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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-1"> ¤ Le ministre français de l’économie Bruno Le Maire propose d’assortir la disposition d’une clause de limitation dans le temps, qui prévoirait l’abolition du dispositif en cas d’accord international sur la question.
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Comment la France tente de sauver la taxe numérique européenne

Le ministre français de l’économie Bruno Le Maire propose d’assortir la disposition d’une clause de limitation dans le temps, qui prévoirait l’abolition du dispositif en cas d’accord international sur la question.



LE MONDE
 |    08.09.2018 à 19h49
 • Mis à jour le
08.09.2018 à 21h39
    |

            Cécile Ducourtieux (Envoyée spéciale à Vienne (Autriche)








                        



   


Le projet de taxe numérique européenne, poussé par Emmanuel Macron, pourrait bien avoir été relancé. Avant la réunion mensuelle des ministres européens des finances, qui s’est tenue à Vienne samedi 8 septembre, aucun progrès n’avait été constaté à Bruxelles. Pire : l’Allemagne, réticente, semblait même s’être raidie.
L’hebdomadaire populaire allemand Bild a en effet publié en début de semaine une note confidentielle du ministère des finances du pays jugeant ce nouvel impôt européen « inefficace »… avant que le ministère des finances ne démente vouloir abandonner la taxe. Samedi, à Viennes, Olaf Scholz, le ministre social-démocrate, a tenu des propos rassurants estimant qu’« une solution doit être trouvée avant la fin de cette année ». C’est cet agenda que réclame le président français qui aimerait bien se prévaloir d’un accord pour la campagne des élections européennes de 2019.
Prélevée sur l’exploitation des données
Cet impôt qui, de manière totalement inédite serait basé sur les revenus des plates-formes en ligne (et non sur leur profit), consisterait en un prélèvement de 3 % sur l’exploitation des données et s’appliquerait dans trois cas :
sur les revenus d’intermédiation des plates-formes (du type Airbnb) ;sur les revenus publicitaires ;sur les revenus liés à la revente des données des systèmes embarqués.
Selon les calculs de la Commission européenne, la taxe rapporterait au plus 5 milliards d’euros par an pour toute l’Union.
« Il y a du progrès. A Sofia, lors de la dernière réunion informelle des ministres ayant mis la taxe au menu des discussions, M. Scholz n’était même pas intervenu en réunion. Là, il a parlé. Même s’il a aussi insisté sur la nécessité d’avoir un accord international à l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques) à long terme pour une nouvelle fiscalité de l’Internet », assure une source proche des discussions.
Cinq pays contre
Le ministre français de l’économie Bruno Le Maire n’est pas venu les mains vides à Vienne, mais avec une proposition de limitation dans le temps (« sunset clause ») : le nouvel impôt serait caduc dès lors qu’un accord de taxe numérique serait trouvé au niveau international. Les Français et la Commission européenne, qui a mis en musique leur idée de taxe, répètent déjà depuis des mois qu’elle a vocation à « être temporaire ». Mais l’inscrire noir sur blanc dans un texte législatif rassurerait pas mal de capitales.
Les industriels allemands, notamment les constructeurs automobiles, s’inquiètent de voir leur activité naissante de revente de données bientôt taxées. Berlin redoute aussi de provoquer les Etats-Unis avec un impôt visant, sans les nommer, les géants de l’Internet américains.
« Les préoccupations allemandes sont compréhensibles », a jugé Bruno Le Maire samedi. Mais les pays européens doivent tenir compte des attentes des populations qui souhaitent une taxation plus juste a ajouté le ministre, qui a par ailleurs rejeté l’idée avancée par la Commission, pour rassurer Berlin, d’exclure les données embarquées du champ de la taxe.
La « sunset clause » suffira t-elle à calmer les dernières réticences ? L’unanimité étant requise en matière de fiscalité au niveau européen, rares sont ceux qui se risquent au jeu des pronostics. Selon une source proche des discussions, il ne restait plus que cinq pays franchement contre la taxe samedi à l’issue de la réunion viennoise : Malte, la Suède, le Danemark, la Finlande et l’Irlande.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-2"> ¤ Initiateur de l’avion solaire Solar Impulse, le psychiatre et aventurier suisse veut promouvoir 1 000 innovations écologiques auprès des Etats et industriels.
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Bertrand Piccard : « Il existe des solutions environnementales rentables »

Initiateur de l’avion solaire Solar Impulse, le psychiatre et aventurier suisse veut promouvoir 1 000 innovations écologiques auprès des Etats et industriels.



LE MONDE
 |    08.09.2018 à 15h00
 • Mis à jour le
08.09.2018 à 15h23
    |

            Jessica Gourdon








                        



   


Apeine a-t-il fini son discours qu’une nuée de fans se pressent à sa ­rencontre. Bertrand Piccard est à son aise. « Il faut que j’aille chez vous en Suisse pour qu’on réussisse à se parler ? », lui lance Eric Léandri, le patron de Qwant.
Ce mardi 28 août, à l’université d’été du Medef, le psychiatre et aventurier helvète, mondialement célèbre grâce à son tour du monde dans son avion solaire Solar Impulse, était en terrain conquis. Un peu plus tôt, il ­déroulait son exposé sur scène façon gourou, avec son allure athlétique, sa chemise cintrée à col mao et son micro serre-tête. Le credo du jeune sexagénaire à l’accent chantant : il est possible de concilier profit et écologie. C’est même la seule manière, ­selon lui, de faire avancer la cause du développement durable. Un message « patron compatible » : pour parler à l’adversaire, il est nécessaire d’adopter son langage, assure-t-il.
Sa nouvelle fondation, qui emploie 40 personnes à Lausanne, se fixe un objectif : labelliser 1 000 innovations écologiques et rentables. Une fois ce travail achevé, Bertrand Piccard fera un tour du monde pour les présenter aux gouvernements et aux entreprises.

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                « Le but de Solar Impulse, c’est de prôner et de développer l’utilisation des technologies propres »



Malgré l’état préoccupant de notre planète, les enjeux écologiques sont loin d’être au cœur de la stratégie des entreprises. Est-il possible de les concilier ?
Il existe un grand malentendu entre les industriels d’un côté, qui mettent en avant l’emploi et la croissance qu’ils créent, et les écologistes de l’autre, qui insistent sur l’urgence de la crise planétaire. Mon message, c’est de montrer que les deux ont raison. Il existe des solutions environnementales rentables, d’autres non. Il existe des solutions industrielles polluantes, et d’autres qui le sont beaucoup moins. Tout l’enjeu est d’agir à l’intersection de deux domaines, grâce à de nouvelles technologies propres qui existent déjà, qui sont rentables, créent des emplois et de la croissance. Et pourtant, ce sont les vieilles méthodes polluantes que l’on continue d’employer.
« Mon message, c’est de montrer que les deux ont raison, les industriels comme les écologistes. »
A quelles technologies ­écologiques pensez-vous ?
Les énergies renouvelables, les transports électriques, les pompes à chaleur, les technologies pour maîtriser la consommation des bâtiments ou des véhicules, éclairer les villes à la demande, les matériaux plus durables et ­requérant moins d’énergie… Une entreprise a inventé un système de climatisation qui utilise la fraîcheur du fond des océans pour ­refroidir des bâtiments. J’ai visité un grand hôtel qui l’utilise : ils ont économisé 85 000 euros par mois en électricité. Autre exemple : Cgon, une start-up anglaise, a conçu un boîtier à connecter à son moteur qui diminue de 80 % les émissions de particules fines et fait baisser la consommation de carburant grâce à un système d’électrolyse.
Si ces solutions sont si ­rentables, comment expliquez-vous qu’elles ne soient pas la norme ?
D’abord, à cause du manque de communication : on ne les connaît pas. Ensuite, par la difficulté à faire changer les mentalités. Un chef d’entreprise a souvent peur de la disruption. Il faut réussir à lui montrer que c’est un avantage pour lui de le faire, mais la force d’inertie est terrible. Enfin, par la réglementation. Il est urgent de créer des lois modernes poussant à l’utilisation de ces technologies propres.
Il est urgent de créer des lois modernes poussant à l’utilisation de ces technologies propres.
Il y a des tas d’innovations qui se trouvent sans débouchés car nos réglementations sont archaïques. Ces règles ne doivent doit pas être considérées comme des freins pour les entreprises, mais comme une opportunité pour faire autrement. Prenez la taxe carbone. La Suède est l’un des pays qui ont les taxes les plus élevées. Cette ­contrainte a poussé les industriels à revoir leurs modes de production, et cela n’a pas affecté leur compétitivité sur le marché mondial, au contraire.
Cela fait beaucoup d’obstacles…
Le changement vient d’individus qui ont le courage d’essayer quelque chose de nouveau. Solar Impulse, c’était ça. Aucun constructeur d’avion n’y croyait. C’est un fabricant de bateaux qui a créé notre modèle. Aujourd’hui, tous les constructeurs aéronautiques réfléchissent à l’aviation électrique. La Norvège veut des vols intérieurs 100 % électriques d’ici à 2040. Tous ceux qui se sont moqués de moi il y a quinze ans travaillent dessus.

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                Des transports plus écolos, un défi pour le tourisme



En fait, je crois que ceux qui vont résister à tous ces changements vont disparaître. D’ici cinq ans, les Chinois vont amener en Europe des véhicules électriques à 15 000 euros. Ceux qui ne se seront pas adaptés seront en difficulté. Nos moteurs à combustion, nos ampoules à incandescence et nos énergies fossiles ont pris leur essor en 1880, ce sont des systèmes ­archaïques. Nous avons les technologies qui permettent de diviser par deux les émissions de carbone. Le tout est qu’elles se diffusent.
« Nous avons les technologies qui permettent de diviser par deux les émissions de carbone. Le tout est qu’elles se diffusent. »
Comment va se dérouler la labellisation des 1 000 innovations écologiques par votre fondation ?
Notre équipe d’évaluateurs va analyser ces innovations et labelliser celles qui répondent à nos grilles, dans les domaines de l’eau, l’énergie, les villes, l’agriculture et les process industriels. Un de nos critères, c’est qu’il faut qu’elles soient rentables en moins de quatre ans. L’année prochaine, je ferai un tour du monde pour les présenter aux gouvernements et aux industriels. Mon but, c’est de tirer ces solutions méconnues vers le marché. Je n’ai aucun intérêt personnel à le faire. Je veux juste profiter de ma notoriété pour montrer que les technologies propres peuvent faire des choses que l’on croit impossible.
Dans son essai sur la « face ­cachée de la transition énergétique », Guillaume Pitron ­montre qu’elle implique de piller toujours plus de ressources minières, notamment pour fabriquer les batteries. Qu’en pensez-vous ?
Ce livre met en évidence la ­nécessité d’encadrer l’exploitation minière. On ne peut pas faire n’importe quoi. Mais cela ne doit pas invalider la nécessité de poursuivre la transition énergétique. La pollution créée par ces mines est localisée, et doit être surveillée. J’aime mieux quelques mines de cobalt de plus que quelques degrés de plus dans l’atmosphère.

   


L’innovation sera l’une des grandes thématiques abordées lors du Festival de l’innovation Novaq.
Les 13 et 14 septembre, la région Nouvelle-Aquitaine, en partenariat avec Le Monde, organise deux jours de débats, conférences, pitchs et ateliers au Hangar 14, à Bordeaux.
Scientifiques, experts, entrepreneurs échangeront autour de trois grands thèmes : le cerveau, l’espace et l’océan. Fil rouge de cette édition : l’innovation au service de l’humain.
Programme et inscriptions ici



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-3"> ¤ De plus en plus d’entreprises ont recours à la réalité virtuelle pour former leurs salariés, anticiper des problèmes de maintenance ou simuler de nouvelles possibilités.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-3"> ¤                     
                                                

La réalité virtuelle s’immisce dans la production industrielle

De plus en plus d’entreprises ont recours à la réalité virtuelle pour former leurs salariés, anticiper des problèmes de maintenance ou simuler de nouvelles possibilités.



LE MONDE
 |    08.09.2018 à 14h00
    |

                            Julia Zimmerlich








                        



   


A quoi ressemble une usine robotisée d’embouteillage de cognac en réalité virtuelle ? A une vraie usine d’embouteillage de cognac. Un casque sur la tête, on observe les bouteilles qui défilent sur des tapis à cadence réelle. Elles sont remplies de liquide, puis attrapées par six bras articulés avant d’être emballées dans des cartons, récupérées par des chariots électriques. Tout est automatisé. La duplication est bluffante de réalité.
Ce bijou de technologie s’appelle un « jumeau numérique » (digital twin). Il permet de dupliquer une usine à l’identique en situation immersive. La technique existe depuis quelques années, mais c’est aujourd’hui que l’utilisation de ce type d’outils s’accélère et gagne divers secteurs industriels. Le jumeau de l’usine Pont-Neuf d’Hennessy a été développé par Iteca, une start-up d’Angoulême, spécialiste de « l’industrie 4.0 ». Un terme qui englobe toutes les nouvelles technologies (modélisation 3D, réalité virtuelle, intelligence artificielle…) appliquées à la production industrielle.
Le géant mondial du cognac a inauguré en octobre 2017 sa nouvelle usine high-tech d’embouteillage. Le fabricant, qui produit la moitié des bouteilles de cognac vendues dans le monde, s’est offert un bâtiment ultramoderne de 26 000 m2, planté au milieu des vignes, à 7 km de son site historique de production.
Séduire les jeunes générations
Ce nouvel ensemble, les salariés l’ont d’abord visité en réalité virtuelle avant de le connaître véritablement. « Un des enjeux pour nous est de permettre aux équipes de production de se familiariser le plus tôt possible avec leur nouvel environnement de travail », dit Marc Sorin, directeur des opérations d’Hennessy. Un moyen aussi pour le géant d’afficher sa modernité, et de séduire les jeunes générations qui rechignent à venir s’installer à Cognac, dans la Charente. La réalité virtuelle leur a également servi à former les salariés : en l’occurrence, les gestionnaires de flux, qui supervisent des stocks importants et très mouvants. Chez Hennessy, la zone de stockage s’étend sur 6 000 m2. De quoi entreposer 8 000 palettes en tout.

   


Dans certaines usines, le « jumeau numérique » est poussé plus loin et peut suivre la cadence de production en temps réel, grâce à une batterie de capteurs sur les machines. « Cela permet d’optimiser la production, d’anticiper les opérations de maintenance, de tester un geste technique ou une modification logicielle et donc de réduire le risque d’interruption de la production », explique Yaël Assouline, cofondatrice d’Iteca.
La réalité virtuelle trouve de nombreuses autres applications dans le secteur industriel. Iteca a mis au point une plate-forme, SmartUpp, assemblant plusieurs technologies innovantes. « Avant une intervention de maintenance, par exemple, le technicien peut chausser le casque de réalité virtuelle et se former aux gestes techniques, poursuit Yaël Assouline. Pendant l’opération, il est assisté par une solution notamment utilisée dans le secteur de l’aéronautique qui mixe intelligence artificielle et visualisation 3D pour l’aide à la décision et à la maintenance. Ensuite, en réalité augmentée, il voit dans les lunettes une illustration visuelle de son cas de panne, tout en recevant des instructions qui le guident pas à pas. »
Freins importants
Pour l’heure, la plupart des industriels en sont encore à la phase de test, en particulier sur le volet formation. « La VR permet de limiter les coûts de formation réelle pour les métiers les plus techniques, mais aussi les risques pour les apprenants dans des secteurs comme le nucléaire ou l’industrie pharmaceutique », dit Clément Merville, fondateur de Manzalab. Cet éditeur de contenus a mis au point un projet pilote pour EDF sur la réalisation d’une opération de maintenance d’une centrale nucléaire. « Au lieu de dupliquer physiquement une salle de contrôle, comme c’est le cas aujourd’hui, les salariés pourraient suivre une partie de leur formation en VR, dit Clément Merville. Nous sommes aussi capables de réunir plusieurs personnes situées dans différents lieux dans un même espace virtuel. Pendant les réunions, les collaborateurs peuvent avoir une maquette 3D de la centrale sous les yeux et en fonction des besoins, téléporter tout le monde dans la zone qui pose problème. »
Reste que les freins au déploiement de ces solutions en réalités virtuelles restent importants. Les coûts du matériel et le développement des contenus sont encore très élevés. Et même si le dernier modèle de casque Vive Pro améliore l’expérience utilisateur, la fatigue cognitive se fait vite sentir. Les premières études sur le sujet montrent que le temps d’expérience idéal se situe autour de trente minutes.
Yaël Assouline, cofondatrice d’Iteca, interviendra lors du Festival de l’innovation Novaq.
Les 13 et 14 septembre, la région Nouvelle-Aquitaine, en partenariat avec “Le Monde”, organise deux jours de débats, conférences, pitchs et ateliers au H14, à Bordeaux, autour de l’innovation.
Scientifiques, experts, entrepreneurs échangeront autour de trois grands thèmes : le cerveau, l’espace et l’océan. Fil rouge de cette édition : l’innovation au service de l’humain.
Programme et inscriptions ici.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-4"> ¤ Alicia Garcia-Herrero, chef économiste de Natixis à Hongkong, déplore le manque d’investissements de l’UE dans la recherche.
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« L’Europe est incapable de se protéger face à la Chine »

Alicia Garcia-Herrero, chef économiste de Natixis à Hongkong, déplore le manque d’investissements de l’UE dans la recherche.



LE MONDE
 |    08.09.2018 à 12h00
    |

Frédéric Lemaître (Hongkong, envoyé spécial)







                        



                                


                            
Chef économiste de Natixis pour l’Asie-Pacifique, Alicia Garcia-Herrero est installée à Hongkong. Cette ancienne conseillère auprès du directoire de la Banque centrale européenne et économiste au Fonds monétaire international collabore aussi au centre de réflexion européen Bruegel.
La guerre commerciale avec les Etats-Unis a-t-elle un impact économique sur la Chine ?
Pour le moment non, car les premières sanctions annoncées en juillet et en août portaient surtout sur des produits chinois de haute technologie que les Etats-Unis n’importent pas de Chine. Mais il en va autrement avec le deuxième train de mesures qui pourrait entrer en vigueur incessamment sous peu. Celui-ci porte sur 200 milliards de dollars (173 milliards d’euros), soit quatre fois plus que les premières mesures et Donald Trump a même menacé de taxer toutes les importations en provenance de Chine.
Ce deuxième paquet concerne des produits à relativement faible valeur ajoutée et des secteurs pour lesquels les Etats-Unis dépendent de la Chine. Washington veut favoriser d’autres fournisseurs qu’ils contrôleraient davantage, notamment le Mexique et le Vietnam. C’est dans cette optique que les Etats-Unis viennent de signer un nouvel accord de libre-échange avec le Mexique. Dans cette stratégie de contournement de la Chine, le Mexique joue évidemment un rôle plus important que le Canada.
Quant au Vietnam, ses exportations ont, comme par hasard, bondi en juillet. Mais il reste à vérifier si ce ne sont pas des produits chinois qui ne font que transiter par le pays, car il est plus facile pour les Etats-Unis de contrôler l’origine des produits importés du Mexique que du Vietnam. Contrairement à ce que certains affirment, l’administration américaine fait donc preuve, sur ce dossier, d’une vraie stratégie.
Que peut faire la Chine ?
Montrer au reste du monde que la guerre commerciale ne constitue pas un risque pour elle car elle a d’autres...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-5"> ¤ Le gouvernement lance une campagne de communication, mais les budgets sont jugés insuffisants pour tenir les objectifs.
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Rénovation énergétique : Contre les passoires thermiques, des moyens incertains

Le gouvernement lance une campagne de communication, mais les budgets sont jugés insuffisants pour tenir les objectifs.



LE MONDE
 |    08.09.2018 à 11h12
    |

            Grégoire Allix








                        



                                


                            

Changer ses fenêtres, isoler ses combles, remplacer sa chaudière… une campagne nationale en faveur de la rénovation énergétique des bâtiments, qui doit être lancée lundi 10 septembre, veut convaincre les Français de passer enfin à l’action.
Elle tombe pourtant à un drôle de moment : deux semaines plus tôt, le 28 août, Nicolas Hulot claquait la porte du ministère de la transition écologique, avec notamment ces mots sur l’antenne de France Inter : « On veut rénover 500 000 passoires thermiques [par an]. Or, on a baissé de moitié les moyens pour rénover ces bâtiments. Je sais déjà, au moment d’acter ce plan de rénovation, que l’on ne pourra pas atteindre les objectifs. » Difficile de motiver les foules quand le meneur lui-même n’y croit plus…
L’enjeu ne fait pas débat : sur un parc de 35 millions de logements, la France compte 7,5 millions de « passoires » – étiquetés F ou G, soit les moins bonnes notes du diagnostic énergétique. Or les bâtiments représentent 45 % de la consommation d’énergie et un quart des émissions de gaz à effet de serre dans l’Hexagone. Et les constructions neuves aux dernières normes thermiques ne représentent que 1 % du parc chaque année. Autant dire qu’on n’atteindra pas les objectifs de neutralité carbone en 2050 sans une rénovation massive des bâtiments existants. Il faut qu’à cette échéance l’intégralité du parc immobilier atteigne la norme bâtiment basse consommation (BBC).
« En réalité, c’est un budget en baisse »
C’était bien l’objectif du plan dévoilé le 26 avril, après des mois de concertation, par Nicolas Hulot et Jacques Mézard, ministre de la cohésion des territoires. En 12 actions et 32 mesures, il se donne pour ambition de rénover 500 000 logements chaque année – dont 100 000 logements sociaux – et un quart des bâtiments publics sur le quinquennat. Budget : 14 milliards d’euros sur cinq ans, plus 5 milliards d’euros de certificats d’économies d’énergie.
Insuffisant, pour beaucoup...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-6"> ¤ RATP Dev espère rafler 100  millions d’euros de chiffre d’affaires à sa rivale en  2019.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-6"> ¤                     
                                                   
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Transport public : la RATP vient défier Keolis-SNCF sur ses terres du Grand Ouest

RATP Dev espère rafler 100  millions d’euros de chiffre d’affaires à sa rivale en  2019.



LE MONDE
 |    08.09.2018 à 11h00
    |

                            Éric Béziat








                        



                                


                            

Cap à l’ouest ! Après avoir conquis Vannes en 2017, Lorient en 2018, RATP Dev se verrait bien vainqueur à Brest en 2019. La filiale de la célèbre régie du métro parisien remettra début octobre une proposition chiffrée à la métropole de Brest pour être opérateur du réseau Bibus de l’agglomération bretonne, un marché de 40 millions d’euros détenu depuis des décennies par la SNCF, par l’intermédiaire de sa filiale de transport public urbain Keolis.
Un match SNCF-RATP pour savoir qui va faire fonctionner une vingtaine de lignes de bus, une ligne de tramway et un téléphérique urbain dans le Finistère, voilà de quoi surprendre. Rien de plus banal en réalité. Les appels du transport public des villes françaises sont en effet fréquemment le théâtre d’un jeu à trois acteurs : une rude concurrence à laquelle se livrent les deux leaders Keolis et Transdev (filiale de la Caisse des dépôts), et le challenger RATP Dev.
« RATP Dev ? Quand ils vous tiennent, ils ne vous lâchent pas », dit Pierre Le Bodo, président centriste de Golfe du Morbihan-Vannes agglomération, se remémorant sourire aux lèvres les âpres négociations de 2016, lorsque la filiale de la régie parisienne a raflé à Transdev le marché des transports publics de la métropole morbihannaise que l’opérateur sortant gérait pourtant depuis quarante ans.
Une sélection attentive des cibles
C’est que la petite nouvelle a très faim. Créée par sa maison mère ex nihilo il y a quinze ans pour pouvoir se développer hors région parisienne, RATP Dev a une feuille de route ambitieuse. L’entreprise, dirigée par une femme, Laurence Batlle, génère aujourd’hui 1,2 milliard d’euros de chiffre d’affaires (contre 6,6 et 5,4 pour Transdev et Keolis) et a pour objectif d’atteindre les 2,2 milliards en 2022.
Dans ce contexte, RATP Dev a décidé de faire du Grand Ouest une terre de conquêtes. Or, l’entreprise parisienne vient planter ses petits drapeaux sur un territoire où Keolis-SNCF est solidement...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-7"> ¤ Rome prépare sa programmation budgétaire pluriannuelle et veut éviter un choc frontal avec Bruxelles.
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L’Italie change de ton sur les finances publiques

Rome prépare sa programmation budgétaire pluriannuelle et veut éviter un choc frontal avec Bruxelles.



LE MONDE
 |    08.09.2018 à 11h00
    |

            Jérôme Gautheret (Rome, correspondant)








                        



                                


                            

Rassurer les marchés, laisser les comptes en ordre, éviter le conflit ouvert avec Bruxelles… En à peine quelques jours, le changement de ton du gouvernement italien est spectaculaire. Et il faut bien avouer que le fait d’entendre soudain les deux hommes forts du gouvernement assurer en chœur qu’il s’agit de « respecter les contraintes européennes » (Matteo Salvini, Ligue), pour « ne pas détruire l’Europe » (Luigi Di Maio, Mouvement 5 étoiles) a quelque chose de déconcertant, cent jours après la formation d’un gouvernement qui n’a eu de cesse, jusque-là, de promettre aux Italiens un affrontement direct avec Bruxelles sur les questions budgétaires.
Le Fonds monétaire international n’a pas manqué de saluer immédiatement ce virage, jeudi 6 septembre, en soulignant, par la voie de son porte-parole, Gerry Rice, que « les marchés s’étaient inquiétés de la possibilité, de la part de l’Italie, d’une marche arrière sur les réformes et d’un relâchement de la discipline budgétaire, mais ont été rassurés ».
Un homme n’a pas changé de discours depuis le début. C’est le ministre des finances, Giovanni Tria, partisan assumé de la réduction des déficits et du dialogue avec l’Europe. Cet universitaire modéré et plutôt proeuropéen, n’appartenant à aucune des deux composantes de l’actuelle majorité gouvernementale, la Ligue (extrême droite) et le Mouvement 5 étoiles (antisystème), devra rendre public, dans les prochains jours, la nouvelle version du document pluriannuel de programmation budgétaire.

Dans la dernière mouture de ce texte, délivrée fin juin, le gouvernement italien avait affirmé qu’il maintenait la prévision de retour à l’équilibre en 2020, fixée par ses prédécesseurs. Sans tourner le dos à l’objectif général de réduction des déficits, la nouvelle version devrait délier l’Italie de cet engagement, afin de se redonner un peu de souplesse. Cela sera-t-il suffisant pour s’offrir un peu d’air sans trop effrayer...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-8"> ¤ il est encore trop facile de publier des études annonçant des effets expérimentaux qui, en réalité, n’existent pas ou sont plus faibles qu’on ne l’a prétendu, explique dans sa chronique l’économiste Paul Seabright.
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Quand les chercheurs jugent « la fiabilité réelle des études scientifiques »

il est encore trop facile de publier des études annonçant des effets expérimentaux qui, en réalité, n’existent pas ou sont plus faibles qu’on ne l’a prétendu, explique dans sa chronique l’économiste Paul Seabright.



LE MONDE
 |    08.09.2018 à 10h30
    |

                            Paul Seabright (Professeur à l'Institut d'études avancées de Toulouse)








                        



                                


                            

Recherches. Quel crédit peut-on accorder aux études scientifiques publiées dans les revues les plus prestigieuses ? Même si leurs procédures de sélection sont les meilleures, même si le filtrage qu’elles ont mis en place est très efficace, il est toujours possible que des études soutiennent des hypothèses fausses et que personne ne les remette en question avant publication.
Depuis quelque temps, la communauté scientifique s’intéresse aux tentatives de reproduire des études déjà publiées. Le Reproducibility Project : Psychology a essayé de dupliquer 97 études en psychologie et a constaté, en 2015, que seules 36 % d’entre elles pouvaient être confirmées. L’Experimental Economics Replication Project a fait de même, en 2016, pour 18 études en économie expérimentale, avec un taux de confirmation de 61 % – plus élevé, mais loin d’être écrasant.
Une équipe de chercheurs vient de publier une duplication de 21 études phares en sciences sociales expérimentales, publiées entre 2010 et 2015 dans Nature et Science, les deux revues scientifiques les plus prestigieuses (« Evaluating the replicability of social science experiments in “Nature” and “Science” between 2010 and 2015 », par Colin F. Camerer et al., « Nature Human Behaviour Letters », 27 août 2018). L’une des particularités de ce projet est que la taille des échantillons utilisés pour la duplication est environ cinq fois plus grande que celle des échantillons des études d’origine, ce qui augmente sensiblement la fiabilité de la reproductibilité.
Des progrès nécessaires
Treize d’entre elles confirment, de façon statistiquement significative, les effets constatés dans l’expérience originale, soit un taux de 62 %. Mais l’ampleur de l’effet confirmé pour ces 13 études est inférieure de moitié à l’ampleur constatée dans la première étude !
Certes, il peut y avoir des faiblesses dans la mise en œuvre des tentatives de duplication. Mais, globalement,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-9"> ¤ Marjolaine Meynier-Millefert, députée (LRM) de l’Isère, copréside le comité de pilotage du plan de rénovation énergétique des bâtiments.
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Rénovation énergétique : « Il y a un manque de portage politique sur la rénovation énergétique »

Marjolaine Meynier-Millefert, députée (LRM) de l’Isère, copréside le comité de pilotage du plan de rénovation énergétique des bâtiments.



LE MONDE
 |    08.09.2018 à 10h12
 • Mis à jour le
08.09.2018 à 11h12
    |

            Grégoire Allix








                        



                                


                            

Députée (La République en marche) de l’Isère, Marjolaine Meynier-Millefert copréside le comité de pilotage du plan de rénovation énergétique des bâtiments. Elle plaide pour des moyens financiers accrus et un portage politique renforcé.
Avez-vous été surprise par les propos de Nicolas Hulot, qui a estimé en annonçant sa démission qu’on ne tiendrait pas les objectifs du plan de rénovation des bâtiments faute de moyens ?
Non, Nicolas Hulot est plutôt dans le vrai. Je partage sa frustration. Ce n’est pas que rien n’est fait : beaucoup d’argent a été mis sur la table à l’occasion de ce plan, beaucoup d’actions lancées. Mais quand on compare les ambitions et les moyens, on ne peut que constater que nous ne sommes pas cohérents. Les moyens ont été réduits de moitié sur le crédit d’impôt transition énergétique, on n’a aucune idée de comment sera financé le service public de la performance énergétique censé se déployer dans les territoires, il a même été question de revoir la TVA réduite sur la rénovation… Tout cela crée de l’inquiétude et de l’incertitude.

Vous estimez, comme les associations et les professionnels, qu’il faut des budgets démultipliés…
On peut toujours demander beaucoup plus d’argent, mais on sait bien que ce n’est pas à l’ordre du jour. Déjà, si on avait des finances claires et stables, ce serait bien. Aujourd’hui, on ne sait même pas de quels moyens on dispose ! Sur plusieurs sujets, il n’y a pas encore d’arbitrage finalisé mais on entend des rumeurs inquiétantes. Il nous faut des décisions budgétaires rapides et fermes. Cette rénovation énergétique, ça fait plus de dix ans qu’elle est urgente, qu’on dit qu’il faut passer à une échelle industrielle pour tenir nos objectifs et rester dans le cadre européen. Aujourd’hui, on est sur la ligne de crête avant que ces objectifs ne deviennent inatteignables.

Comment expliquer que les arbitrages ne soient...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-10"> ¤ L’Elysée n’a pas encore rendu tous ses arbitrages, mais la feuille de route énergétique de la France pourrait convenir aux souhaits d’EDF.
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La réduction de la part du nucléaire pourrait attendre 2035

L’Elysée n’a pas encore rendu tous ses arbitrages, mais la feuille de route énergétique de la France pourrait convenir aux souhaits d’EDF.



LE MONDE
 |    08.09.2018 à 09h55
    |

                            Nabil Wakim








                        



                                


                            

C’est le grand dossier qui attend François de Rugy sur son bureau de nouveau ministre de la transition écologique et solidaire : la feuille de route énergétique de la France pour les cinq prochaines années, la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE). « Nous serons en mesure de la présenter à la fin du mois d’octobre », a expliqué M. de Rugy sur France Inter, mercredi 5 septembre.
La PPE doit notamment fixer la part de l’atome dans la production d’électricité française et la trajectoire pour descendre à 50 % de nucléaire – contre 75 % aujourd’hui – dans le mix électrique. La loi de transition énergétique, votée sous François Hollande, fixait comme horizon 2025, un objectif auquel Nicolas Hulot et Emmanuel Macron ont rapidement renoncé.

A l’issue du séminaire gouvernemental de rentrée, mercredi, Edouard Philippe a évoqué un « horizon de 2035 » comme nouvel objectif. Si les services de Matignon se sont empressés d’affirmer que rien n’est tranché, plusieurs sources au sein de la majorité ont confirmé au Monde que le texte de la PPE en gestation à l’Elysée pose l’hypothèse d’une baisse de la production nucléaire à 50 % en 2035. Cette date serait satisfaisante pour EDF, qui privilégie un scénario de fermeture de certains réacteurs à partir de 2029. Mais elle sera certainement perçue comme trop lointaine par les écologistes et les associations antinucléaires.
En contrepartie, le texte pourrait donner de manière précise le nombre de réacteurs à fermer – peut-être même en donnant une liste indicative de centrales prioritaires. Mais le sujet fait débat à l’Elysée, car l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) ne rendra pas d’avis générique sur l’ensemble des réacteurs avant 2021. Or c’est précisément sur cet avis que l’exécutif compte s’appuyer pour arrêter les réacteurs jugés les moins sûrs. Une exception : les deux réacteurs de la centrale de Fessenheim (Bas-Rhin) que le gouvernement s’est déjà engagé à fermer...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-11"> ¤ Grâce à une combinaison équipée de capteurs, le groupe nippon vend en ligne du sur-mesure.
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Le japonais Zozo affole le marché du jean

Grâce à une combinaison équipée de capteurs, le groupe nippon vend en ligne du sur-mesure.



LE MONDE
 |    08.09.2018 à 09h43
    |

                            Juliette Garnier








                        



   


Zozo débarque en Europe. Le distributeur japonais d’habillement Start Today lance lundi 10 septembre sa marque de jeans, chemises et tee-shirts. Sa collection ne comprend qu’une vingtaine de pièces au style unisexe. Mais peu importe. Grâce à un concept de sur-mesure made in China, vendu uniquement en ligne dans 72 pays, Start Today table sur un succès aussi vif que celui rencontré au Japon au printemps.
Fondée par le milliardaire Yusaku Maezawa en 1998, la société a conçu une combinaison équipée de 350 capteurs, la Zozosuit. Les clients doivent l’enfiler et poser devant leur smartphone, après avoir téléchargé l’application de la marque. Le téléphone recueille alors toutes ses mesures en établissant une photo en 3D. « Trois minutes suffisent », explique son directeur opérationnel, Masahiro Ito. Sur l’appli, un algorithme choisit alors le jean, la chemise ou le tee-shirt jugé idéal. Le client sélectionne lui la coupe, puis les finitions, dont l’emplacement des poches ou l’aisance voulue. En fonction de ses mensurations, Zozo lui proposera alors un article issu de son catalogue, qu’il peut expédier sous quatre jours, ou un article fait à ses mesures, livré sous quatre semaines.
2,7 milliards de dollars de chiffre d’affaires
Au Japon, depuis son lancement, en avril, le distributeur a expédié plus d’un million de combinaisons à ses clients. A la tête de 2,7 milliards de dollars (2,3 milliards d’euros) de chiffre d’affaires, Start Today espère s’imposer aux Etats-Unis et en Europe.
A en croire ses dirigeants, la crise que traverse le secteur depuis dix ans en France n’est aucunement un obstacle à son ambition. « Zozo s’adresse à ceux qui ne peuvent pas s’habiller dans les tailles standard », avance sa directrice générale en Europe, Suzanne Burger. Grâce à un tarif de 59 euros pour un jean, la marque « esquive la guerre des prix » qui sévit sur le Net, avance aussi la dirigeante.
Pour se faire connaître, cet été, la firme a livré gratuitement 100 000 jeans sur mesure. Depuis, sur Instagram et autres Facebook, les gagnants ont publié des photos d’eux vêtus d’une Zozosuit. A peu de frais, « ce sont les gens qui font la publicité de Zozo ! », se félicite M. Ito.
En 2019, toujours en Europe, devrait aussi être lancée une ligne de costumes. En outre, Zozo, qui fait fabriquer ses gammes en Chine, veut avoir recours à des machines à coudre automatisées et livrer grâce à des robots. Objectif : livrer toujours plus vite, à moindre coût.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-12"> ¤ Au début du XXe siècle, 4 500 hectares étaient consacrés à cette culture. Au fil des aléas de l’histoire, la surface s’est rétrécie comme peau de chagrin. Il n’en reste plus que 450 hectares, rappelle Laurence Girard, journaliste au « Monde », dans sa chronique hebdomadaire.
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« Le houblon français a bu la tasse, noyé par la mondialisation »

Au début du XXe siècle, 4 500 hectares étaient consacrés à cette culture. Au fil des aléas de l’histoire, la surface s’est rétrécie comme peau de chagrin. Il n’en reste plus que 450 hectares, rappelle Laurence Girard, journaliste au « Monde », dans sa chronique hebdomadaire.



LE MONDE
 |    08.09.2018 à 09h37
    |

            Laurence Girard








                        



                                


                            

« Planteurs de houblon, wanted ! » L’annonce s’affiche en grand au fronton des brasseries françaises. Un appel de plus en plus pressant, tant le marché de la bière est sous pression, emporté par la vague des micro-brasseries. Un phénomène qui n’a pas fait pschitt. Bien au contraire. « En 2017, une nouvelle brasserie s’ouvrait tous les trois jours. Cette année, le rythme est d’une ouverture par jour », affirme Maxime Costilhes, délégué général de Brasseurs de France. Il table sur 1 500 faiseurs de mousse fin 2018. Même à Marseille, à deux pas de la Canebière.
Or qui dit bière dit houblon. Une obligation fixée par les législateurs français, même s’ils ne disent mot sur la teneur minimale de cet ingrédient dans la recette. Les nouveaux venus, eux, en pincent pour cette épice. Il est vrai qu’on lui doit tout, à la fois l’amertume et les arômes de la boisson. Le « taux d’alpha » de la plante, sa substantifique moelle, est l’alpha et l’oméga de la bière. Et la mode des bières Indian Pale Ale (IPA), fortement houblonnée, conforte l’effervescence autour de cette plante.
Mais le houblon français a bu la tasse. Noyé par la mondialisation. Pourtant, longtemps, l’origine alsacienne a fait référence dans la planète bière. Le strisselspalt se faisait mousser hors des frontières. Au début du XXe siècle, 4 500 hectares étaient même consacrés à cette culture. Au fil des aléas de l’histoire, la surface s’est rétrécie comme peau de chagrin. Il n’en reste plus que 450 hectares. Presque une mise en bière. A comparer aux 23 500 et 20 140 hectares recensés respectivement aux Etats-Unis et en Allemagne, le duo de choc détenant les deux tiers des surfaces mondiales de houblon.
La dernière crise date de 2010, lors du rachat d’Anheuser-Busch par InBev. L’américain prisait le strisselspalt pour sa Budweiser. Une touche de bon goût effacée du jour au lendemain, rationalisation oblige. Nouvel arrachage de cheveux et de plantes...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-13"> ¤ 79 % des jeunes Français âgés de 21 à 30 ans, et 73 % des trentenaires s’affirment désireux de s’expatrier, souligne Annie Kahn dans sa chronique.
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Pourquoi les Français « ont envie d’aller vivre ailleurs »

79 % des jeunes Français âgés de 21 à 30 ans, et 73 % des trentenaires s’affirment désireux de s’expatrier, souligne Annie Kahn dans sa chronique.



LE MONDE
 |    08.09.2018 à 08h00
 • Mis à jour le
08.09.2018 à 12h22
    |

            Annie Kahn








                        



                                


                            

Ma vie en boîte. Retour de vacances. Certains sont ravis de retrouver leurs pénates, qu’ils soient domestiques, ou professionnels. Retrouver ses habitudes, ses voisins de bureau, reprendre ses marques dans un univers familier. D’autres, au contraire, encore imprégnés du bonheur de découvrir de nouvelles cultures, de nouveaux paysages, d’autres modes de vie, rêvent de ne pas limiter l’expérience aux périodes de congé, mais de l’approfondir en s’expatriant, ne serait-ce que temporairement.
A l’échelle mondiale, tous actifs de tous pays confondus, la période ne leur est pas géopolitiquement favorable. Que l’on pense au Brexit, qui va limiter les possibilités de travailler en Angleterre. Ou à la politique nationaliste des Etats-Unis, hostile aux immigrés et donc à délivrance de visas de travail.
Selon une étude sur les souhaits de mobilité internationale menée auprès de 366 000 personnes en activité dans 197 pays, par le Boston Consulting Group (BCG) et publiée le 25 juin, le Royaume-Uni était ainsi la destination citée en premier par les travailleurs chinois désirant s’expatrier en 2014. Elle n’est plus qu’en septième position en 2018, l’Australie prenant la tête de ce classement. Mais, ceci expliquant peut-être cela, les candidats à l’expatriation sont aussi de moins en moins nombreux.
En France, le taux des candidats au départ reste cependant particulièrement élevé. L’étude du BCG en atteste. 79 % des jeunes Français âgés de 21 à 30 ans, et 73 % des trentenaires s’affirment désireux de s’expatrier. Alors que ces taux atteignent respectivement 61 % et 58 %, tous pays confondus. Deux pays partiellement francophones, la Suisse et le Canada, sont les deux destinations les plus prisées des Français, devant les Etats-Unis, l’Australie et le Royaume-Uni.
Les Français ne partent pas pour gagner plus
La multiplication d’opportunités d’étudier à l’étranger qui leur ont été offertes durant leur jeunesse a ouvert leur curiosité...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-14"> ¤ Ces derniers mois, la tension était à son comble entre le groupe public et son ministre de tutelle. Au cœur du conflit : le futur de la filière nucléaire française.
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Article sélectionné dans La Matinale du 07/09/2018
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Dans les coulisses de la bataille entre Hulot et EDF sur le nucléaire

Ces derniers mois, la tension était à son comble entre le groupe public et son ministre de tutelle. Au cœur du conflit : le futur de la filière nucléaire française.



LE MONDE
 |    08.09.2018 à 06h35
 • Mis à jour le
08.09.2018 à 17h14
    |

                            Nabil Wakim








                        



                                


                            

La scène se passe dans le froid de janvier à Juillé, dans la Sarthe. Nicolas Hulot vient de grimper en haut du mât d’une éolienne, harnaché comme il pouvait l’être dans l’émission Ushuaïa, sur TF1. Une première pour un ministre de l’environnement en exercice.
Dans le train du retour, le ministre se satisfait des mesures du gouvernement qui encouragent le développement des énergies renouvelables. Surtout, il se sent d’attaque pour engager la bataille avec EDF sur la baisse du nucléaire. « Depuis que je suis là, ils ont compris qu’il fallait mieux le faire ensemble, ils ont compris que ce n’était pas négociable », explique au Monde le ministre. Arrivé à Paris, sur le quai de la gare Montparnasse, il résume : « Il faut bien comprendre que si je n’étais pas là, on serait repartis pour la construction de deux EPR. » 
Hulot parti, les réacteurs nucléaires auront-ils la voie libre ? C’est en tout cas le premier dossier qui attend sur son bureau François de Rugy, nommé mardi ministre de la transition écologique et solidaire, et connu pour son engagement antinucléaire.
Bataille à bas bruit
C’est une bataille à bas bruit qui s’est déroulée pendant un an entre Nicolas Hulot et EDF, entreprise dont il avait la tutelle. D’un côté, un ministre qui n’a pas toujours été antinucléaire, mais qui a acquis la conviction ces dernières années que cette énergie n’avait pas d’avenir. De l’autre, la direction d’EDF, Bercy et l’ensemble de la filière nucléaire française – ses 220 000 salariés, ses ingénieurs et son poids au cœur même de l’Etat –, persuadés que le nucléaire reste une chance pour la France.

Entre les deux, Emmanuel Macron, partisan de longue date du nucléaire, mais qui maintient sur ce sujet une politique du « en même temps », qui lui a longtemps permis de ménager des soutiens chez les partisans et les opposants à l’atome.
Deux questions sont rapidement au centre de ce pas de deux : comment...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-15"> ¤ Pour le prix Nobel et ancien conseiller de Bill Clinton, la politique menée par le locataire de la Maison Blanche est désastreuse pour l’Américain ordinaire.
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Article sélectionné dans La Matinale du 07/09/2018
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Joseph Stiglitz : « La politique économique de Trump est conçue pour les ultra-riches »

Pour le prix Nobel et ancien conseiller de Bill Clinton, la politique menée par le locataire de la Maison Blanche est désastreuse pour l’Américain ordinaire.



LE MONDE
 |    08.09.2018 à 06h33
 • Mis à jour le
08.09.2018 à 10h50
    |

                            Samuel Fitoussi








                        



                                


                            

Professeur d’économie à l’université Columbia, Joseph Stiglitz a dirigé les conseillers économiques du président Clinton (1995-1997), avant d’être chef économiste de la Banque mondiale (1997-2000). En 2001, il a reçu le prix Nobel d’économie pour ses travaux sur l’asymétrie d’information sur les marchés imparfaits. Il a publié de nombreux ouvrages dont La Grande Désillusion (Fayard, 2002) ou plus récemment, L’Euro : comment la monnaie unique menace l’avenir de l’Europe (éd. Les Liens qui libèrent, 2016).
Depuis l’élection de Donald Trump, le S&P 500, indice basé sur les 500 plus grandes sociétés cotées aux Etats-Unis a augmenté de 33 % pour atteindre son plus haut niveau historique, le taux de chômage est bas, et celui de la croissance, annualisée, atteint plus de 4 %. Finalement, Trump, ça marche ?
La bonne santé de l’économie américaine n’est pas à mettre au crédit de Donald Trump. Premièrement, il bénéficie de la reprise économique qui a débuté sous Barack Obama. Deuxièmement, il a fait exploser le déficit budgétaire en augmentant la dépense publique et en baissant les impôts, ce qui, naturellement, crée de la croissance à court terme. En France, un choc fiscal de cette ampleur, qui a vu le déficit public américain passer de 3 % à presque 6 % du produit intérieur brut (PIB), n’aurait même pas été autorisé par les traités européens.
Troisièmement, si les cours de la Bourse ont tant augmenté, c’est surtout parce que les impôts sur les sociétés ont beaucoup baissé, ce qui a augmenté les valeurs des entreprises. Enfin, si on compare la situation aux Etats-Unis depuis l’élection de Trump avec celle des autres pays de la région, on se rend compte qu’elle n’a rien d’exceptionnel. Par exemple, entre 2016 et 2017, la croissance a davantage augmenté au Canada qu’aux Etats-Unis.

En faisant exploser le déficit public, Trump déplace le fardeau de la charge fiscale sur les générations futures. Sa...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-16"> ¤ Mesurer le phénomène selon différents critères – revenu, consommation, ressenti – permet de dépasser les représentations courantes, et en particulier la dichotomie entre actifs et « assistés », démontre le sociologue Nicolas Duvoux dans une tribune au « Monde ».
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Pauvreté : de quoi et de qui parle-t-on ?

Mesurer le phénomène selon différents critères – revenu, consommation, ressenti – permet de dépasser les représentations courantes, et en particulier la dichotomie entre actifs et « assistés », démontre le sociologue Nicolas Duvoux dans une tribune au « Monde ».



LE MONDE
 |    08.09.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
08.09.2018 à 11h33
    |

Nicolas Duvoux (Sociologue)







                        



                                


                            

Tribune. La pauvreté est une notion complexe, en général appréhendée par le biais d’un « seuil » dont la définition ne fait pas consensus. Dans la plupart des pays non-européens, c’est la notion de pauvreté « absolue » qui prévaut, la pauvreté étant pensée en fonction de la capacité à satisfaire un certain nombre de besoins considérés comme des minimums vitaux.
La Banque mondiale retient par exemple un seuil d’extrême pauvreté de 1,90 dollar par jour, tandis que les Etats-Unis font passer la ligne de pauvreté à 25 100 dollars par an pour une famille de quatre personnes. En Europe, la définition de la pauvreté est aussi essentiellement fondée sur le revenu, mais c’est plutôt la notion de « pauvreté relative » qui prédomine, basée sur l’idée selon laquelle sa délimitation varie en fonction de la société dans laquelle on vit.
En France, est considéré comme pauvre tout individu vivant dans un ménage dont le niveau de vie est inférieur à 60 % du niveau de vie médian (1 015 euros par mois pour une personne isolée en 2015, soit 14,2 % de la population). D’après cette définition, le taux de pauvreté a reculé d’à peine 4 points au cours des cinquante dernières années. Plus significatives, peut-être, sont les évolutions qualitatives de la pauvreté : comme dans l’ensemble des pays développés, celle-ci s’est déplacée vers les jeunes, les familles monoparentales et les populations urbaines.

La pauvreté touche aujourd’hui de manière disproportionnée les enfants (19,9 %), les jeunes adultes (25,2 % des 18-24 ans) et les familles monoparentales (34,9 %). Très exposées au cours de la période des « trente glorieuses », les personnes âgées et retraitées apparaissent aujourd’hui relativement épargnées par ce type de pauvreté, grâce aux retraites dont les montants, quoique relativement modestes (en 2016, la pension de droit direct s’élevait en moyenne à 1 294 euros par mois), offrent un niveau de vie souvent supérieur au seuil de pauvreté...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-17"> ¤ La vente Yellow Ball organisée à Londres le 20 septembre par Sotheby’s donnera une indication de la cote de cet artiste turbulant et prolixe.
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Une vente test pour Damien Hirst

La vente Yellow Ball organisée à Londres le 20 septembre par Sotheby’s donnera une indication de la cote de cet artiste turbulant et prolixe.



LE MONDE
 |    08.09.2018 à 06h30
    |

                            Roxana Azimi








                        



                                


                            

Marché de l’art. La vente Yellow Ball organisée le 20 septembre par Sotheby’s est le dernier chapitre d’une aventure artistique doublée d’une entreprise commerciale unissant un agent, Frank Dunphy, et son « poulain », Damien Hirst. Près de la moitié de la vacation, estimée entre 6 et 8 millions de livres sterling (entre 6,7 et 8,9 millions d’euros), est d’ailleurs consacrée à l’artiste britannique.
Hirst est à lui seul l’emblème des Young British Artists, cette bande d’artistes turbulents qui avec le groupe Oasis a incarné le Cool Britannia de la fin des années 1990, injectant du sang neuf à une scène britannique anémiée. A la différence de ses consœurs Tracey Emin ou Sarah Lucas, plébiscitées par les musées, l’artiste britannique a tracé sa route sans l’appui des curateurs. C’est en bonne partie à Frank Dunphy qu’il doit sa fortune estimée à 262 millions de livres sterling.

Pour qualifier la relation entre les deux hommes, Oliver Barker, président de Sotheby’s Europe, ose ce parallèle : « Frank Dunphy a été pour Hirst ce que Pierre Bergé fut pour Yves Saint Laurent, il lui a permis de se concentrer sur sa créativité. » L’homme d’affaires fut surtout l’artisan de ses coups les plus mémorables (pendables ?) sur le marché. En 2007, il produit un crâne serti de vrais diamants, dont la valeur réelle était bien inférieure au prix exigé de 100 millions de dollars.
En 2004, il orchestre la vente du contenu du restaurant de Hirst baptisé Pharmacy. Résultat : 11 millions de livres sterling. Quatre ans plus tard, autre jackpot : l’artiste cède des œuvres à peine sorties de l’atelier pour 111,5 millions de livres sterling. Ironie de l’histoire, la vente mirifique se déroule le jour même de la faillite de la banque Lehman Brothers. Selon la base de données Artprice, six des dix plus gros prix de Hirst datent de cette vente.
Des collectionneurs réputués moutonniers
Depuis, l’artiste n’a cessé de tourner ses...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-18"> ¤ Dans sa chronique au « Monde », l’économiste met en garde contre le fait que des coalitions similaires à celle au pouvoir en Italie ne se généralisent un jour, y compris en France.
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Thomas Piketty : « Ce qui rend Salvini si dangereux, sa capacité à allier le discours nativiste et social »

Dans sa chronique au « Monde », l’économiste met en garde contre le fait que des coalitions similaires à celle au pouvoir en Italie ne se généralisent un jour, y compris en France.



LE MONDE
 |    08.09.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
08.09.2018 à 11h04
    |

                            Thomas Piketty (Directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales, Ecole d’économie de Paris)








                        



                                


                            
Chronique. Depuis le printemps, l’Italie est gouvernée par une étrange coalition social-nativiste, regroupant le Mouvement 5 étoiles (M5S), parti antisystème et antiélites, inclassable dans les typologies gauche-droite habituelles, mais dont l’un des leitmotivs est la création d’un revenu de base, et la Lega, l’ancienne Ligue du Nord, mouvement régionaliste et anti-impôts, maintenant reconverti en parti nationaliste spécialisé dans la chasse aux étrangers.
On aurait bien tort de mettre cet attelage étonnant sur le compte de l’exotisme italien. En réalité, tous les gouvernements européens partagent une responsabilité dans l’émergence de ce type de coalition, aussi désespérée qu’incohérente. Si l’on n’y prend garde, le cauchemar social-nativiste italien pourrait très vite nous concerner de près, d’abord par ses conséquences européennes, et ensuite parce qu’il n’est pas exclu que des coalitions similaires puissent un jour se généraliser dans d’autres pays, y compris en France.
Résumons. Le M5S fait ses plus gros scores dans les catégories populaires du sud du pays et parmi les déçus de tous les partis, séduits par les promesses sur le social et le développement des régions délaissées. La Lega attire des voix populaires anti-immigrés, surtout dans le nord, où le parti conserve aussi un socle de cadres et d’indépendants antipercepteurs.
Une coalition avait un moment été envisagée entre le M5S et le PD (Parti démocrate, regroupant les anciens partis de gauche, et maintenant situé quelque part entre le centre gauche et le centre droit, on ne sait plus trop), mais ce dernier a finalement refusé, préférant miser sur l’échec des populistes.
Revenu de base et « flat tax »
Le M5S et la Lega se sont alors accordés sur un programme fondé sur la mise en place du revenu de base prôné par le M5S (qui pourrait ressembler au revenu de solidarité active à la française) et de la « flat tax » défendue par la Lega, c’est-à-dire un impôt prélevé...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-19"> ¤ Pendant plus de dix ans, Theranos a été l’une des vitrines de la Silicon Valley. Lundi, elle va, cependant, entamer son processus de dissolution.
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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-20"> ¤ Jack Ma, 54 ans, prévoit de se consacrer, désormais, à des projets philanthropiques dans l’éducation mais continuera à conseiller le groupe.
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Le président du géant chinois Alibaba prend sa retraite

Jack Ma, 54 ans, prévoit de se consacrer, désormais, à des projets philanthropiques dans l’éducation mais continuera à conseiller le groupe.



LE MONDE
 |    08.09.2018 à 03h33
 • Mis à jour le
08.09.2018 à 11h24
   





                        



   


Le président et cofondateur emblématique du géant chinois du commerce en ligne Alibaba a annoncé son départ en retraite à compter de lundi, jour de ses 54 ans, dans une interview au New York Times publiée vendredi 7 septembre.
Ce départ n’est pas la fin d’une ère, « mais le début d’une ère », a déclaré au quotidien américain l’homme le plus riche de Chine, qui a cofondé en 1999 le groupe Alibaba, devenu depuis un mastodonte technologique, présent non seulement dans le commerce en ligne mais aussi dans l’informatique en nuage ainsi que dans les divertissements et les médias, apparaissant aujourd’hui comme un mélange – et un concurrent – des géants technologiques américains Amazon, eBay et Google.
Egalement derrière le service de paiement électronique Alipay, le groupe a largement contribué à transformer la façon dont les Chinois font leurs achats et les payent.
Jack Ma prévoit de se consacrer, désormais, à des projets philanthropiques dans l’éducation, mais continuera à conseiller le groupe, a-t-il précisé au New York Times.
Son départ n’est pas vraiment une surprise, Jack Ma ayant distillé ces derniers jours dans la presse des indices laissant présager d’un départ plus ou moins imminent. Il avait également déjà soigneusement préparé sa succession et avait déjà laissé le poste de directeur général à Daniel Zhang depuis quelque temps.

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                La Chine, cyberpuissance du futur  sur le Net ?



Self-made-man
Selon le dernier calcul du magazine spécialisé Forbes, la fortune de cet ancien professeur d’anglais véritable self-made-man, est estimée à 36,5 milliards de dollars, le plaçant à la 21e place mondiale. A la clôture vendredi soir, Alibaba pesait plus de 417 milliards de dollars de capitalisation boursière à Wall Street.
Après avoir été rejeté en 1999 par des investisseurs américains, Jack Ma avait pris une revanche retentissante, en réalisant en 2014 à Wall Street la plus grosse entrée en Bourse de l’histoire, en parvenant à lever 25 milliards de dollars. Il avait créé Alibaba dans son appartement de Hangzhou, dans l’est de la Chine, en empruntant 60 000 dollars à des amis.
Le groupe est aujourd’hui en forme financièrement. Il a annoncé le 23 août un bond de 61 % de son chiffre d’affaires trimestriel, à 80,9 milliards de yuans (12,2 milliards de dollars), toujours dopé par de robustes recettes publicitaires, mais également par ses investissements dans le cloud, le divertissement et des boutiques connectées.
Intelligence artificielle
Le groupe a vu son bénéfice net plonger de 41 %, à 1,3 milliard de dollars, mais essentiellement pour des raisons de changements comptables non récurrents. Il profite aussi de l’essor des transactions mobiles et a aussi massivement investi dans l’intelligence artificielle.
Alibaba compte sur son avance technologique pour maintenir son rang face à des rivaux chinois en plein essor, rognant ses parts de marché, de JD.com à Pingduoduo, une plate-forme d’articles vendus à petit prix et en lots qui vient de s’introduire à Wall Street.
Signe que sa stratégie de diversification porte ses fruits, c’est non seulement son activité de vendeur en ligne qui s’est envolée, mais aussi le cloud ou les divertissements et médias numériques, avec sa plate-forme vidéo Youku, qui a diffusé cet été des matches de la Coupe du monde de football.
Dans la vente en ligne, Alibaba détient, avec ses plates-formes Taobao et Tmall, environ 60 % du marché chinois du commerce de détail sur Internet, selon le cabinet eMarketer. Mais l’entreprise développe désormais d’étroites interactions avec le commerce traditionnel en dur, notamment via des supermarchés hyperconnectés sous sa marque Hema – fin juin, on en comptait 45 à travers la Chine –, tout en investissant dans des chaînes de distribution. Alibaba compte plus de 65 000 employés.



                            


                        

                        

