l’ovulation et ­qu’elles multipliaient les copulations.
« Je pense qu’elles sont conscientes »
« Ce n’est pas une compétition pour le sexe, précise Elise Huchard, mais pour les soins paternels », ces multiples moments pendant lesquels les mâles protègent leur progéniture contre les prédateurs ou leurs rivaux, portent les petits, les gardent quand la mère s’éloigne. Pour achever de le démontrer, les scientifiques ont mesuré le succès reproductif...




                        

                        

