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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-1"> ¤ Un homme sur cinq et une femme sur six dans le monde auront, un jour, un cancer, selon l’OMS.
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Les cancers tuent près de 10 millions de personnes dans le monde en 2018

Un homme sur cinq et une femme sur six dans le monde auront, un jour, un cancer, selon l’OMS.



LE MONDE
 |    12.09.2018 à 18h43
 • Mis à jour le
12.09.2018 à 18h51
    |

            Paul Benkimoun








                        



   


Un homme sur cinq et une femme sur six dans le monde développeront un cancer au cours de leur vie. Un homme sur huit et une femme sur onze en mourront, selon les estimations publiées par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), une agence travaillant pour l’Organisation mondiale de la santé (OMS), qui font l’objet d’un article paru mercredi 12 septembre dans CA : A Cancer Journal for Clinicians, édité par l’American Cancer Society.
Partant de Globocan, la base de données accessible au public, les chercheurs du CIRC et de l’American Cancer Society ont analysé les chiffres pour 35 types de cancers provenant de 185 pays. Les estimations avancées pour 2018 – ce que les spécialistes appellent la « charge mondiale du cancer » – sont de 18,1 millions de nouveaux cas découverts et 9,6 millions de décès dus à cette maladie.
Le CIRC évoque une « augmentation rapide » de cette charge, mais les comparaisons avec la précédente étude alimentée par les données de Globocan, réalisée en 2012, sont rendues très difficiles par un changement de méthodologie. Certains cancers voient leur incidence diminuer, tels le cancer du poumon chez les hommes en Europe du Nord et en Amérique du Nord, ou le cancer du col utérin partout sauf en Afrique subsaharienne. Toutefois, la plupart des pays connaissent une hausse en valeur absolue du nombre de cas diagnostiqués et à traiter.

   


Le CIRC évoque plusieurs raisons à cette augmentation, parmi lesquelles une population dont le nombre et l’âge s’accroissent à un rythme soutenu et des évolutions de la prévalence de certains cancers. Freddie Bray, responsable de la surveillance des cancers au CIRC, et les coauteurs de l’article, soulignent que « les différences de profils de cancer entre pays et entre régions signifient qu’une diversité géographique demeure, avec la persistance de facteurs de risque locaux dans des populations qui en sont à des phases très différentes de la transition sociale et économique. Cela est illustré par les différences saillantes dans les taux de cancers associés à une infection, entre autres ceux du col utérin, de l’estomac et du foie, observés dans des pays situés aux deux extrémités du spectre du développement humain ». 

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Les auteurs ont en effet cherché à établir des schémas de fréquence des cancers selon le niveau de développement humain par pays, évalué au moyen d’un indice combinant le PIB par habitant, l’espérance de vie à la naissance et le niveau d’éducation des enfants de 15 ans et plus. Les écarts entre les pays à indice de développement humain (IDH) élevé ou très élevé et ceux à IDH faible ou intermédiaire sont très marqués pour l’incidence de la plupart des cancers, les premiers ayant des fréquences deux à trois fois plus élevées que les seconds.
L’Asie compte pour la moitié des cancers
En revanche, les différences sont beaucoup moins nettes s’agissant de la mortalité. Une proximité qui s’expliquerait à la fois par la fréquence de cancers de mauvais pronostic dans les pays à IDH faible ou intermédiaire, et par des diagnostics plus tardifs et des traitements efficaces moins disponibles.
Le cancer apparaît comme la première cause de mortalité chez les moins de 70 ans en Amérique du Nord et dans une partie de l’Amérique du Sud, l’Europe de l’Ouest, l’Australie et la Nouvelle-Zélande, ainsi que le Japon, le Vietnam et la Thaïlande. Il n’arrive qu’en troisième ou quatrième position en Afrique subsaharienne, dans la majeure partie du Moyen-Orient et de l’Asie.

   


A l’échelle mondiale, le cancer le plus fréquent est celui du poumon, avec plus de 2 millions de cas estimés pour 2018, qui est également et de loin le plus meurtrier : plus d’1,7 million de morts (18 % du total des décès par cancer). Il est suivi par celui du sein, quasiment aussi fréquent, mais trois fois moins meurtrier. Le mauvais pronostic en général des cancers du poumon explique cette différence.
Si l’on considère l’ensemble des cancers pour les deux sexes, l’Asie devrait être en 2018 la région du monde comptant près de la moitié des cancers et plus de la moitié des décès par cancers – du fait que 60 % de la population mondiale y vit –, devant l’Europe (23,4 % des cas et 20,3 % des décès, pour 9,8 % de la population mondiale) et les Amériques (21 % des cas et 14,4 % de la mortalité pour 13,3 % de la population mondiale).
Variations moins marquées pour les femmes
En Asie comme en Afrique, la part des décès par cancer est plus importante que la part des nouveaux cas, ce que le CIRC explique par une différence dans la fréquence de certains types de cancers, ceux ayant un mauvais pronostic et un taux de mortalité plus élevés y étant souvent plus présents.
Chez les hommes, le cancer du poumon occupe le premier rang de fréquence en Europe orientale et en Asie centrale, en Chine et en Afrique du Nord. Il cède cette place au cancer de la prostate dans les Amériques, l’Europe de l’Ouest, l’Australie et la plus grande partie de l’Afrique subsaharienne, alors qu’il n’est que le deuxième cancer le plus fréquent à l’échelle de la planète (plus d’1,2 million de cas). Le cancer des lèvres et de la bouche prédomine dans le sous-continent indien, tandis que celui du foie est en tête en Egypte et quelques pays d’Afrique de l’Ouest, ainsi qu’en Mongolie.

   


Chez les femmes, les variations sont moins marquées. Le cancer du sein domine à peu près partout hormis en Afrique de l’Ouest et australe, en Bolivie et au Paraguay, où il est devancé par les cancers du col de l’utérus ; en Mongolie où les tumeurs malignes du foie arrivent en tête et dans les deux Corées, où le cancer du poumon paraît en tête au Nord et celui de la thyroïde au Sud.
« Les maladies non transmissibles sont à présent responsables de la majorité des décès dans le monde et l’on s’attend à ce que le cancer se hisse au rang de première cause de mortalité et de principal obstacle à l’accroissement de l’espérance de vie dans chaque pays du monde au cours du XXIe siècle », prédisent Freddie Bray et ses collègues.

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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-2"> ¤ En fonction des régions, ils sont soit des ouragans, soit des typhons. Quant à leurs noms, ils se sont masculinisés seulement récemment
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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-3"> ¤ La conférence intergouvernementale sur la biodiversité marine, ouverte depuis le début du mois de septembre, doit absolument aboutir à un accord « contraignant » sur les ressources génétiques, souligne Valérie Wyssbrod, spécialiste du droit de la mer, dans une tribune au « Monde ».
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« Les ressources génétiques marines, très prometteuses tant socialement que financièrement »

La conférence intergouvernementale sur la biodiversité marine, ouverte depuis le début du mois de septembre, doit absolument aboutir à un accord « contraignant » sur les ressources génétiques, souligne Valérie Wyssbrod, spécialiste du droit de la mer, dans une tribune au « Monde ».



LE MONDE
 |    12.09.2018 à 17h05
 • Mis à jour le
12.09.2018 à 18h06
    |

Valérie Wyssbrod (Docteur en droit, spécialiste du droit de la mer)







                        



                                


                            

Tribune. L’avenir des ressources génétiques marines est au cœur des discussions qui ont commencé le 4 septembre à New York, au siège de l’ONU, en vue d’élaborer un texte sur la conservation et l’utilisation durable de la biodiversité marine.
Les ressources génétiques marines, ces petites briques qui composent les êtres vivants océaniques (animaux, plantes, champignons, bactéries et virus) sont utilisées depuis une cinquantaine d’années pour développer de nouveaux produits. Ces ressources permettent, entre autres, de mettre au point de nouveaux médicaments pour combattre les cancers, de développer des plastiques biodégradables dans l’eau de mer ou encore d’aider à remédier à des pollutions. Les entreprises biotechnologiques qui investissent le domaine ne s’y sont pas trompées, ces ressources sont très prometteuses tant socialement que financièrement.
A une distance de 200 milles marins
Le nouvel instrument juridique international sera applicable aux ressources génétiques qui sont issues des « zones ne relevant pas de la juridiction nationale ». Où se trouvent ces zones ? Au large des côtes, chaque Etat a le droit souverain de disposer de ses propres ressources. Au-delà, c’est-à-dire à une distance de 200 milles marins (environ 370 km) des côtes, se trouvent ces zones ne relevant pas de la juridiction nationale. Il s’agit de la haute mer, ainsi que des fonds marins. A qui appartiennent ces ressources et peut-on s’en servir gratuitement ? Ce thème, peu connu du grand public mais très controversé, est discuté depuis plus de vingt ans au sein de l’ONU.

En 1982, lorsque la Convention des Nations unies sur le droit de la mer est adoptée, la valeur des ressources génétiques marines est encore méconnue et celles-ci sont peu utilisées. Aucune réglementation spécifique à ce sujet n’est prévue dans la convention. Les ressources génétiques de la haute mer et des grands fonds marins peuvent ainsi être librement...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-4"> ¤ Le géant de la distribution entend concurrencer EDF en proposant des offres moins chères sous forme de bons d’achat dans ses magasins.
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Après Total et Cdiscount, Leclerc se lance dans le marché de l’électricité pour les particuliers

Le géant de la distribution entend concurrencer EDF en proposant des offres moins chères sous forme de bons d’achat dans ses magasins.



LE MONDE
 |    12.09.2018 à 15h33
    |

                            Nabil Wakim








                        



   


Un nouveau venu de plus sur le marché de l’électricité. Après avoir bousculé le secteur des carburants, le numéro un de la distribution alimentaire en France lance officiellement, jeudi 13 septembre, des offres d’électricité pour les particuliers.
« Notre engagement, c’est d’être le moins cher du marché », promet Michel-Edouard Leclerc, président du groupement de distributeurs indépendants. La stratégie du groupe est claire : prendre des parts de marché à ses concurrents en sacrifiant ses marges.
La raison est simple : les deux tiers de la facture d’électricité payée par les consommateurs sont identiques pour tous les fournisseurs d’énergie. Ils couvrent le prix du transport de l’électricité et la fiscalité. Reste un tiers, sur lequel les concurrents d’EDF espèrent faire la différence. C’est déjà la stratégie des gros acteurs du secteur : Engie ou Total cherchent à réduire au maximum les coûts du service client, la plupart du temps en délocalisant, pour proposer des prix attrayants. Leclerc assure que son service client sera situé en France, à Tourcoing (Nord).
Leclerc annonce une formule d’un genre nouveau dans le secteur. Il promet de garantir, pendant un an, un rabais de 10 % par rapport au tarif d’EDF ou bien de 20 % sous forme de bons d’achats dans ses magasins aux porteurs de cartes de fidélité Leclerc. Le groupe assure avoir 14 millions d’adhérents à ce programme et veut viser 3 millions de clients pour son offre d’électricité d’ici à la fin de 2025, ce qui représenterait environ 10 % du marché.

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Un marché déjà très encombré
« Nous cherchons clairement à satisfaire et à privilégier une clientèle qui nous connaît déjà », a précisé Michel-Edouard Leclerc à l’agence Reuters. Le groupe de distribution espère renouveler son succès foudroyant obtenu dans le secteur des stations-service : il est aujourd’hui le deuxième acteur du secteur derrière Total, en pratiquant une politique de coûts bas pour attirer les clients vers ses supermarchés. Un droit obtenu de haute lutte, après avoir mené des centaines de batailles juridiques devant les tribunaux pour obtenir la libéralisation du marché.
Cette nouvelle offre intervient dans un contexte où de plus en plus de clients se détournent d’EDF : l’opérateur historique perd 100 000 clients par mois. Selon les derniers chiffres publiés, mardi 11 septembre, par la Commission de régulation de l’énergie (CRE), près de 20 % des clients ont quitté EDF.
Mais si les fournisseurs alternatifs connaissent une croissance continue, EDF reste ultra-majoritaire sur le marché : près de 26 millions de clients sont toujours chez EDF et s’acquittent des tarifs réglementés de vente, fixés par l’Etat.

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Les offres de Leclerc vont débarquer sur un marché déjà très encombré. En 2017, Total s’est lancé, avant de racheter, au printemps 2018, son concurrent Direct Energie et ses 2 millions de clients. Depuis, Cdiscount (filiale du groupe Casino) et Butagaz sont venus s’ajouter à cette concurrence. Sans compter Engie (ex-GDF Suez), devenu l’un des concurrents les plus sérieux d’EDF dans le secteur.
Vigilance sur les prix et les pratiques
Comme ses concurrents Engie ou Total, Leclerc propose des offres dites « 100 % vertes ». Autrement dit : Leclerc va acheter son électricité à des producteurs (principalement EDF), puis compensera l’équivalent en achetant des certificats de garantie d’origine d’une électricité produite à partir de sources renouvelables, en particulier des barrages hydroélectriques.
Cette guerre tarifaire et ces arguments commerciaux incitent le médiateur de l’énergie et les associations de consommateurs à la prudence. A cause des particularités de la facture d’électricité, les réductions tarifaires annoncées sont en général peu conformes avec ce qui est annoncé dans les publicités. Selon des simulations effectuées par les services du médiateur de l’énergie, « lorsque la publicité d’un fournisseur annonce “moins 10 %”, la baisse n’excède pas 7 % ». Résultat : les gains sur la facture sont parfois peu significatifs.

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Autre point de vigilance : cette concurrence accrue a parfois conduit les fournisseurs à des pratiques douteuses, profitant du manque de connaissance du marché par les particuliers. Plusieurs acteurs, dont Engie, Total et Direct Energie, ont été montrés du doigt pour des pratiques mensongères et un démarchage agressif, ces derniers mois, par les associations de consommateurs et le médiateur de l’énergie.



                            


                        

                        


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Reportage

D’Ebola à Zika, un labo tout-terrain en Afrique de l’Ouest

Testé au Sénégal, le prototype a connu son baptême du feu à Louga, où sévissait la dengue.

Par                                            Matteo Maillard (Dakar, correspondance)




LE MONDE
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        Le 12.09.2018 à 15h01

     •
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        Mis à jour le 12.09.2018 à 16h39






    
Le camion-laboratoire lors de la phase de test dans la région de Barkedji, au Sénégal.
Crédits : Institut Pasteur


C’est un camion blanc d’apparence conventionnelle. Pourtant, son habitacle renferme une petite révolution technologique qui pourrait bien bouleverser la lutte contre les épidémies virales en Afrique. En cette saison des pluies au Sénégal, dans la cour de l’institut Pasteur, on s’apprête à déployer pour sa première opération le Praesens Mobile Lab. Un laboratoire itinérant et modulable conçu pour se déplacer dans les reliefs accidentés, secs ou humides du continent, afin de réaliser directement sur le terrain les précieuses analyses permettant de détecter une épidémie avant sa propagation.

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Paludisme, dengue, Zika, fièvre jaune, chikungunya font chaque année des centaines de milliers de victimes, dont une majeure partie en Afrique. C’est lors d’une épidémie particulièrement virulente, celle d’Ebola en Afrique de l’Ouest en 2014-2015, que l’idée de ce camion a germé dans la tête d’un chercheur en biotechnologie belge, Rudi Pauwels.
« A cette époque, de grands efforts internationaux ont été faits pour contenir le virus, mais beaucoup ont été rendus caducs par le manque d’accessibilité, de réactivité et des technologies dépassées, explique-t-il. La clé dans la lutte contre les épidémies, c’est la vitesse de leur détection. Tardive, elle réduit l’efficacité de la réponse et augmente drastiquement son coût. En 2015, on estime que la lutte contre l’épidémie d’Ebola a coûté 3,6 milliards de dollars [3,3 milliards d’euros à l’époque]. »
Dans le vol qui le ramène en Belgique, Rudi Pauwels dessine le premier plan de son camion-laboratoire sur une serviette en papier. Il crée dans la foulée la fondation Praesens, pour mettre en place son projet grâce à ses propres fonds et ceux de deux amis. Vingt-quatre mois et un demi-million d’euros plus tard, le premier prototype voit le jour grâce à une collaboration avec l’institut Pasteur de Dakar, sélectionné pour son expertise dans le domaine des arbovirus, ceux contractés par piqure d’insectes, et son vaste réseau régional.
Montagnes et marécages
Donné au Sénégal en septembre 2017, le labo mobile effectue ses premiers tests, parcourant 7 000 km durant six mois dans les différentes régions du pays, des montagnes de Kédougou jusqu’aux marécages du Sine Saloum. « Il était important de tester ses caractéristiques opérationnelles en conditions réelles, avance Amadou Sall, directeur de l’institut. S’il existe d’autres camions-laboratoires dans le monde, aucun n’a été conçu pour résister à une telle diversité d’environnements et de situations. »

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Bâti sur le châssis d’un camion Mercedes à six roues motrices, le laboratoire possède des équipements scientifiques dernier cri. Quand la porte est verrouillée, le seul contact avec l’extérieur est un petit sas pressurisé par lequel les équipes remettent les échantillons de sang à analyser aux deux laborantins. « On crée une dépression dans le laboratoire, afin que s’il se passe quelque chose, rien ne soit rejeté à l’extérieur », soutient M. Sall.

    
A l’intérieur du camion-laboratoire, deux opérateurs effectuent des analyses dans un caisson sécurisé.
Crédits : Institut Pasteur


Dans l’espace confiné, ventilé par une climatisation nécessaire quand le mercure approche les 40° C, les deux opérateurs effectuent des analyses directement dans un caisson sécurisé qui contient les réactifs. « On place les échantillons dans un thermocycleur qui, grâce à des changements de température, amplifie le matériel génétique des pathogènes, qui seront alors détectables par notre ordinateur », décrit Cheikh Tidiane Diagne, chercheur assistant au département virologie de l’institut.
Souvent isolé, loin des villes, le camion dispose de batteries qui lui permettent une autonomie de soixante-douze heures, alimentant les appareils d’analyse, un congélateur mais aussi tous les moyens de communication avec l’extérieur : WiFi, GPS, téléphone cellulaire et satellitaire pour les zones les plus enclavées. « Cela permet de donner le plus rapidement possible les résultats des prélèvements aux décideurs, dans les institutions et les ministères, afin qu’ils apportent des réponses immédiates en cas de crise », poursuit M. Diagne.
Panneaux solaires
Comme un baptême du feu, le labo mobile a déjà pu intervenir à Louga, au Sénégal, où sévissait une épidémie de dengue en octobre 2017. Avant lui, les échantillons prélevés sur place auraient été envoyés à l’institut Pasteur de Dakar, à 190 km de là, et les résultats n’auraient pas été obtenus avant deux jours, sans compter les aléas liés au transport et le risque de perdre le contact avec le patient. Grâce à la présence du labo mobile, les premiers résultats ont été obtenus en deux heures.

    
Le laboratoire mobile dans la région de Kédougou, au Sénégal, en 2017.
Crédits : Institut Pasteur


Le prototype tout juste opérationnel, MM. Pauwels et Sall travaillent déjà à la version 2.0. « Nous souhaitons gagner encore en autonomie énergétique pour le prochain modèle, en installant des panneaux solaires et en générant notre propre eau, explique M. Sall. Nous voulons aussi réaliser de l’imagerie et de la prévention. Dans un espace restreint, le défi est l’arbitrage permanent entre nos différents besoins. » 

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Partenaire de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), l’institut Pasteur est souvent sollicité par les pays voisins comme le Mali, la Mauritanie ou la Guinée pour apporter son aide. Le Praesens Mobile Lab permettra donc à l’institution de développer une approche régionale dans la lutte contre les épidémies.


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-6"> ¤ Depuis 2015, la capitale libanaise et ses environs sont confrontés à une grave crise dans la gestion des ordures.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-6"> ¤ 
<article-nb="2018/09/12/19-7">
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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-7"> ¤ Editorial. Dans un rapport publié mardi, la Cour des comptes européenne dénonce les faiblesses de la politique de l’UE en la matière.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-7"> ¤                     
                                                

Pollution de l’air : les négligences coupables de l’Europe

Editorial. Dans un rapport publié mardi, la Cour des comptes européenne dénonce les faiblesses de la politique de l’UE en la matière.



LE MONDE
 |    12.09.2018 à 11h11
 • Mis à jour le
12.09.2018 à 14h46
   





                        



   


Editorial du « Monde ». Après des années d’avertissements sans frais, la Commission européenne a enfin mis ses menaces à exécution : le 17 mai, elle a renvoyé six Etats, dont la France et l’Allemagne, devant la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) parce qu’ils exposent leurs citoyens à des niveaux de pollution excessifs. Quatre mois plus tard, c’est au tour de la Commission de se faire épingler. Dans un rapport au vitriol publié mardi 11 septembre, la Cour des comptes européenne taille en pièces la politique communautaire de lutte contre la pollution de l’air.

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          Pollution de l’air : l’UE ne protège pas assez la santé des citoyens



« La santé des citoyens européens reste insuffisamment protégée », annonce l’institution gardienne des finances de l’UE. A l’origine de 400 000 morts prématurées (dont 48 000 en France) et de centaines de milliards d’euros de coûts de santé chaque année en Europe, la pollution atmosphérique est aujourd’hui considérée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) comme « le plus grand risque environnemental pour la santé des Européens ». Ce n’est visiblement pas encore le cas pour Bruxelles.
Pierre angulaire des politiques européennes, la directive sur la qualité de l’air date de 2008, et les normes sur lesquelles elle repose, vieilles de quinze à vingt ans, sont largement dépassées. Ainsi, la limite d’exposition au dioxyde de soufre fixée par l’UE est plus de six fois supérieure à celle de l’OMS. Pire. Les particules fines PM2,5, les plus dangereuses car elles pénètrent plus profondément dans les voies respiratoires, ne font l’objet d’aucune limite journalière, quand l’OMS recommande de ne pas dépasser 25 µg/m3.
Au stade des promesses
Il est donc urgent que Bruxelles aligne ses normes sur celles de l’OMS. C’est la condition indispensable pour mettre ses citoyens à l’abri. Mais ce n’est pas suffisant : la Commission doit ensuite se donner les moyens de les faire respecter. Or, si l’enveloppe consacrée à l’amélioration de la qualité de l’air a progressé, elle représente toujours moins de 1 % des fonds de cohésion de l’UE. Comme l’appelle de ses vœux la Cour des comptes, la lutte contre la pollution de l’air doit devenir une priorité pour l’ensemble des politiques communautaires : énergie, transports, industrie, agriculture…
En matière de pollution, comme pour le climat, le temps presse. Or, trois ans après le scandale du « dieselgate » et la révélation de la fraude aux moteurs truqués de Volkswagen, les constructeurs automobiles peuvent continuer à commercialiser des voitures émettant des gaz toxiques (les fameux oxydes d’azote) en quantité excessive. Un « permis de polluer » que la maire de Paris, Anne Hidalgo, et ses homologues de Madrid et Bruxelles ont attaqué devant la justice européenne.
Reste que la charge de la Cour des comptes contre Bruxelles ne doit pas déresponsabiliser les Etats. Le Conseil d’Etat a enjoint en juillet 2017 au gouvernement français d’agir « dans les meilleurs délais » contre la pollution. Plus d’un an après, on attend toujours le « plan ambitieux » promis par l’ancien ministre Nicolas Hulot. De même, si la ministre des transports, Elisabeth Borne, a retenu l’augmentation de la part du ferroviaire autour des grandes agglomérations et le soutien au fret ferroviaire et fluvial parmi les cinq priorités du plan d’investissement qu’elle a présenté le 11 septembre, on en reste encore au stade des promesses. Quant au « plan vélo », qui sera présenté vendredi 14 septembre, il permettra de juger si le gouvernement a enfin décidé d’engager effectivement, sur ce point au moins, la lutte contre la pollution de l’air.



                            


                        

                        


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Le Fonds de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme cherche de nouveaux financements

L’institution internationale revendique 27 millions de vies sauvées depuis sa création en 2002.



LE MONDE
 |    12.09.2018 à 10h37
 • Mis à jour le
12.09.2018 à 15h08
    |

            Paul Benkimoun








                        



   


Ce n’est pas un hasard si le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme a choisi de présenter à Paris, mercredi 12 septembre au Quai d’Orsay, les résultats obtenus en 2017. La France accueillera en effet, en octobre 2019 à Lyon, la conférence de reconstitution du Fonds pour la période 2020-2022. Ce choix récompense le pays qui est historiquement le deuxième contributeur, derrière les Etats-Unis, de l’organisation créée en 2002 par les Nations unies.
Selon le Fonds, 27 millions de vies ont été sauvées depuis sa constitution. Il a également permis de renforcer ou d’aider à construire des systèmes de santé « plus pérennes et résistants pour la santé, et a œuvré à l’élimination des freins d’accès à la santé liés aux droits humains », affirme son directeur exécutif, le britannique Peter Sands.
En 2017, 17,5 millions de personnes ont reçu des traitements anti-VIH et 9,4 millions ont bénéficié de programmes de prévention contre cette infection ; 5 millions de patients tuberculeux ont été traités, ainsi que 108 millions de cas de paludisme, et 197 millions de moustiquaires imprégnées d’insecticide distribuées. Le tout en déboursant 4,2 milliards de dollars (3,62 milliards d’euros), et en économisant dans le même temps 205 millions de dollars grâce à des achats groupés.
« Question d’engagement politique »
Ce sont là des réalisations notables, mais « si nous voulons atteindre l’objectif numéro trois des Objectifs du développement durable [visant à l’amélioration de la santé et du bien-être des populations], nous ne pouvons pas nous contenter de continuer comme avant, souligne Peter Sands. Il faut augmenter les ressources, celles des donneurs de même que les ressources domestiques. Dans beaucoup de pays, ces dernières se sont accrues mais elles doivent s’élever encore. C’est une question d’engagement politique. » La question sera au cœur des efforts déployés d’ici à la conférence de reconstitution.

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Pour sa part, la France maintient sa contribution annuelle de 350 millions d’euros, sachant que les sommes cumulées qu’elle a apportées jusqu’à présent atteignent 4,8 milliards d’euros. Le ministère de l’Europe et des affaires étrangères souligne la concordance de vues avec les objectifs et la philosophie du Fonds : renforcer les systèmes de santé, mettre en place une couverture santé universelle, favoriser les soins de base et former un socle de santé cohérent, en s’appuyant sur l’expertise de la France dans ce domaine.
Si le secteur privé a été présent d’emblée, avec notamment la contribution de la Fondation Bill et Melinda Gates (600 millions de dollars pour 2017-2019) qui a un siège au conseil d’administration du Fonds, Peter Sands entend solliciter davantage les entreprises. Plusieurs d’entre elles (Orange, Reckitt Benckiser, Ecobank, Compagnie fruitière notamment) devaient annoncer leur contribution lors de la présentation des résultats.
A peine plus d’un an avant la conférence de reconstitution, la mobilisation est donc lancée afin de poursuivre et d’accroître l’impact des programmes. Elle devra s’accomplir en tenant compte d’une nouvelle phase où, créé pour trois maladies, le Fonds doit s’adapter à une approche intégrée de la santé, en articulant ses interventions avec la lutte contre d’autres pathologies.
« Paquet global »
« Nous devons renforcer les systèmes de santé et cette tâche pourrait tirer profit de ce qui a rendu si extraordinaire la riposte au VIH : l’implication des communautés et des militants, l’utilisation systématique des données pour adapter les programmes, l’attention à l’importance de leur impact », souligne Peter Sands. Mais aussitôt, le directeur exécutif pointe ce qu’il considère comme un défi : comment intégrer la riposte au VIH dans la construction d’une santé globale sans perdre la capacité à se mobiliser, l’énergie et le style direct qui ont caractérisé le travail autour du VIH ?

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« A cela, il n’y a pas de réponse unique, répond M. Sands. Là où nous intervenons déjà pour mettre sur pied une chaîne d’approvisionnement, recueillir des données ou former des travailleurs communautaires, nous le faisons d’une manière qui développe des compétences locales. Et là où nous fournissons des services pour le VIH, cela fait sens de l’intégrer dans un “paquet” global : la prévention contre le VIH chez les jeunes filles et jeunes femmes s’inscrit dans une offre en santé sexuelle et reproductive ; celle en direction des usagers de drogues s’insère dans la réduction des risques liés à l’injection. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-9"> ¤ Villes, régions, entreprises et ONG veulent aiguillonner les Etats lors du sommet mondial pour l’action climatique qui s’ouvre ce 12 septembre.
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Climat  : à San Francisco, une « COP des acteurs non étatiques » contre le réchauffement

Villes, régions, entreprises et ONG veulent aiguillonner les Etats lors du sommet mondial pour l’action climatique qui s’ouvre ce 12 septembre.



LE MONDE
 |    12.09.2018 à 10h25
 • Mis à jour le
12.09.2018 à 18h22
    |

            Corine Lesnes (San Francisco, correspondante)








                        



   


Pas de chefs d’Etat, pas de cadre officiel, mais des milliers d’acteurs de la lutte contre le changement climatique venus d’une centaine de pays. Le sommet mondial pour l’action climatique qui s’ouvre mercredi 12 septembre à San Francisco – premier du genre – se veut la « COP des acteurs non étatiques ». Les participants – villes, régions, coalitions d’entreprises, investisseurs, ONG – entendent être l’aiguillon des Etats, à un moment où le retrait américain de l’accord de Paris a ralenti les ardeurs des cosignataires à remplir les objectifs affichés aux Nations unies.
Ils veulent montrer qu’ils comptent, qu’ils obtiennent des résultats et que la décarbonation de l’économie passe aussi par eux, à l’échelon local. Les acteurs non étatiques « portent le drapeau pendant que les gros pouvoirs, les responsables nationaux, sont somnolents », résume le gouverneur de Californie et hôte du sommet, Jerry Brown.
Objectif 100 % électricité électrique
Le Global Climate Action Summit (GCAS) est coprésidé par Jerry Brown, le responsable chinois de la lutte contre le changement climatique, Xie Zhenhua, l’envoyé spécial de l’ONU pour l’action sur le climat, Michael Bloomberg, le magnat industriel indien Anand Mahindra et la représentante pour la convention-cadre de l’ONU, Patricia Espinosa. Plusieurs ministres de l’environnement sont présents. Pour la France, Nicolas Hulot, démissionnaire, s’est décommandé mais l’ambassadrice des pôles, Ségolène Royal, représente le gouvernement. Anne Hidalgo doit mener la conférence mercredi, en tant que présidente du C40, le groupe lancé en 2005 avec le soutien financier de la fondation philanthropique de M. Bloomberg, et qui réunit maintenant 96 des plus grandes villes du monde.
Dans San Francisco envahie par les sit-in des activistes en position de yoga, pas moins de 350 événements sont prévus en plus de la conférence officielle à laquelle participent 4 500 délégués. Toutes les « stars » de l’écologie sont annoncées, de l’ancien vice-président américain Al Gore à l’ancien secrétaire d’Etat John Kerry, qui a signé l’accord de Paris en décembre 2015 ; de Robert Redford à Alec Baldwin.
Si l’ONU n’est pas maître d’œuvre, elle est omniprésente. Lundi, son secrétaire général, Antonio Guterres, à New York, a solennellement rappelé aux Etats que, s’ils n’agissent pas, « la société civile sera en droit de leur demander des comptes ». « Le monde change sous nos yeux », a-t-il souligné.
L’hyperactif Jerry Brown, gouverneur entré en « résistance » dès le lendemain de l’élection de Donald Trump, et qui depuis multiplie les initiatives sur le plan judiciaire ou législatif pour contrecarrer l’administration républicaine, a donné le ton. Lundi 10 septembre, il a ratifié une loi qui exige que 100 % de l’électricité consommée en Californie provienne de sources « propres » avant 2045 (solaire, éolienne mais aussi nucléaire), contre 32 % actuellement.
Piège de ciment
Seul l’Etat de Hawaï a pris un engagement similaire, mais, pour ce qui est de la Californie, représentant l’équivalent de la 5e économie du monde, l’engagement a été qualifié d’« historique » par les associations, d’autant que cet Etat reste le quatrième des Etats-Unis pour l’exploitation du pétrole et du gaz naturel. Selon le sénateur Kevin de Leon, l’architecte de la loi, les parlementaires ont pris acte de ce que la Californie avait atteint ses objectifs avec quatre ans d’avance et ramené ses émissions sous leur niveau de 1990. Cela tout en maintenant une croissance record. Les énergies renouvelables représentent déjà « dix fois plus d’emplois pour la seule Californie que toutes les mines de charbon des Etats-Unis », a-t-il souligné.
Le gouverneur ne s’en est pas tenu là. Par un décret, qui n’avait pas été annoncé, il a ordonné non seulement de ramener l’ensemble des émissions à zéro d’ici à 2045 mais de retirer, à partir de l’année suivante, plus de gaz à effet de serre de l’atmosphère que l’Etat n’en rejette. Cet objectif a surpris les écologistes mais il est considéré comme incitant à l’innovation. A titre expérimental, le Golden State explore la possibilité d’utiliser les algues pour absorber les gaz ou de les emprisonner dans du ciment.

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Le camp anti-Trump espère faire la démonstration que l’autre Amérique est toujours fidèle aux engagements prévus dans l’accord de Paris. Que ce soit au niveau des financiers qui s’engagent pour le climat, comme les 392 qui doivent annoncer à San Francisco la création d’un « Investor Agenda » ; au niveau des entreprises comme le géant de l’assurance santé Kaiser Permanente, qui promet de devenir « neutre en carbone » en 2020 ; ou encore des 3 000 Etats et villes des Etats-Unis réunis dans l’alliance America’s Pledge, un réseau créé le lendemain de l’annonce du retrait de l’accord de Paris, en juin 2017.
L’association a publié mercredi une analyse des efforts des entités sous-étatiques aux Etats-Unis, à mi-chemin du bilan de l’objectif américain fixé dans l’accord de Paris d’atteindre de 26 à 28 % de réduction des émissions par rapport à 2005 avant 2025. L’étude montre que « les engagements actuels du gouvernement et de l’économie réelle, combinés avec les forces du marché, ramèneront les émissions à 17 %, soit deux tiers de l’objectif original ».
« Le travail lourd »
Quelle est la portée des engagements des acteurs non étatiques ? Les organisateurs mettent en avant une série de domaines où les autorités locales sont clés, comme la réglementation des constructions ou le recyclage des déchets – avant même le sommet, 23 villes, dont Paris, Durban, Tokyo et Vancouver, ont décidé de réduire de 15 % le volume des déchets généré par chaque citoyen d’ici à 2030.
Pour l’agence de l’ONU pour l’environnement, qui a publié le 10 septembre une étude quantifiant pour la première fois l’apport des initiatives internationales émanant de 7 000 villes dans 133 pays, et 6 000 entreprises, « les villes, les Etats, la société civile et le secteur privé ont le potentiel pour dépasser des objectifs ». Mais le rapport indique aussi que nombre d’engagements annoncés n’ont pas encore eu d’impact. « Nous avons absolument besoin des gouvernements nationaux pour faire le travail lourd », a indiqué Angel Hsu, climatologue à Yale, l’une des coauteurs de l’étude. Jerry Brown en convient, estimant que « nous sommes encore au camp de base du mont Everest ».



                            


                        

                        


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Un an après le passage d’Irma, Saint-Martin et Saint-Barth se relèvent peu à peu

L’ouragan est devenu la catastrophe naturelle la plus coûteuse de l’histoire de l’outre-mer, après avoir fait 11 morts dans les territoires français en septembre 2017.



LE MONDE
 |    12.09.2018 à 10h23
 • Mis à jour le
12.09.2018 à 10h50
   





                        



Le 12 septembre 2017, l’ouragan Irma se dissipait et laissait les habitants de Saint-Martin et Saint-Barthélemy découvrir, comme une grande partie des Caraïbes, les ravages commis par des vents ayant atteint 287 km/h. Un an plus tard, la reconstruction se poursuit sur les deux îles, mais le traumatisme est toujours là.
Selon le bilan officiel, 11 personnes ont été tuées dans l’ouragan sur les territoires français des deux îles – quatre personnes sont également mortes dans la partie néerlandaise de Saint-Martin. La catastrophe naturelle a endommagé, à des degrés divers, 95 % du bâti des deux îles.
D’une intensité sans précédent pour l’Atlantique, Irma a dévasté une grande partie des Caraïbes, avant de poursuivre sa course vers Cuba et la Floride. Il a fait 134 morts et des dégâts considérables.
Pour les deux territoires français, le coût des dommages est estimé à 3 milliards d’euros, dont près de deux pour les biens assurés. Ecoles, gendarmerie, caserne des pompiers ou encore préfecture ont été détruites, tout comme les ports et aéroports.

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Une rentrée scolaire difficile à Saint-Martin
Les vingt établissements scolaires que comptait l’île de Saint-Martin ont tous été fortement endommagés et trois d’entre eux entièrement détruits par le passage de l’ouragan. Près de 10 millions d’euros ont été dégagés dans le budget de la collectivité afin de procéder aux réparations et reconstructions.
Sur 32 millions d’euros de travaux, l’Etat a versé 15 millions d’euros à Saint-Martin. « On essaie de dépenser ce qui nous a été donné », assure M. Gibbs, dont la collectivité fait face à un manque d’ingénierie, mais « les besoins sont considérables ».
Un an après Irma, les effectifs scolaires ont baissé de 1 329 élèves à Saint-Martin par rapport aux prévisions de la rentrée 2017. De nombreuses familles ont quitté l’île après Irma, et scolarisé leurs enfants soit en Guadeloupe ou Martinique, soit dans l’Hexagone.
Pour Daniel Gibbs, président de la collectivité de Saint-Martin, ces chiffres « ne sont pas si mauvais que ça », et malgré les départs, de nouvelles familles sont arrivées, accompagnant les professionnels venus reconstruire le territoire.
« Notre objectif était que les élèves puissent reprendre les cours en toute sécurité », insiste M. Gibbs, mais « toutes les structures ont souffert, et il est clair que des sections n’ouvriront pas à la rentrée », explique-t-il à l’Agence France-Presse.
« La reconstruction est quasiment réglée »
A Saint-Barthélemy les stigmates sont désormais peu visibles. « La reconstruction est quasiment réglée et la saison touristique va pouvoir se dérouler dans des conditions excellentes », assure Philippe Gustin, délégué interministériel à la reconstruction.
L’île connaît cependant une grave crise du logement. La reconstruction a été en partie freinée par le retard des assureurs, notamment en raison des difficultés pour les experts à se rendre dans l’île après l’ouragan. Selon la Fédération française des assurances, désormais « 95 % des dommages ont été indemnisés en tout ou partie et 1 260 millions d’euros ont été versés, soit 67 % du coût total estimé ».

   


« Beaucoup ont attendu l’argent de l’assurance, et maintenant certains hésitent à se lancer dans des travaux à l’approche de la nouvelle saison cyclonique », explique le président de la collectivité de Saint-Martin, Daniel Gibbs. Autres freins, le difficile acheminement des matériaux et le manque de main-d’œuvre qualifiée, dans un secteur du BTP débordé.
L’île, qui concentre une population aux ressources financières limitées – avec seulement 40 % de propriétaires assurés – et une immigration massive, reste fragile et la reconstruction n’empêche pas des situations encore précaires.
« Le cyclone a permis de révéler toute une frange de la population en précarité », souligne Jean-Christophe Combe, directeur général de la Croix-Rouge, qui accompagne les familles et les prépare à « mieux se protéger, parce que le phénomène est amené à se répéter ».



                            


                        

                        


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L’exploitation du gaz de schiste reprend au Royaume-Uni

Après une bataille de sept ans contre les populations locales et les écologistes, la première fracturation hydraulique du pays depuis 2011 va commencer.



LE MONDE
 |    12.09.2018 à 10h13
 • Mis à jour le
12.09.2018 à 10h31
    |

            Eric Albert (Preston (Angleterre), envoyé spécial)








                        



                                


                            

Une quarantaine de militants sont rassemblés, en cette journée de fin août, entre le centre de la route nationale A583 et la chaussée. Camions et voitures scindent régulièrement en deux la petite foule, qui écoute attentivement l’orateur venu sur place. « Ici se trouve la ligne de front où se joue l’avenir de notre pays », lance John Ashton, un ancien diplomate chargé du changement climatique au ministère des affaires étrangères britannique entre 2006 et 2012.
En guise d’armée pour cette bataille, l’assemblée disparate est constituée essentiellement d’habitants locaux grisonnants. Le champ de bataille n’est guère plus impressionnant : il s’agit d’une grande prairie avec quelques infrastructures peu visibles au centre, située à Preston, près de Blackpool, dans le nord-ouest de l’Angleterre. A quelques encablures de là, une douzaine de policiers assis dans un fourgon surveillent la scène d’un œil distrait.
L’enjeu est pourtant majeur. Ici, dans les jours qui viennent, l’industrie du gaz de schiste va mener la première fracturation hydraulique du Royaume-Uni depuis sept ans. Après de longues guérillas politiques, juridiques et d’opinion publique, l’entreprise Cuadrilla est sur le point de lancer l’exploration de ses réserves. Les deux forages horizontaux, profonds d’un peu plus de deux kilomètres et longs d’environ 800 mètres, sont déjà réalisés. Il reste à y injecter un mélange à très haute pression d’eau et de produits chimiques pour briser la roche. Sans donner de date exacte, l’entreprise a promis qu’elle commencerait avant la fin septembre.

« Personne ne pensait que cela prendrait autant de temps »
« Il faut arrêter Cuadrilla, insiste M. Ashton. Pour le bien des gens qui vivent ici, mais aussi pour celui du pays. Si l’entreprise gagne ici, il risque d’y avoir de l’exploitation de gaz de schiste dans tout le pays. » Laura Hughes, directrice commerciale de Cuadrilla, est moins hyperbolique, mais reconnaît...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-12"> ¤ Le tribunal administratif de Toulouse a tranché en faveur de la commune de Blagnac, qui a publié un arrêté interdisant à Enedis de changer un compteur sans l’accord du propriétaire.
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Compteurs Linky : les propriétaires auront le droit de refuser l’accès à leur logement

Le tribunal administratif de Toulouse a tranché en faveur de la commune de Blagnac, qui a publié un arrêté interdisant à Enedis de changer un compteur sans l’accord du propriétaire.



LE MONDE
 |    12.09.2018 à 09h04
 • Mis à jour le
12.09.2018 à 14h59
   





                        



   


C’est une première. Mardi 11 septembre, le tribunal administratif de Toulouse a confirmé le droit des habitants de Blagnac de refuser l’accès à leur logement pour la pose d’un compteur Linky, ainsi que la transmission des données collectées par le compteur, selon France 3 Occitanie.
Le maire de cette commune, Joseph Carles, avait en effet pris un arrêté, le 16 mai, réglementant la pose des compteurs Linky par Enedis. Il voulait garantir à ses habitants la liberté d’accepter ou de refuser, sans pression, l’accès à leur logement ou à leur propriété, ainsi que la transmission des données collectées.
Refus par lettre simple
Comme plus de 600 autres communes, d’après un décompte réalisé par un site anti-Linky, le maire de Blagnac s’était appuyé sur les directives de la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) relatives au traitement des données de consommation détaillée pour justifier cet arrêté. Il permettait aussi à l’usager de stipuler son refus par lettre simple à Enedis.
Mais à la suite de cet arrêté, le préfet avait saisi le tribunal administratif en référé. Celui-ci a donc tranché en faveur de la commune, confirmant la liberté de choix des usagers.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-13"> ¤ 1,7 million de personnes sont concernées par des ordres d’évacuation. L’ouragan, classé en catégorie 4, devrait toucher jeudi la côte est des Etats-Unis.
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Ouragan Florence : des milliers d’Américains de la côte Est fuient

1,7 million de personnes sont concernées par des ordres d’évacuation. L’ouragan, classé en catégorie 4, devrait toucher jeudi la côte est des Etats-Unis.



LE MONDE
 |    12.09.2018 à 02h25
 • Mis à jour le
12.09.2018 à 17h21
   





                        



   


Supermarchés pris d’assaut, fenêtres calfeutrées et longues files de voitures : la population d’une vaste partie de l’est des Etats-Unis se préparait, mardi 11 septembre, à l’arrivée de Florence, un ouragan potentiellement dévastateur attendu avec des vents extrêmement violents et des pluies diluviennes.
Les opérations d’évacuation concernent 1,7 million de personnes en Caroline du Sud, en Caroline du Nord et en Virginie. Ces trois Etats sont les plus menacés par Florence, qui progresse vers l’ouest et le nord-ouest à une vitesse de 28 km/h et devrait atteindre jeudi les côtes américaines, selon le Centre national des ouragans (NHC).
Mais l’ouragan, classé mardi en catégorie 4 (sur 5) sur l’échelle de Saffir-Simpson, avec des vents atteignant 220 km/h, pourrait sévir jusqu’en Pennsylvanie, a mis en garde l’Agence fédérale de gestion des situations d’urgence (FEMA). « C’est un ouragan puissant qui va frapper les côtes de Caroline comme les habitants n’en ont pas vu depuis des décennies », a affirmé Jeffrey Byard, un responsable de la FEMA à Washington. Ils doivent s’attendre à des coupures d’électricité, des destructions de bâtiments, de routes et de ponts, ainsi qu’à des inondations d’envergure, des dégâts qui peuvent « potentiellement faire des victimes », a-t-il averti.
Boeing suspend ses activités

   


Wilmington, célèbre station balnéaire de Caroline du Nord qui compte un peu plus de 100 000 habitants, devrait être l’une des premières villes touchée et se préparait à l’impact. Les commerces et les habitations étaient calfeutrés derrière des planches de bois, les supermarchés étaient vidés et les pompes à essence étaient à sec.
A l’approche de l’ouragan, l’entreprise Boeing a suspendu mardi les activités de son usine en Caroline du Sud, où elle assemble ses gros-porteurs 787 Dreamliner, a annoncé une porte-parole. Avant que les employés n’évacuent les installations de l’avionneur américain, Boeing a transporté plusieurs 787 Dreamliner vers un aéroport situé près de son usine à fuselage à Everett, dans l’Etat de Washington, au nord de Seattle.
En Virginie, près d’un millier de détenus ont été transférés dans une prison de l’intérieur de l’Etat. Mais en Caroline du Sud, un millier d’autres vont rester dans leur centre de détention « pour leur sécurité », selon les médias locaux citant un porte-parole des services pénitentiaire.

   


Washington en état d’alerte
Après les trois Etats côtiers et le Maryland, la capitale fédérale Washington a également déclaré l’état d’urgence, redoutant les précipitations portées par l’ouragan qui pourraient provoquer des crues soudaines alors que les sols sont déjà gorgés d’eau après plusieurs jours de pluie. Le Potomac, qui longe la capitale fédérale, était déjà en crue mardi et inondait la vieille ville d’Alexandria, en Virginie, où les autorités ont fourni des sacs de sable aux habitants pour se protéger de la montée des eaux.

   


« Nous n’avons jamais été aussi prêts » pour affronter l’ouragan, a assuré le président américain Donald Trump après avoir été informé des mesures mises en place. « Il est terriblement gros, terriblement humide, un niveau d’eau terrible », a-t-il ajouté depuis le bureau Ovale.
Le Centre national des ouragans a mis en garde contre une « montée des eaux potentiellement mortelle sur les côtes » de Caroline du Nord et du Sud, jusqu’à la baie de Chesapeake, dans le sud du Maryland. Les autorités s’attendent à des inondations majeures, avec des montées d’eau de 35 à 50 cm, et à des crues à l’intérieur des terres jusqu’en début de semaine prochaine. Entre août et septembre 2017, les trois puissants ouragans Harvey, Irma et Maria avaient causé la mort de milliers de personnes et provoqué des milliards de dollars de dégâts dans les Caraïbes et le sud-est des Etats-Unis.

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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-14"> ¤ La Martinique, la Guadeloupe, Saint-Barthélemy et Saint-Martin se préparent à affronter mercredi ou jeudi une tempête à la trajectoire et à l’intensité incertaines.
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Les Antilles en alerte orange à l’approche de la tempête Isaac

La Martinique, la Guadeloupe, Saint-Barthélemy et Saint-Martin se préparent à affronter mercredi ou jeudi une tempête à la trajectoire et à l’intensité incertaines.



LE MONDE
 |    12.09.2018 à 01h29
 • Mis à jour le
12.09.2018 à 07h00
   





                        



   


L’alerte orange pour cyclone a été déclenchée mardi 11 septembre en Martinique, en Guadeloupe et dans les îles de Saint-Barthélemy et Saint-Martin, à l’approche de la tempête tropicale Isaac, ont annoncé les préfectures de Guadeloupe et Martinique. En prévision, les établissements scolaires, crèches et centres de loisirs fermeront mercredi en fin de matinée, ont précisé les deux préfectures.
Alors que plus au nord, l’ouragan Florence, classé en catégorie 4, menace la côte est des Etats-Unis où la ville de Washington et trois Etats ont été placés en état d’alerte, Isaac a été rétrogradé mardi en tempête tropicale. Il était auparavant classé comme ouragan de catégorie 1. Près d’un an après le passage dévastateur de l’ouragan Irma, de catégorie 5, qui a notamment fait onze morts à Saint-Martin, la trajectoire et surtout l’intensité d’Isaac restaient encore incertaines à l’approche des Antilles.
La tempête tropicale se trouve à environ à 1 000 km des Antilles, selon Météo France. « Isaac continue de se rapprocher de nos côtes et constitue une menace pour l’arc des petites Antilles, qu’il devrait aborder entre mercredi et jeudi au stade de tempête tropicale forte », a expliqué la préfecture de Guadeloupe dans un communiqué. « Des vents forts, pouvant atteindre 150 km/h et des pluies très abondantes » devraient affecter les îles « dans la nuit de mercredi 12 à jeudi 13 septembre ou dans la matinée de jeudi 13 », a confirmé la préfecture de Martinique.
Incertitude
« L’incertitude sur les prévisions de trajectoire et d’intensité de ce phénomène cyclonique reste supérieure à la normale. Il n’est donc pas possible actuellement de préciser explicitement les territoires les plus menacés, même si une probabilité plus grande concerne la zone située entre la Martinique et la Guadeloupe », ajoute la préfecture de Guadeloupe.
Depuis lundi, les Antilles se préparent. A Saint-Martin, dans les rayons du seul supermarché de la partie française, « ce n’est pas encore la cohue mais les Caddies sont plein d’eau et de conserves… Cela incite à faire de même car on a peur de manquer », a déclaré une cliente.
En Guadeloupe, dans un hypermarché de Baie-Mahault, Pauline Castanier, jeune maman de Petit-Bourg, a acheté un paquet de couches et huit packs d’eau, car « après Maria, on n’avait pas eu d’eau pendant une semaine. Cette fois on prend plus les devants ». En Martinique, les rayons d’eau minérale ont été pris d’assaut lundi, au point que certaines enseignes se sont retrouvées vides.

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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-15"> ¤ Le bateau « Ocean CleanUp », qui doit tester un nouveau système de collecte de déchets en plastique dans l’océan Pacifique, a pris la mer samedi 8 septembre de la baie de San Francisco.
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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-16"> ¤ Des pesticides naturels à base de micro-algues permettraient de lutter contre le mildiou, la bête noire des viticulteurs.
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Des micro-algues pour soigner les vignes

Des pesticides naturels à base de micro-algues permettraient de lutter contre le mildiou, la bête noire des viticulteurs.



LE MONDE
 |    11.09.2018 à 15h39
 • Mis à jour le
11.09.2018 à 15h47
    |

                            Julia Zimmerlich








                        



   


Sous l’œil, au microscope, c’est un bal de cellules dorées. Ces micro-algues, pas plus grandes que 10 microns, pourraient bientôt venir en aide aux viticulteurs pour lutter contre le mildiou, le botrytis et autres champignons.
Depuis trois ans, une équipe de recherche de la start-up Immunrise Biocontrol travaille sur le développement d’un bio-pesticide capable de repousser les maladies de la vigne et de stimuler les défenses de la plante. Comme eux, de nombreuses équipes de recherche dans le monde travaillent à l’élaboration de solutions d’origine naturelle pour remplacer les produits phytosanitaires. Des produits dits de « biocontrôle » homologués existent déjà, mais la plupart utilisent comme co-formulant du cuivre, qui n’est pas dégradable et se concentre dans les sols. Et surtout, aucun n’est capable aujourd’hui de rivaliser d’efficacité avec les produits chimiques. Le bio-pesticide idéal n’a pas encore été inventé. Mais de nombreux scientifiques travaillent dans cette direction.
« Il leur a fallu quinze ans de recherche, mais ils ont trouvé une solution naturelle »
Les viticulteurs ont déjà relevé le défi à la fin du XIXe siècle pour faire face à l’invasion de phylloxera, qui détruit alors tout le vignoble français. A l’époque, quelques vignes américaines résistent à la petite araignée : des chercheurs ont alors l’idée de faire des porte-greffe (assembler un pied de vigne américaine résistante avec le greffon d’un cépage local). « C’était déjà du biocontrôle, commente Laurent De Crasto, co-fondateur d’Immunrise Biocontrol. Il leur a fallu quinze ans de recherche, mais ils ont trouvé une solution naturelle. Aujourd’hui, nos sols sont gorgés de phylloxera et on ne traite pas pour autant. Nos vignes sont devenues résistantes. C’est important que les politiques et les acteurs économiques comprennent que le biocontrôle, ce n’est pas un rêve. C’est au contraire une solution très puissante. »

   


C’est son associé, Lionel Navarro, directeur de recherche à l’Institut de biologie de l’ENS, qui a l’intuition de chercher la perle rare parmi 200 souches de microalgues. Les micro-algues sont ensuite élevées à la lumière naturelle dans des petites piscines dans le laboratoire de Pessac, près de Bordeaux. « Ces algues ont la particularité de sédimenter, détaille Yann Thomas, ingénieur production. Tous les jours, je viens racler le fond de la piscine pour récupérer les micro-algues. Cela donne ensuite une pâte que l’on stabilise avec de l’éthanol. »
En laboratoire, la micro-algue a fait ses preuves pour bloquer le champignon. Reste à passer l’épreuve de la réalité du champ. Les premiers tests ont été réalisés en 2017 sur 1 000 m2 de vignes de Christophe Brandy, producteur de Cognac en Charente. Depuis dix ans, ce vigneron s’est attelé à réduire l’utilisation des pesticides, et affirme en consommer jusqu’à 50 % de moins que ses collègues charentais. Le vigneron s’est d’abord équipé d’une station météo, assortie d’un outil de modélisation des maladies qui lui permet de diminuer considérablement les doses de produits phytosanitaires en fonction des conditions observées. La première année l’utilisation de la solution à base de micro-algues d’Immunrise s’est avérée encourageante. « J’ai pu observer les mêmes effets que sur mes rangs traités avec des molécules de synthèse », affirme-t-il.
Une année difficile avec grêle et pluie
En 2018, des tests sont menés dans une dizaine de châteaux du Bordelais et de Charente. Mais l’année a été particulièrement difficile, remarque Laurent de Crasto : « Un épisode de grêle a éliminé plusieurs châteaux du test. Et les épisodes de pluie étaient si fréquents que les viticulteurs, qu’ils soient en conventionnel ou en bio, ont eu du mal à suivre le rythme des traitements. » Dans le Bordelais, les exploitations accusent une perte de 20 % de la récolte, directement liée au mildiou. « Mêmes les vignes traitées avec les produits phytosanitaires n’ont pas résisté. » Pour Immurise, les résultats de l’année 2018 ne sont pas encore définitifs, mais ils montrent que des ajustements sont encore nécessaires.
Dans tous les cas, Immurise peut compter sur des viticulteurs enthousiastes à l’idée de trouver des traitements plus naturels. « Les viticulteurs étaient le maillon manquant pour accélérer la recherche de produits de biocontrôle, juge le viticulteur Christophe Brandy. Nous sommes de plus en plus nombreux à vouloir mener des tests. Nous n’avons rien à perdre et nous pouvons dire tout de suite si ca marche ou pas. »
Reste à confirmer les bons résultats de la première année, et surtout de trouver les fonds nécessaires pour tenir dans la durée. Aujourd’hui, les start-up œuvrant dans le domaine des bio-pesticides sont soumises aux mêmes processus d’homologation que les produits phytosanitaires – les délais atteignent jusqu’à six ans. Un frein indéniable à l’émergence de ces solutions plus respectueuses de l’environnement.
Les bio-pesticides et l’utilisation des ressources des océans seront l’une des grandes thématiques abordées lors du Festival de l’innovation Novaq.
Les 13 et 14 septembre, la région Nouvelle-Aquitaine, en partenariat avec « Le Monde », organise deux jours de débats, conférences, pitchs et ateliers au H14, à Bordeaux.
Scientifiques, experts, entrepreneurs échangeront autour de trois grands thèmes : le cerveau, l’espace et l’océan. Fil rouge de cette édition : l’innovation au service de l’humain.
Programme et inscriptions ici



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-17"> ¤ Dans une tribune au « Monde », l’ancien ministre défend, pour les apiculteurs, un modèle agricole plus rémunérateur et respectueux de l’environnement, alternatif à l’industrialisation agrochimique d’un produit devenu un enjeu du commerce mondialisé.
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Arnaud Montebourg : « Exiger du miel made in France »

Dans une tribune au « Monde », l’ancien ministre défend, pour les apiculteurs, un modèle agricole plus rémunérateur et respectueux de l’environnement, alternatif à l’industrialisation agrochimique d’un produit devenu un enjeu du commerce mondialisé.



LE MONDE
 |    11.09.2018 à 14h00
    |

Arnaud Montebourg (Ancien ministre, cofondateur du label Bleu Blanc Ruche)







                        



                                


                            
Tribune. Le miel n’est plus seulement ce nectar fabuleux façonné par les enzymes des abeilles, qui fait tant rêver les hommes depuis des siècles. Il est une matière première agricole qui s’échange sur les marchés mondialisés et dont le contrôle est devenu un enjeu de souveraineté alimentaire. Pourquoi ? Parce que les abeilles productrices de miel sont les premiers agents pollinisateurs de l’agriculture ; elles assurent, avec les autres insectes, la reproduction de 75 % des plantes cultivées dans le monde par l’homme : 35 % des ressources alimentaires dépendent donc directement des insectes, et pour la plus large part des abeilles.
la dévalorisation du miel sur les marchés mondialisés porte atteinte au revenu et à la vitalité des apiculteurs
La chute des colonies d’abeilles entraînerait celle de la production agricole et la perte progressive de notre capacité alimentaire. L’Europe est sur cette pente dangereuse, car, selon une étude approfondie de l’université de Reading (Royaume-Uni), à laquelle a notamment participé l’Institut national de la recherche agronomique, il manquerait l’équivalent de treize millions de colonies en Europe (« Agricultural Policies Exacerbate Honeybee Pollination Service Supply-Demand Mismatches Across Europe », Tom D. Breeze et alii, PloS One, 8 janvier 2014).
Cette mortalité est liée à l’apparition de nouveaux fléaux sanitaires (maladies, parasites, prédateurs), à la présence de polluants toxiques dans l’environnement, liés à l’agrochimie, ainsi qu’à la transformation des paysages, qui fait reculer les milieux naturels. Mais cette mortalité des abeilles a aussi une cause économique directe et trop peu connue : la dévalorisation du miel sur les marchés mondialisés porte atteinte au revenu et à la vitalité des apiculteurs. Lorsque les cours du miel chutent, les apiculteurs disparaissent, parce qu’ils ne gagnent plus leur vie.
Concurrence mondiale déloyale
Ce phénomène mondial s’est révélé...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-18"> ¤ L’émission de ce soir montre comment les industriels préfèrent culpabiliser le consommateur, plutôt que remettre en question leurs modèles.
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« Cash Investigation » et le double discours des industriels sur le recyclage du plastique

L’émission de ce soir montre comment les industriels préfèrent culpabiliser le consommateur, plutôt que remettre en question leurs modèles.



LE MONDE
 |    11.09.2018 à 13h38
 • Mis à jour le
11.09.2018 à 19h33
    |

            Patricia Jolly








                        



   


Le plastique, c’est increvable. C’est sa principale qualité mais pas son moindre défaut, on en produit 10 tonnes chaque seconde dans le monde et l’addiction que nous avons développée à son endroit depuis sa généralisation dans les années 1950 a des conséquences désastreuses tant pour l’environnement que pour notre santé.
Pour traiter ce sujet très en vogue, le numéro de rentrée de « Cash Investigation » – intitulé « Plastique, la grande intox » et diffusé mardi 11 septembre à 21 heures sur France 2 – ne se limite pourtant pas à ce constat simpliste. Au-delà des images-chocs d’une nature défigurée partout dans le monde par les déchets de plastique, le reportage de Sandrine Rigaud s’attache surtout à démontrer avec quel génie les industriels ont opté pour une culpabilisation du consommateur, plutôt que pour une remise en question de leurs modèles économiques ultraproductivistes et hautement lucratifs.
Mensonges, objectifs chiffrés qu’ils ne se soucient en rien d’atteindre, habile lobbying… les plus gros producteurs de plastique qui se targuent d’être vertueux et présentent le recyclage comme la panacée brassent en réalité beaucoup d’air. Rois de la duplicité, ils fabriquent toujours plus de plastique, n’ont pas l’intention de lever le pied et financent sans vergogne des associations de nettoyage – qui répugnent à le reconnaître –, ou des campagnes de « sensibilisation » du public.

        En un graphique :
         

          La France, mauvaise élève du recyclage des emballages plastique



Stratégies opposées aux promesses
La Coca-Cola Company, qui vend chaque année 120 milliards de bouteilles en plastique - soit 4000 chaque seconde - sur la planète tout en prônant un monde sans déchets à l’horizon 2030, en prend pour son grade. A cette date, en théorie, chaque bouteille de Coca devra être composée de 50 % de plastique recyclé, mais cet objectif a tout du vœu pieu. Alors qu’en 2008 la firme s’était engagée à mettre 25 % de plastique recyclé dans ses bouteilles dès 2015, un responsable d’usine de recyclage finit par reconnaître auprès de la présentatrice Elise Lucet qu’elles n’en contiennent guère que 7 % aujourd’hui, comme indiqué par Greenpeace.
« Cash » a également mis la main sur un document interne de la multinationale Coca datant de 2016 qui illustre à merveille le double discours de la firme. Il dévoile notamment des stratégies radicalement opposées à ses promesses de communication, et visant à s’opposer aux politiques de réglementation – notamment en matière de ... lutte contre le taux de l’augmentation du taux de collecte et de recyclage, d’interdiction de la caféine ou de publicité touchant les enfants. Acculé, Michael Goltzman, un des vice-présidents communicants de la firme, répète, tel un disque rayé, que ces informations – pourtant récentes – que ce « vieux document » ne reflète plus la stratégie de l’entreprise, décidément bien versatile.
Une autre séquence marquante révèle enfin que, le tri industriel étant insuffisamment efficace, certaines substances dangereuses pour la santé et l’environnement – comme les retardateurs de flamme bromés, présents dans nombre de produits électriques – sont recyclés de manière impropre et en contravention avec la législation.

        Notre série « Contaminations » :
         

          L’océan Pacifique, cimetière de milliards de microplastiques







                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-19"> ¤ Une quarantaine de vaches vont être installées d’ici à la fin de 2018 dans une ferme flottante quasi autosuffisante dans le port de Rotterdam.
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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-20"> ¤ 821 millions de personnes sont sous-alimentées ou en manque chronique de nourriture, selon la FAO.
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Sécheresses, inondations… le choc climatique aggrave la faim dans le monde

821 millions de personnes sont sous-alimentées ou en manque chronique de nourriture, selon la FAO.



LE MONDE
 |    11.09.2018 à 11h00
 • Mis à jour le
11.09.2018 à 16h50
    |

            Rémi Barroux








                        



                                


                            
Sécheresses en Afrique, inondations et tempêtes en Asie… Les dérèglements climatiques de plus en plus nombreux et intenses affectent la capacité des populations à se nourrir, et menacent les progrès qui avaient été réalisés dans la lutte contre la faim dans le monde depuis le début des années 2000, constate l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), dans un rapport publié mardi 11 septembre. Avec les conflits et les crises économiques, la « variabilité du climat » et ses phénomènes extrêmes sont une des principales causes de la sous-nutrition et de l’insécurité alimentaire dans le monde, selon la FAO.
Or le nombre d’habitants de la planète souffrant de la faim est en progression pour la troisième année d’affilée, et retrouve son niveau d’il y a dix ans. « Le nombre total de personnes sous-alimentées est passé de 804 millions en 2016 à près de 821 millions en 2017 », avance l’étude, publiée avec le concours du Fonds international de développement agricole, de l’Unicef, du Programme alimentaire mondial et de l’Organisation mondiale de la santé.

L’objectif de développement durable (ODD) numéro 2, « faim zéro » à l’horizon 2030, adopté en septembre 2015 par les Nations unies, apparaît donc inatteignable. Au nombre de dix-sept, les ODD visent à assurer un avenir durable pour tous, et concernent l’éducation, la santé, l’agriculture, la lutte contre la pauvreté, l’énergie, l’eau… « Nous sommes extrêmement préoccupés, déclare Dominique Burgeon, directeur de la division des urgences à la FAO. On craignait l’an dernier que cette évolution ne devienne une tendance. Nos craintes se sont révélées exactes. » 
« Il faut promouvoir des solutions de long terme »
Le message tombe à la veille de la 73e session de l’Assemblée générale des Nations unies, qui s’ouvrira à New York le 18 septembre. La FAO appelle à des...




                        

                        

