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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-1"> ¤ Invoquant la prescription, la cour d’appel a invalidé la condamnation de la SNCF à verser 60 000 euros à ces salariés et ex-salariés, exposés pendant 12 ans.
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Amiante : 72 cheminots de la SNCF ne seront finalement pas indemnisés

Invoquant la prescription, la cour d’appel a invalidé la condamnation de la SNCF à verser 60 000 euros à ces salariés et ex-salariés, exposés pendant 12 ans.



LE MONDE
 |    10.09.2018 à 18h16
 • Mis à jour le
10.09.2018 à 18h39
   





                        


La cour d’appel de Reims n’a pas suivi la décision des prudhommes de Troyes (Aube) condamnant en 2017 la SNCF à verser 60 000 euros à soixante-douze cheminots du technicentre de Romilly-sur-Seine, exposés à l’amiante pendant douze ans, a-t-on appris lundi 10 septembre de source judiciaire.
Les plaintes des soixante-douze salariés ou anciens salariés ont été déclarées « irrecevables », « tant sur le fondement du préjudice d’anxiété que sur le fondement du manquement de l’employeur à son obligation de sécurité de résultat » ou que « sur le fondement de l’exécution déloyale, par l’employeur, du contrat de travail », a tranché la cour d’appel de Reims, confirmant une information de L’Est-Eclair.
Dans son arrêt rendu le 5 septembre, la cour a invoqué la prescription des faits, rappelant que, selon le Code du travail, toute action sur l’exécution ou la rupture du contrat de travail doit être engagée dans les deux ans à compter du jour où le salarié « a connu ou aurait dû connaître les faits lui permettant d’exercer ce droit ».
« Drame sanitaire »
Le conseil des prud’hommes avait établi le point de départ du délai de prescription au 1er janvier 2014, date de l’installation d’un local de confinement des matériaux amiantifères au sein du technicentre de Romilly-sur-Seine (Aube).
Mais, aux yeux de la cour d’appel, les salariés avaient ou auraient dû « avoir conscience du risque de l’exposition à l’amiante présent sur le site » bien avant, notamment au regard des échanges entre l’employeur et les représentants du personnel dès 2001 ainsi que de l’installation d’une cabine de désamiantage en 2004.
Saisi par les salariés en 2015, le conseil des prud’hommes de Troyes avait condamné le 11 juillet 2017 la SNCF à verser 60 000 euros à chacun des soixante-douze cheminots en raison de leur exposition régulière à l’inhalation de poussière d’amiante entre 2001 et 2014. La SNCF avait fait appel de cette décision.
Pendant douze ans, ces cheminots ont travaillé dans des ateliers de « démantèlement et de maintenance de rames », qui étaient « contaminés par l’amiante », avait alors déclaré Me Bérenger Tourné, l’avocat des salariés, dénonçant un « drame sanitaire ». Ce dernier n’était pas joignable lundi après-midi, pas plus que la SNCF Grand Est.

        Lire aussi :
         

                Exposition à l’amiante : la SNCF condamnée à indemniser 72 cheminots






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-2"> ¤ Louis, en filière ES et mal noté en sciences, a « tout fait » pour améliorer son dossier sur Parcoursup et finalement obtenu une place dans la licence de sports qu’il souhaitait, à condition d’intégrer un parcours d’accompagnement.
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Parcoursup : « Grâce au dispositif “oui, si”, j’ai été pris en Staps sans avoir vraiment le profil »

Louis, en filière ES et mal noté en sciences, a « tout fait » pour améliorer son dossier sur Parcoursup et finalement obtenu une place dans la licence de sports qu’il souhaitait, à condition d’intégrer un parcours d’accompagnement.



LE MONDE
 |    10.09.2018 à 18h06
 • Mis à jour le
10.09.2018 à 18h26
   





                        



   


Voix d’orientation. Le Monde Campus et La ZEP, média jeune et participatif, s’associent pour faire témoigner lycéens et étudiants sur leurs parcours d’orientation. Cette semaine, Louis, 18 ans, qui habite Saint-Germain-en-Laye et vient de faire sa rentrée en licence de sciences et techniques des activités physiques et sportives (Staps).
« L’an dernier, en terminale, j’ai eu une révélation. J’ai toujours été dans une famille où le sport était très important : mon père jouait tous les soirs au tennis et il m’a inscrit très tôt dans des clubs. Je pratiquais le volley plus de dix heures par semaine entre mon club et mon lycée. J’avais rencontré un prof passionné et passionnant. Il a vu que je m’investissais, que j’aimais en parler. En cours, j’aidais ceux qui avaient du mal, je leur montrais les mouvements qu’il fallait faire. Ce prof m’a fait réaliser que ma passion pouvait devenir mon métier, et il m’a parlé de la filière de Staps.
Seulement, mes résultats en sciences des années précédentes ainsi que ma filière de bac (ES, pour économique et social) faisaient tache sur mon dossier Parcoursup. Mes chances d’intégrer Staps étaient très faibles. En seconde et en première, je ne savais pas du tout quel parcours réaliser. Je boycottais les matières scientifiques. J’avais des notes entre 0 et 4. J’avais des grosses difficultés et j’ai rapidement compris que mes profs n’avaient pas vraiment l’intention de m’aider. Ils m’ont vite laissé tomber. Sauf ce prof de sport !
J’ai alors tout fait pour améliorer mon dossier : j’ai entraîné les jeunes de mon club, j’ai été élu président adjoint de l’association sportive de mon lycée, j’ai pris des cours particuliers en maths. Sur Parcoursup, j’ai postulé dans six licences Staps et, en choix de secours, dans des facs de psycho et de sociologie, car j’avais peur qu’avec mes résultats, je ne sois pas pris dans ma filière préférée.
700e dans la file d’attente
Lorsque le site Parcoursup a communiqué les résultats, le 22 mai j’étais “en attente” sur tous mes vœux. Mais ce qui m’intéressait, c’était la licence de Staps à la fac de Nanterre, pour laquelle j’avais obtenu la réponse “oui, si – en attente de place”, et où j’étais 700e dans la file d’attente. Personne ne savait ce que le “oui, si” signifiait, ou alors très vaguement. J’ai compris que si j’étais pris, il faudrait que je suive des cours supplémentaires de mise à niveau, mais cela m’importait peu, tant que j’étais accepté à Nanterre.
Je ne savais pas si je devais me réjouir de ma place dans la file d’attente. J’étais dans le flou. Mais les places se libéraient vite, et cela me redonnait espoir. Quelques jours avant le début des épreuves du bac, mi-juin, j’ai découvert que j’étais pris dans l’université que je souhaitais. J’étais aussi accepté à Orsay et à Descartes, mais j’ai tout de suite confirmé Nanterre.

        Récits de bacheliers au retour de l’été :
         

          Parcoursup, une attente « interminable »



J’étais heureux. J’ai perçu l’acceptation en « oui, si » comme une chance qui s’offrait à moi car je pense que, sans cet aménagement, je n’aurais pas été pris. J’ai eu mon bac et j’ai déjà fait, avec les autres « oui, si », ma prérentrée à l’université. On était quarante élèves, divisés en deux groupes de vingt.
Cette première semaine, j’ai assisté à un cours supplémentaire par rapport aux étudiants acceptés directement (réponse « oui » sur Parcoursup), en plus petit comité, où j’étais avec des personnes ayant les mêmes difficultés que moi. Grâce au « oui si » j’ai pu intégrer la première année que je souhaitais, et ça me donne plus de confiance et d’accompagnement pour la réussite de cette année. »

        Le témoignage de Lucas :
         

          « J’ai fini par accepter une orientation qui ne me convient pas »






                            


                        

                        


<article-nb="2018/09/10/19-3">
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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-3"> ¤ Françoise Bienvenu était en poste durant dix ans dans ce tribunal. Elle est morte d’un « cancer foudroyant » spécifiquement lié à l’amiante, selon ses enfants.
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La mort d’une juge rappelle le lent désamiantage du TGI de Créteil

Françoise Bienvenu était en poste durant dix ans dans ce tribunal. Elle est morte d’un « cancer foudroyant » spécifiquement lié à l’amiante, selon ses enfants.



LE MONDE
 |    10.09.2018 à 18h01
 • Mis à jour le
10.09.2018 à 18h19
    |

            Patricia Jolly








                        



                                


                            

L’ancienne juge Françoise Bienvenu a-t-elle perdu la vie pour avoir été exposée à l’amiante, fibre cancérogène, lorsqu’elle était en poste au TGI de Créteil ? Selon ses enfants, il existe « de fortes suspicions » entre le « cancer foudroyant » auquel elle a succombé début juillet, quatorze mois seulement après le diagnostic, et le « lieu où elle a travaillé » dix années durant.
« Nous sommes tombés des nues en découvrant cette maladie qu’on ne connaissait pas et qui est très intrinsèquement liée à l’exposition à l’amiante », a déclaré Hélène Bienvenu, journaliste et aînée des quatre enfants de la magistrate, lors d’une conférence de presse organisée le 10 septembre à Créteil par l’entente syndicale du TGI (fédération CGT des services publics, Alliance, UNSA-Police, UNSA-Justice, Unité SGP police FO).
Pour Daniel Naudin, porte-parole de l’entente, il n’y a « aucun doute » sur le lien de causalité entre la pathologie de la magistrate et la présence d’amiante dans le bâtiment, et il considère qu’une prise en charge antérieure aurait pu prolonger la vie de cette dernière.
En poste au TGI de Créteil de 1992 à 2002, Françoise Bienvenu est morte à l’âge de 62 ans d’un mésothéliome pleural malin, un cancer de la plèvre spécifique des expositions à l’amiante. Des expertises ont établi que le pavillon en brique dans lequel elle a toujours vécu ne contenait aucune trace d’amiante, et elle n’a exercé qu’à Créteil et au TGI d’Evry où, selon l’entente syndicale, « il n’y a pas d’amiante ». La famille de la juge a contacté l’organisation syndicale après avoir découvert sur Internet « des dizaines d’articles » faisant référence au problème de l’amiante au TGI de Créteil.
« Tendre un miroir au corps des magistrats »
Créée en 2005, l’entente syndicale fustige le ministère de la justice qui « promet » et « ne cesse de reporter » le désamiantage de l’immeuble de grande...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-4"> ¤ La société californienne 23andMe, qui a déjà vendu ses tests génomiques à plus de 5 millions de personnes, a annoncé avoir signé un accord avec la Big Pharma britannique GSK pour exploiter les données de ses clients.
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Le business juteux des données génomiques

La société californienne 23andMe, qui a déjà vendu ses tests génomiques à plus de 5 millions de personnes, a annoncé avoir signé un accord avec la Big Pharma britannique GSK pour exploiter les données de ses clients.



LE MONDE
 |    10.09.2018 à 17h55
    |

                            Florence Rosier








                        



                                


                            
La nouvelle est passée presque inaperçue. Le 25 juillet, la société californienne 23andMe et la Big Pharma britannique GSK annonçaient avoir « signé un accord pour exploiter les données génétiques [des clients de 23andMe] afin de développer de nouveaux médicaments ». Montant du deal : 300 millions de dollars (près de 260 millions d’euros).
23andMe vend sur Internet des tests génomiques. Ces bases de données ont déjà alimenté nombre d’études, y compris celles menées par des universités de renom. Proche de Google, cette entreprise est connue pour les polémiques récurrentes qu’elle suscite d’ordre biomédical, sociétal, éthique et juridique. Ces tests sur Internet, sans prescription médicale, sont interdits en France. Mais le marché en ligne ne connaît pas de frontières…

23andMe indique avoir vendu ses tests à plus de 5 millions de personnes à travers le monde, qui veulent ­connaître tantôt les origines génétiques de leurs ancêtres, tantôt leurs risques propres de développer certaines maladies. La procédure est simple. Le client crache dans un petit tube qu’il expédie à la firme. Après extraction de l’ADN, une micropuce caractérise les séquences d’ADN de ce client, qui varient d’une personne à une autre. Variations qui sont corrélées à certains traits : prédisposition à des maladies, caractères morphologiques ou ethniques. Au bout de 6 à 8 semaines, le résultat est envoyé par mail.
Cette société peut-elle « revendre » en toute conscience les données génomiques et de santé acquises « sur le dos » de ses clients, qui ont déboursé 69 à 199 dollars (environ 60 à 170 euros) ? Sur le plan juridique, rien à redire. La société a verrouillé les choses : 23andMe demande à chacun de ses clients de cocher une case, sur Internet, s’il consent à ce que ses données, rendues anonymes, servent à ces recherches. « Plus de 80 % des clients de 23andMe ont donné leur accord », précise 23andMe.
Des données personnelles
Mais...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-5"> ¤ Le projet date de 1973 et prévoit la construction d’un tronçon de 24 kilomètres destiné à désengorger l’A35, qui traverse la préfecture du Bas-Rhin.
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Qu’est-ce que le grand contournement ouest de Strasbourg, où une « ZAD » a été évacuée ?

Le projet date de 1973 et prévoit la construction d’un tronçon de 24 kilomètres destiné à désengorger l’A35, qui traverse la préfecture du Bas-Rhin.



LE MONDE
 |    10.09.2018 à 17h06
 • Mis à jour le
10.09.2018 à 18h47
   





                        



   


Après l’accord définitif donné à la fin du mois d’août par Jean-Luc Marx, préfet de la région Grand Est et du Bas-Rhin, l’intervention des forces de l’ordre était aussi attendue que redoutée. Lundi 10 septembre, aux premières heures de la matinée, plusieurs centaines de gendarmes mobiles ont évacué les manifestants et les occupants de la « zone à défendre » (ZAD) du Moulin, dans la forêt de Kolbsheim, à une quinzaine de kilomètres de Strasbourg.
Ces « zadistes » occupaient le site du chantier du grand contournement ouest de Strasbourg (GCO, ou autoroute A355), voie rapide prévue pour contourner Strasbourg par l’ouest, où la société Arcos, filiale du groupe Vinci et concessionnaire du futur contournement, doit procéder à un déboisement. Les opérations de déboisement avaient été interrompues en septembre 2017 à la demande du ministère de l’environnement, dans l’attente de la fin de l’enquête publique.
Selon la préfecture du Bas-Rhin, l’opération, qui a mobilisé 518 gendarmes, a eu lieu en exécution d’une décision rendue le 20 juin par le tribunal administratif de Strasbourg, ordonnant aux occupants sans autorisation de quitter immédiatement les lieux. Elle a jugé le bilan de l’opération « très satisfaisant car il n’y a pas eu de blessé » ni d’interpellation. Plusieurs élus, dont le maire (sans étiquette) de Kolbsheim, Dany Karcher, ont tenté des négociations pour demander un sursis à l’évacuation, tandis que Martine Wonner, députée (LRM) du Bas-Rhin a demandé « la mise en place d’un moratoire » jusqu’au 14 septembre.
Que prévoit le projet de grand contournement ?
Comme le projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes, le GCO est un projet ancien. En 1973, le schéma directeur d’aménagement et d’urbanisme évoque un projet de contournement de Strasbourg. La première délibération de l’ancienne communauté urbaine sur ce dossier remonte à… trente-sept ans. Le projet a été abandonné puis relancé à la fin des années 1990.
Evalué à 553 millions d’euros
Le GCO, qui devrait être ouvert en 2020, est une rocade à 2 × 2 voies à péage de 24 kilomètres destinée à délester l’autoroute A35 en absorbant le trafic du nord au sud de l’Alsace. L’A35 est l’une des plus fréquentées de France avec 160 000 véhicules par jour, dont 10 % de poids lourds, notaient les Dernières Nouvelles d’Alsace en 2013. Le montant du chantier est évalué à 553 millions d’euros.
Le 31 août, le préfet Jean-Luc Marx annonçait avoir signé deux arrêtés autorisant le concessionnaire Arcos, une filiale de Vinci, et la Sanef, chargée d’un échangeur, à engager des travaux en vue de la construction de la rocade.

        Notre article sur
         

          la reprise du projet de rocade ouest à Strasbourg



Pourquoi est-il critiqué ?
En juin, une commission d’enquête a émis un avis défavorable, par crainte « d’une augmentation des niveaux de pollution atmosphérique », « des impacts […] sur la consommation des espaces agricoles », et « des atteintes aux espèces […] protégées ».
Pour les militants installés depuis un an dans la ZAD du Moulin, le GCO menace directement les forêts de Grittwald et de Kolbsheim, de nombreuses terres agricoles ainsi que des corridors écologiques qui relient des réservoirs de biodiversité et permettent aux espèces animales de se déplacer. Parmi les espèces menacées, les opposants mettent en avant le crapaud vert, le blaireau et le grand hamster d’Alsace.
Plusieurs responsables écologistes, dont l’eurodéputé EELV Yannick Jadot, avaient appelé à la fin d’août Nicolas Hulot, encore ministre de la transition écologique, à s’opposer à ce « grand projet inutile » et dangereux pour l’environnement, comme il s’était « battu contre Notre-Dame-des-Landes ».
Le successeur de M. Hulot, François de Rugy, a déclaré :
« Je vais continuer à regarder ce dossier important qui permet de supprimer une autoroute pénétrante, l’A35, qui traverse le cœur de Strasbourg. Ensuite, j’irai dialoguer avec les personnes, y compris sur place dans les jours ou les semaines qui viennent. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-6"> ¤ Aux côtés des prépas privées à la première année commune aux études de santé, une prépa publique a ouvert en 2016 pour accompagner les lycéens franciliens.
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En médecine, une prépa publique veut rompre avec le déterminisme social

Aux côtés des prépas privées à la première année commune aux études de santé, une prépa publique a ouvert en 2016 pour accompagner les lycéens franciliens.



LE MONDE
 |    10.09.2018 à 15h49
 • Mis à jour le
10.09.2018 à 17h13
    |

            Pascal Galinier








                        



   


Le concours de médecine est-il en train de vivre ses derniers jours ? La réforme des études de santé qu’Emmanuel Macron prévoit d’annoncer le 18 septembre changera peut-être la donne. Depuis la création du numerus clausus en 1971, cette filière, bien qu’universitaire, est l’une des plus sélectives de France. Et le très disputé concours qui sanctionne la première année commune aux études de santé (Paces) – porte d’entrée des professions thérapeutiques (médecin, pharmacien, dentiste, sage-femme, kinésithérapeute…) – est l’un des plus prestigieux dans le petit monde de la « méritocratie » républicaine. L’un des plus sélectifs aussi : il laisse sur le carreau 85 % des candidats chaque année 15 % de taux de réussite, qui dit mieux (ou pire…) ?

        Pour approfondir sur
         

          la fin du numerus clausus en médecine



De ce fait, s’est développé depuis des années un vrai « business » de prépas privées. A destination des lycéens de terminale, et plus encore des étudiants de Paces. Cours Thalès, cours Galien, Medisup, IRSS, MMPP et autres proposent des services payants de « tuteurs », la plupart du temps des étudiants en deuxième ou troisième année, « qui expliquent très bien et nous informent mieux que de “vrais” professeurs sur les études, puisqu’ils sortent tout juste de Paces », vante sur le site de Cours Thalès une jeune cliente de sa prépa médecine anticipée. Les trois quarts des nouveaux entrants en Paces ont ou ont eu recours à une prépa privée. Et ce bien que les facultés de médecine aient l’obligation, depuis une dizaine d’années, de proposer un tutorat aux étudiants de Paces, gratuit ou presque, assuré par des étudiants bénévoles.

        A propos des stratégies (à tous prix)
         

          pour réussir ses études de médecine et santé (Paces)



Cette rentrée 2018 devrait encore accroître la demande d’accompagnement durant la Paces, car plusieurs facultés de médecine (celles de Paris-Descartes, Sorbonne Université, Paris-Diderot, Brest…) ont supprimé la possibilité de redoubler en fin de première année. Jusqu’à présent, un étudiant sur trois environ finissait par décrocher le Graal, après une ou deux tentatives au concours. Désormais, dans ces universités, ce sera quitte ou double. Même si des voies parallèles se mettent en place pour poursuivre des études médicales et assimilées, comme l’Alter-Paces (qui permet à des étudiants en licence d’autres cursus d’intégrer la deuxième année d’une filière santé), et même si le numerus clausus tant décrié est en augmentation régulière (5 100 places en 2003, 8 205 en 2018 pour la seule formation de médecins), nul doute que le stress de cette année de passage ne va pas disparaître. Le droit à l’erreur n’existant plus, la sélection « en amont », c’est-à-dire au lycée, risque de se renforcer ; et avec elle le sentiment d’exclusion pour une partie de ceux qui rêvent de « faire médecine ».

        Le récapitulatif des modifications
         

          en première année de médecine en Ile-de-France



Le niveau et l’ambition, mais pas les moyens
C’est pour conjurer ce fameux « déterminisme », théorisé par Pierre Bourdieu, que Bruno Dourrieu, enseignant et conseiller en formation continue au Greta92, porte à bout de bras les stages Prépas + Paces. Cette prépa publique a été lancée au printemps 2016 au lycée Marie-Curie de Sceaux (Hauts-de-Seine) à destination des élèves de terminale, pour des prix inférieurs de moitié à ceux des prépas privées. Une initiative dupliquée cette année à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine), au sein du lycée public La Folie-Saint-James, qui proposait déjà une Prépas + Sciences Po à ses terminales.
Bruno Dourrieu et Vincent Cornu, le proviseur de La Folie-Saint-James, se sont assigné une « mission » : rompre avec la malédiction du « c’est pas pour moi » que se disent de nombreux d’élèves « qui ont le niveau, l’ambition, les capacités, mais viennent de milieux modestes ». A cet égard, paradoxalement, l’ouverture d’une classe Prépas + Paces à Neuilly pourrait être un atout. La capacité d’attraction de la très bourgeoise ville de la banlieue ouest de Paris serait forte pour les élèves des lycées voisins de Colombes, Levallois, Courbevoie, Asnières, dont les familles n’ont pas forcément les moyens culturels et financiers des ambitions de leur progéniture.

        Notre analyse :
         

          La démocratisation des études de médecine au point mort



Pas un simple tutorat
Prépas + va faire évoluer son format en 2019, proposant une semaine supplémentaire de formation à l’issue de laquelle aura lieu un concours blanc, en fin de second semestre – juste avant le début des révisions pour le bac, « qui restent prioritaires » pour M. Dourrieu, également prof de terminale. Au programme, physique, chimie… « toutes les matières qui peuvent donner lieu à des épreuves discriminantes au concours Paces ». La durée totale et le prix de la prestation augmenteront d’autant, passant de 63,5 heures en 2018 (seize semaines, les samedis après-midi) pour 775 euros, à plus d’une centaine d’heures de cours pour plus de 1 000 euros. Mais le tarif horaire restera très « compétitif », autour de 12 euros, servant à rémunérer la quinzaine d’enseignants enrôlés pour assurer « un véritable enseignement, pas un simple tutorat », insiste le pilote de Prépas +.
Comme à Sceaux, des bourses d’études seront mises en place pour les lycéens les moins favorisés, financées par le Greta des Hauts-de-Seine. Et à l’instar des prépas privées, Prépas + entend se faire connaître et reconnaître dans les lycées, les campus, les salons étudiants. « Nous serons là avec notre label de service public », sourient MM. Dourrieu et Cornu, qui espèrent en faire un atout pour « donner toutes leurs chances aux gamins, les affranchir de cette forme d’“auto-sélection” qui se perpétue chez eux » – Bourdieu encore…
« Peut-être un peu trop cool »
Reste à voir si cette quatrième année de Prépas + Paces sera enfin celle du décollage. Les deux premières tentatives, en 2016 et 2017, à Sceaux, n’avaient attiré qu’une douzaine de candidats. Avec des sessions à Pâques et fin août, juste avant la rentrée en Paces, « le calendrier n’était pas optimal », reconnaît l’enseignant du Greta92. En 2018, une nouvelle formule a permis d’attirer 26 stagiaires. Dont Marjolaine Demarle, 18 ans, qui vient de décrocher son bac S avec mention très bien et d’intégrer la Paces de l’université Paris-VI (Pierre-et-Marie-Curie).
Aussitôt le bac obtenu, la jeune femme s’est… réinscrite en prépa ! Privée cette fois, celle de Médisup Sciences, avec une tutrice qui l’accompagnera tout au long de son année de Paces. Le tout pour près de 6 000 euros la saison, dont 1 335 euros le seul stage de prérentrée, fin août, auquel elle vient de participer. Elle a délibérément « choisi une université sans redoublement », Paris-VI. Persuadée que le dispositif Paces One (la Paces en un an testée cette année dans sept universités) remet tous les étudiants de première année sur un pied d’égalité, d’où qu’ils viennent. Elle glisse au passage que c’est « sous la pression de ses parents » qu’elle s’était inscrite à Prépas +. Un dispositif dont elle salue « l’engagement ». Même si elle n’y a, pour sa part, « pas appris grand-chose ».
La page est tournée. Sans regret. Mais non sans une pointe de critique. A Sceaux, « on ne nous mettait peut-être pas assez la pression, réfléchit Marjolaine à voix haute. Des cours le samedi après-midi, des profs sympas, une ambiance tranquille – peut-être un peu trop cool… » Une prépa « cool », le rêve de tout étudiant…

        Notre premier article sur Prépas+ en 2016 :
         

          une prépa publique pour les élèves de terminale






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-7"> ¤ En France, une personne se donne la mort en moyenne chaque heure. Les initiatives fructueuses de prévention se multiplient, notamment en direction des jeunes.
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Suicide  : maintenir le lien pour éviter les récidives

En France, une personne se donne la mort en moyenne chaque heure. Les initiatives fructueuses de prévention se multiplient, notamment en direction des jeunes.



LE MONDE
 |    10.09.2018 à 15h18
 • Mis à jour le
10.09.2018 à 17h04
    |

            Pascale Santi








                        



                                


                            
C’était en février 2017, Aurélie (le prénom a été changé) avait des idées noires. La jeune femme – 24 ans aujourd’hui – sortait d’« une rupture amoureuse qu’[elle] avait du mal à gérer, un immense mal-être », explique-t-elle. Elle avait fait six tentatives de suicide. Son chemin a croisé celui de Guy Benamozig, qui lui a « redonné du ­soleil », dit-elle. Ce psychothérapeute a créé en 2015 l’association laVita, qui propose aux 15-25 ans des consultations gratuites en ­cabinets de psychologues. Depuis, elle travaille et va mieux.
Ce dispositif parisien s’adresse à des jeunes, parfois même dès l’âge de 13 ans, qui demandent un soutien psychologique. Un réseau d’orienteurs, infirmières, assistantes scolaires, services de ­prévention des universités parisiennes, etc., propose au jeune un suivi. Dès lors qu’il accepte cet ­accompagnement, il est contacté en moins de quarante-huit heures par l’un des 600 psychologues du réseau laVita. Cette structure permet un rendez-vous rapide, alors qu’il faut parfois attendre des mois pour avoir une consultation dans une institution.
Le problème du financement
Le dispositif fonctionne grâce aux financements de mutuelles, de fondations, de la CPAM de Paris, de la Mairie de Paris… Il a permis à laVita de recevoir 75 jeunes en 2017 et en a déjà vu 80 cette ­année. Mais, « en l’absence de ­financements pérennes, laVita ne peut pas faire face aux demandes de plus en plus nombreuses », explique Guy Benamozig, qui plaide pour le remboursement des psychothérapies. Une expérience d’une telle prise en charge est actuellement menée dans quatre départements. Une évaluation scientifique du dispositif commencera à l’automne.
La prévention du suicide est un enjeu crucial, c’était le leitmotiv de la journée mondiale sur le ­sujet, lundi 10 septembre. Il s’agit de la deuxième cause de décès chez les 15-29 ans, selon l’Organisation mondiale de la santé, qui a fixé un objectif de diminution de 10 %...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-8"> ¤ Le 5 avril, l’ancien sénateur écologiste avait été interpellé ivre à la sortie d’un bar du 6e arrondissement parisien, dont il venait d’être expulsé.
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Violences et outrages : Jean-Vincent Placé condamné à trois mois de prison avec sursis

Le 5 avril, l’ancien sénateur écologiste avait été interpellé ivre à la sortie d’un bar du 6e arrondissement parisien, dont il venait d’être expulsé.



LE MONDE
 |    10.09.2018 à 14h24
 • Mis à jour le
10.09.2018 à 15h47
   





                        



   


L’ex-secrétaire d’Etat Jean-Vincent Placé a été condamné, lundi 10 septembre à Paris, à trois mois de prison avec sursis et à 1 000 euros d’amende pour violences et outrages lors d’une soirée alcoolisée en avril dans la capitale. La condamnation ne sera pas inscrite à son casier judiciaire.
Le 5 avril, l’ancien sénateur écologiste avait été interpellé à la sortie d’un bar du 6e arrondissement de Paris. Il venait d’en être expulsé par un videur, qui l’accuse de lui avoir tenu des propos injurieux et racistes, après un incident avec une cliente. Il était jugé pour ces propos, ainsi que pour des violences envers la jeune femme. Il avait également lancé aux policiers qui étaient intervenus : « Espèce de tocards, vous ne savez pas qui je suis ! »
Jean-Vincent Placé a été jugé coupable de violences envers cette jeune femme. Il a également été condamné pour outrage à l’encontre des policiers. En revanche, il a été relaxé du chef d’injures raciales.

        Lire aussi :
         

                Six mois de prison avec sursis requis contre Jean-Vincent Placé



« Je suis honteux de m’être retrouvé dans cette situation »
Le 11 juillet, le procureur avait requis six mois de prison avec sursis, une mise à l’épreuve de deux ans et 1 000 euros d’amende contre l’ex-secrétaire d’Etat. « Toutes ces infractions troublent gravement l’ordre public et la politique pénale du parquet s’agissant de la violence faite aux femmes et de la lutte contre le racisme », avait dénoncé le procureur dans ses réquisitions.
Jean-Vincent Placé, qui conteste avoir tenu les propos contre le vigile, avait reconnu à la barre avoir « évidemment trop bu ». « Je suis honteux de m’être retrouvé dans cette situation », avait-il déclaré. Quelques jours après cet incident, il avait dit dans Paris Match avoir « réalisé » son « alcoolisme » et qu’il mesurait « la honte et l’indignité » de son comportement.
Aujourd’hui conseiller régional d’Ile-de-France, Jean-Vincent Placé a créé sa société de conseil et d’accompagnement en entreprise.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-9"> ¤ Un automobiliste a forcé deux portes vitrées donnant accès à l’enceinte du terminal 1 de l’aéroport, avant d’accéder aux pistes. Le trafic de l’aéroport a été interrompu plusieurs heures.
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Lyon : un homme arrêté après une course-poursuite à l’aéroport Saint-Exupéry

Un automobiliste a forcé deux portes vitrées donnant accès à l’enceinte du terminal 1 de l’aéroport, avant d’accéder aux pistes. Le trafic de l’aéroport a été interrompu plusieurs heures.



LE MONDE
 |    10.09.2018 à 13h31
 • Mis à jour le
10.09.2018 à 18h26
   





                        



   


Un homme de 31 ans qui avait réussi à s’introduire avec sa voiture sur les pistes de l’aéroport Lyon - Saint-Exupéry a été arrêté, lundi 10 septembre, par les forces de l’ordre. Son intrusion, pour une raison indéterminée, a blessé légèrement une personne qui travaillait sur une nacelle dans l’aérogare. Le trafic de l’aéroport a été totalement interrompu pendant plusieurs heures.
Le parquet de Lyon, qui a ouvert une enquête de flagrance notamment « pour tentative de meurtre en bande organisée », confiée à la police judiciaire, ne privilégie aucune piste.
Le conducteur, au volant d’une Mercedes grise, avait d’abord été repéré vers 10 h 30 sur l’autoroute A43, entre Lyon et Chambéry, où il roulait à contre-sens. Il est alors pris en chasse par des agents de la CRS autoroutière et par un hélicoptère de la gendarmerie, a rapporté la préfecture. Selon une source proche de l’enquête, il était poursuivi alors pour « refus d’obtempérer ».
Arrivé au niveau de l’aéroport d’aviation d’affaires de Bron, à l’est de Lyon, il a forcé « les barrières » de sécurité, selon la préfecture.
Le conducteur a ensuite repris une autoroute desservant l’aéroport de Lyon - Saint-Exupéry. Toujours poursuivi par les forces de l’ordre, il a franchi deux portes vitrées situées sur la gauche de l’entrée principale des voyageurs du terminal 1, se retrouvant face à des avions. Parcourant à toute vitesse les pistes, sa voiture sera « maîtrisée » par les forces de l’ordre dans un champ, à proximité des pistes.
Trafic interrompu plusieurs heures
Voulait-il échapper à la police qui le poursuivait ou avait-il d’autres intentions ? Pour l’heure, la préfecture comme le parquet de Lyon ne privilégient aucune piste. Le parquet antiterroriste de Paris a été informé mais ne s’est pas saisi de l’affaire à ce stade.
Un journaliste de l’AFP, présent dans un avion sur la piste, a vu des véhicules de police se diriger vers la voiture, le pilote précisant qu’un hélicoptère survolait la zone pour expliquer le report du décollage.
Le trafic aérien du troisième aéroport français a été en conséquence totalement interrompu jusqu’en milieu d’après-midi et une centaine de vols ont été annulés. A 16 heures, les deux pistes avaient rouvert, 79 vols devant décoller d’ici à la fin de journée.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-10"> ¤ Dans son rapport « La Fabrique de l’islamisme », l’essayiste et ex-banquier d’affaires décrit le processus d’emprise des intégristes musulmans.
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Sur l’islamisme, Hakim El Karoui veut être entendu par Macron

Dans son rapport « La Fabrique de l’islamisme », l’essayiste et ex-banquier d’affaires décrit le processus d’emprise des intégristes musulmans.



LE MONDE
 |    10.09.2018 à 11h13
 • Mis à jour le
10.09.2018 à 14h41
    |

            Louise Couvelaire








                        



                                


                            

Depuis qu’il se dit tout haut qu’il murmure à l’oreille d’Emmanuel Macron, Hakim El Karoui est une cible en vogue. Certains le disent « opportuniste » et trop déconnecté du terrain pour être légitime. D’autres le jugent « arrogant » et trop « arriviste » pour être crédible. La mise en ligne, dimanche 9 septembre, de son rapport intitulé « La Fabrique de l’islamisme » pour le think tank libéral l’Institut Montaigne, devrait alimenter encore quelques inimitiés : quand on se mêle des affaires de l’islam en France, on ne se fait pas que des amis.

D’autant que personne ne l’attendait sur ce terrain. Jusqu’à peu, ce normalien agrégé de géographie de 47 ans, ancienne plume de Jean-Pierre Raffarin à Matignon et ex-banquier d’affaires chez Rothschild, phosphorait sur la « désoccidentalisation » du monde, dénonçait le manque d’équité entre les générations et fustigeait la politique arabe de la France. Ce sont les attentats de 2015 qui l’ont poussé à se préoccuper publiquement de la chose religieuse. « Nous avons laissé le poison de la salafisation des esprits se répandre, écrivait-il quelques jours après le 13 novembre, dans une tribune publiée dans Le Monde. Personne n’a été capable de répondre à leur propagande. (…) Nous [musulmans] sommes face à nos responsabilités. (…) C’est à notre génération, née en France, élevée et éduquée par l’école de la République, de prendre les choses en main. »
Silhouette ascétique et mise de premier de cordée, l’essayiste, chroniqueur à L’Opinion et patron de sa propre entreprise de conseil en stratégie, enchaîne, depuis, les publications sur le sujet. Fin 2016, il a signé un premier rapport pour l’Institut Montaigne intitulé « Un islam français est possible », puis au début de cette année, un livre, L’Islam, une religion française (Gallimard, 304 pages, 24 euros). En parallèle, il a participé à plusieurs...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-11"> ¤ Près de 200 personnes s’opposaient au démarrage du chantier d’une autoroute de 24 kilomètres, qui doit contourner la ville à l’ouest.
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Opération d’évacuation d’une ZAD près de Strasbourg

Près de 200 personnes s’opposaient au démarrage du chantier d’une autoroute de 24 kilomètres, qui doit contourner la ville à l’ouest.



LE MONDE
 |    10.09.2018 à 06h39
 • Mis à jour le
10.09.2018 à 14h28
   





                        



   


Plus de 500 gendarmes mobiles ont évacué à l’aube, lundi 10 septembre, quelque 200 « zadistes » qui tentaient de s’opposer au démarrage du chantier d’une rocade autoroutière autour de Strasbourg.
Les forces de l’ordre sont intervenues pour repousser à l’aide de leurs boucliers et de gaz lacrymogène une centaine de manifestants massés aux abords de cette « zone à défendre » (ZAD) jusqu’à l’entrée du village de Kolbsheim, quelques centaines de mètres plus loin.
Constructions en cours de démolition
Les gendarmes se sont attaqués avec des tronçonneuses aux barricades de fortune, faites de bois et de pneus, que les opposants avaient érigées sur la route départementale 93 survolée sans discontinuer par un hélicoptère. Un gendarme a également utilisé un coupe-boulon pour sectionner la chaîne qui liait une manifestante à un arbre, tandis que des dizaines d’autres membres des forces de l’ordre se tenaient prêts à intervenir, aux abords d’un moulin où se sont barricadés des manifestants.
Deux heures après le début de l’intervention, le périmètre de la ZAD était bouclé par les forces de l’ordre et, selon plusieurs militants, plus personne n’était présent sur le site. « Les occupants irréguliers ont été écartés » et « les constructions illégales sont en cours de démolition », a confirmé la préfecture dans un communiqué. Il n’y a pas eu d’interpellation, a-t-elle précisé.
Dany Karcher, le maire de Kolbsheim, commune sur laquelle la ZAD était installée depuis près d’un an, et plusieurs autres élus ont commencé des discussions avec la gendarmerie et le secrétaire général de la préfecture du Bas-Rhin, Yves Séguy. « Tout ce que nous demandons, (…) c’est qu’on reporte les éventuels travaux », le temps que tous les recours judiciaires aient été jugés, a déclaré Dany Karcher. « La résistance est là », a lancé le maire, dénonçant « la violence, du côté des forces de l’ordre » et l’usage de gaz lacrymogène contre les élus.
Projet abandonné et relancé depuis les années 70
Après une suspension d’un an du projet, le préfet de la région Grand Est, Jean-Luc Marx, avait finalement donné à la fin d’août son accord à la construction par une filiale du groupe Vinci et la Sanef de ce contournement autoroutier de 24 kilomètres, à l’ouest de Strasbourg.
Le grand contournement ouest de Strasbourg (GCO), évoqué dès les années 1970, régulièrement abandonné avant d’être relancé à la fin des années 1990, a pour but de délester l’autoroute 35 (A35) en absorbant le trafic du nord au sud de l’Alsace.
Les détracteurs du projet soulignent qu’il entraînera la consommation de nombreuses terres agricoles et la mise en danger d’espèces protégées, dont le grand hamster d’Alsace.
Plusieurs responsables écologistes, dont l’eurodéputé Europe Ecologie-Les Verts Yannick Jadot, avaient appelé à la fin d’août Nicolas Hulot, encore ministre de la transition écologique, à s’opposer à ce « grand projet inutile » et dangereux pour l’environnement, comme il s’était « battu contre Notre-Dame-des-Landes ». Les travaux devraient commencer par des opérations de déboisement et de fouilles archéologiques.

        Lire aussi :
         

                Partout en France, des dizaines de projets d’aménagements farouchement contestés






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-12"> ¤ Pour l’économiste, il est normal qu’une société de services ait du mal à générer de la croissance, faute d’économies d’échelle. La société algorithmique pourrait cependant nous aider à renouer avec elle.
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Article sélectionné dans La Matinale du 09/09/2018
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Daniel Cohen : « S’approprier les technologies nouvelles, mais sans les subir »

Pour l’économiste, il est normal qu’une société de services ait du mal à générer de la croissance, faute d’économies d’échelle. La société algorithmique pourrait cependant nous aider à renouer avec elle.



LE MONDE
 |    10.09.2018 à 06h34
 • Mis à jour le
10.09.2018 à 12h36
    |

            Elise Barthet et 
Philippe Escande








                        



                                


                            

Daniel Cohen est directeur du département d’économie de l’Ecole normale supérieure et membre fondateur de l’Ecole d’économie de Paris. Il est également membre du conseil de surveillance du Monde. Daniel Cohen vient de publier Il faut dire que les temps ont changé… Chronique (fiévreuse) d’une mutation qui inquiète (Albin Michel, 230 pages, 19 euros). Il explique pourquoi la croissance s’est progressivement envolée dans nos sociétés avancées et pourquoi elle pourrait revenir dans la civilisation numérique qui s’annonce.
Dans votre livre, vous revenez sur les cinquante dernières années en analysant l’évolution des idées, des cultures, des comportements et des technologies qui nous ont fait basculer dans une nouvelle ère. Quelle place l’économie tient-elle dans cette mutation ?
Elle en est le fil conducteur. L’errance politique et sociale des cinquante dernières années tient à un facteur décisif : l’effondrement de la société industrielle, et l’immense difficulté où l’on s’est trouvé de comprendre ce qui était en train de la remplacer. La gauche, dans les années 1960, a rêvé d’une sortie du capitalisme. La droite, avec la révolution conservatrice, prônait un retour aux valeurs morales du travail et de l’effort. Toutes les deux se sont trompées. Le capitalisme n’est pas mort, et il n’est pas devenu moral…
Le titre Il faut dire que les temps ont changé est ironique. Un pacte faustien avait été signé durant la société industrielle qui consistait à faire accepter aux gens, au nom de la croissance, une déshumanisation du travail, illustrée par le taylorisme et la chaîne de production. Or, ce pacte-là, nous sommes en train de le signer à nouveau, dans la société algorithmique qui s’annonce, pour renouer avec la croissance perdue. Au travail à la chaîne et à la consommation de masse, on est en train de substituer un nouveau système tout aussi déshumanisant, celui qui nous installe derrière nos tablettes...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-13"> ¤ Hakim El Karoui, essayiste et conseiller du pouvoir, prône, pour l’Institut Montaigne, « une nouvelle organisation de l’islam en France et en Europe ».
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-13"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 09/09/2018
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De l’Arabie saoudite aux réseaux sociaux, un rapport dessine la force d’influence de l’islamisme

Hakim El Karoui, essayiste et conseiller du pouvoir, prône, pour l’Institut Montaigne, « une nouvelle organisation de l’islam en France et en Europe ».



LE MONDE
 |    10.09.2018 à 06h15
 • Mis à jour le
10.09.2018 à 11h13
    |

            Louise Couvelaire et 
Cécile Chambraud








                        



                                


                            
Au moment où Emmanuel Macron peaufine ses propositions pour l’organisation du culte musulman, Hakim El Karoui, essayiste et conseiller du pouvoir sur cette question, plaide, dans un rapport de l’Institut Montaigne publié dimanche 9 septembre, pour que ce ne soit pas « la peur » qui dessine la « réponse à l’islamisme », mais au contraire « la raison », notamment à travers une nouvelle organisation de l’islam en France.
En septembre 2016, Hakim El Karoui avait fait plutôt courir un frisson d’inquiétude en affirmant, dans un travail pour le même cercle de réflexion, que 28 % des Français musulmans étaient adeptes d’un islam d’affirmation, qualifié alors de « sécessionniste » et de « fondamentaliste », en rupture avec les valeurs politiques dominantes. Certes, selon lui, la majorité des musulmans français ne se reconnaissaient pas dans ce système de valeurs. Mais celui-ci était plébiscité par les plus jeunes générations, recueillant l’adhésion de la moitié des 15-25 ans interrogés par l’IFOP à sa demande.
Dans La Fabrique de l’islamisme, il retrace, de l’Egypte à la Turquie, de l’Arabie saoudite à l’Iran, la généalogie, les penseurs et les modes de diffusion planétaire d’une idéologie religieuse issue d’un cadre de pensée « non occidental », mais aujourd’hui aussi ancrée en Europe. Sous cette appellation d’« islamisme », Hakim El Karoui englobe des courants qui parfois se combattent, comme le salafisme et le mouvement des Frères musulmans, mais qui ont selon lui des caractéristiques communes. Cette « idéologie contemporaine » formerait un ensemble qui « porte une interprétation du monde, une vision de l’organisation de la société, y compris le monde profane, et un rôle donné à la religion dans l’exercice du pouvoir ». Wahhabisme et frérisme poursuivraient un objectif commun : « Faire de l’islam un cadre de vie, un projet pour l’individu et la société, visant à préserver...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-14"> ¤ Un homme armé d’un couteau et d’une barre de fer a agressé des passants au hasard dans le 19e arrondissement, en blessant sept dont quatre gravement.
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Attaque au couteau à Paris : sept personnes blessées, la qualification terroriste « pas retenue à ce stade »

Un homme armé d’un couteau et d’une barre de fer a agressé des passants au hasard dans le 19e arrondissement, en blessant sept dont quatre gravement.



LE MONDE
 |    10.09.2018 à 01h09
 • Mis à jour le
10.09.2018 à 15h34
   





                        



   


Une enquête a été ouverte et confiée au 2e district de police judiciaire (DPJ) sur l’attaque au couteau qui a eu lieu dimanche 9 septembre au soir à Paris, dans le 19e arrondissement. Sept personnes ont été blessées dont quatre gravement.
Les faits se sont déroulés peu avant 23 heures sur le quai de la Loire, au niveau du cinéma MK2. Ils n’ont duré que quelques minutes et, selon nos informations, dans un périmètre de moins de 500 mètres. Mais ils ont semé la panique dans ce quartier de Paris encore très fréquenté à cette heure-là. L’assaillant, armé d’un couteau avec une lame d’une trentaine de centimètres et d’une barre de fer, a agressé dans la rue des passants qui lui étaient, semble-t-il, inconnus.
Il s’en est d’abord pris à un premier groupe de personnes. Un homme qui jouait à la pétanque lui a alors jeté une boule pour tenter de le stopper. La boule a atteint l’agresseur à la tête, mais elle ne l’a pas empêché de poursuivre sa route. L’assaillant s’en est ensuite pris à deux touristes britanniques à coups de couteau, avant de jeter sa barre de fer sur un autre passant. C’est à ce moment-là qu’il a été arrêté par une brigade anticriminalité (BAC).
Deux Britanniques et un Egyptien parmi les blessés
Selon les premiers éléments de l’enquête que Le Monde a pu obtenir, l’homme s’est déclaré de nationalité afghane et dit être né en 1987. Des papiers non officiels qu’ils portaient sur lui ont permis de recouper en partie ses dires. Mais son identité doit encore être vérifiée et passée aux différents fichiers de police. C’est à partir de là que sa situation administrative pourra éventuellement être connue.

PARIS - Plusieurs blessés dont deux gravement dans une agression au couteau ce soir sur le Quai de la Loire dans le… https://t.co/ElyZT2xmIl— ClementLanot (@Clément Lanot)


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Selon une source judiciaire contactée par Le Monde, la qualification terroriste n’est pas retenue à ce stade, mais la section antiterroriste du parquet de Paris suit de très près l’évolution de l’enquête. L’homme est actuellement hospitalisé en raison de blessures à la tête. Il n’a donc pas encore pu être entendu.
Le ministre de l’intérieur, Gérard Collomb, a tenu à « saluer la grande réactivité et le courage dont ont fait preuve plusieurs citoyens » :
« Grâce à leur intervention, l’auteur des tentatives d’homicide a pu être maîtrisé avant son interpellation très rapide par les fonctionnaires de police de la BAC locale, à qui le ministre fait part de sa profonde reconnaissance. »
La maire de Paris, Anne Hidalgo, a adressé aux victimes « ainsi qu’à leur famille et à leurs proches tout [son] soutien. Je veux leur dire que Paris et les Parisiens sont à leurs côtés ». Elle a demandé « au ministre de l’intérieur qu’il veille, en responsabilité et sans plus attendre, à renforcer la présence policière dans les quartiers du nord-est de Paris. La demande des habitants doit être entendue ».
A Londres, le ministère des affaires étrangères a confirmé dans un communiqué que « deux Britanniques figuraient parmi les personnes visées », sans donner davantage de détails. Elles sont nées en 1962 et en 1965. L’une d’elles a été atteinte à la tête, aux jambes et au thorax. Parmi les autres victimes se trouve aussi un Egyptien, qui a dû être hospitalisé. Les autres blessés sont Français.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-15"> ¤ Le scorbut, pathologie associée aux grandes expéditions maritimes historiques, est dû à une carence profonde et prolongée en vitamine C.
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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-16"> ¤ A Paris, la statue de saint Antoine de Padoue, de l’église Saint-Germain-des-Prés, est recouverte de prières écrites. Les responsables des lieux tentent d’encadrer cette pratique, qui perdure, entre piété populaire et superstition.
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Graffitis votifs sur les statues des saints

A Paris, la statue de saint Antoine de Padoue, de l’église Saint-Germain-des-Prés, est recouverte de prières écrites. Les responsables des lieux tentent d’encadrer cette pratique, qui perdure, entre piété populaire et superstition.



LE MONDE
 |    09.09.2018 à 10h00
 • Mis à jour le
09.09.2018 à 17h03
    |

                            Antoine Flandrin








                        



                                


                            

En images. A Saint-Germain-des-Prés, l’une des cinq églises les plus visitées de Paris, la statue de saint ­Antoine de Padoue est recouverte de graffitis. Gravées ou écrites au feutre, ces inscriptions en plusieurs langues sont surtout des demandes de protection. Certains s’adressent au saint : « Please keep my children safe and healthy » (« S’il vous plaît gardez mes enfants en sécurité et en bonne santé »). D’autres ­entourent d’un cœur les prénoms des êtres qui leur sont chers.
Des vœux sont formulés : « Bac et Beaux-Arts » sur la manche de la statue. Requis pour retrouver des biens perdus, matériels ou spirituels, saint Antoine est également remercié : « I thank you for helping me find what is lost. The Larson family » (« Je vous ­remercie de m’aider à retrouver ce qui est perdu »). Enfin, on trouve des tags et des messages incohérents.
Certains graffitis sont datés de 2016, de 2007, d’autres de 1992. « Dans les années 2000, c’était surtout la statue de sainte Rita, la patronne des causes désespérées, qui était ­recouverte de signatures. Elle a été nettoyée, mais très légèrement », explique Jacques ­Lacoste qui y assure des visites guidées ­depuis une quinzaine d’années.
Pour Clara Lamireau-Meyer, qui a soutenu une thèse d’ethnologie à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS), en 2009, sur les écritures votives dans les lieux de culte catholiques parisiens, la persistance de cette pratique à l’église Saint-Germain-des-Prés s’explique par la forte attractivité touristique du lieu et par le fait que ces statues en plâtre, non notables d’un point de vue artistique, ne sont pas surveillées.
« Des vœux exaucés plus vite »
L’équipe d’accueil composée de laïcs, de religieux et du sacristain considère ces graffitis votifs comme une forme de piété populaire, voire de superstition. « Nous respectons cette pratique, mais nous essayons de l’encadrer, observe...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-17"> ¤ RATP Dev espère rafler 100  millions d’euros de chiffre d’affaires à sa rivale en  2019.
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Transport public : la RATP vient défier Keolis-SNCF sur ses terres du Grand Ouest

RATP Dev espère rafler 100  millions d’euros de chiffre d’affaires à sa rivale en  2019.



LE MONDE
 |    08.09.2018 à 11h00
    |

                            Éric Béziat








                        



                                


                            

Cap à l’ouest ! Après avoir conquis Vannes en 2017, Lorient en 2018, RATP Dev se verrait bien vainqueur à Brest en 2019. La filiale de la célèbre régie du métro parisien remettra début octobre une proposition chiffrée à la métropole de Brest pour être opérateur du réseau Bibus de l’agglomération bretonne, un marché de 40 millions d’euros détenu depuis des décennies par la SNCF, par l’intermédiaire de sa filiale de transport public urbain Keolis.
Un match SNCF-RATP pour savoir qui va faire fonctionner une vingtaine de lignes de bus, une ligne de tramway et un téléphérique urbain dans le Finistère, voilà de quoi surprendre. Rien de plus banal en réalité. Les appels du transport public des villes françaises sont en effet fréquemment le théâtre d’un jeu à trois acteurs : une rude concurrence à laquelle se livrent les deux leaders Keolis et Transdev (filiale de la Caisse des dépôts), et le challenger RATP Dev.
« RATP Dev ? Quand ils vous tiennent, ils ne vous lâchent pas », dit Pierre Le Bodo, président centriste de Golfe du Morbihan-Vannes agglomération, se remémorant sourire aux lèvres les âpres négociations de 2016, lorsque la filiale de la régie parisienne a raflé à Transdev le marché des transports publics de la métropole morbihannaise que l’opérateur sortant gérait pourtant depuis quarante ans.
Une sélection attentive des cibles
C’est que la petite nouvelle a très faim. Créée par sa maison mère ex nihilo il y a quinze ans pour pouvoir se développer hors région parisienne, RATP Dev a une feuille de route ambitieuse. L’entreprise, dirigée par une femme, Laurence Batlle, génère aujourd’hui 1,2 milliard d’euros de chiffre d’affaires (contre 6,6 et 5,4 pour Transdev et Keolis) et a pour objectif d’atteindre les 2,2 milliards en 2022.
Dans ce contexte, RATP Dev a décidé de faire du Grand Ouest une terre de conquêtes. Or, l’entreprise parisienne vient planter ses petits drapeaux sur un territoire où Keolis-SNCF est solidement...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-18"> ¤ La Maison de la Nouvelle-Calédonie aide 350 jeunes Français issus de ce territoire, notamment pour remplir des formulaires pas vraiment adaptés à leur situation.
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L’atterrissage périlleux des étudiants calédoniens en métropole

La Maison de la Nouvelle-Calédonie aide 350 jeunes Français issus de ce territoire, notamment pour remplir des formulaires pas vraiment adaptés à leur situation.



LE MONDE
 |    08.09.2018 à 10h12
 • Mis à jour le
08.09.2018 à 10h54
    |

            Patrick Roger








                        



                                


                            
Ils ont débarqué la veille à l’aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle et bon nombre d’entre eux, ce vendredi 31 août, n’ont pas encore récupéré des 22 heures de vol et des 9 heures de décalage horaire avec la Nouvelle-Calédonie. Sans parler du choc que représente l’arrivée dans la capitale, que la plupart abordent pour la première fois, avant de rejoindre leurs lieux d’études respectifs.
Avant de s’éparpiller, ces seize étudiants calédoniens originaires, concernant ce groupe, de la province Sud, vont être pris en charge pendant deux jours à Paris par la Maison de la Nouvelle-Calédonie (MNC), installée dans le quartier de l’Opéra. Cette année, ce sont environ 350 étudiants venus de ce lointain territoire du Pacifique de 270 000 habitants qui vont ainsi être accueillis, guidés et suivis dans leurs démarches pour faciliter leur intégration.
« On nous considère comme des étrangers »
« Notre priorité, c’est de leur éviter toute mise en danger », explique Agnès Siraut, la responsable du service étudiant de la MNC. Aucun des nouveaux arrivants ne sera de toute façon « lâché dans la nature » tant qu’il n’aura pas de logement. Avant cela, il va falloir d’abord avancer dans les démarches administratives. Loin d’être une formalité. Car les étudiants calédoniens ne peuvent pas remplir certains formulaires comme d’autres jeunes Français. Ce n’est pas le moindre des paradoxes en cette année où la population calédonienne doit se prononcer par voie de référendum sur son indépendance ou son maintien dans le giron tricolore.
Cela commence par les documents d’inscription dans les établissements universitaires. A la case nationalité, si le demandeur coche « française », il passe directement à la ligne suivante pour donner son numéro de Sécurité sociale. Impossible pour un jeune Calédonien, dont le territoire est doté d’une caisse autonome, la Cafat. Il va donc lui falloir s’enregistrer sous l’intitulé « Union européenne » s’il veut aller...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-19"> ¤ Dans les cabinets médicaux, l’arrêt-maladie est l’objet de négociations. Patients qui refusent, patients qui réclament… Des médecins racontent.
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Arrêts-maladie : « Je dois régulièrement me battre avec des patients pour les arrêter »

Dans les cabinets médicaux, l’arrêt-maladie est l’objet de négociations. Patients qui refusent, patients qui réclament… Des médecins racontent.



LE MONDE
 |    08.09.2018 à 09h55
 • Mis à jour le
08.09.2018 à 18h11
    |

            François Béguin








                        



                                


                            

Les médecins ont senti le vent tourner. Après avoir envisagé cet été de faire payer aux employeurs une partie du coût des arrêts-maladie de courte durée, c’est désormais vers eux que le gouvernement s’est mis à regarder pour tenter d’endiguer la hausse régulière du montant des indemnités journalières. Un poste qui a dépassé en 2016 pour la Sécurité sociale les 7,1 milliards d’euros au titre des seuls arrêts-maladie (hors accidents du travail), en hausse de 15 % par rapport à 2010.
Cette explosion des dépenses a fait peser sur ces professionnels de santé le soupçon de distribuer des arrêts de façon légère, voire abusive. Interrogés sur leurs pratiques, des médecins décrivent pourtant des patients réticents à accepter ceux de courte durée, qui représentent près de la moitié des arrêts de travail (46 %) et seulement 4 % de la dépense totale des indemnités journalières.
« L’arrêt-maladie ne va pas de soi, je dois régulièrement me battre avec des patients pour les arrêter », raconte Julie Mazet, médecin généraliste à Annemasse (Haute-Savoie) et secrétaire générale de la branche généraliste de la Confédération des syndicats médicaux français. « On voit tous les jours dans nos cabinets des gens qui ne veulent pas être arrêtés, c’est notre réalité quotidienne », décrit Jean-Louis Bensoussan, généraliste à Castelmaurou (Haute-Garonne) et secrétaire général de MG France, le premier syndicat de généralistes.
Crainte d’une perte de salaire
Chaque prescription d’arrêt est même une « négociation » avec le patient, témoigne Marie Brosset, médecin généraliste en Bretagne et porte-parole du syndicat de jeunes médecins Reagjir. La réticence à accepter un arrêt est souvent directement liée à la taille de l’entreprise. La médecin l’explique ainsi : « Si c’est une petite boîte, que le patient est investi dans son boulot, il va tout faire pour ne pas s’arrêter, alors que c’est accepté plus facilement par les salariés des grosses...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-20"> ¤ La Cour de cassation va tenir compte de l’analyse du Comité des droits de l’homme de l’ONU sur l’affaire de la crèche Baby-Loup dont une employée voilée avait été licenciée.
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La jurisprudence sur le port du voile en France pourrait évoluer

La Cour de cassation va tenir compte de l’analyse du Comité des droits de l’homme de l’ONU sur l’affaire de la crèche Baby-Loup dont une employée voilée avait été licenciée.



LE MONDE
 |    08.09.2018 à 09h41
 • Mis à jour le
08.09.2018 à 10h12
    |

            Jean-Baptiste Jacquin








                        



   


La France n’en a pas fini avec les suites de l’« affaire Baby-Loup ». La révélation fin août de la décision du Comité des droits de l’homme des Nations unies sur cette crèche associative a suscité un débat sur son éventuelle portée. Ce comité d’experts indépendants a livré le 10 août des « constatations » à l’opposé de ce que la justice française a dit sur le licenciement en 2008 pour faute grave de la directrice adjointe de l’établissement qui avait refusé d’enlever le foulard islamique.
La justice française, par la voie de la Cour de cassation, avait définitivement tranché ce dossier en juin 2014 et validé ce licenciement, estimant qu’il ne résultait d’aucune discrimination religieuse mais de l’application du règlement interne qui imposait la neutralité à ses salariés.
Le Comité des droits de l’homme n’est pas une instance juridictionnelle et ses décisions ne s’imposent donc pas à la France en droit. Il a été créé pour s’assurer de la mise en œuvre du pacte de l’ONU sur les droits civils, en vigueur depuis 1976, et dont la France est signataire. Les juristes qui le composent ne jugent pas les affaires dont des particuliers peuvent les saisir, mais font des « constatations » après avoir donné la parole aux différentes parties. Politiquement, la France peut néanmoins difficilement ignorer une telle décision qui lui reproche de ne pas respecter un pacte international qui l’engage.
Surtout, la Cour de cassation va tenir compte de cette interprétation divergente du droit. Le premier président de la plus haute juridiction du pays, Bertrand Louvel, en a officiellement averti les magistrats du siège et du parquet lundi 3 septembre.
« Pas une mesure proportionnée à l’objectif recherché »
Lors du discours protocolaire d’installation de nouveaux magistrats à la Cour de cassation, M. Louvel a souligné que le Comité des droits de l’homme des Nations Unies « a constaté que notre assemblée plénière elle-même avait méconnu des droits fondamentaux reconnus par le Pacte international des droits civils et politiques dans l’affaire connue sous le nom de Baby Loup ». Et de poursuivre : « Même si cette constatation n’a pas, en droit, de force contraignante, l’autorité qui s’y attache de fait constitue un facteur nouveau de déstabilisation de la jurisprudence qui vient perturber, aux yeux des juges du fond, le rôle unificateur de notre Cour, qui plus est au niveau le plus élevé de son assemblée plénière. »
Autrement dit, la justice devra se prononcer sur les situations qui lui sont soumises à la lumière des lois françaises, assez restrictives sur le port de signes religieux, de la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l’homme et de la Cour de justice de l’Union européenne, reconnaissant à la France une marge de manœuvre dans la conciliation du principe républicain de laïcité et du principe de liberté religieuse, et donc désormais de l’analyse du Comité de l’ONU.
Concrètement, le Comité de l’ONU ne remet pas en cause la possibilité pour une entreprise d’imposer une neutralité religieuse à ses salariés, dès lors que l’activité le justifie et que les modalités d’application de cette mesure sont proportionnées. Mais il estime que « le port d’un foulard ne saurait en soi être considéré comme constitutif d’un acte de prosélytisme » et que la restriction imposée par la crèche Baby-Loup « n’est donc pas une mesure proportionnée à l’objectif recherché ». Il souligne en effet que la justice française n’a pas démontré dans cette affaire en quoi « le port d’un foulard par une éducatrice de la crèche porterait une atteinte aux libertés et droits fondamentaux des enfants et des parents la fréquentant ».
La question est de savoir si les juges chercheront dans leurs motivations à faire cette démonstration qui a fait défaut dans le dossier Baby-Loup, où si l’interprétation des lois sur les signes religieux va connaître un bouleversement.



                            


                        

                        

