<FILE-date="2018/09/13/19">

<article-nb="2018/09/13/19-1">
<filnamedate="20180913"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180913"><AAMMJJHH="2018091319">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-1"> ¤ Notre correspondante à Bruxelles, Cécile Ducourtieux, a répondu à vos questions sur le vote-sanction européen contre la Hongrie de Viktor Orban.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-1"> ¤                     
                                                

Le vote contre la Hongrie « risque de renforcer les convictions d’Orban et des anti-UE »

Notre correspondante à Bruxelles, Cécile Ducourtieux, a répondu à vos questions sur le vote-sanction européen contre la Hongrie de Viktor Orban.



LE MONDE
 |    13.09.2018 à 18h42
 • Mis à jour le
13.09.2018 à 18h46
   





                        



   


Correspondante du Monde à Bruxelles, Cécile Ducourtieux a répondu aux questions des internautes sur le vote, mercredi 12 septembre, des députés européens en faveur du lancement d’une procédure contre la Hongrie pour violation de l’Etat de droit.

        Lire aussi :
         

                Le Parlement européen sanctionne Viktor Orban



Florent : Quelles peuvent être les conséquences concrètes de la procédure pour la Hongrie ?
L’article 7 des traités de l’Union européenne (UE) est une procédure particulièrement complexe. Et politique. Après le vote du Parlement européen hier, qui initie la procédure, c’est désormais au Conseil européen (les Etats membres) de s’en saisir. Pour décider s’ils la poursuivent, au motif, qu’eux aussi s’inquiètent d’un « risque clair de violation grave de l’Etat de droit » en Hongrie, ou pas. Pour poursuivre la procédure et donc entrer dans un dialogue avec Budapest, les pays doivent se prononcer à une majorité des 4/5es du Conseil européen.
Mais pas grand monde ne croit, à Bruxelles, que les capitales vont franchir le pas. Elles craignent qu’en mettant Budapest sur le banc de touche, le gouvernement Orban se mette à bloquer toutes les discussions au Conseil : Brexit, budget de l’Union européenne… Donc les conséquences du vote de mercredi pour la Hongrie sont surtout symboliques : les eurodéputés, donc les représentants du peuple européen, à une large majorité, estiment que le premier ministre Orban dévie trop des principes de l’Etat de droit.
Didtou : Maintenant il faut un vote des 4/5es des pays membres au conseil européen. Ce qui représente 23 pays sur 28. Qui sera contre hormis la Hongrie ?
La Pologne devrait être contre également, puisqu’elle est sous le coup de la même procédure « article 7 ». C’est son chef de la diplomatie, Jacek Czaputowicz, qui l’a déclaré aujourd’hui. Il a dit qu’il serait à la fois contre la discussion sur les problèmes d’Etat de droit en Hongrie au Conseil et contre d’éventuelles sanctions – menée à son terme, la procédure « article 7 » peut conduire à une suspension des droits de vote du pays incriminé.
Impossible de dire, au-delà de la Pologne, qui, au Conseil, va prendre le parti de M. Orban. Mais les gouvernements sont très frileux pour dénoncer les agissements des uns et des autres quand ils se réunissent à Bruxelles. Ils craignent toujours ce qu’on appelle le « précédent » : qu’à montrer trop du doigt le voisin, un jour celui-ci lui rende la pareille. Or, d’autres gouvernements sont sur la sellette en ce moment, la Roumanie par exemple. Les Espagnols, aussi : ils sont tétanisés à l’idée qu’on leur reproche un jour au conseil leur gestion de la crise catalane.
Sacha : Sanctionner la Hongrie ne risquerait-il pas de renforcer les convictions d’Orban et des anti-UE ?
C’est évidemment un risque. M. Orban a livré un discours très brutal, sans concessions, mardi 11 septembre au Parlement de Strasbourg. On pensait qu’il tenterait de convaincre les élus, notamment les conservateurs, du même parti paneuropéen qu’eux, qu’il allait amender sa politique antimigrants, sa législation « Stop Soros » qui met des bâtons dans les roues des ONG d’aide aux réfugiés, mais il n’en a rien été.
Il a au contraire insisté sur la « volonté du peuple hongrois » qui primait sur les règles de l’Union. Il a discrédité le rapport de la députée néerlandaise Judith Sargentini (« un tissu de mensonges »), et s’est focalisé sur la question migratoire, alors que la Hongrie est aussi dans le viseur de l’Union pour la liberté de la presse, la réforme de sa Constitution, etc. Va-t-il accepter de revenir sur sa politique après le vote d’hier ? C’est peu vraisemblable. « Je ne vais pas envisager de compromis, [ces lois Stop Soros] étaient une décision des Hongrois », a-t-il déclaré lors de la conférence de presse, mardi à Strasbourg.
Fallait-il pour autant ne pas voter cet article 7 ? Une large majorité d’eurodéputés, dont plus de la moitié des effectifs du groupe PPE, ont estimé que non. Et de fait : jusqu’à présent, la tolérance des institutions européennes à l’égard de Viktor Orban ne l’a pas empêché de devenir, depuis son retour au pouvoir en 2010, un chantre de l’illibéralisme.

        Lire aussi :
         

                Sur le banc des accusés du Parlement européen, Viktor Orban dénonce un « chantage »



Samtana : Quelles sont les avancées du déclenchement de l’article 7 contre la Pologne aujourd’hui ?
L’article 7 a été « recommandé » par la Commission européenne en décembre 2017. Mais la première audition de la Pologne sur le fond n’a été programmée par la présidence bulgare du Conseil européen que fin juin 2018… La réunion n’a débouché sur aucune conclusion, hormis le fait qu’il était nécessaire de reparler du cas polonais dans le cadre d’un conseil des ministres des affaires européennes, cet automne. Par ailleurs, le gouvernement ultraconservateur du PiS en place à Varsovie a annoncé au printemps, le premier vice-président de la Commission, qu’il n’avait pas l’intention de reculer sur les grands principes de la réforme de la justice, dans le collimateur de la Commission.
Louis : y a t-il un risque que la Hongrie déclenche une sortie de l’UE, et que représente exactement la sanction ?
L’article 7 peut certes déboucher sur une suspension des droits de vote au Conseil de la Hongrie (ou de la Pologne). Mais c’est hautement improbable puisque cette décision, qui équivaut à une exclusion de fait de l’Union, doit être décidée à l’unanimité des pays membres (moins le pays visé). Par ailleurs, on n’est pas du tout dans le cas britannique. La Hongrie dépend beaucoup des fonds structurels européens – ils pèsent annuellement 4,4 % de son produit intérieur brut et la moitié de ses investissements publics. M. Orban le répète souvent : il ne veut pas quitter l’Union, il veut la changer.
Anonyme : Est-ce que cette décision ne risque pas de cliver l’Europe entre les pays du groupe de Visegrad et l’Italie et les pays « progressistes » à moins d’un an des élections européennes ?
Ce risque existe. Même si quand on analyse les votes d’hier au Parlement européen, on s’aperçoit que le clivage est-ouest était peu opérant. Les Polonais du PPE ont par exemple massivement voté pour le déclenchement de l’article 7. Ceux qui ont voté contre ou se sont abstenus sont plutôt à rechercher du côté des élus espagnols, italiens ou français du parti des droites européennes.

        Lire aussi :
         

                Viktor Orban essuie une défaite en Europe de l’Est



Titi Magyar : En quoi ce vote (et éventuellement celui du Conseil européen) pourrait venir impacter le prochain budget et, de fait, les fonds attribués à la Hongrie ?
Difficile à dire. Ce qui est sûr, c’est que des gouvernements comme le français ou l’allemand militent depuis des mois pour que dans le cadre du prochain budget européen pluriannuel, les fonds alloués aux pays soient conditionnés au respect de l’Etat de droit. La commission Juncker a même fait une proposition dans ce sens. Mais ni cette proposition ni le budget pluriannuel (2021-2027) n’ont commencé à être négociés à Bruxelles. En tout cas, pour Paris et Berlin qui savent bien que l’article 7 est une procédure très compliquée à mener à son terme, faire planer la menace d’une suspension future des fonds, est considéré comme le meilleur moyen de tenter de « contenir » les dérives de M. Orban. Ou du PiS en Pologne.
Gaspard : Le PPE vient clairement de sanctionner Orban, qui fait pourtant partie de ses rangs. Est-il possible que le parti choisisse de l’expulser après ce vote ?
Bonne question, celle que tous les élus du Parlement de Strasbourg se posent depuis hier, à commencer par ceux du PPE. Ils sont partagés : certains de leurs dirigeants – Joseph Daul, son président, Manfred Weber, le président du groupe PPE à Strasbourg – sont excédés par l’attitude de Viktor Orban, qui refuse désormais de reculer sur ses législations contraires aux valeurs de l’Union. Il est devenu un « boulet », vraiment trop populiste, trop en contradiction avec l’ADN du parti : pro-européen et chrétien-démocrate.
Le problème, c’est que la procédure d’exclusion prévue dans le règlement du PPE est fastidieuse (il faut qu’au moins sept partis issus de cinq pays différents la demandent). Certains espèrent que M. Orban va finir par partir de lui-même. Il y a aussi ceux qui refusent de tomber dans un piège que leur auraient tendu les socialistes européens. Mais Si M. Orban est désormais considéré comme une partie du PPE comme un « mouton noir », il a quand même en grande partie gagné la bataille des idées. Tout le monde, à droite, même au centre de l’échiquier européen, estime, comme lui, qu’il faut fermer les frontières de l’UE.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/09/13/19-2">
<filnamedate="20180913"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180913"><AAMMJJHH="2018091319">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-2"> ¤ La version la plus chère coûte 1 700 euros, un tarif proche du salaire médian français. Pendant ce temps-là, Android prend le chemin inverse.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-2"> ¤                     
                                                

Nouveaux iPhone : des prix de plus en plus élevés… et difficiles à justifier

La version la plus chère coûte 1 700 euros, un tarif proche du salaire médian français. Pendant ce temps-là, Android prend le chemin inverse.



LE MONDE
 |    13.09.2018 à 17h34
 • Mis à jour le
13.09.2018 à 17h56
    |

                            Nicolas Six








                        



   


C’est un détail révélateur qui braque les consommateurs après la « keynote » d’Apple du 12 septembre. Au fond des boîtes d’iPhone, l’adaptateur audio s’est volatilisé. Apple l’a supprimé des accessoires fournis avec ses nouveaux modèles, ainsi que de ses anciens. Pour brancher un casque audio filaire à un iPhone 7 ou un modèle plus récent, qui ne permettent par défaut qu’une connexion Bluetooth aux écouteurs, il faut désormais acheter ce petit accessoire séparément. Il en coûte dix euros.
Les ventes de cet adaptateur ne gonfleront probablement pas significativement les marges commerciales déjà gargantuesques d’Apple, dont la capitalisation boursière a dépassé les 1 000 milliards de dollars, et dont la vertigineuse trésorerie dépasse les 200 milliards de dollars. Les dernières annonces de la marque californienne risquent en revanche d’entamer son précieux capital sympathie.

        Lire sur le sujet :
         

          Apple présente trois nouveaux iPhone et une Watch qui surveille le cœur



Trois iPhone aux tarifs lunaires
La marque semble en effet avoir oublié toute mesure en tarifant ses trois nouveaux iPhone à des prix records. Le moins onéreux, l’iPhone Xr, est facturé 859 euros dans sa version 64 Go, à comparer aux 808 euros demandés l’année dernière pour l’iPhone 8 — qui était le moins cher des mobiles annoncés durant la keynote 2017. Quand au smartphone le plus coûteux de la nouvelle gamme Apple, le XS Max, il est facturé 1 659 euros dans sa version la plus chère avec 512 Go de stockage. Une somme proche du salaire médian français, qui s’élevait à 1 797 euros par mois en 2015, selon l’Insee. L’année dernière, le modèle d’iPhone au tarif le plus élitiste, le X, coûtait déjà la somme record de 1 329 euros.
Le prix d’entrée pour un iPhone se situe désormais à 529 euros, la somme demandée pour l’iPhone 7, le mobile le moins coûteux du nouveau catalogue. Il prend la place du SE, dont la commercialisation s’arrête, alors que la veille de la keynote, il coûtait seulement 489 euros.
Dix années de hausse des prix
Lorsqu’on prend le temps de scruter dix années d’évolution tarifaire des iPhone, leur prix croît de façon constante.


	#container_1536840019{
		padding:5px 5px 0px 10px;
		width:100%;
		background-color:#f5f6f8;
	}
	#graphe_1536840019{
		height:500px;
	}
	#container_1536840019 .titre{
		position:relative;margin: 10px 0;
		font-size: 1.5rem;
		font-family: "Helvetica Neue", Helvetica, Arial, FreeSans, sans-serif;
		font-weight: bold;
		position: relative;
		}
	#container_1536840019 .subtitle{
		display:block;
		margin: 10px 0;
		font-size: 1.3rem;
}
	.highcharts-tooltip span {
		height: auto;
		min-width: 170px;
		z-index: 9998!important;
		overflow: auto;
		opacity: 1;
		white-space: normal !important;
	}
	#container_1536840019.highcharts-xaxis-labels text
	{
		font-size: 10px!important;
}
	#container_1536840019.highcharts-legend-item text
	{
		font-size: 11px!important;
	}
	.tooltiplarge {
		width: 230px;
	}
	#container_1536840019 .credits{
		text-align: right;
		margin-right: 5px;
		padding-bottom: 5px;
	}



Evolution du prix de l'iPhone à sa sortie - copie
en euros

Source : Apple



require(['highcharts/4.1.9','highcharts-standalone'], function() {
	Highcharts.setOptions({
		lang: {
			decimalPoint: ',',
			thousandsSep: ' ',
			months: ['Janvier', 'Février', 'Mars', 'Avril', 'Mai', 'Juin',  'Juillet', 'Août', 'Septembre', 'Octobre', 'Novembre', 'Décembre'],
			shortMonths: [ 'jan.' , 'fév.' , 'mars' , 'avr.' , 'mai' , 'juin' , 'juil.' , 'août' , 'sept.' , 'oct.' , 'nov.' , 'déc.'],
			weekdays: ['Dimanche', 'Lundi', 'Mardi', 'Mercredi', 'Jeudi', 'Vendredi', 'Samedi'],
			noData: 'Pas de données à afficher', 
			numericSymbols: [null, 'M', 'G', 'T', 'P', 'E']
		}
	});
	var annotation_spe = [];

	var chart = new Highcharts.Chart({
	chart:{
		renderTo:"graphe_1536840019",
		backgroundColor: "rgba(255,255,255,0)",
		borderRadius: 0,
		alignTicks:false,
		type: "line",
		spacingBottom: 10
	},
	colors:["#0386c3","#FFc832","#ff3232","#F19300","#28beaa","#285a82","#821400","#191919"],
	credits:{
		enabled:false},
	title: {
		text: ""
	},
	subtitle: {
		text: ""
	},
	plotOptions: {
		series: {
			dataLabels: {
				inside: false,
				allowOverlap: true,
				format: "{y} ",
				style: {
					textShadow: 'none',
					color: '#333'
				}
			},
			connectNulls:true,
			stacking:null,
			marker:{
				symbol:"circle",
				fillColor:"#FFF",
				lineWidth: 2,
				radius:3,
				lineColor:null
			},
			states:{
				hover:{
					lineWidthPlus : 0
				}
			}
		},
		pie:{
			dataLabels:{
				distance:30, 
				softConnector:false
			}
		}
	},
	yAxis:[{
		id:"0",
		allowDecimals:false,
		type:"linear",
		title: {
			text:""
		},
		labels: {
			useHTML: false,
			format: "{value} ",
			zIndex: -1
		},
		min: 250,
		max: 1500,
		startOnTick: "",
		endOnTick:"",
		reversed:false,
		plotLines: [{
			color: "#ccc",
			width: "",
			value: "" ,
			label: {
				useHTML: false,
				text:"",
				align: "left",
				x: -3
			}
		}],
		plotBands: [{
			color: "#ccc",
			from: "",
			to: "",
			label: {
				useHTML: false,
				text: "",
				textAlign: "",
				align: "left",
				verticalAlign: "top",
				x: "",
				y: -5
			}
		}]
	},{
		id:"1",
		allowDecimals:false,
		type:"linear",
		title: {
			text:""
		},
		labels: {
			useHTML: false,
			format: "{value} ",
			zIndex: -1
		},
		min: null,
		max: null,
		startOnTick: true,
		endOnTick:true,
		reversed:false,
		opposite:true
	}],
	xAxis: {
		type: "linear",
		 categories:["iPhone (8 Go)","3G (8 Go)","3GS (16 Go)","4 (16 Go)","4s (16 Go)","5 (16 Go)","5c (16 Go)","5c (16 Go)","6 (16 Go)","6 Plus (16 Go)","6s (16 Go)","6s Plus (16 Go)","SE (16 Go)","7 (32Go)","7 Plus (32Go)","8 (64 Go)","8 Plus (64 Go)","X (64 Go)","Xr (64 Go)","Xs (64 Go)","Xs Max (64 Go)"],
		title: {
			text: ""
		},
		labels: {
			useHTML: false,
			step: "",
			format: "{value}"
		},
		plotLines: [{
			color: "#ccc",
			width: "",
			value: "",
			label: {
				useHTML: false,
				text: "",
				textAlign: "",
				verticalAlign: "top",
				x: 5,
				y: ""
			}
		}],
		plotBands: [{
			color: "#ccc",
			from: "",
			to: "",
			label: {
				useHTML: false,
				text: "",
				textAlign: "",
				align: "left",
				verticalAlign: "top",
				x: "",
				y: 10
			}
		}]
	},
	legend:{
		enabled:1,
		layout:"horizontal", 
		verticalAlign:"bottom", 
		align:"center",
		y:-10
	},

	series:[
  {
    "name": 649,
    "color": "#0386c3",
    "data": [
      [
        "",
        649
      ],
      [
        "",
        509
      ],
      [
        "",
        559
      ],
      [
        "",
        629
      ],
      [
        "",
        629
      ],
      [
        "",
        679
      ],
      [
        "",
        599
      ],
      [
        "",
        699
      ],
      [
        "",
        709
      ],
      [
        "",
        809
      ],
      [
        "",
        749
      ],
      [
        "",
        859
      ],
      [
        "",
        489
      ],
      [
        "",
        769
      ],
      [
        "",
        909
      ],
      [
        "",
        809
      ],
      [
        "",
        919
      ],
      [
        "",
        1159
      ],
      [
        "",
        859
      ],
      [
        "",
        1159
      ],
      [
        "",
        1259
      ]
    ],
    "type": "",
    "lineWidth": 2,
    "yAxis": 0,
    "stack": "null",
    "visible": true,
    "dataLabels": {
      "enabled": 0
    }
  }
],
	tooltip: {
		useHTML: true,
		shared: false,
		valueDecimals: 2,
		valuePrefix: "",
		valueSuffix: "",
		backgroundColor: '#FFF',
		borderColor: '#ccd0d3',
		borderRadius: 8,
		borderWidth: 0,
		dateTimeLabelFormats: {
			hour: "",
		},
		shadow: false,
		style: {"padding":"15px", "font-family":"Helvetica,Arial!important", "color":"#16212c"},
{point.key}',
\u25CF {series.name}: {point.y}',
		hideDelay: 200,
		borderWidth: 1,
		borderColor: "#AAA",
		formatter: function(tooltip) {
			return tooltip.defaultFormatter.call(this, tooltip);
		},
	}
});

	function findLength(str) {
 100) {
			el = document.getElementsByClassName('highcharts-tooltip')[1].firstChild;
			if (el.classList) {el.classList.add('tooltiplarge');}
			else {el.className += ' ' + 'tooltiplarge';}
		}	
	}

});


Il convient, certes, de tempérer l’impression laissée par cette courbe. Depuis une décennie, les caractéristiques des iPhone ont changé : les nouveaux modèles disposent parmi les écrans les plus larges jamais conçus pour ces appareils (jusqu’à 6,5 pouces pour l’iPhone Xs Max). Des smartphones de taille XXL qui sont actuellement les plus plébiscités par les acheteurs de smartphones, et sur lesquels misent les constructeurs pour tenter de dynamiser le marché… tout en admettant qu’ils coûtent plus cher à produire.

        Lire sur le sujet :
         

          Apple mise sur l’extension de la taille de ses écrans d’iPhone



Depuis une décennie, la mémoire des iPhone n’a également pas cessé de grandir. En 2007, le tout premier modèle embarquait seulement 8 Go de mémoire. Depuis 2017, les nouveaux iPhone intègrent tous 64 Go dans leur version la moins coûteuse. Pour beaucoup de consommateurs, une mémoire de 64 Go est un bon choix pour éviter les soucis de saturation. Voici toutefois à quoi ressemble la courbe des prix des iPhone dotés de 64 Go de mémoire depuis 2011 :


	#container_15052882962{
		padding:5px 5px 0px 10px;
		width:100%;
		background-color:#f5f6f8;
	}
	#graphe_15052882962{
		height:400px;
	}
	#container_15052882962 .titre{
		position:relative;margin: 10px 0;
		font-size: 1.5rem;
		font-family: "Helvetica Neue", Helvetica, Arial, FreeSans, sans-serif;
		font-weight: bold;
		position: relative;
		}
	#container_15052882962 .subtitle{
		display:block;
		margin: 10px 0;
		font-size: 1.3rem;
}
	.highcharts-tooltip span {
		height: auto;
		min-width: 170px;
		z-index: 9998!important;
		overflow: auto;
		opacity: 1;
		white-space: normal !important;
	}
	#container_15052882962.highcharts-xaxis-labels text
	{
		font-size: 10px!important;
}
	#container_15052882962.highcharts-legend-item text
	{
		font-size: 11px!important;
	}
	.tooltiplarge {
		width: 230px;
	}
	#container_15052882962 .credits{
		text-align: right;
		margin-right: 5px;
		padding-bottom: 5px;
	}



Evolution du prix des iPhone dotés de 64 Go
en euros

Source : Apple



require(['highcharts/4.1.9','highcharts-standalone'], function() {
	Highcharts.setOptions({
		lang: {
			decimalPoint: ',',
			thousandsSep: ' ',
			months: ['Janvier', 'Février', 'Mars', 'Avril', 'Mai', 'Juin',  'Juillet', 'Août', 'Septembre', 'Octobre', 'Novembre', 'Décembre'],
			shortMonths: [ 'jan.' , 'fév.' , 'mars' , 'avr.' , 'mai' , 'juin' , 'juil.' , 'août' , 'sept.' , 'oct.' , 'nov.' , 'déc.'],
			weekdays: ['Dimanche', 'Lundi', 'Mardi', 'Mercredi', 'Jeudi', 'Vendredi', 'Samedi'],
			noData: 'Pas de données à afficher', 
			numericSymbols: [null, 'M', 'G', 'T', 'P', 'E']
		}
	});
	var annotation_spe = [];

	var chart = new Highcharts.Chart({
	chart:{
		renderTo:"graphe_15052882962",
		backgroundColor: "rgba(255,255,255,0)",
		borderRadius: 0,
		alignTicks:false,
		type: "line",
		spacingBottom: 10
	},
	colors:["#0386c3","#FFc832","#ff3232","#F19300","#28beaa","#285a82","#821400","#191919"],
	credits:{
		enabled:false},
	title: {
		text: ""
	},
	subtitle: {
		text: ""
	},
	plotOptions: {
		series: {
			dataLabels: {
				inside: false,
				allowOverlap: true,
				format: "{y} ",
				style: {
					textShadow: 'none',
					color: '#333'
				}
			},
			connectNulls:true,
			stacking:null,
			marker:{
				symbol:"circle",
				fillColor:"#FFF",
				lineWidth: 2,
				radius:3,
				lineColor:null
			},
			states:{
				hover:{
					lineWidthPlus : 0
				}
			}
		},
		pie:{
			dataLabels:{
				distance:30, 
				softConnector:false
			}
		}
	},
	yAxis:[{
		id:"0",
		allowDecimals:false,
		type:"linear",
		title: {
			text:""
		},
		labels: {
			useHTML: false,
			format: "{value} ",
			zIndex: -1
		},
		min: null,
		max: 1500,
		startOnTick: "",
		endOnTick:"",
		reversed:false,
		plotLines: [{
			color: "#ccc",
			width: "",
			value: "" ,
			label: {
				useHTML: false,
				text:"",
				align: "left",
				x: -3
			}
		}],
		plotBands: [{
			color: "#ccc",
			from: "",
			to: "",
			label: {
				useHTML: false,
				text: "",
				textAlign: "",
				align: "left",
				verticalAlign: "top",
				x: "",
				y: -5
			}
		}]
	},{
		id:"1",
		allowDecimals:false,
		type:"linear",
		title: {
			text:""
		},
		labels: {
			useHTML: false,
			format: "{value} ",
			zIndex: -1
		},
		min: null,
		max: null,
		startOnTick: true,
		endOnTick:true,
		reversed:false,
		opposite:true
	}],
	xAxis: {
		type: "linear",
		 categories:["iPhone 4S","iPhone 5","iPhone 5s","iPhone 6","iPhone 6 plus","iPhone 6s","iPhone 6s plus","iPhone 7 (128)","iPhone 7 plus (128)","iPhone 8","iPhone 8 plus","iPhone X","iPhone Xr","iPhone Xs","iPhone Xs Max"],
		title: {
			text: ""
		},
		labels: {
			useHTML: false,
			step: "",
			format: "{value}"
		},
		plotLines: [{
			color: "#ccc",
			width: "",
			value: "",
			label: {
				useHTML: false,
				text: "",
				textAlign: "",
				verticalAlign: "top",
				x: 5,
				y: ""
			}
		}],
		plotBands: [{
			color: "#ccc",
			from: "",
			to: "",
			label: {
				useHTML: false,
				text: "",
				textAlign: "",
				align: "left",
				verticalAlign: "top",
				x: "",
				y: 10
			}
		}]
	},
	legend:{
		enabled:1,
		layout:"horizontal", 
		verticalAlign:"bottom", 
		align:"center",
		y:-10
	},

	series:[
  {
    "name": 849,
    "color": "#0386c3",
    "data": [
      [
        "",
        849
      ],
      [
        "",
        899
      ],
      [
        "",
        899
      ],
      [
        "",
        819
      ],
      [
        "",
        919
      ],
      [
        "",
        859
      ],
      [
        "",
        969
      ],
      [
        "",
        879
      ],
      [
        "",
        1019
      ],
      [
        "",
        809
      ],
      [
        "",
        919
      ],
      [
        "",
        1159
      ],
      [
        "",
        859
      ],
      [
        "",
        1159
      ],
      [
        "",
        1259
      ]
    ],
    "type": "bar",
    "lineWidth": 2,
    "yAxis": 0,
    "stack": "null",
    "visible": true,
    "dataLabels": {
      "enabled": 0
    }
  }
],
	tooltip: {
		useHTML: true,
		shared: false,
		valueDecimals: 2,
		valuePrefix: "",
		valueSuffix: "",
		backgroundColor: '#FFF',
		borderColor: '#ccd0d3',
		borderRadius: 8,
		borderWidth: 0,
		dateTimeLabelFormats: {
			hour: "",
		},
		shadow: false,
		style: {"padding":"15px", "font-family":"Helvetica,Arial!important", "color":"#16212c"},
{point.key}',
\u25CF {series.name}: {point.y}',
		hideDelay: 200,
		borderWidth: 1,
		borderColor: "#AAA",
		formatter: function(tooltip) {
			return tooltip.defaultFormatter.call(this, tooltip);
		},
	}
});

	function findLength(str) {
 100) {
			el = document.getElementsByClassName('highcharts-tooltip')[1].firstChild;
			if (el.classList) {el.classList.add('tooltiplarge');}
			else {el.className += ' ' + 'tooltiplarge';}
		}	
	}

});


A mémoire égale, les prix des iPhone se sont donc bien envolés. L’évolution est d’autant plus saisissante que cette année, les trois nouveaux iPhone n’apportent rien de révolutionnaire à la formule de l’iPhone X inaugurée l’année dernière. Les slogans distillés par Apple pendant sa présentation du 12 septembre n’y changent rien : selon notre première analyse, même si nous attendons encore l’opportunité de les tester, ces nouveaux iPhone n’apportent que des améliorations mineures (cœurs plus rapides, écrans plus grands, capteur photo amélioré, reconnaissance faciale plus rapide). Au quotidien, l’impact de ces évolutions (plus que des innovations) sur la capacité des iPhone à rendre davantage de services aux utilisateurs devrait être limitée. Beaucoup de consommateurs risquent même de ne percevoir aucune différence.

        Lire sur le sujet :
         

          Apple présente trois nouveaux iPhone et une Watch qui surveille le cœur



Cette stagnation technologique contraste avec l’époque où les smartphones progressaient à toute vitesse, avec des innovations comme la coque en aluminium, l’Internet haut débit, l’écran haute résolution. Elle met en lumière une évolution plus vaste et plus significative. Depuis cinq ans, les fabricants de smartphones peinent à innover de façon spectaculaire sur un rythme annuel : l’innovation a beaucoup ralenti, les smartphones sont arrivés à maturité.
Les appareils sous Android n’ont jamais été aussi attirants
Or lorsqu’un produit stagne, son tarif a mécaniquement tendance à baisser. C’est d’ailleurs ce qui arrive aux smartphones Android depuis plusieurs années, malgré les efforts de constructeurs comme Samsung pour maintenir l’attractivité des modèles haut de gamme.

   


On trouve désormais d’excellents smartphones — beaux, bien finis, polyvalents, performants — autour de 450 euros. Notre comparatif daté de mai 2018 l’a confirmé. Les écarts entre les smartphones haut de gamme et moyen de gamme ne cessent de se réduire. Certains modèles à prix moyens ressemblent étrangement aux smartphones premium d’Apple : comme eux, leur façade avant est mangée par un écran immense, dont le sommet est fendu d’une étrange encoche. L’un d’eux, le Oneplus 6, capture des photos de qualité au moins comparable à celles de l’iPhone X.

        Lire aussi :
         

                On a testé… cinq smartphones autour de 450 euros



Plusieurs fabricants chinois ont hissé la qualité de leurs smartphones à un niveau relativement proche de celui des iPhone, pour un tarif deux à trois fois moins élevé, et cela laisse songeur. Ces dernières semaines, deux modèles particulièrement accessibles ont fait leur apparition, le Pocophone F1 (360 euros) et le Honor Play (330 euros), deux smartphones prometteurs que nous testons actuellement.
Le prix des smartphones Android s’effondre donc tandis que, de l’autre côté de la barrière, dans l’univers clos d’Apple, les consommateurs ne bénéficient d’aucun tassement tarifaire. Bien au contraire, puisque contre toute logique, les tarifs des iPhone renchérissent. Un écart béant sépare désormais ces deux familles. L’immense machine à désirs qu’est Apple serait-elle devenue trop gourmande ?
Atouts et défauts dans la balance
Les smartphones d’Apple conservent bien sûr des atouts, dont voici les principaux. La qualité des applications disponibles dans l’App Store reste meilleure. Les menus des iPhone demeurent un peu plus clairs. Leur logiciel central iOS bénéficie régulièrement d’améliorations et de pansements de sécurité qui profitent à de très nombreux iPhone, jusqu’à cinq ans d’âge. Le système de reconnaissance faciale des iPhone les plus récents demeure plus sûr et plus simple que celui des smartphones Android.
Aux yeux d’un consommateur averti, ces atouts peuvent paraître modestes en regard de l’écart tarifaire avec ses concurrents Android, d’autant que les iPhone ont aussi des faiblesses récurrentes. Leur mémoire n’est pas extensible par carte mémoire, on y accède difficilement depuis un ordinateur, leurs menus sont moins personnalisables que ceux d’Android. Pour les clients d’Apple, la question de la migration vers Android se pose de plus en plus clairement. L’opération est assurément une expérience pénible, mais elle est plus tentante que jamais.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/09/13/19-3">
<filnamedate="20180913"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180913"><AAMMJJHH="2018091319">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-3"> ¤ « Je pense que Porto Rico a été un succès incroyable », a dit le président américain, souvent suspecté de complaisance avec des théories complotistes.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-3"> ¤                     
                                                

Trump ne croit pas que l’ouragan Maria a fait 3 000 morts à Porto Rico

« Je pense que Porto Rico a été un succès incroyable », a dit le président américain, souvent suspecté de complaisance avec des théories complotistes.



LE MONDE
 |    13.09.2018 à 16h28
 • Mis à jour le
13.09.2018 à 17h50
    |

            Gilles Paris (Washington, correspondant)








                        



   


A quelques heures de l’arrivée sur les côtes américaines de l’ouragan Florence, jeudi 13 septembre, Donald Trump a ouvert une nouvelle polémique en contestant le bilan officiel de Maria, celui qui avait ravagé l’île de Porto Rico, en septembre 2017. « 3 000 personnes ne sont pas mortes dans les deux ouragans ayant frappé Porto Rico. Lorsque j’ai quitté l’île, après que la tempête a frappé, ils avaient entre 6 et 18 morts », a écrit le président des Etats-Unis sur son compte Twitter.
Longtemps fixé à 64 morts, ce bilan a été revu dramatiquement à la hausse le 28 août après les conclusions d’une enquête indépendante. Elle avait été demandée par le gouverneur de ce territoire associé, Ricardo Rossello, à l’Institut Milton de santé publique, rattaché à l’Université George Washington.
Il englobe les morts qui peuvent être attribuées directement ou indirectement à l’ouragan Maria, le plus destructeur, entre la date de son passage, en septembre 2017, et la mi-février. La remise en état de ce territoire isolé et aux finances défaillantes a été particulièrement longue, notamment pour le réseau électrique.

        Lire notre article de l’an dernier :
         

          Trois mois après l’ouragan Maria, Porto Rico compte toujours ses morts



En visite sur l’île, après la catastrophe, Donald Trump avait semblé minimiser les pertes humaines en comparant le bilan provisoire à celui de l’ouragan Katrina (1 836 morts) qui avait ravagé la Nouvelle-Orléans, qualifié de « vraie catastrophe ». Toujours soucieux de se présenter en « gagnant » et en président accumulant les réussites, Donald Trump n’a cessé ensuite de s’attribuer des lauriers pour la gestion des secours après la catastrophe. « Je pense que nous avons fait du très bon boulot », avait-il déclaré quelques semaines plus tard, s’attribuant la note maximum de 10/10.
Une conviction que la révision du bilan n’a pas remise en cause. « Je pense que Porto Rico a été un succès incroyable et méconnu », a-t-il encore dit mercredi, avant de passer en revue les autres États dévastés en 2017. « Texas, on nous a donné A-plus [la meilleure note du système scolaire américaine]. Floride, on nous a donné A-plus », a assuré le président des États-Unis.

Machination politique
Souvent suspecté de complaisance avec des théories complotistes, comme celle qui contestait que Barack Obama soit né aux États-Unis et donc éligible à la présidence, Donald Trump ne s’est pas contenté de jeter le doute sur le bilan officiel. Il a également mis en cause une machination politique. « Cela a été fait par les démocrates pour me faire apparaître sous le plus mauvais jour possible lorsque je levais avec succès des milliards de dollars pour aider à reconstruire Porto Rico », a-t-il assuré.
« Si une personne est décédée pour une raison quelconque, comme la vieillesse, ajoutez-la simplement à la liste. Mauvaise politique. J’aime Porto Rico ! », a encore écrit le président en niant la surmortalité pointée par l’étude indépendante. Il a été contredit très vite par le speaker (président) républicain de la Chambre des représentants, Paul Ryan, ainsi que par son ancien conseiller à la sécurité intérieure qui avait supervisé les secours, Tom Bossert. L’un comme l’autre ont estimé qu’il n’y avait « aucune raison de contester les chiffres » de l’étude.

Un bilan d’abord sous-estimé
Le bilan tragiquement sous-estimé de 64 morts, qui fut un temps celui avancé par les autorités locales, est a été officiellement abandonné, an août 2018, près d’un an après le passage de l’ouragan Maria. « J’ai donné comme instruction d’actualiser le bilan officiel à 2 975 morts », avait alors déclaré Ricardo Rossello, gouverneur de Porto Rico. « Toute future discussion devra se fonder sur ce rapport », a ajouté celui qui avait demandé à des chercheurs de l’université George-Washington de parvenir à un bilan réaliste, face à la controverse.
Les chercheurs, qui ont conduit leurs travaux de façon indépendante, sont parvenus à leur estimation en comparant la mortalité pendant cette période à la mortalité normale, à partir des actes de décès et en prenant en compte les migrations d’habitants. Ils estiment que la mortalité a augmenté sur l’île de 22 % de septembre 2017 à février 2018, par rapport à la même période de l’année précédente. Une autre étude indépendante de chercheurs d’Harvard, non commandée par le gouvernement portoricain et publiée en mai, avait conclu à environ 4 600 morts en trois mois, selon une méthode proche.
La sous-estimation du nombre de décès résultait de la façon dont les services d’état civil enregistraient les morts, la cause inscrite ayant rarement été liée à l’ouragan, a fortiori quand les décès intervenaient longtemps après le passage de l’ouragan.





                            


                        

                        


<article-nb="2018/09/13/19-4">
<filnamedate="20180913"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180913"><AAMMJJHH="2018091319">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-4"> ¤ Après la reconnaissance par Emmanuel Macron du recours à la torture pendant la guerre d’Algérie, les comptes sont loin d’être soldés entre les deux pays.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-4"> ¤         

Décryptage

Entre la France et l’Algérie, les plaies toujours ouvertes de la mémoire

Après la reconnaissance par Emmanuel Macron du recours à la torture pendant la guerre d’Algérie, les comptes sont loin d’être soldés entre les deux pays.

Charlotte Bozonnet et 
                                Ghalia Kadiri




LE MONDE
              datetime="2018-09-13T15:38:13+02:00"

        Le 13.09.2018 à 15h38

     •
              itemprop="dateModified"
          datetime="2018-09-13T17:51:34+02:00"

        Mis à jour le 13.09.2018 à 17h51






    
Le président français, Emmanuel Macron, lors d’une cérémonie au mémorial du Martyr, à Alger, le 6 décembre 2017.
Crédits : Zohra Bensemra / REUTERS


En reconnaissant la responsabilité de la France dans la mort de Maurice Audin et le recours à la torture pendant la guerre d’Algérie, le président Emmanuel Macron fait un pas décisif dans un travail de mémoire lent et délicat entre les deux pays.

        Lire aussi :
         

                Torture en Algérie : le geste historique d’Emmanuel Macron



Les massacres de Sétif, Guelma et Kheratta
Les massacres perpétrés à partir du 8 mai 1945 dans l’Est algérien sont considérés comme le véritable premier acte de la guerre d’Algérie. Ce jour-là, alors que la France fête la victoire contre le nazisme, l’histoire tourne au drame à Sétif, mais aussi à Guelma et à Kheratta, où des manifestations sont réprimées dans le sang. En quelques semaines, des milliers d’Algériens – entre 10 000 et 45 000, selon les sources – seront tués, ainsi qu’une centaine d’Européens.
En 2005, une première reconnaissance est formulée par l’ambassadeur de France à Alger, Hubert Colin de Verdière, qui évoque une « tragédie inexcusable ». En 2008, l’ambassadeur Bernard Bajolet pointe à son tour la « très lourde responsabilité des autorités françaises de l’époque dans ce déchaînement de folie meurtrière », ajoutant que « le temps de la dénégation est terminé ». En avril 2015, le secrétaire d’Etat aux anciens combattants et à la mémoire, Jean-Marc Todeschini, se déplace à Sétif pour, soixante-dix ans après, commémorer les faits. Une première pour un responsable français.

        Lire aussi :
         

                « Sétif reste au cœur des relations franco-algériennes »



La responsabilité française dans la guerre et la colonisation
Le déplacement de M. Todeschini à Sétif entre dans le cadre de la politique mémorielle annoncée par François Hollande. Devant le Parlement algérien, en décembre 2012, le chef de l’Etat français avait dénoncé la colonisation, « un système profondément injuste et brutal », et reconnu « les souffrances […] infligées au peuple algérien », dont les massacres de Sétif, Guelma et Kheratta. « Le jour même où le monde triomphait de la barbarie, la France manquait à ses valeurs universelles », poursuivait le président. Un discours qui a fait date.
Son prédécesseur, Nicolas Sarkozy, avait déjà dénoncé le système colonial lors d’un discours le 3 décembre 2007 : « Oui, le système colonial a été profondément injuste, contraire aux trois mots fondateurs de notre République : liberté, égalité, fraternité », avait déclaré le président à Alger. Mais la portée de ses déclarations s’était rapidement atténuée : sitôt rentré d’Algérie, Nicolas Sarkozy avait reçu à l’Elysée les représentants des harkis, provoquant la colère d’Alger.
Lors d’un discours le 3 mars 2003, Jacques Chirac avait, lui, limité la reconnaissance des souffrances subies par le peuple algérien à la période de la guerre.

        Lire aussi :
         

                Algérie : Emmanuel Macron veut « tourner la page du passé »



Quant à Emmanuel Macron, il a marqué les esprits en Algérie avant même son élection. Lors d’un déplacement à Alger en février 2017, celui qui n’était alors que candidat à l’élection présidentielle avait déclaré vouloir réconcilier des « mémoires concurrentes ». La colonisation fut « un crime, un crime contre l’humanité, une vraie barbarie », avait-il déclaré en réponse à une question, poursuivant : « Ça fait partie de ce passé que nous devons regarder en face en présentant aussi nos excuses à l’égard de celles et de ceux vers lesquels nous avons commis ces gestes. » Ses propos avaient provoqué des réactions scandalisées de responsables politiques de droite et d’extrême droite. « Emmanuel Macron commet une faute politique », avait estimé Bruno Retailleau, sénateur LR proche de François Fillon.
Lors de son premier déplacement à Alger en tant que chef de l’Etat, Emmanuel Macron avait martelé son intention de « tourner la page du passé » pour « construire une nouvelle relation avec l’Algérie et notamment avec la jeunesse ».
L’assassinat des moines de Tibéhirine
Vingt-deux ans après le drame, l’affaire continue d’empoisonner régulièrement les relations franco-algériennes. Dans la nuit du 26 au 27 mars 1996, en pleine guerre civile, sept religieux français sont enlevés dans leur monastère à 80 km au sud d’Alger. Leur mort est annoncée quelques semaines plus tard par le Groupe islamique armé (GIA). Mais les circonstances de leur décès sont rapidement controversées. Des accusations émergent sur une possible implication des militaires algériens dans l’assassinat des religieux français.
En 2014, après des années de bataille judiciaire, des prélèvements sur les crânes des religieux sont finalement autorisés par les autorités algériennes. Une première dans cette affaire, alors qu’aucune autopsie n’avait été effectuée depuis 1996. Après deux années de discussions, les prélèvements sont rapportés en France en juin 2016. Le 29 mars 2018, des expertises scientifiques révèlent que les moines auraient été tués avant la date officielle de leur mort, le 21 mai 1996, et décapités post mortem, faisant peser des doutes sur la version officielle de leur assassinat.
Le 10 avril, l’Algérie donne au Vatican son accord pour la béatification des moines de Tibéhirine, qui pourrait se dérouler à Oran dans les prochains mois, selon le ministre algérien des affaires étrangères.

        Lire aussi :
         

                Béatification des moines de Tibéhirine : « Une démarche difficile et passionnante »



L’indemnisation des victimes algériennes
Les victimes algériennes de la guerre d’indépendance ont longtemps attendu ce moment. Plus de cinquante-cinq ans après la fin de la guerre d’Algérie, le Conseil constitutionnel a censuré, le 8 février 2018, la loi de 1963 prévoyant un « droit à pension » qui excluait les non-Français. Potentiellement, ce seraient plusieurs dizaines de milliers de victimes algériennes (15 000, selon une note obtenue par le Conseil constitutionnel) ou leurs ayants droit qui pourraient revendiquer une indemnisation.
La pension, souvent symbolique selon le niveau d’invalidité de la victime, est néanmoins une reconnaissance du statut de victime. Même si l’interprétation des exclusions prévues par la loi ne sera pas aisée et soulève encore beaucoup de questions. L’indemnisation financière ne fait pas partie des revendications des autorités algériennes, qui demandent à la France une « réparation morale » par des excuses portant sur toute la période de la colonisation.

        Lire aussi :
         

                Guerre d’Algérie : la France va devoir indemniser des victimes algériennes



La restitution des crânes de résistants algériens
Ce fut l’un des gestes annoncés par Emmanuel Macron lors de sa visite officielle à Alger le 6 décembre 2017. Le président français s’était dit « prêt » à ce que la France restitue des crânes d’insurgés algériens tués par le corps expéditionnaire français dans les années 1840 et 1850, conservés au Musée de l’homme, à Paris, et longtemps revendiqués par les historiens algériens. Une « loi de déclassification » devrait être adoptée par le Parlement français afin d’autoriser la restitution, du fait du principe d’inaliénabilité des collections publiques.
Le travail de mémoire et l’accès aux archives
La question de la mémoire des années de colonisation française en Algérie (1830-1962) pèse fortement sur les relations entre Paris et Alger : l’accès aux archives françaises est une revendication très forte côté algérien. Sur ce point, les discussions se sont multipliées ces dernières années. Notamment en janvier 2016, lors de la visite officielle en France du ministre algérien des moudjahidine (anciens combattants), une première depuis l’indépendance. Mais aussi en décembre 2017 : le premier ministre algérien, Ahmed Ouyahia, avait annoncé qu’Emmanuel Macron était prêt à remettre à l’Algérie une copie des archives de la période coloniale française.

        Lire aussi :
         

                Cédric Villani : « Enfin ! La France reconnaît sa responsabilité dans la mort de Maurice Audin »



Jeudi 13 septembre, parallèlement à la reconnaissance de la torture et de l’assassinat de Maurice Audin, le chef de l’Etat a annoncé vouloir ouvrir l’ensemble des archives de l’Etat relatives aux disparus d’Algérie. On estime que plusieurs milliers de personnes, issues des deux camps, ont disparu, dont 500 soldats français. « Une dérogation générale, par arrêté ministériel, va être accordée pour que tout le monde – historiens, familles, associations – puisse consulter les archives pour tous les disparus d’Algérie. On place la question des disparus au centre », a expliqué au Monde l’entourage de M. Macron. Le président lance aussi un appel à tous les témoins de l’époque ou à leurs descendants pour qu’ils participent à ce « travail de mémoire » en confiant leurs témoignages ou leurs documents personnels aux archives nationales.


<article-nb="2018/09/13/19-5">
<filnamedate="20180913"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180913"><AAMMJJHH="2018091319">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-5"> ¤ Le plan pauvreté, présenté jeudi, veut simplifier le « maquis des prestations sociales ». A Paris, le Secours catholique tente chaque semaine de le faire.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-5"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Plan pauvreté  : le Secours catholique épaule les démunis dans la « toile d’araignée » des aides sociales

Le plan pauvreté, présenté jeudi, veut simplifier le « maquis des prestations sociales ». A Paris, le Secours catholique tente chaque semaine de le faire.



LE MONDE
 |    13.09.2018 à 12h36
 • Mis à jour le
13.09.2018 à 17h11
    |

            Aline Leclerc








                        



                                


                            
Le dossier qui porte son nom mesure bien dix centimètres d’épaisseur. « On la connaît depuis longtemps », sourit Françoise Guibert, bénévole au Secours Catholique, en s’asseyant devant Kadia, 42 ans. « Alors, ça s’est bien passé la rentrée ? Ton fils est bien inscrit à la cantine ? Tu payes bien le tarif le plus bas ? C’est le tarif 1 pour toi », vérifie d’emblée la retraitée auprès de cette mère célibataire, au début d’un entretien de trente minutes dans un petit bureau de la Maison Caritas Saint-Ambroise, à Paris (11e).
Là, chaque mardi, cinq bénévoles reçoivent sans rendez-vous toute personne sollicitant leur aide, pour peu qu’elle soit domiciliée dans le centre ou l’est de Paris. Quinze minutes avant l’ouverture, à 9 h 30, neuf personnes faisaient déjà la queue devant la porte, dont huit femmes, entre 30 et 50 ans, plusieurs avec leurs enfants.
Ce matin-là, Kadia est venue avec un devis pour des cours de français : 62 euros. « On va voir si la commission financière peut les prendre en charge », répond Françoise qui précise aussitôt : « l’aide financière n’est qu’un outil d’accompagnement parmi d’autres. La question c’est comment sortir cette famille de la précarité ? » Pour elle, c’est aussi en aidant Kadia à trouver un club où son fils de 5 ans pourra jouer au foot. Quelques heures en moins passées dans la promiscuité de la chambre d’hôtel où ils sont logés par le Samusocial.
Après une série d’appels, Françoise obtient les coordonnées d’un club voisin. « Sur Internet, y’a les tarifs, y’a tout. Tu as accès à Internet ? » « Non, c’est le problème… » A l’heure de la dématérialisation, des identifiants et des mots de passe, c’est un empêchement de plus et c’est aussi pour ces petites choses qu’on vient à la Maison Caritas.

« Maquis des prestations sociales »
Zhour, 46 ans, vit avec ses quatre enfants et ses parents dans un F1. Elle voudrait payer une carte de transport...




                        

                        


<article-nb="2018/09/13/19-6">
<filnamedate="20180913"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180913"><AAMMJJHH="2018091319">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-6"> ¤ Le site Breitbart, proche du président américain, a publié une vidéo interne d’une heure dont les répercussions pourraient être majeures pour l’entreprise.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-6"> ¤                     
                                                

Une vidéo montre le choc des dirigeants de Google après l’élection de Donald Trump

Le site Breitbart, proche du président américain, a publié une vidéo interne d’une heure dont les répercussions pourraient être majeures pour l’entreprise.



LE MONDE
 |    13.09.2018 à 17h20
 • Mis à jour le
13.09.2018 à 17h42
    |

            Martin Untersinger








                        



   


C’est une vidéo qui ne va pas arranger les affaires de Google et dont les répercussions pourraient être majeures. Mercredi 12 septembre, le site ultranationaliste américain Breitbart a publié la vidéo d’une réunion hebdomadaire de Google. Pas n’importe laquelle : celle tenue quelques jours après l’élection de Donald Trump, en novembre 2016.
On y voit plusieurs des principaux dirigeants de l’entreprise (Sergey Brin, Larry Page, Sundai Pichar, Ruth Porat…) s’adressant pendant un peu plus d’une heure à quelques dizaines d’employés rassemblés dans une salle de leur siège californien, et sans doute à plusieurs milliers par vidéoconférence.
Le moral est alors au plus bas : Sergey Brin, fondateur de Google et actuel président de son entreprise mère, Alphabet, juge « en tant qu’immigré et réfugié » l’élection de Donald Trump « choquante ». La voix de la directrice financière d’Alphabet, Ruth Porat, se brise lorsqu’elle évoque le message reçu d’un proche présent au QG de Hillary Clinton, qu’elle dit soutenir, lui annonçant la défaite prochaine de la candidate démocrate. « Un coup dans les tripes », selon elle.
Du petit-lait pour les conservateurs
C’est un coup médiatique majeur pour Breitbart, un site ultraconservateur et pro-Trump un temps dirigé par Steve Bannon, qui fut directeur de campagne du candidat victorieux. C’est aussi du petit-lait pour une large frange des républicains américains, qui accuse depuis des mois les grands groupes de la Silicon Valley de censurer les opinions conservatrices. Ces récriminations, pour une large partie infondées, sont remontées jusqu’au président Donald Trump, lequel a tout récemment accusé Google, justement, d’amoindrir sa présence dans les résultats de recherche.

        Lire aussi :
         

                Trump accuse Twitter et Google actualités de « censure »



Google, comme d’autres entreprises du secteur, est également accusée de réduire au silence les opinions conservatrices dans ses rangs. James Damore, alors employé de Google et auteur d’un brûlot sexiste qui avait fuité sur Internet et entraîné son licenciement, est devenu une icône de la droite américaine sur Internet.
Pourtant cette vidéo ne montre pas grand-chose d’étonnant concernant Google, dont le penchant démocrate de ses employés est de notoriété publique. Le siège de l’entreprise est installé au cœur de la Silicon Valley, où Hillary Clinton a fait parmi ses meilleurs scores en Californie. Sur scène, et comme une bonne partie de l’élite des côtes est et ouest à l’époque, les dirigeants de Google tentent d’encaisser le choc de l’élection de Donald Trump et d’en imaginer les conséquences pour les quatre années à venir. Les mots sont durs, parfois hautains et insultants pour les électeurs de M. Trump, dont « l’ennui » serait une des motivations principales, selon Larry Page, le PDG de Google. Le directeur juridique de l’entreprise, Kent Walker, veut croire que l’élection de Donald Trump n’est qu’un « contretemps » et que Google a toute sa place dans l’histoire longue, qui, elle, « tend vers le progrès ».
Mais les dirigeants montrent aussi des signes de compréhension des électeurs de Donald Trump : « Quand vous habitez en Pennsylvanie ou à Birmingham [Alabama, deux zones qui ont fortement voté pour Donald Trump], cela vous est égal qu’un type à New Delhi ait un nouvel emploi ou une meilleure assurance santé. Ce qui vous importe c’est ce qui arrive à vous et à votre famille », lance Kent Walker pour expliquer le résultat de l’élection. Eileen Naughton, la directrice des ressources humaines de Google, appelle même clairement ses employés, majoritairement démocrates, à plus de tolérance envers les électeurs du nouveau président américain.
Un exercice de « management » interne
A l’écoute de la vidéo, l’essentiel des échanges entre dirigeants et employés est destiné à rassurer les seconds quant à l’impact de la présidence Trump sur Google et ses prises de position passées — contre la surveillance étatique, sur le chiffrement des communications ou la neutralité du Net. L’occasion, aussi, d’aborder des questions très prosaïques qui se posent après l’élection présidentielle pour les employés de la firme, comme celle de l’immigration et des visas.

        Lire aussi :
         

                Google, Twitter et Amazon se mobilisent contre le nouveau décret anti-immigration de Donald Trump



Surtout, contrairement à ce que laissent entendre les principales voix conservatrices américaines sur les réseaux sociaux, à aucun moment les dirigeants ne suggèrent qu’ils s’apprêtent à modifier leurs produits pour peser dans l’administration Trump. Tout juste Kent Walker espère-t-il qu’ils continuent à défendre publiquement « ses valeurs », ce que la firme, sur de nombreux sujets, ne s’est jamais défendue de faire.
C’est même le contraire. Interrogés d’une part sur le rôle de « bulle de filtre » renforçant les internautes dans leurs convictions que l’entreprise a pu jouer pendant l’élection et d’autre part sur la position de Google vis-à-vis des campagnes de désinformation, les dirigeants ont botté en touche. Sur la question des bulles de filtre, Sergey Brin objecte que la campagne de Hillary Clinton n’a pas su « lire les données » à sa disposition. Sundar Pichai a évité de la même manière la question de la place des campagnes d’information mensongères, parfois orchestrées sur des plates-formes dont il a la charge, comme YouTube.
Après la diffusion de la vidéo, Google a très timidement réagi dans un communiqué, en attestant l’authenticité mais en se contentant d’affirmer que « rien n’a[vait] été dit lors de cette réunion, ni à aucune autre occasion, laissant entendre qu’un éventuel biais politique influence la manière dont [la société] construi[t] ou op[ère] [ses] produits ». Sans doute l’entreprise ne prend-elle pas la mesure de la bataille qu’ont commencé à lui mener la Maison Blanche et ses soutiens.

        Lire aussi :
         

                Républicains et Démocrates s’affrontent au sujet de Twitter et Facebook




        Lire aussi :
         

                Eli Pariser : « Il est vital de résoudre les problèmes de l’information en ligne »






                            


                        

                        


<article-nb="2018/09/13/19-7">
<filnamedate="20180913"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180913"><AAMMJJHH="2018091319">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-7"> ¤ Emmanuel Macron a reconnu la responsabilité de l’Etat dans la disparition de ce mathématicien communiste. Depuis 61 ans, sa famille se bat pour faire connaître la vérité sur sa mort.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-7"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Torture en Algérie : Maurice Audin, un crime français

Emmanuel Macron a reconnu la responsabilité de l’Etat dans la disparition de ce mathématicien communiste. Depuis 61 ans, sa famille se bat pour faire connaître la vérité sur sa mort.



LE MONDE
 |    13.09.2018 à 13h11
 • Mis à jour le
13.09.2018 à 16h28
    |

            Marie-Béatrice Baudet








                        



                                


                            

Au téléphone, la voix semble fragile, presque frêle, mais dès les premiers mots, on devine derrière ces sons étouffés une incroyable force d’âme. A 87 ans, Josette Audin n’a rien perdu de sa détermination à faire connaître la vérité, « toute la vérité » sur la mort de son mari, Maurice Audin, torturé et assassiné à l’âge de 25 ans par l’armée française pendant la bataille d’Alger, en 1957.

Maurice était l’amour de sa vie, jamais elle ne s’est remariée. Entourée de sa fille aînée, Michèle, et de son fils Pierre, elle dit vivre aujourd’hui « un grand moment d’émotion » depuis la reconnaissance, jeudi 13 septembre, par Emmanuel Macron de la responsabilité de l’Etat français dans la disparition de son époux. Mais heureuse, non, Josette Audin ne l’est pas, confie-t-elle. « Mon combat n’est pas fini. Comment Maurice a-t-il été tué ? Quels sont les noms de ses tortionnaires ? Qu’a-t-on fait de son corps ? Nous ne le savons toujours pas. Il faudrait que des gens parlent enfin… » Malgré les dizaines d’enquêtes menées, les nombreux livres publiés, les archives officielles déjà déclassifiées et le travail de plusieurs historiens, cette affaire reste, en effet, l’un des derniers secrets de la guerre d’Algérie.

Maurice Audin n’était pas un poseur de bombes. En 1957, le jeune et brillant mathématicien français qui prépare une thèse de doctorat à la Sorbonne enseigne à l’université des sciences d’Alger. Anticolonialiste, il milite avec sa femme Josette au Parti communiste algérien (PCA). N’ayant aucune responsabilité hiérarchique au sein de l’appareil politique, il ne vit pas dans la clandestinité comme beaucoup de ses camarades, traqués depuis la dissolution du PCA en 1955. Certes, il distribue des tracts, et il lui arrive aussi d’héberger des amis en cavale, mais il n’a jamais été mêlé à un attentat.
Ni traces de sang, ni cadavre
Le destin du couple et de ses trois enfants, Michèle, 3 ans, Louis, 18 mois,...




                        

                        


<article-nb="2018/09/13/19-8">
<filnamedate="20180913"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180913"><AAMMJJHH="2018091319">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-8"> ¤ Le premier ministre Pedro Sanchez avait fait de l’exhumation de la dépouille du dictateur l’une de ses priorités. Les députés ont approuvé son décret.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-8"> ¤                     
                                                

En Espagne, l’exhumation de Franco aura bien lieu

Le premier ministre Pedro Sanchez avait fait de l’exhumation de la dépouille du dictateur l’une de ses priorités. Les députés ont approuvé son décret.



LE MONDE
 |    13.09.2018 à 16h32
 • Mis à jour le
13.09.2018 à 17h41
   





                        



   


Pedro Sanchez l’avait promis en arrivant au pouvoir, au début de juin. Les députés espagnols ont approuvé, jeudi 13 septembre, le décret du gouvernement socialiste autorisant l’exhumation des restes du dictateur Francisco Franco de son mausolée, près de Madrid. La chambre a approuvé le texte par 172 voix pour, 2 contre et 164 abstentions.
« Justice. Mémoire. Dignité. Aujourd’hui, l’Espagne fait un pas historique (…) Aujourd’hui, notre démocratie est meilleure », a aussitôt réagi Pedro Sanchez sur Twitter.
Francisco Franco, vainqueur d’une sanglante guerre civile (1936-1939) et qui dirigea l’Espagne d’une main de fer jusqu’à sa mort, en 1975, est enterré à la Valle de los Caidos dans une tombe à son nom, toujours fleurie. Le mausolée a été construit sous son régime, en partie par des prisonniers de guerre républicains, et se voulait un lieu de « réconciliation » entre les deux camps de la guerre civile.
« Une anomalie extraordinaire »
Les corps de quelque 27 000 combattants franquistes et de 10 000 opposants républicains reposent aussi à cet endroit, dans une crypte. Devant la chambre, la vice-présidente du gouvernement, Carmen Calvo, a appelé à en finir avec « une anomalie extraordinaire qui consiste à avoir un dictateur dans un mausolée d’Etat et dans un lieu où il puisse être exalté ». « Il n’y aura ni respect, ni honneur, ni concorde tant que les restes de Franco seront au même endroit que ceux de ses victimes », a-t-elle soutenu. Le gouvernement a dit son intention de mener à bien l’exhumation d’ici à la fin de l’année.
La Fondation Franco et les descendants du dictateur, farouchement opposés à l’exhumation, ont prévenu qu’ils utiliseraient « tous les recours légaux » pour s’y opposer, avant de concéder, fin août, qu’ils prendraient en charge sa dépouille si l’exhumation avait lieu.
La mémoire de la guerre civile et de la dictature de Franco continue de diviser en Espagne : la gauche prétend rendre justice aux victimes de la guerre et de la répression, dont des milliers sont encore enterrés dans des fosses communes à travers le pays ; les conservateurs du Parti populaire, qui se sont abstenus lors du vote, comme les libéraux de Ciudadanos, accusent la gauche de rouvrir les blessures d’un passé douloureux.
Le précédent chef de gouvernement socialiste, José Luis Rodriguez Zapatero (2004-2011), avait lui aussi essayé de résoudre le problème de la Valle de los Caídos. Une commission d’experts avait conclu, en 2011, qu’il valait mieux ne pas toucher au monument, « construit dans la souffrance », ni essayer « de le remplacer par un autre qui symboliserait l’Etat de droit ». Elle conseillait plutôt d’expliquer en détail les circonstances de sa construction, par des milliers de prisonniers républicains pendant dix-huit ans (1941-1959), dans une Espagne profondément traumatisée par la guerre civile.




                            


                        

                        


<article-nb="2018/09/13/19-9">
<filnamedate="20180913"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180913"><AAMMJJHH="2018091319">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-9"> ¤ Le patron de LFI a pris ses distances avec Djordje Kuzmanovic, présenté comme son conseiller.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-9"> ¤                     
                                                

Mélenchon désavoue son porte-parole, et ses propos sur l’immigration

Le patron de LFI a pris ses distances avec Djordje Kuzmanovic, présenté comme son conseiller.



LE MONDE
 |    13.09.2018 à 11h28
 • Mis à jour le
13.09.2018 à 17h29
    |

            Abel Mestre








                        



   


C’est une simple précision en pied d’un entretien publié en ligne mais qui a son importance. Et qui montre à quel point la question de l’immigration est sensible au sein de La France insoumise (LFI). Samedi 8 septembre, L’Obs a interrogé sur le sujet Djordje Kuzmanovic, « orateur » (équivalent de porte-parole) de LFI. La députée de Seine-Saint-Denis Clémentine Autain l’était également, pour donner à voir la diversité des opinions au sein du mouvement.
Dans L’Obs, M. Kuzmanovic était présenté comme conseiller de Jean-Luc Mélenchon. Mais, mardi soir, le site ajoute un nota bene : « A la demande de Jean-Luc Mélenchon, nous avons rectifié le titre de Djordje Kuzmanovic, que nous avions initialement présenté comme son “conseiller”. Jean-Luc Mélenchon nous précise : “Le point de vue qu’il exprime sur l’immigration est strictement personnel. Il engage des polémiques qui ne sont pas les miennes.” » Pour les exégètes de LFI, un tel désaveu public sonne presque comme une excommunication.

        Lire aussi :
         

                Immigration : La France insoumise, embarrassée, envoie des signaux ambigus



Dans l’entretien, M. Kuzmanovic livrait une vision « patriote », se réclamant de Jean Jaurès : « La bonne conscience de gauche empêche de réfléchir concrètement à la façon de ralentir, voire d’assécher les flux migratoires (…). Plutôt que de répéter, naïvement, qu’il faut “accueillir tout le monde”, il s’agit d’aller à l’encontre des politiques ultralibérales (…). Lorsque vous êtes de gauche et que vous tenez sur l’immigration le même discours que le patronat, il y a quand même un problème… Ce que nous disons n’a rien de nouveau. C’est une analyse purement marxiste : le capital se constitue une armée de réserve. »
M. Kuzmanovic rappelait également que LFI était « contre la traque des clandestins » et favorable au regroupement familial. Mais cela n’a pas suffi à empêcher tous les adversaires de gauche de LFI − de Génération. s au Nouveau Parti anticapitaliste en passant par le PCF − de condamner les propos de l’ancien officier qui fut aussi militant humanitaire.
« De bonnes valeurs »
Autant de « polémiques », donc, dont voudraient bien se passer les « insoumis » pour ne pas se laisser enfermer dans une thématique piégeuse où chaque déclaration peut mettre le feu à neuf mois des élections européennes. « Mettre l’immigration au centre des débats, c’est l’agenda d’Emmanuel Macron, note Alexis Corbière. Ce qu’a voulu souligner Jean-Luc Mélenchon, c’est que cela ne sert à rien d’avoir des expressions qui énervent nos amis. Il est toujours bon d’avoir une bonne conscience humaniste. L’accueil, la générosité sont de bonnes valeurs. »
M. Corbière ajoute : « Djordje n’a jamais été conseiller sur ces questions auprès de Jean-Luc. » Younous Omarjee, eurodéputé qui sera l’un des acteurs-clés de la campagne pour les élections européennes, n’en pense pas moins : « Cette “bonne conscience de la gauche”, je la prends pour moi. Je préfère une bonne conscience à une mauvaise. »
M. Kuzmanovic, quant à lui, assure au Monde qu’il « réagit avec surprise » à la précision de Jean-Luc Mélenchon. « A l’exception de la première question sur la hiérarchisation des luttes, ce que je dis sur l’immigration a été la ligne de Jean-Luc Mélenchon. » Si les dirigeants « insoumis » jurent tous que M. Kuzmanovic n’est pas un « fusible » que l’on fait sauter pour clore la polémique autour de l’immigration, certains sont soulagés de la clarification : « Il était temps… », souffle ainsi un élu.
« C’est une façon de clarifier une chose importante : le point de vue de Djordje Kuzmanovic n’engage pas Jean-Luc Mélenchon et, par conséquent, le mouvement », veut croire Clémentine Autain. D’autres assurent que « c’est le premier à subir ce recadrage ». D’autant que la vingtième position de M. Kuzmanovic sur la liste « insoumise » pour les européennes sonnait déjà comme une mise à distance.
Cet épisode s’ajoute, en tout cas, à d’autres désaccords de plus en plus prégnants en interne depuis l’été et la désignation des candidats aux européennes. Cela concerne aussi bien l’organisation « gazeuse » (manque de structures délibératives, remise en question du principe du tirage au sort) que les signes d’ouverture envers le reste de la gauche. Un cocktail de critiques qui pourrait se révéler explosif avant ou pendant la campagne européenne.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/09/13/19-10">
<filnamedate="20180913"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180913"><AAMMJJHH="2018091319">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-10"> ¤ Deux journalistes de l’agence de presse ont été condamnés à sept ans de prison pour avoir enquêté sur un massacre de Rohyingha. Par solidarité, « Le Monde » publie leur travail.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-10"> ¤                     
                                                

Birmanie : l’article qui a conduit deux journalistes de Reuters en prison

Deux journalistes de l’agence de presse ont été condamnés à sept ans de prison pour avoir enquêté sur un massacre de Rohyingha. Par solidarité, « Le Monde » publie leur travail.



LE MONDE
 |    13.09.2018 à 17h44
 • Mis à jour le
13.09.2018 à 17h55
   





                        


Document. Les dix captifs rohingya, attachés les mains dans le dos et reliés les uns aux autres par une cordelette, regardent leurs voisins bouddhistes creuser une sépulture. Nous sommes le 2 septembre au matin. Quelques instants plus tard, les dix seront morts, deux tombés sous les coups de machette de villageois bouddhistes, les autres sous les balles de soldats.
Un vieil homme d’Inn Din nous a remis trois photographies prises entre l’arrestation des dix par des soldats, dans la soirée du 1er septembre, et leur exécution, le 2 septembre, peu après 10 heures du matin.
« Une tombe pour dix hommes, résume Soe Chay, un ancien soldat retiré dans le village qui dit avoir été l’un de ceux qui ont creusé la fosse. Quand ils ont été enterrés, certains poussaient encore des cris. »
L’agence Reuters a reconstitué le déroulement des journées ayant précédé la mort de ces dix hommes dans la localité d’Inn Din, un village de pêcheurs de 7 000 habitants environ
Cette tuerie est l’un des épisodes de la violente crise qui secoue depuis des mois l’Etat d’Arakan, dans le nord de la Birmanie. Depuis la fin du mois d’août, près de 690 000 Rohingya ont fui leurs villages et franchi la frontière du Bangladesh.
Les Rohingya, communauté musulmane, accusent l’armée birmane d’incendies volontaires, viols et meurtres. Les Nations unies ont évoqué un possible génocide. Le pouvoir birman parle pour sa part d’opérations légitimes de sécurisation consécutives à des attaques menées contre des postes de police par les insurgés de l’Armée du salut des Rohingya de l’Arakan (ARSA).
L’agence Reuters a reconstitué le déroulement des journées ayant précédé la mort de ces dix hommes dans la localité d’Inn Din, un village de pêcheurs de 7 000 habitants environ, à une cinquantaine de kilomètres au nord de la capitale régionale, Sittwe, recueillant notamment le récit de villageois bouddhistes qui ont admis avoir participé à la tuerie. Le témoignage de membres des forces de sécurité implique aussi pour la première fois des soldats et des policiers paramilitaires.
Les événements ont débuté le 25 août, quand des rebelles rohingya ont attaqué une trentaine de postes de police et une base militaire de l’Etat d’Arakan. L’attaque la plus proche s’est produite à 4 km à peine au nord d’Inn Din.

   


Craignant pour leur sécurité, plusieurs centaines de bouddhistes d’Inn Din ont cherché refuge dans un monastère. Un habitant, San Thein, a expliqué que les villageois bouddhistes craignaient d’être attaqués par leurs voisins musulmans. Le 27 août, quelque 80 soldats de la 33e Division d’infanterie légère de l’armée birmane prennent position dans le village et s’engagent à les protéger. Cinq villageois de confession bouddhiste racontent que l’officier commandant le détachement a annoncé aux habitants qu’ils pourraient se porter volontaires pour participer à des opérations de sécurité.
Des soldats et des policiers portaient des vêtements civils afin de ne pas être reconnus
Dans les jours qui ont suivi, selon les récits d’une dizaine d’habitants bouddhistes, des soldats, des policiers et des villageois organisés en groupes de sécurité, armés de machettes, de bâtons et, pour certains, d’armes à feu, ont incendié la plupart des maisons des Rohingya musulmans.
Un des policiers dit avoir reçu l’ordre oral de la part de son commandant pour « aller nettoyer » les zones d’habitation des Rohingya. Il dit avoir compris qu’il fallait détruire ces maisons. Un autre policier raconte que des raids ont également été menés dans les environs pour empêcher les Rohingya de revenir. Des soldats et des policiers portaient des vêtements civils afin de ne pas être reconnus. Un assistant médical de l’infirmerie d’Inn Din, Aung Myat Tun, 20 ans, a raconté qu’il a pris part à plusieurs de ces raids. « Les maisons des musulmans étaient faciles à brûler, avec leurs toits de chaume, raconte-t-il. Les anciens du village enroulaient des robes de moine au bout de bâtons, les arrosaient d’essence et faisaient ainsi des torches. Nous n’avions pas le droit d’emmener de téléphone. La police nous a dit qu’elle tuerait ceux qui prendraient des photos. » Un témoin affirme avoir entendu la voix d’un enfant dans une des maisons qui a brûlées.
Soe Chay, le soldat retraité qui a creusé les fosses des dix Rohingya, dit qu’il a participé à une autre tuerie. Les militaires ont découvert trois hommes et une femme rohingya derrière une meule de foin. L’un d’eux avait un téléphone qui pouvait être utilisé pour prendre des photos incriminantes. Les soldats ont dit à Soe Chay de faire ce qu’il voulait de lui. « J’ai commencé à le frapper avec une machette et un soldat a tiré sur lui quand il est tombé à terre. » 
Le 1er septembre, plusieurs centaines de Rohingya d’Inn Din tentent de se mettre à l’abri sous des bâches sur une plage voisine de leur village
Lorsque les Rohingya ont fui Inn Din, leurs anciens voisins se sont emparés de leurs poulets et de leurs chèvres. Les biens de plus grande valeur, comme les bovins ou les motos, ont été collectés par le commandant du 8e Bataillon de police de sécurité et revendus, selon un policier et l’administrateur du village.
Joint par téléphone, ce commandant, Thant Zin Oo, s’est refusé à tout commentaire. Un porte-parole de la police, le colonel Myo Thu Soe, a annoncé pour sa part qu’une enquête serait menée sur ces allégations de pillage.
Le 1er septembre, plusieurs centaines de Rohingya d’Inn Din tentent de se mettre à l’abri sous des bâches sur une plage voisine de leur village. Parmi eux, disent des témoins, se trouvent les dix qui seront capturés dans la soirée et tués le lendemain. Aujourd’hui réfugiées au Bangladesh, les familles ont identifié les dix victimes d’après des photos qui leur ont été montrées. Cinq d’entre eux, Dil Mohammed, 35 ans, Nur Mohammed, 29 ans, Shoket Ullah, 35 ans, Habizu, 40 ans, et Shaker Ahmed, 45 ans, sont des pêcheurs ou des vendeurs de poissons. Deux autres, Abul Ashim, 25 ans, et Abdul Majid, 45 ans, tiennent des magasins ; deux, Abulu, 17 ans, et Rashid Ahmed, 18 ans, sont étudiants, et le dernier, Abdul Malik, 30 ans, est un prédicateur musulman.
Ce 1er septembre, l’imam, Abdul Malik, retourne au village pour récupérer des vivres et des bambous afin de consolider son abri. Lorsqu’il regagne la plage, sept soldats au moins et des villageois armés le suivent. Arrivés sur la plage, les militaires réunissent les Rohingya – ils sont environ 300 – et choisissent les dix hommes. « Je ne pouvais pas très bien entendre mais ils ont pointé mon mari et lui ont demandé de venir, raconte Rehana Khatun, 22 ans, la femme de Nur Mohammed. Les militaires ont dit qu’ils voulaient des hommes pour une réunion. Ils ont dit au reste d’entre nous de rester sur la plage. »
Une première photographie prise ce soir-là montre les dix hommes agenouillés sur un des chemins du village. Le lendemain, ils sont conduits près d’un cimetière bouddhiste où ils sont de nouveau photographiés. Des membres des forces de sécurité les interrogent sur la disparition d’un fermier bouddhiste du village du nom de Maung Ni.
Abdul Malik, l’imam, est décapité par le premier fils ; le second lève sa machette et l’abat sur le cou d’un autre captif. Les huit autres sont tués.
Des témoins disent que Maung Ni a disparu le 25 août à l’aube, alors qu’il était avec son troupeau. Plusieurs témoins disent qu’il aurait été tué mais n’avoir jamais eu confirmation d’un lien entre cette disparition et les dix captifs.
Trois témoins racontent la suite : les dix hommes sont conduits par des soldats jusqu’à l’endroit où ils vont mourir. D’après Soe Chay, le militaire à la retraite qui a aidé à creuser la fosse, le commandant de l’escouade propose aux fils de Maung Ni, le fermier disparu, de leur porter les premiers coups.
Abdul Malik, l’imam, est décapité par le premier fils ; le second lève sa machette et l’abat sur le cou d’un autre captif. Les huit autres sont tués. Puis deux ou trois balles sont tirées dans le corps de chacun. Les cadavres des dix hommes sont alors jetés au fond de la fosse. C’est la troisième photo.
En octobre, des habitants d’Inn Din ont montré aux deux reporters de Reuters le lieu supposé de l’exécution. Les reporters ont vu un chemin fraîchement tracé, de la terre retournée semée d’ossements, de bouts de tissus et de cordes. Des photos ont été montrées par Reuters à trois médecins légistes internationaux qui affirment qu’il s’agit d’ossements humains. « Mon mari est mort, dit Rehana Khatun. Il est parti pour toujours. Je ne demande rien que la justice pour sa mort. »
L’homme qui a remis les photos aux journalistes de Reuters explique son geste : « Je veux être transparent dans cette affaire. Je ne veux pas qu’elle se reproduise à l’avenir. »
[Cette enquête de Reuters a donc conduit à l’arrestation et à la condamnation des deux journalistes de l’agence, Wa Lone et Kyaw Soe Oo. Le 10 janvier, l’armée birmane a pourtant confirmé une partie des informations de l’enquête, reconnaissant que des soldats avaient assassiné dix « terroristes » musulmans capturés au début du mois de septembre à Inn Din. « Des villageois et des membres de forces de sécurité ont avoué avoir commis des meurtres », précise ce communiqué militaire, rare aveu d’exactions commises dans l’Etat de Rakhine. « Nous ne nions pas ces allégations de violations des droits de l’homme. Et nous ne les rejetons pas en bloc », a également déclaré le porte-parole du gouvernement birman, Zaw Htay. Quant au cadre général des opérations militaires en Arakan, Zaw Htay appelle la communauté internationale à « comprendre qui a commis les premières attaques terroristes ». « Si une attaque de ce genre se produisait dans des pays européens, aux Etats-Unis, à Londres, New York, Washington, que diraient les médias ? »]

« Le Monde » témoigne sa solidarité
Le texte que nous publions ci-dessous est un article diffusé par l’agence britannique de presse Reuters en février. Son contenu est exceptionnel : il est le fruit d’une enquête révélant comment dix villageois rohingya ont été sommairement exécutés en septembre 2017 par des soldats birmans aidés de paysans bouddhistes locaux. Au moment où se déchaînait la violence de l’armée contre la minorité musulmane de Birmanie, forçant 700 000 d’entre eux à se réfugier au Bangladesh. Mais cette dépêche, qui regroupe l’enquête signée Wa Lone et Kyaw Soe Oo et les suites relatées par Reuters après leur arrestation, a aussi valeur de témoignage et d’acte de solidarité : les deux journalistes ont été arrêtés en décembre 2017 (donc avant la publication de leur travail par l’agence) pour, précisément, avoir enquêté sur ce crime.
Le 3 septembre, les deux reporters birmans attachés au bureau de Reuters de Rangoun ont été condamnés chacun à une peine de sept années de réclusion pour « violations de secrets d’Etat ». Dix jours plus tard, Aung San Suu Kyi, la dirigeante birmane, a justifié leur condamnation, estimant qu’ils avaient « enfreint la loi » en enquêtant sur ce massacre. Leur « faute » est précisément d’avoir tenté de reconstituer l’exécution sommaire des villageois, dont un imam, en se faisant remettre les photos ensuite largement diffusées de ces dix hommes agenouillés, en train de regarder leurs exécuteurs creuser leurs tombes… D’autres clichés montraient les cadavres des suppliciés, leurs corps portant des traces de balles et de machettes.
La condamnation des deux journalistes a provoqué une indignation internationale, notamment de Paris et de Londres, ainsi que celle de l’ONU. Tout démontre en effet que le procès des deux jeunes journalistes, âgés de 32 ans et de 28 ans, est un « montage », fruit d’une véritable vengeance d’Etat contre deux reporters s’approchant trop près de la vérité.
Le cauchemar de Wa Lone et de Kyaw Soe Oo commence le 12 décembre 2017 : ce jour-là, alors qu’ils enquêtent déjà depuis des semaines sur le massacre des villageois d’Inn Din, dans le nord de l’Etat de l’Arakan, où vivent les Rohingya, ils reçoivent un surprenant coup de fil : un sous-officier du 8e bataillon de la police les convie à le rencontrer dans un bar à bières de Rangoun. Il leur promet des informations exclusives. Les trois hommes discutent de la situation en Arakan puis le policier leur remet de mystérieux documents roulés dans un journal. Mais à peine les deux reporters ont-ils quitté le bar qu’ils sont entourés de policiers en civil. « Vous possédez des documents secrets ! », hurle l’un d’eux. Les deux reporters sont menottés et emmenés dans la tristement célèbre prison d’Insein.
Les audiences du procès vont rapidement montrer à quel point sont fragiles les charges qui pèsent contre eux. A la barre des témoins, des policiers donnent des versions fantaisistes ou vagues des conditions de l’arrestation des deux journalistes. Surtout, un capitaine de la police révèle qu’un de ses subordonnés a été chargé par un haut gradé de « piéger » les deux reporters. Le sous-officier chargé de tendre le piège s’appelait Naing Lin, le même qui avait donné rendez-vous aux deux journalistes dans le bar à bières…
La décision du juge, qui a préféré ignorer ces informations accablantes, démontre à quel point le verdict n’est pas celui d’une simple décision de justice. En publiant cette dépêche, Le Monde témoigne sa solidarité à l’égard de confrères victimes de la dérive autoritaire d’une Birmanie où la liberté de la presse est en danger.





                            


                        

                        


<article-nb="2018/09/13/19-11">
<filnamedate="20180913"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180913"><AAMMJJHH="2018091319">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-11"> ¤ En mars, un commando cagoulé et armé de bâtons et d’un pistolet à impulsions électriques avait violemment expulsé d’un amphithéâtre des étudiants et des militants qui protestaient contre la réforme de l’accès à l’université.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-11"> ¤                     
                                                

Violences à la faculté de Montpellier : cinq personnes mises en examen

En mars, un commando cagoulé et armé de bâtons et d’un pistolet à impulsions électriques avait violemment expulsé d’un amphithéâtre des étudiants et des militants qui protestaient contre la réforme de l’accès à l’université.



LE MONDE
 |    13.09.2018 à 18h15
 • Mis à jour le
13.09.2018 à 18h43
   





                        



   


Six mois après l’intrusion violente d’un commando cagoulé dans la faculté de droit de Montpellier, l’enquête a pris un tour plus politique, jeudi 13 septembre, avec la mise en examen de cinq personnes, proches des milieux identitaires et régionalistes.
Quatre d’entre elles l’ont été pour « violences aggravées » et « intrusion dans un établissement d’enseignement » et une pour complicité de ces délits, a précisé à l’Agence France-Presse le procureur de Montpellier Christophe Barret. Une sixième personne a été placée sous le statut de témoin assisté. L’une d’entre elles, Martial R. est le fils du fondateur du groupuscule identitaire de la Ligue du Midi.
Le procureur Christophe Barret a, lui, évoqué des personnes qui « fréquentent des milieux nationalistes ou régionalistes », même si « aucune n’indique avoir agi au nom d’un parti ou d’une association ». Le 22 mars, un commando cagoulé et armé de bâtons et d’un pistolet à impulsions électriques avait violemment expulsé d’un amphithéâtre des étudiants et des militants qui protestaient contre la réforme de l’accès à l’université.

        Lire aussi :
         

                La fac de Montpellier craint de voir son image ternie



« La police n’allait pas le faire »
Le doyen de la faculté de droit Philippe Pétel et un professeur, Jean-Luc Coronel, avaient déjà été mis en examen pour complicité d’intrusion dans les deux cas et pour violences en récidive dans le cas de l’enseignant. La compagne de M. Coronel figure parmi les nouvelles personnes mises en examen.

        Lire aussi :
         

                Violences à la faculté de droit de Montpellier : un rapport préconise de sanctionner l’ex-doyen



Cette femme âgée de 47 ans a déclaré avoir « demandé à plusieurs personnes de se rejoindre aux abords de la faculté pour faire partir les occupants », a relaté le procureur. Elle affirme ne pas avoir participé directement aux violences et avoir agi « de sa seule initiative et non en lien avec son compagnon ».
Un militaire à la retraite, âgé de 61 ans, a, pour sa part, expliqué avoir agi « parce que la police n’allait pas le faire » et avoir assisté à une prise de parole du doyen qui aurait déclaré devant le commando avant l’expédition punitive que c’était « le bon moment pour intervenir », a poursuivi M. Barret.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/09/13/19-12">
<filnamedate="20180913"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180913"><AAMMJJHH="2018091319">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-12"> ¤ La Cour européenne des droits de l’homme a rendu un jugement consécutif aux révélations d’Edward Snowden sur la surveillance des communications.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-12"> ¤                     
                                                

Surveillance sur Internet : le Royaume-Uni sanctionné par la justice européenne

La Cour européenne des droits de l’homme a rendu un jugement consécutif aux révélations d’Edward Snowden sur la surveillance des communications.



LE MONDE
 |    13.09.2018 à 15h19
 • Mis à jour le
13.09.2018 à 17h19
   





                        


La Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) a condamné jeudi 13 septembre le Royaume-Uni pour violations de la vie privée et à la liberté d’expression dans l’affaire des interceptions massives de données numériques révélée par Edward Snowden.
La CEDH était saisie par 16 requérants : des organisations de défense des droits des citoyens ou des droits de l’homme (comme Big Brother Watch), le Bureau of Investigative Journalism ainsi que des journalistes d’investigation.
L’arrêt de la CEDH, long de plus de 200 pages, était attendu : les systèmes de surveillance massive des communications électroniques d’autres pays, dont la France, font également l’objet de requêtes devant la Cour européenne des droits de l’homme, située à Strasbourg.
Les articles 8 et 10 bafoués
Dans son jugement publié le 13 septembre, la juridiction du Conseil de l’Europe ne juge pas que la seule utilisation d’un système d’interception massive des communications par le Government Communications Headquarters (GCHQ – l’agence de renseignement britannique) est contraire aux droits de l’Homme.
La CEDH, s’appuyant les pratiques révélées par les documents rendus publics par Edward Snowden, estime cependant qu’il n’était pas assorti de garanties juridiques suffisantes pour les citoyens et les journalistes. Cet avis, précise la cour, a été rendu sans prendre en compte la situation créée par l’Investigatory Powers Bill, une loi sur le renseignement adoptée en 2016 au Royaume-Uni et très largement critiquée par les organisations de défense des libertés.
Les juges donnent ainsi en partie gain de cause aux requérants. Selon eux, les interceptions massives de communication par le GCHQ et les dispositions prises pour obtenir ces données auprès des fournisseurs d’accès à Internet ont violé l’article 10 de la Convention européenne des droits de l’homme sur le « droit à la liberté d’expression ». Celui-ci évoque notamment la « liberté de recevoir ou de communiquer des informations ou des idées sans qu’il puisse y avoir ingérence d’autorités publiques ».
Les interceptions massives et le dispositif d’obtention des données auprès des fournisseurs d’accès ont également, selon les juges, violé l’article 8 de la Convention européenne sur le droit au respect de la vie privée.
Les juges de la CEDH se disent, à cette occasion, particulièrement préoccupés « par l’absence de toute garantie » sur la protection du secret des sources des journalistes.
Dans un tweet, le lanceur d’alerte Edward Snowden a bien sûr salué, sur son compte Twitter, la décision européenne :
« Pendant cinq ans, les gouvernements ont nié que la surveillance de masse violait nos droits. Et pendant cinq ans, nous les avons poursuivis dans les couloirs de tous les tribunaux. Aujourd’hui, nous avons gagné. Ne me remerciez pas, remerciez ceux qui n’ont jamais cessé de se battre. »

For five long years, governments have denied that global mass surveillance violates of your rights. And for five lo… https://t.co/8K5jjYb90L— Snowden (@Edward Snowden)


require(["twitter/widgets"]);

La CEDH a en revanche débouté les requérants sur deux points. Le partage de renseignements avec des pays étrangers est jugé suffisamment encadré par les juges ; tandis que la Commission des pouvoirs d’enquête, un organe spécialement chargé de l’examen des plaintes pour ingérence illicite des services de sécurité dans les communications, offre selon elle un recours adéquat.
Selon les documents dévoilés en 2013 par Edward Snowden, le lanceur d’alerte américain qui a révélé l’ampleur des écoutes de l’agence de sécurité américaine NSA, les services de renseignement britanniques, principalement le GCHQ, sont un acteur majeur de la surveillance des communications mondiales. Ceux-là ont aussi largement partagé les renseignements recueillis avec leurs homologues états-uniens.

        Lire sur le sujet :
         

          Trois ans après les révélations Snowden, la surveillance de masse se porte bien






                            


                        

                        


<article-nb="2018/09/13/19-13">
<filnamedate="20180913"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180913"><AAMMJJHH="2018091319">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-13"> ¤ Yannick Noah a fait confiance à l’enfant terrible du tennis français pour la demi-finale face à l’Espagne. Un sacré retournement de situation.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-13"> ¤                     
                                                

Coupe Davis : Benoît Paire enfin au service de la France

Yannick Noah a fait confiance à l’enfant terrible du tennis français pour la demi-finale face à l’Espagne. Un sacré retournement de situation.



LE MONDE
 |    13.09.2018 à 14h53
 • Mis à jour le
13.09.2018 à 15h05
    |

                            Alexandre Pedro (envoyé spécial à Villeneuve-d’Ascq)








                        



   


Il était moins une. A 29 ans, Benoît Paire va découvrir, vendredi 14 septembre, le charme particulier de la Coupe Davis avant le big bang de la saison prochaine et sa nouvelle formule. Jamais avare d’une surprise de dernière minute, le capitaine Yannick Noah a préféré l’Avignonnais à Richard Gasquet pour débuter en demi-finale face à l’Espagnol Pablo Carreño Busta au stade Pierre-Mauroy de Villeneuve-d’Ascq. Lucas Pouille affrontera Roberto Bautista Agut lors du second simple.

        Lire aussi :
         

          Lucas Pouille et Benoît Paire alignés en simple face à l’Espagne



Entre Benoît Paire et la Fédération française de tennis (FFT), l’histoire n’a jamais été un long fleuve tranquille. A 18 ans, l’élève du lycée agricole de Montfavet (Vaucluse) intègre le Centre national d’entraînement (CNE) alors sis à Roland-Garros. Le directeur technique de l’époque, Patrice Dominguez (mort en 2015) croit à cet « étalon mal dressé ». Il est le seul.
Benoît Paire donne assez vite raison à ses détracteurs entre retards, raquettes cassées et addiction à la junk food. Et quand Patrice Dominguez est remplacé par Patrice Hagelauer, le nouveau DTN indique la porte de sortie au jeune joueur. « La place de votre fils est davantage dans un asile psychiatrique que sur un terrain de tennis », lance même un cadre fédéral aux parents de Benoît Paire.
Loin du giron fédéral, l’intéressé va tracer sa route, entraîné par Lionel Zimbler (jusqu’en 2016) dont la patience sera la principale qualité pour comprendre un garçon aussi attachant dans la vie qu’impulsif et caractériel sur un court.
Mais quand il réussit à se canaliser, le Français parvient à proposer – avec une grande passion pour l’amorti – un tennis différent du commun des cogneurs qui hantent le circuit ATP. En janvier 2016, il atteint son meilleur classement (18e) avant de replonger dans ses travers, d’enchaîner les défaites et de hurler son mal-être sur les courts.
Viré des JO
Arrive l’épisode de Rio au mois d’août de la même année. Benoît Paire remplace pour les Jeux olympiques un Richard Gasquet forfait. La magie des JO ne prend pas sur un garçon qui explique qu’il aurait préféré disputer le tournoi d’Atlanta, histoire de gagner quelques points ATP.
Au Brésil, le joueur réalise une performance rare : être exclu de l’équipe de France alors qu’il est en train de disputer (et perdre) son deuxième tour face à l’Italien Fabien Fognini. « J’annonce l’exclusion de Benoît Paire après plusieurs recadrages, de nombreuses discussions et pas mal de manquements aux règles de vie », déclare en direct sur France 2 le DTN, Arnaud Di Pasquale.
Il est reproché à Benoît Paire de ne pas respecter les règles de vie de l’équipe et de « découcher » pour rejoindre dans Rio sa petite copine de l’époque, la chanteuse Shy’m. « Maintenant, je sais comment se passent les Jeux olympiques. Je suis content de les quitter », réagit-il à chaud, pas vraiment décidé à présenter ses excuses.
Entre l’affaire de Rio et un niveau de jeu fluctuant, les portes de la Coupe Davis lui semblaient fermer pour de bon. Mais depuis quelques mois, l’enfant terrible du tennis français a entrepris un travail sur lui-même pour ne plus dégoupiller à la première contrariété. Cette demi-finale face à l’Espagne apparaît comme une occasion unique pour Paire de changer son image. 
« J’ai fait des efforts et je suis beaucoup plus calme depuis quelques mois, a-t-il assuré en conférence de presse. C’est vrai qu’il y a eu l’épisode du tournoi de Washington [le 1er août] où je me suis énervé. » Pas qu’un peu. Il s’énerve lors de son match face à Marcos Baghdatis (trois raquettes fracassées, quelques jurons) et passe à la caisse avec une amende de 14 000 euros.

Yannick Noah le sait, l’Avignonnais n’est pas devenu sage comme un pape en quelques semaines. Le capitaine préfère ironiser sur cette image de sale gosse. « Vous allez tous vous demander à quel moment Benoît va casser sa première raquette. On s’est mis d’accord avec lui : pas plus de trois par set. Et pas sur ma tête si possible. »
Mais le patron des Bleus a aussi pris le soin d’expliquer à quel point le joueur avait tout de suite trouvé sa place dans l’équipe. « Il y a l’excitation de pouvoir travailler avec Benoît. Je voulais voir comment ça allait se passer avec le groupe, sa réaction lors des entraînements, et ça a été super. » 
En bon triple vainqueur de l’épreuve, capitaine Noah le sait : un peu de folie ne fait jamais de mal en Coupe Davis. Et à ce niveau-là, Benoît Paire présente quelques arguments.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/09/13/19-14">
<filnamedate="20180913"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180913"><AAMMJJHH="2018091319">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-14"> ¤ Créé en 2011, le label « Origine France garantie », pour les produits dont au moins 50 % de la valeur ajoutée sont réalisés dans le pays, a séduit seulement 600 entreprises.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-14"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Le « made in France » peine à émerger

Créé en 2011, le label « Origine France garantie », pour les produits dont au moins 50 % de la valeur ajoutée sont réalisés dans le pays, a séduit seulement 600 entreprises.



LE MONDE
 |    13.09.2018 à 11h03
 • Mis à jour le
13.09.2018 à 16h02
    |

            Jean-Michel Bezat








                        



                                


                            

Et si le ralentissement des échanges commerciaux et le désir croissant de consommer durable et local donnaient enfin ses chances au « made in France » ? Les défenseurs de la production nationale ne désarment pas. L’association Pro France, créée en 2010 par l’ex-député (UDI) de Seine-et-Marne Yves Jégo, va tenter de redonner de la vigueur au sujet lors de ses 4e Assises du produire en France, jeudi 13 septembre, à Paris. Une réunion qui se tient à deux mois du Salon du Made in France, organisé du 10 au 12 novembre au Parc des expositions de la porte de Versailles, à Paris.
Pro France n’hésite pas à afficher une vision offensive, puisque l’un des deux thèmes retenus est « exporter en Asie ». L’intitulé est osé quand on sait que les pays asiatiques, Chine en tête, sont devenus l’« usine du monde » et inondent l’Hexagone de produits depuis les années 1990. Certes, certains secteurs tricolores sont fortement exportateurs depuis des décennies (luxe, mode, cosmétiques, aéronautique, bateaux de plaisance et paquebots de croisière, vins et spiritueux, agroalimentaire…). Les entreprises françaises marquent aussi des points dans le high-tech, le design, les jeux vidéo. De beaux succès sont là : Krys dans l’optique, Gautier dans le mobilier, Eno dans les planchas, SEB dans l’électroménager haut de gamme.
Des pionniers se lancent, comme la marque de montres Routine, qui s’appuie sur la longue tradition horlogère du Doubs et du Jura pour y faire fabriquer 86 % de ses composants. Et les anciens persévèrent : après avoir quitté la vie politique, Arnaud Montebourg a lancé, le 10 septembre, son label Bleu Blanc Ruche. L’ancien ministre de l’économie et du redressement productif (2012-2014) soutient ainsi une filière de production de miel gravement menacée par la disparition des abeilles et la concurrence de produits frelatés importés d’Asie. Sans parler d’un fort mouvement en faveur d’une relocalisation des centres d’appels.

Tous les...




                        

                        


<article-nb="2018/09/13/19-15">
<filnamedate="20180913"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180913"><AAMMJJHH="2018091319">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-15"> ¤ Selon les informations du site Médiacités, la ministre occupe un logement social à Clamart depuis 2012. Une époque où ses revenus correspondaient aux critères d’attribution, se défend-elle.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-15"> ¤                     
                                                

L’embêtant logement social de la ministre des sports Roxana Maracineanu

Selon les informations du site Médiacités, la ministre occupe un logement social à Clamart depuis 2012. Une époque où ses revenus correspondaient aux critères d’attribution, se défend-elle.



LE MONDE
 |    13.09.2018 à 13h07
 • Mis à jour le
13.09.2018 à 15h42
   





                        



   


Le site d’actualité Médiacités a révélé jeudi 13 septembre que Roxana Maracineanu occupe un logement social à Clamart, dans les Hauts-de-Seine, depuis 2012. L’appartement, de type PLUS (prêt locatif à usage social) est géré par l’office HLM de la ville.
Selon le pureplayer, la ministre a obtenu cet appartement, où elle vit avec sa famille, quand le socialiste Philippe Kaltenbach était maire de Clamart. C’est auprès de cet élu qu’elle a commencé sa carrière en politique en 2010, figurant alors en huitième position sur la liste départementale du Parti socialiste menée par le maire.
Il ne s’agissait cependant pas d’un passe-droit, selon Philippe Kaltenbach : « Si elle a eu ce logement, c’est parce qu’elle correspondait à l’époque aux critères d’attribution en termes de revenus. On ne peut pas empêcher les élus d’obtenir un logement social quand ils y sont éligibles », a-t-il répondu à Médiacités. 
Paiement d’un surloyer
Une information confirmée par Europe 1 montre que Roxana Maracineanu était bien éligible au logement social au moment de sa demande.
Cette dernière précise qu’elle paye actuellement un surloyer, qui peut être réclamé à un locataire dès lors que ses revenus excèdent d’au moins 20 % les plafonds de ressources exigés pour l’attribution d’un logement social, et qu’elle compte déménager. Elle s’exprimera sur ce sujet dans la journée.

        Lire aussi :
         

                Roxana Maracineanu : les conseillers techniques sportifs ne seront « plus forcément fonctionnaires »






                            


                        

                        


<article-nb="2018/09/13/19-16">
<filnamedate="20180913"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180913"><AAMMJJHH="2018091319">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-16"> ¤ La peine la plus lourde a été demandée contre Esteban Morillo, qui a reconnu être l’auteur des coups mortels.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-16"> ¤                     
                                                

Mort de Clément Méric : 7 et 12 ans de prison requis contre les deux principaux accusés skinheads

La peine la plus lourde a été demandée contre Esteban Morillo, qui a reconnu être l’auteur des coups mortels.



LE MONDE
 |    13.09.2018 à 11h01
 • Mis à jour le
13.09.2018 à 14h28
   





                        



   


Une bagarre « évitable » et d’une « sauvagerie parfaitement inadmissible ». L’accusation a requis, jeudi 13 septembre, des peines de sept et douze ans de prison à l’encontre de deux skinheads pour des coups mortels portés à l’antifasciste Clément Méric en 2013 à Paris.
La peine la plus lourde a été demandée contre Esteban Morillo, qui a reconnu être l’auteur des coups mortels. Sept ans ont été requis pour Samuel Dufour, porteur d’une « arme » – poing américain ou bagues –, et une peine de quatre ans dont deux avec sursis contre Alexandre Eyraud, arrivé plus tard mais dont la seule présence a favorisé « l’action collective ».
Le 5 juin 2013, à 18 h 43, Clément Méric, étudiant de 18 ans, s’écroule, mortellement blessé, lors d’une brève bagarre entre militants antifascistes et skinheads d’extrême droite, en marge d’une vente privée de vêtements.

        Notre compte-rendu :
         

          Au procès Méric, les zones d’ombre demeurent



Adhésion à une idéologie « de haine »
Durant le procès, Morillo a reconnu avoir porté deux coups – à poings nus – à Méric. Dufour affirme s’être battu, mais pas avec Méric. Eyraud, lui, assure n’avoir frappé personne. Ils nient avoir porté un poing américain et accusent les « antifas » d’avoir provoqué la bagarre.
Une ligne de défense qu’ont tenté d’enfoncer les parties civiles, reconvoquant une série de témoins qui ont distinctement vu un poing américain sur les principaux accusés, ou les SMS de Samuel Dufour où il se vante lui-même d’en avoir utilisé un.
Michel Tubiana, avocat de deux camarades de Méric, a fustigé des accusés qui n’ont pas de réels « regrets » mais cherchent à « gommer » leur adhésion à une idéologie « de haine de celui qui est différent : on n’aime pas le Noir, l’Arabe, le Tzigane, le PD ». Et après les coups mortels, a souligné Me Ouhioun, « il y a un groupe qui présente des lésions de défense, un autre qui va boire des bières au Local », le bar de la figure de l’ultradroite Serge Ayoub.

        Le portrait de Serge Ayoub :
         

          une figure de l’extrême droite radicale






                            


                        

                        


<article-nb="2018/09/13/19-17">
<filnamedate="20180913"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180913"><AAMMJJHH="2018091319">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-17"> ¤ Le convoité, mais controversé Ballon d’or, ne reviendra sans doute pas à l’un des Français champions du monde. A juste titre, affirme notre chroniqueur Jérôme Latta.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-17"> ¤                     
                                                

« Pas de Ballon d’or pour les Bleus, et c’est tant mieux »

Le convoité, mais controversé Ballon d’or, ne reviendra sans doute pas à l’un des Français champions du monde. A juste titre, affirme notre chroniqueur Jérôme Latta.



LE MONDE
 |    13.09.2018 à 11h53
 • Mis à jour le
13.09.2018 à 15h26
    |

                            Jérôme Latta








                        


Chronique. Remporter une Coupe du monde suscite des lendemains qui chantent. Ils chantent aussi les louanges des héros de la victoire, dont les ego vont subir de rudes épreuves, déguisées en moments agréables pour eux : la légitime fierté d’une telle consécration peut vite être empoisonnée par les flatteries, les accès de prétention et la course aux récompenses personnelles.

        Lire aussi :
         

                Football : le Stade de France célèbre les champions du monde



Un ego hypertrophié n’est toutefois pas un handicap dans un football qui a exacerbé le culte de ses meilleurs joueurs. Messi, Neymar ou Cristiano Ronaldo sont de plus grosses entreprises que la plupart des clubs, ils comptent même plus de fans qu’eux.
Les trophées individuels pèsent au moins autant que les titres dans leur palmarès et le plus convoité d’entre eux, le Ballon d’or reste l’objet de spéculations et de débats rituels. Dussent-ils finir par le constat que l’on ferait mieux d’ignorer ce trophée.
Au pied des podiums
L’enthousiasme patriotique étant à son comble, les médias spécialisés ont poussé les candidatures françaises, mettant même en scène une rivalité feutrée entre Antoine Griezmann et Kylian Mbappé. On en est à guetter leur éventuelle réticence à se délivrer des passes décisives.
L’hypothèse Raphaël Varane, pourtant jugée crédible il y a peu, semble déjà oubliée et on se demande pourquoi N’Golo Kanté serait moins légitime. Peut-être s’est-on rangé au constat qu’un défenseur (l’Allemand Franz Beckenbauer a été distingué en 1976, l’Italien Fabio Cannavaro en 2006) ou un milieu défensif (l’Allemand Matthias Sammer en 1996) est en vérité inéligible ?
Certains se sont déjà offusqué qu’aucun Tricolore ne figure dans le trio des finalistes du trophée « The Best » – le trophée de la Fédération internationale de football (FIFA), qui sera remis le 24 septembre à Londres –, qui comprend le Portugais Cristiano Ronaldo, le Croate Luka Modric et l’Egyptien Mohamed Salah.
Griezmann, Mbappé et Varane, présents dans les dix joueurs désignés par un panel de « FIFA Legends », sont restés au pied de ce podium issu d’un « vote effectué par des fans, des journalistes, des sélectionneurs nationaux et des capitaines des équipes nationales » (ce qui dit, au passage, le caractère ésotérique de ces collèges électoraux).
Dispersion des voix
Le problème est justement que les postulants français sont trop nombreux. La dispersion des voix condamne toute probabilité d’élection malgré le poids de la case « vainqueur de la Coupe du monde ».
C’est d’ailleurs Modric qui a reçu le « Ballon d’or Adidas de Russie 2018 », une autre récompense au palmarès déroutant (l’Argentin Lionel Messi en 2014) – tandis qu’Hugo Lloris ne figure pas parmi les cinq gardiens nommés pour le « World 11 » de la FIFA, au contraire de Marc-André ter Stegen, remplaçant de Manuel Neuer au sein d’une Allemagne éliminée au premier tour…
Il est même inutile de calculer l’effet du retour du Ballon d’or dans le giron historique de France Football, depuis la fin de la co-organisation avec la FIFA entre 2010 et 2016 : la pondération des critères (statistiques personnelles, titres, image…) par un collège uniquement composé de journalistes n’y change rien : c’est foutu.
Pogba, Varane, Griezmann et Mbappé ne peuvent même pas se désister en faveur de Kanté, incarnation de l’esprit collectif des champions du monde.
Pas de prix du jury
C’est précisément la nature de cette équipe et de sa victoire qui prive ses membres de la vaniteuse satisfaction des distinctions individuelles. A contre-courant de la tendance, les « stars » du groupe ont renoncé à ce genre de gratifications pour atteindre, en équipe, le titre suprême.
Le Ballon d’or ne s’est pas joué en Russie, où ses principaux prétendants ont encore peiné dans des sélections moins fortes et moins exclusivement à leur service que leurs clubs.
Le trophée ne reviendra donc pas à un joueur français, ni même au grand Luka Modric. Il n’y a pas, comme au Festival de Cannes, de Palme d’or audacieuse, ni même de prix du jury : personne ne peut rivaliser avec les têtes de gondoles du football mondialisé.
C’est dommage, car le Ballon d’or serait beaucoup plus intéressant (et pas moins discuté) s’il était décerné par un comité de spécialistes et de passionnés qui assumeraient une idée particulière du football et des footballeurs.
Son futur lauréat sera donc Cristiano Ronaldo (pardon pour ce spoiler), monstre statistique que l’échec du Portugal en Russie ne pénalisera pas. Il pourra contempler son reflet dans une sixième boule dorée.
Celle de la Coupe du monde renvoie l’image de vingt-trois visages, ce qui empêche d’en distinguer un seul.
Note : une version précédente de cet article comprenait une confusion entre le trophée du Ballon d’Or, décerné par France Football, et « The Best », décerné par la Fifa.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/09/13/19-18">
<filnamedate="20180913"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180913"><AAMMJJHH="2018091319">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-18"> ¤ Combat, Candelaria, CopperBay… derrière le comptoir, comme aux manettes des bars à cocktails, les femmes sont de plus en plus nombreuses. Une révolution pour ce monde feutré et longtemps réservé aux hommes.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-18"> ¤                


Article sélectionné dans La Matinale du 12/09/2018
Découvrir l’application


                  

Les femmes secouent les bars à cocktails


                      Combat, Candelaria, CopperBay… derrière le comptoir, comme aux manettes des bars à cocktails, les femmes sont de plus en plus nombreuses. Une révolution pour ce monde feutré et longtemps réservé aux hommes.



LE MONDE
 |    13.09.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
13.09.2018 à 16h09
    |

                            Sébastien Jenvrin








   


En 2016, Jennifer Le Néchet remporte le Diageo World Class, un des plus prestigieux concours dans le monde du bar. Peu médiatisé en France – loi Evin oblige –, ce « Top Chef » version cocktail trouve cette année-là un écho inhabituel dans la presse française, fière de célébrer cette première victoire hexagonale.
Mais, au lieu de souligner la force de travail et l’abnégation de cette autodidacte du shaker, la plupart des gros titres se focalisent sur une chose : « Le meilleur bartender du monde est une femme. » Pas possible ! Si les médias ont lourdement insisté sur la question du genre, estime celle qui ouvre ces jours-ci, avec deux associés, le bar-restaurant Mino, à Ménilmontant, dans l’Est parisien, Jennifer Le Néchet reconnaît volontiers le caractère inédit de sa victoire. Un fait d’autant plus marquant qu’elles étaient seulement huit femmes sur cinquante-huit participants. « Ce n’est pas pour autant un métier masculin ou macho, considère la championne, car, en termes de savoir-faire, rien n’empêche les femmes de le pratiquer. »
La scène cocktail a muté en un éclair
Certes, mais, pendant longtemps, rares ont été celles qui se sont fait un nom en maniant shaker et autres cuillères à mélange derrière le zinc. Un exemple est particulièrement éloquent : l’Hôtel Savoy de Londres et son mythique American Bar. En 1903, Ada Coleman, légende du cocktail à qui l’on doit la recette du hanky panky (vermouth doux, gin, Fernet-Branca), défrayait la chronique en étant la première cheffe bartender du palace. Il a fallu attendre… 2017, pour qu’une autre personne de même sexe, Pippa Guy, y occupe ce poste.
De ce point de vue, plus de choses ont changé ces cinq dernières années qu’au cours du siècle passé, notamment en France, où la scène cocktail a muté en un éclair.
Dans les années 2000, les palaces et les quelques bars historiques de la capitale, seuls lieux où l’on pouvait siroter des mélanges alcoolisés de qualité, entretenaient encore cette ambiance fermée et masculine. Ainsi, quand Sandrine Houdré-Grégoire prend la tête du bar de l’Hôtel Murano, à Paris, en 2004, une brèche s’ouvre subrepticement.
« Ses cartes étaient vraiment pointues et elle était respectée par ses équipes, c’était rare pour une femme à l’époque », se souvient Aurélie Panhelleux, qui la considère comme une précurseuse. La trentenaire, qui codirige aujourd’hui CopperBay a, elle-même, été la première femme bartender du célèbre Forum, en quatre-vingts ans d’existence de celui-ci. A l’époque, certains de ces endroits prestigieux avaient refusé son CV à cause de son sexe.
L’effet bars de rue
La révolution des street bars a bousculé ces pratiques discriminatoires. Vers 2010-2012, dans le sillage de l’Experimental Cocktail Club, de nouvelles enseignes plus ouvertes déferlent sur Paris, entraînant avec elles une féminisation du métier. Exit le mot barmaid, autrement dit « serveuse », dont on loue l’atout charme pour assurer le spectacle, au profit de « bartender », moins péjoratif et surtout non genré.
Ambiance décontractée, cocktails inventifs, prix plus accessibles… Ces bars de rue n’ont pas seulement démocratisé la culture cocktail, ils ont aussi régulièrement promu des filles derrière le bar. Comme Carina Soto Velasquez, qui fut un exemple pour la nouvelle génération. « J’ai pu servir de mentor à mes débuts, confie celle qui codirige aujourd’hui cinq établissements parisiens avec le même souci de parité. Quand j’ai ouvert Candelaria en 2011, j’ai mis un point d’honneur à recruter toujours autant de garçons que de filles. C’est important pour moi que chacun puisse grandir dans l’entreprise de façon égalitaire. Et les femmes sont très réceptives à ces opportunités d’évolution. »

        Lire aussi :
         

                Cocktails : la revanche des bars d’hôtel



Naturellement, quand il s’agit d’empowerment féminin, les marques ne sont jamais très loin pour faire un peu de marketing. A l’image de St-Germain, liqueur française appartenant au groupe Bacardi, qui a créé, en 2010, à Londres, le collectif Les Femmes du bar, sous l’impulsion de son ambassadrice internationale, Camille Vidal.
En France, le concept a été décliné en 2013 avec douze membres et compte aujourd’hui quarante-cinq femmes, issues aussi bien de palaces que de bars de rue. « L’idée est de constituer une communauté de soutien, car, dans ce milieu, on est parfois un peu regardée comme des extraterrestres, explique Lucile Gargasson, copropriétaire du Café Moderne et ambassadrice France de St-Germain. Cela nous permet de confronter nos expériences et d’échanger. » Cela leur a aussi permis d’acquérir plus de légitimité auprès du public grâce à des ateliers qui mettent en lumière le talent de chacune.
« Désir d’entreprendre »
Davantage prises au sérieux, les femmes ne sont plus cantonnées au service en salle, elles conseillent le client, l’orientent en fonction de ses goûts, créent aussi des mélanges qui expriment leur personnalité et, parfois, ouvrent leur propre établissement.
« Même si on est encore loin de la parité, les femmes font désormais preuve d’une volonté de marquer le métier et de s’inscrire dans la durée, analyse Thierry Daniel, le cofondateur de la Paris Cocktail Week. C’est ce désir d’entreprendre qui est inédit. »
A l’instar de Margot Lecarpentier, qui, avec Elena Schmitt, a ouvert un bar à cocktails 100 % féminin l’année de l’affaire Weinstein et de #metoo. Un simple concours de circonstances. Tout le contraire du nom choisi pour son établissement, Combat, qui fait autant référence au quartier entre la place du Colonel-Fabien, les Buttes-Chaumont et Belleville, où se situe le bar, qu’à la lutte pour l’égalité femmes-hommes. 

   


« Au début, mes associées me disaient d’y aller mollo avec le mot “féminisme”, car les gens n’aiment pas trop ça en général », raconte l’entrepreneuse, qui n’a jamais caché les difficultés rencontrées pour financer le projet. Principal obstacle à son désir d’émancipation après des débuts remarqués à l’Experimental Cocktail Club ? Le sexisme de certains banquiers. « J’enrageais quand, en évoquant notre business plan, on nous répondait “une femme ne pourra pas shaker autant de cocktails”, alors même que j’en shakais le triple la veille à l’Experimental. »
Mais la palme du paternalisme revient à cet homme qui a rejeté leur projet sous prétexte que, deux ans plus tard, elles auraient envie d’un enfant. « Depuis que je suis adolescente, je survole le même genre d’articles dans la presse féminine : “Jasmine, 39 ans, entrepreneuse et deux enfants. Elle mène vie pro et vie de famille d’une main de maître.” Dans ma tête, je me suis toujours dit  : “Non, mais allô les gars, c’est acquis depuis des lustres ça”, dit amusée Margot Lecarpentier. Mais cette expérience m’a fait comprendre que ce n’était pas si évident. »
Raifort, whisky, verjus et umeshu
A la carte de Combat, pas de drink rose bonbon, mais des mélanges peu sucrés, jouant sur les saveurs herbacées ou épicées, comme le très nippon « 1901 », à base de saké Phoenix (lancé en 2017 par le groupe de musique éponyme), raifort, whisky, verjus et umeshu (liqueur de prune japonaise). Quant au lieu, blanc immaculé et ouvert sur la rue, il n’a rien de sectaire et prône au contraire l’échange et la diversité. Ce qui n’empêche pas le sexisme ordinaire de s’y exprimer de temps en temps.
Si chaque bartender a son spiritueux de prédilection, pour Aurélie Panhelleux, c’est le whisky. Au CopperBay, quand un client a une question sur l’eau-de-vie de malt, c’est vers elle qu’on le dirige. « Un jour, je m’avance en direction d’une table de quatre messieurs pour prendre leur commande, se souvient-elle. Ils me disent qu’ils n’ont pas encore choisi. Vingt secondes plus tard, ils se lèvent et vont voir mon associé pour leur demander conseil sur des cocktails au whisky. Julien [l’associé] sourit et leur dit : “Les whiskys, c’est elle.” Le client qui avait posé la question s’est un peu décomposé, puis s’est senti obligé de tester mes connaissances pendant cinq minutes, avant de capituler. »
Car, dans l’imaginaire collectif, certains alcools – whisky, cognac ou armagnac, notamment – sont destinés aux hommes et d’autres – la vodka, surtout si elle est accompagnée de fruits rouges – davantage aux femmes. On exagère à peine le cliché.
« Il n’est pas rare qu’on nous demande un “cocktail de fille” », regrette ainsi Margot Lecarpentier. « Certains mecs tirent la tronche quand le verre qu’ils ont commandé est servi dans une coupette », renchérit Jennifer Le Néchet.
Si rien ne permet de dire que les femmes de ce métier sont meilleures que leurs collègues masculins ni que leurs cocktails sont plus ceci, ou moins cela, « elles ont apporté un regard neuf, une créativité et une sensibilité sur cette industrie qui était assez vieillissante il y a encore quelques années », estime Thierry Daniel. Bientôt fini les « boissons d’hommes » ?

Les adresses
Quelques lieux où les femmes sont derrière le shaker…
CopperBay
Echoué dans une rue calme du bouillonnant quartier de Strasbourg-Saint Denis, ce bar au design sophistiqué se distingue par ses invitations aux voyages. Tel ce « Casablanca-Torino », à base de Martini Bitter au ras el-hanout, jus d’orange, jus de carotte, verjus, soda et rhubarb bitters.
5, rue Bouchardon, 75010 Paris. Copperbay.fr
Combat
Ambiance douce et accueillante, déco épurée, comptoir ouvert sur la rue… La seule démonstration de force ici, c’est quand Margot Lecarpentier et Elise Drouet shakent leurs drinks audacieux aux goûts bien tranchés, de l’acidulé « impécâpre » à l’herbacé « cœur de glass ».
63, rue de Belleville, 75019 Paris. Tél. : 09 80 84 78 60.
Balagan
Niché dans un boudoir à l’ambiance feutrée, le bar du chic et branché restaurant israélien brille par ses nectars aux saveurs épicées, tel le « persifleur » (gin, cordial fleur de sureau, concombre, citron vert, persil, cumin et piment d’Espelette).
9, rue d’Alger, 75001 Paris. Tél. : 01 40 20 72 14. Balagan-paris.com
Kouto
L’amour des produits de saison est tel chez ces « affûteuses de cocktails » que chaque création porte le sobre nom de l’un d’eux. Comme « betterave », qui mêle le légume aux saveurs sucrées à la blanche-d’armagnac, au Lillet blanc et au tonic.
40, rue d’Enghien, 75010 Paris. Tél. : 06 49 28 28 45. Kouto.business.site
Mino
Pour sa première adresse cogérée avec deux associés, Jennifer Le Néchet a souhaité un lieu qui lui ressemble. Lumineux, végétal et écoresponsable, avec une carte de cocktails faisant la part belle aux vins de Xérès. Et, dans l’assiette, une cuisine d’inspiration méditerranéenne.
42, rue de Ménilmontant, 75020 Paris. Ouverture courant octobre.





<article-nb="2018/09/13/19-19">
<filnamedate="20180913"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180913"><AAMMJJHH="2018091319">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-19"> ¤ La FFF a décidé d’octroyer dix millions d’euros en matériel au football amateur. Cette dotation s’ajoute aux 86 millions déjà versés cette saison.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-19"> ¤                     
                                                

Football : après la victoire des Bleus, un coup de pouce pour les clubs amateurs

La FFF a décidé d’octroyer dix millions d’euros en matériel au football amateur. Cette dotation s’ajoute aux 86 millions déjà versés cette saison.



LE MONDE
 |    13.09.2018 à 16h15
 • Mis à jour le
13.09.2018 à 17h22
    |

            Rémi Dupré








                        



   


L’élan suscité par le sacre des Bleus lors de la Coupe du monde en Russie va-t-il vraiment profiter au football français ? Si les dirigeants de la Fédération française de football (FFF) s’attendent à une hausse des licenciés dans les clubs amateurs, dans des proportions plus ou moins comparables à la saison 1998-1999 (240 000 nouvelles inscriptions à cette époque), ils entendent redistribuer au foot « d’en bas » une partie des retombées économiques de ce triomphe.
Selon nos informations, le comité exécutif (gouvernement) de la FFF a décidé, jeudi 13 septembre, d’octroyer une enveloppe de dix millions d’euros sur deux saisons (dont trois millions émanant de Nike, principal partenaire de l’organisation) en matériel aux petits clubs (jusqu’à moins de 100 licenciés), aux équipes pourvues d’une école de football et aux associations ayant un « engagement féminin », c’est-à-dire une section féminine. Cette dotation vient s’ajouter aux 86 millions d’euros reversés, cette saison, au football amateur. Un fonds « d’aide record » – selon l’expression fédérale – voté en juin, avant la Coupe du monde.
La décision du comité exécutif fait suite à la promesse de Noël Le Graët, président de la FFF, de « dégager une enveloppe de financements supplémentaires notamment pour les plus petits clubs qui ont besoin de matériel ». « Il y en aura sans doute d’autres par la suite avec une implication sans doute renforcée de nos partenaires [sponsors] sur le terrain », confiait le dirigeant au Monde, fin août.
Ce « coup de pouce » intervient surtout alors que de nombreux responsables de club amateur ne peuvent accueillir la vague de licenciés (2,1 millions la saison passée) attendue et réclamaient à la FFF davantage de moyens financiers. Par la voix de son dirigeant Eric Thomas, candidat malheureux à la présidence de la Fédération en 2011, 2012 et 2017, l’Association française de football amateur (AFFA) avait notamment plaidé, cet été, pour que le football amateur ne soit pas « l’éternel oublié ».
Un budget annuel de 272 millions d’euros
Grâce au succès des joueurs de Didier Deschamps en Russie, l’argent coule à flots à la Fédération. L’instance a touché notamment 32,6 millions d’euros de dotation de la Fédération internationale de football (FIFA). Après avoir versé 30 % de cette somme en primes aux Tricolores, la FFF peut se targuer d’une enveloppe budgétaire de 272 millions d’euros pour la saison 2018-2019.

        Lire aussi :
         

                Le sacre des Bleus fait les bonnes affaires de la Fédération française de football



Annuellement, l’organisation tire de sa sélection 113 millions d’euros de revenus commerciaux. Les contrats liés aux droits télévisés (63,1 millions d’euros annuels) et l’ensemble des partenariats avec les sponsors avait d’ailleurs été reconduit, avant le Mondial russe, pour le cycle 2018-2022.
Principal partenaire de l’équipe de France (50,5 millions d’euros annuels, notamment en matériel, jusqu’en 2026), l’équipementier américain Nike a d’ailleurs versé un bonus conséquent (autour d’un million d’euros selon le journal L’Equipe) à la FFF après le sacre moscovite des Bleus.
L’instance s’attend également à toucher un pactole (4,5 % du prix à l’unité) sur les ventes des – déjà mythiques et très onéreux (140 euros pièce) – maillots à deux étoiles fabriqués par Nike. La marque à la virgule espère, elle, pulvériser le record des tuniques écoulées (800 000) par Adidas après le sacre des Bleus en 1998.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/09/13/19-20">
<filnamedate="20180913"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180913"><AAMMJJHH="2018091319">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-20"> ¤ Repris en main par un nouveau conseil d’administration, le journal vient de perdre trente de ses plumes les plus irrévérencieuses envers le pouvoir en place.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-20"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Turquie : coup de torchon au quotidien d’opposition « Cumhuriyet »

Repris en main par un nouveau conseil d’administration, le journal vient de perdre trente de ses plumes les plus irrévérencieuses envers le pouvoir en place.



LE MONDE
 |    13.09.2018 à 03h15
 • Mis à jour le
13.09.2018 à 08h19
    |

            Marie Jégo (Istanbul, correspondante)








                        



                                


                            

LETTRE D’ISTANBUL
Critique virulent du président turc Recep Tayyip Erdogan, le quotidien d’opposition Cumhuriyet a changé d’ADN, vendredi 7 septembre, lorsque la fondation propriétaire du titre s’est dotée d’un nouveau conseil d’administration.
Sa première décision a été de procéder d’emblée au limogeage de trois responsables éditoriaux, dont le rédacteur en chef, Murat Sabuncu, qui, non content d’avoir été remercié, s’est vu refuser la publication de sa lettre de départ adressée aux lecteurs. Dans la foulée, trente journalistes ont démissionné, dont les chroniqueurs Aydin Engin, Cigdem Toker, Kadri Gursel, Asli Aydintasbas, Ahmet Insel ainsi que le caricaturiste Musa Kart.
En quelques jours, les nouveaux dirigeants de la fondation ont réussi ce que deux années de procédures judiciaires contre Cumhuriyet n’étaient pas parvenues à faire. Ils ont purgé la rédaction de ses plumes les plus irrévérencieuses, les plus éprises de liberté, les plus proeuropéennes aussi.
Nationalistes pur jus
Ce coup de torchon n’a pas échappé à l’eurodéputée nééerlandaise Kati Piri, la rapporteure pour la Turquie au Parlement européen. « Après les perquisitions, les enquêtes, les arrestations de ses journalistes, Cumhuriyet se retrouve désormais sous le contrôle d’ultranationalistes affiliés au président Erdogan. S’agit-il du dernier coup porté aux derniers vestiges de la liberté de la presse en Turquie ? », a-t-elle réagi sur son compte Twitter au lendemain de la reprise en main opérée par les nouveaux administrateurs.
Une réaction qui lui a valu une volée de bois vert, notamment de la part de Mine Kirrikanat, un monument du journalisme local devenue membre du nouveau conseil d’administration, laquelle a reproché à la rapporteure européenne de recevoir ses informations « d’une seule source sans éprouver le besoin de les vérifier ».
Qui sont les nouveaux maîtres de la fondation ? Décrits comme des défenseurs...




                        

                        


<article-nb="2018/09/13/19-21">
<filnamedate="20180913"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180913"><AAMMJJHH="2018091319">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-21"> ¤ Les militants de Pussy Riot affirment que Piotr Verzilov, qui avait participé à l’incursion sur la pelouse du stade pendant la finale de la Coupe du monde en Russie, a perdu la vue et l’usage de la parole.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-21"> ¤                     
                                                

Piotr Verzilov, membre des Pussy Riot, aurait été « empoisonné », selon d’autres membres du groupe

Les militants de Pussy Riot affirment que Piotr Verzilov, qui avait participé à l’incursion sur la pelouse du stade pendant la finale de la Coupe du monde en Russie, a perdu la vue et l’usage de la parole.



LE MONDE
 |    13.09.2018 à 11h32
 • Mis à jour le
13.09.2018 à 16h27
   





                        



   


Un membre des Pussy Riot, qui avait participé à l’incursion sur le terrain lors de la finale de la Coupe du monde de football, est hospitalisé depuis mardi en soins intensifs à Moscou, selon le journal en ligne russe Meduza.
Interrogée par le site, Veronika Nikoulchina, une autre membre des Pussy Riot, explique que Piotr Verzilov « s’est senti de plus en plus mal » en deux heures, perdant « d’abord la vue, ensuite, la capacité de parler, enfin la capacité de marcher ». Il a été, selon elle, hospitalisé dans une unité de toxicologie, en raison d’un soupçon d’empoisonnement.
« Notre ami, frère, camarade Petr Verzilov est en réanimation, a communiqué le groupe Pussy Riot sur Twitter. Sa vie est en danger. Nous pensons qu’il a été empoisonné. »

Our friend, brother, comrade Petr Verzilov is in reanimation. His life is in danger. We think that he was poisoned.… https://t.co/ehJj6MIqn5— pussyrrriot (@𝖕𝖚𝖘𝖘𝖞 𝖗𝖎𝖔𝖙)


require(["twitter/widgets"]);

Piotr Verzilov et trois autres membres des Pussy Riot s’étaient introduits sur la pelouse du stade de football de Moscou, le 15 juillet 2018, habillés d’uniformes de police, pour protester contre la brutalité policière, après des accusations de torture dans les prisons et pendant les interrogatoires.

        Lire aussi :
         

                Affaire Skripal : Moscou a identifié les suspects désignés par Londres, mais ne les poursuivra pas






                            


                        

                        

