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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-1"> ¤ Editorial. Les députés européens doivent se prononcer, mercredi, sur une directive visant à moderniser le copyright. C’est un enjeu essentiel pour les éditeurs de presse, l’industrie musicale et la production audiovisuelle.
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Google, Facebook : menaces sur l’information

Editorial. Les députés européens doivent se prononcer, mercredi, sur une directive visant à moderniser le copyright. C’est un enjeu essentiel pour les éditeurs de presse, l’industrie musicale et la production audiovisuelle.



LE MONDE
 |    11.09.2018 à 11h31
 • Mis à jour le
11.09.2018 à 18h18
   





                        


Editorial du « Monde ». Le Parlement européen va procéder, mercredi 12 septembre, à un vote important pour l’avenir de la presse et celui de la création artistique. Les élus sont invités à se prononcer sur une directive visant à moderniser le copyright, les règles européennes existantes ayant été établies avant que l’Internet ne devienne un vecteur majeur de diffusion des contenus protégés par des droits d’auteur.
La Commission européenne, à l’origine de ce texte, part d’une intention louable : rendre plus aisé l’accès en ligne des contenus, notamment aux chercheurs, en dépoussiérant un système du copyright excessivement complexe. En parallèle, il s’agit de redonner du pouvoir de négociation aux ayants droit (éditeurs de presse ou de musique, production audiovisuelle) vis-à-vis de la domination des géants du Web, qui utilisent ces contenus à vil prix.
Deux articles concentrent les débats autour de ce nécessaire rééquilibrage. L’article 11 propose de conférer aux éditeurs de presse un « droit voisin », c’est-à-dire proche de celui des droits d’auteur, qui leur permettrait de réclamer une rétribution aux plates-formes diffusant des liens hypertextes vers leurs contenus.
L’article 13 recommande que les plates-formes diffusant des contenus téléchargés par les internautes « prennent des mesures (…) appropriées et proportionnées » pour faire respecter leurs accords avec les titulaires de droits, dès lors que les contenus téléchargés reproduisent des œuvres protégées par le copyright.
Un défi démocratique majeur
Depuis, le débat s’intensifie entre les géants du Web et les tenants d’un Internet « libre » d’un côté, les éditeurs et les ayants droit de l’autre. Les premiers, criant à la censure et dénonçant une future « taxe » sur les liens hypertextes, ont fait basculer le vote des eurodéputés contre le texte début juillet. Faux, protestent les seconds : les éditeurs n’ont pas l’intention de faire payer systématiquement les liens vers leurs contenus. Quant au filtrage des contenus, il existe déjà, et personne ne crie à la censure.
Certes, le texte est loin d’être parfait. Dans la version une première fois amendée par le Parlement européen, l’article 13, trop vague, risquait d’imposer une charge administrative trop lourde sur les petits sites de téléchargement, voire de faire porter la responsabilité du non-respect du copyright sur les internautes. La version renégociée ces derniers jours à Strasbourg devrait tenir compte de ces inquiétudes.

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                Ce que propose concrètement la directive européenne « copyright »



L’article 11 ne résoudra pas non plus à lui seul toutes les difficultés de la presse. Des mesures assez semblables, mises en place en Espagne et en Allemagne, se sont soldées par des échecs. Le changement d’échelle du dispositif, à la taille de l’UE, garantirait-il son succès ? C’est loin d’être gagné, face à des mastodontes peu concernés par la défense de la qualité de l’information.
L’adoption de cette directive, après le long débat qu’elle a suscité, n’en constituerait pas moins un signal supplémentaire dans une prise de conscience qui ne cesse de grandir. Ce qui menace l’information, ce n’est pas tant l’exploitation des liens par les moteurs de recherche et les réseaux sociaux, c’est le fait que Google et Facebook absorbent chaque année plus de 100 % de la croissance de la publicité. Leur duopole a asséché ces ressources en cassant les prix et en collectant des données personnelles à une échelle jamais imaginée. Ce déséquilibre flagrant soulève un défi démocratique majeur. C’est cette situation de domination sans partage qu’il faut désormais remettre en cause.

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                A Bruxelles, l’intense guerre des lobbys autour de la directive « copyright »




Notre sélection d’articles et points de vue sur la directive sur les droits d’auteurs
Le Parlement européen va se pencher, mercredi 12 septembre, sur une réforme très contestée du copyright. Ce texte peut avoir des conséquences directes sur l’utilisation d’Internet. Retrouvez nos principaux contenus sur le sujet :
Qu’est-ce que la directive sur le droit d’auteur ?Que peut changer la directive européenne sur le droit d’auteur pour les internautes ?C’est un vote important pour l’avenir de la presse et celui de la création artistique estime l’éditorial du « Monde » : Google, Facebook : menaces sur l’informationDes personnalités appellent les députés européens à voter en faveur de la directive : plusieurs ministres européens, dont Monika Grütters (Allemagne) et Françoise Nyssen (France), le PDG de l’agence de presse AFP Fabrice Fries, le directeur général de la Sacem, Jean-Noël Tronc, une quarantaine de députés LRM, LR, Modem et Constructifs...D’autres s’y opposent comme le producteur de musique Pascal Nègre, et le chercheur Félix Tréguer, qui dénonce une « censure ». 





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-2"> ¤ Fabrice Fries, le PDG de l’AFP, assume son lobbying en faveur de la directive européenne sur le droit d’auteur.
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Fabrice Fries : « Les GAFA doivent accepter un partage de la valeur »

Fabrice Fries, le PDG de l’AFP, assume son lobbying en faveur de la directive européenne sur le droit d’auteur.



LE MONDE
 |    11.09.2018 à 11h24
 • Mis à jour le
11.09.2018 à 18h20
    |

            François Bougon et 
Alexandre Piquard








                        



                                


                            

L’Agence-France-Presse s’est fortement engagée pour l’adoption de la directive européenne sur le droit d’auteur, qui instaure un filtrage des contenus en ligne et un « droit voisin » susceptible de permettre aux éditeurs de presse de négocier des revenus avec les plateformes numériques des « GAFA » (Google, Amazon, Facebook ou Apple). Fabrice Fries, nouveau PDG depuis avril et ancien président de Publicis Consultants, espère que le Parlement européen, qui a rejeté le texte en juillet, l’adoptera ce mercredi 12 septembre.

Les députés européens qui ont rejeté en juillet la directive sur le droit d’auteur sont-ils dans l’erreur ?
Oui. Je ne comprends pas qu’on doive lutter pour ce qui devrait tomber sous le sens : la fin de la reprise de nos contenus sans compensation par des plateformes numériques qui récupèrent au passage la quasi-intégralité des revenus publicitaires associés à une production dont elles ne sont en rien à l’origine. Que cette question suscite de telles crispations me laisse pantois. Refuser de nouveau le texte serait un mauvais coup pour l’image du Parlement européen.
Quels revenus espérez-vous tirer d’un tel droit voisin ?
Je n’en ai aucune idée. Nous n’en sommes pas à nous partager un éventuel gâteau. D’ailleurs, il ne représentera peut-être que des miettes, si certains amendements soumis au vote en restreignent le champ d’application. C’est d’abord une question de principe. L’enjeu est de redonner de la valeur à l’information dans l’environnement numérique. L’information honnête et vérifiée devient un produit de luxe. Comme l’industrie du luxe, nous devons lutter contre la contrefaçon, en l’espèce incarnée par les GAFA.
De quels contenus parlez-vous : de dépêches AFP copiées-collées intégralement sur Facebook ? De simples reprises de lien vers un article, avec titre et chapeau ?
Il s’agit des contenus d’éditeurs et d’agences indexés sur les...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-3"> ¤ L’ONG souhaite convaincre les démocraties de s’engager fermement dans ce projet, à l’heure où la liberté d’informer est confrontée à de multiples menaces.
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Reporters sans frontières lance le projet d’un « pacte international pour l’information et la démocratie »

L’ONG souhaite convaincre les démocraties de s’engager fermement dans ce projet, à l’heure où la liberté d’informer est confrontée à de multiples menaces.



LE MONDE
 |    11.09.2018 à 09h00
    |

            Damien Leloup








                        


Des Prix Nobel (Joseph Stiglitz, Mario Vargas Llosa) ; des journalistes de renom (la Prix Pulitzer Ann Marie Lipinski) : l’organisation de défense de la liberté de la presse Reporters sans frontières (RSF) réunit mardi 11 septembre à Paris une commission de vingt-cinq personnalités de renom qu’elle a chargées de travailler à la rédaction d’une future « déclaration sur l’information et la démocratie ».
Soixante-dix ans après la Déclaration universelle des droits de l’homme, RSF a confié à ce comité hors norme la mission d’élaborer un texte « qui aura pour objet d’énoncer des principes, de définir des objectifs et de proposer des modalités de gouvernance » afin de « mobiliser tous ceux qui sont attachés à préserver un espace public libre et pluraliste, condition de la démocratie ».
La future déclaration vise à fédérer l’engagement non seulement d’Etats mais aussi d’entreprises privées. « Il y a urgence » pour Christophe Deloire, secrétaire général de RSF et coprésident, avec la Prix Nobel de la paix Shirin Ebadi, de la commission qui rédigera le texte.
« Les garanties démocratiques sur l’information sont en péril ; les frontières ont été balayées, qu’il s’agisse des garanties posées par les lois nationales, des séparations entre les contenus publicitaires et éditoriaux ou par la concurrence déloyale, comme celle des régimes despotiques qui exportent des informations fausses tout en contrôlant l’information qui parvient à leurs citoyens. La crise est systémique. »
Les plates-formes numériques sont concernées
RSF espère pouvoir reposer les principes fondamentaux du droit à l’information, et obtenir des engagements fermes de gouvernements d’Etats démocratiques pour faire également pression sur des régimes moins libéraux. Si l’initiative est lancée par RSF, la commission sera indépendante de l’organisation.
Le texte final devrait être prêt d’ici à novembre, avant la réunion à Paris de près d’une centaine de chefs d’Etat pour les cérémonies du centième anniversaire de l’armistice qui mit fin à la première guerre mondiale. RSF a déjà noué des contacts avec sept chefs d’Etat, « sur tous les continents », pour leur demander de soutenir la démarche et de signer le futur « pacte international pour l’information et la démocratie ».
Le document final cherchera aussi à obtenir l’adhésion au « pacte » de grandes entreprises du numérique, qui comptent aujourd’hui parmi les plus importants diffuseurs d’informations. Les Etats ont un rôle à jouer, mais les géants de l’Internet aussi, estime Christophe Deloire.
« Les plates-formes numériques sont des éléments structurants de l’espace public ; ce sont elles qui créent les espaces de discussion et de choix. Ce qui ne veut pas dire qu’elles sont néfastes ; simplement, en tant que consommateurs, nous avons accepté beaucoup de choses auxquelles nous n’avons pas suffisamment réfléchi en tant que citoyens. »
La commission, qui commence ses travaux mardi 11 septembre, comptera plusieurs spécialistes du numérique, dont le président du CNRS, Antoine Petit, la militante des droits des internautes Nighat Dad ou encore le théoricien du concept de « bulle de filtre » sur les réseaux sociaux, Eli Pariser.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-4"> ¤ Une centaine de personnalités – scientifiques, artistes, militants, même l’Eglise catholique – réclament l’interdiction immédiate de tous les pesticides de synthèse.
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« Nous voulons des coquelicots » : l’appel contre les pesticides lancé dans « Charlie Hebdo »

Une centaine de personnalités – scientifiques, artistes, militants, même l’Eglise catholique – réclament l’interdiction immédiate de tous les pesticides de synthèse.



LE MONDE
 |    11.09.2018 à 03h16
 • Mis à jour le
11.09.2018 à 14h28
    |

            Stéphane Foucart








                        



   


C’est peut-être la première fois qu’un prélat de l’Eglise catholique s’associe à un texte publié par Charlie Hebdo. L’hebdomadaire satirique devait rendre public, mercredi 12 septembre, un appel demandant l’interdiction immédiate de tous les pesticides de synthèse, soutenu par diverses personnalités, dont Marc Stenger… l’évêque de Troyes. Intitulé « Nous voulons des coquelicots » et lancé par le chroniqueur Fabrice Nicolino, rescapé de l’attentat du 7 janvier 2015, l’appel se veut non partisan et entend initier « un grand mouvement en faveur de la vie », selon M. Nicolino. « Ce n’est ni l’appel de Charlie ni le mien, dit-il. C’est un appel lancé par des humains à d’autres humains. »
A l’heure actuelle, poursuit le chroniqueur, « le texte est signé par cent personnes qui ne sont pas particulièrement connues ou médiatiques, mais qui sont le reflet de la société française ». Le texte est néanmoins, d’ores et déjà, endossé par des associations, des personnalités scientifiques ou du monde médical, ou encore issues de l’univers du spectacle. M. Nicolino cite notamment Greenpeace, la Fondation GoodPlanet de Yann Arthus-Bertrand, la fédération d’associations France Nature Environnement, l’animateur Laurent Baffie, la chanteuse Emily Loizeau, le docteur Pierre-Michel Périnaud, président de l’association Alerte des médecins sur les pesticides (ALMP), forte de 1 200 membres, Didier Robiliard, le président de l’association France-Parkinson, ou encore le sénateur Joël Labbé (EELV).
« Nous ne reconnaissons plus notre pays »
« Il y a des gens de gauche, mais aussi des personnalités proches de la droite catholique, résume M. Nicolino. Ce n’est pas un nouvel appel à destination de la galaxie écolo. Il doit pouvoir être signé par toute personne qui ne veut pas vivre dans un monde où les gens sont de plus en plus malades, dans un monde sans oiseaux, sans insectes, sans coquelicots… » Le texte en lui-même est très bref. « Nous ne reconnaissons plus notre pays ; la nature y est défigurée, y lit-on. Le tiers des oiseaux ont disparu en quinze ans, la moitié des papillons en vingt ans ; les abeilles et les pollinisateurs meurent par milliards. Les grenouilles et les sauterelles sont comme évanouies ; les fleurs sauvages deviennent rares. Ce monde qui s’efface est le nôtre et chaque couleur qui succombe, chaque lumière qui s’éteint est une douleur définitive. Rendez-nous nos coquelicots ! Rendez-nous la beauté du monde ! »

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                Les deux tiers des résidus de pesticides dans l’alimentation sont des perturbateurs endocriniens potentiels



Le caractère radical de l’exigence portée par l’appel – l’interdiction des centaines de produits phytosanitaires issus de la chimie de synthèse – n’a pas dissuadé le docteur Pierre-Michel Périnaud d’y apposer sa signature. « Il y a quelques années, je n’aurais pas adhéré à une telle demande, et j’aurais opposé une méthode plus pragmatique consistant à examiner les produits un par un, confie-t-il. Mais ce que l’on constate à mesure que les connaissances avancent, c’est que ce système d’évaluation, promu et imposé par l’industrie, et qui raisonne substance active par substance active, ne permet pas d’évaluer les risques réels. Il faudrait un demi-siècle pour réformer ce système, qui ne contrôle plus rien. Poser d’emblée la sortie des pesticides de synthèse permet de se placer dans un autre cadre d’action. »
Une action au long cours
Les premiers signataires entendent faire vivre l’appel pendant plusieurs mois et se fixent comme objectif de rassembler cinq millions de signatures en deux ans, par le truchement d’un site Internet en préparation. Une petite cocarde en tissu, en forme de coquelicot, est aussi en cours de fabrication. Fabrice Nicolino espère qu’elle deviendra rapidement à la défense de l’environnement ce que la petite main jaune arborant le « Touche pas à mon pote » de SOS-Racisme a été à l’antiracisme. D’autres initiatives sont en cours. Emily Loizeau confie travailler à l’écriture d’une chanson qui, « si le résultat est à la hauteur de la cause », dit-elle, accompagnera le mouvement. Un bref ouvrage en forme de plaidoyer, coécrit par Fabrice Nicolino et le militant anti-pesticides François Veillerette, paraît également ces jours-ci (Nous voulons des coquelicots, LLL, 126 p., 8 €).
Outre la publication de l’appel, Charlie Hebdo consacrera l’ensemble de son édition du 12 septembre aux pesticides et publiera les résultats de l’analyse de mèches de cheveux prélevées dans la rédaction, dans lesquelles des traces de « phytos » ont été recherchées. « Tout le monde en est farci », prévient Fabrice Nicolino.

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                Mort de Fabian Tomasi, militant anti-pesticides dont le corps était devenu une arme






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-5"> ¤ Le fonds activiste américain a répondu, lundi 10 septembre, aux critiques du groupe de Vincent Bolloré qui dénonçait une « gestion désastreuse » de l’opérateur italien
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Telecom Italia : les deux actionnaires Vivendi et Elliott s’écharpent

Le fonds activiste américain a répondu, lundi 10 septembre, aux critiques du groupe de Vincent Bolloré qui dénonçait une « gestion désastreuse » de l’opérateur italien



LE MONDE
 |    10.09.2018 à 18h11
 • Mis à jour le
11.09.2018 à 11h43
    |

            Sandrine Cassini








                        



                                


                            
Quatre mois après leur union forcée, les noms d’oiseau continuent de fuser entre le fonds américain Elliott et Vivendi, qui siègent au conseil d’administration de Telecom Italia. Le groupe de Vincent Bolloré a publié, le 5 septembre, un communiqué au vitriol dénonçant la « gestion désastreuse de Telecom Italia » par le fonds américain.
Lundi 10 septembre, Elliott est sorti du bois. « Comment Vivendi peut-il se dédouaner de ses responsabilités alors qu’il a été aussi longtemps aux affaires ? », s’interroge l’américain, qui rappelle à Vivendi que c’est le groupe français lui-même qui a nommé l’actuel directeur général, l’Israëlo-Brésilien, Amos Genish.
Enfin, le fonds rappelle qu’il n’a jamais promis un doublement du cours de Bourse, comme l’affirme Vivendi, mais une augmentation du titre, à condition que ses recommandations soient adoptées. Ce qui n’a pour le moment pas été fait par le conseil. « Nous sommes en train d’exécuter un plan conçu et approuvé par Vivendi », a affirmé, vendredi 7 septembre, le président de Telecom Italia, choisi par Elliott, Fulvio Conti.
Perte de 38 % en Bourse
Le 4 mai, Vivendi, premier actionnaire de Telecom Italia avec 24 % du capital, a perdu la majorité au conseil d’administration au profit d’Elliott. Le groupe français n’exclurait pas de convoquer une nouvelle assemblée générale afin de bouter hors du groupe cet encombrant actionnaire. A ce stade, aucune décision ne semble prise.
Depuis l’arrivée d’Elliott, le titre Telecom Italia a perdu 38 % en Bourse. Plus qu’une mauvaise gestion, cette dégringolade est d’abord à mettre sur le compte de l’arrivée d’Iliad (dont Xavier Niel, le fondateur, est actionnaire du Monde) sur le marché italien, le 29 mai. En quelques mois, la marque française a conquis 2 millions de clients grâce à des prix cassés sur le mobile. « Jusque-là, Telecom Italia s’est montré assez résilient par rapport à Vodafone et Wind Tre. Mais Iliad a détérioré...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-6"> ¤ L’Américain, personnalité de l’extrême droite américaine, avait déjà été banni de plusieurs grandes plates-formes comme YouTube, Twitter et Facebook.
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Apple bannit Infowars Original, l’application du complotiste Alex Jones

L’Américain, personnalité de l’extrême droite américaine, avait déjà été banni de plusieurs grandes plates-formes comme YouTube, Twitter et Facebook.



LE MONDE
 |    10.09.2018 à 12h06
   





                        



   


Au lendemain de la suspension de ses comptes Twitter et Periscope, l’animateur américain d’extrême droite Alex Jones a vu Apple bannir de manière permanente son application Infowars Original de l’App store, vendredi 7 septembre. Si Infowars Original reste disponible aux personnes l’ayant déjà téléchargée, elle n’est aujourd’hui plus trouvable dans le portail d’applications officiellement accessibles sur iPhone et iPad.
Interrogée par le New York Times, une porte-parole d’Apple a fait savoir que cette suspension avait été décidée en raison des règles générales concernant les applications Apple, qui ne doivent pas proposer de contenu « offensant, insensible, dérangeant, destiné à dégoûter ou d’un goût exceptionnellement mauvais ». La porte-parole n’a pas précisé quels contenus étaient précisément concernés sur l’application Infowars Original.
Le 9 août, cette dernière s’était hissée à la troisième place du classement iTunes des applications d’actualité, notait le Washington Post. Un intérêt qui avait pu s’expliquer par la fermeture de divers comptes populaires d’Alex Jones sur YouTube et Facebook, ainsi que par la suppression de ses podcasts iTunes par Apple.
Le bannissement d’Infowars Original de l’App Store est le dernier coup porté par les grandes plates-formes du Web contre Alex Jones, qui s’est fait connaître par ses diatribes complotistes et son soutien sans réserve à Donald Trump, qu’il poste régulièrement dans son média alternatif. L’application Infowars Original reste, cependant, accessible sur Google Play, le portail d’applications disponibles pour les appareils Android.

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                Alex Jones, figure de proue du conspirationnisme américain






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-7"> ¤ En partenariat avec la région, la chaîne lance un canal 100 % régional sur les box et le Net.
<filname="PROF-0,2-3236,1-0,0-7"> ¤                     
                                                   
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En Nouvelle Aquitaine, le pari de France 3

En partenariat avec la région, la chaîne lance un canal 100 % régional sur les box et le Net.



LE MONDE
 |    10.09.2018 à 11h45
    |

            François Bougon (Bordeaux, envoyé spécial)








                        



                                


                            

Comment inventer une télévision de service public 100 % régionale, au moment où le gouvernement exige de France 3 trois fois plus de programmes locaux et « en même temps » des réductions budgétaires ? L’une des premières réponses s’appelle NoA : comme Nouvelle-Aquitaine, où cette télé, soutenue par le conseil régional, est lancée, mardi 11 septembre, à destination des six millions d’habitants de cette collectivité née en 2016 de la fusion de l’Aquitaine, du Limousin et du Poitou-Charentes.
C’est un serpent de mer de l’audiovisuel français : doter les régions de chaînes dites « de plein exercice ». La dernière tentative avait eu lieu au début des années 2000 avec le projet de transformer France 3 en un réseau de huit chaînes régionales sur la TNT. Seul a émergé un canal en Corse. NoA, c’est donc une première sur le territoire métropolitain. Mais, faute de disposer d’un budget mirobolant, elle sera proposée sur les box des opérateurs et sur le site de France 3 Nouvelle-Aquitaine.
Tout commence au printemps 2017 avec le lancement d’un appel d’offres de la région pour un service public audiovisuel destiné à bâtir l’identité de cette jeune collectivité, que France 3 Nouvelle-Aquitaine a remporté. Un contrat d’objectifs et de moyens (COM), pour la période 2018-2020, est signé en avril, accordant plus d’un million d’euros pour des coproductions avec des sociétés régionales. Pas question cependant, affirme-t-on, d’être une chaîne de promotion du conseil régional. « Ce n’est pas la chaîne Rousset », se défend son président, le socialiste Alain Rousset. Ainsi, l’information, qui sera, bien sûr, présente sur NoA, n’est pas concernée par le COM.
Accord d’expérimentation
Pour France 3, c’est aussi l’opportunité d’essayer de nouveaux modes d’organisation et de production. « Si on veut faire NoA, il faut qu’on change les pratiques professionnelles, les outils », explique Laurence Mayerfeld, directrice de France 3 Nouvelle-Aquitaine....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-8"> ¤ L’entreprise a annoncé dimanche soir le départ de Leslie Moonves, accusé par six nouvelles femmes d’agressions sexuelles dans les colonnes du « New Yorker ».
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Article sélectionné dans La Matinale du 09/09/2018
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Accusé d’abus sexuels, le PDG de CBS, la première chaîne américaine, quitte son poste

L’entreprise a annoncé dimanche soir le départ de Leslie Moonves, accusé par six nouvelles femmes d’agressions sexuelles dans les colonnes du « New Yorker ».



LE MONDE
 |    10.09.2018 à 03h15
 • Mis à jour le
10.09.2018 à 09h38
   





                        



   


La chaîne CBS, première chaîne de télévision américaine, a annoncé dimanche 9 septembre au soir le départ de son PDG, Leslie Moonves, « avec effet immédiat », après de nouvelles accusations d’abus sexuels publiées dans le New Yorker.
Le PDG de 68 ans, aux commandes de CBS depuis quinze ans, avait déjà été accusé à la fin de juillet de harcèlement par six femmes. Dans l’article publié dimanche par le New Yorker, six autres femmes accusent désormais le patron de fellations forcées et de violences. Certaines femmes ont aussi accusé M. Moonves d’avoir entravé leur carrière après qu’elles eurent repoussé ses avances.
Accusations « épouvantables »
L’une de ces femmes, Phyllis Golden-Gottlieb, a porté plainte en 2017 auprès de la police de Los Angeles, qui a jugé ses accusations crédibles mais a décidé de ne pas inculper M. Moonves car l’agression supposée était vieille et tombait sous le coup de la prescription, selon Ronan Farrow, auteur de l’article du New Yorker et à la pointe des révélations du mouvement #metoo. M. Moonves avait néanmoins démenti auprès du New Yorker ces accusations « épouvantables ».
Il avait assuré avoir eu des relations consenties avec trois des femmes citées par le magazine, avant son arrivée chez CBS, et dénoncé un « effort concerté » pour « détruire mon nom, ma réputation, ma carrière ».
M. Moonves est remplacé à la tête du premier network américain par son adjoint, Joseph Ianniello, a précisé CBS, en annonçant également le remplacement de cinq des membres de son conseil d’administration.
Indemnités ?
Le départ de M. Moonves, longtemps célébré par Wall Street pour avoir fait de CBS le plus populaire des médias, est venu clore plusieurs jours d’intenses spéculations sur son sort.
CBS a fait savoir dimanche qu’elle ne paierait « aucune indemnité à ce stade », et que l’indemnité éventuelle ne serait déterminée qu’une fois terminée l’enquête indépendante que la chaîne a demandé à des avocats extérieurs sur les accusations à l’encontre de M. Moonves.
Plusieurs médias américains, citant des sources proches du dossier, avaient évoqué avant dimanche un montant d’environ 100 millions de dollars. Une somme qui avait choqué les partisans du mouvement #metoo et certaines de ses accusatrices. « C’est complètement dégoûtant, a ainsi déclaré une des accusatrices, Jessica Pallingston, au New Yorker. Il devrait prendre cet argent et le donner à des associations de victimes d’abus sexuels. »
CBS règle ses litiges
Outre le départ de M. Moonves, la chaîne américaine a annoncé simultanément la fin de son litige avec la famille Redstone, qui contrôle 80 % du capital de CBS, né de leur désaccord sur la volonté de la famille de fusionner CBS avec Viacom, un autre groupe de médias qu’elle possède
La famille Redstone avait assigné CBS en justice, en l’accusant de vouloir diluer ses droits de vote à quelque 20 % seulement, ce qui devait déboucher sur un procès au début d’octobre.
Cette fusion Viacom-CBS semble désormais écartée. Les Redstone ont « confirmé n’avoir aucun plan de proposer une fusion de CBS et Viacom et convenu qu’ils ne feraient aucune proposition de ce genre pendant au moins deux ans à compter de la date de l’accord » à l’amiable annoncé dimanche soir, a précisé le communiqué de CBS dimanche.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-9"> ¤ Evoquant un « hasard », la BBC explique avoir recherché « les personnes les plus pertinentes » pour sa nouvelle émission politique.
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Article sélectionné dans La Matinale du 08/09/2018
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En Angleterre, un plateau télé composé uniquement de femmes offusque des internautes

Evoquant un « hasard », la BBC explique avoir recherché « les personnes les plus pertinentes » pour sa nouvelle émission politique.



LE MONDE
 |    08.09.2018 à 19h11
 • Mis à jour le
10.09.2018 à 17h03
   





                        



   


Six femmes sur un plateau de télévision. L’événement est si rare qu’il n’est pas passé inaperçu, non pas pour saluer la présence d’expertes habituellement boudées dans les médias, mais au contraire pour dénoncer l’absence de présence masculine.
En effet, en constatant que le plateau du premier numéro de la nouvelle émission politique de la BBC, « Politics Live », diffusé le 3 septembre, était composé uniquement de femmes, de nombreux internautes ont réagi avec véhémence sur les réseaux sociaux cette semaine, dénonçant une forme de sexisme.
« Un hasard ! », a assuré sur Twitter Rob Burley, responsable du nouveau programme de débat politique, dès le soir de la diffusion.

And - genuinely - it didn't even happen by design! https://t.co/0n4t1MQurD— RobBurl (@Rob Burley)


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Et d’ajouter auprès de Franceinfo :
« Ça s’est produit parce qu’on a cherché les personnes les plus pertinentes et qui étaient disponibles pour venir dans l’émission. Nous avons beaucoup de travail en tant que société, si on ne veut plus avoir cette attitude sexiste de dire aux femmes ce qu’elles ont le droit de faire ou ne pas faire. »

        Sur la diversité dans les médias :
         

          « Il faut s’interroger sur la division genrée et raciale du travail journalistique »



Sexisme
Les messages postés sur les réseaux sociaux sont en effet à rebours des changements réclamés, à l’aune du mouvement Metoo, pour plus d’expertes sur les plateaux de télévision. « Un plateau de six femmes est sûrement sexiste contre les hommes. Bien entendu, les femmes sont sous-représentées dans certaines parties des médias, mais pourquoi les hommes et leurs idées devraient-ils être exclus de la conversation ? », a ainsi commenté un internaute sur Twitter.
« C’est une blague ? Que des femmes… », a réagi un autre, tandis que certains considéraient que les femmes n’avaient pas le droit de cité sur des sujets politiques, devant être reléguées à des thèmes plus frivoles.
Plusieurs internautes ont toutefois souligné l’absurdité de telles remarques, rappelant qu’il arrive régulièrement que les émissions de télévision soient composées uniquement d’hommes, sans que cela offusque la gent masculine. A l’instar du journaliste britannique Adam Bienkov.

Very much enjoying the sheer fury of men suddenly discovering they care about equal gender representation on televi… https://t.co/4EXkJO9NHR— AdamBienkov (@Adam Bienkov)


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« Du calme, demain ça sera un plateau mixte », avait tweeté, non sans ironie, Rob Burley pour annoncer le deuxième numéro de son émission.

#politicslive tomorrow. Relax, it’s ok, it’s a mixed panel including @trussliz @jessphillips Tim Martin and @AndrewMarr9 1215 BBC2— RobBurl (@Rob Burley)


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-10"> ¤ En réponse à la tribune de Sammy Ketz, directeur du bureau de l’AFP à Bagdad, publiée dans « Le Monde » du 28 août, Giuseppe de Martino, responsable d’un média en ligne, s’oppose à la création de cette rémunération des éditeurs de presse.
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Directive sur les droits d’auteur : « Le “droit voisin” est une hydre à multiples têtes »

En réponse à la tribune de Sammy Ketz, directeur du bureau de l’AFP à Bagdad, publiée dans « Le Monde » du 28 août, Giuseppe de Martino, responsable d’un média en ligne, s’oppose à la création de cette rémunération des éditeurs de presse.



LE MONDE
 |    07.09.2018 à 14h00
    |

Giuseppe de Martino (Président de l’Association des services Internet communautaires (ASIC) et du média en ligne Loopsider)







                        



                                


                            
Tribune. Avec le vote au Parlement européen le 12 septembre du projet de directive sur les droits d’auteur, l’intense lobbying des industries culturelles revoit le jour. S’inquiétant pour la démocratie, plusieurs médias et journalistes appellent à créer un droit voisin au profit des éditeurs de presse. Et si cela provoquait l’effet inverse ?
Selon ces industries, la démocratie serait en danger. Ainsi, à l’appel de l’AFP, plusieurs journalistes ont demandé aux parlementaires européens d’adopter une proposition de directive relative aux droits d’auteur qui prévoit, entre autres choses, de créer un droit voisin au profit des éditeurs de presse. Ce droit voisin viendrait taxer les divers agrégateurs, moteurs de recherche ou réseaux sociaux, du fait de la seule indexation des contenus publiés par les sites de presse en ligne – et cela malgré l’impact positif que ces intermédiaires ont sur le trafic drainé vers lesdits sites.

A y regarder de plus près, plusieurs questions peuvent légitimement se poser. Tout d’abord au niveau de la méthode. Avant d’être relayée par tous les grands quotidiens nationaux, la tribune signée par plusieurs journalistes fait suite à des discussions entre ces journalistes et la direction de l’AFP, comme l’indiquait la députée européenne Julia Reda [unique députée du Parti pirate, hostile à la proposition de la directive].
Lobbying
Comme toute entreprise, l’AFP demeure libre de faire un lobbying en faveur d’une disposition qui pourrait lui être favorable, de la même manière que certains quotidiens nationaux. A l’heure de la lutte contre la désinformation, cela interroge néanmoins sur la transparence de ces actions. Afin de garantir une démocratie, ces médias ne devraient-ils pas rappeler, lors du traitement journalistique de la question, qu’ils font activement un lobbying en faveur de telle ou telle disposition ?
le droit voisin n’a pas vocation à bénéficier aux journalistes qui sont titulaires...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-11"> ¤ Le 13 septembre, aux Etats-Unis, sortira en salles « Museo ». Ce film à grand spectacle est produit par YouTube, qui, à la suite de Netflix et Amazon, bouscule l’économie du septième art, explique Philippe Escande, éditorialiste économique au « Monde ».
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Les géants du Net en passe de réussir le casse du siècle sur le cinéma mondial

Le 13 septembre, aux Etats-Unis, sortira en salles « Museo ». Ce film à grand spectacle est produit par YouTube, qui, à la suite de Netflix et Amazon, bouscule l’économie du septième art, explique Philippe Escande, éditorialiste économique au « Monde ».



LE MONDE
 |    07.09.2018 à 11h32
    |

            Philippe Escande








                        



                                


                            

Réveillon de Noël 1985. Dans tout le Mexique, on chante, on mange, on danse et on laisse la porte ouverte pour les amis ou les passants. Celle du Musée d’anthropologie de Mexico devait également être mal fermée ce soir-là, puisque deux jeunes gars sans histoire s’y sont introduits et ont volé près de 140 objets mayas et aztèques en or et jade d’une valeur inestimable. On ne les retrouvera que quatre ans plus tard.
C’est ce casse spectaculaire que raconte le film Museo du réalisateur mexicain Alonso Ruizpalacios. Il sortira en salle le 13 septembre à New York, puis dans d’autres villes aux Etats-Unis. Ce film raconte, en arrière-plan, une deuxième histoire, celle d’un autre casse du siècle, celui opéré par les géants de l’Internet sur le cinéma mondial. Car Museo a la particularité d’être l’une des premières productions à grand spectacle de YouTube, la filiale de Google.
A Cannes, on a décidé de bannir Netflix
Et nous n’en sommes qu’à la bande-annonce. Le Festival international du film de Toronto, qui se tient jusqu’au 16 septembre, accueillera une nouvelle production de YouTube, Viper Club, un film avec Susan Sarandon. Autre signe des temps, c’est un film très attendu, Outlaw King, le roi hors la loi de David Mackenzie produit par Netflix, qui devait ouvrir la session, ce vendredi 7 septembre.
Netflix inonde désormais tous les festivals mondiaux de ses productions, devançant à peine une autre star du Net, Amazon. Tous, sauf un. Dans un petit coin de la Côte d’Azur, un village résiste encore à l’invasion des geeks américains. A Cannes, on a décidé de bannir Netflix.
On comprend aisément le souci du festival de ne pas faire la promotion d’une œuvre réservée aux seuls abonnés de la plateforme américaine et d’imposer le passage en salle en France comme préalable à sa sélection. Le seul problème est que Netflix et Amazon sont devenus aujourd’hui les plus gros producteurs mondiaux de films et que leur...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-12"> ¤ Une quarantaine de députés LRM, LR, Modem et Constructifs plaident dans une tribune au « Monde » pour l’adoption par le Parlement européen de la directive sur le droit d’auteur, afin de préserver la liberté de création dans le monde numérique.
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Pour « un juste partage des revenus » entre créateurs et géants du Net

Une quarantaine de députés LRM, LR, Modem et Constructifs plaident dans une tribune au « Monde » pour l’adoption par le Parlement européen de la directive sur le droit d’auteur, afin de préserver la liberté de création dans le monde numérique.



LE MONDE
 |    07.09.2018 à 11h28
 • Mis à jour le
07.09.2018 à 12h53
    |

                            Collectif








                        



                                


                            

Tribune. Cela fait bien longtemps que l’on ne peut plus considérer le « monde numérique » comme un espace accessoire au « monde physique », tant son emprise sur nos sociétés ne cesse de croître. Chacun le ressent dans tous les aspects de sa vie. L’installation des géants mondiaux du numérique, essentiellement américains et chinois, aux premières places du classement mondial des capitalisations boursières en témoigne.
En tant que citoyens, nous sommes attachés aux opportunités sans égales que cette révolution porte et dont la diffusion des œuvres culturelles, à l’instar d’autres secteurs, a déjà formidablement bénéficié.
Mais nous faisons tous aussi le constat que les fruits de cette économie sont malheureusement injustement répartis. Certaines plates-formes en ligne profitent de leur pouvoir pour s’approprier une part disproportionnée des revenus liés à la diffusion des œuvres, sans juste rétribution de leurs créateurs. Alors que les biens culturels n’ont jamais été aussi présents dans nos vies, le risque plane d’une paupérisation de la création et d’une fragilisation de son écosystème, déjà précaire.

Le projet de directive sur le droit d’auteur dans le monde numérique, qui sera voté le 12 septembre au Parlement européen à Strasbourg, entend associer large diffusion et pérennité financière, opérant de la sorte un net changement de cap. En proposant un mécanisme de juste partage des revenus, plus favorable aux créateurs, il entend stimuler le renouvellement de la production culturelle, qui à défaut ne fera que s’appauvrir et s’uniformiser au fil des années. C’est un tournant déterminant.
Inquiétude légitime
Malheureusement, cette mesure, essentielle, est contestée. La principale critique, véhiculée à travers des campagnes de désinformation abondamment financées par ces plates-formes, porte sur les risques supposés de son application pour la liberté d’expression. Nombre de nos concitoyens sont sensibles à...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-13"> ¤ Confirmée, la ministre de la culture a désormais une deuxième chance, dit dans sa chronique Michel Guerrin, rédacteur en chef au « Monde ».
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« Tout le monde ou presque veut que Françoise Nyssen s’en aille, et elle est toujours là »

Confirmée, la ministre de la culture a désormais une deuxième chance, dit dans sa chronique Michel Guerrin, rédacteur en chef au « Monde ».



LE MONDE
 |    07.09.2018 à 10h33
 • Mis à jour le
07.09.2018 à 19h55
    |

            Michel Guerrin








                        



                                


                            

Chronique. Un nombre impressionnant de personnalités de la culture ont posé leur nom sous un manifeste publié dans Le Monde du 4 septembre. Pour parler de création ? De politique culturelle ? De Françoise Nyssen, si décriée et dont on annonçait le départ ? Non. Pour tirer la sonnette d’alarme sur l’avenir de la planète. C’était juste après la démission de Nicolas Hulot. Comme si ces personnalités, si impliquées dans le théâtre, le cinéma ou l’art, voulaient aller à l’essentiel. Comme si elles avaient tiré un trait de désillusion sur la capacité de la ministre à faire bouger les choses.
Tout le monde ou presque veut que M. Hulot reste et il s’en va parce qu’il se dit impuissant. Tout le monde ou presque veut que Françoise Nyssen s’en aille parce qu’elle semble n’avoir prise sur rien, et elle est toujours là, après le mini-remaniement du gouvernement.
C’est le signe d’une pugnacité, à mettre au crédit de la ministre. Elle a désormais une deuxième chance, et peut-être va-t-elle redresser la barre. L’avenir le dira. Mais elle part de loin. Aucun autre ministre issu de la société civile n’a à ce point écorné son image en un peu plus d’un an. C’est ce qui arrive quand on accepte de devenir ministre sans moyens supplémentaires et sans appui présidentiel – comme Nicolas Hulot en somme. En prime, quand on est dans la lumière, on prend des coups. C’est ainsi que la patronne respectée d’une maison d’édition exemplaire (Actes Sud) est désormais moquée, et l’entreprise qu’elle a quittée éclaboussée.
Une obsession légitime
Avant l’été, elle n’était pas au mieux. Son problème est que les coups les plus rudes sont venus après. Ils sont partis en juin quand Le Canard enchaîné a révélé qu’elle avait agrandi les locaux arlésiens d’Actes Sud sans respecter les codes de l’urbanisme. Le journal en a remis une couche en affirmant qu’elle avait agrandi de 150 m² les locaux parisiens de la maison d’édition, provoquant le 23 août,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-14"> ¤ La crise atteint un secteur où coexistent encore de nombreux titres.
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La presse de la Suisse romande en pleine tourmente

La crise atteint un secteur où coexistent encore de nombreux titres.



LE MONDE
 |    06.09.2018 à 11h25
    |

                            Marie Maurisse (Genève, correspondance)








                        



                                


                            
Le groupe zurichois Tamedia vient de se séparer du rédacteur en chef de la Tribune de Genève, qui s’opposait à des mesures d’économie. Après des décennies de résultats insolents, l’industrie de la presse helvétique vit une crise sans précédent. Fin juillet, la version imprimée du quotidien Le Matin, dont le logo orange et les articles accrocheurs étaient bien connus des lecteurs, disparaissait des kiosques de Suisse romande. C’est maintenant au tour d’un autre quotidien appartenant au groupe Tamedia de connaître la crise. La Tribune de Genève, fondée en 1879 dans la ville au jet d’eau, vient de voir son rédacteur en chef, Pierre Ruetschi, à la tête de la rédaction depuis 2006, poussé vers la sortie par ses patrons, après des mois de mésentente.
« La direction générale du groupe et Pierre Ruetschi n’étaient plus en phase », explique pudiquement Patrick Matthey, porte-parole de Tamedia. Leur principal point d’achoppement était le projet « 2020 » : le regroupement des rubriques Suisse, Economie, Monde et Sport. Concrètement, depuis le début de l’année, une équipe de journalistes situés à Lausanne produisent sans distinction des articles pour plusieurs journaux du groupe – 24 heures, Tribune de Genève et Le Matin dimanche. La naissance de cette « newsroom » fait craindre une uniformisation des contenus, même si les pages locales sont toujours différentes d’un journal à l’autre et que des titres indépendants comme Le Courrier subsistent.
« La concentration va s’accélérer »
Voilà près de deux ans que Tamedia a décidé de restructurer son activité pour réagir à la baisse des revenus publicitaires, qui ont diminué de 11 % ces deux dernières années. La société zurichoise, qui détient une palette de titres aussi divers que le gratuit 20 Minutes ou le quotidien alémanique Tages-Anzeiger, emploie 3 400 personnes en Suisse et en Europe, dont environ 800 en Suisse...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-15"> ¤ Le numéro un mondial de la vidéo à la demande par abonnement installe son premier studio de production hors des Etats-Unis, en Espagne.
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Netflix débarque à Madrid et mise sur les contenus en espagnol

Le numéro un mondial de la vidéo à la demande par abonnement installe son premier studio de production hors des Etats-Unis, en Espagne.



LE MONDE
 |    05.09.2018 à 06h47
    |

            Isabelle Piquer (Madrid, correspondance)








                        



                                


                            

Profitant de l’immense popularité que rencontre la série espagnole La Casa de Papel, c’est à Madrid que Netflix va installer son premier studio de production hors des Etats-Unis. Un choix qui obéit à la double stratégie adoptée par le leader mondial de la vidéo à la demande par abonnement : miser de plus en plus sur les contenus originaux, tout en répondant aux demandes locales de ses près de 130 millions d’abonnés.
La décision de la plate-forme américaine de bâtir ce studio est liée à « la tradition de création innovante » de l’Espagne, avait déclaré le vice-président des programmes internationaux, Erik Barmack, le 24 juillet, dans un communiqué. Elle témoigne également de « l’attachement [de Netflix] à la création de contenus originaux à travers l’Europe ».
Le nouveau site va être installé au cœur de la Ciudad de la Tele (« la Cité de la télévision »), située à Tres Cantos, dans la banlieue nord de Madrid ; un gigantesque projet lancé en juillet 2017 par la société de production espagnole Secuoya : 20 millions d’euros d’investissement pour 20 000 mètres carrés d’installations audiovisuelles, dont trois plateaux de tournage. « Nous voulons devenir un grand hub de productions en langue espagnole », souligne Raúl Berdonés, le président de Secuoya.

Pour l’Espagne, cela sonne comme une consécration en tant que pôle de création de Netflix, qui a connu son plus grand succès en espagnol avec La Casa de Papel. Cette série, qui narre le braquage de la Fabrique nationale de la monnaie et du timbre de Madrid, est devenue un phénomène mondial inattendu.
« Globaliser les contenus »
Lancée en 2017 sur la chaîne espagnole Antena 3 et reprise discrètement par Netflix, elle a suscité un enthousiasme considérable, devenant, en l’espace de quelques mois, la série non anglophone la plus vue de l’histoire de la plate-forme. Certains jours, au printemps, la série a même été la plus...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-16"> ¤ Le journal a été placé en procédure de sauvegarde afin de geler provisoirement sa dette.
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Le quotidien d’extrême droite « Présent » tente d’éviter la faillite

Le journal a été placé en procédure de sauvegarde afin de geler provisoirement sa dette.



LE MONDE
 |    04.09.2018 à 12h17
    |

            Denis Cosnard








                        



                                


                            

Présent, le seul quotidien d’extrême droite en France, va-t-il disparaître ? « Si on surmonte les difficultés actuelles, Présent est increvable », assure Francis Bergeron, son patron. Mais dans l’immédiat, alors même que l’extrême droite obtient des scores électoraux spectaculaires en Europe, la publication fondée en 1982 par un petit groupe de catholiques traditionalistes se trouve en péril. Déficitaire, menacé de dépôt de bilan, le journal « patriote et catholique » vient d’appeler les juges à la rescousse.
A la demande de ses dirigeants, la société éditrice a été placée en sauvegarde par le tribunal de commerce de Paris le 8 août. Cette procédure permet à la PME d’échapper provisoirement à ses créanciers, qui ne peuvent plus exiger le remboursement des dettes. « C’est une démarche d’anticipation, on gèle le passif avant d’en arriver à une possible cessation des paiements », explique un juriste.
Une affaire d’idées, de personnes et d’argent à la fois. L’origine des turbulences actuelles remonte à 2014. Présent traverse à l’époque une grave crise. Alors que les pertes s’accumulent, une partie de l’équipe historique quitte la maison. Six rédacteurs attaquent le journal aux prud’hommes. Certains invoquent un changement de ligne éditoriale, qui glisse du traditionalisme catholique vers un soutien plus marqué au Front national.
L’addition des prud’hommes
Quatre ans plus tard, la justice a commencé à trancher. Un premier journaliste, Rémi Fontaine, a obtenu gain de cause. Cinq autres décisions sont attendues sous peu. A la clé, une facture qui pourrait être élevée. « Le seul licenciement de Rémi Fontaine, qui était là depuis le premier numéro, risque de nous coûter 212 000 euros, évalue M. Bergeron, une figure de l’extrême droite. Si nous avions dû verser cela d’un coup, c’était la liquidation assurée pour un petit journal comme le nôtre. » Surtout avec les prélèvements...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-17"> ¤ Depuis 2012, afin de piéger des médias, un enseignant et activiste italien annonce sur le réseau social la mort de personnalités.
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Article sélectionné dans La Matinale du 03/09/2018
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Tommasso Debenedetti, « tueur en série » de célébrités sur Twitter

Depuis 2012, afin de piéger des médias, un enseignant et activiste italien annonce sur le réseau social la mort de personnalités.



LE MONDE
 |    03.09.2018 à 16h10
 • Mis à jour le
04.09.2018 à 06h35
    |

                            Thibaut Faussabry








                        


L’agence de presse Associated Press, France Inter ou encore le renommé New York Times sont tombés, jeudi 30 août, dans le piège tendu par l’activiste italien Tommasso Debenedetti.
Sur un compte Twitter usurpant l’identité de la ministre de la culture grecque, Myrsini Zorba, il a annoncé la mort du cinéaste français d’origine grecque Costa-Gavras. Prenant cette information pour argent comptant, ces trois médias et des centaines d’autres ont aussitôt annoncé la disparition du réalisateur de Z et de L’Aveu, contraint de se rendre à la télévision pour prouver qu’il était bel et bien vivant. Un nouveau fait d’armes pour l’activiste, qui n’en est pas à son coup d’essai.
Fausses interviews et fausses morts
Tommasso Debenedetti était, jusqu’en 2012, un instituteur lambda travaillant ponctuellement pour des quotidiens régionaux à travers l’Italie. Sa carrière prend toutefois un tournant quand il est démasqué par l’écrivain américain Philip Roth, qui l’accuse de lui avoir prêté des propos, dans le journal Liberto, qu’il n’a jamais tenus.
Tommasso Debenedetti avoue alors la tromperie, affirmant même avoir publié des fausses interviews de soixante-dix personnalités, parmi lesquelles figurent des écrivains américains mais aussi le prix Nobel de la paix Desmond Tutu, l’ex-dirigeant de l’URSS Mikhaïl Gorbatchev ou encore le dalaï-lama. « Je voulais montrer la faiblesse des médias en Italie », se justifiait-il au Guardian en 2012, dénonçant « l’absence de vérification des journaux italiens ».
Démasqué, l’instituteur se tourne vers Internet et particulièrement Twitter. Le réseau social va devenir son nouvel outil d’expérimentation, avec toujours pour but de dénoncer l’attitude des médias. En 2012, M. Debenedetti annonce sur un prétendu compte du cardinal Tarcisio Bertone la mort du pape Benoît XVI, une des premières personnalités d’importance ciblées par celui qui se présente comme journaliste. Par la suite, le dirigeant cubain Fidel Castro, le cinéaste espagnol Pedro Almodovar, la prix Nobel de littérature Svetlana Alexievitch, l’écrivaine britannique J. K. Rowling et même le dictateur syrien Bachar Al-Assad seront victimes du clavier de M. Debenedetti.
Dénoncer l’instantanéité de l’information
L’activiste italien, qui dit enseigner la littérature à Rome, utilise systématiquement le même mode opératoire pour piéger les médias avec ses fausses informations. Il crée d’abord un compte Twitter au nom d’une personnalité publique, tweete avec ce compte, créant l’illusion que celui-ci est le vrai, puis y annonce soudainement la mort d’une personnalité proche de la personne dont l’identité a été usurpée. Le professeur attend ensuite que la fausse information soit reprise par les médias nationaux et internationaux, puis publie sur le même compte un tweet dévoilant la supercherie, prenant soin à chaque fois de signer ses canulars.
Comme il le confiait à l’AFP en 2013, ces « jeux » et « plaisanteries » ont pour objectif de « montrer que Twitter est devenue une agence de presse… et la moins fiable au monde », tout en invitant les journalistes « à être plus prudents et à procéder à toutes les vérifications nécessaires ». A ceux qui lui reprochent de causer un préjudice aux personnalités qu’il enterre numériquement, M. Debenedetti déclarait en 2013 ne s’en « prendre qu’à des personnalités de premier plan qui ont tout à fait les moyens de démentir très vite ».
L’activiste martèle qu’il « n’est pas un escroc », déclarant qu’il « ne souhaite pas que ses mensonges aillent au-delà de la bulle médiatique ». Si la ruse employée par l’instituteur a de nouveau fonctionné, la méthode employée est paradoxale. En diffusant de fausses informations pour dénoncer la recherche constante de rapidité des médias au détriment de la vérification et du recoupement des sources, Tommasso Debenedetti prend le risque de tromper les lecteurs dans un contexte où la défiance du public envers les médias s’accentue. Ne faisant l’objet d’aucune poursuite judiciaire de la part des personnalités qu’il a « tuées » prématurément, le professeur italien devrait essayer une nouvelle fois de piéger les médias avec ce type d’annonce.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-18"> ¤ Le groupe de médias tchèque Czech Media Invest, qui a racheté « Marianne » en juillet, a également annoncé l’arrive de Laurent Valdiguié, ancien grand reporter au « Journal du dimanche » et à « Ebdo ».
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Natacha Polony va diriger l’hebdomadaire « Marianne »

Le groupe de médias tchèque Czech Media Invest, qui a racheté « Marianne » en juillet, a également annoncé l’arrive de Laurent Valdiguié, ancien grand reporter au « Journal du dimanche » et à « Ebdo ».



LE MONDE
 |    03.09.2018 à 15h21
 • Mis à jour le
03.09.2018 à 15h37
   





                        



   


La journaliste Natacha Polony fait son retour à Marianne en devenant directrice de la rédaction, a annoncé l’hebdomadaire lundi 3 septembre. Le groupe de médias tchèque Czech Media Invest, qui a racheté Marianne en juillet, a également annoncé l’arrivée de Laurent Valdiguié, ancien grand reporter au Journal du dimanche et à Ebdo.
La rédactrice en chef du site, Delphine Legouté, est nommée « directrice de la transition numérique ». « Marianne se réjouit de l’arrivée de Natacha Polony dans un hebdomadaire qu’elle connaît bien et qu’elle va enrichir de son talent, de ses idées et de son énergie et de celle de Laurent Valdiguié, qui devra donner un nouveau souffle au journalisme d’investigation dans les pages du journal », fait savoir l’hebdomadaire dans un communiqué.
Chroniqueuse dans « On n’est pas couché »
Après des débuts à l’éducation à Marianne, de 2002 à 2009, puis au Figaro, Natacha Polony, 43 ans, s’était fait connaître du grand public comme chroniqueuse d’« On n’est pas couché » sur France 2, LCI, Paris Première ou encore Sud Radio.
Natacha Polony a également fondé en 2015 son propre laboratoire d’idées, le Comité Orwell, puis a lancé en 2017 sa propre Web TV, Polony TV.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-19"> ¤ Les virulents débats entre ayants droit et multinationales concernent un partage plus équitable de la valeur et une juste rémunération des créateurs.
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Ce que propose concrètement la directive européenne « copyright »

Les virulents débats entre ayants droit et multinationales concernent un partage plus équitable de la valeur et une juste rémunération des créateurs.



LE MONDE
 |    03.09.2018 à 10h56
 • Mis à jour le
03.09.2018 à 19h23
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)








                        



   


Comme nombre d’autres textes bruxellois, le projet de directive « copyright » est difficilement lisible pour le grand public : plutôt long (24 articles), très complexe, il a été maintes fois amendé, au Conseil (par les Etats membres) puis au Parlement européen, depuis la version initiale proposée par la Commission en septembre 2016.
Et toutes les versions de travail ne sont pas publiques. Mais depuis deux ans, les débats, virulents, entre ayants droit et plates-formes du Web se sont concentrés sur deux articles : les 11 et 13. Et pour cause.

        Notre récit sur les débats et les enjeux :
         

          A Bruxelles, l’intense guerre des lobbys autour de la directive « copyright »



L’article 11
Il propose de conférer aux éditeurs de presse un « droit voisin » des droits d’auteur, ces derniers n’étant pour l’heure pas reconnus comme des titulaires de droits, et le droit d’auteur étant peu opérant pour la presse, puisqu’il ne protège que des contenus considérés comme « originaux ». Dotés de ces « droits voisins », les éditeurs peuvent théoriquement réclamer des droits aux plates-formes proposant un lien hypertexte vers leurs contenus, dès lors qu’il signale un titre suivi d’un court extrait, par exemple.
A en croire la Commission, qui a produit ces chiffres en 2016 au moment de proposer la directive, 57 % des internautes accèdent aux articles de presse par les réseaux sociaux, les agrégateurs d’information ou les moteurs de recherche.
Les opposants au texte, menés au Parlement européen par l’Allemande Julia Reda, dénoncent ce que la seule représentante dans l’hémicycle du parti Pirate (affiliée aux Verts), appelle une « link tax » (un impôt sur les hyperliens). Elle assure aussi que ce nouveau droit voisin constituerait une atteinte à la liberté d’expression pour les blogueurs par exemple. En outre, avance l’élue, l’Espagne et l’Allemagne, qui ont introduit le principe d’une rémunération pour les reprises d’extraits d’articles, ont constaté l’échec de ces mesures.
Faux, insistent les partisans du texte – les éditeurs, bien sûr, et la Commission –, « la directive ne va pas bannir les hyperliens, contrairement à ce qui est souvent prétendu dans le débat public », souligne Nathalie Vandystadt, porte-parole de l’institution. Le droit voisin octroyé aux éditeurs n’implique pas qu’ils vont exiger une rémunération pour chaque lien. « Nous n’allons pas introduire de taxe sur l’hyperlien », assure au Monde Fabrice Fries, le PDG de l’AFP. « Les droits voisins seront perçus exclusivement auprès des plates-formes de partage, c’est un champ bien délimité », ajoute le dirigeant.

        Lire aussi :
         

                Accorder à la presse des « droits voisins » en ligne : une question de vie ou de mort



L’article 13
Il stipule, dans la version initiale de la Commission, que les plates-formes diffusant des contenus téléchargés par les internautes « prennent des mesures […] appropriées et proportionnées » pour faire respecter leurs accords avec les titulaires de droits, dès lors que les contenus téléchargés reproduisent des œuvres ou des objets protégés par le copyright. Ces plates-formes sont donc tenues de conclure des contrats de licence avec les titulaires de droits, puis de faire respecter ces contrats.
Les détracteurs du texte, à commencer par l’association des plates-formes Edima (Google, Facebook, eBay…), crient à la « censure de l’Internet », pointent le danger qu’il y aurait à exiger de tous les sites accueillant les téléchargements d’internautes un filtrage exhaustif de leurs contenus.
Pas question de censurer le Web, proteste la Commission, qui relève que les filtrages de contenus liés à des droits existent déjà, comme Content ID, utilisé par YouTube. Il est vrai que la version de la commission JURI du Parlement européen, retoquée une première fois en plénière, début juillet, manquait de clarté quant aux garde-fous protégeant la libre expression des internautes.
La version négociée au Conseil introduit une flexibilité pour les petites plates-formes, ayant moins de moyens qu’un YouTube pour introduire des logiciels de filtrage. Axel Voss, le rapporteur (conservateur, allemand) du projet de directive à Strasbourg, pourrait choisir de se rapprocher de cette mouture pour espérer obtenir une majorité en faveur du texte, lors du vote en plénière prévu le 12 septembre.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-20"> ¤ Créé en 1955 par Norman Mailer, Dan Wolf et Ed Fancher, cet hebdomadaire, centré sur la culture et la politique, était devenu une institution.
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« The Village Voice », institution new-yorkaise, tire le rideau

Créé en 1955 par Norman Mailer, Dan Wolf et Ed Fancher, cet hebdomadaire, centré sur la culture et la politique, était devenu une institution.



LE MONDE
 |    03.09.2018 à 09h17
 • Mis à jour le
03.09.2018 à 10h14
   





                        



   


Lancé en 1957 The Village Voice, hebdomadaire emblématique du foisonnement culturel new-yorkais, va fermer, a annoncé son propriétaire, vendredi 31 août. « C’est une triste journée pour le Village Voice et pour des millions de lecteurs », a déclaré le propriétaire, Peter Barbey, dans un texte transmis à quelques médias new-yorkais. « Ces dernières années, le Voice a été confronté à une réalité économique de plus en plus difficile pour les journalistes et la presse écrite », a-t-il ajouté.
M. Barbey, du groupe de presse familial Reading Eagle, avait racheté en 2015 cette institution du journalisme américain, espérant encore « assurer son avenir ». Mais en septembre 2017, face à la crise de la presse écrite, il avait réduit la voilure en supprimant l’édition papier pour passer au tout-numérique.
A défaut de poursuivre une aventure lancée en 1955, M. Barbey a expliqué qu’un travail était en cours pour numériser les archives du journal, afin que les « générations futures puissent faire elles-mêmes l’expérience de ce qui constitue clairement un des trésors culturels et sociaux de cette ville et de ce pays ».
Le journal qui a décroché trois prix Pulitzer était en déclin depuis des années. Depuis sa reprise par M. Barbey, aucun rédacteur en chef n’était resté en poste plus de quelques mois. A la date de vendredi, The Village Voice n’employait plus que 15 à 20 personnes, selon le site d’informations new-yorkais The Gothamist.
Près de la moitié des employés devaient cesser de travailler immédiatement, tandis que l’autre moitié devrait rester encore un peu pour achever la numérisation, a ajouté le Gothamist, citant un discours de M. Barbey devant ses employés vendredi.
Années fastes
Créé par l’écrivain américain Norman Mailer, ainsi que Dan Wolf et Ed Fancher, l’hebdomadaire, centré sur la culture et la politique, aux célèbres petites annonces, s’était vite imposé comme une institution.
Imprégné du bouillonnement culturel du quartier de Greenwich Village, à Manhattan, le journal était un lieu où fusaient les idées, les débats, toujours au plus proche de l’actualité, et des enquêtes de fond qui faisaient référence. Initialement simple journal de quartier, sa notoriété avait gagné dix ans plus tard l’ensemble des Etats-Unis, où il avait contribué à inspirer une douzaine d’autres journaux « alternatifs ».
En 1967, période de foisonnement artistique et intellectuel à New York, il était devenu l’hebdomadaire le plus vendu aux Etats-Unis : après des années de pertes, il tirait jusqu’à 250 000 exemplaires, dégageait des bénéfices, avec près de 80 pages en moyenne, dont les deux tiers de publicité, selon des chiffres du New Yorker.
The Village Voice n’est pas le seul à subir la crise : en juillet, le New York Daily News a annoncé supprimer la moitié des postes de la rédaction, et le site DNAInfo, très actif à New York, a fermé l’an dernier.

        Lire aussi :
         

                Aux Etats-Unis, la presse locale est à l’agonie






                            


                        

                        

