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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-1"> ¤ Réunis samedi et dimanche, les proches de l’ancien premier ministre sont divisés sur la stratégie à suivre à l’approche des élections européennes de mai 2019.
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A Bordeaux, les juppéistes tournent en rond sur la question des européennes

Réunis samedi et dimanche, les proches de l’ancien premier ministre sont divisés sur la stratégie à suivre à l’approche des élections européennes de mai 2019.



LE MONDE
 |    09.09.2018 à 15h16
 • Mis à jour le
09.09.2018 à 18h31
    |

            Olivier Faye (Bordeaux, envoyé spécial)








                        



   


Le temps des vendanges n’est pas arrivé. Après un jour et demi de débats dans le huis clos d’un hôtel de la cité mondiale de Bordeaux, samedi 8 et dimanche 9 septembre, Alain Juppé et ses amis sont partis comme ils étaient arrivés : en ordre dispersé, et faisant le constat que la situation politique n’est à leurs yeux pas assez mûre pour décider de l’attitude à adopter en vue des élections européennes de mai 2019.
« Ce n’est pas l’événement fondateur d’un nouveau parti, ni la commission d’investiture pour une liste aux européennes », a déclaré le maire de Bordeaux, dimanche, à l’occasion d’une conférence de presse clôturant la deuxième édition des « Vendanges de Bordeaux », cette « rencontre entre amis » – selon son expression – qui vise à entretenir la flamme du juppéisme. Le rendez-vous sera d’ailleurs reconduit en 2019.
L’ancien premier ministre a préféré se concentrer sur les détails de la « plate-forme fondamentale » rédigée avec la petite trentaine de participants qui l’entouraient. Parmi eux, l’ancien premier ministre Jean-Pierre Raffarin, la présidente de la région Ile-de-France, Valérie Pécresse, ou encore le conseiller politique du premier ministre Edouard Philippe, Gilles Boyer.

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« C’est à la lumière de cette plate-forme que je me déterminerai pour les élections européennes », a prévenu M. Juppé avant d’assurer que lui et les représentants de sa famille de pensée soutiendront la liste qui « porte le mieux les idées que nous avons exprimées ». « Déterminé à [se] battre contre ceux qui veulent démolir l’Europe », l’ancien premier ministre a dressé au passage la liste des politiques communautaires qu’il considère comme prioritaires : « migrations », « défense et sécurité de l’Europe », « convergence fiscale et sociale », « leadership sur le développement durable »... 
Malgré l’unité de façade, les considérations tactiques ont occupé dès lors une grande part des discussions lors de ce week-end bordelais, laissant libre cours aux divisions qui animent une Juppéie éclatée de toutes parts. « Nous nous jaugeons les uns les autres, on est dans le rapport de force », convenait, samedi, un protagoniste des Vendanges.
Trois options à étudier
Trois scénarios restent posés sur la table. Le premier consisterait à soutenir la liste de La République en marche (LRM) – option défendue par le néo-macroniste Gilles Boyer, ancien directeur de campagne de M. Juppé pendant la primaire de la droite, en 2016. « Il y a des moments où il faut se compter et des moments où il faut réfléchir avant de le faire », avance-t-il, préférant « multiplier les chances » de voir la « grande » liste pro-européenne du parti présidentiel « arriver en tête ».
Une liste sur laquelle M. Boyer se verrait bien figurer en position éligible. Mais ce pas vers le macronisme n’est pas encore l’option privilégiée par M. Juppé qui attend des éclaircissements sur le programme de l’exécutif. « Il a annoncé la couleur, M. Macron ? », a fait mine de s’interroger le maire de Bordeaux pour justifier son refus de se prononcer – pour l’heure – sur un éventuel soutien.

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Seconde hypothèse : pratiquer un lobbying intense au sein du parti Les Républicains (LR) pour tenter de modérer les accents eurosceptiques de son président, Laurent Wauquiez. C’est la stratégie retenue notamment par Valérie Pécresse et son bras droit au sein du mouvement Libres !, Maël de Calan. « Face à Emmanuel Macron, qui incarne une gauche pro-européenne, il doit y avoir une droite pro-européenne qui s’affirme », défend Mme Pécresse, qui a répété, samedi : « Je suis LR, je le reste, je le demeure. »
Dernier scénario possible, enfin : celui qui verrait la « deuxième droite », comme l’appellent certains juppéistes, constituer une liste indépendante. « Si j’avais 40 ans, je ferais cette liste », a par exemple lancé Jean-Pierre Raffarin à ses congénères dans le huis clos de la cité mondiale. « Il y a un espace politique important qui est en train de se créer entre Emmanuel Macron et Laurent Wauquiez, qui à mon avis sera comblé », a ensuite assuré devant la presse l’ancien premier ministre, qui s’est toutefois gardé de trancher entre les différents scénarios à disposition.
Juppé veut se concentrer sur Bordeaux
Le parti Agir et ses dirigeants (Franck Riester, Fabienne Keller, Pierre-Yves Bournazel) pourrait représenter la vitrine de cette liste indépendante. M. Juppé participera au congrès fondateur de cette formation, le 16 septembre. Mais comme le reconnaît un participant, cette hypothèse va grandement dépendre de la courbe de popularité du président de la République dans les semaines à venir.
« On ne va pas aux élections pour les perdre », convient cette source. « Pour les supplétifs du macronisme, ce n’est plus le temps des vendanges, c’est déjà celui de la vidange : ils ne servent à rien et n’iront nulle part », cingle Guillaume Larrivé, député LR de l’Yonne et soutien de M. Wauquiez.

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Le président de LR et Alain Juppé ne risquent en tout cas pas de voir leurs positions se rapprocher. Le premier assume ainsi de parler « aussi bien à [la chancelière allemande] Angela Merkel qu’à Viktor Orban », le premier ministre hongrois, un eurosceptique chantre de l’« illibéralisme » et de la lutte contre l’immigration. Le second a quant à lui fustigé M. Orban, « un leader politique qui défend des thèses à l’encontre de tout ce que je défends ». Déclaration qu’Emmanuel Macron pourrait très bien signer des deux mains.
A 73 ans, M. Juppé ne compte néanmoins pas s’investir outre mesure sur la scène politique nationale. Il a de plus en plus de mal, en revanche, à cacher son envie de se représenter aux élections municipales à Bordeaux, en 2020. « Je n’ai plus d’ambition électorale… Nationale, bien sûr. Ou européenne ! », a-t-il souri lors de sa conférence de presse. Voilà au moins une chose de claire.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-2"> ¤ Le leader de La France insoumise est intervenu dimanche, à l’université de rentrée de Nos causes communes, le club de l’aile gauche du PS et du MRC, réunie à Marseille.
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Jean-Luc Mélenchon face à l’aile gauche du PS : « Mes amis, vous me manquiez »

Le leader de La France insoumise est intervenu dimanche, à l’université de rentrée de Nos causes communes, le club de l’aile gauche du PS et du MRC, réunie à Marseille.



LE MONDE
 |    09.09.2018 à 14h31
 • Mis à jour le
09.09.2018 à 14h53
    |

            Abel Mestre (Marseille, envoyé spécial)








                        



   


Même le républicain le plus convaincu peut, parfois, se laisser aller à des accents christiques. C’est le cas de Jean-Luc Mélenchon qui est intervenu, dimanche 9 septembre, à l’université de Nos causes communes, le club lancé par l’aile gauche du Parti socialiste (PS) et le Mouvement républicain et citoyen (MRC).
S’adressant aux militants PS qui devraient, d’ici quelques semaines, rejoindre son mouvement La France insoumise (LFI), il a lancé : « Je ne suis pas venu ni vous courtiser, ni vous admonester, ni vous reprocher vos nombreuses erreurs, car vous pourriez me faire remarquer que j’en ai partagé beaucoup. J’ai le cœur plein d’enthousiasme si vos chemins viennent en jonction avec les nôtres. Que finisse cette longue solitude pour moi d’avoir été séparé de ma famille. »
Et d’ajouter : « Mes amis, vous me manquiez. » Un peu comme dans l’Evangile selon saint Matthieu quand Jésus déclare : « Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et chargés, et je vous donnerai du repos. » 
« Il n’y aura pas d’arrangements ratatouille »
Car c’est bien de ça qu’il s’agit : réunir la dernière partie de la famille de la gauche du PS qui n’a pas suivi M. Mélenchon lorsqu’il quitta la « vieille maison » en 2008. Un péché que le leader des « insoumis » est prêt à pardonner. Mais à plusieurs conditions, notamment celle d’une « rupture » avec le PS mais aussi et surtout avec son logiciel de pensée social-démocrate. « Il n’y aura pas d’arrangements ratatouille, [ni de rassemblement] des débris de la vieille gauche », mais une convergence sur le fond des propositions de La France insoumise : la Révolution citoyenne, l’écosocialisme, la stratégie du « plan A/plan B » vis-à-vis de l’Union européenne, soit l’application du programme de LFI, même s’il en coûte de sortir des traités européens.
Il leur propose « le partage d’un effort à accomplir en commun. Ce n’est pas un asile politique mais je vous invite à prendre vaillamment votre place dans un combat à mener. C’est chacun pour soi ou tous ensemble ! »

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Depuis plusieurs mois, Emmanuel Maurel et Marie-Noëlle Lienemann (qui a longtemps animé la Gauche socialiste avec M. Mélenchon et Julien Dray dans les années 1990) ont entamé un pas-de-deux avec La France insoumise. Les leaders de l’aile gauche (18,80 % des voix au congrès d’avril) ne cachent plus leur proximité politique avec les « insoumis » ni l’éloignement devenu presque irréversible avec leur parti d’origine. Et même si M. Maurel s’en défend et jure que les choses sont « encore ouvertes au PS », chacun sait qu’à moins d’une énorme surprise, le destin de ces militants devrait s’écrire avec Jean-Luc Mélenchon.
« Socialisme décomplexé »
« Jean-Luc nous a dit qu’il n’était pas là pour séduire, il a tenu parole !, a plaisanté M. Maurel lors de son intervention. On parle d’idée, de convictions, pas de roucoulades. » M. Maurel a d’ailleurs parlé de « blessures », de « faute impardonnable des gauches irréconciliables », de « colère », quand il a évoqué l’action du quinquennat de François Hollande. « Je suis pour un socialisme décomplexé, qui assume ses mots, son vocabulaire », a continué le député européen, qui appelle à l’émergence d’un « nouveau front populaire » et d’un candidat unique de la gauche en 2022. « Il faut des âmes fortes, des caractères vigoureux pour ouvrir les chemins », a-t-il encore ajouté à l’attention de M. Mélenchon, mais sans le nommer.
Avant de rejoindre La France insoumise, M. Maurel et Mme Lienemann veulent d’abord créer les conditions de leur départ : mettre Olivier Faure « au pied du mur » en lui présentant un texte pour réorienter la ligne socialiste et sa stratégie d’alliance. Il y a peu de chance que cette démarche aboutisse. Il leur faudra alors créer un parti. « Si on quitte le PS, on crée un parti en alliance avec LFI », résume Mme Lienemann. Puis, viendra le temps de rejoindre la liste LFI pour les élections européennes de mai 2019.
Accueil enthousiaste
Face à un aréopage qui se revendique de « la gauche républicaine », M. Mélenchon − accompagné notamment du député européen Younous Omarjee et de Manuel Bompard, dirigeant de LFI − était, en tout cas, dans son élément. L’accueil qui lui a été réservé était d’ailleurs enthousiaste. Il n’a pas privé de revenir à plusieurs reprises sur l’héritage des combats de la Révolution française, de la Commune de Paris, de Jean Jaurès et du « non » de gauche au référendum constitutionnel européen de 2005.
Pas question non plus pour Jean-Luc Mélenchon, de faire croire aux aspirants insoumis qu’il y aura la possibilité de la moindre contestation interne : « La crise du leadership populaire est réglée : me voici ! », a martelé, dans un sourire, le député des Bouches-du-Rhône.
Dans un dernier rappel, M. Mélenchon avertit les troupes d’Emmanuel Maurel et Marie-Noëlle Lienemann : « Je vois que vous vous rapprochez de moi aux insultes que vous recevez. Préparez-vous à un bashing permanent. » Il faut être prêt à avoir des stigmates politiques.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-3"> ¤ Matignon demande au ministère des sports de supprimer 1 600 postes d’ici à 2022. La nouvelle ministre des sports a rendez-vous lundi avec le premier ministre, Edouard Philippe.
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Baisse des effectifs : le sport français s’alarme, Roxana Maracineanu va plaider à Matignon

Matignon demande au ministère des sports de supprimer 1 600 postes d’ici à 2022. La nouvelle ministre des sports a rendez-vous lundi avec le premier ministre, Edouard Philippe.



LE MONDE
 |    09.09.2018 à 12h16
 • Mis à jour le
09.09.2018 à 18h14
   





                        



   


Tout juste nommée la semaine passée à la tête du ministère des sports, après la démission de Laura Flessel, l’ex-championne de natation Roxana Maracineanu se retrouve d’emblée plongée dans le grand bain. Le petit monde du sport français est en feu. L’incendie a, en l’occurrence, été allumé par Matignon, qui, fin juillet, a adressé au ministère des sports - comme aux autres ministères - une lettre de cadrage préparatoire au budget 2019, dans laquelle sont réclamées une baisse du budget et des coupes dans les effectifs - 1 600 équivalents temps plein au cours de la période 2018-2022.
« Je pense que cette annonce est vraiment très brutale et ce ne sont pas les bons mots qui ont été employés », a déclaré la ministre, dimanche 9 septembre, en marge de la course « La Parisienne » qu’elle était venue soutenir pour sa première sortie publique. « Je suis en train de chercher des solutions », a-t-elle ajouté.
« Après c’est un objectif qui vient d’en haut, sans forcément connaître les spécificités vraiment précises du sport, et c’est à moi de les expliquer maintenant », a-t-elle ajouté, tout en rappelant qu’elle faisait partie « d’un gouvernement » dont elle devait suivre « les directives » et en évoquant « les problèmes de réduction de budget » du pays.
L’ancienne championne du monde de natation (1998) a indiqué qu’elle aura un rendez-vous avec le premier ministre, Edouard Philippe, lundi pour « essayer de plaider notre cause et nous en sortir par le haut le mieux possible ». Elle rencontrera le même jour le patron de l’association des directeurs techniques nationaux (DTN), Philippe Bana : « Je vais lui faire part des quelques réflexions qu’on a pour justement que ce mot suppression n’existe plus, que ce ne soit pas ça, ce qu’on veuille faire, mais autre chose ».
« Ces gens visés, c’est tous les formateurs »
« Pourquoi cette disparition au moment où l’on parle du sport santé, au moment où l’on se dirige vers les Jeux olympiques ? Pourquoi on fait ça aux fédérations sportives qui se tapent tout le boulot de formation, d’éducation, d’entraînement de haut niveau, qui en gros font le boulot pour l’Etat ? », a déploré M. Bana (qui est DTN du handball) dans un entretien avec Francetv info, dimanche.
La lettre de cadrage, dévoilée seulement vendredi, a été envoyée le 26 juillet, alors que Laura Flessel était encore ministre des sports. Elle rappelle la promesse présidentielle de supprimer 50 000 postes de fonctionnaire et précise que Matignon compte « sur une transformation du mode de gestion des conseillers techniques sportifs (CTS) et sur la réduction de leur nombre, ainsi que sur une rationalisation des services déconcentrés » pour parvenir à cet objectif. Le courrier fixe en outre à environ 450 millions d’euros le budget du ministère pour la loi de finances 2019, en baisse de 30 millions.

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Rémunérés par l’Etat, les conseillers techniques sportifs, au nombre de 1 600, travaillent auprès des fédérations sportives. Il s’agit, par exemple, des directeurs techniques nationaux (DTN), des entraîneurs nationaux et d’autres conseillers. Leur rôle est d’aider les fédérations pour le haut niveau et le développement des pratiques sportives sur le territoire, selon la politique fixée par l’Etat.
« Ces gens (visés par les suppressions d’emplois), c’est Franck Champigny qui entraîne Teddy Riner, c’est Didier Dinart [entraîneur de l’équipe de France de handball], c’est Olivier Krumbholz [entraîneur de l’équipe de France féminine], c’est tous les formateurs, ne serait-ce qu’au handball, tous ceux qui forment les 20 000 entraîneurs partout en France dans tous les petits clubs », a-t-il détaillé pour expliquer la portée de la mesure envisagée.
Nouvelle gouvernance
Cette publication de la lettre de cadrage survient alors que le contexte est déjà tendu entre le mouvement sportif et l’Etat, le premier s’inquiétant de voir le second se désengager avec un budget du ministère qui s’annonce à la baisse pour la seconde année consécutive. Et une réforme de la gouvernance du sport français.
Une nouvelle agence nationale du sport devrait être créée en 2019 pour piloter le haut niveau et le sport pour tous, avec une gouvernance partagée entre Etat, mouvement sportif et collectivités territoriales.
Pour Matignon, « le modèle » actuel, qui « ne répond plus aux enjeux », est en « transformation » pour « laisser un espace » aux collectivités et au mouvement sportif, à qui l’Etat « souhaite donner davantage la main ». Dans ce contexte, « un repositionnement des personnels est une évidence », ajoute Matignon : « Il ne s’agit pas de remettre en cause l’action des CTS mais de les intégrer davantage à la vie des fédérations. »
« Une base de discussion »
« Je pense que l’objectif », fixé par la lettre de cadrage, « n’a pas été clairement exprimé, (…) c’était uniquement un document de travail interne », a ajouté Roxana Maracineanu, concédant aussi : « Je ne mesure pas le [caractère] définitif de ce document ».

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Benjamin Griveaux, le porte-parole du gouvernement, a affirmé dimanche que le chiffre de 1 600 suppressions de postes au ministère des sports était, à ce stade, « une base de discussion », qui donnera lieu à « un échange », rappelant que le projet de loi de finances « complet » serait présenté « à la fin du mois ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-4"> ¤ Remaniement, éducation à la sexualité… la secrétaire d’Etat à l’égalité entre les femmes et les hommes est l’invitée de France Inter, France Télévisions et du « Monde ».
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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-5"> ¤ Un rapprochement entre LR et le RN serait une « hérésie, un danger terrible pour notre pays », affirme le président de la région Hauts-de-France, qui se revendique d’une droite gaulliste et sociale.
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L’avertissement de Xavier Bertrand à la droite

Un rapprochement entre LR et le RN serait une « hérésie, un danger terrible pour notre pays », affirme le président de la région Hauts-de-France, qui se revendique d’une droite gaulliste et sociale.



LE MONDE
 |    09.09.2018 à 08h05
 • Mis à jour le
09.09.2018 à 10h29
   





                        


Dans un entretien au Parisien, dimanche 9 septembre, Xavier Bertrand (ex-Les Républicains, LR), le président de la région Hauts-de-France, met en garde contre le « danger des [partis] extrêmes » et fustige le « complexe de supériorité » d’Emmanuel Macron qui ne « comprend pas les territoires ». « Le danger des extrêmes est loin d’être écarté dans notre pays », affirme l’élu, qui a quitté LR au lendemain de l’élection de Laurent Wauquiez à sa présidence en décembre.
Les Hauts-de-France sont un bastion du parti d’extrême droite Rassemblement national (RN, ex-Front national, FN). La liste de Marine Le Pen y avait obtenu 42 % des voix aux régionales de 2015, contre 58 % pour M. Bertrand.
Un rapprochement entre LR et le RN serait une « hérésie, un danger terrible pour notre pays », ajoute Xavier Bertrand, qui se revendique d’une droite gaulliste et sociale et est en désaccord avec la ligne très droitière de Laurent Wauquiez.
Critiques à l’encontre du président Macron
L’élu fustige le « complexe de supériorité » d’Emmanuel Macron qui « peut coûter très cher (au) pays ». Le chef de l’Etat, au plus bas dans les sondages, « ne comprend pas les territoires, ne comprend pas les élus, et ne voit pas que c’est avec du dialogue et du partenariat qu’on pourrait être plus efficace pour les Français », estime M. Bertrand, en l’invitant à « faire confiance aux élus, à des syndicats comme la CFDT, à ses ministres ».
« Le fait qu’il ait le sentiment d’avoir raison sur tout ne peut pas durer, ça ne marche pas. Beaucoup de Français modestes pensent qu’il n’est pas un président pour eux, et les retraités savent désormais qu’il est un président contre eux », développe l’élu.
« Ce pouvoir est technocratique comme jamais, et (…) les choix du président sont totalement déconnectés des réalités quotidiennes de nos concitoyens », dénonce-t-il en plaidant pour « d’autres choix possibles : plus justes, plus équilibrés que ceux qui sont faits depuis près de dix-huit mois ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-6"> ¤ Le ministre français de l’économie Bruno Le Maire propose une clause de limitation dans le temps, qui prévoirait l’abolition du dispositif en cas d’accord international.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-6"> ¤                     
                                                

Comment la France tente de sauver la taxe numérique européenne

Le ministre français de l’économie Bruno Le Maire propose une clause de limitation dans le temps, qui prévoirait l’abolition du dispositif en cas d’accord international.



LE MONDE
 |    08.09.2018 à 19h49
 • Mis à jour le
09.09.2018 à 06h43
    |

            Cécile Ducourtieux (Vienne, envoyée spéciale)








                        



   


Le projet de taxe numérique européenne, poussé par Emmanuel Macron, pourrait bien avoir été relancé. Avant la réunion mensuelle des ministres européens des finances, qui s’est tenue à Vienne samedi 8 septembre, aucun progrès n’avait été constaté à Bruxelles. Pire : l’Allemagne, réticente, semblait même s’être raidie.
L’hebdomadaire populaire allemand Bild a publié en début de semaine une note confidentielle du ministère des finances du pays jugeant ce nouvel impôt européen « inefficace »… avant que le ministère ne démente vouloir abandonner la taxe. Samedi, à Vienne, Olaf Scholz, le ministre social-démocrate, a tenu des propos rassurants estimant qu’« une solution doit être trouvée avant la fin de cette année ». C’est cet agenda que réclame le président français qui aimerait bien se prévaloir d’un accord pour la campagne des élections européennes de 2019.
Prélevée sur l’exploitation des données
Cet impôt qui, de manière totalement inédite serait basé sur les revenus des plates-formes en ligne (et non sur leur profit), consisterait en un prélèvement de 3 % sur l’exploitation des données et s’appliquerait dans trois cas :
sur les revenus d’intermédiation des plates-formes (du type Airbnb) ;sur les revenus publicitaires ;sur les revenus liés à la revente des données des systèmes embarqués.
Selon les calculs de la Commission européenne, la taxe rapporterait au plus 5 milliards d’euros par an pour toute l’Union.
« Il y a du progrès. A Sofia, lors de la dernière réunion informelle des ministres ayant mis la taxe au menu des discussions, M. Scholz n’était même pas intervenu en réunion. Là, il a parlé. Même s’il a aussi insisté sur la nécessité d’avoir un accord international à l’OCDE [Organisation de coopération et de développement économiques] à long terme pour une nouvelle fiscalité de l’Internet », assure une source proche des discussions.
Cinq pays contre
Le ministre français de l’économie Bruno Le Maire n’est pas venu les mains vides à Vienne, mais avec une proposition de limitation dans le temps (« sunset clause ») : le nouvel impôt serait caduc dès lors qu’un accord de taxe numérique serait trouvé au niveau international. Les Français et la Commission européenne, qui a mis en musique leur idée de taxe, répètent déjà depuis des mois qu’elle a vocation à « être temporaire ». Mais l’inscrire noir sur blanc dans un texte législatif rassurerait pas mal de capitales.
Les industriels allemands, notamment les constructeurs automobiles, s’inquiètent de voir leur activité naissante de revente de données bientôt taxées. Berlin redoute aussi de provoquer les Etats-Unis avec un impôt visant, sans les nommer, les géants de l’Internet américains.
« Les préoccupations allemandes sont compréhensibles », a jugé Bruno Le Maire samedi. Mais les pays européens doivent tenir compte des attentes des populations qui souhaitent une taxation plus juste a ajouté le ministre, qui a par ailleurs rejeté l’idée avancée par la Commission, pour rassurer Berlin, d’exclure les données embarquées du champ de la taxe.
La « sunset clause » suffira t-elle à calmer les dernières réticences ? L’unanimité étant requise en matière de fiscalité au niveau européen, rares sont ceux qui se risquent au jeu des pronostics. Selon une source proche des discussions, il ne restait plus que cinq pays franchement contre la taxe samedi à l’issue de la réunion viennoise : Malte, la Suède, le Danemark, la Finlande et l’Irlande.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-7"> ¤ Le gouvernement lance une campagne de communication, mais les budgets sont jugés insuffisants pour tenir les objectifs.
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Rénovation énergétique : Contre les passoires thermiques, des moyens incertains

Le gouvernement lance une campagne de communication, mais les budgets sont jugés insuffisants pour tenir les objectifs.



LE MONDE
 |    08.09.2018 à 11h12
    |

            Grégoire Allix








                        



                                


                            

Changer ses fenêtres, isoler ses combles, remplacer sa chaudière… une campagne nationale en faveur de la rénovation énergétique des bâtiments, qui doit être lancée lundi 10 septembre, veut convaincre les Français de passer enfin à l’action.
Elle tombe pourtant à un drôle de moment : deux semaines plus tôt, le 28 août, Nicolas Hulot claquait la porte du ministère de la transition écologique, avec notamment ces mots sur l’antenne de France Inter : « On veut rénover 500 000 passoires thermiques [par an]. Or, on a baissé de moitié les moyens pour rénover ces bâtiments. Je sais déjà, au moment d’acter ce plan de rénovation, que l’on ne pourra pas atteindre les objectifs. » Difficile de motiver les foules quand le meneur lui-même n’y croit plus…
L’enjeu ne fait pas débat : sur un parc de 35 millions de logements, la France compte 7,5 millions de « passoires » – étiquetés F ou G, soit les moins bonnes notes du diagnostic énergétique. Or les bâtiments représentent 45 % de la consommation d’énergie et un quart des émissions de gaz à effet de serre dans l’Hexagone. Et les constructions neuves aux dernières normes thermiques ne représentent que 1 % du parc chaque année. Autant dire qu’on n’atteindra pas les objectifs de neutralité carbone en 2050 sans une rénovation massive des bâtiments existants. Il faut qu’à cette échéance l’intégralité du parc immobilier atteigne la norme bâtiment basse consommation (BBC).
« En réalité, c’est un budget en baisse »
C’était bien l’objectif du plan dévoilé le 26 avril, après des mois de concertation, par Nicolas Hulot et Jacques Mézard, ministre de la cohésion des territoires. En 12 actions et 32 mesures, il se donne pour ambition de rénover 500 000 logements chaque année – dont 100 000 logements sociaux – et un quart des bâtiments publics sur le quinquennat. Budget : 14 milliards d’euros sur cinq ans, plus 5 milliards d’euros de certificats d’économies d’énergie.
Insuffisant, pour beaucoup...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-8"> ¤ Rome prépare sa programmation budgétaire pluriannuelle et veut éviter un choc frontal avec Bruxelles.
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L’Italie change de ton sur les finances publiques

Rome prépare sa programmation budgétaire pluriannuelle et veut éviter un choc frontal avec Bruxelles.



LE MONDE
 |    08.09.2018 à 11h00
    |

            Jérôme Gautheret (Rome, correspondant)








                        



                                


                            

Rassurer les marchés, laisser les comptes en ordre, éviter le conflit ouvert avec Bruxelles… En à peine quelques jours, le changement de ton du gouvernement italien est spectaculaire. Et il faut bien avouer que le fait d’entendre soudain les deux hommes forts du gouvernement assurer en chœur qu’il s’agit de « respecter les contraintes européennes » (Matteo Salvini, Ligue), pour « ne pas détruire l’Europe » (Luigi Di Maio, Mouvement 5 étoiles) a quelque chose de déconcertant, cent jours après la formation d’un gouvernement qui n’a eu de cesse, jusque-là, de promettre aux Italiens un affrontement direct avec Bruxelles sur les questions budgétaires.
Le Fonds monétaire international n’a pas manqué de saluer immédiatement ce virage, jeudi 6 septembre, en soulignant, par la voie de son porte-parole, Gerry Rice, que « les marchés s’étaient inquiétés de la possibilité, de la part de l’Italie, d’une marche arrière sur les réformes et d’un relâchement de la discipline budgétaire, mais ont été rassurés ».
Un homme n’a pas changé de discours depuis le début. C’est le ministre des finances, Giovanni Tria, partisan assumé de la réduction des déficits et du dialogue avec l’Europe. Cet universitaire modéré et plutôt proeuropéen, n’appartenant à aucune des deux composantes de l’actuelle majorité gouvernementale, la Ligue (extrême droite) et le Mouvement 5 étoiles (antisystème), devra rendre public, dans les prochains jours, la nouvelle version du document pluriannuel de programmation budgétaire.

Dans la dernière mouture de ce texte, délivrée fin juin, le gouvernement italien avait affirmé qu’il maintenait la prévision de retour à l’équilibre en 2020, fixée par ses prédécesseurs. Sans tourner le dos à l’objectif général de réduction des déficits, la nouvelle version devrait délier l’Italie de cet engagement, afin de se redonner un peu de souplesse. Cela sera-t-il suffisant pour s’offrir un peu d’air sans trop effrayer...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-9"> ¤ Cette rencontre est intervenue alors qu’à l’approche des européennes de mai 2019 le président s’efforce de fédérer les « progressistes » face à un camp « nationaliste ».
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Echanges impromptus entre Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon à Marseille

Cette rencontre est intervenue alors qu’à l’approche des européennes de mai 2019 le président s’efforce de fédérer les « progressistes » face à un camp « nationaliste ».



LE MONDE
 |    08.09.2018 à 10h59
 • Mis à jour le
09.09.2018 à 06h46
   





                        



   


En déplacement à Marseille vendredi 7 septembre, juste après un dîner avec la chancelière allemande Angela Merkel, Emmanuel Macron a passé trois quarts d’heure avec des Marseillais sur le Vieux-Port, répondant aux questions sur l’affaire Benalla, le carriérisme des politiques ou les règlements de comptes.
Au cours de cette déambulation, le président de la République a rencontré Jean-Luc Mélenchon avec qui il a bavardé quelques minutes. « J’ai toujours du plaisir à discuter avec monsieur Mélenchon. On n’a pas toujours les mêmes idées »… « Pas souvent », a coupé le leader de La France insoumise (LFI). « Mais c’est toujours respectueux et intéressant. On a des confrontations politiques, mais ce n’est pas mon ennemi », a poursuivi le chef de l’Etat.

Macron/Mélenchon: la rencontre https://t.co/xg0GJVsbKc— BFMTV (@BFMTV)


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A un journaliste qui lui demandait si le Rassemblement national (ex-Front national) de Marine Le Pen représentait davantage un adversaire à ses yeux que Jean-Luc Mélenchon, Emmanuel Macron a répondu : « Je n’ai aucun doute. »
« Il y a une dimension de respect »
Le député LFI des Bouches-du-Rhône a, par ailleurs, nié avoir qualifié son rival politique de « xénophobe », avant de reconnaître « peut-être une légère exagération marseillaise ». Un peu plus tôt, il avait pourtant qualifié le locataire de l’Elysée de « plus grand xénophobe qu’on ait », lors d’une manifestation à l’occasion de la rencontre entre M. Macron et Mme Merkel. Interrogé sur cette scène par BFM-TV samedi, M. Mélenchon a assuré rester un « opposant » au chef de l’Etat.
« Je ne vais pas à minuit et demi dans un bar m’engueuler avec le président de la République. Il est à Marseille, dans ma circonscription. Il y a une dimension de respect. On vit ensemble. Ce n’est pas une atmosphère où on se met des gifles. Il le sait que je suis son opposant. »
La rencontre entre MM. Macron et Mélenchon est intervenue alors qu’à l’approche des européennes de mai 2019, Emmanuel Macron s’efforce de fédérer de ce qu’il appelle les « progressistes » face à un camp « nationaliste », incarné par le premier ministre hongrois, Viktor Orban, et le ministre de l’intérieur italien, Matteo Salvini, allié de Marine Le Pen.

        Lire notre analyse :
         

          L’Europe face au clivage Macron-Orban






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-10"> ¤ La Maison de la Nouvelle-Calédonie aide 350 jeunes Français issus de ce territoire, notamment pour remplir des formulaires pas vraiment adaptés à leur situation.
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L’atterrissage périlleux des étudiants calédoniens en métropole

La Maison de la Nouvelle-Calédonie aide 350 jeunes Français issus de ce territoire, notamment pour remplir des formulaires pas vraiment adaptés à leur situation.



LE MONDE
 |    08.09.2018 à 10h12
 • Mis à jour le
08.09.2018 à 10h54
    |

            Patrick Roger








                        



                                


                            
Ils ont débarqué la veille à l’aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle et bon nombre d’entre eux, ce vendredi 31 août, n’ont pas encore récupéré des 22 heures de vol et des 9 heures de décalage horaire avec la Nouvelle-Calédonie. Sans parler du choc que représente l’arrivée dans la capitale, que la plupart abordent pour la première fois, avant de rejoindre leurs lieux d’études respectifs.
Avant de s’éparpiller, ces seize étudiants calédoniens originaires, concernant ce groupe, de la province Sud, vont être pris en charge pendant deux jours à Paris par la Maison de la Nouvelle-Calédonie (MNC), installée dans le quartier de l’Opéra. Cette année, ce sont environ 350 étudiants venus de ce lointain territoire du Pacifique de 270 000 habitants qui vont ainsi être accueillis, guidés et suivis dans leurs démarches pour faciliter leur intégration.
« On nous considère comme des étrangers »
« Notre priorité, c’est de leur éviter toute mise en danger », explique Agnès Siraut, la responsable du service étudiant de la MNC. Aucun des nouveaux arrivants ne sera de toute façon « lâché dans la nature » tant qu’il n’aura pas de logement. Avant cela, il va falloir d’abord avancer dans les démarches administratives. Loin d’être une formalité. Car les étudiants calédoniens ne peuvent pas remplir certains formulaires comme d’autres jeunes Français. Ce n’est pas le moindre des paradoxes en cette année où la population calédonienne doit se prononcer par voie de référendum sur son indépendance ou son maintien dans le giron tricolore.
Cela commence par les documents d’inscription dans les établissements universitaires. A la case nationalité, si le demandeur coche « française », il passe directement à la ligne suivante pour donner son numéro de Sécurité sociale. Impossible pour un jeune Calédonien, dont le territoire est doté d’une caisse autonome, la Cafat. Il va donc lui falloir s’enregistrer sous l’intitulé « Union européenne » s’il veut aller...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-11"> ¤ L’Elysée n’a pas encore rendu tous ses arbitrages, mais la feuille de route énergétique de la France pourrait convenir aux souhaits d’EDF.
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La réduction de la part du nucléaire pourrait attendre 2035

L’Elysée n’a pas encore rendu tous ses arbitrages, mais la feuille de route énergétique de la France pourrait convenir aux souhaits d’EDF.



LE MONDE
 |    08.09.2018 à 09h55
    |

                            Nabil Wakim








                        



                                


                            

C’est le grand dossier qui attend François de Rugy sur son bureau de nouveau ministre de la transition écologique et solidaire : la feuille de route énergétique de la France pour les cinq prochaines années, la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE). « Nous serons en mesure de la présenter à la fin du mois d’octobre », a expliqué M. de Rugy sur France Inter, mercredi 5 septembre.
La PPE doit notamment fixer la part de l’atome dans la production d’électricité française et la trajectoire pour descendre à 50 % de nucléaire – contre 75 % aujourd’hui – dans le mix électrique. La loi de transition énergétique, votée sous François Hollande, fixait comme horizon 2025, un objectif auquel Nicolas Hulot et Emmanuel Macron ont rapidement renoncé.

A l’issue du séminaire gouvernemental de rentrée, mercredi, Edouard Philippe a évoqué un « horizon de 2035 » comme nouvel objectif. Si les services de Matignon se sont empressés d’affirmer que rien n’est tranché, plusieurs sources au sein de la majorité ont confirmé au Monde que le texte de la PPE en gestation à l’Elysée pose l’hypothèse d’une baisse de la production nucléaire à 50 % en 2035. Cette date serait satisfaisante pour EDF, qui privilégie un scénario de fermeture de certains réacteurs à partir de 2029. Mais elle sera certainement perçue comme trop lointaine par les écologistes et les associations antinucléaires.
En contrepartie, le texte pourrait donner de manière précise le nombre de réacteurs à fermer – peut-être même en donnant une liste indicative de centrales prioritaires. Mais le sujet fait débat à l’Elysée, car l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) ne rendra pas d’avis générique sur l’ensemble des réacteurs avant 2021. Or c’est précisément sur cet avis que l’exécutif compte s’appuyer pour arrêter les réacteurs jugés les moins sûrs. Une exception : les deux réacteurs de la centrale de Fessenheim (Bas-Rhin) que le gouvernement s’est déjà engagé à fermer...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-12"> ¤ Face à la hausse du montant des indemnités journalières, une mission de réflexion vient d’être mise en place et doit formuler des propositions d’ici quelques mois.
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Arrêts-maladie : le gouvernement préconise un diagnostic

Face à la hausse du montant des indemnités journalières, une mission de réflexion vient d’être mise en place et doit formuler des propositions d’ici quelques mois.



LE MONDE
 |    08.09.2018 à 09h54
 • Mis à jour le
08.09.2018 à 10h02
    |

            Raphaëlle Besse Desmoulières et 
Bertrand Bissuel








                        



                                


                            
C’est un sujet sensible sur lequel le gouvernement a décidé de mettre la pédale douce. Au cœur de l’été, l’ensemble du patronat s’était dressé contre un projet totalement inattendu : faire payer par les entreprises les indemnités journalières (IJ) liées aux arrêts de travail de moins de huit jours.
Aujourd’hui, « l’hypothèse d’un transfert brutal » de ce fardeau aux employeurs n’est plus à l’ordre du jour, comme l’a récemment indiqué le premier ministre. Mais Edouard Philippe n’entend pas, pour autant, enterrer le dossier. Il l’a redit aux leaders syndicaux et patronaux qu’il a reçus ces derniers jours pour préparer l’agenda social de la rentrée.

Mercredi, Matignon a annoncé qu’une mission de réflexion sur les arrêts de travail avait été confiée à Jean-Luc Bérard, DRH du groupe industriel Safran, et à Stéphane Seiller, magistrat à la Cour des comptes. Une initiative plutôt surprenante dans la mesure où l’inspection générale des affaires sociales a remis, début juillet, un rapport sur cette thématique. Quoi qu’il en soit, un premier point d’étape sera fait en octobre ; les propositions de MM. Bérard et Seiller sont attendues pour la fin de l’année ou début 2019.
Si le gouvernement s’attelle à ce dossier, c’est dans l’optique de maîtriser une source de dépenses très dynamique. Selon le dernier rapport de la Commission des comptes de la Sécurité sociale (CCSS), les IJ ont représenté un peu plus de 10,3 milliards d’euros en 2017, en progression de 4,4 % en un an. Sur la période 2014-2017, elles se sont accrues de 4,2 % par an en moyenne – une vigueur « portée par les arrêts de plus de trois mois », souligne la CCSS. Les sommes sont versées aux personnes cessant de travailler pour un motif médical, après un « délai de carence » de trois jours dans le privé et d’un jour dans la fonction publique.
Données lacunaires
Plusieurs facteurs sont avancés pour expliquer l’augmentation des IJ : le vieillissement de la...




                        

                        


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Patrimoine : questions sur le fonds annoncé par Laurent Wauquiez

Le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes promet 100 millions d’euros.



LE MONDE
 |    08.09.2018 à 09h24
 • Mis à jour le
09.09.2018 à 17h51
    |

                            Richard Schittly (Lyon, correspondant)








                        



                                


                            

Laurent Wauquiez fait sensation. Le président (LR) a annoncé jeudi 6 septembre une enveloppe de 100 millions d’euros pour la restauration du patrimoine de la région Auvergne-Rhône-Alpes (ARA). La somme double les crédits de la politique patrimoniale de la deuxième région de France. Elle représente un tiers des 326 millions annuels avancés par le ministère de la culture pour la préservation du patrimoine national. Bien décidé à marquer les esprits, M. Wauquiez demande publiquement à Stéphane Bern de lui fournir la liste des sites les plus en péril pour l’aider dans sa mission.
Le président du conseil régional Auvergne-Rhône-Alpes a dévoilé son intention dans un entretien au journal Le Progrès : « Nous avons un patrimoine historique qui se détériore, et les moyens donnés nationalement à Stéphane Bern ne sont pas au niveau des enjeux. La région va proposer 100 millions d’euros pour sauver nos monuments et nous demanderons à Stéphane Bern de choisir les plus menacés. »

Chargé par le président de la République d’une mission sur la protection du patrimoine local, l’animateur de télévision a fait part de son étonnement, le 7 septembre, dans Nice-Matin. Stéphane Bern parle de « récupération », en ironisant : « Il a déjà du mal à trouver de l’argent pour le Musée des tissus à Lyon. »
Ronds de jambe
Visiblement, M. Bern s’agace des ronds de jambe politiques autour de sa notoriété. Il a déjà menacé de démissionner fin août, s’il continuait à servir de « pantin » et de « cache-misère » à Emmanuel Macron. Contraint d’organiser un « loto du patrimoine » pour obtenir péniblement 20 millions d’euros, M. Bern a placé le chef de l’Etat face à ses promesses, pour la rénovation de 270 sites choisis. Voilà qu’il s’agace des initiatives intempestives de Laurent Wauquiez.
Communication politique ? Pas du tout : conviction !, répond en substance M. Wauquiez. Contacté, le 7 septembre,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-14"> ¤ Après une première scission des Patriotes, trois élus viennent de démissionner du groupe au conseil régional. D’autres pourraient suivre.
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RN : démissions et tensions dans le fief des Hauts-de-France

Après une première scission des Patriotes, trois élus viennent de démissionner du groupe au conseil régional. D’autres pourraient suivre.



LE MONDE
 |    08.09.2018 à 09h23
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            Lucie Soullier








                        



                                


                            
« Marine est dans notre groupe, si y en a bien un qui ne devrait pas éclater, c’est celui-là ! » La conseillère régionale préfère éviter de donner son nom en confiant ses doutes sur le Rassemblement national (RN, ex-FN), qu’elle représente dans les Hauts-de-France. « Si elle avait pu rassembler davantage, éviter que les gens s’en aillent… » « Elle », c’est Marine Le Pen, qui siège à ses côtés dans un groupe qui vient de subir trois nouvelles défections, provoquant une crise interne révélée par L’Express.

Trois démissions de plus qui font tomber ce groupe RN de 54 élus en début de mandature à 42. Avec ces récentes défections, Marine Le Pen subit une deuxième scission au sein du conseil régional où elle est élue. Il y a quelques mois, six élus avaient déjà rejoint les Patriotes après le départ de Florian Philippot. Pour l’élue anonyme des Hauts-de-France, « le leadership n’est plus à la hauteur » dans son parti : « Ils ne se rendent pas compte des réalités du terrain », de la déception persistante des militants après le débat raté toujours évoqué par les sympathisants, sur les marchés. Mercredi 5 septembre, elle a donc rejoint une dizaine de ses collègues à Arras, pour une réunion « amicale » organisée par ses camarades démissionnaires.
« Discours girouette » sur l’euro, « poudre aux yeux » de la refondation, « amateurisme »… André Murawski, un de ceux qui ont jeté l’éponge, après s’être vu retirer une partie de son portefeuille de vice-président du groupe aux ressources en mai par Marine Le Pen, ne mâche pas ses mots contre le « manque de compétences et de psychologie humaine élémentaire » de ce qu’il nomme le « néo-Front ». Résultat, selon lui : « Une succession de démotivations, de démoralisations, de brouilles, de mises à l’écart, de ruptures, de démissions, d’exclusions et même de scissions. » L’élu pointe...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-15"> ¤ Ces derniers mois, la tension était à son comble entre le groupe public et son ministre de tutelle. Au cœur du conflit : le futur de la filière nucléaire française.
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Dans les coulisses de la bataille entre Hulot et EDF sur le nucléaire

Ces derniers mois, la tension était à son comble entre le groupe public et son ministre de tutelle. Au cœur du conflit : le futur de la filière nucléaire française.



LE MONDE
 |    08.09.2018 à 06h35
 • Mis à jour le
08.09.2018 à 17h14
    |

                            Nabil Wakim








                        



                                


                            

La scène se passe dans le froid de janvier à Juillé, dans la Sarthe. Nicolas Hulot vient de grimper en haut du mât d’une éolienne, harnaché comme il pouvait l’être dans l’émission Ushuaïa, sur TF1. Une première pour un ministre de l’environnement en exercice.
Dans le train du retour, le ministre se satisfait des mesures du gouvernement qui encouragent le développement des énergies renouvelables. Surtout, il se sent d’attaque pour engager la bataille avec EDF sur la baisse du nucléaire. « Depuis que je suis là, ils ont compris qu’il fallait mieux le faire ensemble, ils ont compris que ce n’était pas négociable », explique au Monde le ministre. Arrivé à Paris, sur le quai de la gare Montparnasse, il résume : « Il faut bien comprendre que si je n’étais pas là, on serait repartis pour la construction de deux EPR. » 
Hulot parti, les réacteurs nucléaires auront-ils la voie libre ? C’est en tout cas le premier dossier qui attend sur son bureau François de Rugy, nommé mardi ministre de la transition écologique et solidaire, et connu pour son engagement antinucléaire.
Bataille à bas bruit
C’est une bataille à bas bruit qui s’est déroulée pendant un an entre Nicolas Hulot et EDF, entreprise dont il avait la tutelle. D’un côté, un ministre qui n’a pas toujours été antinucléaire, mais qui a acquis la conviction ces dernières années que cette énergie n’avait pas d’avenir. De l’autre, la direction d’EDF, Bercy et l’ensemble de la filière nucléaire française – ses 220 000 salariés, ses ingénieurs et son poids au cœur même de l’Etat –, persuadés que le nucléaire reste une chance pour la France.

Entre les deux, Emmanuel Macron, partisan de longue date du nucléaire, mais qui maintient sur ce sujet une politique du « en même temps », qui lui a longtemps permis de ménager des soutiens chez les partisans et les opposants à l’atome.
Deux questions sont rapidement au centre de ce pas de deux : comment...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-16"> ¤ La droite modérée va contempler l’ampleur de ses divisions à l’occasion des Vendanges de Bordeaux, organisées les 8 et 9 septembre dans la cité girondine.
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Au centre droit, l’impossible héritage d’Alain Juppé

La droite modérée va contempler l’ampleur de ses divisions à l’occasion des Vendanges de Bordeaux, organisées les 8 et 9 septembre dans la cité girondine.



LE MONDE
 |    08.09.2018 à 06h35
 • Mis à jour le
08.09.2018 à 10h39
    |

            Olivier Faye








                        



                                


                            
Arrive un temps, dit la chanson, où les feuilles mortes se ramassent à la pelle. Les souvenirs et les regrets aussi. En cette soirée du 29 août, Claude Chirac accompagne Alain Juppé dans les locaux des éditions de l’Observatoire, à Paris. Le témoignage d’une amitié et d’une fidélité politique de trente ans qui ont lié son père, Jacques Chirac, et l’ancien premier ministre.
Les juppéistes (et ex-juppéistes) célèbrent ce soir-là la sortie du nouveau livre de Maël de Calan, 38 ans, un des chouchous du maire de Bordeaux. Sont présents Valérie Pécresse, présidente de la région Ile-de-France, Jean-Luc Moudenc, maire de Toulouse, ou encore Charles Hufnagel, ancien communicant de M. Juppé, notamment lors de la primaire de la droite, devenu aujourd’hui conseiller d’Edouard Philippe à Matignon.
M. de Calan, qui avait affronté Laurent Wauquiez pour la présidence du parti Les Républicains (LR), met en garde dans son ouvrage contre La Tentation populiste (Ed. de L’Observatoire, 134 pages, 14 euros). Il s’interroge en sous-titre : « Où va la droite ? » Question qui pourrait être posée aux convives, maintenant qu’Alain Juppé a renoncé, à 73 ans, à courir après le pouvoir, laissant derrière lui un héritage éclaté.
Cette droite modérée – ou centre droit, selon les points de vue –, devait contempler l’ampleur de ses divisions à l’occasion des Vendanges de Bordeaux, organisées les samedi 8 et dimanche 9 septembre dans la cité girondine. La « diaspora juppéiste », comme l’appelle un de ses protagonistes, essaime chez Emmanuel Macron et chez LR, quand elle ne tâtonne pas dans le brouillard qui sépare ces deux pôles.
« Le consensus n’est pas possible »
Pour faciliter le rassemblement, le temps d’un week-end, il a été décidé de présenter cette deuxième édition des Vendanges comme la réunion d’un « think tank », un simple « rendez-vous de l’amitié ». « L’idée, c’est de frotter nos cervelles, de vendanger,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-17"> ¤ Alors que son parti est assailli par des soucis financiers et judiciaires, la présidente du Rassemblement national a donné, vendredi, à Châlons-en-Champagne, le ton de sa campagne européenne.
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La rentrée contrariée de Marine Le Pen

Alors que son parti est assailli par des soucis financiers et judiciaires, la présidente du Rassemblement national a donné, vendredi, à Châlons-en-Champagne, le ton de sa campagne européenne.



LE MONDE
 |    08.09.2018 à 06h34
 • Mis à jour le
08.09.2018 à 12h15
    |

            Lucie Soullier (Châlons-en-Champagne, envoyée spéciale)








                        



                                


                            

« Oui, eh bien j’étais comme vous, en vacances. » Marine Le Pen est revenue en forme. La présidente du Rassemblement national (RN) a retrouvé le ton caustique de ses grands jours, lors de sa prérentrée à la Foire agricole de Châlons-en-Champagne, dans la Marne, vendredi 7 septembre. Un retour bien plus tardif que celui des principaux partis d’opposition. Un retour après, déjà, deux démissions au sein du gouvernement et de multiples débats sur le budget ou sur l’écologie auxquels elle n’a pas vraiment participé.
Un militaire prend discrètement une photo d’elle. Un autre aimerait qu’on lui transmette celles prises avec son régiment, sur le char dans lequel Marine Le Pen s’est glissée pour repartir au combat. Métaphore facile et terrain favorable pour celle venue donner quelques gages à la « France des oubliés » qu’elle bichonnait d’ordinaire dans le petit village de Brachay, où elle avait pris ses habitudes de rentrée, à 100 kilomètres de là.
Seulement, depuis 2017, le maire de la localité a rejoint Florian Philippot, l’ancien bras droit répudié qui promet quelques anecdotes sur son bruyant départ du FN dans un livre à paraître le 19 septembre. Marine Le Pen a déjà eu l’ouvrage entre les mains, confie-t-elle dans un sourire et avec un geste accablant, rapprochant pouce et index : zéro.

La députée du Pas-de-Calais était surtout venue à Châlons-en-Champagne donner le ton de sa campagne européenne, griffant dès l’entrée une UE qui « porte une grande responsabilité dans la situation de l’agriculture », profitant de chaque stand pour dérouler son discours anti-Bruxelles et s’arroger le titre de « premier parti d’opposition ». Lors de cette rentrée, la présidente RN veut sans surprise jouer le parfait contrepoint à Emmanuel Macron, décrit comme un « européiste convaincu qui plaide pour l’aggravation de tous les maux qui touchent les Français »....




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-18"> ¤ Les Décodeurs résument, pour les lecteurs de « La Matinale du Monde », l’essentiel de l’actualité de ces derniers jours.
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Remaniement, impôt à la source, Brésil : l’actualité à retenir cette semaine

Les Décodeurs résument, pour les lecteurs de « La Matinale du Monde », l’essentiel de l’actualité de ces derniers jours.



LE MONDE
 |    08.09.2018 à 06h34
   





                        



   


François de Rugy à l’environnement et Roxana Maracineanu aux sports : Emmanuel Macron a opté pour un remaniement minimal, cette semaine. L’exécutif a tranché en faveur d’une entrée en vigueur, comme prévu, du prélèvement à la source de l’impôt sur le revenu au 1er janvier 2019. Le favori de la présidentielle au Brésil a été poignardé et l’ONU a mis en garde contre un « bain de sang » à Idlib, dernier bastion rebelle en Syrie que les forces gouvernementales s’apprêtent à attaquer.
De Rugy remplace Hulot comme ministre de l’écologie
Après une semaine d’hésitation, le chef de l’Etat Emmanuel Macron et le premier ministre Edouard Philippe ont choisi François de Rugy pour remplacer Nicolas Hulot comme ministre de la transition écologique et solidaire. Cet écologiste converti au macronisme va donc quitter le « perchoir », c’est à dire la présidence de l’Assemblée nationale, qu’il occupait depuis le début du quinquennat.

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                François de Rugy, un converti au macronisme au ministère de la transition écologique



L’exécutif a profité de l’arrivée de M. de Rugy pour procéder à un autre remaniement : l’ancienne nageuse Roxana Maracineanu est devenue ministre des sports à la place de Laura Flessel. L’ex-escrimeuse avait démissionné peu avant en invoquant des « raisons personnelles », mais on a appris rapidement qu’elle était dans le viseur du fisc, qui a découvert des irrégularités à l’occasion d’un contrôle fiscal récent.

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                Remaniement : âge, parité, expérience… explorez le gouvernement avec Rugy et Maracineanu



Impôt sur le revenu : le prélèvement à la source dès 2019
Après avoir laissé entendre qu’un report était possible, l’exécutif a finalement décidé de poursuivre la réforme du prélèvement de l’impôt sur le revenu à la source, qui entrera en vigueur comme prévu le 1er janvier 2019.
Le gouvernement craignait des « bugs » techniques et un effet psychologique sur les contribuables, dont le salaire va mécaniquement baisser, puisqu’il sera amputé chaque mois de l’impôt sur le revenu. Mais le premier ministre Edouard Philippe a assuré avoir la « conviction que cette réforme sera mise en œuvre dans de bonnes conditions ».
Il a toutefois annoncé quelques ajustements, comme un assouplissement du dispositif de prise en compte des crédits et réductions d’impôts.

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                Prélèvement à la source : comment ça fonctionne et combien vous paierez



Syrie : l’ONU craint un « bain de sang » à Idlib
Les présidents russe, turc et iranien, réunis vendredi à Téhéran, n’ont pu se mettre d’accord sur un cessez-le-feu dans la province d’Idlib, dernier bastion rebelle en Syrie que les forces gouvernementales syriennes s’apprêtent à attaquer. L’Iran, la Russie et la Turquie sont les trois principaux acteurs extérieurs du long conflit syrien. Le président turc Recep Tayyip Erdogan a proposé une trêve dans cette région du nord-ouest de la Syrie mais son homologue russe Vladimir Poutine s’est déclaré hostile à cette idée et a appelé les rebelles à déposer les armes. Le président iranien Hassan Rohani a estimé que le gouvernement de Damas devait reprendre le contrôle de la totalité du territoire syrien après plus de sept ans de guerre.
Au total, quelque 3 millions d’habitants vivent dans la province d’Idlib et dans les quelques poches insurgées dans les provinces voisines de Hama, d’Alep et de Lattaquié, selon les Nations unies, qui ont mis en garde, mercredi, contre un « bain de sang ». Washington a aussi averti, mardi, Damas et ses alliés russe et iranien contre un recours aux armes chimiques. Vendredi, des avions russes et syriens continuaient à bombarder des positions dans la province rebelle, rapporte l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH).
Présidentielle au Brésil : un favori poignardé, l’autre inéligible
A un mois de son élection présidentielle, le Brésil plonge chaque jour un peu plus dans l’incertitude. Le candidat d’extrême droite Jair Bolsonaro, favori du scrutin, a été grièvement blessé jeudi par un homme qui l’a poignardé en plein meeting, en assurant agir « pour raisons personnelles » et « sous l’ordre de Dieu ». Placé en soins intensifs, Jair Bolsonaro pourrait voir sa participation à la présidentielle compromise.
Quelques jours avant, la justice électorale avait écarté de la course l’autre favori du scrutin, l’ancien président Lula. Incarcéré depuis avril pour une affaire de corruption, il a été déclaré inéligible. Si sa formation politique, le Parti des travailleurs, n’a pas encore totalement renoncé à le présenter, il pourrait être contraint de le remplacer par son bras droit, Fernando Haddad, inconnu du grand public.

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                Sans la candidature de Lula, la présidentielle au Brésil plonge dans l’inconnu



Plongée dans les zones les plus contaminées du monde
Le Monde s’est associé au photographe Samuel Bollendorff pour explorer des territoires devenus impropres au développement humain à cause de contaminations aux produits chimiques, aux hydrocarbures, à la radioactivité.
Des Etats-Unis à la Russie, en passant par le Brésil et le Canada, les reportages de la série « Contaminations » donnent à voir ces paysages dévastés et racontent le quotidien toxique des populations rongées par un mal invisible.

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                Editorial. Les irréversibles contaminations de la planète



Et aussi
Justice. Le procès Clément Méric, du nom du militant antifasciste frappé mortellement en 2013, s’est ouvert à Paris.Justice. De la prison avec sursis requise contre les rappeurs Booba et Kaaris après leur rixe à Orly.Affaires. François Fillon entendu par les juges pour les soupçons d’emplois fictifs, et Marine Le Pen à nouveau convoquée dans l’affaire des assistants parlementaires européens.Santé. Nouvelle alerte sur les perturbateurs endocriniens présents dans les aliments.Etudes de médecine. Le gouvernement veut mettre fin au numerus clausus.Migrants. Le campement de Grande-Synthe (Nord), où vivaient 500 personnes, à nouveau évacué.Budget. Le déficit budgétaire risque de repasser au-dessus des 3 % du produit intérieur brut en 2019, à cause de la dette de la SNCF.Parcoursup. La phase principale de la procédure d’orientation dans l’enseignement supérieur se termine.Pouvoir d’achat. Les banques s’engagent à plafonner les frais bancaires pour les clients les plus fragiles.Japon. L’Archipel a été frappé par un typhon et par un violent séisme, qui ont fait plusieurs morts, des centaines de blessés et des dégâts importants.Brésil. Le Musée national de Rio ravagé par un incendie.Etats-Unis. Donald Trump mis en difficulté par un livre incendiaire et une tribune accablante publiée dans le New York Times.Inde. L’homosexualité dépénalisée par la Cour suprême.Piratage. Les Etats-Unis inculpent un Nord-Coréen pour les attaques contre Sony Pictures, le cybercasse à 81 millions de dollars et WannaCry.Royaume-Uni. Londres désigne deux espions russes comme responsables de l’empoisonnement, le 4 mars à Salisbury (Royaume-Uni) de l’ancien agent double Sergueï Skripal et de sa fille.Orthographe. En Belgique, la fédération Wallonie-Bruxelles (francophone) songe à simplifier l’accord du participe passé.
Disparitions

   


Burt Reynolds. L’acteur américain, vedette d’Hollywood dans les années 1970 et 1980, avait incarné le personnage de Lewis Medlock dans Délivrance (1972).Paul Viallaneix. L’historien était un spécialiste de l’œuvre de Jules Michelet.Jalaluddin Haqqani. Le moudjahidin afghan était l’un des plus anciens combattants islamistes de la planète. Il avait été un chef de guerre très actif contre les Soviétiques puis contre les Américains, et ministre sous le règne taliban.Randy Weston. Le pianiste et compositeur afro-américain était un héros du jazz.Robert Bono. Le syndicaliste avait dirigé la CFDT pendant les années 1970 et 1980.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-19"> ¤ Mesurer le phénomène selon différents critères – revenu, consommation, ressenti – permet de dépasser les représentations courantes, et en particulier la dichotomie entre actifs et « assistés », démontre le sociologue Nicolas Duvoux dans une tribune au « Monde ».
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Pauvreté : de quoi et de qui parle-t-on ?

Mesurer le phénomène selon différents critères – revenu, consommation, ressenti – permet de dépasser les représentations courantes, et en particulier la dichotomie entre actifs et « assistés », démontre le sociologue Nicolas Duvoux dans une tribune au « Monde ».



LE MONDE
 |    08.09.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
08.09.2018 à 11h33
    |

Nicolas Duvoux (Sociologue)







                        



                                


                            

Tribune. La pauvreté est une notion complexe, en général appréhendée par le biais d’un « seuil » dont la définition ne fait pas consensus. Dans la plupart des pays non-européens, c’est la notion de pauvreté « absolue » qui prévaut, la pauvreté étant pensée en fonction de la capacité à satisfaire un certain nombre de besoins considérés comme des minimums vitaux.
La Banque mondiale retient par exemple un seuil d’extrême pauvreté de 1,90 dollar par jour, tandis que les Etats-Unis font passer la ligne de pauvreté à 25 100 dollars par an pour une famille de quatre personnes. En Europe, la définition de la pauvreté est aussi essentiellement fondée sur le revenu, mais c’est plutôt la notion de « pauvreté relative » qui prédomine, basée sur l’idée selon laquelle sa délimitation varie en fonction de la société dans laquelle on vit.
En France, est considéré comme pauvre tout individu vivant dans un ménage dont le niveau de vie est inférieur à 60 % du niveau de vie médian (1 015 euros par mois pour une personne isolée en 2015, soit 14,2 % de la population). D’après cette définition, le taux de pauvreté a reculé d’à peine 4 points au cours des cinquante dernières années. Plus significatives, peut-être, sont les évolutions qualitatives de la pauvreté : comme dans l’ensemble des pays développés, celle-ci s’est déplacée vers les jeunes, les familles monoparentales et les populations urbaines.

La pauvreté touche aujourd’hui de manière disproportionnée les enfants (19,9 %), les jeunes adultes (25,2 % des 18-24 ans) et les familles monoparentales (34,9 %). Très exposées au cours de la période des « trente glorieuses », les personnes âgées et retraitées apparaissent aujourd’hui relativement épargnées par ce type de pauvreté, grâce aux retraites dont les montants, quoique relativement modestes (en 2016, la pension de droit direct s’élevait en moyenne à 1 294 euros par mois), offrent un niveau de vie souvent supérieur au seuil de pauvreté...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-20"> ¤ Plusieurs centaines de lecteurs ont écrit au médiateur du « Monde », Franck Nouchi, pour regretter que leur journal en ait « trop fait » sur ce scandale. Autre interrogation : fallait-il parler d’« affaire d’Etat » ?
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-20"> ¤                     
                                                   
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« Le Monde » a-t-il surjoué l’affaire Benalla ?

Plusieurs centaines de lecteurs ont écrit au médiateur du « Monde », Franck Nouchi, pour regretter que leur journal en ait « trop fait » sur ce scandale. Autre interrogation : fallait-il parler d’« affaire d’Etat » ?



LE MONDE
 |    08.09.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
08.09.2018 à 11h11
    |

                            Franck Nouchi (Médiateur du Monde)








                        



                                


                            

Durant l’été, vous avez été très nombreux à m’écrire à propos de l’affaire Benalla. Au total, plusieurs centaines de lettres et de courriels, souvent critiques, voire très critiques à l’encontre du Monde. Préférant ne pas réagir sur l’instant, j’ai volontairement laissé passer cette vague de protestations. A présent que le calme est revenu – et sachant très bien que cette chronique risque de réamorcer le flot des commentaires –, me voilà mis en demeure d’examiner, pour l’essentiel, deux questions : Le Monde en a-t-il trop fait ? A-t-on eu tort de qualifier ce scandale d’« affaire d’Etat » ?
L’affaire débute, dans Le Monde du 20 juillet, par un scoop d’Ariane Chemin. Son article est titré : « Un proche de Macron mis en cause pour violences ». En sous-titre, on lit : « Alexandre Benalla, chargé de mission à l’Elysée, a frappé à terre un manifestant, le 1er mai à Paris. » S’ensuivront, jusqu’à la pause estivale de la commission d’enquête sénatoriale, 106 articles publiés dans le quotidien et sur le site du Monde, auxquels s’ajoutent 77 autres articles publiés exclusivement sur Lemonde.fr.
Visiblement, pour beaucoup d’entre vous, c’était trop. Beaucoup trop. Avant de vous donner la parole, je voudrais rappeler ceci : vos courriels ont, pour la plupart, été écrits « à chaud ». Vous ne bénéficiiez donc pas du recul dont je dispose aujourd’hui. Si j’en cite certains, c’est, outre leur intérêt propre et les critiques qu’ils formulent à notre endroit, qu’ils sont significatifs des rapports que certains d’entre vous entretiennent avec notre journal. Je précise que j’ai volontairement mis de côté les nombreuses lettres de félicitation nous encourageant à poursuivre notre travail de mise au jour de faits qui, sans le travail de la presse, seraient restés inconnus.
« “Le Monde” a accordé une place démesurée à l’affaire »
Pour commencer, voici un lecteur au ton mesuré,...




                        

                        

