<FILE-date="2018/09/09/19">

<article-nb="2018/09/09/19-1">
<filnamedate="20180909"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180909"><AAMMJJHH="2018090919">
<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-1"> ¤ Le pays de Margaret Thatcher, pionnier des privatisations dans les années 1980, vient de reprendre le contrôle d’une prison et d’une ligne ferroviaire.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-1"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Royaume-Uni, le retour des nationalisations

Le pays de Margaret Thatcher, pionnier des privatisations dans les années 1980, vient de reprendre le contrôle d’une prison et d’une ligne ferroviaire.



LE MONDE
 |    09.09.2018 à 17h30
 • Mis à jour le
09.09.2018 à 17h56
    |

            Eric Albert (Londres, correspondance)








                        



                                


                            

Quand Peter Clarke, le directeur du service d’inspection des prisons britannique, a visité le pénitencier de Birmingham début août, il a trouvé dans les douches des vêtements tachés de sang entourés de nombreuses déjections de rats. Ailleurs, des traces de vomi et de sang étaient visibles. Dans une cellule, il a rencontré un homme visiblement sous le choc, assis sur les ressorts de son lit, répétant : « Ils [d’autres prisonniers] m’ont volé mon matelas. » L’incident s’était passé trois jours plus tôt et personne n’avait réagi. Pendant son inspection, neuf voitures ont été incendiées dans un parking en principe réservé au personnel.
M. Clarke a immédiatement réagi : le 16 août, il a ordonné à l’Etat de reprendre la direction de la prison, qui était dirigée depuis 2011 par l’entreprise privée G4S. Cette nationalisation a relancé la polémique sur les dangers d’avoir des prisons privées. « Cette crise est juste le dernier échec des privatisations dans le secteur de la justice », accuse Richard Burgon, député travailliste.
Une faillite retentissante
L’exemple est loin d’être un cas isolé. Sans vraiment l’assumer, le gouvernement britannique a multiplié les nationalisations ces derniers mois. En mai, la société ferroviaire de l’East Coast Main Line, qui s’occupait des trains roulant sur une ligne reliant notamment Londres à Edimbourg, a été nationalisée. Après avoir perdu de l’argent depuis 2015, Virgin et Stagecoach, les deux entreprises privées qui la dirigeaient, ont jeté l’éponge.

Cinq mois plus tôt, Carillion, parfois surnommée « l’entreprise qui gère le Royaume-Uni », a connu une faillite retentissante. Peu familière du grand public, cette société servait des centaines de cantines scolaires, assurait le nettoyage d’hôpitaux, opérait la maintenance de casernes militaires… Un sauvetage complet par l’Etat, envisagé initialement, a été écarté, mais le gouvernement a dû intervenir pour maintenir ces services.
Le...




                        

                        


<article-nb="2018/09/09/19-2">
<filnamedate="20180909"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180909"><AAMMJJHH="2018090919">
<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-2"> ¤ Après une vague de partenariats public-privé dans les années 2000, les autorités britanniques ont renoncé à ce mécanisme, jugé trop cher.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-2"> ¤                     
                                                   
édition abonné


La fin programmée des ruineux partenariats public-privé

Après une vague de partenariats public-privé dans les années 2000, les autorités britanniques ont renoncé à ce mécanisme, jugé trop cher.



LE MONDE
 |    09.09.2018 à 17h30
    |

            Eric Albert (Londres, correspondance)








                        



                                


                            

Au collège Bristol Metropolitan, le remplacement d’un volet a coûté au total 8 154 livres sterling (9 050 euros). A l’école voisine, un robinet est revenu à 2 211 livres. Un troisième établissement a payé 2 024 livres pour un lavabo… Depuis quelques années, les excès des partenariats public-privé (PPP) sont exposés au Royaume-Uni. Bloquées dans des contrats signés dix ou quinze ans plus tôt, face à des entreprises privées qui n’ont aucune raison de faire preuve de souplesse, les écoles se retrouvent souvent avec des coûts de maintenance absurdes.
Le Royaume-Uni découvre aujourd’hui avec frayeur la facture des PPP. Sous l’impulsion de Tony Blair et de Gordon Brown (1997-2010), plus de 700 PPP ont été signés. L’objectif était simple : ouvrir de nouvelles écoles et de nouveaux hôpitaux sans donner l’impression que l’Etat s’endettait. Les entreprises investissaient, et se faisaient rembourser par les autorités locales sur vingt à trente ans. A cela s’ajoutait souvent un contrat de maintenance du bâtiment. « A l’époque, une collectivité locale n’avait pas le choix, c’était la seule façon d’investir », se rappelle Dexter Whitfield, de l’European Services Strategy Unit Research, spécialiste du secteur.

Le résultat immédiat a été positif. Le Royaume-Uni a bénéficié de la construction de nombreuses nouvelles infrastructures. Mais aujourd’hui, l’heure du remboursement est arrivée et la facture est salée. En 2017, les autorités britanniques ont dû verser un peu plus de 10 milliards de livres en intérêts.
199 milliards de livres
Même si aucun nouveau PPP n’est signé, les traites resteront à peu près au même niveau jusqu’au début des années 2030, puis se réduiront progressivement jusqu’aux années 2040. Au total, il faudra verser 199 milliards de livres, selon un rapport du National Audit Office, l’équivalent de la Cour des comptes.
Dans le meilleur des cas – si la construction se passe bien et que le contrat de maintenance est...




                        

                        


<article-nb="2018/09/09/19-3">
<filnamedate="20180909"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180909"><AAMMJJHH="2018090919">
<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-3"> ¤ L’économiste Martin Chick explique que face à un service médiocre, les gens demandent des réformes, mais sans vraie clarté sur ce que le changement de propriétaire apporterait vraiment.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-3"> ¤                     
                                                   
édition abonné


« En 1910, le Royaume-Uni comptait 121 compagnies de train »

L’économiste Martin Chick explique que face à un service médiocre, les gens demandent des réformes, mais sans vraie clarté sur ce que le changement de propriétaire apporterait vraiment.



LE MONDE
 |    09.09.2018 à 17h30
    |

            Eric Albert (Londres, correspondance)








                        



                                


                            

Martin Chick est professeur d’histoire économique à l’université d’Edimbourg. Il retrace l’histoire des nationalisations.
Le Royaume-Uni a été pionnier en matière de nationalisations en 1945, puis de privatisations dans les années 1980. Mais comment ont débuté ces industries d’électricité, d’eau ou de transport ?
Martin Chick.- Beaucoup ont commencé par des investissements privés. Pour l’électricité, par exemple, de nombreux entrepreneurs ont investi dans une centrale qui servait localement des usines et des habitations. Résultat, après la première guerre mondiale, il y avait 635 compagnies d’électricité à travers le pays.
En 1925, un comité a suggéré la création d’un réseau électrique national, pour relier les différents bouts du système (il sera réalisé en 1935). Le même scénario s’est produit pour les trains. En 1910, le Royaume-Uni comptait 121 compagnies de train. Il fallait rationaliser tout ça : en 1921, celles-ci ont été réduites à quatre.
Après la seconde guerre mondiale, le Royaume-Uni se lance dans une grande vague de nationalisations. Pourquoi ?
Une sorte de contrat a été passé entre les Britanniques et le gouvernement pendant le conflit, sur la façon dont la richesse serait redistribuée en récompense de l’effort de guerre. En 1942, alors que les Britanniques n’ont pas gagné une seule bataille, William Beveridge, un économiste, remet un rapport commandé par le gouvernement sur la couverture sociale après la guerre. C’est un traité d’économie aride, mais ça devient un best-seller.
En 1945, pour la première fois de l’histoire, les travaillistes remportent une majorité absolue à la Chambre des communes. Ils utilisent ce rapport comme base de leur travail. Les nationalisations sont vraiment conçues comme une façon de traiter tout le monde de façon équitable, par exemple pour apporter de l’électricité aux ménages modestes. A l’inverse, en France, les nationalisations...




                        

                        


<article-nb="2018/09/09/19-4">
<filnamedate="20180909"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180909"><AAMMJJHH="2018090919">
<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-4"> ¤ La directive impose aux plates-formes numériques de bloquer les contenus soumis à des droits d’auteur au profit des industries culturelles. Pour le chercheur Félix Tréguer, c’est une « censure préalable et privatisée ». Le Parlement européen se prononcera le 12 septembre.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-4"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Directive sur le droit d’auteur : l’affrontement factice des deux têtes du capitalisme informationnel

La directive impose aux plates-formes numériques de bloquer les contenus soumis à des droits d’auteur au profit des industries culturelles. Pour le chercheur Félix Tréguer, c’est une « censure préalable et privatisée ». Le Parlement européen se prononcera le 12 septembre.



LE MONDE
 |    09.09.2018 à 11h00
 • Mis à jour le
09.09.2018 à 16h55
    |

Félix Tréguer (Postdoctorant à l’Institut des sciences de la communication/CNRS)







                        



                                


                            
Un quart de siècle qu’on se repasse ce même mauvais film, celui où les industries culturelles instrumentalisent la loi pour faire la guerre à leur public. En cause cette fois-ci, l’article 13 de la directive sur le droit d’auteur en cours d’examen à Bruxelles, et sur lequel le Parlement européen se prononcera le 12 septembre.
Dans sa rédaction actuelle, cette disposition impose que, dans le cadre d’accords avec les sociétés d’ayants droit (telle la Sacem), les ­plates-formes numériques (YouTube, Facebook et consorts) recourent à des outils de ­filtrage automatisés. Le but ? Repérer les ­contenus ­publiés par les internautes et bloquer ceux ­incluant des œuvres couvertes par le droit d’auteur. Une forme de censure préalable, automatisée et privatisée.
Rien de bien nouveau, donc. En effet, depuis le milieu des années 1990, les industries culturelles (musique, cinéma, édition…) n’ont eu de cesse d’exiger des législateurs et des tribunaux la « collaboration » forcée des fournisseurs ­d’accès à Internet et des hébergeurs pour lutter ­contre l’échange gratuit d’œuvres culturelles sur les réseaux.
L’ACTA rejeté en 2012
A l’époque déjà, ces débats avaient conduit à la mobilisation des associations de défense des droits dans l’environnement numérique. Comme aujourd’hui, ces dernières faisaient valoir que la logique poursuivie était dangereuse, puisqu’elle revenait à confier à des entreprises privées un rôle de surveillance et de censure des communications sur le Net.
Ces débats débouchèrent en Europe sur un compromis instable à travers une directive adoptée en juin 2000, qui semblait donner gain de cause aux militants et aux acteurs de l’économie numérique. Les « intermédiaires techniques » d’Internet, et en particulier les hébergeurs, ne seraient plus inquiétés tant qu’ils ne joueraient pas de rôle actif dans la diffusion des contenus litigieux. Il leur fallait répondre aux demandes judiciaires visant à retirer les publications illicites, mais...




                        

                        


<article-nb="2018/09/09/19-5">
<filnamedate="20180909"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180909"><AAMMJJHH="2018090919">
<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-5"> ¤ Un développeur a publié une version du célèbre système d’exploitation pouvant fonctionner sur nos ordinateurs actuels. L’occasion d’un voyage dans le passé.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-5"> ¤                     
                                                

On a testé… relancer Windows 95

Un développeur a publié une version du célèbre système d’exploitation pouvant fonctionner sur nos ordinateurs actuels. L’occasion d’un voyage dans le passé.



LE MONDE
 |    09.09.2018 à 09h00
    |

            Michaël Szadkowski








                        





Un après-midi de septembre. Le ciel gris déverse de gros nuages sur Paris. Les premiers manteaux ont fait leur apparition. Les bureaux se repeuplent. C’est la rentrée. Quel meilleur moment pour faire tourner Windows 95 sur son ordinateur ?
L’idée parait incongrue… car on parle bien, ici, de la rentrée 2018. Mais le projet est réalisable, facilement, sur nos machines modernes grâce au travail de Félix Rieseberg. Ce développeur, qui vit à San Francisco, a publié le 23 août un portage de Windows 95 sur sa page Github. Curieux et nostalgiques peuvent y télécharger une application Windows 95 en fonction de leur ordinateur actuel (pour Windows 7 ou 10 version 32 bits ou 64 bits, pour macOS Sierra, etc.).

I put Windows 95 into an Electron app that now runs on macOS, Windows, and Linux. It's a terrible idea that works s… https://t.co/5A25IOv93F— felixrieseberg (@Felix Rieseberg)


require(["twitter/widgets"]);

Ces applications « standalone », qui ont pris à Félix Rieseberg « environ un jour » de développement, ne nécessitent pas d’installation particulière. Elles renferment « exactement les mêmes fichiers que dans le Windows 95 des années 1990 », explique-t-il au Monde, en parlant d’une « petite expérience » pour faire fonctionner un système d’exploitation entier de la sorte.
Sur Github, le développeur indique que 99,999 % du travail avait déjà été fait dans le cadre du projet v86, qui fait tourner Windows 98 dans une page de navigateur Web. Ancien de Microsoft, Félix Rieseberg a simplement intégré ce projet dans une application à télécharger à part, fonctionnant dans l’environnement de développement Electron – un cadre technique qu’il manie habituellement pendant ses horaires de bureau chez Slack. Faire tourner Windows 95 sous Electron est une suite logique de sa carrière, réalisée « surtout pour le fun. Je voulais voir si c’était possible, alors j’ai essayé. »
« Petit voyage dans le passé »
On se dit la même chose en lançant ce Windows 95. Un double clic, un menu succinct qui nous demande si on veut « insérer une disquette » ou simplement « démarrer Windows ». Des lignes de commande blanches défilent. Apparaît le célèbre écran de chargement carré, aux couleurs bleues, avec quelques nuages. Un sablier indique que le bureau est en train de se charger. Quelques icônes pixelisées, une barre de menu grise en pied d’écran. Une souris qui se déplace légèrement en retard, des clics qui mettent parfois plusieurs secondes à déclencher l’action voulue. Le sentiment est d’avoir un espace graphique à la genèse des standards de Windows (menu Démarrer, les icônes, le panneau de configuration), qui serait toutefois fatigué par le poids de son âge vénérable.
Pas de doute, nous y sommes. On se surprend à explorer des « menus » que l’on n’avait pas vus de la sorte depuis longtemps, évoquant un ressenti d’il y a plus de vingt ans, en explorant un ordinateur pour la première fois grâce à une souris ouvrant des « fenêtres ».

   


« Beaucoup de gens m’envoient des photos d’eux en train de jouer au Démineur, en me disant qu’ils adorent ce petit voyage dans le passé », note avec plaisir Félix Rieseberg. Au-delà du fun, le développeur met en avant l’intérêt éducatif du projet, afin de permettre aux plus jeunes générations de voir – et de comprendre – comment l’informatique existait dans les années 1990. « Les services juridiques de Microsoft ne m’ont pas contacté, assure-t-il. Dans le passé, Microsoft a le plus souvent gentiment regardé ailleurs pour ce genre de projet à vertu éducative. Mais s’ils veulent que je l’enlève d’Internet, je le ferai sans discuter. »
Son Windows 95 pourra d’ici là servir dans des cours d’histoire de l’informatique, ou pour démontrer à de jeunes impatients que non, la tablette de papa n’est pas « lente ». Cela pourra passer par des parties de Démineur, de Solitaire, ou encore des dessins sur un Paint (RIP) extrêmement simple, mais qui répond à ce qu’on lui demande.

   


Si, sur Windows 7, l’application Windows 95 de Félix Rieseberg est très fluide, les temps de chargement ont été pour nous plus capricieux sur un Macbook. Seule « ombre » au tableau : l’impossibilité de surfer sur Internet au sein de ce Windows 95. Lancer l’une des premières versions de Microsoft Internet Explorer ne conduit qu’à des messages d’erreur. Ce qu’on comprend aisément, pour des questions de connexion réseau au sein de l’application Windows 95, ou d’incompatibilité entre l’Internet moderne et un navigateur développé en 1995.
Cette application est, pourtant, un document d’archive. L’apparition d’Internet Explorer par défaut dans Windows 95, système d’exploitation qui sera vendu à plus de 100 millions d’exemplaires, a sans doute permis de populariser Internet dans de nombreux foyers.
Planter. Redémarrer. Scan Disk.
Contrairement à d’autres résurrections de Windows 95 qui avaient eu lieu directement dans Chrome ou Firefox (comme celle sortie pour les vingt ans du système d’exploitation, ou le « jeu » simulant une journée de travail façon Windows 95), la version proposée par Félix Rieseberg fonctionne à partir d’une « image » du système d’exploitation, accessible et modifiable sur son disque dur. Elle permet de sauvegarder ses fichiers et sa configuration (fond d’écran à nuages, économiseur d’écran labyrinthique…) et de les retrouver lorsqu’on relance Windows.
Elle ouvre également la possibilité d’y ajouter des fichiers et applications compatibles avec Windows 95, pour peu qu’on en dispose. On pense tout de suite aux jeux vidéo. Comme le rappelle un article de Forbes, le succès de Windows 95 a aussi largement permis l’essor des jeux sur PC, grâce à l’arrivée de Direct X comme solution de développement et d’affichage sur tous types de configurations matérielles.

   


Nos premières tentatives pour répondre à la promesse de faire tourner une copie d’époque de Doom 95 ont toutefois misérablement échoué. La faute à… un affichage d’écran trop large, comme nous l’a appris un tutoriel sur YouTube.
Pour y parvenir, il a fallu passer l’écran de notre Windows 95 en mode 256 couleurs et résolution de 640 x 480 pixels. La suite signa le grand retour d’un tube oublié des années 1990 : redémarrer-planter-scandisk-bureau-planter-redémarrer-scandisk-etc. La seule fois où nous avons réussi à obtenir la configuration demandée, puis à jouer à Doom 95, il a fallu attendre une dizaine de minutes, sans rien toucher, devant le regard interloqué de collègues pressés de partir à la cantine.
Pendant ce temps-là, nous sommes retournés sur notre smartphone pour consulter divers messages reçus, y répondre avec des GIF tout en écoutant de la musique avec un casque Bluetooth, et tout ça sur un écran tactile aux couleurs vives. Le contraste entre l’interface lente et sobre de Windows 95 fut saisissant. Et nous poussera à envoyer un conseil à notre adolescence des années 1990, piégée face à un « écran bleu de la mort » : patience, dans vingt ans, tout ira mieux.
En bref
On a aimé :
Revivre ses premières émotions informatiques ;Explorer l’architecture et le design d’un système d’exploitation culte ;Tenter de défragmenter son disque dur ;Jouer au Démineur.
On n’a pas aimé :
L’absence de raccourci vers le bureau ;L’impossibilité de mettre son CD AOL pour profiter de 50 heures d’Internet gratuites ;Le dixième affichage d’affilée de Scandisk.
C’est plutôt pour vous si…
Vous avez du temps devant vous ;Vous êtes nostalgique ;Vous voulez montrer à vos enfants ce que voulait dire « avoir un ordinateur » à l’époque, pendant qu’eux trouvent ça normal d’avoir trois vidéos YouTube qui tournent en fond sur l’ordinateur du salon pendant leur partie de Minecraft, à laquelle, en fait, ils ne jouent pas parce qu’ils répondent à Dylan sur Instagram qui a encore fait un selfie trop abusé dans sa story.
Ce n’est plutôt pas pour vous si…
Vous n’avez jamais utilisé Windows 95 ;Vous ne comprenez pas la notion d’« émotion informatique » ;Vous préfériez Steve Jobs à Bill Gates.
La note de Pixels :
Trois écrans bleus de la mort sur 4
         data-ui="carousel"
         data-module="portfolio"
         data-wrapper=".gallery"
         data-interval="false"
         data-is-atom
         tabindex="10"
>


                    data-slide-title=""
            data-slide-description="24 août 1995 : Bill Gates présente le tout nouveau système d'exploitation de Microsoft. Windows 95 s'imposera rapidement comme le plus populaire des logiciels de l'entreprise – et deviendra une icône des années 1990."
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Bill Gates et sa sœur Elizabeth, quelques instants avant le début de la présentation de Windows 95 devant plus de 10 000 personnes, dont 500 journalistes et 9 000 employés de Microsoft."
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="La jaquette de Windows 95 le présentait comme « le Windows le plus simple d'utilisation jamais conçu »."
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Dans un magasin d'informatique à Vienne, le 24 août. Windows 95 sera l'un des plus grands succès de Microsoft, avec plus de 100 millions de licences vendues - et un très grand nombre de copies pirates."
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="L'un des premiers acheteurs de Windows 95 en Australie à la sortie du magasin, le 24 août à minuit."
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Signe de l'époque : la vidéo officielle de promotion et de présentation de Windows 95 faisait appel aux stars de la série « Friends », gigantesque succès à la télévision américaine et peu après en Europe."
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Le célèbre « blue screen of death », « écran bleu de la mort », existait avant Windows 95, mais ce message d'erreur critique sera largement popularisé par le succès de Windows 95."
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Vendu dans sa version en anglais à partir du 24 août, minuit, Windows 95 ne sera distribué dans sa version japonaise qu'en novembre."
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="L'écran de bienvenue de Windows 95 après l'installation. Cette version introduit notamment le célèbre bouton démarrer, que Microsoft supprimera par la suite dans Windows 8 avant de le réintroduire dans Windows 10, à la suite des protestations de ses clients."
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Windows 95 signalera également le début des problèmes judiciaires importants pour Microsoft. Sa part de marché écrasante lui vaudra des accusations d'abus de position dominante, notamment parce que Windows 95 inclut MS-DOS 7. L'entreprise signera finalement un accord à l'amiable avec l'entreprise Caldera, qui l'accusait de vente forcée."
            data-slide-item-lie=""

        


Précedent

1/10

Suivant







24 août 1995 : Bill Gates présente le tout nouveau système d'exploitation de Microsoft. Windows 95 s'imposera rapidement comme le plus populaire des logiciels de l'entreprise – et deviendra une icône des années 1990.

THERESE FRARE / AFP
› Accéder au portfolio



require(['lmd/ui/carousel', 'lmd/module/portfolio']);





                            


                        

                        


<article-nb="2018/09/09/19-6">
<filnamedate="20180909"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180909"><AAMMJJHH="2018090919">
<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-6"> ¤ Le site, dont l’aménagement a été lancé par un décret du général de Gaulle, tente de rattraper le train de la « start-up nation ».
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-6"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 08/09/2018
Découvrir l’application


                           
édition abonné


Soixante ans après sa création, la Défense en quête d’une nouvelle image

Le site, dont l’aménagement a été lancé par un décret du général de Gaulle, tente de rattraper le train de la « start-up nation ».



LE MONDE
 |    09.09.2018 à 06h42
 • Mis à jour le
09.09.2018 à 10h15
    |

            Jessica Gourdon








                        



                                


                            

Tous les matins, à neuf heures, Bernard Granier se mêle au flot des dizaines de milliers de fourmis qui circulent sur la dalle de béton de la Défense (Hauts-de-Seine) pour s’engouffrer dans l’une des 70 tours que compte le site. A la différence des autres salariés happés par les ascenseurs, il s’arrête devant une discrète porte de chantier, de couleur verte, au rez-de-chaussée. Ancien colonel des « paras » de l’armée de l’air, Bernard Granier est le patron de la nouvelle salle de contrôle du célèbre quartier sorti de terre il y a soixante ans.
Dans une pièce sombre, huit agents observent en permanence une vingtaine d’écrans accrochés au mur et de multiples tableaux de bord. Cet hyperviseur, ce sont les yeux et les oreilles du plus grand quartier d’affaires d’Europe continentale. Il rassemble des données récupérées par 320 caméras et 14 000 capteurs placés sur l’ensemble du site. Les informations recueillies portent sur la sécurité, l’environnement, la fréquentation d’un escalier, l’utilisation des équipements, la fermeture d’une barrière, l’éclairage d’un tunnel, les flux de piétons ou la bonne marche d’un escalator…

Unique en France par son ampleur, cet investissement de huit millions d’euros a été inauguré cet été par l’établissement public qui aménage le site, une structure créée par un décret du général de Gaulle il y a tout juste soixante ans, le 9 septembre 1958. S’il n’est encore qu’au tout début de ses potentialités, ce dispositif témoigne de la volonté de l’établissement public d’amorcer un nouveau virage dans l’histoire du quartier.

Le train de la « start-up nation »
Après des décennies de transformations, le pilote de la Défense espère faire grimper le site dans le train de la « start-up nation ». Et tente de moderniser ce quartier mal-aimé, dont l’aménagement et certains bâtiments, pensés pendant les Trente Glorieuses, apparaissent de plus en plus démodés ou dégradés. A 60 ans, l’établissement public veut changer...




                        

                        


<article-nb="2018/09/09/19-7">
<filnamedate="20180909"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180909"><AAMMJJHH="2018090919">
<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-7"> ¤ Soixante ans après la signature du décret de création de l’établissement public d’aménagement de la Défense, le quartier est en perpétuelle réinvention.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-7"> ¤ 
<article-nb="2018/09/09/19-8">

<article-nb="2018/09/09/19-9">
<filnamedate="20180909"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180909"><AAMMJJHH="2018090919">
<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-9"> ¤ Il faut prévoir les conséquences de sa décision en aval explique au Monde Bruno Leyrit, responsable entreprises et partenariats chez UFF.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-9"> ¤                     
                                                

Cession d’entreprise : « le dirigeant doit bien identifier sa motivation »

Il faut prévoir les conséquences de sa décision en aval explique au Monde Bruno Leyrit, responsable entreprises et partenariats chez UFF.



LE MONDE
 |    09.09.2018 à 06h30
   





                        



   


Question à un expert
Quelles questions se poser avant de céder ou transmettre son entreprise ?
Chaque année, sur les 75 000 entreprises qui sont cédées en France, un quart disparaît par manque de préparation. Pour réussir cette transition, l’anticipation est la clé. Le chef d’entreprise doit à la fois bien identifier sa motivation en amont et prévoir les conséquences de sa décision en aval.
Une cession ou une transmission peuvent répondre à des motifs variés : une reconversion professionnelle, un départ à la retraite ou encore le projet de transmettre à ses enfants. Dans tous les cas, il faut, dès le début, se poser les bonnes questions : à qui céder et à quel moment ? Quel sera le sort des salariés dans le projet du repreneur ? S’il s’agit d’une transmission, la compétence des enfants a-t-elle été objectivement appréciée ? Dans le cadre d’une transmission, la cession sera-t-elle partielle ou totale ? Naturellement, l’option retenue influe sur le profil du repreneur idéal.

        Lire aussi :
         

                Préparation de la retraite : le Perp sera-t-il vraiment plus attractif avec la loi Pacte ?



Dans l’hypothèse d’une cession partielle ou progressive, il est essentiel de clarifier la place qu’occupera, s’il le souhaite, le cédant au sein de l’entreprise : sera-t-il un conseiller discret et bienveillant ou un ancien dirigeant qui gardera des fonctions exécutives ? Dans ce type de projet, il ne faut pas hésiter à faire appel à un conseiller professionnel pour préserver la pérennité de l’entreprise tout en répondant aux enjeux patrimoniaux du dirigeant.
Bruno Leyrit, responsable entreprises et partenariats chez UFF



                            


                        

                        


<article-nb="2018/09/09/19-10">
<filnamedate="20180909"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180909"><AAMMJJHH="2018090919">
<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-10"> ¤ Le premier ministre grec a présenté son programme post-plan d’aide, samedi. A près d’un an des élections législatives, il a peu de temps pour convaincre les électeurs.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-10"> ¤                     
                                                

Grèce : Tsipras annonce une hausse du salaire minimum et une baisse des impôts

Le premier ministre grec a présenté son programme post-plan d’aide, samedi. A près d’un an des élections législatives, il a peu de temps pour convaincre les électeurs.



LE MONDE
 |    09.09.2018 à 03h08
 • Mis à jour le
09.09.2018 à 17h08
    |

                            Marina Rafenberg (Athènes, correspondance)








                        



   


Dans un discours fleuve de plus d’une heure, le premier ministre grec Alexis Tsipras a présenté samedi 8 septembre à la Foire Internationale de Thessalonique, événement économique le plus important de l’année dans le pays, son programme post-plan d’aide qui ressemblait fort à un lancement de campagne pour les élections de l’automne 2019.
« Après huit ans de crise, c’est la première fois que s’ouvre la Foire Internationale de Thessalonique sans l’ombre des mémorandums. Aujourd’hui, trois ans après ce difficile accord signé à l’été 2015, la Grèce est un pays différent et peut regarder vers l’avenir avec sûreté », a scandé le premier ministre face au secrétaire au commerce américain, Wilbur Ross, invité d’honneur, et à une foule de chefs d’entreprises, de diplomates, de journalistes.

        Lire aussi :
         

                L’impossible leçon de la crise grecque



Il y a quatre ans, Alexis Tsipras – encore candidat de la gauche radicale – assurait sur cette même tribune qu’il « déchirerait les mémorandums de l’austérité », qu’il s’opposerait aux créanciers du pays pour imposer un plan de croissance audacieux. La réalité a été bien différente avec un référendum où le vote des citoyens grecs n’a pas été respecté, l’application d’un contrôle des capitaux, et finalement la signature d’un nouvel accord avec les créanciers. Samedi soir, le premier ministre était de roc et n’a exprimé aucun regret : « Il y a trois ans nous avons signé un accord dur mais nous avons pris la bonne décision. »
Un programme ambitieux pour les électeurs déçus
Mais à quelques mois des élections européennes en mai et législatives à l’automne, Alexis Tsipras ne s’est pas seulement félicité de l’amélioration économique dans son pays, il a proposé des mesures concrètes pour consolider la croissance (prévision de 2,5 % de croissance en 2018). Tout en promettant « de respecter les engagements pris avec les créanciers », le premier ministre a annoncé l’augmentation du salaire minimum au cours de l’année 2019. Durant les trois plans successifs d’aide européens, le salaire minimum était tombé à 586 euros net contre environ 760 en 2009.
Il a également promis le retour des conventions collectives abolies depuis 2012. Lundi, la ministre du travail, Efi Achtsioglou, a rétabli avec les partenaires sociaux les conventions collectives de quatre secteurs, celui de la banque, de la marine marchande, des entreprises touristiques et agences de tourisme qui vont permettre d’augmenter le salaire minimum dans ces branches de 586 euros net à 800 euros.
A partir de 2019, le premier ministre s’engage à diminuer l’impôt foncier, devenu le cauchemar de nombreux Grecs ces dernières années, à baisser les cotisations sociales pour les travailleurs indépendants et les agriculteurs mais aussi les impôts sur les entreprises, à embaucher 3 000 auxiliaires de vie pour aider les personnes âgées et 4 500 personnes qualifiées dans l’éducation, et à soutenir la recherche avec un fonds de 410 millions d’euros. Un programme ambitieux financé grâce à une marge de manœuvre budgétaire d’environ 3,5 milliards d’euros et destiné à séduire les électeurs déçus de son parti, Syriza.

        Lire aussi :
         

                Politiquement affaibli, Alexis Tsipras célèbre la fin des plans d’aide à la Grèce



La reconstruction d’un Etat social
Surtout, le premier ministre a évoqué le sujet tabou d’une nouvelle diminution des retraites en 2019. Le gouvernement s’y était engagé auprès de ses partenaires européens. « L’objectif d’un surplus primaire de 3,5 % du PIB réclamé par les créanciers jusqu’en 2022 peut être atteint sans des baisses supplémentaires dans les retraites. C’est une mesure anti-croissance et nous allons en rediscuter avec la Commission européenne », a déclaré d’un ton assuré Alexis Tsipras. Les représentants des créanciers – qui se rendront en Grèce quatre fois par an pour surveiller les comptes publics – sont d’ailleurs de retour le 10 septembre et le sujet pourrait être débattu.

        Lire aussi :
         

                Salaires, retraites, dette... dans quel état est la Grèce après 8 ans d’aide ?



Pour Theano Fotiou, ministre adjointe chargée de la solidarité sociale, « sans un Etat social, qui protège les citoyens, il n’y a pas de croissance juste. Nous avons reçu en 2015 un Etat en faillite, nous avons dû en peu de temps le reconstruire. Notre défi maintenant est de continuer sur ce chemin à protéger le plus grand nombre de nos concitoyens frappés par la crise ». Le budget de son ministère est passé entre 2015 et 2018 de 789 millions d’euros à 2 milliards d’euros.
« En renforçant nos politiques sociales, nous pensons que la pauvreté d’ici 2022 va passer en dessous du seuil de celui d’avant crise en 2008. La pauvreté infantile est passée de 26,6 % en 2015 à 24,5 % en 2016 et nous voulons la faire passer à 20 % en 2022, estime la ministre prête à mener la bataille pour les prochaines élections. Nous avons un an devant nous et chaque jour nous allons montrer par des actions concrètes à nos concitoyens que nous reconstruisons pas à pas cet Etat social mis à mal par l’austérité, et que nous allons surmonter cette crise. »



                            


                        

                        


<article-nb="2018/09/09/19-11">
<filnamedate="20180909"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180909"><AAMMJJHH="2018090919">
<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-11"> ¤ Une tribune a été publiée dans le « JDD » pour appeler l’Europe à défendre son propre modèle face aux géants du numérique qui combattent la réforme.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-11"> ¤                     
                                                

La France et 200 personnalités soutiennent la réforme du droit d’auteur face aux GAFA

Une tribune a été publiée dans le « JDD » pour appeler l’Europe à défendre son propre modèle face aux géants du numérique qui combattent la réforme.



LE MONDE
 |    09.09.2018 à 00h47
 • Mis à jour le
09.09.2018 à 15h41
   





                        


« Le droit d’auteur est aujourd’hui en danger, en France et dans le monde entier. Avec lui, c’est tout notre modèle qui est menacé », souligne dans le Journal du dimanche du 9 septembre la ministre de la culture Françoise Nyssen, qui signe une tribune avec plus de deux cents personnalités, dont des politiques (Jean-Jacques Aillagon, Renaud Donnedieu de Vabres, Aurélie Filippetti et Jack Lang), des artistes, des écrivains, comédiens et cinéastes, ainsi que des dirigeants de médias comme l’Agence France-Presse, TF1, France Télévisions et Radio France. Ce texte appelle les députés européens à approuver un projet de réforme du droit d’auteur combattu par les géants américains du Net.

        Lire aussi :
         

                Directive sur les droits d’auteur : « Le “droit voisin” est une hydre à multiples têtes »



Le texte assure que la réforme permettra de « renforcer la capacité des créateurs à être rémunérés par les plateformes numériques qui exploitent leurs œuvres, pour un meilleur partage de la valeur ; créer un droit voisin pour les éditeurs et agences de presse afin de leur assurer une meilleure rémunération lors de la reproduction de leurs articles en ligne ; instaurer le droit à une rémunération juste et proportionnelle pour les créateurs ».
Un texte rejeté début juillet
Ce texte s’ajoute à de nombreux appels émis ces derniers jours dans les milieux culturels et médiatiques en faveur du projet de directive sur le droit d’auteur, au cœur d’une intense bataille de lobbying dans les instances européennes et qui doit être soumis au vote des eurodéputés le 12 septembre.

        Lire aussi :
         

                A Bruxelles, l’intense guerre des lobbys autour de la directive « copyright »



La réforme du droit d’auteur vise à inciter les plateformes à mieux rétribuer les créateurs de contenus (article 13), mais aussi à créer un nouveau « droit voisin » pour les éditeurs de presse (article 11), qui doit permettre aux journaux ou agences de presse comme l’Agence France Presse (AFP) de se faire rémunérer lors de la réutilisation en ligne de leur production.
Deux fronts se sont dégagés : d’un côté les créateurs et la presse, en quête de revenus ; de l’autre, une alliance inattendue entre les géants du numérique et les militants d’internet, qui craignent pour la liberté du web. Les opposants au projet affirment que la directive mettrait en péril la gratuité de nombreux sites internet et pénaliserait le pluralisme, ce que contestent vivement ses partisans.
L’industrie numérique a remporté début juillet une première manche quand le Parlement a rejeté le texte. Plusieurs eurodéputés avaient alors dénoncé le lobbying « sans précédent » des GAFA (Google, Apple, Facebook et Amazon).



                            


                        

                        


<article-nb="2018/09/09/19-12">
<filnamedate="20180909"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180909"><AAMMJJHH="2018090919">
<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-12"> ¤ Le ministre français de l’économie Bruno Le Maire propose une clause de limitation dans le temps, qui prévoirait l’abolition du dispositif en cas d’accord international.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-12"> ¤                     
                                                

Comment la France tente de sauver la taxe numérique européenne

Le ministre français de l’économie Bruno Le Maire propose une clause de limitation dans le temps, qui prévoirait l’abolition du dispositif en cas d’accord international.



LE MONDE
 |    08.09.2018 à 19h49
 • Mis à jour le
09.09.2018 à 06h43
    |

            Cécile Ducourtieux (Vienne, envoyée spéciale)








                        



   


Le projet de taxe numérique européenne, poussé par Emmanuel Macron, pourrait bien avoir été relancé. Avant la réunion mensuelle des ministres européens des finances, qui s’est tenue à Vienne samedi 8 septembre, aucun progrès n’avait été constaté à Bruxelles. Pire : l’Allemagne, réticente, semblait même s’être raidie.
L’hebdomadaire populaire allemand Bild a publié en début de semaine une note confidentielle du ministère des finances du pays jugeant ce nouvel impôt européen « inefficace »… avant que le ministère ne démente vouloir abandonner la taxe. Samedi, à Vienne, Olaf Scholz, le ministre social-démocrate, a tenu des propos rassurants estimant qu’« une solution doit être trouvée avant la fin de cette année ». C’est cet agenda que réclame le président français qui aimerait bien se prévaloir d’un accord pour la campagne des élections européennes de 2019.
Prélevée sur l’exploitation des données
Cet impôt qui, de manière totalement inédite serait basé sur les revenus des plates-formes en ligne (et non sur leur profit), consisterait en un prélèvement de 3 % sur l’exploitation des données et s’appliquerait dans trois cas :
sur les revenus d’intermédiation des plates-formes (du type Airbnb) ;sur les revenus publicitaires ;sur les revenus liés à la revente des données des systèmes embarqués.
Selon les calculs de la Commission européenne, la taxe rapporterait au plus 5 milliards d’euros par an pour toute l’Union.
« Il y a du progrès. A Sofia, lors de la dernière réunion informelle des ministres ayant mis la taxe au menu des discussions, M. Scholz n’était même pas intervenu en réunion. Là, il a parlé. Même s’il a aussi insisté sur la nécessité d’avoir un accord international à l’OCDE [Organisation de coopération et de développement économiques] à long terme pour une nouvelle fiscalité de l’Internet », assure une source proche des discussions.
Cinq pays contre
Le ministre français de l’économie Bruno Le Maire n’est pas venu les mains vides à Vienne, mais avec une proposition de limitation dans le temps (« sunset clause ») : le nouvel impôt serait caduc dès lors qu’un accord de taxe numérique serait trouvé au niveau international. Les Français et la Commission européenne, qui a mis en musique leur idée de taxe, répètent déjà depuis des mois qu’elle a vocation à « être temporaire ». Mais l’inscrire noir sur blanc dans un texte législatif rassurerait pas mal de capitales.
Les industriels allemands, notamment les constructeurs automobiles, s’inquiètent de voir leur activité naissante de revente de données bientôt taxées. Berlin redoute aussi de provoquer les Etats-Unis avec un impôt visant, sans les nommer, les géants de l’Internet américains.
« Les préoccupations allemandes sont compréhensibles », a jugé Bruno Le Maire samedi. Mais les pays européens doivent tenir compte des attentes des populations qui souhaitent une taxation plus juste a ajouté le ministre, qui a par ailleurs rejeté l’idée avancée par la Commission, pour rassurer Berlin, d’exclure les données embarquées du champ de la taxe.
La « sunset clause » suffira t-elle à calmer les dernières réticences ? L’unanimité étant requise en matière de fiscalité au niveau européen, rares sont ceux qui se risquent au jeu des pronostics. Selon une source proche des discussions, il ne restait plus que cinq pays franchement contre la taxe samedi à l’issue de la réunion viennoise : Malte, la Suède, le Danemark, la Finlande et l’Irlande.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/09/09/19-13">
<filnamedate="20180909"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180909"><AAMMJJHH="2018090919">
<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-13"> ¤ Initiateur de l’avion solaire Solar Impulse, le psychiatre et aventurier suisse veut promouvoir 1 000 innovations écologiques auprès des Etats et industriels.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-13"> ¤                     
                                                

Bertrand Piccard : « Il existe des solutions environnementales rentables »

Initiateur de l’avion solaire Solar Impulse, le psychiatre et aventurier suisse veut promouvoir 1 000 innovations écologiques auprès des Etats et industriels.



LE MONDE
 |    08.09.2018 à 15h00
 • Mis à jour le
08.09.2018 à 15h23
    |

            Jessica Gourdon








                        



   


Apeine a-t-il fini son discours qu’une nuée de fans se pressent à sa ­rencontre. Bertrand Piccard est à son aise. « Il faut que j’aille chez vous en Suisse pour qu’on réussisse à se parler ? », lui lance Eric Léandri, le patron de Qwant.
Ce mardi 28 août, à l’université d’été du Medef, le psychiatre et aventurier helvète, mondialement célèbre grâce à son tour du monde dans son avion solaire Solar Impulse, était en terrain conquis. Un peu plus tôt, il ­déroulait son exposé sur scène façon gourou, avec son allure athlétique, sa chemise cintrée à col mao et son micro serre-tête. Le credo du jeune sexagénaire à l’accent chantant : il est possible de concilier profit et écologie. C’est même la seule manière, ­selon lui, de faire avancer la cause du développement durable. Un message « patron compatible » : pour parler à l’adversaire, il est nécessaire d’adopter son langage, assure-t-il.
Sa nouvelle fondation, qui emploie 40 personnes à Lausanne, se fixe un objectif : labelliser 1 000 innovations écologiques et rentables. Une fois ce travail achevé, Bertrand Piccard fera un tour du monde pour les présenter aux gouvernements et aux entreprises.

        Lire aussi :
         

                « Le but de Solar Impulse, c’est de prôner et de développer l’utilisation des technologies propres »



Malgré l’état préoccupant de notre planète, les enjeux écologiques sont loin d’être au cœur de la stratégie des entreprises. Est-il possible de les concilier ?
Il existe un grand malentendu entre les industriels d’un côté, qui mettent en avant l’emploi et la croissance qu’ils créent, et les écologistes de l’autre, qui insistent sur l’urgence de la crise planétaire. Mon message, c’est de montrer que les deux ont raison. Il existe des solutions environnementales rentables, d’autres non. Il existe des solutions industrielles polluantes, et d’autres qui le sont beaucoup moins. Tout l’enjeu est d’agir à l’intersection de deux domaines, grâce à de nouvelles technologies propres qui existent déjà, qui sont rentables, créent des emplois et de la croissance. Et pourtant, ce sont les vieilles méthodes polluantes que l’on continue d’employer.
« Mon message, c’est de montrer que les deux ont raison, les industriels comme les écologistes. »
A quelles technologies ­écologiques pensez-vous ?
Les énergies renouvelables, les transports électriques, les pompes à chaleur, les technologies pour maîtriser la consommation des bâtiments ou des véhicules, éclairer les villes à la demande, les matériaux plus durables et ­requérant moins d’énergie… Une entreprise a inventé un système de climatisation qui utilise la fraîcheur du fond des océans pour ­refroidir des bâtiments. J’ai visité un grand hôtel qui l’utilise : ils ont économisé 85 000 euros par mois en électricité. Autre exemple : Cgon, une start-up anglaise, a conçu un boîtier à connecter à son moteur qui diminue de 80 % les émissions de particules fines et fait baisser la consommation de carburant grâce à un système d’électrolyse.
Si ces solutions sont si ­rentables, comment expliquez-vous qu’elles ne soient pas la norme ?
D’abord, à cause du manque de communication : on ne les connaît pas. Ensuite, par la difficulté à faire changer les mentalités. Un chef d’entreprise a souvent peur de la disruption. Il faut réussir à lui montrer que c’est un avantage pour lui de le faire, mais la force d’inertie est terrible. Enfin, par la réglementation. Il est urgent de créer des lois modernes poussant à l’utilisation de ces technologies propres.
Il est urgent de créer des lois modernes poussant à l’utilisation de ces technologies propres.
Il y a des tas d’innovations qui se trouvent sans débouchés car nos réglementations sont archaïques. Ces règles ne doivent doit pas être considérées comme des freins pour les entreprises, mais comme une opportunité pour faire autrement. Prenez la taxe carbone. La Suède est l’un des pays qui ont les taxes les plus élevées. Cette ­contrainte a poussé les industriels à revoir leurs modes de production, et cela n’a pas affecté leur compétitivité sur le marché mondial, au contraire.
Cela fait beaucoup d’obstacles…
Le changement vient d’individus qui ont le courage d’essayer quelque chose de nouveau. Solar Impulse, c’était ça. Aucun constructeur d’avion n’y croyait. C’est un fabricant de bateaux qui a créé notre modèle. Aujourd’hui, tous les constructeurs aéronautiques réfléchissent à l’aviation électrique. La Norvège veut des vols intérieurs 100 % électriques d’ici à 2040. Tous ceux qui se sont moqués de moi il y a quinze ans travaillent dessus.

        Lire aussi :
         

                Des transports plus écolos, un défi pour le tourisme



En fait, je crois que ceux qui vont résister à tous ces changements vont disparaître. D’ici cinq ans, les Chinois vont amener en Europe des véhicules électriques à 15 000 euros. Ceux qui ne se seront pas adaptés seront en difficulté. Nos moteurs à combustion, nos ampoules à incandescence et nos énergies fossiles ont pris leur essor en 1880, ce sont des systèmes ­archaïques. Nous avons les technologies qui permettent de diviser par deux les émissions de carbone. Le tout est qu’elles se diffusent.
« Nous avons les technologies qui permettent de diviser par deux les émissions de carbone. Le tout est qu’elles se diffusent. »
Comment va se dérouler la labellisation des 1 000 innovations écologiques par votre fondation ?
Notre équipe d’évaluateurs va analyser ces innovations et labelliser celles qui répondent à nos grilles, dans les domaines de l’eau, l’énergie, les villes, l’agriculture et les process industriels. Un de nos critères, c’est qu’il faut qu’elles soient rentables en moins de quatre ans. L’année prochaine, je ferai un tour du monde pour les présenter aux gouvernements et aux industriels. Mon but, c’est de tirer ces solutions méconnues vers le marché. Je n’ai aucun intérêt personnel à le faire. Je veux juste profiter de ma notoriété pour montrer que les technologies propres peuvent faire des choses que l’on croit impossible.
Dans son essai sur la « face ­cachée de la transition énergétique », Guillaume Pitron ­montre qu’elle implique de piller toujours plus de ressources minières, notamment pour fabriquer les batteries. Qu’en pensez-vous ?
Ce livre met en évidence la ­nécessité d’encadrer l’exploitation minière. On ne peut pas faire n’importe quoi. Mais cela ne doit pas invalider la nécessité de poursuivre la transition énergétique. La pollution créée par ces mines est localisée, et doit être surveillée. J’aime mieux quelques mines de cobalt de plus que quelques degrés de plus dans l’atmosphère.

   


L’innovation sera l’une des grandes thématiques abordées lors du Festival de l’innovation Novaq.
Les 13 et 14 septembre, la région Nouvelle-Aquitaine, en partenariat avec Le Monde, organise deux jours de débats, conférences, pitchs et ateliers au Hangar 14, à Bordeaux.
Scientifiques, experts, entrepreneurs échangeront autour de trois grands thèmes : le cerveau, l’espace et l’océan. Fil rouge de cette édition : l’innovation au service de l’humain.
Programme et inscriptions ici



                            


                        

                        


<article-nb="2018/09/09/19-14">
<filnamedate="20180909"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180909"><AAMMJJHH="2018090919">
<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-14"> ¤ De plus en plus d’entreprises ont recours à la réalité virtuelle pour former leurs salariés, anticiper des problèmes de maintenance ou simuler de nouvelles possibilités.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-14"> ¤                     
                                                

La réalité virtuelle s’immisce dans la production industrielle

De plus en plus d’entreprises ont recours à la réalité virtuelle pour former leurs salariés, anticiper des problèmes de maintenance ou simuler de nouvelles possibilités.



LE MONDE
 |    08.09.2018 à 14h00
    |

                            Julia Zimmerlich








                        



   


A quoi ressemble une usine robotisée d’embouteillage de cognac en réalité virtuelle ? A une vraie usine d’embouteillage de cognac. Un casque sur la tête, on observe les bouteilles qui défilent sur des tapis à cadence réelle. Elles sont remplies de liquide, puis attrapées par six bras articulés avant d’être emballées dans des cartons, récupérées par des chariots électriques. Tout est automatisé. La duplication est bluffante de réalité.
Ce bijou de technologie s’appelle un « jumeau numérique » (digital twin). Il permet de dupliquer une usine à l’identique en situation immersive. La technique existe depuis quelques années, mais c’est aujourd’hui que l’utilisation de ce type d’outils s’accélère et gagne divers secteurs industriels. Le jumeau de l’usine Pont-Neuf d’Hennessy a été développé par Iteca, une start-up d’Angoulême, spécialiste de « l’industrie 4.0 ». Un terme qui englobe toutes les nouvelles technologies (modélisation 3D, réalité virtuelle, intelligence artificielle…) appliquées à la production industrielle.
Le géant mondial du cognac a inauguré en octobre 2017 sa nouvelle usine high-tech d’embouteillage. Le fabricant, qui produit la moitié des bouteilles de cognac vendues dans le monde, s’est offert un bâtiment ultramoderne de 26 000 m2, planté au milieu des vignes, à 7 km de son site historique de production.
Séduire les jeunes générations
Ce nouvel ensemble, les salariés l’ont d’abord visité en réalité virtuelle avant de le connaître véritablement. « Un des enjeux pour nous est de permettre aux équipes de production de se familiariser le plus tôt possible avec leur nouvel environnement de travail », dit Marc Sorin, directeur des opérations d’Hennessy. Un moyen aussi pour le géant d’afficher sa modernité, et de séduire les jeunes générations qui rechignent à venir s’installer à Cognac, dans la Charente. La réalité virtuelle leur a également servi à former les salariés : en l’occurrence, les gestionnaires de flux, qui supervisent des stocks importants et très mouvants. Chez Hennessy, la zone de stockage s’étend sur 6 000 m2. De quoi entreposer 8 000 palettes en tout.

   


Dans certaines usines, le « jumeau numérique » est poussé plus loin et peut suivre la cadence de production en temps réel, grâce à une batterie de capteurs sur les machines. « Cela permet d’optimiser la production, d’anticiper les opérations de maintenance, de tester un geste technique ou une modification logicielle et donc de réduire le risque d’interruption de la production », explique Yaël Assouline, cofondatrice d’Iteca.
La réalité virtuelle trouve de nombreuses autres applications dans le secteur industriel. Iteca a mis au point une plate-forme, SmartUpp, assemblant plusieurs technologies innovantes. « Avant une intervention de maintenance, par exemple, le technicien peut chausser le casque de réalité virtuelle et se former aux gestes techniques, poursuit Yaël Assouline. Pendant l’opération, il est assisté par une solution notamment utilisée dans le secteur de l’aéronautique qui mixe intelligence artificielle et visualisation 3D pour l’aide à la décision et à la maintenance. Ensuite, en réalité augmentée, il voit dans les lunettes une illustration visuelle de son cas de panne, tout en recevant des instructions qui le guident pas à pas. »
Freins importants
Pour l’heure, la plupart des industriels en sont encore à la phase de test, en particulier sur le volet formation. « La VR permet de limiter les coûts de formation réelle pour les métiers les plus techniques, mais aussi les risques pour les apprenants dans des secteurs comme le nucléaire ou l’industrie pharmaceutique », dit Clément Merville, fondateur de Manzalab. Cet éditeur de contenus a mis au point un projet pilote pour EDF sur la réalisation d’une opération de maintenance d’une centrale nucléaire. « Au lieu de dupliquer physiquement une salle de contrôle, comme c’est le cas aujourd’hui, les salariés pourraient suivre une partie de leur formation en VR, dit Clément Merville. Nous sommes aussi capables de réunir plusieurs personnes situées dans différents lieux dans un même espace virtuel. Pendant les réunions, les collaborateurs peuvent avoir une maquette 3D de la centrale sous les yeux et en fonction des besoins, téléporter tout le monde dans la zone qui pose problème. »
Reste que les freins au déploiement de ces solutions en réalités virtuelles restent importants. Les coûts du matériel et le développement des contenus sont encore très élevés. Et même si le dernier modèle de casque Vive Pro améliore l’expérience utilisateur, la fatigue cognitive se fait vite sentir. Les premières études sur le sujet montrent que le temps d’expérience idéal se situe autour de trente minutes.
Yaël Assouline, cofondatrice d’Iteca, interviendra lors du Festival de l’innovation Novaq.
Les 13 et 14 septembre, la région Nouvelle-Aquitaine, en partenariat avec “Le Monde”, organise deux jours de débats, conférences, pitchs et ateliers au H14, à Bordeaux, autour de l’innovation.
Scientifiques, experts, entrepreneurs échangeront autour de trois grands thèmes : le cerveau, l’espace et l’océan. Fil rouge de cette édition : l’innovation au service de l’humain.
Programme et inscriptions ici.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/09/09/19-15">
<filnamedate="20180909"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180909"><AAMMJJHH="2018090919">
<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-15"> ¤ Alicia Garcia-Herrero, chef économiste de Natixis à Hongkong, déplore le manque d’investissements de l’UE dans la recherche.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-15"> ¤                     
                                                   
édition abonné


« L’Europe est incapable de se protéger face à la Chine »

Alicia Garcia-Herrero, chef économiste de Natixis à Hongkong, déplore le manque d’investissements de l’UE dans la recherche.



LE MONDE
 |    08.09.2018 à 12h00
    |

Frédéric Lemaître (Hongkong, envoyé spécial)







                        



                                


                            
Chef économiste de Natixis pour l’Asie-Pacifique, Alicia Garcia-Herrero est installée à Hongkong. Cette ancienne conseillère auprès du directoire de la Banque centrale européenne et économiste au Fonds monétaire international collabore aussi au centre de réflexion européen Bruegel.
La guerre commerciale avec les Etats-Unis a-t-elle un impact économique sur la Chine ?
Pour le moment non, car les premières sanctions annoncées en juillet et en août portaient surtout sur des produits chinois de haute technologie que les Etats-Unis n’importent pas de Chine. Mais il en va autrement avec le deuxième train de mesures qui pourrait entrer en vigueur incessamment sous peu. Celui-ci porte sur 200 milliards de dollars (173 milliards d’euros), soit quatre fois plus que les premières mesures et Donald Trump a même menacé de taxer toutes les importations en provenance de Chine.
Ce deuxième paquet concerne des produits à relativement faible valeur ajoutée et des secteurs pour lesquels les Etats-Unis dépendent de la Chine. Washington veut favoriser d’autres fournisseurs qu’ils contrôleraient davantage, notamment le Mexique et le Vietnam. C’est dans cette optique que les Etats-Unis viennent de signer un nouvel accord de libre-échange avec le Mexique. Dans cette stratégie de contournement de la Chine, le Mexique joue évidemment un rôle plus important que le Canada.
Quant au Vietnam, ses exportations ont, comme par hasard, bondi en juillet. Mais il reste à vérifier si ce ne sont pas des produits chinois qui ne font que transiter par le pays, car il est plus facile pour les Etats-Unis de contrôler l’origine des produits importés du Mexique que du Vietnam. Contrairement à ce que certains affirment, l’administration américaine fait donc preuve, sur ce dossier, d’une vraie stratégie.
Que peut faire la Chine ?
Montrer au reste du monde que la guerre commerciale ne constitue pas un risque pour elle car elle a d’autres...




                        

                        


<article-nb="2018/09/09/19-16">
<filnamedate="20180909"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180909"><AAMMJJHH="2018090919">
<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-16"> ¤ Le gouvernement lance une campagne de communication, mais les budgets sont jugés insuffisants pour tenir les objectifs.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-16"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Rénovation énergétique : Contre les passoires thermiques, des moyens incertains

Le gouvernement lance une campagne de communication, mais les budgets sont jugés insuffisants pour tenir les objectifs.



LE MONDE
 |    08.09.2018 à 11h12
    |

            Grégoire Allix








                        



                                


                            

Changer ses fenêtres, isoler ses combles, remplacer sa chaudière… une campagne nationale en faveur de la rénovation énergétique des bâtiments, qui doit être lancée lundi 10 septembre, veut convaincre les Français de passer enfin à l’action.
Elle tombe pourtant à un drôle de moment : deux semaines plus tôt, le 28 août, Nicolas Hulot claquait la porte du ministère de la transition écologique, avec notamment ces mots sur l’antenne de France Inter : « On veut rénover 500 000 passoires thermiques [par an]. Or, on a baissé de moitié les moyens pour rénover ces bâtiments. Je sais déjà, au moment d’acter ce plan de rénovation, que l’on ne pourra pas atteindre les objectifs. » Difficile de motiver les foules quand le meneur lui-même n’y croit plus…
L’enjeu ne fait pas débat : sur un parc de 35 millions de logements, la France compte 7,5 millions de « passoires » – étiquetés F ou G, soit les moins bonnes notes du diagnostic énergétique. Or les bâtiments représentent 45 % de la consommation d’énergie et un quart des émissions de gaz à effet de serre dans l’Hexagone. Et les constructions neuves aux dernières normes thermiques ne représentent que 1 % du parc chaque année. Autant dire qu’on n’atteindra pas les objectifs de neutralité carbone en 2050 sans une rénovation massive des bâtiments existants. Il faut qu’à cette échéance l’intégralité du parc immobilier atteigne la norme bâtiment basse consommation (BBC).
« En réalité, c’est un budget en baisse »
C’était bien l’objectif du plan dévoilé le 26 avril, après des mois de concertation, par Nicolas Hulot et Jacques Mézard, ministre de la cohésion des territoires. En 12 actions et 32 mesures, il se donne pour ambition de rénover 500 000 logements chaque année – dont 100 000 logements sociaux – et un quart des bâtiments publics sur le quinquennat. Budget : 14 milliards d’euros sur cinq ans, plus 5 milliards d’euros de certificats d’économies d’énergie.
Insuffisant, pour beaucoup...




                        

                        


<article-nb="2018/09/09/19-17">
<filnamedate="20180909"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180909"><AAMMJJHH="2018090919">
<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-17"> ¤ RATP Dev espère rafler 100  millions d’euros de chiffre d’affaires à sa rivale en  2019.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-17"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Transport public : la RATP vient défier Keolis-SNCF sur ses terres du Grand Ouest

RATP Dev espère rafler 100  millions d’euros de chiffre d’affaires à sa rivale en  2019.



LE MONDE
 |    08.09.2018 à 11h00
    |

                            Éric Béziat








                        



                                


                            

Cap à l’ouest ! Après avoir conquis Vannes en 2017, Lorient en 2018, RATP Dev se verrait bien vainqueur à Brest en 2019. La filiale de la célèbre régie du métro parisien remettra début octobre une proposition chiffrée à la métropole de Brest pour être opérateur du réseau Bibus de l’agglomération bretonne, un marché de 40 millions d’euros détenu depuis des décennies par la SNCF, par l’intermédiaire de sa filiale de transport public urbain Keolis.
Un match SNCF-RATP pour savoir qui va faire fonctionner une vingtaine de lignes de bus, une ligne de tramway et un téléphérique urbain dans le Finistère, voilà de quoi surprendre. Rien de plus banal en réalité. Les appels du transport public des villes françaises sont en effet fréquemment le théâtre d’un jeu à trois acteurs : une rude concurrence à laquelle se livrent les deux leaders Keolis et Transdev (filiale de la Caisse des dépôts), et le challenger RATP Dev.
« RATP Dev ? Quand ils vous tiennent, ils ne vous lâchent pas », dit Pierre Le Bodo, président centriste de Golfe du Morbihan-Vannes agglomération, se remémorant sourire aux lèvres les âpres négociations de 2016, lorsque la filiale de la régie parisienne a raflé à Transdev le marché des transports publics de la métropole morbihannaise que l’opérateur sortant gérait pourtant depuis quarante ans.
Une sélection attentive des cibles
C’est que la petite nouvelle a très faim. Créée par sa maison mère ex nihilo il y a quinze ans pour pouvoir se développer hors région parisienne, RATP Dev a une feuille de route ambitieuse. L’entreprise, dirigée par une femme, Laurence Batlle, génère aujourd’hui 1,2 milliard d’euros de chiffre d’affaires (contre 6,6 et 5,4 pour Transdev et Keolis) et a pour objectif d’atteindre les 2,2 milliards en 2022.
Dans ce contexte, RATP Dev a décidé de faire du Grand Ouest une terre de conquêtes. Or, l’entreprise parisienne vient planter ses petits drapeaux sur un territoire où Keolis-SNCF est solidement...




                        

                        


<article-nb="2018/09/09/19-18">
<filnamedate="20180909"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180909"><AAMMJJHH="2018090919">
<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-18"> ¤ Rome prépare sa programmation budgétaire pluriannuelle et veut éviter un choc frontal avec Bruxelles.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-18"> ¤                     
                                                   
édition abonné


L’Italie change de ton sur les finances publiques

Rome prépare sa programmation budgétaire pluriannuelle et veut éviter un choc frontal avec Bruxelles.



LE MONDE
 |    08.09.2018 à 11h00
    |

            Jérôme Gautheret (Rome, correspondant)








                        



                                


                            

Rassurer les marchés, laisser les comptes en ordre, éviter le conflit ouvert avec Bruxelles… En à peine quelques jours, le changement de ton du gouvernement italien est spectaculaire. Et il faut bien avouer que le fait d’entendre soudain les deux hommes forts du gouvernement assurer en chœur qu’il s’agit de « respecter les contraintes européennes » (Matteo Salvini, Ligue), pour « ne pas détruire l’Europe » (Luigi Di Maio, Mouvement 5 étoiles) a quelque chose de déconcertant, cent jours après la formation d’un gouvernement qui n’a eu de cesse, jusque-là, de promettre aux Italiens un affrontement direct avec Bruxelles sur les questions budgétaires.
Le Fonds monétaire international n’a pas manqué de saluer immédiatement ce virage, jeudi 6 septembre, en soulignant, par la voie de son porte-parole, Gerry Rice, que « les marchés s’étaient inquiétés de la possibilité, de la part de l’Italie, d’une marche arrière sur les réformes et d’un relâchement de la discipline budgétaire, mais ont été rassurés ».
Un homme n’a pas changé de discours depuis le début. C’est le ministre des finances, Giovanni Tria, partisan assumé de la réduction des déficits et du dialogue avec l’Europe. Cet universitaire modéré et plutôt proeuropéen, n’appartenant à aucune des deux composantes de l’actuelle majorité gouvernementale, la Ligue (extrême droite) et le Mouvement 5 étoiles (antisystème), devra rendre public, dans les prochains jours, la nouvelle version du document pluriannuel de programmation budgétaire.

Dans la dernière mouture de ce texte, délivrée fin juin, le gouvernement italien avait affirmé qu’il maintenait la prévision de retour à l’équilibre en 2020, fixée par ses prédécesseurs. Sans tourner le dos à l’objectif général de réduction des déficits, la nouvelle version devrait délier l’Italie de cet engagement, afin de se redonner un peu de souplesse. Cela sera-t-il suffisant pour s’offrir un peu d’air sans trop effrayer...




                        

                        


<article-nb="2018/09/09/19-19">
<filnamedate="20180909"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180909"><AAMMJJHH="2018090919">
<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-19"> ¤ il est encore trop facile de publier des études annonçant des effets expérimentaux qui, en réalité, n’existent pas ou sont plus faibles qu’on ne l’a prétendu, explique dans sa chronique l’économiste Paul Seabright.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-19"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Quand les chercheurs jugent « la fiabilité réelle des études scientifiques »

il est encore trop facile de publier des études annonçant des effets expérimentaux qui, en réalité, n’existent pas ou sont plus faibles qu’on ne l’a prétendu, explique dans sa chronique l’économiste Paul Seabright.



LE MONDE
 |    08.09.2018 à 10h30
    |

                            Paul Seabright (Professeur à l'Institut d'études avancées de Toulouse)








                        



                                


                            

Recherches. Quel crédit peut-on accorder aux études scientifiques publiées dans les revues les plus prestigieuses ? Même si leurs procédures de sélection sont les meilleures, même si le filtrage qu’elles ont mis en place est très efficace, il est toujours possible que des études soutiennent des hypothèses fausses et que personne ne les remette en question avant publication.
Depuis quelque temps, la communauté scientifique s’intéresse aux tentatives de reproduire des études déjà publiées. Le Reproducibility Project : Psychology a essayé de dupliquer 97 études en psychologie et a constaté, en 2015, que seules 36 % d’entre elles pouvaient être confirmées. L’Experimental Economics Replication Project a fait de même, en 2016, pour 18 études en économie expérimentale, avec un taux de confirmation de 61 % – plus élevé, mais loin d’être écrasant.
Une équipe de chercheurs vient de publier une duplication de 21 études phares en sciences sociales expérimentales, publiées entre 2010 et 2015 dans Nature et Science, les deux revues scientifiques les plus prestigieuses (« Evaluating the replicability of social science experiments in “Nature” and “Science” between 2010 and 2015 », par Colin F. Camerer et al., « Nature Human Behaviour Letters », 27 août 2018). L’une des particularités de ce projet est que la taille des échantillons utilisés pour la duplication est environ cinq fois plus grande que celle des échantillons des études d’origine, ce qui augmente sensiblement la fiabilité de la reproductibilité.
Des progrès nécessaires
Treize d’entre elles confirment, de façon statistiquement significative, les effets constatés dans l’expérience originale, soit un taux de 62 %. Mais l’ampleur de l’effet confirmé pour ces 13 études est inférieure de moitié à l’ampleur constatée dans la première étude !
Certes, il peut y avoir des faiblesses dans la mise en œuvre des tentatives de duplication. Mais, globalement,...




                        

                        


<article-nb="2018/09/09/19-20">
<filnamedate="20180909"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180909"><AAMMJJHH="2018090919">
<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-20"> ¤ Marjolaine Meynier-Millefert, députée (LRM) de l’Isère, copréside le comité de pilotage du plan de rénovation énergétique des bâtiments.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-20"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Rénovation énergétique : « Il y a un manque de portage politique sur la rénovation énergétique »

Marjolaine Meynier-Millefert, députée (LRM) de l’Isère, copréside le comité de pilotage du plan de rénovation énergétique des bâtiments.



LE MONDE
 |    08.09.2018 à 10h12
 • Mis à jour le
08.09.2018 à 11h12
    |

            Grégoire Allix








                        



                                


                            

Députée (La République en marche) de l’Isère, Marjolaine Meynier-Millefert copréside le comité de pilotage du plan de rénovation énergétique des bâtiments. Elle plaide pour des moyens financiers accrus et un portage politique renforcé.
Avez-vous été surprise par les propos de Nicolas Hulot, qui a estimé en annonçant sa démission qu’on ne tiendrait pas les objectifs du plan de rénovation des bâtiments faute de moyens ?
Non, Nicolas Hulot est plutôt dans le vrai. Je partage sa frustration. Ce n’est pas que rien n’est fait : beaucoup d’argent a été mis sur la table à l’occasion de ce plan, beaucoup d’actions lancées. Mais quand on compare les ambitions et les moyens, on ne peut que constater que nous ne sommes pas cohérents. Les moyens ont été réduits de moitié sur le crédit d’impôt transition énergétique, on n’a aucune idée de comment sera financé le service public de la performance énergétique censé se déployer dans les territoires, il a même été question de revoir la TVA réduite sur la rénovation… Tout cela crée de l’inquiétude et de l’incertitude.

Vous estimez, comme les associations et les professionnels, qu’il faut des budgets démultipliés…
On peut toujours demander beaucoup plus d’argent, mais on sait bien que ce n’est pas à l’ordre du jour. Déjà, si on avait des finances claires et stables, ce serait bien. Aujourd’hui, on ne sait même pas de quels moyens on dispose ! Sur plusieurs sujets, il n’y a pas encore d’arbitrage finalisé mais on entend des rumeurs inquiétantes. Il nous faut des décisions budgétaires rapides et fermes. Cette rénovation énergétique, ça fait plus de dix ans qu’elle est urgente, qu’on dit qu’il faut passer à une échelle industrielle pour tenir nos objectifs et rester dans le cadre européen. Aujourd’hui, on est sur la ligne de crête avant que ces objectifs ne deviennent inatteignables.

Comment expliquer que les arbitrages ne soient...




                        

                        

