<FILE-date="2018/09/13/19">

<article-nb="2018/09/13/19-1">
<filnamedate="20180913"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180913"><AAMMJJHH="2018091319">
<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-1"> ¤ Le site Breitbart, proche du président américain, a publié une vidéo interne d’une heure dont les répercussions pourraient être majeures pour l’entreprise.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-1"> ¤                     
                                                

Une vidéo montre le choc des dirigeants de Google après l’élection de Donald Trump

Le site Breitbart, proche du président américain, a publié une vidéo interne d’une heure dont les répercussions pourraient être majeures pour l’entreprise.



LE MONDE
 |    13.09.2018 à 17h20
 • Mis à jour le
13.09.2018 à 17h42
    |

            Martin Untersinger








                        



   


C’est une vidéo qui ne va pas arranger les affaires de Google et dont les répercussions pourraient être majeures. Mercredi 12 septembre, le site ultranationaliste américain Breitbart a publié la vidéo d’une réunion hebdomadaire de Google. Pas n’importe laquelle : celle tenue quelques jours après l’élection de Donald Trump, en novembre 2016.
On y voit plusieurs des principaux dirigeants de l’entreprise (Sergey Brin, Larry Page, Sundai Pichar, Ruth Porat…) s’adressant pendant un peu plus d’une heure à quelques dizaines d’employés rassemblés dans une salle de leur siège californien, et sans doute à plusieurs milliers par vidéoconférence.
Le moral est alors au plus bas : Sergey Brin, fondateur de Google et actuel président de son entreprise mère, Alphabet, juge « en tant qu’immigré et réfugié » l’élection de Donald Trump « choquante ». La voix de la directrice financière d’Alphabet, Ruth Porat, se brise lorsqu’elle évoque le message reçu d’un proche présent au QG de Hillary Clinton, qu’elle dit soutenir, lui annonçant la défaite prochaine de la candidate démocrate. « Un coup dans les tripes », selon elle.
Du petit-lait pour les conservateurs
C’est un coup médiatique majeur pour Breitbart, un site ultraconservateur et pro-Trump un temps dirigé par Steve Bannon, qui fut directeur de campagne du candidat victorieux. C’est aussi du petit-lait pour une large frange des républicains américains, qui accuse depuis des mois les grands groupes de la Silicon Valley de censurer les opinions conservatrices. Ces récriminations, pour une large partie infondées, sont remontées jusqu’au président Donald Trump, lequel a tout récemment accusé Google, justement, d’amoindrir sa présence dans les résultats de recherche.

        Lire aussi :
         

                Trump accuse Twitter et Google actualités de « censure »



Google, comme d’autres entreprises du secteur, est également accusée de réduire au silence les opinions conservatrices dans ses rangs. James Damore, alors employé de Google et auteur d’un brûlot sexiste qui avait fuité sur Internet et entraîné son licenciement, est devenu une icône de la droite américaine sur Internet.
Pourtant cette vidéo ne montre pas grand-chose d’étonnant concernant Google, dont le penchant démocrate de ses employés est de notoriété publique. Le siège de l’entreprise est installé au cœur de la Silicon Valley, où Hillary Clinton a fait parmi ses meilleurs scores en Californie. Sur scène, et comme une bonne partie de l’élite des côtes est et ouest à l’époque, les dirigeants de Google tentent d’encaisser le choc de l’élection de Donald Trump et d’en imaginer les conséquences pour les quatre années à venir. Les mots sont durs, parfois hautains et insultants pour les électeurs de M. Trump, dont « l’ennui » serait une des motivations principales, selon Larry Page, le PDG de Google. Le directeur juridique de l’entreprise, Kent Walker, veut croire que l’élection de Donald Trump n’est qu’un « contretemps » et que Google a toute sa place dans l’histoire longue, qui, elle, « tend vers le progrès ».
Mais les dirigeants montrent aussi des signes de compréhension des électeurs de Donald Trump : « Quand vous habitez en Pennsylvanie ou à Birmingham [Alabama, deux zones qui ont fortement voté pour Donald Trump], cela vous est égal qu’un type à New Delhi ait un nouvel emploi ou une meilleure assurance santé. Ce qui vous importe c’est ce qui arrive à vous et à votre famille », lance Kent Walker pour expliquer le résultat de l’élection. Eileen Naughton, la directrice des ressources humaines de Google, appelle même clairement ses employés, majoritairement démocrates, à plus de tolérance envers les électeurs du nouveau président américain.
Un exercice de « management » interne
A l’écoute de la vidéo, l’essentiel des échanges entre dirigeants et employés est destiné à rassurer les seconds quant à l’impact de la présidence Trump sur Google et ses prises de position passées — contre la surveillance étatique, sur le chiffrement des communications ou la neutralité du Net. L’occasion, aussi, d’aborder des questions très prosaïques qui se posent après l’élection présidentielle pour les employés de la firme, comme celle de l’immigration et des visas.

        Lire aussi :
         

                Google, Twitter et Amazon se mobilisent contre le nouveau décret anti-immigration de Donald Trump



Surtout, contrairement à ce que laissent entendre les principales voix conservatrices américaines sur les réseaux sociaux, à aucun moment les dirigeants ne suggèrent qu’ils s’apprêtent à modifier leurs produits pour peser dans l’administration Trump. Tout juste Kent Walker espère-t-il qu’ils continuent à défendre publiquement « ses valeurs », ce que la firme, sur de nombreux sujets, ne s’est jamais défendue de faire.
C’est même le contraire. Interrogés d’une part sur le rôle de « bulle de filtre » renforçant les internautes dans leurs convictions que l’entreprise a pu jouer pendant l’élection et d’autre part sur la position de Google vis-à-vis des campagnes de désinformation, les dirigeants ont botté en touche. Sur la question des bulles de filtre, Sergey Brin objecte que la campagne de Hillary Clinton n’a pas su « lire les données » à sa disposition. Sundar Pichai a évité de la même manière la question de la place des campagnes d’information mensongères, parfois orchestrées sur des plates-formes dont il a la charge, comme YouTube.
Après la diffusion de la vidéo, Google a très timidement réagi dans un communiqué, en attestant l’authenticité mais en se contentant d’affirmer que « rien n’a[vait] été dit lors de cette réunion, ni à aucune autre occasion, laissant entendre qu’un éventuel biais politique influence la manière dont [la société] construi[t] ou op[ère] [ses] produits ». Sans doute l’entreprise ne prend-elle pas la mesure de la bataille qu’ont commencé à lui mener la Maison Blanche et ses soutiens.

        Lire aussi :
         

                Républicains et Démocrates s’affrontent au sujet de Twitter et Facebook




        Lire aussi :
         

                Eli Pariser : « Il est vital de résoudre les problèmes de l’information en ligne »






                            


                        

                        


<article-nb="2018/09/13/19-2">
<filnamedate="20180913"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180913"><AAMMJJHH="2018091319">
<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-2"> ¤ L’avocat fiscaliste Jérôme Turot explique dans une tribune au « Monde » que la réforme du prélèvement à la source va nuire à la capacité des contribuables de décider eux-mêmes de l’utilisation d’une partie de leurs impôts.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-2"> ¤                     
                                                   
édition abonné


« Le prélèvement à la source risque de sonner le glas de la fiscalité incitative »

L’avocat fiscaliste Jérôme Turot explique dans une tribune au « Monde » que la réforme du prélèvement à la source va nuire à la capacité des contribuables de décider eux-mêmes de l’utilisation d’une partie de leurs impôts.



LE MONDE
 |    13.09.2018 à 17h16
    |

Jérôme Turot (Avocat fiscaliste, membre du Cercle des fiscalistes)







                        



                                


                            

Tribune. En France, l’impôt est intelligent. Notre système fiscal français tant décrié – souvent à tort – a une immense qualité : nous avons en matière d’impôt sur le revenu une tradition de fiscalité incitative, offrant de nombreuses possibilités de réductions fiscales et de crédits d’impôt.
Ce système de déductions fiscales favorise une fiscalité intelligente et démocratique.
Intelligente, puisqu’elle incite les citoyens à se montrer socialement utiles (crédits d’impôts en faveur de la famille), écologiquement responsables (crédits d’impôt pour la transition énergétique), investisseurs intrépides (logement social, outre-mer, jeunes entreprises), et philanthropes (associations et fondations).
C’est surtout une fiscalité démocratique, puisqu’elle permet au contribuable de décider lui-même de l’utilisation d’une partie de son impôt. Ainsi, le contribuable qui estime que l’Etat n’aide pas suffisamment la recherche contre le cancer ou la défense de la langue occitane peut le faire à sa place, en y affectant une partie de son impôt via un don à une fondation ou association : on permet aux contribuables de décider directement des dépenses publiques à la place de l’Etat.
La capacité pour les contribuables de dédier leur impôt à un but utile, altruiste ou tout simplement familial, sera-t-elle préservée ? Dans l’immédiat, les crédits d’impôts sont sauvegardés, puisqu’on nous annonce que les contribuables obtiendront, le 15 janvier 2019, le versement anticipé de 60 % du montant des crédits d’impôt auxquels ils ont eu droit en 2018.
Une mesure de circonstance
Mais le versement de cet acompte n’est pas inscrit dans notre droit fiscal, ce n’est qu’une mesure de circonstance ; il est douteux qu’elle soit reconduite en 2020 et au-delà, car cet acompte sera extrêmement coûteux en trésorerie pour l’Etat, et posera de difficiles problèmes de gestion.
Tout d’abord, on voit mal comment l’administration pourrait verser...




                        

                        


<article-nb="2018/09/13/19-3">
<filnamedate="20180913"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180913"><AAMMJJHH="2018091319">
<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-3"> ¤ La loi sur la « société de confiance », promulguée le 10 août, offre aux sociétés de vraies possibilités de soulager la lourdeur et la fréquence des procédures, souligne l’avocat Arnaud Cabanes dans une tribune au « Monde ».
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-3"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Il faut « rétablir la confiance entre les usagers et les entreprises et leurs services publics »

La loi sur la « société de confiance », promulguée le 10 août, offre aux sociétés de vraies possibilités de soulager la lourdeur et la fréquence des procédures, souligne l’avocat Arnaud Cabanes dans une tribune au « Monde ».



LE MONDE
 |    13.09.2018 à 15h15
    |

Arnaud Cabanes (Avocat à la cour, spécialiste en droit public, associé chez Baker McKenzie)







                        



                                


                            

Tribune. La loi pour « un Etat au service d’une société de confiance », adoptée le 31 juillet à l’Assemblée nationale, a été promulguée le 10 août. Le titre de cette loi intrigue forcément car, même si l’on oublie parfois que l’Etat de droit est au service des citoyens, venir souligner que l’Etat est au service d’une société de confiance n’est pas anodin. Qu’est-ce qu’une « société de confiance » ?
On est tenté de répondre que c’est sans doute le contraire d’une « société de défiance ». Et de fait, le gouvernement et le Parlement cherchent bien à lutter contre la défiance d’une partie des usagers envers les administrations publiques. L’objectif poursuivi consiste, une nouvelle fois, à rapprocher les usagers de leurs services publics en rétablissant un lien de confiance parfois rompu, parfois seulement distendu.
Les usagers des services publics sont aussi bien les particuliers que les entreprises. Rétablir la confiance des particuliers vise à renforcer le bon fonctionnement de nos institutions ; rétablir la confiance des entreprises vise à renforcer notre économie en gommant des obstacles bureaucratiques souvent décriés.
Servi et aidé plutôt qu’empêché
Dans les deux cas, la confiance désigne une disposition d’esprit, une assurance motivée par la certitude que l’on a d’être servi et aidé plutôt qu’empêché : elle suppose la tranquillité. Autant dire qu’elle ne se décrète pas et qu’elle ne se mesure que dans le secret des comportements.
C’est précisément pour cela que la loi du 10 août retient l’attention. Parmi de multiples dispositions, une innovation est suffisamment notable pour qu’elle donne, peut-être, le signal d’un début de changement de paradigme administratif.

Toute personne pourra désormais demander à faire l’objet d’un contrôle par l’administration dès lors que celui-ci est prévu par un acte législatif ou réglementaire. Si la personne ayant sollicité le contrôle est de bonne...




                        

                        


<article-nb="2018/09/13/19-4">
<filnamedate="20180913"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180913"><AAMMJJHH="2018091319">
<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-4"> ¤ Les activités financières de la finance de l’ombre, qui présentent un risque pour la stabilité du système financier mondial, repartent à la hausse depuis 2012.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-4"> ¤                     
                                                

Dix ans après Lehman Brothers : Le « shadow banking » occupe une place croissante dans la finance

Les activités financières de la finance de l’ombre, qui présentent un risque pour la stabilité du système financier mondial, repartent à la hausse depuis 2012.



LE MONDE
 |    13.09.2018 à 15h11
 • Mis à jour le
13.09.2018 à 16h54
    |

            Marianne Boyer et 
                                Maxime Mainguet








                        



   





                            


                        

                        


<article-nb="2018/09/13/19-5">
<filnamedate="20180913"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180913"><AAMMJJHH="2018091319">
<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-5"> ¤ Il y a dix ans, Lehman Brothers officialisait sa faillite. Retour en infographie sur cette chute vertigineuse dans le sillon de la crise.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-5"> ¤                     
                                                

Grandeur et décadence de Lehman Brothers

Il y a dix ans, Lehman Brothers officialisait sa faillite. Retour en infographie sur cette chute vertigineuse dans le sillon de la crise.



LE MONDE
 |    13.09.2018 à 15h06
 • Mis à jour le
13.09.2018 à 15h19
    |

            Marianne Boyer et 
                                Maxime Mainguet








                        



   





                            


                        

                        


<article-nb="2018/09/13/19-6">
<filnamedate="20180913"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180913"><AAMMJJHH="2018091319">
<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-6"> ¤ Pour sortir durablement de la rue, il est nécessaire de placer les personnes au cœur de l’accompagnement affirment, dans une tribune au « Monde », les acteurs du dispositif « Convergence », Emmaüs Défi, avec Emmaüs France et la Fédération des acteurs de la solidarité Ile-de-France.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-6"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Lutte contre la grande pauvreté : « Un accompagnement renforcé et adapté porte ses fruits »

Pour sortir durablement de la rue, il est nécessaire de placer les personnes au cœur de l’accompagnement affirment, dans une tribune au « Monde », les acteurs du dispositif « Convergence », Emmaüs Défi, avec Emmaüs France et la Fédération des acteurs de la solidarité Ile-de-France.



LE MONDE
 |    13.09.2018 à 15h00
 • Mis à jour le
13.09.2018 à 15h48
    |

Collectif







                        



                                


                            
Tribune. Patrick vit à la rue depuis cinq ans, Rachid depuis trois ans, Marie vient de perdre son logement. Tous ont envie de travailler. Mais comment peut-on trouver la force de travailler tous les matins quand on est cassé par la rue, qu’on ne dort plus vraiment à cause de l’insécurité qui règne ?
En adaptant à l’extrême le travail à la personne, le dispositif « Premières Heures », lancé en 2009 par Emmaüs Défi, permet à des sans-abri de reprendre un travail et d’intégrer une structure d’insertion. On parle ici des premières heures de travail, après des mois ou des années passées à la rue.

Mais Patrick fait face à de grosses difficultés de santé, notamment psychiques. Marie fait une demande de logement avec l’assistante sociale du centre d’hébergement où elle vient d’avoir une place. Elle a un suivi justice et a aussi engagé une démarche de reconnaissance pour son handicap physique. Rachid, ancien comptable, n’a pas travaillé depuis dix-huit mois et a une addiction à l’alcool. Qui aujourd’hui est prêt à faire le pari que, dans trois ans, ils auront un emploi et un logement pérennes ?
Freins à l’insertion
Tout le monde peut travailler mais, pour cela, innover est indispensable. Indépendamment de l’aptitude aux postes de travail qui leur sont confiés, les personnes qui ont connu la rue présentent en moyenne six à sept freins à l’insertion et sont accompagnées par plusieurs référents sociaux suivant chacun une problématique spécifique.
En 2015, une première évaluation d’impact social de l’expérimentation lancée en 2012 fait la preuve de résultats encourageants
Pour sortir durablement de la rue, il est nécessaire de placer les personnes au cœur de l’accompagnement. C’est l’objectif de l’expérimentation « Convergence » lancée par Emmaüs Défi en 2012 avec le soutien de l’Etat, de la Ville de Paris et de fondations privées. Elle s’appuie sur des moyens renforcés mobilisant un important réseau partenarial d’acteurs territoriaux...




                        

                        


<article-nb="2018/09/13/19-7">
<filnamedate="20180913"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180913"><AAMMJJHH="2018091319">
<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-7"> ¤ Qu’elles soient privées ou publiques, les dettes ne cessent de s’accumuler, faisant peser de nouveaux risques sur le système financier mondial.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-7"> ¤                     
                                                

Dix ans après Lehman Brothers : la dette grandit, le risque aussi

Qu’elles soient privées ou publiques, les dettes ne cessent de s’accumuler, faisant peser de nouveaux risques sur le système financier mondial.



LE MONDE
 |    13.09.2018 à 14h59
 • Mis à jour le
13.09.2018 à 15h02
    |

            Marianne Boyer et 
                                Maxime Mainguet








                        



   





                            


                        

                        


<article-nb="2018/09/13/19-8">
<filnamedate="20180913"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180913"><AAMMJJHH="2018091319">
<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-8"> ¤ Thibaud Brière, chargé des questions éthiques dans l’entreprise de BTP Hervé, explique dans une tribune au « Monde » pourquoi les entreprises n’échapperont pas au mouvement de transparence qui traverse toute la société.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-8"> ¤                     
                                                   
édition abonné


« Les entreprises ne pourront demeurer des bastions d’opacité dans un monde de transparence »

Thibaud Brière, chargé des questions éthiques dans l’entreprise de BTP Hervé, explique dans une tribune au « Monde » pourquoi les entreprises n’échapperont pas au mouvement de transparence qui traverse toute la société.



LE MONDE
 |    13.09.2018 à 14h00
    |

Thibaud Brière (Conseiller en management, délégué à la philosophie de l’organisation du groupe de BTP Hervé)







                        



                                


                            
Tribune. Dans le New York Times du 5 septembre, une personne se présentant comme un proche collaborateur de Donald Trump a publié de manière anonyme une tribune dans laquelle il affirme n’être pas seul, au sein de la haute administration américaine, à « résister » à nombre d’orientations du président. « Nous croyons que notre premier devoir est envers ce pays », écrit-il en parlant de ceux qui se rebiffent.

Le 26 août, l’ancien nonce apostolique à Washington, Mgr Carlo Maria Vigano, rendait public un mémorandum de onze pages racontant, avec force détails, ce qu’il avait vu, lu et entendu d’inacceptable de la part de hauts responsables de l’Eglise, dans leur manière de se conduire face à des faits avérés de pédophilie. Lui aussi brisait le devoir de réserve au nom d’un devoir supérieur : « Ma conscience m’impose de révéler ces vérités », écrivait Mgr Vigano. Il faut savoir qu’en théologie catholique la conscience est l’instance suprême.

Qu’un membre du cabinet d’un président en exercice et un ancien ambassadeur, dont le métier est le secret, prennent publiquement la parole pour témoigner de faits relevant de leur activité professionnelle revêt un caractère inédit. Trahison, sédition, irresponsabilité ?
La vraie responsabilité consiste parfois à révéler l’irresponsabilité de certaines pratiques professionnelles
Gageons que cela peut correspondre à la prise de conscience, émergente, qu’il n’est pas de comportements professionnels prétendument « responsables », dans quelque organisation que ce soit – et donc aussi dans les entreprises – qui puissent se fonder durablement sur le mensonge, a fortiori quand celui-ci vise à couvrir des pratiques criminelles (et il y en a, comme en témoigne la mise en examen du cimentier Lafarge pour complicité de crimes contre l’humanité, le 28 juin), délictueuses (évasion fiscale, blanchiment d’argent…) ou socialement répréhensibles...




                        

                        


<article-nb="2018/09/13/19-9">
<filnamedate="20180913"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180913"><AAMMJJHH="2018091319">
<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-9"> ¤ Dix ans après la faillite de Lehman Brothers, le couplage des réseaux sociaux et du trading haute fréquence forme un nouveau cocktail explosif, constatent les économistes Gunther Capelle-Blancard et Thomas Renault dans une tribune au « Monde ».
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-9"> ¤                     
                                                   
édition abonné


« L’instabilité financière des marchés boursiers reste un souci majeur »

Dix ans après la faillite de Lehman Brothers, le couplage des réseaux sociaux et du trading haute fréquence forme un nouveau cocktail explosif, constatent les économistes Gunther Capelle-Blancard et Thomas Renault dans une tribune au « Monde ».



LE MONDE
 |    13.09.2018 à 14h00
    |

Gunther Capelle-Blancard (Professeur d’économie à l’université Paris-I-Panthéon-Sorbonne (Laboratoire d’excellence-Régulation financière [LaBex ReF...







                        



                                


                            
Tribune. La faillite de Lehman Brothers restera sans conteste le point d’orgue de la crise financière. Personne n’imaginait vraiment que ce fleuron de Wall Street puisse disparaître si soudainement. L’illustre banque d’affaires avait, certes, annoncé de lourdes pertes et faisait l’objet d’attaques spéculatives. Mais cette faillite a stupéfait les marchés – tout comme l’escroquerie de Madoff ou l’affaire Kerviel - Société générale, pour ne citer que les exemples les plus marquants. Mais l’affolement des Bourses mondiales s’est mué, sous l’effet de la crise des subprimes, en krach boursier dès l’automne 2008, puis en en récession.
Les marchés boursiers sont sans cesse soumis aux surprises, à la panique, aux rumeurs et aux manipulations
Depuis la crise, si quelques réformes ont été engagées, l’instabilité financière reste un souci majeur. Les marchés boursiers sont sans cesse soumis aux surprises, à la panique, aux rumeurs et aux manipulations. Cela a toujours été le cas, certes, mais plus encore aujourd’hui qu’il y a dix ans. Car la révolution technologique, qui a profondément impacté le monde de la finance, a eu un double effet : sur la nature même des marchés, d’abord, et sur la nature des informations qui y sont transmises ensuite.
Les marchés boursiers ont connu, ces dernières décennies, une véritable mutation. Anciennement monopole public, les Bourses sont devenues à partir des années 2000 des entreprises soumises à une vive concurrence. Et cela avec l’appui du législateur, qui y voyait une source de progrès et d’innovations. Résultat, les marchés sont désormais plus fragmentés, et beaucoup plus opaques. Parallèlement, leur activité a crû de manière considérable. Sur le marché américain, le nombre total d’ordres passés à la Bourse était en moyenne d’environ un millier par minute au début des années 1990, de cent mille début 2000, de plus d’un million depuis 2010.
Système à deux vitesses
La grande majorité de ces ordres sont...




                        

                        


<article-nb="2018/09/13/19-10">
<filnamedate="20180913"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180913"><AAMMJJHH="2018091319">
<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-10"> ¤ Les arceaux à vélo installés près des gares rencontrent un grand succès.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-10"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Le vélo comme solution à la baisse de fréquentation des petites lignes de train

Les arceaux à vélo installés près des gares rencontrent un grand succès.



LE MONDE
 |    13.09.2018 à 12h07
    |

                            Olivier Razemon








                        



                                


                            

Des arceaux à vélo, disposés à proximité des gares, pourraient-ils sauver le train ? Après l’adoption de la réforme ferroviaire, et alors que plus de 9 000 kilomètres de « petites lignes » de chemin de fer sont menacées de fermeture, cela pourrait certes ne pas suffire. Mais cette mobilité combinée train-vélo donne des résultats probants dans de nombreux pays d’Europe, comme l’Allemagne, les Pays-Bas, la Suède...
Pour des trajets de moyenne distance, moins d’une centaine de kilomètres, la majorité des voyageurs préfèrent utiliser leur voiture d’un bout à l’autre, même lorsque l’origine et la destination sont reliées par le chemin de fer. En effet, le stationnement près des gares n’est pas toujours gratuit. Par ailleurs, la route est parfois encombrée, et l’automobiliste peut être contraint de s’arrêter loin des voies, tout au bout du parking, avant de marcher une dizaine de minutes ou de courir pour attraper le train…
« A l’inverse, la durée du trajet à vélo vers la gare est prévisible, et on peut le laisser à proximité du bâtiment », plaide Olivier Schneider, président de la Fédération des usagers de la bicyclette (FUB), qui rassemble trois cents associations locales. Cette pratique est déjà très développée, et pas seulement autour des grandes villes. A Blois, Niort ou Valence, il suffit de se tenir sur le quai avant le départ d’un TER pour observer de nombreux cyclistes, leur monture tenue par le guidon, qui s’apprêtent à monter dans le train. D’autres préfèrent laisser leur vélo à la gare. Mais ce n’est pas toujours possible. Ou alors à leurs risques et périls. Les usagers craignent le vol, le vandalisme, voire les actes gratuits consistant entre autres à dégonfler les pneus.
« La demande est forte »
Dès lors, la FUB demande à l’Etat, ou à la SNCF, de financer 200 000 places de stationnement pour les vélos près des gares. « Mais les uns et les autres se renvoient la balle », déplore M. Schneider, qui espère tout de...




                        

                        


<article-nb="2018/09/13/19-11">
<filnamedate="20180913"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180913"><AAMMJJHH="2018091319">
<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-11"> ¤ A l’instar de la ville suisse, nombre de collectivités se tournent vers le vélo pour favoriser une nouvelle mobilité.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-11"> ¤                     
                                                   
édition abonné


A Bâle, un réseau cyclable exemplaire

A l’instar de la ville suisse, nombre de collectivités se tournent vers le vélo pour favoriser une nouvelle mobilité.



LE MONDE
 |    13.09.2018 à 12h07
    |

                            Olivier Razemon (Bâle, envoyé spécial)








                        



                                


                            

Bâle, 7 heures du matin en été. De part et d’autre des rames de tramway vertes, sur le pont Mittlere Brücke, qui franchit le Rhin, de nombreux cyclistes pédalent dans la fraîcheur matinale. L’axe, fermé à la circulation automobile, est l’un des plus fréquentés de la ville suisse. A 300 mètres en amont, franchir le pont Wettsteinbrücke demande davantage d’efforts : la voie présente une nette montée, entre la rive droite et la vieille ville située sur la rive gauche. Mais qu’importe, sur ce pont comme sur tous les grands axes, les cyclistes sont tout aussi présents.
Le soir, au bord du Rhin, où se concentre la vie nocturne, les jeunes noctambules ont garé leurs bicyclettes par dizaines, au point que les arceaux de stationnement ne suffisent plus. Le vélo séduit les Bâlois : 17 % des habitants l’utilisent tous les jours, selon les comptages publiés en octobre 2017. C’est davantage que toutes les autres villes de Suisse. L’usage du vélo a même progressé de 25 % entre 2010 et 2017 dans le canton de Bâle-Ville, qui compte trois communes et 200 000 habitants.
La commune suisse n’est pourtant pas une de ces villes du nord de l’Europe dont on dit, pour y expliquer l’engouement pour la bicyclette, qu’elles sont parfaitement plates. La cité historique a été bâtie sur une colline, et l’agglomération s’étend sur les premiers contreforts du Jura. Le succès du guidon s’explique par une histoire ancienne, et une ténacité politique sans faille. Et, si les Bâlois pédalent beaucoup, c’est d’abord en raison de mesures visant à décourager l’usage de la voiture.
Stationnement automobile est fortement réglementé
« Le réseau de tramway, qui comporte aujourd’hui 13 lignes, existe depuis cent vingt ans. Il n’a pas été démantelé dans les années 1960, comme cela avait été le cas à Genève ou dans les villes de France. En outre, les rues sont étroites, ce qui fait de l’espace public une denrée rare et chère », rappelle Alain Groff, directeur des transports...




                        

                        


<article-nb="2018/09/13/19-12">
<filnamedate="20180913"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180913"><AAMMJJHH="2018091319">
<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-12"> ¤ Les récentes hausses de prix dans le secteur du médicament aux Etats-Unis posent des questions morales, mais illustrent aussi la financiarisation de l’économie, déja responsable de la crise de 2008, explique Philippe Escande, éditorialiste économique au « Monde ».
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-12"> ¤                     
                                                   
édition abonné


« Il faudra beaucoup de régulation pour remettre le génie de la cupidité dans sa bouteille »

Les récentes hausses de prix dans le secteur du médicament aux Etats-Unis posent des questions morales, mais illustrent aussi la financiarisation de l’économie, déja responsable de la crise de 2008, explique Philippe Escande, éditorialiste économique au « Monde ».



LE MONDE
 |    13.09.2018 à 11h56
 • Mis à jour le
13.09.2018 à 13h17
    |

            Philippe Escande (Le Monde économie)








                        



                                


                            

Dans le film Wall Street, d’Oliver Stone, sorti en 1987, le héros, Gordon Gekko, s’adresse aux actionnaires d’une papeterie qu’il cherche à racheter pour la démanteler. Il leur explique que « la cupidité est bonne, juste et qu’elle marche ». Et il ajoute : « Elle sauvera non seulement votre entreprise, mais cette autre société qui s’appelle l’Amérique. » On ne pouvait mieux symboliser l’essence du capitalisme financier américain de ces trente dernières années. Celui qui a fait la fortune d’une certaine Amérique et de ses grandes entreprises, mais aussi qui a plongé, il y a tout juste dix ans, le pays et toute la planète dans la plus grande crise de l’après-guerre. La cupidité est un ingrédient essentiel de l’économie de marché, mais on sait, depuis Moïse, que, plus que l’argent, elle est le poison lent de beaucoup d’aventures humaines.
L’histoire de Nirmal Mulye nous montre que cette mentalité est encore bien vivace. Ce patron de la petite société pharmaceutique américaine Nostrum a décidé d’augmenter, du jour au lendemain, le prix de son médicament vedette de 474 à 2 400 dollars le flacon, soit une hausse de 400 % pour un antibiotique commercialisé depuis plus de soixante ans. Il n’est pas le premier laboratoire à jouer ainsi avec les prix de ses sirops et pilules. Un cabinet d’analyses spécialisé a ainsi relevé six hausses de prix supérieures à 100 % entre le 30 août et le 7 septembre. Les politiques condamnent et les hausses se poursuivent, car la loi interdit d’en encadrer les prix, à la différence de ce qui se fait en Europe. Seul le marché, dans sa sagesse, doit le réguler.
Besoin de régulation
Mais celui-ci fait l’inverse en ce moment. Chaque nouveau médicament qui sort est plus onéreux et, du coup, tous les concurrents s’alignent. C’est ce qu’a fait le patron de Nostrum avec son sirop. « C’est un devoir moral de faire de l’argent quand on peut et de vendre son produit le plus cher possible », explique...




                        

                        


<article-nb="2018/09/13/19-13">
<filnamedate="20180913"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180913"><AAMMJJHH="2018091319">
<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-13"> ¤ Aide aux « nécessiteux » de la IIIe République, protection sociale de l’après-guerre, création du RMI en 1988… A l’occasion de l’annonce du plan antipauvreté du gouvernement, le sociologue décrypte un siècle de politiques sociales.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-13"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Serge Paugam : « L’intensité de la polémique sur les “mauvais pauvres” varie selon les époques »

Aide aux « nécessiteux » de la IIIe République, protection sociale de l’après-guerre, création du RMI en 1988… A l’occasion de l’annonce du plan antipauvreté du gouvernement, le sociologue décrypte un siècle de politiques sociales.



LE MONDE
 |    13.09.2018 à 11h55
 • Mis à jour le
13.09.2018 à 17h00
    |

            Anne Chemin








                        



                                


                            
Serge Paugam est sociologue, directeur de recherche au CNRS, directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales, et membre du Centre Maurice Halb­wachs. Il a consacré ses premiers travaux à l’étude des formes contemporaines de la pauvreté et des ruptures sociales. Aujourd’hui, il est engagé dans un programme de recherche international sur les solidarités qu’il aborde sous l’angle de la théorie de l’attachement social. Son dernier ouvrage est Ce que les riches pensent des pauvres (Seuil, 2017), en collaboration avec Bruno Cousin, Camila Giorgetti et Jules Naudet.
Le gouvernement d’Edouard Philippe a annoncé, le 13 septembre, un plan de lutte contre la pauvreté. Jusqu’à la fin du XIXe siècle, ce combat relève plus de la charité chrétienne que de l’action ­volontariste de l’Etat. Diriez-vous que la IIIe République est le premier régime ­politique français à mettre en place, au tournant du XXe siècle, une véritable politique sociale de lutte contre la misère ?
A la fin du XIXe siècle, les républicains cherchent en effet à inscrire la solidarité au cœur même de la République. A leurs yeux, le devoir de l’Etat est de venir en aide aux plus démunis mais la France, contrairement à l’Allemagne, n’a pas encore mis en place d’assurances sociales. Ils reprennent alors le principe déjà inscrit dans la Constitution de 1791, selon lequel l’assistance aux pauvres relève des « devoirs les plus sacrés de la nation ».
Pour éviter que la pauvreté ne relève uniquement des organismes charitables et des Eglises, les républicains invoquent donc le principe de la solidarité nationale : la loi de 1893 instaure la gratuité des soins pour les malades privés de ressources, celle de 1904 protège les enfants abandonnés, celle de 1905 organise l’assistance aux vieillards, aux infirmes et aux incurables sans ressources.
Ces lois sociales sont le fruit d’un compromis entre la...




                        

                        


<article-nb="2018/09/13/19-14">
<filnamedate="20180913"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180913"><AAMMJJHH="2018091319">
<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-14"> ¤ Le chinois Anta propose de racheter le groupe finlandais Amer Sports pour l’équivalent de 4,6 milliards d’euros
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-14"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Articles de sports : le chinois Anta lorgne les skis Salomon et les raquettes Wilson

Le chinois Anta propose de racheter le groupe finlandais Amer Sports pour l’équivalent de 4,6 milliards d’euros



LE MONDE
 |    13.09.2018 à 11h28
    |

                            Juliette Garnier








                        



                                


                            

C’est un nouveau coup de tonnerre pour Annecy, berceau historique de la marque française de skis Salomon. Sa maison mère depuis 2005, le finlandais Amer Sports, a confirmé, mardi 11 septembre, avoir reçu une offre de rachat non engageante de la part du groupe chinois Anta. Ce géant de la distribution et de la fabrication d’articles de sport s’est associé au fond hongkongais d’investissement FountainVest Partners pour proposer d’acquérir cash 100 % du capital du groupe finlandais, au prix de 40 euros par action. En l’état, l’offre atteint 4,6 milliards d’euros.

Jean-Marc Pambet, PDG du groupe, a présenté mardi 11 septembre cette offre aux salariés français du groupe. Tous ont reçu pour « stricte » instruction de ne « pas communiquer avec la presse », rapporte l’un d’entre eux.

Car, dans le petit monde des articles de sports, l’annonce de cette opération fait grand bruit. Elle intervient après une salve de rachats de marques occidentales de prêt-à-porter par des groupes chinois. Parmi elles figurent la vente de Lanvin au conglomérat Fosun, actionnaire du Club Med depuis 2015, ou celle de Naf-Naf à La Chapelle, leader du marché chinois de la mode féminine à petits prix. Mais, en l’espèce, « c’est la première fois qu’un groupe chinois envisage une opération de rachat de marques de sport de cette ampleur », observe un cadre de Salomon.
Une clé d’entrée dans 34 pays
Depuis la tenue des Jeux olympiques de Pékin, en 2008, fabricants et distributeurs pariaient sur l’émergence d’un acteur chinois capable de contrer les ambitions mondiales de Nike et de ses challengeurs, dont l’allemand Adidas. Tous les yeux s’étaient alors tournés vers Li-Ning.
Cette marque fondée par un ancien gymnaste qui avait osé choisir pour logo une virgule semblable à celle du numéro un mondial et un slogan similaire à celui d’Adidas – « Anything is possible » – était donnée gagnante. C’est finalement son rival Anta...




                        

                        


<article-nb="2018/09/13/19-15">
<filnamedate="20180913"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180913"><AAMMJJHH="2018091319">
<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-15"> ¤ En dix ans, l’endettement mondial total a bondi de plus de 70 %, rendant l’économie vulnérable.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-15"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Dix ans après Lehman Brothers : le monde croule sous les dettes

En dix ans, l’endettement mondial total a bondi de plus de 70 %, rendant l’économie vulnérable.



LE MONDE
 |    13.09.2018 à 11h13
 • Mis à jour le
13.09.2018 à 15h16
    |

            Marie de Vergès








                        



                                


                            

Sombre constat : dix ans après une crise planétaire née d’un trop-plein de dettes, la trajectoire s’est accentuée jusqu’à atteindre des niveaux sans précédent. L’endettement total dans le monde (Etats, ménages et entreprises hors secteur financier) s’élève désormais à près de 170 000 milliards de dollars (soit 147 000 milliards d’euros), selon un nouveau rapport publié par le cabinet de consultants McKinsey. Entre 2007 et 2017, ce fardeau a augmenté de 72 000 milliards de dollars.

Le phénomène n’épargne aucune région du monde, même si ses caractéristiques diffèrent de ce qui prévalait à la veille de la chute de la banque Lehman Brothers. Il concerne moins la finance « complexe » (dérivés, titrisation…), qui a régressé depuis 2007. Celle-ci avait joué un rôle décisif dans le déclenchement de la dernière crise à travers les fameux subprimes, ces crédits hypothécaires très risqués proposés à des Américains insolvables.
Depuis lors, « le poids de l’endettement mondial s’est accru, mais les dettes ont changé de mains », confirme Isabelle Job-Bazille, directrice des études économiques au Crédit agricole. Dans les pays riches, les crédits au secteur privé ont diminué tandis que la dette publique n’a cessé d’augmenter. Corollaire des plans de relance engagés pour lutter contre la récession, puis d’années de croissance molle, elle y dépasse les 105 % du PIB, un niveau inédit en temps de paix.
Les experts sonnent l’alerte
Quant aux économies émergentes, elles ont pris le relais des pays industrialisés pour devenir les principales responsables de la flambée intervenue au cours de la dernière décennie, notamment via leurs entreprises. A elle seule, la Chine y a contribué à hauteur d’un tiers. Selon McKinsey, sa dette totale a été multipliée par cinq en dix ans. Elle atteignait 256 % du PIB fin 2017, un niveau équivalent à celui de pays développés.
Les causes de cet emballement sont connues. Outre la crise et ses stigmates,...




                        

                        


<article-nb="2018/09/13/19-16">
<filnamedate="20180913"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180913"><AAMMJJHH="2018091319">
<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-16"> ¤ Depuis la crise de 2008, les gérants d’actifs ont remplacé les banques comme incontournables géants du secteur financier.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-16"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Dix ans après Lehman Brothers : les nouveaux maîtres de Wall Street

Depuis la crise de 2008, les gérants d’actifs ont remplacé les banques comme incontournables géants du secteur financier.



LE MONDE
 |    13.09.2018 à 11h06
 • Mis à jour le
13.09.2018 à 15h13
    |

            Eric Albert (Londres, correspondance)








                        



                                


                            

Le 15 septembre 2008, avec la faillite de Lehman Brothers, l’ère des grandes banques dominantes s’est terminée. Elle a été suivie par celle des gérants d’actifs. « Les banques restent importantes, bien sûr, mais la finance est de plus en plus organisée autour d’eux, explique Daniela Gabor, chercheuse à l’University of the West of England. Autrefois, on comparait Goldman Sachs à une pieuvre vampire. Aujourd’hui, ce sont eux, les pieuvres vampires. »

Peu connus du grand public, ces nouveaux géants s’appellent BlackRock, Vanguard, State Street… A eux trois, ils gèrent 14 000 milliards de dollars, plus que le produit intérieur brut de la Chine. Une étude publiée l’an dernier par Jan Fichtner, Eelke Heemskerk et Javier Garcia-Bernardo, de l’université d’Amsterdam, a donné un aperçu de leur poids gigantesque : ensemble, ils sont le principal actionnaire de 90 % des entreprises du S&P 500, le principal indice boursier américain.
L’emprise est un peu moindre en Europe, mais reste très forte. En France, BlackRock et Vanguard possédaient respectivement 2,3 % et de 2 % du CAC 40 fin 2016, contre 1,5 % et 1 % fin 2012, selon une étude d’Euronext.
Course au moins-disant et à la taille
Derrière l’explosion de ces quelques mastodontes de la finance se trouve une nouvelle tendance : la gestion dite « passive ». Ce barbarisme résume une idée très simple : puisque les traditionnels gérants « actifs » n’ont pas vu venir la crise de 2008, mieux vaut investir son argent « passivement », en se contentant de suivre un indice. Désormais, beaucoup de fonds suivent simplement le CAC 40, le FTSE 100 ou le S&P 500. Beaucoup le font à travers un nouvel instrument, appelé Exchange-Traded Fund (ETF), qui est un produit financier lui-même coté en Bourse qui réplique un indice boursier.

L’avantage ? C’est beaucoup moins cher. Aujourd’hui, aux Etats-Unis, après une décennie sous pression, la gestion active impose des frais annuels...




                        

                        


<article-nb="2018/09/13/19-17">
<filnamedate="20180913"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180913"><AAMMJJHH="2018091319">
<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-17"> ¤ Créé en 2011, le label « Origine France garantie », pour les produits dont au moins 50 % de la valeur ajoutée sont réalisés dans le pays, a séduit seulement 600 entreprises.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-17"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Le « made in France » peine à émerger

Créé en 2011, le label « Origine France garantie », pour les produits dont au moins 50 % de la valeur ajoutée sont réalisés dans le pays, a séduit seulement 600 entreprises.



LE MONDE
 |    13.09.2018 à 11h03
 • Mis à jour le
13.09.2018 à 16h02
    |

            Jean-Michel Bezat








                        



                                


                            

Et si le ralentissement des échanges commerciaux et le désir croissant de consommer durable et local donnaient enfin ses chances au « made in France » ? Les défenseurs de la production nationale ne désarment pas. L’association Pro France, créée en 2010 par l’ex-député (UDI) de Seine-et-Marne Yves Jégo, va tenter de redonner de la vigueur au sujet lors de ses 4e Assises du produire en France, jeudi 13 septembre, à Paris. Une réunion qui se tient à deux mois du Salon du Made in France, organisé du 10 au 12 novembre au Parc des expositions de la porte de Versailles, à Paris.
Pro France n’hésite pas à afficher une vision offensive, puisque l’un des deux thèmes retenus est « exporter en Asie ». L’intitulé est osé quand on sait que les pays asiatiques, Chine en tête, sont devenus l’« usine du monde » et inondent l’Hexagone de produits depuis les années 1990. Certes, certains secteurs tricolores sont fortement exportateurs depuis des décennies (luxe, mode, cosmétiques, aéronautique, bateaux de plaisance et paquebots de croisière, vins et spiritueux, agroalimentaire…). Les entreprises françaises marquent aussi des points dans le high-tech, le design, les jeux vidéo. De beaux succès sont là : Krys dans l’optique, Gautier dans le mobilier, Eno dans les planchas, SEB dans l’électroménager haut de gamme.
Des pionniers se lancent, comme la marque de montres Routine, qui s’appuie sur la longue tradition horlogère du Doubs et du Jura pour y faire fabriquer 86 % de ses composants. Et les anciens persévèrent : après avoir quitté la vie politique, Arnaud Montebourg a lancé, le 10 septembre, son label Bleu Blanc Ruche. L’ancien ministre de l’économie et du redressement productif (2012-2014) soutient ainsi une filière de production de miel gravement menacée par la disparition des abeilles et la concurrence de produits frelatés importés d’Asie. Sans parler d’un fort mouvement en faveur d’une relocalisation des centres d’appels.

Tous les...




                        

                        


<article-nb="2018/09/13/19-18">
<filnamedate="20180913"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180913"><AAMMJJHH="2018091319">
<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-18"> ¤ Dans cette chronique, l’économiste Thibault Gajdos estime que ce n’est que sous conditions que les lobbys pourront prétendre participer à la construction d’une décision publique démocratique.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-18"> ¤                     
                                                   
édition abonné


« Encadrer plus sérieusement l’activité des lobbys »

Dans cette chronique, l’économiste Thibault Gajdos estime que ce n’est que sous conditions que les lobbys pourront prétendre participer à la construction d’une décision publique démocratique.



LE MONDE
 |    13.09.2018 à 11h00
    |

Thibault Gajdos (Chercheur au CNRS)







                        



                                


                            
Tendances France. En démissionnant du gouvernement, Nicolas Hulot a tenté de lancer un débat sur l’influence des lobbys dans la décision publique. La réplique ne s’est pas fait attendre : en quelques jours, un nombre impressionnant d’acteurs publics, du président du Medef au porte-parole du gouvernement, sont intervenus publiquement pour défendre les lobbys, en utilisant deux types d’arguments.

En premier lieu, il y aurait un équilibre des lobbys : d’un côté les entreprises, de l’autre les associations et les ONG. L’activité des lobbys garantirait ainsi le pluralisme démocratique. Cet argument ignore deux différences majeures entre ces acteurs. En premier lieu, les arguments des associations et des ONG sont en général publics, contrairement à ceux des entreprises. Par ailleurs, les moyens déployés par les uns et les autres sont hors de proportion.

Selon le rapport de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HAYVP), les associations et ONG ne représentent que 14 % des lobbyistes inscrits sur le registre national. Encore ce chiffre sous-estime-t-il probablement le poids des entreprises : d’une part, il ne correspond pas aux dépenses engagées, mais seulement au nombre de représentants inscrits ; d’autre part, il ne tient pas compte de l’influence qu’exercent les entreprises sur la décision publique à travers la circulation des hauts cadres entre les secteurs public et privé.
Encadrer sérieusement l’activité
Faute de chiffres fiables, il est difficile de quantifier l’influence de ces acteurs en France. Mais une étude récente menée aux Etats-Unis par Robert Brulle (université Drexel) en donne une idée (« The Climate Lobby. A Sectoral Analysis of Lobbying Spending on Climate Change in the United States, 2000 to 2016 », Climatic Change, août 2018).
le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, déclare qu’il est essentiel de « dialoguer » avec les lobbys
En analysant les...




                        

                        


<article-nb="2018/09/13/19-19">
<filnamedate="20180913"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180913"><AAMMJJHH="2018091319">
<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-19"> ¤ Deux bateaux français en route vers l’Arctique ont dû rebrousser chemin, début septembre. Un échec qui illustre les limites du développement du tourisme polaire.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-19"> ¤                     
                                                   
édition abonné


L’essor des croisières polaires mis à l’épreuve

Deux bateaux français en route vers l’Arctique ont dû rebrousser chemin, début septembre. Un échec qui illustre les limites du développement du tourisme polaire.



LE MONDE
 |    13.09.2018 à 06h31
    |

            Denis Cosnard








                        



                                


                            
Tout était pourtant si bien parti. Venus en avion de Paris à Kangerlussuaq, au Groenland, les 400 passagers de la Compagnie du Ponant avaient embarqué fin août à bord du Boréal et du Soléal pour une croisière d’exception. Mieux : une véritable expédition polaire, « loin des routes fréquentées », « aux confins des terres extrêmes, là où la banquise se fragmente et où le soleil ne passe plus sous l’horizon », disait la brochure.
Cap avait donc été mis au Nord, vers le passage du Nord-Ouest. Une route maritime mythique qui, bien au-delà du cercle polaire, relie l’Atlantique au Pacifique à travers les glaces du Grand Nord canadien.
Mais voilà : le 3 septembre, arrivés à l’entrée du détroit de Bellot, les deux navires français de grand luxe ont dû rebrousser chemin. Trop de glace. Plus question d’aller en Alaska, ni de s’envoler ensuite vers les Etats-Unis.
« Franchir le détroit s’annonçait compliqué, raconte Nicolas Dubreuil, le directeur des expéditions de Ponant. Le Boréal a attendu trois jours. Les brise-glace canadiens sont passés, revenus, et on nous a dit : “Pour vous, c’est trop risqué”. Nos deux bateaux ont fait demi-tour. Personne n’avait envie d’une nouvelle expédition Franklin ! » En 1845, les deux navires de John Franklin disparurent alors qu’ils tentaient de cartographier le passage du Nord-Ouest. Tous les marins moururent de froid, de famine ou du scorbut.
Dérèglement climatique
Depuis qu’elle a commencé à emprunter ce passage à travers l’Arctique, en 2013, c’est la première fois que la Compagnie du Ponant doit renoncer à une telle croisière. Un échec coûteux. L’expédition de vingt-trois jours était proposée « à partir de 17 270 euros », y compris les vols en avion. L’entreprise détenue par François Pinault et sa famille va devoir rembourser partiellement les passagers, 200 par bateau. « Nous les avertissons toujours que le programme dépendra...




                        

                        


<article-nb="2018/09/13/19-20">
<filnamedate="20180913"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180913"><AAMMJJHH="2018091319">
<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-20"> ¤ Ces catégories socioprofessionnelles, qui représentent 21 % de la population active, sont surreprésentées parmi les acheteurs franciliens.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-20"> ¤                     
                                                

A Paris, 64 % des acheteurs sont des cadres ou des dirigeants d’entreprise

Ces catégories socioprofessionnelles, qui représentent 21 % de la population active, sont surreprésentées parmi les acheteurs franciliens.



LE MONDE
 |    13.09.2018 à 06h15
    |

            Jérôme Porier








                        



   


En Ile-de-France, la flambée des prix de l’immobilier met à mal la mixité sociale dans le parc privé. En 2017, quatre logements sur dix ont été achetés par des cadres, des artisans, des commerçants ou des dirigeants d’entreprise. C’est ce que révèle une étude publiée le 6 septembre par les notaires franciliens.
Ces catégories socioprofessionnelles, qui représentent 21 % de la population active (source INSEE 2015), sont donc surreprésentées parmi les acheteurs franciliens. « La hausse générale des prix constatés depuis vingt ans a entraîné une augmentation massive de la part des acquéreurs appartenant à ces catégories socioprofessionnelles », constatent les notaires.

        Lire aussi :
         

                Ralentissement en vue dans l’immobilier de luxe



La part des cadres parmi les acheteurs varie fortement d’une région à l’autre : elle oscille entre 20 % et 30 % en Seine-et-Marne, dans le Val-d’Oise et dans l’Essonne, entre 30 % et 40 % en Seine-Saint-Denis, dans le Val-de-Marne et les Yvelines, pour atteindre 55 % dans les Hauts-de-Seine et 64 % à Paris.
Dans Paris intra-muros, ce taux va de 58 % dans le 12e arrondissement à 75 % dans le 8e arrondissement. La proportion d’acheteurs cadres est aussi très élevée dans certaines communes situées à l’Ouest parisien, dans les Hauts-de-Seine (jusqu’à 70 % à Saint-Cloud, Ville-d’Avray et Sceaux) et dans les Yvelines.

        Lire aussi :
         

                D’une génération à l’autre, le poids des aides financières pèse lourd



L’étude des notaires franciliens montre qu’il existe un lien étroit entre le prix de vente des logements anciens et la proportion d’acquéreurs, cadres et dirigeants, dans les communes ayant enregistré le plus de ventes en 2017. Mais quelques communes se distinguent par un taux d’acquéreurs cadres élevé et des prix encore relativement abordables : il s’agit de Bourg-la-Reine et Clichy (Hauts-de-Seine), Saint-Ouen (Val-d’Oise), Juvisy-sur-Orge (Essonne) et Fontainebleau (Seine-et-Marne).



                            


                        

                        

