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<filname="SURF-0,2-651865,1-0,0-1"> ¤ L’alliance du géant du commerce électronique chinois Alibaba avec les champions russes de l’Internet dessine une nouvelle géopolitique du numérique, explique dans sa chronique, l’éditorialiste économique Philippe Escande.
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« Russie, Chine : un bloc de l’Est numérique se met en place »

L’alliance du géant du commerce électronique chinois Alibaba avec les champions russes de l’Internet dessine une nouvelle géopolitique du numérique, explique dans sa chronique, l’éditorialiste économique Philippe Escande.



LE MONDE
 |    12.09.2018 à 12h53
    |

            Philippe Escande








                        



                                


                            

Chronique Pertes & profits. Depuis la construction de la Grande Muraille, sous l’empire Ming, il est rare que les Chinois s’aventurent dans les territoires des barbares du nord. Et notamment ceux qui se situent sur l’autre rive du fleuve Amour, en Sibérie russe. Mardi 11 septembre, 3 200 soldats, 900 pièces d’artillerie et 30 avions de chasse ont pourtant allégrement sauté la frontière. Mais c’était à l’invitation de Vladimir Poutine qui, pour la première fois de l’histoire, a convié ses voisins du sud à participer à des manœuvres militaires géantes.
Les forces armées ne sont pas les seules à se rapprocher. En marge du sommet économique de Vladivostok, en Sibérie, où se sont rencontrés les présidents des deux pays, le géant du commerce électronique Alibaba a annoncé une alliance de grande envergure avec les principaux acteurs russes de l’Internet, qui fera de lui le numéro un de ce marché de 145 millions d’habitants qui s’étend du Japon à l’Europe.
Le géant chinois va créer une société commune avec Mail.ru, le premier réseau social russe et MegaFon, le deuxième opérateur de téléphonie mobile du pays, tous deux propriété de l’oligarque Alicher Ousmanov, très proche de Vladimir Poutine. Alibaba détiendra 48 % de la société et en sera l’opérateur. Pour marquer le caractère très politique de cette affaire, le fonds souverain Russian Direct Investment Fund prendra 13 % de l’ensemble.

Guerre froide dans l’Internet
L’intérêt de cette alliance est considérable pour Alibaba. Alors que son fondateur, Jack Ma, a annoncé son retrait progressif, la société sort enfin d’Asie. Elle s’appuiera sur les 80 millions d’abonnés mobiles de MegaFon et les 95 millions d’utilisateurs de Mail.ru, et notamment de son réseau social VKontakte, pour inonder la Russie de produits chinois et développer un marché du commerce en ligne encore balbutiant. Son pari sera de développer une affaire rentable dans un pays aussi étendu et aux infrastructures...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-651865,1-0,0-2"> ¤ Le président des Etats-Unis n’a aucune chance de rendre l’Amérique plus grande en s’aliénant la partie la plus dynamique de son économie, affirme Philippe Escande, éditorialiste économique au « Monde ».
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« Donald Trump n’aime pas les GAFA, leurs idées progressistes, leur liberté de ton, leur goût des immigrés et leurs usines en Chine »

Le président des Etats-Unis n’a aucune chance de rendre l’Amérique plus grande en s’aliénant la partie la plus dynamique de son économie, affirme Philippe Escande, éditorialiste économique au « Monde ».



LE MONDE
 |    10.09.2018 à 10h37
    |

            Philippe Escande








                        



                                


                            

On n’est jamais si bien trahi que par les siens. Fer de lance de la civilisation numérique, les stars américaines de l’Internet suscitent l’envie du monde entier et la fierté de l’Amérique. A l’exception, toutefois, de son président, Donald Trump. Il n’aime pas ces trublions de la Côte ouest, leurs idées progressistes, leur liberté de ton, leur goût des immigrés et leurs usines en Chine. Il s’était déjà mis à dos Facebook, Google et Twitter, et avait fustigé Amazon. Restait Apple, qui avait ravi le président, en promettant d’investir la somme colossale de 350 milliards de dollars (303 milliards d’euros), sur cinq ans, aux Etats-Unis, en conséquence de la récente réforme fiscale.
Son PDG, Tim Cook, avait pourtant sacrifié l’un de ses week-ends d’août pour rencontrer Donald Trump dans son golf privé de Bedminster (New Jersey). Mais rien n’y a fait. Le « tweetomane » de la Maison Blanche lui a volé dans les plumes, samedi 8 septembre. Répondant au patron, qui s’est plaint, vendredi 7 septembre, de la guerre commerciale entamée contre la Chine, il a écrit sur le réseau : « Il y a une solution facile pour éviter les taxes : fabriquez vos produits aux Etats-Unis au lieu de la Chine. Construisez des nouvelles usines maintenant. Excitant ! »

Répercussions majeures sur l’économie américaine
Le président est totalement insensible au message envoyé sur tous les tons par le milieu américain de la technologie. Pour Tim Cook, l’imposition de taxes douanières aura des répercussions majeures sur l’économie américaine. Dans sa missive, adressée vendredi au représentant du commerce, Robert Lighthizer, Apple assure que cet affrontement commercial conduira à une hausse des tarifs pour le consommateur et à une désorganisation de sa chaîne logistique. Le groupe cite notamment ses montres, ses ordinateurs et ses écouteurs comme premières victimes. Mais, bien sûr, il craint pour son trésor, l’iPhone, qui représente les deux tiers de ses ventes, et pourrait...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-651865,1-0,0-3"> ¤ Editorial. Le 4 septembre, le groupe de Seattle a franchi le seuil des 1 000 milliards de dollars de capitalisation boursière. Amazon est en train d’acquérir une position dominante qui doit alerter les gouvernements.
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Bourse : Amazon, le roi de la jungle

Editorial. Le 4 septembre, le groupe de Seattle a franchi le seuil des 1 000 milliards de dollars de capitalisation boursière. Amazon est en train d’acquérir une position dominante qui doit alerter les gouvernements.



LE MONDE
 |    06.09.2018 à 10h43
 • Mis à jour le
06.09.2018 à 11h07
   





                        


Editorial du « Monde ». Pendant des décennies, le classement des plus grosses capitalisations boursières a été monopolisé par les compagnies pétrolières. Désormais, la ressource la plus valorisée par les investisseurs n’est plus le pétrole, mais les masses de données que les géants du high-tech ont appris à faire fructifier pour leur plus grand profit. En franchissant, le 4 septembre, le seuil des 1 000 milliards de dollars (860 milliards d’euros) de capitalisation, Amazon illustre ce nouvel ordre mondial du business. Cette montée en puissance a de quoi susciter l’admiration, mais aussi l’inquiétude, à propos d’une hégémonie qui paraît sans limite, là où la satisfaction du client a tendance à prendre le pas sur celle du salarié.
La petite librairie en ligne, lancée il y a vingt-trois ans par Jeff Bezos, un jeune diplômé en informatique de Princeton, s’est transformée en véritable empire capable de menacer l’existence des mastodontes de la distribution mondiale, après avoir disloqué le petit commerce. Introduit à Wall Street à 18 dollars en mai 1997, le titre vaut aujourd’hui plus de 2 000 dollars.

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Exubérance irrationnelle des marchés, diront certains. Même si la valorisation d’Amazon semble excessive, elle n’en illustre pas moins la puissance qu’a acquise le groupe en provoquant de profondes ruptures dans les secteurs toujours plus nombreux où il intervient. L’efficacité et la qualité de ses services, sa capacité à proposer les prix les plus bas et à se déployer rapidement sur de nouveaux marchés en ont fait un acteur incontournable pour plus de 400 millions de consommateurs. Loin de se contenter d’être un distributeur en ligne, Jeff Bezos a su diversifier ses sources de revenus en se lançant dans la production audiovisuelle, mais surtout dans l’informatique dématérialisée, qui représente aujourd’hui l’essentiel de ses profits.
Avantage concurrentiel
Mais si Amazon vaut si cher aujourd’hui, c’est parce qu’au fil du temps le groupe a su développer ce que les Anglo-Saxons appellent un wide moat, un avantage concurrentiel si puissant qu’il lui permet de distancer durablement ses compétiteurs en imposant ses propres standards.
Cette technique du rouleau compresseur a déjà produit des résultats spectaculaires : Amazon détient près de 50 % du commerce électronique aux Etats-Unis, contre à peine 4 % pour Walmart, le premier distributeur mondial. Désormais, les acteurs traditionnels ne boxent plus dans la même catégorie : la capitalisation de notre « géant » national, Carrefour, ne pèse que 1,2 % de celle d’Amazon.

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Le groupe de Seattle est en train d’acquérir une position dominante, qui doit alerter les gouvernements. Jusqu’à présent, ils ont fait preuve de bienveillance en multipliant les subventions pour favoriser le développement du groupe et les emplois qui vont avec ou en fermant les yeux sur sa capacité à faire de l’optimisation fiscale.
Le vent est enfin en train de tourner. Aux Etats-Unis, Amazon est désormais la cible de Donald Trump, qui accuse le groupe de tuer le petit commerce et d’étrangler ses sous-traitants. En Europe, la société est dans le collimateur de l’Union européenne, qui réclame qu’elle paye des impôts à la hauteur de ses revenus. Ce réveil est nécessaire mais bien tardif, alors qu’on réalise dans le même temps que le passage de la distribution traditionnelle à sa version électronique n’a pas réellement contribué à améliorer le sort des salariés. Les bataillons de caissières et de responsables de rayon chez Walmart n’ont rien à envier aux manutentionnaires des entrepôts d’Amazon.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-651865,1-0,0-4"> ¤ Né en 2016, cet éditeur français de logiciels permet aux acteurs du luxe d’optimiser leurs campagnes marketing.
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Au cœur du business des « influenceurs », Launchmetrics lève 50 millions de dollars

Né en 2016, cet éditeur français de logiciels permet aux acteurs du luxe d’optimiser leurs campagnes marketing.



LE MONDE
 |    05.09.2018 à 09h21
    |

            Vincent Fagot








                        



                                


                            

A l’heure du numérique, il ne suffit plus, pour les créateurs de mode, de convaincre les journalistes de Elle et de Vogue de venir s’asseoir au pied des podiums. Avoir la chanteuse Beyoncé au premier rang, inviter la blogueuse qui compte, ou voir le mannequin Kendall Jenner revêtir l’une de leurs créations sur son compte Instagram (117 millions d’abonnés) est au moins aussi important.
L’éditeur de logiciels Launchmetrics, né de la fusion en janvier 2016 du français Augure et de l’américain Fashion GPS, tire profit de cette nouvelle donne. Son rôle ? Mettre en relation les marques avec les « influenceurs ». Pour se développer, la société a annoncé, mercredi 5 septembre, avoir bouclé une levée de fonds de 50 millions de dollars (43,2 millions d’euros). A cette occasion, Cipio Partners et Famille C (Clarins) font leur entrée au capital, tandis que la BPI et le fonds Seventure Partners remettent la main à la poche.
Launchmetrics s’est spécialisé dans les outils de marketing pour les entreprises de la mode, du luxe et des cosmétiques (MLC). Elle offre à ses clients – Dior, mais aussi de jeunes créateurs – des outils pour orchestrer le lancement de leurs produits et mesurer l’impact de leurs campagnes de communication.

Car leur clientèle est en pleine mutation. « Les “millennials” [les personnes nées entre 1980 et 2000] représentent un pourcentage croissant de leurs clients [43 %], mais une part assez faible des ventes [moins de 25 %]. La question, pour ces marques, c’est de savoir comment répartir leurs budgets marketing entre les jeunes et les acheteurs plus âgés, qui procurent la majorité des revenus », explique Michael Jaïs, le patron de Launchmetrics, qui estime ces dépenses à 250 milliards de dollars par an.
Six modules pour accompagner les entreprises
L’équation est d’autant plus complexe que cette jeune population ne répond pas aux logiques qui prévalaient...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-651865,1-0,0-5"> ¤ Le groupe de grande distribution a nourri son expansion spectaculaire sur la dette. Aujourd’hui, en dépit de ses bonnes performances, il a perdu la confiance des marchés. Elle sera difficile à retrouver, explique Philippe Escande, éditorialiste économique au « Monde ».
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« Chez Casino, la dette se moque bien des réalités commerciales, elle s’invite comme un fantôme du passé »

Le groupe de grande distribution a nourri son expansion spectaculaire sur la dette. Aujourd’hui, en dépit de ses bonnes performances, il a perdu la confiance des marchés. Elle sera difficile à retrouver, explique Philippe Escande, éditorialiste économique au « Monde ».



LE MONDE
 |    04.09.2018 à 10h41
    |

            Philippe Escande








                        



                                


                            

L’histoire de la dette est plus ancienne que celle de l’argent. Elle finance toutes les aventures, mais, parfois, revient hanter les nuits de ceux qui en ont abusé ou qui n’ont pas eu de chance. Elle se transforme alors en servitude. Le groupe Casino, l’une des plus belles entreprises françaises de la grande distribution, est aussi un enfant de la dette. Elle a nourri son expansion spectaculaire, mais, comme Le Marchand de Venise, de Shakespeare, elle vient aujourd’hui réclamer sa livre de chair. Et son messager est un spéculateur américain adepte de la manipulation des cours de Bourse.
Depuis maintenant près de trois ans, la société Muddy Waters distille les nouvelles alarmantes sur l’endettement du groupe. Vendredi 31 août, un seul petit Tweet de son fondateur, Carson Block, a suffi à semer la panique. Il affirmait qu’une des filiales de la société n’avait toujours pas enregistré ses comptes 2017. Son objectif d’instiller la défiance vis-à-vis de l’entreprise est largement atteint. Depuis le début de l’année, le titre Casino s’est effondré de plus de 45 %.

Cette situation peut sembler injuste au regard de la performance effective du distributeur, qui enregistre une bonne année 2018, notamment sur ses deux places fortes, la France et le Brésil. Ses hypermarchés Géant se portent mieux que la concurrence, ses supermarchés urbains, Monoprix et Franprix, ont remarquablement pris la vague de la consommation responsable et de proximité, dont raffolent ses clients parisiens. Enfin, sa filiale Internet Cdiscount tient tête à Amazon dans le commerce en ligne, ce qui est, en soi, déjà un exploit.

Notation financière dégradée
Mais voilà, parfois la dette se moque bien des réalités commerciales présentes. Elle s’invite comme un fantôme du passé. Elle était autrefois le meilleur allié de Jean-Charles Naouri, quand il a pris le contrôle de la vénérable centenaire de Saint-Etienne (120 ans cette année), au début des années 1990....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-651865,1-0,0-6"> ¤ Le nouveau PDG, Kenichiro Yoshida, souhaite poursuivre la mue du groupe japonais en un géant du divertissement.
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Sony veut renforcer la convergence entre ses contenus et ses produits

Le nouveau PDG, Kenichiro Yoshida, souhaite poursuivre la mue du groupe japonais en un géant du divertissement.



LE MONDE
 |    01.09.2018 à 11h27
 • Mis à jour le
05.09.2018 à 12h29
    |

            Vincent Fagot








                        



   


C’était son baptême du feu européen. Arrivé à la tête de Sony en avril, Kenichiro Yoshida était attendu à Berlin, pour sa première apparition publique à l’IFA, le grand salon continental de l’électronique, le 30 août. Car succéder à Kazuo Hirai, qui a dirigé le fleuron japonais de l’électronique grand public pendant six années, n’est pas chose facile, surtout quand il s’agit de faire le show devant la presse internationale. Figé au milieu de la scène, lisant son prompteur, le style du nouveau PDG tranche avec son flamboyant prédécesseur.
Pour un temps encore, la comparaison entre les deux hommes s’imposera aux observateurs. D’autant que Kenichiro Yoshida prend les rênes d’un groupe au firmament. En avril, la société a publié les meilleurs résultats financiers de son histoire, avec un bénéfice de 6,7 milliards de dollars (5,7 milliards d’euros) pour l’année fiscale 2017. Un niveau de performance difficile à soutenir.
A eux seuls, le jeu vidéo et les services financiers – que Sony n’opère qu’au Japon – pèsent pour plus de la moitié des profits. Le secteur des semi-conducteurs (tous les composants que Sony fournit notamment à de nombreux fabricants de téléphones portables) affiche, lui, une croissance insolente de 172 % d’une année sur l’autre. Musique, cinéma, électroménager… Les indicateurs sont au vert. Et si la division mobile continue à accuser des pertes, cela ne suffit pas à assombrir le bilan de Kazuo Hirai.
Films, musique, jeux vidéo…
Dans ces conditions comment imprimer sa marque ou seulement penser à impulser une nouvelle stratégie ? « Sony n’a jamais été capable d’enchaîner deux années de résultats historiques », rappelle M. Yoshida. Pas question pour autant de remettre en cause les orientations prises jusque-là, et auxquelles le nouveau patron a longtemps été associé, dans l’ombre de M. Hirai, dont il fut le bras droit de 2015 à 2018 en tant que directeur financier.
Kazuo Hirai, défendait la philosophie dite du kando, qu’on pourrait traduire par « l’émotion par la technologie ». Kenichiro Yoshida veut poursuivre dans cette direction, voire l’étendre. Car, pour lui, Sony peut encore améliorer la convergence entre ses contenus – avec son immense catalogue de films (Sony Pictures), de musique (Sony est en passe d’absorber EMI), et de jeux vidéo – et ses produits (téléviseurs, casques audio, consoles de jeux, etc.) et ainsi passer du rang de groupe d’électronique grand public qui a longtemps été le sien à celui de géant du divertissement.
Dans ce schéma, les revenus de Sony ont vocation à évoluer. « Nous devons dégager davantage de revenus récurrents », plaide ainsi le dirigeant japonais. Un défi dans un secteur de l’électronique, par nature cyclique. Pour cela, Kenichiro Yoshida peut compter sur des services comme PlayStation Network, la plate-forme de Sony, qui compte déjà plus de 80 millions d’utilisateurs actifs mensuels auxquels sont proposés quantité de services payants, comme PlayStation Plus, auquel 34 millions de gamers souscrivent actuellement.
Idem dans la musique : « Auparavant, nous vendions des disques. Aujourd’hui, on fait fructifier notre catalogue de musique et de films auprès de plates-formes comme Spotify, Amazon… », se réjouit-il, même s’il conserve sur ces plates-formes un regard attentif : « Ce sont des partenaires, mais aussi des concurrents. »
Kenichiro Yoshida, un gestionnaire sourcilleux
Avec l’arrivée à la tête de Sony de ce gestionnaire sourcilleux, qui n’avait pas hésité à couper dans les effectifs ou à se débarrasser de branches au nom de la rentabilité (la division informatique Vaio) lorsqu’il était directeur financier, les observateurs ne donnaient pas cher de la peau de l’activité téléphonie mobile. Celle-ci enchaîne d’année en année les pertes (250 millions de dollars en 2017) et ses ventes devraient encore baisser. Mais il n’en est rien.
Certes, Sony a réduit ses ambitions dans ce domaine – il renonce à la production de masse et vise désormais seulement un segment de haut de gamme –, mais le travail effectué dans la téléphonie est crucial à bien des égards. En particulier pour ce qui est du développement de la 5G, auquel le groupe japonais travaille activement et qui doit permettre d’augmenter très fortement les débits de communication mobile.
Cette technologie est primordiale pour ce qui semble être l’un des principaux paris d’avenir de la société. Sony ne cache pas son vif intérêt pour le développement des véhicules autonomes, qui auront besoin de la technologie 5G pour ajuster en temps réel leurs trajectoires.
S’appuyant sur l’expertise de l’entreprise en matière de capteurs optiques, Kenichiro Yoshida est persuadé qu’il y a là une carte à jouer. « A mon poste, je veux avoir une vision à long terme. C’est pourquoi il nous faut d’ores et déjà nous saisir des nouveaux défis technologiques qui se présentent à nous. » Pas question pour lui de se tourner vers le passé.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-651865,1-0,0-7"> ¤ De l’électroménager aux outils de bricolage en passant par les meubles ou les vêtements, tout se loue, ou presque. Pratique, mais pas forcément économique.
<filname="PROF-0,2-651865,1-0,0-7"> ¤                     
                                                   
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Consommation : louer au lieu d’acheter

De l’électroménager aux outils de bricolage en passant par les meubles ou les vêtements, tout se loue, ou presque. Pratique, mais pas forcément économique.



LE MONDE
 |    31.08.2018 à 06h15
 • Mis à jour le
31.08.2018 à 08h04
    |

                            Frédérique Lehmann








                        



                                


                            

L’instinct de propriété n’aurait-il donc plus la cote ? A l’heure de l’économie collaborative et du recyclage, de plus en plus de Français préfèrent louer plutôt qu’acheter. « L’idée selon laquelle l’usage prime sur la propriété semble désormais bien ancrée dans une très large partie de la population », note Philippe Moati, professeur d’économie à l’université Paris-Diderot et coprésident de L’Observatoire société et consommation (L’ObSoCo).
D’abord dans le secteur de l’automobile, où la location avec option d’achat (LOA) remporte un succès croissant : 73 % des voitures neuves en France sont financées ainsi, contre 42 % il y a cinq ans, selon l’Association française des sociétés financières.
L’acheteur n’est pas immédiatement propriétaire du véhicule, il en est simplement locataire pendant 12 à 72 mois, durée pendant laquelle il paie un loyer chaque mois à une société de financement. L’entretien courant est soit inclus dans le contrat de LOA, soit proposé en option (pour environ 20 euros par mois). A la fin de la période, l’automobiliste a alors le choix d’acheter le véhicule contre le paiement d’une valeur résiduelle ou de le rendre. Les avantages ? Un budget auto connu d’avance et lissé sur une ou plusieurs années.
Matelas en LOA
Le mécanisme est attrayant, à tel point qu’il existe aussi pour nombre d’objets de notre quotidien. Par exemple, la Maison de la literie propose d’acheter son lit (matelas, sommier et tête de lit) en LOA. Le client paie un loyer mensuel, qui varie selon la literie choisie, pendant six ans. Compter au minimum 15 euros par mois. Libre à lui, à la fin de la période, de l’acheter en payant 5 % de son prix initial.
La Fnac Darty, par son Pass Location, permet, quant à elle, de louer pendant 24 ou 36 mois ordinateurs, tablettes, smartphones, appareils photo reflex, consoles de jeu… Avec, là encore, la possibilité d’acheter, en payant selon les produits (et les marques) concernés de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-651865,1-0,0-8"> ¤ Depuis 2014, il a réussi à insuffler une nouvelle culture, et à faire franchir à l’entreprise la barre des 100 milliards de dollars de chiffre d’affaires.
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Satya Nadella réveille Microsoft par l’innovation et le collectif

Depuis 2014, il a réussi à insuffler une nouvelle culture, et à faire franchir à l’entreprise la barre des 100 milliards de dollars de chiffre d’affaires.



LE MONDE
 |    27.08.2018 à 09h31
 • Mis à jour le
28.08.2018 à 10h30
    |

                            Jérôme Marin (San Francisco, correspondance)








                        



                                


                            

Au cœur de l’été, le chiffre est presque passé inaperçu, comme un symbole d’une entreprise qui fait désormais moins de vagues, mais qui a aussi laissé ses difficultés loin derrière elle. Au cours de son exercice fiscal 2017-2018, clos le 30 juin, Microsoft a dépassé la barre des 100 milliards de dollars (86 milliards d’euros) de chiffre d’affaires annuel. Une première en forme de consécration pour Satya Nadella, le directeur général, nommé en février 2014 pour revigorer le vieillissant concepteur de Windows.
A l’époque, Microsoft est à la croisée des chemins. Certes la société de Redmond, dans la banlieue de Seattle (Washington), demeure encore une formidable machine à profits. Mais ses positions sont menacées par l’essor des smartphones, une révolution qu’elle a complètement ratée et après laquelle elle ne cesse alors de courir. En août 2013, Steve Ballmer, le patron qui avait pris la suite du fondateur Bill Gates en 2000, est ainsi poussé vers la sortie par le conseil d’administration.
M. Nadella est nommé à son poste six mois plus tard. Certains y voient un choix par défaut : un mois plus tôt, Alan Mulally, annoncé comme favori, avait annoncé qu’il préférait rester au volant du constructeur automobile Ford (il a pris sa retraite en 2014). Peu connu du grand public, le nouvel homme fort de Microsoft est un pur produit de la maison, embauché en 1992 comme ingénieur informatique. S’il dirige alors la division spécialisée dans le cloud computing, l’informatique dématérialisée, il n’a aucune expérience à la tête d’une entreprise.

M. Nadella est né en 1967 à Hyderabad, la quatrième ville indienne. Adolescent, il se passionne autant pour l’informatique que pour le cricket. A 31 ans, il rejoint les Etats-Unis pour poursuivre ses études dans le Wisconsin. Une fois diplômé, il passe deux ans chez l’éditeur de logiciels Sun Microsystems, avant de rejoindre Microsoft. Un événement change sa vie : la maladie de son fils, Zain, atteint à...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-651865,1-0,0-9"> ¤ Le numéro un mondial des jeux vidéos a annoncé des profits en baisse pour la première fois depuis une dizaine d’années, alors que le régulateur chinois des jeux vidéos n’a plus délivré de licences depuis des mois.
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La censure chinoise pèse sur les performances boursières de Tencent

Le numéro un mondial des jeux vidéos a annoncé des profits en baisse pour la première fois depuis une dizaine d’années, alors que le régulateur chinois des jeux vidéos n’a plus délivré de licences depuis des mois.



Le Monde
 |    15.08.2018 à 10h47
 • Mis à jour le
15.08.2018 à 15h50
    |

            Simon Leplâtre (Shanghaï, correspondance)








                        



   


Tencent a annoncé des profits en baisse pour la première fois depuis treize ans, mercredi soir à Hong Kong, après la fermeture des marchés. Le géant chinois des médias et des jeux vidéo a dégagé 17,9 milliards de yuans (2,28 milliards d’euros) de profits entre avril et juin, soit une baisse de 2 % par rapport au trimestre précédent. Un résultat très décevant, en dessous de la plupart des estimations, qui montre l’exposition de l’entreprise au risque régulatoire en Chine.
C’est la section jeu vidéo de Tencent, numéro un mondial du secteur, qui a souffert ces derniers mois en Chine. Le régulateur n’a en effet plus délivré une seule licence depuis fin mars, alors que les revenus de son jeu phare, « L’Honneur des rois », s’essoufflent.
Le géant chinois du Web, en difficulté depuis le début de l’année, avait encore perdu 4 % en Bourse, mercredi 15 août, quelques heures avant l’annonce de ses résultats trimestriels. Depuis quatre jours, le titre a chuté de 10 %, soit 45 milliards de dollars (39,6 milliards d’euros) de valeur en moins à la Bourse de Hongkong, à la suite de la censure d’un des jeux vidéo les plus populaires de l’année.
Le titre devrait continuer à baisser après ces résultats pires qu’attendus. Naspers, un groupe de médias et d’investissement sud-africain qui détient 31 % des parts de Tencent, a chuté de 10 % en bourse après l’annonce de ces mauvais résultats.
Contexte économique difficile
Lundi, moins d’une semaine après sa sortie en Chine sur sa plate-forme Wegame, le 8 août, Tencent a dû annoncer le retrait de Monster Hunter : World. Le groupe a expliqué dans un communiqué que le régulateur avait reçu « de nombreuses plaintes » au sujet de ce jeu de rôle du studio japonais Capcom, considéré comme violent. Il s’est vendu à 8 millions d’exemplaires depuis cinq mois dans le monde.

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Depuis le début de l’année, le géant chinois des médias, des réseaux sociaux (Wechat et QQ) et des jeux vidéo, a perdu près de 170 milliards de dollars de valeur en Bourse, en grande partie à cause de l’apathie du marché des jeux vidéo en Chine. Tencent peut en vouloir à l’administration d’Etat pour la radio et la télévision : elle n’a plus octroyé une seule licence pour un jeu vidéo depuis le 28 mars. D’après l’agence de presse Bloomberg, ce blocage serait dû à un vaste remaniement dans l’administration chinoise, où le président Xi Jinping place ses pions, dans une vaste entreprise de consolidation du pouvoir.
Au premier trimestre 2018, la section jeu vidéo de Tencent n’a fait état que d’une hausse de 5 % de son chiffre d’affaires, sa pire performance après plus de dix ans de progression à deux chiffres chaque trimestre.
Un contexte difficile
Pour Tencent, numéro un mondial du jeu vidéo, c’est un coup dur dans un contexte déjà difficile. Alors que l’économie chinoise ralentit, les tensions commerciales avec les Etats-Unis pèsent sur l’état d’esprit des investisseurs. Tencent souffre aussi d’un reflux, après une année 2017 exceptionnelle qui avait vu sa capitalisation boursière multipliée par 2,5, pour dépasser 500 milliards de dollars en fin d’année.

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Depuis plus d’un an, la Chine du président Xi Jinping a resserré le contrôle du Web, ciblant nombre de sites et plates-formes pour des contenus « vulgaires » ou pas assez patriotiques. En avril, Tencent avait déjà été averti, avec plusieurs autres entreprises de médias, qui avaient dû suspendre leurs plates-formes de partage de contenu en ligne. Bytedance, une start-up derrière l’agrégateur d’informations Jinri Toutiao, avait été obligée de fermer définitivement une plate-forme de partage de courtes vidéos, Neihan Duanzi, accusée par le régulateur de s’être spécialisée dans les contenus vulgaires. Le patron de Toutiao, Zhang Yiming, avait promis de faire passer ses effectifs destinés à la surveillance des contenus de 6 000 à 10 000 personnes.

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A la fin du mois de juillet, les autorités ont ordonné la fermeture de sept sites de streaming, et suspendu pour un mois huit autres. Le 2 août, une autre plate-forme de streaming, Douyu, soutenue par Tencent, a même annoncé des « cours d’éducation patriotique » pour toutes ses vedettes du live streaming.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-651865,1-0,0-10"> ¤ Des chercheurs hongrois ont créé une intelligence artificielle qui permet à des drones de voler ensemble sans être pilotés.
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<filname="SURF-0,2-651865,1-0,0-11"> ¤ Pour mettre fin à l’effet « feuilleton à l’eau de rose » de nombreux téléviseurs, les deux spécialistes de l’image ont imaginé ensemble un mode « calibré » visant à mieux respecter les intentions des réalisateurs.
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Les téléviseurs Sony bientôt équipés d’un réglage spécial Netflix

Pour mettre fin à l’effet « feuilleton à l’eau de rose » de nombreux téléviseurs, les deux spécialistes de l’image ont imaginé ensemble un mode « calibré » visant à mieux respecter les intentions des réalisateurs.



Le Monde
 |    01.08.2018 à 13h21
    |

                            Nicolas Six








                        


Deux téléviseurs Sony inaugureront prochainement un « mode calibré Netflix » destiné aux programmes du géant de la vidéo à la demande. Lorsqu’on activera cette fonction, les réglages du téléviseur seront automatiquement modifiés pour mieux préserver « la vision et les intentions créatives du réalisateur », assure Sony dans un communiqué publié mardi 31 juillet.
Beaucoup de fabricants ajoutent à leurs téléviseurs une série d’effets visuels destinés à rendre l’image plus percutante. L’amélioration de la fluidité, en particulier, procure souvent un rendu « feuilleton à l’eau de rose » qui donne l’impression de contempler les images d’un Caméscope. Le contraste dynamique ajuste la profondeur des noirs et la luminosité des blancs en temps réel pour rendre les images plus spectaculaires, mais il dénature souvent les atmosphères conçues par les décorateurs et les éclairagistes de fictions.
Ces effets, dont la liste est longue, divisent. Certains utilisateurs apprécient leur impact – c’est le cas de certains amateurs de films d’action et de retransmissions sportives. Mais d’autres s’en plaignent, en particulier des amateurs de cinéma à l’esthétique soignée. Parmi les mécontents, peu réussissent à désactiver les effets visuels qu’ils jugent désagréables, car les menus de leur téléviseur sont surchargés, et les fonctions incriminées portent des noms barbares.
« Un menu simple »
Les abonnés Netflix pourront donc revenir à une image fidèle en activant une seule fonction « dans un menu simple », comme le promet Scott Mirer, vice-président de l’entreprise, dans un communiqué publié sur le site de Netflix. Sony et Netflix ne précisent pas si l’utilisateur gardera toutefois le contrôle sur certains réglages comme le contraste ou la luminosité. Il est possible qu’il en soit privé, car l’objectif du mode calibré Netflix est de régler la télévision comme un écran de contrôle professionnel.
Cette fonctionnalité pourrait-elle voir le jour avec d’autres marques ? Netflix travaille en étroite collaboration avec beaucoup d’autres fabricants de téléviseurs, mais comme l’explique Scott Mirer, cette fonction « a été développée par des experts Sony en collaboration avec des scientifiques de Netflix, elle est disponible en exclusivité sur les télévisions Sony [AF 9 et ZF9] », attendus pour la fin d’année à des prix inconnus pour le moment. Il est donc loin d’être certain que cette fonction apparaisse sur les téléviseurs d’autres marques dans un futur proche.
Faute de pouvoir accéder à ce mode calibré, les cinéphiles pourront se rabattre sur un réglage tout aussi simple, mais qui ne fera qu’atténuer les effets visuels gênants : ils passeront leur télévision en mode cinéma.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-651865,1-0,0-12"> ¤ La plate-forme américaine de voitures avec chauffeur abandonne ce projet lancé il y a deux ans. Uber souhaite se consacrer aux seules voitures autonomes.
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<filname="SURF-0,2-651865,1-0,0-13"> ¤ Jack Ma, fondateur d’Alibaba, a adopté une stratégie gagnante pour faire de son site le leader mondial d’Internet, affirme le consultant Bertrand Jouvenot, dans une tribune au « Monde ».
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Comment Alibaba va tuer Amazon

Jack Ma, fondateur d’Alibaba, a adopté une stratégie gagnante pour faire de son site le leader mondial d’Internet, affirme le consultant Bertrand Jouvenot, dans une tribune au « Monde ».



LE MONDE
 |    10.07.2018 à 15h00
    |

Bertrand Jouvenot (Consultant, spécialiste de l’e-commerce)







                        



                                


                            

Tribune. Grâce à une stratégie en apparence suicidaire, Alibaba a produit en une seule année plus de profits qu’Amazon dans toute son histoire. En voyant à plus long terme, le géant de l’Internet chinois a évité de tomber dans le même piège qu’Amazon face à Google, un piège qui coûtera peut-être à la société de Jeff Bezos la victoire finale. Mais l’on ne va pas apprendre au fondateur d’Alibaba, Jack Ma, qui est Sun Tzu. Non seulement le patron du géant de l’e-commerce chinois a lu L’Art de la guerre, le premier traité de stratégie connu, mais il le met aussi brillamment en pratique.
Comme presque toutes les start-up à leurs débuts, Alibaba a cherché à développer du trafic sur son site, espérant ensuite convertir ses visiteurs en clients. La stratégie aurait été de tout faire pour être le mieux référencé possible, afin de figurer en tête dans les résultats de recherche de Baidu, le plus gros des moteurs de recherche chinois.

Mais à la surprise générale, Jack Ma et ses équipes ont pris une décision contre-intuitive : bloquer Baidu et l’empêcher de référencer les pages du site Alibaba. Une décision qui apparaissait comme folle, puisqu’elle coupait Alibaba d’un gigantesque vivier de clients potentiels.
En fait, Alibaba a su voir à long terme. Loin de penser qu’il gagnerait de l’argent uniquement en vendant des produits sur un site d’e-commerce, son fondateur a très tôt compris qu’il pourrait monétiser le trafic de son site. En bloquant Baidu, Alibaba a en réalité créé les conditions pour que les marques désireuses de toucher des clients prêts à acheter en ligne insèrent leurs publicités chez Alibaba, là où les clients se trouvent.
S’il avait laissé Baidu référencer ses pages, Jack Ma aurait laissé Baidu faire ce que Google fait aujourd’hui à Amazon : capter les clients d’Amazon pour mieux vendre de la publicité aux marques. Aujourd’hui, celles-ci passent essentiellement par Google pour toucher les clients...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-651865,1-0,0-14"> ¤ Le deuxième acteur du commerce en ligne en Chine après Alibaba multiplie les rencontres avec des industriels, des groupements, et des distributeurs.
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JD.com en quête d’alliances dans l’alimentaire en France

Le deuxième acteur du commerce en ligne en Chine après Alibaba multiplie les rencontres avec des industriels, des groupements, et des distributeurs.



Le Monde
 |    09.07.2018 à 13h00
    |

            Cécile Prudhomme








                        



                                


                            

Les alliances entre les géants de l’Internet et les distributeurs français ont donné des ailes aux spécialistes chinois du e-commerce. En particulier à JD.com, le deuxième acteur du commerce en ligne en Chine après Alibaba. Début septembre, ses spécialistes des achats agroalimentaires ont prévu de faire le déplacement jusqu’à Paris pour rencontrer producteurs et distributeurs français dans le secteur de l’alimentaire en France.
Le géant chinois, qui a enregistré un chiffre d’affaires de 55,7 milliards de dollars en 2017 (47,3 milliards d’euros) – en hausse de 40,3 % par rapport à l’année précédente –, ne cache plus son ambition de vendre des produits issus de nos terroirs à ses 301,8 millions de clients, essentiellement chinois. Ceux-ci apprécient déjà énormément les produits français en vente sur JD.com, allant de la cosmétique au luxe en passant par le textile. En tout, près de 400 marques françaises sont déjà présentes sur le site de commerce en ligne.
Mais vendre de l’alimentation d’origine française est une autre affaire, car les denrées sont souvent périssables et ne peuvent indéfiniment attendre dans un de ses 500 entrepôts chinois ou dans un conteneur sous douanes. Il faut sécuriser la chaîne d’approvisionnement de manière à pouvoir livrer rapidement et en grosses quantités, notamment lors des opérations promotionnelles. D’où l’idée de JD.com de nouer des accords avec des partenaires français, à l’instar de celui que le groupe vient de signer avec Unima, le premier producteur de crevettes d’élevage à Madagascar.

Innovations technologiques
Lors d’un événement promotionnel pour leur anniversaire, du 1er au 18 juin, JD.com a réalisé 24,7 milliards de dollars de ventes. L’équivalent, en une seule opération commerciale, d’un tiers de l’ensemble du marché du e-commerce en France sur un an. Parmi ses meilleures ventes de produits frais importés figurent des crevettes thaïlandaises, des homards canadiens...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-651865,1-0,0-15"> ¤ La consommation d’habillement et de chaussures est faible. Les enseignes, à la peine, doivent écouler des stocks importants.
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Article sélectionné dans La Matinale du 26/06/2018
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Les soldes d’été débutent dans un climat morose

La consommation d’habillement et de chaussures est faible. Les enseignes, à la peine, doivent écouler des stocks importants.



Le Monde
 |    27.06.2018 à 06h00
 • Mis à jour le
27.06.2018 à 06h40
    |

                            Juliette Garnier








                        


Les SMS pleuvent. Depuis plusieurs semaines, en amont du coup d’envoi des soldes d’été 2018, ce mercredi 27 juin, les consommateurs ont reçu moult messages pour bénéficier « avant tout le monde » de remises « exceptionnelles » en magasin lors de « ventes privées », de « journées privilège » ou de « jours de fête ». Les distributeurs de mode et d’ameublement ont multiplié ces opérations promotionnelles à – 40 % ou – 50 % pour préempter les achats réalisés d’habitude lors des soldes d’été. Il le fallait pour écouler au plus vite des stocks de vêtements très importants.
« Le marché de la mode a replongé dans la crise », analyse Gildas Minvielle, directeur de l’Observatoire économique de l’Institut français de la mode (IFM). L’année 2017 avait laissé l’espoir d’une « rémission », les ventes d’habillement et d’articles textiles pour la maison ayant enregistré une augmentation de l’activité de 0,8 %. « Pour la première fois depuis dix ans, le marché était en progression », rappelle M. Minvielle. Tous les commerçants de mode espéraient renouer, enfin, en 2018, avec la croissance. Il n’en a rien été.

   


Depuis janvier, la consommation est en recul. A fin mai, l’indice de l’IFM devrait s’établir à – 3,6 % en valeur, sur les cinq premiers mois de l’année, selon des estimations provisoires. Malgré la mode des sneakers et baskets, les ventes de chaussures sont à la peine. Le chiffre d’affaires des chaînes implantées en centre-ville a reculé de 4,17 % entre janvier et mai, selon la Fédération des enseignes de la chaussure. Dans son ensemble, le commerce spécialisé souffre, reconnaît Emmanuel Le Roch, délégué général de Procos, la fédération professionnelle pour la promotion du commerce spécialisé. En mai, l’indice établi à partir des données des membres de cet organisme est en recul de 4,8 % par rapport à mai 2017 et de 2,2 % depuis janvier, toujours selon Procos.
Montée en puissance du e-commerce
Partout en France, la consommation d’habillement et de chaussures est faible. A en croire plusieurs spécialistes, les difficultés du secteur seraient plus prononcées encore dans les magasins en province qu’à Paris et en Ile-de-France. « Il y a une grande disparité », confirme M. Minvielle. Les pôles commerciaux des villes de taille moyenne seraient davantage « concurrencés » par la montée en puissance du e-commerce que les grands centres commerciaux régionaux et les rues commerçantes des grandes villes, selon le délégué général de Procos.

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A Paris, boulevard Haussmann, la clientèle de touristes étrangers est bel et bien de retour. Elle permet au Printemps d’afficher une croissance d’activité à « un chiffre », admet Pierre Pellarey, directeur du grand magasin parisien. Mais, en province, les clients se font plus rares. L’écart de croissance constaté dans les autres magasins Printemps serait de « 1 à 2 points » par rapport à celui du boulevard Haussmann. Cette disparité se ressent aussi dans les centres commerciaux. Les plus grands résistent. Les équipements de centre-ville peinent davantage, admet Gontran Thüring, délégué général du Conseil national des centres commerciaux (CNCC). Pour tous, l’activité est « erratique » depuis le début de l’année 2018. Le CNCC estime le recul d’activité à 0,4 % sur le premier trimestre 2018, soit – 1,3 % sur douze mois à fin mars.
Les dossiers de magasins de mode à céder s’accumulent
Ce marasme porte à conséquences. En ville et dans les centres commerciaux, les surfaces commerciales vacantes sont plus nombreuses, déplore Procos. Les dossiers de magasins de mode à céder s’accumulent, reconnaît le dirigeant d’une enseigne. Et, à l’instar de Carrefour qui va fermer 243 magasins en France, faute d’avoir trouvé preneur pour les ex-Dia, plusieurs enseignes peinent à céder leurs magasins déficitaires. Placée en redressement judiciaire en février, Chaussexpo, enseigne de 200 magasins de chaussures détenue par la famille Desmazières, cherche toujours un repreneur.

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Les bailleurs sont aussi confrontés à la défaillance de plusieurs enseignes spécialisées, dont Toys R Us, enseigne américaine qui exploite 53 magasins en France, et La Grande Récré qui va fermer 62 de ses 166 magasins. A tel point que Procos incite les bailleurs à une plus grande vigilance. « Il faut réadapter les charges des enseignes à l’évolution du chiffre d’affaires », estime M. Le Roch. A défaut, les fermetures de magasins pourraient se multiplier.
Toutefois, plusieurs enseignes d’entrée de gamme tirent leur épingle du jeu. A Paris, H&M rencontre un vif succès depuis la réouverture, le 20 juin, de son magasin de la rue Lafayette. Dans ses treize unités implantées en France, son concurrent Primark, spécialiste de la mode à bas prix, attire toujours les foules.
Et les enseignes de solderie s’imposent sur le marché de la mode comme elles ont réussi sur ceux des shampooings, lessives et accessoires pour la maison, analyse Kantarworldpanel. Près de 40 % des Français fréquentent désormais ces réseaux qui pratiquent des prix bas toute l’année. Parmi eux figurent Action, Noz, Babou ou Stokomani. Signe des temps : cette dernière s’apprête à reprendre sept magasins C & A que l’enseigne néerlandaise a annoncé en février vouloir fermer en France. Ce spécialiste du déstockage reprendra aussi cinq magasins de l’enseigne d’ameublement Fly qui ferme 23 de ses magasins. Tous sont situés dans des villes de taille moyenne comme Colmar, Perpignan et Evreux.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-651865,1-0,0-16"> ¤ Werner Vogels, vice-président du géant du Net, revient sur les ambitions du groupe dans les enceintes connectées.
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Amazon : «  Avec Alexa, nous allons créer une interface pensée pour l’individu  »

Werner Vogels, vice-président du géant du Net, revient sur les ambitions du groupe dans les enceintes connectées.



Le Monde
 |    20.06.2018 à 10h53
 • Mis à jour le
20.06.2018 à 11h02
    |

            Vincent Fagot








                        



                                


                            

Lancées fin 2014 aux Etats-Unis, les enceintes intelligentes Echo d’Amazon se sont déjà écoulées à 31 millions d’unités aux Etats-Unis, selon une estimation de Consumer Intelligence Research Partners. Commandées par la voix, elles permettent d’accéder à quantité de services : écouter de la musique, commander une pizza, faire une recherche sur Internet… Alors qu’elles viennent tout juste d’être commercialisées en France, le vice-président de la compagnie, Werner Vogels explique comment Amazon veut révolutionner l’accès au monde du numérique.
Comment expliquez-vous le succès de ce produit ?
Le vrai succès, ce n’est pas tant celui d’Echo que celui d’Alexa, l’intelligence artificielle qui lui permet d’être commandée par la voix. Jusque-là, toutes les interfaces avec nos outils numériques – les ordinateurs, les smartphones, etc. – étaient dictées par les contraintes de la machine, avec un écran, un clavier, une souris pour les ordinateurs. Or la voix est une manière beaucoup plus naturelle d’interagir avec la machine. Ce que nous faisons avec Alexa et Echo, c’est créer une interface pensée pour l’individu.
Il y a plein de gens qui sont exclus de la révolution numérique, des vieux, des jeunes, des personnes qui ne savent parfois ni lire ni écrire… Avec Alexa, c’est beaucoup plus facile pour eux d’accéder à l’univers du numérique.

Récemment, un Amazon Echo a enregistré la discussion d’un de ses utilisateurs à son insu et l’a envoyée à un de ses contacts. Comprenez-vous les craintes de certains consommateurs ?
Pour une raison inconnue, il semble que l’enceinte a été activée et la conversation enregistrée. On a pourtant mis toute une série de garde-fous pour que cela ne puisse pas arriver : l’enceinte ne se met en route que quand vous dites « Alexa », il y a une lumière bleue qui signale qu’elle enregistre, et puis il y a un bouton pour désactiver manuellement l’enceinte. Ceci étant dit, il...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-651865,1-0,0-17"> ¤ Le coûteux haut-parleur d’Apple, doté de l’assistant personnel Siri, mise beaucoup sur la qualité sonore. Que vaut-il face à ses concurrents siglés Amazon et Google ?
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Article sélectionné dans La Matinale du 17/06/2018
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On a testé… la HomePod, l’enceinte connectée d’Apple

Le coûteux haut-parleur d’Apple, doté de l’assistant personnel Siri, mise beaucoup sur la qualité sonore. Que vaut-il face à ses concurrents siglés Amazon et Google ?



Le Monde
 |    18.06.2018 à 06h44
 • Mis à jour le
18.06.2018 à 08h53
    |

                            Nicolas Six








                        


Lundi 18 juin, cinq jours après Amazon, Apple commercialise en France son enceinte connectée baptisée « HomePod ». Le fabricant californien a imaginé une technologie sonore destinée à améliorer la clarté musicale de son enceinte. Cette innovation justifie-t-elle le tarif, élevé, de la HomePod (350 euros), quand ses concurrentes siglées Google et Amazon coûtent deux à trois fois moins cher ?

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                Enceintes connectées : faut-il les adopter ?



Remarquable équilibre sonore
Le son de la HomePod a deux qualités que l’on rencontre rarement à ce niveau de prix. Ses basses sont riches, agiles et détaillées, et sa clarté sonore est remarquable : on entend vraiment bien les instruments. La HomePod figure parmi les enceintes connectées les plus audiophiles, elle domine très largement les enceintes de Google et Amazon, et son volume sonore est suffisant pour animer une petite fête.

   


Mieux encore, sa constance sonore est sans précédent. Peu importe où on la pose, le son de la HomePod reste correct. Elle parvient même à sonner agréablement dans une toute petite salle de bains carrelée, ce dont une enceinte est en principe incapable sans recourir à des réglages experts. Cette qualité lui vient d’un principe révolutionnaire, une forme de calibration avancée : la HomePod écoute le son qu’elle diffuse pour diagnostiquer ses déséquilibres, et les corrige grâce à un ensemble de filtres sonores sophistiqués.
Simple et efficace
Cette calibration de la HomePod est bien plus efficace que celle de la Google Home Max, une enceinte haut de gamme qui n’est pas commercialisée en France. Elle est beaucoup plus simple que la calibration des enceintes Sonos, qui impose de tourner autour de l’objet pendant deux minutes en agitant un smartphone en l’air pour tester l’acoustique de la pièce. Sur la HomePod, tout est automatique : lorsqu’on déplace l’enceinte, elle remarque qu’on la repose grâce à un détecteur de mouvement, et quinze secondes plus tard, on entend distinctement le son se corriger.

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Raffinement supplémentaire : quand la HomePod est proche d’un mur, elle dirige vers ce mur un flux sonore filtré qui s’y reflète, pour améliorer la précision et l’ampleur sonore. Paradoxalement, la HomePod sonne mieux à 10 centimètres d’un mur qu’à un mètre. Une bonne nouvelle car cette position rapprochée, courante et fort pratique, est habituellement déconseillée.
Un son un peu froid
La quête de la qualité sonore est-elle nécessairement une recherche d’équilibre sonore ? Pas forcément : c’est aussi une affaire de goûts. En misant tout sur la neutralité, la HomePod ne convaincra pas tous ses utilisateurs. Ses basses paraîtront timides aux amoureux de très gros son. D’autres enceintes sonnent plus chaleureusement, comme la Sonos One (200 euros), elle aussi dotée d’un système de calibration, et équipée de l’assistant Alexa d’Amazon, mais la précision sonore est nettement inférieure. Tous les auditeurs n’apprécieront pas non plus les aigus très présents de la HomePod, qui peuvent fatiguer les oreilles au bout de quelques dizaines de minutes. Beaucoup d’enceintes connectées diffusent un son plus confortable.
Par curiosité, nous avons associé deux HomePod en stéréo, le son gagne alors en amplitude et en fidélité. Comparé à une chaîne hi-fi audiophile facturée deux fois plus cher, le miracle n’a pas lieu. La HomePod sonne plus plat, moins naturel, les instruments sont moins palpables. Mais au détour de certaines chansons, la voix d’un chanteur peut paraître beaucoup plus claire. La calibration automatique d’Apple impressionne.



Un assistant vocal passable
La HomePod ne sert pas uniquement à diffuser de la musique : elle embarque un assistant vocal qu’on interpelle en prononçant « dis, Siri », capable de diffuser un bulletin météo à la demande, de programmer un timer, etc.
La version française de Siri comprend le français aussi bien que ses concurrentes Google Home et Amazon Echo. Mais ses réponses sont tout aussi décevantes, quand on l’interroge sur des points précis de culture générale : elle donne rarement une réponse impeccable du premier coup.
Contrairement aux deux autres, elle se déclare toutefois incompétente presque une fois sur deux, notamment lorsqu’on lui demande une recette, ou qu’on cherche à lire son agenda, ce qui se révèle finalement plutôt reposant. En essayant de répondre systématiquement, les enceintes d’Amazon et Alexa donnent rarement une réponse convaincante aux mêmes questions.
Certaines fonctions manquent toutefois à la HomePod, comme la traduction entre le français et l’anglais, pas encore disponible en France, ou la domotique, bridée par le faible nombre d’appareils connectés compatibles. Toutefois, même si les enceintes de Google et Amazon sont compatibles avec cinq fois plus d’appareils, leur paramétrage est loin d’être simple.
Les fonctions essentielles des enceintes connectées – celles qui fonctionnent vraiment bien chez Google et Amazon comme la météo ou la musique – sont tout aussi efficaces sur la HomePod. En outre, l’enceinte d’Apple est plus facile à régler que ses concurrentes : quand on la sort du carton, il suffit d’approcher un iPhone ou un iPad à moins de 20 centimètres, puis de suivre les instructions, courtes et illustrées, pour la démarrer.
Prisonnière de l’univers Apple
La HomePod ne peut pas être pilotée avec un smartphone Android. Elle doit être associée à un iPad ou un iPhone sortis après septembre 2013. Siri, son assistant vocal, est incapable de piloter les bibliothèques musicales populaires Deezer et Spotify. Pour lire leurs titres, on doit d’abord ouvrir un iPhone ou un iPad, accéder à l’application musique, lancer une chanson, cliquer sur un bouton, et sélectionner la HomePod. Laborieux. Pour lancer des titres à la voix, il faut s’offrir l’abonnement Apple Music, concurrent de Deezer et Spotify.

   


Prudente avec les données personnelles
La HomePod met-elle en danger votre vie privée ? Quand un appareil relié à Internet est doté de six micros, il est impossible d’exclure catégoriquement tout risque de piratage. En outre, l’enceinte d’Apple fait remonter les demandes de son propriétaire vers les bases de données d’Apple. Mais contrairement à Google et Amazon, qui conservent la longue liste de vos requêtes vocales sans limite de temps, reliées à votre compte personnel, Apple assure faire beaucoup d’efforts pour anonymiser ces informations avant même qu’elles n’arrivent dans ses fermes d’ordinateurs. Ces requêtes ne servent donc pas à distribuer des publicités ciblées.
La HomePod permet d’écouter les textos reçus par l’iPhone, et même d’en envoyer. Si vous craignez que vos enfants, ou que des visiteurs utilisent cette fonction de façon indélicate, pensez à la désactiver. La manœuvre est hélas un peu compliquée.
Conclusion
Avec la HomePod, les ingénieurs d’Apple donnent une magistrale leçon de clarté sonore : dans les pièces à l’acoustique difficile, l’enceinte fait des miracles. En France, son assistant personnel Siri est presque aussi compétent que ceux de Google ou d’Amazon, et le système protège mieux les données personnelles de ses clients. Cependant, Siri peut se révéler frustrant, tant il répond rarement de façon sagace, tout comme ses concurrents.
La HomePod est plutôt pour vous si :
vous ne jurez que par Apple ;pour vous, le rendu sonore gagne à s’approcher du choix des artistes ;vous comptez placer votre enceinte à quelques centimètres d’un mur. Plus encore si la pièce est petite ou son acoustique difficile.
La HomePod n’est plutôt pas pour vous si :
vous êtes adepte des enceintes au rendu doux ou aux basses dantesques ;vous êtes impatient de dialoguer avec un programme d’intelligence artificielle, mais qu’elle soit prévenue : vous n’avez aucune tolérance pour la médiocrité ;en matière d’informations personnelles, vous pratiquez le risque zéro.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-651865,1-0,0-18"> ¤ Nos envoyés spéciaux à Los Angeles William Audureau et Corentin Lamy répondent à vos questions sur le salon du jeu vidéo, qui s’est terminé dans la nuit du 14 au 15 juin.
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Jeux vidéo : « L’E3 est en train de devenir une sorte de Japan Expo américaine »

Nos envoyés spéciaux à Los Angeles William Audureau et Corentin Lamy répondent à vos questions sur le salon du jeu vidéo, qui s’est terminé dans la nuit du 14 au 15 juin.



Le Monde
 |    16.06.2018 à 01h26
    |

            William Audureau (envoyé spécial) et 
Corentin Lamy (envoyé spécial)








                        



   


Certains parlaient d’un E3 noyé sous les Battle royale, était-ce le cas ? (JeSuisNielsAran)
Eh bien non ! On s’attendait à plein de modes multijoueurs à 100 en même temps, à la Fortnite, et on a surtout eu une avalanche de jeux de rôle en ligne coopératifs comme Anthem et Fallout76. Plus que Fortnite, les jeux dont on a senti l’influence, ce sont surtout The Witcher 3 et Destiny.
Est-ce que l’on apprend encore vraiment des choses à l’E3, des vraies exclues, ou tout est « leaké » avant ? (Etienne)
L’intérêt de cette édition a en effet été altéré par une fuite venue de la grande distribution. Assassin’s Creed Odyssey aurait pu faire sensation si l’effet de surprise avait été protégé, par exemple, et l’absence de Splinter Cell a étonné et déçu. Néanmoins, on a quand même eu l’annonce de Halo Infinite, The Elder Scrolls VI, Devil May Cry 5 ou encore Starfield.
Hormis les suites de franchises déjà bien installées, c’est quoi la meilleure nouveauté dans les jeux annoncés ? (Loris)
Question pas évidente, parce que des nouveautés, il n’y en a pas eu beaucoup. On n’a rien vu par exemple de Jedi : The Fallen Order, même pas le moindre logo, et à peine plus de Starfield, le prochain jeu de Bethesda Game Studios (Fallout 4). En dehors de jeux plus mineurs ou en réalité virtuelle (Trover Saves the World), il n’y a, à vrai dire, guère que deux qui nous viennent à l’esprit : Control, le nouveau jeu des créateurs de Max Payne, qui a l’air tout à fait sympathique, et surtout Sekiro : Shadows Die Twice, le prochain jeu de From Software (Dark Souls).

Le format de l’E3 est-il toujours optimal ? (Rachid)
Cela dépend pour qui ! Pour le public américain, maintenant que ses portes sont ouvertes, il l’est de plus en plus. Pour le spectacle, c’est moins sûr. On sent clairement que l’E3 est un rendez-vous annuel qui reste important, mais que les constructeurs ne le privilégient plus forcément pour leurs plus grosses annonces, comme les consoles.
J’ai l’impression que cette année, beaucoup annoncent la fin de l’E3 sous cette forme. Du coup, est-ce que vous avez senti un E3 moins clinquant ? Est-ce que ça reste la grande messe du jeu vidéo ? (dnizard)
Chez les Français présents, il y avait une impression partagée : que l’E3 est en train de devenir une sorte de Japan Expo américaine, un événement populaire de plus en plus tourné vers le grand public et les sorties à court terme. Il ne serait pas étonnant que le salon accueille encore plus de monde l’an prochain.
C’était pas mieux de rester chez soi devant Twitch ? (Révoltes perlées)
Pour manger autre chose que des burritos et des burgers, certainement ! Sur la première phase de l’E3, celle des conférences, on ne rate pas grand chose à rester chez soi. C’est sur la seconde phase, celle du salon lui-même, que l’on en apprend en revanche plus sur les projets et que l’on joue aux jeux. Voir Beyond Good & Evil 2 tourner de près permet de mesurer par exemple à quel point il est encore très loin de sortir. Par ailleurs, le très astucieux remake de Resident Evil 2 a été un de nos coups de cœur de la semaine, ce qui n’aurait pas été le cas sans y jouer.

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          Jeu vidéo : on a enfin vu « Beyond Good and Evil 2 » en action



Est-ce que Nintendo ne se moquerait pas un peu des joueurs avec leur « Nintendo direct » consacrant près de 30 minutes à un seul jeu ? (Tanguy)
Les 27 minutes sur 45 consacrés par Nintendo à Super Smash Bros. Ultimate ont pas mal fait jaser. C’est dans la continuité du traitement réservé à The Legend of Zelda : Breath of the Wild et Super Mario Odyssey aux deux E3 précédents, et cohérent avec l’abondance de contenu sur lequel voulait communiquer le constructeur. Mais c’est vrai que sur une série à l’audience communautaire plus que grand public, c’était prendre le risque de perdre des spectateurs en route. Dont acte : les audiences sur YouTube ont été plus faibles que les années précédentes pour le constructeur japonais.

Devolver ont-ils vraiment tenu une conférence cette année où c’était un mirage ? (J’ai tout vu tout lu, personne n’en parle) (Celicious)
Devolver, éditeur un peu “punk” spécialisé dans le jeu indépendant, avait déjà diffusé l’an dernier une conférence parodique et très gore. De retour cette année le temps d’une fausse conférence pré-enregistrée, l’éditeur a cette fois fait alterner sketchs (l’annonce d’une nouvelle crypto-monnaie, la lootboxcoin) et véritables bandes-annonces, comme celles de My Friend Pedro ou du remake du jeu de From Software Metal Wolf Chaos, présentés en marge du salon.

Quelle place faite à l’accessibilité des joueurs en situation de handicap dans les jeux présentés ? (Yvan)
Ce n’est pas un point sur lequel les éditeurs communiquent beaucoup lors de l’E3, en général. Toutefois cette année, Microsoft s’est au contraire montré volontaire en montrant sa manette adaptative, annoncée au mois de mai.

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          Handicap : le JV, une échappatoire encore difficile d’accès



C’est quoi votre jeu coup de cœur à vous deux celui qui vous a fait dire « celui là c’est day One » ? (Maître chèvre)
Le jeu de rôle Cyberpunk, qui a vraiment fait l’unanimité, et le jeu de plateforme néorétro, The Messenger, bourré d’idées et de surprises.


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                Le top 10 des meilleurs jeux vidéo auxquels Pixels a pu jouer à l’E3, le salon de Los Angeles



Quel est le jeu dont personne ne parle ? (Birtack)
De tous les jeux relativement obscurs auxquels nous avons pu jouer, notre préféré est sans doute Outer Wilds. Après avoir reçu le prix du meilleur jeu étudiant à l’Independent Games Festival de 2014, il avait un peu disparu de la circulation, avant qu’on ne le retombe dessus par hasard, au détour d’un stand Microsoft. Il s’agit toujours d’un jeu d’aventure à l’échelle d’un système solaire, dans lequel chaque planète est faite main, répondant à sa propre logique et à ses propres lois physiques.
Le plus gros nouveau potentiel d’esport ? (Maxime T)
Sans trop d’hésitation, Super Smash Bros. Ultimate, qui semble taillé pour, et FIFA 19, qui a déjà un circuit rôdé et corrige les erreurs du passé. Chez Pixels, on dirait pas non à une ligue mondiale de Trove : Bomber Mode.
Le pire jeu testé ? (Ludo)
The Sinking City. Non pas que ce jeu d’enquête dans une cité semi-inondée soit mauvais, on a même très, très envie de l’aimer avec son univers lovecraftien noir et lugubre à souhait. Mais la version montrée était vraiment bourrée de bugs, au point qu’on s’est plusieurs fois retrouvés de l’autre côté du décor. Il lui reste encore neuf mois de développement.

Finalement, dans quelques mois/années, que va-t-on retenir de cette édition ? (Fabien)
Il est probable qu’il faille, pour pouvoir répondre à cette question, attendre quelques mois ou années. Il semble néanmoins à peu près certain que la première démonstration de Cyberpunk 2077 fera date. Jamais vu jusqu’ici, le jeu donne clairement l’impression d’entrapercevoir le futur du jeu vidéo à gros budget, plus dense, plus grand, plus immersif. Mais paradoxalement, ce sont sans doute les annonces des prochains mois que les joueurs retiendront : la démo vue par les journalistes cette semaine à Los Angeles sera en effet sans doute rendue publique en août à la Gamescom de Cologne.

   


Est-ce que vous avez senti les éditeurs hésitants sur leurs superproductions, entre occuper la fin de la génération et préparer techniquement la prochaine ? (Catel)
Les deux ne sont pas incompatibles, en fait. A la manière de ce que l’on a vu avec GTA V, Tomb Raider et The Last of Us, qui sont sortis à cheval sur deux générations de consoles coup sur coup, il est probable que l’on voit de plus en plus de titres en faire de même. La logique est commerciale : cela permet de viser un parc installé de consoles plus large. Néanmoins, il semble clair que certains titres comme The Elder Scrolls VI ou Halo Infinite ont déjà la génération suivante en tête.
Est-ce que tous les jeux présentés tourneront à terme sur la génération de consoles actuelles ? (je pense notamment à BG & E2 et Cyberpunk 2077) (Qoach)
On a beaucoup de mal à y croire, d’autant que la Xbox One et la PlayStation 4 semblent désormais approcher de la fin de leur cycle. Or Beyond Good & Evil 2 n’a pas encore de date de sortie et ses développeurs n’en font pas mystère : il leur reste encore beaucoup de travail. Les développeurs de Cyberpunk 2077 en revanche l’assurent : leur jeu sortira bien sur la génération actuelle de consoles. Mais peut-on imaginer qu’une version plus à pointe sortira également, et peut-être simultanément, sur la génération suivante ? On peut.
C’est quoi le côté caché de l’E3 qu’on ne voit pas tant que l’on est pas sur place ? (Mylène)
Question amusante et pas évidente, car ce sont surtout beaucoup de petits détails ! Comme les conversations surréalistes et récurrentes sur le moëlleux de la moquette des stands (véridique). Ou les sprints toutes les demi-heures pour aller à son prochain rendez-vous, qui suivant la célèbre loi de la tartine beurrée, se trouve forcément dans l’autre hall à l’autre bout du salon, voire en dehors, dans un hôtel ou sur un parking.

Salut à tous, à 16h sur ma chaine Kalipso53, on va tester la moquette de L'E3 avec  Amixem , on va bien se marrer ;) https://t.co/TMbTzvikwv— MrKalipso53500 (@Thibault - Kalipso53)


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Où trouver les meilleures saucisses ? (Kikujiro)
Justement le parking en face du salon : Devolver y organise chaque année son événement hors les murs, avec un fast truck très stratégique pour appâter les journalistes courant de rendez-vous en rendez-vous sans manger. Sinon, sur le salon lui-même, depuis qu’il est ouvert au public, les grillades et buritos en tout genre se sont multipliés, même si on préfère les sandwichs aux boulettes de viande du Convention Center.
C’était quelle boisson, cet E3 ? (ViewtifulJax)
Un trou normand. Ce petit verre de calvados très stratégique pour aider les convives à finir de digérer tranquillement tous les jeux récents qu’ils ont dans leur pile, et commencer à se préparer psychologiquement au plat de résistance, prévu pour l’année prochaine : les premières informations sur la génération de consoles qui se prépare.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-651865,1-0,0-19"> ¤ Mylène Lourdel, consultante en communication dans l’industrie du jeu vidéo, décortique les conférences et les annonces du salon de Los Angeles.
<filname="PROF-0,2-651865,1-0,0-19"> ¤                     
                                                

E3 : « Parler d’un jeu vidéo trop en avance a peu d’utilité »

Mylène Lourdel, consultante en communication dans l’industrie du jeu vidéo, décortique les conférences et les annonces du salon de Los Angeles.



Le Monde
 |    15.06.2018 à 07h30
    |

            William Audureau (envoyé spécial à Los Angeles)








                        



   


Mylène Lourdel, ancienne responsable produit pour la plateforme de distribution de jeux GOG, et consultante en communication et marketing du jeu vidéo, livre son regard sur l’édition 2018 de l’Electronic Entertainment Exposition (E3). 
Le salon mondial du jeu vidéo, qui s’est déroulé du mardi 12 au jeudi 14 juin à Los Angeles, a notamment été marqué par l’annonce du développement de nouvelles consoles Xbox, les bandes-annonces des très attendus Cyberpunk 2077, The Elder Scrolls VI et The Last of Us Part II. Mais aussi par de nombreuses révélations gâchées par leur annonce involontaire sur le site d’un distributeur américain, Walmart.
Le Monde : Selon vous, quelle entreprise a réussi la meilleure conférence ?
Mylène Lourdel : Si je devais en choisir une ce serait Microsoft. Ils ont pris en compte ce que leur reprochent les joueurs, à savoir le manque de jeux, et ils ont fait une conférence pour essayer de faire changer leur perception, en annonçant par exemple le nombre de jeux et d’exclusivités [présentées à cette édition sur Xbox One].

   


En plus, l’organisation de la conférence, où beaucoup de bandes-annonces se sont succédé, a permis d’accentuer l’impression que, oui, il y a plein de jeux à venir sur Xbox One et que, non, le « line-up » [l’offre de jeux] n’est pas faible. C’est pour moi l’exemple d’une conférence très réussie, car elle a été construite en fonction de l’attente et des reproches du public. J’accorderais aussi une mention spéciale pour Devolver, qui a encore une fois fait preuve d’un humour cynique permettant de dénoncer certains travers de l’industrie.

        Lire notre analyse :
         

          E3 : entre Xbox et PlayStation, partie d’échecs



On a vu aussi bien Bethesda annoncer pour la première fois des jeux prévus pour le long terme et Nintendo ne plus parler de jeux dont la sortie est calée à plus de neuf mois. Comment expliquer deux stratégies aussi différentes ?
Il s’agit simplement de stratégie globale de studio. Savoir pourquoi ils ont fait ce choix reste compliqué à analyser lorsque l’on n’a pas toutes les données. Bethesda arrive certes avec des annonces de long terme, mais aussi avec un gros morceau, Fallout 76, prévu pour le court terme, à savoir la fin de l’année. Et ce jeu est suffisamment fort pour capter l’attention et donc pour occuper les joueurs en attendant plus d’infos sur les autres licences plus lointaines.
En termes de communication, c’est l’annonce de The Elder Scrolls VI qui est le plus intéressant sur la conférence Bethesda. Pourquoi annoncer un jeu sans avoir ni de titre, ni d’image, ni de date ? Avaient-ils peur que le line-up soit trop faible s’ils n’annonçaient pas un The Elder Scrolls VI ? C’est ce que cela pourrait laisser penser.

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Concernant Nintendo, j’aurais tendance à penser qu’ils sont toujours un peu traumatisés par la Wii U [la précédente console de la marque, qui fut un échec commercial]. Parler donc uniquement des sorties proches sur la Switch lors de cet E3 permet de montrer au grand public qu’il y a toujours des jeux à venir et qu’elle ne va pas prendre la poussière.

   


Ils ont pourtant, par le passé, tout de même évoqué les grosses licences que les joueurs attendent, afin de faire monter la hype. Mais il y a moins d’urgence pour en parler de nouveau car, avec les Nintendo Direct [des vidéoconférences diffusées directement par Nintendo sur Internet], ils peuvent communiquer plus facilement que les autres éditeurs durant les prochains mois. Et même hors E3, une vidéoconférence en ligne de type Nintendo Direct qui parlerait du nouveau Metroid sera forcément suivie et relayée par la presse.
Y a-t-il une de ces stratégies qui est meilleure du point de vue des consommateurs ?
Les deux ont des points forts et des points faibles. Parler d’un jeu en avance fait monter la hype. Mais en parler trop en avance, cela n’a d’utilité que pour les joueurs vraiment hardcore. Pour les autres, entre l’annonce et la sortie, il y aura eu tellement d’autres jeux qu’ils seront probablement passés à autre chose.
J’aurais tendance à dire qu’il faut un juste milieu et qu’il faut arrêter de vouloir communiquer sur un jeu trop de fois. Il faut donner des objectifs à long terme aux joueurs, leur donner envie impatiemment de jouer à certaines licences mais leur montrer qu’en attendant on a plein d’autres jeux cool à leur offrir. Et finalement, c’est ce que font ces deux studios, avec des temps de communication différents.
Et quelle est selon vous l’annonce la plus forte de cet E3, qui a le mieux réussi son coup ?
J’aurais tendance à dire Cyberpunk 2077. Déjà, l’annonce et le trailer n’ont pas fuité. Ensuite, même si on ne voit pas de gameplay, on en apprend plus sur l’univers, un gros point de la licence. Ensuite, la mise en scène était très chouette avec le pseudo hacking de la conférence. En enfin, il y avait tellement de choses à décrypter dans le trailer… Et d’ailleurs bravo aux joueurs.

   


Mais vu que je travaille toujours en free-lance pour GOG. com (site de distribution lié au studio de Cyberpunk 2077), je ne veux pas qu’on dise que je ne suis pas objective. Sinon, pour moi ce serait The Last of Us II. Je n’ai pas fait le premier volet, mais j’ai trouvé le trailer magnifique et l’effet « wahou » quand on réalise que les journalistes sont dans la même salle que celle que l’on voyait à l’écran était réussi.

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Le « leak » de Walmart, cette fuite qui a dévoilé en mai de très nombreux jeux alors tenus secrets, a-t-il altéré cette édition de l’E3 ?
Oui et non. Certes, une conférence avec des annonces de plusieurs titres permet d’en mettre plein les yeux sur le moment. Mais si les vidéos et le contenu sont décevants, ce n’est pas cette annonce qui mobilisera l’attention. Lire qu’il y a aura un nouvel Assassin Creed [information qui avait fuité sur Walmart] n’est rien, pour moi, à côté de la claque que c’est d’apprendre dans quel univers et à quelle époque il va se dérouler.

   


Ce qui est surtout dommageable dans un « leak » de cette ampleur, c’est de gâcher le travail de centaines de personnes qui peaufinent ces annonces depuis longtemps. Mais dans le jeu vidéo, on sait depuis bien longtemps que cela fait partie du jeu. Dans le sens où on sait que c’est un risque, que cela peut arriver et qu’il faudra faire avec.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-651865,1-0,0-20"> ¤ Contrairement à la musique et à la vidéo, le monde de la manette n’a pas encore cédé au streaming. Mais, pour Ubisoft, sa prochaine génération de machines sera la dernière.
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Article sélectionné dans La Matinale du 15/06/2018
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Vers un « game over » des consoles ?

Contrairement à la musique et à la vidéo, le monde de la manette n’a pas encore cédé au streaming. Mais, pour Ubisoft, sa prochaine génération de machines sera la dernière.



Le Monde
 |    14.06.2018 à 11h35
 • Mis à jour le
16.06.2018 à 06h44
    |

            William Audureau (envoyé spécial à Los Angeles)








                        



   


Et si le marché de la console de jeu vidéo, ce segment si central de l’industrie du jouet et du divertissement depuis trois décennies, venait à disparaître ? Yves Guillemot, le président d’Ubisoft, a pronostiqué leur mort à petit feu dans une déclaration très remarquée au magazine Variety, en amont de l’Electronic Entertainment Exposition (E3), le salon mondial du jeu vidéo qui se tient du mardi 12 au jeudi 14 juin à Los Angeles.
« Je pense que nous verrons une autre génération [de consoles], mais qu’il y a de bonnes chances que progressivement, nous voyions de moins en moins de matériel dédié. Avec le temps, je pense que le streaming deviendra plus accessible à de nombreux joueurs et rendra facultatif d’avoir du gros matériel chez soi. Il y aura encore une génération de consoles, et après ça, nous utiliserons le streaming, tous. »
L’idée est dans l’air du temps depuis plusieurs mois, voire années : après les lecteurs CD et les lecteurs Blu-Ray, de plus en plus relégués au placard face à l’essor des applications de streaming musical et vidéo comme Spotify ou Netflix, la console de jeu vidéo sera le prochain grand objet de consommation à rendre les armes devant la puissance de la dématérialisation et le passage de l’économie de la culture à un modèle de services, centré sur les abonnements plutôt que sur la vente de supports de stockage.

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Nouveaux services, nouveaux acteurs
De nombreux acteurs-phares du jeu vidéo s’y préparent déjà. A l’été 2017, Sony a inauguré le PS Now, un service de jeu en streaming par abonnement ; et Microsoft, le Xbox Pass, une offre de jeux en téléchargement illimité. Dans les deux cas, ces aperçus de l’avenir rendent pour la première fois accessible le catalogue de leurs consoles respectives aux utilisateurs d’un simple PC. Ce pourrait n’être que la première étape d’une révolution industrielle bouleversant aussi bien la taille du marché que l’identité des sociétés locomotives.
« Telle que je vois l’évolution de l’industrie du jeu vidéo, conquérir ce marché de 2 milliards de joueurs va être du ressort d’entreprises ayant une envergure mondiale, aussi bien en termes de calcul à distance, de communauté et de contenu, pronostique Phil Spencer, président de la division Xbox de Microsoft :
 « Le chinois Tencent a clairement la communauté et le contenu, et je sais qu’ils travaillent sur le cloud. Google a déjà des ressources importantes en calcul à distance, à défaut d’une communauté de joueurs ou de contenu. Amazon est un autre de ces concurrents. Ce sont ces entreprises qui feront le futur du jeu vidéo. » 
Un tableau dans lequel Sony aurait également sa carte à jouer, et où Nintendo fait souvent figure de trublion négligeable.
Une aubaine pour les éditeurs

   


Les producteurs de contenu comme le français Ubisoft voient cette perspective d’un très bon œil. « Le streaming a un potentiel important de “nouvelle démocratisation” du jeu vidéo, confirme Emmanuel Carré, porte-parole d’Ubisoft, et notre rôle est d’être là où les joueurs sont. » 
Un rôle, et un intérêt bien compris. « C’est très rémunérateur », décrypte Thomas Grellier, directeur associé et cofondateur de l’Ecole de management des industrices créatives (EMIC).
« Cela fait sauter plein de verrous liés à la distribution physique, comme les coûts de fabrication et de distribution. Et cela permet de réaliser le rêve des éditeurs, qui est de se passer du retail [les revendeurs], ce qui augmente immédiatement la marge de 30 à 40 %. » 
Certains éditeurs se rêvent même déjà en fournisseurs de services. A l’E3, l’américain Electronic Arts a annoncé que ses superproductions futures seraient désormais accessibles en avant-première aux abonnés de la nouvelle formule de son propre service, l’Origin Access Premium.
Une place pour les consoles premium
Cela suffira-t-il à faire du streaming le successeur définitif des bonnes vieilles consoles ? La partie ne sera pas si facile. Contrairement à la musique et à la vidéo, le jeu vidéo se déroule en temps réel, et exige par conséquent un flux Internet d’un débit et d’une stabilité bien plus élevés. « On est très tributaire du déploiement de la fibre », observe Hugues Ouvrard, directeur de Xbox France.
 « Or il n’y a pas que les pays occidentaux dans le monde. Il faut arriver à trouver un équilibre entre les marchés que l’on peut désormais viser sans qu’il y ait besoin de consoles, grâce à la fibre, et les autres. Peut-être s’oriente-t-on vers un modèle hybride. »
Les souhaits des industriels peuvent par ailleurs différer de ceux des consommateurs, a fortiori dans une industrie réputée pour le très haut niveau de confort visuel exigé par ces derniers. « Je vois pourquoi Yves Guillemot dit ça », sourit Phil Spencer, le président de la division jeu vidéo de Microsoft, lors d’un entretien avec plusieurs médias, dont Le Monde. « Je suis plus optimiste concernant le fait que les gens auront du matériel chez eux pour faire tourner les jeux vidéo pendant bien, bien des années encore. » 
Le développement d’une PlayStation 5 est un secret de polichinelle, même si Sony prend son temps. « Nous mettrons à profit les trois prochaines années pour préparer notre prochain coup », a évasivement prévenu John Kodera, président de la division PlayStation du géant de l’électronique japonais, lors d’une conférence avec les investisseurs en mai. A l’E3, Phil Spencer a officialisé que ses équipes travaillent sur la prochaine génération de consoles Xbox, sans envisager qu’elle soit forcément la dernière.
«  Ce que nous allons voir, ce sont des gens qui vont désormais profiter de la qualité à laquelle nous sommes habitués sur consoles sur d’autres périphériques. Mais cela ne signifie pas que jouer sur mon téléviseur avec une très bonne installation sonore, une super-fluidité et une qualité visuelle exceptionnelle va disparaître de sitôt, estime-t-il. Ce qui va ariver, c’est une diversification des supports sur lesquels les gens jouent. » 

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