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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-1"> ¤ Des pesticides naturels à base de micro-algues permettraient de lutter contre le mildiou, la bête noire des viticulteurs.
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Des micro-algues pour soigner les vignes

Des pesticides naturels à base de micro-algues permettraient de lutter contre le mildiou, la bête noire des viticulteurs.



LE MONDE
 |    11.09.2018 à 15h39
 • Mis à jour le
11.09.2018 à 15h47
    |

                            Julia Zimmerlich








                        



   


Sous l’œil, au microscope, c’est un bal de cellules dorées. Ces micro-algues, pas plus grandes que 10 microns, pourraient bientôt venir en aide aux viticulteurs pour lutter contre le mildiou, le botrytis et autres champignons.
Depuis trois ans, une équipe de recherche de la start-up Immunrise Biocontrol travaille sur le développement d’un bio-pesticide capable de repousser les maladies de la vigne et de stimuler les défenses de la plante. Comme eux, de nombreuses équipes de recherche dans le monde travaillent à l’élaboration de solutions d’origine naturelle pour remplacer les produits phytosanitaires. Des produits dits de « biocontrôle » homologués existent déjà, mais la plupart utilisent comme co-formulant du cuivre, qui n’est pas dégradable et se concentre dans les sols. Et surtout, aucun n’est capable aujourd’hui de rivaliser d’efficacité avec les produits chimiques. Le bio-pesticide idéal n’a pas encore été inventé. Mais de nombreux scientifiques travaillent dans cette direction.
« Il leur a fallu quinze ans de recherche, mais ils ont trouvé une solution naturelle »
Les viticulteurs ont déjà relevé le défi à la fin du XIXe siècle pour faire face à l’invasion de phylloxera, qui détruit alors tout le vignoble français. A l’époque, quelques vignes américaines résistent à la petite araignée : des chercheurs ont alors l’idée de faire des porte-greffe (assembler un pied de vigne américaine résistante avec le greffon d’un cépage local). « C’était déjà du biocontrôle, commente Laurent De Crasto, co-fondateur d’Immunrise Biocontrol. Il leur a fallu quinze ans de recherche, mais ils ont trouvé une solution naturelle. Aujourd’hui, nos sols sont gorgés de phylloxera et on ne traite pas pour autant. Nos vignes sont devenues résistantes. C’est important que les politiques et les acteurs économiques comprennent que le biocontrôle, ce n’est pas un rêve. C’est au contraire une solution très puissante. »

   


C’est son associé, Lionel Navarro, directeur de recherche à l’Institut de biologie de l’ENS, qui a l’intuition de chercher la perle rare parmi 200 souches de microalgues. Les micro-algues sont ensuite élevées à la lumière naturelle dans des petites piscines dans le laboratoire de Pessac, près de Bordeaux. « Ces algues ont la particularité de sédimenter, détaille Yann Thomas, ingénieur production. Tous les jours, je viens racler le fond de la piscine pour récupérer les micro-algues. Cela donne ensuite une pâte que l’on stabilise avec de l’éthanol. »
En laboratoire, la micro-algue a fait ses preuves pour bloquer le champignon. Reste à passer l’épreuve de la réalité du champ. Les premiers tests ont été réalisés en 2017 sur 1 000 m2 de vignes de Christophe Brandy, producteur de Cognac en Charente. Depuis dix ans, ce vigneron s’est attelé à réduire l’utilisation des pesticides, et affirme en consommer jusqu’à 50 % de moins que ses collègues charentais. Le vigneron s’est d’abord équipé d’une station météo, assortie d’un outil de modélisation des maladies qui lui permet de diminuer considérablement les doses de produits phytosanitaires en fonction des conditions observées. La première année l’utilisation de la solution à base de micro-algues d’Immunrise s’est avérée encourageante. « J’ai pu observer les mêmes effets que sur mes rangs traités avec des molécules de synthèse », affirme-t-il.
Une année difficile avec grêle et pluie
En 2018, des tests sont menés dans une dizaine de châteaux du Bordelais et de Charente. Mais l’année a été particulièrement difficile, remarque Laurent de Crasto : « Un épisode de grêle a éliminé plusieurs châteaux du test. Et les épisodes de pluie étaient si fréquents que les viticulteurs, qu’ils soient en conventionnel ou en bio, ont eu du mal à suivre le rythme des traitements. » Dans le Bordelais, les exploitations accusent une perte de 20 % de la récolte, directement liée au mildiou. « Mêmes les vignes traitées avec les produits phytosanitaires n’ont pas résisté. » Pour Immurise, les résultats de l’année 2018 ne sont pas encore définitifs, mais ils montrent que des ajustements sont encore nécessaires.
Dans tous les cas, Immurise peut compter sur des viticulteurs enthousiastes à l’idée de trouver des traitements plus naturels. « Les viticulteurs étaient le maillon manquant pour accélérer la recherche de produits de biocontrôle, juge le viticulteur Christophe Brandy. Nous sommes de plus en plus nombreux à vouloir mener des tests. Nous n’avons rien à perdre et nous pouvons dire tout de suite si ca marche ou pas. »
Reste à confirmer les bons résultats de la première année, et surtout de trouver les fonds nécessaires pour tenir dans la durée. Aujourd’hui, les start-up œuvrant dans le domaine des bio-pesticides sont soumises aux mêmes processus d’homologation que les produits phytosanitaires – les délais atteignent jusqu’à six ans. Un frein indéniable à l’émergence de ces solutions plus respectueuses de l’environnement.
Les bio-pesticides et l’utilisation des ressources des océans seront l’une des grandes thématiques abordées lors du Festival de l’innovation Novaq.
Les 13 et 14 septembre, la région Nouvelle-Aquitaine, en partenariat avec « Le Monde », organise deux jours de débats, conférences, pitchs et ateliers au H14, à Bordeaux.
Scientifiques, experts, entrepreneurs échangeront autour de trois grands thèmes : le cerveau, l’espace et l’océan. Fil rouge de cette édition : l’innovation au service de l’humain.
Programme et inscriptions ici



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-2"> ¤ Dans une tribune au « Monde », l’ancien ministre défend, pour les apiculteurs, un modèle agricole plus rémunérateur et respectueux de l’environnement, alternatif à l’industrialisation agrochimique d’un produit devenu un enjeu du commerce mondialisé.
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Arnaud Montebourg : « Exiger du miel made in France »

Dans une tribune au « Monde », l’ancien ministre défend, pour les apiculteurs, un modèle agricole plus rémunérateur et respectueux de l’environnement, alternatif à l’industrialisation agrochimique d’un produit devenu un enjeu du commerce mondialisé.



LE MONDE
 |    11.09.2018 à 14h00
    |

Arnaud Montebourg (Ancien ministre, cofondateur du label Bleu Blanc Ruche)







                        



                                


                            
Tribune. Le miel n’est plus seulement ce nectar fabuleux façonné par les enzymes des abeilles, qui fait tant rêver les hommes depuis des siècles. Il est une matière première agricole qui s’échange sur les marchés mondialisés et dont le contrôle est devenu un enjeu de souveraineté alimentaire. Pourquoi ? Parce que les abeilles productrices de miel sont les premiers agents pollinisateurs de l’agriculture ; elles assurent, avec les autres insectes, la reproduction de 75 % des plantes cultivées dans le monde par l’homme : 35 % des ressources alimentaires dépendent donc directement des insectes, et pour la plus large part des abeilles.
la dévalorisation du miel sur les marchés mondialisés porte atteinte au revenu et à la vitalité des apiculteurs
La chute des colonies d’abeilles entraînerait celle de la production agricole et la perte progressive de notre capacité alimentaire. L’Europe est sur cette pente dangereuse, car, selon une étude approfondie de l’université de Reading (Royaume-Uni), à laquelle a notamment participé l’Institut national de la recherche agronomique, il manquerait l’équivalent de treize millions de colonies en Europe (« Agricultural Policies Exacerbate Honeybee Pollination Service Supply-Demand Mismatches Across Europe », Tom D. Breeze et alii, PloS One, 8 janvier 2014).
Cette mortalité est liée à l’apparition de nouveaux fléaux sanitaires (maladies, parasites, prédateurs), à la présence de polluants toxiques dans l’environnement, liés à l’agrochimie, ainsi qu’à la transformation des paysages, qui fait reculer les milieux naturels. Mais cette mortalité des abeilles a aussi une cause économique directe et trop peu connue : la dévalorisation du miel sur les marchés mondialisés porte atteinte au revenu et à la vitalité des apiculteurs. Lorsque les cours du miel chutent, les apiculteurs disparaissent, parce qu’ils ne gagnent plus leur vie.
Concurrence mondiale déloyale
Ce phénomène mondial s’est révélé...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-3"> ¤ Le magazine d’Elise Lucet consacre son émission de mardi soir à montrer comment les industriels préfèrent culpabiliser le consommateur, plutôt que remettre en question leurs modèles économiques.
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« Cash Investigation » dénonce le double discours des industriels sur le recyclage du plastique

Le magazine d’Elise Lucet consacre son émission de mardi soir à montrer comment les industriels préfèrent culpabiliser le consommateur, plutôt que remettre en question leurs modèles économiques.



LE MONDE
 |    11.09.2018 à 13h38
 • Mis à jour le
11.09.2018 à 17h19
    |

            Patricia Jolly








                        



   


Le plastique, c’est increvable. C’est sa principale qualité mais pas son moindre défaut, on en produit 10 tonnes chaque seconde dans le monde et l’addiction que nous avons développée à son endroit depuis sa généralisation dans les années 1950 a des conséquences désastreuses tant pour l’environnement que pour notre santé.
Pour traiter ce sujet très en vogue, le numéro de rentrée de « Cash Investigation » – intitulé « Plastique, la grande intox » et diffusé mardi 11 septembre à 21 heures sur France 2 – ne se limite pourtant pas à ce constat simpliste. Au-delà des images-chocs d’une nature défigurée partout dans le monde par les déchets de plastique, le reportage de Sandrine Rigaud s’attache surtout à démontrer avec quel génie les industriels ont opté pour une culpabilisation du consommateur, plutôt que pour une remise en question de leurs modèles économiques ultraproductivistes et hautement lucratifs.
Mensonges, objectifs chiffrés qu’ils ne se soucient en rien d’atteindre, habile lobbying… les plus gros producteurs de plastique qui se targuent d’être vertueux et présentent le recyclage comme la panacée brassent en réalité beaucoup d’air. Rois de la duplicité, ils fabriquent toujours plus de plastique, n’ont pas l’intention de lever le pied et financent sans vergogne des associations de nettoyage – qui répugnent à le reconnaître –, ou des campagnes de « sensibilisation » du public.
Stratégies opposées aux promesses
La Coca-Cola Company, qui vend chaque année 120 milliards de bouteilles en plastique - soit 4000 chaque seconde - sur la planète tout en prônant un monde sans déchets à l’horizon 2030, en prend pour son grade. A cette date, en théorie, chaque bouteille de Coca devra être composée de 50 % de plastique recyclé, mais cet objectif a tout du vœu pieu. Alors qu’en 2008 la firme s’était engagée à mettre 25 % de plastique recyclé dans ses bouteilles dès 2015, un responsable d’usine de recyclage finit par reconnaître auprès de la présentatrice Elise Lucet qu’elles n’en contiennent guère que 7 % aujourd’hui, comme indiqué par Greenpeace.

        En un graphique :
         

          La France, mauvaise élève du recyclage des emballages plastique



« Cash » a également mis la main sur un document interne de la multinationale Coca datant de 2016 qui illustre à merveille le double discours de la firme. Il dévoile notamment des stratégies radicalement opposées à ses promesses de communication, et visant à s’opposer aux politiques de réglementation – notamment en matière de ... lutte contre le taux de l’augmentation du taux de collecte et de recyclage, d’interdiction de la caféine ou de publicité touchant les enfants. Acculé, Michael Goltzman, un des vice-présidents communicants de la firme, répète, tel un disque rayé, que ces informations – pourtant récentes – que ce « vieux document » ne reflète plus la stratégie de l’entreprise, décidément bien versatile.
Une autre séquence marquante révèle enfin que, le tri industriel étant insuffisamment efficace, certaines substances dangereuses pour la santé et l’environnement – comme les retardateurs de flamme bromés, présents dans nombre de produits électriques – sont recyclés de manière impropre et en contravention avec la législation.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-4"> ¤ Une quarantaine de vaches vont être installées d’ici à la fin de 2018 dans une ferme flottante quasi autosuffisante dans le port de Rotterdam.
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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-5"> ¤ 821 millions de personnes sont sous-alimentées ou en manque chronique de nourriture, selon la FAO.
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Sécheresses, inondations… le choc climatique aggrave la faim dans le monde

821 millions de personnes sont sous-alimentées ou en manque chronique de nourriture, selon la FAO.



LE MONDE
 |    11.09.2018 à 11h00
 • Mis à jour le
11.09.2018 à 16h50
    |

            Rémi Barroux








                        



                                


                            
Sécheresses en Afrique, inondations et tempêtes en Asie… Les dérèglements climatiques de plus en plus nombreux et intenses affectent la capacité des populations à se nourrir, et menacent les progrès qui avaient été réalisés dans la lutte contre la faim dans le monde depuis le début des années 2000, constate l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), dans un rapport publié mardi 11 septembre. Avec les conflits et les crises économiques, la « variabilité du climat » et ses phénomènes extrêmes sont une des principales causes de la sous-nutrition et de l’insécurité alimentaire dans le monde, selon la FAO.
Or le nombre d’habitants de la planète souffrant de la faim est en progression pour la troisième année d’affilée, et retrouve son niveau d’il y a dix ans. « Le nombre total de personnes sous-alimentées est passé de 804 millions en 2016 à près de 821 millions en 2017 », avance l’étude, publiée avec le concours du Fonds international de développement agricole, de l’Unicef, du Programme alimentaire mondial et de l’Organisation mondiale de la santé.

L’objectif de développement durable (ODD) numéro 2, « faim zéro » à l’horizon 2030, adopté en septembre 2015 par les Nations unies, apparaît donc inatteignable. Au nombre de dix-sept, les ODD visent à assurer un avenir durable pour tous, et concernent l’éducation, la santé, l’agriculture, la lutte contre la pauvreté, l’énergie, l’eau… « Nous sommes extrêmement préoccupés, déclare Dominique Burgeon, directeur de la division des urgences à la FAO. On craignait l’an dernier que cette évolution ne devienne une tendance. Nos craintes se sont révélées exactes. » 
« Il faut promouvoir des solutions de long terme »
Le message tombe à la veille de la 73e session de l’Assemblée générale des Nations unies, qui s’ouvrira à New York le 18 septembre. La FAO appelle à des...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-6"> ¤ La sécheresse, qui a touché pendant trois ans la ville du Cap, en Afrique du Sud, a contraint la population à redéfinir leur rapport à l’eau. Dans le cadre de son projet au long cours intitulé « Water », le photographe américain Mustafah Abdulaziz s’est intéressé aux répercussions de cette crise de l’eau sur le quotidien des habitants.
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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-7"> ¤ Frappée par la sécheresse pendant trois ans, la ville du Cap, en Afrique du Sud, a envisagé de couper les robinets. Les pluies d’hiver ont finalement éloigné ce « jour zéro ».
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La ville du Cap confrontée à une profonde crise de l’eau


                      Frappée par la sécheresse pendant trois ans, la ville du Cap, en Afrique du Sud, a envisagé de couper les robinets. Les pluies d’hiver ont finalement éloigné ce « jour zéro ».



LE MONDE
 |    11.09.2018 à 10h39
 • Mis à jour le
11.09.2018 à 12h11
    |

                            Adrien Barbier (Johannesburg, correspondance)








   


Jusqu’ici, tout va bien… La métropole du Cap, en Afrique du Sud, a échappé de peu à la catastrophe. Trois ans de sécheresse avaient vidé les barrages qui alimentent la ville en eau. Pour y faire face, les habitants ont dû dramatiquement revoir leur quotidien et redéfinir leur consommation, à la goutte près.
Engagé sur un projet au long cours dont l’eau est le personnage principal, le photographe américain Mustafah Abdulaziz est allé capturer ces bouleversements, conséquence criante des changements climatiques. À bien des égards, la crise de l’eau au Cap a été riche en enseignements pour la population. Plusieurs mois durant, elle a vécu sous la tyrannie d’une date qui n’est pour l’heure pas encore arrivée. Celle du « jour zéro », où les réserves aquatiques de la ville passeraient sous la barre des 13,5 % et où tous les robinets seraient coupés.
Cinquante litres par jour et par personne
Les restrictions, graduellement augmentées pour atteindre 50 litres par jour par personne, ont obligé les Capétoniens à redéfinir radicalement leur rapport à l’eau. Cinquante litres, c’est peu : une douche de deux minutes, deux chasses d’eau, un peu de vaisselle. « L’eau, c’est la ressource dont on a tous besoin, qui est présente sur la planète depuis des millions et des millions d’années, dans l’exacte même quantité, explique Mustafah Abdulaziz, qui en 2012 a fait de « l’or bleu » son obsession. C’est ce qui nous relie tous : elle détermine notre histoire partagée, comment on voyage, l’implantation de nos villes, nos technologies. Elle est à la fois le décor et l’acteur principal. » 
« Cette crise a lancé un débat mondial. De plus en plus de villes sont, et seront, confrontées au même problème. » Mustafah Abdulaziz, photographe
Ce New-Yorkais ne travaille qu’en photographie argentique, au format 6 × 7. Il s’est donné quinze ans pour explorer l’eau sous toutes ces formes, dans toutes ses problématiques : le choléra en Sierra Leone, la pollution en Chine, l’agriculture en Amazonie, la sécheresse en Californie…
L’actualité a fait de la ville sud-africaine une étape obligée pour son œuvre monumentale. « Le Cap est comme un canari dans une mine de charbon. C’est une expression qui remonte au temps où les mineurs envoyaient un oiseau dans une mine souterraine : si l’oiseau revenait, ils pouvaient y aller à leur tour, illustre-t-il. Cette crise a lancé un débat mondial. De plus en plus de villes sont, et seront, confrontées au même problème. »

        Lire aussi :
         

                Crise de l’eau au Cap : l’Afrique du Sud déclare l’état de catastrophe naturelle



Mieux qu’un exercice grandeur nature, les défis posés à la métropole ont suscité de nombreuses interrogations. Comment approvisionner 4 millions d’habitants en bouteilles d’eau ? Que dire à la population ? Comment contenir la panique ? Triste ironie d’une ville bordée par l’Océan et qui manque d’eau potable, l’imminence apocalyptique a aussi révélé de façon manifeste des contrastes rendus insoutenables.
Une consommation d’eau divisée par deux
Face aux longues queues de gens venus remplir leur bidon à la fontaine dans les quartiers riches, certains ont pensé que tout le monde – enfin !, – était logé à la même enseigne. Les nantis, qui jusque-là arrosaient copieusement leur jardin et remplissaient leur piscine sans réfléchir, se sont d’un coup retrouvés au même niveau que les habitants des Cape Flats, ces townships de la plaine, coincés entre deux montagnes, où les conditions de vie et la criminalité sont les pires d’Afrique du Sud. Et l’eau courante, plus un rêve qu’une réalité.
Au final, l’effort collectif fut probant. La ville a divisé par deux sa consommation d’eau. Avec le retour des pluies hivernales, les barrages ont dépassé 60 % de taux de remplissage, et le « jour zéro » a été repoussé jusqu’en 2020. « La crise n’est pas terminée parce que le niveau des réservoirs est remonté, estime Mustafah Abdulaziz. L’enjeu, désormais, est d’apprendre à vivre de manière durable dans un environnement précarisé. »
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                    data-slide-title=""
            data-slide-description="« Pont d’eau, Newlands, Le Cap, Afrique du Sud, 2018. » Si les robinets avaient dû être coupés, la municipalité s’était alors engagée à fournir 25 litres d’eau par personne."
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            data-slide-description="« Bains publics improvisés dans la boutique d’un charpentier, Le Cap, Afrique du Sud, 2018. » L’accès à l’eau se raréfiant, un charpentier a créé un coin pour que les personnes sans domicile fixe puissent se rafraîchir."
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                    data-slide-title=""
            data-slide-description="« Babalwa Kuselo, 39 ans, jardinière. Monwabisi Park, Le Cap, Afrique du Sud, 2018. » Cette habitante d’un « township » se protège du soleil à l’aide d’un masque de boue dans un jardin sans eau."
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            data-slide-description="« Montagne de la Table. Le Cap, Afrique du Sud, 2018. » La vue donne sur Camps Bay, une banlieue aisée du Cap."
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            data-slide-description="« Piscine de Westbridge, Le Cap, Afrique du Sud, 2018. »"
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            data-slide-description="« Tyson’s Car Wash, township de Gugulethu. Le Cap, Afrique du Sud, 2018. » Un employé de l’entreprise Tyson’s Car Wash nettoie un camion. Il utilise deux seaux d’eau de 25 litres, un pour laver le véhicule et l’autre pour le rincer."
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            data-slide-description="« Township de Dunoon, Le Cap, Afrique du Sud, 2018. » Un étang d’eau insalubre est niché au coeur de cette zone pauvre, qui compte près de 12 000 foyers."
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            data-slide-description="« Andrew, chasseur de vers au pavillon Strandfontein. Le Cap, Afrique du Sud, 2018. » Un homme cherche des vers dans le bassin de marée peu profond du pavillon Strandfontein pour les vendre ensuite aux pêcheurs locaux."
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« Pont d’eau, Newlands, Le Cap, Afrique du Sud, 2018. » Si les robinets avaient dû être coupés, la municipalité s’était alors engagée à fournir 25 litres d’eau par personne.

Mustafah Abdulaziz pour M le magazine du Monde
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Pollution de l’air : l’UE ne protège pas assez la santé des citoyens

Dans un rapport inédit, la Cour des comptes européenne formule une série de recommandations à la Commission.



LE MONDE
 |    11.09.2018 à 10h30
 • Mis à jour le
11.09.2018 à 14h53
    |

            Stéphane Mandard








                        



                                


                            

« La santé des citoyens européens reste insuffisamment protégée ». L’alerte n’émane pas d’une énième étude scientifique. Elle provient, c’est inédit, de la Cour des comptes européenne (CCE) qui publie mardi 11 septembre son premier rapport consacré à la pollution de l’air. Et son constat est sévère. Dans un document d’une cinquantaine de pages, l’institution gardienne des finances de l’Union européenne (UE) taille en pièces la politique communautaire face au « plus grand risque environnemental pour la santé des Européens » et formule une série de recommandations à la Commission.
La pollution de l’air est responsable chaque année de 400 000 morts prématurées dans l’UE et de « centaines de milliards d’euros de coûts de santé », rappelle la CCE. « Ces importants coûts humains et économiques n’ont toujours pas été pris en compte dans l’élaboration d’une action adéquate dans l’ensemble de l’Union », déplorent les rapporteurs. Tout est à revoir, ou presque.
Des normes « très peu exigeantes »
Pierre angulaire des politiques européennes, la directive de 2008 sur la qualité de l’air a besoin d’une urgente et « ambitieuse mise à jour ». Les normes sur lesquelles elle se fonde datent de quinze, voire vingt ans, et ne prennent donc pas en compte les dernières données scientifiques et médicales. Certaines, relève le rapport, sont « très peu exigeantes » et « beaucoup plus faibles » que les lignes directrices de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Ainsi du dioxyde de soufre (SO2), dont la limite d’exposition quotidienne fixée par l’UE (125 µg/m3) est plus de six fois supérieure à celle de l’OMS (20 µg/m3). Ce différentiel explique, selon le rapport, pourquoi Bruxelles a engagé des actions contre un seul Etat, la Bulgarie, pour des dépassements, alors que 20 % des citadins de l’UE sont exposés à des concentrations de SO2 supérieures aux normes...




                        

                        


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« Nous voulons des coquelicots » : l’appel contre les pesticides lancé dans « Charlie Hebdo »

Une centaine de personnalités – scientifiques, artistes, militants, même l’Eglise catholique – réclament l’interdiction immédiate de tous les pesticides de synthèse.



LE MONDE
 |    11.09.2018 à 03h16
 • Mis à jour le
11.09.2018 à 14h28
    |

            Stéphane Foucart








                        



   


C’est peut-être la première fois qu’un prélat de l’Eglise catholique s’associe à un texte publié par Charlie Hebdo. L’hebdomadaire satirique devait rendre public, mercredi 12 septembre, un appel demandant l’interdiction immédiate de tous les pesticides de synthèse, soutenu par diverses personnalités, dont Marc Stenger… l’évêque de Troyes. Intitulé « Nous voulons des coquelicots » et lancé par le chroniqueur Fabrice Nicolino, rescapé de l’attentat du 7 janvier 2015, l’appel se veut non partisan et entend initier « un grand mouvement en faveur de la vie », selon M. Nicolino. « Ce n’est ni l’appel de Charlie ni le mien, dit-il. C’est un appel lancé par des humains à d’autres humains. »
A l’heure actuelle, poursuit le chroniqueur, « le texte est signé par cent personnes qui ne sont pas particulièrement connues ou médiatiques, mais qui sont le reflet de la société française ». Le texte est néanmoins, d’ores et déjà, endossé par des associations, des personnalités scientifiques ou du monde médical, ou encore issues de l’univers du spectacle. M. Nicolino cite notamment Greenpeace, la Fondation GoodPlanet de Yann Arthus-Bertrand, la fédération d’associations France Nature Environnement, l’animateur Laurent Baffie, la chanteuse Emily Loizeau, le docteur Pierre-Michel Périnaud, président de l’association Alerte des médecins sur les pesticides (ALMP), forte de 1 200 membres, Didier Robiliard, le président de l’association France-Parkinson, ou encore le sénateur Joël Labbé (EELV).
« Nous ne reconnaissons plus notre pays »
« Il y a des gens de gauche, mais aussi des personnalités proches de la droite catholique, résume M. Nicolino. Ce n’est pas un nouvel appel à destination de la galaxie écolo. Il doit pouvoir être signé par toute personne qui ne veut pas vivre dans un monde où les gens sont de plus en plus malades, dans un monde sans oiseaux, sans insectes, sans coquelicots… » Le texte en lui-même est très bref. « Nous ne reconnaissons plus notre pays ; la nature y est défigurée, y lit-on. Le tiers des oiseaux ont disparu en quinze ans, la moitié des papillons en vingt ans ; les abeilles et les pollinisateurs meurent par milliards. Les grenouilles et les sauterelles sont comme évanouies ; les fleurs sauvages deviennent rares. Ce monde qui s’efface est le nôtre et chaque couleur qui succombe, chaque lumière qui s’éteint est une douleur définitive. Rendez-nous nos coquelicots ! Rendez-nous la beauté du monde ! »

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Le caractère radical de l’exigence portée par l’appel – l’interdiction des centaines de produits phytosanitaires issus de la chimie de synthèse – n’a pas dissuadé le docteur Pierre-Michel Périnaud d’y apposer sa signature. « Il y a quelques années, je n’aurais pas adhéré à une telle demande, et j’aurais opposé une méthode plus pragmatique consistant à examiner les produits un par un, confie-t-il. Mais ce que l’on constate à mesure que les connaissances avancent, c’est que ce système d’évaluation, promu et imposé par l’industrie, et qui raisonne substance active par substance active, ne permet pas d’évaluer les risques réels. Il faudrait un demi-siècle pour réformer ce système, qui ne contrôle plus rien. Poser d’emblée la sortie des pesticides de synthèse permet de se placer dans un autre cadre d’action. »
Une action au long cours
Les premiers signataires entendent faire vivre l’appel pendant plusieurs mois et se fixent comme objectif de rassembler cinq millions de signatures en deux ans, par le truchement d’un site Internet en préparation. Une petite cocarde en tissu, en forme de coquelicot, est aussi en cours de fabrication. Fabrice Nicolino espère qu’elle deviendra rapidement à la défense de l’environnement ce que la petite main jaune arborant le « Touche pas à mon pote » de SOS-Racisme a été à l’antiracisme. D’autres initiatives sont en cours. Emily Loizeau confie travailler à l’écriture d’une chanson qui, « si le résultat est à la hauteur de la cause », dit-elle, accompagnera le mouvement. Un bref ouvrage en forme de plaidoyer, coécrit par Fabrice Nicolino et le militant anti-pesticides François Veillerette, paraît également ces jours-ci (Nous voulons des coquelicots, LLL, 126 p., 8 €).
Outre la publication de l’appel, Charlie Hebdo consacrera l’ensemble de son édition du 12 septembre aux pesticides et publiera les résultats de l’analyse de mèches de cheveux prélevées dans la rédaction, dans lesquelles des traces de « phytos » ont été recherchées. « Tout le monde en est farci », prévient Fabrice Nicolino.

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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-10"> ¤ Le secrétaire général de l’ONU estime que des conséquences « désastreuses » seront à déplorer en cas d’inaction dans les deux années qui viennent.
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Climat : « Nous devons rompre avec la paralysie », exhorte Antonio Guterres

Le secrétaire général de l’ONU estime que des conséquences « désastreuses » seront à déplorer en cas d’inaction dans les deux années qui viennent.



LE MONDE
 |    10.09.2018 à 22h52
 • Mis à jour le
11.09.2018 à 12h25
    |

            Marie Bourreau (New York, Nations unies, correspondante)








                        



   


Trois ans après sa signature, l’accord de Paris sur le climat est fragilisé par « la paralysie », « le manque d’ambition » et l’incurie des gouvernements, a dénoncé, lundi 10 septembre, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres. Le patron des Nations unies appelé à faire pression sur les Etats signataires pour revoir leurs engagements à la hausse. « Il est impératif que la société civile – jeunes, groupes de femmes, secteur privé, communautés religieuses, scientifiques et mouvements écologiques dans le monde – demande des comptes à leurs dirigeants. » Depuis des décennies, « les scientifiques nous ont alertés encore et encore ». Mais « beaucoup trop de dirigeants ont refusé de les écouter ».
Le discours du secrétaire général intervient alors qu’un grand sommet mondial pour l’action climatique doit s’ouvrir mercredi 12 septembre à San Francisco, pour trois jours, à l’initiative du gouverneur de l’Etat Jerry Brown. Il devrait réunir des milliers d’élus, de maires, d’ONG et d’entreprises désireux de montrer que les acteurs non étatiques peuvent jouer un rôle pour combler les lacunes des états en matière de politiques environnementales.
Lors de la conférence climat (COP21), organisée en décembre 2015, 193 Etats avaient scellé un accord présenté comme historique, dans l’espoir de limiter la hausse des températures « nettement en dessous de deux degrés » par rapport aux niveaux préindustriels. Mais selon le directeur de l’Organisation météorologique mondiale, les températures devraient plutôt augmenter de trois degrés d’ici 2100 faute d’avoir tenu les engagements pris en termes de réduction des gaz à effet de serre.

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« Nous sommes à un moment décisif, a plaidé M. Guterres. Si nous ne changeons pas de trajectoire d’ici 2020, nous risquons de rater le moment où nous pouvons encore éviter un changement climatique incontrôlable, avec des conséquences désastreuses pour les individus et tous les systèmes naturels qui nous soutiennent. »
Une étude des Nations unies a révélé que les objectifs décidés à Paris étaient « le strict minimum pour éviter les pires impacts du changement climatique ». Mais les engagements pris ne représentent « qu’un tiers de ce qui est nécessaire » pour lutter efficacement a souligné M. Guterres.
« Manque de leadership et d’ambition »
« Le temps est venu pour nos dirigeants de montrer qu’ils se soucient des personnes dont ils ont le destin entre leurs mains, a lancé M. Guterres, détaillant les opportunités liées à la transition vers une économie verte. 26 000 milliards de dollars de bénéfices pourraient être réalisés (…) et 24 millions d’emplois créés d’ici 2030. » 
En l‘état actuel, la hausse des températures pourrait provoquer une baisse de productivité de 2 000 milliards de dollars d’ici 15 ans. Si des progrès ont été réalisés vers une économie décarbonée, 85 % de ce qui est produit repose toujours sur les énergies fossiles. « Ce qui nous manque encore, même après l’accord de Paris, c’est le leadership et l’ambition de faire ce qu’il faut », estime M. Guterres.
Réunis début septembre à Bangkok pour une semaine de négociations sur le climat, les Etats membres ont été incapables de s’entendre sur un mécanisme de financement pour aider les pays les plus pauvres à s’adapter à cette nouvelle donne climatique. « C’est un mauvais signal, s’alarme Achim Steiner, directeur du PNUD qui vient en aide aux pays en voie de développement. Le changement climatique avance plus vite que nous. Il ne faut pas qu’on laisse cette fenêtre d’opportunités se refermer. »
La communauté internationale aura l’occasion dès le mois de décembre – où elle se réunira à Katowice (Pologne) pour la COP24 – de montrer le sérieux de son engagement. Les pays développés – qui sont aussi les plus gros émetteurs de gaz à effet de serre – seront sous pression pour accélérer la réduction de leurs émissions. Signe toutefois que les ambitions sont limitées, M. Guterres a prévenu que ce rendez-vous ne devait pas devenir « un nouveau Copenhague », en référence au sommet de 2009 dans la capitale danoise qui s’était terminé sur un échec retentissant.

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                La série « Contaminations » : sept reportages dans les territoires à jamais pollués par l’homme






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-11"> ¤ Fer de lance des énergies renouvelables, le gouverneur californien prévoit que toute l’électricité passant par le réseau de l’Etat ait un « bilan carbone neutre » à cette date.
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La Californie s’engage à atteindre 100 % d’électricité « propre » d’ici à 2045

Fer de lance des énergies renouvelables, le gouverneur californien prévoit que toute l’électricité passant par le réseau de l’Etat ait un « bilan carbone neutre » à cette date.



LE MONDE
 |    10.09.2018 à 21h18
 • Mis à jour le
11.09.2018 à 07h55
   





                        


Le gouverneur de l’Etat de Californie a ratifié lundi 10 septembre une loi prévoyant que ce territoire américain, considéré comme la cinquième économie mondiale, s’engage à avoir une électricité « propre » à 100 % d’ici 2045, sans aucune émission de gaz à effet de serre.
« Avec cette loi, la Californie est sur les rails pour remplir les objectifs des accords de Paris et même aller au-delà. Ce ne sera pas facile, ce ne sera pas immédiat, mais ça doit être fait », a lancé le gouverneur Brown avant de signer le texte.
Dans le détail, la loi adoptée par les élus californiens prévoit que toute l’électricité passant par le réseau de l’Etat ait un « bilan carbone neutre » d’ici 2045. En outre, 50 % de la production électrique de l’Etat devra venir de sources d’énergie renouvelables (solaire, éolien, géothermie, etc.) d’ici 2025, et 60 % d’ici 2030. La production d’électricité représente à l’heure actuelle 16 % des émissions de gaz à effet de serre de la Californie.
Le reste de la production d’énergie pourrait aussi être fourni par d’autres sources, à condition qu’elles ne rejettent pas de gaz à effet de serre dans l’atmosphère (nucléaire, centrales au gaz dotées de systèmes de récupération du CO2 émis, etc.). Selon les experts, l’énergie solaire et éolienne représente 8 % de la production d’électricité aux Etats-Unis, et près de 20 % pour la seule Californie.

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                En Californie, des incendies record incontrôlables



L’économie « dopée » par cette loi
Au niveau fédéral, l’administration républicaine du président Donald Trump s’est officiellement retirée l’an dernier de l’accord de Paris signé en 2016 par son prédécesseur Barack Obama.
Sous l’influence du démocrate Jerry Brown, fer de lance des énergies renouvelables depuis son premier mandat de gouverneur dans les années 1970, la Californie — épaulée par 16 autres Etats et des collectivités américaines dont Washington et New York — a repris le flambeau de la lutte contre le changement climatique. Et a décidé de réduire coûte que coûte les émissions de gaz à effet de serre des Etats-Unis, quitte à poursuivre en justice l’administration fédérale.
« La Californie sera toujours à la pointe de la lutte contre le changement climatique, quelle que soit la personne qui occupe la Maison Blanche », a affirmé le sénateur Kevin de Leon, qui a porté cette loi novatrice. Outre la protection de l’environnement, cette loi va aussi « doper l’économie » de la Californie et « créer des dizaines de milliers d’emplois. (…) Il y a déjà dix fois plus d’emplois dans ce secteur pour la seule Californie que dans l’exploitation des mines de charbon pour l’ensemble des Etats-Unis », a ajouté M. de Leon.
Jusqu’alors aux Etats-Unis, seul l’archipel d’Hawaï, directement menacé par la montée des eaux du Pacifique induite par le changement climatique, s’était doté d’une politique aussi volontariste.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-12"> ¤ Françoise Bienvenu était en poste durant dix ans dans ce tribunal. Elle est morte d’un « cancer foudroyant » spécifiquement lié à l’amiante, selon ses enfants.
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La mort d’une juge rappelle le lent désamiantage du TGI de Créteil

Françoise Bienvenu était en poste durant dix ans dans ce tribunal. Elle est morte d’un « cancer foudroyant » spécifiquement lié à l’amiante, selon ses enfants.



LE MONDE
 |    10.09.2018 à 18h01
 • Mis à jour le
10.09.2018 à 18h19
    |

            Patricia Jolly








                        



                                


                            

L’ancienne juge Françoise Bienvenu a-t-elle perdu la vie pour avoir été exposée à l’amiante, fibre cancérogène, lorsqu’elle était en poste au TGI de Créteil ? Selon ses enfants, il existe « de fortes suspicions » entre le « cancer foudroyant » auquel elle a succombé début juillet, quatorze mois seulement après le diagnostic, et le « lieu où elle a travaillé » dix années durant.
« Nous sommes tombés des nues en découvrant cette maladie qu’on ne connaissait pas et qui est très intrinsèquement liée à l’exposition à l’amiante », a déclaré Hélène Bienvenu, journaliste et aînée des quatre enfants de la magistrate, lors d’une conférence de presse organisée le 10 septembre à Créteil par l’entente syndicale du TGI (fédération CGT des services publics, Alliance, UNSA-Police, UNSA-Justice, Unité SGP police FO).
Pour Daniel Naudin, porte-parole de l’entente, il n’y a « aucun doute » sur le lien de causalité entre la pathologie de la magistrate et la présence d’amiante dans le bâtiment, et il considère qu’une prise en charge antérieure aurait pu prolonger la vie de cette dernière.
En poste au TGI de Créteil de 1992 à 2002, Françoise Bienvenu est morte à l’âge de 62 ans d’un mésothéliome pleural malin, un cancer de la plèvre spécifique des expositions à l’amiante. Des expertises ont établi que le pavillon en brique dans lequel elle a toujours vécu ne contenait aucune trace d’amiante, et elle n’a exercé qu’à Créteil et au TGI d’Evry où, selon l’entente syndicale, « il n’y a pas d’amiante ». La famille de la juge a contacté l’organisation syndicale après avoir découvert sur Internet « des dizaines d’articles » faisant référence au problème de l’amiante au TGI de Créteil.
« Tendre un miroir au corps des magistrats »
Créée en 2005, l’entente syndicale fustige le ministère de la justice qui « promet » et « ne cesse de reporter » le désamiantage de l’immeuble de grande...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-13"> ¤ Le projet date de 1973 et prévoit la construction d’un tronçon de 24 kilomètres destiné à désengorger l’A35, qui traverse la préfecture du Bas-Rhin.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-13"> ¤                     
                                                

Qu’est-ce que le grand contournement ouest de Strasbourg, où une « ZAD » a été évacuée ?

Le projet date de 1973 et prévoit la construction d’un tronçon de 24 kilomètres destiné à désengorger l’A35, qui traverse la préfecture du Bas-Rhin.



LE MONDE
 |    10.09.2018 à 17h06
 • Mis à jour le
11.09.2018 à 06h41
   





                        



   



   


Après l’accord définitif donné à la fin du mois d’août par Jean-Luc Marx, préfet de la région Grand Est et du Bas-Rhin, l’intervention des forces de l’ordre était aussi attendue que redoutée. Lundi 10 septembre, aux premières heures de la matinée, plusieurs centaines de gendarmes mobiles ont évacué les manifestants et les occupants de la « zone à défendre » (ZAD) du Moulin, dans la forêt de Kolbsheim, à une quinzaine de kilomètres de Strasbourg.
Ces « zadistes » occupaient le site du chantier du grand contournement ouest de Strasbourg (GCO, ou autoroute A355), voie rapide prévue pour contourner Strasbourg par l’ouest, où la société Arcos, filiale du groupe Vinci et concessionnaire du futur contournement, doit procéder à un déboisement. Les opérations de déboisement avaient été interrompues en septembre 2017 à la demande du ministère de l’environnement, dans l’attente de la fin de l’enquête publique.
Selon la préfecture du Bas-Rhin, l’opération, qui a mobilisé 518 gendarmes, a eu lieu en exécution d’une décision rendue le 20 juin par le tribunal administratif de Strasbourg, ordonnant aux occupants sans autorisation de quitter immédiatement les lieux. Elle a jugé le bilan de l’opération « très satisfaisant car il n’y a pas eu de blessé » ni d’interpellation. Plusieurs élus, dont le maire (sans étiquette) de Kolbsheim, Dany Karcher, ont tenté des négociations pour demander un sursis à l’évacuation, tandis que Martine Wonner, députée (LRM) du Bas-Rhin a demandé « la mise en place d’un moratoire » jusqu’au 14 septembre.
Que prévoit le projet de grand contournement ?
Comme le projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes, le GCO est un projet ancien. En 1973, le schéma directeur d’aménagement et d’urbanisme évoque un projet de contournement de Strasbourg. La première délibération de l’ancienne communauté urbaine sur ce dossier remonte à… trente-sept ans. Le projet a été abandonné puis relancé à la fin des années 1990.
553 millions d’euros
Le GCO, qui devrait être ouvert en 2020, est une rocade à 2 × 2 voies à péage de 24 kilomètres destinée à délester l’autoroute A35 en absorbant le trafic du nord au sud de l’Alsace. L’A35 est l’une des plus fréquentées de France avec 160 000 véhicules par jour, dont 10 % de poids lourds, notaient les Dernières Nouvelles d’Alsace en 2013. Le montant du chantier est évalué à 553 millions d’euros.
Le 31 août, le préfet Jean-Luc Marx annonçait avoir signé deux arrêtés autorisant le concessionnaire Arcos, une filiale de Vinci, et la Sanef, chargée d’un échangeur, à engager des travaux en vue de la construction de la rocade.
Pourquoi est-il critiqué ?
En juin, une commission d’enquête a émis un avis défavorable, par crainte « d’une augmentation des niveaux de pollution atmosphérique », « des impacts (…) sur la consommation des espaces agricoles », et « des atteintes aux espèces (…) protégées ».

        Notre article sur
         

          la reprise du projet de rocade ouest à Strasbourg



Pour les militants installés depuis un an dans la ZAD du Moulin, le GCO menace directement les forêts de Grittwald et de Kolbsheim, de nombreuses terres agricoles ainsi que des corridors écologiques qui relient des réservoirs de biodiversité et permettent aux espèces animales de se déplacer. Parmi les espèces menacées, les opposants mettent en avant le crapaud vert, le blaireau et le grand hamster d’Alsace.
Plusieurs responsables écologistes, dont l’eurodéputé Europe écologie-Les Verts (EELV) Yannick Jadot, avaient appelé à la fin d’août Nicolas Hulot, encore ministre de la transition écologique, à s’opposer à ce « grand projet inutile » et dangereux pour l’environnement, comme il s’était « battu contre Notre-Dame-des-Landes ».
Le successeur de M. Hulot, François de Rugy, a déclaré :
« Je vais continuer à regarder ce dossier important qui permet de supprimer une autoroute pénétrante, l’A35, qui traverse le cœur de Strasbourg. Ensuite, j’irai dialoguer avec les personnes, y compris sur place dans les jours ou les semaines qui viennent. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-14"> ¤ « Mon corps est consommé », disait cet Argentin de 53 ans, chargé de remplir d’herbicides les réservoirs des avions d’épandage.
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Mort de Fabian Tomasi, militant anti-pesticides dont le corps était devenu une arme

« Mon corps est consommé », disait cet Argentin de 53 ans, chargé de remplir d’herbicides les réservoirs des avions d’épandage.



LE MONDE
 |    10.09.2018 à 14h29
 • Mis à jour le
10.09.2018 à 20h54
    |

            Charlotte Chabas








                        



   


Son corps était devenu une arme. Sa cage thoracique saillante d’où s’échappaient deux maigres bras dont on ne savait plus bien comment ils tenaient là, sa colonne vertébrale boursouflée par les scolioses, ses paupières toujours à vif, ses joues émaciées recouvertes d’une barbe dense. Et, au milieu, une bouche noire, grande ouverte, semblant lutter pour prendre encore une bouffée d’air. C’était le cri de l’Argentine polluée, réplique moderne du chef-d’œuvre d’Edvard Munch. A 53 ans, Fabian Tomasi, devenu un symbole de la lutte contre les pesticides en Argentine, est mort vendredi 7 septembre.
C’est à 23 ans que ce natif de Basavilbaso commence à travailler pour une exploitation agricole de la région d’Entre Rios (Centre-Est). Le jeune homme est chargé de remplir d’herbicides les réservoirs des avions d’épandage qui parcourent les vastes champs de soja de la province, qui ont supplanté progressivement l’élevage bovin traditionnel. Dans ces larges cuves, des mots qu’il ne connaît pas encore : glyphosate, Tordon, propanil, endosulfan, cyperméthrine, 2-4D, méthamidophos, chlorpyriphos, adjuvants, fongicides, Gramoxone…

        Décryptage :
         

          A quoi servent les pesticides, qui se retrouvent dans notre alimentation ?



« Mon corps est consommé, presque sans mobilité »
Diabétique chronique, Fabian Tomasi commence très vite à ressentir des douleurs au bout des doigts. Aucune protection n’est donnée par l’entreprise à ces ouvriers agricoles pourtant en première ligne. Un médecin lui diagnostique une neuropathie et le met sous antalgiques.
Mais c’est une spirale qui ne connaît pas de fin : perte d’élasticité de la peau, diminution de sa capacité pulmonaire, perte de poids sévère, infections dans les coudes, puis les genoux… c’est finalement une polyneuropathie toxique grave qui lui est diagnostiquée, un syndrome neurologique qui l’atteint à 80 % et comprend un ensemble de maladies inflammatoires et dégénératives qui affectent le système nerveux périphérique. « Actuellement, mon corps est consommé, plein de croûtes, presque sans mobilité et le soir j’ai du mal à dormir à cause de la peur de ne pas me réveiller », écrit-il dans une lettre ouverte adressée au site militant La Poderosa. 
Il n’est pas le seul à souffrir. Autour de lui, en 2014, son frère Roberto, qui vit aussi sous les épandages des avions, meurt d’un cancer du foie, après des semaines d’agonie. Dans sa campagne, le nombre de cancers est près de trois fois plus élevé que dans les villes, selon le Réseau des médecins de villages fumigés, qui parle même « d’épidémie ». 
Alors, Fabian Tomasi décide de prendre la parole et se lance dans un combat pour faire reconnaître le lien entre sa maladie et son métier. « Il ne restera personne. Toutes les terres que nous avons ne suffiront pas pour enterrer tous les morts », prédit-il.
« Notre ennemi est devenu trop fort »
Bientôt, le pays apprend à connaître cet ouvrier agricole qui prend la pose devant l’objectif des photographes de la presse internationale, au milieu des champs ou dans la petite cuisine carrelée où il vivait avec sa mère, sa femme et sa fille. « Nous ne sommes pas des écologistes, nous sommes affectés par un système de production qui se soucie plus de remplir les poches de certains que de la santé des gens », disait Fabian Tomasi, régulièrement invité dans les meetings pour expliquer les effets des pesticides sur la santé humaine. 
« Pour que ces substances vous affectent, cela peut prendre une demi-heure, comme trois ans. Cela ne dépend pas du temps, mais du contact avec des substances conçues pour tuer. »
C’est notamment contre le glyphosate que Fabian Tomasi part en guerre, ce produit utilisé à raison de 300 000 tonnes par an par une Argentine dopée au soja transgénique. Quelques mois avant de mourir, l’ancien ouvrier agricole avait témoigné auprès de l’Agence France-Presse que la molécule de Monsanto était « un piège qui nous a été tendu par des gens très puissants ».
« Il n’y a pas de maladie sans poison et il n’y a pas de poison sans cette connivence criminelle entre les entreprises multinationales, l’industrie de la santé, les gouvernements et la justice. Aujourd’hui plus que jamais, nous devons les arrêter et pour cela nous devons nous battre, même dans les pires scénarios, car notre ennemi est devenu trop fort. »
Malgré son combat judiciaire, Fabian Tomasi n’aura pas eu le droit à un procès. Pas plus qu’il n’aura réussi à faire en sorte que l’Argentine adopte une législation nationale pour encadrer l’usage des pesticides. Mais ces dernières années, il aura contribué à faire que certains maires émettent des arrêtés municipaux pour encadrer les épandages, sous la pression de leurs administrés.

        Lire :
         

          Etats-Unis, Argentine, Sri Lanka… le glyphosate face à la justice internationale



A la mi-août, Fabian Tomasi avait salué la condamnation aux Etats-Unis de Monsanto à 289,2 millions de dollars d’amende (248 millions d’euros) au bénéfice d’un jardinier américain, Dewayne « Lee » Johnson. « Je n’ai pas besoin d’argent pour le moment. J’ai besoin de vie, disait-il. Ce ne sont pas des entreprises, ce sont des opérateurs de la mort. (…) Quand je serai parti, continuez de défendre la vérité. »




                            


                        

                        


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Décryptage

Le jatropha, un arbuste au potentiel énergétique prometteur

En Afrique de l’Ouest, les filières de production et de transformation de l’huile de cette plante toxique permettent de remplacer le gasoil.

Par                Marie-Noëlle Reboulet



LE MONDE
              datetime="2018-09-10T11:49:41+02:00"

        Le 10.09.2018 à 11h49

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        Mis à jour le 10.09.2018 à 14h57






    
A Taabo, en Côte d’Ivoire, dans une plantation de jatropha.
Crédits : KAMBOU SIA/AFP


Face à la crainte d’une pénurie de combustibles fossiles, les biocarburants (ou agrocarburants) sont ces dernières années apparus comme une solution providentielle en matière d’énergie renouvelable. On les retrouve en Afrique et certains biocarburants dits de première génération sont entrés en phase de culture et de production intensive. Ils se répartissent en deux filières : la filière biodiesel à partir d’esters des huiles de soja, de colza, de palmier à l’huile et de jatropha (ou pourghère), incorporés au diesel dans des proportions de 5 % à 30 %, et la filière méthanol à partir d’alcools issus de la fermentation du sucre de canne, de maïs, de manioc ou de déchets végétaux, mélangés à l’essence.
Ces deux filières connaissent un certain engouement en Afrique. Force est de constater que « le débouché énergétique prend une importance croissante dans l’organisation de la gestion des productions [agricoles]. Il oriente les pratiques agricoles, l’adaptation du matériel végétal, les changements dans l’utilisation des terres et, d’une manière générale, la gestion des flux de matières, tout le long de la chaîne de production et de transformation » (Gazull, 2016).
« Petit poison »
Parmi les agrocarburants, il y a ceux qui échappent à la polémique et qui occupent une place particulière comme source d’énergie à l’échelle du monde rural. Tel est le cas de celui du carburant tiré du pourghère ou Jatropha curcas, un arbuste qui pousse dans les zones semi-arides, et qu’on trouve souvent en haies en Afrique de l’Ouest.
Il fait l’objet d’une exploitation à des fins domestiques. La graine de jatropha fournit, par pression à froid, une huile végétale. Cette huile possède des propriétés relativement proches du gasoil, avec une température d’auto-inflammation plus élevée. Si sa viscosité, également élevée, impose de démarrer les moteurs au gazole pour atteindre 50 °C, au-delà, l’huile de jatropha peut alimenter tous les moteurs villageois, notamment les centrales des kiosques énergétiques et des équipements des miniréseaux, isolément ou en hybride avec le solaire photovoltaïque.

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                La hausse du pétrole, une bouffée d’oxygène pour les biocarburants



Dans les conditions de production du Sahel, un arbre entretenu par un paysan fournit chaque année de 0,5 kg à 0,8 kg de graines et 4 kg de graines donnent un litre d’huile utilisable. Cette huile, dont les qualités antiseptiques et laxatives sont connues des tradipraticiens (ce qui en fait un « petit poison », comme le signifie son nom bambara : bagani), peut aussi servir à d’autres usages, le plus important étant la fabrication de savon.
Plus de 1 600 paysans
La plante, qui peut atteindre jusqu’à cinq mètres de haut dans les pays du Sahel, est peu exigeante en eau et pousse dans des conditions climatiques difficiles. Mais pour qu’elle produise des graines avec des rendements satisfaisants, elle a besoin de sols fertiles, d’eau, d’amendements, de soins et d’entretien (lutte contre les prédateurs, taille et sarclage). Par exemple, au Mali, dans la zone de Koutiala, la filière jatropha concerne plus de 1 600 paysans dans 46 villages, pour plus de 800 000 arbres, deux ateliers de transformation, des utilisateurs d’huile et des utilisateurs des coproduits (tourteaux, résidus de pressages pour l’huile), avec une production annuelle globale de 65 tonnes et 16 000 litres en 2016. Toute la production n’est cependant pas récoltée aujourd’hui en raison des contraintes de main-d’œuvre.

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Dans les pays d’Afrique de l’Ouest, divers projets visent à appuyer la structuration et le développement de la filière biocarburant à base de jatropha produit dans le cadre d’une agriculture paysanne contractualisée, en s’appuyant sur les opérateurs privés implantés localement et les institutions de ces pays chargés de l’élaboration d’une politique publique en faveur d’une filière biocarburant compétitive. Dans les expériences conduites, en particulier depuis 2007 au sud du Mali, au Burkina Faso et au Bénin, la priorité est à la création locale de valeur ajoutée : la production des graines, tout comme leur transformation en huile, mais aussi la production d’engrais organiques avec les tourteaux et de savon avec les résidus de pression, sont prises en charge par des exploitants familiaux, des petits entrepreneurs et des artisans ruraux.
Bénéfices significatifs
Les bénéfices du jatropha sont donc multiples. Mais les défis le sont autant. Sa culture peut soulever la question relative à la concurrence avec les cultures alimentaires pour l’accès à la terre (Dabat, 2011). Cependant, le risque est limité et l’expérience montre que la concurrence ne concerne pas tant le foncier que la disponibilité de la main-d’œuvre pour l’entretien et la récolte. Par ailleurs, si le jatropha est effectivement planté sur des terres agricoles, la tendance est de le planter en haies. Dans une optique agro-écologique, l’agriculture en tire alors des bénéfices significatifs, comme dans la zone cotonnière du sud du Mali : diversification des revenus des paysans, protection des sols et limitation de la divagation des animaux par l’embocagement, enrichissement des sols, utilisation des tourteaux comme engrais organiques. Enfin, du point de vue environnemental, toujours pour une filière courte, la production d’huile pure de jatropha rejette moins de CO2 que le gasoil auquel il se substitue.

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                Les biocarburants émettent plus de CO2 que l’essence et le diesel



Peut-on pour autant affirmer que le jatropha est la solution pour l’électrification rurale ? Après des années d’expérience sur le terrain, nonobstant ses mérites, il apparaît clairement que le jatropha n’est pas la culture énergétique miracle tant attendue par certains. Et cela pour plusieurs raisons. Les rendements varient de manière importante et souvent ne dépassent pas 300 kg/ha pour une densité équivalente à 1 250 plants/ha (source Adecia). Dès lors, la mise en rapport du coût de revient du kilo de graine de jatropha pour les producteurs et de son prix de vente aux opérateurs, inférieur ou égal à 100 francs CFA/kg, met en évidence la faible rentabilité, à ce stade, du segment agricole de la filière. Notamment en comparaison avec les autres systèmes de culture pratiqués dans ces zones, en particulier les cultures de rente telles que le coton, le sésame ou l’anacarde.
Mais le raisonnement ne doit pas se limiter à la microéconomie agricole et intégrer les interactions entre le jatropha et les cultures intercalaires, ainsi que les autres fonctions potentielles (délimitation foncière, propriétés antiérosives) pour l’appréhender dans son ensemble (Geres, 2014). Les perspectives de son utilisation croissante comme source d’énergie sont à rechercher dans la globalité de ses fonctions. Elles sont liées à sa place dans les systèmes agricoles, à ses coproduits et à sa contribution à l’électrification décentralisée en complémentarité du solaire photovoltaïque et d’autres options, qu’il s’agisse de l’éolien, de l’hydroélectriqueou de la biomasse.
Marie-Noëlle Reboulet est présidente du Groupe énergie renouvelable, environnement, solidarités (Geres). Elle a rédigé cet article avec la collaboration de Juliette Darlu, Jérôme Levet, Grégoire Gailly et Benjamin Paillière pour le numéro d’Afrique contemporaine 261-262 traitant de l’énergie en Afrique.


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-16"> ¤ Dans un entretien au « Monde », le ministre de la transition écologique et solidaire rejette les conservatismes et la radicalité, « les deux faces de l’impuissance ».
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François de Rugy : « Il faut sortir de la guerre de religion sur le nucléaire »

Dans un entretien au « Monde », le ministre de la transition écologique et solidaire rejette les conservatismes et la radicalité, « les deux faces de l’impuissance ».



LE MONDE
 |    10.09.2018 à 11h16
 • Mis à jour le
11.09.2018 à 06h41
    |

                            Nabil Wakim, 
Cédric Pietralunga, 
Simon Roger et 
Rémi Barroux








                        



                                


                            

Le nouveau ministre de l’écologie, François de Rugy, affirme disposer de « quatre années utiles » pour mener à bien la transition écologique et énergétique du pays.
Vous avez accepté de succéder à Nicolas Hulot, ministre populaire et reconnu pour son engagement écologique. Comment comptez-vous réussir là où lui-même dit avoir échoué ?
Je suis conscient que ce n’est pas un ministère facile. Il recouvre des champs très variés avec de gros dossiers comme les transports, l’énergie ou la mer. Il me semble important qu’il ait gardé le même périmètre pour avoir tous ces leviers d’action. Nous sommes confrontés à de nombreuses transformations difficiles à conduire, parce qu’il y a des résistances, des oppositions, des conservatismes, des lobbys. Il peut y avoir le sentiment, et c’était le cas je crois pour mon prédécesseur, d’être seul contre tous.
Le président et le premier ministre m’ont demandé d’assumer cette responsabilité, alors qu’ils savaient que je n’y étais pas candidat. C’est un ministère de mission, j’ai près de quatre années utiles devant moi. Ma conviction, c’est qu’on peut obtenir des résultats avec de la détermination, avec de la méthode. L’écologie est, pour moi, l’engagement d’une vie.
Considérez-vous que Nicolas Hulot a manqué de patience et que vous réussirez, vous, en vous donnant le temps de mener à bien ces transformations ?
Dès le début, Nicolas Hulot a envisagé que ce serait pour un temps court. Je lui avais dit à plusieurs reprises de s’inscrire dans la durée. Il a fait un autre choix. Mais il a un bilan. Il a fait adopter un plan climat dans lequel est inscrite, par exemple, la fermeture accélérée des centrales à charbon. Il a mis en œuvre avec le ministère de l’économie et des finances – la preuve que l’on peut travailler avec lui – la prime à la conversion, qui permet d’inciter les ménages, particulièrement ceux aux revenus modestes, à acquérir des véhicules...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-17"> ¤ Ils accusent VW et sa société mère, Porsche SE, d’avoir informé trop tard des conséquences probables de la manipulation de millions de moteurs diesel.
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Dieselgate : des milliers d’actionnaires allemands réclament 9 milliards d’euros à Volkswagen

Ils accusent VW et sa société mère, Porsche SE, d’avoir informé trop tard des conséquences probables de la manipulation de millions de moteurs diesel.



LE MONDE
 |    10.09.2018 à 11h16
 • Mis à jour le
10.09.2018 à 16h12
    |

                            Cécile Boutelet (Berlin, correspondance)








                        



   


Impossible, vu l’intérêt suscité par les audiences, de rester dans les locaux étroits du tribunal de Brunswick (Basse-Saxe). Pour accueillir le premier grand procès d’actionnaires contre le groupe Volkswagen (VW), qui s’ouvre lundi 10 septembre, c’est la salle du congrès de la mairie, bien plus vaste, qui a été choisie. Outre le public curieux, le nombre de plaignants est considérable : près de deux mille actionnaires du groupe accusent VW et sa société mère, Porsche SE, d’avoir informé trop tard des conséquences probables de la manipulation de millions de moteurs diesel, en septembre 2015.
Regroupés dans une plainte collective derrière Deka, le fonds d’investissement des caisses d’épargne allemandes, ces actionnaires réclament à VW 9 milliards d’euros de dommages et intérêts. Il y a tout juste trois ans, ils avaient vu s’effondrer en quelques heures la valeur de leur investissement dans le capital du constructeur : le vendredi 18 septembre 2015, l’agence américaine pour l’environnement (EPA) publiait une déclaration (« notice of violation ») accusant Volkswagen d’avoir enfreint pendant plusieurs années les règlements américains en matière de protection de l’environnement, car ses moteurs diesel étaient équipés d’un logiciel illégal. La déclaration avait provoqué un effondrement de plus de 30 % du cours des actions Volkswagen.
Il a fallu attendre le mardi 22 septembre 2015 pour que le groupe publie une déclaration aux actionnaires, reconnaissant que 11 millions de véhicules diesel équipés du moteur EA189 dans le monde étaient « suspects » et annonçant que 6,5 milliards d’euros étaient mis en réserve en prévision d’éventuelles poursuites judiciaires.

        Sur le volet français du scandale :
         

          ce que dit le rapport d’expertise intermédiaire sur PSA et Renault



Insuffisance technologique et manipulation
Pour les actionnaires floués, cette information est arrivée bien trop tard : la direction de Volkswagen devait savoir depuis bien longtemps que ses moteurs diesel ne répondaient pas aux exigences environnementales définies par l’EPA et à quel risque s’exposait le constructeur. La présence d’une insuffisance sur une technologie-clé aurait suffi à faire descendre le cours de l’action, jugent les actionnaires, qui considèrent avoir payé bien trop cher leur investissement dans le groupe allemand.
L’avocat des plaignants, Andreas Tilp, estime que le groupe était conscient depuis 2008 qu’il n’était pas en mesure de mettre au point des moteurs conformes à la législation américaine. C’est ce constat d’échec, argumente-t-il, qui aurait généré la manipulation des moteurs.
Volkswagen ne pouvait anticiper la sévérité accrue des autorités américaines contre les violations de la loi sur l’air, argumentent les avocats du constructeur.
Selon le document qui sert de base à l’accord de compromis conclu début 2017 entre VW et la justice américaine (« statement of facts »), la fraude a en effet débuté le 6 juin 2008, date à laquelle le constructeur présente pour la première fois aux autorités américaines un véhicule équipé d’un logiciel trompeur. Au plus tard en mars 2014, lorsque l’institut américain ICCT révèle que les émissions réelles de gaz polluants des moteurs Volkswagen sont bien supérieures à celles officiellement annoncées, Volkswagen a commencé à dissimuler la vérité, jugent les plaignants.
Volkswagen, de son côté, voit évidemment les choses d’un autre œil. Le groupe considère que le procès qui s’ouvre à Brunswick n’est pas celui de toute l’affaire « dieselgate » et de ce que savaient ses responsables. La seule question, argumente l’avocat du groupe, Markus Pfüller, est de savoir si le groupe a correctement rempli son obligation d’information vis-à-vis des actionnaires. « Nous sommes convaincus que c’est le cas », estime M. Pfüller.
L’avocat dispose d’un argument qui pourrait jouer un rôle déterminant : le renforcement du régime d’amende des autorités américaines en cas de violation de la loi sur la pollution de l’air. Car, jusqu’à l’affaire Volkswagen, l’amende la plus forte jamais infligée dans le cas d’une violation similaire était relativement modeste – autour de 100 millions d’euros. C’est en tout cas la somme que le groupe sud-coréen Hyundai-Kia avait dû payer en 2014 aux autorités américaines, lorsqu’il fut établi qu’il avait donné de fausses informations sur la consommation de carburant de 1,2 million de ses véhicules, soit 85 euros par voiture. Mais l’affaire Volkswagen marque un changement de paradigme : les autorités américaines décident pour la première fois de punir bien plus lourdement les atteintes à l’environnement – la somme évoquée par l’EPA est alors de 37 500 euros par véhicule.
Un procès prévu pour plusieurs années
Volkswagen, argumentent les juristes du constructeur, n’aurait pas pu anticiper cette nouvelle sévérité. Le risque d’une amende de 100 millions d’euros ne nécessitait pas d’information aux actionnaires au vu du chiffre d’affaires du groupe, qui dépasse les 200 milliards d’euros. « Les juristes de VW ont tablé sur le fait, en août 2015, que les conséquences financières potentielles de la question du diesel seraient de taille raisonnable, puisque seuls 485 000 véhicules diesel aux Etats-Unis étaient concernés, » expliquent les avocats du groupe.
Certes, certains représentants du groupe avaient reconnu des infractions au droit américain dès le 3 septembre 2015, mais « les conséquences financières concrètes étaient encore incertaines ». Ce n’est que le 22 septembre 2015, quand l’ampleur des risques a été connue, que la direction a envoyé une information aux actionnaires.
L’argument sera-t-il entendu par les juges de Brunswick ? S’il est établi que Volkswagen, quelle que soit l’énormité de sa faute sur le fond, n’a pas enfreint délibérément les règles d’informations boursières, les actionnaires pourraient repartir les mains vides. Le procès doit durer plusieurs années.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-18"> ¤ Si François de Rugy, le successeur de Hulot, est réputé plus souple, ses convictions antinucléaires vont à l’encontre de la volonté de Macron de relancer cette filière, explique, dans sa chronique, Jean-Michel Bezat, journaliste au « Monde ».
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« Sur le nucléaire, un profond désaccord subsistera au sommet de l’Etat »

Si François de Rugy, le successeur de Hulot, est réputé plus souple, ses convictions antinucléaires vont à l’encontre de la volonté de Macron de relancer cette filière, explique, dans sa chronique, Jean-Michel Bezat, journaliste au « Monde ».



LE MONDE
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            Jean-Michel Bezat








                        



                                


                            

Nicolas Hulot soupirait souvent, la mine triste et le verbe las, en déambulant sous les ors de son ministère, l’hôtel de Roquelaure, à Paris. Depuis un an, il sentait bien que le compromis virait à la compromission. Le glyphosate, l’accord de libre-échange UE-Canada, la Montagne d’or en Guyane, le nucléaire, la chasse… Parfois, le ministre de la transition écologique et solidaire se lâchait devant un journaliste. « Je suis dans un putain de dilemme », notamment sur le nucléaire, confiait-il encore le 2 août à une journaliste de Libération, qui publiera ses états d’âme au lendemain de sa démission : « Soit je m’en vais, et ce sera bien pire, il y aura trois EPR de plus dans les prochaines années. Soit je reste, et il n’y aura pas le grand soir. »
Le grand soir attendra. Pour remplacer le saint Sébastien de l’écologie, Emmanuel Macron n’a pas réussi à convaincre un Vert de stricte observance de renier sa foi antinucléaire. Quel trophée – mais quel risque – s’il avait décroché Daniel Cohn-Bendit ! Et quelle cacophonie s’il avait nommé Pascal Canfin, le patron de WWF France pressenti pour le poste, qui dénonce « une énergie du passé », là où le président voit « un choix d’avenir » ! Peu de risque de dissonance avec le successeur de Hulot, François de Rugy, dont l’échine est plus souple et le propos moins apocalyptique.

Ses convictions antinucléaires, l’ex-président de l’Assemblée nationale les affirme pourtant depuis longtemps. Celui que ses détracteurs accusent d’être un défroqué de la vraie écologie s’était prononcé en 2016 pour « la disparition du nucléaire à horizon 2040 », dénonçant le candidat Macron comme un homme du passé sur ce point. A peine nommé, Rugy a admis qu’il n’est « pas simple » de dresser la liste des centrales à fermer. Et prudemment renvoyé à la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), qui doit être dévoilée fin octobre.
La troisième...



                        

                        


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Séisme au Japon : le bilan s’élève à 44 morts

Plus aucune victime n’est portée disparue après le tremblement de terre de magnitude 6,6 qui a touché l’île de Hokkaido jeudi. 2 700 personnes sont encore hébergées dans des refuges.



LE MONDE
 |    10.09.2018 à 08h47
 • Mis à jour le
10.09.2018 à 08h54
   





                        



   


Le bilan du séisme de magnitude 6,6, qui a frappé jeudi 6 septembre l’île de Hokkaido, dans le nord du Japon, s’établit désormais à 44 morts et plus aucune personne n’est portée disparue, a annoncé le gouvernement lundi 10 septembre.
Environ 40 000 secouristes (pompiers, policiers, soldats) restent, cependant, sur place pour apporter de l’aide aux habitants, dont plus de 2 700 sont encore hébergés dans des refuges.
La majorité des décès ont été recensés dans le village d’Atsuma, niché au pied des montagnes, où des maisons ont été ensevelies par un énorme glissement de terrain provoqué par le tremblement de terre.
Précipitations attendues
« Le gouvernement va prendre toutes les mesures nécessaires afin que chacun puisse retrouver une vie normale et sûre dès que possible », a déclaré le porte-parole du gouvernement, Yoshihide Suga, lors d’un point de presse. Il a aussi appelé les habitants à être vigilants, alors que des précipitations sont attendues dans la région, ce qui pourrait entraîner des coulées de boue.
Le premier ministre, Shinzo Abe, qui s’était rendu dimanche sur place, a promis de « faire de son mieux » pour remettre en état les régions affectées par les récentes catastrophes naturelles.
Le Japon est situé à la jonction de quatre plaques tectoniques et subit chaque année quelque 20 % des séismes les plus forts recensés dans le monde. Juste avant le séisme de Hokkaido, l’ouest du pays avait été touché par un violent typhon qui a fait onze morts et conduit à la fermeture de l’aéroport du Kansai (Osaka).
Début juillet, l’archipel a également subi des pluies d’une ampleur exceptionnelle qui avaient provoqué inondations et glissements de terrain, tuant plus de 220 personnes.

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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-20"> ¤ Près de 200 personnes s’opposaient au démarrage du chantier d’une autoroute de 24 kilomètres, qui doit contourner la ville à l’ouest.
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Opération d’évacuation d’une ZAD près de Strasbourg

Près de 200 personnes s’opposaient au démarrage du chantier d’une autoroute de 24 kilomètres, qui doit contourner la ville à l’ouest.



LE MONDE
 |    10.09.2018 à 06h39
 • Mis à jour le
10.09.2018 à 14h28
   





                        



   


Plus de 500 gendarmes mobiles ont évacué à l’aube, lundi 10 septembre, quelque 200 « zadistes » qui tentaient de s’opposer au démarrage du chantier d’une rocade autoroutière autour de Strasbourg.
Les forces de l’ordre sont intervenues pour repousser à l’aide de leurs boucliers et de gaz lacrymogène une centaine de manifestants massés aux abords de cette « zone à défendre » (ZAD) jusqu’à l’entrée du village de Kolbsheim, quelques centaines de mètres plus loin.
Constructions en cours de démolition
Les gendarmes se sont attaqués avec des tronçonneuses aux barricades de fortune, faites de bois et de pneus, que les opposants avaient érigées sur la route départementale 93 survolée sans discontinuer par un hélicoptère. Un gendarme a également utilisé un coupe-boulon pour sectionner la chaîne qui liait une manifestante à un arbre, tandis que des dizaines d’autres membres des forces de l’ordre se tenaient prêts à intervenir, aux abords d’un moulin où se sont barricadés des manifestants.
Deux heures après le début de l’intervention, le périmètre de la ZAD était bouclé par les forces de l’ordre et, selon plusieurs militants, plus personne n’était présent sur le site. « Les occupants irréguliers ont été écartés » et « les constructions illégales sont en cours de démolition », a confirmé la préfecture dans un communiqué. Il n’y a pas eu d’interpellation, a-t-elle précisé.
Dany Karcher, le maire de Kolbsheim, commune sur laquelle la ZAD était installée depuis près d’un an, et plusieurs autres élus ont commencé des discussions avec la gendarmerie et le secrétaire général de la préfecture du Bas-Rhin, Yves Séguy. « Tout ce que nous demandons, (…) c’est qu’on reporte les éventuels travaux », le temps que tous les recours judiciaires aient été jugés, a déclaré Dany Karcher. « La résistance est là », a lancé le maire, dénonçant « la violence, du côté des forces de l’ordre » et l’usage de gaz lacrymogène contre les élus.
Projet abandonné et relancé depuis les années 70
Après une suspension d’un an du projet, le préfet de la région Grand Est, Jean-Luc Marx, avait finalement donné à la fin d’août son accord à la construction par une filiale du groupe Vinci et la Sanef de ce contournement autoroutier de 24 kilomètres, à l’ouest de Strasbourg.
Le grand contournement ouest de Strasbourg (GCO), évoqué dès les années 1970, régulièrement abandonné avant d’être relancé à la fin des années 1990, a pour but de délester l’autoroute 35 (A35) en absorbant le trafic du nord au sud de l’Alsace.
Les détracteurs du projet soulignent qu’il entraînera la consommation de nombreuses terres agricoles et la mise en danger d’espèces protégées, dont le grand hamster d’Alsace.
Plusieurs responsables écologistes, dont l’eurodéputé Europe Ecologie-Les Verts Yannick Jadot, avaient appelé à la fin d’août Nicolas Hulot, encore ministre de la transition écologique, à s’opposer à ce « grand projet inutile » et dangereux pour l’environnement, comme il s’était « battu contre Notre-Dame-des-Landes ». Les travaux devraient commencer par des opérations de déboisement et de fouilles archéologiques.

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