<FILE-date="2018/09/12/19">

<article-nb="2018/09/12/19-1">
<filnamedate="20180912"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180912"><AAMMJJHH="2018091219">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤ La conférence intergouvernementale sur la biodiversité marine, ouverte depuis le début du mois de septembre, doit absolument aboutir à un accord « contraignant » sur les ressources génétiques, souligne Valérie Wyssbrod, spécialiste du droit de la mer, dans une tribune au « Monde ».
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤                     
                                                   
édition abonné


« Les ressources génétiques marines, très prometteuses tant socialement que financièrement »

La conférence intergouvernementale sur la biodiversité marine, ouverte depuis le début du mois de septembre, doit absolument aboutir à un accord « contraignant » sur les ressources génétiques, souligne Valérie Wyssbrod, spécialiste du droit de la mer, dans une tribune au « Monde ».



LE MONDE
 |    12.09.2018 à 17h05
 • Mis à jour le
12.09.2018 à 18h06
    |

Valérie Wyssbrod (Docteur en droit, spécialiste du droit de la mer)







                        



                                


                            

Tribune. L’avenir des ressources génétiques marines est au cœur des discussions qui ont commencé le 4 septembre à New York, au siège de l’ONU, en vue d’élaborer un texte sur la conservation et l’utilisation durable de la biodiversité marine.
Les ressources génétiques marines, ces petites briques qui composent les êtres vivants océaniques (animaux, plantes, champignons, bactéries et virus) sont utilisées depuis une cinquantaine d’années pour développer de nouveaux produits. Ces ressources permettent, entre autres, de mettre au point de nouveaux médicaments pour combattre les cancers, de développer des plastiques biodégradables dans l’eau de mer ou encore d’aider à remédier à des pollutions. Les entreprises biotechnologiques qui investissent le domaine ne s’y sont pas trompées, ces ressources sont très prometteuses tant socialement que financièrement.
A une distance de 200 milles marins
Le nouvel instrument juridique international sera applicable aux ressources génétiques qui sont issues des « zones ne relevant pas de la juridiction nationale ». Où se trouvent ces zones ? Au large des côtes, chaque Etat a le droit souverain de disposer de ses propres ressources. Au-delà, c’est-à-dire à une distance de 200 milles marins (environ 370 km) des côtes, se trouvent ces zones ne relevant pas de la juridiction nationale. Il s’agit de la haute mer, ainsi que des fonds marins. A qui appartiennent ces ressources et peut-on s’en servir gratuitement ? Ce thème, peu connu du grand public mais très controversé, est discuté depuis plus de vingt ans au sein de l’ONU.

En 1982, lorsque la Convention des Nations unies sur le droit de la mer est adoptée, la valeur des ressources génétiques marines est encore méconnue et celles-ci sont peu utilisées. Aucune réglementation spécifique à ce sujet n’est prévue dans la convention. Les ressources génétiques de la haute mer et des grands fonds marins peuvent ainsi être librement...




                        

                        


<article-nb="2018/09/12/19-2">
<filnamedate="20180912"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180912"><AAMMJJHH="2018091219">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤ Le chercheur David Rigoulet-Roze estime, dans une tribune au « Monde », que la volonté du prince héritier Mohammed Ben Salman (« MBS ») d’ouvrir le pays à un tourisme de masse promet un sacré choc culturel.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤                     
                                                   
édition abonné


« Le développement d’un tourisme non religieux en Arabie Saoudite prendra certainement du temps »

Le chercheur David Rigoulet-Roze estime, dans une tribune au « Monde », que la volonté du prince héritier Mohammed Ben Salman (« MBS ») d’ouvrir le pays à un tourisme de masse promet un sacré choc culturel.



LE MONDE
 |    12.09.2018 à 15h30
 • Mis à jour le
12.09.2018 à 17h15
    |

David Rigoulet-Roze (Chercheur rattaché à l’Institut français d’analyse stratégique (IFAS) et rédacteur en chef de la revue « Orients Stratégiques »)







                        



                                


                            
Tribune. Le projet de l’Arabie saoudite pour Al-Ula (dans le nord-ouest du pays), un parc naturel, touristique, archéologique et culturel de la superficie de la Belgique censé attirer entre 1,5 et 2 millions de touristes, illustre la volonté du royaume de développer le tourisme non religieux sur son territoire. Cet objectif ne peut néanmoins manquer de soulever certaines interrogations, notamment par rapport au choc culturel entre les Saoudiens et les futurs touristes.
En octobre 2017, le royaume a affiché son souhait d’une ouverture touristique maîtrisée, avec l’annonce de la délivrance de visas de tourisme. C’est une première dans un pays où les permis d’entrée étaient jusque-là délivrés soit aux pèlerins effectuant le grand ou le petit pèlerinage à La Mecque, soit dans le cadre saoudien de la « kafala », c’est-à-dire l’enregistrement par un « kafil » (une personne garante, obligatoirement de nationalité saoudienne), ou par une entreprise ou un organisme officiel.
La délivrance de visas touristiques fait partie du programme Vision 2030 mis en place par le prince héritier Mohammed Ben Salman (« MBS ») dans le but de diversifier l’économie du royaume, et donc d’atténuer sa dépendance au pétrole ainsi que son image de pays ultraconservateur.
Une société traditionnellement conservatrice
Cette annonce initiale a été suivie en novembre 2017 par l’octroi des premières licences aux agences de voyage habilitées du royaume, puis la notification de la période de délivrance des premiers visas effectifs. L’Arabie saoudite a ensuite apporté des précisions quant à la disponibilité des visas pour les femmes et la liste des pays éligibles, communiquée en 2018.

Une équipe constituée de représentants du ministère de l’intérieur, des affaires étrangères et de la Commission saoudienne du tourisme et du patrimoine national, créée en 2000 et présidée par le prince Sultan Ben Salman – ancien astronaute et demi-frère...




                        

                        


<article-nb="2018/09/12/19-3">
<filnamedate="20180912"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180912"><AAMMJJHH="2018091219">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤ Les cadres, sans cesse sommés de « faire du nouveau », n’ont pas accès aux résultats de la recherche en gestion et restent confinés dans une contrainte de conformité, observe la sociologue Agathe Cagé, dans une tribune au « Monde ».
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤                     
                                                   
édition abonné


« Les manageurs évoluent en France dans une bulle d’isolement »

Les cadres, sans cesse sommés de « faire du nouveau », n’ont pas accès aux résultats de la recherche en gestion et restent confinés dans une contrainte de conformité, observe la sociologue Agathe Cagé, dans une tribune au « Monde ».



LE MONDE
 |    12.09.2018 à 14h00
    |

Agathe Cagé (Sociologue, présidente de l’agence de conseil en stratégie Compass Label)







                        



                                


                            
Tribune. L’injonction permanente à l’innovation, à la transformation accélérée, cannibalise le quotidien des manageurs du privé comme du public. Elle dépasse largement l’exigence de réussite à tout prix et l’impératif de croissance. Alors que les influenceurs des réseaux sociaux font désormais office de modèles hégémoniques, que l’embauche de millennials aux codes bien particuliers donne des sueurs froides aux recruteurs, et que la tyrannie du « smart » s’impose dans tous les secteurs, les feuilles de route des manageurs sont marquées, sur toute la largeur, d’un tampon rouge : faire différent.
les démarches de type « nudge » peuvent constituer de véritables aides à la décision dès lors qu’elles s’inscrivent dans un projet de transformation partagé
Mais cette injonction est doublement paradoxale dans la France de 2018. Tout d’abord, parce que les sciences humaines et sociales ont, à l’exception notable de l’économie, énormément de mal à diffuser leurs résultats de recherche vers le monde de l’entreprise et vers celui des politiques publiques. Ces recherches sont pourtant riches en sources d’innovation, notamment en matière de gestion des ressources humaines, et permettent à ceux qui se donnent les moyens de s’en saisir de progresser sur des sujets aussi divers que l’inclusion des personnes en situation de handicap ou la motivation des salariés.
Pour ne prendre qu’un exemple, les démarches de type « nudge » (suggestions indirectes), fondées sur la recherche en psychologie et en économie comportementale et théorisées par l’économiste Richard Thaler (Prix Nobel 2017) et le juriste Cass Sunstein en 2008, peuvent constituer de véritables aides à la décision dès lors qu’elles s’inscrivent dans un projet de transformation partagé. Le succès qu’elles rencontrent aujourd’hui dans les secteurs public et privé dépasse de loin le simple effet de mode, même si elles restent encore trop souvent agitées comme de simples gadgets, à l’image des méthodes...




                        

                        


<article-nb="2018/09/12/19-4">
<filnamedate="20180912"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180912"><AAMMJJHH="2018091219">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤ Le règlement général sur la protection des données pourrait avoir pour effet paradoxal de permettre aux géants du Web de capter les données personnelles que le RGPD souhaitait pourtant contrôler, observe l’avocate Zoé Vilain dans une tribune au « Monde ».
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤                     
                                                   
édition abonné


« Le RGPD risque de renforcer le pouvoir des Gafam »

Le règlement général sur la protection des données pourrait avoir pour effet paradoxal de permettre aux géants du Web de capter les données personnelles que le RGPD souhaitait pourtant contrôler, observe l’avocate Zoé Vilain dans une tribune au « Monde ».



LE MONDE
 |    12.09.2018 à 14h00
    |

Zoé Vilain (Avocate, spécialisée en nouvelles technologies, et partenaire du Réseau 1862)







                        



                                


                            
Tribune. La protection des données personnelles est un enjeu majeur pour les citoyens de l’Union européenne. Face à l’accroissement des innovations technologiques depuis quinze ans, et au manque total de transparence dans le traitement de ces données par les Gafam (Google, Amazon, Facebook, Apple, Microsoft) – comme l’a récemment illustré le scandale de Cambridge Analytica –, le règlement général sur la protection des données (RGPD), entré en vigueur le 25 mai, apporte un progrès indéniable. Mais en bouleversant les rapports entre sous-traitants et donneurs d’ordre au sein de la chaîne de traitement de ces données, le RGPD risque bel et bien de nuire à la concurrence et, paradoxalement, de renforcer le pouvoir de marché des Gafam.
le RGPD impose en effet d’apporter la preuve de la mise en œuvre de moyens techniques de protection, sécurisation et portabilité des données
Au-delà des contraintes portant sur le recueil du consentement sur la collecte des données et le renforcement des sanctions encourues, le RGPD impose en effet d’apporter la preuve de la mise en œuvre de moyens techniques de protection, sécurisation et portabilité des données, ainsi qu’une traçabilité et une responsabilisation de toute la chaîne d’acteurs traitant les données personnelles : de la société qui collecte les données personnelles à celles qui les hébergent et les analysent, sans oublier l’entreprise qui a ordonné ces traitements et qui en est l’utilisatrice finale.
Or la contractualisation entre les différentes sociétés traitant des données personnelles a engendré un bouleversement des rapports économiques dans le monde du numérique, en consacrant deux types de qualifications : le responsable de traitement et le sous-traitant. Le responsable de traitement détermine les traitements de données personnelles qu’il souhaite mettre en œuvre, dans la limite du cadre légal et des consentements obtenus à cette fin, alors que le sous-traitant, lui, agit pour le compte...




                        

                        


<article-nb="2018/09/12/19-5">
<filnamedate="20180912"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180912"><AAMMJJHH="2018091219">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤ Pour les plates-formes numériques, le régulateur de l’audiovisuel propose de nouvelles règles plus souples que pour les acteurs traditionnels.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Audiovisuel : le CSA veut obtenir davantage de pouvoir de régulation sur Internet

Pour les plates-formes numériques, le régulateur de l’audiovisuel propose de nouvelles règles plus souples que pour les acteurs traditionnels.



LE MONDE
 |    12.09.2018 à 11h55
    |

            Alexandre Piquard








                        



                                


                            
« Refonder la régulation audiovisuelle est une nécessité », selon le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA), qui a présenté mardi 11 septembre 20 propositions pour changer le cadre général fixé par la loi de 1986. Leur philosophie ? Le combat contre « l’asymétrie de régulation » qui « se creuse entre, d’une part, les acteurs traditionnels de l’audiovisuel, quels que soient leurs efforts d’adaptation à l’environnement d’Internet, et d’autre part, les nouveaux acteurs, qui demeurent affranchis d’obligations pourtant incontestablement justifiées », a expliqué le président Olivier Schrameck.

C’est une « démarche particulière » pour une autorité administrative indépendante de suggérer des pistes de réformes aussi précises, a admis M. Schrameck. Mais le CSA cherche à saisir une « opportunité » politique. En effet, Emmanuel Macron, par la voix de sa ministre de la culture, Françoise Nyssen, a annoncé une grande loi audiovisuelle pour 2019. Ce texte devra notamment transposer en droit français la nouvelle directive européenne sur les services de médias audiovisuels (SMA), en cours de finalisation.
La première ambition du CSA est d’intégrer les grandes plates-formes numériques : non seulement les plates-formes de vidéo à la demande par abonnement comme Netflix ou Amazon Prime, déjà visées par la directive SMA, mais aussi les grands réseaux de partage comme YouTube ou Facebook. Et également « les plates-formes de streaming audio », comme Spotify ou Deezer.
Une extension de pouvoirs très sensible politiquement
Conscient du caractère politiquement très sensible de toute volonté d’extension des pouvoirs du CSA sur le Web, M. Schrameck a précisé qu’il fallait bien sûr « se garder de la tentation déraisonnable et liberticide d’une régulation globale d’Internet ».
Plutôt qu’une autorégulation, le CSA souhaite la « corégulation », dans laquelle il surveille l’application par un service...



                        

                        


<article-nb="2018/09/12/19-6">
<filnamedate="20180912"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180912"><AAMMJJHH="2018091219">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤ Editorial. Dans un rapport publié mardi, la Cour des comptes européenne dénonce les faiblesses de la politique de l’UE en la matière.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤                     
                                                

Pollution de l’air : les négligences coupables de l’Europe

Editorial. Dans un rapport publié mardi, la Cour des comptes européenne dénonce les faiblesses de la politique de l’UE en la matière.



LE MONDE
 |    12.09.2018 à 11h11
 • Mis à jour le
12.09.2018 à 14h46
   





                        



   


Editorial du « Monde ». Après des années d’avertissements sans frais, la Commission européenne a enfin mis ses menaces à exécution : le 17 mai, elle a renvoyé six Etats, dont la France et l’Allemagne, devant la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) parce qu’ils exposent leurs citoyens à des niveaux de pollution excessifs. Quatre mois plus tard, c’est au tour de la Commission de se faire épingler. Dans un rapport au vitriol publié mardi 11 septembre, la Cour des comptes européenne taille en pièces la politique communautaire de lutte contre la pollution de l’air.

        Lire aussi.
         

          Pollution de l’air : l’UE ne protège pas assez la santé des citoyens



« La santé des citoyens européens reste insuffisamment protégée », annonce l’institution gardienne des finances de l’UE. A l’origine de 400 000 morts prématurées (dont 48 000 en France) et de centaines de milliards d’euros de coûts de santé chaque année en Europe, la pollution atmosphérique est aujourd’hui considérée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) comme « le plus grand risque environnemental pour la santé des Européens ». Ce n’est visiblement pas encore le cas pour Bruxelles.
Pierre angulaire des politiques européennes, la directive sur la qualité de l’air date de 2008, et les normes sur lesquelles elle repose, vieilles de quinze à vingt ans, sont largement dépassées. Ainsi, la limite d’exposition au dioxyde de soufre fixée par l’UE est plus de six fois supérieure à celle de l’OMS. Pire. Les particules fines PM2,5, les plus dangereuses car elles pénètrent plus profondément dans les voies respiratoires, ne font l’objet d’aucune limite journalière, quand l’OMS recommande de ne pas dépasser 25 µg/m3.
Au stade des promesses
Il est donc urgent que Bruxelles aligne ses normes sur celles de l’OMS. C’est la condition indispensable pour mettre ses citoyens à l’abri. Mais ce n’est pas suffisant : la Commission doit ensuite se donner les moyens de les faire respecter. Or, si l’enveloppe consacrée à l’amélioration de la qualité de l’air a progressé, elle représente toujours moins de 1 % des fonds de cohésion de l’UE. Comme l’appelle de ses vœux la Cour des comptes, la lutte contre la pollution de l’air doit devenir une priorité pour l’ensemble des politiques communautaires : énergie, transports, industrie, agriculture…
En matière de pollution, comme pour le climat, le temps presse. Or, trois ans après le scandale du « dieselgate » et la révélation de la fraude aux moteurs truqués de Volkswagen, les constructeurs automobiles peuvent continuer à commercialiser des voitures émettant des gaz toxiques (les fameux oxydes d’azote) en quantité excessive. Un « permis de polluer » que la maire de Paris, Anne Hidalgo, et ses homologues de Madrid et Bruxelles ont attaqué devant la justice européenne.
Reste que la charge de la Cour des comptes contre Bruxelles ne doit pas déresponsabiliser les Etats. Le Conseil d’Etat a enjoint en juillet 2017 au gouvernement français d’agir « dans les meilleurs délais » contre la pollution. Plus d’un an après, on attend toujours le « plan ambitieux » promis par l’ancien ministre Nicolas Hulot. De même, si la ministre des transports, Elisabeth Borne, a retenu l’augmentation de la part du ferroviaire autour des grandes agglomérations et le soutien au fret ferroviaire et fluvial parmi les cinq priorités du plan d’investissement qu’elle a présenté le 11 septembre, on en reste encore au stade des promesses. Quant au « plan vélo », qui sera présenté vendredi 14 septembre, il permettra de juger si le gouvernement a enfin décidé d’engager effectivement, sur ce point au moins, la lutte contre la pollution de l’air.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/09/12/19-7">
<filnamedate="20180912"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180912"><AAMMJJHH="2018091219">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤ Dans cette chronique hebdomadaire, la journaliste du « Monde » Marie de Vergès explique qu’il faut prendre les remous chez les émergents pour ce qu’ils sont aussi  : une alerte précoce de déséquilibres financiers mondiaux.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤                     
                                                   
édition abonné


« Soyons franc, il n’y a pas encore de crise des émergents »

Dans cette chronique hebdomadaire, la journaliste du « Monde » Marie de Vergès explique qu’il faut prendre les remous chez les émergents pour ce qu’ils sont aussi  : une alerte précoce de déséquilibres financiers mondiaux.



LE MONDE
 |    12.09.2018 à 10h30
 • Mis à jour le
12.09.2018 à 15h49
    |

            Marie de Vergès (Le Monde économie)








                        



                                


                            
Vu d’ailleurs. Et revoici… la crise des émergents ! La formule est bien commode dès lors qu’il faut rester concis, lisible et capter l’attention. Depuis une décennie, elle ressurgit dans les colonnes des journaux et les notes des analystes, à chaque secousse bousculant les actifs de ces économies. Ce fut le cas en 2013, quand la Réserve fédérale américaine annonça qu’il lui faudrait un jour fermer le robinet à liquidités. Ou à l’été 2015, quand la Chine déboussola les marchés mondiaux en dévaluant brusquement le yuan.
Pour l’heure, comme on dit en jargon financier, le marché « discrimine »
Rebelote depuis l’été, alors que se sont mis à plonger la livre turque, le peso argentin et le rand sud-africain. Pourtant, soyons franc, il n’y a pas encore de crise des émergents. Tous ces pays rangés sous une même étiquette, malgré leurs disparités, sont loin de s’être mués uniformément en pestiférés des marchés.
Pour l’heure, comme on dit en jargon financier, le marché « discrimine ». D’un côté, les économies aux fondamentaux plutôt sains qui, comme la fourmi, se sont préparées pour les mauvais jours en accumulant des réserves et continuent à surfer sur de solides taux de croissance. Celles-là traversent la période à peu près sans encombres.
Le camp à risques
De l’autre, les cigales qui ont vécu au-dessus de leurs moyens. Accablés de gros déficits et dotés de politiques économiques pas toujours crédibles ni très rassurantes, ces pays-là sont en plein dans la zone de turbulences. Ainsi de la Turquie où les dogmes du président Erdogan – partisan manifeste de la surchauffe économique et adversaire de l’arme des taux d’intérêt – commencent à sérieusement inquiéter. Ces dernières années, l’endettement en dollars des entreprises locales a explosé. Les capitaux fuient, la livre chute et l’inflation galope (18 % en août).
Ainsi se dessine une mosaïque de pays plus ou moins vulnérables face à la remontée du dollar et des taux d’intérêt
Autre...




                        

                        


<article-nb="2018/09/12/19-8">
<filnamedate="20180912"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180912"><AAMMJJHH="2018091219">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤ Pour la philosophe Bérénice Levet, si le féminisme a été un mouvement d’émancipation, les néo-féministes d’aujourd’hui criminalisent le désir masculin et occultent certaines réalités.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Haro sur les néoféministes

Pour la philosophe Bérénice Levet, si le féminisme a été un mouvement d’émancipation, les néo-féministes d’aujourd’hui criminalisent le désir masculin et occultent certaines réalités.



LE MONDE
 |    12.09.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
12.09.2018 à 12h37
    |

            Christine Rousseau








                        



                                


                            

Le livre. Aurait-elle calculé son coup que Bérénice Levet ne s’y serait pas mieux pris pour susciter une fois encore la polémique. Et l’ire des féministes. Alors que s’ouvre la première université du féminisme (13 et 14 septembre) à l’initiative Marlène Schiappa, secrétaire d’Etat en charge de l’égalité des femmes et des hommes, la philosophe publie un essai aussi stimulant et provoquant qu’irritant.
Un livre de « résistance » que certain(e)s taxeront, non sans raison, de brûlot antimoderne, réactionnaire, islamophobe, misogyne. Et bien évidemment antiféministe, comme le proclame son titre, qui n’aurait pas souffert de l’ajout du suffixe « néo », tant la cible clairement définie sont les néoféministes.
Ainsi, après s’être employée à démonter les limites et les dérives de la théorie du genre – thèse dont on trouve trace ici, les néoféministes s’est étant abondant nourri –, la spécialiste d’Hannah Arendt s’attelle à démonter les dangers de l’« idéologie » « infantilisante », « puritaine », dont le discours victimaire (l’affaire Weinstein a servi, selon elle, de caisse de résonance) tend à criminaliser le désir masculin.
Et surtout, à imposer un nouveau modèle de société cloisonnée au sein de laquelle est exaltée l’appartenance communautaire. Ainsi écrit-elle : « Je ne crains pas, de parler d’alibi, ces campagnes orchestrées contre la violence masculine poursuivent deux objectifs très nets : surveiller et punir toujours plus les hommes, et périmer une civilisation exaltant la dualité, la polarité des deux sexes, réputée pour son art de la mixité et de l’érotisation des relations entre les hommes et les femmes, mais sachant soustraire chacun à son identité sexuelle dans certaines sphères de l’existence. »
« Etre féministe aujourd’hui, c’est fermer les yeux sur les agressions sexuelles et les viols lorsqu’ils ne sont pas commis par des mâles blancs occidentaux »
Si...




                        

                        


<article-nb="2018/09/12/19-9">
<filnamedate="20180912"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180912"><AAMMJJHH="2018091219">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤ Si les bases sur lesquelles s’opère la reconfiguration politique européenne sont encore confuses, l’identité y joue un rôle central explique l’éditorialiste au « Monde » Sylvie Kauffmann, dans sa chronique hebdomadaire.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 11/09/2018
Découvrir l’application


                           
édition abonné


« Longtemps marqueur de l’extrême droite, la question de l’identité est devenue mainstream »

Si les bases sur lesquelles s’opère la reconfiguration politique européenne sont encore confuses, l’identité y joue un rôle central explique l’éditorialiste au « Monde » Sylvie Kauffmann, dans sa chronique hebdomadaire.



LE MONDE
 |    12.09.2018 à 06h47
 • Mis à jour le
12.09.2018 à 09h36
    |

            Sylvie Kauffmann (éditorialiste au Monde)








                        



                                


                            

Chronique. Après sa victoire mouvementée sur Serena Williams à l’US Open le 8 septembre, la nouvelle star mondiale du tennis Naomi Osaka, 20 ans, qui a la double nationalité japonaise et américaine, s’est vu poser la question suivante pendant la traditionnelle rencontre avec la presse :
« Pouvez-vous nous parler de votre identité au Japon et de votre identité ici aux Etats-Unis ? »
La championne a fourni sa réponse standard : « Je suis née à Osaka et je suis venue à New York à l’âge de 3 ans, puis j’ai déménagé en Floride vers 8-9 ans, et depuis, je m’entraîne en Floride. » Mais, en termes de culture, a insisté la journaliste ? Japonaise ou américaine ? Et là, puisqu’on en redemandait, Naomi Osaka a donné son idée à elle de l’identité culturelle :
« Bon, mon père est haïtien, donc j’ai grandi dans un foyer haïtien à New York, chez ma grand-mère. Et ma mère est japonaise, donc j’ai aussi grandi avec la culture japonaise. Et si vous dites “américaine”, comme j’ai grandi en Amérique, j’ai ça aussi. J’espère que ça répond à votre question. » 
Fin de l’échange, d’un revers claqué à deux mains.
Serena Williams, pendant ce temps, essayait de se remettre de son altercation avec l’arbitre, dont les médias américains ont débattu avec passion. De quoi s’agissait-il, au fond ? Des fautes de la joueuse et de son coach, de celles de l’arbitre ? A peine. Le fond du débat, c’est que l’incident opposait une femme noire à un homme blanc. Aujourd’hui, l’identité s’est insinuée partout, y compris dans le tennis et le football : l’odyssée des Bleus en est un autre exemple.
« It’s the identity, stupid ! »
Forcément, l’identité s’est aussi insinuée dans la politique. Elle en a même pris le contrôle. En 1992, Bill Clinton se faisait élire président au terme d’une campagne menée sur le thème de la défense des intérêts économiques des classes moyennes, que l’un de ses stratèges résumait par cette phrase devenue...




                        

                        


<article-nb="2018/09/12/19-10">
<filnamedate="20180912"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180912"><AAMMJJHH="2018091219">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤ Près d’un an après l’apparition du mouvement #metoo, l’historienne Michelle Perrot, la psychanalyste Sarah Chiche et l’écrivaine Belinda Cannone débattent sur le sujet en livrant leur vision personnelle du féminisme.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 11/09/2018
Découvrir l’application


                           
édition abonné


« Nous voulons toutes l’égalité, mais nous ne sommes pas d’accord sur la manière d’y parvenir »

Près d’un an après l’apparition du mouvement #metoo, l’historienne Michelle Perrot, la psychanalyste Sarah Chiche et l’écrivaine Belinda Cannone débattent sur le sujet en livrant leur vision personnelle du féminisme.



LE MONDE
 |    12.09.2018 à 06h45
 • Mis à jour le
12.09.2018 à 09h27
    |

Nicolas Truong







                        



                                


                            
Les mouvements #metoo et #balancetonporc ont rendu possible la solidarité spontanée entre les victimes de violences sexuelles. Mais les critiques qui leur ont été adressées ont mis au jour les risques de censure dans l’art et de dénonciation sur les réseaux sociaux. Quels nouveaux rapports entre les femmes et les hommes doit-on inventer ? Invitées le 8 juillet aux Controverses du Monde au Festival d’Avignon, l’historienne Michelle Perrot, la psychanalyste Sarah Chiche et l’écrivaine Belinda Cannone ont débattu de l’avenir d’un grand mouvement d’émancipation.
Toutes trois sont intervenues dans le débat, en janvier, en donnant dans Le Monde des points de vue divergents : Sarah Chiche en cosignant, notamment avec Catherine Deneuve, la fameuse tribune défendant une « liberté d’importuner indispensable à la liberté sexuelle », Michelle Perrot en faisant état de sa sidération devant « l’absence de solidarité des femmes signataires de cette tribune » et Belinda Cannone expliquant que « le jour où les femmes se sentiront autorisées à exprimer leur désir, elles ne seront plus des proies ».

De quoi l’affaire Weinstein a-t-elle été le signe ? Et peut-on dire que nous vivons une révolution anthropologique qui sonnerait le glas de la domination masculine ?
Michelle Perrot : L’affaire Harvey Weinstein marque une prise de parole des femmes sur leur corps intime, harcelé voire violé. Tout à coup, toutes se sont mises à parler. Le mouvement a surgi dans les milieux où le corps était le plus exposé, ceux du cinéma et du théâtre, mais cette parole de privilégiées a gagné toutes les couches sociales, les lieux et les générations. C’est aussi un phénomène lié aux techniques de communication. Il est certain qu’on n’aurait pas eu cette diffusion rapide s’il n’y avait pas eu Internet et les réseaux sociaux… Donc c’est un événement à deux titres : pour la parole en elle-même et pour...




                        

                        


<article-nb="2018/09/12/19-11">
<filnamedate="20180912"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180912"><AAMMJJHH="2018091219">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤ La ministre détaille la philosophie et les arbitrages de la première loi de programmation pluriannuelle des infrastructures.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 11/09/2018
Découvrir l’application


                           
édition abonné


Transports : « Nous allons en finir avec l’addiction aux grands projets », assure Elisabeth Borne

La ministre détaille la philosophie et les arbitrages de la première loi de programmation pluriannuelle des infrastructures.



LE MONDE
 |    12.09.2018 à 06h42
 • Mis à jour le
12.09.2018 à 12h40
    |

                            Éric Béziat








                        



                                


                            

L’arbitrage – très attendu – est enfin dévoilé : l’Etat va investir 13,4 milliards d’euros dans les voies ferrées, routes et équipements de transport français entre 2018 et 2022. Ce chiffrage a été présenté mardi 11 septembre par Elisabeth Borne, la ministre des transports, au Conseil d’orientation des infrastructures (COI), un collège d’experts présidé par l’ancien député socialiste et spécialiste des transports, Philippe Duron.
Le COI avait été créé il y a un an afin d’éclairer le gouvernement sur ses choix de dépenses en matière d’infrastructures de transport. La programmation financière sera l’un des chapitres de la vaste loi d’orientation des mobilités (LOM) à venir. Elisabeth Borne revient sur ces choix financiers majeurs.
Quel sera l’apport financier de la nation pour les infrastructures de mobilité des prochaines décennies ?
Nous dévoilons une brique importante de la LOM, qui sera présentée en conseil des ministres fin octobre. Nous sommes partis d’un constat : la politique des transports s’était focalisée ces dernières années sur les grandes infrastructures. Or cette politique mène à une impasse financière et elle ne répond pas complètement aux besoins des citoyens.
Nous accomplissons une révolution culturelle sur le financement des infrastructures de transport, à la fois en termes de méthode et en termes de priorités. La méthode c’est la sincérité. Nous allons en finir avec l’addiction aux grands projets et avec les promesses non financées qui remettent en cause la crédibilité de l’Etat. Plus question de promettre à tort et à travers, dans les territoires, des programmes qui ne sont pas réalistes.

Cela se traduit par le fait que nous allons, pour la première fois, faire voter une loi de programmation en matière de transports, comme il y a une loi de programmation militaire. Nous définissons une trajectoire financière sur le quinquennat en cours et sur le quinquennat suivant, avec l’idée...




                        

                        


<article-nb="2018/09/12/19-12">
<filnamedate="20180912"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180912"><AAMMJJHH="2018091219">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤ Dans un entretien au « Monde », le philosophe explique pourquoi la fin du patriarcat est liée à la sortie de l’organisation religieuse de nos sociétés.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Marcel Gauchet : « La domination masculine est morte »

Dans un entretien au « Monde », le philosophe explique pourquoi la fin du patriarcat est liée à la sortie de l’organisation religieuse de nos sociétés.



LE MONDE
 |    11.09.2018 à 17h29
 • Mis à jour le
12.09.2018 à 09h30
    |

Nicolas Truong







                        



                                


                            
Historien et philosophe notamment attaché à penser L’Avènement de la démocratie (Gallimard, quatre tomes, 2007-2017), Marcel Gauchet est également rédacteur en chef de la Revue Le Débat qui, pour son 200e numéro, a consacré un dossier au « masculin en révolution ». Il s’explique sur les raisons et les conséquences de cet « événement énorme » qu’est la fin du patriarcat. 

« Nous sommes en train d’assister à la fin de la domination masculine », écrivez-vous. Pourtant, de fortes inégalités (sociales, notamment) persistent, des emprises comportementales subsistent, sans parler de certains droits politiques que l’on refuse encore aux femmes dans certaines régions du monde…
Distinguons le constat et l’explication. Le fait de ces inégalités persistantes ne se discute pas. Mais il y a deux manières très différentes de les comprendre. Ou bien on considère qu’elles traduisent une domination masculine inchangée en son fond, en dépit des principes affichés, et il faut nous dire en quoi celle-ci consiste. Ou bien on les regarde comme l’héritage d’une domination archi-millénaire, mais dont on peut identifier le principe pour constater qu’il est mort, ce qui veut dire que ces résidus du passé sont en train de se résorber pour de bon et appelés à disparaître. C’est cette seconde thèse qui me paraît la bonne.
Le mouvement #metoo est-il donc davantage le signe de la fin du patriarcat que celui de sa persistance ?
Cette révolte a traduit dans les actes une rupture qui était acquise dans les têtes. La manière même dont elle s’est répandue comme une traînée de poudre en balayant les oppositions montre que l’espèce de tolérance qui continuait d’entourer les comportements de prédation sexuelle n’avait plus aucun fondement. Ils sont tenus pour inacceptables au regard de la nouvelle norme commune. Il suffisait d’une occasion pour que celle-ci devienne explicite.
Pourquoi...




                        

                        


<article-nb="2018/09/12/19-13">
<filnamedate="20180912"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180912"><AAMMJJHH="2018091219">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤ Plusieurs ministres européens, dont Monika Grütters (Allemagne) et Françoise Nyssen (France), appellent le Parlement européen à voter en faveur de la directive relative au droit d’auteur dans une tribune au « Monde ».
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤                     
                                                   
édition abonné


« L’Europe doit imposer davantage de responsabilité et de règles équitables aux géants du numérique »

Plusieurs ministres européens, dont Monika Grütters (Allemagne) et Françoise Nyssen (France), appellent le Parlement européen à voter en faveur de la directive relative au droit d’auteur dans une tribune au « Monde ».



LE MONDE
 |    11.09.2018 à 16h52
 • Mis à jour le
11.09.2018 à 18h21
    |

                            Collectif








                        



                                


                            

Tribune. Trois mois après l’adoption d’un texte de compromis au Conseil, la négociation du projet de directive relative au droit d’auteur entre dans une phase décisive à la veille d’un nouveau vote au Parlement européen.
Nous, ministres européens de la culture, formons le vœu que cette négociation déterminante pour l’avenir de la diversité culturelle et du pluralisme des médias en Europe se poursuive sereinement. Nous espérons que les discussions à venir permettront de parvenir à des compromis appropriés, reflétant un juste équilibre entre les divers intérêts en présence, tout en conservant l’essence de la réforme.
Nous reconnaissons pleinement que la discussion en cours sur le droit d’auteur interroge sur nos attentes vis-à-vis de l’Union européenne, ainsi que sur la capacité de l’Europe de demain à défendre ses intérêts collectifs et ses valeurs dans l’environnement numérique.
Une occasion unique pour la diversité culturelle en Europe
Les industries culturelles et créatives, qui représentent 4,2 % du PIB européen et plus de 7 millions d’emplois, témoignent de l’extraordinaire talent et de la créativité des artistes et des entreprises de notre continent.
L’équité et la diversité culturelle sont au cœur de la réforme du droit d’auteur : c’est la vision que nous portons pour l’Europe
Avec la réforme du droit d’auteur, les créateurs, les entreprises et le public devraient bénéficier d’un cadre juridique plus équilibré et ce, afin d’obtenir un marché numérique plus performant. Nous ne devrions pas consentir à un monde où une poignée d’entreprises multinationales captent l’essentiel de la valeur générée par les œuvres créées par d’autres dans l’environnement numérique.
Aussi, de nouvelles règles sont nécessaires afin que plus d’œuvres soient disponibles en ligne et que le droit d’auteur puisse être de manière effective utilisé comme fondement d’une juste rémunération des créateurs et éditeurs...




                        

                        


<article-nb="2018/09/12/19-14">
<filnamedate="20180912"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180912"><AAMMJJHH="2018091219">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤ Il est urgent pour les musulmans de France de faire émerger de leurs propres rangs un modèle alternatif assez puissant pour contrer l’idéologie islamiste, souligne le philosophe Abdennour Bidar, dans une tribune au « Monde ».
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Abdennour Bidar : « Musulmanes et musulmans progressistes, sortez de l’ombre ! »

Il est urgent pour les musulmans de France de faire émerger de leurs propres rangs un modèle alternatif assez puissant pour contrer l’idéologie islamiste, souligne le philosophe Abdennour Bidar, dans une tribune au « Monde ».



LE MONDE
 |    11.09.2018 à 15h02
    |

Abdennour Bidar (Philosophe et essayiste, spécialiste de l'islam)







                        



                                


                            

Tribune. Mettre fin aux financements étrangers du salafisme, instaurer un contrôle public des organismes qui assurent le pèlerinage à La Mecque, instaurer une taxe sur le gigantesque marché du halal, instituer une formation obligatoire aux valeurs républicaines de tous les imams du territoire, etc. Toutes ces préconisations du rapport rendu au chef de l’Etat par Hakim El Karoui sont indispensables (« La Fabrique de l’islamiste »).
Elles ne régleront cependant pas le problème majeur de l’islam de France : son incapacité à faire émerger de ses propres rangs un mouvement progressiste capable de proposer un modèle alternatif assez puissant pour contrer l’idéologie islamiste sous toutes ses formes, du radicalisme terroriste au fondamentalisme piétiste en passant par ce conservatisme étroit qui règne aujourd’hui presque sans partage dans l’ethos musulman.
Là-dessus, le rapport en question ne peut évidemment rien faire : il alerte vigoureusement sur la propagation de cette idéologie islamiste mais il ne peut désormais compter que sur le relais qui doit être pris par un nombre suffisant de consciences musulmanes, pour créer ensemble le grand mouvement d’ouverture, de paix, de liberté de conscience et d’expression, d’égalité femmes-hommes, de tolérance et de fraternité dont cette religion et cette culture ont un besoin vital, en France comme ailleurs.
Un autre islam possible
Pour ma part, n’étant pas un chef politique et n’ayant pas vocation à le devenir, j’estime avoir fait la part du philosophe avec quelques autres, en construisant dans mes écrits le « grand récit » d’un autre islam non seulement compatible avec les valeurs de la démocratie et des droits de l’homme mais capable de trouver dans les conditions du monde moderne et post-moderne une régénération inouïe de son génie spirituel – très au-delà de la religion figée dans laquelle cette spiritualité s’est abîmée depuis des siècles et des siècles.
Depuis 2004 avec...




                        

                        


<article-nb="2018/09/12/19-15">
<filnamedate="20180912"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180912"><AAMMJJHH="2018091219">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤ La mauvaise performance des entreprises françaises à l’exportation s’explique aussi par le démantèlement du dispositif public mis en place à la Libération pour les aider, estime François David, ancien président de la Coface, dans une tribune au « Monde ».
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Commerce extérieur : La lente agonie du « dispositif public de soutien à l’exportation »

La mauvaise performance des entreprises françaises à l’exportation s’explique aussi par le démantèlement du dispositif public mis en place à la Libération pour les aider, estime François David, ancien président de la Coface, dans une tribune au « Monde ».



LE MONDE
 |    11.09.2018 à 15h00
    |

François David (Ancien directeur de la DREE (mars 1987-novembre 1989) et président de la Coface de 1994 à 2012)







                        



                                


                            
Tribune. La France n’est pas un pays naturellement exportateur, à la différence du Royaume-Uni ou de l’Allemagne. C’est la raison pour laquelle les gouvernements d’après-guerre, parallèlement au programme de redressement national, ont créé le Centre français du commerce extérieur (CFCE), la Banque française du commerce extérieur (BFCE) et les procédures publiques de la Compagnie française d’assurance pour le commerce extérieur (Coface).
L’ambition était de porter, à terme, la part des exportations dans le PNB au même niveau que celui de ses principaux grands concurrents
L’objectif de ce programme était d’offrir aux entreprises des interlocuteurs clairement identifiés pour les aider à pénétrer les marchés étrangers. Le CFCE informait les entreprises sur les marchés prometteurs. La BFCE proposait aux exportateurs de biens d’équipement des crédits à taux bonifié (dits « crédits mixtes ») pour concurrencer notamment les exportateurs américains. La Coface, au travers de l’assurance prospection, préfinançait la recherche de nouveaux marchés et assurait la garantie des grands contrats contre les risques politiques.
L’ambition était de porter, à terme, la part des exportations dans le PNB au même niveau que celui de ses principaux grands concurrents. Les exportateurs jugeaient le système fiable, stable et efficace. Il était chapeauté par le ministre du commerce extérieur, de plein exercice et doté d’une administration spécifique, la direction des relations économiques extérieures (DREE), représentée en province par les directions régionales du commerce extérieur (DRCE) et dans les ambassades par le corps des conseillers commerciaux, dont les deux tiers étaient composés de contractuels du secteur privé, et donc interlocuteurs naturels des exportateurs.
Talon d’achille
Aujourd’hui et depuis quinze ans, le commerce extérieur est devenu le talon d’Achille de l’économie française. Le déficit augmente année après année. Il s’explique en grande...




                        

                        


<article-nb="2018/09/12/19-16">
<filnamedate="20180912"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180912"><AAMMJJHH="2018091219">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤ Dans une tribune au « Monde », l’ancien ministre défend, pour les apiculteurs, un modèle agricole plus rémunérateur et respectueux de l’environnement, alternatif à l’industrialisation agrochimique d’un produit devenu un enjeu du commerce mondialisé.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Arnaud Montebourg : « Exiger du miel made in France »

Dans une tribune au « Monde », l’ancien ministre défend, pour les apiculteurs, un modèle agricole plus rémunérateur et respectueux de l’environnement, alternatif à l’industrialisation agrochimique d’un produit devenu un enjeu du commerce mondialisé.



LE MONDE
 |    11.09.2018 à 14h00
    |

Arnaud Montebourg (Ancien ministre, cofondateur du label Bleu Blanc Ruche)







                        



                                


                            
Tribune. Le miel n’est plus seulement ce nectar fabuleux façonné par les enzymes des abeilles, qui fait tant rêver les hommes depuis des siècles. Il est une matière première agricole qui s’échange sur les marchés mondialisés et dont le contrôle est devenu un enjeu de souveraineté alimentaire. Pourquoi ? Parce que les abeilles productrices de miel sont les premiers agents pollinisateurs de l’agriculture ; elles assurent, avec les autres insectes, la reproduction de 75 % des plantes cultivées dans le monde par l’homme : 35 % des ressources alimentaires dépendent donc directement des insectes, et pour la plus large part des abeilles.
la dévalorisation du miel sur les marchés mondialisés porte atteinte au revenu et à la vitalité des apiculteurs
La chute des colonies d’abeilles entraînerait celle de la production agricole et la perte progressive de notre capacité alimentaire. L’Europe est sur cette pente dangereuse, car, selon une étude approfondie de l’université de Reading (Royaume-Uni), à laquelle a notamment participé l’Institut national de la recherche agronomique, il manquerait l’équivalent de treize millions de colonies en Europe (« Agricultural Policies Exacerbate Honeybee Pollination Service Supply-Demand Mismatches Across Europe », Tom D. Breeze et alii, PloS One, 8 janvier 2014).
Cette mortalité est liée à l’apparition de nouveaux fléaux sanitaires (maladies, parasites, prédateurs), à la présence de polluants toxiques dans l’environnement, liés à l’agrochimie, ainsi qu’à la transformation des paysages, qui fait reculer les milieux naturels. Mais cette mortalité des abeilles a aussi une cause économique directe et trop peu connue : la dévalorisation du miel sur les marchés mondialisés porte atteinte au revenu et à la vitalité des apiculteurs. Lorsque les cours du miel chutent, les apiculteurs disparaissent, parce qu’ils ne gagnent plus leur vie.
Concurrence mondiale déloyale
Ce phénomène mondial s’est révélé...




                        

                        


<article-nb="2018/09/12/19-17">
<filnamedate="20180912"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180912"><AAMMJJHH="2018091219">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-17"> ¤ Dix-neuf présidents de département demandent, dans une tribune au « Monde », au gouvernement d’inclure dans le plan pauvreté un projet de loi d’expérimentation du revenu de base.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-17"> ¤                     
                                                   
édition abonné


« Le revenu de base, tremplin vers l’insertion sociale et professionnelle, et vecteur d’intégration citoyenne »

Dix-neuf présidents de département demandent, dans une tribune au « Monde », au gouvernement d’inclure dans le plan pauvreté un projet de loi d’expérimentation du revenu de base.



LE MONDE
 |    11.09.2018 à 14h00
    |

                            Collectif








                        



                                


                            
Tribune. La solidarité est une idée porteuse d’innovation et de justice. Il n’est pas digne de notre pays, parmi les plus riches de la planète, de tolérer que près de neuf millions de ses habitants vivent sous le seuil de pauvreté.
De nombreux travailleurs ne parviennent pas à tirer un revenu décent de leur activité
Contre la pauvreté, nous n’avons pas encore tout essayé. Refusant tout fatalisme, plusieurs départements, en première ligne sur la question sociale, ont travaillé depuis près d’un an, avec la Fondation Jean-Jaurès, à un projet d’expérimentation d’un revenu de base sous condition de ressources afin d’inventer de nouvelles protections face aux mutations du travail et de la société.
Le revenu de base est un revenu de solidarité. Si notre protection sociale est efficace dans la crise économique que nous traversons, sa performance pourrait être nettement améliorée en réparant deux injustices majeures : automatiser les prestations sociales afin d’intégrer les ayants droit qui n’y recourent pas (environ 35 % pour le seul RSA) ; et les ouvrir aux jeunes de moins de 25 ans (pour l’essentiel exclus du RSA, alors que 25 % des 18-24 ans sont sous le seuil de pauvreté).
Le revenu de base est aussi un revenu de développement. De nombreux travailleurs ne parviennent pas à tirer un revenu décent de leur activité : agriculteurs, artisans, employés et ouvriers à bas revenus, salariés à temps partiel… Le dispositif apporte un complément de ressources pour améliorer leur pouvoir d’achat et revitaliser les territoires délaissés.
Vecteur d’intégration sociale
Le revenu de base est enfin un revenu d’autonomie. Son inconditionnalité permet de développer le pouvoir d’agir des personnes, de soutenir leurs projets de vie et professionnels, leurs parcours d’insertion et les activités d’utilité sociale (aidants de personnes handicapées ou âgées, reconversions professionnelles, formations longues, bénévolats, créateurs d’activité…).
prévenir...



                        

                        


<article-nb="2018/09/12/19-18">
<filnamedate="20180912"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180912"><AAMMJJHH="2018091219">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-18"> ¤ Dans cette chronique hebdomaire, la correspondante du « Monde » à San Francisco Corine Lesnes revient sur la « descente aux enfers » de l’industriel américain dont le comportement affiché inquiète investisseurs et analystes.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-18"> ¤                     
                                                   
édition abonné


L’« alien » Elon Musk est « partout sauf sur Terre »

Dans cette chronique hebdomaire, la correspondante du « Monde » à San Francisco Corine Lesnes revient sur la « descente aux enfers » de l’industriel américain dont le comportement affiché inquiète investisseurs et analystes.



LE MONDE
 |    11.09.2018 à 11h38
    |

            Corine Lesnes (San Francisco, correspondante)








                        



                                


                            
Transformations. Loin de nous l’idée de nous apitoyer sur les tourments des milliardaires de la Silicon Valley, mais quand même : Elon Musk mérite-t-il pareil procès ? Pour avoir fumé une bouffée de marijuana dans une interview nocturne le 6 septembre à Los Angeles, le PDG de Tesla est cloué au pilori. Accusé d’être « dingue », « irresponsable » et de nuire aux trente mille employés qui travaillent sous sa houlette (et dans des usines régulièrement accusées de violation des règles de sécurité). Les photos le montrent rougeaud, dans une nébuleuse de fumée. Pas très flatteur, il est vrai.
Revenons sur la scène : un podcast de deux heures et demie, dont la moitié est occupée par l’animateur, un comédien de stand-up, Joe Rogan. Une conversation plus qu’un entretien, entrecoupée par le choc des glaçons dans les verres de whisky. Musk, vêtu d’un tee-shirt « Occupy Mars », est plutôt calme, même s’il s’étire constamment les vertèbres, comme atteint d’un torticolis persistant. Dans son léger accent sud-africain, l’ingénieur discute des mérites de la lévitation magnétique dans les transports.

De la « Boring Company », la « compagnie de l’ennui » qu’il a lancée en décembre 2016 pour blaguer. Après le succès de ses casquettes (1 million de chiffre d’affaires), « on s’est dit : faisons quelque chose pour 10 millions de dollars », explique-t-il. En janvier, la Boring Company a produit vingt mille lance-flammes (en fait un chalumeau à toiture amélioré), à 500 dollars l’unité. Le stock a été épuisé en quatre jours. Expert en coups médiatiques, Elon Musk a 22,5 millions d’abonnés sur Twitter et une armée de « musketeers » qui ne demandent eux aussi qu’à s’amuser.
La rock star de la Silicon Valley
Musk est partout sauf sur terre. En sous-sol : où il veut creuser des tunnels souterrains pour éliminer les embouteillages (déjà plus d’un kilomètre réalisé à Los Angeles). Dans l’espace,...




                        

                        


<article-nb="2018/09/12/19-19">
<filnamedate="20180912"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180912"><AAMMJJHH="2018091219">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤ Editorial. Mercredi, les députés européens doivent se prononcer sur une directive visant à moderniser le copyright. Véritable enjeu pour les éditeurs de presse, l’industrie musicale et la production audiovisuelle.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤                     
                                                

Google, Facebook : menaces sur l’information

Editorial. Mercredi, les députés européens doivent se prononcer sur une directive visant à moderniser le copyright. Véritable enjeu pour les éditeurs de presse, l’industrie musicale et la production audiovisuelle.



LE MONDE
 |    11.09.2018 à 11h31
 • Mis à jour le
12.09.2018 à 13h16
   





                        


Editorial du « Monde ». Le Parlement européen va procéder, mercredi 12 septembre, à un vote important pour l’avenir de la presse et celui de la création artistique. Les élus sont invités à se prononcer sur une directive visant à moderniser le copyright, les règles européennes existantes ayant été établies avant que l’Internet ne devienne un vecteur majeur de diffusion des contenus protégés par des droits d’auteur.
La Commission européenne, à l’origine de ce texte, part d’une intention louable : rendre plus aisé l’accès en ligne des contenus, notamment aux chercheurs, en dépoussiérant un système du copyright excessivement complexe. En parallèle, il s’agit de redonner du pouvoir de négociation aux ayants droit (éditeurs de presse ou de musique, production audiovisuelle) vis-à-vis de la domination des géants du Web, qui utilisent ces contenus à vil prix.
Deux articles concentrent les débats autour de ce nécessaire rééquilibrage. L’article 11 propose de conférer aux éditeurs de presse un « droit voisin », c’est-à-dire proche de celui des droits d’auteur, qui leur permettrait de réclamer une rétribution aux plates-formes diffusant des liens hypertextes vers leurs contenus.
L’article 13 recommande que les plates-formes diffusant des contenus téléchargés par les internautes « prennent des mesures (…) appropriées et proportionnées » pour faire respecter leurs accords avec les titulaires de droits, dès lors que les contenus téléchargés reproduisent des œuvres protégées par le copyright.
Un défi démocratique majeur
Depuis, le débat s’intensifie entre les géants du Web et les tenants d’un Internet « libre » d’un côté, les éditeurs et les ayants droit de l’autre. Les premiers, criant à la censure et dénonçant une future « taxe » sur les liens hypertextes, ont fait basculer le vote des eurodéputés contre le texte début juillet. Faux, protestent les seconds : les éditeurs n’ont pas l’intention de faire payer systématiquement les liens vers leurs contenus. Quant au filtrage des contenus, il existe déjà, et personne ne crie à la censure.
Certes, le texte est loin d’être parfait. Dans la version une première fois amendée par le Parlement européen, l’article 13, trop vague, risquait d’imposer une charge administrative trop lourde sur les petits sites de téléchargement, voire de faire porter la responsabilité du non-respect du copyright sur les internautes. La version renégociée ces derniers jours à Strasbourg devrait tenir compte de ces inquiétudes.

        Lire aussi :
         

                Ce que propose concrètement la directive européenne « copyright »



L’article 11 ne résoudra pas non plus à lui seul toutes les difficultés de la presse. Des mesures assez semblables, mises en place en Espagne et en Allemagne, se sont soldées par des échecs. Le changement d’échelle du dispositif, à la taille de l’UE, garantirait-il son succès ? C’est loin d’être gagné, face à des mastodontes peu concernés par la défense de la qualité de l’information.
L’adoption de cette directive, après le long débat qu’elle a suscité, n’en constituerait pas moins un signal supplémentaire dans une prise de conscience qui ne cesse de grandir. Ce qui menace l’information, ce n’est pas tant l’exploitation des liens par les moteurs de recherche et les réseaux sociaux, c’est le fait que Google et Facebook absorbent chaque année plus de 100 % de la croissance de la publicité. Leur duopole a asséché ces ressources en cassant les prix et en collectant des données personnelles à une échelle jamais imaginée. Ce déséquilibre flagrant soulève un défi démocratique majeur. C’est cette situation de domination sans partage qu’il faut désormais remettre en cause.

        Lire aussi :
         

                A Bruxelles, l’intense guerre des lobbys autour de la directive « copyright »




Notre sélection d’articles et points de vue sur la directive sur les droits d’auteurs
Retrouvez nos principaux contenus sur le sujet :
Qu’est-ce que la directive sur le droit d’auteur ?Que peut changer la directive européenne sur le droit d’auteur pour les internautes ?Il s’agissait d’un vote important pour l’avenir de la presse et celui de la création artistique, estimait l’éditorial du « Monde » : Google, Facebook : menaces sur l’informationDes personnalités ont appellé les députés européens à voter en faveur de la directive : plusieurs ministres européens, dont Monika Grütters (Allemagne) et Françoise Nyssen (France), le PDG de l’agence de presse AFP Fabrice Fries, le directeur général de la Sacem, Jean-Noël Tronc, une quarantaine de députés LRM, LR, Modem et Constructifs...D’autres s’y sont opposés comme le producteur de musique Pascal Nègre, et le chercheur Félix Tréguer, qui dénonce une « censure ». 





                            


                        

                        


<article-nb="2018/09/12/19-20">
<filnamedate="20180912"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180912"><AAMMJJHH="2018091219">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤ Fabrice Fries assume son lobbying en faveur du texte européen sur le droit d’auteur.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Directive sur le droit d’auteur : « Les GAFA doivent accepter un partage de la valeur », selon le patron de l’AFP

Fabrice Fries assume son lobbying en faveur du texte européen sur le droit d’auteur.



LE MONDE
 |    11.09.2018 à 11h24
 • Mis à jour le
12.09.2018 à 18h29
    |

            François Bougon et 
Alexandre Piquard








                        



                                


                            

L’Agence-France-Presse s’est fortement engagée pour l’adoption de la directive européenne sur le droit d’auteur, qui instaure un filtrage des contenus en ligne et un « droit voisin » susceptible de permettre aux éditeurs de presse de négocier des revenus avec les plateformes numériques des « GAFA » (Google, Amazon, Facebook ou Apple). Fabrice Fries, nouveau PDG depuis avril et ancien président de Publicis Consultants, peut se féliciter de l’adoption du texte par le Parlement européen, mercredi 12 septembre.

Les députés européens qui ont rejeté en juillet la directive sur le droit d’auteur sont-ils dans l’erreur ?
Oui. Je ne comprends pas qu’on doive lutter pour ce qui devrait tomber sous le sens : la fin de la reprise de nos contenus sans compensation par des plateformes numériques qui récupèrent au passage la quasi-intégralité des revenus publicitaires associés à une production dont elles ne sont en rien à l’origine. Que cette question suscite de telles crispations me laisse pantois. Refuser de nouveau le texte serait un mauvais coup pour l’image du Parlement européen.
Quels revenus espérez-vous tirer d’un tel droit voisin ?
Je n’en ai aucune idée. Nous n’en sommes pas à nous partager un éventuel gâteau. D’ailleurs, il ne représentera peut-être que des miettes, si certains amendements soumis au vote en restreignent le champ d’application. C’est d’abord une question de principe. L’enjeu est de redonner de la valeur à l’information dans l’environnement numérique. L’information honnête et vérifiée devient un produit de luxe. Comme l’industrie du luxe, nous devons lutter contre la contrefaçon, en l’espèce incarnée par les GAFA.
De quels contenus parlez-vous : de dépêches AFP copiées-collées intégralement sur Facebook ? De simples reprises de lien vers un article, avec titre et chapeau ?
Il s’agit des contenus d’éditeurs et d’agences indexés sur les moteurs de...




                        

                        

