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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-1"> ¤ Le jury présidé par le Mexicain Guillermo del Toro a récompensé ce récit aux accents autobiographiques, qui raconte l’histoire de deux femmes de conditions sociales différentes dans le Mexico des années 1970.
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Mostra de Venise : le Lion d’or pour « Roma » du Mexicain Alfonso Cuaron

Le jury présidé par le Mexicain Guillermo del Toro a récompensé ce récit aux accents autobiographiques, qui raconte l’histoire de deux femmes de conditions sociales différentes dans le Mexico des années 1970.



LE MONDE
 |    08.09.2018 à 21h09
 • Mis à jour le
08.09.2018 à 21h37
   





                        



   


La 75e Mostra de Venise a décerné samedi 8 septembre son « Lion d’or du meilleur film » au réalisateur mexicain Alfonso Cuaron pour Roma, un film distribué par Netflix. Le jury présidé par le Mexicain Guillermo del Toro, lui-même Lion d’or l’an dernier, a récompensé ce récit aux accents autobiographiques, qui raconte l’histoire de deux femmes de conditions sociales différentes dans le Mexico des années 1970.

        Lire aussi :
         

                Alfonso Cuaron, à la Mostra de Venise et sur Netflix



« Aujourd’hui est l’anniversaire de Liba, la femme qui a inspiré le rôle de Cleo (l’héroïne du film), ce sera un cadeau d’anniversaire », a déclaré Alfonso Cuaron en recevant son prix pour ce fim très personnel et émouvant tiré de ses souvenirs d’enfance. « Ce prix est le témoignage de mon amour pour toi Liba, et pour mon pays », a ajouté le cinéaste oscarisé en 2013 pour son épopée spatiale Gravity.
Un prix pour Jacques Audiard
Pour le reste du palmarès, la Mostra a attribué les prix d’interprétation masculine à l’Américain Willem Dafoe, qui campe un Vincent Van Gogh troublant de ressemblance dans At Eternity’s Gate de l’Américain Julian Schnabel et son équivalent féminin est allé à la Britannique Olivia Coleman, reine Anne d’Angleterre entre humour et hystérie dans The Favourite, du Grec Yorgos Lanthimos.
Le Lion d’Argent de la meilleure mise en scène va au Français Jacques Audiard pour son premier western, Les Frères Sisters et le Prix du meilleur scénario aux Américains Joel et Ethan Coen pour un autre western plein d’humour et d’ironie The Ballad of Buster Scruggs. La seule réalisatrice en compétition, l’Australienne Jennifer Kent, a reçu le Prix spécial du jury pour The Nightingale, fresque violente pendant la colonisation britannique au XIXe siècle en Tasmanie.

Festival de Deauville : le Grand prix du jury attribué à « Thunder Road »
Le Grand prix du jury du festival du cinéma américain de Deauville a été attribué samedi 8 septembre à Jim Cummings, réalisateur et acteur principal de son premier film, Thunder Road.
La présidente du jury Sandrine Kiberlain a salué « un film insolite et si inventif, écrit, joué et réalisé par un jeune homme à part (…), un film qui a le mérite de ne ressembler à aucun autre ». « Quelle joie d’assister à la naissance d’un artiste, à l’arrivée d’une comète qui suscite les rires et les pleurs avec une singularité qui nous bluffe », a-t-elle ajouté. Le film de Jim Cummings sort mercredi en France.
Pour le reste du palmarès :
Le Prix du jury est attribué à deux films : Night comes on de Jordana Spiro, et American animals de Bart Layton ;Le Prix de la critique a été attribué à Blindspotting, du Mexicain Carlos Lopez Estrada ;Le Prix du public de la ville de Deauville est revenu à Puzzle de Marc Turtletaub ;Le prix de la Révélation présidé par Cédric Kahn échoit à « We the animals », un premier film de Jeremiah Zagar.





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-2"> ¤ L’artiste, mort à 26 ans, avait commencé à rapper à l’âge de quatorze ans et avait sorti, début août, « Swimming » son cinquième album.
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La carrière du rappeur américain Mac Miller en cinq titres

L’artiste, mort à 26 ans, avait commencé à rapper à l’âge de quatorze ans et avait sorti, début août, « Swimming » son cinquième album.



LE MONDE
 |    08.09.2018 à 13h49
 • Mis à jour le
08.09.2018 à 14h03
   





                        



   


Il avait 26 ans. Le rappeur Mac Miller est mort d’une overdose à Los Angeles, vendredi 7 septembre. Celui qui citait Big L, Lauryn Hill, les Beastie Boys, Outkast, A Tribe Called Quest, ou Wiz Khalifa parmi ses influences avait sorti, début août, Swimming son cinquième album. Il devait entamer une tournée à la fin du mois prochain, dont il avait promis qu’elle serait spéciale tous les soirs. Jeudi, la veille de sa mort, il a tweeté : « Je veux juste partir en tournée. »

        Lire son portrait publié en 2016 :
         

          Mac Miller, le rappeur devenu anti-Trump



Il avait commencé à rapper à l’âge de quatorze ans, sortant en 2007 une mixtape intitulée But My Mackin’Ain’t Easy. Au début 2010, il avait signé avec Rostrum Records, un label indépendant de Pittsburgh. Il a ensuite enregistré son premier album studio, Blue Slide Park (2011) qui s’était classé à la première place du Billboard 200, ce qui n’était pas arrivé pour un album indé depuis Dogg Food des Tha Dogg Pound en 1995.
Quatre autres albums en studio avaient suivi, ainsi que plusieurs mixtapes sous différents pseudonymes comme Delusional Thomas et Larry Lovestein. En 2013, il a lancé son propre label, REMember Music. Comme Thundercat, Kendrick Lamar ou Vince Staples, l’artiste avait pour habitude de combiner sons hip-hop et jazz. Sélection subjective de cinq titres qui ont marqué sa carrière.
Sa mort intervient quelques mois après la fin d’une relation de deux ans, très médiatisée, avec la chanteuse Ariana Grande, qui fut considérée parfois comme sa source d’inspiration. Ils ont parfois collaboré, comme en 2016 sur My Favorite Part.

Self Care est le premier single de son cinquième album, Swimming.

Kool Aid & Frozen Pizza est un titre issu de sa quatrième mixtape K.I.D.S., sortie en 2010.

The Star room est issue de Watching Movies with the Sound Off, le deuxième album studio de Mac Miller, sorti en 2013.

Diablo, qui sample Duke Elington et John Coltrane, est le premier single de sa mixtape Faces, sortie en 2014.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-3"> ¤ Philosophie, anthrolopologie : le continent suscite les polémiques. « En quête d’Afrique(s) », livre de débat entre les intellectuels Souleymane Bachir Diagne et Jean-Loup Amselle, en témoigne.
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Essai. L’Afrique bouscule l’universel

Philosophie, anthrolopologie : le continent suscite les polémiques. « En quête d’Afrique(s) », livre de débat entre les intellectuels Souleymane Bachir Diagne et Jean-Loup Amselle, en témoigne.



LE MONDE
 |    08.09.2018 à 13h00
    |

                            Séverine Kodjo-Grandvaux








                        



                                


                            
En quête d’Afrique(s). Universalisme et pensée décoloniale, de Souleymane Bachir Diagne et Jean-Loup Amselle, préface d’Anthony Mangeon, Albin Michel, « Itinéraires du savoir », 320 p., 22 €.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que Souleymane Bachir Diagne et Jean-Loup Amselle ne sont pas d’accord. Engageant une discussion sur « universalisme et pensée décoloniale », le philosophe sénégalais et l’anthropologue français passent en revue les grands thèmes à propos desquels les auteurs postcoloniaux ont montré les limites de la pensée occidentale, quand elle ne remet pas en question son héritage colonial.
En quête d’Afrique(s) est construit en chapitres rédigés tour à tour par le philosophe et l’anthropologue, chacun abordant une problématique commune ­ (spécificité culturelle, race et identité, langues africaines, islam…) sans toujours commenter frontalement ce que l’autre a écrit. Il se conclut par une confrontation directe sur certaines des questions qui sont apparues ces dernières années dans la société française, comme le racisme antiblanc, le communautarisme ou le privilège blanc.
En 2008, dans L’Occident décroché (Stock), ouvrage au vitriol, Jean-Loup Amselle, directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales, africaniste spécialiste du Mali dont les travaux portent notamment sur le métissage, l’ethnicité, l’islam et le multiculturalisme, suspectait la philosophie de Souleymane Bachir Diagne de n’être qu’« une forme réfractée de fondamentalisme musulman » ou « une sorte d’afrocentrisme orientalisé ». Rien de moins.
Partir du pluriel
Résultat, dix ans après, le débat est vif et tourne souvent au dialogue de sourds. Souleymane Bachir Diagne, professeur à l’université Columbia, à New York, dont il dirige l’Institut d’études africaines, ne répond pas toujours aux objections de Jean-Loup Amselle, estimant que ce dernier s’adresse...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-4"> ¤ De nombreux mythes entourent cette souveraine d’Afrique australe du XVIIe siècle. Le personnage historique que dessine la biographie de Linda M. Heywood est pourtant assez étonnant sans.
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La reine Njinga rendue à l’Histoire

De nombreux mythes entourent cette souveraine d’Afrique australe du XVIIe siècle. Le personnage historique que dessine la biographie de Linda M. Heywood est pourtant assez étonnant sans.



LE MONDE
 |    08.09.2018 à 13h00
    |

                            Florent Georgesco








                        



                                


                            
Njinga. Histoire d’une reine guerrière (1582-1663) (Njinga of Angola. Africa’s Warrior Queen), de traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Philippe Pignarre, préface de Françoise Vergès, La Découverte, 336 p., 22 €.

Le marquis de Sade en faisait « la plus cruelle des femmes », Hegel, le symbole d’un continent qui ne serait « pas encore entré dans l’histoire ». En Afrique et en Amérique du Sud, au contraire, elle est un emblème quasi sanctifié de la rébellion aux colons européens. Njinga (1582-1663), reine du Ndongo, puis du Ndongo-Matamba, petites portions du territoire actuel de l’Angola, est un personnage d’une telle puissance qu’il est difficile de l’évoquer sans la projeter dans l’univers des mythes, ou des caricatures.
Njinga. Histoire d’une reine guerrière fait l’effet, en regard, d’un brusque retour sur terre. Du réel, enfin ; c’est-à-dire de l’histoire, précise, ample, gouvernée par rien d’autre que le désir de « retrouver toute [la] complexité » de cette femme, comme l’écrit Linda M. Heywood, professeure à l’université de Boston, qui signe ici la première biographie rigoureuse d’une reine si longtemps abandonnée aux rêveries.
Quand elle prend le pouvoir, en 1624, le Ndongo est en passe de devenir, lui aussi, une fiction. Les Portugais, alliés à l’un des peuples de la région, les Imbangala, adeptes du cannibalisme et des sacrifices humains, en particulier de nourrissons, en ont conquis l’essentiel. Mais Njinga réussit bientôt à « orchestrer le soulèvement général ». Elle va, dès lors, faire preuve d’une impressionnante virtuosité militaire et politique, et reconquérir progressivement une partie de ses territoires, tout en leur adjoignant le Matamba voisin. Chose rare dans la région : elle régnera près de quarante ans. Plus étonnant encore : elle mourra de vieillesse.
Conversion au christianisme
Son génie relève avant tout d’un...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-5"> ¤ La série documentaire du réalisateur français Jean-Xavier de Lestrade dresse le portrait cinglant du système judiciaire américain.
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« The Staircase (Soupçons) » : la justice, l’écrivain et le hibou

La série documentaire du réalisateur français Jean-Xavier de Lestrade dresse le portrait cinglant du système judiciaire américain.



LE MONDE
 |    08.09.2018 à 10h00
    |

                            Martine Delahaye








                        



   


Netflix et Canal+, à la demande – série documentaire
Aujourd’hui très prisées, en particulier aux Etats-Unis, les séries documentaires autour d’affaires criminelles (true crime stories) doivent beaucoup à Jean-Xavier de Lestrade. En effet, après avoir été oscarisé pour Murder on a Sunday Morning (Un coupable idéal, 2001), documentaire dans lequel il suit le procès d’un jeune Noir américain sans ressources accusé de meurtre, Jean-Xavier de Lestrade décide de ne pas s’en tenir là.
Il compulse les journaux, à la recherche d’une affaire à l’opposé du spectre social d’Un coupable idéal : un meurtre dont on accuserait un homme blanc aisé, reconnu dans sa communauté, à même de s’offrir les services d’un excellent avocat. Dans les deux cas, l’intention du réalisateur reste la même : filmer le système judiciaire américain en action, du point de vue de l’accusation comme de la défense – et non mener ou refaire l’enquête.
Fascinante histoire
Sans le savoir, Jean-Xavier de Lestrade embarque alors pour une entêtante aventure qui, plus de quinze ans durant, reposera sur les meilleurs ressorts… des fictions dramatiques : dissimulation, tromperie, haine, coups de théâtre, secrets et rumeurs, bravoure et bravades. Avec, pour personnages principaux, Michael Peterson, écrivain disert et distant accusé du meurtre de sa femme, et David Rudolf, son brillant et sympathique avocat ; tous deux étant assimilés à de nuisibles intellos new-yorkais par la communauté rurale de Caroline du Nord, où tout s’est joué.
Confronté à des centaines d’heures de tournage, Jean-Xavier de Lestrade fait le choix d’abandonner le format habituel du documentaire (quatre-vint-dix à cent vingt minutes). Et de monter cette fascinante histoire sous la forme d’une série documentaire, The Staircase (Soupçons). Une série au long cours, qui plus est : forte de huit épisodes en 2004, elle allait s’enrichir de deux nouveaux chapitres en 2013, et des trois ultimes en 2018, l’ensemble étant disponible tant sur Canal+ à la demande que sur Netflix.
Or, au-delà des aspects cauchemardesques et hallucinants que cette affaire révèle sur le processus judiciaire, il est une hypothèse, quant au coupable du meurtre, qui n’est pas évoquée dans The Staircase, faute de l’avoir été lors du procès de Michael Peterson. Tout d’abord jugée rocambolesque, elle lèverait le mystère qui a toujours subsisté quant à la façon dont est morte la victime, en décembre 2001.
Bizarrerie
Kathleen Peterson a été découverte morte, dans une mare de sang, au pied de l’escalier de sa maison. Avec sept lacérations sur l’arrière du cuir chevelu, mais sans aucune fracture crânienne ni hémorragie cérébrale. Qu’il s’agisse d’une simple chute, thèse de la défense, ou d’un meurtre commis par son mari, comment expliquer ces étranges lacérations ? Quelle bizarrerie que de se vider de son sang de cette manière ! Le plus vraisemblable ? Qu’un hibou de grande taille ait attaqué Kathleen Peterson par l’arrière, que celle-ci ait couru vers la maison, tenté de monter l’escalier, et soit tombée.
Jean-Xavier de Lestrade a tourné plusieurs heures autour de cette hypothèse auprès d’experts médicaux, de naturalistes et de personnes ayant subi ce type d’attaque. Peut-être en fera-t-il un film, un jour ? Il se voue pour le moment à la fiction, pour une série politique, Jeux d’influence, attendue en 2019 sur Arte.
« The Staircase (Soupçons) », de Jean-Xavier de Lestrade (Fr., 13 × 52 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤ Après huit ans, dix saisons et plus de 280 épisodes, ce dessin animé pour enfants s’arrête. Il est devenu une œuvre culte pour plusieurs millions de spectateurs dans le monde.
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Comment le dessin animé « Adventure Time » est devenu culte

Après huit ans, dix saisons et plus de 280 épisodes, ce dessin animé pour enfants s’arrête. Il est devenu une œuvre culte pour plusieurs millions de spectateurs dans le monde.



LE MONDE
 |    08.09.2018 à 09h30
    |

            Pauline Croquet








                        



   


Oh my Glob ! Après huit ans et dix saisons, le dessin animé Adventure Time, qui met en scène les pérégrinations d’un garçon et de son chien jaune dans un univers post-apocalyptique et hallucinogène, a livré son tout dernier épisode à la télévision américaine lundi 3 septembre, laissant les fans dans une solitude proche de celle du Roi des glaces, le méchant bleu de la série. Proposé par la chaîne câblée Cartoon Network aux 6-11 ans, mais aussi en France sur Gulli et Netflix, le programme a su aussi conquérir des millions d’adultes, étendre son empire en produits dérivés et devenir une référence de la pop culture sur le Web. Retour sur ce phénomène « fantalgébrique » – pour paraphraser Finn, le héros.
Avant de devenir une longue série à succès, Adventure Time fut un court-métrage conçu par Pendleton Ward, un gaillard texan barbu et timide, jeune animateur du studio indépendant Frederator. Le petit film farfelu est destiné, en 2008, à répondre à une commande de la chaîne pour enfants Nickelodeon. En parallèle, la vidéo acquiert une popularité virale sur le Net. Elle sera vue plus d’un million de fois selon The Guardian. Nickelodeon, à qui l’on doit Bob l’éponge, refuse cependant de lancer une série animée sur le concept de Pendleton Ward. C’est finalement à sa concurrente Cartoon Network que les studios Frederator vont vendre Adventure Time. Le premier épisode est diffusé le 5 avril 2010.

Pop et post-apocalyptique
Les téléspectateurs y font la connaissance de Finn, un humain candide et enjoué d’une douzaine d’années à la tête serrée dans une coiffe blanche bizarre, et de Jake, son chien parlant, élastique et métamorphe. Unis comme les doigts de la main, les deux parcourent la planète Ooo, une terre multicolore ravagée par un conflit nucléaire – la guerre des champignons. Ooo est peuplée de créatures et de personnages pop et bizarres. Les séquences de onze minutes aussi malignes que loufoques et imprévisibles rencontrent un succès immédiat : 2,8 millions de personnes regardent le pilote.
Quatre ans plus tard, ils sont 14 millions de spectateurs hebdomadaires selon le magazine Rolling Stone et 3 millions de plus sur la fanpage Facebook. Côté presse, les critiques sont plutôt unanimes. En 2012, The Guardian parle du show comme « une émission sucrée pétillante et irisée, détachée des drames pré-ados et des animés superficiels qui semblent dominer la télévision pour enfants ». Consécration enfin quand Les Simpson, une des influences majeures de Pendleton Ward, adresseront un clin d’œil au dessin animé en parodiant son générique dans la saison 28.

« Tout mon vécu d’aventures à la maison »
Outre la série de Matt Groening, Pendleton Ward, qui a grandi dans les années 1980 et 1990, évoque régulièrement l’influence du jeu de rôle Donjons et Dragons dans la recette d’Adventure Time. « Je voulais créer un dessin animé que j’aurais aimé enfant, explique-t-il à la presse ou en conférence, en complétant : J’étais un petit gros qui n’a jamais quitté la maison. Je n’étais pas un grand aventurier. Réaliser ce show m’a permis d’y mettre tout mon vécu d’aventures à la maison. »
Le créateur taciturne et discret ne se sent pas à l’aise dans la lumière. Il a du mal à affronter le succès planétaire de sa série devenue selon lui « une grosse bête », compte tenu des audiences, du nombre de produits dérivées et de sa popularité sur le Net grandissant à coups de GIF et de chansons reprises. Pendant la saison 5, Ward informe ses équipes qu’il prend du recul, mais conserve le droit d’intervenir dans sa création : « Je démissionne car ça me rend cinglé. » Le public ne l’apprend que quelques mois plus tard. Il demande à son coéquipier Adam Muto de reprendre son rôle de producteur exécutif.
Sagesse et tolérance
Si Adventure Time a su prospérer, c’est qu’elle trouve son point d’équilibre entre une histoire facile d’accès pour les enfants et une série un peu à part que les adultes n’ont pas honte de regarder, confortés par le retour à la mode des œuvres « geek ». A la différence de l’écrasante majorité des œuvres jeunesse, les personnages ne sont pas coincés dans l’enfance ou dans un rôle. Ils grandissent et progressent au fil des saisons.
C’est ainsi que, éternel naïf et optimiste au démarrage de ses aventures, Finn devient plus nuancé et réfléchi. L’épine dorsale de la série est la sincérité et l’amitié indéfectibles entre Jake et Finn, soulignée dans de nombreux articles. Une relation à mettre au tableau des plus belles bromances (mot-valise formé de brother et romance, désignant une amitié masculine très démonstrative) de la dernière décennie.

Bien que fantaisiste, imaginative et bourrée de références à la pop culture et aux jeux vidéo, la série garde une cohérence. Sous des dehors naïfs, les épisodes livrent des leçons de sagesse et des messages de tolérance envers les autres, aussi bizarres paraissent-ils. En témoignent plusieurs compilations en ligne de citations inspirantes. Le site spécialisé américain The Awl l’explique ainsi :
« Ces héros sont aussi faillibles que possible : ils sont tout à fait capables de montrer de l’égoïsme, de l’impatience et de la grossièreté, mais leur bonne nature l’emporte toujours, tout comme leur sagesse et leur capacité à redresser les choses. En fait, ils font beaucoup d’erreurs mais elles ne sont pas effacées comme par magie à la fin de chaque épisode. »

Une série qui casse les stéréotypes de la fiction
De la même façon les personnalités sont riches, et le passif des personnages solide. Leurs agissements s’expliquent. Le Roi des glaces, le méchant de la série, a des sentiments complexes et n’est pas tombé dans la colère par hasard. Les nombreuses princesses qui se partagent le règne sur Ooo, comme Marceline la reine-vampire ou la Princesse des flammes, ont des caractères bien différents. « Bubblegum est peut-être rose vif et girly, mais elle n’a pas été pensée comme une demoiselle en détresse », estime le magazine Time. C’est ainsi qu’Adventure Time casse les stéréotypes de la fiction sans cynisme, et son récit explore les méandres de l’optimisme et de la candeur sans faille. Tout en gardant son caractère perpétuellement inattendu et sans oublier de distiller des blagues et de nombreuses chansons sur les frites, l’amour ou le bacon.

La série ne s’arrête pas parce que sa réputation faiblit. Elle est due à une certaine lassitude des équipes, selon Rob Sorcher, le vice-président exécutif de Cartoon Network, cité par Libération : « Le temps était venu de conclure. » Ce dernier n’oublie pas non plus de souligner qu’Adventure Time aura été un des programmes les plus longs de Cartoon Network.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤ Le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes promet 100 millions d’euros pour la restauration du patrimoine local. L’opposition dénonce une promesse très politique.
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Patrimoine : questions sur le fonds annoncé par Laurent Wauquiez

Le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes promet 100 millions d’euros pour la restauration du patrimoine local. L’opposition dénonce une promesse très politique.



LE MONDE
 |    08.09.2018 à 09h24
 • Mis à jour le
08.09.2018 à 09h59
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                            Richard Schittly (Lyon, correspondant)








                        



                                


                            

Laurent Wauquiez fait sensation. Le président (LR) a annoncé jeudi 6 septembre une enveloppe de 100 millions d’euros pour la restauration du patrimoine de la région Auvergne-Rhône-Alpes (ARA). La somme double les crédits de la politique patrimoniale de la deuxième région de France. Elle représente un tiers des 326 millions annuels avancés par le ministère de la culture pour la préservation du patrimoine national. Bien décidé à marquer les esprits, M. Wauquiez demande publiquement à Stéphane Bern de lui fournir la liste des sites les plus en péril pour l’aider dans sa mission.
Le président du conseil régional Auvergne-Rhône-Alpes a dévoilé son intention dans un entretien au journal Le Progrès : « Nous avons un patrimoine historique qui se détériore, et les moyens donnés nationalement à Stéphane Bern ne sont pas au niveau des enjeux. La région va proposer 100 millions d’euros pour sauver nos monuments et nous demanderons à Stéphane Bern de choisir les plus menacés. »

Chargé par le président de la République d’une mission sur la protection du patrimoine local, l’animateur de télévision a fait part de son étonnement, le 7 septembre, dans Nice-Matin. Stéphane Bern parle de « récupération », en ironisant : « Il a déjà du mal à trouver de l’argent pour le Musée des tissus à Lyon. »
Ronds de jambe
Visiblement, M. Bern s’agace des ronds de jambe politiques autour de sa notoriété. Il a déjà menacé de démissionner fin août, s’il continuait à servir de « pantin » et de « cache-misère » à Emmanuel Macron. Contraint d’organiser un « loto du patrimoine » pour obtenir péniblement 20 millions d’euros, M. Bern a placé le chef de l’Etat face à ses promesses, pour la rénovation de 270 sites choisis. Voilà qu’il s’agace des initiatives intempestives de Laurent Wauquiez.
Communication politique ? Pas du tout : conviction !, répond en substance M. Wauquiez. Contacté, le 7 septembre,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-8"> ¤ Une œuvre de Benjamin Attahir pour violoniste et comédienne n’a pas convaincu lors de la nouvelle manifestation organisée à la Philharmonie de Paris jusqu’au 8 septembre.
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Une création inopérante à la Biennale Boulez

Une œuvre de Benjamin Attahir pour violoniste et comédienne n’a pas convaincu lors de la nouvelle manifestation organisée à la Philharmonie de Paris jusqu’au 8 septembre.



LE MONDE
 |    08.09.2018 à 08h50
 • Mis à jour le
08.09.2018 à 10h03
    |

                            Pierre Gervasoni








                        



                                


                            

Qu’il eût à conduire la destinée d’un orchestre (notamment à New York et à Londres), d’une institution (l’Ircam et l’Ensemble intercontemporain, à Paris) ou de sa propre musique (soumise au principe évolutif du « work in progress »), Pierre Boulez (1925-2016) n’avait pas pour habitude de regarder dans le rétroviseur. Le passé ne l’intéressait pas ; les commémorations, encore moins. Interrogé en 2013 sur le sens revêtu par la parution chez Deutsche Grammophon d’une somme discographique aux allures de rétrospective officielle (sa production en 13 CD), le compositeur avait déclaré, avec un sens de la formule toujours intact : « Je n’ai aucunement l’ambition de me considérer comme une espèce de tapisserie historique qu’on déplie à l’occasion d’un anniversaire. »
Près de trois ans après sa mort (survenue le 5 janvier 2016), la Philharmonie de Paris lui rend hommage, jusqu’au 8 septembre, sous la forme d’une Biennale dont la première édition ne va pas à l’encontre des préceptes bouléziens. Pas de proximité avec un anniversaire et pas de signes d’apparat. Ni tapisserie ni tapis rouge. Si un nom prestigieux apparaît à l’affiche de la manifestation – celui de Daniel Barenboim, co-initiateur de la Biennale, qui se produira au piano et à la direction, le samedi 8 –, la plupart des rendez-vous ne font qu’égrener le chapelet habituel des références de Pierre Boulez.
A l’exception de celui donné, le 7 septembre, dans le Studio de la Philharmonie autour d’une création au titre aussi énigmatique que son dispositif. Fruit de la collaboration de Benjamin Attahir (musique) et de Lancelot Hamelin (texte), La Femme fendue associe, en effet, un violoniste (Renaud Capuçon) et une comédienne (Jennifer Decker) dans une expression qui relève du théâtre sans décors ni accessoires et de la musique de scène en continu.
Le compositeur à la mode dans la jeune génération
Né en 1989, Benjamin Attahir est le compositeur à la mode dans...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-9"> ¤ Le comique d’investigation, bien connu des auditeurs de France Inter, se moque de la macronie dans un concert-spectacle qui mêle chansons, parodies et sketches.
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L’humoriste Guillaume Meurice, en marche vers le rock

Le comique d’investigation, bien connu des auditeurs de France Inter, se moque de la macronie dans un concert-spectacle qui mêle chansons, parodies et sketches.



LE MONDE
 |    08.09.2018 à 08h38
 • Mis à jour le
08.09.2018 à 12h05
    |

            Sandrine Blanchard








                        



                                


                            

Emmanuel Macron est devenu un bon client pour les humoristes. En ces temps de « start-up nation », Guillaume Meurice suit les préceptes du président et joue à l’entrepreneur. Son projet : « le rock du nouveau monde, le rock macroniste, pour tous ceux qui vivent dans l’amour de Christophe Castaner ». Vendredi 7 septembre, sur la scène du café de la Danse à Paris, le comique d’investigation bien connu des auditeurs de France Inter, et dont les chroniques font un tabac en podcast, a donné la première représentation de The Disruptives, nouveau groupe de musique « en marche ».
Aux côtés de Rémi Varrot (guitare), Philippe Monthaye (basse) Florence Villeminot (batterie) et Francisco E. Cunha (dans le rôle du régisseur atterré par ce qu’il entend), Guillaume Meurice a créé un spectacle inclassable mêlant chansons, sketches et vidéos humoristiques. Le pitch : quatre anciens étudiants de HEC qui furent membres du collectif Les jeunes avec Jean-Pierre Raffarin – Florence, fille d’un cadre dirigeant d’Universal, Philippe, hipster en free-lance et gérant d’un food-truck, Rémi, néo-gauchiste passé par les Beaux-Arts, et Guillaume, startupper dans la finance – décident de se retrouver pour créer « le premier groupe de rock macroniste de l’histoire ». 

Parolier satirique et meneur de troupe
Après le one-man-show (Que demande le peuple ?) et le roman (Cosme, éditions Flammarion), Guillaume Meurice se donne désormais en concert, devenant parolier satirique et meneur de troupe pour se moquer des codes de la macronie. Devant une salle comble, l’humoriste clairement à gauche, tendance très écolo, prend un malin plaisir à incarner un libéral décomplexé et lâche. Une petite statue de Macron trône comme un talisman au milieu du groupe et un boîtier rouge « prêté par un institut de sondage, en partenariat avec le ministère de l’intérieur » mesure, en temps réel, l’opinion du public.

Entre...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-10"> ¤ « Veuve noire », « grand doigt », « balafre »… Dès son inauguration, en juin 1973, le premier gratte-ciel parisien a été vivement critiqué et n’a jamais connu de retour en grâce.
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La tour Montparnasse, la mal-aimée, va faire peau neuve

« Veuve noire », « grand doigt », « balafre »… Dès son inauguration, en juin 1973, le premier gratte-ciel parisien a été vivement critiqué et n’a jamais connu de retour en grâce.



LE MONDE
 |    08.09.2018 à 08h00
 • Mis à jour le
08.09.2018 à 10h06
    |

            Frédéric Joignot








                        



                                


                            

Je suis la ténébreuse, la veuve, l’inconsolée… Dès ma naissance, en juin 1973, ma sombre silhouette a suscité la polémique – et depuis, celle-ci n’a jamais cessé. Le 12 septembre 2013, pour me réhabiliter dans le cœur des Parisiens, on a fêté mes 40 ans en son et lumière. Cela n’a pas suffi. Maintenant que j’ai 45 ans, une équipe d’architectes s’attelle à ma métamorphose pour tenter de me faire aimer. Le récit de ma vie mérite d’être entendu. Sans moi, l’histoire de l’architecture parisienne, qui manque tant de hauteur, eût été différente…
Nous sommes en 1959, le général de Gaulle veut réformer la France et son premier ministre, Michel Debré, entend « moderniser la capitale à marche forcée ». Avec ses ruelles et ses maisonnettes de guingois, le vieux quartier Maine-Montparnasse est dans le collimateur. Une nouvelle gare, un vaste centre commercial, un Palais des congrès seront construits… et une grande tour de bureaux à l’américaine. Deux architectes sont pressentis pour m’imaginer, Raymond Lopez et Michel Holley, des admirateurs de Le Corbusier.
En février 1959, ils dessinent une « tour Antigone » élancée, inspirée par le siège de l’ONU à New York. Ils la présentent en mars au ministre de la culture, André Malraux. « Messieurs, leur dit-il avec emphase, Paris peut se réjouir ! La colline de Chaillot possède le Trocadéro, la place de l’Etoile l’Arc de triomphe, la butte Montmartre le Sacré-Cœur, Montparnasse aura son beffroi ! »
En fait de beffroi, je suis le premier gratte-ciel parisien. Balayant les objections de ceux qui ­affirment que je vais altérer le paysage et briser ses perspectives, Malraux s’emporte devant le Conseil général des bâtiments de France : « Selon la décision que vous allez prendre, il y aura ou il n’y aura pas à Paris, donc en France, une architecture contemporaine ! » La messe est dite.
« Ni joyeuse ni sensuelle »
Quatorze ans plus tard, je me dresse sur...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-11"> ¤ Chaque samedi, « La Matinale du Monde » vous propose une sélection d’émissions à voir ou écouter en différé
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Esther, Edouard Baer et révolutions sexuelles : trois replays pour le week-end

Chaque samedi, « La Matinale du Monde » vous propose une sélection d’émissions à voir ou écouter en différé



LE MONDE
 |    08.09.2018 à 06h33
 • Mis à jour le
08.09.2018 à 06h52
   





                        



   


LES CHOIX DE LA MATINALE
Cette semaine, toute la famille se rassemblera autour des tribulations d’Esther, l’irrésistible héroïne de Riad Sattouf, les curieux trouveront réponses à leurs questions sur les révolutions sexuelles et les fans d’Edouard Baer (re) découvriront le premier épisode de sa nouvelle émission, « Lumières dans la nuit ».
Le monde vu d’Esther

C’est l’histoire d’une fille de 9 ans qui parle très, très vite. Un peu trop même. Comme beaucoup de minots de son âge, elle adore Raiponce (le dessin animé de Disney), la chanteuse Tal et sa copine Eugénie, qui ne peut s’empêcher de placer le mot « wesh » dans toutes ses phrases. Elle trouve sa maîtresse « moche », probablement parce qu’elle a de la moustache. Comme tous les enfants du monde, cette petite fille aux cheveux longs joue avec ses copines « au papa et à la maman », mais « personne ne joue le papa », et elle se demande bien pourquoi.
Depuis le 3 septembre, Canal+ diffuse chaque soir en clair (du lundi au jeudi à 20 h 55), un épisode de deux minutes des Cahiers d’Esther. Histoires de mes 10 ans. Ce dessin animé aux traits délicats raconte les véritables aventures d’Esther A., qui parle de ses passions et de son quotidien de préadolescente, sans filtre, avec un humour tendre et corrosif. La série est tirée du premier tome – deux autres ont été publiés – de la bande dessinée du même nom de Riad Sattouf, éditée en 2016 (Allary Editions). Le résultat est une plongée sensible et drôlissime dans la tête d’une petite fille et dans une cour de récréation. Mustapha Kessous
« Les Cahiers d’Esther. Histoires de mes 10 ans », de Riad Sattouf et Mathias Varin (France, 2018, 50 × 2 min). Disponible sur mycanal.fr.
Le sexe en questions

   


Révolutions sexuelles, de Sylvain Desmille, se présente en deux parties : « Le droit au plaisir » et « Réinventer l’amour ». Ce documentaire se veut témoin du « foisonnement des secousses intimes, politiques et culturelles qui ont ébranlé nombre de sociétés depuis 1948 », date de la publication du fameux rapport Kinsey, l’étude sur le comportement sexuel qui fit date autant que scandale. Il fallait bien deux fois 52 minutes pour traiter un sujet aussi riche, divers et souvent paradoxal, avec un minimum de précision, de témoignages – parfois subtilement divergents – et de rappels historiques, enrichis par de très nombreuses archives télévisuelles internationales.
Car les thématiques sont nombreuses : les différences de mœurs et de libéralisme entre pays, le vêtement (bikini, minijupe), les femmes (mouvements féministes, avortement, pilule), les hommes (moindre différenciation du genre, cheveux longs, partage du plaisir sexuel), les homosexuels (pénalisation, révolte de Stonewall, assassinat de Harvey Milk, conseiller gay de la mairie de San Francisco, dépénalisation, mariage), la famille, la pornographie (créative, industrielle, machiste), le sida, etc. Certes, ces sujets ont déjà été traités ailleurs, et parfois dans des ­documentaires diffusés par Arte. Mais, comme cela se produit souvent quand il est décidé d’être aussi exhaustif que possible à propos de thématiques à entrées multiples, cette volonté de ne rien oublier ouvre un gouffre de frustrations. Renaud Machart 
« Révolutions sexuelles : Le droit au plaisir (première partie), Réinventer l’amour (deuxième partie) », documentaire de Sylvain Desmille (France, 2018, 2 × 53 min). Disponible sur arte.tv jusqu’au 2 novembre.
Edouard Baer, en roue libre

   


Un hymne à la chaleur de la radio, à la liberté de « loufoquer » et à l’incandescence du direct (avec ses p’tits pépins, touchants et pas gênants) ; une ode à la verve oratoire et à l’improvisation, qu’elle parte en feu d’artifice ou tombe à plat… Dimanche 2 septembre, entre 22 heures et minuit, Edouard Baer s’est lancé dans la première de « Lumières dans la nuit », sur France Inter. Il y eut des ratés, quelques trous d’air, mais aussi des pépites, les seuls moments que l’on retienne, au bout du compte, lorsqu’une émission prend le risque de l’impro en direct et que le rire vous submerge sans prévenir.
Ceux qui écouteront l’émission en replay peuvent s’épargner les vingt premières minutes. Puis, c’est alors que Baer lance son coup : il appelle le plateau de la chaîne L’Equipe, en plein match Monaco-Marseille, interrompt et interpelle ses commentateurs, leur demande une prestation « à l’ancienne », grandiloquente et enflammée, performance qu’il reprendra à son tour brillamment. Un beau moment de radio et de télévision à la fois. A partir de là, chacun, derrière son micro, commence à être suffisamment « chaud » pour répondre aux questions et tentatives d’improvisation de Baer sur tout et n’importe quoi : l’intrigue plus ou moins claire que révèle une des chansons de Serge Lama ; l’intérêt ou non de recycler les agendas des années passées ; et, surtout, l’avantage du/de la « réquerre », à la fois rapporteur et équerre, tel que présenté au téléphone par Alexandre Astier, envoyé spécial pour la rentrée scolaire du lendemain. Martine Delahaye
« Lumières dans la nuit », un magazine présenté par Edouard Baer. Chaque dimanche de 22 heures à minuit. Podcast disponible sur Franceinter.fr.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-12"> ¤ Supermarchés, magasins d’équipements ménagers, structures d’habitation, ce documentaire solidement construit raconte comment se développe un gigantesque marché international des camps.
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« Réfugiés : un marché sous influence » : comment l’industrie privée cible les réfugiés

Supermarchés, magasins d’équipements ménagers, structures d’habitation, ce documentaire solidement construit raconte comment se développe un gigantesque marché international des camps.



LE MONDE
 |    08.09.2018 à 06h30
    |

            Alain Constant








                        


Public Sénat, samedi 8 à 21 h 00 – documentaire
On compte environ vingt millions de réfugiés vivant aujourd’hui dans des camps. Dans ces lieux de vie parallèles, le provisoire ayant tendance à durer parfois des décennies, des millions de femmes, d’hommes et d’enfants se retrouvent, de fait, dans la peau de clients potentiels et captifs pour des entreprises privées qui ont flairé le filon.
Ce documentaire solidement construit raconte comment se développe un gigantesque marché international des camps : supermarchés, magasins d’équipements ménagers, structures d’habitation (Ikea a même lancé un modèle perfectionné de tente pour réfugié), le business, destiné d’abord à rendre la vie un peu moins pénible pour ces malheureux, se révèle très rentable. Il existe même une Foire commerciale internationale de l’assistance où banques, start-up, grandes entreprises présentent leurs produits pour faciliter la vie quotidienne des réfugiés. Bon pour l’image et surtout bon pour les affaires, tant les sommes en jeu sont considérables.
Juteux marché
En enquêtant auprès du Haut-Commissariat aux réfugiés (HCR), l’agence de l’ONU qui gère les camps mais qui délègue de plus en plus de missions à des entreprises privées, on plonge au cœur d’un système qui fait entrer l’économie de marché au cœur de la détresse humaine.
Le Programme alimentaire mondial sous-traite lui aussi de nombreuses missions, et une entreprise privée a mis la main sur le juteux marché du contrôle des réfugiés par système biométrique. Sans oublier la firme britannique G4S, numéro un mondial de la sécurité privée, qui envoie ses agents surveiller les camps à travers la planète et protéger les salariés du HCR ou d’ONG sur le terrain. Cela rapporte gros.
Du camp de Zaatari en Jordanie à celui de Moria sur l’île grecque de Lesbos, en passant par Elbeyli en Turquie, se dessinent les nouveaux modes de vie de réfugiés obligés de consommer sur place sans espoir de sortir du camp. Le pire étant sans doute ce voyage au cœur de Dadaab, immense camp né il y a vingt-six ans dans le désert kényan, à quelques kilomètres de la frontière somalienne. Quelque 350 000 réfugiés y vivent, oubliés du reste du monde, surveillés de près par les salariés de G4S. Le camp, centre de mise à l’écart provisoire, devient aux yeux de plus en plus d’Etats une solution pérenne. Un constat accablant.
« Réfugiés : un marché sous influence », de Nicolas Autheman et Delphine Prunault (Fr, 2017, 60 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-13"> ¤ L’ancien petit ami de la star Ariana Grande s’était fait connaître par des chansons au son minimaliste rappelant les prémices du rap.
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Le rappeur américain Mac Miller est mort

L’ancien petit ami de la star Ariana Grande s’était fait connaître par des chansons au son minimaliste rappelant les prémices du rap.



LE MONDE
 |    08.09.2018 à 02h03
 • Mis à jour le
08.09.2018 à 11h40
   





                        



   


Le rappeur Mac Miller, qui a conquis ses fans avec son hip-hop rétro et attiré l’attention avec des chansons sur son ancienne petite amie Ariana Grande mais aussi le président américain Donald Trump, est mort vendredi 7 septembre à l’âge de 26 ans.
Le site spécialisé dans les célébrités TMZ a précisé vendredi que le jeune homme avait succombé à une overdose à son domicile, près de Los Angeles. D’autres médias américains annonçaient également son décès, que la famille a confirmé ensuite dans un communiqué.
L’artiste, qui avait sorti son cinquième album il y a un mois, a été transporté inconscient par les services d’urgences qui ont rapidement constaté sa mort.
Problèmes d’addiction
Ce décès intervient quelques mois après la fin de sa relation de deux ans, très médiatisée, avec la chanteuse Ariana Grande, qui a été une de ses sources d’inspiration. En mai, peu après leur rupture, il avait eu un accident de voiture et avait été inculpé pour conduite sous l’influence de drogues ou d’alcool.
Il parlait ouvertement de ses problèmes d’addiction et avait dit à l’occasion de la sortie en août de son cinquième album enregistré en studio, Swimming, qu’il allait de mieux en mieux. « Est-ce que j’ai consommé des drogues ? Oui. Mais suis-je un toxicomane ? Non », avait-il ainsi confié au magazine Rolling Stone.
Né à Pittsburgh en Pennsylvanie, Malcolm James McCormick, de son vrai nom, a accédé à la célébrité en postant sa musique sur Internet lorsqu’il était adolescent. Ses chansons comportaient un son minimaliste avec un rythme puissant rappelant les prémices du rap.
Anti-Trump
En 2011, il avait écrit une chanson dont le thème était « devenir immensément riche » et, en guise de métaphore, l’avait intitulée Donald Trump. Le magnat de l’immobilier, devenu depuis président des Etats-Unis, avait été flatté par cette chanson, tout en disant que les paroles étaient « un peu difficiles à comprendre ».
Mais après l’entrée du milliardaire à la Maison Blanche, le rappeur avait inversé le message de sa chanson et dénonçait vigoureusement le président lors de ses concerts. « Quand j’ai enregistré ce titre, c’était un symbole, il représentait le monde de l’argent. Et comme mon obsession de l’époque était d’en gagner beaucoup, cela faisait sens. Aujourd’hui, ce n’est plus pertinent. Je ne soutiens en aucune manière sa candidature à la présidentielle. Il nous éloigne de tout ce qui pourrait unir, fédérer le peuple. Il passe son temps à monter les gens les uns contre les autres, ce qui est à l’opposé de mon éducation », avait-il fait savoir.

        Lire son portrait :
         

          Mac Miller, le rappeur devenu anti-Trump



Hommages
Vendredi, de nombreuses stars américaines lui ont rendu hommage, notamment sur les réseaux sociaux :
La rappeuse Missy Elliot a dit être « si triste » et prier pour ses proches.

I’m so saddened to hear about @MacMiller☹️😩 such a kind spirit Sending prayers for strength for his family & friend… https://t.co/ohfMDIREEz— MissyElliott (@Missy Elliott)


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« Longue vie à Mac Miller », a écrit l’artiste Jaden Smith avant de poster une photo de lui avec le rappeur.

https://t.co/FRaNlfTdqR— officialjaden (@Jaden Smith)


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A la suite de l’annonce du drame, le rappeur J. Cole a déclaré être à l’écoute de toutes les personnes qui se sentent mal par rapport à cette mort.

This is a message for anybody in this game that’s going through something. If you don’t feel right, if you feel you… https://t.co/7yBK2IbbYt— JColeNC (@J. Cole)


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-14"> ¤ L’acteur de « Délivrance » et de « Boogie Nights » s’est éteint en Floride, jeudi 6 septembre, à l’âge de 82 ans.
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Burt Reynolds, figure du mâle américain, est mort

L’acteur de « Délivrance » et de « Boogie Nights » s’est éteint en Floride, jeudi 6 septembre, à l’âge de 82 ans.



LE MONDE
 |    07.09.2018 à 18h51
 • Mis à jour le
07.09.2018 à 19h05
    |

                            Jean-François Rauger








                        



                                


                            

Il fut, pour certains, une sorte d’idéal masculin, une figure de la virilité souriante, l’icône d’une époque où la puissance pouvait s’accorder avec la désinvolture « cool ». Il fut, un temps, un des acteurs les mieux payés d’Hollywood, une star et un sex-symbol nourrissant les fantasmes de son époque… avant que ceux-ci ne soient frappés de désuétude. Burt Reynolds est-il passé à côté d’une carrière qui eut pu être plus riche, plus ­intense sur la durée, plus éclatante, davantage comparable à celle de celui que l’on a considéré parfois comme son rival, Clint Eastwood ? Ce dont on se souviendra longtemps, au-delà de l’attachante figure masculine, c’est de la petite poignée de grands films auxquels il a participé. Burt Reynolds est mort jeudi 6 septembre à Jupiter (Floride) d’un arrêt cardiaque.
Il naît à Lansing, dans le Michigan, le 11 février 1936. Sa famille déménage en Floride. Son père, après une carrière militaire, ­devient policier. Le jeune homme révèle des qualités d’athlète et ­entre comme boursier à l’université d’Etat de Floride. Il y devient champion de football américain et est repéré par l’équipe de Baltimore. Une blessure contractée au cours d’un match, suivie d’un ­accident de voiture, met un terme à l’espoir d’une carrière de joueur professionnel. Il pense suivre les pas de son père en entrant dans la police, mais poursuit en parallèle ses études à l’université de Palm Beach, où l’on décèle chez lui des qualités de comédien. Il y obtient un prix pour sa prestation dans la pièce Outward Bound, de Sutton Vane, qui lui permettra d’obtenir une bourse pour intégrer une troupe de théâtre new-yorkaise. Il partira avec celle-ci en tournée, cumulant les fonctions de comédien et de chauffeur.

De retour à New York, il alterne les petits boulots et le théâtre. Il est repéré pour sa prestation dans la pièce Mister Roberts, de Thomas Heggen et Joshua Logan, avec Charlton Heston. Il débute, dès lors, une carrière à...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-15"> ¤ Qu’ils soient renommés comme Alain Mabanckou ou J.M. Coetzee ou prometteurs comme David Diop ou Aymen Gharbi, neuf romanciers ont séduit notre rédaction.
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Focus

Rentrée littéraire : les coups de cœur du « Monde Afrique »

Qu’ils soient renommés comme Alain Mabanckou ou J.M. Coetzee ou prometteurs comme David Diop ou Aymen Gharbi, neuf romanciers ont séduit notre rédaction.

Par                Séverine Kodjo-Grandvaux, Gladys Marivat et Kidi Bebey



LE MONDE
              datetime="2018-09-07T18:06:22+02:00"

        Le 07.09.2018 à 18h06






    
De g. à dr. : Henri Lopes, Alain Mabanckou, In Koli Jean Bofane, J.M. Coetzee et Gauz.
Crédits : DR


Si les thèmes de l’exil, de la guerre et de la politique traversent les romans de cette rentrée littéraire, ils résonnent également de questionnements sur le devenir intime de chaque être. De Johannesburg à Casablanca en passant par Brazzaville, La Rochelle ou Bassam, les neuf titres retenus par la rédaction du Monde Afrique entraînent les lecteurs bien au-delà des frontières africaines.
Autobiographie au pays natal
Depuis Demain j’aurai vingt ans, Alain Mabanckou nous habitue à retrouver régulièrement Michel, sa mère Pauline Kengué et son père adoptif Roger Kimangou, doubles de l’écrivain congolais et de ceux qui l’ont élevé. Dans son nouveau roman, Les cigognes sont immortelles, le Prix Renaudot 2006 revient sur l’assassinat en 1977 du président congolais Marien Ngouabi. Un drame national qui aura des conséquences familiales.
Inlassable conteur qui puise dans l’humour de quoi alléger un quotidien parfois trop lourd, Alain Mabanckou narre le Congo des années 1970, un pays en prise avec un régime marxiste-léniniste qui va se muer en dictature militaire. Et comme bien souvent lorsqu’il convoque Michel, l’écrivain offre un cantique à ses parents aujourd’hui disparus.
Les cigognes sont immortelles, d’Alain Mabanckou, Seuil, 304 pages
S. K.-G.

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                Livre : Alain Mabanckou, une histoire intime du Congo



France-Côte d’Ivoire, aller-retour
En 1890, Maxime Dabilly tente l’aventure coloniale et embarque à La Rochelle, direction Bassam. Dans les années 1970, un enfant africain des Pays-Bas élevé au Petit Livre rouge, Shaoshan Illitch Davidovitch Anouman, est envoyé en Côte d’Ivoire. Chacun narre son voyage et offre un regard double qui rythme le nouveau roman de Gauz, Camarade Papa.
Celui qui s’est fait connaître avec Debout-Payé jongle avec tant de brio avec les mots et les registres de langage qu’il truffe son récit de pépites. Anouman « détonne souvent les gens » par son français réinventé et ses slogans communistes tout faits. L’on « vire-volts » entre une histoire qui nous « triste » et un récit qui nous réjouit.
Roman historique et fresque initiatique, Camarade Papa rend hommage aux peuples – Agni, Kroumen, Appoloniens… – qui ont eu à faire face à des aventuriers comme Marcel Treich-Laplène et Louis-Gustave Binger, venus conquérir leurs terres au nom de la France.
Camarade Papa, de Gauz, Le Nouvel Attila, 256 pages
S. K.-G.

        Lire aussi :
         

                « J’ai deux cultures en moi », confie Gauz



Une enquête au Maroc
« Sese était ce qu’on appelle un brouteur, un genre de cyber-séducteur africain » pour qui « draguer des petites ou de vieilles Blanches en mal d’amour était dans ses cordes et pouvait passer pour une activité d’intérêt public ». Alors qu’il pensait rejoindre clandestinement Deauville, ce Congolais débrouillard débarque à Casablanca… où il finit par se lier d’amitié à Ichrak. Mais la belle sera découverte sans vie dans une rue. L’enquête menée par le commissaire Moktar Daoudi débouche plus sur un roman social qu’un polar.
L’écrivain congolais (RDC) In Koli Jean Bofane décrit une société marocaine où les uns spéculent dans l’immobilier tandis que les autres vivent de rien, où les femmes luttent contre la folie et l’enfer que leur mènent les hommes, où les migrants subsahariens sont menacés par la haine et le racisme des Nord-Africains. Mais La Belle de Casa est aussi une ode à la littérature et un hommage à la romancière Kaoutar Harchi.
La Belle de Casa, d’In Koli Jean Bofane, Actes Sud, 208 pages
S. K.-G.
Somme toute
Elizabeth Costello, double littéraire du Prix Nobel sud-africain J.M. Coetzee, est l’héroïne de L’Abattoir de verre, saisissant portrait fragmenté d’une écrivaine au seuil de sa vie, qui médite sur l’ambivalence des humains et l’empreinte de toute œuvre. La romancière australienne vieillissante nous apparaît en sept chapitres (ou nouvelles) comme la femme infidèle, la vieille dame entourée de chats dans un village castillan ou encore l’intellectuelle diminuée, angoissée par la mort et l’horreur de l’abattage des animaux.
Chaque texte est placé sous l’influence d’un auteur (saint Augustin, Robert Musil, Dostoïevski…) et traversé par une question intime, celle de la dualité : qui est vraiment Elizabeth, elle qui a été toutes ces personnes ? En creux se dessine une réflexion intime de Coetzee sur son art et le pouvoir des livres : permettent-ils aux gens de changer profondément ou seulement de vivre d’autres vies que les leurs ?
L’Abattoir de verre, de J.M. Coetzee, traduit de l’anglais par Georges Lory, Seuil, 167 pages
G. M.

        Lire aussi :
         

                Une leçon d’humanité de J. M. Coetzee



Les fantômes du veld
Un an après la disparition de Karel Schoeman (1939-2017), L’Heure de l’ange vient clore un triptyque consacré aux voix, commencé avec Cette vie (2009) et Des voix parmi les ombres (2014). Le grand écrivain sud-africain y suit la sinueuse quête d’un producteur de télévision de Johannesburg épuisé, qui revient dans son village natal. Officiellement, il fait des recherches sur un berger du début du XIXe siècle qui, suite à l’apparition d’un ange, est devenu le premier poète en langue afrikaans.
Mais ce qu’il cherche en réalité dans ce veld déserté où ne survivent que quelques vieux Afrikaans se révèle au fur et à mesure que son enquête s’enlise : une confrontation avec son passé et le pays, qui lui échappent inexorablement. Porté par une véritable grâce dans la langue, le rythme, les images, L’Heure de l’ange est un roman sublime où les voix passées et présentes s’entrechoquent et révèlent ce qui demeure à vif dans l’Afrique du Sud contemporaine.
L’Heure de l’ange, de Karel Schoeman, traduit de l’afrikaans par Pierre-Marie Finkelstein, Phébus, 512 pages
G. M.
Portrait d’un homme
Depuis Tribaliques, son recueil de nouvelles paru en 1971, Henri Lopes, né en 1937 au Congo, a construit une œuvre nourrie par ses voyages et son héritage duel. Dans Il est déjà demain, l’écrivain et ancien ambassadeur du Congo-Brazzaville en France se penche sur les origines de ses parents, tous deux métis, nés de mères « indigènes » et de pères colons.
Le roman s’ouvre sur une rencontre épatante avec les descendants d’un certain Michel Voultoury, qui fut le compagnon de la grand-mère de l’auteur, Joséphine Badza. L’auteur tire ce fil et part sur les traces de ses aïeuls, de Moscou à Cuba, en passant par les rives du Congo, et on se passionne pour cette question essentielle : que doit à ses ancêtres l’être que l’on est aujourd’hui ?
Il est déjà demain, de Henri Lopes, JC Lattès, 350 pages
G. M.
Père et fils dans le blizzard
Figure de l’opposition radicale au président Paul Biya, le Camerounais Patrice Nganang est aussi un formidable romancier qui a marqué durablement les lecteurs avec Temps de chien (2001), une plongée dans la misère d’un quartier de Yaoundé à travers les yeux d’un cabot. Il revient en cette rentrée avec Empreintes de crabe, roman sensible sur la relation entre un fils et son père, Nithap, qui a quitté le Cameroun pour venir lui rendre visite aux Etats-Unis.
Le blizzard s’abat sur la région et le vieil homme, malade, prolonge son séjour. Géniale idée que cette perturbation météo qui instaure une manière de huis clos et invite à se raconter des histoires. Dans une atmosphère qui évoque autant Homère qu’un roman russe, le père s’ouvre sur la guerre et le combat politique, le fils sur l’exil et sa douleur, et tous deux nous parlent de ce que coûtent la passion et l’engagement.
Empreintes de crabe, de Patrice Nganang, JC Lattès, 400 pages
G. M.

        Lire aussi :
         

                Au Cameroun, l’écrivain Patrice Nganang relaxé et expulsé



Désillusion tunisienne
Révélation de cette rentrée, le jeune auteur Aymen Gharbi signe Magma Tunis. On y rencontre Ghaylène, un urbaniste intello tourmenté par la violente dispute qui a éclaté entre sa compagne et lui. Alors que la ville est perturbée par des pétards, une étrange invasion de chats, des montagnes de poubelles et de curieuses performances d’art contemporain, le héros souffre de son chagrin d’amour et pense au suicide.
Egocentriques, nonchalants, les personnages de Gharbi nous choquent et tant mieux ! A travers l’individualisme grotesque de la jeunesse, son énergie autodestructrice et le bouillonnement illisible de Tunis, c’est bien la rupture entre un pays et son peuple que l’écrivain tunisien sonde, l’air de rien, dans ce roman poétique et pétillant.
Magma Tunis, d’Aymen Gharbi, Asphalte Editions, 192 pages
G. M.
Noirceur de la guerre
Le tirailleur Alfa Ndiaye délire en dévidant le fil de sa vie. Il a quitté son Sénégal natal pour aller faire la « Grande Guerre » (1914-1918) en France, histoire de voir du pays. Pas sûr qu’il en ait vu beaucoup, au-delà des tranchées où son meilleur ami a perdu la vie, misérablement éventré par une baïonnette. Dès lors, Alfa va s’en prendre sans pitié aux « yeux bleus » ennemis et sortir de lui-même toute l’atroce noirceur dont la guerre l’a rendu capable. Il finit à moitié fou, sur un lit d’hôpital, où au rythme sinueux d’une complainte aigre-douce, il raconte les blessures de son âme à jamais fracassée par l’horreur.
Avec cette litanie grandiose et douloureuse, le romancier David Diop entre assurément du premier coup dans la cour des grands, au point d’avoir séduit la sélection du prix Goncourt.
Frère d’âme, de David Diop, Seuil, 176 pages
K. B.


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-16"> ¤ A écouter cette semaine : trois symphonies dirigées par Antonio Pappano, une quinzaine d’extraits de concerts, un nouvel album de chansons originales…
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Sélection albums : Leonard Bernstein, Thomas Dutronc, Paul McCartney…

A écouter cette semaine : trois symphonies dirigées par Antonio Pappano, une quinzaine d’extraits de concerts, un nouvel album de chansons originales…



LE MONDE
 |    07.09.2018 à 18h04
 • Mis à jour le
08.09.2018 à 10h49
   





                        


Leonard Bernstein Symphonies 1-3. Prélude, Fugue And Riffs Divers solistes, chœur et orchestre de l’Académie nationale Sainte-Cécile, Antonio Pappano (direction).

   


Persuadé que le principal problème du XXe siècle se résume à « une crise de la foi », Leonard Bernstein (1918-1990) a tenté d’y remédier, avec passion et idéalisme, dans trois symphonies au propos existentiel dont la puissance dramatique est ici parfaitement restituée par Antonio Pappano. Ecrite en 1942, la Première, estampillée Jeremiah, confie à une mezzo-soprano des extraits du Livre des lamentations après avoir traduit la Profanation par une séquence orientalisante à la rythmique irrésistible. La Troisième (1977), labellisée Kaddish, mobilise une soprano, un récitant et des chœurs pour une réflexion de grande ampleur. La Deuxième (1949), sous-titrée The Age of Anxiety, ne recourt pas à la voix, mais à un piano solo pour faire écho aux interrogations de l’homme Bernstein. Libre et intemporelle, c’est de loin la plus fascinante. Crise de la foi, peut-être, mais pas de l’inspiration. Pierre Gervasoni
2 CD Warner Classics.
Charles Gounod Mélodies Tassis Christoyannis (baryton), Jeff Cohen (piano).

   


Artisans de résurrections diverses dans le domaine de la mélodie française sous la férule tutélaire du Palazzetto Bru Zane (David, Lalo, Godard, La Tombelle et Saint-Saëns), le baryton Tassis Christoyannis et le pianiste Jeff Cohen célèbrent cette fois encore avec la même ferveur Charles Gounod (1818-1893) à l’occasion du bicentenaire de sa naissance. De mélodies connues des amateurs de récitals, en pièces plus insulaires sur des textes anglais ou italien, le duo peaufine une musique qui flirte avec l’opéra, et dont l’expressivité est la clé prosodique. La beauté vocale et l’intelligence musicale du premier, alliée au toucher fluide et délicat du second, apportent une nouvelle pépite à l’édifice discographique de Gounod : un album attachant et plein de charme, entre affects et poésie. Marie-Aude Roux
1 CD Aparté.
Paul McCartney Egypt Station

   


Tel le visage de Dorian Gray, la voix de Paul McCartney – comme celle de Mick Jagger – a jusqu’ici été miraculeusement épargnée par les ravages du temps, toujours fraîche comme au premier jour. Timbre ou projection, elle accuse de sérieux signes de faiblesse sur Egypt Station, premier album de chansons originales depuis l’énergique NEW (2013), sans qu’à 76 ans, l’ancien Beatle puisse bénéficier de cette patine crépusculaire qui faisait la grandeur d’un Johnny Cash ou d’un Leonard Cohen. McCartney n’en signe pas moins un album de jeune homme, une pop lisse aux paroles légères, tendance qu’accentue le renfort du producteur de Greg Kurstin (Lily Allen, Sia, Adele). De folk à la Blackbird (Happy With You) en boogie-rock mollasson (Who Cares), tout ici a un air de déjà entendu, mais l’autoparodie ne brille pas par ses accroches mélodiques (un comble pour cet expert en la matière), jusque dans la suite Despite Repeated Warnings, qui ne soutient pas la comparaison avec celle d’Abbey Road ou Uncle Albert/Admiral Halsey. Il faut attendre la douzième plage (Do It Now) pour que Sir Paul approche la beauté de Chaos And Creation in The Backyard (2005), son chef-d’œuvre tardif réalisé avec Nigel Godrich, qui l’avait fait sortir de sa zone de confort.  Bruno Lesprit
1 CD Capitol.
Thomas Dutronc Live Is Love

   


Révélé à un large public en 2007 avec l’album Comme un manouche sans guitare, le guitariste et chanteur Thomas Dutronc propose avec son quatrième disque de le retrouver avec une quinzaine d’extraits de concerts en compagnie de son groupe Les Esprits manouches. Live Is Love constitue ainsi à la fois un recueil des chansons les plus connues de Thomas Dutronc (Comme un manouche sans guitare, J’me fous de tout, J’suis pas d’ici, J’aime plus Paris...) et l’occasion de découvrir des inédits, joués lors de tournées, dont Love, de John Lennon, ou Que reste-t-il de nos amours ?, de Léo Chauliac (musique) et Charles Trenet (texte). Si le swing gitan évoqué dans la composition du même nom est de la partie, Thomas Dutronc et ses camarades vont aussi vers le Brésil (Mademoiselle, Nasdaq) ou la country (J’me fous de tout) avec un égal bonheur. Superbe version d’Aragon, en un moment de grâce et de profondeur émotionnelle. Sylvain Siclier
1 CD Blue Note/Universal Music.
Jain Souldier

   


La pétulante fraîcheur de Jain, sa capacité à synthétiser malicieusement une mosaïque de styles glanés sous différentes latitudes (Afrique, Moyen-Orient...), tout en croquant avec gourmandise dans le hip-hop, le folk, l’electro ou le reggae, avaient fait triompher Zanaka, son premier album. Le succès commercial est encore au rendez-vous avec Souldier, second opus annoncé par une ritournelle accrocheuse, Alright, illustré d’un excellent clip. A nouveau peaufiné par le compositeur et réalisateur Maxime Nucci (alias Yodelice, le dernier complice de Johnny Hallyday) et incarné avec l’aide d’un styliste (après la petite robe noire au col Claudine, une combinaison de « travail » bleue aux épaulettes rouges), l’univers autarcique de la jeune Paloise anglophone (forçant sur l’accent jamaïcain) semble s’éloigner du monde réel pour entrer dans celui du dessin animé. Avec ce que cela suppose d’entrain bondissant, mais aussi de saturation de sourires, de bons sentiments, de couleurs enfantines et de musiques de manège. On aimerait trouver une pointe d’insolence, de mystère, mais même les fêlures semblent cautérisées à la barbe à papa. Stéphane Davet
1 CD Columbia/Spookland/Sony.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-17"> ¤ Depuis 2006, « Building Design » décerne un prix du furoncle urbain pour les réalisations les plus « déficientes sur le plan esthétique ».
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« Monstruosité absolue », « triste métaphore »… La laideur architecturale britannique récompensée

Depuis 2006, « Building Design » décerne un prix du furoncle urbain pour les réalisations les plus « déficientes sur le plan esthétique ».



LE MONDE
 |    07.09.2018 à 17h52
 • Mis à jour le
07.09.2018 à 18h24
    |

            Pierre Bouvier








                        



   


A chaque discipline ses récompenses, ses prix, ses trophées. Une Palme d’or par ici, un Grammy par là. L’architecture n’échappe pas à la règle. Elle a le prix Pritzker d’architecture. Considéré comme l’équivalent d’un « Nobel », il est décerné chaque année depuis 1979 par un jury indépendant. Mais, comme d’autres, cette discipline n’hésite pas à distribuer des bonnets d’âne.
Outre-Manche, le magazine Building Design décerne une « Carbuncle Cup » (« carbuncle » peut se traduire par « furoncle »), réponse humoristique au Stirling Prize, prestigieux prix d’architecture attribué depuis 1996 par le Royal Institute of British Architects. Ce prix du « furoncle architectural » récompense depuis 2006 le plus « laid des bâtiments achevés au Royaume-Uni au cours des douze derniers mois ». La liste complète des lauréats est consultable ici.
Après le Lincoln Plaza de Londres en 2016, et le Nova Victoria, toujours à Londres, l’an dernier, le prix 2018 a échu mercredi 5 septembre au Redrock de Stockport, une localité au sud de Manchester. La rédaction de Building Design qualifie le bâtiment d’« espace de loisirs criard et sans âme […] ridiculisant le centre-ville qu’il était censé sauver », allant même jusqu’à en faire une « triste métaphore » du déclin urbain britannique.

   


« J’ai vu des prisons plus belles »
Dessiné par l’agence BDP, ce projet a coûté 45 millions de livres (50 millions d’euros). Le jury n’épargne aucun des efforts de l’agence BDP : Ike Ijeh, l’un des critiques de Building Design, évoque sa « forme maladroite », sa « masse disjointe » et sa « décoration superficielle ».
Tant qu’à crucifier une « œuvre », Building Design rapporte les commentaires, plus cruels encore, de ses lecteurs. Lapidaire, l’un d’eux écrit : « La monstruosité absolue. J’ai vu des prisons plus belles. » Un autre livre une réflexion sans appel : « C’est ce pourquoi la “Coupe du furoncle” a été inventée. Rien ne va dans ce qui devrait être important au point qu’on en vient à se demander à quoi pensaient les concepteurs qui ont travaillé sur cette abomination. »
Le Redrock était pourtant en concurrence avec d’autres « œuvres » passablement « déficientes sur le plan esthétique » comme le Lewisham Gateway, la Haydn Tower et le 20 Ambleside Avenue à Londres. Liverpool et Plymouth étaient représentées, respectivement avec le Shankly Hotel et Beckley Point.
« Qui se soucie de l’apparence extérieure ? »
Le New York Times rend compte de ce prix 2018, que d’aucuns trouvent cependant un tantinet trop sévère. Ainsi, une certaine Polly Hartley, de Stockport, le regarde avec les yeux de l’amour, qui comme chacun sait est aveugle : « J’ai vu des bâtiments plus laids en Grande-Bretagne. Qui se soucie de l’apparence extérieure ? C’est très joli à l’intérieur et il y a des installations incroyables », assure-t-elle.
L’Evening Standard donne pour sa part la parole à l’architecte du concurrent « malheureux » du Redrock de Stockport : Chris Moore, le créateur du 20 Ambleside Avenue, parvenu en finale de l’édition 2018, se dit pour sa part « très fier de sa réalisation ».

   


Le Royaume-Uni n’a pas l’apanage des horreurs architecturales. La France a aussi sa part d’endroits « moches », avec ses zones commerciales, ses ronds-points et ses grands ensembles des années 1970, comme l’écrivait Télérama en 2010 dans une enquête intitulée « Comment la France est devenue moche », ou encore Le Point, en 2013, qui à l’occasion des Journées européennes du patrimoine, présentait un florilège de « furoncles urbains », comme la caisse d’épargne de Bordeaux, la cité de la Grande-Borne dans l’Essonne ou la cité des Nuages à Nanterre.

   





                            


                        

                        


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<filnamedate="20180908"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180908"><AAMMJJHH="2018090821">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-18"> ¤ L’autoédition représentait 17 % du dépôt légal des titres imprimés, selon la Bibliothèque nationale, contre 10 % en 2010.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-18"> ¤                     
                                                

Un livre autoédité dans la première sélection du Prix Renaudot

L’autoédition représentait 17 % du dépôt légal des titres imprimés, selon la Bibliothèque nationale, contre 10 % en 2010.



LE MONDE
 |    07.09.2018 à 16h48
 • Mis à jour le
07.09.2018 à 18h10
    |

            Nicole Vulser








                        



   


Un mouton noir ou une surprise inévitable dans la galaxie littéraire ? La publication de la première sélection des 17 romans et 7 essais en compétition pour le Prix Renaudot qui sera décerné le 7 novembre, est marquée cette année par la présence d’un roman auto-édité. Récit sur la vie des Juifs français qui ont émigré en Israël, Bande de Français, de Marco Koskas a été publié le 27 avril à compte d’auteur sur la plate-forme d’auto-édition d’Amazon. Cet ouvrage est vendu à un petit prix (9,97 euros).
Sur la quatrième de couverture figure le nom d’un faux éditeur, « Galligrassud », contraction de Gallimard, Grasset et Actes Sud, un mot-valise constitué des éditeurs qui gagnent les prix littéraires et a désormais remplacé l’historique « Galligrasseuil ». Ce « fake » a d’ailleurs été mentionné par le communiqué du jury en lieu et place du nom du géant américain de la distribution. L’auteur de cette histoire d’alyah – l’immigration d’un Juif en Israël – a déjà publié au fil du temps une quinzaine d’ouvrages, parus de façon très éclectique chez de nombreux éditeurs : aussi bien Fayard, JC Lattès, Grasset, Calmann-Lévy, Julliard, Robert Laffont que La Table ronde… Pour son dernier opus, il n’a pas trouvé d’éditeur.

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L’un des jurés du prix Renaudot, Patrick Besson explique dans Le Point du 6 septembre 2018 : « Cela fait des décennies que des livres sont auto-publiés ou publiés à compte d’auteur. Prenez Proust. Du côté de chez Swann a été publié chez Grasset en 1913 à compte d’auteur. Quel agriculteur donnerait son champ à labourer contre un pourcentage de 10 % ? C’est normal que certains auteurs ne soient pas satisfaits des conditions économiques et se rebellent contre les éditeurs. Moi ce qui m’intéresse, c’est le texte, je me fiche du reste. »
Déjà en 2010, Marc-Edourad Nabe…
C’est la deuxième fois qu’un livre auto-édité figure dans la présélection du Prix Renaudot : Marc-Edouard Nabe avait précédé Marco Koskas, en 2010, avec L’homme qui arrêta d’écrire. Dans la foulée d’un mouvement né aux Etats-Unis, l’auto-édition connaît un bond spectaculaire dans l’Hexagone : l’an dernier elle représentait 17 % du dépôt légal des titres imprimés selon la Bibliothèque nationale contre 10 % en 2010. En général, les auteurs qui optent pour ce moyen ont essuyé un refus de leur manuscrit chez les éditeurs traditionnels.
L’auteur ne touche aucun à-valoir mais il est bien mieux rémunéré sur les ventes : jusqu’à 70 % du prix de vente chez Amazon contre 8 à 12 % lorsqu’il est pris en main par un éditeur classique. L’écrivain qui télécharge son texte sur une plate-forme (comme Les Editions du net, KDP chez Amazon, Librinova ou Books on Demand) reste propriétaire des droits. Il doit toutefois tout financer lui-même (maquette, promotion, impression, distribution…). Le lecteur de son côté peut acquérir l’ouvrage en format e-book (à un prix souvent modique) ou parfois aussi en format papier – le livre étant alors imprimé à la demande.
Désormais, les éditeurs traditionnels doivent compter sur cette nouvelle concurrence. Ils scrutent donc les nouveaux talents qui émergent par ce biais, pour leur proposer, une fois qu’ils se sont fait un nom sur Internet, d’intégrer leur écurie.

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« Les auteurs ont besoin d’une réelle avancée qui leur redonne une juste valeur, financière et morale »

L’avocate fiscaliste Manon Laporte s’élève contre les conséquences négatives des réformes en cours pour les revenus des auteurs et artistes.



LE MONDE
 |    07.09.2018 à 16h16
    |

Manon Laporte (Avocate fiscaliste)







                        



                                


                            

Tribune. Tous les auteurs se souviennent du discours d’Emmanuel Macron à la Foire du Livre de Francfort, le 10 octobre 2017, et de sa promesse de peser sur le débat européen quant à la question du droit d’auteur et des droits des auteurs, objets de la directive européenne en cours de discussion au Parlement de Strasbourg.
Or, une réforme du régime social des auteurs, initiée sous François Hollande, entrera en vigueur, en France, le 1er janvier 2019. Permettra-t-elle de récompenser les efforts des écrivains, artistes, compositeurs, photographes, pour « porter par [leurs] imaginaires » l’« Europe de la culture » évoquée par le successeur du président Hollande ?

Les auteurs, comme tous les Français, ont subi la hausse de la CSG au 1er janvier 2018. Une compensation est prévue sous forme d’une déduction, financée par le ministère de la Culture, des cotisations perçues par l’Association pour la gestion de la sécurité sociale des auteurs et la Maison des auteurs (Agessa-MDA) égale à 0,95 % des revenus. Mais celle-ci n’est pas encore mise en pratique.
Une nouvelle perte de revenus
De plus, à partir du 1er janvier 2019, la réforme du régime des retraites et, dans leur cas, le prélèvement automatique des cotisations retraite à hauteur de 6,90 % au moment du versement de leurs droits (précompte), leur fera subir une nouvelle perte de revenus alors qu’ils en étaient pour la plupart exonérés du fait de leur appartenance à un régime spécial. Il y a même un risque de « double peine » en 2019 avec le rattrapage des cotisations de 2018 et le prélèvement des cotisations sur les précomptes 2019, voire de « triple peine » pour les auteurs déjà retraités qui cotiseront sans jamais bénéficier de cette retraite – mesure d’ailleurs contraire au droit constitutionnel.
Si l’idée d’un système social plus égalitaire, défendue par le gouvernement, est bonne, il convient de l’adapter au statut particulier qu’est celui d’auteur
A...




                        

                        


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Pop-rock : Anna Calvi, enchanteuse chasseresse

Dans son album « Hunter », l’Anglaise affirme son identité queer dans des titres entre explosivité et douceur.



LE MONDE
 |    07.09.2018 à 16h16
 • Mis à jour le
08.09.2018 à 06h48
    |

                            Stéphane Davet








                        



                                


                            

Quelques chansons – I’ll Be Your Man,Suzanne & I… – de ses deux premiers albums, Anna Calvi (2011) et One Breath (2013), dévoilaient son identité queer sans agiter de drapeau. « Les gens concernés par ces messages les entendaient, les autres non », constate aujourd’hui Anna Calvi. Tout le monde comprendra, cette fois, à l’écoute de son éloquent troisième opus, Hunter, où veut en venir la chanteuse-guitariste anglaise, habitée désormais par une flamme militante. « J’en avais assez de voir les femmes décrites comme des proies », précise la native de Twickenham, aussi frêle que sa voix est puissante. De « chassée », la femme, héroïne de son album, devient « chasseuse » (hunter en anglais), « dévorant sans honte ce qu’elle désire avec son corps et avec son esprit ».

Alternant – souvent magnifiquement – explosivité orageuse (Indies or Paradise), groove farouche (As a Man) et douceur majestueuse (Swimming Pool), cette femme « désirante » en profite pour armer ses chansons de multiples questionnements sur la notion de genre et les diktats d’une société patriarcale, enfermant féminin et masculin dans des catégories dans lesquelles elle ne s’est jamais reconnue. Don’t Beat the Girl Out of My Boy (« N’étouffe pas la fille qui est en mon garçon ») proclame ainsi un de ses titres.

La direction plus politique de ce troisième album s’est dessinée progressivement. « Après One Breath, je me suis séparée de la copine avec qui je vivais depuis huit ans, se souvient Anna Calvi. Cette rupture douloureuse m’avait laissée exsangue artistiquement. » Sa rencontre avec une Française la réconforte et lui ouvre de nouvelles portes. « Elle m’a permis de me libérer de ce qui me restait de honte inconsciente par rapport aux stéréotypes sociétaux. »

Partie s’installer un an à Strasbourg...




                        

                        

