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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-1"> ¤ La chanteuse de 69 ans devrait être en mesure de reprendre la scène à partir du 30 novembre, selon son producteur.
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Véronique Sanson annule des concerts pour soigner une tumeur

La chanteuse de 69 ans devrait être en mesure de reprendre la scène à partir du 30 novembre, selon son producteur.



LE MONDE
 |    11.09.2018 à 17h51
 • Mis à jour le
11.09.2018 à 18h33
   





                        



   


La chanteuse Véronique Sanson a été contrainte d’annuler ses prochains concerts, prévus au moins de novembre, pour « soigner une tumeur qui a été détectée très récemment », a annoncé mardi 11 septembre son producteur, Gilbert Coullier, dans un communiqué.
La chanteuse de 69 ans, dont un album de duos, Duos Volatils, doit sortir le 23 novembre, « est dans l’obligation de subir un traitement qui nécessite plusieurs semaines d’immobilisation », ajoute le texte. Mme Sanson devrait toutefois être en mesure de reprendre la scène à partir du 30 novembre à Tours ainsi que pour ses concerts à la salle Pleyel à Paris entre le 18 et le 22 décembre.

        Lire l’interview de Véronique Sanson :
         

          « On m’a enlevé ma mère, le vide est monstrueux »



Soirée hommage à La Rochelle
Revenue au premier plan il y a deux ans avec son 15e album studio, Dignes, dingues, donc…, qui lui valut deux nominations aux Victoires de la musique en 2017, Véronique Sanson a ensuite effectué une longue tournée qui l’a menée jusqu’aux festivals cet été, notamment aux Francofolies de La Rochelle où une soirée hommage lui a été réservée.
Elle a notamment chanté en duo avec plusieurs artistes dont son ancien compagnon Stephen Stills et leur fils, Christopher, ainsi que Tryo, Patrick Bruel ou Alain Souchon, qui figurent sur le disque Duos Volatils à paraître.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-2"> ¤ La 17e édition de la manifestation artistique parisienne réunit 64 galeries à Saint-Germain-des-Prés.
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De l’Afrique à l’Asie, Parcours des mondes élargit sa palette

La 17e édition de la manifestation artistique parisienne réunit 64 galeries à Saint-Germain-des-Prés.



LE MONDE
 |    11.09.2018 à 17h31
    |

                            Philippe Dagen








                        



   


Réunion internationale des galeries spécialistes des arts d’Afrique, d’Amérique indienne et d’Océanie, Parcours des mondes a ouvert sa dix-septième édition, avec désormais une extension vers l’Asie. Elles sont cette année au nombre de 64, réparties dans le quartier de Saint-Germain-des-Prés, de la rue Mazarine à la rue Bonaparte. Elles sont nord-américaines, britanniques, espagnoles, italiennes et, naturellement, françaises. Lundi 10 septembre, la veille du vernissage, on entendait déjà beaucoup parler anglais, avec plusieurs sortes d’accents, dans les galeries qui avaient entrouvert pour des collectionneurs venus de loin – y compris du Minnesota –, dont la conversation démontrait la compétence et l’envie. La manifestation est devenue un classique de la rentrée parisienne et la principale au monde dans son genre.

        Lire sur l’édition 2017 de Parcours des mondes :
         

          D’Afrique ou d’Océanie, l’art non occidental essaime à Saint-Germain-des-Prés



Ce qui est logique, car on y voit surgir des œuvres de premier ordre : chez Schoffel de Fabry, une haute sculpture de faîtage d’une « maison des hommes » de Nouvelle-Guinée aussi admirablement sculptée et gravée qu’érodée par le temps ; chez Bernard Dulon, un exceptionnel ensemble de masques Dan à patine sombre, autour d’un des plus célèbres, qui appartint au marchand René Rasmussen ; et, sur le trottoir d’en face, rue Jacques Callot, chez Michael Hamson, un ensemble de statues et masques de Nouvelle-Guinée et Nouvelle-Irlande tout aussi remarquable.
D’autres sculptures de premier ordre : les deux Bamiléké que Bernard de Grunne a apportés de Bruxelles, les effigies féminines Loma et Bambara que le couple Dandrieu-Giovagnoni a fait venir de Rome. Et encore les coupes et cuillères polies et gravées dans la noix de coco en Nouvelle-Guinée chez Anthony Meyer, accompagnées de bronze du Louristan. Et tout ce que l’on pourrait chiner – avec quelques moyens financiers – chez Abla et Alain Lecomte ou chez Finch and Co qui a déménagé de Londres de quoi garnir un cabinet de curiosités.
Travail de chercheurs
Mais ce qui restera de cette édition est le travail de chercheurs qu’ont accompli les galeristes et experts Charles-Wesley Hourdé et Nicolas Rolland. Ils se souvenaient de l’importance historique de l’Exposition d’art africain et océanien qui eut lieu en 1930 à la galerie du Théâtre Pigalle. Grâce à la collaboration de marchands – Charles Ratton, Pierre Loe –, de poètes – Tristan Tzara, André Breton , Paul Eluard –, d’artistes – André Derain, Pablo Picasso –, et de collectionneurs – Félix Fénéon –, elle réunissait une quantité prodigieuse d’œuvres de premier ordre. Si l’art que l’on appelait alors « nègre » – celui d’Afrique – était déjà assez largement reconnu, celui d’Océanie fut, à cette occasion, projeté au premier plan, à égalité avec lui.
Hourdé et Rolland se sont efforcés de retrouver le plus grand nombre possible de pièces exposées à Pigalle, identifiées grâce à des archives et photographies survivantes. Ils en présentent aujourd’hui, rue Visconti, une première vision, en prenant exclusivement dans les collections privées belges et françaises qui leur étaient accessibles. Ce que l’on devinait d’après les rares images en noir et blanc connues jusqu’à présent apparaît avec évidence : il y eut au Théâtre Pigalle une concentration de chefs-d’œuvre comme on n’en vit que fort peu depuis, d’un masque Bété-Gouro qui appartenait à Tzara à un crochet à crâne papou que possédait alors le collectionneur et marchand Bela Hein, en passant par une statue Malangan polychrome de Nouvelle-Irlande du genre de celles que les surréalistes préféraient, et par une grande statue masculine de l’île de Pâques.
La vingtaine d’œuvres retrouvées suffit à suggérer ce que fut cette exposition
La vingtaine d’œuvres retrouvées suffit à suggérer ce que fut cette exposition et pourquoi elle fit une impression aussi profonde sur les contemporains : il n’est guère de journal qui n’en ait alors rendu compte, à Paris et dans la presse provinciale. Ce que l’on comprend moins, c’est pourquoi le Musée du quai Branly-Jacques Chirac, qui conserve une vingtaine d’œuvres exposées en 1930, ne s’est pas associé à l’initiative pour lui donner plus d’ampleur.
L’exposition s’accompagne d’un livre, avec études de spécialistes et riche documentation photographique (Galerie Pigalle : Afrique, Océanie. 1930. Une exposition mythique, Editions HR/Somogy, 344 p., 250 euros).
Parcours des mondes, de 11 heures à 19 heures. Jusqu’au dimanche 16 septembre. www.parcours-des-mondes.com



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-3"> ¤ Plusieurs ministres européens, dont Monika Grütters (Allemagne) et Françoise Nyssen (France), appellent le Parlement européen à voter en faveur de la directive relative au droit d’auteur dans une tribune au « Monde ».
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« L’Europe doit imposer davantage de responsabilité et de règles équitables aux géants du numérique »

Plusieurs ministres européens, dont Monika Grütters (Allemagne) et Françoise Nyssen (France), appellent le Parlement européen à voter en faveur de la directive relative au droit d’auteur dans une tribune au « Monde ».



LE MONDE
 |    11.09.2018 à 16h52
 • Mis à jour le
11.09.2018 à 18h21
    |

                            Collectif








                        



                                


                            

Tribune. Trois mois après l’adoption d’un texte de compromis au Conseil, la négociation du projet de directive relative au droit d’auteur entre dans une phase décisive à la veille d’un nouveau vote au Parlement européen.
Nous, ministres européens de la culture, formons le vœu que cette négociation déterminante pour l’avenir de la diversité culturelle et du pluralisme des médias en Europe se poursuive sereinement. Nous espérons que les discussions à venir permettront de parvenir à des compromis appropriés, reflétant un juste équilibre entre les divers intérêts en présence, tout en conservant l’essence de la réforme.
Nous reconnaissons pleinement que la discussion en cours sur le droit d’auteur interroge sur nos attentes vis-à-vis de l’Union européenne, ainsi que sur la capacité de l’Europe de demain à défendre ses intérêts collectifs et ses valeurs dans l’environnement numérique.
Une occasion unique pour la diversité culturelle en Europe
Les industries culturelles et créatives, qui représentent 4,2 % du PIB européen et plus de 7 millions d’emplois, témoignent de l’extraordinaire talent et de la créativité des artistes et des entreprises de notre continent.
L’équité et la diversité culturelle sont au cœur de la réforme du droit d’auteur : c’est la vision que nous portons pour l’Europe
Avec la réforme du droit d’auteur, les créateurs, les entreprises et le public devraient bénéficier d’un cadre juridique plus équilibré et ce, afin d’obtenir un marché numérique plus performant. Nous ne devrions pas consentir à un monde où une poignée d’entreprises multinationales captent l’essentiel de la valeur générée par les œuvres créées par d’autres dans l’environnement numérique.
Aussi, de nouvelles règles sont nécessaires afin que plus d’œuvres soient disponibles en ligne et que le droit d’auteur puisse être de manière effective utilisé comme fondement d’une juste rémunération des créateurs et éditeurs...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-4"> ¤ Le magazine d’Elise Lucet consacre son émission de mardi soir à montrer comment les industriels préfèrent culpabiliser le consommateur, plutôt que remettre en question leurs modèles économiques.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-4"> ¤                     
                                                

« Cash Investigation » dénonce le double discours des industriels sur le recyclage du plastique

Le magazine d’Elise Lucet consacre son émission de mardi soir à montrer comment les industriels préfèrent culpabiliser le consommateur, plutôt que remettre en question leurs modèles économiques.



LE MONDE
 |    11.09.2018 à 13h38
 • Mis à jour le
11.09.2018 à 17h19
    |

            Patricia Jolly








                        



   


Le plastique, c’est increvable. C’est sa principale qualité mais pas son moindre défaut, on en produit 10 tonnes chaque seconde dans le monde et l’addiction que nous avons développée à son endroit depuis sa généralisation dans les années 1950 a des conséquences désastreuses tant pour l’environnement que pour notre santé.
Pour traiter ce sujet très en vogue, le numéro de rentrée de « Cash Investigation » – intitulé « Plastique, la grande intox » et diffusé mardi 11 septembre à 21 heures sur France 2 – ne se limite pourtant pas à ce constat simpliste. Au-delà des images-chocs d’une nature défigurée partout dans le monde par les déchets de plastique, le reportage de Sandrine Rigaud s’attache surtout à démontrer avec quel génie les industriels ont opté pour une culpabilisation du consommateur, plutôt que pour une remise en question de leurs modèles économiques ultraproductivistes et hautement lucratifs.
Mensonges, objectifs chiffrés qu’ils ne se soucient en rien d’atteindre, habile lobbying… les plus gros producteurs de plastique qui se targuent d’être vertueux et présentent le recyclage comme la panacée brassent en réalité beaucoup d’air. Rois de la duplicité, ils fabriquent toujours plus de plastique, n’ont pas l’intention de lever le pied et financent sans vergogne des associations de nettoyage – qui répugnent à le reconnaître –, ou des campagnes de « sensibilisation » du public.
Stratégies opposées aux promesses
La Coca-Cola Company, qui vend chaque année 120 milliards de bouteilles en plastique - soit 4000 chaque seconde - sur la planète tout en prônant un monde sans déchets à l’horizon 2030, en prend pour son grade. A cette date, en théorie, chaque bouteille de Coca devra être composée de 50 % de plastique recyclé, mais cet objectif a tout du vœu pieu. Alors qu’en 2008 la firme s’était engagée à mettre 25 % de plastique recyclé dans ses bouteilles dès 2015, un responsable d’usine de recyclage finit par reconnaître auprès de la présentatrice Elise Lucet qu’elles n’en contiennent guère que 7 % aujourd’hui, comme indiqué par Greenpeace.

        En un graphique :
         

          La France, mauvaise élève du recyclage des emballages plastique



« Cash » a également mis la main sur un document interne de la multinationale Coca datant de 2016 qui illustre à merveille le double discours de la firme. Il dévoile notamment des stratégies radicalement opposées à ses promesses de communication, et visant à s’opposer aux politiques de réglementation – notamment en matière de ... lutte contre le taux de l’augmentation du taux de collecte et de recyclage, d’interdiction de la caféine ou de publicité touchant les enfants. Acculé, Michael Goltzman, un des vice-présidents communicants de la firme, répète, tel un disque rayé, que ces informations – pourtant récentes – que ce « vieux document » ne reflète plus la stratégie de l’entreprise, décidément bien versatile.
Une autre séquence marquante révèle enfin que, le tri industriel étant insuffisamment efficace, certaines substances dangereuses pour la santé et l’environnement – comme les retardateurs de flamme bromés, présents dans nombre de produits électriques – sont recyclés de manière impropre et en contravention avec la législation.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-5"> ¤ La directrice de l’Unesco détaille le projet de reconstruction de Mossoul, ville dévastée par l’organisation Etat islamique.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-5"> ¤                     
                                                   
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Audrey Azoulay : « L’éducation et la culture sont les conditions du rétablissement d’une paix durable en Irak »

La directrice de l’Unesco détaille le projet de reconstruction de Mossoul, ville dévastée par l’organisation Etat islamique.



LE MONDE
 |    11.09.2018 à 11h43
    |

            Hélène Sallon








                        



                                


                            

L’Unesco a accueilli à Paris, lundi 10 septembre, la première réunion internationale pour « faire revivre l’esprit de Mossoul », en partenariat avec les autorités irakiennes. Inaugurée lors de la conférence sur la reconstruction de l’Irak, en février, à Koweït, cette initiative vise à mobiliser la communauté internationale pour reconstruire le patrimoine culturel de la métropole du nord de l’Irak, détruit sous le règne de l’organisation Etat islamique. La directrice de l’Unesco, Audrey Azoulay, revient sur les enjeux de ce projet.
Pourquoi l’Unesco a-t-elle lancé cette initiative ?
On veut contribuer à la reconstruction de l’Irak, en commençant par l’éducation et la culture, qui sont les conditions du rétablissement d’une paix durable et d’une réconciliation pouvant permettre le retour des réfugiés. On a choisi Mossoul, qui est un symbole de l’Irak dans sa diversité culturelle, intellectuelle et universitaire, et qui a été délibérément détruite. Il y a déjà beaucoup d’initiatives de la société civile. Nous voulons les aider en coordonnant des projets qui existaient de façon forte à Mossoul et en faisaient l’identité. Nous allons participer à la reconstruction humaine, là où l’Unesco a une valeur ajoutée – le patrimoine culturel, l’éducation et la prévention de l’extrémisme – et avec le multilatéralisme qui nous caractérise.
A combien se chiffre cette initiative ? Combien de temps sera nécessaire ?
On adopte une approche pragmatique, projet par projet, avec des actions concentrées presque essentiellement sur la vieille ville de Mossoul. Les besoins s’élèvent à un peu moins de 200 millions de dollars [170 millions d’euros]. Ce sont les chantiers prioritaires pour lesquels nous recherchons actuellement des donateurs ; à long terme, d’autres projets s’ajouteront. Il faut au préalable déminer. J’aimerais que des projets voient le jour dans quatre à cinq ans, mais il faudra des dizaines...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤ Dans une tribune au « Monde », Jean-Noël Tronc, directeur général de la Sacem, appelle les eurodéputés à renforcer le droit d’auteur, lors de l’examen mercredi 12 septembre du projet de directive européenne.
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« Un nouvel échec de la directive sur le droit d’auteur serait un jour noir pour l’Europe de la culture »

Dans une tribune au « Monde », Jean-Noël Tronc, directeur général de la Sacem, appelle les eurodéputés à renforcer le droit d’auteur, lors de l’examen mercredi 12 septembre du projet de directive européenne.



LE MONDE
 |    11.09.2018 à 08h32
 • Mis à jour le
11.09.2018 à 18h20
    |

Jean-Noël Tronc (Directeur général de la SACEM)







                        



                                


                            
Tribune. Mercredi 12 septembre, à Strasbourg, haut lieu symbolique de l’histoire européenne, les 751 députés européens se retrouvent pour un rendez-vous doublement important. D’abord, le président la commission européenne, Jean-Claude Juncker, prononcera son discours de l’état de l’Union européenne, le dernier d’un mandat de cinq ans marqué par une crise désormais existentielle de l’UE. Ensuite parce que nos eurodéputés examineront à nouveau le projet de directive européenne sur le droit d’auteur, faute d’avoir pu s’accorder sur un texte le 5 juillet.

Ce qui va se passer mercredi aura une importance déterminante pour l’avenir de l’Europe, bien au-delà du texte lui-même. Il s’agit en fait de la souveraineté de notre Union. Avant d’évoquer ce qui peut se passer, il est important de rappeler d’où vient cette directive. Elle résulte de la volonté acharnée de la Commission européenne de réformer le cadre européen du droit d’auteur sous prétexte que celui-ci ne fonctionnerait pas et entraverait la libre circulation des biens culturels. Ce qui est évidemment faux !
La réalité quotidienne des centaines de millions d’internautes européens, c’est l’accès à tous les types d’œuvres culturelles, à toute l’information possible, grâce à Internet. Les plates-formes Internet facilitent l’accès des artistes au public. Le commerce électronique permet, en tout point de l’Union, de recevoir livres, films, musique, etc.
Déséquilibre colossal
Le problème est évidemment ailleurs : depuis le vote des deux grandes directives de 2000, sur le commerce électronique, et 2001, sur le droit d’auteur, s’est progressivement creusé un déséquilibre colossal entre, d’une part, l’aspiration par quelques grandes plates-formes américaines de toutes les recettes publicitaires – grâce, en particulier, à l’utilisation massive des œuvres créées par les auteurs européens et des articles de notre presse – et, de l’autre, les forces de la création et de l’information...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤ Dans « Mademoiselle de Joncquières », d’Emmanuel Mouret, elle incarne Madame de La Pommeraye, vengeresse féministe avant l’heure.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤                     
                                                   
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Cécile de France : « Ce rôle m’éloigne enfin des filles sympathiques qui sont mon lot »

Dans « Mademoiselle de Joncquières », d’Emmanuel Mouret, elle incarne Madame de La Pommeraye, vengeresse féministe avant l’heure.



LE MONDE
 |    11.09.2018 à 07h43
 • Mis à jour le
11.09.2018 à 07h45
    |

            Jacques Mandelbaum








                        



                                


                            

De L’Auberge espagnole (Cédric Klapisch, 2002) à Otez-moi d’un doute (Carine Tardieu, 2017), la présence de la Namuroise Cécile de France est, à quelques rares exceptions près, inscrite dans le monde moderne. Emmanuel Mouret l’engage à interpréter un personnage du XVIIIe siècle, en lui confiant le rôle de Madame de La Pommeraye, vengeresse féministe avant l’heure.

Qu’a impliqué pour vous, en termes de méthode de travail, d’inspiration, d’identification, ce rôle d’époque ?
D’abord, la possibilité de poursuivre mon enfance. Je me revois petite fille, regardant des films à la télévision, admirant ces jolies femmes en costumes. Avec ce rôle, je passe de l’autre côté du miroir. Mais il y a plus que cela, bien sûr. D’abord, le travail sur la langue de Diderot, qui est mêlée dans le film à celle d’Emmanuel Mouret, qu’il a fallu s’approprier et rendre avec le maximum de naturel. Mais les costumes aident aussi à entrer dans le rôle, ils reflètent le carcan d’une époque où l’expression des sentiments relève d’une convention, d’une artificialité.
Madame de La Pommeraye est un personnage ambigu, à la fois touchante parce que trompée dans son amour et inhumaine dans sa vengeance. Un rôle qui ne doit pas être simple à jouer…
Ce qui se révèle passionnant pour cette raison. Et qui m’éloigne enfin des filles sympathiques qui sont mon lot au cinéma. Le personnage se réclame de la vertu outragée et se révèle profondément immoral. Il est complexe, retors, destructeur, même si son caractère n’est pas aussi cynique que la marquise de Merteuil des Liaisons dangereuses. Je suis passée par tous les sentiments à son égard. D’abord, je suis entrée à fond dans l’argument féministe et j’ai voulu rendre sa vengeance légitime. Puis je me suis un peu calmée en mesurant le degré de manipulation et d’indifférence au sort d’autrui dont elle était capable. J’en suis venue, après le tournage,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-8"> ¤ Michel Gondry dirige un Jim Carrey en amuseur à l’âme d’enfant et en père inconsolable.
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« Kidding », une comédie sérieusement noire

Michel Gondry dirige un Jim Carrey en amuseur à l’âme d’enfant et en père inconsolable.



LE MONDE
 |    11.09.2018 à 07h00
    |

                            Martine Delahaye








                        



   


MyCanal, à partir du 11 septembre, à la demande, série
On les retrouve sur le plateau d’une série près de quinze ans après la belle réussite d’Eternal Sunshine of The Spotless Mind (2004) : Michel Gondry, d’un côté de la caméra, signe six des dix épisodes de Kidding, tandis que Jim Carrey, de l’autre, incarne cette fois-ci Mister Pickles, le gentil animateur d’une émission de télévision pour enfants que grands et petits adorent dans tout le pays.
Figure publique, l’amuseur M. Pickles arbore une mine ravie – un peu à la manière de Truman Burbank, également incarné par Jim Carrey, avant que ce dernier ne découvre être le jouet d’une émission de télé-réalité, dans The Truman Show (1998). Sorti de son studio de télévision, M. Pickles n’est plus que Jeff, un homme qui irradie l’optimisme de la volonté, mais que l’on pressent gagné par le vide, après la mort de l’un de ses jumeaux adolescents l’année précédente.
Rien d’un one-man-show
Pour l’heure, dans les quatre premiers épisodes que nous avons pu voir, Jeff est en général tout sourire, alors que la mise en scène porte à imaginer que l’ombre de la désolation pourrait bien avoir la peau de son idéalisme. Malgré ses efforts, Jeff ne parvient pas à ajuster le monde dans lequel il vit à celui dont il rêve ; il souffre d’un mal, d’une confusion, d’une angoisse existentielle que Gondry et Carrey rendent subrepticement perceptibles.
Kidding chemine ainsi fort habilement sur un fil ténu : celui qui lie le ridicule d’un père endeuillé habillé en amuseur à l’introspection de l’homme qu’il est, s’interrogeant sur ce que signifie être soi, hors du regard des autres. Pour autant, Kidding n’a rien d’un one-man-show : son créateur, Dave Holstein (I’m Dying up Here, Raising Hope, Weeds), a entouré M. Pickles de personnages qui, eux aussi, à leur manière, cherchent à survivre. Impossible de deviner vers quel horizon nous mène cette série, mais il semble bien que tous vont être contraints de chercher à cerner ce dont leur mal-être est fait.
« Kidding », série créée par Dave Holstein. Avec Jim Carrey, Frank Langella, Judy Greer, Catherine Keener (EU, 2018, 10 x 30 min). Disponible dès le lundi 10 septembre sur Canal+ à la demande/MyCanal. Diffusion d’un épisode par semaine sur Canal+ Séries, le mardi à 22 h 40, à partir du 11 septembre.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-9"> ¤ Chaque mardi, « La Matinale du Monde » vous propose un choix de séries à (re)découvrir sur petit écran.
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Jim Carrey, « Insoupçonnable » et « The Deuce » : notre semaine en séries

Chaque mardi, « La Matinale du Monde » vous propose un choix de séries à (re)découvrir sur petit écran.



LE MONDE
 |    11.09.2018 à 06h44
 • Mis à jour le
11.09.2018 à 07h23
   





                        


LES CHOIX DE LA MATINALE
Cette semaine, on retrouve un amuseur public rongé par un drame familial, on découvre l’adaptation (trop ?) française de la série The Fall, sur TF1, et on se réjouit du retour de The Deuce, qui nous replonge dans le New York interlope de la 42e Rue à la fin des années 1970.
« Kidding », une comédie sérieusement noire

On les retrouve sur le plateau d’une série près de quinze ans après la belle réussite d’Eternal Sunshine of the Spotless Mind (2004) : Michel Gondry derrière la caméra, pour la réalisation de six des dix épisodes de Kidding, et Jim Carrey face caméra, incarnant cette fois « Mr. Pickles », le gentil animateur d’une très populaire émission de télévision pour enfants.
Figure publique, l’amuseur Mr. Pickles arbore une mine ravie. Mais sorti du studio de télévision, il n’est plus que Jeff, un homme qui se veut à tout prix optimiste et que l’on pressent gagné par le vide, après la mort de l’un de ses jumeaux adolescents, l’année précédente. Malgré ses efforts, Jeff ne parvient pas à ajuster le monde dans lequel il vit à celui dont il rêve ; il souffre d’une confusion que Gondry et Carrey rendent chacun perceptible.
Kidding évolue ainsi sur un fil ténu : celui qui lie le ridicule d’un père endeuillé habillé en amuseur à l’introspection de l’homme qu’il est, hanté par une angoisse existentielle. Pour autant, la série n’a rien d’un one-man-show : son créateur, Dave Holstein (I’m Dying Up Here, Raising Hope, Weeds), a entouré Mr. Pickles de personnages qui, eux aussi, à leur manière, cherchent à survivre. Impossible de deviner vers quel horizon ils cheminent, mais il semble bien qu’ils vont être contraints, comme Jeff, de trouver les mots pour cerner ce dont leur mal-être est fait. Martine Delahaye
Kidding, série créée par Dave Holstein. Avec Jim Carrey, Frank Langella, Judy Greer, Catherine Keener (E.-U., 2018, 10 x 30 min). Disponible depuis le lundi 10 septembre sur MyCanal. Diffusion d’un épisode par semaine sur Canal+Séries, le mardi à 22 h40, à partir du 11 septembre.
« Insoupçonnable », une série d’un genre nouveau pour TF1

On avait sans doute trop apprécié les qualités de The Fall, série créée par le Britannique Allan Cubitt en 2013 (trois saisons, disponibles sur Netflix), pour ne pas détecter, dès les premières scènes d’Insoupçonnable, ce qui distingue si souvent l’écriture, le jeu et la mise en scène de séries britanniques de leurs homologues françaises. Comparez par vous-mêmes, The Fall d’un côté, Insoupçonnable (sur TF1) de l’autre : dès la première apparition de Gillian Anderson d’une part – en pyjama défraîchi, dans une chambre qui ne ressemble pas à celle d’un magazine –, d’Emmanuelle Seigner de l’autre – qui, en peignoir de satin, se met du rouge à lèvres avant même de s’habiller –, le ton est donné.
On ne peut pas dire que l’adaptation de Virginie Brac, qui compte parmi les meilleures scénaristes de télévision (Engrenages, Les Beaux Mecs, Paris, Cannabis) se soit beaucoup éloignée de la série originale. Ni qu’Insoupçonnable soit à l’image de nombre des séries françaises déplorables que diffuse TF1. Mais une somme de détails, outre le jeu d’Emmanuelle Seigner, ne nous ont pas incités à suivre cette série jusqu’à son terme.
Il s’agit ici d’un type d’intrigue à la Columbo – où l’on découvre comment le criminel va être démasqué, et non qui il est. Insoupçonnable met en scène une criminologue, le commandant Chloé Fisher, et un psychologue, Paul Brodsky (Melvil Poupaud), père de famille aimant et serial killer accompli. Le tout se déroulant non plus à Belfast mais à Lyon, où le commandant Fisher est dépêchée depuis Paris après le meurtre d’Alice Moreau, belle-fille du puissant député local Damien Moreau (Patrick Chesnais). M. De.
Insoupçonnable, série adaptée par Virginie Brac à partir de The Fall, d’Allan Cubitt. Avec Emmanuelle Seigner, Melvil Poupaud (Fr., 2018, 10 x 50 min). Le jeudi à partir du 13 septembre sur TF1 à 21 h 00 (2 épisodes par soirée).
« The Deuce », cinq ans après

Cinq ans ont passé sur la « Deuce », ou « Forty Deuce », cette 42e Rue qui, au tournant des années 1970, était l’épicentre du stupre new-yorkais – prostitution, pornographie, drogue – dans le cadre, décati au possible, excitant mais dangereux, de la ville à l’époque. Entre-temps, la pornographie s’est considérablement développée et l’on retrouve Eileen (Maggie Gyllenhaal), passée du trottoir à la réalisation, qui tente de porter un regard nouveau sur ce genre devenu public. Désormais, ce ne sont plus tant les prostituées qui tournent que des actrices décidées à trouver non un souteneur, mais un agent. Dans les quatre premiers épisodes de la saison 2 de The Deuce que nous avons pu visionner, on retrouve l’extraordinaire évocation du quartier dont les trottoirs jonchés de détritus, les vitrines de sex-shops, les marquises illuminées de salles de cinéma, les dîners enfumés aux sièges de moleskine poisseuse ont l’air d’être restitués dans un jus seventies plus vrai que nature. La formidable distribution est dominée par Maggie Gyllenhaal, sexy et lasse, et James Franco, qui interprète les rôles de frères jumeaux sans en faire un « numéro d’acteur ». Renaud Machart
The Deuce, saison 2, série créée par David Simon et George Pelecanos. Avec Maggie Gyllenhaal, James Franco, Margarita Levieva, Emily Meade, Gary Carr, Lawrence Gilliard, Jr., Gbenga Akinnagbe, Michael Rispoli (US., 2018, 9 x 60 min.). OCS GO à la demande.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-10"> ¤ Le cinéaste Emmanuel Mouret adapte avec bonheur un épisode du roman « Jacques le Fataliste », de Diderot.
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« Mademoiselle de Joncquières » : les jeux de l’amour et de la guerre

Le cinéaste Emmanuel Mouret adapte avec bonheur un épisode du roman « Jacques le Fataliste », de Diderot.



LE MONDE
 |    11.09.2018 à 06h43
 • Mis à jour le
11.09.2018 à 07h47
    |

                            Mathieu Macheret








                        



                                


                            

L’avis du « Monde » – à ne pas manquer
Le premier film en costumes d’Emmanuel Mouret (Caprice, 2015), drolatique pastelliste des choses de l’amour (L’Art d’aimer fut le titre ovidien d’un de ses films), est l’adaptation d’un épisode bien précis du roman philosophique Jacques le Fataliste, de Diderot, connu des cinéphiles pour avoir déjà prêté son argument aux Dames du bois de Boulogne (1945), de Robert Bresson, sombre et magnétique chef-d’œuvre du cinéma français de l’Occupation. Les deux films racontent, peu ou prou, la même histoire : la vengeance d’une femme bafouée qui ourdit contre son amant volage une machination implacable, vouée à l’humilier publiquement. Pourtant, la version de Mouret se défait significativement de cette parenté intimidante, pour se montrer fidèle à Diderot, investir corps et âme un XVIIIe siècle où les délibérations amoureuses empruntent les subtils cheminements de la philosophie morale.

Madame de La Pommeraye (Cécile de France), jeune veuve vivant recluse dans ses terres, héberge depuis des mois le Marquis des Arcis (Edouard Baer), un libertin patenté qui la poursuit de ses assiduités, tout en lui tenant le registre de ses innombrables conquêtes. Se drapant d’abord dans une posture amicale, la jeune femme se laisse néanmoins séduire et convole bientôt aux bras de l’impétrant. Mais au bout de quelque temps, elle remarque chez lui un certain désintérêt. Elle prêche alors le faux pour savoir le vrai et, ce faisant, donne à son amant une opportunité rêvée de retrouver sa liberté. Outragée, la malheureuse imagine alors un piège afin de corriger le coureur de son inconstance. Elle extrait de la misère et de la prostitution une aristocrate déchue et sa fille, Madame et Mademoiselle de Joncquières (Natalia Dontcheva et Alice Isaaz), leur inventant une fiction de piété et d’impécuniosité, pour mieux jeter cette dernière, dotée d’un visage d’ange, dans les pattes concupiscentes...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-11"> ¤ Fermé depuis 1999, le théâtre parisien a été racheté et restauré par les époux Biessy, qui souhaitent mêler cirque, danse, théâtre, musique et art contemporain. Il rouvre ses portes mardi.
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Mélanie et Frédéric Biessy, les amoureux de La Scala Paris


                      Fermé depuis 1999, le théâtre parisien a été racheté et restauré par les époux Biessy, qui souhaitent mêler cirque, danse, théâtre, musique et art contemporain. Il rouvre ses portes mardi.



LE MONDE
 |    11.09.2018 à 06h43
 • Mis à jour le
11.09.2018 à 07h40
    |

                            Maroussia Dubreuil








   


Le 11 septembre 2018, les époux Biessy rouvriront le théâtre La Scala, fermé depuis 1999, au 13, boulevard de Strasbourg, dans le dixième arrondissement de Paris. Dix-sept ans, jour pour jour, après leur premier dîner en tête à tête. « Les tours du World Trade Center venaient de tomber, mais ma seule obsession était de convaincre Mélanie, rencontrée deux jours plus tôt à la feria d’Arles, d’accepter de dîner avec moi », avoue Frédéric. Dans la salle vide du très chic restaurant parisien La Closerie des Lilas, sous le regard indifférent des serveurs, les deux trentenaires se lient, malgré des milieux d’origine très éloignés. Alsacienne de naissance, Mélanie est « montée » quelques années plus tôt à Paris, où elle travaille à la direction fiscale de France Télécom.
Pour la charmer, le jeune producteur indépendant de spectacles joue la carte du garçon « bohème » : il passe en revue son renvoi du prestigieux lycée Stanislas à Paris, ses dimanches estudiantins au micro d’une radio libre, ses premiers pas de comédien « à bord d’un Combi avec décor sur le toit », et son rachat d’une production de théâtre, endettée auprès de l’Urssaf, au tourneur Henri Dreyfus (le père d’Anouk Aimée). Sur le chemin du retour, Mélanie feint de glisser sur ses talons aiguilles et l’embrasse.
Un achat de 4,5 millions d’euros
Quinze ans plus tard, Mme Biessy enfile des bottes en caoutchouc, sur les conseils de son époux qui veut lui faire visiter un ancien théâtre. Une ruine tapissée de cinquante centimètres de fientes de pigeons. « J’ai tout de suite ressenti l’histoire de La Scala », frémit-elle. Des moulures datent de 1874, l’année de la création du music-hall, un carrelage bleu rappelle le cinéma parlant des années 1930, et la moquette du sous-sol a survécu aux ébats des « cagibis » du multiplexe pornographique des années 1970.

        Lire aussi :
         

                Le théâtre privé à l’assaut du public



Frédéric Biessy envisage d’y monter les spectacles qu’il produit avec sa société Les Petites Heures. Depuis ses débuts, en 1986, le producteur indépendant travaille essentiellement avec le théâtre public. « Même si j’ai été élevé à l’émission télévisée “Au théâtre ce soir”, qui diffusait des pièces jouées dans les théâtres privés, les artistes programmés dans le public m’ont ensuite davantage nourri, explique-t-il. Je suis le seul producteur indépendant à continuer de fonctionner de cette manière. Car produire des pièces pour le privé revient généralement moins cher. »
Les metteurs en scène habitués des théâtres publics, Luc Bondy (ancien directeur du Théâtre de l’Odéon, décédé en 2015), Eric Lacascade (ancien responsable pédagogique de l’école du Théâtre national de Bretagne) ou encore Julie Brochen (ancienne directrice du Théâtre national de Strasbourg) ont ainsi fait partie de l’écurie des Petites Heures. Mais Frédéric Biessy éprouve le besoin de gagner en autonomie.
« Ils se sont tous emparés des lieux. On pourrait faire cinquante programmations en puisant dans leurs idées ! »  Frédéric Biessy
Le couple décide donc de faire une offre. Associée-gérante depuis 2007 d’un des plus gros fonds d’investissement européens, Antin Infrastructures Partners, Mélanie Biessy, initiée aux arts scéniques par son mari, investit ses fonds propres : 4,5 millions d’euros à l’achat et 6 millions d’euros d’emprunt pour couvrir une partie des travaux. Une somme importante – inhabituelle dans le monde du théâtre privé – qui permettra à son époux de réaliser son rêve. Et suscitera des convoitises dans le milieu. « Depuis combien de temps, avec Eric Lacascade entre autres, avons-nous rêvé d’investir un lieu qui nous appartienne ? », souffle Stanislas Nordey, directeur du Théâtre national de Strasbourg, à l’oreille de son ami Frédéric. « Mais j’ai posé une condition, glisse Mélanie Biessy. Préserver notre couple ! »
Reconnaissant, Frédéric sanctuarise ses week-ends et profite de la semaine pour convier 200 artistes à visiter la nouvelle acquisition du couple. Parmi eux, des habitués des Petites Heures mais aussi des artistes contactés uniquement pour l’occasion, comme les pianistes Marielle et Katia Labèque.
Faire renaître le désir
« Ils se sont tous emparés des lieux, observe Frédéric Biessy. On pourrait faire cinquante programmations en puisant dans leurs idées ! » Lors de sa visite, l’acrobate-danseur Yoann Bourgeois (collaborateur régulier des Petites Heures) sent que La Scala, dotée de l’amplitude d’une cathédrale et de l’intimité du café-concert, « décidera de tout », donnant le ton aux spectacles joués entre ses murs. Sa création La Scala – tout simplement – inaugurera les lieux. Le metteur en scène Thomas Jolly propose de reprendre son tout premier spectacle, Arlequin poli par l’amour, de Marivaux. Le pianiste Bertrand Chamayou prévoit d’y jouer les pièces pour piano de John Cage, boudées par les philharmonies. « A quelques jours de l’ouverture, La Scala a déjà dépassé notre projet de couple, elle ne nous appartient déjà plus », se réjouit Mélanie, qui a fait creuser des salles de répétition à huit mètres de profondeur, sous le théâtre, à la demande des artistes.

        Lire aussi :
         

                La Scala, saga d’une salle aux mille visages



Aujourd’hui, le couple travaille à bâtir un nouveau modèle de production théâtrale, inspiré du travail des Petites Heures. « Mettre à la disposition des artistes des moyens à la hauteur du théâtre public dans une salle privée. En cherchant des financements à l’étranger, par exemple », résume Frédéric Biessy. Côté programmation, ils ont engagé l’ancien administrateur du Théâtre de l’Odéon, Pierre-Yves Lenoir, pour les aider à faire de La Scala une « chambre de combustion », qui mêlera cirque, danse, théâtre, musique et art contemporain :
« J’ai toujours été fasciné par les salons littéraires, confie Frédéric Biessy. George Sand voyageait cinq jours en fiacre pour retrouver Flaubert et Chopin à Nohant. Ça s’enfermait, ça baisouillait, ça réfléchissait et, trois mois après, il en sortait les plus grandes œuvres. » Et si La Scala faisait renaître le désir ? Plus d’un siècle après avoir vu passer la revue Paris fin de sexe.



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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-12"> ¤ Le chanteur prometteur, révélé par un clip sur Donald Trump, était aussi connu pour son addiction à la codéine. Il a été retrouvé inanimé chez lui à Los Angeles.
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Mac Miller, un rappeur talentueux fauché par ses démons

Le chanteur prometteur, révélé par un clip sur Donald Trump, était aussi connu pour son addiction à la codéine. Il a été retrouvé inanimé chez lui à Los Angeles.



LE MONDE
 |    10.09.2018 à 20h48
 • Mis à jour le
11.09.2018 à 09h08
    |

                            Stéphanie Binet








                        



                                


                            

Vendredi 7 septembre, le rappeur Mac Miller devait tourner un clip vidéo pour un des raps extraits de son cinquième album publié un mois plutôt, Swimming. Affolé parce qu’il n’arrivait pas à le joindre au téléphone, un de ses amis l’a découvert inanimé, en début d’après-midi, chez lui à Los Angeles, et a appelé les secours en déclarant l’avoir trouvé « en arrêt cardiaque ». Les ambulanciers n’ont pu que constater sa mort à leur arrivée. Les réseaux sociaux se sont empressés de le déclarer « mort d’une overdose », mais un communiqué de sa famille n’a donné aucun détail sur les raisons de ce décès brutal. Les résultats de l’autopsie seront publiés ultérieurement.

« Le petit Blanc qui sait rapper »
Mac Miller, de son vrai nom Malcolm James McCormick, avait 26 ans et était en train de faire évoluer son rap de petit teigneux, chargé de références à ses différentes addictions, vers un hip-hop plus mélodique, presque jazz, qui correspondait plus à sa personnalité, douce et avenante. Cet artiste, qui rappait les classiques de la culture hip-hop depuis qu’il avait 6 ans, avait fait ses premières armes à 15 ans dans les freestyles de Pittsburgh (Pennsylvanie), où il fréquentait un autre prodige de sa ville, Wiz Khalifa.
Fils d’un couple multiconfessionnel – père architecte d’origine écossaise, mère photographe –, il fréquente une école catholique et participe à toutes les fêtes juives célébrées dans sa famille maternelle. Après s’être fait remarquer dans les battles rap comme étant « le petit Blanc qui sait rapper », Mac Miller se consacre à cet art, et abandonne ses leçons de piano pour se vouer à la musique assistée par ordinateur.
Il signe très vite avec le label indépendant de Pittsburgh Rostrum Records et accède à la notoriété avec sa première vidéo en 2011, intitulée Donald Trump, ode à la réussite du businessman, vue près de 150 millions de fois à ce jour. Cinq ans plus tard, le...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-13"> ¤ Un incendie a réduit en cendres un patrimoine considérable au Musée national de Rio. Malchance ou défaut de maintenance, d’autres institutions ont été par le passé la proie des flammes.
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Tous ces musées ravagés par les flammes


                      Un incendie a réduit en cendres un patrimoine considérable au Musée national de Rio. Malchance ou défaut de maintenance, d’autres institutions ont été par le passé la proie des flammes.



LE MONDE
 |    10.09.2018 à 15h01
 • Mis à jour le
10.09.2018 à 15h04
    |

                            Roxana Azimi







Un incendie a réduit en cendres un patrimoine considérable au Musée national de Rio. Malchance ou défaut de maintenance, d’autres institutions ont été par le passé la proie des flammes. Au Brésil, en Indonésie, en Inde et en France le patrimoine culturel a payé un lourd tribut.
2 septembre 2018 : le Musée de Rio ne répond plus

   


C’est une catastrophe absolue : le Musée national de Rio, le plus grand d’histoire naturelle d’Amérique latine, a été ravagé par les flammes. En cause le piteux état de maintenance de cet édifice vieux de deux cents ans, plombé par des coupes budgétaires. La majeure partie de sa riche collection, qui remontait jusqu’aux temps préhistoriques, est partie en fumée.

        Lire aussi :
         

                Incendie du Musée de Rio : « Le fruit d’une négligence absolue »



16 janvier 2018 : la mer prend feu à Jakarta

   


Début 2018, les flammes détruisent 60 % du Musée de la marine à Jakarta, situé dans un entrepôt datant du XVIIe siècle. Si les visiteurs et le personnel de l’établissement a eu le temps de prendre la fuite, la collection, qui comprenait notamment des bateaux en bois et des cadeaux diplomatiques offerts par les Etats-Unis et l’Australie, a été sévèrement endommagée.
26 avril 2016 : extinction du dinosaure à New Delhi

   


Provoqué par une installation électrique défectueuse, un incendie se propage dans les six étages du Museum d’histoire naturelle à New Delhi, en Inde. La plupart des collections, installées à l’ouverture du bâtiment, en 1972, sont perdues, notamment les restes fossilisés d’un dinosaure vieux de 160 millions d’années. Un des plus grands animaux à avoir jamais marché sur Terre.
2 janvier 2003 : le château de Lunéville hanté par les flammes

   


La demeure des ducs de Lorraine semble maudite : pas moins de treize incendies l’ont frappée depuis 1719. Le dernier en date s’est produit en 2003, à la suite d’un court-circuit dans la chapelle. Les pertes sont inestimables : la bibliothèque militaire, l’apothicairerie et les anciens appartements sont détruits. Le chantier de reconstruction coûtera 100 millions d’euros.
Lire aussi : Consternation devant le château de Lunéville dévasté
22 juillet 1997 : miracle au Palais de Chaillot

   


A l’époque, Guy Cogeval, directeur du Musée des monuments français, donne l’alarme : un incendie d’origine accidentelle embrase la toiture de l’aile Est du Palais de Chaillot, qui abritait alors son établissement, ainsi que la Cinémathèque. Si l’édifice fut endommagé, les collections de moulages en plâtre et le fonds d’affiches de film furent relativement épargnés.



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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-14"> ¤ 63 pièces de la collection Al-Thani sur la fonction royale à travers l’histoire sont présentées jusqu’au 8 octobre.
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Exposition : le Qatar règne au château de Fontainebleau

63 pièces de la collection Al-Thani sur la fonction royale à travers l’histoire sont présentées jusqu’au 8 octobre.



LE MONDE
 |    10.09.2018 à 13h07
 • Mis à jour le
11.09.2018 à 17h50
    |

            Jean-Jacques Larrochelle








                        



                                


                            

C’est une véritable offensive de charme. A peine plus d’un an après l’exposition « Des grands Moghols aux Maharajahs » au Grand Palais, à Paris, la collection Al-Thani, propriété de la famille régnante au Qatar, refait parler d’elle. Alors qu’une convention avec le Centre des monuments nationaux, en cours de signature, devrait lui permettre, pendant vingt ans, de disposer d’un espace d’exposition au sein de l’hôtel de la Marine, place de la Concorde, la salle de bal du château de Fontainebleau (Seine-et-Marne) accueille 63 pièces du prestigieux ensemble pour illustrer « Rois du monde », une thématique bâtie autour de la fonction royale et de sa représentation à travers l’histoire.

Généralement, un travail de réflexion et de recherche sur les œuvres, compatibles avec une thématique choisie, précède la mise en forme concrète d’une exposition. Pour en parfaire la portée, le contenu et donc le sens, plusieurs sources, publiques ou privées, sont alors sollicitées, voire exploitées. « A Fontainebleau, la procédure n’a pas été habituelle, convient Vincent Droguet, commissaire de l’exposition. Il nous a fallu puiser dans une importante collection pour illustrer la destinée de la fonction royale à travers les âges, des antiquités sumériennes au XXe siècle. »
La sélection est surtout riche en pièces venues d’Orient. C’est sa limite. De grands vides historiques et géographiques se font sentir. Notamment les représentations picturales européennes au service de la fonction royale, sans parler des autres sociétés extra-orientales, des peuples de l’Afrique subsaharienne aux civilisations précolombiennes. La réduction de ce champ n’atténue pas pour autant la qualité de certaines œuvres présentées, telle cette petite tête de pharaon en jaspe rouge ou ce très rare statère en or de Ptolémée Ier Sôter au profil d’Alexandre le Grand, premier souverain de l’Antiquité à être représenté sur une monnaie.

« Une...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-15"> ¤ Le nouveau directeur général d’Albin Michel a pris ses fonctions le 3  septembre, après dix-sept années passées chez Flammarion. Il devrait succéder à Francis Esménard au poste de PDG le 1er  janvier  2019.
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Gilles Haéri, une belle mécanique au service du livre

Le nouveau directeur général d’Albin Michel a pris ses fonctions le 3  septembre, après dix-sept années passées chez Flammarion. Il devrait succéder à Francis Esménard au poste de PDG le 1er  janvier  2019.



LE MONDE
 |    10.09.2018 à 11h23
 • Mis à jour le
10.09.2018 à 22h17
    |

            Nicole Vulser








                        



                                


                            

Pour répondre à la question : « Quels sont vos projets en arrivant cette semaine à la direction générale d’Albin Michel après dix-sept ans passés à la tête de Flammarion ? », Gilles Haéri pioche sans hésiter dans le discours d’Albert Camus, lors de sa réception du prix Nobel à Stockholm en 1957. « Chaque génération, sans doute, se croit vouée à refaire le monde. La mienne sait pourtant qu’elle ne le refera pas. Mais sa tâche est peut-être plus grande. Elle consiste à empêcher que le monde se défasse », cite-t-il. Une résignation ? Une ambition quelque peu rabotée pour éviter à tout jamais d’être pris en défaut ?
Non, il en va certainement d’un pragmatisme inhérent à son caractère. A 46 ans, Gilles Haéri, le PDG de Flammarion arrive en deux temps, sur un tempo qui ressemble à une période d’essai : d’abord directeur général d’Albin Michel, depuis le 3 septembre, pendant quatre mois, il ne succédera officiellement à Francis Esménard, comme PDG de la maison des best-sellers que le 1er janvier 2019. Ce dernier, qui viendra de fêter ses 82 ans, restera à la tête de la société Huyghens de Participation, le holding familial.
Maintes fois évoqué, le passage de témoin de ce patriarche, petit-fils du fondateur, est officialisé, un an après l’évocation de cette hypothèse. L’impétrant vient d’être chaleureusement présenté aux équipes de la maison, qui comme Flammarion (groupe Madrigall) tient farouchement à son indépendance. Numéro sept dans le classement de Livres hebdo, le groupe Albin Michel (en comptant l’édition, le scolaire, la distribution et les librairies) a affiché 192 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2017. A lui seul, fort de 76,5 millions de revenus pour 9,3 millions de bénéfices nets, le pôle édition dégage une enviable rentabilité (plus de 12 %), selon les chiffres déposés au greffe.
Fruit d’infinies contradictions
« Albin » aligne en effet des succès en librairies grâce aux romans d’Amélie...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-16"> ¤ Si Véronique de Viguerie a remporté le Visa d’or news à Perpignan, le photojournalisme demeure un métier très masculin.
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Festival : à Visa pour l’image, les femmes dans l’objectif

Si Véronique de Viguerie a remporté le Visa d’or news à Perpignan, le photojournalisme demeure un métier très masculin.



LE MONDE
 |    10.09.2018 à 10h42
 • Mis à jour le
11.09.2018 à 07h59
    |

            Claire Guillot








                        



                                


                            

Sur les vingt et une expositions individuelles présentées au festival de photojournalisme Visa pour l’image, à Perpignan, cette année, cinq seulement sont signées par des femmes. Pourquoi si peu ? Le directeur, Jean-François Leroy, fait des bonds à l’idée qu’on puisse l’accuser de sexisme : « Cela correspond à la proportion des propositions qu’on reçoit. Sur les trois dernières années, 22 % étaient dues à des femmes. » Il se refuse à tout quota, jugeant « uniquement sur le boulot » et souligne qu’il a exposé depuis longtemps des figures féminines de la profession, de Catherine Leroy à Christine Spengler. Pour la première fois depuis vingt ans, c’est par ailleurs une femme, Véronique de Viguerie, qui a remporté, samedi 8 septembre, le Visa d’or news, récompense ultime du festival. « Il y a toujours eu des femmes photojournalistes, assureJean-François Leroy. Ce n’était pas des exceptions : il y en avait, mais on en parlait moins. »

De fait, comme tous les milieux touchés par la lame de fond du mouvement #metoo et des nouvelles revendications féministes, le photojournalisme fait son autocritique, en se penchant sur la faible présence de femmes dans ses rangs et sur les comportements sexistes dans ce secteur professionnel. En janvier, un éditeur photo a été remercié par le magazine américain National Geographic après une série d’accusations. En juillet, un article, paru dans la Columbia Journalism Review, aux Etats-Unis, a donné la parole à plusieurs femmes photographes mettant en cause le comportement harceleur de collègues masculins. Le directeur de Visa reconnaît que le photojournalisme est traditionnellement « un métier de machos où les mecs se prennent pour des dieux sur terre ». Il affirme avoir « déjà foutu à la porte un mec de l’équipe » et qu’il a, « bien avant #metoo », mis en garde les stagiaires et apprenties photographes « contre les gros dégueus...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-17"> ¤ Dans un pays touché par la crise économique, la manifestation artistique prend des accents très politiques.
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Art Basel Cities fait tanguer Buenos Aires

Dans un pays touché par la crise économique, la manifestation artistique prend des accents très politiques.



LE MONDE
 |    10.09.2018 à 10h27
 • Mis à jour le
10.09.2018 à 13h50
    |

            Emmanuelle Jardonnet (Buenos Aires (Argentine), envoyée spéciale)








                        



                                


                            

Buenos Aires et Art Basel auraient-ils choisi la pire semaine de l’année pour braquer les projecteurs sur leur partenariat ? Le 3 septembre, Mauricio Macri, le président argentin, annonçait un drastique plan d’austérité pour tenter d’enrayer la chute du peso… à quelques jours du lancement par la capitale argentine et l’institution bâloise de la toute première exposition estampillée « Art Basel Cities » (du 6 au 12 septembre). Soit un événement international, associé à une vingtaine de structures culturelles locales, et synchronisé avec le premier Gallery Week-End de la ville, afin d’encourager les collectionneurs étrangers à venir découvrir la scène locale.
Dans ce contexte de coupes budgétaires nationales, la somme payée par la ville à Art Basel pour l’opération (2 millions de dollars selon le journal argentin Clarin), a suscité des critiques. Le maire de la ville, Horacio Rodriguez Larreta, justifie la dépense par un besoin de visibilité internationale :
« Nous sommes très fiers de notre partenariat avec Art Basel. Buenos Aires est une ville de culture, et connecter nos artistes avec le monde est une des clés pour promouvoir notre richesse culturelle, qui génère du tourisme et des emplois. » 
Le ministre de la culture de Buenos Aires, Enrique Avogadro, assure lui qu’« il n’est pas envisagé de baisser le budget culture de la ville » qui, au-delà de cette immersion artistique, va accueillir pour la première fois les Jeux olympiques de la jeunesse, puis le G20 dans les semaines qui viennent.
Clin d’œil à Cortazar
Du côté de l’exposition, avec la star de l’art contemporain Maurizio Cattelan en tête d’affiche, on pouvait craindre une irruption dans le paysage urbain d’œuvres en décalage criant avec la nouvelle donne économique du pays. Point de débauche de richesse malvenue : la commissaire, l’Italienne Cecilia Alemani a, au contraire, utilisé sa « carte blanche » pour élaborer une exposition intimiste...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-18"> ¤ Piers Handling va quitter la direction de la manifestation après en avoir fait depuis 1994 une grande place du cinéma mondial.
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Toronto : entre Lady Gaga et Louis Garrel, la course d’un directeur de festival

Piers Handling va quitter la direction de la manifestation après en avoir fait depuis 1994 une grande place du cinéma mondial.



LE MONDE
 |    10.09.2018 à 10h20
 • Mis à jour le
10.09.2018 à 11h00
    |

                            Thomas Sotinel (Toronto (Canada), envoyé spécial)








                        



                                


                            

C’est une pièce où les artistes et leur entourage attendent qu’on appelle les premiers sur scène. Celle du Roy Thomson Hall, la plus grande salle du Festival de Toronto, accueille, dimanche 9 septembre, Dave Chappelle, Sam Elliott, Anthony Ramos, les seconds rôles du remake de A Star Is Born, dont on attend encore le réalisateur-scénariste-compositeur-interprète, Bradley Cooper, et l’étoile, Lady Gaga. Dans la cohue des entourages, des badauds bien introduits, Piers Handling attire autant de saluts et de mots affectueux que les acteurs du film qui va être projeté pour la première fois en Amérique.
Il convient de saluer Piers ­Handling parce qu’il est le directeur du festival. Et si on le fait avec un peu d’effusions, c’est parce que c’est l’une des dernières fois qu’il présentera un film aux spectateurs du Roy Thomson Hall, le lançant peut-être, comme c’est arrivé des dizaines de fois, sur la route des Oscars. Accompagner pendant quelques heures l’homme qui dirige le Toronto International Film Festival (TIFF) depuis 1994, c’est se faire une idée de la manière dont lui et ses équipes ont fait de Toronto l’une des grandes places cinématographiques de la planète.

Dans le centre-ville presque paralysé par le festival, il arrive en milieu d’après-midi dans un grand multiplexe qui abandonne, pendant dix jours, les super-héros pour d’autres cinémas. En bas des gradins de l’une des salles, Louis Garrel attend, avec Lily-Rose Depp et Laetitia Casta, que Piers Handling présente le deuxième film réalisé par l’acteur, L’Homme fidèle. C’est la première mondiale du film. L’équipe tente de se détendre en observant les victuailles – frites, nachos, pop-corn – que les spectateurs font entrer pour pouvoir tenir pendant les soixante-quinze minutes de la projection.
Hommage aux Mississaugas
Piers Handling arrive deux minutes avant le début de la séance et commence sa présentation par rendre hommage aux premières nations du Canada,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-19"> ¤ Le pianiste israélien de 35 ans, qui joue dans le cadre du festival Piano aux Jacobins, est une découverte en France.
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Ishay Shaer, un piano qui bouleverse et console

Le pianiste israélien de 35 ans, qui joue dans le cadre du festival Piano aux Jacobins, est une découverte en France.



LE MONDE
 |    10.09.2018 à 10h13
 • Mis à jour le
10.09.2018 à 10h53
    |

                            Marie-Aude Roux (Toulouse, envoyée spéciale)








                        



                                


                            

C’est presque l’histoire d’un piano lancée telle une bouteille à la mer. Il y a quelques mois, le disque Late Beethoven, d’Ishay Shaer, paru chez Orchid Classics, n’était qu’un album parmi tant d’autres empilés sur le bureau de Catherine d’Argoubet. Mais le coup de cœur est immédiat, qui décide la directrice du festival Piano aux Jacobins d’inviter le pianiste israélien dans le cloître toulousain qui célèbre, depuis 1979, les noces de l’automne et du piano.
Ce 7 septembre, les murs de brique resplendissent d’un rose flamboyant. Depuis le temps, ils ont sans doute les oreilles mélomanes. Ils ne seront pas déçus : le piano d’Ishay Shaer est une révélation de velours. L’Israélien de 35 ans n’appartient à aucune des catégories habituelles qui graduent l’échelle pianistique entre anciens maîtres et étoiles montantes. Ce n’est ni un pianiste prodige ni un artiste en devenir, mais un interprète à part entière, qui invite l’auditeur dans son monde intime avec un grand naturel.

Dès les premières notes de la Sonate n° 28 en la majeur op. 101 de Beethoven, on goûte le bonheur d’un toucher irradiant rondeur et plénitude, doté d’une impressionnante homogénéité dans tous les registres. Un piano naturellement solaire et bienfaisant, comme lové dans le giron bienheureux de la musique. Aucune rupture assénée, nulle accentuation démonstrative, seules, ou presque, des variations d’intensité et de couleurs pour indiquer le changement de cap, la bifurcation ou le sous-entendu. Ce Beethoven s’est dépouillé de toute inutile volonté de destin, la musique est portée par elle seule, jouée hors du temps.
Comme une évidence
Ishay Shaer, silhouette très mince de très jeune homme, joue sans bouger, le buste tel un fil à l’aplomb du clavier. Seul le visage, et particulièrement la bouche, quoique muette, semblent s’ouvrir subrepticement sur des joies ou des abîmes venus de l’intérieur. Ce piano qui accepte la musique comme une évidence, et ne...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-20"> ¤ Le film primé du Mexicain Alfonso Cuaron, « Roma », sera diffusé sur la plate-forme américaine de streaming.
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Netflix s’offre son premier Lion d’or à la Mostra de Venise

Le film primé du Mexicain Alfonso Cuaron, « Roma », sera diffusé sur la plate-forme américaine de streaming.



LE MONDE
 |    10.09.2018 à 10h03
 • Mis à jour le
10.09.2018 à 10h17
    |

            Véronique Cauhapé (Venise (Italie), envoyée spéciale)








                        



                                


                            

Et vogue le navire. Après dix jours de festival durant lesquels ont été projetés une centaine de films dont vingt et un en compétition officielle, la 75e édition de la Mostra de Venise s’est achevée samedi 8 septembre au soir. En même temps que s’est interrompu le ballet des bateaux transportant jour et nuit stars et gens du cinéma, organisateurs, journalistes et spectateurs, le Lido a retrouvé son calme de station balnéaire. Non sans avoir divulgué un nouveau palmarès, lors d’une cérémonie de clôture qui a attribué son Lion d’or à Roma, le très beau film d’Alfonso Cuaron.

Favori des critiques italiens et internationaux, mais aussi du public, ce long-métrage en noir et blanc dans lequel le réalisateur mexicain de Gravity (2013) restitue une partie de ses souvenirs d’enfance, a d’emblée creusé l’écart dans la course aux récompenses, rendant son couronnement assez prévisible.
Qu’une telle reconnaissance aille à un film distribué par Netflix représente en revanche une date. Jamais en effet la plate-forme américaine de streaming n’avait encore obtenu la plus haute récompense dans l’un des trois festivals majeurs de cinéma (Cannes, Venise et Berlin). A ce titre, rappelons que Roma avait, au printemps, été privé de Cannes, Netflix ayant décidé de boycotter le festival français, où les organisateurs imposaient aux films sélectionnés d’avoir une sortie en salle et de respecter un délai de trois ans entre la sortie publique et la diffusion sur une plate-forme de vidéo par abonnement. Une règle nouvelle, le film Okja, du cinéaste sud-coréen Bong Joon-ho ayant été sélectionné l’année précédente en compétition officielle sur la Croisette.
Une seule réalisatrice
Il est donc permis de penser que ce Lion d’or a valeur de revanche pour Netflix, dont le catalogue s’est enrichi à Venise d’un autre prix : celui du scénario, accordé au western des frères Coen, The Ballad of Buster Scruggs, un...




                        

                        

