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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-1"> ¤ Thomas Wieder, correspondant du « Monde » à Berlin, analyse les récentes manifestations à Chemnitz et Köthen, notant que « des tabous sont brisés auprès d’une partie de la population ».
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Allemagne : « Les manifestations d’extrême droite attirent néonazis et citoyens en colère »

Thomas Wieder, correspondant du « Monde » à Berlin, analyse les récentes manifestations à Chemnitz et Köthen, notant que « des tabous sont brisés auprès d’une partie de la population ».



LE MONDE
 |    11.09.2018 à 17h12
 • Mis à jour le
11.09.2018 à 17h25
   





                        



   


Notre correspondant à Berlin, Thomas Wieder, a répondu aux questions des internautes sur les récents rassemblements organisés à l’initiative de l’extrême droite outre-Rhin, notamment à Chemnitz et à Köthen.

        Lire notre reportage :
         

          A Köthen, l’extrême droite allemande exploite un nouveau fait divers



Don : Bonjour. Les manifestations d’extrême droite ne sont pas un phénomène nouveau en Allemagne. Qu’est-ce qui distingue les mobilisations des derniers jours à Chemnitz et Köthen de ce qu’on peut observer depuis plusieurs années ?
L’extrême droite est en effet structurée et bien implantée depuis longtemps en Allemagne, en particulier dans l’ex-Allemagne de l’Est. Il suffit de rappeler les émeutes racistes de Rostock (Mecklembourg-Poméranie occidentale), au bord de la Baltique, en août 1992, ou encore la série de meurtres perpétrés entre 2000 et 2007 par l’organisation néonazie « Clandestinité nationale-socialiste », dont le procès-fleuve s’est achevé en juillet. Ce qui est nouveau, dans les mobilisations de ces derniers jours, c’est le fait que manifeste désormais, aux côtés des groupuscules d’ultradroite, un parti politique représenté au Bundestag où il est même la première force d’opposition, avec 92 députés sur 730.
C’est un point essentiel : ces manifestations n’attirent pas seulement des néonazis, mais des citoyens en colère qui ne se reconnaissent pas nécessairement dans les groupuscules ultraradicaux, mais qui, en même temps, vous expliquent que face à un danger commun (l’immigration incontrôlée de criminels qui viennent troubler l’ordre social) et à un adversaire politique commun (Merkel désignée volontiers comme une « traîtresse » et une « criminelle »), cela ne les dérange pas de défiler aux côtés de néonazis.
Nicolas : Bonjour, l’AfD est-il influent dans tout le pays ou uniquement dans les régions où ont eu lieu les manifestations d’extrême droite ?
Aux législatives de 2017, l’AfD a recueilli 12,6 % des voix. Après, il y a de grandes différences entre les Länder. Dans l’ex-Allemagne de l’Est, le parti d’extrême droite a recueilli 22 % des voix en moyenne, s’imposant comme la deuxième force politique derrière l’Union chrétienne-démocrate (CDU). A l’Ouest, elle a fait un score moyen de 11 %. Le Land où l’AfD est la plus forte est la Saxe (c’est là que se trouve Chemnitz), où, elle a obtenu 27 % des voix, devançant de 0,1 point la CDU. Les Länder où l’AfD a jusque-là moins bien réussi à s’implanter sont ceux du nord-ouest de l’Allemagne, comme le Schleswig-Holstein, la Basse-Saxe ou la Rhénanie-du-Nord-Westphalie, ainsi que des villes comme Hambourg et Brême.
The puma : Est-ce que l’AfD à les mêmes idées que le Front national ?
Thomas Wieder : L’AfD, depuis sa création en 2013, a évolué. Au départ, le parti était essentiellement préoccupé par la sortie de l’euro et le retour au deutschemark. Depuis 2015, la question migratoire est sa seule obsession. Les rapports avec le Front national, aujourd’hui Rassemblement national, ont toujours été compliqués. En 2016, un rapprochement a eu lieu entre Marine Le Pen et Frauke Petry, alors présidente de l’AfD, mais il n’a pas été du goût de tout le monde à l’AfD, beaucoup considérant que la présidente du FN défendait une ligne trop socialiste sur le plan de la politique économique.
Depuis le départ fracassant de Frauke Petry de l’AfD, au lendemain des élections législatives du 24 septembre 2017, les contacts entre les deux partis se sont distendus. Mais sur le fond, j’aurais plutôt tendance à dire qu’ils se sont rapprochés avec le départ de Florian Philippot du Front national, représentant de la ligne « sociale » honnie par nombre de dirigeants de l’AfD, lesquels campent sur des positions plus libérales.

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                La tentation extrémiste des droites européennes



Arthur : Bonjour, Un lien entre les événements de Köthen et les futures élections en Bavière se fait-il déjà sentir ?
Pour comprendre ce qui se passe au sein de la CSU bavaroise, il faut remonter aux législatives du 24 septembre 2017. Ce jour-là, la CSU recueille 38,8 % des voix, soit 10,5 points de moins qu’en 2013, tandis que l’AfD réalise en Bavière son meilleur score de toute l’Allemagne de l’Ouest, avec 12,4 %, soit 8,1 points de plus qu’en 2013. De ce qui constitue un choc électoral, Horst Seehofer, président de la CSU et alors ministre-président de Bavière, tire une conclusion : pour éviter qu’une telle débâcle ne se reproduise un an plus tard aux élections régionales, la CSU doit absolument reconquérir les électeurs qu’elle a perdus au bénéfice de l’AfD. D’où une stratégie « à droite toute » défendue depuis par Seehofer au ministère fédéral de l’intérieur et par son successeur à la tête de la Bavière, Markus Söder.
Le problème est que, dans les sondages, cette stratégie ne semble guère payante puisque la CSU est aujourd’hui créditée de 36 % à 37 % des voix, tandis que l’AfD tourne autour de 14 %. En fait, il semble que la CSU perde sur les deux tableaux : d’un côté, elle ne parvient pas à récupérer les électeurs partis à l’AfD, de l’autre, elle se voit délaissée par des électeurs plus modérés qui, rebutés par ce durcissement, envisagent aujourd’hui de voter plus au centre, notamment pour les Verts qui pourraient arriver en deuxième position – autour de 15 %-16 % – aux élections régionales d’octobre.
yann : Pourquoi la grande coalition paraît-elle presque paralysée ? Quel est le problème à condamner sans appel ces manifestations ?
La coalition est paralysée pour deux raisons principales. D’abord, c’est une « grande coalition » qui n’a de grande que le nom : jamais la CDU-CSU et le SPD n’ont obtenu des scores aussi faibles aux élections, et jamais Merkel n’a été si mal réélue quand elle s’est présentée au Bundestag, en mars, après des mois de laborieuses tractations pour trouver un accord de gouvernement : 9 voix seulement de majorité, c’est très peu !
Ensuite, la coalition est paralysée par les désaccords qui la minent. Pas seulement entre conservateurs et sociaux-démocrates, mais au sein même du camp conservateur. Plus le temps passe, moins ce gouvernement est une coalition CDU-CSU/SPD et plus c’est une cohabitation Merkel (CDU)-Seehofer (CSU). Un gouvernement ne peut pas fonctionner normalement quand il est en permanence animé par une guerre au sommet entre une chancelière et son ministre de l’intérieur qui partagent des visions opposées sur les questions essentielles du moment : la politique migratoire, la place de l’islam dans la société, la façon de lutter contre l’extrême droite.

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                La droite allemande tétanisée par l’extrême droite



IIIIIIIIII : Pensez-vous que ce jaillissement de l’extrême droite au cours des derniers mois peut être dû à un travail de mémoire qui s’affaiblit en Allemagne ?
Cela joue, très certainement. Il m’arrive souvent d’en parler avec des gens, et beaucoup, en particulier chez les plus jeunes, vous disent facilement qu’ils en ont ras-le-bol de se voir rappeler le passé nazi de l’Allemagne ; l’idée d’une responsabilité particulière de leur pays leur est totalement étrangère. Indiscutablement, des tabous sont brisés auprès d’une partie de la population. Pour cette dernière, ces références n’opèrent plus, voire sont devenues totalement contreproductives. Il n’y a qu’à voir l’effet des provocations d’Alexander Gauland, le coprésident de l’AfD : à l’évidence, ses sorties sur la seconde guerre mondiale des derniers mois n’empêchent pas le parti de prospérer.
Autre exemple : à Chemnitz, lors de la manifestation du 1er septembre, était présent Björn Höcke, le leader de l’AfD en Thuringe, considéré comme le chef de file de son aile la plus radicale. L’homme est connu pour ses sorties polémiques sur la seconde guerre mondiale. En 2017, certains voulaient même l’exclure du parti après un discours dans lequel il avait dénoncé comme « monument de la honte » le mémorial aux victimes de la Shoah édifié au cœur de Berlin. « Il nous faut rien de moins qu’un virage à 180° de notre politique de mémoire », avait-il déclaré. A l’époque, la secrétaire générale du Parti social-démocrate avait dit que Höcke parlait « la langue du NSDAP », le Parti nazi. Quand j’ai demandé à des manifestants, à Chemnitz, si ça ne les gênait pas de participer à une manifestation conduite par ce même Björn Höcke, aucun n’a considéré qu’il y avait le moindre problème.

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                En carte : la progression des extrêmes droites en Europe





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Les extrêmes droites les plus puissantes en Autriche et en Italie
Les deux pays sont talonnés par la Hongrie et la Suède. Deux pays européens n'ont aucun mouvement d'extrême droite notable dans le jeu politique : le Luxembourg et l'Irlande.









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            ["Finlande",6.9,"Vrais Finlandais","Présidentielle 2018","Avec 17,6 % des voix, les Vrais Finlandais sont arrivés en deuxième position lors des législatives de 2015, ce qui leur a permis d'entrer dans un gouvernement de coalition. Mais, deux ans plus tard, l'élection de la tête des Vrais Finlandais a provoqué la scission entre les partisans du nouveau président du parti et des opposants, qui ont annoncé la création d'une formation concurrente. Les frondeurs sont restés au gouvernement."],
            ["Portugal",0.09,"Parti national rénovateur","Municipales 2017","Le Parti national rénovateur, d'une orientation politique proche de celle du Front national en France, n'a jamais dépassé 1 % des votes."],
            ["Slovénie",2.2,"Parti national slovène","Législatives 2014","Depuis 2011, le Parti national slovène, populiste et eurosceptique, n'a plus assez de voix pour se maintenir au parlement."],
            ["Suède",17.6,"Démocrates de Suède","Législatives 2018","Les Démocrates de Suède (SD) sont issus, à l'origine, du néonazisme, mais se sont recentrés, renonçant à un discours ouvertement raciste. Une nouvelle organisation néonazie, le Mouvement de la résistance nordique, est apparue depuis une dizaine d'années."],
            ["Royaume-Uni",1.8,"UKIP et BNP","Législatives 2017","Le parti pour l’indépendance du Royaume-Uni (UKIP), créé en 1993, a mis la lutte contre l’immigration au centre de son programme. Pour ne pas perdre trop d'électeurs au profit de l'UKIP, le premier ministre David Cameron a dû s'engager à tenir un référendum sur le maintien du pays dans l'Union européenne… provoquant le Brexit. Le Parti national britannique (BNP), plus ancien, est lui en nette perte de vitesse."],
            ["Roumanie",3.8,"Parti de la Grand Roumanie et Parti Roumanie unie","Législatives 2016","Le Parti Grande Roumanie, fondé en 1991 par un admirateur du dictateur Nicolae Ceaușescu, est en perte de vitesse. Il n'a pas réussi à conserver de députés au niveau national et européen. Dans la même ligne souverainiste et europhobe, le Parti Roumanie unie a été créé en 2015. "],
            ["Slovaquie",16.6,"Notre Slovaquie","Législatives 2016","Le parti d'extrême droite Notre Slovaquie (LSNS), qui milite pour une sortie de l'Union européenne, est arrivé perdant des élections régionales, en novembre 2017, son leadeur, Marian Kotleba, ayant échoué à préserver son poste de gouverneur d'une région du centre. Le Parti national slovaque essaie, lui, de se dédiaboliser et participe au gouvernement du social-démocrate Robert Fico, grâce aux 8,6 % obtenus aux dernières élections législatives."],
            ["Autriche",26,"FPO","Législatives 2017","Norbert Hofer a perdu de très peu au deuxième tour de l'élection présidentielle face à l'ancien dirigeant des Verts, Alexander Van der Bellen. Au premier tour de l'élection, il était arrivé largement en tête avec 35 % des voix, contre 21 % pour son concurrent. Son parti, le FPÖ a obtenu 26 % des voix aux dernières élections législatives et trois ministères régaliens au sein du gouvernement, qu'il partage avec les conservateurs."],
            ["Italie",22.32,"Ligue du Nord et Frères d'Italie","Législatives 2018","Après sa rupture avec la droite berlusconienne, Frères d'Italie a effectué un rapprochement avec la Ligue du Nord de Matteo Salvini, en 2014-2015, sur la base de leur opposition aux politiques de Bruxelles, en particulier sur l'immigration. Mais la doctrine centralisatrice des néofascistes reste opposée au régionalisme de la Ligue."],
            ["Lituanie",5.55,"Ordre et justice","Législatives 2016","Le parti Ordre et Justice, dirigé par l'ex-président Rolandas Paksas, destitué en 2004 pour violation de la Constitution, est un parti populiste qui appartient au groupe eurosceptique formé par l'UKIP au Parlement européen. Il est en perte de vitesse depuis quelques années."],
            ["Pays-Bas",13.06,"Parti pour la liberté","Législatives 2017","Le Parti pour la liberté (PVV) de Geert Wilders est devenu, en mars, la deuxième force du Parlement néerlandais, derrière les libéraux, avec vingt sièges sur cent cinquante et un gain de cinq élus. "],
            ["Lettonie",13.9,"Alliance nationale","Législatives 2014","Le parti nationaliste, créé en 2010, fait partie du groupe Conservateurs et réformistes européens à Strasbourg, comme le Parti populaire danois ou les Vrais Finlandais."],
            ["Croatie",1.25,"Alliance démocratique croate de Slavonie et Baranya (HDSSB)","Législatives 2016","Dirigé pendant des années par le criminel de guerre Branimir Glavas, qui a réussi à être réélu au parlement, le parti nationaliste n'a toutefois réuni que peu de voix aux dernières élections."],
            ["Hongrie",19.6,"Jobbik","Législatives 2018","Le positionnement de plus en plus xénophobe de Viktor Orban, issu du camp conservateur, permet paradoxalement à l'Alliance des jeunes de droite-Mouvement pour une meilleure Hongrie, communément appelée Jobbik, de se présenter comme la principale alternative au dirigeant. Mais le parti ultranationaliste, en dépit d'une modération de son discours, stagne dans les urnes : il a obtenu le même score aux législatives qu'il y a quatre ans, autour de 20 % des voix."],
            ["Estonie",0.2,"Parti de l'indépendance estonienne","Législatives 2015","Parti d'extrême droite de tendance nationaliste et eurosceptique, le Parti de l'indépendance estonienne n'a obtenu aucun député aux dernières élections."],
            ["Grèce",6.28,"Aube dorée","Législatives 2015","Le parti d’extrême droite Aube dorée, qui profite de la crise migratoire, est la troisième force politique du pays, en dépit des procès que doivent affronter plusieurs de ses membres, accusé d’actes de violence raciste contre des immigrés."],
            ["France",8.95,"Front National","Législatives 2017 (second tour)","Même si le Front national a terminé en première position aux élections européennes de 2014 et que sa présidente, Marine le Pen, s'est qualifiée pour le second tour de la présidentielle de 2018 en doublant quasiment le nombre de voix obtenues par Jean-Marie Le Pen quinze ans plus tôt, le parti n'a réalisé qu'un score médiocre aux élections législatives — où le taux de participation n'était pas très élevé par ailleurs."],
            ["Bulgarie",9,"Patriotes unis","Législatives 2017","Les Patriotes unis, une coalition de trois partis ultranationalistes — dont l'Union nationale Attaque (Ataka), le Front national pour le salut de la Bulgarie et le Mouvement national bulgare (VMRO) —, a obtenu aux dernières élections un score d’environ 9 %, en retrait par rapport à la présidentielle de novembre (15 %). Ils participent au gouvernement de coalition et ont deux des quatre postes de vice-premier ministre."],
            ["République tchèque",1.23,"Les Réalistes","Présidentielle 2018","Les Réalistes, un nouveau parti qui s'inspire ouvertement de l'AfD allemande, avec un discours eurosceptique et sécuritaire, n'a réuni qu'un faible nombre de voix au premier tour de la présidentielle. En revanche, le parti nationaliste Liberté et démocratie directe (SPD), plus ancien, a obtenu 10 % des votes lors du scrutin législatif de 2017, grâce à son discours anti-islam et anti-UE. L'homme d'affaires Andrej Babis, vainqueur des élections, n'a pas exclu la formation d'un gouvernement minoritaire, qui aurait le soutien des communistes et du SPD."],
            ["Danemark",21.1,"Parti populaire danois (DF)","Législatives 2015","Arrivé en deuxième position aux dernières législatives, DF critique le dumping social et la criminalité originaire de l'Europe de l'Est et est partisan du rétablissement des contrôles aux frontières. Certains de ses membres ont proposé de supprimer le Parlement européen et de stopper l'entrée des musulmans au Danemark. Il s'est classé en tête aux élections européennes dans le pays."],
            ["Allemagne",12.6,"Alternative pour l'Allemagne (AfD)","Législatives 2017","Le parti eurosceptique Alternative pour l’Allemagne (AfD) s'est imposé aux législatives allemandes de septembre avec une percée sans précédent de 12,6 % des voix, contre 4,7% il y a quatre ans. Le Parti national-démocrate d'Allemagne (NPD), plus ancien, a pratiquement disparu des urnes et n'a plus qu'un député européen."],
            ["Pologne",13.57,"Korwin et Kukiz'15","Législatives 2015","Korwin, créé par le député européen Janusz Korwin-Mikke en 2015, et rebaptisé Liberté, n'a remporté aucun siège aux dernières élections, avec ses 4,76 % des voix. En revanche, cinq membres du parti d'extrême droite Mouvement national ont été élus au Parlement polonais sur les listes de Kukiz'15, parti populiste du chanteur Pawel Kukiz, qui a obtenu 8,81 % des voix."],
            ["Irlande",0,"","Législatives 2016","Il n'y a pas de parti d'extrême droite dans le pays."],
            ["Espagne",0.24,"Vox et Phalange espagnole","Législatives 2016","Contrairement à d'autres pays européens où l'extrême droite se construit sur un sentiment anti-immigration et anti-islam, l'extrémiste espagnol milite d'abord pour l'unité du pays. Mais aucun parti n'arrive à percer : Vox, le plus grand des groupuscules d’extrême droite espagnols, n’a recueilli que 0,2 % des voix lors des élections législatives de juin 2016. La Phalange espagnole, d'obédience franquiste, a obtenu 0,04 %."],
            ["Chypre",5.65,"ELAM","Présidentielle 2018","Le Front populaire national (ELAM), parti nationaliste grec, a réuni 5,65 % des voix au premier tour de l'élection présidentielle, en janvier. Il avait déjà obtenu 3,7 % des voix aux élections législatives de 2016, lui assurant deux sièges au Parlement. Il manifeste régulièrement contre la présence des Turcs et des migrants et revendique s'inspirer du mouvement grec Aube dorée."],
            ["Malte",0.36,"Mouvement patriotique maltais","Législatives 2017","Le Mouvement patriotique maltais, apparu en 2016, a un discours dirigé contre l’islam, les migrants et le multiculturalisme. Il a obtenu 0,36 % des voix aux dernières élections législatives."],
            ["Luxembourg",0,"","Communales 2017","Le Luxembourg n'avait pas de candidat d'extrême droite aux dernières élections. Le Parti social-démocrate populaire (SDV), qui revendique des idées proches du Front national, a été créé en avril 2015 et n'est pas encore installé dans le paysage politique luxembourgeois."],
            ["Belgique",3.7,"Vlaams Belang (VB)","Législatives 2014","L'alliance néo-flamande (N-VA) a pris beaucoup de voix à l'Intérêt flamand (Vlaams Belang ou VB) en polissant son discours tout en continuant à s'en prendre aux migrants. Elle est devenue la principale composante de la coalition au pouvoir, avec 20,3 % des voix aux dernières législatives."]
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                    return 0
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            })
            .attr("fill", function(d, i) {
                if (m.get(d.properties.fr) != undefined) {
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                    if(d.properties.fr == "Islande")
                        return "transparent"
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L’Etat va investir 27,7 milliards d’euros sur 10 ans pour les transports

L’entretien et la régénération des réseaux - ferroviaires, routiers et fluviaux - est la priorité de ce programme d’investissements.



LE MONDE
 |    11.09.2018 à 18h32
 • Mis à jour le
11.09.2018 à 18h52
    |

                            Éric Béziat








                        



   


Pour la première fois, le gouvernement va proposer au Parlement de voter une programmation des investissements de l’Etat dans les infrastructures de transport sur la durée du quinquennat, un peu comme il en existe dans le domaine militaire. Cette enveloppe financière s’élève à 13,4 milliards d’euros d’ici à 2022, en hausse de 40 % par rapport au quinquennat de François Hollande, puis à 14,3 milliards sur les cinq années suivantes. Au total ce sont 27,7 milliards d’euros qui seront consacrés à l’investissement dans les voies ferrées, routes et équipements de transport français pendant les dix prochaines années.
L’arbitrage – très attendu – a été présenté mardi 11 septembre par Elisabeth Borne, la ministre des transports, au Conseil d’orientation des infrastructures (COI), un collège d’experts présidé par l’ancien député socialiste et spécialiste ès transports, Philippe Duron. Le COI avait été créé en 2017 afin d’éclairer le gouvernement sur ses choix de dépenses en matière d’infrastructures de transport. La programmation financière sera l’un des chapitres de la vaste loi d’orientation des mobilités (LOM) qui sera présentée en conseil des ministres à la mi-octobre. La LOM viendra prendre le relais du texte équivalent précédent : la loi d’orientation des transports intérieurs (LOTI) datant de 1982.
Un principe fixé par le président de la République s’impose à ces choix budgétaires : la priorité est donnée, non aux grands programmes coûteux, mais aux transports du quotidien. Dans ce cadre, le gouvernement s’est donné cinq principaux axes d’investissement, au premier rang desquels figure, en tant que priorité des priorités, l’entretien et la régénération des réseaux, ferroviaires, routiers et fluviaux.

        Route, rail, canaux :
         

          La grande souffrance des infrastructures françaises



Des investissements en dessous des promesses faites
La route, en particulier, va bénéficier d’un effort substantiel, moins d’un mois après l’effondrement dramatique d’un viaduc autoroutier à Gênes. Les travaux d’entretien et de réfection du réseau routier national non concédé seront financés à hauteur de 880 millions d’euros en moyenne par an pendant les dix prochaines années, en hausse de 30 % par rapport à la décennie précédente.
Les autres priorités du gouvernement sont : la désaturation des nœuds ferroviaires à l’approche des gares des grandes villes pour favoriser le déplacement en train vers le centre des métropoles (2,6 milliards d’euros sur dix ans) ; l’accélération du désenclavement routier des villes moyennes et territoires ruraux (1 milliard) ; les transports en commun et les mobilités propres (1,2 milliard) ; le fret ferroviaire (2,3 milliards).
Si l’effort paraît substantiel, les choix pourraient malgré tout faire des déçus, car les 13,4 milliards investissements programmés sur le seul quinquennat en cours, restent très en dessous des diverses promesses faites dans les territoires par les gouvernements précédents, lesquelles coûteraient 18,5 milliards si elles étaient toutes tenues pendant cette période.
Il faut donc assumer 5 milliards d’euros d’écart. Une tâche à laquelle va devoir s’atteler Elisabeth Borne dans les semaines qui viennent. La ministre, qui affirme, malgré tout, ne pas renoncer aux projets de grandes liaisons interurbaines ferroviaires comme la ligne à grande vitesse Bordeaux-Toulouse, rencontrera les présidents des régions pour établir avec eux un calendrier « réaliste et sincère » de la mise en œuvre de ces programmes, lesquels seront fatalement reportés dans le temps.

        Sur Les Décodeurs :
         

          Comment la SNCF et l’Etat ont « délaissé les trains du quotidien » au profit du TGV






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-3"> ¤ L’identité de 1 111 hommes et femmes ne sont toujours pas confirmées par l’ADN, même si les recherches progressent grâce aux avancées technologiques.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-3"> ¤                     
                                                

Dix-sept ans après le 11-Septembre, 40 % des victimes n’ont pas été identifiées

L’identité de 1 111 hommes et femmes ne sont toujours pas confirmées par l’ADN, même si les recherches progressent grâce aux avancées technologiques.



LE MONDE
 |    11.09.2018 à 18h25
 • Mis à jour le
11.09.2018 à 18h39
    |

                            Simon Auffret








                        



   


C’est une promesse pleine d’espoir, faite au lendemain de l’attaque terroriste contre les tours jumelles du World Trade Center, le 11 septembre 2001 : « Nous ferons tout ce qu’il faut, nous prendrons tout le temps nécessaire, pour identifier toutes les victimes de cette tragédie », avait déclaré le chef du bureau de médecine légale de la ville de New York, Charles Hirsh, lui-même blessé aux côtes lors de l’effondrement de la tour sud.
Dix-sept ans après l’attentat durant lequel deux avions de ligne se sont écrasés sur les deux gratte-ciel newyorkais, la promesse n’a pas encore été tenue. Au mois de septembre 2018, près de 40 % des 2 753 personnes tuées ce jour-là, soit 1 111 victimes, n’ont toujours pas été formellement identifiées.
Le 26 juillet, Scott Michael Johnson, un analyste financier travaillant dans les tours jumelles, est devenu la 1 642e victime reconnue par la médecine légale, la première depuis près de neuf mois. Et aucune ne l’a été depuis cette date. Cent nouveaux échantillons ont bien été identifiés cette année, mais ils appartenaient à des victimes figurant déjà sur la liste officielle.
Pour les scientifiques, l’étape difficile reste l’extraction de profils ADN des restes humains conservés depuis les attentats. Selon une enquête de USA Today, les profils génétiques de près de 600 fragments d’os retrouvés dans les décombres n’ont pu être établis l’année passée, car ils ont été trop sérieusement détériorés ou brûlés. Il a ainsi pu s’écouler plusieurs années sans qu’un seul nom soit ajouté à la liste officielle des victimes.
Des avancées technologiques prometteuses
Le chef du bureau de médecine légale de New York, Charles Hirsh, est décédé en 2016, mais une équipe de dix personnes continue de comparer, chaque jour, les 21 905 restes humains retrouvés dans les décombres des tours jumelles avec une base de données de 17 000 profils ADN, provenant de disparus ou de leurs proches. Chaque échantillon a été testé à plusieurs reprises – jusqu’à 15 ou 20 fois pour certains – mais plus d’un millier restent encore inexploitables.
Cette quête effrénée de l’identification des victimes du 11-Septembre a cependant permis des avancées techniques majeures. Au lendemain des attentats, les médecins légistes broyaient par exemple les échantillons d’os retrouvés dans les gravats à l’aide d’un mortier et d’un simple pilon, afin d’en extraire l’ADN. Depuis cette année, ils recourent à un procédé utilisant de l’azote liquide et une machine à broyer pour obtenir une poudre très fine, ce qui facilite l’extraction de profils génétiques.
Au total, plus de 80 millions de dollars ont été investis dans ces recherches depuis le 11 septembre 2001, selon une estimation de Jay Aronson, auteur du livre Who Owns the Dead (Qui possède les morts ?, 2016, non-traduit), qui s’intéresse aux « sciences et la politique dans la gestion des victimes des attentats sur le site de Ground Zero ».
Certaines de ces avancées, notamment décrites dans un article du magazine Science en 2005, ont d’ailleurs été utilisées pour identifier les victimes du tremblement de terre et du tsunami qui avaient déclenché l’accident nucléaire de Fukushima, au Japon, en 2011.
Des identifications importantes pour les proches
La lenteur des avancées n’empêche pas les autorités de reprendre à leur compte la promesse faite par Charles Hirsh après les attentats. « Notre engagement est le même aujourd’hui qu’en 2001 », a assuré à l’AFP Mark Desire, assistant du directeur de l’expertise médico-légale à l’Institut médico-légal de New York.
L’implication des équipes scientifiques dans l’identification des restes humains a rendu possible l’inhumation de nombreuses victimes, plusieurs années après les attentats. Une famille française, dont le fils est mort le 11 septembre 2001, a raconté sur Franceinfo le calvaire de ce lent processus  : le premier appel identifiant leur proche, peu après les attentats. Puis les « quatre ou cinq coups de fils », reçus dans les cinq années qui ont suivi, leur annonçant à chaque fois qu’une autre partie du corps avait été retrouvée.
Les restes de la victime ont été rapatriés en France, mais la famille a pour l’instant décidé de ne pas organiser de funérailles. « Je ne dis pas que ça nous a aidés. Mais c’était tout simplement notre devoir en tant que parents » de procéder à ce rapatriement, a expliqué la mère du défunt. D’autres proches de victimes n’ont jamais eu de preuves matérielles de leur mort. Des pierres tombales sont parfois érigées en mémoire des personnes disparues.
« Si vous n’avez pas d’éléments tangibles, il y a toujours une part de vous-même qui s’autorise à nier la réalité, a témoigné dans la presse américaine la mère d’une autre victime des attentats pour décrire la douleur de l’attente provoquée par le processus d’identification. Une fois que vous recevez cet appel [du laboratoire], vous ne pouvez vraiment plus le nier. Vous savez que c’est vrai. »

        Lire aussi :
         

                Dix-sept ans après le 11-Septembre, les morts du vol 93 ont leur mémorial






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-4"> ¤ « Pourquoi entrer dans les détails ? », disent des parents d’élèves, inquiets que la sexualité soit abordée en classe.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-4"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 10/09/2018
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Education sexuelle à l’école : le retour des rumeurs

« Pourquoi entrer dans les détails ? », disent des parents d’élèves, inquiets que la sexualité soit abordée en classe.



LE MONDE
 |    11.09.2018 à 06h42
 • Mis à jour le
11.09.2018 à 17h49
    |

                            Mattea Battaglia et 
Adrien Sénécat








                        



                                


                            

« A chaque âge, sa part de vérité », défend Jean-Philippe, père de deux garçons – l’un entre au CP, l’autre en 6e, dans une petite ville de Haute-Vienne. « Qu’on puisse aborder la sexualité à l’école, je le comprends, explique ce graphiste. Certaines familles n’en parlent pas, alors c’est certainement mieux de le faire en classe que de laisser nos enfants découvrir ça, seuls, sur Internet… Mais faut-il tout dire pour autant ? », s’interroge le père de famille.
La vidéo qu’il a regardée, fin août, sur Internet – comme des milliers d’autres personnes –, l’a « déstabilisé », reconnaît-il. On y voit une supposée mère de famille s’indigner, près de dix minutes durant, qu’on puisse enseigner la masturbation aux enfants à l’école. Ce qui est évidemment faux. Mais c’est aussi sur Internet, explique Jean-Philippe, qu’il a été rassuré : « On y trouve le pire, les “fake news”, comme le meilleur, le “fact checking”. » Il n’en conserve pas moins, aujourd’hui encore, une forme de réserve : « Si la maîtresse demande, en classe, comment on fait les bébés, et qu’un enfant de maternelle répond que les filles naissent dans les roses, les garçons dans les choux, ça ne me gêne pas qu’on le laisse penser ça… Faut-il, à cet âge, entrer dans les détails ? »
« Pourquoi entrer dans les détails ? » : c’est aussi la question qu’entend résonner autour d’elle Emmanuelle, cadre commerciale à Nancy, quand elle en discute avec d’autres mamans. « Certaines redoutent qu’on devance les besoins de leurs enfants. D’autres pensent que l’école devrait déjà se concentrer sur les maths et le français… Ce n’est pas simple d’aborder sereinement ce débat. »

Pétitions, vidéos et tribunes
Quatre ans après la polémique sur les ABCD de l’égalité, outil de promotion de l’égalité entre filles et garçons accusé, par ses détracteurs, d’être le « cheval de Troie de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-5"> ¤ Un rapport préconise de « relancer l’apprentissage de la langue arabe » pour lutter contre l’islamisme, ce qui a suffi à réveiller de vieilles polémiques.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-5"> ¤                     
                                                

Au-delà de l’emballement, l’enseignement de l’arabe reste ultraminoritaire à l’école

Un rapport préconise de « relancer l’apprentissage de la langue arabe » pour lutter contre l’islamisme, ce qui a suffi à réveiller de vieilles polémiques.



LE MONDE
 |    11.09.2018 à 16h43
 • Mis à jour le
11.09.2018 à 18h13
    |

            Anne-Aël Durand








                        


Relancer l’arabe à l’école pour lutter contre l’islamisme : cette préconisation émane d’un rapport sur le fondamentalisme islamique, publié dimanche 8 septembre, par l’Institut Montaigne. Son auteur, Hakim El Karoui, affirmait lundi sur RTL qu’« en vingt ans, le nombre d’élèves qui apprennent l’arabe au collège et au lycée a été divisé par deux » alors qu’il « a été multiplié par dix dans les mosquées ». 
Le ministre de l’éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, a confirmé sur RMC qu’il fallait « développer l’apprentissage » de l’arabe, mais aussi du russe et du chinois :
« Il faut donner du prestige à ces langues. L’arabe est une grande langue littéraire qui doit être apprise pas seulement par les personnes d’origine maghrébine ou de pays de langue arabe. C’est cette stratégie qualitative que nous allons mener. »
La proposition a aussitôt été critiquée par l’extrême droite. Pour Marine Le Pen, présidente du Rassemblement national, le ministre « se vautre dans le politiquement correct ». Le député souverainiste Nicolas Dupont-Aignan s’est insurgé contre « l’arabisation de la France », préconisant plutôt de se concentrer sur les cours de français. Même l’ancien ministre de l’éducation nationale Luc Ferry s’inquiète, mardi 11 septembre sur Europe 1, d’un « risque de faire entrer l’islamisme dans l’éducation nationale ». Pourtant, en réalité, on est bien loin de « l’arabisation de l’éducation nationale ». Explications.

        L’enquête:
         

          L’arabe au ban de l’école



1. L’enseignement de l’arabe n’a rien de nouveau
L’arabe est la langue officielle de vingt-six Etats, en Afrique et dans la péninsule Arabique, soit 430 millions d’habitants. Elle est enseignée en France à l’Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco) depuis 1795. L’agrégation d’arabe a été créée en 1905, d’abord pour faciliter les échanges commerciaux ou diplomatiques avec le monde arabe.
Selon un rapport du ministère de la culture, plus de trois millions de personnes pratiquent quotidiennement l’arabe en France, « très majoritairement sous sa forme maghrébine, mais aussi — au sein de communautés moins nombreuses — sous ses formes libanaise, égyptienne, syrienne ». Cette langue orale de la vie quotidienne est parfois très différente de l’arabe classique ou littéral enseigné à l’école, surtout utilisé à l’écrit et dans les communications publiques (discours, médias…).
2. L’arabe n’est plus en recul, mais il reste très faible
Les effectifs d’élèves apprenant l’arabe littéral, en deuxième ou en troisième langue, ont presque doublé en dix ans : ils étaient 6 512 à la rentrée 2007, contre 11 174 en 2017 (et même 13 975 en incluant le département de Mayotte). Le ministère n’a pas fourni au Monde les chiffres d’il y a vingt ans, auxquels se réfère Hakim El Karoui.

   


Dans tous les cas, il s’agit d’une infime minorité, moins de deux élèves sur mille. En troisième langue au lycée, l’arabe est bien moins étudié que le chinois (18 618 élèves en 2017) ou le russe (6 199 élèves).
Les enseignants sont très peu nombreux : 5 postes ont été ouverts en 2018 au concours du Capes et 3 à l’agrégation. Entre 2011 et 2015, il n’y a eu aucun nouveau professeur certifié.
3. En primaire, des cours d’arabe plus nombreux mais généralement facultatifs
Dans le premier degré, la pratique de l’arabe comme langue vivante étrangère est encore plus anecdotique : on compte 567 élèves à la rentrée 2017, contre 1 483 élèves pour le chinois et 295 élèves pour le russe.
En revanche, un autre système est proposé aux écoliers à partir du CE1 : les enseignements internationaux de langues étrangères (EILE), des cours facultatifs d’une heure et demie, dispensés gratuitement en plus des vingt-quatre heures d’enseignements obligatoires.

        Vérification :
         

          Fausse rumeur sur des « cours d’arabe obligatoires » à l’école primaire



Ces EILE remplacent progressivement depuis 2016 les enseignements de langue et de culture d’origine (ELCO), qui avaient été mis en place dans les années 1970 pour valoriser la culture des enfants de migrants. Des enseignants sont mis à disposition par des accords avec neuf pays : Algérie, Maroc, Tunisie, Turquie, Portugal, Espagne, Italie, Serbie et Croatie. Un rapport du Haut Conseil à l’intégration avait alerté en 2013 sur les risques de « dérive » communautariste, voire de « catéchisme islamique » à propos de l’enseignement du turc, et sur l’inadéquation des langues proposées par rapport aux immigrations actuelles.
Désormais, les enseignants des EILE doivent être mieux sélectionnés, intégrés aux équipes pédagogiques et inspectés. L’apprentissage est évalué, et les cours sont ouverts à tous les élèves, quelle que soit leur origine. En 2016, selon l’éducation nationale, 48 129 élèves suivaient les cours dispensés en partenariat avec l’Algérie, le Maroc et la Tunisie.
En clair, les craintes de Nicolas Dupont-Aignan ou de Luc Ferry sont relativement infondées : l’arabe est déjà enseigné au collège ou au lycée, parmi d’autres langues, il n’y a aucun projet d’en changer les modalités d’apprentissage, mais davantage celui de garantir un enseignement de qualité en milieu scolaire plutôt que de laisser cet apprentissage à des écoles privées religieuses.

        L’article de 2016 :
         

          Les enseignements de langues d’origine vont disparaître






                            


                        

                        


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Alexandre Benalla refuse de se rendre devant le Sénat avant la fin de l’enquête judiciaire

« Il n’appartient pas aux personnes convoquées de décider de se présenter ou non », a estimé le président de la commission, Philippe Bas.



LE MONDE
 |    11.09.2018 à 15h11
 • Mis à jour le
11.09.2018 à 18h54
   





                        



Alexandre Benalla, l’ancien chargé de mission d’Emmanuel Macron mis en examen pour des violences le 1er mai à Paris, a finalement décidé de ne pas se rendre devant la commission d’enquête sénatoriale, qui a toutefois annoncé qu’elle le convoquerait « prochainement ».
L’ancien collaborateur de l’Elysée avait dit cet été avoir « plutôt envie » d’être auditionné par la commission d’enquête. Il a finalement changé d’avis lundi « tard dans la soirée », souhaitant, sur les conseils de son avocat, attendre la fin de la procédure judiciaire en cours. Me Laurent-Franck Liénard a rendu publique cette décision mardi sur LCI après avoir reçu un mail du président LR de la commission Philippe Bas invitant son client à se rendre devant les sénateurs le 19 septembre.
M. Benalla réserve « l’ensemble de ses réponses aux magistrats instructeurs », a justifié Me Liénard, indiquant par ailleurs que l’ex-collaborateur du président de la République était convoqué le 28 septembre par les juges d’instruction.
Annonce surprise
En réponse à cette annonce surprise dévoilée à la veille de la reprise des auditions, M. Bas a indiqué qu’une convocation en bonne et due forme serait « prochainement adressée à M. Alexandre Benalla pour qu’il apporte à la commission des lois du Sénat les éléments d’information qui lui sont nécessaires ». « Il n’appartient pas aux personnes convoquées pour être auditionnées de décider de se présenter ou non à cette convocation », a-t-il souligné.
Rapporteur de la commission, le sénateur PS Jean-Pierre Sueur a, lui, affirmé sur CNews que M. Benalla serait convoqué « la semaine prochaine ». « Il est très probable le 19 », a-t-il ajouté.
Comme à l’Assemblée, les convocations devant des commissions d’enquête ne sont pas facultatives ; la personne qui refuse de comparaître, de prêter serment, de déposer ou de communiquer les documents demandés, est passible d’un emprisonnement de deux ans et d’une amende de 7 500 euros.

        Les explications :
         

          Quels pouvoirs pour la commission d’enquête parlementaire ?



Après une pause estivale, la commission d’enquête sénatoriale reprenait ses auditions cette semaine. Le chef de cabinet d’Emmanuel Macron, François-Xavier Lauch, sera auditionné mercredi 12 septembre. La commission des lois du Sénat, dotée des prérogatives d’une commission d’enquête, a également prévu le même jour l’audition du général Eric Bio-Farina, commandant militaire de la présidence de la République, et de Maxence Creusat, commissaire de police à la direction de l’ordre public et de la circulation de la préfecture de police de Paris.

        Nos explications :
         

          Affaire Benalla : cinq questions en suspens avant l’audition du directeur de cabinet de Macron



Depuis les premières révélations du Monde, à la mi-juillet, M. Benalla a été mis en examen pour « violences en réunion n’ayant pas entraîné d’incapacité », « immixtion dans l’exercice d’une fonction publique », « port public et sans droit d’insignes réglementés », « recel de détournement d’images issues de la vidéoprotection » et « recel de violation du secret professionnel ».

Notre sélection d’articles sur l’affaire Benalla
Retrouvez nos principaux contenus liés à l’affaire Benalla, du nom de l’ex-collaborateur d’Emmanuel Macron que Le Monde a identifié en train de molester un manifestant en marge des manifestations du 1er-Mai.
Mercredi 18 juillet, Le Monde publie ses premières révélations et écrit avoir identifié Alexandre Benalla sur une vidéo mise en ligne dès le 1er mai sur YouTube.D’une ZUP d’Evreux jusqu’au premier cercle du président : récit de l’ascension mystérieuse de cet homme.Benalla, Mizerski, Crase... qui sont les personnages-clés de l’affaire ?Que s’est-il passé précisément place de la Contrescarpe ? Retour sur le déroulé des événements.A l’Assemblée, une commission d’enquête présidée par la députée LRM Yaël Braun-Pivet a mené des auditions. Une semaine plus tard, l’opposition claque la porte accusant l’Elysée de vouloir « torpiller » les travaux.Le point sur les auditions de : Gérard Collomb, ministre de l’intérieur ; Michel Delpuech, préfet de police de Paris ; Patrick Strzoda, directeur de cabinet de l’Elysée.Dommage collatéral, l’examen de la révision constitutionnelle a été suspendu et ne reprendra pas avant la rentrée et le gouvernement a dû faire face à deux motions de censure de l’opposition, toutes deux rejetées.Après une semaine de silence, Emmanuel Macron s’est finalement exprimé devant des députés, dans un discours que nous avons décrypté point par point.Affaire d’Etat ou non ? Oui, car il y a eu dissimulation estiment certains ; non, car l’Etat n’as pas commis d’acte délictueux, avancent d’autres.Les auditions des gardes à vue de M. Benalla et des quatre autres personnes mises en examen ont permis d’éclairer les faits qui leur sont reprochés.Plus d’une semaine après les révélations du « Monde », l’ex-chargé de mission de l’Elysée, Alexandre Benalla, a accepté de répondre longuement à nos questions dans un entretien exclusif.





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-7"> ¤ Nos sociétés échouent à utiliser la technologie pour favoriser les activités utiles et le temps libre, explique l’anthropologue David Graeber.
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David Graeber : « Les bullshit jobs  se sont multipliés de façon exponentielle ces dernières décennies »

Nos sociétés échouent à utiliser la technologie pour favoriser les activités utiles et le temps libre, explique l’anthropologue David Graeber.



LE MONDE
 |    11.09.2018 à 11h00
 • Mis à jour le
11.09.2018 à 16h04
    |

            Marie Charrel








                        



                                


                            

En 2013, il publia un article choc sur le sujet : d’innombrables salariés de la finance, du marketing ou du secteur de l’information sont aujourd’hui convaincus d’occuper des emplois inutiles, absurdes, voire nuisibles pour la société. Dans son truculent essai Bullshit Jobs (« boulots à la con »), paru le 5 septembre aux éditions Les Liens qui libèrent, David Graeber, anthropologue et professeur influent de la London School of Economics, explore les racines de ce phénomène, dont les conséquences ne se limitent pas à la souffrance professionnelle. Car au-delà, explique-t-il, notre société entière échoue à utiliser le progrès technologique comme un outil de libération des individus.
Les emplois inutiles que vous décrivez n’ont-ils pas toujours existé ?
Oui, mais ils se sont multipliés de façon exponentielle ces dernières décennies. Pour s’en convaincre, il suffit d’écouter les salariés conscients de la faible utilité de leurs emplois, comme ceux rencontrés pour ce livre : le consultant dont les rapports ne sont lus par personne, l’assistant brassant de l’air car son chef a besoin de justifier sa position hiérarchique, l’avocat d’affaires gagnant de l’argent uniquement grâce aux erreurs du système… Des millions de personnes souffrent aujourd’hui d’un terrible manque de sens, couplé à un sentiment d’inutilité sociale. Ce qui peut sembler paradoxal : en théorie, l’économie de marché, censée maximiser les profits et l’efficacité par le jeu de la concurrence, ne devrait pas permettre à ces jobs peu utiles d’exister.
Comment expliquer leur prolifération ?
Par bien des aspects, le système où nous vivons relève moins du capitalisme que d’une forme de féodalité managériale. Depuis les « trente glorieuses », les salaires ont décroché par rapport aux profits. Ces derniers sont captés par le secteur financier, qui les redistribue à un petit nombre de personnes, comme au Moyen Age, par le biais...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-8"> ¤ Le premier ministre hongrois, Viktor Orban, est à Strasbourg pour dissuader les eurodéputés de voter pour le déclenchement de l’article 7.
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Les enjeux du vote au Parlement européen sur l’Etat de droit en Hongrie

Le premier ministre hongrois, Viktor Orban, est à Strasbourg pour dissuader les eurodéputés de voter pour le déclenchement de l’article 7.



LE MONDE
 |    11.09.2018 à 11h10
 • Mis à jour le
11.09.2018 à 17h31
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen) et 
Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, bureau européen)








                        



   


Un vote décisif du Parlement européen aura lieu mercredi 12 septembre à Strasbourg sur le déclenchement d’une procédure concernant le respect de l’Etat de droit en Hongrie. Il s’agit de l’article 7 des traités de l’Union, qui peut être activé en cas de « risque clair de violation grave » de l’Etat de droit dans un Etat membre. Cette procédure n’a, jusqu’à présent, été initiée qu’une fois : à la fin 2017, contre le gouvernement polonais.
Mardi 11, Viktor Orban, premier ministre hongrois et chantre de l’« illibéralisme », devait faire le déplacement à Strasbourg pour défendre en séance plénière l’action de son gouvernement. Et dissuader les eurodéputés de voter pour cette procédure, jugée radicale et stigmatisante, même si elle n’a jusqu’à présent pas prouvé son efficacité : Varsovie n’a à ce jour toujours pas amendé significativement les lois réformant sa justice, mises en cause par Bruxelles.

        Lire aussi :
         

                En Pologne, le Sénat adopte une réforme controversée de la justice



L’initiative du vote revient à l’ensemble des élus de Strasbourg, qui, fin 2017, ont commandé un rapport sur l’Etat de droit en Hongrie à la commission des libertés civiles. L’eurodéputée néerlandaise écologiste Judith Sargentini a achevé son projet de rapport au printemps et conclu à la nécessité de déclencher l’article 7. Budapest prend cette affaire très au sérieux même si le porte-parole du gouvernement, Zoltan Kovacs, présent à Bruxelles lundi 10 septembre, a qualifié le travail de Mme Sargentini de « tissu de mensonges ».
L’impact de ce débat pourrait néanmoins être considérable, au moment où débute la campagne pour les élections européennes de mai 2019. Forcera-t-il le Parti populaire européen (PPE), rassemblement des droites de l’Union, à sortir de son ambiguïté à l’égard de M. Orban et à l’exclure une bonne fois pour toutes, lui qui est devenu la coqueluche des extrêmes droites européennes ?
A quelle condition l’article 7 peut-il être déclenché ?
L’article 7 des traités de l’Union ne peut être déclenché par le Parlement européen que si deux tiers des suffrages exprimés en plénière au moins votent dans ce sens. La gauche européenne, radicale et sociale démocrate, devrait soutenir le rapport Sargentini. Les libéraux et démocrates aussi. En revanche, le PPE est très divisé, alors que la moitié de ses élus a voté le rapport Sargentini en commission des affaires juridiques, en avril. Pour autant, en ce début de semaine, peu d’élus pariaient sur le fait que ce quota très élevé serait atteint.
Une fois l’article 7 recommandé au Conseil, les Etats membres doivent encore se saisir de la procédure : une majorité des 4/5es des votants est requise. S’ensuivent des consultations avec le gouvernement du pays concerné. En théorie, l’article 7 peut déboucher, si l’Etat membre n’est absolument pas coopératif, sur une suspension de ses droits de vote au Conseil, à savoir une quasi-exclusion du jeu européen. Un scénario très hypothétique dans le cas de la Pologne, a fortiori dans celui de la Hongrie.
Que dit le rapport Sargentini ?
Mme Sargentini a énuméré dans son rapport les menaces sur la liberté des médias, la remise en cause de l’indépendance de la justice, les attaques régulières contre les organisations non gouvernementales, le regain d’antisémitisme ainsi que la remise en question de certains droits sociaux.
Elle dénonçait aussi la politique migratoire du régime Orban et son refus d’accepter le principe de solidarité européenne. Le premier ministre n’a eu de cesse, depuis 2015, de refuser les plans de partage des réfugiés entre Etats membres pour soulager l’Italie et la Grèce. Lors d’un premier débat sur le rapport Sargentini au Parlement européen, en avril dernier, le ministre des affaires étrangères hongrois, Peter Szijjarto, avait répliqué : « J’ai une mauvaise nouvelle pour vous : nous ne permettrons pas la mise en œuvre de la politique prônée par Soros. Nous voulons protéger l’histoire et la culture européennes. » 
Un discours qui avait suscité le malaise, même au sein du PPE, dont une élue déplorait que la Hongrie « identifie les Européens comme des ennemis ». Le débat avait en tout cas relancé la question du gel ou d’une réduction, des fonds structurels pour Budapest. Et ils sont conséquents : ils représentent 4,4 % de son PIB (et la moitié de ses investissements publics).
Que répond le gouvernement hongrois ?
Le rapport n’a, à l’évidence, rien changé à la position officielle de Budapest, ainsi qu’en atteste une lettre adressée à tous les eurodéputés par Judit Varga, ministre chargé des relations avec l’UE. Son pays, confirme-t-elle « rejette vigoureusement » le rapport qui a entraîné, le 25 juin, un vote de la commission des libertés favorable au déclenchement de l’article 7.
M. Varga estime que son pays aurait dû dès le début être associé à la procédure. M. Sargentini, en refusant, aurait privilégié « l’option nucléaire » et créé « un dangereux précédent qui mine la confiance des citoyens dans le Parlement ». 
Le gouvernement hongrois a aussi transmis à Bruxelles un document de 109 pages, très argumenté, démontant pièces par pièces toutes les critiques faites depuis le retour au pouvoir de M. Orban à Budapest en 2010. Loi sur les médias, réforme de la justice, de la Constitution, libre activité des ONG, conditions d’exercice des établissements universitaires étrangers, etc.
Autre reproche : l’enquête a porté sur des compétences exclusives des Etats membres, comme l’éducation, les indemnités de chômage ou le montant minimum des retraites. Budapest affirme, par ailleurs, avoir tenu compte des réactions d’une série d’institutions de l’Union, dont la Commission ou la Cour de justice de Luxembourg, pour corriger des dispositions – sur la ségrégation des Roms, la protection des femmes enceintes au travail ou le système judiciaire.
Ces textes en forme de plaidoyers soutiennent que « la Hongrie est fidèle aux valeurs européennes » et ne menace en rien les règles de la démocratie. La ministre répète que son pays est ouvert au dialogue, y compris sur la légalité de certaines décisions, mais « rejette l’idée que des positions différentes soient présentées comme des menaces fondamentales pour la démocratie ».
Quelles conséquences pour le PPE et les autres partis politiques européens d’un vote largement en faveur de l’article 7 ?
Côté PPE, le malaise grandit ces derniers jours. Même si la majorité nécessaire des deux tiers des suffrages en plénière parait difficile à atteindre, un vote massif pour le déclenchement de l’article 7 ferait tanguer un parti en pleine crise, écartelé entre un Jean-Claude Juncker, le président de la Commission, représentant de la droite chrétienne sociale et Sebastian Kurz, chancelier autrichien en coalition avec l’extrême droite ou M. Orban, qui se déplace désormais à Rome pour discuter Europe et migration avec le populiste d’extrême droite Matteo Salvini.
Lundi soir, M. Kurtz a recommandé le vote en faveur de l’article 7, alors qu’au même moment son partenaire de coalition, le FPÖ, invitait M. Orban à rejoindre une coalition des extrêmes européens.
Difficile pour les dirigeants proeuropéens du PPE de ne pas réagir, même si jusqu’à présent ils ont défendu M. Orban, espérant le garder dans la famille et éviter une hémorragie des électeurs de la droite traditionnelle vers l’extrême droite. Le PPE « attend de Viktor Orban qu’il fasse un pas en direction des partenaires européens cette semaine et qu’il soit prêt à des compromis », a ainsi déclaré au Monde Manfred Weber, chef de file du PPE à Strasbourg.

        Lire notre entretien avec
         

          Manfred Weber : « La situation en Hongrie suscite déjà de vives critiques au sein du PPE »



« S’il ne le fait pas, je m’attends à des débats extrêmement difficiles au sein du groupe PPE. Pour nous, il est clair que les valeurs fondamentales de l’Union européenne ne sont pas négociables », ajoute le Bavarois. En lice pour la succession de M. Juncker à la tête de la Commission, M. Weber affronte avec le vote hongrois le premier test important de sa candidature.
Un éclatement du PPE aurait des conséquences considérables à neuf mois des européennes, en créant à la fois un espace politique pour une union des droites extrêmes, de M. Orban à M. Salvini en passant par les Polonais du PiS. Mais aussi une opportunité pour une éventuelle alliance élargie des « proeuropéens » autour de M. Macron.
L’eurodéputé grec Dimitris Papadimoulis, membre de Syriza, le parti d’Alexis Tsipras, vient ainsi de déclarer au site d’information Euractiv.com : « En termes de démocratie, les alliances doivent être plus larges, non seulement avec M. Macron, mais avec les libéraux [du parti paneuropéen ALDE] et les modérés du PPE. » 



                            


                        

                        


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Non, un retraité moyen ne va pas perdre « 1 000 euros par an »

Ce chiffrage avancé par Nicolas Dupont-Aignan est fantaisiste. Le député souverainiste évoque des mesures réelles, mais il force le trait.



LE MONDE
 |    11.09.2018 à 15h01
 • Mis à jour le
11.09.2018 à 16h32
    |

            Adrien Sénécat








                        


Le gouvernement vide-t-il le portefeuille des retraités ? C’est en tout cas ce qu’a affirmé Nicolas Dupont-Aignan, député souverainiste de l’Essonne, sur France Inter mardi 11 septembre. L’ancien candidat de la présidentielle, président du mouvement Debout la France, a évoqué une perte de pouvoir d’achat moyenne de « 1 000 euros » en une année pour un retraité moyen. Mais si les mesures évoquées par le responsable politique existent bel et bien, son chiffrage est pour le moins fantaisiste. Explications.
Ce qu’il a dit 
« Quand à 1 300 euros par mois de retraite vous allez perdre avec la désindexation sur l’inflation (…) 300 euros par an. Quand vous avez déjà les taxes sur l’essence qui ont augmenté en moyenne pour une voiture diesel de 300 euros par an, la CSG [contribution sociale généralisée] qui a augmenté de 300 euros par an. Cela veut dire que sur une année, un retraité moyen aura perdu 1 000 euros. (…) C’est du vol. »
POURQUOI C’EST TRÈS EXAGÉRÉ
Nicolas Dupont-Aignan évoque des mesures bien réelles, mais il force largement le trait dans ses calculs. Selon nos propres estimations, la situation qu’il a évoquée sur France Inter correspondrait en réalité plutôt à une perte de pouvoir d’achat de 290 à 560 euros, et pas 1 000 euros. Démonstration en cinq points :
1. La pension nette moyenne est bien d’environ 1 300 euros
Le montant mensuel moyen net des pensions de retraite était de 1 283 euros en 2015 en France, soit 1 376 euros bruts, selon les statistiques gouvernementales. On peut donc retenir, comme le fait Nicolas Dupont-Aignan, l’ordre de grandeur d’un retraité « moyen » qui touchait une pension de retraite nette de 1 300 euros mensuels en 2017.
La suite du raisonnement du candidat à la présidentielle en 2012 et 2017 est en revanche discutable, pour plusieurs raisons.
2. Un retraité modeste qui n’a pas forcément vu sa CSG augmenter
D’abord, Nicolas Dupont-Aignan laisse entendre que tout retraité qui toucherait une pension de retraite nette de 1 300 euros chaque mois aurait vu sa CSG augmenter en 2018. Le taux normal de la contribution sociale généralisée a bien augmenté de 1,7 point en janvier 2018, passant de 6,6 % à 8,3 %. Mais cette hausse ne concerne que les 60 % de retraités qui ont les revenus les plus importants. En dessous d’un certain seuil de revenus, les retraités paient un taux réduit de CSG, de 3,8 %, qui n’a pas été augmenté, voire en sont exonérés pour les moins aisés.
Or, le cas du retraité « moyen » évoqué par le député se situe justement à la frontière entre les deux situations :
S’il s’agit d’un retraité qui n’a pas d’autre revenu que sa pension de retraite, son revenu fiscal de référence sera inférieur à 14 404 euros, et il paiera la CSG au taux réduit, qui n’a pas augmenté.S’il s’agit d’une personne qui a d’autres sources de revenus (placements, rentes immobilières…), il se peut que ces derniers lui fassent dépasser le seuil en question et donc qu’il doive payer la CSG au taux normal, qui a augmenté en 2018. Dans ce cas, notre retraité fictif aura effectivement vu sa CSG augmenter, ce qui lui aura fait perdre environ 23 euros par mois sur sa pension, soit 280 euros par an. La perte de pouvoir d’achat réelle serait plutôt de 240 euros si l’on tient compte du fait que la hausse de CSG en 2018 est déductible des impôts.
3. Les pensions de retraite devraient bien augmenter moins vite que l’inflation en 2019
Le premier ministre, Edouard Philippe, l’a annoncé à la fin d’août : les pensions de retraites augmenteront de 0,3 % au début de 2019, alors que l’inflation est attendue autour de 2 % en 2018. Si cette tendance se confirme, cela représentera bien une perte de pouvoir d’achat pour les retraités concernés de l’ordre de 1,7 point – une réalité que le gouvernement a parfois du mal à assumer.
Dans le cas de notre retraité dont la pension de retraite est de l’ordre de 1 300 euros, cela représente bien à l’arrivée une perte de pouvoir d’achat (bien qu’invisible sur le relevé de pension de retraite) de l’ordre de 260 euros en 2019 par rapport à 2018.
4. Une exagération sur la hausse des prix du carburant
Nicolas Dupont-Aignan force en revanche le trait lorsqu’il affirme que le retraité moyen perdrait 300 euros par an à cause de la hausse des taxes sur le carburant.
Comme la fiscalité du gazole a augmenté de 7,6 centimes par litre au début de 2019, cela correspondrait à une consommation de près de 4 000 litres de carburant par an. Avec une consommation de 6 litres aux 100 km environ, cela représenterait une distance annuelle de 66 000 km, soit cinq fois plus que la distance moyenne parcourue par une voiture particulière en France (autour de 12 000 à 13 000 km, selon les estimations).
Même à supposer qu’un retraité roule autant que le Français moyen, sa facture de diesel aura plutôt donc plutôt augmenté de 60 euros par an que de 300 euros. En suivant le même raisonnement, la perte de pouvoir d’achat liée à la hausse de la fiscalité sur l’essence (+ 3,84 centimes début 2018) serait d’environ 30 euros par an.
Les prix à la pompe ont certes augmenté plus fortement qu’en fonction de la seule fiscalité au cours de l’année 2019, mais il ne s’agit dès lors plus d’une décision gouvernementale.
5. Un « retraité moyen » plutôt caricatural
En résumé, il est indéniable que bon nombre de retraités vont sortir perdants des mesures égrenées par Nicolas Dupont-Aignan. Mais chiffrer cette perte à « 1 000 euros » par an, comme le fait le leader de Debout la France, est abusif.
Selon nos calculs, un retraité dans la situation évoquée par le responsable politique sur France Inter (1 300 euros nets de pension mensuelle) va plutôt perdre :
0 à 240 euros par an en fonction de son taux de CSG ;environ 260 euros à cause de la désindexation des pensions ;environ 30 euros s’il roule à l’essence et 60 euros s’il roule au diesel.
Soit entre 290 et 560 euros selon sa situation, et pas 1 000 euros. Bien sûr, il ne s’agit-là que d’un ordre de grandeur qui cache des cas de figure très variables d’un foyer à l’autre.
Enfin, il faut noter que si M. Dupont-Aignan a égrené les mesures qui grèveront le pouvoir d’achat de ce contribuable fictif, il s’est bien gardé de mentionner celle qui aurait pu lui bénéficier. Par exemple, la baisse d’un tiers de la taxe d’habitation en octobre 2018, puis d’un nouveau tiers en 2019, à laquelle ce « retraité moyen » peut en principe prétendre.


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« En vrai pour lui t’es qu’une planche à billets » : Olivier Besancenot rappe contre Macron

Le porte-parole du NPA prend pour cible le chef de l’Etat dans une chanson diffusée sur Internet.



LE MONDE
 |    11.09.2018 à 16h05
 • Mis à jour le
11.09.2018 à 16h35
    |

            Abel Mestre








                        



Olivier Besancenot n’a pas le flow de Kaaris ou les punchlines de Booba, ni d’ailleurs leurs ennuis judiciaires. Il a encore moins la mélancolie planante de PNL. Son message est simple, basique, mais surtout politique. Entre deux clashs avec Jean-Luc Mélenchon au sujet de l’immigration, le porte-parole du Nouveau Parti anticapitaliste (NPA) a opté pour un morceau de rap en cette rentrée politique. La cible : Emmanuel Macron. Le titre : Diviser pour mieux régner !
Dans une courte vidéo postée le 8 septembre sur les réseaux sociaux, on y entend l’ancien candidat à la présidentielle de 2002 et 2007 avec son « pote Jo » dire tout le mal qu’ils pensent de la politique du gouvernement. « Pouvoir non partagé-gé ! Richesses non partagées-gées ! (…) Dans nos quartiers, le mal-être par milliers. On sait même plus à qui se fier. En vrai pour Macron t’es qu’une planche à billets, peut-on entendre notamment dans ce morceau produit par Kristoproduction. Et tu voudrais qu’on reste tranquille après tout ça (…) tu voudrais qu’on reste docile après tout ça, tout ça, le carnage de tes lois. » 
Les deux « MC » cèdent même à la mode du vocodeur (procédé très prisé dans le hip-hop qui donne plus ou moins une voix de robot au chanteur). D’ailleurs cette technique est bien utile à ceux qui ne sont pas sûrs de leur voix, comme le fait remarquer Ademo − l’un des deux membres de PNL − dans la chanson Mowgli : « Chuis pas un rappeur, sans vocodeur je suis claqué. »
« Deux trois bricoles »
« J’ai voulu dire deux trois bricoles à Emmanuel Macron », confie, dans un sourire, le postier trotskiste lors de sa pause matinale. L’intérêt d’Olivier Besancenot pour le rap n’est pas nouveau. On l’avait découvert en 2005 en featuring sur l’album de Monsieur R Politikment incorrekt, où il introduisait une reprise du titre de Trust Antisocial, véritable hymne de l’extrême gauche. A l’époque, l’album avait fait scandale à cause de la chanson FranSSe, dans laquelle Monsieur R affirmait : « La France est une garce n’oublie pas de la baiser / Jusqu’à l’épuiser comme une salope faut la traiter. »
On retrouvera M. Besancenot en 2011 sur l’album de son ami JoeyStarr Egomaniac. Les Inrocks rappellent également la participation du communiste révolutionnaire à l’émission de Skyrock « Planète Rap », en 2013, aux côtés de Guizmo, Mokless et Despo Rutti, ainsi que sa collaboration en 2017 avec Ous-D-Ous pour un morceau, disons, très engagé. En bon connaisseur, M. Besancenot a fait sien ce vers d’Assassin, groupe phare du « rap conscient » : « On reste sérieux dans nos affaires, dans la façon dont on parle à nos frères ». 



                            


                        

                        


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édition abonné


Sylvain Fort, le fidèle de Macron qui devra « démilitariser » les relations avec la presse

Jusqu’à présent chargé des discours, il dirigera le nouveau pôle communication de l’Elysée.



LE MONDE
 |    11.09.2018 à 11h17
 • Mis à jour le
11.09.2018 à 17h51
    |

            Ariane Chemin et 
                                François Krug








                        



                                


                            

Soudain, sa voix déraille, grimpe vers le ciel, ses yeux avec. Depuis une heure et demie, Emmanuel Macron expose son projet aux 15 000 personnes réunies au Parc des expositions de la porte de Versailles, à Paris. Mais au moment de conclure, le voilà qui se met à hurler d’une voix qu’on ne lui connaissait pas, hors portée, comme puisée en deçà de lui-même : « Ce que je veux, c’est que vous, partout, vous alliez le faire gagner ! Parce que c’est notre prooojet ! »
Ce 10 décembre 2016, le candidat novice tient son premier grand meeting. Pour son équipe, c’est l’épreuve du feu. En coulisses, on croise sa jeune bande du ministère de l’économie et de nouvelles recrues aux parcours moins technocratiques. Comme Alexandre Benalla, le jeune patron du service d’ordre. Ou Sylvain Fort, le communicant catalogué « intello de droite » : un normalien agrégé de lettres classiques passé par la finance, un passionné d’opéra auteur de plusieurs livres salués par les connaisseurs.
Devant sa télévision, un chanteur d’opéra suit justement avec attention les envolées d’Emmanuel Macron. Le baryton Jean-Philippe Lafont s’est produit à la Scala de Milan comme au Festival de Bayreuth. Quelques jours plus tôt, Sylvain Fort lui a proposé de devenir le coach vocal de son candidat. La rencontre est organisée au siège de campagne la veille du meeting. Lafont conseille à Macron de ne pas se laisser « submerger par la foule ». Après sa prestation, le candidat accepte le « programme de travail » que lui propose le chanteur.
Conseiller discours et mémoire
C’est aussi en se rendant utile aux moments-clés d’une campagne que, souvent, on gagne sa place à l’Elysée. Au soir de la victoire, le 7 mai 2017, le président de la République n’a plus besoin de baryton, mais Sylvain Fort a su une nouvelle fois se rendre précieux. Quelle version de l’Hymne à la joie pour accompagner la marche du vainqueur de la présidentielle à travers la cour carrée...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-12"> ¤ La confédération européenne donnera, en décembre, son feu vert au lancement, à partir de la saison 2021-2022, d’une nouvelle compétition réunissant 32 équipes.
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Football  : bientôt une nouvelle coupe, en plus de la Ligue des champions et de la Ligue Europa

La confédération européenne donnera, en décembre, son feu vert au lancement, à partir de la saison 2021-2022, d’une nouvelle compétition réunissant 32 équipes.



LE MONDE
 |    11.09.2018 à 16h47
 • Mis à jour le
11.09.2018 à 18h33
    |

            Rémi Dupré








                        



   


Près de vingt ans après la disparition, en 1999, de la Coupe des coupes, l’Union des associations européennes de football (UEFA) s’apprête à recréer une troisième compétition, en complément de la Ligue des champions et de la Ligue Europa. L’information émane non pas de la Confédération continentale mais de l’Italien Andrea Agnelli, patron de la Juventus Turin et surtout président de la très influente Association européenne des clubs (ECA).
« Le feu vert a été donné à la création d’une troisième compétition européenne de clubs, portant à 96 (contre 80 aujourd’hui) le nombre total de clubs participant aux compétitions, à partir de la saison 2021-2022 », a indiqué, mardi 12 septembre, M. Agnelli, par ailleurs membre du comité exécutif (gouvernement) de l’UEFA, lors de l’assemblée générale de l’ECA à Split (Croatie).
A la suite « des demandes de membres de l’ECA d’augmenter le nombre de clubs participant aux compétitions de clubs de l’UEFA, l’option privilégiée a été de développer une 3e compétition avec 32 équipes », a ajouté le dirigeant de la « Juve », dans un communiqué publié par l’ECA.
De son côté, l’UEFA assure qu’elle « réfléchit en permanence au format de ses compétitions, étudie une variété d’options » et « discute de différentes idées au sein de la commission des compétitions de clubs, avant qu’une décision ne soit prise sur des changements potentiels. »
Donner des gages aux petites nations
En marge du tirage au sort de la phase finale des compétitions européennes, à Monaco, la commission des compétitions de l’UEFA avait arrêté, fin août, le principe de cette troisième compétition.
Cette orientation a été prise alors qu’entre en vigueur, cette saison, la nouvelle formule de la Ligue des champions pour le cycle 2018-2021. Ce remodelage de la compétition reine, décidé à l’été 2016, accorde seize places sur 32 aux équipes du « big four » européen (Espagne, Angleterre, Italie, Allemagne). Cette réforme a été jugée inéquitable par de nombreux pays, comme la France (5e nation au coefficient UEFA).
En ressuscitant le concept d’une troisième compétition européenne, réservée aux clubs moyens, l’UEFA et son président, le Slovène Aleksander Ceferin, donnent ainsi des gages aux petites nations du Vieux Continent.
Elu en septembre 2016 et candidat à un deuxième mandat, le successeur de Michel Platini (2007-2015) entend ménager ses électeurs, notamment les dirigeants des fédérations des pays de l’Est, dans l’optique du prochain scrutin, prévu pour février 2019. Seize nouvelles équipes seraient ainsi conviées à disputer la Coupe d’Europe dès 2021.
Gonfler les revenus commerciaux
Le lancement de cette troisième compétition doit être approuvé, le 3 décembre, par le comité exécutif de l’UEFA, réuni à Dublin (Irlande). Des discussions devraient avoir lieu à partir du 27 septembre, lors du prochain comité exécutif, à Nyon (Suisse), au siège de la confédération.
La réforme impliquera de faire baisser de 48 à 32 le nombre d’équipes qualifiées pour la phase finale de la Ligue Europa. L’UEFA n’a pas donné de précision quant aux modes de qualification pour cette troisième compétition européenne.
Sur un plan financier, cette réforme permettra aussi à l’instance de gonfler ses revenus commerciaux (droits télévisés, marketing), stimulés par ailleurs par l’ouverture en septembre de la Ligue des nations au niveau des équipes nationales.

        Lire aussi :
         

                La Ligue des nations et ces compétitions dont on n’a pas vraiment compris le mode d’emploi



Au terme de l’exercice 2017-2018, l’UEFA avait reversé 1,7 milliard d’euros aux équipes engagées en coupes d’Europe sur les 2,35 milliards d’euros générés par la Ligue des champions et la Ligue Europa. Cette saison, la richissime confédération a estimé à 3,25 milliards d’euros ses recettes commerciales brutes et devrait redistribuer 2,55 milliards d’euros aux clubs participants.
Le lancement de cette troisième compétition, nimbée d’un doux parfum rétro, évoque des souvenirs agréables en France : le Paris Saint-Germain a remporté la Coupe des coupes en 1996, en battant le Rapid de Vienne (1-0). Un an plus tard, le club de la capitale, alors propriété de Canal+, n’avait pu conserver sa couronne, s’inclinant (1-0) en finale contre le FC Barcelone du Brésilien Ronaldo.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-13"> ¤ Dix ans après « GTA IV », la superproduction de Sony offre un autre regard sur New York, avec des accents de Gotham City.
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Jeux vidéo : « Spider-Man », blockbuster héroïque, inclusif, spectaculaire

Dix ans après « GTA IV », la superproduction de Sony offre un autre regard sur New York, avec des accents de Gotham City.





LE MONDE
 |    11.09.2018 à 16h59
 • Mis à jour le
11.09.2018 à 17h44
    |

            William Audureau





Etre adulte, c’est marcher sur le trottoir sans s’abstenir de poser le pied sur les rainures au sol. Enfant, on sautillait de margelle en margelle, en prenant soin d’éviter ces sillons qui seraient comme des lasers, de la lave, ou tout autre danger. Las ! C’était avant. Mais depuis qu’il est sorti, vendredi 7 septembre, le jeu Spider-Man ressuscite l’excitation enfantine de se déplacer en ville en transformant le mobilier urbain en joujou.
Un des premiers plaisirs procurés par cette nouvelle exclusivité PlayStation 4 est ainsi purement déambulatoire. C’est celui de fuser à travers les gratte-ciel de New York, en se balançant de toit en toit, de grue en grue, d’hélicoptère en hélicoptère ; de se jeter des défis, comme prendre appui sur des arêtes, virer à 180 degrés entre deux buildings serrés, ou encore, taïaut ! de se laisser choir sur une cinquantaine de mètres, raser les voitures, repartir vers les cieux.
C’est le plaisir du cloche-pied, mais de cheminée en cheminée ; la légèreté de la marelle, mais à flanc d’Empire State Building ; et l’ivresse de la balançoire, mais à l’échelle d’une mégalopole. Spider-Man est un square pour enfants, mais pour adultes.
Le héros derrière le super-héros
Le second charme de la superproduction de Sony est mimétique. Tout dans le jeu concourt à donner vie à ce costume de pixels, de sa modélisation d’une finesse époustouflante à ses animations d’une souplesse confondante, en passant par sa démarche nonchalante et ses réparties insouciantes. Le jeu d’acteur particulièrement convainquant de Donald Reignoux, doubleur officiel du Tisseur dans les films The Amazing Spider-Man, donne une chair, un charme et une présence évidentes au super-héros – comme du reste l’ensemble du casting aux nombreux personnages.

Même le système de combat chante le super-héros de Stan Lee. Le Tisseur n’est pas qu’un cogneur. C’est un adolescent facétieux, qui se glisse entre les jambes de ses adversaires, les entortille aux murs, les suspend au plafond d’une démarche chaloupée insolente… Rarement les mouvements d’un jeu auront autant exprimé la malice du protagoniste.
Mais l’expérience va plus loin encore. Le titre développé par Insomniac Games donne à expérimenter la double vie de Peter Parker – par ses échanges avec son ex, la journaliste Mary Jane ; par ses séquences de résolutions de puzzle, en civil, dans le laboratoire du docteur Octavius ; par ses passages à visage découvert au F.E.A.S.T., un foyer d’accueil pour les plus démunis… Peut-être est-ce là que Spider-Man est le plus intéressant, bien plus que dans ses airs somme toute classiques de jeu d’action en monde ouvert.
Budget maxi, idées mini
Bien des critiques lui reprochent en effet, et en partie à raison, d’être un énième Spider-Man. Ce qui le distingue, c’est sa réalisation à décrocher la mâchoire, son sens du détail inédit et ses moyens colossaux – on a chronométré plus de 25 minutes de générique final. Mais pour le reste, le dernier blockbuster de Sony apparaît davantage comme un jeu classique que comme un titre révolutionnaire.
La plupart des capacités du héros ne sont des nouveautés que pour ceux qui n’ont pas joué aux précédents Spidy en 3D. Même dans sa construction, le titre d’Insomniac Games ressemble davantage à une synthèse de tout ce qui se fait ailleurs. Les tours et la carte saturée d’objectifs d’Assassin’s Creed, les camps d’ennemis à nettoyer de Far Cry, Mad Max, Shadow of the Mordor et tant d’autres, jusqu’à cette séquence d’hallucination qui ne fait qu’évoquer toutes celles déjà vues dans les jeux précités… Spider-Man n’invente rien. Il se contente de le faire avec plus de moyens, et souvent, plus de brio.
L’Amérique d’Obama
Alors, il reste le plaisir de s’intéresser à cette vie de super-héros, au rapport de Spider-Man à New York. C’est là, dans cette narration diffuse, que le titre est le plus fascinant. D’abord parce qu’il offre un regard symétrique à celui d’un classique d’il y a pile dix ans, GTA IV. 
A travers les magouilles à la petite semaine de Niko Bellic, un émigré, le jeu de Rockstar était une satire de l’Amérique de Bush et des crispations sécuritaires et xénophobes de l’après-11-Septembre. Spider-Man, lui, est un personnage aérien. Symbole conquérant de l’Amérique d’Obama – le projet a débuté en 2014 – il montre un héros qui survole la ville, la protège, et inspire ses citoyens.

   


Si le jeu s’échine à raconter quelque chose, c’est, à travers son héros, l’importance des modèles. Cela commence d’abord par ces petites idées en apparence gadgets, comme un faux fil Twitter avec les 15,3 millions d’abonnés au Tisseur ; ces passants qui l’interpellent pour un selfie ou une poignée de main ; ou sur un ton plus grave, un poster « Inspirer, motiver, progresser, réussir » dans une salle de F.E.A.S.T., à la vue des rejetés du système.
Ces héros qui ne sont pas en couverture
Mais plus en profondeur, ce qui rend Peter Parker unique dans ce Spider-Man, ce n’est pas tant ses pouvoirs que sa capacité à inspirer les autres et à leur faire de la place. A commencer par Mary Jane, que le joueur apprend à voir non plus comme l’amoureuse d’un super-héros, mais comme une journaliste enquêtrice intrépide ; ou Miles Morales, jeune geek métisse latino et afro-américain, que l’homme-araignée prend sous son aile. Dans le canon de Marvel, il deviendra son successeur.
En donnant régulièrement à jouer ces deux personnages, Spider-Man opère un décentrement qui est évidemment très politique : le super-héros voltigeur se fait champion de l’inclusivité, un thème particulièrement cher à Disney et Marvel. A cet égard, la quantité impressionnante de réglages permettant d’ajuster le jeu à toutes formes de sensibilités et de handicaps, visuels comme cognitifs, n’a rien d’anodin. A l’image de son héros, Spider-Man est un jeu qui cherche à tendre la main.
Face à cette posture solidaire et optimiste, les méchants sont à la fois le point fort et le point faible de l’histoire. Point fort, parce qu’eux aussi sont admirablement bien joués, étranges à souhait, et spectaculaires à affronter. Mais, points faibles également, parce que leurs motivations sont souvent caricaturales, et les nombreux revirements de personnalité des uns et des autres écrasent de leur lourdeur une narration qui avait longtemps fait preuve de finesse et d’habileté.
L’ombre de Batman
D’une manière générale, le bugget de Spider-Man est son pacte faustien. Grâce à lui, il offre un New York éblouissant, un héros hypnotisant, et une expérience d’une qualité cinématographique rare. Mais à cause de lui, il s’enferre à vouloir rentabiliser coûte que coûte cette cour de récréation hors de prix. Et pour cela, après une première dizaine d’heures qui s’approche de la perfection, il s’abaisse à tomber dans le remplissage, les missions redites, les quêtes annexes sans enjeu, les twists scénaristiques forcés, la collecte fastidieuse de points d’expérience et d’améliorations.
C’est également un titre qui, à mesure qu’il progresse, abandonne l’ambiance solaire de ses premières heures pour s’aventurer dans une vision plus sombre et tourmentée de son univers. Comme si, hanté par l’expérience fondatrice de la trilogie Batman Arkham en 2009-2013 – modèle indépassable du jeu de super-héros, à qui il emprunte le mélange de combat, d’enquête et d’infiltration, et même les séquences introspectives, Spider-Man se forçait de manière très artificielle à donner dans le sombre et le tourmenté. Jusqu’à parfois se perdre.
Mais une fois la vingtaine d’heures d’aventure passée, le New York de Spidy redevient celui que l’on connaît : entraînant, jubilatoire. Paradoxe d’un jeu vidéo qui chante l’importance des modèles, et qui n’est jamais meilleur que lorsqu’il ne cherche rien d’autre qu’à être lui-même.
En bref
On a aimé :
La réalisation ébouriffanteLe magnifique hommage à Spider-ManLes nombreux moments mémorables
On n’a pas aimé :
Le recyclage d’idées et de situations à partir de la dixième heureUne superbe synthèse, mais peu d’originalité
C’est plutôt pour vous si…
Vous êtes un yamakasi dans l’âme…… ou un amoureux de New York… ou du genre à traquer les caméos de Stan LeeVous aimez les jeux Batman Arkham et Assassin’s Creed
Ce n’est pas pour vous si…
Vous en avez marre des jeux en monde ouvertVous êtes #TeamBatman
La note de Pixels : 
Empire State Building/10




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Article sélectionné dans La Matinale du 10/09/2018
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La Chine étouffe la colère de milliers d’épargnants ruinés

Des centaines de plates-formes de financement de PME chinoises par l’intermédiaire de prêts de particuliers ont fait faillite, laissant de nombreux clients sans argent. Le pouvoir, qui a encouragé ce système, réprime la contestation des victimes.



LE MONDE
 |    11.09.2018 à 06h42
 • Mis à jour le
11.09.2018 à 17h44
    |

            Simon Leplâtre (Shanghaï, correspondance)








                        



                                


                            

Mme Li nous a donné rendez-vous au fond d’un café, près de la place du Peuple, à Shanghaï. Elle n’a pas choisi la rue au hasard : à quelques numéros se trouvait le siège de « Midai » (« Sac de riz »), le site Internet qui l’a escroqué. Ces derniers mois, des centaines de plates-formes de ce type, qui mettent en relation des entreprises ayant besoin de se financer et des particuliers leur prêtant des fonds – moyennant des intérêts – ont fait faillite. Au 20e étage de cet immeuble de bureaux, une porte de verre est fermée par un simple antivol de vélo. On aperçoit quelques plantes vertes dans les bureaux entièrement vidés.
Pour l’instant, la police n’a trouvé que le comptable de l’entreprise. Les deux dirigeants se sont volatilisés. Et, sans les accusés, pas de procès possible, se sont vu répondre les victimes.
Mme Li, 30 ans, a perdu 240 000 yuans (30 345 euros) dans l’effondrement de cette plate-forme, fin juin. Sa mère, 510 000 yuans. « Le 25 juin, ma mère s’est aperçue qu’elle ne pouvait plus retirer son argent. D’autres amis ne pouvaient pas non plus. On a lancé un groupe [sur l’application de messagerie], WeChat, qui a rapidement attiré des centaines d’autres victimes, raconte la jeune femme. La police a fermé certains groupes de discussions, mais on en relançait d’autres aussitôt. »
Car Mme Li et sa mère ne sont pas des cas isolés. Comme elles, des milliers de victimes ont perdu toutes leurs économies. En juillet, le site spécialisé Wangdaizhijia dénombrait 165 plates-formes incapables de rembourser leurs clients, ou en faillite. L’ampleur est telle que les particuliers en colère, rassemblés sur des groupes de conversation sur WeChat et QQ, les réseaux sociaux de Tencent, dominants en Chine, organisent une manifestation. Le rendez-vous est fixé au 6 août, à Pékin, devant les locaux du régulateur bancaire.

Les organisateurs espéraient la venue de...




                        

                        


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Edouard Philippe à la majorité : « 2019 sera une année de bagarre »

Lors des journées parlementaires de LRM, le premier ministre a galvanisé ses troupes en critiquant les interprétations qui sont faites du macronisme.



LE MONDE
 |    11.09.2018 à 12h34
 • Mis à jour le
11.09.2018 à 17h35
    |

            Virginie Malingre (Tours, envoyée spéciale)








                        



   


Redonner du sens à l’action du gouvernement et au projet du président de la République. Ne pas se laisser distraire par le « tourbillon [qui], dans la vie politique, est souvent roi », pour reprendre une citation d’Aristophane. Edouard Philippe, qui s’exprimait à l’occasion des journées parlementaires de La République en marche (LRM), mardi 11 septembre à Tours, avait à cœur de prendre de la hauteur. De s’extraire des « rumeurs, petites phrases et polémiques » qui masquent « l’essentiel », selon ses mots. Et qui ont fait chuter Emmanuel Macron dans les sondages en cette fin d’été calamiteux pour l’exécutif.
Le chef du gouvernement a donc tenu à mieux expliquer une politique de moins en moins populaire auprès des Français. Aux élus de la majorité et aux ministres venus l’écouter, Edouard Philippe s’est donc essayé à donner une définition du macronisme.
« Souvent, le matin, j’écoute France Inter », a-t-il commencé, avant de s’inscrire en « faux » contre « cet éditorialiste selon lequel le macronisme ne serait ni une vision de la France ni un appareil idéologique défini. Au mieux un pragmatisme ». Et de poursuivre :
« Le président de la République porte un projet clair. Celui d’une France de l’émancipation et des solidarités réelles. Celui d’une France puissante dans une Europe forte. Celui d’une France à la hauteur des défis que nous devons relever. »
Six chantiers sociaux dans les mois à venir
C’est à la première partie de sa définition du macronisme, « la France de l’émancipation » qui doit permettre « aux citoyens d’être libres de faire leur choix », que le premier ministre a consacré le plus de temps. Après avoir égrainé les « transformations » déjà menées au service de cet objectif – le dédoublement des classes de CP et de CE1, la réforme de l’apprentissage, Parcoursup, la loi logement… –, le chef du gouvernement a défendu « les deux jambes » de sa politique, le « en même temps » macronien qui a séduit les électeurs il y a un peu plus d’un an mais dont les Français ont aujourd’hui du mal à voir la réalité si l’on en croit les sondages.
En témoigne, veut-il croire, le programme des prochains mois, « six chantiers majeurs sociaux », qui doivent permettre de lutter contre la pauvreté, de réformer l’hôpital et les retraites, de mieux prendre en compte la dépendance des personnes âgées, de remettre le retour au travail au cœur de l’assurance-chômage, et de mieux appréhender les problématiques de santé au travail.
« Nous avons beaucoup à faire », a lancé Edouard Philippe. Et « cette année sera une année de bagarre », a-t-il rappelé à son auditoire en évoquant les élections européennes de mai 2019. « Au travail », a-t-il lancé en conclusion.

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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-16"> ¤ L’homme de 44 ans, plusieurs fois condamné en France, a été placé en centre de rétention administrative à Nice, alors qu’il est interdit de séjour dans les Alpes-Maritimes, en vue de son renvoi en Russie.
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Chakhbulat S., un Tchétchène que la France n’arrive pas à expulser

L’homme de 44 ans, plusieurs fois condamné en France, a été placé en centre de rétention administrative à Nice, alors qu’il est interdit de séjour dans les Alpes-Maritimes, en vue de son renvoi en Russie.



LE MONDE
 |    11.09.2018 à 17h48
 • Mis à jour le
11.09.2018 à 18h11
    |

            Julia Pascual








                        


De toute évidence, la préfecture des Alpes-Maritimes n’avait pas envie de le voir disparaître de ses radars. Quitte à oser quelques contorsions légales. Chakhbulat S. est un Tchétchène de nationalité russe dont le casier judiciaire va s’épaississant depuis près de dix ans qu’il réside en France. L’homme de 44 ans présente des condamnations pour port d’arme blanche prohibé et vol aggravé, violences sur sa conjointe et son enfant, ou encore apologie publique du terrorisme. En 2016, il est encore condamné pour violence aggravée à trois ans de prison ferme et également interdit de séjour dans les Alpes-Maritimes. En raison de son comportement, son statut de réfugié politique — octroyé en 2011 — lui est retiré.
Cet été, alors qu’il finit de purger sa peine à la maison d’arrêt de Nice, Chakhbulat S. fait l’objet d’un arrêté d’expulsion pris par la préfecture des Alpes-Maritimes. La commission d’expulsion départementale ne retient toutefois pas contre lui les faits d’apologie du terrorisme, jugés trop peu étayés, car, note la commission, il est reproché à Chakhbulat S. d’avoir, dans un état alcoolisé, « vociféré en langue arabe » — alors qu’il est tchétchène — et d’avoir crié « Allahou Akbar » au cours d’une manifestation contre l’islamophobie en 2015.
Le 1er septembre 2018, date de sa remise en liberté, Chakhbulat S. est immédiatement placé en rétention administrative en vue de son renvoi en Russie, où il dit craindre pour sa vie. Toutefois, par voie de recours, la cour d’appel d’Aix-en-Provence ordonne sa remise en liberté trois jours plus tard, au motif que « la préfecture ne démontre aucune démarche pour permettre l’éloignement de l’intéressé ». Les autorités russes, sollicitées un mois auparavant, n’ont en effet jamais répondu à la demande de réadmission de Chakhbulat S. Sa libération lui est donc officiellement notifiée à 15 h 10.
« Je suis sous le choc »
La suite, c’est Nadia Hammami, juriste à l’association Forum Réfugiés, qui intervient au centre de rétention administrative (CRA) de Nice, qui la détaille : « D’habitude, les personnes sont libérées de suite mais là, il y a eu clairement des instructions de la part de la préfecture pour le maintenir en rétention. » L’avocat de Chakhbulat S., Johannes Lestrade, s’inquiète ce jour-là de ne pas voir son client libéré et alerte la cour d’appel d’Aix-en-Provence qui, elle-même, signale la situation au parquet général.
« Il est très exceptionnel que le parquet soit informé de ce genre de situation », note le procureur de la République de Nice, Jean-Michel Prêtre. « Je suis sous le choc, je n’ai jamais vu cela », réagit à son tour Me Lestrade, qui envisage de déposer plainte pour détention arbitraire. Sollicitée, la préfecture a dit au Monde avoir eu besoin d’un « délai » pour résoudre une situation contradictoire « entre d’une part l’ordonnance libérant M. Chakhbulat S. et d’autre part la mesure judiciaire d’interdiction du territoire des Alpes-Maritimes », dont il fait l’objet depuis 2016. C’est finalement trois heures et demie plus tard, à 18 h 40, que Chakhbulat S. est laissé libre.
Mais l’histoire ne s’arrête pas là. Car il est aussitôt interpellé par une équipe de police qui patrouille aux abords du centre de rétention administrative. Celle-ci explique avoir agi sur instruction de la police aux frontières et de la préfecture. Les fonctionnaires auraient reconnu Chakhbulat S. et, ayant connaissance de son interdiction de séjour dans le département, ils auraient décidé de le contrôler. A l’issue de ce contrôle, Chakhbulat S. est de nouveau placé en rétention au CRA de Nice en vue de son expulsion.
Jusqu’à ce que, samedi 8 septembre, la cour d’appel d’Aix-en-Provence ordonne à nouveau sa remise en liberté. La justice a en effet considéré que la présence de Chakhbulat S. dans le département, conséquence de son placement en rétention dans le CRA de Nice, « ne lui était pas imputable ». Son contrôle d’identité « n’a pas respecté les dispositions légales » souligne la cour. Qui ajoute que la préfecture ne justifie toujours d’aucune diligence auprès de la Russie en vue d’obtenir un laissez-passer. Chakhbulat S. est donc libéré, et, toujours visé par une obligation de quitter le territoire, il est aujourd’hui assigné à résidence dans les Landes.



                            


                        

                        


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Affaire Grégory : la garde à vue de Murielle Bolle en 1984 était-elle légale ?

Les avocats de Mme Bolle ont obtenu la saisine du Conseil constitutionnel à propos de cette garde à vue subie à 15 ans, dans l’espoir de la faire annuler.



LE MONDE
 |    11.09.2018 à 16h18
 • Mis à jour le
11.09.2018 à 17h33
   





                        



   


Il s’agit d’une nouvelle victoire pour Murielle Bolle. Personnage-clé de l’affaire Grégory, elle a obtenu, mardi 11 septembre, la saisine du Conseil constitutionnel au sujet d’une ordonnance de 1945 sur l’« enfance délinquante ». Elle espère ainsi faire annuler sa garde à vue de 1984, alors qu’elle avait 15 ans.

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La Cour de cassation a ainsi jugé « sérieuse » la question prioritaire de constitutionnalité (QPC) soulevée par la défense de Mme Bolle, 49 ans, qui attaquait notamment l’ordonnance qui à l’époque ne prévoyait pas de garanties spéciales pour la garde à vue des mineurs. Selon ses avocats, ses droits fondamentaux ne furent pas respectés au regard de la Déclaration des droits de l’homme de 1789.
Pas de notification du droit de se taire, pas d’assistance d’un avocat... « On n’a pas tenu compte de sa qualité de mineure », avait résumé Me Emmanuel Piwnica, l’un de ses avocats. L’avocat général avait préconisé le rejet de cette question prioritaire de constitutionnalité (QPC). Cette QPC était adossée à un pourvoi visant à obtenir l’annulation de la garde à vue de 1984.
Annulation de sa mise en examen
Murielle Bolle avait obtenu l’annulation par la cour d’appel de Dijon, pour des questions de procédure, de sa mise en examen pour le rapt du petit Grégory Villemin, retrouvé mort pieds et poings liés dans la Vologne, dans les Vosges, le 16 octobre 1984.
Les mises en examen des époux Jacob, grand-oncle et grand-tante de Grégory, avaient été annulées pour la même raison. Le parquet général entend toutefois redemander ces trois mises en examen une fois le pourvoi en cassation de Murielle Bolle purgé.

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Toutefois, si Murielle Bolle obtenait gain de cause au sujet de sa garde à vue, les conséquences d’une telle issue demeurent incertaines, la cour d’appel ayant jugé en mai que la mise en examen de Murielle Bolle ne résultait « pas des propos tenus en garde à vue mais d’éléments nouveaux ».
Les 2 et 3 novembre 1984, Murielle Bolle, 15 ans, avait accusé son beau-frère, Bernard Laroche, d’avoir enlevé Grégory, avant de se rétracter. Bernard Laroche fut incarcéré puis relâché avant d’être tué d’un coup de fusil par son cousin Jean-Marie Villemin, le père de l’enfant, en 1985.




                            


                        

                        


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Compte rendu

Après s’être tourné le dos pendant vingt ans, l’Ethiopie et l’Erythrée rouvrent leur frontière

Une cérémonie marquant la réconciliation entre les deux pays a eu lieu au point de passage de Zalambessa.


LE MONDE
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        Le 11.09.2018 à 12h08

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        Mis à jour le 11.09.2018 à 17h41






    
Le président érythréen, Issaias Afeworki (gauche), est accueilli par le premier ministre éthiopien, Abiy Ahmed, à l’aéroport d’Addis-Abeba, le 14 juillet 2018.
Crédits : MICHAEL TEWELDE / AFP


L’Ethiopie et l’Erythrée ont rouvert leur frontière terrestre, mardi 11 septembre, dans le cadre de leur spectaculaire réconciliation en cours après deux décennies de situation de conflit.
Le premier ministre éthiopien, Abiy Ahmed, et le président érythréen, Issaias Afeworki, ont participé à deux cérémonies officielles, d’abord à l’extrême sud-est de leur frontière commune, ensuite au nord-ouest, a indiqué le ministre érythréen de l’information Yemane Gebre Meskel sur Twitter.
Les postes frontières situés d’une part au sud-est entre les villes de Bure, en Ethiopie, et Debay Sima, en Erythrée, et d’autre part au nord-ouest entre Zalambessa (Ethiopie) et Serha (Erythrée), font partie des points de passage fermés en 1998 à l’aube de la guerre de deux ans qui a opposé les deux pays, faisant 80 000 morts, notamment en raison d’un différend territorial.
Frères ennemis
Une guerre froide de vingt ans entre l’Ehiopie et son ancienne province a suivi, paralysant le développement et les échanges bilatéraux, et minant la sécurité régionale. Mais, contre toute attente, une volonté d’ouverture de la part d’Abiy Ahmed en juin a été accueillie favorablement par Issaias Afeworki, amorçant un improbable rapprochement entre frères ennemis.

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Au cœur de ce dernier, la promesse de M. Abiy de respecter le jugement en 2002 d’une commission internationale soutenue par l’ONU, accordant à l’Erythrée un territoire disputé. Mardi 11 septembre, jour célébrant le Nouvel An éthiopien, MM. Abiy et Issaias ont visité ensemble la zone que les deux pays se disputaient pour y marquer la réouverture d’une route reliant les deux pays. Le chef de cabinet de M. Abiy, Fitsum Arega, a expliqué que cette visite était destinée à « célébrer le Nouvel An avec des membres des forces de défense éthiopiennes et érythréennes à la suite de la normalisation complète des relations entre les deux pays ».
« Modèle de paix et de fraternité »
A Zalambessa, les soldats en poste ont enlevé les sacs de sable bloquant le passage du poste frontière, sous les vivats de milliers d’Ethiopiens et d’Erythréens qui se sont salués et ont dansé ensemble pour fêter cette réouverture historique, selon des images retransmises en direct à la télévision nationale éthiopienne.
Le président de la région éthiopienne du Tigré, frontalière de l’Erythrée, Debretsion Gebremichael, s’est adressé à la foule. « En travaillant ensemble plutôt qu’en se détruisant, en s’aidant plutôt qu’en se sabotant, nous pouvons aller de l’avant », s’est-il félicité, aspirant à ce qu’Ethiopie et Erythrée soient un « modèle de paix, de fraternité et de partenariat dans les prochaines années ».

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Jadis cité commerciale dynamique et principal point de passage entre les capitales éthiopienne et érythréenne, Zalambessa avait été très affectée par la guerre et, bien que reconstruite, avait été réduite à l’état de ville fantôme par la fermeture de la frontière.
L’Ethiopie est le deuxième pays le plus peuplé d’Afrique et affiche une des croissances économiques les plus rapides du continent, mais cette dernière est notamment freinée par le fait que l’Ethiopie est un pays enclavé. Car l’Ethiopie a perdu son accès à la mer Rouge lorsque son ancienne province a déclaré son indépendance en 1993 après trois décennies de guerre.
Réouverture des ambassades
A cet égard, la réouverture des deux postes frontières est plus qu’un symbole : un accès à la mer Rouge via les ports érythréens d’Assab et de Massawa faciliterait grandement les importations et exportations éthiopiennes qui passent essentiellement par Djibouti.
Les cérémonies de mardi sont les derniers épisodes en date d’un spectaculaire rapprochement entre Ethiopie et Erythrée, amorcé par le premier ministre réformateur Abiy Ahmed, entré en fonction en avril. Ce rapprochement s’est traduit notamment par la réouverture des ambassades à Asmara et Addis Abeba, et le rétablissement des liaisons aériennes, des relations commerciales et des lignes téléphoniques.
Depuis son arrivée au pouvoir, M. Abiy a multiplié les réformes, faisant libérer de nombreux opposants, ordonnant la levée de l’état d’urgence ou encore l’ouverture au secteur privé du capital des grandes entreprises publiques.





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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-19"> ¤ Selon un baromètre Ipsos-Secours populaire, 21 % des sondés déclarent ne pas pouvoir s’offrir une alimentation saine et 41 % ont du mal à partir en vacances une fois par an.
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Alimentation : 1 Français sur 5 est en situation de précarité

Selon un baromètre Ipsos-Secours populaire, 21 % des sondés déclarent ne pas pouvoir s’offrir une alimentation saine et 41 % ont du mal à partir en vacances une fois par an.



LE MONDE
 |    11.09.2018 à 09h15
 • Mis à jour le
11.09.2018 à 15h53
   





                        


Le dernier baromètre Ipsos-Secours populaire, publié mardi, souligne l’ampleur de la précarité alimentaire en France, qui touche une personne sur cinq.
Un peu plus d’un cinquième des Français sondés (21 %) ont, en effet, déclaré ne pas être en mesure de s’offrir une alimentation saine leur permettant de faire trois repas par jour et 27 % ont admis ne pas avoir les moyens financiers de s’acheter quotidiennement des fruits et légumes.
C’est dans les foyers les plus modestes que cette tendance est la plus marquée. Ainsi, plus d’un français sur deux dont les revenus mensuels sont inférieurs à 1 200 euros a déclaré avoir des difficultés à payer la cantine de ses enfants et près d’un sur deux (48 %) estime avoir des difficultés à se procurer une alimentation variée.
Par ailleurs, ils sont une écrasante majorité (86 %) à estimer que la précarité alimentaire est le signe d’une situation de pauvreté.

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                Pauvreté : de quoi et de qui parle-t-on ?



Difficultés pour payer les actes médicaux
De façon générale, le Secours populaire souligne que la situation financière d’une partie des Français s’est améliorée par rapport à 2017, tout en pointant qu’ils sont 39 % (+ 2 % par rapport à 2017) à déclarer avoir déjà connu une situation de pauvreté.
Quant au seuil de pauvreté, il n’y a pas d’évolution notable par rapport à 2017 : les Français considèrent qu’une personne seule est pauvre quand elle a un revenu mensuel inférieur ou égal à 1 118 euros, soit cinq euros de plus que l’année précédente.
Cette année encore, le sondage révèle que les vacances et la culture restent des postes de dépenses « problématiques » pour de nombreux Français. Ils sont 41 % à admettre avoir du mal à partir en vacances une fois par an (45 % en 2017).
Et près d’un Français sur trois reconnaît avoir du mal à payer des actes médicaux mal remboursés (56 % chez les bourses les plus modestes).
A noter également qu’ils sont plus de 80 % à penser que leurs enfants seront plus vulnérables face à la pauvreté que leur génération.

        Lire aussi :
         

                « Le revenu de base, tremplin vers l’insertion sociale et professionnelle, et vecteur d’intégration citoyenne »






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-20"> ¤ 821 millions de personnes sont sous-alimentées ou en manque chronique de nourriture, selon la FAO.
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Sécheresses, inondations… le choc climatique aggrave la faim dans le monde

821 millions de personnes sont sous-alimentées ou en manque chronique de nourriture, selon la FAO.



LE MONDE
 |    11.09.2018 à 11h00
 • Mis à jour le
11.09.2018 à 16h50
    |

            Rémi Barroux








                        



                                


                            
Sécheresses en Afrique, inondations et tempêtes en Asie… Les dérèglements climatiques de plus en plus nombreux et intenses affectent la capacité des populations à se nourrir, et menacent les progrès qui avaient été réalisés dans la lutte contre la faim dans le monde depuis le début des années 2000, constate l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), dans un rapport publié mardi 11 septembre. Avec les conflits et les crises économiques, la « variabilité du climat » et ses phénomènes extrêmes sont une des principales causes de la sous-nutrition et de l’insécurité alimentaire dans le monde, selon la FAO.
Or le nombre d’habitants de la planète souffrant de la faim est en progression pour la troisième année d’affilée, et retrouve son niveau d’il y a dix ans. « Le nombre total de personnes sous-alimentées est passé de 804 millions en 2016 à près de 821 millions en 2017 », avance l’étude, publiée avec le concours du Fonds international de développement agricole, de l’Unicef, du Programme alimentaire mondial et de l’Organisation mondiale de la santé.

L’objectif de développement durable (ODD) numéro 2, « faim zéro » à l’horizon 2030, adopté en septembre 2015 par les Nations unies, apparaît donc inatteignable. Au nombre de dix-sept, les ODD visent à assurer un avenir durable pour tous, et concernent l’éducation, la santé, l’agriculture, la lutte contre la pauvreté, l’énergie, l’eau… « Nous sommes extrêmement préoccupés, déclare Dominique Burgeon, directeur de la division des urgences à la FAO. On craignait l’an dernier que cette évolution ne devienne une tendance. Nos craintes se sont révélées exactes. » 
« Il faut promouvoir des solutions de long terme »
Le message tombe à la veille de la 73e session de l’Assemblée générale des Nations unies, qui s’ouvrira à New York le 18 septembre. La FAO appelle à des...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-21"> ¤ L’ouragan s’est nettement renforcé à l’approche de la côte est américaine, qu’il devrait atteindre jeudi. Un million de personnes vont être évacuées en Caroline du Sud.
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Article sélectionné dans La Matinale du 10/09/2018
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L’ouragan Florence, avec ses vents de 220 km/h, s’approche des Etats-Unis

L’ouragan s’est nettement renforcé à l’approche de la côte est américaine, qu’il devrait atteindre jeudi. Un million de personnes vont être évacuées en Caroline du Sud.



LE MONDE
 |    10.09.2018 à 01h35
 • Mis à jour le
11.09.2018 à 17h30
   





                        



   


Les habitants de la côte est des Etats-Unis se préparaient, lundi 10 septembre, à l’arrivée prochaine de l’ouragan Florence, dont les vents violents atteignent déjà les 220 km/h, et qui devrait frapper le continent cette semaine.
Selon le dernier bulletin du Centre national des ouragans (NHC), lundi après-midi, Florence était passé en catégorie 4 sur l’échelle de Saffir-Simpson, qui en compte cinq. Se déplaçant à une vitesse de 20 km/h en direction du nord-ouest, il devrait passer mardi et mercredi entre les Bahamas et les Bermudes, et pourrait frapper jeudi les côtes américaines.
Le gouverneur de Caroline du Sud a ordonné l’évacuation d’environ un million de personnes vivant sur le littoral. « C’est un ouragan très dangereux, a fait savoir Henry McMaster. Nous ne voulons risquer aucune vie. » L’évacuation, qui débutera mardi, concerne les personnes résidant sur une bande littorale de 320 kilomètres de long.
Etat d’urgence

   


En Caroline du Nord, les autorités ont déjà ordonné à quelque 250 000 habitants et touristes d’évacuer la région de l’Outer Banks, une fine bande de terre formant une barrière le long des côtes. Certains habitants ont entrepris lundi de barricader leurs maisons.
« Nous sommes au plein centre de la cible. Cela va être un phénomène d’ampleur nationale », a commenté le gouverneur de la Caroline du Nord, Roy Cooper, qui a décrété l’état d’urgence dans son Etat, comme l’ont fait ses homologues en Caroline du Sud et en Virginie.
« Bien qu’il soit trop tôt pour connaître la trajectoire exacte de l’ouragan Florence, la majorité des prévisions météorologiques font état de conséquences potentielles importantes pour la Virginie, sous la forme d’ondes de tempête, d’inondations catastrophiques dans les terres, de vents violents et de possibles coupures de courant à grande échelle », a prévenu dimanche le gouverneur de Virginie, Ralph Northam, dans un communiqué. De son côté, la maire de Washington D.C, Muriel Bowser, a déclaré mardi l’état d’urgence dans la capitale fédérale.
Plus que les vents violents, les autorités locales craignent les inondations que pourraient causer les précipitations – jusqu’à 50 centimètres par endroits – apportées par l’ouragan. « Rappelez-vous de ne jamais conduire sur des routes inondées. (…) Faites demi-tour, ne coulez pas », ont-elles mis en garde. Dès lundi, les supermarchés de la côte est ont été pris d’assaut par la population qui faisait le plein d’eau, de nourriture et de produits de première nécessité. De nombreux habitants ont également calfeutré les portes et fenêtres de leur logement avant l’arrivée de l’ouragan.

        Le point sur les dangers climatiques :
         

          l’été de tous les dangers aux Etats-Unis



Deux autres ouragans
Le président Donald Trump, dont l’administration a essuyé de virulentes critiques face à sa lenteur à réagir à l’ouragan Maria ayant frappé Porto Rico en 2017, a annulé sa participation à un rassemblement politique prévu vendredi à Jackson, dans le Mississippi, pour des raisons de sécurité liées à Florence, a fait savoir son entourage.
Deux autres ouragans suivent Florence au-dessus de l’Atlantique. Helene, dont les vents atteignaient 165 km/h lundi matin, doit encore se renforcer jusqu’à mardi soir, vers le nord-ouest, avant de perdre progressivement en vigueur. Isaac, qualifié de « petit ouragan » par le NHC, dont le dernier bulletin lui prêtait des vents maximums de 120 km/h, prend, quant à lui, la direction des Petites Antilles, une région qui se remet encore des dommages causés l’an dernier par le passage de Maria.
Entre août et septembre 2017, les trois puissants ouragans Harvey, Irma et Maria avaient causé la mort de milliers de personnes et provoqué des milliards de dollars de dégâts dans les Caraïbes et le sud-est des Etats-Unis.



                            


                        

                        

