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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-1"> ¤ Le jury présidé par le Mexicain Guillermo del Toro a récompensé ce récit aux accents autobiographiques, qui raconte l’histoire de deux femmes de conditions sociales différentes dans le Mexico des années 1970.
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Mostra de Venise : le Lion d’or pour « Roma » du Mexicain Alfonso Cuaron

Le jury présidé par le Mexicain Guillermo del Toro a récompensé ce récit aux accents autobiographiques, qui raconte l’histoire de deux femmes de conditions sociales différentes dans le Mexico des années 1970.



LE MONDE
 |    08.09.2018 à 21h09
 • Mis à jour le
08.09.2018 à 21h37
   





                        



   


La 75e Mostra de Venise a décerné samedi 8 septembre son « Lion d’or du meilleur film » au réalisateur mexicain Alfonso Cuaron pour Roma, un film distribué par Netflix. Le jury présidé par le Mexicain Guillermo del Toro, lui-même Lion d’or l’an dernier, a récompensé ce récit aux accents autobiographiques, qui raconte l’histoire de deux femmes de conditions sociales différentes dans le Mexico des années 1970.

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                Alfonso Cuaron, à la Mostra de Venise et sur Netflix



« Aujourd’hui est l’anniversaire de Liba, la femme qui a inspiré le rôle de Cleo (l’héroïne du film), ce sera un cadeau d’anniversaire », a déclaré Alfonso Cuaron en recevant son prix pour ce fim très personnel et émouvant tiré de ses souvenirs d’enfance. « Ce prix est le témoignage de mon amour pour toi Liba, et pour mon pays », a ajouté le cinéaste oscarisé en 2013 pour son épopée spatiale Gravity.
Un prix pour Jacques Audiard
Pour le reste du palmarès, la Mostra a attribué les prix d’interprétation masculine à l’Américain Willem Dafoe, qui campe un Vincent Van Gogh troublant de ressemblance dans At Eternity’s Gate de l’Américain Julian Schnabel et son équivalent féminin est allé à la Britannique Olivia Coleman, reine Anne d’Angleterre entre humour et hystérie dans The Favourite, du Grec Yorgos Lanthimos.
Le Lion d’Argent de la meilleure mise en scène va au Français Jacques Audiard pour son premier western, Les Frères Sisters et le Prix du meilleur scénario aux Américains Joel et Ethan Coen pour un autre western plein d’humour et d’ironie The Ballad of Buster Scruggs. La seule réalisatrice en compétition, l’Australienne Jennifer Kent, a reçu le Prix spécial du jury pour The Nightingale, fresque violente pendant la colonisation britannique au XIXe siècle en Tasmanie.

Festival de Deauville : le Grand prix du jury attribué à « Thunder Road »
Le Grand prix du jury du festival du cinéma américain de Deauville a été attribué samedi 8 septembre à Jim Cummings, réalisateur et acteur principal de son premier film, Thunder Road.
La présidente du jury Sandrine Kiberlain a salué « un film insolite et si inventif, écrit, joué et réalisé par un jeune homme à part (…), un film qui a le mérite de ne ressembler à aucun autre ». « Quelle joie d’assister à la naissance d’un artiste, à l’arrivée d’une comète qui suscite les rires et les pleurs avec une singularité qui nous bluffe », a-t-elle ajouté. Le film de Jim Cummings sort mercredi en France.
Pour le reste du palmarès :
Le Prix du jury est attribué à deux films : Night comes on de Jordana Spiro, et American animals de Bart Layton ;Le Prix de la critique a été attribué à Blindspotting, du Mexicain Carlos Lopez Estrada ;Le Prix du public de la ville de Deauville est revenu à Puzzle de Marc Turtletaub ;Le prix de la Révélation présidé par Cédric Kahn échoit à « We the animals », un premier film de Jeremiah Zagar.





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-2"> ¤ L’acteur de « Délivrance » et de « Boogie Nights » s’est éteint en Floride, jeudi 6 septembre, à l’âge de 82 ans.
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Burt Reynolds, figure du mâle américain, est mort

L’acteur de « Délivrance » et de « Boogie Nights » s’est éteint en Floride, jeudi 6 septembre, à l’âge de 82 ans.



LE MONDE
 |    07.09.2018 à 18h51
 • Mis à jour le
07.09.2018 à 19h05
    |

                            Jean-François Rauger








                        



                                


                            

Il fut, pour certains, une sorte d’idéal masculin, une figure de la virilité souriante, l’icône d’une époque où la puissance pouvait s’accorder avec la désinvolture « cool ». Il fut, un temps, un des acteurs les mieux payés d’Hollywood, une star et un sex-symbol nourrissant les fantasmes de son époque… avant que ceux-ci ne soient frappés de désuétude. Burt Reynolds est-il passé à côté d’une carrière qui eut pu être plus riche, plus ­intense sur la durée, plus éclatante, davantage comparable à celle de celui que l’on a considéré parfois comme son rival, Clint Eastwood ? Ce dont on se souviendra longtemps, au-delà de l’attachante figure masculine, c’est de la petite poignée de grands films auxquels il a participé. Burt Reynolds est mort jeudi 6 septembre à Jupiter (Floride) d’un arrêt cardiaque.
Il naît à Lansing, dans le Michigan, le 11 février 1936. Sa famille déménage en Floride. Son père, après une carrière militaire, ­devient policier. Le jeune homme révèle des qualités d’athlète et ­entre comme boursier à l’université d’Etat de Floride. Il y devient champion de football américain et est repéré par l’équipe de Baltimore. Une blessure contractée au cours d’un match, suivie d’un ­accident de voiture, met un terme à l’espoir d’une carrière de joueur professionnel. Il pense suivre les pas de son père en entrant dans la police, mais poursuit en parallèle ses études à l’université de Palm Beach, où l’on décèle chez lui des qualités de comédien. Il y obtient un prix pour sa prestation dans la pièce Outward Bound, de Sutton Vane, qui lui permettra d’obtenir une bourse pour intégrer une troupe de théâtre new-yorkaise. Il partira avec celle-ci en tournée, cumulant les fonctions de comédien et de chauffeur.

De retour à New York, il alterne les petits boulots et le théâtre. Il est repéré pour sa prestation dans la pièce Mister Roberts, de Thomas Heggen et Joshua Logan, avec Charlton Heston. Il débute, dès lors, une carrière à...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-3"> ¤ Le 13 septembre, aux Etats-Unis, sortira en salles « Museo ». Ce film à grand spectacle est produit par YouTube, qui, à la suite de Netflix et Amazon, bouscule l’économie du septième art, explique Philippe Escande, éditorialiste économique au « Monde ».
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Les géants du Net en passe de réussir le casse du siècle sur le cinéma mondial

Le 13 septembre, aux Etats-Unis, sortira en salles « Museo ». Ce film à grand spectacle est produit par YouTube, qui, à la suite de Netflix et Amazon, bouscule l’économie du septième art, explique Philippe Escande, éditorialiste économique au « Monde ».



LE MONDE
 |    07.09.2018 à 11h32
    |

            Philippe Escande








                        



                                


                            

Réveillon de Noël 1985. Dans tout le Mexique, on chante, on mange, on danse et on laisse la porte ouverte pour les amis ou les passants. Celle du Musée d’anthropologie de Mexico devait également être mal fermée ce soir-là, puisque deux jeunes gars sans histoire s’y sont introduits et ont volé près de 140 objets mayas et aztèques en or et jade d’une valeur inestimable. On ne les retrouvera que quatre ans plus tard.
C’est ce casse spectaculaire que raconte le film Museo du réalisateur mexicain Alonso Ruizpalacios. Il sortira en salle le 13 septembre à New York, puis dans d’autres villes aux Etats-Unis. Ce film raconte, en arrière-plan, une deuxième histoire, celle d’un autre casse du siècle, celui opéré par les géants de l’Internet sur le cinéma mondial. Car Museo a la particularité d’être l’une des premières productions à grand spectacle de YouTube, la filiale de Google.
A Cannes, on a décidé de bannir Netflix
Et nous n’en sommes qu’à la bande-annonce. Le Festival international du film de Toronto, qui se tient jusqu’au 16 septembre, accueillera une nouvelle production de YouTube, Viper Club, un film avec Susan Sarandon. Autre signe des temps, c’est un film très attendu, Outlaw King, le roi hors la loi de David Mackenzie produit par Netflix, qui devait ouvrir la session, ce vendredi 7 septembre.
Netflix inonde désormais tous les festivals mondiaux de ses productions, devançant à peine une autre star du Net, Amazon. Tous, sauf un. Dans un petit coin de la Côte d’Azur, un village résiste encore à l’invasion des geeks américains. A Cannes, on a décidé de bannir Netflix.
On comprend aisément le souci du festival de ne pas faire la promotion d’une œuvre réservée aux seuls abonnés de la plateforme américaine et d’imposer le passage en salle en France comme préalable à sa sélection. Le seul problème est que Netflix et Amazon sont devenus aujourd’hui les plus gros producteurs mondiaux de films et que leur...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-4"> ¤ Le réalisateur a présenté « Fahrenheit 11/9 », brûlot politique qui assimile le président américain à Adolf Hitler.
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A Toronto, Michael Moore célèbre la résistance à Donald Trump

Le réalisateur a présenté « Fahrenheit 11/9 », brûlot politique qui assimile le président américain à Adolf Hitler.



LE MONDE
 |    07.09.2018 à 09h54
 • Mis à jour le
08.09.2018 à 06h33
    |

                            Thomas Sotinel (Toronto (Canada), envoyé spécial)








                        



                                


                            
Il n’y a pas de raison pour que le Festival de Toronto, dont la 43e édition a commencé le 6 septembre, se distingue du reste de l’Amérique du Nord – et du monde. Donald Trump règne en maître absolu sur les ­conversations, et pour l’une des soirées d’ouverture – celle de la section documentaire – sur l’écran.
Michael Moore a présenté ­Fahrenheit 11/9 (le 9 novembre 2016, les médias américains ont admis la victoire de Donald Trump sur Hillary Clinton), ­un pamphlet colérique, sincère et roublard, divaguant et provocant – un retour à la manière de son plus grand succès, Fahrenheit 9/11.
Le film de Michael Moore est à l’avant-garde d’une série de films politiques américains, documentaires ou fictions attendus au long du festival. Dans la première catégorie, on trouve les films de deux autres grandes figures du genre, que tout – méthode, style et inclinations politiques – oppose : Frederick Wiseman a filmé une petite ville au milieu des « flyover states » (les Etats qu’on ne fait que survoler) dans Monrovia, Indiana, pendant qu’Errol Morris a tenté de comprendre l’ancien conseiller du locataire de la Maison Blanche Steve Bannon dans American Dharma, déjà présenté à Venise. Les dirigeants du festival se demandent si le politicien d’extrême droite s’invitera à Toronto comme il l’a fait sur le Lido, ce qui pourrait provoquer quelque ­agitation dans une ville plutôt à gauche.
Côté fiction, on a déjà vu ­Monsters and Men, de Renaldo Marcus Green, qui examine en un récit éclaté les conséquences de la mort d’un ancien combattant afro-américain tué par la police de New York et l’on attend, entre autres The Frontrunner, de Jason Reitman, dans lequel Hugh Jackman incarne Gary Hart, candidat démocrate à la Maison Blanche en 1988, défait par un scandale sexuel.
Obsession de Trump pour sa fille
De sexe, il en est question dans Fahrenheit 11/9, car Michael Moore fait sienne...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-5"> ¤ L’Académie avait annoncé le 8 août une série de mesures destinées à apporter un nouveau souffle à la soirée des Oscars, après des audiences catastrophiques en mars.
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Les Oscars renoncent à récompenser les « films populaires »

L’Académie avait annoncé le 8 août une série de mesures destinées à apporter un nouveau souffle à la soirée des Oscars, après des audiences catastrophiques en mars.



LE MONDE
 |    07.09.2018 à 04h32
 • Mis à jour le
07.09.2018 à 07h50
   





                        



   


L’Académie des Oscars a déclaré, jeudi 6 septembre, qu’elle renonçait, finalement, à récompenser un film populaire, moins d’un mois après avoir annoncé cette nouveauté, perçue par certains comme une tentative désespérée de doper les audiences de la cérémonie et de mettre en avant les productions les plus rentables.
« L’introduction d’un nouveau prix a suscité un grand nombre de réactions et nous reconnaissons la nécessité d’en discuter davantage avec nos membres », a fait savoir dans un communiqué Dawn Hudson, directrice générale de l’Academy of Motion Picture Arts and Sciences. « Nous avons apporté des changements aux Oscars au fil des ans – dont cette année – et nous continuerons à évoluer tout en respectant l’incroyable héritage des quatre-vingt-dix dernières années », a-t-elle ajouté.

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Nouveau souffle
L’Académie avait annoncé, le 8 août, une série de mesures destinées à apporter un nouveau souffle à la soirée des Oscars, dont la dernière édition, le 4 mars, avait enregistré les pires chiffres d’audience depuis l’introduction de la mesure en 1974, avec 26,5 millions de téléspectateurs aux Etats-Unis. La 91e édition de la cérémonie, qui aura lieu à Hollywood le 24 février 2019, doit notamment être plus courte, autour de trois heures, contre près de quatre cette année.
La création d’une nouvelle catégorie, intitulée provisoirement « réalisation remarquable pour un film populaire » (outstanding achievement in popular film), avait fait l’objet de nombreuses critiques, certains y voyant un moyen de promouvoir des films engrangeant des millions de dollars au box-office, comme Star Wars ou les films Marvel.
L’Académie a, par ailleurs, précisé, jeudi, que les Oscars 2020 se tiendront le 9 février, plusieurs semaines avant leur date habituelle.

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                Poussés à se renouveler, les Oscars vont-ils « perdre leur âme » ?






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-6"> ¤ Le cinéma n’était pas la première vocation de ce natif du Michigan, devenu célèbre grâce à son rôle dans « Délivrance ».
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Article sélectionné dans La Matinale du 06/09/2018
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Mort de l’acteur américain Burt Reynolds, à l’âge de 82 ans

Le cinéma n’était pas la première vocation de ce natif du Michigan, devenu célèbre grâce à son rôle dans « Délivrance ».



LE MONDE
 |    06.09.2018 à 21h21
 • Mis à jour le
07.09.2018 à 07h10
   





                        



   


Lewis Medlock ne geindra plus de douleur au fond de son kayak. L’acteur américain Burt Reynolds, qui incarnait le personnage dans Délivrance (1972), est mort jeudi 6 septembre dans un hôpital de Floride, a annoncé son agent. La cause de son décès est un arrêt cardiaque.
« C’est avec le cœur brisé que j’ai dit au revoir à mon oncle aujourd’hui », a écrit dans un communiqué la nièce de l’acteur, Nancy Lee Hess. « Il avait eu des soucis de santé mais c’était totalement inattendu », a-t-elle précisé.
Vedette d’Hollywood dans les années 1970 et 1980, le comédien, né en 1936 dans l’Etat de Géorgie, avait donné la réplique à Mark Wahlberg dans Boogie Nights (1997). Il était aussi – ironiquement – connu pour les rôles qu’il avait refusés, notamment celui de James Bond ou de Han Solo dans Star Wars, dont il trouvait, selon la légende, le scénario trop « enfantin ».
Le cinéma n’était pas la première vocation de ce natif du Michigan, qui s’était d’abord destiné au football américain. Mais une blessure au genou en avait décidé autrement, et le jeune Burt Reynolds, dont la famille a déménagé en Floride, s’inscrit au cours de théâtre du Palm Beach Junior College. Son professeur d’anglais, Watson B. Duncan III, qui appréciait sa manière de déclamer Shakespeare, repère la pépite.
Nu sur une peau d’ours
Burt Reynolds enchaîne alors les petits rôles pour la télévision, tentant vainement quelques castings, dont celui, en 1957, de Sayonara, où le jeune homme fut refusé au motif qu’il ressemblait trop à... Marlon Brando. C’est finalement Marlon Brando lui-même qui obtiendra le rôle.
Le physique de Burt Reynolds – moustache et allure virile – était assurément un atout à Hollywood. En 1972, l’acteur se fait remarquer pour une pose immortalisée par le magazine Cosmopolitan, le mettant en scène nu sur une peau d’ours, le bras stratégiquement positionné. L’acteur avait par la suite regretté que la publicité faite autour de cette séance photo ait fait passer au second plan la sortie de Délivrance.
C’est en effet au même moment que sort le chef-d’œuvre de John Boorman, dont il était la tête d’affiche. Un rôle qui prédestinera le reste de sa carrière, où il multipliera les rôles dans les films d’action, campant souvent des personnages puissants, sportifs ou encore aventuriers – Plein la gueule (1974) de Robert Aldrich, ou encore Cours après moi Shériff (1977) et L’Equipée du Cannonball (1981).
Dans les années 1980, Burt Reynolds se tourne davantage vers les comédies, souvent mâtinées d’un romantisme à l’eau de rose. C’est ainsi qu’il s’illustre notamment en 1983 dans L’Homme à femmes de Blake Edwards, aux côtés de Julie Andrews et de Kim Basinger.
Réalisateur de films X chez Paul Thomas Anderson
Las, le succès n’est pas forcément au rendez-vous. Burt Reynolds se tourne alors plutôt vers la télévision dans les années 1990, participant ponctuellement aux séries Beverly Hills, Cybill ou encore X-Files. Il remporte d’ailleurs un Emmy Award pour son rôle dans la série télévisée Evening Shade.
En 1997, il retourne sur le devant de la scène hollywoodienne avec Boogie Nights, où il campe un réalisateur de films pornographiques. Pour ce rôle offert par Paul Thomas Anderson, il est nommé à l’Oscar du meilleur acteur dans un second rôle à la 70e cérémonie des Oscars. S’il n’obtient pas le fameux sésame, il gagne, cette année-là, un Golden Globe pour ce même film.
Depuis les années 2000, Burt Reynolds continuait régulièrement de tourner, malgré des problèmes de santé qui lui ont valu, en 2010, un quintuple pontage cardiaque. L’acteur avait été salué en 2017 par la critique pour sa prestation dans le film indépendant The Last Movie Star.
En mai de cette année, son agent avait annoncé qu’il avait été retenu au casting d’Il était une fois à Hollywood, le dernier film du réalisateur Quentin Tarantino, qui évoque le destin du psychopathe Charles Manson, et de ses disciples de la Tribu. « Mon oncle avait hâte de travailler avec Tarantino et le casting fantastique qui avait été réuni », a confié sa nièce. La sortie du film est programmée en 2019.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-7"> ¤ Le 20 août, le « New York Times » rapportait que l’actrice avait payé ce jeune acteur, qui souhaitait la poursuivre pour une agression sexuelle remontant à 2013.
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Asia Argento affirme que c’est Jimmy Bennett qui l’a agressée sexuellement, et non l’inverse

Le 20 août, le « New York Times » rapportait que l’actrice avait payé ce jeune acteur, qui souhaitait la poursuivre pour une agression sexuelle remontant à 2013.



LE MONDE
 |    06.09.2018 à 18h33
 • Mis à jour le
07.09.2018 à 06h34
   





                        



   


Nouvelle version et nouvelles accusations dans l’affaire qui oppose Asia Argento à Jimmy Bennett. L’actrice italienne, l’une des principales accusatrices du producteur de cinéma déchu Harvey Weinstein et figure de proue du mouvement #metoo, elle-même accusée d’avoir agressé sexuellement le jeune acteur Jimmy Bennett, incrimine à son tour ce dernier.
Dans un communiqué de trois pages publié sur son site Internet, son avocat affirme en effet que, « comme révélé par des textos publiés par [le site d’information people] TMZ, Asia a déclaré “le gamin surexcité m’a sauté dessus… J’ai couché avec lui, c’était étrange” », confirmant la teneur de ces messages qui ont été publiés dans la presse américaine. « Asia a choisi à l’époque de ne pas poursuivre Bennett pour l’avoir agressée sexuellement », dit encore le communiqué.

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                L’actrice Asia Argento, l’accusatrice accusée



« Protéger la réputation d’Asia »
Quid, alors, de l’importante somme d’argent – 380 000 dollars, soit 327 000 euros – versée à l’acteur ? L’avocat de Asia Argento affirme que M. Bennett, ayant appris, en 2017, la relation l’actrice et le chef cuisinier et animateur de télévision Anthony Bourdain – il s’est suicidé en juin –, aurait voulu soutirer de l’argent à ce dernier. C’est d’ailleurs Anthony Bourdain, et non la comédienne, qui aurait accepté de payer M. Bennett pour « protéger la réputation d’Asia et la sienne » – ce qui prouve, toujours selon son avocat, que l’actrice n’a pas voulu acheter son silence avec un accord.
Le conseil affirme au passage que le versement de cette somme n’a, d’une part, pas intégralement été effectué (250 000 dollars ont été versés par Anthony Bourdain avant sa mort) et n’était, d’autre part, pas formellement conditionné au silence du jeune homme.
« Ces déclarations visent à intimider, à humilier et à insulter mon client », a réagi l’avocat de Jimmy Bennett, interrogé par TMZ.
Accord financier
Le 20 août, le New York Times écrivait qu’Asia Argento avait payé un jeune acteur qui entendait la poursuivre pour une agression sexuelle. Ces informations, obtenues de documents chiffrés, disent que l’actrice aurait conclu un accord avec Jimmy Bennett, selon lequel celui-ci s’engageait à ne pas la poursuivre judiciairement pour une agression remontant à 2013 – époque à laquelle il était mineur.
Asia Argento avait dans un premier temps nié « avoir jamais eu de relation sexuelle avec Bennett », avant d’expliquer lui avoir versé de l’argent dans le seul but de l’aider à un moment où il était en difficulté.
De son côté, Jimmy Bennett avait réagi, le 23 août, affirmant ne pas avoir « parlé publiquement de cette histoire au début, car [il avait] choisi de le faire en privé avec la personne qui [lui] a fait du tort ». « Je ne pensais pas que les gens comprendraient ce qui s’est passé du point de vue d’un adolescent », disait-il.

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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-8"> ¤ Avec « 22 July », diffusé sur Netflix, le cinéaste britannique s’interroge sur les dangers du nationalisme en Europe.
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Mostra de Venise : Paul Greengrass revient sur les attentats de Norvège

Avec « 22 July », diffusé sur Netflix, le cinéaste britannique s’interroge sur les dangers du nationalisme en Europe.



LE MONDE
 |    06.09.2018 à 10h12
 • Mis à jour le
07.09.2018 à 07h39
    |

            Véronique Cauhapé (Venise (Italie), envoyée spéciale)








                        



   


Le cinéaste britannique Paul Greengrass classe, à raison, ses réalisations en deux catégories. D’un côté, ses films de divertissement tels que La Mort dans la peau (2004) et La Vengeance dans la peau (2007), deuxième et troisième volets de la saga des aventures de Jason Bourne. De l’autre, ses films engagés qui tendent à témoigner des maux du monde et à tenir en alerte les consciences. Ceux-là sont plus nombreux et tombent, à espaces réguliers, tous les trois ou quatre ans : Bloody Sunday (2002), United 93 (2006), Green Zone (2009), Capitaine Phillips (2013).
C’est pour un long-métrage appartenant à cette seconde catégorie, et bientôt diffusé sur Netflix, que Paul Greengrass se retrouve cette année à la Mostra de Venise. Un film rude, soucieux des faits et de leur exactitude. 22 July, présenté mercredi 5 septembre, retrace le double attentat perpétré par Anders Behring Breivik, le 22 juillet 2011, en Norvège. Ce jour-là, cet ultranationaliste d’extrême droite de 32 ans fait exploser une bombe dans le quartier des ministères à Oslo qui fait huit morts, puis se rend aussitôt après dans un camp d’été de jeunes militants travaillistes sur l’île d’Utoya où il abat soixante-neuf personnes.
« Révéler l’ADN de notre époque »
Le film de Paul Greengrass débute, sans concession mais sans excès, sur ces tueries. L’insoutenable est le point de départ d’une réflexion que mène ensuite le réalisateur à travers une famille meurtrie par les attentats (et ayant existé) dont un des fils est revenu gravement blessé. Et à travers le long procès d’Anders Behring Breivik, d’abord diagnostiqué schizophrène par deux psychiatres mandatés avant d’être jugé pénalement responsable par une contre-expertise, obtenue sous la pression de l’opinion publique.

   


Ce procès détermine le ton du film et définit la démarche soutenue par le cinéaste.  « Sans être didactique ou pédagogique, je voulais montrer les dangers que nous font encourir le nationalisme, le protectionnisme, le populisme auxquels l’Europe doit faire face aujourd’hui. Mais je souhaitais aussi montrer la façon dont la Norvège a réagi et a lutté pour sa démocratie », a-t-il expliqué. Je n’ai pas de slogan, ni de message à délivrer. Mais le cinéma, quand il n’a pas pour but de divertir – ce qui est aussi nécessaire –, doit montrer ce qui se passe dans le monde, révéler l’ADN de notre époque ».
« Tourbillon de violence »
Pour rendre compte du réel, Paul Greengrass s’est largement appuyé sur le livre de la journaliste norvégienne Asne Seierstad, One of Us: The Story of an Attack in Norway – and Its Aftermath, et sur la parole de victimes rencontrées par l’intermédiaire d’une association de soutien aux familles. Les échanges avec ces témoins ont guidé le travail du cinéaste tout au long de l’éboration de son film et durant le tournage, afin que soit respectée leur propre connaissance des faits.
Paul Greengrass, cinéaste : « Nos grands-parents et nos parents savaient que le nationalisme peut annoncer la guerre. Les jeunes désormais doivent aussi le savoir »
Si la fiction doit être un passeur pour accéder au plus grand nombre, elle n’en demeure pas moins rigoureuse chez ce réalisateur britannique dont la mise en scène tient la barre droite, décline les effets et la démonstration. « Bien sûr que j’apporte ma vision mais ce que je cherche surtout à faire comprendre, c’est comment nous nous trouvons dans un tel tourbillon de violence et tenter de montrer les chemins que nous pouvons emprunter pour en sortir », explique Paul Greengrass.
« Aujourd’hui, les démocraties ont à lutter et à gagner contre ce qui les menace avec leurs arguments. Il n’y a pas d’arguments fixes, elles doivent trouver ceux qui défendront le mieux la façon de vivre à laquelle elles sont attachées. Nos grands-parents et nos parents savaient que le nationalisme peut annoncer la guerre. Les jeunes désormais doivent aussi le savoir. Je voudrais que ce film leur parle. » Les jeunes acteurs norvégiens, à l’affiche de 22 July, ont en tout cas clairement exprimé, à Venise, l’engagement que constituait pour eux leur présence dans le film.

Film américain de Paul Greengrass. Avec Anders Danielsen Lie, Jonas Strand Gravli, Jon Øigarden (2 h 23). Disponible le 10 octobre sur Netflix. Sur le Web : www.netflix.com/fr/title/80210932 et www.labiennale.org/en/cinema/2018/lineup/venezia-75-competition/22-july



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-9"> ¤ A l’occasion de la sortie de « Spider-Man », vendredi 7 septembre, sur PlayStation 4, Pixels a classé les personnages en lycra du pire au meilleur client, manette en main.
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Spider-Man, Superman, Batman… Qui est le meilleur super-héros en jeu vidéo ?

A l’occasion de la sortie de « Spider-Man », vendredi 7 septembre, sur PlayStation 4, Pixels a classé les personnages en lycra du pire au meilleur client, manette en main.



LE MONDE
 |    06.09.2018 à 08h00
 • Mis à jour le
06.09.2018 à 09h13
    |

            William Audureau et 
Damien Leloup








                        


Ils sont super-bidon
12. Superman, champion du navet
(DC Comics, 1938, 21 adaptations en jeux)
Il est surpuissant, vole, projette des rayons laser avec les yeux, et quand il se déguise en journaliste, le natif de Krypton n’est jamais accusé de « fake news ». Mais manette en main, Superman souffre d’un double défaut. D’abord, celui de ne pas en avoir – il est quasi invincible –, ensuite d’être traité par-dessus la jambe. Résultat : deux apparitions à lui seul dans la plupart des listes des pires jeux de l’histoire sur Atari 2600 en 1978 et surtout sur Nintendo 64 en 1999 avec Superman 64, noté en moyenne 1,8/10 sur SensCritique. Les pixels, c’est sa vraie kryptonite.

11. Aquaman, naufrage annoncé
(DC Comics, 1941, 2 adaptations en jeux)
Mi-homme mi-poisson, Aquaman rentre dans la catégorie des héros marins, comme Ecco the Dolphin, James Pond ou Abzû côté pixels, mais sans leur succès. Il n’a donné lieu qu’à deux jeux, un comic interactif en 1996, Aquaman : War of the Water Worlds, et surtout l’épouvantable Aquaman : Battle for Atlantis, en 2003, dans lequel ses acrobaties subaquatiques réussissaient à donner… le mal de mer. Avec un 27/100 sur Metacritic, le pauvre héros à écailles semble depuis impossible à repêcher.

10. Catwoman, jeux de gouttière
(DC Comics, 1940, 2 adaptations en jeux)
La précurseuse de la princesse Peach et son costume de matou dans Super Mario 3D World ? C’est elle. L’agile femme-chat a un indéniable potentiel d’acrobate, mais ni Catwoman sur Game Boy Color ni Catwoman sur console en 2004 n’ont malheureusement grimpé bien haut. Combats répétitifs, commandes approximatives et niveaux sans idées : Peach-chat peut dormir sur ses deux oreilles.

9. Flash, petit héros parti trop vite
(DC Comics, 1940, 3 jeux)
Un presque plagiat de Sonic the Hedgehog sur Master System, un jeu d’action classique mais de bonne facture sur Game Boy Advance, et un jeu leeeeeeennnnnntttt (un comble) sur Game Boy : le bilan de l’homme le plus rapide au monde sur console n’est pas fameux. Pourtant, c’est l’un des rares super-héros dont le pouvoir ne se limite pas aux classiques jeux de baston et d’exploration. Si Samus Aran peut se transformer avec succès en balle de flipper dans Metroid Prime Pinball, imaginez les possibilités avec Flash… L’absence de jeux à son nom depuis 2006 n’en est que plus triste.

Ils sont super-moyens
8. Wonder Woman, la grande absente
(DC Comics, 1941, 0 jeu)
Longtemps has been, l’héroïne a amorcé ces dernières années un retour en force : un film en 2017, une image largement modernisée qui abandonne le côté pin-up… Cantonnée jusqu’à présent à des seconds rôles dans des jeux de combat, Diana Prince a pourtant un gros potentiel d’héroïne de jeu d’action. D’autant plus que son CV vidéoludique peu rempli ne cache aucune catastrophe industrielle passée portant son nom.

7. Iron Man, peut mieux fer
(Marvel, 1963, 5 adaptations en jeux)
Un super-héros existe-t-il tant qu’il n’a pas eu sa trilogie de films ? Iron Man n’a en tout cas pas eu le droit à une vraie adaptation en jeu vidéo avant la sortie, en 2008, du premier Iron Man au cinéma. Il aurait peut-être pu s’en passer : aucune des cinq adaptations n’a laissé une grande impression. Il ne faut pas nécessairement y voir la marque d’un mauvais héros de jeu – mais plutôt la trace de la malédiction qui touche l’écrasante majorité des adaptations de films.

6. Wolverine, l’éternel recommencement
(Marvel Comics, 1974, 5 jeux)
Avant d’être un super-héros malade et usé dans Logan, Wolverine a connu une brève carrière de héros de jeux vidéo. Depuis Wolverine sur Nes jusqu’à X-Men Origins : Wolverine (multisupports), c’était peu ou prou toujours le même jeu, mieux réalisé : de l’action-aventure, avec des foules d’ennemis à éventrer et des plates-formes en option. Si, dans les comics comme au cinéma, le plus velu des super-héros a su se renouveler, ce n’a malheureusement pas été le cas sur console.

5. Hulk, des coups de poing, épi c’est tout
(Marvel, 1962, 8 adaptations en jeux)
Grand. Vert. Furieux. Le géant vert des boîtes de maïs est à Spider-Man ce que Wario est à Super Mario : le gros balourd bourrin qui casse tout, là où le héros rouge et bleu classique s’en sort par des acrobaties bien senties. En jeu vidéo, ce sera donc une série de jeux bas du front mais qui permettent de se défouler, comme le sympatochounet The Incredible Hulk : Ultimate Destruction, en 2005.

Ils sont super-super
4. Le Surfer d’argent, dieu de la coolitude
(Marvel, 1969, 1 adaptation en jeu)
Il y a des super-héros qui sont voués à être cool. C’est comme ça. Le Surfer d’argent, par exemple. Déjà, qui peut s’asseoir à sa table et dire : « Moi aussi, je suis un extraterrestre aux reflets bleutés beau comme un dieu et je surfe dans les airs plutôt que de prendre le métro » ? Outre que le grand Moebius a signé un de ses épisodes cultes, son unique adaptation en pixels est un jeu de tir sur NES dont la musique évoque les meilleurs niveaux de Megaman. Archi-dur, O.K., mais archi-cool.

3. The Darkness, champion de l’ombre
(Image Comics, 1996, 2 adaptations en jeux)
Jackie Estacado a un pouvoir atypique : dans l’obscurité, une créature informe apparaît dans son dos et réalise ses désirs les plus destructeurs. Sorte de Sam Fisher mutant dans un Splinter Cell crasseux, The Darkness a donné lieu à deux jeux d’action et infiltration noirs, vénéneux et entêtants, en 2009 et 2012 – évalués à 82 et 80 sur 100 sur Metacritic.

2. Spider-Man, le Niko Bellic des airs
(Marvel, 1962, 62 adaptations en jeux)
Il est rouge, bleu et sautillant comme Super Mario, s’accroche aux immeubles comme le Bionic Commando, et explore New York à sa guise comme Niko Bellic dans GTA IV. Le Tisseur semblait prédestiné à une carrière vidéoludique riche et à des jeux d’acrobaties urbaines jubilatoires, comme Spider-Man 2, Ultimate Spider-Man ou encore Web of Shadows. Si ses meilleures heures datent des années 2000, son retour sur PlayStation 4 semble renouer avec le très grand spectacle, au vu des premières critiques ultrapositives.

1. Batman, Bruce tout-puissant
(DC Comics, 1939, 98 adaptations)
Par quel miracle un personnage sans pouvoir spécial s’est-il imposé comme le meilleur super-héros de jeu vidéo ? Peut-être grâce à ses innombrables gadgets, dignes d’un GoldenEye 007. Ou son ton noir, crasseux, peut-être dérangeant, entre un Double Dragon gothique et un BioShock musculeux. Ses apparitions sur NES sont des classiques, sa démo VR une expérience réussie, et surtout sa trilogie Batman : Arkham un monument du jeu vidéo d’exploration, avec sa mise en scène léchée, ses cadrages serrés, sa construction habile et sa plongée dans la psyché torturée du héros. Batman gagne. Comme toujours.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-10"> ¤ Selon le cabinet ComScore, les recettes des entrées en salle ont crû de 14,5 % au cours de l’été, et ce en dépit de l’âpre concurrence de Netflix et d’Amazon.
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Aux Etats-Unis, la fréquentation des cinémas relancée

Selon le cabinet ComScore, les recettes des entrées en salle ont crû de 14,5 % au cours de l’été, et ce en dépit de l’âpre concurrence de Netflix et d’Amazon.



LE MONDE
 |    05.09.2018 à 11h22
    |

            Nicole Vulser








                        



                                


                            

Malgré la concurrence féroce de Netflix et d’Amazon, qui incite à regarder des films chez soi bien calé dans un fauteuil, la fréquentation des salles obscures aux Etats-Unis a connu un rebond au cours de l’été, entre le 4 mai et le 10 septembre (en partie à cause du lundi férié 3 septembre, le Labor Day), une période qui fait office de test pour l’industrie cinématographique outre-Atlantique. Selon le cabinet ComScore, les recettes des entrées en salle ont crû de 14,5 %, avec un prix moyen du ticket de 9,38 dollars (8,10 euros).

De son côté, Box Office Mojo estime ces recettes à 3,89 milliards de dollars, après une année 2017 très difficile (– 15,1 %). Deux grosses productions ont massivement attiré les spectateurs. Fruit des studios d’animation Pixar, Les Indestructibles 2, le film d’animation de Disney sorti le 15 juin, qui signe le retour des aventures de Bob, Hélène, Violette, Flèche et Jack-Jack, a fait exploser les compteurs, avec des recettes estimées à plus de 602 millions de dollars au 3 septembre, rien qu’aux Etats-Unis. De son côté, Avengers : Infinity War, la dernière saga des super-héros Marvel, a suscité un très large engouement, engrangeant 678,7 millions de dollars aux Etats-Unis depuis sa sortie, le 27 avril.
Effet de la carte d’abonnement illimitée
« Le rebond de cet été prouve à quel point l’industrie cinématographique est cyclique. Le public n’a pas moins utilisé de streaming [la lecture sans téléchargement] que l’été dernier, mais si les films sont forts, l’audience suit », affirme au Monde Phil Contrino, le porte-parole de la National Association of Theatre Owners (l’Association nationale des propriétaires de cinéma). Au cours de l’été, trois majors ont tiré leur épingle du jeu en salle : Disney, mais aussi Universal Pictures et Paramount.

L’effet de la carte d’abonnement illimitée au cinéma – le MoviePass à 10 dollars par...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-11"> ¤ Le nouveau film de Kiyoshi Kurosawa frappe par son épure.
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« Invasion » : les martiens attaquent une société qui court à sa perte

Le nouveau film de Kiyoshi Kurosawa frappe par son épure.



LE MONDE
 |    05.09.2018 à 07h22
 • Mis à jour le
05.09.2018 à 18h29
    |

                            Mathieu Macheret








                        



   


L’avis du « Monde » – à ne pas manquer
L’œuvre du Japonais Kiyoshi Kurosawa, né en 1955, maître d’un fantastique cérébral sondant les gouffres d’une quotidienneté atone, traverse en ce moment une phase d’effervescence passionnante, qui consiste non seulement en un regain d’activité (cinq films en trois ans), mais aussi en des expériences narratives et plastiques toujours plus surprenantes. Invasion, son dernier long-métrage en date, présenté à la ­Berlinale 2018, s’inscrit dans une séquence de création assez complexe. Réalisé dans la foulée d’Avant que nous disparaissions (sorti en France en mars), ce nouveau film apparaît comme son remake, mais sur une tonalité complètement différente.

        Lire la critique d’« Avant que nous disparaissions » :
         

          Face aux aliens, l’humanité perd ses derniers moyens



Les deux œuvres sont, en effet, issues d’un même matériau : la pièce de théâtre Sanpo suru shinryakusha, du dramaturge Tomohiro Maekawa, relecture caustique des films de science-fiction des années 1950 carburant à la menace extraterrestre. Sur la base de la première adaptation, la chaîne japonaise Wowow a ensuite commandé à Kurosawa une version télévisée, sous la forme d’une minisérie en cinq épisodes de trente minutes, dont Invasion est le remontage en cent quarante  minutes à destination du grand écran.

        Lire la rencontre :
         

          Kiyoshi Kurosawa, le cinéaste de la destruction et de la renaissance



Invasion reprend donc, à peu de chose près, le même argument qu’Avant que nous disparaissions (qu’il n’est pas besoin d’avoir vu pour autant). Des émissaires extraterrestres ayant pris possession de corps humains s’infiltrent incognito dans la population pour lui voler des concepts et préparer ainsi l’invasion à venir. Une légère application du doigt sur le front d’un interlocuteur suffit à lui retirer, pour se les accaparer, de grandes notions fondamentales, telles que celles de « famille », de « fierté », de « vie » ou de « travail ». Mais alors qu’Avant que nous disparaissions relatait le périple des émissaires sous un jour ouvertement fantaisiste et rocambolesque, Invasion s’attache à la perspective des humains. Resserrant son champ d’action autour d’un couple ordinaire, il emprunte une voie plus sombre et plus inquiétante.

        Lire la critique (parue lors du Festival de Cannes 2017) :
         

          « Avant que nous disparaissions », les aliens ramènent l’humanité à l’état de brouillon



Etsuko (l’actrice et mannequin Kaho), ouvrière textile, voit son quotidien lentement dérailler en raison de la nervosité de son mari Tetsuo (Shota Sometani) et de l’égarement d’une collègue, qui ne reconnaît plus ses proches. Tout remonte à l’arrivée d’un nouveau chirurgien dans l’hôpital où Tetsuo travaille comme infirmier, le docteur Shiro Makabe (Masahiro Higashide). Ce dernier, un extraterrestre infiltré, a jeté son dévolu sur le pauvre aide-soignant pour en faire son « guide », un subordonné chargé de lui fournir de nouvelles victimes à lobotomiser. Pour cela, le faux médecin l’invite à puiser parmi ses inimitiés – telle collègue arrogante, tel ancien professeur malveillant –, aiguillonnant son ressentiment pour mieux se l’attacher. Etsuko se rend compte de la manipulation et fait tout son possible pour soustraire son mari à l’emprise de Makabe, quand bien même l’invasion finale serait imminente.
Tension et étrangeté
Invasion frappe d’abord par son épure, doublée d’une maîtrise impressionnante. Dès les premières scènes dans l’appartement du couple, Kurosawa semble revenir aux fondamentaux de son cinéma : l’inquiétante familiarité de l’univers domestique, la désaffection qui menace le foyer, les espaces habités par une angoisse sourde, une caméra suspendue qui se faufile entre pièces et couloirs à pas feutrés… Le cinéaste parvient à distiller tension et étrangeté, puis à susciter un sentiment eschatologique, sans recourir aux effets spéciaux, sinon pour faire trembler un miroir ou donner à des rideaux secoués par un courant d’air une apparence spectrale. L’essentiel se joue ici entre une poignée d’acteurs et un sens aigu de la mise en espace, les personnages arpentant des lieux ordinaires et strictement anonymes, devenus oppressants à l’aune d’une menace diffuse. Et quoi de plus naturel, puisque la grande question de Kurosawa sur l’être humain est de savoir ce qui le limite et le caractérise en même temps.
L’autre histoire d’« Invasion » est celle d’un couple amené à lutter contre sa propre désunion et les démons qui le rongent
Bénéficiant de la souplesse et de la sinuosité de l’écriture sérielle, le film captive par sa capacité à ­entremêler la scène collective et la scène intime, se situant toujours sur deux niveaux. La conquête extraterrestre, habilement suggérée, consiste surtout à figurer une perte de sens générale, à l’échelle de toute une société qui, dépossédée de ses concepts (ou de ses valeurs), s’effondre dans l’apathie et l’insensibilité. A ce titre, les scènes les plus marquantes sont celles où l’on voit les émissaires marcher dans des lieux publics (hôpital, usine) et tous les humains s’écrouler autour d’eux, comme une traînée de poudre.
Face à cela, l’autre histoire d’Invasion est celle d’un couple amené à lutter contre sa propre désunion et les démons qui le rongent (fas­cination, emprise, frustration ­sociale, faiblesse de caractère, addiction), cherchant à se reconstruire dans la tourmente. L’étrangeté inaugurale apparue dans le quotidien d’Etsuko peut ainsi se voir comme le retour d’un refoulé collectif, celui d’une société qui court à sa perte, destin catastrophique auquel le jeune couple n’avait, jusqu’alors, pas vraiment conscience d’appartenir.

Film japonais de Kiyoshi Kurosawa. Avec Kaho, Shota Sometani, Masahiro Higashide (2 h 20). Sur le Web : www.club-vo.fr/films/invasion



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-12"> ¤ La jeune réalisatrice Meryem Benm’Barek, primée à Cannes et à Angoulême, impressionne par sa maturité de scénariste.
<filname="PROF-0,2-3476,1-0,0-12"> ¤                     
                                                

« Sofia » : un délit de grossesse au Maroc

La jeune réalisatrice Meryem Benm’Barek, primée à Cannes et à Angoulême, impressionne par sa maturité de scénariste.



LE MONDE
 |    05.09.2018 à 07h21
 • Mis à jour le
05.09.2018 à 09h42
    |

                            Thomas Sotinel








                        



   


L’avis du « Monde » – à voir
Sofia appartient à cette catégorie de films qui défient les bonnes manières de la critique : sa force réside dans son ressort dramatique ; or, celui-ci ne se détend qu’aux trois quarts de la projection, propulsant les personnages dans une direction inattendue, ouvrant des perspectives que le cinéma explore rarement. En dévoiler le mécanisme serait d’autant plus nocif qu’il ne s’agit pas ici d’un « twist » ludique, mais d’une invitation plus qu’énergique à regarder une situation, à la fois très marocaine et tout à fait universelle, en changeant radicalement de point de vue. Bref, tout en recom­mandant le spectacle de Sofia, il faudra parfois rester un peu vague pour en parler.
Rien de plus net pourtant que la situation de départ. Un déjeuner familial réunit deux sœurs et leurs familles. Leila (Lubna Azabal) vit dans l’opulence. Elle a épousé un homme d’affaires français (qu’on ne verra jamais), sa fille, Lena (Sarah Perles), a fait des études de médecine. Zineb (Nadia Nazi) reçoit dans son intérieur un peu étriqué. Son époux, Faouzi (Faouzi Bensaïdi), s’apprête à sortir de la gêne en concluant une affaire grâce à l’entregent de sa belle-sœur. Leur fille, Sofia (Maha Alemi), à peine ­sortie de l’adolescence, s’affaire à la cuisine, avec une mine de déterrée.
En à peine une demi-heure, Lena aura diagnostiqué la grossesse de sa cousine, dont cette dernière n’avait pas conscience, et l’aura aidée à accoucher dans un hôpital de Casablanca, alors qu’au Maroc les relations sexuelles hors mariage sont passibles de prison.
Primé à Cannes et à Angoulême
Ces séquences ont pour elles la concision, même si toute la vitesse du monde ne peut faire passer les lacunes du découpage, les libertés prises avec la vraisemblance – plus gênantes dans un récit aussi réaliste que celui-ci que dans une fable. Meryem Benm’Barek n’a qu’une poignée de courts-métrages à son actif et, pour l’instant, sa puissance d’évocation (des situations, des idées) de scénariste dépasse encore son savoir-faire de réalisatrice. Les deux prix que son film a reçus, à Cannes (où il était présenté dans la section Un certain regard) et à Angoulême, ont salué le scénario de Sofia.

        Lire le compte-rendu :
         

          A Cannes, Un certain regard distingue un cinéma engagé et pointu



Peu importe, car dès ces premières séquences le choc entre le sort de Sofia et les institutions et coutumes marocaines se double d’un dialogue acerbe, d’abord déroutant puis fascinant, entre les deux cousines. L’incompréhension qui se creuse entre les deux jeunes filles se manifeste d’abord par la différence de langue : l’une est francophone, l’autre arabophone. Elle devient un gouffre lorsque l’on commence à discerner les stratégies respectives de Lena et Sofia.
Dès les premières séquences le choc entre le sort de Sofia et les institutions et coutumes marocaines se double d’un dialogue acerbe
La première tient à faire prévaloir les droits des femmes, à punir le garçon dont sa cousine est ­enceinte, qu’elle tient pour un violeur. Pourtant Omar (Hamza Khafif) n’a rien d’un ogre. Lorsque la famille de Sofia au grand complet rend une espèce de ­visite d’Etat à celle du jeune homme, on comprend qu’il s’agit moins d’obtenir réparation que de négocier une issue avantageuse pour tout le monde.
A ce moment, la victime semble encore maintenue à la périphérie des transactions : la fraction huppée du clan tente d’arranger les choses à force de dirhams, les parents de Sofia se préoccupent du qu’en-dira-t-on… Mais, peu à peu, Meryem Benm’Barek dévoile la personne qui se cache derrière le visage buté de Maha Alemi, ­l’actrice débutante qui tient le rôle-titre. La fille désœuvrée des séquences d’ouverture se mue en un être complexe, qui inspire bien d’autres sentiments que la compassion. Pour tenter de la cerner, il faut plonger dans les replis de cette situation infiniment plus ambiguë que le cas social qu’on a cru deviner.
Comme beaucoup de cinéastes de pays émergents/en voie de développement (rayer la mention inutile), Meryem Benm’Barek explore la frontière entre classes. Elle le fait avec mépris pour les conventions de ce qui est devenu presque un genre dans le cinéma d’auteur contemporain, avec une lucidité qui interdit les fausses pudeurs politiques et fait oublier les imperfections de cet impressionnant début.

Film français et marocain de Meryem Benm’Barek. Avec Maha Alemi, Sarah Perles, Lubna Azabal (1 h 20). Sur le Web : distribution.memento-films.com/film/infos/90



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-13"> ¤ La réalisatrice Margarethe von Trotta brosse un portrait sans vraie perspective du cinéaste suédois, né il y a cent ans.
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« A la recherche d’Ingmar Bergman » : bazar raisonné

La réalisatrice Margarethe von Trotta brosse un portrait sans vraie perspective du cinéaste suédois, né il y a cent ans.



LE MONDE
 |    05.09.2018 à 07h16
    |

            Jacques Mandelbaum








                        



   


L’avis du « Monde » – pourquoi pas
S’il est une chose qu’il serait souhaitable d’épargner à Ingmar Bergman, c’est bien un centenaire (l’homme est né le 14 juillet 1918 à Uppsala, en Suède). Figure canonique du cinéma d’auteur, monument d’un art auquel il a légué le continent de l’exploration intérieure, Bergman, déjà statufié de son vivant, aspirerait sans doute à se passer, mort, du prurit ­commémoratif. Ce documentaire qui lui est aujourd’hui consacré n’en est pas moins la première pierre ­posée pour une démonstration de force qui culminera au mois de septembre avec l’intégrale de son œuvre projetée à la Cinémathèque française.
S’il faut, en vérité, se réjouir de ces initiatives qui saluent à juste raison un génie du cinéma, force est d’admettre qu’un document comme celui qu’on nous propose aujourd’hui, sans être dénué d’intérêt, tombe précisément dans les travers de l’hommage de circonstance. A la recherche d’Ingmar Bergman ne trouve en effet rien que l’amateur éclairé ne sache déjà. C’est sans doute que son auteure, l’actrice et réalisatrice allemande Margarethe von Trotta, qui l’a connu, ne s’est résolue à rien d’autre que de faire le tour de la montagne, tâche immense, sans doute, mais dénuée de ­perspective et condamnée à ­ressasser les vérités premières.
« Il ne m’a jamais manqué »
Point de vue personnel, témoignages de proches, de collaborateurs ou de critiques, extraits de films, extraits d’entretiens avec l’auteur, archives d’époque, tout y est en termes de méthode exploratoire, mais rien n’est vraiment interrogé ni creusé, les filets ne nous ramènent qu’un condensé de l’histoire officielle, où l’anecdotique voisine avec l’analyse cinéphilique. Les chefs-d’œuvre tant classiques que modernes (du Septième Sceau à Fanny et Alexandre), le génie de la direction d’acteurs, le rapport névrotique aux femmes et à la famille, la personnalité difficile.
Dans ce bazar raisonné, certains témoignages claquent néanmoins, tels celui de Daniel Bergman, fils du metteur en scène et de la pianiste Käbi Laretei. Agé de 55 ans, fils de deux grands artistes dévorés par leur art, et particulièrement d’un père insoucieux de sa descendance, Daniel, qui garde un souvenir amer de son enfance, a malencontreusement choisi de faire le même métier que son père, qui l’autorise à dire de lui : « Depuis sa mort, il ne m’a jamais manqué. » Ce personnage, poignant, pourrait faire l’objet d’un film à part entière. On aurait aimé que celui dans lequel il figure suggère avec une égale force de conviction pourquoi Ingmar Bergman manque à tant de gens.

Documentaire de Margarethe von Trotta (1 h 40). Sur le Web : www.epicentrefilms.com/A-la-recherche-de-Ingmar-Bergman--Searching-For-Ingmar-Bergman--Margarethe-von-Trotta



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-14"> ¤ Créée et animée par des réalisateurs, la plate-forme de films du patrimoine veut fidéliser un public de plus en plus sollicité.
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LaCinetek, un site pour visionner les chefs-d’œuvre du XXe siècle

Créée et animée par des réalisateurs, la plate-forme de films du patrimoine veut fidéliser un public de plus en plus sollicité.



LE MONDE
 |    05.09.2018 à 07h16
    |

            Clarisse Fabre








                        



                                


                            

Envie d’une « ciné cure » ? Aux sorties hebdomadaires de films en salle, il faut aujourd’hui ajouter les sélections proposées sur les plates-formes de vidéo à la demande – comme le site britannique Mubi (un nouveau film d’auteur par jour) ou la coopérative française Tënk (un choix de documentaires chaque semaine). A son tour, à partir du 10 septembre, LaCinetek, créée en 2015 par les réalisateurs Pascale Ferran, Laurent Cantet et Cédric Klapisch et par le président de la plate-forme UniversCiné, Alain Rocca, lance son offre de dix films du « patrimoine » – le plus récent étant Mulholland Drive (2001), de David Lynch – chaque mois.

Les cinéastes signent la partie éditoriale et UniversCiné assure la prestation technique. Pour 2,99 euros par mois (ou 30 euros par an), LaCinetek offre de visionner dix œuvres choisies selon une thématique. Septembre sera le temps des premiers films, Accattone (1961), de Pier Paolo Pasolini, La Nuit des morts-vivants (1968), de George A. Romero, ou Wanda (1970), de Barbara Loden. Octobre sera consacré aux histoires d’amour, des Fiancées en folie (1925), de Buster Keaton, à La Femme d’à côté (1981), de François Truffaut. Novembre sera branché sur l’adolescence, avec notamment Passe ton bac d’abord (1978), de Maurice Pialat.
Un outil de transmission
Cette formule vise à rendre plus lisible l’offre de LaCinetek, ainsi que d’en abaisser le prix – le visionnage à l’unité coûte 2,99 euros. « Au départ, nous avons créé cette cinémathèque car cela nous rendait dingues de constater que des chefs-d’œuvre du cinéma n’étaient pas accessibles, explique Pascale Ferran. LaCinetek est avant tout un outil de transmission. Notre structure est associative, à mi-chemin entre le commercial et l’intérêt général, avec le soutien du Centre national du cinéma et du programme Media de l’Union européenne. »

L’autre singularité...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-15"> ¤ Le documentaire de Kevin Macdonald, présenté hors compétition au Festival de Cannes, s’appesantit sur la part sombre de la chanteuse Whitney Houston.
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« Whitney » : une diva en proie à ses démons

Le documentaire de Kevin Macdonald, présenté hors compétition au Festival de Cannes, s’appesantit sur la part sombre de la chanteuse Whitney Houston.



LE MONDE
 |    05.09.2018 à 07h14
    |

                            Murielle Joudet








                        



   


L’avis du « Monde » – on peut éviter
Whitney Houston était en quelque sorte prédestinée à devenir star de la pop : cousine des chanteuses Dee Dee et de Dionne Warwick, fille de Cissy Houston qui fit carrière dans la soul, dotée d’une voix hors du commun qui poussera ses parents à mettre tout en œuvre pour qu’elle plane en haut du Top 50. Le documentaire de Kevin Macdonald, présenté hors compétition au Festival de Cannes en mai, revient sur cette trajectoire, celle d’une diva qui, tout en connaissant un succès planétaire, doit chaque jour négocier avec ses démons : un traumatisme d’enfance, une addiction à la cocaïne, un couple qui bat de l’aile, un père qui s’improvise agent et finit par lui vider ses comptes.
Destins brisés
On n’apprendra pas grand-chose avec Whitney si ce n’est que la gloire, dans les plus hautes sphères du star system, a un prix, confirmant l’idée que l’histoire de la musique pop est jalonnée de ces destins brisés. Kevin Macdonald coule cette vie hautement mélodramatique, certainement digne d’être racontée, dans un documentaire à l’américaine des plus formatés qui mêle un travail d’archives à des entretiens sur fond noir avec la famille et les proches collaborateurs de la chanteuse.
Un détail ne manquera pas de gêner : celui d’entendre en off le réalisateur arracher aux nombreux interviewés des confidences dispensables – « Aimait-elle le sexe ? », « Etait-elle addicte à la drogue ? » – étayées par des archives où la chanteuse se montre sous son plus mauvais jour. S’il aurait été difficilement envisageable de parler de Whitney Houston sans évoquer sa part sombre, on est en droit de se demander si Whitney relève de l’hommage ou de l’étalage sulfureux de sales petits secrets digne d’un tabloïd sans scrupule.

Documentaire américain et anglais de Kevin Macdonald (2 heures). Sur le Web : www.lecinemaquejaime.com/category/tous-nos-films/documentaire/whitney-462.html, www.whitney.film et www.facebook.com/WhitneyTheFilm



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-16"> ¤ Chaque mercredi dans « La Matinale », les critiques du « Monde » présentent les meilleurs films à découvrir sur grand écran.
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Article sélectionné dans La Matinale du 04/09/2018
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Un Kurosawa, un couple maudit, un destin de femme : une semaine au cinéma

Chaque mercredi dans « La Matinale », les critiques du « Monde » présentent les meilleurs films à découvrir sur grand écran.



LE MONDE
 |    05.09.2018 à 06h48
 • Mis à jour le
05.09.2018 à 07h29
   





                        


LES CHOIX DE LA MATINALE
Cette semaine de rentrée est placée sous le signe de la qualité plus que de la quantité dans les salles obscures. Le maître du fantastique japonais Kiyoshi Kurosawa livre son cinquième film en trois ans, Invasion. Jean-Bernard Marlin filme dans Shéhérazade la brutalité de l’amour entre deux paumés, tandis que Sofia examine les conséquences inattendues d’une naissance hors mariage au sein d’une famille marocaine.
« Shéhérazade » : duo sur le bitume marseillais

On se souvient du personnage du roi de Perse dans Les Mille et Une Nuits, qui, trompé un jour, décide d’épouser et d’exécuter une vierge quotidiennement pour éviter à l’avenir cette situation fâcheuse. Cette manière originale de couper court au débat #metoo rencontre en Shéhérazade une redoutable adversaire, qui suspend la sentence du roi en l’assujettissant au récit feuilletonné nuit après nuit à son intention. Jean-Bernard Marlin a donc bien fait d’intituler son premier long-métrage du nom de la conteuse désarmante, car son film, avec des moyens et dans un décor très différents, raconte un peu la même histoire.
Situé dans le milieu de la délinquance juvénile à Marseille, Shéhérazade appartient à ce type de films qu’on nomme un peu pompeusement « fiction documentée », ce qui veut tout simplement dire qu’il tire dans le meilleur des cas de son substrat documentaire une authenticité plus vive et une puissance d’incarnation décuplée.
Dylan Robert et Kenza Fortas ont connu, dans la vraie vie, la prison pour l’un, le foyer pour l’autre. Dans le film, ils incarnent Zachary, 17 ans, et Shéhérazade, un peu moins. Le premier sort de prison, accomplissant la figure inaugurale d’un polar de la rechute, plus souvent que de la rédemption (il faudra voir le film pour savoir ce qu’il en advient ici). Zonant ainsi, en compagnie du seul ami qu’il lui reste, abruti de la troupe avec lequel il ne manquera pas de se prendre la tête, il tombe sur un groupe de mineures prostituées qui font le pied de grue sur le bitume marseillais. Sous ces atours se présente la jeune Shéhérazade, dure à cuire et œil de velours, port de reine sur déhanché de pute, qui le vole au coin du bois avant de lui donner son cœur en même temps que son corps. Un ménage s’établit ainsi, dont le sordide le dispute à la beauté. Thomas Sotinel
« Shéhérazade », film français de Jean-Bernard Marlin. Avec Dylan Robert, Kenza Fortas, Idir Azougli, Lisa Amedjout (1 h 49).
« Invasion » : menace extraterrestre en forme d’épure

L’œuvre du Japonais Kiyoshi Kurosawa, né en 1955, maître d’un fantastique cérébral sondant les gouffres d’une quotidienneté atone, traverse en ce moment une phase d’effervescence passionnante, qui consiste non seulement en un regain d’activité (cinq films en trois ans), mais aussi en des expériences narratives et plastiques toujours plus surprenantes. Invasion, son dernier long-métrage en date, présenté à la Berlinale 2018, s’inscrit dans une séquence de création assez complexe. Réalisé dans la foulée d’Avant que nous disparaissions (sorti en France en mars), ce nouveau film apparaît comme son remake, mais sur une tonalité complètement différente.
Les deux œuvres sont, en effet, issues d’un même matériau : la pièce de théâtre Sanpo suru shinryakusha, du dramaturge Tomohiro Maekawa, relecture caustique des films de science-fiction des années 1950, carburant à la menace extraterrestre. Des émissaires extraterrestres ayant pris possession de corps humains s’infiltrent incognito dans la population pour lui voler des concepts et préparer ainsi l’invasion à venir.
Invasion frappe d’abord par son épure, doublée d’une maîtrise impressionnante. Dès les premières scènes dans l’appartement du couple, Kurosawa semble revenir aux fondamentaux de son cinéma : l’inquiétante familiarité de l’univers domestique, la désaffection qui menace le foyer, les espaces habités par une angoisse sourde, une caméra suspendue qui se faufile entre pièces et couloirs à pas feutrés… La conquête extraterrestre, habilement suggérée, consiste surtout à figurer une perte de sens générale, à l’échelle de toute une société qui, dépossédée de ses concepts (ou de ses valeurs), s’effondre dans l’apathie et l’insensibilité. Mathieu Macheret
« Invasion », film japonais de Kiyoshi Kurosawa. Avec Kaho, Shota Sometani, Masahiro Higashide (2 h 20).
« Sofia » : naissance hors mariage au Maroc

Sofia appartient à cette catégorie de films qui défient les bonnes manières de la critique : sa force réside dans son ressort dramatique ; or, celui-ci ne se détend qu’aux trois quarts de la projection, propulsant les personnages dans une direction inattendue, ouvrant des perspectives que le cinéma explore rarement.
Un déjeuner familial réunit deux sœurs et leurs familles. Leila (Lubna Azabal) vit dans l’opulence. Elle a épousé un homme d’affaires français (qu’on ne verra jamais), sa fille, Lena (Sarah Perles), a fait des études de médecine. Zineb (Nadia Nazi) reçoit dans son intérieur un peu étriqué. Son époux, Faouzi (Faouzi Bensaïdi), s’apprête à sortir de la gêne en concluant une affaire grâce à l’entregent de sa belle-sœur. Leur fille, Sofia (Maha Alemi), à peine sortie de l’adolescence, s’affaire à la cuisine, avec une mine de déterrée.
En à peine une demi-heure, Lena aura diagnostiqué la grossesse de sa cousine, dont cette dernière n’avait pas conscience, et l’aura aidée à accoucher dans un hôpital de Casablanca, alors qu’au Maroc les relations sexuelles hors mariage sont passibles de prison. La première tient à faire prévaloir les droits des femmes, à punir le garçon dont sa cousine est enceinte, qu’elle tient pour un violeur. Pourtant Omar (Hamza Khafif) n’a rien d’un ogre. Lorsque la famille de Sofia au grand complet rend une espèce de visite d’Etat à celle du jeune homme, on comprend qu’il s’agit moins d’obtenir réparation que de négocier une issue avantageuse pour tout le monde. T. S.
« Sofia », film marocain et français de Meryem Benm’Barek, avec Maha Alemi, Sarah Perles, Lubna Azabal (1 h 20).

Les sorties cinéma de la semaine (mercredi 5 septembre)
Shéhérazade, film français de Jean-Bernard Marlin (à ne pas manquer)Invasion, film japonais de Kiyoshi Kurosawa (à ne pas manquer)Sofia, film français et marocain de Meryem Benm’barek (à voir)A la recherche d’Ingmar Bergman, documentaire allemand et français de Margarethe von Trotta (pourquoi pas)Un nouveau jour sur terre, documentaire anglais et chinois de Richard Dale, Lixin Fan et Peter Webber (pourquoi pas)Free Speech. Parler sans peur, documentaire allemand et anglais de Tarquin Ramsay (on peut éviter)Photo de famille, film français de Cécilia Rouaud (on peut éviter)Whitney, documentaire anglais et américain de Kevin Macdonald (on peut éviter)
A l’affiche également :
En douce, film français de Jean Jonasson





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-17"> ¤ « Vox Lux », de Brady Corbet, chronique sur vingt ans la vie d’une artiste.
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Article sélectionné dans La Matinale du 04/09/2018
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Mostra de Venise : Natalie Portman, une pop star dans le tourbillon du monde

« Vox Lux », de Brady Corbet, chronique sur vingt ans la vie d’une artiste.



LE MONDE
 |    05.09.2018 à 06h46
 • Mis à jour le
06.09.2018 à 10h30
    |

            Véronique Cauhapé (Venise (Italie), envoyée spéciale)








                        



   


Black Swan (2010), de Darren Aronofsky, était dans presque dans tous les esprits lors de la projection à Venise de Vox Lux, le deuxième long-métrage de l’acteur américain Brady Corbet, sélectionné cette année pour la course au Lion d’or, à la Mostra. D’abord parce que Natalie Portman y tient le rôle d’une pop star, Celeste, que la scène absorbe et essore jusqu’à l’épuisement. Mais aussi parce qu’il est question dans ce film, comme dans Black Swan, de la difficulté d’être une artiste, soumise au regard des autres, à la critique et à la pression de son entourage professionnel.

        Lire l’entretien avec Natalie Portman (en septembre 2016) :
         

          « Je suis très à l’aise avec l’échec »



Pour autant, la comparaison s’arrête là. Car le sujet du film de Brady Corbet réside dans le traitement d’une époque, la nôtre, soumise à une violence nouvelle. Chronique sur vingt ans de la vie d’une star, Vox Lux mêle attaques à mains armées, costumes et show à paillettes dans un désordre dont les télescopages créent le chaos en même temps qu’un sentiment d’obscénité. Fragile, gothique, rock’n’roll, capricieuse et autoritaire, la chanteuse Celeste, portée par une Natalie Portman quasi méconnaissable derrière ses maquillages outranciers, incarne à elle seule cette folie.
Brady Corbet, réalisateur : « Le XXe siècle a été défini par la banalité du mal et le XXIe siècle sera défini par l’apparat du mal »
Face à elle, son manager, Jude Law, fait ce qu’il peut pour contrôler les débordements de la chanteuse, reflets d’un monde déréglé dont a voulu rendre compte Brady Corbet. « Le XXe siècle a été défini par la banalité du mal et le XXIe siècle sera défini par l’apparat du mal », a proféré le réalisateur lors de la conférence de presse qui a suivi la projection de son film.
Vox Lux s’ouvre en 1999 sur une scène de massacre dans une classe de lycée, aux Etats-Unis, où se trouve Celeste. Gravement blessée, il n’est pas dit qu’elle pourra remarcher. Cependant, remarquée lors d’une cérémonie organisée en hommage aux victimes durant laquelle elle interprète une chanson écrite par ses soins, l’adolescente (Raffey Cassidy) va travailler dur. A la fois pour retrouver l’usage de son corps et pour combattre le souvenir du traumatisme.
« Une sorte de guerre civile »
Le film met en scène ce traumatisme, que le personnage va endurer toute sa vie. Et qu’il exacerbe, en le transposant dans le monde du spectacle. Un monde des apparences qui exige de ses stars qu’elles tiennent debout et livrent le meilleur d’elles-mêmes.
Dans la réalité, cette année 1999 est celle où deux élèves de l’école de Columbine, dans le Colorado, ont ouvert le feu et tué un professeur et douze de leurs camarades. « J’ai grandi dans cet Etat et j’habitais près de Columbine, lorsque cette tragédie s’est produite, a raconté Brady Corbet. J’avais alors dix ans et cela a marqué ma vie, mais je n’ai pas voulu clairement relier Vox Lux à cet événement, je ne voulais pas exploiter un tel drame. » Cet événement, comme d’autres – au moment des attentats du Bataclan, le réalisateur se trouvait à Paris pour travailler à son premier film, L’Enfance d’un chef –, appartient à la genèse de Vox Lux.
Natalie Portman, actrice : « Ce film est un portrait de notre société, une réflexion sur le lien entre l’art et la violence »
« Ce film est un portrait de notre société, une réflexion sur le lien entre l’art et la violence, a souligné Natalie Portman. Je m’intéresse à ces questions. A la violence et ce qu’elle produit chez les individus. Je pense que nous vivons une sorte de guerre civile aux Etats-Unis, et cela a un impact sur nous tous, les enfants et les adultes. Nous vivons dans une période d’anxiété, où nous avons toujours un peu peur lorsque nous déposons nos enfants à l’école. »
C’est une des raisons pour lesquelles elle a été touchée par le film, dont certaines répétitions, a-t-elle précisé, se sont passées « à la maison », les chorégraphies étant signées par le danseur Benjamin Millepied, son mari. La bande-son, quant à elle, a été composée par Scott Walker et Sia.

Film américain de Brady Corbet. Avec Natalie Portman, Jude Law, Raffey Cassidy (1 h 50). Sur le Web : www.labiennale.org/en/cinema/2018/lineup/venezia-75-competition/vox-lux



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-18"> ¤ Jean-Bernard Marlin a déniché les deux acteurs principaux de son film, Dylan Robert et Kenza Fortas, dans les rues de Marseille.
<filname="PROF-0,2-3476,1-0,0-18"> ¤                     
                                                   
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Un casting sauvage qui a duré six mois pour « Shéhérazade »

Jean-Bernard Marlin a déniché les deux acteurs principaux de son film, Dylan Robert et Kenza Fortas, dans les rues de Marseille.



LE MONDE
 |    04.09.2018 à 07h47
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                            Thomas Sotinel (Angoulême, envoyé spécial)








                        



                                


                            

Dans le jardin de l’hôtel d’Angoulême où se pressent les festivaliers, Jean-Bernard Marlin affiche la mine inquiète d’un homme obligé de courir, un flacon de nitroglycérine à la main. Assis en face du réalisateur de Shéhérazade, Kenza Fortas et Dylan Robert, les deux acteurs principaux, se prêtent avec un peu de lassitude et beaucoup d’imprévisibilité au jeu des interviews à la chaîne. Avant le Festival du film francophone d’Angoulême, fin août, où Shéhérazade remportera le Grand Prix, ils se sont livrés à l’exercice à Cannes.

Le réalisateur, qui signe son premier long-métrage de fiction, a peiné pour trouver ces deux-là. Il a fait procéder à un casting « sauvage », en distribuant des flyers dans les rues de Marseille. Un processus qui a occupé six mois à temps plein et consommé une bonne partie du modeste budget de la production. Une fois qu’il a eu trouvé les deux rôles principaux, il ne leur a donné que quelques fiches, leur cachant le scénario intégral « pour qu’ils soient surpris par ce qui arrive ».
Dylan Robert savait très bien ce qui allait arriver à Zach, son personnage d’adolescent délaissé, qui devient proxénète presque par hasard, vengeur par nécessité : « J’ai piqué le scénario et je l’ai lu en cachette. » Avec ses longs cheveux noirs, ses lunettes de soleil qu’il n’enlève pas pour l’entretien, malgré l’insistance du metteur en scène, Dylan Robert ne ressemble pas à l’angelot exterminateur de Shéhérazade, mais à un jeune homme prêt à profiter de toutes les occasions que peut offrir la vie. Comme sa collègue, il commence à trouver le jeu des questions « un peu lassant ». Il raconte de nouveau comment, à sa sortie de prison, alors qu’il s’apprêtait à reprendre sa formation de carreleur, son éducatrice lui a appris qu’un metteur en scène cherchait un garçon « pour un film sur la jeunesse marseillaise ».
Jeunesse mouvementée
La jeunesse marseillaise...




                        

                        


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Article sélectionné dans La Matinale du 03/09/2018
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« Shéhérazade » : l’amour en péril à Marseille

Le cinéaste Jean-Bernard Marlin conte la liaison passionnelle entre deux adolescents dans le milieu de la prostitution.



LE MONDE
 |    04.09.2018 à 06h34
 • Mis à jour le
05.09.2018 à 16h50
    |

            Jacques Mandelbaum








                        



   


L’avis du « Monde » – à ne pas manquer
On se souvient du personnage du roi de Perse, dans Les Mille et Une Nuits, qui, trompé un jour, décide d’épouser et d’exécuter une vierge quotidiennement pour éviter à l’avenir cette situation fâcheuse. Cette manière originale de couper court au débat #metoo rencontre en Shéhérazade une redoutable adversaire qui suspend la sentence du roi en l’assujettissant au récit feuilletonné nuit après nuit à son intention. Jean-Bernard Marlin a donc bien fait d’intituler son premier long-métrage du nom de la conteuse désarmante, car son film, avec des moyens et dans un décor très différents, raconte un peu la même histoire.

        Lire la rencontre :
         

          Un casting sauvage qui a duré six mois pour « Shéhérazade »



Situé dans le milieu de la délinquance juvénile à Marseille, Shéhérazade appartient à ce type de film qu’on nomme un peu pompeusement « fiction documentée », ce qui veut tout simplement dire qu’il tire dans le meilleur des cas de son substrat documentaire une authenticité plus vive et une puissance d’incarnation décuplée. De Toni (1935), de Jean Renoir, à La BM du Seigneur (2010), de Jean-Charles Hue, en passant par La Vie de Jésus (1997), de Bruno Dumont, le ­cinéma français, après le néo­réalisme italien, en livre quelques remarquables exemples.
Dylan Robert et Kenza Fortas ont connu, dans la vraie vie, la prison pour l’un, le foyer pour l’autre
Jean-­Bernard Marlin, 38 ans, prend brillamment la suite. Marseillais d’origine, il a mené voici quelques années un travail documentaire auprès des mineurs ­délinquants de la ville, s’est immergé pour les besoins de ce film plusieurs mois dans le milieu de la prostitution du quartier de la Rotonde, s’est inspiré par surcroît d’un fait ­divers survenu en 2013, a recruté enfin ses acteurs dans les quartiers et les foyers, aussi bien que dans les prétoires. Du réel, et du plus lourd, en un mot, que le réalisateur a eu non seulement le ­mérite de vouloir approcher, mais aussi, car il n’y suffit pas, le talent de transsubstantier en matière cinématographique.
A l’image du jeune couple du quartier de La Belle-de-Mai, qui va électriser et illuminer son film, y faire rayonner une aura ­pasolinienne. Dylan Robert et Kenza Fortas ont connu, dans la vraie vie, la prison pour l’un, le foyer pour l’autre. Dans le film, ils incarnent Zachary, 17 ans, et ­Shéhérazade, un peu moins. Le premier sort de prison, accomplissant la figure inaugurale d’un polar de la rechute, plus souvent que de la rédemption (il faudra voir le film pour savoir ce qu’il en advient ici).
Dure à cuire et œil de velours
Tignasse teinte sur un beau ­visage basané, concentré de­ « métèque » libre comme l’air et sans origine contrôlée, corps ductile de petit marlou, nerfs de la survie à fleur de peau, l’adolescent erre sans attaches dans Marseille. Se prend la tête avec son éducatrice. Se prend la tête avec sa mère, elle-même déclassée, qui ne tient pas à ce qu’il revienne. Se prend la tête avec le mec de sa mère, qui le vire manu militari. Se prend la tête avec la bande de voyous à laquelle il est plus ou moins affilié.

   


Zonant ainsi, en compagnie du seul ami qu’il lui reste, abruti de la troupe avec lequel il ne manquera pas de se prendre la tête, il tombe sur un groupe de mineures prostituées qui font le pied de grue sur le bitume marseillais. Sous ces atours se présente la jeune ­Shéhérazade, dure à cuire et œil de velours, port de reine sur déhanché de pute, qui le vole au coin du bois avant de lui donner son cœur en même temps que son corps. Un ménage s’établit ainsi, dont le sordide le dispute à la beauté. Ici, proxénétisme, protection rapprochée, pied de grue devant la porte d’un immeuble dans le hall duquel la fiancée, slip aux chevilles, est tirée vite fait par trois lascars, ­défouraillage nocturne avec le réseau bulgare d’à côté.
Jalousie meurtrière
Là, pourtant, la fille démunie qui adopte son mac, qui se donne à lui comme on se donne à l’amour, et lui qui trouve en elle la chaleur et la confiance que personne ne lui a jamais octroyées, et ce sentiment qui les lie de plus en plus fort, de plus en plus beau, quand bien même ils ne se l’avouent pas, quand bien même ils n’auraient pas les mots pour le dire, quand bien même tout autour d’eux semble devoir le flétrir.
On l’a compris, une histoire d’amour est née, qui est celle que raconte fondamentalement le film, mais qui s’accompagne, à mesure qu’elle prend de la place, d’une montée tragique des périls. Dangers de la rue, trahison des proches, préjugés crasseux, jalousie meurtrière. Tout cela va naturellement et gravement déraper. Et finir, pour mieux recommencer peut-être, devant une cour de justice qui, remplaçant les actes par les mots, devient la scène théâtrale des passions funestes en même temps que de la vérité des sentiments.
Autant dire que Shéhérazade, entre sale règlement de comptes et romance juvénile, avance sur un fil ténu. Ses partis pris formels, lumières au néon, féerie nocturne, caméra portée exaltant le velouté des peaux, musique chaloupée des accents, célébration impétueuse de la jeunesse, nous emportent loin de la misère que le film affronte dans le même temps. De même que dans le conte persan, Marlin, maître enchanteur de la mise en scène du récit, possède visiblement l’art de transformer le plomb en or. A l’instar de Flaubert, il pourrait dire : « Shéhérazade, c’est moi. »

Film français de Jean-Bernard Marlin. Avec Dylan Robert, Kenza Fortas, Lisa Amedjout (1 h 49). Sur le Web : www.advitamdistribution.com/films/sheherazade

Les sorties cinéma de la semaine (mercredi 5 septembre)
Shéhérazade, film français de Jean-Bernard Marlin (à ne pas manquer)Invasion, film japonais de Kiyoshi Kurosawa (à ne pas manquer)Sofia, film français et marocain de Meryem Benm’barek (à voir)A la recherche d’Ingmar Bergman, documentaire allemand et français de Margarethe von Trotta (pourquoi pas)Un nouveau jour sur terre, documentaire anglais et chinois de Richard Dale, Lixin Fan et Peter Webber (pourquoi pas)Free Speech. Parler sans peur, documentaire allemand et anglais de Tarquin Ramsay (on peut éviter)Photo de famille, film français de Cécilia Rouaud (on peut éviter)Whitney, documentaire anglais et américain de Kevin Macdonald (on peut éviter)
A l’affiche également :
En douce, film français de Jean Jonasson





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-20"> ¤ A la fois ludique, cinématographique et imprévisible, le simulateur d’infiltration de Hideo Kojima a révolutionné la manière de raconter les jeux.
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« Metal Gear Solid », jeu vidéo charnière de l’époque PlayStation, fête ses vingt ans

A la fois ludique, cinématographique et imprévisible, le simulateur d’infiltration de Hideo Kojima a révolutionné la manière de raconter les jeux.



LE MONDE
 |    03.09.2018 à 13h50
 • Mis à jour le
07.09.2018 à 17h56
    |

            William Audureau








                        



   


A l’heure où des millions d’enfants prenaient la route de l’école cartable au dos, lui avançait caché dans un carton. En guise de surveillants, des soldats passaient dans les rangées, un point d’exclamation au-dessus de leur tête à chacun de ses faux pas. Pas paniqué pour un sou, il les assommait alors, et dans un souci évident de discipline, apprendra dans une réédition à ranger les impétueux assommés dans des casiers. C’était le 3 septembre 1998, et ce jour-là sortait au Japon Metal Gear Solid, un des jeux vidéo les plus mémorables et audacieux de l’histoire.
Son succès a été commercial, d’abord : 6 millions d’unités écoulées, soit la dixième meilleure vente de la PlayStation, seulement dépassé par les mastodontes issus de séries comme Gran Turismo, Final Fantasy ou encore Tomb Raider. Et les débuts d’une saga qui s’est poursuivie jusqu’à Metal Gear Solid V, en 2015, et dépassé les 50 millions de ventes courant 2018. Sa réception critique fut hors norme. Aux Etats-Unis, IGN le qualifie de « jeu drôle, intelligent et charnière ». En France, le magazine Joypad évoque « l’une de ces légendes qui n’arrivent qu’une fois par génération de machine ». Dont acte : il est régulièrement cité dans les tops des meilleurs jeux vidéo de tous les temps.

Jeu vidéo d’action d’auteur
A son origine, Hideo Kojima, l’un des auteurs les plus mégalomanes, les plus inventifs et les plus imprévisibles du milieu. Il fut l’un des premiers au Japon à présenter l’introduction de ses jeux sous forme de générique cinématographique, avec son nom en bonne place. Sa société de développement porte son patronyme, Kojima Productions. Et à la manière d’Alfred Hitchcock, il multipliera durant tous les futurs épisodes de la série des apparitions cachées sous forme de personnages à son effigie.

   


Sur le papier, pourtant, rien ne prévenait de l’inventivité ébouriffante du titre. Le scénario doit raconter le combat d’un mercenaire, Solid Snake, contre une armée secrète ayant mis la main sur une arme de destruction massive d’un nouveau genre, un robot de combat équipé d’ogives nucléaires. Le thème, entre hommage au cinéma de la guerre froide, film d’action catastrophe et sous-texte subtilement pacifiste, débouche surtout sur une aventure à la créativité folle.
Malgré ses airs de héros de film d’action hollywoodien des années 1980, Solid Snake, c’est Pac-Man. Un champion de la ruse et de l’évitement qui, s’il se fait apercevoir par les gardes ou les caméras de surveillance, se retrouve poursuivi par les membres de la milice comme le personnage en forme de camembert l’était par des fantômes entêtés. La comparaison entre les deux jeux est de Hideo Kojima en personne.

        Lire aussi :
         

                Kojima, ou « Metal Gear Solid » à la vie, à la mort



Culture hollywoodienne solide
La première audace du concepteur consistera à adjoindre à ce schéma rudimentaire une surcouche cinématographique particulièrement généreuse : modélisation d’acteurs, doublage anglophone théâtral, longues cinématiques spectaculaires… Metal Gear Solid devient autant un jeu que l’on regarde qu’un film que l’on joue. Hideo Kojima est cinéphile, et ne s’en cache pas. Quelques années plus tard, il livrera la liste des quinze longs-métrages qui ont inspiré sa série. Parmi ceux-ci, La Grande Evasion, Piège de cristal, Full Metal Jacket, Heat ou encore Predator. 
A une époque où, tiré par Resident Evil et Tomb Raider, le jeu vidéo sort lentement de son âge cartoon, Metal Gear Solid fait l’effet d’un incroyable saut, comme si l’art de la manette s’était découvert une nouvelle prétention. Lui-même en abuse parfois : ses cinématiques sont parfois abracadabrantesques, ses personnages hauts en couleur surjoués, ses dialogues presque verbeux. Mais il ne peut laisser indifférent.
Surtout, Hideo Kojima ose ce qui n’avait jamais vraiment été osé : donner de l’épaisseur à des boss, humanisés et bavards. Ce ne sont plus seulement des punching-balls de pixels, mais des alter ego complexes et fascinants. « Ses personnages sont construits au cours du jeu et donnent lieu à des combats mémorables. Chacun est un peu un super-héros, ils ont tous leurs motivations », salue Audrey Leprince, cofondatrice du studio français The Game Bakers, dont le jeu phare, Furi, ne cache pas l’influence de « MGS ».

Du cinéma d’action, et notamment jamesbondien, Hideo Kojima retire par ailleurs la jubilation des gadgets en tous genres. Sa série se fait alors connaître pour ses interactions à la fois réalistes, audacieuses et surprenantes. Quand Mario mange des champignons pour grandir ou Leon Kennedy des plantes vertes pour se régénérer, Solid Snake sort s’il le souhaite un paquet de cigarettes, dont le seul effet est d’entamer sa jauge de santé.
Ce n’est que plus tard dans l’aventure que le joueur se rendra compte que dans un contexte très particulier, leur fumée mortelle peut aussi permettre de repérer des détecteurs infrarouges et de mieux les éviter. « Je voulais un jeu tellement beau qu’il rende le joueur fier de ses actions », déclarait Hideo Kojima à sa sortie.
Débrancher la manette pour avancer
Enfin, Metal Gear Solid n’est pas seulement un jeu vidéo cinématographique, c’est aussi un jeu vidéo qui se rit du jeu vidéo, explorant ses possibilités, se jouant de ses conventions, brisant les carcans. A l’image de son système de sauvegarde, qui ne passe plus par un menu dédié, mais par un talkie-walkie permettant à Solid Snake de communiquer (et philosopher) avec des personnages de soutien, qui enregistrent la partie pour lui. L’œuvre joue en permanence sur la perméabilité entre ce qui est dans le monde du jeu et à l’extérieur de celui-ci. Certains moments sont restés cultes.
Dans l’un d’eux, Psycho Mantis, légendaire boss télépathe, lit la carte de sauvegarde du joueur et anticipe ses mouvements. Pour se défaire de son emprise mentale, la seule solution sera de débrancher la manette pour la rebrancher sur le second port. A un autre moment, le code permettant de résoudre une énigme sera caché depuis le départ, en évidence, sur… la jaquette du jeu.

Cette capacité à jouer des attentes et s’affranchir des codes s’imposera comme la marque de fabrique de Hideo Kojima, auteur capable de faire mourir son héros au bout de quelques heures de jeu, de plonger le joueur face aux fantômes tourmentés de tous les ennemis virtuels apparemment sans âme qu’il a tués, ou même, dans un autre jeu, Boktai, de l’obliger à sortir au soleil – le vrai – pour recharger une arme permettant de chasser des vampires.
Carton mémorable
L’influence de Metal Gear Solid fut considérable. C’est tout d’abord l’inventeur du jeu d’infiltration moderne, de l’oublié WinBack sur Nintendo 64 au très acrobatique Splinter Cell sur Xbox et consoles 128-bits, contribuant à populariser une alternative aux classiques jeux d’action uniquement basé sur le dézingage d’ennemis. Il a également affranchi le jeu vidéo de certaines constructions stéréotypées, en assumant par exemple qu’une aventure puisse quasiment exclusivement se composer de cinématiques et d’affrontements avec des boss – l’atypique No More Heroes comme le spectaculaire Furi, sorti en 2016, en sont de ce point de vue les héritiers naturels.

Pour de nombreux fans, la série Metal Gear Solid est morte avec le départ forcé de son créateur de Konami, son éditeur de toujours, officialisé en 2015. Sa prochaine production, Death Stranding, éditée désormais par Sony, concentre depuis toutes leurs attentes. Quant à Solid Snake, il sera de retour en fin d’année en tant qu’invité de prestige dans le jeu de combat Super Smash Bros. Ultimate, sur Switch. Il y affrontera les héros des univers de Nintendo, ainsi que son modèle Pac-Man. L’un de ses coups spéciaux consistera, comme il y a vingt ans, à se cacher sous un carton.



                            


                        

                        

