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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-1"> ¤ En mars, un commando cagoulé et armé de bâtons et d’un pistolet à impulsions électriques avait violemment expulsé d’un amphithéâtre des étudiants et des militants qui protestaient contre la réforme de l’accès à l’université.
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Violences à la faculté de Montpellier : cinq personnes mises en examen

En mars, un commando cagoulé et armé de bâtons et d’un pistolet à impulsions électriques avait violemment expulsé d’un amphithéâtre des étudiants et des militants qui protestaient contre la réforme de l’accès à l’université.



LE MONDE
 |    13.09.2018 à 18h15
 • Mis à jour le
13.09.2018 à 18h43
   





                        



   


Six mois après l’intrusion violente d’un commando cagoulé dans la faculté de droit de Montpellier, l’enquête a pris un tour plus politique, jeudi 13 septembre, avec la mise en examen de cinq personnes, proches des milieux identitaires et régionalistes.
Quatre d’entre elles l’ont été pour « violences aggravées » et « intrusion dans un établissement d’enseignement » et une pour complicité de ces délits, a précisé à l’Agence France-Presse le procureur de Montpellier Christophe Barret. Une sixième personne a été placée sous le statut de témoin assisté. L’une d’entre elles, Martial R. est le fils du fondateur du groupuscule identitaire de la Ligue du Midi.
Le procureur Christophe Barret a, lui, évoqué des personnes qui « fréquentent des milieux nationalistes ou régionalistes », même si « aucune n’indique avoir agi au nom d’un parti ou d’une association ». Le 22 mars, un commando cagoulé et armé de bâtons et d’un pistolet à impulsions électriques avait violemment expulsé d’un amphithéâtre des étudiants et des militants qui protestaient contre la réforme de l’accès à l’université.

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« La police n’allait pas le faire »
Le doyen de la faculté de droit Philippe Pétel et un professeur, Jean-Luc Coronel, avaient déjà été mis en examen pour complicité d’intrusion dans les deux cas et pour violences en récidive dans le cas de l’enseignant. La compagne de M. Coronel figure parmi les nouvelles personnes mises en examen.

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                Violences à la faculté de droit de Montpellier : un rapport préconise de sanctionner l’ex-doyen



Cette femme âgée de 47 ans a déclaré avoir « demandé à plusieurs personnes de se rejoindre aux abords de la faculté pour faire partir les occupants », a relaté le procureur. Elle affirme ne pas avoir participé directement aux violences et avoir agi « de sa seule initiative et non en lien avec son compagnon ».
Un militaire à la retraite, âgé de 61 ans, a, pour sa part, expliqué avoir agi « parce que la police n’allait pas le faire » et avoir assisté à une prise de parole du doyen qui aurait déclaré devant le commando avant l’expédition punitive que c’était « le bon moment pour intervenir », a poursuivi M. Barret.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-2"> ¤ Le jeune mathématicien français a été torturé et assassiné à 25 ans par l’armée française pendant la bataille d’Alger, en 1957.
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L’affaire Maurice Audin, un symbole des exactions de l’armée française en Algérie



LE MONDE
              datetime="2018-09-13T18:10:38+02:00"

        Le 13.09.2018 à 18h10






Durée : 02:47 | 

Emmanuel Macron a fait, jeudi 13 septembre, une déclaration officielle reconnaissant que Maurice Audin, militant communiste « disparu » en 1957, était mort sous la torture du fait d’un « système légalement institué » en Algérie par la France. Soupçonné de lien avec le FLN algérien, Michel Audin avait été arrêté dans la nuit du 11 juin 1957 chez lui devant sa femme et ses trois enfants. Sa famille ne le reverra pas et son corps ne sera jamais retrouvé. Le 18 juin 2014, François Hollande avait publiquement reconnu que Michel Audin était bien mort durant sa détention et avait invalidé la thèse de l’évasion soutenue par l’armée française.
La déclaration d’Emmanuel Macron marque un changement radical dans la position officielle de la France. Il ne sera plus possible désormais de nier le caractère systématique de la torture pendant la guerre d’Algérie. Le président français a également annoncé « l’ouverture des archives sur le sujet des disparus civils et militaires, français et algériens ».


                

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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-3"> ¤ L’avocat fiscaliste Jérôme Turot explique dans une tribune au « Monde » que la réforme du prélèvement à la source va nuire à la capacité des contribuables de décider eux-mêmes de l’utilisation d’une partie de leurs impôts.
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« Le prélèvement à la source risque de sonner le glas de la fiscalité incitative »

L’avocat fiscaliste Jérôme Turot explique dans une tribune au « Monde » que la réforme du prélèvement à la source va nuire à la capacité des contribuables de décider eux-mêmes de l’utilisation d’une partie de leurs impôts.



LE MONDE
 |    13.09.2018 à 17h16
    |

Jérôme Turot (Avocat fiscaliste, membre du Cercle des fiscalistes)







                        



                                


                            

Tribune. En France, l’impôt est intelligent. Notre système fiscal français tant décrié – souvent à tort – a une immense qualité : nous avons en matière d’impôt sur le revenu une tradition de fiscalité incitative, offrant de nombreuses possibilités de réductions fiscales et de crédits d’impôt.
Ce système de déductions fiscales favorise une fiscalité intelligente et démocratique.
Intelligente, puisqu’elle incite les citoyens à se montrer socialement utiles (crédits d’impôts en faveur de la famille), écologiquement responsables (crédits d’impôt pour la transition énergétique), investisseurs intrépides (logement social, outre-mer, jeunes entreprises), et philanthropes (associations et fondations).
C’est surtout une fiscalité démocratique, puisqu’elle permet au contribuable de décider lui-même de l’utilisation d’une partie de son impôt. Ainsi, le contribuable qui estime que l’Etat n’aide pas suffisamment la recherche contre le cancer ou la défense de la langue occitane peut le faire à sa place, en y affectant une partie de son impôt via un don à une fondation ou association : on permet aux contribuables de décider directement des dépenses publiques à la place de l’Etat.
La capacité pour les contribuables de dédier leur impôt à un but utile, altruiste ou tout simplement familial, sera-t-elle préservée ? Dans l’immédiat, les crédits d’impôts sont sauvegardés, puisqu’on nous annonce que les contribuables obtiendront, le 15 janvier 2019, le versement anticipé de 60 % du montant des crédits d’impôt auxquels ils ont eu droit en 2018.
Une mesure de circonstance
Mais le versement de cet acompte n’est pas inscrit dans notre droit fiscal, ce n’est qu’une mesure de circonstance ; il est douteux qu’elle soit reconduite en 2020 et au-delà, car cet acompte sera extrêmement coûteux en trésorerie pour l’Etat, et posera de difficiles problèmes de gestion.
Tout d’abord, on voit mal comment l’administration pourrait verser...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-4"> ¤ L’oreille vissée au téléphone, Hélène X emprunte à pied la voie réservée aux véhicules, au lieu de prendre le passage piéton, et se fait assommer par la barrière. La responsabilité de la société gestionnaire du parking est-elle engagée?
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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-5"> ¤ Sept prévenus, dont deux anciens présidents de club, ont été condamnés jeudi dans l’affaire des tentatives d’arrangement de matchs de Nîmes en Ligue 2 en 2014.
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Football : soupçons d’arrangement en Ligue 2, jusqu’à dix-huit mois de prison ferme

Sept prévenus, dont deux anciens présidents de club, ont été condamnés jeudi dans l’affaire des tentatives d’arrangement de matchs de Nîmes en Ligue 2 en 2014.



LE MONDE
 |    13.09.2018 à 15h53
 • Mis à jour le
13.09.2018 à 16h19
   





                        


Sept hommes, dont deux anciens présidents de club, ont été condamnés, jeudi 13 septembre, à Paris, à des peines allant de huit mois avec sursis à dix-huit mois de prison ferme dans l’affaire des tentatives d’arrangements de matchs de Nîmes en Ligue 2 en 2014. Dans ce dossier, neuf hommes avaient comparu en juin devant le tribunal correctionnel, la plupart pour association de malfaiteurs en vue de la constitution du délit de corruption sportive.
Parmi les principaux prévenus, l’ex-président du Nîmes olympique, Jean-Marc Conrad et l’ancien actionnaire principal du club, Serge Kasparian, ont été condamnés à trois ans de prison dont dix-huit mois avec sursis et 50 000 euros d’amende, les peines les plus importantes. Ils ont été reconnus coupables d’avoir cherché à arranger le score de plusieurs matchs de la fin de saison 2013-2014 afin d’éviter une relégation en National du club qu’ils venaient de reprendre, aidés par un patron de club amateur.
Cet intermédiaire, Franck Toutoundjian, a été condamné à deux ans de prison dont un ferme, et 5 000 euros d’amende. « On va réfléchir » à un appel, a déclaré l’un des avocats de Serge Kasparian, Me Xavier Savignat.

        Lire le comtpe rendu du 3e jour de procès :
         

          petit arrangement entre présidents



Cinq tentatives d’arrangements
Aux yeux du tribunal, cinq matchs ont fait l’objet de tentatives d’arrangement : les rencontres de Nîmes contre
Bastia (0-0) ;Dijon (défaite 5-1) ;Brest (1-1) ;Caen (1-1) ;Créteil (1-1).
Les tentatives alléguées avaient échoué : il n’était pas reproché aux prévenus d’avoir altéré l’issue des rencontres, mais d’avoir essayé.
S’agissant du match central du dossier, un nul 1-1 contre Caen le 13 mai 2014, qui avait permis aux Normands de monter en Ligue 1 et à Nîmes d’éviter la relégation, l’ancien patron de Caen, Jean-François Fortin, a été condamné à quinze mois avec sursis et 15 000 euros d’amende pour corruption passive.
Trois autres hommes soupçonnés d’avoir joué le rôle d’intermédiaires ponctuels ont été condamnés à des peines allant de huit mois avec sursis à dix mois et 10 000 euros d’amende.
Le tribunal a également infligé des interdictions d’exercer toute activité en lien avec le football pendant une durée allant jusqu’à cinq ans. Deux des neuf prévenus, dont l’ancien joueur Abdelnasser Ouadah, ont été relaxés. Tous avaient nié une intention corruptrice et leurs avocats avaient dénoncé une affaire gonflée artificiellement. Ces peines sont globalement conformes à celles requises par le parquet national financier.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-6"> ¤ Pour sortir durablement de la rue, il est nécessaire de placer les personnes au cœur de l’accompagnement affirment, dans une tribune au « Monde », les acteurs du dispositif « Convergence », Emmaüs Défi, avec Emmaüs France et la Fédération des acteurs de la solidarité Ile-de-France.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-6"> ¤                     
                                                   
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Lutte contre la grande pauvreté : « Un accompagnement renforcé et adapté porte ses fruits »

Pour sortir durablement de la rue, il est nécessaire de placer les personnes au cœur de l’accompagnement affirment, dans une tribune au « Monde », les acteurs du dispositif « Convergence », Emmaüs Défi, avec Emmaüs France et la Fédération des acteurs de la solidarité Ile-de-France.



LE MONDE
 |    13.09.2018 à 15h00
 • Mis à jour le
13.09.2018 à 15h48
    |

Collectif







                        



                                


                            
Tribune. Patrick vit à la rue depuis cinq ans, Rachid depuis trois ans, Marie vient de perdre son logement. Tous ont envie de travailler. Mais comment peut-on trouver la force de travailler tous les matins quand on est cassé par la rue, qu’on ne dort plus vraiment à cause de l’insécurité qui règne ?
En adaptant à l’extrême le travail à la personne, le dispositif « Premières Heures », lancé en 2009 par Emmaüs Défi, permet à des sans-abri de reprendre un travail et d’intégrer une structure d’insertion. On parle ici des premières heures de travail, après des mois ou des années passées à la rue.

Mais Patrick fait face à de grosses difficultés de santé, notamment psychiques. Marie fait une demande de logement avec l’assistante sociale du centre d’hébergement où elle vient d’avoir une place. Elle a un suivi justice et a aussi engagé une démarche de reconnaissance pour son handicap physique. Rachid, ancien comptable, n’a pas travaillé depuis dix-huit mois et a une addiction à l’alcool. Qui aujourd’hui est prêt à faire le pari que, dans trois ans, ils auront un emploi et un logement pérennes ?
Freins à l’insertion
Tout le monde peut travailler mais, pour cela, innover est indispensable. Indépendamment de l’aptitude aux postes de travail qui leur sont confiés, les personnes qui ont connu la rue présentent en moyenne six à sept freins à l’insertion et sont accompagnées par plusieurs référents sociaux suivant chacun une problématique spécifique.
En 2015, une première évaluation d’impact social de l’expérimentation lancée en 2012 fait la preuve de résultats encourageants
Pour sortir durablement de la rue, il est nécessaire de placer les personnes au cœur de l’accompagnement. C’est l’objectif de l’expérimentation « Convergence » lancée par Emmaüs Défi en 2012 avec le soutien de l’Etat, de la Ville de Paris et de fondations privées. Elle s’appuie sur des moyens renforcés mobilisant un important réseau partenarial d’acteurs territoriaux...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-7"> ¤ Thibaud Brière, chargé des questions éthiques dans l’entreprise de BTP Hervé, explique dans une tribune au « Monde » pourquoi les entreprises n’échapperont pas au mouvement de transparence qui traverse toute la société.
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« Les entreprises ne pourront demeurer des bastions d’opacité dans un monde de transparence »

Thibaud Brière, chargé des questions éthiques dans l’entreprise de BTP Hervé, explique dans une tribune au « Monde » pourquoi les entreprises n’échapperont pas au mouvement de transparence qui traverse toute la société.



LE MONDE
 |    13.09.2018 à 14h00
    |

Thibaud Brière (Conseiller en management, délégué à la philosophie de l’organisation du groupe de BTP Hervé)







                        



                                


                            
Tribune. Dans le New York Times du 5 septembre, une personne se présentant comme un proche collaborateur de Donald Trump a publié de manière anonyme une tribune dans laquelle il affirme n’être pas seul, au sein de la haute administration américaine, à « résister » à nombre d’orientations du président. « Nous croyons que notre premier devoir est envers ce pays », écrit-il en parlant de ceux qui se rebiffent.

Le 26 août, l’ancien nonce apostolique à Washington, Mgr Carlo Maria Vigano, rendait public un mémorandum de onze pages racontant, avec force détails, ce qu’il avait vu, lu et entendu d’inacceptable de la part de hauts responsables de l’Eglise, dans leur manière de se conduire face à des faits avérés de pédophilie. Lui aussi brisait le devoir de réserve au nom d’un devoir supérieur : « Ma conscience m’impose de révéler ces vérités », écrivait Mgr Vigano. Il faut savoir qu’en théologie catholique la conscience est l’instance suprême.

Qu’un membre du cabinet d’un président en exercice et un ancien ambassadeur, dont le métier est le secret, prennent publiquement la parole pour témoigner de faits relevant de leur activité professionnelle revêt un caractère inédit. Trahison, sédition, irresponsabilité ?
La vraie responsabilité consiste parfois à révéler l’irresponsabilité de certaines pratiques professionnelles
Gageons que cela peut correspondre à la prise de conscience, émergente, qu’il n’est pas de comportements professionnels prétendument « responsables », dans quelque organisation que ce soit – et donc aussi dans les entreprises – qui puissent se fonder durablement sur le mensonge, a fortiori quand celui-ci vise à couvrir des pratiques criminelles (et il y en a, comme en témoigne la mise en examen du cimentier Lafarge pour complicité de crimes contre l’humanité, le 28 juin), délictueuses (évasion fiscale, blanchiment d’argent…) ou socialement répréhensibles...




                        

                        


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<filnamedate="20180913"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180913"><AAMMJJHH="2018091319">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-8"> ¤ Emmanuel Macron a dévoilé son plan pour lutter contre la pauvreté, d’un montant de 8 milliards d’euros sur quatre ans.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-8"> ¤                     
                                                

A gauche comme à droite, la classe politique jugent « insuffisantes » les mesures du plan « pauvreté »

Emmanuel Macron a dévoilé son plan pour lutter contre la pauvreté, d’un montant de 8 milliards d’euros sur quatre ans.



LE MONDE
 |    13.09.2018 à 13h43
 • Mis à jour le
13.09.2018 à 15h35
   





                        



   


Après le dévoilement par Emmanuel Macron du plan – très attendu – de pauvreté, d’un montant de 8 milliards d’euros sur quatre ans, les réactions se multiplient au sein de la classe politique.

        Lire aussi :
         

                Les quatre axes du « plan pauvreté » de Macron : petite enfance, emploi, aides sociales et logement



A gauche, les voix sont unanimes pour dénoncer un plan « pas à la hauteur » de l’enjeu. Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste juge :
« Le #PlanPauvreté c’est 62 centimes par jour. Le plan cadeaux fiscaux c’est 600 000 euros par an en moyenne et par individu pour les plus fortunés, rien qu’avec la flat tax. Les miettes pour les uns et le gâteau pour les autres. »
Et d’asséner : « Baisse des APL, suppression des emplois aidés, réduction de 4 % de pouvoir d’achat sur deux ans pour les retraités : Emmanuel #Macron créée des pauvres ! » Un avis partagé par le député La France insoumise de la Seine-Saint-Denis, Alexis Corbière :
« Vous êtes parmi les 100 + riches du pays ? Macron vous rend en urgence 1,5 million d’euros. Vous êtes parmi les 9 millions de pauvres ? Macron mobilise 200 euros/an pour vous sortir de la pauvreté. Une pièce montée pour quelques-uns, et des miettes pour tous les autres… »
De son côté, Julien Bayou le conseiller Europe Ecologie-Les Verts régional d’Ile-de-France dénonce lui aussi un plan qui ne compense pas « les cadeaux faits aux plus riches » :
« Un plan pauvreté pour “que la pauvreté ne se transmette plus en héritage”. La formule est belle mais le plan est creux. Rien pour les 18-25 ans. »
Pierre Laurent, secrétaire national du Parti communiste français, souligne pour sa part « des avancées, souvent portées par les assocs », mais regrette que « rien dans ce plan ne s’attaque aux racines de la précarité de masse qui provoque la grande pauvreté ».

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                Etre pauvre, c’est « ne pas être libre », « dépendre des administrations »…



« Rien dans ce plan ne s’attaque aux racines de la précarité »
A droite, le député souverainiste de l’Essone Nicolas Dupont-Aignan (Debout la France) salue également « certaines mesures […] bonnes », mais « insuffisantes et [qui] ne compenseront pas la casse sociale de #Macron depuis un an ».
Laurence Sailliet, porte-parole des Républicains (LR), s’est contentée de déplorer le manque de résultats de la politique du président : « A la politique des métaphores qui table sur la magie du verbe nous préférons une politique d’action et de résultats. » 
Pour sa part, le député LR des Alpes maritimes Eric Ciotti fustige le « revenu universel d’activité », fusionnant plusieurs minima sociaux, qui revient selon lui « à payer tout le monde à ne rien faire. […] Ceux qui à droite l’ont soutenu et le soutiennent font face à un petit problème de cohérence… ».

        Lire aussi :
         

                Un plan pauvreté pour rééquilibrer le quinquennat de Macron



Sans surprise, la majorité salue pour sa part le plan annoncé. A l’instar de Matthieu Orphelin, député LRM de la 1re circonscription du Maine-et-Loire, qui se réjouit de « nouvelles mesures [qui] vont clairement dans le bon sens. Elles arrivent à un moment important du quinquennat ». 
Amélie de Montchalin, députée La République en marche (LRM) de la 6e circonscription de l’Essonne estime quant à elle qu’« il ne s’agit pas tant de changer la loi que la réalité : une évaluation pratique, économique et de terrain sera conduite pour mesurer les effets concrets des réformes engagées ».

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                « Assistés », « profiteurs », « paresseux »… les clichés sur les pauvres à l’épreuve des faits






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-9"> ¤ Le plan pauvreté, présenté jeudi, veut simplifier le « maquis des prestations sociales ». A Paris, le Secours catholique tente chaque semaine de le faire.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-9"> ¤                     
                                                   
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Plan pauvreté  : le Secours catholique épaule les démunis dans la « toile d’araignée » des aides sociales

Le plan pauvreté, présenté jeudi, veut simplifier le « maquis des prestations sociales ». A Paris, le Secours catholique tente chaque semaine de le faire.



LE MONDE
 |    13.09.2018 à 12h36
 • Mis à jour le
13.09.2018 à 17h11
    |

            Aline Leclerc








                        



                                


                            
Le dossier qui porte son nom mesure bien dix centimètres d’épaisseur. « On la connaît depuis longtemps », sourit Françoise Guibert, bénévole au Secours Catholique, en s’asseyant devant Kadia, 42 ans. « Alors, ça s’est bien passé la rentrée ? Ton fils est bien inscrit à la cantine ? Tu payes bien le tarif le plus bas ? C’est le tarif 1 pour toi », vérifie d’emblée la retraitée auprès de cette mère célibataire, au début d’un entretien de trente minutes dans un petit bureau de la Maison Caritas Saint-Ambroise, à Paris (11e).
Là, chaque mardi, cinq bénévoles reçoivent sans rendez-vous toute personne sollicitant leur aide, pour peu qu’elle soit domiciliée dans le centre ou l’est de Paris. Quinze minutes avant l’ouverture, à 9 h 30, neuf personnes faisaient déjà la queue devant la porte, dont huit femmes, entre 30 et 50 ans, plusieurs avec leurs enfants.
Ce matin-là, Kadia est venue avec un devis pour des cours de français : 62 euros. « On va voir si la commission financière peut les prendre en charge », répond Françoise qui précise aussitôt : « l’aide financière n’est qu’un outil d’accompagnement parmi d’autres. La question c’est comment sortir cette famille de la précarité ? » Pour elle, c’est aussi en aidant Kadia à trouver un club où son fils de 5 ans pourra jouer au foot. Quelques heures en moins passées dans la promiscuité de la chambre d’hôtel où ils sont logés par le Samusocial.
Après une série d’appels, Françoise obtient les coordonnées d’un club voisin. « Sur Internet, y’a les tarifs, y’a tout. Tu as accès à Internet ? » « Non, c’est le problème… » A l’heure de la dématérialisation, des identifiants et des mots de passe, c’est un empêchement de plus et c’est aussi pour ces petites choses qu’on vient à la Maison Caritas.

« Maquis des prestations sociales »
Zhour, 46 ans, vit avec ses quatre enfants et ses parents dans un F1. Elle voudrait payer une carte de transport...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-10"> ¤ Selon l’évêque de la ville, les faits, dont il a eu connaissance cet été, remontent à « quelques années ». Il a expliqué avoir « fait un signalement au procureur de la République ».
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Le vicaire général de Saint-Etienne suspendu pour « relations inappropriées » avec une mineure

Selon l’évêque de la ville, les faits, dont il a eu connaissance cet été, remontent à « quelques années ». Il a expliqué avoir « fait un signalement au procureur de la République ».



LE MONDE
 |    13.09.2018 à 12h03
 • Mis à jour le
13.09.2018 à 14h49
   





                        



   


Le vicaire général de Saint-Etienne Eric Molina a été relevé de ses fonctions, a annoncé Sylvain Bataille, évêque de Saint-Etienne, jeudi 13 septembre dans un communiqué interne adressé à son diocèse, confirmant des informations du journal Le Parisien :
« Au début de l’été, j’ai appris que [Eric Molina] avait entretenu, il y a quelques années, des relations inappropriées et posé des gestes déplacés, relevant d’un abus d’autorité et de confiance, dans le cadre de l’exercice de son ministère. »
« Il apparaît évident qu’il ne peut plus actuellement assurer un ministère », poursuit l’évêque, précisant que le père Molina va « prendre cette année un temps de recul ». Il sera remplacé par le père Bruno Cornier.
Signalement au procureur de la République
Selon le prélat, « la victime, une jeune femme, allait avoir 17 ans au début de la relation », et en « reste profondément blessée et meurtrie ». Il déclare également avoir « fait un signalement au procureur de la République ». De son côté, le Père Eric Molina, bras droit de l’évêque, « a reconnu les faits rapportés », a précisé ce dernier.
Selon Le Parisien, la victime, « majeure aujourd’hui et très impliquée dans l’Eglise, n’a pas porté plainte ». 

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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-11"> ¤ Le gouvernement veut aussi généraliser les tarifs sociaux de cantines, à l’heure actuelle plus fréquents en ville qu’en milieu rural.
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Des petits déjeuners gratuits pour les enfants en zone d’éducation prioritaire

Le gouvernement veut aussi généraliser les tarifs sociaux de cantines, à l’heure actuelle plus fréquents en ville qu’en milieu rural.



LE MONDE
 |    13.09.2018 à 12h01
 • Mis à jour le
13.09.2018 à 12h46
    |

                            Mattea Battaglia








                        


La distribution gratuite de petits déjeuners dans les écoles des zones défavorisées, mesure plaidée il y a six mois par le député La République en marche (LRM) Olivier Véran auprès de la ministre des solidarités et de la santé, Agnès Buzyn, figure bien dans le plan pauvreté présenté par Emmanuel Macron, jeudi 13 septembre.
« Il ne s’agit pas de faire déjeuner tout le monde. Les enseignants, les parents d’élèves auront toute liberté pour offrir ce petit déjeuner une ou plusieurs fois par semaine, ou installer un espace dédié dans un coin de préau, à des horaires adaptés, pour répondre aux besoins », explique Olivier Noblecourt, délégué interministériel à la prévention et à la lutte contre la pauvreté des enfants et des jeunes. « Donner à manger aux enfants pour que le ventre vide ne soit pas un obstacle aux apprentissages, c’est la base, réagit Francette Popineau, du Syndicat national unitaire des instituteurs, professeurs des écoles et PEGC-Fédération syndicale unitaire (SNUipp-FSU), majoritaire au primaire. Cela doit être fait en respectant la dignité des enfants ; tous doivent en bénéficier. A l’adulte de le faire avec discernement. Mais il ne faut pas s’y tromper : c’est un geste, insiste la syndicaliste. Cela ne sera pas de nature à résoudre le problème de la pauvreté des enfants. »

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Fatigue et manque de concentration
Dans le plan pauvreté, une seconde mesure concerne la restauration scolaire : les tarifs sociaux de cantines, avec des prix modulés selon les revenus, courants en ville (70 % des écoles), moins en milieu rural (30 % seulement), devraient être généralisés, avec un plafond du barème le plus bas à 1 euro le repas. L’Etat s’engagerait à compenser le manque à gagner, pour les communes, de ces tarifs dégressifs.
De 200 000 à 300 000 enfants – sur les 3 millions d’enfants considérés comme pauvres – devraient bénéficier de ces deux mesures.
Combien, aujourd’hui, arrive à l’école le ventre vide ? Le gouvernement avance le chiffre de 15 % des enfants pauvres (7 % en moyenne). Une enquête du Centre de recherches pour l’étude et l’observation des conditions de vie (Crédoc), menée en 2015 auprès de 540 professeurs du CP au CM2, faisait état d’une moyenne de 3 élèves par classe repérés comme sautant la collation du matin, chiffre susceptible d’atteindre 5 enfants par classe en zone d’éducation prioritaire.

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Interrogés sur les conséquences de ce jeûne matinal, les professeurs des écoles évoquaient, pêle-mêle, la fatigue des écoliers, leur manque de concentration, leur agitation, mais aussi des maux de ventre, des malaises… Cette question de la sous-alimentation et de son impact sur la scolarité figurait déjà aussi en bonne place dans le rapport consacré, en 2015, à la grande pauvreté et à la réussite scolaire, remis par l’inspecteur général Jean-Paul Delahaye à Najat Vallaud-Belkacem, alors ministre de l’éducation. M. Delahaye y défendait le fait que la restauration scolaire devienne un « droit sans aucune condition ».
Etat d’esprit plutôt positif
Au fil des pages, l’ancien directeur général de l’enseignement scolaire rassemblait des témoignages et des cas exemplaires. Comme celui d’enseignants d’une élémentaire de Villeneuve-Saint-Georges (Val-de-Marne) où une vingtaine d’enfants en situation de sous-alimentation étaient invités à se resservir à la cantine, en fin de service. Ou celui de médecins scolaires rapportant des cas de maigreur alarmante dans l’académie de Reims. M. Delahaye y rappelait aussi la situation alarmante de la Guyane où une politique de « collation pour tous » (sandwich et fruit au milieu de la journée) a été développée au bénéfice de 12 000 enfants (presque un tiers des écoliers de l’académie) en 2014-2015.

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Dans les rangs des enseignants, à la veille de l’annonce du plan pauvreté, l’état d’esprit était plutôt positif. « Il est primordial de se soucier des besoins premiers des enfants – être nourri, être habillé, être soigné, défend Stéphane Crochet, du Syndicat des enseignants de l’Union nationale des syndicats autonomes (SE-UNSA). Une mesure de ce type contraint la communauté éducative à porter un regard plus complet, plus global sur l’enfant. Mais, pas plus d’ailleurs que les classes dédoublées en CP et en CE1, elle ne peut être l’alpha et l’oméga d’un plan pauvreté. » D’autant que, comme ne cessent de le rappeler les acteurs de terrain, la majorité des enfants et des jeunes pauvres ne sont pas scolarisés dans les réseaux d’éducation prioritaire – au total, moins d’un quart des élèves pauvres étudient dans un établissement labellisé, chiffre l’Observatoire des inégalités.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-12"> ¤ Les récentes hausses de prix dans le secteur du médicament aux Etats-Unis posent des questions morales, mais illustrent aussi la financiarisation de l’économie, déja responsable de la crise de 2008, explique Philippe Escande, éditorialiste économique au « Monde ».
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« Il faudra beaucoup de régulation pour remettre le génie de la cupidité dans sa bouteille »

Les récentes hausses de prix dans le secteur du médicament aux Etats-Unis posent des questions morales, mais illustrent aussi la financiarisation de l’économie, déja responsable de la crise de 2008, explique Philippe Escande, éditorialiste économique au « Monde ».



LE MONDE
 |    13.09.2018 à 11h56
 • Mis à jour le
13.09.2018 à 13h17
    |

            Philippe Escande (Le Monde économie)








                        



                                


                            

Dans le film Wall Street, d’Oliver Stone, sorti en 1987, le héros, Gordon Gekko, s’adresse aux actionnaires d’une papeterie qu’il cherche à racheter pour la démanteler. Il leur explique que « la cupidité est bonne, juste et qu’elle marche ». Et il ajoute : « Elle sauvera non seulement votre entreprise, mais cette autre société qui s’appelle l’Amérique. » On ne pouvait mieux symboliser l’essence du capitalisme financier américain de ces trente dernières années. Celui qui a fait la fortune d’une certaine Amérique et de ses grandes entreprises, mais aussi qui a plongé, il y a tout juste dix ans, le pays et toute la planète dans la plus grande crise de l’après-guerre. La cupidité est un ingrédient essentiel de l’économie de marché, mais on sait, depuis Moïse, que, plus que l’argent, elle est le poison lent de beaucoup d’aventures humaines.
L’histoire de Nirmal Mulye nous montre que cette mentalité est encore bien vivace. Ce patron de la petite société pharmaceutique américaine Nostrum a décidé d’augmenter, du jour au lendemain, le prix de son médicament vedette de 474 à 2 400 dollars le flacon, soit une hausse de 400 % pour un antibiotique commercialisé depuis plus de soixante ans. Il n’est pas le premier laboratoire à jouer ainsi avec les prix de ses sirops et pilules. Un cabinet d’analyses spécialisé a ainsi relevé six hausses de prix supérieures à 100 % entre le 30 août et le 7 septembre. Les politiques condamnent et les hausses se poursuivent, car la loi interdit d’en encadrer les prix, à la différence de ce qui se fait en Europe. Seul le marché, dans sa sagesse, doit le réguler.
Besoin de régulation
Mais celui-ci fait l’inverse en ce moment. Chaque nouveau médicament qui sort est plus onéreux et, du coup, tous les concurrents s’alignent. C’est ce qu’a fait le patron de Nostrum avec son sirop. « C’est un devoir moral de faire de l’argent quand on peut et de vendre son produit le plus cher possible », explique...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-13"> ¤ Aide aux « nécessiteux » de la IIIe République, protection sociale de l’après-guerre, création du RMI en 1988… A l’occasion de l’annonce du plan antipauvreté du gouvernement, le sociologue décrypte un siècle de politiques sociales.
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Serge Paugam : « L’intensité de la polémique sur les “mauvais pauvres” varie selon les époques »

Aide aux « nécessiteux » de la IIIe République, protection sociale de l’après-guerre, création du RMI en 1988… A l’occasion de l’annonce du plan antipauvreté du gouvernement, le sociologue décrypte un siècle de politiques sociales.



LE MONDE
 |    13.09.2018 à 11h55
 • Mis à jour le
13.09.2018 à 17h00
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            Anne Chemin








                        



                                


                            
Serge Paugam est sociologue, directeur de recherche au CNRS, directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales, et membre du Centre Maurice Halb­wachs. Il a consacré ses premiers travaux à l’étude des formes contemporaines de la pauvreté et des ruptures sociales. Aujourd’hui, il est engagé dans un programme de recherche international sur les solidarités qu’il aborde sous l’angle de la théorie de l’attachement social. Son dernier ouvrage est Ce que les riches pensent des pauvres (Seuil, 2017), en collaboration avec Bruno Cousin, Camila Giorgetti et Jules Naudet.
Le gouvernement d’Edouard Philippe a annoncé, le 13 septembre, un plan de lutte contre la pauvreté. Jusqu’à la fin du XIXe siècle, ce combat relève plus de la charité chrétienne que de l’action ­volontariste de l’Etat. Diriez-vous que la IIIe République est le premier régime ­politique français à mettre en place, au tournant du XXe siècle, une véritable politique sociale de lutte contre la misère ?
A la fin du XIXe siècle, les républicains cherchent en effet à inscrire la solidarité au cœur même de la République. A leurs yeux, le devoir de l’Etat est de venir en aide aux plus démunis mais la France, contrairement à l’Allemagne, n’a pas encore mis en place d’assurances sociales. Ils reprennent alors le principe déjà inscrit dans la Constitution de 1791, selon lequel l’assistance aux pauvres relève des « devoirs les plus sacrés de la nation ».
Pour éviter que la pauvreté ne relève uniquement des organismes charitables et des Eglises, les républicains invoquent donc le principe de la solidarité nationale : la loi de 1893 instaure la gratuité des soins pour les malades privés de ressources, celle de 1904 protège les enfants abandonnés, celle de 1905 organise l’assistance aux vieillards, aux infirmes et aux incurables sans ressources.
Ces lois sociales sont le fruit d’un compromis entre la...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-14"> ¤ Alors qu’Emmanuel Macron détaille son plan pour lutter contre la pauvreté, des Français témoignent.
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Etre pauvre, c’est « ne pas être libre », « dépendre des administrations »…

Alors qu’Emmanuel Macron détaille son plan pour lutter contre la pauvreté, des Français témoignent.



LE MONDE
 |    13.09.2018 à 11h26
 • Mis à jour le
13.09.2018 à 11h34
    |

            Aline Leclerc et 
Isabelle Rey-Lefebvre








                        


« Vous considérez-vous comme pauvre ? » A cette question que nous avions posée il y a quelques années durant toute une journée aux personnes qui poussaient la porte d’une permanence du Secours populaire, une seule avait admis l’être, et à demi-mot : « Je crois qu’on peut dire que je suis pauvre, je dois tout compter, faire attention à tout. » La plupart avaient plutôt le réflexe de rétorquer : « Non, y’a pire, je me débrouille. J’ai de la chance j’ai un toit sur la tête alors que tant de gens sont dans la rue. »
Etre pauvre, c’est se priver parfois d’un repas, mais aussi de soins. « J’ai dû appeler une vingtaine de dentistes avant qu’un seul accepte de traiter ma rage de dents », raconte un ancien SDF. C’est aussi imposer des sacrifices à ses enfants, leur refuser une inscription au club de foot, n’inviter jamais personne chez soi…

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Mais, surtout, « ne pas être libre !, confie Marie, 48 ans, rencontrée au Secours catholique. On dépend des administrations pour tout, il faut sans cesse remplir des dossiers. » En fin de droits, au chômage, elle touche l’allocation de solidarité spécifique : « Tous les six mois, on me réclame mon avis d’imposition, il faut faire des photocopies, se déplacer… Tout cela prend une énergie phénoménale. »
Ne pas pouvoir faire de projets
Etre pauvre, c’est ne pas disposer d’Internet et dépendre des autres pour avoir accès aux informations. C’est connaître l’incertitude du lendemain, ne jamais savoir sur quoi on peut compter – la prise en charge des frais d’hôtels par le Samu social par exemple peut s’interrompre à tout moment. Et, le plus difficile à vivre, avoir le sentiment d’être mis au ban de la société. « Quand vous êtes à la rue, les seules personnes qui vous parlent ce sont celles qui sont payées pour le faire », résume un ancien sans-abri.
La précarité, c’est aussi ne pas pouvoir faire de projets, devoir économiser des mois pour offrir un vélo à son fils ou pour se vêtir en vue d’un entretien d’embauche. Adrien Durousset, âgé de 26 ans, a décrit son parcours de foyers en familles d’accueil dans Placé, déplacé, le combat d’un enfant sacrifié (éditions Michalon). Il a vu s’ouvrir une porte de sortie grâce à un expert-comptable qui lui a proposé de préparer son BTS de comptabilité en apprentissage.
« Pour cet entretien, j’avais économisé pendant trois mois, en allant à la Banque alimentaire, pour m’acheter une veste et un pantalon, pas un vrai costume, et des chaussures », raconte-t-il. A la vue du bureau en chêne massif et des fauteuils en cuir dans le bureau de son interlocuteur, il a réalisé qu’ici la pauvreté n’avait pas sa place, « et j’ai eu envie de ça », dit-il. Le « patron » l’a prévenu d’emblée de laisser ses soucis à la porte de l’entreprise : « Ça m’a fait un bien fou d’être comme les autres et non plus renvoyé sans cesse à mon statut d’ancien enfant placé. »

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La petite enfance, priorité du nouveau plan pauvreté

Le plan annoncé jeudi par Emmanuel Macron fait de « l’égalité des chances dès les premiers pas » son engagement numéro un.



LE MONDE
 |    13.09.2018 à 11h01
   





                        


Ambitionnant de « rompre la reproduction de la pauvreté » – un enfant pauvre devient un adulte pauvre –, le nouveau plan pauvreté annoncé jeudi 13 septembre fait de l’accueil des tout petits dans les crèches ou par des assistantes maternelles une priorité. Alors qu’il s’agit d’un « levier efficace de réduction des inégalités », seuls 5 % d’enfants défavorisés sont accueillis en crèche contre 22 % des enfants favorisés.
En plus de la création de 30 000 places en crèches et 1 000 en relais d’assistantes maternelles signée en juillet par la ministre Agnès Buzyn dans la convention d’objectifs et de gestion de la branche famille de la Sécurité sociale, le plan veut renforcer la qualité de l’accueil par un plan de formation continue de 600 000 professionnels de la petite enfance avec un nouveau référentiel favorisant l’apprentissage de la langue française par les tout petits. Selon les chiffres du ministère, on estime en effet qu’à l’âge de 4 ans, l’écart de pratique familiale du langage est environ de 1 000 heures selon les origines sociales.

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Le plan ambitionne également de renforcer la transparence dans l’attribution des places, et instaurera un « bonus mixité sociale » dont on ignore encore les contours. Les familles pourront par ailleurs utiliser des modes de garde individuelle grâce à un tiers payant à la charge des caisses d’allocations familiales.
L’Etat s’engage à aider les communes qui ouvriraient des crèches dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville, pour que leur reste à charge soit inférieur à 10 %.
Enfin, pour favoriser le travail des parents, en particulier des mères célibataires, 300 crèches à « vocation d’insertion professionnelle » seront créées d’ici à 2020. En parallèle de la garde de leurs enfants, ces structures permettent aux parents de bénéficier d’un accompagnement spécifique par Pôle emploi. Enfin, 300 nouveaux centres sociaux devraient voir le jour dans les territoires prioritaires.

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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-16"> ¤ La peine la plus lourde a été demandée contre Esteban Morillo, qui a reconnu être l’auteur des coups mortels.
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Mort de Clément Méric : 7 et 12 ans de prison requis contre les deux principaux accusés skinheads

La peine la plus lourde a été demandée contre Esteban Morillo, qui a reconnu être l’auteur des coups mortels.



LE MONDE
 |    13.09.2018 à 11h01
 • Mis à jour le
13.09.2018 à 14h28
   





                        



   


Une bagarre « évitable » et d’une « sauvagerie parfaitement inadmissible ». L’accusation a requis, jeudi 13 septembre, des peines de sept et douze ans de prison à l’encontre de deux skinheads pour des coups mortels portés à l’antifasciste Clément Méric en 2013 à Paris.
La peine la plus lourde a été demandée contre Esteban Morillo, qui a reconnu être l’auteur des coups mortels. Sept ans ont été requis pour Samuel Dufour, porteur d’une « arme » – poing américain ou bagues –, et une peine de quatre ans dont deux avec sursis contre Alexandre Eyraud, arrivé plus tard mais dont la seule présence a favorisé « l’action collective ».
Le 5 juin 2013, à 18 h 43, Clément Méric, étudiant de 18 ans, s’écroule, mortellement blessé, lors d’une brève bagarre entre militants antifascistes et skinheads d’extrême droite, en marge d’une vente privée de vêtements.

        Notre compte-rendu :
         

          Au procès Méric, les zones d’ombre demeurent



Adhésion à une idéologie « de haine »
Durant le procès, Morillo a reconnu avoir porté deux coups – à poings nus – à Méric. Dufour affirme s’être battu, mais pas avec Méric. Eyraud, lui, assure n’avoir frappé personne. Ils nient avoir porté un poing américain et accusent les « antifas » d’avoir provoqué la bagarre.
Une ligne de défense qu’ont tenté d’enfoncer les parties civiles, reconvoquant une série de témoins qui ont distinctement vu un poing américain sur les principaux accusés, ou les SMS de Samuel Dufour où il se vante lui-même d’en avoir utilisé un.
Michel Tubiana, avocat de deux camarades de Méric, a fustigé des accusés qui n’ont pas de réels « regrets » mais cherchent à « gommer » leur adhésion à une idéologie « de haine de celui qui est différent : on n’aime pas le Noir, l’Arabe, le Tzigane, le PD ». Et après les coups mortels, a souligné Me Ouhioun, « il y a un groupe qui présente des lésions de défense, un autre qui va boire des bières au Local », le bar de la figure de l’ultradroite Serge Ayoub.

        Le portrait de Serge Ayoub :
         

          une figure de l’extrême droite radicale






                            


                        

                        


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L’anglais pourrait devenir obligatoire au collège

Un rapport pour améliorer l’apprentissage des langues a été remis à Jean-Michel Blanquer. Une mesure « symbolique » qui aurait fait ses preuves ailleurs en Europe.



LE MONDE
 |    13.09.2018 à 10h33
 • Mis à jour le
13.09.2018 à 16h20
    |

            Violaine Morin








                        


Anglais obligatoire au collège, disciplines enseignées en langue étrangère, épreuve d’anglais au concours de recrutement des professeurs des écoles… Les pistes pour renforcer l’apprentissage des langues ne manquent pas dans les propositions présentées mercredi 12 septembre par le journaliste franco-britannique Alex Taylor et l’inspectrice générale de l’éducation nationale Chantal Manes-Bonnisseau.
Le ministre de l’éducation, Jean-Michel Blanquer, a d’ores et déjà pris acte du fait qu’il était nécessaire de renforcer l’apprentissage des langues en France. Parmi les préconisations déjà retenues par le ministre, l’idée que l’étude doit commencer le plus tôt possible. Depuis 2016, l’enseignement d’une langue vivante est prévu dès le CP, mais le ministre souhaite instaurer dès cet âge et à tous les niveaux des cours de différentes matières en langues étrangères. Selon les recherches récentes en sciences cognitives, les enfants conservent jusqu’à 11 ou 12 ans la capacité d’apprendre une langue « de façon maternelle ». Passé la préadolescence, ils apprendront les langues étrangères à partir de l’architecture de leur propre langue.
0,7 % n’étudient pas l’anglais
Cet apprentissage renforcé devra s’accompagner d’une meilleure formation des professeurs des écoles et des enseignants de collège et lycée : une épreuve de langue au concours du premier degré devrait voir le jour, de même que la possibilité, pour les candidats au capes, de présenter l’une de leurs épreuves en langue étrangère. Des changements qui devraient apparaître dès 2019, puisqu’une réforme du recrutement des enseignants est à l’agenda.
Les performances des élèves sont faibles en comparaison avec les autres pays européens, avec 8 % des Français de 15 ans qui maîtrisent le niveau B2 en anglais, pour 57 % en Suède, selon des données d’European Social Survey et du rapport « Key Data on Teaching Languages » (2017). Mais les jeunes Français se sont améliorés, notamment depuis le plan de rénovation des langues vivantes, instauré en 2006, qui avait consisté en une refonte progressive des programmes et la mise en avant de la méthode dite « actionnelle » – où l’élève progresse par des activités à accomplir. En fin de lycée, les résultats au Cambridge English Language Assessment ont progressé de 4 points en expression orale.
Pour poursuivre dans cette voie, le rapport préconise de rendre obligatoire l’anglais au collège. En pratique, seulement 0,7 % des élèves n’étudient pas du tout l’anglais, en choisissant par exemple allemand en première langue et italien en deuxième. Une mesure « symbolique » concèdent les auteurs du rapport, mais qui aurait fait ses preuves ailleurs en Europe.
C’est aussi sur le plan pédagogique que la France doit progresser, en sortant du « traitement de la faute », selon Alex Taylor. Corriger un enfant qui prononce mal contribue à une inhibition qui entre en contradiction avec l’objectif du cours de langue. Le rapport préconise en outre d’organiser des séances de langue plus courtes mais mieux réparties sur la semaine : 20 minutes par jour dans le premier degré, et des séances de 45 minutes au collège et au lycée.

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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-19"> ¤ Estimant que le groupe de restauration n’a pas une politique de lutte contre le harcèlement sexuel suffisamment efficace, des employés vont cesser le travail dans dix villes des Etats-Unis.
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Une grève coordonnée dans les McDonald’s américains contre le harcèlement sexuel

Estimant que le groupe de restauration n’a pas une politique de lutte contre le harcèlement sexuel suffisamment efficace, des employés vont cesser le travail dans dix villes des Etats-Unis.



LE MONDE
 |    13.09.2018 à 09h31
   





                        



   


Le 18 septembre, à l’heure du déjeuner, les employés des McDonald’s de dix villes américaines vont cesser le travail, afin de pousser leurs directions à prendre des mesures plus énergiques contre le harcèlement sexuel au travail, selon Le Time Magazine.
Ce mouvement coordonné, le premier aux Etats-Unis ciblant particulièrement le harcèlement sexuel, a été voté par des comités d’employées de douzaines de restaurant à travers les Etats-Unis.
Dans un communiqué envoyé à l’agence de presse AP, McDonald’s a tenu à défendre sa politique de lutte contre le harcèlement sexuel. « Nous avons des procédures et des formations visant spécifiquement à prévenir le harcèlement sexuel dans notre entreprise et nos restaurants et nous croyons fermement que nos franchises partagent cet engagement », indique l’enseigne.
« Aucun changement »
Le groupe évoque également une nouvelle initiative impliquant des experts externes afin d’aider l’entreprise à faire évoluer ses politiques et ses procédures.
« Quelle que soit la politique de McDonald’s sur ce sujet, elle n’est pas efficace, regrette Mary Joyce Carlson, avocate d’employées poursuivant le groupe. Nous ne voyons aucun changement. »
En pointe du mouvement se trouve Tanya Harrell, 22 ans, de La Nouvelle Orléans, qui a porté plainte auprès de la Commission de l’égalité au travail. La jeune femme affirme avoir subi des moqueries de ses manageurs qui n’ont pas réagi quand elle leur a affirmé avoir été victime d’agressions sexuelles physiques et verbales de la part d’un collègue. « Les dirigeants de McDonald’s veulent que les gens pensent qu’ils portent attention à ce problème, estime-t-elle. Mais ce n’est pas le cas. Ils pourraient faire bien plus. »

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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-20"> ¤ Ces catégories socioprofessionnelles, qui représentent 21 % de la population active, sont surreprésentées parmi les acheteurs franciliens.
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A Paris, 64 % des acheteurs sont des cadres ou des dirigeants d’entreprise

Ces catégories socioprofessionnelles, qui représentent 21 % de la population active, sont surreprésentées parmi les acheteurs franciliens.



LE MONDE
 |    13.09.2018 à 06h15
    |

            Jérôme Porier








                        



   


En Ile-de-France, la flambée des prix de l’immobilier met à mal la mixité sociale dans le parc privé. En 2017, quatre logements sur dix ont été achetés par des cadres, des artisans, des commerçants ou des dirigeants d’entreprise. C’est ce que révèle une étude publiée le 6 septembre par les notaires franciliens.
Ces catégories socioprofessionnelles, qui représentent 21 % de la population active (source INSEE 2015), sont donc surreprésentées parmi les acheteurs franciliens. « La hausse générale des prix constatés depuis vingt ans a entraîné une augmentation massive de la part des acquéreurs appartenant à ces catégories socioprofessionnelles », constatent les notaires.

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La part des cadres parmi les acheteurs varie fortement d’une région à l’autre : elle oscille entre 20 % et 30 % en Seine-et-Marne, dans le Val-d’Oise et dans l’Essonne, entre 30 % et 40 % en Seine-Saint-Denis, dans le Val-de-Marne et les Yvelines, pour atteindre 55 % dans les Hauts-de-Seine et 64 % à Paris.
Dans Paris intra-muros, ce taux va de 58 % dans le 12e arrondissement à 75 % dans le 8e arrondissement. La proportion d’acheteurs cadres est aussi très élevée dans certaines communes situées à l’Ouest parisien, dans les Hauts-de-Seine (jusqu’à 70 % à Saint-Cloud, Ville-d’Avray et Sceaux) et dans les Yvelines.

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L’étude des notaires franciliens montre qu’il existe un lien étroit entre le prix de vente des logements anciens et la proportion d’acquéreurs, cadres et dirigeants, dans les communes ayant enregistré le plus de ventes en 2017. Mais quelques communes se distinguent par un taux d’acquéreurs cadres élevé et des prix encore relativement abordables : il s’agit de Bourg-la-Reine et Clichy (Hauts-de-Seine), Saint-Ouen (Val-d’Oise), Juvisy-sur-Orge (Essonne) et Fontainebleau (Seine-et-Marne).



                            


                        

                        

