<FILE-date="2018/09/08/21">

<article-nb="2018/09/08/21-1">
<filnamedate="20180908"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180908"><AAMMJJHH="2018090821">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-1"> ¤ A Paris, entre 50 000 personnes, selon les organisateurs, et 18 500, selon la police, ont participé à « la marche pour le climat », samedi.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-1"> ¤                     
                                                

Mobilisation citoyenne dans toute la France pour le climat

A Paris, entre 50 000 personnes, selon les organisateurs, et 18 500, selon la police, ont participé à « la marche pour le climat », samedi.



LE MONDE
 |    08.09.2018 à 08h23
 • Mis à jour le
08.09.2018 à 21h52
   





                        



   


La mobilisation en ligne s’est transformée en mobilisation citoyenne. Plus de 100 000 personnes se sont réunies en France pour participer à « la marche pour le climat », samedi 8 septembre, selon l’association 350.org et les autres ONG qui ont contribué à organiser l’événement.
A Paris, entre 50 000, selon les organisateurs, et 18 500 personnes, selon la police, ont participé cette mobilisation. Tous répondaient à un appel citoyen lancé sur Facebook, pour faire des enjeux climatiques une priorité du gouvernement français, après la démission du ministre de la transition écologique, Nicolas Hulot.
Ce dernier a d’ailleurs commenté, dans un tweet, l’organisation de cette marche :

S’engager pour le #climat et la #biodiversité est la seule modernité. Les citoyens qui se mobilisent partout en Fra… https://t.co/xSjrop5fma— N_Hulot (@Nicolas Hulot)


require(["twitter/widgets"]);

« C’est la plus grande journée d’action pour le climat en France, c’est la preuve que les citoyens sont prêts à demander des comptes et des engagements aux élus qui nous entourent, après un été catastrophique au niveau climatique », a commenté à l’Agence France-Presse Clémence Dubois, responsable des campagnes de 350.org en France.
D’abord prévu pour le dimanche 2 septembre, l’événement a été décalé au 8 septembre pour coïncider avec la mobilisation « #Riseforclimate » organisée dans des centaines de villes dans le monde. Parmi les pancartes brandies place de l’Hôtel de Ville, au centre de la capitale, on pouvait lire des messages tel que « Climat enjeu mondial agissons » ou « La planète s’en remettra pas nous ». Après des discours et un concert, une marche s’est élancée 15 h 30 vers la place de la République.
Nos journalistes Pierre Bouvier et Rémi Barroux étaient sur place :

Sur le parvis de l’Hôtel de Ville, pendant les prises de parole avant le départ de la #MarchePourLeClimat. Point fa… https://t.co/IqyQ0lVgh1— pibzedog (@Pierre Bouvier)


require(["twitter/widgets"]);


Marche pour le #climat. Le lobby du vivant est très présent. « Chaud chaud, plus chaud que le climat ! » scandent l… https://t.co/XchaV5jRgo— remibx (@Rémi Barroux)


require(["twitter/widgets"]);

« Question de survie »
Cette initiative avait été lancée par Maxime Lelong, 27 ans, journaliste de formation et futur papa, le soir même de la démission de Nicolas Hulot, qui s’était plaint d’un manque de mobilisation populaire autour des enjeux climatiques. « J’ai l’impression qu’il y a un vrai élan qui s’est créé, il faut nous sauver de nous-mêmes, c’est une question de survie », a plaidé le jeune homme lors d’une conférence de presse, entouré de représentants d’ONG qui l’ont aidé à préparer l’événement, dont 350.org.
« Je vais être papa en décembre, je veux qu’il ait une planète vivable, qu’il ait un endroit où habiter, qu’il puisse avoir des petits-enfants. »

        Sur l’organisation de la mobilisation :
         

          Une « marche pour le climat » rencontre un succès inattendu sur Facebook grâce à l’« effet Hulot »



Plus de 116 000 personnes s’étaient dites sur Facebook intéressées par cette « Marche pour le climat », et plus de 30 000 avaient exprimé leur volonté d’y participer. « Si on est à 40 000 personnes, c’est génial », espérait M. Lelong, estimant qu’au-delà de la mobilisation de ce samedi, « l’aboutissement serait que le gouvernement prenne vraiment conscience du fait que la protection de l’environnement est une priorité ».

Marche pour le #climat. Le lobby du vivant est très présent. « Chaud chaud, plus chaud que le climat ! » scandent l… https://t.co/XchaV5jRgo— remibx (@Rémi Barroux)


require(["twitter/widgets"]);

Politiques et associations présentes
Des ONG se sont associées à l’événement à Paris, alors que l’association 350.org avait déjà prévu un rassemblement sur la place de l’Hôtel-de-Ville. Attac et Notre affaire à tous ont également soutenu le mouvement à Paris et en province. Parmi les partis politiques, La France insoumise, le Parti socialiste et Europe Ecologie-Les Verts (EELV) étaient présents dans le cortège.
Cécile Duflot, ex-ministre écologiste et désormais directrice générale d’Oxfam France, a salué une « volonté de la société civile de se réveiller ». « Il y a une prise de conscience, ils ont compris que ce n’est pas les générations futures qui vont être impactées, c’est nous », a-t-elle déclaré à l’AFP.

Florilège des banderoles et pancartes croisées dans le cortège de la #marchepourleclimat https://t.co/XRmyvYuLhX— pibzedog (@Pierre Bouvier)


require(["twitter/widgets"]);

« C’est une journée de mobilisation importante, c’est important qu’il y ait une implication des citoyens », a estimé de son côté Audrey Pulvar, qui dirige la Fondation pour la nature et l’homme (ex-Fondation Nicolas Hulot).
« La société va dans le mur »
Mais Maxime Lelong souhaitait surtout fait de ce rassemblement un mouvement citoyen, ce qu’il a été, regroupant un public de tous les âges. Sébastien, musicien dans le Val-de-Marne, participe avec sa femme et ses enfants de trois et huit ans à sa première manifestation : « Ça nous semble important d’être là. Nous en avons assez d’être manipulé par des gens qui se gavent sur le dos des gens et de la planète. »

   


Pierre-Antoine, ingénieur dans la santé, âgé de 30 ans, est présent « parce que la société va dans le mur ». Le jeune homme, dont « la prise de conscience remonte à quelques années », estime que « c’est tout un modèle de société qu’il faut changer » : 
« Il y a une corrélation entre la consommation d’énergie et les émissions de CO2. La conclusion qui s’impose à moi, c’est qu’il faut être décroissant et ne pas courir derrière le progrès scientifique. » 

Une des nombreuses pancartes présentes dans le cortège, critiquant l’action/inaction du gouvernent. Le cortège est… https://t.co/QkamRohtIr— pibzedog (@Pierre Bouvier)


require(["twitter/widgets"]);

Venu en famille, Yann Masurel, avec ses trois enfants et sa nièce, est « là pour dire qu’on n’en fait pas assez pour le climat ». « “Make our planet great again” n’était qu’un slogan », regrette-t-il, avant d’être coupé par sa fille de neuf ans, plus alarmiste encore : « C’est la fin du monde. »
Rassemblements dans toute la France
Quinze autres événements en France sont répertoriés sur Facebook, dont :
Parmi les nombreuses autres marches organisées en France, 10 000 personnes environ ont défilé à Lyon. « Urgence climatique, réveillons nous! », ont scandé les manifestants de tous âges, pour certains déguisés en abeilles.A Marseille, environ 2 500 personnes selon les organisateurs, 700 selon la police, ont défilé, en présence notamment de Jean-Luc Mélenchon ;A Bordeaux, un pique-nique a eu lieu à midi avant une marche depuis le Miroir d’eau, à l’initiative d’une particulière, Anne-Charlotte ;Dans l’Ouest, entre 3 000 et 5 000 personnes (selon la police et les organisateurs) se sont rassemblées à Rennes et 1 200 à Nantes. Plusieurs centaines ont défilé dans des villes normandes comme Rouen, Caen et Le Havre ;A Strasbourg, 3 800 personnes, selon la police, ont défilé à partir de 15 heures. Aux côtés de pancartes pour la défense du climat, clamant notamment « Pour une Alsace verte », « Flambez la tarte, pas la terre », « Biodiversité je t’aime », la manifestation était aussi celles des opposants au Grand contournement ouest (GCO) de Strasbourg, projet de rocade autoroutière auquel la préfecture vient de donner son feu vert ;Enfin à Lille, près de 4 700 personnes se sont rassemblées selon les organisateurs.

À #lille, selon les organisateurs, 4700 personnes étaient à la #marchepourleclimat. Après une minute de silence, l’… https://t.co/iQrG7tT3HU— lmoniez (@Laurie Moniez)


require(["twitter/widgets"]);

Parallèlement, la pétition « Non, Monsieur Hulot, vous n’êtes pas seul ! » lancée sur change.org par Mathieu Hestin, consultant en développement durable de 35 ans, comptait plus de 100 000 signatures samedi matin.

        Lire aussi :
         

          des centaines de villes se mobilisent à travers le monde






                            


                        

                        


<article-nb="2018/09/08/21-2">
<filnamedate="20180908"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180908"><AAMMJJHH="2018090821">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-2"> ¤ Dans les cabinets médicaux, l’arrêt-maladie est l’objet de négociations. Patients qui refusent, patients qui réclament… Des médecins racontent.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-2"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Arrêts-maladie : « Je dois régulièrement me battre avec des patients pour les arrêter »

Dans les cabinets médicaux, l’arrêt-maladie est l’objet de négociations. Patients qui refusent, patients qui réclament… Des médecins racontent.



LE MONDE
 |    08.09.2018 à 09h55
 • Mis à jour le
08.09.2018 à 18h11
    |

            François Béguin








                        



                                


                            

Les médecins ont senti le vent tourner. Après avoir envisagé cet été de faire payer aux employeurs une partie du coût des arrêts-maladie de courte durée, c’est désormais vers eux que le gouvernement s’est mis à regarder pour tenter d’endiguer la hausse régulière du montant des indemnités journalières. Un poste qui a dépassé en 2016 pour la Sécurité sociale les 7,1 milliards d’euros au titre des seuls arrêts-maladie (hors accidents du travail), en hausse de 15 % par rapport à 2010.
Cette explosion des dépenses a fait peser sur ces professionnels de santé le soupçon de distribuer des arrêts de façon légère, voire abusive. Interrogés sur leurs pratiques, des médecins décrivent pourtant des patients réticents à accepter ceux de courte durée, qui représentent près de la moitié des arrêts de travail (46 %) et seulement 4 % de la dépense totale des indemnités journalières.
« L’arrêt-maladie ne va pas de soi, je dois régulièrement me battre avec des patients pour les arrêter », raconte Julie Mazet, médecin généraliste à Annemasse (Haute-Savoie) et secrétaire générale de la branche généraliste de la Confédération des syndicats médicaux français. « On voit tous les jours dans nos cabinets des gens qui ne veulent pas être arrêtés, c’est notre réalité quotidienne », décrit Jean-Louis Bensoussan, généraliste à Castelmaurou (Haute-Garonne) et secrétaire général de MG France, le premier syndicat de généralistes.
Crainte d’une perte de salaire
Chaque prescription d’arrêt est même une « négociation » avec le patient, témoigne Marie Brosset, médecin généraliste en Bretagne et porte-parole du syndicat de jeunes médecins Reagjir. La réticence à accepter un arrêt est souvent directement liée à la taille de l’entreprise. La médecin l’explique ainsi : « Si c’est une petite boîte, que le patient est investi dans son boulot, il va tout faire pour ne pas s’arrêter, alors que c’est accepté plus facilement par les salariés des grosses...




                        

                        


<article-nb="2018/09/08/21-3">
<filnamedate="20180908"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180908"><AAMMJJHH="2018090821">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-3"> ¤ La joueuse de 20 ans, première Japonaise à se hisser en finale d’un Grand Chelem, affronte ce samedi à 22 heures l’Américaine, qu’elle a déjà battue cette année.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-3"> ¤                     
                                                

Naomi Osaka défie son idole Serena Williams en finale de l’US Open

La joueuse de 20 ans, première Japonaise à se hisser en finale d’un Grand Chelem, affronte ce samedi à 22 heures l’Américaine, qu’elle a déjà battue cette année.



LE MONDE
 |    08.09.2018 à 12h27
 • Mis à jour le
08.09.2018 à 21h14
    |

            Elisabeth Pineau (New York, envoyée spéciale)








                        



   


La première fois qu’il a croisé sa future élève, Sascha Bajin s’est plutôt dit : tout sauf elle. C’était lors d’un entraînement à Roland-Garros avec Caroline Wozniacki, la joueuse qu’il entraînait à l’époque. « J’ai pensé : encore une diva… car elle parlait à peine. Elle avait le regard fuyant, la tête basse. Je culpabilise encore de l’avoir mal jugée quand je l’ai rencontrée », racontait, mercredi 5 septembre, l’Allemand, qui l’entraîne depuis bientôt un an.
Naomi Osaka n’est, en réalité, ni arrogante ni capricieuse. C’est même tout le contraire. La jeune femme de 20 ans est timide, douce, bourrée d’autodérision et toujours polie. A priori, des traits de caractère étonnants chez une championne de tennis. Mais la Japonaise pourrait bien devenir l’une des terreurs du circuit féminin, en mal de nouvelles patronnes. En attendant, elle a fait un grand pas dans cette direction en se hissant en finale de l’US Open face à son idole Serena Williams.
Parcours éclair cette quinzaine
Depuis le début de la quinzaine new-yorkaise, la 19e joueuse mondiale est celle qui fait la plus forte impression, tableaux dames et messieurs confondus. Elle n’a perdu que 28 jeux, et hormis un huitième de finale poussif face à Aryna Sabalenka, à laquelle elle a concédé un set, elle a expédié ses cinq autres matchs (6-3, 6-2 ; 6-2, 6-0 ; 6-0, 6-0 ; 6-1, 6-1 ; 6-2, 6-4), la moitié en moins d’une heure. Des victoires expéditives dignes des Graf et Seles au début des années 1990. Après sa qualification pour les quarts, Osaka a fondu en larmes, elle qui ne comptait jusqu’à cette semaine qu’un huitième de finale en Grand Chelem, à Melbourne en janvier.
« Si je pouvais croire en moi comme les autres croient en moi, ce serait pas mal, mais j’y travaille », dit la jeune femme, première joueuse japonaise de l’ère Open à se hisser en finale d’un Grand Chelem. Quand on lui fit remarquer qu’au vu de son parcours à Flushing Meadows, le Japon n’était pas loin de succomber à une « osakamania », sa réponse a encore une fois été désarmante : « J’en suis très heureuse, mais je crois que c’est à cause de Kei », tout en esquissant un geste avec ses mains pour montrer que son compatriote, Kei Nishikori battu en demi-finales par Novak Djokovic, pourtant plus petit sous la toise (1,78 m contre 1,80 m), fait figure de géant à côté d’elle.
Elle a choisi de représenter le pays de sa mère, mais Naomi Osaka – née à… Osaka, à une heure de Tokyo – aurait pu tout aussi bien opter pour celui de son père, originaire d’Haïti. Ou bien encore les Etats-Unis, où la famille a déménagé quand elle avait trois ans. Probablement parce que les parents ont pensé qu’il serait plus facile d’élever leurs deux filles (elle a une sœur aînée, Mari, 22 ans) dans un environnement cosmopolite comme aux Etats-Unis qu’au sein de la société japonaise, où il est parfois difficile de s’intégrer en tant que métisse.
En 1999, en découvrant le succès des sœurs Williams à Roland-Garros, lauréates du double, le paternel a une illumination. Inspiré de Richard Williams, le père et coach de Venus et Serena, il se persuade que ses deux filles peuvent suivre leurs traces. Jusqu’à l’âge de neuf ans, Naomi grandit à Long Island. « Flushing Meadows est un endroit très spécial pour moi. Je venais jouer sur ces courts quand j’étais petite », répète celle qui s’entraîne désormais en Floride, à Boca Raton, dans l’académie de Chris Evert. Mari, elle, est 367e mondiale.
La cadette est apparue dans les radars médiatiques au printemps, au milieu du désert californien, à Indian Wells. Elle y crée la sensation avec des victoires de prestige contre Maria Sharapova, Karolina Pliskova, Simona Halep et la nouvelle pépite russe Daria Kasatkina pour soulever son premier trophée sur le circuit WTA. Le public découvre alors sa force de frappe, que les observateurs comparent à… Serena Williams.
« Elles sont toutes les deux très puissantes, elles ont un gros service, elles cognent fort, acquiesce Sascha Bajin, qui a lui-même joué les sparring-partners pour l’Américaine pendant huit ans. Mais pour le reste, ce sont vraiment deux personnes différentes. Leur seul point commun, ce sont leurs cheveux ! Sur le court, Serena est très agressive, elle montre que c’est elle la patronne. Naomi, je dois souvent la pousser à se montrer plus démonstrative. » 
« Y a pas moyen, je veux affronter Serena »
En demi-finales, jeudi, la jeune femme a sauvé treize balles de break contre la finaliste sortante, Madison Keys. « Comment avez-vous fait ? », lui demanda le speaker juste après la balle de match. « La réponse va vous paraître idiote, mais je me répétais : “y a pas moyen, je veux affronter Serena.” Pourquoi ? Parce que c’est Serena ! » Ce sera la deuxième fois qu’elle jouera contre son idole, qui fêtera ses 37 ans à la fin du mois. A Miami, en mars, elle l’avait battue 6-3, 6-2. Mais l’Américaine était tout juste de retour de son congé maternité, après quatorze mois sans compétition.
Cette fois, c’est l’aînée qui partira favorite. Avec, s’il en était besoin, un surplus de motivation : en cas de victoire, Serena Williams égalerait le record absolu de titres en Grand Chelem de Margaret Court (24). La pression, Naomi Osaka en fait fi depuis son entrée en lice. A en croire son coach, « Naomi est l’une de ces joueuses qui sont nées pour les grandes scènes. Elle joue toujours dix fois mieux sur un grand court que sur n’importe quel autre. »
Mais ne risque-t-elle pas d’être rattrapée par ses émotions sous le double effet d’une première finale, qui plus est contre son idole ? « Attention, nuance-t-elle, j’ai toujours eu de l’admiration pour elle, mais je veux essayer de tracer mon propre chemin. Samedi, je vais juste essayer de profiter du moment et me dire que c’est un match comme un autre, contre une adversaire comme une autre. » 
« Et quand vous rêviez que vous affrontiez Serena, comment se terminait votre rêve ?, lui demanda un journaliste vendredi après sa victoire en demi-finales.
− Si je fais des rêves, ce n’est pas pour perdre. Je crois que vous avez la réponse à votre question. »



                            


                        

                        


<article-nb="2018/09/08/21-4">
<filnamedate="20180908"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180908"><AAMMJJHH="2018090821">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-4"> ¤ Le jury présidé par le Mexicain Guillermo del Toro a récompensé ce récit aux accents autobiographiques, qui raconte l’histoire de deux femmes de conditions sociales différentes dans le Mexico des années 1970.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-4"> ¤                     
                                                

Mostra de Venise : le Lion d’or pour « Roma » du Mexicain Alfonso Cuaron

Le jury présidé par le Mexicain Guillermo del Toro a récompensé ce récit aux accents autobiographiques, qui raconte l’histoire de deux femmes de conditions sociales différentes dans le Mexico des années 1970.



LE MONDE
 |    08.09.2018 à 21h09
 • Mis à jour le
08.09.2018 à 21h37
   





                        



   


La 75e Mostra de Venise a décerné samedi 8 septembre son « Lion d’or du meilleur film » au réalisateur mexicain Alfonso Cuaron pour Roma, un film distribué par Netflix. Le jury présidé par le Mexicain Guillermo del Toro, lui-même Lion d’or l’an dernier, a récompensé ce récit aux accents autobiographiques, qui raconte l’histoire de deux femmes de conditions sociales différentes dans le Mexico des années 1970.

        Lire aussi :
         

                Alfonso Cuaron, à la Mostra de Venise et sur Netflix



« Aujourd’hui est l’anniversaire de Liba, la femme qui a inspiré le rôle de Cleo (l’héroïne du film), ce sera un cadeau d’anniversaire », a déclaré Alfonso Cuaron en recevant son prix pour ce fim très personnel et émouvant tiré de ses souvenirs d’enfance. « Ce prix est le témoignage de mon amour pour toi Liba, et pour mon pays », a ajouté le cinéaste oscarisé en 2013 pour son épopée spatiale Gravity.
Un prix pour Jacques Audiard
Pour le reste du palmarès, la Mostra a attribué les prix d’interprétation masculine à l’Américain Willem Dafoe, qui campe un Vincent Van Gogh troublant de ressemblance dans At Eternity’s Gate de l’Américain Julian Schnabel et son équivalent féminin est allé à la Britannique Olivia Coleman, reine Anne d’Angleterre entre humour et hystérie dans The Favourite, du Grec Yorgos Lanthimos.
Le Lion d’Argent de la meilleure mise en scène va au Français Jacques Audiard pour son premier western, Les Frères Sisters et le Prix du meilleur scénario aux Américains Joel et Ethan Coen pour un autre western plein d’humour et d’ironie The Ballad of Buster Scruggs. La seule réalisatrice en compétition, l’Australienne Jennifer Kent, a reçu le Prix spécial du jury pour The Nightingale, fresque violente pendant la colonisation britannique au XIXe siècle en Tasmanie.

Festival de Deauville : le Grand prix du jury attribué à « Thunder Road »
Le Grand prix du jury du festival du cinéma américain de Deauville a été attribué samedi 8 septembre à Jim Cummings, réalisateur et acteur principal de son premier film, Thunder Road.
La présidente du jury Sandrine Kiberlain a salué « un film insolite et si inventif, écrit, joué et réalisé par un jeune homme à part (…), un film qui a le mérite de ne ressembler à aucun autre ». « Quelle joie d’assister à la naissance d’un artiste, à l’arrivée d’une comète qui suscite les rires et les pleurs avec une singularité qui nous bluffe », a-t-elle ajouté. Le film de Jim Cummings sort mercredi en France.
Pour le reste du palmarès :
Le Prix du jury est attribué à deux films : Night comes on de Jordana Spiro, et American animals de Bart Layton ;Le Prix de la critique a été attribué à Blindspotting, du Mexicain Carlos Lopez Estrada ;Le Prix du public de la ville de Deauville est revenu à Puzzle de Marc Turtletaub ;Le prix de la Révélation présidé par Cédric Kahn échoit à « We the animals », un premier film de Jeremiah Zagar.





                            


                        

                        


<article-nb="2018/09/08/21-5">
<filnamedate="20180908"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180908"><AAMMJJHH="2018090821">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-5"> ¤ Malgré des indicateurs économiques encourageants, la question de l’intégration des arrivants sur le marché du travail a agité la campagne électorale avant le scrutin de dimanche.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-5"> ¤                     
                                                   
édition abonné


En Suède, la question des réfugiés au cœur des élections législatives

Malgré des indicateurs économiques encourageants, la question de l’intégration des arrivants sur le marché du travail a agité la campagne électorale avant le scrutin de dimanche.



LE MONDE
 |    07.09.2018 à 11h08
 • Mis à jour le
08.09.2018 à 16h00
    |

            Anne-Françoise Hivert (envoyée spéciale à Ronneby)








                        



                                


                            

Zacharia Almuberat a 23 ans. Ce jeune Syrien travaille depuis qu’il a quinze ans, parcourant les mers sur des porte-conteneurs. D’abord en cuisine, puis, après une formation de six mois au Panama, comme marin. Il aurait voulu continuer. Mais la guerre est arrivée. Il fuit son pays et atterrit dans le comté du Blekinge, dans le sud de la Suède, en mai 2016. Très vite, il fait un trait sur son rêve. « Entre l’apprentissage du suédois, de l’anglais, et la formation pour me remettre à niveau, j’en avais pour trois ans. » Il veut travailler, gagner de l’argent et payer ses impôts tout de suite. Il ne supporte pas l’idée qu’on puisse le soupçonner de vouloir vivre « aux crochets » des Suédois, précise-t-il.
Alors, après un an passé en centre d’accueil à attendre ses papiers, un an de « perdu », il saute sur tout ce qu’on lui propose : des cours de suédois – « décevants, on était 25 » –, des cours de connaissance de la société suédoise – « beaucoup mieux, on était quatre » –, un boulot dans un restaurant – deux semaines seulement, car le patron voulait le payer au noir –, un stage dans un garage. Et finalement, une formation de manutentionnaire de quatre semaines, qui finit par payer. Vingt-sept mois après son arrivée en Suède, Zacharia a signé un contrat aidé chez Tarkett, spécialiste français du revêtement de sol, dans son usine de Ronneby.

Trop longue ou pas ? La question de l’intégration des étrangers sur le marché du travail suédois n’aura jamais autant été discutée que ces derniers mois, avant les élections législatives du 9 septembre, où l’immigration, l’intégration et l’avenir de l’Etat-providence suédois arrivent en tête des préoccupations des électeurs, dont 20 % seraient prêts à voter pour l’extrême droite (Démocrates de Suède).
Indicateurs économiques au beau fixe
Pourtant, certaines statistiques auraient de quoi réjouir : en 2017, les travailleurs nés à l’étranger ont absorbé 80 %...




                        

                        


<article-nb="2018/09/08/21-6">
<filnamedate="20180908"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180908"><AAMMJJHH="2018090821">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-6"> ¤ Le ministre français de l’économie Bruno Le Maire propose d’assortir la disposition d’une clause de limitation dans le temps, qui prévoirait l’abolition du dispositif en cas d’accord international sur la question.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-6"> ¤                     
                                                

Comment la France tente de sauver la taxe numérique européenne

Le ministre français de l’économie Bruno Le Maire propose d’assortir la disposition d’une clause de limitation dans le temps, qui prévoirait l’abolition du dispositif en cas d’accord international sur la question.



LE MONDE
 |    08.09.2018 à 19h49
 • Mis à jour le
08.09.2018 à 21h39
    |

            Cécile Ducourtieux (Envoyée spéciale à Vienne (Autriche)








                        



   


Le projet de taxe numérique européenne, poussé par Emmanuel Macron, pourrait bien avoir été relancé. Avant la réunion mensuelle des ministres européens des finances, qui s’est tenue à Vienne samedi 8 septembre, aucun progrès n’avait été constaté à Bruxelles. Pire : l’Allemagne, réticente, semblait même s’être raidie.
L’hebdomadaire populaire allemand Bild a en effet publié en début de semaine une note confidentielle du ministère des finances du pays jugeant ce nouvel impôt européen « inefficace »… avant que le ministère des finances ne démente vouloir abandonner la taxe. Samedi, à Viennes, Olaf Scholz, le ministre social-démocrate, a tenu des propos rassurants estimant qu’« une solution doit être trouvée avant la fin de cette année ». C’est cet agenda que réclame le président français qui aimerait bien se prévaloir d’un accord pour la campagne des élections européennes de 2019.
Prélevée sur l’exploitation des données
Cet impôt qui, de manière totalement inédite serait basé sur les revenus des plates-formes en ligne (et non sur leur profit), consisterait en un prélèvement de 3 % sur l’exploitation des données et s’appliquerait dans trois cas :
sur les revenus d’intermédiation des plates-formes (du type Airbnb) ;sur les revenus publicitaires ;sur les revenus liés à la revente des données des systèmes embarqués.
Selon les calculs de la Commission européenne, la taxe rapporterait au plus 5 milliards d’euros par an pour toute l’Union.
« Il y a du progrès. A Sofia, lors de la dernière réunion informelle des ministres ayant mis la taxe au menu des discussions, M. Scholz n’était même pas intervenu en réunion. Là, il a parlé. Même s’il a aussi insisté sur la nécessité d’avoir un accord international à l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques) à long terme pour une nouvelle fiscalité de l’Internet », assure une source proche des discussions.
Cinq pays contre
Le ministre français de l’économie Bruno Le Maire n’est pas venu les mains vides à Vienne, mais avec une proposition de limitation dans le temps (« sunset clause ») : le nouvel impôt serait caduc dès lors qu’un accord de taxe numérique serait trouvé au niveau international. Les Français et la Commission européenne, qui a mis en musique leur idée de taxe, répètent déjà depuis des mois qu’elle a vocation à « être temporaire ». Mais l’inscrire noir sur blanc dans un texte législatif rassurerait pas mal de capitales.
Les industriels allemands, notamment les constructeurs automobiles, s’inquiètent de voir leur activité naissante de revente de données bientôt taxées. Berlin redoute aussi de provoquer les Etats-Unis avec un impôt visant, sans les nommer, les géants de l’Internet américains.
« Les préoccupations allemandes sont compréhensibles », a jugé Bruno Le Maire samedi. Mais les pays européens doivent tenir compte des attentes des populations qui souhaitent une taxation plus juste a ajouté le ministre, qui a par ailleurs rejeté l’idée avancée par la Commission, pour rassurer Berlin, d’exclure les données embarquées du champ de la taxe.
La « sunset clause » suffira t-elle à calmer les dernières réticences ? L’unanimité étant requise en matière de fiscalité au niveau européen, rares sont ceux qui se risquent au jeu des pronostics. Selon une source proche des discussions, il ne restait plus que cinq pays franchement contre la taxe samedi à l’issue de la réunion viennoise : Malte, la Suède, le Danemark, la Finlande et l’Irlande.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/09/08/21-7">
<filnamedate="20180908"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180908"><AAMMJJHH="2018090821">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-7"> ¤ Du centenaire de Bergman à Miro au Grand Palais, d’Ostermeier à la Comédie-Française à Christine and The Queens, quelques temps forts, essentiellement parisiens, à noter sur l’agenda, dès septembre.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-7"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Rentrée culturelle : ce qu’il faut voir cet automne

Du centenaire de Bergman à Miro au Grand Palais, d’Ostermeier à la Comédie-Française à Christine and The Queens, quelques temps forts, essentiellement parisiens, à noter sur l’agenda, dès septembre.



LE MONDE
 |    03.09.2018 à 08h27
 • Mis à jour le
06.09.2018 à 10h35
    |

                            Service culture








                        



                                


                            CINÉMA
« Les Frères Sisters »
Jacques Audiard fait partie des auteurs attendus, catégorie de plus en plus rare, qui s’attachent à ne pas être nécessairement là où les attend. Ainsi des Frères Sisters qu’on attendait à Cannes et qui est à Venise, qui se passe au Far West plutôt qu’en France, qu’on voudrait viril et qui n’est que tendre. Joaquin Phoenix et John C. Reilly y campent deux frères tueurs à gages sur la piste picaresque de leur proie. Le 19 septembre. J. M.
Centenaire Ingmar Bergman
Figure canonique du cinéma d’auteur à l’européenne, explorateur fiévreux des profondeurs intérieures, le Suédois Ingmar Bergman aurait eu 100 ans, le 14 juillet 2018. L’auteur de Monika, de Fanny et Alexandre et de tant d’autres chefs-d’œuvre aura en France un anniversaire à sa mesure. Sortie de documentaires inédits ainsi que d’un grand nombre de ses films en salles, intégrale à la Cinémathèque française (à partir du 19 septembre), rencontres et débats, autant d’initiatives qui devraient rappeler à quel point la sépulcrale « Statue du commandeur » de l’art et essai était pétrie de vie. J. M.
« I Feel Good »
Retour de Kervern et Delépine, les deux anars de Groland, qui poursuivent leur glorieuse mission destructrice au cinéma. La méthode est désormais connue, qui consiste à embarquer une ou plusieurs vedettes de gros calibre dans une histoire explosivement séditieuse. Ici, et pour la première fois, Jean Dujardin en chômeur mythomane adepte de l’idéologie ultra-libérale, qui entreprend de vendre des opérations de chirurgie esthétique low cost aux miséreux d’Emmaüs. Le 26 septembre. J. M.

« Un peuple et son roi »
De la réunion des états généraux à la mort de Louis XVI, qu’est-ce qui s’est accompli, qu’est-ce qui s’est défait ? Le cinéaste Pierre Schoeller a l’ambition de poser ces...




                        

                        


<article-nb="2018/09/08/21-8">
<filnamedate="20180908"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180908"><AAMMJJHH="2018090821">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-8"> ¤ Le Racing et Agen, qui se sont affrontés samedi en championnat de France, ont tous deux décidé de déloger le logo de leurs clubs pour y apposer à la place celui d’une marque.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-8"> ¤                     
                                                

Rugby : les sponsors envahissent le cœur des maillots

Le Racing et Agen, qui se sont affrontés samedi en championnat de France, ont tous deux décidé de déloger le logo de leurs clubs pour y apposer à la place celui d’une marque.



LE MONDE
 |    08.09.2018 à 17h52
 • Mis à jour le
08.09.2018 à 21h14
    |

            Adrien Pécout








                        



   


Suivez bien les joueurs : c’est au niveau de leur flanc gauche, juste au-dessus du short, qu’il faut regarder. Drôle d’endroit sur un maillot de rugby. Les dirigeants du Racing 92 et du Sporting union Agen (SUA) ont choisi de reléguer aussi bas le logo de leurs clubs respectifs, qui se sont opposés samedi 8 septembre dans l’Arena de Nanterre (Hauts-de-Seine), pour la 3e journée du championnat de France. Le club francilien l’a emporté assez largement 59-7.
Cette saison, ces deux clubs historiques ont chacun renoncé à afficher leurs blasons sur leur torse, préférant vendre cet emplacement symbolique à des sponsors. Les Racingmen ont ainsi abandonné leur cœur à Assystem, un groupe international d’ingénierie installé à Paris. Les Agenais en ont fait de même avec les laboratoires de l’UPSA : l’Union de pharmacologie scientifique appliquée, fondée à Agen mais désormais sous le contrôle d’actionnaires américains.
Le Racing et Agen illustrent, à l’extrême, « un mouvement assez général » dans les sports collectifs : la professionnalisation du rugby et sa marchandisation ont transformé les joueurs en « armoires publicitaires », selon l’expression de Christophe Lepetit, responsable des études économiques au Centre de droit et d’économie du sport, à Limoges.
Dans ses statuts et règlements, la Ligue nationale de rugby autorise jusqu’à « un maximum de 9 publicités » sur les équipements de chaque club. Le texte interdit seulement la publicité sur quelques emplacements : le col du maillot ; la manche droite ; le numéro du joueur, au dos ; ainsi que les chaussettes.
« Dommage et triste »
Hormis le Racing et Agen, les douze autres clubs du championnat de première division ont conservé leurs armoiries là où palpite le cœur de leurs joueurs. Mais tous inspirent déjà les sarcasmes de la « Boucherie Ovalie », site Internet satirique, qui trouve les maillots du Top 14 encore « plus laids et remplis de pubs que les maillots des cyclistes au Tour de France. » 

On a donc officiellement passé le stade où les maillots de Top 14 et ProD2 sont plus laids et remplis de pubs que l… https://t.co/EKrGWOIb4r— BoucherieOvalie (@Boucherie Ovalie)


require(["twitter/widgets"]);

A terme, la profusion de sponsors et de couleurs différentes sur un même maillot pourrait s’avérer « contre-productive », estime Christophe Lepetit. Pour les sponsors, d’abord : « S’il y a autant de marques sur un maillot, les supporteurs auront plus de mal à toutes les mémoriser. » Pour les clubs, ensuite : « Ces nouveaux maillots peuvent aussi susciter chez les supporteurs un phénomène de rejet, une forme de défiance vis-à-vis des dirigeants. »
Dès le mois de juillet, à l’annonce des nouveaux maillots, les supporteurs d’Agen ont exprimé leur mécontentement sur les réseaux sociaux. En particulier à travers la page Facebook de la « Buvette d’Armandie », qui rassemble plus de 10 000 internautes. Son fondateur, Romain Péroua, invoque l’importance de « la symbolique » et de la lutte contre « le rugby business » :
« Quand on a joué au rugby, on sait que le logo, ça va sur le cœur. Là, on a l’impression que les sponsors ont plus de force que l’histoire du club. Alors qu’on représente un peu le rugby de clocher, le’petit village’du championnat, on se retrouve avec un logo presque au niveau du short. Je trouve ça dommage et triste. »
Ainsi va le rugby professionnel, de plus en plus tributaire des sponsors : ceux-ci représentent encore aujourd’hui la manne principale des clubs, devant les recettes télévisisées et la billetterie. Agen dispose cette saison d’un budget prévisionnel de 13,8 millions d’euros, le plus faible du championnat. Bien moins que le Racing et ses 24 millions d’euros annuels sous la présidence de l’entrepreneur Jacky Lorenzetti, 126e fortune de France. 
« Meilleure visibilité à la télévision »
Les dirigeants du Racing n’ont pas répondu aux sollicitations du Monde. Le Sporting club Agen, lui, a justifié sa démarche. S’il a fallu installer l’insigne des laboratoires de l’UPSA sur le cœur (et sur le short) des joueurs, c’est pour libérer la place qu’ils prenaient auparavant, au dos du maillot. Une place qu’occupe désormais l’un des nouveaux sponsors du club depuis l’été, l’enseigne de grande distribution Gifi (et ses idées de génie), qui vient du même département. « Un nouveau sponsor important », reconnaît Jean-François Fonteneau, président du conseil d’administration du club, sans livrer de chiffres précis.
Par le passé, Agen avait déjà déplacé le sacro-saint logo du club : lors de la saison 2009-2010, l’emblème avait fini sur le plexus des joueurs, coincé entre une marque de voiture et un groupe de construction. Ou bien déjà près de la hanche gauche, en 2015-2016, mais sans pour autant céder place à un sponsor.
Jean-François Fonteneau se dit « sensible » aux doléances des supporteurs : « A l’avenir, on se posera des questions. On pourrait même proposer un sondage auprès de nos partenaires, auprès du public. » Le dirigeant rappelle aussi une donnée du marché. Pour une marque, malgré sa symbolique, le cœur d’un maillot reste en principe moins cher à acquérir que de s’afficher sur le dos et l’abdomen des joueurs. « Ces deux emplacements ont une meilleure visibilité à la télévision », précise le dirigeant. Argument implacable.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/09/08/21-9">
<filnamedate="20180908"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180908"><AAMMJJHH="2018090821">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-9"> ¤ L’ancien président a dénoncé, vendredi, le silence des républicains face aux dérives de son successeur et a appelé les démocrates à se mobiliser pour les élections de novembre
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-9"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 07/09/2018
Découvrir l’application


                        

Barack Obama sonne la charge contre Donald Trump

L’ancien président a dénoncé, vendredi, le silence des républicains face aux dérives de son successeur et a appelé les démocrates à se mobiliser pour les élections de novembre



LE MONDE
 |    07.09.2018 à 23h51
 • Mis à jour le
08.09.2018 à 10h58
    |

            Gilles Paris (Washington, correspondant)








                        



   


Les funérailles du sénateur républicain de l’Arizona John McCain, le 1er septembre, lui avaient déjà donné l’occasion de multiplier les allusions transparentes, mais l’ancien président Barack Obama est passé clairement à l’offensive contre Donald Trump, vendredi 7 septembre, devant des étudiants de l’université de l’Illinois à Urbana-Champaign, à deux mois d’élections de mi-mandat aux allures de référendum pour l’actuel locataire de la Maison Blanche.
Le camp démocrate avait déjà fait la preuve de sa vigueur, manifestée par une floraison de candidatures, notamment féminines, et par de nombreux succès lors d’élections partielles. L’ancien président lui a apporté un socle : une lecture aussi impitoyable que charpentée du trumpisme, doublé d’un appel à la mobilisation.

        Lire aussi :
         

                Aux Etats-Unis, la féminité devient un argument électoral



A circonstances exceptionnelles mesures exceptionnelles. Pour Barack Obama, la mise à l’épreuve des institutions du pays justifie qu’un ancien président fasse entendre sa voix. « Un simple coup d’œil aux dernières informations devrait vous dire que ce moment est vraiment différent », a assuré l’ancien occupant du bureau Ovale à la fin d’une semaine qui a été marquée par la parution des bonnes feuilles d’un livre incendiaire de Bob Woodward sur la Maison Blanche, ainsi que par la publication, par le New York Times, d’une tribune anonyme tout aussi alarmiste rédigée par une personne se présentant comme membre de l’administration au pouvoir.

        Lire aussi :
         

                Livre incendiaire, tribune dans le « New York Times » : la Maison Blanche en pleine crise de nerfs



« Les enjeux sont vraiment plus élevés. Les conséquences plus graves si nous choisissons de rester sur la touche », a-t-il dit, « Cela n’a pas commencé avec Donald Trump. Il est un symptôme, pas la cause. Il ne fait que capitaliser les ressentiments que des hommes politiques attisent depuis des années. Une peur et une colère qui sont enracinées dans notre passé, mais aussi liées aux énormes bouleversements en cours. »
« Qu’est-il arrivé au Parti républicain ? »
« Au cours des dernières décennies, la politique de division, de ressentiment et de paranoïa a malheureusement trouvé sa place au sein du Parti républicain. Ce Congrès a défendu des lois sur le financement des campagnes électorales donnant aux milliardaires une influence hors normes sur notre politique », a déploré M. Obama. 
« Il a systématiquement attaqué le droit de vote pour rendre plus difficile le vote des jeunes, des minorités et des pauvres. Il a distribué les réductions d’impôts sans tenir compte des déficits. Coupé les programmes sociaux autant que possible (…) Adopté des théories conspirationnistes sauvages, comme celles qui entourent [l’attaque de la représentation diplomatique américaine de] Benghazi, ou mon certificat de naissance [longtemps présenté comme faux par M. Trump]. Rejeté la science. Rejeté le changement climatique (…) Ce n’est pas un programme conservateur. Ce n’est sûrement pas normal. C’est un programme radical », a-t-il affirmé.
« Qu’est-il arrivé au Parti républicain ? », a fait mine de s’interroger l’ancien chef de l’Etat, listant ses revirements, sur la question du déficit budgétaire ou les relations avec la Russie, dénonçant ceux qui assurent « Oui, nous savons que tout ceci est un peu fou », mais qui « semblent totalement privés de colonne vertébrale pour sauvegarder les institutions qui font fonctionner notre démocratie ».
« Soit dit en passant », a-t-il poursuivi dans une allusion à la tribune anonyme qui assure que des conseillers brident l’action de Donald Trump, « l’affirmation que tout ira bien parce qu’il y a des gens à l’intérieur de la Maison Blanche qui ne suivent pas secrètement les ordres du président, ce n’est pas un frein – je suis sérieux ici – ce n’est pas comme ça notre démocratie est censée fonctionner ».
« Ces personnes ne sont pas élues. Elles ne sont pas responsables. Elles ne nous rendent pas service en faisant activement la promotion de 90 % des choses folles qui sortent de la Maison Blanche et en disant : “Ne vous inquiétez pas, nous empêchons les 10 % restants.” Ce n’est pas comme ça que les choses sont censées fonctionner. Ce n’est pas normal », a-t-il ajouté.
« On ne menace pas la liberté de la presse »
M. Obama s’est livré ensuite à un examen sans concessions de l’action de son successeur. « Lorsque les chiffres du travail sont publiés, les chiffres mensuels des emplois, soudain, les républicains disent que c’est un miracle. Je me permets de leur rappeler que ces chiffres d’emploi sont en fait les mêmes qu’en 2015 et 2016 », a-t-il affirmé.
« Nous sommes censés résister à la discrimination. Et il est évident que nous devons nous dresser clairement et sans équivoque contre des sympathisants nazis. Comment cela peut-il être difficile, de dire que les nazis sont mauvais ? », a-t-il poursuivi, dans une allusion aux propos ambigus de Donald Trump après les affrontements sanglants de Charlottesville (Virginie) qui avaient opposé, en août 2017, des suprémacistes blancs à des antifascistes.
« On ne devrait pas avoir à rappeler » qu’un président ne doit pas faire « pression sur le ministre de la justice ou sur le FBI [police fédérale] pour qu’il instrumentalise le système pénal pour punir nos opposants politiques », ou qu’il ne peut pas « demander explicitement au ministre de la justice de protéger les membres de son propre parti contre les poursuites parce qu’il y a des élections », a ajouté M. Obama en référence à des déclarations et à des messages publiés sur son compte Twitter par M. Trump.
« On ne devrait pas avoir à dire qu’on ne menace pas la liberté de la presse parce qu’elle publie, ou diffuse, des histoires que l’on n’aime pas. Je me suis plaint beaucoup de [la chaîne conservatrice] Fox News, mais vous ne m’avez jamais entendu menacer de la fermer ou l’appeler l’ennemi du peuple », a-t-il encore fait observer.
Vibrant appel à l’engagement
Fidèle à la ligne modérée suivie tout au long de sa carrière, M. Obama a rejeté comme antidote une radicalisation du Parti démocrate. « Il y a des gens bien intentionnés qui se passionnent pour la justice sociale, qui pensent que les choses se sont tellement dégradées (…) que nous devons combattre le feu avec le feu, que nous devons faire les mêmes choses que les républicains, adopter leurs tactiques (…) Je ne suis pas d’accord avec ça », a ajouté l’ex-président, qui a lancé un vibrant appel à l’engagement.
« En fin de compte, la menace pour notre démocratie ne vient pas seulement de Donald Trump, ni des républicains du Congrès, ni des frères Koch [des milliardaires qui militent pour la dérégulation] et de leurs lobbyistes, ni de trop de compromis de la part des démocrates, ni d’un piratage russe. La plus grande menace pour notre démocratie est l’indifférence. La plus grande menace pour notre démocratie est le cynisme », a-t-il affirmé.
« Si vous pensez que les élections n’ont pas d’importance, j’espère que les deux années écoulées ont modifié votre perception », a insisté M. Obama à l’attention des démocrates abstentionnistes en 2016. « Vous devez faire davantage que retweeter des hashtags, vous devez voter », a-t-il assuré.
En déplacement électoral dans le Dakota du Nord, M. Trump n’a guère tardé pour répliquer à son contempteur, après avoir estimé que son ministre de la justice (attorney general) Jeff Sessions devait, au nom de la « sécurité nationale », « enquêter pour savoir qui est l’auteur » de la tribune du New York Times contre lequel il a évoqué d’éventuelles poursuites. Le président a par ailleurs assuré que le discours de M. Obama l’avait « endormi ».



                            


                        

                        


<article-nb="2018/09/08/21-10">
<filnamedate="20180908"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180908"><AAMMJJHH="2018090821">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-10"> ¤ Ces derniers mois, la tension était à son comble entre le groupe public et son ministre de tutelle. Au cœur du conflit : le futur de la filière nucléaire française.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-10"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 07/09/2018
Découvrir l’application


                           
édition abonné


Dans les coulisses de la bataille entre Hulot et EDF sur le nucléaire

Ces derniers mois, la tension était à son comble entre le groupe public et son ministre de tutelle. Au cœur du conflit : le futur de la filière nucléaire française.



LE MONDE
 |    08.09.2018 à 06h35
 • Mis à jour le
08.09.2018 à 17h14
    |

                            Nabil Wakim








                        



                                


                            

La scène se passe dans le froid de janvier à Juillé, dans la Sarthe. Nicolas Hulot vient de grimper en haut du mât d’une éolienne, harnaché comme il pouvait l’être dans l’émission Ushuaïa, sur TF1. Une première pour un ministre de l’environnement en exercice.
Dans le train du retour, le ministre se satisfait des mesures du gouvernement qui encouragent le développement des énergies renouvelables. Surtout, il se sent d’attaque pour engager la bataille avec EDF sur la baisse du nucléaire. « Depuis que je suis là, ils ont compris qu’il fallait mieux le faire ensemble, ils ont compris que ce n’était pas négociable », explique au Monde le ministre. Arrivé à Paris, sur le quai de la gare Montparnasse, il résume : « Il faut bien comprendre que si je n’étais pas là, on serait repartis pour la construction de deux EPR. » 
Hulot parti, les réacteurs nucléaires auront-ils la voie libre ? C’est en tout cas le premier dossier qui attend sur son bureau François de Rugy, nommé mardi ministre de la transition écologique et solidaire, et connu pour son engagement antinucléaire.
Bataille à bas bruit
C’est une bataille à bas bruit qui s’est déroulée pendant un an entre Nicolas Hulot et EDF, entreprise dont il avait la tutelle. D’un côté, un ministre qui n’a pas toujours été antinucléaire, mais qui a acquis la conviction ces dernières années que cette énergie n’avait pas d’avenir. De l’autre, la direction d’EDF, Bercy et l’ensemble de la filière nucléaire française – ses 220 000 salariés, ses ingénieurs et son poids au cœur même de l’Etat –, persuadés que le nucléaire reste une chance pour la France.

Entre les deux, Emmanuel Macron, partisan de longue date du nucléaire, mais qui maintient sur ce sujet une politique du « en même temps », qui lui a longtemps permis de ménager des soutiens chez les partisans et les opposants à l’atome.
Deux questions sont rapidement au centre de ce pas de deux : comment...




                        

                        


<article-nb="2018/09/08/21-11">
<filnamedate="20180908"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180908"><AAMMJJHH="2018090821">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-11"> ¤ Celui qui conseillait Donald Trump, lors de la campagne de 2016, a été condamné à une peine de quatorze jours de prison pour avoir menti à des agents du FBI qui enquêtaient sur l’ingérence russe dans le scrutin.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-11"> ¤                     
                                                

Enquête russe : prison ferme pour un ex-conseiller de Trump

Celui qui conseillait Donald Trump, lors de la campagne de 2016, a été condamné à une peine de quatorze jours de prison pour avoir menti à des agents du FBI qui enquêtaient sur l’ingérence russe dans le scrutin.



LE MONDE
 |    08.09.2018 à 00h25
 • Mis à jour le
08.09.2018 à 11h52
   





                        



   


Un tribunal fédéral a condamné, vendredi 7 septembre, à quatorze jours de prison George Papadopoulos, un ancien conseiller diplomatique de Donald Trump coupable d’avoir menti dans l’enquête sur une possible collusion entre Moscou et l’équipe de campagne du candidat républicain.
M. Papadopoulos a également écopé d’une amende de 9 500 dollars et d’un an de libération conditionnelle assortie de travaux d’intérêt général. Il avait plaidé coupable en octobre 2017 de faux témoignage au FBI.
L’homme de 31 ans a été à l’origine de la fameuse enquête russe qui irrite fortement le président Trump depuis plus de quinze mois. Sa sentence est relativement légère, étant donné qu’il encourait six mois de prison. « J’étais jeune et ambitieux », a expliqué dans la salle d’audience George Papadopoulos. « J’ai commis une grave erreur, qui m’a coûté très cher, et j’en ai honte. »
« Petite pièce »
Le juge a expliqué avoir pris en considération les « remords sincères » exprimés par le trentenaire, qui avait caché aux enquêteurs la vérité sur ses rencontres avec des émissaires de la Russie à quelques mois de l’élection présidentielle de novembre 2016.
M. Papadopoulos fut le premier conseiller de M. Trump à accepter de collaborer avec l’équipe du procureur spécial Robert Mueller. « Il fut le premier domino et beaucoup d’autres sont tombés depuis », ont écrit dans leurs arguments ses avocats, en référence à la mise en cause de l’ancien chef de campagne de Donald Trump, Paul Manafort, ou encore de son ancien avocat personnel, Michael Cohen, dans le cadre de cette enquête tentaculaire. George Papadopoulos, un jeune homme sans grande expérience propulsé dans l’équipe de campagne en mars 2016, n’est qu’une « petite pièce dans une vaste enquête », plaidaient-ils.
Petite peut-être, mais décisive. Le FBI, qui enquêtait déjà sur l’ingérence russe dans la campagne présidentielle américaine, a ouvert un volet sur une possible collusion avec l’équipe de campagne de Donald Trump, après avoir appris la nature des échanges entre George Papadopoulos et des intermédiaires russes.
La nièce et le professeur
Le conseiller, qui tentait d’organiser une rencontre entre le président Vladimir Poutine et le candidat Trump, avait été informé dès avril 2016 que des Russes possédaient « de quoi salir » la candidate démocrate Hillary Clinton, sous la forme de milliers d’e-mails, information qui n’était pas encore publique. « Même l’équipe de Clinton n’était pas au courant que les Russes possédaient les e-mails volés », selon un rapport parlementaire.
Or, selon la presse, il en a parlé à un diplomate australien lors d’une soirée dans un bar londonien et ce dernier a transmis l’information aux enquêteurs américains à l’été 2016, ce qui a déclenché l’investigation sur l’équipe de campagne de M. Trump.
Interrogé en janvier 2017 par le FBI, George Papadopoulos a toutefois menti sur les dates et minimisé ses échanges avec un mystérieux « professeur » et une Russe présentée comme la « nièce » de Vladimir Poutine. Selon son équipe de défense, il voulait garder ses chances d’obtenir un poste dans l’administration du désormais président Trump.
Expérience limitée
Arrêté en juillet 2017, passé au gril, il a plaidé coupable de faux témoignage en octobre et accepté de collaborer avec les enquêteurs dans l’espoir d’échapper à une peine de prison.
Mais les procureurs estiment qu’il n’a pas livré d’information « substantielle » et estiment que ses mensonges initiaux ont empêché le FBI de confronter le fameux « professeur », qui lui avait parlé des e-mails d’Hillary Clinton. Ses interventions médiatiques et celles de son épouse ont sans doute également desservi le jeune homme, qui tweetait encore récemment sur son « année infernale ».
En 2016 pourtant, tout semblait lui sourire. A seulement 28 ans, avec une expérience politique limitée à deux mois dans l’entourage du sénateur Ben Carson lors des primaires républicaines, il était nommé conseiller en politique étrangère de Donald Trump, qui le décrivait dans la presse comme un « type excellent ». Signe de sa déchéance, le président l’a qualifié l’an dernier de « jeune bénévole de bas niveau » et de « menteur ».



                            


                        

                        


<article-nb="2018/09/08/21-12">
<filnamedate="20180908"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180908"><AAMMJJHH="2018090821">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-12"> ¤ Editorial. Après l’agression du candidat d’extrême droite Jair Bolsonaro, la campagne présidentielle risque de se radicaliser dans un pays qui semble avoir perdu le contrôle de son destin.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-12"> ¤                     
                                                

Brésil : le naufrage d’une nation

Editorial. Après l’agression du candidat d’extrême droite Jair Bolsonaro, la campagne présidentielle risque de se radicaliser dans un pays qui semble avoir perdu le contrôle de son destin.



LE MONDE
 |    08.09.2018 à 10h56
 • Mis à jour le
08.09.2018 à 15h29
   





                        


Editorial du « Monde ». A un mois de l’élection présidentielle, la tentative d’assassinat visant, jeudi 6 septembre, le candidat d’extrême droite Jair Bolsonaro fait peser une nouvelle menace sur la jeune démocratie brésilienne. Immédiatement et unanimement condamnée, cette agression commise par un personnage présenté comme déséquilibré témoigne du climat extrêmement tendu qui prévaut actuellement. Depuis la destitution (impeachment) controversé de la présidente de gauche Dilma Rousseff, en 2016, le pays semble avoir perdu le contrôle de son destin.

        Lire aussi :
         

                Au Brésil, une campagne électorale bouleversée par l’agression du candidat d’extrême droite



Tout y contribue. Une société qui se sent abandonnée. Les balles perdues qui fauchent les enfants des quartiers populaires aux mains des gangs. Des représentants de la société civile assassinés en plein jour. Une classe politique aussi affligeante que vieillissante, minée par la corruption. Dans ce contexte délétère, l’incendie qui a ravagé le Musée national de Rio, le 2 septembre, est apparu comme le symbole de l’incurie de l’Etat. Certains parlent du suicide d’une nation. Cela en a tout l’air.

        Lire aussi :
         

                Incendie du Musée de Rio : « Le fruit d’une négligence absolue »



Le pays était au bord de la révolte en juin 2013. Il est aujourd’hui totalement déboussolé. Les Brésiliens se cherchent un chef capable, espèrent-ils, de redonner au pays sa splendeur perdue. Les uns le voient en Jair Bolsonaro, ce militaire de réserve au discours hargneux et provocateur. Les autres continuent à s’en remettre à l’ancien président Luiz Inacio Lula da Silva, emprisonné pour corruption. Tous deux sont en tête des sondages. Aucun d’eux, désormais, ne peut faire campagne.
Il est trop tôt pour évaluer les conséquences politiques de l’agression subie par le candidat d’extrême droite. Mais, à l’instar de la gauche, chérissant un Lula comparé à « un prisonnier politique », l’extrême droite a maintenant son martyr. Et, à en croire le fils de Jair Bolsonaro, Flavio, ce statut serait à même de propulser son père « plus fort que jamais » à la fonction suprême dès le premier tour de l’élection.
Sortir le pays d’une crise politique, morale et institutionnelle
L’hypothèse est sans doute exagérée. Mais la commotion nationale provoquée par cette attaque indigne d’une démocratie devrait porter le candidat dans les sondages. La seule force du drame occulte les débats, les échanges d’idées, les nécessaires propositions pour sortir le pays d’une crise politique, morale et institutionnelle. Un séjour prolongé à l’hôpital épargnerait à Jair Bolsonaro toute confrontation télévisée et lui permettrait de contrôler son message par le biais de ses vidéos de téléphone portable et de ses publications sur les réseaux sociaux.
La campagne présidentielle était déjà violente. On peut craindre qu’elle se radicalise davantage encore. Il y a six mois, la caravane de l’ancien président Lula a été criblée de balles. Après son incarcération, en avril, un militant venu le soutenir a été blessé par des tirs. Puis ce furent les mots incendiaires de Jair Bolsonaro appelant, lors d’un de ses meetings, à fusiller les « petralhas », autre nom donné aux militants du parti des travailleurs (PT, gauche) de Lula. L’agression au couteau contre le candidat d’extrême droite marque une étape supplémentaire dans cette escalade hors de contrôle et fait mentir l’image de ce « pays cordial » que serait le Brésil.
Il reste à espérer que cet épisode dramatique opère comme un électrochoc. Et qu’il incite l’ensemble de la société brésilienne à trouver une solution démocratique à l’ensemble de ses maux. A ce stade, hélas ! cela semble relever du vœu pieux.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/09/08/21-13">
<filnamedate="20180908"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180908"><AAMMJJHH="2018090821">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-13"> ¤ Cette recrudescence de violence intervient au lendemain de l’échec d’un sommet à Téhéran qui avait pour objectif de décider du sort de ce dernier fief insurgé.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-13"> ¤                     
                                                

Syrie : frappes russes contre Idlib, les plus « intenses » depuis un mois

Cette recrudescence de violence intervient au lendemain de l’échec d’un sommet à Téhéran qui avait pour objectif de décider du sort de ce dernier fief insurgé.



LE MONDE
 |    08.09.2018 à 17h00
   





                        


La Russie a mené, samedi 8 septembre, les raids aériens les plus « intenses » depuis un mois contre la province d’Idlib, ultime bastion rebelle dans la Syrie en guerre, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH). Le régime de Damas a également largué des barils d’explosif sur ce secteur.
Ces bombardements sur cette province, que le président syrien Bachar Al-Assad et la Russie menacent d’un assaut, ont tué au moins quatre civils, dont deux enfants selon l’ONG. Près de 60 frappes aériennes ont été conduites au cours des trois dernières heures sur plusieurs localités du sud et du sud-est d’Idlib, par l’armée russe alliée au régime Assad, toujours d’après l’OSDH.

        Lire aussi :
         

                Syrie : après l’échec à Téhéran, compte à rebours pour Idlib



Le directeur de l’ONG, Rami Abdel Rahmane, a fait savoir que l’armée syrienne poursuit ses bombardements à l’artillerie lourde contre plusieurs positions djihadistes et rebelles, dont certaines ont été désertées.
Selon l’OSDH, des frappes aériennes russes avaient déjà fait cinq morts vendredi alors qu’elles visaient des positions de Hayat Tahrir Al-Cham, l’organisation djihadiste créée par l’ex-branche syrienne d’Al Qaida qui contrôle 60 % d’Idlib, ou encore celles d’Ahrar Al-Cham, un puissant groupe rebelle islamiste.
Provocations selon Moscou
De son côté, pour justifier son intervention, la Russie a affirmé samedi avoir des « preuves irréfutables » que les rebelles syriens préparent une « provocation » imminente à Idlib, dernière région échappant au contrôle du régime et sous la menace d’une offensive.
Selon Moscou, des responsables du groupe djihadiste Hayat Tahrir Al-Cham, du Parti islamique du Turkestan et des casques blancs syriens se sont réunis, vendredi, à Idlib pour « se mettre d’accord sur le scénario de la mise en scène et du tournage de faux incidents avec l’utilisation prétendue de substances toxiques par les forces gouvernementales contre les civils ».

        Lire aussi :
         

                Syrie : en attendant l’offensive, Idlib vit dans la peur



« Ceux qui doivent prendre part à la mise en scène de la provocation doivent être totalement prêts d’ici au soir du 8 septembre », a fait savoir dans un communiqué le porte-parole de l’armée russe, Igor Konachenkov. « Le signal pour le début de la mise en œuvre de la provocation par les terroristes dans la région d’Idlib sera un ordre de certains amis étrangers de la révolution syrienne », a poursuivi Igor Konashenkov.
« Catastrophe humanitaire »
Il s’agit des raids les plus intenses dans le nord syrien depuis l’attaque menée le 10 août contre la localité d’Orum Al-Koubra, ayant fait 53 morts, dont 41 civils, selon l’OSDH.
Cette recrudescence de violence intervient au lendemain de l’échec d’un sommet tripartite à Téhéran ayant réuni les présidents russe, turc et iranien qui avaient pour objectif de décider du sort de ce dernier fief insurgé.

        Lire aussi :
         

                Syrie : les Occidentaux en sont réduits à tenter d’éviter « un bain de sang » à Idlib



« Le gouvernement syrien a le droit de prendre sous son contrôle la totalité de son territoire national et doit le faire », a fait valoir, vendredi, Vladimir Poutine, rejetant un appel de son homologue turc, Recep Tayyip Erdogan, à un accord de « cessez-le-feu ».
Quelque trois millions de personnes, dont la moitié sont des déplacés, vivent dans la province d’Idlib et les poches insurgées des provinces voisines de Hama, Alep ou encore Lattaquié, selon l’ONU. Une offensive contre Idlib pourrait faire jusqu’à 800 000 déplacés et provoquer « une catastrophe humanitaire », avertissent les Nations unies.
Dès jeudi, des centaines de civils ont commencé à fuir la zone en prévision d’un assaut des troupes gouvernementales.

        Lire aussi :
         

                Idlib : la Russie prépare son opinion à une nouvelle bataille






                            


                        

                        


<article-nb="2018/09/08/21-14">
<filnamedate="20180908"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180908"><AAMMJJHH="2018090821">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-14"> ¤ La Cour de cassation va tenir compte de l’analyse du Comité des droits de l’homme de l’ONU sur l’affaire de la crèche Baby-Loup dont une employée voilée avait été licenciée.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-14"> ¤                     
                                                

La jurisprudence sur le port du voile en France pourrait évoluer

La Cour de cassation va tenir compte de l’analyse du Comité des droits de l’homme de l’ONU sur l’affaire de la crèche Baby-Loup dont une employée voilée avait été licenciée.



LE MONDE
 |    08.09.2018 à 09h41
 • Mis à jour le
08.09.2018 à 10h12
    |

            Jean-Baptiste Jacquin








                        



   


La France n’en a pas fini avec les suites de l’« affaire Baby-Loup ». La révélation fin août de la décision du Comité des droits de l’homme des Nations unies sur cette crèche associative a suscité un débat sur son éventuelle portée. Ce comité d’experts indépendants a livré le 10 août des « constatations » à l’opposé de ce que la justice française a dit sur le licenciement en 2008 pour faute grave de la directrice adjointe de l’établissement qui avait refusé d’enlever le foulard islamique.
La justice française, par la voie de la Cour de cassation, avait définitivement tranché ce dossier en juin 2014 et validé ce licenciement, estimant qu’il ne résultait d’aucune discrimination religieuse mais de l’application du règlement interne qui imposait la neutralité à ses salariés.
Le Comité des droits de l’homme n’est pas une instance juridictionnelle et ses décisions ne s’imposent donc pas à la France en droit. Il a été créé pour s’assurer de la mise en œuvre du pacte de l’ONU sur les droits civils, en vigueur depuis 1976, et dont la France est signataire. Les juristes qui le composent ne jugent pas les affaires dont des particuliers peuvent les saisir, mais font des « constatations » après avoir donné la parole aux différentes parties. Politiquement, la France peut néanmoins difficilement ignorer une telle décision qui lui reproche de ne pas respecter un pacte international qui l’engage.
Surtout, la Cour de cassation va tenir compte de cette interprétation divergente du droit. Le premier président de la plus haute juridiction du pays, Bertrand Louvel, en a officiellement averti les magistrats du siège et du parquet lundi 3 septembre.
« Pas une mesure proportionnée à l’objectif recherché »
Lors du discours protocolaire d’installation de nouveaux magistrats à la Cour de cassation, M. Louvel a souligné que le Comité des droits de l’homme des Nations Unies « a constaté que notre assemblée plénière elle-même avait méconnu des droits fondamentaux reconnus par le Pacte international des droits civils et politiques dans l’affaire connue sous le nom de Baby Loup ». Et de poursuivre : « Même si cette constatation n’a pas, en droit, de force contraignante, l’autorité qui s’y attache de fait constitue un facteur nouveau de déstabilisation de la jurisprudence qui vient perturber, aux yeux des juges du fond, le rôle unificateur de notre Cour, qui plus est au niveau le plus élevé de son assemblée plénière. »
Autrement dit, la justice devra se prononcer sur les situations qui lui sont soumises à la lumière des lois françaises, assez restrictives sur le port de signes religieux, de la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l’homme et de la Cour de justice de l’Union européenne, reconnaissant à la France une marge de manœuvre dans la conciliation du principe républicain de laïcité et du principe de liberté religieuse, et donc désormais de l’analyse du Comité de l’ONU.
Concrètement, le Comité de l’ONU ne remet pas en cause la possibilité pour une entreprise d’imposer une neutralité religieuse à ses salariés, dès lors que l’activité le justifie et que les modalités d’application de cette mesure sont proportionnées. Mais il estime que « le port d’un foulard ne saurait en soi être considéré comme constitutif d’un acte de prosélytisme » et que la restriction imposée par la crèche Baby-Loup « n’est donc pas une mesure proportionnée à l’objectif recherché ». Il souligne en effet que la justice française n’a pas démontré dans cette affaire en quoi « le port d’un foulard par une éducatrice de la crèche porterait une atteinte aux libertés et droits fondamentaux des enfants et des parents la fréquentant ».
La question est de savoir si les juges chercheront dans leurs motivations à faire cette démonstration qui a fait défaut dans le dossier Baby-Loup, où si l’interprétation des lois sur les signes religieux va connaître un bouleversement.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/09/08/21-15">
<filnamedate="20180908"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180908"><AAMMJJHH="2018090821">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-15"> ¤ Cette rencontre intervenait alors qu’à l’approche des européennes de mai 2019 le président s’efforce de fédérer les « progressistes » face à un camp « nationaliste ».
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-15"> ¤                     
                                                

Echanges impromptus entre Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon à Marseille

Cette rencontre intervenait alors qu’à l’approche des européennes de mai 2019 le président s’efforce de fédérer les « progressistes » face à un camp « nationaliste ».



LE MONDE
 |    08.09.2018 à 10h59
 • Mis à jour le
08.09.2018 à 18h39
   





                        


En déplacement à Marseille vendredi 7 septembre, juste après un dîner avec la chancelière allemande Angela Merkel, Emmanuel Macron a passé trois quarts d’heure avec des Marseillais sur le Vieux-Port, répondant aux questions sur l’affaire Benalla, le carriérisme des politiques ou les règlements de comptes.
Au cours de cette déambulation, le président de la République a rencontré Jean-Luc Mélenchon avec qui il a bavardé quelques minutes. « J’ai toujours du plaisir à discuter avec monsieur Mélenchon. On n’a pas toujours les mêmes idées »… « Pas souvent », a coupé le leader de La France insoumise. « Mais c’est toujours respectueux et intéressant. On a des confrontations politiques, mais ce n’est pas mon ennemi », a poursuivi le président.

Macron/Mélenchon: la rencontre https://t.co/xg0GJVsbKc— BFMTV (@BFMTV)


require(["twitter/widgets"]);

A un journaliste qui lui demandait si le Rassemblement national (ex-Front national) de Marine Le Pen représentait davantage un adversaire à ses yeux que Jean-Luc Mélenchon, Emmanuel Macron a répondu : « Je n’ai aucun doute. »
« Il y a une dimension de respect »
Le député LFI des Bouches-du-Rhône a, par ailleurs, nié avoir qualifié son rival politique de « xénophobe », avant de reconnaître « peut-être une légère exagération marseillaise ». Un peu plus tôt, le député des Bouches-du-Rhône avait qualifié le chef de l’Etat de « plus grand xénophobe qu’on ait », lors d’une manifestation à l’occasion de la rencontre entre M. Macron et Mme Merkel. Interrogé sur cette scène par BFM TV samedi, M. Mélenchon a assuré rester un « opposant » au chef de l’Etat.
« Je ne vais pas à minuit et demi dans un bar m’engueuler avec le président de la République. Il est à Marseille, dans ma circonscription. Il y a une dimension de respect. On vit ensemble. Ce n’est pas une atmosphère où on se met des gifles. Il le sait que je suis son opposant. »
La rencontre entre MM. Macron et Mélenchon intervenait alors qu’à l’approche des européennes de mai 2019, Emmanuel Macron s’efforce de fédérer de ce qu’il appelle les « progressistes » face à un camp « nationaliste », incarné par le premier ministre hongrois, Viktor Orban, et le ministre de l’intérieur italien, Matteo Salvini, allié de Marine Le Pen.

        Lire notre analyse :
         

          L’Europe face au clivage Macron-Orban






                            


                        

                        


<article-nb="2018/09/08/21-16">
<filnamedate="20180908"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180908"><AAMMJJHH="2018090821">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-16"> ¤ Les services d’accueil lancent un cri d’alarme après que deux femmes et leurs nouveau-nés se sont retrouvés à la rue à la sortie de la maternité, le 29 août.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-16"> ¤                     
                                                

En Seine-Saint-Denis, le 115 désemparé face aux « bébés sans-abri »

Les services d’accueil lancent un cri d’alarme après que deux femmes et leurs nouveau-nés se sont retrouvés à la rue à la sortie de la maternité, le 29 août.



LE MONDE
 |    08.09.2018 à 09h29
 • Mis à jour le
08.09.2018 à 09h30
    |

                            Simon Auffret








                        


Namiwata a 36 ans. Allongée au troisième étage de la maternité de l’hôpital Delafontaine, au centre hospitalier de Saint-Denis, elle tient dans ses bras son fils Hamza, qui vient de fêter son premier mois. Le bébé est né le 6 août dernier, trois jours après l’arrivée de sa mère en France.
Partie enceinte du Maroc, Namiwata a traversé la Méditerranée puis l’Espagne, espérant trouver en Europe « de meilleures conditions pour accoucher », explique-t-elle. L’accouchement s’est bien passé. Mais un mois après la naissance d’Hamza, la mère et son fils n’ont toujours pas quitté la maternité : sans solutions pour se loger, ils se retrouveraient aussitôt à la rue. « On appelle le 115 tous les jours, toute la journée, explique Namiwata. Sans réponse. »

        Voir notre reportage :
         

          En Seine-Saint-Denis, le “115” à bout de souffle



Selon une enquête interne réalisée en 2017 par la maternité Delafontaine, 94 nuitées sur une période choisie de six semaines ont ainsi été consacrées à l’accueil de femmes sans-abri et de leur nourrisson – obligeant l’hôpital à détourner certains accouchements vers d’autres centres hospitaliers par manque de place. Sur le plan légal, l’équipe médicale a le droit de demander à ces patientes de quitter l’établissement trois jours après leur accouchement. « Mais en tant que médecin, je ne le ferai jamais », insiste le chef du service de gynécologie-obstétrique de la maternité, Stéphane Bounan.
Places disponibles pour femmes précaires : zéro
La situation s’est pourtant produite tout récemment dans le département. Dans un communiqué publié le 30 août, Interlogement 93, l’association responsable des appels au 115 et de la gestion de l’hébergement d’urgence en Seine-Saint-Denis, a lancé un cri d’alarme sur le phénomène des « bébés sans-abri ». L’association explique que « deux femmes » ont été contraintes le 29 août « de quitter les maternités où elles avaient accouché pour se retrouver à la rue avec leurs nouveau-nés, faute de solution d’hébergement, et ce malgré les nombreuses recherches effectuées en amont par le numéro d’urgence 115 ».
Chaque jour, des jeunes mères et des femmes enceintes appellent le 115 dans l’espoir de trouver un logement d’urgence. Ce vendredi 7 septembre, devant les cinq opérateurs d’Interlogement 93 chargés de recevoir les appels, un tableau recense le nombre de places disponibles pour les femmes en situation de précarité, enceintes ou victimes de violences conjugales. En face de chaque ligne, le chiffre « zéro » est écrit en rouge.

        Infographie :
         

          La saturation du système d’hébergement d’urgence



Pour la seule journée de vendredi, neuf mères hébergées dans une maternité étaient, comme Namiwata, dans l’attente d’une réponse. Dix-neuf autres femmes, sans-abri et enceintes, demandaient le soutien d’Interlogement 93 pour échapper à la rue. « Une journée dans la moyenne », résume Bénédicte Souben, responsable de l’animation du réseau d’association.
L’épisode des deux mères à la rue dénoncé par le communiqué de l’association est devenu le symbole de la saturation de l’ensemble du dispositif d’accompagnement des mères sans-abri. Les 109 places prévues dans les centres d’hébergement de Seine-Saint-Denis sont constamment occupées, ainsi que toutes les chambres d’hôtels disponibles : le fait que les femmes sortant de maternité soient prioritaires ne suffit plus à leur garantir un lit.
Solutions insuffisantes et inadaptées
Le diagnostic n’est pourtant pas nouveau. Plusieurs acteurs de l’hébergement d’urgence en Seine-Saint-Denis s’inquiétaient déjà, dans un livre blanc publié en 2012, du phénomène des « bébés sans-abri », dénonçant des solutions « insuffisantes en quantité, et inadaptées tant pour les mères que pour les enfants ».
Six ans plus tard, les dispositifs d’accueil et leur coordination se sont améliorés, estime Interlogement 93. Ils seraient cependant encore inadaptés à ce département particulièrement concerné par les grossesses précaires. Le taux de mortalité infantile de la Seine-Saint-Denis est l’un des plus élevés de France – 4,43 décès pour 1 000 personnes en 2016 selon l’Insee, pour une moyenne nationale de 3,7.
En 2014, 197 femmes sans-abri, enceintes de plus de trois mois ou en sortie de maternité, avaient été signalées aux associations. En 2017, le chiffre a été multiplié par trois pour atteindre 653. Cette hausse est en partie due aux « meilleures méthodes de remontées d’alerte », explique Bénédicte Souben, mais elle illustre également le nombre croissant de jeunes mères et de femmes enceintes dans les appels reçus au 115 depuis une dizaine d’années.

        Il y a moins d’un an,
         

          le Samu social alertait sur la situation des femmes sans-abri






                            


                        

                        


<article-nb="2018/09/08/21-17">
<filnamedate="20180908"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180908"><AAMMJJHH="2018090821">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-17"> ¤ Le plateau du premier épisode de la nouvelle émission politique de la BBC, était composé exclusivement de femmes. Evoquant un hasard, la chaîne explique avoir recherché « les personnes les plus pertinentes ».
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-17"> ¤                     
                                                

En Angleterre, un plateau télé composé uniquement de femmes offusque des internautes

Le plateau du premier épisode de la nouvelle émission politique de la BBC, était composé exclusivement de femmes. Evoquant un hasard, la chaîne explique avoir recherché « les personnes les plus pertinentes ».



LE MONDE
 |    08.09.2018 à 19h11
 • Mis à jour le
08.09.2018 à 19h33
   





                        



   


Six femmes sur un plateau de télévision. L’événement est si rare qu’il n’est pas passé inaperçu, non pas pour saluer la présence d’expertes habituellement boudées dans les médias, mais au contraire pour dénoncer l’absence de présence masculine.
En effet, en constatant que le plateau du premier épisode de la nouvelle émission politique de la BBC, « Politics Live », diffusé le 3 septembre, était composé uniquement de femmes, de nombreux internautes ont réagi avec véhémence sur les réseaux sociaux cette semaine, dénonçant une forme de sexisme.
« Un hasard ! », a assuré Rob Burley, le responsable du nouveau programme de débat politique sur Twitter dès le soir de la diffusion.

And - genuinely - it didn't even happen by design! https://t.co/0n4t1MQurD— RobBurl (@Rob Burley)


require(["twitter/widgets"]);

Et d’ajouter auprès de Franceinfo :
« Ça s’est produit parce qu’on a cherché les personnes les plus pertinentes et qui étaient disponibles pour venir dans l’émission. Nous avons beaucoup de travail en tant que société, si on ne veut plus avoir cette attitude sexiste de dire aux femmes ce qu’elles ont le droit de faire ou ne pas faire. »

        Sur la diversité dans les médias :
         

          « Il faut s’interroger sur la division genrée et raciale du travail journalistique »



Sexisme
Les messages postés sur les réseaux sociaux sont en effet à rebours des changements réclamés, à l’aune du mouvement Metoo, pour plus d’expertes sur les plateaux de télévision. « Un plateau de six femmes est sûrement sexiste contre les hommes. Bien entendu, les femmes sont sous-représentées dans certaines parties des médias, mais pourquoi les hommes et leurs idées devraient-ils être exclus de la conversation ? », a ainsi commenté un internaute sur Twitter.
« C’est une blague ? Que des femmes… », a réagi un autre, tandis que d’autres considéraient que les femmes n’avaient pas le droit de cité sur des sujets politiques, devant être reléguées à des thématiques plus frivoles.
Plusieurs internautes ont toutefois souligné l’absurdité de telles remarques, rappelant qu’il arrive régulièrement que les émissions de télévision soient composées uniquement d’hommes, sans que cela n’offusque la gente masculine. A l’instar du journaliste britannique Adam Bienkov.

Very much enjoying the sheer fury of men suddenly discovering they care about equal gender representation on televi… https://t.co/4EXkJO9NHR— AdamBienkov (@Adam Bienkov)


require(["twitter/widgets"]);

« Du calme, demain ça sera un plateau mixte », avait tweeté, non sans ironie, Rob Burley pour annoncer le second épisode de son émission.

#politicslive tomorrow. Relax, it’s ok, it’s a mixed panel including @trussliz @jessphillips Tim Martin and @AndrewMarr9 1215 BBC2— RobBurl (@Rob Burley)


require(["twitter/widgets"]);




                            


                        

                        


<article-nb="2018/09/08/21-18">
<filnamedate="20180908"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180908"><AAMMJJHH="2018090821">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-18"> ¤ Les faits se sont déroulés le 27 août en marge d’une manifestation organisée par l’extrême droite, pour dénoncer la présence de migrants, à la suite du meurtre d’un Allemand de 35 ans que plusieurs demandeurs d’asile sont soupçonnés d’avoir commis.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-18"> ¤                     
                                                

Attaque antisémite contre un restaurant en marge d’une manifestation à Chemnitz

Les faits se sont déroulés le 27 août en marge d’une manifestation organisée par l’extrême droite, pour dénoncer la présence de migrants, à la suite du meurtre d’un Allemand de 35 ans que plusieurs demandeurs d’asile sont soupçonnés d’avoir commis.



LE MONDE
 |    08.09.2018 à 09h51
 • Mis à jour le
08.09.2018 à 10h24
   





                        



   


Un restaurant juif de Chemnitz a été la cible d’une attaque à caractère antisémite, le 27 août, en marge d’une manifestation à l’appel de l’extrême droite dans cette ville allemande sous tension depuis deux semaines.
La police de Saxe a confirmé le dépôt d’une plainte au quotidien Die Welt et un porte-parole du ministère régional de l’intérieur a fait savoir que, « pour le moment, un acte à motivation politique avec un arrière-plan antisémite était le plus plausible ».
Les faits se sont déroulés en marge d’une manifestation organisée par plusieurs mouvements d’extrême droite pour dénoncer la présence de migrants à la suite du meurtre, la veille, d’un Allemand de 35 ans, que plusieurs demandeurs d’asile sont soupçonnés d’avoir commis.

        Lire aussi :
         

                Allemagne : rassemblement d’extrême droite et « chasse » aux étrangers



Déjà pris pour cible
Une dizaine de personnes habillées en noir et le visage masqué ont alors attaqué le restaurant juif Schalom de la ville, jetant des pierres, des bouteilles et un tuyau de métal sur l’établissement, selon les journaux. Le propriétaire du restaurant, Uwe Dziuballa, a été blessé à l’épaule lors de cette attaque. Le propriétaire du restaurant avait ouvert l’établissement en 2000, après avoir quitté les Etats-Unis où il s’était installé auparavant. Le restaurant a déjà été ciblé plusieurs fois par des actes antisémites.
« Cela rappelle les pires souvenirs des années 1930 » en Allemagne, déclare à Die Welt le délégué gouvernemental allemand à l’antisémitisme, Felix Klein. « Si ces informations se vérifient, cela signifierait qu’avec cette attaque contre le restaurant juif de Chemnitz on atteint une nouvelle dimension en matière de criminalité antisémite », ajoute-t-il.

        Lire aussi :
         

                « En Europe, une partie de l’extrême droite revient à l’action violente »






                            


                        

                        


<article-nb="2018/09/08/21-19">
<filnamedate="20180908"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180908"><AAMMJJHH="2018090821">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-19"> ¤ A partir des données compilées par Météo France et recueillies par « Le Monde », visualisez la hausse de la température moyenne en France métropolitaine et d’outre-mer.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-19"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Le réchauffement climatique au pas de la porte : retrouvez l’évolution des températures dans votre ville

A partir des données compilées par Météo France et recueillies par « Le Monde », visualisez la hausse de la température moyenne en France métropolitaine et d’outre-mer.



LE MONDE
 |    08.09.2018 à 10h11
 • Mis à jour le
08.09.2018 à 10h13
    |

            Pierre Breteau








                        



                                


                            
Paris, Bastia, Nouméa, Besançon, Le Mans ou Fort-de-France, la température moyenne de plus de 70 villes françaises s’est élevée de 2 °C à 3 °C durant ces dernières décennies, selon les relevés de température de Météo France auxquels Le Monde a eu accès en exclusivité.
Depuis parfois plus d’un siècle, à partir de ces relevés, l’établissement public a pu calculer une moyenne annuelle de température sur tout le territoire. Si elle a le défaut de lisser les relevés quotidiens, l’utilisation de la moyenne permet de faire ressortir des tendances sur le temps long, particulièrement pour les stations météorologiques qui disposent des relevés les plus anciens.

Parmi les stations de Météo France qui disposent des relevés les plus anciens, des villes comme Paris ou Besançon permettent de remonter à 1900. Certaines autres, comme Dunkerque, Marseille, Bordeaux, Clermont-Ferrand ou Lyon, offrent des relevés à partir des années 1920.
Pour visualiser ces hausses, nous avons eu recours à une méthode particulière, celle des « warming stripes », ou « rayures de réchauffement », inventée par le climatologue britannique Ed Hawkins, de l’université de Reading (Angleterre). Ce type de graphiques se base sur l’habitude qu’a notre cerveau d’interpréter la température en fonction de la couleur ; comme pour un robinet d’eau (bleu = froid, rouge = chaud).

Des températures qui montent dans tout l’Hexagone
Parmi les années hors norme, 1956 ressort dans presque tous les graphiques de métropole — comme dans celui qui rassemble les données de toute la métropole ci-dessous — comme une année particulièrement froide.
En février de cette année-là, une vague de froid exceptionnelle toucha l’Europe et le Maghreb. Les températures furent inférieures jusqu’à 10 °C aux normales de saison, atteignant - 20 °C à Aix-en-Provence et - 15 °C à Bordeaux. Depuis que l’on relève les températures dans l’Hexagone, cette période de vingt-sept jours...




                        

                        


<article-nb="2018/09/08/21-20">
<filnamedate="20180908"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180908"><AAMMJJHH="2018090821">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-20"> ¤ Alors que le mouvement social se poursuit à Bassora, où douze personnes sont mortes la semaine dernière, le premier ministre Haïder Al-Abadi est de plus en plus fragilisé.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-20"> ¤                     
                                                

Irak : le gouvernement empêtré dans une crise politique, la contestation se poursuit à Bassora

Alors que le mouvement social se poursuit à Bassora, où douze personnes sont mortes la semaine dernière, le premier ministre Haïder Al-Abadi est de plus en plus fragilisé.



LE MONDE
 |    08.09.2018 à 19h32
 • Mis à jour le
08.09.2018 à 20h31
   





                        



   


Les manifestations meurtrières qui ont lieu depuis plusieurs jours à Bassora vont-elles entraîner la chute du premier ministre irakien, Haïder Al-Abadi ? Les deux listes parlementaires arrivées en tête aux élections législatives de mai ont réclamé, samedi 8 septembre, la démission du chef du gouvernement.
M. Abadi, qui pouvait jusqu’ici prétendre à conserver son poste grâce à son accord avec la liste du populiste Moqtada Sadr (La Marche pour les réformes), a été lâché samedi par son allié alors que celui-ci a tenté de s’expliquer devant le Parlement sur les événements de ces derniers jours qui se déroulent à Bassora où une contestation prend de plus en plus d’ampleur. Douze manifestants ont été tués et de nombreuses institutions ont été incendiées dans cette ville pétrolière du sud.

        Lire aussi :
         

                L’Irak rattrapé par la contestation sociale



Mais les députés de cette liste ont jugé « peu convaincantes » les réponses du premier ministre devant le Parlement et lui ont demandé de « s’excuser auprès du peuple irakien et de démissionner ». Peu après, la liste rivale, l’Alliance de la Conquête, qui rassemble d’anciens combattants antijihadistes, s’est dit « sur la même longueur d’onde que la Marche pour les réformes pour former un nouveau gouvernement », d’après son porte-parole.
« Bassora n’a jamais reçu d’argent »

   


Depuis lundi, les deux partis assuraient avoir la majorité parlementaire nécessaire pour former le futur cabinet gouvernemental, provoquant une paralysie politique, aggravée par la situation tendue à Bassora, où les manifestants dénoncent l’incurie politique face au marasme social. Mais pour Montazer al-Karkouchi, coordinateur du rassemblement des jeunes de Bassora, « ces communiqués et ces réunions ne pourront jamais apaiser les habitants » la deuxième ville d’Irak. Ce qu’il faut aux habitants de Bassora, ce sont « des mesures concrètes à la mesure de la situation », a-t-il expliqué à l’Agence France-Presse.
Aux revendications de départ - la fin des pénuries d’eau et d’électricité, la création d’emplois et le limogeage des politiciens corrompus -, est venue s’ajouter une demande bien plus pressante encore. Depuis la mi-août, la population exige d’obtenir une eau propre à la consommation : celle distribuée par les autorités, polluée par l’eau de mer est devenue salée, causant l’hospitalisation de plus de 30 000 personnes, victimes d’intoxications. Malgré les promesses de plans d’urgence de milliards de dollars et d’investissements massifs faites en juillet, « Bassora n’a jamais reçu d’argent, aucun projet n’a été lancé et l’eau est toujours salée », assure M. Karkouchi.
Depuis le début des troubles en juillet, 27 personnes sont mortes dans le sud de l’Irak, dont 12 manifestants uniquement à Bassora cette semaine. Critiqués par les défenseurs des droits de l’Homme pour leur action lors des manifestations à Bassora, les ministres chargés des forces de l’ordre ont assuré au Parlement avoir procédé à un grand ménage parmi leurs troupes. Samedi soir, pour la première fois depuis le 4 septembre, le couvre-feu annoncé dans la ville pétrolière du Sud, a été respecté. Des militaires et policiers d’élite, postés à des barrages ou en patrouille, quadrillaient la ville, où les manifestants étaient absents.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/09/08/21-21">
<filnamedate="20180908"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180908"><AAMMJJHH="2018090821">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-21"> ¤ Il y a plus de 30 ans, sur la côte sud de la Turquie, la touriste anglaise June Haimoff a trouvé une tortue. Cette rencontre a bouleversé sa vie et le futur de la plage.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-21"> ¤ 