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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤ Dans un entretien au « Monde », le philosophe explique pourquoi la fin du patriarcat est liée à la sortie de l’organisation religieuse de nos sociétés.
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Marcel Gauchet : « La domination masculine est morte »

Dans un entretien au « Monde », le philosophe explique pourquoi la fin du patriarcat est liée à la sortie de l’organisation religieuse de nos sociétés.



LE MONDE
 |    11.09.2018 à 17h29
    |

Nicolas Truong







                        



                                


                            
Historien et philosophe notamment attaché à penser L’Avènement de la démocratie (Gallimard, quatre tomes, 2007-2017), Marcel Gauchet est également rédacteur en chef de la Revue Le Débat qui, pour son 200e numéro, a consacré un dossier au « masculin en révolution ». Il s’explique sur les raisons et les conséquences de cet « événement énorme » qu’est la fin du patriarcat. 
« Nous sommes en train d’assister à la fin de la domination masculine », écrivez-vous. Pourtant, de fortes inégalités (sociales, notamment) persistent, des emprises comportementales subsistent sans parler de certains droits politiques que l’on refuse encore aux femmes dans certaines régions du monde…
Distinguons le constat et l’explication. Le fait de ces inégalités persistantes ne se discute pas. Mais il y a deux manières très différentes de les comprendre. Ou bien on considère qu’elles traduisent une domination masculine inchangée en son fond, en dépit des principes affichés, et il faut nous dire en quoi celle-ci consiste. Ou bien on les regarde comme l’héritage d’une domination archi-millénaire, mais dont on peut identifier le principe pour constater qu’il est mort, ce qui veut dire que ces résidus du passé sont en train de se résorber pour de bon et appelés à disparaître. C’est cette seconde thèse qui me paraît la bonne.
Le mouvement #metoo est-il donc davantage le signe de la fin du patriarcat que celui de sa persistance ?
Cette révolte a traduit dans les actes une rupture qui était acquise dans les têtes. La manière même dont elle s’est répandue comme une traînée de poudre en balayant les oppositions montre que l’espèce de tolérance qui continuait d’entourer les comportements de prédation sexuelle n’avait plus aucun fondement. Ils sont tenus pour inacceptables au regard de la nouvelle norme commune. Il suffisait d’une occasion pour que celle-ci devienne explicite.
Pourquoi la question...




                        

                        


<article-nb="2018/09/11/19-2">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤ Plusieurs ministres européens, dont Monika Grütters (Allemagne) et Françoise Nyssen (France), appellent le Parlement européen à voter en faveur de la directive relative au droit d’auteur dans une tribune au « Monde ».
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« L’Europe doit imposer davantage de responsabilité et de règles équitables aux géants du numérique »

Plusieurs ministres européens, dont Monika Grütters (Allemagne) et Françoise Nyssen (France), appellent le Parlement européen à voter en faveur de la directive relative au droit d’auteur dans une tribune au « Monde ».



LE MONDE
 |    11.09.2018 à 16h52
 • Mis à jour le
11.09.2018 à 18h21
    |

                            Collectif








                        



                                


                            

Tribune. Trois mois après l’adoption d’un texte de compromis au Conseil, la négociation du projet de directive relative au droit d’auteur entre dans une phase décisive à la veille d’un nouveau vote au Parlement européen.
Nous, ministres européens de la culture, formons le vœu que cette négociation déterminante pour l’avenir de la diversité culturelle et du pluralisme des médias en Europe se poursuive sereinement. Nous espérons que les discussions à venir permettront de parvenir à des compromis appropriés, reflétant un juste équilibre entre les divers intérêts en présence, tout en conservant l’essence de la réforme.
Nous reconnaissons pleinement que la discussion en cours sur le droit d’auteur interroge sur nos attentes vis-à-vis de l’Union européenne, ainsi que sur la capacité de l’Europe de demain à défendre ses intérêts collectifs et ses valeurs dans l’environnement numérique.
Une occasion unique pour la diversité culturelle en Europe
Les industries culturelles et créatives, qui représentent 4,2 % du PIB européen et plus de 7 millions d’emplois, témoignent de l’extraordinaire talent et de la créativité des artistes et des entreprises de notre continent.
L’équité et la diversité culturelle sont au cœur de la réforme du droit d’auteur : c’est la vision que nous portons pour l’Europe
Avec la réforme du droit d’auteur, les créateurs, les entreprises et le public devraient bénéficier d’un cadre juridique plus équilibré et ce, afin d’obtenir un marché numérique plus performant. Nous ne devrions pas consentir à un monde où une poignée d’entreprises multinationales captent l’essentiel de la valeur générée par les œuvres créées par d’autres dans l’environnement numérique.
Aussi, de nouvelles règles sont nécessaires afin que plus d’œuvres soient disponibles en ligne et que le droit d’auteur puisse être de manière effective utilisé comme fondement d’une juste rémunération des créateurs et éditeurs...




                        

                        


<article-nb="2018/09/11/19-3">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤ Il est urgent pour les musulmans de France de faire émerger de leurs propres rangs un modèle alternatif assez puissant pour contrer l’idéologie islamiste, souligne le philosophe Abdennour Bidar, dans une tribune au « Monde ».
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Abdennour Bidar : « Musulmanes et musulmans progressistes, sortez de l’ombre ! »

Il est urgent pour les musulmans de France de faire émerger de leurs propres rangs un modèle alternatif assez puissant pour contrer l’idéologie islamiste, souligne le philosophe Abdennour Bidar, dans une tribune au « Monde ».



LE MONDE
 |    11.09.2018 à 15h02
    |

Abdennour Bidar (Philosophe et essayiste, spécialiste de l'islam)







                        



                                


                            

Tribune. Mettre fin aux financements étrangers du salafisme, instaurer un contrôle public des organismes qui assurent le pèlerinage à La Mecque, instaurer une taxe sur le gigantesque marché du halal, instituer une formation obligatoire aux valeurs républicaines de tous les imams du territoire, etc. Toutes ces préconisations du rapport rendu au chef de l’Etat par Hakim El Karoui sont indispensables (« La Fabrique de l’islamiste »).
Elles ne régleront cependant pas le problème majeur de l’islam de France : son incapacité à faire émerger de ses propres rangs un mouvement progressiste capable de proposer un modèle alternatif assez puissant pour contrer l’idéologie islamiste sous toutes ses formes, du radicalisme terroriste au fondamentalisme piétiste en passant par ce conservatisme étroit qui règne aujourd’hui presque sans partage dans l’ethos musulman.
Là-dessus, le rapport en question ne peut évidemment rien faire : il alerte vigoureusement sur la propagation de cette idéologie islamiste mais il ne peut désormais compter que sur le relais qui doit être pris par un nombre suffisant de consciences musulmanes, pour créer ensemble le grand mouvement d’ouverture, de paix, de liberté de conscience et d’expression, d’égalité femmes-hommes, de tolérance et de fraternité dont cette religion et cette culture ont un besoin vital, en France comme ailleurs.
Un autre islam possible
Pour ma part, n’étant pas un chef politique et n’ayant pas vocation à le devenir, j’estime avoir fait la part du philosophe avec quelques autres, en construisant dans mes écrits le « grand récit » d’un autre islam non seulement compatible avec les valeurs de la démocratie et des droits de l’homme mais capable de trouver dans les conditions du monde moderne et post-moderne une régénération inouïe de son génie spirituel – très au-delà de la religion figée dans laquelle cette spiritualité s’est abîmée depuis des siècles et des siècles.
Depuis 2004 avec...




                        

                        


<article-nb="2018/09/11/19-4">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤ La mauvaise performance des entreprises françaises à l’exportation s’explique aussi par le démantèlement du dispositif public mis en place à la Libération pour les aider, estime François David, ancien président de la Coface, dans une tribune au « Monde ».
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Commerce extérieur : La lente agonie du « dispositif public de soutien à l’exportation »

La mauvaise performance des entreprises françaises à l’exportation s’explique aussi par le démantèlement du dispositif public mis en place à la Libération pour les aider, estime François David, ancien président de la Coface, dans une tribune au « Monde ».



LE MONDE
 |    11.09.2018 à 15h00
    |

François David (Ancien directeur de la DREE (mars 1987-novembre 1989) et président de la Coface de 1994 à 2012)







                        



                                


                            
Tribune. La France n’est pas un pays naturellement exportateur, à la différence du Royaume-Uni ou de l’Allemagne. C’est la raison pour laquelle les gouvernements d’après-guerre, parallèlement au programme de redressement national, ont créé le Centre français du commerce extérieur (CFCE), la Banque française du commerce extérieur (BFCE) et les procédures publiques de la Compagnie française d’assurance pour le commerce extérieur (Coface).
L’ambition était de porter, à terme, la part des exportations dans le PNB au même niveau que celui de ses principaux grands concurrents
L’objectif de ce programme était d’offrir aux entreprises des interlocuteurs clairement identifiés pour les aider à pénétrer les marchés étrangers. Le CFCE informait les entreprises sur les marchés prometteurs. La BFCE proposait aux exportateurs de biens d’équipement des crédits à taux bonifié (dits « crédits mixtes ») pour concurrencer notamment les exportateurs américains. La Coface, au travers de l’assurance prospection, préfinançait la recherche de nouveaux marchés et assurait la garantie des grands contrats contre les risques politiques.
L’ambition était de porter, à terme, la part des exportations dans le PNB au même niveau que celui de ses principaux grands concurrents. Les exportateurs jugeaient le système fiable, stable et efficace. Il était chapeauté par le ministre du commerce extérieur, de plein exercice et doté d’une administration spécifique, la direction des relations économiques extérieures (DREE), représentée en province par les directions régionales du commerce extérieur (DRCE) et dans les ambassades par le corps des conseillers commerciaux, dont les deux tiers étaient composés de contractuels du secteur privé, et donc interlocuteurs naturels des exportateurs.
Talon d’achille
Aujourd’hui et depuis quinze ans, le commerce extérieur est devenu le talon d’Achille de l’économie française. Le déficit augmente année après année. Il s’explique en grande...




                        

                        


<article-nb="2018/09/11/19-5">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤ Dans une tribune au « Monde », l’ancien ministre défend, pour les apiculteurs, un modèle agricole plus rémunérateur et respectueux de l’environnement, alternatif à l’industrialisation agrochimique d’un produit devenu un enjeu du commerce mondialisé.
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Arnaud Montebourg : « Exiger du miel made in France »

Dans une tribune au « Monde », l’ancien ministre défend, pour les apiculteurs, un modèle agricole plus rémunérateur et respectueux de l’environnement, alternatif à l’industrialisation agrochimique d’un produit devenu un enjeu du commerce mondialisé.



LE MONDE
 |    11.09.2018 à 14h00
    |

Arnaud Montebourg (Ancien ministre, cofondateur du label Bleu Blanc Ruche)







                        



                                


                            
Tribune. Le miel n’est plus seulement ce nectar fabuleux façonné par les enzymes des abeilles, qui fait tant rêver les hommes depuis des siècles. Il est une matière première agricole qui s’échange sur les marchés mondialisés et dont le contrôle est devenu un enjeu de souveraineté alimentaire. Pourquoi ? Parce que les abeilles productrices de miel sont les premiers agents pollinisateurs de l’agriculture ; elles assurent, avec les autres insectes, la reproduction de 75 % des plantes cultivées dans le monde par l’homme : 35 % des ressources alimentaires dépendent donc directement des insectes, et pour la plus large part des abeilles.
la dévalorisation du miel sur les marchés mondialisés porte atteinte au revenu et à la vitalité des apiculteurs
La chute des colonies d’abeilles entraînerait celle de la production agricole et la perte progressive de notre capacité alimentaire. L’Europe est sur cette pente dangereuse, car, selon une étude approfondie de l’université de Reading (Royaume-Uni), à laquelle a notamment participé l’Institut national de la recherche agronomique, il manquerait l’équivalent de treize millions de colonies en Europe (« Agricultural Policies Exacerbate Honeybee Pollination Service Supply-Demand Mismatches Across Europe », Tom D. Breeze et alii, PloS One, 8 janvier 2014).
Cette mortalité est liée à l’apparition de nouveaux fléaux sanitaires (maladies, parasites, prédateurs), à la présence de polluants toxiques dans l’environnement, liés à l’agrochimie, ainsi qu’à la transformation des paysages, qui fait reculer les milieux naturels. Mais cette mortalité des abeilles a aussi une cause économique directe et trop peu connue : la dévalorisation du miel sur les marchés mondialisés porte atteinte au revenu et à la vitalité des apiculteurs. Lorsque les cours du miel chutent, les apiculteurs disparaissent, parce qu’ils ne gagnent plus leur vie.
Concurrence mondiale déloyale
Ce phénomène mondial s’est révélé...




                        

                        


<article-nb="2018/09/11/19-6">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤ Dix-neuf présidents de département demandent, dans une tribune au « Monde », au gouvernement d’inclure dans le plan pauvreté un projet de loi d’expérimentation du revenu de base.
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« Le revenu de base, tremplin vers l’insertion sociale et professionnelle, et vecteur d’intégration citoyenne »

Dix-neuf présidents de département demandent, dans une tribune au « Monde », au gouvernement d’inclure dans le plan pauvreté un projet de loi d’expérimentation du revenu de base.



LE MONDE
 |    11.09.2018 à 14h00
    |

                            Collectif








                        



                                


                            
Tribune. La solidarité est une idée porteuse d’innovation et de justice. Il n’est pas digne de notre pays, parmi les plus riches de la planète, de tolérer que près de neuf millions de ses habitants vivent sous le seuil de pauvreté.
De nombreux travailleurs ne parviennent pas à tirer un revenu décent de leur activité
Contre la pauvreté, nous n’avons pas encore tout essayé. Refusant tout fatalisme, plusieurs départements, en première ligne sur la question sociale, ont travaillé depuis près d’un an, avec la Fondation Jean-Jaurès, à un projet d’expérimentation d’un revenu de base sous condition de ressources afin d’inventer de nouvelles protections face aux mutations du travail et de la société.
Le revenu de base est un revenu de solidarité. Si notre protection sociale est efficace dans la crise économique que nous traversons, sa performance pourrait être nettement améliorée en réparant deux injustices majeures : automatiser les prestations sociales afin d’intégrer les ayants droit qui n’y recourent pas (environ 35 % pour le seul RSA) ; et les ouvrir aux jeunes de moins de 25 ans (pour l’essentiel exclus du RSA, alors que 25 % des 18-24 ans sont sous le seuil de pauvreté).
Le revenu de base est aussi un revenu de développement. De nombreux travailleurs ne parviennent pas à tirer un revenu décent de leur activité : agriculteurs, artisans, employés et ouvriers à bas revenus, salariés à temps partiel… Le dispositif apporte un complément de ressources pour améliorer leur pouvoir d’achat et revitaliser les territoires délaissés.
Vecteur d’intégration sociale
Le revenu de base est enfin un revenu d’autonomie. Son inconditionnalité permet de développer le pouvoir d’agir des personnes, de soutenir leurs projets de vie et professionnels, leurs parcours d’insertion et les activités d’utilité sociale (aidants de personnes handicapées ou âgées, reconversions professionnelles, formations longues, bénévolats, créateurs d’activité…).
prévenir...



                        

                        


<article-nb="2018/09/11/19-7">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤ Dans cette chronique hebdomaire, la correspondante du « Monde » à San Francisco Corine Lesnes revient sur la « descente aux enfers » de l’industriel américain dont le comportement affiché inquiète investisseurs et analystes.
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L’« alien » Elon Musk est « partout sauf sur Terre »

Dans cette chronique hebdomaire, la correspondante du « Monde » à San Francisco Corine Lesnes revient sur la « descente aux enfers » de l’industriel américain dont le comportement affiché inquiète investisseurs et analystes.



LE MONDE
 |    11.09.2018 à 11h38
    |

            Corine Lesnes (San Francisco, correspondante)








                        



                                


                            
Transformations. Loin de nous l’idée de nous apitoyer sur les tourments des milliardaires de la Silicon Valley, mais quand même : Elon Musk mérite-t-il pareil procès ? Pour avoir fumé une bouffée de marijuana dans une interview nocturne le 6 septembre à Los Angeles, le PDG de Tesla est cloué au pilori. Accusé d’être « dingue », « irresponsable » et de nuire aux trente mille employés qui travaillent sous sa houlette (et dans des usines régulièrement accusées de violation des règles de sécurité). Les photos le montrent rougeaud, dans une nébuleuse de fumée. Pas très flatteur, il est vrai.
Revenons sur la scène : un podcast de deux heures et demie, dont la moitié est occupée par l’animateur, un comédien de stand-up, Joe Rogan. Une conversation plus qu’un entretien, entrecoupée par le choc des glaçons dans les verres de whisky. Musk, vêtu d’un tee-shirt « Occupy Mars », est plutôt calme, même s’il s’étire constamment les vertèbres, comme atteint d’un torticolis persistant. Dans son léger accent sud-africain, l’ingénieur discute des mérites de la lévitation magnétique dans les transports.

De la « Boring Company », la « compagnie de l’ennui » qu’il a lancée en décembre 2016 pour blaguer. Après le succès de ses casquettes (1 million de chiffre d’affaires), « on s’est dit : faisons quelque chose pour 10 millions de dollars », explique-t-il. En janvier, la Boring Company a produit vingt mille lance-flammes (en fait un chalumeau à toiture amélioré), à 500 dollars l’unité. Le stock a été épuisé en quatre jours. Expert en coups médiatiques, Elon Musk a 22,5 millions d’abonnés sur Twitter et une armée de « musketeers » qui ne demandent eux aussi qu’à s’amuser.
La rock star de la Silicon Valley
Musk est partout sauf sur terre. En sous-sol : où il veut creuser des tunnels souterrains pour éliminer les embouteillages (déjà plus d’un kilomètre réalisé à Los Angeles). Dans l’espace,...




                        

                        


<article-nb="2018/09/11/19-8">
<filnamedate="20180911"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180911"><AAMMJJHH="2018091119">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤ Editorial. Les députés européens doivent se prononcer, mercredi, sur une directive visant à moderniser le copyright. C’est un enjeu essentiel pour les éditeurs de presse, l’industrie musicale et la production audiovisuelle.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤                     
                                                

Google, Facebook : menaces sur l’information

Editorial. Les députés européens doivent se prononcer, mercredi, sur une directive visant à moderniser le copyright. C’est un enjeu essentiel pour les éditeurs de presse, l’industrie musicale et la production audiovisuelle.



LE MONDE
 |    11.09.2018 à 11h31
 • Mis à jour le
11.09.2018 à 18h18
   





                        


Editorial du « Monde ». Le Parlement européen va procéder, mercredi 12 septembre, à un vote important pour l’avenir de la presse et celui de la création artistique. Les élus sont invités à se prononcer sur une directive visant à moderniser le copyright, les règles européennes existantes ayant été établies avant que l’Internet ne devienne un vecteur majeur de diffusion des contenus protégés par des droits d’auteur.
La Commission européenne, à l’origine de ce texte, part d’une intention louable : rendre plus aisé l’accès en ligne des contenus, notamment aux chercheurs, en dépoussiérant un système du copyright excessivement complexe. En parallèle, il s’agit de redonner du pouvoir de négociation aux ayants droit (éditeurs de presse ou de musique, production audiovisuelle) vis-à-vis de la domination des géants du Web, qui utilisent ces contenus à vil prix.
Deux articles concentrent les débats autour de ce nécessaire rééquilibrage. L’article 11 propose de conférer aux éditeurs de presse un « droit voisin », c’est-à-dire proche de celui des droits d’auteur, qui leur permettrait de réclamer une rétribution aux plates-formes diffusant des liens hypertextes vers leurs contenus.
L’article 13 recommande que les plates-formes diffusant des contenus téléchargés par les internautes « prennent des mesures (…) appropriées et proportionnées » pour faire respecter leurs accords avec les titulaires de droits, dès lors que les contenus téléchargés reproduisent des œuvres protégées par le copyright.
Un défi démocratique majeur
Depuis, le débat s’intensifie entre les géants du Web et les tenants d’un Internet « libre » d’un côté, les éditeurs et les ayants droit de l’autre. Les premiers, criant à la censure et dénonçant une future « taxe » sur les liens hypertextes, ont fait basculer le vote des eurodéputés contre le texte début juillet. Faux, protestent les seconds : les éditeurs n’ont pas l’intention de faire payer systématiquement les liens vers leurs contenus. Quant au filtrage des contenus, il existe déjà, et personne ne crie à la censure.
Certes, le texte est loin d’être parfait. Dans la version une première fois amendée par le Parlement européen, l’article 13, trop vague, risquait d’imposer une charge administrative trop lourde sur les petits sites de téléchargement, voire de faire porter la responsabilité du non-respect du copyright sur les internautes. La version renégociée ces derniers jours à Strasbourg devrait tenir compte de ces inquiétudes.

        Lire aussi :
         

                Ce que propose concrètement la directive européenne « copyright »



L’article 11 ne résoudra pas non plus à lui seul toutes les difficultés de la presse. Des mesures assez semblables, mises en place en Espagne et en Allemagne, se sont soldées par des échecs. Le changement d’échelle du dispositif, à la taille de l’UE, garantirait-il son succès ? C’est loin d’être gagné, face à des mastodontes peu concernés par la défense de la qualité de l’information.
L’adoption de cette directive, après le long débat qu’elle a suscité, n’en constituerait pas moins un signal supplémentaire dans une prise de conscience qui ne cesse de grandir. Ce qui menace l’information, ce n’est pas tant l’exploitation des liens par les moteurs de recherche et les réseaux sociaux, c’est le fait que Google et Facebook absorbent chaque année plus de 100 % de la croissance de la publicité. Leur duopole a asséché ces ressources en cassant les prix et en collectant des données personnelles à une échelle jamais imaginée. Ce déséquilibre flagrant soulève un défi démocratique majeur. C’est cette situation de domination sans partage qu’il faut désormais remettre en cause.

        Lire aussi :
         

                A Bruxelles, l’intense guerre des lobbys autour de la directive « copyright »




Notre sélection d’articles et points de vue sur la directive sur les droits d’auteurs
Le Parlement européen va se pencher, mercredi 12 septembre, sur une réforme très contestée du copyright. Ce texte peut avoir des conséquences directes sur l’utilisation d’Internet. Retrouvez nos principaux contenus sur le sujet :
Qu’est-ce que la directive sur le droit d’auteur ?Que peut changer la directive européenne sur le droit d’auteur pour les internautes ?C’est un vote important pour l’avenir de la presse et celui de la création artistique estime l’éditorial du « Monde » : Google, Facebook : menaces sur l’informationDes personnalités appellent les députés européens à voter en faveur de la directive : plusieurs ministres européens, dont Monika Grütters (Allemagne) et Françoise Nyssen (France), le PDG de l’agence de presse AFP Fabrice Fries, le directeur général de la Sacem, Jean-Noël Tronc, une quarantaine de députés LRM, LR, Modem et Constructifs...D’autres s’y opposent comme le producteur de musique Pascal Nègre, et le chercheur Félix Tréguer, qui dénonce une « censure ». 





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤ Fabrice Fries, le PDG de l’AFP, assume son lobbying en faveur de la directive européenne sur le droit d’auteur.
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Fabrice Fries : « Les GAFA doivent accepter un partage de la valeur »

Fabrice Fries, le PDG de l’AFP, assume son lobbying en faveur de la directive européenne sur le droit d’auteur.



LE MONDE
 |    11.09.2018 à 11h24
 • Mis à jour le
11.09.2018 à 18h20
    |

            François Bougon et 
Alexandre Piquard








                        



                                


                            

L’Agence-France-Presse s’est fortement engagée pour l’adoption de la directive européenne sur le droit d’auteur, qui instaure un filtrage des contenus en ligne et un « droit voisin » susceptible de permettre aux éditeurs de presse de négocier des revenus avec les plateformes numériques des « GAFA » (Google, Amazon, Facebook ou Apple). Fabrice Fries, nouveau PDG depuis avril et ancien président de Publicis Consultants, espère que le Parlement européen, qui a rejeté le texte en juillet, l’adoptera ce mercredi 12 septembre.

Les députés européens qui ont rejeté en juillet la directive sur le droit d’auteur sont-ils dans l’erreur ?
Oui. Je ne comprends pas qu’on doive lutter pour ce qui devrait tomber sous le sens : la fin de la reprise de nos contenus sans compensation par des plateformes numériques qui récupèrent au passage la quasi-intégralité des revenus publicitaires associés à une production dont elles ne sont en rien à l’origine. Que cette question suscite de telles crispations me laisse pantois. Refuser de nouveau le texte serait un mauvais coup pour l’image du Parlement européen.
Quels revenus espérez-vous tirer d’un tel droit voisin ?
Je n’en ai aucune idée. Nous n’en sommes pas à nous partager un éventuel gâteau. D’ailleurs, il ne représentera peut-être que des miettes, si certains amendements soumis au vote en restreignent le champ d’application. C’est d’abord une question de principe. L’enjeu est de redonner de la valeur à l’information dans l’environnement numérique. L’information honnête et vérifiée devient un produit de luxe. Comme l’industrie du luxe, nous devons lutter contre la contrefaçon, en l’espèce incarnée par les GAFA.
De quels contenus parlez-vous : de dépêches AFP copiées-collées intégralement sur Facebook ? De simples reprises de lien vers un article, avec titre et chapeau ?
Il s’agit des contenus d’éditeurs et d’agences indexés sur les...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤ Nos sociétés échouent à utiliser la technologie pour favoriser les activités utiles et le temps libre, explique l’anthropologue David Graeber.
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David Graeber : « Les bullshit jobs  se sont multipliés de façon exponentielle ces dernières décennies »

Nos sociétés échouent à utiliser la technologie pour favoriser les activités utiles et le temps libre, explique l’anthropologue David Graeber.



LE MONDE
 |    11.09.2018 à 11h00
 • Mis à jour le
11.09.2018 à 16h04
    |

            Marie Charrel








                        



                                


                            

En 2013, il publia un article choc sur le sujet : d’innombrables salariés de la finance, du marketing ou du secteur de l’information sont aujourd’hui convaincus d’occuper des emplois inutiles, absurdes, voire nuisibles pour la société. Dans son truculent essai Bullshit Jobs (« boulots à la con »), paru le 5 septembre aux éditions Les Liens qui libèrent, David Graeber, anthropologue et professeur influent de la London School of Economics, explore les racines de ce phénomène, dont les conséquences ne se limitent pas à la souffrance professionnelle. Car au-delà, explique-t-il, notre société entière échoue à utiliser le progrès technologique comme un outil de libération des individus.
Les emplois inutiles que vous décrivez n’ont-ils pas toujours existé ?
Oui, mais ils se sont multipliés de façon exponentielle ces dernières décennies. Pour s’en convaincre, il suffit d’écouter les salariés conscients de la faible utilité de leurs emplois, comme ceux rencontrés pour ce livre : le consultant dont les rapports ne sont lus par personne, l’assistant brassant de l’air car son chef a besoin de justifier sa position hiérarchique, l’avocat d’affaires gagnant de l’argent uniquement grâce aux erreurs du système… Des millions de personnes souffrent aujourd’hui d’un terrible manque de sens, couplé à un sentiment d’inutilité sociale. Ce qui peut sembler paradoxal : en théorie, l’économie de marché, censée maximiser les profits et l’efficacité par le jeu de la concurrence, ne devrait pas permettre à ces jobs peu utiles d’exister.
Comment expliquer leur prolifération ?
Par bien des aspects, le système où nous vivons relève moins du capitalisme que d’une forme de féodalité managériale. Depuis les « trente glorieuses », les salaires ont décroché par rapport aux profits. Ces derniers sont captés par le secteur financier, qui les redistribue à un petit nombre de personnes, comme au Moyen Age, par le biais...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤ Une étude japonaise montre qu’une bonne organisation des secours sur le parcours de la course permet de sauver presque tous les cas de mort subite.
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Le défibrillateur, auxiliaire de vie des marathoniens

Une étude japonaise montre qu’une bonne organisation des secours sur le parcours de la course permet de sauver presque tous les cas de mort subite.



LE MONDE
 |    11.09.2018 à 11h00
 • Mis à jour le
11.09.2018 à 15h30
    |

            Sandrine Cabut








                        



                                


                            
Dix mille pas et plus. Marathoniens, semi-marathoniens, formez-vous aux gestes qui sauvent, et exigez des organisateurs de vos courses qu’ils soient au top côté assistance médicale. Les données de plusieurs études, dont la dernière, japonaise, a été ­publiée le 2 août dans le New England Journal of Medicine (NEJM), démontrent qu’une organisation bien pensée des secours permet d’assurer la réanimation (massage cardiaque puis défibrillation) dans un délai ultracourt et de sauver tous les coureurs – ou presque – victimes de mort subite, sans séquelle.
Evalué depuis douze ans, le dispositif mis en place au Japon obtient des résultats bluffants : sur 30 arrêts cardiaques au cours de 251 courses (10 à 42,2 km), les 28 survenus en présence d’un témoin ont tous été ­récupérés, sans conséquence neurologique. En moyenne, le massage cardiaque a été débuté en moins d’une minute, et le premier choc avec un défibrillateur automatique externe (DAE) en 2,2 minutes.
La mort subite du sportif touche une quinzaine de professionnels par an en France, et 800 amateurs. Dans les courses d’endurance, c’est un événement rare. Mais l’engouement croissant pour ces compétitions fait craindre une augmentation de ces accidents. Leur survenue sur un parcours de course à pied pose des problèmes spécifiques : dans une foule compacte, le repérage précis de la position de la victime est un défi pour les équipes de secours. Or, même si un massage cardiaque a pu être réalisé immédiatement par un coureur à proximité, la défibrillation doit être pratiquée dans l’idéal dans les cinq minutes, pour espérer survivre, sans séquelle neurologique.
Dispositif original
Le dispositif de secours décrit par les Japonais est très original. En plus des classiques médecins coordinateurs et postes médicaux avancés, il comporte des duos mobiles de paramédicaux munis de DAE circulant à vélo et à pied. Peuvent aussi intervenir des ­médecins volontaires participant à...




                        

                        


<article-nb="2018/09/11/19-12">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤ Analyse. Pour le journaliste du « Monde » Damien Leloup, l’instrumentalisation des règles de fonctionnement des réseaux par des politiques partisanes ne fait que compliquer un casse-tête déjà presque insoluble.
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La très problématique modération des réseaux sociaux

Analyse. Pour le journaliste du « Monde » Damien Leloup, l’instrumentalisation des règles de fonctionnement des réseaux par des politiques partisanes ne fait que compliquer un casse-tête déjà presque insoluble.



LE MONDE
 |    11.09.2018 à 10h44
 • Mis à jour le
11.09.2018 à 15h15
    |

            Damien Leloup








                        



                                


                            
Analyse. Boutefeux ou censeurs : on ne compte plus, depuis le début de l’année, les critiques à l’égard des pratiques de modération des réseaux sociaux. Le président américain accuse Google et Twitter de « censurer » les conservateurs ; les Nations unies pointent dans un rapport le rôle de la propagande diffusée sur Facebook dans les crimes contre l’humanité visant les Rohingyas en Birmanie ; partout, des millions d’internautes se plaignent de voir des messages anodins supprimés ou, au contraire, des messages insultants laissés en ligne.
En matière de pédopornographie ou de propagande terroriste, les progrès ont été réels et tangibles
Bref, s’il est un point qui fait l’unanimité, c’est qu’en matière de modération, les réseaux sociaux sont nuls. Certes, avec des nuances. En matière de pédopornographie ou de propagande terroriste, les progrès ont été réels et tangibles – ces contenus sont aujourd’hui supprimés très rapidement, de manière automatique. Pour tout le reste, la réponse des grands réseaux sur la modération est la même partout : « C’est compliqué ! »
Twitter a assuré, à de multiples reprises ces dernières années, avoir pris conscience du caractère endémique du harcèlement sur son réseau, mais la situation n’a fait qu’empirer. Facebook a investi massivement dans l’embauche de modérateurs, mais la prolifération de messages de haine en Birmanie a montré que ces ressources étaient mal réparties – et insuffisantes pour les quelque deux milliards d’utilisateurs de la plate-forme. YouTube se débat avec son propre algorithme de recommandation pour qu’il cesse de proposer aux internautes vidéo conspirationniste après vidéo conspirationniste.
« Incitations fondamentales »
Prise de conscience tardive, moyens insuffisants, priorité donnée à la croissance au détriment de la qualité : tous ces éléments expliquent, en partie, la situation actuelle. Mais les causes profondes sont structurelles et ne peuvent pas être réglées simplement...




                        

                        


<article-nb="2018/09/11/19-13">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤ Le médecin Jean-Fabien Zazzo dénonce, dans une tribune au « Monde », les effets dramatiques de ce fléau méconnu, qui touche particulièrement les personnes hospitalisées en cas de cancer.
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La quintuple peine de « la dénutrition dans nos sociétés d’abondance »

Le médecin Jean-Fabien Zazzo dénonce, dans une tribune au « Monde », les effets dramatiques de ce fléau méconnu, qui touche particulièrement les personnes hospitalisées en cas de cancer.



LE MONDE
 |    11.09.2018 à 09h00
 • Mis à jour le
11.09.2018 à 15h37
    |

Jean-Fabien Zazzo (Nutritionniste et anesthésiste-réanimateur, expert Nutrivigilance à l’Anses)







                        



                                


                            
Tribune. La dénutrition n’est pas l’apanage des pays les plus pauvres. Cet état pathologique est trop souvent méconnu dans nos sociétés d’abondance, parfois masqué par une obésité qui augmente elle aussi régulièrement. Elle précède, accompagne et aggrave les maladies lorsqu’elle n’est pas identifiée et traitée. Cinq facteurs y concourent.
En premier lieu, la précarité socio-économique représente la première cause de malnutrition. L’étude Abena (Alimentation et état nutritionnel des bénéficiaires de l’aide alimentaire), menée par Santé publique France, montre qu’entre 2004-2005 et 2011-2012 l’obésité a augmenté respectivement de 20 % pour les femmes et plus de 50 % chez les hommes, masquant de multiples carences nutritionnelles. L’aide alimentaire n’a pas diminué pendant cette période. Elle concerne 34 %de familles monoparentales ne disposant en moyenne que de 2,3 euros par personne et par jour ­(enfant ou adulte).
Second facteur, l’âge : en 2060, plus de 20 millions de personnes auront plus de 60 ans, 12 millions plus de 75 ans et 11 millions plus de 80 ans (Insee), dont plus de 50 % seront dénutris.
Décéder de carences nutritionnelles induites par un cancer bien traité et guéri, quelle malchance, quel gâchis humain et économique et quel échec de nos missions !
Troisième source de dénutrition, les pathologies chroniques (insuffisances respiratoire, rénale, cardiaque), les ­cancers, notamment digestifs, les ­hépatopathies chroniques, les polytraumatismes graves, les maladies ­neurodégénératives et syndromes ­démentiels, les séquelles d’accidents vasculaires cérébraux. La dénutrition est ici constante et multifactorielle, d’installation plus ou moins rapide, non recherchée et donc souvent ignorée. Elle est à l’origine d’une surmorbidité et d’une surmortalité. Parmi ces pathologies chroniques, l’obésité (20 % de la population) cache, notamment en cancérologie, une sarcopénie(dénutrition protéique se traduisant par une perte de la...




                        

                        


<article-nb="2018/09/11/19-14">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤ Dans une tribune au « Monde », Jean-Noël Tronc, directeur général de la Sacem, appelle les eurodéputés à renforcer le droit d’auteur, lors de l’examen mercredi 12 septembre du projet de directive européenne.
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« Un nouvel échec de la directive sur le droit d’auteur serait un jour noir pour l’Europe de la culture »

Dans une tribune au « Monde », Jean-Noël Tronc, directeur général de la Sacem, appelle les eurodéputés à renforcer le droit d’auteur, lors de l’examen mercredi 12 septembre du projet de directive européenne.



LE MONDE
 |    11.09.2018 à 08h32
 • Mis à jour le
11.09.2018 à 18h20
    |

Jean-Noël Tronc (Directeur général de la SACEM)







                        



                                


                            
Tribune. Mercredi 12 septembre, à Strasbourg, haut lieu symbolique de l’histoire européenne, les 751 députés européens se retrouvent pour un rendez-vous doublement important. D’abord, le président la commission européenne, Jean-Claude Juncker, prononcera son discours de l’état de l’Union européenne, le dernier d’un mandat de cinq ans marqué par une crise désormais existentielle de l’UE. Ensuite parce que nos eurodéputés examineront à nouveau le projet de directive européenne sur le droit d’auteur, faute d’avoir pu s’accorder sur un texte le 5 juillet.

Ce qui va se passer mercredi aura une importance déterminante pour l’avenir de l’Europe, bien au-delà du texte lui-même. Il s’agit en fait de la souveraineté de notre Union. Avant d’évoquer ce qui peut se passer, il est important de rappeler d’où vient cette directive. Elle résulte de la volonté acharnée de la Commission européenne de réformer le cadre européen du droit d’auteur sous prétexte que celui-ci ne fonctionnerait pas et entraverait la libre circulation des biens culturels. Ce qui est évidemment faux !
La réalité quotidienne des centaines de millions d’internautes européens, c’est l’accès à tous les types d’œuvres culturelles, à toute l’information possible, grâce à Internet. Les plates-formes Internet facilitent l’accès des artistes au public. Le commerce électronique permet, en tout point de l’Union, de recevoir livres, films, musique, etc.
Déséquilibre colossal
Le problème est évidemment ailleurs : depuis le vote des deux grandes directives de 2000, sur le commerce électronique, et 2001, sur le droit d’auteur, s’est progressivement creusé un déséquilibre colossal entre, d’une part, l’aspiration par quelques grandes plates-formes américaines de toutes les recettes publicitaires – grâce, en particulier, à l’utilisation massive des œuvres créées par les auteurs européens et des articles de notre presse – et, de l’autre, les forces de la création et de l’information...




                        

                        


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<filnamedate="20180911"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180911"><AAMMJJHH="2018091119">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤ Alors que les bombardements se sont intensifiés sur le dernier bastion de l’opposition à Bachar Al-Assad, le chercheur Matthieu Rey revient, dans une tribune au « Monde », sur les enjeux humains, régionaux et internationaux du drame syrien.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 10/09/2018
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« Idlib résume toute la tragédie syrienne »

Alors que les bombardements se sont intensifiés sur le dernier bastion de l’opposition à Bachar Al-Assad, le chercheur Matthieu Rey revient, dans une tribune au « Monde », sur les enjeux humains, régionaux et internationaux du drame syrien.



LE MONDE
 |    11.09.2018 à 06h41
 • Mis à jour le
11.09.2018 à 09h56
    |

Matthieu Rey (Chargé de recherche à l'Institut de recherches et d'études sur les mondes arabes et musulmans, CNRS)







                        



                                


                            

Tribune. Par sentiment de défi, mais aussi pour rappeler ce pourquoi la Syrie saigne depuis 2011, ils sont descendus par milliers à Saraqeb, à Idlib ou à Maarat Al-Nouman. Les premières villes de cette vaste zone à s’être libérées en 2012 sont redevenues, le temps du vendredi 31 août, les places révolutionnaires appelant à la chute du régime. L’avenir, pourtant, s’annonce sombre et semblait se décider ailleurs. Dimanche 9 septembre, les avions russes leur répondaient en bombardant la place.
Alors que la « communauté internationale » scrutait les réactions de Téhéran, de Moscou, de Washington, de New York, glosait sur le sens à donner aux actions de M. Erdogan et aux réactions de M. Poutine, comme un pied de nez à l’histoire, les Syriens – ceux d’une société civile, toujours oubliés – se faisaient entendre partout par leur enthousiasme et leurs chants. Leur futur proche est connu : la répression va s’abattre – venant des airs d’abord, mais aussi du sol – de la part du régime comme des groupes djihadistes.
Idlib devient ainsi le résumé, poussé à la caricature, de la tragédie. Comme le requièrent les canons du genre, il faut un décor : des centaines de milliers de personnes agglutinées dans ce territoire, au gré des exils forcés, poussées d’un lieu vers l’autre, dans des villes et villages ignorés avant 2011 ; des groupes organisés voulant défendre envers et contre tout le refus d’un régime violent, une société civile en devenir contrainte de s’occuper principalement de secours, face au chaos créé par la répression militaire exercée par le régime ; des organismes armés, certains proches de la société syrienne, d’autres un temps affiliés à Al-Qaida, trouvant dans le réduit d’Idlib le dernier bastion de contestation, au nom de l’islam politique, à la dictature baasiste ; des forces turques déployées en vertu d’un accord sur des zones de désescalade ; des troupes terrestres croisant troupes d’élite et cohortes de milices plus ou moins...




                        

                        


<article-nb="2018/09/11/19-16">
<filnamedate="20180911"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180911"><AAMMJJHH="2018091119">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤ Le régime créé il y a soixante ans par le général de Gaulle suscite bien des critiques, mais il a aussi survécu à de nombreuses crises, rappelle dans sa chronique Gérard Courtois, éditorialiste au « Monde ».
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 10/09/2018
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« La Ve République est peut-être le plus mauvais régime… mais à l’exception de tous les autres »

Le régime créé il y a soixante ans par le général de Gaulle suscite bien des critiques, mais il a aussi survécu à de nombreuses crises, rappelle dans sa chronique Gérard Courtois, éditorialiste au « Monde ».



LE MONDE
 |    11.09.2018 à 06h37
 • Mis à jour le
11.09.2018 à 09h25
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            Gérard Courtois








                        



                                


                            
Chronique. Le jeudi 4 septembre 1958, un immense V haut de quarante mètres surplombe la place de la République, à Paris. Il symbolise à la fois le V de la victoire et, en chiffre romain, la nouvelle République dont la Constitution va être soumise à l’approbation des Français. Depuis la tribune officielle, le général de Gaulle n’a pas besoin de forcer son talent pour fustiger « l’inconstance », « l’instabilité » et pour finir la « paralysie » qui ont conduit la IVe République – dont il est alors l’ultime président du conseil –, à l’agonie, et le pays au bord de « l’effondrement ».
L’enjeu est clair, martèle-t-il : « Ce qui, pour les pouvoirs publics, est désormais primordial, c’est leur efficacité et leur continuité », « la nation française refleurira ou périra suivant que l’Etat aura ou n’aura pas assez de force, de constance, de prestige, pour la conduire là où elle doit aller ». 
Le 28 septembre, la nouvelle Constitution est approuvée par référendum : plus de 31 millions d’électeurs (80 % des suffrages exprimés, 66 % des inscrits) ont voté oui. Le texte est promulgué le 4 octobre. Et l’édifice voulu par de Gaulle sera parachevé en octobre 1962, avec l’instauration de l’élection du président de la République au suffrage universel direct, donnant définitivement au régime son allure de monarchie républicaine.

La longévité de cette République est remarquable dans un pays qui avait fait preuve, jusque-là, d’une effervescence institutionnelle sans égale, expérimentant, en l’espace de deux siècles, cinq Républiques, deux empires, trois monarchies et un « Etat français »… Seule la IIIe République, proclamée en 1870 et qui rendit l’âme dans la débâcle de 1940, aura vécu plus longtemps.
Longévité d’autant plus remarquable que cette sexagénaire n’a jamais cessé d’être harcelée de critiques et secouée par les crises. Le 4 septembre 1958, déjà, ses opposants...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-17"> ¤ Dans son dernier ouvrage, le chercheur en sciences de l’éducation invite à dépasser les questions sur les « bonnes pratiques », sur lesquelles se concentre l’institution.
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Philippe Meirieu prend la défense de la pédagogie

Dans son dernier ouvrage, le chercheur en sciences de l’éducation invite à dépasser les questions sur les « bonnes pratiques », sur lesquelles se concentre l’institution.



LE MONDE
 |    11.09.2018 à 06h30
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    |

                            Mattea Battaglia








                        



                                


                            

Livre. « Pédagogue » : la fonction a, dans le débat public, comme perdu de son prestige. Privée de sa dernière syllabe (« pédago »), elle a fini par renvoyer, dans la bouche des polémistes de tous bords, aux échecs de l’école, à ses supposés « renoncements », son « laxisme », son « nivellement ». 
Si Philippe Meirieu, l’un des pédagogues les plus en vue mais aussi les plus vilipendés, prend la plume aujourd’hui, ce n’est pas seulement pour se défendre, défendre ses pairs, ou livrer son analyse de la stratégie politique actuelle, « tactiquement efficace et pédagogiquement ravageuse », qui revient, selon lui, à agiter au nez de familles inquiètes des « remèdes miracles », dénoncés au fil des pages comme autant de « miroirs aux alouettes » – neurosciences, « bonnes vieilles méthodes », écoles alternatives…

La Riposte de Philippe Meirieu, dont on connaît les engagements politiques de gauche, va au-delà du règlement de comptes : le chercheur en sciences de l’éducation entend redonner ses lettres de noblesse à cette « transaction émancipatrice » qu’est la pédagogie, mise à mal par les polémiques (réformes du collège, des programmes, des humanités, des bilangues…) qui ont émaillé la fin du précédent quinquennat. Une « transaction » qui, quoi qu’on en dise, ne fait pas d’autre pari que celui de l’éducabilité et de l’excellence à atteindre pour et par chacun.
« Acte de transmission »
« Nul ne nie qu’il faille, comme Hannah Arendt nous y exhorte, “transmettre le monde”, écrit-il. Cela impose, évidemment, de se poser la question des contenus comme celle des méthodes. Mais répondre aux questions “Qu’enseigner ?” et “Comment ?” ne nous exonère jamais de poser la question fondatrice : quel avenir construisons-nous pour nos enfants à travers la manière dont nous vivons avec eux l’acte de transmission lui-même ? »...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-18"> ¤ Le rapport d’Hakim El Karoui sur l’organisation de l’islam de France ne répond pas aux questions liées à la propagation des idées des Frères musulmans dans le pays, explique l’islamologue Rachid Benzine dans une tribune au « Monde ».
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-18"> ¤                     
                                                   
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« Il faut renforcer l’“islam des gens” »

Le rapport d’Hakim El Karoui sur l’organisation de l’islam de France ne répond pas aux questions liées à la propagation des idées des Frères musulmans dans le pays, explique l’islamologue Rachid Benzine dans une tribune au « Monde ».



LE MONDE
 |    11.09.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
11.09.2018 à 09h33
    |

                            Rachid Benzine (Islamologue, chercheur au fonds Paul Ricoeur)








                        



                                


                            
Tribune. Alors que les assises territoriales de l’islam, promues cet été seulement par le gouvernement dans les différentes régions de France et organisées par les préfets, sont encore en cours, les choses semblent s’accélérer en vue d’une nouvelle organisation de l’islam de France.
Ainsi, l’Institut Montaigne vient de publier un nouveau rapport dirigé par Hakim El Karoui : « La Fabrique de l’islamisme » (voir le lien PDF), qui montre de manière rigoureuse comment, ces dernières décennies, en France comme ailleurs dans le monde, l’islam s’est laissé « wahhabiser » (en référence à l’islam promu par le royaume saoudien) et « fréririser » (eu égard à l’influence grandissante des Frères musulmans, malgré leur actuelle persécution en Egypte).
Le président de la République a reçu voici quelques jours ce gros travail (plus de 620 pages !), qu’il étudie maintenant, et le ministre de l’intérieur vient de se féliciter publiquement de son contenu.

La grande question, dès lors, est de savoir comment les débats suscités par les assises territoriales, d’une part, et le contenu de ce nouveau rapport, d’autre part, vont aboutir à des mesures concrètes qui favoriseront, comme le souhaite le président de la République, le triomphe d’un islam des musulmans de France qui sera en harmonie avec les idéaux de notre République laïque et au service d’un véritable « vivre-ensemble », privilégiant le bien commun au détriment des enfermements identitaires.
Déjà circulent dans l’espace public quelques grandes idées promues par Hakim El Karoui qui auraient la faveur du chef de l’Etat et de son gouvernement. A leur sujet, quelques médias ont parlé de « propositions-chocs ». Celles-ci se résument en trois grandes perspectives : une surveillance accrue des flux financiers liés à l’islam ; une organisation plus contrôlée des pèlerinages dans les lieux saints de l’islam ; et une taxe sur les produits halal, qui serait collectée par un nouvel...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤ Les principaux acteurs de l’économie solidaire, parmi lesquels Frédéric Tiberghien, président de Finansol, et Hugues Sibille, président du Labo de l’ESS, listent dans une tribune au « Monde » les quatre mesures qu’ils attendent du gouvernement pour pouvoir pleinement bénéficier de la loi Pacte.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤                     
                                                   
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Loi Pacte et finance solidaire, « un rendez-vous à ne pas manquer »

Les principaux acteurs de l’économie solidaire, parmi lesquels Frédéric Tiberghien, président de Finansol, et Hugues Sibille, président du Labo de l’ESS, listent dans une tribune au « Monde » les quatre mesures qu’ils attendent du gouvernement pour pouvoir pleinement bénéficier de la loi Pacte.



LE MONDE
 |    10.09.2018 à 15h54
 • Mis à jour le
10.09.2018 à 16h12
    |

                            Collectif








                        



                                


                            

Tribune. Le projet de loi Pacte (plan d’action pour la croissance et la trans­formation des entreprises) [actuellement en discussion à l’Assemblée nationale] comporte un nombre très élevé de mesures destinées à renforcer la place de l’entreprise dans la société.
Parmi les plus emblématiques, il faut signaler la simplification des seuils sociaux, l’inscription d’une mission sociale et/ou environnementale dans l’objet social des entreprises désireuses de le faire, la représentation des salariés dans les conseils d’administration, l’extension des dispositifs d’intéressement et de participation pour les PME avec un allégement substantiel du forfait social, le développement de l’actionnariat salarié, l’harmonisation des régimes d’épargne retraite.
Conçu pour le secteur privé lucratif, ce projet de loi ne comporte guère de mesures propres à encourager l’économie sociale et solidaire (ESS). Pourtant, si le gouvernement et le Parlement s’appropriaient cette ambition, ce projet pourrait dynamiser le développement de la finance solidaire à travers quatre séries de dispositions et apporter ainsi à l’ESS des moyens supplémentaires pour changer d’échelle.

Premièrement, l’extension et l’amélioration du régime de l’épargne salariale, qui représente deux tiers de l’encours d’épargne solidaire, permettraient de maintenir la dynamique de cette collecte d’épargne solidaire observée depuis dix ans.
Des sources de financement supplémentaires
Deuxièmement, l’harmonisation des régimes d’épargne retraite fournirait l’occasion de généraliser une offre solidaire à tous ces dispositifs d’épargne, en leur étendant la formule qui a fait le succès de l’épargne salariale solidaire.

Troisièmement, la modification du régime de l’assurance-vie permettrait au président de la République d’honorer sa promesse de campagne de soutenir le développement de la finance solidaire et notamment d’obliger les assureurs à présenter,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤ La préhistoire n’est-elle pas souvent plus éclairante que l’histoire elle-même ?, s’interroge dans sa chronique l’économiste Paul Jorion, qui analyse les ressorts de la politique économique et commerciale internationale du président américain.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤                     
                                                   
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« La présidence hors norme de Donald Trump »

La préhistoire n’est-elle pas souvent plus éclairante que l’histoire elle-même ?, s’interroge dans sa chronique l’économiste Paul Jorion, qui analyse les ressorts de la politique économique et commerciale internationale du président américain.



LE MONDE
 |    10.09.2018 à 12h13
 • Mis à jour le
10.09.2018 à 12h22
    |

                            Paul Jorion (Economiste et anthropologue à l'Université catholique de Lille)








                        



                                


                            

Marchés. Quels sont les ressorts de la politique économique et commerciale internationale de Donald Trump ? Il n’est pas exclu que les analystes se fourvoient quand ils explorent les sources habituelles car tout dans son cas est hautement inhabituel.
Une citation : « Le monde entier se moque de la classe politique américaine alors que nous assurons la protection de navires qui ne sont pas les nôtres, transportant du pétrole dont nous n’avons aucun besoin, destiné à des alliés qui ne nous aideront jamais en retour. Il est temps de mettre fin à nos énormes déficits en forçant le Japon à régler la note, ainsi que les autres nations en ayant les moyens. » Chacun aura reconnu là la politique étrangère de Donald Trump et ses implications économiques.
Or cette proclamation date de plus de trente ans : elle apparaît dans une page payante publiée le 1er septembre 1987 par The Boston Globe, The Washington Post et The New York Times. Le texte était intitulé : « Il n’y a rien dans la politique erronée de défense américaine auquel on ne pourrait remédier par de la force de caractère ». Trump avait acquitté personnellement les 100 000 dollars qu’avait coûtés l’annonce qui paraissait sept semaines après son retour d’un voyage tous frais payés en Union soviétique.
Le 24 juillet, quelques jours après son retour, le magazine spécialisé dans le renseignement Executive Intelligence Review écrivait : « Les Soviétiques, entend-on dire, envisagent désormais avec davantage de sympathie une candidature à la présidentielle de Donald Trump, promoteur new-yorkais ayant amassé une fortune grâce à la spéculation immobilière. »
Dès 1984
Remontons davantage encore dans le temps : dans un entretien qu’il accordait au Washington Post le 15 novembre 1984, Trump expliquait, avec une assurance surprenante pour un néophyte de 38 ans, qu’il aimerait négocier au nom des Etats-Unis...




                        

                        

