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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-1"> ¤ Le jeune mathématicien français a été torturé et assassiné à 25 ans par l’armée française pendant la bataille d’Alger, en 1957.
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L’affaire Maurice Audin, un symbole des exactions de l’armée française en Algérie



LE MONDE
              datetime="2018-09-13T18:10:38+02:00"

        Le 13.09.2018 à 18h10






Durée : 02:47 | 

Emmanuel Macron a fait, jeudi 13 septembre, une déclaration officielle reconnaissant que Maurice Audin, militant communiste « disparu » en 1957, était mort sous la torture du fait d’un « système légalement institué » en Algérie par la France. Soupçonné de lien avec le FLN algérien, Michel Audin avait été arrêté dans la nuit du 11 juin 1957 chez lui devant sa femme et ses trois enfants. Sa famille ne le reverra pas et son corps ne sera jamais retrouvé. Le 18 juin 2014, François Hollande avait publiquement reconnu que Michel Audin était bien mort durant sa détention et avait invalidé la thèse de l’évasion soutenue par l’armée française.
La déclaration d’Emmanuel Macron marque un changement radical dans la position officielle de la France. Il ne sera plus possible désormais de nier le caractère systématique de la torture pendant la guerre d’Algérie. Le président français a également annoncé « l’ouverture des archives sur le sujet des disparus civils et militaires, français et algériens ».


                

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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-2"> ¤ L’avocat fiscaliste Jérôme Turot explique dans une tribune au « Monde » que la réforme du prélèvement à la source va nuire à la capacité des contribuables de décider eux-mêmes de l’utilisation d’une partie de leurs impôts.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-2"> ¤                     
                                                   
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« Le prélèvement à la source risque de sonner le glas de la fiscalité incitative »

L’avocat fiscaliste Jérôme Turot explique dans une tribune au « Monde » que la réforme du prélèvement à la source va nuire à la capacité des contribuables de décider eux-mêmes de l’utilisation d’une partie de leurs impôts.



LE MONDE
 |    13.09.2018 à 17h16
    |

Jérôme Turot (Avocat fiscaliste, membre du Cercle des fiscalistes)







                        



                                


                            

Tribune. En France, l’impôt est intelligent. Notre système fiscal français tant décrié – souvent à tort – a une immense qualité : nous avons en matière d’impôt sur le revenu une tradition de fiscalité incitative, offrant de nombreuses possibilités de réductions fiscales et de crédits d’impôt.
Ce système de déductions fiscales favorise une fiscalité intelligente et démocratique.
Intelligente, puisqu’elle incite les citoyens à se montrer socialement utiles (crédits d’impôts en faveur de la famille), écologiquement responsables (crédits d’impôt pour la transition énergétique), investisseurs intrépides (logement social, outre-mer, jeunes entreprises), et philanthropes (associations et fondations).
C’est surtout une fiscalité démocratique, puisqu’elle permet au contribuable de décider lui-même de l’utilisation d’une partie de son impôt. Ainsi, le contribuable qui estime que l’Etat n’aide pas suffisamment la recherche contre le cancer ou la défense de la langue occitane peut le faire à sa place, en y affectant une partie de son impôt via un don à une fondation ou association : on permet aux contribuables de décider directement des dépenses publiques à la place de l’Etat.
La capacité pour les contribuables de dédier leur impôt à un but utile, altruiste ou tout simplement familial, sera-t-elle préservée ? Dans l’immédiat, les crédits d’impôts sont sauvegardés, puisqu’on nous annonce que les contribuables obtiendront, le 15 janvier 2019, le versement anticipé de 60 % du montant des crédits d’impôt auxquels ils ont eu droit en 2018.
Une mesure de circonstance
Mais le versement de cet acompte n’est pas inscrit dans notre droit fiscal, ce n’est qu’une mesure de circonstance ; il est douteux qu’elle soit reconduite en 2020 et au-delà, car cet acompte sera extrêmement coûteux en trésorerie pour l’Etat, et posera de difficiles problèmes de gestion.
Tout d’abord, on voit mal comment l’administration pourrait verser...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-3"> ¤ Lors de la séance consacrée au déclenchement d’une procédure liée au respect de l’Etat de droit en Hongrie, les élus PPE français se sont dispersés entre abstention, vote contre et pour le premier ministre hongrois.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-3"> ¤                     
                                                

Au Parlement européen, le non-choix des élus LR face à la Hongrie d’Orban

Lors de la séance consacrée au déclenchement d’une procédure liée au respect de l’Etat de droit en Hongrie, les élus PPE français se sont dispersés entre abstention, vote contre et pour le premier ministre hongrois.



LE MONDE
 |    13.09.2018 à 17h08
 • Mis à jour le
13.09.2018 à 17h16
    |

            Olivier Faye et 
Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)








                        



   


« I would prefer not to. » Tel Bartleby, le héros d’Herman Melville, les eurodéputés Les Républicains (LR) auraient sans doute préféré ne pas avoir à se prononcer sur la résolution adoptée à Strasbourg, mercredi 12 septembre, qui dénonce les « risques de violation grave de l’Etat de droit » dans la Hongrie du premier ministre ultraconservateur Viktor Orban. Cette résolution ouvre la voie à une possible privation des droits de vote de Budapest au sein du Conseil européen.
Signe du malaise : les seize élus que compte encore LR à Strasbourg – membres, comme M. Orban, du PPE (Parti populaire européen) – ont exprimé des votes divisés. Cinq députés se sont prononcés en faveur de la résolution, trois s’y sont opposés, pendant que six autres s’abstenaient (deux élus n’ont pas pris part au vote). « Il n’y avait pas de position du parti, comme le PPE », explique-t-on dans l’entourage de Laurent Wauquiez, président de LR.

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Ce dernier partage la ligne anti-immigration du dirigeant hongrois. Il assume de parler avec lui, au point d’afficher sur Twitter la photo de leur première rencontre, qui a eu lieu dans le cadre d’une réunion du PPE, le 28 juin. « Ostraciser Orban, c’est le rejeter vers l’extrême droite », répète souvent le député européen Brice Hortefeux, son conseiller spécial. Mais la donne a changé à la suite des propos intransigeants tenus mardi par le premier ministre hongrois devant le Parlement européen, puis dans le cadre d’une réunion avec les députés PPE. Le président de ce groupe, l’Allemand Manfred Weber, a lui même voté en faveur de la délibération.
« Valeurs européennes »
« Quand on a appris que Sebastian Kurz [chancelier autrichien conservateur, allié à l’extrême droite dans son pays] demandait à sa délégation de voter pour la délibération, ça a détendu tout le monde », rapporte Jérôme Lavrilleux, un ex-LR qui siège toujours au sein de la délégation de son ancien parti. « J’étais déterminé à voter contre ce rapport, déposé par une Verte et soutenu par toute l’extrême gauche. Mais j’attendais un geste d’ouverture de la part d’Orban, qui n’est pas arrivé », rapporte M. Hortefeux, qui s’est finalement abstenu. Comme Arnaud Danjean : ce dernier a dénoncé lors de la réunion du PPE, mardi, une manipulation de la gauche destinée à diviser les siens.
« J’ai voté en conscience, il fallait marquer le coup par rapport à la Hongrie, à l’importance des valeurs européennes », estime au contraire Alain Cadec, qui s’est prononcé en faveur du texte. Quitte à faire le jeu d’Emmanuel Macron, qui cherche à diviser la droite pour mieux introduire un duel entre « progressistes » et « nationalistes » ? « Voter contre, c’était entrer dans le jeu de Marine Le Pen et compagnie », relève le député.

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« M. Orban est le seul dirigeant européen qui rassemble sur son nom près de 50 % des suffrages dans son pays. Qui sommes-nous pour remettre en cause le choix des Hongrois ? », interroge de son côté Franck Proust, chef de file de la délégation LR au Parlement européen, dénonçant le « rapport à charge » adopté mercredi. Ce dernier a voté contre, tout comme Nadine Morano. « Je serai toujours du côté des dirigeants européens qui défendent la souveraineté de leur nation et protègent nos frontières », a écrit cette dernière sur Twitter, postant une photo d’elle au côté de M. Orban.
Dans l’entourage de Laurent Wauquiez, on ne manque pas, en tout cas, de noter que les troupes de LR ont été moins nombreuses à voter en faveur de la résolution que l’addition des abstentionnistes et des votes « contre ». C’est toujours ça de pris.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-4"> ¤ Après la reconnaissance par Emmanuel Macron du recours à la torture pendant la guerre d’Algérie, les comptes sont loin d’être soldés entre les deux pays.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-4"> ¤         

Décryptage

Entre la France et l’Algérie, les plaies toujours ouvertes de la mémoire

Après la reconnaissance par Emmanuel Macron du recours à la torture pendant la guerre d’Algérie, les comptes sont loin d’être soldés entre les deux pays.

Charlotte Bozonnet et 
                                Ghalia Kadiri




LE MONDE
              datetime="2018-09-13T15:38:13+02:00"

        Le 13.09.2018 à 15h38

     •
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        Mis à jour le 13.09.2018 à 17h51






    
Le président français, Emmanuel Macron, lors d’une cérémonie au mémorial du Martyr, à Alger, le 6 décembre 2017.
Crédits : Zohra Bensemra / REUTERS


En reconnaissant la responsabilité de la France dans la mort de Maurice Audin et le recours à la torture pendant la guerre d’Algérie, le président Emmanuel Macron fait un pas décisif dans un travail de mémoire lent et délicat entre les deux pays.

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Les massacres de Sétif, Guelma et Kheratta
Les massacres perpétrés à partir du 8 mai 1945 dans l’Est algérien sont considérés comme le véritable premier acte de la guerre d’Algérie. Ce jour-là, alors que la France fête la victoire contre le nazisme, l’histoire tourne au drame à Sétif, mais aussi à Guelma et à Kheratta, où des manifestations sont réprimées dans le sang. En quelques semaines, des milliers d’Algériens – entre 10 000 et 45 000, selon les sources – seront tués, ainsi qu’une centaine d’Européens.
En 2005, une première reconnaissance est formulée par l’ambassadeur de France à Alger, Hubert Colin de Verdière, qui évoque une « tragédie inexcusable ». En 2008, l’ambassadeur Bernard Bajolet pointe à son tour la « très lourde responsabilité des autorités françaises de l’époque dans ce déchaînement de folie meurtrière », ajoutant que « le temps de la dénégation est terminé ». En avril 2015, le secrétaire d’Etat aux anciens combattants et à la mémoire, Jean-Marc Todeschini, se déplace à Sétif pour, soixante-dix ans après, commémorer les faits. Une première pour un responsable français.

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La responsabilité française dans la guerre et la colonisation
Le déplacement de M. Todeschini à Sétif entre dans le cadre de la politique mémorielle annoncée par François Hollande. Devant le Parlement algérien, en décembre 2012, le chef de l’Etat français avait dénoncé la colonisation, « un système profondément injuste et brutal », et reconnu « les souffrances […] infligées au peuple algérien », dont les massacres de Sétif, Guelma et Kheratta. « Le jour même où le monde triomphait de la barbarie, la France manquait à ses valeurs universelles », poursuivait le président. Un discours qui a fait date.
Son prédécesseur, Nicolas Sarkozy, avait déjà dénoncé le système colonial lors d’un discours le 3 décembre 2007 : « Oui, le système colonial a été profondément injuste, contraire aux trois mots fondateurs de notre République : liberté, égalité, fraternité », avait déclaré le président à Alger. Mais la portée de ses déclarations s’était rapidement atténuée : sitôt rentré d’Algérie, Nicolas Sarkozy avait reçu à l’Elysée les représentants des harkis, provoquant la colère d’Alger.
Lors d’un discours le 3 mars 2003, Jacques Chirac avait, lui, limité la reconnaissance des souffrances subies par le peuple algérien à la période de la guerre.

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                Algérie : Emmanuel Macron veut « tourner la page du passé »



Quant à Emmanuel Macron, il a marqué les esprits en Algérie avant même son élection. Lors d’un déplacement à Alger en février 2017, celui qui n’était alors que candidat à l’élection présidentielle avait déclaré vouloir réconcilier des « mémoires concurrentes ». La colonisation fut « un crime, un crime contre l’humanité, une vraie barbarie », avait-il déclaré en réponse à une question, poursuivant : « Ça fait partie de ce passé que nous devons regarder en face en présentant aussi nos excuses à l’égard de celles et de ceux vers lesquels nous avons commis ces gestes. » Ses propos avaient provoqué des réactions scandalisées de responsables politiques de droite et d’extrême droite. « Emmanuel Macron commet une faute politique », avait estimé Bruno Retailleau, sénateur LR proche de François Fillon.
Lors de son premier déplacement à Alger en tant que chef de l’Etat, Emmanuel Macron avait martelé son intention de « tourner la page du passé » pour « construire une nouvelle relation avec l’Algérie et notamment avec la jeunesse ».
L’assassinat des moines de Tibéhirine
Vingt-deux ans après le drame, l’affaire continue d’empoisonner régulièrement les relations franco-algériennes. Dans la nuit du 26 au 27 mars 1996, en pleine guerre civile, sept religieux français sont enlevés dans leur monastère à 80 km au sud d’Alger. Leur mort est annoncée quelques semaines plus tard par le Groupe islamique armé (GIA). Mais les circonstances de leur décès sont rapidement controversées. Des accusations émergent sur une possible implication des militaires algériens dans l’assassinat des religieux français.
En 2014, après des années de bataille judiciaire, des prélèvements sur les crânes des religieux sont finalement autorisés par les autorités algériennes. Une première dans cette affaire, alors qu’aucune autopsie n’avait été effectuée depuis 1996. Après deux années de discussions, les prélèvements sont rapportés en France en juin 2016. Le 29 mars 2018, des expertises scientifiques révèlent que les moines auraient été tués avant la date officielle de leur mort, le 21 mai 1996, et décapités post mortem, faisant peser des doutes sur la version officielle de leur assassinat.
Le 10 avril, l’Algérie donne au Vatican son accord pour la béatification des moines de Tibéhirine, qui pourrait se dérouler à Oran dans les prochains mois, selon le ministre algérien des affaires étrangères.

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L’indemnisation des victimes algériennes
Les victimes algériennes de la guerre d’indépendance ont longtemps attendu ce moment. Plus de cinquante-cinq ans après la fin de la guerre d’Algérie, le Conseil constitutionnel a censuré, le 8 février 2018, la loi de 1963 prévoyant un « droit à pension » qui excluait les non-Français. Potentiellement, ce seraient plusieurs dizaines de milliers de victimes algériennes (15 000, selon une note obtenue par le Conseil constitutionnel) ou leurs ayants droit qui pourraient revendiquer une indemnisation.
La pension, souvent symbolique selon le niveau d’invalidité de la victime, est néanmoins une reconnaissance du statut de victime. Même si l’interprétation des exclusions prévues par la loi ne sera pas aisée et soulève encore beaucoup de questions. L’indemnisation financière ne fait pas partie des revendications des autorités algériennes, qui demandent à la France une « réparation morale » par des excuses portant sur toute la période de la colonisation.

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La restitution des crânes de résistants algériens
Ce fut l’un des gestes annoncés par Emmanuel Macron lors de sa visite officielle à Alger le 6 décembre 2017. Le président français s’était dit « prêt » à ce que la France restitue des crânes d’insurgés algériens tués par le corps expéditionnaire français dans les années 1840 et 1850, conservés au Musée de l’homme, à Paris, et longtemps revendiqués par les historiens algériens. Une « loi de déclassification » devrait être adoptée par le Parlement français afin d’autoriser la restitution, du fait du principe d’inaliénabilité des collections publiques.
Le travail de mémoire et l’accès aux archives
La question de la mémoire des années de colonisation française en Algérie (1830-1962) pèse fortement sur les relations entre Paris et Alger : l’accès aux archives françaises est une revendication très forte côté algérien. Sur ce point, les discussions se sont multipliées ces dernières années. Notamment en janvier 2016, lors de la visite officielle en France du ministre algérien des moudjahidine (anciens combattants), une première depuis l’indépendance. Mais aussi en décembre 2017 : le premier ministre algérien, Ahmed Ouyahia, avait annoncé qu’Emmanuel Macron était prêt à remettre à l’Algérie une copie des archives de la période coloniale française.

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Jeudi 13 septembre, parallèlement à la reconnaissance de la torture et de l’assassinat de Maurice Audin, le chef de l’Etat a annoncé vouloir ouvrir l’ensemble des archives de l’Etat relatives aux disparus d’Algérie. On estime que plusieurs milliers de personnes, issues des deux camps, ont disparu, dont 500 soldats français. « Une dérogation générale, par arrêté ministériel, va être accordée pour que tout le monde – historiens, familles, associations – puisse consulter les archives pour tous les disparus d’Algérie. On place la question des disparus au centre », a expliqué au Monde l’entourage de M. Macron. Le président lance aussi un appel à tous les témoins de l’époque ou à leurs descendants pour qu’ils participent à ce « travail de mémoire » en confiant leurs témoignages ou leurs documents personnels aux archives nationales.


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-5"> ¤ La loi sur la « société de confiance », promulguée le 10 août, offre aux sociétés de vraies possibilités de soulager la lourdeur et la fréquence des procédures, souligne l’avocat Arnaud Cabanes dans une tribune au « Monde ».
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-5"> ¤                     
                                                   
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Il faut « rétablir la confiance entre les usagers et les entreprises et leurs services publics »

La loi sur la « société de confiance », promulguée le 10 août, offre aux sociétés de vraies possibilités de soulager la lourdeur et la fréquence des procédures, souligne l’avocat Arnaud Cabanes dans une tribune au « Monde ».



LE MONDE
 |    13.09.2018 à 15h15
    |

Arnaud Cabanes (Avocat à la cour, spécialiste en droit public, associé chez Baker McKenzie)







                        



                                


                            

Tribune. La loi pour « un Etat au service d’une société de confiance », adoptée le 31 juillet à l’Assemblée nationale, a été promulguée le 10 août. Le titre de cette loi intrigue forcément car, même si l’on oublie parfois que l’Etat de droit est au service des citoyens, venir souligner que l’Etat est au service d’une société de confiance n’est pas anodin. Qu’est-ce qu’une « société de confiance » ?
On est tenté de répondre que c’est sans doute le contraire d’une « société de défiance ». Et de fait, le gouvernement et le Parlement cherchent bien à lutter contre la défiance d’une partie des usagers envers les administrations publiques. L’objectif poursuivi consiste, une nouvelle fois, à rapprocher les usagers de leurs services publics en rétablissant un lien de confiance parfois rompu, parfois seulement distendu.
Les usagers des services publics sont aussi bien les particuliers que les entreprises. Rétablir la confiance des particuliers vise à renforcer le bon fonctionnement de nos institutions ; rétablir la confiance des entreprises vise à renforcer notre économie en gommant des obstacles bureaucratiques souvent décriés.
Servi et aidé plutôt qu’empêché
Dans les deux cas, la confiance désigne une disposition d’esprit, une assurance motivée par la certitude que l’on a d’être servi et aidé plutôt qu’empêché : elle suppose la tranquillité. Autant dire qu’elle ne se décrète pas et qu’elle ne se mesure que dans le secret des comportements.
C’est précisément pour cela que la loi du 10 août retient l’attention. Parmi de multiples dispositions, une innovation est suffisamment notable pour qu’elle donne, peut-être, le signal d’un début de changement de paradigme administratif.

Toute personne pourra désormais demander à faire l’objet d’un contrôle par l’administration dès lors que celui-ci est prévu par un acte législatif ou réglementaire. Si la personne ayant sollicité le contrôle est de bonne...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-6"> ¤ Qu’elles soient privées ou publiques, les dettes ne cessent de s’accumuler, faisant peser de nouveaux risques sur le système financier mondial.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-6"> ¤                     
                                                

Dix ans après Lehman Brothers : la dette grandit, le risque aussi

Qu’elles soient privées ou publiques, les dettes ne cessent de s’accumuler, faisant peser de nouveaux risques sur le système financier mondial.



LE MONDE
 |    13.09.2018 à 14h59
 • Mis à jour le
13.09.2018 à 15h02
    |

            Marianne Boyer et 
                                Maxime Mainguet








                        



   





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-7"> ¤ Emmanuel Macron a dévoilé son plan pour lutter contre la pauvreté, d’un montant de 8 milliards d’euros sur quatre ans.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-7"> ¤                     
                                                

A gauche comme à droite, la classe politique jugent « insuffisantes » les mesures du plan « pauvreté »

Emmanuel Macron a dévoilé son plan pour lutter contre la pauvreté, d’un montant de 8 milliards d’euros sur quatre ans.



LE MONDE
 |    13.09.2018 à 13h43
 • Mis à jour le
13.09.2018 à 15h35
   





                        



   


Après le dévoilement par Emmanuel Macron du plan – très attendu – de pauvreté, d’un montant de 8 milliards d’euros sur quatre ans, les réactions se multiplient au sein de la classe politique.

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A gauche, les voix sont unanimes pour dénoncer un plan « pas à la hauteur » de l’enjeu. Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste juge :
« Le #PlanPauvreté c’est 62 centimes par jour. Le plan cadeaux fiscaux c’est 600 000 euros par an en moyenne et par individu pour les plus fortunés, rien qu’avec la flat tax. Les miettes pour les uns et le gâteau pour les autres. »
Et d’asséner : « Baisse des APL, suppression des emplois aidés, réduction de 4 % de pouvoir d’achat sur deux ans pour les retraités : Emmanuel #Macron créée des pauvres ! » Un avis partagé par le député La France insoumise de la Seine-Saint-Denis, Alexis Corbière :
« Vous êtes parmi les 100 + riches du pays ? Macron vous rend en urgence 1,5 million d’euros. Vous êtes parmi les 9 millions de pauvres ? Macron mobilise 200 euros/an pour vous sortir de la pauvreté. Une pièce montée pour quelques-uns, et des miettes pour tous les autres… »
De son côté, Julien Bayou le conseiller Europe Ecologie-Les Verts régional d’Ile-de-France dénonce lui aussi un plan qui ne compense pas « les cadeaux faits aux plus riches » :
« Un plan pauvreté pour “que la pauvreté ne se transmette plus en héritage”. La formule est belle mais le plan est creux. Rien pour les 18-25 ans. »
Pierre Laurent, secrétaire national du Parti communiste français, souligne pour sa part « des avancées, souvent portées par les assocs », mais regrette que « rien dans ce plan ne s’attaque aux racines de la précarité de masse qui provoque la grande pauvreté ».

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« Rien dans ce plan ne s’attaque aux racines de la précarité »
A droite, le député souverainiste de l’Essone Nicolas Dupont-Aignan (Debout la France) salue également « certaines mesures […] bonnes », mais « insuffisantes et [qui] ne compenseront pas la casse sociale de #Macron depuis un an ».
Laurence Sailliet, porte-parole des Républicains (LR), s’est contentée de déplorer le manque de résultats de la politique du président : « A la politique des métaphores qui table sur la magie du verbe nous préférons une politique d’action et de résultats. » 
Pour sa part, le député LR des Alpes maritimes Eric Ciotti fustige le « revenu universel d’activité », fusionnant plusieurs minima sociaux, qui revient selon lui « à payer tout le monde à ne rien faire. […] Ceux qui à droite l’ont soutenu et le soutiennent font face à un petit problème de cohérence… ».

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Sans surprise, la majorité salue pour sa part le plan annoncé. A l’instar de Matthieu Orphelin, député LRM de la 1re circonscription du Maine-et-Loire, qui se réjouit de « nouvelles mesures [qui] vont clairement dans le bon sens. Elles arrivent à un moment important du quinquennat ». 
Amélie de Montchalin, députée La République en marche (LRM) de la 6e circonscription de l’Essonne estime quant à elle qu’« il ne s’agit pas tant de changer la loi que la réalité : une évaluation pratique, économique et de terrain sera conduite pour mesurer les effets concrets des réformes engagées ».

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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-8"> ¤ Emmanuel Macron a reconnu la responsabilité de l’Etat dans la disparition de ce mathématicien communiste. Depuis 61 ans, sa famille se bat pour faire connaître la vérité sur sa mort.
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Torture en Algérie : Maurice Audin, un crime français

Emmanuel Macron a reconnu la responsabilité de l’Etat dans la disparition de ce mathématicien communiste. Depuis 61 ans, sa famille se bat pour faire connaître la vérité sur sa mort.



LE MONDE
 |    13.09.2018 à 13h11
 • Mis à jour le
13.09.2018 à 16h28
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            Marie-Béatrice Baudet








                        



                                


                            

Au téléphone, la voix semble fragile, presque frêle, mais dès les premiers mots, on devine derrière ces sons étouffés une incroyable force d’âme. A 87 ans, Josette Audin n’a rien perdu de sa détermination à faire connaître la vérité, « toute la vérité » sur la mort de son mari, Maurice Audin, torturé et assassiné à l’âge de 25 ans par l’armée française pendant la bataille d’Alger, en 1957.

Maurice était l’amour de sa vie, jamais elle ne s’est remariée. Entourée de sa fille aînée, Michèle, et de son fils Pierre, elle dit vivre aujourd’hui « un grand moment d’émotion » depuis la reconnaissance, jeudi 13 septembre, par Emmanuel Macron de la responsabilité de l’Etat français dans la disparition de son époux. Mais heureuse, non, Josette Audin ne l’est pas, confie-t-elle. « Mon combat n’est pas fini. Comment Maurice a-t-il été tué ? Quels sont les noms de ses tortionnaires ? Qu’a-t-on fait de son corps ? Nous ne le savons toujours pas. Il faudrait que des gens parlent enfin… » Malgré les dizaines d’enquêtes menées, les nombreux livres publiés, les archives officielles déjà déclassifiées et le travail de plusieurs historiens, cette affaire reste, en effet, l’un des derniers secrets de la guerre d’Algérie.

Maurice Audin n’était pas un poseur de bombes. En 1957, le jeune et brillant mathématicien français qui prépare une thèse de doctorat à la Sorbonne enseigne à l’université des sciences d’Alger. Anticolonialiste, il milite avec sa femme Josette au Parti communiste algérien (PCA). N’ayant aucune responsabilité hiérarchique au sein de l’appareil politique, il ne vit pas dans la clandestinité comme beaucoup de ses camarades, traqués depuis la dissolution du PCA en 1955. Certes, il distribue des tracts, et il lui arrive aussi d’héberger des amis en cavale, mais il n’a jamais été mêlé à un attentat.
Ni traces de sang, ni cadavre
Le destin du couple et de ses trois enfants, Michèle, 3 ans, Louis, 18 mois,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-9"> ¤ Selon les informations du site Médiacités, la ministre occupe un logement social à Clamart depuis 2012. Une époque où ses revenus correspondaient aux critères d’attribution, se défend-elle.
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L’embêtant logement social de la ministre des sports Roxana Maracineanu

Selon les informations du site Médiacités, la ministre occupe un logement social à Clamart depuis 2012. Une époque où ses revenus correspondaient aux critères d’attribution, se défend-elle.



LE MONDE
 |    13.09.2018 à 13h07
 • Mis à jour le
13.09.2018 à 15h42
   





                        



   


Le site d’actualité Médiacités a révélé jeudi 13 septembre que Roxana Maracineanu occupe un logement social à Clamart, dans les Hauts-de-Seine, depuis 2012. L’appartement, de type PLUS (prêt locatif à usage social) est géré par l’office HLM de la ville.
Selon le pureplayer, la ministre a obtenu cet appartement, où elle vit avec sa famille, quand le socialiste Philippe Kaltenbach était maire de Clamart. C’est auprès de cet élu qu’elle a commencé sa carrière en politique en 2010, figurant alors en huitième position sur la liste départementale du Parti socialiste menée par le maire.
Il ne s’agissait cependant pas d’un passe-droit, selon Philippe Kaltenbach : « Si elle a eu ce logement, c’est parce qu’elle correspondait à l’époque aux critères d’attribution en termes de revenus. On ne peut pas empêcher les élus d’obtenir un logement social quand ils y sont éligibles », a-t-il répondu à Médiacités. 
Paiement d’un surloyer
Une information confirmée par Europe 1 montre que Roxana Maracineanu était bien éligible au logement social au moment de sa demande.
Cette dernière précise qu’elle paye actuellement un surloyer, qui peut être réclamé à un locataire dès lors que ses revenus excèdent d’au moins 20 % les plafonds de ressources exigés pour l’attribution d’un logement social, et qu’elle compte déménager. Elle s’exprimera sur ce sujet dans la journée.

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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-10"> ¤ Françoise Fressoz, éditorialiste au « Monde », fait le parallèle entre la décision du chef de l’Etat dans l’affaire Audin à celle de Jacques Chirac pour la rafle du Vél d’Hiv.
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Guerre d’Algérie : « Macron est suffisamment vierge pour ouvrir l’inventaire »

Françoise Fressoz, éditorialiste au « Monde », fait le parallèle entre la décision du chef de l’Etat dans l’affaire Audin à celle de Jacques Chirac pour la rafle du Vél d’Hiv.



LE MONDE
 |    13.09.2018 à 12h16
 • Mis à jour le
13.09.2018 à 17h45
    |

            Françoise Fressoz








                        



                                


                            

Chronique. Qui se souvient de l’affaire Maurice Audin ? De la disparition de ce jeune mathématicien communiste arrêté le 11 juin 1957 à l’âge de 25 ans à Alger parce qu’il militait pour l’indépendance de l’Algérie ? A vrai dire, peu de monde hormis sa famille, l’armée, le parti communiste, des historiens, des militants de gauche et plus récemment le mathématicien Cédric Villani qui, devenu député macroniste, n’a pas hésité, en février dernier, à tenir une conférence de presse pour réclamer « une parole forte au niveau de l’Etat ».

L’affaire Maurice Audin n’aura jamais la portée symbolique de la rafle du Vél’ d’Hiv, ces 13 152 juifs arrêtés les 16 et 17 juillet 1942 par 9 000 fonctionnaires français pour être parqués au Vélodrome d’Hiver de Paris avant d’être déportés vers les camps d’extermination nazis. Et pourtant la décision d’Emmanuel Macron de reconnaître, au nom de la République française, que Maurice Audin est mort après avoir été torturé, les mots employés par le chef de l’Etat pour affirmer que cette mort résulte « d’un système légalement institué » lors du vote, en 1956, des pouvoirs spéciaux donnant carte blanche au gouvernement et finalement à l’armée pour rétablir l’ordre en Algérie, sa volonté d’ouvrir toutes les archives concernant les disparus de la guerre d’Algérie, son appel à témoins pour que la parole se libère sont faits pour frapper l’opinion.
Second tabou levé
Exactement comme avait frappé le discours de Jacques Chirac reconnaissant pour la première fois, en 1995, la responsabilité de la France dans la déportation et l’extermination des juifs pendant la seconde guerre mondiale. « Reconnaître les fautes du passé, ne rien occulter des heures sombres de notre Histoire, c’est défendre une idée de l’Homme, de sa liberté et de sa dignité », avait alors plaidé l’ancien patron du RPR. C’était cinquante-trois ans après les faits, Jacques Chirac, qui n’avait pas été un acteur de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-11"> ¤ Malgré les précautions de l’exécutif, qui accuse aussi les gouvernements de l’époque, l’armée craint d’être mise en accusation dans son ensemble.
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Torture en Algérie : les militaires français d’aujourd’hui redoutent l’amalgame

Malgré les précautions de l’exécutif, qui accuse aussi les gouvernements de l’époque, l’armée craint d’être mise en accusation dans son ensemble.



LE MONDE
 |    13.09.2018 à 12h13
 • Mis à jour le
13.09.2018 à 12h16
    |

            Nathalie Guibert








                        



                                


                            
En assumant de relancer un débat sur le comportement des militaires français dans les opérations de la guerre d’Algérie, Emmanuel Macron va-t-il susciter une nouvelle incompréhension dans les armées ? Enoncée jeudi 13 septembre, la « reconnaissance au nom de la République française que Maurice Audin a été torturé » et que le jeune assistant de mathématiques de la fac d’Alger a été exécuté « par des militaires qui l’avaient arrêté à son domicile » en 1957 est un acte historique.
Les mots du président ont été préparés avec les autorités du ministère des armées. Ils sont inscrits dans un cadre précis : c’est « un système » dont des gouvernements ont eu la responsabilité politique avec le « fondement légal » des pouvoirs spéciaux, qui a formé « le terreau malheureux d’actes parfois terribles, dont la torture ». La délégation de pouvoirs de police à l’armée est en cause, et non une responsabilité générale des militaires, affirme l’Elysée. Dans cette guerre qui a tué 450 000 Algériens et 30 000 soldats français (en mobilisant 1,3 million d’appelés), les crimes de certains ne peuvent peser sur la conscience de tous les autres, insiste le chef de l’Etat : « Il en va de l’honneur de tous les militaires morts pour la France (…) dans ce conflit. »

En somme, les sources de l’exécutif soulignent que l’affaire Audin ne saurait concerner l’armée d’aujourd’hui et que cette reconnaissance symbolique ne relève d’aucune volonté de lui faire un procès. Mais certains militaires jugent la polémique inévitable. Une telle annonce ne peut, disent-ils, qu’être mal vécue par les anciens qui, dans leur majorité, n’ont rien vu de la torture. Et la clôture du cas Audin, tant attendue par la famille, risque par amalgame d’avoir un impact négatif sur l’image actuelle de l’institution.
« Il ne faudrait pas qu’en revenant sur des affaires très anciennes on entache la réputation d’une armée qui depuis vingt...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-12"> ¤ Le patron de LFI a pris ses distances avec Djordje Kuzmanovic, présenté comme son conseiller.
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Mélenchon désavoue son porte-parole, et ses propos sur l’immigration

Le patron de LFI a pris ses distances avec Djordje Kuzmanovic, présenté comme son conseiller.



LE MONDE
 |    13.09.2018 à 11h28
 • Mis à jour le
13.09.2018 à 17h29
    |

            Abel Mestre








                        



   


C’est une simple précision en pied d’un entretien publié en ligne mais qui a son importance. Et qui montre à quel point la question de l’immigration est sensible au sein de La France insoumise (LFI). Samedi 8 septembre, L’Obs a interrogé sur le sujet Djordje Kuzmanovic, « orateur » (équivalent de porte-parole) de LFI. La députée de Seine-Saint-Denis Clémentine Autain l’était également, pour donner à voir la diversité des opinions au sein du mouvement.
Dans L’Obs, M. Kuzmanovic était présenté comme conseiller de Jean-Luc Mélenchon. Mais, mardi soir, le site ajoute un nota bene : « A la demande de Jean-Luc Mélenchon, nous avons rectifié le titre de Djordje Kuzmanovic, que nous avions initialement présenté comme son “conseiller”. Jean-Luc Mélenchon nous précise : “Le point de vue qu’il exprime sur l’immigration est strictement personnel. Il engage des polémiques qui ne sont pas les miennes.” » Pour les exégètes de LFI, un tel désaveu public sonne presque comme une excommunication.

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                Immigration : La France insoumise, embarrassée, envoie des signaux ambigus



Dans l’entretien, M. Kuzmanovic livrait une vision « patriote », se réclamant de Jean Jaurès : « La bonne conscience de gauche empêche de réfléchir concrètement à la façon de ralentir, voire d’assécher les flux migratoires (…). Plutôt que de répéter, naïvement, qu’il faut “accueillir tout le monde”, il s’agit d’aller à l’encontre des politiques ultralibérales (…). Lorsque vous êtes de gauche et que vous tenez sur l’immigration le même discours que le patronat, il y a quand même un problème… Ce que nous disons n’a rien de nouveau. C’est une analyse purement marxiste : le capital se constitue une armée de réserve. »
M. Kuzmanovic rappelait également que LFI était « contre la traque des clandestins » et favorable au regroupement familial. Mais cela n’a pas suffi à empêcher tous les adversaires de gauche de LFI − de Génération. s au Nouveau Parti anticapitaliste en passant par le PCF − de condamner les propos de l’ancien officier qui fut aussi militant humanitaire.
« De bonnes valeurs »
Autant de « polémiques », donc, dont voudraient bien se passer les « insoumis » pour ne pas se laisser enfermer dans une thématique piégeuse où chaque déclaration peut mettre le feu à neuf mois des élections européennes. « Mettre l’immigration au centre des débats, c’est l’agenda d’Emmanuel Macron, note Alexis Corbière. Ce qu’a voulu souligner Jean-Luc Mélenchon, c’est que cela ne sert à rien d’avoir des expressions qui énervent nos amis. Il est toujours bon d’avoir une bonne conscience humaniste. L’accueil, la générosité sont de bonnes valeurs. »
M. Corbière ajoute : « Djordje n’a jamais été conseiller sur ces questions auprès de Jean-Luc. » Younous Omarjee, eurodéputé qui sera l’un des acteurs-clés de la campagne pour les élections européennes, n’en pense pas moins : « Cette “bonne conscience de la gauche”, je la prends pour moi. Je préfère une bonne conscience à une mauvaise. »
M. Kuzmanovic, quant à lui, assure au Monde qu’il « réagit avec surprise » à la précision de Jean-Luc Mélenchon. « A l’exception de la première question sur la hiérarchisation des luttes, ce que je dis sur l’immigration a été la ligne de Jean-Luc Mélenchon. » Si les dirigeants « insoumis » jurent tous que M. Kuzmanovic n’est pas un « fusible » que l’on fait sauter pour clore la polémique autour de l’immigration, certains sont soulagés de la clarification : « Il était temps… », souffle ainsi un élu.
« C’est une façon de clarifier une chose importante : le point de vue de Djordje Kuzmanovic n’engage pas Jean-Luc Mélenchon et, par conséquent, le mouvement », veut croire Clémentine Autain. D’autres assurent que « c’est le premier à subir ce recadrage ». D’autant que la vingtième position de M. Kuzmanovic sur la liste « insoumise » pour les européennes sonnait déjà comme une mise à distance.
Cet épisode s’ajoute, en tout cas, à d’autres désaccords de plus en plus prégnants en interne depuis l’été et la désignation des candidats aux européennes. Cela concerne aussi bien l’organisation « gazeuse » (manque de structures délibératives, remise en question du principe du tirage au sort) que les signes d’ouverture envers le reste de la gauche. Un cocktail de critiques qui pourrait se révéler explosif avant ou pendant la campagne européenne.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-13"> ¤ Emmanuel Macron connaît l’importance des symboles. C’est pour cela qu’il a lui-même détaillé, jeudi, sa politique sociale.
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Un plan pauvreté pour rééquilibrer le quinquennat de Macron

Emmanuel Macron connaît l’importance des symboles. C’est pour cela qu’il a lui-même détaillé, jeudi, sa politique sociale.



LE MONDE
 |    13.09.2018 à 11h04
 • Mis à jour le
13.09.2018 à 15h09
    |

            Virginie Malingre et 
Isabelle Rey-Lefebvre








                        



                                


                            
Emmanuel Macron connaît l’importance des symboles. Puisque la lutte contre la pauvreté est annoncée comme une priorité, le président de la République a décidé de présenter lui-même, jeudi 13 septembre, les mesures que son gouvernement a arrêtées. Puisqu’elles doivent marquer une rupture dans la manière dont le pouvoir s’attaque à ce fléau, il a choisi de le faire au Musée de l’homme, ce lieu consacré à « l’évolution des sociétés ».
Au passage, le chef de l’Etat cherche une nouvelle fois à se démarquer de François Hollande, qui, en décembre 2012, avait confié à son premier ministre, Jean-Marc Ayrault, la tâche de détailler ses ambitions en la matière.
Comme l’a souvent répété Emmanuel Macron, il s’agit d’« enrayer les inégalités de destin qui se perpétuent de génération en génération », de permettre à ceux qui y sont « assignés » de « sortir de la pauvreté » et, ce faisant, de « s’émanciper » des déterminants sociaux. L’Elysée a donc décidé de consacrer 8 milliards d’euros, entre redéploiements et crédits nouveaux, sur quatre ans, à la lutte contre la pauvreté.

Un programme ambitieux, fait d’annonces nouvelles, mais aussi d’autres déjà actées, qui s’articule autour de trois axes : l’action pour la petite enfance, où se mettent en place de nombreux blocages qui empêchent quelqu’un né dans une famille pauvre de sortir de la précarité, l’accompagnement au retour à l’emploi et la simplification du système de protection sociale. Il prévoit, entre autres, l’obligation de formation jusqu’à 18 ans, des aides à la garde d’enfant pour les publics précaires, l’accompagnement renforcé des chômeurs de longue durée, ou encore un meilleur accès aux soins pour les populations à bas revenus.
« Notre système social, avec beaucoup de prestations monétaires, a permis de stabiliser la pauvreté même en cas de crise. Pas de renverser le destin des jeunes les plus touchés et de rompre avec la reproduction de la pauvreté,...



                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-14"> ¤ Dans cette chronique, l’économiste Thibault Gajdos estime que ce n’est que sous conditions que les lobbys pourront prétendre participer à la construction d’une décision publique démocratique.
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« Encadrer plus sérieusement l’activité des lobbys »

Dans cette chronique, l’économiste Thibault Gajdos estime que ce n’est que sous conditions que les lobbys pourront prétendre participer à la construction d’une décision publique démocratique.



LE MONDE
 |    13.09.2018 à 11h00
    |

Thibault Gajdos (Chercheur au CNRS)







                        



                                


                            
Tendances France. En démissionnant du gouvernement, Nicolas Hulot a tenté de lancer un débat sur l’influence des lobbys dans la décision publique. La réplique ne s’est pas fait attendre : en quelques jours, un nombre impressionnant d’acteurs publics, du président du Medef au porte-parole du gouvernement, sont intervenus publiquement pour défendre les lobbys, en utilisant deux types d’arguments.

En premier lieu, il y aurait un équilibre des lobbys : d’un côté les entreprises, de l’autre les associations et les ONG. L’activité des lobbys garantirait ainsi le pluralisme démocratique. Cet argument ignore deux différences majeures entre ces acteurs. En premier lieu, les arguments des associations et des ONG sont en général publics, contrairement à ceux des entreprises. Par ailleurs, les moyens déployés par les uns et les autres sont hors de proportion.

Selon le rapport de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HAYVP), les associations et ONG ne représentent que 14 % des lobbyistes inscrits sur le registre national. Encore ce chiffre sous-estime-t-il probablement le poids des entreprises : d’une part, il ne correspond pas aux dépenses engagées, mais seulement au nombre de représentants inscrits ; d’autre part, il ne tient pas compte de l’influence qu’exercent les entreprises sur la décision publique à travers la circulation des hauts cadres entre les secteurs public et privé.
Encadrer sérieusement l’activité
Faute de chiffres fiables, il est difficile de quantifier l’influence de ces acteurs en France. Mais une étude récente menée aux Etats-Unis par Robert Brulle (université Drexel) en donne une idée (« The Climate Lobby. A Sectoral Analysis of Lobbying Spending on Climate Change in the United States, 2000 to 2016 », Climatic Change, août 2018).
le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, déclare qu’il est essentiel de « dialoguer » avec les lobbys
En analysant les...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-15"> ¤ Pour l’historienne Raphaëlle Branche, la reconnaissance par l’Etat de sa responsabilité dans la mort de Maurice Audin prend acte de ce que la recherche a établi depuis longtemps.
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Mort de Maurice Audin : « Il ne sera plus possible de nier le caractère systématique de la torture en Algérie », affirme Raphaëlle Branche

Pour l’historienne Raphaëlle Branche, la reconnaissance par l’Etat de sa responsabilité dans la mort de Maurice Audin prend acte de ce que la recherche a établi depuis longtemps.



LE MONDE
 |    13.09.2018 à 09h37
 • Mis à jour le
13.09.2018 à 11h29
    |

            Christine Rousseau








                        



                                


                            

Emmanuel Macron a décidé de reconnaître « au nom de la République française », jeudi 13 septembre, la responsabilité de l’Etat dans la mort de Maurice Audin, jeune mathématicien militant de l’indépendance de l’Algérie, arrêté le 11 juin 1957 à Alger, torturé par l’armée française et disparu sans laisser de traces.
Au-delà d’un cas individuel, il s’agit de la reconnaissance que la torture fut un élément indispensable du dispositif répressif mis en place en Algérie, rappelle l’historienne Raphaëlle Branche, spécialiste de l’étude des violences en situation coloniale, et plus particulièrement de la guerre d’Algérie.

En quoi cette reconnaissance de la responsabilité de l’Etat français dans l’assassinat de Maurice Audin est-elle un événement ?
Pour la première fois, la République assume que, pendant la guerre d’Algérie, des militaires français, qui accomplissaient leur devoir, ont pu se rendre coupables de ce qu’il faut bien appeler des crimes de guerre. Cette reconnaissance de la responsabilité de l’Etat français dans la torture, la mort puis la disparition du corps d’un homme désarmé, arrêté parce qu’il était soupçonné d’appartenir à un mouvement clandestin opposé au maintien de l’Algérie française, marque un changement radical dans la position officielle de la France.
Cette reconnaissance est d’autant plus inédite qu’elle porte sur un cas individuel…
Le cas de Maurice Audin a été, dès la guerre, porté par les militants engagés dans la dénonciation des violations du droit dont se rendaient coupables les forces de l’ordre. Grâce au comité qui s’est formé autour de son nom et au travail inlassable de Pierre Vidal-Naquet qui écrivit alors son premier grand livre contre le mensonge et la négation de la vérité [L’Affaire Audin, éditions de Minuit, 1958], Maurice Audin n’est pas qu’un cas individuel.
Bien sûr, il y a une histoire individuelle, et...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-16"> ¤ ARCHIVES. Arrêté un jour après Maurice Audin, Henri Alleg subit les mêmes sévices. Le 20 juin 2009, il racontait au « Monde 2 » son « interrogatoire » et sa dernière rencontre avec Audin.
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Henri Alleg : « Pour moi, aucun doute possible, Audin a été assassiné »

ARCHIVES. Arrêté un jour après Maurice Audin, Henri Alleg subit les mêmes sévices. Le 20 juin 2009, il racontait au « Monde 2 » son « interrogatoire » et sa dernière rencontre avec Audin.



LE MONDE
 |    13.09.2018 à 09h02
 • Mis à jour le
13.09.2018 à 09h10
    |

                            Mattea Battaglia (Propos recueillis par)








                        



   


Il est l’auteur de La Question (Editions de Minuit, 1958), témoignage accablant des sévices infligés par l’armée en Algérie. Il est aussi un héros puisque, comme raconté dans ce livre, il subit et résista aux « procédés spéciaux » employés à Alger, en 1957, ces mêmes procédés qui coûtèrent la vie à Maurice Audin. Henri Alleg, ancien directeur du quotidien Alger républicain, devenu journaliste à L’Humanité, a accepté de nous raconter les conditions de son arrestation, quasi identiques à celle du jeune mathématicien dont il était l’ami. Et de revenir sur leur dernière rencontre au « centre de triage » d’El-Biar, en pleine séance de torture.
Comment les parachutistes du général Massu vous ont-ils arrêté ?
Henri Alleg  : Ils me mettent la main dessus le 12 juin 1957, au domicile de Maurice et de Josette Audin, justement. Je ne sais pas encore que Maurice a été arrêté la veille. J’ai eu vent d’un probable coup de filet des « paras » et, en dépit des règles de la clandestinité qui veulent que deux militants communistes n’aient aucun contact entre eux, j’espère pouvoir l’avertir du danger. Trop tard : Maurice a déjà été pris, et je le suis à mon tour en tombant dans une « souricière ».
Tout s’est passé très vite. J’ai compris ce qui m’attendait quand la porte s’est ouverte sur un policier. Josette Audin était là, derrière lui, son bébé dans les bras. J’ai fait l’imbécile, en tentant de me faire passer pour un agent d’assurances. « Quelle assurance ? », me lance le type. Je bégaie la première chose qui me passe par la tête : « L’assurance Soleil ». Il me fait signe d’entrer ; puis il s’absente aux toilettes. Je repère une clé — Josette acquiesce en silence, me signifiant ainsi que c’est bien celle de l’entrée. Je me jette dessus, ouvre la porte, prends le temps de refermer derrière moi, dévale les escaliers, mais pas assez vite. L’homme me rattrape au premier étage, armé, tremblant. Je l’ai senti très nerveux ; j’ai préféré le suivre sans broncher.
Je me souviendrai toujours de ce qu’a dit un des « paras » venus me chercher : « Excellente prise. C’est Alleg, d’Alger républicain. » Il m’avait reconnu. Il faut dire que mon journal était le seul quotidien officiel de l’opposition.
Vous êtes transféré au centre d’El-Biar, où Maurice Audin est torturé depuis la veille. Quand comprenez-vous que vous allez subir les mêmes sévices ?
Les intimidations débutent dès mon transfert. Le policier chargé de me surveiller dans la jeep m’enfonce le canon de sa mitraillette dans les côtes et me menace : « Si vous faites le con, une giclée vous attend. » En pleine bataille d’Alger, tout militant communiste ou nationaliste savait très bien à quoi s’attendre. Et moi encore plus, qui récoltais des récits de torture au journal. Arrivé à El-Biar, le doute n’était plus permis : « On va vous préparer un petit interrogatoire et je vous promets que vous allez parler », m’a-t-on dit. Qu’attendaient-ils de moi ? D’avouer où j’étais hébergé. A ce moment-là, j’imaginais que Maurice avait été arrêté, mais je n’en avais toujours pas la confirmation.
Vous êtes l’un des derniers à croiser Maurice Audin vivant. Parlez-nous de cette ultime rencontre.
A El-Biar, deux hommes me prennent immédiatement en charge : Erulin et Charbonnier. Rapidement, ceux-ci demandent, au téléphone, qu’on leur fasse venir « une équipe pour une grosse légume ». Flatteur. Quand arrive le groupe de tortionnaires débutent pour moi les « séances » que j’ai détaillées dans La Question.
Je recevais des coups ; j’étais agenouillé, quand j’ai entendu Charbonnier dire : « Amenez Audin, il est dans l’autre bâtiment. » Je dois dire que je n’ai pas été plus surpris que ça de le savoir là. Je le voyais à peine, sans mes lunettes. « Allez, Audin, dites-lui ce qui l’attend. Evitez-lui les horreurs d’hier soir », a poursuivi Charbonnier. A voir la tête de Maurice, même dans le brouillard où j’étais, j’ai compris qu’il avait été torturé. Cela n’a pas duré longtemps, une minute ou deux. Le temps pour lui de me dire : « C’est dur, Henri. »
Ils ne nous ont pas laissés poursuivre la discussion ; ils voulaient juste que je comprenne qu’ils étaient prêts à tout, avec des Algériens comme avec des Européens.
Dix jours plus tard, le 21 juin 1957, Maurice Audin disparaît…
Il devait être 22 heures, ce soir-là, lorsque Charbonnier est venu me demander de me préparer pour un transfert. Me préparer ? Mais qu’avais-je à préparer ? Je n’avais rien. Je l’ai entendu dire dans le couloir : « Préparez aussi Audin et Hadjadj. » J’ai attendu. Personne n’est venu me chercher. Dans la cour, une voiture a démarré, s’est éloignée. Un moment après, une rafale de mitraillette. J’ai pensé : « Audin. » Pour moi, il n’y a aucun doute possible : il a été assassiné. Est-ce que tout ça a été planifié ou est-ce qu’il est mort lors d’un interrogatoire qui a mal tourné ? Je n’ai pas la réponse — d’autres, aujourd’hui encore, l’ont, cette réponse, je pense au général Aussaresses [mort en 2013] notamment. Quoi qu’il en soit, le résultat est le même : Maurice a été tué.
D’El-Biar, vous êtes transféré au camp de Lodi, puis à la prison de Barberousse. C’est là que naît La Question. Comment parvenez-vous à écrire ce livre ?
C’est mon avocat, Léon Matarasso, qui m’en souffle l’idée. Je rédige dans une écriture microscopique des passages de trois, quatre pages, pliées en cubes minuscules, cachées dans une de mes pantoufles ou les plis de mes vêtements, et transmises, au parloir, à mon avocat. A Paris, Léon se met en quête d’un éditeur. Toutes les maisons contactées s’enthousiasment mais une seule, les Editions de Minuit, de Jérôme Lindon, a le courage de mener le projet à son terme. Le retentissement est considérable, et la saisie du livre en est la meilleure publicité !



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-17"> ¤ Le chef de l’Etat reconnaît la responsabilité de l’Etat dans la mort de Maurice Audin, un mathématicien militant de l’indépendance de l’Algérie tué en 1957.
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Torture en Algérie : le geste historique d’Emmanuel Macron

Le chef de l’Etat reconnaît la responsabilité de l’Etat dans la mort de Maurice Audin, un mathématicien militant de l’indépendance de l’Algérie tué en 1957.



LE MONDE
 |    13.09.2018 à 06h32
 • Mis à jour le
13.09.2018 à 14h18
    |

            Cédric Pietralunga








                        



                                


                            

La décision est historique et pourrait être à Emmanuel Macron ce que le Vél’d’Hiv fut à Jacques Chirac. Après plusieurs mois de réflexion, le chef de l’Etat a décidé de reconnaître la responsabilité de l’Etat français dans la mort de Maurice Audin, ce mathématicien communiste, militant de l’indépendance de l’Algérie, arrêté le 11 juin 1957 en pleine bataille d’Alger, torturé par l’armée française et disparu sans laisser de traces.
« Le président de la République a (…) décidé qu’il était temps que la nation accomplisse un travail de vérité sur ce sujet, a annoncé l’Elysée, jeudi 13 septembre. Il reconnaît, au nom de la République française, que Maurice Audin a été torturé puis exécuté ou torturé à mort par des militaires qui l’avaient arrêté à son domicile. » Emmanuel Macron devait se rendre jeudi à Bagnolet (Seine-Saint-Denis), afin de rencontrer la veuve de l’universitaire, Josette Audin, aujourd’hui âgée de 87 ans, et l’informer de sa décision.
Le geste était attendu depuis soixante et un ans par la famille du mathématicien devenu l’un des symboles des exactions de l’armée française en Algérie. Le 18 juin 2014, François Hollande avait fait un premier pas en reconnaissant que Maurice Audin ne s’était pas évadé, contrairement à la version officielle, et était mort en détention. Le président socialiste n’avait pas voulu aller plus loin. Quant à Nicolas Sarkozy, il n’avait pas même répondu à la lettre que Mme Audin lui avait adressée à l’Elysée en 2007.

« Courage et lucidité »
Mais Emmanuel Macron ne s’arrête pas au cas Audin. Pour la première fois, le président reconnaît également officiellement que l’Etat français a failli en permettant le recours à la torture lors de la guerre d’Algérie. « Si la mort [de Maurice Audin] est, en dernier ressort, le fait de quelques-uns, elle a néanmoins été rendue possible par un système légalement institué : le système “arrestation-détention”,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-18"> ¤ Ce poste était jusqu’ici occupé par le député du Finistère Richard Ferrand, mais ce dernier a été élu mercredi président de l’Assemblée nationale après le départ au gouvernement de François de Rugy.
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Quatre candidats pour la tête du groupe LRM à l’Assemblée nationale

Ce poste était jusqu’ici occupé par le député du Finistère Richard Ferrand, mais ce dernier a été élu mercredi président de l’Assemblée nationale après le départ au gouvernement de François de Rugy.



LE MONDE
 |    12.09.2018 à 22h49
    |

            Alexandre Lemarié (avec Le Monde.fr)








                        



   


La course à la présidence du groupe La République en marche (LRM) à l’Assemblée nationale s’accélère. Après la déclaration de candidature de la députée de Paris Laetitia Avia dans Le Monde, mardi 11 septembre, trois autres élus macronistes ont annoncé leur volonté de briguer cette fonction, mercredi :
le porte-parole du mouvement LRM et député des Hauts-de-Seine Gabriel Attal, proche de l’Elysée ;la députée de l’Essonne Amélie de Montchalin, spécialiste des questions budgétaires ;et Rémy Rebeyrotte, élu de Saône-et-Loire et membre de la commission des lois.
Ce poste était jusqu’ici occupé par le député du Finistère Richard Ferrand. Ce dernier a été élu mercredi président de l’Assemblée nationale après le départ de François de Rugy au ministère de la transition écologique et solidaire.

        Lire aussi :
         

                Richard Ferrand, l’« ancien monde » en Macronie



Vote prévu le 18 septembre
La gestion du groupe majoritaire de M. Ferrand n’a pas fait que des heureux au sein des députés de La République en marche. Ses troupes le décrivent comme un « personnage très compliqué », « bourru » ou « taciturne ». L’affaire Benalla, lors de laquelle Richard Ferrand a été très présent à l’Assemblée nationale, lui a néanmoins permis de retrouver une crédibilité pour accéder au perchoir.
Dans son entretien au Monde, Laetitia Avia affirme qu’elle souhaite « incarner une présidence sûrement différente mais, je l’espère tout aussi efficace ». La clôture du dépôt des candidatures est fixée jeudi 13 septembre à 20 heures, avant le scrutin interne prévu mardi 18 septembre.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-19"> ¤ Le gouvernement entend « s’attaquer aux nouveaux visages de la pauvreté » et « fonder l’Etat providence du XXIe siècle ».
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Les quatre axes du « plan pauvreté » de Macron : petite enfance, emploi, aides sociales et logement

Le gouvernement entend « s’attaquer aux nouveaux visages de la pauvreté » et « fonder l’Etat providence du XXIe siècle ».



LE MONDE
 |    12.09.2018 à 22h40
 • Mis à jour le
13.09.2018 à 15h53
    |

                            Service France








                        



   


On l’attendait depuis bientôt un an, cette « stratégie pauvreté » annoncée le 17 octobre 2017 à l’occasion de la Journée mondiale du refus de la misère. Prévu pour avril 2018, puis pour juillet, c’est finalement jeudi 13 septembre, depuis le Musée de l’homme, place du Trocadéro à Paris, que le « plan pauvreté » du gouvernement est présenté par le président de la République.
Dès mercredi, son cabinet, celui de la ministre de la santé et de la solidarité, Agnès Buzyn, et Olivier Noblecourt, délégué interministériel à la prévention et à la lutte contre la pauvreté des enfants et des jeunes, laissaient filtrer qu’il s’agit d’un « plan ambitieux » de 8 milliards d’euros sur les quatre années à venir. Un chiffrage confirmé mercredi soir par Benjamin Griveaux, le porte-parole du gouvernement, dans 20 Minutes.
Le gouvernement veut « s’attaquer aux nouveaux visages de la pauvreté » et « fonder l’Etat providence du XXIe siècle », explique-t-on dans l’entourage de la ministre et du président :  « Notre système social, avec beaucoup de prestations monétaires, a permis de stabiliser la pauvreté même en cas de crise, pas de renverser le destin des jeunes les plus touchés et de rompre avec la reproduction de la pauvreté. » Pour Olivier Noblecourt, « les plans successifs ne parviennent pas à éradiquer la précarité. C’est pourquoi il faut sortir de cette impuissance publique ». 
Voilà pour les principes. En ce qui concerne la stratégie, le gouvernement la structure autour de trois axes.
Premier axe : l’action pour la petite enfance Deuxième axe : accompagner les jeunes et les bénéficiaires du RSA vers l’emploi Troisième axe : la simplification de notre système social Sur le logement : résorber les bidonvilles
Premier axe : l’action pour la petite enfance
Cette action s’inscrit dans le sillage des mesures déjà annoncées, comme le dédoublement des classes de cours préparatoire et cours élémentaire première année dans les réseaux d’éducation prioritaire (REP), l’instruction obligatoire dès 3 ans et l’accès à un mode de garde, par exemple à une crèche, pour permettre aux mères ou pères seuls chargés de famille de chercher un emploi.
Des crèches et modes de gardes pour les familles défavorisées 
L’accueil des tout-petits dans les crèches ou par des assistantes maternelles est considéré comme un « levier efficace de réduction des inégalités » mais seuls 5 % des enfants défavorisés sont accueillis en crèche contre 22 % des enfants favorisés. En plus de la création de 30 000 places en crèches et 1 000 en relais d’assistantes maternelles signées en juillet dans la convention d’objectifs et de gestion de la branche famille de la Sécurité sociale, le plan veut renforcer la qualité de l’accueil avec un plan de formation continue de 600 000 professionnels de la petite enfance et un nouveau référentiel favorisant l’apprentissage de la langue française par les tout-petits.
Le plan veut instaurer un « bonus mixité sociale » avec des aides accordées aux crèches qui accueillent des enfants défavorisés. Les familles pourront par ailleurs utiliser des modes de garde individuelle grâce à un tiers payant à la charge des caisses d’allocations familiales. Dans les quartiers prioritaires, l’Etat subventionnera jusqu’à 90 % l’ouverture de crèches. Pour favoriser le travail des parents, en particulier des mères célibataires, 300 crèches à « vocation d’insertion professionnelle » seront créées d’ici à 2020 et 300 nouveaux centres sociaux devraient voir le jour.
Des petits déjeuners dans les écoles primaires et des tarifs sociaux pour toutes les ­cantines
La distribution gratuite de petits déjeuners dans les écoles des zones défavorisées, mesure plaidée il y a six mois par le député LRM Olivier Véran figure bien dans le plan pauvreté. Le gouvernement avance le chiffre de 15 % des enfants défavorisés (7 % en moyenne) qui arrivent le ventre vide le matin à l’école. « Les enseignants, les parents d’élèves auront toute liberté pour offrir ce petit déjeuner une ou plusieurs fois par semaine, ou installer un espace dédié dans un coin de préau, à des horaires adaptés, pour répondre aux besoins », explique OlivierNoblecourt, délégué interministériel à la prévention et à la lutte contre la pauvreté des enfants et des jeunes.
Pour la restauration scolaire, les tarifs sociaux de cantines, avec des prix modulés selon les revenus, habituels en ville (70 % des écoles), moins en milieu rural (30 % seulement), seront généralisés avec un plafond du barème le plus bas à 1 euro le repas. L’Etat s’engage à compenser le manque à gagner, pour les communes. Entre 200 000 et 300 000 enfants – sur les 3 millions d’enfants considérés comme pauvres – devraient bénéficier de ces deux mesures.
Deuxième axe : accompagner les jeunes et les bénéficiaires du RSA vers l’emploi
Ce chantier est « le meilleur moyen de combattre la pauvreté », selon M. Noblecourt. A la demande notamment de Brigitte Bourguignon, députée La République en marche (LRM), qui avait déposé une proposition de loi dans ce sens, l’Etat veut mettre fin aux sorties sèches, le jour de leurs 18 ans, des bénéficiaires de l’aide sociale à l’enfance. Un logement, un emploi, une formation ou un soutien devront leur être proposés, à l’initiative des départements.

        Notre enquête :
         

          Mal-logement, chômage… La France face au défi de la pauvreté



Développement de la Garantie jeunes
Créée sous la législature précédente pour aider les 16 à 25 ans en situation de grande précarité, la Garantie jeunes sera accordée à un plus grand nombre de personnes (un peu plus de 100 000 par an, pendant la mandature). Il s’agit d’un soutien personnalisé par les missions locales et d’une allocation de 480 euros par mois pendant un an.
L’obligation de se former jusqu’à 18 ans
Pour réduire le nombre de jeunes qui sortent du système scolaire sans diplôme, l’obligation de se former jusqu’à 18 ans va être instaurée. Les pouvoirs publics seront tenus « de proposer un accompagnement » à tout mineur en situation de décrochage scolaire, soit environ 20 000 personnes par an. L’Elysée précise que les missions locales devront « proposer un rendez-vous » et « une solution », celle-ci pouvant passer par la Garantie jeunes.
Le plan d’investissement dans les compétences, qui vise à former deux millions de personnes éloignées du marché du travail durant le quinquennat, permettra également de mettre en œuvre cette nouvelle obligation. Des moyens supplémentaires vont être alloués aux missions locales pour qu’elles aillent au-devant des décrocheurs. Si le mineur refuse l’offre, une « mesure d’assistance éducative » pourra être prononcée.
Accompagnement vers l’emploi des allocataires de minima sociaux
Quant aux bénéficiaires du revenu de solidarité active (RSA), dont le volet « insertion » a été un peu négligé, faute de moyens dans les départements, ils seront désormais suivis par un référent. « L’Etat apportera son soutien financier aux collectivités locales pour faire ce travail, mais dans le cadre d’un contrat avec des objectifs d’accès aux droits, d’accompagnement et de retours à l’emploi », précise M. Noblecourt, pour qui c’est une « nouvelle façon d’agir, partenariale, entre Etat et collectivités. Nous voulons que cette insertion soit évaluée de façon scientifique et visible ». 
Ainsi, toute personne qui demande le RSA verra son dossier instruit dans un délai d’un mois maximum et se verra proposer une « solution » : actions de formation dans le cadre du plan d’investissement dans les compétences, emplois dans le secteur de l’insertion par l’activité économique qui va se développer (100 000 salariés supplémentaires d’ici à 2022). Sera également mise en place une « garantie d’activité » pour offrir un suivi très poussé aux allocataires, afin de traiter leurs difficultés sociales et professionnelles. Cette mission sera confiée à Pôle emploi, ainsi qu’à des opérateurs privés et associatifs.
Troisième axe : la simplification de notre système social
Deux volets dans ce chantier : l’amélioration de l’accès aux soins et la simplification du système des aides sociales.
Une aide unique pour financer une mutuelle santé
Dans ce plan, le gouvernement renonce à la « prestation unique » un temps évoquée, et se contente, pour le moment, de fusionner deux aides : la couverture maladie universelle, pour les personnes dont les revenus sont inférieurs à 700 euros par mois ; et l’aide au paiement d’une complémentaire santé (ACS), mal connue et peu distribuée, pour celles percevant entre 734 et 991 euros par mois.
L’ACS, prévue pour financer des contrats standardisés proposés par des organismes complémentaires, était décrite comme un « parcours du combattant » par les personnes qui y étaient éligibles, ce qui se traduisait par un taux de non-recours supérieur à 50 %. En contrepartie d’une participation de moins de 30 euros par personne et par mois, ses bénéficiaires vont demain accéder à la couverture-maladie complémentaire (CMU-C) qui profite aujourd’hui à 5,5 millions de personnes. Cette complémentaire publique permet, comme les contrats ACS le permettaient aussi, une exonération des participations forfaitaires (1 euro lors des consultations chez le médecin), une prise en charge du forfait hospitalier, ou l’absence de dépassement d’honoraires.
Le panier de soins aux bénéficiaires de cette nouvelle allocation sera, après négociation avec les professionnels de santé, harmonisé et étoffé (lunettes, prothèses auditives…). L’ACS bénéficie déjà à 1,2 million de personnes et, avec ces aménagements, 200 000 de plus entreraient dans le dispositif. Le coût de cette mesure, 500 millions d’euros, étalé jusqu’en 2022, sera à la charge de l’Assurance-maladie.
Simplifier le maquis des aides sociales 
Le chantier d’un « revenu universel d’activité », fusionnant plusieurs minima sociaux sans que l’on sache précisément lesquels, sera lancé. En attendant, l’exécutif veut poursuivre ses efforts pour lutter contre le non-recours, c’est-à-dire des personnes théoriquement éligibles à ces aides mais qui ne les demandent pas. Cela passera par un échange automatique de données entre guichets sociaux et le développement d’un portail numérique qui permette de simuler l’ensemble de ses droits.
Autre exemple : le renouvellement de la couverture-maladie universelle complémentaire sera automatisé pour les bénéficiaires du RSA. Par ailleurs, les « accueils sociaux inconditionnels » seront généralisés à l’échelle nationale au travers des centres sociaux ou d’associations agréés, et des expérimentations de « territoires zéro non-recours » seront également lancées. Cela devrait faire gagner un temps précieux aux travailleurs sociaux qui pourront mieux se consacrer aux personnes qu’ils accompagnent et redonner du sens à leur travail.

        Deux rapports
         

          plaident pour un interlocuteur unique pour les bénéficiaires de prestations sociales



Sur le logement  : résorber les bidonvilles
Le gouvernement avait posé comme principe le logement plutôt que la mise à l’abri, espérant des économies sur les crédits des centres d’hébergement. Confronté aux campements qui se multiplient, il accorde 271 millions d’euros de plus pour l’hébergement. Des structures pour accueillir les familles seront créées afin de leur éviter l’hôtel (125 millions d’euros). Des maraudes conjointes entre Etat et aide sociale à l’enfance seront organisées pour aller chercher les familles et les enfants à la rue et les mettre à l’abri. L’objectif, d’ici à 2022, est de résorber les bidonvilles.




                            


                        

                        


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Marine Le Pen sifflée dans le village de Châteaudouble, qui accueillera 72 migrants

La présidente du Rassemblement national souhaitait protester contre leur venue à Châteaudouble, petit village de 470 habitants.



LE MONDE
 |    12.09.2018 à 17h54
 • Mis à jour le
13.09.2018 à 12h24
    |

            Lucie Soullier








                        



   


Un bourg rural de moins de 500 habitants accueillant 72 migrants dans une ancienne maison de retraite abandonnée. Immigration, désertification, ruralité… Sur le papier, Châteaudouble, dans le Var, semblait taillé pour incarner le village Potemkine parfait pour Marine Le Pen, à quelques jours de son discours de rentrée. Un village« symbole », selon ses propres mots, de ce que le parti d’extrême droite qualifie de « submersion migratoire » et de la faute à l’Europe brandie à longueur de campagnes.
C’était sans compter sur l’accueil des contre-manifestants à son arrivée, mercredi 12 septembre, malgré une venue avancée à la dernière minute pour les éviter. Résultat : des sifflets, des invectives et des anti-Le Pen juchés sur une tractopelle filmés sous tous les angles. Pas tout à fait l’image d’une « victoire idéologique » de son parti sur la question migratoire, comme elle l’affirme le soir même, de retour à Paris pour une soirée avec les jeunes du Rassemblement national (RN).

“Cassez-vous !!” 14h05, le chemin de croix commence pour Marine Le Pen à Châteaudouble @BFMTV https://t.co/MiAug2M7zq— AgatheLambret (@Agathe Lambret)


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« Le village emmerde le Front national » ; « Cassez-vous ! » Les slogans des anti, eux, continuent de tourner en boucle sur les chaînes d’information en continu et sur les réseaux sociaux. Côté RN, certains déminent en qualifiant le comité d’accueil de « militants d’extrême gauche » et en annonçant porter plainte pour « tentatives de violences, menaces, insultes et entraves à la liberté de circulation ».

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« Milices violentes d’extrême gauche »
D’autres préfèrent donner rendez-vous dans les urnes, aux européennes de mai 2019. Châteaudouble, c’est d’ailleurs 45 % de vote pour Marine Le Pen au second tour de la présidentielle de 2017, répètent en écho les cadres du RN. Alors si la sortie du jour a certes été « un peu sportive, sourit Philippe Vardon, ancien leader du bloc identitaire désormais conseiller régional RN, ce ne sont pas quelques agitateurs qui représentent l’avis de la population française et varoise sur l’immigration ».

Visite houleuse pour Marine Le Pen à #Chateaudouble. Le petit village de 477 habitants doit accueillir 72 migrants.… https://t.co/eaZGZec2M0— VarAzur_ (@VAR AZUR)


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Juste un coup de com’ raté de rentrée ? « Non, ça lui a permis de parler du sujet »phare de sa future campagne, rétorque le maire de Fréjus, David Rachline, également de la partie chahutée. Et de fait, les projecteurs sont braqués. Le soir même, devant la jeunesse parisienne du parti, Marine Le Pen ne se prive pas de s’attribuer le titre de « porte-voix » de ceux qui veulent dire « stop » à l’immigration, se posant en chef de file de la « priorité aux Français » face au « mondialiste » Macron, et n’oubliant surtout pas de saluer « ceux qui, en Europe, vont mener le combat avec nous ». Comme la Hongrie de Viktor Orban, contre laquelle le Parlement européen vient de déclencher une procédure de sanction.

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