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<filname="SURF-env_sciences-1"> ¤ La classification des champignons microscopiques est une science complexe... qui peut avoir des conséquences directes sur la santé humaine.
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Le doute du cueilleur de champignons

La classification des champignons microscopiques est une science complexe... qui peut avoir des conséquences directes sur la santé humaine.



LE MONDE
 |    12.09.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
12.09.2018 à 16h54
    |

                            Alice Lebreton (Chargée de recherche à l’Institut national de la recherche agronomique (INRA), Institut de biologie de l’Ecole normale supérieure)








                        



                                


                            
Carte blanche. Une belle pluie de fin d’été, un souffle d’air frais, et bientôt une flopée de champignons de toutes formes et couleurs parsèmeront nos sous-bois. Pour le cueilleur du dimanche, différencier un bolet comestible d’un vénéneux n’est pas toujours une mince affaire. Rien d’humiliant à cela. Même pour les spécialistes en mycologie, l’attribution des espèces est parfois un casse-tête : une étude récente vient ainsi de confirmer que des champignons microscopiques, jusqu’ici désignés par quatre noms distincts, ne forment en réalité qu’une seule espèce.
Dans un article publié mi-juillet dans la ­revue PLOS Pathogens, une équipe irlandaise a séquencé et comparé les génomes d’une trentaine de souches de levures – des champignons unicellulaires – soupçonnées d’être apparentées. Ces souches proviennent d’origines diverses : les unes, nommées Candida krusei, ont été prélevées sur des ­patients souffrant de candidoses, des infections ­fongiques opportunistes parfois graves ; les autres, appelées Pichia kudriavzevii (parfois aussi Issatchenkia orientalis ou Candida glycerinogenes), entrent sur tous les continents dans la composition de levains artisanaux destinés à la production d’aliments fermentés (cacao, kéfir, manioc, bière de maïs, vinaigre de blé, pains au levain, etc.). Pour cette raison, la réglementation américaine considère P. kudriavzevii sans danger pour la santé humaine. Un usage probiotique de certaines de ces levures est envisagé ; plusieurs souches sont aussi exploitées ­industriellement, entre autres pour la production de bioéthanol.
Comparaison des génomes
Des études plus anciennes laissaient déjà penser que C. krusei pourrait être apparentée à P. kudriavzevii ; C. krusei n’appartiendrait alors pas au genre Candida, contrairement aux autres levures responsables de candidoses. Les nouveaux résultats obtenus vont ­au-delà de ces présomptions :...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-2"> ¤ Cet astrophysicien est à l’origine de la tribune signée par 200 personnalités dans « Le Monde » appelant les politiques à faire face au changement climatique.
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Aurélien Barrau, le scientifique qui défend l’écologie


                      Cet astrophysicien est à l’origine de la tribune signée par 200 personnalités dans « Le Monde » appelant les politiques à faire face au changement climatique.



LE MONDE
 |    12.09.2018 à 09h15
    |

                            Valentin Ehkirch








   


Professeur à l’université Grenoble-Alpes, astrophysicien au Laboratoire de physique subatomique et de cosmologie du CNRS, Aurélien Barrau est l’auteur de nombreux ouvrages.
Engagé
Réunir des personnalités aussi diverses que le cinéaste Pedro Almodóvar, le climatologue Jean Jouzel ou l’ actrice Kristen Stewart dans une tribune pour l’écologie, Aurélien Barrau n’aurait jamais cru y parvenir. Juste après la démission du ministre de la transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot, l’astrophysicien (qui a « toujours voté écologiste ») rédige un appel à un engagement radical du pouvoir politique face au changement climatique, « plus grand défi de l’histoire de l’humanité ». Nicolas Hulot lui-même lui aurait envoyé un message de soutien.

        Lire aussi :
         

                « Le plus grand défi de l’histoire de l’humanité » : l’appel de 200 personnalités pour sauver la planète



Atypique
Avec ses cheveux longs, ses poignets couverts de bracelets et ses santiags, Aurélien Barrau, 45 ans, a le look du scientifique iconoclaste. Professeur à l’université Grenoble-Alpes, astrophysicien au Laboratoire de physique subatomique et de cosmologie du CNRS et auteur de plusieurs ouvrages scientifiques, il est spécialisé dans l’étude des trous noirs.

        Lire aussi :
         

                A l’origine, un grand rebond plutôt qu’un grand boum ?



Connecté
Si Aurélien Barrau a réussi à réunir autant de stars pour sa tribune, c’est grâce à Juliette Binoche, qui lui a ouvert son carnet d’adresses. Il s’est lié d’amitié avec elle il y a un an sur le tournage du prochain film de science-fiction de Claire Denis (High Life, sortie prévue en 2019). Il y officiait en tant que conseiller scientifique supposé faire en sorte que trous noirs et voyages dans le temps, « choses abstraites », deviennent « sensibles » pour les acteurs du film, Juliette Binoche, donc, et Robert Pattinson.
Décloisonné
Egalement docteur en philosophie, poète, défenseur des animaux (il a écrit un livre sur le bien-être animal), Aurélien Barrau pense qu’il est « très important de ne pas effondrer le monde dans une seule discipline ». Il a déjà collaboré avec les artistes Michelangelo Pistoletto ou Olafur Eliasson…



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<filname="SURF-env_sciences-3"> ¤ Des personnes qui restent prostrées pendant des années après un coma présentent parfois quelques signes de conscience émotionnelle. La qualification de cet état divise les experts
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Faut-il parler de conscience minimale ?

Des personnes qui restent prostrées pendant des années après un coma présentent parfois quelques signes de conscience émotionnelle. La qualification de cet état divise les experts



LE MONDE
 |    12.09.2018 à 09h00
    |

                            Marie-Laure Théodule








                        



                                


                            
Les défis de la science. Combien de temps maintenir en vie une personne qui ne revient pas à son état de conscience normal après un accident cardiaque ou cérébral ? Cette question hante tous ceux qui s’occupent de ces patients qui peuvent rester prostrés des années. Ils alternent des cycles de veille (yeux ouverts) et de sommeil, mais leur niveau de conscience pose question. En France, l’histoire familiale, juridique (une dizaine de procédures judiciaires) et médicale autour de Vincent Lambert, ce jeune homme maintenu artificiellement en vie depuis dix ans à la suite d’un traumatisme crânien, illustre d’une manière particulièrement dramatique les enjeux liés à la détermination de ce niveau de conscience.
Dénomination qui fait débat
En pratique, les neuroscientifiques distinguent deux états mais leur dénomination fait actuellement débat. Le premier, l’état végétatif, a été défini dans les années 1970. Il désigne une personne qui se réveille de son coma, en ouvrant spontanément les yeux, sans donner aucun signe de conscience. Elle regarde dans le vide, bouge et respire uniquement par réflexe. Son ­réseau cérébral, qui relie le thalamus aux zones fronto-pariétales du cortex, ne fonctionne plus, en raison de lésions dans le cortex ou dans le réseau lui-même.
Pour Steven Laureys, qui étudie ces ­patients depuis des années dans le Coma Science Group à l’hôpital de Liège, « l’appellation “état végétatif”est péjorative, il vaut mieux parler d’“éveil non répondant à la commande” ». Un certain nombre de patients passent de cet état à celui de conscience minimale. Un stade dans lequel le réseau de la conscience fonctionne de temps en temps, même si c’est de manière très dégradée, comme si la personne avait de temps en temps des bouffées de conscience en réponse à des stimuli émotionnels donnés. De plus, elle présente une certaine sensibilité à la douleur.

Lionel Naccache, chercheur en neuro­sciences à l’Institut du cerveau...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-4"> ¤ L’agence spatiale a reçu ce prix pour sa couverture de la fin de la mission de la sonde Cassini autour de Saturne.
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<filname="SURF-env_sciences-5"> ¤ Ces assemblages en trois dimensions sont des atomes qui émettent de la lumière. Ils ont été obtenus afin de bâtir des simulateurs quantiques.
<filname="PROF-env_sciences-5"> ¤                     
                                                   
      

Des atomes empilés à loisir

Ces assemblages en trois dimensions sont des atomes qui émettent de la lumière. Ils ont été obtenus afin de bâtir des simulateurs quantiques.



LE MONDE
 |    11.09.2018 à 17h16
   





                        



   


Ces petits points un peu flous qui illuminent les pages de la revue Nature du 6 septembre sont des atomes émettant de la lumière (leur vraie couleur est dans l’infrarouge). Le but n’est pas de réaliser des éclairages innovants mais de bâtir des simulateurs quantiques, c’est-à-dire des systèmes que l’on peut manipuler à loisir pour reproduire et mieux comprendre des comportements de la matière qui restent encore mystérieux.
Ruban de Möbius, hyperboloïde, fullerène, tour Eiffel… sont créés à l’aide de pièges optiques qui figent les particules près du zéro absolu. Ces dizaines d’atomes de rubidium (72 maximum) ne sont séparées que de quelques micromètres, dans un cube d’un dixième de millimètre de côté. Ces assemblages en trois dimensions ont été obtenus par une équipe de l’Institut d’optique et du CNRS à Palaiseau, qui en 2016 avait déjà démontré ce savoir-faire en deux dimensions. Preuve de la maturité du sujet, dans le même numéro de Nature, une seconde équipe, à l’université de Pennsylvanie, a également réalisé des structures tridimensionnelles mais par une autre méthode et sans pouvoir en contrôler la forme.

   





                            


                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-6"> ¤ Le mécanisme du mouvement de l’eau sur une plaque chauffante vient d’être élucidé par une équipe française, 250 ans après sa description.
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Le moteur caché des gouttes d’eau

Le mécanisme du mouvement de l’eau sur une plaque chauffante vient d’être élucidé par une équipe française, 250 ans après sa description.



LE MONDE
 |    11.09.2018 à 15h00
    |

            David Larousserie








                        



                                


                            

L’expérience est simple et spectaculaire. Quelques gouttes d’eau lâchées sur une plaque chauffante se mettent soudainement en boule et roulent à grande vitesse vers la périphérie, avant de s’évaporer. Cet effet, dit Leidenfrost, du nom du chercheur qui l’a étudié en 1756, est dû à la ­caléfaction, c’est-à-dire l’apparition d’une couche de vapeur sous le ­liquide formant un coussin d’air sur lequel glissent les gouttes.
Depuis deux cents ans, les chercheurs avaient, semble-t-il, fait le tour de la question – montrant par exemple qu’une structure rugueuse sur la surface peut guider les gouttes. Or une équipe française de ­l’ESPCI ParisTech, du CNRS et de l’Ecole polytechnique vient d’exposer dans Nature Physics du 10 septembre un fait surprenant, passé inaperçu jusqu’alors : ces gouttes sont autopropulsées ! Même posées sans inertie, immobiles, sur une surface parfaitement horizontale, elles avancent à près de dix centimètres par seconde, comme si elles avaient un petit moteur en elles. « C’est une grosse surprise. Un truc incroyable mis en évidence sur un système très ancien », s’enthousiasme David Quéré, le responsable de l’équipe à l’ESPCI ParisTech.
Un tourbillon et un flux d’air
Deux effets subtils se conjuguent pour expliquer le phénomène. D’abord, dans la goutte, le fluide n’est pas si tranquille que cela. Un tourbillon est créé par les différences de température entre sa base et son sommet (mais non dû au phénomène de convection), comme le montre le mouvement circulaire de petites particules introduites dans le liquide. De quoi faire tourner le ­liquide, comme une roue.
Mais avoir une roue qui tourne ne suffit pas à la faire avancer, car ­celle-ci est posée sur un coussin d’air sans frottement, ce qui interdit le mouvement. Les chercheurs ont alors découvert un second effet. La goutte en tournant modifie le flux d’air à la base, ce qui conduit à soulever l’arrière par rapport à l’avant et donc à créer une dissymétrie...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-7"> ¤ Une étude japonaise montre qu’une bonne organisation des secours sur le parcours de la course permet de sauver presque tous les cas de mort subite.
<filname="PROF-env_sciences-7"> ¤                     
                                                   
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Le défibrillateur, auxiliaire de vie des marathoniens

Une étude japonaise montre qu’une bonne organisation des secours sur le parcours de la course permet de sauver presque tous les cas de mort subite.



LE MONDE
 |    11.09.2018 à 11h00
 • Mis à jour le
11.09.2018 à 15h30
    |

            Sandrine Cabut








                        



                                


                            
Dix mille pas et plus. Marathoniens, semi-marathoniens, formez-vous aux gestes qui sauvent, et exigez des organisateurs de vos courses qu’ils soient au top côté assistance médicale. Les données de plusieurs études, dont la dernière, japonaise, a été ­publiée le 2 août dans le New England Journal of Medicine (NEJM), démontrent qu’une organisation bien pensée des secours permet d’assurer la réanimation (massage cardiaque puis défibrillation) dans un délai ultracourt et de sauver tous les coureurs – ou presque – victimes de mort subite, sans séquelle.
Evalué depuis douze ans, le dispositif mis en place au Japon obtient des résultats bluffants : sur 30 arrêts cardiaques au cours de 251 courses (10 à 42,2 km), les 28 survenus en présence d’un témoin ont tous été ­récupérés, sans conséquence neurologique. En moyenne, le massage cardiaque a été débuté en moins d’une minute, et le premier choc avec un défibrillateur automatique externe (DAE) en 2,2 minutes.
La mort subite du sportif touche une quinzaine de professionnels par an en France, et 800 amateurs. Dans les courses d’endurance, c’est un événement rare. Mais l’engouement croissant pour ces compétitions fait craindre une augmentation de ces accidents. Leur survenue sur un parcours de course à pied pose des problèmes spécifiques : dans une foule compacte, le repérage précis de la position de la victime est un défi pour les équipes de secours. Or, même si un massage cardiaque a pu être réalisé immédiatement par un coureur à proximité, la défibrillation doit être pratiquée dans l’idéal dans les cinq minutes, pour espérer survivre, sans séquelle neurologique.
Dispositif original
Le dispositif de secours décrit par les Japonais est très original. En plus des classiques médecins coordinateurs et postes médicaux avancés, il comporte des duos mobiles de paramédicaux munis de DAE circulant à vélo et à pied. Peuvent aussi intervenir des ­médecins volontaires participant à...




                        

                        


<article-nb="2018/09/12/19-8">
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<filname="SURF-env_sciences-8"> ¤ En 2015, le biologiste français spécialiste de l’ARN, notamment chez les végétaux, avait été sanctionné pour des manipulations d’images. Son laboratoire de Zurich le dédouane de manquements plus graves découverts il y a deux ans.
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Intégrité : l’« affaire Voinnet » rebondit

En 2015, le biologiste français spécialiste de l’ARN, notamment chez les végétaux, avait été sanctionné pour des manipulations d’images. Son laboratoire de Zurich le dédouane de manquements plus graves découverts il y a deux ans.



LE MONDE
 |    11.09.2018 à 10h21
 • Mis à jour le
11.09.2018 à 12h14
    |

            Hervé Morin et 
David Larousserie








                        



                                


                            

En matière de manquements aux bonnes pratiques scientifiques, une affaire peut en ­cacher une autre, y compris de plus grande gravité. C’est ce que révèle un communiqué de l’Ecole polytechnique fédérale de Zurich (ETHZ) du 6 septembre. Il indique que cette prestigieuse université a conjointement enquêté avec le CNRS sur cinq articles scientifiques, dont quatre cosignés par un de ses professeurs vedettes en biologie, détaché du CNRS à Zurich depuis 2010, Olivier Voinnet. L’enquête révèle de graves manipulations d’images. Dans le même temps, Olivier Voinnet est ­dédouané de ces fautes.
Il s’agit d’un rebondissement inattendu dans une affaire passablement embrouillée. En 2015, ce chercheur multiprimé, spécialiste de l’ARN, notamment chez les végétaux, avait été suspendu deux ans du CNRS et avait reçu un « avertissement » de l’ETHZ pour ses responsabilités dans des cas de manipulations d’images non conformes aux bonnes pratiques scientifiques. Le CNRS lui reprochait aussi d’avoir « porté atteinte à l’image » de l’organisme. Un de ses collègues d’un laboratoire strasbourgeois avait écopé d’un mois de suspension de salaire.
Rétractations
A ce jour, l’affaire a conduit, selon la base de données du site Retraction Watch, à huit rétractations d’articles, c’est-à-dire l’invalidation par les éditeurs des journaux scientifiques de ces publications, ainsi qu’à 24 corrections et quatre « signalements des éditeurs ». Au total, 28 articles sur la centaine cosignés par Olivier Voinnet depuis 1997 étaient concernés.
En 2015, les enquêteurs nommés par l’ETHZ – dont le rapport avait été rendu public contrairement aux ­détails des investigations du CNRS – avaient classé quatre articles dans la deuxième des trois catégories d’inconduites scientifiques, consistant à enjoliver des figures. Une poignée d’autres entraient dans la troisième catégorie, répertoriant des cas mineurs de retouches d’images non transparentes pour le lecteur.
Mais...




                        

                        


<article-nb="2018/09/12/19-9">
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<filname="SURF-env_sciences-9"> ¤ Elle fait tomber la pomme de Newton (et le reste) et, pourtant, la constante gravitationnelle reste, depuis deux siècles, délicate à évaluer, comme le montrent deux récentes expériences indépendantes conduites dans le même laboratoire chinois.
<filname="PROF-env_sciences-9"> ¤                     
                                                   
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Le grand G trouble les physiciens

Elle fait tomber la pomme de Newton (et le reste) et, pourtant, la constante gravitationnelle reste, depuis deux siècles, délicate à évaluer, comme le montrent deux récentes expériences indépendantes conduites dans le même laboratoire chinois.



LE MONDE
 |    11.09.2018 à 10h00
    |

            David Larousserie








                        



                                


                            
Les physiciens aussi sont perplexes sur le point G. Pas sur ce qui désigne ce mystérieux lieu du plaisir féminin, mais sur une notion tout aussi plaisante et universelle : la gravitation. La lettre grand G désigne en effet la constante de proportionnalité qui permet de calculer l’une des forces les plus élémentaires, à savoir l’interaction entre deux masses en fonction de leur distance. Mais cette grandeur fondamentale, qui fait tourner les étoiles, les satellites ou tomber les pommes, est en fait la plus mal connue de toutes les constantes fondamentales de la physique, vitesse de la lumière, charge de l’électron, constante de Planck, de Boltzmann… Quand G est connu avec environ 4 chiffres significatifs, les autres le sont à 6, 8 voire 10 chiffres.
Pire, la poignée de mesures de G dans le monde donne des résultats très dispersés : l’écart entre les valeurs les plus éloignées est bien plus grand que la barre d’erreur des mesures. C’est dire si la communauté attendait avec impatience les résultats d’une équipe chinoise des universités Huazhong, à Wuhan, et Sun Yat-sen, à Zuhai, publiés dans ­Nature le 29 août. Ces chercheurs, qui en 2009 avaient déjà mesuré la fameuse constante, récidivent avec cette fois deux instruments indépendants, dans deux salles distinctes et avec deux techniques de mesure différentes.
Des écarts inexpliqués
Bonne nouvelle, leur précision est la meilleure jamais atteinte : 15 % de mieux. Mauvaise nouvelle, les deux mesures donnent des valeurs différentes (y compris en tenant compte des barres d’erreur). Et différentes de leur résultat précédent ! « Nous avons travaillé dix ans sur ces expériences entièrement nouvelles », insiste Chao Xue, membre de l’équipe à l’université Sun Yat-sen.
« Leurs résultats sont époustouflants ! Mais il aurait été mieux qu’ils donnent des explications à ces écarts », constate Clive Speake, de l’université de Birmingham, qui a lui-même mesuré G en 2013 au Bureau international...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-10"> ¤ Le médecin Jean-Fabien Zazzo dénonce, dans une tribune au « Monde », les effets dramatiques de ce fléau méconnu, qui touche particulièrement les personnes hospitalisées en cas de cancer.
<filname="PROF-env_sciences-10"> ¤                     
                                                   
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La quintuple peine de « la dénutrition dans nos sociétés d’abondance »

Le médecin Jean-Fabien Zazzo dénonce, dans une tribune au « Monde », les effets dramatiques de ce fléau méconnu, qui touche particulièrement les personnes hospitalisées en cas de cancer.



LE MONDE
 |    11.09.2018 à 09h00
 • Mis à jour le
11.09.2018 à 15h37
    |

Jean-Fabien Zazzo (Nutritionniste et anesthésiste-réanimateur, expert Nutrivigilance à l’Anses)







                        



                                


                            
Tribune. La dénutrition n’est pas l’apanage des pays les plus pauvres. Cet état pathologique est trop souvent méconnu dans nos sociétés d’abondance, parfois masqué par une obésité qui augmente elle aussi régulièrement. Elle précède, accompagne et aggrave les maladies lorsqu’elle n’est pas identifiée et traitée. Cinq facteurs y concourent.
En premier lieu, la précarité socio-économique représente la première cause de malnutrition. L’étude Abena (Alimentation et état nutritionnel des bénéficiaires de l’aide alimentaire), menée par Santé publique France, montre qu’entre 2004-2005 et 2011-2012 l’obésité a augmenté respectivement de 20 % pour les femmes et plus de 50 % chez les hommes, masquant de multiples carences nutritionnelles. L’aide alimentaire n’a pas diminué pendant cette période. Elle concerne 34 %de familles monoparentales ne disposant en moyenne que de 2,3 euros par personne et par jour ­(enfant ou adulte).
Second facteur, l’âge : en 2060, plus de 20 millions de personnes auront plus de 60 ans, 12 millions plus de 75 ans et 11 millions plus de 80 ans (Insee), dont plus de 50 % seront dénutris.
Décéder de carences nutritionnelles induites par un cancer bien traité et guéri, quelle malchance, quel gâchis humain et économique et quel échec de nos missions !
Troisième source de dénutrition, les pathologies chroniques (insuffisances respiratoire, rénale, cardiaque), les ­cancers, notamment digestifs, les ­hépatopathies chroniques, les polytraumatismes graves, les maladies ­neurodégénératives et syndromes ­démentiels, les séquelles d’accidents vasculaires cérébraux. La dénutrition est ici constante et multifactorielle, d’installation plus ou moins rapide, non recherchée et donc souvent ignorée. Elle est à l’origine d’une surmorbidité et d’une surmortalité. Parmi ces pathologies chroniques, l’obésité (20 % de la population) cache, notamment en cancérologie, une sarcopénie(dénutrition protéique se traduisant par une perte de la...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-11"> ¤ La société californienne 23andMe, qui a déjà vendu ses tests génomiques à plus de 5 millions de personnes, a annoncé avoir signé un accord avec la Big Pharma britannique GSK pour exploiter les données de ses clients.
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Le business juteux des données génomiques

La société californienne 23andMe, qui a déjà vendu ses tests génomiques à plus de 5 millions de personnes, a annoncé avoir signé un accord avec la Big Pharma britannique GSK pour exploiter les données de ses clients.



LE MONDE
 |    10.09.2018 à 17h55
 • Mis à jour le
11.09.2018 à 10h22
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                            Florence Rosier








                        



                                


                            
La nouvelle est passée presque inaperçue. Le 25 juillet, la société californienne 23andMe et la Big Pharma britannique GSK annonçaient avoir « signé un accord pour exploiter les données génétiques [des clients de 23andMe] afin de développer de nouveaux médicaments ». Montant du deal : 300 millions de dollars (près de 260 millions d’euros).
23andMe vend sur Internet des tests génomiques. Ces bases de données ont déjà alimenté nombre d’études, y compris celles menées par des universités de renom. Proche de Google, cette entreprise est connue pour les polémiques récurrentes qu’elle suscite d’ordre biomédical, sociétal, éthique et juridique. Ces tests sur Internet, sans prescription médicale, sont interdits en France. Mais le marché en ligne ne connaît pas de frontières…

23andMe indique avoir vendu ses tests à plus de 5 millions de personnes à travers le monde, qui veulent ­connaître tantôt les origines génétiques de leurs ancêtres, tantôt leurs risques propres de développer certaines maladies. La procédure est simple. Le client crache dans un petit tube qu’il expédie à la firme. Après extraction de l’ADN, une micropuce caractérise les séquences d’ADN de ce client, qui varient d’une personne à une autre. Variations qui sont corrélées à certains traits : prédisposition à des maladies, caractères morphologiques ou ethniques. Au bout de 6 à 8 semaines, le résultat est envoyé par mail.
Cette société peut-elle « revendre » en toute conscience les données génomiques et de santé acquises « sur le dos » de ses clients, qui ont déboursé 69 à 199 dollars (environ 60 à 170 euros) ? Sur le plan juridique, rien à redire. La société a verrouillé les choses : 23andMe demande à chacun de ses clients de cocher une case, sur Internet, s’il consent à ce que ses données, rendues anonymes, servent à ces recherches. « Plus de 80 % des clients de 23andMe ont donné leur accord », précise 23andMe.
Des données personnelles
Mais...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-12"> ¤ Les études qui comparent les millions de séquences d’ADN qui varient d’un individu à l’autre, révélant les variants associés à telle pathologie ou tel caractère sont en plein essor. Mais l’apport de ces catalogues reste discuté.
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Génomique à grande échelle, un bilan en demi-teinte

Les études qui comparent les millions de séquences d’ADN qui varient d’un individu à l’autre, révélant les variants associés à telle pathologie ou tel caractère sont en plein essor. Mais l’apport de ces catalogues reste discuté.



LE MONDE
 |    10.09.2018 à 17h55
 • Mis à jour le
11.09.2018 à 10h22
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                            Florence Rosier








                        



                                


                            
En 2006, un mode inédit de déchiffrage de notre ­génome est apparu. Il ­connaîtra un fulgurant essor. Ses enjeux : démêler l’embrouillamini des gènes en cause dans le développement de maladies communes (diabète de type 2, ­hypertension artérielle, obésité, maladies cardio-vasculaires, neurologiques, psychiatriques, auto-immunes…) ou de caractères complexes (niveau éducatif, « intelligence », taille et poids corporel, sensibilité à tel médicament, caractère lève-tôt ou oiseau de nuit…). « Presque toutes nos maladies, tous nos traits biologiques, physiques, cognitifs ou culturels ont été passés au crible de ces analyses », relève Xavier Jeunemaître, chef du service de génétique de l’hôpital européen Georges-Pompidou (AP-HP, Paris).
On les nomme « études d’association pangénomique », ou GWAS (« Genome Wide Association Study »). Elles opèrent en caractérisant, chez un grand nombre de personnes, les millions de séquences de notre ADN qui ­varient d’un individu à l’autre. Puis elles comparent la fréquence de ces « variants génomiques » (« polymorphismes ») dans deux groupes : des individus atteints d’une maladie donnée ou présentant un trait donné, et des individus indemnes. Comparaison qui révèle les variants associés à telle pathologie ou tel caractère.
Des cohortes énormes
La puissance de ces analyses tient à la taille des cohortes analysées (jusqu’à des centaines de milliers de personnes) mais également au nombre de variants génomiques pris en compte. « Sur une puce à ADN d’un centimètre carré, on peut caractériser 1 à 10 millions de variants », précise Xavier Jeunemaître.
Après plus d’une décennie, quel bilan dresser ? Le catalogue des GWAS recensait, le 14 août, « 3 510 études publiées et 68 187 associations trouvées entre un trait et un variant donné[portant sur une seule lettre de l’ADN, ou “SNV”] », résumePhilippe Froguel, de l’Imperial College, à Londres, et de l’Institut Pasteur, à Lille.

Mais...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-13"> ¤ Depuis 10 ans, la génomique de masse, recherche de variants génétiques susceptibles d’expliquer les différences entre individus, connaît un essor, sans toujours convaincre.
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<filname="SURF-env_sciences-14"> ¤ En France, une personne se donne la mort en moyenne chaque heure. Les initiatives fructueuses de prévention se multiplient, notamment en direction des jeunes.
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Suicide  : maintenir le lien pour éviter les récidives

En France, une personne se donne la mort en moyenne chaque heure. Les initiatives fructueuses de prévention se multiplient, notamment en direction des jeunes.



LE MONDE
 |    10.09.2018 à 15h18
 • Mis à jour le
11.09.2018 à 15h09
    |

            Pascale Santi








                        



                                


                            
C’était en février 2017, Aurélie (le prénom a été changé) avait des idées noires. La jeune femme – 24 ans aujourd’hui – sortait d’« une rupture amoureuse qu’[elle] avait du mal à gérer, un immense mal-être », explique-t-elle. Elle avait fait six tentatives de suicide. Son chemin a croisé celui de Guy Benamozig, qui lui a « redonné du ­soleil », dit-elle. Ce psychothérapeute a créé en 2015 l’association laVita, qui propose aux 15-25 ans des consultations gratuites en ­cabinets de psychologues. Depuis, elle travaille et va mieux.
Ce dispositif parisien s’adresse à des jeunes, parfois même dès l’âge de 13 ans, qui demandent un soutien psychologique. Un réseau d’orienteurs, infirmières, assistantes scolaires, services de ­prévention des universités parisiennes, etc., propose au jeune un suivi. Dès lors qu’il accepte cet ­accompagnement, il est contacté en moins de quarante-huit heures par l’un des 600 psychologues du réseau laVita. Cette structure permet un rendez-vous rapide, alors qu’il faut parfois attendre des mois pour avoir une consultation dans une institution.
Le problème du financement
Le dispositif fonctionne grâce aux financements de mutuelles, de fondations, de la CPAM de Paris, de la Mairie de Paris… Il a permis à laVita de recevoir 75 jeunes en 2017 et en a déjà vu 80 cette ­année. Mais, « en l’absence de ­financements pérennes, laVita ne peut pas faire face aux demandes de plus en plus nombreuses », explique Guy Benamozig, qui plaide pour le remboursement des psychothérapies. Une expérience d’une telle prise en charge est actuellement menée dans quatre départements. Une évaluation scientifique du dispositif commencera à l’automne.
La prévention du suicide est un enjeu crucial, c’était le leitmotiv de la journée mondiale sur le ­sujet, lundi 10 septembre. Il s’agit de la deuxième cause de décès chez les 15-29 ans, selon l’Organisation mondiale de la santé, qui a fixé un objectif de diminution de 10 %...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-15"> ¤ Deux études décrivent le cas d’une Ecossaise privée de la vue à la suite de plusieurs AVC, mais qui parvient à percevoir les objets en mouvement.
<filname="PROF-env_sciences-15"> ¤ 
<article-nb="2018/09/12/19-16">
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<filname="SURF-env_sciences-16"> ¤ Une équipe française a mis en évidence, pour la première fois, la compétition entre primates femelles pour l’obtention des soins paternels.
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Article sélectionné dans La Matinale du 10/09/2018
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Jalouse comme une babouine

Une équipe française a mis en évidence, pour la première fois, la compétition entre primates femelles pour l’obtention des soins paternels.



LE MONDE
 |    09.09.2018 à 18h00
 • Mis à jour le
11.09.2018 à 07h00
    |

            Nathaniel Herzberg








                        



                                


                            

Zoologie. La primatologue Elise Huchard le dit le plus sérieusement du monde : « La vie est dure pour les femelles babouins. » Aux jeux de l’amour, ces dames ne choisissent rien et subissent tout. Dans cette ­société polygyne, composée d’une multitude de petits harems, les femelles attendent qu’un mâle veuille bien jeter sur elles son ­dévolu. Commence un long calvaire. Pour s’assurer de son exclusivité, le mâle cogne. Dans de précédents travaux, Elise Huchard et sa collègue Alice Baniel ont décrit cette « intimidation sexuelle ».
Mais la souffrance des babouines ne s’arrête pas là. Dans une étude réalisée sur les babouins chacmas de Namibie et publiée dans Proceedings B de la Royal Society, les mêmes chercheuses viennent de mettre en évidence les ressorts des violences pratiquées entre femelles. Accomplies à l’intérieur d’un même harem, elles visent pour de jeunes mères à harceler leurs rivales encore fécondes.
Il convient d’abord d’indiquer que chez les chacmas, une femelle en chaleur se repère aisément par le gonflement extrême et la rougeur de sa vulve. Pratique pour les rivales, comme pour les scientifiques qui souhaitent les étudier. Ces dernières ont suivi 55 babouines. Elles ont d’abord constaté que les femelles enceintes et allaitantes s’en prenaient en priorité aux guenons fertiles du même ­harem. Elles ont ensuite établi que les morsures, tapes et autres menaces étaient d’autant plus nombreuses que les victimes se trouvaient proches de l’ovulation et ­qu’elles multipliaient les copulations.
« Je pense qu’elles sont conscientes »
« Ce n’est pas une compétition pour le sexe, précise Elise Huchard, mais pour les soins paternels », ces multiples moments pendant lesquels les mâles protègent leur progéniture contre les prédateurs ou leurs rivaux, portent les petits, les gardent quand la mère s’éloigne. Pour achever de le démontrer, les scientifiques ont mesuré le succès reproductif...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-17"> ¤ De la physique théorique, il a basculé dans la recherche industrielle avant de plonger dans l’univers du jeu vidéo. Ce brillant touche-à-tout transmet sa curiosité sur une chaîne YouTube à succès.
<filname="PROF-env_sciences-17"> ¤                     
                                                   
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David Louapre, chercheur caméléon

De la physique théorique, il a basculé dans la recherche industrielle avant de plonger dans l’univers du jeu vidéo. Ce brillant touche-à-tout transmet sa curiosité sur une chaîne YouTube à succès.



LE MONDE
 |    09.09.2018 à 16h00
 • Mis à jour le
10.09.2018 à 17h56
    |

                            Cécile Michaut








                        



                                


                            
La recherche fondamentale mène à tout, David Louapre en est la preuve. Imaginez : après une thèse sur la ­gravité quantique à boucles, l’un des domaines les plus ardus de la physique théorique, il se tourne vers l’industrie : presque dix ans chez Saint-Gobain, spécialiste du verre. En mai, nouveau virage : il est ­désormais, à 40 ans, directeur scientifique chez Ubisoft, troisième éditeur mondial de jeux vidéo. Mais pour le grand public, il est surtout connu comme l’auteur du blog et de la chaîne ­YouTube Science étonnante, qui compte plus de 500 000 abonnés.
Dès le lycée, il est attiré par la recherche scientifique. Il dévore Une brève histoire du temps du Britannique Stephen Hawking. C’est décidé, il sera astrophysicien. S’ensuit le parcours classique : classe préparatoire, Ecole ­normale supérieure de Lyon, et enfin thèse, passée en partie au Canada. « Il voulait déjà comprendre en profondeur : faire table rase, ­partir de la base, reconstruire le raisonnement », ­raconte son directeur de thèse Laurent Freidel, qui se souvient aussi de son intérêt pour la philosophie et l’histoire des sciences.
Son sujet vise à réconcilier deux théories ­incroyablement efficaces dans leurs domaines respectifs, mais incompatibles, la relativité générale et la mécanique quantique. Deux grandes écoles de pensée s’affrontent pour cela : la théorie des cordes, qui, en gros, essaie de faire rentrer la relativité générale dans la mécanique quantique, et la gravité quantique à boucles, étudiée par David Louapre, qui tente de faire l’inverse.

Cependant, le physicien sait que ses chances d’obtenir un poste sont très faibles. En scientifique rationnel, il prépare un plan B. Il craint de vite se lasser de l’enseignement, ce sera donc l’industrie. Les entreprises recherchent des compétences en maths. David Louapre laisse de côté les sirènes des mathématiques financières, et se fait embaucher par Saint-Gobain deux mois avant la...




                        

                        


<article-nb="2018/09/12/19-18">
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<filname="SURF-env_sciences-18"> ¤ Le scorbut, pathologie associée aux grandes expéditions maritimes historiques, est dû à une carence profonde et prolongée en vitamine C.
<filname="PROF-env_sciences-18"> ¤ 
<article-nb="2018/09/12/19-19">
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<filname="SURF-env_sciences-19"> ¤ Le cerveau, l’espace, l’océan. Trois thèmes à travers lesquels le festival Novaq, le grand rendez-vous de l’innovation en Nouvelle-Aquitaine, explore les perspectives d’un avenir meilleur.
<filname="PROF-env_sciences-19"> ¤                     
                                                

Imaginer demain

Le cerveau, l’espace, l’océan. Trois thèmes à travers lesquels le festival Novaq, le grand rendez-vous de l’innovation en Nouvelle-Aquitaine, explore les perspectives d’un avenir meilleur.



LE MONDE
 |    09.09.2018 à 10h00
 • Mis à jour le
10.09.2018 à 09h42
   





                        



   


L’innovation doit-elle servir à ­inventer un autre monde, ou à empêcher celui-ci de se déliter ? A soutenir des structures existantes et à rendre nos modes de vie plus durables, ou bien à ouvrir des voies neuves et révolutionnaires ? Faut-il innover pour remédier aux maux de la société, ou pour maintenir notre modèle ­productif, qui s’en alimente pour subsister ? De grandes questions qui seront au cœur de Novaq, un festival de l’innovation ouvert à tous et qui se déroule à Bordeaux.
Sur scène, défileront aussi bien des ­patrons d’entreprise que des philosophes, des chercheurs, des aventuriers, des inventeurs ou des artistes.
Partenaire de cette première édition, Le Monde a imaginé une programmation de conférences autour de trois grands domaines : l’intelligence artificielle et le cerveau ; la conquête spatiale ; les océans. Avec un principe : la diversité des formats et des approches. Sur scène, défileront aussi bien des ­patrons d’entreprise que des philosophes, des chercheurs, des aventuriers, des inventeurs ou des artistes. Ils interviendront à plusieurs ou en duo, mais aussi façon pitch, en vidéo, en tête à tête avec un journaliste, ou encore face aux questions du public.
Ethique et intelligence artificelle
Lors de la première matinée, jeudi 13 septembre, seront évoqués les dernières avancées de l’intelligence artificielle et son impact dans des domaines aussi divers que la production industrielle, la recherche pharmaceutique et les transports urbains. Le directeur du laboratoire spécialisé en intelligence artificielle de Facebook expliquera la manière dont l’entreprise aux deux milliards d’utilisateurs conçoit sa responsabilité éthique.
Autres thématiques : la ville connectée, ses promesses et ses dangers à l’heure où le numérique doublonne de plus en plus nos expériences urbaines ; l’éducation, les limites et espérances des technologies pour améliorer nos capacités d’apprentissage, même dans le domaine des savoir-être ; enfin, la médecine et ses progrès pour « augmenter » les capacités du corps humain.
Les nouveaux acteurs de la conquête spatiale

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La conquête spatiale berce nos rêves depuis l’enfance : elle sera au cœur des discussions du jeudi après-midi. Le secteur est bouleversé par l’arrivée de nouveaux acteurs, à commencer par l’américain SpaceX, et par une constellation de récentes start-up nées avec la miniaturisation des satellites et des lanceurs. A la clé, des applications de plus en plus variées : agriculture de précision, surveillance du changement climatique, accès à Internet… Un chamboulement qui oblige les anciens acteurs, comme Arianespace, que représentera sa ­vice-présidente, à se repositionner.

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Des innovations « bio-inspirées »
Comment mieux utiliser les ressources marines sans menacer cet écosystème ?
Le vendredi sera consacré à ­réfléchir à un patrimoine commun : les océans. Comment les protéger de la pollution, en particulier celle des plastiques formant un « septième continent » ? Comment mieux utiliser les ressources marines sans menacer cet écosystème ? Qu’en est-il des innovations « bio-inspirées », comme la création de pesticides à base de microalgues, de bactéries luminescentes pour éclairer les villes ou encore de l’invention d’un « sang universel » issu d’un ver marin ? La recherche dans ce domaine avance à grands pas. Mais dans ce secteur comme ailleurs, innovation ne rime pas toujours avec amélioration. La fondatrice de l’ONG Bloom, qui lutte notamment contre la pêche électrique, sera là pour le rappeler.

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                L’océan, source d’inspiration



Novaq se poursuivra jusqu’au samedi soir, avec d’autres ateliers, conférences et présentations. Toujours dans un esprit d’ouverture et de science joyeuse, où l’idée de progrès est inséparable de celle d’un développement durable et responsable.
Ce supplément a été réalisé dans le cadre d’un partenariat avec la région Nouvelle-Aquitaine.
L’espace, le cerveau et l’océan seront les grandes thématiques abordées lors du Festival de l’innovation Novaq.
Les 13 et 14 septembre, la région Nouvelle-Aquitaine, en partenariat avec Le Monde, organise deux jours de débats, conférences, pitchs et ateliers au H14, à Bordeaux.
Scientifiques, experts, entrepreneurs échangeront autour de trois grands thèmes : le cerveau, l’espace et l’océan. Fil rouge de cette édition : l’innovation au service de l’humain.
Programme et inscriptions ici



                            


                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-20"> ¤ Des drosophiles génétiquement modifiées pour développer un cancer intestinal y résistaient mieux quand elles étaient au contact de congénères elles aussi malades.
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Cancer : des mouches plus fortes ensemble

Des drosophiles génétiquement modifiées pour développer un cancer intestinal y résistaient mieux quand elles étaient au contact de congénères elles aussi malades.



LE MONDE
 |    09.09.2018 à 09h00
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            Hervé Morin








                        



                                


                            
On soupçonne que chez l’homme, l’isolement peut aggraver l’évolution d’un cancer. Mais comment ­démêler la dimension sociale des différents facteurs influant sur la maladie ? Chez un animal de ­laboratoire comme la drosophile, cette question est plus facile à ­explorer. C’est ce qu’a fait une équipe internationale, sous la direction de Frédéric Thomas (IRD CNRS Montpellier), Frédéric Mery et Jacques Montagne (CNRS, IRD, CEA, universités Paris-Sud et ­Saclay, Gif-sur-Yvette).
Dans un article publié lundi 3 septembre dans la revue Nature Communications, ils montrent que, chez une mouche génétiquement modifiée pour développer un cancer intestinal, « de subtiles variations de la structure sociale ont des effets considérables sur la progression de la tumeur ». « Nous ne faisons aucune transposition à l’homme, prévient ­Frédéric Thomas. Mais nous ­mettons le doigt sur le fait que l’environnement social joue un rôle pour un animal chez qui la ­dimension psychologique n’est pas manifeste. »
Les observations sont les suivantes : mises à l’isolement, les mouches malades dépérissent plus rapidement que lorsqu’elles peuvent interagir avec des congénères malades. « Il s’agit d’un ­insecte grégaire, maximisé pour le fonctionnement en groupe, note Frédéric Thomas. On peut donc supposer que le stress de l’isolement influe sur la maladie. »

Mais en compagnie de mouches saines, l’insecte malade ­dépérit aussi vite qu’à l’isolement, et si on lui laisse le choix, il préfère la compagnie des drosophiles affectées – au moins dans les stades précoces de la maladie, dont l’évolution est alors ralentie. Au milieu des mouches saines, l’individu malade n’a pas réellement d’interactions, comme montrent les analyses comportementales effectuées sur des enregistrements vidéo.
De leur côté, les mouches saines évitent les mouches transgéniques lorsque le cancer entre dans des phases plus avancées. « Ce comportement...




                        

                        

