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<filname="SURF-env_sciences-1"> ¤ La société californienne 23andMe, qui a déjà vendu ses tests génomiques à plus de 5 millions de personnes, a annoncé avoir signé un accord avec la Big Pharma britannique GSK pour exploiter les données de ses clients.
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Le business juteux des données génomiques

La société californienne 23andMe, qui a déjà vendu ses tests génomiques à plus de 5 millions de personnes, a annoncé avoir signé un accord avec la Big Pharma britannique GSK pour exploiter les données de ses clients.



LE MONDE
 |    10.09.2018 à 17h55
    |

                            Florence Rosier








                        



                                


                            
La nouvelle est passée presque inaperçue. Le 25 juillet, la société californienne 23andMe et la Big Pharma britannique GSK annonçaient avoir « signé un accord pour exploiter les données génétiques [des clients de 23andMe] afin de développer de nouveaux médicaments ». Montant du deal : 300 millions de dollars (près de 260 millions d’euros).
23andMe vend sur Internet des tests génomiques. Ces bases de données ont déjà alimenté nombre d’études, y compris celles menées par des universités de renom. Proche de Google, cette entreprise est connue pour les polémiques récurrentes qu’elle suscite d’ordre biomédical, sociétal, éthique et juridique. Ces tests sur Internet, sans prescription médicale, sont interdits en France. Mais le marché en ligne ne connaît pas de frontières…

23andMe indique avoir vendu ses tests à plus de 5 millions de personnes à travers le monde, qui veulent ­connaître tantôt les origines génétiques de leurs ancêtres, tantôt leurs risques propres de développer certaines maladies. La procédure est simple. Le client crache dans un petit tube qu’il expédie à la firme. Après extraction de l’ADN, une micropuce caractérise les séquences d’ADN de ce client, qui varient d’une personne à une autre. Variations qui sont corrélées à certains traits : prédisposition à des maladies, caractères morphologiques ou ethniques. Au bout de 6 à 8 semaines, le résultat est envoyé par mail.
Cette société peut-elle « revendre » en toute conscience les données génomiques et de santé acquises « sur le dos » de ses clients, qui ont déboursé 69 à 199 dollars (environ 60 à 170 euros) ? Sur le plan juridique, rien à redire. La société a verrouillé les choses : 23andMe demande à chacun de ses clients de cocher une case, sur Internet, s’il consent à ce que ses données, rendues anonymes, servent à ces recherches. « Plus de 80 % des clients de 23andMe ont donné leur accord », précise 23andMe.
Des données personnelles
Mais...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-2"> ¤ Depuis dix ans, des études comparent les millions de séquences d’ADN qui varient d’un individu à l’autre, révélant les variants associés à telle pathologie ou tel caractère. Mais l’apport de ces catalogues reste discuté.
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Génomique à grande échelle, un bilan en demi-teinte

Depuis dix ans, des études comparent les millions de séquences d’ADN qui varient d’un individu à l’autre, révélant les variants associés à telle pathologie ou tel caractère. Mais l’apport de ces catalogues reste discuté.



LE MONDE
 |    10.09.2018 à 17h55
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                            Florence Rosier








                        



                                


                            
En 2006, un mode inédit de déchiffrage de notre ­génome est apparu. Il ­connaîtra un fulgurant essor. Ses enjeux : démêler l’embrouillamini des gènes en cause dans le développement de maladies communes (diabète de type 2, ­hypertension artérielle, obésité, maladies cardio-vasculaires, neurologiques, psychiatriques, auto-immunes…) ou de caractères complexes (niveau éducatif, « intelligence », taille et poids corporel, sensibilité à tel médicament, caractère lève-tôt ou oiseau de nuit…). « Presque toutes nos maladies, tous nos traits biologiques, physiques, cognitifs ou culturels ont été passés au crible de ces analyses », relève Xavier Jeunemaître, chef du service de génétique de l’hôpital européen Georges-Pompidou (AP-HP, Paris).
On les nomme « études d’association pangénomique », ou GWAS (« Genome Wide Association Study »). Elles opèrent en caractérisant, chez un grand nombre de personnes, les millions de séquences de notre ADN qui ­varient d’un individu à l’autre. Puis elles comparent la fréquence de ces « variants génomiques » (« polymorphismes ») dans deux groupes : des individus atteints d’une maladie donnée ou présentant un trait donné, et des individus indemnes. Comparaison qui révèle les variants associés à telle pathologie ou tel caractère.
Des cohortes énormes
La puissance de ces analyses tient à la taille des cohortes analysées (jusqu’à des centaines de milliers de personnes) mais également au nombre de variants génomiques pris en compte. « Sur une puce à ADN d’un centimètre carré, on peut caractériser 1 à 10 millions de variants », précise Xavier Jeunemaître.
Après plus d’une décennie, quel bilan dresser ? Le catalogue des GWAS recensait, le 14 août, « 3 510 études publiées et 68 187 associations trouvées entre un trait et un variant donné[portant sur une seule lettre de l’ADN, ou “SNV”] », résumePhilippe Froguel, de l’Imperial College, à Londres, et de l’Institut Pasteur, à Lille.
Mais...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-3"> ¤ Taille, maladies, intelligence... Depuis  une décennie, la recherche de variants génétiques susceptibles d’expliquer les différences entre individus connaît un essor fulgurant, sans toujours convaincre. Une récente étude qui  évalue la susceptibilité  à des affections communes change-t-elle la donne ?
<filname="PROF-env_sciences-3"> ¤ 
<article-nb="2018/09/10/19-4">
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<filname="SURF-env_sciences-4"> ¤ En France, une personne se donne la mort en moyenne chaque heure. Les initiatives fructueuses de prévention se multiplient, notamment en direction des jeunes.
<filname="PROF-env_sciences-4"> ¤                     
                                                   
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Suicide  : maintenir le lien pour éviter les récidives

En France, une personne se donne la mort en moyenne chaque heure. Les initiatives fructueuses de prévention se multiplient, notamment en direction des jeunes.



LE MONDE
 |    10.09.2018 à 15h18
 • Mis à jour le
10.09.2018 à 17h04
    |

            Pascale Santi








                        



                                


                            
C’était en février 2017, Aurélie (le prénom a été changé) avait des idées noires. La jeune femme – 24 ans aujourd’hui – sortait d’« une rupture amoureuse qu’[elle] avait du mal à gérer, un immense mal-être », explique-t-elle. Elle avait fait six tentatives de suicide. Son chemin a croisé celui de Guy Benamozig, qui lui a « redonné du ­soleil », dit-elle. Ce psychothérapeute a créé en 2015 l’association laVita, qui propose aux 15-25 ans des consultations gratuites en ­cabinets de psychologues. Depuis, elle travaille et va mieux.
Ce dispositif parisien s’adresse à des jeunes, parfois même dès l’âge de 13 ans, qui demandent un soutien psychologique. Un réseau d’orienteurs, infirmières, assistantes scolaires, services de ­prévention des universités parisiennes, etc., propose au jeune un suivi. Dès lors qu’il accepte cet ­accompagnement, il est contacté en moins de quarante-huit heures par l’un des 600 psychologues du réseau laVita. Cette structure permet un rendez-vous rapide, alors qu’il faut parfois attendre des mois pour avoir une consultation dans une institution.
Le problème du financement
Le dispositif fonctionne grâce aux financements de mutuelles, de fondations, de la CPAM de Paris, de la Mairie de Paris… Il a permis à laVita de recevoir 75 jeunes en 2017 et en a déjà vu 80 cette ­année. Mais, « en l’absence de ­financements pérennes, laVita ne peut pas faire face aux demandes de plus en plus nombreuses », explique Guy Benamozig, qui plaide pour le remboursement des psychothérapies. Une expérience d’une telle prise en charge est actuellement menée dans quatre départements. Une évaluation scientifique du dispositif commencera à l’automne.
La prévention du suicide est un enjeu crucial, c’était le leitmotiv de la journée mondiale sur le ­sujet, lundi 10 septembre. Il s’agit de la deuxième cause de décès chez les 15-29 ans, selon l’Organisation mondiale de la santé, qui a fixé un objectif de diminution de 10 %...




                        

                        


<article-nb="2018/09/10/19-5">
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<filname="SURF-env_sciences-5"> ¤ Deux études décrivent le cas d’une Ecossaise privée de la vue à la suite de plusieurs AVC, mais qui parvient à percevoir les objets en mouvement.
<filname="PROF-env_sciences-5"> ¤ 
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<filname="SURF-env_sciences-6"> ¤ Une équipe française a mis en évidence, pour la première fois, la compétition entre primates femelles pour l’obtention des soins paternels.
<filname="PROF-env_sciences-6"> ¤                     
                                                   
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Jalouse comme une babouine

Une équipe française a mis en évidence, pour la première fois, la compétition entre primates femelles pour l’obtention des soins paternels.



LE MONDE
 |    09.09.2018 à 18h00
    |

            Nathaniel Herzberg








                        



                                


                            
Zoologie. La primatologue Elise Huchard le dit le plus sérieusement du monde : « La vie est dure pour les femelles babouins. » Aux jeux de l’amour, ces dames ne choisissent rien et subissent tout. Dans cette ­société polygyne, composée d’une multitude de petits harems, les femelles attendent qu’un mâle veuille bien jeter sur elles son ­dévolu. Commence un long calvaire. Pour s’assurer de son exclusivité, le mâle cogne. Dans de précédents travaux, Elise Huchard et sa collègue Alice Baniel ont décrit cette « intimidation sexuelle ».
Mais la souffrance des babouines ne s’arrête pas là. Dans une étude réalisée sur les ­babouins chacmas de Namibie et publiée dans Proceedings B de la Royal Society, les mêmes chercheuses viennent de mettre en évidence les ressorts des violences pratiquées entre femelles. Accomplies à l’intérieur d’un même harem, elles visent pour de jeunes mères à harceler leurs rivales encore fécondes.

Il convient d’abord d’indiquer que chez les chacmas, une femelle en chaleur se repère aisément par le gonflement extrême et la rougeur de sa vulve. Pratique pour les rivales, comme pour les scientifiques qui souhaitent les étudier. Ces dernières ont suivi 55 babouines. Elles ont d’abord constaté que les femelles enceintes et allaitantes s’en prenaient en priorité aux guenons fertiles du même ­harem. Elles ont ensuite établi que les morsures, tapes et autres menaces étaient d’autant plus nombreuses que les victimes se trouvaient proches de l’ovulation et ­qu’elles multipliaient les copulations.
« Ce n’est pas une compétition pour le sexe, précise Elise Huchard, mais pour les soins ­paternels », ces multiples moments pendant lesquels les mâles protègent leur progéniture contre les prédateurs ou leurs rivaux, portent les petits, les gardent quand la mère s’éloigne. Pour achever de le démontrer, les scientifiques ont mesuré le succès reproductif des ­femelles. Le résultat est sans...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-7"> ¤ De la physique théorique, il a basculé dans la recherche industrielle avant de plonger dans l’univers du jeu vidéo. Ce brillant touche-à-tout transmet sa curiosité sur une chaîne YouTube à succès.
<filname="PROF-env_sciences-7"> ¤                     
                                                   
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David Louapre, chercheur caméléon

De la physique théorique, il a basculé dans la recherche industrielle avant de plonger dans l’univers du jeu vidéo. Ce brillant touche-à-tout transmet sa curiosité sur une chaîne YouTube à succès.



LE MONDE
 |    09.09.2018 à 16h00
 • Mis à jour le
10.09.2018 à 17h56
    |

                            Cécile Michaut








                        



                                


                            
La recherche fondamentale mène à tout, David Louapre en est la preuve. Imaginez : après une thèse sur la ­gravité quantique à boucles, l’un des domaines les plus ardus de la physique théorique, il se tourne vers l’industrie : presque dix ans chez Saint-Gobain, spécialiste du verre. En mai, nouveau virage : il est ­désormais, à 40 ans, directeur scientifique chez Ubisoft, troisième éditeur mondial de jeux vidéo. Mais pour le grand public, il est surtout connu comme l’auteur du blog et de la chaîne ­YouTube Science étonnante, qui compte plus de 500 000 abonnés.
Dès le lycée, il est attiré par la recherche scientifique. Il dévore Une brève histoire du temps du Britannique Stephen Hawking. C’est décidé, il sera astrophysicien. S’ensuit le parcours classique : classe préparatoire, Ecole ­normale supérieure de Lyon, et enfin thèse, passée en partie au Canada. « Il voulait déjà comprendre en profondeur : faire table rase, ­partir de la base, reconstruire le raisonnement », ­raconte son directeur de thèse Laurent Freidel, qui se souvient aussi de son intérêt pour la philosophie et l’histoire des sciences.
Son sujet vise à réconcilier deux théories ­incroyablement efficaces dans leurs domaines respectifs, mais incompatibles, la relativité générale et la mécanique quantique. Deux grandes écoles de pensée s’affrontent pour cela : la théorie des cordes, qui, en gros, essaie de faire rentrer la relativité générale dans la mécanique quantique, et la gravité quantique à boucles, étudiée par David Louapre, qui tente de faire l’inverse.

Cependant, le physicien sait que ses chances d’obtenir un poste sont très faibles. En scientifique rationnel, il prépare un plan B. Il craint de vite se lasser de l’enseignement, ce sera donc l’industrie. Les entreprises recherchent des compétences en maths. David Louapre laisse de côté les sirènes des mathématiques financières, et se fait embaucher par Saint-Gobain deux mois avant la...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-8"> ¤ Le scorbut, pathologie associée aux grandes expéditions maritimes historiques, est dû à une carence profonde et prolongée en vitamine C.
<filname="PROF-env_sciences-8"> ¤ 
<article-nb="2018/09/10/19-9">
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<filname="SURF-env_sciences-9"> ¤ Le cerveau, l’espace, l’océan. Trois thèmes à travers lesquels le festival Novaq, le grand rendez-vous de l’innovation en Nouvelle-Aquitaine, explore les perspectives d’un avenir meilleur.
<filname="PROF-env_sciences-9"> ¤                     
                                                

Imaginer demain

Le cerveau, l’espace, l’océan. Trois thèmes à travers lesquels le festival Novaq, le grand rendez-vous de l’innovation en Nouvelle-Aquitaine, explore les perspectives d’un avenir meilleur.



LE MONDE
 |    09.09.2018 à 10h00
 • Mis à jour le
10.09.2018 à 09h42
   





                        



   


L’innovation doit-elle servir à ­inventer un autre monde, ou à empêcher celui-ci de se déliter ? A soutenir des structures existantes et à rendre nos modes de vie plus durables, ou bien à ouvrir des voies neuves et révolutionnaires ? Faut-il innover pour remédier aux maux de la société, ou pour maintenir notre modèle ­productif, qui s’en alimente pour subsister ? De grandes questions qui seront au cœur de Novaq, un festival de l’innovation ouvert à tous et qui se déroule à Bordeaux.
Sur scène, défileront aussi bien des ­patrons d’entreprise que des philosophes, des chercheurs, des aventuriers, des inventeurs ou des artistes.
Partenaire de cette première édition, Le Monde a imaginé une programmation de conférences autour de trois grands domaines : l’intelligence artificielle et le cerveau ; la conquête spatiale ; les océans. Avec un principe : la diversité des formats et des approches. Sur scène, défileront aussi bien des ­patrons d’entreprise que des philosophes, des chercheurs, des aventuriers, des inventeurs ou des artistes. Ils interviendront à plusieurs ou en duo, mais aussi façon pitch, en vidéo, en tête à tête avec un journaliste, ou encore face aux questions du public.
Ethique et intelligence artificelle
Lors de la première matinée, jeudi 13 septembre, seront évoqués les dernières avancées de l’intelligence artificielle et son impact dans des domaines aussi divers que la production industrielle, la recherche pharmaceutique et les transports urbains. Le directeur du laboratoire spécialisé en intelligence artificielle de Facebook expliquera la manière dont l’entreprise aux deux milliards d’utilisateurs conçoit sa responsabilité éthique.
Autres thématiques : la ville connectée, ses promesses et ses dangers à l’heure où le numérique doublonne de plus en plus nos expériences urbaines ; l’éducation, les limites et espérances des technologies pour améliorer nos capacités d’apprentissage, même dans le domaine des savoir-être ; enfin, la médecine et ses progrès pour « augmenter » les capacités du corps humain.
Les nouveaux acteurs de la conquête spatiale

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La conquête spatiale berce nos rêves depuis l’enfance : elle sera au cœur des discussions du jeudi après-midi. Le secteur est bouleversé par l’arrivée de nouveaux acteurs, à commencer par l’américain SpaceX, et par une constellation de récentes start-up nées avec la miniaturisation des satellites et des lanceurs. A la clé, des applications de plus en plus variées : agriculture de précision, surveillance du changement climatique, accès à Internet… Un chamboulement qui oblige les anciens acteurs, comme Arianespace, que représentera sa ­vice-présidente, à se repositionner.

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Des innovations « bio-inspirées »
Comment mieux utiliser les ressources marines sans menacer cet écosystème ?
Le vendredi sera consacré à ­réfléchir à un patrimoine commun : les océans. Comment les protéger de la pollution, en particulier celle des plastiques formant un « septième continent » ? Comment mieux utiliser les ressources marines sans menacer cet écosystème ? Qu’en est-il des innovations « bio-inspirées », comme la création de pesticides à base de microalgues, de bactéries luminescentes pour éclairer les villes ou encore de l’invention d’un « sang universel » issu d’un ver marin ? La recherche dans ce domaine avance à grands pas. Mais dans ce secteur comme ailleurs, innovation ne rime pas toujours avec amélioration. La fondatrice de l’ONG Bloom, qui lutte notamment contre la pêche électrique, sera là pour le rappeler.

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                L’océan, source d’inspiration



Novaq se poursuivra jusqu’au samedi soir, avec d’autres ateliers, conférences et présentations. Toujours dans un esprit d’ouverture et de science joyeuse, où l’idée de progrès est inséparable de celle d’un développement durable et responsable.
Ce supplément a été réalisé dans le cadre d’un partenariat avec la région Nouvelle-Aquitaine.
L’espace, le cerveau et l’océan seront les grandes thématiques abordées lors du Festival de l’innovation Novaq.
Les 13 et 14 septembre, la région Nouvelle-Aquitaine, en partenariat avec Le Monde, organise deux jours de débats, conférences, pitchs et ateliers au H14, à Bordeaux.
Scientifiques, experts, entrepreneurs échangeront autour de trois grands thèmes : le cerveau, l’espace et l’océan. Fil rouge de cette édition : l’innovation au service de l’humain.
Programme et inscriptions ici



                            


                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-10"> ¤ Des drosophiles génétiquement modifiées pour développer un cancer intestinal y résistaient mieux quand elles étaient au contact de congénères elles aussi malades.
<filname="PROF-env_sciences-10"> ¤                     
                                                   
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Cancer : des mouches plus fortes ensemble

Des drosophiles génétiquement modifiées pour développer un cancer intestinal y résistaient mieux quand elles étaient au contact de congénères elles aussi malades.



LE MONDE
 |    09.09.2018 à 09h00
    |

            Hervé Morin








                        



                                


                            
On soupçonne que chez l’homme, l’isolement peut aggraver l’évolution d’un cancer. Mais comment ­démêler la dimension sociale des différents facteurs influant sur la maladie ? Chez un animal de ­laboratoire comme la drosophile, cette question est plus facile à ­explorer. C’est ce qu’a fait une équipe internationale, sous la direction de Frédéric Thomas (IRD CNRS Montpellier), Frédéric Mery et Jacques Montagne (CNRS, IRD, CEA, universités Paris-Sud et ­Saclay, Gif-sur-Yvette).
Dans un article publié lundi 3 septembre dans la revue Nature Communications, ils montrent que, chez une mouche génétiquement modifiée pour développer un cancer intestinal, « de subtiles variations de la structure sociale ont des effets considérables sur la progression de la tumeur ». « Nous ne faisons aucune transposition à l’homme, prévient ­Frédéric Thomas. Mais nous ­mettons le doigt sur le fait que l’environnement social joue un rôle pour un animal chez qui la ­dimension psychologique n’est pas manifeste. »
Les observations sont les suivantes : mises à l’isolement, les mouches malades dépérissent plus rapidement que lorsqu’elles peuvent interagir avec des congénères malades. « Il s’agit d’un ­insecte grégaire, maximisé pour le fonctionnement en groupe, note Frédéric Thomas. On peut donc supposer que le stress de l’isolement influe sur la maladie. »

Mais en compagnie de mouches saines, l’insecte malade ­dépérit aussi vite qu’à l’isolement, et si on lui laisse le choix, il préfère la compagnie des drosophiles affectées – au moins dans les stades précoces de la maladie, dont l’évolution est alors ralentie. Au milieu des mouches saines, l’individu malade n’a pas réellement d’interactions, comme montrent les analyses comportementales effectuées sur des enregistrements vidéo.
De leur côté, les mouches saines évitent les mouches transgéniques lorsque le cancer entre dans des phases plus avancées. « Ce comportement...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-11"> ¤ Initiateur de l’avion solaire Solar Impulse, le psychiatre et aventurier suisse veut promouvoir 1 000 innovations écologiques auprès des Etats et industriels.
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Bertrand Piccard : « Il existe des solutions environnementales rentables »

Initiateur de l’avion solaire Solar Impulse, le psychiatre et aventurier suisse veut promouvoir 1 000 innovations écologiques auprès des Etats et industriels.



LE MONDE
 |    08.09.2018 à 15h00
 • Mis à jour le
08.09.2018 à 15h23
    |

            Jessica Gourdon








                        



   


Apeine a-t-il fini son discours qu’une nuée de fans se pressent à sa ­rencontre. Bertrand Piccard est à son aise. « Il faut que j’aille chez vous en Suisse pour qu’on réussisse à se parler ? », lui lance Eric Léandri, le patron de Qwant.
Ce mardi 28 août, à l’université d’été du Medef, le psychiatre et aventurier helvète, mondialement célèbre grâce à son tour du monde dans son avion solaire Solar Impulse, était en terrain conquis. Un peu plus tôt, il ­déroulait son exposé sur scène façon gourou, avec son allure athlétique, sa chemise cintrée à col mao et son micro serre-tête. Le credo du jeune sexagénaire à l’accent chantant : il est possible de concilier profit et écologie. C’est même la seule manière, ­selon lui, de faire avancer la cause du développement durable. Un message « patron compatible » : pour parler à l’adversaire, il est nécessaire d’adopter son langage, assure-t-il.
Sa nouvelle fondation, qui emploie 40 personnes à Lausanne, se fixe un objectif : labelliser 1 000 innovations écologiques et rentables. Une fois ce travail achevé, Bertrand Piccard fera un tour du monde pour les présenter aux gouvernements et aux entreprises.

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                « Le but de Solar Impulse, c’est de prôner et de développer l’utilisation des technologies propres »



Malgré l’état préoccupant de notre planète, les enjeux écologiques sont loin d’être au cœur de la stratégie des entreprises. Est-il possible de les concilier ?
Il existe un grand malentendu entre les industriels d’un côté, qui mettent en avant l’emploi et la croissance qu’ils créent, et les écologistes de l’autre, qui insistent sur l’urgence de la crise planétaire. Mon message, c’est de montrer que les deux ont raison. Il existe des solutions environnementales rentables, d’autres non. Il existe des solutions industrielles polluantes, et d’autres qui le sont beaucoup moins. Tout l’enjeu est d’agir à l’intersection de deux domaines, grâce à de nouvelles technologies propres qui existent déjà, qui sont rentables, créent des emplois et de la croissance. Et pourtant, ce sont les vieilles méthodes polluantes que l’on continue d’employer.
« Mon message, c’est de montrer que les deux ont raison, les industriels comme les écologistes. »
A quelles technologies ­écologiques pensez-vous ?
Les énergies renouvelables, les transports électriques, les pompes à chaleur, les technologies pour maîtriser la consommation des bâtiments ou des véhicules, éclairer les villes à la demande, les matériaux plus durables et ­requérant moins d’énergie… Une entreprise a inventé un système de climatisation qui utilise la fraîcheur du fond des océans pour ­refroidir des bâtiments. J’ai visité un grand hôtel qui l’utilise : ils ont économisé 85 000 euros par mois en électricité. Autre exemple : Cgon, une start-up anglaise, a conçu un boîtier à connecter à son moteur qui diminue de 80 % les émissions de particules fines et fait baisser la consommation de carburant grâce à un système d’électrolyse.
Si ces solutions sont si ­rentables, comment expliquez-vous qu’elles ne soient pas la norme ?
D’abord, à cause du manque de communication : on ne les connaît pas. Ensuite, par la difficulté à faire changer les mentalités. Un chef d’entreprise a souvent peur de la disruption. Il faut réussir à lui montrer que c’est un avantage pour lui de le faire, mais la force d’inertie est terrible. Enfin, par la réglementation. Il est urgent de créer des lois modernes poussant à l’utilisation de ces technologies propres.
Il est urgent de créer des lois modernes poussant à l’utilisation de ces technologies propres.
Il y a des tas d’innovations qui se trouvent sans débouchés car nos réglementations sont archaïques. Ces règles ne doivent doit pas être considérées comme des freins pour les entreprises, mais comme une opportunité pour faire autrement. Prenez la taxe carbone. La Suède est l’un des pays qui ont les taxes les plus élevées. Cette ­contrainte a poussé les industriels à revoir leurs modes de production, et cela n’a pas affecté leur compétitivité sur le marché mondial, au contraire.
Cela fait beaucoup d’obstacles…
Le changement vient d’individus qui ont le courage d’essayer quelque chose de nouveau. Solar Impulse, c’était ça. Aucun constructeur d’avion n’y croyait. C’est un fabricant de bateaux qui a créé notre modèle. Aujourd’hui, tous les constructeurs aéronautiques réfléchissent à l’aviation électrique. La Norvège veut des vols intérieurs 100 % électriques d’ici à 2040. Tous ceux qui se sont moqués de moi il y a quinze ans travaillent dessus.

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                Des transports plus écolos, un défi pour le tourisme



En fait, je crois que ceux qui vont résister à tous ces changements vont disparaître. D’ici cinq ans, les Chinois vont amener en Europe des véhicules électriques à 15 000 euros. Ceux qui ne se seront pas adaptés seront en difficulté. Nos moteurs à combustion, nos ampoules à incandescence et nos énergies fossiles ont pris leur essor en 1880, ce sont des systèmes ­archaïques. Nous avons les technologies qui permettent de diviser par deux les émissions de carbone. Le tout est qu’elles se diffusent.
« Nous avons les technologies qui permettent de diviser par deux les émissions de carbone. Le tout est qu’elles se diffusent. »
Comment va se dérouler la labellisation des 1 000 innovations écologiques par votre fondation ?
Notre équipe d’évaluateurs va analyser ces innovations et labelliser celles qui répondent à nos grilles, dans les domaines de l’eau, l’énergie, les villes, l’agriculture et les process industriels. Un de nos critères, c’est qu’il faut qu’elles soient rentables en moins de quatre ans. L’année prochaine, je ferai un tour du monde pour les présenter aux gouvernements et aux industriels. Mon but, c’est de tirer ces solutions méconnues vers le marché. Je n’ai aucun intérêt personnel à le faire. Je veux juste profiter de ma notoriété pour montrer que les technologies propres peuvent faire des choses que l’on croit impossible.
Dans son essai sur la « face ­cachée de la transition énergétique », Guillaume Pitron ­montre qu’elle implique de piller toujours plus de ressources minières, notamment pour fabriquer les batteries. Qu’en pensez-vous ?
Ce livre met en évidence la ­nécessité d’encadrer l’exploitation minière. On ne peut pas faire n’importe quoi. Mais cela ne doit pas invalider la nécessité de poursuivre la transition énergétique. La pollution créée par ces mines est localisée, et doit être surveillée. J’aime mieux quelques mines de cobalt de plus que quelques degrés de plus dans l’atmosphère.

   


L’innovation sera l’une des grandes thématiques abordées lors du Festival de l’innovation Novaq.
Les 13 et 14 septembre, la région Nouvelle-Aquitaine, en partenariat avec Le Monde, organise deux jours de débats, conférences, pitchs et ateliers au Hangar 14, à Bordeaux.
Scientifiques, experts, entrepreneurs échangeront autour de trois grands thèmes : le cerveau, l’espace et l’océan. Fil rouge de cette édition : l’innovation au service de l’humain.
Programme et inscriptions ici



                            


                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-12"> ¤ De plus en plus d’entreprises ont recours à la réalité virtuelle pour former leurs salariés, anticiper des problèmes de maintenance ou simuler de nouvelles possibilités.
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La réalité virtuelle s’immisce dans la production industrielle

De plus en plus d’entreprises ont recours à la réalité virtuelle pour former leurs salariés, anticiper des problèmes de maintenance ou simuler de nouvelles possibilités.



LE MONDE
 |    08.09.2018 à 14h00
    |

                            Julia Zimmerlich








                        



   


A quoi ressemble une usine robotisée d’embouteillage de cognac en réalité virtuelle ? A une vraie usine d’embouteillage de cognac. Un casque sur la tête, on observe les bouteilles qui défilent sur des tapis à cadence réelle. Elles sont remplies de liquide, puis attrapées par six bras articulés avant d’être emballées dans des cartons, récupérées par des chariots électriques. Tout est automatisé. La duplication est bluffante de réalité.
Ce bijou de technologie s’appelle un « jumeau numérique » (digital twin). Il permet de dupliquer une usine à l’identique en situation immersive. La technique existe depuis quelques années, mais c’est aujourd’hui que l’utilisation de ce type d’outils s’accélère et gagne divers secteurs industriels. Le jumeau de l’usine Pont-Neuf d’Hennessy a été développé par Iteca, une start-up d’Angoulême, spécialiste de « l’industrie 4.0 ». Un terme qui englobe toutes les nouvelles technologies (modélisation 3D, réalité virtuelle, intelligence artificielle…) appliquées à la production industrielle.
Le géant mondial du cognac a inauguré en octobre 2017 sa nouvelle usine high-tech d’embouteillage. Le fabricant, qui produit la moitié des bouteilles de cognac vendues dans le monde, s’est offert un bâtiment ultramoderne de 26 000 m2, planté au milieu des vignes, à 7 km de son site historique de production.
Séduire les jeunes générations
Ce nouvel ensemble, les salariés l’ont d’abord visité en réalité virtuelle avant de le connaître véritablement. « Un des enjeux pour nous est de permettre aux équipes de production de se familiariser le plus tôt possible avec leur nouvel environnement de travail », dit Marc Sorin, directeur des opérations d’Hennessy. Un moyen aussi pour le géant d’afficher sa modernité, et de séduire les jeunes générations qui rechignent à venir s’installer à Cognac, dans la Charente. La réalité virtuelle leur a également servi à former les salariés : en l’occurrence, les gestionnaires de flux, qui supervisent des stocks importants et très mouvants. Chez Hennessy, la zone de stockage s’étend sur 6 000 m2. De quoi entreposer 8 000 palettes en tout.

   


Dans certaines usines, le « jumeau numérique » est poussé plus loin et peut suivre la cadence de production en temps réel, grâce à une batterie de capteurs sur les machines. « Cela permet d’optimiser la production, d’anticiper les opérations de maintenance, de tester un geste technique ou une modification logicielle et donc de réduire le risque d’interruption de la production », explique Yaël Assouline, cofondatrice d’Iteca.
La réalité virtuelle trouve de nombreuses autres applications dans le secteur industriel. Iteca a mis au point une plate-forme, SmartUpp, assemblant plusieurs technologies innovantes. « Avant une intervention de maintenance, par exemple, le technicien peut chausser le casque de réalité virtuelle et se former aux gestes techniques, poursuit Yaël Assouline. Pendant l’opération, il est assisté par une solution notamment utilisée dans le secteur de l’aéronautique qui mixe intelligence artificielle et visualisation 3D pour l’aide à la décision et à la maintenance. Ensuite, en réalité augmentée, il voit dans les lunettes une illustration visuelle de son cas de panne, tout en recevant des instructions qui le guident pas à pas. »
Freins importants
Pour l’heure, la plupart des industriels en sont encore à la phase de test, en particulier sur le volet formation. « La VR permet de limiter les coûts de formation réelle pour les métiers les plus techniques, mais aussi les risques pour les apprenants dans des secteurs comme le nucléaire ou l’industrie pharmaceutique », dit Clément Merville, fondateur de Manzalab. Cet éditeur de contenus a mis au point un projet pilote pour EDF sur la réalisation d’une opération de maintenance d’une centrale nucléaire. « Au lieu de dupliquer physiquement une salle de contrôle, comme c’est le cas aujourd’hui, les salariés pourraient suivre une partie de leur formation en VR, dit Clément Merville. Nous sommes aussi capables de réunir plusieurs personnes situées dans différents lieux dans un même espace virtuel. Pendant les réunions, les collaborateurs peuvent avoir une maquette 3D de la centrale sous les yeux et en fonction des besoins, téléporter tout le monde dans la zone qui pose problème. »
Reste que les freins au déploiement de ces solutions en réalités virtuelles restent importants. Les coûts du matériel et le développement des contenus sont encore très élevés. Et même si le dernier modèle de casque Vive Pro améliore l’expérience utilisateur, la fatigue cognitive se fait vite sentir. Les premières études sur le sujet montrent que le temps d’expérience idéal se situe autour de trente minutes.
Yaël Assouline, cofondatrice d’Iteca, interviendra lors du Festival de l’innovation Novaq.
Les 13 et 14 septembre, la région Nouvelle-Aquitaine, en partenariat avec “Le Monde”, organise deux jours de débats, conférences, pitchs et ateliers au H14, à Bordeaux, autour de l’innovation.
Scientifiques, experts, entrepreneurs échangeront autour de trois grands thèmes : le cerveau, l’espace et l’océan. Fil rouge de cette édition : l’innovation au service de l’humain.
Programme et inscriptions ici.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-13"> ¤ Son directeur de thèse Antony Hewish avait obtenu le prix Nobel de physique pour la découverte de l’astrophysicienne sur les pulsars radio.
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Privée de Nobel en 1974, l’astrophysicienne Jocelyn Bell Burnell enfin reconnue

Son directeur de thèse Antony Hewish avait obtenu le prix Nobel de physique pour la découverte de l’astrophysicienne sur les pulsars radio.



LE MONDE
 |    08.09.2018 à 12h03
   





                        


Cinquante ans après sa découverte des pulsars radio, pour laquelle son directeur de thèse Antony Hewish avait obtenu le prix Nobel de physique en 1974, l’astrophysicienne britannique Jocelyn Bell Burnell est enfin récompensée.
Jeudi 6 septembre, elle a reçu le Breakthrough Prize en physique fondamentale, « le prix le plus lucratif de la science moderne », explique le Guardian, décerné par les fondateurs de Facebook et Google.
D’un montant de 3 millions de dollars, il ira à l’Institut de physique de l’université d’Oxford, où elle est professeure émérite, et servira à financer des bourses d’études pour les personnes appartenant à des groupes sous-représentés dans ce domaine : femmes, membres de minorités ethniques et réfugiés. Elle a déclaré à la BBC que les personnes issues de ces groupes apportent « un regard neuf sur les choses et c’est souvent une chose très productive ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-14"> ¤ il est encore trop facile de publier des études annonçant des effets expérimentaux qui, en réalité, n’existent pas ou sont plus faibles qu’on ne l’a prétendu, explique dans sa chronique l’économiste Paul Seabright.
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édition abonné


Quand les chercheurs jugent « la fiabilité réelle des études scientifiques »

il est encore trop facile de publier des études annonçant des effets expérimentaux qui, en réalité, n’existent pas ou sont plus faibles qu’on ne l’a prétendu, explique dans sa chronique l’économiste Paul Seabright.



LE MONDE
 |    08.09.2018 à 10h30
    |

                            Paul Seabright (Professeur à l'Institut d'études avancées de Toulouse)








                        



                                


                            

Recherches. Quel crédit peut-on accorder aux études scientifiques publiées dans les revues les plus prestigieuses ? Même si leurs procédures de sélection sont les meilleures, même si le filtrage qu’elles ont mis en place est très efficace, il est toujours possible que des études soutiennent des hypothèses fausses et que personne ne les remette en question avant publication.
Depuis quelque temps, la communauté scientifique s’intéresse aux tentatives de reproduire des études déjà publiées. Le Reproducibility Project : Psychology a essayé de dupliquer 97 études en psychologie et a constaté, en 2015, que seules 36 % d’entre elles pouvaient être confirmées. L’Experimental Economics Replication Project a fait de même, en 2016, pour 18 études en économie expérimentale, avec un taux de confirmation de 61 % – plus élevé, mais loin d’être écrasant.
Une équipe de chercheurs vient de publier une duplication de 21 études phares en sciences sociales expérimentales, publiées entre 2010 et 2015 dans Nature et Science, les deux revues scientifiques les plus prestigieuses (« Evaluating the replicability of social science experiments in “Nature” and “Science” between 2010 and 2015 », par Colin F. Camerer et al., « Nature Human Behaviour Letters », 27 août 2018). L’une des particularités de ce projet est que la taille des échantillons utilisés pour la duplication est environ cinq fois plus grande que celle des échantillons des études d’origine, ce qui augmente sensiblement la fiabilité de la reproductibilité.
Des progrès nécessaires
Treize d’entre elles confirment, de façon statistiquement significative, les effets constatés dans l’expérience originale, soit un taux de 62 %. Mais l’ampleur de l’effet confirmé pour ces 13 études est inférieure de moitié à l’ampleur constatée dans la première étude !
Certes, il peut y avoir des faiblesses dans la mise en œuvre des tentatives de duplication. Mais, globalement,...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-15"> ¤ Tous les astronautes ayant observé la Terre depuis l’espace le confirment : cette vision les a transformés. Pour tenter de reproduire cette émotion universelle, deux scientifiques français ont mis au point une application, Blueturn.
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Un bouleversant « selfie » de la planète

Tous les astronautes ayant observé la Terre depuis l’espace le confirment : cette vision les a transformés. Pour tenter de reproduire cette émotion universelle, deux scientifiques français ont mis au point une application, Blueturn.



LE MONDE
 |    08.09.2018 à 10h00
 • Mis à jour le
10.09.2018 à 11h50
    |

            Adrien Naselli








                        



   


La première fois que Jean-Pierre Goux a projeté sur grand écran ses images de la Terre en mouvement, c’était en 2016, lors d’une conférence TEDx au Théâtre Bobino, à Paris. Deux minutes à regarder la Planète bleue, immense, tourner sur une musique apaisante. Et c’est tout. Ces images simples sont suivies d’une standing ovation spontanée. Les projecteurs se rallument dans la salle, plusieurs personnes ont pleuré. Pour Jean-Pierre Goux, c’était bien la confirmation que sa vieille intuition n’était pas qu’une chimère. « Nous sommes dans un monde abreuvé d’images, mais très peu d’entre elles provoquent ce genre de réaction », avance l’ingénieur et écrivain, spécialiste des questions environnementales.

   


« Effet surplombant »
Pour en arriver là, Jean-Pierre Goux et son associé Michaël ­Boccara ont dépensé une énergie considérable dans la recréation de l’overview effect (que l’on peut traduire par « effet surplombant »), théorisé par l’historien des sciences américain Frank White en 1987. ­Il s’agit d’une sensation éprouvée par certains astronautes, que ­l’entrepreneur a découverte avec émerveillement dans le livre Clairs de Terre, de Kevin W. Kelley, paru en 1988.
Avoir vu notre planète en entier, comme suspendue dans le vide au beau milieu d’un noir profond, donne une urgente envie de la protéger
Tous ceux qui sont allés dans ­l’espace font part d’une même sensation : avoir vu notre planète en entier, comme suspendue dans le vide au beau milieu d’un noir profond, donne une urgente envie de la protéger. Au-delà du choc, les témoignages insistent sur le besoin d’unité des êtres ­humains, à la dérive sur leur fragile vaisseau. Certains vont jusqu’à suggérer l’idée que les frontières seraient de trop. « L’effet combiné de la peur, de la distance, de l’apesanteur, du silence crée toutes les conditions pour avoir une expérience extatique, détaille Jean-Pierre Goux. Un peu comme le mythe de la caverne de Platon. Il faut le vivre pour le comprendre : les astronautes ne parviennent pas à communiquer l’expérience à leurs proches. »
Vient alors aux deux associés l’idée de la faire vivre au plus grand nombre. Il faut dire que pendant des années, entre le 7 décembre 1972 et une période récente, les humains n’avaient à leur disposition qu’une seule image intégrale de la « maison mère », reproduite à l’infini dans les livres de sciences et vie de la Terre. Elle avait été capturée par l’équipe d’Apollo 17 qui, en route pour la Lune, avait profité du voyage pour photographier la Terre en entier par un hublot, pour la toute première fois. Le nom de cette célèbre photo : The Blue Marble (« La Bille bleue »). On voit en son centre Madagascar et la pointe du continent africain.
Conte de fées
La suite ressemble à un conte de fées. Pour créer ces vidéos de la Terre en mouvement, Jean-Pierre Goux et Michaël Boccara utilisent les photos du satellite DSCOVR (« discover »), lancé par la NASA en février 2015 sous l’impulsion de l’ancien vice-président des Etats-Unis Al Gore. Quand DSCOVR ­révèle sa première image en juillet 2015, le président Obama la poste sur Twitter pour saluer le succès de la mission.

Le tour de force des deux complices, c’est d’avoir transformé ces images fixes en vidéo. Qu’ils décident ensuite de publier sur Instagram. Surprise : le chef de la mission DSCOVR les contacte, impressionné par leur travail. Les équipes d’Al Gore font de même quelque temps plus tard, et le ­binôme devrait les rencontrer avant la fin de l’année.
L’engouement est tel qu’ils décident de diffuser leurs images sous la forme d’une application gratuite : Blueturn est née. Quand nous rencontrons Jean-Pierre Goux, son smartphone nous montre la Terre telle qu’elle était un jour et demi plus tôt. On peut choisir sa musique, ou préférer le silence, et simplement regarder la Terre tourner. La vitesse de ­rotation est multipliée par 300 pour éviter que les utilisateurs ne s’ennuient, mais on peut aussi choisir de la regarder en vitesse réelle, soit vingt-quatre heures pour un tour du monde…

« L’image qu’on regarde nous ramène vers nous, c’est une image très rassurante, un peu comme si on regardait le ventre de notre mère. »
« Il y a un côté effrayant quand on regarde un ciel totalement ­dégagé la nuit, partage Jean-Pierre Goux. Alors que là, l’image qu’on regarde nous ramène vers nous, c’est une image très rassurante, un peu comme si on regardait le ventre de notre mère. En fait, Blueturn, c’est un selfie de la Terre. » Au-delà de son intérêt scientifique, le projet Blueturn s’accompagne d’un engagement écologiste, voire politique.
En France, des personnalités politiques de premier plan ont pu voir les vidéos de Blueturn : Ségolène Royal, ministre de l’environnement lors de la COP21 en septembre 2016, qui a éprouvé selon Jean-Pierre Goux « une très vive émotion », mais aussi Emmanuel Macron et Nicolas Hulot lors de la COP23, fin 2017. Il reste un rêve à réaliser aux deux créateurs de Blueturn : « Mettons ces images partout, sur les monuments, les immeubles, pour que les gens se rappellent tout le temps où on ­habite. Il faut se déconnecter et prendre le temps de se reconnecter avec ce qui nous dépasse. »
L’espace sera l’une des grandes thématiques abordées lors du Festival de l’innovation Novaq.
Les 13 et 14 septembre, la région Nouvelle-Aquitaine, en partenariat avec Le Monde, organise deux jours de débats, conférences, pitchs et ateliers au Hangar 14, à Bordeaux.
Scientifiques, experts, entrepreneurs échangeront autour de trois grands thèmes : le cerveau, l’espace et l’océan. Fil rouge de cette édition : l’innovation au service de l’humain.
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<filname="SURF-env_sciences-16"> ¤ Au menu : chasser les éclairs dans un avion, appel pour un réseau mondial de surveillance de la pollution de l’air, la peste porcine touche la Chine, etc.
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<article-nb="2018/09/10/19-17">
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<filname="SURF-env_sciences-17"> ¤ Une étude prétendant que c’est le cas a été très partagée récemment sur les réseaux. Mais ses résultats sont très hypothétiques.
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Non, l’huile d’olive n’améliore pas les performances sexuelles masculines

Une étude prétendant que c’est le cas a été très partagée récemment sur les réseaux. Mais ses résultats sont très hypothétiques.



LE MONDE
 |    07.09.2018 à 15h08
 • Mis à jour le
07.09.2018 à 17h11
    |

            Mathilde Damgé








                        


Une étude réalisée par des chercheurs de l’université d’Athènes et présentée lors du congrès annuel de la Société européenne de cardiologie à Munich, fin août, démontrerait que l’huile d’olive peut être un remède naturel contre l’impuissance sexuelle.
Cette étude a été reprise ces derniers jours par une dizaine de sites (le Décodex alerte sur plusieurs d’entre eux, pour leur approche sensationnaliste) n’hésitant pas à titrer : « Plus efficace que le Viagra », « Dysfonction érectile : l’huile d’olive peut booster vos performances »… Des assertions un peu rapides au regard des conclusions de l’étude en question.
Une étude non publiée entièrement
Cette étude a été menée auprès de 667 hommes d’Ikaria, une île grecque de la mer Egée dont les habitants sont réputés pour leur longévité. Agés d’environ 67 ans, les sujets de l’étude avaient adopté un régime méditerranéen à base de fruits et légumes, de légumineuses, de poissons… et d’huile d’olive. Problème : seul le résumé de ladite étude est disponible sur Internet, l’article n’ayant pas encore été publié. Pour rappel, une étude n’est considérée sérieuse qu’à partir du moment où elle a été revue par des pairs.
Le blog Passeur de sciences décrit ainsi le processus : quand des chercheurs veulent publier le résultat de leurs travaux, ils rédigent tout d’abord leur étude puis l’envoient à une revue. « L’éditeur de celle-ci adresse ensuite le texte à un ou plusieurs spécialistes, les relecteurs, qui, par leur expertise, sont à même de saisir la portée de l’article et censés en effectuer une analyse critique. Souvent anonymes, ils peuvent décider de rejeter ce dernier s’ils ne le jugent pas assez intéressant ou pas au niveau de la revue ; ils peuvent aussi, avant de se prononcer, demander un certain nombre d’éclaircissements voire de nouvelles expériences ; ils peuvent enfin accepter l’étude, en général au prix de corrections et de précisions. Si les experts donnent le feu vert, le texte est publié. » C’est tout ce processus par lequel l’étude reprise ces derniers jours n’est pas passée.

        Notre éditorial sur la fausse science :
         

          il faut une prise de conscience mondiale



Des résultats extrapolés
L’abstract de l’étude résume : « L’adoption à long terme d’un régime méditerranéen et la consommation d’olives semblent augmenter les taux de testostérone et améliorer les propriétés élastiques aortiques [l’artère qui distribue le sang dans tous les organes] », ce qui améliorerait globalement la capacité sexuelle des personnes âgées de l’île d’Ikaria, indépendamment de l’existence de maladies cardiovasculaires et des facteurs de risque.
L’auteure principale de l’étude, Christina Chrysohoou, conseille même une dose de neuf cuillères à soupe d’huile d’olive par semaine, et affirme que « les hommes qui suivent un régime méditerranéen – en particulier ceux qui consomment beaucoup d’huile d’olive – voient leur risque d’impuissance réduit de 40 % ». Des chiffres impossibles à vérifier en l’absence d’étude complète et publiée. La méthodologie, sommaire, précise que les données concernant l’alimentation et l’activité sexuelle sont récoltées grâce à des questionnaires.
Il faut, en outre, rappeler qu’une corrélation n’indique pas forcément une relation de cause à effet et qu’il n’existe pas d’aliment « miracle ». Les célèbres oméga-3, acides gras que l’on retrouve dans certains poissons et huiles végétales, ont par exemple vu leurs prétendus mérites relativisés par plusieurs études critiques.
Il serait donc plus correct de résumer ainsi les premiers résultats de cette étude : un régime alimentaire sain, incluant de l’huile d’olive, pourrait avoir des effets positifs sur la santé, et par extension la santé sexuelle des personnes âgées.

        Notre décryptage santé :
         

          pourquoi il est si difficile de trouver des informations fiables sur Internet




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L’océan, source d’inspiration

Le biomimétisme marin offre de nombreuses opportunités d’innovation.



LE MONDE
 |    07.09.2018 à 10h00
    |

                            Julia Zimmerlich








                        



   


Et si les solutions étaient là, autour de nous, tout « simplement » ? C’est ce que laisse entendre le concept de biomimétisme : s’inspirer de la nature pour innover et construire une économie sans pollution et à très faible impact. « Nous avons tout à apprendre de la nature en matière d’innovation, explique le biologiste Gilles Boeuf, professeur à l’université Pierre-et-Marie-Curie. Elle innove tous les jours, elle le fait avec une grande parcimonie d’énergie, sa principale source étant la lumière. Elle ne produit jamais une molécule qu’elle ne saura pas dégrader, et elle est pourtant capable de produire des poisons. »
Pépites entrepreneuriales
Si le terme de « biomimétisme » a été conceptualisé à la fin des ­années 1990, la démarche connaît une accélération depuis quelques années, avec quelques pépites ­entrepreneuriales. « Le biomimétisme marin est celui qui offre le plus de potentiel, relève Kalina Raskin, directrice du Centre européen d’excellence en biomimétisme de Senlis (Ceebios). Sur 3,8 milliards d’années d’évolution des espèces, nous en avons passé 3 milliards dans l’eau. Les organismes marins ont développé des stratégies extrêmement sophistiquées pour survivre dans le milieu océanique. »
« Sur 3,8 milliards d’années d’évolution des espèces, nous en avons passé 3 milliards dans l’eau. »
Dans l’eau, l’oxygène et les nutriments sont dissous. Les organismes ont ainsi développé des systèmes de respiration performants leur permettant d’extraire l’oxygène de l’eau, ainsi que des molécules de transport du dioxygène particulièrement efficaces. Franck Zal, chercheur au CNRS pendant quinze ans, s’est intéressé aux ­capacités respiratoires des arénicoles, ces vers auxquels on doit les petits tortillons de sable sur les plages. « Dans l’eau, ce ver respire, mais à marée basse il peut rester en apnée pendant six heures, précise le chercheur. Son hémoglobine est capable de stocker suffisamment d’oxygène pour qu’il continue à ­vivre à marée basse, comme s’il ­utilisait une bouteille d’oxygène. Cette hémoglobine est extracellulaire et n’a pas de typage sanguin type ABO ni de rhésus. »

Une sorte d’hémoglobine universelle qui a la particularité d’être 250 fois plus petite qu’un globule rouge humain, tout en transportant quarante fois plus d’oxygène. Depuis 2007, Franck Zal s’emploie à transposer cette découverte à des fins médicales et industrielles. L’un de ses dispositifs, qui devrait bientôt recevoir l’homologation, a été testé sur l’homme pour ­conserver des greffons rénaux en attente de transplantation, afin de passer de six heures à plusieurs jours. Les premières études sont concluantes. « Les patients qui ont bénéficié d’un rein conservé grâce à notre dispositif sont sortis de ­l’hôpital au bout d’une semaine en moyenne contre un mois pour les autres patients », affirme Franck Zal. Le chercheur a aussi développé un pansement oxygénant visant à accélérer la cicatrisation de certaines plaies, ou encore un substitut aux globules rouges testé par la marine américaine pour traiter les traumas crâniens.
« Les patients qui ont bénéficié d’un rein conservé grâce à notre dispositif sont sortis de ­l’hôpital au bout d’une semaine en moyenne contre un mois pour les autres patients. »
Des débouchés inattendus
Le biomimétisme trouve d’autres débouchés plus inattendus. Dans le secteur de l’énergie, les capacités d’ondulation des ­anguilles et des raies pour résister aux courants et turbulences sous l’eau ont inspiré la start-up Eel Energy, qui a développé des hydroliennes d’un nouveau genre. Au lieu d’être équipées d’hélices, ces hydroliennes sont des membranes ondulantes qui imitent les poissons pour produire de l’énergie grâce aux courants marins. La membrane en fibre de verre et renforcée par des fibres de carbone est recouverte d’un caoutchouc résistant aux déchirures et aux abrasions. Les premiers prototypes ont été testés cet été avec des résultats très concluants. Une levée de fonds de plusieurs millions d’euros est en cours.
Ces hydroliennes sont des membranes ondulantes qui imitent les poissons pour produire de l’énergie grâce aux courants marins.
Autre pépite française, la start-up Glowee s’est intéressée aux propriétés bioluminescentes des organismes marins pour développer des systèmes de lumière biologiques et vivants. Dans les eaux profondes, 80 % à 90 % des espèces ont développé la capacité d’émettre de la lumière pour ­assurer des fonctions essentielles, se nourrir, trouver un partenaire pour la reproduction ou se protéger contre des prédateurs. « Nous utilisons un gène responsable de la bioluminescence que nous intégrons ensuite à des bactéries », ­détaille Ludivine Guérineau, business developer chez Glowee. Cultivées dans un milieu adapté, les bactéries se multiplient seules et sont ensuite encapsulées à l’état ­liquide ou de gel dans des coques organiques transparentes et hermétiques. Plus besoin de se raccorder au secteur, les bactéries produisent une lumière douce jusqu’à épuisement du milieu.

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Pour l’heure, la solution de Glowee est utilisée lors d’événements, et comme lumière apaisante en ­espaces de relaxation. « Sur le long terme, nous voulons amener la technologie en extérieur et proposer des alternatives à l’éclairage public, poursuit Ludivine Guérineau. Les LED sont certes moins consommatrices d’énergie que nos anciennes ampoules, mais elles créent beaucoup de pollution lumineuse et nécessitent des métaux rares. »

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Puiser des solutions dans le vivant
En France, plus de 175 équipes de recherche ont été identifiées par le Ceebios sur le biomimétisme, et une centaine d’entreprises, grands groupes comme PME, font appel à cette démarche. « Nous avons ­quelques exemples célèbres, mais le biomimétisme n’est pas au cœur des process d’innovation », modère Thomas Binet, directeur du cabinet Vertigo Lab. Aujourd’hui, la plupart des innovations biomimétiques sont le fruit du hasard. « Il faudrait pouvoir systématiser cette capacité des entreprises à ­aller puiser des solutions dans le ­vivant, estime Kalina Raskin. La donnée biologique est abondante, mais on manque d’outils intelligents pour l’explorer. »
« La donnée biologique est abondante, mais on manque d’outils intelligents pour l’explorer. »
Au niveau européen, l’Allemagne est pour l’heure le pays le plus à la pointe sur le biomimétisme, avec plus de cent structures de recherche publiques et deux grands ­réseaux de recherche institutionnels. Depuis 2001, l’Etat y a investi plus de 120 millions d’euros. En France, en région Nouvelle-Aquitaine, cinquante et un acteurs y sont engagés. Le cabinet Vertigo Lab, qui a évalué l’impact économique du développement du biomimétisme dans un rapport publié en avril, considère que celui-ci pourrait être un vecteur de croissance fort pour le territoire. A Biarritz, le maire, Michel Veunac, a annoncé la création d’un pôle d’excellence consacré au biomimétisme marin, sous la houlette du Ceebios. « Nous voulons devenir une référence internationale en matière de matériaux bio-inspirés, en particulier par la mer et les éléments de l’océan », affirme M. Veunac. Reste encore à boucler le budget pour sortir le nouveau bâtiment de terre et lancer ce projet ambitieux.

   


L’océan sera l’une des grandes thématiques abordées lors du Festival de l’innovation Novaq.
Les 13 et 14 septembre, la région Nouvelle-Aquitaine, en partenariat avec Le Monde, organise deux jours de débats, conférences, pitchs et ateliers au Hangar 14, à Bordeaux.
Scientifiques, experts, entrepreneurs échangeront autour de trois grands thèmes : le cerveau, l’espace et l’océan. Fil rouge de cette édition : l’innovation au service de l’humain.
Programme et inscriptions ici



                            


                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-19"> ¤ Le futur patron de l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer devra notamment batailler avec le gouvernement pour renouveler une partie de la flotte.
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Homéopathie  : les doyens des facultés de médecine veulent calmer le jeu

Alors que cette pratique alternative est jugée inefficace par de nombreux médecins, des universités estiment devoir préserver son enseignement.



LE MONDE
 |    06.09.2018 à 12h56
 • Mis à jour le
07.09.2018 à 10h10
    |

            Pascale Santi








                        



                                


                            
La conférence des doyens des facultés de médecine et de pharmacie et celle des présidents d’université veulent apaiser le débat sur l’homéopathie, après la décision de la faculté de médecine de Lille, le 31 août, de suspendre son diplôme universitaire (DU) d’homéopathie, qui existait depuis une trentaine d’années. Une décision prise dans un débat extrêmement tendu depuis la publication d’une tribune signée par 124 professionnels de santé (3 337 aujourd’hui) dans Le Figaro le 18 mars, jugeant les médecines alternatives, dont l’homéopathie, inefficaces, dangereuses et coûteuses pour la Sécurité sociale.
Ces instances ont indiqué, dans un communiqué commun, jeudi 6 septembre : « l’université doit être le seul garant de la qualité d’une formation qui est indispensable pour comprendre et connaître l’intérêt, mais aussi les limites, de ces approches utilisées par de nombreux praticiens et pour lesquelles leur avis est sollicité par de nombreux patients ». 
« Nous souhaitons souligner le respect que nous avons pour les praticiens homéopathes et les pharmaciens dont la pratique le plus souvent associe une écoute et une disponibilité qui est très appréciée par les patients », souligne ce communiqué. « Néanmoins, nous soutenons une démarche d’évaluation objective ». Pour Jean Sibilia, président de la conférence des doyens des facultés de médecine, « il ne faut pas mélanger l’efficacité et donc le remboursement des médicaments homéopathiques, la pratique, appréciée des patients, et l’enseignement. A charge pour nous de contrôler les contenus. Nous sommes garants de l’enseignement. »
Décision prématurée
M. Sibilia va même plus loin : « Si l’homéopathie n’est pas enseignée dans les universités, elle le sera par des officines moins académiques, voire des industriels »… Yvon Berland, président de la commission Santé à la conférence des présidents d’université, va dans le même sens : « On préfère...




                        

                        

