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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-1"> ¤ Thomas Wieder, correspondant du « Monde » à Berlin, analyse les récentes manifestations à Chemnitz et Köthen, notant que « des tabous sont brisés auprès d’une partie de la population ».
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Allemagne : « Les manifestations d’extrême droite attirent néonazis et citoyens en colère »

Thomas Wieder, correspondant du « Monde » à Berlin, analyse les récentes manifestations à Chemnitz et Köthen, notant que « des tabous sont brisés auprès d’une partie de la population ».



LE MONDE
 |    11.09.2018 à 17h12
 • Mis à jour le
11.09.2018 à 17h25
   





                        



   


Notre correspondant à Berlin, Thomas Wieder, a répondu aux questions des internautes sur les récents rassemblements organisés à l’initiative de l’extrême droite outre-Rhin, notamment à Chemnitz et à Köthen.

        Lire notre reportage :
         

          A Köthen, l’extrême droite allemande exploite un nouveau fait divers



Don : Bonjour. Les manifestations d’extrême droite ne sont pas un phénomène nouveau en Allemagne. Qu’est-ce qui distingue les mobilisations des derniers jours à Chemnitz et Köthen de ce qu’on peut observer depuis plusieurs années ?
L’extrême droite est en effet structurée et bien implantée depuis longtemps en Allemagne, en particulier dans l’ex-Allemagne de l’Est. Il suffit de rappeler les émeutes racistes de Rostock (Mecklembourg-Poméranie occidentale), au bord de la Baltique, en août 1992, ou encore la série de meurtres perpétrés entre 2000 et 2007 par l’organisation néonazie « Clandestinité nationale-socialiste », dont le procès-fleuve s’est achevé en juillet. Ce qui est nouveau, dans les mobilisations de ces derniers jours, c’est le fait que manifeste désormais, aux côtés des groupuscules d’ultradroite, un parti politique représenté au Bundestag où il est même la première force d’opposition, avec 92 députés sur 730.
C’est un point essentiel : ces manifestations n’attirent pas seulement des néonazis, mais des citoyens en colère qui ne se reconnaissent pas nécessairement dans les groupuscules ultraradicaux, mais qui, en même temps, vous expliquent que face à un danger commun (l’immigration incontrôlée de criminels qui viennent troubler l’ordre social) et à un adversaire politique commun (Merkel désignée volontiers comme une « traîtresse » et une « criminelle »), cela ne les dérange pas de défiler aux côtés de néonazis.
Nicolas : Bonjour, l’AfD est-il influent dans tout le pays ou uniquement dans les régions où ont eu lieu les manifestations d’extrême droite ?
Aux législatives de 2017, l’AfD a recueilli 12,6 % des voix. Après, il y a de grandes différences entre les Länder. Dans l’ex-Allemagne de l’Est, le parti d’extrême droite a recueilli 22 % des voix en moyenne, s’imposant comme la deuxième force politique derrière l’Union chrétienne-démocrate (CDU). A l’Ouest, elle a fait un score moyen de 11 %. Le Land où l’AfD est la plus forte est la Saxe (c’est là que se trouve Chemnitz), où, elle a obtenu 27 % des voix, devançant de 0,1 point la CDU. Les Länder où l’AfD a jusque-là moins bien réussi à s’implanter sont ceux du nord-ouest de l’Allemagne, comme le Schleswig-Holstein, la Basse-Saxe ou la Rhénanie-du-Nord-Westphalie, ainsi que des villes comme Hambourg et Brême.
The puma : Est-ce que l’AfD à les mêmes idées que le Front national ?
Thomas Wieder : L’AfD, depuis sa création en 2013, a évolué. Au départ, le parti était essentiellement préoccupé par la sortie de l’euro et le retour au deutschemark. Depuis 2015, la question migratoire est sa seule obsession. Les rapports avec le Front national, aujourd’hui Rassemblement national, ont toujours été compliqués. En 2016, un rapprochement a eu lieu entre Marine Le Pen et Frauke Petry, alors présidente de l’AfD, mais il n’a pas été du goût de tout le monde à l’AfD, beaucoup considérant que la présidente du FN défendait une ligne trop socialiste sur le plan de la politique économique.
Depuis le départ fracassant de Frauke Petry de l’AfD, au lendemain des élections législatives du 24 septembre 2017, les contacts entre les deux partis se sont distendus. Mais sur le fond, j’aurais plutôt tendance à dire qu’ils se sont rapprochés avec le départ de Florian Philippot du Front national, représentant de la ligne « sociale » honnie par nombre de dirigeants de l’AfD, lesquels campent sur des positions plus libérales.

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                La tentation extrémiste des droites européennes



Arthur : Bonjour, Un lien entre les événements de Köthen et les futures élections en Bavière se fait-il déjà sentir ?
Pour comprendre ce qui se passe au sein de la CSU bavaroise, il faut remonter aux législatives du 24 septembre 2017. Ce jour-là, la CSU recueille 38,8 % des voix, soit 10,5 points de moins qu’en 2013, tandis que l’AfD réalise en Bavière son meilleur score de toute l’Allemagne de l’Ouest, avec 12,4 %, soit 8,1 points de plus qu’en 2013. De ce qui constitue un choc électoral, Horst Seehofer, président de la CSU et alors ministre-président de Bavière, tire une conclusion : pour éviter qu’une telle débâcle ne se reproduise un an plus tard aux élections régionales, la CSU doit absolument reconquérir les électeurs qu’elle a perdus au bénéfice de l’AfD. D’où une stratégie « à droite toute » défendue depuis par Seehofer au ministère fédéral de l’intérieur et par son successeur à la tête de la Bavière, Markus Söder.
Le problème est que, dans les sondages, cette stratégie ne semble guère payante puisque la CSU est aujourd’hui créditée de 36 % à 37 % des voix, tandis que l’AfD tourne autour de 14 %. En fait, il semble que la CSU perde sur les deux tableaux : d’un côté, elle ne parvient pas à récupérer les électeurs partis à l’AfD, de l’autre, elle se voit délaissée par des électeurs plus modérés qui, rebutés par ce durcissement, envisagent aujourd’hui de voter plus au centre, notamment pour les Verts qui pourraient arriver en deuxième position – autour de 15 %-16 % – aux élections régionales d’octobre.
yann : Pourquoi la grande coalition paraît-elle presque paralysée ? Quel est le problème à condamner sans appel ces manifestations ?
La coalition est paralysée pour deux raisons principales. D’abord, c’est une « grande coalition » qui n’a de grande que le nom : jamais la CDU-CSU et le SPD n’ont obtenu des scores aussi faibles aux élections, et jamais Merkel n’a été si mal réélue quand elle s’est présentée au Bundestag, en mars, après des mois de laborieuses tractations pour trouver un accord de gouvernement : 9 voix seulement de majorité, c’est très peu !
Ensuite, la coalition est paralysée par les désaccords qui la minent. Pas seulement entre conservateurs et sociaux-démocrates, mais au sein même du camp conservateur. Plus le temps passe, moins ce gouvernement est une coalition CDU-CSU/SPD et plus c’est une cohabitation Merkel (CDU)-Seehofer (CSU). Un gouvernement ne peut pas fonctionner normalement quand il est en permanence animé par une guerre au sommet entre une chancelière et son ministre de l’intérieur qui partagent des visions opposées sur les questions essentielles du moment : la politique migratoire, la place de l’islam dans la société, la façon de lutter contre l’extrême droite.

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                La droite allemande tétanisée par l’extrême droite



IIIIIIIIII : Pensez-vous que ce jaillissement de l’extrême droite au cours des derniers mois peut être dû à un travail de mémoire qui s’affaiblit en Allemagne ?
Cela joue, très certainement. Il m’arrive souvent d’en parler avec des gens, et beaucoup, en particulier chez les plus jeunes, vous disent facilement qu’ils en ont ras-le-bol de se voir rappeler le passé nazi de l’Allemagne ; l’idée d’une responsabilité particulière de leur pays leur est totalement étrangère. Indiscutablement, des tabous sont brisés auprès d’une partie de la population. Pour cette dernière, ces références n’opèrent plus, voire sont devenues totalement contreproductives. Il n’y a qu’à voir l’effet des provocations d’Alexander Gauland, le coprésident de l’AfD : à l’évidence, ses sorties sur la seconde guerre mondiale des derniers mois n’empêchent pas le parti de prospérer.
Autre exemple : à Chemnitz, lors de la manifestation du 1er septembre, était présent Björn Höcke, le leader de l’AfD en Thuringe, considéré comme le chef de file de son aile la plus radicale. L’homme est connu pour ses sorties polémiques sur la seconde guerre mondiale. En 2017, certains voulaient même l’exclure du parti après un discours dans lequel il avait dénoncé comme « monument de la honte » le mémorial aux victimes de la Shoah édifié au cœur de Berlin. « Il nous faut rien de moins qu’un virage à 180° de notre politique de mémoire », avait-il déclaré. A l’époque, la secrétaire générale du Parti social-démocrate avait dit que Höcke parlait « la langue du NSDAP », le Parti nazi. Quand j’ai demandé à des manifestants, à Chemnitz, si ça ne les gênait pas de participer à une manifestation conduite par ce même Björn Höcke, aucun n’a considéré qu’il y avait le moindre problème.

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                En carte : la progression des extrêmes droites en Europe





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Les extrêmes droites les plus puissantes en Autriche et en Italie
Les deux pays sont talonnés par la Hongrie et la Suède. Deux pays européens n'ont aucun mouvement d'extrême droite notable dans le jeu politique : le Luxembourg et l'Irlande.









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            ["Finlande",6.9,"Vrais Finlandais","Présidentielle 2018","Avec 17,6 % des voix, les Vrais Finlandais sont arrivés en deuxième position lors des législatives de 2015, ce qui leur a permis d'entrer dans un gouvernement de coalition. Mais, deux ans plus tard, l'élection de la tête des Vrais Finlandais a provoqué la scission entre les partisans du nouveau président du parti et des opposants, qui ont annoncé la création d'une formation concurrente. Les frondeurs sont restés au gouvernement."],
            ["Portugal",0.09,"Parti national rénovateur","Municipales 2017","Le Parti national rénovateur, d'une orientation politique proche de celle du Front national en France, n'a jamais dépassé 1 % des votes."],
            ["Slovénie",2.2,"Parti national slovène","Législatives 2014","Depuis 2011, le Parti national slovène, populiste et eurosceptique, n'a plus assez de voix pour se maintenir au parlement."],
            ["Suède",17.6,"Démocrates de Suède","Législatives 2018","Les Démocrates de Suède (SD) sont issus, à l'origine, du néonazisme, mais se sont recentrés, renonçant à un discours ouvertement raciste. Une nouvelle organisation néonazie, le Mouvement de la résistance nordique, est apparue depuis une dizaine d'années."],
            ["Royaume-Uni",1.8,"UKIP et BNP","Législatives 2017","Le parti pour l’indépendance du Royaume-Uni (UKIP), créé en 1993, a mis la lutte contre l’immigration au centre de son programme. Pour ne pas perdre trop d'électeurs au profit de l'UKIP, le premier ministre David Cameron a dû s'engager à tenir un référendum sur le maintien du pays dans l'Union européenne… provoquant le Brexit. Le Parti national britannique (BNP), plus ancien, est lui en nette perte de vitesse."],
            ["Roumanie",3.8,"Parti de la Grand Roumanie et Parti Roumanie unie","Législatives 2016","Le Parti Grande Roumanie, fondé en 1991 par un admirateur du dictateur Nicolae Ceaușescu, est en perte de vitesse. Il n'a pas réussi à conserver de députés au niveau national et européen. Dans la même ligne souverainiste et europhobe, le Parti Roumanie unie a été créé en 2015. "],
            ["Slovaquie",16.6,"Notre Slovaquie","Législatives 2016","Le parti d'extrême droite Notre Slovaquie (LSNS), qui milite pour une sortie de l'Union européenne, est arrivé perdant des élections régionales, en novembre 2017, son leadeur, Marian Kotleba, ayant échoué à préserver son poste de gouverneur d'une région du centre. Le Parti national slovaque essaie, lui, de se dédiaboliser et participe au gouvernement du social-démocrate Robert Fico, grâce aux 8,6 % obtenus aux dernières élections législatives."],
            ["Autriche",26,"FPO","Législatives 2017","Norbert Hofer a perdu de très peu au deuxième tour de l'élection présidentielle face à l'ancien dirigeant des Verts, Alexander Van der Bellen. Au premier tour de l'élection, il était arrivé largement en tête avec 35 % des voix, contre 21 % pour son concurrent. Son parti, le FPÖ a obtenu 26 % des voix aux dernières élections législatives et trois ministères régaliens au sein du gouvernement, qu'il partage avec les conservateurs."],
            ["Italie",22.32,"Ligue du Nord et Frères d'Italie","Législatives 2018","Après sa rupture avec la droite berlusconienne, Frères d'Italie a effectué un rapprochement avec la Ligue du Nord de Matteo Salvini, en 2014-2015, sur la base de leur opposition aux politiques de Bruxelles, en particulier sur l'immigration. Mais la doctrine centralisatrice des néofascistes reste opposée au régionalisme de la Ligue."],
            ["Lituanie",5.55,"Ordre et justice","Législatives 2016","Le parti Ordre et Justice, dirigé par l'ex-président Rolandas Paksas, destitué en 2004 pour violation de la Constitution, est un parti populiste qui appartient au groupe eurosceptique formé par l'UKIP au Parlement européen. Il est en perte de vitesse depuis quelques années."],
            ["Pays-Bas",13.06,"Parti pour la liberté","Législatives 2017","Le Parti pour la liberté (PVV) de Geert Wilders est devenu, en mars, la deuxième force du Parlement néerlandais, derrière les libéraux, avec vingt sièges sur cent cinquante et un gain de cinq élus. "],
            ["Lettonie",13.9,"Alliance nationale","Législatives 2014","Le parti nationaliste, créé en 2010, fait partie du groupe Conservateurs et réformistes européens à Strasbourg, comme le Parti populaire danois ou les Vrais Finlandais."],
            ["Croatie",1.25,"Alliance démocratique croate de Slavonie et Baranya (HDSSB)","Législatives 2016","Dirigé pendant des années par le criminel de guerre Branimir Glavas, qui a réussi à être réélu au parlement, le parti nationaliste n'a toutefois réuni que peu de voix aux dernières élections."],
            ["Hongrie",19.6,"Jobbik","Législatives 2018","Le positionnement de plus en plus xénophobe de Viktor Orban, issu du camp conservateur, permet paradoxalement à l'Alliance des jeunes de droite-Mouvement pour une meilleure Hongrie, communément appelée Jobbik, de se présenter comme la principale alternative au dirigeant. Mais le parti ultranationaliste, en dépit d'une modération de son discours, stagne dans les urnes : il a obtenu le même score aux législatives qu'il y a quatre ans, autour de 20 % des voix."],
            ["Estonie",0.2,"Parti de l'indépendance estonienne","Législatives 2015","Parti d'extrême droite de tendance nationaliste et eurosceptique, le Parti de l'indépendance estonienne n'a obtenu aucun député aux dernières élections."],
            ["Grèce",6.28,"Aube dorée","Législatives 2015","Le parti d’extrême droite Aube dorée, qui profite de la crise migratoire, est la troisième force politique du pays, en dépit des procès que doivent affronter plusieurs de ses membres, accusé d’actes de violence raciste contre des immigrés."],
            ["France",8.95,"Front National","Législatives 2017 (second tour)","Même si le Front national a terminé en première position aux élections européennes de 2014 et que sa présidente, Marine le Pen, s'est qualifiée pour le second tour de la présidentielle de 2018 en doublant quasiment le nombre de voix obtenues par Jean-Marie Le Pen quinze ans plus tôt, le parti n'a réalisé qu'un score médiocre aux élections législatives — où le taux de participation n'était pas très élevé par ailleurs."],
            ["Bulgarie",9,"Patriotes unis","Législatives 2017","Les Patriotes unis, une coalition de trois partis ultranationalistes — dont l'Union nationale Attaque (Ataka), le Front national pour le salut de la Bulgarie et le Mouvement national bulgare (VMRO) —, a obtenu aux dernières élections un score d’environ 9 %, en retrait par rapport à la présidentielle de novembre (15 %). Ils participent au gouvernement de coalition et ont deux des quatre postes de vice-premier ministre."],
            ["République tchèque",1.23,"Les Réalistes","Présidentielle 2018","Les Réalistes, un nouveau parti qui s'inspire ouvertement de l'AfD allemande, avec un discours eurosceptique et sécuritaire, n'a réuni qu'un faible nombre de voix au premier tour de la présidentielle. En revanche, le parti nationaliste Liberté et démocratie directe (SPD), plus ancien, a obtenu 10 % des votes lors du scrutin législatif de 2017, grâce à son discours anti-islam et anti-UE. L'homme d'affaires Andrej Babis, vainqueur des élections, n'a pas exclu la formation d'un gouvernement minoritaire, qui aurait le soutien des communistes et du SPD."],
            ["Danemark",21.1,"Parti populaire danois (DF)","Législatives 2015","Arrivé en deuxième position aux dernières législatives, DF critique le dumping social et la criminalité originaire de l'Europe de l'Est et est partisan du rétablissement des contrôles aux frontières. Certains de ses membres ont proposé de supprimer le Parlement européen et de stopper l'entrée des musulmans au Danemark. Il s'est classé en tête aux élections européennes dans le pays."],
            ["Allemagne",12.6,"Alternative pour l'Allemagne (AfD)","Législatives 2017","Le parti eurosceptique Alternative pour l’Allemagne (AfD) s'est imposé aux législatives allemandes de septembre avec une percée sans précédent de 12,6 % des voix, contre 4,7% il y a quatre ans. Le Parti national-démocrate d'Allemagne (NPD), plus ancien, a pratiquement disparu des urnes et n'a plus qu'un député européen."],
            ["Pologne",13.57,"Korwin et Kukiz'15","Législatives 2015","Korwin, créé par le député européen Janusz Korwin-Mikke en 2015, et rebaptisé Liberté, n'a remporté aucun siège aux dernières élections, avec ses 4,76 % des voix. En revanche, cinq membres du parti d'extrême droite Mouvement national ont été élus au Parlement polonais sur les listes de Kukiz'15, parti populiste du chanteur Pawel Kukiz, qui a obtenu 8,81 % des voix."],
            ["Irlande",0,"","Législatives 2016","Il n'y a pas de parti d'extrême droite dans le pays."],
            ["Espagne",0.24,"Vox et Phalange espagnole","Législatives 2016","Contrairement à d'autres pays européens où l'extrême droite se construit sur un sentiment anti-immigration et anti-islam, l'extrémiste espagnol milite d'abord pour l'unité du pays. Mais aucun parti n'arrive à percer : Vox, le plus grand des groupuscules d’extrême droite espagnols, n’a recueilli que 0,2 % des voix lors des élections législatives de juin 2016. La Phalange espagnole, d'obédience franquiste, a obtenu 0,04 %."],
            ["Chypre",5.65,"ELAM","Présidentielle 2018","Le Front populaire national (ELAM), parti nationaliste grec, a réuni 5,65 % des voix au premier tour de l'élection présidentielle, en janvier. Il avait déjà obtenu 3,7 % des voix aux élections législatives de 2016, lui assurant deux sièges au Parlement. Il manifeste régulièrement contre la présence des Turcs et des migrants et revendique s'inspirer du mouvement grec Aube dorée."],
            ["Malte",0.36,"Mouvement patriotique maltais","Législatives 2017","Le Mouvement patriotique maltais, apparu en 2016, a un discours dirigé contre l’islam, les migrants et le multiculturalisme. Il a obtenu 0,36 % des voix aux dernières élections législatives."],
            ["Luxembourg",0,"","Communales 2017","Le Luxembourg n'avait pas de candidat d'extrême droite aux dernières élections. Le Parti social-démocrate populaire (SDV), qui revendique des idées proches du Front national, a été créé en avril 2015 et n'est pas encore installé dans le paysage politique luxembourgeois."],
            ["Belgique",3.7,"Vlaams Belang (VB)","Législatives 2014","L'alliance néo-flamande (N-VA) a pris beaucoup de voix à l'Intérêt flamand (Vlaams Belang ou VB) en polissant son discours tout en continuant à s'en prendre aux migrants. Elle est devenue la principale composante de la coalition au pouvoir, avec 20,3 % des voix aux dernières législatives."]
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            .attr("class", function(d,i){
            if (m.get(d.properties.fr) != undefined) {
                return "dcdr_pays"}
            })
            .attr("stroke","#000")
            .attr("stroke-width",function(d){
                if(d.properties.fr == "Islande")
                    return 0
                else
                    return 0.4;
            })
            .attr("fill", function(d, i) {
                if (m.get(d.properties.fr) != undefined) {
                    return quantize(m.get(d.properties.fr)[1])
                }
                else {
                    if(d.properties.fr == "Islande")
                        return "transparent"
                    else
                        return "#fff";

                }
            });
            var legend_fond = svglegende.append("g").attr("id", "legend_fond");
            var legend = svglegende.append("g").attr("id", "legend").selectAll("rect")
            legend.data(color)
                .enter().append("rect")
                .attr("x", 0).attr("y", function(d,i){
                    return i*14
                })
                .attr("width", 15)
                .attr("height", 13)
                .attr("fill", function(d,i){
                    return color[i]
                })
                .attr("shape-rendering", "crispEdges")
                .attr("stroke", "none");

        var legend_txt = svglegende.append("g").attr("id", "legend_txt").selectAll("text");

        legend_txt.data(color)
            .enter().append("text")
            .attr("x", 18)
            .attr("y", function(d,i){
            return i*14 + 11
            })
            .style("font-size", "10px")
            .style("font-family", "Arial")
            .attr("fill", "#333333")
            .text(function(d,i){
                var virgule = Math.pow(10,2);
                var t0 = Math.round(a[i] * virgule) / virgule
                var t1 = Math.round(a[i + 1] * virgule) / virgule
                return t0 + " - " + t1 + " " + "%"
            });

        var legend_titre = svglegende.append("g").attr("id", "legend_titre");

        legend_titre.append("text")
            .attr("x", 0)
            .attr("y", -5)
            .style("font-size", "11px")
            .attr("font-weight", "bold").attr("fill", "#000000")
            .text("Score de l'extrême droite au dernier scrutin");

        var rect = document.getElementById("legende15204174607").getBBox();

        legend_fond.append("rect").attr("x", rect.x - 10)
            .attr("y", rect.y - 5)
            .attr("width", rect.width + 10 * 2)
            .attr("height", rect.height + 5 * 2);

        var w = $("#dcdr_map15204174607").width();
        var h = $("#dcdr_map15204174607").height();
        var x = w * 1 / 100, y = h * 11 / 100;

        svglegende.attr("transform", "translate("+x+","+y+")");

        var isNumber = [1], data_modif_title = ["pays","score de l'extrême-droite","partis politique","dernier scrutin en date","contexte"];

        function p(col) {
            var m = data_modif_title.indexOf(col);
            return m;
        }

    $(function() {

        $("#dcdr_map15204174607").tooltip({
            items: ".dcdr_pays",
            tooltipClass: "tooltipdecodeurs multimedia-embed",
            track: true,
            content: function() {
                function essai(contents){

                    if (contents == "COULEUR"){
                        var color = $(element[0]).attr("fill");
                        return color;
                    }
= 0){
                        var virgule = Math.pow(10, 2);
                        var t0 = Math.round(allvalues[p(contents)] * virgule) / virgule;
                        return t0.toLocaleString();
                    }
                    else
                        return allvalues[p(contents)];
                }

                var element = $(this);
                var allvalues = m.get(element.attr("name"));
                var drapeau = m2.get(element.attr("name"))[1];
                var titre = "{{pays}} :";
";
                var notes = "{{contexte}}";
                var reg = new RegExp(/{{(.*?)}}/g)

                titre = titre.replace(reg, function(match, contents, offset, s) {return essai(contents);});
                content = content.replace(reg, function(match, contents, offset, s) {return essai(contents);});
                notes = notes.replace(reg, function(match, contents, offset, s) {return essai(contents);});

                var str = ""
                if (titre != "")
" + titre + ""

                if (content != "")
" + content + ""

                if (notes != "")
" + notes + ""
                return str;
            },
            show: {
                effect: false,
                duration: 0
            },
            hide: {
                effect: false,
                duration: 0
            }
        });
        });

    });

    $("#dcdr_container15204174607 a").click(function(event) {event.stopImmediatePropagation()});
});





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-2"> ¤ Plusieurs ministres européens, dont Monika Grütters (Allemagne) et Françoise Nyssen (France), appellent le Parlement européen à voter en faveur de la directive relative au droit d’auteur dans une tribune au « Monde ».
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-2"> ¤                     
                                                   
édition abonné


« L’Europe doit imposer davantage de responsabilité et de règles équitables aux géants du numérique »

Plusieurs ministres européens, dont Monika Grütters (Allemagne) et Françoise Nyssen (France), appellent le Parlement européen à voter en faveur de la directive relative au droit d’auteur dans une tribune au « Monde ».



LE MONDE
 |    11.09.2018 à 16h52
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                            Collectif








                        



                                


                            

Tribune. Trois mois après l’adoption d’un texte de compromis au Conseil, la négociation du projet de directive relative au droit d’auteur entre dans une phase décisive à la veille d’un nouveau vote au Parlement européen.
Nous, ministres européens de la culture, formons le vœu que cette négociation déterminante pour l’avenir de la diversité culturelle et du pluralisme des médias en Europe se poursuive sereinement. Nous espérons que les discussions à venir permettront de parvenir à des compromis appropriés, reflétant un juste équilibre entre les divers intérêts en présence, tout en conservant l’essence de la réforme.
Nous reconnaissons pleinement que la discussion en cours sur le droit d’auteur interroge sur nos attentes vis-à-vis de l’Union européenne, ainsi que sur la capacité de l’Europe de demain à défendre ses intérêts collectifs et ses valeurs dans l’environnement numérique.
Une occasion unique pour la diversité culturelle en Europe
Les industries culturelles et créatives, qui représentent 4,2 % du PIB européen et plus de 7 millions d’emplois, témoignent de l’extraordinaire talent et de la créativité des artistes et des entreprises de notre continent.
L’équité et la diversité culturelle sont au cœur de la réforme du droit d’auteur : c’est la vision que nous portons pour l’Europe
Avec la réforme du droit d’auteur, les créateurs, les entreprises et le public devraient bénéficier d’un cadre juridique plus équilibré et ce, afin d’obtenir un marché numérique plus performant. Nous ne devrions pas consentir à un monde où une poignée d’entreprises multinationales captent l’essentiel de la valeur générée par les œuvres créées par d’autres dans l’environnement numérique.
Aussi, de nouvelles règles sont nécessaires afin que plus d’œuvres soient disponibles en ligne et que le droit d’auteur puisse être de manière effective utilisé comme fondement d’une juste rémunération des créateurs et éditeurs...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-3"> ¤ Le mouvement allemand de mercredi préfigure un débrayage européen que doivent officialiser jeudi à Bruxelles des syndicats italiens, portugais, espagnols, hollandais, et belges.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-3"> ¤                     
                                                

Allemagne : grève chez Ryanair mercredi, 150 vols annulés

Le mouvement allemand de mercredi préfigure un débrayage européen que doivent officialiser jeudi à Bruxelles des syndicats italiens, portugais, espagnols, hollandais, et belges.



LE MONDE
 |    11.09.2018 à 15h16
 • Mis à jour le
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Avant la « grande grève » prévue le 28 septembre à l’échelon européen, quelque 150 des 400 vols Ryanair prévus mercredi au départ et à destination de l’Allemagne vont être supprimés en raison d’un mouvement de grève, a annoncé mardi 11 septembre le directeur marketing de la compagnie, Kenny Jacobs. Ce débrayage de vingt-quatre heures lancé par les syndicats allemands de pilotes, Cockpit, et de personnel commercial, Verdi, doit débuter mercredi.

        Lire aussi :
         

                La « plus grande grève de l’histoire » de Ryanair se profile



La compagnie à bas coûts avait précédemment fait savoir mardi dans un communiqué que les passagers pouvaient gratuitement repousser leurs réservations de mercredi à jeudi, vendredi, samedi ou dimanche.
Débrayage européen à venir
Pour Ryanair, le maintien de 250 vols sur 400 allemands de mercredi est un signe qu’il « n’y a pas de soutien majoritaire à ces grèves », lancées en pleines négociations entre la compagnie irlandaise et les syndicats allemands Cockpit et Verdi. En août, la compagnie a fait face à un mouvement coordonné de son personnel dans cinq pays européens : 400 vols annulés en pleine période de vacances et plus de 55 000 passagers concernés.
Pour tenter de dissuader les grévistes, la deuxième compagnie européenne a également déclaré dans un communiqué envisager de réduire à court terme ses activités dans certains aéroports d’Allemagne et de devoir licencier. « Si ces menaces de grève continuent, elles mèneront à une réduction des opérations en Allemagne et à des suppressions d’emplois pour les pilotes comme le personnel navigant », a lâché le directeur marketing de Ryanair, Kenny Jacobs. « On ne menace personne, on veut même doubler notre taille en Allemagne (...) mais les grèves ont un impact économique », a-t-il ajouté lors d’une conférence de presse.
Le mouvement allemand de mercredi préfigure un débrayage européen que doivent officialiser jeudi à Bruxelles des syndicats italiens, portugais et espagnols, hollandais et belges. Ils ont évoqué dans un communiqué commun la date de vendredi 28 septembre pour mener la « plus grande grève » de l’histoire de la compagnie, confrontée depuis des mois à des débrayages récurrents de son personnel.

        Lire aussi :
         

                RyanAir : « Les passagers sont invités à se rebiffer »






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-4"> ¤ Notre correspondant à Berlin, Thomas Wieder, analyse les dernières manifestations de l’extrême droite à Köthen et à Chemnitz.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-4"> ¤ 
<article-nb="2018/09/11/19-5">
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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-5"> ¤ Le Parlement européen va se pencher, mercredi, sur une réforme très contestée du copyright. Ce texte peut avoir des conséquences directes sur l’utilisation d’Internet.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-5"> ¤                     
                                                

Que peut changer la directive européenne sur le droit d’auteur pour les internautes ?

Le Parlement européen va se pencher, mercredi, sur une réforme très contestée du copyright. Ce texte peut avoir des conséquences directes sur l’utilisation d’Internet.



LE MONDE
 |    11.09.2018 à 12h21
 • Mis à jour le
11.09.2018 à 18h19
    |

            Martin Untersinger








                        


Le Parlement européen doit à nouveau se pencher, mercredi 12 septembre, sur le projet de directive censé adapter les droits d’auteur à l’heure du numérique. Pour les partisans du texte — industries culturelles, médias, artistes… —, ce dernier est nécessaire pour assurer une meilleure rémunération des créateurs et des éditeurs dans l’économie actuelle d’Internet. Pour ses opposants — les grandes entreprises du Web et les défenseurs des libertés numériques —, ce texte est dangereux pour leur business et pour la liberté d’expression.
C’est en tout cas un sujet brûlant : rarement dossier n’a suscité autant d’affrontements au Parlement européen et dans les médias. Une intense bataille de lobbying a été livrée, débouchant sur une défaite pour les ayants droit, le Parlement ayant refusé le 5 juillet d’avaliser la version du texte concoctée par la commission juridique du Parlement. Les députés européens, réunis au complet cette semaine, doivent maintenant plancher sur une nouvelle version du texte, alors que les différents acteurs concernés ont continué ces dernières semaines de promouvoir massivement leurs arguments pour ou contre le texte.

        Lire sur le sujet :
         

          A Bruxelles, l’intense guerre des lobbys autour de la directive « copyright »



Il est encore difficile d’anticiper les effets précis de cette directive, pour trois raisons. D’abord, parce que le Parlement peut, dès mercredi, entériner d’importantes modifications du texte, plusieurs dizaines d’amendements étant soumis au vote. Ensuite, parce qu’il s’agit d’une directive : si elle est adoptée, chaque Etat membre devra la traduire dans son droit national. Ainsi, les contours des nouvelles règles pourront varier selon les pays. Enfin, parce que la version que validera le Parlement mercredi ne sera pas définitive : elle devra être conciliée avec la version qu’a adoptée le Conseil de l’Union européenne (les Etats membres).
Il est toutefois possible d’appréhender, dans les grandes lignes, ce qui peut changer pour les Internautes si la directive est adoptée en l’état.
Un filtrage des contenus
L’un des points les plus contentieux de la directive est son article 13 : ce dernier obligera tous les sites qui permettent aux internautes de poster du contenu (réseau social, service de vidéo en ligne…) à nouer des accords avec les titulaires des droits d’auteur (de la musique, de l’image, de la vidéo…). Cet accord (et cette rémunération) permettra aux utilisateurs de partager légalement les contenus soumis au droit d’auteur, et aux plates-formes Internet de les laisser faire. Faute d’entente entre les plates-formes en ligne et les ayants droit, les premières devront mettre en place un système pour empêcher la mise en ligne des œuvres protégées.
Les plates-formes devront s’assurer, pour chaque contenu, qu’un accord avec ses ayants droit a été noué
Les plates-formes devront donc s’assurer, pour chaque contenu, qu’un accord avec ses ayants droit a bien été noué, et, si ce n’est pas le cas, d’empêcher leur utilisateur de poster ce contenu. Seront concernés tous les sites qui permettent aux internautes de poster du texte, du son et de la vidéo. Cela signifie concrètement que tous les contenus postés par les internautes seront inspectés, et que, si nécessaire, leur publication sera bloquée.
Comment vont s’y prendre les plates-formes ? La question n’est pas résolue : le texte du Conseil européen se borne à évoquer des mesures « appropriées et proportionnées », tout en excluant « une obligation générale de surveillance ». La directive devrait, en tout cas, prévoir un mécanisme d’appel pour les cas où une plate-forme supprime à tort un contenu.
Les internautes connaissent déjà, du moins partiellement, ce système : c’est YouTube. Le géant de la vidéo en ligne, détenu par Google, a noué avec de nombreux ayants droit des accords pour partager avec eux les revenus publicitaires associés à leurs contenus. YouTube dispose, en outre, d’un système de filtrage sophistiqué, ContentID, destiné à repérer les contenus protégés par le droit d’auteur. Très contesté, à la fois par les ayants droit pour ses insuffisances et par les utilisateurs pour son zèle (il censure fréquemment des utilisations licites, comme la parodie ou le remix), ce système pourrait se généraliser à d’autres plates-formes en ligne.

        Lire sur le sujet :
         

          Sur YouTube, la détection automatique des contenus soumis à droit d’auteur ne satisfait personne



Le partage d’articles de presse
L’article 11 de la directive — celui qui a le plus suscité de lobbying — veut, pour sa part, créer un « droit voisin » pour la presse sur Internet. Cela signifierait que lorsqu’une plate-forme numérique (Google ou Facebook sont les plus connues et les plus directement visées par la directive, mais cette dernière s’appliquera de manière beaucoup plus large) utilise tout ou partie d’un article de presse, elle devra s’acquitter d’une somme d’argent, dont le périmètre et le montant restent inconnus à ce stade.
Cela serait le cas, par exemple, lorsqu’un utilisateur de Facebook partage un article de presse sur sa page : dans ce cas, Facebook « aspire » la photographie associée à l’article, son titre et les premiers mots de l’article.

   


Google News, le portail qui agrège des liens vers des articles de presse et qui récupère une portion du contenu des médias de manière similaire, serait aussi concerné.

   


Dans la version de la directive qu’a adoptée le Conseil de l’Union européenne est exclue de ce droit la reprise par les plates-formes des « parties non substantielles » des articles de presse. Une limite floue, qui avait été écartée de la mouture rejetée par le Parlement européen, et qui peut être interprétée différemment par chaque Etat membre.
Une incitation à limiter la place des articles de presse dans les résultats de recherche
Dans les faits, si Google et Facebook doivent passer à la caisse chaque fois qu’un internaute partage un lien, ce système pourra constituer une incitation à limiter la place des articles de presse dans leurs résultats de recherche (Google) ou la distribution de ces derniers sur les plates-formes sociales (Facebook). Deux exemples récents de droit voisins pour la presse, abondamment documentés dans la littérature scientifique, vont dans ce sens. En Espagne, Google a cessé de proposer des articles de la presse espagnole dans son portail Google News : les sites des journaux ont perdu entre 6 et 30 % de leur trafic (et donc une partie de leurs revenus publicitaires). En Allemagne, Google n’a pas cessé d’indexer les journaux, mais le géant de la presse et des médias Axel Springer a noté une diminution de 7 % de son nombre de visiteurs.
Certaines plates-formes de taille plus modeste ou qui ne souhaiteraient pas financer les éditeurs de presse pourraient désactiver « l’aspiration » du contenu et proposer à leurs utilisateurs de simples liens. Selon certains opposants, qui ont rebaptisé l’article 11 « link tax », d’autres plates-formes pourraient bloquer le partage de liens vers des éditeurs de presse qu’elle ne rémunère pas, même si cette éventualité, assurent la Commission et les défenseurs de la directive, n’est pas prévue par le texte.

Notre sélection d’articles et points de vue sur la directive sur les droits d’auteurs
Le Parlement européen va se pencher, mercredi 12 septembre, sur une réforme très contestée du copyright. Ce texte peut avoir des conséquences directes sur l’utilisation d’Internet. Retrouvez nos principaux contenus sur le sujet :
Qu’est-ce que la directive sur le droit d’auteur ?Que peut changer la directive européenne sur le droit d’auteur pour les internautes ?C’est un vote important pour l’avenir de la presse et celui de la création artistique estime l’éditorial du « Monde » : Google, Facebook : menaces sur l’informationDes personnalités appellent les députés européens à voter en faveur de la directive : plusieurs ministres européens, dont Monika Grütters (Allemagne) et Françoise Nyssen (France), le PDG de l’agence de presse AFP Fabrice Fries, le directeur général de la Sacem, Jean-Noël Tronc, une quarantaine de députés LRM, LR, Modem et Constructifs...D’autres s’y opposent comme le producteur de musique Pascal Nègre, et le chercheur Félix Tréguer, qui dénonce une « censure ». 





                            


                        

                        


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<filnamedate="20180911"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180911"><AAMMJJHH="2018091119">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-6"> ¤ Le premier ministre hongrois, Viktor Orban, est à Strasbourg pour dissuader les eurodéputés de voter pour le déclenchement de l’article 7.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-6"> ¤                     
                                                

Les enjeux du vote au Parlement européen sur l’Etat de droit en Hongrie

Le premier ministre hongrois, Viktor Orban, est à Strasbourg pour dissuader les eurodéputés de voter pour le déclenchement de l’article 7.



LE MONDE
 |    11.09.2018 à 11h10
 • Mis à jour le
11.09.2018 à 17h31
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen) et 
Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, bureau européen)








                        



   


Un vote décisif du Parlement européen aura lieu mercredi 12 septembre à Strasbourg sur le déclenchement d’une procédure concernant le respect de l’Etat de droit en Hongrie. Il s’agit de l’article 7 des traités de l’Union, qui peut être activé en cas de « risque clair de violation grave » de l’Etat de droit dans un Etat membre. Cette procédure n’a, jusqu’à présent, été initiée qu’une fois : à la fin 2017, contre le gouvernement polonais.
Mardi 11, Viktor Orban, premier ministre hongrois et chantre de l’« illibéralisme », devait faire le déplacement à Strasbourg pour défendre en séance plénière l’action de son gouvernement. Et dissuader les eurodéputés de voter pour cette procédure, jugée radicale et stigmatisante, même si elle n’a jusqu’à présent pas prouvé son efficacité : Varsovie n’a à ce jour toujours pas amendé significativement les lois réformant sa justice, mises en cause par Bruxelles.

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L’initiative du vote revient à l’ensemble des élus de Strasbourg, qui, fin 2017, ont commandé un rapport sur l’Etat de droit en Hongrie à la commission des libertés civiles. L’eurodéputée néerlandaise écologiste Judith Sargentini a achevé son projet de rapport au printemps et conclu à la nécessité de déclencher l’article 7. Budapest prend cette affaire très au sérieux même si le porte-parole du gouvernement, Zoltan Kovacs, présent à Bruxelles lundi 10 septembre, a qualifié le travail de Mme Sargentini de « tissu de mensonges ».
L’impact de ce débat pourrait néanmoins être considérable, au moment où débute la campagne pour les élections européennes de mai 2019. Forcera-t-il le Parti populaire européen (PPE), rassemblement des droites de l’Union, à sortir de son ambiguïté à l’égard de M. Orban et à l’exclure une bonne fois pour toutes, lui qui est devenu la coqueluche des extrêmes droites européennes ?
A quelle condition l’article 7 peut-il être déclenché ?
L’article 7 des traités de l’Union ne peut être déclenché par le Parlement européen que si deux tiers des suffrages exprimés en plénière au moins votent dans ce sens. La gauche européenne, radicale et sociale démocrate, devrait soutenir le rapport Sargentini. Les libéraux et démocrates aussi. En revanche, le PPE est très divisé, alors que la moitié de ses élus a voté le rapport Sargentini en commission des affaires juridiques, en avril. Pour autant, en ce début de semaine, peu d’élus pariaient sur le fait que ce quota très élevé serait atteint.
Une fois l’article 7 recommandé au Conseil, les Etats membres doivent encore se saisir de la procédure : une majorité des 4/5es des votants est requise. S’ensuivent des consultations avec le gouvernement du pays concerné. En théorie, l’article 7 peut déboucher, si l’Etat membre n’est absolument pas coopératif, sur une suspension de ses droits de vote au Conseil, à savoir une quasi-exclusion du jeu européen. Un scénario très hypothétique dans le cas de la Pologne, a fortiori dans celui de la Hongrie.
Que dit le rapport Sargentini ?
Mme Sargentini a énuméré dans son rapport les menaces sur la liberté des médias, la remise en cause de l’indépendance de la justice, les attaques régulières contre les organisations non gouvernementales, le regain d’antisémitisme ainsi que la remise en question de certains droits sociaux.
Elle dénonçait aussi la politique migratoire du régime Orban et son refus d’accepter le principe de solidarité européenne. Le premier ministre n’a eu de cesse, depuis 2015, de refuser les plans de partage des réfugiés entre Etats membres pour soulager l’Italie et la Grèce. Lors d’un premier débat sur le rapport Sargentini au Parlement européen, en avril dernier, le ministre des affaires étrangères hongrois, Peter Szijjarto, avait répliqué : « J’ai une mauvaise nouvelle pour vous : nous ne permettrons pas la mise en œuvre de la politique prônée par Soros. Nous voulons protéger l’histoire et la culture européennes. » 
Un discours qui avait suscité le malaise, même au sein du PPE, dont une élue déplorait que la Hongrie « identifie les Européens comme des ennemis ». Le débat avait en tout cas relancé la question du gel ou d’une réduction, des fonds structurels pour Budapest. Et ils sont conséquents : ils représentent 4,4 % de son PIB (et la moitié de ses investissements publics).
Que répond le gouvernement hongrois ?
Le rapport n’a, à l’évidence, rien changé à la position officielle de Budapest, ainsi qu’en atteste une lettre adressée à tous les eurodéputés par Judit Varga, ministre chargé des relations avec l’UE. Son pays, confirme-t-elle « rejette vigoureusement » le rapport qui a entraîné, le 25 juin, un vote de la commission des libertés favorable au déclenchement de l’article 7.
M. Varga estime que son pays aurait dû dès le début être associé à la procédure. M. Sargentini, en refusant, aurait privilégié « l’option nucléaire » et créé « un dangereux précédent qui mine la confiance des citoyens dans le Parlement ». 
Le gouvernement hongrois a aussi transmis à Bruxelles un document de 109 pages, très argumenté, démontant pièces par pièces toutes les critiques faites depuis le retour au pouvoir de M. Orban à Budapest en 2010. Loi sur les médias, réforme de la justice, de la Constitution, libre activité des ONG, conditions d’exercice des établissements universitaires étrangers, etc.
Autre reproche : l’enquête a porté sur des compétences exclusives des Etats membres, comme l’éducation, les indemnités de chômage ou le montant minimum des retraites. Budapest affirme, par ailleurs, avoir tenu compte des réactions d’une série d’institutions de l’Union, dont la Commission ou la Cour de justice de Luxembourg, pour corriger des dispositions – sur la ségrégation des Roms, la protection des femmes enceintes au travail ou le système judiciaire.
Ces textes en forme de plaidoyers soutiennent que « la Hongrie est fidèle aux valeurs européennes » et ne menace en rien les règles de la démocratie. La ministre répète que son pays est ouvert au dialogue, y compris sur la légalité de certaines décisions, mais « rejette l’idée que des positions différentes soient présentées comme des menaces fondamentales pour la démocratie ».
Quelles conséquences pour le PPE et les autres partis politiques européens d’un vote largement en faveur de l’article 7 ?
Côté PPE, le malaise grandit ces derniers jours. Même si la majorité nécessaire des deux tiers des suffrages en plénière parait difficile à atteindre, un vote massif pour le déclenchement de l’article 7 ferait tanguer un parti en pleine crise, écartelé entre un Jean-Claude Juncker, le président de la Commission, représentant de la droite chrétienne sociale et Sebastian Kurz, chancelier autrichien en coalition avec l’extrême droite ou M. Orban, qui se déplace désormais à Rome pour discuter Europe et migration avec le populiste d’extrême droite Matteo Salvini.
Lundi soir, M. Kurtz a recommandé le vote en faveur de l’article 7, alors qu’au même moment son partenaire de coalition, le FPÖ, invitait M. Orban à rejoindre une coalition des extrêmes européens.
Difficile pour les dirigeants proeuropéens du PPE de ne pas réagir, même si jusqu’à présent ils ont défendu M. Orban, espérant le garder dans la famille et éviter une hémorragie des électeurs de la droite traditionnelle vers l’extrême droite. Le PPE « attend de Viktor Orban qu’il fasse un pas en direction des partenaires européens cette semaine et qu’il soit prêt à des compromis », a ainsi déclaré au Monde Manfred Weber, chef de file du PPE à Strasbourg.

        Lire notre entretien avec
         

          Manfred Weber : « La situation en Hongrie suscite déjà de vives critiques au sein du PPE »



« S’il ne le fait pas, je m’attends à des débats extrêmement difficiles au sein du groupe PPE. Pour nous, il est clair que les valeurs fondamentales de l’Union européenne ne sont pas négociables », ajoute le Bavarois. En lice pour la succession de M. Juncker à la tête de la Commission, M. Weber affronte avec le vote hongrois le premier test important de sa candidature.
Un éclatement du PPE aurait des conséquences considérables à neuf mois des européennes, en créant à la fois un espace politique pour une union des droites extrêmes, de M. Orban à M. Salvini en passant par les Polonais du PiS. Mais aussi une opportunité pour une éventuelle alliance élargie des « proeuropéens » autour de M. Macron.
L’eurodéputé grec Dimitris Papadimoulis, membre de Syriza, le parti d’Alexis Tsipras, vient ainsi de déclarer au site d’information Euractiv.com : « En termes de démocratie, les alliances doivent être plus larges, non seulement avec M. Macron, mais avec les libéraux [du parti paneuropéen ALDE] et les modérés du PPE. » 



                            


                        

                        


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Brexit : les syndicats britanniques font un pas vers un second référendum

L’objet du vote concernerait l’accord final qui devrait intervenir cet automne entre le Royaume-Uni et l’Union européenne.



LE MONDE
 |    11.09.2018 à 10h49
 • Mis à jour le
11.09.2018 à 15h47
    |

            Philippe Bernard (Londres, correspondant)








                        



   


C’est probablement le début d’un tournant sur le Brexit dans la gauche britannique. Le congrès de la Confédération des syndicats britanniques (Trades Union Congress ou TUC), réuni lundi 10 septembre à Manchester, a adopté une motion ouvrant la possibilité à un nouveau référendum, non sur l’appartenance à l’Union européenne, mais sur l’accord final qui devrait en principe intervenir cet automne entre le gouvernement de Theresa May et l’UE.
Le TUC exigerait un tel vote si l’accord sur le Brexit remettait en cause « les droits des travailleurs », en les rendant « inférieurs à ceux de l’UE », ou si Londres n’obtenait pas « le maintien d’échanges sans droit de douane ». La décision intervient à deux semaines du congrès du Parti travailliste dont le chef, Jeremy Corbyn, s’est dit jusqu’à présent hostile à une nouvelle consultation afin de ne pas provoquer les 37 % d’électeurs du Labour qui ont voté en faveur du Brexit au référendum de 2016.

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Le Labour est largement financé par les syndicats, et le glissement net de ces derniers vers une position ouvertement anti-Brexit pourrait influencer le parti d’opposition. Jusqu’à présent, la position du Labour consistait à accepter le Brexit au nom du respect du choix des électeurs tout en dénonçant le « Brexit conservateur » de Mme May. Les travaillistes réclament « le meilleur accord possible sur le Brexit pour l’emploi » et des élections anticipées.
Un accord a minima probable
Mais l’opinion publique bouge. Fin juillet, dans un sondage, les Britanniques souhaitant un nouveau vote sont devenus pour la première fois tout juste majoritaires (51 %). Chez les adhérents des syndicats, la tendance est spectaculaire : 59 % des syndiqués de Unite, la principale organisation du pays, sont partisans d’une seconde consultation (33 % contre), et 61 % (contre 35 %) veulent demeurer dans l’UE. La crainte d’une détérioration de l’emploi et du niveau de vie consécutive au retour des barrières douanières est citée comme la principale raison de ces choix.
L’accord de sortie de l’UE, qui sera conclu cet automne, doit être adopté par le Parlement européen et par celui de Westminster avant la date du Brexit officiel, le 29 mars 2019. Un éventuel rejet par les députés britanniques, voire un échec des négociations, pourrait déboucher sur une nouvelle consultation. Mais le plus probable est qu’un accord a minima intervienne sur les trois chapitres en discussion : dette de Londres à l’UE, droits des expatriés – déjà réglés – et, le plus épineux, le statut de la frontière irlandaise. Serait alors reportée à la « période de transition » (jusqu’à la fin 2020) la discussion sur le « plan de Chequers » de Theresa May, qui concerne, lui, les très complexes dossiers sur l’avenir des relations entre le Royaume-Uni et l’UE : gestion de l’immigration, coopération en matière de défense et de police, droits de douane, statut de la City.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-8"> ¤ La haut-commissaire de l’ONU a critiqué avec virulence le traitement réservé aux Rohingya par la Birmanie et aux Ouïgours par la Chine.
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Michelle Bachelet, la nouvelle voix des droits de l’homme dans le monde

La haut-commissaire de l’ONU a critiqué avec virulence le traitement réservé aux Rohingya par la Birmanie et aux Ouïgours par la Chine.



LE MONDE
 |    11.09.2018 à 10h44
 • Mis à jour le
11.09.2018 à 14h37
    |

            Rémy Ourdan (Genève, envoyé spécial)








                        



   


Si les chefs d’Etat et de gouvernement, diplomates et militaires espéraient que l’engagement de la personne occupant le poste de haut-commissaire aux droits de l’homme de l’ONU, après le remplacement du diplomate jordanien Zeid Ra’ad Al-Hussein, par Michelle Bachelet, allait s’atténuer, ils ont dû être déçus.
Dans son premier discours, lundi 10 septembre, à Genève, pour l’ouverture de la 39e session du Conseil des droits de l’homme, l’ex-présidente chilienne a pointé du doigt les principales préoccupations du moment et n’a guère épargné les pays coupables des pires violations du droit international humanitaire.
Mme Bachelet, deux fois présidente du Chili et ex-directrice de l’agence ONU Femmes, a certes mis en avant ses qualités et ambitions politiques et diplomatiques en indiquant qu’elle sera « à l’écoute des gouvernements » et recherchera « le consensus » entre Etats. Son prédécesseur avait été fortement critiqué pour s’être mis à dos, par ses dénonciations enflammées, à peu près tous les gouvernements de la planète.
La nouvelle haut-commissaire aux droits de l’homme, nommée par le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a toutefois rappelé qu’elle-même a été « prisonnière politique et fille de prisonnier politique » (son père est mort en prison sous l’ère Pinochet et elle a été torturée à la terrible Villa Grimaldi de Santiago), qu’elle a été « réfugiée » et qu’elle a été « médecin pour les enfants victimes de tortures » au Chili. Elle a rendu un hommage vibrant à Zeid Ra’ad Al-Hussein et n’a guère laissé de doute sur son propre engagement en faveur des droits de l’homme.
Sur la question des migrations, Michelle Bachelet a dénoncé l’attitude de certains pays occidentaux, dont les Etats-Unis, la Hongrie, l’Italie et l’Autriche
Le commentaire le plus virulent de ce discours a été adressé à la Birmanie, où des milliers de Rohingya musulmans ont été assassinés depuis un an et d’où environ 700 000 ont été déportés vers le Bangladesh. Elle a souligné « les conclusions extrêmement choquantes » des enquêteurs de l’ONU, qui ont recommandé en août que la justice internationale poursuive six chefs de l’armée birmane pour « génocide et crimes contre l’humanité ». Elle a salué la décision de la Cour pénale internationale (CPI) de se saisir des crimes commis en Birmanie, et a appelé le Conseil des droits de l’homme à « créer un organe international indépendant destiné à recueillir, préserver et analyser les preuves des crimes internationaux les plus graves, afin d’accélérer la tenue de procès ».
Mme Bachelet s’est aussi attaquée – dans une version écrite de son discours remise à la presse mais qu’elle n’a pas lue intégralement – à la Chine pour « les allégations profondément inquiétantes de détentions arbitraires à grande échelle de Ouïgours », après l’accusation formulée en août devant un comité de l’ONU sur le fait qu’un million de membres de cette minorité musulmane de la région du Xinjiang seraient détenus dans des camps.
La haut-commissaire a énuméré divers conflits armés particulièrement inquiétants à ses yeux, notamment l’offensive en cours à Idlib, dans le nord de la Syrie, et la guerre au Yémen. Et elle a ciblé des dizaines de pays où les violations des droits de l’homme sont une préoccupation permanente pour son équipe.
Elle s’est par ailleurs longuement exprimée sur la question des migrations, dénonçant l’attitude de certains pays occidentaux dominés par des gouvernements aux politiques anti-migratoires contraires aux droits de l’homme, dont les Etats-Unis et, en Europe, la Hongrie, l’Italie et l’Autriche. « Eriger des murs, engendrer délibérément de la peur et de la colère chez les migrants, priver les migrants de leurs droits fondamentaux » est une politique qui n’offre, selon elle, que « davantage d’hostilité, de misère, de souffrance et de chaos ».
Michelle Bachelet a rappelé qu’aussi loin que remonte l’humanité, « les gens ont toujours bougé en quête de refuges et d’opportunités », estimant qu’ils sont actuellement 250 millions dans ce cas, sur une planète de 7,5 milliards d’habitants. Elle-même avait trouvé refuge en Australie puis en Allemagne lorsqu’elle fut libérée de la prison où elle était torturée par les militaires chiliens, avant de retourner dans son pays après quatre années d’exil.

La Chine appelle Michelle Bachelet à respecter sa souveraineté
Réagissant aux propos de la haut-commissaire des Nations unies aux droits de l’homme et ex-présidente de la République du Chili, Michelle Bachelet, s’inquiétant des « détentions arbitraires à grande échelle de Ouïgours » par la Chine, Pékin a rappelé, mardi 11 septembre, Mme Bachelet au respect de la souveraineté du pays.
« La Chine exhorte la haut-commissaire des Nations unies aux droits de l’homme à respecter scrupuleusement la mission et les principes de la charte des Nations unies, à respecter la souveraineté de la Chine, à exécuter ses missions de manière honnête et objective et à ne pas écouter les informations partiales », a déclaré le porte-parole du ministère des affaires étrangères chinois, Geng Shuang, lors de son point de presse quotidien.
Selon, le gouvernement chinois, le Xinjiang, région autonome de l’ouest de la Chine difficile d’accès, est confronté à la menace des islamistes et des séparatistes qui attisent les tensions entre les Ouïgours, minorité musulmane et turcophone qui estime que cette région est la sienne, et les membres de l’ethnie majoritaire en Chine, les Hans.
Les mesures de sécurité dans le Xinjiang ont été considérablement renforcées ces deux dernières années, avec la mise en place de barrages policiers de contrôle d’identité, de centres de rééducation ainsi qu’une collecte massive de l’ADN.





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-9"> ¤ Dans une tribune au « Monde », Jean-Noël Tronc, directeur général de la Sacem, appelle les eurodéputés à renforcer le droit d’auteur, lors de l’examen mercredi 12 septembre du projet de directive européenne.
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édition abonné


« Un nouvel échec de la directive sur le droit d’auteur serait un jour noir pour l’Europe de la culture »

Dans une tribune au « Monde », Jean-Noël Tronc, directeur général de la Sacem, appelle les eurodéputés à renforcer le droit d’auteur, lors de l’examen mercredi 12 septembre du projet de directive européenne.



LE MONDE
 |    11.09.2018 à 08h32
 • Mis à jour le
11.09.2018 à 18h20
    |

Jean-Noël Tronc (Directeur général de la SACEM)







                        



                                


                            
Tribune. Mercredi 12 septembre, à Strasbourg, haut lieu symbolique de l’histoire européenne, les 751 députés européens se retrouvent pour un rendez-vous doublement important. D’abord, le président la commission européenne, Jean-Claude Juncker, prononcera son discours de l’état de l’Union européenne, le dernier d’un mandat de cinq ans marqué par une crise désormais existentielle de l’UE. Ensuite parce que nos eurodéputés examineront à nouveau le projet de directive européenne sur le droit d’auteur, faute d’avoir pu s’accorder sur un texte le 5 juillet.

Ce qui va se passer mercredi aura une importance déterminante pour l’avenir de l’Europe, bien au-delà du texte lui-même. Il s’agit en fait de la souveraineté de notre Union. Avant d’évoquer ce qui peut se passer, il est important de rappeler d’où vient cette directive. Elle résulte de la volonté acharnée de la Commission européenne de réformer le cadre européen du droit d’auteur sous prétexte que celui-ci ne fonctionnerait pas et entraverait la libre circulation des biens culturels. Ce qui est évidemment faux !
La réalité quotidienne des centaines de millions d’internautes européens, c’est l’accès à tous les types d’œuvres culturelles, à toute l’information possible, grâce à Internet. Les plates-formes Internet facilitent l’accès des artistes au public. Le commerce électronique permet, en tout point de l’Union, de recevoir livres, films, musique, etc.
Déséquilibre colossal
Le problème est évidemment ailleurs : depuis le vote des deux grandes directives de 2000, sur le commerce électronique, et 2001, sur le droit d’auteur, s’est progressivement creusé un déséquilibre colossal entre, d’une part, l’aspiration par quelques grandes plates-formes américaines de toutes les recettes publicitaires – grâce, en particulier, à l’utilisation massive des œuvres créées par les auteurs européens et des articles de notre presse – et, de l’autre, les forces de la création et de l’information...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-10"> ¤ Seuls 47 % des collégiens britanniques apprennent une langue étrangère. Le Brexit aurait accentué ce désamour.
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Le Royaume-Uni, mauvais élève en langues étrangères


                      Seuls 47 % des collégiens britanniques apprennent une langue étrangère. Le Brexit aurait accentué ce désamour.



LE MONDE
 |    11.09.2018 à 08h18
 • Mis à jour le
11.09.2018 à 08h42
    |

            Eric Albert (Londres, correspondance)








   


Pour la rentrée scolaire, la classe de français de terminale de Valérie, une enseignante dans un lycée privé de Londres, va compter cinq élèves. Un de moins qu’en 2017. Et, en première, il n’y en aura que trois. « Il faut faire une publicité pas possible pour réussir à les attirer vers le français. Et, quand on perd un élève, c’est la catastrophe. » Il y a quelques années, une de ses classes s’est désintégrée après quelques mois : une bonne élève est passée dans un niveau supérieur, et les deux autres ont abandonné.
Depuis vingt ans, l’enseignement des langues étrangères s’effondre au Royaume-Uni. Selon les statistiques officielles publiées fin août, au niveau du GCSE (General Certificate of Secondary Education, l’équivalent du brevet des collèges passé à l’âge de 16 ans, un an plus tard qu’en France), 76 % des élèves en apprenaient au moins une en 2002 ; ils ne sont plus que 47 % aujourd’hui. Et l’immense majorité abandonne à ce stade-là. Deux ans plus tard, pour les A-level, l’équivalent du bac, il ne reste que 34 000 élèves, soit 4,2 % d’entre eux, un nombre qui stagne depuis une dizaine d’années.
« Les élèves choisissent des sujets qu’ils trouvent utiles pour leur avenir. Ce n’est pas le cas des langues européennes. » Simon Jenkins, éditorialiste au « Guardian »
Tony Blair, qui parle pourtant un excellent français, est largement responsable du phénomène. En 2004, son gouvernement a mis fin aux langues étrangères obligatoires au niveau du GCSE. Une langue reste (en principe) enseignée entre 7 et 14 ans, mais elle est désormais une option pour l’examen de fin de collège.
Libérés de cette contrainte, les étudiants qui ânonnaient des « bonjour, ça va ? » et « ¿hola, qué tal ? » lors de leurs voyages à l’étranger se sont rendus à l’évidence : le reste du monde parle mieux anglais qu’eux ne parlent les langues des autres pays. Dès lors, pourquoi se compliquer la vie à décliner des verbes irréguliers au subjonctif ?
Simon Jenkins, un éditorialiste du Guardian, résumait en 2017 l’opinion dominante. « Les élèves ne sont pas idiots. Ils choisissent des sujets qu’ils trouvent utiles pour leur avenir. Ce n’est pas le cas des langues européennes. L’Europe adopte universellement l’anglais comme lingua franca. Les universités continentales baignent de plus en plus dans un environnement anglais. Et les traductions, à l’écrit comme à l’oral, ont tendance à se faire par ordinateur. »
Le Brexit est venu accentuer cet état d’esprit, note Teresa Tinsley, coauteure d’un rapport annuel sur l’apprentissage des langues pour le British Council, un organisme d’enseignement des langues : « Le français est associé à l’Europe, à des personnalités comme Jacques Delors. Le tiers des écoles britanniques affirment que le Brexit a accentué l’opinion négative sur les langues étrangères. »
Le français en recul
Le français, longtemps la langue étrangère par défaut, est particulièrement touché. Il restait 8 700 élèves au bac cette année, 40 % de moins qu’il y a dix ans et 60 % de moins qu’il y a vingt ans. L’allemand est menacé de disparition : il reste 3 000 apprenants au niveau du bac. L’espagnol s’en sort mieux et a même augmenté de 20 % en une décennie. « Il devrait dépasser le français dans les dix prochaines années », estime le British Council. Le mandarin et, dans une moindre mesure, l’arabe et le polonais progressent aussi, mais le phénomène demeure marginal.
Dans ce contexte, il faut ruser pour convaincre les parents de l’importance des langues, explique Valérie, la professeure de français. « L’argument qui porte le plus est que les grandes entreprises aiment recruter des salariés multilingues, parce que cette formation leur donne une ouverture d’esprit et une capacité à s’adapter. » Dans ce lycée élitiste, d’autres raisonnements, plus inattendus, peuvent faire mouche. « Si les parents ont un chalet à Megève, je leur rappelle que ça pourrait être utile de savoir parler français », poursuit la professeure. Cet établissement privé est cependant bien loti. Dans le système public, la situation est parfois catastrophique : 23 % des collèges ont moins d’un quart d’élèves qui apprennent une langue étrangère au niveau du GCSE.
Conscient du problème, le gouvernement britannique a réagi. Depuis quatre ans, l’initiation à une langue étrangère est devenue obligatoire à l’école primaire. Dans les faits, c’est relativement compliqué, les instituteurs n’étant pas formés. Par ailleurs, une réforme de l’évaluation des collèges a été introduite, prenant en compte les langues étrangères. Pour être bien vus par leur académie, les proviseurs ont désormais intérêt à pousser cet enseignement. Cela a permis de ralentir le déclin. Mais une grande partie de la jeune génération britannique est en train de grandir sans aucune notion de langue étrangère.



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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-11"> ¤ Hans-Georg Maassen a émis des doutes sur l’existence de « chasses à l’homme » commises contre des étrangers à Chemnitz, contredisant la chancelière Angela Merkel.
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Liens avec l’extrême droite, interview polémique : le patron du renseignement allemand sur la sellette

Hans-Georg Maassen a émis des doutes sur l’existence de « chasses à l’homme » commises contre des étrangers à Chemnitz, contredisant la chancelière Angela Merkel.



LE MONDE
 |    11.09.2018 à 06h39
 • Mis à jour le
11.09.2018 à 17h26
    |

            Thomas Wieder (Berlin, correspondant)








                        



                                


                            

Les récents événements de Chemnitz (Saxe) vont-ils contraindre le patron du renseignement intérieur allemand à la démission ? La question est posée depuis que Hans-Georg Maassen, le président de l’Office fédéral de protection de la Constitution (BfV), a émis des doutes sur l’existence de « chasses à l’homme » commises contre des étrangers à Chemnitz, après qu’un Allemand de 35 ans, Daniel Hillig, a été poignardé en pleine rue dans la nuit du 25 au 26 août – un meurtre dont sont soupçonnés deux demandeurs d’asile.
Tout est parti d’un entretien paru, vendredi 7 septembre, dans le quotidien Bild. M. Maassen y expliquait que ses services « ne disposent pas d’éléments suffisamment solides pour affirmer que de telles chasses à l’homme ont bien eu lieu ». Il ajoutait n’avoir « aucune preuve » de l’authenticité d’une vidéo amateur largement diffusée sur les réseaux sociaux, quelques heures après la mort de Daniel Hillig, et montrant des hommes de couleur se faire agresser dans le centre-ville de Chemnitz. Selon lui, « il y a même de bonnes raisons de penser qu’il s’agit d’une fausse information à des fins délibérées, afin de détourner l’attention du public du meurtre commis à Chemnitz ».

En Allemagne, ces propos ont provoqué un tollé. Certes, M. Maassen n’était pas le premier à formuler de tels doutes. Deux jours avant lui, le ministre-président de Saxe, Michael Kretschmer (CDU), avait déjà affirmé qu’il n’y avait pas eu de « chasses à l’homme » à Chemnitz. Mais la parole d’un dirigeant politique est une chose, celle du patron des services de renseignement en est une autre.
Quand l’homme censé être le mieux informé d’Allemagne exprime des doutes sur la réalité des informations relayées par les principaux médias du pays, l’émoi ne peut qu’être considérable. Surtout quand ces informations ont été reprises par la chancelière elle-même, Angela Merkel ayant évoqué publiquement, mardi 28 août,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-12"> ¤ En l’accusant d’avoir sanglé le pays dans une « ceinture d’explosifs », l’ex-ministre des affaires étrangères joue la surenchère verbale, au risque de fracturer le Parti conservateur
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Brexit : Boris Johnson affronte Theresa May en l’accusant de capituler face à l’UE

En l’accusant d’avoir sanglé le pays dans une « ceinture d’explosifs », l’ex-ministre des affaires étrangères joue la surenchère verbale, au risque de fracturer le Parti conservateur



LE MONDE
 |    11.09.2018 à 06h39
 • Mis à jour le
11.09.2018 à 16h24
    |

            Philippe Bernard (Londres, correspondant)








                        



                                


                            

Comparé aux cahots incessants qui ont souvent failli l’envoyer dans le décor depuis le vote du Brexit, en 2016, ce devait être une rentrée plutôt sereine pour Theresa May. En juillet, elle avait enfin rendu publiques les propositions britanniques pour l’après-Brexit, survécu de justesse à plusieurs assauts parlementaires et s’était débarrassée de son meilleur ennemi, Boris Johnson, nommé deux ans plus tôt chef du Foreign Office afin de le maintenir le plus souvent hors de Londres.
On se doutait que la démission de M. Johnson, justifiée par les concessions de Mme May à l’Union européenne, ne valait pas départ en retraite. « BoJo » laisse rarement les médias britanniques beaucoup plus d’un mois sans une saillie digne de leur « une ». En août, il a fait scandale en comparant les femmes portant le niqab à « des boîtes aux lettres » tout en s’opposant à l’interdiction de cette tenue, en bon libertarien. Dimanche 9 septembre, alors que la nouvelle de son divorce et les détails sur ses infidélités s’étalaient dans les tabloïds, au risque de ternir son image de dandy spirituel, l’ancien journaliste a gratifié le Daily Mail d’une tribune ravageuse.
L’ancien ministre des affaires étrangères défie Theresa May en l’accusant d’avoir sanglé le pays dans une « ceinture d’explosifs » dont elle aurait « confié le détonateur » à Michel Barnier, le négociateur en chef de l’UE pour le Brexit. Il accuse la première ministre d’avoir capitulé en se comportant en « béni-oui-oui » face aux Vingt-Sept, et dénonce le « plan de Chequers », adopté en juillet à l’avant-veille de sa démission, qui prévoit le maintien d’une relation commerciale étroite entre le Royaume-Uni et l’UE après le Brexit.

« Nous sommes prêts à accepter leurs règles – pour toujours – sans avoir un mot à dire sur ces règles », fulmine-t-il. Nul doute : à trois semaines du congrès annuel du Parti conservateur et à deux cents...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-13"> ¤ Le fonds activiste américain a répondu, lundi 10 septembre, aux critiques du groupe de Vincent Bolloré qui dénonçait une « gestion désastreuse » de l’opérateur italien
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Telecom Italia : les deux actionnaires Vivendi et Elliott s’écharpent

Le fonds activiste américain a répondu, lundi 10 septembre, aux critiques du groupe de Vincent Bolloré qui dénonçait une « gestion désastreuse » de l’opérateur italien



LE MONDE
 |    10.09.2018 à 18h11
 • Mis à jour le
11.09.2018 à 11h43
    |

            Sandrine Cassini








                        



                                


                            
Quatre mois après leur union forcée, les noms d’oiseau continuent de fuser entre le fonds américain Elliott et Vivendi, qui siègent au conseil d’administration de Telecom Italia. Le groupe de Vincent Bolloré a publié, le 5 septembre, un communiqué au vitriol dénonçant la « gestion désastreuse de Telecom Italia » par le fonds américain.
Lundi 10 septembre, Elliott est sorti du bois. « Comment Vivendi peut-il se dédouaner de ses responsabilités alors qu’il a été aussi longtemps aux affaires ? », s’interroge l’américain, qui rappelle à Vivendi que c’est le groupe français lui-même qui a nommé l’actuel directeur général, l’Israëlo-Brésilien, Amos Genish.
Enfin, le fonds rappelle qu’il n’a jamais promis un doublement du cours de Bourse, comme l’affirme Vivendi, mais une augmentation du titre, à condition que ses recommandations soient adoptées. Ce qui n’a pour le moment pas été fait par le conseil. « Nous sommes en train d’exécuter un plan conçu et approuvé par Vivendi », a affirmé, vendredi 7 septembre, le président de Telecom Italia, choisi par Elliott, Fulvio Conti.
Perte de 38 % en Bourse
Le 4 mai, Vivendi, premier actionnaire de Telecom Italia avec 24 % du capital, a perdu la majorité au conseil d’administration au profit d’Elliott. Le groupe français n’exclurait pas de convoquer une nouvelle assemblée générale afin de bouter hors du groupe cet encombrant actionnaire. A ce stade, aucune décision ne semble prise.
Depuis l’arrivée d’Elliott, le titre Telecom Italia a perdu 38 % en Bourse. Plus qu’une mauvaise gestion, cette dégringolade est d’abord à mettre sur le compte de l’arrivée d’Iliad (dont Xavier Niel, le fondateur, est actionnaire du Monde) sur le marché italien, le 29 mai. En quelques mois, la marque française a conquis 2 millions de clients grâce à des prix cassés sur le mobile. « Jusque-là, Telecom Italia s’est montré assez résilient par rapport à Vodafone et Wind Tre. Mais Iliad a détérioré...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-14"> ¤ Correspondante du « Monde » dans les pays nordiques, Anne-Françoise Hivert analyse les résultats des élections de dimanche.
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Suède : l’extrême droite « toujours persona non grata, pour le moment en tout cas »

Correspondante du « Monde » dans les pays nordiques, Anne-Françoise Hivert analyse les résultats des élections de dimanche.



LE MONDE
 |    10.09.2018 à 17h08
 • Mis à jour le
11.09.2018 à 09h29
   





                        



   


Anne-Françoise Hivert, correspondante du Monde dans les pays nordiques, a répondu aux questions des internautes sur les résultats des élections législatives suédoises, qui se sont tenues dimanche 9 septembre.
Carl : Bonjour, à quel point une alliance droite-extrême droite est-elle possible en Suède ? Les SD sont-ils vraiment persona non grata dans la politique suédoise ?
Anne-Françoise Hivert : Une alliance gouvernementale avec eux est absolument impossible. La formation d’un gouvernement de droite (composé des conservateurs, centristes, chrétiens-démocrates et libéraux) qui s’appuierait sur le soutien des Démocrates de Suède (SD, extrême droite) est également exclue.
Lundi 9 septembre au matin, SD a envoyé une proposition de négociations aux conservateurs et chrétiens-démocrates. Ils y ont opposé une fin de non-recevoir. Les autres partis ont toujours dit qu’ils ne négocieraient pas avec SD. De son côté, SD refuse d’exercer un soutien passif – sans condition et sans influence – à un gouvernement de droite. Et les centristes et libéraux ont été très clairs : ils ne feront pas partie d’un gouvernement qui, à un moment ou à un autre, pourrait se retrouver en position de dépendance à l’égard de SD. Donc, la seule solution pour le moment est un rapprochement avec la gauche. Mais c’est un scénario également très compliqué…
En résumé : SD est toujours persona non-grata. Pour le moment en tout cas. Mais les lignes ont bougé pendant la campagne, avec certains partis qui ont clairement repris la rhétorique de SD. Le parti, évidemment, s’en réjouit, estimant qu’il ne serait pas difficile de trouver un accord, sur l’immigration et le durcissement des peines notamment, avec les conservateurs et les chrétiens-démocrates.

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Yves : Quelles sont les principales propositions de l’extrême droite suédoise ? Ils poussent pour un « Suéxit » aussi ?
A.-F. H. : Oui, ils veulent que la Suède sortent de l’UE. Mais ce n’est pas une de leur priorité immédiate. Ils demandent un durcissement supplémentaire de la politique de l’asile, plus de policiers dans les rues, plus d’argent aux retraités (une baisse des taxes sur les retraites), des investissements dans le système de santé… Ce sont sur ces points qu’ils voudraient obtenir une influence en échange d’un soutien potentiel à un gouvernement de droite. Par ailleurs, ils ont un programme étoffé en faveur de l’assimilation des étrangers, l’aide au retour des immigrés (y compris qui vivent en Suède depuis longtemps)…

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Kelkun : Bonjour, l’immigration en Suède a-t-elle augmenté ces dernières années ?
A.-F. H. : Oui. Enormément. La Suède a accueilli près de 450 000 demandeurs d’asile depuis 2010. Environ 60 % ont obtenu un titre de séjour. C’est sans compter avec les personnes arrivées via le regroupement familial. Rien qu’en 2015, le pays de 10 millions d’habitants a reçu 163 000 demandeurs d’asile en une année – un des taux les plus élevés en Europe proportionnellement à la population du pays. Pour vous donner un ordre d’idée, 18,5 % de la population suédoise est aujourd’hui née à l’étranger. Le chiffre était de 11,3 % en 2000, 14,7 % en 2010.
Chat teigneux : La politique migratoire suédoise s’est-elle durcie ? La Suède pousse-t-elle également à un durcissement des contrôles aux frontières de l’UE ?
A.-F. H. : Oui, la politique migratoire du pays a radicalement changé depuis le 24 novembre 2015, quand le premier ministre Stefan Löfven et la porte-parole des Verts, Åsa Romson (en pleurs), annoncent, lors d’une conférence de presse, que les capacités d’accueil de la Suède sont saturées et que tant que le reste de l’UE ne prend pas ses responsabilités, ils ferment les frontières du pays.
Jusqu’alors, les réfugiés syriens et afghans notamment obtenaient quasi-systématiquement l’asile et un permis de séjour permanent. Ils sont remplacés par des permis de séjour temporaire. le regroupement familial est quasiment suspendu et soumis à de strictes conditions.
Le gouvernement a par ailleurs décidé de généraliser les examens médicaux pour déterminer l’âge des mineurs isolés - des examens pourtant extrêmement controversés. Résultat : en 2015, la Suède a reçu 162 877 demandeurs d’asile. En 2016, on est descendu à 28 939 et 25 666 en 2017. Au niveau européen, Stockholm ne pousse pas en faveur du renforcement des frontières, mais d’un système de partage entre les différents pays.

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                En Suède, la question des réfugiés au cœur des élections législatives



De Scandinavie : Pourquoi parle-t-on tellement de la Suède aujourd’hui alors qu’i s’est passé la même chose dans les pays voisins avec le Fremskridtparti en Norvège qui gouverne toujours avec Erna Solberg et la Finlande avec le parti des Vrais Finlandais. La Suède est plus importante ?
A.-F. H. : Non. Mais en Suède, l’extrême droite n’a pas les mêmes racines que dans les pays voisins. Les Démocrates de Suède ont été créés par d’anciens nazis. Ils ont longtemps attiré des sympathisants néonazis. Ils ont encore des sympathisants qui ont des contacts avec la mouvance néonazie en Suède. Ce n’est pas le cas dans les autres pays.
Par ailleurs, les partis traditionnels avaient jusqu’à présent refusé de leur accorder la moindre influence, pratiquant la politique du cordon sanitaire. On se rend compte aujourd’hui que cette stratégie n’a pas été plus efficace que de les utiliser comme contrepoids au gouvernement (dans le cas danois) ou les intégrer au gouvernement (en Norvège).
Enfin, il y a aussi je pense une certaine curiosité pour ce qui se passe dans ce pays qui longtemps a défendu l’ouverture de ses frontières et l’accueil des réfugiés. Avant de revenir en arrière en novembre 2015.
lui : En tant que correspondante, avez-vous vu le pays et les mentalités changer ces derniers temps en Suède ? Et si oui, dans quel sens ?
A.-F. H. : C’est surtout la rhétorique qui a changé, notamment dans le débat politique. Et cela s’est passé très vite. Jusqu’en 2015, certaines choses ne se disaient pas, au risque d’être taxé de « raciste ». Par exemple, poser la question de l’impact de l’accueil des réfugiés sur le système social suédois. Y compris quand le pays recevait 10 000 demandeurs d’asile par semaine.
Le débat s’est radicalement transformé à partir de 2015, quand les partis traditionnels se sont mis à reprendre certaines formulations des SD, à parler de quotas, à lier l’arrivée des réfugiés à la criminalité… Autre chose enfin a changé ces dernières années : les Suédois osent désormais dire tout haut ce qu’ils se contentaient de penser tout bas. Et les électeurs et sympathisants SD l’assument. La Suède s’est « européisée ».

        Lire notre éditorial :
         

          La Suède, un pays européen comme les autres



Jean-Luc : Est-il exact que Malmö est devenue la capitale européenne des attaques à la grenade ?
A.-F. H. : Malmö est surtout devenue un symbole pour l’extrême droite et les médias ultraconservateurs du monde entier, qui veulent en faire l’exemple de l’échec cuisant du multiculturalisme. De fait, Malmö a des problèmes, notamment en termes de ségrégation et de criminalité. Dix personnes ont été tuées dans des fusillades, depuis le début de l’année – il s’agissait de règlements de compte entre membres de divers gangs. Le sentiment d’insécurité augmente, même si les statistiques de la criminalité restent stables, voire baissent légèrement. Cela étant, Malmö est aussi une ville où il fait bon vivre. Mais elle est utilisée par des sites comme Russia Today, Sputnik, ou Breitbart et Infowars pour propager un message souvent très islamophobe.

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-15"> ¤ En deux jours, l’ex-ministre des affaires étrangères britannique, partisan d’une rupture nette avec l’UE, critique de plus en plus la politique de la cheffe du gouvernement.
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A 200 jours du Brexit, les attaques de Boris Johnson contre Theresa May redoublent

En deux jours, l’ex-ministre des affaires étrangères britannique, partisan d’une rupture nette avec l’UE, critique de plus en plus la politique de la cheffe du gouvernement.



LE MONDE
 |    10.09.2018 à 15h35
 • Mis à jour le
10.09.2018 à 18h38
   





                        


A deux cents jours du Brexit et tandis que la rumeur enfle quant à sa volonté de renverser Theresa May pour prendre la tête d’un Parti conservateur divisé, Boris Johnson a lancé lundi 10 septembre une nouvelle offensive contre la cheffe du gouvernement britannique.
Partisan d’une rupture nette avec l’Union européenne, l’ancien ministre des affaires étrangères a exhorté Mme May à s’engager à ne pas augmenter les impôts, afin de permettre à l’économie britannique de rebondir après sa sortie de l’UE, l’invitant à suivre l’exemple du président américain, Donald Trump.
« Le moment est venu pour ce gouvernement conservateur de montrer comment un Royaume-Uni post-Brexit se traduira par une économie heureuse et dynamique », écrit-il dans sa chronique hebdomadaire pour le Daily Telegraph. Des propos qui « ne vont guère freiner la rumeur selon laquelle il se prépare à prendre la tête du Parti conservateur », analyse le quotidien.
Dimanche, M. Johnson s’en était déjà pris à Mme May, comparant son projet pour le Brexit, le « plan de Chequers », à une « ceinture explosive » attachée au Royaume-Uni. Des propos qui ont choqué, y compris au sein du Parti conservateur, le secrétaire d’Etat aux affaires étrangères, Alan Duncan, estimant qu’ils constituaient « un des moments les plus navrants de la politique moderne britannique ».

        Le point sur les négociations :
         

          Brexit : plus que quatre mois pour trouver un accord



Tentative de détourner l’attention
« Ce n’est pas un langage dont la première ministre userait », a réagi lundi le porte-parole de Mme May lors d’un point presse régulier, refusant de s’étendre davantage sur cet article « pour ne pas lui donner de carburant ». Quant au plan de Chequers, « c’est le seul plan sur la table qui répondra à la volonté des Britanniques tout en évitant l’instauration d’une frontière dure en Irlande du Nord », a ajouté le porte-parole.
Les attaques virulentes de Boris Johnson contre Mme May sont interprétées par certains de ses détracteurs comme une tentative de détourner l’attention portée par la presse britannique à son divorce en raison d’infidélités présumées. Mais pour ses alliés, ces révélations, qui s’étalaient lundi en « une » de la quasi-totalité des quotidiens du pays, seraient l’œuvre de l’équipe de Theresa May afin de le discréditer à moins de trois semaines d’une conférence du Parti conservateur qui s’annonce houleuse. « Toute implication de Downing Street est catégoriquement fausse et injurieuse », a réfuté le porte-parole de Mme May.
M. Johnson avait claqué en juillet la porte du gouvernement pour marquer son désaccord avec le plan de Chequers, qui prévoit le maintien d’une relation commerciale étroite entre le Royaume-Uni et l’UE après le Brexit.

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-16"> ¤ Notre correspondante dans les pays nordiques, Anne-Françoise Hivert, répond à vos questions sur les élections législatives en Suède dès 15 heures.
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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-17"> ¤ Des manifestations contre les migrants ont eu lieu dimanche à Köthen.
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A Köthen, l’extrême droite allemande exploite un nouveau fait divers

Des manifestations contre les migrants ont eu lieu dimanche à Köthen.



LE MONDE
 |    10.09.2018 à 11h58
 • Mis à jour le
10.09.2018 à 19h32
    |

            Thomas Wieder (Köthen (Allemagne) - envoyé spécial)








                        



   


L’information a commencé à circuler en fin de matinée, dimanche 9 septembre, sous la forme d’une dépêche de quelques lignes publiée par l’agence de presse allemande DPA, et rapidement reprise par les principaux médias du pays. Comme le Süddeutsche Zeitung, qui en a fait état sur son fil d’actualité à 11 h 47 : « Köthen : un homme de 22 ans est mort lors d’une altercation entre deux groupes de personnes. Deux citoyens afghans soupçonnés d’homicide ont été arrêtés dans la nuit de samedi à dimanche, ont annoncé la police et le parquet de Saxe-Anhalt. Les circonstances précises dans lesquelles les faits se sont déroulés ne sont pas connues à ce stade. Les enquêteurs étudient toutes les pistes. »
Sur les réseaux sociaux, la nouvelle se répand comme un feu de paille. En quelques minutes, le hashtag #Köthen s’impose parmi les plus utilisés sur Twitter, en Allemagne. Un autre lui est presque systématiquement accolé, #Chemnitz, du nom de cette ville de Saxe au cœur de l’actualité du pays depuis le meurtre de Daniel Hillig, 35 ans, dimanche 26 août, pour lequel deux demandeurs d’asile ont été arrêtés.
Des élus du parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD) ne tardent pas à réagir. L’un des premiers est André Wendt, vice-président du groupe AfD au Parlement régional de Saxe. « Le massacre continue. Mais les vieux partis et les médias n’ont rien d’autre à faire que de diffamer les citoyens en colère et de faire taire ceux qui les critiquent. #VoterAfD », écrit-il dès 12 h 23 sur Twitter.

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A l’indignation s’ajoutent bientôt des appels à la mobilisation. En début d’après-midi, plusieurs petites organisations d’ultradroite annoncent qu’elles organiseront une « marche » à Köthen, à 19 heures. A l’instar du petit parti néonazi Die Rechte, qui publie le communiqué suivant : « Chemnitz était déjà un signal clair et un avertissement adressé au régime pour dire que nous, Allemands, ne sommes plus disposés à rester les bras croisés quand nos concitoyens sont massacrés par des migrants. Colère, deuil et résistance ! Que les étincelles de Chemnitz jaillissent sur Köthen ! Le vent tourne. »
« Devenir des loups »
A Chemnitz, l’extrême droite avait mobilisé 800 personnes, le 26 août, quelques heures seulement après l’annonce du meurtre de Daniel Hillig. Le lendemain, les manifestants étaient six fois plus nombreux, et la police avait été incapable de les maîtriser. Quinze jours plus tard, le même scénario sera-t-il rejoué à Köthen ? Conscientes du risque, les autorités locales et régionales multiplient les appels au calme. C’est notamment le cas du ministre de l’intérieur du Land de Saxe-Anhalt, Holger Stahlknecht. Dans un entretien avec l’agence DPA publié en début d’après-midi, ce membre de l’Union chrétienne-démocrate (CDU) de la chancelière Angela Merkel explique qu’il « comprend les préoccupations de [ses] concitoyens », mais leur demande de « garder la tête froide ».
En réalité, la mobilisation sera bien plus importante que celle du premier jour à Chemnitz : 2 500 personnes au total, selon les autorités, soit trois fois plus que lors de la première manifestation organisée à Chemnitz, et ce dans une ville près de dix fois moins peuplée (26 000 habitants contre 240 000).
Parmi les personnes présentes, plusieurs figures bien connues de l’ultradroite allemande prendront la parole, à la nuit tombée, devant la petite aire de jeu où a eu lieu le fait divers de la veille au soir. Parmi elles, David Köckert, un ancien cadre du parti néonazi NPD, s’inquiète de la « guerre raciale » qui a été déclarée au « peuple allemand », s’en prend à la « presse de caniveau, antisociale et antinationale », et enflamme l’assistance en hurlant : « Voulons-nous rester des moutons ou voulons-nous devenir des loups et tous les déchiqueter ? »

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Cette assistance, qui est-elle ? En réalité, plusieurs sous-groupes la composent. Certains, avec leurs crânes rasés, leurs tatouages, leurs tee-shirts et leurs lunettes de soleil portées malgré la nuit tombante pour éviter d’être identifiés, appartiennent de toute évidence à l’ultradroite. Quelques voitures aux couleurs de l’AfD sont garées près du lieu de rendez-vous. Plusieurs responsables locaux, présents à une réunion organisée plus tôt dans la journée dans la ville voisine de Dessau, ont fait le déplacement. Mais des centaines d’autres participants sont tout simplement venus de la rue d’à côté ou d’une petite ville voisine.
C’est le cas de Matthias. Médecin âgé de 63 ans, il a appris la tenue du rassemblement « en regardant les infos sur Internet ». Köthen est à une heure de route de chez lui, mais il n’a pas hésité. « Le type qui est mort hier est un des trente Allemands qui serait encore en vie sans la politique criminelle de cette truie de Merkel », dit-il. Cela ne le dérange-t-il pas de manifester au côté de néonazis ? « Absolument pas, répond-il. C’est important de montrer qu’il n’y a pas que des nazis dans des rassemblements comme ça. »
« La dictature de Merkel »
En l’entendant, un homme s’invite dans la conversation : « Vous avez raison, cher monsieur. Ça suffit de nous traiter de nazis. » Celui-là a 50 ans, il a défilé à Chemnitz la semaine dernière. « C’est la deuxième fois de ma vie que je manifeste. La première, c’était en 1989, pour renverser la dictature communiste. Cette fois, c’est pour en finir avec la dictature de Merkel », dit-il. Ancien « fidèle » de la CDU, il fait partie des 18 % d’électeurs de la circonscription de Köthen ayant voté AfD aux législatives de 2017 – la moyenne nationale étant de 12,6 %.
Un peu avant le début de la manifestation, la police diffusera un nouveau communiqué précisant que la victime est « décédée d’un arrêt cardiaque sans rapport direct avec les blessures subies au cours de l’altercation ». Trop tard : dans la rue, tout le monde parle d’un « meurtre », certains assurent même qu’il s’agit « encore une fois d’une attaque au couteau ».
Accompagnée de sa sœur, Martha avait « déjà peur depuis quelque temps de sortir la nuit ». Cette fois, « c’est décidé, c’est fini ; d’ailleurs, maintenant, je rentre chez moi ». Il est presque 21 heures. Quelques mètres plus loin, quelques dizaines hommes marchant d’un pas déterminé se mettent à scander : « National-socialisme ! Maintenant ! Maintenant ! Maintenant ! »

« National Sozialismus ! Jetzt ! Jetzt ! Jetzt ! » Un dimanche soir dans les rues d’une petite ville de province allemande, en 2018 #köthen pic.twitter.com/lp2SeWPWIe— Thomas Wieder (@ThomasWieder) 9 septembre 2018





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-18"> ¤ S’il n’a pas réussi à remporter son pari, qui était de faire de sa formation, les Démocrates de Suède (SD), la deuxième force politique du pays, le leader de l’extrême droite suédoise continuer de tracer sa route et de progresser.
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Législatives en Suède : Jimmie Akesson, un nationaliste policé

S’il n’a pas réussi à remporter son pari, qui était de faire de sa formation, les Démocrates de Suède (SD), la deuxième force politique du pays, le leader de l’extrême droite suédoise continuer de tracer sa route et de progresser.



LE MONDE
 |    10.09.2018 à 11h49
 • Mis à jour le
11.09.2018 à 07h52
    |

            Anne-Françoise Hivert (Malmö (Suède), correspondante régionale)








                        



                                


                            

La soirée avait pourtant si bien commencé, avec ce sondage à la sortie des urnes qui donnait son parti devant les Conservateurs, à plus de 19 % des voix. Quand il est monté sur la petite scène de la boîte de nuit Krystal, où les Démocrates de Suède (SD) s’étaient rassemblés pour suivre la soirée électorale, dans le centre de Stockholm, Jimmie Akesson a juste eu le temps de déclarer la victoire, le poing levé, avant que sa voix le lâche. Son parti n’était plus alors qu’à 17,6 % – une déception, même s’il continue de progresser (+ 4,7 %).
La veille, il s’est offert un dernier meeting sur les quais de Riddarholmen, petite île dans le centre névralgique du pouvoir suédois, entre la mairie de Stockholm et le Parlement. Des centaines de partisans sont venus l’applaudir. Pour eux, « Jimmie », comme ils l’appellent, avait déjà gagné, imposant son agenda à ses opposants. « Il a forcé les autres partis à ouvrir les yeux », estime Peter Wallmark, président des SD à Stockholm.

Le cheveu brun gominé, la raie à droite, une petite barbe de quelques jours et des lunettes rondes, Jimmie Akesson présente bien. Il parle bien aussi. Un langage simple, mais pas trop. « Il évoque ce dont tous les Suédois discutent autour de la table de la cuisine, en allant droit au but, sans tourner autour du pot », assure Tomas Pettersson, ancien entrepreneur qui a rejoint le parti il y a trois ans.
« Raciste », « fasciste », « xénophobe »
Jimmie Akesson a façonné le rôle. « Ce n’était pas un leader charismatique, quand il a commencé, mais il a pris de l’envergure », constate le journaliste Pontus Mattsson, qui le suit depuis ses débuts. Elu en 2005 à la tête de son parti, il est le vétéran parmi les leaders politiques suédois. A force de croiser le fer avec ses opposants – la plupart lui serrent désormais la main – il a appris à les connaître, esquiver leurs attaques.
« Raciste », « fasciste », « xénophobe »....




                        

                        


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Le président serbe enterre un accord avec le Kosovo

Les surenchères nationalistes à Pristina et à Belgrade empêchent une entente sur des échanges de territoires.



LE MONDE
 |    10.09.2018 à 11h46
 • Mis à jour le
10.09.2018 à 12h30
    |

            Jean-Baptiste Chastand (Mitrovica, Envoyé spécial)








                        



                                


                            

La tournée a dû refroidir tous ceux qui espéraient une normalisation rapide des relations entre le Kosovo et la Serbie. La visite du président serbe, Aleksandar Vucic, au Kosovo, samedi 8 et dimanche 9 septembre, avait été annoncée comme une grande séance d’explication en vue d’un possible accord historique à venir dans les prochains mois avec son homologue kosovar, Hashim Thaçi. Elle s’est transformée en une succession de provocations nationalistes, comme les Balkans en ont le triste secret.
Dimanche matin, quelques centaines de vétérans de l’Armée de libération du Kosovo (UCK) ont d’abord empêché M. Vucic de se rendre dans un village serbe enclavé au sein de l’ancienne région autonome à majorité albanaise, qui a proclamé son indépendance en 2008 mais que Belgrade ne reconnaît toujours pas. Les barricades de pneus enflammés dressées sur les voies d’accès au village de Banje, près de Mitrovica, ont forcé le président serbe à faire demi-tour pour éviter des affrontements. Des journalistes serbes ou des personnes transportées dans des voitures immatriculées en Serbie ont été aussi pris à partie.
Milosevic, « grand leader serbe »
Dans la foulée, M. Vucic a tenu un discours ponctué de déclarations nationalistes devant des milliers de Serbes du Kosovo réunis à Mitrovica. Dans cette ville du nord du pays où coexistent difficilement les deux communautés séparées par la rivière Ibar, il a promis aux 120 000 Serbes qui vivent toujours au Kosovo de les défendre jusqu’au bout. « Si qui que ce soit croit qu’il peut prendre quelque chose aux Serbes, la Serbie ne le laissera pas faire », a-t-il martelé face à un public emmené par autocars entiers des dix municipalités du Kosovo où les Serbes sont encore majoritaires, et très majoritairement nostalgiques de la domination de Belgrade sur un territoire peuplé de 1,8 million d’Albanais.
Surtout, il a qualifié l’ancien dictateur Slobodan Milosevic, principal responsable du déclenchement des guerres...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-20"> ¤ Editorial. Si l’extrême droite a échoué à devenir le deuxième parti suédois, le pays est toutefois confronté à la montée du populisme.
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La Suède, un pays européen comme les autres

Editorial. Si l’extrême droite a échoué à devenir le deuxième parti suédois, le pays est toutefois confronté à la montée du populisme.



LE MONDE
 |    10.09.2018 à 11h39
 • Mis à jour le
10.09.2018 à 14h26
   





                        



   


Editorial du « Monde ». Faut-il se réjouir du résultat des élections organisées dimanche 9 septembre en Suède ? A première vue, sans doute. Le cataclysme annoncé par certains sondages ne s’est pas produit : la formation d’extrême droite, les mal nommés Démocrates de Suède, espérait devenir le deuxième, voire le premier parti du pays et visait jusqu’à 25 % des suffrages au terme d’une virulente campagne anti-immigration. A cette aune-là, c’est un échec. Les Démocrates de Suède (Sverigedemokraterna, SD) terminent en troisième position, avec 17,6 % des voix. Le Parti social-démocrate, pilier du système politique suédois, reste le premier parti, avec 28,4 % des voix. Les apparences sont sauves.
C’est bien connu, les apparences sont souvent trompeuses ; ce scrutin suédois ne fait pas exception. La dynamique qui se cache derrière ces chiffres est celle qui est à l’œuvre dans une grande partie des démocraties occidentales : la montée du populisme et de l’extrême droite (les SD progressent de 12,9 % à 17,6 % en quatre ans) et l’affaiblissement des partis de gouvernement traditionnels (les sociaux-démocrates, en baisse de 3 points, font le pire score de leur histoire, les Modérés de centre droit perdent 3,5 points, avec 19,8 %).

        Le point sur les résultats :
         

          Droite et gauche au coude-à-coude, l’extrême droite progresse



Des semaines de tractations laborieuses s’annoncent
En Europe, cette dynamique est plus ou moins aiguë suivant les systèmes électoraux et les spécificités de chaque pays, mais elle transcende désormais les clivages géographiques est-ouest et nord-sud, les clivages économiques entre pays riches et moins riches, ou les clivages culturels parfois évoqués comme celui supposé distinguer les pays à tradition protestante des pays à tradition catholique. La France fait aujourd’hui figure d’exception, après la victoire d’Emmanuel Macron sur Marine Le Pen en 2017 ; mais l’indispensable recomposition politique y est encore en chantier.
Dans le cas de la Suède, cette dynamique, certes amortie par la tempérance scandinave, se traduit par une majorité introuvable au Parlement. Selon des résultats encore provisoires lundi matin, le bloc de gauche dominé par le Parti social-démocrate n’a qu’un siège de plus (144 députés) que le bloc de droite (143 députés), loin de la majorité absolue de 175 sièges. Avec 62 sièges, les SD sont en position d’arbitre, mais, aucune des deux alliances ne voulant gouverner avec eux, des semaines de tractations laborieuses s’annoncent entre les deux blocs pour parvenir à une coalition viable. Le gouvernement sortant du premier ministre Stefan Löfven survivra difficilement à l’épreuve.
Qu’est-il arrivé à la Suède, phare de la social-démocratie, paradis de l’Etat-providence et symbole de la tolérance ? L’explication la plus simple porte inévitablement sur la crise des réfugiés de 2015, qui a brutalement porté à 20 % la proportion d’étrangers au sein d’une population traditionnellement ouverte et accueillante. C’est incontestablement un facteur de la montée de l’extrême droite, mais ce n’est pas le seul. La Norvège voisine, avec 15 % d’étrangers, est arrivée à freiner la progression de l’extrême droite.
L’idéalisme suédois s’est heurté au choc de la mondialisation, face auquel le Parti social-démocrate s’est essoufflé, incapable de trouver les réponses à l’insécurité et à la crise d’identité qui en découlaient chez ses électeurs. Finalement, comme le soulignait l’ancien premier ministre Carl Bildt sur Twitter lundi matin, la Suède est devenue un pays européen comme un autre.

        L’analyse politique :
         

          Un paysage politique éclaté après une percée plus faible que prévu de l’extrême droite






                            


                        

                        

