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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-1"> ¤ Notre correspondante à Bruxelles, Cécile Ducourtieux, a répondu à vos questions sur le vote-sanction européen contre la Hongrie de Viktor Orban.
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Le vote contre la Hongrie « risque de renforcer les convictions d’Orban et des anti-UE »

Notre correspondante à Bruxelles, Cécile Ducourtieux, a répondu à vos questions sur le vote-sanction européen contre la Hongrie de Viktor Orban.



LE MONDE
 |    13.09.2018 à 18h42
 • Mis à jour le
13.09.2018 à 18h46
   





                        



   


Correspondante du Monde à Bruxelles, Cécile Ducourtieux a répondu aux questions des internautes sur le vote, mercredi 12 septembre, des députés européens en faveur du lancement d’une procédure contre la Hongrie pour violation de l’Etat de droit.

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Florent : Quelles peuvent être les conséquences concrètes de la procédure pour la Hongrie ?
L’article 7 des traités de l’Union européenne (UE) est une procédure particulièrement complexe. Et politique. Après le vote du Parlement européen hier, qui initie la procédure, c’est désormais au Conseil européen (les Etats membres) de s’en saisir. Pour décider s’ils la poursuivent, au motif, qu’eux aussi s’inquiètent d’un « risque clair de violation grave de l’Etat de droit » en Hongrie, ou pas. Pour poursuivre la procédure et donc entrer dans un dialogue avec Budapest, les pays doivent se prononcer à une majorité des 4/5es du Conseil européen.
Mais pas grand monde ne croit, à Bruxelles, que les capitales vont franchir le pas. Elles craignent qu’en mettant Budapest sur le banc de touche, le gouvernement Orban se mette à bloquer toutes les discussions au Conseil : Brexit, budget de l’Union européenne… Donc les conséquences du vote de mercredi pour la Hongrie sont surtout symboliques : les eurodéputés, donc les représentants du peuple européen, à une large majorité, estiment que le premier ministre Orban dévie trop des principes de l’Etat de droit.
Didtou : Maintenant il faut un vote des 4/5es des pays membres au conseil européen. Ce qui représente 23 pays sur 28. Qui sera contre hormis la Hongrie ?
La Pologne devrait être contre également, puisqu’elle est sous le coup de la même procédure « article 7 ». C’est son chef de la diplomatie, Jacek Czaputowicz, qui l’a déclaré aujourd’hui. Il a dit qu’il serait à la fois contre la discussion sur les problèmes d’Etat de droit en Hongrie au Conseil et contre d’éventuelles sanctions – menée à son terme, la procédure « article 7 » peut conduire à une suspension des droits de vote du pays incriminé.
Impossible de dire, au-delà de la Pologne, qui, au Conseil, va prendre le parti de M. Orban. Mais les gouvernements sont très frileux pour dénoncer les agissements des uns et des autres quand ils se réunissent à Bruxelles. Ils craignent toujours ce qu’on appelle le « précédent » : qu’à montrer trop du doigt le voisin, un jour celui-ci lui rende la pareille. Or, d’autres gouvernements sont sur la sellette en ce moment, la Roumanie par exemple. Les Espagnols, aussi : ils sont tétanisés à l’idée qu’on leur reproche un jour au conseil leur gestion de la crise catalane.
Sacha : Sanctionner la Hongrie ne risquerait-il pas de renforcer les convictions d’Orban et des anti-UE ?
C’est évidemment un risque. M. Orban a livré un discours très brutal, sans concessions, mardi 11 septembre au Parlement de Strasbourg. On pensait qu’il tenterait de convaincre les élus, notamment les conservateurs, du même parti paneuropéen qu’eux, qu’il allait amender sa politique antimigrants, sa législation « Stop Soros » qui met des bâtons dans les roues des ONG d’aide aux réfugiés, mais il n’en a rien été.
Il a au contraire insisté sur la « volonté du peuple hongrois » qui primait sur les règles de l’Union. Il a discrédité le rapport de la députée néerlandaise Judith Sargentini (« un tissu de mensonges »), et s’est focalisé sur la question migratoire, alors que la Hongrie est aussi dans le viseur de l’Union pour la liberté de la presse, la réforme de sa Constitution, etc. Va-t-il accepter de revenir sur sa politique après le vote d’hier ? C’est peu vraisemblable. « Je ne vais pas envisager de compromis, [ces lois Stop Soros] étaient une décision des Hongrois », a-t-il déclaré lors de la conférence de presse, mardi à Strasbourg.
Fallait-il pour autant ne pas voter cet article 7 ? Une large majorité d’eurodéputés, dont plus de la moitié des effectifs du groupe PPE, ont estimé que non. Et de fait : jusqu’à présent, la tolérance des institutions européennes à l’égard de Viktor Orban ne l’a pas empêché de devenir, depuis son retour au pouvoir en 2010, un chantre de l’illibéralisme.

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Samtana : Quelles sont les avancées du déclenchement de l’article 7 contre la Pologne aujourd’hui ?
L’article 7 a été « recommandé » par la Commission européenne en décembre 2017. Mais la première audition de la Pologne sur le fond n’a été programmée par la présidence bulgare du Conseil européen que fin juin 2018… La réunion n’a débouché sur aucune conclusion, hormis le fait qu’il était nécessaire de reparler du cas polonais dans le cadre d’un conseil des ministres des affaires européennes, cet automne. Par ailleurs, le gouvernement ultraconservateur du PiS en place à Varsovie a annoncé au printemps, le premier vice-président de la Commission, qu’il n’avait pas l’intention de reculer sur les grands principes de la réforme de la justice, dans le collimateur de la Commission.
Louis : y a t-il un risque que la Hongrie déclenche une sortie de l’UE, et que représente exactement la sanction ?
L’article 7 peut certes déboucher sur une suspension des droits de vote au Conseil de la Hongrie (ou de la Pologne). Mais c’est hautement improbable puisque cette décision, qui équivaut à une exclusion de fait de l’Union, doit être décidée à l’unanimité des pays membres (moins le pays visé). Par ailleurs, on n’est pas du tout dans le cas britannique. La Hongrie dépend beaucoup des fonds structurels européens – ils pèsent annuellement 4,4 % de son produit intérieur brut et la moitié de ses investissements publics. M. Orban le répète souvent : il ne veut pas quitter l’Union, il veut la changer.
Anonyme : Est-ce que cette décision ne risque pas de cliver l’Europe entre les pays du groupe de Visegrad et l’Italie et les pays « progressistes » à moins d’un an des élections européennes ?
Ce risque existe. Même si quand on analyse les votes d’hier au Parlement européen, on s’aperçoit que le clivage est-ouest était peu opérant. Les Polonais du PPE ont par exemple massivement voté pour le déclenchement de l’article 7. Ceux qui ont voté contre ou se sont abstenus sont plutôt à rechercher du côté des élus espagnols, italiens ou français du parti des droites européennes.

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Titi Magyar : En quoi ce vote (et éventuellement celui du Conseil européen) pourrait venir impacter le prochain budget et, de fait, les fonds attribués à la Hongrie ?
Difficile à dire. Ce qui est sûr, c’est que des gouvernements comme le français ou l’allemand militent depuis des mois pour que dans le cadre du prochain budget européen pluriannuel, les fonds alloués aux pays soient conditionnés au respect de l’Etat de droit. La commission Juncker a même fait une proposition dans ce sens. Mais ni cette proposition ni le budget pluriannuel (2021-2027) n’ont commencé à être négociés à Bruxelles. En tout cas, pour Paris et Berlin qui savent bien que l’article 7 est une procédure très compliquée à mener à son terme, faire planer la menace d’une suspension future des fonds, est considéré comme le meilleur moyen de tenter de « contenir » les dérives de M. Orban. Ou du PiS en Pologne.
Gaspard : Le PPE vient clairement de sanctionner Orban, qui fait pourtant partie de ses rangs. Est-il possible que le parti choisisse de l’expulser après ce vote ?
Bonne question, celle que tous les élus du Parlement de Strasbourg se posent depuis hier, à commencer par ceux du PPE. Ils sont partagés : certains de leurs dirigeants – Joseph Daul, son président, Manfred Weber, le président du groupe PPE à Strasbourg – sont excédés par l’attitude de Viktor Orban, qui refuse désormais de reculer sur ses législations contraires aux valeurs de l’Union. Il est devenu un « boulet », vraiment trop populiste, trop en contradiction avec l’ADN du parti : pro-européen et chrétien-démocrate.
Le problème, c’est que la procédure d’exclusion prévue dans le règlement du PPE est fastidieuse (il faut qu’au moins sept partis issus de cinq pays différents la demandent). Certains espèrent que M. Orban va finir par partir de lui-même. Il y a aussi ceux qui refusent de tomber dans un piège que leur auraient tendu les socialistes européens. Mais Si M. Orban est désormais considéré comme une partie du PPE comme un « mouton noir », il a quand même en grande partie gagné la bataille des idées. Tout le monde, à droite, même au centre de l’échiquier européen, estime, comme lui, qu’il faut fermer les frontières de l’UE.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-2"> ¤ Après que des écoles ont été prises pour cibles par des hommes armés, des enseignants ont fui et craignent de regagner leur poste.
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Décryptage

Dans l’est du Burkina, les attaques menacent la rentrée des classes

Après que des écoles ont été prises pour cibles par des hommes armés, des enseignants ont fui et craignent de regagner leur poste.

Par                                            Sophie Douce (Ouagadougou, correspondance)




LE MONDE
              datetime="2018-09-13T18:30:31+02:00"

        Le 13.09.2018 à 18h30






    
Dans une école à Ouagadougou, au Burkina Faso, en avril 2008.
Crédits : LEON NEAL / AFP


Au Burkina Faso, la rentrée des classes du 1er octobre s’annonce sous haute tension dans la région de l’Est, où selon une note confidentielle d’un responsable de la police, des personnes visent « à implanter des bases aux fins d’attaques terroristes dans les environs ». Après l’attaque de trois écoles dans la province du Komondjari, l’inquiétude ne cesse de grandir parmi les enseignants. Samedi 8 septembre, un groupe d’individus non identifiés est pris à plusieurs infrastructures scolaires dans les villages de Tankoualou et Bargadé, sans faire de victimes.
« Des hommes armés, circulant à moto, ont mis le feu au bureau de l’école et au logement d’un instituteur pendant la nuit. Ils sont revenus le lendemain dans les mosquées pour dire qu’il n’y aurait pas de rentrée cette année. Ils ont précisé qu’ils ne s’attaquaient pas aux civils, seulement aux autorités », raconte un enseignant de Tankoualou qui préfère garder l’anonymat « pour se protéger ». « Ils sillonnent la zone. Tout le monde a peur, on n’ose pas sortir la nuit », poursuit l’homme, reclus à Matiakoali, à une centaine de kilomètres de son école. « Je n’y retournerai pas, c’est impossible. »

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A Gayeri, où le poste de gendarmerie a été attaqué le 3 septembre, un professeur prévient : « Si la situation continue de se dégrader, nous ne pourrons pas assurer les cours. On n’a rien pour affronter ces groupes, on ira se mettre à l’abri. » Selon lui, ces « nouveaux occupants » sèment « la psychose » :
« Les habitants sont dans le flou total, ils ne comprennent pas les objectifs de ces hommes. Et on a le sentiment que les forces de sécurité ne peuvent rien. » 
« Les gens ont peur, mais il est trop tôt pour dire que la rentrée n’aura pas lieu, préfère relativiser un agent d’une école primaire de Pama, dans la province du Kompienga. L’objectif des assaillants est que l’administration ne fonctionne plus et que les écoles ferment, mais si on cède, ils auront gagné. »
« Ils s’attaquent à tout ce qui représente l’Etat »
Saccager des écoles et des bâtiments administratifs : le mode opératoire se durcit sur le « nouveau front de l’Est », comme le qualifient déjà certains observateurs. Auparavant, les groupes armés ciblaient principalement des positions des forces armées burkinabées. « Ils s’attaquent maintenant à tout ce qui représente l’Etat dans les villages », analyse Adolphe Tankoano, enseignant à Fada N’Gourma, le chef-lieu de la région.
« Certains de nos collègues ne sont pas prêts à rejoindre leur poste. Ils ont reçu des menaces claires. Plusieurs localités sont particulièrement exposées, certains endroits sont minés », s’alarme un responsable régional de la Fédération des syndicats nationaux des travailleurs de l’éducation et de la recherche (F-Synter).

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Jean-Pierre Ndo, le secrétaire général adjoint de la F-Synter, critique :
« Dans le nord du Burkina, plus de 200 établissements sont déjà fermés à cause de la menace terroriste. Fermer les écoles, c’est laisser les enfants livrés à eux-mêmes et nourrir un potentiel vivier pour les djihadistes. L’Etat doit prendre des mesures pour que les enseignants puissent travailler. Mais jusque-là, nous ne voyons pas de signaux forts. »
Au ministère de l’éducation nationale, on assure suivre la situation « de très près » : 
« Mais il faut relativiser, nous ne sommes pas dans le même cas de figure que les régions du Nord et du Sahel. La fermeture des établissements serait un mauvais message à envoyer, nous ne voulons pas faire peur à nos instituteurs ni à la population. »
« Une vaste opération de déstabilisation »
Reste que ces dernières semaines, les assauts se sont faits de plus en plus fréquents dans la région de l’Est, déjà en proie au grand banditisme. Tirs contre des postes de gendarmerie et des patrouilles militaires, explosions de mines artisanales sur les axes routiers… Depuis le début de l’année, 20 attaques ont été enregistrées dans cette zone forestière à la frontière avec le Niger, le Bénin et le Togo. Et les attaques à l’engin explosif improvisé, courantes au Mali et en Irak, se sont multipliées. Le 28 août, l’armée burkinabée a enregistré son plus lourd bilan humain dans la région, avec la mort de sept soldats dans l’explosion d’une bombe artisanale, à une trentaine de kilomètres de Fada N’Gourma.

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Samedi, le président Roch Marc Christian Kaboré, tout juste rentré d’une visite officielle en Chine, a convoqué un conseil supérieur de la défense. « Nous assistons à une vaste opération de déstabilisation du Burkina Faso. […] C’est pour cela que des dispositions urgentes seront prises les prochains jours pour rétablir la sécurité dans cette zone », a promis le chef de l’Etat, sans donner plus de précisions sur les opérations militaires à venir.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-3"> ¤ Rouslan Bochirov et Alexandre Petrov, qui sont suspectés par le gouvernement britannique, d’avoir empoisonné l’ancien espion Sergueï Skripal et sa fille à Salisbury en mars, affirment avoir seulement fait du tourisme.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-3"> ¤                     
                                                

Affaire Skripal : les deux suspects nient toute implication, Londres dénonce des « mensonges »

Rouslan Bochirov et Alexandre Petrov, qui sont suspectés par le gouvernement britannique, d’avoir empoisonné l’ancien espion Sergueï Skripal et sa fille à Salisbury en mars, affirment avoir seulement fait du tourisme.



LE MONDE
 |    13.09.2018 à 18h25
   





                        



   


Les deux hommes suspectés par Londres d’être des agents du renseignement militaire russe et d’avoir empoisonné l’ancien espion Sergueï Skripal et sa fille à Salisbury ont assuré, jeudi 13 septembre, qu’ils sont innocents. Ils expliquent, dans une interview donnée à Russia Today, n’avoir fait que du tourisme dans cette ville anglaise.

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« Nous sommes bien ceux qui apparaissent sur les photos : Rouslan Bochirov et Alexandre Petrov », commencent-ils, ajoutant qu’il s’agit de leurs vrais noms. Mais, selon eux, leur présence à Salisbury relevait de la simple visite touristique. « Nos amis nous avaient suggéré depuis longtemps de visiter cette ville fabuleuse », poursuivent-ils, Rouslan Bachirov, ajoutant qu’ils voulaient découvrir « la célèbre cathédrale de Salisbury ».
« Elle est connue pour sa flèche de 123 mètres et son horloge, la plus ancienne du monde à toujours fonctionner. » 
Les deux suspects, qui affirment être « de petits entrepreneurs », donnent d’autres détails sur leur séjour touristique anglais de trois jours, du 2 au 4 mars. Le 3 mars, ils étaient déjà à Salisbury mais, à cause du mauvais temps et de la neige qui tombe ce jour-là, ils ne passent qu’une heure dans la ville.
« Nous sommes revenus le 4 parce qu’à Londres, tout avait fondu. Il faisait chaud », ajoute Alexandre Petrov. « Peut-être qu’on est passés devant la maison des Skripal, peut-être pas. On ne sait même pas où elle est ! », précise-t-il encore.

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« Insulte à l’intelligence du public »
La réaction de Londres ne s’est pas fait attendre. Le gouvernement britannique a dénoncé, jeudi, les propos des deux hommes. « Les mensonges et les inventions flagrantes exprimés dans cet entretien à une télévision d’Etat russe sont une insulte à l’intelligence du public », a déclaré un porte-parole de Downing Street lors d’un point de presse à Londres. « Ils sont profondément offensants pour les victimes de cette attaque et leurs proches. »
« La police a clairement énoncé les preuves contre ces deux hommes », a-t-il ajouté.
« Une arme chimique illégale a été utilisée dans les rues de notre pays. Quatre personnes ont été gravement malades, une femme innocente est morte. La Russie répond avec mépris. »
Selon la version des autorités anglaises, les deux agents russes sont d’abord venus en repérage le 3 mars avant de revenir à Salisbury le 4, jour où ils ont contaminé la porte d’entrée du domicile de Sergueï Skripal au Novitchok, un agent innervant d’origine soviétique.

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-4"> ¤ Depuis la semaine dernière, Bachar Al-Assad bombarde Idlib, dernière région syrienne à être encore contrôlée par des rebelles.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-5"> ¤ Le jeune mathématicien français a été torturé et assassiné à 25 ans par l’armée française pendant la bataille d’Alger, en 1957.
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L’affaire Maurice Audin, un symbole des exactions de l’armée française en Algérie



LE MONDE
              datetime="2018-09-13T18:10:38+02:00"

        Le 13.09.2018 à 18h10






Durée : 02:47 | 

Emmanuel Macron a fait, jeudi 13 septembre, une déclaration officielle reconnaissant que Maurice Audin, militant communiste « disparu » en 1957, était mort sous la torture du fait d’un « système légalement institué » en Algérie par la France. Soupçonné de lien avec le FLN algérien, Michel Audin avait été arrêté dans la nuit du 11 juin 1957 chez lui devant sa femme et ses trois enfants. Sa famille ne le reverra pas et son corps ne sera jamais retrouvé. Le 18 juin 2014, François Hollande avait publiquement reconnu que Michel Audin était bien mort durant sa détention et avait invalidé la thèse de l’évasion soutenue par l’armée française.
La déclaration d’Emmanuel Macron marque un changement radical dans la position officielle de la France. Il ne sera plus possible désormais de nier le caractère systématique de la torture pendant la guerre d’Algérie. Le président français a également annoncé « l’ouverture des archives sur le sujet des disparus civils et militaires, français et algériens ».


                

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-6"> ¤ Quelle est l’origine de la crise entre Pékin et cette minorité musulmane du Xinjiang ? Comment sont apparus les camps d’internement et combien sont-ils ?
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-6"> ¤                     
                                                

Comprendre la répression des Ouïgours de Chine en cinq questions

Quelle est l’origine de la crise entre Pékin et cette minorité musulmane du Xinjiang ? Comment sont apparus les camps d’internement et combien sont-ils ?



LE MONDE
 |    13.09.2018 à 17h52
 • Mis à jour le
13.09.2018 à 18h00
    |

            Brice Pedroletti








                        



   


Le sort des centaines de milliers de Ouïgours envoyés dans des camps de déradicalisation au Xinjiang en Chine ne laisse plus indifférent : les rapports de chercheurs et d’ONG se multiplient. Michelle Bachelet, la nouvelle haut-commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, lui a consacré une partie de son premier discours le 10 septembre. Selon les estimations, jusqu’à un million de Ouïgours pourraient être ainsi internés – ainsi que plusieurs milliers de Kazakhs, autre minorité musulmane du Xinjiang.

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          Michelle Bachelet, la nouvelle voix des droits de l’homme dans le monde



Qui sont les Ouïgours ? 

   


La région autonome ouïgoure du Xinjiang, dans l’extrême ouest de la Chine, a toujours constitué pour Pékin un défi en matière de contrôle : les 11,5 millions de Ouïgours, minorité turcophone et musulmane, qui y vivent depuis des siècles alors que le magistère de Pékin, depuis le XIXe siècle, y a longtemps été limité, sont dépositaires de traditions et d’un mode de vie qui leur est propre.
Musulmans sunnites, ils ont une longue histoire de lutte contre les pratiques d’assimilation chinoises et la gestion autoritaire et laïque de l’administration communiste, qui va des insurrections islamistes au militantisme pacifique, par le biais d’un réseau de défense des droits de l’homme animé par la diaspora ouïgoure à l’étranger.
Quels griefs ont-ils contre les politiques de Pékin ?
La spirale répression-récriminations entre l’Etat policier chinois et diverses aspirations ethno ou islamo-nationalistes s’est emballée depuis 2009, date de sanglants affrontements interethniques à Urumqi. Les années 2010 voient s’accentuer la répression, notamment contre des figures laïques et non violentes comme l’universitaire Ilham Tohti.
Les mesures de contrôle politique et social s’intensifient. Y répond une nouvelle vague d’attaques, souvent artisanales, dans le sud du Xinjiang, mais aussi d’attentats kamikazes à grande échelle – dont le plus spectaculaire fut celui de la gare de Kunming en mars 2014.
Un regain de conservatisme religieux gagne les campagnes et certains quartiers ouïgours des grandes villes. L’engagement de combattants djihadistes ouïgours du TIP (Turkestan Islamic Party) au côté d’Al-Qaida en Syrie, finit d’inquiéter Pékin. Xi Jinping déclare ouverte la guerre contre le terrorisme en mai 2014.

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Celle-ci va se traduire par une montée en puissance spectaculaire dans la « sécurisation » du Xinjiang : les dépenses de police explosent. La surveillance se généralise, notamment par le biais des nouvelles technologies. Un contrôle social extrêmement intrusif fait son apparition, ciblant des pratiques religieuses et traditionnelles jusqu’alors tolérées. 

   


Comment sont apparus les camps d’internement ? 
C’est dans ce contexte qu’apparaissent des expériences pilotes. Les autorités locales de la région autonome inscrivent en 2015 la « déradicalisation » dans leur législation comme « solution » à la crise que traverse le Xinjiang. Des classes « d’éducation aux lois », comme la Chine en a organisé avec toutes sortes de populations jugées déviantes (les dissidents, les moines tibétains, les membres du mouvement religieux Falun Gong) sont dispensées à des personnes jugées suspectes pour leur zèle religieux ou leurs liens avec l’étranger. Elles sont relativement courtes, ont lieu dans des écoles, des bâtiments publics et n’obligent pas toujours les « étudiants » à dormir sur place.
L’expérience est jugée concluante dans les rapports officiels. La politique de déradicalisation se généralise avec le nouveau secrétaire du parti du Xinjiang, Chen Quanguo, nommé en 2016. Se « déclenche une campagne de rééducation sans précédent », note le chercheur allemand Adrian Zenz, spécialiste des politiques de sécurité au Xinjiang, dans un de ses rapports. Les taux d’internement grimpent alors.
Dans le canton de Hotan, le Comité politique et législatif juge que 15 % dans la population sont des « soutiens » à l’extrémisme et 5 % des radicalisés « endurcis ». « Les taux d’internement dans les régions à majorité musulmane ont une ressemblance frappante avec les chiffres évoqués par les autorités de Hotan », relève M. Zenz.
Il recense une recrudescence d’appels d’offres et d’annonces de recrutement pour des « centres de formation professionnelle » ou d’éducation dotés d’une abondance d’équipement de sécurisation. Au Canada, un jeune étudiant chinois han, Shawn Zhang, qui se passionne pour la question, sera le premier à dresser une liste des camps à partir de rapports d’annonces officielles et d’appels d’offres. Celle-ci en géolocalise une quarantaine, représentés sur la carte ci-dessous :

   


Qui est envoyé en camp et qu’y font les détenus ?
Les témoignages recueillis par les ONG et les médias occidentaux auprès des personnes qui ont gagné l’étranger après avoir séjourné dans ces camps (essentiellement des Kazakhs, eux aussi ciblés), ou dont des proches sont internés, indiquent une gamme extrêmement large de comportements ou de faits jugés suspects.
Des grilles d’évaluation attribuent les notes les plus basses aux jeunes Ouïgours sans emploi ou sous-employés dans les villes, qui prient cinq fois par jour, ont téléchargé des messages religieux ou « séparatistes » durant les dernières années. Il peut s’agir de « délits » liés à la pratique de la religion, comme se rendre à des prières collectives, posséder une édition du Coran non approuvée ou avoir enseigné l’islam à des enfants.

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          Human Rights Watch dénonce la campagne de répression des Ouïgours en Chine



Le nombre officiel d’arrestations au Xinjiang est multiplié par huit entre 2016 et 2017
Sont ciblées les personnes ayant séjourné dans une liste tenue secrète de 26 pays jugés à risque (dont la Turquie, la Malaisie, l’Egypte). La punition est souvent collective, touchant plusieurs membres d’une famille. Les séjours en camp sont à durée indéterminée.
Dans le même temps, le nombre officiel d’arrestations au Xinjiang est multiplié par huit entre 2016 et 2017, laissant supposer des passerelles entre les camps et le système carcéral. Les témoignages de personnes sorties des camps racontent des sessions d’endoctrinement politique où il faut louer les succès du parti communiste, étudier le chinois et dénoncer l’islam. La pratique de la religion y est interdite.
Des atteintes aux droits fondamentaux
La Chine a réalisé l’un des fantasmes des extrêmes droites européennes : ficher « S » une grande partie de la population musulmane et la placer dans des camps. Le tout dans un contexte d’état d’urgence qui ne dit pas son nom, favorisé par de nouvelles lois antiterroristes extrêmement liberticides entrées en vigueur début 2016.
Les critères d’envoi dans des camps sont flous et arbitraires. Les procédures sont inexistantes, ou opaques. L’absence de garde-fous et de recours est aggravée par une chaîne de commandement qui exige une obéissance aveugle, notamment au niveau des exécutants sur le terrain de la politique de déportation en camps, très peu formés et éduqués.
Plusieurs témoignages d’officiels recueillis par Radio Free Asia attestent d’une logique de « quotas » dans certaines campagnes, touchant jusqu’à 10 % de la population. Human Rights Watch dénonce dans son dernier rapport le carcan de lois et de réglementations qui, en Chine, « criminalisent » une large palette d’expressions et pratiques religieuses et politiques jugées ailleurs anodines.
Plusieurs décès en camps ont déjà été répertoriés. Ces cas ne sont pas sans rappeler le sinistre bilan de violences dans les camps de rééducation chinois, abolis en 2013. Alors que tout débat sur la question est proscrit dans la Chine de Xi Jinping, un groupe d’intellectuels chinois en Chine et à l’étranger a lancé pour la première fois une pétition sur le sujet le 10 août dernier.

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-7"> ¤ Deux journalistes de l’agence de presse ont été condamnés à sept ans de prison pour avoir enquêté sur un massacre de Rohyingha. Par solidarité, « Le Monde » publie leur travail.
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Birmanie : l’article qui a conduit deux journalistes de Reuters en prison

Deux journalistes de l’agence de presse ont été condamnés à sept ans de prison pour avoir enquêté sur un massacre de Rohyingha. Par solidarité, « Le Monde » publie leur travail.



LE MONDE
 |    13.09.2018 à 17h44
 • Mis à jour le
13.09.2018 à 17h55
   





                        


Document. Les dix captifs rohingya, attachés les mains dans le dos et reliés les uns aux autres par une cordelette, regardent leurs voisins bouddhistes creuser une sépulture. Nous sommes le 2 septembre au matin. Quelques instants plus tard, les dix seront morts, deux tombés sous les coups de machette de villageois bouddhistes, les autres sous les balles de soldats.
Un vieil homme d’Inn Din nous a remis trois photographies prises entre l’arrestation des dix par des soldats, dans la soirée du 1er septembre, et leur exécution, le 2 septembre, peu après 10 heures du matin.
« Une tombe pour dix hommes, résume Soe Chay, un ancien soldat retiré dans le village qui dit avoir été l’un de ceux qui ont creusé la fosse. Quand ils ont été enterrés, certains poussaient encore des cris. »
L’agence Reuters a reconstitué le déroulement des journées ayant précédé la mort de ces dix hommes dans la localité d’Inn Din, un village de pêcheurs de 7 000 habitants environ
Cette tuerie est l’un des épisodes de la violente crise qui secoue depuis des mois l’Etat d’Arakan, dans le nord de la Birmanie. Depuis la fin du mois d’août, près de 690 000 Rohingya ont fui leurs villages et franchi la frontière du Bangladesh.
Les Rohingya, communauté musulmane, accusent l’armée birmane d’incendies volontaires, viols et meurtres. Les Nations unies ont évoqué un possible génocide. Le pouvoir birman parle pour sa part d’opérations légitimes de sécurisation consécutives à des attaques menées contre des postes de police par les insurgés de l’Armée du salut des Rohingya de l’Arakan (ARSA).
L’agence Reuters a reconstitué le déroulement des journées ayant précédé la mort de ces dix hommes dans la localité d’Inn Din, un village de pêcheurs de 7 000 habitants environ, à une cinquantaine de kilomètres au nord de la capitale régionale, Sittwe, recueillant notamment le récit de villageois bouddhistes qui ont admis avoir participé à la tuerie. Le témoignage de membres des forces de sécurité implique aussi pour la première fois des soldats et des policiers paramilitaires.
Les événements ont débuté le 25 août, quand des rebelles rohingya ont attaqué une trentaine de postes de police et une base militaire de l’Etat d’Arakan. L’attaque la plus proche s’est produite à 4 km à peine au nord d’Inn Din.

   


Craignant pour leur sécurité, plusieurs centaines de bouddhistes d’Inn Din ont cherché refuge dans un monastère. Un habitant, San Thein, a expliqué que les villageois bouddhistes craignaient d’être attaqués par leurs voisins musulmans. Le 27 août, quelque 80 soldats de la 33e Division d’infanterie légère de l’armée birmane prennent position dans le village et s’engagent à les protéger. Cinq villageois de confession bouddhiste racontent que l’officier commandant le détachement a annoncé aux habitants qu’ils pourraient se porter volontaires pour participer à des opérations de sécurité.
Des soldats et des policiers portaient des vêtements civils afin de ne pas être reconnus
Dans les jours qui ont suivi, selon les récits d’une dizaine d’habitants bouddhistes, des soldats, des policiers et des villageois organisés en groupes de sécurité, armés de machettes, de bâtons et, pour certains, d’armes à feu, ont incendié la plupart des maisons des Rohingya musulmans.
Un des policiers dit avoir reçu l’ordre oral de la part de son commandant pour « aller nettoyer » les zones d’habitation des Rohingya. Il dit avoir compris qu’il fallait détruire ces maisons. Un autre policier raconte que des raids ont également été menés dans les environs pour empêcher les Rohingya de revenir. Des soldats et des policiers portaient des vêtements civils afin de ne pas être reconnus. Un assistant médical de l’infirmerie d’Inn Din, Aung Myat Tun, 20 ans, a raconté qu’il a pris part à plusieurs de ces raids. « Les maisons des musulmans étaient faciles à brûler, avec leurs toits de chaume, raconte-t-il. Les anciens du village enroulaient des robes de moine au bout de bâtons, les arrosaient d’essence et faisaient ainsi des torches. Nous n’avions pas le droit d’emmener de téléphone. La police nous a dit qu’elle tuerait ceux qui prendraient des photos. » Un témoin affirme avoir entendu la voix d’un enfant dans une des maisons qui a brûlées.
Soe Chay, le soldat retraité qui a creusé les fosses des dix Rohingya, dit qu’il a participé à une autre tuerie. Les militaires ont découvert trois hommes et une femme rohingya derrière une meule de foin. L’un d’eux avait un téléphone qui pouvait être utilisé pour prendre des photos incriminantes. Les soldats ont dit à Soe Chay de faire ce qu’il voulait de lui. « J’ai commencé à le frapper avec une machette et un soldat a tiré sur lui quand il est tombé à terre. » 
Le 1er septembre, plusieurs centaines de Rohingya d’Inn Din tentent de se mettre à l’abri sous des bâches sur une plage voisine de leur village
Lorsque les Rohingya ont fui Inn Din, leurs anciens voisins se sont emparés de leurs poulets et de leurs chèvres. Les biens de plus grande valeur, comme les bovins ou les motos, ont été collectés par le commandant du 8e Bataillon de police de sécurité et revendus, selon un policier et l’administrateur du village.
Joint par téléphone, ce commandant, Thant Zin Oo, s’est refusé à tout commentaire. Un porte-parole de la police, le colonel Myo Thu Soe, a annoncé pour sa part qu’une enquête serait menée sur ces allégations de pillage.
Le 1er septembre, plusieurs centaines de Rohingya d’Inn Din tentent de se mettre à l’abri sous des bâches sur une plage voisine de leur village. Parmi eux, disent des témoins, se trouvent les dix qui seront capturés dans la soirée et tués le lendemain. Aujourd’hui réfugiées au Bangladesh, les familles ont identifié les dix victimes d’après des photos qui leur ont été montrées. Cinq d’entre eux, Dil Mohammed, 35 ans, Nur Mohammed, 29 ans, Shoket Ullah, 35 ans, Habizu, 40 ans, et Shaker Ahmed, 45 ans, sont des pêcheurs ou des vendeurs de poissons. Deux autres, Abul Ashim, 25 ans, et Abdul Majid, 45 ans, tiennent des magasins ; deux, Abulu, 17 ans, et Rashid Ahmed, 18 ans, sont étudiants, et le dernier, Abdul Malik, 30 ans, est un prédicateur musulman.
Ce 1er septembre, l’imam, Abdul Malik, retourne au village pour récupérer des vivres et des bambous afin de consolider son abri. Lorsqu’il regagne la plage, sept soldats au moins et des villageois armés le suivent. Arrivés sur la plage, les militaires réunissent les Rohingya – ils sont environ 300 – et choisissent les dix hommes. « Je ne pouvais pas très bien entendre mais ils ont pointé mon mari et lui ont demandé de venir, raconte Rehana Khatun, 22 ans, la femme de Nur Mohammed. Les militaires ont dit qu’ils voulaient des hommes pour une réunion. Ils ont dit au reste d’entre nous de rester sur la plage. »
Une première photographie prise ce soir-là montre les dix hommes agenouillés sur un des chemins du village. Le lendemain, ils sont conduits près d’un cimetière bouddhiste où ils sont de nouveau photographiés. Des membres des forces de sécurité les interrogent sur la disparition d’un fermier bouddhiste du village du nom de Maung Ni.
Abdul Malik, l’imam, est décapité par le premier fils ; le second lève sa machette et l’abat sur le cou d’un autre captif. Les huit autres sont tués.
Des témoins disent que Maung Ni a disparu le 25 août à l’aube, alors qu’il était avec son troupeau. Plusieurs témoins disent qu’il aurait été tué mais n’avoir jamais eu confirmation d’un lien entre cette disparition et les dix captifs.
Trois témoins racontent la suite : les dix hommes sont conduits par des soldats jusqu’à l’endroit où ils vont mourir. D’après Soe Chay, le militaire à la retraite qui a aidé à creuser la fosse, le commandant de l’escouade propose aux fils de Maung Ni, le fermier disparu, de leur porter les premiers coups.
Abdul Malik, l’imam, est décapité par le premier fils ; le second lève sa machette et l’abat sur le cou d’un autre captif. Les huit autres sont tués. Puis deux ou trois balles sont tirées dans le corps de chacun. Les cadavres des dix hommes sont alors jetés au fond de la fosse. C’est la troisième photo.
En octobre, des habitants d’Inn Din ont montré aux deux reporters de Reuters le lieu supposé de l’exécution. Les reporters ont vu un chemin fraîchement tracé, de la terre retournée semée d’ossements, de bouts de tissus et de cordes. Des photos ont été montrées par Reuters à trois médecins légistes internationaux qui affirment qu’il s’agit d’ossements humains. « Mon mari est mort, dit Rehana Khatun. Il est parti pour toujours. Je ne demande rien que la justice pour sa mort. »
L’homme qui a remis les photos aux journalistes de Reuters explique son geste : « Je veux être transparent dans cette affaire. Je ne veux pas qu’elle se reproduise à l’avenir. »
[Cette enquête de Reuters a donc conduit à l’arrestation et à la condamnation des deux journalistes de l’agence, Wa Lone et Kyaw Soe Oo. Le 10 janvier, l’armée birmane a pourtant confirmé une partie des informations de l’enquête, reconnaissant que des soldats avaient assassiné dix « terroristes » musulmans capturés au début du mois de septembre à Inn Din. « Des villageois et des membres de forces de sécurité ont avoué avoir commis des meurtres », précise ce communiqué militaire, rare aveu d’exactions commises dans l’Etat de Rakhine. « Nous ne nions pas ces allégations de violations des droits de l’homme. Et nous ne les rejetons pas en bloc », a également déclaré le porte-parole du gouvernement birman, Zaw Htay. Quant au cadre général des opérations militaires en Arakan, Zaw Htay appelle la communauté internationale à « comprendre qui a commis les premières attaques terroristes ». « Si une attaque de ce genre se produisait dans des pays européens, aux Etats-Unis, à Londres, New York, Washington, que diraient les médias ? »]

« Le Monde » témoigne sa solidarité
Le texte que nous publions ci-dessous est un article diffusé par l’agence britannique de presse Reuters en février. Son contenu est exceptionnel : il est le fruit d’une enquête révélant comment dix villageois rohingya ont été sommairement exécutés en septembre 2017 par des soldats birmans aidés de paysans bouddhistes locaux. Au moment où se déchaînait la violence de l’armée contre la minorité musulmane de Birmanie, forçant 700 000 d’entre eux à se réfugier au Bangladesh. Mais cette dépêche, qui regroupe l’enquête signée Wa Lone et Kyaw Soe Oo et les suites relatées par Reuters après leur arrestation, a aussi valeur de témoignage et d’acte de solidarité : les deux journalistes ont été arrêtés en décembre 2017 (donc avant la publication de leur travail par l’agence) pour, précisément, avoir enquêté sur ce crime.
Le 3 septembre, les deux reporters birmans attachés au bureau de Reuters de Rangoun ont été condamnés chacun à une peine de sept années de réclusion pour « violations de secrets d’Etat ». Dix jours plus tard, Aung San Suu Kyi, la dirigeante birmane, a justifié leur condamnation, estimant qu’ils avaient « enfreint la loi » en enquêtant sur ce massacre. Leur « faute » est précisément d’avoir tenté de reconstituer l’exécution sommaire des villageois, dont un imam, en se faisant remettre les photos ensuite largement diffusées de ces dix hommes agenouillés, en train de regarder leurs exécuteurs creuser leurs tombes… D’autres clichés montraient les cadavres des suppliciés, leurs corps portant des traces de balles et de machettes.
La condamnation des deux journalistes a provoqué une indignation internationale, notamment de Paris et de Londres, ainsi que celle de l’ONU. Tout démontre en effet que le procès des deux jeunes journalistes, âgés de 32 ans et de 28 ans, est un « montage », fruit d’une véritable vengeance d’Etat contre deux reporters s’approchant trop près de la vérité.
Le cauchemar de Wa Lone et de Kyaw Soe Oo commence le 12 décembre 2017 : ce jour-là, alors qu’ils enquêtent déjà depuis des semaines sur le massacre des villageois d’Inn Din, dans le nord de l’Etat de l’Arakan, où vivent les Rohingya, ils reçoivent un surprenant coup de fil : un sous-officier du 8e bataillon de la police les convie à le rencontrer dans un bar à bières de Rangoun. Il leur promet des informations exclusives. Les trois hommes discutent de la situation en Arakan puis le policier leur remet de mystérieux documents roulés dans un journal. Mais à peine les deux reporters ont-ils quitté le bar qu’ils sont entourés de policiers en civil. « Vous possédez des documents secrets ! », hurle l’un d’eux. Les deux reporters sont menottés et emmenés dans la tristement célèbre prison d’Insein.
Les audiences du procès vont rapidement montrer à quel point sont fragiles les charges qui pèsent contre eux. A la barre des témoins, des policiers donnent des versions fantaisistes ou vagues des conditions de l’arrestation des deux journalistes. Surtout, un capitaine de la police révèle qu’un de ses subordonnés a été chargé par un haut gradé de « piéger » les deux reporters. Le sous-officier chargé de tendre le piège s’appelait Naing Lin, le même qui avait donné rendez-vous aux deux journalistes dans le bar à bières…
La décision du juge, qui a préféré ignorer ces informations accablantes, démontre à quel point le verdict n’est pas celui d’une simple décision de justice. En publiant cette dépêche, Le Monde témoigne sa solidarité à l’égard de confrères victimes de la dérive autoritaire d’une Birmanie où la liberté de la presse est en danger.





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-8"> ¤ Lors de la séance consacrée au déclenchement d’une procédure liée au respect de l’Etat de droit en Hongrie, les élus PPE français se sont dispersés entre abstention, vote contre et pour le premier ministre hongrois.
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Au Parlement européen, le non-choix des élus LR face à la Hongrie d’Orban

Lors de la séance consacrée au déclenchement d’une procédure liée au respect de l’Etat de droit en Hongrie, les élus PPE français se sont dispersés entre abstention, vote contre et pour le premier ministre hongrois.



LE MONDE
 |    13.09.2018 à 17h08
 • Mis à jour le
13.09.2018 à 17h16
    |

            Olivier Faye et 
Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)








                        



   


« I would prefer not to. » Tel Bartleby, le héros d’Herman Melville, les eurodéputés Les Républicains (LR) auraient sans doute préféré ne pas avoir à se prononcer sur la résolution adoptée à Strasbourg, mercredi 12 septembre, qui dénonce les « risques de violation grave de l’Etat de droit » dans la Hongrie du premier ministre ultraconservateur Viktor Orban. Cette résolution ouvre la voie à une possible privation des droits de vote de Budapest au sein du Conseil européen.
Signe du malaise : les seize élus que compte encore LR à Strasbourg – membres, comme M. Orban, du PPE (Parti populaire européen) – ont exprimé des votes divisés. Cinq députés se sont prononcés en faveur de la résolution, trois s’y sont opposés, pendant que six autres s’abstenaient (deux élus n’ont pas pris part au vote). « Il n’y avait pas de position du parti, comme le PPE », explique-t-on dans l’entourage de Laurent Wauquiez, président de LR.

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Ce dernier partage la ligne anti-immigration du dirigeant hongrois. Il assume de parler avec lui, au point d’afficher sur Twitter la photo de leur première rencontre, qui a eu lieu dans le cadre d’une réunion du PPE, le 28 juin. « Ostraciser Orban, c’est le rejeter vers l’extrême droite », répète souvent le député européen Brice Hortefeux, son conseiller spécial. Mais la donne a changé à la suite des propos intransigeants tenus mardi par le premier ministre hongrois devant le Parlement européen, puis dans le cadre d’une réunion avec les députés PPE. Le président de ce groupe, l’Allemand Manfred Weber, a lui même voté en faveur de la délibération.
« Valeurs européennes »
« Quand on a appris que Sebastian Kurz [chancelier autrichien conservateur, allié à l’extrême droite dans son pays] demandait à sa délégation de voter pour la délibération, ça a détendu tout le monde », rapporte Jérôme Lavrilleux, un ex-LR qui siège toujours au sein de la délégation de son ancien parti. « J’étais déterminé à voter contre ce rapport, déposé par une Verte et soutenu par toute l’extrême gauche. Mais j’attendais un geste d’ouverture de la part d’Orban, qui n’est pas arrivé », rapporte M. Hortefeux, qui s’est finalement abstenu. Comme Arnaud Danjean : ce dernier a dénoncé lors de la réunion du PPE, mardi, une manipulation de la gauche destinée à diviser les siens.
« J’ai voté en conscience, il fallait marquer le coup par rapport à la Hongrie, à l’importance des valeurs européennes », estime au contraire Alain Cadec, qui s’est prononcé en faveur du texte. Quitte à faire le jeu d’Emmanuel Macron, qui cherche à diviser la droite pour mieux introduire un duel entre « progressistes » et « nationalistes » ? « Voter contre, c’était entrer dans le jeu de Marine Le Pen et compagnie », relève le député.

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« M. Orban est le seul dirigeant européen qui rassemble sur son nom près de 50 % des suffrages dans son pays. Qui sommes-nous pour remettre en cause le choix des Hongrois ? », interroge de son côté Franck Proust, chef de file de la délégation LR au Parlement européen, dénonçant le « rapport à charge » adopté mercredi. Ce dernier a voté contre, tout comme Nadine Morano. « Je serai toujours du côté des dirigeants européens qui défendent la souveraineté de leur nation et protègent nos frontières », a écrit cette dernière sur Twitter, postant une photo d’elle au côté de M. Orban.
Dans l’entourage de Laurent Wauquiez, on ne manque pas, en tout cas, de noter que les troupes de LR ont été moins nombreuses à voter en faveur de la résolution que l’addition des abstentionnistes et des votes « contre ». C’est toujours ça de pris.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-9"> ¤ Le premier ministre Pedro Sanchez avait fait de l’exhumation de la dépouille du dictateur l’une de ses priorités. Les députés ont approuvé son décret.
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En Espagne, l’exhumation de Franco aura bien lieu

Le premier ministre Pedro Sanchez avait fait de l’exhumation de la dépouille du dictateur l’une de ses priorités. Les députés ont approuvé son décret.



LE MONDE
 |    13.09.2018 à 16h32
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13.09.2018 à 17h41
   





                        



   


Pedro Sanchez l’avait promis en arrivant au pouvoir, au début de juin. Les députés espagnols ont approuvé, jeudi 13 septembre, le décret du gouvernement socialiste autorisant l’exhumation des restes du dictateur Francisco Franco de son mausolée, près de Madrid. La chambre a approuvé le texte par 172 voix pour, 2 contre et 164 abstentions.
« Justice. Mémoire. Dignité. Aujourd’hui, l’Espagne fait un pas historique (…) Aujourd’hui, notre démocratie est meilleure », a aussitôt réagi Pedro Sanchez sur Twitter.
Francisco Franco, vainqueur d’une sanglante guerre civile (1936-1939) et qui dirigea l’Espagne d’une main de fer jusqu’à sa mort, en 1975, est enterré à la Valle de los Caidos dans une tombe à son nom, toujours fleurie. Le mausolée a été construit sous son régime, en partie par des prisonniers de guerre républicains, et se voulait un lieu de « réconciliation » entre les deux camps de la guerre civile.
« Une anomalie extraordinaire »
Les corps de quelque 27 000 combattants franquistes et de 10 000 opposants républicains reposent aussi à cet endroit, dans une crypte. Devant la chambre, la vice-présidente du gouvernement, Carmen Calvo, a appelé à en finir avec « une anomalie extraordinaire qui consiste à avoir un dictateur dans un mausolée d’Etat et dans un lieu où il puisse être exalté ». « Il n’y aura ni respect, ni honneur, ni concorde tant que les restes de Franco seront au même endroit que ceux de ses victimes », a-t-elle soutenu. Le gouvernement a dit son intention de mener à bien l’exhumation d’ici à la fin de l’année.
La Fondation Franco et les descendants du dictateur, farouchement opposés à l’exhumation, ont prévenu qu’ils utiliseraient « tous les recours légaux » pour s’y opposer, avant de concéder, fin août, qu’ils prendraient en charge sa dépouille si l’exhumation avait lieu.
La mémoire de la guerre civile et de la dictature de Franco continue de diviser en Espagne : la gauche prétend rendre justice aux victimes de la guerre et de la répression, dont des milliers sont encore enterrés dans des fosses communes à travers le pays ; les conservateurs du Parti populaire, qui se sont abstenus lors du vote, comme les libéraux de Ciudadanos, accusent la gauche de rouvrir les blessures d’un passé douloureux.
Le précédent chef de gouvernement socialiste, José Luis Rodriguez Zapatero (2004-2011), avait lui aussi essayé de résoudre le problème de la Valle de los Caídos. Une commission d’experts avait conclu, en 2011, qu’il valait mieux ne pas toucher au monument, « construit dans la souffrance », ni essayer « de le remplacer par un autre qui symboliserait l’Etat de droit ». Elle conseillait plutôt d’expliquer en détail les circonstances de sa construction, par des milliers de prisonniers républicains pendant dix-huit ans (1941-1959), dans une Espagne profondément traumatisée par la guerre civile.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-10"> ¤ « Je pense que Porto Rico a été un succès incroyable », a dit le président américain, souvent suspecté de complaisance avec des théories complotistes.
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Trump ne croit pas que l’ouragan Maria a fait 3 000 morts à Porto Rico

« Je pense que Porto Rico a été un succès incroyable », a dit le président américain, souvent suspecté de complaisance avec des théories complotistes.



LE MONDE
 |    13.09.2018 à 16h28
 • Mis à jour le
13.09.2018 à 17h50
    |

            Gilles Paris (Washington, correspondant)








                        



   


A quelques heures de l’arrivée sur les côtes américaines de l’ouragan Florence, jeudi 13 septembre, Donald Trump a ouvert une nouvelle polémique en contestant le bilan officiel de Maria, celui qui avait ravagé l’île de Porto Rico, en septembre 2017. « 3 000 personnes ne sont pas mortes dans les deux ouragans ayant frappé Porto Rico. Lorsque j’ai quitté l’île, après que la tempête a frappé, ils avaient entre 6 et 18 morts », a écrit le président des Etats-Unis sur son compte Twitter.
Longtemps fixé à 64 morts, ce bilan a été revu dramatiquement à la hausse le 28 août après les conclusions d’une enquête indépendante. Elle avait été demandée par le gouverneur de ce territoire associé, Ricardo Rossello, à l’Institut Milton de santé publique, rattaché à l’Université George Washington.
Il englobe les morts qui peuvent être attribuées directement ou indirectement à l’ouragan Maria, le plus destructeur, entre la date de son passage, en septembre 2017, et la mi-février. La remise en état de ce territoire isolé et aux finances défaillantes a été particulièrement longue, notamment pour le réseau électrique.

        Lire notre article de l’an dernier :
         

          Trois mois après l’ouragan Maria, Porto Rico compte toujours ses morts



En visite sur l’île, après la catastrophe, Donald Trump avait semblé minimiser les pertes humaines en comparant le bilan provisoire à celui de l’ouragan Katrina (1 836 morts) qui avait ravagé la Nouvelle-Orléans, qualifié de « vraie catastrophe ». Toujours soucieux de se présenter en « gagnant » et en président accumulant les réussites, Donald Trump n’a cessé ensuite de s’attribuer des lauriers pour la gestion des secours après la catastrophe. « Je pense que nous avons fait du très bon boulot », avait-il déclaré quelques semaines plus tard, s’attribuant la note maximum de 10/10.
Une conviction que la révision du bilan n’a pas remise en cause. « Je pense que Porto Rico a été un succès incroyable et méconnu », a-t-il encore dit mercredi, avant de passer en revue les autres États dévastés en 2017. « Texas, on nous a donné A-plus [la meilleure note du système scolaire américaine]. Floride, on nous a donné A-plus », a assuré le président des États-Unis.

Machination politique
Souvent suspecté de complaisance avec des théories complotistes, comme celle qui contestait que Barack Obama soit né aux États-Unis et donc éligible à la présidence, Donald Trump ne s’est pas contenté de jeter le doute sur le bilan officiel. Il a également mis en cause une machination politique. « Cela a été fait par les démocrates pour me faire apparaître sous le plus mauvais jour possible lorsque je levais avec succès des milliards de dollars pour aider à reconstruire Porto Rico », a-t-il assuré.
« Si une personne est décédée pour une raison quelconque, comme la vieillesse, ajoutez-la simplement à la liste. Mauvaise politique. J’aime Porto Rico ! », a encore écrit le président en niant la surmortalité pointée par l’étude indépendante. Il a été contredit très vite par le speaker (président) républicain de la Chambre des représentants, Paul Ryan, ainsi que par son ancien conseiller à la sécurité intérieure qui avait supervisé les secours, Tom Bossert. L’un comme l’autre ont estimé qu’il n’y avait « aucune raison de contester les chiffres » de l’étude.

Un bilan d’abord sous-estimé
Le bilan tragiquement sous-estimé de 64 morts, qui fut un temps celui avancé par les autorités locales, est a été officiellement abandonné, an août 2018, près d’un an après le passage de l’ouragan Maria. « J’ai donné comme instruction d’actualiser le bilan officiel à 2 975 morts », avait alors déclaré Ricardo Rossello, gouverneur de Porto Rico. « Toute future discussion devra se fonder sur ce rapport », a ajouté celui qui avait demandé à des chercheurs de l’université George-Washington de parvenir à un bilan réaliste, face à la controverse.
Les chercheurs, qui ont conduit leurs travaux de façon indépendante, sont parvenus à leur estimation en comparant la mortalité pendant cette période à la mortalité normale, à partir des actes de décès et en prenant en compte les migrations d’habitants. Ils estiment que la mortalité a augmenté sur l’île de 22 % de septembre 2017 à février 2018, par rapport à la même période de l’année précédente. Une autre étude indépendante de chercheurs d’Harvard, non commandée par le gouvernement portoricain et publiée en mai, avait conclu à environ 4 600 morts en trois mois, selon une méthode proche.
La sous-estimation du nombre de décès résultait de la façon dont les services d’état civil enregistraient les morts, la cause inscrite ayant rarement été liée à l’ouragan, a fortiori quand les décès intervenaient longtemps après le passage de l’ouragan.





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-11"> ¤ Notre correspondante à Bruxelles, Cécile Ducourtieux, analyse les conséquences du vote sanction européen contre la Hongrie de Viktor Orban.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-12"> ¤ Le psychanalyste et essayiste décrypte les différentes perceptions qu’ont les Indiens de l’homosexualité, en fonction des époques et des communautés.
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Sudhir Kakar  : « L’Inde ancienne était en général silencieuse sur le sujet de l’homo­érotisme »

Le psychanalyste et essayiste décrypte les différentes perceptions qu’ont les Indiens de l’homosexualité, en fonction des époques et des communautés.



LE MONDE
 |    13.09.2018 à 15h59
    |

            Julien Bouissou (New Delhi, correspondance)








                        



                                


                            
Sudhir Kakar est un psychanalyste et essayiste indien, auteur de plusieurs ouvrages dont Eros et Imagination en Inde (Des Femmes, 1990), Fou et Divin (Seuil, 2010), ou encore L’Ascète du désir (Seuil, 2001).
Dans quel contexte la dépénalisation de l’homosexualité a-t-elle été prononcée, le 6 septembre, par la Cour suprême indienne ?
En Inde, hormis quelques membres de l’élite anglophone des grandes villes, les hommes qui ont des relations avec des hommes – et ils sont nombreux – ne s’identifient pas comme homosexuels. Ils ne compromettent donc pas leur identité masculine, qui consiste à se marier et à avoir des enfants.
­Ashok Row Kavi, un militant transgenre de la cause gay, ­raconte que, quand il était jeune et que sa famille le poussait à se marier, il avait explosé de colère en leur disant qu’il aimait « baiser les hommes ». « Je m’en fiche de savoir si tu baises avec des crocodiles ou des éléphants, lui avait répondu sa tante, mais pourquoi ne peux-tu pas te marier ? »

Par ailleurs, les lesbiennes n’existent tout simplement pas – du moins en apparence. Encore une fois, les Indiens n’ignorent pas leur existence, mais pensent que cette sexualité est liée à la frustration sexuelle des célibataires, des veuves ou des femmes qui n’ont pas de rapports sexuels avec leurs maris. Par exemple, dans le film Fire, sorti en 1998 sur les écrans indiens, les deux femmes qui entretiennent une liaison amoureuse sont malheureuses en ménage. Le propos du film a néanmoins créé une énorme polémique et des militants hindous ont mis le feu à des salles de cinéma.
Comment l’homosexualité était-elle perçue dans le passé de l’Inde ?
L’Inde ancienne est en général silencieuse sur le sujet de l’homo­érotisme. La définition moderne de l’homosexualité repose sur l’idée d’une préférence pour un partenaire de même sexe alors que ; dans l’Inde ancienne,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-13"> ¤ Après la reconnaissance par Emmanuel Macron du recours à la torture pendant la guerre d’Algérie, les comptes sont loin d’être soldés entre les deux pays.
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Décryptage

Entre la France et l’Algérie, les plaies toujours ouvertes de la mémoire

Après la reconnaissance par Emmanuel Macron du recours à la torture pendant la guerre d’Algérie, les comptes sont loin d’être soldés entre les deux pays.

Charlotte Bozonnet et 
                                Ghalia Kadiri




LE MONDE
              datetime="2018-09-13T15:38:13+02:00"

        Le 13.09.2018 à 15h38

     •
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        Mis à jour le 13.09.2018 à 17h51






    
Le président français, Emmanuel Macron, lors d’une cérémonie au mémorial du Martyr, à Alger, le 6 décembre 2017.
Crédits : Zohra Bensemra / REUTERS


En reconnaissant la responsabilité de la France dans la mort de Maurice Audin et le recours à la torture pendant la guerre d’Algérie, le président Emmanuel Macron fait un pas décisif dans un travail de mémoire lent et délicat entre les deux pays.

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                Torture en Algérie : le geste historique d’Emmanuel Macron



Les massacres de Sétif, Guelma et Kheratta
Les massacres perpétrés à partir du 8 mai 1945 dans l’Est algérien sont considérés comme le véritable premier acte de la guerre d’Algérie. Ce jour-là, alors que la France fête la victoire contre le nazisme, l’histoire tourne au drame à Sétif, mais aussi à Guelma et à Kheratta, où des manifestations sont réprimées dans le sang. En quelques semaines, des milliers d’Algériens – entre 10 000 et 45 000, selon les sources – seront tués, ainsi qu’une centaine d’Européens.
En 2005, une première reconnaissance est formulée par l’ambassadeur de France à Alger, Hubert Colin de Verdière, qui évoque une « tragédie inexcusable ». En 2008, l’ambassadeur Bernard Bajolet pointe à son tour la « très lourde responsabilité des autorités françaises de l’époque dans ce déchaînement de folie meurtrière », ajoutant que « le temps de la dénégation est terminé ». En avril 2015, le secrétaire d’Etat aux anciens combattants et à la mémoire, Jean-Marc Todeschini, se déplace à Sétif pour, soixante-dix ans après, commémorer les faits. Une première pour un responsable français.

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                « Sétif reste au cœur des relations franco-algériennes »



La responsabilité française dans la guerre et la colonisation
Le déplacement de M. Todeschini à Sétif entre dans le cadre de la politique mémorielle annoncée par François Hollande. Devant le Parlement algérien, en décembre 2012, le chef de l’Etat français avait dénoncé la colonisation, « un système profondément injuste et brutal », et reconnu « les souffrances […] infligées au peuple algérien », dont les massacres de Sétif, Guelma et Kheratta. « Le jour même où le monde triomphait de la barbarie, la France manquait à ses valeurs universelles », poursuivait le président. Un discours qui a fait date.
Son prédécesseur, Nicolas Sarkozy, avait déjà dénoncé le système colonial lors d’un discours le 3 décembre 2007 : « Oui, le système colonial a été profondément injuste, contraire aux trois mots fondateurs de notre République : liberté, égalité, fraternité », avait déclaré le président à Alger. Mais la portée de ses déclarations s’était rapidement atténuée : sitôt rentré d’Algérie, Nicolas Sarkozy avait reçu à l’Elysée les représentants des harkis, provoquant la colère d’Alger.
Lors d’un discours le 3 mars 2003, Jacques Chirac avait, lui, limité la reconnaissance des souffrances subies par le peuple algérien à la période de la guerre.

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                Algérie : Emmanuel Macron veut « tourner la page du passé »



Quant à Emmanuel Macron, il a marqué les esprits en Algérie avant même son élection. Lors d’un déplacement à Alger en février 2017, celui qui n’était alors que candidat à l’élection présidentielle avait déclaré vouloir réconcilier des « mémoires concurrentes ». La colonisation fut « un crime, un crime contre l’humanité, une vraie barbarie », avait-il déclaré en réponse à une question, poursuivant : « Ça fait partie de ce passé que nous devons regarder en face en présentant aussi nos excuses à l’égard de celles et de ceux vers lesquels nous avons commis ces gestes. » Ses propos avaient provoqué des réactions scandalisées de responsables politiques de droite et d’extrême droite. « Emmanuel Macron commet une faute politique », avait estimé Bruno Retailleau, sénateur LR proche de François Fillon.
Lors de son premier déplacement à Alger en tant que chef de l’Etat, Emmanuel Macron avait martelé son intention de « tourner la page du passé » pour « construire une nouvelle relation avec l’Algérie et notamment avec la jeunesse ».
L’assassinat des moines de Tibéhirine
Vingt-deux ans après le drame, l’affaire continue d’empoisonner régulièrement les relations franco-algériennes. Dans la nuit du 26 au 27 mars 1996, en pleine guerre civile, sept religieux français sont enlevés dans leur monastère à 80 km au sud d’Alger. Leur mort est annoncée quelques semaines plus tard par le Groupe islamique armé (GIA). Mais les circonstances de leur décès sont rapidement controversées. Des accusations émergent sur une possible implication des militaires algériens dans l’assassinat des religieux français.
En 2014, après des années de bataille judiciaire, des prélèvements sur les crânes des religieux sont finalement autorisés par les autorités algériennes. Une première dans cette affaire, alors qu’aucune autopsie n’avait été effectuée depuis 1996. Après deux années de discussions, les prélèvements sont rapportés en France en juin 2016. Le 29 mars 2018, des expertises scientifiques révèlent que les moines auraient été tués avant la date officielle de leur mort, le 21 mai 1996, et décapités post mortem, faisant peser des doutes sur la version officielle de leur assassinat.
Le 10 avril, l’Algérie donne au Vatican son accord pour la béatification des moines de Tibéhirine, qui pourrait se dérouler à Oran dans les prochains mois, selon le ministre algérien des affaires étrangères.

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                Béatification des moines de Tibéhirine : « Une démarche difficile et passionnante »



L’indemnisation des victimes algériennes
Les victimes algériennes de la guerre d’indépendance ont longtemps attendu ce moment. Plus de cinquante-cinq ans après la fin de la guerre d’Algérie, le Conseil constitutionnel a censuré, le 8 février 2018, la loi de 1963 prévoyant un « droit à pension » qui excluait les non-Français. Potentiellement, ce seraient plusieurs dizaines de milliers de victimes algériennes (15 000, selon une note obtenue par le Conseil constitutionnel) ou leurs ayants droit qui pourraient revendiquer une indemnisation.
La pension, souvent symbolique selon le niveau d’invalidité de la victime, est néanmoins une reconnaissance du statut de victime. Même si l’interprétation des exclusions prévues par la loi ne sera pas aisée et soulève encore beaucoup de questions. L’indemnisation financière ne fait pas partie des revendications des autorités algériennes, qui demandent à la France une « réparation morale » par des excuses portant sur toute la période de la colonisation.

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                Guerre d’Algérie : la France va devoir indemniser des victimes algériennes



La restitution des crânes de résistants algériens
Ce fut l’un des gestes annoncés par Emmanuel Macron lors de sa visite officielle à Alger le 6 décembre 2017. Le président français s’était dit « prêt » à ce que la France restitue des crânes d’insurgés algériens tués par le corps expéditionnaire français dans les années 1840 et 1850, conservés au Musée de l’homme, à Paris, et longtemps revendiqués par les historiens algériens. Une « loi de déclassification » devrait être adoptée par le Parlement français afin d’autoriser la restitution, du fait du principe d’inaliénabilité des collections publiques.
Le travail de mémoire et l’accès aux archives
La question de la mémoire des années de colonisation française en Algérie (1830-1962) pèse fortement sur les relations entre Paris et Alger : l’accès aux archives françaises est une revendication très forte côté algérien. Sur ce point, les discussions se sont multipliées ces dernières années. Notamment en janvier 2016, lors de la visite officielle en France du ministre algérien des moudjahidine (anciens combattants), une première depuis l’indépendance. Mais aussi en décembre 2017 : le premier ministre algérien, Ahmed Ouyahia, avait annoncé qu’Emmanuel Macron était prêt à remettre à l’Algérie une copie des archives de la période coloniale française.

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                Cédric Villani : « Enfin ! La France reconnaît sa responsabilité dans la mort de Maurice Audin »



Jeudi 13 septembre, parallèlement à la reconnaissance de la torture et de l’assassinat de Maurice Audin, le chef de l’Etat a annoncé vouloir ouvrir l’ensemble des archives de l’Etat relatives aux disparus d’Algérie. On estime que plusieurs milliers de personnes, issues des deux camps, ont disparu, dont 500 soldats français. « Une dérogation générale, par arrêté ministériel, va être accordée pour que tout le monde – historiens, familles, associations – puisse consulter les archives pour tous les disparus d’Algérie. On place la question des disparus au centre », a expliqué au Monde l’entourage de M. Macron. Le président lance aussi un appel à tous les témoins de l’époque ou à leurs descendants pour qu’ils participent à ce « travail de mémoire » en confiant leurs témoignages ou leurs documents personnels aux archives nationales.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-14"> ¤ Accusé de « complicité d’évasion », le président de l’UPC était détenu à Brazzaville depuis fin 2015.
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Compte rendu

Au Congo, l’opposant Paulin Makaya libéré

Accusé de « complicité d’évasion », le président de l’UPC était détenu à Brazzaville depuis fin 2015.


LE MONDE
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        Le 13.09.2018 à 15h37

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        Mis à jour le 13.09.2018 à 15h40





L’opposant congolais Paulin Makaya, emprisonné à Brazzaville depuis fin 2015, a été condamné à un an de prison, jeudi 13 septembre, mais a été libéré pour avoir déjà purgé sa peine. La troisième chambre correctionnelle de la cour d’appel a reconnu M. Makaya coupable de « complicité d’évasion », a déclaré son président, Dan Dé Ibara Ibombo, au cours d’une audience publique.
Président de l’Union pour le Congo (UPC, petite formation d’opposition), M. Makaya avait dans un premier temps été accusé d’avoir organisé, en octobre 2015, une manifestation non autorisée contre le référendum constitutionnel ayant permis au chef de l’Etat, Denis Sassou Nguesso, de se représenter à la présidentielle de mars 2016, qu’il a remportée.

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                Au Congo, le régime de Sassou-Nguesso exprime sa toute-puissance répressive



M. Makaya avait été condamné à deux ans de prison en première instance, une peine confirmée en appel en mars 2017. Il avait fini de purger sa peine en novembre de la même année, mais n’avait pas été relaxé. En janvier 2017, il avait été inculpé pour une nouvelle infraction de « complicité d’évasion » liée à une fusillade, en décembre 2016, à la maison d’arrêt de Brazzaville. Au moins quatre personnes, dont un gendarme, avaient été tuées lors de cette évasion.
Proche de feu Bernard Kolélas, éphémère premier ministre pendant la guerre civile de 1997 qui ramena M. Sassou Nguesso au pouvoir, M. Makaya était rentré au Congo fin 2014 après dix-sept ans d’exil. M. Sassou Nguesso cumule plus de trente-quatre ans au pouvoir au Congo, pays pétrolier d’Afrique centrale d’environ 4 millions d’habitants.


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LE MONDE
 |    13.09.2018 à 15h11
 • Mis à jour le
13.09.2018 à 16h54
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            Marianne Boyer et 
                                Maxime Mainguet








                        



   





                            


                        

                        


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Dix ans après Lehman Brothers : la dette grandit, le risque aussi

Qu’elles soient privées ou publiques, les dettes ne cessent de s’accumuler, faisant peser de nouveaux risques sur le système financier mondial.



LE MONDE
 |    13.09.2018 à 14h59
 • Mis à jour le
13.09.2018 à 15h02
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            Marianne Boyer et 
                                Maxime Mainguet








                        



   





                            


                        

                        


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Compte rendu

Au Zimbabwe, 24 morts du choléra selon un nouveau bilan

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LE MONDE
              datetime="2018-09-13T14:54:19+02:00"

        Le 13.09.2018 à 14h54

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        Mis à jour le 13.09.2018 à 17h24






    
Dans le centre de traitement du choléra de l’hôpital Beatrice, à Harare, le 11 septembre 2018.
Crédits : JEKESAI NJIKIZANA / AFP


L’épidémie de choléra au Zimbabwe s’est propagée de la capitale, Harare, à plusieurs régions du pays et a fait 24 morts depuis la semaine dernière, selon un nouveau bilan officiel publié jeudi 13 septembre qui fait état d’une pénurie de médicaments. Le précédent bilan faisait état de 21 décès. « Un total de 24 décès a été enregistré depuis le début de l’épidémie », dont 23 à Harare et un dans le district de Masvingo (sud), selon un rapport conjoint du ministère zimbabwéen de la santé et de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

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La situation est compliquée par la résistance à deux antibiotiques, ainsi qu’au manque de médicaments et de vêtements de protection, selon la même source, qui dénonce des égouts bouchés et un approvisionnement en eau « erratique ». « Des médicaments pertinents devraient être achetés d’urgence une fois que les raisons de la résistance [aux médicaments] ont été établies », souligne le rapport.
Etat d’urgence sanitaire
Parti du quartier de Glen View dans la capitale, le choléra s’est rapidement propagé à d’autres secteurs de Harare, contraignant les autorités à décréter un état d’urgence sanitaire. Les rassemblements publics à Harare ont été interdits, une décision qui intervient alors que le principal parti d’opposition, le Mouvement pour un changement démocratique (MDC), doit réunir samedi ses partisans pour symboliquement investir son chef, Nelson Chamisa, président « légitime » du pays.
Le chef de l’Etat sortant Emmerson Mnangagwa a été déclaré vainqueur de la présidentielle du 30 juillet, mais M. Chamisa, son principal rival, a dénoncé des fraudes massives. Le choléra est « une excuse » pour interdire le rassemblement de samedi, a estimé jeudi le MDC.

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Les épidémies de choléra sont fréquentes au Zimbabwe, où les systèmes de distribution et d’assainissement des eaux sont souvent déficients. En 2008, au moins 4 000 personnes étaient mortes du choléra au Zimbabwe. L’épidémie avait éclaté en pleine crise économique, qui avait forcé de nombreux hôpitaux publics à fermer faute de médicaments et de membres du personnel, partis à l’étranger.
Le président Mnangagwa, qui a succédé en novembre 2017 à Robert Mugabe, resté au pouvoir pendant près de quatre décennies, a promis de relancer l’économie moribonde et d’améliorer les services publics.

Au Niger, 55 personnes sont mortes du choléra
Le Niger est également touché par une épidémie de choléra. Dans une région de Maradi, proche du Nigeria, 55 personnes sont mortes et près de 3 000 malades ont été recensés, a annoncé, mercredi 12 septembre, l’Organisation des Nations unies.
Un précédent bilan onusien avait fait état le 13 août de « 22 décès sur 1 351 cas » à Maradi. L’épidémie « s’est étendue » à trois régions, dont Dosso (sud-ouest), Tahoua (ouest) et de Zinder (centre-sud), a déploré le bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU. Selon l’agence, « 98 % des cas » sont toutefois enregistrés dans la seule région de Maradi.
Le ministre nigérien de la santé, Iliassou Maïnassara, qui s’était rendu sur place en août, a alors affirmé que « la situation » était « sous contrôle ».




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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-19"> ¤ Le recours à l’article 7 permet de suspendre les droits de vote d’un Etat membre en cas de violation des droits de l’homme. Mais il doit se faire avec précaution, tant il pourrait avoir des effets inverses à ceux attendus, explique le juriste Nicolas Delmas dans une tribune au « Monde ».
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Article 7 du traité de l’Union européenne : « Voici le tour de la Hongrie ! »

Le recours à l’article 7 permet de suspendre les droits de vote d’un Etat membre en cas de violation des droits de l’homme. Mais il doit se faire avec précaution, tant il pourrait avoir des effets inverses à ceux attendus, explique le juriste Nicolas Delmas dans une tribune au « Monde ».



LE MONDE
 |    13.09.2018 à 14h15
 • Mis à jour le
13.09.2018 à 15h15
    |

Nicolas Delmas (Juriste spécialisé en affaires européennes)







                        



                                


                            

Tribune. Et de deux ! Après la procédure initiée contre la Pologne par la Commission européenne en décembre 2017, voici le tour de la Hongrie. En effet, le Parlement européen a approuvé à plus de deux tiers – la majorité requise – le rapport de l’eurodéputée néerlandaise Judith Sargentini pour engager une procédure contre ce pays.
Qui eût cru que le mécanisme de respect des droits de l’homme par les Etats membres prévu à l’article 7 connaîtrait un tel sort ? Longtemps décrit comme une « arme nucléaire », c’est-à-dire servant davantage à faire peur qu’à être réellement utilisé, le voilà désormais brandi avec la régularité d’un métronome.

Pour rappel, cet article permet in fine de suspendre les droits de vote d’un Etat membre en cas de violation des droits de l’homme. En effet, si l’Union européenne, à l’origine économique, s’est longtemps désintéressée de la question des droits de l’homme, elle attache aujourd’hui beaucoup d’importance à cette problématique. Leur respect ainsi que le caractère démocratique d’un Etat sont d’ailleurs des conditions pour rejoindre l’Union européenne.
Décision bienvenue
Cette décision apparaît, certes, bienvenue, tant la Hongrie méprisait les règles et cumulait les violations à l’Etat de droit. Jusque-là, la Commission européenne et le Parlement européen avaient louvoyé, attitude éminemment partiale, alors que la première s’était résolue à engager une procédure contre la Pologne.
Comment expliquer ce décalage ? Rien de plus simple. Le Fidesz, le parti de Viktor Orban appartient au Parti populaire européen (PPE), pas le PiS. Or, le PPE et ses alliés sont majoritaires au Parlement européen et à la Commission européenne. La perspective d’élections européennes difficiles pour le PPE n’incitait pas forcément à un renversement. Néanmoins, ces derniers apparaissaient de plus en plus dans une position intenable, à vouloir ménager un parti se tournant de plus en plus...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-20"> ¤ Malgré les précautions de l’exécutif, qui accuse aussi les gouvernements de l’époque, l’armée craint d’être mise en accusation dans son ensemble.
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Torture en Algérie : les militaires français d’aujourd’hui redoutent l’amalgame

Malgré les précautions de l’exécutif, qui accuse aussi les gouvernements de l’époque, l’armée craint d’être mise en accusation dans son ensemble.



LE MONDE
 |    13.09.2018 à 12h13
 • Mis à jour le
13.09.2018 à 12h16
    |

            Nathalie Guibert








                        



                                


                            
En assumant de relancer un débat sur le comportement des militaires français dans les opérations de la guerre d’Algérie, Emmanuel Macron va-t-il susciter une nouvelle incompréhension dans les armées ? Enoncée jeudi 13 septembre, la « reconnaissance au nom de la République française que Maurice Audin a été torturé » et que le jeune assistant de mathématiques de la fac d’Alger a été exécuté « par des militaires qui l’avaient arrêté à son domicile » en 1957 est un acte historique.
Les mots du président ont été préparés avec les autorités du ministère des armées. Ils sont inscrits dans un cadre précis : c’est « un système » dont des gouvernements ont eu la responsabilité politique avec le « fondement légal » des pouvoirs spéciaux, qui a formé « le terreau malheureux d’actes parfois terribles, dont la torture ». La délégation de pouvoirs de police à l’armée est en cause, et non une responsabilité générale des militaires, affirme l’Elysée. Dans cette guerre qui a tué 450 000 Algériens et 30 000 soldats français (en mobilisant 1,3 million d’appelés), les crimes de certains ne peuvent peser sur la conscience de tous les autres, insiste le chef de l’Etat : « Il en va de l’honneur de tous les militaires morts pour la France (…) dans ce conflit. »

En somme, les sources de l’exécutif soulignent que l’affaire Audin ne saurait concerner l’armée d’aujourd’hui et que cette reconnaissance symbolique ne relève d’aucune volonté de lui faire un procès. Mais certains militaires jugent la polémique inévitable. Une telle annonce ne peut, disent-ils, qu’être mal vécue par les anciens qui, dans leur majorité, n’ont rien vu de la torture. Et la clôture du cas Audin, tant attendue par la famille, risque par amalgame d’avoir un impact négatif sur l’image actuelle de l’institution.
« Il ne faudrait pas qu’en revenant sur des affaires très anciennes on entache la réputation d’une armée qui depuis vingt...




                        

                        

