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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-1"> ¤ Le scorbut, pathologie associée aux grandes expéditions maritimes historiques, est dû à une carence profonde et prolongée en vitamine C.
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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-2"> ¤ A Paris, la statue de saint Antoine de Padoue, de l’église Saint-Germain-des-Prés, est recouverte de prières écrites. Les responsables des lieux tentent d’encadrer cette pratique, qui perdure, entre piété populaire et superstition.
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Graffitis votifs sur les statues des saints

A Paris, la statue de saint Antoine de Padoue, de l’église Saint-Germain-des-Prés, est recouverte de prières écrites. Les responsables des lieux tentent d’encadrer cette pratique, qui perdure, entre piété populaire et superstition.



LE MONDE
 |    09.09.2018 à 10h00
 • Mis à jour le
09.09.2018 à 17h03
    |

                            Antoine Flandrin








                        



                                


                            

En images. A Saint-Germain-des-Prés, l’une des cinq églises les plus visitées de Paris, la statue de saint ­Antoine de Padoue est recouverte de graffitis. Gravées ou écrites au feutre, ces inscriptions en plusieurs langues sont surtout des demandes de protection. Certains s’adressent au saint : « Please keep my children safe and healthy » (« S’il vous plaît gardez mes enfants en sécurité et en bonne santé »). D’autres ­entourent d’un cœur les prénoms des êtres qui leur sont chers.
Des vœux sont formulés : « Bac et Beaux-Arts » sur la manche de la statue. Requis pour retrouver des biens perdus, matériels ou spirituels, saint Antoine est également remercié : « I thank you for helping me find what is lost. The Larson family » (« Je vous ­remercie de m’aider à retrouver ce qui est perdu »). Enfin, on trouve des tags et des messages incohérents.
Certains graffitis sont datés de 2016, de 2007, d’autres de 1992. « Dans les années 2000, c’était surtout la statue de sainte Rita, la patronne des causes désespérées, qui était ­recouverte de signatures. Elle a été nettoyée, mais très légèrement », explique Jacques ­Lacoste qui y assure des visites guidées ­depuis une quinzaine d’années.
Pour Clara Lamireau-Meyer, qui a soutenu une thèse d’ethnologie à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS), en 2009, sur les écritures votives dans les lieux de culte catholiques parisiens, la persistance de cette pratique à l’église Saint-Germain-des-Prés s’explique par la forte attractivité touristique du lieu et par le fait que ces statues en plâtre, non notables d’un point de vue artistique, ne sont pas surveillées.
« Des vœux exaucés plus vite »
L’équipe d’accueil composée de laïcs, de religieux et du sacristain considère ces graffitis votifs comme une forme de piété populaire, voire de superstition. « Nous respectons cette pratique, mais nous essayons de l’encadrer, observe...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-3"> ¤ RATP Dev espère rafler 100  millions d’euros de chiffre d’affaires à sa rivale en  2019.
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Transport public : la RATP vient défier Keolis-SNCF sur ses terres du Grand Ouest

RATP Dev espère rafler 100  millions d’euros de chiffre d’affaires à sa rivale en  2019.



LE MONDE
 |    08.09.2018 à 11h00
    |

                            Éric Béziat








                        



                                


                            

Cap à l’ouest ! Après avoir conquis Vannes en 2017, Lorient en 2018, RATP Dev se verrait bien vainqueur à Brest en 2019. La filiale de la célèbre régie du métro parisien remettra début octobre une proposition chiffrée à la métropole de Brest pour être opérateur du réseau Bibus de l’agglomération bretonne, un marché de 40 millions d’euros détenu depuis des décennies par la SNCF, par l’intermédiaire de sa filiale de transport public urbain Keolis.
Un match SNCF-RATP pour savoir qui va faire fonctionner une vingtaine de lignes de bus, une ligne de tramway et un téléphérique urbain dans le Finistère, voilà de quoi surprendre. Rien de plus banal en réalité. Les appels du transport public des villes françaises sont en effet fréquemment le théâtre d’un jeu à trois acteurs : une rude concurrence à laquelle se livrent les deux leaders Keolis et Transdev (filiale de la Caisse des dépôts), et le challenger RATP Dev.
« RATP Dev ? Quand ils vous tiennent, ils ne vous lâchent pas », dit Pierre Le Bodo, président centriste de Golfe du Morbihan-Vannes agglomération, se remémorant sourire aux lèvres les âpres négociations de 2016, lorsque la filiale de la régie parisienne a raflé à Transdev le marché des transports publics de la métropole morbihannaise que l’opérateur sortant gérait pourtant depuis quarante ans.
Une sélection attentive des cibles
C’est que la petite nouvelle a très faim. Créée par sa maison mère ex nihilo il y a quinze ans pour pouvoir se développer hors région parisienne, RATP Dev a une feuille de route ambitieuse. L’entreprise, dirigée par une femme, Laurence Batlle, génère aujourd’hui 1,2 milliard d’euros de chiffre d’affaires (contre 6,6 et 5,4 pour Transdev et Keolis) et a pour objectif d’atteindre les 2,2 milliards en 2022.
Dans ce contexte, RATP Dev a décidé de faire du Grand Ouest une terre de conquêtes. Or, l’entreprise parisienne vient planter ses petits drapeaux sur un territoire où Keolis-SNCF est solidement...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-4"> ¤ La Maison de la Nouvelle-Calédonie aide 350 jeunes Français issus de ce territoire, notamment pour remplir des formulaires pas vraiment adaptés à leur situation.
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L’atterrissage périlleux des étudiants calédoniens en métropole

La Maison de la Nouvelle-Calédonie aide 350 jeunes Français issus de ce territoire, notamment pour remplir des formulaires pas vraiment adaptés à leur situation.



LE MONDE
 |    08.09.2018 à 10h12
 • Mis à jour le
08.09.2018 à 10h54
    |

            Patrick Roger








                        



                                


                            
Ils ont débarqué la veille à l’aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle et bon nombre d’entre eux, ce vendredi 31 août, n’ont pas encore récupéré des 22 heures de vol et des 9 heures de décalage horaire avec la Nouvelle-Calédonie. Sans parler du choc que représente l’arrivée dans la capitale, que la plupart abordent pour la première fois, avant de rejoindre leurs lieux d’études respectifs.
Avant de s’éparpiller, ces seize étudiants calédoniens originaires, concernant ce groupe, de la province Sud, vont être pris en charge pendant deux jours à Paris par la Maison de la Nouvelle-Calédonie (MNC), installée dans le quartier de l’Opéra. Cette année, ce sont environ 350 étudiants venus de ce lointain territoire du Pacifique de 270 000 habitants qui vont ainsi être accueillis, guidés et suivis dans leurs démarches pour faciliter leur intégration.
« On nous considère comme des étrangers »
« Notre priorité, c’est de leur éviter toute mise en danger », explique Agnès Siraut, la responsable du service étudiant de la MNC. Aucun des nouveaux arrivants ne sera de toute façon « lâché dans la nature » tant qu’il n’aura pas de logement. Avant cela, il va falloir d’abord avancer dans les démarches administratives. Loin d’être une formalité. Car les étudiants calédoniens ne peuvent pas remplir certains formulaires comme d’autres jeunes Français. Ce n’est pas le moindre des paradoxes en cette année où la population calédonienne doit se prononcer par voie de référendum sur son indépendance ou son maintien dans le giron tricolore.
Cela commence par les documents d’inscription dans les établissements universitaires. A la case nationalité, si le demandeur coche « française », il passe directement à la ligne suivante pour donner son numéro de Sécurité sociale. Impossible pour un jeune Calédonien, dont le territoire est doté d’une caisse autonome, la Cafat. Il va donc lui falloir s’enregistrer sous l’intitulé « Union européenne » s’il veut aller...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-5"> ¤ Dans les cabinets médicaux, l’arrêt-maladie est l’objet de négociations. Patients qui refusent, patients qui réclament… Des médecins racontent.
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Arrêts-maladie : « Je dois régulièrement me battre avec des patients pour les arrêter »

Dans les cabinets médicaux, l’arrêt-maladie est l’objet de négociations. Patients qui refusent, patients qui réclament… Des médecins racontent.



LE MONDE
 |    08.09.2018 à 09h55
 • Mis à jour le
08.09.2018 à 18h11
    |

            François Béguin








                        



                                


                            

Les médecins ont senti le vent tourner. Après avoir envisagé cet été de faire payer aux employeurs une partie du coût des arrêts-maladie de courte durée, c’est désormais vers eux que le gouvernement s’est mis à regarder pour tenter d’endiguer la hausse régulière du montant des indemnités journalières. Un poste qui a dépassé en 2016 pour la Sécurité sociale les 7,1 milliards d’euros au titre des seuls arrêts-maladie (hors accidents du travail), en hausse de 15 % par rapport à 2010.
Cette explosion des dépenses a fait peser sur ces professionnels de santé le soupçon de distribuer des arrêts de façon légère, voire abusive. Interrogés sur leurs pratiques, des médecins décrivent pourtant des patients réticents à accepter ceux de courte durée, qui représentent près de la moitié des arrêts de travail (46 %) et seulement 4 % de la dépense totale des indemnités journalières.
« L’arrêt-maladie ne va pas de soi, je dois régulièrement me battre avec des patients pour les arrêter », raconte Julie Mazet, médecin généraliste à Annemasse (Haute-Savoie) et secrétaire générale de la branche généraliste de la Confédération des syndicats médicaux français. « On voit tous les jours dans nos cabinets des gens qui ne veulent pas être arrêtés, c’est notre réalité quotidienne », décrit Jean-Louis Bensoussan, généraliste à Castelmaurou (Haute-Garonne) et secrétaire général de MG France, le premier syndicat de généralistes.
Crainte d’une perte de salaire
Chaque prescription d’arrêt est même une « négociation » avec le patient, témoigne Marie Brosset, médecin généraliste en Bretagne et porte-parole du syndicat de jeunes médecins Reagjir. La réticence à accepter un arrêt est souvent directement liée à la taille de l’entreprise. La médecin l’explique ainsi : « Si c’est une petite boîte, que le patient est investi dans son boulot, il va tout faire pour ne pas s’arrêter, alors que c’est accepté plus facilement par les salariés des grosses...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-6"> ¤ La Cour de cassation va tenir compte de l’analyse du Comité des droits de l’homme de l’ONU sur l’affaire de la crèche Baby-Loup dont une employée voilée avait été licenciée.
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La jurisprudence sur le port du voile en France pourrait évoluer

La Cour de cassation va tenir compte de l’analyse du Comité des droits de l’homme de l’ONU sur l’affaire de la crèche Baby-Loup dont une employée voilée avait été licenciée.



LE MONDE
 |    08.09.2018 à 09h41
 • Mis à jour le
08.09.2018 à 10h12
    |

            Jean-Baptiste Jacquin








                        



   


La France n’en a pas fini avec les suites de l’« affaire Baby-Loup ». La révélation fin août de la décision du Comité des droits de l’homme des Nations unies sur cette crèche associative a suscité un débat sur son éventuelle portée. Ce comité d’experts indépendants a livré le 10 août des « constatations » à l’opposé de ce que la justice française a dit sur le licenciement en 2008 pour faute grave de la directrice adjointe de l’établissement qui avait refusé d’enlever le foulard islamique.
La justice française, par la voie de la Cour de cassation, avait définitivement tranché ce dossier en juin 2014 et validé ce licenciement, estimant qu’il ne résultait d’aucune discrimination religieuse mais de l’application du règlement interne qui imposait la neutralité à ses salariés.
Le Comité des droits de l’homme n’est pas une instance juridictionnelle et ses décisions ne s’imposent donc pas à la France en droit. Il a été créé pour s’assurer de la mise en œuvre du pacte de l’ONU sur les droits civils, en vigueur depuis 1976, et dont la France est signataire. Les juristes qui le composent ne jugent pas les affaires dont des particuliers peuvent les saisir, mais font des « constatations » après avoir donné la parole aux différentes parties. Politiquement, la France peut néanmoins difficilement ignorer une telle décision qui lui reproche de ne pas respecter un pacte international qui l’engage.
Surtout, la Cour de cassation va tenir compte de cette interprétation divergente du droit. Le premier président de la plus haute juridiction du pays, Bertrand Louvel, en a officiellement averti les magistrats du siège et du parquet lundi 3 septembre.
« Pas une mesure proportionnée à l’objectif recherché »
Lors du discours protocolaire d’installation de nouveaux magistrats à la Cour de cassation, M. Louvel a souligné que le Comité des droits de l’homme des Nations Unies « a constaté que notre assemblée plénière elle-même avait méconnu des droits fondamentaux reconnus par le Pacte international des droits civils et politiques dans l’affaire connue sous le nom de Baby Loup ». Et de poursuivre : « Même si cette constatation n’a pas, en droit, de force contraignante, l’autorité qui s’y attache de fait constitue un facteur nouveau de déstabilisation de la jurisprudence qui vient perturber, aux yeux des juges du fond, le rôle unificateur de notre Cour, qui plus est au niveau le plus élevé de son assemblée plénière. »
Autrement dit, la justice devra se prononcer sur les situations qui lui sont soumises à la lumière des lois françaises, assez restrictives sur le port de signes religieux, de la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l’homme et de la Cour de justice de l’Union européenne, reconnaissant à la France une marge de manœuvre dans la conciliation du principe républicain de laïcité et du principe de liberté religieuse, et donc désormais de l’analyse du Comité de l’ONU.
Concrètement, le Comité de l’ONU ne remet pas en cause la possibilité pour une entreprise d’imposer une neutralité religieuse à ses salariés, dès lors que l’activité le justifie et que les modalités d’application de cette mesure sont proportionnées. Mais il estime que « le port d’un foulard ne saurait en soi être considéré comme constitutif d’un acte de prosélytisme » et que la restriction imposée par la crèche Baby-Loup « n’est donc pas une mesure proportionnée à l’objectif recherché ». Il souligne en effet que la justice française n’a pas démontré dans cette affaire en quoi « le port d’un foulard par une éducatrice de la crèche porterait une atteinte aux libertés et droits fondamentaux des enfants et des parents la fréquentant ».
La question est de savoir si les juges chercheront dans leurs motivations à faire cette démonstration qui a fait défaut dans le dossier Baby-Loup, où si l’interprétation des lois sur les signes religieux va connaître un bouleversement.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-7"> ¤ Piotr Pavlenski est en détention provisoire depuis onze mois pour avoir incendié les grilles de la Banque de France. Pour une « performance » similaire en Russie, les sept mois de prison du dissident avaient alors ému la presse internationale.
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L’artiste qui ne demande pas à sortir de prison

Piotr Pavlenski est en détention provisoire depuis onze mois pour avoir incendié les grilles de la Banque de France. Pour une « performance » similaire en Russie, les sept mois de prison du dissident avaient alors ému la presse internationale.



LE MONDE
 |    08.09.2018 à 09h37
    |

            Jean-Baptiste Jacquin








                        



                                


                            
Depuis bientôt onze mois, Piotr Pavlenski, artiste russe opposant à Vladimir Poutine, est en détention provisoire à la prison de Fleury-Mérogis (Essonne). La relative indifférence qui entoure sa situation tranche avec l’émotion qu’avait suscitée dans la presse internationale sa détention pendant seulement sept mois en Russie pour une « performance artistique » similaire.
Dans la nuit du 15 au 16 octobre 2017, il a mis le feu aux grilles de l’agence de la Banque de France de la place de la Bastille à Paris, dans une geste artistique qu’il nomme « Eclairage » et qu’il justifiait dans un communiqué contre « les banquiers [qui] ont pris la place des monarques ». Deux ans plus tôt, il avait enflammé les portes de la Loubianka, le siège des services de sécurité russes, le FSB, héritier du KGB soviétique. Selon lui, ces « portes de l’enfer » symbolisent la peur qui « transforme les hommes libres en une masse gluante ».
Est-ce un dangereux pyromane dont il faut protéger la société française ou un artiste engagé politiquement privé de sa liberté d’expression ? Ce Russe de 34 ans a gagné une notoriété internationale en défiant les autorités de Moscou par des performances spectaculaires. En 2012, en soutien aux Pussy Riot, emprisonnées après avoir chanté un couplet anti-Poutine dans une église, M. Pavlenski se coud les lèvres et se plante devant la cathédrale de Saint-Pétersbourg. En mai 2013, il s’expose nu, enroulé dans du fil de fer barbelé pour protester contre des lois liberticides, qui, « comme ces barbelés, retiennent les gens dans leur enclos individuel ». La même année, il se cloue les testicules au sol devant le Kremlin dans une « métaphore de la passivité (…) et du fatalisme de la société russe ».
Après une mobilisation internationale et sept mois de détention provisoire pour sa mise à feu des portes du FSB, le dissident russe ne sera finalement condamné qu’à une simple amende pour...




                        

                        


<article-nb="2018/09/09/19-8">
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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-8"> ¤ Les services d’accueil lancent un cri d’alarme après que deux femmes et leurs nouveau-nés se sont retrouvés à la rue à la sortie de la maternité, le 29 août.
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En Seine-Saint-Denis, le 115 désemparé face aux « bébés sans-abri »

Les services d’accueil lancent un cri d’alarme après que deux femmes et leurs nouveau-nés se sont retrouvés à la rue à la sortie de la maternité, le 29 août.



LE MONDE
 |    08.09.2018 à 09h29
 • Mis à jour le
08.09.2018 à 09h30
    |

                            Simon Auffret








                        


Namiwata a 36 ans. Allongée au troisième étage de la maternité de l’hôpital Delafontaine, au centre hospitalier de Saint-Denis, elle tient dans ses bras son fils Hamza, qui vient de fêter son premier mois. Le bébé est né le 6 août dernier, trois jours après l’arrivée de sa mère en France.
Partie enceinte du Maroc, Namiwata a traversé la Méditerranée puis l’Espagne, espérant trouver en Europe « de meilleures conditions pour accoucher », explique-t-elle. L’accouchement s’est bien passé. Mais un mois après la naissance d’Hamza, la mère et son fils n’ont toujours pas quitté la maternité : sans solutions pour se loger, ils se retrouveraient aussitôt à la rue. « On appelle le 115 tous les jours, toute la journée, explique Namiwata. Sans réponse. »

        Voir notre reportage :
         

          En Seine-Saint-Denis, le “115” à bout de souffle



Selon une enquête interne réalisée en 2017 par la maternité Delafontaine, 94 nuitées sur une période choisie de six semaines ont ainsi été consacrées à l’accueil de femmes sans-abri et de leur nourrisson – obligeant l’hôpital à détourner certains accouchements vers d’autres centres hospitaliers par manque de place. Sur le plan légal, l’équipe médicale a le droit de demander à ces patientes de quitter l’établissement trois jours après leur accouchement. « Mais en tant que médecin, je ne le ferai jamais », insiste le chef du service de gynécologie-obstétrique de la maternité, Stéphane Bounan.
Places disponibles pour femmes précaires : zéro
La situation s’est pourtant produite tout récemment dans le département. Dans un communiqué publié le 30 août, Interlogement 93, l’association responsable des appels au 115 et de la gestion de l’hébergement d’urgence en Seine-Saint-Denis, a lancé un cri d’alarme sur le phénomène des « bébés sans-abri ». L’association explique que « deux femmes » ont été contraintes le 29 août « de quitter les maternités où elles avaient accouché pour se retrouver à la rue avec leurs nouveau-nés, faute de solution d’hébergement, et ce malgré les nombreuses recherches effectuées en amont par le numéro d’urgence 115 ».
Chaque jour, des jeunes mères et des femmes enceintes appellent le 115 dans l’espoir de trouver un logement d’urgence. Ce vendredi 7 septembre, devant les cinq opérateurs d’Interlogement 93 chargés de recevoir les appels, un tableau recense le nombre de places disponibles pour les femmes en situation de précarité, enceintes ou victimes de violences conjugales. En face de chaque ligne, le chiffre « zéro » est écrit en rouge.

        Infographie :
         

          La saturation du système d’hébergement d’urgence



Pour la seule journée de vendredi, neuf mères hébergées dans une maternité étaient, comme Namiwata, dans l’attente d’une réponse. Dix-neuf autres femmes, sans-abri et enceintes, demandaient le soutien d’Interlogement 93 pour échapper à la rue. « Une journée dans la moyenne », résume Bénédicte Souben, responsable de l’animation du réseau d’association.
L’épisode des deux mères à la rue dénoncé par le communiqué de l’association est devenu le symbole de la saturation de l’ensemble du dispositif d’accompagnement des mères sans-abri. Les 109 places prévues dans les centres d’hébergement de Seine-Saint-Denis sont constamment occupées, ainsi que toutes les chambres d’hôtels disponibles : le fait que les femmes sortant de maternité soient prioritaires ne suffit plus à leur garantir un lit.
Solutions insuffisantes et inadaptées
Le diagnostic n’est pourtant pas nouveau. Plusieurs acteurs de l’hébergement d’urgence en Seine-Saint-Denis s’inquiétaient déjà, dans un livre blanc publié en 2012, du phénomène des « bébés sans-abri », dénonçant des solutions « insuffisantes en quantité, et inadaptées tant pour les mères que pour les enfants ».
Six ans plus tard, les dispositifs d’accueil et leur coordination se sont améliorés, estime Interlogement 93. Ils seraient cependant encore inadaptés à ce département particulièrement concerné par les grossesses précaires. Le taux de mortalité infantile de la Seine-Saint-Denis est l’un des plus élevés de France – 4,43 décès pour 1 000 personnes en 2016 selon l’Insee, pour une moyenne nationale de 3,7.
En 2014, 197 femmes sans-abri, enceintes de plus de trois mois ou en sortie de maternité, avaient été signalées aux associations. En 2017, le chiffre a été multiplié par trois pour atteindre 653. Cette hausse est en partie due aux « meilleures méthodes de remontées d’alerte », explique Bénédicte Souben, mais elle illustre également le nombre croissant de jeunes mères et de femmes enceintes dans les appels reçus au 115 depuis une dizaine d’années.

        Il y a moins d’un an,
         

          le Samu social alertait sur la situation des femmes sans-abri






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-9"> ¤ Les faits seraient survenus « dans la nuit du 1er au 2 août », l’enquête a été confiée au commissariat du 5e arrondissement.
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Des panneaux de l’exposition Simone Veil dégradés au Panthéon, une enquête est ouverte

Les faits seraient survenus « dans la nuit du 1er au 2 août », l’enquête a été confiée au commissariat du 5e arrondissement.



LE MONDE
 |    08.09.2018 à 09h16
 • Mis à jour le
08.09.2018 à 10h09
   





                        


Une enquête a été ouverte après les dégradations constatées sur plusieurs panneaux d’une exposition consacrée à Simone Veil au Panthéon à Paris, a-t-on appris samedi de source policière. Les faits seraient survenus « dans la nuit du 1er au 2 août », a précisé cette source.
Les panneaux de l’exposition, accrochés sur les grilles du Panthéon, ont été rayés, certains d’un trait, d’autres d’une croix en forme de X. Ces portraits de Simone Veil n’ont été recouverts d’aucun texte ou message particulier. L’enquête a été confiée au commissariat du 5e arrondissement.
Ancienne ministre de la santé et ex-présidente du Parlement européen, Simone Veil est morte le 30 juin 2017 à l’âge de 89 ans. Le 1er juillet 2018, la dépouille de l’ancienne déportée, figure de la vie politique française, est entrée au Panthéon à peine un an après sa mort.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-10"> ¤ Les Décodeurs résument, pour les lecteurs de « La Matinale du Monde », l’essentiel de l’actualité de ces derniers jours.
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Remaniement, impôt à la source, Brésil : l’actualité à retenir cette semaine

Les Décodeurs résument, pour les lecteurs de « La Matinale du Monde », l’essentiel de l’actualité de ces derniers jours.



LE MONDE
 |    08.09.2018 à 06h34
   





                        



   


François de Rugy à l’environnement et Roxana Maracineanu aux sports : Emmanuel Macron a opté pour un remaniement minimal, cette semaine. L’exécutif a tranché en faveur d’une entrée en vigueur, comme prévu, du prélèvement à la source de l’impôt sur le revenu au 1er janvier 2019. Le favori de la présidentielle au Brésil a été poignardé et l’ONU a mis en garde contre un « bain de sang » à Idlib, dernier bastion rebelle en Syrie que les forces gouvernementales s’apprêtent à attaquer.
De Rugy remplace Hulot comme ministre de l’écologie
Après une semaine d’hésitation, le chef de l’Etat Emmanuel Macron et le premier ministre Edouard Philippe ont choisi François de Rugy pour remplacer Nicolas Hulot comme ministre de la transition écologique et solidaire. Cet écologiste converti au macronisme va donc quitter le « perchoir », c’est à dire la présidence de l’Assemblée nationale, qu’il occupait depuis le début du quinquennat.

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                François de Rugy, un converti au macronisme au ministère de la transition écologique



L’exécutif a profité de l’arrivée de M. de Rugy pour procéder à un autre remaniement : l’ancienne nageuse Roxana Maracineanu est devenue ministre des sports à la place de Laura Flessel. L’ex-escrimeuse avait démissionné peu avant en invoquant des « raisons personnelles », mais on a appris rapidement qu’elle était dans le viseur du fisc, qui a découvert des irrégularités à l’occasion d’un contrôle fiscal récent.

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                Remaniement : âge, parité, expérience… explorez le gouvernement avec Rugy et Maracineanu



Impôt sur le revenu : le prélèvement à la source dès 2019
Après avoir laissé entendre qu’un report était possible, l’exécutif a finalement décidé de poursuivre la réforme du prélèvement de l’impôt sur le revenu à la source, qui entrera en vigueur comme prévu le 1er janvier 2019.
Le gouvernement craignait des « bugs » techniques et un effet psychologique sur les contribuables, dont le salaire va mécaniquement baisser, puisqu’il sera amputé chaque mois de l’impôt sur le revenu. Mais le premier ministre Edouard Philippe a assuré avoir la « conviction que cette réforme sera mise en œuvre dans de bonnes conditions ».
Il a toutefois annoncé quelques ajustements, comme un assouplissement du dispositif de prise en compte des crédits et réductions d’impôts.

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                Prélèvement à la source : comment ça fonctionne et combien vous paierez



Syrie : l’ONU craint un « bain de sang » à Idlib
Les présidents russe, turc et iranien, réunis vendredi à Téhéran, n’ont pu se mettre d’accord sur un cessez-le-feu dans la province d’Idlib, dernier bastion rebelle en Syrie que les forces gouvernementales syriennes s’apprêtent à attaquer. L’Iran, la Russie et la Turquie sont les trois principaux acteurs extérieurs du long conflit syrien. Le président turc Recep Tayyip Erdogan a proposé une trêve dans cette région du nord-ouest de la Syrie mais son homologue russe Vladimir Poutine s’est déclaré hostile à cette idée et a appelé les rebelles à déposer les armes. Le président iranien Hassan Rohani a estimé que le gouvernement de Damas devait reprendre le contrôle de la totalité du territoire syrien après plus de sept ans de guerre.
Au total, quelque 3 millions d’habitants vivent dans la province d’Idlib et dans les quelques poches insurgées dans les provinces voisines de Hama, d’Alep et de Lattaquié, selon les Nations unies, qui ont mis en garde, mercredi, contre un « bain de sang ». Washington a aussi averti, mardi, Damas et ses alliés russe et iranien contre un recours aux armes chimiques. Vendredi, des avions russes et syriens continuaient à bombarder des positions dans la province rebelle, rapporte l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH).
Présidentielle au Brésil : un favori poignardé, l’autre inéligible
A un mois de son élection présidentielle, le Brésil plonge chaque jour un peu plus dans l’incertitude. Le candidat d’extrême droite Jair Bolsonaro, favori du scrutin, a été grièvement blessé jeudi par un homme qui l’a poignardé en plein meeting, en assurant agir « pour raisons personnelles » et « sous l’ordre de Dieu ». Placé en soins intensifs, Jair Bolsonaro pourrait voir sa participation à la présidentielle compromise.
Quelques jours avant, la justice électorale avait écarté de la course l’autre favori du scrutin, l’ancien président Lula. Incarcéré depuis avril pour une affaire de corruption, il a été déclaré inéligible. Si sa formation politique, le Parti des travailleurs, n’a pas encore totalement renoncé à le présenter, il pourrait être contraint de le remplacer par son bras droit, Fernando Haddad, inconnu du grand public.

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                Sans la candidature de Lula, la présidentielle au Brésil plonge dans l’inconnu



Plongée dans les zones les plus contaminées du monde
Le Monde s’est associé au photographe Samuel Bollendorff pour explorer des territoires devenus impropres au développement humain à cause de contaminations aux produits chimiques, aux hydrocarbures, à la radioactivité.
Des Etats-Unis à la Russie, en passant par le Brésil et le Canada, les reportages de la série « Contaminations » donnent à voir ces paysages dévastés et racontent le quotidien toxique des populations rongées par un mal invisible.

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                Editorial. Les irréversibles contaminations de la planète



Et aussi
Justice. Le procès Clément Méric, du nom du militant antifasciste frappé mortellement en 2013, s’est ouvert à Paris.Justice. De la prison avec sursis requise contre les rappeurs Booba et Kaaris après leur rixe à Orly.Affaires. François Fillon entendu par les juges pour les soupçons d’emplois fictifs, et Marine Le Pen à nouveau convoquée dans l’affaire des assistants parlementaires européens.Santé. Nouvelle alerte sur les perturbateurs endocriniens présents dans les aliments.Etudes de médecine. Le gouvernement veut mettre fin au numerus clausus.Migrants. Le campement de Grande-Synthe (Nord), où vivaient 500 personnes, à nouveau évacué.Budget. Le déficit budgétaire risque de repasser au-dessus des 3 % du produit intérieur brut en 2019, à cause de la dette de la SNCF.Parcoursup. La phase principale de la procédure d’orientation dans l’enseignement supérieur se termine.Pouvoir d’achat. Les banques s’engagent à plafonner les frais bancaires pour les clients les plus fragiles.Japon. L’Archipel a été frappé par un typhon et par un violent séisme, qui ont fait plusieurs morts, des centaines de blessés et des dégâts importants.Brésil. Le Musée national de Rio ravagé par un incendie.Etats-Unis. Donald Trump mis en difficulté par un livre incendiaire et une tribune accablante publiée dans le New York Times.Inde. L’homosexualité dépénalisée par la Cour suprême.Piratage. Les Etats-Unis inculpent un Nord-Coréen pour les attaques contre Sony Pictures, le cybercasse à 81 millions de dollars et WannaCry.Royaume-Uni. Londres désigne deux espions russes comme responsables de l’empoisonnement, le 4 mars à Salisbury (Royaume-Uni) de l’ancien agent double Sergueï Skripal et de sa fille.Orthographe. En Belgique, la fédération Wallonie-Bruxelles (francophone) songe à simplifier l’accord du participe passé.
Disparitions

   


Burt Reynolds. L’acteur américain, vedette d’Hollywood dans les années 1970 et 1980, avait incarné le personnage de Lewis Medlock dans Délivrance (1972).Paul Viallaneix. L’historien était un spécialiste de l’œuvre de Jules Michelet.Jalaluddin Haqqani. Le moudjahidin afghan était l’un des plus anciens combattants islamistes de la planète. Il avait été un chef de guerre très actif contre les Soviétiques puis contre les Américains, et ministre sous le règne taliban.Randy Weston. Le pianiste et compositeur afro-américain était un héros du jazz.Robert Bono. Le syndicaliste avait dirigé la CFDT pendant les années 1970 et 1980.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-11"> ¤ Mesurer le phénomène selon différents critères – revenu, consommation, ressenti – permet de dépasser les représentations courantes, et en particulier la dichotomie entre actifs et « assistés », démontre le sociologue Nicolas Duvoux dans une tribune au « Monde ».
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Pauvreté : de quoi et de qui parle-t-on ?

Mesurer le phénomène selon différents critères – revenu, consommation, ressenti – permet de dépasser les représentations courantes, et en particulier la dichotomie entre actifs et « assistés », démontre le sociologue Nicolas Duvoux dans une tribune au « Monde ».



LE MONDE
 |    08.09.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
08.09.2018 à 11h33
    |

Nicolas Duvoux (Sociologue)







                        



                                


                            

Tribune. La pauvreté est une notion complexe, en général appréhendée par le biais d’un « seuil » dont la définition ne fait pas consensus. Dans la plupart des pays non-européens, c’est la notion de pauvreté « absolue » qui prévaut, la pauvreté étant pensée en fonction de la capacité à satisfaire un certain nombre de besoins considérés comme des minimums vitaux.
La Banque mondiale retient par exemple un seuil d’extrême pauvreté de 1,90 dollar par jour, tandis que les Etats-Unis font passer la ligne de pauvreté à 25 100 dollars par an pour une famille de quatre personnes. En Europe, la définition de la pauvreté est aussi essentiellement fondée sur le revenu, mais c’est plutôt la notion de « pauvreté relative » qui prédomine, basée sur l’idée selon laquelle sa délimitation varie en fonction de la société dans laquelle on vit.
En France, est considéré comme pauvre tout individu vivant dans un ménage dont le niveau de vie est inférieur à 60 % du niveau de vie médian (1 015 euros par mois pour une personne isolée en 2015, soit 14,2 % de la population). D’après cette définition, le taux de pauvreté a reculé d’à peine 4 points au cours des cinquante dernières années. Plus significatives, peut-être, sont les évolutions qualitatives de la pauvreté : comme dans l’ensemble des pays développés, celle-ci s’est déplacée vers les jeunes, les familles monoparentales et les populations urbaines.

La pauvreté touche aujourd’hui de manière disproportionnée les enfants (19,9 %), les jeunes adultes (25,2 % des 18-24 ans) et les familles monoparentales (34,9 %). Très exposées au cours de la période des « trente glorieuses », les personnes âgées et retraitées apparaissent aujourd’hui relativement épargnées par ce type de pauvreté, grâce aux retraites dont les montants, quoique relativement modestes (en 2016, la pension de droit direct s’élevait en moyenne à 1 294 euros par mois), offrent un niveau de vie souvent supérieur au seuil de pauvreté...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-12"> ¤ Plusieurs centaines de lecteurs ont écrit au médiateur du « Monde », Franck Nouchi, pour regretter que leur journal en ait « trop fait » sur ce scandale. Autre interrogation : fallait-il parler d’« affaire d’Etat » ?
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« Le Monde » a-t-il surjoué l’affaire Benalla ?

Plusieurs centaines de lecteurs ont écrit au médiateur du « Monde », Franck Nouchi, pour regretter que leur journal en ait « trop fait » sur ce scandale. Autre interrogation : fallait-il parler d’« affaire d’Etat » ?



LE MONDE
 |    08.09.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
08.09.2018 à 11h11
    |

                            Franck Nouchi (Médiateur du Monde)








                        



                                


                            

Durant l’été, vous avez été très nombreux à m’écrire à propos de l’affaire Benalla. Au total, plusieurs centaines de lettres et de courriels, souvent critiques, voire très critiques à l’encontre du Monde. Préférant ne pas réagir sur l’instant, j’ai volontairement laissé passer cette vague de protestations. A présent que le calme est revenu – et sachant très bien que cette chronique risque de réamorcer le flot des commentaires –, me voilà mis en demeure d’examiner, pour l’essentiel, deux questions : Le Monde en a-t-il trop fait ? A-t-on eu tort de qualifier ce scandale d’« affaire d’Etat » ?
L’affaire débute, dans Le Monde du 20 juillet, par un scoop d’Ariane Chemin. Son article est titré : « Un proche de Macron mis en cause pour violences ». En sous-titre, on lit : « Alexandre Benalla, chargé de mission à l’Elysée, a frappé à terre un manifestant, le 1er mai à Paris. » S’ensuivront, jusqu’à la pause estivale de la commission d’enquête sénatoriale, 106 articles publiés dans le quotidien et sur le site du Monde, auxquels s’ajoutent 77 autres articles publiés exclusivement sur Lemonde.fr.
Visiblement, pour beaucoup d’entre vous, c’était trop. Beaucoup trop. Avant de vous donner la parole, je voudrais rappeler ceci : vos courriels ont, pour la plupart, été écrits « à chaud ». Vous ne bénéficiiez donc pas du recul dont je dispose aujourd’hui. Si j’en cite certains, c’est, outre leur intérêt propre et les critiques qu’ils formulent à notre endroit, qu’ils sont significatifs des rapports que certains d’entre vous entretiennent avec notre journal. Je précise que j’ai volontairement mis de côté les nombreuses lettres de félicitation nous encourageant à poursuivre notre travail de mise au jour de faits qui, sans le travail de la presse, seraient restés inconnus.
« “Le Monde” a accordé une place démesurée à l’affaire »
Pour commencer, voici un lecteur au ton mesuré,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-13"> ¤ Entre expertises et témoignages contradictoires devant la cour d’assises de Paris, le déroulement de la rixe mortelle du 5 juin 2013 reste toujours confus.
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Au procès Méric, les zones d’ombre demeurent

Entre expertises et témoignages contradictoires devant la cour d’assises de Paris, le déroulement de la rixe mortelle du 5 juin 2013 reste toujours confus.



LE MONDE
 |    08.09.2018 à 02h58
 • Mis à jour le
08.09.2018 à 06h35
    |

            Yann Bouchez








                        



                                


                            

Après quatre jours d’audience, au moins une certitude : il risque d’être bien difficile d’établir de façon indubitable les circonstances et le déroulement exacts de la rixe mortelle du 5 juin 2013. A mi-chemin du verdict de la cour d’assises de Paris, prévu vendredi 14 septembre, le procès des trois skinheads d’extrême droite impliqués dans la mort du militant « antifa » Clément Méric n’a toujours pas permis d’éclaircir les zones d’ombre du dossier.

Avant que la cour ne s’intéresse aux faits, il a d’abord été beaucoup question, lors de ces premiers jours, de la personnalité des accusés, Esteban Morillo, Samuel Dufour et Alexandre Eyraud. Les deux premiers, âgés de 25 ans, comparaissent pour « violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner », commises en réunion et avec arme. Le troisième, 28 ans, est accusé de « violences volontaires ayant entraîné une ITT de moins de huit jours », en réunion.

La peur d’un procès politique
Mardi, dès le premier jour, invitée par la présidente de la cour d’assises à parler de l’adolescence de son fils, Colette Morillo a évoqué une crainte : « J’espère qu’on ne le jugera pas sur toute sa vie, mais juste sur les faits. » Une autre mère, celle de Samuel Dufour, explicitera un peu plus tard cette pensée : la peur d’un procès politique, en défaveur des accusés. Pourtant, s’intéresser à leur parcours est une étape tout à fait classique lors d’un procès d’assises. Encore plus nécessaire dans une affaire opposant deux groupes de jeunes aux visions et aux convictions opposées. Et si l’exercice n’a guère permis d’en savoir plus sur les cheminements idéologiques des accusés, pas très loquaces, il a en tout cas permis à leurs parents et à ceux de la victime, de raconter leur enfant, chacun à leur manière.


Et puis il y a les faits, donc, dont il a été longuement question, jeudi et vendredi, jusqu’à se perdre dans les plus infimes détails....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-14"> ¤ Le tribunal correctionnel de Paris a jugé cette Française coupable d’avoir « fait la publicité » des thèses de l’organisation Etat islamique « auprès de jeunes femmes influençables ».
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-14"> ¤                     
                                                

Sept ans de prison pour avoir incité des jeunes filles à rejoindre la Syrie pour faire le djihad

Le tribunal correctionnel de Paris a jugé cette Française coupable d’avoir « fait la publicité » des thèses de l’organisation Etat islamique « auprès de jeunes femmes influençables ».



LE MONDE
 |    07.09.2018 à 21h22
 • Mis à jour le
08.09.2018 à 10h09
   





                        


Nadia A. a été condamnée, vendredi 7 septembre à Paris, à sept ans de prison ferme pour avoir incité, entre 2014 et 2016, des jeunes filles à rejoindre l’organisation djihadiste Etat islamique en Syrie. Des faits dont cette femme de 37 ans s’est toujours défendue.
Le tribunal correctionnel de Paris, qui a assorti la peine d’une période de sûreté des deux tiers, a jugé cette Française coupable d’avoir « fait la publicité » des thèses de l’organisation Etat islamique (EI) et du djihad en Syrie, « principalement auprès de jeunes femmes influençables » sur les réseaux sociaux. Mais aussi d’avoir « facilité » le départ en Syrie de l’une d’elles, Myriam B., presque 18 ans fin 2014, notamment en l’hébergeant à Marseille.
« Vous aviez manifestement une influence extrêmement poussée pour que de jeunes filles en contact habituel avec vous partent ou souhaitent partir. »
« Matrone sur les réseaux sociaux »
Le tribunal a dépassé les réquisitions du parquet. L’accusation avait demandé cinq ans de prison, dont un avec sursis et mise à l’épreuve, décrivant la « fascination pour l’Etat islamique » d’une femme alors « incontournable sur la djihadosphère », qui « apparaissait un peu comme une matrone sur les réseaux sociaux ».

        Lire aussi :
         

                Paris confronté aux demandes de retour de djihadistes arrêtées en Syrie



Son avocat, Adrien Sorrentino, avait plaidé sa relaxe, estimant qu’« aucun élément matériel » dans le dossier ne prouvait qu’elle incitait au djihad en Syrie, ni n’indiquait précisément qui elle aurait aidé à partir.
Dans le box, la prévenue aux longs cheveux noirs, voix claire et vocabulaire parfois soutenu, a assuré n’avoir jamais conseillé le djihad en Syrie, tout au plus vers des pays comme l’Algérie ou le Maroc. Elle conversait avec ces jeunes sur Twitter à la faveur des « rappels » théologiques qu’elle publiait, « une passion », a-t-elle expliqué, ou « des histoires d’amour entre compagnons, entre prophètes ».
Parcours chaotique
La jeune Myriam B., alias « La terroriste » sur le réseau social, avait rejoint en Syrie Mickaël Dos Santos, un Français épousé via Skype qui apparaît sur des images d’exactions djihadistes. Visée par un mandat d’arrêt, elle a été condamnée par défaut à dix ans de prison, la peine maximale. Nadia A., qui avait hébergé la jeune fille à Marseille juste avant son départ, a assuré qu’elle ignorait ses intentions, malgré environ 300 appels téléphoniques en deux mois.

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                Mickael Dos Santos, du BEP peinture au djihad



Cette femme au parcours chaotique, qui a quitté l’école avant le bac, contracté le VIH après avoir été violée puis souffert, selon son avocat, d’un cancer, s’était passionnée pour l’islam dès 2013. Elle avait commencé par porter le voile, puis le niqab. Elle avait épousé en 2015 par téléphone, puis quitté, un djihadiste depuis condamné pour un séjour en Syrie en 2014. Leur fils de deux ans est placé dans une famille d’accueil.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-15"> ¤ La vidéo, tournée en 2016, montrait un camion aux couleurs de l’entreprise déversant un mystérieux liquide jaunâtre dans la campagne mosellane.
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ArcelorMittal poursuivi pour « gestion irrégulière de ses déchets » après la diffusion d’une vidéo compromettante

La vidéo, tournée en 2016, montrait un camion aux couleurs de l’entreprise déversant un mystérieux liquide jaunâtre dans la campagne mosellane.



LE MONDE
 |    07.09.2018 à 19h27
 • Mis à jour le
07.09.2018 à 21h19
   





                        



   


La vidéo, tournée en décembre 2016, montrait un camion aux couleurs d’ArcelorMittal, déversant dans un crassier de la campagne mosellane un mystérieux liquide jaunâtre. Le chauffeur du camion – un intérimaire du géant sidérurgique –, qui filmait la scène, dénonçait des rejets d’acide servant à décaper l’acier, et accusait le groupe de « ne pas faire [son] travail de recyclage de produits chimiques ».
Une enquête préliminaire avait été ouverte à l’été 2017 pour « atteinte à l’environnement ». Plus d’un an plus tard, le parquet de Thionville (Moselle) a annoncé vendredi 7 septembre qu’il allait poursuivre ArcelorMittal pour « gestion irrégulière de ses déchets » pour avoir déversé sans autorisation sur un crassier des eaux usées.

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                Soupçonné de pollution, ArcelorMittal affirme qu’aucun « acide pur » n’a été déversé en Moselle



« Pas d’impact sur l’environnement »
Les investigations, menées par la police judiciaire de Metz et l’Office central de lutte contre les atteintes à l’environnement et à la santé publique, ont déterminé « que le produit déversé sur le crassier est issu d’une cuve de stockage d’eaux usées relevant de la ligne de décapage et de régénération d’acide », selon Christelle Dumont, procureure à Thionville.
L’une des deux citernes du camion apparaissant sur les images contenait « de l’eau usée avec un faible pourcentage d’acide chlorhydrique ». La seconde citerne renfermait « de l’eau usée avec un faible pourcentage d’acide chlorhydrique et une concentration conséquente de boue d’hydroxyde de fer », précise la procureure.
« Ce déversement, bien que non autorisé dans le cadre de l’arrêté préfectoral, n’apparaît pas avoir eu d’impact sur l’environnement », a précisé la procureure, s’appuyant sur des prélèvements réalisés par la Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement.
« Tout au plus, il peut être reproché à la société ArcelorMittal une gestion irrégulière de ses déchets, délit puni de deux ans d’emprisonnement et 75 000 euros d’amende, qui fera l’objet de poursuites par le parquet. »
Le groupe sidérurgique avait nié toute responsabilité dans ces « prétendus versements » et ordonné l’ouverture d’une enquête interne « pour faire toute la lumière sur les faits ». De leurs côtés, les élus locaux s’étaient inquiétés d’une éventuelle pollution des cours d’eau.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-16"> ¤ Début 2007, la police avait une première fois mis « l’ogre des Ardennes » hors de cause dans cette affaire.
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Disparition d’Estelle Mouzin : des fouilles effectuées chez l’ex-femme de Michel Fourniret dans les Yvelines

Début 2007, la police avait une première fois mis « l’ogre des Ardennes » hors de cause dans cette affaire.



LE MONDE
 |    07.09.2018 à 18h43
 • Mis à jour le
07.09.2018 à 20h49
   





                        



   


La piste Fourniret avait été plusieurs fois explorée, sans succès. Elle l’est de nouveau. Les juges chargées de l’enquête sur la disparition d’Estelle Mouzin en 2003 en Seine-et-Marne ont ordonné des fouilles chez un proche du tueur en série dans les Yvelines, ont fait savoir vendredi 9 septembre des sources proches de l’enquête.
« Des fouilles ont commencé cette semaine », « la terre a été creusée » chez ce proche de Michel Fourniret, déjà condamné pour sept meurtres, selon l’une de ces sources. Ces investigations « ont eu lieu chez son ex-femme », a précisé une deuxième source. Estelle Mouzin, 9 ans, a disparu en janvier 2003 à Guermantes, alors qu’elle rentrait de l’école.
Condamné à la perpétuité en 2008, Michel Fourniret, 75 ans, a reconnu en février avoir tué deux autres jeunes femmes disparues dans les années 1990 dans l’Yonne, Joanna Parrish et Marie-Angèle Domece.

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                Le tueur en série Michel Fourniret avoue deux nouveaux meurtres



Une piste « pas sérieusement explorée »
Début 2007, la police avait une première fois mis « l’ogre des Ardennes » hors de cause dans cette affaire. Six ans plus tard, l’expertise de milliers de poils et cheveux prélevés dans sa voiture n’avait pas non plus permis de trouver de traces d’Estelle. L’avocat de Michel Fourniret avait alors rappelé que son client niait tout lien avec l’affaire.
En mars, l’avocate du père de la fillette avait toutefois affirmé que le tueur en série avait livré des « aveux en creux » sur son implication dans cette disparition, dans le cadre d’auditions relatives à la disparition de Joanna Parrish et Marie-Angèle Domece.
Les avocats d’Eric Mouzin, qui estiment que la piste Fourniret n’a « pas été sérieusement explorée » par la police dans cette affaire, ont été déboutés en mai de leur demande de décharger la PJ de Versailles de l’enquête.

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                Le père d’Estelle Mouzin attaque l’Etat pour avoir « renoncé à chercher » sa fille






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-17"> ¤ La résurgence sur les réseaux sociaux d’une vidéo de 2016 expliquant le versement d’une « prime au départ pour les migrants » est la source de plusieurs intox.
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Comprendre ce qu’est l’aide au retour volontaire versée aux étrangers

La résurgence sur les réseaux sociaux d’une vidéo de 2016 expliquant le versement d’une « prime au départ pour les migrants » est la source de plusieurs intox.



LE MONDE
 |    07.09.2018 à 18h12
 • Mis à jour le
08.09.2018 à 06h35
    |

                            Thibaut Faussabry








                        


Une vidéo partagée sur Facebook le 25 août 2018 et visionnée plus de 800 000 fois annonce « une prime de 2 500 euros pour les migrants » versée par l’Office français d’immigration et d’intégration (OFII) « pour les pousser à quitter le territoire français ».

   


En réalité, la vidéo en question est extraite d’un journal télévisé diffusé par le site TV Libertés (proche de l’extrême droite et que nous avons identifié comme peu fiable dans le Décodex) le 24 novembre 2016. Cette « prime » dont parle la vidéo est en fait une allocation appelée « aide au retour volontaire », versée à un nombre limité de migrants.
Qu’est-ce que l’aide au retour volontaire ?
Comme l’explique le site service-public.fr, l’aide au retour volontaire est un appui matériel ou financier accordé à un individu en situation irrégulière résidant en France (depuis au moins six mois) « afin de faciliter la réinsertion dans le pays d’origine. Il ne peut pas s’agir d’un retour forcé organisé par l’administration française », précise le site institutionnel.
Le montant versé par l’OFII diffère selon le pays d’origine du demandeur. Il est de :
650 euros par personne pour les ressortissants de pays tiers soumis à visa300 euros par personne pour les pays tiers dispensés de visa et le Kosovo50 euros par personne pour les ressortissants de l’Union européenne (UE)

        Notre décryptage :
         

          A quoi les migrants ont-ils vraiment droit en France ?



L’aide est versée en une seule fois, en liquide, au moment du départ par un agent de l’OFII. Elle ne sert pas à financer le billet d’avion, déjà pris en charge par l’organisme public. Comme le précise l’arrêté du 27 avril 2018 relatif à l’aide au retour et à la réinsertion, la direction de l’OFII peut, à titre exceptionnel, décider d’accorder une majoration de cette aide financière, « sans que cette majoration puisse excéder un plafond de 1 200 euros ».
Le chiffre de 2 500 euros mentionné dans la vidéo concerne en réalité le plafond de cette allocation forfaitaire majorée, relevé temporairement en 2016 (entre le 9 novembre et le 31 décembre) par le directeur de l’OFII afin de rendre les aides au retour plus attractives pour les étrangers en situation irrégulière après le démantèlement du bidonville de Calais. Le dispositif avait été ensuite reconduit sur une période plus longue en 2017 (du 27 juillet au 31 décembre) entraînant une hausse significative du nombre de bénéficiaires. D’après le dernier rapport d’activité de l’OFII, ils étaient 7 114 (dont 1 414 avec des aides majorées) en 2017, contre 4 774 en 2016.

        Lire notre reportage auprès de volontaires albanais :
         

          un départ entre amertume et soulagement



Relevé d’empreintes et suivi dans le pays d’origine
La vidéo du site TV Libertés évoque également un risque d’abus avec des personnes qui rentreraient dans leur pays d’origine pour bénéficier de l’aide, avant de revenir en France pour renouveler la demande de cette même aide avec une autre identité. Ce passage de la vidéo fait référence à l’aide au retour octroyée aux Roumains – sous le quinquennat (2007-2012) de Nicolas Sarkozy – qui avait créé un effet d’aubaine, suscitant une vive polémique. Désormais, le relevé des empreintes digitales de chaque bénéficiaire rend quasiment impossible de toucher deux fois cette aide.
Certains étrangers bénéficiaires de l’aide au retour volontaire peuvent percevoir, en complément de ce dispositif, une aide à la réinsertion versée afin de faciliter une réinstallation durable au sein du pays d’origine. Ces aides supplémentaires ne sont pas versées systématiquement, et leurs montants varient selon les cas :
Jusqu’à 400 euros par adulte et 300 euros par enfant mineur pour une aide à la réinsertion sociale (installation, logement, santé, scolarisation, etc.)Jusqu’à 1 000 euros pour le financement d’une formation professionnelleJusqu’à 5 700 euros pour la création d’une entreprise (étude de faisabilité et frais de démarrage)
Moins coûteux pour l’Etat qu’une reconduite forcée à la frontière
L’Office français d’immigration et d’intégration précise que ces aides à la réinsertion ne peuvent être versées qu’aux ressortissants de 32 pays – principalement en Afrique, en Asie du Sud-Est et en Europe de l’Est – dans le cadre de partenariats établis entre l’OFII et ces pays tiers ou dans le cadre de partenariats européens. Contrairement à l’aide au retour volontaire, l’appui à la réinsertion est versé sur facture par l’OFII et les agents de l’organisme public suivent et accompagnent les bénéficiaires de ces aides pendant un an. En 2017, ils sont 1 802 étrangers à avoir bénéficié de ces aides à la réinsertion.
Comme le souligne le rapport sénatorial de Pierre Bernard-Reymond, l’aide au retour volontaire pour des étrangers en situation irrégulière coûte beaucoup moins cher à l’Etat français qu’une reconduite forcée dans le pays d’origine. Pour l’année 2017, les dépenses de l’OFII pour l’aide au retour volontaire s’élevaient à 9,91 millions d’euros, soit en moyenne 1 404 euros par bénéficiaire contre un coût estimé à 20 970 euros par personne pour une reconduite forcée au pays d’origine. Un montant expliqué en grande partie par le maintien en centre de rétention et les frais de justice engagés pour mener la procédure jusqu’à son terme.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-18"> ¤ La justice a interdit la cession du restaurant de Saint-Barthélemy à la société Hali Food, un projet contre lequel les salariés étaient hostiles.
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A Marseille, la justice accorde une victoire partielle aux salariés de six McDonald’s

La justice a interdit la cession du restaurant de Saint-Barthélemy à la société Hali Food, un projet contre lequel les salariés étaient hostiles.



LE MONDE
 |    07.09.2018 à 17h42
 • Mis à jour le
07.09.2018 à 19h38
   





                        



   


C’est un verdict en demi-teinte pour les salariés de six McDonald’s des quartiers nord de Marseille. La justice a interdit, vendredi 7 septembre, la cession d’un des restaurants à la société Hali Food, un projet contre lequel les salariés étaient vent debout. Néanmoins, le tribunal a validé le changement de franchise de cinq autres « McDo » de l’agglomération marseillaise.

        Lire aussi :
         

                Les quartiers nord de Marseille se battent pour garder leur McDo



L’avocat des employés, Ralph Blindauer, a fait savoir qu’il avait l’intention d’agir en justice sur le fond, pour bloquer la cession des cinq autres restaurants, « le dossier de cession ayant toujours été présenté comme un tout par McDonald’s même ».
« Escroquerie »
Reste que la décision de vendredi est un petit succès pour les salariés, car c’est surtout le cas du McDonald’s du quartier Saint-Barthélémy (14e arrondissement) qui avait cristallisé leur colère. Fort de 77 salariés, dont 55 en contrat à durée indéterminée (CDI), il était supposé devenir un restaurant halal asiatique, avec la société Hali Food. Mais ce repreneur a été régulièrement qualifié de « fictif » par Me Blindauer, qui avait même parlé d’une « escroquerie » devant le tribunal.
« C’est une demi-victoire », a concédé vendredi Kamel Guemari, sous-directeur du McDo de Saint-Barthélemy et délégué Force ouvrière.
« Mais nous allons nous battre avec les 300 salariés des cinq autres restaurants promis à la cession, car le but de McDonald’s France est clair : profiter du changement de franchisé pour se débarrasser d’un bastion syndical et pratiquer tranquillement le dumping social. »
Soutiens politiques aux salariés
Après l’énoncé du verdict, Jean-Pierre Brochiero, l’actuel franchisé, a exprimé son « soulagement » pour les équipes des cinq restaurants dont le projet de reprise est « validé » par le juge. Et il annonce son intention de faire « immédiatement » appel sur le cas de Saint-Barthélémy, le juge n’ayant pas tenu compte des « derniers engagements pris par le repreneur ». « Chaque jour qui passe fait peser un risque supplémentaire sur la pérennité du site et de l’emploi », regrette-t-il. McDonald’s France, qui avait dénoncé mercredi « un contexte de tensions, de menaces, parfois même de violences, (…) avec beaucoup de désinformation », n’a pour l’heure pas réagi.
Pour les salariés de Saint-Barthélemy, le combat n’est donc pas terminé, loin de là. Déjà parce qu’il va y avoir un appel. Mais aussi parce que même si le projet Hali Food tombe à l’eau, il restera à trouver un autre repreneur, à moins que McDonald’s France – qui restera quoi qu’il arrive propriétaire des murs et du terrain à 100 % et qui possède aujourd’hui 50 % du fonds de commerce – ne décide finalement de garder cette enseigne.
De nombreuses personnalités politiques se sont mobilisées autour de cette action, de Jean-Luc Mélenchon, le leader de La France insoumise, à Samia Ghali, sénatrice socialiste des Bouches-du-Rhône, en passant par Jean-Claude Gaudin, le maire Les Républicains de la ville.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-19"> ¤ Trois praticiens ayant fait valoir leur clause de conscience, l’hôpital sarthois avait cessé de pratiquer les interruptions volontaires depuis janvier.
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L’hôpital sarthois du Bailleul va de nouveau pratiquer les IVG

Trois praticiens ayant fait valoir leur clause de conscience, l’hôpital sarthois avait cessé de pratiquer les interruptions volontaires depuis janvier.



LE MONDE
 |    07.09.2018 à 17h39
 • Mis à jour le
07.09.2018 à 17h42
   





                        



   


Le médecin qui réalisait les interruptions volontaires de grossesse (IVG) était parti en retraite. Les trois autres praticiens avaient fait valoir leur clause de conscience. Résultat : l’hôpital du Bailleul (Sarthe), situé entre Angers et Le Mans, avait cessé de pratiquer des IVG depuis janvier, posant le problème de l’inégalité d’accès aux soins pour ses patientes.
A l’issue d’une réunion avec les professionnels du secteur, la secrétaire d’Etat à l’égalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa, a annoncé, vendredi 7 septembre, que l’activité IVG allait reprendre fin septembre dans l’établissement sarthois. La nouvelle organisation s’articulera autour « du médecin, qui n’a pas fait valoir sa clause de conscience, et dont le temps de travail est passé de 60 à 100 % au 1er juillet (…) et des sages-femmes de l’établissement qui pourront réaliser les IVG médicamenteuses (50 % des actes) sous la responsabilité du médecin », détaille le ministère.

        Lire aussi :
         

                Clause de conscience et refus de pratiquer l’IVG : ce que dit la loi



67 IVG en 2017
Pendant les périodes d’absence du médecin, une continuité sera par ailleurs assurée dans les établissements de santé environnants. Le nouveau dispositif sera évalué début 2019, et un médecin à temps partiel devrait être recruté en début d’année prochaine. « Le dispositif reste un peu fragile, l’idéal serait d’avoir deux médecins à temps plein », selon l’hôpital. Mais le poste, ouvert depuis novembre 2017, peine à être pourvu tant l’établissement a du mal à recruter.
Malgré la fermeture du service, qui a réalisé 67 IVG en 2017, « aucune IVG n’a été refusée en Sarthe », ajoute le communiqué, qui évoque un délai moyen d’intervention de dix jours. Les patientes avaient été réorientées vers Le Mans ou Angers, à 50 km du centre hospitalier du Bailleul. « L’IVG est un droit (…), souligne Marlène Schiappa dans le communiqué, aucune femme en France ne peut être empêchée dans les faits d’accéder à l’IVG, en Sarthe comme ailleurs. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-20"> ¤ En deux ans, Monique a signé 170 chèques, d’une valeur de 28 000 euros, sans que le Crédit agricole réagisse. A la demande de son fils, un avocat assigne la banque, pour manque de vigilance, mais perd le procès. L’huissier vient réclamer à la vieille dame le paiement des frais de justice.
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