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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-1"> ¤ L’objectif du gouvernement est de supprimer 120 000 postes dans l’ensemble de la fonction publique au cours du quinquennat.
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2 000 postes de fonctionnaire supprimés au ministère de l’action et des comptes publics en 2019

L’objectif du gouvernement est de supprimer 120 000 postes dans l’ensemble de la fonction publique au cours du quinquennat.



LE MONDE
 |    12.09.2018 à 17h07
 • Mis à jour le
12.09.2018 à 17h40
   





                        


Le secrétaire d’Etat chargé de la fonction publique, Olivier Dussopt, a annoncé mercredi 12 septembre qu’environ 2 000 postes seraient supprimés en 2019 au ministère de l’action et des comptes publics en 2019.
L’objectif d’une réduction de 120 000 postes dans l’ensemble des trois composantes de la fonction publique au cours du quinquennat, fixé par Emmanuel Macron lors de la campagne présidentielle, a été rappelé par le secrétaire d’Etat.

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Le premier ministre, Edouard Philippe, avait déjà précisé en août que 4 500 postes seraient supprimés dans la fonction publique d’Etat en 2019, et plus de 10 000 en 2020.
Négociation sur l’égalité entre femmes et hommes
Le secrétaire d’Etat a par ailleurs annoncé vouloir conclure la négociation sur l’égalité entre les femmes et les hommes dans la fonction publique, qui s’est ouverte lundi, « d’ici au 15 novembre ».
Il a évoqué des « mesures contraignantes », notamment pour permettre de réduire l’écart de rémunération entre hommes et femmes parmi les agents, qui était de 13,1 % en 2015.
L’accord visera aussi à « neutraliser les effets » de la « maternité et la parentalité sur le déroulement d’une carrière » et devra « élargir la liste des emplois assujettis à l’obligation de nomination équilibrée », imposant un taux minimal de personnes de chaque sexe, a-t-il dit.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-2"> ¤ La conférence intergouvernementale sur la biodiversité marine, ouverte depuis le début du mois de septembre, doit absolument aboutir à un accord « contraignant » sur les ressources génétiques, souligne Valérie Wyssbrod, spécialiste du droit de la mer, dans une tribune au « Monde ».
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« Les ressources génétiques marines, très prometteuses tant socialement que financièrement »

La conférence intergouvernementale sur la biodiversité marine, ouverte depuis le début du mois de septembre, doit absolument aboutir à un accord « contraignant » sur les ressources génétiques, souligne Valérie Wyssbrod, spécialiste du droit de la mer, dans une tribune au « Monde ».



LE MONDE
 |    12.09.2018 à 17h05
 • Mis à jour le
12.09.2018 à 18h06
    |

Valérie Wyssbrod (Docteur en droit, spécialiste du droit de la mer)







                        



                                


                            

Tribune. L’avenir des ressources génétiques marines est au cœur des discussions qui ont commencé le 4 septembre à New York, au siège de l’ONU, en vue d’élaborer un texte sur la conservation et l’utilisation durable de la biodiversité marine.
Les ressources génétiques marines, ces petites briques qui composent les êtres vivants océaniques (animaux, plantes, champignons, bactéries et virus) sont utilisées depuis une cinquantaine d’années pour développer de nouveaux produits. Ces ressources permettent, entre autres, de mettre au point de nouveaux médicaments pour combattre les cancers, de développer des plastiques biodégradables dans l’eau de mer ou encore d’aider à remédier à des pollutions. Les entreprises biotechnologiques qui investissent le domaine ne s’y sont pas trompées, ces ressources sont très prometteuses tant socialement que financièrement.
A une distance de 200 milles marins
Le nouvel instrument juridique international sera applicable aux ressources génétiques qui sont issues des « zones ne relevant pas de la juridiction nationale ». Où se trouvent ces zones ? Au large des côtes, chaque Etat a le droit souverain de disposer de ses propres ressources. Au-delà, c’est-à-dire à une distance de 200 milles marins (environ 370 km) des côtes, se trouvent ces zones ne relevant pas de la juridiction nationale. Il s’agit de la haute mer, ainsi que des fonds marins. A qui appartiennent ces ressources et peut-on s’en servir gratuitement ? Ce thème, peu connu du grand public mais très controversé, est discuté depuis plus de vingt ans au sein de l’ONU.

En 1982, lorsque la Convention des Nations unies sur le droit de la mer est adoptée, la valeur des ressources génétiques marines est encore méconnue et celles-ci sont peu utilisées. Aucune réglementation spécifique à ce sujet n’est prévue dans la convention. Les ressources génétiques de la haute mer et des grands fonds marins peuvent ainsi être librement...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-3"> ¤ Le rapport Genetet remis au premier ministre mardi 11 septembre avance 215 recommandations qui devraient faciliter les parcours professionnels à l’étranger.
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Changer la fiscalité et la protection sociale pour encourager la mobilité internationale

Le rapport Genetet remis au premier ministre mardi 11 septembre avance 215 recommandations qui devraient faciliter les parcours professionnels à l’étranger.



LE MONDE
 |    12.09.2018 à 16h48
 • Mis à jour le
12.09.2018 à 17h38
    |

            Anne Rodier








                        



                                


                            
Missionnée en janvier par le premier ministre, la députée LRM Anne Genetet a remis mardi 11 septembre un rapport sur la mobilité internationale pour encourager la mobilité des Français à l’étranger. Il a été rédigé sur la base d’une enquête menée auprès de 970 000 personnes (36 328 répondants) au printemps 2018. « La communauté des Français à l’étranger se transforme, avec un nombre de départs et de retours en hausse annuelle de 2,5 % à 3,5 %, et des profils de plus en plus variés », dit Mme Genetet.
Son importance est toujours l’objet de débat, puisque ne sont comptabilisés officiellement que ceux qui s’inscrivent volontairement au registre des Français à l’étranger. Entre les études de l’Insee, les données des organismes de protection sociale et celles du Quai d’Orsay, les estimations atteignent 3 millions de Français à l’étranger.

Le rapport présente pas moins de 215 recommandations qui portent sur la fiscalité, la protection sociale, l’accès aux services publics et le retour en France. Un précédent rapport Conway-Mouret, publié en 2015, sur les conditions de retour en France, avait permis quelques avancées sur ce point, dont la création d’une plate-forme numérique (https://retourenfrance.fr/). Un bilan salué par Mme Genetet lors de la présentation de son rapport à la presse le 12 septembre : « J’ai eu de très bons échos de la part des usagers. Mais faciliter la mobilité des Français à l’étranger est un travail de longue haleine. Il faut agir sur plusieurs leviers pour rendre la mobilité plus fluide. »
Fiscalité
Dans ce catalogue de 215 recommandations – dont 9 en avant-propos – , celles concernant la fiscalité (47 recommandations) pourraient être les premières à se concrétiser. La députée a l’intention de les introduire rapidement sous forme d’amendement dans le cadre du projet de loi de finances. Elle propose entre autres :
– L’application d’un barème progressif...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-4"> ¤ Le géant de la distribution entend concurrencer EDF en proposant des offres moins chères sous forme de bons d’achat dans ses magasins.
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Après Total et Cdiscount, Leclerc se lance dans le marché de l’électricité pour les particuliers

Le géant de la distribution entend concurrencer EDF en proposant des offres moins chères sous forme de bons d’achat dans ses magasins.



LE MONDE
 |    12.09.2018 à 15h33
    |

                            Nabil Wakim








                        



   


Un nouveau venu de plus sur le marché de l’électricité. Après avoir bousculé le secteur des carburants, le numéro un de la distribution alimentaire en France lance officiellement, jeudi 13 septembre, des offres d’électricité pour les particuliers.
« Notre engagement, c’est d’être le moins cher du marché », promet Michel-Edouard Leclerc, président du groupement de distributeurs indépendants. La stratégie du groupe est claire : prendre des parts de marché à ses concurrents en sacrifiant ses marges.
La raison est simple : les deux tiers de la facture d’électricité payée par les consommateurs sont identiques pour tous les fournisseurs d’énergie. Ils couvrent le prix du transport de l’électricité et la fiscalité. Reste un tiers, sur lequel les concurrents d’EDF espèrent faire la différence. C’est déjà la stratégie des gros acteurs du secteur : Engie ou Total cherchent à réduire au maximum les coûts du service client, la plupart du temps en délocalisant, pour proposer des prix attrayants. Leclerc assure que son service client sera situé en France, à Tourcoing (Nord).
Leclerc annonce une formule d’un genre nouveau dans le secteur. Il promet de garantir, pendant un an, un rabais de 10 % par rapport au tarif d’EDF ou bien de 20 % sous forme de bons d’achats dans ses magasins aux porteurs de cartes de fidélité Leclerc. Le groupe assure avoir 14 millions d’adhérents à ce programme et veut viser 3 millions de clients pour son offre d’électricité d’ici à la fin de 2025, ce qui représenterait environ 10 % du marché.

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Un marché déjà très encombré
« Nous cherchons clairement à satisfaire et à privilégier une clientèle qui nous connaît déjà », a précisé Michel-Edouard Leclerc à l’agence Reuters. Le groupe de distribution espère renouveler son succès foudroyant obtenu dans le secteur des stations-service : il est aujourd’hui le deuxième acteur du secteur derrière Total, en pratiquant une politique de coûts bas pour attirer les clients vers ses supermarchés. Un droit obtenu de haute lutte, après avoir mené des centaines de batailles juridiques devant les tribunaux pour obtenir la libéralisation du marché.
Cette nouvelle offre intervient dans un contexte où de plus en plus de clients se détournent d’EDF : l’opérateur historique perd 100 000 clients par mois. Selon les derniers chiffres publiés, mardi 11 septembre, par la Commission de régulation de l’énergie (CRE), près de 20 % des clients ont quitté EDF.
Mais si les fournisseurs alternatifs connaissent une croissance continue, EDF reste ultra-majoritaire sur le marché : près de 26 millions de clients sont toujours chez EDF et s’acquittent des tarifs réglementés de vente, fixés par l’Etat.

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Les offres de Leclerc vont débarquer sur un marché déjà très encombré. En 2017, Total s’est lancé, avant de racheter, au printemps 2018, son concurrent Direct Energie et ses 2 millions de clients. Depuis, Cdiscount (filiale du groupe Casino) et Butagaz sont venus s’ajouter à cette concurrence. Sans compter Engie (ex-GDF Suez), devenu l’un des concurrents les plus sérieux d’EDF dans le secteur.
Vigilance sur les prix et les pratiques
Comme ses concurrents Engie ou Total, Leclerc propose des offres dites « 100 % vertes ». Autrement dit : Leclerc va acheter son électricité à des producteurs (principalement EDF), puis compensera l’équivalent en achetant des certificats de garantie d’origine d’une électricité produite à partir de sources renouvelables, en particulier des barrages hydroélectriques.
Cette guerre tarifaire et ces arguments commerciaux incitent le médiateur de l’énergie et les associations de consommateurs à la prudence. A cause des particularités de la facture d’électricité, les réductions tarifaires annoncées sont en général peu conformes avec ce qui est annoncé dans les publicités. Selon des simulations effectuées par les services du médiateur de l’énergie, « lorsque la publicité d’un fournisseur annonce “moins 10 %”, la baisse n’excède pas 7 % ». Résultat : les gains sur la facture sont parfois peu significatifs.

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                Total va acheter Direct Energie et veut bousculer le marché de l’électricité



Autre point de vigilance : cette concurrence accrue a parfois conduit les fournisseurs à des pratiques douteuses, profitant du manque de connaissance du marché par les particuliers. Plusieurs acteurs, dont Engie, Total et Direct Energie, ont été montrés du doigt pour des pratiques mensongères et un démarchage agressif, ces derniers mois, par les associations de consommateurs et le médiateur de l’énergie.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-5"> ¤ Le chercheur David Rigoulet-Roze estime, dans une tribune au « Monde », que la volonté du prince héritier Mohammed Ben Salman (« MBS ») d’ouvrir le pays à un tourisme de masse promet un sacré choc culturel.
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« Le développement d’un tourisme non religieux en Arabie Saoudite prendra certainement du temps »

Le chercheur David Rigoulet-Roze estime, dans une tribune au « Monde », que la volonté du prince héritier Mohammed Ben Salman (« MBS ») d’ouvrir le pays à un tourisme de masse promet un sacré choc culturel.



LE MONDE
 |    12.09.2018 à 15h30
 • Mis à jour le
12.09.2018 à 17h15
    |

David Rigoulet-Roze (Chercheur rattaché à l’Institut français d’analyse stratégique (IFAS) et rédacteur en chef de la revue « Orients Stratégiques »)







                        



                                


                            
Tribune. Le projet de l’Arabie saoudite pour Al-Ula (dans le nord-ouest du pays), un parc naturel, touristique, archéologique et culturel de la superficie de la Belgique censé attirer entre 1,5 et 2 millions de touristes, illustre la volonté du royaume de développer le tourisme non religieux sur son territoire. Cet objectif ne peut néanmoins manquer de soulever certaines interrogations, notamment par rapport au choc culturel entre les Saoudiens et les futurs touristes.
En octobre 2017, le royaume a affiché son souhait d’une ouverture touristique maîtrisée, avec l’annonce de la délivrance de visas de tourisme. C’est une première dans un pays où les permis d’entrée étaient jusque-là délivrés soit aux pèlerins effectuant le grand ou le petit pèlerinage à La Mecque, soit dans le cadre saoudien de la « kafala », c’est-à-dire l’enregistrement par un « kafil » (une personne garante, obligatoirement de nationalité saoudienne), ou par une entreprise ou un organisme officiel.
La délivrance de visas touristiques fait partie du programme Vision 2030 mis en place par le prince héritier Mohammed Ben Salman (« MBS ») dans le but de diversifier l’économie du royaume, et donc d’atténuer sa dépendance au pétrole ainsi que son image de pays ultraconservateur.
Une société traditionnellement conservatrice
Cette annonce initiale a été suivie en novembre 2017 par l’octroi des premières licences aux agences de voyage habilitées du royaume, puis la notification de la période de délivrance des premiers visas effectifs. L’Arabie saoudite a ensuite apporté des précisions quant à la disponibilité des visas pour les femmes et la liste des pays éligibles, communiquée en 2018.

Une équipe constituée de représentants du ministère de l’intérieur, des affaires étrangères et de la Commission saoudienne du tourisme et du patrimoine national, créée en 2000 et présidée par le prince Sultan Ben Salman – ancien astronaute et demi-frère...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-6"> ¤ Les cadres, sans cesse sommés de « faire du nouveau », n’ont pas accès aux résultats de la recherche en gestion et restent confinés dans une contrainte de conformité, observe la sociologue Agathe Cagé, dans une tribune au « Monde ».
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« Les manageurs évoluent en France dans une bulle d’isolement »

Les cadres, sans cesse sommés de « faire du nouveau », n’ont pas accès aux résultats de la recherche en gestion et restent confinés dans une contrainte de conformité, observe la sociologue Agathe Cagé, dans une tribune au « Monde ».



LE MONDE
 |    12.09.2018 à 14h00
    |

Agathe Cagé (Sociologue, présidente de l’agence de conseil en stratégie Compass Label)







                        



                                


                            
Tribune. L’injonction permanente à l’innovation, à la transformation accélérée, cannibalise le quotidien des manageurs du privé comme du public. Elle dépasse largement l’exigence de réussite à tout prix et l’impératif de croissance. Alors que les influenceurs des réseaux sociaux font désormais office de modèles hégémoniques, que l’embauche de millennials aux codes bien particuliers donne des sueurs froides aux recruteurs, et que la tyrannie du « smart » s’impose dans tous les secteurs, les feuilles de route des manageurs sont marquées, sur toute la largeur, d’un tampon rouge : faire différent.
les démarches de type « nudge » peuvent constituer de véritables aides à la décision dès lors qu’elles s’inscrivent dans un projet de transformation partagé
Mais cette injonction est doublement paradoxale dans la France de 2018. Tout d’abord, parce que les sciences humaines et sociales ont, à l’exception notable de l’économie, énormément de mal à diffuser leurs résultats de recherche vers le monde de l’entreprise et vers celui des politiques publiques. Ces recherches sont pourtant riches en sources d’innovation, notamment en matière de gestion des ressources humaines, et permettent à ceux qui se donnent les moyens de s’en saisir de progresser sur des sujets aussi divers que l’inclusion des personnes en situation de handicap ou la motivation des salariés.
Pour ne prendre qu’un exemple, les démarches de type « nudge » (suggestions indirectes), fondées sur la recherche en psychologie et en économie comportementale et théorisées par l’économiste Richard Thaler (Prix Nobel 2017) et le juriste Cass Sunstein en 2008, peuvent constituer de véritables aides à la décision dès lors qu’elles s’inscrivent dans un projet de transformation partagé. Le succès qu’elles rencontrent aujourd’hui dans les secteurs public et privé dépasse de loin le simple effet de mode, même si elles restent encore trop souvent agitées comme de simples gadgets, à l’image des méthodes...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-7"> ¤ Le règlement général sur la protection des données pourrait avoir pour effet paradoxal de permettre aux géants du Web de capter les données personnelles que le RGPD souhaitait pourtant contrôler, observe l’avocate Zoé Vilain dans une tribune au « Monde ».
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« Le RGPD risque de renforcer le pouvoir des Gafam »

Le règlement général sur la protection des données pourrait avoir pour effet paradoxal de permettre aux géants du Web de capter les données personnelles que le RGPD souhaitait pourtant contrôler, observe l’avocate Zoé Vilain dans une tribune au « Monde ».



LE MONDE
 |    12.09.2018 à 14h00
    |

Zoé Vilain (Avocate, spécialisée en nouvelles technologies, et partenaire du Réseau 1862)







                        



                                


                            
Tribune. La protection des données personnelles est un enjeu majeur pour les citoyens de l’Union européenne. Face à l’accroissement des innovations technologiques depuis quinze ans, et au manque total de transparence dans le traitement de ces données par les Gafam (Google, Amazon, Facebook, Apple, Microsoft) – comme l’a récemment illustré le scandale de Cambridge Analytica –, le règlement général sur la protection des données (RGPD), entré en vigueur le 25 mai, apporte un progrès indéniable. Mais en bouleversant les rapports entre sous-traitants et donneurs d’ordre au sein de la chaîne de traitement de ces données, le RGPD risque bel et bien de nuire à la concurrence et, paradoxalement, de renforcer le pouvoir de marché des Gafam.
le RGPD impose en effet d’apporter la preuve de la mise en œuvre de moyens techniques de protection, sécurisation et portabilité des données
Au-delà des contraintes portant sur le recueil du consentement sur la collecte des données et le renforcement des sanctions encourues, le RGPD impose en effet d’apporter la preuve de la mise en œuvre de moyens techniques de protection, sécurisation et portabilité des données, ainsi qu’une traçabilité et une responsabilisation de toute la chaîne d’acteurs traitant les données personnelles : de la société qui collecte les données personnelles à celles qui les hébergent et les analysent, sans oublier l’entreprise qui a ordonné ces traitements et qui en est l’utilisatrice finale.
Or la contractualisation entre les différentes sociétés traitant des données personnelles a engendré un bouleversement des rapports économiques dans le monde du numérique, en consacrant deux types de qualifications : le responsable de traitement et le sous-traitant. Le responsable de traitement détermine les traitements de données personnelles qu’il souhaite mettre en œuvre, dans la limite du cadre légal et des consentements obtenus à cette fin, alors que le sous-traitant, lui, agit pour le compte...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-8"> ¤ Pour son dernier discours sur l’état de l’Union, le président de la Commission européenne a évoqué des projets ambitieux. Seul problème : le manque de temps pour les concrétiser.
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Jean-Claude Juncker prône une Europe « ouverte mais pas offerte »

Pour son dernier discours sur l’état de l’Union, le président de la Commission européenne a évoqué des projets ambitieux. Seul problème : le manque de temps pour les concrétiser.



LE MONDE
 |    12.09.2018 à 13h30
 • Mis à jour le
12.09.2018 à 14h59
    |

            Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, bureau européen) et 
Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)








                        



   


Pour ce qui était à la fois le programme de sa dernière année à la tête de la Commission et son testament politique, Jean-Claude Juncker a livré un programme assez semblable, finalement, à celui qu’il traçait il y a quatre ans. Sa « Commission politique » et « de la dernière chance » a toutefois été confrontée à une série de crises et d’écueils qui ont entamé son projet d’« Europe forte et unie », « ouverte mais pas offerte ». Et laisseront probablement de son passage à la commission le souvenir d’un semi-échec. Qu’importe, a semblé dire le Luxembourgeois : l’Europe restera « la grande affaire de ma vie », dit-il. Et il espère lui tracer une nouvelle ligne.

        Notre analyse :
         

          Les travers de la gestion Juncker



L’Europe « acteur global »
L’Union ne peut, dit M. Juncker, rester éternellement « sur les gradins », se contenter d’être une spectatrice, une commentatrice et une payeuse. Elle doit être une actrice, une architecte. Pour cela, elle aura toutefois besoin d’une diplomatie plus unie. Et, donc, abolir le principe du vote à l’unanimité dans le domaine des relations extérieures, pour passer à celui du vote à la majorité qualifiée. Pour être forte, elle doit aussi concrétiser son programme de défense commune. Ces éléments figuraient déjà dans son discours de l’Union de 2017, mais sur la fin du vote à l’unanimité, les Etats membres restent, pour l’instant, extrêmement réticents.

        A propos de
         

          la naissance « historique » de l’Europe de la défense



Le défi de la migration
L’Europe « qui protège » doit principalement protéger ses frontières. L’agence Frontex de gardes-frontières devrait donc être dotée à terme de 10 000 agents. Pour le reste, pas question de blâmer la Commission, qui a multiplié les propositions pour affronter la crise migratoire, affirme son président. Cinq des sept textes qu’elle a mis sur la table pour la création d’un système commun d’asile ont été adoptés, son action a permis de sauver « 690 000 personnes depuis 2015 », dixit M. Juncker, le nombre de passages sur les routes de la migration a fortement chuté.
C’est désormais au Conseil (les Etats membres) d’effectuer des « pas décisifs » pour trouver des solutions durables en vue de l’accueil et de la répartition pour ceux qui ont droit à l’asile. Il faut aussi protéger les règles de l’espace Schengen pour « sauver » ce système. Quant à l’Europe, elle « ne sera jamais une forteresse tournant le dos au monde qui souffre », a affirmé le Luxembourgeois, qui, au sein de sa famille politique, le Parti populaire européen, paraît désormais très isolé sur cette position. Même si elle pointe désormais du doigt les écarts de Viktor Orban par rapport à l’Etat de droit, la droite européenne a largement adopté son discours de repli et de fermeture des frontières.

        Notre compte-rendu
         

          du mini-sommet européen, en juin, sur la crise des migrants



La sécurité
La Commission propose de nouvelles règles afin de supprimer, dans un délai de soixante minutes, les contenus terroristes en ligne. Elle pariait jusqu’à présent sur la bonne volonté des plates-formes en ligne, mais estime désormais qu’elles n’ont pas fait montre d’assez de fermeté. Elle entend aussi élargir le mandat du parquet européen à la lutte contre le terrorisme. Elle veut durcir les règles concernant le blanchiment des capitaux au-delà des frontières européennes et inciter les capitales à mieux protéger leurs processus électoraux contre les interventions de pays tiers ou d’intérêts privés.
L’Euro, monnaie mondiale
Il faut accroître le poids de la monnaie unique sur la scène mondiale et faire cesser le fait, par exemple, que l’Union règle en dollars ses 300 milliards annuels d’importations énergétiques, a insisté M. Juncker. L’euro, conforté par un renforcement de l’union économique et monétaire, doit être le véritable instrument de la souveraineté européenne.

        Notre éditorial :
         

          Le fantasme d’une guerre des monnaies



Une taxe digitale avant la fin de l’année
M. Juncker a insisté sur la nécessité pour les Etats membres d’adopter la taxe digitale chère à Emmanuel Macron. La commission a mis une proposition sur la table en mars dernier, mais quelques Etats membres, à commencer par l’Irlande ou l’Allemagne, hésitent toujours. « Les électeurs veulent que cette proposition de la Commission acquière force de loi. Et ils ont tout à fait raison », a déclaré le Luxembourgeois. Présente à Strasbourg, la ministre des affaires européennes, Nathalie Loiseau, s’est montrée satisfaite : « On ne perd pas la détermination à y arriver avant la fin de l’année. »
Le Brexit
Trois principes doivent guider la négociation en vue d’un retrait ordonné du Royaume-Uni. La participation, comme telle, de celui-ci au marché unique n’est pas possible ; l’Irlande du nord doit bénéficier de la loyauté, de la solidarité et d’une « solution créative » pour la question de sa frontière ; après mars 2019, l’ancien partenaire ne sera jamais « un pays membre comme un autre ». Mais il restera un voisin proche qui défend les mêmes valeurs et les mêmes principes. Il convient donc de mettre au point avec lui « un partenariat ambitieux » et de créer une zone de libre-échange. « La Commission ne fera pas obstacle à ce processus », mais elle refusera « les demi-mesures », a conclu M. Juncker. La conclusion du Brexit pour octobre paraissant de plus en plus improbable, la commission table, désormais, sur le mois de novembre pour un accord avec Londres.

        Compte à rebours :
         

          Brexit, plus que quatre mois pour trouver un accord



Cesser les divisions
L’Europe est trop petite pour se diviser, dit le président de la Commission, qui déplore le « triste spectacle » de ses tensions internes. Elle doit, au contraire, progresser dans les domaines de l’énergie, de l’union bancaire ou de l’union des capitaux. « Le patriotisme est une vertu, le nationalisme borné, un mensonge accablant et un poison pernicieux », « la nation et l’Union doivent marcher ensemble ».
L’Etat de droit
L’article 7 des traités – qui peut aller jusqu’à une suspension des droits de vote d’un pays membre – doit s’appliquer partout où l’Etat de droit est en danger, dit M. Juncker, sans citer la Hongrie, alors que son premier ministre, M. Orban, est menacé par un vote du Parlement de Strasbourg en faveur de cette procédure exceptionnelle. Dommage que Frans Timmermans, le premier vice-président du collègue européen, doive effectuer « un travail trop souvent solitaire » dans ce domaine, a ajouté le Luxembourgeois.
Une attention particulière doit aussi être apportée à la liberté de la presse, car « trop de journalistes sont attaqués, intimidés, assassinés » dans des pays membres et « il n’y a pas de démocratie sans une presse libre ». On ne peut, par ailleurs, déroger aux arrêts de la Cour de justice européenne. Ils doivent obligatoirement être respectés par toutes les capitales.
Un nouveau partenariat pour l’Afrique
La Commission évoque une nouvelle alliance avec le « continent cousin » qui comptera 2,5 milliards d’habitants en 2050. Il convient d’y investir plus, d’arrêter une relation basée seulement sur l’aide au développement, notion qui peut devenir « humiliante ». Car l’Afrique, dit le conservateur luxembourgeois, n’a pas besoin de charité mais de devenir un véritable partenaire. On peut y créer 10 millions d’emplois en cinq ans et développer le programme d’échanges Erasmus, qui a déjà concerné 35 000 étudiants et chercheurs, et peut bénéficier à trois fois plus d’entre eux.

        Sur la création de 10 millions d’emplois en Afrique,
         

          évoquée par Jean-Claude Juncker dans son discours



Le budget, vite
M. Juncker rompt une lance (en vain ?) pour que soit adopté, avant les élections européennes (qui ne doivent pas être vues comme « une crise démocratique ») le futur budget de l’Union, indispensable pour étendre le programme Erasmus, stimuler la recherche, multiplier par 20 l’effort pour la défense, ou offrir une aide supplémentaire de 23 % à l’Afrique. Pour autant, de moins en moins de diplomates et d’eurodéputés croient en la possibilité d’y parvenir avant le scrutin de 2019. « Démocratiquement, il est très difficile de dire aux électeurs qu’on a défini des priorités [budgétaires], avant qu’ils se prononcent », estime la ministre chargée des affaires européennes, Nathalie Loiseau.
Bien reçu, notamment pas les socialistes (« Vous êtes le véritable leadeur politique de la Commission », a lancé leur chef de file Udo Bullmann), le discours de M. Juncker souffre cependant d’un gros handicap : étant donné que la campagne pour les européennes a déjà commencé et que les activités du Parlement cessent en avril prochain, il ne reste plus au Luxembourgeois que quatre mois « utiles » tout au plus pour mener tous ses projets à bien.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-9"> ¤ Ce texte, censé encadrer le copyright dans l’Union européenne, a été approuvé par les eurodéputés, qui en ont modifié certains contours.
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La directive de l’UE sur le droit d’auteur à l’heure du numérique est adoptée

Ce texte, censé encadrer le copyright dans l’Union européenne, a été approuvé par les eurodéputés, qui en ont modifié certains contours.



LE MONDE
 |    12.09.2018 à 13h15
 • Mis à jour le
12.09.2018 à 14h44
    |

            Damien Leloup et 
Martin Untersinger








                        


Après avoir initialement rejeté le texte, le Parlement européen a finalement adopté, mercredi 12 septembre, la directive qui doit adapter le droit d’auteur à l’heure du numérique.
Le texte — approuvé par 438 voix contre 226 — constitue une revanche pour les industries culturelles et des médias après le camouflet infligé au début de l’été. En adoptant l’essentiel des amendements présenté par Axel Voss (PPE), le rapporteur du texte, la copie rendue par le Parlement reste, en effet, très proche du texte qui avait été retoqué en juillet.

        Tout comprendre à cette directive :
         

          Que peut changer la directive européenne sur le droit d’auteur pour les internautes ?



L’article 13 modifié
Les parlementaires ont cependant légèrement atténué un des articles les plus discutés de la directive : l’article 13, consacré aux contenus culturels hébergés sur Internet. Cet article prévoyait notamment que faute d’un accord entre ayants droit et grandes plates-formes (Facebook, YouTube, Twitter…), ces dernières devraient mettre en place des mécanismes de filtrage automatique des contenus postés par les internautes, afin qu’ils ne contreviennent pas au droit d’auteur (ce que certaines des plus grandes plates-formes, dont YouTube, font déjà).
Le texte précise désormais que le « blocage automatique [de contenus] doit être évité » au maximum et introduit davantage de garanties pour éviter les risques de suppressions injustifiées de contenus. Les blocages automatiques figuraient parmi les principales objections des adversaires de la directive, qui soulignaient les risques de censure inhérents à ce type de mécanismes.
L’adoption de la directive a tout de même été fraîchement accueillie par l’EDiMA, le principal lobby des entreprises de la Silicon Valley. « Les députés ont décidé de soutenir le filtrage de l’Internet au profit des éditeurs de presse et du secteur de la musique malgré les protestations des citoyens. Nous espérons que les gouvernements de l’UE entendront les préoccupations de leurs citoyens lors de la prochaine étape des négociations », a déclaré, après le vote, Siada El-Ramly, sa directrice générale.
Les amendements qui prévoyaient de renforcer largement la responsabilité des hébergeurs par rapport au droit actuel, notamment ceux déposés par l’eurodéputé français Jean-Marie Cavada, ont, quant à eux, tous été rejetés. Finalement, le texte de compromis adopté par le Parlement préconise davantage les « négociations de bonne foi » entre industries culturelles et plates-formes, plutôt que les contraintes.
Un article 11 pratiquement inchangé
L’article 11 de la directive, consacré au « droit voisin » des éditeurs de presse et l’un des points les plus contestés, n’a, lui, quasiment pas été modifié par les parlementaires. Il prévoit la création d’une forme spécifique de droit d’auteur, qui donnera le droit aux médias de réclamer le paiement de royalties, lorsque des plates-formes numériques diffusent ou agrègent des extraits d’articles accompagnés d’un lien.
Les adversaires de cet article soulignaient notamment que cette mesure, qui vise spécifiquement des services comme Google Actualité, avait déjà fait l’objet de tests très proches en Espagne et en Allemagne, sans résultats — en Espagne, Google s’est contenté de fermer son service actualité et n’a jamais versé d’argent aux éditeurs. Les députés ont, cependant, prévu une exception — floue — à ce nouveau droit voisin, lorsque les hyperliens sont accompagnés de « mots individuels ».
Des campagnes de lobbying intenses
Cette adoption est une victoire politique pour le rapporteur du texte, Axel Voss, après le rejet de la première version du texte cet été. M. Voss, qui avait appelé avant l’examen du texte ses collègues à adopter cette version « acceptable pour tous », a salué dans ce nouveau vote un « excellent message envoyé aux industries créatives européennes », sous les applaudissements du Parlement. Avant d’être interpellé par un député qui a dénoncé, sous les sifflets, « un coup porté à la liberté d’expression sur Internet ».
La directive avait fait l’objet, ces derniers mois, d’une intense campagne de lobbying, de la part des industries culturelles et de presse (majoritairement pour le texte) comme des grandes entreprises du Web et des défenseurs des libertés numériques (en grande partie défavorables à la directive).

        Lire aussi :
         

                A Bruxelles, l’intense guerre des lobbys autour de la directive « copyright »



Dans les heures qui ont précédé le vote, les deux camps ont jeté leurs dernières forces dans la bataille. Le matin même, le président français Emmanuel Macron a enjoint l’Europe à être « à la hauteur de sa culture ». « Aujourd’hui se joue un combat fondamental pour le droit d’auteur : protéger la création et l’information, c’est assurer notre liberté et défendre notre modèle », avait tweeté le président français. Le collectif Europe for Creators, favorable à la directive, est allé jusqu’à organiser un concert devant le Parlement européen, où ils ont joué l’hymne européen. Wyclef Jean — ex-Fugees — s’est, de son côté, rendu tout spécialement à Strasbourg pour faire valoir son opposition au texte.
Désormais, le Parlement européen devra négocier avec le Conseil (les Etats membres) et la Commission pour aboutir à une version finale. Des deux articles les plus polémiques, l’article 11 ne devrait pas poser de difficulté. En revanche, les Etats membres et le Parlement pourraient se trouver en désaccord sur l’éventuel filtrage imposé par l’article 13 sur les plates-formes numériques.

Notre sélection d’articles et points de vue sur la directive sur les droits d’auteurs
Retrouvez nos principaux contenus sur le sujet :
Qu’est-ce que la directive sur le droit d’auteur ?Que peut changer la directive européenne sur le droit d’auteur pour les internautes ?Il s’agissait d’un vote important pour l’avenir de la presse et celui de la création artistique, estimait l’éditorial du « Monde » : Google, Facebook : menaces sur l’informationDes personnalités ont appellé les députés européens à voter en faveur de la directive : plusieurs ministres européens, dont Monika Grütters (Allemagne) et Françoise Nyssen (France), le PDG de l’agence de presse AFP Fabrice Fries, le directeur général de la Sacem, Jean-Noël Tronc, une quarantaine de députés LRM, LR, Modem et Constructifs...D’autres s’y sont opposés comme le producteur de musique Pascal Nègre, et le chercheur Félix Tréguer, qui dénonce une « censure ». 





                            


                        

                        


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Décryptage

Jean-Claude Juncker promet à l’Afrique la création de 10 millions d’emplois

Dans son discours sur l’état de l’Union, le président de la Commission européenne a déclaré vouloir établir « un nouveau partenariat d’égal à égal » avec le continent.

Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, bureau européen)
    



LE MONDE
              datetime="2018-09-12T13:10:05+02:00"

        Le 12.09.2018 à 13h10

     •
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        Mis à jour le 12.09.2018 à 14h48






    
Le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker lors de son discours sur l’état de l’Union, le 12 septembre 2018.
Crédits : FREDERICK FLORIN/AFP


Dans son discours sur l’état de l’Union européenne (UE), prononcé mercredi 12 septembre devant le Parlement de Strasbourg, Jean-Claude Juncker a évoqué un ambitieux « nouveau partenariat avec l’Afrique ». Un « continent cousin », dit le président de la Commission de Bruxelles, un continent « qui n’a pas besoin de la charité » mais, notamment, d’affronter une croissance démographique qui fait qu’il comptera 2,5 milliards d’habitants en 2050.
Le responsable luxembourgeois n’a pas voulu mêler la question de la migration à ce passage de son intervention. Il souligne plutôt que cette « nouvelle alliance » à conclure devrait concerner des investissements durables, la création de 10 millions d’emplois, promet-il, et un effort particulier dans le domaine de la formation et de l’éducation. Des accords commerciaux ambitieux devraient aussi être conclus, non plus de manière bilatérale mais « de continent à continent », d’« égal à égal ».

        Lire aussi :
         

                Immigration : faut-il s’attendre à une « ruée vers l’Europe » ? La réponse des démographes



L’amélioration du climat des affaires et une préoccupation pour les questions environnementales sont d’autres axes de ce projet. Quelque 30 millions d’Africains supplémentaires pourraient accéder à l’électricité grâce au développement de projets d’énergie durable. Et un soutien à l’amélioration des réseaux routiers devrait bénéficier à 24 millions de personnes, promettent les experts bruxellois.
Le discours de M. Juncker vise, en quelque sorte, à relancer les préoccupations exprimées en novembre 2017, à Abidjan, lors du sommet Europe-Afrique. Depuis, la haute représentante pour les affaires étrangères, Federica Mogherini, a tenté de mobiliser les pays membres pour passer d’une relation politique à une relation économique et commerciale approfondie, avec un développement d’investissements qui bénéficieraient aux deux parties. L’espoir de la Commission est notamment de parvenir à mobiliser davantage le secteur privé en lui offrant prêts et garanties destinés à diminuer les risques d’investissement. Les petites et moyennes entreprises devraient être particulièrement ciblées.
Consultations avec les dirigeants africains
Bruxelles table aussi sur un accroissement des échanges, dans le cadre du programme Erasmus+, pour former davantage d’étudiants et de chercheurs. Quelque 35 000 d’entre eux auront bénéficié de ces échanges d’ici à 2020, mais on peut tripler ce nombre d’ici à 2027, promet M. Juncker. Un programme de développement de compétences pourrait, quant à lui, concerner 750 000 Africains au total.
Les services de M. Juncker — qui dit avoir déjà évoqué ces questions avec « son ami » Paul Kagame, président de l’Union africaine — annoncent des consultations avec d’autres responsables africains dans les prochains mois. Elles prendront en compte, disent-ils, « la diversité du continent et les spécificités de chaque pays ». Les pays d’Afrique du Nord, déjà liés par des contrats d’association et les accords de voisinage avec l’Union, devraient, à cet égard, bénéficier d’un traitement particulier.

        Lire aussi :
         

                Jean-Claude Juncker prône une Europe « ouverte mais pas offerte »



Il restera toutefois à régler la question du futur budget européen, qui fait actuellement l’objet de vives discussions entre les capitales. Marqué par l’austérité — il devra tenir compte du retrait britannique —, ce budget permettra-t-il de tenir de tels engagements ? M. Juncker espère une décision avant les prochaines élections européennes, en mai 2019. Il n’est absolument pas certain que son souhait se réalisera et rien ne dit que son successeur reprendra son programme.
Pour la période 2014-2020, l’UE aura consacré 31 milliards d’euros au développement du continent africain dans les domaines, notamment, de l’accès à l’énergie, de l’aide alimentaire et du soutien à la bonne gouvernance et au respect des droits humains.


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-11"> ¤ L’alliance du géant du commerce électronique chinois Alibaba avec les champions russes de l’Internet dessine une nouvelle géopolitique du numérique, explique dans sa chronique, l’éditorialiste économique Philippe Escande.
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édition abonné


« Russie, Chine : un bloc de l’Est numérique se met en place »

L’alliance du géant du commerce électronique chinois Alibaba avec les champions russes de l’Internet dessine une nouvelle géopolitique du numérique, explique dans sa chronique, l’éditorialiste économique Philippe Escande.



LE MONDE
 |    12.09.2018 à 12h53
    |

            Philippe Escande








                        



                                


                            

Chronique Pertes & profits. Depuis la construction de la Grande Muraille, sous l’empire Ming, il est rare que les Chinois s’aventurent dans les territoires des barbares du nord. Et notamment ceux qui se situent sur l’autre rive du fleuve Amour, en Sibérie russe. Mardi 11 septembre, 3 200 soldats, 900 pièces d’artillerie et 30 avions de chasse ont pourtant allégrement sauté la frontière. Mais c’était à l’invitation de Vladimir Poutine qui, pour la première fois de l’histoire, a convié ses voisins du sud à participer à des manœuvres militaires géantes.
Les forces armées ne sont pas les seules à se rapprocher. En marge du sommet économique de Vladivostok, en Sibérie, où se sont rencontrés les présidents des deux pays, le géant du commerce électronique Alibaba a annoncé une alliance de grande envergure avec les principaux acteurs russes de l’Internet, qui fera de lui le numéro un de ce marché de 145 millions d’habitants qui s’étend du Japon à l’Europe.
Le géant chinois va créer une société commune avec Mail.ru, le premier réseau social russe et MegaFon, le deuxième opérateur de téléphonie mobile du pays, tous deux propriété de l’oligarque Alicher Ousmanov, très proche de Vladimir Poutine. Alibaba détiendra 48 % de la société et en sera l’opérateur. Pour marquer le caractère très politique de cette affaire, le fonds souverain Russian Direct Investment Fund prendra 13 % de l’ensemble.

Guerre froide dans l’Internet
L’intérêt de cette alliance est considérable pour Alibaba. Alors que son fondateur, Jack Ma, a annoncé son retrait progressif, la société sort enfin d’Asie. Elle s’appuiera sur les 80 millions d’abonnés mobiles de MegaFon et les 95 millions d’utilisateurs de Mail.ru, et notamment de son réseau social VKontakte, pour inonder la Russie de produits chinois et développer un marché du commerce en ligne encore balbutiant. Son pari sera de développer une affaire rentable dans un pays aussi étendu et aux infrastructures...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-12"> ¤ Dans cette chronique, le juriste Francis Kessler précise que si le principe d’appliquer les cotisations sociales à toute indemnité transactionnelle est désormais posé, l’exonération reste possible même s’il est plus difficile d’en bénéficier.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-12"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Indemnité transactionnelle : est-elle soumise à cotisations ?

Dans cette chronique, le juriste Francis Kessler précise que si le principe d’appliquer les cotisations sociales à toute indemnité transactionnelle est désormais posé, l’exonération reste possible même s’il est plus difficile d’en bénéficier.



LE MONDE
 |    12.09.2018 à 12h45
    |

                            Francis Kessler (Maître de conférences à l'université Paris-I-Panthéon-Sorbonne)








                        



                                


                            
Question de droit social. En droit du travail, lorsqu’un employeur et un salarié veulent mettre fin, à l’amiable, à un désaccord, les concessions de l’employeur prennent la forme d’un dédommagement financier, en contrepartie de l’abandon par le salarié de toute possibilité de contester la rupture ou les manquements dans l’exécution du contrat. Mais cette indemnité transactionnelle patronale doit-elle être soumise à cotisations sociales ?
Jusqu’alors, la situation différait selon qu’il y ait licenciement ou pas. Traditionnellement, lorsque l’indemnité transactionnelle était versée hors de tout licenciement, elle était, en principe, soumise à cotisations.
En revanche, en cas de licenciement, la Cour de cassation appliquait à l’indemnité transactionnelle le régime juridique des indemnités de rupture du contrat de travail. Ce qui signifie que le dédommagement était la plupart du temps exonéré de cotisations sociales. En effet, par combinaison des règles du code de la Sécurité sociale et du code général des impôts, l’indemnité transactionnelle n’était pas soumise à cotisations sociales dans la limite de sa fraction non imposable, plafonnée à deux fois le montant du plafond de la Sécurité sociale.
Changement de donne
Mais la jurisprudence a changé la donne. Comme l’y invitait une décision du Conseil constitutionnel de 2013, la Cour de cassation, actuellement soucieuse d’interpréter strictement les textes d’exonérations de cotisations sociales, s’est, par des arrêts du 15 mars et du 21 juin 2018, détachée de son analyse antérieure. Licenciement ou pas, dans la mesure où l’indemnité transactionnelle ne figure pas expressément dans un texte légal indiquant son exonération, les cotisations sociales s’appliquent au dédommagement financier fixé entre l’employeur et le salarié. La Cour de cassation ayant d’abord posé en principe que l’indemnité versée lors d’un licenciement ne se voit plus appliquer le régime juridique des indemnités de rupture...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-13"> ¤ Dans ce roman, Sven Hansen-Love porte un regard morose sur l’univers professionnel et décrit l’histoire d’une désillusion – celle d’un homme de 27 ans qui découvre un monde du travail, dans les années 1990 à Paris, où rien n’est réellement ce qui paraît.
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Faut-il lier quête de travail et quête de sens ?

Dans ce roman, Sven Hansen-Love porte un regard morose sur l’univers professionnel et décrit l’histoire d’une désillusion – celle d’un homme de 27 ans qui découvre un monde du travail, dans les années 1990 à Paris, où rien n’est réellement ce qui paraît.



LE MONDE
 |    12.09.2018 à 12h00
 • Mis à jour le
12.09.2018 à 12h45
    |

                            Margherita Nasi








                        



                                


                            

Livre. Longtemps Raphaël Thiolet a refusé de travailler, préférant vivre avec le minimum et continuer ses études sans se soucier de l’avenir. Face à l’insistance de sa mère, il oppose un refus et une posture nihiliste bien commode pour justifier sa paresse. Mais, à l’âge de 27 ans, cette position devient intenable : « Ce n’est pas pour moi qu’une question d’ordre économique, elle est aussi sociale – je dois créer du lien. » Dans le roman Un emploi sur mesure, Sven Hansen-Love retrace la quête de travail et de sens d’un jeune homme dans le Paris des années 1990, à une époque où le taux de chômage oscille entre 9 % et 12 %.
Après plusieurs tentatives infructueuses, Raphaël finit par être contacté par Eo Ipso, une mystérieuse société qui le convoque pour un entretien d’embauche. La promesse d’une première journée de travail modifie sa perception du temps : les heures du week-end filent à toute allure, le jeune homme passe un dimanche radieux.
A l’aube, sur le chemin, Raphaël croise de nombreux piétons, hagards, abattus, qui se rendent docilement à leur travail
Le grand jour venu, il enfile les vêtements les plus présentables de sa collection et se rend à l’adresse qu’on lui a donnée, en banlieue parisienne. Sa première réaction est de chercher des yeux une machine à café. « J’aime ces machines archaïques. Elles doivent évoquer quelque chose de rassurant, me renvoyant à l’image d’Epinal du travail en entreprise. Une image qui s’est ancrée en moi ces dernières années, alors que je rêvais d’un poste salarié. » Ses vœux sont exaucés : il passe des tests concluants pour intégrer Eo Ipso, où la belle Olivia va le former pour devenir un espion professionnel à la solde de clients fortunés.
Incompréhension
L’enthousiasme initial cède rapidement la place à l’incompréhension : qui dirige Eo Ipso ? Pourquoi faut-il surveiller nuit et jour une famille banale ? A l’aube, sur le chemin, Raphaël croise de nombreux...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-14"> ¤ Pour les plates-formes numériques, le régulateur de l’audiovisuel propose de nouvelles règles plus souples que pour les acteurs traditionnels.
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Audiovisuel : le CSA veut obtenir davantage de pouvoir de régulation sur Internet

Pour les plates-formes numériques, le régulateur de l’audiovisuel propose de nouvelles règles plus souples que pour les acteurs traditionnels.



LE MONDE
 |    12.09.2018 à 11h55
    |

            Alexandre Piquard








                        



                                


                            
« Refonder la régulation audiovisuelle est une nécessité », selon le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA), qui a présenté mardi 11 septembre 20 propositions pour changer le cadre général fixé par la loi de 1986. Leur philosophie ? Le combat contre « l’asymétrie de régulation » qui « se creuse entre, d’une part, les acteurs traditionnels de l’audiovisuel, quels que soient leurs efforts d’adaptation à l’environnement d’Internet, et d’autre part, les nouveaux acteurs, qui demeurent affranchis d’obligations pourtant incontestablement justifiées », a expliqué le président Olivier Schrameck.

C’est une « démarche particulière » pour une autorité administrative indépendante de suggérer des pistes de réformes aussi précises, a admis M. Schrameck. Mais le CSA cherche à saisir une « opportunité » politique. En effet, Emmanuel Macron, par la voix de sa ministre de la culture, Françoise Nyssen, a annoncé une grande loi audiovisuelle pour 2019. Ce texte devra notamment transposer en droit français la nouvelle directive européenne sur les services de médias audiovisuels (SMA), en cours de finalisation.
La première ambition du CSA est d’intégrer les grandes plates-formes numériques : non seulement les plates-formes de vidéo à la demande par abonnement comme Netflix ou Amazon Prime, déjà visées par la directive SMA, mais aussi les grands réseaux de partage comme YouTube ou Facebook. Et également « les plates-formes de streaming audio », comme Spotify ou Deezer.
Une extension de pouvoirs très sensible politiquement
Conscient du caractère politiquement très sensible de toute volonté d’extension des pouvoirs du CSA sur le Web, M. Schrameck a précisé qu’il fallait bien sûr « se garder de la tentation déraisonnable et liberticide d’une régulation globale d’Internet ».
Plutôt qu’une autorégulation, le CSA souhaite la « corégulation », dans laquelle il surveille l’application par un service...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-15"> ¤ Les entreprises hexagonales et européennes estiment souffrir d’une concurrence biaisée de la part des géants américains et veulent susciter l’attention des décideurs politiques.
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Les groupes français du Net veulent s’allier pour peser dans le débat fiscal

Les entreprises hexagonales et européennes estiment souffrir d’une concurrence biaisée de la part des géants américains et veulent susciter l’attention des décideurs politiques.



LE MONDE
 |    12.09.2018 à 11h48
    |

            Denis Cosnard et 
Cécile Prudhomme








                        



                                


                            

Face aux Google et autres Amazon, qui disposent d’équipes de plusieurs dizaines d’experts pour défendre leurs intérêts auprès des politiques et des instances européennes, les acteurs français du Net veulent eux aussi se faire entendre. Antoine Jouteau, le directeur général du site Leboncoin, prépare la création d’un « club numérique européen ». Cette structure encore sans nom devrait réunir des groupes français et européens tels que Cdiscount, Criteo et OVH, qui, comme le site d’annonces à capitaux norvégiens, estiment souffrir d’une concurrence biaisée de la part des géants américains.

« Comment faire pour que, dans cinq ou dix ans, il puisse encore y avoir des groupes français dans le numérique ? C’est cela la question », explique M. Jouteau. Ensemble, les premiers membres de ce club encore informel devraient représenter un effectif d’environ 10 000 personnes, et un poids boursier de 10 milliards d’euros. De quoi susciter l’attention des décideurs politiques, espèrent les dirigeants concernés.
« Distorsion de concurrence »
Le financement des nouveaux projets, difficile pour nombre de start-up, fera partie des sujets mis sur le tapis. Mais c’est surtout la fiscalité qui devrait être au cœur de l’action de cette organisation de lobbying. « Sans être dans l’illégalité, les plates-formes américaines et asiatiques ne suivent pas les mêmes règles que nos groupes, explique M. Jouteau. Grâce à des montages qui passent par l’Irlande, le Luxembourg, etc., leur fiscalité est très limitée. En France, les quatre GAFA [Google, Apple, Facebook, Amazon] réunis payent moins d’un quart des impôts acquittés par Leboncoin, soit 42 millions d’euros d’impôts sur les sociétés et 100 millions en incluant les contributions sociales. Il s’agit d’une vraie distorsion de concurrence. » 

La taxation des géants du numérique est justement en discussion au niveau européen. Bruxelles souhaite instaurer une taxe sur...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-16"> ¤ La branche habillement pour hommes et adolescents, détenue par la famille Mulliez, va licencier 466 salariés et fermer 88 magasins Jules, Brice et Bizzbee.
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Happychic : colère après l’annonce du plan social

La branche habillement pour hommes et adolescents, détenue par la famille Mulliez, va licencier 466 salariés et fermer 88 magasins Jules, Brice et Bizzbee.



LE MONDE
 |    12.09.2018 à 11h21
    |

                            Laurie Moniez (Lille, correspondance)








                        



                                


                            

Dans un contexte de baisse du budget habillement des consommateurs, et face à la concurrence de géants mondiaux et du Web, la remise à plat des enseignes d’habillement de la galaxie Mulliez (Auchan, Decathlon, Leroy Merlin…) se poursuit.
Après un plan social en 2016 chez Grain de malice (177 suppressions d’emplois, 39 fermetures de boutiques) et chez Pimkie (208 suppressions d’emplois, 37 fermetures) en avril, c’est au tour des enseignes Jules, Brice et Bizzbee, réunies dans Happychic, d’être restructurées. Un plan social a été annoncé début juillet, visant la suppression de 466 postes et la fermeture de 88 magasins en France dès janvier 2019.
Mardi 11 septembre, des délégués syndicaux sont sortis en pleurs du comité d’entreprise organisé au siège à Roubaix pour présenter le plan de sauvegarde de l’emploi (PSE). Le montant des indemnités de départ a fait bondir les salariés. « Imaginez la personne qui a travaillé ici pendant vingt ans, elle partira au maximum avec 17 000 euros ! Ce ne sont pas des indemnités mais du pourboire ! », a dénoncé Laurent Petit, délégué CGT. « J’ai honte, a déclaré, très ému, Patrick Digon, délégué CFDT, responsable d’un magasin Brice à Narbonne. Comment annoncer aux collègues que la direction propose 700 euros par année d’ancienneté ? »

Les négociations dureront quatre mois et ne font que commencer. « Je comprends l’émotion des collaborateurs, a expliqué Jean-Christophe Garbino, directeur d’Happychic. Mais je dois assurer la pérennité de l’entreprise. L’état des lieux, c’est 88 magasins durablement non rentables et un besoin de fusionner pour gagner en efficacité. » La fusion envisagée d’ici à la fin du premier semestre 2019 concerne les enseignes Jules et Brice. « Je suis convaincu qu’il y a de la place pour une grande marque de vêtements pour hommes, a insisté M. Garbino. On sait ce que l’on veut devenir. Le “comment” est en cours de construction...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-17"> ¤ Le groupe américain proposera dans les prochaines semaines un service de location à Santa Monica, dans la banlieue de Los Angeles (Californie).
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Après les vélos, Uber se lance dans les trottinettes électriques

Le groupe américain proposera dans les prochaines semaines un service de location à Santa Monica, dans la banlieue de Los Angeles (Californie).



LE MONDE
 |    12.09.2018 à 11h18
    |

                            Jérôme Marin (San Francisco, correspondance)








                        



                                


                            
Uber se convertit à son tour à la mode des trottinettes électriques. Après avoir obtenu un permis début septembre, la société américaine lancera dans les prochaines semaines une première offre de location à Santa Monica, dans la banlieue de Los Angeles (Californie). Ce lancement s’inscrit dans le cadre d’une nouvelle stratégie de diversification dans les transports, en complément de l’historique service de voitures avec chauffeur (VTC).

A Santa Monica, Uber va d’abord déployer une flotte de 250 trottinettes, le quota qui lui a été accordé par la municipalité. Elles pourront être louées depuis un smartphone, puis garées sur le trottoir une fois le client arrivé à destination. La société n’a pas encore dévoilé sa politique tarifaire. Il est cependant fort probable qu’elle s’aligne sur celles des acteurs déjà en place : un dollar (0,86 euro) pour la location, puis 15 cents par minute.
Se transformer en « Amazon des transports »
Uber vise le marché des trajets courts, qui lui échappe encore. « Pour les faibles distances, il est plus logique d’utiliser une trottinette que de commander une voiture, aussi bien en termes de prix que de temps », souligne Andrew Salzberg, son directeur de la politique de transport et de la recherche. La société souhaitait lancer un service identique à San Francisco, mais elle n’a pas obtenu l’une des autorisations mises en jeu par le conseil municipal.
Initiée par Dara Khosrowshahi, PDG depuis août 2017, la diversification dans les transports demeure encore embryonnaire. A terme, « l’objectif est de transporter nos utilisateurs d’un point A à un point B, en leur proposant le moyen de transport le plus approprié », explique M. Salzberg. Outre les trottinettes, Uber mise sur les vélos électriques en « free floating » (sans borne), à la suite du rachat en avril de la start-up américaine Jump.
Pour atteindre cet objectif, M. Khosrowshahi souhaite également mener un changement radical de philosophie :...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-18"> ¤ La compagnie nationale s’associe notamment à Alstom pour un prototype de locomotive de fret autonome, et avec Bombardier pour un TER autonome de passagers.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-18"> ¤                     
                                                   
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La SNCF crée deux consortiums pour faire du train autonome une réalité

La compagnie nationale s’associe notamment à Alstom pour un prototype de locomotive de fret autonome, et avec Bombardier pour un TER autonome de passagers.



LE MONDE
 |    12.09.2018 à 11h08
    |

            Philippe Jacqué








                        



                                


                            

Pour l’instant, le calendrier est tenu. La SNCF devrait lancer dès 2019 un premier train autonome sur le réseau ferré national. Cette première locomotive de fret téléconduite précédera d’autres prototypes, avant un premier déploiement commercial en 2023. A cette date, le RER E passera en mode de conduite automatique dans sa partie parisienne, à l’instar de certaines lignes de métro de la RATP.
Pour accélérer ce programme, la compagnie nationale a annoncé, mercredi 12 septembre, la création de deux consortiums d’entreprises avec le soutien de l’institut de recherche technologique Railenium. Le premier groupement rassemble autour de la SNCF le constructeur Alstom, la société de signalisation Ansaldo STS, l’entreprise de cybersécurité Apsys et l’ingénieriste Altran afin de développer un prototype autonome pour le fret.
Le second regroupe autour de l’entreprise publique le constructeur Bombardier, l’équipementier Bosch, et une autre entreprise de signalisation Thales et Spirops, qui travaille notamment sur l’intelligence artificielle. Objectif : développer un TER sans pilote. Au total 57 millions d’euros seront investis : 30 % sont apportés par la SNCF, 30 % par Railenium et 40 % par les partenaires industriels des deux consortiums.
« Après l’électrification et la grande vitesse, le train autonome est notre prochaine révolution, assure Luc Laroche, le patron de ce programme au sein de la SNCF. L’idée n’est pas de nous passer de conducteurs, mais de faire rouler, grâce aux automatismes, plus de rames sur nos infrastructures les plus sollicitées et de fluidifier les circulations, en harmonisant la vitesse de chaque convoi. Le tout, en améliorant encore la sécurité. » 

A l’image des futures voitures ou navires, le chemin de fer devrait connaître différents degrés d’autonomie : conduite manuelle contrôlée, monorail tout autonome supervisé à distance, conduite automatisée supervisée par un conducteur au sein de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-19"> ¤ Les appareils XXL sont plébiscités par les consommateurs. Une extension de la taille qui permet aux constructeurs de justifier le maintien de tarifs élevés.
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Apple mise sur l’extension de la taille de ses écrans d’iPhone

Les appareils XXL sont plébiscités par les consommateurs. Une extension de la taille qui permet aux constructeurs de justifier le maintien de tarifs élevés.



LE MONDE
 |    12.09.2018 à 10h41
    |

            Vincent Fagot








                        



                                


                            

Si, en 2017, la présentation de la nouvelle gamme de téléphones d’Apple était particulièrement attendue, avec la sortie d’un produit, l’iPhone X, qui devait permettre de célébrer le 10e anniversaire du premier smartphone de la marque, les annonces du mercredi 12 septembre n’ont pas suscité la même impatience. La firme à la pomme devrait se borner à présenter, pour l’essentiel, une version augmentée des appareils précédents.
De sources concordantes, comme en 2017, trois nouveaux modèles doivent être dévoilés : un appareil d’entrée de gamme équipé d’un écran LCD et deux terminaux premium, dont un serait doté d’un écran de 6,5 pouces (16,5 cm), soit le plus grand qu’aurait produit le groupe américain à ce jour. La dernière génération des téléphones d’Apple proposait des diagonales allant de 4,7 à 5,8 pouces.
Le pari de la taille n’est pas anecdotique. Il permet d’abord de proposer une alternative aux consommateurs face à la gamme des Samsung Note taille XXL, mais également face aux nombreux appareils de plus de 6 pouces proposés par les constructeurs chinois. Il repose surtout sur une évolution de la demande, qui plébiscite ces grands formats. Selon le cabinet américain IDC, les appareils de 5,5 à 7 pouces devraient constituer la majorité des smartphones produits en 2019.

Un usage beaucoup plus intensif
Dans un marché en faible croissance, cette catégorie de produits connaît, elle, une spectaculaire progression (+ 18 %). Cette extension de la taille des écrans permet également de justifier le maintien de tarifs élevés. Comme le note Thomas Husson, analyste au cabinet américain Forrester, « il n’y a pas, chez Apple, un enjeu à générer des volumes élevés de ventes. Ce qui est crucial, c’est de maintenir des coûts élevés de ventes ».
Le choix de proposer des écrans toujours plus grands présente d’autres intérêts. Selon les travaux du cabinet Kantar Worldpanel, les possesseurs d’appareils de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-20"> ¤ Dans cette chronique hebdomadaire, la journaliste du « Monde » Marie de Vergès explique qu’il faut prendre les remous chez les émergents pour ce qu’ils sont aussi  : une alerte précoce de déséquilibres financiers mondiaux.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-20"> ¤                     
                                                   
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« Soyons franc, il n’y a pas encore de crise des émergents »

Dans cette chronique hebdomadaire, la journaliste du « Monde » Marie de Vergès explique qu’il faut prendre les remous chez les émergents pour ce qu’ils sont aussi  : une alerte précoce de déséquilibres financiers mondiaux.



LE MONDE
 |    12.09.2018 à 10h30
 • Mis à jour le
12.09.2018 à 15h49
    |

            Marie de Vergès (Le Monde économie)








                        



                                


                            
Vu d’ailleurs. Et revoici… la crise des émergents ! La formule est bien commode dès lors qu’il faut rester concis, lisible et capter l’attention. Depuis une décennie, elle ressurgit dans les colonnes des journaux et les notes des analystes, à chaque secousse bousculant les actifs de ces économies. Ce fut le cas en 2013, quand la Réserve fédérale américaine annonça qu’il lui faudrait un jour fermer le robinet à liquidités. Ou à l’été 2015, quand la Chine déboussola les marchés mondiaux en dévaluant brusquement le yuan.
Pour l’heure, comme on dit en jargon financier, le marché « discrimine »
Rebelote depuis l’été, alors que se sont mis à plonger la livre turque, le peso argentin et le rand sud-africain. Pourtant, soyons franc, il n’y a pas encore de crise des émergents. Tous ces pays rangés sous une même étiquette, malgré leurs disparités, sont loin de s’être mués uniformément en pestiférés des marchés.
Pour l’heure, comme on dit en jargon financier, le marché « discrimine ». D’un côté, les économies aux fondamentaux plutôt sains qui, comme la fourmi, se sont préparées pour les mauvais jours en accumulant des réserves et continuent à surfer sur de solides taux de croissance. Celles-là traversent la période à peu près sans encombres.
Le camp à risques
De l’autre, les cigales qui ont vécu au-dessus de leurs moyens. Accablés de gros déficits et dotés de politiques économiques pas toujours crédibles ni très rassurantes, ces pays-là sont en plein dans la zone de turbulences. Ainsi de la Turquie où les dogmes du président Erdogan – partisan manifeste de la surchauffe économique et adversaire de l’arme des taux d’intérêt – commencent à sérieusement inquiéter. Ces dernières années, l’endettement en dollars des entreprises locales a explosé. Les capitaux fuient, la livre chute et l’inflation galope (18 % en août).
Ainsi se dessine une mosaïque de pays plus ou moins vulnérables face à la remontée du dollar et des taux d’intérêt
Autre...




                        

                        

