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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-1"> ¤ La Fête nationale du 9 septembre est l’un des points d’orgue d’un art consommé de la propagande, dont les Nord-Coréens sont à la fois spectateurs et acteurs.
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En Corée du Nord, la mise en scène du pouvoir par lui-même

La Fête nationale du 9 septembre est l’un des points d’orgue d’un art consommé de la propagande, dont les Nord-Coréens sont à la fois spectateurs et acteurs.



LE MONDE
 |    09.09.2018 à 17h59
 • Mis à jour le
09.09.2018 à 18h22
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            Philippe Pons (Tokyo, correspondant)








                        



                                


                            

Peu de régimes totalitaires ont poussé aussi loin que la Corée du Nord, et de manière aussi durable, la théâtralisation politique. L’art de la propagande nord-coréen investit le monumental – comme à Pyongyang, asservie à l’idéologie –, l’iconographie, les arts scéniques, le cinéma ou la littérature. Ses points d’orgue sont les « océaniques » manifestations de masse qui commémorent la geste nationale, tels que le « Jour du Soleil » – le 15 avril, anniversaire de la naissance de Kim Il-sung (1912-1994), père fondateur et « président pour l’éternité » – et la Fête nationale du 9 septembre.
Ces grand-messes donnent l’occasion d’exhiber la force militaire d’un pays construit à la pointe des fusils, et de célèbrer l’unité politique autant que charnelle de la nation. Rituels d’adhésion du peuple au pouvoir, ces parades se veulent l’expression visuelle d’un unanimisme proclamé et d’un patriotisme forcené qui ne sont pas étrangers – avec la coercition – à la résilience du pays aux coups de boutoir de l’histoire : effondrement de l’URSS, évolution de la Chine et dramatique famine dans la seconde partie de des années 1980.
Les parades militaires commencent toujours par le défilé d’un bataillon en uniforme beige des maquisards, qui luttèrent sous le commandement de Kim Il-sung contre le colonisateur japonais (1910-1945). Le pouvoir tire sa légitimité de cet héritage et de sa capacité, aujourd’hui, à défendre un pays qui se veut une citadelle assiégée depuis plus d’un demi-siècle.

Ces parades ne sont pas seulement militaires. La population est à la fois spectatrice et actrice de ces célébrations du pays en marche. Tout Pyongyang est mobilisé : les participants civils ont répété pendant des jours, des semaines, dormant parfois sur place. Face à la tribune d’honneur de la place Kim Il-sung sont rassemblés au carré, depuis l’aube, une dizaine de milliers d’hommes et de femmes en robe traditionnelle chatoyante, sautillant en brandissant des fleurs...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-2"> ¤ Le pays de Margaret Thatcher, pionnier des privatisations dans les années 1980, vient de reprendre le contrôle d’une prison et d’une ligne ferroviaire.
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Royaume-Uni, le retour des nationalisations

Le pays de Margaret Thatcher, pionnier des privatisations dans les années 1980, vient de reprendre le contrôle d’une prison et d’une ligne ferroviaire.



LE MONDE
 |    09.09.2018 à 17h30
 • Mis à jour le
09.09.2018 à 17h56
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            Eric Albert (Londres, correspondance)








                        



                                


                            

Quand Peter Clarke, le directeur du service d’inspection des prisons britannique, a visité le pénitencier de Birmingham début août, il a trouvé dans les douches des vêtements tachés de sang entourés de nombreuses déjections de rats. Ailleurs, des traces de vomi et de sang étaient visibles. Dans une cellule, il a rencontré un homme visiblement sous le choc, assis sur les ressorts de son lit, répétant : « Ils [d’autres prisonniers] m’ont volé mon matelas. » L’incident s’était passé trois jours plus tôt et personne n’avait réagi. Pendant son inspection, neuf voitures ont été incendiées dans un parking en principe réservé au personnel.
M. Clarke a immédiatement réagi : le 16 août, il a ordonné à l’Etat de reprendre la direction de la prison, qui était dirigée depuis 2011 par l’entreprise privée G4S. Cette nationalisation a relancé la polémique sur les dangers d’avoir des prisons privées. « Cette crise est juste le dernier échec des privatisations dans le secteur de la justice », accuse Richard Burgon, député travailliste.
Une faillite retentissante
L’exemple est loin d’être un cas isolé. Sans vraiment l’assumer, le gouvernement britannique a multiplié les nationalisations ces derniers mois. En mai, la société ferroviaire de l’East Coast Main Line, qui s’occupait des trains roulant sur une ligne reliant notamment Londres à Edimbourg, a été nationalisée. Après avoir perdu de l’argent depuis 2015, Virgin et Stagecoach, les deux entreprises privées qui la dirigeaient, ont jeté l’éponge.

Cinq mois plus tôt, Carillion, parfois surnommée « l’entreprise qui gère le Royaume-Uni », a connu une faillite retentissante. Peu familière du grand public, cette société servait des centaines de cantines scolaires, assurait le nettoyage d’hôpitaux, opérait la maintenance de casernes militaires… Un sauvetage complet par l’Etat, envisagé initialement, a été écarté, mais le gouvernement a dû intervenir pour maintenir ces services.
Le...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-3"> ¤ Après une vague de partenariats public-privé dans les années 2000, les autorités britanniques ont renoncé à ce mécanisme, jugé trop cher.
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La fin programmée des ruineux partenariats public-privé

Après une vague de partenariats public-privé dans les années 2000, les autorités britanniques ont renoncé à ce mécanisme, jugé trop cher.



LE MONDE
 |    09.09.2018 à 17h30
    |

            Eric Albert (Londres, correspondance)








                        



                                


                            

Au collège Bristol Metropolitan, le remplacement d’un volet a coûté au total 8 154 livres sterling (9 050 euros). A l’école voisine, un robinet est revenu à 2 211 livres. Un troisième établissement a payé 2 024 livres pour un lavabo… Depuis quelques années, les excès des partenariats public-privé (PPP) sont exposés au Royaume-Uni. Bloquées dans des contrats signés dix ou quinze ans plus tôt, face à des entreprises privées qui n’ont aucune raison de faire preuve de souplesse, les écoles se retrouvent souvent avec des coûts de maintenance absurdes.
Le Royaume-Uni découvre aujourd’hui avec frayeur la facture des PPP. Sous l’impulsion de Tony Blair et de Gordon Brown (1997-2010), plus de 700 PPP ont été signés. L’objectif était simple : ouvrir de nouvelles écoles et de nouveaux hôpitaux sans donner l’impression que l’Etat s’endettait. Les entreprises investissaient, et se faisaient rembourser par les autorités locales sur vingt à trente ans. A cela s’ajoutait souvent un contrat de maintenance du bâtiment. « A l’époque, une collectivité locale n’avait pas le choix, c’était la seule façon d’investir », se rappelle Dexter Whitfield, de l’European Services Strategy Unit Research, spécialiste du secteur.

Le résultat immédiat a été positif. Le Royaume-Uni a bénéficié de la construction de nombreuses nouvelles infrastructures. Mais aujourd’hui, l’heure du remboursement est arrivée et la facture est salée. En 2017, les autorités britanniques ont dû verser un peu plus de 10 milliards de livres en intérêts.
199 milliards de livres
Même si aucun nouveau PPP n’est signé, les traites resteront à peu près au même niveau jusqu’au début des années 2030, puis se réduiront progressivement jusqu’aux années 2040. Au total, il faudra verser 199 milliards de livres, selon un rapport du National Audit Office, l’équivalent de la Cour des comptes.
Dans le meilleur des cas – si la construction se passe bien et que le contrat de maintenance est...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-4"> ¤ L’économiste Martin Chick explique que face à un service médiocre, les gens demandent des réformes, mais sans vraie clarté sur ce que le changement de propriétaire apporterait vraiment.
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« En 1910, le Royaume-Uni comptait 121 compagnies de train »

L’économiste Martin Chick explique que face à un service médiocre, les gens demandent des réformes, mais sans vraie clarté sur ce que le changement de propriétaire apporterait vraiment.



LE MONDE
 |    09.09.2018 à 17h30
    |

            Eric Albert (Londres, correspondance)








                        



                                


                            

Martin Chick est professeur d’histoire économique à l’université d’Edimbourg. Il retrace l’histoire des nationalisations.
Le Royaume-Uni a été pionnier en matière de nationalisations en 1945, puis de privatisations dans les années 1980. Mais comment ont débuté ces industries d’électricité, d’eau ou de transport ?
Martin Chick.- Beaucoup ont commencé par des investissements privés. Pour l’électricité, par exemple, de nombreux entrepreneurs ont investi dans une centrale qui servait localement des usines et des habitations. Résultat, après la première guerre mondiale, il y avait 635 compagnies d’électricité à travers le pays.
En 1925, un comité a suggéré la création d’un réseau électrique national, pour relier les différents bouts du système (il sera réalisé en 1935). Le même scénario s’est produit pour les trains. En 1910, le Royaume-Uni comptait 121 compagnies de train. Il fallait rationaliser tout ça : en 1921, celles-ci ont été réduites à quatre.
Après la seconde guerre mondiale, le Royaume-Uni se lance dans une grande vague de nationalisations. Pourquoi ?
Une sorte de contrat a été passé entre les Britanniques et le gouvernement pendant le conflit, sur la façon dont la richesse serait redistribuée en récompense de l’effort de guerre. En 1942, alors que les Britanniques n’ont pas gagné une seule bataille, William Beveridge, un économiste, remet un rapport commandé par le gouvernement sur la couverture sociale après la guerre. C’est un traité d’économie aride, mais ça devient un best-seller.
En 1945, pour la première fois de l’histoire, les travaillistes remportent une majorité absolue à la Chambre des communes. Ils utilisent ce rapport comme base de leur travail. Les nationalisations sont vraiment conçues comme une façon de traiter tout le monde de façon équitable, par exemple pour apporter de l’électricité aux ménages modestes. A l’inverse, en France, les nationalisations...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-5"> ¤ Les combats se poursuivent dans le pays alors que des consultations très attendues sous l’égide de l’ONU ont échoué avant même d’avoir commencé, samedi à Genève.
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Yémen : 84 morts dans des combats près de Hodeïda après l’échec des pourparlers

Les combats se poursuivent dans le pays alors que des consultations très attendues sous l’égide de l’ONU ont échoué avant même d’avoir commencé, samedi à Genève.



LE MONDE
 |    09.09.2018 à 17h03
 • Mis à jour le
09.09.2018 à 17h14
   





                        



   


Au Yémen, les combats se poursuivent peu après l’échec des pourparlers qui étaient prévus à Genève. Onze combattants progouvernementaux et soixante-treize rebelles Houthis ont ainsi été tués, samedi et dimanche 9 septembre, dans de nouveaux combats autour de Hodeïda, ont fait savoir des sources hospitalières à l’Agence France-Presse.

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Tenue par les rebelles depuis octobre 2014, la ville portuaire est hautement stratégique, son port servant de point de transit de 70 % des importations au Yémen. Les forces progouvernementales ont réussi à atteindre la route principale reliant Hodeïda à la capitale Sanaa et d’autres provinces.
Samedi, des consultations très attendues sous l’égide de l’Organisation des nations unies (ONU) - les premières depuis plus de deux ans - ont échoué avant même d’avoir commencé : après avoir posé des conditions à leur présence, les rebelles Houthis n’ont finalement pas fait le déplacement. Aucun face-à-face entre les deux camps n’était de toute façon prévu, tellement le fossé séparant le gouvernement et les rebelles est grand.

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« Pire crise humanitaire » au monde
Quelques heures après l’annonce de cet échec cuisant par le médiateur onusien Martin Griffiths, le chef des rebelles Abdel Malek al-Houthi a appelé ses partisans à la « résistance face à l’agression » du gouvernement yéménite soutenu par une coalition militaire sous commandement de l’Arabie saoudite.
Sommant les Yéménites d’« aller aujourd’hui sur tous les fronts », M. Houthi leur a demandé de renforcer « la défense, la sécurité » et de « recruter (…) des volontaires sur le terrain », selon un discours retransmis samedi soir par la chaîne de télévision rebelle Al-Massirah. Mouvement chiite, issu des marges montagneuses du nord du pays et hostile à l’Etat yéménite depuis une décennie, les houthistes bénéficient du soutien de l’Iran.

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Alors que l’ONU parle du conflit yéménite comme « la pire crise humanitaire » au monde, le médiateur onusien M. Griffiths s’est montré pessimiste quant à une résolution de la situation. « Il est trop tôt pour dire quand se tiendront les prochaines consultations », a-t-il ainsi prévenu.
Jusqu’ici, les deux camps persistent en effet sur leurs positions. La coalition et ses protégés yéménites insistent sur la résolution 2216 du Conseil de sécurité de l’ONU reconnaissant « la légitimité » du président Abd Rabbo Mansour Hadi et exigeant le retrait des Houthis des territoires qu’ils ont conquis et la restitution des armes lourdes. Les Houthis demandent, eux, « l’arrêt de l’agression » saoudo-émiratie avant toute concession.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-6"> ¤ Un kamikaze à moto s’est fait exploser près d’un convoi de partisans du commandant connu pour avoir résisté avec acharnement à l’occupant soviétique puis aux talibans.
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Attentat-suicide à Kaboul lors des commémorations de l’assassinat du commandant Massoud

Un kamikaze à moto s’est fait exploser près d’un convoi de partisans du commandant connu pour avoir résisté avec acharnement à l’occupant soviétique puis aux talibans.



LE MONDE
 |    09.09.2018 à 16h00
   





                        



   


Un kamikaze à moto s’est fait exploser dimanche 9 septembre à Kaboul près d’un convoi de partisans du commandant Massoud, connu pour avoir résisté avec acharnement à l’occupant soviétique puis aux talibans à l’époque où ceux-ci dirigeaient l’Afghanistan. L’explosion, qui a fait trembler les immeubles alentour et exploser leurs carreaux, a tué au moins sept personnes.
Le kamikaze, qui visait un groupe de véhicules dans le centre-ville, a fait également 24 blessés, tous des civils, fait savoir un communiqué du ministère afghan de l’intérieur. Hashmat Stanikzai, le porte-parole de la police. Parmi les victimes se trouve le conducteur d’une voiture recouverte de photos de Massoud. Tué dans l’explosion, son véhicule est allé s’encastrer dans la devanture d’un magasin. Deux de ses passagers ont été blessés, ont rapporté des témoins.

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Aucun groupe n’a revendiqué la responsabilité de cet attentat, qui intervient quatre jours à peine après une double attaque contre un club de lutte de Kaboul, qui avait fait 26 morts et 91 blessés.
Commémoration sous tension
Plus tôt dans la journée, les forces de sécurité afghanes avaient annoncé avoir abattu un homme qui voulait se faire exploser près de partisans d’Ahmad Shah Massoud. Des convois d’hommes armés tirant en l’air pour célébrer sa mort il y a 17 ans terrorisaient la capitale depuis le début de la journée, forçant les habitants à rester chez eux.
Massoud, un commandant charismatique d’ethnie tadjike, a mené la résistance contre l’occupant soviétique dans les années 1980, puis contre les talibans durant leur cinq années de règne, de 1996 à 2001. Il a été tué deux jours avant les attaques du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis, revendiquées par Al-Qaïda, qui ont amené Washington à lancer une vaste opération militaire en Afghanistan, chassant les talibans du pouvoir.
Des dizaines de berlines et de pick-ups chargés d’hommes armés arpentaient la capitale, brandissant des drapeaux.
Frappes aériennes
Les équipes de l’AFP ont régulièrement entendu des coups de feu dimanche. Au moins 13 personnes ont été blessées par des munitions retombées à terre, avait, avant cela, fait savoir le porte-parole du ministère de la santé.
Face à l’absence de réaction des forces de l’ordre, nombre d’Afghans avaient fait part de leur indignation sur les réseaux sociaux. « Pourquoi devons-nous subir ça chaque 9 septembre ? Pourquoi le gouvernement afghan le permet-il ? », s’indignait l’un d’entre eux.
Dix policiers ont par ailleurs été tués et huit blessés pendant la nuit durant des combats qui ont duré plusieurs heures dans la province du Wardak, proche de Kaboul, a déclaré Abdul Rahman Mangal, un porte-parole du gouvernement provincial. « Des frappes aériennes ont été demandées et cinquante combattants talibans ont été tués », a-t-il précisé.

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De l’autre côté du pays, des talibans ont attaqué la nuit passée un check-point dans le district Obe de la province d’Herat (Ouest), tuant neuf membres des forces de sécurité et en blessant cinq autres, a rapporté le porte-parole du gouverneur provincial Jailani Farhad.
Quinze assaillants ont également péri dans l’assaut, qui s’est terminé après l’arrivée de renforts sur les lieux, selon M. Farhat. Mercredi, une double attaque, revendiquée par le groupe Etat islamique, contre un club de lutte d’un quartier chiite de Kaboul avait fait 26 morts, dont deux journalistes, et 91 blessés.

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-7"> ¤ Les Suédois votent ce dimanche pour renouveler leurs conseils municipaux, régionaux et le Parlement. Le scrutin pourrait déboucher sur une percée de l’extrême droite.
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Elections en Suède : « C’est l’avenir de notre démocratie libérale qui est en jeu »

Les Suédois votent ce dimanche pour renouveler leurs conseils municipaux, régionaux et le Parlement. Le scrutin pourrait déboucher sur une percée de l’extrême droite.



LE MONDE
 |    09.09.2018 à 15h00
 • Mis à jour le
09.09.2018 à 18h12
    |

            Anne-Françoise Hivert (Stockholm, envoyée spéciale)








                        



   


Sur la tombe d’Olof Palme, devant l’église Adophe-Frédéric, en plein cœur de Stockholm, quelqu’un a déposé une rose rouge. Le symbole du parti social-démocrate que l’ancien premier ministre a dirigé pendant dix-sept ans, avant d’être assassiné, le 28 février 1986, à la sortie d’un cinéma, dans la capitale suédoise. Un an plus tôt, les sociaux-démocrates avaient remporté 44,7 % des voix aux élections législatives.
A la veille du scrutin du dimanche 9 septembre, ils étaient crédités de 26 % des intentions de vote. Un score qui, s’il se confirmait, serait le plus faible enregistré par la formation depuis plus d’un siècle. Derrière eux, en embuscade, les Démocrates de Suède (SD), le parti d’extrême droite de Jimmie Akesson, déjà annoncé comme le grand gagnant de ces élections, avec 20 % d’intentions de vote.

        Comprendre les enjeux du scrutin :
         

          En Suède, le parti antimigrants en position de pivot aux législatives



Campagne difficile
A quelques dizaines des mètres de la tombe d’Olof Palme, une écharpe verte sur la poitrine, Rune Forsberg, employé de banque à la retraite et militant centriste, accueille les électeurs devant les portes de la salle paroissiale transformée en bureau de vote. Petites lunettes et mine sévère, il confie son inquiétude : « Je vote depuis des années, mais pour la première fois, j’ai l’impression que c’est l’avenir de notre démocratie libérale qui est en jeu », souffle-t-il.
Le retraité décrit une campagne difficile : « On nous a insultés, craché dessus, accusé d’être des traîtres. » En cause : la ligne intransigeante de la cheffe de file des centristes, Annie Lööf, qui ne perd pas une occasion de dénoncer l’idéologie « xénophobe » du parti de Jimmie Akesson et refuse de siéger au sein d’un gouvernement de centre-droite dépendant du soutien des SD.

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Casquette sur la tête, Michel, 35 ans, vient voter en sortant de son quart de nuit. Il travaille pour une société de sécurité à Stockholm. « C’est très dur cette année, dit-il. On ne sait pas ce qui va se passer après les élections, qui va gouverner avec qui et avec quel gouvernement on va se retrouver. » Il a hésité, puis a fini par voter pour le parti conservateur, dont il se réjouit qu’il « se rapproche de la ligne du SD » sur certaines questions :
« On a vraiment besoin d’un gros changement en Suède, une autre façon de penser. On est à la traîne. Notre système de santé se détériore, les résultats scolaires se cassent la figure, l’intégration ne fonctionne pas… Et pendant ce temps-là, tous les partis refusent de parler avec SD. C’est insensé. »
Négocier avec l’extrême droite
Mats, 66 ans, et Christiane Berglund, 59 ans, sont d’accord. Le couple arrive en trottinette électrique. « Aujourd’hui, nous décidons dans quelle direction nous voulons mener la Suède », lance Christiane. La cheffe d’entreprise a l’habitude de voter conservateur, mais s’est laissée séduire par Ebba Busch Thor, la jeune patronne des chrétiens-démocrates, qui promet une reprise en main de la société suédoise : « On a besoin de quelqu’un qui dise les choses et n’ait pas peur de serrer la vis ». Quitte à négocier avec SD :
« Ils représenteront peut-être 20 % de la population ce soir. On ne peut plus continuer à les ignorer. Cela ne serait pas digne de notre démocratie. »
A quelques centaines de mètres, sur la place Hötorget, des Stockholmois vaquent entre les étales du marché aux puces. Derrière ses bibelots en porcelaine, Nils Lagman, 56 ans, fait l’éloge du parti d’extrême droite :
« SD est le seul qui dise tout haut ce que les Suédois pensent depuis 20 ans. On n’en peut plus de payer pour les immigrés à qui on sert tout sur un plateau. Ma mère a 85 ans et elle a à peine de quoi vivre. Pendant ce temps-là, on donne aux réfugiés des logements, ils peuvent aller se faire soigner gratuitement. Cela ne peut plus continuer comme ça ! »
Une cliente se mêle à la conversation. « Il n’y a pas que les Suédois qui pensent ainsi. Nous, les immigrés, on est d’accord ! » Originaire de l’ex-Yougoslavie, Bosana Nikolic est arrivée en Suède en tant que réfugiée, il y a vingt ans. La sexagénaire vomit sa colère contre ceux qui ont obtenu l’asile depuis et « pensent que tout leur est dû. »
« J’ai peur »
Quelques instants plus tard, le premier ministre, Stefan Löfven, accompagné de sa femme, Ulla, quittent leur résidence de Sagerska, à quelques pas du Parlement, pour aller voter. Le chef de file des sociaux-démocrates assure qu’il a « bien dormi ». Pour lui, la campagne n’est pas finie. Après avoir voté, il allait boire un café avec des retraités, puis tenir un dernier meeting dans une banlieue de Stockholm, accompagné de plusieurs de ses ministres, et partager le déjeuner d’une famille suédoise.
Le scrutin, a-t-il affirmé, en sortant du bureau de vote est « un référendum sur l’Etat-providence » et sur la société dont veulent les Suédois : « Seul un gouvernement dirigé par les sociaux-démocrates pourra garantir que SD, un parti raciste, n’est pas d’influence et assurer que la décence l’emporte. »

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Elégante dans sa grande robe à fleurs, Katarina Stjernfelt, 59 ans, est en pleurs. Elle se rendait avec son mari à une exposition d’arts, quand ils ont aperçu Stefan Löfven, à quelques mètres. Elle lui a confié qu’ils étaient « avec lui ». Le patron des sociaux-démocrates a levé le pouce. « J’ai peur, dit l’enseignante. Quand les néofascistes l’emportent, c’est l’avenir de notre belle société ouverte qui est menacé. » 
Le couple vit sur l’île d’Öland. Il a voté il y a quelques jours. Car si les élections ont lieu dimanche, les Suédois peuvent voter depuis le 22 août, en mairie, dans les grandes surfaces ou les bibliothèques du royaume. Ils ont même le droit de changer leur vote, le jour des élections, s’ils regrettent leur choix initial. En 2014, 42 % des électeurs ont voté en avance et 7 352 d’entre eux sont revenus le jour du scrutin pour modifier leur choix.
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            data-slide-description="Sur la place de Ronneby, dans le comté de Blekinge, au sud de la Suède, des femmes mangent des glaces en profitant de la fin de l’été. Depuis 2015, la commune de 28 000 habitants a accueilli 2 400 réfugiés."
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            data-slide-description="Arrivé début 2015 en Suède, Hatem Massijeh, qui travaillait comme cuistot en Syrie, s’est fait embaucher dans des restaurants à Malmö. Dés qu’il a eu assez d’argent, il s’est acheté une caravane, qu’il a installé sur la place centrale de Ronneby, où il vend des falafels."
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            data-slide-description="Des jeunes réfugiés, arrivés en 2015 en Suède, se retrouvent après leurs cours de suédois, sur la place principale de Ronneby. Sans diplôme, ils craignent de ne pas trouver de travail."
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            data-slide-description="Hamed a quitté Haïfa, en Israël, quand il avait 14 ans, et il n’a jamais pu terminer ses études. Après avoir décroché un emploi aidé dans une commune suédoise, ce jeune Palestinien enchaîne les petits boulots au noir."
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            data-slide-description="A l’agence de l’emploi à Ronneby, 500 réfugiés sont actuellement inscrits au « programme d’établissement », qui dure deux ans."
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            data-slide-description="Charlie Strandberg, 33 ans, patron de Lackcenter à Ronneby, une petite société de peinture de carosserie, comptant huit salariés. En 2013, il a embauché Imad Habash après une semaine de mise à l’essai. « Je ne cherchais pas à recruter, mais c’est extrêmement difficile de trouver des gens qualifiés et j’ai vu tout de suite qu’Imad savait ce qu’il faisait. »"
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            data-slide-description="Imad Habash, 33 ans, avait travaillé neuf ans Syrie et sept ans en Grèce, dans la peinture de carosserie. Analphabète, ne parlant pas un mot de suédois, il a pourtant été recruté quelques semaines après son arrivée par Charlie Strandberg, impressionné par ses compétences."
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            data-slide-description="Zacharia  Almubarak, 23 ans, arrivé de Syrie en 2015, a participé au « programme d’établissement » géré par l’agence de l’emploi. Le 17 août, il a signé son contrat pour un emploi aidé de manutentionnaire dans l’usine de Ronneby du spécialiste francais du revêtement de sol, Tarkett."
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            data-slide-description="Ronneby, commune de 28 000 habitants, a accueilli 2 400 réfugiés depuis 2015."
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Sur la place de Ronneby, dans le comté de Blekinge, au sud de la Suède, des femmes mangent des glaces en profitant de la fin de l’été. Depuis 2015, la commune de 28 000 habitants a accueilli 2 400 réfugiés.

Loulou d'Aki Pour Le Monde
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-8"> ¤ Dimanche, après une pause de quelques heures, les bombardements ont repris, en vue d’une vaste offensive contre l’ultime bastion insurgé situé dans le nord-ouest du pays.
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Syrie : les bombardements syriens et russes reprennent contre la province d’Idlib

Dimanche, après une pause de quelques heures, les bombardements ont repris, en vue d’une vaste offensive contre l’ultime bastion insurgé situé dans le nord-ouest du pays.



LE MONDE
 |    09.09.2018 à 12h55
 • Mis à jour le
09.09.2018 à 15h31
   





                        



   


La pause aura été brève. Les bombardements du régime, soutenu par la Russie, contre la province d’Idlib, ultime bastion insurgé dans le nord-ouest de la Syrie, ont repris dimanche 9 septembre. Après une pause de quelques heures, « des hélicoptères des forces du régime ont lâché près de 40 barils d’explosifs sur le village de Hbit, dans le sud de la province, tuant au moins un enfant », a fait savoir le directeur de l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), Rami Abdel Rahmane. La veille, les avions de chasse russes ont mené les frappes les « plus intenses » en un mois, en vue du lancement d’une vaste offensive contre Idlib, attendue depuis des semaines.
« Plus de dix raids » ont été effectués, en parallèle, par l’aviation russe sur la ville de Latamné, dans le nord-ouest de (la province de) Hama, zone adjacente à Idlib et qui est contrôlée également par des rebelles et des djihadistes, ajoute l’OSDH. « Ces frappes ont visé un hôpital, désormais inopérant, alors qu’une autre infrastructure hospitalière, près de la localité de Hass, située dans le secteur sud d’Idlib, a déjà été sévèrement endommagée samedi par un raid aérien », selon cette même source.
Cette escalade militaire intervient après l’échec vendredi d’un sommet tripartite à Téhéran ayant réuni les présidents turc, russe et iranien.
Civils en fuite
La peur est « immense » parmi les habitants et le personnel médical, a affirmé le chef des services de santé de la province, Munzer Al-Khalil, disant craindre « la crise la plus catastrophique de [la] guerre » en Syrie, où plus de 350 000 personnes ont péri en sept ans de conflit.

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Depuis jeudi, des centaines de familles ont fui leurs localités dans les secteurs visés d’Idlib, dans la ligne de mire du régime et de son allié russe pour leur proximité avec des zones tenues par les forces loyalistes.
Quelque trois millions de personnes, dont la moitié sont des déplacés, vivent dans la province d’Idlib et les poches insurgées des provinces voisines de Hama, Alep ou Lattaquié, selon l’Organisation des Nations unies. L’ONU dit craindre une nouvelle « catastrophe humanitaire » et le déplacement de 800 000 personnes en cas d’assaut.

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-9"> ¤ L’ancien ministre estime que le plan de Mme May revient à « passer une ceinture d’explosifs autour de la Constitution britannique et à remettre le détonateur » à l’UE.
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Une tribune de Boris Johnson contre le projet de Brexit de Theresa May provoque un tollé chez les conservateurs

L’ancien ministre estime que le plan de Mme May revient à « passer une ceinture d’explosifs autour de la Constitution britannique et à remettre le détonateur » à l’UE.



LE MONDE
 |    09.09.2018 à 12h48
 • Mis à jour le
09.09.2018 à 15h46
   





                        



   


L’ancien ministre des affaires étrangères Boris Johnson tire à boulets rouges sur le projet de Brexit de la première ministre, Theresa May. Dans une tribune publiée samedi 8 septembre dans le Mail on Sunday, il estime que le plan de Mme May revient à « passer une ceinture d’explosifs autour de la constitution britannique et à remettre le détonateur » à l’Union européenne (UE).
M. Johnson, potentiel challenger de la première ministre conservatrice, avait claqué la porte du gouvernement en juillet pour marquer son désaccord avec le « plan de Chequers » proposé par cette dernière. Le plan prévoit le maintien d’une relation commerciale étroite entre le Royaume-Uni et l’UE après le Brexit, prévu le 29 mars. Avec ces propositions, la cheffe du gouvernement a provoqué la fureur des partisans d’un Brexit « pur et dur », mais aussi le scepticisme des dirigeants de l’UE, qui ont mis en doute la viabilité de ce plan.

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Il regrette que le Royaume-Uni adopte une attitude de « béni-oui-oui » face à l’UE. « Jusqu’ici, à chaque étape des discussions, Bruxelles obtient ce que Bruxelles veut. Nous avons accepté le calendrier de l’UE ; nous avons accepté de remettre 39 milliards de livres, sans rien obtenir en retour », a-t-il regretté, faisant référence à la facture du divorce. « Maintenant, avec la proposition de Chequers, nous sommes prêts à accepter leurs règles – pour toujours – sans avoir un mot à dire sur ces règles, a-t-il poursuivi. C’est une humiliation. »
Boris Johnson dénonce comme « totalement inacceptable » la solution de « backstop » (ou « filet de sécurité ») qui maintiendrait la province britannique d’Irlande du Nord au sein de l’union douanière et du marché unique européens, faute d’autre solution pour empêcher le rétablissement de contrôles frontaliers avec l’Irlande, membre de l’UE, après le Brexit.
Réactions au sein du camp conservateur
Ces propos ont choqué jusqu’au sein de son propre camp conservateur. Le secrétaire d’Etat aux affaires étrangères, Alan Duncan, estimant sur Twitter qu’ils constituent « un des moments les plus navrants de la politique moderne britannique » et signent « la fin politique de Boris Johnson ».
Le président de la commission des affaires étrangères de la Chambre des communes, Tom Tugendhat, qui a servi en Afghanistan où il a été confronté à un attentat-suicide, a également tweeté : « Le carnage était répugnant (…) Comparer la première ministre à cela n’est pas drôle ».
Autre signe des profondes divisions agitant le Parti conservateur sur le Brexit, le ministre des affaires étrangères, Jeremy Hunt, a appelé à l’unité derrière Theresa May. « Personne d’autre n’a de plan détaillé permettant à la fois de respecter les instructions du peuple britannique », qui a voté en faveur du Brexit en 2016, « et de réussir les négociations », souligne-t-il dans le Mail on Sunday.

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-10"> ¤ Ces élections, qui concernent des postes de gouverneurs, de députés locaux et d’autres responsables, sont les premières depuis l’annonce mi-juin d’une réforme impopulaire.
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Les Russes aux urnes, l’opposition dans la rue contre la réforme des retraites

Ces élections, qui concernent des postes de gouverneurs, de députés locaux et d’autres responsables, sont les premières depuis l’annonce mi-juin d’une réforme impopulaire.



LE MONDE
 |    09.09.2018 à 12h36
 • Mis à jour le
09.09.2018 à 17h27
   





                        



   


Les Russes sont appelés aux urnes, dimanche 9 septembre, pour des élections locales et régionales, dont celle du maire de Moscou, tandis que des manifestations contre la réforme des retraites ont été organisées à l’appel de l’opposant emprisonné Alexeï Navalny.
La police a arrêté dans tout le pays plus de 290 prsonnes, notamment à Ekaterinbourg dans l’Oural et à Omsk en Sibérie, lors de ces protestations dont la majorité ont été interdites par les autorités, selon l’organisation OVD-Info, spécialisée dans le suivi des arrestations. A Moscou, au moins 2 000 personnes se sont rassemblées sous haute surveillance policière sur la place Pouchkine, dans le centre de la capitale russe, aux cris de « Poutine est un voleur ! » et « A bas le Tsar ! ». A Saint-Pétersbourg, environ un millier de personnes sont sorties dans les rues, scandant « Honte ! ».
Les autorités russe sont confrontées depuis plusieurs mois à une fronde inhabituele face au projet du gouvernement qui consiste notamment à augmenter l’âge de départ à la retraite, qui était resté inchangé depuis près de 90 ans dans un pays où l’espérance de vie reste à la peine, surtout pour les hommes. Face à cette contestation, le président russe Vladimir Poutine avait annoncé, fin août, un assouplissement de la réforme.
« Pendant dix-huit ans, Poutine et son gouvernement se sont servis dans le budget et l’ont dilapidé pour des projets insensés. Maintenant, il n’y a plus d’argent et on en arrive à racketter les retraités pour joindre les deux bouts », a fait savoir l’équipe de M. Navalny sur les réseaux sociaux en appelant les Russes à manifester.
Moscou, scrutin le plus symbolique
C’est dans ce contexte que se déroule dimanche les élections, qui concernent des postes de gouverneurs, de députés locaux et d’autres responsables dans diverses régions. Le véritable indicateur du scrutin sera la participation.
L’élection à Moscou – le scrutin le plus symbolique – devrait sans surprise voir la réélection du maire Sergueï Sobianine, faute d’opposition réelle et fort du soutien du parti au pouvoir, Russie unie. Les autorités municipales de la capitale russe ont multiplié les mesures pour inciter les habitants à se rendre aux urnes, tels que des jeux et des stands de nourriture installés à la sortie des bureaux de vote. Pour la première fois, les Moscovites seront même autorisés à voter depuis leurs datchas, maisons de campagne prisées en cette saison.

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Sous la pression de Moscou, l’entreprise américaine Google a dû retirer samedi sur YouTube des appels à manifester postés par l’équipe de M. Navalny, au motif, selon les autorités russes, qu’ils enfreignaient le silence électoral obligatoire avant une élection. Lors des dernières municipales il y a cinq ans à Moscou, Alexeï Navalny avait failli contraindre le maire de Moscou, Sergueï Sobianine, à un second tour. Pour éviter la répétition d’un tel scénario, seuls les membres de l’opposition « tolérée », communistes ou nationalistes, ont cette fois pu déposer leur candidature.
« Moscou est une ville où au moins 30 % des gens partagent nos idées. (...) Mais il y a une absence totale d’opposition réelle », a regretté l’ancien député d’opposition Dmitri Goudkov, dont la candidature à l’élection municipale à Moscou a été invalidée.
Comme lui, le conseiller municipal d’opposition Ilia Iachine, ancien proche de l’opposant assassiné Boris Nemtsov, ou le militant gay Anton Krassovski n’ont pas pu se présenter, faute de respecter des exigences durcies depuis la précédente élection. Comme son mentor Vladimir Poutine avant l’élection présidentielle de mars, Sergueï Sobianine n’a pris part à aucun débat avant cette élection gagnée d’avance.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-11"> ¤ L’historien Pierre Grosser revient sur soixante-dix ans de relations entre les deux pays à l’occasion des cérémonies d’anniversaire de la Corée du Nord, dimanche.
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« Les relations entre la Chine et la Corée du Nord ont toujours été fortes et difficiles »

L’historien Pierre Grosser revient sur soixante-dix ans de relations entre les deux pays à l’occasion des cérémonies d’anniversaire de la Corée du Nord, dimanche.



LE MONDE
 |    09.09.2018 à 11h36
 • Mis à jour le
09.09.2018 à 14h31
    |

Frédéric Lemaître







                        



                                


                            

Il y a soixante-dix ans, le 9 septembre 1948, était proclamée la République populaire démocratique de Corée (RPDC) ; trois ans après la division de la péninsule par Washington et Moscou aux derniers jours de la seconde guerre mondiale.
Après des années de froid dues aux ambitions militaires nord-coréennes, les relations se sont nettement réchauffées cette année entre Pyongyang et Pékin, grand protecteur et partenaire commercial de la RPDC.
L’historien Pierre Grosser, professeur à Sciences Po, auteur de L’Histoire du monde se fait en Asie. Une autre vision du XXe siècle (éd. Odile Jacob, 2017), revient sur sept décennies de relations entre les deux alliés.

La Chine était représentée par un dirigeant de haut niveau à Pyongyang lors des commémorations du 70e anniversaire de la Corée du Nord, dimanche. Quel rôle a joué la Chine dans la création de ce pays alors qu’en 1948, les communistes n’étaient pas encore au pouvoir à Pékin ?
Pierre Grosser : La création de la République populaire ne doit pas grand-chose à la Chine directement. Ce sont les Soviétiques qui ont libéré le Nord de la Corée lors de leur grande offensive contre les Japonais lancée le 8 août 1945. Ils n’ont pas franchi la ligne du 38e parallèle, proposée par les Etats-Unis, qui comprennent que le Japon va capituler. L’Armée rouge aurait pu franchir cette limite aisément, car il n’y avait aucune troupe américaine en Corée. Kim Il-sung arrive en Corée à la suite de cette offensive. Réfugié en Union soviétique, il avait été entraîné pour combattre l’occupant japonais, mais sa brigade nord-coréenne n’avait pu participer aux combats.
La Chine a toutefois un double rôle. D’une part, des communistes coréens ont combattu l’occupant japonais en Mandchourie dans les années 1930, et ont rejoint le Parti communiste chinois, qui dans la région, est composé en grande partie de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-12"> ¤ Ces échanges qui auraient eu lieu au cours de l’année écoulée, mais n’ont pas débouché.
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Rumeur de discussions entre l’administration Trump et l’opposition vénézuélienne

Ces échanges qui auraient eu lieu au cours de l’année écoulée, mais n’ont pas débouché.



LE MONDE
 |    09.09.2018 à 09h34
   





                        


Des responsables de l’administration Trump auraient rencontré en secret des militaires vénézuéliens rebelles pour évoquer le renversement du président Nicolas Maduro, affirmait le New York Times, samedi 8 septembre.
Le New York Times, qui s’appuie sur des responsables américains anonymes et un ancien responsable militaire vénézuélien qui a participé aux discussions, affirme que ces échanges qui ont eu lieu en 2017, mais n’ont pas débouché, certains interlocuteurs figurant sur une liste américaine de responsables vénézuéliens considérés comme corrompus.
Ingérence américaine en Amérique latine
Si elles étaient avérées, ces discussions pourraient faire réagir, compte tenu de l’histoire d’interventions secrètes des Etats-Unis à Cuba, au Nicaragua, au Brésil et au Chili. M. Trump avait suscité la colère de Caracas et un tollé en Amérique latine en évoquant, à l’été 2017, une « possible option militaire » au Venezuela. La Maison Blanche avait ensuite tenté de rectifier le tir en affirmant qu’aucune action militaire n’était prévue dans un futur proche.

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                Après « l’attentat » contre Maduro, le pouvoir vénézuélien s’en prend à l’opposition



« Nous dénonçons devant le monde les plans d’interventions et le soutien aux conspirations militaires du gouvernement des Etats-Unis contre le Venezuela. Dans les médias américains eux-mêmes, des preuves nouvelles et grossières sont révélées », a réagi sur Twitter le ministre des affaires étrangères vénézuélien, Jorge Arreaza.
Le gouvernement vénézuélien affirme que Nicolas Maduro a été visé par un attentat le 4 août à Caracas et que cette attaque, menée avec deux drones chargés d’explosif, a été « planifiée et exécutée depuis le territoire des Etats-Unis », une thèse catégoriquement rejetée par Washington.
Garrett Marquis, un porte-parole du Conseil de sécurité nationale (NSC) américain, a déclaré que « la préférence politique des Etats-Unis pour un retour pacifique et ordonné à la démocratie au Venezuela reste inchangée ».

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-13"> ¤ Win Lae Phyu Sin est l’une des rares blogueuses issues de la communauté musulmane. Sa spécialité : les soins de beauté.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-14"> ¤ Le pays s’est abstenu d’exposer, lors du défilé de dimanche à Pyongyang, des missiles balistiques intercontinentaux.
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Pour ses 70 ans, la Corée du Nord organise une parade militaire sans provocation

Le pays s’est abstenu d’exposer, lors du défilé de dimanche à Pyongyang, des missiles balistiques intercontinentaux.



LE MONDE
 |    09.09.2018 à 07h08
 • Mis à jour le
09.09.2018 à 17h57
    |

            Harold Thibault (Pyongyang, envoyé spécial)








                        



   


Il y a eu comme à l’accoutumée la marche au pas de l’oie, les bottes résonnant sur la place Kim Il-sung, le claquement des crosses de fusils touchant le sol au garde à vous et le bruit des chenillettes des chars parcourant le centre de Pyongyang, avant celui des avions de chasse survolant la capitale. Mais pour fêter ses 70 ans, la Corée du Nord a laissé au hangar dimanche 9 septembre ce qui, il y a encore quelques mois, faisait la plus grande fierté dans son arsenal : ses missiles intercontinentaux.
La propagande a présenté sa nouvelle ligne idéologique, qui doit être en phase avec les développements internationaux. En avril, le dirigeant Kim Jong-un a rencontré le président sud-coréen Moon Jae-in sur la zone démilitarisée qui divise la péninsule. Puis, en juin, il a vu à Singapour le président américain, Donald Trump, et ils ont signé ensemble un engagement à la « dénucléarisation », sans plus de détails.
Ce dernier a d’ailleurs salué dimanche ce défilé militaire « sans missiles nucléaires ». « C’est un message fort et très positif de la part de la Corée du Nord », a-t-il tweeté. « Merci au président Kim », a-t-il ajouté, estimant que rien ne valait « un bon dialogue entre deux personnes qui s’apprécient ».

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L’économie, seule priorité
Pas question de ruiner ces avancées diplomatiques, dont le gouvernement nord-coréen espère qu’il conduira à terme à la levée des sanctions internationales qui pèsent sur l’économie. Le pays n’a plus réalisé de tirs de missiles depuis novembre 2017 et d’essais nucléaires depuis un an.
En avril, le Parti des travailleurs a entériné l’abandon de la « ligne byungjin », le développement parallèle du nucléaire et de l’économie devenu bien impossible, le premier empiétant sur le second et renforçant l’isolement déjà extrême du pays sur la scène internationale. C’est désormais la seule économie qui doit être la priorité.

   


Il fallait donc introduire ce changement fondamental dans la narration officielle. Le président du Parlement et chef de l’Etat cérémonial, Kim Yong-nam, a souligné la détermination du parti qui, selon lui, a permis d’éviter une nouvelle guerre grâce à la dissuasion. « Un tournant de l’histoire », a-t-il fait valoir dans un discours devant des milliers de femmes et hommes en uniformes.
De sorte que le pays peut désormais se consacrer pleinement à « l’édification économique ». « Malgré les manœuvres d’écrasement et de sanctions pour nous étouffer, le peuple coréen animé de sa confiance en lui-même a obtenu des résultats fructueux sur tous les fronts de l’édification socialiste », avance-t-il. « Unissons-nous autour du maréchal Kim Jong-un pour la prospérité ! », lance Kim Yong-nam. « Mansae ! », répond massivement le peuple dans ce cérémoniel très encadré, « hourra ! ».
L’artisan de cette évolution, qui pourrait se révéler majeure si l’apaisement avec les Etats-Unis dure et si les autorités se résolvent à lâcher un peu la bride sur l’économie, est le « dirigeant suprême », arrivé à la tribune après une quinzaine de minutes d’un plein silence, la tribune et l’armée comme dans l’attente d’une apparition divine. « Kim Jong-un, au péril de nos vies, la réunification de la patrie », clament ensuite les soldats.
Tous les corps de l’armée défilent, des « guérilleros » aux tankistes, cagoule en cuir sur la têtej en passant par les forces spéciales en camouflage et les marins. Aux côtés de Kim Jong-un, le président du Parlement chinois, Li Zhanshu, le chef de l’Etat-parti chinois, Xi Jinping, n’ayant pas fait le déplacement comme l’avait un temps espéré le voisin nord-coréen.

   


Les troupes défilent devant eux à ce pas rythmé emblématique du pays. Passent les tanks, les camions lance-roquettes multiples, et des missiles de courte portée mais rien de plus. Puis arrivent les chars non plus militaires mais de parade cette fois, de grands tableaux des étapes importantes de l’histoire de la Corée du Nord version officielle : la terrible Guerre de Corée mais le Nord « héroïque », la phase ensuite de construction industrielle et la flamme des usines sidérurgiques.
Pays moderne, fantasmé
Puis la vision d’un pays moderne, fantasmé. « Nous n’avons rien à envier au monde, courons vers l’avenir », lit-on sur un panneau. « La Corée du Nord au centre du monde. La dignité de notre patrie », est-il écrit sur un autre, agrémenté de sculptures de poissons, de maïs, de grappes de raisin et de pommes de terre, ainsi que de cartables et de vêtements. Epuisé par les sanctions, voici ce à quoi le peuple nord-coréen aspire. D’autant que la saison agricole précédente a été très rude. Dans les campagnes, les mois de soudure avant la récolte sont particulièrement durs, la malnutrition est commune hors de la capitale.

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A cela s’est ajoutée la peur bien réelle d’un conflit face à un Donald Trump imprévisible et qui n’hésitait pas à la fin de 2017 à surenchérir sur Twitter dans la menace d’une guerre nucléaire. Comme samedi 8 septembre au soir lors d’un spectacle musical et vidéo auquel ont assisté les hauts dignitaires toutes médailles sorties sur leurs vestes militaires dans un gigantesque gymnase de la capitale, il n’y a plus aucune référence à la bombe.
Les civils défilent à leur tour : les infirmiers, les étudiants, les ouvriers, les scientifiques. « Mettons en œuvre les décisions d’avril 2018 », lit-on sur une bannière portée par des volontaires sous les yeux du jeune dirigeant. Un autre tableau met en scène la Réunification : y sont inscrites les dates des sommets entre dirigeants du Nord et du Sud, une manière d’intégrer le rapprochement avec le président Moon.

   


Aucune arme qui ne surprenne, aucun message qui puisse réellement froisser les Américains et donner le sentiment que M. Kim n’était pas sérieux à Singapour, maintenant qu’est venue l’heure d’entrer dans les délicats détails du programme nucléaire. Au contraire, la nouvelle ligne est présentée au peuple. C’est la promesse d’une modernisation et l’explication d’un virage après des décennies de course à l’arme nucléaire et aux missiles intercontinentaux. Une promesse illustrée par des images d’une capitale aux tours modernes, d’un pays doté de ponts et de trains rapides. « Une base d’édification d’une puissance économique », lit-on sur un char. « L’honneur de la patrie brille devant le monde entier » sur un autre.
Il faudra des années pour évaluer la réalité et la profondeur du changement en cours : les renoncements nucléaires qui seront exigés de la communauté internationale avant l’abandon des sanctions, la capacité du Parti à donner davantage d’air à l’économie, tels seront les réels défis. Il est bien trop tôt pour juger sur le fond. Mais pour l’heure l’hostilité s’estompe dans le grand récit national.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-15"> ¤ Après une semaine d’invectives et de démentis, le président, s’est attaqué une nouvelle fois à l’histoire, jeudi, en revenant sur le discours de Lincoln à Gettysburg, en 1863.
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Président Trump, an II : la chasse à l’homme

Après une semaine d’invectives et de démentis, le président, s’est attaqué une nouvelle fois à l’histoire, jeudi, en revenant sur le discours de Lincoln à Gettysburg, en 1863.



LE MONDE
 |    09.09.2018 à 04h17
 • Mis à jour le
09.09.2018 à 05h44
    |

            Gilles Paris (Washington, correspondant)








                        



                                


                            

Deux chroniques et un message sur Twitter, ou alors une chronique et deux messages, tous un peu complaisants : tel est le prix pour un journaliste en disgrâce pour espérer regagner les faveurs de Donald Trump. C’est en tout cas la grille tarifaire qu’aurait communiquée le gendre du président, Jared Kushner, à Maureen Dowd, plume (au vitriol) du New York Times, selon le récit qu’elle a donné à un journal australien le vendredi 7 septembre. Elle purge une peine de bannissement dans les mines de sel trumpistes et n’entend rien payer.
On imagine que le coût sera plus élevé pour l’auteur, ou l’auteure, de la tribune anonyme incendiaire sur la Maison Blanche, publiée le 5 septembre par le quotidien new-yorkais, et dont Le Monde a publié une traduction. Elle a été écrite par une personne qui assure faire partie de l’équipe du président. Autrement dit qui a placé son attachement aux institutions au-dessus de la loyauté exigée par Donald Trump.

Il ne peut y avoir pire affront. Jeff Sessions, fidèle de la première heure qui considère pourtant comme prioritaire l’indépendance du ministère de la justice dont il a la charge, est bien placé pour le savoir. Ses jours sont comptés à ce poste. Ceux de l’écrivain anonyme également si on en croit les mâles affirmations de la Maison Blanche, en proie à une chasse à l’homme qui excite les amateurs de paris sur son identité. Donald Trump souhaite que la justice s’en mêle au nom de la « Sécurité Nationale ». Il risque d’être déçu.
Au lendemain de la publication du texte, tous les membres du cabinet présidentiel, à l’exception de son directeur de cabinet, John Kelly, ont assuré la main sur le cœur qu’ils n’étaient pour rien dans cette forfaiture. Une accumulation de démentis aussi gênante que l’empilement des compliments lorsque le président ouvre à la presse les réunions de son équipe. Une année de louanges ne suffira sans doute pas au coupable pour obtenir une absolution,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-16"> ¤ Le premier ministre grec a présenté son programme post-plan d’aide, samedi. A près d’un an des élections législatives, il a peu de temps pour convaincre les électeurs.
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Grèce : Tsipras annonce une hausse du salaire minimum et une baisse des impôts

Le premier ministre grec a présenté son programme post-plan d’aide, samedi. A près d’un an des élections législatives, il a peu de temps pour convaincre les électeurs.



LE MONDE
 |    09.09.2018 à 03h08
 • Mis à jour le
09.09.2018 à 17h08
    |

                            Marina Rafenberg (Athènes, correspondance)








                        



   


Dans un discours fleuve de plus d’une heure, le premier ministre grec Alexis Tsipras a présenté samedi 8 septembre à la Foire Internationale de Thessalonique, événement économique le plus important de l’année dans le pays, son programme post-plan d’aide qui ressemblait fort à un lancement de campagne pour les élections de l’automne 2019.
« Après huit ans de crise, c’est la première fois que s’ouvre la Foire Internationale de Thessalonique sans l’ombre des mémorandums. Aujourd’hui, trois ans après ce difficile accord signé à l’été 2015, la Grèce est un pays différent et peut regarder vers l’avenir avec sûreté », a scandé le premier ministre face au secrétaire au commerce américain, Wilbur Ross, invité d’honneur, et à une foule de chefs d’entreprises, de diplomates, de journalistes.

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Il y a quatre ans, Alexis Tsipras – encore candidat de la gauche radicale – assurait sur cette même tribune qu’il « déchirerait les mémorandums de l’austérité », qu’il s’opposerait aux créanciers du pays pour imposer un plan de croissance audacieux. La réalité a été bien différente avec un référendum où le vote des citoyens grecs n’a pas été respecté, l’application d’un contrôle des capitaux, et finalement la signature d’un nouvel accord avec les créanciers. Samedi soir, le premier ministre était de roc et n’a exprimé aucun regret : « Il y a trois ans nous avons signé un accord dur mais nous avons pris la bonne décision. »
Un programme ambitieux pour les électeurs déçus
Mais à quelques mois des élections européennes en mai et législatives à l’automne, Alexis Tsipras ne s’est pas seulement félicité de l’amélioration économique dans son pays, il a proposé des mesures concrètes pour consolider la croissance (prévision de 2,5 % de croissance en 2018). Tout en promettant « de respecter les engagements pris avec les créanciers », le premier ministre a annoncé l’augmentation du salaire minimum au cours de l’année 2019. Durant les trois plans successifs d’aide européens, le salaire minimum était tombé à 586 euros net contre environ 760 en 2009.
Il a également promis le retour des conventions collectives abolies depuis 2012. Lundi, la ministre du travail, Efi Achtsioglou, a rétabli avec les partenaires sociaux les conventions collectives de quatre secteurs, celui de la banque, de la marine marchande, des entreprises touristiques et agences de tourisme qui vont permettre d’augmenter le salaire minimum dans ces branches de 586 euros net à 800 euros.
A partir de 2019, le premier ministre s’engage à diminuer l’impôt foncier, devenu le cauchemar de nombreux Grecs ces dernières années, à baisser les cotisations sociales pour les travailleurs indépendants et les agriculteurs mais aussi les impôts sur les entreprises, à embaucher 3 000 auxiliaires de vie pour aider les personnes âgées et 4 500 personnes qualifiées dans l’éducation, et à soutenir la recherche avec un fonds de 410 millions d’euros. Un programme ambitieux financé grâce à une marge de manœuvre budgétaire d’environ 3,5 milliards d’euros et destiné à séduire les électeurs déçus de son parti, Syriza.

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La reconstruction d’un Etat social
Surtout, le premier ministre a évoqué le sujet tabou d’une nouvelle diminution des retraites en 2019. Le gouvernement s’y était engagé auprès de ses partenaires européens. « L’objectif d’un surplus primaire de 3,5 % du PIB réclamé par les créanciers jusqu’en 2022 peut être atteint sans des baisses supplémentaires dans les retraites. C’est une mesure anti-croissance et nous allons en rediscuter avec la Commission européenne », a déclaré d’un ton assuré Alexis Tsipras. Les représentants des créanciers – qui se rendront en Grèce quatre fois par an pour surveiller les comptes publics – sont d’ailleurs de retour le 10 septembre et le sujet pourrait être débattu.

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Pour Theano Fotiou, ministre adjointe chargée de la solidarité sociale, « sans un Etat social, qui protège les citoyens, il n’y a pas de croissance juste. Nous avons reçu en 2015 un Etat en faillite, nous avons dû en peu de temps le reconstruire. Notre défi maintenant est de continuer sur ce chemin à protéger le plus grand nombre de nos concitoyens frappés par la crise ». Le budget de son ministère est passé entre 2015 et 2018 de 789 millions d’euros à 2 milliards d’euros.
« En renforçant nos politiques sociales, nous pensons que la pauvreté d’ici 2022 va passer en dessous du seuil de celui d’avant crise en 2008. La pauvreté infantile est passée de 26,6 % en 2015 à 24,5 % en 2016 et nous voulons la faire passer à 20 % en 2022, estime la ministre prête à mener la bataille pour les prochaines élections. Nous avons un an devant nous et chaque jour nous allons montrer par des actions concrètes à nos concitoyens que nous reconstruisons pas à pas cet Etat social mis à mal par l’austérité, et que nous allons surmonter cette crise. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-17"> ¤ Le président américain Donald Trump a ordonné la suppression d’une aide de plus de 21 millions d’euros. Les services du premier ministre palestinien, Rami Hamdallah, ont dénoncé une « décision honteuse ».
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Les Etats-Unis suppriment l’aide financière destinée à des hôpitaux palestiniens

Le président américain Donald Trump a ordonné la suppression d’une aide de plus de 21 millions d’euros. Les services du premier ministre palestinien, Rami Hamdallah, ont dénoncé une « décision honteuse ».



LE MONDE
 |    08.09.2018 à 22h25
 • Mis à jour le
08.09.2018 à 22h32
   





                        



   


Le président américain Donald Trump a ordonné la suppression d’une aide de 25 millions de dollars (plus de 21 millions d’euros) destinée aux hôpitaux palestiniens à Jéruslam-Est. Une décision qualifiée de « chantage politique » par les Palestiniens.
« Le président a ordonné un passage en revue de l’aide américaine à l’Autorité palestinienne et en Cisjordanie et à Gaza, pour s’assurer que ces fonds soient dépensés en accord avec les intérêts nationaux américains », a expliqué samedi 8 septembre un responsable du département d’Etat américain à l’Agence France-Presse. Les fonds destinés aux hôpitaux palestiniens « iront à des projets prioritaires ailleurs », a-t-il précisé.

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« En supprimant des fonds vitaux pour des hôpitaux à Jérusalem-Est, comme l’hôpital Augusta Victoria et l’hôpital ophtalmologique Saint Jean, le gouvernement américain menace de provoquer de l’instabilité et de nuire gravement à des milliers de patients palestiniens », a de son côté prévenu Hanane Achraoui, une responsable de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP). Les services du premier ministre palestinien, Rami Hamdallah, ont eux dénoncé une « décision honteuse ».
L’Autorité palestinienne a rompu les contacts avec Washington
L’administration américaine avait déjà annoncé il y a quelques jours qu’elle ne financerait plus l’agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens (UNRWA), une semaine après avoir supprimé plus de 200 millions de dollars (170 millions d’euros) d’aide aux Palestiniens.

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Donald Trump a déclaré avoir pris ces décisions pour forcer les Palestiniens à négocier. « Les Etats-Unis leur payaient d’énormes sommes d’argent. Je dis, “vous aurez l’argent mais nous ne vous paierons pas avant que nous ayons conclu un accord. Si nous ne concluons pas d’accord, nous ne payons pas”, a-t-il déclaré à des dirigeants juifs à Washington. C’est irrespectueux quand les gens ne viennent pas à la table [des négociations] ».
L’Autorité palestinienne a rompu tout contact avec Washington depuis la reconnaissance par Donald Trump de Jérusalem comme capitale d’Israël début décembre, et dénie désormais aux Etats-Unis tout rôle de médiateur dans le processus de paix.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-18"> ¤ Le ministre français de l’économie Bruno Le Maire propose une clause de limitation dans le temps, qui prévoirait l’abolition du dispositif en cas d’accord international.
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Comment la France tente de sauver la taxe numérique européenne

Le ministre français de l’économie Bruno Le Maire propose une clause de limitation dans le temps, qui prévoirait l’abolition du dispositif en cas d’accord international.



LE MONDE
 |    08.09.2018 à 19h49
 • Mis à jour le
09.09.2018 à 06h43
    |

            Cécile Ducourtieux (Vienne, envoyée spéciale)








                        



   


Le projet de taxe numérique européenne, poussé par Emmanuel Macron, pourrait bien avoir été relancé. Avant la réunion mensuelle des ministres européens des finances, qui s’est tenue à Vienne samedi 8 septembre, aucun progrès n’avait été constaté à Bruxelles. Pire : l’Allemagne, réticente, semblait même s’être raidie.
L’hebdomadaire populaire allemand Bild a publié en début de semaine une note confidentielle du ministère des finances du pays jugeant ce nouvel impôt européen « inefficace »… avant que le ministère ne démente vouloir abandonner la taxe. Samedi, à Vienne, Olaf Scholz, le ministre social-démocrate, a tenu des propos rassurants estimant qu’« une solution doit être trouvée avant la fin de cette année ». C’est cet agenda que réclame le président français qui aimerait bien se prévaloir d’un accord pour la campagne des élections européennes de 2019.
Prélevée sur l’exploitation des données
Cet impôt qui, de manière totalement inédite serait basé sur les revenus des plates-formes en ligne (et non sur leur profit), consisterait en un prélèvement de 3 % sur l’exploitation des données et s’appliquerait dans trois cas :
sur les revenus d’intermédiation des plates-formes (du type Airbnb) ;sur les revenus publicitaires ;sur les revenus liés à la revente des données des systèmes embarqués.
Selon les calculs de la Commission européenne, la taxe rapporterait au plus 5 milliards d’euros par an pour toute l’Union.
« Il y a du progrès. A Sofia, lors de la dernière réunion informelle des ministres ayant mis la taxe au menu des discussions, M. Scholz n’était même pas intervenu en réunion. Là, il a parlé. Même s’il a aussi insisté sur la nécessité d’avoir un accord international à l’OCDE [Organisation de coopération et de développement économiques] à long terme pour une nouvelle fiscalité de l’Internet », assure une source proche des discussions.
Cinq pays contre
Le ministre français de l’économie Bruno Le Maire n’est pas venu les mains vides à Vienne, mais avec une proposition de limitation dans le temps (« sunset clause ») : le nouvel impôt serait caduc dès lors qu’un accord de taxe numérique serait trouvé au niveau international. Les Français et la Commission européenne, qui a mis en musique leur idée de taxe, répètent déjà depuis des mois qu’elle a vocation à « être temporaire ». Mais l’inscrire noir sur blanc dans un texte législatif rassurerait pas mal de capitales.
Les industriels allemands, notamment les constructeurs automobiles, s’inquiètent de voir leur activité naissante de revente de données bientôt taxées. Berlin redoute aussi de provoquer les Etats-Unis avec un impôt visant, sans les nommer, les géants de l’Internet américains.
« Les préoccupations allemandes sont compréhensibles », a jugé Bruno Le Maire samedi. Mais les pays européens doivent tenir compte des attentes des populations qui souhaitent une taxation plus juste a ajouté le ministre, qui a par ailleurs rejeté l’idée avancée par la Commission, pour rassurer Berlin, d’exclure les données embarquées du champ de la taxe.
La « sunset clause » suffira t-elle à calmer les dernières réticences ? L’unanimité étant requise en matière de fiscalité au niveau européen, rares sont ceux qui se risquent au jeu des pronostics. Selon une source proche des discussions, il ne restait plus que cinq pays franchement contre la taxe samedi à l’issue de la réunion viennoise : Malte, la Suède, le Danemark, la Finlande et l’Irlande.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-19"> ¤ Alors que le mouvement social se poursuit à Bassora, où douze personnes sont mortes la semaine dernière, le premier ministre Haïder Al-Abadi est de plus en plus fragilisé.
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Irak : le gouvernement empêtré dans une crise politique, la contestation se poursuit à Bassora

Alors que le mouvement social se poursuit à Bassora, où douze personnes sont mortes la semaine dernière, le premier ministre Haïder Al-Abadi est de plus en plus fragilisé.



LE MONDE
 |    08.09.2018 à 19h32
 • Mis à jour le
08.09.2018 à 22h41
   





                        



   


Les manifestations meurtrières qui ont lieu depuis plusieurs jours à Bassora vont-elles entraîner la chute du premier ministre irakien, Haïder Al-Abadi ? Les deux listes parlementaires arrivées en tête aux élections législatives de mai ont réclamé, samedi 8 septembre, la démission du chef du gouvernement.
M. Abadi, qui pouvait jusqu’ici prétendre à conserver son poste grâce à son accord avec la liste du populiste Moqtada Sadr (La Marche pour les réformes), a été lâché samedi par son allié alors que celui-ci a tenté de s’expliquer devant le Parlement sur les événements de ces derniers jours qui se déroulent à Bassora où une contestation prend de plus en plus d’ampleur. Douze manifestants ont été tués et de nombreuses institutions ont été incendiées dans cette ville pétrolière du sud.

        Lire aussi :
         

                L’Irak rattrapé par la contestation sociale



Mais les députés de cette liste ont jugé « peu convaincantes » les réponses du premier ministre devant le Parlement et lui ont demandé de « s’excuser auprès du peuple irakien et de démissionner ». Peu après, la liste rivale, l’Alliance de la Conquête, qui rassemble d’anciens combattants antijihadistes, s’est dit « sur la même longueur d’onde que la Marche pour les réformes pour former un nouveau gouvernement », d’après son porte-parole.
« Bassora n’a jamais reçu d’argent »

   


Depuis lundi, les deux partis assuraient avoir la majorité parlementaire nécessaire pour former le futur cabinet gouvernemental, provoquant une paralysie politique, aggravée par la situation tendue à Bassora, où les manifestants dénoncent l’incurie politique face au marasme social. Mais pour Montazer al-Karkouchi, coordinateur du rassemblement des jeunes de Bassora, « ces communiqués et ces réunions ne pourront jamais apaiser les habitants » la deuxième ville d’Irak. Ce qu’il faut aux habitants de Bassora, ce sont « des mesures concrètes à la mesure de la situation », a-t-il expliqué à l’Agence France-Presse.
Aux revendications de départ - la fin des pénuries d’eau et d’électricité, la création d’emplois et le limogeage des politiciens corrompus -, est venue s’ajouter une demande bien plus pressante encore. Depuis la mi-août, la population exige d’obtenir une eau propre à la consommation : celle distribuée par les autorités, polluée par l’eau de mer est devenue salée, causant l’hospitalisation de plus de 30 000 personnes, victimes d’intoxications. Malgré les promesses de plans d’urgence de milliards de dollars et d’investissements massifs faites en juillet, « Bassora n’a jamais reçu d’argent, aucun projet n’a été lancé et l’eau est toujours salée », assure M. Karkouchi.
Depuis le début des troubles en juillet, 27 personnes sont mortes dans le sud de l’Irak, dont 12 manifestants uniquement à Bassora cette semaine. Critiqués par les défenseurs des droits de l’Homme pour leur action lors des manifestations à Bassora, les ministres chargés des forces de l’ordre ont assuré au Parlement avoir procédé à un grand ménage parmi leurs troupes. Samedi soir, le couvre-feu annoncé dans la ville pétrolière du Sud, a été respecté puis finalement levé. Le trafic automobile reprenait doucement dans la cité côtière, généralement animée jusque tard dans la nuit.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-20"> ¤ Evoquant un « hasard », la BBC explique avoir recherché « les personnes les plus pertinentes » pour sa nouvelle émission politique.
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Article sélectionné dans La Matinale du 08/09/2018
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En Angleterre, un plateau télé composé uniquement de femmes offusque des internautes

Evoquant un « hasard », la BBC explique avoir recherché « les personnes les plus pertinentes » pour sa nouvelle émission politique.



LE MONDE
 |    08.09.2018 à 19h11
 • Mis à jour le
09.09.2018 à 10h59
   





                        



   


Six femmes sur un plateau de télévision. L’événement est si rare qu’il n’est pas passé inaperçu, non pas pour saluer la présence d’expertes habituellement boudées dans les médias, mais au contraire pour dénoncer l’absence de présence masculine.
En effet, en constatant que le plateau du premier épisode de la nouvelle émission politique de la BBC, « Politics Live », diffusé le 3 septembre, était composé uniquement de femmes, de nombreux internautes ont réagi avec véhémence sur les réseaux sociaux cette semaine, dénonçant une forme de sexisme.
« Un hasard ! », a assuré Rob Burley, le responsable du nouveau programme de débat politique sur Twitter dès le soir de la diffusion.

And - genuinely - it didn't even happen by design! https://t.co/0n4t1MQurD— RobBurl (@Rob Burley)


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Et d’ajouter auprès de Franceinfo :
« Ça s’est produit parce qu’on a cherché les personnes les plus pertinentes et qui étaient disponibles pour venir dans l’émission. Nous avons beaucoup de travail en tant que société, si on ne veut plus avoir cette attitude sexiste de dire aux femmes ce qu’elles ont le droit de faire ou ne pas faire. »

        Sur la diversité dans les médias :
         

          « Il faut s’interroger sur la division genrée et raciale du travail journalistique »



Sexisme
Les messages postés sur les réseaux sociaux sont en effet à rebours des changements réclamés, à l’aune du mouvement Metoo, pour plus d’expertes sur les plateaux de télévision. « Un plateau de six femmes est sûrement sexiste contre les hommes. Bien entendu, les femmes sont sous-représentées dans certaines parties des médias, mais pourquoi les hommes et leurs idées devraient-ils être exclus de la conversation ? », a ainsi commenté un internaute sur Twitter.
« C’est une blague ? Que des femmes… », a réagi un autre, tandis que certains considéraient que les femmes n’avaient pas le droit de cité sur des sujets politiques, devant être reléguées à des thématiques plus frivoles.
Plusieurs internautes ont toutefois souligné l’absurdité de telles remarques, rappelant qu’il arrive régulièrement que les émissions de télévision soient composées uniquement d’hommes, sans que cela n’offusque la gente masculine. A l’instar du journaliste britannique Adam Bienkov.

Very much enjoying the sheer fury of men suddenly discovering they care about equal gender representation on televi… https://t.co/4EXkJO9NHR— AdamBienkov (@Adam Bienkov)


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« Du calme, demain ça sera un plateau mixte », avait tweeté, non sans ironie, Rob Burley pour annoncer le second épisode de son émission.

#politicslive tomorrow. Relax, it’s ok, it’s a mixed panel including @trussliz @jessphillips Tim Martin and @AndrewMarr9 1215 BBC2— RobBurl (@Rob Burley)


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