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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-1"> ¤ En jouant du guembri, instrument traditionnellement réservé aux hommes, la Marocaine Asma El Hamzaoui transgresse un tabou.
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Asma El Hamzaoui, la musique maalem au féminin



LE MONDE
              datetime="2018-09-12T18:02:36+02:00"

        Le 12.09.2018 à 18h02






Durée : 01:38 | 

Rares sont les femmes à jouer du guembri en public. La Marocaine Amza El Hamzaoui, elle, ne se l’interdit pas. A 20 ans, cette artiste gnaoua est à la tête du groupe « Les filles de Tombouctou ». Elle a hérité sa passion de son père, le célèbre maalem Rachid Hamzaoui, et a appris à ses côtés à jouer du guembri.


                

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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-2"> ¤ Avec « Leurs enfants après eux », le romancier accompagne des adolescents sans perspectives au cœur de la Lorraine désindustrialisée. Sensible et juste.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-2"> ¤                     
                                                   
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Nicolas Mathieu écrit les vies désœuvrées

Avec « Leurs enfants après eux », le romancier accompagne des adolescents sans perspectives au cœur de la Lorraine désindustrialisée. Sensible et juste.



LE MONDE
 |    12.09.2018 à 16h00
    |

                            Macha Séry








                        



                                


                            
Leurs enfants après eux, de Nicolas Mathieu, Actes Sud, 432 p., 21,80 €.

La sève et la rouille. De 1992 à 1998, de 14 à 20 ans, des adolescents poussent dans une vallée perdue de Lorraine. L’administration n’a pas encore rebaptisé « Grand-Est » cette région possédant une longue histoire sidérurgique. A l’époque retracée par Nicolas Mathieu dans Leurs enfants après eux, les hauts-fourneaux se sont tus. Leurs carcasses servent désormais de cibles à catapultes, un jeu de gamins désœuvrés, ayant déjà fait un blessé dans les environs.
Les pubères – Anthony, Hacine et quelques autres – tuent l’ennui autrement. Dans la torpeur du mois d’août, ils jouent au flipper ou aux jeux d’arcade. Sur la rive opposée d’un lac, ils matent les filles aux seins nus. Ils éclusent des bières. Ils écoutent Nirvana (Smells Like Teen Spirit). Ils boudent et se bagarrent. Ils s’habituent à la fumette. Ils prennent leur BMX ou leur scooter pour longer des nationales. Ils mentent à leurs parents. Ils se mentent à eux-mêmes. Ils rêvent de « foutre le camp »… Identique est l’horizon des filles. « Elle s’était mise à bosser, soudain horrifiée à l’idée de rester à Heillange pour mener à son tour une vie peinarde et modérément heureuse. Peut-être que l’illumination était venue en cours de socio, ou en faisant les courses au Leclerc avec sa mère. » Heillange, lieu imaginaire, est un toponyme translucide. Il rappelle Hayange, commune de Moselle frappée de plein fouet par le chômage et dotée d’un édile d’extrême droite depuis les élections municipales de 2014.
L’impossibilité à prendre son envol
Les rêves et leurs dépouilles. La splendide chronique de Leurs enfants après eux se décompose en quatre étés. Des vacances ? Plutôt une vacance, que les jeunes occupent à glander, puis à travailler, exception faite de quelques enfants de notables. Le romancier fait ici du sur-mesure pour...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-3"> ¤ Dans ce roman, Sven Hansen-Love porte un regard morose sur l’univers professionnel et décrit l’histoire d’une désillusion – celle d’un homme de 27 ans qui découvre un monde du travail, dans les années 1990 à Paris, où rien n’est réellement ce qui paraît.
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Faut-il lier quête de travail et quête de sens ?

Dans ce roman, Sven Hansen-Love porte un regard morose sur l’univers professionnel et décrit l’histoire d’une désillusion – celle d’un homme de 27 ans qui découvre un monde du travail, dans les années 1990 à Paris, où rien n’est réellement ce qui paraît.



LE MONDE
 |    12.09.2018 à 12h00
 • Mis à jour le
12.09.2018 à 12h45
    |

                            Margherita Nasi








                        



                                


                            

Livre. Longtemps Raphaël Thiolet a refusé de travailler, préférant vivre avec le minimum et continuer ses études sans se soucier de l’avenir. Face à l’insistance de sa mère, il oppose un refus et une posture nihiliste bien commode pour justifier sa paresse. Mais, à l’âge de 27 ans, cette position devient intenable : « Ce n’est pas pour moi qu’une question d’ordre économique, elle est aussi sociale – je dois créer du lien. » Dans le roman Un emploi sur mesure, Sven Hansen-Love retrace la quête de travail et de sens d’un jeune homme dans le Paris des années 1990, à une époque où le taux de chômage oscille entre 9 % et 12 %.
Après plusieurs tentatives infructueuses, Raphaël finit par être contacté par Eo Ipso, une mystérieuse société qui le convoque pour un entretien d’embauche. La promesse d’une première journée de travail modifie sa perception du temps : les heures du week-end filent à toute allure, le jeune homme passe un dimanche radieux.
A l’aube, sur le chemin, Raphaël croise de nombreux piétons, hagards, abattus, qui se rendent docilement à leur travail
Le grand jour venu, il enfile les vêtements les plus présentables de sa collection et se rend à l’adresse qu’on lui a donnée, en banlieue parisienne. Sa première réaction est de chercher des yeux une machine à café. « J’aime ces machines archaïques. Elles doivent évoquer quelque chose de rassurant, me renvoyant à l’image d’Epinal du travail en entreprise. Une image qui s’est ancrée en moi ces dernières années, alors que je rêvais d’un poste salarié. » Ses vœux sont exaucés : il passe des tests concluants pour intégrer Eo Ipso, où la belle Olivia va le former pour devenir un espion professionnel à la solde de clients fortunés.
Incompréhension
L’enthousiasme initial cède rapidement la place à l’incompréhension : qui dirige Eo Ipso ? Pourquoi faut-il surveiller nuit et jour une famille banale ? A l’aube, sur le chemin, Raphaël croise de nombreux...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-4"> ¤ Pour les plates-formes numériques, le régulateur de l’audiovisuel propose de nouvelles règles plus souples que pour les acteurs traditionnels.
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Audiovisuel : le CSA veut obtenir davantage de pouvoir de régulation sur Internet

Pour les plates-formes numériques, le régulateur de l’audiovisuel propose de nouvelles règles plus souples que pour les acteurs traditionnels.



LE MONDE
 |    12.09.2018 à 11h55
    |

            Alexandre Piquard








                        



                                


                            
« Refonder la régulation audiovisuelle est une nécessité », selon le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA), qui a présenté mardi 11 septembre 20 propositions pour changer le cadre général fixé par la loi de 1986. Leur philosophie ? Le combat contre « l’asymétrie de régulation » qui « se creuse entre, d’une part, les acteurs traditionnels de l’audiovisuel, quels que soient leurs efforts d’adaptation à l’environnement d’Internet, et d’autre part, les nouveaux acteurs, qui demeurent affranchis d’obligations pourtant incontestablement justifiées », a expliqué le président Olivier Schrameck.

C’est une « démarche particulière » pour une autorité administrative indépendante de suggérer des pistes de réformes aussi précises, a admis M. Schrameck. Mais le CSA cherche à saisir une « opportunité » politique. En effet, Emmanuel Macron, par la voix de sa ministre de la culture, Françoise Nyssen, a annoncé une grande loi audiovisuelle pour 2019. Ce texte devra notamment transposer en droit français la nouvelle directive européenne sur les services de médias audiovisuels (SMA), en cours de finalisation.
La première ambition du CSA est d’intégrer les grandes plates-formes numériques : non seulement les plates-formes de vidéo à la demande par abonnement comme Netflix ou Amazon Prime, déjà visées par la directive SMA, mais aussi les grands réseaux de partage comme YouTube ou Facebook. Et également « les plates-formes de streaming audio », comme Spotify ou Deezer.
Une extension de pouvoirs très sensible politiquement
Conscient du caractère politiquement très sensible de toute volonté d’extension des pouvoirs du CSA sur le Web, M. Schrameck a précisé qu’il fallait bien sûr « se garder de la tentation déraisonnable et liberticide d’une régulation globale d’Internet ».
Plutôt qu’une autorégulation, le CSA souhaite la « corégulation », dans laquelle il surveille l’application par un service...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-5"> ¤ La chronique BD de Kidi Bebey. Dans l’album « Kivu », Jean Van Hamme et Christophe Simon dénoncent les exactions subies par les populations de l’est de la RDC.
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Chronique

L’enfer des Kivu raconté en bande dessinée : un air de déjà-vu

La chronique BD de Kidi Bebey. Dans l’album « Kivu », Jean Van Hamme et Christophe Simon dénoncent les exactions subies par les populations de l’est de la RDC.

Par                Kidi Bebey (chroniqueuse Le Monde Afrique)



LE MONDE
              datetime="2018-09-12T11:49:36+02:00"

        Le 12.09.2018 à 11h49

     •
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        Mis à jour le 12.09.2018 à 11h59






    
« Kivu », du scénariste Jean Van Hamme et du dessinateur Christophe Simon.
Crédits : Editions Le Lombard


Les bons sentiments suffisent-ils à faire une bonne bande dessinée ? C’est la question qu’on peut se poser à la lecture de Kivu, le nouvel opus de l’auteur belge Jean Van Hamme. Le scénariste star de Largo Winch, Thorgal ou XIII s’est attaché la collaboration du dessinateur Christophe Simon pour dénoncer l’enfer subi par les populations de l’est de la République démocratique du Congo (RDC).
Dans ce pays, les provinces du Nord et du Sud-Kivu sont en effet en proie, depuis vingt ans, à des exactions abominables. Pour s’emparer des richesses du sous-sol – cobalt, manganèse, cuivre et le précieux coltan si utile à la fabrication de nos appareils électroniques –, des miliciens y spolient les paysans de leurs terres en semant la terreur, en violant et mutilant les femmes, en enrôlant des enfants comme soldats et en obligeant les hommes valides à travailler à l’extraction. Un drame humanitaire de très grande ampleur mais qui perdure tant les enjeux économiques sont importants pour les multinationales de l’exploitation minière. 

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                Bande dessinée : cahier d’un départ du pays natal



« Avec cette BD, j’ai voulu apporter une contribution, informer le plus grand nombre de personnes possibles de la situation pour déchirer l’empire du silence », explique Jean Van Hamme au Monde Afrique.
Corruption, cynisme, barbarie
Le résultat est un album hybride où se mêlent aventure et réalisme mais qui, à force de démonstration, n’échappe pas aux clichés. Le héros, François Daans, un jeune ingénieur belge, est envoyé par son directeur général en RDC afin de recruter un nouveau « directeur de production » (comprendre un chef de guerre) en remplacement du précédent, mort « dans l’exercice de ses fonctions » (comprendre assassiné). C’est à travers le regard de Daans, trentenaire naïf découvrant les complicités véritables de sa hiérarchie, qu’on va s’ouvrir aux « réalités africaines » faites de corruption, de cynisme et d’une violence proche de la barbarie.
Mais le héros sait se dépasser et se montrer à la hauteur de la situation. Non seulement il va démissionner, mais il va se mettre en danger et risquer sa vie pour parvenir à réunir un frère et une sœur que l’exode a séparés et qui, grâce à cet Européen providentiel, retrouveront même leur mère, elle-même miraculeusement recueillie et soignée à l’hôpital du fameux docteur Mukwege, figure congolaise charismatique et bien réelle de la chirurgie réparatrice.

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                « La Rue Cases-Nègres » passe par la case bande dessinée



Dès lors, le jeune ingénieur n’a plus qu’à retourner chez lui. Certes, il est marqué à tout jamais par ce continent, du moins par ses dérives, mais il est prêt néanmoins à témoigner de ce qu’il a vu afin d’alerter la communauté internationale. Entre-temps, on aura croisé l’incontournable barbouze vénal qui a « l’Afrique dans la peau », des militaires sans foi ni loi, des prostituées…

    

Crédits : 


On referme le livre avec une impression mitigée, sans doute liée au fait qu’on ne sait finalement pas à qui s’adresse cette histoire un peu bancale, trop violente pour être mise entre les mains d’enfants ou d’adolescents, trop bavarde et didactique pour ne pas agacer les adultes. Et probablement irritante pour tous ceux qui se lassent de voir l’Afrique une nouvelle fois réduite à ses vices et avatars, fussent-ils inspirants.
Kivu, de Jean Van Hamme et Christophe Simon, préface de Colette Braeckman, éditions Le Lombard, parution le 14 septembre 2018.


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤ Devenue annuelle, la manifestation tient sa 30e édition au Grand Palais, jusqu’au 16 septembre.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤                     
                                                

La Biennale Paris, ex-Biennale des antiquaires, tente de survivre

Devenue annuelle, la manifestation tient sa 30e édition au Grand Palais, jusqu’au 16 septembre.



LE MONDE
 |    12.09.2018 à 11h07
    |

            Harry Bellet








                        



   


Le plus cruel d’entre nous, c’est sans doute ce confrère du Parisien qui annonce la Biennale Paris dans un article intitulé « Les brocantes de la rentrée en Ile-de-France »… On n’ira pas jusque-là. La manifestation, autrefois connue – très connue – sous le nom de Biennale des antiquaires, est devenue annuelle, certains des meilleurs de la profession la désertent, quand ils ne sont pas dans le collimateur de la justice, les affaires de faux ayant proliféré ces temps-ci.
Pour se refaire une virginité, le Syndicat des antiquaires s’est doté d’un comité d’experts censé être à toute épreuve, et a proposé un stand à Charles Hooreman, l’homme qui a repéré les faux vendus au château de Versailles, considérés par d’autres (dont quelques ministres) comme des « trésors nationaux ». La manifestation méritait-elle tant d’honneurs (elle fut fondée avec le patronage d’André Malraux), et tant d’indignités ?

        Lire le portrait :
         

          Charles Hooreman, le « croisé » des antiquaires en quête de lumière



Les tenants de la première version argueront de cette « vitrine de l’excellence à la française », se souviendront nostalgiques de ces « dîners de gala » où les invités, en tenues de soirée, ça va de soi, défilaient sous les dorures avec le corps bienheureux et la conscience nette : le bénéfice du vernissage allait aux bonnes œuvres (on ne parle pas de celles qui étaient dans les stands), et puis, cela permettait d’utiles, voire de fructueuses, rencontres.
Moitié moins d’exposants qu’en 2016
Les partisans de la seconde version se souviendront surtout de ce que l’amour de l’art était fort peu présent, qu’un antiquaire célèbre s’était fait une réputation de bel esprit en clamant qu’il devait « sa fortune à l’inculture de ses clients », et que les rois de la fête étaient les décorateurs, qui en profitaient généralement pour augmenter leurs honoraires.
On aimerait que les 62 exposants (moitié moins qu’il y a deux ans) de cette 30e édition ne se sentent pas visés par ce qui précède : ils ne manquent pas de courage, ont investi beaucoup pour être présents (le coût du mètre carré de stand, 900 euros, ne doit pas faire oublier celui des honoraires précités, sans compter les frais annexes), et pas seulement en termes financiers : trouver des pièces rares, les identifier, en reconstituer l’historique, les faire restaurer le cas échéant, est une besogne parfois laborieuse.
Mais qui, comme les tâches ménagères, n’est pas sans noblesse, au sens où l’entendait l’acteur Jean Lefebvre quand il était question de beurrer des toasts dans la cuisine des Tontons flingueurs (1963), un film de Georges Lautner que devraient revoir, vu la franche camaraderie qui les anime, tous les antiquaires parisiens. Bon nombre de ces œuvres auraient tout simplement disparu si quelqu’un ne s’était pas penché sur leur cas. Pour les meilleurs d’entre eux, ils font aussi, par leurs recherches, progresser l’histoire de l’art.
La Biennale Paris. Grand Palais, avenue Winston Churchill, Paris 8e. Tous les jours de 12 heures à 20 heures, jusqu’au dimanche 16 septembre (fermeture à 18 heures). Nocturnes le jeudi 13 septembre jusqu’à 22 h 30 et le samedi 15 septembre jusqu’à minuit. Entrée : 35 €. www.labiennaleparis.com



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤ Les éditions Actes Sud publient « North End », qui rassemble 60 photographies en couleur de Géraldine Lay, également présentées à Lyon.
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-8"> ¤ L’exploitation de spectacles sur de très longues durées devient l’exception, constate le syndicat national du secteur.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-8"> ¤                     
                                                   
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Le théâtre privé face à l’« obsolescence prématurée » des pièces

L’exploitation de spectacles sur de très longues durées devient l’exception, constate le syndicat national du secteur.



LE MONDE
 |    12.09.2018 à 10h39
 • Mis à jour le
12.09.2018 à 14h24
    |

            Sandrine Blanchard








                        



                                


                            

Inauguration de La Scala, réouverture de Marigny, changement de propriétaires à l’Atelier, au Comedia et à Michel… En cette rentrée, le paysage des théâtres privés parisiens poursuit sa mue. Même à la tête du Syndicat national du théâtre privé (SNDTP), la relève est attendue. Mardi 11 septembre, dans le foyer des Folies-Bergère, Bernard Murat a fait sa dernière allocution de rentrée. « Je ne ferai pas de troisième mandat », a annoncé le metteur en scène et directeur du Théâtre Edouard-VII, président du syndicat depuis sept ans. Il quittera son poste début 2019, lors du renouvellement du comité directeur.
En attendant, Bernard Murat s’est félicité des « bons chiffres » enregistrés à fin août par les cinquante-sept théâtres et vingt-cinq producteurs-tourneurs adhérents du SNDTP. « Les indicateurs – recettes et taux de fréquentation – reviennent au vert. Une fois n’est pas coutume, ne boudons pas notre plaisir : les spectateurs ont retrouvé le chemin des théâtres », assure-t-il. Seule donnée fournie : le prix moyen du billet à Paris s’établit à 28 euros (contre 26 euros en 2017, mais 30 euros en 2014), ce qui explique, en partie, cette « croissance retrouvée ». Pour le reste, les derniers chiffres connus datent de 2017 : 6,43 millions de spectateurs ont assisté à l’une des 50 500 représentations données à Paris et en tournée.
Les salles ont multiplié les horaires, élargi leur amplitude annuelle d’ouverture et donc multiplié les propositions
D’année en année, le catalogue de rentrée des théâtres privés ne cesse de grossir, essentiellement sous l’effet de l’augmentation du nombre de spectacles. Pour tenter de maintenir leur chiffre d’affaires, les salles ont multiplié les horaires (19 heures et 21 heures), élargi leur amplitude annuelle d’ouverture (certaines restent désormais ouvertes en été) et ont donc multiplié les propositions.
Les temps changent. On est loin du modèle initial, sur lequel s’est construit...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-9"> ¤ Révélé par les réseaux sociaux, le travail du photographe est exposé à la Saatchi Gallery de Londres du 13 au 16 septembre.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-9"> ¤                     
                                                

Arnaud Montagard, dans la solitude des rues new-yorkaises

Révélé par les réseaux sociaux, le travail du photographe est exposé à la Saatchi Gallery de Londres du 13 au 16 septembre.



LE MONDE
 |    12.09.2018 à 10h38
    |

                            Alice Rosenthal








                        



   


Dans la frénésie de l’aéroport Charles-de-Gaulle, un jeune homme se faufile au milieu des valises. Il serre sous son bras Depardon USA. Arnaud Montagard, 27 ans, sort à peine du train qui le ramène des Rencontres d’Arles – où il a déniché le livre – qu’il s’apprête à s’envoler de l’autre côté de l’Atlantique. Originaire de Nancy, le globe-trotter vit depuis un an et demi à Brooklyn, où il se consacre à la photographie. Après une exposition en mai à l’International Center of Photography de New York, son travail sera présenté à la Saatchi Gallery de Londres du 13 au 16 septembre dans le cadre de la Start Art Fair, foire dédiée aux artistes émergents.
C’est pour immortaliser ses graffitis d’adolescent à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme) qu’Arnaud Montagard achète son premier Reflex à l’âge de 15 ans. Mais à force de déambuler dans la ville à la recherche de nouveaux tags, ils se pique d’intérêt pour la photographie de rue. « Je me suis donc peu à peu détourné du street art pour photographier des passants », raconte-t-il.
« Vibration urbaine »
Désirant capter « la vibration urbaine » il se forme à la photographie en autodidacte, en parallèle de ses études de commerce à Marseille. Repéré sur Instagram, réseau social de partage de photos, il signe rapidement ses premiers contrats pour des shootings publicitaires et se lance à son compte dès la fin de son master. Cela fait désormais trois ans et demi qu’il vit pleinement de la photographie. Air France, Adobe, Veuve Clicquot, Sandro et quelques grands titres (Vogue, National Geographic Traveler) lui ont fait confiance. En parallèle, il poursuit son travail personnel : la photographie de rue à New York – qui continue d’attirer l’attention des marques comme des galeries.
L’itinéraire d’Arnaud Montagard intrigue car il a court-circuité le parcours traditionnel (école d’art-galerie-musées) grâce aux réseaux sociaux, en se faisant repérer d’abord par le public puis par les marques commerciales, avant d’intégrer les institutions. Il est ainsi représentatif d’une nouvelle génération, à l’image de Théo Gosselin et de Brice Portolano, passés, eux, par des écoles d’art. « J’ai beaucoup hésité à faire une école de photographie après mon master car les écoles d’art sont un atout indéniable pour se faire un réseau, témoigne-t-il. J’ai toutefois fait le pari de créer ces connexions autrement, grâce à Instagram et aux plateformes numériques. » 

   


Ses images, diffusées sur les réseaux sociaux, ont en effet attiré l’attention d’agences de publicité – qui l’ont ensuite mis en contact avec les marques. Et son passage par la KEDGE – école de commerce dont beaucoup d’étudiants se dirigent vers le marketing – lui a ouvert des portes supplémentaires vers la photographie publicitaire.
Mais les galeries aussi participent au mouvement. En particulier « Open Doors Gallery », galerie londonienne 2.0 spécialisée dans la recherche de jeunes artistes sur Instagram. Elle présente et vend le travail de ses photographes sur une plateforme en ligne, tout en exposant ponctuellement leur travail dans des salons, comme la Start Art Fair.
Aplats colorés
La communication virtuelle lui a même ouvert les portes des musées. « Je pense que c’est aussi en découvrant mon travail sur Instagram que Kodak m’a contacté pour l’exposition Projected : Emerging Analog à l’International Center of Photography de New York », observe-t-il. Consacrée à la récente popularité de la pellicule chez les jeunes photographes, elle a en effet été co-organisée par Steve Carter, spécialiste des réseaux sociaux numériques chez Kodak.
Après avoir vécu en Ecosse et en Chine pour ses études, Arnaud Montagard s’est finalement installé à New York en janvier 2017. Vibrante et foisonnante, la ville lui plaît aussi « pour sa lumière brut, tranchée par les buildings ». Nourri par Saul Leiter, qui a su saisir les scènes de rues new-yorkaises dans leur fugacité, Arnaud Montagard travaille par aplats colorés. « Il sublime ces scènes en les faisant surgir hors du chaos de la ville », remarque Tom Page, responsable d’Open Doors Gallery.
Le photographe aime s’éterniser sous la voie aérienne du métro de Brooklyn ou au cœur des immeubles éclectiques de Midtown « qui projettent des ombres très géométriques »
Adepte du clair-obscur, le photographe aime s’éterniser sous la voie aérienne du métro de Brooklyn ou au cœur des immeubles éclectiques de Midtown « qui projettent des ombres très géométriques ». Lorsqu’il remarque des jeux d’ombres et de lumière intéressants entre les gratte-ciels, il note l’heure et l’embranchement des rues pour revenir saisir la bonne scène, au gré des passants.
Dans ses cadres graphiques, Arnaud Montagard guide l’œil par des contrastes lumineux très structurés. En cela, le peintre Edward Hopper reste pour lui une grande source d’inspiration : « Comme un projecteur, la lumière vient isoler le sujet. Et souligner son errance ». La solitude dans les grandes villes est en effet un thème cher au photographe. Seuls, souvent de dos, ses personnages semblent flotter dans la ville comme dans leurs pensées. « Je me suis mis à cadrer mes personnages de plus en plus loin, ajoute-t-il, pour montrer ces silhouettes perdues dans l’immensité urbaine ». Jusqu’au vide et au silence.
www.startartfair.com/2018



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-10"> ¤ Du kabuki au hip-hop, le Théâtre national de Chaillot, à Paris, donne un large aperçu de la création japonaise.
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Danse : une rentrée sous la lumière du Soleil-Levant

Du kabuki au hip-hop, le Théâtre national de Chaillot, à Paris, donne un large aperçu de la création japonaise.



LE MONDE
 |    12.09.2018 à 09h42
    |

                            Rosita Boisseau (Tokyo (Japon)








                        



                                


                            

Tokyo en août. Trente-cinq degrés. La panoplie urbaine prend des allures de déguisement. Mini-ventilateur à main gauche, portable à main droite, visière de casquette transparente couvrant le visage, mitaines jusqu’en haut des bras pour ne pas bronzer, les Japonaises réinventent le quotidien avec un style éberluant. L’accessoire toujours bienvenu quel que soit le costume ? La serviette éponge qui permet d’essuyer visage et nuque d’un revers de main.
Dans cette fournaise, les théâtres, climatisés, offrent des bains de fraîcheur. Les premières de spectacles s’enchaînent aux quatre coins de la capitale. De l’énorme salle institutionnelle du Metropolitan Theatre, dans le quartier populaire d’Ikebukuro, au modeste studio du chorégraphe Saburo Teshigawara, situé dans la banlieue ouest, en passant par le majestueux et emblématique Kabuki-za, au cœur du très chic Ginza, l’éventail de la création nipponne se déploie tous azimuts.
A Yokohama (à 40 kilomètres au sud de Tokyo), ville adorée des amoureux pour son style occidental, le festival Dance Dance Dance @Yokohama2018 bat son plein depuis le 4 août, jusqu’au 30 septembre. Basé au Red Brick Warehouse, le rendez-vous contemporain est un trait d’union entre deux manifestations : « Tous Japonais », au Théâtre national de Chaillot, et « Japonismes 2018 : les âmes en résonance », qui salue, jusqu’en mars 2019 à la Maison de la culture du Japon, le 160e anniversaire des relations diplomatiques franco-japonaises.
« Les hip-hopeurs font rêver »
Au Red Brick, Triple Bill #1 met en avant deux pièces courtes signées par les chorégraphes hip-hop français Jann Gallois et Kader Attou pour cinq danseurs japonais. La première a centré son travail sur la tête, pivot d’une partition géométrique ; le second a parié sur le tempérament et la technique des interprètes. En l’espace d’une dizaine d’années, le hip-hop a ratissé large au Japon. « Depuis que la danse est entrée au programme scolaire,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-11"> ¤ L’acteur, pour lequel cette forme de théâtre traditionnel est « populaire, rock, punk » au Japon, joue pour la première fois à Paris.
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Nakamura Shidô II, légende vivante du kabuki, au Festival d’automne

L’acteur, pour lequel cette forme de théâtre traditionnel est « populaire, rock, punk » au Japon, joue pour la première fois à Paris.



LE MONDE
 |    12.09.2018 à 09h40
 • Mis à jour le
12.09.2018 à 09h44
    |

                            Rosita Boisseau (Tokyo (Japon)








                        



                                


                            

La moquette est épaisse et blanche. La longue table basse en laque rouge fait claquer le total look noir jusqu’à la cravate de l’acteur Nakamura Shidô II, 46 ans, star du kabuki. Seule son énorme montre en argent rutile. Dans une pièce de réception du Théâtre Kabuki-Za, à Tokyo, assis seul face à ses interlocuteurs, épaulé par un aréopage d’assistants aux petits soins, cette figure de la nouvelle génération affiche un masque sérieux.

Difficile de croire que cet homme au profil glamour se métamorphose chaque jour dans les créatures extraterrestres aux maquillages et costumes mirifiques du kabuki. A l’affiche pour la première fois à Paris, dans le cadre du Théâtre national de Chaillot et du Festival d’automne, il est le fils aîné de Nakamura Shidô I et le petit-fils de Nakamura Tokizô III. Il a commencé à s’entraîner dès l’âge de 6 ans à cet art complet qui tresse technique théâtrale, chantée, parlée et dansée. Contrairement à son grand-père, spécialiste de rôles « onnagata » et aux désirs de sa grand-mère qui aurait aimé le voir suivre cette voie, il s’est fait connaître en jouant une servante, mais s’est vite spécialisé dans les personnages masculins. « En grandissant, ma taille et ma corpulence m’ont destiné aux rôles d’homme, précise-t-il. Enfant, on apprend la danse traditionnelle et des rôles féminins. Si on sait interpréter des personnages de femmes, cela apporte une sensualité à la façon d’aborder les héros masculins. »
Deux registres différents
Le programme choisi pour la première apparition à Paris de Nakamura Shidô II valorise deux registres différents. Kazane est un drame dansé, créé en 1823, sur lequel plane un double suicide amoureux et un meurtre : il y joue un samouraï amant illégitime d’une femme. « Je suis un méchant sexy, mais c’est le rôle féminin qui est au premier plan, explique-t-il. Je dois savoir répondre à et dialoguer avec la gestuelle de ma partenaire, synchroniser...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-12"> ¤ Le musicien américain, un historique du free jazz installé en Provence, publie son troisième album, « End to End ».
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Pour Barre Phillips, la contrebasse est son professeur

Le musicien américain, un historique du free jazz installé en Provence, publie son troisième album, « End to End ».



LE MONDE
 |    12.09.2018 à 09h02
    |

                            Francis Marmande (Pierrevert (Alpes-de-Haute-Provence), envoyé spécial)








                        



                                


                            

Contrebassiste et compositeur, Barre Phillips est né à San Francisco le 27 octobre 1934. Il publie chez ECM le troisième album en solo de sa vie : End to End. Dans un mois, silhouette de danseur, sérénité de yogi et sourire d’ange, il aura 84 ans.
End to End, chant magique en treize pièces brèves, distribuées en trois parties. Son des âmes, subtilité d’attaques, caresses animées, maîtrise d’archet hors pair, hors piste, bruissements, harmoniques aux perles de rosée, la contrebasse telle qu’on ne la connaît pas. Plus un fil d’Ariane subliminal qui doit autant à Manfred Eicher, le sorcier de chez ECM (lui-même contrebassiste), qu’à Barre Phillips, styliste de l’instant : « Naguère, Manfred interrogeait, questionnait, suggérait… End to End, nous avons mixé ensemble, écouté dans l’ordre, et lui, sans prendre la moindre note, il a procédé au montage. J’avais préparé la matière, mais plus de la moitié est improvisée sur le coup. »
Voix de feutre
Sourire constant, voix de feutre, drôlerie indécidable. La rencontre a lieu dans son ermitage attenant à la chapelle Sainte-Philomène, créneaux et merlons, trois nefs avec voûte en berceau plein cintre, dont l’édification, tout en haut de la colline à caillasses de ­La Blaque (Alpes-de-Haute-Provence), 296 m d’altitude, remonte au XIe siècle. Barre Phillips y vit en silence depuis 1972, avec sa femme Mary. Les musiciens viennent le visiter de partout. Des murs de forteresse, la pénombre du souvenir, une contrebasse de voyage aux graves lumineux, des étagères de livres… End to End n’a rien d’un album de « jazz ». Pure composition de l’instant, qui ne peut venir que d’un musicien de jazz. En Californie, son frère aîné, Peter, compositeur, l’avait casé à la contrebasse pour jouer du dixieland à l’amiable : tea-parties, fêtes privées, Blue Moon… La mère, un peu pianiste, est institutrice. Le père aux mille boulots, siffle en permanence. Barre...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-13"> ¤ Le gouvernement a choisi de ne pas renouveler le mandat du directeur du théâtre lyrique, atteint par la limite d’âge.
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Stéphane Lissner quittera l’Opéra de Paris en 2021

Le gouvernement a choisi de ne pas renouveler le mandat du directeur du théâtre lyrique, atteint par la limite d’âge.



LE MONDE
 |    12.09.2018 à 08h42
 • Mis à jour le
12.09.2018 à 13h26
    |

                            Marie-Aude Roux








                        



                                


                            

L’été a été décisif, après des mois de tergiversations et de batailles en coulisse : Stéphane Lissner, 65 ans, en poste, depuis août 2014, à la direction de l’Opéra de Paris, ne verra pas son mandat de sept ans renouvelé, à l’issue de l’expiration de celui-ci, le 31 août 2021. Parmi les causes avancées, un probable problème statutaire.

Nommé directeur délégué dès 2012, l’ex-surintendant de la Scala de Milan a pris ses fonctions un an plus tôt que prévu, après que Nicolas Joel, son prédécesseur, eut déclaré forfait pour raisons de santé avant la fin de son ­contrat. Une arrivée anticipée qui avait nécessité la promulgation d’un décret en amont (n° 2014-109 du 6 février 2014), portant la durée du mandat du directeur à sept ans au lieu des six ans statutaires. Certes, les statuts de l’Opé­ra national de Paris (décret du 5 février 1994) prévoient que l’âge légal de la retraite n’empêche pas un directeur d’aller au bout de son mandat. Mais renouveler ­celui (pour trois ans, comme le veut l’usage) de Stéphane Lissner, qui aura 68 ans en juillet 2021, eût exigé un autre décret. Compliqué, alors que le dernier rapport de la Cour des comptes sur l’Opéra, publié en septembre 2016, préconise précisément, au contraire, de limiter la pratique de « modifications régulières du décret statutaire pour adapter intuitu personae la durée du mandat du directeur ».
Lissner aurait sans doute apprécié de pouvoir mettre en œuvre les importants chantiers qu’il a engagés
Depuis son arrivée, Stéphane Lissner a dû faire face aux baisses de subventions, à des bouleversements politiques inédits, ainsi qu’au traumatisme généré par la menace terroriste et les attentats. Sur le plan financier, il peut se prévaloir d’avoir doublé le mécénat en quatre ans (de 10 à 20 millions d’euros), d’avoir été à la tête du seul Opéra d’Europe désormais capable de dégager plus de 55 % de recettes propres et, grâce à ses deux théâtres, le Palais Garnier (1 900 places)...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-14"> ¤ Le réalisateur israélien, nommé à la chaire annuelle de création artistique pour l’année 2018-2019, donnera neuf conférences.
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Amos Gitaï monte en chaire au Collège de France

Le réalisateur israélien, nommé à la chaire annuelle de création artistique pour l’année 2018-2019, donnera neuf conférences.



LE MONDE
 |    12.09.2018 à 08h20
    |

            Jacques Mandelbaum








                        



                                


                            

Que faisait le réalisateur israélien Amos Gitaï en cette matinée du mardi 11 septembre dans les murs du Collège de France ? Contre toute attente, il ne tournait pas un film, mais y donnait une conférence de presse portant sur sa nomination à la chaire annuelle de création artistique pour l’année académique 2018-2019. Créée en 2005 par le Collège, celle-ci consiste, pour l’artiste invité, à donner durant ce mandat limité un certain nombre de conférences portant sur la pratique de son art. Après l’architecte Christian de Portzamparc, le compositeur Pascal Dusapin, le plasticien Anselm Kiefer, elle est pour la première fois attribuée à un cinéaste. Treize ans, c’est bien le moins qu’aura eu à attendre cet art moderne, longtemps réputé « divertissement d’ilotes », pour être distingué par une institution créée par François Ier.
Architecte de formation, comme son père, membre du Bauhaus, Amos Gitaï vient au cinéma par le biais de la guerre
Le sujet de cet « honneur », selon ses termes, est un réalisateur de 67 ans, trublion artistique et politique qui a sucé le lait de l’opiniâtreté et de la dissidence auprès de Samuel Fuller et de Jean-Luc Godard. Architecte de formation, comme son père, qui fut membre du Bauhaus, Gitaï vient au cinéma par le biais de la guerre, en l’espèce celle du Kippour (1973), où il manque perdre la vie dans un hélicoptère dont le pilote est décapité à deux mètres de lui. Il décide alors de poser, par le cinéma, des questions à son pays et à la conscience des spectateurs.
Son premier film, un documentaire intitulé House, immédiatement interdit et poussant le cinéaste à l’exil, porte sur le chantier d’une maison en construction à Jérusalem. Sujet banal en la plupart des lieux, il y affleure l’explosive problématique d’un pays revendiqué par deux peuples. On y voit ce que signifie questionner pour ce cinéaste, qui va rapidement devenir – avant la reconnaissance du cinéma d’auteur israélien dans les...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-15"> ¤ Les vacances ont donné lieu à la mise en vente d’une abondance de timbres, parmi lesquels les collectionneurs trouveront peut-être les raretés de demain…
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-15"> ¤                     
                                                

Les timbres de l’été : un « panier » de plus de 120 euros

Les vacances ont donné lieu à la mise en vente d’une abondance de timbres, parmi lesquels les collectionneurs trouveront peut-être les raretés de demain…



LE MONDE
 |    12.09.2018 à 08h06
 • Mis à jour le
12.09.2018 à 08h32
    |

            Pierre Jullien








                        



   


Avec la Fédération française des associations philatélique (FFAP), qui fédère plus de 500 clubs et réunit 25 000 collectionneurs, La Poste qui compte près de 100 000 acheteurs réguliers et plus de 150 membres de la Chambre syndicale française des négociants et experts en philatélie (CNEP), la collection de timbres a encore de beaux jours devant elle…
Pour satisfaire tous ces amateurs, Phil@poste, une direction de La Poste chargée de concevoir et de commercialiser les timbres, a profité de la période estivale pour inonder le marché de nombreux nouveaux timbres aux vertus touristiques.

   


Ainsi, La Poste mettra en vente générale, le lundi 17 septembre, un timbre à 1,30 euro dans la série des métiers d’art consacré au céramiste qui représente un vase œuf bleu et une assiette « Duplessis », appartenant tous deux à la collection de la Manufacture de Sèvres. Le timbre, dessiné par Florence Gendre, gravé par Line Filhon, est imprimé en taille-douce à 700 000 exemplaires. La vente en avant-première se déroulera le samedi 15 septembre, à Sèvres (Hauts-de-Seine), à la Cité de la céramique, 2, place de la Manufacture ; et à Paris, au Carré d’Encre, 13bis, rue des Mathurins (9e arrondissement).

   


A cheval entre l’été et l’automne, un timbre à l’effigie du cinéaste Pierre Schoendoerffer (1928-2012), d’une valeur de 1,30 euro, sera mis en vente dans tous les bureaux de poste le 24 septembre. La vente anticipée de cette vignette, dessinée et gravée par Marie-Noëlle Goffin, mise en page par Valérie Besser, imprimée en taille-douce (tirage : 800 016 ex.) se déroulera à Chamalières (Puy-de-Dôme), du 21 au 23 septembre, au bureau de poste « premier jour » ouvert au Centre Courty, 2, avenue Bergougnan ; et les 21 et 22 septembre, au Carré d’encre, à Paris.
Reprenons le fil des émissions passées…

   


Le temps fort de l’été aura été constitué par la nouvelle « Marianne » dévoilée le 19 juillet par le président Macron à Périgueux, et à tous ses conditionnements : bloc, carnets, etc.

   


La « Marianne de Macron », dite « Marianne l’engagée », devient ainsi le traditionnel nouveau timbre d’usage courant qui accompagne, pour les décennies les plus récentes, chaque élection présidentielle. Une « Marianne » austère, à la chevelure de Gorgones, mais ne manquant pas de charme.
Ce profil est le lointain descendant du premier timbre français à l’effigie de « Cérès », paru en 1849…
Cette « Marianne » dessinée par Yseult Digan (YZ) gravée par Elsa Catelin pour être imprimée en taille-douce, mise en vente en avant-première le 20 juillet, est disponible aux neuf valeurs suivantes depuis le 23 juillet dans tous les bureaux de poste : Ecopli (0,78 euro gris) ; lettre verte (0,80 euro vert) ; lettre prioritaire (0,95 euro rouge) ; Europe (1,20 euro, bleu) ; reste du monde (1,30 euro violet) ; 0,01 euro (jaune) ; 0,05 euro (brun) ; 0,10 euro (marron clair) ; 1 euro (orange).
S’ajoute un bloc indivisible qui réunit les cinq timbres Ecopli, lettre verte, lettre prioritaire, Europe et monde entier, à 5,03 euros (tirage 250 000 exemplaires).
Nouvelle « Marianne »
Un souvenir philatélique accompagne l’émission de la nouvelle « Marianne ». Il se compose d’un encart dans lequel sont insérés quatre feuillets gommés reprenant les différentes valeurs d’affranchissement. Petite diffusion de 40 000 exemplaires pour un prix de vente de 10 euros.
Enfin, une carte postale prétimbrée qui présente côté vue la reproduction de l’œuvre originale d’YZ et côté correspondance le timbre rouge (lettre prioritaire) est proposée au prix de 5 euros (c’est cher) mais pour un tirage de 5 200 exemplaires seulement. C’est peut-être là que les spéculateurs pourront trouver leur compte !
Les neuf timbres sont commercialisés en feuilles gommées et autocollantes de 100 unités et les seuls timbres rouges (lettre prioritaire) et vert (lettre verte) en roulettes de 500 exemplaires.
Le timbre rouge est conditionné en différents types de carnets autocollants : carnets de guichets de douze exemplaires (11,40 euros) ; carnets de distributeurs de dix exemplaires (9,50 euros) ; carnets de distributeurs de vingt exemplaires (19 euros).
Le timbre vert est disponible également en carnets autocollants : de douze exemplaires (9,60 euros) et de dix exemplaires pour les distributeurs (8 euros).
Le timbre bleu (tarif « Europe ») est pour sa part conditionné aussi en carnet de six exemplaires, au prix de 7,20 euros.
On enchaîne avec les timbres commémoratifs…

   


Est diffusé dans tous les bureaux de poste – ou presque –, depuis le 2 juillet, un timbre à 1,30 euro (tarif « Monde ») sur le thème du golf et de la Ryder Cup 2018 qui se déroulera en France du 25 au 30 septembre. Tirage : 900 000 exemplaires.
Une mini-feuille tirée à 30 000 exemplaires, qui inclut quatre timbres est commercialisée au prix de 5,20 euros.
Le même jour, a vu la vente d’un carnet de douze timbres autocollants Lettre verte sur « Mickey et la France »… Prix de vente 9,60 euros, pour un tirage de 3,5 millions d’exemplaires.
On reconnaît sur ces timbres ridicules, mais qui trouveront preneurs, sans aucun doute, ne serait-ce qu’à Disneyland Paris, des évocations de la tour Eiffel, des châteaux de la Loire ou des volcans d’Auvergne.

   


Le 5 septembre, Mickey a fait ensuite l’objet d’un nouveau timbre à 1,30 euro, pour son 90e anniversaire, créé par Félix Sikora, qui a un petit côté Mondrian… Bien plus réussi (800 000 exemplaires).
Le 9 juillet, un timbre à 1,30 euro légendé « Maisons de Méditerranée », dessiné par Isy Ochoa et mis en page par Mathilde Laurent, renvoie au thème de l’habitat traditionnel commun à quatorze des vingt pays membres de l’union postale pour la Méditerranée (Euromed). Tirage : 800 016 exemplaires.

   


Le 9 juillet toujours, c’est au viaduc de Viaur d’être célébré par une vignette affichant un prix de 0,95 euro, créé par Sarah Bougault et imprimée à 800 000 exemplaires. Ce viaduc achevé en 1902, dû à la Société de construction des Batignolles et de son ingénieur Paul Bodin, est situé sur les communes de Tauriac-de-Naucelle (Aveyron) et de Tanus (Tarn).
Bouleau (pour les vacances !), baobab africain (que vient-il faire dans cette galère ?), frêne, pin sylvestre… On passe au mois d’août, avec, le 6, la mise en place de quatre millions de carnets de douze timbres autocollants au tarif de la lettre prioritaire sur les arbres, vendus pièce 11,40 euros. Conception de Florent Chavouet.
Christelle Guénot est l’auteur d’un carnet de douze timbres au tarif lettre verte, en vente générale le 3 septembre, qui comblera les amateurs de thé… puisqu’il est question ici de théières fabriquées au Japon, en Chine, en Italie, en Angleterre, aux Pays-Bas et en France !… Tirage : 3 millions de carnets pour un prix de vente de 9,60 euros.

   


Enfin, Talma (1763-1826), Rachel (1821-1856), Sarah Bernhardt (1844-1923), Coquelin aîné (1841-1909) : La Poste a mis en vente générale, le lundi 10 septembre, un bloc de quatre timbres à 1,20 euro consacrés à des acteurs célèbres – parmi lesquels d’ailleurs les trois premiers ont déjà bénéficié d’une vignette postale par le passé.

   


Ces portraits en pied sont l’œuvre de Edouard-Louis Dubufe (Rachel), Georges Clairin (Sarah Bernhardt, dans le rôle de la reine, dans Ruy Blas), Eugène Delacroix (Talma, Néron), et Louis Picard (Coquelin aîné, Cyrano de Bergerac).
Un été timbré qui « pèse » ainsi plus de 120 euros… Et encore, on ne compte pas, dans ce total, les versions autocollantes des timbres « Marianne » !…



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-16"> ¤ Son film « Thunder Road », récompensé au Festival de Deauville, renouvelle le genre du cinéma indépendant américain.
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Jim Cummings, dans la peau d’un flic texan

Son film « Thunder Road », récompensé au Festival de Deauville, renouvelle le genre du cinéma indépendant américain.



LE MONDE
 |    12.09.2018 à 07h33
 • Mis à jour le
12.09.2018 à 07h57
    |

            Clarisse Fabre








                        



                                


                            

Voici l’homme qui murmure à l’oreille du policier texan : Jim Cummings, 31 ans, est le réalisateur que l’on n’attendait pas. Découvert à Cannes, en mai, à la section parallèle ACID (Association du cinéma indépendant pour sa distribution), son premier long-métrage, Thunder Road, a remporté le Grand Prix du Festival du cinéma américain de Deauville, le 9 septembre, trois jours avant sa sortie en salle.

Le film repose entièrement sur les épaulettes de l’uniforme du policier, joué par Jim Cummings lui-même. Moustachu, le détail a son importance, Jimmy essaie d’exercer aussi bien son métier qu’il tente d’élever sa fille. Mais il n’y parvient pas : il rate ses coups, se comporte mal, et sa nervosité fait craindre le pire. Il est borderline, à l’image d’une Amérique au bord de la dépression nerveuse.

En décernant la récompense, la présidente du jury, Sandrine Kiberlain, a salué « un film insolite et si inventif ». « Quelle joie d’assister à la naissance d’un artiste, à l’arrivée d’une comète qui suscite les rires et les pleurs avec une singularité qui nous bluffe », s’est réjouie la comédienne. Les défricheurs de l’Acid saluent un scénario en dehors des codes du cinéma américain. « Ici, on n’assiste pas à la montée en puissance du héros ou à sa chute vertigineuse. Le récit est fin : on se demande tout le temps jusqu’où le personnage va-t-il aller ? Il y a une liberté qui porte toute la structure du film, sans parler de son mode de fabrication artisanal », analyse le cinéaste et coprésident de l’Acid Idir Serghine.
« Self made in America »
Tourné au Texas, Thunder Road, clin d’œil à la chanson de Bruce Springsteen, ambitionne de s’adresser à toute l’Amérique. A Paris, il y a une semaine, Jim Cummings nous racontait la fabrication de ce film qu’il a fait « tout seul » – il en est le réalisateur, le producteur, le scénariste, le monteur et le performeur. L’homme est « self...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-17"> ¤ Jim Cummings est réali­sateur, ­acteur, monteur, compositeur et producteur exécutif pour son premier long-métrage.
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« Thunder Road » : entre rires et larmes, un cocktail du tonnerre

Jim Cummings est réali­sateur, ­acteur, monteur, compositeur et producteur exécutif pour son premier long-métrage.



LE MONDE
 |    12.09.2018 à 07h31
 • Mis à jour le
12.09.2018 à 08h03
    |

                            Murielle Joudet








                        



   


L’avis du « Monde » – à ne pas manquer
Au générique de Thunder Road, Jim Cummings est crédité comme réali­sateur, ­acteur, monteur, compositeur et producteur exécutif. Une omniprésence qui peut faire sourire et rappelle à bien des égards la mégalomanie fêlée d’un Vincent Gallo, figure chérie du ­cinéma indépendant américain. Chez Cummings, le désir de maîtriser chaque étape fait signe vers un désir impérieux, une urgence à faire, qui rend son film si singulier, si ­furieux, à l’image même de son héros.

        Lire la rencontre :
         

          Jim Cummings, dans la peau d’un flic texan



Avant d’être un long-métrage, Thunder Road était un court, qui correspond à la première séquence du film et que le réalisateur a décidé de rallonger. Scène mémorable, imprévisible, où, le jour de l’enterrement de sa mère, Jimmy ­Arnaud, policier texan, prend place ­devant l’assemblée pour faire un discours. Les souvenirs se mêlent anarchiquement aux regrets. Le fils endeuillé ­raconte la fois où sa mère enregistrait tous ses cours de fac sur des cassettes, car il était dyslexique. Il raconte la passion de la défunte pour Bruce Springsteen, et plus particulièrement pour la chanson qui donne au titre son film. Il souhaite lancer la musique, mais le lecteur CD emprunté à sa fille ne veut pas marcher. Alors il décide de la chanter, mais n’y arrivant pas, il décrit les paroles.
Performance déréglée
En quelques minutes, qui doivent en durer dix, le programme est à peu près fixé : Jim Cummings aimantera tout du long la caméra, prenant tout l’espace pour une sorte de performance façon Actors Studio totalement déréglée. La scène ne s’étire pas dans le sens d’un morceau de bravoure, mais vers le désarroi, l’impuissance – elle se dégonfle. A la suite de l’enterrement, Jimmy essuiera une série de catastrophes personnelles et presque aucune éclaircie ne viendra l’apaiser. Chaque nouveau séisme provoque son monologue, sa crise de nerfs, sa scène.

   


Cummings semble envisager son film comme une série de tableaux où il exploite un seul sentiment jusqu’à épuisement : le deuil d’un fils, la haine cordiale entre deux ex-conjoints, le sentiment de voir sa fille grandir trop vite, ou encore l’amitié masculine. Une palette d’affects simples, quotidiens, souvent ­déceptifs, qu’il s’agit de peindre comme le ferait l’humoriste Louis C.K., et auxquels Cummings insuffle sa touche : une énergie du désespoir, une fêlure enfantine.
Jim Cummings a parfois l’air d’un enfant déguisé en flic, d’un gosse devant gérer les malheurs d’une vie d’adulte
Il a parfois l’air d’un enfant déguisé en flic, d’un gosse devant gérer les malheurs d’une vie d’adulte. Le cinéaste raconte que, pour tourner la scène d’ouverture et se mettre en condition, il regardait la fameuse photo de William et Harry devant le cercueil de leur mère, Lady Diana, et cite les films Pixar comme le parfait cocktail de rires et de larmes qu’il voulait pour son propre film. Dans le même ordre d’idées, c’est dans le souvenir des paroles de la chanson de Springsteen que son ­héros trouvera le moyen d’une échappée – Thunder Road suit un mouvement circulaire aussi imprévisible que déchirant.
Cette innocence désarmante, cette émotion brute sur laquelle chaque scène est directement branchée font oublier ce qui pourrait, dans le film, s’apparenter à une folie calculée ou à une forme de pose. Tout semble sincère, donc parfois maladroit et légèrement bancal. Thunder Road appartient à cette catégorie de films qui valent comme geste, qu’on ne peut aimer que totalement et avec l’enthousiasme que provoque une rencontre qu’on sait faite pour durer.

Film américain de Jim Cummings. Avec Jim Cummings, Kendal Farr, Nican Robinson (1 h 31). Sur le Web : www.facebook.com/Thunderroad2018 et www.paname-distribution.com

Les sorties cinéma de la semaine (mercredi 12 septembre)
Mademoiselle de Joncquières, film français d’Emmanuel Mouret (à ne pas manquer)Le Temps des forêts, documentaire français de François-Xavier Drouet (à ne pas manquer)Thunder Road, film américain de Jim Cummings (à ne pas manquer)Dovlatov, film russe d’Alexeï Guerman Jr (à voir)Okko et les fantômes, film d’animation japonais de Kitaro Kosaka (à voir)Première année, film français de Thomas Lilti (à voir)Le pape François, un homme de parole, documentaire allemand, français, italien et suisse de Wim Wenders (on peut éviter)
A l’affiche également :
Le Grand Perdu, film français d’Avénarius d’ArdronvilleJ’ai perdu Albert, film belge et français de Didier van CauwelaertLe Quatuor à cornes, programme belge et français de trois courts-métrages d’animationLes Déguns, film français de Cyrille Droux et Claude Zidi JrMa Fille, film français de Naidra AyadiPeppermint, film américain de Pierre MorelSearching. Portée disparue, film américain d’Aneesh Chaganty





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-18"> ¤ Le documentaire de François-Xavier Drouet dénonce la mal-forestation et la monoculture du « douglas ».
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« Le Temps des forêts » : le sapin qui cache le « désert vert »

Le documentaire de François-Xavier Drouet dénonce la mal-forestation et la monoculture du « douglas ».



LE MONDE
 |    12.09.2018 à 07h29
    |

            Clarisse Fabre








                        



   


L’avis du « Monde » – à ne pas manquer
Ça sent le sapin. Il flotte une atmosphère de mort latente, pas visible à l’œil nu, dans le documentaire de François-Xavier Drouet, sobrement intitulé Le Temps des forêts. Les arbres sont bien là, dans le Limousin, le Morvan, les Vosges ou les Landes. Mais cette verdure rassurante – surtout pour les citadins – devrait pourtant nous inquiéter. Il faut dessiller les yeux du spectateur. Toute la force et l’originalité du film résident dans la déconstruction de l’image de la forêt authentique, au fil d’une enquête patiente et tenace dans la veine des films de Dominique Marchais – Le Temps des grâces (2009) et La Ligne de partage des eaux (2014).
Comme pour démasquer les faux-semblants, le film s’ouvre sur l’image d’une forêt sur le plateau de Millevaches. L’instant d’après apparaît une carte postale ancienne du même paysage, mais dénudé. A l’origine, les arbres n’existaient pas. Ils ont été plantés pour des raisons industrielles, et le paysage s’est assombri, explique en voix off une vieille dame, qui, telle une conteuse, ajoute : « Les sapins m’ont fait partir. » La promenade commence, et on entre petit à petit dans ce sujet touffu et paradoxal, où le tapis d’aiguilles peut être un signe de mauvais présage.
La forêt durable est compatible avec les enjeux économiques, affirment des forestiers « résistants »
Le danger, explique François-Xavier Drouet, n’est pas la déforestation mais la « mal-forestation » : on ne laisse plus le temps aux arbres de grandir. On plante ceux qui poussent le plus rapidement en vue de les couper le plus vite possible. Dans cette course à la compétitivité, qui se conjugue avec l’engrais, le sapin sort gagnant. Victoire du « douglas » et de la monoculture au détriment de la diversité des feuillus. On coupe l’arbre, rien ne reste en ­travers du chemin et il n’y a plus de nichoirs pour les oiseaux. D’ailleurs, on ne les entend plus chanter.
C’est le « désert vert », dit l’auteur. L’une des images les plus saisissantes du film est la vision d’agents forestiers qui, tels des Playmobil, plantent des minisapins selon un geste répétitif, quasi chorégraphique. On a pourtant assez d’essences (bouleau, châtaignier…) pour faire la route dans l’autre sens, pour paraphraser Alain Souchon. La forêt durable est compatible avec les enjeux économiques, affirment des forestiers « résistants ». La sonnette d’alarme avait déjà été tirée dans une étude réalisée en 2013 par des habitants du plateau de Millevaches (dont François-Xavier Drouet fait partie), Rapport sur l’état de nos forêts, téléchargeable sur Internet.
On coupe et on replante
Récompensé le 11 août du Grand Prix à la Semaine de la critique du Festival de Locarno, Le Temps des forêts arrive en salle avec de nombreuses séances-débats en perspective. Car ce film engagé laisse la parole à ceux qui assument la gestion actuelle : les arbres, affirment-ils, ça se récolte. On coupe et on replante. Le transport des marchandises, la mondialisation nécessitent de l’emballage. Faire pousser des arbres pour qu’ils finissent en palette ? Nul doute que l’Office national des forêts enverra dans les salles obscures des représentants de la direction.Dans le cadre de leur mandat syndical, des agents de l’ONF ne cachent pas en effet leur profond désarroi.
Sans provoquer ni chercher à contredire son interlocuteur, le réalisateur pose des questions simples. Quel est le quotidien du conducteur de l’abatteuse ? L’un d’eux répond que l’engin coûte cher et qu’il faut l’amortir. Il travaille « dix à douze heures par jour » afin de couper ses « deux cents mètres cubes » quotidiens. « On est un peu esclaves de nos machines », reconnaît-il.
On apprend qu’un arbre a besoin de temps, disons quarante ans, pour puiser sa force dans le sol. Ce n’est qu’ensuite qu’il peut « lui » rendre à son tour des éléments nutritifs – la chute des feuilles et leur décomposition participent à la formation d’un humus protecteur. Le couper avant, c’est un peu un crime. Une forestière le dit : « C’est une ­société, une forêt. »

Documentaire français de François-Xavier Drouet (1 h 43). Sur le Web : www.kmbofilms.com/le-temps-des-forets



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-19"> ¤ Autour de l’écrivain Sergueï Dovlatov, le cinéaste Alexeï Guerman Jr livre une évocation glaciale de l’ère soviétique.
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« Dovlatov » : Leningrad, nid d’artistes

Autour de l’écrivain Sergueï Dovlatov, le cinéaste Alexeï Guerman Jr livre une évocation glaciale de l’ère soviétique.



LE MONDE
 |    12.09.2018 à 07h26
 • Mis à jour le
12.09.2018 à 07h59
    |

                            Thomas Sotinel








                        



   


L’avis du « Monde » – à voir
Présenté lors de l’hiver 2017 à la Berlinale, ­Dov­latov est comme le pendant enneigé et angoissé du très solaire Leto (l’été), de Kirill Serebrennikov, découvert quelques mois plus tard à Cannes. Là où Serebrennikov célébrait l’éclosion d’une génération, celle qui allait vivre la fin du système soviétique, le film d’Alexeï Guerman Jr accompagne les aînés des jeunes rockeurs de Leto à ­l’entrée de la dernière glaciation ­politique, en 1971, sous la houlette de l’un des héros de ce temps, l’écrivain Sergueï ­Dovlatov.
Plutôt que d’embrasser tout le parcours de Dovlatov, né en 1941, exilé aux Etats-Unis de 1978 à sa mort, en 1990, Guerman a choisi de le suivre à la trace pendant quelques jours, au moment de la célébration de l’anniversaire de la révolution d’Octobre. Hasard du tournage ou patience délibérée du cinéaste, il neige sur Leningrad (l’actuelle Saint-Pétersbourg). Les lampions, les affiches colorées à l’effigie de Marx, Engels et Lénine sont voilés par les flocons, masqués par le brouillard. La question implicite est, bien sûr : comment pouvait-on espérer bâtir un monde nouveau dans les congères, sous des arbres sans feuilles ?
Dans cette agitation propagandiste, Sergueï Dovlatov (l’acteur serbe Milan Maric) traîne sa grande carcasse. Il tente de son mieux de collaborer à de petites publications émanant de diverses instances du Parti. Sur un chantier naval, il interroge les ouvriers déguisés en écrivains de l’âge d’or de la littérature russe, à l’occasion du baptême d’un bateau qu’ils ont construit. Dovlatov dit bonjour à Gogol et à Tolstoï, qui lui ­expliquent que la littérature doit exalter le socialisme.
Le rideau de la comédie kafkaïenne menace sans cesse de se déchirer pour révéler la tragédie sous-jacente
Encore et encore, Guerman, puisant aussi bien dans le répertoire littéraire de son modèle (Dovlatov a été édité en France chez Anatolia et La Baconnière) que dans son imagination, tord imperceptiblement le quotidien bureaucratique vers l’absurde le plus délirant. Celui-ci peut virer au cauchemar : il y a, au milieu du film, une séquence bouleversante qui voit Dovlatov envoyé sous terre par son rédacteur en chef ; dans la lumière du chantier du métro de Leningrad, il doit retrouver un ouvrier-poète nommé Kouznetsov, mais la muse de celui-ci l’a quitté ; brusquement on entend des cris, les pleurs d’une femme – les ouvriers viennent d’exhumer un charnier d’enfants, les pensionnaires d’un jardin d’enfants tués par un bombardement nazi pendant le siège de la ville, trente ans plus tôt.
Le rideau de la comédie kafkaïenne menace sans cesse de se déchirer pour révéler la tragédie sous-jacente. La malédiction du jeune écrivain est d’être conscient de cette éventualité. Il tente de la tenir à distance par une ironie rêveuse qui se heurte elle-même à sa terrible capacité d’empathie. Du combat entre la dérision et la compassion, on voit bien qu’il doit sortir quelque chose. Mais ce quelque chose – les textes de Dovlatov – n’a pas droit de cité dans la ville du palais d’Hiver et de l’Institut Smolny.
Hommage filial
Autant que le combat intérieur de l’artiste, Alexeï Guerman met en scène le champ de bataille. Il ­déploie quelques instants choisis en de longues séquences, elles-mêmes découpées en patients travellings : une fête improvisée entre jeunes artistes sur le toit d’un immeuble, une soirée chez un apparatchik culturel, une journée de tournage d’un film officiel. La caméra passe de groupe en groupe, suit une conversation jusque dans sa dernière impasse. On voit passer la figure du poète Joseph Brodsky, d’artistes qui viennent de voir leur échapper le peu de liberté qu’on leur avait accordé au moment du dégel.
Alexeï Guerman Jr est né en 1976, peu de temps avant que Dovlatov ne soit contraint à l’exil. Le père du cinéaste – Alexeï Guerman – vit le plus fameux de ses films, La Véri­fication, resté sur les étagères de la censure soviétique pendant quinze ans, de 1971 à 1986. Mais Guerman père, qui travaillait à Leningrad, se refusa toujours à l’exil. Il y a sans doute quelque chose d’un hommage filial dans la manière dont son fils filme la mé­tropole des soviets, les bureaux où agonisent les plantes vertes, les appartements collectifs, une étrange nostalgie mêlée d’horreur pour le défunt système.

Film russe d’Alexeï Guerman Jr. Avec Milan Maric, Helena Sujecka, Danila Kozlovski (2 h 06). Sur le Web : paradisfilms.com/project/dovlatov et www.facebook.com/dovlatov.film



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-20"> ¤ Kitaro Kosaka s’est inspiré d’un succès de la littérature jeunesse pour ce film d’animation.
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« Okko et les fantômes » : un récit d’apprentissage teinté de fantastique

Kitaro Kosaka s’est inspiré d’un succès de la littérature jeunesse pour ce film d’animation.



LE MONDE
 |    12.09.2018 à 07h25
 • Mis à jour le
12.09.2018 à 07h27
    |

                            Mathieu Macheret








                        



   


L’avis du « Monde » – à voir
Grâce au travail continu d’un distributeur comme Eurozoom, l’animation japonaise est de plus en plus représentée sur les écrans français. Okko et les fantômes, en compétition au Festival d’Annecy cette année, appartient à la double frange des fables enfantines et des chroniques campagnardes, dont le modèle fut peut-être donné par Mon voisin Totoro (1988), l’un des chefs-d’œuvre de Hayao Miyazaki.
C’est d’ailleurs auprès du maître que le réalisateur Kitaro Kosaka, animateur chevronné de 56 ans, a longtemps travaillé (dès 1984, il collabore à Nausicaä de la vallée du vent), au point de devenir l’un de ses plus proches et fidèles collaborateurs. Okko et les fantômes est inspiré d’un succès de la littérature pour enfants de l’écrivaine Hiroko Reijo, déjà décliné en mangas et série télévisée. Il a été développé au sein du studio Madhouse, actif depuis 1972 et producteur de quelques fleurons du genre (Gen d’Hiroshima, Perfect Blue, Summer Wars).
Le récit s’ouvre, de façon inhabituelle, sur un événement traumatique, amené toutefois avec tact et prévenance
Le récit s’ouvre, de façon assez inhabituelle, sur un événement traumatique, amené toutefois avec tact et prévenance. Okko, une enfant sage et éveillée, est victime d’un accident de la route dans ­lequel ses deux parents trouvent la mort. Elle part s’installer chez sa grand-mère, qui dirige un ­minshuku (une auberge traditionnelle) dans une station thermale au cœur d’une région montagneuse. L’orpheline s’acclimate comme elle peut (les insectes la rebutent), rencontre les employés de l’établissement, mais aussi le fantôme inoffensif qui hante les lieux, sous les traits d’un petit garçon facétieux nommé Uribo.
Invisible aux yeux des adultes, Uribo convainc Okko d’aider son aïeule dans la gestion de l’auberge, pour la soulager et garantir sa succession. L’apprentissage n’est pas aisé pour la petite fille, qui doit surmonter sa maladresse et sa ­timidité. Mais d’autres esprits, ­apparus dans le sillage d’Uribo, vont l’aider à la tâche.
« On ne rejette personne »
Kitaro Kosaka a retenu l’option du trait simple et peu détaillé pour rendre plus souples et fluides les gestes et expressions émotionnelles de ses personnages. Les fantômes servent ici plus ou moins d’objets transitionnels, ­accompagnant l’évolution de la petite orpheline vers une forme de maturité. Ils émeuvent surtout en ce qu’ils incarnent des figures du deuil : esprits des enfants ­décédés du voisinage, ils sont ­dépositaires du passé des adultes, de leur histoire intime, et veillent ainsi sur eux. Mais le registre fantastique du film, plutôt convenu et sans grande fantaisie plastique, n’est sans doute pas ce qu’il a de meilleur à offrir.
Ainsi Okko et les fantômes ne semble-t-il commencer vraiment que dans un second temps, lorsque le fantastique cède ­doucement le pas à la chronique d’apprentissage. Okko se retrouve confrontée à plusieurs cas épineux de visiteurs dont elle doit satisfaire au mieux les besoins : un adolescent rebelle, une dépensière ruminant un chagrin d’amour, un père de famille privé d’un rein et soumis à un régime strict.
L’établissement s’apparente bientôt à une sorte d’hospice des cœurs brisés, où les infirmes et les accidentés de l’existence viennent chercher réconfort et soulagement. « On ne rejette personne », telle est la devise tacite de l’auberge, et l’apprentissage que fait Okko du service au client s’avère surtout celui du soin, de la compréhension et du don de soi – jusqu’à un cas de conscience particulièrement retors. C’est dans ce registre réaliste et sensible, attentif aux enjeux des auberges traditionnelles (et à leur ­concurrence avec les hôtels de luxe), que le film trouve son véritable rythme de croisière et finit par toucher en plein cœur.

Film d’animation japonais de Kitaro Kosaka (1 h 35). Sur le Web : www.facebook.com/OkkoLeFilm



                            


                        

                        

