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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-1"> ¤ La présidente du Rassemblement national souhaitait protester contre leur venue à Châteaudouble, petit village de 470 habitants.
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Marine Le Pen sifflée dans le village de Châteaudouble, censé accueillir 72 migrants

La présidente du Rassemblement national souhaitait protester contre leur venue à Châteaudouble, petit village de 470 habitants.



LE MONDE
 |    12.09.2018 à 17h54
 • Mis à jour le
12.09.2018 à 18h55
   





                        



   


Une visite plus chahutée que prévue. En se déplaçant à Châteaudouble mercredi 12 septembre, la présidente du Rassemblement national, Marine Le Pen, souhaitait protester contre la venue prochaine de 72 migrants dans ce petit village varois de 470 habitants.
Mais au cours de sa déambulation dans le bourg, la députée du Pas-de-Calais a été conspuée par plusieurs villageois qui protestaient contre sa venue, certains la sifflant ou criant « Cassez-vous ». Une pelleteuse avait notamment été installée dans une rue pour lui bloquer l’accès d’une partie du village.

“Cassez-vous !!” 14h05, le chemin de croix commence pour Marine Le Pen à Châteaudouble @BFMTV https://t.co/MiAug2M7zq— AgatheLambret (@Agathe Lambret)


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« Milices violentes d’extrême gauche »
Mme Le Pen a réagi face à la presse : « Si à chaque fois qu’on organise une prise de parole, un déplacement il fallait se soumettre à ces excités, à ces milices violentes d’extrême gauche alors ça en serait fini de la démocratie. »

Visite houleuse pour Marine Le Pen à #Chateaudouble. Le petit village de 477 habitants doit accueillir 72 migrants.… https://t.co/eaZGZec2M0— VarAzur_ (@VAR AZUR)


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Lors de ce déplacement, Mme Le Pen a tout de même lancé un appel « solennel » contre ce qu’elle qualifie de « submersion migratoire imposée par l’Union européenne » à Châteaudouble.
« C’est un petit village de 470 habitants dans lequel, sur ordre de l’Union européenne, on installe 72 migrants, sans avoir demandé son avis à la population, sans avoir demandé son avis au maire. C’est comme si demain on imposait 12 millions de migrants en France en l’espace d’une nuit. »

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Les migrants seront accueillis dans un centre d’accueil et d’orientation (CAO), aménagé dans une maison de retraite désaffectée depuis deux ans. Ils ont vocation à rester entre un et neuf mois, le temps que leurs dossiers soient étudiés. La présidente du parti d’extrême droite, qui avait prévu de visiter ce centre, a finalement dû y renoncer.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-2"> ¤ L’objectif du gouvernement est de supprimer 120 000 postes dans l’ensemble de la fonction publique au cours du quinquennat.
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2 000 postes de fonctionnaire supprimés au ministère de l’action et des comptes publics en 2019

L’objectif du gouvernement est de supprimer 120 000 postes dans l’ensemble de la fonction publique au cours du quinquennat.



LE MONDE
 |    12.09.2018 à 17h07
 • Mis à jour le
12.09.2018 à 17h40
   





                        


Le secrétaire d’Etat chargé de la fonction publique, Olivier Dussopt, a annoncé mercredi 12 septembre qu’environ 2 000 postes seraient supprimés en 2019 au ministère de l’action et des comptes publics en 2019.
L’objectif d’une réduction de 120 000 postes dans l’ensemble des trois composantes de la fonction publique au cours du quinquennat, fixé par Emmanuel Macron lors de la campagne présidentielle, a été rappelé par le secrétaire d’Etat.

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                Vives réactions aux suppressions d’emplois envisagées par Matignon au ministère des sports



Le premier ministre, Edouard Philippe, avait déjà précisé en août que 4 500 postes seraient supprimés dans la fonction publique d’Etat en 2019, et plus de 10 000 en 2020.
Négociation sur l’égalité entre femmes et hommes
Le secrétaire d’Etat a par ailleurs annoncé vouloir conclure la négociation sur l’égalité entre les femmes et les hommes dans la fonction publique, qui s’est ouverte lundi, « d’ici au 15 novembre ».
Il a évoqué des « mesures contraignantes », notamment pour permettre de réduire l’écart de rémunération entre hommes et femmes parmi les agents, qui était de 13,1 % en 2015.
L’accord visera aussi à « neutraliser les effets » de la « maternité et la parentalité sur le déroulement d’une carrière » et devra « élargir la liste des emplois assujettis à l’obligation de nomination équilibrée », imposant un taux minimal de personnes de chaque sexe, a-t-il dit.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-3"> ¤ Le rapport Genetet remis au premier ministre mardi 11 septembre avance 215 recommandations qui devraient faciliter les parcours professionnels à l’étranger.
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Changer la fiscalité et la protection sociale pour encourager la mobilité internationale

Le rapport Genetet remis au premier ministre mardi 11 septembre avance 215 recommandations qui devraient faciliter les parcours professionnels à l’étranger.



LE MONDE
 |    12.09.2018 à 16h48
 • Mis à jour le
12.09.2018 à 17h38
    |

            Anne Rodier








                        



                                


                            
Missionnée en janvier par le premier ministre, la députée LRM Anne Genetet a remis mardi 11 septembre un rapport sur la mobilité internationale pour encourager la mobilité des Français à l’étranger. Il a été rédigé sur la base d’une enquête menée auprès de 970 000 personnes (36 328 répondants) au printemps 2018. « La communauté des Français à l’étranger se transforme, avec un nombre de départs et de retours en hausse annuelle de 2,5 % à 3,5 %, et des profils de plus en plus variés », dit Mme Genetet.
Son importance est toujours l’objet de débat, puisque ne sont comptabilisés officiellement que ceux qui s’inscrivent volontairement au registre des Français à l’étranger. Entre les études de l’Insee, les données des organismes de protection sociale et celles du Quai d’Orsay, les estimations atteignent 3 millions de Français à l’étranger.

Le rapport présente pas moins de 215 recommandations qui portent sur la fiscalité, la protection sociale, l’accès aux services publics et le retour en France. Un précédent rapport Conway-Mouret, publié en 2015, sur les conditions de retour en France, avait permis quelques avancées sur ce point, dont la création d’une plate-forme numérique (https://retourenfrance.fr/). Un bilan salué par Mme Genetet lors de la présentation de son rapport à la presse le 12 septembre : « J’ai eu de très bons échos de la part des usagers. Mais faciliter la mobilité des Français à l’étranger est un travail de longue haleine. Il faut agir sur plusieurs leviers pour rendre la mobilité plus fluide. »
Fiscalité
Dans ce catalogue de 215 recommandations – dont 9 en avant-propos – , celles concernant la fiscalité (47 recommandations) pourraient être les premières à se concrétiser. La députée a l’intention de les introduire rapidement sous forme d’amendement dans le cadre du projet de loi de finances. Elle propose entre autres :
– L’application d’un barème progressif...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-4"> ¤ Dans cette chronique, le juriste Francis Kessler précise que si le principe d’appliquer les cotisations sociales à toute indemnité transactionnelle est désormais posé, l’exonération reste possible même s’il est plus difficile d’en bénéficier.
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Indemnité transactionnelle : est-elle soumise à cotisations ?

Dans cette chronique, le juriste Francis Kessler précise que si le principe d’appliquer les cotisations sociales à toute indemnité transactionnelle est désormais posé, l’exonération reste possible même s’il est plus difficile d’en bénéficier.



LE MONDE
 |    12.09.2018 à 12h45
    |

                            Francis Kessler (Maître de conférences à l'université Paris-I-Panthéon-Sorbonne)








                        



                                


                            
Question de droit social. En droit du travail, lorsqu’un employeur et un salarié veulent mettre fin, à l’amiable, à un désaccord, les concessions de l’employeur prennent la forme d’un dédommagement financier, en contrepartie de l’abandon par le salarié de toute possibilité de contester la rupture ou les manquements dans l’exécution du contrat. Mais cette indemnité transactionnelle patronale doit-elle être soumise à cotisations sociales ?
Jusqu’alors, la situation différait selon qu’il y ait licenciement ou pas. Traditionnellement, lorsque l’indemnité transactionnelle était versée hors de tout licenciement, elle était, en principe, soumise à cotisations.
En revanche, en cas de licenciement, la Cour de cassation appliquait à l’indemnité transactionnelle le régime juridique des indemnités de rupture du contrat de travail. Ce qui signifie que le dédommagement était la plupart du temps exonéré de cotisations sociales. En effet, par combinaison des règles du code de la Sécurité sociale et du code général des impôts, l’indemnité transactionnelle n’était pas soumise à cotisations sociales dans la limite de sa fraction non imposable, plafonnée à deux fois le montant du plafond de la Sécurité sociale.
Changement de donne
Mais la jurisprudence a changé la donne. Comme l’y invitait une décision du Conseil constitutionnel de 2013, la Cour de cassation, actuellement soucieuse d’interpréter strictement les textes d’exonérations de cotisations sociales, s’est, par des arrêts du 15 mars et du 21 juin 2018, détachée de son analyse antérieure. Licenciement ou pas, dans la mesure où l’indemnité transactionnelle ne figure pas expressément dans un texte légal indiquant son exonération, les cotisations sociales s’appliquent au dédommagement financier fixé entre l’employeur et le salarié. La Cour de cassation ayant d’abord posé en principe que l’indemnité versée lors d’un licenciement ne se voit plus appliquer le régime juridique des indemnités de rupture...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-5"> ¤ Les élus ont pu évaluer, mercredi, la place démesurée que semblait prendre l’homme de 26 ans dans l’organisation de l’Elysée.
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Auditions de l’affaire Benalla : « On est loin de l’organisateur de voyage qu’on nous a décrit »

Les élus ont pu évaluer, mercredi, la place démesurée que semblait prendre l’homme de 26 ans dans l’organisation de l’Elysée.



LE MONDE
 |    12.09.2018 à 12h33
 • Mis à jour le
12.09.2018 à 18h22
    |

            Nicolas Chapuis








                        


Il faudra attendre une semaine pour voir Alexandre Benalla en chair et en os devant la commission d’enquête parlementaire du Sénat. Mais la séance de mercredi 12 septembre a déjà permis aux élus de mesurer l’ombre portée de ce simple « chargé de mission » à l’Elysée, qui semble, au fil des témoignages, avoir pris une place démesurée dans l’organisation interne du Palais durant la première année du mandat d’Emmanuel Macron.
Profitant des vides laissés par sa hiérarchie, des non-dits parfois de ses supérieurs, de malentendus souvent sur son statut, le jeune homme de 26 ans s’était arrogé au fur et à mesure des territoires qui n’étaient pas les siens, jusqu’aux événements du 1er mai 2018, lorsque M. Benalla a été filmé en train de se livrer à des violences envers des manifestants, place de la Contrescarpe à Paris.
C’est d’abord François-Xavier Lauch, le chef de cabinet et donc supérieur hiérarchique direct de M. Benalla, qui a été entendu par les sénateurs. Une heure et demie d’une audition parfois tendue, lors de laquelle les parlementaires ont dû rappeler au sous-préfet qu’il n’était pas là « avec l’autorisation d’Emmanuel Macron » — comme il l’avait précisé en introduction —, mais en vertu de la loi qui l’y oblige.
« Mis au courant des événements seulement le 3 mai »
M. Lauch a commencé par se dédouaner des faits eux-mêmes, arguant de sa présence en Nouvelle-Calédonie le 1er mai. Il n’a été mis au courant des événements et de la sanction (qu’il n’a donc pas décidée lui-même) que le 3 mai et a affirmé avoir été « choqué » par les images. « A l’évidence, M. Benalla a agi en dehors de ses fonctions à la présidence de la République », a-t-il jugé. En revanche, il a endossé seul la responsabilité du recrutement de M. Benalla, dû à ses « grandes qualités », alors que Patrick Strozda, le directeur du cabinet, avait assuré lors de son audition qu’il était de son fait.
M. François-Xavier Lauch était venu avec la ferme intention de prouver que la sanction prononcée contre M. Benalla et la restriction de ses fonctions décidées à son retour de suspension avaient bel et bien été appliquées, malgré les nombreuses images qui le montrent après le 23 mai lors d’événements impliquant le chef de l’Etat. Le chef de cabinet a assuré que son chargé de mission n’était pas au cœur du dispositif et qu’il ne s’était occupé que de la « synchronisation » des cortèges, lors de la panthéonisation de Simone Veil et de son mari ou pour la descente de l’équipe de France sur les Champs-Elysées. Avec une pudeur verbale de haut-fonctionnaire — « il fallait, pardonnez-moi l’expression, marquer le coup » —, il a estimé qu’Alexandre Benalla avait « très mal vécu » cette rétrogradation.
Pour le reste, le chef de cabinet s’est attaché à diminuer au maximum la portée des missions de son subordonné (précisant qu’il n’avait pas la qualité de « chef adjoint »), assurant que celui-ci ne s’occupait « que » de l’organisation des déplacements publics et privés du président, ainsi que des réceptions au Château, le tout sous son autorité.

        Lire :
         

          Comprendre l’imbroglio autour de la convocation de Benalla devant le Sénat



« Peu de prise sur les activités de M. Benalla »

   


Il a, en revanche, paru avoir peu de prise sur les activités de M. Benalla, disant n’avoir pas validé lui-même sa demande de port d’arme, n’avoir pas été sollicité pour sa participation au 1er Mai et n’avoir pas été consulté pour définir la sanction. Il a également expliqué que la mission de « coordination des services de sécurité sous l’autorité du directeur du cabinet », dont le jeune homme était chargé, ne relevait pas de ses fonctions mais de celles du directeur du cabinet. Il a tout même assuré qu’elle était réduite à des questions de logistique assez triviales.
Lors de ses auditions par la justice, que Le Monde a pu consulter, M. Benalla avait pourtant donné une version beaucoup plus large de ses attributions sur le terrain en général et dans le domaine de la sécurité en particulier. Il avait notamment assuré qu’il était chargé de l’ensemble du plan de réorganisation des services de sécurité de l’Elysée, décidé par le chef de l’Etat sur une proposition qu’il avait lui-même formulée.
Le militaire a tenté de définir le rôle de Benalla comme celui d’une simple « interface »
C’est d’ailleurs sur ce point que la deuxième audition de la journée, celle du général Eric Bio-Farina, qui dirige le commandement militaire de l’Elysée, était très attendue. Le général Bio-Farina, par ailleurs responsable de l’embauche ponctuelle comme membre de la réserve opérationnelle de la gendarmerie de Vincent Crase, l’autre individu mis en cause le 1er mai, a lui aussi tenu à minimiser la place d’Alexandre Benalla dans la refonte du service de sécurité, estimant qu’elle relevait de ses propres attributions. Le militaire a tenté de définir le rôle d’Alexandre Benalla comme celui d’une simple « interface » entre le groupe de sécurité de la présidence de la République (le GSPR, qui assure la sécurité à l’extérieur du Château) et le commandement militaire (chargé de surveiller l’intérieur du Palais), tout en rendant hommage à la « conscience professionnelle » et au « grand sens de l’anticipation » du chargé de mission. « Il s’insérait dans un univers de renseignement dont il n’était qu’une partie », a-t-il lâché, dans une de ces nombreuses formulations nébuleuses autour du rôle exact de M. Benalla entendues au cours de ces auditions.

        Lire (en édition abonnés) :
         

          Ce que la polémique sur l’affaire Benalla révèle d’Emmanuel Macron



Flou autour du port d’arme d’Alexandre Benalla
Le témoignage de M. Bio-Farina a par ailleurs permis de mettre en lumière le flou qui régnait autour du port d’arme d’Alexandre Benalla, dans un cadre professionnel ou non, quand bien même ce dernier n’était pas censé accomplir des missions de sécurité. « Je ne sais pas si Alexandre Benalla accompagnait M. Macron armé », a fini par concéder le général, interrogé à plusieurs reprises par des sénateurs dubitatifs.
En revanche, le patron du commandement militaire a réfuté le fait que le chargé de mission pouvait donner des ordres aux gendarmes ou aux policiers sur le terrain. Il a assuré qu’« Alexandre Benalla ne commandait pas de service et n’avait pas d’hommes sous ses ordres : il n’avait pas les moyens d’exercer une quelconque forme d’autorité ».
« Ce que veut M. Benalla vaut demande présidentielle »
Il suffisait pourtant d’écouter attentivement la troisième personne auditionnée ce mercredi, Maxence Creusat, pour se persuader du contraire. Le commissaire de police de la direction de l’ordre public et de la circulation (DOPC), mis en examen pour avoir transmis la vidéo des incidents à Alexandre Benalla, avait notamment déclaré lors de ses auditions devant la justice : « Ce que veut M. Benalla vaut demande présidentielle et il faut savoir qu’il peut aller où il veut. » Il avait par ailleurs défini ainsi le rôle de M. Benalla : « Pour vous situer l’influence de M. Benalla, quand le responsable de la DOPC, le responsable du GSPR et M. Benalla sont ensemble sur un service d’ordre et que M. Macron doit communiquer une volonté en matière de sécurité de son déplacement, il appelle M. Benalla sur son portable. »
Pour les policiers, M. Benalla « était l’adjoint du chef de cabinet »
Devant la commission parlementaire, le jeune commissaire de 31 ans a à nouveau donné une vision des attributions très étendues de M. Benalla, expliquant que pour les policiers M. Benalla « était l’adjoint du chef de cabinet » (poste qu’il n’avait pas), décrivant assez précisément son rôle de coordinateur des forces de sécurité sur le terrain. « On est loin de l’organisateur de voyage qu’on nous a décrit », a commenté un brin ironique le sénateur PS Jean-Pierre Sueur.
Le policier a, en revanche, refusé de réitérer le jugement qu’il avait exprimé lors de sa garde à vue — « Depuis l’élection du président Macron, les chefs du GSPR sont ostracisés par la présence de M. Benalla » —, estimant qu’il n’avait pas à porter d’appréciation sur le travail des autres unités.
Après quatre heures d’auditions assez denses, les sénateurs sont ressortis avec le sentiment qu’Alexandre Benalla, grâce au flou qui régnait sur ses réelles fonctions, a bénéficié pendant un an d’attributions élargies, tant sur le terrain qu’au Palais. Mais ils sont toujours bien en peine de circonscrire le rôle exact de M. Benalla, les conditions exactes de son recrutement et les raisons de la mansuétude dont il semblait faire l’objet à l’Elysée. Ils pourront poser toutes ces questions au principal intéressé dès mercredi prochain, lors d’une audition qui s’annonce mouvementée.

Notre sélection d’articles sur l’affaire Benalla
Retrouvez nos principaux contenus liés à l’affaire Benalla, du nom de l’ex-collaborateur d’Emmanuel Macron que Le Monde a identifié en train de molester un manifestant en marge des manifestations du 1er Mai.
Mercredi 18 juillet, Le Monde publie ses premières révélations et écrit avoir identifié Alexandre Benalla sur une vidéo mise en ligne dès le 1er mai sur YouTube.D’une ZUP d’Evreux jusqu’au premier cercle du président : récit de l’ascension mystérieuse de cet homme.Benalla, Mizerski, Crase..., qui sont les personnages-clés de l’affaire ?Que s’est-il passé précisément place de la Contrescarpe ? Retour sur le déroulement des événements.A l’Assemblée, une commission d’enquête présidée par la députée LRM Yaël Braun-Pivet a mené des auditions. Une semaine plus tard, l’opposition claque la porte accusant l’Elysée de vouloir « torpiller » les travaux.Le point sur les auditions de : Gérard Collomb, ministre de l’intérieur ; Michel Delpuech, préfet de police de Paris ; Patrick Strzoda, directeur de cabinet de l’Elysée.Dommage collatéral, l’examen de la révision constitutionnelle a été suspendu et ne reprendra pas avant la rentrée et le gouvernement a dû faire face à deux motions de censure de l’opposition, toutes deux rejetées.Après une semaine de silence, Emmanuel Macron s’est finalement exprimé devant des députés, dans un discours que nous avons décrypté point par point.Affaire d’Etat ou non ? Oui, car il y a eu dissimulation estiment certains ; non, car l’Etat n’as pas commis d’acte délictueux, avancent d’autres.Les auditions des gardes à vue de M. Benalla et des quatre autres personnes mises en examen ont permis d’éclairer les faits qui leur sont reprochés.Plus d’une semaine après les révélations du Monde, l’ex-chargé de mission de l’Elysée Alexandre Benalla a accepté de répondre longuement à nos questions dans un entretien exclusif.





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-6"> ¤ Pour les plates-formes numériques, le régulateur de l’audiovisuel propose de nouvelles règles plus souples que pour les acteurs traditionnels.
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Audiovisuel : le CSA veut obtenir davantage de pouvoir de régulation sur Internet

Pour les plates-formes numériques, le régulateur de l’audiovisuel propose de nouvelles règles plus souples que pour les acteurs traditionnels.



LE MONDE
 |    12.09.2018 à 11h55
    |

            Alexandre Piquard








                        



                                


                            
« Refonder la régulation audiovisuelle est une nécessité », selon le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA), qui a présenté mardi 11 septembre 20 propositions pour changer le cadre général fixé par la loi de 1986. Leur philosophie ? Le combat contre « l’asymétrie de régulation » qui « se creuse entre, d’une part, les acteurs traditionnels de l’audiovisuel, quels que soient leurs efforts d’adaptation à l’environnement d’Internet, et d’autre part, les nouveaux acteurs, qui demeurent affranchis d’obligations pourtant incontestablement justifiées », a expliqué le président Olivier Schrameck.

C’est une « démarche particulière » pour une autorité administrative indépendante de suggérer des pistes de réformes aussi précises, a admis M. Schrameck. Mais le CSA cherche à saisir une « opportunité » politique. En effet, Emmanuel Macron, par la voix de sa ministre de la culture, Françoise Nyssen, a annoncé une grande loi audiovisuelle pour 2019. Ce texte devra notamment transposer en droit français la nouvelle directive européenne sur les services de médias audiovisuels (SMA), en cours de finalisation.
La première ambition du CSA est d’intégrer les grandes plates-formes numériques : non seulement les plates-formes de vidéo à la demande par abonnement comme Netflix ou Amazon Prime, déjà visées par la directive SMA, mais aussi les grands réseaux de partage comme YouTube ou Facebook. Et également « les plates-formes de streaming audio », comme Spotify ou Deezer.
Une extension de pouvoirs très sensible politiquement
Conscient du caractère politiquement très sensible de toute volonté d’extension des pouvoirs du CSA sur le Web, M. Schrameck a précisé qu’il fallait bien sûr « se garder de la tentation déraisonnable et liberticide d’une régulation globale d’Internet ».
Plutôt qu’une autorégulation, le CSA souhaite la « corégulation », dans laquelle il surveille l’application par un service...



                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-7"> ¤ Après avoir refusé, l’ex-garde du corps d’Emmanuel Macron a finalement accepté, non sans traiter les sénateurs de « petites personnes ».
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Auditions au Sénat  : pourquoi Alexandre Benalla est obligé de répondre à la convocation du 19 septembre

Après avoir refusé, l’ex-garde du corps d’Emmanuel Macron a finalement accepté, non sans traiter les sénateurs de « petites personnes ».



LE MONDE
 |    12.09.2018 à 11h27
 • Mis à jour le
12.09.2018 à 17h14
    |

                            Les Décodeurs








                        


« On me contraint. On m’explique qu’on va m’envoyer des gendarmes et des policiers. Alors, je vais venir à la convocation. Parce qu’on me menace, d’une manière directe. Je vais venir m’expliquer devant la commission d’enquête. Mais elle n’a aucun droit. Elle bafoue notre démocratie. »
Alexandre Benalla est pour le moins véhément, dans cette déclaration faite à France Inter mardi 11 septembre au soir. L’ex-garde du corps d’Emmanuel Macron a été convoqué devant la commission d’enquête du Sénat consacrée à l’affaire, révélée par Le Monde.
Mais cette convocation a rapidement viré au débat juridique : M. Benalla a commencé par refuser de s’y rendre, appuyé par ses avocats, mais aussi, de manière plus surprenante, par… Nicole Belloubet. La ministre de la justice s’est faite la porte-voix de M. Benalla mardi matin au micro de LCP, expliquant que celui-ci « n’a pas encore répondu à la commission d’enquête du Sénat » en arguant qu’« il ne peut y avoir d’inférences entre une commission d’enquête et une information judiciaire ».
Une intervention qui a étonné le président de ladite commission, Philippe Bas, qui a dit « ignorer » que Mme Belloubet était « le conseil juridique de M. Benalla ». Mercredi, ce dernier a finalement accepté, de mauvaise grâce, de se rendre le 19 septembre devant les sénateurs, non sans les qualifier au passage de « petites personnes », et Philippe Bas, président de la commission, de « petit marquis ». 
Une invitation obligatoire
La commission d’enquête dispose d’un droit de citation directe, à laquelle toute personne convoquée est obligée de se rendre. A la demande du président de la commission, la personne convoquée peut être contrainte par la présence d’un huissier ou d’un agent de la force publique. L’ordonnance du 17 novembre 1958, qui a institué les commissions d’enquête parlementaire, précise que « la personne qui ne comparaît pas ou refuse de déposer ou de prêter serment devant une commission d’enquête est passible de deux ans d’emprisonnement et de 7 500 euros d’amende ». Ces auditions peuvent, selon la volonté du président de la commission, être télévisées ou se dérouler à huis clos.
Ce que la commission pourra lui demander
Une commission d’enquête ne peut exister qu’en respect du principe de la séparation des pouvoirs. Afin de rester distinct du pouvoir judiciaire, une commission d’enquête « ne peut être créée sur des faits ayant donné lieu à des poursuites judiciaires et aussi longtemps que ces poursuites sont en cours ». Ainsi, la commission d’enquête sénatoriale, tout comme celle, éphémère, de l’Assemblée en juillet, devrait s’en tenir assez globalement aux « événements survenus à l’occasion de la manifestation parisienne du 1er mai 2018 ».

        Lire :
         

          Quels pouvoirs pour la commission d’enquête parlementaire ?



D’après Sophie de Cacqueray, maîtresse de conférences en droit public à l’université Aix-Marseille et membre du collectif de chercheurs en droit Les Surligneurs, la commission d’enquête parlementaire « a tout intérêt à diriger ses investigations sur des faits en marge, à côté de l’événement principal susceptible d’être le sujet d’une enquête judiciaire ».
Philippe Bas, le président de la commission sénatoriale, a affirmé qu’il entendait bien « lever les incohérences qui demeurent » dans ce feuilleton qui a terni l’image de l’exécutif, mais dit ne pas s’intéresser aux violences perpétrées par Alexandre Benalla, seulement « à ce qui s’est passé avant et après, c’est-à-dire [au] fonctionnement de l’Etat ».
Des mis en examen ont déjà été auditionnés

   


L’audition par le Sénat d’une personne mise en examen ne serait pas une première. En juin puis en juillet 2013, l’ancien ministre délégué au budget, Jérôme Cahuzac alors mis en examen pour blanchiment de fraude fiscale, avait été auditionné à deux reprises par la commission d’enquête de l’Assemblée nationale.
Dans un communiqué, la commission des lois du Sénat rappelle également qu’elle avait entendu en 1999 le préfet Bernard Bonnet et le colonel Henri Mazères à propos de la conduite de la politique de sécurité menée par l’Etat en Corse. Les deux hommes étaient alors mis en examen pour complicité de destruction de biens par incendie en bande organisée.
Alexandre Benalla, dont l’audition est programmée pour le 19 septembre, ne sera pas le seul mis en examen auditionné par la commission d’enquête du Sénat dans le cadre des événements survenus en marge des manifestations du 1er mai.
Mercredi 12 septembre, la commission d’enquête a également auditionné le commissaire Maxence Creusat, mis en examen pour violation du secret professionnel et détournement d’images issues d’un système de vidéoprotection après avoir remis les images des faits s’étant déroulés place de la Contrescarpe à Alexandre Benalla, ainsi que François-Xavier Lauch, chef de cabinet d’Emmanuel Macron, et le général Eric Bio-Farina, commandant militaire de la présidence de la République.

        Le compte-rendu des auditions du 12 septembre :
         

          « On est loin de l’organisateur de voyage qu’on nous a décrit »






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-8"> ¤ Le tassement de la croissance et la stagnation du chômage menace la stratégie nationale, mais aussi européenne du chef de l’Etat.
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Ralentissement économique : Macron joue sa crédibilité politique

Le tassement de la croissance et la stagnation du chômage menace la stratégie nationale, mais aussi européenne du chef de l’Etat.



LE MONDE
 |    12.09.2018 à 11h23
 • Mis à jour le
12.09.2018 à 15h16
    |

            Virginie Malingre








                        



                                


                            
On a peu entendu Emmanuel Macron parler conjoncture et comptes publics ces derniers jours. Après un été calamiteux et une rentrée ratée, le chef de l’Etat préfère mettre en avant les thématiques sociales – au premier rang desquelles le plan pauvreté, qu’il doit présenter jeudi 13 septembre – en espérant faire oublier son image de « président des riches » à quelques mois des élections européennes de mai 2019.
Il a pourtant des raisons de s’inquiéter alors que les créations d’emplois marquent le pas, que la croissance est retombée sous les 2 %, que le chômage stagne à plus de 9 %, et que l’inflation est repartie à la hausse. Au-delà des dégâts évidents que ces performances médiocres de l’économie française occasionnent dans la vie des Français, elles viennent bousculer les calculs politiques d’Emmanuel Macron, élu pour « transformer » le pays.
Car la chute de la popularité dans les sondages du président de la République se nourrit aussi du ralentissement économique. Les enquêtes d’opinion le disent, les Français commencent à douter. Et si Emmanuel Macron, comme ses prédécesseurs à l’Elysée, était impuissant à faire redémarrer l’économie ?
Sur le plan européen, les faiblesses de l’activité française fragilisent également les ambitions du chef de l’Etat. Durant la campagne présidentielle de 2017, le candidat avait été clair : pour être audible à Bruxelles et convaincre Berlin d’impulser des changements, Paris se devait de donner des gages en matière de comptes publics et montrer qu’il était enfin capable de tenir ses engagements.
De fait, et il y a là matière à satisfaction, la France est sortie de la procédure pour déficit excessif fin mai. Mais les dernières prévisions du gouvernement font état d’un déficit qui se creuse à nouveau (à 2,6 % du PIB en 2018 et 2,8 % en 2019) pour se rapprocher de la barre des 3 %. Quant à la dette publique, elle frôle le seuil symbolique des 100 % de la richesse nationale.
La Commission européenne...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-9"> ¤ Le député LRM du Finistère a été élu, sans surprise, président de l’Assemblée nationale.
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Richard Ferrand, l’« ancien monde » en Macronie

Le député LRM du Finistère a été élu, sans surprise, président de l’Assemblée nationale.



LE MONDE
 |    12.09.2018 à 10h26
 • Mis à jour le
12.09.2018 à 18h52
    |

            Alexandre Lemarié et 
Manon Rescan








                        



                                


                            

Il est 13 h 20, lundi 10 septembre, quand Richard Ferrand paraît devant le centre des congrès de Tours. Les députés de La République en marche (LRM) viennent de le désigner comme leur candidat pour succéder à François de Rugy à la tête de l’Assemblée nationale.
L’issue du vote prévu mercredi 12 septembre ne fait alors guère de doute. Le député du Finistère vient donc d’être sacré quatrième personnage de l’Etat. Le vote des députés, avec 254 voix en sa faveur sur les 484 votes exprimés, a entériné ce choix.

N’importe qui à sa place aurait affiché un visage rayonnant face aux caméras. Mais c’est un homme tendu qui se présente devant les journalistes. Il sait l’exercice qui l’attend, justifier son élection, lui qui ne représente aucun des canons du macronisme : parité, renouvellement, exemplarité. « Vous me pardonnerez de ne pas être une dame… », lance-t-il sur un ton ironique. Sa phrase suscite un tollé sur les réseaux sociaux. Le lendemain, il s’autorise un autre accroc aux règles en vigueur en Macronie. Dans Libération, il exclut de quitter ses fonctions s’il venait à être mis en examen dans l’affaire des Mutuelles de Bretagne. « Une décision procédurale n’a pas vocation à décider de l’exercice d’un mandat parlementaire », balaie-t-il, alors qu’il est toujours sous le coup d’une information judiciaire pour prise illégale d’intérêts, après une première enquête classée sans suite.

C’est que cette affaire lui a déjà suffisamment gâché la vie. En juin 2017, elle lui a coûté son poste au gouvernement, lorsqu’il a été contraint de quitter le ministère de la cohésion des territoires. Il n’a jamais digéré de se retrouver dans le collimateur de la justice pour ce qu’il considère comme une simple « affaire médiatique ». « Je n’ai rien commis d’illégal et d’immoral », assurait-il en septembre 2017. L’homme a gardé des révélations du Canard enchaîné une rancœur tenace à l’égard...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-10"> ¤ Le candidat de l’extrême droite à la présidence de la République reste hospitalisé. Son assaillant a dit se sentir « littéralement menacé » par ses discours.
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Brésil : Jair Bolsonaro, le candidat poignardé, est sorti des soins intensifs

Le candidat de l’extrême droite à la présidence de la République reste hospitalisé. Son assaillant a dit se sentir « littéralement menacé » par ses discours.



LE MONDE
 |    12.09.2018 à 07h48
   





                        



   


Jair Bolsonaro, candidat de l’extrême droite de la présidentielle brésilienne poignardé jeudi en pleine rue, a quitté mardi 11 septembre l’unité de soins intensifs de l’hôpital israélite Albert-Einstein de Sao Paulo, mais reste hospitalisé, selon un communiqué de l’établissement.
L’homme politique de 63 ans, en tête des intentions de vote pour le premier tour du 7 octobre, a été conduit dans « une unité de soins semi-intensifs », a précisé l’hôpital.
Il avait été attaqué jeudi, poignardé à l’abdomen alors qu’il s’était mêlé à la foule, dans le Minas Gerais (sud-est). Victime de plusieurs perforations intestinales et d’une hémorragie, il a du subir une colostomie. Il va avoir besoin d’« une nouvelle chirurgie importante pour rétablir le transit intestinal et retirer l’anus artificiel qui lui a été posé », avaient expliqué ses médecins lundi.
Le candidat du Parti social libéral (PSL) a commencé un « régime léger » et ne souffre « ni de nausées ni de vomissements ». Il n’a pas non plus de fièvre et ne présente aucun signe d’infection, s’est réjouie l’équipe médicale mardi.

        Lire aussi :
         

                Au Brésil, une campagne électorale bouleversée par l’agression du candidat d’extrême droite



« Sur l’ordre de Dieu »
L’assaillant, Adelio Bispo de Oliveira, un ancien militant du parti de gauche PSOL au chômage, a immédiatement été arrêté. Il a affirmé avoir agi « sur l’ordre de Dieu » mais également pour des motifs « politiques ».
Selon la reconstitution des faits, survenus vers 15 heures (18 heures GMT), l’homme de 40 ans « est sorti de chez lui avec un couteau » pour rejoindre la marche de sympathisants de M. Bolsonaro. Des images tournées par des témoins montrent comment l’agresseur a attendu le moment où le candidat, porté sur des épaules de sympathisants, passait à côté de lui, pour le frapper.
« Comme des millions de personnes, je me sens littéralement menacé » par les discours de Jair Bolsonaro, a affirmé l’assaillant, dans une vidéo diffusée à la télévision mardi.
Grand admirateur de la dictature militaire (1964-1985) et habitué des dérapages racistes, misogynes ou homophobes, M. Bolsonaro souhaite notamment libéraliser le port d’armes au Brésil. Il bénéficiait d’une protection de la police fédérale, en tant que candidat à la présidence.

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                Brésil : Lula renonce à se présenter et cède sa place à Fernando Haddad






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-11"> ¤ Le « flex office » se développe dans les grandes entreprises franciliennes, au grand dam de certains salariés plus âgés.
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Article sélectionné dans La Matinale du 11/09/2018
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Les « sans-bureau-fixe » se rebiffent

Le « flex office » se développe dans les grandes entreprises franciliennes, au grand dam de certains salariés plus âgés.



LE MONDE
 |    12.09.2018 à 06h43
 • Mis à jour le
12.09.2018 à 14h25
    |

                            François Desnoyers








                        



                                


                            

C’est une situation dans laquelle Bruno s’est retrouvé à de nombreuses reprises, et qui l’agace au plus haut point. Arrivé dans son entreprise après plus d’une heure de transport, ce cadre supérieur du secteur banque-assurance débute sa journée de travail en arpentant le vaste étage réservé à son service, ses affaires à bout de bras, sans parvenir à trouver une place. Avant de finalement renoncer, et rejoindre un niveau supérieur réservé à d’autres métiers de son groupe. Il est un salarié « SBF » ou « sans-bureau-fixe », une espèce en voie de développement dans le monde de l’entreprise.
Dans un nombre croissant de sociétés en effet, les postes fixes ont disparu, et avec eux les piles de dossiers et les décorations personnelles sur les bureaux. Le placement est devenu libre, y compris pour les managers. « Premier arrivé, premier servi », résume-t-on dans plusieurs entreprises ayant adopté le « flex office ».
Les « flex offices » sont encore peu répandus : ils concernent 6 % des actifs français travaillant dans un bureau, selon une étude Actineo réalisée en 2017
Les affaires nécessaires au travail (et en particulier l’ordinateur portable, véritable bureau mobile du salarié, qui intègre le téléphone) sont rangées chaque soir dans un casier personnel. Le dispositif est complété par d’autres espaces adaptés à des modes spécifiques de travail, comme ces « bulles de confidentialité », comme les appelle Accenture, où les salariés peuvent s’isoler pour téléphoner ou se concentrer sur une tâche, ou encore ces salles de réunion accessibles sur réservation pour discuter d’un projet.
Si leur usage se développe, ces « flex offices » sont encore peu répandus : ils concernent 6 % des actifs français travaillant dans un bureau, selon une étude Actineo réalisée en 2017. Ils se trouvent majoritairement dans de grands groupes franciliens (Sanofi, BNP Paribas, Engie…). « En province, on n’observe pas la même pression au mètre carré », justifie...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-12"> ¤ Convoqué comme témoin devant la cour d’assises de Paris, l’ex-leader skinhead avait été en contact avec les accusés impliqués dans la mort de Clément Méric.
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Au « procès Méric », Serge Ayoub, figure de l’extrême droite radicale, s’offre une tribune

Convoqué comme témoin devant la cour d’assises de Paris, l’ex-leader skinhead avait été en contact avec les accusés impliqués dans la mort de Clément Méric.



LE MONDE
 |    12.09.2018 à 03h14
 • Mis à jour le
12.09.2018 à 09h06
    |

            Yann Bouchez








                        



                                


                            
Il est entré souriant dans la salle, crâne rasé et tête haute. Dans un mouvement circulaire, l’homme a toisé le public. Puis il s’est présenté à la barre, en bombant le torse dans sa chemise bleu marine, une posture masquant mal son ventre de quinquagénaire. La présidente de la cour d’assises de Paris a énoncé le serment des témoins, lui rappelant l’obligation de « parler sans crainte et sans haine, de dire toute la vérité, rien que la vérité ». Alors Serge Ayoub a levé la main droite, bras plié, et il a dit : « Je le jure. » 
Mardi 11 septembre, au procès des trois skinheads impliqués dans la rixe au cours de laquelle Clément Méric est mort, sa venue était attendue. Non pas que Serge Ayoub, figure de l’extrême droite radicale, ait été présent sur les lieux de l’affrontement, dans le 9e arrondissement de Paris, le 5 juin 2013. Ce n’est plus de son âge, répète-t-il souvent. Mais ce jour-là, c’est à lui que l’un des trois accusés, Esteban Morillo, a parlé au téléphone, quelques minutes avant puis juste après avoir frappé le jeune militant antifasciste. C’est dans son bar, Le Local, situé dans le 15e arrondissement de Paris, que les skinheads se sont retrouvés, en soirée. Et c’est aussi Serge Ayoub qui a échangé des dizaines d’appels, la nuit suivant le drame, notamment avec Esteban Morillo et Samuel Dufour, poursuivis pour violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner. Un enquêteur de la brigade criminelle l’avait ainsi qualifié, quelques jours plus tôt, de « témoin incontournable ».

« Je pense que je suis là pour deux raisons », commence Serge Ayoub. Plutôt que les « faits », il préfère d’abord évoquer « le contexte » et « l’idéologie ». Parler de Troisième voie et des Jeunesses nationalistes révolutionnaires, deux groupuscules qu’il a fondés, dissous après la mort de Clément Méric. « Nous sommes républicains,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-13"> ¤ Une information judiciaire avait été ouverte en octobre 2016 pour « escroqueries », « recels d’escroquerie », « abus de biens sociaux », « recels d’abus de biens sociaux » et « blanchiment ».
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-13"> ¤                     
                                                

Financement des campagnes du FN : le parquet requiert un procès pour Frédéric Chatillon et Jean-François Jalkh, proches de Marine Le Pen

Une information judiciaire avait été ouverte en octobre 2016 pour « escroqueries », « recels d’escroquerie », « abus de biens sociaux », « recels d’abus de biens sociaux » et « blanchiment ».



LE MONDE
 |    11.09.2018 à 19h46
 • Mis à jour le
11.09.2018 à 21h47
   





                        



   


Dans l’enquête sur le financement des campagnes du Front national (devenu depuis Rassemblement national) de 2014 et 2015, le parquet de Paris a réclamé le renvoi devant le tribunal correctionnel de Frédéric Chatillon et de Jean-François Jalkh, selon une information de Mediapart publiée mardi 11 septembre.
Une information judiciaire avait été ouverte en octobre 2016 pour « escroqueries », « recels d’escroquerie », « abus de biens sociaux », « recels d’abus de biens sociaux » et « blanchiment » à la suite d’un signalement de l’organisme de traitement du renseignement et action contre les circuits financiers clandestins (Tracfin) de Bercy.
Frédéric Chatillon, ami de longue date de Marine Le Pen, a été renvoyé devant le tribunal pour abus de biens sociaux, et Jean-François Jalkh, ancien vice-président du parti et actuel président de la commission des conflits du RN, l’a été pour escroqueries et tentatives d’escroquerie. Pour l’association Jeanne, le parquet demande que ce mouvement satellite du parti d’extrême droite, qui participe au financement de ses campagnes, soit jugé pour escroqueries et tentatives d’escroquerie et recel d’abus de biens sociaux.

        Lire aussi :
         

                Comprendre l'affaire qui menace le FN et Marine Le Pen



Deux autres procédures judiciaires sur les campagnes de 2012 à 2015
Il revient désormais aux juges de se prononcer sur la tenue ou non d’un procès. Les magistrats financiers, saisis en octobre 2016, soupçonnent la société de Frédéric Chatillon Riwal, longtemps prestataire principal de la communication électorale du parti, d’avoir accordé des avantages au FN via le microparti Jeanne, lors des campagnes des municipales et des européennes de 2014 ainsi que pour les départementales de 2015, selon une source proche de l’enquête. Or, les sociétés commerciales n’ont pas le droit de contribuer directement ou indirectement au financement des partis politiques.
Deux autres procédures judiciaires ont été ouvertes sur les campagnes électorales de 2012 à 2015 de l’ex-Front national :
Dans un premier volet similaire, baptisé « Jeanne 1 », portant sur les campagnes des législatives de 2012, les juges ont déjà renvoyé en octobre 2016 Frédéric Chatillon et Jean-François Jalkh devant le tribunal correctionnel. Le Rassemblement national et un autre de ses dirigeants, son trésorier, Wallerand de Saint-Just, sont poursuivis avec eux, mais la tenue de leur procès est retardée dans l’attente d’une décision de la Cour de cassation, saisie par le parti, qui conteste son renvoi.La troisième enquête, portant sur le financement des régionales de 2015 et sur le rôle du prestataire du RN, Les Presses de France, qui a pris le relais de Riwal, a été ouverte en novembre 2016.



                            


                        

                        


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Article sélectionné dans La Matinale du 11/09/2018
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Déficit public en hausse pour 2019, une mauvaise nouvelle de plus pour Macron

Le tassement de la croissance oblige le gouvernement à revoir les prévisions et à faire preuve de davantage de prudence qu’au printemps dernier.



LE MONDE
 |    11.09.2018 à 19h00
 • Mis à jour le
12.09.2018 à 12h11
    |

            Denis Cosnard et 
Audrey Tonnelier








                        



                                


                            

Ce n’est pas une sortie de route, mais cela ressemble sérieusement à une embardée. Alors que l’an II du quinquennat d’Emmanuel Macron a débuté sous des auspices économiques moins favorables que les premiers mois de son mandat, le gouvernement doit faire face à une mauvaise nouvelle supplémentaire : le déficit public devrait s’établir à 2,8 % du produit intérieur brut (PIB) l’an prochain. C’est l’estimation que Bercy inclura dans le projet de loi de finances (PLF) 2019, attendu le 24 septembre en conseil des ministres.
C’est mieux que les 2,9 % sur lesquels tablait l’exécutif il y a un an, dans la loi de programmation des finances publiques, mais moins bien que les prévisions envoyées en avril à la Commission européenne (2,4 %). La dernière trajectoire actualisée des finances publiques, publiée il y a tout juste deux mois en préparation au débat d’orientation des finances publiques de la mi-juillet, misait même sur 2,3 %.
Ce dérapage pour 2019 intervient alors que le déficit public de cette année, comme le laisse entendre le ministre de l’économie, Bruno Le Maire, devrait déjà se situer « autour de 2,6 % », et non à 2,3 %. Une correction qui a contraint l’exécutif à dégrader dans la foulée sa trajectoire de dette publique, et de maîtrise des dépenses publiques et des prélèvement obligatoires.
Effets du calendrier fiscal
Ces différentes révisions s’ajoutent à des indicateurs peu porteurs sur le front de l’emploi. Le taux de chômage a quasiment stagné à 9,1 % au deuxième trimestre 2018, alors que le gouvernement avait promis de le ramener à 7 % en 2022. Quant aux créations d’emplois dans le secteur privé, qui avaient connu un record en 2017, elles ont continué de ralentir au deuxième trimestre, a annoncé l’Insee, mardi 11 septembre. Une accumulation de mauvais chiffres qui risque de compliquer encore un peu plus la rentrée d’Emmanuel Macron, déjà frappé dans les sondages par une perte de confiance des Français dans sa capacité à...




                        

                        


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« En vrai pour lui t’es qu’une planche à billets » : Olivier Besancenot rappe contre Macron

Le porte-parole du NPA prend pour cible le chef de l’Etat dans une chanson diffusée sur Internet.



LE MONDE
 |    11.09.2018 à 16h05
 • Mis à jour le
11.09.2018 à 23h00
    |

            Abel Mestre








                        



Olivier Besancenot n’a pas le flow de Kaaris ou les punchlines de Booba, ni d’ailleurs leurs ennuis judiciaires. Il a encore moins la mélancolie planante de PNL. Son message est simple, basique, mais surtout politique. Entre deux clashs avec Jean-Luc Mélenchon au sujet de l’immigration, le porte-parole du Nouveau Parti anticapitaliste (NPA) a opté pour un morceau de rap en cette rentrée politique. La cible : Emmanuel Macron. Le titre : Diviser pour mieux régner ! Le rap semble d’ailleurs être à la mode à la gauche de la gauche puisque le député (PCF) du Nord Alain Bruneel a, quant à lui, posé un slam pour dénoncer les conditions de travail à l’hôpital.
Dans la courte vidéo postée le 8 septembre sur les réseaux sociaux par M. Besancenot, on y entend l’ancien candidat à la présidentielle de 2002 et 2007 avec son « pote Jo » dire tout le mal qu’ils pensent de la politique du gouvernement. « Pouvoir non partagé-gé ! Richesses non partagées-gées ! (…) Dans nos quartiers, le mal-être par milliers. On sait même plus à qui se fier. En vrai pour Macron t’es qu’une planche à billets, peut-on entendre notamment dans ce morceau produit par Kristoproduction. Et tu voudrais qu’on reste tranquille après tout ça (…) tu voudrais qu’on reste docile après tout ça, tout ça, le carnage de tes lois. » 
Les deux « MC » cèdent même à la mode du vocodeur (procédé très prisé dans le hip-hop qui donne plus ou moins une voix de robot au chanteur). D’ailleurs cette technique est bien utile à ceux qui ne sont pas sûrs de leur voix, comme le fait remarquer Ademo − l’un des deux membres de PNL − dans la chanson Mowgli : « Chuis pas un rappeur, sans vocodeur je suis claqué. »
« Deux trois bricoles »
« J’ai voulu dire deux trois bricoles à Emmanuel Macron », confie, dans un sourire, le postier trotskiste lors de sa pause matinale. L’intérêt d’Olivier Besancenot pour le rap n’est pas nouveau. On l’avait découvert en 2005 en featuring sur l’album de Monsieur R Politikment incorrekt, où il introduisait une reprise du titre de Trust Antisocial, véritable hymne de l’extrême gauche. A l’époque, l’album avait fait scandale à cause de la chanson FranSSe, dans laquelle Monsieur R affirmait : « La France est une garce n’oublie pas de la baiser / Jusqu’à l’épuiser comme une salope faut la traiter. »
On retrouvera M. Besancenot en 2011 sur l’album de son ami JoeyStarr Egomaniac. Les Inrocks rappellent également la participation du communiste révolutionnaire à l’émission de Skyrock « Planète Rap », en 2013, aux côtés de Guizmo, Mokless et Despo Rutti, ainsi que sa collaboration en 2017 avec Ous-D-Ous pour un morceau, disons, très engagé. En bon connaisseur, M. Besancenot a fait sien ce vers d’Assassin, groupe phare du « rap conscient » : « On reste sérieux dans nos affaires, dans la façon dont on parle à nos frères ». 



                            


                        

                        


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Non, un retraité moyen ne va pas perdre « 1 000 euros par an »

Ce chiffrage avancé par Nicolas Dupont-Aignan est fantaisiste. Le député souverainiste évoque des mesures réelles, mais il force le trait.



LE MONDE
 |    11.09.2018 à 15h01
 • Mis à jour le
11.09.2018 à 16h32
    |

            Adrien Sénécat








                        


Le gouvernement vide-t-il le portefeuille des retraités ? C’est en tout cas ce qu’a affirmé Nicolas Dupont-Aignan, député souverainiste de l’Essonne, sur France Inter mardi 11 septembre. L’ancien candidat de la présidentielle, président du mouvement Debout la France, a évoqué une perte de pouvoir d’achat moyenne de « 1 000 euros » en une année pour un retraité moyen. Mais si les mesures évoquées par le responsable politique existent bel et bien, son chiffrage est pour le moins fantaisiste. Explications.
Ce qu’il a dit 
« Quand à 1 300 euros par mois de retraite vous allez perdre avec la désindexation sur l’inflation (…) 300 euros par an. Quand vous avez déjà les taxes sur l’essence qui ont augmenté en moyenne pour une voiture diesel de 300 euros par an, la CSG [contribution sociale généralisée] qui a augmenté de 300 euros par an. Cela veut dire que sur une année, un retraité moyen aura perdu 1 000 euros. (…) C’est du vol. »
POURQUOI C’EST TRÈS EXAGÉRÉ
Nicolas Dupont-Aignan évoque des mesures bien réelles, mais il force largement le trait dans ses calculs. Selon nos propres estimations, la situation qu’il a évoquée sur France Inter correspondrait en réalité plutôt à une perte de pouvoir d’achat de 290 à 560 euros, et pas 1 000 euros. Démonstration en cinq points :
1. La pension nette moyenne est bien d’environ 1 300 euros
Le montant mensuel moyen net des pensions de retraite était de 1 283 euros en 2015 en France, soit 1 376 euros bruts, selon les statistiques gouvernementales. On peut donc retenir, comme le fait Nicolas Dupont-Aignan, l’ordre de grandeur d’un retraité « moyen » qui touchait une pension de retraite nette de 1 300 euros mensuels en 2017.
La suite du raisonnement du candidat à la présidentielle en 2012 et 2017 est en revanche discutable, pour plusieurs raisons.
2. Un retraité modeste qui n’a pas forcément vu sa CSG augmenter
D’abord, Nicolas Dupont-Aignan laisse entendre que tout retraité qui toucherait une pension de retraite nette de 1 300 euros chaque mois aurait vu sa CSG augmenter en 2018. Le taux normal de la contribution sociale généralisée a bien augmenté de 1,7 point en janvier 2018, passant de 6,6 % à 8,3 %. Mais cette hausse ne concerne que les 60 % de retraités qui ont les revenus les plus importants. En dessous d’un certain seuil de revenus, les retraités paient un taux réduit de CSG, de 3,8 %, qui n’a pas été augmenté, voire en sont exonérés pour les moins aisés.
Or, le cas du retraité « moyen » évoqué par le député se situe justement à la frontière entre les deux situations :
S’il s’agit d’un retraité qui n’a pas d’autre revenu que sa pension de retraite, son revenu fiscal de référence sera inférieur à 14 404 euros, et il paiera la CSG au taux réduit, qui n’a pas augmenté.S’il s’agit d’une personne qui a d’autres sources de revenus (placements, rentes immobilières…), il se peut que ces derniers lui fassent dépasser le seuil en question et donc qu’il doive payer la CSG au taux normal, qui a augmenté en 2018. Dans ce cas, notre retraité fictif aura effectivement vu sa CSG augmenter, ce qui lui aura fait perdre environ 23 euros par mois sur sa pension, soit 280 euros par an. La perte de pouvoir d’achat réelle serait plutôt de 240 euros si l’on tient compte du fait que la hausse de CSG en 2018 est déductible des impôts.
3. Les pensions de retraite devraient bien augmenter moins vite que l’inflation en 2019
Le premier ministre, Edouard Philippe, l’a annoncé à la fin d’août : les pensions de retraites augmenteront de 0,3 % au début de 2019, alors que l’inflation est attendue autour de 2 % en 2018. Si cette tendance se confirme, cela représentera bien une perte de pouvoir d’achat pour les retraités concernés de l’ordre de 1,7 point – une réalité que le gouvernement a parfois du mal à assumer.
Dans le cas de notre retraité dont la pension de retraite est de l’ordre de 1 300 euros, cela représente bien à l’arrivée une perte de pouvoir d’achat (bien qu’invisible sur le relevé de pension de retraite) de l’ordre de 260 euros en 2019 par rapport à 2018.
4. Une exagération sur la hausse des prix du carburant
Nicolas Dupont-Aignan force en revanche le trait lorsqu’il affirme que le retraité moyen perdrait 300 euros par an à cause de la hausse des taxes sur le carburant.
Comme la fiscalité du gazole a augmenté de 7,6 centimes par litre au début de 2019, cela correspondrait à une consommation de près de 4 000 litres de carburant par an. Avec une consommation de 6 litres aux 100 km environ, cela représenterait une distance annuelle de 66 000 km, soit cinq fois plus que la distance moyenne parcourue par une voiture particulière en France (autour de 12 000 à 13 000 km, selon les estimations).
Même à supposer qu’un retraité roule autant que le Français moyen, sa facture de diesel aura plutôt donc plutôt augmenté de 60 euros par an que de 300 euros. En suivant le même raisonnement, la perte de pouvoir d’achat liée à la hausse de la fiscalité sur l’essence (+ 3,84 centimes début 2018) serait d’environ 30 euros par an.
Les prix à la pompe ont certes augmenté plus fortement qu’en fonction de la seule fiscalité au cours de l’année 2019, mais il ne s’agit dès lors plus d’une décision gouvernementale.
5. Un « retraité moyen » plutôt caricatural
En résumé, il est indéniable que bon nombre de retraités vont sortir perdants des mesures égrenées par Nicolas Dupont-Aignan. Mais chiffrer cette perte à « 1 000 euros » par an, comme le fait le leader de Debout la France, est abusif.
Selon nos calculs, un retraité dans la situation évoquée par le responsable politique sur France Inter (1 300 euros nets de pension mensuelle) va plutôt perdre :
0 à 240 euros par an en fonction de son taux de CSG ;environ 260 euros à cause de la désindexation des pensions ;environ 30 euros s’il roule à l’essence et 60 euros s’il roule au diesel.
Soit entre 290 et 560 euros selon sa situation, et pas 1 000 euros. Bien sûr, il ne s’agit-là que d’un ordre de grandeur qui cache des cas de figure très variables d’un foyer à l’autre.
Enfin, il faut noter que si M. Dupont-Aignan a égrené les mesures qui grèveront le pouvoir d’achat de ce contribuable fictif, il s’est bien gardé de mentionner celle qui aurait pu lui bénéficier. Par exemple, la baisse d’un tiers de la taxe d’habitation en octobre 2018, puis d’un nouveau tiers en 2019, à laquelle ce « retraité moyen » peut en principe prétendre.


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-17"> ¤ Dix-neuf présidents de département demandent, dans une tribune au « Monde », au gouvernement d’inclure dans le plan pauvreté un projet de loi d’expérimentation du revenu de base.
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« Le revenu de base, tremplin vers l’insertion sociale et professionnelle, et vecteur d’intégration citoyenne »

Dix-neuf présidents de département demandent, dans une tribune au « Monde », au gouvernement d’inclure dans le plan pauvreté un projet de loi d’expérimentation du revenu de base.



LE MONDE
 |    11.09.2018 à 14h00
    |

                            Collectif








                        



                                


                            
Tribune. La solidarité est une idée porteuse d’innovation et de justice. Il n’est pas digne de notre pays, parmi les plus riches de la planète, de tolérer que près de neuf millions de ses habitants vivent sous le seuil de pauvreté.
De nombreux travailleurs ne parviennent pas à tirer un revenu décent de leur activité
Contre la pauvreté, nous n’avons pas encore tout essayé. Refusant tout fatalisme, plusieurs départements, en première ligne sur la question sociale, ont travaillé depuis près d’un an, avec la Fondation Jean-Jaurès, à un projet d’expérimentation d’un revenu de base sous condition de ressources afin d’inventer de nouvelles protections face aux mutations du travail et de la société.
Le revenu de base est un revenu de solidarité. Si notre protection sociale est efficace dans la crise économique que nous traversons, sa performance pourrait être nettement améliorée en réparant deux injustices majeures : automatiser les prestations sociales afin d’intégrer les ayants droit qui n’y recourent pas (environ 35 % pour le seul RSA) ; et les ouvrir aux jeunes de moins de 25 ans (pour l’essentiel exclus du RSA, alors que 25 % des 18-24 ans sont sous le seuil de pauvreté).
Le revenu de base est aussi un revenu de développement. De nombreux travailleurs ne parviennent pas à tirer un revenu décent de leur activité : agriculteurs, artisans, employés et ouvriers à bas revenus, salariés à temps partiel… Le dispositif apporte un complément de ressources pour améliorer leur pouvoir d’achat et revitaliser les territoires délaissés.
Vecteur d’intégration sociale
Le revenu de base est enfin un revenu d’autonomie. Son inconditionnalité permet de développer le pouvoir d’agir des personnes, de soutenir leurs projets de vie et professionnels, leurs parcours d’insertion et les activités d’utilité sociale (aidants de personnes handicapées ou âgées, reconversions professionnelles, formations longues, bénévolats, créateurs d’activité…).
prévenir...



                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-18"> ¤ Lors des journées parlementaires de LRM, le premier ministre a galvanisé ses troupes en critiquant les interprétations qui sont faites du macronisme.
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Edouard Philippe à la majorité : « 2019 sera une année de bagarre »

Lors des journées parlementaires de LRM, le premier ministre a galvanisé ses troupes en critiquant les interprétations qui sont faites du macronisme.



LE MONDE
 |    11.09.2018 à 12h34
 • Mis à jour le
12.09.2018 à 06h39
    |

            Virginie Malingre (Tours, envoyée spéciale)








                        



   


Redonner du sens à l’action du gouvernement et au projet du président de la République. Ne pas se laisser distraire par le « tourbillon [qui], dans la vie politique, est souvent roi », pour reprendre une citation d’Aristophane. Edouard Philippe, qui s’exprimait à l’occasion des journées parlementaires de La République en marche (LRM), mardi 11 septembre à Tours, avait à cœur de prendre de la hauteur. De s’extraire des « rumeurs, petites phrases et polémiques » qui masquent « l’essentiel », selon ses mots. Et qui ont fait chuter Emmanuel Macron dans les sondages, en cette fin d’été calamiteux pour l’exécutif.
Le chef du gouvernement a donc tenu à mieux expliquer une politique de moins en moins populaire auprès des Français. Aux élus de la majorité et aux ministres venus l’écouter, Edouard Philippe s’est donc essayé à donner une définition du macronisme.
« Souvent, le matin, j’écoute France Inter », a-t-il commencé, avant de s’inscrire en « faux » contre « cet éditorialiste selon lequel le macronisme ne serait ni une vision de la France ni un appareil idéologique défini. Au mieux un pragmatisme ». Et de poursuivre :
« Le président de la République porte un projet clair. Celui d’une France de l’émancipation et des solidarités réelles. Celui d’une France puissante dans une Europe forte. Celui d’une France à la hauteur des défis que nous devons relever. »
Six chantiers sociaux dans les mois à venir
C’est à la première partie de sa définition du macronisme, « la France de l’émancipation » qui doit permettre « aux citoyens d’être libres de faire leur choix », que le premier ministre a consacré le plus de temps. Après avoir égrainé les « transformations » déjà menées au service de cet objectif – le dédoublement des classes de CP et de CE1, la réforme de l’apprentissage, Parcoursup, la loi logement… –, le chef du gouvernement a défendu « les deux jambes » de sa politique, le « en même temps » macronien qui a séduit les électeurs il y a un peu plus d’un an, mais dont les Français ont aujourd’hui du mal à voir la réalité, si l’on en croit les sondages.

        Lire aussi :
         

                Assemblée nationale : désigné pour le perchoir, Ferrand laisse le groupe LRM sans patron



En témoigne, veut-il croire, le programme des prochains mois, « six chantiers majeurs sociaux », qui doivent permettre de lutter contre la pauvreté, de réformer l’hôpital et les retraites, de mieux prendre en compte la dépendance des personnes âgées, de remettre le retour au travail au cœur de l’assurance-chômage, et de mieux appréhender les problématiques de santé au travail.
« Nous avons beaucoup à faire », a lancé Edouard Philippe. Et « cette année sera une année de bagarre », a-t-il rappelé à son auditoire en évoquant les élections européennes de mai 2019. « Au travail », a-t-il lancé en conclusion.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-19"> ¤ La députée La République en marche de Paris souhaite succéder à Richard Ferrand à la tête du groupe majoritaire.
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Laetitia Avia : « Je suis candidate à la présidence du groupe LRM de l’Assemblée »

La députée La République en marche de Paris souhaite succéder à Richard Ferrand à la tête du groupe majoritaire.



LE MONDE
 |    11.09.2018 à 12h00
 • Mis à jour le
11.09.2018 à 12h19
    |

            Alexandre Lemarié








                        


La députée La République en marche (LRM) de Paris Laetitia Avia annonce au Monde sa candidature pour la présidence du groupe LRM de l’Assemblée nationale.
Pourquoi vous portez-vous candidate à la tête du groupe LRM de l’Assemblée ?
Je suis candidate à la présidence du groupe car mon profil permet de rassembler les différentes sensibilités qui cohabitent chez les 312 députés LRM. Notre groupe est hétéroclite, c’est sa plus grande richesse. Etant ni de gauche ni de droite, et issue de la société civile, mon positionnement est avant tout celui d’une « marcheuse ». Macroniste de la première heure, je connais notre mouvement et notre histoire commune depuis le début. Cette année, j’ai pu travailler en confiance avec l’exécutif et faire preuve de solidité dans les débats parlementaires.
J’ai envie de continuer de porter la voix de notre groupe, qui doit continuellement incarner le renouvellement. Et même si cela ne doit être en aucun cas un élément déterminant, le fait que je sois une femme est un aspect qui peut être pris en considération. Richard Ferrand devant bientôt accéder au perchoir, mon accession à la tête du groupe permettrait d’avoir une répartition paritaire des responsabilités au sein de la majorité parlementaire.

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Pourquoi seriez-vous légitime à ce poste ? Pour l’instant, aucun candidat potentiel ne semble faire consensus…
Il n’y a aucun candidat naturel et c’est la preuve que rien n’est joué d’avance. Notre chef de file était Richard Ferrand et je ne prétends pas être comme lui. Personne, d’ailleurs, ne sera un Richard Ferrand bis. Mais avec mon histoire, mon vrai goût pour le travail collectif, et les voies d’amélioration que j’ai pu identifier, je pourrai incarner une présidence sûrement différente mais, je l’espère, tout aussi efficace. Je sais écouter, consulter, mais aussi arbitrer quand il le faut. Il n’y a pas de raison que je sois moins légitime que les autres présidents de groupe, que ce soit Christian Jacob ou Jean-Luc Mélenchon.
Vous ne vous inscrivez donc pas dans la continuité de Richard Ferrand ?
Je ne me place pas en contradiction de sa présidence mais ce sera forcément différent. Je définis le macronisme comme un perpétuel renouvellement, donc ma présidence en serait aussi une illustration. La première année, nous étions en phase d’installation. Désormais, il nous faudra valoriser davantage les différents talents du groupe, répondre à des exigences de débat, et renforcer la transparence.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-20"> ¤ Jusqu’à présent chargé des discours, il dirigera le nouveau pôle communication de l’Elysée.
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édition abonné


Sylvain Fort, le fidèle de Macron qui devra « démilitariser » les relations avec la presse

Jusqu’à présent chargé des discours, il dirigera le nouveau pôle communication de l’Elysée.



LE MONDE
 |    11.09.2018 à 11h17
 • Mis à jour le
11.09.2018 à 19h56
    |

            Ariane Chemin et 
                                François Krug








                        



                                


                            

Soudain, sa voix déraille, grimpe vers le ciel, ses yeux avec. Depuis une heure et demie, Emmanuel Macron expose son projet aux 15 000 personnes réunies au Parc des expositions de la porte de Versailles, à Paris. Mais au moment de conclure, le voilà qui se met à hurler d’une voix qu’on ne lui connaissait pas, hors portée, comme puisée en deçà de lui-même : « Ce que je veux, c’est que vous, partout, vous alliez le faire gagner ! Parce que c’est notre prooojet ! »
Ce 10 décembre 2016, le candidat novice tient son premier grand meeting. Pour son équipe, c’est l’épreuve du feu. En coulisses, on croise sa jeune bande du ministère de l’économie et de nouvelles recrues aux parcours moins technocratiques. Comme Alexandre Benalla, le jeune patron du service d’ordre. Ou Sylvain Fort, le communicant catalogué « intello de droite » : un normalien agrégé de lettres classiques passé par la finance, un passionné d’opéra auteur de plusieurs livres salués par les connaisseurs.
Devant sa télévision, un chanteur d’opéra suit justement avec attention les envolées d’Emmanuel Macron. Le baryton Jean-Philippe Lafont s’est produit à la Scala de Milan comme au Festival de Bayreuth. Quelques jours plus tôt, Sylvain Fort lui a proposé de devenir le coach vocal de son candidat. La rencontre est organisée au siège de campagne la veille du meeting. Lafont conseille à Macron de ne pas se laisser « submerger par la foule ». Après sa prestation, le candidat accepte le « programme de travail » que lui propose le chanteur.
Conseiller discours et mémoire
C’est aussi en se rendant utile aux moments-clés d’une campagne que, souvent, on gagne sa place à l’Elysée. Au soir de la victoire, le 7 mai 2017, le président de la République n’a plus besoin de baryton, mais Sylvain Fort a su une nouvelle fois se rendre précieux. Quelle version de l’Hymne à la joie pour accompagner la marche du vainqueur de la présidentielle à travers la cour carrée...




                        

                        

