<FILE-date="2018/09/08/21">

<article-nb="2018/09/08/21-1">
<filnamedate="20180908"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180908"><AAMMJJHH="2018090821">
<filname="SURF-env_sciences-1"> ¤ Initiateur de l’avion solaire Solar Impulse, le psychiatre et aventurier suisse veut promouvoir 1 000 innovations écologiques auprès des Etats et industriels.
<filname="PROF-env_sciences-1"> ¤                     
                                                

Bertrand Piccard : « Il existe des solutions environnementales rentables »

Initiateur de l’avion solaire Solar Impulse, le psychiatre et aventurier suisse veut promouvoir 1 000 innovations écologiques auprès des Etats et industriels.



LE MONDE
 |    08.09.2018 à 15h00
 • Mis à jour le
08.09.2018 à 15h23
    |

            Jessica Gourdon








                        



   


Apeine a-t-il fini son discours qu’une nuée de fans se pressent à sa ­rencontre. Bertrand Piccard est à son aise. « Il faut que j’aille chez vous en Suisse pour qu’on réussisse à se parler ? », lui lance Eric Léandri, le patron de Qwant.
Ce mardi 28 août, à l’université d’été du Medef, le psychiatre et aventurier helvète, mondialement célèbre grâce à son tour du monde dans son avion solaire Solar Impulse, était en terrain conquis. Un peu plus tôt, il ­déroulait son exposé sur scène façon gourou, avec son allure athlétique, sa chemise cintrée à col mao et son micro serre-tête. Le credo du jeune sexagénaire à l’accent chantant : il est possible de concilier profit et écologie. C’est même la seule manière, ­selon lui, de faire avancer la cause du développement durable. Un message « patron compatible » : pour parler à l’adversaire, il est nécessaire d’adopter son langage, assure-t-il.
Sa nouvelle fondation, qui emploie 40 personnes à Lausanne, se fixe un objectif : labelliser 1 000 innovations écologiques et rentables. Une fois ce travail achevé, Bertrand Piccard fera un tour du monde pour les présenter aux gouvernements et aux entreprises.

        Lire aussi :
         

                « Le but de Solar Impulse, c’est de prôner et de développer l’utilisation des technologies propres »



Malgré l’état préoccupant de notre planète, les enjeux écologiques sont loin d’être au cœur de la stratégie des entreprises. Est-il possible de les concilier ?
Il existe un grand malentendu entre les industriels d’un côté, qui mettent en avant l’emploi et la croissance qu’ils créent, et les écologistes de l’autre, qui insistent sur l’urgence de la crise planétaire. Mon message, c’est de montrer que les deux ont raison. Il existe des solutions environnementales rentables, d’autres non. Il existe des solutions industrielles polluantes, et d’autres qui le sont beaucoup moins. Tout l’enjeu est d’agir à l’intersection de deux domaines, grâce à de nouvelles technologies propres qui existent déjà, qui sont rentables, créent des emplois et de la croissance. Et pourtant, ce sont les vieilles méthodes polluantes que l’on continue d’employer.
« Mon message, c’est de montrer que les deux ont raison, les industriels comme les écologistes. »
A quelles technologies ­écologiques pensez-vous ?
Les énergies renouvelables, les transports électriques, les pompes à chaleur, les technologies pour maîtriser la consommation des bâtiments ou des véhicules, éclairer les villes à la demande, les matériaux plus durables et ­requérant moins d’énergie… Une entreprise a inventé un système de climatisation qui utilise la fraîcheur du fond des océans pour ­refroidir des bâtiments. J’ai visité un grand hôtel qui l’utilise : ils ont économisé 85 000 euros par mois en électricité. Autre exemple : Cgon, une start-up anglaise, a conçu un boîtier à connecter à son moteur qui diminue de 80 % les émissions de particules fines et fait baisser la consommation de carburant grâce à un système d’électrolyse.
Si ces solutions sont si ­rentables, comment expliquez-vous qu’elles ne soient pas la norme ?
D’abord, à cause du manque de communication : on ne les connaît pas. Ensuite, par la difficulté à faire changer les mentalités. Un chef d’entreprise a souvent peur de la disruption. Il faut réussir à lui montrer que c’est un avantage pour lui de le faire, mais la force d’inertie est terrible. Enfin, par la réglementation. Il est urgent de créer des lois modernes poussant à l’utilisation de ces technologies propres.
Il est urgent de créer des lois modernes poussant à l’utilisation de ces technologies propres.
Il y a des tas d’innovations qui se trouvent sans débouchés car nos réglementations sont archaïques. Ces règles ne doivent doit pas être considérées comme des freins pour les entreprises, mais comme une opportunité pour faire autrement. Prenez la taxe carbone. La Suède est l’un des pays qui ont les taxes les plus élevées. Cette ­contrainte a poussé les industriels à revoir leurs modes de production, et cela n’a pas affecté leur compétitivité sur le marché mondial, au contraire.
Cela fait beaucoup d’obstacles…
Le changement vient d’individus qui ont le courage d’essayer quelque chose de nouveau. Solar Impulse, c’était ça. Aucun constructeur d’avion n’y croyait. C’est un fabricant de bateaux qui a créé notre modèle. Aujourd’hui, tous les constructeurs aéronautiques réfléchissent à l’aviation électrique. La Norvège veut des vols intérieurs 100 % électriques d’ici à 2040. Tous ceux qui se sont moqués de moi il y a quinze ans travaillent dessus.

        Lire aussi :
         

                Des transports plus écolos, un défi pour le tourisme



En fait, je crois que ceux qui vont résister à tous ces changements vont disparaître. D’ici cinq ans, les Chinois vont amener en Europe des véhicules électriques à 15 000 euros. Ceux qui ne se seront pas adaptés seront en difficulté. Nos moteurs à combustion, nos ampoules à incandescence et nos énergies fossiles ont pris leur essor en 1880, ce sont des systèmes ­archaïques. Nous avons les technologies qui permettent de diviser par deux les émissions de carbone. Le tout est qu’elles se diffusent.
« Nous avons les technologies qui permettent de diviser par deux les émissions de carbone. Le tout est qu’elles se diffusent. »
Comment va se dérouler la labellisation des 1 000 innovations écologiques par votre fondation ?
Notre équipe d’évaluateurs va analyser ces innovations et labelliser celles qui répondent à nos grilles, dans les domaines de l’eau, l’énergie, les villes, l’agriculture et les process industriels. Un de nos critères, c’est qu’il faut qu’elles soient rentables en moins de quatre ans. L’année prochaine, je ferai un tour du monde pour les présenter aux gouvernements et aux industriels. Mon but, c’est de tirer ces solutions méconnues vers le marché. Je n’ai aucun intérêt personnel à le faire. Je veux juste profiter de ma notoriété pour montrer que les technologies propres peuvent faire des choses que l’on croit impossible.
Dans son essai sur la « face ­cachée de la transition énergétique », Guillaume Pitron ­montre qu’elle implique de piller toujours plus de ressources minières, notamment pour fabriquer les batteries. Qu’en pensez-vous ?
Ce livre met en évidence la ­nécessité d’encadrer l’exploitation minière. On ne peut pas faire n’importe quoi. Mais cela ne doit pas invalider la nécessité de poursuivre la transition énergétique. La pollution créée par ces mines est localisée, et doit être surveillée. J’aime mieux quelques mines de cobalt de plus que quelques degrés de plus dans l’atmosphère.

   


L’innovation sera l’une des grandes thématiques abordées lors du Festival de l’innovation Novaq.
Les 13 et 14 septembre, la région Nouvelle-Aquitaine, en partenariat avec Le Monde, organise deux jours de débats, conférences, pitchs et ateliers au Hangar 14, à Bordeaux.
Scientifiques, experts, entrepreneurs échangeront autour de trois grands thèmes : le cerveau, l’espace et l’océan. Fil rouge de cette édition : l’innovation au service de l’humain.
Programme et inscriptions ici



                            


                        

                        


<article-nb="2018/09/08/21-2">
<filnamedate="20180908"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180908"><AAMMJJHH="2018090821">
<filname="SURF-env_sciences-2"> ¤ De plus en plus d’entreprises ont recours à la réalité virtuelle pour former leurs salariés, anticiper des problèmes de maintenance ou simuler de nouvelles possibilités.
<filname="PROF-env_sciences-2"> ¤                     
                                                

La réalité virtuelle s’immisce dans la production industrielle

De plus en plus d’entreprises ont recours à la réalité virtuelle pour former leurs salariés, anticiper des problèmes de maintenance ou simuler de nouvelles possibilités.



LE MONDE
 |    08.09.2018 à 14h00
    |

                            Julia Zimmerlich








                        



   


A quoi ressemble une usine robotisée d’embouteillage de cognac en réalité virtuelle ? A une vraie usine d’embouteillage de cognac. Un casque sur la tête, on observe les bouteilles qui défilent sur des tapis à cadence réelle. Elles sont remplies de liquide, puis attrapées par six bras articulés avant d’être emballées dans des cartons, récupérées par des chariots électriques. Tout est automatisé. La duplication est bluffante de réalité.
Ce bijou de technologie s’appelle un « jumeau numérique » (digital twin). Il permet de dupliquer une usine à l’identique en situation immersive. La technique existe depuis quelques années, mais c’est aujourd’hui que l’utilisation de ce type d’outils s’accélère et gagne divers secteurs industriels. Le jumeau de l’usine Pont-Neuf d’Hennessy a été développé par Iteca, une start-up d’Angoulême, spécialiste de « l’industrie 4.0 ». Un terme qui englobe toutes les nouvelles technologies (modélisation 3D, réalité virtuelle, intelligence artificielle…) appliquées à la production industrielle.
Le géant mondial du cognac a inauguré en octobre 2017 sa nouvelle usine high-tech d’embouteillage. Le fabricant, qui produit la moitié des bouteilles de cognac vendues dans le monde, s’est offert un bâtiment ultramoderne de 26 000 m2, planté au milieu des vignes, à 7 km de son site historique de production.
Séduire les jeunes générations
Ce nouvel ensemble, les salariés l’ont d’abord visité en réalité virtuelle avant de le connaître véritablement. « Un des enjeux pour nous est de permettre aux équipes de production de se familiariser le plus tôt possible avec leur nouvel environnement de travail », dit Marc Sorin, directeur des opérations d’Hennessy. Un moyen aussi pour le géant d’afficher sa modernité, et de séduire les jeunes générations qui rechignent à venir s’installer à Cognac, dans la Charente. La réalité virtuelle leur a également servi à former les salariés : en l’occurrence, les gestionnaires de flux, qui supervisent des stocks importants et très mouvants. Chez Hennessy, la zone de stockage s’étend sur 6 000 m2. De quoi entreposer 8 000 palettes en tout.

   


Dans certaines usines, le « jumeau numérique » est poussé plus loin et peut suivre la cadence de production en temps réel, grâce à une batterie de capteurs sur les machines. « Cela permet d’optimiser la production, d’anticiper les opérations de maintenance, de tester un geste technique ou une modification logicielle et donc de réduire le risque d’interruption de la production », explique Yaël Assouline, cofondatrice d’Iteca.
La réalité virtuelle trouve de nombreuses autres applications dans le secteur industriel. Iteca a mis au point une plate-forme, SmartUpp, assemblant plusieurs technologies innovantes. « Avant une intervention de maintenance, par exemple, le technicien peut chausser le casque de réalité virtuelle et se former aux gestes techniques, poursuit Yaël Assouline. Pendant l’opération, il est assisté par une solution notamment utilisée dans le secteur de l’aéronautique qui mixe intelligence artificielle et visualisation 3D pour l’aide à la décision et à la maintenance. Ensuite, en réalité augmentée, il voit dans les lunettes une illustration visuelle de son cas de panne, tout en recevant des instructions qui le guident pas à pas. »
Freins importants
Pour l’heure, la plupart des industriels en sont encore à la phase de test, en particulier sur le volet formation. « La VR permet de limiter les coûts de formation réelle pour les métiers les plus techniques, mais aussi les risques pour les apprenants dans des secteurs comme le nucléaire ou l’industrie pharmaceutique », dit Clément Merville, fondateur de Manzalab. Cet éditeur de contenus a mis au point un projet pilote pour EDF sur la réalisation d’une opération de maintenance d’une centrale nucléaire. « Au lieu de dupliquer physiquement une salle de contrôle, comme c’est le cas aujourd’hui, les salariés pourraient suivre une partie de leur formation en VR, dit Clément Merville. Nous sommes aussi capables de réunir plusieurs personnes situées dans différents lieux dans un même espace virtuel. Pendant les réunions, les collaborateurs peuvent avoir une maquette 3D de la centrale sous les yeux et en fonction des besoins, téléporter tout le monde dans la zone qui pose problème. »
Reste que les freins au déploiement de ces solutions en réalités virtuelles restent importants. Les coûts du matériel et le développement des contenus sont encore très élevés. Et même si le dernier modèle de casque Vive Pro améliore l’expérience utilisateur, la fatigue cognitive se fait vite sentir. Les premières études sur le sujet montrent que le temps d’expérience idéal se situe autour de trente minutes.
Yaël Assouline, cofondatrice d’Iteca, interviendra lors du Festival de l’innovation Novaq.
Les 13 et 14 septembre, la région Nouvelle-Aquitaine, en partenariat avec “Le Monde”, organise deux jours de débats, conférences, pitchs et ateliers au H14, à Bordeaux, autour de l’innovation.
Scientifiques, experts, entrepreneurs échangeront autour de trois grands thèmes : le cerveau, l’espace et l’océan. Fil rouge de cette édition : l’innovation au service de l’humain.
Programme et inscriptions ici.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/09/08/21-3">
<filnamedate="20180908"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180908"><AAMMJJHH="2018090821">
<filname="SURF-env_sciences-3"> ¤ Son directeur de thèse Antony Hewish avait obtenu le prix Nobel de physique pour la découverte de l’astrophysicienne sur les pulsars radio.
<filname="PROF-env_sciences-3"> ¤                     
                                                

Privée de Nobel en 1974, l’astrophysicienne Jocelyn Bell Burnell enfin reconnue

Son directeur de thèse Antony Hewish avait obtenu le prix Nobel de physique pour la découverte de l’astrophysicienne sur les pulsars radio.



LE MONDE
 |    08.09.2018 à 12h03
   





                        


Cinquante ans après sa découverte des pulsars radio, pour laquelle son directeur de thèse Antony Hewish avait obtenu le prix Nobel de physique en 1974, l’astrophysicienne britannique Jocelyn Bell Burnell est enfin récompensée.
Jeudi 6 septembre, elle a reçu le Breakthrough Prize en physique fondamentale, « le prix le plus lucratif de la science moderne », explique le Guardian, décerné par les fondateurs de Facebook et Google.
D’un montant de 3 millions de dollars, il ira à l’Institut de physique de l’université d’Oxford, où elle est professeure émérite, et servira à financer des bourses d’études pour les personnes appartenant à des groupes sous-représentés dans ce domaine : femmes, membres de minorités ethniques et réfugiés. Elle a déclaré à la BBC que les personnes issues de ces groupes apportent « un regard neuf sur les choses et c’est souvent une chose très productive ».



                            


                        

                        


<article-nb="2018/09/08/21-4">
<filnamedate="20180908"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180908"><AAMMJJHH="2018090821">
<filname="SURF-env_sciences-4"> ¤ il est encore trop facile de publier des études annonçant des effets expérimentaux qui, en réalité, n’existent pas ou sont plus faibles qu’on ne l’a prétendu, explique dans sa chronique l’économiste Paul Seabright.
<filname="PROF-env_sciences-4"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Quand les chercheurs jugent « la fiabilité réelle des études scientifiques »

il est encore trop facile de publier des études annonçant des effets expérimentaux qui, en réalité, n’existent pas ou sont plus faibles qu’on ne l’a prétendu, explique dans sa chronique l’économiste Paul Seabright.



LE MONDE
 |    08.09.2018 à 10h30
    |

                            Paul Seabright (Professeur à l'Institut d'études avancées de Toulouse)








                        



                                


                            

Recherches. Quel crédit peut-on accorder aux études scientifiques publiées dans les revues les plus prestigieuses ? Même si leurs procédures de sélection sont les meilleures, même si le filtrage qu’elles ont mis en place est très efficace, il est toujours possible que des études soutiennent des hypothèses fausses et que personne ne les remette en question avant publication.
Depuis quelque temps, la communauté scientifique s’intéresse aux tentatives de reproduire des études déjà publiées. Le Reproducibility Project : Psychology a essayé de dupliquer 97 études en psychologie et a constaté, en 2015, que seules 36 % d’entre elles pouvaient être confirmées. L’Experimental Economics Replication Project a fait de même, en 2016, pour 18 études en économie expérimentale, avec un taux de confirmation de 61 % – plus élevé, mais loin d’être écrasant.
Une équipe de chercheurs vient de publier une duplication de 21 études phares en sciences sociales expérimentales, publiées entre 2010 et 2015 dans Nature et Science, les deux revues scientifiques les plus prestigieuses (« Evaluating the replicability of social science experiments in “Nature” and “Science” between 2010 and 2015 », par Colin F. Camerer et al., « Nature Human Behaviour Letters », 27 août 2018). L’une des particularités de ce projet est que la taille des échantillons utilisés pour la duplication est environ cinq fois plus grande que celle des échantillons des études d’origine, ce qui augmente sensiblement la fiabilité de la reproductibilité.
Des progrès nécessaires
Treize d’entre elles confirment, de façon statistiquement significative, les effets constatés dans l’expérience originale, soit un taux de 62 %. Mais l’ampleur de l’effet confirmé pour ces 13 études est inférieure de moitié à l’ampleur constatée dans la première étude !
Certes, il peut y avoir des faiblesses dans la mise en œuvre des tentatives de duplication. Mais, globalement,...




                        

                        


<article-nb="2018/09/08/21-5">
<filnamedate="20180908"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180908"><AAMMJJHH="2018090821">
<filname="SURF-env_sciences-5"> ¤ Tous les astronautes ayant observé la Terre depuis l’espace le confirment : cette vision les a transformés. Pour tenter de reproduire cette émotion universelle, deux scientifiques français ont mis au point une application, Blueturn.
<filname="PROF-env_sciences-5"> ¤                     
                                                

Un bouleversant « selfie » de la planète

Tous les astronautes ayant observé la Terre depuis l’espace le confirment : cette vision les a transformés. Pour tenter de reproduire cette émotion universelle, deux scientifiques français ont mis au point une application, Blueturn.



LE MONDE
 |    08.09.2018 à 10h00
 • Mis à jour le
08.09.2018 à 10h34
    |

            Adrien Naselli








                        



   


La première fois que Jean-Pierre Goux a projeté sur grand écran ses images de la Terre en mouvement, c’était en 2016, lors d’une conférence TEDx au Théâtre Bobino, à Paris. Deux minutes à regarder la Planète bleue, immense, tourner sur une musique apaisante. Et c’est tout. Ces images simples sont suivies d’une standing ovation spontanée. Les projecteurs se rallument dans la salle, plusieurs personnes ont pleuré. Pour Jean-Pierre Goux, c’était bien la confirmation que sa vieille intuition n’était pas qu’une chimère. « Nous sommes dans un monde abreuvé d’images, mais très peu d’entre elles provoquent ce genre de réaction », avance l’ingénieur et écrivain, spécialiste des questions environnementales.

   


« Effet surplombant »
Pour en arriver là, Jean-Pierre Goux et son associé Michaël ­Boccara ont dépensé une énergie considérable dans la recréation de l’overview effect (que l’on peut traduire par « effet surplombant »), théorisé par l’historien des sciences américain Frank White en 1987. ­Il s’agit d’une sensation éprouvée par certains astronautes, que ­l’entrepreneur a découverte avec émerveillement dans le livre Clairs de Terre, de Kevin W. Kelley, paru en 1988.
Avoir vu notre planète en entier, comme suspendue dans le vide au beau milieu d’un noir profond, donne une urgente envie de la protéger
Tous ceux qui sont allés dans ­l’espace font part d’une même sensation : avoir vu notre planète en entier, comme suspendue dans le vide au beau milieu d’un noir profond, donne une urgente envie de la protéger. Au-delà du choc, les témoignages insistent sur le besoin d’unité des êtres ­humains, à la dérive sur leur fragile vaisseau. Certains vont jusqu’à suggérer l’idée que les frontières seraient de trop. « L’effet combiné de la peur, de la distance, de l’apesanteur, du silence crée toutes les conditions pour avoir une expérience extatique, détaille Jean-Pierre Goux. Un peu comme le mythe de la caverne de Platon. Il faut le vivre pour le comprendre : les astronautes ne parviennent pas à communiquer l’expérience à leurs proches. »
Vient alors aux deux associés l’idée de la faire vivre au plus grand nombre. Il faut dire que pendant des années, entre le 7 décembre 1972 et une période récente, les humains n’avaient à leur disposition qu’une seule image intégrale de la « maison mère », reproduite à l’infini dans les livres de sciences et vie de la Terre. Elle avait été capturée par l’équipe d’Apollo 17 qui, en route pour la Lune, avait profité du voyage pour photographier la Terre en entier par un hublot, pour la toute première fois. Le nom de cette célèbre photo : The Blue Marble (« La Bille bleue »). On voit en son centre Madagascar et la pointe du continent africain.
Conte de fées
La suite ressemble à un conte de fées. Pour créer ces vidéos de la Terre en mouvement, Jean-Pierre Goux et Michaël Boccara utilisent les photos du satellite DSCOVR (« discover »), lancé par la NASA en février 2015 sous l’impulsion de l’ancien vice-président des Etats-Unis Al Gore. Quand DSCOVR ­révèle sa première image en juillet 2015, le président Obama la poste sur Twitter pour saluer le succès de la mission.

Le tour de force des deux complices, c’est d’avoir transformé ces images fixes en vidéo. Qu’ils décident ensuite de publier sur Instagram. Surprise : le chef de la mission DSCOVR les contacte, impressionné par leur travail. Les équipes d’Al Gore font de même quelque temps plus tard, et le ­binôme devrait les rencontrer avant la fin de l’année.
L’engouement est tel qu’ils décident de diffuser leurs images sous la forme d’une application gratuite : Blueturn est née. Quand nous rencontrons Jean-Pierre Goux, son smartphone nous montre la Terre telle qu’elle était un jour et demi plus tôt. On peut choisir sa musique, ou préférer le silence, et simplement regarder la Terre tourner. La vitesse de ­rotation est multipliée par 300 pour éviter que les utilisateurs ne s’ennuient, mais on peut aussi choisir de la regarder en vitesse réelle, soit vingt-quatre heures pour un tour du monde…

« L’image qu’on regarde nous ramène vers nous, c’est une image très rassurante, un peu comme si on regardait le ventre de notre mère. »
« Il y a un côté effrayant quand on regarde un ciel totalement ­dégagé la nuit, partage Jean-Pierre Goux. Alors que là, l’image qu’on regarde nous ramène vers nous, c’est une image très rassurante, un peu comme si on regardait le ventre de notre mère. En fait, Blueturn, c’est un selfie de la Terre. » Au-delà de son intérêt scientifique, le projet Blueturn s’accompagne d’un engagement écologiste, voire politique.
En France, des personnalités politiques de premier plan ont pu voir les vidéos de Blueturn : Ségolène Royal, ministre de l’environnement lors de la COP21 en septembre 2016, qui a éprouvé selon Jean-Pierre Goux « une très vive émotion », mais aussi Emmanuel Macron et Nicolas Hulot lors de la COP23, fin 2017. Il reste un rêve à réaliser aux deux créateurs de Blueturn : « Mettons ces images partout, sur les monuments, les immeubles, pour que les gens se rappellent tout le temps où on ­habite. Il faut se déconnecter et prendre le temps de se reconnecter avec ce qui nous dépasse. »
L’espace sera l’une des grandes thématiques abordées lors du Festival de l’innovation Novaq.
Les 13 et 14 septembre, la région Nouvelle-Aquitaine, en partenariat avec Le Monde, organise deux jours de débats, conférences, pitchs et ateliers au Hangar 14, à Bordeaux.
Scientifiques, experts, entrepreneurs échangeront autour de trois grands thèmes : le cerveau, l’espace et l’océan. Fil rouge de cette édition : l’innovation au service de l’humain.
Programme et inscriptions ici



                            


                        

                        


<article-nb="2018/09/08/21-6">
<filnamedate="20180908"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180908"><AAMMJJHH="2018090821">
<filname="SURF-env_sciences-6"> ¤ Au menu : chasser les éclairs dans un avion, appel pour un réseau mondial de surveillance de la pollution de l’air, la peste porcine touche la Chine, etc.
<filname="PROF-env_sciences-6"> ¤ 
<article-nb="2018/09/08/21-7">
<filnamedate="20180908"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180908"><AAMMJJHH="2018090821">
<filname="SURF-env_sciences-7"> ¤ Une étude prétendant que c’est le cas a été très partagée récemment sur les réseaux. Mais ses résultats sont très hypothétiques.
<filname="PROF-env_sciences-7"> ¤                     
                                                

Non, l’huile d’olive n’améliore pas les performances sexuelles masculines

Une étude prétendant que c’est le cas a été très partagée récemment sur les réseaux. Mais ses résultats sont très hypothétiques.



LE MONDE
 |    07.09.2018 à 15h08
 • Mis à jour le
07.09.2018 à 17h11
    |

            Mathilde Damgé








                        


Une étude réalisée par des chercheurs de l’université d’Athènes et présentée lors du congrès annuel de la Société européenne de cardiologie à Munich, fin août, démontrerait que l’huile d’olive peut être un remède naturel contre l’impuissance sexuelle.
Cette étude a été reprise ces derniers jours par une dizaine de sites (le Décodex alerte sur plusieurs d’entre eux, pour leur approche sensationnaliste) n’hésitant pas à titrer : « Plus efficace que le Viagra », « Dysfonction érectile : l’huile d’olive peut booster vos performances »… Des assertions un peu rapides au regard des conclusions de l’étude en question.
Une étude non publiée entièrement
Cette étude a été menée auprès de 667 hommes d’Ikaria, une île grecque de la mer Egée dont les habitants sont réputés pour leur longévité. Agés d’environ 67 ans, les sujets de l’étude avaient adopté un régime méditerranéen à base de fruits et légumes, de légumineuses, de poissons… et d’huile d’olive. Problème : seul le résumé de ladite étude est disponible sur Internet, l’article n’ayant pas encore été publié. Pour rappel, une étude n’est considérée sérieuse qu’à partir du moment où elle a été revue par des pairs.
Le blog Passeur de sciences décrit ainsi le processus : quand des chercheurs veulent publier le résultat de leurs travaux, ils rédigent tout d’abord leur étude puis l’envoient à une revue. « L’éditeur de celle-ci adresse ensuite le texte à un ou plusieurs spécialistes, les relecteurs, qui, par leur expertise, sont à même de saisir la portée de l’article et censés en effectuer une analyse critique. Souvent anonymes, ils peuvent décider de rejeter ce dernier s’ils ne le jugent pas assez intéressant ou pas au niveau de la revue ; ils peuvent aussi, avant de se prononcer, demander un certain nombre d’éclaircissements voire de nouvelles expériences ; ils peuvent enfin accepter l’étude, en général au prix de corrections et de précisions. Si les experts donnent le feu vert, le texte est publié. » C’est tout ce processus par lequel l’étude reprise ces derniers jours n’est pas passée.

        Notre éditorial sur la fausse science :
         

          il faut une prise de conscience mondiale



Des résultats extrapolés
L’abstract de l’étude résume : « L’adoption à long terme d’un régime méditerranéen et la consommation d’olives semblent augmenter les taux de testostérone et améliorer les propriétés élastiques aortiques [l’artère qui distribue le sang dans tous les organes] », ce qui améliorerait globalement la capacité sexuelle des personnes âgées de l’île d’Ikaria, indépendamment de l’existence de maladies cardiovasculaires et des facteurs de risque.
L’auteure principale de l’étude, Christina Chrysohoou, conseille même une dose de neuf cuillères à soupe d’huile d’olive par semaine, et affirme que « les hommes qui suivent un régime méditerranéen – en particulier ceux qui consomment beaucoup d’huile d’olive – voient leur risque d’impuissance réduit de 40 % ». Des chiffres impossibles à vérifier en l’absence d’étude complète et publiée. La méthodologie, sommaire, précise que les données concernant l’alimentation et l’activité sexuelle sont récoltées grâce à des questionnaires.
Il faut, en outre, rappeler qu’une corrélation n’indique pas forcément une relation de cause à effet et qu’il n’existe pas d’aliment « miracle ». Les célèbres oméga-3, acides gras que l’on retrouve dans certains poissons et huiles végétales, ont par exemple vu leurs prétendus mérites relativisés par plusieurs études critiques.
Il serait donc plus correct de résumer ainsi les premiers résultats de cette étude : un régime alimentaire sain, incluant de l’huile d’olive, pourrait avoir des effets positifs sur la santé, et par extension la santé sexuelle des personnes âgées.

        Notre décryptage santé :
         

          pourquoi il est si difficile de trouver des informations fiables sur Internet




Décodex : nos outils contre les fausses informations
Utilisez les outils des Décodeurs pour éviter les fausses informations :
Installez en quelques clics notre extension pour les navigateurs Chrome (à télécharger ici) et Firefox (à télécharger ici) pour savoir en un clin d’oeil si les sites que vous consultez sont fiables ;Testez les sites que vous consultez sur notre moteur de recherche (cliquez ici pour y accéder) ;Vous voulez apprendre à vérifier l’information en ligne ? Lisez nos conseils pour éviter les fausses informations ;Besoin d’aide pour vérifier une info ? Interrogez notre robot Facebook (cliquez ici pour y accéder).




    {
        "@context": "http:\/\/schema.org",
        "@type": ["ClaimReview"],
        "datePublished": "2018-09-07",
        "url": "https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2018/09/07/non-l-huile-d-olive-n-ameliore-pas-les-performances-sexuelles-masculines_5351809_4355770.html",
        "author": {
            "@type": "Organization",
            "name": "Le Monde",
            "url": "http://www.lemonde.fr/",
            "logo": {
                "@type": "ImageObject",
                "url": "http:\/\/s1.lemde.fr\/medias\/web\/1.2.696\/img\/elements_lm\/logo_lm_print.png",
                "width": "240",
                "height": "42"
            }
        },
        "claimReviewed": "L'huile d'olive am\u00e9liore les performances sexuelles",
        "reviewRating": {
            "@type": "Rating",
            "alternateName": "C'est exag\u00e9r\u00e9",
            "ratingValue": -1,
            "bestRating": -1,
            "worstRating": -1
        },
        "itemReviewed": {
            "@type": "CreativeWork",
            "author": {
                "@type": "Person",
                "name": "Christina Chrysohoou",
              "sameAs": ["https://esc365.escardio.org/Congress/ESC-Congress-2018/Poster-Session-4-Cardiovascular-disease-in-the-elderly/176727-mediterranean-type-of-diet-and-olive-oil-consumption-show-beneficial-effects-on-sexual-capacity-through-improvement-of-aortic-elastic-properties-and-testosterone-levels-in-elderly-men-from-ikaria-stud#abstract"]
            },
            "datePublished": "2018-09-07"
        }
    }





                            


                        

                        


<article-nb="2018/09/08/21-8">
<filnamedate="20180908"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180908"><AAMMJJHH="2018090821">
<filname="SURF-env_sciences-8"> ¤ Le biomimétisme marin offre de nombreuses opportunités d’innovation.
<filname="PROF-env_sciences-8"> ¤                     
                                                

L’océan, source d’inspiration

Le biomimétisme marin offre de nombreuses opportunités d’innovation.



LE MONDE
 |    07.09.2018 à 10h00
    |

                            Julia Zimmerlich








                        



   


Et si les solutions étaient là, autour de nous, tout « simplement » ? C’est ce que laisse entendre le concept de biomimétisme : s’inspirer de la nature pour innover et construire une économie sans pollution et à très faible impact. « Nous avons tout à apprendre de la nature en matière d’innovation, explique le biologiste Gilles Boeuf, professeur à l’université Pierre-et-Marie-Curie. Elle innove tous les jours, elle le fait avec une grande parcimonie d’énergie, sa principale source étant la lumière. Elle ne produit jamais une molécule qu’elle ne saura pas dégrader, et elle est pourtant capable de produire des poisons. »
Pépites entrepreneuriales
Si le terme de « biomimétisme » a été conceptualisé à la fin des ­années 1990, la démarche connaît une accélération depuis quelques années, avec quelques pépites ­entrepreneuriales. « Le biomimétisme marin est celui qui offre le plus de potentiel, relève Kalina Raskin, directrice du Centre européen d’excellence en biomimétisme de Senlis (Ceebios). Sur 3,8 milliards d’années d’évolution des espèces, nous en avons passé 3 milliards dans l’eau. Les organismes marins ont développé des stratégies extrêmement sophistiquées pour survivre dans le milieu océanique. »
« Sur 3,8 milliards d’années d’évolution des espèces, nous en avons passé 3 milliards dans l’eau. »
Dans l’eau, l’oxygène et les nutriments sont dissous. Les organismes ont ainsi développé des systèmes de respiration performants leur permettant d’extraire l’oxygène de l’eau, ainsi que des molécules de transport du dioxygène particulièrement efficaces. Franck Zal, chercheur au CNRS pendant quinze ans, s’est intéressé aux ­capacités respiratoires des arénicoles, ces vers auxquels on doit les petits tortillons de sable sur les plages. « Dans l’eau, ce ver respire, mais à marée basse il peut rester en apnée pendant six heures, précise le chercheur. Son hémoglobine est capable de stocker suffisamment d’oxygène pour qu’il continue à ­vivre à marée basse, comme s’il ­utilisait une bouteille d’oxygène. Cette hémoglobine est extracellulaire et n’a pas de typage sanguin type ABO ni de rhésus. »

Une sorte d’hémoglobine universelle qui a la particularité d’être 250 fois plus petite qu’un globule rouge humain, tout en transportant quarante fois plus d’oxygène. Depuis 2007, Franck Zal s’emploie à transposer cette découverte à des fins médicales et industrielles. L’un de ses dispositifs, qui devrait bientôt recevoir l’homologation, a été testé sur l’homme pour ­conserver des greffons rénaux en attente de transplantation, afin de passer de six heures à plusieurs jours. Les premières études sont concluantes. « Les patients qui ont bénéficié d’un rein conservé grâce à notre dispositif sont sortis de ­l’hôpital au bout d’une semaine en moyenne contre un mois pour les autres patients », affirme Franck Zal. Le chercheur a aussi développé un pansement oxygénant visant à accélérer la cicatrisation de certaines plaies, ou encore un substitut aux globules rouges testé par la marine américaine pour traiter les traumas crâniens.
« Les patients qui ont bénéficié d’un rein conservé grâce à notre dispositif sont sortis de ­l’hôpital au bout d’une semaine en moyenne contre un mois pour les autres patients. »
Des débouchés inattendus
Le biomimétisme trouve d’autres débouchés plus inattendus. Dans le secteur de l’énergie, les capacités d’ondulation des ­anguilles et des raies pour résister aux courants et turbulences sous l’eau ont inspiré la start-up Eel Energy, qui a développé des hydroliennes d’un nouveau genre. Au lieu d’être équipées d’hélices, ces hydroliennes sont des membranes ondulantes qui imitent les poissons pour produire de l’énergie grâce aux courants marins. La membrane en fibre de verre et renforcée par des fibres de carbone est recouverte d’un caoutchouc résistant aux déchirures et aux abrasions. Les premiers prototypes ont été testés cet été avec des résultats très concluants. Une levée de fonds de plusieurs millions d’euros est en cours.
Ces hydroliennes sont des membranes ondulantes qui imitent les poissons pour produire de l’énergie grâce aux courants marins.
Autre pépite française, la start-up Glowee s’est intéressée aux propriétés bioluminescentes des organismes marins pour développer des systèmes de lumière biologiques et vivants. Dans les eaux profondes, 80 % à 90 % des espèces ont développé la capacité d’émettre de la lumière pour ­assurer des fonctions essentielles, se nourrir, trouver un partenaire pour la reproduction ou se protéger contre des prédateurs. « Nous utilisons un gène responsable de la bioluminescence que nous intégrons ensuite à des bactéries », ­détaille Ludivine Guérineau, business developer chez Glowee. Cultivées dans un milieu adapté, les bactéries se multiplient seules et sont ensuite encapsulées à l’état ­liquide ou de gel dans des coques organiques transparentes et hermétiques. Plus besoin de se raccorder au secteur, les bactéries produisent une lumière douce jusqu’à épuisement du milieu.

        Lire aussi :
         

                Des bactéries lumineuses pour éclairer la ville du futur (4/5)



Pour l’heure, la solution de Glowee est utilisée lors d’événements, et comme lumière apaisante en ­espaces de relaxation. « Sur le long terme, nous voulons amener la technologie en extérieur et proposer des alternatives à l’éclairage public, poursuit Ludivine Guérineau. Les LED sont certes moins consommatrices d’énergie que nos anciennes ampoules, mais elles créent beaucoup de pollution lumineuse et nécessitent des métaux rares. »

        Lire aussi :
         

                L’insoutenable légèreté des LED



Puiser des solutions dans le vivant
En France, plus de 175 équipes de recherche ont été identifiées par le Ceebios sur le biomimétisme, et une centaine d’entreprises, grands groupes comme PME, font appel à cette démarche. « Nous avons ­quelques exemples célèbres, mais le biomimétisme n’est pas au cœur des process d’innovation », modère Thomas Binet, directeur du cabinet Vertigo Lab. Aujourd’hui, la plupart des innovations biomimétiques sont le fruit du hasard. « Il faudrait pouvoir systématiser cette capacité des entreprises à ­aller puiser des solutions dans le ­vivant, estime Kalina Raskin. La donnée biologique est abondante, mais on manque d’outils intelligents pour l’explorer. »
« La donnée biologique est abondante, mais on manque d’outils intelligents pour l’explorer. »
Au niveau européen, l’Allemagne est pour l’heure le pays le plus à la pointe sur le biomimétisme, avec plus de cent structures de recherche publiques et deux grands ­réseaux de recherche institutionnels. Depuis 2001, l’Etat y a investi plus de 120 millions d’euros. En France, en région Nouvelle-Aquitaine, cinquante et un acteurs y sont engagés. Le cabinet Vertigo Lab, qui a évalué l’impact économique du développement du biomimétisme dans un rapport publié en avril, considère que celui-ci pourrait être un vecteur de croissance fort pour le territoire. A Biarritz, le maire, Michel Veunac, a annoncé la création d’un pôle d’excellence consacré au biomimétisme marin, sous la houlette du Ceebios. « Nous voulons devenir une référence internationale en matière de matériaux bio-inspirés, en particulier par la mer et les éléments de l’océan », affirme M. Veunac. Reste encore à boucler le budget pour sortir le nouveau bâtiment de terre et lancer ce projet ambitieux.

   


L’océan sera l’une des grandes thématiques abordées lors du Festival de l’innovation Novaq.
Les 13 et 14 septembre, la région Nouvelle-Aquitaine, en partenariat avec Le Monde, organise deux jours de débats, conférences, pitchs et ateliers au Hangar 14, à Bordeaux.
Scientifiques, experts, entrepreneurs échangeront autour de trois grands thèmes : le cerveau, l’espace et l’océan. Fil rouge de cette édition : l’innovation au service de l’humain.
Programme et inscriptions ici



                            


                        

                        


<article-nb="2018/09/08/21-9">
<filnamedate="20180908"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180908"><AAMMJJHH="2018090821">
<filname="SURF-env_sciences-9"> ¤ Le futur patron de l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer devra notamment batailler avec le gouvernement pour renouveler une partie de la flotte.
<filname="PROF-env_sciences-9"> ¤ 
<article-nb="2018/09/08/21-10">
<filnamedate="20180908"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180908"><AAMMJJHH="2018090821">
<filname="SURF-env_sciences-10"> ¤ Alors que cette pratique alternative est jugée inefficace par de nombreux médecins, des universités estiment devoir préserver son enseignement.
<filname="PROF-env_sciences-10"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Homéopathie  : les doyens des facultés de médecine veulent calmer le jeu

Alors que cette pratique alternative est jugée inefficace par de nombreux médecins, des universités estiment devoir préserver son enseignement.



LE MONDE
 |    06.09.2018 à 12h56
 • Mis à jour le
07.09.2018 à 10h10
    |

            Pascale Santi








                        



                                


                            
La conférence des doyens des facultés de médecine et de pharmacie et celle des présidents d’université veulent apaiser le débat sur l’homéopathie, après la décision de la faculté de médecine de Lille, le 31 août, de suspendre son diplôme universitaire (DU) d’homéopathie, qui existait depuis une trentaine d’années. Une décision prise dans un débat extrêmement tendu depuis la publication d’une tribune signée par 124 professionnels de santé (3 337 aujourd’hui) dans Le Figaro le 18 mars, jugeant les médecines alternatives, dont l’homéopathie, inefficaces, dangereuses et coûteuses pour la Sécurité sociale.
Ces instances ont indiqué, dans un communiqué commun, jeudi 6 septembre : « l’université doit être le seul garant de la qualité d’une formation qui est indispensable pour comprendre et connaître l’intérêt, mais aussi les limites, de ces approches utilisées par de nombreux praticiens et pour lesquelles leur avis est sollicité par de nombreux patients ». 
« Nous souhaitons souligner le respect que nous avons pour les praticiens homéopathes et les pharmaciens dont la pratique le plus souvent associe une écoute et une disponibilité qui est très appréciée par les patients », souligne ce communiqué. « Néanmoins, nous soutenons une démarche d’évaluation objective ». Pour Jean Sibilia, président de la conférence des doyens des facultés de médecine, « il ne faut pas mélanger l’efficacité et donc le remboursement des médicaments homéopathiques, la pratique, appréciée des patients, et l’enseignement. A charge pour nous de contrôler les contenus. Nous sommes garants de l’enseignement. »
Décision prématurée
M. Sibilia va même plus loin : « Si l’homéopathie n’est pas enseignée dans les universités, elle le sera par des officines moins académiques, voire des industriels »… Yvon Berland, président de la commission Santé à la conférence des présidents d’université, va dans le même sens : « On préfère...




                        

                        


<article-nb="2018/09/08/21-11">
<filnamedate="20180908"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180908"><AAMMJJHH="2018090821">
<filname="SURF-env_sciences-11"> ¤ La nature et ses charmes sont décryptés dans cet ouvrage collectif qui rompt avec les théories profondes habituelles à cette matière.
<filname="PROF-env_sciences-11"> ¤                     
                                                   
édition abonné


La physique de l’élégance

La nature et ses charmes sont décryptés dans cet ouvrage collectif qui rompt avec les théories profondes habituelles à cette matière.



LE MONDE
 |    06.09.2018 à 10h00
 • Mis à jour le
06.09.2018 à 14h21
    |

            David Larousserie








                        



                                


                            

Le livre. Si l’on a coutume de dire que les mathématiques sont belles, il est plus rare d’entendre que la physique est élégante. Après les 300 pages de textes et d’images de Du merveilleux caché dans le quotidien. La physique de l’élégance, c’est pourtant le constat qui s’impose, telle une évidence.
La démonstration est faite par cet ouvrage ­collectif, sans équation complexe, ni théorie profonde ou raisonnement osé, sièges habituels cependant de l’élégance pour les spécialistes. Ici, la beauté vient de la nature elle-même et de tous ses secrets, révélés par la physique, sans que cela brise ses charmes.
Ainsi, plus d’une trentaine de phénomènes ou d’objets du quotidien sont décrits et expliqués apportant leur lot de surprises et de ­connaissances. Le secret de la nacre ? Le même que la recette du mille-feuille, alternant couches dures et molles, empêchant les fissures de se propager. Le secret de la toile d’araignée ? Une composition différente pour les fils radiaux (solides) et en spirale (élastiques). Et ainsi de suite, d’émerveillement en émerveillement pour les bulles, les œufs, les ponts, le sable, le verre, les plantes…
Petites expériences à faire chez soi
Il est beaucoup question de mécanique du ­solide ou des fluides, de tensions, de forces, d’équilibre, de changements d’échelle… Mais tout est expliqué « à la main », stimulant ­l’intuition et le sens physique plutôt que l’adresse technique. En cela, les auteurs sont des héritiers de Pierre-Gilles de Gennes, prix Nobel de physique en 1991 et chantre de la matière molle ou des objets fragiles, dont beaucoup sont décrits dans le livre.
’est en fait ce qui distingue ce dernier d’autres d’un genre proche. Il ne s’intéresse pas à tous les objets ou phénomènes du quotidien comme les classiques « bleu du ciel », « four à micro-ondes »… pour se concentrer sur d’autres plus inattendus comme les cheveux, les pommes de pin, la salade.
Les lecteurs avisés...




                        

                        


<article-nb="2018/09/08/21-12">
<filnamedate="20180908"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180908"><AAMMJJHH="2018090821">
<filname="SURF-env_sciences-12"> ¤ Un rapport de l’IGAS pointe les carences d’une pratique de plus en plus répandue en France, notamment sur le suivi des patients, avant et après l’opération.
<filname="PROF-env_sciences-12"> ¤                     
                                                

La chirurgie de l’obésité serait mal encadrée

Un rapport de l’IGAS pointe les carences d’une pratique de plus en plus répandue en France, notamment sur le suivi des patients, avant et après l’opération.



LE MONDE
 |    06.09.2018 à 09h58
 • Mis à jour le
06.09.2018 à 12h25
    |

            Pascale Santi








                        


« Il n’est pas acceptable que la chirurgie bariatrique soit aussi peu encadrée et suivie », souligne un rapport de l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS), piloté par le docteur Julien Emmanuelli, rendu public lors d’un colloque mercredi 5 septembre au ministère de la Santé. Depuis plusieurs années, la chirurgie de l’obésité a le vent en poupe. Le nombre d’interventions a triplé en dix ans, pour atteindre environ 50 000 chaque année, soit environ 500 000 personnes concernées.
Mais cet essor « n’est pas sans poser de sérieuses questions ». « Une part non négligeable des indications est excessive ou mal posée » et les pratiques « faiblement encadrées », pointe l’IGAS.

        Notre enquête sur
         

          les dérives de la chirurgie bariatrique



De quoi s’agit-il ? Il existe trois techniques : l’anneau gastrique autour de la jonction entre l’œsophage et l’estomac, très utilisé il y a dix ans, aujourd’hui devenu marginal ; la gastrectomie longitudinale (appelée « sleeve »), qui réduit l’estomac d’environ deux tiers, continue de progresser ; et le by-pass (court-circuit gastrique). Selon les recommandations de la Haute autorité de santé (HAS), la chirurgie bariatrique, indiquée en deuxième intention, est réservée aux patients dont l’indice de masse corporelle (IMC, poids divisé par la taille au carré) dépasse 40, voire 35 lorsqu’une (ou plusieurs) maladie(s) est (sont) présente(s) (diabète de type 2, maladies cardio-vasculaires, articulaires, etc.) Mais ces recommandations sont loin d’être toujours respectées. Pire, « des personnes obèses qui pourraient utilement bénéficier de la chirurgie bariatrique n’y ont pas accès », pointe ce rapport.
On parle d’obésité lorsque l’IMC dépasse 30. Elle touche en France 17 % environ de la population adulte (7,6 millions de personnes), tandis que la moitié de la population est en surpoids. Paradoxe, si ces taux sont moindres que dans d’autres pays industrialisés, l’Hexagone ­figure parmi les pays qui opèrent le plus de l’obésité dans le monde.

        Les 5 chiffres de
         

          la chirurgie de l’obésité



Disparités selon les régions et les établissements
Certes, le rapport indique que « l’efficacité de la chirurgie de l’obésité est établie », des études montrent en effet sa supériorité par rapport aux autres prises en charge sur la perte de poids d’environ 30 % et la diminution des risques de surmortalité. Mais cette chirurgie n’est pas sans conséquence, « sur le psychisme » et sur la fonction digestive (des carences nutritionnelles peuvent survenir), rappelle l’IGAS. Or, le suivi des patients est défaillant. Le rapport pointe « des lacunes significatives dans la préparation des personnes (bilans, informations des personnes et des médecins traitants…) » et une partie « importante » des opérés « ne bénéficierait pas d’un suivi post-opératoire approprié, voire même de suivi ». Sans parler des « perdus de vue »… Le « parcours de soin » recommandé ne semble que rarement mis en place.

        Notre analyse sur
         

          les répercussions psychologiques de la chirurgie bariatrique



Autre écueil, de fortes disparités de prise en charge selon les régions et les établissements hospitaliers. Le rapport préconise donc un encadrement de ces pratiques, notamment le suivi des patients, une évaluation, de la recherche, « une vigilance clinique et épidémiologique ». Il formule 33 recommandations pour améliorer cette situation et mieux accompagner les patients. Au-delà, prône le rapport, « il est impératif de mieux prendre en compte la prise en charge de l’obésité » dans son ensemble, en termes de repérage, de recherche, de coordination entre les acteurs, en associant plus le médecin traitant…
Autre point, s’agissant des mineurs (plus de cent interventions annuelles), il est selon le rapport impératif de respecter les recommandations, notamment de les limiter à des centres spécialisés. « La pertinence des soins est un enjeu qui me tient à cœur, particulièrement en ce qui concerne la chirurgie bariatrique chez les jeunes », a rappelé la ministre de la Santé Agnès Buzyn mercredi à l’issue du colloque sur l’obésité. « Il est essentiel de lutter contre les préjugés et les risques de stigmatisation qui entourent parfois les personnes souffrant d’obésité », a insisté la ministre.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/09/08/21-13">
<filnamedate="20180908"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180908"><AAMMJJHH="2018090821">
<filname="SURF-env_sciences-13"> ¤ Ce départ survient alors que le groupe traverse une période de turbulences, sur fond de résultats en baisse et de la relance du débat en France sur l’efficacité de l’homéopathie.
<filname="PROF-env_sciences-13"> ¤                     
                                                

Le directeur général du géant de l’homéopathie Boiron annonce son départ

Ce départ survient alors que le groupe traverse une période de turbulences, sur fond de résultats en baisse et de la relance du débat en France sur l’efficacité de l’homéopathie.



LE MONDE
 |    05.09.2018 à 21h41
 • Mis à jour le
06.09.2018 à 10h59
   





                        



   


Depuis le début de sa carrière, il avait cultivé l’image d’un patron soucieux du bien-être de ses employés. Christian Boiron, emblématique directeur général du géant français de l’homéopathie Boiron, quittera ses fonctions le 1er janvier 2019, a annoncé mercredi 5 septembre le groupe. Valérie Poinsot, directrice générale déléguée du groupe depuis sept ans, « a été désignée pour lui succéder », est-il précisé.
Les raisons de ce départ n’ont pas été rendues publiques. Mais il survient alors que le groupe traverse une période de turbulences, sur fond de résultats en baisse et de la relance du débat en France sur l’efficacité de l’homéopathie. Cette polémique ancienne a ressurgi avec vigueur depuis la publication en mars dans Le Figaro d’une tribune au vitriol d’une centaine de médecins opposés à cette pratique, et réclamant l’arrêt de sa prise en charge partielle par l’Assurance maladie.
Il y a deux semaines, le ministère de la santé a saisi la Haute Autorité de santé (HAS) pour évaluer l’efficacité de l’homéopathie et le « bien-fondé » de son remboursement. L’avis de la HAS, sur lequel se fondera le gouvernement pour trancher, est attendu d’ici à la fin de février.

        Lire aussi :
         

                Homéopathie : entre les médecins, la guerre est déclarée



« Ma passion, c’était le social »
Christian Boiron, aujourd’hui âgé de 71 ans, était entré dans la société en 1970, alors qu’il venait à peine d’obtenir son diplôme de pharmacien. A l’époque, il ne pensait « pas y faire long feu », a-t-il confié dans un ouvrage personnel publié en 2016, Recherche en homéopathie.
« Ma passion, c’était le social. Et puis peu à peu, j’ai découvert que le management et la médecine étaient des proches parents (...), dans les deux cas je ressentais un fort besoin de réflexion philosophique et éthique. »
Sous son impulsion, le groupe s’est ainsi doté d’un chief happiness officer (« directeur général du bonheur ») dès... 1984, soit une trentaine d’années avant que cette fonction devienne monnaie courante dans de grandes entreprises. Boiron a aussi innové avec une trentaine d’accords d’entreprise signés dès les années 1980 et toujours en vigueur, offrant par exemple à ses salariés des aides financières pour mener des projets personnels, l’individualisation du temps de travail ou encore une préparation à la retraite.

        Lire aussi :
         

                Rembourser ou pas l’homéopathie, un débat récurrent



60 % du chiffre d’affaires en France
Une bienveillance toutefois intéressée : Christian Boiron voyait aussi dans ces mesures un moyen de faire accepter plus de flexibilité et un engagement sans faille de ses salariés. Le groupe est l’un des leadeurs mondiaux de l’homéopathie, avec un chiffre d’affaires annuel de plus de 600 millions d’euros et une présence internationale, en Europe, aux Etats-Unis et dans des marchés émergents, pour un total de plus de 3 700 salariés dans le monde (dont plus de 2 500 en France).
Mais le groupe réalise encore plus de 60 % de son chiffre d’affaires en France, où de nombreux produits homéopathiques sont partiellement remboursés par l’Assurance maladie, ce qui n’est pas le cas dans la plupart des pays, et ce en dépit de l’absence d’une efficacité indiscutablement démontrée scientifiquement.

        Lire aussi :
         

                Homéopathie : l’étrange exception française



La récente polémique dans le monde médical sur l’inefficacité des traitements « ne change pas un gramme des granules que nous pouvons vendre ou ne pas vendre », avait tenté de minimiser Christian Boiron en mai dans un entretien au Monde. Cependant, les derniers résultats semestriels de Boiron ne sont pas bons, avec des ventes stagnantes voire en déclin, et notamment en France.




                            


                        

                        


<article-nb="2018/09/08/21-14">
<filnamedate="20180908"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180908"><AAMMJJHH="2018090821">
<filname="SURF-env_sciences-14"> ¤ Cette médecine alternative très populaire en France est accusée de n’avoir pas plus d’effet que du sucre.
<filname="PROF-env_sciences-14"> ¤ 
<article-nb="2018/09/08/21-15">
<filnamedate="20180908"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180908"><AAMMJJHH="2018090821">
<filname="SURF-env_sciences-15"> ¤ Lionel Naccache, neurologue, chercheur en neurosciences cognitives à l’Institut du cerveau et de la moelle épinière (ICM), parrain de la collection « Les Défis de la science », nous dévoile les secrets de la mémoire.
<filname="PROF-env_sciences-15"> ¤ 
<article-nb="2018/09/08/21-16">
<filnamedate="20180908"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180908"><AAMMJJHH="2018090821">
<filname="SURF-env_sciences-16"> ¤ Cette nouvelle discipline sportive fait de plus en plus d’adeptes. Et pour cause : elle fait dépenser environ 400 kcal/h, contre 280 kcal/h pour la marche et son impact sur la santé est plus important, constate dans sa chronique la journaliste du « Monde » Pascale Santi.
<filname="PROF-env_sciences-16"> ¤                     
                                                   
édition abonné


La marche nordique  : plus loin, plus vite...

Cette nouvelle discipline sportive fait de plus en plus d’adeptes. Et pour cause : elle fait dépenser environ 400 kcal/h, contre 280 kcal/h pour la marche et son impact sur la santé est plus important, constate dans sa chronique la journaliste du « Monde » Pascale Santi.



LE MONDE
 |    05.09.2018 à 17h00
 • Mis à jour le
06.09.2018 à 09h33
    |

            Pascale Santi








                        



                                


                            
Dix mille pas et plus. Le matin, dans les allées du bois de Vincennes, il n’est pas rare de croiser des groupes de marcheurs qui se propulsent vers l’avant en poussant sur des bâtons. L’histoire a démarré dans les années 1970 en Europe du Nord, où cette marche constituait une façon de s’entraîner l’été pour les skieurs de fond. Elle a depuis franchi les frontières et compte de plus en plus d’adeptes, notamment en France.
Face à cet engouement, le ministère des sports a suggéré en 2006 d’en faire une nouvelle discipline sportive, sous la houlette de la Fédération française d’athlétisme. Pour le docteur Frédéric Depiesse, ­médecin du sport au CHU de Fort-de-France (Martinique) et médecin fédéral de la commission médicale de la Fédération française d’athlétisme, « c’est aujourd’hui devenu un outil de santé publique pour les centres de rééducation cardiaque, pour les ­personnes touchées par des maladies chroniques, le cancer, pour une réadaptation et, bien sûr, en prévention ­primaire ». Ce militant du sport santé est ­premier auteur et coordonnateur de Prescription des activités physiques : en prévention et en thérapeutique ­(Elsevier Masson), dont la prochaine édition doit ­sortir prochainement.
Cette activité permet de « randonner plus vite, et plus loin ». Le haut du corps est plus mobilisé : les muscles de l’épaule, du bras, de l’avant-bras. L’utilisation des bâtons redresse la posture et ouvre la cage thoracique. La marche nordique fait dépenser environ 400 kcal/h, contre 280 kcal/h pour la marche.
Le VO2 max – la quantité maximale d’oxygène (exprimée en millilitre, par minute par kilo) que le corps peut utiliser au niveau musculaire lors d’un effort – est augmenté. « On gagne du temps, car on fait plus d’efforts, et on sollicite plus les muscles, précise le docteur Depiesse. De nombreux bénéfices sont décrits, touchant de nombreux organes et fonctions physiologiques (locomotion, équilibre,...




                        

                        


<article-nb="2018/09/08/21-17">
<filnamedate="20180908"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180908"><AAMMJJHH="2018090821">
<filname="SURF-env_sciences-17"> ¤ L’amniocentèse n’augmente pas le risque de fausse couche, et permet, contrairement aux tests sanguins, de dépister d’autres anomalies que la trisomie 21, selon les coordonnateurs d’une étude française, qui s’expriment dans une tribune au « Monde ».
<filname="PROF-env_sciences-17"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Le dépistage sanguin prénatal, une avancée en trompe-l’œil

L’amniocentèse n’augmente pas le risque de fausse couche, et permet, contrairement aux tests sanguins, de dépister d’autres anomalies que la trisomie 21, selon les coordonnateurs d’une étude française, qui s’expriment dans une tribune au « Monde ».



LE MONDE
 |    05.09.2018 à 16h00
 • Mis à jour le
06.09.2018 à 09h28
    |

                            Collectif








                        



                                


                            
Tribune. La trisomie 21 est une pathologie liée à une anomalie chromosomique parmi d’autres. Son ­dépistage prénatal, le plus ancien, reste emblématique et passionnel. Il évolue depuis vingt-cinq ans et associe une échographie à une prise de sang en début de grossesse. En cas de risque élevé, son diagnostic repose sur une ponction à l’aiguille prélevant du jeune placenta (trophoblaste) au début du troisième mois ou du liquide amniotique dès la fin de celui-ci. Le ­risque de fausse couche lié à ces gestes était évalué à 1 % depuis 1986.
En 1997, la possibilité d’analyser l’ADN du fœtus présent dans le sang de la femme enceinte a été une révolution scientifique. Dix ans plus tard, la trisomie 21 fœtale pouvait être détectée à partir d’une prise de sang chez la femme enceinte : le nombre de ­séquences d’ADN du chromosome 21 est augmenté dans le plasma maternel et comparé à celui d’une femme dont le fœtus est sain.
Par séquençage haut débit, cet excès de séquences d’ADN peut être détecté et quantifié grâce à une analyse bio-informatique avec une performance de 99 % pour la trisomie 21. Cette fiabilité permet de ­réduire le recours aux amniocentèses, mais ces examens, qui étudient l’ensemble des chromosomes (caryotype), restent nécessaires pour confirmer un test sanguin positif.
L’arbre de la trisomie 21 cache une forêt d’anomalies parfois plus graves
La transformation de cette révolution scientifique en révolution sociétale a été très – voire trop – rapide, et s’est focalisée sur la trisomie 21, la plus connue du grand public. Cette précipitation s’explique en partie par le financement privé de cette recherche et l’impatience des investisseurs. Habillé de science, le message commercial est « un diagnostic non invasif » et « la fin du risque de fausse couche ». Une grossesse « sans risque », quintessence des aspirations de la femme enceinte postmoderne ? L’enjeu était aussi de faire passer le prix variant entre 300 et 1 000 euros pour...




                        

                        


<article-nb="2018/09/08/21-18">
<filnamedate="20180908"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180908"><AAMMJJHH="2018090821">
<filname="SURF-env_sciences-18"> ¤ Des psychiatres  américains rapportent le cas d’une femme ayant la conviction de dégager de mauvaises odeurs et d’incommoder son entourage.
<filname="PROF-env_sciences-18"> ¤ 
<article-nb="2018/09/08/21-19">
<filnamedate="20180908"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180908"><AAMMJJHH="2018090821">
<filname="SURF-env_sciences-19"> ¤ Des travaux récents permettent de mieux comprendre les mécanismes cérébraux du comportement addictif vis-à-vis du soleil que l’on nomme « tanorexie ».
<filname="PROF-env_sciences-19"> ¤                     
                                                   
édition abonné


La bronzette, drogue parfois dure

Des travaux récents permettent de mieux comprendre les mécanismes cérébraux du comportement addictif vis-à-vis du soleil que l’on nomme « tanorexie ».



LE MONDE
 |    05.09.2018 à 11h00
 • Mis à jour le
05.09.2018 à 13h50
    |

                            Sylvie Chokron (Directrice de recherches au CNRS, Laboratoire de psychologie de la perception, université Paris-Descartes et Fondation ophtalmologique Rothschild)








                        



                                


                            
Carte blanche. Nombreux sont ceux qui ont déjà ­repris le chemin du travail et se voient félicités pour leur bonne mine… Que nous ayons choisi de ne pas quitter notre poste de travail ou que nous ayons multiplié les activités en plein air ou les longs bains de soleil à la mer ou à la montagne, l’aspect de notre peau trahit souvent ce à quoi nous avons occupé nos semaines estivales.
Pour certains, qui se transforment en véritables tournesols, l’attrait du soleil peut virer à l’obsession, et entraîner de ­longues heures d’exposition malgré le danger bien connu que cela représente. Cette ­attitude a souvent été expliquée dans un contexte social. La peau hâlée traduisant un idéal en termes de santé, d’élégance, de ­richesse ou d’exotisme…
Néanmoins, il existe également des explications purement physiologiques permettant de rendre compte de notre goût pour le bronzage. Krystal Iacopetta et ses collègues du Centre de recherche de neurosciences d’Adélaïde ont ainsi récemment tenté de mieux comprendre les mécanismes cérébraux de ce comportement addictif que l’on nomme « tanorexie ». L’Australie est concernée en premier lieu par cette problématique du fait de la nocivité de ses rayons ultraviolets et du taux extrêmement élevé de mélanomes dans sa population, qui est malheureusement le plus important au monde.
C’est peut-être pour cette raison que ces auteurs se sont intéressés au lien direct qui pouvait exister entre le fait de bronzer et l’addiction au soleil. Ils ont ainsi proposé une nouvelle hypothèse basée sur des ­mécanismes neuro-immuns. En premier lieu, l’exposition au soleil provoquerait une inflammation cutanée : le bronzage ou, pour les peaux blanches, le coup de soleil.
Cette réaction inflammatoire entraînerait en retour un mécanisme de signalisation au sein du circuit cortico-mésolimbique, via des neurotransmetteurs connus pour leur implication dans les comportements de dépendance. Il existerait donc un lien ­direct...




                        

                        


<article-nb="2018/09/08/21-20">
<filnamedate="20180908"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180908"><AAMMJJHH="2018090821">
<filname="SURF-env_sciences-20"> ¤ Dans cet essai à destination des malades en rémission et des professionnels de santé, Géraldine L. Magnier, conseillère en management, analyse les problématiques et les enjeux lors du retour au travail après la guérison.
<filname="PROF-env_sciences-20"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Reprendre son activité professionnelle après la maladie

Dans cet essai à destination des malades en rémission et des professionnels de santé, Géraldine L. Magnier, conseillère en management, analyse les problématiques et les enjeux lors du retour au travail après la guérison.



LE MONDE
 |    05.09.2018 à 10h30
 • Mis à jour le
05.09.2018 à 13h22
    |

                            Margherita Nasi








                        



                                


                            

Livre. Le cancer touche mille personnes par jour, dont quatre cents ont une activité professionnelle. Plus de la moitié des actifs atteints de cette maladie estiment qu’il est difficile d’en parler en entreprise en 2016, selon le baromètre Cancer@work. Deux millions de personnes vivent aujourd’hui après avoir vaincu le « crabe », dont 35 % étaient en activité au moment du diagnostic, soit environ sept cent mille personnes.
Parmi elles, plus de cinq cent mille ont repris le travail, après des traitements plus ou moins lourds. Quelles sont les problématiques et les enjeux pour la reprise et le maintien en emploi après la maladie ? Comment anticiper, préparer et pérenniser une trajectoire professionnelle ?
Après la maladie, le travail, de Géraldine L. Magnier s’adresse à « chaque malade qui se retrouve un jour dans le tourment de la maladie et face à l’épreuve du retour au travail. Il est écrit pour retranscrire au mieux ce que vous, les malades, ressentez et vivez au plus profond de vous-mêmes : le sentiment d’injustice, de culpabilité, l’incompréhension, la solitude, la colère et la tristesse, la souffrance et la douleur ».
L’ouvrage a été écrit après des heures passées au côté des malades du cancer et s’inspire d’échanges avec plus de deux cent cinquante personnes concernées. Il analyse les problématiques, propose des conseils simples pour reprendre une activité professionnelle et explique les apports d’un accompagnement en coaching, lorsqu’il s’impose. Cet essai s’adresse aux malades en rémission mais aussi aux professionnels du monde médical – médecins, infirmiers – ou de l’accompagnement – assistants sociaux, psychologues, coachs.
Sensibilisation
Géraldine L. Magnier a travaillé douze ans en entreprise et en cabinet de conseil et de formation avant de se former au coaching. Elle s’intéresse à l’après-maladie à la suite d’un vécu personnel : le cancer touche plusieurs de ses proches. L’auteure...




                        

                        

