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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-1"> ¤ Mêlant fiction et archives, cette série documentaire diffusée les 11, 12 et 13 septembre sur Arte offre une histoire-monde de 1918 à 1939.
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« 1918-1939 : les rêves brisés de l’entre-deux-guerres » : les utopies fracassées

Mêlant fiction et archives, cette série documentaire diffusée les 11, 12 et 13 septembre sur Arte offre une histoire-monde de 1918 à 1939.



LE MONDE
 |    09.09.2018 à 13h00
    |

                            Antoine Flandrin








                        



                                


                            

Si vous comptiez parfaire vos connaissances sur la Chambre bleu-horizon, le Cartel des gauches ou le Front populaire, inutile de regarder 1918-1939 : les rêves brisés de l’entre-deux-guerres. Cette série en huit épisodes, diffusés les 11, 12 et 13 septembre sur Arte, n’est pas un cours d’histoire. Ses réalisateurs, l’Allemand Jan Peter et le Français Frédéric Goupil, l’ont conçue comme une saga retraçant les destinées de treize personnages qui furent les témoins et acteurs des bouleversements de l’entre-deux-guerres.
« Une image d’archive donnera une vue d’ensemble, une autre sera plus subjective, une troisième offrira une vue aérienne. » Frédéric Goupil, coréalisateur de la série
Conseillés par les historiens Johann Chapoutot et Daniel Schönpflug, les auteurs ont reconstitué les itinéraires des protagonistes à partir de correspondances, de journaux intimes et de récits biographiques. Certains personnages sont célèbres, tels le Vietnamien Nguyen Ai Quoc (futur Ho Chi Minh), jeune plongeur au Ritz, qui profite, en 1919, de la conférence de paix de Paris pour protester contre le colonialisme français. D’autres personnages sont anonymes ou ont été oubliés, telle l’anarchiste Marie-Jeanne Picqueray, qui, après l’annonce en 1921 de l’exécution de Sacco et Vanzetti (finalement exécutés en 1927), dépose une bombe à l’ambassade des Etats-Unis à Paris.
Dans la lignée de leur précédente création 14, des armes et des mots, série historique sur la première guerre mondiale diffusée en 2014, les réalisateurs ont prolongé les scènes de fiction en couleur par des images d’archives en noir et blanc. Les ambiances, mais aussi les pensées et les sensations des personnages de fiction sont illustrées par des archives de films ou des photos. Ainsi voit-on d’abord à l’écran l’actrice russe Natalia Witmer, qui incarne la combattante cosaque Marina Yurlova remontant le quai embrumé de la gare d’Omsk. Alors qu’on entend le transsibérien siffler,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-2"> ¤ Historien et réalisateur, Christian Delage analyse la place et le rôle des images d’archives dans la série documentaire diffusée les 11, 12 et 13 septembre sur Arte.
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« 1918-1939 : les rêves brisés de l’entre-deux-guerres » : l’avis de l’historien Christian Delage

Historien et réalisateur, Christian Delage analyse la place et le rôle des images d’archives dans la série documentaire diffusée les 11, 12 et 13 septembre sur Arte.



LE MONDE
 |    09.09.2018 à 13h00
 • Mis à jour le
09.09.2018 à 18h21
    |

                            Antoine Flandrin








                        



                                


                            
L’historien Christian Delage analyse le travail singulier opéré entre les documents d’archives et la fiction dans « 1918-1939 : les rêves brisés de l’entre-deux-guerres ».
Qu’avez-vous pensé de cette série ?
Je qualifierais cette série de fiction, et non de docu-fiction, car la place de l’image d’archive y est limitée. Avec treize acteurs incarnant treize personnages historiques – connus ou anonymes –, la fiction domine. Cette série suit les avancées de la recherche historiographique de ces dernières années : a rebours d’une histoire politique longtemps dominante, elle se met au niveau de treize individus et de leurs préoccupations quotidiennes. Treize personnages qui permettent une histoire du monde, entre Paris, Munich et San Francisco.

La série intègre les préoccupations de genre de l’époque qui résonnent avec celles d’aujourd’hui, avec des discussions assez précises, parfois crues, sur la lutte des femmes, y compris dans leur droit à disposer de leurs corps. Si elle s’efforce de restituer l’ambiance de l’époque, la violence est relativement absente : la mutinerie des marins allemands est peu violente. La fiction est assez édulcorée. La couleur de la fiction est propre, elle ne transpire pas, contrairement à l’image d’archive, qui elle est toujours un peu sale, et donne une image de la réalité qui n’est jamais très confortable.
Dans quelle mesure cette série qui entremêle images de fiction et images d’archive est-elle novatrice ?
Dans cette série, images de fiction et d’archive ne sont pas entremêlées ou alors de manière discrète comme par exemple, lorsque des images d’archives de la vraie Pola Negri succèdent à des plans où l’on voit l’actrice l’incarner. La série ne se risque pas à assurer un passage de relais entre images de fiction et images d’archive et c’est tant mieux. Pour que l’image d’archive ne brise pas la force de la fiction, il faut qu’elle soit utilisée en sous-main....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-3"> ¤ Dans sa chronique, l’historienne Valérie Théis rappelle à quel point la construction et l’entretien des impressionnants ouvrages d’art dont les ­hommes se servent pour maîtriser la nature ne sont ­jamais une affaire anodine.
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Des hommes, des ponts et des drames

Dans sa chronique, l’historienne Valérie Théis rappelle à quel point la construction et l’entretien des impressionnants ouvrages d’art dont les ­hommes se servent pour maîtriser la nature ne sont ­jamais une affaire anodine.



LE MONDE
 |    09.09.2018 à 11h00
 • Mis à jour le
09.09.2018 à 16h59
    |

                            Valérie Theis (Historienne)








                        



                                


                            

Résonances : chaque semaine, une chercheuse ou un chercheur réagit à un fait d’actualité ou simplement à l’air du temps. 
Cet été, comme des milliers de touristes et de Génois, je suis passée sur le pont Morandi presque sans y penser. Moins de vingt-quatre heures plus tard, je regardais les images de son effondrement avec le sentiment d’avoir eu de la chance, ­contrairement aux familles qui ont perdu leurs proches dans la catastrophe. Une telle tragédie ne fait pas seulement songer à la fragilité de l’existence humaine, elle rappelle également que la construction et l’entretien des impressionnants ouvrages d’art dont les ­hommes se servent pour maîtriser la nature ne sont ­jamais une affaire anodine.
A l’heure où certains voudraient relancer la conquête spatiale, il manque toujours dans la plupart des pays l’argent nécessaire pour assurer la sécurité de ces ­infrastructures, qui semblent si ­familières qu’on oublie d’en prendre soin. Au-delà de l’Italie, ce sont ainsi des centaines de familles qui pleurent aujourd’hui leurs morts, au Laos ou en Inde, à la suite d’inondations qui n’ont rien de naturel, mais ont en commun la mauvaise conception ou utilisation des barrages et la sous-estimation des effets de la ­nature sur les ouvrages que nous construisons.
Au-delà des questions techniques qu’ils durent ­affronter, les médiévaux partageaient avec nous cette difficulté majeure consistant à trouver de l’argent, non seulement pour construire des ouvrages ambitieux, mais aussi pour les entretenir et les réparer. En effet, bien que le Moyen Age semble faire pâle figure dans le domaine de la construction des ponts comparé aux prouesses des Romains, il fut pourtant une période très importante pour le développement de leur usage, qui se répandit un peu partout à partir du XIe siècle, favorisant l’essor des échanges à courte et longue distance. Si dans certains cas l’intérêt bien compris des seigneurs les ­conduisait à...




                        

                        


<article-nb="2018/09/09/19-4">
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-4"> ¤ A Paris, la statue de saint Antoine de Padoue, de l’église Saint-Germain-des-Prés, est recouverte de prières écrites. Les responsables des lieux tentent d’encadrer cette pratique, qui perdure, entre piété populaire et superstition.
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Graffitis votifs sur les statues des saints

A Paris, la statue de saint Antoine de Padoue, de l’église Saint-Germain-des-Prés, est recouverte de prières écrites. Les responsables des lieux tentent d’encadrer cette pratique, qui perdure, entre piété populaire et superstition.



LE MONDE
 |    09.09.2018 à 10h00
 • Mis à jour le
09.09.2018 à 17h03
    |

                            Antoine Flandrin








                        



                                


                            

En images. A Saint-Germain-des-Prés, l’une des cinq églises les plus visitées de Paris, la statue de saint ­Antoine de Padoue est recouverte de graffitis. Gravées ou écrites au feutre, ces inscriptions en plusieurs langues sont surtout des demandes de protection. Certains s’adressent au saint : « Please keep my children safe and healthy » (« S’il vous plaît gardez mes enfants en sécurité et en bonne santé »). D’autres ­entourent d’un cœur les prénoms des êtres qui leur sont chers.
Des vœux sont formulés : « Bac et Beaux-Arts » sur la manche de la statue. Requis pour retrouver des biens perdus, matériels ou spirituels, saint Antoine est également remercié : « I thank you for helping me find what is lost. The Larson family » (« Je vous ­remercie de m’aider à retrouver ce qui est perdu »). Enfin, on trouve des tags et des messages incohérents.
Certains graffitis sont datés de 2016, de 2007, d’autres de 1992. « Dans les années 2000, c’était surtout la statue de sainte Rita, la patronne des causes désespérées, qui était ­recouverte de signatures. Elle a été nettoyée, mais très légèrement », explique Jacques ­Lacoste qui y assure des visites guidées ­depuis une quinzaine d’années.
Pour Clara Lamireau-Meyer, qui a soutenu une thèse d’ethnologie à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS), en 2009, sur les écritures votives dans les lieux de culte catholiques parisiens, la persistance de cette pratique à l’église Saint-Germain-des-Prés s’explique par la forte attractivité touristique du lieu et par le fait que ces statues en plâtre, non notables d’un point de vue artistique, ne sont pas surveillées.
« Des vœux exaucés plus vite »
L’équipe d’accueil composée de laïcs, de religieux et du sacristain considère ces graffitis votifs comme une forme de piété populaire, voire de superstition. « Nous respectons cette pratique, mais nous essayons de l’encadrer, observe...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-5"> ¤ L’écrivain, ancien journaliste sportif et grand reporter, a été le témoin d’exploits et d’horreurs qui nourrissent ses récits comme ses romans. Tels « Deux mètres dix », et ses athlètes de fiction.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-5"> ¤                     
                                                   
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Jean Hatzfeld, la voix des grands blessés

L’écrivain, ancien journaliste sportif et grand reporter, a été le témoin d’exploits et d’horreurs qui nourrissent ses récits comme ses romans. Tels « Deux mètres dix », et ses athlètes de fiction.



LE MONDE
 |    09.09.2018 à 09h00
 • Mis à jour le
09.09.2018 à 11h52
    |

                            Macha Séry








                        



                                


                            

Il en a gardé de vivaces souvenirs. En 1980, aux Jeux olympiques de Moscou, Jean Hatzfeld, l’envoyé spécial de Libération, assiste aux épreuves d’haltérophilie. Tout le captive, se remémore-t-il : les athlètes qui, par peur de la barre, ne la toisent qu’au dernier moment, ceux qui, au contraire, cherchent à l’amadouer avant l’épaulé-jeté, les relations entre les entraîneurs et leurs poulains… Il s’inspirera de ces images pour Deux mètres dix, son nouveau roman, qui retrace le destin de quatre athlètes. Marqués par « le retour du stalinisme » et le boycott d’une cinquantaine de pays occidentaux pour protester contre l’invasion russe en Afghanistan, ces XXIIes Jeux olympiques se disputent sous haute tension. Pour les journalistes, il est malaisé d’enquêter en dehors du village olympique. N’empêche, les tiraillements au sein du bloc soviétique lui sautent aux yeux.
Dès la cérémonie d’ouverture, Hatzfeld note que les sportifs de la République démocratique allemande sont hués, que les Polonais sont vêtus d’un uniforme de la Croix-Rouge et les Cubains d’une tenue coloniale. Les délégués afghans ont marché « au pas de l’oie, sous les vivats ». Le camarade Brejnev (1906-1982) qui dirige alors l’URSS a inauguré ces Jeux « d’une voix inaudible parce que la sagesse prolétarienne le dissuade de se risquer sur les cinq marches qui mènent au micro ». Subtilement ironique, la description du défilé des nations qu’Hatzfeld publie dans Libération figure, entre guillemets, dans Deux mètres dix. Jean Hatzfeld l’attribue à son alter ego romanesque, Frédéric, grand reporter apparu dans La Ligne de flottaison (Seuil, 2005). Si discret soit-il (à peine quelques mentions), sa présence ici en qualité de témoin ­ – conjuguée au style et à la fibre sensitive de l’auteur – contribue à authentifier la fiction, à l’inscrire dans l’Histoire. Comme si l’auteur nous invitait dans les coulisses...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤ Chaque semaine, « L’Epoque » paie son coup. Cet homme qui ne tient pas en place, et vient de partir voguer au large de Panama sur « Tara », a fait le plein de vitamine C.
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Un apéro avec Jacques Gamblin : « Dans ma tête, c’est l’usine à gaz »


                      Chaque semaine, « L’Epoque » paie son coup. Cet homme qui ne tient pas en place, et vient de partir voguer au large de Panama sur « Tara », a fait le plein de vitamine C.



LE MONDE
 |    09.09.2018 à 06h41
    |

                            Emilie Grangeray








                              

                        

Autant le dire d’emblée. On aura rêvé, longtemps, de faire cet apéro au bord de l’eau, dans sa Bretagne où il aime à vivre, le cri des mouettes en fond sonore. Et ce tout en sachant que – principe de réalité – ce serait plus probablement dans le 14e arrondissement de Paris, où se trouve son domicile parisien. Sauf que le lieu où il donne habituellement ses rendez-vous était fermé. Et que notre contre-proposition – une célèbre brasserie à proximité – ne l’enthousiasmait guère.
D’autant que ce qu’il préfère, Jacques Gamblin, c’est être dehors. Que ça bouge parce que ça vit. C’est que, ne l’oublions pas, et pour reprendre le titre de son spectacle qui se jouera prochainement au Théâtre du Rond-Point, « je parle à un homme qui ne tient pas en place ». Bien que destiné à son ami le navigateur Thomas Coville, ce titre, et il l’avoue sans peine, lui va tout aussi bien : « C’est clair qu’on est tous les deux dans le mouvement perpétuel. Physique, géographique, mental. »
S’« oxygéner le cerveau »
D’ailleurs, si Jacques Gamblin vient de quitter sa Bretagne, c’est uniquement pour prendre l’avion. Direction le Panama, où il a retrouvé, début septembre, Tara. Tara, c’est 36 mètres de long et 400 m2 de voilure, une belle goélette consacrée à la recherche scientifique et à la défense de l’environnement. « C’est une chance immense d’avoir été invité à bord, et j’ai envie de témoigner de ce que j’aurai vu, appris », affirme celui qui voit comme « une grande perte » la démission de Nicolas Hulot de son poste de ministre de la transition écologique.
Car, même s’il n’aime pas donner de leçons, le comédien n’en ouvre pas moins parfois sa « gueule », comme il dit. On se souvient de son discours, prononcé fin 2015 en marge de la COP21 sur le climat. Discours sensible et poétique, mais tout de même militant, où il appelait à « se bouger maintenant » et à « laisser un peu...




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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤ La reporter a été récompensée lors du festival international, Visa pour l’image, pour sa couverture de la guerre au Yémen.
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Article sélectionné dans La Matinale du 08/09/2018
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Photojournalisme : Véronique de Viguerie remporte le Visa d’or News à Perpignan

La reporter a été récompensée lors du festival international, Visa pour l’image, pour sa couverture de la guerre au Yémen.



LE MONDE
 |    09.09.2018 à 02h04
 • Mis à jour le
09.09.2018 à 11h46
   





                        



   


Première femme en vingt ans : la photographe française Véronique de Viguerie a remporté, samedi 9 septembre à Perpignan, le prix le plus prestigieux du festival international de photojournalisme, Visa pour l’image, pour sa couverture de la guerre au Yémen. « J’ai une pensée particulière pour les 30 millions de Yéménites qui vivent l’enfer chaque jour », a déclaré la lauréate, après avoir reçu la prestigieuse récompense.
Elle succède au Belge Laurent Van der Stockt, couronné pour sa couverture de la bataille de Mossoul (Irak) et à deux photographes de l’Agence France-Presse (AFP), le Grec Aris Messinis et le Turc Bulent Kiliç, pour leurs travaux sur la crise des migrants.

        Lire aussi :
         

                Laurent Van der Stockt, lauréat du Visa d’or News à Perpignan



Il s’agit de la première femme à décrocher le Visa d’or Paris Match News depuis vingt ans, et seulement la cinquième depuis la première édition en 1989 de cette manifestation, présentée comme la plus importante consacrée au photojournalisme dans le monde. Interrogée par l’AFP sur cette première distinction d’une femme en deux décennies, elle a répondu : « il était temps, et je suis encore plus fière ».
Elle rejoint donc le club très fermé des autres femmes lauréates du Visa d’Or News : Nadia Benchallal (France, 1994), Carol Guzy (USA, 1995), Yunghi Kim (Corée du Sud, 1997) et Alexandra Boulat (France, 1998). Elle a également remporté le Visa d’or humanitaire du Comité international de la Croix-Rouge (CICR).
Les autres nominés étaient Khalil Hamra (Associated Press), né de parents palestiniens, avec « Pourquoi Gaza ? », l’Italien Emanuele Satolli (Time), déjà finaliste dans cette catégorie en 2017, avec « Gaza Border Killings », et Daniele Volpe, né en Italie, avec « Guatemala, le volcan de feu ».
Un reportage « compliqué à faire »
Agée de 40 ans, la lauréate qui se présente sur son compte Twitter comme « photoreporter de guerre, mère de deux enfants, blonde et pas stupide », a travaillé en Afghanistan pendant trois ans. Elle y avait réalisé son premier grand « coup » avec un reportage, qui avait fait polémique à l’époque, sur le commando taliban ayant tué le 18 août 2008 dix soldats français.
Les clichés très forts de son exposition « Yémen : la guerre qu’on nous cache » montrent un pays dévasté par des combats ayant déjà fait plus de 10 000 morts et en proie à la plus grave crise humanitaire actuelle : bâtiments en ruine, nourrissons squelettiques, enfants dans la rue avec une kalachnikov, etc.

        Lire aussi :
         

                Visa pour l’image : « Une paupérisation du photojournalisme »



« C’était un reportage [pour Paris Match et Time] très compliqué à faire, une guerre dont personne ne parle. Accéder au Nord Yémen, ce n’est pas impossible mais presque. Cela nous a pris un an [pour avoir toutes les autorisations] », explique-t-elle lors d’un entretien avec l’AFP avant la remise du prix. Et puis, il a fallu « travailler avec les [rebelles] Houthis, puis sans les Houthis. Et ensuite repartir, cela a été très compliqué ». Avec sa consœur rédactrice, la photographe se déplaçait en abaya (robe musulmane) avec un voile sur le visage : « On a caché tous les signes montrant que nous étions occidentales. Et comme à tous les checkpoints, ils [les combattants] ne parlent jamais aux femmes, on n’a pas eu besoin de parler, c’était très pratique. »
« Est-ce qu’on a besoin d’être un homme pour faire ce métier ? Certainement pas. »
Interrogée sur le photojournalisme, dans lequel les hommes sont encore largement majoritaires, elle a répondu : « Est-ce qu’on a besoin d’être un homme pour faire ce métier ? Certainement pas. Est-ce un avantage d’être une femme dans certains pays comme le Yémen ? Evidemment, car on a accès aux femmes et on peut se cacher sous une abaya, ou une burqa en Afghanistan, et c’est très pratique. » 
« On est la première génération à revendiquer le droit d’être [photo]reporter mais aussi d’être une femme. Moi je suis maman de deux petites filles », poursuit-elle. Mais il y a encore des progrès à faire : « Chez certains [collègues masculins], on dirait que le fait d’avoir des femmes reporters qui partent à la guerre leur enlève un peu de leurs attributs. A-t-on besoin d’avoir ses attributs masculins pour partir à la guerre ? Je ne pense pas. »
Parmi les autres lauréats 2018, figurent les photographes James Oatway (Visa d’Or région Occitanie), Sergey Ponomarev (Visa d’or presse quotidienne), Sabine Weiss (Visa d’Or d’honneur du Figaro Magazine), Valentine Van Vyve et Olivier Papegnies (Visa d’Or de l’information numérique).
Laura Morton a pour sa part remporté le prix Canon de la femme photojournaliste, Marco Zorzanello, celui de la Fondation Yves Rocher. Luis Tato (AFP) a remporté le prix de la ville de Perpignan Rémi Ochlik, du nom d’un photographe tué en 2012 en Syrie. Jérome Sessini est le lauréat du prix Pierre et Alexandre Boulat et Kasia Strek gagne le prix Camille Lepage.
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        La 30e édition du festival international de photojournalisme ouvre ses portes samedi 1er septembre, à Perpignan. En préambule, « M Le magazine du Monde » dévoile sept clichés issus de sept reportages présentés au festival."
            data-slide-description="Bobby Sands – Belfast, mai 1981, par Yan Morvan. Il y a vingt ans, le 10 avril 1998, catholiques et protestants irlandais signaient l’accord du « Vendredi saint », étape capitale vers la paix, après un conflit de presque trente ans, qui avait fait plus de 3 500 morts. Le photographe Yan Morvan est l’un des nombreux journalistes qui ont documenté ces affrontements. En 1981, il a réalisé une série de clichés dans lesquels il est parvenu à capter l’atmosphère révolutionnaire des quartiers catholiques de Belfast, qui s’étaient embrasés après le décès du prisonnier Robert Gerard Sands le 5 mai. Bobby Sands, comme il était surnommé, était une figure de l’Armée républicaine irlandaise (IRA). Engagé dans une grève de la faim, le militant a succombé au bout de soixante-six jours dans la prison de Maze, devenant un héros de la cause républicaine."
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        Bolivie : Pour tout l’argent de Potosí, par Miquel Dewever-Plana"
            data-slide-description="A Potosí, en Bolivie, les mineurs du Cerro Rico (la « colline riche » en espagnol) travaillent dans des conditions intenables. Ils sont pourtant des milliers à braver le danger pour explorer la plus grande mine d’argent du monde, dans l’espoir d’une vie meilleure. Le photographe Miquel Dewever-Plana s’est penché, pendant neuf mois, sur leur travail quotidien et sur l’importance de leurs croyances. Ici, des mineurs préparent le carnaval. Les vierges et les croix, à l’entrée des mines, sont censées marquer la frontière entre le monde des saints et de Dieu, à la surface, et le monde souterrain, gouverné par le diable."
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        Voyage du désespoir : l’exode des Rohingya, par Kevin Frayer"
            data-slide-description="Des réfugiés, épuisés après leur voyage, sur une plage au bord du fleuve Naf, qui marque la frontière entre la Birmanie et le Bangladesh. La traversée de ce fleuve est l’une des voies utilisées par les musulmans rohingya, qui fuient les persécutions dans leurs villages de Birmanie. Le photographe Kevin Frayer a séjourné deux fois au Bangladesh pour documenter cet exode forcé. Dans sa série de clichés, il a voulu mettre l’accent sur des histoires personnelles et sur la fatigue qu’engendrent d’aussi longs déplacements, qui ne sont pas la fin des ennuis pour les réfugiés. A l’arrivée dans les camps, la malnutrition, le choléra et d’autres maladies souvent mortelles les attendent."
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        Un petit coin : défécation en plein air et assainissement, par Andrea Bruce"
            data-slide-description="Une jeune femme, dans une ruelle d’Haïti. Dans ce pays détruit par un séisme en 2010, la défécation en plein air est une pratique courante. Les eaux souillées des ruelles inondées transportent et répandent des maladies parfois mortelles, comme le choléra. Une situation qui n’a fait qu’empirer après le passage de l’ouragan Matthew, en 2016. Pour les femmes, ce moment de la journée est aussi celui où elles sont le plus vulnérables : seules dans des endroits retirés, elles sont exposées à d’importants risques d’agressions sexuelles. La photographe américaine Andrea Bruce s’est penchée sur ce sujet épineux dans une série de reportages, également réalisés en Inde et au Vietnam, où ce problème sanitaire est aussi un fléau."
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        Les Fourmis rouges, par James Oatway"
            data-slide-description="A Evaton, cité démunie au Sud de Johannesburg, une femme vient de se faire expulser de son lieu de résidence. En Afrique du Sud, les agents de la société de sécurité privée Red Ants (« fourmis rouges ») n’hésitent pas à employer la force contre les occupants illégaux de bâtiments, au nom de propriétaires privés ou de collectivités locales. En documentant ces interventions musclées, le photographe sud-africain James Oatway brosse le portrait de la brigade redoutée et met le doigt sur un conflit persistant : celui qui oppose les riches propriétaires aux citoyens démunis. La situation de l’Etat, incapable de faire régner la loi, ni de répondre aux besoins de logement des habitants, témoigne de la fracture sociale qui divise la « nation arc-en-ciel »."
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        Rivières blessées, par Gaël Turine"
            data-slide-description="Le canal qui se jette dans la rivière Buriganga, à Dacca, au Bangladesh, n’est plus qu’un amoncellement de déchets qui empêchent l’eau de couler. Cette rivière, qui se meurt, compte parmi les plus polluées au monde. Les ateliers de confection installés sur les rives déversent chaque jour de grandes quantités de produits chimiques et de détritus. En suivant les cinq cours d’eau qui encerclent la capitale bangladaise, le photographe Gaël Turine a documenté les conséquences de l’industrialisation massive dans cette ville. Un désastre écologique qui s’explique par l’explosion démographique, la corruption et la misère."
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        Colombie : (Re)Naître, par Catalina Martin-Chico"
            data-slide-description="Voici deux ans que l’accord de paix entre le gouvernement et le groupe des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc) a été signé. Et les anciens combattants réapprennent les gestes du quotidien dans des camps de transition. Petit à petit, ils renouent avec leurs proches et tentent de se réinsérer dans la société pour mener une vie ordinaire. Une renaissance que la photographe Catalina Martin-Chico – lauréate du prix Canon de la Femme photojournaliste 2017 – a choisi d’illustrer par celles qui l’incarnent le mieux : les femmes. Depuis cinquante-trois ans, être guérillera et devenir mère était incompatible. Certaines ont été contraintes à l’avortement, d’autres ont dû abandonner leurs enfants. Elles sont des centaines à avoir accouché depuis qu’elles ont rendu les armes. Un baby-boom qui donne l’espoir d’un nouveau départ à la Colombie."
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La 30e édition du festival international de photojournalisme ouvre ses portes samedi 1er septembre, à Perpignan. En préambule, « M Le magazine du Monde » dévoile sept clichés issus de sept reportages présentés au festival.            
Bobby Sands – Belfast, mai 1981, par Yan Morvan. Il y a vingt ans, le 10 avril 1998, catholiques et protestants irlandais signaient l’accord du « Vendredi saint », étape capitale vers la paix, après un conflit de presque trente ans, qui avait fait plus de 3 500 morts. Le photographe Yan Morvan est l’un des nombreux journalistes qui ont documenté ces affrontements. En 1981, il a réalisé une série de clichés dans lesquels il est parvenu à capter l’atmosphère révolutionnaire des quartiers catholiques de Belfast, qui s’étaient embrasés après le décès du prisonnier Robert Gerard Sands le 5 mai. Bobby Sands, comme il était surnommé, était une figure de l’Armée républicaine irlandaise (IRA). Engagé dans une grève de la faim, le militant a succombé au bout de soixante-six jours dans la prison de Maze, devenant un héros de la cause républicaine.

YAN MORVAN
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-8"> ¤ Une tribune a été publiée dans le « JDD » pour appeler l’Europe à défendre son propre modèle face aux géants du numérique qui combattent la réforme.
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La France et 200 personnalités soutiennent la réforme du droit d’auteur face aux GAFA

Une tribune a été publiée dans le « JDD » pour appeler l’Europe à défendre son propre modèle face aux géants du numérique qui combattent la réforme.



LE MONDE
 |    09.09.2018 à 00h47
 • Mis à jour le
09.09.2018 à 15h41
   





                        


« Le droit d’auteur est aujourd’hui en danger, en France et dans le monde entier. Avec lui, c’est tout notre modèle qui est menacé », souligne dans le Journal du dimanche du 9 septembre la ministre de la culture Françoise Nyssen, qui signe une tribune avec plus de deux cents personnalités, dont des politiques (Jean-Jacques Aillagon, Renaud Donnedieu de Vabres, Aurélie Filippetti et Jack Lang), des artistes, des écrivains, comédiens et cinéastes, ainsi que des dirigeants de médias comme l’Agence France-Presse, TF1, France Télévisions et Radio France. Ce texte appelle les députés européens à approuver un projet de réforme du droit d’auteur combattu par les géants américains du Net.

        Lire aussi :
         

                Directive sur les droits d’auteur : « Le “droit voisin” est une hydre à multiples têtes »



Le texte assure que la réforme permettra de « renforcer la capacité des créateurs à être rémunérés par les plateformes numériques qui exploitent leurs œuvres, pour un meilleur partage de la valeur ; créer un droit voisin pour les éditeurs et agences de presse afin de leur assurer une meilleure rémunération lors de la reproduction de leurs articles en ligne ; instaurer le droit à une rémunération juste et proportionnelle pour les créateurs ».
Un texte rejeté début juillet
Ce texte s’ajoute à de nombreux appels émis ces derniers jours dans les milieux culturels et médiatiques en faveur du projet de directive sur le droit d’auteur, au cœur d’une intense bataille de lobbying dans les instances européennes et qui doit être soumis au vote des eurodéputés le 12 septembre.

        Lire aussi :
         

                A Bruxelles, l’intense guerre des lobbys autour de la directive « copyright »



La réforme du droit d’auteur vise à inciter les plateformes à mieux rétribuer les créateurs de contenus (article 13), mais aussi à créer un nouveau « droit voisin » pour les éditeurs de presse (article 11), qui doit permettre aux journaux ou agences de presse comme l’Agence France Presse (AFP) de se faire rémunérer lors de la réutilisation en ligne de leur production.
Deux fronts se sont dégagés : d’un côté les créateurs et la presse, en quête de revenus ; de l’autre, une alliance inattendue entre les géants du numérique et les militants d’internet, qui craignent pour la liberté du web. Les opposants au projet affirment que la directive mettrait en péril la gratuité de nombreux sites internet et pénaliserait le pluralisme, ce que contestent vivement ses partisans.
L’industrie numérique a remporté début juillet une première manche quand le Parlement a rejeté le texte. Plusieurs eurodéputés avaient alors dénoncé le lobbying « sans précédent » des GAFA (Google, Apple, Facebook et Amazon).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-9"> ¤ Le jury présidé par le Mexicain Guillermo del Toro a récompensé ce film, favori des critiques et du public. C’est une première pour Netflix, qui distribue le long-métrage.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-9"> ¤                     
                                                

Mostra de Venise : le Lion d’or pour « Roma » du Mexicain Alfonso Cuaron

Le jury présidé par le Mexicain Guillermo del Toro a récompensé ce film, favori des critiques et du public. C’est une première pour Netflix, qui distribue le long-métrage.



LE MONDE
 |    08.09.2018 à 21h09
 • Mis à jour le
09.09.2018 à 06h40
    |

            Véronique Cauhapé (Venise, Italie, envoyée spéciale)








                        



   


La 75e édition de la Mostra de Venise a attribué son Lion d’or à Roma, le très beau film du cinéaste mexicain Alfonso Cuaron, samedi 8 septembre, lors de sa cérémonie de clôture. Favori de la critique italienne et internationale, mais aussi du public, ce film très personnel en noir et blanc entraîne dans le sillage de son couronnement un autre grand vainqueur : son distributeur, Netflix. Une première qui fera date.
Jamais en effet la plate-forme américaine de streaming n’avait obtenu la plus haute récompense de l’un des trois festivals de cinéma européens majeurs (Cannes, Venise et Berlin). Roma n’avait d’ailleurs pas été présenté au printemps à Cannes. Netflix avait boycotté le festival français, dont les organisateurs imposent aux films sélectionnés de respecter un délai obligatoire de trois ans entre la sortie en salles et la diffusion sur une plate-forme de vidéo.

        Lire aussi :
         

                Alfonso Cuaron, à la Mostra de Venise et sur Netflix



« Aujourd’hui est l’anniversaire de Liba, la femme qui a inspiré le rôle de Cleo [l’héroïne du film], ce sera un cadeau d’anniversaire », a déclaré Alfonso Cuaron en recevant son prix pour ce film émouvant tiré de ses souvenirs d’enfance. « Ce prix est le témoignage de mon amour pour toi Liba, et pour mon pays », a ajouté le cinéaste oscarisé en 2013 pour son épopée spatiale Gravity.

        Lire aussi :
         

                « The Ballad of Buster Scruggs », western des frères Coen, présenté à la Mostra de Venise



Pour Netflix, cette récompense a presque valeur de revanche. D’autant que le prix du scénario a été attribué au western de Joel et Ethan Coen, The Ballad of Buster Scruggs, le deuxième des trois films Netflix (avec July 22, de Paul Greengrass) en compétition cette année à la Mostra. Jeudi 6 septembre, Netflix s’était déjà offert une première puisque c’est un de ses films, Outlaw King : Le roi hors-la-loi, de David Mackenzie, qui avait donné le coup d’envoi du Festival international du film de Toronto. Autant dire que la plate-forme semble d’ores et déjà bien partie dans la course aux Oscars.
Un autre western a été récompensé par le jury présidé par le cinéaste mexicain Guillermo del Toro (dont le film The Shape of Water avait reçu le Lion d’or 2017) : Les Frères Sisters, de Jacques Audiard, premier film en anglais et à la verve américaine du cinéaste, avec Joaquin Phoenix et John C. Reilly, a été honoré du Lion d’argent de la meilleure mise en scène.
Part belle pour les films de genre
Les films de genre et les films d’époque se sont taillé la part belle lors de cette 75e édition. Ils en sortent couverts de récompenses. The Favourite, film sulfureux du réalisateur grec Yorgos Lanthimos, qui met en scène le combat des femmes de la cour pour le pouvoir sous le règne de la reine Anne, dernière des Stuart, a reçu le Lion d’argent-Grand Prix du jury et la Coupe Volpi de la meilleure interprétation féminine remise à Olivia Colman. Autre long-métrage en costumes, The Nightingale de l’australienne Jennifer Kent, seule femme réalisatrice en compétition, a reçu deux récompenses, malgré l’accueil frileux que lui a réservé la critique : le Prix spécial du Jury et le Prix Marcello Mastroianni du jeune acteur émergent pour le comédien aborigène Baykali Ganambarr.
La Coupe Volpi du meilleur interprète masculin a récompensé l’acteur américain Willem Dafoe, époustouflant Van Gogh dans At Eternity’s Gate, de Julian Schnabel, film dont on regrette qu’il n’ait pas été plus récompensé. Ont également reçu le Lion d’or pour l’ensemble de leur carrière, l’actrice britannique Vanessa Redgrave et le cinéaste canadien David Cronenberg.

Festival de Deauville : le Grand prix du jury attribué à « Thunder Road »
Le Grand prix du jury du festival du cinéma américain de Deauville a été attribué samedi 8 septembre à Jim Cummings, réalisateur et acteur principal de son premier film, Thunder Road.
La présidente du jury Sandrine Kiberlain a salué « un film insolite et si inventif, écrit, joué et réalisé par un jeune homme à part (…), un film qui a le mérite de ne ressembler à aucun autre ». « Quelle joie d’assister à la naissance d’un artiste, à l’arrivée d’une comète qui suscite les rires et les pleurs avec une singularité qui nous bluffe », a-t-elle ajouté. Le film de Jim Cummings sort mercredi en France.
Pour le reste du palmarès :
Le Prix du jury est attribué à deux films : Night comes on de Jordana Spiro, et American animals de Bart Layton ;Le Prix de la critique a été attribué à Blindspotting, du Mexicain Carlos Lopez Estrada ;Le Prix du public de la ville de Deauville est revenu à Puzzle de Marc Turtletaub ;Le prix de la Révélation présidé par Cédric Kahn échoit à « We the animals », un premier film de Jeremiah Zagar.





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-10"> ¤ L’artiste, mort à 26 ans, avait commencé à rapper à l’âge de quatorze ans et avait sorti, début août, « Swimming » son cinquième album.
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La carrière du rappeur américain Mac Miller en cinq titres

L’artiste, mort à 26 ans, avait commencé à rapper à l’âge de quatorze ans et avait sorti, début août, « Swimming » son cinquième album.



LE MONDE
 |    08.09.2018 à 13h49
 • Mis à jour le
08.09.2018 à 14h03
   





                        



   


Il avait 26 ans. Le rappeur Mac Miller est mort d’une overdose à Los Angeles, vendredi 7 septembre. Celui qui citait Big L, Lauryn Hill, les Beastie Boys, Outkast, A Tribe Called Quest, ou Wiz Khalifa parmi ses influences avait sorti, début août, Swimming son cinquième album. Il devait entamer une tournée à la fin du mois prochain, dont il avait promis qu’elle serait spéciale tous les soirs. Jeudi, la veille de sa mort, il a tweeté : « Je veux juste partir en tournée. »

        Lire son portrait publié en 2016 :
         

          Mac Miller, le rappeur devenu anti-Trump



Il avait commencé à rapper à l’âge de quatorze ans, sortant en 2007 une mixtape intitulée But My Mackin’Ain’t Easy. Au début 2010, il avait signé avec Rostrum Records, un label indépendant de Pittsburgh. Il a ensuite enregistré son premier album studio, Blue Slide Park (2011) qui s’était classé à la première place du Billboard 200, ce qui n’était pas arrivé pour un album indé depuis Dogg Food des Tha Dogg Pound en 1995.
Quatre autres albums en studio avaient suivi, ainsi que plusieurs mixtapes sous différents pseudonymes comme Delusional Thomas et Larry Lovestein. En 2013, il a lancé son propre label, REMember Music. Comme Thundercat, Kendrick Lamar ou Vince Staples, l’artiste avait pour habitude de combiner sons hip-hop et jazz. Sélection subjective de cinq titres qui ont marqué sa carrière.
Sa mort intervient quelques mois après la fin d’une relation de deux ans, très médiatisée, avec la chanteuse Ariana Grande, qui fut considérée parfois comme sa source d’inspiration. Ils ont parfois collaboré, comme en 2016 sur My Favorite Part.

Self Care est le premier single de son cinquième album, Swimming.

Kool Aid & Frozen Pizza est un titre issu de sa quatrième mixtape K.I.D.S., sortie en 2010.

The Star room est issue de Watching Movies with the Sound Off, le deuxième album studio de Mac Miller, sorti en 2013.

Diablo, qui sample Duke Elington et John Coltrane, est le premier single de sa mixtape Faces, sortie en 2014.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-11"> ¤ Philosophie, anthrolopologie : le continent suscite les polémiques. « En quête d’Afrique(s) », livre de débat entre les intellectuels Souleymane Bachir Diagne et Jean-Loup Amselle, en témoigne.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-11"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Essai. L’Afrique bouscule l’universel

Philosophie, anthrolopologie : le continent suscite les polémiques. « En quête d’Afrique(s) », livre de débat entre les intellectuels Souleymane Bachir Diagne et Jean-Loup Amselle, en témoigne.



LE MONDE
 |    08.09.2018 à 13h00
 • Mis à jour le
09.09.2018 à 16h47
    |

                            Séverine Kodjo-Grandvaux








                        



                                


                            
En quête d’Afrique(s). Universalisme et pensée décoloniale, de Souleymane Bachir Diagne et Jean-Loup Amselle, préface d’Anthony Mangeon, Albin Michel, « Itinéraires du savoir », 320 p., 22 €.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que Souleymane Bachir Diagne et Jean-Loup Amselle ne sont pas d’accord. Engageant une discussion sur « universalisme et pensée décoloniale », le philosophe sénégalais et l’anthropologue français passent en revue les grands thèmes à propos desquels les auteurs postcoloniaux ont montré les limites de la pensée occidentale, quand elle ne remet pas en question son héritage colonial.
En quête d’Afrique(s) est construit en chapitres rédigés tour à tour par le philosophe et l’anthropologue, chacun abordant une problématique commune ­ (spécificité culturelle, race et identité, langues africaines, islam…) sans toujours commenter frontalement ce que l’autre a écrit. Il se conclut par une confrontation directe sur certaines des questions qui sont apparues ces dernières années dans la société française, comme le racisme antiblanc, le communautarisme ou le privilège blanc.
En 2008, dans L’Occident décroché (Stock), ouvrage au vitriol, Jean-Loup Amselle, directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales, africaniste spécialiste du Mali dont les travaux portent notamment sur le métissage, l’ethnicité, l’islam et le multiculturalisme, suspectait la philosophie de Souleymane Bachir Diagne de n’être qu’« une forme réfractée de fondamentalisme musulman » ou « une sorte d’afrocentrisme orientalisé ». Rien de moins.
Partir du pluriel
Résultat, dix ans après, le débat est vif et tourne souvent au dialogue de sourds. Souleymane Bachir Diagne, professeur à l’université Columbia, à New York, dont il dirige l’Institut d’études africaines, ne répond pas toujours aux objections de Jean-Loup Amselle, estimant que ce dernier s’adresse...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-12"> ¤ De nombreux mythes entourent cette souveraine d’Afrique australe du XVIIe siècle. Le personnage historique que dessine la biographie de Linda M. Heywood est pourtant assez étonnant.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-12"> ¤                     
                                                   
édition abonné


La reine Njinga rendue à l’Histoire

De nombreux mythes entourent cette souveraine d’Afrique australe du XVIIe siècle. Le personnage historique que dessine la biographie de Linda M. Heywood est pourtant assez étonnant.



LE MONDE
 |    08.09.2018 à 13h00
 • Mis à jour le
09.09.2018 à 17h53
    |

                            Florent Georgesco








                        



                                


                            
Njinga. Histoire d’une reine guerrière (1582-1663) (Njinga of Angola. Africa’s Warrior Queen), de traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Philippe Pignarre, préface de Françoise Vergès, La Découverte, 336 p., 22 €.

Le marquis de Sade en faisait « la plus cruelle des femmes », Hegel, le symbole d’un continent qui ne serait « pas encore entré dans l’histoire ». En Afrique et en Amérique du Sud, au contraire, elle est un emblème quasi sanctifié de la rébellion aux colons européens. Njinga (1582-1663), reine du Ndongo, puis du Ndongo-Matamba, petites portions du territoire actuel de l’Angola, est un personnage d’une telle puissance qu’il est difficile de l’évoquer sans la projeter dans l’univers des mythes, ou des caricatures.

Njinga. Histoire d’une reine guerrière fait l’effet, en regard, d’un brusque retour sur terre. Du réel, enfin ; c’est-à-dire de l’histoire, précise, ample, gouvernée par rien d’autre que le désir de « retrouver toute [la] complexité » de cette femme, comme l’écrit Linda M. Heywood, professeure à l’université de Boston, qui signe ici la première biographie rigoureuse d’une reine si longtemps abandonnée aux rêveries.
Quand elle prend le pouvoir, en 1624, le Ndongo est en passe de devenir, lui aussi, une fiction. Les Portugais, alliés à l’un des peuples de la région, les Imbangala, adeptes du cannibalisme et des sacrifices humains, en particulier de nourrissons, en ont conquis l’essentiel. Mais Njinga réussit bientôt à « orchestrer le soulèvement général ». Elle va, dès lors, faire preuve d’une impressionnante virtuosité militaire et politique, et reconquérir progressivement une partie de ses territoires, tout en leur adjoignant le Matamba voisin. Chose rare dans la région : elle régnera près de quarante ans. Plus étonnant encore : elle mourra de vieillesse.
Conversion au christianisme
Son génie relève avant tout...




                        

                        


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« The Staircase (Soupçons) » : la justice, l’écrivain et le hibou

La série documentaire du réalisateur français Jean-Xavier de Lestrade dresse le portrait cinglant du système judiciaire américain.



LE MONDE
 |    08.09.2018 à 10h00
    |

                            Martine Delahaye








                        



   


Netflix et Canal+, à la demande – série documentaire
Aujourd’hui très prisées, en particulier aux Etats-Unis, les séries documentaires autour d’affaires criminelles (true crime stories) doivent beaucoup à Jean-Xavier de Lestrade. En effet, après avoir été oscarisé pour Murder on a Sunday Morning (Un coupable idéal, 2001), documentaire dans lequel il suit le procès d’un jeune Noir américain sans ressources accusé de meurtre, Jean-Xavier de Lestrade décide de ne pas s’en tenir là.
Il compulse les journaux, à la recherche d’une affaire à l’opposé du spectre social d’Un coupable idéal : un meurtre dont on accuserait un homme blanc aisé, reconnu dans sa communauté, à même de s’offrir les services d’un excellent avocat. Dans les deux cas, l’intention du réalisateur reste la même : filmer le système judiciaire américain en action, du point de vue de l’accusation comme de la défense – et non mener ou refaire l’enquête.
Fascinante histoire
Sans le savoir, Jean-Xavier de Lestrade embarque alors pour une entêtante aventure qui, plus de quinze ans durant, reposera sur les meilleurs ressorts… des fictions dramatiques : dissimulation, tromperie, haine, coups de théâtre, secrets et rumeurs, bravoure et bravades. Avec, pour personnages principaux, Michael Peterson, écrivain disert et distant accusé du meurtre de sa femme, et David Rudolf, son brillant et sympathique avocat ; tous deux étant assimilés à de nuisibles intellos new-yorkais par la communauté rurale de Caroline du Nord, où tout s’est joué.
Confronté à des centaines d’heures de tournage, Jean-Xavier de Lestrade fait le choix d’abandonner le format habituel du documentaire (quatre-vint-dix à cent vingt minutes). Et de monter cette fascinante histoire sous la forme d’une série documentaire, The Staircase (Soupçons). Une série au long cours, qui plus est : forte de huit épisodes en 2004, elle allait s’enrichir de deux nouveaux chapitres en 2013, et des trois ultimes en 2018, l’ensemble étant disponible tant sur Canal+ à la demande que sur Netflix.
Or, au-delà des aspects cauchemardesques et hallucinants que cette affaire révèle sur le processus judiciaire, il est une hypothèse, quant au coupable du meurtre, qui n’est pas évoquée dans The Staircase, faute de l’avoir été lors du procès de Michael Peterson. Tout d’abord jugée rocambolesque, elle lèverait le mystère qui a toujours subsisté quant à la façon dont est morte la victime, en décembre 2001.
Bizarrerie
Kathleen Peterson a été découverte morte, dans une mare de sang, au pied de l’escalier de sa maison. Avec sept lacérations sur l’arrière du cuir chevelu, mais sans aucune fracture crânienne ni hémorragie cérébrale. Qu’il s’agisse d’une simple chute, thèse de la défense, ou d’un meurtre commis par son mari, comment expliquer ces étranges lacérations ? Quelle bizarrerie que de se vider de son sang de cette manière ! Le plus vraisemblable ? Qu’un hibou de grande taille ait attaqué Kathleen Peterson par l’arrière, que celle-ci ait couru vers la maison, tenté de monter l’escalier, et soit tombée.
Jean-Xavier de Lestrade a tourné plusieurs heures autour de cette hypothèse auprès d’experts médicaux, de naturalistes et de personnes ayant subi ce type d’attaque. Peut-être en fera-t-il un film, un jour ? Il se voue pour le moment à la fiction, pour une série politique, Jeux d’influence, attendue en 2019 sur Arte.
« The Staircase (Soupçons) », de Jean-Xavier de Lestrade (Fr., 13 × 52 min).



                            


                        

                        


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Comment le dessin animé « Adventure Time » est devenu culte

Après huit ans, dix saisons et plus de 280 épisodes, ce dessin animé pour enfants s’arrête. Il est devenu une œuvre culte pour plusieurs millions de spectateurs dans le monde.



LE MONDE
 |    08.09.2018 à 09h30
    |

            Pauline Croquet








                        



   


Oh my Glob ! Après huit ans et dix saisons, le dessin animé Adventure Time, qui met en scène les pérégrinations d’un garçon et de son chien jaune dans un univers post-apocalyptique et hallucinogène, a livré son tout dernier épisode à la télévision américaine lundi 3 septembre, laissant les fans dans une solitude proche de celle du Roi des glaces, le méchant bleu de la série. Proposé par la chaîne câblée Cartoon Network aux 6-11 ans, mais aussi en France sur Gulli et Netflix, le programme a su aussi conquérir des millions d’adultes, étendre son empire en produits dérivés et devenir une référence de la pop culture sur le Web. Retour sur ce phénomène « fantalgébrique » – pour paraphraser Finn, le héros.
Avant de devenir une longue série à succès, Adventure Time fut un court-métrage conçu par Pendleton Ward, un gaillard texan barbu et timide, jeune animateur du studio indépendant Frederator. Le petit film farfelu est destiné, en 2008, à répondre à une commande de la chaîne pour enfants Nickelodeon. En parallèle, la vidéo acquiert une popularité virale sur le Net. Elle sera vue plus d’un million de fois selon The Guardian. Nickelodeon, à qui l’on doit Bob l’éponge, refuse cependant de lancer une série animée sur le concept de Pendleton Ward. C’est finalement à sa concurrente Cartoon Network que les studios Frederator vont vendre Adventure Time. Le premier épisode est diffusé le 5 avril 2010.

Pop et post-apocalyptique
Les téléspectateurs y font la connaissance de Finn, un humain candide et enjoué d’une douzaine d’années à la tête serrée dans une coiffe blanche bizarre, et de Jake, son chien parlant, élastique et métamorphe. Unis comme les doigts de la main, les deux parcourent la planète Ooo, une terre multicolore ravagée par un conflit nucléaire – la guerre des champignons. Ooo est peuplée de créatures et de personnages pop et bizarres. Les séquences de onze minutes aussi malignes que loufoques et imprévisibles rencontrent un succès immédiat : 2,8 millions de personnes regardent le pilote.
Quatre ans plus tard, ils sont 14 millions de spectateurs hebdomadaires selon le magazine Rolling Stone et 3 millions de plus sur la fanpage Facebook. Côté presse, les critiques sont plutôt unanimes. En 2012, The Guardian parle du show comme « une émission sucrée pétillante et irisée, détachée des drames pré-ados et des animés superficiels qui semblent dominer la télévision pour enfants ». Consécration enfin quand Les Simpson, une des influences majeures de Pendleton Ward, adresseront un clin d’œil au dessin animé en parodiant son générique dans la saison 28.

« Tout mon vécu d’aventures à la maison »
Outre la série de Matt Groening, Pendleton Ward, qui a grandi dans les années 1980 et 1990, évoque régulièrement l’influence du jeu de rôle Donjons et Dragons dans la recette d’Adventure Time. « Je voulais créer un dessin animé que j’aurais aimé enfant, explique-t-il à la presse ou en conférence, en complétant : J’étais un petit gros qui n’a jamais quitté la maison. Je n’étais pas un grand aventurier. Réaliser ce show m’a permis d’y mettre tout mon vécu d’aventures à la maison. »
Le créateur taciturne et discret ne se sent pas à l’aise dans la lumière. Il a du mal à affronter le succès planétaire de sa série devenue selon lui « une grosse bête », compte tenu des audiences, du nombre de produits dérivées et de sa popularité sur le Net grandissant à coups de GIF et de chansons reprises. Pendant la saison 5, Ward informe ses équipes qu’il prend du recul, mais conserve le droit d’intervenir dans sa création : « Je démissionne car ça me rend cinglé. » Le public ne l’apprend que quelques mois plus tard. Il demande à son coéquipier Adam Muto de reprendre son rôle de producteur exécutif.
Sagesse et tolérance
Si Adventure Time a su prospérer, c’est qu’elle trouve son point d’équilibre entre une histoire facile d’accès pour les enfants et une série un peu à part que les adultes n’ont pas honte de regarder, confortés par le retour à la mode des œuvres « geek ». A la différence de l’écrasante majorité des œuvres jeunesse, les personnages ne sont pas coincés dans l’enfance ou dans un rôle. Ils grandissent et progressent au fil des saisons.
C’est ainsi que, éternel naïf et optimiste au démarrage de ses aventures, Finn devient plus nuancé et réfléchi. L’épine dorsale de la série est la sincérité et l’amitié indéfectibles entre Jake et Finn, soulignée dans de nombreux articles. Une relation à mettre au tableau des plus belles bromances (mot-valise formé de brother et romance, désignant une amitié masculine très démonstrative) de la dernière décennie.

Bien que fantaisiste, imaginative et bourrée de références à la pop culture et aux jeux vidéo, la série garde une cohérence. Sous des dehors naïfs, les épisodes livrent des leçons de sagesse et des messages de tolérance envers les autres, aussi bizarres paraissent-ils. En témoignent plusieurs compilations en ligne de citations inspirantes. Le site spécialisé américain The Awl l’explique ainsi :
« Ces héros sont aussi faillibles que possible : ils sont tout à fait capables de montrer de l’égoïsme, de l’impatience et de la grossièreté, mais leur bonne nature l’emporte toujours, tout comme leur sagesse et leur capacité à redresser les choses. En fait, ils font beaucoup d’erreurs mais elles ne sont pas effacées comme par magie à la fin de chaque épisode. »

Une série qui casse les stéréotypes de la fiction
De la même façon les personnalités sont riches, et le passif des personnages solide. Leurs agissements s’expliquent. Le Roi des glaces, le méchant de la série, a des sentiments complexes et n’est pas tombé dans la colère par hasard. Les nombreuses princesses qui se partagent le règne sur Ooo, comme Marceline la reine-vampire ou la Princesse des flammes, ont des caractères bien différents. « Bubblegum est peut-être rose vif et girly, mais elle n’a pas été pensée comme une demoiselle en détresse », estime le magazine Time. C’est ainsi qu’Adventure Time casse les stéréotypes de la fiction sans cynisme, et son récit explore les méandres de l’optimisme et de la candeur sans faille. Tout en gardant son caractère perpétuellement inattendu et sans oublier de distiller des blagues et de nombreuses chansons sur les frites, l’amour ou le bacon.

La série ne s’arrête pas parce que sa réputation faiblit. Elle est due à une certaine lassitude des équipes, selon Rob Sorcher, le vice-président exécutif de Cartoon Network, cité par Libération : « Le temps était venu de conclure. » Ce dernier n’oublie pas non plus de souligner qu’Adventure Time aura été un des programmes les plus longs de Cartoon Network.



                            


                        

                        


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Patrimoine : questions sur le fonds annoncé par Laurent Wauquiez

Le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes promet 100 millions d’euros.



LE MONDE
 |    08.09.2018 à 09h24
 • Mis à jour le
09.09.2018 à 17h51
    |

                            Richard Schittly (Lyon, correspondant)








                        



                                


                            

Laurent Wauquiez fait sensation. Le président (LR) a annoncé jeudi 6 septembre une enveloppe de 100 millions d’euros pour la restauration du patrimoine de la région Auvergne-Rhône-Alpes (ARA). La somme double les crédits de la politique patrimoniale de la deuxième région de France. Elle représente un tiers des 326 millions annuels avancés par le ministère de la culture pour la préservation du patrimoine national. Bien décidé à marquer les esprits, M. Wauquiez demande publiquement à Stéphane Bern de lui fournir la liste des sites les plus en péril pour l’aider dans sa mission.
Le président du conseil régional Auvergne-Rhône-Alpes a dévoilé son intention dans un entretien au journal Le Progrès : « Nous avons un patrimoine historique qui se détériore, et les moyens donnés nationalement à Stéphane Bern ne sont pas au niveau des enjeux. La région va proposer 100 millions d’euros pour sauver nos monuments et nous demanderons à Stéphane Bern de choisir les plus menacés. »

Chargé par le président de la République d’une mission sur la protection du patrimoine local, l’animateur de télévision a fait part de son étonnement, le 7 septembre, dans Nice-Matin. Stéphane Bern parle de « récupération », en ironisant : « Il a déjà du mal à trouver de l’argent pour le Musée des tissus à Lyon. »
Ronds de jambe
Visiblement, M. Bern s’agace des ronds de jambe politiques autour de sa notoriété. Il a déjà menacé de démissionner fin août, s’il continuait à servir de « pantin » et de « cache-misère » à Emmanuel Macron. Contraint d’organiser un « loto du patrimoine » pour obtenir péniblement 20 millions d’euros, M. Bern a placé le chef de l’Etat face à ses promesses, pour la rénovation de 270 sites choisis. Voilà qu’il s’agace des initiatives intempestives de Laurent Wauquiez.
Communication politique ? Pas du tout : conviction !, répond en substance M. Wauquiez. Contacté, le 7 septembre,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-16"> ¤ Une œuvre de Benjamin Attahir pour violoniste et comédienne n’a pas convaincu lors de la nouvelle manifestation organisée à la Philharmonie de Paris jusqu’au 8 septembre.
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Une création inopérante à la Biennale Boulez

Une œuvre de Benjamin Attahir pour violoniste et comédienne n’a pas convaincu lors de la nouvelle manifestation organisée à la Philharmonie de Paris jusqu’au 8 septembre.



LE MONDE
 |    08.09.2018 à 08h50
 • Mis à jour le
09.09.2018 à 18h06
    |

                            Pierre Gervasoni








                        



                                


                            

Qu’il eût à conduire la destinée d’un orchestre (notamment à New York et à Londres), d’une institution (l’Ircam et l’Ensemble intercontemporain, à Paris) ou de sa propre musique (soumise au principe évolutif du « work in progress »), Pierre Boulez (1925-2016) n’avait pas pour habitude de regarder dans le rétroviseur. Le passé ne l’intéressait pas ; les commémorations, encore moins. Interrogé en 2013 sur le sens revêtu par la parution chez Deutsche Grammophon d’une somme discographique aux allures de rétrospective officielle (sa production en 13 CD), le compositeur avait déclaré, avec un sens de la formule toujours intact : « Je n’ai aucunement l’ambition de me considérer comme une espèce de tapisserie historique qu’on déplie à l’occasion d’un anniversaire. »
Près de trois ans après sa mort (survenue le 5 janvier 2016), la Philharmonie de Paris lui rend hommage, jusqu’au 8 septembre, sous la forme d’une Biennale dont la première édition ne va pas à l’encontre des préceptes bouléziens. Pas de proximité avec un anniversaire et pas de signes d’apparat. Ni tapisserie ni tapis rouge. Si un nom prestigieux apparaît à l’affiche de la manifestation – celui de Daniel Barenboim, co-initiateur de la Biennale, qui se produira au piano et à la direction, le samedi 8 –, la plupart des rendez-vous ne font qu’égrener le chapelet habituel des références de Pierre Boulez.
A l’exception de celui donné, le 7 septembre, dans le Studio de la Philharmonie autour d’une création au titre aussi énigmatique que son dispositif. Fruit de la collaboration de Benjamin Attahir (musique) et de Lancelot Hamelin (texte), La Femme fendue associe, en effet, un violoniste (Renaud Capuçon) et une comédienne (Jennifer Decker) dans une expression qui relève du théâtre sans décors ni accessoires et de la musique de scène en continu.
Compositeur à la mode dans la jeune génération
Né en 1989, Benjamin Attahir est le compositeur à la mode dans la...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-17"> ¤ Le comique d’investigation, bien connu des auditeurs de France Inter, se moque de la macronie dans un concert-spectacle.
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L’humoriste Guillaume Meurice, en marche vers le rock

Le comique d’investigation, bien connu des auditeurs de France Inter, se moque de la macronie dans un concert-spectacle.



LE MONDE
 |    08.09.2018 à 08h38
 • Mis à jour le
09.09.2018 à 17h46
    |

            Sandrine Blanchard








                        



                                


                            

Emmanuel Macron est devenu un bon client pour les humoristes. En ces temps de « start-up nation », Guillaume Meurice suit les préceptes du président et joue à l’entrepreneur. Son projet : « le rock du nouveau monde, le rock macroniste, pour tous ceux qui vivent dans l’amour de Christophe Castaner ». Vendredi 7 septembre, sur la scène du Café de la Danse à Paris, le comique d’investigation bien connu des auditeurs de France Inter, et dont les chroniques font un tabac en podcast, a donné la première représentation de The Disruptives, nouveau groupe de musique « en marche ».
Aux côtés de Rémi Varrot (guitare), Philippe Monthaye (basse) Florence Villeminot (batterie) et Francisco E. Cunha (dans le rôle du régisseur atterré par ce qu’il entend), Guillaume Meurice a créé un spectacle inclassable mêlant chansons, sketches et vidéos humoristiques. Le pitch : quatre anciens étudiants de HEC qui furent membres du collectif Les jeunes avec Jean-Pierre Raffarin – Florence, fille d’un cadre dirigeant d’Universal, Philippe, hipster en free-lance et gérant d’un food-truck, Rémi, néo-gauchiste passé par les Beaux-Arts, et Guillaume, startupper dans la finance – décident de se retrouver pour créer « le premier groupe de rock macroniste de l’histoire ». 

Parolier satirique et meneur de troupe
Après le one-man-show (Que demande le peuple ?) et le roman (Cosme, éditions Flammarion), Guillaume Meurice se donne désormais en concert, devenant parolier satirique et meneur de troupe pour se moquer des codes de la macronie. Devant une salle comble, l’humoriste clairement à gauche, tendance très écolo, prend un malin plaisir à incarner un libéral décomplexé et lâche. Une petite statue de Macron trône comme un talisman au milieu du groupe et un boîtier rouge « prêté par un institut de sondage, en partenariat avec le ministère de l’intérieur » mesure, en temps réel, l’opinion du public.

Entre...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-18"> ¤ « Veuve noire », « grand doigt », « balafre »… Dès son inauguration, en juin 1973, le premier gratte-ciel parisien a été vivement critiqué et n’a jamais connu de retour en grâce.
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La tour Montparnasse, la mal-aimée, va faire peau neuve

« Veuve noire », « grand doigt », « balafre »… Dès son inauguration, en juin 1973, le premier gratte-ciel parisien a été vivement critiqué et n’a jamais connu de retour en grâce.



LE MONDE
 |    08.09.2018 à 08h00
 • Mis à jour le
08.09.2018 à 10h06
    |

            Frédéric Joignot








                        



                                


                            

Je suis la ténébreuse, la veuve, l’inconsolée… Dès ma naissance, en juin 1973, ma sombre silhouette a suscité la polémique – et depuis, celle-ci n’a jamais cessé. Le 12 septembre 2013, pour me réhabiliter dans le cœur des Parisiens, on a fêté mes 40 ans en son et lumière. Cela n’a pas suffi. Maintenant que j’ai 45 ans, une équipe d’architectes s’attelle à ma métamorphose pour tenter de me faire aimer. Le récit de ma vie mérite d’être entendu. Sans moi, l’histoire de l’architecture parisienne, qui manque tant de hauteur, eût été différente…
Nous sommes en 1959, le général de Gaulle veut réformer la France et son premier ministre, Michel Debré, entend « moderniser la capitale à marche forcée ». Avec ses ruelles et ses maisonnettes de guingois, le vieux quartier Maine-Montparnasse est dans le collimateur. Une nouvelle gare, un vaste centre commercial, un Palais des congrès seront construits… et une grande tour de bureaux à l’américaine. Deux architectes sont pressentis pour m’imaginer, Raymond Lopez et Michel Holley, des admirateurs de Le Corbusier.
En février 1959, ils dessinent une « tour Antigone » élancée, inspirée par le siège de l’ONU à New York. Ils la présentent en mars au ministre de la culture, André Malraux. « Messieurs, leur dit-il avec emphase, Paris peut se réjouir ! La colline de Chaillot possède le Trocadéro, la place de l’Etoile l’Arc de triomphe, la butte Montmartre le Sacré-Cœur, Montparnasse aura son beffroi ! »
En fait de beffroi, je suis le premier gratte-ciel parisien. Balayant les objections de ceux qui ­affirment que je vais altérer le paysage et briser ses perspectives, Malraux s’emporte devant le Conseil général des bâtiments de France : « Selon la décision que vous allez prendre, il y aura ou il n’y aura pas à Paris, donc en France, une architecture contemporaine ! » La messe est dite.
« Ni joyeuse ni sensuelle »
Quatorze ans plus tard, je me dresse sur...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-19"> ¤ Chaque samedi, « La Matinale du Monde » vous propose un choix d’émissions à voir ou écouter en différé.
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Article sélectionné dans La Matinale du 07/09/2018
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Esther, Edouard Baer et révolutions sexuelles : trois replays pour le week-end

Chaque samedi, « La Matinale du Monde » vous propose un choix d’émissions à voir ou écouter en différé.



LE MONDE
 |    08.09.2018 à 06h33
 • Mis à jour le
09.09.2018 à 17h57
   





                        


LES CHOIX DE LA MATINALE
Cette semaine, toute la famille se rassemblera autour des tribulations d’Esther, l’irrésistible héroïne de Riad Sattouf, les curieux trouveront réponses à leurs questions sur les révolutions sexuelles et les fans d’Edouard Baer (re) découvriront le premier épisode de sa nouvelle émission, « Lumières dans la nuit ».
Le monde vu d’Esther

C’est l’histoire d’une fille de 9 ans qui parle très, très vite. Un peu trop même. Comme beaucoup de minots de son âge, elle adore Raiponce (le dessin animé de Disney), la chanteuse Tal et sa copine Eugénie, qui ne peut s’empêcher de placer le mot « wesh » dans toutes ses phrases. Elle trouve sa maîtresse « moche », probablement parce qu’elle a de la moustache. Comme tous les enfants du monde, cette petite fille aux cheveux longs joue avec ses copines « au papa et à la maman », mais « personne ne joue le papa », et elle se demande bien pourquoi.
Depuis le 3 septembre, Canal+ diffuse chaque soir en clair (du lundi au jeudi à 20 h 55), un épisode de deux minutes des Cahiers d’Esther. Histoires de mes 10 ans. Ce dessin animé aux traits délicats raconte les véritables aventures d’Esther A., qui parle de ses passions et de son quotidien de préadolescente, sans filtre, avec un humour tendre et corrosif. La série est tirée du premier tome – deux autres ont été publiés – de la bande dessinée du même nom de Riad Sattouf, éditée en 2016 (Allary Editions). Le résultat est une plongée sensible et drôlissime dans la tête d’une petite fille et dans une cour de récréation. Mustapha Kessous
« Les Cahiers d’Esther. Histoires de mes 10 ans », de Riad Sattouf et Mathias Varin (France, 2018, 50 × 2 min). Disponible sur mycanal.fr.
Le sexe en questions

   


Révolutions sexuelles, de Sylvain Desmille, se présente en deux parties : « Le droit au plaisir » et « Réinventer l’amour ». Ce documentaire se veut témoin du « foisonnement des secousses intimes, politiques et culturelles qui ont ébranlé nombre de sociétés depuis 1948 », date de la publication du fameux rapport Kinsey, l’étude sur le comportement sexuel qui fit date autant que scandale. Il fallait bien deux fois 52 minutes pour traiter un sujet aussi riche, divers et souvent paradoxal, avec un minimum de précision, de témoignages – parfois subtilement divergents – et de rappels historiques, enrichis par de très nombreuses archives télévisuelles internationales.
Car les thématiques sont nombreuses : les différences de mœurs et de libéralisme entre pays, le vêtement (bikini, minijupe), les femmes (mouvements féministes, avortement, pilule), les hommes (moindre différenciation du genre, cheveux longs, partage du plaisir sexuel), les homosexuels (pénalisation, révolte de Stonewall, assassinat de Harvey Milk, conseiller gay de la mairie de San Francisco, dépénalisation, mariage), la famille, la pornographie (créative, industrielle, machiste), le sida, etc. Certes, ces sujets ont déjà été traités ailleurs, et parfois dans des ­documentaires diffusés par Arte. Mais, comme cela se produit souvent quand il est décidé d’être aussi exhaustif que possible à propos de thématiques à entrées multiples, cette volonté de ne rien oublier ouvre un gouffre de frustrations. Renaud Machart 
« Révolutions sexuelles : Le droit au plaisir (première partie), Réinventer l’amour (deuxième partie) », documentaire de Sylvain Desmille (France, 2018, 2 × 53 min). Disponible sur arte.tv jusqu’au 2 novembre.
Edouard Baer, en roue libre

   


Un hymne à la chaleur de la radio, à la liberté de « loufoquer » et à l’incandescence du direct (avec ses p’tits pépins, touchants et pas gênants) ; une ode à la verve oratoire et à l’improvisation, qu’elle parte en feu d’artifice ou tombe à plat… Dimanche 2 septembre, entre 22 heures et minuit, Edouard Baer s’est lancé dans la première de « Lumières dans la nuit », sur France Inter. Il y eut des ratés, quelques trous d’air, mais aussi des pépites, les seuls moments que l’on retienne, au bout du compte, lorsqu’une émission prend le risque de l’impro en direct et que le rire vous submerge sans prévenir.
Ceux qui écouteront l’émission en replay peuvent s’épargner les vingt premières minutes. Puis, c’est alors que Baer lance son coup : il appelle le plateau de la chaîne L’Equipe, en plein match Monaco-Marseille, interrompt et interpelle ses commentateurs, leur demande une prestation « à l’ancienne », grandiloquente et enflammée, performance qu’il reprendra à son tour brillamment. Un beau moment de radio et de télévision à la fois. A partir de là, chacun, derrière son micro, commence à être suffisamment « chaud » pour répondre aux questions et tentatives d’improvisation de Baer sur tout et n’importe quoi : l’intrigue plus ou moins claire que révèle une des chansons de Serge Lama ; l’intérêt ou non de recycler les agendas des années passées ; et, surtout, l’avantage du/de la « réquerre », à la fois rapporteur et équerre, tel que présenté au téléphone par Alexandre Astier, envoyé spécial pour la rentrée scolaire du lendemain. Martine Delahaye
« Lumières dans la nuit », un magazine présenté par Edouard Baer. Chaque dimanche de 22 heures à minuit. Podcast disponible sur Franceinter.fr.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-20"> ¤ Supermarchés, magasins d’équipements ménagers, structures d’habitation, ce documentaire solidement construit raconte comment se développe un gigantesque marché international des camps.
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« Réfugiés : un marché sous influence » : comment l’industrie privée cible les réfugiés

Supermarchés, magasins d’équipements ménagers, structures d’habitation, ce documentaire solidement construit raconte comment se développe un gigantesque marché international des camps.



LE MONDE
 |    08.09.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
09.09.2018 à 18h00
    |

            Alain Constant








                        



   


Public Sénat, samedi 8 à 21 h 00 – documentaire
On compte environ vingt millions de réfugiés vivant aujourd’hui dans des camps. Dans ces lieux de vie parallèles, le provisoire ayant tendance à durer parfois des décennies, des millions de femmes, d’hommes et d’enfants se retrouvent, de fait, dans la peau de clients potentiels et captifs pour des entreprises privées qui ont flairé le filon.
Ce documentaire solidement construit raconte comment se développe un gigantesque marché international des camps : supermarchés, magasins d’équipements ménagers, structures d’habitation (Ikea a même lancé un modèle perfectionné de tente pour réfugié), le business, destiné d’abord à rendre la vie un peu moins pénible pour ces malheureux, se révèle très rentable. Il existe même une Foire commerciale internationale de l’assistance où banques, start-up, grandes entreprises présentent leurs produits pour faciliter la vie quotidienne des réfugiés. Bon pour l’image et surtout bon pour les affaires, tant les sommes en jeu sont considérables.
Juteux marché
En enquêtant auprès du Haut-Commissariat aux réfugiés (HCR), l’agence de l’ONU qui gère les camps mais qui délègue de plus en plus de missions à des entreprises privées, on plonge au cœur d’un système qui fait entrer l’économie de marché au cœur de la détresse humaine.
Le Programme alimentaire mondial sous-traite lui aussi de nombreuses missions, et une entreprise privée a mis la main sur le juteux marché du contrôle des réfugiés par système biométrique. Sans oublier la firme britannique G4S, numéro un mondial de la sécurité privée, qui envoie ses agents surveiller les camps à travers la planète et protéger les salariés du HCR ou d’ONG sur le terrain. Cela rapporte gros.
Du camp de Zaatari en Jordanie à celui de Moria sur l’île grecque de Lesbos, en passant par Elbeyli en Turquie, se dessinent les nouveaux modes de vie de réfugiés obligés de consommer sur place sans espoir de sortir du camp. Le pire étant sans doute ce voyage au cœur de Dadaab, immense camp né il y a vingt-six ans dans le désert kényan, à quelques kilomètres de la frontière somalienne. Quelque 350 000 réfugiés y vivent, oubliés du reste du monde, surveillés de près par les salariés de G4S. Le camp, centre de mise à l’écart provisoire, devient aux yeux de plus en plus d’Etats une solution pérenne. Un constat accablant.
« Réfugiés : un marché sous influence », de Nicolas Autheman et Delphine Prunault (Fr, 2017, 60 min).



                            


                        

                        

