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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-1"> ¤ Le fonds activiste américain a répondu, lundi 10 septembre, aux critiques du groupe de Vincent Bolloré qui dénonçait une « gestion désastreuse » de l’opérateur italien.
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Telecom Italia : les deux actionnaires Vivendi et Elliott s’écharpent

Le fonds activiste américain a répondu, lundi 10 septembre, aux critiques du groupe de Vincent Bolloré qui dénonçait une « gestion désastreuse » de l’opérateur italien.



LE MONDE
 |    10.09.2018 à 18h11
    |

            Sandrine Cassini








                        



                                


                            
Quatre mois après leur union forcée, les noms d’oiseau continuent de fuser entre le fonds américain Elliott et Vivendi, qui siègent au conseil d’administration de Telecom Italia. Le groupe de Vincent Bolloré a publié le 5 septembre dernier un communiqué au vitriol dénonçant la « gestion désastreuse de Telecom Italia » par le fonds américain.
Lundi 10 septembre, Elliott est sorti du bois. « Comment Vivendi peut-il se dédouaner de ses responsabilités alors qu’il a été aussi longtemps aux affaires ? », s’interroge l’Américain, qui rappelle à Vivendi, que c’est le groupe français lui-même qui a nommé l’actuel directeur général, l’israëlo-brésilien, Amos Genish.
Enfin, le fonds rappelle qu’il n’a jamais promis un doublement du cours de Bourse, comme l’affirme Vivendi, mais une augmentation du titre, à condition que ses recommandations soient adoptées. Ce qui n’a pour le moment pas été fait par le conseil. « Nous sommes en train d’exécuter un plan conçu et approuvé par Vivendi », a affirmé, vendredi 7 septembre, son président Fulvio Conti, choisi par Elliott.
Perte de 38% en Bourse
Le 4 mai, Vivendi, premier actionnaire de Telecom Italia avec 24 % du capital, a perdu la majorité au conseil d’administration au profit d’Elliott. Le groupe français n’exclurait pas de convoquer une nouvelle assemblée générale, afin de bouter hors du groupe cet encombrant actionnaire. A ce stade, aucune décision ne semble prise.
Depuis l’arrivée d’Elliott, le titre Telecom Italia a perdu 38 % en Bourse. Plus qu’une mauvaise gestion, cette dégringolade est d’abord à mettre sur le compte de l’arrivée d’Iliad (dont Xavier Niel le fondateur est actionnaire du Monde), sur le marché italien le 29 mai. En quelques mois, la marque française a conquis 2 millions de clients, grâce à des prix cassés sur le mobile. « Jusque-là, Telecom Italia s’est montré assez résilient par rapport à Vodafone et à WindTre. Mais Iliad a détérioré le marché....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-2"> ¤ Jean-Pierre Lacroix, secrétaire général adjoint aux opérations de la paix des Nations unies, tire le bilan de la mission onusienne.
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Entretien

« Les casques bleus n’ont pas vocation à être éternellement présents au Mali »

Jean-Pierre Lacroix, secrétaire général adjoint aux opérations de la paix des Nations unies, tire le bilan de la mission onusienne.

Christophe Châtelot
    



LE MONDE
              datetime="2018-09-10T17:37:23+02:00"

        Le 10.09.2018 à 17h37






    
Des soldats allemands de la Minusma, sur la route entre Gao et Gossi, au Mali, le 2 août 2018.
Crédits : SEYLLOU / AFP


Déployée au Mali en juin 2013, la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (Minusma) doit faire face à un environnement de plus en plus hostile. Formatée comme une opération de maintien – et non d’imposition – de la paix, elle détient le triste record du nombre de morts (146 au 30 juin 2018) parmi toutes les missions onusiennes actuellement déployées dans le monde.
La mise en œuvre de l’accord de paix de 2015 signé avec les groupes rebelles du Nord patine. Parallèlement, la sécurité dans le centre du pays ne cesse de se dégrader. Au retour d’une visite de quelques jours au Mali, Jean-Pierre Lacroix, secrétaire général adjoint aux opérations de la paix des Nations unies, tire le bilan de la Minusma.

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Quels enseignements avez-vous tirés de votre séjour au Mali ?
Jean-Pierre Lacroix Une page importante a été tournée avec l’élection présidentielle [remportée le 12 août par le chef de l’Etat sortant, Ibrahim Boubacar Keïta, dit « IBK »] qui, globalement, s’est déroulée dans le calme, malgré les craintes. Le Mali peut dorénavant entamer une nouvelle phase.
Une deuxième page a été tournée avec le renouvellement, fin juin, du mandat de la Minusma par le Conseil de sécurité. Un renouvellement accompagné d’un message d’urgence sur la nécessité de faire progresser l’accord de paix et d’une demande du secrétaire général de remettre un rapport d’ici à six mois sur l’avancement de la mise en œuvre de cet accord.
En fonction des progrès rapportés, le Conseil de sécurité déterminera et réévaluera le mandat et les modalités de la présence de la Minusma. Le message implicite, c’est que la Minusma – comme les autres missions de maintien de la paix déployées ailleurs dans le monde – n’a pas vocation à être éternellement présente au Mali s’il n’y a pas de progrès dans la mise en œuvre des accords. Notre vocation est d’aider à faire avancer un processus de paix. On attend donc des progrès de la part des parties prenantes. La communauté internationale et le conseil de sécurité en particulier ont exprimé une certaine impatience.
Le sentiment d’urgence exprimé par l’ONU est partagé par les Maliens eux-mêmes : la société civile, la population, les parties signataires de l’accord de paix et aussi les autorités maliennes. Le président l’a répété dans son discours d’investiture. Ce qui compte, ce sont les progrès concrets. Et concrètement, la population attend le retour de la sécurité et de la puissance publique malienne.

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Le bilan du premier quinquennat d’IBK est mitigé en matière de sécurité. Les groupes rebelles n’ont pas désarmé. Pourquoi cela changerait-il ?
Ne minimisons pas les progrès réalisés ces derniers mois, notamment depuis la nomination [le 31 décembre 2017] du premier ministre Soumeylou Boubèye Maïga et l’adoption, en mars, d’une feuille de route. Nous sommes conscients des débats existant sur le désarmement des groupes armés, la reconstitution des forces maliennes, la réforme constitutionnelle… Mais il y a aussi un certain nombre d’acquis. La période électorale a provoqué un flottement, le bilan n’est pas « top », mais il y a des leçons à tirer.
Et puis, par le biais du rapport du groupe d’experts auprès du comité des sanctions, la communauté internationale a aussi envoyé un signal fort à ceux qui entraveraient les accords de paix. Ils auront à en payer le prix. Le système des sanctions n’est pas la panacée, mais c’est un élément nouveau par rapport aux moyens de pression qui existent déjà. Ça peut marcher.
La situation ne cesse de se dégrader dans le centre du pays. Comment la Minusma entend-elle répondre à ce nouveau défi ?
Jusqu’à récemment, notre mandat portait essentiellement sur le nord du pays. Le Conseil de sécurité vient de nous donner un mandat explicite pour aider les Maliens à rétablir la sécurité dans le centre. Il y a là des dynamiques locales sur fond de conflits et d’antagonismes anciens, pas seulement la problématique agriculteurs/cultivateurs. La situation dans le nord a exacerbé les sentiments de frustration dans le centre.
Nous devons évoluer. La Minusma a déjà renforcé sa présence, notamment avec le déploiement d’éléments sénégalais. Il faut faire davantage, renforcer les présences policière et civile pour aider au règlement des conflits locaux. Mais notre action doit reposer sur une stratégie malienne, sinon elle est vouée à l’échec. Les autorités ont adopté en 2017 un Plan de sécurisation intégré des régions du centre. Sa mise en œuvre n’est pas exactement au niveau attendu, mais la volonté du gouvernement de revoir son approche existe.

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Mais il y a urgence, non ?
Oui. Nous sommes prêts à faire plus. Le centre est une zone où l’Etat malien est visé, parfois chassé, mais où il était davantage présent que dans le nord. Nous devons tendre à rétablir l’Etat de droit et la stabilité.
La Minusma n’échappe pas non plus aux critiques…
Elle joue un rôle essentiel dans la stabilisation du Mali. Mais dans ce genre d’opération dotée d’un mandat très ambitieux, les attentes sont très fortes, voire au-delà de nos capacités. On connaît nos limites. On ne peut pas être tout à la fois d’un côté et de l’autre.
Comment s’articulent la force régionale du G5 Sahel, l’opération française « Barkhane » et la Minusma ? N’y a-t-il pas un risque de confusion ?
Non, nous sommes différents, complémentaires et au service d’un objectif commun : le retour de la paix. La Minusma a un mandat de sécurisation et de soutien aux efforts politiques et de protection de la population. Ce mandat, relativement robuste, n’est pas destiné à imposer la paix. Nous ne sommes pas là pour combattre les groupes terroristes. « Barkhane » a une mission de lutte contre les groupes terroristes, le G5 Sahel également. Nous soutenons fermement le G5 sur les plans logistique et politique, parce que cela exprime la volonté des pays du Sahel de prendre en main leurs défis de sécurité.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-3"> ¤ Correspondante du « Monde » dans les pays nordiques, Anne-Françoise Hivert analyse les résultats des élections de dimanche.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-3"> ¤                     
                                                

Suède : l’extrême droite « toujours persona non grata, pour le moment en tout cas »

Correspondante du « Monde » dans les pays nordiques, Anne-Françoise Hivert analyse les résultats des élections de dimanche.



LE MONDE
 |    10.09.2018 à 17h08
 • Mis à jour le
10.09.2018 à 17h54
   





                        



   


Anne-Françoise Hivert, correspondante du Monde dans les pays nordiques, a répondu aux questions des internautes sur les résultats des élections législatives suédoises, qui se sont tenues dimanche 9 septembre.
Carl : Bonjour, à quel point une alliance droite-extrême droite est-elle possible en Suède ? Les SD sont-ils vraiment persona non grata dans la politique suédoise ?
Anne-Françoise Hivert : Une alliance gouvernementale avec eux est absolument impossible. La formation d’un gouvernement de droite (composé des conservateurs, centristes, chrétiens-démocrates et libéraux) qui s’appuierait sur le soutien des Démocrates de Suède (SD, extrême droite) est également exclue.
Lundi 9 septembre au matin, SD a envoyé une proposition de négociations aux conservateurs et chrétiens-démocrates. Ils y ont opposé une fin de non-recevoir. Les autres partis ont toujours dit qu’ils ne négocieraient pas avec SD. De son côté, SD refuse d’exercer un soutien passif – sans condition et sans influence – à un gouvernement de droite. Et les centristes et libéraux ont été très clairs : ils ne feront pas partie d’un gouvernement qui, à un moment ou à un autre, pourrait se retrouver en position de dépendance à l’égard de SD. Donc, la seule solution pour le moment est un rapprochement avec la gauche. Mais c’est un scénario également très compliqué…
En résumé : SD est toujours persona non-grata. Pour le moment en tout cas. Mais les lignes ont bougé pendant la campagne, avec certains partis qui ont clairement repris la rhétorique de SD. Le parti, évidemment, s’en réjouit, estimant qu’il ne serait pas difficile de trouver un accord, sur l’immigration et le durcissement des peines notamment, avec les conservateurs et les chrétiens-démocrates.

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Yves : Quelles sont les principales propositions de l’extrême droite suédoise ? Ils poussent pour un « Suéxit » aussi ?
A.-F. H. : Oui, ils veulent que la Suède sortent de l’UE. Mais ce n’est pas une de leur priorité immédiate. Ils demandent un durcissement supplémentaire de la politique de l’asile, plus de policiers dans les rues, plus d’argent aux retraités (une baisse des taxes sur les retraites), des investissements dans le système de santé… Ce sont sur ces points qu’ils voudraient obtenir une influence en échange d’un soutien potentiel à un gouvernement de droite. Par ailleurs, ils ont un programme étoffé en faveur de l’assimilation des étrangers, l’aide au retour des immigrés (y compris qui vivent en Suède depuis longtemps)…

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Kelkun : Bonjour, l’immigration en Suède a-t-elle augmenté ces dernières années ?
A.-F. H. : Oui. Enormément. La Suède a accueilli près de 450 000 demandeurs d’asile depuis 2010. Environ 60 % ont obtenu un titre de séjour. C’est sans compter avec les personnes arrivées via le regroupement familial. Rien qu’en 2015, le pays de 10 millions d’habitants a reçu 163 000 demandeurs d’asile en une année – un des taux les plus élevés en Europe proportionnellement à la population du pays. Pour vous donner un ordre d’idée, 18,5 % de la population suédoise est aujourd’hui née à l’étranger. Le chiffre était de 11,3 % en 2000, 14,7 % en 2010.
Chat teigneux : La politique migratoire suédoise s’est-elle durcie ? La Suède pousse-t-elle également à un durcissement des contrôles aux frontières de l’UE ?
A.-F. H. : Oui, la politique migratoire du pays a radicalement changé depuis le 24 novembre 2015, quand le premier ministre Stefan Löfven et la porte-parole des Verts, Åsa Romson (en pleurs), annoncent, lors d’une conférence de presse, que les capacités d’accueil de la Suède sont saturées et que tant que le reste de l’UE ne prend pas ses responsabilités, ils ferment les frontières du pays.
Jusqu’alors, les réfugiés syriens et afghans notamment obtenaient quasi-systématiquement l’asile et un permis de séjour permanent. Ils sont remplacés par des permis de séjour temporaire. le regroupement familial est quasiment suspendu et soumis à de strictes conditions.
Le gouvernement a par ailleurs décidé de généraliser les examens médicaux pour déterminer l’âge des mineurs isolés - des examens pourtant extrêmement controversés. Résultat : en 2015, la Suède a reçu 162 877 demandeurs d’asile. En 2016, on est descendu à 28 939 et 25 666 en 2017. Au niveau européen, Stockholm ne pousse pas en faveur du renforcement des frontières, mais d’un système de partage entre les différents pays.

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De Scandinavie : Pourquoi parle-t-on tellement de la Suède aujourd’hui alors qu’i s’est passé la même chose dans les pays voisins avec le Fremskridtparti en Norvège qui gouverne toujours avec Erna Solberg et la Finlande avec le parti des Vrais Finlandais. La Suède est plus importante ?
A.-F. H. : Non. Mais en Suède, l’extrême droite n’a pas les mêmes racines que dans les pays voisins. Les Démocrates de Suède ont été créés par d’anciens nazis. Ils ont longtemps attiré des sympathisants néonazis. Ils ont encore des sympathisants qui ont des contacts avec la mouvance néonazie en Suède. Ce n’est pas le cas dans les autres pays.
Par ailleurs, les partis traditionnels avaient jusqu’à présent refusé de leur accorder la moindre influence, pratiquant la politique du cordon sanitaire. On se rend compte aujourd’hui que cette stratégie n’a pas été plus efficace que de les utiliser comme contrepoids au gouvernement (dans le cas danois) ou les intégrer au gouvernement (en Norvège).
Enfin, il y a aussi je pense une certaine curiosité pour ce qui se passe dans ce pays qui longtemps a défendu l’ouverture de ses frontières et l’accueil des réfugiés. Avant de revenir en arrière en novembre 2015.
lui : En tant que correspondante, avez-vous vu le pays et les mentalités changer ces derniers temps en Suède ? Et si oui, dans quel sens ?
A.-F. H. : C’est surtout la rhétorique qui a changé, notamment dans le débat politique. Et cela s’est passé très vite. Jusqu’en 2015, certaines choses ne se disaient pas, au risque d’être taxé de « raciste ». Par exemple, poser la question de l’impact de l’accueil des réfugiés sur le système social suédois. Y compris quand le pays recevait 10 000 demandeurs d’asile par semaine.
Le débat s’est radicalement transformé à partir de 2015, quand les partis traditionnels se sont mis à reprendre certaines formulations des SD, à parler de quotas, à lier l’arrivée des réfugiés à la criminalité… Autre chose enfin a changé ces dernières années : les Suédois osent désormais dire tout haut ce qu’ils se contentaient de penser tout bas. Et les électeurs et sympathisants SD l’assument. La Suède s’est « européisée ».

        Lire notre éditorial :
         

          La Suède, un pays européen comme les autres



Jean-Luc : Est-il exact que Malmö est devenue la capitale européenne des attaques à la grenade ?
A.-F. H. : Malmö est surtout devenue un symbole pour l’extrême droite et les médias ultraconservateurs du monde entier, qui veulent en faire l’exemple de l’échec cuisant du multiculturalisme. De fait, Malmö a des problèmes, notamment en termes de ségrégation et de criminalité. Dix personnes ont été tuées dans des fusillades, depuis le début de l’année – il s’agissait de règlements de compte entre membres de divers gangs. Le sentiment d’insécurité augmente, même si les statistiques de la criminalité restent stables, voire baissent légèrement. Cela étant, Malmö est aussi une ville où il fait bon vivre. Mais elle est utilisée par des sites comme Russia Today, Sputnik, ou Breitbart et Infowars pour propager un message souvent très islamophobe.

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-4"> ¤ L’ONU fait part de sa préoccupation face à ce qui pourrait devenir la « pire catastrophe humanitaire » du XXIe siècle.
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Guerre de Syrie : 30 000 déplacés dans la seule province d’Idlib, selon l’ONU

L’ONU fait part de sa préoccupation face à ce qui pourrait devenir la « pire catastrophe humanitaire » du XXIe siècle.



LE MONDE
 |    10.09.2018 à 16h48
 • Mis à jour le
10.09.2018 à 16h59
   





                        



   


Les Nations Unies se disent « profondément préoccupées », lundi 10 septembre, par le déplacement de plus de 30 000 personnes en Syrie en raison des bombardements visant la province d’Idlib et ses alentours.
Entre le 1er et le 9 septembre, « nous avons recensé 30 542 femmes, enfants, mais aussi des hommes, qui ont été déplacés du sud et du sud-ouest d’Idlib, ainsi que du nord et du nord-ouest de la province (voisine) de Hama », a rapporté un porte-parole onusien. La majorité de ces déplacés sont arrivés dans le nord d’Idlib (...) près de la frontière turque ».
Situés dans le Nord-Ouest syrien, à la frontière de la Turquie, Idlib et les territoires insurgés adjacents ont été ces derniers jours la cible de bombardements à l’artillerie du régime et de frappes aériennes de Moscou. Ces violences sporadiques ont fait des morts parmi les civils, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH).

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La « pire catastrophe humanitaire » du XXIe siècle
Quelque trois millions de personnes, dont la moitié est constituée de déplacés d’autres régions de Syrie touchées par des combats, vivent dans la province d’Idlib et dans les poches insurgées des provinces voisines de Hama, d’Alep ou de Lattaquié, selon l’ONU.
La région est contrôlée en majeure partie par le groupe djihadiste Hayat Tahrir al-Cham (HTS), issu de l’ex-branche d’Al-Qaïda en Syrie, mais d’autres groupes rebelles y sont également présents.
La bataille d’Idlib, ultime bastion insurgé dans la Syrie en guerre, pourrait devenir la « pire catastrophe humanitaire » du XXIe siècle, a déjà averti à Genève le secrétaire général adjoint de l’ONU pour les affaires humanitaires, Mark Lowcock.
La guerre de Syrie a débuté en 2011 après la répression sanglante par le régime de Bachar Al-Assad de manifestations en faveur de la démocratie. Elle a déjà fait plus de 350 000 morts et a forcé à l’exil plusieurs millions de personnes.

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Compte rendu

Au Cameroun anglophone, un mort et plusieurs blessés dans l’attaque d’un convoi de bus

L’assaut a été mené par des individus armés au village d’Akum, dans une région en proie à des combats entre l’armée et des séparatistes.


LE MONDE
              datetime="2018-09-10T16:30:41+02:00"

        Le 10.09.2018 à 16h30

     •
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        Mis à jour le 10.09.2018 à 16h36






    
Le village d’Akum se trouve à quelques kilomètres de Bamenda, chef-lieu de la région anglophone du Nord-Ouest, au Cameroun.
Crédits : Google Maps


Un chauffeur d’autocar a été tué et plusieurs personnes blessées dans l’attaque d’un convoi de bus, dans la nuit de samedi à dimanche, au Cameroun anglophone, a indiqué la télévision publique dimanche soir 9 septembre. L’attaque a été perpétrée par des individus armés au village d’Akum, à quelques kilomètres de Bamenda, dans la région Nord-Ouest, a détaillé le média public dans son journal télévisé.
Des images de l’attaque circulant dimanche sur les réseaux sociaux montrent une route en réfection coupée par une tranchée, ainsi que cinq autocars de transport public détruits à l’aide d’un engin mécanique. La tranchée a été creusée par les assaillants, selon des témoins interrogés par les médias sur place.

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« Un de nos collaborateurs nous a informés qu’un groupe d’hommes armés a fait irruption sur le chantier et s’est emparé de la pelle mécanique pour creuser un trou sur la voie », a témoigné un responsable de la compagnie de travaux publics chargée de rénover la route qui relie Bamenda à Bafoussam, près de 80 km au sud. Les autorités du département de la Mezam et un détachement de l’armée camerounaise sont descendus sur les lieux afin de rétablir la circulation, qui a repris dans la soirée de dimanche.
Des combats quasi quotidiens
Les deux régions anglophones – sur les dix que compte le Cameroun – sont confrontées à une grave crise depuis fin 2016, sur fond de velléité d’indépendance. Les manifestations pacifiques de 2016 se sont transformées en violences armées et les combats sont devenus quasi quotidiens entre les forces de l’ordre et les séparatistes, notamment depuis l’arrestation, début janvier, du leader indépendantiste Sisiku Ayuk Tabe et de neuf de ses partisans.

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Au Cameroun anglophone, 109 membres des forces de l’ordre et de sécurité ont été tués, selon le gouvernement, pour qui les séparatistes sont des « terroristes ». Le nombre de victimes enregistrées chez les séparatistes n’est pas connu. Plusieurs centaines de civils auraient perdu la vie dans ce conflit, selon des ONG.
Une élection présidentielle est prévue au Cameroun le 7 octobre. Neuf candidats sont en lice. Le président sortant Paul Biya, 85 ans, dont trente-cinq au pouvoir, brigue un septième mandat.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-6"> ¤ En deux jours, l’ex-ministre des affaires étrangères britannique, partisan d’une rupture nette avec l’UE, critique de plus en plus la politique de la cheffe du gouvernement.
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A 200 jours du Brexit, les attaques de Boris Johnson contre Theresa May redoublent

En deux jours, l’ex-ministre des affaires étrangères britannique, partisan d’une rupture nette avec l’UE, critique de plus en plus la politique de la cheffe du gouvernement.



LE MONDE
 |    10.09.2018 à 15h35
 • Mis à jour le
10.09.2018 à 18h38
   





                        


A deux cents jours du Brexit et tandis que la rumeur enfle quant à sa volonté de renverser Theresa May pour prendre la tête d’un Parti conservateur divisé, Boris Johnson a lancé lundi 10 septembre une nouvelle offensive contre la cheffe du gouvernement britannique.
Partisan d’une rupture nette avec l’Union européenne, l’ancien ministre des affaires étrangères a exhorté Mme May à s’engager à ne pas augmenter les impôts, afin de permettre à l’économie britannique de rebondir après sa sortie de l’UE, l’invitant à suivre l’exemple du président américain, Donald Trump.
« Le moment est venu pour ce gouvernement conservateur de montrer comment un Royaume-Uni post-Brexit se traduira par une économie heureuse et dynamique », écrit-il dans sa chronique hebdomadaire pour le Daily Telegraph. Des propos qui « ne vont guère freiner la rumeur selon laquelle il se prépare à prendre la tête du Parti conservateur », analyse le quotidien.
Dimanche, M. Johnson s’en était déjà pris à Mme May, comparant son projet pour le Brexit, le « plan de Chequers », à une « ceinture explosive » attachée au Royaume-Uni. Des propos qui ont choqué, y compris au sein du Parti conservateur, le secrétaire d’Etat aux affaires étrangères, Alan Duncan, estimant qu’ils constituaient « un des moments les plus navrants de la politique moderne britannique ».

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Tentative de détourner l’attention
« Ce n’est pas un langage dont la première ministre userait », a réagi lundi le porte-parole de Mme May lors d’un point presse régulier, refusant de s’étendre davantage sur cet article « pour ne pas lui donner de carburant ». Quant au plan de Chequers, « c’est le seul plan sur la table qui répondra à la volonté des Britanniques tout en évitant l’instauration d’une frontière dure en Irlande du Nord », a ajouté le porte-parole.
Les attaques virulentes de Boris Johnson contre Mme May sont interprétées par certains de ses détracteurs comme une tentative de détourner l’attention portée par la presse britannique à son divorce en raison d’infidélités présumées. Mais pour ses alliés, ces révélations, qui s’étalaient lundi en « une » de la quasi-totalité des quotidiens du pays, seraient l’œuvre de l’équipe de Theresa May afin de le discréditer à moins de trois semaines d’une conférence du Parti conservateur qui s’annonce houleuse. « Toute implication de Downing Street est catégoriquement fausse et injurieuse », a réfuté le porte-parole de Mme May.
M. Johnson avait claqué en juillet la porte du gouvernement pour marquer son désaccord avec le plan de Chequers, qui prévoit le maintien d’une relation commerciale étroite entre le Royaume-Uni et l’UE après le Brexit.

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-7"> ¤ Kim Jong-un s’est abstenu d’exposer ses armes les plus menaçantes. Un état d’esprit pacifiste salué par le président états-unien.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-8"> ¤ Notre correspondante dans les pays nordiques, Anne-Françoise Hivert, répond à vos questions sur les élections législatives en Suède dès 15 heures.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-9"> ¤ « Mon corps est consommé », disait cet Argentin de 53 ans, chargé de remplir d’herbicides les réservoirs des avions d’épandage.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-9"> ¤                     
                                                

Mort de Fabian Tomasi, le militant antipesticides dont le corps était devenu une arme

« Mon corps est consommé », disait cet Argentin de 53 ans, chargé de remplir d’herbicides les réservoirs des avions d’épandage.



LE MONDE
 |    10.09.2018 à 14h29
 • Mis à jour le
10.09.2018 à 16h25
    |

            Charlotte Chabas








                        



   


Son corps était devenu une arme. Sa cage thoracique saillante d’où s’échappaient deux maigres bras dont on ne savait plus bien comment ils tenaient là, sa colonne vertébrale boursouflée par les scolioses, ses paupières toujours à vif, ses joues émaciées recouvertes d’une barbe dense. Et, au milieu, une bouche noire, grande ouverte, semblant lutter pour prendre encore une bouffée d’air. C’était le cri de l’Argentine polluée, réplique moderne du chef-d’œuvre d’Edvard Munch. A 53 ans, Fabian Tomasi, devenu un symbole de la lutte contre les pesticides en Argentine, est mort vendredi 7 septembre.
C’est à 23 ans que ce natif de Basavilbaso commence à travailler pour une exploitation agricole de la région d’Entre Rios (Centre-Est). Le jeune homme est chargé de remplir d’herbicides les réservoirs des avions d’épandage qui parcourent les vastes champs de soja de la province, qui ont supplanté progressivement l’élevage bovin traditionnel. Dans ces larges cuves, des mots qu’il ne connaît pas encore : glyphosate, Tordon, propanil, endosulfan, cyperméthrine, 2-4D, méthamidophos, chlorpyriphos, adjuvants, fongicides, Gramoxone…

        Décryptage :
         

          A quoi servent les pesticides, qui se retrouvent dans notre alimentation ?



« Mon corps est consommé, presque sans mobilité »
Diabétique chronique, Fabian Tomasi commence très vite à ressentir des douleurs au bout des doigts. Aucune protection n’est donnée par l’entreprise à ces ouvriers agricoles pourtant en première ligne. Un médecin lui diagnostique une neuropathie et le met sous antalgiques.
Mais c’est une spirale qui ne connaît pas de fin : perte d’élasticité de la peau, diminution de sa capacité pulmonaire, perte de poids sévère, infections dans les coudes, puis les genoux… c’est finalement une polyneuropathie toxique grave qui lui est diagnostiquée, un syndrome neurologique qui l’atteint à 80 % et comprend un ensemble de maladies inflammatoires et dégénératives qui affectent le système nerveux périphérique. « Actuellement, mon corps est consommé, plein de croûtes, presque sans mobilité et le soir j’ai du mal à dormir à cause de la peur de ne pas me réveiller », écrit-il dans une lettre ouverte adressée au site militant La Poderosa. 
Il n’est pas le seul à souffrir. Autour de lui, en 2014, son frère Roberto, qui vit aussi sous les épandages des avions, meurt d’un cancer du foie, après des semaines d’agonie. Dans sa campagne, le nombre de cancers est près de trois fois plus élevé que dans les villes, selon le Réseau des médecins de villages fumigés, qui parle même « d’épidémie ». 
Alors, Fabian Tomasi décide de prendre la parole et se lance dans un combat pour faire reconnaître le lien entre sa maladie et son métier. « Il ne restera personne. Toutes les terres que nous avons ne suffiront pas pour enterrer tous les morts », prédit-il.
« Notre ennemi est devenu trop fort »
Bientôt, le pays apprend à connaître cet ouvrier agricole qui prend la pose devant l’objectif des photographes de la presse internationale, au milieu des champs ou dans la petite cuisine carrelée où il vivait avec sa mère, sa femme et sa fille. « Nous ne sommes pas des écologistes, nous sommes affectés par un système de production qui se soucie plus de remplir les poches de certains que de la santé des gens », disait Fabian Tomasi, régulièrement invité dans les meetings pour expliquer les effets des pesticides sur la santé humaine. 
« Pour que ces substances vous affectent, cela peut prendre une demi-heure, comme trois ans. Cela ne dépend pas du temps, mais du contact avec des substances conçues pour tuer. »
C’est notamment contre le glyphosate que Fabian Tomasi part en guerre, ce produit utilisé à raison de 300 000 tonnes par an par une Argentine dopée au soja transgénique. Quelques mois avant de mourir, l’ancien ouvrier agricole avait témoigné auprès de l’Agence France-Presse que la molécule de Monsanto était « un piège qui nous a été tendu par des gens très puissants ».
« Il n’y a pas de maladie sans poison et il n’y a pas de poison sans cette connivence criminelle entre les entreprises multinationales, l’industrie de la santé, les gouvernements et la justice. Aujourd’hui plus que jamais, nous devons les arrêter et pour cela nous devons nous battre, même dans les pires scénarios, car notre ennemi est devenu trop fort. »
Malgré son combat judiciaire, Fabian Tomasi n’aura pas eu le droit à un procès. Pas plus qu’il n’aura réussi à faire en sorte que l’Argentine adopte une législation nationale pour encadrer l’usage des pesticides. Mais ces dernières années, il aura contribué à faire que certains maires émettent des arrêtés municipaux pour encadrer les épandages, sous la pression de leurs administrés.

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          Etats-Unis, Argentine, Sri Lanka… le glyphosate face à la justice internationale



A la mi-août, Fabian Tomasi avait salué la condamnation aux Etats-Unis de Monsanto à 289,2 millions de dollars d’amende (248 millions d’euros) au bénéfice d’un jardinier américain, Dewayne « Lee » Johnson. « Je n’ai pas besoin d’argent pour le moment. J’ai besoin de vie, disait-il. Ce ne sont pas des entreprises, ce sont des opérateurs de la mort. (…) Quand je serai parti, continuez de défendre la vérité. »




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-10"> ¤ Le président exécutif d’Arianespace, Stéphane Israël, met en garde les Européens contre le risque de marginalisation, au moment où l’Inde projette d’envoyer un homme dans l’espace et où les Etats-Unis renouent avec de tels lancements.
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Spatial : l’Europe face au défi des vols habités

Le président exécutif d’Arianespace, Stéphane Israël, met en garde les Européens contre le risque de marginalisation, au moment où l’Inde projette d’envoyer un homme dans l’espace et où les Etats-Unis renouent avec de tels lancements.



LE MONDE
 |    10.09.2018 à 13h30
 • Mis à jour le
10.09.2018 à 13h46
    |

            Dominique Gallois








                        



                                


                            

« L’Europe ne peut exclure de ses réflexions les vols habités, au risque d’être isolée plus tard dans l’espace. » Cette mise en garde du patron d’Arianespace, Stéphane Israël, a été lancée, lundi 10 septembre, à l’ouverture de la World Satellite Business Week, une manifestation organisée par Euroconsult et qui réunit à Paris tous les acteurs du spatial.
Cet avertissement a d’autant plus de résonance qu’à la mi-août, lors de la fête de l’Indépendance, le premier ministre indien, Narendra Modi, s’est engagé à ce que son pays envoie « dans l’espace un homme ou une femme en 2022, et même avant si cela est possible ». L’Inde deviendrait alors le quatrième membre d’un club très fermé rassemblant les Etats-Unis, la Russie et la Chine.

Quelques jours auparavant, début août, la Nasa avait révélé la liste des neuf astronautes sélectionnés pour les premiers vols habités dans les capsules de SpaceX et de Boeing. Ces missions, confiées pour la première fois à des entreprises privées, sont prévues l’an prochain. Une manière pour les Américains, de reprendre des vols qu’ils avaient abandonnés en 2011, préférant les fusées russes Soyouz pour rallier la station spatiale internationale (ISS).
Des besoins immenses de connectivité
« Aux Etats-Unis, nous assistons à une mobilisation publique et privée sans précédent pour le spatial », souligne Stéphane Israël. Une frénésie où l’émergence de nouveaux acteurs est stimulée par les milliards de la commande publique ainsi que par les besoins immenses de connectivité liés à l’Internet des objets, dans un contexte de dérégulation massive de l’accès à l’espace. Les perspectives sont considérables. Une étude de Morgan Stanley estime que la valeur totale du marché spatial, des constructeurs de satellites jusqu’aux fournisseurs de services, va plus que tripler, passant de 350 milliards de dollars, en 2017, à 1 100 milliards, en 2040 (302 à 945 milliards d’euros).
« L’un des atouts...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-11"> ¤ Le chercheur Jason Stearns, spécialiste de la RDC, décrypte les enjeux des élections prévues en décembre.
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Entretien

« S’il se retire, Joseph Kabila deviendra l’une des personnalités les plus importantes de l’histoire congolaise »

Le chercheur Jason Stearns, spécialiste de la RDC, décrypte les enjeux des élections prévues en décembre.

Joan Tilouine
    



LE MONDE
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        Le 10.09.2018 à 13h07

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        Mis à jour le 10.09.2018 à 13h59






    
Des habitants de Kinshasa se retrouvent dans un bar pour regarder l’intervention du président congolais, Joseph Kabila, le 19 juillet 2018.
Crédits : AFP


Situation exceptionnelle, le président Joseph Kabila dirige toujours la République démocratique du Congo (RDC) malgré la fin de son dernier mandat, le 19 décembre 2016. L’élection présidentielle a été reportée de nombreuses fois, au point d’être un temps devenue une chimère ou un mirage dans cet immense pays d’Afrique centrale.
Le pouvoir en place assure cette fois que le scrutin se tiendra le 23 décembre, en même temps que les législatives et provinciales. Joseph Kabila, 47 ans, a désigné au dernier moment son candidat. Il s’agit de l’ancien ministre de l’intérieur Emmanuel Ramazani Shadary, qui figure sur la liste de sanctions de l’Union européenne (UE), accusé d’avoir joué un rôle dans la répression des manifestations prodémocratiques.
Bien qu’encore incertaines, ces élections se préparent dans un contexte de profonde crise politique et de suspicions de fraudes renforcées par l’usage de la machine à voter électronique. Des personnalités de l’opposition comme l’ancien vice-président Jean-Pierre Bemba ou l’ex-gouverneur du Katanga Moïse Katumbi ont été empêchées de figurer sur la ligne de départ. Ce qui peut donner l’impression d’élections taillées sur mesure par le régime, qui refuse au nom de la souveraineté nationale tout financement étranger, de même que la présence d’observateurs électoraux.

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                Elections en RDC : la candidature d’un milicien condamné pour des viols sur des enfants validée



Ces élections constituent un défi pour une nation grande comme l’Europe de l’Ouest et pourraient être un moment historique. Car jamais, depuis son indépendance, la RDC n’a pu vivre une alternance pacifique par les urnes. A la présidentielle de 1977, puis à celle de 1984, le pays s’appelait Zaïre et le candidat unique était Mobutu Sese Seko. Ce dernier sera renversé en 1997 par les rebelles de Laurent-Désiré Kabila, qui lui succède jusqu’à son assassinat en janvier 2001. Cette année-là, son fils Joseph, 29 ans, devient l’un des présidents les plus jeunes au monde. Il est élu une première fois en 2006, puis de nouveau cinq ans plus tard, et s’accrochera au pouvoir jusqu’à la tenue de ces élections tant attendues.
Chercheur à la New York University, où il dirige le Groupe d’étude sur le Congo, Jason Stearns décrypte les enjeux de ce scrutin et la stratégie du régime en place.
Peut-il encore y avoir des élections considérées comme crédibles par les organisations régionales et les partenaires occidentaux ?
Jason Stearns Si l’on évalue ces élections selon la qualité des institutions qui les organisent, la réponse est non. Car le régime de Joseph Kabila contrôle nombre d’entre elles, de la Commission électorale nationale indépendante [CENI] à la Cour constitutionnelle, en passant par la police et les administrations locales. Toutes ont été impliquées dans des manipulations politiques visant à reporter les élections, à défavoriser l’opposition et à réprimer la contestation.
Sur le plan technique, il y a aussi des failles, notamment celle du fichier électoral : il y a potentiellement 13,8 millions de cartes d’électeurs défectueuses en circulation – soit plus d’un tiers de l’électorat –, dont 6,2 millions sont des doublons ou ont été distribués à des mineurs et 6,6 millions manquent des données biométriques nécessaires. Du coup, beaucoup de Congolais n’ont plus confiance en ces institutions et redoutent des irrégularités.
« Le scrutin étant à un tour, Emmanuel Ramazani Shadary pourrait l’emporter avec très peu de votes »
Mais les résultats importeront plus que ces détails techniques. D’un sondage national que nous avons mené en juillet, il ressort que seulement 15 % des personnes interrogées ont l’intention de voter pour un membre de la coalition de Kabila. Le mode de scrutin étant à un tour depuis la révision de la Constitution en 2011, Emmanuel Ramazani Shadary pourrait l’emporter avec très peu de voix. Ce qui sera difficile à accepter pour beaucoup de Congolais, même si le processus est jugé crédible. En revanche, si un candidat de l’opposition l’emporte, malgré les dysfonctionnements techniques, beaucoup considéreront ce scrutin comme crédible.

    
L’opposant congolais Jean-Pierre Bemba à Kinshasa, le 2 août 2018.
Crédits : AFP


La Cour constitutionnelle a invalidé la candidature de Jean-Pierre Bemba. Cela risque-t-il de renforcer le clivage entre l’est du pays, dont est originaire M. Kabila, et l’ouest, fief de M. Bemba ?
Je ne crois pas. Si l’ethnicité compte indéniablement, c’est un paramètre situationnel. Ce clivage est-ouest a été artificiellement amplifié. Bien sûr, il y a des clichés, parfois nauséabonds, à propos des « swahiliphones » de l’est du pays et des « lingalaphones » de l’ouest.
Mais des sondages réalisés par notre Groupe d’étude sur le Congo apportent de la nuance. Ainsi, avant la libération de M. Bemba, le candidat le plus populaire dans la région de l’ex-Equateur [ouest] était Moïse Katumbi, un Katangais qui n’a aucun lien familial avec cette région. Et lors de la présidentielle de 2011, le leader de l’opposition Etienne Tshisekedi [décédé le 1er février 2017], originaire du Kasaï [centre], l’a emporté dans une grande partie des Kivus [est].

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Beaucoup, dans l’opposition, critiquent la mainmise des « Katangais » aux postes stratégiques du régime…
Joseph Kabila n’a jamais été un idéologue ethnique. Il voit l’ethnie comme une éventuelle variable d’instrumentalisation, de même qu’un facteur pour organiser le pouvoir. Mais il n’a pas un attachement profond à une communauté. Il ne faut pas oublier qu’il n’avait pas vraiment vécu en RDC jusqu’à 25 ans et que la rébellion de son père, Laurent-Désiré Kabila, comptait dans ses rangs plus de miliciens des Kivus que du Katanga. Depuis son arrivée au pouvoir, Joseph Kabila s’est entouré de personnalités originaires de tout le pays, même si ceux du Maniema et du Katanga sont en effet très visibles.
Les marches organisées par l’Eglise, la société civile et l’opposition ont été systématiquement interdites ou réprimées et les poids lourds de l’opposition n’ont pas pu se présenter. Est-ce une stratégie du pouvoir ?
Je ne qualifierais pas cela de stratégie cohérente et pensée. Joseph Kabila est un bon tacticien mais pas un stratège. Lui et ses conseillers ont tâtonné ces dernières années, ont fait marche arrière lorsque leurs décisions ont provoqué de vives critiques de la part de leur population ou de leurs partenaires occidentaux et régionaux. Leur plan initial était, je pense, de maintenir Kabila à la tête de l’Etat en reportant sans cesse les élections ou en obtenant la possibilité de briguer un nouveau mandat. Ils ont changé d’approche suite aux grandes manifestations, aux sanctions ciblées des Etats-Unis et de l’UE et aux reproches formulés par les puissances régionales.
Leur tactique peut fonctionner, mais il y a beaucoup d’incertitudes. Si les élections se tiennent dans les conditions actuelles et que la coalition de Kabila l’emporte « à tous les niveaux », comme le martèlent ses leaders, il y aura sans doute des contestations, des manifestations. Mais si la population n’arrive pas à se mobiliser face à la répression souvent brutale, si les acteurs régionaux n’exercent pas une pression accentuée et si le cœur du système sécuritaire demeure loyal à Kabila, le régime pourrait bien se maintenir. Toutefois, compte tenu du manque de cohésion des élites au pouvoir et du niveau de frustration de la population, la situation est très volatile, ce qui rend toute prédiction difficile.

    
Le « dauphin » de Joseph Kabila, Emmanuel Ramazani Shadary, à Kinshasa, en août 2018.
Crédits : AFP


En désignant Emmanuel Ramazani Shadary comme son « dauphin », Joseph Kabila va-t-il pouvoir continuer d’exercer indirectement le pouvoir en cas de victoire ?
Le choix de M. Shadary n’est pas anodin. Peu connu, il ne dispose pas de véritable base politique en dehors de sa petite province du Maniema, d’où est originaire la mère de Joseph Kabila, et il est visé par des sanctions européennes. Autant de caractéristiques qui font de lui un allié loyal de Kabila. Se contentera-t-il de rester fidèle ? Kabila aura-t-il toujours le dernier mot sur les nominations dans l’armée, sur les contrats miniers et sur les alliances géopolitiques ? Il est trop tôt pour répondre.
« Depuis son arrivée au pouvoir, Kabila a gouverné à travers la faiblesse plutôt que par la force »
Là encore, il y a beaucoup de risques pour le chef de l’Etat. Depuis son arrivée au pouvoir, il a gouverné à travers la faiblesse plutôt que par la force. Fragmenter, diviser pour mieux régner ont été les clés de son pouvoir politique. Ainsi, pendant les élections de 2011, ses conseillers avaient par exemple encouragé la multiplication de partis politiques pour morceler le paysage et monter les rivaux les uns contre les autres. Désormais, Kabila a besoin de cohésion au sein de son équipe, ce qui n’est pas évident. Si le pays s’enfonce dans une crise profonde, ses alliés pourraient l’abandonner.
Comment analysez-vous les difficultés de l’opposition ?
La crédibilité de ses leaders est en cause. Nombre d’entre eux ont été fidèles à Kabila, qu’ils ont servi avec zèle. Certains, comme Moïse Katumbi, ont été très proches de lui et ont pu considérablement s’enrichir. La population a du mal à croire qu’ils seront différents une fois au pouvoir.
A ce problème de crédibilité s’ajoute la question des ressources. La coalition au pouvoir a un énorme avantage : l’argent et les moyens de l’Etat. Car, depuis la modification de la loi électorale en décembre 2017, il faut un million de dollars pour présenter des candidats à chaque scrutin [présidentielle, législatif et provincial]. D’autres millions de dollars sont nécessaires pour faire campagne dans tout le pays.
Mais il y a un problème plus général : le « factionnalisme ». Tant que les partis politiques seront perçus comme des vecteurs pour que les élites se propulsent au pouvoir, alors les divisions persisteront.
Quelles sont les principales incertitudes liées à ces scrutins ?
Primo : comment l’opposition va-t-elle réagir au fait que Moïse Katumbi et Jean-Pierre Bemba ne peuvent pas se présenter ? Cela pourrait les contraindre à s’unir derrière un autre candidat – Félix Tshisekedi [le fils d’Etienne Tshisekedi] serait probablement leur choix naturel. D’autres pourraient appeler à une « transition sans Kabila ». Si une partie importante de l’opposition boycotte ces élections et se retrouve exclue du jeu, cela pourrait changer radicalement la situation politique.
Deuzio : comment la rue et les églises vont-t-elles réagir ? S’ils peuvent se mobiliser comme au début de cette année, cela rendra beaucoup plus difficile les fraudes électorales. Sinon, je doute que les diplomates étrangers fassent trop de bruit.
Tertio : la pression diplomatique étrangère. Si des manifestations d’ampleur sont déclenchées et qu’elles durent, il est probable que l’Angola et l’Afrique du Sud interviendront sous une forme ou une autre. L’Union africaine [UA] et les Nations unies seraient alors obligées de réagir.
Les Occidentaux ont-ils encore les moyens de peser sur l’évolution politique ?
La plupart des superpuissances ont finalement très peu d’intérêts stratégiques en RDC, à l’exception de l’accès au cuivre et au cobalt. La Chine et la plupart des pays occidentaux estiment qu’ils pourront continuer d’y bénéficier d’intérêts économiques, que Kabila ou un autre soit au pouvoir. Mais l’urgence humanitaire préoccupante, avec près de 4,5 millions de déplacés internes et 13 millions de personnes qui ont besoin d’assistance, explique en partie l’implication, voire l’ingérence, plus importante en RDC qu’au Burundi ou au Rwanda. Ce qui agace le pouvoir.
« Les sanctions américaines ont contraint le cœur du régime à se durcir, voire à se radicaliser »
Les sanctions américaines ciblées ont eu un effet certain, compte tenu du pouvoir du dollar. Mais elles ont aussi contraint le cœur du régime à se durcir, voire à se radicaliser. L’impact de ces sanctions dépendra finalement de l’évolution politique. Si Kabila continue d’attirer des investisseurs et renforce ses alliances avec la Chine, la Russie et certains pays de la sous-région, et si les zones urbaines congolaises restent plus ou moins stables – Kinshasa se soucie peu du sort des ruraux –, alors les sanctions n’auront pas l’impact souhaité.

    
Un soldat de l’armée congolaise scrute l’horizon dans le Nord-Kivu, en mai 2018.
Crédits : ALEX MCBRIDE / AFP


Une partie du territoire échappe au contrôle de l’Etat, comme dans les Kivus, où près de 140 groupes armés ont été identifiés. Les élections vont-elles pouvoir s’y tenir ?
L’enregistrement des électeurs a pu être mené à bien sans trop de difficultés dans la plupart des Kivus et les élections de 2006 et 2011 s’y sont déroulées sans incidents majeurs. Mais ces élections pourraient exacerber les dynamiques du conflit : des groupes armés vont être utilisés par certains politiciens pour intimider les opposants et renforcer l’impression d’indispensabilité.
Du Tanganyika au Kasaï, de l’Ituri au Nord-Kivu, des massacres ont été perpétrés ces dernières années et plusieurs conflits sont toujours en cours. Comment jugez-vous les accusations de l’opposition, qui a pris l’habitude de pointer la « main noire » du régime ?
Cette théorie de la « main noire » flirte avec le conspirationnisme. Il y a une tendance à voir Kabila comme le principal problème et à se dire que, s’il part, le pays ira mieux. Oui, il y a une culture de l’impunité dans l’armée, dans laquelle le racket et autres crimes sont pratiqués par des soldats qui sont contraints à survivre. Et le président Kabila est en fin de compte responsable. Mais cela ne veut pas dire qu’il a forgé à lui seul cette culture de l’impunité ou qu’il ordonne lui-même à ses soldats de piller et violer. Les dynamiques de la violence sont plus insidieuses et impliquent de nombreux acteurs.

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Le problème est devenu structurel. Il est difficile pour les forces de sécurité de prospérer en l’absence de guerre. Car leurs recettes réelles dépendent essentiellement des paiements légaux ou extrajudiciaires liés aux opérations militaires. L’armée paie à peine ses soldats et ses officiers, les rendant complètement dépendants du patronage politique de leurs supérieurs. La commission chargée de gérer les démobilisations a quasiment disparu. Et il n’y a presque pas de pourparlers de paix entre le gouvernement et les 140 groupes armés actifs dans les Kivus.
« Kabila a privilégié la continuité des réseaux de patronage plutôt que la sécurité de ses citoyens »
Plus qu’un complot visant à instaurer le chaos, j’aurais tendance à pointer l’apathie du régime, qui n’a montré que peu d’intérêt à mettre fin aux guerres qui se déroulent loin de Kinshasa et ne menacent pas sa survie. Kabila a privilégié la continuité des réseaux de patronage plutôt que la sécurité de ses citoyens, la survie d’une élite plutôt que des réformes institutionnelles. Le pouvoir congolais récompense la fidélité au lieu d’instiller la discipline et n’a pas cherché à redonner à l’Etat le monopole de la force.

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Ce n’est pas seulement le régime qui est coupable. Malgré les violences, le Parlement n’a jamais enquêté sur les forces de sécurité et n’a mené que des investigations rudimentaires sur les violences dans les Kivus. Oui, le gouvernement est responsable. Oui, Kabila est responsable. Mais la nature de leur responsabilité est complexe et changer de président n’est pas la solution miracle si le système en place demeure.
Comment Joseph Kabila est-il parvenu à garder le contrôle sur l’armée, estimée à près de 130 000 hommes ?
Les conditions de vie des soldats sont terribles. Des soldats blessés sur les lignes de front sont parfois transportés pendant des jours avant de bénéficier de soins et doivent souvent payer eux-mêmes les médicaments. Même les officiers reçoivent un salaire dérisoire – le général le plus élevé gagne moins de 100 dollars par mois.
Néanmoins, Kabila a été en mesure d’empêcher la dissidence au sein des forces de sécurité en les maintenant divisées, dépendantes du favoritisme et très loin de la capitale. La majorité des troupes sont dispersées dans l’est du pays et la capitale est contrôlée par la garde présidentielle, appuyée par quelques unités loyales de l’armée.
Enfin, il est difficile de contester le pouvoir central si l’armée est morcelée en une variété de réseaux de patronage. Des officiers supérieurs, qui ont beaucoup bénéficié de ce système, se démènent pour placer leurs hommes à des postes de commandement lucratifs et très prisés. Beaucoup pensent qu’ils seraient encore plus mal lotis si le système Kabila s’effondrait.

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La mission des Nations unies en RDC semble se plier aux exigences du gouvernement congolais. N’est-ce pas un aveu d’échec de la part de l’ONU, présente depuis vingt ans et dont l’objectif était de rétablir la paix et la démocratie ?
Oui, mais je pense qu’il faut être réaliste avec les attentes de cette mission. La Monusco a énormément contribué à l’unification du pays en 2003 et à la transition démocratique qui a conduit à l’organisation des premières élections multipartites de l’histoire du pays, en 2006. Depuis lors, la Monusco a été marginalisée et confinée à ce qu’elle sait le moins bien faire : la protection des civils en danger immédiat.
Je pense que nous devons cesser de voir l’ONU comme un acteur essentiel. La Monusco est importante pour fournir des informations, faciliter un accès humanitaire et prévenir une escalade. Mais l’UA, les pays de la région, les Etats-unis et l’UE sont beaucoup plus importants politiquement. Et ce dont la RDC a besoin aujourd’hui, c’est d’une solution politique.

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Présentation d’une machine à voter à Kinshasa, en février 2018.
Crédits : JOHN WESSELS / AFP


Si les élections se tiennent le 23 décembre, Joseph Kabila quittera la présidence. Que retiendra l’histoire de ses dix-huit années à la tête du pays ?
S’il quitte le pouvoir à l’issue des élections, Joseph Kabila se retirera comme l’une des personnalités les plus importantes de l’histoire congolaise. Lorsqu’il est devenu président à 29 ans, la plupart des articles de presse sous-entendaient qu’il ne finirait pas l’année. Il apparaissait faible et le pays était en crise, avec une économie exsangue et huit armées étrangères présentes sur son sol. La moitié du pays était occupée par des rebelles. Il savait qu’il devait prendre des mesures drastiques pour survivre et mettre son pays sur la bonne voie.
Joseph Kabila a adopté une politique radicalement différente de celle de son père, libéralisant l’économie, collaborant avec la Monusco, ouvrant des pourparlers de paix avec ses ennemis et acceptant de nouveaux programmes avec la Banque mondiale et le Fonds monétaire international. Il a unifié le pays et a pu se présenter comme le grand artisan de la paix, remportant la présidentielle de 2006. L’économie a connu une croissance de près de 500 % entre 2001 et 2014 et une Constitution, la plus progressiste que le pays ait jamais eue, a été adoptée. Autant de réalisations importantes.
« L’économie a connu un essor important mais les Congolais n’en ont que très peu profité »
Mais il y a d’autres facettes qui éclipsent ce bilan positif. L’économie a connu un essor important grâce à la fuite des actifs miniers vers les sociétés étrangères, entraînant d’énormes profits pour certains membres de l’élite congolaise – dont Joseph Kabila lui-même et Moïse Katumbi – et des sociétés étrangères. Les Congolais, eux, n’en ont que très peu profité.
Le conflit dans les Kivus est devenu plus fragmenté et moins visible, mais non moins meurtrier : plus de 4,5 millions de personnes sont déplacées, plus que jamais dans l’histoire congolaise. Enfin, alors que de nouvelles institutions démocratiques ont été créées – des parlements aux niveaux provincial et national, un nouveau régime de droits civiques, des élections régulières –, elles ont été sapées par l’accaparement du pouvoir politique et économique par des élites. On attend encore l’émancipation des Congolais.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-12"> ¤ La Darpa, prestigieuse agence de recherche de l’armée, veut développer des machines qui seront « comme des collègues » pour les militaires.
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L’armée américaine investit 2 milliards de dollars dans l’intelligence artificielle

La Darpa, prestigieuse agence de recherche de l’armée, veut développer des machines qui seront « comme des collègues » pour les militaires.



LE MONDE
 |    10.09.2018 à 12h19
   





                        


« La prochaine étape dans la guerre impliquera des systèmes autonomes de plus en plus efficaces, mais avant que nous puissions permettre à de telles machines de collaborer avec des soldats, elles doivent devenir bien plus intelligentes. » C’est pour cette raison que la Darpa (Defense Advanced Research Projects Agency), l’agence de recherche de l’armée des Etats-Unise, a annoncé vendredi 7 septembre un investissement de 2 milliards de dollars (1,73 milliard d’euros), en cinq ans, dans le domaine de l’intelligence artificielle (IA).
La Darpa, une agence de recherche à la pointe sur les technologies, avait déjà notamment contribué au développement de Boston Dynamics, l’une des entreprises de robotique les plus avancées au monde, qui avait conçu le célèbre robot-chien BigDog, initialement conçu pour l’armée.
Doter les machines de sens commun
« La Darpa envisage un futur dans lequel les machines sont bien plus que de simples outils exécutant des règles programmées par des humains (…). Les machines que la Darpa envisage fonctionneront plus comme des collègues que comme des outils », selon les termes employés par l’agence un communiqué présentant ce nouveau programmé, baptisé AI Next.
« Intégrer ces technologies dans des systèmes militaires qui collaborent avec des militaires facilitera la prise de décision dans des zones de combats complexes et où le temps manque ; permettra de comprendre et partager des informations massives, incomplètes et contradictoires ; et de développer des systèmes sans humain pour réaliser certaines missions critiques de façon sécurisée, avec un haut niveau d’autonomie. »
Pour y parvenir, la Darpa compte, entre autres, s’attaquer à de grands défis de l’IA, comme l’« explicabilité » (explainability, en anglais) ou « le sens commun ». La première consiste à rendre les décisions des programmes compréhensibles. Aujourd’hui, les ingénieurs ne sont pas en mesure d’expliquer pourquoi un système basé sur un réseau de neurones artificiels – la technologie à l’origine des grandes avancées de ces dernières années – a pris telle ou telle décision. Or, pour être acceptées par l’armée (et la société en général), ces technologies doivent inspirer confiance. Et cela passe par leur capacité à expliquer leurs décisions et à prouver qu’elles sont rationnelles.
Quant au sens commun, il est indispensable pour que « les machines acquièrent une façon de communiquer et de raisonner proche de celle des humains », et pour qu’elles « soient capables de s’adapter à de nouvelles situations et environnement », explique la Darpa.
La crainte d’une course à l’armement
La façon dont l’IA pourrait être utilisée sur les terrains de guerre est une question très délicate. Alors que de nombreux chercheurs s’inquiètent depuis des années d’une « course à l’armement », peu d’informations circulent sur les systèmes déjà existants, ni sur ceux en cours de développement, aux Etats-Unis ou ailleurs.
Au printemps, le débat a de nouveau surgi quand les employés de Google ont appris que leur entreprise collaborait avec le Pentagone pour le projet Maven, visant à analyser les images fournies par des drones. Face au tollé, Google s’est finalement retiré du projet et s’est engagé à ne pas mettre ses technologies d’IA au service de l’armement.
En juillet, c’était au tour de plus de 2 400 chercheurs, ingénieurs et entrepreneurs du secteur de s’engager à « ne jamais participer ou soutenir le développement, la fabrication, le commerce ou l’usage d’armes létales autonomes ». Cela signifie-t-il qu’ils ne pourront pas participer à l’ambitieux projet de la Darpa ? Toute la subtilité de ce message reposait toutefois dans l’usage des mots « létal » et « autonome ». Le premier leur laisse une grande marge de manœuvre (Google s’est ainsi défendu en expliquant qu’analyser des images de drones n’était pas létal). Quand au second, il porte lui aussi son lot de questions : à partir de quel degré d’indépendance une arme est-elle considérée comme autonome ?



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-13"> ¤ La préhistoire n’est-elle pas souvent plus éclairante que l’histoire elle-même ?, s’interroge dans sa chronique l’économiste Paul Jorion, qui analyse les ressorts de la politique économique et commerciale internationale du président américain.
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« La présidence hors norme de Donald Trump »

La préhistoire n’est-elle pas souvent plus éclairante que l’histoire elle-même ?, s’interroge dans sa chronique l’économiste Paul Jorion, qui analyse les ressorts de la politique économique et commerciale internationale du président américain.



LE MONDE
 |    10.09.2018 à 12h13
 • Mis à jour le
10.09.2018 à 12h22
    |

                            Paul Jorion (Economiste et anthropologue à l'Université catholique de Lille)








                        



                                


                            

Marchés. Quels sont les ressorts de la politique économique et commerciale internationale de Donald Trump ? Il n’est pas exclu que les analystes se fourvoient quand ils explorent les sources habituelles car tout dans son cas est hautement inhabituel.
Une citation : « Le monde entier se moque de la classe politique américaine alors que nous assurons la protection de navires qui ne sont pas les nôtres, transportant du pétrole dont nous n’avons aucun besoin, destiné à des alliés qui ne nous aideront jamais en retour. Il est temps de mettre fin à nos énormes déficits en forçant le Japon à régler la note, ainsi que les autres nations en ayant les moyens. » Chacun aura reconnu là la politique étrangère de Donald Trump et ses implications économiques.
Or cette proclamation date de plus de trente ans : elle apparaît dans une page payante publiée le 1er septembre 1987 par The Boston Globe, The Washington Post et The New York Times. Le texte était intitulé : « Il n’y a rien dans la politique erronée de défense américaine auquel on ne pourrait remédier par de la force de caractère ». Trump avait acquitté personnellement les 100 000 dollars qu’avait coûtés l’annonce qui paraissait sept semaines après son retour d’un voyage tous frais payés en Union soviétique.
Le 24 juillet, quelques jours après son retour, le magazine spécialisé dans le renseignement Executive Intelligence Review écrivait : « Les Soviétiques, entend-on dire, envisagent désormais avec davantage de sympathie une candidature à la présidentielle de Donald Trump, promoteur new-yorkais ayant amassé une fortune grâce à la spéculation immobilière. »
Dès 1984
Remontons davantage encore dans le temps : dans un entretien qu’il accordait au Washington Post le 15 novembre 1984, Trump expliquait, avec une assurance surprenante pour un néophyte de 38 ans, qu’il aimerait négocier au nom des Etats-Unis...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-14"> ¤ Des manifestations contre les migrants ont eu lieu dimanche à Köthen.
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A Köthen, l’extrême droite allemande exploite un nouveau fait divers

Des manifestations contre les migrants ont eu lieu dimanche à Köthen.



LE MONDE
 |    10.09.2018 à 11h58
 • Mis à jour le
10.09.2018 à 16h08
    |

            Thomas Wieder (Köthen (Allemagne) - envoyé spécial)








                        



   


L’information a commencé à circuler en fin de matinée, dimanche 9 septembre, sous la forme d’une dépêche de quelques lignes publiée par l’agence de presse allemande DPA, et rapidement reprise par les principaux médias du pays. Comme le Süddeutsche Zeitung, qui en a fait état sur son fil d’actualité à 11 h 47 : « Köthen : un homme de 22 ans est mort lors d’une altercation entre deux groupes de personnes. Deux citoyens afghans soupçonnés d’homicide ont été arrêtés dans la nuit de samedi à dimanche, ont annoncé la police et le parquet de Saxe-Anhalt. Les circonstances précises dans lesquelles les faits se sont déroulés ne sont pas connues à ce stade. Les enquêteurs étudient toutes les pistes. »
Sur les réseaux sociaux, la nouvelle se répand comme un feu de paille. En quelques minutes, le hashtag #Köthen s’impose parmi les plus utilisés sur Twitter, en Allemagne. Un autre lui est presque systématiquement accolé, #Chemnitz, du nom de cette ville de Saxe au cœur de l’actualité du pays depuis le meurtre de Daniel Hillig, 35 ans, dimanche 26 août, pour lequel deux demandeurs d’asile ont été arrêtés.
Des élus du parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD) ne tardent pas à réagir. L’un des premiers est André Wendt, vice-président du groupe AfD au Parlement régional de Saxe. « Le massacre continue. Mais les vieux partis et les médias n’ont rien d’autre à faire que de diffamer les citoyens en colère et de faire taire ceux qui les critiquent. #VoterAfD », écrit-il dès 12 h 23 sur Twitter.

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A l’indignation s’ajoutent bientôt des appels à la mobilisation. En début d’après-midi, plusieurs petites organisations d’ultradroite annoncent qu’elles organiseront une « marche » à Köthen, à 19 heures. A l’instar du petit parti néonazi Die Rechte, qui publie le communiqué suivant : « Chemnitz était déjà un signal clair et un avertissement adressé au régime pour dire que nous, Allemands, ne sommes plus disposés à rester les bras croisés quand nos concitoyens sont massacrés par des migrants. Colère, deuil et résistance ! Que les étincelles de Chemnitz jaillissent sur Köthen ! Le vent tourne. »
« Devenir des loups »
A Chemnitz, l’extrême droite avait mobilisé 800 personnes, le 26 août, quelques heures seulement après l’annonce du meurtre de Daniel Hillig. Le lendemain, les manifestants étaient six fois plus nombreux, et la police avait été incapable de les maîtriser. Quinze jours plus tard, le même scénario sera-t-il rejoué à Köthen ? Conscientes du risque, les autorités locales et régionales multiplient les appels au calme. C’est notamment le cas du ministre de l’intérieur du Land de Saxe-Anhalt, Holger Stahlknecht. Dans un entretien avec l’agence DPA publié en début d’après-midi, ce membre de l’Union chrétienne-démocrate (CDU) de la chancelière Angela Merkel explique qu’il « comprend les préoccupations de [ses] concitoyens », mais leur demande de « garder la tête froide ».
En réalité, la mobilisation sera bien plus importante que celle du premier jour à Chemnitz : 2 500 personnes au total, selon les autorités, soit trois fois plus que lors de la première manifestation organisée à Chemnitz, et ce dans une ville près de dix fois moins peuplée (26 000 habitants contre 240 000).
Parmi les personnes présentes, plusieurs figures bien connues de l’ultradroite allemande prendront la parole, à la nuit tombée, devant la petite aire de jeu où a eu lieu le fait divers de la veille au soir. Parmi elles, David Köckert, un ancien cadre du parti néonazi NPD, s’inquiète de la « guerre raciale » qui a été déclarée au « peuple allemand », s’en prend à la « presse de caniveau, antisociale et antinationale », et enflamme l’assistance en hurlant : « Voulons-nous rester des moutons ou voulons-nous devenir des loups et tous les déchiqueter ? »

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Cette assistance, qui est-elle ? En réalité, plusieurs sous-groupes la composent. Certains, avec leurs crânes rasés, leurs tatouages, leurs tee-shirts et leurs lunettes de soleil portées malgré la nuit tombante pour éviter d’être identifiés, appartiennent de toute évidence à l’ultradroite. Quelques voitures aux couleurs de l’AfD sont garées près du lieu de rendez-vous. Plusieurs responsables locaux, présents à une réunion organisée plus tôt dans la journée dans la ville voisine de Dessau, ont fait le déplacement. Mais des centaines d’autres participants sont tout simplement venus de la rue d’à côté ou d’une petite ville voisine.
C’est le cas de Matthias. Médecin âgé de 63 ans, il a appris la tenue du rassemblement « en regardant les infos sur Internet ». Köthen est à une heure de route de chez lui, mais il n’a pas hésité. « Le type qui est mort hier est un des trente Allemands qui serait encore en vie sans la politique criminelle de cette truie de Merkel », dit-il. Cela ne le dérange-t-il pas de manifester au côté de néonazis ? « Absolument pas, répond-il. C’est important de montrer qu’il n’y a pas que des nazis dans des rassemblements comme ça. »
« La dictature de Merkel »
En l’entendant, un homme s’invite dans la conversation : « Vous avez raison, cher monsieur. Ça suffit de nous traiter de nazis. » Celui-là a 50 ans, il a défilé à Chemnitz la semaine dernière. « C’est la deuxième fois de ma vie que je manifeste. La première, c’était en 1989, pour renverser la dictature communiste. Cette fois, c’est pour en finir avec la dictature de Merkel », dit-il. Ancien « fidèle » de la CDU, il fait partie des 18 % d’électeurs de la circonscription de Köthen ayant voté AfD aux législatives de 2017 – la moyenne nationale étant de 12,6 %.
Un peu avant le début de la manifestation, la police diffusera un nouveau communiqué précisant que la victime est « décédée d’un arrêt cardiaque sans rapport direct avec les blessures subies au cours de l’altercation ». Trop tard : dans la rue, tout le monde parle d’un « meurtre », certains assurent même qu’il s’agit « encore une fois d’une attaque au couteau ».
Accompagnée de sa sœur, Martha avait « déjà peur depuis quelque temps de sortir la nuit ». Cette fois, « c’est décidé, c’est fini ; d’ailleurs, maintenant, je rentre chez moi ». Il est presque 21 heures. Quelques mètres plus loin, quelques dizaines hommes marchant d’un pas déterminé se mettent à scander : « National-socialisme ! Maintenant ! Maintenant ! Maintenant ! »

« National Sozialismus ! Jetzt ! Jetzt ! Jetzt ! » Un dimanche soir dans les rues d’une petite ville de province allemande, en 2018 #köthen pic.twitter.com/lp2SeWPWIe— Thomas Wieder (@ThomasWieder) 9 septembre 2018





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-15"> ¤ S’il n’a pas réussi à remporter son pari, qui était de faire de sa formation, les Démocrates de Suède (SD), la deuxième force politique du pays, le leader de l’extrême droite suédoise continuer de tracer sa route et de progresser.
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Législatives en Suède : Jimmie Akesson, un nationaliste policé

S’il n’a pas réussi à remporter son pari, qui était de faire de sa formation, les Démocrates de Suède (SD), la deuxième force politique du pays, le leader de l’extrême droite suédoise continuer de tracer sa route et de progresser.



LE MONDE
 |    10.09.2018 à 11h49
 • Mis à jour le
10.09.2018 à 17h37
    |

            Anne-Françoise Hivert (Malmö (Suède), correspondante régionale)








                        



                                


                            

La soirée avait pourtant si bien commencé, avec ce sondage à la sortie des urnes qui donnait son parti devant les Conservateurs, à plus de 19 % des voix. Quand il est monté sur la petite scène de la boîte de nuit Krystal, où les Démocrates de Suède (SD) s’étaient rassemblés pour suivre la soirée électorale, dans le centre de Stockholm, Jimmie Akesson a juste eu le temps de déclarer la victoire, le poing levé, avant que sa voix le lâche. Son parti n’était plus alors qu’à 17,6 % – une déception, même s’il continue de progresser (+ 4,7 %).
La veille, il s’est offert un dernier meeting sur les quais de Riddarholmen, petite île dans le centre névralgique du pouvoir suédois, entre la mairie de Stockholm et le Parlement. Des centaines de partisans sont venus l’applaudir. Pour eux, « Jimmie », comme ils l’appellent, avait déjà gagné, imposant son agenda à ses opposants. « Il a forcé les autres partis à ouvrir les yeux », estime Peter Wallmark, président des SD à Stockholm.

Le cheveu brun gominé, la raie à droite, une petite barbe de quelques jours et des lunettes rondes, Jimmie Akesson présente bien. Il parle bien aussi. Un langage simple, mais pas trop. « Il évoque ce dont tous les Suédois discutent autour de la table de la cuisine, en allant droit au but, sans tourner autour du pot », assure Tomas Pettersson, ancien entrepreneur qui a rejoint le parti il y a trois ans.
« Raciste », « fasciste », « xénophobe »
Jimmie Akesson a façonné le rôle. « Ce n’était pas un leader charismatique, quand il a commencé, mais il a pris de l’envergure », constate le journaliste Pontus Mattsson, qui le suit depuis ses débuts. Elu en 2005 à la tête de son parti, il est le vétéran parmi les leaders politiques suédois. A force de croiser le fer avec ses opposants – la plupart lui serrent désormais la main – il a appris à les connaître, esquiver leurs attaques.
« Raciste », « fasciste », « xénophobe »....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-16"> ¤ Les surenchères nationalistes à Pristina et à Belgrade empêchent une entente sur des échanges de territoires.
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Le président serbe enterre un accord avec le Kosovo

Les surenchères nationalistes à Pristina et à Belgrade empêchent une entente sur des échanges de territoires.



LE MONDE
 |    10.09.2018 à 11h46
 • Mis à jour le
10.09.2018 à 12h30
    |

            Jean-Baptiste Chastand (Mitrovica, Envoyé spécial)








                        



                                


                            

La tournée a dû refroidir tous ceux qui espéraient une normalisation rapide des relations entre le Kosovo et la Serbie. La visite du président serbe, Aleksandar Vucic, au Kosovo, samedi 8 et dimanche 9 septembre, avait été annoncée comme une grande séance d’explication en vue d’un possible accord historique à venir dans les prochains mois avec son homologue kosovar, Hashim Thaçi. Elle s’est transformée en une succession de provocations nationalistes, comme les Balkans en ont le triste secret.
Dimanche matin, quelques centaines de vétérans de l’Armée de libération du Kosovo (UCK) ont d’abord empêché M. Vucic de se rendre dans un village serbe enclavé au sein de l’ancienne région autonome à majorité albanaise, qui a proclamé son indépendance en 2008 mais que Belgrade ne reconnaît toujours pas. Les barricades de pneus enflammés dressées sur les voies d’accès au village de Banje, près de Mitrovica, ont forcé le président serbe à faire demi-tour pour éviter des affrontements. Des journalistes serbes ou des personnes transportées dans des voitures immatriculées en Serbie ont été aussi pris à partie.
Milosevic, « grand leader serbe »
Dans la foulée, M. Vucic a tenu un discours ponctué de déclarations nationalistes devant des milliers de Serbes du Kosovo réunis à Mitrovica. Dans cette ville du nord du pays où coexistent difficilement les deux communautés séparées par la rivière Ibar, il a promis aux 120 000 Serbes qui vivent toujours au Kosovo de les défendre jusqu’au bout. « Si qui que ce soit croit qu’il peut prendre quelque chose aux Serbes, la Serbie ne le laissera pas faire », a-t-il martelé face à un public emmené par autocars entiers des dix municipalités du Kosovo où les Serbes sont encore majoritaires, et très majoritairement nostalgiques de la domination de Belgrade sur un territoire peuplé de 1,8 million d’Albanais.
Surtout, il a qualifié l’ancien dictateur Slobodan Milosevic, principal responsable du déclenchement des guerres...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-17"> ¤ Après avoir supprimé divers financements d’aide aux Palestiniens, l’administration Trump poursuit ses mesures contre la direction palestinienne.
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Les Etats-Unis vont fermer la mission palestinienne à Washington

Après avoir supprimé divers financements d’aide aux Palestiniens, l’administration Trump poursuit ses mesures contre la direction palestinienne.



LE MONDE
 |    10.09.2018 à 11h39
 • Mis à jour le
10.09.2018 à 18h01
   





                        


Nouvelle mesure antipalestinienne de l’administration Trump : les Etats-Unis ont notifié leur décision de fermer la mission palestinienne à Washington, a annoncé lundi 10 septembre le haut responsable Saëb Erekat, numéro deux de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP). Une décision confirmée par les Etats-Unis, qui accusent les dirigeants palestiniens d’avoir « condamné le plan de paix américain sans même l’avoir encore vu » et d’avoir « refusé de parler avec le gouvernement américain au sujet de ses efforts de paix », selon un communiqué de la porte-parole du département d’Etat américain, Heather Nauert.
Plus tôt dans la journée, Hossam Zomlot, représentant de l’OLP à Washington, avait mis en avant comme justification à la décision américaine, non pas le gel persistant des relations à l’initiative du président Mahmoud Abbas, mais les démarches palestiniennes visant à traîner les dirigeants israéliens devant la justice internationale pour « crimes de guerre ».
Les Palestiniens ont, en effet, soumis à la Cour pénale internationale depuis leur adhésion en 2015 plusieurs dossiers sur les crimes commis selon eux par les dirigeants israéliens, en particulier lors de la guerre de Gaza en 2014, ou ceux liés à la colonisation − comme les transferts forcés de population.
« Politique de châtiment collectif »
Cette décision est la dernière en date d’une série de mesures prises par l’administration du président Donald Trump contre la direction palestinienne, qui a gelé ses relations diplomatiques avec les officiels américains depuis la reconnaissance unilatérale, en décembre 2017 par les Etats-Unis, de Jérusalem comme capitale d’Israël.
Le 31 août, Washington a annoncé la suspension de sa participation financière à l’agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens, suscitant l’inquiétude de l’ONU. Le 8 septembre, Donald Trump a ordonné la suppression d’une aide de 25 millions de dollars (plus de 21 millions d’euros) destinée aux hôpitaux palestiniens de Jérusalem-Est.

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                Palestine : le pari hasardeux lancé par les Etats-Unis



Les Palestiniens ne « succomberont pas aux menaces américaines » et ne fléchiront ni dans leur attitude vis-à-vis de l’administration Trump, ni dans leurs efforts pour faire juger les crimes commis, selon eux, par les dirigeants israéliens, a affirmé Saëb Erakat, numéro deux de l’OLP.
« Il s’agit là d’une nouvelle illustration de la politique de châtiment collectif pratiquée par l’administration Trump contre le peuple palestinien, auquel elle a déjà coupé l’aide financière pour des services humanitaires, y compris dans les secteurs de la santé et de l’éducation, a commenté M. Erekat. Cette dangereuse escalade montre bien que les Etats-Unis cherchent à démanteler le système international pour couvrir les crimes israéliens. »
L’OLP du président palestinien Mahmoud Abbas est vue par la communauté internationale comme l’organisation représentant le peuple palestinien, et elle chapeaute l’Autorité palestinienne.

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-18"> ¤ Editorial. Si l’extrême droite a échoué à devenir le deuxième parti suédois, le pays est toutefois confronté à la montée du populisme.
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La Suède, un pays européen comme les autres

Editorial. Si l’extrême droite a échoué à devenir le deuxième parti suédois, le pays est toutefois confronté à la montée du populisme.



LE MONDE
 |    10.09.2018 à 11h39
 • Mis à jour le
10.09.2018 à 14h26
   





                        



   


Editorial du « Monde ». Faut-il se réjouir du résultat des élections organisées dimanche 9 septembre en Suède ? A première vue, sans doute. Le cataclysme annoncé par certains sondages ne s’est pas produit : la formation d’extrême droite, les mal nommés Démocrates de Suède, espérait devenir le deuxième, voire le premier parti du pays et visait jusqu’à 25 % des suffrages au terme d’une virulente campagne anti-immigration. A cette aune-là, c’est un échec. Les Démocrates de Suède (Sverigedemokraterna, SD) terminent en troisième position, avec 17,6 % des voix. Le Parti social-démocrate, pilier du système politique suédois, reste le premier parti, avec 28,4 % des voix. Les apparences sont sauves.
C’est bien connu, les apparences sont souvent trompeuses ; ce scrutin suédois ne fait pas exception. La dynamique qui se cache derrière ces chiffres est celle qui est à l’œuvre dans une grande partie des démocraties occidentales : la montée du populisme et de l’extrême droite (les SD progressent de 12,9 % à 17,6 % en quatre ans) et l’affaiblissement des partis de gouvernement traditionnels (les sociaux-démocrates, en baisse de 3 points, font le pire score de leur histoire, les Modérés de centre droit perdent 3,5 points, avec 19,8 %).

        Le point sur les résultats :
         

          Droite et gauche au coude-à-coude, l’extrême droite progresse



Des semaines de tractations laborieuses s’annoncent
En Europe, cette dynamique est plus ou moins aiguë suivant les systèmes électoraux et les spécificités de chaque pays, mais elle transcende désormais les clivages géographiques est-ouest et nord-sud, les clivages économiques entre pays riches et moins riches, ou les clivages culturels parfois évoqués comme celui supposé distinguer les pays à tradition protestante des pays à tradition catholique. La France fait aujourd’hui figure d’exception, après la victoire d’Emmanuel Macron sur Marine Le Pen en 2017 ; mais l’indispensable recomposition politique y est encore en chantier.
Dans le cas de la Suède, cette dynamique, certes amortie par la tempérance scandinave, se traduit par une majorité introuvable au Parlement. Selon des résultats encore provisoires lundi matin, le bloc de gauche dominé par le Parti social-démocrate n’a qu’un siège de plus (144 députés) que le bloc de droite (143 députés), loin de la majorité absolue de 175 sièges. Avec 62 sièges, les SD sont en position d’arbitre, mais, aucune des deux alliances ne voulant gouverner avec eux, des semaines de tractations laborieuses s’annoncent entre les deux blocs pour parvenir à une coalition viable. Le gouvernement sortant du premier ministre Stefan Löfven survivra difficilement à l’épreuve.
Qu’est-il arrivé à la Suède, phare de la social-démocratie, paradis de l’Etat-providence et symbole de la tolérance ? L’explication la plus simple porte inévitablement sur la crise des réfugiés de 2015, qui a brutalement porté à 20 % la proportion d’étrangers au sein d’une population traditionnellement ouverte et accueillante. C’est incontestablement un facteur de la montée de l’extrême droite, mais ce n’est pas le seul. La Norvège voisine, avec 15 % d’étrangers, est arrivée à freiner la progression de l’extrême droite.
L’idéalisme suédois s’est heurté au choc de la mondialisation, face auquel le Parti social-démocrate s’est essoufflé, incapable de trouver les réponses à l’insécurité et à la crise d’identité qui en découlaient chez ses électeurs. Finalement, comme le soulignait l’ancien premier ministre Carl Bildt sur Twitter lundi matin, la Suède est devenue un pays européen comme un autre.

        L’analyse politique :
         

          Un paysage politique éclaté après une percée plus faible que prévu de l’extrême droite






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-19"> ¤ Ils accusent VW et sa société mère, Porsche SE, d’avoir informé trop tard des conséquences probables de la manipulation de millions de moteurs diesel.
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Dieselgate : des milliers d’actionnaires allemands réclament 9 milliards d’euros à Volkswagen

Ils accusent VW et sa société mère, Porsche SE, d’avoir informé trop tard des conséquences probables de la manipulation de millions de moteurs diesel.



LE MONDE
 |    10.09.2018 à 11h16
 • Mis à jour le
10.09.2018 à 16h12
    |

                            Cécile Boutelet (Berlin, correspondance)








                        



   


Impossible, vu l’intérêt suscité par les audiences, de rester dans les locaux étroits du tribunal de Brunswick (Basse-Saxe). Pour accueillir le premier grand procès d’actionnaires contre le groupe Volkswagen (VW), qui s’ouvre lundi 10 septembre, c’est la salle du congrès de la mairie, bien plus vaste, qui a été choisie. Outre le public curieux, le nombre de plaignants est considérable : près de deux mille actionnaires du groupe accusent VW et sa société mère, Porsche SE, d’avoir informé trop tard des conséquences probables de la manipulation de millions de moteurs diesel, en septembre 2015.
Regroupés dans une plainte collective derrière Deka, le fonds d’investissement des caisses d’épargne allemandes, ces actionnaires réclament à VW 9 milliards d’euros de dommages et intérêts. Il y a tout juste trois ans, ils avaient vu s’effondrer en quelques heures la valeur de leur investissement dans le capital du constructeur : le vendredi 18 septembre 2015, l’agence américaine pour l’environnement (EPA) publiait une déclaration (« notice of violation ») accusant Volkswagen d’avoir enfreint pendant plusieurs années les règlements américains en matière de protection de l’environnement, car ses moteurs diesel étaient équipés d’un logiciel illégal. La déclaration avait provoqué un effondrement de plus de 30 % du cours des actions Volkswagen.
Il a fallu attendre le mardi 22 septembre 2015 pour que le groupe publie une déclaration aux actionnaires, reconnaissant que 11 millions de véhicules diesel équipés du moteur EA189 dans le monde étaient « suspects » et annonçant que 6,5 milliards d’euros étaient mis en réserve en prévision d’éventuelles poursuites judiciaires.

        Sur le volet français du scandale :
         

          ce que dit le rapport d’expertise intermédiaire sur PSA et Renault



Insuffisance technologique et manipulation
Pour les actionnaires floués, cette information est arrivée bien trop tard : la direction de Volkswagen devait savoir depuis bien longtemps que ses moteurs diesel ne répondaient pas aux exigences environnementales définies par l’EPA et à quel risque s’exposait le constructeur. La présence d’une insuffisance sur une technologie-clé aurait suffi à faire descendre le cours de l’action, jugent les actionnaires, qui considèrent avoir payé bien trop cher leur investissement dans le groupe allemand.
L’avocat des plaignants, Andreas Tilp, estime que le groupe était conscient depuis 2008 qu’il n’était pas en mesure de mettre au point des moteurs conformes à la législation américaine. C’est ce constat d’échec, argumente-t-il, qui aurait généré la manipulation des moteurs.
Volkswagen ne pouvait anticiper la sévérité accrue des autorités américaines contre les violations de la loi sur l’air, argumentent les avocats du constructeur.
Selon le document qui sert de base à l’accord de compromis conclu début 2017 entre VW et la justice américaine (« statement of facts »), la fraude a en effet débuté le 6 juin 2008, date à laquelle le constructeur présente pour la première fois aux autorités américaines un véhicule équipé d’un logiciel trompeur. Au plus tard en mars 2014, lorsque l’institut américain ICCT révèle que les émissions réelles de gaz polluants des moteurs Volkswagen sont bien supérieures à celles officiellement annoncées, Volkswagen a commencé à dissimuler la vérité, jugent les plaignants.
Volkswagen, de son côté, voit évidemment les choses d’un autre œil. Le groupe considère que le procès qui s’ouvre à Brunswick n’est pas celui de toute l’affaire « dieselgate » et de ce que savaient ses responsables. La seule question, argumente l’avocat du groupe, Markus Pfüller, est de savoir si le groupe a correctement rempli son obligation d’information vis-à-vis des actionnaires. « Nous sommes convaincus que c’est le cas », estime M. Pfüller.
L’avocat dispose d’un argument qui pourrait jouer un rôle déterminant : le renforcement du régime d’amende des autorités américaines en cas de violation de la loi sur la pollution de l’air. Car, jusqu’à l’affaire Volkswagen, l’amende la plus forte jamais infligée dans le cas d’une violation similaire était relativement modeste – autour de 100 millions d’euros. C’est en tout cas la somme que le groupe sud-coréen Hyundai-Kia avait dû payer en 2014 aux autorités américaines, lorsqu’il fut établi qu’il avait donné de fausses informations sur la consommation de carburant de 1,2 million de ses véhicules, soit 85 euros par voiture. Mais l’affaire Volkswagen marque un changement de paradigme : les autorités américaines décident pour la première fois de punir bien plus lourdement les atteintes à l’environnement – la somme évoquée par l’EPA est alors de 37 500 euros par véhicule.
Un procès prévu pour plusieurs années
Volkswagen, argumentent les juristes du constructeur, n’aurait pas pu anticiper cette nouvelle sévérité. Le risque d’une amende de 100 millions d’euros ne nécessitait pas d’information aux actionnaires au vu du chiffre d’affaires du groupe, qui dépasse les 200 milliards d’euros. « Les juristes de VW ont tablé sur le fait, en août 2015, que les conséquences financières potentielles de la question du diesel seraient de taille raisonnable, puisque seuls 485 000 véhicules diesel aux Etats-Unis étaient concernés, » expliquent les avocats du groupe.
Certes, certains représentants du groupe avaient reconnu des infractions au droit américain dès le 3 septembre 2015, mais « les conséquences financières concrètes étaient encore incertaines ». Ce n’est que le 22 septembre 2015, quand l’ampleur des risques a été connue, que la direction a envoyé une information aux actionnaires.
L’argument sera-t-il entendu par les juges de Brunswick ? S’il est établi que Volkswagen, quelle que soit l’énormité de sa faute sur le fond, n’a pas enfreint délibérément les règles d’informations boursières, les actionnaires pourraient repartir les mains vides. Le procès doit durer plusieurs années.



                            


                        

                        


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Manfred Weber : « La situation en Hongrie suscite déjà de vives critiques au sein du PPE »

Le président du Parti populaire européen à Strasbourg, qui vise la présidence de la Commission européenne en 2019, exclut une alliance avec l’extrême droite.



LE MONDE
 |    10.09.2018 à 10h47
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            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)








                        



                                


                            

Manfred Weber, 46 ans, candidat à la succession de Jean-Claude Juncker à la présidence de la Commission en 2019, doit d’abord faire l’unanimité dans son propre camp, le Parti populaire européen (PPE), écartelé entre la chancelière allemande, Angela Merkel, et le premier ministre hongrois, Viktor Orban, chantre de l’illibéralisme et nouveau héros des extrêmes droites. Il est confronté à un premier test avec le vote au Parlement européen, mercredi 12 septembre, pour déclencher la procédure « article 7 » concernant le respect de l’Etat de droit en Hongrie. M. Weber exclut toute alliance avec l’extrême droite.
Emmanuel Macron affirme qu’on ne peut pas être à la fois du côté d’Angela Merkel et de Viktor Orban. N’a-t-il pas raison ?
Le PPE est le centre du paysage politique de l’Union européenne. C’est le plus grand parti européen, qui a l’honneur d’être dépositaire de l’héritage des fondateurs de l’Union, et il n’y a aucun débat sur son orientation générale. Quand il s’agit des principes fondateurs de l’Union inscrits dans les traités, aucun de ses membres ne bénéficie d’un traitement spécial.

Le PPE a toujours apporté son soutien à des résolutions portant sur la Pologne, la Hongrie ou d’autres pays. Il a toujours apporté son soutien à Viviane Reding [commissaire européenne à la justice et aux droits fondamentaux, entre 2010 et 2014] et maintenant à Frans Timmermans [premier vice-président de la Commission, chargé de l’Etat de droit].
Nous attendons le message de M. Orban, cette semaine à Strasbourg. Il doit nous fournir une réponse à propos des procédures d’infraction en cours contre la Hongrie, lancées par la Commission européenne [sur la législation hongroise en matière d’asile et la nouvelle législation « stop-Soros » visant les ONG aidant les migrants].
Le PPE est prêt à construire des ponts, parce que préserver l’unité de l’Europe est essentiel...




                        

                        

