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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-1"> ¤ Le pays de Margaret Thatcher, pionnier des privatisations dans les années 1980, vient de reprendre le contrôle d’une prison et d’une ligne ferroviaire.
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Royaume-Uni, le retour des nationalisations

Le pays de Margaret Thatcher, pionnier des privatisations dans les années 1980, vient de reprendre le contrôle d’une prison et d’une ligne ferroviaire.



LE MONDE
 |    09.09.2018 à 17h30
 • Mis à jour le
09.09.2018 à 17h56
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            Eric Albert (Londres, correspondance)








                        



                                


                            

Quand Peter Clarke, le directeur du service d’inspection des prisons britannique, a visité le pénitencier de Birmingham début août, il a trouvé dans les douches des vêtements tachés de sang entourés de nombreuses déjections de rats. Ailleurs, des traces de vomi et de sang étaient visibles. Dans une cellule, il a rencontré un homme visiblement sous le choc, assis sur les ressorts de son lit, répétant : « Ils [d’autres prisonniers] m’ont volé mon matelas. » L’incident s’était passé trois jours plus tôt et personne n’avait réagi. Pendant son inspection, neuf voitures ont été incendiées dans un parking en principe réservé au personnel.
M. Clarke a immédiatement réagi : le 16 août, il a ordonné à l’Etat de reprendre la direction de la prison, qui était dirigée depuis 2011 par l’entreprise privée G4S. Cette nationalisation a relancé la polémique sur les dangers d’avoir des prisons privées. « Cette crise est juste le dernier échec des privatisations dans le secteur de la justice », accuse Richard Burgon, député travailliste.
Une faillite retentissante
L’exemple est loin d’être un cas isolé. Sans vraiment l’assumer, le gouvernement britannique a multiplié les nationalisations ces derniers mois. En mai, la société ferroviaire de l’East Coast Main Line, qui s’occupait des trains roulant sur une ligne reliant notamment Londres à Edimbourg, a été nationalisée. Après avoir perdu de l’argent depuis 2015, Virgin et Stagecoach, les deux entreprises privées qui la dirigeaient, ont jeté l’éponge.

Cinq mois plus tôt, Carillion, parfois surnommée « l’entreprise qui gère le Royaume-Uni », a connu une faillite retentissante. Peu familière du grand public, cette société servait des centaines de cantines scolaires, assurait le nettoyage d’hôpitaux, opérait la maintenance de casernes militaires… Un sauvetage complet par l’Etat, envisagé initialement, a été écarté, mais le gouvernement a dû intervenir pour maintenir ces services.
Le...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-2"> ¤ Après une vague de partenariats public-privé dans les années 2000, les autorités britanniques ont renoncé à ce mécanisme, jugé trop cher.
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La fin programmée des ruineux partenariats public-privé

Après une vague de partenariats public-privé dans les années 2000, les autorités britanniques ont renoncé à ce mécanisme, jugé trop cher.



LE MONDE
 |    09.09.2018 à 17h30
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            Eric Albert (Londres, correspondance)








                        



                                


                            

Au collège Bristol Metropolitan, le remplacement d’un volet a coûté au total 8 154 livres sterling (9 050 euros). A l’école voisine, un robinet est revenu à 2 211 livres. Un troisième établissement a payé 2 024 livres pour un lavabo… Depuis quelques années, les excès des partenariats public-privé (PPP) sont exposés au Royaume-Uni. Bloquées dans des contrats signés dix ou quinze ans plus tôt, face à des entreprises privées qui n’ont aucune raison de faire preuve de souplesse, les écoles se retrouvent souvent avec des coûts de maintenance absurdes.
Le Royaume-Uni découvre aujourd’hui avec frayeur la facture des PPP. Sous l’impulsion de Tony Blair et de Gordon Brown (1997-2010), plus de 700 PPP ont été signés. L’objectif était simple : ouvrir de nouvelles écoles et de nouveaux hôpitaux sans donner l’impression que l’Etat s’endettait. Les entreprises investissaient, et se faisaient rembourser par les autorités locales sur vingt à trente ans. A cela s’ajoutait souvent un contrat de maintenance du bâtiment. « A l’époque, une collectivité locale n’avait pas le choix, c’était la seule façon d’investir », se rappelle Dexter Whitfield, de l’European Services Strategy Unit Research, spécialiste du secteur.

Le résultat immédiat a été positif. Le Royaume-Uni a bénéficié de la construction de nombreuses nouvelles infrastructures. Mais aujourd’hui, l’heure du remboursement est arrivée et la facture est salée. En 2017, les autorités britanniques ont dû verser un peu plus de 10 milliards de livres en intérêts.
199 milliards de livres
Même si aucun nouveau PPP n’est signé, les traites resteront à peu près au même niveau jusqu’au début des années 2030, puis se réduiront progressivement jusqu’aux années 2040. Au total, il faudra verser 199 milliards de livres, selon un rapport du National Audit Office, l’équivalent de la Cour des comptes.
Dans le meilleur des cas – si la construction se passe bien et que le contrat de maintenance est...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-3"> ¤ L’économiste Martin Chick explique que face à un service médiocre, les gens demandent des réformes, mais sans vraie clarté sur ce que le changement de propriétaire apporterait vraiment.
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« En 1910, le Royaume-Uni comptait 121 compagnies de train »

L’économiste Martin Chick explique que face à un service médiocre, les gens demandent des réformes, mais sans vraie clarté sur ce que le changement de propriétaire apporterait vraiment.



LE MONDE
 |    09.09.2018 à 17h30
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            Eric Albert (Londres, correspondance)








                        



                                


                            

Martin Chick est professeur d’histoire économique à l’université d’Edimbourg. Il retrace l’histoire des nationalisations.
Le Royaume-Uni a été pionnier en matière de nationalisations en 1945, puis de privatisations dans les années 1980. Mais comment ont débuté ces industries d’électricité, d’eau ou de transport ?
Martin Chick.- Beaucoup ont commencé par des investissements privés. Pour l’électricité, par exemple, de nombreux entrepreneurs ont investi dans une centrale qui servait localement des usines et des habitations. Résultat, après la première guerre mondiale, il y avait 635 compagnies d’électricité à travers le pays.
En 1925, un comité a suggéré la création d’un réseau électrique national, pour relier les différents bouts du système (il sera réalisé en 1935). Le même scénario s’est produit pour les trains. En 1910, le Royaume-Uni comptait 121 compagnies de train. Il fallait rationaliser tout ça : en 1921, celles-ci ont été réduites à quatre.
Après la seconde guerre mondiale, le Royaume-Uni se lance dans une grande vague de nationalisations. Pourquoi ?
Une sorte de contrat a été passé entre les Britanniques et le gouvernement pendant le conflit, sur la façon dont la richesse serait redistribuée en récompense de l’effort de guerre. En 1942, alors que les Britanniques n’ont pas gagné une seule bataille, William Beveridge, un économiste, remet un rapport commandé par le gouvernement sur la couverture sociale après la guerre. C’est un traité d’économie aride, mais ça devient un best-seller.
En 1945, pour la première fois de l’histoire, les travaillistes remportent une majorité absolue à la Chambre des communes. Ils utilisent ce rapport comme base de leur travail. Les nationalisations sont vraiment conçues comme une façon de traiter tout le monde de façon équitable, par exemple pour apporter de l’électricité aux ménages modestes. A l’inverse, en France, les nationalisations...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-4"> ¤ Les Suédois votent ce dimanche pour renouveler leurs conseils municipaux, régionaux et le Parlement. Le scrutin pourrait déboucher sur une percée de l’extrême droite.
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Elections en Suède : « C’est l’avenir de notre démocratie libérale qui est en jeu »

Les Suédois votent ce dimanche pour renouveler leurs conseils municipaux, régionaux et le Parlement. Le scrutin pourrait déboucher sur une percée de l’extrême droite.



LE MONDE
 |    09.09.2018 à 15h00
 • Mis à jour le
09.09.2018 à 18h12
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            Anne-Françoise Hivert (Stockholm, envoyée spéciale)








                        



   


Sur la tombe d’Olof Palme, devant l’église Adophe-Frédéric, en plein cœur de Stockholm, quelqu’un a déposé une rose rouge. Le symbole du parti social-démocrate que l’ancien premier ministre a dirigé pendant dix-sept ans, avant d’être assassiné, le 28 février 1986, à la sortie d’un cinéma, dans la capitale suédoise. Un an plus tôt, les sociaux-démocrates avaient remporté 44,7 % des voix aux élections législatives.
A la veille du scrutin du dimanche 9 septembre, ils étaient crédités de 26 % des intentions de vote. Un score qui, s’il se confirmait, serait le plus faible enregistré par la formation depuis plus d’un siècle. Derrière eux, en embuscade, les Démocrates de Suède (SD), le parti d’extrême droite de Jimmie Akesson, déjà annoncé comme le grand gagnant de ces élections, avec 20 % d’intentions de vote.

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Campagne difficile
A quelques dizaines des mètres de la tombe d’Olof Palme, une écharpe verte sur la poitrine, Rune Forsberg, employé de banque à la retraite et militant centriste, accueille les électeurs devant les portes de la salle paroissiale transformée en bureau de vote. Petites lunettes et mine sévère, il confie son inquiétude : « Je vote depuis des années, mais pour la première fois, j’ai l’impression que c’est l’avenir de notre démocratie libérale qui est en jeu », souffle-t-il.
Le retraité décrit une campagne difficile : « On nous a insultés, craché dessus, accusé d’être des traîtres. » En cause : la ligne intransigeante de la cheffe de file des centristes, Annie Lööf, qui ne perd pas une occasion de dénoncer l’idéologie « xénophobe » du parti de Jimmie Akesson et refuse de siéger au sein d’un gouvernement de centre-droite dépendant du soutien des SD.

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Casquette sur la tête, Michel, 35 ans, vient voter en sortant de son quart de nuit. Il travaille pour une société de sécurité à Stockholm. « C’est très dur cette année, dit-il. On ne sait pas ce qui va se passer après les élections, qui va gouverner avec qui et avec quel gouvernement on va se retrouver. » Il a hésité, puis a fini par voter pour le parti conservateur, dont il se réjouit qu’il « se rapproche de la ligne du SD » sur certaines questions :
« On a vraiment besoin d’un gros changement en Suède, une autre façon de penser. On est à la traîne. Notre système de santé se détériore, les résultats scolaires se cassent la figure, l’intégration ne fonctionne pas… Et pendant ce temps-là, tous les partis refusent de parler avec SD. C’est insensé. »
Négocier avec l’extrême droite
Mats, 66 ans, et Christiane Berglund, 59 ans, sont d’accord. Le couple arrive en trottinette électrique. « Aujourd’hui, nous décidons dans quelle direction nous voulons mener la Suède », lance Christiane. La cheffe d’entreprise a l’habitude de voter conservateur, mais s’est laissée séduire par Ebba Busch Thor, la jeune patronne des chrétiens-démocrates, qui promet une reprise en main de la société suédoise : « On a besoin de quelqu’un qui dise les choses et n’ait pas peur de serrer la vis ». Quitte à négocier avec SD :
« Ils représenteront peut-être 20 % de la population ce soir. On ne peut plus continuer à les ignorer. Cela ne serait pas digne de notre démocratie. »
A quelques centaines de mètres, sur la place Hötorget, des Stockholmois vaquent entre les étales du marché aux puces. Derrière ses bibelots en porcelaine, Nils Lagman, 56 ans, fait l’éloge du parti d’extrême droite :
« SD est le seul qui dise tout haut ce que les Suédois pensent depuis 20 ans. On n’en peut plus de payer pour les immigrés à qui on sert tout sur un plateau. Ma mère a 85 ans et elle a à peine de quoi vivre. Pendant ce temps-là, on donne aux réfugiés des logements, ils peuvent aller se faire soigner gratuitement. Cela ne peut plus continuer comme ça ! »
Une cliente se mêle à la conversation. « Il n’y a pas que les Suédois qui pensent ainsi. Nous, les immigrés, on est d’accord ! » Originaire de l’ex-Yougoslavie, Bosana Nikolic est arrivée en Suède en tant que réfugiée, il y a vingt ans. La sexagénaire vomit sa colère contre ceux qui ont obtenu l’asile depuis et « pensent que tout leur est dû. »
« J’ai peur »
Quelques instants plus tard, le premier ministre, Stefan Löfven, accompagné de sa femme, Ulla, quittent leur résidence de Sagerska, à quelques pas du Parlement, pour aller voter. Le chef de file des sociaux-démocrates assure qu’il a « bien dormi ». Pour lui, la campagne n’est pas finie. Après avoir voté, il allait boire un café avec des retraités, puis tenir un dernier meeting dans une banlieue de Stockholm, accompagné de plusieurs de ses ministres, et partager le déjeuner d’une famille suédoise.
Le scrutin, a-t-il affirmé, en sortant du bureau de vote est « un référendum sur l’Etat-providence » et sur la société dont veulent les Suédois : « Seul un gouvernement dirigé par les sociaux-démocrates pourra garantir que SD, un parti raciste, n’est pas d’influence et assurer que la décence l’emporte. »

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Elégante dans sa grande robe à fleurs, Katarina Stjernfelt, 59 ans, est en pleurs. Elle se rendait avec son mari à une exposition d’arts, quand ils ont aperçu Stefan Löfven, à quelques mètres. Elle lui a confié qu’ils étaient « avec lui ». Le patron des sociaux-démocrates a levé le pouce. « J’ai peur, dit l’enseignante. Quand les néofascistes l’emportent, c’est l’avenir de notre belle société ouverte qui est menacé. » 
Le couple vit sur l’île d’Öland. Il a voté il y a quelques jours. Car si les élections ont lieu dimanche, les Suédois peuvent voter depuis le 22 août, en mairie, dans les grandes surfaces ou les bibliothèques du royaume. Ils ont même le droit de changer leur vote, le jour des élections, s’ils regrettent leur choix initial. En 2014, 42 % des électeurs ont voté en avance et 7 352 d’entre eux sont revenus le jour du scrutin pour modifier leur choix.
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            data-slide-description="Sur la place de Ronneby, dans le comté de Blekinge, au sud de la Suède, des femmes mangent des glaces en profitant de la fin de l’été. Depuis 2015, la commune de 28 000 habitants a accueilli 2 400 réfugiés."
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            data-slide-description="Arrivé début 2015 en Suède, Hatem Massijeh, qui travaillait comme cuistot en Syrie, s’est fait embaucher dans des restaurants à Malmö. Dés qu’il a eu assez d’argent, il s’est acheté une caravane, qu’il a installé sur la place centrale de Ronneby, où il vend des falafels."
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            data-slide-description="Des jeunes réfugiés, arrivés en 2015 en Suède, se retrouvent après leurs cours de suédois, sur la place principale de Ronneby. Sans diplôme, ils craignent de ne pas trouver de travail."
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                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Hamed a quitté Haïfa, en Israël, quand il avait 14 ans, et il n’a jamais pu terminer ses études. Après avoir décroché un emploi aidé dans une commune suédoise, ce jeune Palestinien enchaîne les petits boulots au noir."
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            data-slide-description="A l’agence de l’emploi à Ronneby, 500 réfugiés sont actuellement inscrits au « programme d’établissement », qui dure deux ans."
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            data-slide-description="Charlie Strandberg, 33 ans, patron de Lackcenter à Ronneby, une petite société de peinture de carosserie, comptant huit salariés. En 2013, il a embauché Imad Habash après une semaine de mise à l’essai. « Je ne cherchais pas à recruter, mais c’est extrêmement difficile de trouver des gens qualifiés et j’ai vu tout de suite qu’Imad savait ce qu’il faisait. »"
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            data-slide-description="Imad Habash, 33 ans, avait travaillé neuf ans Syrie et sept ans en Grèce, dans la peinture de carosserie. Analphabète, ne parlant pas un mot de suédois, il a pourtant été recruté quelques semaines après son arrivée par Charlie Strandberg, impressionné par ses compétences."
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            data-slide-description="Zacharia  Almubarak, 23 ans, arrivé de Syrie en 2015, a participé au « programme d’établissement » géré par l’agence de l’emploi. Le 17 août, il a signé son contrat pour un emploi aidé de manutentionnaire dans l’usine de Ronneby du spécialiste francais du revêtement de sol, Tarkett."
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            data-slide-description="Ronneby, commune de 28 000 habitants, a accueilli 2 400 réfugiés depuis 2015."
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Sur la place de Ronneby, dans le comté de Blekinge, au sud de la Suède, des femmes mangent des glaces en profitant de la fin de l’été. Depuis 2015, la commune de 28 000 habitants a accueilli 2 400 réfugiés.

Loulou d'Aki Pour Le Monde
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Les Russes aux urnes, l’opposition dans la rue contre la réforme des retraites

Ces élections, qui concernent des postes de gouverneurs, de députés locaux et d’autres responsables, sont les premières depuis l’annonce mi-juin d’une réforme impopulaire.



LE MONDE
 |    09.09.2018 à 12h36
 • Mis à jour le
09.09.2018 à 17h27
   





                        



   


Les Russes sont appelés aux urnes, dimanche 9 septembre, pour des élections locales et régionales, dont celle du maire de Moscou, tandis que des manifestations contre la réforme des retraites ont été organisées à l’appel de l’opposant emprisonné Alexeï Navalny.
La police a arrêté dans tout le pays plus de 290 prsonnes, notamment à Ekaterinbourg dans l’Oural et à Omsk en Sibérie, lors de ces protestations dont la majorité ont été interdites par les autorités, selon l’organisation OVD-Info, spécialisée dans le suivi des arrestations. A Moscou, au moins 2 000 personnes se sont rassemblées sous haute surveillance policière sur la place Pouchkine, dans le centre de la capitale russe, aux cris de « Poutine est un voleur ! » et « A bas le Tsar ! ». A Saint-Pétersbourg, environ un millier de personnes sont sorties dans les rues, scandant « Honte ! ».
Les autorités russe sont confrontées depuis plusieurs mois à une fronde inhabituele face au projet du gouvernement qui consiste notamment à augmenter l’âge de départ à la retraite, qui était resté inchangé depuis près de 90 ans dans un pays où l’espérance de vie reste à la peine, surtout pour les hommes. Face à cette contestation, le président russe Vladimir Poutine avait annoncé, fin août, un assouplissement de la réforme.
« Pendant dix-huit ans, Poutine et son gouvernement se sont servis dans le budget et l’ont dilapidé pour des projets insensés. Maintenant, il n’y a plus d’argent et on en arrive à racketter les retraités pour joindre les deux bouts », a fait savoir l’équipe de M. Navalny sur les réseaux sociaux en appelant les Russes à manifester.
Moscou, scrutin le plus symbolique
C’est dans ce contexte que se déroule dimanche les élections, qui concernent des postes de gouverneurs, de députés locaux et d’autres responsables dans diverses régions. Le véritable indicateur du scrutin sera la participation.
L’élection à Moscou – le scrutin le plus symbolique – devrait sans surprise voir la réélection du maire Sergueï Sobianine, faute d’opposition réelle et fort du soutien du parti au pouvoir, Russie unie. Les autorités municipales de la capitale russe ont multiplié les mesures pour inciter les habitants à se rendre aux urnes, tels que des jeux et des stands de nourriture installés à la sortie des bureaux de vote. Pour la première fois, les Moscovites seront même autorisés à voter depuis leurs datchas, maisons de campagne prisées en cette saison.

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Sous la pression de Moscou, l’entreprise américaine Google a dû retirer samedi sur YouTube des appels à manifester postés par l’équipe de M. Navalny, au motif, selon les autorités russes, qu’ils enfreignaient le silence électoral obligatoire avant une élection. Lors des dernières municipales il y a cinq ans à Moscou, Alexeï Navalny avait failli contraindre le maire de Moscou, Sergueï Sobianine, à un second tour. Pour éviter la répétition d’un tel scénario, seuls les membres de l’opposition « tolérée », communistes ou nationalistes, ont cette fois pu déposer leur candidature.
« Moscou est une ville où au moins 30 % des gens partagent nos idées. (...) Mais il y a une absence totale d’opposition réelle », a regretté l’ancien député d’opposition Dmitri Goudkov, dont la candidature à l’élection municipale à Moscou a été invalidée.
Comme lui, le conseiller municipal d’opposition Ilia Iachine, ancien proche de l’opposant assassiné Boris Nemtsov, ou le militant gay Anton Krassovski n’ont pas pu se présenter, faute de respecter des exigences durcies depuis la précédente élection. Comme son mentor Vladimir Poutine avant l’élection présidentielle de mars, Sergueï Sobianine n’a pris part à aucun débat avant cette élection gagnée d’avance.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-6"> ¤ Dans sa chronique, l’historienne Valérie Théis rappelle à quel point la construction et l’entretien des impressionnants ouvrages d’art dont les ­hommes se servent pour maîtriser la nature ne sont ­jamais une affaire anodine.
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Des hommes, des ponts et des drames

Dans sa chronique, l’historienne Valérie Théis rappelle à quel point la construction et l’entretien des impressionnants ouvrages d’art dont les ­hommes se servent pour maîtriser la nature ne sont ­jamais une affaire anodine.



LE MONDE
 |    09.09.2018 à 11h00
 • Mis à jour le
09.09.2018 à 16h59
    |

                            Valérie Theis (Historienne)








                        



                                


                            

Résonances : chaque semaine, une chercheuse ou un chercheur réagit à un fait d’actualité ou simplement à l’air du temps. 
Cet été, comme des milliers de touristes et de Génois, je suis passée sur le pont Morandi presque sans y penser. Moins de vingt-quatre heures plus tard, je regardais les images de son effondrement avec le sentiment d’avoir eu de la chance, ­contrairement aux familles qui ont perdu leurs proches dans la catastrophe. Une telle tragédie ne fait pas seulement songer à la fragilité de l’existence humaine, elle rappelle également que la construction et l’entretien des impressionnants ouvrages d’art dont les ­hommes se servent pour maîtriser la nature ne sont ­jamais une affaire anodine.
A l’heure où certains voudraient relancer la conquête spatiale, il manque toujours dans la plupart des pays l’argent nécessaire pour assurer la sécurité de ces ­infrastructures, qui semblent si ­familières qu’on oublie d’en prendre soin. Au-delà de l’Italie, ce sont ainsi des centaines de familles qui pleurent aujourd’hui leurs morts, au Laos ou en Inde, à la suite d’inondations qui n’ont rien de naturel, mais ont en commun la mauvaise conception ou utilisation des barrages et la sous-estimation des effets de la ­nature sur les ouvrages que nous construisons.
Au-delà des questions techniques qu’ils durent ­affronter, les médiévaux partageaient avec nous cette difficulté majeure consistant à trouver de l’argent, non seulement pour construire des ouvrages ambitieux, mais aussi pour les entretenir et les réparer. En effet, bien que le Moyen Age semble faire pâle figure dans le domaine de la construction des ponts comparé aux prouesses des Romains, il fut pourtant une période très importante pour le développement de leur usage, qui se répandit un peu partout à partir du XIe siècle, favorisant l’essor des échanges à courte et longue distance. Si dans certains cas l’intérêt bien compris des seigneurs les ­conduisait à...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-7"> ¤ Le premier ministre grec a présenté son programme post-plan d’aide, samedi. A près d’un an des élections législatives, il a peu de temps pour convaincre les électeurs.
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Grèce : Tsipras annonce une hausse du salaire minimum et une baisse des impôts

Le premier ministre grec a présenté son programme post-plan d’aide, samedi. A près d’un an des élections législatives, il a peu de temps pour convaincre les électeurs.



LE MONDE
 |    09.09.2018 à 03h08
 • Mis à jour le
09.09.2018 à 17h08
    |

                            Marina Rafenberg (Athènes, correspondance)








                        



   


Dans un discours fleuve de plus d’une heure, le premier ministre grec Alexis Tsipras a présenté samedi 8 septembre à la Foire Internationale de Thessalonique, événement économique le plus important de l’année dans le pays, son programme post-plan d’aide qui ressemblait fort à un lancement de campagne pour les élections de l’automne 2019.
« Après huit ans de crise, c’est la première fois que s’ouvre la Foire Internationale de Thessalonique sans l’ombre des mémorandums. Aujourd’hui, trois ans après ce difficile accord signé à l’été 2015, la Grèce est un pays différent et peut regarder vers l’avenir avec sûreté », a scandé le premier ministre face au secrétaire au commerce américain, Wilbur Ross, invité d’honneur, et à une foule de chefs d’entreprises, de diplomates, de journalistes.

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                L’impossible leçon de la crise grecque



Il y a quatre ans, Alexis Tsipras – encore candidat de la gauche radicale – assurait sur cette même tribune qu’il « déchirerait les mémorandums de l’austérité », qu’il s’opposerait aux créanciers du pays pour imposer un plan de croissance audacieux. La réalité a été bien différente avec un référendum où le vote des citoyens grecs n’a pas été respecté, l’application d’un contrôle des capitaux, et finalement la signature d’un nouvel accord avec les créanciers. Samedi soir, le premier ministre était de roc et n’a exprimé aucun regret : « Il y a trois ans nous avons signé un accord dur mais nous avons pris la bonne décision. »
Un programme ambitieux pour les électeurs déçus
Mais à quelques mois des élections européennes en mai et législatives à l’automne, Alexis Tsipras ne s’est pas seulement félicité de l’amélioration économique dans son pays, il a proposé des mesures concrètes pour consolider la croissance (prévision de 2,5 % de croissance en 2018). Tout en promettant « de respecter les engagements pris avec les créanciers », le premier ministre a annoncé l’augmentation du salaire minimum au cours de l’année 2019. Durant les trois plans successifs d’aide européens, le salaire minimum était tombé à 586 euros net contre environ 760 en 2009.
Il a également promis le retour des conventions collectives abolies depuis 2012. Lundi, la ministre du travail, Efi Achtsioglou, a rétabli avec les partenaires sociaux les conventions collectives de quatre secteurs, celui de la banque, de la marine marchande, des entreprises touristiques et agences de tourisme qui vont permettre d’augmenter le salaire minimum dans ces branches de 586 euros net à 800 euros.
A partir de 2019, le premier ministre s’engage à diminuer l’impôt foncier, devenu le cauchemar de nombreux Grecs ces dernières années, à baisser les cotisations sociales pour les travailleurs indépendants et les agriculteurs mais aussi les impôts sur les entreprises, à embaucher 3 000 auxiliaires de vie pour aider les personnes âgées et 4 500 personnes qualifiées dans l’éducation, et à soutenir la recherche avec un fonds de 410 millions d’euros. Un programme ambitieux financé grâce à une marge de manœuvre budgétaire d’environ 3,5 milliards d’euros et destiné à séduire les électeurs déçus de son parti, Syriza.

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                Politiquement affaibli, Alexis Tsipras célèbre la fin des plans d’aide à la Grèce



La reconstruction d’un Etat social
Surtout, le premier ministre a évoqué le sujet tabou d’une nouvelle diminution des retraites en 2019. Le gouvernement s’y était engagé auprès de ses partenaires européens. « L’objectif d’un surplus primaire de 3,5 % du PIB réclamé par les créanciers jusqu’en 2022 peut être atteint sans des baisses supplémentaires dans les retraites. C’est une mesure anti-croissance et nous allons en rediscuter avec la Commission européenne », a déclaré d’un ton assuré Alexis Tsipras. Les représentants des créanciers – qui se rendront en Grèce quatre fois par an pour surveiller les comptes publics – sont d’ailleurs de retour le 10 septembre et le sujet pourrait être débattu.

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                Salaires, retraites, dette... dans quel état est la Grèce après 8 ans d’aide ?



Pour Theano Fotiou, ministre adjointe chargée de la solidarité sociale, « sans un Etat social, qui protège les citoyens, il n’y a pas de croissance juste. Nous avons reçu en 2015 un Etat en faillite, nous avons dû en peu de temps le reconstruire. Notre défi maintenant est de continuer sur ce chemin à protéger le plus grand nombre de nos concitoyens frappés par la crise ». Le budget de son ministère est passé entre 2015 et 2018 de 789 millions d’euros à 2 milliards d’euros.
« En renforçant nos politiques sociales, nous pensons que la pauvreté d’ici 2022 va passer en dessous du seuil de celui d’avant crise en 2008. La pauvreté infantile est passée de 26,6 % en 2015 à 24,5 % en 2016 et nous voulons la faire passer à 20 % en 2022, estime la ministre prête à mener la bataille pour les prochaines élections. Nous avons un an devant nous et chaque jour nous allons montrer par des actions concrètes à nos concitoyens que nous reconstruisons pas à pas cet Etat social mis à mal par l’austérité, et que nous allons surmonter cette crise. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-8"> ¤ Le ministre français de l’économie Bruno Le Maire propose une clause de limitation dans le temps, qui prévoirait l’abolition du dispositif en cas d’accord international.
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Comment la France tente de sauver la taxe numérique européenne

Le ministre français de l’économie Bruno Le Maire propose une clause de limitation dans le temps, qui prévoirait l’abolition du dispositif en cas d’accord international.



LE MONDE
 |    08.09.2018 à 19h49
 • Mis à jour le
09.09.2018 à 06h43
    |

            Cécile Ducourtieux (Vienne, envoyée spéciale)








                        



   


Le projet de taxe numérique européenne, poussé par Emmanuel Macron, pourrait bien avoir été relancé. Avant la réunion mensuelle des ministres européens des finances, qui s’est tenue à Vienne samedi 8 septembre, aucun progrès n’avait été constaté à Bruxelles. Pire : l’Allemagne, réticente, semblait même s’être raidie.
L’hebdomadaire populaire allemand Bild a publié en début de semaine une note confidentielle du ministère des finances du pays jugeant ce nouvel impôt européen « inefficace »… avant que le ministère ne démente vouloir abandonner la taxe. Samedi, à Vienne, Olaf Scholz, le ministre social-démocrate, a tenu des propos rassurants estimant qu’« une solution doit être trouvée avant la fin de cette année ». C’est cet agenda que réclame le président français qui aimerait bien se prévaloir d’un accord pour la campagne des élections européennes de 2019.
Prélevée sur l’exploitation des données
Cet impôt qui, de manière totalement inédite serait basé sur les revenus des plates-formes en ligne (et non sur leur profit), consisterait en un prélèvement de 3 % sur l’exploitation des données et s’appliquerait dans trois cas :
sur les revenus d’intermédiation des plates-formes (du type Airbnb) ;sur les revenus publicitaires ;sur les revenus liés à la revente des données des systèmes embarqués.
Selon les calculs de la Commission européenne, la taxe rapporterait au plus 5 milliards d’euros par an pour toute l’Union.
« Il y a du progrès. A Sofia, lors de la dernière réunion informelle des ministres ayant mis la taxe au menu des discussions, M. Scholz n’était même pas intervenu en réunion. Là, il a parlé. Même s’il a aussi insisté sur la nécessité d’avoir un accord international à l’OCDE [Organisation de coopération et de développement économiques] à long terme pour une nouvelle fiscalité de l’Internet », assure une source proche des discussions.
Cinq pays contre
Le ministre français de l’économie Bruno Le Maire n’est pas venu les mains vides à Vienne, mais avec une proposition de limitation dans le temps (« sunset clause ») : le nouvel impôt serait caduc dès lors qu’un accord de taxe numérique serait trouvé au niveau international. Les Français et la Commission européenne, qui a mis en musique leur idée de taxe, répètent déjà depuis des mois qu’elle a vocation à « être temporaire ». Mais l’inscrire noir sur blanc dans un texte législatif rassurerait pas mal de capitales.
Les industriels allemands, notamment les constructeurs automobiles, s’inquiètent de voir leur activité naissante de revente de données bientôt taxées. Berlin redoute aussi de provoquer les Etats-Unis avec un impôt visant, sans les nommer, les géants de l’Internet américains.
« Les préoccupations allemandes sont compréhensibles », a jugé Bruno Le Maire samedi. Mais les pays européens doivent tenir compte des attentes des populations qui souhaitent une taxation plus juste a ajouté le ministre, qui a par ailleurs rejeté l’idée avancée par la Commission, pour rassurer Berlin, d’exclure les données embarquées du champ de la taxe.
La « sunset clause » suffira t-elle à calmer les dernières réticences ? L’unanimité étant requise en matière de fiscalité au niveau européen, rares sont ceux qui se risquent au jeu des pronostics. Selon une source proche des discussions, il ne restait plus que cinq pays franchement contre la taxe samedi à l’issue de la réunion viennoise : Malte, la Suède, le Danemark, la Finlande et l’Irlande.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-9"> ¤ Evoquant un « hasard », la BBC explique avoir recherché « les personnes les plus pertinentes » pour sa nouvelle émission politique.
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Article sélectionné dans La Matinale du 08/09/2018
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En Angleterre, un plateau télé composé uniquement de femmes offusque des internautes

Evoquant un « hasard », la BBC explique avoir recherché « les personnes les plus pertinentes » pour sa nouvelle émission politique.



LE MONDE
 |    08.09.2018 à 19h11
 • Mis à jour le
09.09.2018 à 10h59
   





                        



   


Six femmes sur un plateau de télévision. L’événement est si rare qu’il n’est pas passé inaperçu, non pas pour saluer la présence d’expertes habituellement boudées dans les médias, mais au contraire pour dénoncer l’absence de présence masculine.
En effet, en constatant que le plateau du premier épisode de la nouvelle émission politique de la BBC, « Politics Live », diffusé le 3 septembre, était composé uniquement de femmes, de nombreux internautes ont réagi avec véhémence sur les réseaux sociaux cette semaine, dénonçant une forme de sexisme.
« Un hasard ! », a assuré Rob Burley, le responsable du nouveau programme de débat politique sur Twitter dès le soir de la diffusion.

And - genuinely - it didn't even happen by design! https://t.co/0n4t1MQurD— RobBurl (@Rob Burley)


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Et d’ajouter auprès de Franceinfo :
« Ça s’est produit parce qu’on a cherché les personnes les plus pertinentes et qui étaient disponibles pour venir dans l’émission. Nous avons beaucoup de travail en tant que société, si on ne veut plus avoir cette attitude sexiste de dire aux femmes ce qu’elles ont le droit de faire ou ne pas faire. »

        Sur la diversité dans les médias :
         

          « Il faut s’interroger sur la division genrée et raciale du travail journalistique »



Sexisme
Les messages postés sur les réseaux sociaux sont en effet à rebours des changements réclamés, à l’aune du mouvement Metoo, pour plus d’expertes sur les plateaux de télévision. « Un plateau de six femmes est sûrement sexiste contre les hommes. Bien entendu, les femmes sont sous-représentées dans certaines parties des médias, mais pourquoi les hommes et leurs idées devraient-ils être exclus de la conversation ? », a ainsi commenté un internaute sur Twitter.
« C’est une blague ? Que des femmes… », a réagi un autre, tandis que certains considéraient que les femmes n’avaient pas le droit de cité sur des sujets politiques, devant être reléguées à des thématiques plus frivoles.
Plusieurs internautes ont toutefois souligné l’absurdité de telles remarques, rappelant qu’il arrive régulièrement que les émissions de télévision soient composées uniquement d’hommes, sans que cela n’offusque la gente masculine. A l’instar du journaliste britannique Adam Bienkov.

Very much enjoying the sheer fury of men suddenly discovering they care about equal gender representation on televi… https://t.co/4EXkJO9NHR— AdamBienkov (@Adam Bienkov)


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« Du calme, demain ça sera un plateau mixte », avait tweeté, non sans ironie, Rob Burley pour annoncer le second épisode de son émission.

#politicslive tomorrow. Relax, it’s ok, it’s a mixed panel including @trussliz @jessphillips Tim Martin and @AndrewMarr9 1215 BBC2— RobBurl (@Rob Burley)


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-10"> ¤ Cette recrudescence de violence intervient au lendemain de l’échec d’un sommet à Téhéran qui avait pour objectif de décider du sort de ce dernier fief insurgé.
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Syrie : frappes russes contre Idlib, les plus « intenses » depuis un mois

Cette recrudescence de violence intervient au lendemain de l’échec d’un sommet à Téhéran qui avait pour objectif de décider du sort de ce dernier fief insurgé.



LE MONDE
 |    08.09.2018 à 17h00
 • Mis à jour le
09.09.2018 à 06h45
   





                        



   


La Russie a mené, samedi 8 septembre, les raids aériens les plus « intenses » depuis un mois contre la province d’Idlib, ultime bastion rebelle dans la Syrie en guerre, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH). Le régime de Damas a également largué des barils d’explosif sur ce secteur.
Ces bombardements sur cette province, que le président syrien Bachar Al-Assad et la Russie menacent d’un assaut, ont tué au moins neuf civils, dont deux enfants selon l’ONG. Près de 60 frappes aériennes ont été conduites au cours des trois dernières heures sur plusieurs localités du sud et du sud-est d’Idlib, par l’armée russe alliée au régime Assad, toujours d’après l’OSDH.

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Le directeur de l’ONG, Rami Abdel Rahmane, a fait savoir que l’armée syrienne poursuit ses bombardements à l’artillerie lourde contre plusieurs positions djihadistes et rebelles, dont certaines ont été désertées.
Selon l’OSDH, des frappes aériennes russes avaient déjà fait cinq morts vendredi alors qu’elles visaient des positions de Hayat Tahrir Al-Cham, l’organisation djihadiste créée par l’ex-branche syrienne d’Al-Qaida qui contrôle 60 % d’Idlib, ou encore celles d’Ahrar Al-Cham, un puissant groupe rebelle islamiste.
Provocations selon Moscou
De son côté, pour justifier son intervention, la Russie a affirmé samedi avoir des « preuves irréfutables » que les rebelles syriens préparent une « provocation » imminente à Idlib, dernière région échappant au contrôle du régime et sous la menace d’une offensive.
Selon Moscou, des responsables du groupe djihadiste Hayat Tahrir Al-Cham, du Parti islamique du Turkestan et des casques blancs syriens se sont réunis, vendredi, à Idlib pour « se mettre d’accord sur le scénario de la mise en scène et du tournage de faux incidents avec l’utilisation prétendue de substances toxiques par les forces gouvernementales contre les civils ».

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« Ceux qui doivent prendre part à la mise en scène de la provocation doivent être totalement prêts d’ici au soir du 8 septembre », a fait savoir dans un communiqué le porte-parole de l’armée russe, Igor Konachenkov. « Le signal pour le début de la mise en œuvre de la provocation par les terroristes dans la région d’Idlib sera un ordre de certains amis étrangers de la révolution syrienne », a poursuivi Igor Konashenkov.
« Catastrophe humanitaire »
Il s’agit des raids les plus intenses dans le nord syrien depuis l’attaque menée le 10 août contre la localité d’Orum Al-Koubra, ayant fait 53 morts, dont 41 civils, selon l’OSDH.
Cette recrudescence de violence intervient au lendemain de l’échec d’un sommet tripartite à Téhéran ayant réuni les présidents russe, turc et iranien qui avaient pour objectif de décider du sort de ce dernier fief insurgé.

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« Le gouvernement syrien a le droit de prendre sous son contrôle la totalité de son territoire national et doit le faire », a fait valoir, vendredi, Vladimir Poutine, rejetant un appel de son homologue turc, Recep Tayyip Erdogan, à un accord de « cessez-le-feu ».
Quelque trois millions de personnes, dont la moitié sont des déplacés, vivent dans la province d’Idlib et les poches insurgées des provinces voisines de Hama, Alep ou encore Lattaquié, selon l’ONU. Une offensive contre Idlib pourrait faire jusqu’à 800 000 déplacés et provoquer « une catastrophe humanitaire », avertissent les Nations unies.
Dès jeudi, des centaines de civils ont commencé à fuir la zone en prévision d’un assaut des troupes gouvernementales.

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-11"> ¤ L’Agence de la protection civile rapporte plusieurs tentatives d’influence, émanant de Russie et d’organisations islamistes, mais aucune campagne d’envergure.
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Cyberattaque, désinformation... Les élections suédoises sous haute surveillance

L’Agence de la protection civile rapporte plusieurs tentatives d’influence, émanant de Russie et d’organisations islamistes, mais aucune campagne d’envergure.



LE MONDE
 |    08.09.2018 à 11h03
 • Mis à jour le
08.09.2018 à 12h15
    |

            Anne-Françoise Hivert (envoyée spéciale à Stockholm)








                        



                                


                            

Au cœur du dispositif, une petite salle sans fenêtre, dont l’accès est filtré, au sixième étage d’un grand bâtiment administratif du centre de Stockholm. « C’est notre centrale d’alarme », explique Mikael Tofvesson, chargé de l’unité de surveillance des élections à l’Agence de la protection civile suédoise (MSB). C’est ici que convergent les alertes données par les officiers de liaison en poste dans diverses agences publiques.
A quelques jours des législatives de dimanche 9 septembre, alors que la campagne est animée par l’extrême droite, Mikael Tofvesson et ses collègues sont sur le qui-vive, même si à ce stade, assurent-ils, aucune tentative d’influence d’envergure émanant d’une puissance étrangère n’a pu être constatée. « Une action dans les tout derniers instants de la campagne, ou même après le vote, ne peut pas être exclue », dit ce responsable du MSB, mobilisé jusqu’à la formation du prochain gouvernement.
Sur le mur, des écrans diffusent les programmes de plusieurs grandes chaînes de télévision suédoises, un tableau de surveillance des réseaux sociaux, la carte des infrastructures énergétiques, celle de la météo… Car une tentative d’influence peut prendre diverses formes, rappelle l’analyste Frederick Foye : « De la désinformation à des exercices militaires près de nos côtes, en passant par un accord juteux, contre nos intérêts nationaux, proposé par une entreprise étrangère à une commune. »
Reportages truqués
Au MSB, on ne s’en cache pas : dans le cadre des élections, c’est surtout de la Russie qu’on se méfie. Non sans fondement, assure Frederick Foye, qui rappelle la tentative du groupe gazier russe Gazprom de louer un quai dans le port de Slite, sur l’île de Gotland que la Suède remilitarisait, les fausses lettres attribuées au ministre suédois de la défense faisant croire que le royaume armait l’Ukraine, les reportages truqués indiquant que la Suède se préparerait à attaquer la Russie…
S’il...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-12"> ¤ Rome prépare sa programmation budgétaire pluriannuelle et veut éviter un choc frontal avec Bruxelles.
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L’Italie change de ton sur les finances publiques

Rome prépare sa programmation budgétaire pluriannuelle et veut éviter un choc frontal avec Bruxelles.



LE MONDE
 |    08.09.2018 à 11h00
    |

            Jérôme Gautheret (Rome, correspondant)








                        



                                


                            

Rassurer les marchés, laisser les comptes en ordre, éviter le conflit ouvert avec Bruxelles… En à peine quelques jours, le changement de ton du gouvernement italien est spectaculaire. Et il faut bien avouer que le fait d’entendre soudain les deux hommes forts du gouvernement assurer en chœur qu’il s’agit de « respecter les contraintes européennes » (Matteo Salvini, Ligue), pour « ne pas détruire l’Europe » (Luigi Di Maio, Mouvement 5 étoiles) a quelque chose de déconcertant, cent jours après la formation d’un gouvernement qui n’a eu de cesse, jusque-là, de promettre aux Italiens un affrontement direct avec Bruxelles sur les questions budgétaires.
Le Fonds monétaire international n’a pas manqué de saluer immédiatement ce virage, jeudi 6 septembre, en soulignant, par la voie de son porte-parole, Gerry Rice, que « les marchés s’étaient inquiétés de la possibilité, de la part de l’Italie, d’une marche arrière sur les réformes et d’un relâchement de la discipline budgétaire, mais ont été rassurés ».
Un homme n’a pas changé de discours depuis le début. C’est le ministre des finances, Giovanni Tria, partisan assumé de la réduction des déficits et du dialogue avec l’Europe. Cet universitaire modéré et plutôt proeuropéen, n’appartenant à aucune des deux composantes de l’actuelle majorité gouvernementale, la Ligue (extrême droite) et le Mouvement 5 étoiles (antisystème), devra rendre public, dans les prochains jours, la nouvelle version du document pluriannuel de programmation budgétaire.

Dans la dernière mouture de ce texte, délivrée fin juin, le gouvernement italien avait affirmé qu’il maintenait la prévision de retour à l’équilibre en 2020, fixée par ses prédécesseurs. Sans tourner le dos à l’objectif général de réduction des déficits, la nouvelle version devrait délier l’Italie de cet engagement, afin de se redonner un peu de souplesse. Cela sera-t-il suffisant pour s’offrir un peu d’air sans trop effrayer...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-13"> ¤ Aucun candidat de l’opposition libérale n’a été autorisé à concourir, le 9 septembre, contre Sergueï Sobianine qui dirige la capitale russe depuis huit ans.
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Proche de Poutine, le maire de Moscou soigne sa réélection

Aucun candidat de l’opposition libérale n’a été autorisé à concourir, le 9 septembre, contre Sergueï Sobianine qui dirige la capitale russe depuis huit ans.



LE MONDE
 |    08.09.2018 à 10h56
 • Mis à jour le
09.09.2018 à 06h45
    |

            Isabelle Mandraud (Moscou, correspondante)








                        



                                


                            

Troisième maire de Moscou depuis la chute de l’URSS en 1991, Sergueï Sobianine, 60 ans, s’apprête à rempiler pour un nouveau mandat de cinq ans sur fond de grogne sociale. Le 9 septembre, les habitants de l’une des plus grandes capitales du globe (12,5 millions de personnes) auront en effet le choix entre élire leur maire ou aller manifester contre la réforme des retraites à l’appel du principal opposant du Kremlin, Alexeï Navalny. Une option en réalité quelque peu restreinte.
Ancien chef de cabinet de Vladimir Poutine, M. Sobianine a mis toutes les chances de son côté : aucune candidature de l’opposition, en dehors du Parti communiste agréé par le pouvoir, n’a été validée, ce qui présage d’une reconduction haut la main. Quant à la manifestation, elle est interdite comme dans la quasi-totalité des 83 villes de Russie où des rassemblements sont également prévus. Les autorités russes ont, en parallèle, accusé Google d’encourager des « comportements anticitoyens » lors de l’élection du maire, couplée le même jour avec celle de 22 gouverneurs dans les régions et de quatre autres scrutins municipaux.
« M. Navalny achète les outils de promotion de cette entreprise [Google] pour publier des informations sur YouTube concernant un événement politique majeur le 9 septembre, jour d’élections », a tempêté Alexandre Klioukine, membre de la Commission électorale, lors d’une réunion au Conseil de la fédération, l’équivalent du Sénat. Quatre organismes officiels, la Commission centrale électorale, le Parquet, Roskomnadzor, l’agence de surveillance des médias, et le service fédéral antimonopole ont ainsi écrit des mises en garde à la direction du géant américain.
Le défilé contre la réforme des retraites, obstacle le plus sérieux
L’opposant, lui, a été provisoirement neutralisé. Pour la quatrième fois en 18 mois, Alexeï Navalny purge, depuis le 27 août, une peine de trente jours de prison pour un précédent appel à manifester...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-14"> ¤ Quelque 7,5 millions d’électeurs ont commencé à voter dimanche pour des législatives qui devraient signer la fin de la domination des grands partis traditionnels.
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Article sélectionné dans La Matinale du 08/09/2018
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En Suède, le parti antimigrants en position de pivot aux législatives

Quelque 7,5 millions d’électeurs ont commencé à voter dimanche pour des législatives qui devraient signer la fin de la domination des grands partis traditionnels.



LE MONDE
 |    08.09.2018 à 10h00
 • Mis à jour le
09.09.2018 à 13h59
    |

            Anne-Françoise Hivert (Malmö (Suède), correspondante régionale)








                        



   


Si les Suédois espéraient un peu de clarté avant d’aller voter dimanche 9 septembre, c’est raté. Les derniers jours de la campagne n’ont fait qu’accentuer le flou qui plane depuis des mois quant à l’issue d’un scrutin qui devrait pourtant bouleverser le paysage politique, avec la percée historique de l’extrême droite donnée autour de 20 % dans les sondages.
Seule certitude : la formation du prochain gouvernement s’annonce très compliquée. Car sauf énorme surprise, le vote devrait entériner la fin de la « politique des blocs » en Suède. A gauche : les sociaux-démocrates, les Verts et la gauche radicale. A droite : les conservateurs, les libéraux, les centristes et chrétiens-démocrates. Traditionnellement, celui qui arrive en tête forme un gouvernement.
L’émergence des Démocrates de Suède (SD), entrés au Parlement en 2010 et doublant depuis leur score à chaque scrutin (12,9 % en 2014), a rebattu les cartes. Non seulement aucun des deux blocs ne devrait disposer de la majorité pour gouverner mais ils sont, pour le moment, donnés dans un mouchoir de poche, avec une très légère avance pour les « Rouges-Verts » (40 %) devant « l’Alliance » de droite (39 %).

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                En Suède, la question des réfugiés au cœur des élections législatives



Critique de l’immigration
Alors qui va pouvoir gouverner ? A gauche, l’ancien métallo, patron des sociaux-démocrates, Stefan Löfven, 61 ans, est prêt à rempiler pour quatre ans, après un premier mandat à la tête d’une coalition minoritaire avec le parti des Verts, soutenue par la gauche radicale. Mais ce serait en position de faiblesse : si son parti, crédité de 26 % des voix (contre 31 % en 2014), devrait conserver la première place, il pourrait réaliser le plus mauvais score de son histoire, perdant des électeurs sur ses deux flancs.
D’un côté, ceux qui lui reprochent sa droitisation sur l’asile et l’immigration notamment et optent pour la gauche radicale, qui pointe à environ 10 % dans les sondages, un record depuis 2004. De l’autre, ceux qui se laissent séduire par SD, qui continue de lui siphonner son électorat traditionnel. En juin, un quart des adhérents de la puissante centrale syndicale LO se disaient prêts à voter pour l’extrême droite.
Sa critique de l’immigration, dans un pays qui a reçu plus de 450 000 demandeurs d’asile depuis 2010 et où 18,5 % de la population désormais est née à l’étranger, fait recette. La campagne électorale, dominée par les questions de l’intégration, de l’insécurité et des défaillances de l’Etat-providence, lui a d’ailleurs offert un véritable boulevard.

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                La coalition au pouvoir en Suède serre la vis sur l’asile



Mais pour le politologue Jonas Hinnfors, la percée annoncée de SD est aussi le résultat de clivages droite-gauche qui se troublent : « Les différences entre les deux grandes alternatives ne sont plus aussi claires, depuis les années 1990 et la fin des grandes réformes. Aujourd’hui, il n’est plus question de bâtir l’Etat-providence, mais de l’administrer, le modifier à la marge, ce qui ne parvient pas à rassurer des Suédois inquiets pour l’avenir de leur modèle social qui s’essouffle. »
« Empêcher le chaos »
En face, SD mène une campagne nostalgique, pour un retour à la « folkhemmet » – la « maison du peuple » – d’antan. « Tout ira bien, il suffit de stopper l’immigration et de renvoyer les immigrés chez eux », résume Jonas Hinnfors. Le politologue regrette que, trop longtemps, les autres partis n’aient voulu discuter avec la formation que d’immigration ou de ses origines néonazies, « omettant de cibler le reste de son projet qui est fondamentalement national-conservateur dans une des sociétés les plus libérales du monde. »
A droite, le conservateur Ulf Kristersson, 54 ans, arrivé en sauveur à la tête de son parti fin 2017, est longtemps apparu comme le candidat le plus solide au poste de premier ministre. Mais ces dernières semaines, sa formation n’est plus créditée que de 17 % des voix (contre 23 % en 2014). Un score qui pourrait la placer derrière SD. Les centristes gagneraient, quant à eux, près de trois points, à 9 % des voix.

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                Malmö, épouvantail de l’extrême droite



« On va se retrouver avec une fragmentation du paysage politique à l’européenne, où les petites formations, aux idées marquées et aux contours clairs, progressent et les grands partis chutent », note Andreas Johansson Heino, politologue du think-tank Timbro.
Faiseur de rois, le chef de file des SD, Jimmie Akesson, 39 ans, se dit prêt à soutenir un gouvernement « composé des conservateurs et des chrétiens-démocrates », assurant qu’il agira en politicien « responsable » pour « empêcher le chaos ».
Aucun des deux blocs ne veut négocier avec lui, même si « nous préférons que SD nous soutienne plutôt que les sociaux-démocrates », constate un député du parti conservateur, dont 40 % des militants se disent prêts à collaborer avec l’extrême droite. Impensable pour les centristes et les libéraux.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-15"> ¤ Moscou lance son plus grand exercice militaire depuis la fin de l’URSS, avec la coopération de Pékin.
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Jeux de guerre russo-chinois de la Sibérie à Vladivostok

Moscou lance son plus grand exercice militaire depuis la fin de l’URSS, avec la coopération de Pékin.



LE MONDE
 |    08.09.2018 à 10h00
 • Mis à jour le
09.09.2018 à 18h31
    |

            Frédéric Lemaître (Hong-Kong envoyé spécial) et 
Isabelle Mandraud (Moscou, correspondante)








                        



                                


                            

Ce devrait être la version la plus impressionnante du rituel désormais bien rodé des exercices militaires russes grandeur nature. Du 11 au 15 septembre, l’édition Vostok (« Est ») 2018 impliquera sur le terrain 297 000 militaires, 1 000 avions, hélicoptères et drones, 36 000 chars, blindés et véhicules d’artillerie ainsi que 80 navires, selon Valeri Guerassimov, chef de l’état-major russe, qui présentait à Moscou, jeudi 6 septembre, les grandes lignes de l’opération. De quoi surpasser l’exercice Zapad (« Ouest ») 1981, réalisé à l’époque soviétique par les forces du pacte de Varsovie et resté jusqu’ici inégalé.
« Il y aura comme un air de Zapad 1981, mais en plus imposant, d’une certaine manière, s’est réjoui le 28 août le ministre de la défense Sergueï Choïgou. Imaginez 36 000 engins militaires se déplaçant en même temps, des chars, des blindés, des véhicules d’artillerie, de transport de troupes, et tout cela dans des conditions aussi proches que possible d’une situation de combat ! » Cinq champs de manœuvre ont été définis de la Sibérie à l’Extrême-Orient russe. Prévus en deux étapes, les « jeux de guerre » débuteront près de Tchita, une ville russe située à 200 kilomètres de la frontière chinoise, dans la région de Transbaïkalie, où 3 200 militaires de l’armée populaire de Chine se joindront aux manœuvres.

« 900 unités, 30 avions et hélicoptères ont été transférés en Russie », a précisé l’attaché militaire chinois à Moscou, le général Kui Yanwei, présent, jeudi, à la tribune au côté du chef d’état-major russe, en décrivant une « expérience inestimable (…) qui contribuera certainement à la paix et à la stabilité dans la région ».
« Vérifier le niveau de préparation »
Ce n’est pas la première fois que les deux pays se livrent à des exercices militaires conjoints. Le premier, baptisé « Mission de paix », avait eu lieu en août 2005 dans la baie du Shandong avec des unités terrestres,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-16"> ¤ Les faits se sont déroulés le 27 août en marge d’une manifestation organisée par l’extrême droite, pour dénoncer la présence de migrants, à la suite du meurtre d’un Allemand de 35 ans que plusieurs demandeurs d’asile sont soupçonnés d’avoir commis.
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Attaque antisémite contre un restaurant en marge d’une manifestation à Chemnitz

Les faits se sont déroulés le 27 août en marge d’une manifestation organisée par l’extrême droite, pour dénoncer la présence de migrants, à la suite du meurtre d’un Allemand de 35 ans que plusieurs demandeurs d’asile sont soupçonnés d’avoir commis.



LE MONDE
 |    08.09.2018 à 09h51
 • Mis à jour le
08.09.2018 à 10h24
   





                        



   


Un restaurant juif de Chemnitz a été la cible d’une attaque à caractère antisémite, le 27 août, en marge d’une manifestation à l’appel de l’extrême droite dans cette ville allemande sous tension depuis deux semaines.
La police de Saxe a confirmé le dépôt d’une plainte au quotidien Die Welt et un porte-parole du ministère régional de l’intérieur a fait savoir que, « pour le moment, un acte à motivation politique avec un arrière-plan antisémite était le plus plausible ».
Les faits se sont déroulés en marge d’une manifestation organisée par plusieurs mouvements d’extrême droite pour dénoncer la présence de migrants à la suite du meurtre, la veille, d’un Allemand de 35 ans, que plusieurs demandeurs d’asile sont soupçonnés d’avoir commis.

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                Allemagne : rassemblement d’extrême droite et « chasse » aux étrangers



Déjà pris pour cible
Une dizaine de personnes habillées en noir et le visage masqué ont alors attaqué le restaurant juif Schalom de la ville, jetant des pierres, des bouteilles et un tuyau de métal sur l’établissement, selon les journaux. Le propriétaire du restaurant, Uwe Dziuballa, a été blessé à l’épaule lors de cette attaque. Le propriétaire du restaurant avait ouvert l’établissement en 2000, après avoir quitté les Etats-Unis où il s’était installé auparavant. Le restaurant a déjà été ciblé plusieurs fois par des actes antisémites.
« Cela rappelle les pires souvenirs des années 1930 » en Allemagne, déclare à Die Welt le délégué gouvernemental allemand à l’antisémitisme, Felix Klein. « Si ces informations se vérifient, cela signifierait qu’avec cette attaque contre le restaurant juif de Chemnitz on atteint une nouvelle dimension en matière de criminalité antisémite », ajoute-t-il.

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                « En Europe, une partie de l’extrême droite revient à l’action violente »






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-17"> ¤ La Russie achève, samedi, un important exercice naval au large de la Syrie, tandis que les Chinois avancent de plus en plus leurs navires dans l’ancienne zone d’influence de l’OTAN.
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Article sélectionné dans La Matinale du 07/09/2018
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En Méditerranée, le jeu des puissances se densifie

La Russie achève, samedi, un important exercice naval au large de la Syrie, tandis que les Chinois avancent de plus en plus leurs navires dans l’ancienne zone d’influence de l’OTAN.



LE MONDE
 |    08.09.2018 à 06h33
 • Mis à jour le
08.09.2018 à 16h38
    |

            Nathalie Guibert








                        



                                


                            

Bombardiers et frégates russes ont achevé, samedi 8 septembre, un des plus importants exercices navals organisé par Moscou en Méditerranée orientale, durant une semaine. En déployant 25 navires et 34 aéronefs, une concentration inhabituelle de frégates de premier rang et de bateaux logistiques autour du croiseur lance-missiles Maréchal Oustinov, la Russie a « effectué une belle démonstration de force », remarque l’amiral français Charles-Henri du Ché, qui cumule les fonctions de préfet maritime et de contrôleur opérationnel de la marine nationale en Méditerranée.
« Quand vous mettez un bateau à l’eau, c’est toujours une démonstration politique, rappelle ce haut responsable, selon qui la Méditerranée est devenue le premier théâtre du jeu des Etats puissances. La zone, qu’on pouvait qualifier de lac de l’OTAN jusque dans les années 1990, est devenue un concentré des problèmes géopolitiques mondiaux ; c’est là que les puissances s’évaluent et se jaugent. Les choses vont très vite, il faut être à la mer pour anticiper et comprendre ce qui se passe dans la région. »
Dans le bassin oriental, le conflit syrien a conduit la Russie à consolider méthodiquement sa base de Tartous, jusqu’à y baser deux sous-marins équipés de missiles de croisière Kalibr ; Moscou déploie en permanence une dizaine de bâtiments.
Les Etats-Unis et leur 6e flotte ont conservé une présence stable avec quatre destroyers de défense aérienne basés à Rota en Espagne, un bâtiment de commandement et des avions de patrouille maritime. Mais l’US Navy fait entrer régulièrement un groupe aéronaval dans le bassin. Et le chef d’état-major des armées des Etats-Unis, Joseph Dunford, vient d’annoncer sa volonté de renforcer la présence militaire américaine en Grèce : « Si vous regardez la géographie, les opérations en cours en Libye, en Syrie et les potentielles autres opérations dans l’est de la Méditerranée, les opportunités sont importantes. »
« Eviter...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-18"> ¤ Dans sa chronique au « Monde », l’économiste met en garde contre le fait que des coalitions similaires à celle au pouvoir en Italie ne se généralisent un jour, y compris en France.
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Article sélectionné dans La Matinale du 08/09/2018
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Thomas Piketty : « Il est temps pour l’Europe de démontrer aux classes populaires qu’elle est la plus apte à les défendre »

Dans sa chronique au « Monde », l’économiste met en garde contre le fait que des coalitions similaires à celle au pouvoir en Italie ne se généralisent un jour, y compris en France.



LE MONDE
 |    08.09.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
09.09.2018 à 14h56
    |

                            Thomas Piketty (Directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales, Ecole d’économie de Paris)








                        



                                


                            

Chronique. Depuis le printemps, l’Italie est gouvernée par une étrange coalition social-nativiste, regroupant le Mouvement 5 étoiles (M5S), parti antisystème et antiélites, inclassable dans les typologies gauche-droite habituelles, mais dont l’un des leitmotivs est la création d’un revenu de base, et la Lega, l’ancienne Ligue du Nord, mouvement régionaliste et anti-impôts, maintenant reconverti en parti nationaliste spécialisé dans la chasse aux étrangers.
On aurait bien tort de mettre cet attelage étonnant sur le compte de l’exotisme italien. En réalité, tous les gouvernements européens partagent une responsabilité dans l’émergence de ce type de coalition, aussi désespérée qu’incohérente. Si l’on n’y prend garde, le cauchemar social-nativiste italien pourrait très vite nous concerner de près, d’abord par ses conséquences européennes, et ensuite parce qu’il n’est pas exclu que des coalitions similaires puissent un jour se généraliser dans d’autres pays, y compris en France.
Résumons. Le M5S fait ses plus gros scores dans les catégories populaires du sud du pays et parmi les déçus de tous les partis, séduits par les promesses sur le social et le développement des régions délaissées. La Lega attire des voix populaires anti-immigrés, surtout dans le nord, où le parti conserve aussi un socle de cadres et d’indépendants antipercepteurs.
Une coalition avait un moment été envisagée entre le M5S et le PD (Parti démocrate, regroupant les anciens partis de gauche, et maintenant situé quelque part entre le centre gauche et le centre droit, on ne sait plus trop), mais ce dernier a finalement refusé, préférant miser sur l’échec des populistes.
Revenu de base et « flat tax »
Le M5S et la Lega se sont alors accordés sur un programme fondé sur la mise en place du revenu de base prôné par le M5S (qui pourrait ressembler au revenu de solidarité active à la française) et de la « flat tax » défendue par la Lega, c’est-à-dire un impôt...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-19"> ¤ Pêcheurs des deux camps ne sont pas parvenus à finaliser leur accord, « les prétentions des Britanniques étant disproportionnées par rapport aux possibilités françaises », selon Paris.
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« Blocage » des négociations entre Français et Britanniques dans la guerre de la Saint-Jacques

Pêcheurs des deux camps ne sont pas parvenus à finaliser leur accord, « les prétentions des Britanniques étant disproportionnées par rapport aux possibilités françaises », selon Paris.



LE MONDE
 |    07.09.2018 à 22h58
   





                        



Se dirige-t-on vers une impasse dans le conflit franco-britannique sur les zones de pêche de la coquille Saint-Jacques ? Pêcheurs des deux camps ne sont pas parvenus à finaliser, vendredi 7 septembre à Paris, leur accord. Il y a « une situation de blocage », a indiqué le camp français, affirmant toutefois que « les discussions ne sont pas rompues ». 
Mercredi, une première réunion s’était tenue à Londres, qui avait permis de renouveler l’accord de 2017 concernant les bateaux de pêche de plus de quinze mètres. En revanche les deux parties avaient seulement abouti à « un accord de principe » pour ceux de moins de quinze mètres, qui sont concernés par le conflit en cours. Des compensations pour les pêcheurs britanniques restaient notamment encore à définir.

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« Prétentions britanniques disproportionnées »
« Le constat est qu’il n’y a pas d’accord car les prétentions des Britanniques étaient disproportionnées par rapport aux possibilités françaises. Nous sommes dans une situation de blocage, mais les discussions ne sont pas rompues », a indiqué Hubert Carré dans la soirée, à l’issue d’une réunion qui avait débuté à 15 h. « Les administrations françaises et britanniques sont en train de debriefer entre elles », a-t-il ajouté, soulignant que ce serait à présent « aux deux ministres de s’appeler pour les modalités d’une éventuelle future réunion ».
Fumigènes, injures, bateaux bélier... Des altercations ont éclaté en mer la semaine dernière quand une trentaine de navires français ont essayé d’empêcher cinq navires britanniques de pêcher le précieux mollusque, nouvel épisode d’une guerre au long cours.
Les pêcheurs normands n’ont en effet le droit de pêcher la Saint-Jacques que du 1er octobre au 15 mai pour tenter de préserver la ressource. L’accord de 2017 oblige les Britanniques – pas réglementés dans le temps – à respecter ce calendrier lorsqu’ils pêchent au large des côtes françaises, mais seulement pour les bateaux de plus de 15 mètres.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-20"> ¤ Le patron de l’extrême droite avait refusé pendant dix jours à plus d’une centaine de migrants de débarquer en Italie.
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En Italie, le ministre de l’intérieur Matteo Salvini poursuivi pour séquestration de migrants

Le patron de l’extrême droite avait refusé pendant dix jours à plus d’une centaine de migrants de débarquer en Italie.



LE MONDE
 |    07.09.2018 à 20h29
 • Mis à jour le
07.09.2018 à 21h16
   





                        



   


Le parquet de Palerme (Sicile) a confirmé, vendredi 7 septembre, avoir ouvert une enquête pour abus de pouvoir et séquestration de personnes contre le ministre de l’intérieur italien, Matteo Salvini, au motif qu’il avait refusé durant dix jours à plus d’une centaine de migrants de débarquer en Italie.

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Le parquet a annoncé cette décision dans un courrier à M. Salvini, patron de l’extrême droite italienne, qui l’a ouvert et lu dans une vidéo diffusée en direct sur sa page Facebook. « Un organe de l’Etat enquête sur un autre organe de l’Etat. Avec la toute petite différence que vous avez élu cet organe de l’Etat », a déclaré M. Salvini sur la vidéo.
« C’est vous qui avez demandé à ce ministre de contrôler les frontières, de contrôler les ports, de limiter les débarquements, de limiter les départs des clandestins. C’est vous qui me l’avez demandé, et je vous considère comme mes amis, comme mes soutiens et comme mes complices. Je ne dévierai pas d’un millimètre tant que les Italiens me le demandent. Et si demain devait arriver un autre bateau chargé de migrants, ils ne débarqueraient pas. »
Après ce discours, Matteo Salvini s’est ainsi filmé en train d’afficher la lettre dans son bureau au ministère, comme « une médaille ». 
C’est le 25 août qu’un procureur d’Agrigente avait ouvert une enquête contre M. Salvini, qui refusait le débarquement en Italie de plus de 140 migrants secourus par le Diciotti, un navire des garde-côtes italiens, dans la nuit du 15 au 16 août. Ils avaient finalement pu débarquer le soir même, après un accord avec l’Irlande, l’Albanie et l’Eglise catholique italienne, qui s’étaient engagées à les prendre en charge.
La procédure contre M. Salvini a ensuite été transférée à une juridiction de Palerme habilitée à poursuivre les membres de l’exécutif, qui a retenu le chef de séquestration avec circonstances aggravantes.

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