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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤ Dans sa chronique, l’historienne Valérie Théis rappelle à quel point la construction et l’entretien des impressionnants ouvrages d’art dont les ­hommes se servent pour maîtriser la nature ne sont ­jamais une affaire anodine.
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Des hommes, des ponts et des drames

Dans sa chronique, l’historienne Valérie Théis rappelle à quel point la construction et l’entretien des impressionnants ouvrages d’art dont les ­hommes se servent pour maîtriser la nature ne sont ­jamais une affaire anodine.



LE MONDE
 |    09.09.2018 à 11h00
 • Mis à jour le
09.09.2018 à 16h59
    |

                            Valérie Theis (Historienne)








                        



                                


                            

Résonances : chaque semaine, une chercheuse ou un chercheur réagit à un fait d’actualité ou simplement à l’air du temps. 
Cet été, comme des milliers de touristes et de Génois, je suis passée sur le pont Morandi presque sans y penser. Moins de vingt-quatre heures plus tard, je regardais les images de son effondrement avec le sentiment d’avoir eu de la chance, ­contrairement aux familles qui ont perdu leurs proches dans la catastrophe. Une telle tragédie ne fait pas seulement songer à la fragilité de l’existence humaine, elle rappelle également que la construction et l’entretien des impressionnants ouvrages d’art dont les ­hommes se servent pour maîtriser la nature ne sont ­jamais une affaire anodine.
A l’heure où certains voudraient relancer la conquête spatiale, il manque toujours dans la plupart des pays l’argent nécessaire pour assurer la sécurité de ces ­infrastructures, qui semblent si ­familières qu’on oublie d’en prendre soin. Au-delà de l’Italie, ce sont ainsi des centaines de familles qui pleurent aujourd’hui leurs morts, au Laos ou en Inde, à la suite d’inondations qui n’ont rien de naturel, mais ont en commun la mauvaise conception ou utilisation des barrages et la sous-estimation des effets de la ­nature sur les ouvrages que nous construisons.
Au-delà des questions techniques qu’ils durent ­affronter, les médiévaux partageaient avec nous cette difficulté majeure consistant à trouver de l’argent, non seulement pour construire des ouvrages ambitieux, mais aussi pour les entretenir et les réparer. En effet, bien que le Moyen Age semble faire pâle figure dans le domaine de la construction des ponts comparé aux prouesses des Romains, il fut pourtant une période très importante pour le développement de leur usage, qui se répandit un peu partout à partir du XIe siècle, favorisant l’essor des échanges à courte et longue distance. Si dans certains cas l’intérêt bien compris des seigneurs les ­conduisait à...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤ La directive impose aux plates-formes numériques de bloquer les contenus soumis à des droits d’auteur au profit des industries culturelles. Pour le chercheur Félix Tréguer, c’est une « censure préalable et privatisée ». Le Parlement européen se prononcera le 12 septembre.
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Directive sur le droit d’auteur : l’affrontement factice des deux têtes du capitalisme informationnel

La directive impose aux plates-formes numériques de bloquer les contenus soumis à des droits d’auteur au profit des industries culturelles. Pour le chercheur Félix Tréguer, c’est une « censure préalable et privatisée ». Le Parlement européen se prononcera le 12 septembre.



LE MONDE
 |    09.09.2018 à 11h00
 • Mis à jour le
09.09.2018 à 16h55
    |

Félix Tréguer (Postdoctorant à l’Institut des sciences de la communication/CNRS)







                        



                                


                            
Un quart de siècle qu’on se repasse ce même mauvais film, celui où les industries culturelles instrumentalisent la loi pour faire la guerre à leur public. En cause cette fois-ci, l’article 13 de la directive sur le droit d’auteur en cours d’examen à Bruxelles, et sur lequel le Parlement européen se prononcera le 12 septembre.
Dans sa rédaction actuelle, cette disposition impose que, dans le cadre d’accords avec les sociétés d’ayants droit (telle la Sacem), les ­plates-formes numériques (YouTube, Facebook et consorts) recourent à des outils de ­filtrage automatisés. Le but ? Repérer les ­contenus ­publiés par les internautes et bloquer ceux ­incluant des œuvres couvertes par le droit d’auteur. Une forme de censure préalable, automatisée et privatisée.
Rien de bien nouveau, donc. En effet, depuis le milieu des années 1990, les industries culturelles (musique, cinéma, édition…) n’ont eu de cesse d’exiger des législateurs et des tribunaux la « collaboration » forcée des fournisseurs ­d’accès à Internet et des hébergeurs pour lutter ­contre l’échange gratuit d’œuvres culturelles sur les réseaux.
L’ACTA rejeté en 2012
A l’époque déjà, ces débats avaient conduit à la mobilisation des associations de défense des droits dans l’environnement numérique. Comme aujourd’hui, ces dernières faisaient valoir que la logique poursuivie était dangereuse, puisqu’elle revenait à confier à des entreprises privées un rôle de surveillance et de censure des communications sur le Net.
Ces débats débouchèrent en Europe sur un compromis instable à travers une directive adoptée en juin 2000, qui semblait donner gain de cause aux militants et aux acteurs de l’économie numérique. Les « intermédiaires techniques » d’Internet, et en particulier les hébergeurs, ne seraient plus inquiétés tant qu’ils ne joueraient pas de rôle actif dans la diffusion des contenus litigieux. Il leur fallait répondre aux demandes judiciaires visant à retirer les publications illicites, mais...




                        

                        


<article-nb="2018/09/09/19-3">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤ A Paris, la statue de saint Antoine de Padoue, de l’église Saint-Germain-des-Prés, est recouverte de prières écrites. Les responsables des lieux tentent d’encadrer cette pratique, qui perdure, entre piété populaire et superstition.
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Graffitis votifs sur les statues des saints

A Paris, la statue de saint Antoine de Padoue, de l’église Saint-Germain-des-Prés, est recouverte de prières écrites. Les responsables des lieux tentent d’encadrer cette pratique, qui perdure, entre piété populaire et superstition.



LE MONDE
 |    09.09.2018 à 10h00
 • Mis à jour le
09.09.2018 à 17h03
    |

                            Antoine Flandrin








                        



                                


                            

En images. A Saint-Germain-des-Prés, l’une des cinq églises les plus visitées de Paris, la statue de saint ­Antoine de Padoue est recouverte de graffitis. Gravées ou écrites au feutre, ces inscriptions en plusieurs langues sont surtout des demandes de protection. Certains s’adressent au saint : « Please keep my children safe and healthy » (« S’il vous plaît gardez mes enfants en sécurité et en bonne santé »). D’autres ­entourent d’un cœur les prénoms des êtres qui leur sont chers.
Des vœux sont formulés : « Bac et Beaux-Arts » sur la manche de la statue. Requis pour retrouver des biens perdus, matériels ou spirituels, saint Antoine est également remercié : « I thank you for helping me find what is lost. The Larson family » (« Je vous ­remercie de m’aider à retrouver ce qui est perdu »). Enfin, on trouve des tags et des messages incohérents.
Certains graffitis sont datés de 2016, de 2007, d’autres de 1992. « Dans les années 2000, c’était surtout la statue de sainte Rita, la patronne des causes désespérées, qui était ­recouverte de signatures. Elle a été nettoyée, mais très légèrement », explique Jacques ­Lacoste qui y assure des visites guidées ­depuis une quinzaine d’années.
Pour Clara Lamireau-Meyer, qui a soutenu une thèse d’ethnologie à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS), en 2009, sur les écritures votives dans les lieux de culte catholiques parisiens, la persistance de cette pratique à l’église Saint-Germain-des-Prés s’explique par la forte attractivité touristique du lieu et par le fait que ces statues en plâtre, non notables d’un point de vue artistique, ne sont pas surveillées.
« Des vœux exaucés plus vite »
L’équipe d’accueil composée de laïcs, de religieux et du sacristain considère ces graffitis votifs comme une forme de piété populaire, voire de superstition. « Nous respectons cette pratique, mais nous essayons de l’encadrer, observe...




                        

                        


<article-nb="2018/09/09/19-4">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤ Philosophie, anthrolopologie : le continent suscite les polémiques. « En quête d’Afrique(s) », livre de débat entre les intellectuels Souleymane Bachir Diagne et Jean-Loup Amselle, en témoigne.
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Essai. L’Afrique bouscule l’universel

Philosophie, anthrolopologie : le continent suscite les polémiques. « En quête d’Afrique(s) », livre de débat entre les intellectuels Souleymane Bachir Diagne et Jean-Loup Amselle, en témoigne.



LE MONDE
 |    08.09.2018 à 13h00
 • Mis à jour le
09.09.2018 à 16h47
    |

                            Séverine Kodjo-Grandvaux








                        



                                


                            
En quête d’Afrique(s). Universalisme et pensée décoloniale, de Souleymane Bachir Diagne et Jean-Loup Amselle, préface d’Anthony Mangeon, Albin Michel, « Itinéraires du savoir », 320 p., 22 €.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que Souleymane Bachir Diagne et Jean-Loup Amselle ne sont pas d’accord. Engageant une discussion sur « universalisme et pensée décoloniale », le philosophe sénégalais et l’anthropologue français passent en revue les grands thèmes à propos desquels les auteurs postcoloniaux ont montré les limites de la pensée occidentale, quand elle ne remet pas en question son héritage colonial.
En quête d’Afrique(s) est construit en chapitres rédigés tour à tour par le philosophe et l’anthropologue, chacun abordant une problématique commune ­ (spécificité culturelle, race et identité, langues africaines, islam…) sans toujours commenter frontalement ce que l’autre a écrit. Il se conclut par une confrontation directe sur certaines des questions qui sont apparues ces dernières années dans la société française, comme le racisme antiblanc, le communautarisme ou le privilège blanc.
En 2008, dans L’Occident décroché (Stock), ouvrage au vitriol, Jean-Loup Amselle, directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales, africaniste spécialiste du Mali dont les travaux portent notamment sur le métissage, l’ethnicité, l’islam et le multiculturalisme, suspectait la philosophie de Souleymane Bachir Diagne de n’être qu’« une forme réfractée de fondamentalisme musulman » ou « une sorte d’afrocentrisme orientalisé ». Rien de moins.
Partir du pluriel
Résultat, dix ans après, le débat est vif et tourne souvent au dialogue de sourds. Souleymane Bachir Diagne, professeur à l’université Columbia, à New York, dont il dirige l’Institut d’études africaines, ne répond pas toujours aux objections de Jean-Loup Amselle, estimant que ce dernier s’adresse...




                        

                        


<article-nb="2018/09/09/19-5">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤ De nombreux mythes entourent cette souveraine d’Afrique australe du XVIIe siècle. Le personnage historique que dessine la biographie de Linda M. Heywood est pourtant assez étonnant.
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La reine Njinga rendue à l’Histoire

De nombreux mythes entourent cette souveraine d’Afrique australe du XVIIe siècle. Le personnage historique que dessine la biographie de Linda M. Heywood est pourtant assez étonnant.



LE MONDE
 |    08.09.2018 à 13h00
 • Mis à jour le
09.09.2018 à 17h53
    |

                            Florent Georgesco








                        



                                


                            
Njinga. Histoire d’une reine guerrière (1582-1663) (Njinga of Angola. Africa’s Warrior Queen), de traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Philippe Pignarre, préface de Françoise Vergès, La Découverte, 336 p., 22 €.

Le marquis de Sade en faisait « la plus cruelle des femmes », Hegel, le symbole d’un continent qui ne serait « pas encore entré dans l’histoire ». En Afrique et en Amérique du Sud, au contraire, elle est un emblème quasi sanctifié de la rébellion aux colons européens. Njinga (1582-1663), reine du Ndongo, puis du Ndongo-Matamba, petites portions du territoire actuel de l’Angola, est un personnage d’une telle puissance qu’il est difficile de l’évoquer sans la projeter dans l’univers des mythes, ou des caricatures.

Njinga. Histoire d’une reine guerrière fait l’effet, en regard, d’un brusque retour sur terre. Du réel, enfin ; c’est-à-dire de l’histoire, précise, ample, gouvernée par rien d’autre que le désir de « retrouver toute [la] complexité » de cette femme, comme l’écrit Linda M. Heywood, professeure à l’université de Boston, qui signe ici la première biographie rigoureuse d’une reine si longtemps abandonnée aux rêveries.
Quand elle prend le pouvoir, en 1624, le Ndongo est en passe de devenir, lui aussi, une fiction. Les Portugais, alliés à l’un des peuples de la région, les Imbangala, adeptes du cannibalisme et des sacrifices humains, en particulier de nourrissons, en ont conquis l’essentiel. Mais Njinga réussit bientôt à « orchestrer le soulèvement général ». Elle va, dès lors, faire preuve d’une impressionnante virtuosité militaire et politique, et reconquérir progressivement une partie de ses territoires, tout en leur adjoignant le Matamba voisin. Chose rare dans la région : elle régnera près de quarante ans. Plus étonnant encore : elle mourra de vieillesse.
Conversion au christianisme
Son génie relève avant tout...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤ Alicia Garcia-Herrero, chef économiste de Natixis à Hongkong, déplore le manque d’investissements de l’UE dans la recherche.
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« L’Europe est incapable de se protéger face à la Chine »

Alicia Garcia-Herrero, chef économiste de Natixis à Hongkong, déplore le manque d’investissements de l’UE dans la recherche.



LE MONDE
 |    08.09.2018 à 12h00
    |

Frédéric Lemaître (Hongkong, envoyé spécial)







                        



                                


                            
Chef économiste de Natixis pour l’Asie-Pacifique, Alicia Garcia-Herrero est installée à Hongkong. Cette ancienne conseillère auprès du directoire de la Banque centrale européenne et économiste au Fonds monétaire international collabore aussi au centre de réflexion européen Bruegel.
La guerre commerciale avec les Etats-Unis a-t-elle un impact économique sur la Chine ?
Pour le moment non, car les premières sanctions annoncées en juillet et en août portaient surtout sur des produits chinois de haute technologie que les Etats-Unis n’importent pas de Chine. Mais il en va autrement avec le deuxième train de mesures qui pourrait entrer en vigueur incessamment sous peu. Celui-ci porte sur 200 milliards de dollars (173 milliards d’euros), soit quatre fois plus que les premières mesures et Donald Trump a même menacé de taxer toutes les importations en provenance de Chine.
Ce deuxième paquet concerne des produits à relativement faible valeur ajoutée et des secteurs pour lesquels les Etats-Unis dépendent de la Chine. Washington veut favoriser d’autres fournisseurs qu’ils contrôleraient davantage, notamment le Mexique et le Vietnam. C’est dans cette optique que les Etats-Unis viennent de signer un nouvel accord de libre-échange avec le Mexique. Dans cette stratégie de contournement de la Chine, le Mexique joue évidemment un rôle plus important que le Canada.
Quant au Vietnam, ses exportations ont, comme par hasard, bondi en juillet. Mais il reste à vérifier si ce ne sont pas des produits chinois qui ne font que transiter par le pays, car il est plus facile pour les Etats-Unis de contrôler l’origine des produits importés du Mexique que du Vietnam. Contrairement à ce que certains affirment, l’administration américaine fait donc preuve, sur ce dossier, d’une vraie stratégie.
Que peut faire la Chine ?
Montrer au reste du monde que la guerre commerciale ne constitue pas un risque pour elle car elle a d’autres...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤ Une pétition concernant Le Havre témoigne de la difficulté des collectivités à lutter contre les désherbants de synthèse sans provoquer la grogne d’une frange de la population, explique, dans sa chronique, Frédéric Potet, journaliste au « Monde »
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« La tolérance aux mauvaises herbes rentre dans les mœurs, sauf pour les cimetières »

Une pétition concernant Le Havre témoigne de la difficulté des collectivités à lutter contre les désherbants de synthèse sans provoquer la grogne d’une frange de la population, explique, dans sa chronique, Frédéric Potet, journaliste au « Monde »



LE MONDE
 |    08.09.2018 à 11h02
    |

            Frédéric Potet








                        



                                


                            

Mauvaises herbes, mauvaise réputation. Celles qu’il faudrait en fait appeler « adventices » sont la cible, dans l’espace public, à la ville comme à la campagne, d’un combat sans cesse renouvelé, auquel la chimie a largement contribué avec ses produits phytosanitaires. Ceci est tout particulièrement vrai dans les cimetières, lieux de recueillement au milieu desquels l’œil supporte difficilement la présence de ces intrus végétaux venant perturber la sobriété apaisante des alignements de sépultures. Le respect des défunts s’accommode mal du chiendent. Lui, en revanche, n’a que faire des tombes, et prolifère à la première occasion climatique.
Au Havre, une poussée exceptionnelle de mauvaises herbes s’est répandue ces derniers mois, conséquence d’un printemps et d’un été où les pluies abondantes ont alterné avec les fortes températures. Avec leurs dallages en béton qui renvoient la chaleur, les sept cimetières de la ville ont été littéralement envahis. Le pissenlit a essaimé, le liseron s’est déployé, le plantain démultiplié, au grand dam des jardiniers de la ville. Des visiteurs également. Une pétition en ligne a été lancée fin août par des visiteurs mécontents pour dénoncer l’impuissance des services municipaux face à cette éruption d’herbacées peu compatible avec la dignité recherchée des lieux. Plus de 1 300 personnes l’ont signée à ce jour.
Atteindre le zéro pesticide
Le sujet n’est pas une « affaire » dans la cité normande, dont Edouard Philippe fut le maire entre 2010 et mai 2017, date de sa nomination à Matignon. Mais elle témoigne de la difficulté des collectivités à lutter contre les désherbants de synthèse sans provoquer la grogne d’une frange de la population attentive à l’entretien des espaces verts. Le Havre n’a pas totalement renoncé au glyphosate et à ses dérivés, mais en a réduit l’usage : deux cimetières de la ville ne sont plus traités ; les autres le sont encore, mais à moindre dose qu’auparavant. La prolifération d’adventices,...




                        

                        


<article-nb="2018/09/09/19-8">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤ Editorial. Après l’agression du candidat d’extrême droite Jair Bolsonaro, la campagne présidentielle risque de se radicaliser dans un pays qui semble avoir perdu le contrôle de son destin.
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Brésil : le naufrage d’une nation

Editorial. Après l’agression du candidat d’extrême droite Jair Bolsonaro, la campagne présidentielle risque de se radicaliser dans un pays qui semble avoir perdu le contrôle de son destin.



LE MONDE
 |    08.09.2018 à 10h56
 • Mis à jour le
09.09.2018 à 02h06
   





                        


Editorial du « Monde ». A un mois de l’élection présidentielle, la tentative d’assassinat visant, jeudi 6 septembre, le candidat d’extrême droite Jair Bolsonaro fait peser une nouvelle menace sur la jeune démocratie brésilienne. Immédiatement et unanimement condamnée, cette agression commise par un personnage présenté comme déséquilibré témoigne du climat extrêmement tendu qui prévaut actuellement. Depuis la destitution (impeachment) controversée de la présidente de gauche Dilma Rousseff, en 2016, le pays semble avoir perdu le contrôle de son destin.

        Lire aussi :
         

                Au Brésil, une campagne électorale bouleversée par l’agression du candidat d’extrême droite



Tout y contribue. Une société qui se sent abandonnée. Les balles perdues qui fauchent les enfants des quartiers populaires aux mains des gangs. Des représentants de la société civile assassinés en plein jour. Une classe politique aussi affligeante que vieillissante, minée par la corruption. Dans ce contexte délétère, l’incendie qui a ravagé le Musée national de Rio, le 2 septembre, est apparu comme le symbole de l’incurie de l’Etat. Certains parlent du suicide d’une nation. Cela en a tout l’air.

        Lire aussi :
         

                Incendie du Musée de Rio : « Le fruit d’une négligence absolue »



Le pays était au bord de la révolte en juin 2013. Il est aujourd’hui totalement déboussolé. Les Brésiliens se cherchent un chef capable, espèrent-ils, de redonner au pays sa splendeur perdue. Les uns le voient en Jair Bolsonaro, ce militaire de réserve au discours hargneux et provocateur. Les autres continuent à s’en remettre à l’ancien président Luiz Inacio Lula da Silva, emprisonné pour corruption. Tous deux sont en tête des sondages. Aucun d’eux, désormais, ne peut faire campagne.
Il est trop tôt pour évaluer les conséquences politiques de l’agression subie par le candidat d’extrême droite. Mais, à l’instar de la gauche, chérissant un Lula comparé à « un prisonnier politique », l’extrême droite a maintenant son martyr. Et, à en croire le fils de Jair Bolsonaro, Flavio, ce statut serait à même de propulser son père « plus fort que jamais » à la fonction suprême dès le premier tour de l’élection.
Sortir le pays d’une crise politique, morale et institutionnelle
L’hypothèse est sans doute exagérée. Mais la commotion nationale provoquée par cette attaque indigne d’une démocratie devrait porter le candidat dans les sondages. La seule force du drame occulte les débats, les échanges d’idées, les nécessaires propositions pour sortir le pays d’une crise politique, morale et institutionnelle. Un séjour prolongé à l’hôpital épargnerait à Jair Bolsonaro toute confrontation télévisée et lui permettrait de contrôler son message par le biais de ses vidéos de téléphone portable et de ses publications sur les réseaux sociaux.
La campagne présidentielle était déjà violente. On peut craindre qu’elle se radicalise davantage encore. Il y a six mois, la caravane de l’ancien président Lula a été criblée de balles. Après son incarcération, en avril, un militant venu le soutenir a été blessé par des tirs. Puis ce furent les mots incendiaires de Jair Bolsonaro appelant, lors d’un de ses meetings, à fusiller les « petralhas », autre nom donné aux militants du parti des travailleurs (PT, gauche) de Lula. L’agression au couteau contre le candidat d’extrême droite marque une étape supplémentaire dans cette escalade hors de contrôle et fait mentir l’image de ce « pays cordial » que serait le Brésil.
Il reste à espérer que cet épisode dramatique opère comme un électrochoc. Et qu’il incite l’ensemble de la société brésilienne à trouver une solution démocratique à l’ensemble de ses maux. A ce stade, hélas ! cela semble relever du vœu pieux.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤ il est encore trop facile de publier des études annonçant des effets expérimentaux qui, en réalité, n’existent pas ou sont plus faibles qu’on ne l’a prétendu, explique dans sa chronique l’économiste Paul Seabright.
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Quand les chercheurs jugent « la fiabilité réelle des études scientifiques »

il est encore trop facile de publier des études annonçant des effets expérimentaux qui, en réalité, n’existent pas ou sont plus faibles qu’on ne l’a prétendu, explique dans sa chronique l’économiste Paul Seabright.



LE MONDE
 |    08.09.2018 à 10h30
    |

                            Paul Seabright (Professeur à l'Institut d'études avancées de Toulouse)








                        



                                


                            

Recherches. Quel crédit peut-on accorder aux études scientifiques publiées dans les revues les plus prestigieuses ? Même si leurs procédures de sélection sont les meilleures, même si le filtrage qu’elles ont mis en place est très efficace, il est toujours possible que des études soutiennent des hypothèses fausses et que personne ne les remette en question avant publication.
Depuis quelque temps, la communauté scientifique s’intéresse aux tentatives de reproduire des études déjà publiées. Le Reproducibility Project : Psychology a essayé de dupliquer 97 études en psychologie et a constaté, en 2015, que seules 36 % d’entre elles pouvaient être confirmées. L’Experimental Economics Replication Project a fait de même, en 2016, pour 18 études en économie expérimentale, avec un taux de confirmation de 61 % – plus élevé, mais loin d’être écrasant.
Une équipe de chercheurs vient de publier une duplication de 21 études phares en sciences sociales expérimentales, publiées entre 2010 et 2015 dans Nature et Science, les deux revues scientifiques les plus prestigieuses (« Evaluating the replicability of social science experiments in “Nature” and “Science” between 2010 and 2015 », par Colin F. Camerer et al., « Nature Human Behaviour Letters », 27 août 2018). L’une des particularités de ce projet est que la taille des échantillons utilisés pour la duplication est environ cinq fois plus grande que celle des échantillons des études d’origine, ce qui augmente sensiblement la fiabilité de la reproductibilité.
Des progrès nécessaires
Treize d’entre elles confirment, de façon statistiquement significative, les effets constatés dans l’expérience originale, soit un taux de 62 %. Mais l’ampleur de l’effet confirmé pour ces 13 études est inférieure de moitié à l’ampleur constatée dans la première étude !
Certes, il peut y avoir des faiblesses dans la mise en œuvre des tentatives de duplication. Mais, globalement,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤ « Veuve noire », « grand doigt », « balafre »… Dès son inauguration, en juin 1973, le premier gratte-ciel parisien a été vivement critiqué et n’a jamais connu de retour en grâce.
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La tour Montparnasse, la mal-aimée, va faire peau neuve

« Veuve noire », « grand doigt », « balafre »… Dès son inauguration, en juin 1973, le premier gratte-ciel parisien a été vivement critiqué et n’a jamais connu de retour en grâce.



LE MONDE
 |    08.09.2018 à 08h00
 • Mis à jour le
08.09.2018 à 10h06
    |

            Frédéric Joignot








                        



                                


                            

Je suis la ténébreuse, la veuve, l’inconsolée… Dès ma naissance, en juin 1973, ma sombre silhouette a suscité la polémique – et depuis, celle-ci n’a jamais cessé. Le 12 septembre 2013, pour me réhabiliter dans le cœur des Parisiens, on a fêté mes 40 ans en son et lumière. Cela n’a pas suffi. Maintenant que j’ai 45 ans, une équipe d’architectes s’attelle à ma métamorphose pour tenter de me faire aimer. Le récit de ma vie mérite d’être entendu. Sans moi, l’histoire de l’architecture parisienne, qui manque tant de hauteur, eût été différente…
Nous sommes en 1959, le général de Gaulle veut réformer la France et son premier ministre, Michel Debré, entend « moderniser la capitale à marche forcée ». Avec ses ruelles et ses maisonnettes de guingois, le vieux quartier Maine-Montparnasse est dans le collimateur. Une nouvelle gare, un vaste centre commercial, un Palais des congrès seront construits… et une grande tour de bureaux à l’américaine. Deux architectes sont pressentis pour m’imaginer, Raymond Lopez et Michel Holley, des admirateurs de Le Corbusier.
En février 1959, ils dessinent une « tour Antigone » élancée, inspirée par le siège de l’ONU à New York. Ils la présentent en mars au ministre de la culture, André Malraux. « Messieurs, leur dit-il avec emphase, Paris peut se réjouir ! La colline de Chaillot possède le Trocadéro, la place de l’Etoile l’Arc de triomphe, la butte Montmartre le Sacré-Cœur, Montparnasse aura son beffroi ! »
En fait de beffroi, je suis le premier gratte-ciel parisien. Balayant les objections de ceux qui ­affirment que je vais altérer le paysage et briser ses perspectives, Malraux s’emporte devant le Conseil général des bâtiments de France : « Selon la décision que vous allez prendre, il y aura ou il n’y aura pas à Paris, donc en France, une architecture contemporaine ! » La messe est dite.
« Ni joyeuse ni sensuelle »
Quatorze ans plus tard, je me dresse sur...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤ 79 % des jeunes Français âgés de 21 à 30 ans, et 73 % des trentenaires s’affirment désireux de s’expatrier, souligne Annie Kahn dans sa chronique.
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Pourquoi les Français « ont envie d’aller vivre ailleurs »

79 % des jeunes Français âgés de 21 à 30 ans, et 73 % des trentenaires s’affirment désireux de s’expatrier, souligne Annie Kahn dans sa chronique.



LE MONDE
 |    08.09.2018 à 08h00
 • Mis à jour le
08.09.2018 à 12h22
    |

            Annie Kahn








                        



                                


                            

Ma vie en boîte. Retour de vacances. Certains sont ravis de retrouver leurs pénates, qu’ils soient domestiques, ou professionnels. Retrouver ses habitudes, ses voisins de bureau, reprendre ses marques dans un univers familier. D’autres, au contraire, encore imprégnés du bonheur de découvrir de nouvelles cultures, de nouveaux paysages, d’autres modes de vie, rêvent de ne pas limiter l’expérience aux périodes de congé, mais de l’approfondir en s’expatriant, ne serait-ce que temporairement.
A l’échelle mondiale, tous actifs de tous pays confondus, la période ne leur est pas géopolitiquement favorable. Que l’on pense au Brexit, qui va limiter les possibilités de travailler en Angleterre. Ou à la politique nationaliste des Etats-Unis, hostile aux immigrés et donc à délivrance de visas de travail.
Selon une étude sur les souhaits de mobilité internationale menée auprès de 366 000 personnes en activité dans 197 pays, par le Boston Consulting Group (BCG) et publiée le 25 juin, le Royaume-Uni était ainsi la destination citée en premier par les travailleurs chinois désirant s’expatrier en 2014. Elle n’est plus qu’en septième position en 2018, l’Australie prenant la tête de ce classement. Mais, ceci expliquant peut-être cela, les candidats à l’expatriation sont aussi de moins en moins nombreux.
En France, le taux des candidats au départ reste cependant particulièrement élevé. L’étude du BCG en atteste. 79 % des jeunes Français âgés de 21 à 30 ans, et 73 % des trentenaires s’affirment désireux de s’expatrier. Alors que ces taux atteignent respectivement 61 % et 58 %, tous pays confondus. Deux pays partiellement francophones, la Suisse et le Canada, sont les deux destinations les plus prisées des Français, devant les Etats-Unis, l’Australie et le Royaume-Uni.
Les Français ne partent pas pour gagner plus
La multiplication d’opportunités d’étudier à l’étranger qui leur ont été offertes durant leur jeunesse a ouvert leur curiosité...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤ Pour le prix Nobel et ancien conseiller de Bill Clinton, la politique menée par le locataire de la Maison Blanche est désastreuse pour l’Américain ordinaire.
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Article sélectionné dans La Matinale du 07/09/2018
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Joseph Stiglitz : « La politique économique de Trump est conçue pour les ultra-riches »

Pour le prix Nobel et ancien conseiller de Bill Clinton, la politique menée par le locataire de la Maison Blanche est désastreuse pour l’Américain ordinaire.



LE MONDE
 |    08.09.2018 à 06h33
 • Mis à jour le
08.09.2018 à 10h50
    |

                            Samuel Fitoussi








                        



                                


                            

Professeur d’économie à l’université Columbia, Joseph Stiglitz a dirigé les conseillers économiques du président Clinton (1995-1997), avant d’être chef économiste de la Banque mondiale (1997-2000). En 2001, il a reçu le prix Nobel d’économie pour ses travaux sur l’asymétrie d’information sur les marchés imparfaits. Il a publié de nombreux ouvrages dont La Grande Désillusion (Fayard, 2002) ou plus récemment, L’Euro : comment la monnaie unique menace l’avenir de l’Europe (éd. Les Liens qui libèrent, 2016).
Depuis l’élection de Donald Trump, le S&P 500, indice basé sur les 500 plus grandes sociétés cotées aux Etats-Unis a augmenté de 33 % pour atteindre son plus haut niveau historique, le taux de chômage est bas, et celui de la croissance, annualisée, atteint plus de 4 %. Finalement, Trump, ça marche ?
La bonne santé de l’économie américaine n’est pas à mettre au crédit de Donald Trump. Premièrement, il bénéficie de la reprise économique qui a débuté sous Barack Obama. Deuxièmement, il a fait exploser le déficit budgétaire en augmentant la dépense publique et en baissant les impôts, ce qui, naturellement, crée de la croissance à court terme. En France, un choc fiscal de cette ampleur, qui a vu le déficit public américain passer de 3 % à presque 6 % du produit intérieur brut (PIB), n’aurait même pas été autorisé par les traités européens.
Troisièmement, si les cours de la Bourse ont tant augmenté, c’est surtout parce que les impôts sur les sociétés ont beaucoup baissé, ce qui a augmenté les valeurs des entreprises. Enfin, si on compare la situation aux Etats-Unis depuis l’élection de Trump avec celle des autres pays de la région, on se rend compte qu’elle n’a rien d’exceptionnel. Par exemple, entre 2016 et 2017, la croissance a davantage augmenté au Canada qu’aux Etats-Unis.

En faisant exploser le déficit public, Trump déplace le fardeau de la charge fiscale sur les générations futures. Sa...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤ Mesurer le phénomène selon différents critères – revenu, consommation, ressenti – permet de dépasser les représentations courantes, et en particulier la dichotomie entre actifs et « assistés », démontre le sociologue Nicolas Duvoux dans une tribune au « Monde ».
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Pauvreté : de quoi et de qui parle-t-on ?

Mesurer le phénomène selon différents critères – revenu, consommation, ressenti – permet de dépasser les représentations courantes, et en particulier la dichotomie entre actifs et « assistés », démontre le sociologue Nicolas Duvoux dans une tribune au « Monde ».



LE MONDE
 |    08.09.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
08.09.2018 à 11h33
    |

Nicolas Duvoux (Sociologue)







                        



                                


                            

Tribune. La pauvreté est une notion complexe, en général appréhendée par le biais d’un « seuil » dont la définition ne fait pas consensus. Dans la plupart des pays non-européens, c’est la notion de pauvreté « absolue » qui prévaut, la pauvreté étant pensée en fonction de la capacité à satisfaire un certain nombre de besoins considérés comme des minimums vitaux.
La Banque mondiale retient par exemple un seuil d’extrême pauvreté de 1,90 dollar par jour, tandis que les Etats-Unis font passer la ligne de pauvreté à 25 100 dollars par an pour une famille de quatre personnes. En Europe, la définition de la pauvreté est aussi essentiellement fondée sur le revenu, mais c’est plutôt la notion de « pauvreté relative » qui prédomine, basée sur l’idée selon laquelle sa délimitation varie en fonction de la société dans laquelle on vit.
En France, est considéré comme pauvre tout individu vivant dans un ménage dont le niveau de vie est inférieur à 60 % du niveau de vie médian (1 015 euros par mois pour une personne isolée en 2015, soit 14,2 % de la population). D’après cette définition, le taux de pauvreté a reculé d’à peine 4 points au cours des cinquante dernières années. Plus significatives, peut-être, sont les évolutions qualitatives de la pauvreté : comme dans l’ensemble des pays développés, celle-ci s’est déplacée vers les jeunes, les familles monoparentales et les populations urbaines.

La pauvreté touche aujourd’hui de manière disproportionnée les enfants (19,9 %), les jeunes adultes (25,2 % des 18-24 ans) et les familles monoparentales (34,9 %). Très exposées au cours de la période des « trente glorieuses », les personnes âgées et retraitées apparaissent aujourd’hui relativement épargnées par ce type de pauvreté, grâce aux retraites dont les montants, quoique relativement modestes (en 2016, la pension de droit direct s’élevait en moyenne à 1 294 euros par mois), offrent un niveau de vie souvent supérieur au seuil de pauvreté...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤ Plusieurs centaines de lecteurs ont écrit au médiateur du « Monde », Franck Nouchi, pour regretter que leur journal en ait « trop fait » sur ce scandale. Autre interrogation : fallait-il parler d’« affaire d’Etat » ?
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« Le Monde » a-t-il surjoué l’affaire Benalla ?

Plusieurs centaines de lecteurs ont écrit au médiateur du « Monde », Franck Nouchi, pour regretter que leur journal en ait « trop fait » sur ce scandale. Autre interrogation : fallait-il parler d’« affaire d’Etat » ?



LE MONDE
 |    08.09.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
08.09.2018 à 11h11
    |

                            Franck Nouchi (Médiateur du Monde)








                        



                                


                            

Durant l’été, vous avez été très nombreux à m’écrire à propos de l’affaire Benalla. Au total, plusieurs centaines de lettres et de courriels, souvent critiques, voire très critiques à l’encontre du Monde. Préférant ne pas réagir sur l’instant, j’ai volontairement laissé passer cette vague de protestations. A présent que le calme est revenu – et sachant très bien que cette chronique risque de réamorcer le flot des commentaires –, me voilà mis en demeure d’examiner, pour l’essentiel, deux questions : Le Monde en a-t-il trop fait ? A-t-on eu tort de qualifier ce scandale d’« affaire d’Etat » ?
L’affaire débute, dans Le Monde du 20 juillet, par un scoop d’Ariane Chemin. Son article est titré : « Un proche de Macron mis en cause pour violences ». En sous-titre, on lit : « Alexandre Benalla, chargé de mission à l’Elysée, a frappé à terre un manifestant, le 1er mai à Paris. » S’ensuivront, jusqu’à la pause estivale de la commission d’enquête sénatoriale, 106 articles publiés dans le quotidien et sur le site du Monde, auxquels s’ajoutent 77 autres articles publiés exclusivement sur Lemonde.fr.
Visiblement, pour beaucoup d’entre vous, c’était trop. Beaucoup trop. Avant de vous donner la parole, je voudrais rappeler ceci : vos courriels ont, pour la plupart, été écrits « à chaud ». Vous ne bénéficiiez donc pas du recul dont je dispose aujourd’hui. Si j’en cite certains, c’est, outre leur intérêt propre et les critiques qu’ils formulent à notre endroit, qu’ils sont significatifs des rapports que certains d’entre vous entretiennent avec notre journal. Je précise que j’ai volontairement mis de côté les nombreuses lettres de félicitation nous encourageant à poursuivre notre travail de mise au jour de faits qui, sans le travail de la presse, seraient restés inconnus.
« “Le Monde” a accordé une place démesurée à l’affaire »
Pour commencer, voici un lecteur au ton mesuré,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤ Dans sa chronique au « Monde », l’économiste met en garde contre le fait que des coalitions similaires à celle au pouvoir en Italie ne se généralisent un jour, y compris en France.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 08/09/2018
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Thomas Piketty : « Il est temps pour l’Europe de démontrer aux classes populaires qu’elle est la plus apte à les défendre »

Dans sa chronique au « Monde », l’économiste met en garde contre le fait que des coalitions similaires à celle au pouvoir en Italie ne se généralisent un jour, y compris en France.



LE MONDE
 |    08.09.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
09.09.2018 à 14h56
    |

                            Thomas Piketty (Directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales, Ecole d’économie de Paris)








                        



                                


                            

Chronique. Depuis le printemps, l’Italie est gouvernée par une étrange coalition social-nativiste, regroupant le Mouvement 5 étoiles (M5S), parti antisystème et antiélites, inclassable dans les typologies gauche-droite habituelles, mais dont l’un des leitmotivs est la création d’un revenu de base, et la Lega, l’ancienne Ligue du Nord, mouvement régionaliste et anti-impôts, maintenant reconverti en parti nationaliste spécialisé dans la chasse aux étrangers.
On aurait bien tort de mettre cet attelage étonnant sur le compte de l’exotisme italien. En réalité, tous les gouvernements européens partagent une responsabilité dans l’émergence de ce type de coalition, aussi désespérée qu’incohérente. Si l’on n’y prend garde, le cauchemar social-nativiste italien pourrait très vite nous concerner de près, d’abord par ses conséquences européennes, et ensuite parce qu’il n’est pas exclu que des coalitions similaires puissent un jour se généraliser dans d’autres pays, y compris en France.
Résumons. Le M5S fait ses plus gros scores dans les catégories populaires du sud du pays et parmi les déçus de tous les partis, séduits par les promesses sur le social et le développement des régions délaissées. La Lega attire des voix populaires anti-immigrés, surtout dans le nord, où le parti conserve aussi un socle de cadres et d’indépendants antipercepteurs.
Une coalition avait un moment été envisagée entre le M5S et le PD (Parti démocrate, regroupant les anciens partis de gauche, et maintenant situé quelque part entre le centre gauche et le centre droit, on ne sait plus trop), mais ce dernier a finalement refusé, préférant miser sur l’échec des populistes.
Revenu de base et « flat tax »
Le M5S et la Lega se sont alors accordés sur un programme fondé sur la mise en place du revenu de base prôné par le M5S (qui pourrait ressembler au revenu de solidarité active à la française) et de la « flat tax » défendue par la Lega, c’est-à-dire un impôt...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤ Pendant plus de dix ans, Theranos a été l’une des vitrines de la Silicon Valley. Lundi, elle va, cependant, entamer son processus de dissolution.
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-17"> ¤ L’avocate fiscaliste Manon Laporte s’élève contre les conséquences négatives des réformes en cours pour les revenus des auteurs et artistes.
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« Les auteurs ont besoin d’une réelle avancée qui leur redonne une juste valeur, financière et morale »

L’avocate fiscaliste Manon Laporte s’élève contre les conséquences négatives des réformes en cours pour les revenus des auteurs et artistes.



LE MONDE
 |    07.09.2018 à 16h16
    |

Manon Laporte (Avocate fiscaliste)







                        



                                


                            

Tribune. Tous les auteurs se souviennent du discours d’Emmanuel Macron à la Foire du Livre de Francfort, le 10 octobre 2017, et de sa promesse de peser sur le débat européen quant à la question du droit d’auteur et des droits des auteurs, objets de la directive européenne en cours de discussion au Parlement de Strasbourg.
Or, une réforme du régime social des auteurs, initiée sous François Hollande, entrera en vigueur, en France, le 1er janvier 2019. Permettra-t-elle de récompenser les efforts des écrivains, artistes, compositeurs, photographes, pour « porter par [leurs] imaginaires » l’« Europe de la culture » évoquée par le successeur du président Hollande ?

Les auteurs, comme tous les Français, ont subi la hausse de la CSG au 1er janvier 2018. Une compensation est prévue sous forme d’une déduction, financée par le ministère de la Culture, des cotisations perçues par l’Association pour la gestion de la sécurité sociale des auteurs et la Maison des auteurs (Agessa-MDA) égale à 0,95 % des revenus. Mais celle-ci n’est pas encore mise en pratique.
Une nouvelle perte de revenus
De plus, à partir du 1er janvier 2019, la réforme du régime des retraites et, dans leur cas, le prélèvement automatique des cotisations retraite à hauteur de 6,90 % au moment du versement de leurs droits (précompte), leur fera subir une nouvelle perte de revenus alors qu’ils en étaient pour la plupart exonérés du fait de leur appartenance à un régime spécial. Il y a même un risque de « double peine » en 2019 avec le rattrapage des cotisations de 2018 et le prélèvement des cotisations sur les précomptes 2019, voire de « triple peine » pour les auteurs déjà retraités qui cotiseront sans jamais bénéficier de cette retraite – mesure d’ailleurs contraire au droit constitutionnel.
Si l’idée d’un système social plus égalitaire, défendue par le gouvernement, est bonne, il convient de l’adapter au statut particulier qu’est celui d’auteur
A...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-18"> ¤ Le renoncement du ministre de l’écologie doit provoquer un choc dans les consciences si nous voulons éviter le probable effondrement de nos sociétés, écrit un collectif dans une tribune au « Monde ».
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Démission de Nicolas Hulot : « Preuve est faite que la voie de la négociation et de la réforme est une impasse »

Le renoncement du ministre de l’écologie doit provoquer un choc dans les consciences si nous voulons éviter le probable effondrement de nos sociétés, écrit un collectif dans une tribune au « Monde ».



LE MONDE
 |    07.09.2018 à 15h33
 • Mis à jour le
07.09.2018 à 15h53
    |

Sarah Kilani (Médecin hospitalier), Nicolas Gonzales (Professeur de sciences économiques et sociales) et Pablo Servigne (Ingénieur agronome et cher...







                        



                                


                            

Tribune. Trop occupés à railler Nicolas Hulot et à psychiatriser son cas, les éditorialistes des chaînes d’information en continu, ceux qui de nos jours font l’opinion, passent à côté de l’essentiel : ils ne semblent pas même entr’apercevoir la gravité extrême de la situation. La démission de Nicolas Hulot est la manifestation d’un constat très grave d’impuissance de la part d’un ministre d’Etat venu pourtant pour négocier et réformer, et non renverser la table.
Un homme et même un gouvernement ne peuvent transformer seuls des structures aussi puissantes, soutenues par des intérêts divergents de ceux de l’humanité, très organisées et omniprésentes dans les sphères du pouvoir
Face aux premiers effets dramatiques du dérèglement climatique, à l’emballement incontrôlable qui s’annonce et qui a déjà commencé, face à l’effondrement de la biodiversité et à la responsabilité humaine quant à l’ensemble de ces processus, la survie de notre espèce d’ici à la fin de siècle, et nos conditions d’existence à court terme, dépendent de notre capacité à refuser l’indifférence, le cynisme, la fatalité, pour enfin penser et agir pour la transition vers un monde résilient. Cette démission doit urgemment amener chacun à s’arracher à ses certitudes, plutôt que d’accepter le défilé des moqueries, des rancœurs, des politicailleries et des haussements d’épaules.
Un homme et même un gouvernement ne peuvent transformer seuls des structures aussi puissantes, soutenues par des intérêts divergents de ceux de l’humanité, très organisées et omniprésentes dans les sphères du pouvoir. Avec la démission de Hulot, preuve est faite que la voie de la négociation et de la réforme est une impasse. Ceux qui sont réellement conscients que la situation écologique est absolument catastrophique en viennent désormais à penser que de ce côté, nous avons tout essayé.
Situation gravissime
Si les populations ne prennent pas la mesure gravissime de la situation dans les...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤ En réponse à la tribune de Sammy Ketz, directeur du bureau de l’AFP à Bagdad, publiée dans « Le Monde » du 28 août, Giuseppe de Martino, responsable d’un média en ligne, s’oppose à la création de cette rémunération des éditeurs de presse.
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Directive sur les droits d’auteur : « Le “droit voisin” est une hydre à multiples têtes »

En réponse à la tribune de Sammy Ketz, directeur du bureau de l’AFP à Bagdad, publiée dans « Le Monde » du 28 août, Giuseppe de Martino, responsable d’un média en ligne, s’oppose à la création de cette rémunération des éditeurs de presse.



LE MONDE
 |    07.09.2018 à 14h00
    |

Giuseppe de Martino (Président de l’Association des services Internet communautaires (ASIC) et du média en ligne Loopsider)







                        



                                


                            
Tribune. Avec le vote au Parlement européen le 12 septembre du projet de directive sur les droits d’auteur, l’intense lobbying des industries culturelles revoit le jour. S’inquiétant pour la démocratie, plusieurs médias et journalistes appellent à créer un droit voisin au profit des éditeurs de presse. Et si cela provoquait l’effet inverse ?
Selon ces industries, la démocratie serait en danger. Ainsi, à l’appel de l’AFP, plusieurs journalistes ont demandé aux parlementaires européens d’adopter une proposition de directive relative aux droits d’auteur qui prévoit, entre autres choses, de créer un droit voisin au profit des éditeurs de presse. Ce droit voisin viendrait taxer les divers agrégateurs, moteurs de recherche ou réseaux sociaux, du fait de la seule indexation des contenus publiés par les sites de presse en ligne – et cela malgré l’impact positif que ces intermédiaires ont sur le trafic drainé vers lesdits sites.

A y regarder de plus près, plusieurs questions peuvent légitimement se poser. Tout d’abord au niveau de la méthode. Avant d’être relayée par tous les grands quotidiens nationaux, la tribune signée par plusieurs journalistes fait suite à des discussions entre ces journalistes et la direction de l’AFP, comme l’indiquait la députée européenne Julia Reda [unique députée du Parti pirate, hostile à la proposition de la directive].
Lobbying
Comme toute entreprise, l’AFP demeure libre de faire un lobbying en faveur d’une disposition qui pourrait lui être favorable, de la même manière que certains quotidiens nationaux. A l’heure de la lutte contre la désinformation, cela interroge néanmoins sur la transparence de ces actions. Afin de garantir une démocratie, ces médias ne devraient-ils pas rappeler, lors du traitement journalistique de la question, qu’ils font activement un lobbying en faveur de telle ou telle disposition ?
le droit voisin n’a pas vocation à bénéficier aux journalistes qui sont titulaires...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤ Faut-il voir dans les débordements semblables à ceux de Chemnitz de simples dérapages idéologiques ou la manifestation d’expressions agressives propres à certaines sociétés fermées d’hommes jeunes ? C’est l’analyse inédite proposée par de nombreuses études récentes.
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Des suprémacistes blancs aux terroristes islamistes, une violence de jeunes hommes

Faut-il voir dans les débordements semblables à ceux de Chemnitz de simples dérapages idéologiques ou la manifestation d’expressions agressives propres à certaines sociétés fermées d’hommes jeunes ? C’est l’analyse inédite proposée par de nombreuses études récentes.



LE MONDE
 |    07.09.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
07.09.2018 à 16h39
    |

            Frédéric Joignot








                        



                                


                            
Rapport d’étonnement. Ce sont dans leur immense majorité des hommes – souvent jeunes. Cela frappe en regardant les photos des manifestants néonazis et d’extrême droite qui ont attaqué la police et les contre-manifestants, les 26 et 27 août, dans la ville saxonne de Chemnitz ­(Allemagne), à la suite du meurtre à coups de couteau d’un Allemand d’origine cubaine pour lequel deux suspects, un Irakien et un Syrien, ont été arrêtés.
Le dimanche, 800 personnes se regroupaient, pour la plupart des hooligans des clubs de football locaux et des militants ultranationalistes, criant « Nous sommes le peuple ! ». Une centaine d’entre eux ont harcelé les policiers, multiplié les saluts nazis, d’autres ont fait la chasse à tous ceux qui pouvaient ressembler à des étrangers. C’était tous des hommes.

Le lendemain, à l’appel du parti d’extrême droite légaliste AfD (Alternative für Deutschland), bien implanté dans l’est du pays et en Saxe, de l’association ultranationaliste Pro Chemnitz, du mouvement Pegida, qui dénonce l’islamisation de l’Allemagne, et des néonazis de Der III. Weg, 6 000 personnes sont descendues dans la rue pour ­conspuer la politique migratoire d’Angela Merkel. ­Rappelons que plusieurs attaques au couteau (à Lübeck, à Wuppertal…) ont été perpétrées ces deux dernières ­années par des demandeurs d’asile.
Chasses collectives
Une fois encore, des bandes de manifestants extrémistes et de hooligans du groupe Kaotic Chemnitz ont affronté la police, criant leur haine de tous les étrangers. Tous des hommes encore. Les images de ces chasses collectives et de ces cortèges furieux ont choqué en Allemagne, où toute résurgence du passé nazi inquiète, mais où l’on ­déteste aussi que l’ordre légitime soit défié.

C’est ainsi que ­Reinhard Müller, éditorialiste au quotidien conservateur Frankfurter Allgemeine, a pu écrire le 27 août : « La frontière entre la civilisation et la barbarie est mince. (…)...




                        

                        

