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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-1"> ¤ Notre correspondante à Bruxelles, Cécile Ducourtieux, a répondu à vos questions sur le vote-sanction européen contre la Hongrie de Viktor Orban.
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Le vote contre la Hongrie « risque de renforcer les convictions d’Orban et des anti-UE »

Notre correspondante à Bruxelles, Cécile Ducourtieux, a répondu à vos questions sur le vote-sanction européen contre la Hongrie de Viktor Orban.



LE MONDE
 |    13.09.2018 à 18h42
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13.09.2018 à 18h46
   





                        



   


Correspondante du Monde à Bruxelles, Cécile Ducourtieux a répondu aux questions des internautes sur le vote, mercredi 12 septembre, des députés européens en faveur du lancement d’une procédure contre la Hongrie pour violation de l’Etat de droit.

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Florent : Quelles peuvent être les conséquences concrètes de la procédure pour la Hongrie ?
L’article 7 des traités de l’Union européenne (UE) est une procédure particulièrement complexe. Et politique. Après le vote du Parlement européen hier, qui initie la procédure, c’est désormais au Conseil européen (les Etats membres) de s’en saisir. Pour décider s’ils la poursuivent, au motif, qu’eux aussi s’inquiètent d’un « risque clair de violation grave de l’Etat de droit » en Hongrie, ou pas. Pour poursuivre la procédure et donc entrer dans un dialogue avec Budapest, les pays doivent se prononcer à une majorité des 4/5es du Conseil européen.
Mais pas grand monde ne croit, à Bruxelles, que les capitales vont franchir le pas. Elles craignent qu’en mettant Budapest sur le banc de touche, le gouvernement Orban se mette à bloquer toutes les discussions au Conseil : Brexit, budget de l’Union européenne… Donc les conséquences du vote de mercredi pour la Hongrie sont surtout symboliques : les eurodéputés, donc les représentants du peuple européen, à une large majorité, estiment que le premier ministre Orban dévie trop des principes de l’Etat de droit.
Didtou : Maintenant il faut un vote des 4/5es des pays membres au conseil européen. Ce qui représente 23 pays sur 28. Qui sera contre hormis la Hongrie ?
La Pologne devrait être contre également, puisqu’elle est sous le coup de la même procédure « article 7 ». C’est son chef de la diplomatie, Jacek Czaputowicz, qui l’a déclaré aujourd’hui. Il a dit qu’il serait à la fois contre la discussion sur les problèmes d’Etat de droit en Hongrie au Conseil et contre d’éventuelles sanctions – menée à son terme, la procédure « article 7 » peut conduire à une suspension des droits de vote du pays incriminé.
Impossible de dire, au-delà de la Pologne, qui, au Conseil, va prendre le parti de M. Orban. Mais les gouvernements sont très frileux pour dénoncer les agissements des uns et des autres quand ils se réunissent à Bruxelles. Ils craignent toujours ce qu’on appelle le « précédent » : qu’à montrer trop du doigt le voisin, un jour celui-ci lui rende la pareille. Or, d’autres gouvernements sont sur la sellette en ce moment, la Roumanie par exemple. Les Espagnols, aussi : ils sont tétanisés à l’idée qu’on leur reproche un jour au conseil leur gestion de la crise catalane.
Sacha : Sanctionner la Hongrie ne risquerait-il pas de renforcer les convictions d’Orban et des anti-UE ?
C’est évidemment un risque. M. Orban a livré un discours très brutal, sans concessions, mardi 11 septembre au Parlement de Strasbourg. On pensait qu’il tenterait de convaincre les élus, notamment les conservateurs, du même parti paneuropéen qu’eux, qu’il allait amender sa politique antimigrants, sa législation « Stop Soros » qui met des bâtons dans les roues des ONG d’aide aux réfugiés, mais il n’en a rien été.
Il a au contraire insisté sur la « volonté du peuple hongrois » qui primait sur les règles de l’Union. Il a discrédité le rapport de la députée néerlandaise Judith Sargentini (« un tissu de mensonges »), et s’est focalisé sur la question migratoire, alors que la Hongrie est aussi dans le viseur de l’Union pour la liberté de la presse, la réforme de sa Constitution, etc. Va-t-il accepter de revenir sur sa politique après le vote d’hier ? C’est peu vraisemblable. « Je ne vais pas envisager de compromis, [ces lois Stop Soros] étaient une décision des Hongrois », a-t-il déclaré lors de la conférence de presse, mardi à Strasbourg.
Fallait-il pour autant ne pas voter cet article 7 ? Une large majorité d’eurodéputés, dont plus de la moitié des effectifs du groupe PPE, ont estimé que non. Et de fait : jusqu’à présent, la tolérance des institutions européennes à l’égard de Viktor Orban ne l’a pas empêché de devenir, depuis son retour au pouvoir en 2010, un chantre de l’illibéralisme.

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Samtana : Quelles sont les avancées du déclenchement de l’article 7 contre la Pologne aujourd’hui ?
L’article 7 a été « recommandé » par la Commission européenne en décembre 2017. Mais la première audition de la Pologne sur le fond n’a été programmée par la présidence bulgare du Conseil européen que fin juin 2018… La réunion n’a débouché sur aucune conclusion, hormis le fait qu’il était nécessaire de reparler du cas polonais dans le cadre d’un conseil des ministres des affaires européennes, cet automne. Par ailleurs, le gouvernement ultraconservateur du PiS en place à Varsovie a annoncé au printemps, le premier vice-président de la Commission, qu’il n’avait pas l’intention de reculer sur les grands principes de la réforme de la justice, dans le collimateur de la Commission.
Louis : y a t-il un risque que la Hongrie déclenche une sortie de l’UE, et que représente exactement la sanction ?
L’article 7 peut certes déboucher sur une suspension des droits de vote au Conseil de la Hongrie (ou de la Pologne). Mais c’est hautement improbable puisque cette décision, qui équivaut à une exclusion de fait de l’Union, doit être décidée à l’unanimité des pays membres (moins le pays visé). Par ailleurs, on n’est pas du tout dans le cas britannique. La Hongrie dépend beaucoup des fonds structurels européens – ils pèsent annuellement 4,4 % de son produit intérieur brut et la moitié de ses investissements publics. M. Orban le répète souvent : il ne veut pas quitter l’Union, il veut la changer.
Anonyme : Est-ce que cette décision ne risque pas de cliver l’Europe entre les pays du groupe de Visegrad et l’Italie et les pays « progressistes » à moins d’un an des élections européennes ?
Ce risque existe. Même si quand on analyse les votes d’hier au Parlement européen, on s’aperçoit que le clivage est-ouest était peu opérant. Les Polonais du PPE ont par exemple massivement voté pour le déclenchement de l’article 7. Ceux qui ont voté contre ou se sont abstenus sont plutôt à rechercher du côté des élus espagnols, italiens ou français du parti des droites européennes.

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Titi Magyar : En quoi ce vote (et éventuellement celui du Conseil européen) pourrait venir impacter le prochain budget et, de fait, les fonds attribués à la Hongrie ?
Difficile à dire. Ce qui est sûr, c’est que des gouvernements comme le français ou l’allemand militent depuis des mois pour que dans le cadre du prochain budget européen pluriannuel, les fonds alloués aux pays soient conditionnés au respect de l’Etat de droit. La commission Juncker a même fait une proposition dans ce sens. Mais ni cette proposition ni le budget pluriannuel (2021-2027) n’ont commencé à être négociés à Bruxelles. En tout cas, pour Paris et Berlin qui savent bien que l’article 7 est une procédure très compliquée à mener à son terme, faire planer la menace d’une suspension future des fonds, est considéré comme le meilleur moyen de tenter de « contenir » les dérives de M. Orban. Ou du PiS en Pologne.
Gaspard : Le PPE vient clairement de sanctionner Orban, qui fait pourtant partie de ses rangs. Est-il possible que le parti choisisse de l’expulser après ce vote ?
Bonne question, celle que tous les élus du Parlement de Strasbourg se posent depuis hier, à commencer par ceux du PPE. Ils sont partagés : certains de leurs dirigeants – Joseph Daul, son président, Manfred Weber, le président du groupe PPE à Strasbourg – sont excédés par l’attitude de Viktor Orban, qui refuse désormais de reculer sur ses législations contraires aux valeurs de l’Union. Il est devenu un « boulet », vraiment trop populiste, trop en contradiction avec l’ADN du parti : pro-européen et chrétien-démocrate.
Le problème, c’est que la procédure d’exclusion prévue dans le règlement du PPE est fastidieuse (il faut qu’au moins sept partis issus de cinq pays différents la demandent). Certains espèrent que M. Orban va finir par partir de lui-même. Il y a aussi ceux qui refusent de tomber dans un piège que leur auraient tendu les socialistes européens. Mais Si M. Orban est désormais considéré comme une partie du PPE comme un « mouton noir », il a quand même en grande partie gagné la bataille des idées. Tout le monde, à droite, même au centre de l’échiquier européen, estime, comme lui, qu’il faut fermer les frontières de l’UE.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-2"> ¤ Lors de la séance consacrée au déclenchement d’une procédure liée au respect de l’Etat de droit en Hongrie, les élus PPE français se sont dispersés entre abstention, vote contre et pour le premier ministre hongrois.
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Au Parlement européen, le non-choix des élus LR face à la Hongrie d’Orban

Lors de la séance consacrée au déclenchement d’une procédure liée au respect de l’Etat de droit en Hongrie, les élus PPE français se sont dispersés entre abstention, vote contre et pour le premier ministre hongrois.



LE MONDE
 |    13.09.2018 à 17h08
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13.09.2018 à 17h16
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            Olivier Faye et 
Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)








                        



   


« I would prefer not to. » Tel Bartleby, le héros d’Herman Melville, les eurodéputés Les Républicains (LR) auraient sans doute préféré ne pas avoir à se prononcer sur la résolution adoptée à Strasbourg, mercredi 12 septembre, qui dénonce les « risques de violation grave de l’Etat de droit » dans la Hongrie du premier ministre ultraconservateur Viktor Orban. Cette résolution ouvre la voie à une possible privation des droits de vote de Budapest au sein du Conseil européen.
Signe du malaise : les seize élus que compte encore LR à Strasbourg – membres, comme M. Orban, du PPE (Parti populaire européen) – ont exprimé des votes divisés. Cinq députés se sont prononcés en faveur de la résolution, trois s’y sont opposés, pendant que six autres s’abstenaient (deux élus n’ont pas pris part au vote). « Il n’y avait pas de position du parti, comme le PPE », explique-t-on dans l’entourage de Laurent Wauquiez, président de LR.

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Ce dernier partage la ligne anti-immigration du dirigeant hongrois. Il assume de parler avec lui, au point d’afficher sur Twitter la photo de leur première rencontre, qui a eu lieu dans le cadre d’une réunion du PPE, le 28 juin. « Ostraciser Orban, c’est le rejeter vers l’extrême droite », répète souvent le député européen Brice Hortefeux, son conseiller spécial. Mais la donne a changé à la suite des propos intransigeants tenus mardi par le premier ministre hongrois devant le Parlement européen, puis dans le cadre d’une réunion avec les députés PPE. Le président de ce groupe, l’Allemand Manfred Weber, a lui même voté en faveur de la délibération.
« Valeurs européennes »
« Quand on a appris que Sebastian Kurz [chancelier autrichien conservateur, allié à l’extrême droite dans son pays] demandait à sa délégation de voter pour la délibération, ça a détendu tout le monde », rapporte Jérôme Lavrilleux, un ex-LR qui siège toujours au sein de la délégation de son ancien parti. « J’étais déterminé à voter contre ce rapport, déposé par une Verte et soutenu par toute l’extrême gauche. Mais j’attendais un geste d’ouverture de la part d’Orban, qui n’est pas arrivé », rapporte M. Hortefeux, qui s’est finalement abstenu. Comme Arnaud Danjean : ce dernier a dénoncé lors de la réunion du PPE, mardi, une manipulation de la gauche destinée à diviser les siens.
« J’ai voté en conscience, il fallait marquer le coup par rapport à la Hongrie, à l’importance des valeurs européennes », estime au contraire Alain Cadec, qui s’est prononcé en faveur du texte. Quitte à faire le jeu d’Emmanuel Macron, qui cherche à diviser la droite pour mieux introduire un duel entre « progressistes » et « nationalistes » ? « Voter contre, c’était entrer dans le jeu de Marine Le Pen et compagnie », relève le député.

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« M. Orban est le seul dirigeant européen qui rassemble sur son nom près de 50 % des suffrages dans son pays. Qui sommes-nous pour remettre en cause le choix des Hongrois ? », interroge de son côté Franck Proust, chef de file de la délégation LR au Parlement européen, dénonçant le « rapport à charge » adopté mercredi. Ce dernier a voté contre, tout comme Nadine Morano. « Je serai toujours du côté des dirigeants européens qui défendent la souveraineté de leur nation et protègent nos frontières », a écrit cette dernière sur Twitter, postant une photo d’elle au côté de M. Orban.
Dans l’entourage de Laurent Wauquiez, on ne manque pas, en tout cas, de noter que les troupes de LR ont été moins nombreuses à voter en faveur de la résolution que l’addition des abstentionnistes et des votes « contre ». C’est toujours ça de pris.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-3"> ¤ Le premier ministre Pedro Sanchez avait fait de l’exhumation de la dépouille du dictateur l’une de ses priorités. Les députés ont approuvé son décret.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-3"> ¤                     
                                                

En Espagne, l’exhumation de Franco aura bien lieu

Le premier ministre Pedro Sanchez avait fait de l’exhumation de la dépouille du dictateur l’une de ses priorités. Les députés ont approuvé son décret.



LE MONDE
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Pedro Sanchez l’avait promis en arrivant au pouvoir, au début de juin. Les députés espagnols ont approuvé, jeudi 13 septembre, le décret du gouvernement socialiste autorisant l’exhumation des restes du dictateur Francisco Franco de son mausolée, près de Madrid. La chambre a approuvé le texte par 172 voix pour, 2 contre et 164 abstentions.
« Justice. Mémoire. Dignité. Aujourd’hui, l’Espagne fait un pas historique (…) Aujourd’hui, notre démocratie est meilleure », a aussitôt réagi Pedro Sanchez sur Twitter.
Francisco Franco, vainqueur d’une sanglante guerre civile (1936-1939) et qui dirigea l’Espagne d’une main de fer jusqu’à sa mort, en 1975, est enterré à la Valle de los Caidos dans une tombe à son nom, toujours fleurie. Le mausolée a été construit sous son régime, en partie par des prisonniers de guerre républicains, et se voulait un lieu de « réconciliation » entre les deux camps de la guerre civile.
« Une anomalie extraordinaire »
Les corps de quelque 27 000 combattants franquistes et de 10 000 opposants républicains reposent aussi à cet endroit, dans une crypte. Devant la chambre, la vice-présidente du gouvernement, Carmen Calvo, a appelé à en finir avec « une anomalie extraordinaire qui consiste à avoir un dictateur dans un mausolée d’Etat et dans un lieu où il puisse être exalté ». « Il n’y aura ni respect, ni honneur, ni concorde tant que les restes de Franco seront au même endroit que ceux de ses victimes », a-t-elle soutenu. Le gouvernement a dit son intention de mener à bien l’exhumation d’ici à la fin de l’année.
La Fondation Franco et les descendants du dictateur, farouchement opposés à l’exhumation, ont prévenu qu’ils utiliseraient « tous les recours légaux » pour s’y opposer, avant de concéder, fin août, qu’ils prendraient en charge sa dépouille si l’exhumation avait lieu.
La mémoire de la guerre civile et de la dictature de Franco continue de diviser en Espagne : la gauche prétend rendre justice aux victimes de la guerre et de la répression, dont des milliers sont encore enterrés dans des fosses communes à travers le pays ; les conservateurs du Parti populaire, qui se sont abstenus lors du vote, comme les libéraux de Ciudadanos, accusent la gauche de rouvrir les blessures d’un passé douloureux.
Le précédent chef de gouvernement socialiste, José Luis Rodriguez Zapatero (2004-2011), avait lui aussi essayé de résoudre le problème de la Valle de los Caídos. Une commission d’experts avait conclu, en 2011, qu’il valait mieux ne pas toucher au monument, « construit dans la souffrance », ni essayer « de le remplacer par un autre qui symboliserait l’Etat de droit ». Elle conseillait plutôt d’expliquer en détail les circonstances de sa construction, par des milliers de prisonniers républicains pendant dix-huit ans (1941-1959), dans une Espagne profondément traumatisée par la guerre civile.




                            


                        

                        


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            Marianne Boyer et 
                                Maxime Mainguet








                        



   





                            


                        

                        


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            Marianne Boyer et 
                                Maxime Mainguet








                        



   





                            


                        

                        


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            Marianne Boyer et 
                                Maxime Mainguet








                        



   





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-9"> ¤ Le recours à l’article 7 permet de suspendre les droits de vote d’un Etat membre en cas de violation des droits de l’homme. Mais il doit se faire avec précaution, tant il pourrait avoir des effets inverses à ceux attendus, explique le juriste Nicolas Delmas dans une tribune au « Monde ».
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Article 7 du traité de l’Union européenne : « Voici le tour de la Hongrie ! »

Le recours à l’article 7 permet de suspendre les droits de vote d’un Etat membre en cas de violation des droits de l’homme. Mais il doit se faire avec précaution, tant il pourrait avoir des effets inverses à ceux attendus, explique le juriste Nicolas Delmas dans une tribune au « Monde ».



LE MONDE
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 • Mis à jour le
13.09.2018 à 15h15
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Nicolas Delmas (Juriste spécialisé en affaires européennes)







                        



                                


                            

Tribune. Et de deux ! Après la procédure initiée contre la Pologne par la Commission européenne en décembre 2017, voici le tour de la Hongrie. En effet, le Parlement européen a approuvé à plus de deux tiers – la majorité requise – le rapport de l’eurodéputée néerlandaise Judith Sargentini pour engager une procédure contre ce pays.
Qui eût cru que le mécanisme de respect des droits de l’homme par les Etats membres prévu à l’article 7 connaîtrait un tel sort ? Longtemps décrit comme une « arme nucléaire », c’est-à-dire servant davantage à faire peur qu’à être réellement utilisé, le voilà désormais brandi avec la régularité d’un métronome.

Pour rappel, cet article permet in fine de suspendre les droits de vote d’un Etat membre en cas de violation des droits de l’homme. En effet, si l’Union européenne, à l’origine économique, s’est longtemps désintéressée de la question des droits de l’homme, elle attache aujourd’hui beaucoup d’importance à cette problématique. Leur respect ainsi que le caractère démocratique d’un Etat sont d’ailleurs des conditions pour rejoindre l’Union européenne.
Décision bienvenue
Cette décision apparaît, certes, bienvenue, tant la Hongrie méprisait les règles et cumulait les violations à l’Etat de droit. Jusque-là, la Commission européenne et le Parlement européen avaient louvoyé, attitude éminemment partiale, alors que la première s’était résolue à engager une procédure contre la Pologne.
Comment expliquer ce décalage ? Rien de plus simple. Le Fidesz, le parti de Viktor Orban appartient au Parti populaire européen (PPE), pas le PiS. Or, le PPE et ses alliés sont majoritaires au Parlement européen et à la Commission européenne. La perspective d’élections européennes difficiles pour le PPE n’incitait pas forcément à un renversement. Néanmoins, ces derniers apparaissaient de plus en plus dans une position intenable, à vouloir ménager un parti se tournant de plus en plus...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-10"> ¤ A l’instar de la ville suisse, nombre de collectivités se tournent vers le vélo pour favoriser une nouvelle mobilité.
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A Bâle, un réseau cyclable exemplaire

A l’instar de la ville suisse, nombre de collectivités se tournent vers le vélo pour favoriser une nouvelle mobilité.



LE MONDE
 |    13.09.2018 à 12h07
    |

                            Olivier Razemon (Bâle, envoyé spécial)








                        



                                


                            

Bâle, 7 heures du matin en été. De part et d’autre des rames de tramway vertes, sur le pont Mittlere Brücke, qui franchit le Rhin, de nombreux cyclistes pédalent dans la fraîcheur matinale. L’axe, fermé à la circulation automobile, est l’un des plus fréquentés de la ville suisse. A 300 mètres en amont, franchir le pont Wettsteinbrücke demande davantage d’efforts : la voie présente une nette montée, entre la rive droite et la vieille ville située sur la rive gauche. Mais qu’importe, sur ce pont comme sur tous les grands axes, les cyclistes sont tout aussi présents.
Le soir, au bord du Rhin, où se concentre la vie nocturne, les jeunes noctambules ont garé leurs bicyclettes par dizaines, au point que les arceaux de stationnement ne suffisent plus. Le vélo séduit les Bâlois : 17 % des habitants l’utilisent tous les jours, selon les comptages publiés en octobre 2017. C’est davantage que toutes les autres villes de Suisse. L’usage du vélo a même progressé de 25 % entre 2010 et 2017 dans le canton de Bâle-Ville, qui compte trois communes et 200 000 habitants.
La commune suisse n’est pourtant pas une de ces villes du nord de l’Europe dont on dit, pour y expliquer l’engouement pour la bicyclette, qu’elles sont parfaitement plates. La cité historique a été bâtie sur une colline, et l’agglomération s’étend sur les premiers contreforts du Jura. Le succès du guidon s’explique par une histoire ancienne, et une ténacité politique sans faille. Et, si les Bâlois pédalent beaucoup, c’est d’abord en raison de mesures visant à décourager l’usage de la voiture.
Stationnement automobile est fortement réglementé
« Le réseau de tramway, qui comporte aujourd’hui 13 lignes, existe depuis cent vingt ans. Il n’a pas été démantelé dans les années 1960, comme cela avait été le cas à Genève ou dans les villes de France. En outre, les rues sont étroites, ce qui fait de l’espace public une denrée rare et chère », rappelle Alain Groff, directeur des transports...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-11"> ¤ Artiste de variétés et député de la Douma, Iossif Kobzon est mort le 30 août à l’âge de 80 ans. Il a été enterré en grande pompe le 3 septembre.
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Iossif Kobzon, le « Sinatra russe », mi-crooneur mi-gangster


                      Artiste de variétés et député de la Douma, Iossif Kobzon est mort le 30 août à l’âge de 80 ans. Il a été enterré en grande pompe le 3 septembre.



LE MONDE
 |    13.09.2018 à 11h34
    |

            Benoît Vitkine








   


Durant des décennies, sa voix grave de crooneur a dominé la scène musicale de l’Union soviétique puis celle de la Russie. Iossif Kobzon, mort jeudi 30 août à l’âge de 80 ans, appartenait à cette catégorie mystérieuse des chanteurs adulés dans leur pays et inconnus une fois la frontière passée. Pour les Russes, il était bien plus qu’un indétrônable chanteur de variétés, une figure à la fois tutélaire et familière, celle qui accompagnait les samedis soir dans les gargotes miteuses comme les célébrations de Nouvel An à la télévision. Sa moumoute légèrement comique de Playmobil et son sourire figé au Botox ces dernières années n’y avaient rien changé. Compagnon immuable des foyers, il fut choyé par tous les gouvernements, jusqu’à son enterrement en grande pompe, lundi 3 septembre.

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Consacré Artiste du peuple de l’URSS
Iossif Kobzon était l’homme de tous les records, à commencer par celui de la longévité. Né dans une famille juive de Donetsk, en Ukraine, ses premières apparitions sur scène, enfant, remontent à des concerts donnés en hommage à Joseph Staline. Plus de 60 albums et 1 500 titres suivront, de la bluette sirupeuse au chant patriotique exaltant les valeurs guerrières. Son stakhanovisme, son timbre grave de baryton mais aussi son look très travaillé de crooneur lui avaient valu le surnom de « Frank Sinatra russe ». Consacré Artiste du peuple de l’URSS, sa plus haute distinction, Kobzon avait accompli le fait d’armes inégalé d’enchaîner douze concerts en une seule journée ; à une autre occasion, il était resté treize heures d’affilée sur scène.
Mais il existe une autre face du personnage, plus sombre et plus complexe, sur laquelle les médias russes, dans leurs hommages dithyrambiques, ont préféré ne pas s’étendre. Là aussi, il faut convoquer le souvenir de Frank Sinatra, connu pour avoir été l’ami et l’obligé de plusieurs chefs de la Mafia italo-américaine. Le nom de Iossif Kobzon, lui, s’inscrit dans la chronique criminelle des années 1990 et des guerres brutales que se livrèrent les mafias russes sur les ruines de l’Union soviétique. Le chanteur fut particulièrement proche de l’une de ces bandes, Solntsevskaïa, groupe formé dans le quartier de Solntsevo, l’une des nombreuses cités-dortoirs de Moscou. Spécialisé à l’origine dans le racket, les enlèvements et les assassinats, le gang devint rapidement l’un des plus puissants de Russie, capable d’acheter banques, policiers et politiciens.
Lié à la mafia russe
Kobzon, lui, parlait de simples « amitiés » et ironisait sur les rumeurs faisant de lui le boss de « la moitié de Moscou », mais son nom est apparu dans les enquêtes criminelles de plusieurs pays européens. Les polices italiennes et espagnoles, notamment, le considèrent comme un membre éminent, voire un dirigeant, de la « confrérie » de Solntsevskaïa. Les Etats-Unis, où le groupe avait étendu ses activités, interdirent le chanteur d’entrer sur leur territoire dès 1995. Volonté de se racheter, ou plus probablement d’obtenir des faveurs, Iossif Kobzon avait créé un fonds de soutien aux familles de policiers tués, en association avec son ami Otari Kvantrichvili, un mafieux géorgien abattu par un sniper en 1994, à la sortie d’un sauna de Moscou. Selon d’autres rumeurs, l’organisation caritative avait surtout pour fonction de blanchir de l’argent. Avec le même Kvantrichvili, le crooneur tenta aussi de lancer un parti politique, bizarrement nommé Parti des sportifs.

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Il lui faudra finalement attendre jusqu’à 1997 pour entrer au Parlement. Il y est alors élu comme député indépendant mais rejoint rapidement les rangs de Russie unie, la machine électorale formée par Vladimir Poutine. Au fil de sa carrière de député, Kobzon sera un soutien inconditionnel du président russe, qu’il propose en 2013 pour le prix Nobel de la paix. Le chanteur joua lui-même un rôle d’intermédiaire lors de la prise d’otages de plus de 800 personnes au Théâtre de la Doubrovka, à Moscou, par un commando tchétchène en 2002. Le « Sinatra russe » était également sous le coup de sanctions européennes (interdiction d’entrée dans l’UE et gel des avoirs) pour le soutien qu’il affichait résolument aux séparatistes prorusses du Donbass, sa région natale, en guerre depuis 2014 contre le pouvoir central ukrainien.
Nommé consul honoraire de l’autoproclamée « République populaire de Donetsk », où une statue à son effigie a été érigée, Iossif Kobzon s’était illustré en chantant fin 2014 un duo avec son dirigeant, Alexandre Zakhartchenko… tué dans un attentat vendredi 31 août, le lendemain du décès de l’illustre chanteur. Malgré les sanctions, Iossif Kobzon avait pu bénéficier d’un laissez-passer exceptionnel pour venir soigner en Italie le cancer de la prostate dont il souffrait depuis plusieurs années et qui a fini par l’emporter.



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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-12"> ¤ Les militants de Pussy Riot affirment que Piotr Verzilov, qui avait participé à l’incursion sur la pelouse du stade pendant la finale de la Coupe du monde en Russie, a perdu la vue et l’usage de la parole.
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Piotr Verzilov, membre des Pussy Riot, aurait été « empoisonné », selon d’autres membres du groupe

Les militants de Pussy Riot affirment que Piotr Verzilov, qui avait participé à l’incursion sur la pelouse du stade pendant la finale de la Coupe du monde en Russie, a perdu la vue et l’usage de la parole.



LE MONDE
 |    13.09.2018 à 11h32
 • Mis à jour le
13.09.2018 à 16h27
   





                        



   


Un membre des Pussy Riot, qui avait participé à l’incursion sur le terrain lors de la finale de la Coupe du monde de football, est hospitalisé depuis mardi en soins intensifs à Moscou, selon le journal en ligne russe Meduza.
Interrogée par le site, Veronika Nikoulchina, une autre membre des Pussy Riot, explique que Piotr Verzilov « s’est senti de plus en plus mal » en deux heures, perdant « d’abord la vue, ensuite, la capacité de parler, enfin la capacité de marcher ». Il a été, selon elle, hospitalisé dans une unité de toxicologie, en raison d’un soupçon d’empoisonnement.
« Notre ami, frère, camarade Petr Verzilov est en réanimation, a communiqué le groupe Pussy Riot sur Twitter. Sa vie est en danger. Nous pensons qu’il a été empoisonné. »

Our friend, brother, comrade Petr Verzilov is in reanimation. His life is in danger. We think that he was poisoned.… https://t.co/ehJj6MIqn5— pussyrrriot (@𝖕𝖚𝖘𝖘𝖞 𝖗𝖎𝖔𝖙)


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Piotr Verzilov et trois autres membres des Pussy Riot s’étaient introduits sur la pelouse du stade de football de Moscou, le 15 juillet 2018, habillés d’uniformes de police, pour protester contre la brutalité policière, après des accusations de torture dans les prisons et pendant les interrogatoires.

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-13"> ¤ Les élus ont demandé, mercredi, de lancer une procédure contre la Hongrie pour violation de l’Etat de droit.
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Le Parlement européen sanctionne Viktor Orban

Les élus ont demandé, mercredi, de lancer une procédure contre la Hongrie pour violation de l’Etat de droit.



LE MONDE
 |    13.09.2018 à 11h03
    |

            Cécile Ducourtieux (envoyée spéciale à Strasbourg)








                        



                                


                            

Le suspense était d’une rare intensité ce mercredi 12 septembre dans l’hémicycle strasbourgeois. « Je vais parler très lentement, ce vote est délicat », avait prévenu Antonio Tajani, le président du Parlement européen, qui présidait la séance de vote sur le déclenchement d’une procédure liée au respect de l’Etat de droit en Hongrie.
Hautement symbolique, le rapport sans concession de l’élue verte néerlandaise Judith Sargentini sur la politique du premier ministre Viktor Orban a finalement été adopté, quelques minutes plus tard, à une large majorité : 448 voix pour, 197 contre et seulement 48 abstentions.

L’article 7 du traité de l’Union, procédure aussi exceptionnelle que stigmatisante, actionnée une seule fois jusqu’alors dans l’histoire de l’UE (par la Commission contre la Pologne fin 2017), devrait donc pouvoir être activé à l’encontre du gouvernement de M. Orban, toujours membre du Parti populaire européen (PPE), le rassemblement des forces conservatrices de l’Union, mais devenu la coqueluche des droites extrêmes pour sa politique antimigrants.
Par ce vote, hautement symbolique, le Parlement de Strasbourg dénonce des « risques clairs de violation grave de l’Etat de droit en Hongrie » et invite les Etats membres, au Conseil, à se saisir de la question. Si l’article 7 est mené à son terme, le pays incriminé restant absolument non coopératif, il peut aller jusqu’à une suspension des droits de vote de la Hongrie, soit une quasi-exclusion du jeu européen.
Efficacité non prouvée
Un scénario très hypothétique : la procédure est complexe et son efficacité n’a encore jamais été prouvée. Ainsi, le gouvernement du PiS à Varsovie refuse toujours d’amender substantiellement ses réformes de la justice jugées hautement problématiques par la Commission. En alerte, le gouvernement hongrois s’est en tout cas empressé, mercredi, de contester le mode de calcul des voix à Strasbourg, jugé « frauduleux » par Zoltan...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-14"> ¤ Le Bundestag a auditionné Hans-Georg Maassen pour avoir douté de l’existence d’agressions de migrants à Chemnitz.
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En Allemagne, les propos du chef du renseignement sur les « chasses à l’homme » décriés

Le Bundestag a auditionné Hans-Georg Maassen pour avoir douté de l’existence d’agressions de migrants à Chemnitz.



LE MONDE
 |    13.09.2018 à 10h50
 • Mis à jour le
13.09.2018 à 14h45
    |

            Thomas Wieder (Berlin, correspondant)








                        



                                


                            

Le patron du renseignement intérieur allemand devrait sauver son poste. Sévèrement critiqué pour avoir publiquement douté de l’existence de « chasses à l’homme » racistes à Chemnitz (Saxe), soupçonné de complaisance à l’égard du parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD), Hans-Georg Maassen, le président de l’Office fédéral de protection de la Constitution (BfV) a trouvé un soutien de poids, mercredi 12 septembre, en la personne du ministre de l’intérieur, le conservateur bavarois Horst Seehofer (CSU).
Alors que les deux hommes étaient auditionnés à huis clos par la commission des affaires intérieures du Bundestag, en fin de journée, M. Seehofer a assuré M. Maassen de sa confiance, affirmant qu’il ne voyait « pas de raison » qu’il démissionne.
Tout était parti d’un entretien accordé par M. Maassen au tabloïd conservateur Bild, vendredi 7 septembre. Le chef du renseignement y expliquait que ses services « ne dispos[aient] pas d’éléments suffisamment solides pour affirmer que des chasses à l’homme [avaient] bien eu lieu » à Chemnitz, après qu’un Allemand de 35 ans, Daniel Hillig, eut été poignardé en pleine rue dans la nuit du 25 au 26 août – un crime dont sont soupçonnés deux demandeurs d’asile.

Selon le président du BfV, il n’y avait « aucune preuve » de l’authenticité d’une vidéo amateur largement diffusée sur les réseaux sociaux quelques heures après la mort de Daniel Hillig, et montrant des hommes visiblement d’origine étrangère se faire agresser dans le centre-ville de Chemnitz. « Il y a même de bonnes raisons de penser qu’il s’agit d’une fausse information à des fins délibérées, afin de détourner l’attention du public du meurtre commis à Chemnitz », ajoutait M. Maassen.
Ces propos ont provoqué un tollé. En quelques phrases, le chef des services de renseignement ne se contentait pas de mettre en doute une information relayée par les principaux...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-15"> ¤ Editorial. Lors du vote mercredi d’une procédure contre la Hongrie pour atteintes à l’Etat de droit, le revirement du Parti populaire européen a été décisif.
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Le premier ministre hongrois Viktor Orban lâché par ses alliés européens

Editorial. Lors du vote mercredi d’une procédure contre la Hongrie pour atteintes à l’Etat de droit, le revirement du Parti populaire européen a été décisif.



LE MONDE
 |    13.09.2018 à 10h45
 • Mis à jour le
13.09.2018 à 11h35
   





                        



   


Editorial du « Monde ». Mieux vaut tard que jamais. En votant, mercredi 12 septembre, par 448 voix contre 197, en faveur du déclenchement d’une procédure contre la Hongrie pour atteintes à l’Etat de droit, le Parlement européen a enfin envoyé un signe fort de son engagement pour la défense des valeurs démocratiques fondatrices de l’Union européenne (UE). Dans la bataille qui divise l’Europe depuis la montée du populisme, ce vote constitue un moment historique : celui où le camp des valeurs fondatrices reprend l’offensive.

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C’est, sans doute, un moment politique plus que juridique. En dépit de son surnom d’« option nucléaire », la procédure de l’article 7 du traité sur l’UE, déjà engagée contre la Pologne pour la même raison, le 20 décembre 2017, est longue et incertaine. Nul ne sait à quoi exactement elle aboutira ni en combien de temps. Mais le débat qui a eu lieu, le 11 septembre, au Parlement européen, la veille du vote, en présence du premier ministre hongrois, Viktor Orban, qui avait fait le déplacement, a permis de clarifier les lignes de fracture. M. Orban s’est montré clair dans ses convictions nationalistes, déterminé dans sa volonté de résister à ce qu’il a qualifié de « chantage » de la part de Bruxelles. Parmi les nombreux députés qui se sont exprimés, en dehors de ceux de son propre parti, les seuls soutiens du gouvernement hongrois sont venus de l’extrême droite.
Danger d’éclatement du PPE
La clé de ce vote se trouve évidemment dans le revirement des dirigeants du Parti populaire européen (PPE), la formation regroupant la plupart des partis de droite et de centre droit au Parlement, et dont est membre le parti de M. Orban, le Fidesz. Trop longtemps, depuis le retour au pouvoir de Viktor Orban, en 2010, le PPE a refusé d’affronter la réalité de l’évolution antidémocratique de sa politique, soucieux de préserver son rôle de premier parti au Parlement européen. La Pologne, dont le parti au pouvoir, Droit et justice (PiS), n’est pas membre du PPE, en a même pris ombrage, faisant valoir, en privé, que si Bruxelles se montrait plus sévère à son égard qu’à l’égard de la Hongrie, c’était parce que le PiS ne bénéficiait pas de la protection du PPE.

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Pourquoi le vent a-t-il tourné ? Les motivations du PPE sont probablement moins nobles qu’il n’y paraît. D’abord, Manfred Weber, le chef du PPE, membre de la CSU bavaroise, a déclaré sa candidature au poste de président de la Commission européenne pour succéder à Jean-Claude Juncker, qui se retire en 2019 ; M. Weber peut difficilement partir au combat le boulet Orban accroché au pied.
Ensuite, les grandes manœuvres de recomposition politique en vue des élections européennes de mai 2019 ont commencé. Sous l’impulsion d’Emmanuel Macron, les représentants de La République en marche parcourent l’Europe à la recherche d’alliés pour fonder un nouveau mouvement susceptible d’affronter la mouvance nationaliste à l’échelle européenne. Le danger d’éclatement du PPE entre partis de la droite conservatrice et partis du centre droit est réel, ces derniers menaçant de rejoindre un éventuel bloc progressiste, si le Fidesz n’était pas amené à résipiscence. Il fallait donc agir.
Ce n’est que le début et, pour l’heure, le Fidesz reste membre du PPE. Mais il y a eu un vote et le courant chrétien-démocrate, qui a joué un rôle si important dans la création de l’UE, a été placé devant ses responsabilités. Que le résultat du vote ait été si clair est une très bonne nouvelle pour l’avenir de la démocratie européenne.

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-16"> ¤ Les opposants au premier ministre hongrois se sentent confortés par le vote des eurodéputés en faveur de l’article 7, permettant de sanctionner Budapest.
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Viktor Orban essuie une défaite en Europe de l’Est

Les opposants au premier ministre hongrois se sentent confortés par le vote des eurodéputés en faveur de l’article 7, permettant de sanctionner Budapest.



LE MONDE
 |    13.09.2018 à 10h42
 • Mis à jour le
13.09.2018 à 11h51
    |

                            Jakub Iwaniuk (Varsovie, correspondance) et 
Blaise Gauquelin (Vienne, correspondant)








                        



                                


                            

Juges évincés, journalistes bridés, artistes engagés, militants exilés : la liste des Hongrois se réjouissant du vote historique à Strasbourg épouse celle des atteintes aux valeurs de l’Union, désormais actée par le Parlement européen. Même s’il survient tardivement, selon certains, le vote en faveur du lancement de l’article 7, pouvant à terme permettre de sanctionner le pays, est vécu comme un soulagement par tous ceux qui dénonçaient le recul de l’Etat de droit depuis le retour au pouvoir de Viktor Orban en 2010, ainsi que l’absence de réaction à Bruxelles, malgré plusieurs condamnations de la Hongrie par la Cour européenne des droits de l’homme.
Ils se sentiront à présent légitimés dans leur combat. La décision des eurodéputés, qui survient après un premier rappel à l’ordre en 2013, va leur redonner un peu de force et l’espoir d’un changement, alors que la désillusion guettait. D’autant plus que le chantre de la « démocratie illibérale » a été désavoué par l’allemand Manfred Weber, le président du Parti populaire européen (PPE) au Parlement. Il était pourtant venu soutenir M. Orban en mars à Budapest, pendant la campagne pour sa réélection. Il avait alors gardé le silence face aux propos complotistes tenus à la tribune par son allié.

Même chose pour le chancelier conservateur autrichien Sebastian Kurz. Ce jeune dirigeant comptait parmi les fidèles soutiens des nationalistes hongrois. Mais il entend mener une campagne pro-européenne à l’approche du scrutin et devait absolument recentrer son image et ne pas être associé aux mouvements d’extrême droite.
« Erreur de calcul »
« C’est sans doute une surprise pour Viktor Orban, qui semble avoir fait une erreur de calcul, en ayant dépassé les limites du supportable pour ses alliés germanophones », estime le politologue hongrois Bulcsu Hunyadi. Signe d’un sentiment de trahison, largement partagé dans les rangs de la majorité à Budapest, le quotidien...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-17"> ¤ L’événement, organisé en réaction aux violences sexuelles dans les festivals musicaux, le 31 août et 1er septembre, à Göteborg, était réservé aux femmes, transgenres et personnes « non-binaires ».
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Statement, premier festival sans hommes en Suède


                      L’événement, organisé en réaction aux violences sexuelles dans les festivals musicaux, le 31 août et 1er septembre, à Göteborg, était réservé aux femmes, transgenres et personnes « non-binaires ».



LE MONDE
 |    13.09.2018 à 09h15
    |

            Anne-Françoise Hivert (envoyée spéciale à Göteborg)








   


Une bière à la main, Karin, 24 ans, standardiste, ne regrette pas d’être venue au premier festival sans hommes, qui avait lieu sur les docks de Göteborg, les 31 août et 1er septembre. « Je voulais faire partie de ce mouvement de solidarité féminine, dit-elle, balayant la polémique. On ne dit pas que les hommes valent moins que nous, on aimerait juste qu’ils arrêtent de penser qu’on vaut moins qu’eux ! »
L’idée du festival, baptisé Statement, comme une déclaration, est née il y a un an. A l’été 2017, quelques mois avant la déferlante #metoo, les violences sexuelles dans les festivals musicaux apparaissent sur le devant de la scène. Le fléau est tel que les organisateurs du festival Bravalla, à Norrköping, décident de jeter l’éponge, après quatre plaintes pour viols et vingt-trois pour agressions sexuelles.
Les « hommes cis » sont priés d’aller voir ailleurs. Une règle qui s’applique à tous, des artistes à la sécurité, en passant par les techniciens et même les journalistes.
L’humoriste Emma Knyckare tweete alors, à moitié sérieuse, depuis son canapé : « Que pensez-vous de monter un superfestival où seuls les non-hommes seront les bienvenus, qu’on organisera jusqu’à ce que TOUS les hommes aient appris comment se comporter ? » Sur les réseaux sociaux, l’engouement est énorme. Une campagne de crowdfunding est lancée à l’automne pour « confirmer l’intérêt ». Elle rassemble 500 000 couronnes (plus de 47 000 euros) en un mois.
Le principe du festival est simple : seules les femmes, les transgenres ou personnes « non binaires » sont les bienvenus. Les « hommes cis » – ceux dont l’identité masculine correspond au genre assigné à la naissance – sont priés d’aller voir ailleurs. Une règle qui s’applique à tous, des artistes à la sécurité, en passant par les techniciens et même les journalistes. Seule exception : les musiciens accompagnant les chanteuses – mais, « quand ils ne sont pas sur scène, ils doivent rester dans leur loge », précise Ebba Lindqvist, chargée de la communication.

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Le concept soulève des critiques. Après avoir reçu plusieurs plaintes de particuliers, le médiateur contre les discriminations a ouvert une enquête. S’il reconnaît que les violences sexuelles dans les festivals constituent un « problème sérieux », son bureau s’interroge sur la légalité d’une exclusion des festivaliers « uniquement fondée sur leur sexe ».
« On ne dit pas que tous les hommes sont des violeurs, mais quasiment tous les violeurs sont des hommes. » Emma Knyckare, humoriste
« On ne dit pas que tous les hommes sont des violeurs, mais quasiment tous les violeurs sont des hommes, ce qui justifie la création d’un espace sécurisé, en tout cas jusqu’à ce que les choses changent », réagit Emma Knyckare, précisant que Statement n’est « pas une solution, mais une réaction ». L’idée n’est pas de « créer des clivages entre les gens », assure la chanteuse Loreen ; autrement, elle ne serait pas venue. « Mais, parfois, estime la gagnante de l’Eurovision 2012, il faut dire les choses un peu brutalement, que ça fasse un peu mal afin que la situation commence à bouger. »
En attendant, « on peut boire, danser, s’amuser, sans penser à ce qui pourrait nous arriver », lance Karin. Entre les deux scènes, aménagées sur les anciens docks de Göteborg, les 5 000 festivalières ont le choix : se faire tatouer, tester le métier d’électricienne, s’épuiser sur un château gonflable ou se poser sur une estrade couverte de moquette rose, sous une guirlande lumineuse. Emelia, 37 ans, jubile, en attendant de voir les Anglaises de Girlschool, un groupe de heavy metal entièrement féminin : « Je vais pouvoir aller devant la scène sans me prendre des coups ou des mains aux fesses. Je ne dis pas que tous les hommes sont agressifs, mais je n’avais pas imaginé à quel point l’ambiance pourrait être différente. »

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Pour Charlie, pasteur transgenre de 32 ans, une petite barbe de quelques jours, c’est un soulagement : « Je peux être moi-même. Je n’ai pas à avoir peur qu’on découvre que je ne suis pas un homme cis, ce qui cause souvent des tensions. » Il y a un an, il s’est fait tabasser à la sortie d’un bar. Avant de sortir, Beatriz, 37 ans, a appelé ses parents : « Je suis célibataire, j’habite une grande ville, ils ont tendance à s’inquiéter quand ils savent que je vais à un concert ou à un festival. » Ce soir-là, elle leur a dit qu’ils pouvaient dormir tranquille.



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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-18"> ¤ Nicolas Offenstadt a longtemps sillonné les ruines de l’ex-République démocratique allemande, Etat effacé en 1990. Il en livre l’histoire ordinaire dans « Le Pays disparu ».
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Histoire d’un livre. Rechercher la RDA à hauteur de trottoir

Nicolas Offenstadt a longtemps sillonné les ruines de l’ex-République démocratique allemande, Etat effacé en 1990. Il en livre l’histoire ordinaire dans « Le Pays disparu ».



LE MONDE
 |    13.09.2018 à 07h45
 • Mis à jour le
13.09.2018 à 10h00
    |

                            Florent Georgesco








                        



                                


                            
Le Pays disparu. Sur les traces de la RDA, de Nicolas Offenstadt, Stock, « Les essais », 424 p., 22,50 €.

Il y a tant d’Atlantide. Les civilisations, les nations, les villes sont mortelles ; elles finissent toutes, un jour, par être englouties. Mais cela prend plus ou moins de temps. La République démocratique allemande (RDA), née en 1949 dans la zone d’occupation soviétique d’une ­ Allemagne divisée en deux, a eu besoin de moins d’un an pour disparaître, entre la chute du mur de Berlin (9 novembre 1989) et la réunification avec la République fédérale (3 octobre 1990), qui a marqué son effacement définitif.
Brusque passage de la présence à la trace
Ou plutôt, écrit Nicolas Offenstadt dans Le Pays disparu, sa transformation en « un pays à l’horizontale », qui « se retrouve sur les tables des vide-greniers, par terre dans les hangars ou dans les usines abandonnées ». L’historien, qui a enseigné deux ans à l’université de Francfort-sur-l’Oder, dans l’ex-RDA, arpente ce territoire depuis longtemps, bien qu’il ne l’ait jamais visité avant la réunification. Son livre explore les vestiges laissés par ce brusque passage de la présence à la trace, d’une réalité politique singulière – celle d’un communisme autoritaire, fondé, à la fois, sur des acquis sociaux et une surveillance constante du peuple – au désir de l’abandonner à l’oubli ou, parfois, plus étrangement, à des formes de nostalgie.
Celles-ci ont pris un nom dans l’Allemagne réunifiée : « ostalgie », nostalgie de l’Est (der Osten), laquelle, au tournant du siècle, est même devenue une mode. La jeunesse branchée a commencé à rouler dans les vieilles voitures brinquebalantes de la RDA, à donner des « Ostalgie Partys » où l’on dansait dans des uniformes est-allemands. « Il y a beaucoup de condescendance dans ce terme », explique Nicolas ­Offenstadt au « Monde des livres » – une...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-19"> ¤ A 85 ans, l’auteur du « Visiteur » est pris pour cible par les journaux favorables à Viktor Orban. Après l’avoir été par le régime communiste, l’occupant nazi et le régime fasciste ayant précédé.
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György Konrad, victime d’une campagne de presse en Hongrie

A 85 ans, l’auteur du « Visiteur » est pris pour cible par les journaux favorables à Viktor Orban. Après l’avoir été par le régime communiste, l’occupant nazi et le régime fasciste ayant précédé.



LE MONDE
 |    13.09.2018 à 07h15
 • Mis à jour le
13.09.2018 à 09h29
    |

            Blaise Gauquelin (Budapest, envoyé spécial)








                        



                                


                            

« Ceux que Viktor Orban ne peut pas acheter se transforment en ennemis », nous disait, en mai 2017, le romancier et essayiste György Konrad. Paroles prémonitoires : après avoir accusé publiquement le premier ministre nationaliste d’entretenir un climat antisémite en Hongrie, l’ex-dissident, né en 1933 au sein d’une famille juive, fait à présent l’objet d’une campagne de diffamation estomaquante.
Dans les médias proches de l’exécutif, tribunes et articles se succèdent, afin de liquider l’héritage intellectuel de l’une des plumes budapestoises les plus renommées en Europe. Grande figure, l’auteur du Visiteur (Seuil, 1974) ou du Rendez-vous des spectres (Gallimard, 1990) occupe à ses dépens une position de choix, située sur la ligne de front d’un Kulturkampf inégal, désiré par le chef du gouvernement, qui souhaite instaurer une « nouvelle ère culturelle conservatrice ». A lui, donc, les premières balles.
L’écrivain en a vu d’autres
« Personnage pitoyable et ridicule », « écrivain moyen, au talent inversement proportionnel à son rôle social et politique », l’ancien président de PEN International (entre 1990 et 1993) aurait par exemple un « monde d’écriture étroit et superficiel », selon un texte paru le 4 août dans le quotidien Magyar Idök.
Il serait « anti-hongrois » et abolirait « les limites de la trahison », ce qui autoriserait un contributeur à s’interroger dans les colonnes d’un autre journal, Magyar Hirlap : « Le monde sera-t-il plus beau et plus humain une fois que György Konrad ne sera plus en vie ? A cette question embar­rassante, un chrétien ne peut ­apporter qu’une réponse embarrassante : oui. » Rappelons que György Konrad a connu la répression du régime de l’amiral Miklos Horthy, l’occupation nazie, puis fut emprisonné du temps de l’Union soviétique.

Autrement dit, il en a vu d’autres. Et en sirotant son cognac,...




                        

                        


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Sur Internet, Bruxelles exige la suppression des contenus terroristes dans l’heure

Les entreprises qui dépasseraient systématiquement ce délai s’exposeraient à une très forte amende. Une pierre de plus dans le jardin des géants du Net.



LE MONDE
 |    13.09.2018 à 06h28
 • Mis à jour le
13.09.2018 à 09h24
    |

            Martin Untersinger








                        


L’initiative a fait moins de bruit que l’adoption, le même jour, du projet de directive sur le droit d’auteur. Pourtant, c’est aussi une pierre lancée par l’Europe dans le jardin des géants du Net. La Commission européenne a présenté, mercredi 12 septembre, un projet de règlement obligeant les hébergeurs de contenus en ligne à supprimer dans l’heure tout contenu terroriste qui leur serait signalé par un Etat membre. En cas de non-respect répété de cette règle, les contrevenants s’exposent à une amende gigantesque de 4 % de leur chiffre d’affaires annuel mondial.
Cette sanction, qui se veut dissuasive, constitue le dernier étage d’un dispositif élaboré par la Commission pour réduire encore un peu plus l’emprise numérique de la propagande terroriste.
En premier lieu, le texte crée une procédure formelle pour que les Etats signalent aux hébergeurs la présence d’un contenu terroriste. Une fois ce signalement motivé effectué, l’hébergeur ne disposera que d’une heure pour le supprimer. A la suite de ce premier signalement, il devra prouver dans les trois mois à l’Etat à l’origine de la procédure sa bonne volonté pour empêcher la réapparition du contenu supprimé et pour lutter contre des messages similaires. Au terme de cet échange, si l’Etat membre n’est pas convaincu par les garanties apportées par l’hébergeur, il pourra l’obliger à mettre en place certaines mesures techniques, de filtrage automatisé notamment. Enfin, si ce processus n’aboutit pas, l’Etat membre pourra prononcer des sanctions adaptées à la taille de l’entreprise.
Un texte qui vise large
Plus globalement, la proposition de la Commission entérine un devoir de vigilance des plates-formes vis-à-vis du contenu terroriste. Une notion déjà présente dans le droit européen, mais que Bruxelles veut plus opérationnelle.
Son texte vise large : tous les services Internet permettant la publication de texte, de son ou de vidéo sont concernés. Ce spectre englobe donc les grands réseaux sociaux (où la propagande terroriste recule), mais surtout des sites de stockage d’images ou de textes plus confidentiels, un objectif majeur pour la Commission. Et peu importe s’ils n’ont pas de siège dans l’Union européenne : il suffira que le service soit conçu pour les utilisateurs européens ou utilisé par un grand nombre d’entre eux pour tomber dans l’escarcelle du dispositif. Les hébergeurs installés hors d’Europe devront désigner un représentant capable de répondre à toute heure aux sollicitations des Etats.
« Censure privée »
Les critiques fusent déjà. Pour l’ONG de défense des libertés numériques La Quadrature du Net, la proposition de règlement « banalise la censure policière et privée ainsi que le contournement de la justice ». Le commissaire européen à la sécurité, Julian King, rejette cette notion : « Ce n’est pas de la censure. Il ne s’agit pas de prendre des décisions subjectives. Nous ne parlons pas d’une zone grise. Le contenu terroriste […] est illégal en ligne, tout comme il l’est hors ligne, et doit être retiré. »
La Commission européenne met sous pression depuis plusieurs mois les plates-formes numériques pour qu’elles suppriment plus rapidement les contenus terroristes. Bruxelles avait prévenu : faute de résultats, il faudrait passer par la case législative. Les géants de la Silicon Valley ont longtemps espéré échapper à ce couperet. Pour tenter de convaincre l’exécutif européen, ils ont multiplié ces derniers mois les preuves de leurs efforts, trompetant, par exemple, les progrès de leur intelligence artificielle. Cela n’a pas suffi : la Commission estime avoir envoyé un message clair, qui n’a pas été suffisamment entendu.



                            


                        

                        

