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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-1"> ¤ Françoise Bienvenu était en poste durant dix ans dans ce tribunal. Elle est morte d’un « cancer foudroyant » spécifiquement lié à l’amiante, selon ses enfants.
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La mort d’une juge rappelle le lent désamiantage du TGI de Créteil

Françoise Bienvenu était en poste durant dix ans dans ce tribunal. Elle est morte d’un « cancer foudroyant » spécifiquement lié à l’amiante, selon ses enfants.



LE MONDE
 |    10.09.2018 à 18h01
 • Mis à jour le
10.09.2018 à 18h19
    |

            Patricia Jolly








                        



                                


                            

L’ancienne juge Françoise Bienvenu a-t-elle perdu la vie pour avoir été exposée à l’amiante, fibre cancérogène, lorsqu’elle était en poste au TGI de Créteil ? Selon ses enfants, il existe « de fortes suspicions » entre le « cancer foudroyant » auquel elle a succombé début juillet, quatorze mois seulement après le diagnostic, et le « lieu où elle a travaillé » dix années durant.
« Nous sommes tombés des nues en découvrant cette maladie qu’on ne connaissait pas et qui est très intrinsèquement liée à l’exposition à l’amiante », a déclaré Hélène Bienvenu, journaliste et aînée des quatre enfants de la magistrate, lors d’une conférence de presse organisée le 10 septembre à Créteil par l’entente syndicale du TGI (fédération CGT des services publics, Alliance, UNSA-Police, UNSA-Justice, Unité SGP police FO).
Pour Daniel Naudin, porte-parole de l’entente, il n’y a « aucun doute » sur le lien de causalité entre la pathologie de la magistrate et la présence d’amiante dans le bâtiment, et il considère qu’une prise en charge antérieure aurait pu prolonger la vie de cette dernière.
En poste au TGI de Créteil de 1992 à 2002, Françoise Bienvenu est morte à l’âge de 62 ans d’un mésothéliome pleural malin, un cancer de la plèvre spécifique des expositions à l’amiante. Des expertises ont établi que le pavillon en brique dans lequel elle a toujours vécu ne contenait aucune trace d’amiante, et elle n’a exercé qu’à Créteil et au TGI d’Evry où, selon l’entente syndicale, « il n’y a pas d’amiante ». La famille de la juge a contacté l’organisation syndicale après avoir découvert sur Internet « des dizaines d’articles » faisant référence au problème de l’amiante au TGI de Créteil.
« Tendre un miroir au corps des magistrats »
Créée en 2005, l’entente syndicale fustige le ministère de la justice qui « promet » et « ne cesse de reporter » le désamiantage de l’immeuble de grande...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-2"> ¤ Le projet date de 1973 et prévoit la construction d’un tronçon de 24 kilomètres destiné à désengorger l’A35, qui traverse la préfecture du Bas-Rhin.
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Qu’est-ce que le grand contournement ouest de Strasbourg, où une « ZAD » a été évacuée ?

Le projet date de 1973 et prévoit la construction d’un tronçon de 24 kilomètres destiné à désengorger l’A35, qui traverse la préfecture du Bas-Rhin.



LE MONDE
 |    10.09.2018 à 17h06
 • Mis à jour le
10.09.2018 à 18h47
   





                        



   


Après l’accord définitif donné à la fin du mois d’août par Jean-Luc Marx, préfet de la région Grand Est et du Bas-Rhin, l’intervention des forces de l’ordre était aussi attendue que redoutée. Lundi 10 septembre, aux premières heures de la matinée, plusieurs centaines de gendarmes mobiles ont évacué les manifestants et les occupants de la « zone à défendre » (ZAD) du Moulin, dans la forêt de Kolbsheim, à une quinzaine de kilomètres de Strasbourg.
Ces « zadistes » occupaient le site du chantier du grand contournement ouest de Strasbourg (GCO, ou autoroute A355), voie rapide prévue pour contourner Strasbourg par l’ouest, où la société Arcos, filiale du groupe Vinci et concessionnaire du futur contournement, doit procéder à un déboisement. Les opérations de déboisement avaient été interrompues en septembre 2017 à la demande du ministère de l’environnement, dans l’attente de la fin de l’enquête publique.
Selon la préfecture du Bas-Rhin, l’opération, qui a mobilisé 518 gendarmes, a eu lieu en exécution d’une décision rendue le 20 juin par le tribunal administratif de Strasbourg, ordonnant aux occupants sans autorisation de quitter immédiatement les lieux. Elle a jugé le bilan de l’opération « très satisfaisant car il n’y a pas eu de blessé » ni d’interpellation. Plusieurs élus, dont le maire (sans étiquette) de Kolbsheim, Dany Karcher, ont tenté des négociations pour demander un sursis à l’évacuation, tandis que Martine Wonner, députée (LRM) du Bas-Rhin a demandé « la mise en place d’un moratoire » jusqu’au 14 septembre.
Que prévoit le projet de grand contournement ?
Comme le projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes, le GCO est un projet ancien. En 1973, le schéma directeur d’aménagement et d’urbanisme évoque un projet de contournement de Strasbourg. La première délibération de l’ancienne communauté urbaine sur ce dossier remonte à… trente-sept ans. Le projet a été abandonné puis relancé à la fin des années 1990.
Evalué à 553 millions d’euros
Le GCO, qui devrait être ouvert en 2020, est une rocade à 2 × 2 voies à péage de 24 kilomètres destinée à délester l’autoroute A35 en absorbant le trafic du nord au sud de l’Alsace. L’A35 est l’une des plus fréquentées de France avec 160 000 véhicules par jour, dont 10 % de poids lourds, notaient les Dernières Nouvelles d’Alsace en 2013. Le montant du chantier est évalué à 553 millions d’euros.
Le 31 août, le préfet Jean-Luc Marx annonçait avoir signé deux arrêtés autorisant le concessionnaire Arcos, une filiale de Vinci, et la Sanef, chargée d’un échangeur, à engager des travaux en vue de la construction de la rocade.

        Notre article sur
         

          la reprise du projet de rocade ouest à Strasbourg



Pourquoi est-il critiqué ?
En juin, une commission d’enquête a émis un avis défavorable, par crainte « d’une augmentation des niveaux de pollution atmosphérique », « des impacts […] sur la consommation des espaces agricoles », et « des atteintes aux espèces […] protégées ».
Pour les militants installés depuis un an dans la ZAD du Moulin, le GCO menace directement les forêts de Grittwald et de Kolbsheim, de nombreuses terres agricoles ainsi que des corridors écologiques qui relient des réservoirs de biodiversité et permettent aux espèces animales de se déplacer. Parmi les espèces menacées, les opposants mettent en avant le crapaud vert, le blaireau et le grand hamster d’Alsace.
Plusieurs responsables écologistes, dont l’eurodéputé EELV Yannick Jadot, avaient appelé à la fin d’août Nicolas Hulot, encore ministre de la transition écologique, à s’opposer à ce « grand projet inutile » et dangereux pour l’environnement, comme il s’était « battu contre Notre-Dame-des-Landes ».
Le successeur de M. Hulot, François de Rugy, a déclaré :
« Je vais continuer à regarder ce dossier important qui permet de supprimer une autoroute pénétrante, l’A35, qui traverse le cœur de Strasbourg. Ensuite, j’irai dialoguer avec les personnes, y compris sur place dans les jours ou les semaines qui viennent. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-3"> ¤ « Mon corps est consommé », disait cet Argentin de 53 ans, chargé de remplir d’herbicides les réservoirs des avions d’épandage.
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Mort de Fabian Tomasi, le militant antipesticides dont le corps était devenu une arme

« Mon corps est consommé », disait cet Argentin de 53 ans, chargé de remplir d’herbicides les réservoirs des avions d’épandage.



LE MONDE
 |    10.09.2018 à 14h29
 • Mis à jour le
10.09.2018 à 16h25
    |

            Charlotte Chabas








                        



   


Son corps était devenu une arme. Sa cage thoracique saillante d’où s’échappaient deux maigres bras dont on ne savait plus bien comment ils tenaient là, sa colonne vertébrale boursouflée par les scolioses, ses paupières toujours à vif, ses joues émaciées recouvertes d’une barbe dense. Et, au milieu, une bouche noire, grande ouverte, semblant lutter pour prendre encore une bouffée d’air. C’était le cri de l’Argentine polluée, réplique moderne du chef-d’œuvre d’Edvard Munch. A 53 ans, Fabian Tomasi, devenu un symbole de la lutte contre les pesticides en Argentine, est mort vendredi 7 septembre.
C’est à 23 ans que ce natif de Basavilbaso commence à travailler pour une exploitation agricole de la région d’Entre Rios (Centre-Est). Le jeune homme est chargé de remplir d’herbicides les réservoirs des avions d’épandage qui parcourent les vastes champs de soja de la province, qui ont supplanté progressivement l’élevage bovin traditionnel. Dans ces larges cuves, des mots qu’il ne connaît pas encore : glyphosate, Tordon, propanil, endosulfan, cyperméthrine, 2-4D, méthamidophos, chlorpyriphos, adjuvants, fongicides, Gramoxone…

        Décryptage :
         

          A quoi servent les pesticides, qui se retrouvent dans notre alimentation ?



« Mon corps est consommé, presque sans mobilité »
Diabétique chronique, Fabian Tomasi commence très vite à ressentir des douleurs au bout des doigts. Aucune protection n’est donnée par l’entreprise à ces ouvriers agricoles pourtant en première ligne. Un médecin lui diagnostique une neuropathie et le met sous antalgiques.
Mais c’est une spirale qui ne connaît pas de fin : perte d’élasticité de la peau, diminution de sa capacité pulmonaire, perte de poids sévère, infections dans les coudes, puis les genoux… c’est finalement une polyneuropathie toxique grave qui lui est diagnostiquée, un syndrome neurologique qui l’atteint à 80 % et comprend un ensemble de maladies inflammatoires et dégénératives qui affectent le système nerveux périphérique. « Actuellement, mon corps est consommé, plein de croûtes, presque sans mobilité et le soir j’ai du mal à dormir à cause de la peur de ne pas me réveiller », écrit-il dans une lettre ouverte adressée au site militant La Poderosa. 
Il n’est pas le seul à souffrir. Autour de lui, en 2014, son frère Roberto, qui vit aussi sous les épandages des avions, meurt d’un cancer du foie, après des semaines d’agonie. Dans sa campagne, le nombre de cancers est près de trois fois plus élevé que dans les villes, selon le Réseau des médecins de villages fumigés, qui parle même « d’épidémie ». 
Alors, Fabian Tomasi décide de prendre la parole et se lance dans un combat pour faire reconnaître le lien entre sa maladie et son métier. « Il ne restera personne. Toutes les terres que nous avons ne suffiront pas pour enterrer tous les morts », prédit-il.
« Notre ennemi est devenu trop fort »
Bientôt, le pays apprend à connaître cet ouvrier agricole qui prend la pose devant l’objectif des photographes de la presse internationale, au milieu des champs ou dans la petite cuisine carrelée où il vivait avec sa mère, sa femme et sa fille. « Nous ne sommes pas des écologistes, nous sommes affectés par un système de production qui se soucie plus de remplir les poches de certains que de la santé des gens », disait Fabian Tomasi, régulièrement invité dans les meetings pour expliquer les effets des pesticides sur la santé humaine. 
« Pour que ces substances vous affectent, cela peut prendre une demi-heure, comme trois ans. Cela ne dépend pas du temps, mais du contact avec des substances conçues pour tuer. »
C’est notamment contre le glyphosate que Fabian Tomasi part en guerre, ce produit utilisé à raison de 300 000 tonnes par an par une Argentine dopée au soja transgénique. Quelques mois avant de mourir, l’ancien ouvrier agricole avait témoigné auprès de l’Agence France-Presse que la molécule de Monsanto était « un piège qui nous a été tendu par des gens très puissants ».
« Il n’y a pas de maladie sans poison et il n’y a pas de poison sans cette connivence criminelle entre les entreprises multinationales, l’industrie de la santé, les gouvernements et la justice. Aujourd’hui plus que jamais, nous devons les arrêter et pour cela nous devons nous battre, même dans les pires scénarios, car notre ennemi est devenu trop fort. »
Malgré son combat judiciaire, Fabian Tomasi n’aura pas eu le droit à un procès. Pas plus qu’il n’aura réussi à faire en sorte que l’Argentine adopte une législation nationale pour encadrer l’usage des pesticides. Mais ces dernières années, il aura contribué à faire que certains maires émettent des arrêtés municipaux pour encadrer les épandages, sous la pression de leurs administrés.

        Lire :
         

          Etats-Unis, Argentine, Sri Lanka… le glyphosate face à la justice internationale



A la mi-août, Fabian Tomasi avait salué la condamnation aux Etats-Unis de Monsanto à 289,2 millions de dollars d’amende (248 millions d’euros) au bénéfice d’un jardinier américain, Dewayne « Lee » Johnson. « Je n’ai pas besoin d’argent pour le moment. J’ai besoin de vie, disait-il. Ce ne sont pas des entreprises, ce sont des opérateurs de la mort. (…) Quand je serai parti, continuez de défendre la vérité. »




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-4"> ¤ En Afrique de l’Ouest, les filières de production et de transformation de l’huile de cette plante toxique permettent de remplacer le gasoil.
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Décryptage

Le jatropha, un arbuste au potentiel énergétique prometteur

En Afrique de l’Ouest, les filières de production et de transformation de l’huile de cette plante toxique permettent de remplacer le gasoil.

Par                Marie-Noëlle Reboulet



LE MONDE
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        Le 10.09.2018 à 11h49

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        Mis à jour le 10.09.2018 à 14h57






    
A Taabo, en Côte d’Ivoire, dans une plantation de jatropha.
Crédits : KAMBOU SIA/AFP


Face à la crainte d’une pénurie de combustibles fossiles, les biocarburants (ou agrocarburants) sont ces dernières années apparus comme une solution providentielle en matière d’énergie renouvelable. On les retrouve en Afrique et certains biocarburants dits de première génération sont entrés en phase de culture et de production intensive. Ils se répartissent en deux filières : la filière biodiesel à partir d’esters des huiles de soja, de colza, de palmier à l’huile et de jatropha (ou pourghère), incorporés au diesel dans des proportions de 5 % à 30 %, et la filière méthanol à partir d’alcools issus de la fermentation du sucre de canne, de maïs, de manioc ou de déchets végétaux, mélangés à l’essence.
Ces deux filières connaissent un certain engouement en Afrique. Force est de constater que « le débouché énergétique prend une importance croissante dans l’organisation de la gestion des productions [agricoles]. Il oriente les pratiques agricoles, l’adaptation du matériel végétal, les changements dans l’utilisation des terres et, d’une manière générale, la gestion des flux de matières, tout le long de la chaîne de production et de transformation » (Gazull, 2016).
« Petit poison »
Parmi les agrocarburants, il y a ceux qui échappent à la polémique et qui occupent une place particulière comme source d’énergie à l’échelle du monde rural. Tel est le cas de celui du carburant tiré du pourghère ou Jatropha curcas, un arbuste qui pousse dans les zones semi-arides, et qu’on trouve souvent en haies en Afrique de l’Ouest.
Il fait l’objet d’une exploitation à des fins domestiques. La graine de jatropha fournit, par pression à froid, une huile végétale. Cette huile possède des propriétés relativement proches du gasoil, avec une température d’auto-inflammation plus élevée. Si sa viscosité, également élevée, impose de démarrer les moteurs au gazole pour atteindre 50 °C, au-delà, l’huile de jatropha peut alimenter tous les moteurs villageois, notamment les centrales des kiosques énergétiques et des équipements des miniréseaux, isolément ou en hybride avec le solaire photovoltaïque.

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                La hausse du pétrole, une bouffée d’oxygène pour les biocarburants



Dans les conditions de production du Sahel, un arbre entretenu par un paysan fournit chaque année de 0,5 kg à 0,8 kg de graines et 4 kg de graines donnent un litre d’huile utilisable. Cette huile, dont les qualités antiseptiques et laxatives sont connues des tradipraticiens (ce qui en fait un « petit poison », comme le signifie son nom bambara : bagani), peut aussi servir à d’autres usages, le plus important étant la fabrication de savon.
Plus de 1 600 paysans
La plante, qui peut atteindre jusqu’à cinq mètres de haut dans les pays du Sahel, est peu exigeante en eau et pousse dans des conditions climatiques difficiles. Mais pour qu’elle produise des graines avec des rendements satisfaisants, elle a besoin de sols fertiles, d’eau, d’amendements, de soins et d’entretien (lutte contre les prédateurs, taille et sarclage). Par exemple, au Mali, dans la zone de Koutiala, la filière jatropha concerne plus de 1 600 paysans dans 46 villages, pour plus de 800 000 arbres, deux ateliers de transformation, des utilisateurs d’huile et des utilisateurs des coproduits (tourteaux, résidus de pressages pour l’huile), avec une production annuelle globale de 65 tonnes et 16 000 litres en 2016. Toute la production n’est cependant pas récoltée aujourd’hui en raison des contraintes de main-d’œuvre.

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                Agrocarburants : « Une industrie polluante et non rentable ! »



Dans les pays d’Afrique de l’Ouest, divers projets visent à appuyer la structuration et le développement de la filière biocarburant à base de jatropha produit dans le cadre d’une agriculture paysanne contractualisée, en s’appuyant sur les opérateurs privés implantés localement et les institutions de ces pays chargés de l’élaboration d’une politique publique en faveur d’une filière biocarburant compétitive. Dans les expériences conduites, en particulier depuis 2007 au sud du Mali, au Burkina Faso et au Bénin, la priorité est à la création locale de valeur ajoutée : la production des graines, tout comme leur transformation en huile, mais aussi la production d’engrais organiques avec les tourteaux et de savon avec les résidus de pression, sont prises en charge par des exploitants familiaux, des petits entrepreneurs et des artisans ruraux.
Bénéfices significatifs
Les bénéfices du jatropha sont donc multiples. Mais les défis le sont autant. Sa culture peut soulever la question relative à la concurrence avec les cultures alimentaires pour l’accès à la terre (Dabat, 2011). Cependant, le risque est limité et l’expérience montre que la concurrence ne concerne pas tant le foncier que la disponibilité de la main-d’œuvre pour l’entretien et la récolte. Par ailleurs, si le jatropha est effectivement planté sur des terres agricoles, la tendance est de le planter en haies. Dans une optique agro-écologique, l’agriculture en tire alors des bénéfices significatifs, comme dans la zone cotonnière du sud du Mali : diversification des revenus des paysans, protection des sols et limitation de la divagation des animaux par l’embocagement, enrichissement des sols, utilisation des tourteaux comme engrais organiques. Enfin, du point de vue environnemental, toujours pour une filière courte, la production d’huile pure de jatropha rejette moins de CO2 que le gasoil auquel il se substitue.

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                Les biocarburants émettent plus de CO2 que l’essence et le diesel



Peut-on pour autant affirmer que le jatropha est la solution pour l’électrification rurale ? Après des années d’expérience sur le terrain, nonobstant ses mérites, il apparaît clairement que le jatropha n’est pas la culture énergétique miracle tant attendue par certains. Et cela pour plusieurs raisons. Les rendements varient de manière importante et souvent ne dépassent pas 300 kg/ha pour une densité équivalente à 1 250 plants/ha (source Adecia). Dès lors, la mise en rapport du coût de revient du kilo de graine de jatropha pour les producteurs et de son prix de vente aux opérateurs, inférieur ou égal à 100 francs CFA/kg, met en évidence la faible rentabilité, à ce stade, du segment agricole de la filière. Notamment en comparaison avec les autres systèmes de culture pratiqués dans ces zones, en particulier les cultures de rente telles que le coton, le sésame ou l’anacarde.
Mais le raisonnement ne doit pas se limiter à la microéconomie agricole et intégrer les interactions entre le jatropha et les cultures intercalaires, ainsi que les autres fonctions potentielles (délimitation foncière, propriétés antiérosives) pour l’appréhender dans son ensemble (Geres, 2014). Les perspectives de son utilisation croissante comme source d’énergie sont à rechercher dans la globalité de ses fonctions. Elles sont liées à sa place dans les systèmes agricoles, à ses coproduits et à sa contribution à l’électrification décentralisée en complémentarité du solaire photovoltaïque et d’autres options, qu’il s’agisse de l’éolien, de l’hydroélectriqueou de la biomasse.
Marie-Noëlle Reboulet est présidente du Groupe énergie renouvelable, environnement, solidarités (Geres). Elle a rédigé cet article avec la collaboration de Juliette Darlu, Jérôme Levet, Grégoire Gailly et Benjamin Paillière pour le numéro d’Afrique contemporaine 261-262 traitant de l’énergie en Afrique.


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-5"> ¤ Dans un entretien au « Monde », le ministre de l’écologie rejette les conservatismes et la radicalité, « les deux faces de l’impuissance ».
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-5"> ¤                     
                                                   
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François de Rugy : « Il faut sortir de la guerre de religion sur le nucléaire »

Dans un entretien au « Monde », le ministre de l’écologie rejette les conservatismes et la radicalité, « les deux faces de l’impuissance ».



LE MONDE
 |    10.09.2018 à 11h16
 • Mis à jour le
10.09.2018 à 14h27
    |

                            Nabil Wakim, 
Cédric Pietralunga, 
Simon Roger et 
Rémi Barroux








                        



                                


                            

Le nouveau ministre de l’écologie, François de Rugy, affirme disposer de « quatre années utiles » pour mener à bien la transition écologique et énergétique du pays.
Vous avez accepté de succéder à Nicolas Hulot, ministre populaire et reconnu pour son engagement écologique. Comment comptez-vous réussir là où lui-même dit avoir échoué ?
Je suis conscient que ce n’est pas un ministère facile. Il recouvre des champs très variés avec de gros dossiers comme les transports, l’énergie ou la mer. Il me semble important qu’il ait gardé le même périmètre pour avoir tous ces leviers d’action. Nous sommes confrontés à de nombreuses transformations difficiles à conduire, parce qu’il y a des résistances, des oppositions, des conservatismes, des lobbys. Il peut y avoir le sentiment, et c’était le cas je crois pour mon prédécesseur, d’être seul contre tous.
Le président et le premier ministre m’ont demandé d’assumer cette responsabilité, alors qu’ils savaient que je n’y étais pas candidat. C’est un ministère de mission, j’ai près de quatre années utiles devant moi. Ma conviction, c’est qu’on peut obtenir des résultats avec de la détermination, avec de la méthode. L’écologie est, pour moi, l’engagement d’une vie.
Considérez-vous que Nicolas Hulot a manqué de patience et que vous réussirez, vous, en vous donnant le temps de mener à bien ces transformations ?
Dès le début, Nicolas Hulot a envisagé que ce serait pour un temps court. Je lui avais dit à plusieurs reprises de s’inscrire dans la durée. Il a fait un autre choix. Mais il a un bilan. Il a fait adopter un plan climat dans lequel est inscrite, par exemple, la fermeture accélérée des centrales à charbon. Il a mis en œuvre avec le ministère de l’économie et des finances – la preuve que l’on peut travailler avec lui – la prime à la conversion, qui permet d’inciter les ménages, particulièrement ceux aux revenus modestes, à acquérir des véhicules...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-6"> ¤ Ils accusent VW et sa société mère, Porsche SE, d’avoir informé trop tard des conséquences probables de la manipulation de millions de moteurs diesel.
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Dieselgate : des milliers d’actionnaires allemands réclament 9 milliards d’euros à Volkswagen

Ils accusent VW et sa société mère, Porsche SE, d’avoir informé trop tard des conséquences probables de la manipulation de millions de moteurs diesel.



LE MONDE
 |    10.09.2018 à 11h16
 • Mis à jour le
10.09.2018 à 16h12
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                            Cécile Boutelet (Berlin, correspondance)








                        



   


Impossible, vu l’intérêt suscité par les audiences, de rester dans les locaux étroits du tribunal de Brunswick (Basse-Saxe). Pour accueillir le premier grand procès d’actionnaires contre le groupe Volkswagen (VW), qui s’ouvre lundi 10 septembre, c’est la salle du congrès de la mairie, bien plus vaste, qui a été choisie. Outre le public curieux, le nombre de plaignants est considérable : près de deux mille actionnaires du groupe accusent VW et sa société mère, Porsche SE, d’avoir informé trop tard des conséquences probables de la manipulation de millions de moteurs diesel, en septembre 2015.
Regroupés dans une plainte collective derrière Deka, le fonds d’investissement des caisses d’épargne allemandes, ces actionnaires réclament à VW 9 milliards d’euros de dommages et intérêts. Il y a tout juste trois ans, ils avaient vu s’effondrer en quelques heures la valeur de leur investissement dans le capital du constructeur : le vendredi 18 septembre 2015, l’agence américaine pour l’environnement (EPA) publiait une déclaration (« notice of violation ») accusant Volkswagen d’avoir enfreint pendant plusieurs années les règlements américains en matière de protection de l’environnement, car ses moteurs diesel étaient équipés d’un logiciel illégal. La déclaration avait provoqué un effondrement de plus de 30 % du cours des actions Volkswagen.
Il a fallu attendre le mardi 22 septembre 2015 pour que le groupe publie une déclaration aux actionnaires, reconnaissant que 11 millions de véhicules diesel équipés du moteur EA189 dans le monde étaient « suspects » et annonçant que 6,5 milliards d’euros étaient mis en réserve en prévision d’éventuelles poursuites judiciaires.

        Sur le volet français du scandale :
         

          ce que dit le rapport d’expertise intermédiaire sur PSA et Renault



Insuffisance technologique et manipulation
Pour les actionnaires floués, cette information est arrivée bien trop tard : la direction de Volkswagen devait savoir depuis bien longtemps que ses moteurs diesel ne répondaient pas aux exigences environnementales définies par l’EPA et à quel risque s’exposait le constructeur. La présence d’une insuffisance sur une technologie-clé aurait suffi à faire descendre le cours de l’action, jugent les actionnaires, qui considèrent avoir payé bien trop cher leur investissement dans le groupe allemand.
L’avocat des plaignants, Andreas Tilp, estime que le groupe était conscient depuis 2008 qu’il n’était pas en mesure de mettre au point des moteurs conformes à la législation américaine. C’est ce constat d’échec, argumente-t-il, qui aurait généré la manipulation des moteurs.
Volkswagen ne pouvait anticiper la sévérité accrue des autorités américaines contre les violations de la loi sur l’air, argumentent les avocats du constructeur.
Selon le document qui sert de base à l’accord de compromis conclu début 2017 entre VW et la justice américaine (« statement of facts »), la fraude a en effet débuté le 6 juin 2008, date à laquelle le constructeur présente pour la première fois aux autorités américaines un véhicule équipé d’un logiciel trompeur. Au plus tard en mars 2014, lorsque l’institut américain ICCT révèle que les émissions réelles de gaz polluants des moteurs Volkswagen sont bien supérieures à celles officiellement annoncées, Volkswagen a commencé à dissimuler la vérité, jugent les plaignants.
Volkswagen, de son côté, voit évidemment les choses d’un autre œil. Le groupe considère que le procès qui s’ouvre à Brunswick n’est pas celui de toute l’affaire « dieselgate » et de ce que savaient ses responsables. La seule question, argumente l’avocat du groupe, Markus Pfüller, est de savoir si le groupe a correctement rempli son obligation d’information vis-à-vis des actionnaires. « Nous sommes convaincus que c’est le cas », estime M. Pfüller.
L’avocat dispose d’un argument qui pourrait jouer un rôle déterminant : le renforcement du régime d’amende des autorités américaines en cas de violation de la loi sur la pollution de l’air. Car, jusqu’à l’affaire Volkswagen, l’amende la plus forte jamais infligée dans le cas d’une violation similaire était relativement modeste – autour de 100 millions d’euros. C’est en tout cas la somme que le groupe sud-coréen Hyundai-Kia avait dû payer en 2014 aux autorités américaines, lorsqu’il fut établi qu’il avait donné de fausses informations sur la consommation de carburant de 1,2 million de ses véhicules, soit 85 euros par voiture. Mais l’affaire Volkswagen marque un changement de paradigme : les autorités américaines décident pour la première fois de punir bien plus lourdement les atteintes à l’environnement – la somme évoquée par l’EPA est alors de 37 500 euros par véhicule.
Un procès prévu pour plusieurs années
Volkswagen, argumentent les juristes du constructeur, n’aurait pas pu anticiper cette nouvelle sévérité. Le risque d’une amende de 100 millions d’euros ne nécessitait pas d’information aux actionnaires au vu du chiffre d’affaires du groupe, qui dépasse les 200 milliards d’euros. « Les juristes de VW ont tablé sur le fait, en août 2015, que les conséquences financières potentielles de la question du diesel seraient de taille raisonnable, puisque seuls 485 000 véhicules diesel aux Etats-Unis étaient concernés, » expliquent les avocats du groupe.
Certes, certains représentants du groupe avaient reconnu des infractions au droit américain dès le 3 septembre 2015, mais « les conséquences financières concrètes étaient encore incertaines ». Ce n’est que le 22 septembre 2015, quand l’ampleur des risques a été connue, que la direction a envoyé une information aux actionnaires.
L’argument sera-t-il entendu par les juges de Brunswick ? S’il est établi que Volkswagen, quelle que soit l’énormité de sa faute sur le fond, n’a pas enfreint délibérément les règles d’informations boursières, les actionnaires pourraient repartir les mains vides. Le procès doit durer plusieurs années.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-7"> ¤ Si François de Rugy, le successeur de Hulot, est réputé plus souple, ses convictions antinucléaires vont à l’encontre de la volonté de Macron de relancer cette filière, explique, dans sa chronique, Jean-Michel Bezat, journaliste au « Monde ».
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« Sur le nucléaire, un profond désaccord subsistera au sommet de l’Etat »

Si François de Rugy, le successeur de Hulot, est réputé plus souple, ses convictions antinucléaires vont à l’encontre de la volonté de Macron de relancer cette filière, explique, dans sa chronique, Jean-Michel Bezat, journaliste au « Monde ».



LE MONDE
 |    10.09.2018 à 10h44
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            Jean-Michel Bezat








                        



                                


                            

Nicolas Hulot soupirait souvent, la mine triste et le verbe las, en déambulant sous les ors de son ministère, l’hôtel de Roquelaure, à Paris. Depuis un an, il sentait bien que le compromis virait à la compromission. Le glyphosate, l’accord de libre-échange UE-Canada, la Montagne d’or en Guyane, le nucléaire, la chasse… Parfois, le ministre de la transition écologique et solidaire se lâchait devant un journaliste. « Je suis dans un putain de dilemme », notamment sur le nucléaire, confiait-il encore le 2 août à une journaliste de Libération, qui publiera ses états d’âme au lendemain de sa démission : « Soit je m’en vais, et ce sera bien pire, il y aura trois EPR de plus dans les prochaines années. Soit je reste, et il n’y aura pas le grand soir. »
Le grand soir attendra. Pour remplacer le saint Sébastien de l’écologie, Emmanuel Macron n’a pas réussi à convaincre un Vert de stricte observance de renier sa foi antinucléaire. Quel trophée – mais quel risque – s’il avait décroché Daniel Cohn-Bendit ! Et quelle cacophonie s’il avait nommé Pascal Canfin, le patron de WWF France pressenti pour le poste, qui dénonce « une énergie du passé », là où le président voit « un choix d’avenir » ! Peu de risque de dissonance avec le successeur de Hulot, François de Rugy, dont l’échine est plus souple et le propos moins apocalyptique.

Ses convictions antinucléaires, l’ex-président de l’Assemblée nationale les affirme pourtant depuis longtemps. Celui que ses détracteurs accusent d’être un défroqué de la vraie écologie s’était prononcé en 2016 pour « la disparition du nucléaire à horizon 2040 », dénonçant le candidat Macron comme un homme du passé sur ce point. A peine nommé, Rugy a admis qu’il n’est « pas simple » de dresser la liste des centrales à fermer. Et prudemment renvoyé à la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), qui doit être dévoilée fin octobre.
La troisième...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-8"> ¤ Plus aucune victime n’est portée disparue après le tremblement de terre de magnitude 6,6 qui a touché l’île de Hokkaido jeudi. 2 700 personnes sont encore hébergées dans des refuges.
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Séisme au Japon : le bilan s’élève à 44 morts

Plus aucune victime n’est portée disparue après le tremblement de terre de magnitude 6,6 qui a touché l’île de Hokkaido jeudi. 2 700 personnes sont encore hébergées dans des refuges.



LE MONDE
 |    10.09.2018 à 08h47
 • Mis à jour le
10.09.2018 à 08h54
   





                        



   


Le bilan du séisme de magnitude 6,6, qui a frappé jeudi 6 septembre l’île de Hokkaido, dans le nord du Japon, s’établit désormais à 44 morts et plus aucune personne n’est portée disparue, a annoncé le gouvernement lundi 10 septembre.
Environ 40 000 secouristes (pompiers, policiers, soldats) restent, cependant, sur place pour apporter de l’aide aux habitants, dont plus de 2 700 sont encore hébergés dans des refuges.
La majorité des décès ont été recensés dans le village d’Atsuma, niché au pied des montagnes, où des maisons ont été ensevelies par un énorme glissement de terrain provoqué par le tremblement de terre.
Précipitations attendues
« Le gouvernement va prendre toutes les mesures nécessaires afin que chacun puisse retrouver une vie normale et sûre dès que possible », a déclaré le porte-parole du gouvernement, Yoshihide Suga, lors d’un point de presse. Il a aussi appelé les habitants à être vigilants, alors que des précipitations sont attendues dans la région, ce qui pourrait entraîner des coulées de boue.
Le premier ministre, Shinzo Abe, qui s’était rendu dimanche sur place, a promis de « faire de son mieux » pour remettre en état les régions affectées par les récentes catastrophes naturelles.
Le Japon est situé à la jonction de quatre plaques tectoniques et subit chaque année quelque 20 % des séismes les plus forts recensés dans le monde. Juste avant le séisme de Hokkaido, l’ouest du pays avait été touché par un violent typhon qui a fait onze morts et conduit à la fermeture de l’aéroport du Kansai (Osaka).
Début juillet, l’archipel a également subi des pluies d’une ampleur exceptionnelle qui avaient provoqué inondations et glissements de terrain, tuant plus de 220 personnes.

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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-9"> ¤ Près de 200 personnes s’opposaient au démarrage du chantier d’une autoroute de 24 kilomètres, qui doit contourner la ville à l’ouest.
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Opération d’évacuation d’une ZAD près de Strasbourg

Près de 200 personnes s’opposaient au démarrage du chantier d’une autoroute de 24 kilomètres, qui doit contourner la ville à l’ouest.



LE MONDE
 |    10.09.2018 à 06h39
 • Mis à jour le
10.09.2018 à 14h28
   





                        



   


Plus de 500 gendarmes mobiles ont évacué à l’aube, lundi 10 septembre, quelque 200 « zadistes » qui tentaient de s’opposer au démarrage du chantier d’une rocade autoroutière autour de Strasbourg.
Les forces de l’ordre sont intervenues pour repousser à l’aide de leurs boucliers et de gaz lacrymogène une centaine de manifestants massés aux abords de cette « zone à défendre » (ZAD) jusqu’à l’entrée du village de Kolbsheim, quelques centaines de mètres plus loin.
Constructions en cours de démolition
Les gendarmes se sont attaqués avec des tronçonneuses aux barricades de fortune, faites de bois et de pneus, que les opposants avaient érigées sur la route départementale 93 survolée sans discontinuer par un hélicoptère. Un gendarme a également utilisé un coupe-boulon pour sectionner la chaîne qui liait une manifestante à un arbre, tandis que des dizaines d’autres membres des forces de l’ordre se tenaient prêts à intervenir, aux abords d’un moulin où se sont barricadés des manifestants.
Deux heures après le début de l’intervention, le périmètre de la ZAD était bouclé par les forces de l’ordre et, selon plusieurs militants, plus personne n’était présent sur le site. « Les occupants irréguliers ont été écartés » et « les constructions illégales sont en cours de démolition », a confirmé la préfecture dans un communiqué. Il n’y a pas eu d’interpellation, a-t-elle précisé.
Dany Karcher, le maire de Kolbsheim, commune sur laquelle la ZAD était installée depuis près d’un an, et plusieurs autres élus ont commencé des discussions avec la gendarmerie et le secrétaire général de la préfecture du Bas-Rhin, Yves Séguy. « Tout ce que nous demandons, (…) c’est qu’on reporte les éventuels travaux », le temps que tous les recours judiciaires aient été jugés, a déclaré Dany Karcher. « La résistance est là », a lancé le maire, dénonçant « la violence, du côté des forces de l’ordre » et l’usage de gaz lacrymogène contre les élus.
Projet abandonné et relancé depuis les années 70
Après une suspension d’un an du projet, le préfet de la région Grand Est, Jean-Luc Marx, avait finalement donné à la fin d’août son accord à la construction par une filiale du groupe Vinci et la Sanef de ce contournement autoroutier de 24 kilomètres, à l’ouest de Strasbourg.
Le grand contournement ouest de Strasbourg (GCO), évoqué dès les années 1970, régulièrement abandonné avant d’être relancé à la fin des années 1990, a pour but de délester l’autoroute 35 (A35) en absorbant le trafic du nord au sud de l’Alsace.
Les détracteurs du projet soulignent qu’il entraînera la consommation de nombreuses terres agricoles et la mise en danger d’espèces protégées, dont le grand hamster d’Alsace.
Plusieurs responsables écologistes, dont l’eurodéputé Europe Ecologie-Les Verts Yannick Jadot, avaient appelé à la fin d’août Nicolas Hulot, encore ministre de la transition écologique, à s’opposer à ce « grand projet inutile » et dangereux pour l’environnement, comme il s’était « battu contre Notre-Dame-des-Landes ». Les travaux devraient commencer par des opérations de déboisement et de fouilles archéologiques.

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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-10"> ¤ Le Centre national des ouragans appelle les localités « le long de la côte est, particulièrement de la Floride jusqu’à la Caroline du Nord, à suivre avec attention la progression » de la perturbation.
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Etats-Unis : avec des vents de 195 km/h, l’ouragan Florence élevé en catégorie 4

Le Centre national des ouragans appelle les localités « le long de la côte est, particulièrement de la Floride jusqu’à la Caroline du Nord, à suivre avec attention la progression » de la perturbation.



LE MONDE
 |    10.09.2018 à 01h35
 • Mis à jour le
10.09.2018 à 18h16
   





                        



   


L’ouragan Florence, qui s’apporche de la côte est des Etats-Unis, a été élevé lundi à la catégorie 4, avec des vents atteignant les 195 km/h, a annoncé le Centre national des ouragans (NHC), en appelant la population à se préparer.
Trois Etats américains, la Caroline du Nord, la Caroline du Sud et la Virginie ont déjà déclaré l’état d’urgence pour se préparer à l’impact de Florence, passé en catégorie 4 sur l’échelle de Saffir-Simpson, qui en compte cinq.
La marine américaine a de son côté ordonné à tous ses navires de quitter la zone de Hampton Roads en prévision de l’ouragan Florence.
Florence était le premier ouragan de catégorie 4 de la saison mais s’était affaibli au contact d’eaux plus froides. Or, désormais, il entre dans une zone plus chaude, selon les météorologistes.
Le NHC appelle les localités « le long de la côte est, particulièrement de la Floride jusqu’à la Caroline du Nord, à suivre avec attention la progression de Florence et s’assurer que les plans ouragan sont en place ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-11"> ¤ Le cerveau, l’espace, l’océan. Trois thèmes à travers lesquels le festival Novaq, le grand rendez-vous de l’innovation en Nouvelle-Aquitaine, explore les perspectives d’un avenir meilleur.
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Imaginer demain

Le cerveau, l’espace, l’océan. Trois thèmes à travers lesquels le festival Novaq, le grand rendez-vous de l’innovation en Nouvelle-Aquitaine, explore les perspectives d’un avenir meilleur.



LE MONDE
 |    09.09.2018 à 10h00
 • Mis à jour le
10.09.2018 à 09h42
   





                        



   


L’innovation doit-elle servir à ­inventer un autre monde, ou à empêcher celui-ci de se déliter ? A soutenir des structures existantes et à rendre nos modes de vie plus durables, ou bien à ouvrir des voies neuves et révolutionnaires ? Faut-il innover pour remédier aux maux de la société, ou pour maintenir notre modèle ­productif, qui s’en alimente pour subsister ? De grandes questions qui seront au cœur de Novaq, un festival de l’innovation ouvert à tous et qui se déroule à Bordeaux.
Sur scène, défileront aussi bien des ­patrons d’entreprise que des philosophes, des chercheurs, des aventuriers, des inventeurs ou des artistes.
Partenaire de cette première édition, Le Monde a imaginé une programmation de conférences autour de trois grands domaines : l’intelligence artificielle et le cerveau ; la conquête spatiale ; les océans. Avec un principe : la diversité des formats et des approches. Sur scène, défileront aussi bien des ­patrons d’entreprise que des philosophes, des chercheurs, des aventuriers, des inventeurs ou des artistes. Ils interviendront à plusieurs ou en duo, mais aussi façon pitch, en vidéo, en tête à tête avec un journaliste, ou encore face aux questions du public.
Ethique et intelligence artificelle
Lors de la première matinée, jeudi 13 septembre, seront évoqués les dernières avancées de l’intelligence artificielle et son impact dans des domaines aussi divers que la production industrielle, la recherche pharmaceutique et les transports urbains. Le directeur du laboratoire spécialisé en intelligence artificielle de Facebook expliquera la manière dont l’entreprise aux deux milliards d’utilisateurs conçoit sa responsabilité éthique.
Autres thématiques : la ville connectée, ses promesses et ses dangers à l’heure où le numérique doublonne de plus en plus nos expériences urbaines ; l’éducation, les limites et espérances des technologies pour améliorer nos capacités d’apprentissage, même dans le domaine des savoir-être ; enfin, la médecine et ses progrès pour « augmenter » les capacités du corps humain.
Les nouveaux acteurs de la conquête spatiale

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La conquête spatiale berce nos rêves depuis l’enfance : elle sera au cœur des discussions du jeudi après-midi. Le secteur est bouleversé par l’arrivée de nouveaux acteurs, à commencer par l’américain SpaceX, et par une constellation de récentes start-up nées avec la miniaturisation des satellites et des lanceurs. A la clé, des applications de plus en plus variées : agriculture de précision, surveillance du changement climatique, accès à Internet… Un chamboulement qui oblige les anciens acteurs, comme Arianespace, que représentera sa ­vice-présidente, à se repositionner.

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Des innovations « bio-inspirées »
Comment mieux utiliser les ressources marines sans menacer cet écosystème ?
Le vendredi sera consacré à ­réfléchir à un patrimoine commun : les océans. Comment les protéger de la pollution, en particulier celle des plastiques formant un « septième continent » ? Comment mieux utiliser les ressources marines sans menacer cet écosystème ? Qu’en est-il des innovations « bio-inspirées », comme la création de pesticides à base de microalgues, de bactéries luminescentes pour éclairer les villes ou encore de l’invention d’un « sang universel » issu d’un ver marin ? La recherche dans ce domaine avance à grands pas. Mais dans ce secteur comme ailleurs, innovation ne rime pas toujours avec amélioration. La fondatrice de l’ONG Bloom, qui lutte notamment contre la pêche électrique, sera là pour le rappeler.

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Novaq se poursuivra jusqu’au samedi soir, avec d’autres ateliers, conférences et présentations. Toujours dans un esprit d’ouverture et de science joyeuse, où l’idée de progrès est inséparable de celle d’un développement durable et responsable.
Ce supplément a été réalisé dans le cadre d’un partenariat avec la région Nouvelle-Aquitaine.
L’espace, le cerveau et l’océan seront les grandes thématiques abordées lors du Festival de l’innovation Novaq.
Les 13 et 14 septembre, la région Nouvelle-Aquitaine, en partenariat avec Le Monde, organise deux jours de débats, conférences, pitchs et ateliers au H14, à Bordeaux.
Scientifiques, experts, entrepreneurs échangeront autour de trois grands thèmes : le cerveau, l’espace et l’océan. Fil rouge de cette édition : l’innovation au service de l’humain.
Programme et inscriptions ici



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-12"> ¤ Le photographe Samuel Bollendorff et des journalistes du « Monde » ont enquêté en sept chapitres sur les ravages irréversibles de l’activité humaine.
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<article-nb="2018/09/10/19-13">
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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-13"> ¤ « Le Monde » s’est associé au photojournaliste Samuel Bollendorff pour publier, du 1er au 8 septembre, une série de sept reportages en territoires contaminés.
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Contaminations : retrouvez le making-of de notre série

« Le Monde » s’est associé au photojournaliste Samuel Bollendorff pour publier, du 1er au 8 septembre, une série de sept reportages en territoires contaminés.



LE MONDE
 |    09.09.2018 à 08h32
   





                        


Industrie chimique en Russie, fleuve contaminé au Brésil, radioactivité au Japon… Le Monde s’est associé au photojournaliste Samuel Bollendorff pour publier, du 1er au 8 septembre, une série de sept reportages en territoires contaminés. Retrouvez dans cet article les vidéos making-of réalisées avec nos envoyés spéciaux.
Samuel Bollendorff : « J’ai vu combien la terre et petite et malmenée »

« A Anniston, Monsanto a déversé pendant 40 ans ses PCB dans la nature »

« A Dzerjinsk, en Russie, un trou noir d’hydrocarbure qui saisit à la gorge »

« La catastrophe du Rio Doce a brisé des vies à tout jamais »

« A Fukushima, le gouvernement pousse les habitants à retourner vivre en zone irradiée »

« Dans l’Alberta, au Canada, la population est victime et dépendante du pétrole »

« Nous avons navigué sur l’immense « soupe de plastique » du Pacifique »




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-14"> ¤ Dans les coulisses du septième et dernier reportage de notre série « Contaminations » sur le plus vaste océan du globe.
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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-15"> ¤ Dans une centaine de pays, des milliers de personnes se sont rassemblées samedi dans le cadre de l’appel baptisé « Rise for climate » (« Debout pour le climat »).
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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-16"> ¤ Initiateur de l’avion solaire Solar Impulse, le psychiatre et aventurier suisse veut promouvoir 1 000 innovations écologiques auprès des Etats et industriels.
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Bertrand Piccard : « Il existe des solutions environnementales rentables »

Initiateur de l’avion solaire Solar Impulse, le psychiatre et aventurier suisse veut promouvoir 1 000 innovations écologiques auprès des Etats et industriels.



LE MONDE
 |    08.09.2018 à 15h00
 • Mis à jour le
08.09.2018 à 15h23
    |

            Jessica Gourdon








                        



   


Apeine a-t-il fini son discours qu’une nuée de fans se pressent à sa ­rencontre. Bertrand Piccard est à son aise. « Il faut que j’aille chez vous en Suisse pour qu’on réussisse à se parler ? », lui lance Eric Léandri, le patron de Qwant.
Ce mardi 28 août, à l’université d’été du Medef, le psychiatre et aventurier helvète, mondialement célèbre grâce à son tour du monde dans son avion solaire Solar Impulse, était en terrain conquis. Un peu plus tôt, il ­déroulait son exposé sur scène façon gourou, avec son allure athlétique, sa chemise cintrée à col mao et son micro serre-tête. Le credo du jeune sexagénaire à l’accent chantant : il est possible de concilier profit et écologie. C’est même la seule manière, ­selon lui, de faire avancer la cause du développement durable. Un message « patron compatible » : pour parler à l’adversaire, il est nécessaire d’adopter son langage, assure-t-il.
Sa nouvelle fondation, qui emploie 40 personnes à Lausanne, se fixe un objectif : labelliser 1 000 innovations écologiques et rentables. Une fois ce travail achevé, Bertrand Piccard fera un tour du monde pour les présenter aux gouvernements et aux entreprises.

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                « Le but de Solar Impulse, c’est de prôner et de développer l’utilisation des technologies propres »



Malgré l’état préoccupant de notre planète, les enjeux écologiques sont loin d’être au cœur de la stratégie des entreprises. Est-il possible de les concilier ?
Il existe un grand malentendu entre les industriels d’un côté, qui mettent en avant l’emploi et la croissance qu’ils créent, et les écologistes de l’autre, qui insistent sur l’urgence de la crise planétaire. Mon message, c’est de montrer que les deux ont raison. Il existe des solutions environnementales rentables, d’autres non. Il existe des solutions industrielles polluantes, et d’autres qui le sont beaucoup moins. Tout l’enjeu est d’agir à l’intersection de deux domaines, grâce à de nouvelles technologies propres qui existent déjà, qui sont rentables, créent des emplois et de la croissance. Et pourtant, ce sont les vieilles méthodes polluantes que l’on continue d’employer.
« Mon message, c’est de montrer que les deux ont raison, les industriels comme les écologistes. »
A quelles technologies ­écologiques pensez-vous ?
Les énergies renouvelables, les transports électriques, les pompes à chaleur, les technologies pour maîtriser la consommation des bâtiments ou des véhicules, éclairer les villes à la demande, les matériaux plus durables et ­requérant moins d’énergie… Une entreprise a inventé un système de climatisation qui utilise la fraîcheur du fond des océans pour ­refroidir des bâtiments. J’ai visité un grand hôtel qui l’utilise : ils ont économisé 85 000 euros par mois en électricité. Autre exemple : Cgon, une start-up anglaise, a conçu un boîtier à connecter à son moteur qui diminue de 80 % les émissions de particules fines et fait baisser la consommation de carburant grâce à un système d’électrolyse.
Si ces solutions sont si ­rentables, comment expliquez-vous qu’elles ne soient pas la norme ?
D’abord, à cause du manque de communication : on ne les connaît pas. Ensuite, par la difficulté à faire changer les mentalités. Un chef d’entreprise a souvent peur de la disruption. Il faut réussir à lui montrer que c’est un avantage pour lui de le faire, mais la force d’inertie est terrible. Enfin, par la réglementation. Il est urgent de créer des lois modernes poussant à l’utilisation de ces technologies propres.
Il est urgent de créer des lois modernes poussant à l’utilisation de ces technologies propres.
Il y a des tas d’innovations qui se trouvent sans débouchés car nos réglementations sont archaïques. Ces règles ne doivent doit pas être considérées comme des freins pour les entreprises, mais comme une opportunité pour faire autrement. Prenez la taxe carbone. La Suède est l’un des pays qui ont les taxes les plus élevées. Cette ­contrainte a poussé les industriels à revoir leurs modes de production, et cela n’a pas affecté leur compétitivité sur le marché mondial, au contraire.
Cela fait beaucoup d’obstacles…
Le changement vient d’individus qui ont le courage d’essayer quelque chose de nouveau. Solar Impulse, c’était ça. Aucun constructeur d’avion n’y croyait. C’est un fabricant de bateaux qui a créé notre modèle. Aujourd’hui, tous les constructeurs aéronautiques réfléchissent à l’aviation électrique. La Norvège veut des vols intérieurs 100 % électriques d’ici à 2040. Tous ceux qui se sont moqués de moi il y a quinze ans travaillent dessus.

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                Des transports plus écolos, un défi pour le tourisme



En fait, je crois que ceux qui vont résister à tous ces changements vont disparaître. D’ici cinq ans, les Chinois vont amener en Europe des véhicules électriques à 15 000 euros. Ceux qui ne se seront pas adaptés seront en difficulté. Nos moteurs à combustion, nos ampoules à incandescence et nos énergies fossiles ont pris leur essor en 1880, ce sont des systèmes ­archaïques. Nous avons les technologies qui permettent de diviser par deux les émissions de carbone. Le tout est qu’elles se diffusent.
« Nous avons les technologies qui permettent de diviser par deux les émissions de carbone. Le tout est qu’elles se diffusent. »
Comment va se dérouler la labellisation des 1 000 innovations écologiques par votre fondation ?
Notre équipe d’évaluateurs va analyser ces innovations et labelliser celles qui répondent à nos grilles, dans les domaines de l’eau, l’énergie, les villes, l’agriculture et les process industriels. Un de nos critères, c’est qu’il faut qu’elles soient rentables en moins de quatre ans. L’année prochaine, je ferai un tour du monde pour les présenter aux gouvernements et aux industriels. Mon but, c’est de tirer ces solutions méconnues vers le marché. Je n’ai aucun intérêt personnel à le faire. Je veux juste profiter de ma notoriété pour montrer que les technologies propres peuvent faire des choses que l’on croit impossible.
Dans son essai sur la « face ­cachée de la transition énergétique », Guillaume Pitron ­montre qu’elle implique de piller toujours plus de ressources minières, notamment pour fabriquer les batteries. Qu’en pensez-vous ?
Ce livre met en évidence la ­nécessité d’encadrer l’exploitation minière. On ne peut pas faire n’importe quoi. Mais cela ne doit pas invalider la nécessité de poursuivre la transition énergétique. La pollution créée par ces mines est localisée, et doit être surveillée. J’aime mieux quelques mines de cobalt de plus que quelques degrés de plus dans l’atmosphère.

   


L’innovation sera l’une des grandes thématiques abordées lors du Festival de l’innovation Novaq.
Les 13 et 14 septembre, la région Nouvelle-Aquitaine, en partenariat avec Le Monde, organise deux jours de débats, conférences, pitchs et ateliers au Hangar 14, à Bordeaux.
Scientifiques, experts, entrepreneurs échangeront autour de trois grands thèmes : le cerveau, l’espace et l’océan. Fil rouge de cette édition : l’innovation au service de l’humain.
Programme et inscriptions ici



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-17"> ¤ Le gouvernement lance une campagne de communication, mais les budgets sont jugés insuffisants pour tenir les objectifs.
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Rénovation énergétique : Contre les passoires thermiques, des moyens incertains

Le gouvernement lance une campagne de communication, mais les budgets sont jugés insuffisants pour tenir les objectifs.



LE MONDE
 |    08.09.2018 à 11h12
 • Mis à jour le
10.09.2018 à 12h45
    |

            Grégoire Allix








                        



                                


                            

Changer ses fenêtres, isoler ses combles, remplacer sa chaudière… une campagne nationale en faveur de la rénovation énergétique des bâtiments, qui doit être lancée lundi 10 septembre, veut convaincre les Français de passer enfin à l’action.
Elle tombe pourtant à un drôle de moment : deux semaines plus tôt, le 28 août, Nicolas Hulot claquait la porte du ministère de la transition écologique, avec notamment ces mots sur l’antenne de France Inter : « On veut rénover 500 000 passoires thermiques [par an]. Or, on a baissé de moitié les moyens pour rénover ces bâtiments. Je sais déjà, au moment d’acter ce plan de rénovation, que l’on ne pourra pas atteindre les objectifs. » Difficile de motiver les foules quand le meneur lui-même n’y croit plus…
L’enjeu ne fait pas débat : sur un parc de 35 millions de logements, la France compte 7,5 millions de « passoires » – étiquetés F ou G, soit les moins bonnes notes du diagnostic énergétique. Or les bâtiments représentent 45 % de la consommation d’énergie et un quart des émissions de gaz à effet de serre dans l’Hexagone. Et les constructions neuves aux dernières normes thermiques ne représentent que 1 % du parc chaque année. Autant dire qu’on n’atteindra pas les objectifs de neutralité carbone en 2050 sans une rénovation massive des bâtiments existants. Il faut qu’à cette échéance l’intégralité du parc immobilier atteigne la norme bâtiment basse consommation (BBC).
« En réalité, c’est un budget en baisse »
C’était bien l’objectif du plan dévoilé le 26 avril, après des mois de concertation, par Nicolas Hulot et Jacques Mézard, ministre de la cohésion des territoires. En 12 actions et 32 mesures, il se donne pour ambition de rénover 500 000 logements chaque année – dont 100 000 logements sociaux – et un quart des bâtiments publics sur le quinquennat. Budget : 14 milliards d’euros sur cinq ans, plus 5 milliards d’euros de certificats d’économies d’énergie.
Insuffisant, pour beaucoup...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-18"> ¤ Une pétition concernant Le Havre témoigne de la difficulté des collectivités à lutter contre les désherbants de synthèse sans provoquer la grogne d’une frange de la population, explique, dans sa chronique, Frédéric Potet, journaliste au « Monde »
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« La tolérance aux mauvaises herbes rentre dans les mœurs, sauf pour les cimetières »

Une pétition concernant Le Havre témoigne de la difficulté des collectivités à lutter contre les désherbants de synthèse sans provoquer la grogne d’une frange de la population, explique, dans sa chronique, Frédéric Potet, journaliste au « Monde »



LE MONDE
 |    08.09.2018 à 11h02
    |

            Frédéric Potet








                        



                                


                            

Mauvaises herbes, mauvaise réputation. Celles qu’il faudrait en fait appeler « adventices » sont la cible, dans l’espace public, à la ville comme à la campagne, d’un combat sans cesse renouvelé, auquel la chimie a largement contribué avec ses produits phytosanitaires. Ceci est tout particulièrement vrai dans les cimetières, lieux de recueillement au milieu desquels l’œil supporte difficilement la présence de ces intrus végétaux venant perturber la sobriété apaisante des alignements de sépultures. Le respect des défunts s’accommode mal du chiendent. Lui, en revanche, n’a que faire des tombes, et prolifère à la première occasion climatique.
Au Havre, une poussée exceptionnelle de mauvaises herbes s’est répandue ces derniers mois, conséquence d’un printemps et d’un été où les pluies abondantes ont alterné avec les fortes températures. Avec leurs dallages en béton qui renvoient la chaleur, les sept cimetières de la ville ont été littéralement envahis. Le pissenlit a essaimé, le liseron s’est déployé, le plantain démultiplié, au grand dam des jardiniers de la ville. Des visiteurs également. Une pétition en ligne a été lancée fin août par des visiteurs mécontents pour dénoncer l’impuissance des services municipaux face à cette éruption d’herbacées peu compatible avec la dignité recherchée des lieux. Plus de 1 300 personnes l’ont signée à ce jour.
Atteindre le zéro pesticide
Le sujet n’est pas une « affaire » dans la cité normande, dont Edouard Philippe fut le maire entre 2010 et mai 2017, date de sa nomination à Matignon. Mais elle témoigne de la difficulté des collectivités à lutter contre les désherbants de synthèse sans provoquer la grogne d’une frange de la population attentive à l’entretien des espaces verts. Le Havre n’a pas totalement renoncé au glyphosate et à ses dérivés, mais en a réduit l’usage : deux cimetières de la ville ne sont plus traités ; les autres le sont encore, mais à moindre dose qu’auparavant. La prolifération d’adventices,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-19"> ¤ RATP Dev espère rafler 100  millions d’euros de chiffre d’affaires à sa rivale en  2019.
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Transport public : la RATP vient défier Keolis-SNCF sur ses terres du Grand Ouest

RATP Dev espère rafler 100  millions d’euros de chiffre d’affaires à sa rivale en  2019.



LE MONDE
 |    08.09.2018 à 11h00
    |

                            Éric Béziat








                        



                                


                            

Cap à l’ouest ! Après avoir conquis Vannes en 2017, Lorient en 2018, RATP Dev se verrait bien vainqueur à Brest en 2019. La filiale de la célèbre régie du métro parisien remettra début octobre une proposition chiffrée à la métropole de Brest pour être opérateur du réseau Bibus de l’agglomération bretonne, un marché de 40 millions d’euros détenu depuis des décennies par la SNCF, par l’intermédiaire de sa filiale de transport public urbain Keolis.
Un match SNCF-RATP pour savoir qui va faire fonctionner une vingtaine de lignes de bus, une ligne de tramway et un téléphérique urbain dans le Finistère, voilà de quoi surprendre. Rien de plus banal en réalité. Les appels du transport public des villes françaises sont en effet fréquemment le théâtre d’un jeu à trois acteurs : une rude concurrence à laquelle se livrent les deux leaders Keolis et Transdev (filiale de la Caisse des dépôts), et le challenger RATP Dev.
« RATP Dev ? Quand ils vous tiennent, ils ne vous lâchent pas », dit Pierre Le Bodo, président centriste de Golfe du Morbihan-Vannes agglomération, se remémorant sourire aux lèvres les âpres négociations de 2016, lorsque la filiale de la régie parisienne a raflé à Transdev le marché des transports publics de la métropole morbihannaise que l’opérateur sortant gérait pourtant depuis quarante ans.
Une sélection attentive des cibles
C’est que la petite nouvelle a très faim. Créée par sa maison mère ex nihilo il y a quinze ans pour pouvoir se développer hors région parisienne, RATP Dev a une feuille de route ambitieuse. L’entreprise, dirigée par une femme, Laurence Batlle, génère aujourd’hui 1,2 milliard d’euros de chiffre d’affaires (contre 6,6 et 5,4 pour Transdev et Keolis) et a pour objectif d’atteindre les 2,2 milliards en 2022.
Dans ce contexte, RATP Dev a décidé de faire du Grand Ouest une terre de conquêtes. Or, l’entreprise parisienne vient planter ses petits drapeaux sur un territoire où Keolis-SNCF est solidement...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-20"> ¤ Marjolaine Meynier-Millefert, députée (LRM) de l’Isère, copréside le comité de pilotage du plan de rénovation énergétique des bâtiments.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-20"> ¤                     
                                                   
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« Il y a un manque de portage politique sur la rénovation énergétique »

Marjolaine Meynier-Millefert, députée (LRM) de l’Isère, copréside le comité de pilotage du plan de rénovation énergétique des bâtiments.



LE MONDE
 |    08.09.2018 à 10h12
 • Mis à jour le
10.09.2018 à 09h41
    |

            Grégoire Allix








                        



                                


                            

Députée (La République en marche) de l’Isère, Marjolaine Meynier-Millefert copréside le comité de pilotage du plan de rénovation énergétique des bâtiments. Elle plaide pour des moyens financiers accrus et un portage politique renforcé.
Avez-vous été surprise par les propos de Nicolas Hulot, qui a estimé en annonçant sa démission qu’on ne tiendrait pas les objectifs du plan de rénovation des bâtiments faute de moyens ?
Non, Nicolas Hulot est plutôt dans le vrai. Je partage sa frustration. Ce n’est pas que rien n’est fait : beaucoup d’argent a été mis sur la table à l’occasion de ce plan, beaucoup d’actions lancées. Mais quand on compare les ambitions et les moyens, on ne peut que constater que nous ne sommes pas cohérents. Les moyens ont été réduits de moitié sur le crédit d’impôt transition énergétique, on n’a aucune idée de comment sera financé le service public de la performance énergétique censé se déployer dans les territoires, il a même été question de revoir la TVA réduite sur la rénovation… Tout cela crée de l’inquiétude et de l’incertitude.

Vous estimez, comme les associations et les professionnels, qu’il faut des budgets démultipliés…
On peut toujours demander beaucoup plus d’argent, mais on sait bien que ce n’est pas à l’ordre du jour. Déjà, si on avait des finances claires et stables, ce serait bien. Aujourd’hui, on ne sait même pas de quels moyens on dispose ! Sur plusieurs sujets, il n’y a pas encore d’arbitrage finalisé mais on entend des rumeurs inquiétantes. Il nous faut des décisions budgétaires rapides et fermes. Cette rénovation énergétique, ça fait plus de dix ans qu’elle est urgente, qu’on dit qu’il faut passer à une échelle industrielle pour tenir nos objectifs et rester dans le cadre européen. Aujourd’hui, on est sur la ligne de crête avant que ces objectifs ne deviennent inatteignables.

Comment expliquer que les arbitrages ne soient...




                        

                        

