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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-1"> ¤ La conférence intergouvernementale sur la biodiversité marine, ouverte depuis le début du mois de septembre, doit absolument aboutir à un accord « contraignant » sur les ressources génétiques, souligne Valérie Wyssbrod, spécialiste du droit de la mer, dans une tribune au « Monde ».
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« Les ressources génétiques marines, très prometteuses tant socialement que financièrement »

La conférence intergouvernementale sur la biodiversité marine, ouverte depuis le début du mois de septembre, doit absolument aboutir à un accord « contraignant » sur les ressources génétiques, souligne Valérie Wyssbrod, spécialiste du droit de la mer, dans une tribune au « Monde ».



LE MONDE
 |    12.09.2018 à 17h05
 • Mis à jour le
12.09.2018 à 18h06
    |

Valérie Wyssbrod (Docteur en droit, spécialiste du droit de la mer)







                        



                                


                            

Tribune. L’avenir des ressources génétiques marines est au cœur des discussions qui ont commencé le 4 septembre à New York, au siège de l’ONU, en vue d’élaborer un texte sur la conservation et l’utilisation durable de la biodiversité marine.
Les ressources génétiques marines, ces petites briques qui composent les êtres vivants océaniques (animaux, plantes, champignons, bactéries et virus) sont utilisées depuis une cinquantaine d’années pour développer de nouveaux produits. Ces ressources permettent, entre autres, de mettre au point de nouveaux médicaments pour combattre les cancers, de développer des plastiques biodégradables dans l’eau de mer ou encore d’aider à remédier à des pollutions. Les entreprises biotechnologiques qui investissent le domaine ne s’y sont pas trompées, ces ressources sont très prometteuses tant socialement que financièrement.
A une distance de 200 milles marins
Le nouvel instrument juridique international sera applicable aux ressources génétiques qui sont issues des « zones ne relevant pas de la juridiction nationale ». Où se trouvent ces zones ? Au large des côtes, chaque Etat a le droit souverain de disposer de ses propres ressources. Au-delà, c’est-à-dire à une distance de 200 milles marins (environ 370 km) des côtes, se trouvent ces zones ne relevant pas de la juridiction nationale. Il s’agit de la haute mer, ainsi que des fonds marins. A qui appartiennent ces ressources et peut-on s’en servir gratuitement ? Ce thème, peu connu du grand public mais très controversé, est discuté depuis plus de vingt ans au sein de l’ONU.

En 1982, lorsque la Convention des Nations unies sur le droit de la mer est adoptée, la valeur des ressources génétiques marines est encore méconnue et celles-ci sont peu utilisées. Aucune réglementation spécifique à ce sujet n’est prévue dans la convention. Les ressources génétiques de la haute mer et des grands fonds marins peuvent ainsi être librement...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-2"> ¤ Selon les auteurs d’une étude, pendant des décennies l’Eglise a « détruit ou manipulé » de nombreux documents relatifs à des suspects et « minimisé » sciemment la gravité et l’ampleur des faits.
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En Allemagne, l’Eglise se dit « honteuse » après la révélation de milliers de cas d’abus sexuels commis par des prêtres

Selon les auteurs d’une étude, pendant des décennies l’Eglise a « détruit ou manipulé » de nombreux documents relatifs à des suspects et « minimisé » sciemment la gravité et l’ampleur des faits.



LE MONDE
 |    12.09.2018 à 17h02
 • Mis à jour le
12.09.2018 à 17h38
   





                        


Entre 1946 et 2014, au moins 3 677 enfants ont été abusés sexuellement par plus d’un millier de prêtres en Allemagne, selon une étude sur l’Eglise catholique allemande révélée mercredi 12 septembre par le Spiegel et Die Zeit.
Pendant trois ans et demi, un consortium de chercheurs des universités de Mannheim, Heidelberg et Giessen a examiné 38 000 dossiers et manuscrits provenant de 27 diocèses allemands et transmis par l’Eglise. Selon les auteurs de l’étude, pendant des décennies l’Eglise a « détruit ou manipulé » de nombreux documents relatifs à des suspects et « minimisé » sciemment la gravité et l’ampleur des faits.

        Lire aussi :
         

                Violences sexuelles : le pape François condamne, les victimes demandent des actes



Peu de sanctions
Selon le rapport, les clercs accusés étaient souvent transférés sans que les fidèles ne soient avertis du danger potentiel pour les enfants. Seulement un tiers des suspects ont fait face à des poursuites en vertu du droit canonique, mais les sanctions étaient minimes voire inexistantes, expliquent les auteurs du rapport.
Face à ces révélations, l’Eglise catholique allemande s’est dite « accablée, honteuse ». « Nous sommes conscients de l’ampleur des abus sexuels qui ont été démontrés par les résultats de l’étude », a déclaré l’évêque Stephan Ackerman dans un communiqué au nom de la conférence épiscopale allemande. Il a cependant dénoncé le fait que ce rapport, commandé par l’Eglise en 2014, ait fuité dans les médias avant sa présentation prévue le 25 septembre lors de la conférence épiscopale.
En 2017, un rapport révélait déjà qu’au moins 547 enfants du chœur catholique de Ratisbonne avaient été victimes de sévices entre 1945 et 1992.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-3"> ¤ Le rapport Genetet remis au premier ministre mardi 11 septembre avance 215 recommandations qui devraient faciliter les parcours professionnels à l’étranger.
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Changer la fiscalité et la protection sociale pour encourager la mobilité internationale

Le rapport Genetet remis au premier ministre mardi 11 septembre avance 215 recommandations qui devraient faciliter les parcours professionnels à l’étranger.



LE MONDE
 |    12.09.2018 à 16h48
 • Mis à jour le
12.09.2018 à 17h38
    |

            Anne Rodier








                        



                                


                            
Missionnée en janvier par le premier ministre, la députée LRM Anne Genetet a remis mardi 11 septembre un rapport sur la mobilité internationale pour encourager la mobilité des Français à l’étranger. Il a été rédigé sur la base d’une enquête menée auprès de 970 000 personnes (36 328 répondants) au printemps 2018. « La communauté des Français à l’étranger se transforme, avec un nombre de départs et de retours en hausse annuelle de 2,5 % à 3,5 %, et des profils de plus en plus variés », dit Mme Genetet.
Son importance est toujours l’objet de débat, puisque ne sont comptabilisés officiellement que ceux qui s’inscrivent volontairement au registre des Français à l’étranger. Entre les études de l’Insee, les données des organismes de protection sociale et celles du Quai d’Orsay, les estimations atteignent 3 millions de Français à l’étranger.

Le rapport présente pas moins de 215 recommandations qui portent sur la fiscalité, la protection sociale, l’accès aux services publics et le retour en France. Un précédent rapport Conway-Mouret, publié en 2015, sur les conditions de retour en France, avait permis quelques avancées sur ce point, dont la création d’une plate-forme numérique (https://retourenfrance.fr/). Un bilan salué par Mme Genetet lors de la présentation de son rapport à la presse le 12 septembre : « J’ai eu de très bons échos de la part des usagers. Mais faciliter la mobilité des Français à l’étranger est un travail de longue haleine. Il faut agir sur plusieurs leviers pour rendre la mobilité plus fluide. »
Fiscalité
Dans ce catalogue de 215 recommandations – dont 9 en avant-propos – , celles concernant la fiscalité (47 recommandations) pourraient être les premières à se concrétiser. La députée a l’intention de les introduire rapidement sous forme d’amendement dans le cadre du projet de loi de finances. Elle propose entre autres :
– L’application d’un barème progressif...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-4"> ¤ Le chercheur David Rigoulet-Roze estime, dans une tribune au « Monde », que la volonté du prince héritier Mohammed Ben Salman (« MBS ») d’ouvrir le pays à un tourisme de masse promet un sacré choc culturel.
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« Le développement d’un tourisme non religieux en Arabie Saoudite prendra certainement du temps »

Le chercheur David Rigoulet-Roze estime, dans une tribune au « Monde », que la volonté du prince héritier Mohammed Ben Salman (« MBS ») d’ouvrir le pays à un tourisme de masse promet un sacré choc culturel.



LE MONDE
 |    12.09.2018 à 15h30
 • Mis à jour le
12.09.2018 à 17h15
    |

David Rigoulet-Roze (Chercheur rattaché à l’Institut français d’analyse stratégique (IFAS) et rédacteur en chef de la revue « Orients Stratégiques »)







                        



                                


                            
Tribune. Le projet de l’Arabie saoudite pour Al-Ula (dans le nord-ouest du pays), un parc naturel, touristique, archéologique et culturel de la superficie de la Belgique censé attirer entre 1,5 et 2 millions de touristes, illustre la volonté du royaume de développer le tourisme non religieux sur son territoire. Cet objectif ne peut néanmoins manquer de soulever certaines interrogations, notamment par rapport au choc culturel entre les Saoudiens et les futurs touristes.
En octobre 2017, le royaume a affiché son souhait d’une ouverture touristique maîtrisée, avec l’annonce de la délivrance de visas de tourisme. C’est une première dans un pays où les permis d’entrée étaient jusque-là délivrés soit aux pèlerins effectuant le grand ou le petit pèlerinage à La Mecque, soit dans le cadre saoudien de la « kafala », c’est-à-dire l’enregistrement par un « kafil » (une personne garante, obligatoirement de nationalité saoudienne), ou par une entreprise ou un organisme officiel.
La délivrance de visas touristiques fait partie du programme Vision 2030 mis en place par le prince héritier Mohammed Ben Salman (« MBS ») dans le but de diversifier l’économie du royaume, et donc d’atténuer sa dépendance au pétrole ainsi que son image de pays ultraconservateur.
Une société traditionnellement conservatrice
Cette annonce initiale a été suivie en novembre 2017 par l’octroi des premières licences aux agences de voyage habilitées du royaume, puis la notification de la période de délivrance des premiers visas effectifs. L’Arabie saoudite a ensuite apporté des précisions quant à la disponibilité des visas pour les femmes et la liste des pays éligibles, communiquée en 2018.

Une équipe constituée de représentants du ministère de l’intérieur, des affaires étrangères et de la Commission saoudienne du tourisme et du patrimoine national, créée en 2000 et présidée par le prince Sultan Ben Salman – ancien astronaute et demi-frère...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-5"> ¤ Depuis 2015, la capitale libanaise et ses environs sont confrontés à une grave crise dans la gestion des ordures.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-6"> ¤ L’ONG publie un rapport détaillé sur la vaste opération d’internement et d’endoctrinement conduite par Pékin.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-6"> ¤                     
                                                

Human Rights Watch dénonce la campagne de répression des Ouïgours en Chine

L’ONG publie un rapport détaillé sur la vaste opération d’internement et d’endoctrinement conduite par Pékin.



LE MONDE
 |    12.09.2018 à 14h25
 • Mis à jour le
12.09.2018 à 15h54
    |

            Brice Pedroletti








                        



   


L’organisation Human Rights Watch (HRW) a publié lundi 10 septembre un nouveau rapport détaillant l’arsenal de mesures de répression et de surveillance contre les Ouïgours, à travers le témoignage de 58 personnes en exil, dont des Ouïgours et Kazakhs de Chine ayant pris la nationalité d’un autre pays.
Les mesures contre cette minorité de confession musulmane du Xinjiang, dans l’ouest de la Chine, ont pris une ampleur inédite, et se sont surtout systématisées, depuis la « guerre contre le terrorisme » annoncée par le président chinois Xi Jinping en 2014 à la suite d’une série d’attaques et d’attentats.
Figure en bonne place dans le rapport la plus spectaculaire et alarmante de ces mesures : l’envoi forcé de centaine de milliers de Ouïgours en camp d’internement sans aucun procès. Au moins un million de Ouïgours seraient concernés, sur une population estimée à 11,5 millions. Sont aussi ciblés les Kazakhs de nationalité chinoise (1,5 million vivent au Xinjiang).
Révélée il y a plus d’un an par le service en ouïgour de la radio américaine Radio Free Asia, cette déportation de masse, qu’illustre la construction visible par image satellite de plus d’une vingtaine de camps, a retenu ces derniers mois une attention croissante dans l’opinion publique internationale, avec une recrudescence d’articles de presse, mais aussi d’initiatives politiques. Dans son premier discours, lundi 10 septembre, Michelle Bachelet, la nouvelle Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, a épinglé les « allégations profondément inquiétantes de détentions arbitraires à grande échelle d’Ouïgours et d’autres communautés musulmanes, dans des camps de rééducation dans la région du Xinjiang ».
L’administration Trump serait en train d’explorer l’éventualité de sanctions contre des officiels chinois dans le cadre de la loi Magnitsky – qui permet aux Etats-Unis de sanctionner des personnes qui enfreignent les droits de l’homme – à la suite d’une pétition conjointe de sénateurs républicains et démocrates fin août.

        Lire aussi :
         

                La Chine détiendrait un million de Ouïgours dans « des camps d’internement »



« Trop longtemps » à l’étranger
Dans son effort de donner un tableau complet de la répression, l’ONG puise dans nombre de documents officiels – comme des instructions appelant à repérer les signes avant-coureurs de radicalisation, en identifiant des supposées populations à risque, ou bien les comportements religieux. Ces catégories sont si larges et flexibles qu’elles laissent la porte ouverte à tous les abus. Ainsi, dans les vingt catégories de personnes appelées à être ciblées dans un plan d’action local, figurent les gens qui ont vécu « trop longtemps » à l’étranger, mais aussi ceux dont des membres de leur famille ont été tués ou arrêtés par la police.
De nouveaux règlements sur les affaires religieuses au Xinjiang émis en 2014 interdisent « la création, la possession, la consommation et la dissémination – notamment sur Internet – d’une gamme de matériel tellement étendue et définie de manière si vague que toute expression est susceptible d’être interdite », selon le rapport. Il est interdit de parler de religion aux enfants à l’école et même à la maison. De même, nombre d’indicateurs de symptômes de radicalisation d’une liste officielle en comportant 75 sont « hautement questionnables », d’après le rapport, citant par exemple les personnes qui font des stocks de nourriture.
Ce sont surtout les procédures mises en place après la désignation d’un candidat à la radicalisation et les pratiques policières qui posent problème, puisqu’elles ont lieu « sans aucun égard pour les protections juridiques de base ». Elles conduisent en camp – mais aussi en prison. Des témoins cités par HRW, tous citoyens chinois à l’origine ayant pris une autre nationalité, décrivent des interrogatoires sur leurs fréquentations ou leurs habitudes à l’étranger, qui, bien qu’anodines et entièrement licites, aboutissent à des décisions d’internement en camp sans preuve aucune d’action délictuelle.
« Bonnes qualifications politiques »
Dans deux cas, un policier explique qu’il doit remplir des « quotas de détention ». Les documents écrits font cruellement défaut. Des témoins voient se faire condamner à des peines de prison ferme des Ouïgours qui ont appris l’arabe en Egypte, ou dans l’ordinateur desquels la police trouve des publications en ligne religieuses qui n’ont rien de radicales. D’autres pour de simples contacts avec l’étranger.
Une profusion de documents ou déclarations officiels mentionne le programme de « transformation par l’éducation » que sont supposés remplir les camps d’internement, adaptés de la vaste palette d’expérimentations en « rééducation » menées par la Chine communiste contre toutes sortes de populations – les intellectuels de droite, les dissidents, les membres de la confrérie Falun Gong, les moines tibétains… – depuis sa création en 1949. Le programme permet de « placer ceux en qui on n’a pas confiance dans un endroit sûr », « d’en faire des personnes aux bonnes qualifications politiques », et de « leur inculquer des connaissances juridiques ainsi que le mandarin », explique ainsi un chef de parti d’un village aux familles de détenus.
« Repentance »
La rhétorique officielle recourt volontiers à un vocabulaire médical ou sanitaire, ne cessant de faire allusion à « l’empoisonnement » des détenus et à la nécessité d’éradiquer les « virus » ou les « maladies » idéologiques. Les sessions de rééducation, qui apparaissent en 2015 sous couvert de formation légale ou professionnelle, ont d’abord lieu dans des écoles, des bâtiments publics, des usines – avant le spectaculaire boom de construction de camps de 2017-2018 documenté par le chercheur allemand Adrien Zenz.

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La majeure partie de l’enseignement dispensé en camp s’apparente à de l’endoctrinement, selon des méthodes assimilées ailleurs à du lavage de cerveau. La population y est divisée en catégories selon le degré perçu de « contamination » idéologique. Il faut mémoriser des slogans, démontrer sa gratitude au Parti communiste, et confesser ses « erreurs ». Ces « manifestations émotionnelles de repentance individuelle » rappellent les « sessions d’autocritique de la Révolution culturelle », explique HRW. Refuser de s’y plier « entraîne des sanctions sévères, dont la privation de nourriture et de sommeil, le placement à l’isolement et des passages à tabac ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-7"> ¤ Les eurodéputés ont demandé à une large majorité aux Etats européens de déclencher l’article 7 des traités de l’Union à l’encontre de la Hongrie.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-7"> ¤                     
                                                

Le Parlement européen dénonce les « risques de violation de l’Etat de droit » en Hongrie

Les eurodéputés ont demandé à une large majorité aux Etats européens de déclencher l’article 7 des traités de l’Union à l’encontre de la Hongrie.



LE MONDE
 |    12.09.2018 à 13h32
 • Mis à jour le
12.09.2018 à 18h08
    |

            Cécile Ducourtieux (Strasbourg, envoyée spéciale)








                        



   


« Je vais parler très lentement, ce vote est délicat », avait prévenu Antonio Tajani, le président du Parlement européen, qui présidait la séance du vote de l’hémicycle strasbourgeois sur le déclenchement d’une procédure exceptionnelle liée au respect de l’Etat de droit en Hongrie. Le rapport sans concessions de l’élue verte néerlandaise Judith Sargentini sur la politique du premier ministre Viktor Orban, a, finalement, été adopté, mercredi 12 septembre. Et à une large majorité : 448 voix pour, 197 contre et seulement 48 abstentions.
L’article 7 des traités de l’Union, procédure aussi exceptionnelle que stigmatisante, actionnée qu’une fois dans l’histoire de l’UE (par la Commission contre la Pologne à la fin de 2017), va donc pouvoir être activée à l’encontre du gouvernement de Viktor Orban, toujours membre du Parti conservateur européen (PPE) mais devenu coqueluche des droites extrêmes européennes en raison de sa politique hostile aux migrants.
« La décision d’aujourd’hui n’est rien de moins qu’une petite vengeance des politiciens pro-immigration contre la Hongrie », a déclaré depuis Budapest le ministre hongrois des Affaires étrangères Peter Szijjarto peu après l’annonce du vote.
Il a ajouté estimer que le vote des élus est « l’ultime preuve claire que le Parlement européen compte une très grande majorité de politiciens pro-immigration » et qu’elle a « révélé l’intention de former une coalition après les élections [européennes] de mai prochain entre les libéraux, la gauche et le PPE », qui a voté la résolution, selon M. Szijjarto.

        Le contexte avant le vote :
         

          Les enjeux du vote au Parlement européen sur l’Etat de droit en Hongrie



Le PPE détenait les clés du vote
Par ce vote, hautement symbolique, le Parlement de Strasbourg dénonce des « risques de violation grave de l’Etat de droit en Hongrie ». Mais la procédure de l’article 7 est longue, et son efficacité n’a encore jamais été prouvée : pour l’heure, Varsovie a refusé d’amender substantiellement ses réformes de la justice, jugées problématiques par la Commission.
Une fois l’article 7 recommandé au Conseil, les Etats membres doivent encore se saisir de la procédure : une majorité des quatre cinquièmes des votants est requise. S’ensuivent des consultations avec le gouvernement du pays concerné. En théorie, l’article 7 peut déboucher, si l’Etat membre n’est absolument pas coopératif, sur une suspension de ses droits de vote au Conseil, à savoir une quasi-exclusion du jeu européen. Un scénario très hypothétique dans le cas de la Pologne, a fortiori dans celui de la Hongrie.
Il fallait que deux tiers des suffrages exprimés dans l’hémicycle approuvent le rapport Sargentini. Le changement d’attitude des caciques du PPE, jusqu’à présent très tolérants à l’égard de la politique hostile à Bruxelles et aux migrants de M. Orban a été déterminant. Avec 218 élus, le PPE détenait, en effet, les clés du vote.
Cent seize députés européens du PPE ont voté, mercredi, en faveur du déclenchement de la procédure contre la Hongrie. Les élus français du parti Les Républicains Franck Proust, Nadine Morano et Angelique Delahaye, également membres du PPE, ont voté contre la mesure.
Mardi 11 septembre, après que M. Orban eut livré un nouveau discours sans concessions à Strasbourg, dénonçant un « chantage » de l’Union, Joseph Daul, le président du PPE — un Alsacien aussi discret qu’influent, réputé proche de la chancelière Merkel — avait tweeté : « L’Union européenne est fondée sur la liberté, la démocratie, l’égalité, l’Etat de droit, le respect des droits humains et une société civile libre. Le PPE ne fera pas de compromis là-dessus, quelle que soit l’affiliation politique. »

The European Union is based on #freedom, democracy, equality, academic liberty, #RuleOfLaw, respect for human right… https://t.co/K10CxBsv7s— JosephDaul (@Joseph Daul)


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Un peu plus tard, Manfred Weber, chef de file du PPE à Strasbourg et candidat à la succession de M. Juncker à la présidence de la Commission, disait qu’il voterait « en faveur de l’article 7 ». Il a de nouveau tweeté mercredi matin, juste avant le vote :
« Aujourd’hui, je voterai en faveur de l’activation de l’article 7 pour la #Hongrie. J’ai toujours été favorable au dialogue et je continue à l’être, mais hier je n’ai constaté aucune volonté du PM hongrois de faire un pas vers nous. »

Today I will vote in favour of triggering #Article7. I have always been in favour of building bridges and I want to… https://t.co/Xbp0HZZOSR— ManfredWeber (@Manfred Weber)


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Un axe de campagne pour les européennes
La question sera maintenant de savoir si le PPE, qui, jusqu’à présent, s’y refusait, prendra la décision d’exclure M. Orban, à tout le moins de le suspendre en attendant un sommet du parti, au début de novembre à Helsinki. Ces dernières heures, le parti était très divisé. Mardi soir, en réunion de groupe, en présence de M. Orban, aucun élu PPE n’a demandé le « départ de M. Orban », selon plusieurs sources internes.
Beaucoup estiment qu’il ne faut pas céder aux « manœuvres » des autres partis politiques, extrême droite, sociaux-démocrates ou libéraux, qui rêvent de déstabiliser le PPE en lui faisant perdre son statut de premier parti de l’Union. Laisser partir M. Orban serait, de fait, prendre le risque de se priver d’une partie des sensibilités est-européennes et très droitières du parti paneuropéen.
Prudent, Manfred Weber, qui joue sa candidature dans ce bras de fer à venir entre Budapest et les institutions de l’Union, est resté très prudent, mercredi matin, sur Twitter : « Le @EPPGroup souhaite maintenir le dialogue et continuer à préserver l’unité de l’Europe. Les semaines qui viennent doivent permettre d’engager le dialogue, pas d’y mettre fin. Les valeurs européennes ne sont pas négociables pour nous. »

The @EPPGroup wants to keep the dialogue and continue bringing Europe together. The dialogue should begin, not end,… https://t.co/Kljlm87YJC— ManfredWeber (@Manfred Weber)


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« Il y a dix ans de cécité et de silence coupable sur ce qui se passe en Hongrie, en particulier de la part de ceux qui pensent qu’au motif que s’opposer au populisme, c’est le nourrir, ont préféré s’accommoder du populisme et le laisser grandir », déclarait Nathalie Loiseau, ministre des affaires européennes française à Strasbourg mercredi matin, quelques heures avant le vote.
« Ce sera au PPE de prendre sa décision. Mais j’aurais du mal à comprendre que des partis dits de centre droit affichant des valeurs européennes fortes et leurs croyances dans les valeurs fondamentales constatent qu’une forte majorité du Parlement considère qu’il y a risque fort de violation de l’Etat de droit en Hongrie, mais que le Fidesz reste bienvenu dans le PPE. »
M. Macron a fait de son opposition à M. Orban et à sa vision ultranationaliste un des grands axes de sa campagne pour les européennes.

        Lire la chronique de Sylvie Kauffmann :
         

          « Longtemps marqueur de l’extrême droite, la question de l’identité est devenue mainstream »






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-8"> ¤ Pour son dernier discours sur l’état de l’Union, le président de la Commission européenne a évoqué des projets ambitieux. Seul problème : le manque de temps pour les concrétiser.
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Jean-Claude Juncker prône une Europe « ouverte mais pas offerte »

Pour son dernier discours sur l’état de l’Union, le président de la Commission européenne a évoqué des projets ambitieux. Seul problème : le manque de temps pour les concrétiser.



LE MONDE
 |    12.09.2018 à 13h30
 • Mis à jour le
12.09.2018 à 14h59
    |

            Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, bureau européen) et 
Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)








                        



   


Pour ce qui était à la fois le programme de sa dernière année à la tête de la Commission et son testament politique, Jean-Claude Juncker a livré un programme assez semblable, finalement, à celui qu’il traçait il y a quatre ans. Sa « Commission politique » et « de la dernière chance » a toutefois été confrontée à une série de crises et d’écueils qui ont entamé son projet d’« Europe forte et unie », « ouverte mais pas offerte ». Et laisseront probablement de son passage à la commission le souvenir d’un semi-échec. Qu’importe, a semblé dire le Luxembourgeois : l’Europe restera « la grande affaire de ma vie », dit-il. Et il espère lui tracer une nouvelle ligne.

        Notre analyse :
         

          Les travers de la gestion Juncker



L’Europe « acteur global »
L’Union ne peut, dit M. Juncker, rester éternellement « sur les gradins », se contenter d’être une spectatrice, une commentatrice et une payeuse. Elle doit être une actrice, une architecte. Pour cela, elle aura toutefois besoin d’une diplomatie plus unie. Et, donc, abolir le principe du vote à l’unanimité dans le domaine des relations extérieures, pour passer à celui du vote à la majorité qualifiée. Pour être forte, elle doit aussi concrétiser son programme de défense commune. Ces éléments figuraient déjà dans son discours de l’Union de 2017, mais sur la fin du vote à l’unanimité, les Etats membres restent, pour l’instant, extrêmement réticents.

        A propos de
         

          la naissance « historique » de l’Europe de la défense



Le défi de la migration
L’Europe « qui protège » doit principalement protéger ses frontières. L’agence Frontex de gardes-frontières devrait donc être dotée à terme de 10 000 agents. Pour le reste, pas question de blâmer la Commission, qui a multiplié les propositions pour affronter la crise migratoire, affirme son président. Cinq des sept textes qu’elle a mis sur la table pour la création d’un système commun d’asile ont été adoptés, son action a permis de sauver « 690 000 personnes depuis 2015 », dixit M. Juncker, le nombre de passages sur les routes de la migration a fortement chuté.
C’est désormais au Conseil (les Etats membres) d’effectuer des « pas décisifs » pour trouver des solutions durables en vue de l’accueil et de la répartition pour ceux qui ont droit à l’asile. Il faut aussi protéger les règles de l’espace Schengen pour « sauver » ce système. Quant à l’Europe, elle « ne sera jamais une forteresse tournant le dos au monde qui souffre », a affirmé le Luxembourgeois, qui, au sein de sa famille politique, le Parti populaire européen, paraît désormais très isolé sur cette position. Même si elle pointe désormais du doigt les écarts de Viktor Orban par rapport à l’Etat de droit, la droite européenne a largement adopté son discours de repli et de fermeture des frontières.

        Notre compte-rendu
         

          du mini-sommet européen, en juin, sur la crise des migrants



La sécurité
La Commission propose de nouvelles règles afin de supprimer, dans un délai de soixante minutes, les contenus terroristes en ligne. Elle pariait jusqu’à présent sur la bonne volonté des plates-formes en ligne, mais estime désormais qu’elles n’ont pas fait montre d’assez de fermeté. Elle entend aussi élargir le mandat du parquet européen à la lutte contre le terrorisme. Elle veut durcir les règles concernant le blanchiment des capitaux au-delà des frontières européennes et inciter les capitales à mieux protéger leurs processus électoraux contre les interventions de pays tiers ou d’intérêts privés.
L’Euro, monnaie mondiale
Il faut accroître le poids de la monnaie unique sur la scène mondiale et faire cesser le fait, par exemple, que l’Union règle en dollars ses 300 milliards annuels d’importations énergétiques, a insisté M. Juncker. L’euro, conforté par un renforcement de l’union économique et monétaire, doit être le véritable instrument de la souveraineté européenne.

        Notre éditorial :
         

          Le fantasme d’une guerre des monnaies



Une taxe digitale avant la fin de l’année
M. Juncker a insisté sur la nécessité pour les Etats membres d’adopter la taxe digitale chère à Emmanuel Macron. La commission a mis une proposition sur la table en mars dernier, mais quelques Etats membres, à commencer par l’Irlande ou l’Allemagne, hésitent toujours. « Les électeurs veulent que cette proposition de la Commission acquière force de loi. Et ils ont tout à fait raison », a déclaré le Luxembourgeois. Présente à Strasbourg, la ministre des affaires européennes, Nathalie Loiseau, s’est montrée satisfaite : « On ne perd pas la détermination à y arriver avant la fin de l’année. »
Le Brexit
Trois principes doivent guider la négociation en vue d’un retrait ordonné du Royaume-Uni. La participation, comme telle, de celui-ci au marché unique n’est pas possible ; l’Irlande du nord doit bénéficier de la loyauté, de la solidarité et d’une « solution créative » pour la question de sa frontière ; après mars 2019, l’ancien partenaire ne sera jamais « un pays membre comme un autre ». Mais il restera un voisin proche qui défend les mêmes valeurs et les mêmes principes. Il convient donc de mettre au point avec lui « un partenariat ambitieux » et de créer une zone de libre-échange. « La Commission ne fera pas obstacle à ce processus », mais elle refusera « les demi-mesures », a conclu M. Juncker. La conclusion du Brexit pour octobre paraissant de plus en plus improbable, la commission table, désormais, sur le mois de novembre pour un accord avec Londres.

        Compte à rebours :
         

          Brexit, plus que quatre mois pour trouver un accord



Cesser les divisions
L’Europe est trop petite pour se diviser, dit le président de la Commission, qui déplore le « triste spectacle » de ses tensions internes. Elle doit, au contraire, progresser dans les domaines de l’énergie, de l’union bancaire ou de l’union des capitaux. « Le patriotisme est une vertu, le nationalisme borné, un mensonge accablant et un poison pernicieux », « la nation et l’Union doivent marcher ensemble ».
L’Etat de droit
L’article 7 des traités – qui peut aller jusqu’à une suspension des droits de vote d’un pays membre – doit s’appliquer partout où l’Etat de droit est en danger, dit M. Juncker, sans citer la Hongrie, alors que son premier ministre, M. Orban, est menacé par un vote du Parlement de Strasbourg en faveur de cette procédure exceptionnelle. Dommage que Frans Timmermans, le premier vice-président du collègue européen, doive effectuer « un travail trop souvent solitaire » dans ce domaine, a ajouté le Luxembourgeois.
Une attention particulière doit aussi être apportée à la liberté de la presse, car « trop de journalistes sont attaqués, intimidés, assassinés » dans des pays membres et « il n’y a pas de démocratie sans une presse libre ». On ne peut, par ailleurs, déroger aux arrêts de la Cour de justice européenne. Ils doivent obligatoirement être respectés par toutes les capitales.
Un nouveau partenariat pour l’Afrique
La Commission évoque une nouvelle alliance avec le « continent cousin » qui comptera 2,5 milliards d’habitants en 2050. Il convient d’y investir plus, d’arrêter une relation basée seulement sur l’aide au développement, notion qui peut devenir « humiliante ». Car l’Afrique, dit le conservateur luxembourgeois, n’a pas besoin de charité mais de devenir un véritable partenaire. On peut y créer 10 millions d’emplois en cinq ans et développer le programme d’échanges Erasmus, qui a déjà concerné 35 000 étudiants et chercheurs, et peut bénéficier à trois fois plus d’entre eux.

        Sur la création de 10 millions d’emplois en Afrique,
         

          évoquée par Jean-Claude Juncker dans son discours



Le budget, vite
M. Juncker rompt une lance (en vain ?) pour que soit adopté, avant les élections européennes (qui ne doivent pas être vues comme « une crise démocratique ») le futur budget de l’Union, indispensable pour étendre le programme Erasmus, stimuler la recherche, multiplier par 20 l’effort pour la défense, ou offrir une aide supplémentaire de 23 % à l’Afrique. Pour autant, de moins en moins de diplomates et d’eurodéputés croient en la possibilité d’y parvenir avant le scrutin de 2019. « Démocratiquement, il est très difficile de dire aux électeurs qu’on a défini des priorités [budgétaires], avant qu’ils se prononcent », estime la ministre chargée des affaires européennes, Nathalie Loiseau.
Bien reçu, notamment pas les socialistes (« Vous êtes le véritable leadeur politique de la Commission », a lancé leur chef de file Udo Bullmann), le discours de M. Juncker souffre cependant d’un gros handicap : étant donné que la campagne pour les européennes a déjà commencé et que les activités du Parlement cessent en avril prochain, il ne reste plus au Luxembourgeois que quatre mois « utiles » tout au plus pour mener tous ses projets à bien.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-9"> ¤ Le pape François doit recevoir jeudi une délégation d’évêques américains menée par le président de la conférence épiscopale, le cardinal Daniel DiNardo.
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Face aux affaires de pédophilie, les catholiques américains demandent des comptes à l’Eglise

Le pape François doit recevoir jeudi une délégation d’évêques américains menée par le président de la conférence épiscopale, le cardinal Daniel DiNardo.



LE MONDE
 |    12.09.2018 à 13h14
    |

            Stéphanie Le Bars (Washington, correspondance)








                        



                                


                            

Le grand déballage n’a pas encore eu lieu, mais les prochains mois pourraient bien être dévastateurs pour l’Eglise catholique aux Etats-Unis. Coup sur coup, deux affaires révélant des affaires de pédophilie dans le clergé et une culture de l’omerta dans la hiérarchie ont secoué l’institution et sidéré, une nouvelle fois, les fidèles. Or, cette fois, la justice, les paroissiens et certains religieux semblent déterminés à demander des comptes. Seize ans après la déflagration mondiale provoquée par la mise au jour de pratiques pédophiles systématiquement couvertes par les évêques dans l’archidiocèse de Boston, les catholiques américains (20 % de la population) ne comprennent pas que « cela » arrive encore.
En août, un rapport accablant publié à la suite d’une enquête du procureur de Pennsylvanie a dévoilé des abus sexuels perpétrés par plus de 300 « prêtres prédateurs » entre 1940 et 2010. En juillet, le cardinal Theodor McCarrick, l’ex-archevêque de Washington, a été forcé par le pape à la démission du collège cardinalice après des accusations d’agressions sexuelles sur mineurs lorsqu’il était prêtre. Après des années de rumeurs sur sa vie sexuelle avec des séminaristes adultes, des diocèses du New Jersey ont confirmé, en juin, que le cardinal avait discrètement réglé en justice deux affaires concernant des mineurs en 2004 et 2007.

Son successeur à Washington, Donald Wuerl, qui fut par ailleurs en fonction en Pennsylvanie durant dix-huit ans, est aujourd’hui accusé d’avoir fermé les yeux sur ces méfaits. Après plusieurs semaines ponctuées par des appels à sa démission, il a annoncé, mardi 11 septembre, qu’il se rendrait à Rome prochainement pour proposer à nouveau sa mise à la retraite ; âgé de 77 ans, il avait déjà, comme le veut la règle pour les évêques, fait cette démarche en 2015. Cette fois, la tempête pourrait l’emporter.
Ces affaires sont au cœur de règlements de comptes au sein du Vatican : l’ancien nonce aux Etats-Unis,...




                        

                        


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Décryptage

Jean-Claude Juncker promet à l’Afrique la création de 10 millions d’emplois

Dans son discours sur l’état de l’Union, le président de la Commission européenne a déclaré vouloir établir « un nouveau partenariat d’égal à égal » avec le continent.

Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, bureau européen)
    



LE MONDE
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        Le 12.09.2018 à 13h10

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        Mis à jour le 12.09.2018 à 14h48






    
Le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker lors de son discours sur l’état de l’Union, le 12 septembre 2018.
Crédits : FREDERICK FLORIN/AFP


Dans son discours sur l’état de l’Union européenne (UE), prononcé mercredi 12 septembre devant le Parlement de Strasbourg, Jean-Claude Juncker a évoqué un ambitieux « nouveau partenariat avec l’Afrique ». Un « continent cousin », dit le président de la Commission de Bruxelles, un continent « qui n’a pas besoin de la charité » mais, notamment, d’affronter une croissance démographique qui fait qu’il comptera 2,5 milliards d’habitants en 2050.
Le responsable luxembourgeois n’a pas voulu mêler la question de la migration à ce passage de son intervention. Il souligne plutôt que cette « nouvelle alliance » à conclure devrait concerner des investissements durables, la création de 10 millions d’emplois, promet-il, et un effort particulier dans le domaine de la formation et de l’éducation. Des accords commerciaux ambitieux devraient aussi être conclus, non plus de manière bilatérale mais « de continent à continent », d’« égal à égal ».

        Lire aussi :
         

                Immigration : faut-il s’attendre à une « ruée vers l’Europe » ? La réponse des démographes



L’amélioration du climat des affaires et une préoccupation pour les questions environnementales sont d’autres axes de ce projet. Quelque 30 millions d’Africains supplémentaires pourraient accéder à l’électricité grâce au développement de projets d’énergie durable. Et un soutien à l’amélioration des réseaux routiers devrait bénéficier à 24 millions de personnes, promettent les experts bruxellois.
Le discours de M. Juncker vise, en quelque sorte, à relancer les préoccupations exprimées en novembre 2017, à Abidjan, lors du sommet Europe-Afrique. Depuis, la haute représentante pour les affaires étrangères, Federica Mogherini, a tenté de mobiliser les pays membres pour passer d’une relation politique à une relation économique et commerciale approfondie, avec un développement d’investissements qui bénéficieraient aux deux parties. L’espoir de la Commission est notamment de parvenir à mobiliser davantage le secteur privé en lui offrant prêts et garanties destinés à diminuer les risques d’investissement. Les petites et moyennes entreprises devraient être particulièrement ciblées.
Consultations avec les dirigeants africains
Bruxelles table aussi sur un accroissement des échanges, dans le cadre du programme Erasmus+, pour former davantage d’étudiants et de chercheurs. Quelque 35 000 d’entre eux auront bénéficié de ces échanges d’ici à 2020, mais on peut tripler ce nombre d’ici à 2027, promet M. Juncker. Un programme de développement de compétences pourrait, quant à lui, concerner 750 000 Africains au total.
Les services de M. Juncker — qui dit avoir déjà évoqué ces questions avec « son ami » Paul Kagame, président de l’Union africaine — annoncent des consultations avec d’autres responsables africains dans les prochains mois. Elles prendront en compte, disent-ils, « la diversité du continent et les spécificités de chaque pays ». Les pays d’Afrique du Nord, déjà liés par des contrats d’association et les accords de voisinage avec l’Union, devraient, à cet égard, bénéficier d’un traitement particulier.

        Lire aussi :
         

                Jean-Claude Juncker prône une Europe « ouverte mais pas offerte »



Il restera toutefois à régler la question du futur budget européen, qui fait actuellement l’objet de vives discussions entre les capitales. Marqué par l’austérité — il devra tenir compte du retrait britannique —, ce budget permettra-t-il de tenir de tels engagements ? M. Juncker espère une décision avant les prochaines élections européennes, en mai 2019. Il n’est absolument pas certain que son souhait se réalisera et rien ne dit que son successeur reprendra son programme.
Pour la période 2014-2020, l’UE aura consacré 31 milliards d’euros au développement du continent africain dans les domaines, notamment, de l’accès à l’énergie, de l’aide alimentaire et du soutien à la bonne gouvernance et au respect des droits humains.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-11"> ¤ L’alliance du géant du commerce électronique chinois Alibaba avec les champions russes de l’Internet dessine une nouvelle géopolitique du numérique, explique dans sa chronique, l’éditorialiste économique Philippe Escande.
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« Russie, Chine : un bloc de l’Est numérique se met en place »

L’alliance du géant du commerce électronique chinois Alibaba avec les champions russes de l’Internet dessine une nouvelle géopolitique du numérique, explique dans sa chronique, l’éditorialiste économique Philippe Escande.



LE MONDE
 |    12.09.2018 à 12h53
    |

            Philippe Escande








                        



                                


                            

Chronique Pertes & profits. Depuis la construction de la Grande Muraille, sous l’empire Ming, il est rare que les Chinois s’aventurent dans les territoires des barbares du nord. Et notamment ceux qui se situent sur l’autre rive du fleuve Amour, en Sibérie russe. Mardi 11 septembre, 3 200 soldats, 900 pièces d’artillerie et 30 avions de chasse ont pourtant allégrement sauté la frontière. Mais c’était à l’invitation de Vladimir Poutine qui, pour la première fois de l’histoire, a convié ses voisins du sud à participer à des manœuvres militaires géantes.
Les forces armées ne sont pas les seules à se rapprocher. En marge du sommet économique de Vladivostok, en Sibérie, où se sont rencontrés les présidents des deux pays, le géant du commerce électronique Alibaba a annoncé une alliance de grande envergure avec les principaux acteurs russes de l’Internet, qui fera de lui le numéro un de ce marché de 145 millions d’habitants qui s’étend du Japon à l’Europe.
Le géant chinois va créer une société commune avec Mail.ru, le premier réseau social russe et MegaFon, le deuxième opérateur de téléphonie mobile du pays, tous deux propriété de l’oligarque Alicher Ousmanov, très proche de Vladimir Poutine. Alibaba détiendra 48 % de la société et en sera l’opérateur. Pour marquer le caractère très politique de cette affaire, le fonds souverain Russian Direct Investment Fund prendra 13 % de l’ensemble.

Guerre froide dans l’Internet
L’intérêt de cette alliance est considérable pour Alibaba. Alors que son fondateur, Jack Ma, a annoncé son retrait progressif, la société sort enfin d’Asie. Elle s’appuiera sur les 80 millions d’abonnés mobiles de MegaFon et les 95 millions d’utilisateurs de Mail.ru, et notamment de son réseau social VKontakte, pour inonder la Russie de produits chinois et développer un marché du commerce en ligne encore balbutiant. Son pari sera de développer une affaire rentable dans un pays aussi étendu et aux infrastructures...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-12"> ¤ Les gagnants des scrutins législatifs en novembre seront encore en fonction en 2020, au moment où débutera le processus de redécoupage des circonscriptions.
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Midterms, J – 55 : les législatures des Etats, autre enjeu des élections de mi-mandat

Les gagnants des scrutins législatifs en novembre seront encore en fonction en 2020, au moment où débutera le processus de redécoupage des circonscriptions.



LE MONDE
 |    12.09.2018 à 12h03
 • Mis à jour le
12.09.2018 à 16h44
    |

            Gilles Paris (Washington, correspondant)








                        



                                


                            

La Maison Blanche et les républicains veulent faire des élections de mi-mandat du 6 novembre une sorte de plébiscite pour Donald Trump, tandis que les démocrates espèrent obtenir la majorité à la Chambre des représentants. A partir du 3 septembre, le correspondant du Monde à Washington, Gilles Paris, recense quotidiennement les principaux éléments de la campagne.
Le fait du jour
Ces élections se tiendront également le 6 novembre, mais elles attireront bien moins l’attention que les scrutins de mi-mandat pour le Congrès des Etats-Unis. Il s’agit des scrutins prévus pour renouveler les législatures des Etats. Leur importance est pourtant jugée à ce point stratégique pour que trois organisations démocrates – Democratic Legislative Campaign Committee, Acronym et National Democratic Redistricting Committee (NDRC) – se décident à consacrer 10 millions de dollars (9 millions d’euros) au soutien d’un total de 75 candidats dont aucun ne fera la « une » des journaux locaux. Cet appui rapporté par le Washington Post, mardi 11 septembre, se concentrera sur les réseaux sociaux.
Ce souci découle d’un constat : les candidats qui l’emporteront en novembre seront encore en fonction en 2020, au moment où débutera le processus de redécoupage des circonscriptions sur la base des résultats du recensement décennal.
L’ancien attorney general (ministre de la justice) de Barack Obama, Eric Holder, est l’un des principaux artisans de cette mobilisation. Pendant son long bail au sein de l’Etat fédéral, celui qui est aussi à la tête du NDRC a pu mesurer de près l’avantage retiré par les républicains des gains enregistrés en 2010 et en 2014. Ils leur ont permis de tailler des circonscriptions favorables, au point d’encourir les foudres de la justice en Pennsylvanie et en Caroline du Nord.
Selon Tara McGowan, d’Acronym, dont les propos sont rapportés par le Washington Post, les élections pour les législatures...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-13"> ¤ La chronique BD de Kidi Bebey. Dans l’album « Kivu », Jean Van Hamme et Christophe Simon dénoncent les exactions subies par les populations de l’est de la RDC.
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Chronique

L’enfer des Kivu raconté en bande dessinée : un air de déjà-vu

La chronique BD de Kidi Bebey. Dans l’album « Kivu », Jean Van Hamme et Christophe Simon dénoncent les exactions subies par les populations de l’est de la RDC.

Par                Kidi Bebey (chroniqueuse Le Monde Afrique)



LE MONDE
              datetime="2018-09-12T11:49:36+02:00"

        Le 12.09.2018 à 11h49

     •
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          datetime="2018-09-12T11:59:38+02:00"

        Mis à jour le 12.09.2018 à 11h59






    
« Kivu », du scénariste Jean Van Hamme et du dessinateur Christophe Simon.
Crédits : Editions Le Lombard


Les bons sentiments suffisent-ils à faire une bonne bande dessinée ? C’est la question qu’on peut se poser à la lecture de Kivu, le nouvel opus de l’auteur belge Jean Van Hamme. Le scénariste star de Largo Winch, Thorgal ou XIII s’est attaché la collaboration du dessinateur Christophe Simon pour dénoncer l’enfer subi par les populations de l’est de la République démocratique du Congo (RDC).
Dans ce pays, les provinces du Nord et du Sud-Kivu sont en effet en proie, depuis vingt ans, à des exactions abominables. Pour s’emparer des richesses du sous-sol – cobalt, manganèse, cuivre et le précieux coltan si utile à la fabrication de nos appareils électroniques –, des miliciens y spolient les paysans de leurs terres en semant la terreur, en violant et mutilant les femmes, en enrôlant des enfants comme soldats et en obligeant les hommes valides à travailler à l’extraction. Un drame humanitaire de très grande ampleur mais qui perdure tant les enjeux économiques sont importants pour les multinationales de l’exploitation minière. 

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« Avec cette BD, j’ai voulu apporter une contribution, informer le plus grand nombre de personnes possibles de la situation pour déchirer l’empire du silence », explique Jean Van Hamme au Monde Afrique.
Corruption, cynisme, barbarie
Le résultat est un album hybride où se mêlent aventure et réalisme mais qui, à force de démonstration, n’échappe pas aux clichés. Le héros, François Daans, un jeune ingénieur belge, est envoyé par son directeur général en RDC afin de recruter un nouveau « directeur de production » (comprendre un chef de guerre) en remplacement du précédent, mort « dans l’exercice de ses fonctions » (comprendre assassiné). C’est à travers le regard de Daans, trentenaire naïf découvrant les complicités véritables de sa hiérarchie, qu’on va s’ouvrir aux « réalités africaines » faites de corruption, de cynisme et d’une violence proche de la barbarie.
Mais le héros sait se dépasser et se montrer à la hauteur de la situation. Non seulement il va démissionner, mais il va se mettre en danger et risquer sa vie pour parvenir à réunir un frère et une sœur que l’exode a séparés et qui, grâce à cet Européen providentiel, retrouveront même leur mère, elle-même miraculeusement recueillie et soignée à l’hôpital du fameux docteur Mukwege, figure congolaise charismatique et bien réelle de la chirurgie réparatrice.

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Dès lors, le jeune ingénieur n’a plus qu’à retourner chez lui. Certes, il est marqué à tout jamais par ce continent, du moins par ses dérives, mais il est prêt néanmoins à témoigner de ce qu’il a vu afin d’alerter la communauté internationale. Entre-temps, on aura croisé l’incontournable barbouze vénal qui a « l’Afrique dans la peau », des militaires sans foi ni loi, des prostituées…

    

Crédits : 


On referme le livre avec une impression mitigée, sans doute liée au fait qu’on ne sait finalement pas à qui s’adresse cette histoire un peu bancale, trop violente pour être mise entre les mains d’enfants ou d’adolescents, trop bavarde et didactique pour ne pas agacer les adultes. Et probablement irritante pour tous ceux qui se lassent de voir l’Afrique une nouvelle fois réduite à ses vices et avatars, fussent-ils inspirants.
Kivu, de Jean Van Hamme et Christophe Simon, préface de Colette Braeckman, éditions Le Lombard, parution le 14 septembre 2018.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-14"> ¤ Les sénateurs roumains ont autorisé, mardi soir, la tenue d’un référendum notamment demandé par des associations proches de l’Eglise orthodoxe.
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Roumanie : un référendum pour rendre inconstitutionnel le mariage homosexuel

Les sénateurs roumains ont autorisé, mardi soir, la tenue d’un référendum notamment demandé par des associations proches de l’Eglise orthodoxe.



LE MONDE
 |    12.09.2018 à 11h46
   





                        



   


Les sénateurs roumains ont donné à une large majorité leur accord, dans la soirée de mardi 11 septembre, à la tenue d’un référendum visant à inscrire dans la Constitution l’interdiction des mariages homosexuels.
Selon le texte adopté par les élus, et qui devrait être inscrit dans la Loi fondamentale en cas de oui au référendum, le mariage représente « l’union entre un homme et une femme » et non pas « entre époux », comme le prévoit actuellement la Constitution.
La législation roumaine ne permet pas les mariages homosexuels mais, selon les adversaires de cette initiative, une interdiction explicite dans la Constitution rendrait difficile, voire impossible, tout changement, à terme, de la loi en faveur des couples homosexuels.
Cette consultation, dont le principe a déjà été approuvé par la chambre basse du Parlement, pourrait avoir lieu le 7 octobre. Elle fait suite à une « initiative citoyenne » émanant de plusieurs associations proches de la puissante Eglise orthodoxe qui affirment avoir recueilli trois millions de signatures à cet effet.

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La Cour européenne des droits de l’homme avait, lors d’un jugement historique en 2015, demandé aux Etats d’instaurer une forme de partenariat civil pour les homosexuels.
Aujourd’hui la moitié des vingt-huit pays membres de l’Union européenne reconnaissent le mariage homosexuel, tandis que huit autres autorisent l’union civile des couples homosexuels.
La Roumanie, membre de l’Union européenne depuis 2007, n’a dépénalisé l’homosexualité qu’au début des années 2000, tandis que les minorités sexuelles y sont toujours victimes de discriminations.

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-15"> ¤ Confrontée aux foucades diplomatiques de Donald Trump, la France milite pour un renforcement de l’autonomie stratégique de l’Europe.
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Défense : Paris doute des intentions américaines en Europe

Confrontée aux foucades diplomatiques de Donald Trump, la France milite pour un renforcement de l’autonomie stratégique de l’Europe.



LE MONDE
 |    12.09.2018 à 11h31
 • Mis à jour le
12.09.2018 à 15h31
    |

            Nathalie Guibert








                        



                                


                            

« Autonomie stratégique européenne » : tel est le nouveau mantra français pour pousser les dossiers de la défense commune au sein de l’Union. Industriels, parlementaires et militaires, réunis lundi 10 et mardi 11 septembre à Paris pour l’Université d’été de la défense, n’ont eu que ce mot en bouche.
La France définit depuis longtemps son autonomie comme sa capacité à « anticiper, décider et agir seule » au plan militaire. La ministre des armées, Florence Parly, a lancé récemment des injonctions fortes en direction des industriels pour que la France reste dans la course dans le domaine spatial, des composants souverains et des nouvelles technologies. Face au chaos du Brexit, aux menaces russe ou chinoise, et au problème que représente Donald Trump, elle voudrait que ses partenaires la suivent. Ce qui ne va pas sans difficultés.
« Miser sur l’Europe »
« Ecoutons les déclarations du président des Etats-Unis. Le message qui nous est envoyé est sans ambiguïté. [Ils] sont nos alliés et nos amis et ils le resteront, l’OTAN demeure le pilier de la sécurité transatlantique face aux plus grandes menaces. Mais le doute s’est installé, a déclaré mardi Florence Parly. Que se passera-t-il si demain l’Europe se retrouve seule pour assurer sa propre défense ? » Le couple franco-allemand est « le noyau fort qui permet de développer une culture stratégique commune », assure le ministère en dépit des profondes différences d’approche qui demeurent en ce domaine. Le 26 août, Angela Merkel avait déclaré : « Il faut miser sur l’Europe, que nous parlions d’une même voix, et que l’Allemagne prenne davantage ses responsabilités dans les questions de défense. » Le projet bilatéral de « système de combat aérien du futur » est considéré comme « majeur » par les industriels, qui pressent l’Etat de trouver l’argent pour lancer le programme.

« Il y a une appropriation de l’idée...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-16"> ¤ Florence Parly entend corriger les excès du système des bases de défense, les circonscriptions militaires crées en 2011.
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La ministre des armées pousse les réformes internes

Florence Parly entend corriger les excès du système des bases de défense, les circonscriptions militaires crées en 2011.



LE MONDE
 |    12.09.2018 à 11h26
 • Mis à jour le
12.09.2018 à 11h31
    |

            Nathalie Guibert








                        



                                


                            

« Nos promesses doivent devenir des actes. » La ministre des armées, Florence Parly, a annoncé, mardi 11 septembre, en clôture de l’université d’été de la défense, à Paris, qu’elle lançait une réforme du soutien des forces « trop longtemps repoussée ». Le but est de corriger les excès du système des bases de défense, les circonscriptions militaires crées en 2011. Elles ont ôté aux régiments la maîtrise de fonctions (habillement, restauration, infrastructures…) sans que les soldats constatent d’amélioration, au contraire. Les unités militaires ont en parallèle perdu leurs matériels au profit de services communs – le ministère a déjà lancé une difficile révision de la maintenance des équipements dont la disponibilité est trop faible.
« On a organisé les soutiens en grandes fonctions verticales, ce qui a fragilisé le commandement et s’est accompagné d’une grande pression sur les effectifs et les ressources. Il nous faut revenir là-dessus », avait expliqué le chef d’état-major, François Lecointre, en juillet, à l’Assemblée. « Notre armée s’est considérablement amaigrie, la masse des forces et de leurs soutiens demeure à un niveau historiquement bas. » Le sujet est sensible pour le moral. Au-delà, il renvoie à la « résilience » du pays en cas de crise majeure sur le territoire.
« Trop de restrictions »
L’organisation des moyens ne permettrait pas de mobiliser 100 000 soldats comme l’ont fait les Japonais après l’accident nucléaire de Fukushima, affirment les militaires. « Ceux qui croient que l’armée est encore capable de sortir des camions pour transporter de la paille dans toute la France se trompent », illustre un général.
Pour améliorer le « soutien de l’homme », la réforme va donc créer des « espaces multiservices » à disposition des régiments à la place des antennes du commissariat des armées, jugées inefficaces. Elle va aussi renforcer le pouvoir des commandants de base sur...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-17"> ¤ Le Parlement européen vote mercredi sur une résolution dénonçant les violations de l’Etat de droit en Hongrie depuis l’élection de Viktor Orban.
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La droite européenne divisée sur les sanctions à l’égard de la Hongrie

Le Parlement européen vote mercredi sur une résolution dénonçant les violations de l’Etat de droit en Hongrie depuis l’élection de Viktor Orban.



LE MONDE
 |    12.09.2018 à 10h56
 • Mis à jour le
12.09.2018 à 11h21
    |

            Cécile Ducourtieux (Strasbourg, envoyée spéciale) et 
Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, bureau européen)








                        



   


La droite européenne fait face à un choix historique, qui pourrait avoir des conséquences pour l’ensemble du paysage politique continental, et donc pour le scrutin de mai 2019. Mercredi 12 septembre, comme tous les eurodéputés, les 218 élus du Parti populaire européen (PPE), le rassemblement des partis conservateurs dans l’Union, devaient se prononcer pour ou contre le déclenchement d’une procédure exceptionnelle sur l’Etat de droit en Hongrie.
Il s’agit de l’article 7 des traités, qui peut être activé par la Commission européenne, le Conseil ou le Parlement, en cas de « risque clair de violation grave » de l’Etat de droit dans un Etat membre. Jugée radicale, même si elle n’a pas encore prouvé son efficacité, cette procédure n’a jusqu’à présent été lancée qu’une fois : à la fin 2017, par la Commission Juncker, contre le gouvernement polonais.

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Or, pour la première fois depuis des années, d’éminents dirigeants du PPE ont désavoué Viktor Orban, le premier ministre hongrois, toujours membre du groupe (qui compte aussi dans ses rangs Angela Merkel ou Sebastian Kurz, le chancelier autrichien), bien qu’il soit devenu la coqueluche des extrêmes droites européennes.
Mardi 11 septembre, après un débat en plénière d’une rare violence, en présence de M. Orban, venu à Strasbourg défendre l’action de son gouvernement, et à l’issue d’une réunion de groupe mouvementée, Manfred Weber, le chef de file du PPE à Strasbourg, a indiqué que, pour sa part, il voterait « pour le déclenchement de l’article 7 », mercredi. Comme sept élus sur dix du groupe, selon les estimations faites mercredi matin.
Un peu plus tôt, Joseph Daul, le président du PPE – un Alsacien aussi discret qu’influent, réputé proche de la chancelière Merkel – avait tweeté : « L’Union européenne est fondée sur la liberté, la démocratie, l’égalité, l’Etat de droit, le respect des droits de l’homme et une société civile libre. Le PPE ne fera pas de compromis là-dessus, quelle que soit l’affiliation politique. »
Conserver la majorité
Le matin même, Sebastian Kurz, pourtant en coalition avec le Parti de la liberté d’Autriche (FPÖ, extrême droite), un parti qui courtise M. Orban, avait lui aussi appelé à voter en faveur de l’article 7. Jusqu’à présent, MM. Daul et Weber s’étaient gardés de condamner frontalement les dérives de M. Orban, bien que, depuis 2010, son gouvernement ait été très régulièrement pointé du doigt par la Commission – pour sa réforme de la Constitution, de la justice, sa politique antimigrants ou les freins qu’il met à l’activité des ONG.
Leur argument ? Afin d’éviter qu’il n’évolue encore davantage vers les extrêmes, il valait mieux garder M. Orban dans « la famille ». Accessoirement, cela permettait de conserver la majorité au sein de l’Union, en agrégeant des sensibilités très droitières.
Que s’est-il passé pour qu’au sein du PPE, les lignes commencent à bouger ? Le PPE est, en réalité, divisé depuis longtemps sur le cas hongrois et le malaise a grandi d’un coup après la visite de M. Orban au ministre de l’intérieur italien et chef de file de la Ligue (extrême droite), Matteo Salvini, à Milan, à la fin août. Notamment chez les eurodéputés PPE du nord de l’Europe et du Benelux. Désormais, même les élus de l’Union chrétienne-démocrate (CDU) d’Angela Merkel se divisent.
M. Weber avait déjà infléchi son discours ces derniers jours, conscient peut-être qu’il était difficile de briguer la présidence de la Commission – il s’est déclaré candidat à la succession de M. Juncker l’année prochaine –, gardienne des traités de l’UE, tout en continuant à défendre un chantre de l’« illibéralisme ». Seuls les Italiens de Forza Italia ont franchement appelé à voter contre l’article 7. Quant aux Français, ils restaient partagés mardi soir, certains refusant le principe de sanctions contre Orban.

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Pourtant, le rapport parlementaire, sur lequel les eurodéputés devaient fonder leur vote, est sans concession. Rédigé par l’élue Verte néerlandaise Judith Sargentini, il énumère les menaces sur la liberté des médias, la remise en cause de l’indépendance de la justice, les attaques régulières contre les organisations non gouvernementales, le regain d’antisémitisme. Il dénonce aussi la politique migratoire d’Orban, qui refuse obstinément d’accepter le principe de solidarité européenne et d’accueillir des réfugiés.
Enfin, Viktor Orban n’a ouvert la porte à aucun compromis, à Strasbourg, mardi, même pas sur les récentes mesures législatives baptisées « Stop Soros », qui entravent le fonctionnement des ONG et des universités étrangères. Le premier ministre a, au contraire, accusé l’Union européenne de se livrer à un « chantage » et a estimé que l’Assemblée de Strasbourg avait décidé, avant même de l’entendre, « de condamner un pays et un peuple » sur la base d’un rapport qui bafouerait leur honneur. Il s’est décrit en premier défenseur de « la nature chrétienne de l’Europe, de la nation, de la famille, de la lutte contre la migration ».
Fait significatif de la place qu’il occupe désormais sur l’échiquier politique européen, il n’a été soutenu, lors du débat mardi, que par les élus d’extrême droite et anti-UE. Le Britannique Nigel Farage lui a proposé de rejoindre « le club du Brexit ». Le Français du Rassemblement national (RN, ex-FN) Nicolas Bay, l’a invité à être, « avec Salvini, le fer de lance d’une autre Europe ».
Quelles conclusions les caciques du PPE allaient-ils tirer d’un vote positif au Parlement européen sur l’article 7 ? Iraient-ils jusqu’à exclure M. Orban, et à tirer par la même occasion une « ligne rouge » entre eux et les mouvements populistes ? Avant le vote, les avis étaient d’autant plus partagés que les deux tiers des suffrages exprimés sont nécessaires pour un déclenchement de la procédure.
Une décision de « suspension » pourrait être prise dès la semaine prochaine, lors d’un sommet du PPE à Salzbourg (Autriche), le 19 septembre, suggérait une source interne. « Personne n’en sait rien », affirmait une autre voix, un peu discordante. « Je ne quitterai jamais le PPE, c’est [le chancelier allemand] Helmut Kohl qui m’a invité à y entrer, et il est mort », a mis en garde M. Orban, mardi soir.

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Les dirigeants du PPE redoutent, s’ils évincent M. Orban, de créer un espace à leur droite, alors que, de M. Salvini à l’Américain Steve Bannon, beaucoup rêvent d’un ralliement du Hongrois en vue de la création d’une union des extrêmes. Et de faire le jeu d’Emmanuel Macron, qui a fondé en partie sa stratégie européenne sur l’éclatement du PPE. « Macron est en train de se servir de notre faiblesse pour détruire le PPE », a lui-même relevé M. Orban, mardi soir.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-18"> ¤ Le Quai d’Orsay et la diplomatie européenne ont redit leur soutien à l’institution.
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Après les menaces de Washington,  la Cour pénale internationale réaffirme son « indépendance »

Le Quai d’Orsay et la diplomatie européenne ont redit leur soutien à l’institution.



LE MONDE
 |    12.09.2018 à 10h55
 • Mis à jour le
12.09.2018 à 14h48
    |

            Stéphanie Maupas (La Haye, correspondance)








                        



                                


                            

Aucun dirigeant n’avait jusqu’ici osé menacer publiquement la Cour pénale internationale (CPI) pour faire flancher ses magistrats. Le conseiller à la sécurité nationale des Etats-Unis, John Bolton, l’a fait le 10 septembre, promettant une riposte en cas de poursuites de cette Cour contre des Américains ou leurs alliés. « Nous allons interdire à ses juges et ses procureurs l’entrée aux Etats-Unis, a-t-il dit, s’exprimant au nom du président américain, Donald Trump. Nous allons prendre des sanctions contre leurs avoirs dans le système financier américain et nous allons engager des poursuites contre eux dans notre système judiciaire. »
Même si « la CPI est déjà morte », M. Bolton craint l’ouverture attendue, dans les prochains mois, d’une enquête en Afghanistan visant les forces américaines et la CIA pour torture. Et met en garde la Cour contre toute poursuite visant son allié israélien.

« La CPI, en tant que Cour de justice, continuera à faire son travail sans être dissuadée », a répliqué la Cour dans un communiqué, rappelant qu’elle est « une institution judiciaire indépendante et impartiale ». « On ne menace pas un juge », a réagi Stephen Rapp. Ambassadeur chargé des crimes de guerre dans l’administration Obama, l’avocat assure possible de « prévenir la poursuite d’Américains, pas en menaçant les juges, mais en prouvant que nous avons mené des enquêtes approfondies, et qu’en aucun cas, la preuve ne permet de poursuivre [les auteurs] pour des charges » de crimes de guerre.
Car contrairement aux déclarations de John Bolton, la Cour n’intervient qu’en dernier recours, si les Etats refusent de poursuivre les auteurs de génocide, de crimes contre l’humanité ou de guerre, devant leurs tribunaux. Peu importe la juridiction devant laquelle ils sont jugés, la finalité du traité de Rome adopté en 1998, établissant la Cour, est qu’ils ne restent pas impunis. Pour échapper...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-19"> ¤ Le texte, qui entend lutter contre les violences faites aux femmes et les mariages forcés, conserve d’importantes lacunes aux yeux des militantes.
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Décryptage

Après des années de lutte, les Marocaines enfin défendues par une loi

Le texte, qui entend lutter contre les violences faites aux femmes et les mariages forcés, conserve d’importantes lacunes aux yeux des militantes.

Charlotte Bozonnet et 
                                Ghalia Kadiri




LE MONDE
              datetime="2018-09-12T10:42:22+02:00"

        Le 12.09.2018 à 10h42

     •
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        Mis à jour le 12.09.2018 à 15h17






    
Des Marocaines manifestent pour l’égalité hommes-femmes à Rabat, en mars 2015.
Crédits : FADEL SENNA / AFP


C’est une première, attendue depuis de longues années par les associations de défense des droits des femmes au Maroc. Mercredi 12 septembre entre en vigueur la loi contre les violences faites aux femmes. Le texte, initié en 2013 et amendé à plusieurs reprises, avait été définitivement adopté en deuxième lecture le 14 février. « Même si cette loi ne reflète pas l’ensemble de notre vision pour une véritable défense des femmes, c’est un événement », reconnaît l’avocate Khadija Rouggany, présidente de l’Association marocaine pour les droits des femmes.

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La loi marocaine incrimine désormais « certains actes considérés comme des formes de harcèlement, d’agression, d’exploitation sexuelle ou de mauvais traitement ». Elle prévoit des mesures de lutte contre le harcèlement dans les lieux publics, notamment des peines allant d’un à six mois d’emprisonnement ou une amende de 2 000 à 10 000 dirhams (de 181 à 907 euros). Des mesures qui s’appliquent non seulement au harcèlement de rue, mais aussi aux propos à caractère sexuel tenus ou envoyés par SMS, messages vocaux ou même à travers des photos.
Le mariage forcé est également passible d’une peine de prison allant d’un à six mois ou d’une amende allant de 10 000 à 30 000 dirhams, les deux peines pouvant se cumuler. La loi prévoit des « mécanismes pour prendre en charge les femmes victimes » de violences.
Brèche législative
Il aura fallu de longues années de combat et de mobilisation pour obtenir ce texte dans un pays où le conservatisme et la religion pèsent fortement. Médias et ONG tirent régulièrement la sonnette d’alarme sur le fléau de la violence subie par les femmes, dans leur foyer mais aussi dans l’espace public. Dans une étude du Haut Commissariat au plan réalisée en 2011, plus de 62,8 % des femmes au Maroc expliquaient avoir subi récemment « un acte de violence sous une forme ou une autre ».

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Une première brèche législative avait été ouverte en 2012 après la mort d’Amina El Filali, une Marocaine de 16 ans obligée d’épouser son violeur. Désespérée, Amina s’était suicidée en ingurgitant de la mort-aux-rats. Une histoire terrible qui avait provoqué un vaste mouvement de protestation dans le royaume et contraint le législateur à abroger l’article 475 du Code pénal, qui permettait à un violeur d’échapper à la justice en épousant sa victime.
Les débats autour des violences contre les femmes se sont accélérés ces dernières années, après plusieurs affaires très médiatisées. En août 2017, la vidéo d’une agression sexuelle collective d’une jeune fille dans un bus de Casablanca avait semé l’effroi. On y voyait la victime, en partie dénudée, bousculée et touchée par un groupe d’adolescents hilares. Le gouvernement avait alors promis une « stratégie » pour lutter contre le harcèlement.
« L’affaire Khadija »
L’urgence d’agir a de nouveau éclaté fin août avec « l’affaire Khadija », du nom de cette jeune fille de 17 ans, originaire du village d’Oulad Ayad (centre). Dans une vidéo diffusée le 21 août, l’adolescente racontait avoir été kidnappée, séquestrée, violée et martyrisée par des jeunes de son village. « Ils m’ont séquestrée pendant près de deux mois, violée et torturée […] Je ne leur pardonnerai jamais, ils m’ont détruite », expliquait-elle, montrant des tatouages graveleux et des traces de brûlures de cigarettes sur son corps.

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Douze des agresseurs présumés, placés en détention préventive, sont sous le coup de différents chefs d’accusation : « traite d’être humain sur mineure », « viol », « torture et usage d’arme causant des blessures et séquelles psychiques », « constitution d’une bande organisée, enlèvement et séquestration » et « non-assistance à personne en danger ». Ils ont été entendus jeudi 6 septembre par le juge d’instruction, avant de prochaines audiences fixées au 10 octobre.
Au-delà de la violence de l’histoire, l’affaire a remis en lumière le conservatisme dont sont victimes les femmes dans la société. Le témoignage de la jeune Khadija a certes provoqué une vague d’émoi – une pétition demandant « justice pour elle » a récolté 115 000 signatures –, mais dans le même temps, il s’est accompagné de nombreux commentaires rejetant la faute sur elle. Un discours répandu dans le royaume, où les victimes de viol ou de harcèlement sont souvent considérées comme les premières coupables, accusées d’être aguicheuses, mal habillées ou pas à leur place.

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La loi qui entre en vigueur est censée davantage protéger les femmes, mais elle conserve d’importantes lacunes aux yeux des militantes marocaines. « Sur la forme, ce n’est pas une loi globale qui assure la prévention, la protection, les sanctions et la prise en charge », souligne Me Rouggany. A titre d’exemple : le viol conjugal n’apparaît pas dans le texte. Celui-ci refuse en outre la possibilité pour les associations de se porter partie civile sans l’autorisation des victimes. « Outre toutes ces lacunes, l’un des enjeux de cette loi va être son application : que les intervenants appliquent réellement les dispositions et qu’il y ait un suivi des autorités, avec des statistiques et un travail de proximité avec les associations et la société civile », prévient l’avocate.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-20"> ¤ Dans cette chronique hebdomadaire, la journaliste du « Monde » Marie de Vergès explique qu’il faut prendre les remous chez les émergents pour ce qu’ils sont aussi  : une alerte précoce de déséquilibres financiers mondiaux.
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« Soyons franc, il n’y a pas encore de crise des émergents »

Dans cette chronique hebdomadaire, la journaliste du « Monde » Marie de Vergès explique qu’il faut prendre les remous chez les émergents pour ce qu’ils sont aussi  : une alerte précoce de déséquilibres financiers mondiaux.



LE MONDE
 |    12.09.2018 à 10h30
 • Mis à jour le
12.09.2018 à 15h49
    |

            Marie de Vergès (Le Monde économie)








                        



                                


                            
Vu d’ailleurs. Et revoici… la crise des émergents ! La formule est bien commode dès lors qu’il faut rester concis, lisible et capter l’attention. Depuis une décennie, elle ressurgit dans les colonnes des journaux et les notes des analystes, à chaque secousse bousculant les actifs de ces économies. Ce fut le cas en 2013, quand la Réserve fédérale américaine annonça qu’il lui faudrait un jour fermer le robinet à liquidités. Ou à l’été 2015, quand la Chine déboussola les marchés mondiaux en dévaluant brusquement le yuan.
Pour l’heure, comme on dit en jargon financier, le marché « discrimine »
Rebelote depuis l’été, alors que se sont mis à plonger la livre turque, le peso argentin et le rand sud-africain. Pourtant, soyons franc, il n’y a pas encore de crise des émergents. Tous ces pays rangés sous une même étiquette, malgré leurs disparités, sont loin de s’être mués uniformément en pestiférés des marchés.
Pour l’heure, comme on dit en jargon financier, le marché « discrimine ». D’un côté, les économies aux fondamentaux plutôt sains qui, comme la fourmi, se sont préparées pour les mauvais jours en accumulant des réserves et continuent à surfer sur de solides taux de croissance. Celles-là traversent la période à peu près sans encombres.
Le camp à risques
De l’autre, les cigales qui ont vécu au-dessus de leurs moyens. Accablés de gros déficits et dotés de politiques économiques pas toujours crédibles ni très rassurantes, ces pays-là sont en plein dans la zone de turbulences. Ainsi de la Turquie où les dogmes du président Erdogan – partisan manifeste de la surchauffe économique et adversaire de l’arme des taux d’intérêt – commencent à sérieusement inquiéter. Ces dernières années, l’endettement en dollars des entreprises locales a explosé. Les capitaux fuient, la livre chute et l’inflation galope (18 % en août).
Ainsi se dessine une mosaïque de pays plus ou moins vulnérables face à la remontée du dollar et des taux d’intérêt
Autre...




                        

                        

